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Titre :
Le fantasque
Contrairement aux journaux traditionnels, Le Fantasque, c'est-à-dire son rédacteur Napoléon Aubin, n'utilise pas le discours politique habituel mais manie, avec une grande maîtrise de la langue, les jeux de mots, les charades, poèmes et fables à caractère politique. [...]
Publié pendant une des périodes les plus troublées de l'histoire du Québec alors que les factions politiques s'affrontent et que les journaux partisans se multiplient, Le Fantasque n'appartient à aucun parti et utilise l'humour et la satire plutôt que la rhétorique politique.

C'est aussi le journal d'un seul homme, Napoléon Aubin (1812-1890). Né dans la banlieue de Genève, Aubin quitte l'Europe en 1829 pour se rendre aux États-Unis où il séjourne jusqu'en 1835. Déçu par la vie américaine, il s'installe à Québec et devient journaliste. Il collabore à quelques journaux et fonde en 1837 Le Télégraphe, qui ne survit que quelques semaines.

En août 1837, à l'âge de 25 ans, Aubin fonde Le Fantasque qui paraîtra jusqu'en mai 1845 puis sera repris par des amis en 1848 et 1849. Durant ces neuf années, la parution du journal est irrégulière. La rébellion de 1838 d'abord, puis, au début de 1839, un séjour en prison imposé au rédacteur à la suite de la publication d'un poème dédié aux Patriotes exilés, privent les lecteurs de leur journal. À la fin de 1844, c'est l'incendie de son imprimerie qui interrompt la publication.

En 1840, Aubin fait l'acquisition d'une presse lithographique, la première à usage commercial dans la ville de Québec. Cette innovation permet aux abonnés du Fantasque d'acquérir une quinzaine de lithographies, surtout des portraits.

Aubin est sympathique à la cause des Patriotes, mais il dénigre Papineau et croit que l'action armée les mènera à leur perte. Dans les années 1840, Papineau revient dans ses bonnes grâces et sa cible préférée devient le réformiste Louis-Hippolyte La Fontaine.

Contrairement aux journaux traditionnels, Le Fantasque, c'est-à-dire Aubin, n'utilise pas le discours politique habituel mais manie, avec une grande maîtrise de la langue, les jeux de mots, les charades, poèmes et fables à caractère politique. Les discussions de fond, c'est plutôt à son autre journal Le Castor (1843-1845) qu'il les réserve.

Sous l'Union, c'est la responsabilité ministérielle qui sera le cheval de bataille du Fantasque. Ayant probablement jugé que la formule avait fait son temps, Aubin mit fin au journal humoristique, mais il continua sa carrière journaliste avec beaucoup de succès.

Références bibliographiques

Beaulieu, André et Jean Hamelin, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973, t. 1, p. 96-97.

Gagnon, Serge, « Aubin, Napoléon » dans Ramsay Cook et Réal Bélanger (dir.), Dictionnaire biographique du Canada en ligne

Éditeur :
  • Québec :[s.n.],1837-1849
Contenu spécifique :
samedi 2 mars 1844
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Références

Le fantasque, 1844-03-02, Collections de BAnQ.

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[" 4 gs f.2A8L 150408, ebue Critique et Littevaive Des Hommes et des Choses.Toutes communications, demandes ou réclamations devront être affranchies\u2014 On inaère gratuitement tous les article d'utilité et d'inté- 71 :¢1 publics ; ceux de nature à purement personnelle ou pris LINS et DEMI, payable par À 722 vée ne seront admis que mn- TIERS de 16 numeros, d\u2019a- y } M vennant rémunération de 6 vance.PSM SE Ma] sous par lignes CE journal Imprimé et Publié par N.AUBIN & W.H.ROWEN, paraît tous Jer SA MEDIS.L'ansée ou le Voi.se compose de 48 numéros,\u2014Le Prix d\u2019abonne- Fment est de SEPT CHE- FJe wobéis ni ne commande à personne, je vais où je veux, je fais ce qui me plait, je vis comme je peux et je meurs quand il le faut.x 2 pra TO # Voi.3.] Quebec, ® Mars, 1844, No.16.} JWelanges ZLitteraites.Samii =e \u2014rr\u2014\u2014 L'OREILLER.Suite el fin.Une secrète pensée, bien douce et bien triste à la fois, nuisait encore à ce bon- \u201c aur et à cette liberté dont jo parle : la (endresse expansive de Catherine pour 30 captif, pour un malheureux tel que moi, me charmait et m'effrayait en même temps ; la pauvre fille imaginait en ma faveur des prodiges de dévonement, je n\u2019osc pas dire des prediges d'amour ; elle était furieuse contre le< gens de In maison qui ne m\u2019aimaient point assez, au gré de son envie, et jalonse des gens qui m'aimaient un peu trop, disait-elle, parmi les jeunes femmes de sa famille.Catherine faisait la cour au tnédecin de Spielberg, en songeant à ma santé qui n'était pas excellente ; elle faisait la cour au confesseur de la prison, en som- geant peut-être à l'influence des fonctions spirituelles dans les infortunes tempo- telles de ce monde : elle faisait la cour à tous les porte-elée de l\u2019endroit, en le suppliant de ne point troubler, au bruit des verroux, les &rrnières réverics de mor sommeil du matin.Elle haïssait}na patrie, parce que Îe patriotisme m'avait valu Yhumiliation et la douleur d\u2019une défaite ; elle maudiss it l\u2019Autriche, parce que P Autriche m\u2019avait condamné ; mais elle adorait M.Wegrath, la charitable sous- intendant, qui avait eu pitié de ma souffrance et de ma misère ; enfin, sans (oe | jemais une seule parole m\u2019eût dévoilé sa folle passion.je compris aisément que j'étais devenu, du soir au matin, le premier amour de cette noble Catherine ! 122 LE FANTASQUE.Un jour, M.Wégrath me remit, sans Pavoir Jue, une lettre qu\u2019il venait de recevoir, à mon adresse, par la poste impériale de Brüa ; Cette lettre contenait les mots suivans, écrits en langue italienne : « Puisque le prisonnier Cellini a le droit officieux de sortir en secret de la for- » teresse, pour se promener dans les environs du Spielberg, je le supplie de se » faire conduire ce soir, si c\u2019est possible, dans une petite maison blanche qui est » située sur la lisière du bois, tout près de la porte du cimetière ; vive la jeune » Halienne ! UN AMI» Dans la soirée du même jour, je réclamai, de la bienveillance de notre sous- intendant, la permission de faire ma promenade habituelle ; M.Wégrath me demanda, en souriant : .\u2014 S'agit-il, par hasard, dans le billet de ce matin, d\u2019un rendez-vous amou- Feux que vous donne quelque belle fille de Moravie ?\u2014Je n\u2019en sais encore rien, lui répondis-je ; mais s\u2019il en est ainsi, je vous promets de vous l\u2019apprendre, à mon retour.Catherine, qui avait entendu cette question et cette réponse, me conseilla, de ses regards les plus tendres et de ses agaceries les plus engageantes, de passer la soirée toute entière avec elle, avec sa famille.daus le salon hospitalier de lin- tendance ; la curiosité me rendit impitoyable pour la bonne Catherine, et malgré sés larmes honteuses, qu\u2019elle essayait de cacher, en feignant de déchiffrer ua morceau de musique, je résolus mechamment de m\u2019aventurer, avec mes gardiens, sur la route qui devait me conduire à la porte du cimetière, Je ne tardai point à découvrir la petite maison blanche ; c\u2019était une chaumière Taviesanie, i demi-cachée par une grande tenture de fleurs; elle se dérobait, pour mieux être vue sans doute, dans sa cachette de clématites.et il me sembla Qu'elle jouait à merveille le rôle de la coquette Galathée.Sous le prétexte de prendre un peu de repos et de manger quelques friandises du pays, je frappai en tremblant à la porte de la maisonnette ; Khral et Schiller consentirent à attendre sur le seuil de la chaumière ; la porte s\u2019ouvrit devant moi, et je pénétrai, sur les pay d\u2019un vieux paysan, dans la salle basse de le maison blanche.\u2014\u2014Monsteur le comte.me dit le villageois, votre seigneurie se reposera beaucoup mieux dans ma belle chambre; dans ma chambre d'honneur du premier étage.Daignez me suivre ! * Je lui demandai avec une surprise bien raisonnable en psreil cas , \u2014\u2014Vous savez le nom et la qualité de votre hôte ?\u2014Oui, monsieur le comte.\u2014De qui tenez-vous ces détails sur la personne inconnue d\u2019un prisonnier du Spielberg ?\u2014C\u2019est mon eecret.\u2026 \u2014Gardez-le donc, et surtout gerdez-le bien ! En arrivant dans cette chambre qui m'était destinée par mon guide, je faillis m\u2019évanouir à force de slupeur, à force de joie, et je vous fais le juge, monsieur, de cetle subite émotion qui tenait presque de l\u2019idiotiame ou de la folie : cette salle d'honneur de la maison blanche, je me souvenais de lavoir déjà vue, là bas, là bas, dans mon palais de Venise ; je croyais reconnaître, à chaque pas, à chaque regard, les meubles, les livres, les tabieaux, tout le luxe intérieur de mon opulence d'autrefois ; je retrouvais, à la place que je leur avais donnée dans mon petit dl LE FANTASQUE.123 salon de travail, mes grands hermes d'élite, mes poètes fävoris, toutes-les iHts- trations de l'Italie poétique : voilà le ehef-d\u2019œuvre de Foscolo, que j'avais laissé entr\u2019ouvert sur mon pupitre de lecture ; voilà le plus beau poème de Monti, que j'admirais encore, en voyant se glisser dans mon palais les espions de la police autrichienne ; voilà, sur les papiers aloma table, la marveille tragique de Silvio.Pellico, Françoise de Rimini, bien tnste, bien désolée de ne pins entendre, autour d'elle, les applaudissemens de mon admiration et de mon \u2018 enthousiasme }\u2014 Alors monsieur, je m\u2019agenouillai au milieu de la chambre, et je me pris à - m\u2019é- erier d\u2019une naiveté sans pareille : \u2014 Mon Dieu ! où eat donc mon Emilia?Mon Dieu! où est dons m8.femme ?À ces mots, une grande et belle paysanne se précipita dans la salle, en me disant, d\u2019une voix dont lu douceur me sembla divine : Monsieur, monsieur, voici les gâteaux de Brün que vous avez déman- dés !.\u2026 Je contemplai cette admirable villageoise de la maison blanche.Je fus efra- yé de cette magique apparition qui me rendait par un enchantement céleste, toutes les apparences merveilleuses d\u2019une creature-adorée !\u2026d'avais le frisson, javais la fièvre, j'avais le vertige !.Je poussai un cri terrible.Et je tombai évanoui, presque mourant, presque mort, dens les bras de mon Emilia, dans les bras de ma femme évoquée ! En revenant à moi, la tête mollement appuyée sur les genoux do la comtesse\u2019 j'aperçus.debout sur le seuil de la porte, Catherine elle-même, pâle, éperdue furiense !\u2026 Elle se rapprocha de nous, à patits pas, en nous menaçant du geste - et du regard ; elle s'arrêta devant cette mystérieuse paysanne qui venait de pro- voguier, en un clined\u2019œil, toutes les colères de ss jalousie ; elle lui dit avec [un dédain superbe : \u2014Celvi que vous aimez vous trompe !.Cet homme n\u2019sime rien ni personue en Allemagne.Il n'a jamais aimé que son Italie et sa femme, qui est une Italienne !.Celui que vous nimez, le eonnaissez-vous très-bien et depuis iong- temps, dites ?.c\u2019est un malheureux peisonnier du Spielberg dont il nous a plu de prendre pitié, dans la prison.Désormais, le ciel aura pitié de lui, si bon lui semble.Adisu ! \u2014Catherine ! m\u2019éeriai je, en saisissant la main de la jeune fille, demandez- moi pardon de votre cruelle injustice, et soyez, à compter de ce jour, la meilledre amie da mon Emilia, !a meilleure amie-de ma femme.que je vous présente ! \u2014Votre femme !.\u2014Oui, ma femme qui vous simera bientôt, je l'espère, et qui va vous embrasser, si vous voulez bien le perinettre ! \u2014Madame.balbutia ma protectrice amoureuse, en recevant les baisers* de la comtesse, que la volonté de Dieu soit faite : vous consolerez notre prisonnier chaque soir, et je veillerai sur fui tout le jour ! Emilia n'avait devancé ma grâce que de trois ou quatre mois, seulement : le ler.janvier 1826, la police de Brün me fit remettre ua ordre impérial qui me rendait la liberté, la fortune, et la vie ! La veille de mon départ pour Vienne, nous étions asais.\u2014 Catherine, ma femme et moi\u2014 dans la petite chambre d'honneur de la maison blanche ; je 134 LE FANTASQUE.priai la nièce de M.Wégrath de recevoir inon précieux- oseilier, Comme un té- Inoignage de mon amitié et de ma reconnaissance.\u2014Pour que je reçoive un pareil présent, me dit la jeune fills, il faut que je sache d\u2019abord ce qu\u2019il vaut et ce qu\u2019il signifié ; on a tant jasé, dans la prison, sur ce mystérieux oreiller !\u2026 Juccoptexà de yous, non pas un trésor, mais un \u201c souvenir, voilà tout ! \u2014Rassurez-vous, Catherine, lui répondit auesitôt ja comtesse Emilia : il ne s\u2019agit que d\u2019un modeste oreiller que j\u2019inondai autrefois de mes larmes, en courant la nuit et le jour, sur le route de Vienne, où j\u2019ailais implorer pour mon Tuari, la généreuse pitié de l'empereur ! Plus tard, il est vrai, j'ai mis à profit un singulier stratagème, afin d'attirer, sur un malheurex captif, les bonnes grâces de tous ses geôliers , J'ai énoncé, dans une lettre anonyme, à votre oncle, le sous-intendant du Spielberg, je ne sais qu\u2019elle fantastique richesse, cachée par M.le comte de Celluui dans l\u2019édredon de son oreiller ; souvent le mensonge peut servir À quelque chose, et mou innocente ruse a porté bonheur aufpauvre prisonnier ! es \u2014À la bonne hevre ! s\u2019écria Catherins, en soiriant avec une malice très intelligible ; j'accepte votre petit cadeau.mais, entre nous, il y aura de cruels désappol.temens dans le salon de la forteresse !.L\u2019oreiller d\u2019Emilia était encore destiné à jouer un rôle dans Phistoire de ma vie privée : En 1828, deux ans après mon retour à Venise, la comtesse n\u2019était plus de ce monde !.Un soir de l\u2019année suivante, comme je me livrais tout entier au souvenir de celle que j'avais perdue, de celle que j'avais tant aimée, un domesligue vini m'annoncer la visite d\u2019une jeune dame qui avait oxprimé, disait- til, le plus vif désir de me parler ; j\u2019ordonnai à mon valet de chambre de l'introduire dans le salon, et bientôt, lorsque je m\u2019avançai vers elle pour la recevoir, je vis apparaître, à ma grande surprise! à ma grande joie ! la julie Vierge du Spielberg, la bonne et adorable Catherine ?\u2014Monsieur le comte, me dit-elle, pardonnez-moi d\u2019être venue vous attrister ma présence et par mes paroles ; les gaxettes d\u2019Autriche nous ont annoncé Le mort de Mme la comtesse de Cellini : je me suis rappelée de quelle pieuse importance etait à vos yeux, dans la prison de Brün, l\u2019oreiller que votre bello Emilia avait arrosé de ses larmes ; vous me l\u2019aviez donné, comme un souvenir de votre amitié reconnaissante, et je vous le rapporte comme une sainte relique de votre religion amoureuse !\u2026.Le voilà ! \u2014Catherine, lui demendai-je, en baisant ses mains toutes tremblantes, vous êtes venue seule à Venise ?\u2014Seule ! \u2014Et quand vous plaira-t-il de repartir ?=\u2014Aujourd'hui ! .~Non.Restez encore auprés de moi, Catherine.:.Attendez Elle atteadit si bier, qu'il me fut impossible, plus tard, de lui permettre de s\u2019en retourner en Autriche ; Catherine consentit à demeurer à Venise, dans mon lais, et en l\u2019épousant, je déposai, dans sa corbeille de mariée, l\u2019oreiller de ma femme qu\u2019elle m\u2019avait rendu ! Lou Loninn.- nr rare rt A er a SE A STAT CE ES IE EE NS SE A LE FANTASQUE.126 ES \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 gyn mg\u2014 LE FANTASQUE.2 MARS) 1844.ea } AUTRE TEMS, AUTRE ORGUEIL.La police est véritablement une institution éminemment utile ; elle n\u2019a quan senl défaut c'est de faire beaucoup plus qu\u2019on ne lui commande, et de vouloir qu\u2019on la louange, qu\u2019on la porte jusqu'aux nues pour le moindre de ses actes.Jadis la police se faisait gloire du nombre de criminels qu\u2019elle amenait à justice ; plus tard elle se rengorgeait dans son col de cuir vernis à la vue des patriotes qu\u2019elle encachottait, ou bien des canadiens qu'elle asvommait.Ces beaux jours sont passés et ne reviendront plus.que l\u2019an prochain si la division que mitonne sir Théophilus réusait au gré de ses désirs comme nous commençons à le craindre.En attendant et sans doute pour entretenir la dureté de son cœur et la souplesse de sa main, la police, à défaut de chrétiens, dssomme, empoisonne met à mort les caniches, et elle s'en fait une gloire !\u2026.cré chienne de gloire ! comme dit notre gamin.La police publie le bulletin pompeux de ses victoires ; elle a mis 637 chiens sur le flanc, jusqu\u2019au 27 Février, sans compter ce qu\u2019elle en a pu massacrer depuis; nous avons hâte de aavoir, pour entégistrer le fait, combien elle en aura tué le 29 du même mois ; car.comme l\u2019a fort judicieusement remarqué l\u2019un de nos confrères, l\u2019anniversaire des évènements de ce jour- là ne pourra se célébrer que tous les quatre ans.On cite des exemples d\u2019atrocité inouie et il paraît que cette excellente police exerce des traitements presqu\u2019aussi cruels vis-à-vis des pauvres chiens que ceux qu'elle faisait jadis éprouver aux citoyena qui lui tombaient sous le bâton.On assure que ces agens de la corporation ont été jeter la drogue mortelle dans des cours, ont même détmuselé des chiens pour la leur faire avaler.Le propriétaire d\u2019un de ces animaux nous prie de lui dire si nous pensons que la corporation à le droit de tuer un chien après qu\u2019elle a forcé son maître à payer une taxe.Nous dirons que cela nous parait fort injuste mais que cette soutise-la peut bien passer avec toutes les autres dont le conseil se rend coupable.Îl est pourtant au milieu de toutes ces calamités un fait consolant pour la race canime ; c\u2019est la bonne sympathie qu'a exprimée à son égard Mousieur Simpson ; le chien n'est pas ingrat, aussi l'on nous assure que dès que les persécutions dont ilfest l\u2019objet auront cessé, il prendra des mesures pour exprimer toute la reconnaissance qu\u2019il croit devoir à son bienfaiteur.Une assemblée de tous les chiens qui auront pu échapper A la mort sera bientôt convoquée, à l\u2019effet d'adopter et de présenter une adresse de remerciments à l\u2019honorable philanthrope\u2026 non, c\u2019est le contraire, nous aurions dû dire philan- chien qui a si généreusement déclaré que le dogue devait être exempt de travail.La réunion sera malgré tout des plus nombreuses ; il y aura queue.Nous tâcherons de donner prochainement les procédés de cette assemblée, l'adresse ainsi que la réponse.La crise ministérielle continue à faire ses forces, 3 commetire toutes sortes d'incongruités ; on ne parle pas par exemple de Ja formation d\u2019un nouveau ministère ; pas plus de wmisires.seayonsables que dans ?A hgauistes. 126 LE FANTASQUE.Ti est pourtant des badauds qui ouvrent à tout cels une bouche de gobe-mouche avec celte différence qu\u2019une chauve-souris pourrait s\u2019y loger par mégarde et qui CAE! a0so0.001 Quel homme admirablo que Sir Metcalfe ! quel homme impayable que Sir Charles Metcalfe ! quel homme inexpugnable que Sir Charles Theophilus Metcaife ! il est comme le soleil qui n\u2019a jamais vu son pareil.Quand on pense qu\u2019il a trouvé.le moyen de gouverner sans conseil exécutif, sans ministres ; que par un travail opiniâtre il fait à lui tout seul la besogne de dix chefs de départements et épargne au trésor public autant de milliers de louis.Mais en effit clest admirable et à notre tour nous crierons aux badauds ci -dessus_:\u2014 or! neveu que vous êtes bons, ou, pour parler plus poliment, que vous êtes bôtes ! Eh mes braves, selon votre doctrine le gouverneur par exceHence, le gouverneur.modèle serait le grand-Turc, l\u2019empereur de Maroc, ainsi appelé parcequ\u2019il se chavese de maroquain, un pacha à plusieurs queues, le grand Shah de Perse ou un Rhajha d\u2019Inde, sont le beau idéal du gouverneur.Ces gens là gouvernent en effet sans conseil responsable ; comme ils empochent tout ils n\u2019ont pas besoin de receveur-général ; lès frais de justice sont même économisés en oe qui n\u2019y a pas de jugea, de procureurs- généraux, de solliciteurs-généraux, tout se dé.eidant subi£o par le prince ; l\u2019emploi de bourreau même est quelquefois retranché, le c:meterre du potentat faisant l\u2019office à merveille, Ce système pourrait bien, après tout, être en effet le meilleur de tous, et personne ne le varterait tant que nous si nous étions Grand-Turc ou Pacha ou Shah ou Rhajha ; mais tant que d\u2019autres auront les charges et-nous les coups de bâtons eur la plante des pieds, ou les rançons à payer, ou le service guerrier à faire, nous en dirons pis que pendre et nous aurons raison.Voilà ce qui nous fait soupçon ner que Sir Charles Metcalfe qui eet, aseure-t-on, un Rajha d'Inde,trouve ia chose admirable et qu'il est appuyé d\u2019un tas de suspects qui ne crient ei foit: hourra! que parcequ\u2019ils ont tous en leur particulier l\u2019espoir d'être faits Pachas, petits Shshs, Visire, Grands Eunnuques même, tous dignitaites qui s\u2019endorment sars rêver aux inconvénients de la responsabilité, Nous admirons la hardiesse, pour ne pas dire le toupet, avec laquelle ces braves gens disent qu\u2019ils veulent à cor et à cri le gouvernement responsable.le garer ment responsable comme l\u2019entendent Sa Hautesse Mustapha Théophilus etcaife et son grand Mufli Wakefield.! Pas difficiles mes gas! Jouez au us fin ; nous le voulons ; remportez la victoire, nous y consentons ; dévores es dépouilles, tope ! Mais au moins ne croyez pas que nous prenons vos tours, vos sauts, vos culbutes, vos cabrioles pour de l\u2019argent comptant.Au plus fort Ja poche, c\u2019est juste; mais ne faites point lee mijaurés, les modestes, et pour l'amour de Dieu, ne parlez jamais du bien public, de lintérêt public, de la cause publique.else tem nous avions le dernier roman de Mr.Eugène Sue, les Hya Mysières de Paris et nous offrions de le prètor à un de.nes amis en-kui disant que LE FANTASQUE.127 Œ Y'auteur n\u2019était surtout proposé d'indiquer une nouvelle route à la législation.[I ne voulut pas l\u2019accepter, disant qu\u2019il n'avait pas le terms de fire ces choses-là ; que tous ues loisira étaient pris par ses études etc.ete.Hier nous reçumes du susdit ami un petit billet ainsi conçu : Prêtez-moi done ces mysléres que vous m\u2019a~ vez offerts dernièrement : on-dit qu'il ya des choses tout-à-fait immorales.J'aimerais bien voir ça.; Nous lui avons répondu laconiquement : \u2018 Lorsqu'on n°a pas de tems pour lire des choses utiles il n\u2019en peut pas assez rester pour feuilleter des immoralités.Notre ami est pourtant un homme d\u2019esprit puisque c\u2019est à sa demande que nous publions celte anecdote.Si j'étais un auteur de renom ; si j'étais sûr de trouver des lecteurs.encore, des lecteurs cela ne m\u2019inquiéterait pas beaucoup, mais si j'étais sûr de trouver des acheteurs j\u2019écrirais un gros livre, un livre-monstre, un volume gigantesque dont I= confection occuperait pendant plusieurs années toutes les presses, tous Jes compositeurs, protes, pressiers, correcteurs, plieurs, brocheurs, relieurs de la province ; les papeteries auraient peine à fournir tout le papier dont j'aurais be- ! som ; toutes les guenilles d'Angleterre, d\u2019Ecosse et d'Irlande seraient en requisition ; il me faudrait les plumes de tous les oies du pays et bien d\u2019autres encore.Et portant, mon livre si gros n\u2019aurait qu'un titre bien simple : Singularités ! Comme je ne suis pas assez riche pour entreprendre cette publication dont le besoin se fait pourtant sentir tout autant que bien d\u2019autres, je me contenterai de vous donner un de ces quatre samedis la préface de cet ouvrage et plus taid la table des matières.Pour aujourd\u2019hui je citerai seulement un des plus petits pe- ragraphes que contiendrait le soixante-quinzième chapitre, chaque chapitre se composant de cent-et-une singularités.Quatre-vingl dix-huitième singularité du soizante-quinzième chapitre.Enfin après bien des singularités.comme vous l\u2019avez vu toutes plus singulières les unes que les autres, le pays eut une crise ministérielle qui, comme vous l\u2019avez vu aussi nous à fourni déjà plusieurs milliers de singularités.Parmi les hommes singuliers qui ort joué dans toutes les crises politiques, ministérielles et autres un rôle singulier, nous avons oublié de citer l\u2019un des plus remarquables.C\u2019est un homme qui reproche aux autres tous les péchés qu\u2019il a commis ; on le connaît généralement sous le nom de The Old Quebec Gazette ; il est plein d\u2019esprit, de bon sens, de critique, d'à-propos, mais malheureusement il ne suit jamais, n'a jamais suivi les préceptes qu\u2019il prêche tous les jours.I! crie contre les jobs des amis du gouvernement ct il a fait une grosse fortune purement au moyen des jobs que les administrations précédentes lui commandeient.Il est l'ennemi juré des institutions républicaines et ne parle que de celles de cos voisins.Enfin il pourrait à lui tout seul fournir trois où quatre chapitres à cet ouvrage ; mais pour le moment nous n\u2019en relèverons qu\u2019une et ce n\u2019est pas la plus grosse.Le gouvernement responsable qui a fait des ministres avec des journalistes a bien pa faire aussi des journalistes avec des ministres ; le Times de Montréal devait une partie de son existence, à ce qu\u2019il paraît d\u2019après des lamentations que le pro- Ppriétnire verse au sein.de ses.abonnés, A la bourse particulière de Mr.Lafontaine.C'était déjà un progrès, car autt efois quand les gouvernants se sont mêlés d\u2019acheter la presse ils l\u2019ont toujours fait à même les fonds publics ot la Gazette de Quéec en cit plus long là-dessus que vous et moi, allez.Eh bien aujourd\u2019hui elle dit gravement que les hommes publics ne devraient jamais rien avoir à faire avec presse\u2026la singularité est singulière, n'est-ce pas.Il oublie sana doute que Ena 123 LE FANTASQUE.iN .depuis einquante ans et plus qu'il est journaliste it n\u2019a cessé d\u2019être homme publie, tour-à-tour représentant, représentant dea représentanis en Angleterre, conseiller législatif, conseiller opécial, teprésentant du peuple, et probablement bien souvent conseiller privé.Tout cela est singulier, n\u2019est-ce pas ; eh bien lecteur ce qui me paraîtrait beaucoup plus singu'ier enogre serait de le voir ré-élire comme représentant au parlement, par des gens qui trouvent presque sus exception qu'il les a représentés justement en sens contraire de leurs opinions.Un homme de la police ces joure derniers voulait empêcher des jeunes gens Qui sortaient de l'école de lancer des pelottes de Deige aux passants ou AUX Vitres du voisinage ; tout-à-coup quelques uns des plus grands et des plus forte des délinquants s'emparèrent de l'offirier de ville,le ronlèrent par terre, le battirent avec sôn propre bâton, jetèrent son chapeau par dessus le tuit d\u2019une maison, lui firent éprouver enfin une correction en règles; quand les erpiègles furent las ils abandonnèrent leur victime, qui s\u2019en alla toute penaude.On pensait que venge ance allait être tirée de ce forfait abominable ; mais il n\u2019en fut rien ; tout resta coi.Explication de cetle extrême bénignité :\u2014Les jeunes gens en question appartiennent à une école anglaise.On dit que Monsieur Ogden est tout contris d\u2019avoir accepté un emploi dans Pile de Man, tandis qu\u2019il aurait eu mille chances de rattraper sous le nouveau sysième celui qu\u2019il avait en Canads ; il le regrette d'autant plus que les quetelles Julon #\u2019y engendre à présent lui fout venir à la bouche l\u2019eau d'une excellente r- Ilion.On lit ce qui suit dans le Canadies : AUX MILICIENS.Meseizurs,\u2014Après plusieurs réclamations infructueuses depuis 1836 auprès des gouverneurs de cette province, j'ai enfin le plaisir de vous annoncer que ma dernière réclamation à eu l\u2019eff-t désiré.Voulant faire une dernière tentative, j'adressai, le 2 octobre dernier, une pétition en votre faveur à Son Excellence le Très-Honorable sir Charles Théophiius Metcalfe, qui, pour réparer l'injustice de ses prédéceeseurs à votre égard et vous faire enfin recevoir la récompense que vos services dans la dernière guerre vous ont méritée, a pris ma pétition en sa favorable considération et a émané une proclemation vous invitant tous à filer vos papiers au bureau établi à cet effet, dans l\u2019espace d\u2019un an à dater de ce jour, ot vous promettant des octrois de terre.\u2018 Jose espérer que, puisque par mes efforts et mes réclamations réitérées j'ai contribué à vous faire obtenir le récompense due à vos services, aucun do voos Re manquera à l'engagement contractf avec moi.d'ai l'hounque d\u2019être, Votre, ete.doszru Laveix, N.P.Québec, Ier mars 1844, \u2019 \u2018 >."]
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