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Titre :
Le Canard : journal humoristique
Journal hebdomadaire humoristique et satirique qui a connu un vif succès en son temps. [...]

Le premier numéro de ce journal fondé par Hector Berthelot - qui en est aussi le principal rédacteur - paraît le 6 octobre 1877. Le succès est immédiat, comme en témoigne le tirage, qui passe du simple au décuple au cours des deux premiers mois. Berthelot n'est pas précisément un néophyte : il a été auparavant collaborateur à La Scie de Québec, une feuille humoristique, et reporter au Bien public de Montréal avant de passer à La Minerve, qu'il quitte en 1878, Le Canard lui demandant trop de travail.

Cet hebdomadaire humoristique changera plusieurs fois de titre. En août 1879, Berthelot cède son journal à Honoré Beaugrand pour fonder, le 23, Le Vrai Canard. Il le remplace, le 12 novembre 1881, par Le Grognard afin que le public ne confonde plus Le Vrai Canard et Le Canard, qui ne cesse de publier des âneries et des insultes qu'on ne manque pas, à son grand déplaisir, de lui attribuer. Des difficultés financières le forcent toutefois à se départir de son journal le 8 mars 1884. Le 25 septembre 1886, Le Violon est rebaptisé Le Grognard.

Quant au Canard, que Ladébauche (un personnage inventé par Berthelot) a popularisé, il continue son chemin avec son nouveau propriétaire, Honoré Beaugrand.

En 1888, Le Violon disparaît pour faire place à Passepartout jusqu'en 1893. En 1893, Berthelot reprend Le Canard, qui a cessé sa publication depuis le 24 septembre 1887. Le petit journal revient au titre premier, Le Canard, avec A.-P. Pigeon comme administrateur.

Le journal contient des textes et des chroniques féroces de satire politique, ainsi que des caricatures, des dessins humoristiques et des bandes dessinées, légendées pour la plupart, sous la plume de Berthelot lui-même ou sous celle d'Henri Julien (qui signe parfois Octavo ou Crincrin), d'Albert-Samuel Brodeur ou d'Arthur Racey.

En dépit de sa disparition en 1936, Le Canard ne cesse de fasciner les éditeurs. À preuve, ces trois tentatives de le relancer : une première a lieu le 21 septembre 1957 et indique une 85e année d'existence; une seconde, en date de mai 1973, fait mention de 96 ans d'existence et affiche l'épithète « québécois »; une dernière et éphémère reprise a lieu en 1976.

À noter que cet hebdomadaire est l'un des premiers journaux humoristiques à se doter d'une presse à vapeur et à publier des illustrations en couleur.

Il était tiré à 500 exemplaires en octobre 1877, à 10 000 en décembre 1877, à 15 000 en mars 1879, à 8 500 en 1910 et à 45 000 en 1933.

Principaux collaborateurs : Hector Berthelot, Henri Julien, Arthur Racey et Albert-Samuel Brodeur.

Sources

« Les journaux satiriques du XIXe siècle », Bibliothèque et Archives Canada,

http://www.collectionscanada.gc.ca/comics/027002-7100-f.html.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1975, vol. 2, p. 257-259.

BOIVIN, Aurélien, « Berthelot, Hector », Dictionnaire biographique du Canada,

[en ligne]

TASSÉ, Henriette, La vie humoristique d'Hector Berthelot, Montréal, Éditions Albert Lévesque, 1934, p. 51-62.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1893-
Contenu spécifique :
mardi 1 novembre 1949
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Passepartout (Sorel, Québec)
  • Successeur :
  • Canard québécois
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Références

Le Canard : journal humoristique, 1949-11-01, Collections de BAnQ.

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[" Joan-Charles HARVEY B i - M E N S UE L H U M oO R i S T i Q U E Rédigé en collaboration T3e année \u2014 No 3 MONTREAL, ler NOVEMBRE 1949 Le numéro: 10 cents On0O40 18501 ( em EN CS Lhobitude des visites royales.Baise-main a la Camilienne, lors de la réception officielle Elsie.la Reine des Vachesx aR à a à; ed: rave, fT AT ney Le on es as SPS REY x des x Ths TA RES Ri NE AR tire FR TE Rp Ft Scandale au Bal des \u2018Vaches PAGE 3 x Sik = ect Fs ee > pes AE So Ri PERE Mystères de Montréal PAGE 8 A 5 sus a is AS a ol ae Fa RC ed si Sh Ek ue su is a) ce ASE i\u201d ER Eur Ei most rate Cancans de Holl ywood pac Choses vues et senties te \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 PET [IES 0 od ' TS RUISSEAUXK.De notre correspondant de Los Angeles Il est de mode, quand on est riche, d'avoir un \u201cswimming pool\u201d (le mot piscine fait moins riche et, d'autre part, il produit un équivoque gênant quand on le prononce en angiais) et de régaler ses invités en leur offrant un \u2018\u2018barbecue\u201d (ici obligatoirement il faut prononcer à l'anglaise).M.John G.Wittersbroom III, de l'illustre famille des fabricants de brosses à se grutter le dos (qui n'a pas son witters- broom?), possédait naturellement un vaste \u2018swimming pool\u201d et un somptueux \u201cbarbecue\u201d dans sa luxueuse propriété de $250,000 achetée d\u2019un acteur qui s'était ruiné à faire du commerce.Et chaque fin de semaine, \u2014 pardon! \u201cweck-cnd\u201d, Mr.John G.Wittersbroom III recevait chez lui des centaines d'invités.Sitôt qu'ils arrivaient chez Mr.John G.Wittersbroom III, les invités se déshabillaient.Entendons-nous bien: ils se déshabillaient pour revêtir un costume de bain.Pour les hommes c'était un simple maillot.Pour les femmes c\u2019était le bikini, tout ce qu\u2019il y a de plus anatomique.Donc, de midi à minuit, ce joli monde se balladait en tenue tropicale, faisait trempette, se séchait au soleil et, poussé par la faim, allait au \u201cbarbecue\u201d situé au fond du jardin.Pour étancher la soif des in- a 3 ° Duel à Paris Devant 30 journalistes et 15 pl-otographes, le cinéaste Willic Rezier et le critique de ciném François Chalais se sont battus en duel aux environs de Paris.Rezier a tiré quelques gouttes de sang du bras de Chalais, et l'honneur fut satisfait.L'honneur d'une femme! Le cinéaste avait sans doute un penchant \u2014 c\u2019est le cas de le dire \u2014 pour une vedette qui avait peut-être le tort d\u2019avoir son avenir dans le passé.Le critique Chalais déclara que la vedette avait \u201csa carrière derrière elle.\u201d Rezier interpréta ainsi l\u2019article du critique: \u2018Madame Une Telle a sa carrière dans son derrière.\u201d Ce fut la cause du duel.OX Ru 7 a ; = à dater de .\u2026.Ci-joint la somme de .\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.vités, il y avait un bar dans le garage: une idée de Mr.John G.Wittersbroom III qui possédait deux Cadillacs, trois *station wagons\u201d (comment dit-on en français, sans équivoque ?des gares de wagons\u201d), un roadster, et un jeep.Toutes ces voitures, une fois remisées, ne remplissaient pas le vaste espace et pour le tombler le roi des brosses à crin avait conçu cette idée géniale.pneu à pneu, si je puis m'exprimer ainsi.C'était aussi par pur égoisme car, chaque nuit, en rentrant chez lui, Mr.John G.Wittersbroom III passait derriére le bar, se fabriquait un punch cxotique et venait le boire de l\u2019autre côté en prenant place sur un tabouret.Puis, pour créer l'atmosphère, il mettait vingt-cinq sous dans une machine à disques et se faisait jouer cinq fois de suite: \u201cAN Alone\u201d.Cela le charmait.Ce qui le charmait aussi (a part la petite brosse qu\u2019il prenait tout seul), c'était la collection de minuscules gratte-dos qu'il offrait à ses invités.Ce dimanche-làä, Mr.John G.Wittersbroom III avait voulu faire les choses en grand, c'cst- à-dire qu\u2019il avait voulu dépasser les bornes de son hospitalité.Raison majeure: une convention des vendeurs de brosses venait d'avoir lieu et, pour épater ses principaux clients, il les avait invités dans son domaine.Et les femmes ?Ah! voila!.Tous ceux qui ont assisté à des conventions savent qu\u2019il arrive une heure de la journée où le délégué X demande au délégué Z: \u201cVous ne connaîtriez pas une jolie blonde?\u201d .Bref, Mr.John G.Wittersbroom III avait pensé a tout.La veille, il avait dit à son premier secrétaire: \u201cJonathas, il faut des femmes pour demain, you know!\u201d Et le fidèle Jona- (Suite à la page 10) \u2014\u2014 BULLETIN D'ABONNEMENT Torif d'Abonnement au CANARD Canada \u2014 Royaume-Uni.Veuillez faire le service de votre journal à M.to.w.\u2026\u2026.a.couuu (écrire bien lisiblement) pour une période de 1 an \u2014 6 mois Chiffer l'indication inutile) (par chèque ou mandat) (Signé}.uasasasecaa senc eee co 00000 NOTE\u2014Les paiements doivent être faits par mandat-poste.ou chèque affranchi au pair à Montréal.L'abonné ne recevra de reçu que sur demande.Adressez comme suit: LE CANARD, Case Postale 251, Station \"L\" Montréal, P.Q.Etranger .\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.s0ssnesasecew nsc 0000 00au0ac0u00c0c08 2,50 s\u2026sconcsec0oscu0voc0000 dollars ($ LE CANARD ® Pourrais-fe contedler ce truc-là ?LE BIEN LA FRANCE SE nfternaftiona a, ms à, Ter novembre 1949 CHEER SEAR £3 (yy 45\" ES «x Ee off] 2 gr, 72e 5 Pk i Pog Sp 3 > x a Ri a LE 3 \u2019 Te Le ECS ANNEE au 252 767 Gh ¥ it sa VS RE Que Dieu le guide à bon port ! RE-QUEUILLLE Le cabinet d'Henri se mourait dè vieillesse Le plus grand événement international de la première quinzaine d\u2019octobre s\u2019est produit en France, lorsque M.Henri Queille est allé porter au président Vincent Auriol son portefeuille de premier ministre et celui de tous ses collègues.\u2014Que vais-je faire de tous ces portefeuilles, dit M.Auriol.1 on $2.00 .) <;|de Justice de Montréal.[tiennent deux personnages qui à |contrastent violemment: le nain 4 | Philippe Nicol et le colossal doc- :| teur Emile Legrandi | trois pieds, avec sa tête énorme, 3 N et corpulente envergure, décla- zi|re: \u201cNous sommes en présence ; | d\u2019un individu essentiellement cri- \u2014Donnez-les à qui vous voudrez, M.le président.Il ne manque pas de députés qui scront contents de les avoir.\u2014Pourtant, j'étais bien content de vos services, mon cher Heari.\u2014Je suis très flatté de votre témoignage, dit Henri.Mais, vous savez, en France, les cabinets vieillissent vite.Le mien a duré plus d\u2019un an.C\u2019est énorme.Nos parlementaires sont habitués aux cabinets qui meurent jeunes, trois mois, six mois, parfois 24 heures.\u2014Vous avez peut-être raison, dit le président.Il est temps que la Frañce se re-Queuille.Henriot LE NAIN SUPERBE.La scène se passe au Palais Devant le juge Guérin se Le premier, du haut de ses ses six pouces de jambes, jette sur le tribunal un regard d'empereur pour théâtre de marionnettes.C\u2019est un superbe nain.Il a un dossier judiciaire imposant, et, la veille, il a proféré contre sa propre mère des menaces qui ont ému la police.Le second, médecin de grande minel.L'\u2019asile ne lui ferait aucun bien, Il lui faut une bonne le- con.Sa vie cst parsemée de vols.\u201d, Le nain Nicol, trés flatté de ce témoignage de sa puissance, regarde la cour avec une insolence pleine de mépris.Alors le juge, fixant cévère- ment son client, lui dit: \u201cEcoutez, Nicol.Il est temps que vous sachiez que vous n\u2019êtes pas encore le général de Gaulle ct que vous n\u2019êtes pas assez grand pour conduire la ville de Montréal.\u201d Toto \u2014 Tu dis, papa, que je suls né à Montréal, mais où est née ma= man?\u201d Le père \u2014 \u201cA Québec\u201d.Toto \u2014 \u2018Et toi, où es-tu né?\u201d Le père \u2014 \u201cA St-Hyacinthe\"\u201d.Toto \u2014 \u201cComme c'est drôle tout de même que nous nous soyons rencone \u2018trés tous les trois.\u201d . Ter novembre 1949 LE CANARD Le \u201cCoin-Coi n° de Scandale au Bal des Vaches Sur quelques incidents dramatiques qui marquérent ia grande®\u2014\u2014\u2014 \u2014- soirée de la belle Elsie.\u2014 Histoire de soutien-gorge.Dés son arrivée a Montréal, le 6 octobre, la vache Elsie reçut dans sa vaste chambre à coucher du Palais Eaton, Son Honneur le marie de Montréal ect quelques notables de la métropole.Elle portait une robe à queue, avec un décolleté audacieux, qui émoustilla fort ces messieurs.La cérémonie du baise-main terminée, la Reine des vaches s'étendit nonchalemment sur son vaste lit tendu d'étoffes aux couleurs vives.Elle saisit un étui d'argent sur sa table de toilette, couverte de produits de beauté, offrit des cigarettes aux visiteurs, puis, commanda du porto, du scotch et du gin Melcher\u2019s.Après quoi s\u2019engagea une con- versalion animée.\u2014Etes-vous libérale ou conservatrice?demanda Camillien.\u2014Mecu.Meu.Mcu.\u2014Je le savais.Avec des yeux comme les vôtres, Votre Majesté ne peut être libérale.C\u2019est les libéraux qui m'ont fait le plus de vacherics.excusez!.je voulais dire.le plus de conneries.Elsic .sourit divinement, pendant que Camillien, conscient d'avoir gaffé, rougissait comme un écolier.Puis la célèbre vache expliqua que le soin de sa personne et les hommages des taureaux l'intéressaient plus que la politique.Pendant qu\u2019elle parlait, elle laissait voir, au sommet de son soutien-gorge, des rondeurs provocantes, ce qui donna À penser à l'un des illustres visiteurs, le sénateur M.Philippe Pré, que la souveraine voulait jouer le rôle de vache fatale.L'interview se terminait au bout de quelques minutes: \u2014Vous m\u2019excuserez, dit Elsie en donnant congé a ces gens.J'ai juste le temps de me préparer à mon grand bal de ce soir.Ce sera une joie pour moi de vous y revoir.Ce fut un bal endiablé.Toute la haute gomme montréalaise | ainsi que les débutantes.officielles étaient réunies au neu | vième étage du Palais Eaton, ol les plastrons blancs, les épaules nues et les dos exhibés se mouvaient parmi les cris joyeux ct le choc des coupes de champagne.On avait engagé pour la circonstance un orchestre de boeufs Holstein, la symphonie de Montréal n'étant pas à la hauteur.Ces boeufs artistes jouaient avec leur gueule, sans autre instrument, et de l\u2019harmonie de leurs beuglements naissait un rythme aussi moderne que le boogie-woogic.La reine du bal, Elsie, manifestait une vive exaltation.Elle avait beaucoup bu, et l\u2019orchestre l'excitait.Et elle était belle à voir, avec sa robe trainante, laissant passer une queue longue ct lustrée, et son corsage léger, presque inexistant, cachant les formes cssentielles juste assez pour qu'on puisse dire: \u201cElsie n\u2019est pas à poil.\u201d La rcine des vaches eut un succès fou, un succès à rendre toutes les vaches jalouses, lou- tes les épouses.Élle dansa avec le maire, et leurs rondeurs con- juguécs, roulant l\u2019une sur l\u2019autre, donnaient l'impression de deux vastes roues d'engrenage.Puis Elsie dansa avec le ministre provincial des Arts, un M.Côté, puis avec Maurice LeNo- blet lui-même, puis avec M.Louis Saint-Laurent.Tout allait jusque-là pour le mieux, et l\u2019ancien premier ministre, Mackenzie King, attendait son tour d\u2019entamer un violent boogie-woogie, quand se produisit la catastrophe.La bovine souveraine s'abandonnait aux bras de M.Saint- Laurent, qu\u2019elle appelait déjà familièrement \u201cmon petit brun\u201d, quand le très honorable danseur FH as H J { i | MANN À Lui oy * (Released by Cosssiidatod News Poaturm) \u201cTout ça me rappelle le bon vieux temps\u201d 0 ren, umn qualité, Jai chi- \u2014lis sont de previière rien que d'ouvrir la porte, pé un rhume.s\u2019empêtra \u2014 volontairement, dirent les mauvaises langues \u2014 dans une bretelle de soie et fit tomber d'un seul coup, le léger corsage.Et Elsie poussa un beuglement désespéré.Horreur! Le soutien-gorge d\u2019Elsie avait cédé complètement, et fait jaillir.aux yeux de toute la société montréalaisc, ce que I'ocil de l'homme ne saurait voir.La pauvre souveraine, confuse, cachait ce qu\u2019elle pouvait, avec ses deux sabots, tandis que le premier ministre, désemparé, balbutiait des excuses.Et toutes les femmes lancaient de petits cris moqueurs.Les premiers moments de stupeur passés, toute la salle de bal éclata d\u2019un rire incoercible.Alors, la vache Elsie, au comble de l'indignation, cria de toutes ses forces: \u2014I] n\u2019y a done aucun gentleman ici, pour me soustraire aux moqueries dc toutes ces vaches! A ce moment-là, un gros homme rond, digne, majestueux, sc détacha de la foule, alla tout droit vers la malheureuse, puis, se penchant jusqu\u2019à ce que son ventre touchât le parquet, put allonger le bras vers le souticn- gorge qu\u2019il ramassa également et rajusta sur le quadruple monticule d\u2019Elsie.C'était Camillien Houde.Il sc tourna vers tous ces hommes ct toutes ces femmes, qui le regardaient avec surprise, puis il dit d'une voix solennelle: \u201cHoni soit qui mal y pense!\u201d Un tonnerre d'applaudissements accueillit ces paroles.La vache Elsie sauta au cou du maire et l\u2019embrassa à pleines lèvres.L'Ordre du soutien-gorge était créé, tout comme l'avait été autrefois, dans des circonstances analogues, l'ordre de la jarretière.LE MALLARD Un grave probième Le problème est le suivant: \u2014Si le fils est tué par le père.\u2014 qui tuera le père, qui a tué le fils?\u2014et qui tuera l'auteur, qui a tué le fils, dont il faut tuer le pére?\u2014et qui tuera celui qui a tué l'auteur de celui qui a tué le père, qui a tué le fils?Voilà les questions qui sont encore sans solution.Pendant toute une semaine notre Métropole a flairé bon.- |Même dans certains coins de la rue Craig, du Boulevard Saint- Laurent et de la rue de Buillon.Ce qui vraiment ne s'était jamais produit.Cette profusion de fine senteur était duc aux deux mille fleuristes de tout le Canada qui avaient cu l'heureuse idée de ve- \u2018Au Grand-Guignol Et puis, a Montréal encore, \u201cO mon héroine!\u201d, piéce a clé de J.-Arthur Taillefer, continue de faire salle comble depuis plu- sicurs semaines.L\u2019auteur, qui a fait son apprentissage chez lcs Compagnons du Père Legault, y a puisé entre autres choses un fort penchant pour le semi-ano- nymat.Ses scrupules ont été respectés par nos journaux de langue française, mais les quotidiens anglais, toujours à l'affût, ont éventé la mèche: nous savons maintenant que M.Taillefer, qui a écrit ce chef-d'oeuvre étonamment profane, était jusqu'à récemment employé de la paroisse d'Outremont.On peut d\u2019ailleurs l\u2019'admirer dans l\u2019un des premiers rôles de son ozuvre, qu'il joue avec un aplomb et une modestie caractéristiques: gestes amples ct bien sentis, belle diction nette et un peu chantante, superbe voix ronflante, où l\u2019on sent l'habitude des foules recueillies.Les autres interprètes sont plutôt pâles: Rosaire Delisle, Jean-Claude Laprés cet Michel Sisco.Ce dernier, qui a travaillé dans les night-clubs, a brossé les décours, qui sont un peu criards.Mise en scène de la Police Montée: sobre, très business, aucune fioriture.Presque tous les jours, au Théâtre du Palais.Matinées seulement, mais les enfants ne sont pas admis.(A la \u201cCathédrale non plus, d\u2019ailleurs).# + Pendant ce temps, Québec a fait un triomphe aux premières représentations de \u201cUne femme a tuer( tant pis pour les autres!\u201d \u2014 la phénoménale coco- tragédie d'Albert Guay, une pièce qui est au moins 23 fois plus forte que le \u201cfils à tuer\u201d d'Eloi de Grandmont.-.Au licu de s'yja passer bêtement dans la coulisse, le drame y éclate avec fierté, devant tout le monde, en plein ciel.Et pourtant, bien que le sang coule à flots, on sent un auteur très calme, très sûr, en parfaite possession de ses.moyens, Si l'on ajoute que M, Guay est joli garçon, on comprendra que les dames de la vieille capitale frémissent à la scule vue de sa photo.La pièce a été superbement défen- duc, l'autre semaine, par l'auteur et par Mme Margurite Pitre, la Sarah Bernhardt du Piec de la Pente Douce.Décors ct mise en scène de Barbe-Bleuc.Après relâche, on rejouera tous les jours dans la vaste salle des Assises, Un spectacle à voir, comme il en passe une fois tous les cent ans; ct encore.P.L.Pierre LABE en matinée et soirée.! Le congrès des fleuristes nir tenir leur congrès à Montréal.Les séances Inutile de dire quu 12 Congrès n'avait réuni que la fine fleur de la Corporation.Naturellement, pour accueillir les hôtes, on avait hissé des drapcaux.fleurdelisés! Dès la première séance, le Président, frais comme une.rose, eut la délicate.pensée de mettre en valeur l\u2019état.florissant des finances sociales.Pendant la discussion qui s\u2019en suivit on fit un peu d'abus de.fleurs de rhétorique.Deux membres du Comité s\u2019insultérent.11 y eut échange de cartes ct le lendemain, ils se battirent en duel.Au.fleuret, comme de juste! On sentait que l\u2019irritation de certains n'osait pas éclater.Qu'elle restait à.fleur de peau! Un grand succès, banquet de clôture.Quelques petits incidents, inévitables par ci ct par là.Un Monsieur, qui pendant tout lc repas avait conté fleurette à sa voisine, cssaya de lui enlever son corsage.Elle dut se défendre, ne voulant pas perdre.sa fleur.Au bout de la table, un autre congressiste était assis à côté d'une jolie camarade de Vancouver, dont les appâts étaient d'autant plus tentants qu\u2019ils étaient ostensiblement exposés entre les plis du corsage de sa robe très très décolictée.Au milieu.de ce qu'il y avait dans les plis du corsage, où brillait une tache rouge vif: celle d\u2019une superbe rose, sur laquelle étaient obstinément fixé les yeux du monsieur.A la fin, n'y tenant plus, dame demanda un peu gênée: \u2014Mais qu'est-cc que vous avez à me fixer ainsi?\u2014 Ah, fit le monsieur avec un profond soupir.Je donnerais tout ce que je possède, pour être a la place de cette rosa! \u2014Ah! non! \u2018Surtout ne l\u2019en- vicz pas, fit la dame vivement.Tout à l'heure, en remontant dans ma chambre d'hôtel, je vais lui couper la queue, et la ficher l\u2019eau! Le Calembouriste de Service ce fut le la L'enfant.\u2014 \u201cQu'est- -ce que ca veut dire: Transatlantique?\u201d La mère \u2014 \u201cCa veut dire \u201cà travers\u201d l'Atlantique\u201d, l'enfant \u2014 \u201cAlors \u2018trans\u2019 veut toujours dire \u201cA truvers* 2° La mère - \u201cout\u201d, l'enfant \u2014 \u201cAlors, transparent travers les par nes\u201d veut dire \u2018à \u2014lRestez couvert, Monsieu , il fait si froid. Page 4 Le \u201c\"Coin-Co LE CANARD e Yer novembre 1949 n national Finissons-en avec les rouspéteurs! Faut-il vraiment être \u201ctant.Cpour ne pas avoir {air \u2018contents\u2019?Pour une fois ayons le courage d\u2019appeler les choses par leur nom et de reconnaître que le peuple canadien-français n'est pas d'un maniement aisé.Et que la tâche de nos gouvernants \u2014 qu'ils siègent à Québec ou à Ottawa \u2014 n'est ni facile ni agréable.Nous ne sommes jamais contents .Faut-il vraiment que a nous soyons \u2018\u2018tant.\u20ac.pour ne pas avoir l'air de l'être\u201d, contents ?JOYEUSE NOUVELLE Heureusement la semaine dernière nous avons eu-une de ces journées radieuses qui mettent du beaume dans le coeur des personnes les plus ulcérées par les petites et mesquines contingences de la vie matérielle quotidienne.Le matin du 6 octobre \u2014 pour être exacts \u2014 en prenant mon déjeuner j'eus un sursaut qui faillit m'étrangler, et faire aller de travers la soupanne que j'étais en train d'avaler.Figurez-vous qu\u2019en ouvrant mon CANADA \u2014 le seul journal qui publie les informations officielles \u2014 mes yeux tombèrent sur le titre suivant, étalé sur Z colonnes de la première page: \u201c LE COUT DE LA VIE ENCORE A LA BAISSE Mon premier reflexe fut de me croire victime d\u2019une hallucination.Mais en lisant la dépêche, datée d'Ottawa, placée cn dessous, j'ai vu ceci: \u201cPour la seconde fois cette année le Bureau Fédéral de la Statistique est en mesure d\u2019annoncer, avec les chiffres officiels, cette heureuse nouvelle.\u201d Pensez donc si cette nouvelle qui était heureuse pour le Bureau Fédéral de la Statistique, pouvait être heureuse pour moi, modeste employé aux écritures dans un bureau, qui touche la pate de 39 dollars 50 par semaine, et qui doit entretenir ma femme, mes sept enfants et le chat noir \u2018\u2019Belzebu\u201d, que m'a légué ma pauvre veille tante Adela, morte au printemps dernier.- * * PREMIERS ESSAIS Aussi, sans hésiter une seconde, j'ai mis mon chapeau et je suis descendu en courant dans la petit char qui me transporte (avec irrégularité, 11 est vrai, mais qui me transporte tout de méme) chaque jour de mon domicile à mon bureau.Plus que jamais joyeux, je tends d'un geste grand seigneur un billet d\u2019un dollar au receveur qui, tout en me conseillant d\u2019un ton bourru d'avancer en arrière\u201d me donne par devant trois tikets au lieu de quatre.\u2014Pardons, je lui fais.Il y a erreur.Et je sors triomphalement de ma poche le CANADA, ayant soin de placer sous ses yeux le titre de la dépêche.Le brave homme regarde, et puis se détend comme un ressort qui aurait été trop tendu.Et en g'esclaffant, il me dit: \u2014Farceur, val.x on AUTRES EXPERIENCES Convaincu d'étre victime d\u2019un fameux malentendu, je m\u2019en vais d'un pas léger commander du charbon pour ma fournaise.Je présente à la blonde jeune fille qui trône au bureau de commande un beau billet de cinquante dollars sur lequel elle a l'habitude de me rendre trente-deux piastres et cinquante.Mais voilà qu\u2019elle m'en rend seulement vingt-huit!.En signe de protestation je re-sors de poche mon CANADA et je le lui montre.Elle lit.puis, avec un sourire délicieux (c\u2019est vrai qu\u2019elle sourit délicieusement, cette blonde) elle me murmure: \u2014Farceur, va!.Enco:e un malentendu!.Je file alors en vitesse au magasin général où je fais mes achats.Je prends 20 livres de patates, 24 boites de soupe, deux douzaines d'oeufs, une livre de café et cinq livres de sucre.Puis, rue où \u2014 veine inespérée! \u2014 j'ai eu la chance d'attraper le je présente à l\u2019appetissante brunette qui tient la place de cuis- Ce diplodoeus, les boyaux sont un peu gros.çà fait de Ja bonne saucisse, malheureusement 1 e t-0-04 nat 4 Gusts mam nmr rire?Nried, Notre Bill est à l\u2019âge ingrat : trop vieux pour être seul svee une Jeune \u201cbaby sitter\u201d, et trop jeune.pour être laissé tout seul\u201d.SESUOOOBOGOLECNESBUGERRACUGOSBUBHUNSTESBOOTENET = = FIGURE DE LA QUINZAINE Mme DUPUIS MAILLET, dit Coco-Picasso Née dans un vaste magasin à rayons, a mis dans sa vie autant de choses qu\u2019en contient le bric- à-brac familiale.Epouse un phénomène, c\u2019est- A-dire, un journaliste d'une exceptionnelle fidélité conjugale et qui, par-dessus le marché, se fait beaucoup de galette tout en travaillant dix fois moins que le moins actif de ses camarades.La plus versatile do nos intellectuelles.Tour à tour journaliste, impressario, directrice de revue littéraire, s\u2019est finalement tournée vers la peinture.Expose à Montréal 130 toiles intentionnelles, follement surréalistes, avec lintention de se moquer de l\u2019école moderne.N\u2019y réussit pas, le public prenant la chose au sérieux et la félicitant.Des critiques, en sortant de la salle d\u2019exposition, disent: \u201cC\u2019est du vrai Picasso.à la noix de Coco.\u201d sière un billet de vingt dollars, sur lequel elle doit me rendre douze dollars.Mais \u2014 6 surprise! .\u2014 Elle m'en rends dix.\u2014Pardons, je lui fais en ôtant respectueusement mon chapeau.Peut-être vous n'avez pas encore lu?Et je re-re-sors mon CANADA.Mais sans même daigner y jeter un regard, la belle brunette me répond: \u2014Farceur, va!.* x * LA VERITE DECOUVERTE Devant tant de preuves contradictoires, -je me décide alors à rentrer chez nous.Dans ma chambre je me livre fievreusement a un calcul a la fois multiplicatoire, divisoire, soustractionnel et biliaire, et je parviens rapidement à cette consolante conclusion: \u2014C\u2019est vrai qu'il y a quelque chose qui baisse!.Mais ce n\u2019est pas le coût de la vie!.C'est l'argent de mes poches! .Abélard Maganné L\u2019aventure de mon ami Marcel Marcel, qui est un jeune musicien, est allé à Paris pour parfaire son éducation.Il a fini ses études, et il se prépare \u2018à rentrer au Canada .Et ce soir il se permet le luxe, avant de quitter la Ville Lumière, d'aller faire un petit tour A Montmartre, histoire de voir un peu ce qui se passe dans ce monde tant vanté de la noce et du plaisir.Et, en effet, 11 s\u2019en rend compte tout de suite qu\u2019il est bien à Montmartre puisque une aguichante brunette Jui lance une oeillade assassine.Marcel s'arrête .Bref échange de propos.Puls, la bru-é nette déclare: \u2014Si tu veux mie suivre.je te promets une chose extraordinaire, unlgque .\u2014Quol donc?demande Marcel.\u2014Les Remparts de Napoléon ! \u2014Ah! Ah'!\u2026 fait Marcel un peu intrigué.Et attiré par cet alléchant programme 11 accepte.Le couple s'achemine vers la rue Victor Massé\u2026 Mais devant une terrasse de café pleine de monde, Ja brunette fait halte.\u2014\u2014Il vaudrait mieux qu'avant d'aller chez moi nous prenions un apéritif.Marcel accepte .L'appéritif fini, le couple se lève et reprend sa marche.Mals un peu plus loin, un restaurant attire l'attention de la brunet- WETERERERRER ENTERED Mieux vaut rire que pleurer: LISEZ LE CANARD \u2014Si on dinait, avant de rentrer?\u2014C\u2019est que.objecte Marcel, \u2014Oui, mais répliquc-elle.Noue blie pas qu'après .tu verras les Remparts de Napoléon, Et Marcel, séduit par cette idéa entre dans le restaurant.Le diner fini, le couple repart.A quelques pas de là, voicl l\u2019ene trée d\u2019un cinéma .\u2014SI nous allions voir le film?fait la brunette.Ce serait la meilleure préparation aux ltemports de Napos 1éon.\u2014Allons-y.murmure Marcel, plus en plus aguiché.Le ciné fini, le couple arrive enfin chez la jeune brunette.Elle fait asscolr Marcel dans un fauteull du salon et lui murmure À l'oretlle : \u2014Donne =mol quelques minutes.Et puis, les Remparts de Napoléon, Marcel s'assied., impatient.Et attend.11 attend cinq minutes.dix mie nutes.un quart d'heurc.une des mi-heure.\u2014 et toujours rien ! L'appartement semblait plong é dans le plus profond mystère A la fin, n'y tenant plus, 1} se 13+ ve, et ouvre la porte par laquellé était sortie la brunette.©O Horreur!i\u2026 Celle-ci, complèter ment dévêtue, les jambes gninées dè de bas noirs, gisait par terre .norte | Et volli! comment la brunettd étant morte, Marcel ne put jamal£ savoir ce qu\u2019étaient exactement les \u201cRemparts de Napoléon\u201d .Pas de \u20ac hômage ! Opinion de Joseph Laframboise, chômeur optimiste On ne saurait trop admirer l'esprit de foi de Joseph Laframboise.Il croit aveuglément tout ce qu\u2019écrivent les journaux.En quoi il n'a pas toujours raison, attendu que, de toute la presse canadienne, le Canard seul est d\u2019une véracité absolue.Or, ce Laframboise, garçon de table de sa profession, mais sans table à servir depuis quelques mois, s'est présenté ces jours lerniers à nos bureaux avec deux journaux: la Presse et la Gazette.Il ouvrit la première, en date du 5 octobre, et exhiba ce titre: Le CHOMAGE N\u2019EST PAS A CRAINDRE AU CANADA Puis, déployant la Gazette \u2014 il savait lire l'anglais \u2014 à la page 24, (6 octobre), il montra cette autre manchette: WORKLESS CLAIMS SHOW A BIG JUMP (Les réclamations des chômeurs indiquent une forte hausse).\u201cQu\u2019en pensez-vous ?\" nous demanda Jos.\u201cCe que nous en pensons, di- mes-nous en choeur, c\u2019est que l\u2019un des deux a menti.Reste à savoir lequel.\u201d \u201cMoi, reprit Jos, je crois qu\u2019ils ont raison tous les deux, bien que je ne comprenne pas très bien qu\u2019il y ait du chômage et pas de chômage à la fois.\u201d \u201cC\u2019est impossible.\u201d \u201cJ'ai été habitué croire des choses impossibles.D'ailleurs, la Gazette et la Presse sont mes deux sources de sciences.Donc elles ont raison toutes les deux.\u201d \u201cMais comment expliquez-vous cela?\u201d \u201cJe peux l\u2019expliquer d\u2019une certaine façon.D'abord, la Pres- se, citant des paroles de notrd ministre des sans-travail, M.Mitchell, affirme que \u201cle chômage, faut pas craindre ça.\u201d J\u2019y, vois plutôt un encouragements Pour moi qui chôme depuis six mois, ça m'apprend qu'après tout je n\u2019ai pas à me plaindre, puise que le chômage ne fait de mal à personne.Aussi, après avoir lu la pressé, dès hier, je suis allé montrer l& nouvelle à cent chômeurs de mes amis, qui se pressaient a la porte du bureau de placement, et ja leur ai montré l\u2019article: \u201cVous voyez, les gars! Au« cune raison pour vous de vous loir sortir du chômage.C'est pas une chose à craindre.\u201d Ils m'ont pris pour un fou mais j'ai fait quand méme uné forte impression.Puis je suis allé chez mon cousin Lefrançois, un plombier qui ne plombe rien depuis un an: \u201cSois heureux! lui dis-je.Le chômage ne t'a fait aucun mal.C\u2019est le journal qui le dit, après notre ministre des sans-travail.\u201d Il m'a simplement mis son pied au derrière, en criant que j me moquais de lui.Peu importe} Le cousin Lefrançais n\u2019est pas très intelligent.Enfin, j'ai montré la nouvelle au charpentier Tizoune, au ba: layeur Labrosse, au stimfitteux Jolicoeur, au mécanicien Tailles fer, à Bernard Valiquette et A cent autres, tous des chômeurs.Ils m'ont tous traité de crétin, Mais la semence est jetée.Ellé va germer.Et on ne tarderg pas à admettre que M.Mitchell et la Presse avaient raison 4&4 dire que \u201cle chômage n'est pas à craindre.\u201d J oily Ter novembre 1949 LE CANARD in de la Laurent: AU SALON DE LA RACE Conférence tripartite entre Maurice LeNoblet, Louis St-Laurent et un représentant du travail.QUEBEC, 6& \u2014 Dans un des cabinets \u2018particuliers contigus au salon de la Race, le premier ministre St-Laurent est venu rencontrer en per- fone son ami Maurice Le Noblet © plusieurs de ses ministres et autres larbins, Duplessis.Ce dernier était entouré ainsi que d'un délégué du Travail, M.Gérard Plcard.Quant à M.St-Laurent, il était nccom- agné de son enfant de choeur, Adélard Godbout.La conférence s'est nue dans le plus grand secret.Comme il fallait s'y attendre, on à Marrosé ça\u201d.C'est même la ralson pour laquelle notre as-reporter, Bé- Bé Cane, qui nage comme pas un entre deux vins, a pu s'infiltrer dans l'assemblée et entendre les propos suivants : St-Laurent: On a toujours été d'accord sur toute la ligne et je ne vois pas pourquoi une collaboration aussi étroite ne continuerait pas.* Duplessis: Certain.Mails en passant, entre nous Autres les boys, le Travail, Cé Ty Croche Ca! Des gens pas policés, pas une miette.11x véu- lent même, astheure, un fonds professionnel.Mais j'ai mon plan, moi Ausst.Une loterie.Avec ça, on va faire leur éducation.Gérard Picard (qui vient d\u2019entrer): Vous n'êtes toujours pas pour met- {re votre ami George Drew une autre fois en tirage.Personne n\u2019en veut dans la province.Duplessis: J'ai pas dit que je vou- lois donner Drew à ma province.Vous connaissez rien là-dedans.Un fessier qui vit du travail des autres; vous devriez faire un politi- olen au moins.Onésime Gagnon, levant le doigt: Chef (pour parler comme Midas), est-ce que les prix de *la loterie vont être en dollars canayens ou Américains?Hum, hum, A propos, chef, j'aurais besoin d'une part des recettes pour payer le surplus d'intérêt de nos emprunts aux IStats- Unis, Rapport à la dévaluation.On mettra ca sur le fonds consolidé.Duplessist C'est ca, l'écart .se- Ta moins large, comme dirait Ca- «lixte.A propus, vous autres, uvez- vous un nom pour ma loterie?H.Mitehell : Il y n l\u2018Army & Navy\u201d, Nous autres, afin de respecter l'autonomie de tout le monde, on pourrait appeler ça: \u201cPolice & Navy\u201d.Gérard Picard: Police Provinciale afin qu'il n\u2019y ait pas dempidte- ments.A.Barrette: Oui.Et s'il y a un code pour ca, je ne veux le voir que lorsqu'il sera \u2018fini.Comme de coutume, Pourvu qu'on lui donne le numéro 5, Ca me va.Duplessis: Tony, je ne veux pas te faire prononcer un autre discours sur l'amiantose.On est tous, des amis, ici, Ferme-la .Barrette: Oui, chef.St-Laurent: Oui, on est tous «des amis.Surtout depuis que Maurice n'a aidé à gagner mes élections.Vieux Maurice, va.Adélard Godbout ( Timidement ) : Est-ce que chacun aura sa flole, avec uno loterie\u201d .tas la tien- Duplessis: Parle pas, ne.H.Mitchell: Nous nous cartons du sujet, messieurs.Duplessis: Oui, nous devons demeurer dans le domaine social, national et familial, Gudbout : Qulest-ce que tout Ça vient fuire ici?Duplessis: C'est pus de tes affal- res.Toi, t'es sénateur, comme T.D, et t'es plus rien que bon pour écrire tes mémoires.Godbout: En tout cas, ras jamais écrire les tiens: sé trop de Temps dans les bleus.Picard: Du calme messieurs.Sinon, j'appelle mon ami Hilaire Bexutu pour- t'as pas- regard.11 faut que la paix règne lei.Duplessis: Hilaire?Y est \u201coff\u201d aujourd'hui, Ÿ vend des frites.St-Laurent: En vla un autre qui n\u2019a pus fait patate.Lui nou plus, y s'embarrausse pos pour des peu uUls.Duplessis: Faut pas commer er là-dessus.T'as tes chums, moi j'ai les miens.St-Laurent: Avec tous vos pro- CAFÉ DE LA P pos, je me demande si, tous deux, vous ne voulez pas une loterie À scule fin d'organiser des divertissements semblables à ceux d'Asbestos.Gérard Ficard.En tout cas, il faudra surveiller ceux qui gagneront le gros lot.Ils deviendront des capitalistes.Vous savez qu\u2019il n'y a rien de pire pour nos intérêts que le capital.Aussi, 11 faut le détruire.D'allleurs, ce n\u2019est pas moi qui dit.Duplessis: Pourtant, j'ai toujours trouvé mes Intérêts du côté du capital.H.Mitchel : organiser ca?Duplessis: J'ai une \u201ctraliée\u201d de ministres et de députés à ne rien faire: je vais les mettre là-dessus.11s ont do l'expérience.lls ont &té A la Caisse électorale populaire.Picard: Est-ce que ça sera légal?Duplessis: On dit souvent que je suis le meilleur avocat de la province de Qué .le Comment allez-vous St-Laurent (l'interrompant): Pardon, Maurice, je .Et là-dessus, cher lecteur, a débuté une discussion entre MM.St- Laurent et Duplessis, à seule fin de savoir qui est le meilleur avocat de la province.St-Laurent prétendait qu'il avait été l'avocat des grandes compagnies: Duplessis répondait qu\u2019il était \u201cbon avec elles\u201d.Et tutti quanti.Au moment d'aller sous presse, la discussion se continue et le succès de la conférence est soudain menacé.\u2014\u201cComment, je trouve une mouche crevée dans ma soupe ct Ça vous fait rire?\u201d \u2014\"\u201cOul, Je suis content chaque fois qu'il arrive un malheur à ces sales bêtes\", VOLÉE de CANARDS L'Association des Propriétaires de Tavernes insistent désormais auprès de leurs clients pour leur servir des verres tellement remplis du blond liquide qu'il n'y a plus de place pour la \u201cbroue\u201d.x * æ Les Clubs et Cabarets ont adopté une nouvelle politique, malgré les protestations de leurs clients régu- llers: les verres contiendront désormais deux onces ou un peu plus de Scotch, de Rye ou de Gin.* * % Deux électeurs dans un tramway: LE PREMIER: Heureusement que nous nous reprenons au Provincial: encore un surplus.LE SECOND: Un surplus! Mais tu es fou, Jos.J'ai lu dans les journaux que nous étions \u201cen dessous\u201d de 80 millions.Je me demande où tu peux bien avoir pêché ton surplus.LE PREMIER: Ben, je vais te dire, Personne ne me l'a dit.Mais comme chaque fois que l'année fiscale se termine on annonce un surplus, j'ai pensé que c'était encore la même chose cette fois-ci.Penses-tu que je me trompe.?* # x Tout le monde parle du mystérieux député qui a refusé de l'argent après avoir procuré une \u201cbonne job\" À un de ses électeurs.* * % PROCLAMATION du Maire de Montréal et du Premier Ministre de < auf la Province: \u201cAfin de faire suite À nos promesses électorales, la taxe de vente de 5% est supprimée.\u201d © kk # La Commission des Liqueurs de Québec offre des licenses de Club par l'entremise des Petites Annonces de Ja Presse.*® x % Estomaqué, une ménagère s'arrête devant la montre d'une épicerie.N'y lit-elle pas- Oeufs ire .25 la douzaine Beurre .\u2026\u2026.\u2026 .\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.30 la livre Steak .coveeeiiiininen on 22 1a livre Croyant réver, \u2018elle entre pour demander au commis: \u2014Je voudrais des oeufs, Combien la douzaine?\u2014 Mais, .25, madame.C'est annoncé dans la vitrine.Combien en vou- lez-vous?Deux douzaines?Ils sont frais pondus.\u2014Oui.Mais 1a dame constate que le garçon en a compté 26 et, honnête, fait remarquer: \u2014Je crois que vous m'en donnez trop: il y en a vingt-six dans le sac.\u2014Vous savez, madame, à ce prix là on en met 13 à la douzaine.= * æ% Les chauffeurs de taxi ne nous permettent plus de monter dans leurs voitures ou d'en descendre, avant de s'être dérangée pour vous ouvre la portière.Canneton ETRENNES PREHISTORIQUES \u2014Je viens d'acheter un joujou a au gosse ! oin des Petites Vi Saint-Jérôme L.B.est allé à la chasse dans les Laurentides avec Yvettepour l'action de grasse.\u2014 Les rendez-vous à l'hôtel L.ne sont pas seulement en vin.\u2014 Marianne prétend que c\u2019est elle qui a plaqué Tit-Noir, et celui-ci se vante du contraire \u2014 Au cocktail de Mme X., il a été question d\u2019un M.Z.qui faisait plus dans Vénus que dans le commerce.Ww #w %#% Drummondville Depuis que Ti-Tur est promu chauffeur de camion, il s'imagine que toute la rue lui appartient.\u2014 Hélène, tu n\u2019es plus d'âge à porter les cheveux sur les épaules.Cela va très bien quand on te voit de dos, mais de face.\u2014 Pauvre M,., la petite garde de l'hôpital en voit bien d\u2019autres.x = % Saint-Jean La belle Yvonne et cet étudiant blond de Dawson.\u2014 On connait Un Tel qui est plus fort en eau-de-vie que dans le commerce des huiles.\u2014 Les cravates de C.sont plus brillantes que l\u2019arc-en-ciel.* * x Quartier Montréalais Les \u2018\u2018Echos\u2019\u201d\u2019 Connaissez-vous Gugusse ?Demandez à G.L.et à A.G.Ils sont presque toujours en sa compa- gnic à la sortie du bureau.Monique, comment aimez-vous la compagnie de vos confrères dans la rue?Ne vous en faites pas s\u2019ils appellent les chiens \u201cPrince\u201d! Il y en a certainement un qui porte ce nom-la!.\u2014 Quand Paul G.est en colère, soyez certain qu'il a de la misère avec ses camions, surtout quand celui de Québec n'arrive pas à temps! .-\u2014 Wilfrid P., as-tu vu une belle vue dernièrement ?Raconte-nous ça'.\u2014 Thérèse R., c'est loin pour se rendre au bureau, n'est-ce pas?surtout quand on demeure dans le Nord.de la ville!.\u2014 J.D., trouvez-vous qu\u2019il y a beaucoup de \u2018\u2018coopération\u201d dans votre entourage?On fait notre possible.pourtant!.\u2014 Aux employés d'A.R.: vous étes micux d'arriver à l'heure au bureau, car E.P.vous guette du coin de l'oeil! .\u2014 Gérard L., pen- scz-vous qu\u2019on va balancer à la \u201ccent\u201d .ce mois-ci?Il est à peu près temps!.\u2014 Bernard L., ça marche-t\u2019y toujours dans les contrats de légumes?.\u2014 BI.J., Votre proprio a-t-il enfin fait la paix avec vous?Vous laisse-t- il cntrer votre glace maintenant?.\u2014 Mariette D., il va falloir faire quelque chose pour vous débarrasser de cette.petite vermine, Nest-ce pas?.\u2014 Aimé G., avez-vous besoin de jeunes filles pour.travailler?Et ça paye-t'y au moins ?\u2014 Charles, as-tu hâte d\u2019avoir ta nouvelle machine À facturer?.\u2014 Comment aimez-vous entendre Jean Guy crier à tue-tête: \u2018Rita! stencil!\u201d.Mlle P., voudriez- vous arranger le tableau s.v.p.?\u2014 Mr.P., voudriez-vous me faire un état de compte, s.v.p.?.\u2014 Mr.D., êtes-vous là ?Ja'i affaire à vous parler!.Okay, m'sieu! Tout d\u2019suite! tout d'suite!.\u2014 Et pour finir, disons comme Pierrette B.: \u2018Ça va faire! ça va faire!\u201d \u201cMerci! bon- to jour! & x % Saint-Eustache Prière de l\u2019hon.Jean-Paul Sauvé: Mon père qui êtes aux cieux, Que votre pont soit édifié Et que malgré tout Onésime arrive, Que la volonté de Maurise soit faite à Asbestos comme ici.Donnez-nous aujourd'hui notre Pardonnez-nous nos dépenses et ne précipitez pas les élections, Mais délivrez-nous des libéraux.Ainsi soit-il.* x ¥ Louiseville De milieux bien informés, apparemment les Citadins Louiscvilliens se seraient rangés du côté d'un certain Saint (pas St- Laurent), aux dernières élections municipales.Quoiqu'il ne soit ni un Evangéliste ni apparenté avec le Précurseur, la population de cette petite ville semble persister à croire aux anciennes théories, du temps où les magiciens ambulants terrorisaient leurs étroits esprits avec le nom de CHARLIE, Malgré la droiture physiquement statuaire de votre Bijoux, chers Louisevilliens, vous auriez sûrement trouvé beaucoup plus de rendement dans le BELL et foin quotidien, bien informé CHARLIE, Page 6 Le LE CANARD a Il y avait une fois une jeune poule.Hier, elle n\u2019était qu\u2019une poulette.Une poulette sans grande beauté, gauche sur ses pattes, .Ja démarche encore incertaine.Mais le temps et la moulée riche en minéraux ayant fait leur oeuvre, elle devint une jeune et dévouée poule, prête à pondre la semaine durant au service du maître, un habile fermier qui venait deux fois le jour contempler sa basse-cour.C'était, en somme, une agréable volaille.Bien faite, joliment tournée, la cuisse haute et le regard sincère.Elle savait dodeliner de la tête, caqueter au bon moment, et s'était gagné l'estime de la doyenne de la Cour, et du doyen des Coqs qui reportait sur elle ses yeux tristes, se souvenan qu\u2019en la si loin- aine jeunesse de son coeur il aurait eu pour cette charmante enfant mille attentions propices à la prospérité du fermier.Mais le temps passe, et Rostand l'a bien dit: \u201ctout ceci n\u2019est qu\u2019aviculture,\u201d La vie s'écoula riante pour jeune poule aux ailes blanches.Cinq fois la semaine, elle pondait un oeuf qui tombait floc! au fond du nid, et qu\u2019elle annonçait de son caquetage triomphal.Ça ne donnait rien, le caquetage, et ça faisait sourire les vieilles poules qui se contentaient maintenant d'un léger murmure au fond du gosier, quand par hasard elle réussissaient une ponte: mais pour la jeune poule, le caquetage lancé dans l'air bleu et le soleil d'or, c'était le cri d'orgueil.A part ça que ça vous avait une habileté À s'attirer les jeunes coque- taux malhabiles qui pourchassaient la jeunette de leurs.attentions sentimentales.\u2014Jce vous aime! criait le timid cochet à la crête molle.: \u2014Je t'adore! criait le cochet audacieux que les vieilles poules qualifiaient d'effronté et renvoyaient à ses chasses infructueuses auprès des sages poulettes.La jeune poule, blanche de plume et d'Âme avait cependant décidé que le temps n'était pas venu pour elle de sceller son avenir.Elle se souvenait des doctes conseils donnés par sa mère.\u2014Sois sage et prudente.Surtout, sois patiente.Le beau parti, l'amour comme tu appelles ça, vient toujours à venir.Ce n'était pas littéraire, mais c'était d'une grande sagacité.Comme quoi la littérature mène à tout pourvu qu'on ne s'en serve pas.Du moins pas dans les conseils de mère poule à la jeune poule.Ja claration amoureuse.Elle attendait que vienne le Grrrrrrand amourrr.genre Tino Rossi, rajeuni et raffermi.Genre Guétary, mais en plus coq.Une sorte de Dessary portant crête ct ailes, un Pierre-Richard Wilmparmi les Rock-Island.Une manière de volaille ayant toujours été nourrie de la meilleure moulée d'élevage, ainsi que des meileurs conseils amoureux.Un oiseau à faire pamer sérieux tour de force.Elle attendait que vienne ça, cette manière de grand seigneur parmi les coqs, capable de lui chavirer toute la vie y compris les yeux.Et en son coeur de poule, elle appelait: \u201cOù es-tu beau ténébreux?Viens à mon appel.\u201d Et la nuit, quand tout dormait et qu'elle se\u2019 tenait éveillée par ses pensées d'amour et de vie à deux, elle appelait même d\u2019une petite voix tendre, douce, qui n'évelllait aucune poule, n'agaçait aucun cod, mais serait sûrement entendue un jour.par quelqu'un.par LUI, par le Guétary des cogs, par le Dessary de la Basse-Cour, par le Pierre-Ri- chard Wilm des gallinacés.Jusqu'au matin où, à travers le soleil tiède et la brise douce, à travers les sons de toute la ferme s'éveillant à la vie divine du jour d'été, vinrent des hommes qui changèrent la vie de notre jeune pouie, qui la changèrent tellement que.Voyons plutôt.Ils étaient trois, graves et compassés.Et le fermier se tenait avec eux.Et ils cherchèrent parmi les poules celle qu\u2019ils voulaient, et ce fut vers notre jeune amie que leurs pas lourds se dirigèrent.\u2014Arriére! cria la coquette en voyart leurs pieds balourds s'approcher d'elle.Arrière! Ces messieurs étaient des Anglais qui ne comprenaient que l'anglais, comme c'est le cas pour la plupart des Anglais, et notre jeune poule ne parlait que le Poule.ce qui constituait un problème linguistique de première grandeur.Ils ne reculérent donc pas en entendant ses accents courroucés, et l'un parvint même, en un geste rapide comme la main de Dieu, à saisir la pauvre petite bête.\u2014Que me veulent-ils?Oh, que me feront-ils?Quelle odicuse atteinte & ma distinction porteront-ils?Car leurs mains grossières avaient des audaces, palpaient avec une désinvolture que même une poule, surtout une jeune poule, ne peut tolérer.Il y a la manière, voyez- vous.\u2014Laissez-moi! cria-t-clle.Et toute la basse-cour gémit à l'entendre, mais l'homme ne la relâcha pas.Or donc, elle refusait toute dé- Elle comprit des mots.Cela STRATEGIE PREHISTORIQUE \u2014dJe crois qu'avec çh, l\u2019art de In guerre peut être bouleversé.les poules, ce qui est en somme un ressemblait aux programmes de radio, surtout ceux du Réveil Rural.Elle comprit le mot uranium.et le fermier, qui ne parlait pas l\u2019anglais, comme c'est le cas des fermiers, leur répondit en français, ce qu'ils comprirent fort bien, puis- qu'ils comprennent \u2014 fait assez bizarre \u2014 le français sans pouvoir le parler, les Anglais.(Mânes de Boileau qui parliez si bien de polissage et repolissage.pardonnez cette phrase-qui devra maintenant \u2014 pour cause de paresse \u2014 rester intacte dans ce conte, trop génial pour qu\u2019on le rature.) Donc, le fermier répondit.\u2014Ouais, hein, de l'uranium.Elle pond des oeufs avec de l'uranium dedans.Tu parles d\u2019une poule.Et l'un des Anglais, se souvenant du peu de français jamais appris, dit dans un effort louable mais combien stupéfiant: \u2014C'\u2019est le premier poule avec la postérioure radio-actif que jé vo.:8[-MM[80 ajujeU surowr no snid Et l\u2019autre ajouta, en sa langue -\u2014An astounding miracle.We dont quite know what to think! La jeune poule qui écoutait les causeries du Réveil Rural à travers la porte moustiquaire de la cuisine tous les jours, et qui se risquait même à écouter le Choc des Idées, en poule désireuse de se cultiver, la jeune poule qui avait un faible pour Raymond Laplante et un fort pour le Commandant Baugé, comprit vite de quoi il s'agissait.Par un mystérieux retour de la nature, par un procédé grandiose et terrifiant, elle pondait des oeufs contenant de l'uranium.Fi de la poule aux oeufs d\u2019or! Fi de toutes les poules! Fi de tous les miracles! Elle pondait une chose que pas une autre poule n'aurait pu pondre.Fidèle à la tradition, suivant la coutume immémorable de toutes les poules, son cerveau ne serait pas sa fortune.Traditionnel métier de toutes les gallinacées.Mais avec quel brio elle dérogeait à la banalité! Avec quel magnifique sursaut d'originalité elle assurait sa gloire! \u2014Oune postérioure radio-actif, quel miracle! répétait l'Anglais en la tenant entre ses mains.Oui, un miracle.Mais un miracle de grande dimension, Cela devenait quasi surhumain.Cela touchait à la magie! On l'amena.Naturellement, une telle volaille ne pouvait être laissée à la merci de tous les dangers dans une vulgaire basse-cour.On l'amena et elle se laissa faire, soudain consciente de sa valeur, de sa gloire, de l'immense honneur qui lui était échu.On l'amena vers la ville, vers une université, vers de larges laboratoires oll d'autres animaux, et surtout un cog altier, sur lequel de nombreux essais étaient effectués chaque semaine.De ce temps-ci, le coq recevait quatre injections de vitamines per jour.Plus tard, sl le gallinacé ne crevait pas, les mémes vitamines seraient offertes aux médecins sous un nom magnifique, lesquels médecins injecteralent dans les bras ou les cuisses de dames touchant les pires âges et n'en voulant point connaître les ravages, le précieux liquide de jouvence.Dons ce coq.Et en voyant la poule pure et blanche aux yeux chastes qu'on plaça dans sa cage, il eut un cocorico triomphant.\u2014Merveille?cria-t-il.Merveile de ma vie! Et de sa voix mâle, rendue telle surtout par toutes les vitamines qui lui couraient sous la peau, il entonna ses poèmes et ses églogues.\u201cJe veux qu'en cette cage sous des barreaux discrets \u201cVous me disiez votre amours, vos secrets \u201cPoule de mes exrtases, de vos plumes le précieux galbe \u201cEst soyeux, subtil et fort palpa- nom, vos ble.\u201c| pas Short Story |UN COMTE Lorsqu'il arriva à Montréal, André Lasuce prit une chambre, rue Saint-André, et dit à la propriétaire qu\u2019il était un français de France.Il eût la plus belle chambre de l'établissement.Madame Angelina était si heureuse d\u2019avoir un français qu\u2019elle en oublia de la faire signer dans son régistre.Entre temps André Lasuce avait lu \u2018\u2018La Presse\u201d, il avait visité deux tavernes et conversé avec un buveur de bière qui levait son verre en lui disant: \u2018\u201c À ta santé, Monsieur le Comte !\u201d De retour à sa maison de pension, André Lasuce trouva Madame Angelina fort préoccupée.\u2014La police est venue, dit-elle, et je vous ai pas enregistré.J'vais être à l\u2019amende si vous ne le faites pas de suite.\u2014Mais comment donc, chère madame, fit André avec une grâce parfaite.Je m'excuse de mon étourderie.En France, on s'inscrit! Donncz-moi votre livre.Au moment de signer, il se rappela sa conversation avec le buveur de bière.Pourquoi pas?Et lançait son cocirizco d'amour, il ajoutait: \u201cSoyez ma reine, je suis vassal.\u201cEn vous parlant, j'acquiers l'accent provençal.\u201cLaissez-moi me tirer de celle rime idiote \u201cEn me permetlant de vous serrer.ma cocotte.\u201d Et il se pavanait, offrant son amour.La jeune poule était pâmée.Pour la première fois depuis le début de ses rêves dorés, elle voyait en face celui qu'elle attendait depuis longtemps.Mais la raison, la sagesse innée de la jeunette timide eurent tôt fait de prendre le dessus, et elle ne se laissa pas emporter par le Baudelaire de l'étroite cage.Le Claudel aux fortes pattes dut baisser pavillon devant la fermeté de la jeune poule.\u2014Monsieur.(Vous sentez ici cette fermeté, cette volonté de ne laisser l'insincère prévaricateur.\u201cprévariguer.\u201d) Pius tard, monsieur! Quand vous aurez prouvé que vous êtes digne de mon amour encore inviolé, peut-être vous per- mettrals-je ces poémes que je qualifie, pour tout de suite, d'impudents.En fait, elle les trouvait fort bien tournés.\u2014Monsieur, retirez-vous dans l\u2019autre coin.Parlez-moi.Racontez-moi votre vie.Et ne me mentez pas, car je le saurais.Je veux tout savoir de vous.Votre origine, vos ambitions, la raison de votre séjour ici.\u2014Hélas! dit le coq, je fus d'abord un oeuf.Je suis venu ici.on m'y a amené bien jeune.J'avais à peine l'âge de pépier.J'étais un poulet.Mais un beau poulet, fort sanguin.Et, ma foi, ça se voit encore.On essale sur moi des vitamines nouveau genre.\u2014Tiens, tiens, dit la poule toute émue de se trouver en face de si important personnage.Et ça ne vous fait pas mal?continua-t-elle.\u2014-Mal?Quoi me faire mal?\u2014Les vitamines?\u2014Au coeur, oul, répondit le coq.Ça me fait mal surtout au coeur.Mais c'est parce que je sens en moi, depuis que les vitamines bénies courent dans mon sang, des sentiments immenses qui ne cherchent qu\u2019à sortir, atteindre l\u2019objet de mes ré- ves.La poule était convaincue.Il savait parler.Il était beau.Il avait la mine riche.C'était un digne coq, et elle demanda, rougissante.(Car ça rougit sous la plume, une poule).| \u2014Monsieur, quels sont vos rêves?Le cog, sentant bien que le moment était venu de déclarer la, grandeur de son amour, soudain se jeta aux genoux de la petite.\u2014C'est vous, volaille adorable se dit-il.Et il s\u2019inscrit en belles lettres, à la française: \u2018Comte André de la Feuille-Pinard\u201d.\u2014Un comte?Vous êtes un eomte ?Un vrai?s\u2019écria Madame Angelina.\u2014Tel que vous me voyez! \u2014Oh! mais c'est un honneur.un comte.ma grande conscience! Faut que j'dise ça à mon mari.Il travaille au Théâtre Arcade, v'a rien que des Français, ça va leur faire plaisir!.\u2014Je vous demande pardon, madame, je voyage incognito.\u2014Ca n'fait rien, je n\u2019vous chargerai pas plus cher! Mon dou! Un comte!.André Lasuce fit une grimace.Il avait été vaguement acteur au Théatre Mantparnasse, au temps du mélo ct s'était signalé dans \u201cLa Porteuse de Pain\u201d.Maintenant, il était comte.comte à cause de ce buveur'de bière.Ah! la belle affaire! Et le mari machiniste à I'Arcade!.(suite a la page 15) dais.Vous que j'appelais dans la nuit! \u2014Moi aussi je vous appelais, dit la poule.\u2014Moi?dit le coq.C¥tait moi?\u2014Oui, vous, dit la poule en des mots immortels gne nous consignons ici avec émotion.Et le roman de ces deux gallina- sée débuta ainsi, par un après-midi d'été.Il dura deux semaines.Deux semaines de bonheur immense.Au bout de ce temps, il fallut bien se rendre à l'évidence.L'amour était immense, nous l'avons dit.Mais il était aussi ardent.Le pauvre coq, amoureux da la poule qui avait tant de.radio-activité qu'elle pondait des oeufs pleins\u2019 d'uranium, avait le.coeur complètement brûlé par l\u2019ardeur de son épouse.On le lui amputa dans une tentative désespérée.Mais comme bien l'on pense, l'amputation ne réussit pas et le coq mourut.On relâcha la poule, pour protéger les autres cogs du laboratoire.Et la jeune éplorée, voyant le cadavre de son époux gisant sur Ia table d'opération, le.coeur sorti calciné, détruit, dit d\u2019une voix qui franchit les cieux jusqu'à Dieu son créateur: \u2014Je suis une poule qui va tout dominer le monde, mais aussi le détruire.Je tiens la puissance, mais je tiens aussi! mon malheur.Où sera jamais mon bonheur?Et ceci dit, elle s'envola magnifiquement, jusqu'à vingt mille pieds dans les airs, ce qui Ja rendait, concédons-le, une poule supérieure.Yves Thériault a m : | (AL J A 24 A ee - pe cR va N == foyer ey \u2014fuis bien attention à ta première Vous que j'aime! Vous que j'atten- |dent, maman ne serait pas contente ler novembre 1949 \\ LE CANARD n-Coin\u201d\u2019 d\u2019 © Page 7 llvwood Les Potins \u201c7\\Ed Wynn à la télévision, il y a d'Hollywood PAL» SPE I: SS hl AG ie ® Suivant W alt Disney, qui pense tant d'humour dans ses dessins, la musique \u201cjitterbug\u201d aurait été pressentie il y a 150 ans par Washington Irving dans sa description de la danse exécutée par Ichabod Crane pour séduire la jolie Katrina van Tassel.Aussi, pour le film \u201cIchabod and Mr.Toad'\u2019 dans lequel Bing Crosby chante et Basil Rathbone raconte, il y a une reconstitution de cette danse sur un rhythme de jitterbug.Les auteurs de la musique sont Don Raye et Gene de Paul.Xt, pourtant, lorsque nous étions au collège, $e professeur d\u2019anglais, fervent admirateur de Washington Irving, ne nous disait rien des sentiments prophétique du créateur d\u2019Ichahod ct du Cavalier- sans-Tête.Il nous décrivait Ichabod Crane comme un \u2018grand sans dess{e)in\u201d.Et pourtant, avec Walt Disney., \u201c x ® Voici jusqu'où la radio et la télévision peuvent conduire quel- qu\u2019un.Pendant vingt ans, Renzo Cesana ne s'occupa que de T.S.Fet devint l\u2019un des pionniers de T.V.Mais personne dans son entourage pensait qu\u2019il deviendrait un jour acteur de cinéma.C\u2019est Roberto Rossellini (responsable de bien des choses, dont le film \u201cAprès la Tempête\u201d à Stromboli) qui a accompli cette transformation.Cesana était à Stromboli comme traducteur du dialogue quand il se trouva que Rossellini avait besoin d\u2019un interprète pour le rôle du padre.Et Cesana fit si bien que son rôle est devenu aussi important que celui du jeune premier Mario Vitale.Mais la vedette du film demeure Ingrid Bergman, Et pour cause! .: * ¥ * ® On croit que Jane Russell, la découverte du producer-aviateur Howard Hughes, est une simple belle fille qui doit son succes à l'importance de sa poitrine.Mais on vient de découvrir qu'elle a un héritage artistique ct qu'elle a, par conséquent, de qui tenir.Sa mère née Geraldina Jacobi fut la \u2018leading ladv\u201d de George Arliss.Après une bril- HENRI LETONDAL dame Russell mère se retira de la scène un peu plus tôt que Sarah Bernhardt et fit de sa fille une actrice.Monsieur Hughes, cependant, la vit voler de ses propres ailes.* $F % © Le metteur en scène Michael Curtiz est connu pour ses réjar- ties spirituelles.Avant de nuit- ter le studio avec ses artistes pour lc tournage de quelques scènes à l'extérieur, il leur donna ce conseil: \u201cLorsque vous entendez le cri d'une sirène, ambulance ou voiture de pompiers, rangez-vous aussitôt à droite et laissez le champ libre.On ne sait jamais, c\u2019est peut-être après- vous que l'on court ainsi!\u201d * ¥ x © Ce fut récemment une \u201cfer- meture-éclair\u201d pour Eleanor Parker.La vedette des Studios Warner Bros.pour le film \u2018Locked In\u201d fut récllement prison- niére dans sa loge pendant quelques minutes.La jolie Eleanor avait fermé la porte de sa loge pour endosser une paire de salopettes.Et elle remonta le \u201czipper\u201d traditionnel.Puis elle joua la scène.De retour dans sa loge Miss Parker devait faire un changement rapide.Elle n\u2019en sortait plus.Elle appela au sc- cours et ce fut un placide et complaisant machiniste qui, avec une paire de pinces, vint \u201c\u201c\u2018dépendre\u201d l'artiste.Comme on dit en anglais: it's all over-all now! #%* ® C'est encore l'histoire des \u201cdoubles\u201d.Tous les jours, on croit rencontrer Clark Gable, Lana Turner, ou Joan Crawford, à Hollywood.Il y en a beaucoup qui leur ressemblent.Le nombre des sosics des vedettes, non seulement du cinéma et du théâtre, mais de la scène politique, est considérable et le monsieur qui ressemble à Churchill, par exemple, jouit d\u2019une excellente réputation dans son quartier.L\u2019actrice Lauren Bacall a trouvé son \u201c\u2018\u201c\u2018double\u201d.Et devinez où?En Grèce! \u201c ® Qui paiera 108 pots cassés ?Pour fêter les débuts du comique \u2014Qu'est-co que c\u2019est que celui-là ?au |rant Chanteclair, Fa | établissement du Sunset Stripd|En principe on avait invité 200 eu un grand party au restau- le très chic personnes: il en vint 350, comme c\u2019est généralement le cas à Hollywood.Il y avait donc un dimonde fou et les vedettes s\u2019en- #1 tassaient sur les banquettes, se 4 |serraient comme des sardines norvégiennes.Il y avait là tous les amis d'Ed Wynn et de son fils Keenan, lequel se montra beaucoup trop bavard au gré de son illustre père qui lui fit des reproches.Mais Kcenan Wynn était trop ému pour prendre la chose au sérieux; ce qui ne l'empêchait pas de pleurer comme un enfant (c'est le cas de le dire) et de prendre les invités par le cou en leur disant d'une voix larmoyante: \u201cHein?Il est formidable le vieux! Formidable! Et c'est mon père, figurez- vous!.\u201d Cela pouvait encore passer.Mais la catastrophe devait bientôt se produire.Un garcon maladroit, \u2014 il avait bien raison de l'être parmi cette foule, échappa tout un plateau sur la téte de Desi Arnaz, le sympathique chef-d'orchestre et mari de Lucille Ball.Un bol de cornichons en verre taillé.très lourd et bien rempli, tomba sur le crâne de Desi Arnaz et lui fit une large entaille, si bien que l'artiste ensanglanté dut être transporté à l'hôpital où on lui fit la réparation d'usage au euir chevelu.Dans le cas de Dosi Arnaz, l'expression est juste, car il a beaucoup de cheveux.Et les cornichons?Eh bien, les cornichons se répandirent dans le corsage de la femme de Red Skelton au grand émoi de celle- ci qui était fort décolletée.Cela fit un froid, évidemment, en dépit des rires qui fusaient de partout.Ne rit-on pas, même nerveusement aux choses les plus tragiques\u201d.Madame Skelton plongea dans son corsage pour en retirer le plus possible de cornichons, mais hélas! les petits cornichons au vinaigre avaient glissé plus bas, les petits indiscrets! Toute rougissante de son geste en plongée, ct s\u2019excusant auprès de ses voisins, elle se fraya un chemin au \u201cpowder room\u201d (mot charmant inventé par les américains pour dénommer les lavabos de ces dames) et là, avec l\u2019aide de la négresse, enleva sa robe, son coutien-gor- ge, son pctit pantalon, et fit une nouvelle récolte de concombres qu\u2019elle offrit généreusement à la dame des lavabos.Lorsqu'elle retourna à sa table, Mme Skelton constata le départ de Desi Arnaz et la désolation profonde du garçon de table que Keenan Wynn consolait en disant parmi des sanglots: \u201cC'est pas de ta faute, voyons.Mon pére est formidable et il te pardonne.\u201d Mais, encore une fois, qui paiera les pots cassés ?xX ok ® Le partenaire de Micheline Presles dans \u201cThe Bigg Fall\u201d est -John Garfield, comme nous l'avons déjà dit.John Garfield, qui a été pubiliste, musicien, espion et \u2018tough guy\u201d dans ses films précédents, sera un jockey.Pour bien jouer son réle, John Garfield a voulu se faire la main, \u2014 Cequi est une façon de parler, et a fait de l\u2019entraînement à Ma- 18sionsed By Caneniideiod Nowe Pasi sre) \u201cJe nai jamais compris qu'on attende si longtemps pour un polit poisson qui ne vient jumais.\u201d libu, à cheval sur sa monture et prenant de préférence des sentiers de montagne pour conserver incognito.Tout-à-coup, au tournant d\u2019une petite route, il aperçoit une ravissante jeune fille dont le cheval a pris le mords aux dents.John Garfild a l'esprit chevaleresque.Il s'élance, toutes brides abattues, rejoint l'imprudente, et réussit à mater 1 abéte, c'est-à-dire le cheval.Aussitot la jeune fille quitte sa selle et lui dit: \u201cVous êtes bien John Garfield, n'est-ce pas?Rassurez-vous, je ne courais aucun danger.Mais je voulais votre autographe et c'était bien lc seul moyen de l'obtenir.\u201d Garfield, pris au piége, se mit a rire et consentit de bonne grâce à écrire dans l'album de la jeune fille: \u201cPour Mille X.qui va au grand galop dans la vie, son sauveteur sans mérite.\u201d + © Ingrid Bergman a mauvaise presse en ce moment.Son avocat venu de Rome pour conférence avec le mari de la vedette a commis les pires gaffes en affirmant aux journalistes que la belle Ingrid était prête à offrir une fortune au Docteur pour obtenir le divorce et épouser Rossellini.Ce qui est tout à fait faux.D'abord Bergman n'a pas de fortune.Elle a engloutit pas mal d'argent dans ses derniers films et possède très peu de bijoux.Ceux qu\u2019elle porte proviennent de Rossellini.L'aventure de Sromboli lui crée ici une très mauvaise réputation et le film qu'elle a fait en Angleterre, \u201cUnder Capricorn\u2019, a obtenu les pires priticques que Bergman n'a jamais eues depuis qu\u2019elle.fait du cinéma.Elle a bea uavoir joué \u201cJeanne d'Arc\u201d, cela ne lui \u2018a pas donné une auréole de sainteté, bien au contraire.* * © Betty Grable nous révèle qu\u2019elle est économe.parce qu'elle n\u2019a pas un sou à dépenser pour les soins du ménage.Le joueur de trompette Harry James, son mari, prévoit à tout ce qui concerne les dépenses de la maison: loyer, nourriture, autos (au plu- ricl), vêtements, enfants, cte.Betty Grable, l\u2019un des actrices les mieux payées à Hollywood, prétend qu'il ne lui reste plus que vingt milie dollars par année, quand elle a payé le fisc.C'est assez joli quand même, Ce qu'elle fait avec son argent, le peu( ?) qui lui reste ?Elle achète des bons du trésor, un placement sûr, et dépense le reste pour l'etnretien de son ranch.\u201cSi j'étais une femme d'affaires, je joucrais a la Bourse, mais je ne connais rien à ce sport et, d'ailleurs, je n'ai pas le temps de m'en occuper.\u201d Elle préfère avoir des chevaux et les faire courir.- \u2014C'est ce sacré lapin qui ne peut pas le lâcher ! Un de quart d'heure LE CANARD RIGOLADE ler novembre 1949 avec MARIO DULIANI l\u2019auteur de \"DEUX HEURES .DE FOU RIRE\") r [3 En Gaspésie.Dans ce petit hôtel de Gaspésie, qu'une demoiselle très adroite et très uscorte conduit à la perfection, les voyageurs veulent toujours avoir affaire avee elle .Aussi, quand M.et Mme Galipette arrivent ce sofr-là, vers onze hres, lis sont très déçus de ne pouvoir parler qu'avec une rubiconde bonne.\u2014\u2014Peut-on voir la demoiselle dirige l'Hôtel?demande qui Monsieur Galipette.\u2014Je regrette beaucoup, répond la bonne.Mademoiselle vient de se coucher et est fort occupée.Précision \u201cHector (après avoir achevé le récit de tous les avatars conjugaux auxquels i! a dû faire face la nuit précédente, à la suite de son retour chez lui à trois heures du matin).\u2014Et toi?\u2026 Qu'est-ce qu'elle fait, ta femme, lorsque tu rentres tard?Julien \u2014Elle devient historique ! Hector (surpris) \u2014Historique ?Tu veux dire Hystérique ! Julien (insistant ) \u2014Non, non'\u2026 Historique! ., Parce qu\u2019elle commence à me refaire toute l'histoire de notre mariage, et de tous mes torts .CONC à celui qui enverra et un prix de $1.00 auteur.35-00 Parlez-en à vos amis - Adressez vos histoires drôles et gales: LE CANARD Casier Postal 251 \u2014 Station L WESTMOUNT, P.Q.Toutes les histoires demeurent la propriété du CANARD D'HISTOIRES GAIES LE CANARD offre un grand prix de $5.00 du mois, un prix de $3.00 pour la suivante classée troisième.Toutes les autres histoires seront publiées et signées du pseudonyme choisi par leur Nous vous engageons à nous en adresser sans délai.FAITES RIRE TOUS VOS AMIS en tentant votre chance pour le concours.MH y a de l\u2019argent à gagner tous les 15 jours.$ 3° CE CONCOURS EST POUR TOUT LE MONDE | OURS la meilleure histoire pour celle qui sera 1 .00 et & votre entourage.Au palais Ce jour-là, il y avait foule sur les bancs des accusés, Ces der- nlers étaient nom-Cg breux.Leurs cas assez précis.Les débats s'annonçaient comme très brefs.Le temps d'entendre un état civil, d'écouter un témoin, de peser la peine, et .c'est le tour\u2019 du suivant : \u2014Comment vous appelez-vous?\u2014Jean-Pierre-Louis Delaplanche \u2014Vous êtes né?\u2014Le 17 février 1919, à Montréal.\u2014Vous êtes Inculpé d'avoir volé des gants à un étalage\u2026 \u2014C\u2019est vrai, Son Honneur.\u2014Avez-vous déjà été condamné?\u2014Non, Son Honneur.\u2014Eh bien! vous allez l'être'\u2026 » x » a Le Docteur Vallipois est dans son bureau\u2026 Jl est dix heures du soir\u2026 Le téléphone retentit\u2026 Monsier RMatier ést au bout du fil : \u2014Docteur, docteur.\u2026 s'écrie-cil d'une voix affolée.Venez vite! \u2014Qu'est-ce qui se passe?\u2014Vous connaissez ma femme, n'est-ce pas?\u2026 Elle dort toujours Ia bouche ouverte.\u2014H¢ bien?\u2014Une souris est entrée .\u2014Je vais venir immédiatement, répond le médecin.En attendant, gar- dez-lui la bouche ouverte, et mettez lui devant un gros morceau de fromage d'Oka! 1! est probable que la souris, attirée par l'odeur, sorte toute seule .Le Docteur Vallipois raccroche, enfile son pardessus, monte dans son auto, et dix minutes plus tard arrive chez les Ratier, Quelle n'est pas sa surprise de voir Madame Ratier étendue, avec la bouche ouverte, ct, devant elle des tranches de foie de veau.\u2014Voyons, s'écrie le Docteur.Je ne vous aavis pas dit de lui rnettre sous le nez du foie de veau.mals du fromage.\u2014Mals, explique Monsieur Ratier, nous avons mis du foie de venu Les Mystères de Montréa (suite) CHAPITRE III Etiennette disparue Ludovis Tranchemontagne fut éveillé en sursaut par des coups violents frappés à la porte du petit appartement qu\u2019il habitait dans le haut de Ja rue Saint- Denis.Cela lui prit quelque temps pour prendre conscience de la réalité.Il était encore tout endormi et il venait de faire un rnauvais rêve.À part ça, il avait la tête grosse.Il avait bu la veille, avec deux amis, la caisse de bouteilles de petite bière offerte par le Cercle du Livre d\u2019Enfance à l'auteur du meilleur reportage sur l\u2019attribution annuelle de son prix \u2014 qui était cette année une non-attribution.Ludovis l'avait gagnée, cette caisse, et aidé de deux journalistes travaillant avec lui, il avait passé au travers, pendant la nuit.La bouche pâteuse, les yeux collés, chancelant sur ses jambes, il se dirigea vers la porte, et ouvrit.C'était Gustave qui venait de l'éveiller en cognant comme un sourd.Gustave, l'ami d\u2019Etiennette, la belle petite du restaurant du coin, Etiennette Saint-Vincent, mystérieusement pour faire sortir le chat qui nr couru après la souris ! .3 Par Agénor Berthelot disparue depuis deux semaines \u2014 en fait, depuis le jour où le jury du prix du Cercle du Livre d'Enfance s'était réuni.Depuis ces quinze jours, Gustave et Ludovic avaient conjugué leurs efforts pour tenter de retrouver la charmante enfant.Ils avaient travaillé ensemble, malgré qu'ils ne s\u2019aimaient pas beaucoup l\u2019un l\u2019autre.Mais ils avaient tous deux le béguin pour la douce Etiennette, et cela les avait rapprochés.Malheureusement, tous leurs efforts étaient demeurés vains jusque là.Pas plus d'Etiennette que sur le dos de la main.Naturellement, la mère de la disparue, Mme Saint-Vincent, avait prévenu la police.Et, tout aussi naturellement, la police n'avait rien trouvé.CHAPITRE IV Le mystérieux Monsieur Maurice \u2014Qu'\u2019est-ce qu\u2019il y a?demanda Ludovic à son visiteur.\u2014Du nouveau! répliqua Gustave.\u2014Quoi?\u2014Tu sais, le type qui rodait autour du restaurant depuis quelques jours avant la disparition d'Eticnnette?\u2014Oui.Un gars dans les 59 ans, avec un grand nez.retrouvé.\u2014Ah! Où est-il ?\u2014Je sais pas.I) m'a échappé.Mais je sais son nom: Monsieur Maurice.Ça a l\u2019air d'un homme bien important.\u2014Comment l'as-tu retrouvé ?\u2014Il est venu au restaurant Saint-Vincent, à matin.J'étais justement là.Il s\u2019est informé de la jeune fille qui avait coutume de servir.Mais pour moi, c\u2019était rien qu\u2019un truc.Il doit en savoir plus long qu'il veut le montrer.Quand il est sorti, je l'ai suivi.Mais il a monté dans une grosse Packard et il a filé à toute vitesse, en passant sur une lumière rouge.Moi, je pouvais plus le suivre.\u2014C'est malheureux.-\u2014\u2014Mais j'ai une autre piste.Il se passe quelque chose de louche dans une cave, à une des maisons sur la petite rue derrière le restaurant.C'est pour ça que je suis venu le trouver.Je voudrais qu\u2019on aille là ensemble.Un gars tout seul, c\u2019est risqué.\u2014Bon, entendu, on ira ensemble.\u2014Je sais qu'il doit y avoir une à onze heures.réunion à soir, Si tu veux, on.se rencontrera à \u2014C'\u2019est ça.Eh bien, je Vai e Entre mari et femme Jules a un caractère un peu vif.Juliette, sa femme, n'a \u2018pas le caractère trés conmode non = plus.Aussi les disputes, lex scènes, les dialogues vinaigrés se succèdent sans arrêt chez eux.Seulement comme Jules et Juliette sont bien élevés, ls font preuve.surtout lorsqu'il y a du monde, d\u2019un certain souci de la forme.L'autre jour, en présence d'amis, Jullette dit & son mari: \u2014Je désirerajs beaucoup aller au théâtre demain soir.\u2014Ma chéric, réplique aussitôt Jules.Tes désirs sont des ordres.\u2014Ah! que je suis contente!.\u2014Seulement, ajoute Jules sur un ton bourru, \u2014 comme Je ne reçois d'ordres de personne, nous ne sortirons pas ! »* + + \u2014A quoi pensses-tu Jos ?\u2014A rien, chérie!\u2026 Absolument à rien ! \u2014Alors.c'est moi, jours penser A tout ?® OX + \u2014Hé, bien, Ja vie conjugale est- clle à ton goût?demande Victor, heureux célibataire à Maurice, qui est marié depuis pou.\u2014Heu\u2026 répond l'interpcellé.Je puls dire, en tout cas, qu'elle n'est pas monotone.Pendant le premier mois, cest mol qul parlais et ma femme m'\u2019écoutait.Le deusième mois, c'est ma femme qui parlait, tandis que j'écoutais .\u2014Et maintenant?demande Victor.\u2014Maintenant, dit Maurice, nous parlons tous les deux en même temps, et ce sont les voisins qui .écoutent ! qui dois tou- LIE J J Un Sultan était fort en colère envers Un de ses eunuques, et il l'ac- cusalt de coupables négligences envers ses femmes dont quelques-unes s'enfuyaient parfois la nuit pour ne rentrer qu'au petit jour au harem TI appela l'eunuque : \u2014Puisque tu n\u2018es pas capable de veiller sur les femmes dont tu as la charge, je te chasse ! L.\u2014J'accepte sains murmurer votre verdict, mais & une condition ., .\u2014Laquelle ?\u2014Remboursez-moi ! .onze heures moins cinq, au restaurant du coin.\u2014Entendu.Je vas m\u2019arranger pour quitter le journal un peu plus tôt et je te rejoindrai à temps.\u2014O.K.A à soir.\u2014C'est ca.A ce soir.CHAPITRE V Une femme fatale A dix heures et demie, Ludovic avait quitté le journal.Il avait du temps devant lui.Ça ne prenait pas plus qu\u2019un quart d'heure pour se rendre au restaurant Saint-Vincent.Et, miracle, le tramway ne se fit pas attendre.Ludovic monta et, en échange de son trente sous, il reçut trois billets \u2014 trois seulement, comme c\u2019était la règle depuis le premier octobre.Poire comme lc reste des Montréalais, le jeune journaliste s'était plié à cette règle sans faire plus que gueuler un peu quand l'augmentation avait été annoncée, Sur un des bancs de travers, il y avait une place libre.Ludovic sc laissa tomber sur le siège et tira un \u2018Crime Comic\u201d de sa poche, pour passer le temps.Mais, au moment où il allait sc plonger dans sa lecture fasci- ,nante, il remarqua la pérsonne FF .Pour ceux qui boivent Léopold est aussi au bas.Devant lui, Ja table est nette.Nul verre, nt plein ni vide, ne témoigne qu'il y a eu de s& part, envers le barman, aucune forme d'activité.Survient son Inséparable aml Ree né.\u2014Tiens, lui dit Léopold, saisi tout à coup d'un indéfinissable espoir.Paye-moi un coquetel.\u2026 Je t'en pulce rai un autre, après .\u2014Je veux bien, répond René.\u2014 Seulernent commence toi-même par m'offrir l'autre\u2026 Aussitôt après je te paleral le.premier ! * HF + Ignace explique à son ami Geo.» \u2014Moli, vols-tu, je ne bois du vin qu'en deux occasions.Lorsque je mange du poisson, et lorsque Je n'en mange pas! la petite Janine, figée de sept uns, va passer l'après - midi chez sa grand'mère.C'est la première fois que cela lui arrive.Aussi, la petite se met en devoir de fouiller d\u2019une manière mêmie indiscrète tout l'appartement\u2026 Tout à coup, clle jette un grand cri.Dans le salon elle dé= couvre le portrait d'une bien jolie dame, habillée avce élégance, aux beaux traits réguliers et à ln belle chevelure blonde .\u2014Grand'mère!\u2026 Grand'mère\u2026 s'ée crie Janine, me.\u2014L'aimes-tu?demande dame.\u2014Je l'aime beaucoup, car eNe est très belle!!! Mals qui est-ce ?\u2014Hé bien, répond grand'mère, C'est moi, quand j'étais jeune.anine réfléchit un Instantregarde de nouveau le portrait, garde sa grandmère, puis : \u2014Et maintenant, qui est-ce ?«+ Papa Lapin remarque avec que son jeune fils a ment heureux.11 s\u2019en ouvre À sa femme : \u2014Qu'est-ce qu\u2019il a donc le petit qu'on dirait qu'il éclate de joie?\u2026 Alors Maman Lapine avee orgueil: \u2014C'est une journée inoubliable pour lui\u2026 Figure-toi qu\u2019à l'école, on lui à appris ln .Multiplication 5 Viens voir Ja belle da- la vicille Elle ree intérêt l'air extrêmee qui était assise au fond, sur le même banc.C'était une belle fille, grande, mince, moulée dans un manteau de velour noir, avec de grands cheveux noirs qui lui tombaient sur les épaules et de grands yeux, de velours noir comme son manteau, voilés de cils longs et noirs comme ses cheveux.Et avec ça elle avait une bouche, rouge comme du sang, avec des lèvres recourbées comme l'aro de Cupilon.Et un parfum, à la fois doux et pénétrant, un de- ces parfums qui vous mettent la chair d'un homme cn émoi.Elle lisait le \u201cCanard\u2019.\u2014Tiens, pensa Ludovic.Elle n'est pas seulement belle.Elle est aussi intelligente.Il remit son \u2018\u2018comic\u201d dans sa poche, La belle inconnue replia soi- gncusement sa copie du \u2018\u2019Canard'\u2019 et l\u2019enfouit dans l\u2019élégant sac à main qu\u2019elle tenait négligemment sur scs cuisses, bien dessinées par la robe de soie noire que Ludovic aperçut sous le manteau entr\u2019ouvert.Dans le mouvement qu'elle fit pour serrer son journal, la belle fille se colla contre Ludovie.I (Suite & la page 9) ler novembre 1949 La saviez-vous?| Un jeune fat voulant paraître spi- : rituel, pour courtiser une jeune dame lui dit en la fixant dans les yeux : \u2014Commie vous devez savoir cm- brasser bien ! .Et In dame : HJe ne le suis pas\u2026 Mais deman- dez-le done & mon mari ! Jl pourra vous renseigner ! * * Gisèle et son mart Albert, tout en sirotant leur café, par petites gore gées, échangent quelques pensées trenscendentales .\u2014Moli, dit Gisèle, 31 y a des moments où vraiment je regrette de ne pas être un homme .\u2014Qu'est-ce que tu ferais si tu Gals wn homme?demande le mari ironi- quetnent, \u2014Oh, c'est bien simple, réplique- t-elle.Aujourd'hui, par exemple, quand nous sommes sortis, et que nous nous sommes arrêtés devant ce Krand magasin, hé bien : j'aurais bris ma femme par le bras et je l'auaris gentiment amenée à l'intérieur pour lui offrir un de ces beaux manteaux de fourrures qu'il y avait en vitrine ! .*» + » Cette charmante Jeune femmie rie conte son voyaze en Europe, et avec une précision de navigatrice ajoute : \u2014l2n Grèce.nous avons mouillé devant le Firée .\u2014 Encore une.bougonne un meone sieur, qui prend le Pirée pour un homme, * fF # Deux amis ont fêté par un succulent diner le vingtième anniver- riuire de leur première rencontre, kt conne l'un et l'autre ne plaisantent pus, lorsqu'il staysit de hoire, ils finie sont par quitter le restaurant anse ses éméchés.Dans la rue, ils zigzaguent dan- Kcveuseiment, Mais tant bien que mal, lun parvient à accompagner Fautre usqu'au scull de son domicile.Avant de le quiter, 31 le bras et, lui murmure sur un ton suppliant : \u2014 Maintenant, écoute = Moi bien, Tu ne dois dire à personne, à personne in\u2018entends-tu bien?.à per- Sonne.OÙ NOUS AVoONS passé la sol- rée\u2026 tut i prend l'oreille \u2014Je te le jure! réplique l'autre svlenncllement, \u2014A personne! insiste le premier.\u2014Entendu! dit le deuxième, Je ne le dirai à personne! Mais toi, si tu é aly vraiment un ami.à mol.ta mme le dirais ! .\u201c % » Une mère explique à sa fille quelle possède \u201cun don précieux\u201d qu'il ne faut pas galvauder, var, conclute ellé : \u2014C'est pour les jeunes filles leur senl trésor.-\u2014Mals, répiique 1a fille, c'est trésor dont tous les hommes ont clef : un la x ¥ = Jérôme ot Muse évoquent à table les souvenirs de leur voyage de no- CUS, \u2014Quelles journées inoubliables NOUS KVONS passées au Saguenay !\u2026 di Jérôme.Tout à coup, Bb, d«cmande : \u2014Est-ce que je suis venu, moi, à ce voyage ?\u2014Ceriainement, qui a six ans, répond le père ! A Taller tu étais avec moi ., .AU retour avec maman.\u201c ¥* x Une petite bonne femme, grisonnante \u201cde maintien craintif\u201d, comme aurait dit Gustave Flaubert, entre dans une librairie, proche de la rue St-Denis : \u2014Vous désirez, Madame ?presse le vendeur.la dame se trouble, bredouille, bafouille .puis, entraînant le commis dans un coin, À mi-voix, en Daissant les yeux : \u2014Je voudrais .CHOSEs\u2019erm- \u201cLE PETIT * Mademoiselle Gertrude, qui et une brave et simple viell- le fille, a coupé ct 7 cousu une douzaine de jolis eçaleçons d'homme, qu'elle a destinés i Ja Croix Rouge pour être distribués aux soldats.Mais l'inspecteur de la Croix Rouge qui reçoit l'offrande, après un ras pide exumen, est obligé de constater : \u2014Mille regrets, Mademoiselle, Mais nous ne pourrons pas distribuer eus calegons.\u2014Fourquoi?fait-clle étonnée.N 0 * devant.\u2014Ça ne fait rien, réplique Mademoiselle Gertrude.On pourrait les donner seulement aux célibataires ! x + * Cantâcuzène résumait de l'amour en ce Le Prince toute la morale court slogan : \u2014Rouglssez de volupté!.Ne glsrez pus de la volupté!\u2026 \u201c +.Louis et Marguerite prennent leurs dispositions pour partir en vacances.Louis \u2014Alors, ta cousine Thérèse prend soin du chat?Marguerite \u201c \u2014Oui! rou- Et Francoise amène chez elle le chien et le perroquet .- Louis It le petit?Marguerite \u2014I1 s'en Va chez ma mire.louis (avec une idée subite) \u2014 Mnis dis-dunc\u2026 Si on en profitait pour passer tranquillement deux semaines chez nous ?, x % =» Simone, une délicieuse jeune fille de dix-huit ans, sanglote devant sn mère à qui elle vient d'avouer qu'elle est .\u201cun petit peu enceinte\u201d .La maman essaie de la consoler.\u2014Le mal «st réparable, après tout\u2026 Tu n'as qu'à lui demander de t\"épouzer .Alors Simone : \u2014Mals maman !\u2026 pas assez pour lui chose pareille ! «4 x .* Les connaissez-vous \u2019 Jeannot descend en courant l\u2019escalier qui mène au premier étage, où son père est en train d'accrocher aux murs des tableaux dont {1 vient de faire l'acquisition.Il pleure: Sa mère s'inquiîte amourcuse- ment : \u2014Qu'est-ce qu'il y a, mon garçon?Pourquoi pleures-tu?\u2014Pa.pa.vient de se donner.un coup de marteau sur\u2026 les doigts.répond Jeannot entre deux sanglois.\u2014Oh que c'est gentil à toi d'avoir un sl bon coeur!\u2026 lui dit Ja maman.Mais comme elle veut que son fils grandisse avee des sentiments virils, elle Vinelte û résister à Ja douleur aussi bien physique que morale.\u2014C'est très bien ce que tu as fait ii.Mais 1! faut que tu t'habitue\u2026 Un grand garcon comme toi ne doit pas pleurer pour de petites choses comme Cit.Au contraire, 4) doit montrer qu'il est fort.11 doit rire.\u2014C'est Wien ce que j'ai fait, réplhi- Je ne le connais demander une que Jeannot, Mails papa m'a fichu une de ces glfles .* + + = Problèmes Statistiques : On pose le problème suivant \u2014Pourquot les hommes re lèvent- ils la nuit ?Réponse : \u20142 1% parce qu'ils sont obligés de se lever pour aller à leur travail.\u20141.6% pour aller rôler dans la cuisine, et voir s'il ne reste rien à manger.\u201496% xe l&vent .pour rentrer chez eux ! - Adélard est un homme À femmes.Après de multiples aventures, il se marie.Et part en voyage de noces avee son épouse.Il arrive à Qué- Lee, et descend dans un grand hôtel.Mais dans l'ascenseur in jeune fil= le préposée au service, À peine l'aperçoit, lui crle : \u2014Bonjour, mon chérl .L'ascenseur arrive a l'étage.Et Adélard sort suivi par sa femme qui se plante devant lui, les yeux hors de la tête: \u2014Qu'est-ce que c'est que cette fille, qui se permet de tappeler \u201cMon chéri\u201d en ma présence?Alors Adélard, qui perd patience : \u2014Ah, je t'en prie\u2026 Ne commen- Cons pas ave: les scènes.J'ai dé- JA assez de difficultés à m'expliquer malgré tout.avec la fille de l'ascenseur, sans que tu viennes compliquer la situation.\u2014lls n'ont pas d'ouverture sur le.e Opinion personnelle L'éternelle discussion au sujet de Jn femme est engagée.Tout le monde a une opinion personnelle & exe primer, sauf Jacques qui fume tranquillement sa cigarette dans un confortable fauteuil.\u2014Et vous?demande une Jolie fille aux Hgnes tentantes, et aux yeux langoureux, en s\u2018approchant de Jul.\u2014Etes-vous pour, ou contre lu femme ?\u2019 \u2014Contre ! répond Jacques \u2014 pats le plus près possible ! .k x Les Cervelus sont des gens Étranges.Ils ne font Jamais rien comme tout le monde.Ainsi, par exemple, Îls avalent un tila qui dépensait tout l'argent de la maison .et un magnifique veau gras .Or, un jour, égaré .Après de longues recherches deux jours, 11 est revenu .Et pour fêter le retour du Veau le venu gras s'était de Gras, c'est l'Enfant Prodigue que les Cervelas ont tué .\u201c x C'est à la campagne .Devant la grand'mère Anna, on explique toutes les merveilles des couveuses artificielles.Et là-dessus, on étend le sujet\u2026 Et on parle de l'insémination artificielle, La viellle grand'mire sccoue téte : \u2014J'suis pas au courant de toutes ces machineries-là, dit-elle, Mais, en tout cas, lalssez-moi vous dire une chose : Vive Ia bonne vieille manit- In re ! x + =» LA A Au téléphone Une voix de femme (affolée ) \u2014 Allo! Allo!\u2026 Venez vite, je vous cn supplici\u2026 Un jeune homme est en train d'essayer par tous les moyens de forcer ma \u2018fenêtre et d'entrer dans ma chambre .Une voix d'homme (très polie et très calme) \u2014Je comprends votre émoi, ma pauvre dame\u2026 Mails vous vous êtes trompée de numéro.Ici, ce n\u2019est pas la Police, mais les pompiers.Une voix de femme (de plus en plus affolée).\u2014C'est justement vous que Je demandais!.\u2026 Car l'échelle de ce pauvre jeune homme .est trop courte ! \u201c# Cette ébloulssante courtisane vient de mourir aux Bermudes, de la petite vérole .\u2014Tiens, s'écrie quelqu'un qui Ju connaissait.Je ne Ja croyais pas si modeste ! .x % » Un Capitaine de long cours, qui =a passé toute sa vie sur Ia mer, pendant une escale, entre dans un petit restaurant de Montréal et commande un consommé.Le garcon lui apporte un bol de liquide très clair, qui na jamais vu ni de près nt de Join, nueun morceau de viande, nl encore moins aucun légume, Après avoir englouti une cuillerée de ce breuvage, le capitaine dernan- du au garçon : \u2014 Mais qu'est-ce que vous n'avez servi, là ?\u2014Du\u2026.consommé, comme vous me l'avez demandé, Monsieur .\u2014Hé bien, alors, je peux me flatter d'avoir navigué pendant quarante ans de ma vie sur le ., .consommé ! * ¥ =x De Grace Moore cette piquante définition : \u2014Lle flirt américain?« \u201cest tout, excepté tout ! .+ *%* = ge .Définitions An Poste de Police, on interroge une femme .\u2014 Avez-vous des enfants ?\u2014Non ! Malheureusement = j'suis \u201cestérile* .Un silence, Puis : \u2014Dans ma famille, c'est même héréditaire ! \u201c+ Dans ce cabaret les dansenses sont jolies et .le montrent abondamment.Le maître de cérémonies que ces filles viennent de pays du monde, Deux amis, qui boivent, seurlent\u2026 \u2014Tiens, dit l'un levant sen Verre.Je Lois au beau sexe des deux hC- misphères ! annonce tous Jes Alors, l'autre.dont l'oeil paraît singulièrement allumé : \u2014Buvons aussi aux deux hémisphères.du beau sexe ! .LE CANARD ANAS SASA SAAS ANA AA Page Ÿ SSUDNOUDODODOGODOBHODREDIDONOGORBODDODDODESONODOOODHOBOOBORODODODODDDBOTDOBOLDOUCIOORTONODIBEIEES- Une purgation \u2014\"\u201cwe veux bien\u201d.\u2014\u201cDu reste, il est excellent\u201d.\u2014\u2018Muis\u201d, reprit.le huile, depuis cing minutes\u201d.Amateur d\u2019antiquité vieille et lui dit : moi d'embrasser le bord de Le plus méritant messe, \u2014\"Je vous protège tous\u201d.\u2014\"Je plaide pour tous\u201d.\u2014\"Je vous soigne tous\u201d.\u2014\u201cMoi, Je pale pour tous!\u201d rrr a LR HUTT HH HLTH TURES U HP RTT THT STEOMERIEORL BION OR TBR REET NO RENAN RARDIN ODED BERBERS E AOE DBR E EOIN ELAR BI TREE ALND Erreur n\u2019est pas compte ! Monsieur X téléphone À la clinique Z.11 veut savoir des nouvelles de sa femme, opérée le matin mé- me.\u2014Allo?C'est vous docteur?Tel Monsieur NX.Quelles sont les nouvelles?J'ai hâte de savoir.A ce moment, par une erreur de Ja téléphoniste, Monsieur X est branché sur In ligne d'un garagiste qui converse avec un client.\u2014Allo, Monsieur! Vous m'écoutez?dit le garagiste à Monsieur X, On vous la retournera à domicile demain matin.\u2014Déjà ?\u2014Oui.Et pourtant ça marché tout seul\u2026 Il y organes en mauvais état.On les a remplacé, et maintenant elle est comme neuve.Demain matin, vous pourrez Vous en servir Lo, \u2014M'en servir ?\u2014Sans carinte!\u2026 Et pourtant, vous ne l'avez pas ménagée\u2026.\u2014-Muis, Monsieur .n'a pas avait des \u2014Enfin, elle va, pour le moment.Je lat essayée inol-méme, hier soir, avec des amis, et elle s'est très blen comportée\u2026 Allo, allo.Vous écoutez, Monsieur ?Mais Monsieur X n'écoute plus, \u2014 I n'eut Evanoul |! Les gagnants du concours d'histoires Premier prix Une jeune fille du meilleur monde entre, ces jours derniers à In pharmacle Sarrazin et Choquette : \u2014\"de voudrais une forte dose d'huile de ricin, mais tellement bien apprétée, qu'on n\u2019en découvre pus le goût\u201d.\u2014\"rès bien!\u201d dit le pharmacien, qui se niet {Ut locuvre, \u2014\"Ah! à propos, mademoiselle, voulez-vous, en attendant, gof- ter à notre nouveau sorbet à l\u2019annanus?\u201d Mais comme In préparation cetarduit un peu, la demoiselle se Haserda à en demander des nouvelles, pharmacien donner une preuve de nion savoir-faire, Vous l'avez prise, votre \u2014\"\u201cComment ! moil\u2026 je l'ai prise?mai «c'était pour ma grand\u2019.Deuxième prix De jeunes étudiants, revenant d'une excursion à Is campagne virent monter sur Je train un vieux et une vicilte.Celle-ci portait un manteau qui avait déjà été noir, mais qui depuis longtemps, avait passé par diverses nuances de rouge, de vert, de jaune.Un des étudiants, se croyant fort spirituel, s'approcha de Jr \u2014*Madame, comme je suis un amateur d'antiquité, perniectez- votre Sur ce, In vieille Ini répondit vivement : \u2014\"\u201cDans ce cas, mon jeune homme, vous pouvez baiser mon dd.Non vingt ans de plus que mon manteau.\u201d Troisième prix C'était l'heure des annonces sur le perron de UPéglise après dx Le député se présenta le premier et dit : Un avocat parut ensuite et dit à son tour : Un médecin prit aussi Ia parole et dit: Alors, un petit vieux, cultivateur de l\u2019endroit, se détucha de da.foule et s\u2019avançant vers le député, l'avocat et le médecin, s\u2019écrin : rayonnant, \u2018je voulais vons JEANNE i LUT] HIS HHIRBRN SUCRORTOBELGOSETODEONUROSUUNIENR ni UBLUOOGEONANHANERUT OUEN manteau.\u201d « JS GAY SFOUI AMEN HEHEHE HERE Cherchez la femme ! Dans un musée .Devant la stne tue d'une déesse #recque, habillée d'une large feuille de vigne, deux jeunes filles commientent.-\u2014Je me demande, dit l'une.come ment pouvaient-elles faire tenir lcurs feuilles de vignes ?\u2014Muis.avec une veux ! \u2018 pp o+ x On parle d'une jeune femme qu! a beaucoup \u201croulé\u201d avant d'épouser un opulent personnage.\u2014Ce n'est pas honnête \u2014 dit Une de ses bonnes amies, Ses amants, elle les a aimés.Mails celui-ci, oll en toujours dit qu'elle ne l'almait pas.\u2014Celul-el, elle l'épouse, riposte une épingle à che autre amie.Elle ne peut pas \u2018out faire ! * # > Un jeune homme demande un sandwich aux sardines.\u2014Voulez-vous des sardines caua- diennes où des sardines importées?demande le garçon.\u2014Quelle est lu différence?demune de à son tour le jeune homme.\u2014Ben .Le sandwich de sardfe nes canadiennes coûte vingt cents\u2026 tandis que la surdine importée : trente cents ! \u2014Je ne suis pas assez fou payer le voyage d'une sardine ! Donnezemot le sandwich nes canadiennes ! - pour «oe aun surdie \u20140it tes caleçons qui ne veulent pus sécher ., . Page 10 Or wr LE CANARD a] [RH Qi MT LT _, CEREBUS SAFE Co.TESTING A BORATORY je je \u2014 T.M.REG.U.S.PAT.OFF, moment ?4 i [C r SES a EN Xe SS a Allo! Allo! Nous sommes.Jugence qui bh vérifie la moyenne des auditeurs .Quel programme écoutez - vous en ce Ter novembre 1949 ON (pes a 3) al Jo connais un meilleur \u201cfest\u201d que la dynamiet: mettons-y nos enveloppes de paye, féermons, et allons le dire à nos femmes.TELLER nonce que vous journal?\u201cA vendre, unc canton ce soir même\u201d.Eh! l'ami, que signifie cette un- avez mise le propriétaire sera obligé de fuir le ; ey dans ce hal maison dont M1 y await, une fois, un chauffeur de camion énorme.Je vous en prie, monsieur.cela ne m'ennuie nullement de vous entendre parler d'affaires.lt à ce sujet, quel est votre revenu annuel ?LA, *, COPR.1949 BY NEA SERVICE, INC.9-25 PETITS RUISSEAUX.(suite de la page 2) thas avait demandé: \u201cDes modèles ?\u201d\u201d \u2014 Non, non, s\u2019était exclamé le roi des brosses qui ne brillait par son esprit.Pas de femmes modèles, des femmes plutôt faciles, you get me?\u201d \u2014 \u201cCombien ?\u201d \u2014 \u201cCinquante dollars.\u201d \u2014 \u2018Pas question de prix, dear Sir, je demande combicn vous en voulez de femmes pas modèles ?\u201d \u2014 \u201cOh! le plus possible, mais très bien faites, décorateurs, you understand ?\u201d Jonathas téléphona aussitôt à un de ses amis qui dirigeait une école de mannequins.Celui-ci lui en promit vingt, toutes standardisées.Ce n'était pas suffisant, À cause du nombre des délégués.Jonathas connaissait vaguement le régisseur d'un théâtre de burlesque renommé pour sa \u2018\u2018ligne\u201d de jolies filles.Il l'appela à tout hasard.La réponse fut rapide: \u201cNous ne jouons pas le dimanche.J'accepte avec joie.Je vous amène tout le b.e, pardon toute la troupe!\u201d En calculant bien cela faisait une cinquantaine d'attractions, de , quoi.remplir- le \u201cswimming pool\u201d de naiades et de sirénes.Dés onze heures du matin, mannequins et danscuses arrivaient en compagnie de leurs managers.En un clin d'oeil, hop! tout le monde était à poil ou presque.Ces demoiselles se répandaient sur les pelouses, dans la piscine, les plus gourmandes allant au barbecue.Si bien que, vers midi, quand deux autobus déversèrent les marchands de brosses à l'entrée de la demeure il y eût des cris de joie et de satisfaction.\u2019 \u2014~Quel homme, ce Mr.Wittersbroom! \u2014Ce sont ses nieces?\u2014On se croirait au Paradis! \u2014Ou au cinéma! \u2014Je n\u2019en ai jamais vu autant.à la fois! \u2014Ah! la belle journée! Les présentations furent assez difficiles, non pas de la part des délégués qui avaient leur nom imprimé au-dessus de leur ruban, mais du côté féminin à cause de.à cause du manque de ruban précisément, et aussi parce que Mr.Wittersbroom ne connaissait pas du tout ces dames.La difficulté fut vite surmontée après quelques verres d'alcool dans le garage.C'était \u201cdarling\u201d, \u201choney\u201d, \u201cbuddy\u201d et \u201cstranger\u201d.Un soleil éclatant faisait ressortir la blancheur des tuiles, tout autour du \u201cswimming pool\u201d, le poli argenté des échelles, et lc bleu de l'eau.Ah! ce bleu! c\u2019était la plus jolie chose que l'on admirait! Ce bleu qui contrastait si bien avec le vert des pelouses et le coloris des parasols! \u2014Comment faites-vous pour avoir de l'eau si bleue?deman- dait-on de toutes parts à Mr.Wittersbroom.\u2014Ah! répondait-il avec un sourire mystérieux, ça c\u2019est mon sccret.\u2014Vous ne faites tout de même pas.venir votre eau de la Méditerrannée ?\u2014~Oh! non, c'est de l'eau d'ici! \u2014De l'eau d'ici?c'est admirable! hurlait le choeur des invités.\u2014Je crois qu\u2019elles savent nager, dit Mr.Wittersbroom qui faisait plutôt allusion à l\u2019art de se débrouiller dans la vice.Le manager des mannequins, ayant entendu la conversation donne un coup de sifflet.Le régisseur en fit autant.\u2014A l\u2019eau! A l'eau! crièrent les délégués qui se croyaient au téléphone.: Celles qui savaient plonger le firent, les unes la tête la première, les autres\u2019 les picds d'abord, et les plus timides en descendant les échelles.Ce fut un beau \u201csplash\u201d sur les invités.Ces dames s\u2019en donnaient à coeur joie, nagcaient, sortaicnt de l'eau, revenaient dans la piscine, donnaient une véritable exhibition de leur savoir faire.Les délégués applaudissaient, se pâmaient d'admiration.Un expert, qui avait vendu les brosses Wittersbroom 2 Paris, s'écriait: \u2014C\u2019est mieux qu'aux Folies- Bergère.Mais ce que Mr.John G.Wittersbroom III n\u2019avait pas prévu et qui produisit un énorme succès de rire en même temps qu'une très grande confusion de- | - vait arriver à cause de l'eau trop bleue.L'une des danseuses de burlesque, laquelle répondait au jo- Hi nom de Baby Mine, se trouva prise d\u2019un besoin pressant.Elle crut bien faire en ouvrant toutes grandes les écluses.Après tout elle était dans l\u2019eau et c\u2019est un plaisir réservé aux baigneurs.Le sourire aux lèvres, elle fit ce que l\u2019on appelle \u201cdeux fois pis\u2019, Mais alors une large tache rouge l'entoura, car l\u2019eau pour être si bleue le secret de Mr.Wittersbroom) était mêlée à un produit chimique! Et l\u2019ammoniaque aidant.\u2019 .Depuis, Baby Mine refuse d\u2019aller dans les piscines.Elle préfère l'océan où tout se perd, où tout disparaît.Quant à Mr.Wittersbroom, il a installé des cabinets dans son garage, non pas par besoin, mais par précaution.Ah !la belle eau bleue qui rougit de n\u2019être pas celle de PAUL RIVIERE Capri! AU = Moy * [5 \u2014Sortez dehors, si vous n'êtes pus Un \u2018lâche 1< = - rm op + rr mma, 4 ler novembre 1949 fe 44 La cathédrale Engl Il y eut l'autre jour, au Press Club du Laurentien, une courte retraite de vocations, prêchée par Mme Jean Després pour les critiques qui vont bientôt pëleriner jusqu'à Ja Cathédrale.Le sermon qu'on y ingurgita se présentait sous la forme d\u2019une brochure polycopiée de 14 pages grande format.M.le Prince de Talleyrand, qui en avait marre de trainer au Cinéma de Paris depuis un mois, était venu faire un petit tour, et on l'entendit qui ricanaîit : \u201cLorse qu'on est bien sûr d'avoir raison, est-ce qu'on se mêle d'écrire 14 pages?\u2026 A quoi Jean Després, quil n'a pas non plus la langue dans sa poche, répondait du tac au tac dès son avant-propos: \u201cJ'ai foi en mon sujet.je crois que ma pièce est mû- re\u2026\u201d Talleyrand grommela encore : \u201cTu parles!\u201d mais l'auteur, qui ne J'écoutait plus, poursuivit d'une voix toute gluante d'onction : \u201cUn prêtre, au vourant des cons- clences de Ia jeunesse moderne, prétend que ceux-là qui sont avertis doivent voir cette pièce.Cet homme fut un des premiers à la lire, à l'aimer, à en approuver le sujet, Je dirai même à le recommander en dad- pit de certains points scabreux dans l'idée, mails que jai traités le plus délicatement possible, je crois.\u201d Essouffiée, notre Gcotges Sand fit une pause triomphale.le chroniqueur d'un journal du matin.qui est un petit vicieux, même qu'il a des boutons, en profita pour se pencher Vers son voisin: \u201cToute une phrase c'te phrase-là, murmura-t-il, ca me fait penser à notre page éditoriale!\u2026 Dis done, je ne suis pas très sûr d'avoir compris, mais au moins, \u2018scabreux\u201d, ça veut-y dire ce que Je pense?\u201d Le voisin, qui étuit du Devoir, rougit pudiquement et fusilla ignorant d'un regard vertueux.\u201c0.K., O.K., de grincer l'autre, t'es jamais allé au Gayety, toi, tu connais pas Lily Saint-Cyr, toi \u2014 tu peux pas savoir, tol !.\" - On fit un grand chut!, Avait repris son souffle.\u201cMa pièce sera Nrésentée au Monument National, à compter du mardi, 25 octobre.11 y aura des matinées, mais on y interdira l'entrée aux enfants.\u201d \u2014Bon, ça c'est clair, en tout cas, dit le petit vicieux, tout fier d'avoir l'auteur enfin compris.Ca devrait être bon en maudit, c't\u2019affaire-là Mais d'un ton claironnant, Jean Després reprenait de plus belle : \u201cMon titre a surgi, un jour gue LES FILMS \u2014qu\u2019il faut voir: \u2018Ho Idol\u2019; the Opera\u201d; \u2014 qu'on peut dormir do ry\", \u2018\u201cTask Force\u201d, etc.: \u2014qu'on ne peut même pas dormir à Pierre Fresnay meurt nés\u201d.LES PIECES \u2014qui promettaient et ne tiennent pas très bien leurs promesses: \u2018Un fils \u2014 qui ne promettaient guère et tiennent davantage: le répertoire du Théâtre Guild, à l\u2019Arcade; \u2014qui ne promettaient ont promis: \u201cLa Dame de l'Aube\u2019, chez les Compagnons; \u2014qui promettent à boire et à manger, et même des indigestions: \u2018La Ca rée le 25 octobre, au Monument, par Mgr Jean Després.: CRITIQUE AU GALOP \u2014qu'\u2019il faut presque voir: \u2018Quarter\u2019, \u201cA Night at : J'entenduis \u201cla Cathédrale engloutie\u201d de Debussy.\u201d Tout ému, le critique musical du Canada, qui est un grand inquiet, nous souffla: \u201cVoyez tout de même comme le destin des hommes et des pièces tient à peu de chose, Je tremble rien dy penser! Songez que, ce jour-là, elle aurait pu être en train d'écouter Béguine-à-Bango de Charles-Trenet!.\u2026.\u201d Par bonheur, personne n'eut Je loisir de frissonner, car l'auteur s\u2019était lancé dans l'historique de son ocuvre: \u2018Ca se situe, évidemment, dans la province de Québec.D'abord, J'avais songé que toute mon action pourrait se dérouler dans une officine de politiclen.Mais des amis m'ont fait comprendre que mon sujet est trop beau, trop universel psychologiquement parlant, pour le coincer dans un bureau de premier ministre.Tenez-vous-en à l'idée première, m'ont-ils dit, et dégagez le sujet de tout superflu.\u201d A ce moment, le directeur de Montréal-Matin, qui est un homme pesant (parce qu'il en est aussi le critique littéraire, théâtral et le rédacteur en chef, sortit en claquant la porte, pour bien montrer que, dans la province de Québec, le premier ministre n'est pas encore un \u201csuperflu\u201d.Jean Després, qui ne croit pas à la politique (sauf pour le Conservitoire qu'elle dirigera un jour), ne s'en fit pas pour si peu, et sans broncher se mit à nous présenter ses personnages : \u201cLa famille Marecil\u2026 Carrousel chevauché par des monstres.Et jamais on ne lui a permis de choisir son cheval de bols! Jamals! parce que Jeurs vertiges et le sien n'\u2019atteignent jamais le même rythme.\u201d Un hurlement de fauve s\u2019éleva du fond de la salle: \u201cLfichez-moi, bande d'abrutis, laissez-moi sortir! De l'air, je veux de lair\u201d! C'était M.Béraud, qui n'est plus très jeune, et À qui des spectacles aussi violents sont fortement décongeillés par son médecin.\u201cQuant à mon héros, dit Jean Després, d'une voix assagie (une fois M.B.évacué sur la rue Dorchester), §1 s'appelle Claude.11 n'a qu'un peu plus de vingt ans, l'enfant blond.\u201d \u2014Comment, l'enfant blond?coupa le type du Petit-Journal, toujours avide de détails croustillants .Dites-moi pas qu'on a teindu (sic) Roger Garceau! Hi! hi! hit.\u201d \u2014Oh! que si, mon pote, fit le représentant de la Gazette (qui parle avec l'accent de Paname, comme le colonel Drew), même que cç'a failli être bien plus drole encore.11 pa- SRE; ve me of the Brave\u2019, \u2018Fallen ucement à: \u2018Madame Bova- (parce que trop bien): \u2018\u2018Les-Condam- 3 tuer\u2019\u201d, au Gesu: rien et tiennent ce qu\u2019elles thédrale\u201d, qui sera inaugu- hauteur de ses yeux.outissante rait que, d'abord, ca devait être lc rôle de Pierre Dagenais!\u2026.\u201d \u2014Hi! ht! hi!\u201d Tout le monde se tordit un Instant.Puis, un peu crispée (parce qu'elle aime bien Pierre Dagenais, malgré tout), et aussi parce que le temps fuyait presque aussi vite qu'à \u201cMamie d'Amour\u201d (Radio-Canada, tous les matins), l\u2019auteur nous mit l'eau Lénite à la bouche en nous racontant la fin de sa pièce : \u201cChassé par sa famille en septembre, c'est en juin suivant que Claude finira par découvrir toutes les vérités.Vérités simples basées sur l'équilibre, la morale et la juste compréhension des êtres et des choses.\" \u2014Oh! que c'est bien, ca! s\u2019écrin Mgr Valois, qui était 14, depuis le début, caché derrière le bar.Si tous les auteurs dramatiques en fal- saient autant, je pourrais enfin prendre ma retraite! Ft le Monument National, je vous le garantisse loucrait bien moins cher!\u201d Enfin, aspirant aussi profondément que possible (et ça- fait un possible impressionnant), Jean Després nous livra la dernière réplique de son héros, avce l'éloquenee de quelqu'un qui connaît quelqu'un qui n déjà fait partie de l'Odéon : \u201cCes vérités, une par une, il faut les sortir de soi\u2026 pierre par pierre.Et construire*.\u2026 Et je vals y arriver, ma petite Jeannette! Je vais y arriver! Pour que ma Cathédrale devienne \u2018ton mausolée.\u201d \u2014Requiescat in pace! entonna le Père Legault, qui est toujours four- Mieux vaut rire que pleurer: LISEZ LE CANARD ré partout, et qui chanta de sa plus belle voix celle-là même qu'il prend pour adresser un petit mot (toujours le même) aux 255 fervents (toujours les mêmes) des premières (qui sont parfois des dernières) des Compagnons., \u2014Hé!.\u2026.hé!\u2026 cria le petit vicicux, désespéré, en poursuivant son ennemi mortel du Devoir.Hé!.dis donc, toi qui travailles avec André Laurendeau, tu dols savoir ça: \u201cmausolée\u201d*, ca veut-y dire une place où on met les morts?Oui?\u2026 Ah! Selgneur, c'est encore une histoire triste, si ca finit comme ça!\u2026 Moi qui viens de voir Guy Provost massacrer Jean-Louis Roux, la semaine dernière!\u2026 Y a toujours un boutte!.J'pense, ma foi du Bon Dieu, que jJ'vas plutôt retourner voir Lily Saint-Cyr.D'ailleurs, avec elle, on est toujours sfir de voir quelque- chose de nouveau.\" Mais le représentant du Devoir a disparu.Il est au téléphone, parlant À son confrère de l'Action Catholique : \u2014Alo! A propos de \u201cla Cathédrale\u201d de Jean Després.Réclamer instamment quelques représentations à Québec.Pièce éminemment morale, constructive (pensez au titre), quoique pour adultes seulement, Mérite la cote 2 avec estérisque .En forçant, ça pourrait entrer dans le Palais Montcalm.Qui, pendant la Semaine Sainte, ca serait tout cuit (pensez au titre, voyons!.)\u201d Pierre LABE a.\u2019 \u2014Pour ne pus avoir à se bnisser, \u2014Wirmin est excessivement susceptible ! ! .La petite histoire VOUS M'INTERESSEZ BEAUCOUP ! Lorsque l'acteur belge Edgar Becman vint à Montréal, en 1917, et prit la direction du Théâtre National (A.L.P., avant La Poune), sa popularité fut telle que le haut du gratin venait l'applaudir, chaque semaine, dans \u2018\u2018La Flambée\u201d, \u2018\u2018L'Epervier\u201d, et \u2018\u2018Le Duel\u201d, ses trois principaux succès.En matinée surtout (la matinée des dames), l'on pouvait voir, rue Sainte-Catherine, de superbes limousines avec chauffeurs, en provenance de Westmount et d\u2019Outremont.Evidemment il y avait aussi Gilda Darthy dont l\u2019association avec les Rothschild faisait impression sur la haute finance, et Charles Schauten qui était un beau blond.Mais c'était Becman la grande attraction.Et il savait, ce cher Edgar qui avait une profonde admiration pour Dumas Fils (because \u2018Monsieur Alphonse\u201d).Il avait été l\u2019amant de Polaire, on avait beaucoup parlé de lui lorsque Lanthelme s'était noyée en tombant du yacht d'Edwards, et pour venir à New-York il avait eu Bordoni comme marraine.Toujours très élégant et spirituel, il professait à l\u2019égard (pardon! à l\u2019edgard) des femmes un désintéressement absolu.Les Anglais qui ont voyagé ont la nostalgie de la France et se rattrapent en écoutant les disques parisiens ou en assistant aux spectacles français.Une dame du meilleur monde, femme d'un gros financier montréalais, avait sa loge au Théâtre National et ne manquait aucune pièce de Becman.Elle était anglaise et avait vécu à Paris.Pour elle, tout le théâtre français, c'était Edgar et sa troupe.Elle admirait Becman a tel point qu\u2019un jour elle lui fit passer sa carte de visite par un placier en l'invitant (Edgar, pas le placier) à venir prendre le thé chez elle après la matinée.Maison somptueuse, sur les hauteurs, à Westmount.Domestique en veston blanc, gants blancs, \u2018very english\u201d, Notre ami Becman se présente, impac- cable comme toujours, et il est \u201cintroduit\u201d dans le salon.Madame s'amène, encore étourdie (ah! Manon!) du spectacle auquel elle vient d'assister.On s\u2019asseoit: et Becman appuie ses souliers vernis sur une peau d'ours.Puis la conversation commence.\u2014 Monsieur, dit la dame avec il a exigé que les serrures soient à 1, un petit accent anglais, j'adore le théâtre français.Vous avez dû remarquer.(Eh! Eh! se dit Beeman.c'est elle la femme de In loge.je l'ai bien remarquée, celle a tant de bijoux!) .\u2014Vous savez, monsieur, que je suis une fidèle habituée de votre théâtre.Je dis à tous mes amis: \u201cIl faut aller voir ca! C'est magnifique!\u201d Et quel talent vous avez.Vraiment vous m\u2019intéressez beaucoup!.Et cela marche pendant une heure.Madame parle de Paris, des acteurs qu\u2019elle a connus.Elle en oublie de sonner pour le domestique.Elle parle, elle parle.Il n\u2019y a plus de fin.Bacman écoute, fume sa cigarette, sourit, la regarde amusé.Il attend.Quelque chose va se passer sûrement.Quoi?Une offre de subvention ?Il guette.Tout à coup, la dame devient nerveuse.Elle se met à hésiter.\u2014Vous m'intéressez beaucoup .beaucoup! \u2014 Madame, j'en suis très flatté.Un silence, pendant lequel Beeman regarde la pendule qui est sur la cheminée, une cheminée de marbre importée de France.la pendule aussi.\u2014I1 y a quelque chose qui vous géne, madame?\u2014Oui.Voici.Je voulais vous dire.Mais excusez-moi.Je vais être franche.Vous savez maintenant mon amour pour le théâtre français et la grande admiration que j'ai pour vous.Eh bien, cher monsicur, il y a des gens qui m'ont dit ayg vous buviez! Beeman avait 'habitude de la réplique.\u2014Des gens vous ont dit que je buvais?Oh! comme les gens sont méchants, madame.Il y a une heure que je suis chez vous et je n\u2019ai encore rien bu! Du coup, la dame appela son domestique et fit venir une bouteille de porto.W.K.M.X.LE CANARD est imprimé aux ateliers de Montréal-Matin et publié par LE CANARD (enregistré), case postale 251, Station L, Montréal, Directeur Jean-Charles Harvey; directeur-gérant, M.Consiglio.POSTES \u2014 Autorisé com- me envoi postal de Ia deuxième classe \u2014 Ministère des Postes. Page 12 En lisant mon journal Oeufs à deux jaunes Avant-proposmadame depuis des années enjolivent la prose Joséphine \u2014\u2014 Une de nos vieilles amies, la Cane Quiri, collectionne les coquilles et cop-à-l\u2019âne qui savoureuse de nos journaux.y Aavec une patience de bénédictin, elle a noté, À notre intention, quelques-unes de ces trovailles qui ont fait longtemps sa joie et qui auront sans -doute sur nos lecteurs intelligents l\u2019effet de gouttes de bnédictines.Cette présentation faite, il ne nous reste plus qu\u2019à vous laisser déguster les lignes qui suivent.Elles ont été copiées de plusieurs journaux avec une scrupuleuse Notules politiques, historiques, économiques et géographiques.\u201c(Editorial d\u2019un de nos grands journaux: (.) Que nous le voulions ou non, le Canada ne peut se passer de la coopération de l'Angleterre et des Etats- Unis, et il est dangereux de gueulasser sans s'arrêter à cet aspect.\u201d \u201c19ème Anniv.du deuxième grand feu.qui détruisit pour la seconde fois toute une partie de la ville de Hull de même que le Flat d\u2019Ottawa.\u201d \u201c(Titre): Notes scientifiques, commerciales et industrielles \u2014 Constantinople portait autrefois le nom de Byzance.\u2014 Bobadilla est (sic) le premier gouverneur de Cuba, c'est lui qui envoya Christophe Colomb en Espagne chargé de chaînes, \u2014 Les chevaux sont les chameaux en sainte horreur.\u201d \u201cNouvelles de Rome \u2014 Décret de Toto pour la béatification du Vén.Gabricoits (.).\u201d \u201c(Titre) : Le titre ne lui va pas \u2014 La princesse Anastasie, qui s'appelait (sic) ., à été prise (resic) d'un évanouissement, ce matin.mais les stimulants ont fait effet et à une heure cet après-midi elle se reposait (re- sic) plus facilement.\u201d \u201cLa princesse Marie et le vicomte Lascelles couleront la pre- miére partie de leur lune de miel A.\u201d \u201cBelle renommée que la poule canadienne s'est acquise dans le monde\u201d, \u201cUne nuée de sauterelles.ravage le Caucase, Bakou, Koukan et la Crimée.On emploie jusqu'à des aéroplanes (sic) qui pettent des bombes dans les réglons (re-sic) où se développent {re-re-sic) les sauterelles.\u201d Notules romantiques \u201cUne romance (sic) du pays des vaches où l'on voit un jeune ranchman capturer un voleur de bestiaux et le coeur d\u2019une jeune fille.\u201d \u201cVenise a ét5 inondée hier (Titre)\u201d \u201cVictime de la tendresse de son coeur \u2014 Elle tente de se exactitude.suicider plutôt (sic) que de faire mourir des poulets\u201d.\u201cTandis que les fronts se courbaient sur la froide bière (sic) .je sentis ces quelques lignes passer dans mon esprit et qui furent comme l'écho de sa voix attendue (?): Ne pleurez pas mes bien-aimés, Qu'importe (re-sic) mes lé- vres fermées, Car la tombe est comme une nacelle Filant vers la sainte citée.\u201d \u201cPrix spéciaux pour Jeunes Mariés: Couchette en cuivre).\u201cDépart Mlle Mauricia Fleurant, ménagère au preshytè- re, doit nous quitter pour aller prendre 4 mois de repos dans sa famille, dans l'intérêt de sa santé.Nous lui souhaitons un séjour enchanteur.\u201d Notules anatomiques \u201cDes trous d'hommes sautent, le feu éclate et les résidents (sic) sont pris de panique).\u201cLe Dr X.a déclaré que les lésions de vessie (sic) comme (re-sic) dont Mlle V.est morte, étaient rarement d'origine intérieure.Une commission spéciale a fait rapport que la vessie (re-re-sic) de Mlle Vmanifestait (re-re-re-sic) des signes d\u2019inflammation.\u2026 L'inflammation de la vessie (re-re-re-sic) n'affaiblissait pas le paroi de la vessie (re-re-re-re-re-sic).L'inflammation ne prédispose pas la vessie (re-re-re-re-re-re-sic) à une rupture.le Dr W a déclaré que l\u2019inflammation de la vessie (re-re-re-re-re-re-re-sic) était légère.Le Dr T.U.V.a dit qu'il ne pouvait pas déterminer si I'inflammation a pu prédisposer la vessie (re-re-re-re-ro-re-re- sic) A.etc.etc.) \u201cTitre \u2014 Il embrasse sa mére et s\u2019empoisonne\u201d.\u201cFeu Dame J.N.Elle associa sa vie à J.N.et à eux deux fondèrent l'hôtel N.où tous les voyageurs de passage (sic) se rendaient avec plaisir.Offrandes de fleurs: Familles A.B, C, D, E, F, G, etc.Offrandes de messes: Rév.Pères H, HI, J, etc.Banque Canadienne Nationale (sic), Dr X, Mlles.\u201d \u201cBeaucoup de gens tiennent propre l'extérieur de leur corps PREHISTOIRE \u2014Moi, mon cher, Je passe Fhiver sur la Côte.LE CANARD LED NEVAE 0.7.48, \u201cDonne ceci à ta nouvelle mai- tresse d'école Elle en aura besoin\u201d.mais ont l'Intérieur\u2018 rempli de gaz et poisons.Donnez à l\u2019intérieur un nettoyage avec la mixture de bourdaine, glycérine, etc.comme sous le nom d'Adlerikaelle chasse des matières de rebut dans (sic) vous n'auriez jamais soupçonné l'existence.\u201d Notules littéraires \u201cNous publions à l'avenir chaque samedi une page littéraire.Elle sera dirigée par un vieux professeur de littérature, encore jeune.\" \u201cImportant \u2014 Certains correspondants sont priés de relire atentivement leurs courriers lorsque reproduits ici (sic) et noter les corrections qui y ont été faites.Quelques-uns, par exemple, persistent toujours (re- sic) à écrire: Mr et Mdme ou Mde ou Mrs, Mdmes, Mdes, etc, plutôt que de (re-re-sic) suivre l'usage qui a (') prévalu et d'écrire: M.et Mme au singulier, et MM.et Mmes au pluriel.D'autres omettent toujours le tiret avant chaque nouvelle ou notes personnelles, et cela malgré que (re-re-re-sic) nous I'ajoutions chaque fois qu\u2019il manque en reproduisant celles-là (?) ici même.\u2018 \u201cNous apprenons que notre collaborateur, le poète Paul Morin, vient d'épouser une américaine (.) Nos compliments à la charmante créole (sic).\u201cLe livre d'or des volailles\u201d \u201cLe jour du mariage \u2014 Le roman ordinairement fini, et l\u2019histoire commence, et les cois douloureux commencent A sortir quand le coritide Putnam est appliqué.Il enlève les cors, les racines, les branches, le tronc.\u201d Signé: La Cane Quiri (à suivre) Les Mystères de Montréal 1949 (suite de la page 8) en frémit de la nuque aux talons.La belle échappa son sac.Ludovic se pencha aussitôt pour le ramasser.La jeune fille se penchait en même temps, Ils se frappèrent la tête.\u2014Excusez-moi, dit l'inconnue.Sa voix était comme une musique.Une musique exquise, douce et pénétrante comme son parfum.Ludovic en fut si troublé qu\u2019il ne put que bredouiller de vagues excuses.Sa voisine lui sourit.Le jeune homme sentit fondre sa moëlle épinière.A ce moment, le tramway ar- rétait, On connaît la douceur moëlleuse avec laquelle fonctionnent les freins de la compagnie des tramaws.Les gens qui étaient debout furent projetés les uns contre les autres, ou tombèrent sur ceux qui étaient assis.La jolie brune se laissa aller Ter novembre 1949 COURRIER de CANETTE > Une jeune fille demandée en mariage, qui ré- véle un passé chargé a celui qui fait sa demande, doit pouvoir compter que celui-ci n\u2019ira pas se claquer le bec un peu partout.Q.\u2014 Je suls un professionnel ayant un avenir prometteur.Je m'occupe aussi de politique, et il paraît que j'ai des chances d'être élu député aux prochnines élections.Depuis six mois, je fréquente une jeune fille à qui j'ai parlé mariage.À ma vive surprise, elle n\u2019a avoué, dans le plus grand secret, qu'elle avait déjà fauté avec un autre.Croyez-vous que je devrais I'épouser quand même?Je l'aime, mais j'habite une petite ville où les gens sont bien mauvaises langues.Ma mère, mes soeurs, mes tantes et mes cousines ne veulent pas entendre parler de voir entrer cette jeune fille dans la famille.Par contre, eux ne disent pas trop rien\u2026 Mais II y a autre chose : mon organisateur politique m'a dit qu\u2019un tel mariage pourrait nuire à mes chances d'élection.Le niaire et les échevins m'ont également décon- soillé ce mariage ct mes principaux clients m'ont menacé d'aller encourager mon concurrent, si j'épouse mon amie.Quand je passe dans la rue, les petits garçons me font des cornes avec leurs doigts et J'ai trouvé sur les murs quelques inscriptions portant mion nom, suivi de ce mot mystérieux: \u201ccocu\u201d.Croyez-vous que j'aurais des chances de bonheur en épousant mon amie?Je l'aime bien gros.Mais je veux rester en bons termes aver ma famille, je tiens à l'estime de mes concitoyens, je désire conscrver ma clientèle et j'aimerais bien être député.Que me cunseillez-vous?Ambition ou Amour R.\u2014 Vous êtes une grande gueule ou un fameux niais.Ou bien toute la ville connaissait déjà l'inconduite de votre amie et vous étiez le seul à lignorer, ce qui n'est pas très brillant de votre part, Ou bien la chose était secrète et c'est vous qui êtes allé l'ébruiter en vous claquant le bec à gauche et à droite, en demandant conseil à tout venant parce que vous étiez trop bête pour prendre une décision par vous-même, et alors vous êtes un joH salaud.Dans les deux cas vous semblez avoir l'étoffe d'un député.Présentez-vous, mon ami.Quant à cette jeune fille, elle semble mériter mieux que vous.Retirez-vous donc afin de lui donner la chance de rencontrer un homme qui\u201cait la langue moins longue et l'épine dorsale un peu plus ferme, * * Q.\u2014 Je suis mariée depuis 14 ans et j'ai 13 enfants.À venir à ces derniers temps, j'aimais mon mari et je pensais rien qu\u2019à ma famille.Mais, le mois dernier, je suis allée aux petites vues pour la première fois depuis une dizaine d'années, ct j'ai vu le beau Frank Sinatra.puis je l\u2019ai entendu chanter.J'ai manqué de perdre connaissance dans le théâtre.de tout son corps contre Ludovic.A partir de ce moment, ce dernier n\u2019eut plus qu'une idée obscure et incomplète de ce qui l'entourait.Tout à coup, il entendit sa voisine qui lui disait: \u2014Pardon.Elle se levait pour descendre, En hâte, il se leva pour la laisser passer.En le frôlant, elle lui sourit et \u2014 rêvait-il?\u2014 il sembla au journaliste que l'un des grands yeux de velours noir s'était fermé une seconde, en ce qu'on appelle vulgairement un clin d'oeil, mais qui était en réalité une oeillade assassine.Ne sachant plus ce qu'il faisait, Ludovic suivit la belle inconnue ct descendit derrière elle du tramawy.Presque aussitôt, la jeune fille quitta le trottoir de la rue Saint- Denis pour entrer dans une ruelle sombre et étroite.Ludovic s\u2019y engagea derrière elle.A peine avait-il fait deux pas qu\u2019il butta contre la belle\u2019 inconnue.Elle s'était arrêtée et l'attendait.Les deux bras de la brune ensorceleuse se refermèrent autour du cou de Ludovic.\u2014Chéri! je t'attendais! dit-elle.Et ses lèvres merveilleuses se posaient sur la bouche de Ludovic en un baiser interminable.Le jeune journaliste sentit alors lui échapper le peu de raison qui lui restait.Plus rien n\u2019exista au monde que cette femme dont le corps était si doux, si troublant contre le sien.Il rendit à l\u2019inconnue son étreinte, et à son tour l\u2019embrassa avec passion., Etiennette n'existait plus pour Ludovic, lui (à suivre) Depuis ce temps-là, je pense à Lil tout le temps et j'en rêve In nuit.J'ai décidé de vendre les obligatic:.s de Ia victoire que mon mari aveit achetées pendant In guerre, puis de m'en aller aux tats avee cet ar- gent-la pour retrouver mon Frantie adoré, Mais je me demande, des fe:s, si je ferais pas une erreur?Sui déjà écrif sent fois à Frankie, et il a pus répondu.Conseillez-moi, je vous en prie.Entre l'amour et le devoir R.\u2014 Vous ne me dites pas votre âge, muis d'après vos années de ma- viage et le nombre d'enfants que vous avez, Je ne crois pas que vous soyez le type de Frank Sinatra.Si vous allez aux États-Unis, essayez plutôt votre chance sur Bing Crosby ou Charles Boyer.LE * Q.\u2014 Je suis une jeune fille de 17 ans, belle comme un coeur.J'ai un amoureux, un beau grand six-pieds.Chaque fois qu\u2019il vient me voir, avant de partir, il m\u2019cmbrasse sur le front.Pensez-vous que c'est mal?17 printemps R.\u2014 Certuinement, c'est trds mal d'embrasser une jeune file sur le front et, si vous êtes jolie comme vous le dites, c'est parfaitement idiot.Chulsissez-vous un ami un peu moins Brand, Ou, si vous tenez absolument À celui que vous nvez, portez des talons plus hauts, pour que ses IR- vres arrivent À la bonne hauteur.x B® * Q \u2014 J'ai 20 ans ct je suis en amour avec Un garçon de 23 ans, 11 est grand, il est beau, il est fin, il a tout.à part de l'argent.L'argent, c\u2019est son père qui l'a C'est un veuf dans les 45 ans, très riche.Et imn- Kinez-vous que le pero aussi est amoureux de moi et veut m'épouser.Il a dit que si son fils m'épousait, il no lul donnerait plus un sou ct Jo déshériterait.Mais c'est le garçon que j'aime.Et pourtant, ln fortune du père est impressionnante .Que dois-je faire ?Coeur perplexe R.\u2014 Mon enfant, l'amour seul compte.Rien n'est plus beau qu'un jeune amour partagé.Un coeur ct une chaumière : que faut-il de plus pour être heureux?L'argent ne fait pas le bonheur! Allez, n'hésitez pas.Fipousez votre jeunc ami, et prisen= tez-moi le père.UNDUUOUROTOLORORORDUODOCUGOREUECUOGECTENESENBEE Le meilleur moyen de vous assurer une distribution régulière du CANARD est de vous y abonner.ITI Ter novembre 1949 UELLE IDEE!.J'al ma vieille Pauline.Mon mari À son valet de chambre qui le sert depuis vingttrois ans.Il y a Léa, la cuisiniéè- re.Elle est à mon service depuis dix ans environs.Le chauffeur est un ancien soldat de mon marl.Le jardinier.Ils vont rarement au spectacle.Et hier, ils étaient tous à la maison.J'ai eu à téléphoner dans la soirée.Personne ne s\u2019était absenté.Vous pouvez les interroger d'ailleurs.Et pourraient-ils en vouloir à cette pauvre fille ?\u201c \u2014Vous oubliez que c'est à vous qu'on en voulait, Madame, et qu'elle est morte à votre place.\u2014C'est un roman, Monsieur l'inspecteur.Un roman policier.Un figurant, un danseur quelconque.\u2014Et Votre arme, Madame?Une amourette.\u2014Je vous ai déjà dit que j'ignorais le premier mot de ce mystère.C'est, pour moi, une publicité regrettable.Pendant que son taxi roulait vers le \u201cCasino\u201d, Laurier récapitulait les éléments de sa visite à Patricia Gay et l'interrogatoire rapide auquel il s'était livré auprès des domestiques.Le chauffeur avait mené sa maitresse devant l\u2019entrée des artistes, puis était parti porter une lettre.Ni la femme de chambre, ni le valet, ni la cuisinière n'avaient quitté la maison où devait avoir lieu, le soir-même, un diner offert À l'occasion de la première de \u201cFolies de Paris\u2019.Le jardinier était resté pour aider à l'arrangement du surtout de table et des vases.Monsieur Bombicci, de son côté, s'était attardé au Ministère de l'Air où une discussion technique réunissait quelques constructeurs en renom.Dans le bureau du Directeur du \u201cGrand Casino\u2019, le commissaire Houry attendait Laurier.Constant était revenu de la pension des girls ct donnait quelques détails sur son enquête.Les douze filles blondes et leur capitaine y étaient connues.Souvent absentes à cause des tournées, elles y revenaient dès leur retour à Paris.La pension estimée dans les milieux du music-hall se trouvait à quelques mètres à peine de l'entrée des artistes.Les girls menalent la vie réglée de vraies sportives partageant leur temps entre les répétitions et les spectacles.Quelques-unes y vivaient en compagnie de leurs parents.Pas d'intrigues, pas de jalousie, pas d'amour.La pension semblait exclue de l'existence de ces adolescentes soumises À la tyrannique tutelle de leur capitaine.Au moment même où Laurier pénétrait dans le bureau on annonçait au commissaire Houry qu'un machiniste demandait à le voir.L'homme entrait en même temps que l'inspecteur.Il était jeune, souriant et semblait un peu gêné, mais décidé à parler.\u2014Vous avez quelque chose à nous dire, mon ami?interrogea l'inspec- Feuilleton du CANARD LE CANARD teur.Vous avez été entendu bier soir?\u2014Non.J'étais de congé.C'est ce matin, en arrivant.Alors! \u2014Alors?Et puis, qui êtes-vous d'abord?Vous ne pouvez pas enlever votre casquette, non?Est-ce que je vous parle la tête couverte, moi?S'emporta soudain le commissaire oubliant du coup son feutre vert rejeté négligemment sur la nuque Un sourire de Constant le calma.Il reprit, plus aimablement.\u2014Alors, qu\u2019y a-t-il, mon vieux?On est pressé, nous autres.Chacun son travail.\u2014Eh! bien, voilà, Monsieur.On m'a dit.c\u2019est des camarades, quoi.qu\u2019on demandait si Madame Patricia avait des ennemis.Alors j'ai pensé à mon coquin.à son gigolo, je veux dire.\u2018Tout le monde le connaît.Même qu\u2019on se moque de lui, quand il passe.J'peux jamais m'empêcher de rigoler quand je pense qu'il croque sur les vieilles.Parce que Madame Patricia c\u2019est pas la seule.Elle, ça va encore.Elle est bien roulée.Mais les autres.\u2014Au fait, au fait.Vous le connaissez, vous, ce glgolo?Et qu'est-ce qui vous fait supposer qu\u2019il lui en veuille?\u2014Vous parlez si je le connais! I! habitait mon quartier, dans le temps.C'est le fils de la marchande de légumes, une Espagnole, une belle grosse encore.Elle l\u2019a eu avec.\u2014Nom de Dieu! tonna le commissaire.Vous n'allez pas me raconter l'histoire de votre quartier, non?\u2014Enfin, faut bien que je parle.Vous me questionnez et vous voulez pas que je l\u2019ouvre.C'est pas du Jeu.J'suis témoin, moi, après tout.Alors voila, c'est Jeannot qu'on l\u2019appelait nous autres.Jean Perez!.Comme il était du quartier on sait un peu ce qu\u2019il devient.Il fait dans la danse mondaine, qu\u2019il dit.Et puis il a maintenant un chouette blaze.un nom quoi.Guy de Balcourt.Il est avec Madame Patricia et elle qui n'est pas facile, elle en lâche, je vous prie de croire.Avant-hier donc il était venu vers les six heures, à la fin de la répétition.Ils ont discuté le coup dans un coin; il y avait du monde dans Ja loge.Mot, j'étais à réparer un truc a- haut.Ils ne me voyaient pas.«C'est curieux, votre ligne dé chance s'arrête brusquement } 1 oo Pa 7 Roman policier par Michèle NICOLAÏ (suite et fin) Alors j'ai tout entendu.Il voulait vingt billets.Elle voulait rien savoir.Ca a fait du vilain \u201cEt j'ai tes lettres.Et j'irai voir ton mari.\u201d Et il vous mettra à la porte, mon pauvre ami.\u201d Tout, quoi.Alors le Jeannot il est parti sans le pognon et qu'est-ce qu'il lui a brisé à sa poule.pardon.à Madame Patricia.\u2018\u2019Et je t'aurai.Et je te ferai la peau.Une femme, me manquer, à moi.\u201d Toute Ja gamme quoi.\u2014Et.où habite-t-il, ce Perez?\u2014Du côté de l'avenue des Ternes, je crois.Rue Bayen, tiens.Voilà que ça me revient.Aussi, je.Le commissaire n'écoutait plus.Alors ?\u2014J'ai sauvé le père 1 ! \u2014Laurier, sautez chez le gars.C'est peut-être rien du tout.Faut toujours voir.Tenez, Constant ira avec vous?I! vous mettra au courant du reste de l'enquête.Je serai au bureau, à la P.J.téléphonez là-bas.Et toi, mon vogux, se tour- na-t-il vers le machiniste, pense à la casquette: faut savoir être poli dans la vie.C'est le secret du bonheur.Dépéchons.\u201c x ok Devant un garçon furieux et affolé, tiré de son sommeil, Laurier et Constant, debout au seuil d'un stu- dlo luxueux et vulgaire, opposaient de calmes questions à ses protestations véhémentes.\u2014Et alors, que lui avez-vous dit?\u2014Mais rien.Je suis parti.\u2014Vous ne l'avez pas menacée?\u2014Un témoin assure vous avoir entendu proférer des menaces.\u2014Je ne menace jamais une femme, Messieurs.~ \u2014Sauf si elle vous a \u201cmanqué\u201d, n'est-ce pas?Ça sufift, maintenant.C'est bon pendant cing minutes.Tu ne vas pas jouer h l\u2019homme du monde, non?Au bout d'un quart d'heure les inspectews derent se rendre à l'évvidence.Jean Perez ne pouvait être soupçonné du meurtre du \u201cGrand Casino\u201d.La brouille avec Patricia Gay n'avait duré que quelques heures.Le soir même un pneumatique de réconciliation parvenait au jeune Guy de Balcourt.Il l'exhiba fièrement, heureux de montrer son prestige sur les femmes, \u2014Alors je suis allé chez elle.Son mari ne revenait d'Istres que le lendemain.Je ne lui en voulais plus, sjouta le jeune danseur magnanime.Je sais vivre.\u2014Peut-être.Mails vous êtes quand même un beau petit salaud, rétorqua Laurier.On ne vous demandait pas ces détails.L'adolescent avait retrouvé toute son ossurance, il ricana: \u2014Mol, pas besoin de menacer pour que je réponde.Je sus pas bon pour les coups.Et Je vous dis, allez chez \u201cFredo\u201d: J'y ai passé toute l'après-midi de hier, de deux heures et demie à neuf heures.On jouait aux cartes.I] y avait le petit Alonso.Alonso Gomez.Emile Bertin es le \u201cBanquier\u201d c'est Pierre Durrieux qu\u2019il s'appelle.On n'a pas bougé.En sortant, Laurier se tourna, avec curlosité vers le jeune homme, drapé dans sa robe de chambre, une cigarette aux lèvres.\u2014Et vos vingt-mille francs vous les avez eus, finalement?Guy de Balcourt ôta son fume- cigarettes d'écallle, souffla une fumée nonchalante, laissa tomber un seul mot: \u2014Trente.L'inspecteur ne put s'empêcher d'avoir un léger sursaut d'envie.Mais pouvait-il prétendre à gagner tant d'argent d'un seul coup, avee son pauvre complet gris et ses yeux timides?Il fallait vraiment, pour vivre de femmes, ces cheveux noirs lustrés comme le plumage d'un oi- eusades îles, cette bouche dédaigneuse, fraiche mais veule, ce regard insolent et soumis, cette prestance de joli garçons sûr de son charme et cette absence de toute morale.Laurier haussa les épaules.-\u2014-Alors voilà, mon vieux, racontait AConstant tandis que la voiture roulait à travers Paris en direction du Quai des Orfèvres.On fait du sur place.Liliane Genty tuée à la place de Patricia Gay.Le revolver est à cette dernière.Ce n'est pas elle qui a pu charger l'arme: elle aise pas sortie de sa loge sauf pour aller s'attraper avec les petites.Et le patron a interrogé l'habilleuse, le chef-accessoiriste, tout le monde.Pour les revolvers c'est bien simple.On les distribue aux figurants avant l'entrée en scène.Ça risque rien, c'est des amorces, ça fait juste du bruit; seulement avec les artistes on ne sait jamais, c\u2019est capable de se crever un oeil comme un rien.Avant la distribution ces joujoux sont dans un coffre, au magasin.Le chef-accessoiriste les sort, les arme et les distribue au moment voulu aux acteurs.On les appelle un par tesun.Ils ont tous reconnu la pétoire qu\u2019il avait hier.Et puis 1! y avait les empreintes.Pas moyen de se tromper.Tout ce bazar était sur une petite table; tout autour c'est la foire, tu vas, tu viens.Pas difficile de changer de revolver.-\u2014\u2014Mais comment savoir qu'il va tomber entre les mains de Tony Peters qui est bon tireur, qui est chargé d\u2019un coup de grâce et trop Page 13 habitué à tirer pour ne pas faire \u201cvrai\u201d?\u2014Voilà la question, mon vieux.Mais le patron a débrouillé tout cela.Tony Peters est arrivé en retard H ne restait plus qu'une arme, la sienne.\u2014C'est pas bon pour lui, ce truce là, dis-donc.\u2014Pourquoi?L'arme a été retrouvée, Il ne pouvait pas en avoir d\u2019autre sur lui, puisque personne n'a quitté le plateau et que tout le monde a été fouillé.Il l'aurait jeté ce pistolet, on l'aurait retrouvé.C'est bien lui qui nr tiré?Et il ne pouvait pas apporter de cartouche puisqu'il ne savait pas quelle arme il aurait.C'est enfantin.Reste à savoir qui a fait le coup.Quelqu'un & mis à la place d'une arme de scène un pistolet automatique.Làdessus 1a Patricia se casse la figure, tout le monde s'affole, on amène la petite.Il est trop tard pour éviter le malheur: ce qui est fait est fait.\u2014Ce retard de Peters, il l\u2019explique comment?\u2014Oh! ce n'est pas un vrai ree tard.Deux ou trois minutes.\u2014Le temps de changer I'arme, quoi! Le taxi s'arrétait.Au moment où les deux inspecteurs s'apprêtaient à en descendre, le commissaire Houry surgit du porche, leur fit signe de remonter.\u2014Vous me raconterez en route.Il y a du nouveau, Lilian Genty avait une liaison.Ça n'allait pas tout seul.Rupture, des histoires.Un homme marié.Il était au théâtre hier soir.L'habilleuse vient de me téléphoner.Elle dit qu'elle s'en souvient tout juste maintenant.Enfin.passons., Et vous mes enfants?Racontez-moi ça.Le gigolo!.Fausse pisté, hein.Je m'en doutais.Vous trous vez pas qu'il y a beaucoup d'homy mes dans cette histoire mon petit Laurier?Celui-ci ne répondit pas.Tl pensait à tous les livres de criminologie qu'il pourrait s'acheter s'il avait la chance de gagner trenté mille francs avec autant de rapidité que le jeune danseur mondain.\u201cQue peut-il] bien en faire?\u201d se demandait-il pour la dixième foi$.Puis il renonça à lutter.\u201cIl a und tête à s'acheter un chien\u201d, concluts il.\u201cUn fox .à poils durs\u201d.C'était la race que l'inspecteur Laurier dés testait tout spécialement.* ow % f IV Quittant le lourd bureau derrière lequel) il était assis Gabriel Lafress naye alla a la porte, l'ouvrit, écoutd quelques instants.Puis, revenant, 11 saisit le téléphone.\u2014Mademoiselie Claire?.Je n'y suis pour personne.Qu'on ne me dérange sous aucun prétexte.Pres nez les communications.Les trois policiers, bien à J'ai dans de vastes fauteuils de cuir : regardaient faire.Gabriel Lafrese naye était le genre de vieil induss triel autoritaire devant lequel emg ployés ct dactylos devaient trembler rien qu'à entendre s'ouvrir la porté (suite & la page 14) \u2014Je ne lo connals pas, mals 31 me fait ce coup-là chaque fois que Je Iut refuso l'aumône.te ref Page VA LAN INA PSN A 10m pl emérap tea LE CANARD On a tué une étoile.de son bureau.Laurier se demandait comment un homme de sa trempe pouvait bien se comporter dans la vie privée.Sa liaison avec Liliane Genty lui paraissait la chose la plus surprenante du monde.On ne pouvait l'Iimaginer autrement que derrière cet immense meuble d'acajou sur lequel il s\u2019accoudait maintenant, allumant un cigare.\u2014Messieurs, je vous écoute.La voix s'éleva coupante, rude.La main qui portait le sigare à une bouche ombragée d'une mince moustache poivre ct sel ne tremblait pas.Au-dessus d'une manchette dure luisait une lourde chevalière blasonnée.Le commissaire Houry exposa lentement l'objet.de leur visite.II parlait doucement contrairement à son habitude, sans chercher ses mots, mais donnant une impression d'hésitation qui trompait souvent ses adversaircs.Puis le silence tomba.Gabriel Lafresnaye regardait, par la fenêtre, un rude et triste paysage de cheminées et de verrières.zu loin, un train sifflait et, par moment, un bruit de machines au travail montait jusqu'à cette pièce calme, pleine de classeurs, aux murs couverts de graphiques.Enfin, l'industrie] se décida.\u2014Je pourrais ne pas répondre à vos questions commissaire.Il s'agit là de ma vie privée, Mais puisque ma présence au \u201cGrand Casino\u201d hier au soir me vaut d'être interrogé et qu\u2019il s'agit de.d'une jeune femme que j'ai aimée, je vais vous donner les explications demandées.Ceci demeurera strictement confidentiel, n'est-ce pas?Le commissaire Houry d\u2019un gesta.\u2014Cela dépend de vos réponses.\u2014Oui.Je comprends.Dans ce cas je ne puis vous donner satisfactions, Je me trouvais au \u201cGrand Casino\u201d pour affaire personnelle.C'est tout ce que j'ai à dire.Gabriel Lafresnaye se leva; montrant que l'entretien était terminé.\u2014Vous aviez une liaison avec Liliane Genty, n'est-ce pas?L'industriel porta la main à un bouton dc sonnerie.\u2014Au revoir, Messieurs.\u2014C'est bien.Il ne me restera plus qua vous convoquer à ion bureau.dit placidement le commissaire.Nous n\u2019y serons pas aussi à l'aise qu'ici pour.bavarder.La main retomba.Un nouveau silence suivit.Les volutes de fumée montaient dousement du cigare dont la cendre demeèurait entière.\u2014Je m'incline, Monsieur.\u2014Depuis combien de tomps durait votre linison?\u2014Six mois environ.beaucoup.\u2014Mais vous voullez rompre?\u2014Oui.Ma fille se mar!à, Je ne voulais pas que sa berre-famille pût I'arréta Je l\u2019aimais lui reprocher cette aventure qui commençait à être oonnue.On parlait.Ma femme \u20acet moi, Messieurs.\u2014Je comprends, Monsieur Lafresnaye.Et Liliane Genty s'opposait à cette rupture, n'est-ce pas?\u2014Oui, elle m'aimait aussi, Je crois.À sa manière.C'était, pour elle, plus qu'une aventure, bien que ce fut la première.Elle était mariée, mais son mari était jaloux, autoritaire; il ne voulait pas qu'elle fasse du music-hall.Nous n'étions heureux en ménage ni l'un ni l'autre, c'est peut-être cela qui nous a rapprochés.Elle prit très mal cette rupture, s'emporta.Je voyais qu\u2019elle avait de la peine.J'ai horreur de faire souffrir; je me montrai dur.Oui, c'est exact, je l'ai menacée.Je ne savais plus ce que je disais.Je l'aimais, .L'industriel ment: \u2014Pour moi aussi c'était- ma première aventure.ajouta plus douce- faudage de soupçons s'écroulait.L'industriel ne connaissait pas Patricia Gay; il n'avait jamais été chez elle.Il ne pouvait être question de Jl'accuser de lui avoir dérobé l'arme marquée à ses Initiales, Il avait quitté les coultsses du \u201cGrand Casino\u201d aussitôt après la discussion qui n'avait duré, entre deux portants, que quelques minutes.Il était à ce moment près de sept heures.À sept heures quinze sa voiture le ramenait à l'usine où le courrier À signer l'attendait ainsi que sa secrétaire.Les policiers quittèrent le vieil homme, toujours froid mais qu'on sentait profondément bouleversé, en promettant de ne pas ébruiter l'affaire.Au music-hall la consternation régnait.On ne pouvait jouer une revue privée de sa vedette et de sa doublure.On cherchait flèvreuse- ment une remplaçante à Patricta Gay qui, furieuse de toute cette publicité qu'elle estimait déplacée annonçait qu\u2019elle devait garder le lit dix jours encore.Les inspecteurs rôdaient dans les coulisses, interrogcaient ceux quil étaient présents le soir du crime.\u2018Toutes les girls, tous les figurants avaient reçu leur visite.L'énervement cédait le pas & la lassitude et les journaux s'étonnalent, sans avoir l\u2019air d'y toucher, des lenteurs de la justice.Pourtant un coup de téléphone inattendu vint tirer le commissaire Houry de son inaction apparente.Un quart d'heure plus tard il se trouvait au music-hall, cherchant le vieux régisseur à travers les cou- lolts et les loges maintenant désertes.Ce coup de téléphone, Anonyme, n'était pas à négliger.Il avait appris au policier que Claudius Her- \u201cSavonne-toi derrière reste.\u201d les oreilles surtout .La fontaine AT6-49 i > = = (Ratessed by Consoitanioé Wowe Fonsurent fera le A nouveau tout le fragile écha- vieux avait été condamné pour meurtée, il y à vingt ans, dans une petite ville de province où, acteur sans talent, 11 avait abattu À la fin du spectacle, sa partenaire.Une ombre passait que le com- missailre Houry reconnut.\u2014Monsieur Hervieux! L'homme s'arrêta surpris.\u2014Venez donc dans cette loge.Nous avons a parler.A peine assis, le policier à l'attaque.\u2014Vous avez été condamné pour meutre, n'est-ce pas, il y a vingt ans?Voulez-vous me raconter ce qui s'est passé exactement à Orléans, en.(il calcula rapidement) 19162.\u2014En 1915, Monsieur.L'homme ne paraissait ni étonné, ni effrayé.L'oeil fixe et dur il passa \u2014que je vous épouse ?nvec plnl- sir.à qui ai-je l'honneur de pur- ler ?regardait le commissaire avec un peu de pitié.\u2014.Ce qui s'est passé?.Rien.Ah! si.une femme est morte Elle est morte comme elle devait mourir: en s:céne, Aprés 1'acte où l'actrice meurt il serait absurde, n'est-ce pas, Monsieur, qu'elle se releviat pour quitter la scène.Un peu de vérité!.Il faut êtres logique.Sa voix sourde résonnait étrangement dans la petite pièce déserte.Il semblait réciter une leçon.Le commissaire avait l'impression d'avoir affaire à un fou ou à un maniaque.\u2014La justice des hommes ne peut rien, Monsieur, contre la vérité dans l\u2019art.Et pourtant, sans comprendre, ils veulent juger.toujours juger.On condamne un meurtrier.En réalité on condamne un metteur en scéne parfait, logique, soucieux de se mettre d'accord avec un texte.Le malaise du commissaire grandissait.\u2014Vous avez été condamné?\u2014Si l'on veut.On m'a fait l'affront de me reconnaître irresponsable.Des années d'asile.Ma car- rlère en fut brisée.J'étais le seul metteur en scène de génie.Avec moi plus de tromperie.Le public vivait la réalité, In belle, la grande réalité sans laquelle le théâtre n'est rien.L'optique.\u201cTout est là.Claudius HxwWvieux éclata d'un rire strident.\u201cUn pauvre fou\u201d, pensa le policier.\u2014Et comment avez-vous été engagé ici?\u2014Mon talent, Monsieur.Et ma soeur aussi.Elle est habilleuse, ici.Nous étions faits pour devenir de (Lands artistes.La vie est cruelle: elle est habllleuse, mois je suis régisseur.On tue le talent.\u2014Où étiez-vous durant la demi- heure qui a précédé le crime?\u2014Le crime?Ah! oui.le crime.On me l'a demandé déjà.Je mettais AU point, avec la capitaine des girls 1a question des engagements de ces demoiselles.Puis, je suls allé chez le Directeur.Il avait besoin de moi.Tout à coup je l'entendis m'appeler.Il fallait faire une annonce.Il sait que j'aime être en face du public.Que je sais lui parler.\u2014Etiez-vous là lors de la distribution des armes du sketch?\u2014Non.Ce sont des détails.Je suis un artiste, Le commissaire qui avait assisté au premier interrogatoire du régisseur, ne retrouvait plus l'homme qu\u2019il avait vu, le soir tragique, tranquille, calme, raisonnable.Une exaltation semblait s'emparer de lui, maintenant, dans cette loge qui sentait les fards et le cosmétique.On avait bien prévenu le policier, par téléphone, que le régisseur était un peu bizarre.Il ne s'attendait pas à se trouver en présence d'un désé- égaré, heureux on eut dit de cet quilibré aussi étrange.On eût dit qu'à parler de la mort de Liliane Genty, Claudius Hervieux revivait un passé fait de folie et de mort, de cette féerie de la rampe qui grise si souvent les acteurs.De guerre lasse, sentant que l'homme se réfugiait dans sa folie comme dans une jungle épaisse, le commissaire Houry, quitta les coulisses désertes, se perdit dans les couloirs, gagna le rue avec un sentiment de soulagement.* kx Une semaine s\u2019écoula.Patricia Gay qui, du fond de son ressentiment, n'oubliait jamais qu'elle était femme d'affaires, annonça qu'elle allait reprendre son rôle.Le music-hall s'anima comme par enchantement.De nouveau, les répétitions reprirent, les figurants et les girls envahirent le plateau.On semblait avoir oublié l'affreux drame qui avait ensanglanté le \u201cGrand Casino\u201d.L'habilleuse aux junettes d'acier, le régisseur dont la Direction avait donné les meilleurs renseignements et qui connaissait son métier en dépit de ses accès de bizarrerig \u2014 la grande famille des artistes demeurant fidèle même à ses enfants indignes \u2014 reprirent leur place dans les coulisses.Seul, l'inspecteur Laurier, s'obstinait à rôder autour des artistes, insignifiant, timide, attendant on ne sait quelle lueur, guettant un regard, un geste qui puissent le mettre sur la trace du meurtrier.De nouveau ce fut le soir de la représentation avec son affollement, son va et vient, sa rumeur joyeuse et bruyante.Près de la petite table où étaient amoncelés les accessoires, Laurier veillait, après avoir examiné les armes qu'on allait distribuer.Tony Peters qui avait refusé de gared rson rôle était remplacé par un de ses camarades.Le geste qu'il avait fait pour achever Lillane Genty le poursivait comme un remords douloureux.Il préférait ne pas le recommencer.Et, comme le soir de la première, un cri suivi d'un bruit d'explosion retentit quelques instants avant que le rideau ne s'ouvre devant une salle pareillement remplie d'hommes en habit et de femmes endiamantées.Le public était venu, plus nombreux encore, attiré par le sketch tragique que les journalistes avaient décrit avec des mots frémissants d'horreur.La curiosité générale était en éveil.Un des premiers, Laurier arrivait dans la loge des girls où 1l trouvait Nora affolée devant une nappe de flammes qui s\u2019étendait sur la table, au milieu des flacons et des boîtes.Il eut vite fait de féteindre A l\u2019aide de quelques serviettes qui trainaient un peu partout.\u2014Qu'est-il arrivé?\u2014C'est ma lampe à alcool.On s'attroupait à la porte de la loge.Le régisseur surgissait, l'ocil incident nouveau.\u2014Je sais que c'est défendu.Mais j'ai mal à la gorge.Je prends Ter novembre 1949 .3 \u2014Je finis de passer le café et je te rends ta chaussette.un gargarisme.Je dois chanter quelques couplets.J'avais une fio:le d'alcool à brûler.Et quand j'ai vulu aHumer.Une grande flamme.Regardez mes cils.Mes pauvres cheveux.Martine s'approchait \u2014Ce n'est rien, mon petit, ce n\u2019est pus grave.On n'y verra rien.Ne vous mettez pas en retard.Allons!.Laurier examinait le flacon.Nul doute possible: il avait contenu de l\u2019éther.Pendant que Nora Nils courait vers le plateau il put l'interroger.\u2014Qui a rempli ce flacon?Vousmême?\u2014Non.je ne sais plus.Attendez.C'est ma partnaire, Dora.On habite ensemble.Je n'avais pas le temps.Ellzs me l'a apporté.D'habitude il s'allume très bien cet alcool.Qu'est-ce qu'il va dire, le Directeur!.Les trois coups allaient être frappés.Elle s'enfuit, dégringola rapidement l'escalier.\u2019 Aprés les premiers tableaux, le sketch impatiemment attendu débutait au milieu de la curiosité générale, Les cow-boys et les entrai- neuses jouaient leur rôle comme s'ils avaient oublié le drame.Les banjos et les guitares scandaient leurs danses.Et dans la fenêtre qui volait en éclats, Patricla Gay apparaissaient plus belle que jamais, certaine d'un triomphe que pimentait la mort de Liliane Genty.Le rideau tomba, se releva, retom-= ba encore.Du groupe des figurants réue nis autour du corps de la vedette qui ne se relevait pas un cri d\u2019horreur jaillit.Patricia gisait morte.Une flaque de sang s'élargissait doucement sous sa nuque, se frayant un chemin vers la belle épaule à la chair nacrée.Les dix minutes qui suivirent la mort de Patricia Gay ne furent que tumulte et agitation.Pendant que l'inspecteur Laurier (suite à la page 15).CAMP ACORN (Roïnascé dy Consolidatos Hows Peaturesd \u201cJe me suis fait prondre dans couchage\u201d.In fermeture-éclair de mon sac de Ter novembre 1949 AAAS ANA AAA LE CANARD On a tué u téléphonait à Ja Police Judiciaire et que le médecin constatait la mort de la victime, les girls et les figurants, immobiles, entouraient le directeur qui donnait des ordres.Le vieux Claudius courait, rempli d'une exaltation qui illuminait son oeil morne.Les machinistes, en cottes bleues, se mélaient aux artistes.L2s discussions llaient leur train.Dans un coin, le cow-boy qui avait heavé la malheureuse vedette, sanglotait en proie à une crise nerveuse.Il ne pouvait être question d\u2019ar- rêier, pour la seconde fois, la revue.\u2014I1 y à de quoi couler la maison! gémissait le directeur.On a la petite France Gorlys qui va la doubler.On ne peut pas annoncer au public quz Patrica est morte.Les gons n'y remcitront pius le pled ou alors ils viendront ici comma on allait & ia Morgue, le dimanche.Dans les deux tableaux suivants elle ne parait pas, N'est-ce pas?Alors tout va bon.France a le temps de se prénarer.On dira que Patricia se ressent de sa foulürz.Mais qu'est- ce qu'on a comme malchance!.\u2014Exactement la même chosc, patron.Les mêmes girls, les mêmes acteurs.Et, de nouveau, une arme chargëe.Et, comme la dernière fois, u nineldent qui a permis de subsli- tuer l'arme.Pourtant j'étais là.C'est réglé comme un ballat.Diversion, substitution, crime.\u2014Diversion?s'emporta le coim- missaire.Alors, mon vieux, vous croyez vraiment que c'est pour donner du temps au meurtrier de préparer l'arme que Patricia s'est lais- sie tomber dans l'escalier?Allons donc.\u2014Non.Pourtant, quelqu'un en A profité.Vous interrogez ceux du s'tcoteh, n'est-ce pas?Ils sont presque tous là, sauf deux ou trois qui figurent dans le tableau suivant.\u2014Comment, le spectacle continue?\u2014Zh! oui, le directeur ne veut pas peridre d'argent.Et Patricia Gay avait une \u2018\u201cdoubiure\u201d.Moi, je vais voir une des girls, aeîle de la lampe à alcool, \u2014Quelle lampe?\u2014Une explosion au moment du lever du ridzau.Rien de grave.Mais une diversion certainement.J'ai même une idée.\u2014Vous?Le commissaire tournait déjà le dos à Laurier, se précipitait vers un groupe d'artistes.Laurier découvrit, en passant, Tony Peters, seul dans un coin, appuyé contre un portant.\u2014Lorsque vous êtes arrivé en retard la dernière fois, qui avez-vous vu, avant d'entrer en scène?Le jeune homme chercha dans sos souvenirs.\u2014Je n'étais pas en retard, en arrivant.Mais j'ai perdu quelques minutes.J'ai bavardé.\u2014Avecc qui?\u2014Attendez.le régisseur m'a ar- ne étoile.pas connu au cirque, de ses amis.\u2014Le régisseur?Vous l'avez croisé en venant ou est-il allé à vous?\u2014Il est venu à moi.\u2014Et c'est tout?vous savez, la partenaire de Dora.Elle voulait un renseignement.ne sais plus quoi.Je n'ai même pas fait attention, je me dépêchais.L'écouteur a la main, Laurier s'impatientait.La femme de cham- encore in mort de sa maitresse, hésitait, cherchait une réponse.- fois avez Casino\u201d.gisseur?.Vous connaissez le ré- \u2014Oui, Monsieur.Je l'ai vu.\u2014Est-i] allé rue Raynouard?\u2014Non.Si, pourtant.Il est venu une fois apportsr une Jettre.Il attendait une réponse.Madame était absente.Il est resté dans le studio.Ii voulait la voir.Lauritr raccerochait déjà.Patricia avait assuré qu'elle n'avait jamnis reçu de girls ni de camara-' des de scène.Seul le régisseur pouvait avoir dérobé ls pistolet marqué P.de H.Mais cette fois-ci, une autre arme était substituée aux inoffensifs accessoires de same.Alors?Nora Nils, dans la loge qui paraissait trop grande maintenant qu'elle y était toute seule, faisait un raccord à son maquillage.\u2014-Mademoiselie, lorsque vous êtes arrivée ici.avant d'allumer votre lampe, avez-vous vu quelqu'un, avez- vous parlé à quelqu'un?\u2014Oui.Je m'étais absentée un instant.En revantn je evoisai Monsieur Hervieux.\u2014Sortait-il de cette loge?\u2014Je ne sais pas.peut-être.\u2014Savait-il que vous aviez une lampe à alcool?\u2014Oh! non.C'est interdit.Je l'apportais dans un pe:it paquet, avec la bouteille.\u2014Vous connaissez Tony Peters?Le connaissiez-vous avant qu il ne vienne iii?\u2014Non.Je lui ai parlé deux ou trois fois seulement.\u2014Vous l'avez bien vu le soir où Lillane Getny avait été tuée?De quoi avez-vous parlé?\u2014De ricn, Monsieur l'insperteur.Dora m'avait envoyé vars lui pour lui demander un renseignement.Je ne sais même plus quoi.Elle m'a dit qu\u2019elle n'avait pas le temps d\u2019y aller elle-même.\u2014Vous saviez que c'était lui qui devait tirer le coup de grâce?\u2014Oh! oui.Cela avait été décidé à la répétition de l\u2019après-midi.\u2014Et c'est votre amie Dora qui vous a donné le flacon d'alcool.\u2014Oui.On habite ensemble.Enfin, elle cest avec sa mère.Mais on est dans la même pension, On est partenaire.Je l'aime beaucoup.pass (Released 3 Coisalidated Nowe 2 8 %- 49 CAMP ACORN \u2014 \u201cJ'espère qu'on n\u2019ira pas dire de tout\u201d, A mes parents qu'ici je mangeais \u2014I1 y a aussi ia petite Nora Nils, | Je |; bre de Patricia Gay qui ignorait |; \u2014Enfin vous êtes venue quelques |: votre maitresse au \u201cGrand |: rété pour me demander si je n'avais |\u2018; autrefois, un | #5 avoir une bonne provision d'histoires et de rire Son père.Enfin, c'est comme s'il était son-pêrz.s\u2019est tué il y six mois.Un coup de revolver aussi., Elle en est restée toute changée.\u2014Pourquoi s'est-il! tué?\u2014Un chagrin d'amour.C'est un ancien acteur.11 était beau encore.La man de Dora iaitm core.La maman de Dora l'aimait beaucoup.Ils étaient heureux.Et puis, une femme a passé.On a même dit qu'il était amoureux de Patricia, que c'est pour elle qu'il Elle a été trés malheureuse.est tué.C'est le régisseur qui a raconté ça.Nous on ne l'écoute jamais.\u2014Et ou est sa mere?\u2014Elle habite à deux pas, dans la même pension.Vous n'allez pas l\u2019interroger, Monsieur?.Elle a le coeur malade.Dora fait tout pour elle.Elle l'aime tellement.Ainsi pendant son numéro de trapèze, tout à l'heure, elle ne veut jamais que sa mère vienne la voir.C\u2019est pour éviter qu'elle ait peur.rsque l'inspecteur Laurier déclina sa qualité, Madame Dulonge se tassa, sans prononcer un mot, dans le fauteuil où elle était assise, près de la fenêtre donnant sur la rue.obscure.Seuls ses yeux reflé- talent une inquiétude affreuse qu'elle ne pouvait dissimuler.\u2014Patricia Gay a été tuée ce soir, Madame.\u2014Oh! mon Dieu.Des sanylots rompirent le sllence de 1a petite chambre.\u2014Et Dora?\u2014Mademoiselle votre fille fait son numéro de trapèze.On l'interrogea quand elle aura fini.\u2014L'interroger?Vous n'allez pas l'arrêter, n\u2019est-ce pas!'.Dans un geste de détresse la pauvre femme tendait vers l'inspecteur deux mains suppliantes.\u2014Ce n'est pas de sa faute.parce que j'étais malheureuse.faut la comprendre.-Mais Madame, je ne demande pas mieux.Racontez-moi tout, cela vauärait mieux.\u2014Le père de Dora est mort alors qu'elle était toute petite.Et j'ai C'est 11 me qui m'aimait.qui aimait l'enfant.C'était un acteur.Nous étions si heureux, tous trois.Nous allions régulariser la situation.Et puis, tout à coup, il a changé.Je ne le reconnaissais plus.Ce n'était plus le même homme.Il semblait malheureux.I! m'a tout avoué.Un amour impossible.Les hommes sont comme des enfants, Monsieur.Quelque chose qui brille, ça les attire.Il était comme fou.Il avait retrouvé sa jeunesse.J'ai su que c'était cette Patricia.Et puis, il a eu comme un sursaut d'orgeuil.Il ne voulait pas supplier, étre ridicule.I! est allé chez elle pour la dernière fois.Il est revenu comme brisé.Et,, dans la nuit, il s'est tué.I n\u2019est pas mort tout de suite.Il a souffert.Il s'était tué avec une arme de Patricia qu'il avait prise chez cile.Une idée d'acteur!.Dora a une volonté de fer, terrible.Elle a voulu le venger.Ce n'est pas de sa faute.Il faut essayer de comprendre.L'inspecteur Laurier revoyait le drame, reconstituait ses péripéties: la petite Nora envoyée vers Tony Peters qui retardé par elle trouvait une arme chargée.Liliane Genty tuée par erreur alors qu'il était trop tard pour arrêter la machine infernale qu'avait déclanchée la piété filiale.Et ce soir, alors qu\u2019il -attendait près de la table où se trouvaient les armes, cette explosion rencontré le vrai bonheur.Un hom- Short | Story | (suite de la page 6) Ce ne fut pas long.Le comte = | André de la Feuille-Pinard avait \u2018|à peine avalé sa tasse de café ni que les journalistes et les pho- x A |tographes étaient sur place ct x | que le mari de Madame Angelina lui promettait un rôle dans la prochaine pièce.Les journaux publièrent les histoires les plus ;|extravagantes sur le comte André de La Feuille-Pinard, héros de la Résistance, torturé par les na Allemands, plusieurs fois évadé des camps de concentration et sauvé du peloton d'exécution par une espionne nazie qui était tombée amoureuse de lui.\u2014On parle de vous, monsieur le comte! disait Madame Amanda.Une autre pensionnaire de l'établissement, Mlle Minoune lui offrit de conduire la Dodge qu\u2019elle avait gagnéc au grand tirage des Enfants Eprouvés.La fortune lui souriait.Si bien qu\u2019un jour André Lasuce se crut comte pour de bon.Il s\u2019enhardit et fréquenta les milieux mondains, artistiques et littéraires.À l\u2019entendre, il avait connu intimement Jean-Paul Sartre et avait cu l'idée des \u201cMains Sales\u201d.Il fit des conférences, écrivit un livre sur Montréal ct créa une véritable sensation en affirmant que les Canadiens-français étaient allés volontairement à la guerre en 1914.Nommé chevaliers du Doux Parler, membre de la Soiété Canadienne, et président de la Table à Quatre, le pseudo- comte épousa Minoune à qui un vieux beau avait laissé en mourant la Seigneurié du Trécarré.UN COSAT Cela ne suffisait pas à l\u2019ambition d\u2019André Lasuce.Il avait maintenant des relations.Il pouvait taper sur le ventre du maire de Montréal en l\u2019appelant familièrement \u2018Cam\u2019.il avait ajouté
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