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Titre :
Le droit
Éditeur :
  • Ottawa :[Le droit],1913-
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  • Journaux
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quotidien
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Le droit, 2008-09-20, Collections de BAnQ.

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[" OTTAWA-GATINEAU WWW.CYBERPRESSE.CA CAHIER SPÉCIAL, ÉDITION WEEK-END DES 20 ET 21 SEPTEMBRE 2008 Le Québec des MH an g wïïâmm mr**> ** 1 Mt >» s \u2022* t V \u20184k* H y ^ f \u2022'»v jr-.' l.Le phénomène des fuckfriends, un tabou répandu / 7 * < I -0-: :\u2022 > mm eKS^SJ 4.«T/J-T f W \u20221 V; :¦ L\u2019avenir de Gatineau vu par ses jeunes professionnels / 2-3 r 2 LES18-30ANS\tle droit, édition week-end des 20 et 21 septembre 2008 V*\u2019 Divorce démocratisé et famille éclatée ÊiÉ** ''Àk.Sylvain J I St- : aurent «H CHRONIQUE sstlaurent@ledroit.com Richard et Véronique ont promis de s\u2019aimer jusqu\u2019à la fin de leurs jours.Ils ont fait ça dans les règles de l\u2019art, par un beau samedi après-midi du mois de juillet 2004.Ils avaient réuni leurs parents, leurs amis et leurs collègues de bureau.Comme la cérémonie se déroulait dans une église, par la force des choses, ça se passait également devant Dieu.Leur union a pris fin deux ans plus tard.Un beau jour, Véronique est partie.La belle promesse ne tenait plus.Pourquoi?Nous n\u2019avons jamais vraiment su ou compris, mais c\u2019est pas plus grave.À quoi bon faire le procès d\u2019un jeune couple quand des milliers d\u2019autres, chaque année, empruntent le même chemin?J\u2019ai assisté à quatre mariages entre 2002 et 2007.Aujourd\u2019hui, un seul de ces couples survit.Les trois autres ont déjà rempli et signé les papiers de divorce.Les dernières données de Statistique Canada font état d\u2019environ 17000 mariages brisés par année, au Québec.Quand on m\u2019a demandé de réfléchir aux principaux enjeux de ma génération, j\u2019ai tout de suite pensé à la famille.Nos parents n\u2019ont pas inventé le divorce, ils l\u2019ont démocratisé.Presque banalisé.Ce faisant, ils ont fait éclater un modèle familial qui faisait foi de tout depuis des siècles.Aujourd\u2019hui, au moment de faire nos choix, comme eux, j\u2019ai parfois l\u2019impression qu\u2019on ne sait plus trop où se diriger.À travers tous ces jeunes divorcés, gravitent dans mon univers un grand nombre de jeunes adultes qui ne croient tout simplement plus au mariage.Du moins, qui n\u2019y voient rien d\u2019utile.Il y a également ces deux femmes, belles, brillantes, qui ont absolument tout pour elles.Elles viennent d\u2019atteindre la trentaine, toujours célibataires, et c\u2019est pas faute d\u2019avoir essayé quelques modèles d\u2019époux.Aujourd\u2019hui, tranquillement, elles commencent discrètement à tâter le terrain auprès de leurs amis célibataires.\u2014 Dis donc, dans cinq ou 10 ans, si rien ne change.T\u2019aurais pas le goût de me faire un p\u2019tit?Vous trouvez ça triste?Pas moi.Au contraire.J\u2019y vois beaucoup de lucidité.Du courage, aussi.Et je ne suis pas seul.«Le mariage pour toujours, c\u2019est une idée qui est finie», déclare, tranchante, la chroniqueuse de l\u2019émission Parents Avis, à Canal Vox, France Paradis.«Le modèle qui va émerger va permettre aux jeunes amoureux de s\u2019engager pour des longues périodes de temps, tout en sachant que ce ne sera pas pour toujours.Quand ça va finir, ils vont passer à un autre engagement qui pourrait aussi durer une assez longue période.» Il paraît qu\u2019il y a des exemples qui poussent partout, à droite et à gauche.On m\u2019a entre autres cité le bédéiste Tristan Demers comme pionnier.Il a fondé une famille très jeune, avec une femme qui ne partage aujourd\u2019hui plus sa vie.Quelques années plus tard, célibataire, mais toujours très animé par le désir d\u2019être père, il s\u2019est rendu en Chine pour adopter un deuxième enfant.Récemment, il s\u2019est remis en couple avec une femme qui élevait, toute seule, une petite fille.«La famille nucléaire, américaine, qu\u2019on valorise tellement encore durant les campagnes électorales, c\u2019est tellement pas dans mon range», dit-il.«Je ne suis vraiment pas quelqu\u2019un de très conservateur.Dans ma tête, une famille, c\u2019est d\u2019abord et surtout un team.C\u2019est un dan avec ses hauts et ses bas qui s\u2019aime.Ça ne passe pas nécessairement par le principe en ordre de la blonde, des fiançailles, du mariage, de la maison en banlieue et des enfants.Ça peut se faire dans n\u2019importe quel sens.» Tristan prétend ne pas souffrir du jugement des autres.Dans le pire des scénarios, on le traite de flyé et ça s\u2019arrête là.Il constate quand même, chaque année, que les différents salons de la mariée débordent de jeunes qui planifient la journée qui doit devenir «la plus belle de toute leur vie».L\u2019idéal de l\u2019amour «pour le meilleur et pour le pire jusqu\u2019à ce que la mort nous sépare» demeure un puissant symbole.Peut-être bien que le poids du jugement des plus vieux y est pour quelque chose, aussi.«Les gens doivent se sentir en sécurité quand ils suivent une parade.C\u2019est un peu déprimant, ce que je viens de dire», complète Tristan Demers.«La famille traditionnelle, on va bien finir par y revenir, un moment donné.Je ne sais juste pas quand», croit un autre philosophe de la famille au Québec, l\u2019auteur, comédien et conférencier Martin Larocque.Enfin, si ça vous intéresse de savoir, mon vieux chum Richard poursuit son chemin.Il a rencontré Geneviève quelques mois après sa séparation.Ils viennent de s\u2019acheter une belle maison où élever leurs fils, qui sont tous les deux nés d\u2019une union précédente.Je lui ai parlé tout récemment.Tout le monde a l\u2019air de bien aller.ï ¦ HT A vï Pour vous, fonder une famille, c\u2019est-à-dire vivre en couple et avoir possiblement des enfants, c\u2019est.?Important : 92,5 %\tPeu important : 7,3 % Ne sait pas/ne répond pas : 0,2 % MÉTHODOLOGIE DU SONDAGE Le sondage a été réalisé du 5 au 19 août 2008 par Segma recherche auprès de 608 Québécois âgés entre 18 et 30 ans.Les résultats d\u2019ensemble présentent une marge d\u2019erreur de plus ou moins 4%, 19 fois sur 20.Sans nécessairement se connaître, Isabelle Sabourin, Marie-Lou St-Onge, Patrick Robert-Meunier, Alexis Girard-Aubertin, Emmanuel Savard-Dimanche et André Cayer ont une chose en commun : une vision semblable de l\u2019avenir de « leur » ville.La « grande » SYLVAIN ST-LAURENT sstlaurent@ledroit.com Le 1er janvier 2002, les politiciens municipaux et provinciaux, grands décideurs de notre société, ont fait un bien étrange cadeau aux jeunes hommes et femmes de l\u2019Ou-taouais.Ils avaient grandi dans les petites villes qu\u2019étaient Hull, Aylmer et Buckingham.Du jour au lendemain, ils devenaient adultes dans la «grande» Gatineau, quatrième plus populeuse de toute la province derrière Montréal, Québec et Laval.Ils n\u2019ont pas décidé d\u2019enclencher l\u2019imposant et lourd processus des fusions municipales, mais ils ont hérité de cet étrange cadeau.Ce sont eux qui devront bâtir, au cours des 25 prochaines années, cette métropole adolescente.Méchant contrat.Pour se donner une petite idée de ce à quoi ressemblera la Ville de Gatineau quand elle aura «atteint la maturité», LeDroit a réuni autour d\u2019une table six jeunes leaders de la communauté.Ils ont été choisis plus ou moins arbitrairement en fonction de leur âge, de leur sexe et du milieu dans lequel ils évoluent.Nous leur avons posé, au fond, une seule question: vous la voulez comment, votre ville?À notre grande surprise, ces jeunes hommes et femmes qui ne se connaissent pas nécessairement sont d\u2019accord sur presque toute la ligne.Au centre de la ville Pour eux, dans une grande ville, il y a d\u2019abord un centre-ville.À Gatineau, ils savent fort bien où il doit être aménagé.«Va falloir que quelqu\u2019un mette son pied à terre, qu\u2019on établisse clairement les limites de notre centre-ville.Selon moi, il n\u2019est pas dans le secteur Gatineau», dit Patrick Robert-Meunier, avec l\u2019aplomb attendu de la part d\u2019un ancien candidat aux élections provinciales.«Personne à Québec ne dit que le centre-ville se trouve à Sainte-Foy.Tout le monde sait fort bien où il se trouve, là-bas, le centre-ville », ajoute le jeune homme de 22 ans.«C\u2019est pas compliqué.Géographiquement parlant, le centre-ville, il est à Hull.Plus que ça, c\u2019est Pile de Hull», renchérit Emmanuel Savard-Dimanche, qui brasse depuis bientôt huit ans de très bonnes affaires au lounge urbain le Où.Quoi!, dans le Vieux-Hull, tout en s\u2019impliquant dans la Corporation des commerçants du secteur Aubry Les jeunes Gatinois veulent un centre-ville où ils pourront vivre, se détendre, s\u2019amuser.Ils ont voyagé.Ils ont visité les grandes voisines que sont la métropole et la vieille capitale.Dans certains cas, ils sont originaires d\u2019ailleurs et ils s\u2019ennuient un peu de ce qu\u2019ils ont Quelles seraient les visions et les valeurs des Québécois s\u2019ils avaient tous entre 18 et 30 ans ?LeDroitvous présente aujourd\u2019hui la deuxième partie de la vaste enquête réalisée par la firme Segma pour le compte du réseau Gesca sur les intérêts, le mode de vie et les opinions des adultes québécois.Un cahier spécial conçu par les jeunes artisans du Droit LE DROIT, ÉDITION WEEK-END DES 20 ET 21 SEPTEMBRE 2008 LES 18-30 ANS Le Québec des 0» ÏTT: K» ! Gatineau des jeunes professionnels laissé derrière en s\u2019expatriant pour les études ou pour le travail.«Il manque du jet-set», tranche catégoriquement Marie-Lou St-Onge, journaliste-animatrice de TAG Radio, qui est originaire de la région de Québec.« Ça peut paraître superficiel, comme point, mais quand tu vas à Québec, t\u2019as la Grande Allée.Tu vas à Montréal, t\u2019as la rue Sainte-Catherine, le Vieux-Port.À Québec, t\u2019as le carré d\u2019Youville.Il manque ça à Gatineau.Il manque un endroit où on va aller, pis on va trouver quelque chose à faire.» «Il faudrait concevoir un centre-ville où les gens pourraient marcher de bar en bar ou de marchand en marchand», estime le sportif de 22 ans André Cayer, directeur technique du programme sport-études à la ANDRÉ CAYER «Il faudrait concevoir un centre-ville où les gens pourraient marcher de bar en bar ou de marchand en marchand.» polyvalente Nicolas-Gatineau, tout en spécifiant qu\u2019il comprend, pour l\u2019instant, que ses concitoyens soient plus enclins à fréquenter le secteur du marché By, à Ottawa.Il faut plus de vie dans le secteur, croit enfin Emmanuel Savard-Dimanche, tout en ajoutant qu\u2019il y a moyen d\u2019augmenter la densité des ménages sans agir de «façon sauvage».Une «vraie» université Pas trop loin de l\u2019ile de Hull se dresse un campus universitaire dont les jeunes gatinois ne sont pas toujours très fiers.Ils aiment l\u2019Université du Québec en Outaouais (UQO), suffisamment pour avoir de grandes ambitions à son endroit.«Notre ville compte plus de 250000 habitants.Que notre université compte seulement 5000 étudiants inscrits n\u2019est pas normal», note Patrick Robert-Meunier qui, incidemment, est président de l\u2019Association générale des étudiantes et étudiants de rétablissement.« Quand on me dit que 47 % des finissants du Cégep de l\u2019Ou-taouais quittent la région afin de poursuivre leurs études, je ne trouve pas ça normal.Il y a carrément une saignée.» « Faudrait que la Ville de Gatineau s\u2019enlève les doigts du nez.Un plus grand nombre d\u2019étudiants attirerait davantage de professeurs, de bons professeurs qui feraient la renommée de l\u2019UQO», ajoute Marie-Lou St-Onge, âgée de 26 ans.EMMANUEL SAVARD-DIMANCHE « Quand tu arrives à l\u2019UQO, tu ne sens pas que tu arrives sur un campus.» Comme au centre-ville, les jeunes leaders de la communauté rêvent d\u2019une université vivante.Ils ont visité des campus étudiants dynamiques où on fait autre chose qu\u2019étudier.Ça existe partout.Ils rêvent que ça se passe ainsi, aussi, dans leur ville.«J\u2019ai suivi des cours à l\u2019UQO et je ne me sentais pas universitaire pour autant, dit Emmanuel Savard-Dimanche.Quand tu arrives à l\u2019UQO, tu ne sens pas que tu arrives sur un campus.» Identité, implication citoyenne, culture et sports «Il faudrait que le nom de Gatineau résonne et rayonne à l\u2019intérieur du Québec, qu\u2019on ait des images fortes de la quatrième plus importante ville.Quand on dit aux gens de Québec et de Montréal qu\u2019on vient de l\u2019Ou-taouais ou de Gatineau, il y a toujours un point d\u2019interrogation dans leur visage », dit Alexis Girard-Aubertin, 25 ans, qui dirige le comité organisateur du Festival de l\u2019Outaouais émergent tout en siégeant au conseil d\u2019administration de la Table jeunesse de Gatineau.Une idée intéressante parmi tant d\u2019autres, lancée durant la rencontre qui s\u2019est étendue durant environ deux heures.On a également parlé de développement durable, d\u2019environnement.Pourquoi pas un pont réservé uniquement aux autobus?Il a été question d\u2019implication citoyenne, d\u2019infrastructures sportives et d\u2019une salle de spectacle spécialisée, pour compléter les amphithéâtres, où on pourrait prendre un verre en regardant un bon spectacle.Une sorte de Zaphod Beeble-brox ou de Club Soda, par exemple.En progressant vers l\u2019avenir, les jeunes ne veulent surtout pas tourner le dos à leur passé ou aux générations précédentes.«L\u2019époque du Petit Chicago a laissé des traces profondes dans la culture municipale.Il doit pourtant y avoir moyen de faire du développement urbain sans retomber là-dedans», croit Emmanuel Savard-Dimanche.«N\u2019y aurait-il pas moyen de partir du passé et de revaloriser tout ça de manière positive ?D\u2019un point de vue touristique, par exemple, on pourrait se vanter d\u2019avoir été la capitale du crime au Canada», ajoute Alexis Girard-Aubertin.« On connaît l\u2019histoire et le patrimoine.Faut être conscient que les jeunes ont des valeurs et des visions différentes.Nous voulons développer une ville de façon différente », complète la très allumée Isabelle Sabourin, 28 ans, étudiante à la maîtrise en développement régional à l\u2019UQO qui siège au conseil exécutif de la Table jeunesse Outaouais.« On a un énorme potentiel, poursuit-elle.À la limite, on peut être épeurants.Faut arrêter d\u2019avoir peur du changement.Il ne faut pas se placer dans une dynamique de confrontation, mais bien d\u2019arrimage.» AVEC JUSTINE MERCIER ISABELLE SABOURIN «Faut arrêter d\u2019avoir peur du changement.» MARTIN ROY, LeDroit 4 LES18-30ANS\tle droit, édition week-end des 20 et 21 septembre 2008 V*\u2019 r ARCHIVES, LA PRESSE CANADIENNE Dans le film d\u2019Étienne Chatiliez, les parents de Tanguy (Éric Berger, au centre) cherchent par tous les moyens à lui faire quitter le nid familial.Portrait cTune «Tanguy» parmi tant d\u2019autres Choisir entre l\u2019intimité ou l\u2019endettement ARCHIVES, LA PRESSE Contrairement à ce qui se produit dans le film d\u2019Étienne Chatiliez, certains parents voient d\u2019un bon oeil le retour de leurs enfants à la maison.Nicolas Tremblay ntremblay@ledroit.com Julie Grandmaître aura bientôt 27 ans.Ayant maintenant complété son baccalauréat en physiothérapie et intégré le marché du travail, elle s\u2019apprête à quitter le nid familial du secteur Hull de Gatineau pour une deuxième fois.Un lieu où elle s\u2019est réinstallée il y a trois ans.À l\u2019époque, elle et son copain, qui vivaient ensemble depuis déjà quatre ans, ont pris la décision de retourner chacun chez leurs parents.«Il me restait trois ans d\u2019études et lui quatre ans, donc nous ne voulions pas nous endetter pendant toutes ces années-là», affirme-t-elle.«Je ne dirais pas que j'avais honte, mais je ne dirais pas que j'en étais fière non plus.» Julie Grandmaître Julie ne voyait pas ce retour en arrière comme un échec personnel.«Je ne dirais pas que j\u2019avais honte, mais je ne dirais pas que j\u2019en étais fière non plus», ajoute celle qui subit les taquineries de ses amis qui ont tous quitté la résidence familiale.«Ils m\u2019écœurent un peu en me traitant de \u2018Tanguy\u2019, mais ce n\u2019est pas sérieux», relate-t-elle.Pourtant les «Tanguy» \u2014 expression utilisée pour désigner les adultes habitant chez leurs parents depuis la sortie d\u2019un film français d\u2019Étienne Chatiliez en 2001 \u2014 sont de plus en plus nombreux au Canada.Selon Statistique Canada, en 2006, 25 % des jeunes Canadiens de 25 à 29 ans habitaient chez leurs parents, comparativement à 16 % il y a 20 ans.Chez les 20 à 24 ans, cette proportion est de 60%.Le phénomène est un peu moins présent au Québec, alors que 19 % des 25 à 29 ans vivaient chez leurs parents en 2006.«Cette tendance va se maintenir ou s\u2019accentuer tant et aussi longtemps que les frais de scolarité et de loyer vont grimper», observe Marc Molgat, professeur titulaire à l\u2019Université d\u2019Ot- tawa et membre de l\u2019Observatoire Jeunes et Société.Il ajoute à cet effet que le gouvernement devrait commencer à se pencher sur la question des «Tanguy».«Est-ce que ce doit toujours être la responsabilité des parents d\u2019assurer le soutien à l\u2019indépendance des jeunes lorsque l\u2019on sait que le phénomène est attribuable aux lois du marché ?», s\u2019interroge-t-il.Il tient également à préciser que l\u2019image souvent associée aux «Tanguy», soit celle de jeunes adultes complètement dépendants de leurs parents, est erronée.«Ils ne représentent qu\u2019une très faible proportion des cas que j\u2019ai étudiés», ajoute M.Molgat.Bonne entente Si le film d\u2019Étienne Chatiliez met en scène des parents qui sont prêts à tout pour convaincre leur fils de 28 ans de partir de la maison, ceux de Julie étaient, au contraire, bien heureux de la voir rentrer au bercail.«J\u2019étais vraiment contente qu\u2019elle revienne, affirme sa mère Louise.Elle allait avoir des meilleurs repas, ça allait l\u2019aider financièrement et elle allait avoir plus de temps pour se concentrer sur ses études.» De l\u2019aveu de M.Molgat, ce genre d\u2019événement modifie souvent les liens familiaux.«On peut se réjouir de voir que les jeunes adultes et leurs parents ont une bonne entente et soient capables de développer une relation d\u2019égal à égal», ajoute-t-il.D\u2019ailleurs, pour maintenir cette bonne entente, Julie et ses parents ont dû faire certains compromis, notamment au niveau de l\u2019intimité.«Je ne peux pas inviter mes amis autant que je le veux», affirme la jeune femme.Elle se considère toutefois chanceuse d\u2019avoir une relation harmonieuse avec ses parents.« J\u2019ai des amis qui m\u2019ont déjà dit \u2018moi, je retournerais bien chez mes parents, mais ma mère, je ne suis pas capable\u2019.» ARCHIVES, LA PRESSE Selon le professeur Marc Molgat, «la tendance (des «Tanguy») va se maintenir ou s\u2019accentuer tant et aussi longtemps que les frais de scolarité et de loyer vont grimper.» e*a»i LE DROIT, ÉDITION WEEK-END DES 20 ET 21 SEPTEMBRE 2008 LES 18-30 ANS Le Québec des 0» ÏTT: K» f Les jeunes adultes québécois souhaitent, en moyenne, avoir 2,4 enfants.Seuls 3,9 % des jeunes de 18 à 30 ans interrogés dans le cadre du sondage Segma-LeDro/f-Gesca affirment ne vouloir aucun enfant.Si plusieurs apprennent à concilier famille et travail, d\u2019autres se dévouent à temps plein à leurs enfants avant qu\u2019ils ne fassent leur entrée en maternelle.PATRICK WOODBURY, LeDroit Après la naissance de sa première petite fille, Catherine Bédard Roy a fait le choix de demeurer à la maison.Aujourd\u2019hui, elle ne regrette pas son choix, au contraire.Elle peut s\u2019occuper de ses trois petites filles dans le confort de son foyer, sans que la petite famille manque de rien.De plus en plus de jeunes mères décident de rester avec leurs enfants Une femme au foyer comblée Marc-André Mongrain mamongrain@ledroit.com Son nom : Catherine Bédard Roy Son âge : 26 ans.Sa profession: femme au foyer Dans les années 1950, les mères y étaient contraintes.Dans les années 1960, les féministes en ont revendiqué une libération.Aujourd\u2019hui, plusieurs jeunes femmes \u2014 et même quelques hommes \u2014 décident de leur plein gré de rester à la maison pour s\u2019occuper des enfants à temps plein.«Je suis tombée enceinte pendant mes études.Même pendant mon congé de grossesse, je ne croyais pas rester à la maison pour les enfants, explique Catherine Bédard Roy Deux semaines après être retournée aux études (après l\u2019accouchement), j\u2019avais l\u2019impression de manquer quelque chose, comme si je déléguais ma présence à une partie importante de sa vie».Catherine a tout de même terminé ses études, un gros avantage, selon elle, sur les mères au foyer d\u2019antan dont l\u2019éducation était souvent plus restreinte.« Ma formation d\u2019éducatrice m\u2019aide beaucoup comme parent.Tous les parents devraient apprendre ce que j\u2019y ai appris».À l\u2019inverse, elle estime que ces six dernières années à jouer la maman à temps plein lui ont inculqué une vertu qu\u2019elle n\u2019avait jamais pu développer, même pour les études : la discipline ! Travail d\u2019équipe Encore mieux, pour pallier aux problèmes financiers que pourrait occasionner sa décision, elle a mis le résultat de ses études à profit en s\u2019improvisant une garderie à la maison, pour ses deux premiers bambins et pour ceux d\u2019autres parents débordés.Aujourd\u2019hui mère de trois enfants \u2014 Audrey, 6 ans, Mayla-Lya, 2 ans, et Alexandre, 1 mois et demi \u2014 la marmaille prend trop de place pour pouvoir poursuivre l\u2019aventure de la garderie, mais elle peut compter sur ce qu\u2019elle appelle «le travail d\u2019équipe essentiel» avec son conjoint Jean-François Chabot, lui-même enseignant, pour assurer la viabilité financière de leur vie de famille.«Tous mes proches savent très bien que je ne suis pas une personne dépendante financièrement, qui doit quémander», sou-ligne-t-elle.Le couple, pleinement satisfait d\u2019une présence permanente d\u2019un parent à la maison, n\u2019aurait d\u2019ailleurs pas contourné la pos- sibilité d\u2019un papa au foyer, si le contexte avait été différent.Une vie de couple stable à long terme : voilà une autre denrée rare chez la génération des «enfants du divorce».«On s\u2019accorde un temps de couple chaque jour.Mon père disait: \u2018Si ton couple pète, ta famille pète\u2019 alors on s\u2019occupe l\u2019un de l\u2019autre», ajoute-t-elle avec le regard approbateur et sincère de son conjoint.Quelques sacrifices La société de consommation étant ce qu\u2019elle est, la famille Chabot doit faire plus avec moins, mais juge qu\u2019elle ne manque de rien avec un brin de sacrifices.«Les plus matérialistes diront que nos enfants sont privés de plein de biens matériels.C\u2019est certain qu\u2019il y a des choix à faire.On ne peut se permettre d\u2019aller dans le Sud chaque année et on n\u2019a qu\u2019une seule voiture.Nos activités sont plus simples : on peut aller faire un pique-nique, par exemple, et les enfants semblent s\u2019y plaire autant».Même si elle sent parfois des pointes de jugement envers son choix, Catherine Bédard Roy estime que plusieurs personnes de son âge envient son mode de vie.«Je connais beaucoup de gens qui veulent mais qui ne peuvent pas se le permettre.Il n\u2019y a pas beaucoup de ressources pour les femmes au foyer, comparativement à l\u2019aide pour les garderies.D\u2019ailleurs, c\u2019est un problème : soit que tu t\u2019embarques à être mère au foyer ou que tu travailles à temps plein.Des garderies à temps partiel, cherche-les pas!».Combien d\u2019enfants souhaiteriez-vous avoir au cours de votre vie ?1:5,3%\t3:25,6%\t5 et plus: 3,6 %\tNe sait pas/ne répond pas: 1,5% 2:51,8%\t4:8,3%\tAucun: 3,9 %\tMoyenne : 2,4 enfants PATRICK WOODBURY, LeDroit Selon Catherine Bédard Roy, ses années à la maison lui ont inculqué une nouvelle vertu : la discipline. 6 LES 18-30 ANS LE DROIT, ÉDITION WEEK-END DES 20 ET 21 SEPTEMBRE 2008 PATRICK WOOBURY, LeDroit Alors que certains travailleurs consomment une bière froide après une dure journée de travail, d\u2019autres préfèrent un p\u2019tit joint de pot.Le Québec des Consommation de drogues chez les jeunes professionnels Nouvelles moeurs du «joint social» Louis-Denis Ebacher ldebacher@ledroit.com «Les plus vieux devraient en fumer un bon avec nous autres, juste pour voir.Ils verraient que ce n\u2019est pas des affaires de junkies.» Martin (nom fictif) fait partie de cette jeunesse professionnelle qui travaille 12 heures par jour.Vingt-huit ans, célibataire «à temps partiel», il accumule les contrats à titre de travailleur autonome.Le soir, il fréquente les bars branchés de la région avec ses amis.«Avant de sortir, on se rejoint chez nous, puis on s\u2019en roule un.C\u2019est notre routine.On jase, on prend une bière, on fume un p\u2019tit joint de pot, puis on va veiller en ville.» Aussi banal qu\u2019une bière entre amis, le «joint social» plaît également à ceux qui n\u2019aiment pas l\u2019alcool.«J\u2019ai déjà eu une blonde qui fumait du pot et du haschisch en ne buvant que de l\u2019eau minérale dans les partys.L\u2019alcool ne lui faisait pas et elle disait qu\u2019au moins, elle pouvait être dans le même mood (état d\u2019esprit) que les autres», raconte le jeune homme.Pour Martin, la consommation de marijuana ou de haschisch est presque quotidienne.Il a commencé à fumer le cannabis au secondaire, «pour essayer», et a développé l\u2019habitude au fur et à mesure qu\u2019il a pris de l\u2019âge.Il se revoit plus jeune, fumant en cachette avec sa bande d\u2019amis derrière l\u2019école.«Aujourd\u2019hui, c\u2019est encore les mêmes gars, sauf qu\u2019on fume dans nos appartements, après une bonne bouffe et avec un bon vin rouge.On entend les plus vieux parler des \u2018poteux\u2019 comme si c\u2019étaient tous des délinquants.» Danger Le profil de Martin tombe directement dans l\u2019analyse du directeur général du Centre d\u2019intervention et de prévention en toxicomanie de l\u2019Outaouais (CIPTO), Yves Séguin.« Cette consommation qu\u2019on pourrait qualifier de contrôlée comporte un danger.Si le consommateur fume son joint chaque jour et s\u2019en sert comme béquille pour relaxer, que fera-t-il lorsqu\u2019il vivra un gros stress ou un deuil?» Selon M.Séguin, le plus gros problème avec la consommation chez les 18-30 ans est «le jeune consommateur pas trop fortuné qui, par exemple, va à l\u2019école aux adultes.Certains jeunes vont penser davantage au joint qu\u2019ils vont fumer à la fin de la journée qu\u2019à leur éducation.Et parfois, cela se traduit par la perte de motivation et de bas résultats scolaires ou l\u2019abandon de certains produits de base pour l\u2019achat de marijuana».Le directeur général du CIPTO sait que les jeunes banalisent la consommation de drogues douces et sont portés à minimiser les dangers des cocktails plus explosifs comme la drogue synthétique.«Dans certains milieux comme dans les raves, on entend des jeunes qui consomment ces mélanges à risque.Ils le font peut-être par banalisation, mais ces mélanges de speed, d\u2019ecstasy ou d\u2019autres produits chimiques sont utilisés d\u2019abord par imprudence.Ils ne savent pas ce que cela contient et vont continuer d\u2019en prendre parce que la dernière fois, il n\u2019y a pas eu de problème.» De son côté, Martin continue de penser qu\u2019un joint quotidien n\u2019est pas pire qu\u2019une bière à la fin d\u2019une dure journée de travail.PATRICK WOOBURY, LeDroit Pour certains, la marijuana remplace l\u2019alcool dans les partys, leur permettant d\u2019être dans le même mood que leurs amis.tO>.* LE DROIT, ÉDITION WEEK-END DES 20 ET 21 SEPTEMBRE 2008 LES 18-30 ANS 7 y Mtfv.-t.VV- De nombreux jeunes adultes se complaisent dans le célibat.Selon le sondage Segma-LeDroit-Gesca, 40% des Québécois âgés de 18 à 30 ans cherchent, lorsqu\u2019ils sont célibataires, à rencontrer l\u2019âme sœur tout en ayant occasionnellement des aventures.D\u2019autres ne veulent rien savoir de l\u2019engagement à long terme, et sont plutôt en quête de relations de nature purement sexuelle, éphémères ou non.Au cours du dernier mois, combien de relations sexuelles avez-vous eues avec un ou des partenaires ?là 5:36,8 %\t20 à 30:6,0 %\tNe sait pas/ne répond pas : 2,8% 6 à 10:19,2 %\tPlus de 30:5,1 %\tMoyenne : 9,1 relations 10 à 20:19,5%\tAucune: 10,7%\t Pour vous, la fidélité en amour est une valeur.?Très ou assez importante : 99,1 % Peu ou pas du tout importante : 0,8 % Ne sait pas/ne répond pas : 0,1 % Amis le jour, amants la nuit Aj Jonathan ' g Blouin B joblouin@ledroit.com Amis de plaisir, amis avec bénéfices, «amicâlins» ou «ami-plus».Les appellations diffèrent, mais le phénomène des fuckfriends est toujours à la mode chez les jeunes professionnels de 18 à 30 ans.La complexité des relations de couple en amène plusieurs à vouloir combler leurs besoins, sans pour autant s\u2019investir.Ils sont motivés par la simplicité et le désir de conserver leur liberté, avec un minimum de sécurité.Nouvelle trentenaire, Annabelle (nom fictif) fait partie de ce groupe.«Les gens ne veulent pas faire de compromis, ils veulent une relation moins stressante et rapi-do-presto.Un peu à l\u2019image de notre société.Et ce type de relation est purement charnel.» Des propos qui trouvent écho un peu partout, lorsqu\u2019on aborde ce phénomène avec la classe des 18-30 ans.«Je crois que les gens veulent rester plus jeunes plus longtemps.Ils veulent le bénéfice sans rien sacrifier», estime Marc (nom fictif), 23 ans.Ce «trip» amical, ces jeunes le vivent dans la clandestinité.Le tabou entourant ce phénomène n\u2019est pas encore dissipé.«C\u2019est une relation strictement platonique.Tu perds la valeur de l\u2019intimité pour combler un besoin rapide.Ce qui est le fun par contre, c\u2019est que tu peux choisir le type de personnes qui t\u2019intéresse vraiment, sans penser à devoir présenter ton partenaire à tes parents ou à tes amis», poursuit Annabelle.Ce qui a aussi changé, avec les années, c\u2019est l\u2019ouverture d\u2019esprit par rapport à la sexualité.«Les normes sociales ne sont plus ce qu\u2019elles étaient.Surtout que la place de la religion a changé.Ce n\u2019est plus mal vu d\u2019avoir une relation sexuelle avec quelqu\u2019un sans y être attaché», explique Marc.Pour Marie-France (nom fictif), 23 ans, ce phénomène regroupe une nouvelle génération désabusée de l\u2019amour avec un grand A.«Les relations sexuelles sont banalisées, au point d\u2019exclure les émotions de l\u2019acte amoureux.Ça devient quelque chose que l\u2019on peut faire entre amis.» Peur de l\u2019engagement?Pour certains, ce sont les mauvaises expériences amoureuses qui ont mis un frein à leur désir de s\u2019attacher.De peur de souffrir à nouveau.C\u2019est le cas d\u2019Étienne (nom fictif), 28 ans, qui vient de mettre un terme à sa relation.«Avec un fuckfriend, pour un p\u2019tit bout de temps, c\u2019est le meilleur des deux mondes.Tu ne souffres pas et t\u2019as du bon sexe.Mais ça s\u2019arrête là».Pour d\u2019autres, c\u2019est la peur de l\u2019engagement qui les pousse à «s\u2019investir» au minimum avec des amis «à avantages sociaux».Des raisons qui n\u2019étonnent pas Lise Boudreault, psychologue spécialisée en relations de couple depuis près de 20 ans.«Il y a tellement peu de jeunes dont les parents sont encore ensemble.Comment peuvent-ils ne pas avoir un doute?» Selon elle, avec le taux de divorce à la hausse, il est normal que les jeunes doutent.«La génération qui les a précédés s\u2019est engagée souvent, sans que ça ne fonctionne».Ces relations, purement physiques, ne servent donc qu\u2019à combler des besoins éphémères.«Le vice caché, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019amour.Tout est beau, mais ça ne dure jamais.Un des deux finit toujours par s\u2019éprendre de son partenaire.Les sentiments entrent en jeu.Et c\u2019est le rejet», ajoute Étienne.Récemment, l\u2019essor des sites de rencontre sur Internet a changé la donne.La multiplication des Réseau Contact et des Outaouais-Web a ouvert de nouvelles portes.Si certains de ces sites misent sur l\u2019idylle amoureuse, d\u2019autres misent carrément sur le sexe.C\u2019est le cas d\u2019Adult Friend Finder.Un répertoire de fuckfriends aux quatre coins du monde.Même si personne n\u2019a la même opinion du phénomène, tous s\u2019entendent sur un point.Ce type de relation est temporaire.Selon M\"\"' Boudreault, on ne peut en faire un mode de vie.Des valeurs traditionnelles comme la famille finissent toujours par nous rattraper.«Personne ne rêve à ce genre de relation ! » Lorsque vous êtes célibataire, est-ce que vous cherchez à.?Rencontrer l\u2019âme sœur exclusivement : 31,3 % Rencontrer l\u2019âme sœur tout en ayant occasionnellement des aventures : 40% Avoir des aventures sans chercher à rencontrer l\u2019âme sœur : 7,3 % Ni à rencontrer l\u2019âme sœur ni à avoir des aventures : 19,8% Ne sait pas/ne répond pas : 1,6 % 8 LES 18-30 ANS LE DROIT, ÉDITION WEEK-END DES 20 ET 21 SEPTEMBRE 2008 Si les menaces que sont les gaz à effet de serre, les sables bitumineux et le gaspillage d\u2019eau douce n\u2019inquiétaient presque personne il y a de cela 30 ans, l\u2019environnement est désormais un souci quotidien chez les jeunes adultes.Le sondage Segma-LeDroit-Gesca révèle d\u2019ailleurs que 83% des Québécois âgés entre 18 et 30 ans considèrent que la protection de l\u2019environnement est plus importante que le développement de l\u2019économie.Les cloches (vertes) dominicales CHRONIQUE dlahaye@ledroit.com /|\\h\t' \\ £ Ë Dominique LaHaye B C\u2019était le moment qu\u2019on appréhendait toutes.Celui où subitement le radio-cassette, jouant généralement à tue-tête au sous-sol, s\u2019éteignait pour laisser place au silence.Moment où même Mousse, ma petite chienne d\u2019origine inconnue, mettait en veille son système d\u2019alarme à décibels élevés.C\u2019était l\u2019heure de la corvée dominicale, celle où mes deux sœurs et moi, la cadette, tentions de nous éclipser en vain.C\u2019était le rendez-vous avec les «cloches vertes».Le temps de la semaine où ma mère exigeait l\u2019assistance de nos six bras d\u2019adolescentes pour trimballer jusqu\u2019au coin de la rue les caisses de lait remplies des déchets recyclables hebdomadaires.Bien sûr, une fois passé le trajet de l\u2019allée, la besogne prenait des airs plus ludiques : on s\u2019amusait alors à trier les cartons et les journaux, les pots de confitures en vitre et les contenants de yaourt en plastique, les déposant dans l\u2019orifice respectif des ogres verts.Si les cloches de l\u2019église ont marqué l\u2019enfance de ma mère, la mienne a plutôt été teintée par les «saintes» cloches vertes.Deux époques, deux mondes, mais pas si différents.Avec le recul, je comprends que je participais alors aux premiers balbutiements du recyclage et de la protection de l\u2019environnement, aujourd\u2019hui sacrés religion des temps modernes.Comme plusieurs jeunes entre 18 et 30 ans, j\u2019ai grandi avec une mère avant-gardiste qui avait compris l\u2019importance d\u2019agir avant que les banquises du Grand Nord canadien ne craquent sous le poids de l\u2019activité humaine.C\u2019était il y a près de 20 ans déjà ! Si les municipalités du Québec d\u2019aujourd\u2019hui étaient gouvernées par cette génération éduquée par des mères progressistes, la planète s\u2019en porterait peut-être mieux.La «bonne nouvelle», c\u2019est que LeDroit titrait, il y a deux mois, que « Gatineau vit un B.B.boom».On y apprenait que la Ville a dû commander 21000 bacs bleus de recyclage supplémentaires, en raison de leur popularité.En revanche, les citoyens devront attendre jusqu\u2019en 2011 avant d\u2019avoir une nouvelle collecte des déchets recueillant les restes de table, pelures, coquilles d\u2019œufs, filtres à café et autres.Un projet pilote débutera bien en 2009 dans certains secteurs, mais d\u2019ici là, les élus ne croient pas leurs commettants capables de subir un tel changement de mœurs.Il fut pourtant un temps, que les moins de 18 ans ne peuvent pas connaître, où les familles québécoises faisaient volontairement une halte aux fameuses cloches vertes.Chez la voisine Ottawa, la situation n\u2019est guère plus reluisante.Après plus de trois ans de discussions, les élus ont finalement, ce mois-ci, donné leur aval à la future collecte des déchets organiques.Celle-ci débutera en 2009 à l\u2019échelle de la municipalité.De ce côté de la rivière des Outaouais, un projet pilote «marathonien» est en place depuis sept ans.Au cœur du différend : décider si l\u2019ajout d\u2019une collecte pour les déchets de table devait engendrer la réduction de la fréquence de la collecte des déchets ordinaires, soit celle excluant le compostage et le recyclage.Ça ne prend pas la tête à Papineau, pensez-vous, pour comprendre qu\u2019une fois la collecte organique en place, il ne reste plus qu\u2019un minuscule et ridicule sac à déchets résiduels au chemin.Raison pour laquelle, selon plusieurs, les camions à vidanges devraient alors réduire la fréquence de leur passage aux deux semaines plutôt que sur une base hebdomadaire.La majorité des élus d\u2019Ottawa n\u2019a cependant pas fait cette équation, craignant de provoquer un mécontentement au sein de la population.Esprit de clocher?Selon vous, qu\u2019est-ce qui est le plus important, la protection de l\u2019environnement ou le développement de l\u2019économie ?__________ Protection de l\u2019environnement : 83,0 % Développement de l\u2019économie : 15,9 % Ne sait pas/ne répond pas : 1,1 % f V\t*\tjilüiiî f \ta\t \tfil! iü\til 1|!J i! *\ttes &\til F H I1 .mi \u2018 I DVD inside f fel tunitsT CHICKEN DIVAN POULET AU BM PATRICK WOODBURY, LeDroit Les jeunes de 18-30 ont grandi avec les plats congelés et le four à micro-ondes.N\u2019empêche que les plats exotiques et les bonnes recettes de maman ont toujours la cote.Dis-moi ce que tu m@nges.DOMINIQUE LA HAYE______________ dlahaye@ledroit.com .et je te dirai si tu as entre 18 et 30 ans ! Génération instantanée, ayant grandi dans la foulée du four à micro-ondes et des plats congelés, les majeurs-moins-que-tren-tenaires sont aussi attirés par la cuisine exotique et biologique.Pour résumer le paradoxe, quand vient le temps de faire la popote, ils googlent en un clic une recette de poulet tandoori.Les 18-30 ans ont beau avoir suivi religieusement les épisodes de La Petite vie, où Thérèse leur a enseigné à varier le pâté chinois au fourneau, ils sont plusieurs à bouder les recettes traditionnelles.«J\u2019aime bien la sauce à spaghetti de ma mère, convient le Gatinois de 26 ans Patrick Pilon, mais j\u2019adore cuisiner des mets différents.Aujourd\u2019hui, on a la possibilité de manger des plats de partout dans le monde.Pour savoir comment les préparer, je vais sur Internet.» Dans les paniers d\u2019épicerie et les boîtes à lunch de Patrick et de sa copine, reviennent souvent le pita à l\u2019hummus (purée de pois chiches) et les sushis.«Au supermarché, je vais toujours dans les rangées exotiques, ajoute-t-il, j\u2019aime le curry indien, les paquets de nouilles asiatiques et les aliments marocains.» Pendant un an, Patrick a aussi été abonné aux paniers de livraison de légumes biolo- giques d\u2019Équiterre.Toutefois, à défaut d\u2019avoir des bouches à nourrir, il a préféré cesser plutôt que de gaspiller.« C\u2019était vraiment une belle expérience et on va sûrement la reproduire, lorsqu\u2019on fondera une famille.On recevait plein de légumes \u2018bizarres\u2019 si j\u2019ose dire, ce qui me plaisait bien.» « Aujourd *hui, on a la possibilité de manger des plats de partout dans le monde.Pour savoir comment les préparer, je vais sur Internet.» Patrick Pilon Isabelle Fournier, 27 ans, est pour sa part membre depuis quelques mois du Marché de Solidarité régionale de l\u2019Ou-taouais qui offre les produits des fermes et des producteurs locaux.Chaque semaine, elle passe sa commande d\u2019épicerie sur Internet et va la récupérer à un point de chute.«J\u2019ai toujours eu conscience de l\u2019importance de bien manger pour garder la santé, dit-elle, et récemment je voulais augmenter ma consommation des produits locaux.Si les campagnes publicitaires sur les effets des pesticides étaient aussi convaincantes que celles sur les effets du tabagisme, où l\u2019on montre des poumons noircis, les gens comprendraient mieux leur impact sur la santé», indique la jeune gatinoise.Isabelle a bien quelques livres de recettes à la maison, mais tout comme Patrick, avant d\u2019enfiler le tablier, elle cherche son inspiration culinaire sur Internet.Dans son frigo, le ketchup et le steak-blé-d\u2019Inde-patates ont cédé la place à la sauce de poisson nuoc mam et aux rouleaux de printemps vietnamiens.«Je sais, mon discours est contradictoire, admet-elle.D\u2019un côté je tiens à encourager les producteurs d\u2019ici, mais j\u2019adore les mets exotiques.Ils sont si accessibles aujourd\u2019hui, contrairement à quand j\u2019étais enfant.» Et la malbouffe dans tout ça?«Une bonne poutine quand je suis sur la route, à l\u2019occasion, confie la Gatinoise de 27 ans, Geneviève Guilmette, mais sinon j\u2019évite.C\u2019est mauvais pour la ligne ! Aussi, j\u2019aime tout, mais je ne mélange pas les genres.Je ne prendrais pas un bon verre de vin avec du St-Hubert, par exemple.» «Mon copain est plus fastfood que moi.De temps en temps, il aime manger un bon hot dog pris dans les petits kiosques sur la rue et le midi, au travail, il apporte des plats congelés.» 6923 Les jeunes adultes québécois ne veulent pas d\u2019un système de santé privé.C\u2019est ce qui ressort du sondage Segma-LeDroit-Gesca, qui révèle que 92 % des 18-30 ans croient que les soins de santé devraient être entièrement ou majoritairement payés par l\u2019État.Pour ceux qui ont la capacité de payer ou ceux qui peinent à se faire servir dans le réseau public, le privé demeure tout de même une option d\u2019intérêt.LE DROIT, ÉDITION WEEK-END DES 20 ET 21 SEPTEMBRE 2008 LES 18-30 ANS Le Québec des 0» rmm.¦TiT: K» ! Même si une majorité de jeunes croit que le système de santé doit être financé par l\u2019État L\u2019option du privé parfois alléchante -4 * i ARCHIVES, LA PRESSE Même s\u2019ils disent vouloir un système de santé financé par l\u2019État, plusieurs jeunes n\u2019hésitent pas à se tourner vers le privé.Selon vous, les soins de santé au Québec devraient être.?Entièrement payés par l\u2019État : 34,7% Majoritairement payés par l\u2019État: 57,3 % Majoritairement payés par les patients : 5,9 % Entièrement payés par les patients : 1,2 % Ne sait pas/ne répond pas : 0,9 % Charles Dubé ^ cdube@ledroit.com «À l\u2019hôpital, l\u2019attente est super longue et le service n\u2019est pas très bon.Je ne voulais pas m\u2019asseoir avec des malades à attendre pendant des heures, surtout pendant que j\u2019étais enceinte.» C\u2019est ainsi qu\u2019Emilie Pion, une Gatinoise de 26 ans, a expliqué sa décision d\u2019avoir eu recours au privé pour ses échographies alors qu\u2019elle était enceinte.Elle souhaite d\u2019ailleurs continuer à se rendre dans des cliniques de santé privées.«Je ne veux pas attendre et j\u2019ai l\u2019argent pour aller au privé, alors pourquoi je n\u2019irais pas?, conti-nue-t-elle.Si t\u2019as la possibilité d\u2019y aller et de désengorger le système pour les autres, pourquoi pas?Quand c\u2019est gratuit, tu ne peux pas t\u2019attendre à avoir le meilleur service.» Ces arguments, souvent le fruit du désabusement et du cynisme des jeunes devant un réseau de santé qui ne répond pas à leurs attentes, en motivent certainement plusieurs à se tourner vers le privé, mais pour d\u2019autres le débat demeure plus politique.«Pourquoi ne pourrions-nous pas utiliser les moyens que nous avons pour essayer de faire quelque chose de meilleur?» se demande Bruno Lemieux, conseiller régional de l\u2019Ou-taouais pour le Conseil des jeunes de l\u2019Action démocratique du Québec.Le jeune homme de 23 ans de Buckingham, dont les deux parents travaillent dans le milieu de la santé, estime que les médecins devraient pouvoir travailler au privé après avoir accompli un certain nombre d\u2019heures au public.Une telle pratique, bien encadrée, pourrait selon lui permettre de réduire les listes d\u2019attente et de désengorger le système public.«On prend ce qu\u2019il y a de mieux dans le passé pour améliorer ce qui existe, explique-t-il.Il faut faire un pas en arrière pour progresser et trouver un juste milieu.» M.Lemieux, qui reconnaît qu\u2019il y a une pénurie de main-ci\u2019oeuvre dans le réseau public, soutient que les gens devraient être davantage sensibilisés aux coûts des interventions médi- cales et que le privé aiderait en ce sens.Une solution pas si évidente Pour d\u2019autres, cependant, le privé n\u2019a vraiment pas sa place en santé et pourrait éventuellement mener à de graves dérives.«Il y a des domaines de la vie qui ne doivent absolument pas être commercialisés et la santé en est un», clame Éric Martin, doctorant en science politique à l\u2019Université d\u2019Ottawa et résidant BRYAN MICHAUD bmichaud@ledroit.com L\u2019immigration est un sujet qui a été sur toutes les lèvres au cours des dernières années au Québec.Raciste, la population de la Belle Province?Au dire de plusieurs jeunes rencontrés, l\u2019arrivée massive d\u2019immigrants est une valeur ajoutée à la société québécoise.Josiane Groulx, 25 ans, qui travaille comme coordonnatrice depuis deux ans au Service intégration travail Outaouais (SITO), adore fréquenter régulièrement des gens provenant des quatre coins du globe.«Chaque jour, c\u2019est un apprentissage, explique Mme Groulx.Les du secteur Hull.« Si la santé n\u2019est plus une finalité, mais devient un moyen de gagner de l\u2019argent, ça ouvre la porte à toutes sortes de coupures et de réductions de services», ajoute le jeune homme de 26 ans, qui a milité dans plusieurs mouvements de gauche québécois.Il soutient que, comme les pompiers ne pourraient pas arrêter d\u2019éteindre les feux dans les maisons non assurées selon un principe d\u2019universalité des services, immigrants m\u2019informent sur leur culture et je les informe sur la nôtre.C\u2019est très enrichissant de les côtoyer.» L\u2019employée du SITO croit que le fait que sa génération a baigné dans l\u2019immigration aide les jeunes à être plus ouverts.«On ne peut pas généraliser, ça dépend des personnes, mais nos grands-parents n\u2019ont pas nécessairement baigné là-dedans, poursuit Mme Groulx.Nous sommes à l\u2019ère de l\u2019informatique et nous sommes curieux.Plus il y a un mélange de culture, moins il y a de place pour le racisme.» L\u2019œil de nouvelles arrivantes Hajar Bekkari et Hanane Ben- il en va de même en santé.« On a rendu désirable le fait d\u2019aller voir ailleurs en négligeant de financer le système public, dit-il.On oppose le privé nour, deux Marocaines, viennent tout juste de débarquer au Québec.Elles sont venues s\u2019installer au Québec, en juillet dernier, afin d\u2019y trouver un travail à la hauteur de leurs attentes.«Je suis arrivée au Québec tard le soir et je me suis bien sentie, se remémore Mme Bennour, qui vivait à Casablanca.J\u2019ai trouvé le Québec très propre.La verdure est ce que j\u2019ai le plus aimé en débarquant de l\u2019avion.Il y a beaucoup de parcs et de musées ! » Mme Bekkari, qui est venue rejoindre son mari qui habite dans la région depuis deux ans, a trouvé son expérience un peu plus difficile, même si elle dit à un système public négligé dans une campagne pour promouvoir le privé.Mais même un service public mal foutu est moins pire que le privé.» aimer son nouvel environnement.«Quand je suis arrivée, j\u2019ai dû patienter deux heures à l\u2019aéroport, raconte celle qui a grandi à Azrou.Ici, tout est propre et bien organisé.Par contre, j\u2019avais du mal à rester seule toute la journée, mon mari travaillant.» Les deux nouvelles arrivantes ont également apprécié le service à la clientèle chaleureux des Québécois.Elles ont été surprises que les chauffeurs d\u2019autobus saluent tous leurs passagers avec le sourire.«Les Québécois sont gentils et sympathiques», ajoute Mme Bennour.Arrivée massive d\u2019immigrants Valeur ajoutée à la société québécoise LES 18-30 ANS LE DROIT, ÉDITION WEEK-END DES 20 ET 21 SEPTEMBRE 2008 Le Québec des à çp- * \\ !t| , ¦ ¦ >¦ Entre baby-boomers et enfants d\u2019Internet Le monde virtuel a créé une rupture ; Charles J Dubé ^ cdube@ledroit.com L\u2019arrivée de nouvelles technologies a souvent un impact majeur sur la société, mais rares sont celles qui ont amené des bouleversements aussi importants qu\u2019internet et qui ont créé autant de divisions entre les générations.«Le rapport avec le temps et l\u2019espace n\u2019est plus le même : on n\u2019a plus de barrière entre le temps loisir et le temps travail et les distances n\u2019ont plus d\u2019importance.On peut aller n\u2019importe où \u2014 voir un tableau au Louvres par exemple \u2014 de chez soi, soutient Diane Pacom, pro- fesseure titulaire en sociologie à l\u2019Université d\u2019Ottawa.Avant, les gens vivaient à l\u2019intérieur de contraintes et de limites qui, maintenant, tombent dans la virtualité.» La sociologue croit que la compréhension des concepts de ce nouvel univers qu\u2019ont les jeunes de moins de 30 ans a créé un fossé important avec les générations plus âgées.Un monde auquel ces générations n\u2019ont pas accès.«Il y a eu la constitution d\u2019une communauté virtuelle jeune à l\u2019écart du monde des adultes plus âgés, qui eux ne la comprennent pas, explique-t-elle.Ça fait un décalage immense entre les jeunes et leurs parents qui sont dépassés par leurs enfants.C\u2019est un renversement de situation énorme.» «Il y a une accélération au niveau des âges en raison de cet accès à l\u2019information et la frontière entre le monde des adultes et celui des enfants n\u2019est plus là.» Mme Pacom note qu\u2019autrefois, les enfants auraient ignoré qui était Saddam Hussein alors qu\u2019ils se sont récemment rués pour voir son exécution en direct.Cynisme et hyper-performance Ces connaissances plus précoces et la foule d\u2019informations disponibles ont rendu les jeunes plus sceptiques et cyniques, croit-elle.Internet n\u2019est toutefois pas la seule technologie à influencer les jeunes.Il s\u2019ajoute plutôt, comme une nouvelle strate d\u2019un mille-feuille, à un ensemble de modes de communication à leur disposition.C\u2019est un autre monde, une copie conforme du réel, dans lequel voguent les jeunes en alternance avec les autres.Et cette surabondance de moyens de communication, utilisés sans arrêt par les jeunes, crée une «hyper-sociabilité» dans laquelle disparaissent souvent les moments de silence.Elle engendre ainsi une communauté de gens hyper-performants qui ne se remettent pas en question.« Ça fait un décalage immense entre les jeunes et leurs parents qui sont dépassés par leurs enfants.C\u2019est un renversement de situation énorme.» Diane Pacom Ces changements importants, bons et mauvais, dans la façon de faire et de penser de la population, déstabilisent évidemment les générations plus âgées qui n\u2019ont pas aussi bien apprivoisé les nouvelles technologies et les rendent plus craintifs.« Ça préoccupe les adultes plus âgés parce que ça leur échappe, ça les situe dans un enclos», indique la sociologue.Le monde dans lequel se retrouvent les jeunes sur Internet les rend toutefois plus vulnérables, avertit-elle.Le fait qu\u2019ils y soient rassemblés les rend faciles à trouver et à cibler par les agences de marketing et la propagande politique.Le fossé créé par Internet devrait néanmoins se combler dans les 15 à 20 prochaines années, alors que les technologies seront comprises par de plus en plus de gens, note Mme Pacom.Selon elle, les jeunes parents ont donc déjà vécu ce que vivent leurs enfants dans ce monde.Rencontrer l\u2019âme soeur sur le Web CHARLES DUBÉ cdube@ledroit.com Internet a non seulement changé la façon de penser, mais il a également créé ou encouragé de nouvelles manières d\u2019agir.Il a notamment facilité le travail à domicile et permet de rencontrer des gens autrement, comme en fait foi la popularité croissante des sites de rencontre auprès des jeunes auprès des jeunes de moins de 30 ans.Mélanie, 28 ans, y a rencontré son copain il y a 10 mois et vit désormais avec lui dans le secteur Gatineau.«Internet permet aux deux personnes de connaître les intérêts de l\u2019autre et de le connaître intérieurement, note-t-elle.Ça permet d\u2019aller un peu au-delà de l\u2019apparence physique au premier contact.» La jeune femme ajoute qu\u2019elle a beaucoup d\u2019amis qui ont rencontré l\u2019âme sœur sur Internet et qu\u2019elle n\u2019y voit qu\u2019«un lieu comme un autre, pas très différent».Elle reconnaît toutefois que la réaction des gens plus âgés est parfois plus négative.Ils lui disent que c\u2019est dangereux des étrangers.«C\u2019est sûr qu\u2019on est prudent, mais la curiosité nous pousse à aller rencontrer l\u2019autre, réplique-t-elle.La première fois, j\u2019ai averti une amie et on s\u2019est rencontré dans un lieu public.» Diane Pacom, professeure titulaire en sociologie à l\u2019Université d\u2019Ottawa, précise d\u2019ailleurs que ces rencontres sur Internet peuvent offrir un environnement moins inquiétant et plus sécurisant qui facilite les échanges.« Ça permet d\u2019explorer la réalité d\u2019autres humains, de ramasser des informations», souligne-t-elle. LE DROIT, ÉDITION WEEK-END DES 20 ET 21 SEPTEMBRE 2008 LES 18-30 ANS 11 Le Québec des v y Mtfv.-t.vV- Les trois quarts des jeunes adultes interrogés dans le cadre du sondage Segma-LeDro/f-Gesca estiment que la langue française au Québec est, d\u2019une manière ou d\u2019une autre, menacée.Avec l\u2019omniprésence d\u2019Internet, le langage spécifique au clavardage fait-il partie de la menace ?Incompréhensible pour certains, utile et rapide pour d\u2019autres Le clavardage a son propre dialecte Justine Mercier jmercier@ledroit.com « Sit man ! wassup ?eille pkoi on irais po joué o pool a soir ek Jo, ca ferait kkch a faire en 2k pcq ya rien a tv pi g po le gou de rester ché nou.Fak lâche moua un call kan ta le ten on checkra a kell heure kon i va.a + : o)» Jargon incompréhensible pour plusieurs, ce code de clavardage dérivé de la langue française, une fois décortiqué, forme une phrase bien banale: «Salut toi! Quoi de neuf?Pourquoi on n\u2019irait pas jouer au billard ce soir avec Jo, ça ferait quelque chose à faire en tout cas, parce qu\u2019il n\u2019y a rien à la télévision, et je n\u2019ai pas le goût de rester chez nous.Appelle-moi quand tu as le temps, on décidera de l\u2019heure à laquelle on y va.À plus tard.» Pour la génération qui a grandi avec une souris dans la main, un écran devant les yeux et un ordinateur branché à Internet, le langage codé n\u2019a presque plus de secrets, même si les inventions ne cessent d\u2019apparaître.Rares sont ceux qui écrivent «au long».Pourquoi?Parce que c\u2019est trop long, justement.« Si on arrive à faire comprendre ce qu\u2019on veut dire, au nom de quoi on s\u2019en priverait ?» Christiane Melançon La phrase ci-haute qui n\u2019utilise pas le langage codé a beau ne contenir que huit mots de plus que l\u2019autre, elle nécessite 62 caractères supplémentaires.Pas lieu de s\u2019alarmer Les contraintes de certains outils de communication, comme la messagerie texte des téléphones cellulaires, forcent aussi les gens à abroger les mots.« Si on arrive à faire comprendre ce qu\u2019on veut dire, au nom de quoi on s\u2019en priverait?», lance Christiane Melançon, pro-fesseure au département d\u2019études langagières de l\u2019Université du Québec en Outaouais (UQO).Cette dernière ne croit pas qu\u2019il faille s\u2019alarmer de l\u2019utilisa- Selon vous, le français au Québec est-il.?Menacé de disparaître complètement : 9,9 % Menacé de perdre sa place dominante : 32% Menacé de perdre de l\u2019importance : 33,7 % N\u2019est pas menacé actuellement : 23,4% Ne sait pas/ne répond pas : 1% tion sans cesse croissante de ce type de langage.«Dans la mesure où on est capable de communiquer, je ne suis pas sûre qu\u2019il faut s\u2019inquiéter, pense-t-elle.Il faudrait s\u2019inquiéter si on n\u2019avait que ça comme mode d\u2019expression.» La relative nouveauté du langage clavardesque fait en sorte que peu d\u2019études sur la question ont été réalisées.Impossible donc de mesurer adéquatement l\u2019impact de ce mode de communication.«Pour observer un phénomène linguistique, il faut se donner du temps pour être capable de faire la part entre une mode passagère et une modification qui va s\u2019inscrire dans la durée, explique Mme Melançon.Il faut penser en décennies pour voir si l\u2019influence est durable.» Même si le clavardage implique l\u2019emploi de mots tronqués ou dérivés, il peut être porteur d\u2019avantages, estime la professeure.«C\u2019est facile d\u2019observer que la langue est tronquée dans le clavardage, mais c\u2019est plus difficile de mesurer l\u2019effet que ça peut avoir, souligne-t-elle.Est-ce que ça ne fait pas au contraire écrire beaucoup plus des jeunes qui, autrement, n\u2019auraient pas écrit du tout?De voir des enfants de sept, huit ou dix ans en train de s\u2019écrire, j\u2019aurais peur de déplorer ça.» Selon vous, l\u2019avenir du français au Québec est une préoccupation.?Importante: 83,9 % Pas importante: 16,2 % Ne sait pas/ne répond pas : \u2014 g\tc= (H) S3 J gf\tÿ n a2\t'i -°© j % ~ Le lexique du clavardage slt: salut koi : quoi pkoi : pourquoi ek: avec po : pas c : c\u2019est pcq : parce que a + : à plus tard alp : à la prochaine qqun/kkl: quelqu\u2019un k: O.K.fds : fin de semaine chu: je suis pi : puis kess: qu\u2019est-ce que dsl : désolé g: j\u2019ai loi : très drôle (laughing out loud) moé/moua : moi ki: qui jtm: je t\u2019aime fak/faque : ça fait que entk/en2k : en tout cas r S8>- il\u2019 00 aJb 3, Envoyer H» e 12 LES 18-30 ANS\tle droit, édition week-end des 20 et 21 septembre 2008 V*\u2019 ¦r-y MARTIN ROY, LeDroit Adjaratou Korodowou (de dos), Mona Brulé, Nadia El Khatbane, Jasmine Prévost et Thierno Baldé entourent la professeure Andrée Lussier Lepage (deuxième à gauche), lors du cours de deuxième année au baccalauréat en sciences infirmières à l'UQO.En raison de la pénurie dans ce domaine, plusieurs étudiants se demandent d'ailleurs pourquoi l'institution n'admet pas plus d'étudiants.Table ronde avec de futures infirmières encore sur les bancs d\u2019école à l\u2019UQO De profession à vocation Nicolas Tremblay ntremblay@ledroit.com Vouloir aider les gens.Voici le sentiment que partagent les étudiants de deuxième année de la formation initiale du baccalauréat de sciences infirmières de l\u2019Université du Québec en Outaouais (UQO).Ce programme permet aux étudiants ayant déjà entrepris des études ou intégré le marché du travail dans un domaine connexe ou complètement différent, de se tourner vers cette vocation.C\u2019est le cas de Marie-Joé Bertrand, qui, après avoir exercé la profession de traductrice à Montréal, a décidé de suivre les traces de sa mère et de devenir infirmière.Un choix que ses proches trou- vent très courageux.La preuve, des 40 étudiants qui ont débuté le programme de l\u2019UQO l\u2019an dernier, 28 ont déjà abandonné.« Pour être infirmière, il faut vraiment une très grande passion», affirme sa collègue Mylai-ne Bélec, une Franco-Ontarienne qui a pris goût au domaine de la santé en travaillant dans la résidence de personnes âgées appartenant à son grand-père.« Si tu n\u2019es pas faite pour être infirmière, comme n\u2019importe quelle autre profession de la santé, tu vas le savoir tout de suite», ajoute Marie-Pier Tardif-Leclerc, une paramédic native de l\u2019Abitibi voulant accroître ses connaissances du domaine de la santé.Par ailleurs, Karine Beaupar-lant-Chénier, une Gatinoise qui est passée par la microbiologie avant de bifurquer vers les soins infirmiers, croit que l\u2019image négative du système de santé dépeinte dans les médias ne donne pas le goût aux jeunes de s\u2019investir dans une carrière comme celle d\u2019infirmière.«Tout ce qu\u2019on entend, c\u2019est le pire.On n\u2019entend jamais parler, par exemple, qu\u2019aujourd\u2019hui les infirmières ont sauvé plein de vies», ajoute-t-elle.Conditions et pénurie Toutes les futures infirmières qui ont répondu aux questions du Droit sont conscientes qu\u2019elles auront à travailler plusieurs soirs et nuits lorsqu\u2019elles gradueront, et ce, même si les conditions salariales ne correspondent pas, selon elles, à l\u2019importance des responsabilités qu\u2019elles auront à assumer.L\u2019attrait des salaires plus élevés sur le côté ontarien de la rivière des Outaouais ne laisse pas ces futures infirmières indifférentes.Mylaine Bélec sait déjà qu\u2019elle optera pour cette avenue à la conclusion de ses études universitaires.Pour ce qui est de garder les infirmières en Outaouais, Karine Beauparlant-Chénier a son opinion.«On met beaucoup d\u2019emphase pour attirer les infirmières de l\u2019extérieur en leur donnant toutes sortes de primes, mais les infirmières qu\u2019on a déjà en Outaouais, on fait quoi pour les garder?», s\u2019interroge-t-elle.« Tout ce qu'on entend, c'est le pire.On n'entend jamais parler, par exemple, qu'aujourd'hui les infirmières ont sauvé plein de vies.» Karine Beauparlant-Chénier Ces futures infirmières gardent toutefois espoir que la pénurie grandissante de personnel leur ouvrira plus de portes.«Il y a tellement de clientèle que si tu ne te plais pas à une place, tu peux aller voir ailleurs», affirme Marie-Joé Bertrand.Dans un contexte de pénurie d\u2019infirmières, Marie-Joé se demande d\u2019ailleurs pourquoi l\u2019UQO n\u2019admet pas davantage d\u2019étudiants, question de fournir plus de diplômés au système de santé.De son côté, Karine Laplante, une ambulancière originaire de la Rive-Sud de Montréal, compte changer les choses, sur le terrain ou dans la gestion des soins.«Il y a plusieurs façons d\u2019améliorer le système actuel de santé, notamment en augmentant les soins à domicile», affirme-t-elle.«Il y a beaucoup d\u2019éducation à faire auprès de la population pour dire qu\u2019il existe d\u2019autres endroits que l\u2019urgence pour les cas mineurs», ajoute Marie-Pier Tardif-Leclerc dans la même optique d\u2019amélioration des soins.Et lorsque questionnées sur leur vision à long terme, toutes les étudiantes interrogées sont unanimes, elles œuvreront dans le système de santé pour la totalité de leur carrière. OPJHt'-' »E .VAU-\u2019 2010 MC 2006, COVAN.| ->\"*1 |# workopoliScon LE PLUS GROS SITE D'EMPLOIS AU QUÉBEC CC.et ça se courrielle.En s'inscrivant aux Alertes emploi surWorkopolis, on reçoit un courriel dès qu'un ^emploi qui nous intéresse est affiché sur le site.Ça, c'est super! Avec plus de 5 000 emplois de qualité affichés chaque jour au Québec, pas surprenant que plus d'un million de candidats québécois fassent comme moi et visitent workopolis.com chaque mois.» 14 LES 18-30 ANS LE DROIT, ÉDITION WEEK-END DES 20 ET 21 SEPTEMBRE 2008 L\u2019argent n\u2019a pas la même valeur pour tout le monde.Les jeunes Québécois de 18 à 30 ans interrogés dans le cadre du sondage Segma-LeDro/f-Gesca considèrent dans une proportion de 45,5% qu\u2019il est assez ou très important de gagner beaucoup d\u2019argent et de devenir riche, tandis que 54,5% des jeunes adultes estiment que cela est peu ou pas du tout important.Dans la région de la capitale fédérale, les gros salaires de la fonction publique se font alléchants pour les jeunes qui font leur entrée sur le marché du travail.itffiffiUU wtltïll II \u2014 \u2014 JSP» pAJg 29j>\u2018 '\u2022 \t\tVI\t\t\t\u2022\u2022\t\t\u2014m ¦ il\t- .m\t\tJL\u2019 ! F\t\t!\tv\t \tf* RP Ui.îÂÇf'nJHB.\t\t\t\t\t\t L\u2019omniprésence du plus gros employeur dans la région se fait sentir chez les jeunes La fonction publique, une voie attrayante François Pierre! .Dufault i fpdufault@ledroit.com Quatre stages et ça y était.Caroline venait d\u2019intégrer la fonction publique canadienne.Son cheminement n\u2019a rien de particulier.Des dizaines de jeunes diplômés joignent chaque année les rangs du plus gros employeur de la région de la capitale fédérale.Avec le départ à la retraite des baby-boomers, la fonction publique se renouvelle peu à peu.Les collèges et universités de la région s\u2019y préparent.«Environ 80 % des stages offerts à l\u2019Université d\u2019Ottawa se font au sein de la fonction publique, se rappelle Caroline, une bachelière en communication.On se bat presque pour les autres offres de stages.» Oui, la jeune femme de 24 ans a regardé ailleurs avant d\u2019accepter un poste permanent dans un ministère fédéral.Elle a même pensé œuvrer pour des organismes commu- M-.JT- ARCHIVES, LA PRESSE Pour une majorité d\u2019étudiants de la région, la fonction publique fédérale demeure toujours une option, lorsque vient le temps d\u2019entrer sur le marché du travail.nautaires ou à but non lucratif.Mais elle savait, lorsqu\u2019elle a quitté sa Montérégie natale pour entreprendre des études universitaires à Ottawa, qu\u2019elle avait de fortes chances d\u2019aboutir dans la fonction publique.«J\u2019aurais pu aller étudier dans d\u2019autres universités, notamment à Montréal, mais je savais qu\u2019en venant ici j\u2019aurais des possibilités de stages au gouvernement», reconnaît Caroline.La jeune diplômée a eu de la chance : peu après avoir terminé son baccalauréat, elle a décroché un emploi permanent au même ministère où elle avait complété ses quatre stages en cours d\u2019études.«J\u2019aurais considéré finir mes études à temps partiel si on m\u2019avait offert un emploi à temps plein avant que je n\u2019obtienne mon baccalauréat», admet même celle qui vient de commencer sa maîtrise.Et pour cause, fait-elle valoir, avec un loyer à payer et des prêts étudiants à rembourser, la sécurité d\u2019emploi revêt une grande importance pour les jeunes diplômés.« J\u2019aurais considéré finir mes études à temps partiel si on m\u2019avait offert un emploi à temps plein avant que je n\u2019obtienne mon baccalauréat.» Caroline « C\u2019est rare que l\u2019on voit des coupes d\u2019emplois massives dans la fonction publique, observe-t-elle.Et avec le départ à la retraite de nombreux baby-boomers, au cours des prochaines années, les opportunités d\u2019emplois ne manqueront pas».Boom démographique Le gouvernement canadien emploie près de 70000 fonction- naires dans la région d\u2019Ottawa-Gatineau, ce qui amène une immigration constante de travailleurs d\u2019ailleurs au pays.«La plupart des gens qui travaillent avec moi viennent d\u2019ailleurs.Plusieurs viennent des autres régions du Québec et de l\u2019Ouest canadien», note la jeune employée.Les villes d\u2019Ottawa et de Gatineau ont d\u2019ailleurs connu un essor démographique fulgurant, au cours des 30 dernières années, essentiellement grâce à la manne du fonctionnariat fédéral.Un véritable creuset social qui, peu à peu, semble gagner en cohésion.«Le sentiment d\u2019appartenance s\u2019améliore avec le temps», estime Caroline.Pour vous, gagner beaucoup d\u2019argent et devenir riche, c\u2019est.?Important: 45,5 % Peu important: 54,5 % Ne sait pas/ne répond pas : \u2014 ARCHIVES, LA PRESSE LE DROIT, ÉDITION WEEK-END DES 20 ET 21 SEPTEMBRE 2008 LES 18-30 ANS 15 y iflKT* y Mtfv.-t.VV- Une nouvelle génération d\u2019entrepreneurs se prépare à reprendre le flambeau Du rêve à la réalité pour Jimmy Blackburn bmichaud@ledroit.com «Les jeunes, ils ne veulent pas travailler ! » Cette généralisation provenant d\u2019une tranche de la population ne colle pas à l\u2019entrepreneur gatinois Jimmy Blackburn, qui a réussi à bâtir une entreprise en pleine croissance, Rebuts Débarras Québec (RDQ).Parti de rien et sur le chômage, en 2004, le jeune entrepreneur de 28 ans a réussi à s\u2019accaparer d\u2019un marché où il n\u2019y avait aucune offre et beaucoup de demandes pour bâtir une compagnie faisant travailler six personnes.«Je rêvais d\u2019être entrepreneur depuis mon enfance, raconte M.Blackburn.Je ne pensais pas être dans les déchets, je croyais que je serais plus dans le milieu de la construction! Mais j\u2019avais travaillé dans les milieux du recyclage et des déchets pendant mes études en génie civil, alors j\u2019avais une expertise.» L\u2019entreprise de celui qui est né au Saguenay a commencé par offrir un service de ramassage de débris de rénovation et de démolition, ce qui n\u2019existait pas en Outaouais.Vers avril 2005, M.Blackburn travaillait à faire grandir son entreprise à temps plein.«Les clients appréciaient ce type de service, se souvient-il.À cette époque, je recevais les appels, conduisais les deux camions, je faisais l\u2019administration et la publicité.Je travaillais parfois jusqu\u2019à 16 heures par jour!» Depuis, RDQ a diversifié son offre.Elle propose de démanteler des infrastructures et loue des contenants de recyclage de déchets et de matériaux secs.Vers une nouvelle génération M.Blackburn, tout comme la propriétaire de Construction JPL et ancienne présidente de la Chambre de commerce de Gatineau, Marie-Andrée Pelletier, 29 ans, sont confiants de voir la nouvelle génération d\u2019entrepreneurs réussir.«La grande qualité des jeunes entrepreneurs, c\u2019est la volonté, note M.Blackburn.Ils veulent posséder une saine entreprise et ils sont fonceurs.Leur défaut est d\u2019être moins présents pour le travail d\u2019administration.» Possédant une entreprise produisant un chiffre d\u2019affaires annuel de 20 millions $, Mme Pelletier incite les jeunes entrepreneurs à sortir et à rencontrer le plus de gens possible.Un large réseau de contact vaut son pesant d\u2019or.«La crédibilité vient avec l\u2019expérience, clame Mme Pelletier.Elle vient avec ce que tu as réalisé.Les jeunes doivent se fixer des objectifs réalistes s\u2019ils veulent réussir.» «Être entrepreneur, c\u2019est une course à obstacles, ajoute-t-elle.Quand on est jeune, c\u2019est le moment de se lancer en affaires.Ça prend du courage pour se lancer, mais tu as toute ta vie pour te reprendre si ça ne marche pas ! » Bryan Michaud ¦««yilVIOTH Rebuts V* kêbssnrasbt, PATRICK WOODBURY, LeDroit Pour Jimmy Blackburn, son rêve d\u2019enfance d\u2019être entrepreneur est devenu réalité en 2004, non sans avoir durement travaillé et relevé de nombreux défis.UN CAHIER SPECIAL CONÇU PAR LES JEUNES ARTISANS DU DROIT MICHEL LAFLEUR, LeDroit De gauche à droite, Julie-Anne Lemire, Patrick Woodbury, Charles Dubé, Bryan Michaud, Sylvain St-Laurent, Marc-André Mongrain, Justine Mercier, Nicolas Tremblay, Louis-Denis Ébacher, Jonathan Blouin, François Pierre Dufault et Dominique La Haye.I Coordonnatrice *\t' Jonathan ^ Blouin Pupitreur Julie-Anne >¦» ^ Lemire\t\"i Graphiste M Patrick Woodbury Photographe Avec la collaboration des photographes Martin Roy et Michel Lafleur La première « rencontre sociale » aura lieu le 28 septembre de 9 h à 16 h Cet événement est commandité par Loiselle Sports Inc.Et BRP Canada et il ne coûte rien pour y participer.Venez donc en grand nombre, amenez un ou des ami(e)s afin d'y rencontrer des membres du club.Vous pourrez aussi faire l'essai de VTT CAN-AM BRP Canada et Loiselle Sports Inc.auront en démonstration plusieurs modèles.Visitez www.atv-vtteo.org pour plus d'information.Directions Prenez la sortie Vars-Embrun sur la 417 Tournez à gauche sur le ch.Rockdale/ch.Guillaume.Tournez à droite sur le ch.Russland ensuite à gauche sur le ch.Saumure jusqu'au ch.Indian Creek.Cet événement aura lieu au stationnement P-1 de la Forêt Larose- près de l'intersection des chemins Indian Creek et Clarence- Cambridge boundary à Limoges.\t.\u2014 Les clients peuvent t'enregistrer sur le si \u2014 ou eu RENCONTRE SOCIALE ET BBQ OFFERT EXCLUSIVEMENT CHEZ LES CONCESSIONNAIRES CAN-AMM AU CANADA.LES MODÈLES 2009 SONT ARRIVÉS! 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