Journal des campagnes, 22 octobre 1891, jeudi 22 octobre 1891
[" 4 M.MERCIER = LOM TON =z; C= = ; © .L\u2019industrie agricole doit toujours être la basc - 10ème*Année ares de la richesse des nations.Jeudi, 22 Octobre 1891 _ No 38 das den a \u2014 Se : \u2014 JOURNAL DES CAMPAGNES EDITION HEBDOMADAIRE, Paraissant tous les JEUDIB ei contenant toute les nouvelles de lu semaine.Prix de l'abonnement :\u2014-6NXE PIASTIY POUR LA FRANCE : 19 FRANCS Strictement payable d'avance THS.CHAPAIS DIRECTEUR-PROPRIÉTAIRE : LEGER BROUSSEAT, EDITRUR 11 & 13, rue Buade, H.-V., Québec.ET LA Commission Royale LES DIVAGATIONS DE \u201c\u2018 LA PATRIE \u201d Notre confrère de la Vérité continue sa lutte contre la \u201cClique, et contre le régime Mercier: Dans son dernier numéro il répond aux arguties boîteuses de la Patrie : La Patrie dit que M.Angers est le fonctionnaire d'un gouvernement étranger ; ct elle compare Ottawa et Londres à Washington et 4 Paris.C'est un langige insensé, Ne discutons pas, pour le moment, la théorio qui fait du lieutenant-geuvcrneur un fone- tionnaire du gouvernement fédéral.Cetto théorie peut se soutenir.Mais ce qui est absurde, c'est de dire que les gouvernements d'Ottawa et de Londres sont des gouvernements étrangers par rapport à la province de Ruéber, ct de les mottre sur un picd d'égalité avec les gouvernements de Washington et de Paris.On dirait vraiment que le rédacteur de la Patrie ignore que la province de Québec fait partie de la Confédération canadienne, et que la Confédération canadienne fait partie e l'empire britannique.On peut souhaiter qu'il en} fut autrement, mais un tel souhait ne change pas la réalité des choses.La province de Québec jouit d\u2019une certaine autonomie provinciale.Pour notre part, nous voudrions voir cette auto- nomio plus complète, vis-à-vis d'Ottawa sur- mais On ne saurait la nier sans tomber dan le ridicule.Eufin, la Patrie semble oublier complètement une autre chose : c\u2019est que la commission royale, qu'elle considère comme un attentat crinÿnel à notre autouomie, n'a pas été nommé par M.Angers soul, mais par le lieutenant-gouverneur en conseil, c'est-à-dire par le liëntenant-gouverneur sur l'avis de ses ministres responsables, Ce sont les ministres qui sout r@sponsables de la nomination de la commission ; c\u2019est à ceux, à eux seuls qu\u2019il faut s\u2019en prendre si cetta commission viole la constitution et notre autonomie provinciale, C'est là une vérité élémentaire que les journaux libéraux paraisscot incapables de saisir, puisqu'ils continuent à dénoncer lu commission comme une véritable abomination.Si la commission est une chose si odieuse, si contraire à la constitution, à l'autonomie provinciale, pourquoi M.Mercier en a-t-il pris la responsabilité ?Pour garder sun portefeuille pendant quelque temps encore ?À vrai dire M, Mercier a commis une faute de tactique irréparable en acceptant la commisSion royale.À son point de vue, au point de vue de son parti,ii aurait dûvrésigner immédiatement, du moment que le lieutenant gouverneur a \u2018refusé d'accepter son avis de convoquer leschambres sans déjai ct de leur soumettre toute l'affaire.Saus doute, il lui aurait fallu retourner dans l\u2019oposition.Mais qu'est-ce que cela pour des hommes qui mettent la dignité de leur parti au-dessus de quelques vils intérêts matériels.En résignant,en laissant au lieutenant gouverneur et aux ministres toute la responsabilité du refus de convoquer immédiatement les chambres et de leur soumettre cette affaire de la Baie des Chaleurs, M.Mercier se serait créé unc position très forte devant 1'opinion publique.Car il ne faut pas se le cacher, il y avait des raisons assez plausibles, sinon solides, en faveur de la réunion immédiate de la législature et contre la nomination d'une commission royale.Si M.Mercier avait eu assez de fierté pour prendre cette position, il aurait pu se présenter devant les députés et leur dire : \u2018\u2018 Messiours, ma prétention est que c'était à la législature do prendre connaissance de cette affaire de la Baie des Chaleurs et de nous juger.J'ai donné un avis au lieutenant-gouverneur dans ce sens, Cet avis n'a pas été accepté.D'autres ministres ont pris la responsabilité du refus de cet avis et de la nomination d'une commission royale, C'est à vous qu'il appartient de décider qui a tort ct qui a raison.\u201d tout.Mais tant que la constitution actuelle ex- ! istera, il faut bien reconnaître au gouverne- | ment fédéral uno certaine supériorité hiérar- | chique par rapport aux gouvernements pro- ! Vinciaux ; puisque le gouvernement central nomme les lieutenants gouverneurs ct peut casser la législation provinciale.Cette supé- | riorité hiérarchique, on peut la déplorer, Sans aucun doute, la chambre actuelle aurait donné raison à M Mercier.Il y aurait eu de nouvolles élections, cela va de soi.Mais grâce à cette position fière, logique, constitutionnelle, M.Mercier aurait réussi tout probablement, à obtenir des électeurs un verdict favorabic à sa cause.M.Morcier semble n'avoir rien vu de tout cela.Il paraît n'avoir considéré que l'intérêt .= ~ du moment : lui et ses amis jouissent du pouvoir, et ils ne veulent pas lâcher prise, même pour quelque semaines ou quelques mois.Aussi sa position aujourd'hui est-cile ridicule et insoutenuble.Il à laissé repousser ses avis par le lieutenant souverneur, sans résiguer, et il a accepté In responsabilité de la uomi- nation d'une commission royale que ses plus chauds partisans flétrisseut comme une violation de in conatitution ct un attentat contre notre autonomie provinciale, \u2018= Voilà pourquoi nous disons quo M.Mercier a commis, au point de vue de son parti, une faute de tactique irréparable.Il s'est placé dans une impasse d'où il ne peut pas fortir avec honneur, même si le rapport de \u2018la commission lui est favorable ; puisque la Patrie déclare que la chambre doit rejeter ce rapport, quel qu'il soit.Mais rejeter le rapport, même s\u2019il est favorable au gouvernement, ce serait proclamer que le gouvernement a eu tort de nommer la commission ! Donc, quel que soit lo résultat de.l\u2019enquête, le sort de M.Mercier est scellé, de l'aveu même de la Patrie.NOTES Nos amis, MM.Desjardins, M.P., d'Hochelaga, l'hou.M.Flynn, Nantel, Leblanc, Duplessis, députés à l'assemblée législative, etc, assistaient ce matin à la séance de la commission royale, On remarque un grand air de confiance et de satisfaction sur la physionomie des politiciens conservateurs, * , > MM.Mercier, Garneau et Pacaud paraissaient nerveux et soucieux, Il y a de quoi.of L'aspect du tribanal et la solennité des procédures sont vraiment très imposants.On s'aperçoit dès qu'on entre dans la salle qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019une enquête ordinaire.La séance de ce matin a été extrêmement satisfaisante pour les représentants des contribuables de la province de Québec.Leur position a été reconnue nettement, et lu commission leur a assuré le droit de surveiller l'enquête, d'y prendre part, d'interroger et traasquastionner les témoins, ete, * On a fort remarqué \u201c que dans leur lettre aux avocats, les honorables commissaires désignent WIM.Béique et Amyot comme avocat des ministres et non pas du gouvernement, La nuance est précieuse.L'ENQUETE NOTRE COMPTE-R :NDU Le Courrier du Canada va publier au jour le jour un rapport complet et circonstancié de I'enquéte devant la commission royale, Nous nous sommes assuré les services d'un rédacteur spécial qui va consacrer tout son temps aux travaux de la commission, ct dont le compte-rendu ne sera pas surpassé.Nos lecteurs peuvent donc être assurés de trouver dans les colonnes du Courrier tous les renseignements dont ils sont justement avides.NOTRE FEUILLETON Nous commençons aujourd\u2019hui la publica tion d\u2019un feuilleton qui fera fureur, nous en sommes sûrs, C'est un petit chef-d'œuvre littéraire que ce roman de madame Anaïs Ségalas, l'auteur célèbre de tant de poésies gracicuses, et de récits attachants, LES MAGICIENNES D\u2019AUJOURD'HUI Tel est le titre de ce roman émouvant, dramatique, plein de scènes touchantes, et de spirituels croquis.Nous recommandons spécialement la lecture de ce feuilleton à nos nimables lectrices.CE © Ne > wm Le proces Beaulieu Sherbrooke, 13\u2014Le procès de Beaulieu accusé d'avoir tué le malheureux Bouchard dans des circonstances que l\u2019on sait, a été commencé hier, La femme Bouchard aura un procès séparé sous deux accusations distinctes : Lo d'avoir été la cause du meurtre de son mari ; 20 d\u2019avoir été complice.Le procès excite beaucoup d'intérêt ici où William Beaulieu est bien connu.De plus il appartient à uno famille fort respeotable.lusicurs membres de sa famille occupent en cette villo des positions honorables, Beaulieu avait bonne apparence lorsqu\u2019il à été introduit en cour.Mais il paraissait plus sérieux ct pius inquiet qu'à l\u2019enquête du coroner, Ses avocats sont MM, L.E, Paoneton, J, 8.Broderick et Joseph Beaulieu\u2014\u2014\u2014_ 2.- Noyade Mardi après-midi, comme la barque Peacemaker, laissait son quai à Lévis, pour aller prendre un chargement dans le bassin Louise: .Joseph Prève, un matelot canadien fran- gais tomba à l'oau ot se noya avant qu\u2019on lui cut porté secours, Là défunt était âgé de trente-trois ans et pas encore été retrouvé. 2 M jar - D : ae - \"JOURNAL DES CAMPAGNES \u2014 Un nouveau scandale $2.000 DE BOODLE M.Fraser paie tribut La barrière de péage © M.PACAUD GARDIEN .Dans le Courrier du Canada du 7 septembre dernier nous publiions l\u2019article suivant, sous le titre : Encore un scandale, 32,000 pour la \u201c Clique :\u201d Voici une autre affaire dont nous comnais- sons les détails, ct qui constitue un exemple de plus du système de chantage et de tripotage qui donne des rentes à la Clique depuis quatre ans.Un citoyen important d\u2019un comté en bas de Québec, un hommo riche et influent, sollicitait du gouvernement local un ordre-en-con- seil, qui devait le mettre en possession d\u2019une trentaine de mille piastres.Son affaire ne marchait pas et il craignait fort d\u2019échouer, vu que des influences considérables étaient hostiles à sa demande, On lui glissa dans l'oreille qu\u2019en payant M.Pacaud, il réussirait.Il donna $2,000 & M.Pacaud, et il obtint comme par enchantement son ordre en conseil.Cinq minutes devant une commission royale établiront ce fait sans conteste.Nous connaissons parfaitement celui qui a dû ainsi payer tribut au gérant de la clique.Et nous affirmons l'entière vérité de ce nouveau cas de boodlage.Il y en a d\u2019autres ! Des raisons spéciales nous avaient alors empêché de donner lenom du citoyen qui avait ainsi été plumé.Ces raisons n\u2019existent plus, et le correspondant montréalais de l\u2019Empire, qui a eu went de l'affaire, vient de la raconter au long.Nous croyons devoir exposer en détail à notre public ce nouveau scandale.Nous laissons parler le correspondant de l\u2019Empire qui paraît très bien informé : Le gouvernement de Québec, représenté par M.C.E.Pouliot, de la Rivière du Loup, a pris des procédures contre M.W.Fraser pour faire déposséder ce dernier de la succession de feu E.Fraser.La ursuite qui donna lieu dans le temps à beaucoup de commentaires dans certains cercles avait été intentée à l'instance de Madame De Gaspé, de Montréal, sœur de M.Fraser, qui naturellement, si la succession en question était échue à la Couronne, aurait probablement été en position plus tard d\u2019en réclamer une partie.La défense a plaidé qu\u2019un ordre en conseil, passé ily a quelques années, a confirmé M.W, Fraser en .possession et que ce fait empêche la Couronne d'intervenir dans l'affaire, En mai 1890, le juge Cimon rendit jugement maintenant le plaidoyer et renvoyant l\u2019action.Subséquemment, Mme de Gaspé et ses procureurs furent informés que le procureur- énéral de la Province de Québec allait interjeter appel, et c\u2019est à cette phase de là cause que le notoire Pacaud entra en scène et réussit apparemment à entraver les fins de la justice.Dans les délais pendant lesquels un appel pouvait être pris, dit-on, M.W.Fraser fut approché et on lui donna à entendre que si $2,000 étaient payées à M, Ernest Pacaud, directeur politique del\u2019 Electeur, ce monsieur verrait à ce que le gouvernement ne prenne as d'appel.M.Fraser était exactement ans la même position que MM, C.Armstrong ct John G, MacDonald dans l'affaire du chemin de fer de la Baie des Chaleurs.T] savait que Pacaud était tout à la fois un premier-ministre, un procureur-général et un ministre des finances, ct pouvait faire tout ce qui lui plaisait avec la machine gouvernementale de Québce, et afin do ne plus avoir de trouble et de dépense, il paya le montant requis, ct reçut'en échange un document de valeur sous forme de lettre, dans lequel il était dit que le gouvernement de Québec avait renoncé à son droit d\u2019appel.Dans l'intervalle, M.Languedoc, agissant comme procureur de Madame DeGaspé, avait découvert ce qui se passait, et il doit demander à la cour du Banc de la Reine la permission d\u2019aller cn appel, prétendant que l\u2019on a agi frauduleusement et collusoirement vis-à-vis de sa cliente, \u2018 \u2018g;1] y a peut-être dans ce récit quelques inexactitudes de détail, mais le fait principal est aussi indéniable que la lumière du soleil.M.William Fraser, seigneur de Fraserville, a été obligé de payer un tribut de $2,000 pour obtenir du gouvernement la faveur en question.Il a payé cette somme pour M.Pacaud, et immédiatement il a obtenu ce qu\u2019il sollicitait en vain jusque-là.\u201c C\u2019est encore là un des cas où la barrière de péage dont parle Son Honneur le lieutenant-gouverneur a fonc- bionné ! Une enquête devant un tribunal impartial établira ce scandale en moins d\u2019un quart d'heure, Il y en a d\u2019autres ! Vos exploits sont connus, allez, chevaliers de la Clique ! Nos petits Robespierre Les tyranneaux de Quebce Nous avons parlé hier, dans notre dernière édition, d\u2019une nouvellu infamie tramée par les séides de M.Mercier à Québec.+ Les correspondants des journaux de Montréal ayant donné tous les détails de cette affaire nous croyonsædevoir les reproduire pour montrer à nos lecteurs sous quel exécrable régime nous vivons, Voici ce que publie l\u2019Etendard : Québec, 12\u2014Le gouvernement Mercier a fait un acte d\u2019audace, aujourd\u2019hui, pour tenter de faire une diversion dans l\u2019opinion publique qui se préoccune uniquement des procédures de la commission royale et pour écraser en même temps un adversaire politique en essayant de faire mettre en état d\u2019arrestation, sous une accusation grave, l\u2019hon.L.P.Pelletier, le chef du parti conservateur- national.Quand M.Pelletier cessa d\u2019uppuyer M, Mercier à cause de ton mépris pour les nationaux qui l'avaient élevé au pouvoir, la clique avait menacé de l'écraser politiquement et financièrement et elle a essayé de mettre fcette menace à exécution par tous moyens en son pouvoir.Les libéraux ont engagé quelques amis de ses parents à porter contre lui des accusations graves au sujet du testament de ea belle-mère, et quand M.Pelletier répondit à ces accusations par des poursuites pour libelle, ils firent une tentative plus audacieuse encore, Ce matin, M.Thompson gérant de l'Ælecteur et de la Justice, se rendit chez M.Murray,magistrat de police et fit une déposition, accusant M.Pelletier d\u2019avoir obtenu de la maison de l'argent sous de faux prétexte, On a prétendu que M.Pelletier avait fait nommer un M.Gosselin comme employé à la Justice avec un salaire de 815 par semaine et qne M.Pelletier retirait $10 par semaine u'il gardait pour lui et cela pendant plus \u2019une année, jusqu\u2019au jour où fr lutte commença entre lui et M.Mercier, et où le gouvernement fit opérer la saisie de la Justice.M, Murray refusa d'accorder un mandat d\u2019arrestation de M.Pelletier avant d\u2019avoir examiné l'affaire et Gosselin fut mandé devant lui.D'après son témoignage i parait que quant Thompson se dispensa des services de Rémi Tremblay, on demanda à M.Pelletier de se charger de la direction de la partie éditoriale du journal et qu'il y avait consenti à la condition qu\u2019on lui donnerait $15 par semaine dont $5 seraient données à Gosselin qui était employé comme sténographe à son bureau pour écrire ses articles à la dictée.Le juge Murray a décidé que, dans les circonstances M.Pelletièr n'avait commis aucun délit ct en conséquence il refusa d\u2019accorder le mandat, Le colonel Amyot, le rédacteur actuel de la Justice ct qui en même temps remplit les fonctions d'avocat de la Couronne, a voulu obtenir la signature de M.Bossé sur un acte d'accusation contre M.Pelletier pour le soumettre au grand jury ; mais le juge Bossé a refusé lui aussi de se prêter aux petites ma- nœuvres de M.Amyot et l'affaire en est restée 1a, La commission royale LES DEBUTS Les débuts du l\u2019enquête devant la commission royale sont de nature à donner la plus entière satisfaction à l\u2019opinion publique.En assistant hier à l\u2019ouverture des scarices chacun se disait : c'est bien à un pareil tribunal que devait être confiée la tâche d'\u2019instruire cette dramatique et retentissante affaire du scandale de la Baie des Chaleurs ! Le spectacle était imposant, Ces trois magistrats, d\u2019une réputation si haute, et d\u2019un caractère si respecté, ces ministres naguère arrogants et superbes, aujour- d\u2019hui humiliés et affaissés sans le poids d\u2019une accusation terrible, ces journalistes accourus de tous les points de la Puissance pour faire un service de publicité extraordinaire, cette foule d\u2019hommes publics, d\u2019électeurs, de citoyens, anxieux de suivre le développement de cette grande cause, tout concourait à rendre la scène solennelle et saisissante, La décision des honorables commissaires a rencontré une approbation générale.Ce n\u2019est point le gouvernement, c\u2019est-à-dire l\u2019inculpé, qui conduit l\u2019enquête.Ce sont les magistrats eux- mêmes.Et les représentants des intérêts publics MM.Hall, Casgrain et Cook, ont vu reconnaître leur droit de questionner et transquestionner les témoins.: Tout cela est parfaitement satisfaisant.« Quant aux avocats de MM.Mercier, ils ont été soumis à une rude épreuve.Le tribunal les a foreés de, préciser les termes ds leur mandat.Ils comparaissent pour le gouvernement.\u2014Qu\u2019entendez-vous par le gouvernement,leur a demandé le juge Jettéi C'était précisément cette question que le Courrier du Canada posait il y a quelques jours, Nous disions : MM.Amyot et Béïque ont prétendu comparaître pour le gouvernement.Qu'est-ce que le gouvernement ?Est-ce le lieutenant gouverneur en Conseil qui leur a donné leur mandat ?.veterans eseesernverven ceprserses Od est le mandat de MM.Amyot et Beïque ?\u201cReprésentent-ils le lieutenant-gou- verneur en conseil ?Ou bien ne représentent- ils que les ministres individuellement ?\u201c\u2018 Leurs papierf sont-ils bien en règle ?\u201d Ils ne représentent que les ministres.M.Amyot a lancé une affirmation non fondée quaud il a dit qu'il représentait le gouvernement de la province, Voilà le point que nous soulevions.Ethier l'honorable juge Jetté a posé précisément cette question à M.Béïque.D'ailleurs, dans leur lettre aux avocats, les honorables commissaires ont d'avance mis les choses au point, quand ils ont désigné MM, Béïque et Amyot comme les avocats des ministres.Les témoignages rendus jusqu'ici n\u2019ont pas encore entamé le vif de la question.Cependant, au moment de l\u2019ajournement hier après-midi, on touchait aux incidents émouvants.L'objection soulevée par M.Irvine, que l\u2019on trouvera à notre ompte-rendu, va provoquer ce matin une décision qui sera très importante pour la conduite future de l'enquête.d'hier, qu\u2019on se rendait compte de ce qu'une enquête devant un comité de séides aurait été.En sortant de la salle, on entendait | bien des gens se dire : ce n\u2019est pas là \u2018* une enquête à la Lockwood ! C\u2019est en assistant à l'interrogatoire.Une sensation M.Pacaud devait rendre compte à M: Mercier La partie du témoignage de M.Armstrong qui a le plus ému le publie hier, est celle-ci : C'est M.Pacaud qui m\u2019a fait mander à New-York, et je l'airencontrélà avec MM.Langelier et Robidoux.C\u2019estlui qui a présenté M.Thom aux ministres.Ces derniers étaient prêts à retourner tout de suite à Montréal pour régler l'affaire, laissant leurs affaires de New-York.Dès leur retour à Québec | Pacaud me fit mander.La je vis Pacaud avec les ministres, avant la passation de l\u2019ordre en conseil.Entre le 23 et le 28 M.Pacaud eut des entrevues fréquentes avec MM, Chs.Langelier, Duhamel, ete.Il était souvent aux édifices publics, M.Pacaud ne m'a jamais dit comment ces $100,Q00 seraient payées, Q.Ne vous a-t-il pas dit ou laissé entendre qu'il devait rendre compte à quelqu'un de la distribution de cet argent ?R.J'aime mieux ne pas le dire.La commission décide que le témoin doit répondre.M, Casgrain pose de nouveau la question au témoin.M.Armstrong répond : M.Pacaud m\u2019a me de $100,000 à M.Mercier.Q.M.Mercier, le premier-ministre de la Province ?\u2019 R.Oui, c\u2019est ce que j'ai compris, C\u2019est donc pour l'influence politique de M.Pacaud que M., Armstrong a payé $100,000, C C\u2019est M.Pacaud qui a présenté M.Thom aux ministres, + 11a eu avec eux des entrevues fréquentes à ce sujet: Et enfin, il a dit à M.Armstrong qu\u2019il devrait rendre compte de ces $100,000 à M.Mercier.Cette parole a produit une immense.sensation dans l\u2019auditoire ! 9 Un télégramme IL NE VEUT PAS PERDRE SA CHANCE M.C.N.Armstrong a fait connaître plusieurs nouveaux points dans son témoiguage devant la Commission, Par exemple la production d\u2019un télégramme de M.Pacaud à M.Irvine a vivement intéressé le public, Ce télégramme fut envoyé par M.Pacaud & M.Irvine pour avoir une réponse de M.John J.Macdonald relativement à l\u2019entreprise du chemin de fer de la Baie des Chaleurs.Il s'agissait de savoir si M.Macdonald se décidait à construire le chemin.Ce télégramme fut rédigé durant le fameux voyage de St-Jean.Nous citons toute cette partie du témoignage : \u2018 Pacaud déclara cependant qu'il n\u2019avai pas encore de réponse de McDonald, et comme le conyoi approchait de St-Jean, il écrivit le télégramme suivant à l\u2019hon.Geo.Irvine sur un morceau d\u2019enveloppe, Le témoia produit ce télégramme, qui lui fut remis par Pacaud et qui se lit comme suit : \u201c Veuillez me télégraphier à l\u2019hôtel Brunswick, New-York, 14 réponse de McDonald, rele chemin de or de la Bale des Ohaleurs, il n\u2019y a pas de réponse aphiez- Jui\u2019 MoDonald a la préférence, mais Le ne voudrais pas perdre la chance.\u201d cet éorit original, mais en quittant le convoi pour retourner à Montréal, j'éorivis et expédiai Ia dépêche moi-même en y mettant la signature de Pacaud.Par les mots \u2018\u2018 would not like to miss chance,\u201d j'ai compris que Pacaud était désireux d'arriver à une solution satisfaisante de l'affaire, M.Pacaud ne voulait pas perdre la chance ! Cela se conçoit.La chance de-faire un coup de filet de $75,000 & $100,000 est de celles qu'un diplomate comme M.Pacaud ne manque pas volontiers ! Ce télégramme est très joli.\u2014 dit qu\u2019il avait à rendre compte de cette som- C'était daté le 13 mars.J'ai conservé t A > COMMISSION ROYALE Reprise des séances .+ Décision des juges Discours du juge Jetté Commencement de l'enquête Témoignages de MM.G.Grenier _ et C.N.Armstrong Les séances de Ja Commission royale ont été reprises ce matin.La salle de la cour de circuit était bondée de monde.On remarquait les Hons.MM.Mercier, D.A.Ross, Garneau, Chs, Langelier, Flynn, -.MM.Nantel, M.P.P., Leblanc, M.P, P., Carrier, M.P.P., Duplessis M.P, P., Dechesne, M.P.P., Pelletier, M.P.P., Beausoleil, M.P., À.Desjardins, M.P.Crépeau, C.R.Bureau, C.N.Armstrong, Chrys.Langelier, Desmarais, M.P.P., Ernest \u201cPacaud, Thomas Chapais.J.I.Tarte, M.P., l'abbé Bérubé, curé de Cascapédiac, Bisson, M, P.P., Murphy, M.P.P.Carroll, M.P., Riopel, ex M, P., Pinault, M.P.P., J.Loranger, François Langelier, John Hyde, comptable de Montréal, etc, etc: Les sièges réservés aux journalistes regorgent de représentants de la presse Tous les journaux de Québec et de Montréal ont leur représentant spécial.A 10.30 heures, les commissaires entrent : encour.IL\u2019hon.juge Jetté fait les observations suivantes : Avant de commencer les procédures délicates et désagréables dont nous sommes chargés, nous devons dire que nous entrons dans cette enquête sans \u2018préjugés et déterminés à faire notre devoir.Nous savons que nous risquons en Cette affaire \u2018une bonne partie de la réputation d\u2019impartialité que nous avons, mais nous avons cru qu'ayant l'habitude des fonêtions judiciaires nous ren- - drions service au public en transportant ces habitudes dans l\u2019enquête actuelle.Nous comprenons que cette enquête va soulever les sentiments politiques, mais nous comptons sur les avocats de part et d'autre pour nous aider à conduire cette enquête avec le sangfroid et l\u2019impartialité convenables.Nous savons qu'il est impossible de contenter tout le monde et que des désagréments nous sont réservés, Deux d\u2019entre nous ont Mieux Nous apprenons avec plaisir que M.Achille Fortier, de Ste-Marie, Baauce, qui était dangoreusement malade depuis quelques jours se rétablit promptement. > Un pas de géant La preuve est formidable Un des points nouveaux contenus dans le témoignage de \u2018M.Armstrong : c'est à New-York que le\u2018marché des $100 000 à eu lieu entre lui et M.Pacaud.Devant le Sénat, M.Armstrong n\u2019avait pu préciser le moment et l'endroit.Mais des recherches ultérieures lui ont permis d\u2019être plus précis.Voici cette partie de son témoignage : L'entrevue eut lieu à l\u2019hôtel Brunswick et on demanda à M.Thom si le syndicat était prêt à entrer tout de suite en arrangement : dans ce cas, les ministres retourneraient à Montréal ; autrement l'affaire ne pourrait pas être conclue avant la fin de leur mission aux Etats-Unis qui devait durer une couple de semaines, I] fut convenu que l'affaire se con- cluerait immédiatement, Je d\u2018mandai à Pacaud ce que j'aurais à lui payer.Il me répondit : $100,000.Et je convins de lui donner cette somme.Q.Y a-t-il eu quelque discussion au sujet du montant ?R.Très peu.Je fis observer à Pacaud que je croyais que ce serait seulement $75,000, mais Pacaud répéta que c'était $100,000,\u201d et alors je convins de payer cette somme.Q.Ne trouviez-vous pas cette somme ox- travagante, comparée à la durée des services de Pacaud.\u201d R.Je considérais la chose plutôt au point de vue de l'inflence que du temps.Q.Quelle influence ?R.Influence de Pacaud.Tout cela est bien clair.Plus loin M.Amstrong dit : Je me suis servi de Pacaud et j'ai pris ces moyens pour me faire payer parce que j'avais de forts doutes de pouvoir réussir autrement.Je savais Pacaud chef politique, homme confidentiel des ministres, propriétaire de journal, et mêlé à toutes les négociations relatives à ce chemin, et c\u2019est à ce point de vue que j'ai estimé ses services, Il est difficile de définir ces services.Cette déclaration formelle donne à toute l\u2019affaire sa vraie couleur.M.Armstrong a payé cet énorme tribut pour s'assurer l'influence de M.Pacaud sur les ministreg.» Et après avoir fait ses conditions, M.Pacaud s\u2019est mis à l\u2019œuvre,et il a réussi, comme l\u2019événement l\u2019a prouvé, La preuve est déjà fort avancée comme on le voit.Le marché est prouvé.= Le prix est prouvé : $100,000.La considération est prouvée : l\u2019influence de M.Pacaud sur les ministres.Le paiement du prix convenu est prouvé : la remise à M.Pacaud des cinq chèques de $20,000.Dans la seule journée d\u2019hier, l'enquête à fait un pas de géant.A LA DÉRIVE ILS NE SAVENT OU ILS VONT Notre confrère de la Presse publie les commentaires suivants sur les débuts de l\u2019enquête : L'objection de M.Irvine, l'avocat de M.Pacaud, est venue déceler la peur bleue dont sont pris les inculpés, quoiqu\u2019en prétende l\u2019Ælecteur.( Ils sonf prêts à l'enquête, ils veulent la lumière, ils sollicitent à genoux la faveur d'être entendus pour confondre leurs calom- niat£urs, crient les inculpéé.Et pourtant chacun de leurs actes trahit leur terreur.C'est Mercier d'abord refusant l'enquête, puis l'acceptant pour éviter le renvoi d'office, C\u2019est M, Mercier soufflant à son avocat, M.,Béique, la volonté du gouvernement de contrôler l'enquête, chose que la commission refuse en appliquant un vigoureux soufflet aux ministres et à l'avocat.- Enfin, quand il faut se rendre devant le tribunal d'enquête, comparaître à titre de prévaricatours et non d'aviseurs on grâce au- prs du [chef de l'Exécutif, on vient charger j'avacat do M.Pacaud, le bouc émissaire du cabinet, d'empêcher la tenuc de l'enquête même, car M.Irvine c'est, au fond, le défen- ci JOURNAL DES CAMPAGNES, seur.des ministres plus quo de.M.Pacaud.Qu'importe au public la conviction de Pacaud dénoncé par M.Mercier lui-même ?C\u2019est bien de M.Pacaud qu'il s\u2019agit, vraiment dans cette gigantesque conspiration.M.Irvine ne veut pas d\u2019enquêta, Il veut la tuer sous le prétexte de défendre son client, déjà sacrifié par le ministère.Les emplois des $100,000 ne peuvent être prouvés, d'après M.Irvine.Mais c'est là, justement et uniquement, le point en cause.Personne ne nie l'obtention irrégulière des $100,000.Cequ'il s\u2019agit de savoir, c\u2019est la considération de ce paiement énorme et l'emploi qui en a été fait.L\u2019objection de M.Irvine ne peut être prise au sérieux.Elle sera renvoyée, sans aucun doute, ou autrement l'enquête se trouverait close par le fait même, Cette tentative de clore la boucho des témoins au moyen d\u2019objections techniques qui suintent la mauvaise foi et la chicane a oréé parmi les amis du cabinet une pénible impression.Il ya des gens qui, sur la parole jurée de M, Mercier, croyaient le gouvernement aussi blanc qué neige, mais puisque Pacaud recule etçqu'i] ne veut pas laisser éclater toute la vérité c\u2019est que les ministres ont quelque chose à cacher, qu\u2019ils ont participé à la fraude, qu\u2019ils en ont profité.Ce dernier coup, avec la tentative folle de l\u2019arrestation de M.L.P.Pelletier, est une faute de tactique irréparable.Le parti libéral a perdu évidemment sa boussole, et son navire n\u2019ira pas loin sans s'échoucr sur les récifs de la Baie des Chaleurs.PITEUSE RECULAGBE| AVOCATS DES MINISTRES Et non pas du gouvernement A la séance de jeudi, les avocats des ministres ont prétendu comparattre pour le gouvernement, M.Béïque a été très positif snr ce sujet.Nous citons l\u2019incident qui a eu lieu alors : Nous désirons savoir ceci, ajoute l\u2019hon.juge Jetté.M.Beique a déclaré qu'il comparaissait pour le gouvernement.Quelle signification attache-t-il à ce mot ?est-ce le lieutenant gouverneur ou les ministres, ou l'Exécutif.: M.BeiQue.\u2014donne lecture de la lettre dont il est porteur de la part de I'hon, M.Mercier le priant de représenter le gouvernement à cette enquête.L'honorable juge Jetté dit ue la Commission donne acte à M.Béïque e la production de ce mandat se réservant de l'apprécier.Eutendez-vous, ajoute-t-il, le mot gouvernement dans le sens constitutionnel ou dans le sens populaire.| Brique.\u2014Dars le sens constitutionnel.$ M.MEROIER approuve de la tête.L'HOoN.JUGE Ferre \u2014 Nous comprenons que le gouvernement veut dire le lieutenant- gouverneur et ses ministres.\u2019 M.BE1QUE.\u2014OQui, 'Exécutif, Or, il paraît que messieurs les avocats et monsieur le premier-ministre ont fait un four accompli en cette circonstance.Hier, ils étaient forcés de venir confesser, à leur courte honte, qu\u2019ils avaient forcé la note, et s'étaient aventurés trop loin.Au début de la séance, M.Béique a fait la déclaration suivante : M.Béïque déclare qu\u2019il désire informer la Commission que;lui et M.Amyotne représentent pas devant cette commission l\u2019Exécutif, mais le premier ministre et les autres ministres individuellement.C\u2019est exactement ce que nous leur avions chanté dès le début.Il était clair que la lettre de M.Mercier ne pouvait donner aux avocats le droit de comparaître pour le lieute- nant-gouverneur en conseil, On dirait vraiment que MM.les ministres ont perdu la tête ! Tls entassent bévue sur bévue, faute sur faute ! Quos Deus vult pe rdere\u2026 \u2026 Echos & Nouvelles Accident d\u2019arme à feu Un accident qui aurait pu avoir des suites bien fâcheuses est arrivé dimanche après- midi, à St-Paschal.M.P.E.Côté, marchand de cette localité, revenait d\u2019une promenade et avait apporté son fusil pour faire le coup de feu sur les perdrix en passant ; un jeune commis à son emploi qui l\u2019accompagnait revenait avec une pièce de gibier a la main et se préparait à la tendre à M.Côté assis dans sa voiture, lorsque tout à coup, lo, fusil chargé de plomb à canard, placé près de M.Côté, partit, et la charge entière vint se loger dans lo bras du malheureux jeune homme, lui causant une blessure d\u2019une certaine gravité ct des plus douloureuse.Le blessé a été placé sous les soins du Dr Paradis, de Kamouraska, qui a heureusement retiré le plomb de la blessure.Unimprudent Mardi après-midi, au moment où le train de l\u2019Intercolonial se mettait en marche, à \u2018la gare de Lévis, un passager de St- Pierre de Miquelon, quise trouvait en retard! arriva à la course pour preudre le convoi.Il put s\u2019accrocher au dernier char, mais n\u2019ayant pu se hisser sur la plateforme, il fut traîné jusqu\u2019en arrière des usines Carrier, Lainé & Cie.La, il lâcha prisect échappa sa valise, mais ne voulant pas perdre son train, il ramasssa en toute hite sn valise et s\u2019attacha encore au convoi.Cette fois il ne fut pas plus chanceux et un contre-coup l\u2019envoya reouler à côté de la voie, sur Un amas de ferrailles.Il se laboura la figure.Ses blessures nè sont Cependant pas très graves, Lè grand jury ot In prison gVoici les remarques faites hier par le grand jury au sujet de la prison de Québec : es grands jurés ont visité la prison.Ils ont trouvé les égoûts défectueux, et ils re- commaudent que ces égoûts soient mis en connexion avec le système d\u2019égoûts de la cité, vu surtout que la prison est dans les limites de la ville, Ve changement nous débarrasse- «ait du système de fosses d\u2019aisance, qu\u2019ils considèrent comme contraire à la santé des internes de la prison.C'est avec plaisir qu\u2019ils rendent témoignage de l'état satisfaisant et de la propreté de la prison, dont le crédit revient 4 M, McCla- ren, le geôlier, et ses aides.Ils regrettent d'avoir à constater que la recommandation des précédents grands jurés concernant l'amélioration de la buanderie, n\u2019a eu aucun résultat ; et dans son état actuel, elle laisse be sucoup à désirer.Les grauds jurés désirent aussi faire remar- marquer que les seaux dont se servent les prisonniers pour les besoinsde la nuit, de- Yraient être tenus en dehors de la bâtisse pendant le jour, et que les fenêtres, où il est requis, soient muniesde grillages en fil métallique pour empêcher de communiquer à l'extérieur ; afin qu\u2019elles puissent sans danger être laissées ouvertes pour aérer ; à défaut de quoi la ventillation cst défectueuse dans quelques partie de la bâtisse.Le nombre des prisonniers était de 54, dont 39 hommes et 16 femmes, .La Physiologie nous apprend que les cheveux viventet meurent eomme les autres organes, Personne ne saurait faire revivre les cheveux qui n\u2019ont pas conservé un reste de vie.C\u2019est donc dès le début de la maladie qu'il faut s\u2019efforcer d'arrêter la chute des cheveux.Le Régénérateur Capillaire Audette est incomparable comme lotion régénératrice de la chevelure.Cérémonie religieuse Alan Beauce C'est dimanche, le 25 octobre courant,que doit avoir lieu, à Ste-Morie, l'inauguration solennelle d\u2019un orgue à l'église de Stc-Marie et la-pose de la première pierro de la chapelle de Ste-Anne aussi à Ste-Maric.L'état annitaire do Ia ville La diphtérie semble diminuer à Québec, car depuis trois jours il n\u2019y a cu qu'un cas rapporté au bureau d\u2019hygiène.Il y a cinq ou six cas de fièvre scarlatino et qu\u2019un cas de picote, chez M.Chabotontrairement à ce qu\u2019ont annoncé certains journaux, le docteur Catellier n\u2019a pas encore refusé la charge de médecin du bureau d\u2019hygiène et il agit actucllement comme tel.La nomination du médecin du bureau d'hygiène en remplacement du docteur L.Larue se fera co soir à Ja séancs du consoil de ville.Des voleurs Ctrangers Les détectives ont reçu du chef de police de Saint Louis, Missouri, une circulaire contenant les photographies de six prisonniers, voleurs Uo profession, qui se sont échappés de la prison de St Louis, le 2 octobre dernier.Une récompense do $50 est offerte pour l'arrestation de chacun des prissonnier, 11 Los figures de cire Une jeune fille devient folle à la suite de sa visite dans les musées de cire Une jeune émigrée âgée de 16 ans, et arrivée depuis deux jours de Toronto, avait trouvé à se placer dans une famille de la rue Université, Sa maîtresse lui ayant donné la permission de sortir pendant quelques minutes, la jeune fille en passant devant le Queen's Theatre, ne put résister à la tentation ct «c paya la représentation jusqu\u2019au bout.; La veille, elle avait passé uno partie de la journée à visiter les musées de cire, ct les \u2018- horreurs \u2018\u2019 exposées out fait sur son esprit une impression terrible.Lo.Déjà, paraît-il, pendant une quinzaine de jours qu\u2019elle avait passés à Toronto, elle avait visité les musées, et surtout les musées de cire.En sortant du Queen's Theatre, clle fut prise subitement de folie, Elle sc mit à pleurer et à crier \u2014Le constable Prévost l\u2019arrêta et la conduisit au poste.; Elle a comparu en cour, mais il était visible qu\u2019elle avait l'esprit dérangé.Le recorder a confié examen médical au Dr Bouchard.Si ia jeune fille est reconnue atteinte de folie, elle sera envoyée à l'asile protestant des aliénés à Verdum.Mort tragique Nous regrettons d\u2019apprendre que le: jeune Caron qui a été victime d\u2019un accident de chasse à St-Pascal est mort des suites du coup de feu qu\u2019il a reçu à bout portant.Ses funérailles ont eu lieu ce matin à Montmagny.Les Amers Indigènes \u2014Les Amers Indigènes excitent l'appétit, facilitent la digestion et régularisent les intestins.Ils se vendent partout à 25 cts le paquet.Contestation de Charlevoix L'instruction de la pétition d'élection dans la contestation de Charlevoix a été fixée jeudi dernier au) 2 novembre prochain, par Son Honneur le juge Gagné.M.J.À, Dionne est le procureur des pétitionnaires dans cette canse.Décès M.Las, Boivin, entrepreneur menuisier, est décédé hier matin.M.Mathew MeNamara, employé au département du Revenu de l'Intérieur, est mort samedi.Un tristeaccidont Un bien triste accident estarrivé sur le chemin de fer des Laurentides.Un ouvrier du nom de Gaudiose Collin travaillait près de cette ligne, quand tout à coup des ouvriers firent partir une mine à quelques cents pieds de là et un morceau de pierre prevenant de cette mine le frappa à la tête.Il mourut sous le coup.Collin demeurait au Château-Richer, et le corps de la malheureuse victime arrivera ici ce matin par le convoi du lac St-Jean, et le coroner tiendra uno enquête à neuf heures à la gare du chemin de fer Charlevoix.Le cadavre sera transporté au Chateau- Richer par le convoi du chemin Charlevoix à dix heures.Accident fatal Un pénible accident est arrivé samedi apres midi, vers 3 heures, dans la rue ranklin, à St-Sauveur.Depuis quelque temps on fait des travaux nécessaires pour l\u2019introduction de l'eau dans cette rue, et samedi dernier Joseph Lefebvre, un des journaliers de la corporation, travaillait dans la tranchée, lorsque tout à coup une grande quantité de terre tomba sur lui, l\u2019ensevelissant complètement.Ses compagnons, témoins de l\u2019accident, se mirent immédiatement à l\u2019œuvre pour cnlever la.terre qui couvrait lo malheureux jeune homme, mais lorsqu\u2019après quelques minutes de travail on lo retira, il était mort.L\u2019ambulance fut mandée et le cadavre du jeune Lefebvre fut transporté chez son père, M.Joseph Lefebvre, marchand, village Stadacona.Le défunt, qui n\u2019était âgé que de vingt- quatre ans devait so marier ce matin même à l'église Saint-Roch.Les mnlndics conuglenses L'enfant de M.Chabot, qui était atteint de la petite vériole, cst mort samcdi après midi et a été enterré samedi soir.La désinfection de la maison de M.Chabot a été faite hier.Il y a ou deux cas de diphteric fatals, 3 la Pointe-aux-Trembles, la semaine dernière, Tl paraîtrait que plusieurs autres cas do diphtérie ont été rapportés ces jours derniers\u2019 au burcau d'hygiène.Il n'y a pas actuellement un seul cas de variole à Québce, 12 - LA JOURNEE FATALE FORMIDABLES REVELATIONS OE M.WE Ecrasant temoignage de M.Machin \u2014m \u2018Le gouvernement blessé à mort Journée désastreuse pour la Clique, hier, devant la Commission Royale ! Les sombres nuages qui planent au- dessus du cabinet local se sont assombris encore, et les premiers grondements de la foudre ont commencé à se faire entendre.D'abord, à la séance du matin, le témoignage de M.Webb est venu jeter l'alarme dans le comp ministériel.Après une série de réponses accablantes pour la Clique, à une question du juge Davidson, le caissier de la Banque Union a répondu comme suit : M.Pacaud m'a dit en discutant l'emploi qu\u2019il devait faire de l\u2019argent dé la lettre de crédit que $10,000 de cet argont devait servir à payer une dette de M.Robidoux et $20,000 pour payer une dette de Chs, Langelier.Je ne suis pas positif sur le montant exact de cette dernière dette.En entendant cette terrible réponse, M.Mercier a visiblement pâli, puis sa figure s'est empourprée, comme si un flot de sang lui montait à la tête.On s'imagine l'effet produit par une pareille révélation.M.Pacaud essaiera peut-être de contredire ce témoignage.Mais comment pourrait-il espérer l\u2019ébranler par sa propre déposition ?M.Webb est l\u2019intégrité même, sa parole fait autorité ici, et quel intérêt aurait-il à noircir M, Pacaud ?Une telle preuve est indestructible auprès de l\u2019opinion.Il restera donc acquis, croyons-nous, que M.Pacaud a tenu ce langage à M.Webb.Maintenant a-t-il dit vrai ?jo Pourquoi M.Pacaud, l\u2019ami intime de MM.Langelier ct Robidoux aurait-il fait un tel aveu au caissier de la Banque Union, si ce n\u2019était pas vrai ?Va-ton prétendre que M.Pacaud voulait .perdre ces deux ministres ?On voit d\u2019ici combien le témoignage de M.Webb est meurtrier pour la Clique.(9 À l'ajournement d\u2019une heure les ministres et leurs amis paraissaient attérés, Mais la séance de l'après-midi leur réservait d\u2019autres émotions.M.Machin, l\u2019assistant-trésorier, est venu déclarer que d\u2019après lui, avec sa connaissance de la loi et des règles du département du Trésor, il n\u2019y avait pas su de conversion légale du subside en terres ; qu\u2019après en avoir conféré avec l'auditeur de la province, M.Verret, tous deux en sont venus à la même conclusion ; qu\u2019il a averti M.Garneau alors de ce défaut d'autorité ; que M.Garneau a fait faire wn rapport par le procureur-général et a erdonné à M.Machin de passer outre.Voici donc l\u2019opinion formelle des deux officiers à la tête du département du Trésor ; ils voient clairement que le subside n\u2019est pas converti ; l'assistant-tréso- rier avertit le ministre de ce fait grave ; le ministre fait bâcler un rapport du procureur-général, et tous ensemble premier ministre par interim, procureur- général et consorts, ils passent à pieds joints par dessus la loi dont ils devraient être les premiers observateurs ! \u201d \\ or C\u2019est incroyable et pourtant voi ce qui a eu lieu, La conspiration était ourdie de toutes pièces., Il fallait que l'argent sorttt du trésor pour tomber dans le gousset des boodlers.Et c\u2019est pour cela qu'on a été jusqu\u2019à cette monstrueuse prétention qu\u2019une opinion de procureur-général peut remplacer des conditions exigées par la loi : c'est-à-dire une résolution de la compagnie et un ordre-en-conseil.Au sortir de cette formidable séance d'hier après-midi, tout le mofde se disait : Le gouvernement Mercier a vécu ! CS DECES DU REVD PERE VIGNON, S.J.Nous regrettons d\u2019apprendre la mort du R.P.Vignon, S.J., décédé à l\u2019Hôtel- Dieu de Montréal, hier l\u2019après-midi, à l\u2019âge de 73 ans.Le Révd Père Vignon a séjourné pendant plusieurs années à la congréga- ion des R.P.Jésuites de cette ville, et il était avantageusement connu parmi nous.Encorc une letlre abserite M.MERCIER À M.GARNEAU M.Garneau n\u2019est pas un homme soigneux de ses lettres.Il a déchiré une lettre de M.;Pacaud Et voici une lettre de M.Mercie qu\u2019il ne peut pas trouver.On l\u2019interroge comme suit : Q.Avez-vous eu avec l'hon.M.Mereier quelque correspondance au sujet du règlement de cette affaire ?R.Oui, je lui ai éorit pour I'informer que nous avions réglé l'affaire.Q.Avez-vous cette lettre ?R.Non, c\u2019était une lettre privée, Q.M.Mercier vous a écrit ?R.Oui.Je n\u2019ai pas conservé cette lettre.Il me disait qu'il était content que cette affaire fût réglée.Q.Vous aviez tant d'hésitation à règler cette affaire que vous avez dû être content de recevoir l'approbation de votre chef et que vous avez dû la conserver cette lettre ?« R.Je ne me rappelle pas l\u2019avoir détruite.Il est possible que je l\u2019aie.Mais je ne l'ai pas trouvée.Q.L'avez-vous cherchée ?R.J'ai regardé parmi mes papiers.Q.Pouvez-vous jurer que vous ne pouvez pas trouver cette lettre ?\u2019 R.1 cst possible qu'elle se trouve quelque jour.J'ai reçu la réponse versla fin de mai.J'avais écrit au premier ministre après le règlement de l'affaire.C\u2019est la fameuse lettre de M, Mercie ratifiant tout ce qui s'était fait dans l\u2019affaire du chemin de la Baie des Chaleurs.C\u2019est de cette lettre que parlait le lieutenant-gouverneur dans sa lettre à M.Mercier : Avant la date du 7 juillet 1891, l\u2019honorable M.Garneau vint me trouver au.sujet de cette affaire et m'informa qu'il avait regu une lettre de l'honorable Premier Ministre (alors en Europe), se déclarant satisfait de la transaction relativement à la compagnie du chemin de fer de la Baie des Chaleurs, Parle plus grand des hasards, M.Garneau ne peut retrouver cette lettre.Faut-il avoir la main malheureuse ! -_\u2026- \u201cAA.ee
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