La Croix., 6 janvier 1906, samedi 6 janvier 1906
[" LA * CROIX\u201d HEBDOMADAIRE\" Purait le Sumedi JOSEPH BEGIN Dirocteur-Propriétaire aABONNEMENTS (Paynbles d'avance) OANADA LET ÉTATS-UNIS 1an, $2; G mois.$1 EN VILLE (Par In Poste) 1an, $2: 0 mois, $1 ETRANGER (Union postale) 1an, 2,25; G mois, 1.25 ee = pen a, Le Samedi, 6 Janvier 1906\u2014 Vol.111, No 44 Bolte de Voste 2175 Journal Catholique et Indépendant publié à Montzéal RELIGION, QUESTIONS SOCIALES, SCIENCES, ARTS, LITERATURE, ECONOMIE POLITIQUE, AGRICULTURE, ETC.Afin de faciliter ln propagande de In Croix nous avons établi des conditions spéciales en faveur de nouveaux abonnés seulement : ABONNEMENTS DE PROPAGANDE 3 abonnements de lan $4 RUE SAINT-JACQUES, MONTREAL.= \u201c \u201c 6 D 10 .se 10 Téléphone : Bell 2281 Est PENSE DU JOUR Un journal catholique daus une paroisse c'est une mission perpétuelle, LÉON XIIF.\u2014 Aux Etudiants L'un des grands hommes d'Etat de lu petite Belgique, M.Churles Woeste, ministre d'Etat, président de lu fédération des Associations Cutholiques de son pays, chef de lu droite purlementaire, \u2014 de Windhorst des catholiques belges, \u2014 agé aujourd'hui de plus de G5 ans, Vient d'adressev à lu jeunesse universitaire une Lettre publique Vrainient adiusiruble.Comme Montréal est le siège de deux universités, je charge lu ** Croix \u2018 de lu publier en ka signalant Lout purliculiè- remeut aux étudinils catholiques de la première cité du Canada.Cette lettre mérite à Coup sûr, par si force 1uminieuse, par su logique irréfuti- ble, pur se profonde sagesse CL su perspicace opportunité d'attirer toute leur attention.Je la signale aussi & ja Vésité et à la jeunesse universitirire de Québue.Que nos jeunes gens chrétiens lu lisent, la reliseut, li méditent, et surtout la pratiquent ! En présence de la situation actuelle ot des éventuulités futures, grosses de 1menaces, les étudiants cutholiques dignes de ce nom trouveront dans cette lettre des inspirations dont leur jeunesse, leur dévouement patriotique ct chrétien ont grand besoin, en Canada comme en- Belgique.La philosophie de ce murmifique doru- ment, faite de bon sens sublimé et d'ex- Périente consommée, frappera leurs esprits ouverts aux grandes pensées, aux nobles élans.Ils y apprendront à devenir des hommes dans toute lu belle force du mot, des hommes de raison et de foi, des hommes de principes, des hommes d'œuvre, des hommes d'action généreuse, des hommes de\u2019 caractère, des hoim- mes de bon combat, ** Esto vie! En vérité, le Canada de demuin aura grand besoin.plus encore qu'uujour- d'hui peut-être, d'hommes de cette trempe pour affronter les épreuves ct les luttes qui se préparent ; luttes dont la nationalité cunadienne-française, In Heligion de nos Pères, nos moewrs, nos li- berlés les plus chères seront l'enjeu suprême.\u20140\u2014 Qu'ils veuillent donc tant les exhortations que se permet à leur Ggurd un ancien étudiant universitaire, un ancien combattant des lutles Patriotiques «4 cutholiques, un vieux journaliste Qui a conservé duns son Cœur une ardente sympathie jeunesse : ** quorum pars fuit\u201d Comme à dit te Dante : Écouter un ins- pour Ia 0 jeunesse, printemps de la vie ! O printemps.jeunesse de l'année ! C\u2019est nu printemps de lu vie que ger- Me la semence des grandes récoltes.C'est ln jeunesse qui forme l'espoir de bu Religion et de ln l'atrie.C'est d'elle que dépend l'avenir.C\u2019est elle qui est appe- 16e à faire par sa force d'expansion, par Ses associntions, par son travail et su Vaillance, par l'organisation et lu disci- Pline dans l\u2019action, ln patrie libre, fière, Brande et prospère.La jeunesse qo soif de vérités intégrales, de principes arrétés, de points de Vü6 élevés pour affronter ed résoudre les Problèmes du lu moderne, pour uux Lentations, vie échapper aux dangers, AUX erreurs, aux mensonges de l'époque Présente, pour échapper surtout à ln Maladie terrible du sommeil, c'est-à-dire do l\u2019indifférence, du.\u2018\u201c Je m\u2019enfoutis- me\u201d | Ces Vérités, ces Principes, ces conseils, CS indications si précises et si précieu- Ses, la founesse universitaire les trouve- Ta dans cette lettre présentée en un lo qui s'impose par In clarté, son Ampleur et sn Pénétration vraiment psychologique, L.HACAULT.Cela dit, voici 10 texte de cot 6lo- et document, tol que vient do le pu- l\u2019Universitairo Catholique \u2018\u2019, do Belgique, (reproduit pur le \u201cCourrier de Bruxelles ** du 2 décembre 1905 ) : \u2014o\u2014 LETTRE LS M.WORST À LA JEUNESSE CATTIOLIQUE \u2018\u201c Bruxelles, 20 novembre 1905.Messieurs les Etudiants, Si Votis avez suivi le mouvement intel- lecluel qui se déroule sous nos yeux depuis quelques années et spécialement de- PUIS Un an, Vous aurez été frappés de deux choses sur lesquelles il est bon que Vous fixiez de plus en plus votre aullen- tion, afin de vous rendre compte de la halure des efforts que votre conscience doit vous porter à déployer.LES NEGATIONS RAIHCALES La première de ces choses.c'est le cit- ractere excessit des solutions auxquelles les ennemis de l'Eglise aboutissent dans l\u2019ordre religieux et philosophique.Ils ne resteutv plus à mi- oe lM ii $n \u2018 o LA OROIX n\u2019a aucunement en l'intontion de prouver la supériorité de l'instruction donnée dans la province de Québec à celle donnée dans Ontario ou lcs autres pro- Vinces sœurs, par le fait que cette instruction coûte plus cher chez nous que chez nos voisins.Non,il sait comme nous, et il reconnaft comme nous, bien qu\u2019il ne se soit pus explicitement exprimé sur ce sujet, qu\u2019on ne peut tirer de là une preuve péremptoire de la supériorité de notre instru Lion.Mais il n voulu, par cette brochure réduire à néant un article de 1\u201c Ottawa Journal \"*, Malheureusement reproduit par certains journaux montréalais, dans lequel, l'auteur, dont il est superflu d'apprécier ici les intentions inalicieuses, après avoir comparé les dépenses - pour fins scolaires faites dans Québec, en se basant sur les chiffres du rapport du Surintendant de l\u2019Tnstruction, qui sont INCOMPLETS, comme nous le verrons Plus loin, après avoir comparé, disons- nous, ces chiffres INCOMPLETS avec ceux du rapport du département de l'Instruction d'Ontario qui sont apparemment plus élevés, s'était écrié : \u2018 Honte à la province de Québec ! * Cette accusation toute gratuite lancée aux quatre vents du Dominion par les ennemis de notre race el de notre reli- sion, devait être réfutée.Il fallait en montrer la fausseté et revendiquer notre honneur.M.Magnan l\u2019a fait, duns sa brochure, en prenant ln même méthode d\u2019argumentation que son adversaire, afin de le combattre sur le terrain qu'il avait lui- même choisi.Sa brochure eut alors un succès complet.Il avait frit nete de patriote.Il reçut des éloges bien mérités.Car,soit dit en pussunt, ils sont rares les Canudiens francais qui, tomme M.Magnan se dépensent avec autant de dévouement pour la Religion et In Patrie.Le Directeur de \u2018 l'Enseignement Primaire \"\u2019 releva done le gant lancé par I\u2019 Ottawa Journal\u2019.Et, à l\u2019auteur de l\u2019article en question criant triampha- lement : \u2018\u201c Honte à la province de Québec,\u201d il rétorqua : \u2018 Honneur à la Province de Québec ! en lui démontrant la fausseté de son argumentation.L'écrivain de I'** Ottawa Journal \u201d\u2019 n'avait pas tenu compte, dans sa preuve, des dépenses scolaires très considérables faites par un grand nombre de maisons d'éducation \u2018\u2018 libres \u2019\u201d de Québec, dont l'état n\u2019avait pas été fourni au Surintendant de l'Instruction publique, et qui n\u2019étaient, par conséquent pas incluses dans le rapport annuel du Surintendant.Voici, d\u2019ailleurs, pour l\u2019intelligence de cet article, les chiffres de M.Magnan mis en regard de ceux de I\u2019 ¢* Ottawa Journal \u2018\u2019 et par conséquent de ceux de M.Asselin qui soutient In même thèse.Ainsi, tous verront de leurs yeux ct pourront juger par eux-mêmes qui, de M.Magnan ou de M.Asselin, dans ce débat, a le plus le souci de lu vérité, et de l\u2019honneur de la Province.M.Magnan, afin d'arriver à un résultat plus exact, tiru ses données des rapports de l'Instructioir publique dans los diverses provinces pour l\u2019anriée 1898, publiés en 1900-1901, Quelques mois avant le recensement de 1901.En 1898, des 818 couvents et des 152 écoles de Frères qui existuiont dans la Province de Québec, 202 couvents et 80 écôles seulement ont donné au Surintendint de Instruction un état de leurs déboursés scolaires.Le rapport du Surintendant, des dé- .penses faites par la province de Québec Pour des fins d'éducation ot d\u2019instruction primaires, est donc nécessairement incomplet.Cependant voici les chiffres de ce rapport.11 nous suffira, plus 16jn,d'y ajouter ceux des dépenses faites par les 116 couvents el les 72 écoles qui n'Ont pas donné un état de leurs débourses scoluires au Surintendant, pour ob- nir le grand total des dépenses faites dans la province de Québec pour l\u2019instruction.POUR FINS D'INSTRUCTION ET D'EDUCATION D'APRES LE RAPPORT DU SURINTENDANT POUR 1898.Payé par les contribuables, (taxes et contributions ) S1,517,565.00 Dépensé par les Etablissement d'Education primaire supérieure subventionnés : dépenses couvertes par des recettes provenant de sources ** paroissiales *, , , 346,698.Subside du Gouvernement ° 8.00 aux Etablissements d\u2019Education primaire supé- rieuro ci-dessus indiqués.64,277.0 - Subside du Gouvernement * 0 » &UX Ecoles publiques.160,000.Subsido du Gouvernement 00 aux municipalités pars VOS.oi Les wer vis ee ann, 10,000.00 vAux Ecoles normales.\u2026 48,000.00 \u2018Eg0les du soir.12,000.00 Fonds de pensions des Ins- / tituteurs.9,000.00 :: Jdnspectours d\u20196coles .86,000:0¢ .Conseil do l\u2019Instruction pu- 0 & blique, livres de récom- P@NSCS, ote.oo ee seen 10,250.00 Subvention spéciale du Gouvernement pour fins d\u2019Education primaire .\u201c 53,000.00 Total des sommes dépensées pour Education primaire et inscrites dans le Rapport officiel \u2026 \u2026 \u2026 \u2026.S2,461,785.00 Ajoutons à ce total les montants approximatifs des dépenses scolaires faites pur les 116 couvents el les T2 écoles \u2018\u201c libres qui n'en ont pas danné un état au gouvernement.Ces couvents et ces écoles étant la plupart les plus considérables de la province.M.Magnan croit être en dessous de la réalité en évaluant les dépenses annuelles des couvents à $15,000 chucun, et celles des écoles à $10,000 chacune, soit.\u2026 .\u2026 \u2026.\u2026.\u2026 \u2026\u2026.3,160,000.00 Grand total des dépenses faites par ln province pour fins d'instruction et d\u2019éducation primuires .S4,921,785.00 \u2018\u201c Cette somme, ajoute M.Magnan, ne représente que les sacrifices faits pour l'Education primui- re.Sachant que la population du Bas- Canada, en 1901.nous découvrons maire = coûte tête.\u201d \u2018* Pour memes fins d'Education primaire.la province d\u2019Ontario a dépensé, en 1898, la = somme de $4,043,283, soit S1.87 *\u2018 pur tête **.\u2018* Dans le domaine de l\u2019Education condaire.ln province porte sur Ontario.La première dépense, à cette fin, 38 centins \u2018 par tête \u201d de sa population, ot lu seconde 82 cen- tins.\u2019 M.Magnan, dans un article que nous venons de lire dans la ** Verité *\u2019, après avoir quelque peu vérifié les chiffres de su brochure et les avoir corrigés au besoin, conclut, d\u2019une manière irréfutable, que Québec à encore le pas sur la province d'Ontario avec S2.76 \u2018 per cu- pita.\u201d était de 1,620,974, que l\u2019Education pri- thez nous, $3.03 \u201c par les se- de Québec l\u2019em- \u20140\u2014 M.Asselin répond que les chifires officiels du rapport du Surintendant, cités par M.Magnan, ne sont pus exucts, et, pour le prouver, il = énumèrs lui-même, au hasard, n\u2019ayant aucuus documents probatifs sous les yeux, les dépenses ** suppastes \"\u201d avoir été faites par un certain collège et un certuin couvent, en 1898.Et, uprés avoir additionné ses chiffres fantaisistes, inexacts, incomplets, trouvant naturellement que la somme en est moins élevée, que celle fournie au Surintendant par ce même collège et ce même couvent, il s\u2019écrie naïvement ou plutôt malhonnètement : le rapport du Surintendant donne des chiffres trop élevés, donc In thèse de M.Magnan, tombe d'elle-même.Avec cette méthode de procéder dans lu discussion, nous pourrions arriver à un résultat tout opposé à celui du Directeur du \u2018\u2018 Nationaliste \u2019\u2019, si nous voulions nqus en donner la peine.Il nous suffirait pour cela, de tenir compte des dépenses qui n\u2019ont pas'été faites par ce collège ou ce couvent, comme, au contraire, M.Asselin ne tient pas compte des dépenses qui ont été faites.Nous demandons à nos lecteurs si les rapports fournis, en 1898, par le Directeur du dit Collège ou la Supérieure du dit couvent, ne doivent pas être plus exacts que les chiffres fantaisistes de M.Asselin.EL puis, qui nous prouve que les chiffres du rapport du département de 1'Instruction publique d\u2019Ontario sont exacts?Rien ne nous garantit qu\u2019il n\u2019y a pas quelqu'erreur à l'avantage d\u2019Ontario et par conséquent au détriment de Québec?Mais M.Asselin n\u2019est pris de scrupule que pour ceux du Surintendant de Québec.Il accepte les autres les yeux fermes.: M.Magnan a bast sa, thèse sur des chiffres officiels dûment fournis au Surintendant de l\u2019Instruction publique, et, pour les écoles ct les couvents \u2018\u2018 libres sur des données Appronimativement ex- acles.M.Asselin, malgré les colonnes et les colonnes qu\u2019il a écrites sur ce sujet, n\u2019a pu attaquer \u2018\u2018 substantiellement ** ni les uns ni les autres.11 ne veut pas ou presque pas tenir compte des dépenses faites par les couvents et les écoles \u201clibres \u201d, qui ne sont pas mentiannées dans lo rapport du Surintendant.Sa mauvaise foi, dans cette discussion devient ici Gvidente.Nous devons donc jusqu'à preuve du contraire continuer à crier : Honneur à In province de Québec ! Honneur aux congrégations enscignan- tes ! Honneur au clergé! qui ont 6t6 les deux principaux .Promoteurs ct facteurs de l'instruction dans notre province.Josep Béarn.6 Janvier 1984 .Canadiens francais ou Laurentiens Suinte-Anne-des-Plaines, 1 jun.1906.A Monsieur Joseph Bégin, J'espére que Je projet émis par certains journaux il y a quelques semaines, de changer notre nom de Canadiens français en celui de Latrentions, Vir lester à l'état de projet et qu\u2019il n\u2019en sera plus question.C\u2019est CANADIEN FRANÇAIS qu\u2019il nous faut: la seule chose qui nous convienne, lo parce que nous sommes les Canadiens par excellence, étant les descendants en ligne directe et ininterrompue des PREMIERS JITABI- TANTS CIVILISES DU PAYS ; nous avons précédé d'un siècle et demi et plus lu venue des autres habitants civi- lists au Canada, sans compter que nous uvons ÉLÉ aussi premiers et longtemps seuls \u2018\u201c à ouvrir et à explorer le pays, à lutter contre les obstacles q''opposnient la nature, les sauvages et les Dostonnais, les ancêtres de \u2018\u201c nom,\u201d des Canadiens anglais d'aujourd'hui ; 20 À Canadiens nous ajoutons FIRAN- ÇAIS, afin de nous mieux distinguer encore des Canudiens d'une autre origine, qui sont arrivés au Canada plutôt pour jouir que pour peiner ; plutôt pour profiter du fruit de nos travaux, des avantages que nous leur avons préparés ; plutôt pour entraver l'établissement et In marche de la civilisation CHRE- TIENNE que nos ancêtres avaient implantée dans le pays, en attendant l'occasion de tout nous enlever, jusqu'à l'exercice du droit naturel d'élever nos enfants comme nous l\u2019entendons, et de conserver la liberté ln plus élémentaire.Français aussi, non seulement pour marquer notre première origine, mais encore pour rappeler qu\u2019héritiers du rôle de la vieille France chrétienne.joué en Europe, nous avons une mission analogue à remplir en Amérique, au risque de cesser d'être nous-mêmes, de n'être plus que des Canadiens dégénérés.Il est de la plus haute importance pour nous de garder notre beau nom de les CANADIENS FRANÇAIS ; c'est un nom plein de choses que nous ne de- vont pas oublier ; plein d'idées grandes et lumineuses propres à nous encourager et à nous montrer le chemin à suivre à l'avenir, si, comme race, nous ne voulons pas un jour être amoindris puis noyés et engloutis duns LE GRAND TOUT SAXON qui se préoccupe plus du commerce que de la civilisation, plus de la terre on l'on passe que du ciel où l\u2019on entre pour demeurer toujours.Je vous en prie, M.le rédacteur, ne manquez pas d'écrire sur ce thème si le projet de changer notre nou: comme on change celui d\u2019une rue revient sur le tu- pis.Votre très humble serviteur, L'abbé G.DUGAS, Ptre.À.de la R\u2014Tl est bien venu à notre connaissance que ce projet avait été pro posé à l\u2019adoption de nos compatriotes, Mais ne croyant pas que ceux-ci le pren- draieutau sérieux, nous avons pensé qu\u2019il était inutile de nous en occuper.En tout cas, cette lettre ouverte de Ml'abbé Dugas exprime bien nes sentiments et notre manière de voir eur ce sujet.LES NOTRES AUX ETATS-UNIS Par M.J.A.Chicoyne {D'un journal de Saint-Hyacinthe) Si nous avons pu déplorer sincèrement les causes qui ont amené tant de Canudiens à quitter le sol natal pour aller s'implanter chez l'oncle Sam, il nous faut reconnaitre que cet exode a cu des résultuts imprévus.Plus on observe at tentivement les faits el gestes des nôtres établis dans la grande république, ct notamment au sein de la Nouvelle- Angleterre, plus on devient porté à croire qu\u2019ils ont Gté portés dans leur pays d'adoption pour y accomplir des fins providentielles.Rien de plus étonnant à constater en effet, que les progrès réalisés, dans l\u2019ordre religieux aussi bien que dans l\u2019ordre social, par ces enfants de la patrie cn- nadienne.Rien de plus digne d'admiration que le zèle déployé par eux pour étendre le règne de la foi catholique ct le soin vigilant dont ils font preuve pour conserver leur nationalité.A l'exemple des fondatours de la Nou- velle-France, Hs s'efforcont partout de se grouper à l'ombre du clocher paroissial: c\u2019est là Qu'est leur point de ralliement et In forteresse servant d\u2019abri a leurs traditions les Plus chères.La liste des paroisses essentiellement canadiennes, qui est déjà très considérable, so développe sans cesse on dépit de mille difficultés, Je principal obstacle étant la rareté de prêtres parlant notre langue.On peut dire, cependant, que nos frères de Ju Nouvelle-Angleterre finissent, malgré tout, par avoir au milieu d'eux le véritable royau d'un clergé national.Pour ce précieux avantage ils sont principalement redevables aux différents tliocëses de ln province de Québec et à la sollicitude puternelle de nos vénérables évêques qui, avec un personnel ve- cllsiastique parfois insuffisant, ont encore trouvé moyen de se priver d'un grand nombre de sujets qui se sentaient la belle vocation d'aller partager le sort de leurs compatriotes sur lu terre étrangère.Pour conquérir la forte position qu'ils occupent de nos jours, les catholiques de langue française ont ou à subir toutes sortes de conlrariétés.Ms ont dû comp- Ler naturellement avec l'indifférence, sinon l'hostilité des ennemis de nos croyances ; mais il faut l'avouer bien péniblement, leurs épreuves furent, dans bien des cus, suscitées par nos co-religionnai- res de langue anglaise.Des rapports plus fraterneis tendent à s'établir, Dieu merci, entre notre élément el les catholiques irlandais, I2spé- rons qu\u2019une ère nouvelle ne tardera pus à se nuimnifester et qu'elle fera oublier les misères du pnssé.Cependant, il règne encore quelques signes de malaise à l'horizon et lu presse s\u2019est faite l'écho des griefs que nos frères du Maine préteudent avoir droit de formuler contre l'évèque de l\u2019ortlund.11 s'agsit encore de lu question de Ja langue française et de savoir si elle doit être ostracisée où muintenue dans ses privilèges, conune elle l\u2019est en d'autres par- Lies du territoire aunéricain.Tout lrisse prévoir, heureusement, que ce conflit n\u2019aura aucune suite ficheuse el si on doit féficiter les journaux fran- co-américains pour l'énergie avec laquelle ils soutiennent une cause appu- remment juste, il faut en même temps louer In modération, lu respectueuse réserve qu'ils montrent dans leurs écrits en face d'une situation nussi délicate.C\u2019est une conduite qui mérite les plus grands éloges.! Un journaliste franchement catholique doit user de beaucoup de ménagement quand il est confronté avec de pareilles misères.Tout en cherchant à faire triompher ce qu'il croit être le droit et In vérité, il doit faire tout en son pouvoir pour atténuer le feu de ln discorde.Les Canadiens du Maine avisent, pa- ralt-il, aux moyens de porter leurs pluintes auprès du Souverain Pontife.C\u2019est le seul tribunai auquel il leur convient de s'adresser avec confiance et soumission.D'ailleurs, on sait.que le Saint-Siège it déjà manifesté le désir que les divers groupes ethniques des Etats-Unis soient desservis par des prêtres parlant leurs langues respectives.Et en autant que les Canadiens sont spécialement concernés, leur situation duns les Etats voisins est bien connue à Rome.Leur cuuse fut plus d'une fois soumise à lu Propagande par des mains autorisées.11 n'y u pus longtemps, je relisais le mémoire présenté, il y a quelques années, à Son Eminence le cardinal Ledochowski par l\u2019une des gloires de l'épiscopat canadien, feu Mgr Antoine Racine, d'heureuse et sainte mémoire.Cu document daté à Rome, le 29 janvier 1892, cst un magistral exposé des prétentions légitimes de nos compatriotes émigrés ct un résumé complet de tous les arguments à l'appui.C'est une pièce qui sera consultée facilement, ot qui sera d\u2019actunlité aussi longtemps que ce problème de lu langue française et de son usage en rapport avec le culte, n'aura pas été finalement résolu.Je n'ai jamais pu comprendre les causes du mauvais vouloir dont nous sommes l'objet, dans notre pays aussi bien qu'nux Ttats-Unis, de la part de l'élément hibernien.Comment cette aberration, plus ou moins générale, de In mentalité irlandaise a-t-elle originé ?Comment se fuit-il qu'elle soit presque partout une cause d\u2019ennuis pour les Cunadiens ?Voilà des questions qu'on se pose tous les jours et auxquelles on ne trouve guère de réponse.C'est une vôri- table anomalie qui n'est ni explicable, ni justifiable.Mais c\u2019est précisément parce que cette hostilité ne repose sur uwucun fondement rationel, qu\u2019il est por- inis d'espérer la voir disparaître avant longtemps.Qui sait si cette houreuse éventualité n\u2019est pas à ln veille de se produire ?L'Irlandais est d'une nature générou- se, d\u2019un caractère chevaleresque, Quand il moleste plus faible que Jui et s\u2019il se transforme en persécuteur, il sort de son rôle, il fait mentir le sang qui coule dans ses veines.Tout dans son histoiro = I avee leg leur liberté @ lui enseigne à sympathise ples qui luttent pour pour leur autonomie.|| n'aurait oy regarder ce qui se pusse netueleme dans sa malheureuse mère-pririe pour apprendre à mieux respecter leg aspire tions des races qui l'entourent, æ L'Irlande nous offre le traordinaire d'une nation presque complètement, la langue de sc ancêtres et qui Lravaille à la r'ÉLablip dans toute su primitive splendeur, Cette œuvre de patriotique restauration est confiée à une puissante Organisation formée dupuis 1893 et qu'on 4ppelle la Ligue Gaélique.Elle possède des rag; cations aux quatre coins du Monde l'artout où lu grande famille irlandaic est représentés, elle fait cnte quents appels et provoque de vorables, Le président de @ Ligue, 1e Dr spectacle ex.qui a Perdu, aise ndre d'éle.s échog fa- Douglass Hyde, est arrivé aux letats-Unis vers le milieu du mois dernier, pour - + les pring.paux centres de In vaste l'épublique, Après une visite à Washington, faite sur invitation spéciale du Roosevelt et chez lequel Mcontra ln plus cordinle dernier innugarn su Cimbigne op Pre nant la purole, le 26 novembre, dans I sulle Carnégie à New-York, devant un auditoire de trois mille personnes, D'uprès Fanulyse que iris) World\u201d donne de ce discours, donner des conférences dung président Hyde ren.hospsitnlité, ce on arrive à k conclusion que lu croisade menée par la Ligue Gaélique Peut manquer de produire une impression proïonde chez les fils de ln Verte Erin.Si les Canadiens avaieut besoin de te ons pour se fortifier duns !a ierme ré soluticn garder lu langue de leurs feux, ils n'auraient qu'à s aspire ne de t des chaleureuses allocutions du or Hyde.Tout en préchant le rétiblissement du vieux dialecte celtique, 11 crseigme à tous lu fidélité envers lu patrie et fait ressortir tout ce qu'il y de vil days l'apostasie nationale.11 fournit, indhrec- tement, le plus puissant ré quisituire contre les ussimilateurs, il dénonce kurs pratiques intolérantes el antilivérales, Pour qu'une race puisse avancer de front avec ses voisins, elle a besoin de s'instruire.Elle doit préparer des hommes d'élite pour remplir avec succès les diverses carrières de la société.C\u2019est ce que nos nationaux d'outre frontière ne mettent pas en oubli.Pendant que l'ins- truclion élémentaire est l'objet des plus louables sacrifices de leur part, ils ont encore l'heureuse idée de prousser leur jeunesse, autant que les circonstances le permettent, vers les études supérieures.Les mnisons d\u2019éducation de notre province reçoivent.chaque année, de forts contingents d'élèves de provenance fran- co-américaine.Ce sont les futurs diri- KEcants qui viennent recevoir ici une formation spéciale qu'ils ne sauraient trouver uilleurs aussi facilement.Ceei est particulièrement désirable pour les êtu- diants qui se destinent à l'état ecolé- siastique.Pour assurer à leur mission son cuchet national, il importe qu'ils s\u2019y préparent au sein de nos séminaires.L'arme de combat par excellence parait être apprécice chez les nôtres de la Nouvelle-Angleterre.La presse y est largement représentée et leurs journaux, si J'en juge par ceux qu'il m'est donné de consulter, sont bien fnits, rédigés avec talent et dans un excellent esprit.Si le regretté Ferdinand Gagnon pou vait reparaftre sur la scène, il trouve rait que la profession journalistique est loin d'avoir dégénéré et que son exemple ne munque pas d\u2019imitateurs.Nos compatriotes agissent sagement et servent leurs moilleurs intérêts avec intelligence, en encouragennt les feuilles qui paraissent au milieu d'eux.En recevant celles du Canada, ils oLéissent à un sentiment bien naturel ; mais ils ne doivent pus, pour celn, refuser le patronage qu\u2019ils doivent à leurs organes lo- Caux.Vû la position exceptionnelle dans laquelle ils sont plncés, ils ont absolument besoin du concours ct de Ju saine direction que seul peut leur donner un bon journal publié dans In sphère qu'ils habitent.Un journal du dehors est incapable de leur rendre les mémnes services.- Pour pouvoir nourrir et orienter re pinion, il faut faire un examen attentif et continu de tout cc qui se passe, i faut être placé pour observer non seule ment les événements qui s'accomplissent chaque jour, mnis surtout ceux at se préparent.Comme, le pilote, il faut pouvoir ressentir toutes les secoue qui agitent le naviro, il faut se ren te compte jusque des moindres couran qui peuvent influer sur su marche.i Nos compatriotes de là-bas doive remercier le ciel de posséder parmi it plusieurs publicistes qui font réellement honneur à notre race.Ils sont ceux d'entre eux qui font du journa ot me un vil métier.Leurs écrits montren au contraire, qu\u2019ils en font une = , occupation, voir même un nposto Avec de tels hommes pour guides, ne population doit se sentir dans la ote voie et envisager l'avenir sans crate.J.A.CHICOYNE.La Providence, 27 décembro 1905. - ¢ Janvier 1906 LA OROIX eee \u2014 pHOSES D'AGRICULTURE Vv gous VOUS avons maines- Sont équivalents de oici le tableau des équivalents dont parlé, il y a deux se- 100 ibs de.bon foin * Regain, sec \u2026\u2026 - des prés, en vert \u2026 400 Here , .400 Mais.oo > Puille de blé ee Paille d'avoine Paille d'orge \u2026 +.00 Menue-puille\u2026 vee een eer eee 6 Ünrottes oo coo ce ee een eee Betteraves .\u2026 su re co on Navets .Blé on grains .\u2026.200 20e nee Avoine en grains Orge cn grains \u2026 Pois en grains \u2026 Maïs en grains \u2026 \u2026 Sarrazin en grains Son de LIC 84 ne Pommes de terre oo.Topinambours cee 044 eee 006 *ChOUX wre cer er sen woe ven ae 0 à 55 Ces chifires ne sont pas absolus, mais ils sont très po utiles à connaître, c'est urquoi nous vous les donnons.Kn effet, en tenant compte de ces chiffres, un cultivateur sera toujours certain de toujours bien nourrir ses animaux, quand m ème il varierait leur nourriture, 1 pourra.par exemple, diviser les 25 Ibs de bon foin qu\u2019il devra dontier à une vache de U0 Ibs, comme suit Foin .cee ee .10.lbs Betteraves .\u2026.\u2026\u2026.+ 0.000 + 20 lbs Paille d'avoine \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 15 Ibs Ce qui fera.d'après le tablenu précé- dent, les 25 Ibs de bon foin ou équiva- , Jents nécessaires à sa vache.Mais un animal ne se contente pas de manger.il faut aussi qu'il boive.L'expérience n reconnu qu'il faut.pour une partie de substance sèche.donner au porc 7 à 8 p.c.de liquide, au mouton 2 1-2 à 3, au cheval, 3 à 3 1-2, au bœuf, 4 à 5; et, Une vache de taille moyenne doit boire environ 20 gallons d'eau par jour.Bien que les animaux, excepté les chevaux, semblent préférer souvent de l'eau chargée de bien des choses, il vaut mieux ne leur donner que de l'eau claire; car, dans ces eaux plus ou moins char- gies, il y à souvent des germes de maladies.Si beaucoup de cultivateurs gardent trop peu d'animaux sur leur ferme, il y en a plusieurs qui tombent dans l'excès contraire, \u2014 et l'excès, de quelque côté qu'il se trouve, n'est jamais bon.Ce qu'il faut, c'est de garder assez d\u2019animaux pour pouvoir \u2018\u2018 bien \u2018\u2019 les entretenir.Il en est ainsi de lu terre ; beaucoup de cultivateurs en onl trop pour leurs moyens : la main d'œuvre est si chère que bien peu qui ont des grandes terres peuvent en avoir en nombre suffisant ; ils veulent tout cultiver, ils cultivent tout ; mais vous comprenez qu\u2019ils ne peuvent y prendre tout le soin qu\u2019il faudrait, le temps manque.et beaucoup de choses négligées.indispensables souvent sont Hélas ! que de cultivateurs ne veulent pas comprendre qu\u2019 \u2018\u2019un\u2019\u2019 arpent de terre bien soigné, bien cultivé rapporte plus que \u201c trois '\u2019, Plus, mul cultivés.que \u2018\u201c cinq L'on s'étonne quel- et même Quefois qu'un cultivateur qui avait des - 8randes terres se ruine, tandis que son voisin qui n'a que cinquante, soixante arpents, est prospère, et Vit à l'aise ; ¢dst bien simple pourtant : l'un a le temps et les moyens de \u2018\u2018 bien * soigner le peu qu'il possède, tandis que l\u2019autre n'avait ni le temps, ni les moyens de \u201c bien \" soigner ses grandes terres.En connaissant le nombre d'animaux Qu'il pourra entretenir, le cultivateur ne tombera pas dans l'excès ; et il connal- tra approximativement ce nombre en se Servant du tnbleau des équivalents.Prenons un cultivateur qui a 50 arpents de terre.11 la divise par exemple tomme suit : 5 arpents en betteraves, 5 oh navets, 15 Maïs fourrage, 10 en foin.en avoine, 5 en pois et En prenant les rendements moyens par arpents, nous aurons : 3001s de fol, .X 10-\u2014 30,000 Ths, 140 1bs d'avoine (10 minots \u2019 X34 (poids dy minot).2780 1bs de paille d'avoine 14,000 Ibade betternve 5,000 lbs de navets.L200 hs de pols 25 X 0 lls du minot.23 LN AA AA 15 20,400 ** 15\u2014 40.0% ** fi ye 125,00) © 75.000 + NX 2\u2014 4330 + 15.000 1bs de mags fourrage.X 23 1,500 B24 Tbs Par ln table des équivalents nous sau- TONS Que : 30,000 1bs de foin équivalent 20,400 1 Press aovoce sosses sevens 0 lbs d'avoine équivalent à \u2026 40,800 1g pT Ti do paille d\u2019avoine équivalent à oo lbs do Uivalent à 125,000 lbs - \u2014Yalent à de navets cqu botteraves 80,000 lbs 40,800 lbs 16,030 lbs 20,140 lbs 81,250 lbs 37,500 lbs de maïs fourrage équivalent à .\u2026.3,750 Ibs de pois équivalent 9,307 lbs 10,108 lbs Pour obtenir ce résultat, nous n'avons eu qu'à diviser le nombre de lbs de chacun des produits par son équivalent par exemple : 20,400 lbs d'avoine divisées pur 50\u201410,800 lbs ; et ainsi de suite.11 ne nous reste plus maintenant qu\u2019à diviser le nombre obtenu par 9,125 lbs poids de la nourriture que prend annuellement une vache de 500 lbs, à 5 p.c.de nourriture par jour : NUS 082 hs TRG div, pari 17 Le cultivateur, avee cette récolte, pourra done entretenir 17 têtes de bétail du poids de 500 lbs ; soit pur exemple : 10 Vaches, 2\u2019chevaux et 4 porcs Beaucoup de cultivateurs et autres, en Voyunt tous chiffres ne prendront pas lu peine de les tire, beaucoup diront que ce n\u2019est que de In théorie, ete, ele.: les quelques lignes Ces qui suivent vous prouveront, nous l'espérons, que ces cul- culs sont assez pratiques.Nous avons passé près de deux ans chez dus cultivateurs irlandais des environs de Guelph, Ontario, vous savez tous que cette partie de notre province sœur a la juste renommée d'être In plus riche et la inieux cultivée.ces caleuls où Nous avons fait nous étions, nous les avons faits chez des Voisins écossais el anghtis : el tous, les ont trouvés bien pratiques, tous ont trouvé qu'ils étaient très utiles ! Ils savaient que J'avais pussé quelque temps dans une école d'ia- griculture française: ils me demandaient souvent comment les cultivateurs fran- canis faisaient suis.ceci, cela : je le leur di- Plus d'un d'entre eux me disuit alors que, s'il avait le temps, s'il n\u2019était pas si vieux, il irait à l'école d'agriculture.Il y et a une excellente dans ces environs ; \u2018\u201c dans les écoles, voyez-vous, me \u2018\u201c disait-on souvent.vous apprenez ce \u2018\u201cQque nous apprenons, nous, par notre \u201cexpérience, à nos risques et périls, si \u201c\u201c nous avions pu aller à l'école, que de \u201c* pertes de temps ou d'argent, nous au- \u2018\u201crions évitées ! \u2019\u2019 S'ils ne peuvent aller à l'école, ils reçoivent des journaux d'agriculteurs, et ils les \u2018\u201c lisent \u2018\u2019, ils uiment à s'instruire, car, Lous comprennent que pour être bon cultivateur il faut savoir autres choses que labourer, charger un voyage de foin et de paille, ete, il faut être autre chose qu'un bon manœuvre, Tei, dans notre chère province, beaucoup cherchent à s\u2019instruire, beaucoup lisent les journaux d'agriculture ; mais benucoup aussi, un trop grand nombre ne les comprennent pas, beaucoup sont encore lus fervents adorateurs de madame LA ROUTINE; ils s'\u2019écrient toujours \u2018\u201c mais Papn faisait comme çi, \u201cmais mon Grand Père faisait comme \u201cça, ils réussissaient ; en faisant com- \u201cme eux, je ne Vois pas pourquoi je ne \u2018\u201c réussis pas.\u201d .Que de fois nous avons entendu ce fameux argument ! Si vous le voulez bien, la prochaine fois nous vous parlerons un peu de l'en- wretien des animaux, car il ne suffit pas de les bien nourrir, il faut aussi \u2018\u201c bien les entretenir \u201d \"\u201d nous vous dirons comment les cultivateurs de Guelph, Ontentretiennent leurs animaux qui sont toujours très beaux et vous verrez que c'est un exemple bon et facile à s\"ivre.AGRICOLA.ROME SOMMAIRE DU NUMERO DE NOVEMBRE EXTE: Lettre de S, S.Pie X à S.lm, le cardidal Richard.\u2014 Mes impressions de Rome, par M.Pavi, FERON-VRAU.\u2014 La busilique de Kækelberg.\u2014Les Sociétés entholiques de sportau Vatican : nutrefois.\u2014 Les Sociétés en Italic, \u2014 Réception de lu ficventres de Venise.\u2014 Quelques victoires.\u2014 In messe et le défilé.\u2014 L'audience: Discours de M.Pericoliet du Suint-Père.Lu séance solennelle en présence de Sa Sainteté.\u2014 La désolation en Calabre: Le désastre actuel, lessecours.\u2014 Les pèlerins fran- gris aux pieds du Saint-Père; groupe de Paris, le pèlerinage ouvrier, les pèlerins de Jérusalem, \u2014 Cinquième centenaire de Pie 11.\u2014 Chronique : jubilé du cardinal Capecelatro.\u2014 Les écoles à Rome.\u2014 Ondeau très original.\u2014 Un nouvel ambassadeur.\u2014 Recensement de Rome.\u2014 Une nouvelle église.\u2014 Une découverte.Lecatéchisme de Pie X.\u2014 Le vèlerinage anglais.\u2014 L'action catholique en Italic.\u2014Tristesses.\u2014 Documents: séjour des prètres étranges à Rome.\u2014 Projet de séparation.Un an 3 francs, union postale 4 franos le numéro 0 fr.25.Maison de la Bonne Presse.5, rue Bayard, Paris, VIIIe.\u2014-Un numéro spécimen est envoyé franco sur demande.cu | Notes Religieuses ORDINATIONS A LA PRETRISE Lo 23 ddécemhre dernier, X, G.Mgr l\u2019Archevêque de Montréal a ordonné ala prêtrise : MM, l\u2019abbé À.J.Dulude, F.- M.Elliott, J.-N.Labrosse ct A.-C.La vigne, pour le diocese de Montréal: M.-A.Archambault, J.M.Villon, E.J.Cuisse et J -A.Campeay, pour le dincèse de Burlington ; J.Conway, H.J.Decettes et J.-A.Sullivan, pour le diocese de Hartford ; L.-B.Staley, pour le diocese de Kingston ; C.F.Bousquet, D.E.Gorman et L.-P.Routhier, pour le dio cèse de Manchester ; G.FE.Barette, G.- L.J.Pilon et W.G.Pion, pour le diocèse d'Ottawa; F.D.Houben, pour le diocèse de Pevrin : J.- F.Hogan, J.F.Nelligan et L.-J.Re naud, pour le diocèse de Portland ; J.- À.Fitz-Simon et O.J.Plusse, pour le diocèse de Providence : O.-8, Dufresne et T.1.Trainor, pour le diocèse du Sault Sainte Marie ; L.-C.Lussier, pour le diocèse de Springfield ; J.F.Farrell, pour le diucèse de Syracuse.J.Dasrosiers, L'APOSTOLAT DE LA PRIERE L'intention générale de l\u2019apostolat de la Prière pour le mois de janvier 1906, approuvée et bénie par Pie N,est : \u201c Les élections législatives en France \u201d\u2014Ré- solution apostolique: Prier prier pour le salut de ln Franceet faire L\u2019ennui \u2014 L'ennui est-ln maladie du siècle.Presque toute notre génération s'ennuie et le dit tout haut.Vous entendez des hommes jeunes, bien portants, riches, ayunt tout ce qu'il faut pour être heureux, büûiller entre deux cigares : \u2018\u201c Je m'en\u2026.nuie ! Vous voyez de jeunnes femmes.entourées de charmants enfants, gémir entre deux tasses de thé : \u201c\u201c Quelle heure est-il donc ?\u201d J'avoue que j'ai le cœur tendre pour les vicillards, les pauvres, les infirmes, mais qu\u2019il me faut une forte dose de valonté pour ne pas donner libre cours aux sentiments de mépris et de dégoût que m'inspirent l'ennui en général et ceux qui s\u2019ennuient en particulier.Comment! Vous êtes jeune et fort, vous avez des bras, des yeux, des jambes et, ie l\u2019espère, une cervelle ! Votre instruction vous met à même de vous livrer à mille et mille occupations.Vous avez la lecture, la plume, la musique, l\u2019aiguille pour passer vos heures de loisirs, vt vous vous ennuyez ! Et je ne parle privilégiés seulement.pas ici pour quelques Jamais on n\u2019a appris \u2018\u201c taut \u2018\u2019 et \u2018\u201c de tout \u2018\u2019 autant qu'aujourd'hui.Ce n\u2019est dons pas l\u2019ignorance qui est mère de l'ennui.Ce mal ne viendrait-il pas au contraire de l'importance exagérée donnée aux études, aux dépens de la pratique de la vie ?Nous pourrons revenir sur ce sujet : mais quelle qu\u2019en soit la source, prenons notre époque telle qu\u2019elle est et cherchons le remède, puisque l'épidémie règne.Jen vois qui lèvent les épaules à ce mot d'épidémie.et pourtant, l\u2019ennui n\u2019est pas un mal imaginaire.J est la source de bien des misères physiques ct morales.Et d\u2019a- bard, y a-t-il des remèdes ?Oui, il y en a.naît du désœuvrement du manque d\u2019occupations, d'intérêt et de hut vent les parents arrivés à L\u2019ennui désœuvrement, et le dans la vie.Souun.certain âge oublient leur jeunesse, ou bien se figurent que ce qui les a amuses doit suffire au bonheur de leurs enfants.Si un jeune homme avait le courage de se créer un intérêt, de chercher soit dans l\u2019agriculture, le commerce, soit dans les carrières lihérales.la littérature, les arts, un but à atteindre, il ne s\u2019abrutirait plus ni au club, ni au théâtre, ni ailleurs.Si une jeune femme cherchait à développer ses talenis, à instruiro ot à soigner ses enfants, à aimer et à visiter quelques pauvres, elle ne trouverait plus le temps si long entre la promenade et le diner, entre le diner et le bal Mais habituer pour leurs enfants à s\u2019occuper, il faudrait que les parents ~ donner à leurs fils une occupatiqu pratique duns cherchassent, de leur côté, à leurs affaires industrielles ou agricoles ou politiques, à teurs filles une part sérieuse dans les soins du ménage et ans leurs œuvres.Ils développeraient ainsi chez leurs enfants les goats d'économie, d'ordre et de vie de famille.Univ fois mariés, les jeunes gens vivent ordinairement avec un luxe qu'ils ne pourront soutenir ; ils ant une liberté qui tue l'amour du \u2018 home \u2018 et le bonheur intime.les enfants On laisse aux grands parents et l'on court aux fétes, aux chasses, aux buins de mer.Et lorsque.fatigué de cette vie de polichinelle \u2014 passez-moi le mot \u2014 on revient au logis grisé de mouvement et de plaisir, on s'ennuie.Et pourquoi celn ?Purce qu\u2019on oublie ou qu\u2019on néglige les petits et grands bonheurs d\u2019une vie à deux.parce qu\u2019à force de s'amuser on fait fi de tout ce qu'il y a de sérieux dans la vie et qu'on s\u2019habitue à ne pas avoir d'occupation suivie.Et alors comment ne s\u2019écrierait-on pus.Je m'emb\u2026.! ! Hélus! mot en toutes lettres, car il a sa signi- oui, on = s'embête\u2026 J'écris le fication morale et cruelle.On devient bête entre deux cigares,des cartes et des amis ennuvyés comme entre les visites, le thé et les bavardages féminins.On s\u2019embète, comme on s'embourbe, comme on s'\u2019abrutit, comme on s\u2019enca naille ! B.T.La Famille La famille se relâche ; c'est indéniable.Mais pourquoi ?Parce qu\u2019elle perd l'esprit chrétien.Qu'est-ce donc que l'esprit chrétien ?C\u2019est l'habitude de vivre conformément aux lois de Dieu, c\u2019est l'habitude pour chacun des membres de la famille de faire passer avant tout la volonté de Dieu, de régler les rapports mutuels d'après ses commandements.de faire en un mot que Dieu soit le véritable chef du foyer.Pourquoi lu famille fois meilleure était-elle autre- que maintenant ?Parce que cette règle y était plus observée, parce que, malgré des écarts et des manquements individuels, tous considéraient le foyer comme un lieu quasi sacré, et acceptaient pour indiscutables certuines lois chrétiennes, qui maintenant sont, en train d'être reléguées dans l'oubli comme les vieilles modes.II faut que Dieu reprenne sa place dans la famille, sinon, nous retournons promptement à lu barbaric ¢t au paganisme.\u2019 La Famille entre chrétiens n\u2019est pas une association quelconque, purement civile et profane, comme celles qui naissent des autres contrats.Elle à pris sa véritable origine, non point dans l'étude d'un notaire, mais au temple de Dieu où celle est née d'un sacrement.C\u2019est un contrat sans doute, mais un contrat passé devant Dieu, qui I'approuve, le rend fort, le bénit, l'élève à Ia dignité sacramentelle et lui fait produire un effet tout surnaturel, li grâce.Le mariage est donc chose sn- crée ; par conséquent, la famille est l\u2019œuvre de Dieu, done la place doit y être faite à Dieu, aussi large qu\u2019il la demande.Y a-t-il beaucoup des chrétiens, même de ceux qui se disent et se croient fervents, qui considèrent ces grandes institutions sociales sous ce jour surnaturel 2 Assurément ils veulent que I'E- Elise préside à la solennelle cérémonie qui unit les époux, mais vont-ils plus loin et plus au fond ?Se rendent-ils bien compte que c'est un sacrement qu\u2019ils vont recevoir, une chose sainte, instituée par Dieu pour les sanctifier dans l'état où ils sont appelés à servir leur Créateur ?Non contents donc de préparer le contrat de mariage, de faire au tailleur, au bonnetier et au tapissier les commandes obligatoires, les futurs époux doivent préparer leur âmo à recevoir le sacrement qui va les lier pour lu vie entière.S.François de Sules disait que, s\u2019il y avait un novicint pour le mariage, il y aurait peu de profès.J'admets qu'un semblable noviciat soit difficile à concevoir bien qu\u2019il fût loin d'être superflu : mais une sérieuse préparation est utile, nécessaire même pour qui veut prendre au sérieux le sacrement de nu riage.Fianeds, considérez done devant Dieu, À quoi vous vous vngagez, et quelles vertus Vous seront particulièrement nécessaires dans ce nouvel état, et donnez à vos Ames une uempe lorsque, plus sonnéra, chrétienne.tard l'heure des épreuves serez armé de résignation de virilité chrétienne et souffrir.la main dans lu main et le regard sur le crucifix.Done, Dieu à In buse de In famille ; le devoir envisagé saus illusion, sens là- cheté, sans caleuls mesquins et intéresses ; vous courageuse et vous suurez la loi de Dieu acceptée d'avance et accomplie généreusetient avec confiance envers le Créateur.qui aime ses créatu- res et leur donne le pain de chaque jour.N.L.PENSÉES L'homme doit : Vivre dans la vérité ; Penser comme il vit ; Et parler comme il pense.Voilà lu loi du style: Ensrsr HELLO.(Le Style.) .* - En présence des charges énormes qui, presque en tous pays, grévent les cun- tribuables, tout gouvervement qui, loin d'amortir et de dégrever, établit sans cesse de nouveaux impôts ct contracte de nouveaux emprunts, manque au pre- imier de ses devoirs et compromet gravement la situation économique et l'avenir d\u2019un pays.Hervé Bazin.{Traité d'Economie politique p.535.) * - La croyance au surnaturel est un fait naturel.Guizor.(Méditations.) » « + Autrefois, avant l'invention de nos chemins de fer, il y avait les diligences.Vous vous rappelez ces Voyages : deux personnes inconnues l'une à l\u2019autre se rencontraient duns un coupé ; on ne se disait pas un mot tout le temps de la route, on se retrouvait à la table d'hôte, on se servait avec politesse et on remontait en voiture continuer la route en silence.Eh bien, souvent les ménages modernes sont un coupé de diligence : on se rencontre à la table d'hôte, on ee sert avec courtoisie ; et on continue le voyage avec lu même indifférence, jusqu\u2019à ce qu\u2019un jour les chevaux emportent la voituve, elle se brise et les cœurs sont meurtris.Mar MERMILLOD.(Conférences aux Dames de Lyon, p.17.) L'élection de M.Gallery, député de Sainte-Anne (Montrésl) vient d\u2019être annulée et lui-même a été privé de ses droits politiques pour sept années.On dit que M.Gallery en appellera à la Cour Suprème.Les personnes qui redoutent d\u2019être empoisonnées, et il y en à plus qu\u2019on ne pourrait le croire, se gâtent le plaisir de vivre par la crainte de mourir, car elles prennent des précautions qui assombrissent leur enistence.Quelques-unes ne veulent manger que des œufs à In coque.Nous sommes heureux de leur faire savoir que cette précaution est absolument illusoire ; M.G.Loisel, après de nombreuses expériences, a reconnu que le jaune d\u2019œuf de poule, de canard, de tortue, renferme des substances très toki- ques ; l'albumine cest dans le même cas.L'œuf de poulc est un pou moins toxique que l\u2019œuf de canard : mais, celui(de tortue l\u2019est davantage.Il est vrai quo cette toxicité ne se révèle que quand cf [ produits sont introduits par injection dans l\u2019organisme, et que ce n\u2019est pas ainsi que l\u2019on absorbe ordinairement les œufs à la coque ; mais si 7 à 8 grammes de jaune d\u2019œuf de canard, môlés à l'eau salée au centième, tuent un kilo de lapin, il est à craindre que ce mêmo jaune d\u2019œuf no soit pas absolument inoffensif quand il est introduit par quantité dans l\u2019estomac.COSMOS. grande : tre tree LA CROIX *Santa-@laus D'où vient cet être hybride, ni homme ni singe, seul de son espèce, qui; chaque année, part du voisinage du pôle, en compagnie de loups cet de chiens sauvages ; pour arriver ici après mille aven- -tures burlosques, juste au temps de Noël pour capturer l\u2019esprit-des enfants et détourner leur attention des belles crâches de l\u2019Enfant-désus ?Pour une réclame, c'en cst une, assurément ; mais il y à là autre chose.Ce tapage créé, un mois d'avance, autour du bonhomme Santa-Claus, dont la figure cst loin d'être attrayante, & un autre cifet que celui de faire tomber des gros sous dans lu bourse de l\u2019annon- cour., Autrefois, quand arrivait le mois de décembre, qu\u2019on peut appeler le mois du petit Jésus, partout duns nos familles chrétiennes, à la ville comme à la cuu- pagne, on parlait aux petits enfants des fêtes de Noël, de lu messe de minuit, et surtout de la belle crèche de l'Enfant-\u2019 Jésus.On leur disait qu\u2019en ces jo eld, s'ils étaient bien obéissants, on 125 inè- nerait à l'église où ils entendraiens ct verraient de bien belles choses : la Vierge Marie, saint Joseph, les bergers ; ct lo petit Jésus.Le doux mystère de l'Incarnation commençait ainsi à se graver dans ces jeunes âmes.La veille de Noël c'était une charmante coutume de faire suspendre les bus des prtits au pied de leur lit pour que le bon Jésus y déposit un cadeau.Aujourd\u2019hui, on farcit l\u2019esprit des petits enfants des burlesques exploits de Santa-Clnus, et on ne leur parle que des joujoux qu'il apporté du pôle, non pour les donner, mais pour les vendre à ses visiteurs.À cette crèche, nouveau genre, où l\u2019on ,n\u2019exhibe que des bêtes, les enfants ai- fluent au temps de Noël.C'est ainsi qu'on escamote le mystère de lu naissance de Jésus et qu\u2019on le remplace par la stupide légende d\u2019un être ni singe, ni homme \u2014 Sante Claus ! ! Bientôt les petits enfants ne parleront plus de Ja crèche de Bethléem ; pour eux la gracieuse féte de Noël aura perdu son plus beau cachet et son plus duux parfum.C'est ainsi qu\u2019on passe du christianisme au paganisme.Mères de famille, parlez de l'Enfant- Jésus à vos chers petits ; n'allez jamais leur dire que c\u2019est lui qui envoie Santa- Claus, mais que Jésus vient lui-même auprès de leur berceau et de leur petit lit: et qu'ainsi le bonhomme Santa- Olaus soit rélégué au grenier avec Timothée et Citrouillard, et tous les débris informes d'un siècle qui perd l\u2019esprit chrétien.L'abbé G.DUGAS, Ptre.LA GENSURE ET LE THEATRE Ÿ Sous cette rubrique, nous lisons dans les \u2018\u2018 Fleurs de ln Charité.\u201d * Les \u2018\u201c Avariés '\u2019 de Brieux ont eu à Londres les honneurs de In censure.La pruderic anglaise s\u2019est offusquée, ct à juste titre, de la liberté de cette pièce.Cependant si j'en crois un dramaturge anglais, Al.G.Bernard Shaw, lo différence qui existe entre les pièces qui sont autorisées et les autres n\u2019est pas très pourvu qu\u2019on sache présenter \u2018* des aventures amusantes et agréables \u2019\u2019, la censure se montre des plus complaisantes.Or cotte pièce de Brieux a été joude, il n\u2019y a pas longtemps, dans uno grande - ville du Canada ; des journaux 'ont non seulement annoncée, mais défendue.Nous avons donc été trés vite, dans ce pays chrétien.Et nous voilà plus larges en fait de morale que les Anglais cux- mêmes.Pourtant il ne faudrait pas prendre Londres pour le paradis terrestre.Ne scrait-il pas à propos de nous défendre et de demander l'institution d\u2019un tribunal chargé de sauvegarder la morale ct de repousscr les pièces absolument mauvaises.Je dis \u2018\u201c absolument,\u201d car bien d'autres passeront qui ne valent guère mieux que les pires.11 fut un temps où un tribunal aurait Gté inutile: un simple avis suffisait pour mettre en garde les populations contre les exploiteurs de la naïveté publique.Cette autorité oxiste encore ; a-t-elle ln même influence incontestée, surtout lorsqu'il s\u2019agit de théâtre ?Je préfère poser sim- plemont laquestion.Mais en mettant la chose au micux, ne sorait-ce pas un grand avantage quo de voir les censeurs refusor des pièces qui no devraient jamais être offertes à aucun public ?Nous avons à lutter non seulement contre cetto curiosité malsaine qui pousse les masses vers n'importe quelle représentation, mais contro les actionnaires do théâtre qui attendent les dividendes avec plus d\u2019impatience que les badauds ne soupirent après-le lover du rideau.Si = nous n\u2019y prenons garde, notre théâtre déjà très risqué, pourra rivaliser avec les pires.Malheureusement, nous avons moins à faire qu\u2019on ne pense, pour arri- vor à ce triste résultat.\u201d A.N.Est-ce te germe d'un ministère de l'instruction publique ?Le Surintendant de l\u2019Instruction pu- bliquo a adressé à tous les membres du Conseil Ja lettre suivante : \u2018* Québec, 14 décembre 1905.\u2018\u201c J'ai l\u2019honneur de soumettre à votre considération les amendements suivants à la loi de l'instruction publique, dont je me propose de demander l\u2019adoption par la Législature à sa prochaine session.Je vous prie de me faire savoir si vous avez l'intention de vous y opposer.\u2018* Article 46.-\u2014Les mots suivants sont ajoutés au paragraphe 4 de l\u2019article 46: ** Le secrétaire provincial est de droit membre du conseil de l'Instruction Publique et aussi de chacun de ses deux comités.\u201d ** Article 47.\u2014Les mots suivants sont ajoutés au paragraphe 1: \u2018* Ce camité catholique peut s'adjoindre six fonctionnaires choisis parmi les instituteurs primaires, dont quatre se ront nominés par le comité et les deux uutres par chacune des deux associations d\u2019instituteurs catholiques, à leur assemblée régulière et pour l\u2019année qui Ia suivra.** Ces membres ssociés auront à In fois voix consultative ot délibérative, mais ne seront pas iuenbres du conseil de l\u2019InstrucLion publique.\u201d \u2018* J'ai l\u2019honneur d'être, ** Votre obéissunt serviteur, \u2018* BOUCHER de la BRUERE, \u2018\u201c Surintendant.\u201d À ces suggestions du Surintendant, S.G.Mgr l\u2019Archevêque de Montréal, a i'é- pondu : : 7 - \u201c \" \u2018 : \u2018 Archevéché de Montréal.18 décembre 1905.L'hon.P.B.de In Bruère, surintendant de l'instruction publique, oe Monsieur, J'ai reçu votre lettre du 1d de ce mois, ainsi que les projets d'amendements à in loi de l'instruction publique qui l\u2019accompagnent.Ces projets sont d\u2019une assez grande importance, et j'aurais bien quelques observations à faire relativement à& quelques-uns d\u2019entre eux.Mais pour le moment, je crois devoir déclarer seulement que je suis opposé en principe à ce que l\u2019on présente ainsi a la législature des amendements de cette nature, avant = qu\u2019ils aient Élé soumis aux membres du conseil de l\u2019instruction publique, convoqués en assemblée régulière, et qu\u2019ils nient été étudiés et discutés par eux.Je vois des inconvénients À se contenter de prendre séparément par lettre l\u2019avis des membres du conseil.Il ne doit pus être urgent, je suppose,de présenter à ln prochaine session, les amendements en question.Ne peut-on pus attendre que le conscil se soit réuni ?Si, en réalité, les choses pressent trop, je suggère que nous ayons une réunion extraordinaire du conseil.Ne croyez- vous pas, M.le surintendant, qu'il rait opportun d'en agir ainsi ?Agrcez, M.le surintendant, l\u2019assuran- se- ce de mes sentiments les plus dévoués.+ PAUL, Archevèque de Montréal.\u201d Ces projets d\u2019amendements à la loi de l'instruction publique, proposés par Mde la Bruère, sont pleins de conséquences Nous somues de l'avis de S.G.Mgr Bruchési, qu\u2019ils doivent être discu- graves.tés au conseil do l'instruction publique avant d\u2019être proposés à l\u2019adoption de la Législature.Quelques avons consultés sur ces projets nous ont dit que Secrétaire 0 Province, dans amis que nous l\u2019entrée du de ln de droit, était le germe d\u2019un truction publique.le conseil ministère de l\u2019ins- En tout cas, cette question va bientôt se discuter au conseil.Nous y reviendrons.Motes Critiques BDISON BT LES BLASPHE.MATBURS Quand Edison visita l'Exposition de Paris, de1889, où Dieu avait été pour ainsi dire, oublié, il écrivit ces mots sur le registre de la Tour Eiffel : \u2018 Au courageux constructeur du spé See cimen gigantesque de l'art de l'ingénieur moderne, un homme qui a le plus grand respect pour tous les ingénieurs, y compris le plus grand de tous : le bon Dieu.* Epison.\u201d Un autre américain illustre ne voulut pis mettre les pieds dans l'enceinte de l\u2019Exposition do 1900, dont on avait chassé Dieu\u2014** Pourquoi, lui demanda- t-on ?\u2014 Parce que je croirais entrer duns un basphème.\u201d I} so rembarqua.\u201c Hélas | dit Henri Rochelle, dans la Croix, de Paris, nous autres catholiques, nous ne pouvons pas nous rembarquer, nous ne le voulons pus, car nous sommes citoyens français.\u2018 Mais, je vois un moyen de mettre fiu à ce blasphème, c'est de débarquer les blasphémateurs.\u201d PAS DE MINISTERE DB L'INSTRUE TION PUBLIQUE Le Rév.Dr Shaw, président du comité protestant du conseil de l\u2019instruction publique, dont nous avons publié récemment l\u2019opinion relative à In création d\u2019un ministère de l'instruction, vient de déclarer de nouveau à un journal anglais de Montréal qu\u2019il est tout à fait opposé à ce projet.\" À ce suiet, la \u2018\u2019 Patrie \u2019\u2019 écrit : \u2018\u2018\u201c Le Dr Shaw auquel sa position pré- te une haute autorité dans la matiére, vient done d\u2019exprimer une opinion qui est encore toute d'actualité.Elle montre surtout que l\u2019apposition au aninis- tère de l'Education n\u2019est pus uniquement d'inspiration catholique et qu\u2019elle raille également les protestants et les catholiques réfléhis.11 existe un réel danger, en effet à livrer une affaire aussi sérieuse que l'instruction publique aux hasards de la politique de parti ct aux caprices du patronage.Nous sommes convaineus que notre système actuel, avec son duulisme d\u2019administration, est le meilleur.Si le conscil d'instruction publique ne fait pus davantage, c\u2019est que le gouvernement ne lui donne peut- être pas assez de latitude et surtout ne met pas assez de ressources à sa disposition.\u201d\u2019 Il y a quelque temps, ce même journal était en faveur de cette prétendue réforme.Nous sommes heureux de constater qu\u2019il s\u2019est amendé dans le bon sens.ECHOS POPULAIRES L'indignation populaire contre la loi do sépuration se mauifeste, à Paris, par des couplets satiriques à l'adresse des jacobins.Puisque l\u2019on ne veut plus, en Franco, Payer os modestes cusés, Qui vont apporter l'espérance Aux cœurs les plus désnbusés, L'argent qu\u2019il faudra, On le trouvera.Car malgré les bourreaux de l'âme, Nous ne lnisserons pus tomber Les grandes tours de Notre-Dame Ni du viblage le clocher.L'auditoire applaudit et s\u2019arrache }n chanson, qui porto lo titre de: le Sépuration.\u201c NOEL HUMAINE \u2019* Décidément, si les libres penseurs ont In manie de l\u2019imitation, ils n\u2019ont pas lo genie do | invention.Un journal radical, de Paris, l'Action, couvoque ses lecteurs à une grande fête laïque et anticléricale, le 24 décembre.Pourquoi cette date, pourquoi cette ito! L'Action répond triomphalement que c\u2019est pour célébrer la Noël humaine.**Qu\u2019est co que cela peut signifier, réplique lu Riposte, d\u2019 Amiens?Noël, c'est l'anniversaire et la com- mémoruison du jour où In divinité s\u2019est révélée à la terre en s'incarngnt dans l'humanité.La fête do Noël est essen- tisllement divine ; elle tie peut avoir de sens quo pur le divin qui la remplit et l'éclaire.Mais qu'est-ce donc alors que In Noël humaine ?Qu'\u2019est-co donc que cette révé lation divine, dont on exclut Dieu ?Les grands esprits de l'Action n\u2019ont pas cherché si loin.Ils ont pris ce bran nom de Noël, parce qu\u2019il était consacré, popularisé par ls religion chrétienne et qu'ils so sentaient impuissants à le remplacer.Ils ont reconnu qu'ils ne pour- raiont détourner la foule des églises, qu'en abusant de co qu\u2019elle garde encore de traditions religieuses.Au fond, c\u2019est une espèce d'escroquerie de conscience dont ils se rendent coupables.\u201d Les théologiens ! du\u2018 Soleil \u201d ET \u201c\u2018L\u2019AUDITORIUM Le Soleil, do Québec, Oss donner l'inteeprétation suivante de læ lettre de 8.G.Mgr Bégin, concernant le théitre de VAuditorinm, qui a été Jue dans toutes les églises de Québec, le 24 décembre dervier : \u201cCe texts sévère est interprété de diverses manières.À lu Busilique, où nous on avous entendu lu lecture, M.le curé l\u2019'uguy n'y a pas ajouté un mot d'ux plication.\u2018 L'oujet véritable de l'udimonition sévère qui vient d'être tue aux catho- ti ques 6st suivant nous purement Où sun- plement de cundumner la Éréqueutation dos mnuvaises pièces do théâtre et il n\u2019y à pus un citoyeu quelles que soient même ses cuuvictions religieuses qui n'approuvers pus cette mesure prise pur les nutorités ecclésiastiques, eur encore plus quo la buisson, le muuvais théâtre Juit être condumné ; mais de inême que l\u2019ivrognevic est condamiée sans que les hôtels lo soient ; si les mauvais théâ tres sont concdumnés, et ils doivent l'être, U ne s'ensuit pus que le théâvre en lui mème soit positivement condumné comme étant toujours mauvais.Dose cutie lettre importante de Monseigneur l\u2019Archevèque ne fait que rappeler ce qui n été dit déjà souvent du huut de In chaire, c'est quo le mauvais théâtre et les pièces malsaines sont condamnés et nous ne faisons qu'applaudir a cela.\u201d La Semaine Religicuse, de Quétec, uvec l\u2019autorisation appurante de TOr- dinaire, répond au Soleil : * Certuin journal a tra devoir donner sou luterplélalion de ln lettre ue ss.6, Mgr l\u2019archiexèque, qui à vté lue au prône das égètses de tn vine dimanche dernier, et pur laquell- tes fidèles étaient infor més qu'il leur était interdit, sous peine ; , ; Cl \u201cde refus d'ubsolution, d\u2019ussister aux représentations de l\u2019Aucatorium.Ba même temps, ce journal, exprimant an conviction que l\u2019on ne juueræ plus de pièces immorsles à ce théâtre, se fait interprète des directeurs de l\u2019Auditorium\u2014 dont personne ne parait bean- coup \u2018connnitre lu liste \u2014 qu\u2019il donne pour des catholiques et des citoyens res- pectahles.Et pourtant, ces catholiques savaient que Pon joueraiv a I\u2019 Auditorium Fédora, Lu Toze, La Dame aux Cumélias, Adrienne Lecouvreur, Le Nuage, ete.Il faut donc croire que ces mes sieurs ne sont pus si catholiques qu\u2019on le dit; on qu\u2019ils n\u2019entendent absolument rien à la valeur morale des pièces théâtrales ; où encore qu\u2019ils ne s'occupent aucunement de co qui se jouc à leur théâtre.\u201cEn tout état de cause, il y a une chose dont l\u2019on peut être certain.C\u2019est que l'autorité religieuse ne reviendrn pas sur la mesure qu'elle a dû prendre, pour remplir son dovoir, sans avoir des garanties absolument sérieuses que l\u2019Auditorium va cesser d'être une écolo de perdition pour la population catholique du district de Québec.\u201d La loi sacrilege Le texte légisiatif, qui établit ln prétendue sépa-ation de l'Eglise et de I'Etat, en France, 1.Est contraire au droit naturel qui veut que l'Etat professe une religion et ln vraie religion.2.T1 est contraire à la discipline fondamentale de l'IRglise de Dieu en méconnaissant l'autorité des évêques (ui seuls peuvent permettre l'institution et ré gler le fonctionnement des associations ayant un but religicux.3.11 favorise l'établissement d'associations schismatiques en accordant ln reconnaissance légale à des groupements en vue d\u2019un but religieux, suns l'autori- sution de l'évêque.4.11 implique le renversement de la hiérarchie ecclésiastique, en créant des associations de Inïcs, propriétaires el ndministrateurs des biens ecclésinsti- ques, d\u2019où dépendraient forcément pre- tres et évêques duns l'exercice de leurs fonctions, puisqu'ils recevruient de ces associations leur traitement et les subsides nécessaires pour les frais du culte.3.11 sanctionne un vol du gouvernement de ln France à l'égard du clergé français, cn supprimant les traitements concordataires qui ne sont que la rente d'une dette obligatoire.6.Par la suppression do ces traitements il enlève à toute une catégorie de citoyens les moyens de subsistance, qui leur furent garantis au jour do leur ordination sacerdotale sur In foi du traité concordataire.Cotto injustice cst d\u2019autant plus criante que lc prétre ne peut pas, en raison do son caractère sacré, recourir à d\u2019autres moyens do subsis- 6 Janvier t90 TS \u2014 tance au sein de ln société him, 7.11 paralyse pour l'avenir 1 ine.ment sacerdotal en France or ques selon les lois de l'Eglise vent ordonner leurs suje ln plupart des titres Trance reposuient concordatnires.8.11 spolie les catholique en leur cnlevant leurs cg épiscopaux, Presbytères, séminai établissements ecclésiastiques an vs a au Concordat, et construits ws Hers chesses do l'Eglise.Se des ni.9.11 enlève à l'Eglise In Propriéte ses meubles précieux en les Dlag ELE dg lu tutelle de l'Etat, tutelle ous qu'une confiscation déguisée, nest 10.11 viole l'immunité euclésinsti \u201créelle,\u201d en limitant le nombre or oe ture des biens meubles et immeubles i\" peuvent posséder In Paroisse et oo cise, * Ls Sins titre a ordination Sur les traitements $ de Franc lises, les Palais 11.En livrant toute l'admini strati des biens de I'IEglise Lration Usque moindres détails nu controle lS 5 surveillance des officiers de l'Etat Lu 13, En fuisant intervenir les tri HULUX Civils : 1, dans les conflits Fates bution des biens ecclésiastiques oe diverses associations cultuciles : 2, pour faire verser à l'Etat les excédents de celles des dites associations > dissoudre ces associations, 13.11 confisque les Liens de l'Egti en obligeant celle-ci à donner aux ne blissements publics les fondutions a, partenant aux fabriques où destinées à l'enseignement libre et UUX GUVres Cha ritables.© 8, pour 14, 11 met les catholique gution de violer en accomplissunt 5 dans Fobliles censures de l'Eglis par eux-laèmes cette remise des biens ecclésiastiques aux éta blissements publics.15.M viole la liberté «1 Le droit, de l'Iéglise en lui interdisant pour l'avenir deux de ses fonctions principales : l'en seignement dans les écoles et l\u2019assistance des puuvrees dans les «œuvres de cha- vité.16.11 viole l'immunité teclésiasti A \u2026 clésiastique locule en livrant à l'autorité municipale la police des églises.17.11 paralyse le culte catholique en interdisant toute cérémonie religieuse sur la voie publique, en dehors du Heu du culte, en prohibant les cmblèmes re ligieux sur les monuments publics et en livrant à l'autorité municipale la sor nerie des cloches.18.11 viole l'immunité veelésiastique personnelle \u2018\u2019 en édictant des peines contre les évêques el les prêtres dans l'exercice de leurs fonctions.19.T1 attente à l'autorité des prélats de l'Eglise en stipulant qu'ils n'ont av Cun pouvoir pour censurer les lois de Etat et les actes légaux de l\u2019autorité publique.\u201c 20.11 viole In liberté des communes es leur défendant d'assigner sur leur bud get aucun subside pour le soutien du culte ct en prohibant sur la voie publi- \u2018ue Loul emblème religieux.ALL A ee Choses et À uires AAA AA L'hon.Préfontuine, ministre de la Marine et des Pücheries, est décédé subitement, à Paris, il y n° quelque jours, - « L'hon.Brodeur succèderait à l'hon.Préfontaine.* Le Père Plessis, de l'Ordre des Domi nicaïts, préchern, dit on, le prochain carémo i 'égliso Notre Dame- .M.J.C.Knine, député de Québec Ouest, n été appelé à faire partie du cabinet Gouin comme ministre sos portefeuille.* .- 8.G.Mgr Emard, évêque de Valleyfield, a fait parvonir un \u201cn:cssage i mes sieurs les maires et les conseillers 40 toutes les municipalités civiles du div ceao do Valleyfield,\u201d concernant lit: tempérance.Nous donnerons dans notre prochain numéro une analyse de ce do cument épiscopal.Aux retardataires Ceux de nos abonnés qui n\u2019ont ps encore payé leur abonnement sont priés de ne pas négliger davantage de 8% quitter de ce devoir.L'abonnement # payable 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