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Titre :
Parachute
Éditeurs :
  • Montréal, Québec :Artdata enr.,1975-2007,
  • Montréal, Québec :Parachute, revue d'art contemporain inc.
Contenu spécifique :
Avril - Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Parachute, 2005-04, Collections de BAnQ.

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[" 71766\t\"\t00013 M Wi Hf§§?£ PARACHUTE «desigN» i|sitemporaiN_coNiemporary an an col .77176600013818 àjfjg IpSiE! MB®»® \u2022y v?- :&,{ g : \u2022T ÿiém 1® pfjp il S» isfet jS ?: / J : - g-;;' \u2022-.'«ir:- \u2019j* \\ i «^3 W:?9 ifPf f SM ear .' imM ~W' 3: ¦ ' mmm 3P?.'\u2022 * **K?¦*:\t1\t' P^Si y*r n ISBB5si#K ^iiggkmr- Wmm P->ft\t\" 3?** « Mtet# *¦ \u201d r*: i.IS '\u2022* «M» ^ **\u2022 3 -?% 8&\\etiL*-fL \u201c fSr -\t\"i.r * -*&&!?£.¦ WSBt r ^ '*» r ,# *¦ a- iPlfes ¦ V*' Ssp'1** , ¦51 ICH HAB DIE NASE VOLL Kj mm Ijsfill : :¦ , ¦¦ ,'v;; YsrJmz:- : Wë&mM maRBgamm T'vV.\\>>\u2022 :?.s;-?r-\">v Wr* mMm - WÿË .-.- % gs M '\u2022¦_ ;.¦:,- ,'j ¦ WhgM - üüi IgViîgi v?J\\K& ?ÜV .: a * - rfi'i fcüWS r üf* aftir^rS\tæ': SfiSW&i 1 SIl i * UMw?.t\u2022: W WÊi Wmà ¦ dp^fS ¦\u2018j&srszZ-' ¦¦¦;:,, : - ; : : aBSsa If - - SSSife* psiiigigj J.aï5?IMi jÉilji ; gtfll saiat .-4, mmê j?ç£ rV; ¦ §«8» jsgiisa SA^;:-.v »W .-.\u2022\u2022\u2022\u2022 : : *aW Sfp;® ¦ ;iS \" ;:. iiwv * ***VMfc Èm:: v*?m*> MÊM 1ÉIS8MBM -;5 r ' 'r^îÿk-i -.-.nns mmmmi ¦ ipr-v ¦ ¦ iipsil Sfgrfej HM siiip mtm \u2019mÊÊm mÊÊ \\ I llUSi® S®VÆ 11 mm WAü ®mm iffll igm* mmm S % lilip SUS®! ,.i ^piiiipa- ns ÜS® ¦jï ÿ>: S&â'iÇÿÿ; i.fl Tihi-iï, fÿÿ 'ÿ:-;, :r:V:- ïÊm& Ç.-i-a!r-irrtç^.t:, J :\u2022; ,r;.v.11 - ¦r** wm ËSÈi Sggppljgl gasss: - .IS Angela Detanico+ Rafael Lain en collaboration avec_in collaboration with Jiri Skala, Seoul/Killing Time, 2003, maquette et vidéo_model and video, 35 x 570 x 300 cm; photos: Edouard Frai point, reproduites avec l\u2019aimable permission de_courtesy Galeria Vermelho, Sâo Paulo. ^JL jjjjjjjlllliiiüa ¦ilSIIÜÜjMll PARACHUTE I iS .ANGELA DETANICO et RAFAEL LAIN DU LANGAGE PARTOUT Lisette Lagnado - Nous doutons des catégories, de la séparation entre la réalité et la fiction, entre l\u2019individu et le collectif, entre la forme et le contenu, entre le début, le milieu et la fin.Angela Detanico et Rafael Lain1 4 Provocateur, Thierry de Duve part de la constatation suivante dans « Petites réflexions sur la crise de l\u2019art et la réalité du design » : tandis que le bidet est une pièce sanitaire qui n\u2019est pas encore entrée dans le musée d\u2019art, on ne peut pas en dire autant de l\u2019urinoir, qu\u2019un certain R.Mutt a nommé Fontaine.Dans les mots de De Duve: «Tout musée d\u2019art moderne qui se respecte, dont celui du Centre Pompidou, en possède aujourd\u2019hui une réplique2.» L\u2019artiste brésilienne Ana Maria Tavares a déjà traité du problème de la dissolution des frontières entre le design et les arts visuels avec ses sculptures inspirées du mobilier urbain (par exemple, les sièges de métro, les appareils de gymnastique, les escaliers d\u2019aéroport, les rétroviseurs) qu\u2019elle «camouflait» dans l\u2019espace d\u2019exposition à même les composantes architecturales, telles que les colonnes et les tablettes d\u2019appui.D\u2019emblée, le milieu artistique a rejeté son travail, ce qui dénote une réaction négative pour une pratique qui relève des arts appliqués, ceux-ci considérés inférieurs aux beaux-arts.L\u2019histoire est ancienne et dépasse la question de la « promiscuité » entre les catégories esthétiques.Il ne manquera pas de pessimistes qui dénonceront le «tout-est-permis» de l\u2019art et qui diront que ce phénomène s\u2019est tout simplement déplacé dans le champ du design, un terrain suffisamment «bourgeois» pour accueillir n\u2019importe quel ustensile, emballage ou production, pourvu ou non d\u2019une efficacité conceptuelle.Il faut, de la part des commentateurs, une rare versatilité pour accompagner les projets des deux artistes brésiliens Angela Detanico et Rafael Lain.Même s\u2019ils appartenaient exclusivement au circuit de l\u2019art ou du design graphique, ce ne serait pas non plus une tâche facile, vu la profusion des procédés hybrides dont ils se servent et qui peuvent tout aussi bien se valoir d\u2019une habileté rudimentaire que d\u2019une technologie de pointe.On peut ici raconter une anecdote pour mettre en évidence le point de tension entre ce qu\u2019on appelle design et ce qui s\u2019entend par «art contemporain».Dans le cadre de l\u2019exposition «Modes d\u2019emploi3», dont j\u2019étais la commissaire, ces artistes ont développé un alphabet nommé Pilha (Pile4) qu\u2019ils définissaient ainsi: «un système d\u2019écriture qui met en pile des objets identiques [.] Un objet correspond à la lettre «a», deux à «b», et ainsi de suite dans l\u2019ordre alphabétique5.» À chaque mot, ou ensemble de mots, correspondait un matériau, ce dernier sélectionné avec autant de finesse que lorsque le peintre choisit une couleur.Ainsi, l\u2019expression « Peu à peu» a été construite de façon à donner un sens à des boîtes en bois qui contenaient des petites plantes, toutes de la même espèce, et celles-ci, à leur tour, demandaient l\u2019entretien journalier de l\u2019équipe de la galerie pour continuer leur croissance pendant la durée de l\u2019exposition.Cependant, quand j\u2019ai décidé que ce travail devait être exposé contre le mur frontal du cube blanc de la galerie, Detanico et Lain s\u2019y opposèrent, affirmant que je détournais leur projet d\u2019«écriture».En d\u2019autres mots, ils craignaient que les boîtes superposées ne fussent ainsi traitées comme des sculptures formalistes - une méprise que les artistes voulaient éviter à tout prix -, alors que leur intention était de Angela Detanico + Rafael Lain, Utopia (Utopie), 2003, fonte numérique_digital typeface; photos reproduites avec l'aimable permission des arti stes_cou rtesy the arti .PARACHUTE If8 32 Commem Deiamco ei Lam preNNPNt-ils aujourd'hui Ip paru dp la lecmrp dam unp société pouriam omamsep par lfimage?____________________________ distribuer les «textes» dans des endroits inattendus, de façon à laisser le public dans le doute au sujet de la nature de ces «piles».Une affiche à l\u2019entrée de la galerie donnait toutes les indications à ceux qui voulaient comprendre cet «alphabet» d\u2019objets.D\u2019autres «phrases visuelles» furent distribuées par la galerie: des briques disposées les unes sur les autres énonçaient l\u2019expression «Antes de mais nada» («Avant tout»), tandis que des gommes à effacer concevaient soigneusement trois mots en contradiction avec l\u2019idée d\u2019effacement de l\u2019écriture: «Mais uma vez» («Encore une fois»).Pour cette exposition, j\u2019ai d\u2019ailleurs présenté le travail des artistes en l\u2019inscrivant dans la tradition constructiviste de la poésie concrète, laquelle a eu une importance majeure à Sâo Paulo grâce aux poètes Haroldo et Augusto de Campos6.Comment Detanico et Lain prennent-ils aujourd\u2019hui le parti de la lecture dans une société pourtant organisée par l\u2019image ?Il faut remarquer que le projet Pile a provoqué une dépendance irrésistible parmi ses quelques appréciateurs, les incitant à réunir des objets afin de leur ajouter un autre sens - enfin, de construire de modestes «poèmes concrets».Grâce au code de l\u2019alphabet, toutes les «piles» (dans la rue, dans la cuisine, dans les toilettes) pouvaient ainsi être admises, c\u2019est-à-dire que les choses pouvaient avoir une conscience et la puissance du monde un contexte.Cela dit, on peut se demander si cette stratégie est pédagogique.À prime abord, oui.Cela ressemble à un «jouons à apprendre, à compter et à lire».Cependant, ce qui n\u2019est habituellement pas pédagogique, c\u2019est d\u2019encourager l\u2019envie de déchiffrer, c\u2019est de détourner la relation traditionnelle entre le signifiant et le signifié.Il s\u2019agit, de plus, de la présentation d\u2019une façon de penser une réalité pour l\u2019art dans laquelle la participation (mentale) du public empêche de sombrer dans une forme vide et tautologique.À l\u2019exclusion du design publicitaire, dont les objectifs ont d\u2019autres spécificités, que signifie, pour reprendre la pensée de Platon, être un « artisan de nom, [.] qui, les yeux fermés sur le nom naturel de chaque objet, est capable d\u2019en imposer la forme aux lettres et aux syllabes7»?La profession du designer graphique, que j\u2019ai eu le plaisir d\u2019exercer en humant la benzine de la colle de caoutchouc et en me battant avec les feuilles de Letraset, a atteint une spécialisation incalculable.En vingt ans, l\u2019univers des signes graphiques s\u2019est laissé envoûté par une révolution dans la disposition des textes, des titres, des illustrations, des fils, des barres, des cadres et des vignettes.Il ne s\u2019agit pas d\u2019une apologie naïve qui sous-estime la primauté du projet graphique par rapport à la lisibilité du contenu.Ce phénomène est infligé par certains designers graphiques aux lecteurs, car ils teignent leurs pages de sombres couleurs, ils diminuent de plus en plus les caractères typographiques et ils mélangent sans critères des types hétérodoxes.L\u2019ordinateur et tous les logiciels qu\u2019on peut y insérer (Photoshop, pour citer l\u2019exemple le plus commun) devraient, purement et simplement, servir d\u2019outils.Photoshop, en lui-même, n\u2019est pas un langage.Sans un but rigoureux (du point de vue esthétique, technique, moral et politique), il devient un jouet pervers, responsable de publications dont le vernis est réfractaire à la lecture.Pire encore, son usage en architecture donne de plus en plus forme, du moins au Brésil, à des immeubles sans caractère combinant pastille, ciment, brique et verre, un pur bricolage qui résulte d\u2019une fascination puérile pour cet outil numérique.Les détracteurs de la rationalité économique, penchés sur la question du sous-emploi et de la précarité, affirmeraient certainement que le travail du créateur n\u2019a jamais été aussi proche du rêve du travail libre.Or, une remarque est de mise: le designer graphique dans la société moderne n\u2019est pas sans valeur d\u2019usage.Selon l\u2019idéal du Bauhaus, PARACHUTE 118 .33 il a la condition d\u2019exercer, grâce à une esthétique numérique (postindustrielle), une fonction qui peut, bien que plaisante, attester un rôle idéologique; c\u2019est-à-dire qu\u2019elle peut mobiliser un système de convictions en dehors des intérêts institutionnels.C\u2019est ce qui se passe lorsqu\u2019on analyse Seoul/Killing Time (2003), définie par Detanico et Lain comme étant la «vidéo d\u2019une désertion».Le jeu de destruction d\u2019une ville est remplacé par un vol inoffensif au-dessus d\u2019une ville fantôme.Ensuite, pour construire la maquette de la ville, les artistes ont projeté sa carte et sa photographie sur un écran d\u2019ordinateur d\u2019après des points de vue différents.Le résultat renverse les objectifs de guerre trop souvent mêlés à l\u2019industrie de la diversion.En janvier 2004, invités à rendre hommage au 450e anniversaire de la ville de Sào Paulo, Detanico et Lain ont créé Grifos nossos (Nos soulignements) pour un cahier spécial du journal Folha de S.Paulo: l\u2019opération consistait à s\u2019approprier, encore au stade de la mise en page, des mots choisis parmi les textes des auteurs, en les soulignant d\u2019une couleur jaune qui finissait par produire un «dessin», une sorte de ponctuation apparemment aléatoire d\u2019une page à l\u2019autre, le projet se concluant par un paragraphe, «infiltré», écrit justement à partir de la juxtaposition linéaire des paroles d\u2019autrui cueillies au fl de la lecture (une opération qui rappelle une «pile», mais à l\u2019horizontale).Pour Detanico et Lain, être responsable d\u2019un projet graphique signif e qu\u2019il n\u2019y a rien de neutre et qu\u2019il faut imprimer une marque dans le choix de la typographie (il s\u2019agit, parfois, de changements minimes, comme dans le cas du Helvetica concentrated, projet qui pourrait être une boutade à propos de la façon dont Internet assujettit ses usagers) ou transformer en «textes» les taches d\u2019images comme dans Mundo alinhado (Monde aligné, 2004).Le problème s\u2019épaissit quand on commence à comprendre que, dans l\u2019acception de Detanico et de Lain, il n\u2019y a qu\u2019une petite, ou peut-être aucune, possibilité de se concevoir en dehors du langage.Si le monde est évident, le dire présuppose une perception et un apprentissage.Dans ce sens, le travail du duo est redevable à la philosophie de Maurice Merleau-Ponty: Il est vrai à la fois que le monde est ce que nous voyons et que, pourtant, il nous faut apprendre à le voir.En ce sens d\u2019abord que nous devons égaler par le savoir cette vision, en prendre possession, dire ce que c\u2019est que nous et ce que c\u2019est que voir, faire donc comme si nous n\u2019en savions rien, comme si nous avions là-dessus tout à apprendre8.De telles « difficultés » et « contradictions » dans les travaux de Detanico et Lain n\u2019éliminent pas la présence d\u2019un silence qui rebute l\u2019interprétation de leurs signes.Certaines couches de signif cation ne sont pas même effleurées.C\u2019est comme faire encore un pas de plus dans la découverte laca-nienne où l\u2019inconscient est structuré en tant que langage, vers la nature «insuffisante» de ce langage auparavant tout-puissant: le «dehors», notre extériorité, est rempli de sens, mais rien de tout cela ne nous garantit un accès à celui-ci.L\u2019inconscient est fini et infini en même temps, voilà le charme de cette découverte.L\u2019acte de «déchiffrer», pour Detanico et pour Lain, est une façon de palper le monde avec les lois de la vision et l\u2019attention qu\u2019on porte aux choses du monde.Ainsi, ni le désert ni la plaine ne manqueront d\u2019avoir une désignation appropriée; une maladie, un amour, le tournesol non plus.Pour chaque chose, un mot, un signe, plusieurs même (les Grecs, pour certains mots, proposaient une pluralité d\u2019étymologies).Pour les lecteurs férus de la clarté de la lisibilité, ce type de pensée atteint son moment critique, voire angoissant, avec Fonte/Delta (Source/Delta, 2002), projet que les artistes décrivent ainsi : Fonte/Delta est une typographie qui fait le portrait du langage comme un système en transformation; de même que la langue est modifiée par l\u2019usage, les lettres de « Delta» se 34.PARACHUTE H 8 If suffit de voir un texte iNScrit en «Delta» pour comprendre qu\u2019il y a UNe «foi perceptive» à faire coïncider le monde et le mot, même si la matrice de ce monde s\u2019effondre.redessinent quand on les applique.«Delta» est une typographie générative.Le dessin des lettres est progressivement transformé par des étalons génératifs.Le fichier numérique de la typographie est programmé pour appliquer les étalons de façon aléatoire.Les dessins des lettres varient avec le passage du temps, et d\u2019une personne à l\u2019autre9.Il suffit de voir un texte inscrit en « Delta » pour comprendre qu\u2019il y a une «foi perceptive» à faire coïncider le monde et le mot, même si la matrice de ce monde s\u2019effondre (n\u2019oublions pas que le mot est une image).Dans ce cas, le «génératif» et le «dégénératif » convivialisent dangereusement.Comme un virus.Cette sorte de «figuration» appartient à l\u2019argumentation platonicienne; le fait d\u2019attribuer un usage social à la transformation de la langue était déjà un thème prévu dans le Cratyle de Platon.Pour Detanico et pour Lain, tous les supports sont les bienvenus : le langage peut être engendré à partir d\u2019un système linguistique ou infralinguistique, d\u2019un rythme sonore ou d\u2019un symbole visuel, d\u2019un code artificiel ou d\u2019une gesticulation, d\u2019instructions transmises à un ordinateur, du lexique mathématique ou du jeu de la diversion.Cette infinitude de la chaîne ne fait qu\u2019éclaircir davantage la résistance des artistes aux dogmes.Chaque nouveau travail ravive le dialogue entre Socrate et Hermogène rapporté par Platon et montre que la conclusion de Socrate demeure souveraine: Cratyle a raison de dire que les noms appartiennent naturellement aux choses, et qu\u2019il n\u2019est pas donné à tout le monde d\u2019être un artisan de noms, mais à celui-là seulement qui, les yeux fixés sur le nom naturel de chaque objet, est capable d\u2019en imposer la forme aux lettres et aux syllabes10.Cependant, que se passe-t-il quand nous analysons, à travers ce prisme, le cas à\u2019Utopia (Utopie, 2001), une typologie numérique où les majuscules reproduisent les projets modernistes de l\u2019architecte Oscar Niemeyer, tandis que les minuscules amènent des éléments d\u2019une urbanité hors de contrôle (barrières, guérites, poteaux indicateurs, etc.) ?Ici, la proposition de Socrate serait insoutenable: «[.] il est clair que les choses ont par elles-mêmes un certain être permanent, qui n\u2019est ni relatif à nous ni dépendant de nous11.» Si, d\u2019un côté, le problème de la représentation persiste dans l\u2019histoire, il faut reconnaître, d\u2019un autre côté, que le temps modifie son existence.Écrire en typographie « Utopia» produit des croisements virtuellement réels entre les projets de Niemeyer et l\u2019indétermination de l\u2019espace urbain : ni le modernisme ne succombe aux barrières et aux guérites ni ces excroissances n\u2019ignorent leurs fondations.Pour eux, la «foi perceptive» en la coexistence persiste.Cette croyance n\u2019est bouleversée que dans Mundo alinhado (Monde aligné, 2004), le travail de Detanico et de Lain produit spécialement pour la 26e Biennale de Sào Paulo.Avec un simple doigté sur le clavier (en termes sémiotiques, il serait possible de lire simultanément «clavier» et «détente»), les artistes génèrent plusieurs cartes géopolitiques.La carte, dont nous connaissons la représentation, reçoit le qualificatif «justifié», à la manière d\u2019un texte qui, sur l\u2019écran de l\u2019ordinateur, va de gauche à droite dans la page.Prenant au sérieux les artifices des programmes de mise en page auxquels les graphistes ont habitué les lecteurs, Detanico et Lain appellent alors les autres versions cartographiques Mundo cmtralizado (Monde centralisé), Mundo alinhado à direita (Monde aligné à droite) et Mundo alinhado à esquerda (Monde aligné à gauche).Le terme d\u2019«alignement», qui n\u2019est pas moins une variante des «piles», maintient une forte résonance politique, les pays alignés étant ceux qui partagent une même pratique idéologique.En revanche, « gauche » et « droite » se sont vidées et ont rendu ironique de nos jours la possibilité de séparer des communautés supranationales entre sociétés gouvernées par l\u2019État ou par le Capital.Dans Mundo justificado (Monde justifié), les frontières, bien qu\u2019en litige PARACHUTE I iS .35 quotidien, miment une idée de carte «modèle», leurs gouvernants et leurs peuples sagement cachés.Mais dans tous les mondes, et nul ne peut être nommé «le meilleur des mondes», chaque région reçoit également un trait noir, soit plus court, soit plus long.Le back-light, quand on l\u2019allume, illumine une configuration qui ressemble fort à une traduction en morse (donc, un langage de guerre).Disons mieux: chaque monde (ou chaque texte) garde l\u2019essentiel de l\u2019organisation que nous représentons mentalement comme «le globe», au point que nous pouvons encore le reconnaître, tout en sachant que la destinée de cette carte est aussi aléatoire qu\u2019une tache graphique et qu\u2019il a été plaqué (homogénéisé) jusqu\u2019à devenir une image virtuelle.Le monde de l\u2019indifférentiation ou «l\u2019Empire» pour d\u2019autres auteurs, ce n\u2019est plus le nom qui importe, mais la manipulation.C\u2019est peut-être le projet le plus critique d\u2019Angela Detanico et de Rafael Lain.Lisette Lagnado est docteure en philosophie à l\u2019Université de Sào Paulo, critique d\u2019art et commissaire indépendante.Elle coédite actuellement la revue électronique Trôpico (www.uol.com.br/tropico) et a coordonné les archives du Projet Leonilson et du programme Hélio Oiticica (www.itaucultural.org.br).Traduit du portugais par Alberto Dwek Angela Detanico\u2019s and Rafael Lain\u2019s artistic practice integrates graphie design and the visual arts in order to problematize contemporary issues of language and communication.By creating interactive typography computer programs (Pilhas, Mundo Alinhado), these artist-designers seek to investigate the intimate relations that link language to the sensible world.Ultimately, subverting typographic conventions and playing with the signs of graphic design are strategies devised by the artists to resist the constraints of the languages that surround us.NOTES 1.\tSite Web de la Caleria Vermelho www.galeria vermelho.com.br 2.\tThierry de Duve, « Petites réflexions sur la crise de l\u2019art et la réalité du design», Tr@verses, n° î, juillet 1996 webzine pluridisciplinaire publié par le Centre Georges Pompidou www2.centrepompid0u.fr/ traverses/numeroi/textes/ t-deduve.htmTraverses.Dans cet article, Thierry de Duve remarque que le dessin du bidet, avec la notice technique « Maison Pirsoul», figure au deuxième chapitre du livre de Le Corbusier, L\u2019art décoratif aujourd\u2019hui (Paris, G.Crès, 1924).Cette note se rapporte à la question du design, car si les arts plastiques ont «tardé» à s\u2019intéresser au design, méprisant sa finalité utilitaire, l\u2019architecture, par contre, a traditionnellement côtoyé ses rivages.3.\tL\u2019exposition «Mode d\u2019emploi» s\u2019est tenue à la Galeria Vermelho à Sào Paulo, en novembre 2003.4.\tPour le travail de Detanico et de Lain, le mot «pilha» a encore deux acceptions pertinentes: il évoque la «batterie» qui sert de source d\u2019énergie aux appareils portatifs (nous serions donc devant une locution en permanente énergie et déplacement) et il signifie aussi le «pillage», c\u2019est-à-dire le vol, le sac, la spoliation (c\u2019est dans cette perspective que j\u2019ai, dans le catalogue de la 26e Biennale de Sao Paulo, qualifié le duo de hackers qui agissent dans la légalité du système artistique, l\u2019appropriation étant un acte plus-que-légal dans le domaine de l\u2019art).5.\tExtrait du dossier de présentation des artistes.6.\tCe n\u2019est pas par hasard que ces poètes ont introduit la poésie de Francis Ponge au Brésil, car ils étaient attirés par la typographie des «textes visuels» (expression employée par Elisabeth Walther dans Francis Ponge.Analytische monographie.Fin beitrag zur semantischen und statistis-chen aesthetik, Stuttgart, K.Mayer kg, 1961).Dans son ouvrage Proêmes, publié pour la première fois en 1948, Ponge écrit: « Le poète ne doit jamais proposer une pensée, mais un objet.» 7.\tPlaton, «Cratyle», Platon Œuvres complètes, tome v, 2e partie, texte établi et traduit par Louis Méridier, Paris, Les Belles Lettres, 1989, p.6i et 390 d.8.\tMaurice Merleau-Ponty, «Réflexion et interrogation», Le Visible et l\u2019invisible, Paris, Gallimard, 1964, p.18.9.\tExtrait du dossier de présentation des artistes.10.\tPlaton, op.cit., p.61.11.\tIbid., p.54. Helvetica.1957, Max Miedinger ç\t?\tA\t4\tS\ts\tŸ\ty\tÈ\tè\tZ\tz\tZ\tz\tl\tf\tæ\ta\tO\t\u20ac\té\t%o\tI\t-\t-\t\u2014\t\t\t\t\t\t A\t!\tii\t#\t$\t%\t&\ti\t(\t)\t*\t+\tt\t\t\t/\t0\t1\t2\t3\t4\t5\t6\t7\t8\t9\t\t;\t\t?@\tA\tB\tC\tD\tE\tF\tG\tH\t1\tJ\tK\tL\tM\tN\t0\tP\tQ\tR\tS\tT\tU\tV\tW\tX\tY\tZ\t[\t\\\t]\tA\t- '\ta\tb\tc\td\te\tf\tg\th\ti\tj\tk\t1\tm\tn\t0\tP\tq\tr\tS\tt\tu\tV\tw\tX\ty\tz\t{\ti\t}\t\t Â\tÂ\tÇ\tÉ\tN\tÔ\tÈ\tâ\tà\tâ\tâ\tâ\tâ\tÇ\té\tè\tê\të\tf\t]\tî\tï\tü\tO\tô\tô\tô\tô\tü\tù\tÛ\tÜ +\to\t0\t£\t§\t\u2022\t11\t3\t®\t©\tTM\t\t\u2022\u2022\t*\tÆ\t0\tCO\t±\tê\ts\t¥\tP\t3\t2\tïï\tn\t/\t\t\tQ\t\t0 c\ti\t\u201c1\tV\t/\t=\tA\t«\t»\t\tÂ\tÀ\tŒ\tœ\t\t\t«\tu\tréd.'ùi< 3» .: Ms Angela Detanico + Rafael Lain, Mundo alinhado, mundo alinhado à esquerda, mundo centralizado, mundo alinhado à direita (Mondejustifié, aligné à GAUCHE, CENTRALISÉ, ALIGNÉ À DROITE), 2004, 4 BOÎTES LU M I N EUSES_4 LIGHTBOXES, 120 X 250 X 12 CM CHAQUE_EACH.99999999^ i -¦\t\u2019\t^ v.vx * y \u2022' **&XXA*-.o' ,.| V^yUi fxaf« mm Font Delta\tFont Delta\tFont Delta F.ûwL deiibc-\tF'h ¦ SiM-i \u2019S\u2019füÉ SMSr t vH?tH'i \u2022 i\u2019{> ÎH* 82.PARACHUTE 118 montrant la rencontre imaginaire entre McNamara et un conseiller présidentiel dont le nom n\u2019est pas divulgué.Tandis que le dessin animé se déroule et que le récit progresse, on comprend que les deux personnages s\u2019entretiennent de stratégies de défense possibles en regard de la crise des missiles de Cuba.Les autres éléments de l\u2019œuvre consistent en une série de cubes métalliques taillés à la machine, représentant les laboratoires d\u2019idées que McNamara est réputé avoir mis en place sous le gouvernement de Kennedy.Il avait repris ces laboratoires d\u2019idées de son travail à la compagnie Ford, afin d\u2019aider la conception de tactiques militaires telles que la réponse flexible, pour servir durant l\u2019escalade de la guerre froide.La série à peine plus tardive de Gillick intitulée Big Conference Centre (1997) contient d\u2019autres références à ce processus, tout en les émaillant de ruminations abstraites au sujet d\u2019un immeuble fédéral logeant les laboratoires d\u2019idées.Comme pour McNamara, une série d\u2019installations flexibles a suivi, mais elles incluaient désormais des éléments tels que des plates-formes en aluminium garnies de Perspex multicolore sous lesquelles le spectateur pouvait s\u2019attarder pour lire le livre du même nom.Cette œuvre est non seulement captivante en ce qu\u2019elle tisse littéralement un récit imaginaire basé sur McNamara, mais davantage à cause de la manière dont la notion de réponse flexible concorde avec le concept contemporain d\u2019« esthétique relationnelle», forgé par Nicolas Bourriaud, et souvent associé au travail de Gillick12.Il s\u2019agit essentiellement d\u2019une seule et même chose.McNamara a inventé la réponse flexible comme stratégie pouvant aider les coordonnateurs de laboratoires d\u2019idées à sortir du carcan d\u2019une situation militaire, en faisant pression sur les analystes des problèmes afin qu\u2019ils trouvent une réponse adéquate à la situation, plutôt qu\u2019en se fiant à une réponse programmée à l\u2019avance, ayant été utilisée précédemment.Gillick l\u2019emploie dans le même but, mais dans un contexte radicalement différent.Le fait que Gillick s\u2019intéresse à l\u2019ensemble du contexte des peintures de Noland - «le scénario Kenneth Noland » -, qui englobe le design et la politique, le distingue des contemporains auxquels il est souvent associé.Ces contemporains, qui allient généralement l\u2019art et le design en se référant aux designers populistes de la fin des années i960 The fact that Gillick is interested in the entire context of Noland\u2019s painfngs - \u201cthe Kenneth Noland Scenario\u201d - which includes design and politics, differentiates him in principle from the contemporaries he is often associated with.These contemporaries, who usually commingle art with design with recourse to populist designers of the late 1960s like Verner Panton, engage art and design on a purely stylistic level.So undesirable is this state of affairs for Gillick and the literalism of the mid-to-late 1960s that comes with it that he introduces the notions of \u201cflexible response\u201d and \u201cfurtive aesthetics\u201d into the art of our time through a series of allegorical tropes.In this way, Gillick provides a more ideologically complex picture of just one instance of the history of the interface between art and design. .83 comme Verner Panton, abordent Part et le design sur un plan purement stylistique.Cette situation et la littéralité de la seconde moitié des années i960 sont à ce point indésirables, selon Gillick, qu\u2019il introduit les notions de « réponse flexible » et d\u2019«esthétique furtive» en art actuel, par le biais d\u2019une série de tropes allégoriques.Gillick offre ainsi un portrait idéologiquement plus complexe d\u2019un des nombreux moments de l\u2019histoire de l\u2019interface entre l\u2019art et le design.Alex Coles est critique d\u2019art et directeur de publications.Collaborateur régulier à Art Monthly et frieze, il a également dirigé les publications Site-Specificity: The Ethnographie Turn et Mark Dion: Archaeology.Son livre DesignArt vient de paraître chez Tate Publishing.Traduit de l\u2019anglais par Denis Lessard NOTES 1.\tLa tendance actuelle en histoire de l\u2019art pose que la seconde moitié des années i960 \u2014 grosso modo, du minimalisme jusqu\u2019à l\u2019art conceptuel et à la performance - représente la tranche la plus importante de la décennie.C\u2019est ainsi que l'attention est principalement portée sur Robert Smithson, Gordon Matta-Clark et leurs semblables.2.\tPeter Halley a élaboré une argumentation parallèle dans son essai «Le déploiement du géométrique», mais à des fins très différentes.Voir Peter Halley, La crise de la géométrie et autres essais: 1981-1987, trad.Yves Aupetitallot, Bruno Parfait et Monique Sjouwerman, Paris, École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, 1992, p.91-93.3.\tMarshall McLuhan, Pour comprendre les médias, trad.Jean Paré, Montréal, Éditions hmh, 1971, p.24.4.\tLawrence Alloway, «Systematic Painting», dans Topics in American art since 1945, New York, Norton, 1975, p.90.[Notre traduction.] 5.\tClement Greenberg, «La peinture moderniste», Peinture, cahiers théoriques, trad.Anne-Marie Lavagne, n° 8-9, 1974, p.34.6.\tSchlesinger, A Thousand Days, Londres, Andre Deutsch, 1965, p.627.[Notre traduction.] 7.\tPaul Rand cité dans Stephen Heller, Paul Rand, New York et Londres, Phaidon, 1999, p.158.[Notre traduction.] 8.\tIbid.[Notre traduction.] 9.\tPour en savoir davantage sur les activités clandestines du New Frontier et le langage trompeur utilisé pour les dissimuler, voir l\u2019ouvrage de Seymour Hersh, The Dark Side of Camelot, Londres, Harper Collins, 1998.10.\tMax Kozloff, «American Painting During the Cold War», Artforum, mai 1973.n.Michael Fried est reconnu pour en avoir dit autant en guise de conclusion à son essai «Art and Object-hood», trad.Nathalie Brunet et Catherine Ferbos, Artstudio, n° 6, automne 1987, p.10-27.12.Nicolas Bourriaud, Esthétique relationnelle, Dijon, Presses du réel, 2001.Alex Coles is an art critic and an editor.A regular contributor to Art Monthly and frieze, he is also the editor of Site-Specificity: The Ethnographic Turn and Mark Dion: Archaeology.His book DesignArt has just been released by Tate Publishing.1.\tThe current fashion in art-historical scholarship has it that the mid-to-late 1960s - roughly, from Minimalism through Conceptualism and on to performance - is the most important slice ofthe decade to deal with.Thus, there is much focus on the likes of Robert Smithson and Gordon Matta-Clark.2.\tPeter Halley developed a parallel argument in his \u201cThe Deployment ofthe Geometric\u201d but to very different ends.See Peter Halley: Collected Essays 1981-87 (Zurich/New York: Bruno Bischofberger Gallery/Sonnabend Gallery, 1987.) 3.\tMarshall McLuhan, Understanding Media (New York and London: Routledge, 1964), 8.4.\tLawrence Alloway, \u201cSystematic Painting,\u201d in Topics in American Art since 1945, (New York: Norton, 1975), 90.5.\tClement Greenberg, \u201cModernist Painting,\u201d in The Collected Essays and Criticism, vol.4 (Chicago: Chicago University Press, 1993), 86.6.\tArthur Schlesinger, A Thousand Days, (London: Andre Deutsch, 1965), 627.7.\tPaul Rand quoted in Stephen Heller, Paul Rand (New York and London: Phaidon, 158.8.\tIbid.9.\tFor more on the covert activities ofthe New Frontier and the doublespeak they used to cover it up, see Seymour Hersh\u2019s The Dark Side of Camelot (London: Harper Collins, 1998).10.\tMax Kozloff, \u201cAmerican Painting During the Cold War,\u201d Artforum (May 1973).11.\tMichael Fried infamously says as much in the conclusion of his essay \u201cArt and Objecthood,\u201d Artforum (June 1967) 12.\tNicolas Bourriaud, Esthétique relationnelle (Dijon: Presses du Reel, 2001). liBlf IHIli Stà&fff -v,.¦\u2019 ;\u2022 ;¦.: \u2022 \" j SYN-, Hypotheses d'insertions, 2002; photos reproduites avec l\u2019aimable permission des artistes_courtesy the artists ¦MM ¦MiMü HP®' IS#®® 1 : §gjg|g - - WKËÊï 9 m \u2022¦ '¦\u2022\u2022\u2022.^\u2014\u201e ¦ a®® ¦' »- -V*t i gg^à*n :;-\u2022 '* » - pan \"-T pU»! 3*SSs>2 3E3C \u201d'Æ ': ¦ ' m m -: ' - ?»_- , -v*.\t« -ff ; ,V -.- ' ; *- : - U mm \\ ; -V*:* ^ssgjjlj \u2019¦M^mÊÊÊÊmk , «.'¦.-' %s%:CA- \u20ac.2- 1**Wt /y.:r *5* gpjgSB^.- ; .?'¦>- qui courent sur plus de 30 km, sous terre, entre les stations de métro, les grands hôtels, les édifices publics, les tours d\u2019habitation et les immeubles à bureaux, les banques et les magasins du centre des affaires de Montréal constituait une «ville intérieure»?Et s\u2019il était possible de reconstituer en imagination un lien organique entre tous ces lieux disparates, certains très contrôlés et dédiés à une vocation unique, d\u2019autres tout bonnement oubliés, d\u2019autres encore réappropriés et détournés par des usages intempestifs, s\u2019il était possible d\u2019en saisir l\u2019unité et d\u2019y effectuer une randonnée ?Prospectus soulève des questions fondamentales qui ont trait à la nature des nouvelles pratiques artistiques dans l\u2019espace urbain.Comment déjouer les logiques spectaculaires et de consommation ?Comment transformer le regard que les citadins portent sur l\u2019environnement, susciter des usages inédits ou simplement assumer la part du rêve et what an official billboard describes as the \u201clargest network of indoor shopping arcades in the world.\u201d This indoor network truly exists, but what exactly is its mode of existence?Do citizens inhabit these concourses, or do they merely pass through them?And what if this network of functional corridors, commercial spaces and pedestrian passageways, which extends over 30 1cm underground between subway stations, major hotels, public buildings, apartment towers, offices, banks and stores in Montréal\u2019s business district were not just an indoor city but also an \u201cinner city\u201d?What if it were possible to recreate in the imagination an organic link between all these disparate places, some of them highly controlled and devoted to a single activity, others quite neglected, and others still re-appropriated and used in new and inopportune ways?What if it were possible to grasp this network\u2019s unity and carry out excursions in it? lits xï-M *4» » »«wr=a myyyyte'^fia* \"f MiwariraftgpjqwMpq«ÉBB«3«8W«^«wraraeB«p«^^!iir»«re^^y'y'< £pg§g§§g ««S*»»* du désir dans la réappropriation de l\u2019espace urbain ?Par ailleurs, Prospectus adopte un mode ludique d\u2019exploration ou de lecture de la ville qui se déploie à l\u2019intérieur d\u2019un dispositif imaginaire.La randonnée dans cette pseudo-ville intérieure se distingue à la fois de la promenade romantique et de la dérive situationniste, pourtant, elle en retient des aspects essentiels pour les transposer dans une situation «hétérotopique».Plus largement, l\u2019intervention des artistes dans la ville souterraine est une occasion de réfléchir sur notre rapport toujours ambivalent avec les grandes utopies architecturales modernes.Les eraisides utopies La prospective et l\u2019utopie ont façonné l\u2019architecture moderne.Si on en croit Jacques Dewitte, qui proposait il y a quelques années une réflexion sur l\u2019architecture et l\u2019acte d\u2019habiter1, deux grandes utopies Prospectus raises fundamental questions with respect to the nature of new artistic practices in urban settings.How can one foil the logic of the spectacle and of consumption?How can one transform the way citizens perceive their environment or give rise to new ways of using that environment?How can one incorporate dreams and desires in the re-appropriation of urban space?Prospectus adopts a playful mode of exploring or reading the city, one that unfolds in an imaginary setting.The excursion in this pseudo indoor city is distinct both from Romantic promenades and from the Situa-tionist dérive; nevertheless, it retains essential aspects of each in order to transpose them onto a \u201cheterotopic\u201d context.Generally speaking, the intervention of artists in the underground city is an occasion for thinking about our perennially ambivalent relationship with the great modern architectural Utopias.SYN-, Hypothèses d\u2019amarrages, 2001 ; photos: Guy L\u2019Heureux, reproduites avec l\u2019aimable permission des artistes_courtesy the artists. sfapij 8 58 - j 1117.~./-¦ ,\t.\t.» J ^ l ; - '4' feîr'^i ¦H BSSfift WWW mHNHI ISÜI B- ftt \u2022\u201e : iSviMX-A'Sf nppp ^ï^favÇ» «a» - - - - -.Misa mm ;ViV habite, la représentation d\u2019une existence libérée de toute attache terrestre, de tout sol et de tout beu.Dans l\u2019autre, d\u2019inspiration romantique, l\u2019idéal visé est celui d\u2019un enracinement absolu, d\u2019une corrélation absolue entre l\u2019habitant et son beu qu\u2019il n\u2019aurait donc plus aucune raison plausible de vouloir quitter2.Selon Dewitte, on ne peut plus s\u2019en tenir aujourd\u2019hui à cette alternative, dont les termes extrêmes apparaissent désormais comme le signe d\u2019une déperdition.D\u2019un côté, un sujet abstrait et désincarné, de l\u2019autre, un sujet qui disparaît par résorption dans l\u2019environnement.Bien que ces deux passions de la mobilité et de l\u2019enracinement soient emblématiques de la modernité et définissent des vecteurs essentiels de la condition humaine, il faut aller plus loin.Notre réflexion sur l\u2019acte d\u2019habiter serait inconsistante si elle ne cherchait pas à examiner les qualités symboliques, les Each of these architectural figures is the product of a Utopia, which is to say of an ideal representation of humankind\u2019s essence.The former project, which is inspired by rationalism, proposes an ideal of absolute emancipation from any rootedness, an uprooting of the original spatiality of human dwellings; it thereby harbours a representation of existence liberated from any earthly attachment, from any ground or site.The latter project, which is underpinned by romantic influences, strives for an ideal of absolute rootedness; it seeks an absolute correlation between the inhabitants and the space they occupy.Thus, it is a space one would no longer have any plausible reason to want to leave.2 According to Dewitte, one can no longer cling to such alternatives, whose antithetical terms now seem to be the sign of a fruitless debate.On the one hand, one is faced with an abstract and disembodied subject, and on the other, a subject who disap- SYN-, Hypothèses d\u2019amarrages, 2001 ; photos: Guy L\u2019Heureux, reproduites avec l\u2019aimable permission des artistes_courtesy the artists. .PARACHUTE II8 [.] l\u2019iNierveNiiON des armies daws la ville souzerraiNe esz UNe occasioN de réfléchir sur Noire rapporz zoujours ambivaleNi avec les çraNdes uzopies archizeczurales modernes.usages sociaux et les relations interpersonnelles, les discours et les rapports de pouvoir qui constituent les lieux habités3.Les peines uiopies de la micro-urbaNité Le type d\u2019expérience à laquelle convient les aménagements souterrains et les espaces intérieurs des grandes villes déroute constamment les aspirations à la mobilité et à l\u2019enracinement, si on ne voulait retenir que ces seuls vecteurs.Ce réseau de corridors, de places et de complexes greffés en quelque sorte sur la structure interne de la ville n\u2019est pas une ville, il ne satisfait pas le besoin des usagers de parcourir, de comprendre et d\u2019assimiler un territoire.Malgré toutes les sollicitations sensitives ou intellectuelles qui se déploient dans ce réseau pour maintenir une vie urbaine, malgré la multiplication des réalités synthétiques, voire des «téléréalités » nécessaires à la production, à la circulation et à la consommation, les espaces intérieurs ne semblent pas tenir leurs promesses.Si la ville intérieure protège les usagers des intempéries et pears into the environment through resorption.While these two tendencies - mobility and attachment - are emblematic of modernity and define essential vectors of the human condition, one must surpass them.Our understanding of the act of dwelling would be deficient if it did not encompass other vectors, such as the symbolic qualities, social uses, interpersonal relationships, discourses and power relations that make up inhabited spaces.3 Liiile Utopias of Micro-UrbaNiiy The kinds of experience suited to the underground facilities and indoor spaces of major cities are constantly derailing our aspirations to mobility and rootedness, to consider these two vectors alone.Such a network of corridors, squares and complexes, grafted in a sense onto the inner structure of a city, is not a city, for it does satisfy people\u2019s need to traverse, understand and assimilate a territory.Despite all the emotional and intellectual attractions that are deployed in this network as a way to maintain an urban form of life, despite the great SYN-, Prospectus, 2003-2004: photos reproduites avec l\u2019aimable permission des artistes_courtesythe artists. ip»* 12m* .,-.çsï^n-sKtfsswi?*-fe \u201c?Sj *mÈm W$j0ÿ0g^ .PARACHUTE Il8 Each of syn-\u2019s projects is a/v \u201curbaN explorazioN worKshop,\" or a laboratory for ideas in space, form, aNd the ways the city is used.des rigueurs de l\u2019hiver, si elle leur permet d\u2019échapper à certaines contraintes quotidiennes, d\u2019oublier leurs repères et d\u2019en créer d\u2019autres, elle force aussi une fusion des espaces et des fonctions de la ville pour laquelle ils n\u2019ont pas encore de vision intégrée, ni surtout de mode de vie.C\u2019est ce que syn- entend explorer à travers la métaphore de la randonnée dans un hyperbâtiment, sans illusion, sans complaisance, rompant cette fois avec les grandes utopies de la modernité.Fondé en 2000 par Luc Lévesque et Jean-François Prost, l\u2019atelier d\u2019exploration urbaine syn- cherche à comprendre les usages sociaux de l\u2019espace urbain jusque dans ses formes les plus triviales et les plus dénigrées.Un premier projet lancé en 2001, Hypothèses d\u2019amarrages, consiste à disséminer une vingtaine de tables à pique-nique dans des espaces interstitiels ou résiduels de Montréal.Laissées sur place sans aucune autre intervention des artistes pendant des mois, voire des années (certaines existent toujours au moment d\u2019écrire ces lignes), les tables s\u2019offrent simplement aux passants et se prêtent alors aux usages les plus divers et à des relations sociales inédites pour inaugurer une sorte de micro-urbanité.Les artistes créent des situa- number of synthetic realities or \u201ctv realities\u201d that are required for the production, circulation and consumption of goods, indoor spaces do not appear to keep their promises.While the indoor city protects people from the inclement and rigorous winter weather, while it affords them a certain freedom from the constraints of daily life and allows citizens to avoid familiar landmarks and to create new ones, it also forces a fusion of the city\u2019s spaces and functions for which we do not yet have a complete vision, nor, above all, a lifestyle.This is what syn- seeks to explore through the metaphor of an excursion in a hyperbuilding - without illusions and without complacency, and by breaking with the great Utopias of modernity.Founded in 2000 by Luc Lévesque and Jean-François Prost, the syn- urban exploration workshop seeks to understand the social uses of urban space, including their most trivial and denigrated forms.Hypothèses d\u2019amarrages (\u201cHypotheses About Moorings\u201d), an inaugural project launched in 2001, consisted in distributing some twenty picnic tables at interstitial or residual spaces in Montréal.The tables were left behind without any further intervention on the artists\u2019 part for months or even years syn-, Prospectus, 2003-2004; photos reproduites avec l'aimable permission des artistes_courtesy the artists. - W% mmmfi lit Mhm mm 9 6 \u2022 PARACHUTE 118 tions nouvelles qui échappent à leur volonté d\u2019art, ils provoquent un regard neuf sur le mobilier et l\u2019organisation de l\u2019espace urbain, en misant essentiellement sur les discours et les pratiques quotidiennes des habitants.L\u2019année suivante, en 2002, SYN- s\u2019adjoint la collaboration d\u2019un nouveau membre, Jean-Maxime Dufresne, et réalise un autre projet d\u2019infiltration urbaine, Hypothèses d\u2019insertions.Cette fois, le projet requiert une présence soutenue des artistes puisqu\u2019il s\u2019agit de parcourir le centre urbain de Hull-Gatineau avec une table de ping-pong, et d\u2019occuper temporairement quelque espace jugé propice au jeu.Là aussi, les lieux choisis sont inusités, comme un terrain de stationnement la nuit, l\u2019esplanade déserte du Musée des civilisations, un remblai sous un échangeur d\u2019autoroute, et, là aussi, les artistes demandent comment générer de nouveaux rapports et s\u2019approprier les usages de la ville4.Ces interventions artistiques en milieu urbain sont abondamment documentées par les artistes, notamment au moyen de photos et de plans, diffusés sur leur site Web, ou imprimés sous forme de cartes postales, qui circulent à leur tour.Ces actions poursuivent des interrogations développées ailleurs, dans d\u2019autres types de pratiques artistiques, dans des conférences ou des articles savants.Comme pour beaucoup d\u2019artistes qui investissent l\u2019espace public urbain, les œuvres proposées comptent moins que le processus dans lequel elles s\u2019insèrent.Les problématiques et les lieux d\u2019intervention témoignent du parcours professionnel des protagonistes, de leur achvité multiforme, et de leur tentative de s\u2019insérer dans l\u2019espace social: Lévesque est architecte et fait des recherches sur la notion de paysage interstitiel, il a réalisé des interventions environnementales multimédias; Prost est un artiste dont la pratique relève de l\u2019installation et de la performance, il est aussi diplômé en architecture; Dufresne est un artiste formé en architecture et en médias interactifs; Louis-Charles Lasnier, qui se joint au collectif en 2003, est un designer diplômé en architecture et design graphique.Les artistes font la démonstration qu\u2019on peut passer d\u2019un type de pratique à l\u2019autre, les pratiques relativement plus éphémères pouvant non seulement s\u2019inspirer des (some were still in existence when this article was written).As such, the tables simply present themselves to passers-by and lend themselves to the most varied and unusual social relations, thereby inaugurating a sort of micro-urbanity.With this project, the artists created new situations that evaded their artistic intentions and provoked new ways of looking at furniture and the organization of urban space by making use, for the most part, of the daily discourses and practices of the city\u2019s residents.The following year, in 2002, syn- welcomed a new member, Jean-Maxime Dufresne, and created another urban infiltration project, Hypothèses d\u2019insertions (\u201cHypotheses About Insertions\u201d).This time, the project required the artists\u2019 sustained presence, because it consisted in travelling through the centre of Hull-Gatineau with a ping-pong table and in temporarily occupying whichever space seemed conducive to playing a game.Here too the sites chosen were unusual, such as a parking lot at night, the deserted esplanade of the Canadian Museum of Civilization, and an embankment under a highway interchange; and here too the artists sought to generate new relationships and to appropriate the ways in which the city is used.4 These artistic interventions in urban environments have been amply documented by the artists, in particular through photographs and maps posted on their web site or printed as postcards, which are in turn put into circulation.These actions seek to address questions raised elsewhere by other modes of artistic practice and in lectures or scholarly articles.In keeping with the work of many artists who use public urban spaces, their works are less important than the process of which they are a part.The issues and sites testify to the professional trajectory of the protagonists, their many-sided activities, and their attempts to become part of the social space: Lévesque is an architect who researches interstitial spatiality; Dufresne is an artist who has studied architecture and interactive media; and Louis-Charles Lasnier, who joined the collective in 2003, is a designer who has completed a degree in architecture and graphic design.The artists demonstrate that it is possible to move from one kind of practice to another, while the relatively PARACHUTE Il8 .97 pratiques plus permanentes, mais aussi de les nourrir.Bien que cela ne soit que très rarement perçu comme tel sur les lieux de l\u2019intervention - et pourquoi le faudrait-il, ce n\u2019est pas là que se situe l\u2019enjeu -, chacun des projets de syn- est un «atelier d\u2019exploration urbaine», c\u2019est-à-dire un laboratoire pour des idées d\u2019espace, de forme, d\u2019usage de la ville.Déambuler daNS la ville iNtérieure Avec Prospectus, le travail d\u2019infiltration urbaine adopte une nouvelle stratégie.La documentation elle-même, les captations sonores et visuelles, la diffusion du projet prennent une autre signification, en partie grâce aux moyens mis à la disposition des artistes par le Centre Canadien d\u2019Architecture (cca) qui produit l\u2019événement.La partie visible de ce nouveau laboratoire mis en branle par syn- occupait la vitrine que le cca réserve aux artistes invités dans le cadre de son volet extra-muros.Du 22 juin au 31 octobre 2004, neuf téléviseurs disposés en rangée diffuseront ainsi des images de la «randonnée dans un hyperbâtiment», accompagnées d\u2019une trame sonore reproduisant des bruits ambiants glanés çà et là.Chacun des téléviseurs projette des séries d\u2019images différentes, montées selon des techniques et des rythmes variables.On y voit tantôt un, tantôt deux ou trois randonneurs, cagoulés et tout de blanc vêtus, équipés d\u2019une veste de sécurité fluorescente, croqués dans différentes situations et différents lieux du réseau de la ville intérieure.Au bout d\u2019une séquence totale d\u2019environ quarante-cinq minutes, les écrans virent à l\u2019orange, un à un, puis se réaniment, sans ordre apparent.Le fond et les parois latérales de la vitrine ainsi que le socle sur lequel sont disposés les téléviseurs sont peints du même orange qui rappelle la veste des randonneurs.Des inscriptions identifient et décrivent brièvement le projet.Sur un présentoir, on a déposé des imprimés dans lesquels le visiteur peut consulter un plan de l\u2019hyperbâtiment.Quatre-vingt-une vignettes en couleurs extraites du diaporama sont imprimées au verso et sont localisables sur le plan au moyen d\u2019un numéro.Un index répertorie certaines des expériences ou des conditions de la randonnée et propose une typologie des lieux.ephemeral practices are capable not only of inspiring but also feeding into more permanent ones.This, however, is only rarely apparent on the sites in which one encounters their works - and why should it be, for this mobility is not what is at issue here.Each of syn-\u2019s projects is an \u201curban exploration workshop,\" or a laboratory for ideas in space, form, and the ways the city is used.SauNreriNÇ Through ihe iNdoor City With Prospectus, the group\u2019s urban infiltration work adopted a new strategy.The documentation itself, the sound and visual recordings, and the project\u2019s dissemination took on a different meaning, thanks in part to the resources put at the artists\u2019 disposal by the Canadian Centre for Architecture (cca), which produced the event.The visible part of this new laboratory created by syn- occupied the display window that the cca reserves for guest artists as part of its off-site activities.From 22 June to 31 October 2004, nine neatly lined up television monitors broadcast images of the \u201cexcursion in a hyperbuilding,\u201d accompanied by a soundtrack of ambient noises that were recorded in various places.Each television projected a different series of images, which were edited using different techniques and rhythms.These videos sometimes showed one, two or three hooded excursionists dressed in white and equipped with a florescent safety vest who were at play in different situations and places in the indoor city.After a sequence of about 45 minutes, one by one the screens turned orange and then came back to life in no apparent order.The back and side walls of the display window, as well as the pedestal on which the televisions were placed, were painted with the same orange, which recalls the colour of the excursionists\u2019 vests.Printed notices identified and briefly described the project.Pamphlets were placed on a display case in which visitors could view a floor plan of the hyperbuilding.Eighty-one colour vignettes taken from the slide show were printed on the back of the plan and could be identified by means of a numbering system.An index listed some of the experiences or conditions of the excursion and offered a typology of the sites. .PARACHUTE Il8 Comme le zapis qu\u2019oN ére/vcf er qu\u2019oN repreNd sur son épaule, rhézérozopie permezzraiz d\u2019eNvisaçer la coÏNCideNce ez la cohabizaziON des espaces [.] C\u2019est ainsi que la rêverie de la ville intérieure prend forme: lorsque les passants sont confrontés à la représentation de l\u2019hyperbâtiment et lorsqu\u2019ils constatent l\u2019éventualité de leur propre participation au jeu.L\u2019index propose une lecture de la ville intérieure avec ses tonalités sensitives et symboliques particulières, une nomenclature psychogéographique, et s\u2019amuse à reclasser les vignettes, à créer des associations.On distingue neuf «zones» et soixante «conditions», par ordre alphabétique: Ambiguïté, Disparition, Hospitalité, Informel, Oasis, etc.On notera peut-être d\u2019abord la douce ironie à l\u2019endroit des produits du tourisme culturel et du tourisme d\u2019aventure.Mais il ne s\u2019agit pas d\u2019un réquisitoire contre les industries du divertissement.Le petit pictogramme du randonneur rappelle qu\u2019on peut simplement apprendre à jouer, et se prêter au jeu.Par ailleurs, la vitrine du cca est située dans un couloir moyennement achalandé qui relie deux édifices prestigieux, le Palais des congrès de Montréal et le nouveau centre administratif de la Caisse de dépôt et placement du Québec.La place Jean-Paul-Riopelle, juste au-dessus, en surface, a été aménagée spécialement pour accueillir la Thus, the indoor city took form: passers-by were confronted with the representation of the hyperbuilding and they became aware of the possibility that they themselves may take part in the game.The index offered a reading of the indoor city with its sensory tonalities and peculiar symbolism, a psycho-geographic nomenclature, and took pleasure in reclassifying the vignettes and creating associations between them.Viewers could perceive nine \u201czones\u201d and 60 \u201cconditions\u201d in alphabetical order: Ambiguity, Disappearance, Hospitality, Informal, Oasis, etc.Here, one is made aware of the gentle irony expressed towards the products of cultural and adventure tourism.But this is not a morally charged indictment against these industries.A little pictogram of an excursionist reminds us that we can simply leam to play, to be a part of the game.Moreover, the cca\u2019s display window is located in a relatively busy corridor that connects two prestigious buildings: Montreal's Palais des congrès and the new business offices of the Caisse de dépôt et placement du Québec.The Place Jean-Paul Riopelle, which is located outdoors directly above the corridor, has been specially designed to house the fountain-sculpture La Joute, which Riopelle created nearly SYN-, Prospectus, 2003-2004; photos reproduites avec l\u2019aimable permission des artistes_courtesy the artists. HÜSgpi ¦M Æ\t\tgg ksss i&^f-.- P«ne^ « ?JKfep^ 1 9r~\"'\t| mu i\tR mm» a;\u201d'\t¦rk'\t\t IOO \u2022 PAR\t! 18 sculpture-fontaine La Joute, réalisée par Riopelle il y a près de trente ans, et dont la relocalisation a créé une certaine polémique en 2003.Mais ce ne sont pas non plus les stratégies de prestige et le rayonnement du quartier des affaires et du multimédia qui intéressent Prospectus.L\u2019ensemble des documents (sons et images) recueillis pendant le projet puis diffusés en vitrine constitue un compendium d\u2019usages urbains non programmés ou libres, incluant donc beaucoup de «temps perdu» ou de «temps mort», des moments d\u2019attente indéterminés, où tout semble en suspens, comme lorsqu\u2019on regarde sans en avoir l\u2019air le tableau de commande de l\u2019ascenseur.Le passant qui s\u2019arrête et qui demeure plus de quelques secondes devant la vitrine sera peut-être frappé par l\u2019aspect à la fois comique et attachant des bonhommes.Les randonneurs que donnent à voir les écrans sont éminemment visibles, ils se détachent nettement de leur environnement, qu\u2019ils montent ou qu\u2019ils descendent (forcément, il y a beaucoup d\u2019escaliers ou d\u2019ascenseurs), qu\u2019ils soient entraînés dans la foule ou assis sur une chaise pliable, au milieu d\u2019une des vastes «steppes» de la ville intérieure.Ils ne cherchent pas à se fondre dans le décor, bien que leur action soit le plus souvent parfaitement banale.Ils donnent plutôt l\u2019impression d\u2019être absorbés, et, étrangement, de découvrir, d\u2019expérimenter quelque chose, même dans leur nonchalance.Ou alors de s\u2019adonner à des gestes plus ou moins réglés, sur un mode toujours ludique: jouer du piano sur une improbable mezzanine, jouer aux échecs, aux fléchettes, au hockey sur table, à la balle dans des endroits parfois fort convenables, faire du patin à glace, enregistrer des sons ambiants, mesurer des distances avec une roue d\u2019arpenteur, donner un coup de fil, lire le journal.Bavarder.S\u2019allonger.Observer.Admirer.Continuer son chemin.Le participant est bien en randonnée et pas tout à fait dans une expédition où il s\u2019agirait d\u2019ouvrir une voie ou de conquérir un territoire inconnu, un voyage d\u2019exploration d\u2019où on rapporterait des témoignages pittoresques.30 years ago and whose relocation in 2003 proved to be somewhat controversial.However, this being said, Prospectus is not a project concerned with strategies for achieving prestige and visibility in the business and multimedia district of Montréal.The entire set of documents (including sounds and images) gathered as part of the project and then exhibited in the display window forms a compendium of non-programmed ways to make use of the city, including much \u201clost time\u201d and \u201cdown time\u201d and other moments of indeterminate waiting when everything appears to be in suspension (such as when one stares without seeming to at an elevator\u2019s control panel).A viewer who stops and remains in front of the display window for more than a few seconds is struck, perhaps, by the comic and endearing qualities of the figures on display.The excursionists shown on the screens are highly visible; they stand out from their surroundings as they move upwards or downwards (inevitably, there are many stairways and elevators), or as they are swept along with the crowds or seated on folding chairs in the midst of the vast \u201csteppes\u201d of the indoor city.They make no attempt to blend into the decor, even though their actions are most often perfectly ordinary.Rather, they give the impression of being absorbed and, strangely, of discovering and experiencing something, even in their nonchalance.They seem to give themselves over to somewhat regulated gestures yet always in a playful manner: they play the piano in an improbable mezzanine; they play chess, darts, table hockey, or ball games in places that are sometimes quite well suited to such activities; they ice skate, record ambient sounds, measure distances with a surveyor\u2019s wheel, make a phone call, read the newspaper.They chat, stretch out and admire, since there are so many things to admire.The participants are truly on an excursion and not at all on an expedition.In the latter case, they would be engaged in clearing a trail or conquering an unknown land from which they would bring back picturesque mementos. PARACHUTE Ii8 .ioi La place comme coNsrellatioN À bien des égards, la déambulation dans la ville intérieure rappelle donc plutôt la dérive situation-niste, sa critique du fonctionnalisme et du spectaculaire5.Mais ici, les constructions de situations n\u2019ont pas de résonances révolutionnaires.Elles demeurent locales, provisoires et à la portée de tout un chacun.Ce qui intéresse syn-, ce sont ce que Luc Lévesque appelle les usages différentiels, les modalités fluctuantes et les qualités émergentes de la place publique conçue comme «constellation6».La constellation est une accumulation de gestes modestes opérés par les citoyens dans leur milieu de vie, comme autant de percées dans le tissu des relations et des habitudes.Un autre terme clé est employé par Lévesque pour caractériser cet espace public en gestation, c\u2019est celui d\u2019«hétérotopie», emprunté à Michel Foucault.L\u2019hétérotopie ainsi entendue est l\u2019acte par lequel on réussit à définir un espace avec un minimum de moyens, en prenant simplement position, en adoptant une attitude, en délimitant une surface comme on le fait en déposant un tapis ou une nappe sur le sol.Ces gestes qui peuvent être très nuancés et complexes, mais qui sont toujours des gestes d\u2019ouverture, ne sont jamais définitifs.Comme le tapis qu\u2019on étend et qu\u2019on reprend sur son épaule, l\u2019hétérotopie permettrait d\u2019envisager la coïncidence et la cohabitation des espaces, contrairement à l\u2019utopie qui ne semblerait pas concevoir un lieu sans aussitôt séparer et exclure tous les autres.En proposant aux passants ces images en rafales et surtout en les invitant, au moyen du plan de l\u2019hyperbâtiment, à mettre à plat la mégastructure pour la parcourir, syn- invite donc les citadins à se réapproprier la ville, même s\u2019ils ne saisissent jamais l\u2019identité de cette ville en devenir.L\u2019exercice pourrait aussi signifier la nécessité absolue de ces gestes symboliques et simplement humains qui constituent les lieux habités, sans quoi il n\u2019y a pas de construction qui puisse être habitée, qui puisse même exister pour les humains.Place as CoNsrellanoN In many respects, sauntering through the indoor city recalls the Situationist dérive and its criticism of functionalism and the spectacular.5 In this case, however, the construction of situations does not have revolutionary overtones.They remain local, temporary, and within reach of everyone.What interests syn- is what Luc Lévesque has termed the differential uses, fluctuating modalities, and emerging qualities of public place understood as a \u201cconstellation.\u201d6 A constellation is an accumulation of gestures by citizens in their surroundings; it can be likened to countless openings wrought in the fabric of relationships and habits.Another key term used by Lévesque to describe this embryonic public space is \u201cheterotopia,\u201d a word borrowed from Michel Foucault.In this case, heterotopia is understood as the act by which a space is defined with a minimum of means, simply by taking up position in it, by adopting an attitude, or by delimiting a surface (e.g., by laying a rug or a tablecloth on the ground).Such gestures, which can be highly nuanced and complex but which merely inaugurate what is to come, are never definitive.Much like a rug one rolls up and carries away on one\u2019s shoulder, heterotopia makes it possible to see the way spaces coincide and co-exist.It is contrary to Utopia, which seems incapable of conceiving a place without immediately separating it and excluding it from all others.By proposing to passers-by such a whirlwind of images and by inviting them (by means of the hyperbuilding\u2019s floor plan) to flatten the megastructure in order to travel through it, syn- calls upon citizens to re-appropriate the city, even if they never grasp its identity in the process of becoming.Such an exercise could also signify the absolute need for symbolic and simply human gestures, which make up inhabited spaces and without which no building could be inhabited or even exist for humans.The exercise also recalls the persistence of Utopias - great or small - whose apparently endless trajectories lead people from illusion to disillusion, I02 .PARACHUTE Il8 L\u2019exercice rappelle aussi la persistance des utopies, petites ou grandes, ces trajectoires apparemment sans fin qui mènent les usagers d\u2019illusions en désillusions et grâce auxquelles, peut-être, ils réussissent à donner des formes à leur réalité, pour la nier d\u2019abord, puis pour la déborder.Si tel est le cas, c\u2019est un peu comme si les entrailles de la ville perdaient de leur mystère, comme si la logique incompréhensible qui la maintient en mouvement ne se trouvait plus cachée dans la profondeur de ses synapses, mais entièrement exprimée en chacune de ses apparences.Louis Jacob est professeur au Département de sociologie de l\u2019Université du Québec à Montréal où il enseigne la théorie sociale et l\u2019épistémologie.En 2001-2004, il était coordonnateur du projet Art public au Centre d\u2019information Artexte.Il publie des articles et participe à des ouvrages collectifs sur les pratiques artistiques et la culture contemporaines.and thanks to which, perhaps, people succeed in giving form to their reality, if only first to deny it and then to go beyond it.If this is the case, it is almost as though the city\u2019s entrails had lost their mystery, as though the incomprehensible logic that keeps it moving were no longer hidden in the depths of its synapses but was entirely expressed in each of its appearances.The author is a professor in the Sociology Department at the Université du Québec à Montréal, where he teaches social theory and epistemology.In 2001-04, he was coordinator of the Art public project at the Centre d\u2019information Artexte.He has published articles and contributed to anthologies on artistic practices and contemporary culture.Translated by Timothy Barnard Crédits des projets_Project credits: Hypothèses d\u2019amarrages: Luc Lévesque, Jean-François Prost; Hypothèses d'insertions: Jean-Maxime Dufresne, Luc Lévesque, Jean-François Prost; Prospectus: Jean-Maxime Dufresne, Louis-Charles Lasnier, Luc Lévesque, Jean-François Prost.NOTES 1.\tJacques Dewitte, « Mobilité et enracinement: la maison-sphère et la maison-organisme comme figures emblématiques de la modernité», Lumières et romantisme, Annales de l\u2019Institut de philosophie de l\u2019Université de Bruxelles, Paris, Vrin, 1989, p.77-102.2.\tibid., p.100.3.\tC\u2019est l\u2019objectif que s\u2019est donné, par exemple, le groupe de recherche «Discours et pratiques du lieu habité», sous la direction de Simon Harel (Université du Québec à Montréal), Guy Mercier (Université Laval) et Jean-François Côté (Université du Québec à Montréal), groupe auquel je participe et dont les discussions m\u2019inspirent ici.4.\tSur l\u2019ensemble des projets, voir le site www.amarrages.com qui comporte une bibliographie et de nombreux documents visuels.5.\tLes textes fondateurs de Ivan Chtcheglov, Guy Debord et Constant figurent dans l\u2019Internationale Situationniste, 1958-1969, Paris, Librairie Arthème Fayard, 1997.Voir aussi l\u2019étude récente de Patrick Vachon, L\u2019arpenteur de la ville: l'utopie urbaine situationniste et Patrick Straram, Montréal, Triptyque, 2003.6.\tPropos recueillis lors de la table ronde organisée par le Centre d\u2019information Artexte, «Art actuel et espace public», Montréal, 29 septembre - 2 octobre 2004.1.\tJacques Dewitte, \u201cMobilité et enracinement: la maison-sphère et la maison-organisme comme figures emblématiques de la modernité,\u201d Lumières et romantisme (Paris: Vrin, 1989), 77-102.2.\tIbid., ioo.3.\tThis, for example, is the goal ofthe \u201cDiscours et pratiques du lieu habité\u201d research group led by Simon Harel (Université du Québec à Montréal), Guy Mercier (Université Laval) and Jean-François Côté (Université du Québec à Montréal), a group to which the present author belongs and whose discussions have been drawn on here.4.\tFor information on all the group\u2019s projects, see: www.amarrages.com, which includes a bibliography and numerous visual documents.5.\tThe founding Situationist texts by Ivan Chtcheglov, Guy Debord and Constant can be found in Guy Debord and the Situationist International: Texts and Documents, ed.Tom McDonough (Cambridge: MIT Press, 2002).See also Patrick Vachon's recent study L\u2019arpenteur de la ville: l\u2019utopie urbaine situationniste et Patrick Straram (Montréal: Triptyque, 2003).6.\tFrom comments made at a panel discussion at the Centre d\u2019information Artexte, \u201cArt actuel et espace public,\" Montréal, 29 September - 2 October 2004.SYN-, Hypothèses d'insertions, 2002; photo reproduite avec l\u2019aimable permission des artistes_courtesy the artists. ' iw'Wsl >SMÏ sgisijffl sBiisi Sÿgpfîjgî : V \tH\t\t \t.»\t\t ïmmm ÿmm wsasm jmrWf §gM^ « *?-\u2022\u2022**.m jf \u2022-?'¦ - -¦- ip*a»v»*s^fe ¦.iri*«!$ir£®!ijaiSB8S2 MHH -\t\u2022i-v-;.>,- j ; - \u2022 -, ' ¦ V&& |!ipÉBpP \u201c'\u2019a -WssaACstsà -J.-«S.W¥£\u2019Æs*, .-.-.: ; PN&I \u2022 ;ft si,* .u l*v i .^ ¦ m Ufifihi Si!;* ife sfeifei! \u2022itv., î I ; : ,V; \u2019.\" .\u2022 S \u2022\t1 . PARACHUTE 1 lS REPENSER le LIEU Un entretien Jacques Bilodeau et Claude Cormier par Koen de Winter EXCEPTÉ JVMISON K» mm : TipHimTff H\t\t\t j\tj\t¦ aas»^ \u2019\t\u2022J 1\tTn\tit i\t\t\t.\tWm ^ H ii\t\t'V \\, \\v>\tPiPjBi 1 » :\t\t\t IC)8 .PARACHUTE II 8 Jacques Bilodeau est designer.Depuis vingt-cinq ans, il poursuit des recherches sur l\u2019espace d\u2019habitation et développe des assemblages articulés entre le sol et le mobilier.Ses expérimentations ont pris forme dans des projets d\u2019aménagement résidentiels à Montréal tels que la résidence Claude Cormier (2003-2004), le studio des Carrières (2000-2001), le studio Poitevin (1999) et le studio Clark (1983).Son travail a également été montré à Montréal dans le cadre d\u2019expositions en arts visuels, notamment «Objets détournés» (1997) et«Blaast» (1998) à la galerie Claude Rochefort et, dernièrement, lors d\u2019une exposition solo à la galerie joyce Yahouda.¦4 KOEN DE WINTER - Votre travail est très bien reçu par la critique et il est de plus en plus reconnu par les spécialistes.Je fais référence, Claude, à ton «Arbre bleu» au Cornerstone Gardens qui est l\u2019arbre le plus photographié de la Californie et aux nombreuses mentions, Jacques, dont font l\u2019objet tes projets dans les revues d\u2019architecture.Les commentateurs soulignent en général le caractère novateur de vos projets, leur rigueur autant que leur audace, ce qui fait dire à certains que vous optez pour la provocation.Dans votre travail, quelle place accordez-vous à l\u2019intuition et aux risques qui lui sont inhérents ?JACQUES BILODEAU - Plus souvent qu\u2019autrement, je traite mes expériences directement sur la maquette, en grandeur réelle, et je procède par essais et erreurs.Le résultat n\u2019est donc jamais définitif.C\u2019est dans ce rapport avec le projet que je me donne la liberté nécessaire pour explorer.Généralement, tout s\u2019organise à partir du sol qui est transformable, creusé ou en saillie, intégrant ou dissimulant le mobilier.Inévitablement, le risque prend ici une autre dimension.Vivre dans ces espaces demande en effet vigilance, effort et engagement physique.Ces tensions empêchent de s\u2019habituer à l\u2019espace et de s\u2019en accommoder.Vivre avec ce danger latent est une façon de prendre conscience du lieu, de combattre l\u2019indifférence qui découle inévitablement des repères traditionnels dans l\u2019espace domestique.Claude Cormier est architecte paysagiste.Depuis dix-huit ans, il réalise des projets d\u2019envergure en milieu urbain (notamment Lipstick Forest, Montréal, 2000-2002; Nissan Design Creative Studios, Detroit, 2002-2005, Toronto Waterfront, 2003-06) et participe à de nombreux festivals (Sonoma Valley, ca; Métis-sur-Mer, Québec).Il conçoit des espaces publics où s\u2019amalgament des phénomènes sensibles associés aux paysages et des éléments d\u2019artificialité.En 1996, il a fondé à Montréal la compagnie Claude Cormier Architectes Paysagistes Inc.) qui s\u2019est valu la prestigieuse mention «2005 Emerging Voices» par l\u2019Architecture League de New York.K.D.W.- Toi, Claude, tes projets publics sont à l\u2019opposé de cette relation intime entre le résident et son heu d\u2019habitation.Quel est alors la part de risque dans ton travail ?CLAUDE CORMIER - Je ne considère pas mon travail comme de la provocation; il est plutôt stratégique.Dans ma pratique en architecture de paysage, nous collaborons souvent avec des institutions publiques et le pouvoir politique qui, eux, ne peuvent pas être provoqués.Il est alors primordial de situer le projet dans un contexte compréhensible pour tous les acteurs concernés.Je pars donc du principe que chaque lieu est chargé de sens, d\u2019histoire, de fonctions et de nécessités architecturales.J\u2019insiste alors sur des solutions claires et fortes, des gestes singuliers facilement descriptibles à partir desquels une image mentale peut être construite.Le projet peut alors être approprié par tous.Plus il y a de contraintes et de divergences, meilleure est la solution.Le défi réside dans la définition d\u2019une stratégie conceptuelle, ouverte et flexible, capable de contenir toutes les données de la commande.Je dirais qu\u2019avec cette attitude, le risque est diminué et c\u2019est à ce moment que le projet débute.Je développe cependant un langage sensible et poétique qui me permet d\u2019en faire juste un peu plus, d\u2019aller plus loin.Par exemple, pour le jardin d\u2019hiver du Palais des congrès de Montréal, nous aurions pu créer un autre jardin tropical intérieur; il aurait < « Jacques Bilodeau, Résidence Claude Cormier, 2003-2004; photos: Jean-François Vézina, reproduites avec l\u2019aimable permission de l\u2019artiste_courtesy the artist. PARACHUTE II8 KoeN de WiNier est designer industriel.En 1990, il a mis sur pied HippoDesign Inc.qui développe des produits pour différentes compagnies à travers le monde.Il a été vice-président de la compagnie Danesco Inc.et a été titulaire d\u2019une chaire au Département de design de l\u2019Université du Québec à Montréal.Ses produits ont reçu de nombreuses distinctions et font partie de plusieurs collections de musées dont celle de design et d\u2019architecture du MoMA à New York.été dénué de sens.Nous avons plutôt choisi de construire une forêt intérieure, reconnaissable dans sa forme, artificielle dans sa matière et surréaliste par sa couleur.La couleur rose, choisie à partir d\u2019une charte de rouge à lèvres, rappelle les importantes entreprises pharmaceutiques de Montréal et exprime la personnalité latine des Montréalais qui est unique en Amérique du Nord.K.D.W.- La résidence de Claude sur la rue des Carrières à Montréal est ton dernier projet, Jacques, et il a reçu un très bon accueil dans la presse spécialisée canadienne et étrangère.Il traite de façon singulière l\u2019habitat à la fois comme environnement sculptural, comme espace fonctionnel et modifiable.Si le choix des matériaux et leurs finis n\u2019était pas aussi parfait, on croirait par moments enjamber les surfaces instables d\u2019une sculpture de Tinguely.Alors que vos recherches personnelles poursuivent des objectifs diamétralement opposés, vous avez amorcé une relation de collaboration.Le travail de Claude est très public et il déplace avec conviction les barrières traditionnelles de l\u2019architecture du paysage.Il donne à cette architecture un caractère de plus en plus urbain et y introduit des composantes de moins en moins «naturelles».Jacques, au contraire, tu réduis de plus en plus ton domaine de recherche en le situant dans la dissection de l\u2019espace domestique privé.Plus récemment, avec les «Transformables», tu explores même un espace in tss spg§|gllg! ppPI MM aMMBBBB Claude Cormier Architectes Paysagistes Inc.(ccap), Blue Tree, 2004-2005, Cornerstone Festival of Architecture Gardens, Sonoma Valley, California; photo Dave Aquilina, reproduite avec l\u2019aimable permission de_courtesy ccap. no .PARACHUTE ll8 » niveaux en nous référant à «la fonction oblique développée par Claude Parent et Paul Virilio dans les années i960.La complémentarité, ou le rapprochement, avec les préoccupations topographiques dans le paysage extérieur chez Claude est apparue tout de suite stimulante.À partir de là, le travail commun et la recherche sur le chantier sont devenus primordiaux dans l\u2019organisation spatiale et fonctionnelle de la maison.encore plus petit, que tu ne traites pas comme du mobilier, mais comme une enveloppe humaine.Est-ce que vous croyez que votre collaboration est issue de la complémentarité des positions opposées que vous occupez ou de la complicité entre les deux ?J.B.- Un consensus s\u2019est très vite imposé entre nous deux tout en développant le concept du projet.Nous avons voulu intégrer les fonctions domestiques à des planchers inclinés sur plusieurs C.C.- La confiance mutuelle était basée sur le simple constat que nous sommes tous les deux convaincus que la fonction banalise les espaces.En architecture du paysage, cela est probant.Dans les années 1980, le paysage semblait davantage préoccupé à répondre à des considérations fonctionnelles, environnementales et sociales, plutôt qu\u2019à construire des paysages ayant des racines conceptuelles bien ancrées; ces paysages possèdent peu de poésie et de sensibilité.De notre côté, et c\u2019est là où nous nous rejoignons, nous établissons d\u2019abord un sens poétique à partir du lieu pour ensuite adapter la fonction.K.D.W.- Ce qui frappe le plus dans ce projet, au-delà de la qualité de l\u2019espace, des changements étonnants résultant du mouvement d\u2019une porte ou du plancher, et au-delà de la beauté des matériaux, c\u2019est que le résultat final est exactement conforme aux intentions.Il y a de nombreux exemples de Claude Cormier Architectes Paysagistes Inc.(ccap), Blue Tree, 2004-2005, Cornerstone Festival of Architecture Gardens, Sonoma Valley, California; photo: Cornerstone Festival of Architecture Gardens, reproduite avec l\u2019aimable permission de_courtesy ccap.ccap, Lipstick Forest, 2000-2002, Palais des congrès de Montréal; photo: Jean-François Vézina, reproduite avec l\u2019aimable permission de_courtesy ccap.> ' ccap, Blue Sky (construction), 2002-2004, Nissan Design Creative Studios, Detroit; photo reproduite avecl\u2019aimable permission de_courtesy ccap.» Wmm ¦ a mm aw 4SI *\u2022*,¦41?x:4.: - f \u2019\t: ' I bwipp ¦ | : ¦ .J iMSÊÜÉËs - ZûF\u2014zf- Jacques Bilodeau, Residence Claude Cormier, 2003-2004; photos reproduites avec l aimable permission de l artiste_courtesy the artist.En haut à gauche_Top Left: photo: Martin A.Beaulieu.En haut à droite et en bas_Top Left and Bottom : photos: Jean-François Vézina. *Æf//WÈ \\ :¦> Vi: En haut à gauche et en bas_Top Left and Bottom : photos: Jean-François Vézina.En haut à droite_Top Right : photo: Martin A.Beaulieu. n6 \u2022 PARACHUTE 118 v-v*-\u2022 v_«* \\ v.'/\u2022 V.;; \u2022 \u2022 V '\u2022'if-', \u2018\u2022.JSc -*' : :w-< VKJ Af j»jN.projets de design, autant d\u2019architecture du paysage que d\u2019intérieur, qui cachent difficilement la différence entre les intentions initiales du créateur et la réalisation finale.Ces compromis, ou cette inhabilité à préserver le concept original au fil des exigences techniques ou fonctionnelles, ainsi que d\u2019autres lacunes sur le plan de la maîtrise du processus de réalisation, ne semblent jamais affecter vos projets.À quoi est due cette impression?Est-ce le résultat d\u2019un processus ou d\u2019une stratégie particulière ?C.C.- Selon moi, la force de l\u2019idée doit être plus grande que le problème posé.Dans bien des cas, un projet émerge des difficultés et de la complexité qu\u2019il pose.Prenons, par exemple, le projet de la cour intérieure de Nissan à Detroit dont le sol n\u2019était pas utilisable.Devant cette contrainte, nous avons proposé une forêt artificielle, suspendue au-dessus de la cour, projetant l\u2019idée de la nature grâce à des branches suspendues peintes en bleu.Sous ce dispositif, l\u2019usager perçoit, à contre-jour, les subtiles fluctuations des changements de lumière.J.B.- Pour m\u2019approprier un espace, ma méthode de travail est relativement simple.Je commence par observer et reconnaître les qualités existantes.Je ne détruis rien, je compose avec.C\u2019est un processus que j\u2019ai aussi adopté pour d\u2019autres projets, par exemple celui des lampes faites d\u2019assemblages d\u2019objets trouvés.Plutôt que de détruire, plutôt que d\u2019ignorer ce qui existe, j\u2019en fais mon point de départ.La suite est un enchaînement d\u2019essais, de transformations, d\u2019améliorations et de changements.Ce processus n\u2019est pas uniquement lié à des plans et des dessins techniques, car tout au long de la réalisation, j\u2019observe et j\u2019évalue.Ainsi, le plus souvent, j\u2019habite les chantiers dès le départ du projet et je finis par maîtriser et tirer profit de ces espaces, sans jamais perdre de vue l\u2019idée originale, qui est, par exemple, pour la résidence de Claude, la notion de plans inclinés.Claude Cormier Architectes Paysagistes Inc.(ccap), Place d\u2019Youville (phase 1), 1997-1999, place publique, Montréal; photos: Jean-François Vézina, reproduites AVEC L\u2019AIMABLE PERMISSION DECOU RTESY CCAP. \u2022< §ÊÈÊÊi û -i/ WÊgMi.-*\t4; K|P .- ^-.-.A-C, HSË Ç®C- 4; > \u2022'r.5S i» àSSi 5# #**&**\u2022\u2022 ¦¦\tiM SS» ,ü@SBi Kü '£.V?- «SSP* ./> >?îssrs IfâWtt SSlK M*; Sas® '% «%\" .* fi?r.» *~ \u2019\u2022 \u2022>.9hk 1 ^^SËgg\trawwtp?fc\\-c-> V » .4\tH .;, t %¦¦¦ y \t u8.PARACHUTE Il8 K.D.W.- Contrairement au travail de Jacques, tes projets, Claude, semblent souvent basés sur une trame de références historiques.Peux-tu clarifier le rôle que l\u2019histoire joue dans ton travail?C.C.- L\u2019histoire est, de par sa nature, nostalgique.Donc, pour moi, l\u2019histoire en soi n\u2019est pas importante.Dans certains cas, le projet commence avec des recherches historiques à partir desquelles je sélectionne des éléments qui sont significatifs pour moi.Souvent, ces lieux sont très chargés en références historiques, je pense notamment à la place d\u2019Youville à Montréal.C\u2019est un projet de place publique constmit au-dessus d\u2019un sol qui préserve plus de 400 ans d\u2019histoire, celle de la ville de Montréal depuis ses fondements.Il s\u2019agit d\u2019une courtepointe de trottoirs et qui intègre la matérialité de cette ville historique, sans nécessairement glorifier un épisode particulier de cette histoire.C\u2019est un projet contemporain qui recycle les connaissances historiques du Vieux-Montréal et protège ainsi à sa façon tous les vestiges archéologiques.K.D.W.- Vous travaillez tous les deux dans la marge de votre profession; vous en effacez les limites traditionnelles, vous élargissez son langage formel et, pourtant, l\u2019importance de votre travail est largement reconnue et publiée.Selon vous, est-ce contradictoire ?C.C.- Sûrement pas.La marginalité n\u2019est pas seulement de plus en plus acceptable, mais elle est valorisée.L\u2019activité principale d\u2019une profession est importante, mais c\u2019est seulement dans la marge que le travail critique se produit.C\u2019est ainsi que la profession évolue et, par conséquent, la société aussi.Je ne veux pas être prévisible; ma contribution consiste à ne pas me conformer, pas même à mes projets précédents, ce qui, pour paraphraser Nietzsche, veut dire de devenir ce que je suis et d\u2019occuper ma place.Bref, de me surprendre constamment.J.\tB.- Je crois que la recherche est située dans la marge.En ce qui nous concerne, les remises en question viennent surtout de professionnels en design qui ont développé une pratique artistique, tels que Atelier Van Lieshout, Droog Design et Faustino.Dans ces cas, la production en série est remplacée par la diffusion des projets dans les magazines spécialisés.L\u2019appropriation de ces objets et de ces espaces par l\u2019usager se fait donc par leur diffusion.C\u2019est ainsi que même si ma recherche est marginale, elle peut avoir une influence sur le milieu grâce à sa présentation dans les revues.K.\tD.W.- Dans toutes les disciplines du design, il y a une longue tradition de contestation.L\u2019ouvrage Programmes et manifestes dans Varchitecture du Claude Cormier Architectes Paysagistes Inc.(ccap), Esplanade, 2000-2002, Palais des congrès de Montréal; photo: Jean-François Vézina, reproduite avec l\u2019aimable permission de courtesy ccap. JHSBMI ; \u2019i-Ml mm ¦mwfflMHnei « ¦ » -.m WINGS' W« \u2014 \u2022¦ «ias.ajp 1\t j\t1\tifâ \t\tli&y*\tWÊSkïVï\t \t\t\tMH «** -*%%;¦/ y'MP* ^\tÛÊÊÊT André-Louis Paré Martha Rosier, Decoys and Disruptions: Selected Writings, 1975-2001, Cambridge, ma and London, uk: mit Press, 2004, 396 pp., ill.b.& w.It is a thrill to find Martha Rosler\u2019s important and influential essays now available in this new compendium.Rosier has never been adequately recognized for her critical writings, which extend over the last three decades, in which her activist voice joins with erudite analysis.The writings in this publi- cation span from the late 1970s to the turn of the twenty-first century, and while most were previously published, some are now revised, while other essays, which began as lectures, are published for the first time.Rosier, also an artist and teacher, is best known for two essays, both republished here: \u201cIn, Around, and Afterthoughts (On Documentary Photography)\u201d and \u201cVideo: Shedding the Utopian Moment.\u201d Both were originally published in Canada.The first by the Press of the Nova Scotia College of Art and Design in Martha Rosier: 3 Works (1981), and the second, which began as a talk at the Université du Québec à Montréal, by Artexte in Video (1986), edited by René Payant.While the former essay almost single-handedly dismantled the entrenched traditions of the American documentary photographic practice that reached back to the 1950s, the latter explored video as a voice of aesthetic and social dissent questioning both video art\u2019s relation to the mass media and its eventual acceptance within the discursive structures and institutional conventions of the museum.In both essays, and in others that followed, Rosier struggles with the inevitable hegemony of the artworld viewed through power relations and politics of representation.As we now live in harsh and troubled political times, art\u2019s placement within the public sphere as a generator of dialogue remains consistently important.Rosler\u2019s art and writings, with their starting points of social and political change, elicit the need for continued critical analysis; her combining of theory with practice is as important today as it was for the 1970s and 1980s.> Petra Rigby Watson Radu Stern, Against Fashion: Clothing as Art, 1850-1930, Cambridge, ma: mit Press, 2004, 208 pp., ill.b.& w.& col.As Against Fashion makes abundantly clear, fashion has held a special interest for artists since the beginnings of avant-gardism in the mid-nineteenth century.Whether clothing served as a medium in which creative principles were applied to the warp and woof of everyday life, a means by which the fabric of social relations could be revolutionized or re-engineered, or a tempting target for critiques of tradition, functionality and commercialism, fashion attracted the attention of artists from a number of aesthetic and political positions.\u201cReform\u201d was a term often present in discourses rethinking the possibilities of fashion, and while some artists extolled extreme individuality and liberated self-expression via outrageous configurations of cloth and colour, others championed extreme conformity in designing prototypes for universal, egalitarian costumes.Both artistic camps, however, had at their source a similar desire to break out of the circumscribed boundaries of high art and to intervene materially into quotidian existence.With haute couture, such a central fixture in contemporary art and culture, Radu Stern provides informative and essential background history on early modern precedents.Her survey covers eighty years of sartorial explorations from Romanticism and Aesthetic Dress in the nineteenth century to Futurist and Constructivist experiments in the twentieth.Over two dozen manifestos and critical texts by Elizabeth Cady Stanton, Oscar Wilde, Henry van de Velde, F.T. i38 \u2022 PARACHUTE I «8 Marinetti, Aleksandra Exter and Sonia Delaunay, among others, testify to the degree to which the highly visible site of fashion spurred artistic imaginations, Utopian thinking and concerns for social responsibility.> Jim Drobnick Catalogues et moNographies Catalogues aNd MoNographs arts A MINIMAL FUTURE?Anne Goldstein (éd.), A Minimal Future?Art As Object 1958-1968, Los Angeles, The Museum of Contemporary Art; Cambridge, ma et Londres, uk: mit Press, 2004.452 p., ill.n.et b.et coul.Ce catalogue accompagne l\u2019exposition éponyme qui s\u2019est tenue au Musée d\u2019art contemporain (moca) de Los Angeles du 14 mars au 2 août 2004.Le titre A Minimal Future?reprend celui de la couverture du numéro de mars 1967 de la revue Arts Magazine, tribune importante pour le rayonnement du minimalisme.Anne Goldstein cite dans son texte d\u2019introduction du cata- logue l\u2019article de John Perreault «A Minimal Future?; Union-Made: Report on a Phenomenon» qui figurait dans ce numéro de Arts Magazine et qui exprimait un certain scepticisme face au futur du minimalisme, que l\u2019auteur voyait comme un style parmi d\u2019autres qui ne laisserait comme héritage à l\u2019art que quelques artistes clés.Or, ce catalogue du moca démontre bien l\u2019étendue du minimalisme et sa contribution à la remise en question de l\u2019objet d\u2019art, du rôle de l\u2019artiste et du regardeur dans l\u2019art contemporain.L\u2019objectif de l\u2019exposition du moca, qui a lieu quarante ans après l\u2019apparition des premières œuvres minimalistes, était, explique Goldstein, de poser la question suivante: «Quelles sont les conséquences et polémiques de l\u2019art minimaliste, de ses praticiens, conservateurs, critiques et historiens?» Chacun des essais de ce catalogue adresse cette question à partir de points de vue très variés et soulève des observations inédites sur ces pratiques.On y réexamine l\u2019émergence du minimalisme dans le contexte culturel américain en lien avec le modernisme, le pop art, l\u2019art conceptuel ainsi que les disciplines de la danse et de la musique.Dans son essai «Another Minimalism», James Meyer trace une topographie du (ou des) minimalisme(s) en Amérique dans l\u2019opposition East Coast/West Coast, soit le stéréotype du Minimal Art new-yorkais d\u2019un côté et le Finish Fetish de Los Angeles de l\u2019autre.Il s\u2019intéresse en particulier aux œuvres de Larry Bell et de John McCracken qui transcendent, selon lui, de manière exemplaire ces divisions géographiques.Jonathan Flatley, dans «Allegories of Boredom», compare la notion d\u2019«intérêt» (interest) dans les œuvres de Donald Judd avec celle de « prédilection » (liking) dans les œuvres d\u2019Andy Warhol.Il rend compte de la complexité de leurs démarches esthétiques, en les rapprochant, les situant dans un contexte historique caractérisé par l\u2019«ennui» (boredom) et soutient qu\u2019ils réinvestissent tous deux ce contexte d\u2019un espace où la réaction affective est de nouveau possible.Anne Rorimer se penche sur l\u2019incontournable relation entre le minimalisme et l\u2019art conceptuel et commente, entre autres, les œuvres de Dan Flavin, Eva Hesse, Sol LeWitt, Bruce Nauman, Robert Smithson et Richard Artschwager.Carrie Lambert explore ce qui constitue le minimalisme à travers des exemples de performances en danse, entre autres celles de Simone Forti, Trisha Brown et Yvonne Rainer.Elle interroge la notion de théâtralité, les éléments de mouvement et de fixité, le rôle du regardeur.Enfin, Diedrich Diederichsen explique les impacts du minimalisme dans la musique, se référant par exemple aux œuvres de Steve Reich, John Cale, Terry Riley et LaMonte Young.Ainsi, par la diversité des aspects couverts, les différentes relectures originales et critiques proposées de l\u2019histoire de ce mouvement, la quantité d\u2019artistes qui y sont représentés (une quarantaine) ainsi que la documentation visuelle et historique exhaustive qu\u2019il offre, ce catalogue rappelle l\u2019importance colossale du minimalisme en contribuant à élargir la réflexion et la discussion sur ce mouvement.> Sarah-Jane Lewis PARACHUTE IïS .I39 Paul McCarthy, Piccadilly Circus/Bunker Basement, Zurich: Scalo, 2005, 2 vols., 348 pp., ill.col.Piccadilly Circus/Bunker Basement is a two-volume edition documenting performances and installations that took place in an abandoned bank in London\u2019s Piccadilly, now the converted Hauser & Wirth London gallery space, and McCarthy\u2019s studio outside of Los Angeles.The volumes are huge, sleek, and uncompromisingly artful, even if it is unclear at times what they mean.Essays by Robert Storr and Ralph Rugofif attempt to offer guiding voices, but in a certain way McCarthy actively resists the normalization that happens with uncomplicated explanations of meaning.This is not to say the work is absent of meaning.Piccadilly Circus/Bunker Basement is a kind of modern day political carnival.Rabelais described the world of the medieval carnival as a spectacle in which Christian and feudal norms are inverted - where officialdom, etiquette, and decency are substituted (for a moment) with the grotesque and the excessive.But the apparent freedom afforded to perform excess during the carnival exists precisely because of the otherwise strict regimentation of everyday life.Yet, McCarthy\u2019s engagement with contemporary politics shows that the excess of the political everyday is the norm, rather than a break from a norm.The performances centre around three giant-headed characters: the President (George W.Bush), the Queen (the Queen Mum), and the Terrorist (Osama bin Laden), complete with a turban modeled on the Guggenheim Museum.Each of the characters appears in multiple; the multiples dry hump tables, trepan themselves and one another, and madly cover every surface with ketchup, chocolate and smashed pastries.While there is little explanation offered for the things that go on in the performance, Piccadilly Circus/Bunker Basement seems to be McCarthy\u2019s appraisal of geopolitics rather than simply satire - the performances reflect a political milieu that is outrageous and gruesome more than creating one of its own.> Todd Meyers Ouvrages reçus Selected Titles Ouvrages théoriques_Essays -I- ËliShiil 1MB ¦¦¦¦ 1 % ¦ spa : - : ;n: ;; ; Maisons-lieux / Houses-Places Georges Adamczyk, Maisons-lieux/Houses-Places.Architecture contemporaine au Canada, Montréal, Centre international d\u2019art contemporain de Montréal, 2004, 192 p., ill.coul.Daniel Arasse, Histoires de peintures, Paris, Denoël, 2004, 230 p., ill.coul.Pierre-Damien Huyghe, Le différend esthétique, Belval, les éditions Circé, 2004, 162 p.Guy Debord, Panegyric, Volumes 1 e[ 2, translated by james Brook and john Mchale, London and New York: Verso, 2004,182 pp., ill.b.& w.Atom Egoyan and Ian Balfour (eds.), Subtitles: On the Foreignness of Film, Cambridge, ma, and London, uk: mit Press, 2004, 344 pp., ill.col.Les danses du temps recherches Centre national de ta danse Geisha Fontaine, Les danses du temps.Recherches sur la notion de temps en danse contemporaine, Pantin, Centre national de danse, 2004, 270 p., ill.n.et b.H al Foster, Prosthetic Cods, Cambridge, ma, and London, uk, mit Press, 2004, 456 pp., ill.b.&, w.& col.osthetic i4o .PARACHUTE 118 Barabra Le Maître, Entre film et photographie.Essai sur l\u2019empreinte, Saint-Denis, Presses universitaires de Vincennes, 2004, 160 p.Françoise LevaiIlant (dir.), Les écrits d\u2019artistes depuis 1940, Paris, Institut mémoire de l\u2019édition contemporaine, 2004, 510 p., ill.n.et b.Thomas Waugh with Willie Walker, Lust Unearthed: Vintage Cay Graphics from the Du Bek Collection, Vancouver: Arsenal Pulp Press, 2004, 320 pp., ill.b.& w.Catalogues et Monographies_ Catalogues and Monographs Artefact 2004.Sculptures\tHoneymoons, Michel de Broin et urbaines/Urban Sculptures, textes\tEue K.Tremblay, textes par Eduardo par Gilles Daigneault, Denise\tRalickas et Udo Karl de Sauriac, Desautels, Serge Fisette et Élisabeth\tMontréal, pfoac, 2004, n.p., Recurt, Montréal, Centre d\u2019art public,\till coul.(text also in English).2004, 106 p., ill.n.et b.et coul.\tIn-A-Gadda-Da-Vida, Angus Fairhurst, Avancer dans le brouillard.Karilee\tDamien Hirst, Sarah Lucas, texts Fugiem, jean-Pierre Gauthier, Michael by Gregor Muir and Clarrie Wallis, A.Robinson, Claire Savoie, Angèle\tLondres: Tate Britain, 2004, 112 pp., Verret, texte par Anne-Marie Ninacs, ill.col.Québec, Musée national des beaux- Jannis Kounellis, texts by Bruno Cora arts du Québec, 2004, 112 p., ill.n.\tand Denys Zacharopoulos, Athens: et b.et coul.(text also in English).\tEmet, 2004, 150 pp., ill.b.& w.Cynthia Girard.Fictions Sylvestres,\t(textes aussi en grec), texte par Réal Lussier, Montréal,\tJan Fabre, Caude Succurrere Vitce, Musée d\u2019art contemporain de\ttexts by Stefan Hertmans et al., Montréal, 2005, 24 p., ill.coul.\tGent: s.m.a.k., Stedelijk Museum (text also in English).\tVoor actuele Kunst; Bergam: Galle- Décosterd él Rahm.Distortions.\tria d\u2019arte Moderna e Contempo- Architecture 2000-2005, Orléan,\tranea; Barcelona: Fundaciô Joan hyx, 2005, n.p., ill.coul.HONEYMOONS Mirô; Lyon: Musée d\u2019art contemporain, 2004, 338 pp., ill.col.(textes aussi en espagnol).Les 20 ans du ciac: 1984-2004, édité par Colette Tougas, Montréal, Centre international d\u2019art contemporain de Montréal, 2004, 254 p., ill.coul.(texts also in English).Michel Campeau, Arborescences.Beauté et paradoxes, texte par Mona Hakim, Longueuil, Plein sud, 2004, 48 p., ill.coul.Part de vie, part de jeu.Une incursion critique dans l\u2019œuvre graphique et sculpturale de Michel Goulet, texte par josée Bélisle, Montréal, Musée d\u2019art contemporain de Montréal, 2004, 86 p., ill.coul.(text also in English).Peter Gnass.Couper/Coller, textes par Eve-Lyne Beaudry, Louise Déry, Jocelyne Fortin, Patrice Loubier, Louise Poissant et Marcel Saint-Pierre, Montréal, Galerie de I\u2019uqam, 2004, 128 p., ill.coul.Regarder, observer, surveiller, texte par Nicole Gingras, Chicoutimi, Séquence, 2004, 70 p., ill.coul.Transcultures, text by Anna Kafetsi, Athens: Emet, 2004, 150 p., ill.coul.(texte aussi en grec).Livre d\u2019artiste_Artist\u2019s Book Raymonde April, Soleils couchants, Québec, J\u2019ai vu, 2004, 64 p., ill.coul.ERRATUM Dans l\u2019article d\u2019Évence Verdier sur le travail d\u2019Andrea Blum paru dans parachute 117, les crédits pour Nomadic House (p.53 et 61) auraient dû êtrejn Évence Verdier\u2019s essay on the work of Andrea Blum, which was published in parachute 117, the caption for Nomadic House (p.53 and 6i) should have read: Nomadic House, 2003; photo reproduite avec l\u2019aimable permission de_courtesy art3 dépôt du Fonds national d\u2019art contemporain.Dans l\u2019article de Christophe Domino sur le travail de lain Baxter paru dans parachute 117, les crédits pour Infated Landscape (p.72) auraient dû êtrejn Christophe Domino\u2019s essay on the work of lain Baxter, which was published in parachute 117, the caption for Infated Landscape (p.72) should have read: Infated Landscape, 1965; photo: lain Baxter, reproduite avec l\u2019aimable permission de l\u2019artiste_courtesy the artist. PARACHUTE conseil d\u2019administration_board of directors JEAN-PIERRE GRÉMY, président du conseii_chairman CHANTAL PONTBRIAND, présidente directrice généraie_president JOHANNE LAMOUREUX, vice-présidente_vice-president SUZANNE BÉLANGER, secrétaire trésorier_secretary treasurer PAUL FRASER, DAVID JOANISSE, CÉLINE POISSON, GILLES SAUCIER directrice de la publication_editor: CHANTAL PONTBRIAND coordonnatrice à la rédaction_production coordinator/ adjointe à la rédaction: MARIE-ÈVE CHARRON assistant editor: EDUARDO RALICKAS rédacteur correspondant_contributing editor: STEPHEN WRIGHT graphisme_design: DOMINIQUE MOUSSEAU collaborateurs_contributors : ALEX COLES, WOUTER D AVI DTS, KOEN DE WINTER, JIM DROBNICK, LOUIS JACOB, LISETTE LAGNADO, SARAH-JANE LEWIS, TODD MEYERS, MAGALI NACHTERGAEL, ANDRÉ-LOUIS PARÉ, PETRA RIGBY WATSON, STEPHEN WRIGHT traductionjranslation: TIMOTHY BARNARD, DENIS LESSARD, BERNARD SCHÜTZE, STEPHEN WRIGHT | révision de la maquette_copy editing: TIMOTHY BARNARD, MARIE-NICOLE CIMON promotion, pubiicité_promotion, advertising: MONICAGYÔRKÔS assistante à la direction_executive assistant: ISABELLE DUBÉ comptable_accountant: ANNIE DELISLE stagiaireJntern : FABIEN DE LACHEISSERIE PARACHUTE rédaction, administration\u201eeditorial and administrative offices PARACHUTE, 4060, boul.Saint-Laurent, bureau 501, Montréal (Québec) Canada H2W 1Y9 (514) 842-9805 F: (514) 842-9319 info@parachute.ca Prière de ne pas envoyer de communiqués par courriel_Please do not send press releases by e-mail.publicité_advertising: (514) 842-9805 abonnement_subscription tarifs des abonnements_subscription rates: un an__one year > Canada (taxes comprises Jax included): individujndividual > 57$ étudiant_student > 45$ institution >125$ org.sans but lucratifjion-profit organization > 66$ deux ans_two years > Canada (taxes comprisesjax included): individujndividual > 99$ étudiant_student >79$ International (frais d'envoi compris_shipping included): individujndividual > 54 \u20ac > 56$ US (aux États-Unis seulementJn USA only) > 68 $US (à l\u2019extérieur de l\u2019Amérique du Nord_Outside North America) Institution > 96 \u20ac > 125$US NouveauJNew > abonnement en ligne_online subscription > www.parachute.ca Canada, international: Express Mag 8155, rue Larrey, Anjou (Québec) H1J 2L5 (514) 355-3333 Sans fraisJToll free: 1-800-363-1310 F: (514) 355-3332 www.expressmag.com expsmag@expressmag.com USA: Express Mag P.O.Box 2769, Plattsburgh, NY USA.12901-0239 Toll free: 1-800-363-1310 F: (514) 355-3332 www.expressmag.com expsmag@expressmag.com diffusionjiistribution ANGLETERRE ET IRLANDEJENGLAND AND IRELAND: Central Books, 99 Wallis Road (London) E9 5LN +44 (0) 845 458 9925 F: +44 (0) 845 458 9912 magazines@centralbooks.com www.centralbooks.com AUSTRALIEJMJSTRALIA: Selectair Distribution Services, P.O.BOX 1466, Double Bay NSW 1360 T/F: + 61 2 93718866 derek@selectair.com.au www.selectair.com.au Pour connaître le point le plus proche composez leJTo find the nearest 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articles publiés n'engagent que la responsabilité de leurs auteur(e)s._ Manuscripts are not returned.Authors will be informed of the editor's decision concerning publication within four months of receipt of text.The content of the published articles is the sole responsibility of the author.Tous droits de reproduction et de traduction réservés.J\\ll rights of reproduction and translation reserved.© PARACHUTE, revue d\u2019art contemporain inc.PARACHUTE est indexé dansjs indexed in: Art Bibliography Modern, BHA, Canadian Index, Information Access Company (full textjexte intégral), Repère.PARACHUTE est membre de_is a member of: Société de développement des périodiques culturels québécois, The Canadian Magazine Publishers\u2019 Association, La Conférence canadienne des arts.Dépôts légaux J_egal Deposits: Bibliothèque nationale du Québec, Bibliothèque nationale du Canada.ISSN 0318-7020.PARACHUTE est une revue trimestrielle publiée en janvier, avril, juin et octobre.JARACHUTE is a quarterly published in January, April, June, and October.Société canadienne des postes, Envoi de publications canadiennes - Envoi de Poste-publications-PAP-Enregistrement no 08995.PARACHUTE reconnaît l\u2019aide financière du gouvernement du Canada, par l\u2019entremise du Programme d\u2019aide aux publications (PAP), pour ses dépenses d\u2019envoi postal.lmpression_Printer: Litho Acme.Imprimé au Canada_Printed in Canada.2e trimestre 2005_2nd trimester 2005.PARACHUTE remercie de leur appui financierjhanks for their financial support: le Conseil des Arts du Canada Jhe Canada Council for the Arts, le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des Arts de Montréal, la Ville de Montréal, le Fonds de stabilisation et de consolidation des arts et de la culture du Québec et le ministère de la Culture et des Communications du Québec.Conseil des Arts du Canada Canada Council for the Arts Conseil des arts et des lettres Québec E3DI ta ta CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL de stabilisation et de consolidation des arts et de la culture du Québec PARACHUTE revue d\u2019ari coNiemporaiN_coNiemporary an maeaziNe ggr l PARACHUTÉ \u2018 PARACH »T£j 'PARACr PARACHUTE SPARACHUlt [PARACHUTEi 'PARACHUTE : PARACHUTE! Trimestrielle.-Des artistes et des auteurs de la scèNe iNterNatioNale.Un laboratoire de peNsée.En français et on aNgiais, _A laboratory for ideas.In FreNch aNd ENçlish.A quarterly.iNterNatiONal roster of artists aNd writers.L'idée de commuNauté_The idea of CommuNity 01-02-03.MouvaNces de i\u2019imaeejmase Shifts.Mexico.AutofictioNS.EcoNomies.É!ecirosoNS_ElectrosouNds.Beyrouth_Beirut.ANONymat_ANONymity.ÉcoNomies b!S_EcoNomies-biz.Démocratie_Democracy.Corps Automates_Automata, ÉcraNs NuménquesJDieital ScreeNS.RésistaNce_ResistaNce.Sâo Paulo..«Desiew».Extra humaiN_Extra HumaN.FroNtières_Borders.ABONNEMENT_SUBSCRIPTIONS Canada (taxes comprisesjax included): un an_one year > INDIVIDUJNDIVIDUAL > 57$ ÉTUDIANT_STUDENT > 45$ INSTITUTION > 125$ ORG.SANS BUT LUCRATIF_NON-PROFIT ORGANIZATION >66$ deux ansjwo years > INDIVIDUJNDIVIDUAL > 99$ ÉTUDIANT.STUDENT > 79$ International (frais d'envoi compris_shipping included): INDIVIDUJNDIVIDUAL > 54\u20ac > 56$US (Aux États-Unis seulementjn USA only) > 68 $US (À l\u2019extérieur de l\u2019Amérique du NordJDutside North America) INSTITUTION > 96\u20ac > 125$US international: Express Mag 8155, rue Larrey, Anjou (Québec) H1J 2L5 (514) 355-3333 Sans fraisjoll free: 1-800-363-1310 F: (514) 355-3332 USA: Express Mag P.O.Box 2769, Plattsburgh, NY USA.12901-0239 Sans fraisJToll free: 1-800-363-1310 F: (514) 355-3332 [www.pa racli u te.ca www.expressmag.com expsmag@expressmag.com e-storming.com est un service dédié à l\u2019envoi par Internet, d\u2019informations auprès d\u2019institutions, d\u2019organes de presse et d\u2019amateurs d\u2019art contemporain.À ce jour, plus de 40 000 personnes reçoivent nos informations.inscrivez-vous gratuitement ! www.e-storming.com / 18 - 20, rue de la perle / 75003 Paris / tel (33-1)01 42 25 15 58 / fax (33-1)01 42 25 10 72 / e-storming est un service de bookstorming 26 mars au 23 avril 2005 Doreen Wittenbols 19 mai au 18 juin 2005 Cardiff à Montréal 15 juillet au 27 août 2005 Montréal à Cardiff 372, rue Sainte-Catherine Ouest, espace 403\u2014Montréal\u2014(514) 874-9423\u2014b-312@galerieb-312.qc.ca\u2014 www.galerieb-312.qc.ca\u2014Ouvert\u2014mardi au samedi\u201412 h à 17 h La Galerie B-312 remercie ses membres et donateurs, le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des arts de Montréal, le Conseil des Arts du Canada et le Fonds de stabilisation et de consolidation des arts et de la culture du Québec.La Galerie B-312 est membre du Regroupement des centres d\u2019artistes autogérés du Québec. ™y ^ va\u20ac\t\t\tg\u2014\t\t- \t\t\t\t tangente dieter )elt du 9 mars au 22 mai 2005 Une nouvelle oeuvre majeure de l'artiste allemand Dieter Appelt, conçue à partir des vastes collections du CCA.Dans un tableau photographique magistral, Appelt transpose la logique de ce pont spectaculaire du XIXe siècle en un système de notation métrique faisant écho à l'aspect cinétique de l'ouvrage architectural.CCA 7 Centre Canadien d'Architecture 1920, rue Baile, Montréal, Québec 514 939 7026 www.cca.qc.ca Ouvert du mercredi au dimanche, 10 h à 17 h; le jeudi, 10 h à 21 h.Entrée libre le jeudi soir de 17 h 30 à 21 h.I RBC Groupe I Financier Forth Bridge \u2014 Ci nemo.Espace métrique (détail) 2004, 312 épreuves argentiques à la gélatine, 150 x 400 cm Collection du CCA © Dieter Appelt MARS AVRIL ANE LA AVRIL PARYSE MARTIN 12 JUIN 20 MAI ANTONIETTA GRASSI 191, rue Saint-Paul Québec, Qc Canada, G1K 3W2 418.692.7272 info@esthesio.com www.esthesio.com ithésio Société de développement des entreprises culturelles Québec MPi - © Serge Lemonde, Le Pilote, 1991, acrylique sur panneau, 112 x 137 cm.Collection de madame Véronique Riverin et monsieur Pierre Riverin Photo : Yvan Roy Serge Lemonde | 19.03.2005 - 01.05.2005_ Tout Lemonde\tVernissage 19 mars -15 h Commissaire : Charles Bourget\tConférence 30 mars -19 h Paul Lacroix I 21.05.2005 - 26.06.2005_ Expositions dessins/photographies\tVernissage 21 mai -15 h Commissaire : Laurier Lacroix\tConférence 1er juin -19 h Catherine Sylvain | 09.07.2005 - 14.08.2005_ Outils pour exister\tVernissage 9 juillet -15 h Conférence 20 juillet -19 h EXPRESSION Centre d'exposition de Saint-Hyacinthe 495, rue Saint-Simon, Saint-Hyacinthe (Québec) J2S 5C3 T 450 773.4209\twww.expression.qc.ca F 450 773.5270\texpression@expression.qc.ca ALAIN LAFRAM BOISE Visions domestiques III 17 mars - 23 avril 2005 ISABELLE LEDUC Œuvres récentes 28 avril - 28 mai 2005 .des Ateliers GRAFF B LAI N.BOULANGER.D U P UI S-BO U R R ET.JOOS.LESSARD.MOORE.MORRISSETTE.WHITTOME 2-30 juin 2005 GALERIE Graff 963 RUE Rachel Est Montréal (Qc) H2J 2J4 514.526.2616 MER-VEN 11-18h SAM 12-17H GRAFF@VÏDEOTRON.CA WWW.GRAFF.CA Avec !a participation de la SODEC Galerie de l'UQAM / Nouvelles parutions\t Glissements Art et écriture Artistes : Cwenaël Bélanger, Martin Dubé, Julie Favreau, Thierry Marceau, Nelly Maurel et Myriam Yates Auteurs : Julie Bélisle, Mélanie Boucher, Jonathan Deschênes, Maxime Lafleur, Anik Landry et Marie-Pierre Sirois Commissaires : Louise Déry et Audrey Génois\t Jocelyn Robert L'inclinaison du regard / The Inclination of the Gaze Auteurs : Louise Déry et Jocelyn Robert Lancement : le 2 avril 2005\t Avec l'appui du Conseil des Arts du Canada\t Disponible à la Galerie de l'UQAM, 1400 rue Berri, salle J-R120, Montréal.www.galerie.uqam.ca Distribution ABC Livres d'art Canada www.ABCartbookscanada.com\t¦ Galerie de l'UQAM www.galerie.uqam.ca Pascal Grandmaison 2 avril au 7 mai 2005 Printemps 2005 VOLET 1:14 mai au 18 juin 2005 VOLET II : 25 juin au 30 juillet 2005 Galerie René Blouin 372, rue Ste-Catherine Ouest, ch.501 Montréal.Québec, Canada H3B 1A2 (514) 393-9969 Télécopieur : 393-4571 avec l'appui de la Société de développement des entreprises culturelles du Québec \tCouleurs du 9 avril au 7 mai 2005 \u2022 \u2022 \u2022\tMarisa Portolese du 1 k mai au 11 juin 2005 \tLa Galerie Trois Points est ouverte du mercredi au vendredi de 12 h à 18 h et le samedi de 12 h à 17 h Société de développement des entreprises culturelles\t__ *\\\tE3 El Quebec o « Galerie Trois Points\t372, rue Ste-Catherine Ouest, espace 520, Montréal (Québec) Canada H3B 1A2 Téléphone: 514.866.8008 Télécopieur: 514.866.1288 j.aumont@galerietroispoints.qc.ca Site Internet: www.galerietroispoints.qc.ca 16 avril -11 septembre 2005 AIRES DE MIGRATIONS\tYvon bisson Raymonde APRIL / Michèle WAQUANT\tLES CORDES À TRAVERS LE TEMPS 03 =3 =3\t0) * ' 1 '«a\t> O æ -g g)-o > « O C CD O ^ 03 ^ O w 03 ^ LE CENTRE D\u2019EXPOSITION DE BAIE-SAINT-PAUL 23 RUE AMBROISE-FAFARD, BAIE-SAINT-PAUL (QUÉBEC) G3Z 2J2 1(418)435-3681 F.(418) 435-6269 www.centredart-bsp.qc.ca cartbstp@bellnet.ca Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 17h LE CENTRE D\u2019EXPOSITION EST SUBVENTIONNÉ PAR LE MINISTÈRE DE LA CULTURE ET DES COMMUNICATIONS DU QUÉBEC lUÜ \\m *.gpg|SP| ; Ü æ i-wm uta \u2022 \u2022.\u2022 FOICIS ?CUrïlEnTRIRE www.voxphoto.com > BRSE CUE ?nnEE5 > PHDTDERRFHXE QUEBECDIEE > RECHERCHE ISO HRTI5TE5 / \u201c!?IIT1REE5 / BIDGRRPHIE5 ?RRTX5TE5 / TEXTES / PRRCEUR5 VIRTUELS I PROJET LUEB Lancement officiel et mise en ligne le 28 avril à 19 h Par la même occasion, venez fêter les 20 ans de VOX.\\i^\\W image contemporaine w /% contemporary image 1211 boulevard Saint-Laurent Montréal, (QC) H2X 2S6 Infos : (514) 390-0382 vox@voxphoto.com 1.® Gabor Szilasi, Classy Montréal, tirée de la série LUX - Enseignes lumineuses, 1982, épreuve à développement chromogène.2.® Jean-François Prost, Convivialités électives, 2000, épreuve Lambda, 32 x 48 cm.3.® Jana Sterbak, Atlas, 2002, épreuve à développement chromogène, 38 x 25 cm.1*1 Patrimoine Canadian canadien Heritage Canada \to\tSelfish March 3 - April 22, 2005\t \t\tCurator: Carolyn Bell Farrell\t \tCD CD c5 u fü L_ CD Q\tCD\tElizabeth Cohen \t\tcr> CD CO\tEmile Devereaux The Koffler Gallery\tro CD\t\tScott McCarney Koffler Centre of the Arts\t\tCO CD\tCheryl Sourkes 4588 Bathurst Street\t\t\tMay 12 - June 26, 2005 Toronto Ontario\t\t\u2022\tCurator: Cyril Reade Canada M2R 1W6 kofflergallery@bjcc.ca www.bjcc.ca\t\th- X\t MERCER UNION 04.28.05 ¦ 06.04.05 front gallery Ann Course back gallery Tania Kitchell 06.16.05 ¦ 07.23.05 front and back galleries 37 Lisgar Street Toronto Ontario Canada M6J 3T3 www.mercerunion.org 4 1 6.5 36.1 5 1 9 Mercer Union acknowledges the support of the Canada Council for the Arts, The Ontario Arts Council and the Toronto Arts Council 26 March - 23 May 2005 DEDICATED TO YOU, BUT YOU WEREN\u2019T LISTENING DAVE ALLEN JENNIFER ALLORA + GUILLERMO CALZADILLA ANDREW DADSON JEREMY DELLER G.L.N.(MAURA DOYLE + TONY ROMANO) DAN GRAHAM JONATHAN MONK DEREK SULLIVAN ZIN TAYLOR TERCERUNQUINTO 7 April - 23 April 2005 KELLY MARK GLOW HOUSE #3 OFF-SITE PROJECT PRESENTED IN CONJUNCTION WITH YYZ ARTISTS\u2019 OUTLET AND THE IMAGES FESTIVAL The Power Plant Contemporary Art Gallery ® Harbourfront centre Toronto, Canada www.thepowerplant.org torontdartsdouncil 8» panada Council Conseil des Arts Ontario arts council tOrontdartSCOUncil PARACHUTE, 4060, boul.Saint-Laurent, bureau 501, Montréal (Québec) H2W 1Y9 T: (514) 842-9805 - F: (514) 842-9319 - edition@parachute.ca - www.parachute.ca LES BELLES LETTRES (FRANCE/SUISSE) > rue du Général Leclerc 25, F-94270 Le Kremlin-Bicetre T: + 33 1 45 15 19 70/90 - F: + 33 1 45 15 19 80/99 - courrier@lesbelleslettres.com EXHIBITIONS INTERNATIONAL [Art books & catalogues] (EUROPE) > Kol.Begaultlaan 17, B-3012 Leuven T: + 32 16 29 69 00 - F: + 32 16 29 61 29 - orders@exhibitionsinternational.be IDEA BOOKS (RESTE DU MONDE) > Nieuwe Herengracht 11, NL-1011 RK Amsterdam T: + 31 20 622 61 54 - F: + 31 20 620 92 99 - Idea@xs4all.nl ÉDITEURS: LA LETTRE VOLÉE > 20 Bd Barthélemy, B-1000 Bruxelles T/F: + 32 2 512 02 88 - lettre.volee@skynet.be - www.lettrevolee.com PARACHUTE > 4060, boul.Saint-Laurent, bureau 501, Montréal (Québec) H2W 1Y9 T: (514) 842-9805 - F: (514) 842-9319 - edition@parachute.ca - www.parachute.ca PARACHUTE HUMAIN HUMAN - Al Des xexies sur_Texis on FRANCE CADET, AGNES HEGEDÜS, JULIA MELTZER, KENNETH RINALDO, ROBERT SAUCIER + KIT, DAVID THORNE Par_by ROBERTA BUIANI, JEAN-PIERRE COMETTI, CAROL GIGLIOTTI, MARIE-CHRISTIANE MATHIEU, JOHN MENICK, PHILIPPE PASQUIER, MARTINA RUSSO, DAVID TOMAS.EN VENTE_0N SALE > JUIN 2005JUNE 2005 www.pa rach u tc.ca SÈÊmÉÊËSmëM .¦\t\t, m Ai\t\tiiâ \u2018ik."]
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