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Titre :
Le Canard : journal humoristique
Journal hebdomadaire humoristique et satirique qui a connu un vif succès en son temps. [...]

Le premier numéro de ce journal fondé par Hector Berthelot - qui en est aussi le principal rédacteur - paraît le 6 octobre 1877. Le succès est immédiat, comme en témoigne le tirage, qui passe du simple au décuple au cours des deux premiers mois. Berthelot n'est pas précisément un néophyte : il a été auparavant collaborateur à La Scie de Québec, une feuille humoristique, et reporter au Bien public de Montréal avant de passer à La Minerve, qu'il quitte en 1878, Le Canard lui demandant trop de travail.

Cet hebdomadaire humoristique changera plusieurs fois de titre. En août 1879, Berthelot cède son journal à Honoré Beaugrand pour fonder, le 23, Le Vrai Canard. Il le remplace, le 12 novembre 1881, par Le Grognard afin que le public ne confonde plus Le Vrai Canard et Le Canard, qui ne cesse de publier des âneries et des insultes qu'on ne manque pas, à son grand déplaisir, de lui attribuer. Des difficultés financières le forcent toutefois à se départir de son journal le 8 mars 1884. Le 25 septembre 1886, Le Violon est rebaptisé Le Grognard.

Quant au Canard, que Ladébauche (un personnage inventé par Berthelot) a popularisé, il continue son chemin avec son nouveau propriétaire, Honoré Beaugrand.

En 1888, Le Violon disparaît pour faire place à Passepartout jusqu'en 1893. En 1893, Berthelot reprend Le Canard, qui a cessé sa publication depuis le 24 septembre 1887. Le petit journal revient au titre premier, Le Canard, avec A.-P. Pigeon comme administrateur.

Le journal contient des textes et des chroniques féroces de satire politique, ainsi que des caricatures, des dessins humoristiques et des bandes dessinées, légendées pour la plupart, sous la plume de Berthelot lui-même ou sous celle d'Henri Julien (qui signe parfois Octavo ou Crincrin), d'Albert-Samuel Brodeur ou d'Arthur Racey.

En dépit de sa disparition en 1936, Le Canard ne cesse de fasciner les éditeurs. À preuve, ces trois tentatives de le relancer : une première a lieu le 21 septembre 1957 et indique une 85e année d'existence; une seconde, en date de mai 1973, fait mention de 96 ans d'existence et affiche l'épithète « québécois »; une dernière et éphémère reprise a lieu en 1976.

À noter que cet hebdomadaire est l'un des premiers journaux humoristiques à se doter d'une presse à vapeur et à publier des illustrations en couleur.

Il était tiré à 500 exemplaires en octobre 1877, à 10 000 en décembre 1877, à 15 000 en mars 1879, à 8 500 en 1910 et à 45 000 en 1933.

Principaux collaborateurs : Hector Berthelot, Henri Julien, Arthur Racey et Albert-Samuel Brodeur.

Sources

« Les journaux satiriques du XIXe siècle », Bibliothèque et Archives Canada,

http://www.collectionscanada.gc.ca/comics/027002-7100-f.html.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1975, vol. 2, p. 257-259.

BOIVIN, Aurélien, « Berthelot, Hector », Dictionnaire biographique du Canada,

[en ligne]

TASSÉ, Henriette, La vie humoristique d'Hector Berthelot, Montréal, Éditions Albert Lévesque, 1934, p. 51-62.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1893-
Contenu spécifique :
dimanche 17 mars 1918
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Passepartout (Sorel, Québec)
  • Successeur :
  • Canard québécois
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Références

Le Canard : journal humoristique, 1918-03-17, Collections de BAnQ.

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[" Vol.XL! \u2014 No 20.\u2014 MONTREAL, 17 MARS 1918._ Cinq Centins | + pe + re \\ A = + nm EVE AU ges\" _\u2014_ \u2014- Humoristique \u2014 Satirique \u2014 Politique \u2014 Littéraire \u2014 Illustré \u201cLe vrai peut quelquefois n\u2019être pas vrai sans blague \u201d \u2014 BOISL'EAU, À.Rédigé en Collaboration Administration: 105 à 109 rue Ontario Est.\u201cC\u2019EST LA GUERRE\u201d (1) Le groupe de profiteurs torys a depuis trois ans encaissé millions sur millions en spéculant sur les munitions et les vivres, pour ne rien dire de la transaction du Canadian Northern.Mais tout cela est mis au compte de la guerre: c'est pour sauver la civilisation menacée que le peuple verse son argent aux millionnaires du parti (Les Journaux) Rs A ap y Oy Hi US > 4 i \\ ,.$ \\ Yi 73 ; a 4 À A, 0 A 5 ut 1 J +R - ét Ou le jeu des profiteurs. 2 LE CANARD, Montréal, 17 Mars 1918.Vol.XLI \u2014 No 20.UN CONTE PAR SEMAINE ee \u2014 \u2014 \u2014- L\u2019âme aux trois visages JEUX Oubliant tout, même son violon, Narcisse, jusque daus l\u2019obscu- rite, s\u2019était balancée, avait retenu ses cousins autour de la balançoire.\u201cJean, Paul, Yvonne, Jacques, il me faut les quatre pour jouer avec moi!\u201d Jouèr! Jouer! Pousser des cris de plus en plus aigus, des cris primitifs, des cris qui, lorsqu'ils passent par la gorge, font croire que I'ame, 4 force de véhémence, vous sort du corps, l\u2019âme, l'âme des enfants de dix ans, pareille à celle des jeunes chiens haletants, à celle des poulains libres, à celle des petits chats frénétiques.Jouer!.Jouer!.Maintenant, le grand soir devenait noir jusqu'au fond des deux jardins, Maintenant, il fallait rentrer.L'heure de l'étude approchait.Le vieux valet de chambre refermait les volets.fants endiablés pénétrèrent avec bruit dans la maison.Tous les soirs, à cette heure-là, Narcisse était conviée chez ses cousins pour y apprendre ses leçons.Depuis la guerre, sa tante l'accucillait ainsi.Mme Lepoultier désapprouvait sa soeur, Mme Babalt, de s'être faite infirmière dès les premiers jours de la mobilisation, en abandonnant Narcisse, déjà privée de son Anglaise.Mme Lepoulticr était de ces meres de famille austères qui apprennent le latin pour devenir répétitrices de leurs fils.Mme Lepoultier n\u2019aimait en aucun temps la manière de vivre de sa soeur.Peut-être, sans le savoir, en était-elle jalouse, parce que l'autre était beaucoup plus jeune qu'elle, et belle.En outre, la présence de la brillante Narcisse, lumineuse dans ses petites robes écourtées, au côté de la terne Yvonne, en éternel costume marin, l\u2019irritait sourdement.Mais les mauvaises notes de Narcisse au cours étaient sa revanche, car Yvonne, elle, obtenait toujours «lc très bonnes places.\u2014Il n'est pas l'heure! Nous pouvons jouer encore un peu! l'ardente petite figure, centre de la ronde des enfants, continuait de les entraîner, de les fanatiser.Ces deux heures de balançoire avaient rendu folle Narcisse Babalt.L'envie de s'amuser encore rayonnait tout autour d\u2019ell:, dilatait ses narines, empourprait ses joues, Et, parmi l\u2019or tordu de ses toutes petites boucles, on eût dit que des étincelles crépitaient dans ses cheveux sauvages.M Lepoultier n'étant pas là pour la rabattre, la petite put, à travers la maison des cousins, laisser déborder son lyrisme.Un mobilier d'acajou, venu des provinces, ornait les principales pièces, rassurant style Louis-Philippe, dont la mère de Narcisse se moquait, autant que la mère d'Yvonne se moquait du modern-style d'en face.Cependant, un charme flottait autour de ces meubles démodés.Narcisse, suivie des trois garçons et de leur soeur, passa dans la salle à manger, puis revint au vestibule.Ils faisaient tous des grands pas derrière celle, enrégimentée.Ce soir, elle les conduisait.Ils attendaient ses inventions, prêts à tout.Mme Lepoultier surgit au moment même où le jeu s'organisait le long des marches qui vont au premier étage.Les parents ne comprenant goutte aux merveilles, sa personne courte et grasse désenchanta subitement l\u2019escalier.Grondés, les enfants se débandèrent.Retournant avec leur mère vers les grammaires latines, les trois garçons laissèrent les deux filles dans la salle à manger, assises l\u2019une en face de l'autre, chacune ayant le nez, tristement, dans un livre.Les cinq en- Avoir tant envie de jouer et se voir forcée de travailler, quelle chose irréparable! Or, comme Yvonne avait la manie de marmotter ses leçons, la trépidante Narcisse, an bout de dix minutes, releva la tête.\u2014Ne fais pas des bruits de bouche, Yvonne! \u2014Toi-méme!.dit Yvonne.Un moment se passa, chargé d'hostilité.Yvonne marmottait plus vite et plus fort.Narcisse sc leva, trés calme, ct vint étendre sa main entre les yeux d'Yvonne et l\u2019arithmétique ouverte sur la table.Yvonne, colère, repoussa la main.Narcisse la remit devant les yeux de sa cousine.\u2014Veux-tu me laisser tranquille, à la fin?Flegmatique, Narcisse lui replaça pour la troisième fois sa main devant la page: \u2014L\u2019air est à tout lc monde.J'ai bien le droit d'avoir ma main là si je veux?Yvonne a bondi, boulotte aux yeux mauvais.\u2014Vas-tu me laisser tranquille, espèce d\u2019idiote ?Elle change de place, repose son livre sur la table.Narcisse, d'un saut, retourne au sien, qui est une Histoire naturelle.Les deux coudes sur la table, elle commence, criant à tue-tête : \u201cLe corps humain se compose de trois parties: le tronc, la tête et les membres.Le tronc.\u201d Yvonne, en face d'elle, roug: et tremblante, met aussi les coudes sur la table et crie à son tour.\u201cLe système métrique est l\u2019ensemble de.\u2019 Tapage de plus en plus violent.Les deux enfants s'égosillent.Enfin: \u2014Je vais le dire à maman!.pleure Yvonne.Soudain, inspirée, tournant au galop les pages de son Histoire naturelle, Narcisse enchaîne : \u2014Espèce de tapir!.Espèce de rhinocéros!.Espèce de vipère à cornes!.Espèce de tatou!.Espèce d\u2019articulé!.Zèbre! .Batracien!.Acéphale!.Annelé!.Reptile!.Yvonne, affolée de colère, se met à tourner aussi les pages de son livre, Mais elle n\u2019a qu\u2019une arithmétique.\u2014Espèce de table de multiplication!.cria-t-clle misérablement, espèce de division, espèce de plus grand commun diviseur, espèce de règle de trois!.Narcisse, sardonique, attend un silence d\u2019une seconde pour lancer: \u2014Espèce de.ptérodactyle ! Et les éclats de rire de sa verve sont tels qu\u2019Yvonne se lève pour se jeter sur elle.Les deux livres ont volé, projectiles.Mais Narcisse, nerveusement, a saisi les poignets d\u2019Yvonne, Une petite lutte.Puis Narcisse lâche soudain les poignets emprisonnés.Une taloche sur la tête d\u2019Yvonne, qui hurle.Les poignets sont repris aussitôt, puis lâchés de nouveau pour une seconde taloche, puis repris, puis relachés.Ivre de taquincrie, Narcisse, pour s'assurer si l\u2019autre, par l'effet des coups, n\u2019a jas perdu la mémoire, demande, à chaque claque, comme elle fait lorsqu'il s'agit d'une chute : \u2014 Qu'est-ce que c'était que Louis XIV, Yvonne?.Qu'est-ce que c'était que Louis XIV?\u2014Quand Yvonne put enfin se dégager, ct, sanglotante, hors d'elle, s'enfuir vers sa mère, elle vit, en se retournant un instant sur le seuil, sa cousine Babalt qui, derrière elle, dorée, frisée, démoniaque, dansait la danse du scalp, avec tous ses cheveux dans les yeux.LUCIE DÉLARUE-MARDRUS. py \u2018 Vol.XLI \u2014 No 20.LE CANARD, Montréal, 17 Mars 1918.3 Les Homonymes Trompeurs \u201cPour les Montréalais spécialement.\u201d Vous n\u2019ignorez pas que le mot homonyme se dit en parlant d'une personne qui porte le méme nom qu'une autre.J'ai pris ça daus le Larousse Illustré, car je suis trop bête pour avoir inventé parcil- le définition.Ce que c'est commode un dictionnaire, ma chère! Ainsi votre humble serviteur est tout simplement l\u2019homonyme du fameux corsaire français Jean Bar:, qui mourût en 1702 de pleurésic.Triste! Je ne suis nullement parent de ce marin, et pas corsaire du tout, à moins que l\u2019on ne donne cc nom à un pauvre diable qui peut aimer les affaires corsées fermement ou \u201cà la diable\u201d, suivant la mode.Je dois avouer qu\u2019à ce point de vue je suis un peu.corsaire.Pardonnez-moi, nul n\u2019est sans défaut.Et maintenant que vous savez ce que vous savez, quoi! je vais vous montrer à quelles bévues mènent les ressemblances de noms.Il y avait une fois dans un petit village de nos montagnes un brave montreur d\u2019ours, le Père Pascal, qui possédait une superbe femelle d\u2019ourse, laquelle par une belle nuit mit au monde un amour d\u2019ourson, gras et dodu, gourmand et malin, qui fit preuve dès son enfance d\u2019une certaine intelligence.Son maître le baptisa \u201cMartin\u201d, vu que tous les ours doivent s'appeler Martin, et il commença tout d\u2019abord par lui inculquer les principes élémentaires de la danse animale.Mais le bambin d\u2019ourson manifesta une vive répugnance pour les exercices choréographiques ct ne suivit jamais que d\u2019un oeil distrait les savantes cabrioles que sa bonne femme de maman Joséphine exécutait sous le bâton ferré du maitre-bonhomme quelque peu détraqué, devenu ours lui-même, par contagion.Martin préférait jouer avec des débris de journaux, et un jour on le surprit, le derrière bien placé sur une vieille gazette, et suivant de sa patte velue, du bout de la griffe naissante, les lignes imprimées.On regarda ce qui pouvait ainsi l\u2019intéresser, et l'on constata qu\u2019il s\u2019amusait à \u201csuivre\u201d le compte-rendu des opérations de la - Bourse.\u201cA preuve qu\u2019il sera d\u2019affaires plus tard\u201d, se dit le vieux montreur, et il s\u2019empressa de conter la chose à tout le canton.Or, comme on le savait un peu fou, on applaudit à la nouvelle, et un jeune médecin récemment établi dans le village apprit au Père Pascal que les animaux d'aujourd'hui avaient plus de jugement que ceux d'autrefois, ct qu\u2019il y avait méme: dans les villes des institutions où on leur enseignait gratuitement à lire, écrire, compter, parler, etc, 11 ajouta qu\u2019après certains exercices gymnastiques et un traitement spécial, on leur faisait perdre leur vilaine coutume de marcher à quatre pattes, qu'on transformait leur tête, leur corps, qu'on en faisait des hommes enfin ! Le pauvrc vieux, ignorant qu'un âne demeure toujours un âne, fut épaté et mordit dans la farce.Le médecin mit ses amis au courant, qui en parlèrent aux \u201cblondes\u201d, lesquelles racontérent le tout aux mamans, et de bouches en orcilles l'histoire remonta au curé qui ne voulut pas sc fâcher.Chacun vanta devant le vieux les bienfaits de l'éducation, et celui-ci, un jour où le médecin partait pour la ville, lui confia son ours avec mission de le conduire au collège spécialement Jestiné à la formation intellectuelle des quadrupèdes.Vous devinez que l'ourson ne vit jamais la ville, le médecin le confia à un ami, qui le repassa à un cousin du village voisin, lequel à son tour.Et du diable si je sais où se trouve Martin aujour- d\u2019huil.\u201c\u201c.Or, un certain soir, chez le forgeron, le Père Pascal entendit parler, par un type revenu de la ville de Montréal, d\u2019un certain Martin qui à la suite d'études moyennes avait su faire son chemin, qu\u2019il s\u2019était formé aux manières du beau monde ct qu'après avoir fait beaucoup d'argent dans les cigares, et autres choses encore, il était devenu maire de la ville, en attendant d\u2019avoir ses entrées au Palais Législatif, etc, ete.\u201cBougre de bougre, pensa le montreur d'ours, je gage que c'est mon Martin qui à grimpé jusque là.l\u2019aut que j'aille le voir\u201d.et le lendemain, sans souffler mot, le bonhomme partit pour Montréal.Arrivé à destination, il S'informa auprès d'un charretier, et quelle ne fut pas sa surprise bien légitime quand le cocher lui répondit sans hésiter: \u201cMartin, il est à l\u2019Ilôtel de Ville, chez Mame Concordia; embarque, je t\u2019y mène pour 50 sous\u201d.Comment donc! son Martin était connu de tout le monde, et il restait chez Mame Cone.11 en pleura d\u2019attendrissement.Rendu au but de son voyage, on le fit pénétrer, après une longue attente, dans le cabinet du Maire.et figurez-vous l'émotion du vieux en apercevant derrière un large bureau, bien calé dans un fauteuil, un homme digne et solennel, aux cheveux longs et grisonnants, au front vaste, avec un nez aquilin et fortement avancé sous lequel s\u2019'épanouissait une rude moustache.\u201cBougre de bougre, grogna le Père Pascal, les études et les affaires l\u2019ont fatigué\u201d.et les mains tendues il s'approcha pour embrasser son ours ainsi transformé.\u2014Ah! Martin, mon cher petit Martin, ce que je suis heureux de te revoir ainsi! \u2014Que me voulez-vous, questionna le Maire, froid comme glace ct rigide comme barre d'acier, le menton menaçant déjà.\u2014-Ben, quoi! je veux jaser.Tu ne me reconnais plus, moi, le montreur d'ours?As-tu si vite vublié le temps de ta jeunesse où tu tétais Joséphine, et les coups que je t'ai donnés quand tu mordillais les.\u2014Vous m'insultez, coupa te Maire, ct je veux être respecté : sortez ! \u2014Hein! tu veux m'en imposer reprit le vieux, un peu fâché, à moi qui t'ai soigné ct dorlotté quand tu n\u2019étais qu'un pauvre ours de rien du tout.Mais que dirais-tu si je te ramenais avec moi pour te faire danser avec ta mère par les villages?Et, se radoucissant, il continua: \u201cUn bon mouvement, Martin, et donne-moi la main.Il est vrai que je suis peu habitué à vos manières, mais quand bien même tu t'es rasé et peigné, habillé chic, faut pas oublier que tu restes toujours un ours au fond, et que tu n\u2019as pas raison d\u2019être si fier.\u2014Crapule!.et, les dents serrées, le Maire bondit, avec raison, sur le bonhomme, le fit pirouetter, et à grands coups de pied le lança dans l'escalier voisin.l\u2019ermez les yeux ! Et le Père Pascal est revenu au village; il fait encore danser la bonne maman d\u2019ourse Joséphine qui souffre de rhumatismes, et on l\u2019entend parfois marmotter en brandissant son bâton ferré: \u201cAh! le gueux de Martin, qu\u2019il ne sc montre jamais par ici, car.\u201d et plus bas, comme une plainte, il soupirc : \u201cCe que c\u2019est bête tout de même un ours, quand c'est devenu civilise!\u201d On eût beau dire au pauvre vieux qu'on lui avait joué un tour, qu'un ours ne pouvait faire un maire ; mais ce fut en vain.Le bonhomme ne put jamais comprendre qu'un maire de Montréal pouvait s'appeler Martin tout comme son ourson, son petit amour d'ourson qui trainait son derrière poilu sur des gazettes, qu\u2019il avait voulu pousser dans les \u201caffaires\u201d, ct dans son cerveau ébranlé Martin et \u201cMartin\u201d ne furent jamais qu\u2019un seul et même ours.JEAN BART.Québec, le 4 mars 1918, 4 LE CANARD, Montréal, 17 Mars 1918.Vol.XLI \u2014 No 20.Roman de Mœurs \u2014 Par feu Hector Berthelot, fondateur du \u201cCanard\u201d | | Enregistré conformément à l'acte du Parlement du Canada, on décembre, mil huit centquatre-vinet dix-huit, par À -P.Pigeon, au bureau du Ministre de l'Agriculture.à Ottawa.| \u2014 \u2018 LES MYSTERES DE MONTREAL (Suite) NVIH LA CACHETTE Après avoir transporté sa malle chez le père Sansfaçon, Cléophas songea à mettre son trésor en sûreté, Lorsque minuit sonna au cadran de l'église Molson, il loua un cheval ct une voiture et se rendit avec sa malle sur le chemin f'a- pinceau.l'our ne pas être trouvé en contravention avec \\imanach Relland, la lune ne s'était pas moatrée cette muit-li.L'obseurité la plus complete enveloppait Montréal, Le silence n'était interrompt que par la semelle ferrée du policeman qui battait mélancoliquement le pavé du faubourg Québec.La voiture de Cléophas s'arrêta près de l'ancien cimetière des soldats.Après s'être assuré que personne n'épiait ses mouvements, Cléophas descendit de sa voiture et lança sa malle et une béche par-dessus la clôture du cimetière.11 ramena le cheval à l'écurie de louage et revint à pied au ci- metiére, Ancien cimethtère des soldats.11 creusa une fosse de trois ou quatre pieds et y descendit le trésor qu'il recouvra de gazon.Cette tâche accomplie, il retourna chez la bonne femme Sansfaçon, H alluma sa pipe et se confectionna un grog qu'il Tampa à petits traits en réfléchissant sérieusement sur les embarras de la situation.Il était en possession du trésor, mais la justice l'accusait de la tentative de meurtre sur Ursule.Il lui fallait à tout prix se débarrasser de Caraquette.Caraquette était le seul obstacle qu'il rencontrait sur le chemin de la fortune.Cet obstacle il fallait le faire disparaître.Maintenant, nous allons laisser Cléophas à ses réflexions pour retourner à St-Jérôme, où nous avons laissé la comtesse de Bouctouche.Le lendemain de l'attentat contre sa servante elle apprit la mort de son mari en lisant les journaux de Montréal.Après les obsèques du comte de Bouctouche, qui avaient été faites avec beaucoup de solennité, la comtesse comprit toute l\u2019horreur de sa situation.Son fils était mort et clle iguorait l'endroit de sa sépulture.Caraquette devait arrêter le paiement de ses rentes.Le spectre de la misère se dressait devant clle dahs toute sa hideur.La pauvre veuve, affolée par la douleur, s'était enfermée chez elle et ne voulait recevoir de consolation de personne.Le père Sansfaçon arriva avce le petit lite, Le vieux charretier qui était le père d'Ursule entra dans le cottage et présenta son fils à la veuve.Celle-ci écouta le récit du bonhomme et consentit à garder chez celle le petit l'îite, qui devait passer pour le comte de Bouctouche.Elle savait que les regards de lynx de Caraquette pénétreraient dans son intérieur et que le secret de Cléophas serait dévoilé.! s'agissait pour elle de circonvenir l'ennemi daus ses plans.Avant de congédier le père Sansfaçon elle lui dit qu\u2019il fallait le toute nécessité que Cléophas eut une entrevue avec elle, Le bonhomme partit, laissant son fils chez lu comtesse.En entrant dans l\u2019hôtel Beaulieu, le vieux charretier rencontra l'homme au chapeau de castor gris, qui se prélassait sur un banc, dans la buvette.Cléophas lui avait donné le signalement de Caraquette.À première vue il reconnut son homme.Caraquette, en voyant le père Sansfaçon revenir de lautre côté de la rivière, comprit immédiaiement qu'il était un émissaire de Cléophas et qu\u2019il tenait dans ses mains un des principaux fils de l\u2019intrigue.Sansfagon invité à boire par Caraquette resta muet comme la tombe sur le secret de Cléophas, l'homme au chapeau de castor gris épuisa des trésors de diplomatie afin d'arracher les vers du nez du vieux charretier.Peine inutile, Sansfaçon lui répondit qu'il ne connaissait ni Cléophas, ni la comtesse.Caraquette avait appris l'arrivée du petit Pite à St-Jérome.Le gamin était entré dans le cottage de la comtesse et n\u2019en était pas sorti.H était urgent pour lui de faire une visite à madame de Bouctouche et de s'assurer.XIX .OU LA SITUNTION SE COMPLIQUE, Le père Sansiaçon, ayant fait sa commission, reprit le lendemain matin le train à destination de Montréal.Caraquette qui ne voulait pas s'endormir sur le rôti se rendit de bonne heure à la résidence de la comtesse, Ursule lui ouvrit la porte et l\u2019invita à entrer dans le salon.la comtesse ne tarda pas à paraître.lc malheur l'avait complètement bouleversée, Ses traits étaient éraillés et son teint avait perdu sa fraicheur.Elle avait un grand Cerne sous ses yeux, Elle était revétue d'un simple peignoir sous lequel se dessinaient les beautés plastiques de son corps.La comtesse ne passait pas la trentaine et paraissait admirablement bien conservée.Elle s'inclina devant Caraquette qui s\u2019était levé pour la saluer.\u2014 Monsieur, pourrai-je savoir ce qui me procure l'honneur de votre visite à St-Jérôme.\u2014Madame, je respecte votre douleur après les rudes épreuves que la Providence vous a envoyées.Je sympathise beaucoup avec Vole XLI \u2014 No 20.LE CANARD, Montréal, 17 Mars 1918, 76 vous, mais je ne puis transiger avec mon devoir, quelque pénible qu\u2019en soit l\u2019accomplissement dans les circonstances présentes.En ma qualité d\u2019agent de la famille de St-Simon je dois m'enquérir auprès de vous de la vérité de certaines rumeurs qui circulent au sujet du vicomte.On\u2019 dit que votre enfant est mort.Si c'est le cas vous savez que je dois rendre aux héritiers collatéraux de St-Simon la fortune dont vous aviez l\u2019usufruit.J'espère que vous avez pu faire pendant douze ans des économies suffisantes pour vous mettre hors des atteintes de la misère.\u2014 Monsieur Caraquette, dit la comtesse, je vous remercie de vos sympathies.Quant aux cancans qui se font sur la mort du vicomte, je vous prie de croire qu\u2019il n'en est rien.Mon fils vit ct est en parfaite santé, Aujourd'hui il est sain comme une rave, Si vous voulez le voir je vais le faire appeler.I! ne doit pas être bien loin.La comtesse appuyu le doigr sur un timbre.Ursule parut.La comtesse lui demanda de faire venir le vicomte, Au bout d\u2019une minute le petit Pite fit son apparition dans le salon.Bigre, dit Caraquette en le tuisant des pieds à la téte, le bam- min a rudement grandi depuis quelques mois, \u2014Sa maladie, dit la comtesse, était une maladie de croissance.Caraquette hocha la tête d\u2019un air de doute et tirant une tabatie- re de son gousset il aspira une prise.Il cligna de l\u2019ocil et regardant le gamin entre les deux yeux il lui dit : \u2014Comment t'appelles-tu, mon gros?Le petit Pite à qui le père Sansfaçon avait fait la leçon, répondit avec aplomb : \u2014Je m'appelle le vicomte de Bouctouche.\u2014Tu ne vas pas au college?\u2014Oui, monsieur, mais je suis en vacances, à cause de la mort de mon père.Caraquette, après avoir jonglé quelques instants, reprit: C\u2019est bien, vicomte, vous pouvez sortir à présent.Je veux rester seul quelques minutes avce votre uière, Le petit Pite sortit du salon.\u2014 Madame, fit l\u2019homme au chapeau de castor gris, je ne suis pas encore convaincu de l'identité du vicomte.Il me reste encore une preuve à obtenir.Cette preuve, c\u2019est le signe qu'il porte sur son corps, l'empreinte du castor, \u2014Ol, monsieur Caraquette, s\u2019il ne vous manque que cette preuve, je puis vous la fournir dans quelques minutes.Tenez, appro- chez-vous de cette fenêtre qui s\u2019ouvre sur la rivière.Ecartez le rideau et voyez mon fils qui se prépare à traverser le courant à la nage avec un de ses petits camarades, \\ Caraquette s'approcha de la fenétre ct dirigea ses regards vers la grève.- En effet, le gamin se déshabillait pour se jeter à l'eau.La comtesse présenta à Caraquette une lunette d'opéra en lui disant: Voyez vous-même et assurez-vous de la vérité.Caraquette prit la lunette et la braqua sur le petit l\u2019ite qui était justement en train de mettre son caleçon de bain.Sur la circonvolution gauche du postérieur de l\u2019enfant, il avait vu distinctement l'empreinte de castor avec les mots \u201ctravail et concorde\u201d.L'homme au chapeau de castor gris laissa tomber ses bras d'un air découragé.It était vaineu par la preuve.Il se tourna vers la comtesse et lui dit: Madame, je mets bas les armes.J'avais cru à un complot entre vous ct votre mari pour garder la fortune des St-Simon.Je fais amende honorable à la mémoire du comte ct je vous demande de me considérer comme un ami et un protecteur dévoué.Maintenant armez-vous de courage car j'ai une triste nouvelle à vous annoncer, lei Caraquette raconta à la comtesse le vol du trésor des Bouctouche commis dans son hôtel.Ja comtesse pâlit, et après quelques instants elle parut reprendre son sang-froid, Après unt minute de réflexion elle dit à Caraquette : \u2014Je crois connaître le voleur.H n'y en à pas d'autre que Cléophas, un domestique de mon mari qui se trouvait avec lui à Stel'hérèse, au moment de sa mort.\u2014Cléophas, dites-vous, mais c'est l'indvidu qui a été arrété pour avoir tiré un coup de pistolet sur votre servante ; Cléophas qui s'est évadé de la prison de Ste-Scholastique, Soyez sans crainte, madame, dans quelques jours ce scélérat tombera entre les mains de la justice, s\u2019il n\u2019est pas rendu aux Etats-Unis.Les détectives dc Montreal, Lafond et Riché, ont Ia chose en main.Ils finiront, j'en suis sûr, par mettre la main sur le pot aux roses et à pincer le coquin.l'endant la conversation qui suivit entre Caraquette et la comtesse, un bruit assez étrange se Êt éntendre dans la cuisine.Bientôt ce furent des éclats de voix, des sacres et un fracas de vaisselle qui se cassaît.La comtesse se leva précipitamment et courut à la cuisine.Là elle vit Bénoni qui était en train de créper la chevelure à aimee ct de tout démolir dans l'appartement.sa bien- XX CONCLUSION.Bénoni après l\u2019attentat sur Lrsule était resté à St-Jérôme où il espérait rencontrer Caraquette.H avait fait la connaissance: avec l'homme de cour du curé et par son influence il avait obtenu de l\u2019emploi dans les mines de fer.Bénoni était un licheur de première force Son gosier était devenu un véritable Sahara.I1 buvait comme les sables de ce désert, Lorsqu'il était cassé il recourait à des emprunts effectués au détriment de la bourse d\u2019Ursule.Ta pauvre fille avait épuisé le petit trésor de ses économies pour satisfaire aux exigences de son amant.l\u2019endant la visite de Caraquette Bénoni était entré dans la cuisine de la comtesse où son amoureuse.était en train de faire le blanchissage de la maison.e Ursule, les cheveux en désordre était penchée sur sa cuve et s'usait les jointures sur une planche à laver.Des grosses gouttes de sueurs perlaient sur le front de la jeune fille et tombaient dans la cuve d\u2019où s\u2019élevait une buée fad: et chaude.Bénoni, qui était entré en titubant s'approche de la jeune fille ct lui passa un bras autour de la taille.Ursule lacha le linge qu'ell frottait sur les cannelures de sa planche et d'un coup de coude violent elle se débarrassa de l\u2019étreinte du pochard en disant : \u2014V'eux-tu t'arrêter! Bénoni d'une voix entrecoupée par des hoquets chargés des effluves de la boisson qu'il avait bue, lui répondit : \u2014\u2019Tiens, Ursule, il y a pas le \u201cgo-long\u201d.Faut que tu me prêtes trente sous, je te remettrai ça dans le temps du gagne.\u2014Bénoni, il y a longtemps que tu m'achales pour de l\u2019argent.Cré sans coeur! tu viens trouver Une créature pour avoir trente sous, Faut que ça finisse ! \u2014-Cré tête sèche! Est-ce comme ça que tu traites un ami?Tiremoi un trente sous de suite ou je te fais péter ma main sur les babines.\u2014Pas d'affaires! Bénoni! j'ai mon lavage a faire et si tu ne fiches pas ton camp tout de suite j\u2019appelle la bourgeoise.\u2014Je m\u2019en moque de ta bourgeoise.Ho là! Ursule, tire ton ar- 6 gent ou bien t'attraperas une gniole dont tu te souviendras pendant quelque temps.Ursule se replia le corps au-dessus de sa cuve et recommença à frotter son linge sur la planche.Bénoni saisit son amante pa: son waterfall et la renversa.Bénoni était en train de donner une tripotée à Ursule lorsque la comtesse parut dans l\u2019entrebaillement de la porte de la cuisine.La présence de la bourgeois: eut pour effet d\u2019assobrir Bénoni.Madame n'eut qu\u2019à dire queiques mots pour rétablir l'ordre dans sa maison.D'un geste majestueux elle montra la porte au tapageur qui s\u2019empressa de décamper.Caraquette, après une heure de conversation avec la comtesse, la décida à partir le lendemain matin pour Montréal.Le train de sept heures ramena dans Montréal la comtesse de Bouctouche, Ursule, Caraquette et Bénoni, ce dernier s\u2019était fait payer son passage par Ursule.Caraquette rendu à son hôte: devint jongleur.La police n\u2019avait pas mis lu main sur le voleur du trésor de Bouctouche.Partant il lui était impossible de payer la rente à la comtesse.Celle-ci pour échapper à la misère loua un magasin sur la ruc Craig ct ouvrit un débit de tabac, de cigares et de ginger alc.En arrière du magasin, dans son salon particulier, elle vendait de la boisson sans licence, Les habitués de son café étaient Caraquette et Bénoni.Ursule servait la \u201cbar\u201d et par son minois agaçant elle faisait venir l\u2019eau au moulin.Cléophas.de son.côté, menait la vie à grandes guides, semant l\u2019or autour de lui.Il apprit par l'entremise d'une des pratiques de la comtesse que Caraquette le cherchait avec des détectives pour le livrer à la police.Il résolut de se venger.Un soir, il engagea le pére Sansfaçon pour faire le tour de la montagne, En revenant en ville il entendit de la musique dans le restaurant de Madame de Bouctouche.Il entra dans la boutique et rencontra Caraquette ct Bénoni.Naturellement il cut des coups de donnés.On brisa les carafes, les chaises et une partie de l\u2019ameublement.La police arriva et toute la imaisonnée fut arrêtée.Traduits devant le recorder les prisonniers furent condamnés, chacun à trois mois de prison pour avoir tenu une maison déréglée.Le petit Pite passe ses vacances à Ste-Thérèse.Le père Sansfaçon n\u2019a pas été plus heureux que les autres.Il a été trouvé ivre dans sa voiture, sur la rue Jacques-Cartier, et condamné à un mois de prison.Ursule a été internée au Bon-Pasteur.* , DEUXIEME PARTIE.1 LIBERTE ! Trois mois sc sont passés depuis les événements que nous avons racontés dans la première partic de cette histoire.Nos lecteurs se rappelleront que Caraquette, Cléophas et Bénoni avaient été condamnés par le recorder à trois mois de prison pour avoir fait du tapage dans la boutique de la comtesse douai- riére de Bouctouche, Six heures sonnaient au beffroi de la prison de Montréal connue sous le nom d'Hôtel Payette.C'était pour les pensionnaires l'heure du lever.Ce matin-là un tourne-clé s\u2019approcha de Cléophas, de Bénoni et de Caraquette au moment où ils allaient entrer dans le réfectoire où \u2018le skelly fumait dans des gamelles en fer-blanc.LE CANARD, Montréal, 17 Mars 1918.Vol.XL! \u2014 No 20.L\u2019employé de la prison leur dit qu\u2019ils ne déjeuneraient pas ce jour-là.1ls avaient fini de purges leur sentence et ils devaient se dépouiller de la livrée des prisons pour reprendre les vêtements qu\u2019ils portaient le soir de leur arrestation.Ils furent conduits dans le bureau du gouverneur de T\u2019établissement qui signa la levée de leur écrou.Ils suivirent le tourne-clé dont les lourds souliers ferrés résonnèrent sur les dalles du perron.Ils traversérent le préau, Les gardiens ouvrirent la poterne dans la porte d'entrée.Les trois prisonniers avaient retrouvé leur liberté.Avant de se séparer, les trois personnages qui avaient sans doute quelque chose d\u2019important à se communiquer, cherchèrent une auberge où ils pourraient causer en tranquillité.Ils éprouvaient le besoin de prendre une cerise parce que leurs habillements d'été juraient avec «à rigueur de la saison.Brrou! brrou! fit Cléophas, en s\u2019enfonçant les mains dans ses poches de pantalon ct cn frissoanant sous le souffle d'un froid humide et pénétrant, Dépéchons-nous! Tencz, entrous ici, en désignant l'auberge de Jubinville, qui était à quelques pas de la prison.C'est moi qui paie.Je m'aperçois que j'ai un gratin d'argent.\u2014C\u2019est fait, répondirent ses deux compagnons de chaîne.Ils entrèrent dans l'hôtel et s'assirent confortablement dans un petit salon attenant à la buvette.Après avoir absorbé une première consommation, Caraquette prit la parole: \u2014Ah ça, dit-il, lorsqu\u2019on a pensionné ensemble pendant trois mois chez Payette, on doit oublier les vieilles rancunes, Devenons amis tous trois, aidons-nous les uns les autres et je promets que si je réussis dans une de mes entreprises, je vous donnerai à chacun une large part du gâteau.Vous, Bénoni, vous pourrez vous m&ttre en ménage avec Ursule, Quant à vous, Cléophas, vous aurez la Eonfiance de la comtesse de Bouctouche, et elle vous récompensé, grassement si vous parvenez à lui faire retrouver un trésor qu\u2019elle a perdu.\u2014Ah, oui da, oui, dit Cléophas en prenant un air penché et songeant probablement à l'argent qu'il avait caché dans le cimetière militaire.Oui, mais il y a une petite difficulté, c\u2019est mon affaire de St-Jérôme.Vous, monsieur Caraquette, vous pouvez vous vanter de m'avoir fourré dans de jolis draps.La police de Ste-Scholastique et de St-Jérôme va se mettre à mes trousses et finira par me pincer.Vous savez tous que je suis innocent du crime dont Ursule m\u20191 accusé, innocent comme le petit poulet qui tette sa mèrc.Caraquette reprit: \u2014T'enez, Cléophas, si vous voulez me jurer aujourd\u2019hui une obéissance aveugle dans l'entreprise que j'ai commencée, je me charge de vous tirer d\u2019embarras, Ursule retirera sa plainte devant les magistrats et les autorités ne vous inquiéèteront plus, \u2014Je vous le jure à une condition : c'est que vous prendrez tous les moyens de m'empêcher de tomber entre les mains de la police.\u2014Fiez-vous à moi, c'est entendu et bien-compris.\u2014Comptez sur moi, dit Bénoni.Je suis votre homme.\u2014Dans ce cas, reprit Caraquette, je vais me mettre à l\u2019oeuvre dès aujourd\u2019hui, Trouvez-vous tous deux sur la petite rue Ste-Thé- rèse demain à dix heures du soir.Je vous donnerai alors mes instructions.Les trois amis trinquèrent encore plusieurs fois et sortirent de l'hôtel.Caraquette et Cléophas suivirent la rue Notre-Dame jusqu\u2019au carré Dalhousie.Bénoni prit la direction de la maison du père Sansfaçon où il devait faire sa première visite à Ursule qui était sortie de la prison des femmes en compagnie de Madame de Bouctouche.(À suivre) \" Vol.XL! \u2014 No 20.LE CANARD, Montréal, 17 Mars 1918.7 33| MOIS DESPRIT ILLUSTRES | % EN FAMILLE.\u2014Tâche de ne pas avoir l\u2019uir trop vieux.mais ne flirte pus uvec les dames et ne te serre pus trop près des demoiselles.MALADE.\u2014Vous en avez une chienne de maladie!!! SN a; ve Zi \u2014En voila un qui fait comme vous: il en emmène un qui n'a pas \u2014Vous êtes bien malade! hi 9 sa te § Wer 4 wih J I 07 A 4 2 ; » / A 7.Ng A \u2014Qu'\u2019est-ce que j'ai?Le rhumatisme, le choléra, la lèpre, le beau mal ou le mal de mer?\u2014Pire que cela.Vous êtes atteint du mal à main.\u2014Mon Dieu, je suis foutu! L'HISTOIRE \u2014 tT TIDES eS =A 2 i CY A * \u2018 .- Le \u201cCanard\u201d est le \u201cseul\u201d journal du genre humoristique français en Amérique.#* \u201cMais quelqu\u2019un troubla la fête à Maisonneuve\u201d.comme à Montréal, le \u201cCanard\u201d est toujours prêt.mot.A Québec a dire sou * * x Il faut que le maire Martin soit à bout d'arguments sérieux à invoquer, dans sa campagne, pour faire le procès du Conseil Législatif, où il a si férocement voulu entrer, mais dont Sir Lomer Gouin lui a fermé la porte, et pour juste cause.M.Lambert de Ruode à de sages idées sur l'instruction et de buns conseils sur l'éducation.Quand le diable se fit vieux.x On dit que l'esprit guerrier se ranime en Russie, et que, par ailleurs le Japon se disposerait + cn activer la flamme, si l\u2019invasion teutonique devait se poursuivre.ie cuivre rouge a subi une nouvelle hausse depuis la décision du gouvernement d'interdire l'importation des boissons alcooliques, Tout ce qu'il y avait sur le marché du continent américain a été acheté par des fabricants d\u2019alambics.-\\vec les beaux temps, et lorsque le soleil reprendra sa vigueur, Verrons-nous, comme l'an dernier, trainer des cocottes dans les champs et dans les farduches, comme la chose est maintes fois arri- vee?le scandale et la pourriture sc répandent cffroyablement vite.\u201c+ l\u2019ourra-t-on nous expliquer pourquoi les banques américaines paient quatre pour cent à leurs déposants, tandis que les banques canadiennes n\u2019en donnent que trois?Nos banques ont autant de revenus, l'escompte qu\u2019elles prélèvent cest aussi élevé, Qui donc nous éclaircira là-dessus ?LS * » \u2019 laissons la Marseillaise pour d\u2019autres terres et d'autres cir- cunstances ; changeons-en les mots les plus expressifs, et d'un commun accord chantons assez haut et assez fort pour faire trembler les tyrans d'Ottawa, les spoliateurs de constitutions, les protecteurs , des gros bénéficiaires de contrats de guerre, le créateur d'hypothèques du sang sur le peuple.* l\u2019armi les dons qui se font pour le Fonds de Secours Belge dans l'Ontario, on y trouve plusieurs Bibles.Les Belges n'ont-ils pas besoin de choses plus urgentes que des Bibles?Il y a des gens qui poussent leur \u201ccrankerie\u201d jusque dans les choses sinistres.: * * Constatation intéressante puisée dans un journal : \u201cAux États-Unis, les catholiques ne forment que le treizième de la population, cependant ils forment quarante pour cent du total de l'armée et cinquante pour cent de la marine, L'école neutre, les sports à outrance, In vie matérielle produisent de nombreuses gens impropres au service militaire.\u201d Après tout, on finira bien par accorder aux catholiques une certaine valeur! x * x Que peut-on leur cracher, à ces imbéciles de coloniaux de l\u2019Ontario pour les empêcher de répandre sur notre compte toutes sortes d'infamies, les unes plus grossières, plus stupidement bêtes que les autres, On répète encore que c'est grâce à l'or allemand que le Québec se prononce si unanimement contre la conscription.On ne pourra le répéter assez souvent : nous ne sommes pas des commerçants venaux comme vos congénères, WRC.Th = lite ¥ andi rn - + a _\u2014 10 LE CANARD, Montréal, 17 Mars 1918.Chronique Trifluvienne (Coin Flambant 1) THE TOOTH PASTE COMPANY LTD.Il nous fait plaisir d'annoncer qu'une nouvelle compagnie de Pâte à Vents vient d'être formée aux Trois-itivières, et qui déjà est très en vogue, le gérant général étant M.D.et la bouffie à Lambert, agent de publicité, contrôleur de cette nouvelle et jouissante pâte à dents.M.D.en est l'inventeur et aussi démonstrateur car pour que cette pâte à donts ait l\u2019effet voulu il faut se frotter les dents ensemble dans une chambre à coucher ou dans un poulailler et surtout ne pas oublier de se servir exclusivement de la fameuse brosse à dents inventée par la bouffie à Lambert; le manche est en \u201cRubette\u201d salape pye et de poils d'éléphant et l'on doit s\u2019en servir de la main droite seulement.L'annonce de cette fameuse pite a dents a 6té faite par téléphone seulement et elle se vend admirablement bien depuis.Elle est si bien appréciée de tous ceux qui s'en sont servis que M.Albert D.ne cesse pas d'en faire la démonstration.Ce qu'il y a de remarquable, c\u2019est qu'il change de main sans perdre un seul mouvement d\u2019après ce que nous avons remarqué c'est que c'est mieux quand on se frotte les dents ensemble dans un poulailler, n'est-ce pas, Albert?Donc, à l'avenir, qu'il soit bien entendu que cette compagnie sera connue sous le nom de \u201cLa Cio Pâte Dentifrice Limitée\u201d, en anglais \u201cThe Tooth Paste Co.Ltd.\u201d, et la devise de cette compagnie est comme suit: \u201cViens-tu on va se frotter les dents ensemble?\u201d .# EFFETS ET MOLE D'EMPLOI.1° Se frotter les dents ensemble.2° Usage de la brosse de la bouffle à Lambert.3° Se frotter les dents de la main droite seulement.4° Dans une chambre à coucher ou daus un poulailler.5° Ne pas faire l'oeuf en se frottant les dents.ta EFFETS.1° Jouissances continuelles.2° Frottez jusqu'à ce que les dents vous dégouttent, alors c'est fini.Ah! Albert, que je t'aime!.* x Médéric et Frisé se sont frotté les dents ensemble et depuis ce temps {ls ne nous quittent plus.° * On a môme vu Edmond C.(Jésus) se les frotter avec Mayrand.Oh! quel spectacle! * .+ Alphonse B.se baisse toufours avant de se les frotter ayant un doigt sous le nez et l'autre sous son mignon menton.* + Jos.L.et Alf.Hébert se servalent de Colgate mais maintenant se servent de la pâto à Albert, ils I'aiment comme des fous.Dye D.a acheté un grand nombre de parts dans la fameuse compa- Bnie de frottage de dents ensemble; on l'a même vu avec l'inventeur, ils se frottalent les dents ensemble.Il ne pense plus d'aller à Montréal pour se trouver uno boucle à ceinture pour son pardessus.O vous tous qui ne connaissez as l'histoire ni les effets de cette prodigieuse pâte à dents, faites-vous faire une démonstration par l'inventeur, elle est absolument gratuite, et pour plus amples informations adressez vos demandes à la Bouffle à Lambert qui ss fera un grand plaisir de faire des appointements pour la démonstration, car c'est dans son intérêt de lo faire afin que cette compagnie de pâte à dents soit un succès.Au moment d'aller sous presse, il nous fait plaisir d'apprendre qu\u2019il est très probable que chez Lamothe et Hébert (le coin flambant) seront nommés distributeurs généraux pour l\u2019Alaska et l'Île du Groenland ainsi que Ste-Angèle, car à notre point de vue, leurs relations commerciales leur permettront d'introduire avec efficacité cette charmante pâte à dents dans les districte mentionnés.ZING GO.0: Jos.C.(actionnaire d'une patinoire) se laisse pousser une moustache.Tous les soirs il se la graisse avec de l'huile d'olive afin de la garder Vol.XLI \u2014 No 20.soyeuse.Malgré les offres de lui puyer son barbler, il refuse catégoriquement de se la faire couper.Espérons qu'il reviendra à meilleurs senti- ments.HA! HAW!!! .0: Adélard V.est repris avec le \u201c5, 10 et 15\u201d.Que va dire celle de Batiscan ?Wilbrod L.continue d'être de plus beat en plus beau, 11 est vraiment séduisant le garçon.\u2019 A mon cher Aimé D.\u2014 Ecoute, mon cher Aimé, ne fais pas de bêtise pour moi, ton amour mo suffit, un bon baiser vaut mieux pour moi qu'un cadeau.D'abord ce n\u2019est pas pour le luxe, mais je préfère l'utile à l'agréable.Encore une fois, mon cher Aimé, ne fais pas de folie, ton amour me suffit.Donc, à ce soir, mon bien aimé.\u2014 D2 ta grosse qui est disparue.* A.V.va enlever son casque de mouton de Perso, vu que le printemps est proche; à molns qu'il y ferait poser une palette.Wilbrod L., mon chou à la Sede, je m'ennuie quand tu n'es pas là, je m'ennuie même quand tu y es et que tu n'es pas seul avec mof.Il me semble quand il y a quelqu'un qui nous regarde, nous sommes si beaux qu'ils peuvent nous enlever.Tol c'est moi, moi c\u2019est toi; toi et mol nous faisons qu'un seul et même \u201ctoit\u201d.x ** Jos.G., voici la chose.Le soir même, maman se doutait de quelque chose, elle m'a enfermée.J'ai fait tout mon possible pour sortir et je n'ai pu.Une autre fois, je prendrai mieux mes précautions.Pardon encore une fois et à bientôt, pauvre amoureux malchanceux.\u2014 Frézine.ZIG ZAG 10: «\" NOUVELLE POSITION AUX TRIFLUVIENS, Wilbrod L., un ancien attaché des Trois-Rivières, promu au grade d'assistant du président Poincaréx \u201c ok Ernest P., nous to conseillons de conserver ton avoine que l'on l\u2019a donnée, car tu en aurais de besoin plus tard.* * Kk J.P.voudrait savoir quelle bête les demoiselles XX.craignent durant les grosses tempêtes dos jours derniers.Serait-ce des visons, par hasard, ou des chats sauvages ?« * % P.D.est blen enchanté des félicitations qu'on lui a faites pour son chant si harmonieux.Cependant il aimerait lui aussi offrir ses sincères félicitations pour le beau morceau de musique exécuté par notre célèbre pianiste Ti-Fan Lanouette dit W.L.* ¥ x P.B., ale doic plus de pitié de Tibi, car tu lui causes beaucoup d'inquiétude au 5, 10 et 16.* * ox Et tol, Nini, ne flirte pas tant avec A.B.AV.LG.ete x * x } Adélard V., Roméo te conseilleratt de continuer tes marches avec NI- ni sur la rue Laviolette pour rétablir ta santé, x.W.B., tâche done d\u2019avoir plus d\u2019égard pour \\V.L.Lorsque tu sors avec lui, les samedis soirs, car tu poux lui causer de grands retards dans ses rencontres qu\u2019il s'engage à faire ces soirs-là.M.B.:0: - \u2019 AVIS AUX TRIFLUVIENNES.Wilbrod L.à failli se faire enlever au Cap, ot maintenant s'il retourne 4 Louiseville fl va se faire enlever.Par qui?x ¥ 3x Wilbrod L.est un garçon qui fait tout et connaît tout._ + *x% Ah! ce pauvre Wilbrod, comment était la constitution samedi le 2 mars?Very hot, my dear! \u2014 (Signé) Bearx * * On nous annonce pour le milieu du printemps la démission de Wilbrod L.Avis à Melle LB.de ne pas le laisser enlever car 11 est comme l'oiseau sur la branche.\u2014 (Signé) Fanferlouche, \u2019 * , x % O.D.dit que c'est un plaisir de chanter, surtout quand il est accom. LE CANARD, Montréal, 17 Mars 1918.11 Dans les Théâtres de New York Mariage d\u2019un conïrère new-yorkais Quoique le Punch and Judy Theatre soit de dimensions exiguës, 11 semblait à la première de \u2018Her Country\u201d qui vient d'y être donnée, que l'auditoire par son enthousiasme ot ses manifestations diverses donnait l\u2019impression qu'on se trouvait dans une salle aussi vaste que le Métropolitain.Il faut dire que la pièce est à ce point anti-boche qu'on y lapide à un moment donné le portrait du Kaiser.\u201cHer Country\u201d, pièce de Rudolph Besier et Sybil Spottswoode, met en scène, ainsi que nous l'avons dit, la vie prussienne.Cela n'étonnera personne d'apprendre que tout dans cette pièce, du mobilier, des \u2018\u201csteins\u2019\u2019 de bière, à l'outrage des femmes et aux atrocités de la guerre, révèle l'âme du Boche.Miss Rosa Lynd et M.Onslow jouent morvoilleusement les rôles principaux, ceux d\u2019une jeune Américaine et d'un hobereau prussion.* * x Le succès de \u201cCheer Up\"?Oyez! Cette pièce extraordinaire, co spectacle magique, entro À l'Hippodrome dans sa 30e semaine.Près de 350 représentations ont déjà été dounées et le \u201ctotal des spectateurs qui y assistèrent égale la population de plusieurs grandes villes.x *.Les Washington Square Players donnent au Comedy Theatre une pièce réaliste en 3 actes de Miles Malleson, \u201cYouth\u201d.Le héros de la pièce est un jeune homme qui désire se mettre en ménage, mais qui, vu son joune âge et son inexpérience de la vie, ne veut pas s'engager à un amour éternel.Il rencontre enfin, grâce à des amis qui se sont trouvés dans le méme cas que lui, une jeune fille qui comprend sa sincérité, l'aime et consent à dovenir sa compagne, Jusqu'au jour où il se sentira assez sûr de lui-même pour réguläriser leur union.- Le sujet de la pièce est assez délicat, mais admirablement rendu par les Washington Square Players.* * =» Qu'est-ce que la France?\u2014C'est vous, c\u2019est l'âme que vous avez donnée à votre travail, celle que vous avez donnée à votre terre, ou celle que la terre vous a donnée! Aimer la France c'est vous aimer vous-même.Le \u201cVieux Colombier\u201d est notre nid: un joli nid construit pour protéger et faire apprécier nos idées, notre art.Rodin a dit: \u201cL'art, c'est la plus sublime mission de l'homme, puisque c\u2019est l'exercice de Ia pensée qui cherche à comprendre le monde et à le faire comprendre\".Allez au théâtre du \u201cVieux Colombier\u201d, vous en sortirez l'âme en fête et plus Français que jamais.Un jeune abonné, devenu sensé et.heureux, à l'école de la souffrance.ANDRE LUCIEN.pagné par vous.Ce n\u2019est pas pour sa voix harmoniouse mais pour votro grande connaissance en musique.* * * Dernière nouvelle: On nous annonce pour le 23 décembre prochain le mariage.de Wilbrod L.avec Melle Ida B.Il doit la flancer le 16 juin (comme de raison s\u2019il n'est pas enlevé).* Comment est-ce qu'est le nez, Wilbrod?Pas mal, mais B.frappe en maudit et pour moi je pensais de l'avoir entendu dans le petit char, mais, erreur, c'est mol qui avais le nez enflé.\u2014 Ton dévoué Ti-Jean Nicol.%# + .Tibi, quand tu seras devant le théâtre Galeté, et quand tu verras Melle Léonide L., tâche donc pas d\u2019enfoncer la porte du théâtre pour entrer et te cacher.+ Léonide L., fais attention aux espions.Tout ce que tu fais est rapporté A Tibi, x* Wilbrod L.dit qu\u2019il ne s'adonne plus avec son entourage intime, Pour mol, je lul conseillerais de se retirer dans une cago privée (remarquez bien tout son entourage).* * Ecoute donc, Wilbrod, as-tu trouvé ton casque?Tu l'as pas laissé par New-York, le .\u2014 Nous avons l'honneur de présenter à nos lecteurs, deux des plus sympathiques artistes du Quartier Latin do New-York: Arthur H.Moss, rédacteur-en-chef, metteur en page et correcteur d'épreuves de la \u2018Plume d'Oie (The Quill), organe officiel de la grande bohème de Washington et Sheridun Squares, et orgunisateur des bals des Quatre-Z'Arts de Webster Hall.Moss est ce qu'on est convenu d'appeler un \u201cregular guy\u201d et n'appartient pas à cette catégorie de poètes à longs cheveux, ou d'artistes peintres aux pantalons à pattes d'éléphant qui infestent lu colonie étudiante d'ici, Moss est un copain qui a fait son stage à la Butte Montinartre et qui connaît la rue Lepic aussi bien que le Boul\u2019Mich D'un plume facile, il aborde tous les genres d'articles dans sa revue satirique qu\u2019il a su établir sur des bases solides, malgré les temps durs que nous traversons.Nous avons également beaucoup de plaisir à présenter à nos lectrices la reine du Quartier Latin Américain, er la personne de Millla C.Davenport, une gentille artiste pointro, paysagiste, aquarelliste, dont le studio de la 4e Rue, entre Washington et Sheridan Squares, renferme des trésors qui attestent le talent et la maîtrise de la palette.Ces deux artistes étaient souvent vus ensemble, soit au Quartier, soit dans les tavernes ot les \u2018tea rooms\u201d où les lleux de réunions d'artistes américains.C'étaient deux bons camarades estimés de tous ceux qui les con- naissulent.On savait bien qu'Arthur contait fleurette à Millia, mais personne n'y prétait attention, et celle-ci était la première à no pas prendre au sérieux les boniments de ce troubadour dernier cri.Cependant, un jour, la rumeur circula quo le scribe de la 4ème Rue avait tellement bien plaidé sa cause auprès de colle qu\u2019il afmait, que celle-ci s'était laissé convaincre et n\u2019avait pas trop fait d'objection à ce que son annulaire soit orné du jonc sacramentel.Et c'est ainsi que fut célébré dernièrement le marlage de ces deux bons cumarades, événement qui fera époque dans les annales artistiques new-yorkaises.Pour commémorer cette cérémonie, qui prit les proportions d'un chahut en règle et qui empêcha les habitants de Washington Square de dormir, un \u201cflash-light\u201d fut pris à minuit pendant que la fête battait son plein.Madame Moss, qui connaît bien son homme, semble dire: \u201cMon vieux Arthur, pas de farce, c\u2019est sérieux, cette fois-ci\u201d.Et l'humoriste pince-sans-rire semble lui répondre, en tenant de sa main gauche le certificat de fidélité qu\u2019il vient de signer: \u201cNe crains rien, chère épouse, c\u2019est moi qui rame\u201d.:0: \u201cJimmy\u201d, surintendant de la composition à la \u201cPatrie\u201d et le frère Louls Durocher, du même département, qui sont deux sportsmen enragés, ont dû écoper leur 55 sous, samedi dernier, au Jubilé.Ils avaient une passe double pour la saison, qui n\u2019a pas été honorée.Attention, mon ami Lucien, si le Frère Louis se fâche, tu vas perdre sa clientèle.pes APR ANA hasard chez les Melles XXX.?Parle-moi d'une affaire, Adélard a perdu ses bottines et avec tout cela y va user ses neuves el fl ne pourra plus aller à Batiscan voir sa chouchoune qu\u2019il aime tant, (Transfer, please.) Votre tout dévoué rapporteur, TIT-JEAN LATREMOUILLE.: 0: Jos.P.était en visite chez A.F.V.L.T.D.Qué t'as dit la belle Trifluvienne lorsque tu étais sur lo marchelpieds.Si tu la rencontrais cette belle jeune fille qui a parlé do tes gants \u201cblancs\u201d, ne pourrais-tu pas la recon- naftre?Jos., 8.v.p., Ote donc tes pleds de cette fendtre et ne t'asseois pas sur la valise pour fumer avec ta belle pipe de Blé-d'Inde.As-tu ta voiture & deux sleighs que tu m'as parlé?JAD.: 0: Annette D., où allais-tu après le whist, mardi soir?* * x Dora E., pourquoi t'es-tu séparée du \u201cset\u201d?* x X Bertho S., comment se fait-il que tu courtises Bonhomme?; \u201c* Sa soeur, vous m'avez l\u2019air à vous ennuyer?ZIZL.* * * Adressez toute correspondance destinée au Courrier des .Trois-Rivières comme suit: \u201cLE CANARD\", Casier postal 163, | Trois-Rivières.| ! | 12 LE CANARD, Montréal, 17 Mars 1918.Vol.XL! \u2014 No 20.À À Louer, à Vendre ona Donanger Pour une Propriété de Ville Ce Beau et Grand Cottage \u201cina sation» LONGUEUIL XPS TFT PE lle 7 : k RNY SR à eon ; 2 7 Ra à , A ft Age \u201cA ; 3 J! em J sn + 2 728 | à 3 => _ > il Ch Go: =A ; k TR x le FN
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