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Titre :
La Feuille d'érable : édition hebdomadaire du Courrier de Montréal
Édition hebdomadaire du Courrier de Montréal, La Feuille d'érable est un journal conservateur qui bénéficie de l'appui du clergé. Vouée à l'agriculture, cette publication enrobe son message dans des articles variés et de lecture facile.
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1880-1882
Contenu spécifique :
Supplément - feuilleton
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Références

La Feuille d'érable : édition hebdomadaire du Courrier de Montréal, 1881-11-05, Collections de BAnQ.

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[" FREUILLETON.24 LA TIGRESSE des FLANDRES, Erisovk ve LA DONINATION ESPAGNOLE DANS LES Pays-Bas.PREMIERE PARTLE.l.\u2014 Les Victimes.Vers la fin du mois de wai de I'année 1573, trois personnos étaient réu- nise dans une.vaste pièce de l'hôtel de Sterbeck, l'un de.plus vioux ot des plus somptueux, bâtiments de la pla.Verte à Anvers; toutes trois sem- biaient courbées sous le coup d'un immense désespoir.Ces personnes étaient la duchesse de Sterbeck, Noémie, sa fille, et le comte Popoli, fiancé de Noémie.La cause du désespoir qui les tenait muettes et immobiles en face l\u2019un «do l'autre, c\u2019était la condamnation à mort des den frères de Noémie, dont l'exécution\u2018devait avoir lieu le lendemain.A ln .nouvelle do leur arrestation, la malhediense mère avait pris aussitôt le chemin de l\u2019ruxelles, et étuit allée se jeter aux genoux du duc d'Albe, demandant avec des pleurs et des cris d'angoisse In vio de ses enfants, dont la jeunesse eit trouvé grace aux yeux de tout autre homme, car I'ainé avait vingt ans et l'autre dix-sept à peine.Mais le duc d'Albe, qui voyait les révoltes se succéder plus fréquentes et plus redoutables que jamais en face des échafauds, du haut desquels il avait cru les écraser : le due d\u2019Alhe, qui se sentait envahi lui-même sous les flots do sang qu'il avait répandus et ontrevoynit déjà, In rage dans lo cœur, la nécessité d'abdiquer bientôt peut-être cette toute-puissance restée stérile entre ses mains ; le due d\u2019Albe, plus dur et plus inflexible que I'acior de son épée, vit In pauvre mère se rouler À ses pieds et s'arracher les cheveux comme une insensée, et pas une fibre ne s'émut dans co cour de granit et, comme il redoutait l'eilet d'un pareil désespoir sur une ville oh tous les esprits étaient en fermentation, il envoya l\u2019ordre au gouverneur d'Anvers ot au chet du conseil des Troubles d'avancer de quelques jours l\u2019exécution des doux frères.Agéo de soixanto ans environ, grande ot mnigre, d'une distinction remarquable dans touto sa personna, la duchesse de Sterbeck, nvec so figure longue ob pâle, ses yeux blous ot calmes, son sbondanto chevelure, qui, noire encore la veille, du coup qui l'avait si oruellomont frappée, blanchissait pour ainsi dire à Vuo d\u2019œil, in duchesse de Sterheck oflrait le type de la grandeur la plus imposante, unio à la bonté la plus parfaite.Noémie, blonde, nvec les youx blous et le doux regard du sa mère, tirait son plus grand charme d'une expression de mélancolie dont il était impossible de n'être nas touché.Co trait caractéristique se retrouvait par- teut : dans le timbre musical do sa voix, dans la lenteur harmonieuse de son geste, dans In graciouse nonchalance du sa pose et de sa démarche.Aussi, beaucoup do jounes gens, appartenant aux premières familles de la Flanre, avaient-ils demandé : sa main avant qu'elle n'edt attoint sa seizième année.Mais la jeune fille, laissée entièrement maîtresse de son choix et résolue à ne prondre pour époux quo l'homimo LA FEUILLE D'ERABLE vers lequel son cœur se sentirait en traîné, avait refusé tous les partis, jua- qu\u2019au jour où le comte Popoli s'était mis à son tour sur les rangs.Depuis longtemps déjà elle éprouvait une vive sympathie pour l'Italien, qu'elle avait rencontré dans plusieurs fêtes.Ce fut donc nvoc une joie pro- fondo, quoique discrètement dissimulée, qu'elle l'accueillit et Ini permit d\u2019aspiror à su man.Les avantages du cointe Popoli justifiaient au plus haut point la préférence de Noémie ; d'une taille moyenne, pleine d'été ance et de souplesse, il réunissait à peu près toutes les distinctions du type italien, un profil qui tenait de l'antique, animé par une teinte d'un brun ardent, encadré par une chevelure noire naturellement bouclée, illuminé lpar un regard où éclataient à ln fois l'intelligence et In passion.Quelque chose de doucoreux et d'insinuant dans l'expression trahissait le Napolitain et laissait à l\u2019esprit quelques doutes sur la franchise et l'élévation du caractère : mais cette nuance Ctait peu seusible et il \u2018allait obsorver le comte bien attentivement pour la saisir.La duchesse de Sterbeck n'avait eu sur le Popoli et sur su famille, d\u2019autres renseignements que ceux qu'il lui avait dounés lui-même ; mais lu sœur de celui-ci avait épousé le comte de Ristael, qui portant un des plus beaux noms de la Flaudre, et connu par sa poi itilleuse susceptibilité touchant la conformité des alliances, offrait par son choix même la meilloure des garanties.Ulcérée par le malheur, éclairée par de douloureuses expériences, la duchesse avait exprimé un ih tant la crainte de voir le comte se retirer d'une famille désormais signalée à la ! haine ct à la persécution des Espngnols, Mais Noémie, repoussant avec énorgie un soupçon qui outrageait si vivement le caractère de l'homme qu\u2019elle avait jugé digce de son amour, répon:lit de son dévonement et ent la jore de voir justifier toutes les espérances qu'elle avait fondées sur lui.Non-soulement il revint plus assidû- meut à partir du jour oh los deux frères do Noémie furent arrêtés, mais il supplin la duchesse de hâter son mariage pour donner à sa famille un chef dont l'appui, dans la situation critique oh elle se trouvait, allait leur devenir indispensable.\u201c Reprenez courage, madame la duchesse, dit le comte nprés un long silence interrompu, de temps à autre, par un soupir ou un sanglot tout espoir n'est pas encore perdu, Je vous l'ai dit, ma sœur, la comtesse Ristaël, voit fréquemment la fille de don Gonzalvo Rivarès, chef du conseil des Troubles, la sonora Cornelia lui témoigne no vive amitié, et grâce à l'absence du gouverneur, don Gonzalvo éÉtaut maître de fixer à son gré le jour de l'exécution, nous pouvons es- pérar un sursis pondant lequel une demande en grâce parviendra au roi d'Espagno.\u2014Héôlas ! répondit la duchesse, si le caractère de cette senora Cornolin est tel qu\u2019on la dépeint, autant vaudrait tenter de fléchir le bourreau lui- mémo.\u2014Jo sais qu\u2019on lui attribue le redoublement des rigueurs qui pèsent sur Anvers, depuis que son père y préside lo conseil des Troubles ; mais, malgré l'austérité sa-ivagos de an foi religiouso, jo ne saurais admettro une telle barbarie dans un cœur de jeune fille, ot jo ne douto pas qu'à la sollicitation de ma sœur, elle no fasso tous ses-offorts pour sauver vas deux \u2018enfants.\u2014 Allez done trouver sans retard ln comtesse de Ristaël, comte Popoli, et que le ciel vous seconde! dit la duchesse en soupirant ; mais je ne sons rien battre dans l'immense vide de mon cœur,et unr voix funèbre me dit que rien au monde ne pourra les sauver.\u2014 Et moi, j'espère !\u201d dit l'Italien en se «dirigeant vers ln porte.La duchesse resta immobile comme pétrifiée dans son fauteuil.Noémie reconduisit le comte jusqu\u2019à la porte qui ouvrait sur le jardin, toutes les portes et fonêtres qui donnaient sur la place étant fermées depuis trois jours.\u201c Mon ami, mon cher Paolo, lui dit-elle, vous savez À quel point je vous aime; eh bien! sauvez mes frères, sauvez ma mère qui ne leur survivrait pas, et il me semble que mon amour pourra s'accrofître encore.Vous êtes jeune, brave, dévoué, quels obstacles ne pourriez-vous pas vaincre?Vous réussirez, j'en ai le pressentiment; ot alors, oh ! alors, quel bonheur,quel ravissement succéderont aux angoisses qui nous tuent aujour- d'hui?Allez; à bientôt, n'est-ce pas?\u2014Je me rends directement chez In senora (Jornelia : car le temps est précieux, dit le comte.et, si je puis lui parler, peut-être serais-je ici avant une houre.Adieu, chère Noémie, comptez sur mon dévouement ! Noémie lui jeta un regard plein de tendresse à travers ses larmes, puis elle revint s'asseoir près de sa mère, se sentant au Ceur Comme un rayonnement d'espoir.\u2018 Nous les sauverons, ma mère, dit- elle en portant tendre ment à ses lèvres la main de In duchesse ; le comte va parler de nous à cette jeune tille ; il va lui poindre notre désespoir et il est impossible qu\u2019elle y reste insensible.\u2014Toutest possible, excepté le salut \u2018le mes enfants ; voilà ce que me répond mon cœur quand je l'interroze, dit la duchesse sans relever la tête, et pourtant j'ai tont tenté ; à cette heure même, six cents hommes, six cents tœurs intrépides, ovgan sent dans l'ombre un complot pour les sauver.Tls sont tous fort braves, tous déterminés à mourir .ils ont pour chef un Français, un gentilhomme digne de les commander, dont l'adresse et l'énergie sont sans égales; mais que pourront-ils contre l'arrêt du destin 1\u201d Pendant ce temps, le comte Popoli se présentait chez le président du conseil des Troubles, et demandait à parlor à ln senora Cornélia.11 lui fut répondu qu'elle assistait avec son père à une délibération du conseil, et qu\u2019il ne pourrait la voir avant deux houres.nn : ee L'Italion demanda alors de quoi écrire, : vont aveu et, dans quelques lignes rapidement tracées, il supplia la jeune fille de vouloir bien lui accorder une audience.Puis il s\u2019en fut chez le comte de Ristaël, où nous allons le précéder.Il.\u2014 La comtesse Riyina.La comtesse Régina de Ristaël était accoudée au balcon d'une élégante maison, un de ces biliments sans style déterminé, mais d\u2019un caractère ploin de pittoresque, commo on en rencou- tre encore à chaque pas en Belgique, et dans lesquels se trahit l\u2019influence du génio espagnol.- Dans tout l'épanouissement do la jeunesse, car elle paraissait avoir vingt ans à peiuo, Régina était belle, mais le caractère dominant de sa beauté était l\u2019étrangeté.Lo premier sentimontqu'on éprouvait en ln voyant tenait autant de la surprise que de l'admiration ; lo premièro pensée qu'elle inspirait était as le désir de pénétrer la nature pleine de caprices et de contradictions, que trahisgait à In fois Cette tito ardente et rieuse, ce regard brillant de jeunesse et de passion, ce beau front où siégeait ensemble la noblesse et la ruse, la frivolité et l\u2019exaltation, la raillerie et la foi.Sa peau brune avait le poli et les tons lumineux du bronze florentin, chaque ligne de son visage, Ciselée avec une délicatesse ct un fini exquis, exprimait une pensée ou un sentir-ant, Elle avait des poses, des façons, des aira de tête dont l« grâce et la liberté tenaient à la fois de Ia princesse et de la courtisane, et le mélange de ces deux types se remarquait encore dans sa mise, dont in richesse égalait l\u2019originalité et le.sans-façon.Elle était presque entièrement couchée sur des Coussins de velours rou- go ompilés l'un sur l\u2019autre, le coude posé sur la balustrade du balcon, le menton plongé dans la paume de la main, Sa tête, coiffée d'une espèce de résille rouge d'or, dont les glands massifs retombaient de chaque côté du visage, éclairée par uu reflet de soleil couchant, dont Ia lumière faisait resplendir son teint d'or pâle : cette tête avait quelque chose de l'immobité granitique, et de la fixité mystérieuse des sphynx babyloniens.Une curiosité ardente, profonde, coucentrée.étincelait dans son œil noir et donnait à ses traits uno exubérince de vie intime dont l'effet était merveilleux et le charme irrésistible.Elle était si complètement absorbée qu\u2019elle n\u2019entendit pas entrer son frère, qui s'arrêta un instant sur le seuil à la considérer d\u2019un nir soucieux, puis s'avança jusqu'à elle, et, la voyant toujours immobile, Ini toucha doucement l'épaule pour Jui faire savoir qu'elle n'était pas seule.Régina tourna lentement la tête.\u201c Ah! Cest vous, comte, dit-elle er repronant sa première position.\u2014 C'est moi qui vient vous demander un service, Régina\u2014 Votre demande ne pouvait arriver plus mal à propos, car vous venez de chasser le plus beau rêve.Mais, n'importe, voyons de quoi il s\u2019agit ! { À continuer.) +, On a souvent et beaucoup ri de la censure française, plus connue sous le gracieux psendonyme d\u2019Anastasie ; mais la censure russe nous pa- raft plus réjouissante encore.Voici un fait assez éloquent.Un auteur dramatique de Saint Pétorsbourg avait envoyé un manuscrit aux censours qui le lui renvoyt- une série d\u2019annotations marginales parmi lesquelles celles-ci qui était placée en regard d\u2019une scène oh un personnage se disposant à dé- jeûâner, commandait un bifteck: \u201c Quand la pièce sera jouée un jour maigre, on aura soin de remplacer le bifteck par un plat de poisson.\u201d Pas da commentaires ! x, Un jeune hoinme invite une demoiselle à danser.\u2014Demander à ma mère, répond celle-ci d'uu air pudibond.La permission ost accordée.Pendant le quadrille, oh la demoiselle se montre ploine de laisser-allor À tous égards : \u2014Venez-vous demain avec moi à la pêche aux crevettes dit-elle & son cavalier.Lo jeune homme baissant les yeux à son tour : \u2014Demandez à mon père ! 94 REPRODUCTIONS LE MEDECIN \u2014DU\u2014 PETIT PAUL.Presque chaque jour meurent, dans les hôpitaux, des médecius, des interues, des * iufirmiers et des Sœurs, victimes des soius qu\u2019ils donnent aux nombreux malades atteints d'augines contagicuses.Les journaux instrent leur nom, et c\u2019est tout : il en meurt même dont on nc parle pas.Le récit suivant apprendra peut-être au public ce qu'on doit aux médecins dévoués, et nous souhaitons surtout qu'il émouve assez ces derniers pour qu\u2019ils prennent enfin les indispensables précautions qu\u2019ils négli- geut 14 plupart du temps, précautions qui seules peuvent sauver d'une mort certaine.Le médecin du petit Paul se réveil- là en sursaut vers minuit en proie à un horrible cauchemar.L'hallucination avait une tello intensité qu'il se dressa sur son séant, of, de ses yeux aggrandis par l'effroi, sonda l'obscurité pour voir si bien réellement l'odieuse seène n'avait pas lieu, Un vigue et triste rayon de lune tiltrait dans l'entrebailloment des rideaux, et, au loin on entendait hurler plaintivement un chien dans le campagne,tandis que les arbres de la forét voisine gémissaient sous les Coups de vent.Mais dans la chambre, rien.LI se penchs du côté de la pièce voisine et il percut un bruit léger, puis un sou pas fermée, le son régulier et doux d'une respiration normale : c'était sa jeune femme qui couchait dans cette chambre, sa jeune femme autour de ! laquelle gravitait maintenant toute son hâäta de monter auprès du lit du petit ; existence.Une secondu avait suffi pour que le docteur eût reconnu qu'il sortait d'un rêve, mais le rêve avait été si horrible qu\u2019il l\u2019obsédait, ce qui s'expliquera lorsqu'on saura que cette obsession vemait des impressions poignantes de lu journée.Une douleur qu'il ressentait à l'in- | dex et au medius de la main gauche portant fous deux des traces de cautérisation d\u2019un noir intense, une cuisson chaude à lu lèvre inférieure accompagnée d'une légere élevure lui rapelaient naturellement la dramatique scène de la veille, \"x Voici en effet ce qui s'était passé : \u2014 Au petit jour un grand coup de \u2018sonnette, de ces coups qui font tres- soillir le médecin, l'avait \u2018éveillé en sursaut ; on venait le chercher pour l\u2019enfant de M.L.\u2026, le petit Paul, Le docteur s'était levé, habillé rapidement, puis était parti visiblement préoccupé, mais de l'allure \u2018d'un homme décidé à faire face intrépidement et frivolement aux plus graves complications, [ La maison de monsieur L., était dans les bois, à gauche d\u2019un château en ruines.Une vieille grille en fer toute démantelée et ob manquaient les portes, par une ouverture béante, indiquait l\u2019ancienne aveñue devenue chemin public.Le docteur &'y engages jusqu'aux \u2018grands \u2019bâtiments- dont les ouvertürés\u201d sans châssis ressemblaient à des/orbites* vides sans\u2019 paupières, +.dane Lorsqu'il fut devant les rules; ua vol de noire corbeanx passe au-desssus, 1} y en avait seize, un bon chiffre; Et- , lsallaient de gauche à droite;-uh bob: - oo, Ù { une grosse chemise rapiéeée et sur son | tiu-là elle était pâle, défaite \u2014 depuis i plusieurs nuits elle ne quittait pas le | Si vous saviez depuis hier quel chan- ., 15.| abime, pir et enfin, comme la porte n'était | | regardant l\u2019enfaut.pu + LA FEUILLE D'ERABLE ni signo encore, c'était co qu'on appelle de favorables auspices, mais le docteur prévoyait le contraire do ce que disait en science augurale lo vol du cor- boaux.Comme il tournait à gaucho vors la maison L., un jeune garçon, hälé comme un lièvre, accourait au devant ; de lui pour le prier d'arriver en hâte, il avait les yeux très noirs, sur la tête un chapeau en entonnoir à bords tout déchiquetés ; sur sa poitrine maigre ct terrouse, s\u2019ouvrait à tous les vents épaule droite, uno seule bretello coupait le torse en sautoir pour retenir lo pantalon efiloqué.Co petit misérable avait quelque chose de plus lugubre que les corbeaux.Au bas de l'escalier de la chambre du potit malade, le docteur trouva la jeunu mère.Elle était grande, brune, droite et bien prise, des cheveux châtain foncé coiffés on arrière, retombaieut on boucles noires sur ses épaules, et de granda yeux bruns, lnissant deviner une nature énergique et passionné, éclairaient un frout large tandis que la bouche aux lèvres un peu épaisses indiquait une foume aimante ot bonne, touto pleine d\u2019une intense matornité.Mais co ma- chevet de son enfant.\u2014 a ne va pas du tout, doctear, gement |.Elle disait cela en apparence tranquillement, mais sa Voix et son visage avaient jo ne sais quoi de défendu, de profond qui laissait deviner un Elle ajouta que l'enfant avait pris toute la potion, mais que cela n'avait produit ancun etfet.Le docteur fronça le soucil et serra les lèvres.C'est avec anxiété qu\u2019il se Paul.Le pere, la figure défaito, les yeux eufuncés et cerclés de noir, le corps et les membres brisés par l'insomnie, impuissant, désespéré, silencieux, morne, était atfaissé sur une chaise Presque pas de meubles dans cette chambre, car la maison de campagne était neuve ct la maladie avait saisi l'enfant pendant l'instatlation\"de\u201csorte que, à part lu chemiuéo couverte de fioles de pharmacie coiffées de cha- poaux verts ou orangés, à part tune grosse malle entre deux fenêtres et deux chaises orrant au hasard, on ne voyait que le petit Paul qui se mou- .rait dans le grand lit de ses parents, \u201c où on lo mettait depuis qu'il était très mal._ 11 y avait à poine une douzaine de sjours, c'était un beau garçonnet de quatre ans, l'orgueil at la joie dd sa mére.Il en avait les grands youx bruns intelligents et les lèvres un peu grosses et saillantes, qui vont d\u2019ailleurs ei \u2018bien aux petites bouches des enfants et font sonner de si bons baisers.Avoo ses cheveux châtains coupés à la Titus, sa physionomie sérieuse et quelque chose de primesautier dans de caractère, il jouait déjà au petit homme et faisait céder sà mère \u2014 un peu faible vis-à-vis de lui, comme toutes les mères qui ont un fils, .| \u2026 Quel changement en effet depuis la veille, et cependant la veille il avait été bien mal, si mal que;là pauvre .\u2018 mère qui jusqu'alors avait paru se do- Tiber, ATE pu sempecher d'éclater \"on sanglots et de pousser des oris'de \u201cféfespoir.* - A \" \"La dootghr avait eu foilted Ids pei- \u2018ues du monde A Ja calmer, ,, \u2018: La pbre avait fait entendre: qu'il dé- TTT sirait que le méduciu traitant oût une consultation avuc leur médecin do Paris, justemont un ancien interne d'un hôpital d'enfants.Notro docteur, bieu que sou diagnostic fit bien établi, bien positif ot son traitement complet *t énergique, accepta de graud cœur.Cola dégageait sa respousabilité et pouvait prolonger ot relever l'espoir des parents.Et puis, qui sait ?Pout être le médecin consultant ouvrirait-il une nouvelle voie.Entin il fallait bien teuter d'autres efforts, on ne pouvait restor les bras croigés devant ce pauvre petit être qui se mourait.La consultation avait eu lieu vors les cinq heures de l'après-midi.Le médecin de Paris n\u2019était encore qu'un jeune praticien, mais il savait son métier, était intelligent et virconspect il spprouva non pas\u2019 banalbment, Mais en donnant ses raisons, le traitoment institué par son confrère, trouva que, pour la dureté de la maladio, l'enfant était ralalivement en bon état.Dans le but, d'ailleurs légitime, de remonter la moral des parents il penchait vors l'optimisme, surtout lorsqu'il avançait que sur cent, l'enfant avait quatre.vingt-six chances de salut.Le médecin traîtant n'aurait pas mieux demandé que de le croire, mais il avait chez lui dans un flacon d'al cool une pellicule blanchitre, ayant l'apparance de lu peau de gant, que l'enfant avait rendue il y avait vingt- quatre houres et qui no laissait aucun doute sur le dauger de cette angine pseudo-membraneuse.\u2014 lt en a rendu, disait-il du médecin consultant, mais il s'en roforme, Ce deruier no voulait voir que les symptômes favorables.La seule chose qu'il proposa d'ajouter au traitement ce fut de donner de temps en Lompa un peu de glace.Coin était conseillé come pouvant enrayer la formation des fausses membranes.Il n'était nul lement d'avis de faire l'opération de la trachéotomie.Cette consultation avait réveillé une lueur d'espoir chez les parents, mais la nuit avait été très mauvaise et comme l'on avait prévenu la pauvre mère notre docteur trouvait depuis la veille bien du changement.D'habitude, lorsqu'il roconnassait le pas et 1a voix du médecin, le\u2019 petit Paul se tournait vers la ruelle en fai- gant somblant de dormir ou on so re- _ croquevillant sous les couvertures afin .Qu'on ne trouvät le pas, car l'explora- \u201c tion ot la cnutérisation de sa gorge le faisaient souffrir, bien que lo docteur J mit le plus de douceur possible.Au début on ne pourrait spulement ,pas lui faire dosserrer les dents.Lors- \u2018que le docteur voulut cautériser ce fut une lutte éruelle qu\u2019il fallut enga- \u201c ger avec le pauvre bébé.Il protestait,, il criait,\u2018 il collait ses petites mains dovant ses lèvres.y: Ee vain la mère cherchsit-elle à le persuader, en vain le supplisit-alle ; raisonnement ot supplications ne ser- voient à rien.;Ç Le docteur employait un autre sys- téme, il ne disait pas une parole il agissait, ot il finissait par contraindre l'enfant à ouvrir la-bouche-en-lui serrant lo nez, puis il.giissait outre le mâchoires un bouchon de liège e avec le pinceau à manche flexible par- .Yemit à introduiré la\u2018tolutipä chat: ue.nn Ls 4 L'enfant interloqué dé cô procédé! *\u201cMüet ne tardnit pas à se laisser faire.Lorsque\" c'était fini, il: protestait, il - 1.-e8t vrai; \u2018mais\u2018ita!voix \u2018était'ai faiblo qu'al peitié \u201d don \u201dlontétidait: Selon enfants, l'expression d\u2019un médecin des excellent observateur; de l'horrible,, ° 164: mn mal, ces potits malades ne peuvent parler que dex leores.1s artioulent mais n'émobtont pas de son La pauvre mère tondait ! vroille : Que dis-tu, Paul, intortogeau alle.Lui faisant ln moua, de ses bonnes grosses lèvres, répétait : Je veux qu\u2019il s'en nille le médecin.Mais cotte fois, le pauvre büné n'avait pus bougé en entondant le docteur.Malgré deux oreillers, sa tite était renversée on arrière avec offurt le cou saillant, tendu convulsivoment\u2019 formait un sinistre arc de ciel, la poau était tirde de tells sorta qu'on distinguait au travers les soillios des prinei- paux enrtillages du larynx.Les nari nes s'ouvraiont avec eflort, I'mil sortait de l'orbite, la poitrine bombait violemmont.Co petit corps tout en tior tentait désespéremmont d'élargir los voies aériennes, hélns, sans pouvoir ÿ parvenir.La respiration était de plus en plus péniblo siMante, inauffi- sante.Ses deux bras allongés reposaient lo long du corps et l'œil de la mère avait déjà remarqué que ses doigts miguons dovenaient bleuâtres à leur extrémité \u2014 médicalement parlant cy- anogé# \u2014 co qui indiquait le commen- coment de l'asphyxie.C'est un spoctacle bien péniblo de voir suffuquer une grande personne, mais un jeune onfant, un pauvre bébé comme lo potit Paul, étranglé par cotte désespéraute maladie il n\u2019y a rion de plus atroce : L'enfant so meurt dans les souffrances épouvantables d'une lente asphyxie, le père ot ln mèro désespérés, af- folds, i bout de raisons, vous orient de faire quelque chose, qu'il ust im- po siblo do laisser mourir ainsi un enfant bien vivant.Quelle sitnation ! Que faire.Pourquoi le médecin consultant s'opposait-il à la trachéotomie ?Sans doute il avait donné #08 raisons, inais lo médecin traitant s\u2019y était rendu avec poinu et de temps ou temps, ses youx so portaient sur une canule d'argent qui était là sur la Cheminée, neuve et brillante avec so5 petites complications de soupape ot d'anneaux pour fixer : c'était la canule do trachéotomie.Mais lui était-il permis d'assumer sr lui seul cetto terrible responsabilité ! Le docteur ausculta une dernière fois, l'ausculation ne lui révéla rien do nouveau.To petit Paul se laissait fairo sans un geste, sans un mot de résistance.Cette petite volontd brisée nprès des résistances aussi vives quo cellos du commencement était d'un effot navrant, {a ; if ï L'enfant n'ossayait même plus de parler, à peine ai des yeux oh d'un léger mouvement do tête il pouvait faire connaître.qu'i} ontendait\u2026 Après quelques tentatives infructu- euscs faites: avoc une pluma hujilée pour tenter do provoquer, l'expoctora- tion chez le petit malade, le père voulut lui donner un morceau de glace.l'ar un effort, l'enfant quitta son oreiller:où il s'arc-boutait dans une nttitude tétanique, parvint à se inain- tonir aur son séant:ot; au moyen d\u2019une cuillère 'à café fon lui glisea entre les lèvres lo fragment de glace.Au -promier abord, il parut-s'en \u2018 trouvor.bien, faisant les mouvements \u2018de joucs et do lèvres d\u2019un enfaut qui laisse fondre un bonbon ; puis, il se pencha en avant ot allongoa la main vors la -cuillère.litait-ce pour la.re- gusser ! étaitsed youn: -redbmander de ln glace ! A.\u2026 La mère:anxieuse avait les: yeux ri- - Vés aux youx.de son fils, i. \u2014 En veux-tu encoro, Paul ! Paul ne répondait pas, Prul ne faisait même pas un signe indiquant qu\u2019il cntenduit.Le docteur, à sun tour, interrogea son regard ; il regardait à vide, et au même instdnt, les potites mains s\u2019agitèrent lontement et étrangement sur le drap comme pour prondre quelque chose qui n'y étaït pas ;on eût dit que le pauvre petit cherchait à se raccrocher à ln vie ; mais vrineu enfin, il retomba sur l'oreillier.La respiration passait à puine, ot l'on ontendit, distinctement le bruit sinistre inhéront à cotte fntalo maladie \u2014 bruit do drapeau \u2014 quo produit air en frappant sur les fausses membranes.\u2014 Il est perdu ! fit 1a mère, droite, impassible, pâle, mais sans verser une larme.\u2014 Perdu ! répéta le père penché avec UN morno désespoir au chevet du lit.Et tous les deux dardèront leur re- gud sur l'œil du médecin.Cet œil était calme, froid, ne fuyait ni ne se détournait, ot comme s'il avait acquis subitement la dureté brillante mais impénétrable de l'émail, il ne lnissait rien deviner ; le Vissgo marmoréen ne disait pas plus que le rogard.x « X Il y out entre ces trois personnes une minute atroce, pendant laquelle ou n'entendit pas autre chose dans lu chambre que le terrible bruit de drapeau.,Ç Après que l'opération de trachéotomie eût ét$ écartée la veille, le médecin traitant avait proposé une autre manovvre moins radicale : lo médecin consultant l'avait encore rejetée cette fois comme trop dangereux poul l'opérateur.\u2014 Premier danger mortel, l'enfant vous mordra ; second danger mortel, il vons crachera des fausses membranes à la figure, avait-il dit, et il avait encore ajouté : \u2018* Un de mes confrères ct arni vient d'au mourir, il n\u2019y à pas trois mois, ot à chaque instant, daos les journaux vous voyez raconter des cas de ce genre.\u201d Mais norte docteur ne pouvait décidément pas so résigner à voir mourir ainsi le potit Paul, La manœuvre dont il avait parlé consistait à aller cher- Vorifice de l'épiglotte avec l'index de la maip gauche, puis de la droite, fui- re pénétrer un potit écouvilion dans l'orifice ot ramener les fausses mom- branes.On a inventé un doigt métallique pour ganter l'index et le préserver des morsures, Inais l'on n'en avait pas sous la main, ot puis, c'est un pou comme le masque ouaté destiné à protéger le visage : Ces précautions n'entrent pas dans les habitides médicales du praticien français.Pénétrons dorrière l'œil .d'émail impassiblo et froid, et pendant la suprême minuto de silence oh l\u2019on entend seulement le bruit de drapeau ; nous y Verrons se décider un de ces actes d\u2019obscur héroïsme comme on ac: complissont tous les jours, sans gloire, sans récomponse, loin de toute aide et \u2018dos perfoctionnomants «de In science, d'humbles médecins de campa- goo.Ln Pas d'entralnement, pas d'illusion rien qu\u2019un peu do chaleur concentrée en pensant nu devoir à accomplir, et co dovoir était dur, car-en songeant que d\u2019autres on étaient morts, lo doc- tour, dais son imagination, vit\u2018apparaître 'subitement la\u2019'joune femine et In bardelonnoito, lb barcelonnette, - toute blanche avec sa garniture de piqua dentalé ot ses rideaux do mouase, \u2018téate d'argent.- \u2018 Certara LA line brodés, surmontés d\u2019un joli nœud bien indiquant les espérances et les préférences de la jeune mère pour un garçon.Roidie dans : douleur, Mme L.De quittait p des yaux le docteur comms pour 1 contraindre, par une sorte d'influence magnétique, à risquor coûte que coût.une auprême tentative.Le père, sortant de son affaissemeont, levait lu tête, lui aussi, comme pour dire : Agissez ] Ft le potit Paul râlais deplus en plus, et l'on entendait de plus en plus ls bruit de drapeau.Toujours pas un mot entre les trois personnes, mais les yeux d\u2019émail fixés sur ceux des paronts lour répondirent ! \u2014 Je vois bien ce que vous me demandez.vous voulez quo j'essais de rendre la vie à votre enfant, même en exposant la mionno : mais, moi aussi, jo vais avoir un enfant.Ma vie, tant que j'ai été seul, je l'ai oxposée sans marchander, avec l\u2019ontrain d'un insouciant soldat ; mais aujourd'hui j'ai chargé d\u2019imes, mais aujourd\u2019hui je dois réfléchir ea pensant à ma femme et à co potit être qui va venir ; je n'ai pas de fortune, si je meurs comment vivront ma 7ouvo et mon orphelin ?Th bien !si je le sauve, vous forez comme les autres.quand viendra la convalescence s'en ira la reconnaissant ce.N\u2019importe, sans laissor échapper uno parole, uniquement par conscience, par humanité, par dévouoment professionel, il avait décidé de no se laisser arrêter par aucun danger.Pour remplacer le doigt métallique, il enveloppa son index d\u2019un morceau de linge ; ensuite is prit sur la cheminée l\u2019écouvillon, puis un bouchon de liège, Le père s'était placé derrière le chevet pour maintenir la tête ; la mère était à droito, le médecin était'en face penché sur le petit mourant.11 introduisit le bouchon entre les machoires l'enfant se laissa ouvrir assez facile- mont la bouche ; mais une fois le bouchon placé, dans un spagmo de suffocation, il écrasa le liège comme une boulette de mie de pain.Le père, retoiubé dans son anéan- tisement, où toujours silencieux, agissait automatiquement ;la mère toujours drofte, pâle, impassible en apparence, bien qu\u2019elle fut percé au cœur, ne voulait pas s'avouor que tout était fini.Au bouchon, on substitua un morceau de bois blant ; le père était chargé de le maintenir, à droite entro les ImÂchoires : la mèro tenait dans ses mains celles de l'enfant ; le petit Paul enfonçait convulsivement \u201csos dents pointues prosquo \u2018dans le bouchon.Cela n\u2019arrêta pas le médeéin ; tonant l'écouvillon do la maït droite, il introduisit résolôment\"'l'index gauche tout di procédant avéc douceur mais ces châtouillements at fond do la gorge sont insurportables.\u2014 Pronez garde, monsieur, prenez garde ! s'écria In mère en voyant tout à coup le morceau de bois dévier, et comprenant cette fois le danger couru.Ce n'est pas lo moment d\u2019hésiter ; le docteur continue son exploration et parvient à introduire l\u2019écouvillon à plusiours roprisos.Quand il retira son' doigt d'entre les mâchoires, il y avait du sang et les dents y étaiont marquées.* Le linge était-déchiré, il\u2018 le déplia - tranquillement, demanda \u201cde\u2019 l\u2019eauy lava la plaie et la cautériss'avec le ni- I lui-revint alors ce quele-médecid consultant'lui avait!dit de la niort de FEUILLE Dp Bie son ami, Ia joune femme et la barce- lonnette blanche lui apparurent comme derrière un crêpe.Ce fut tout, personne ne s'aperçut de ce nuage.Il revint vers le petit Paul, ot ne voyant aucune amélioration, il enga- gen lu mère À sortir.Elle était à bont, elle ne pouvait plus se contenir ; dès qu'elle fut descendue on l'entendit éclater en sanglots ob pousser des cris Péchirants à A toute volés.Le père, lui aussi, pleurait, sanglotait, s'agitait, perdait la tête.Le docteur était toujours impassible le dangor mortel qu'il bravait srandis- sait sn force d'âme.\u2014 Voyons, dit-il 4 M.L., maftri- roz votre émotion, j'ai encore besoin de vous pour uno dernière tentative.Les cris de Mme L.reboublaient d'intensité, en même temps quelqu'tin montait précipitammont.C'était li mère de Mme L.\u2014 Monsieur le\u2018docteur, je vous en supplie, venez vite, elle va se faire du mal, elle se frappe la tête contre les meubles, disait la pauvre femme, avec des traits bouleversés et ses petits yeux bleus pleins de larmes.Lo Docteur descendit.Debout, renversée \u2018en arrière sur sa mere qui cherchait à lu maintenir, les bras raidis en avant, les mains crispées l'une sur l'autre, la figure baiguéo de larmes, le corps secoué par des sanglots et des soubresauts nerveux Mme L.était déchirante a voir.Une violente crise de désespoir pouvait tout faire craindre, lo docteur s'arma do fermeté pour la conjurer.\u2014 Mais madame, lui disait-il, songez à ceux qui vous entourent, songez à votre enfant, il n'est pas mort, il vous attend.\u2014 ll est perdu\u2026 perdu ! ! s\u2019écria-t- elle hors d'elle-même, folie de douleur.\u2014 Madame je vous en conjure, reprenait le docteur, que votre onfant ne vous entende pas, il y a encore quelque chose & faire.\"lle le regarda avec des yeux égarés et comme si olle voulait le repousser et l\u2019accabler d'injures.C'était le moment critique, il fallait que l'an des deux fût vaincu.Lui riva ses youx impnssibles sur cos yeux agards avec une expression d'implacable fermeté, et enfin la pau- vro femme baissa les paupières, \u2014 Mais monsieur, je vous en supplie, conjurait-olle, laissez-moi vous assistez à ce que vous allez faire, lais- sez-moi vous aider.\u2014 Non Madame.Tenez-vous tranquille ot restez là, vous ne pourriez être qu'un embarras, fitil avec autorité, et le docteur sortit de cette pièce en donnant un tour de clé en dehors, #4 M.L., avait rentré ses larmes et était redevenu.un instrument docile.\u2014 Allons, lui, dit le docteur, nous Allons faire la dernière tentative, et désobéissant à la consultation, il alla d'argent et chercha dans sa trousse les autres instruments nécessaires a la trachéotomie.\u2014 \u2014 Je tiendrai la tête, dit 18pdre,nais il faudrait quelqu'un pour les maina * gjouta-t-il, et il descendit chercher un \u2018aide.\u2018 Pondant ce temps le\u2019 docteur resté seulavee l'enfant le regardait'longue- \u2018plu erPplus pâle, di Tedpiratidn\u201d dé \u2018Plus en plus faible.Er \u2018lo \u2018contem- | plant là docteur avait'la-gorjzh serrée \u2018par l'émotion et\u2019 pouvait à\u2018 grande peine se contenir.vers la cheminée prendre la canule \u2018ent, tout'on faisant ses préparatifs.\u2018Lo pauvre petit motibond ' était de \u2018| 05 Quand le père rentra, le docteur reprit son visage impassible.On plags une rallonge de table sous le premier watelas afin que le corps de l'enfant reposit sur un plan résistant, ot derrière le cou on arrangea Un gros sac en cylindre pour renverser In têle un arrière et faire saillir le larynx.Le docteur voulait opéror on un seul temps, commo il l'avait vu faire à M.St G, à l'hôpital des enfants, au lieu de disséquer couche par couche ce qui prend beaucoup do tomps et occasionne de génantes hémorrhagies, L'aide amoué était le jeune garçon lugubre.Il entra sans quitter son chapeau en ontonnoir, ot sans rion dire il regardait l\u2019agonie du peti: Paul, Il faisait nu médecin l'effet d\u2019un porte malhour, mais il n'y avait pas à choisir.\u2014 Prends les mains lui dit-il : 11 prit les maina.du petit patient, tandis que le père prenait la tite.Mais il ne savait pas s'eflacer.{ \u201c \u2014 Mets toi à genoux, ordonna le docteur.Il s'agenouillait sur la descente de lit.- Ote lon chapeau.Baisse la tête.Il ota son Chapeau et baissa le front contre le bord du lit.Un bistouri tout ouvert dans les dents, le docteur attira le larynx en avant en le crochetant avec ses doigts, puis le maiutouant de la main gauche, de ia main droite il fit uno profonde incision.L'air pénétra avec un léger bruit.À peino si l'enfant avait fait un mouvement.Le médecin fit maintenir la plaie béante au moyen do deux écarteurs puis il plaça la canule- Tout cola sa faisait rapidement et en quelque sorte mathématiquemsnt, \u2014 11 est sauvé.il est sauvé\u2026 s\u2019écria tout 4 coup le pore comme subitement devenu fou.Le médecin le regarda silenciouse- ment, il mit la main devant lo tube d'argent, la circulation de air y était très faible.Il ossaya de désobstruer les voies avec l'écouvillon introduit par la canule, mais cela ne changea rien.Allons, il était écrit qu\u2019il lui faudrait aller jusqu'au bout, i! se trouvait entraîné par la fatalité de la situation, il ne lui restait plus qu\u2019à coller ses lèvres à l'orifice du tube et à aspirer les fausses membranes.Il rogardu le père\u2026 certes lo père aurait pratiqué l'aspiration, mais s'il \u2018était mort avec l'enfant, on aurait dit que le médecin l'avait tué inutilement.Et puis d'ailleurs, si 'empoi \u2018 sonnement était mortel, est-ce qu'il ne viendrait pas par la morsure ?Le docteur, sans rien dirè, se pencha sur le tube d'argent, lo serra dans ses lèvres, aspira forterhent, puis cracha, puis aspira encore.vesscsouss .Cette fois, l'air circulait-dans la canule, les lèvres de l'enfant ropro- naient presque leur couleur normalo.Le médecin se gargarisa avec du vinaigre, ensuito expliqua minutiou- sement les précautions qu\u2019il y avait à prendro et se rotira pour aller voir d'autres malades, disant qu'il reviendrait.Hélas! le mieux n'avait été que passager, le petit Paul \u2018expirait au bout de quelquds heures.| po C x : : Lorsqu'on\u201d prévint' le \u2018médégin, de cette be, il\u201d out lf risson beset qui lo pénétra jusqu'aux moelles.\u201c Ainsi son dévouement téméraire avait été inutile, 96 Il no voulait pas s\u2019avouer qu'il était lui aussi en danger de mort, il continua de faire s s visites ; du reste il ne souffrait nullement ; pas de fièvre, à peine un malaise Vague.Le soir, il se coucha de bonne heure et parvint à s'endormir, imais vers minuit, comme nous l'avons rapporté au commencement, il se réveilla en prise à de terribles cauchemars.Il révait entre autres Choses qu'il\" se ddbattait contre un petit cadavre qui venait lui appliquer ses lèvres empoisonnées sur les lèvres, Il ne parvint à s'endormir qu'après avoir pris un peu de morphine.Dans la journée, il prit un vomitif et se cautérisa la gorge aussi profondément qu'il fût possible.Néanmoins, sa femme effravée envoya chercher le médecin d\u2019une localité voisine, il était en Course, elle envoya une dépêche pour en faire venir un de Paris.Vers le soir ils arrivèrent tous les deux presque en même temps, ils firent ce qu'il y avait à faire, mais ils ne dissimulèrent pas que la situa- | tion était très-grave par suite des fatigues occasionnées par les visites.En vain le confrère du voisinage passa la nuit auprès du malade ; le mal faisait de tels progrès, que le lendemain il était mourant.Jusqu'au dernier moment, il fur lucide : ce qui assombrait l'heure su- | préme, ce fut surtout cette idée poi- : goante qu'il laissait sa jeune femme ; dans l'indigence et dans moins de | deux mois chargée d'un petit en- | fant.Il se refusa la consolation de l\u2019am- brasser, car il le lui avait défendu | héroïquement, comme Clauzel de | Boyer à sa mère, par terreur de la contagion.11 s'éteiguit le Cinquième jour après la mort du petit Paul, à peine Agé de trente et un ansi Du Prerre Rev.VARIETES.| | | | «x lseux amoureux ont été retrouvés dans le fleuve, dans un état | avancé de décomposition, | Ils s'étaient jetés à l'eau après s'être | liés par les bras, \u2014-Ah! bien, non! a dit Calino * sans le faire exprès, jamais je ne m'at- | tacherai comme cela après une femme.*x Entre Marseillais : \u2014Notre maison de commerce est tellement considérable qu\u2019il a fallu démolir trois cloisons pour ouvrir le grand livre.\u2014Té ! chez nous, pour que le te- peur de livres put paeser du doit à l'avoir il a fallu lui faire un chemin de fer, à cet homme.«Fs Dans une instance en séparation, le président interroge les deux adversaires : \u2014 Voyons, madame, dit le prési- | dent, lorsque votre mari vous a épou- vée, il vous aimait.\u2014Oh ! oui, monsieur, et je vous assure que son cœur battait fort, \u2014Et maintenant ?\u2014 Maintenant, c'est sa cance.+*, Une laitière de Paris a commis *\u201c un mot \u201d qui révèle bien tous les mystères de son commerce.Elle apportait un matin sa ration de lait accoutumée à une Cuisinière, qui demeura stupéfaite en voyant qu'on ne lui avait servi que de l\u2019eau : \u201c Ditesdonc, laitière, mais c\u2019est de l'eau claire que vous me donnez-là !.\u201d La LA FEUILLE D'ERABLE laitière se penche pour vérifier lo fait et s'éerie avec uno brusque naïveté : \u201cOh! sapristi! On a oublié d'y mettre le lait 1\u201d x*4 À l'auberge, dans une ville d'eaux, Un voyngeur, sur:le point de partir, paio au garçon un savon que Cotui-ci lui a fourni.\u2014C\u2019est deux francs; dit le garçon.\u2014Comment ! vous n'avez pas honte de vendre deux francs des savons qui ne vous coûtent pas quatre sous ?\u2014Sans doute, monsieur, c\u2019est un peu cher, c'est que souvent le savon ne me resto pas.Eh bien ?\u2014Oui, monsieur, il y a des gens indélicats qui, parce qu\u2019ils l'ont payé, l'emportent.+*, Ou discute de plus en plus, ainsi que le constate le Charivari, sur la crémation, dont l'usage cum- mence à so répandre un pou partout.Le qualificatif /eu, appliqué aux défunts, était prédestiné.Mais il y a infiniment mieux que cela.Voici qu'en ltalie, un docteur, nommé Corni, a trouvé le moyen de pétiifier les corps.Autant d'ascendants, autant de statues dans les familles, pour la génération future.Voyez-vous un mari, comme on en voit quelques-uns en cour d'assises, interrogé sur les motifs qui l'ont poussé à tuer sa femme : \u2014 Par amour, mon président ; j'avais un culte pour la beauté de ses formes, et comme l'Âge menaçait d'altérer In pure*4 de ses lignes, j'ai voulu la pétrifier assez tôt pour la garder intacte.Si le jury a quelque sentiment artistique, ce mari sera certainement : acquitté.«*% Une charge recommandée par le Charivart aux amateur.Vous ditesà quelqu\u2019u:.avec qui vous vous promenez; \u2014Je parie donner ::1 coup de puing sur le chapeau de ce monsieur qui marche devant nous, \u2014Allons donc ! \u2014Vingt francs.\u2014\u2014Ca y est, Vous arrivez derrière le monsieur, et vlan ! vous lui entrez le chapeau jusqu'aux youx.Colère, jurons, et cetera, Pendant qu'il se débat furibond pour éwerger de son couvre-chef, vous vous êtes prestemont enfoncé le vôtre jusqu'au col.Et vous vous débattez aussi.Lorsque le monsieur reparaît, cramoisi, et va vous chercher querelle, vous gémissez : \u2014Quel peut être le polisson qui s'est permis de nous\u2026 ?Le monsieur Vous prend pour un | compagnon de mystification, gronde | avec vous.et vous vous sépurez les meilleurs amis du monde, ayaut ga- @né vos vingt francs.a*, Extraits du petit dictionnaire de la vie pratique : BOUTEILLL\u2014On appelle ça une mesure de capacité.D'incapacité plutôt, à voir le nombre toujours croissant des malheureux que l'ivrognerie abrutit.Ln bouteille se range.Ceux qui la cultivent se dérangent.De ce petit récipient il sort tour à tour du rire ot des larmes, de la gaieté et de lu fureur, de l'espérance ot du désespoir, de l'enthousiagme et de l\u2019hébétement, de l'héroïsme ot de ln lâcheté.Tout dépend de la chose.À chacun de so javger.Jo.n'ni pas de.conseils à donner là-dessus.+ D'abord, parce qu\u2019ils ne sernipt pas suivis.Autrefois, les tessons do bouteil pe servaiont A préserver los murs \u2018Contre l'escalade de coux que souvent la boisson avait menée au vol.C'était une variante de la lance d' Achillo\u2014towbds maintenant en désuétude, Bouross.\u2014Il y en a de plusiours sortes.[ En diamant, ils se porteut aux oreilles.Inflammatoires, ils se portent sur lo nez ct sur diverses parties du corps.Autant il est difficile de se procurer les premiers, sutant il est difficile de se débarrasser des seconds.[] y n aussi les boutons d\u2019habit et les boutons de bottines, On a remarqué que, lorsque l'un d'eux vient à sauter, tous les autres l\u2019imitent.D'où l'expression : Boutons de Panurge.x*, Le globe terrestre doit se trou ver assez vivement ngacé, dit le \u201cCharivari,\u201d pour peu qu'il ait la croûte sensible, Jadis on se contentait de bâtir dessus.Maintenant, c\u2019est dans les dessous qu'on le travaille.Après le tunnel du Mont Cenis le tunnel du Saint-Gothard, puis celui du Simplon.LA oh il y a de la terre, on vend de l'eau.La où il y ade l'eau, un vend la terre.On a fait le canal do Suez.Unva creuser le canal de Panama.Un de ces quatre matins le Sahara dovien- drait un océan, Par contre, on ne veut plus passer la Manche en bateau, C'est le vieux jeu.Et l'on y arrivera.Vous allez voir ça.Et même, pour cette fantustique retouche de l\u2019œuvre du Créateur, il y a deux Gondinet pour un.Le premier a déjà commencé de pratiquer un chemin par-dessous Du côté de In Franco, la\u2019 perforation sous- warine a attoint une longueur do mille huit cents mètres.Les Anglais ne sont encore qu'à mille mètres.\u2014 Tonjours moins eutreprenant , les en- tsepreteurs do la perfide Albion, quand il s'agit de la dépense ! Le second est tout prêt à faire concurrence à la voie souterraine cn construisant un pont.Mou Dieu, oui: un simple petit pont de trente kilomètres.Au milieu du pont, comme au milieu du tunnel, à égale distance des deux rives, ln frontière ; une guérite pour la sentinelle française ct une guérite pour la sontinelle anglaise, Vous voyox ça d\u2019ici.En cas do guerre entre les deux nations, la stratégie simultanée des combattants est facile à doviner.Trains dessus, trains dessous.Rencontre en haut, rencontre en bas, Les doux convois anglais et los deux convois français s'escrabouille- ront.Les survivants se comptoront, ot les plus nombreux de l\u2019un ou de l'autre pays se proclameront vain- fueurs, Co sera uno partie comme une au- tro.x*x Le vaudeville cst partout, dit Pierre Véron.L'honorable M,;Cochery se doute.t-il quo son adu histration rest sous co rapport, uno/ pépinière des plus productives?\u2018* : bo Jo parle dg) l'administraon dow télégraphes.Egin l'éppui do thon dire Jo vais vous edifter, a vecirotré portmis- «nt ally wrong 400d .sion, uno pelite anecdote, \u201cpurfaite.mont authentique, et qui date d'avant- hier.Avant-hier donc, un de mes cop.frères, homme d\u2019osprit, qui tient une placo importante dans l'administration d'un grand journal parisien, et qui est on même temps romancier ot autaur dramatique, reçoit uno dépêche.Quand je dis qu\u2019il la reçoit ju ne suis pus parfaitement oxact.C'est sa fomme qui l'ouvre en sou absence.Stipéfaction et émoi La dépêche était ainsi conçue.\u201c\u2014Venez.J'ai besoin de vous parler tout de suite, \u201cCLÉMENCE.\u201c -\u2014Clémence!.Un télégramme fe.mininqui demandait uno entrevue immédiate.Il v'en faut pas davantage pour faire travailler un cerveau tant soit peu enclin à la jalousie.Ainsi il advint.Lorsque rentra notre confrère, une main frémissante lui tendit un papier bleu d'azur.\u2014Lisez! Notre confrère lut.\u2014Eh bien?\u2014Eh bien,je n\u2019y comprends rien \u2014C'est toujours co que l\u2019on dit eu pareil cas.-En vérité jo ne sais pas de uo il s'agit.Je ne counais aucune Clémeorà l'exception de In Clémence d'Atay'e- te, dont Cornoille a fait une trag- die.\u2014Tl'rève de plaisanterio.Tout cer: n'est que trop cruelloment sérieux.\u2014 Mais encore une fois.\u2014Oh! c'est indigne! Venir ainsi troubler vu foyer paisible.Catte Clémence 1 dJ'ahrège.Los «lénégations persistaient.soupçons redoublai -nt.[Impossible d\u2019en sortir, lorsqu'uu- dépéche arriva.Celle ci disait: \u201cVous ai atteudu l\u2019ourquoit \u2018 Cotte fois c'était signé : CLÈuES CEAU.M.Clémencenu,le député coun.est on effet l'ami de notre confrère.C'est lui qui, ayant besoin de lu voir, lui avait envoyé lo premier téle- gramme.Un employé distrait avait mal lu, et à Clémenceau substitué le fatal Clemence qui faillit allumer une guerre conjugale.Encore une fois, l'aventure est «b- solument historique.C'est pourg voi je la raconte, pourquoi aussi jo supplie M.Cochery de recommander à son personnel de ne pas prendro aiu- si le Pirée pour un homme, ou nn homme politique pour uue dame aimable.Il y va de la tranquillité de tous les ménages.I 2ËS inutilemen: x\u201c Xavier Aubryet, on le sait.était plüs qu'enclin à In\u2019 misanthropie : \u2018* Jo l'ai longtemps cherchée apros Labruyère, disait-il un jour, cette pe- Lite ville d\u2019ot l'on a banni les caquets, les monsonges ot les médisances, ot je l'ai enfin trouvée.\u201c C\u2019est le Père-Lachaise !\u201d "]
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