Le samedi, 1 mars 1894, samedi 3 mars 1894
[" VOL V.-NO.39 MONTREAL, 3 MARS 1894 PAR ANNEE, $2.60 LE NUMERO 6 CTS iHiKîïfc iUjimSl! iWhïjiiM i tÿ1 ¦ jpjühuflj*' mm y V''j' ; ¦ : m .<è Mm * * wmt .¦ il.Ht Pi i ïiMiibï > \u2022\u2022\u2022 mm W'i» êifef |1||«\tvtfÉ^H\tfi#\t\t\t%:\"4 fÊ^ÊmàmÊ\tIP*\t\t\t f 9ÉÈÉÊÊÊ: ï\tï»\t\\ ' A \\\t\t.: LES EXTREMES SE TOUCHENT, 2 LE SAMEDI Æmm «*sp Hi 'ÉfiMx gjlgÇ*;,.ÜHi B Chah P t f l rfi î$V#.ÿfPHi N\u2019entrez jamais en discussion avec un fabricant de chaudières à vapeur ; il vous rivera le clou.La meilleure recette pour enlever la peinture, c\u2019est de s\u2019asseoir dessus avant qu\u2019elle ne soit sèche.Il n\u2019y a rien comme le pardon de Gouverneur-Général pour renverser les convictions les mieux arrêtées.Les manipulateurs de la bourse s\u2019appellent agents de change, parce qu\u2019ils changent de l\u2019espérance pour de l\u2019expérience.Il n\u2019y a pas de plus heureuse mémoire que celle du politicien' X.Il se souvient de tout ce qu\u2019il veut, que la chose soit arrivée ou non.\u201c Oh ! maman, s\u2019écriait Toto, un jour de spleen, les petits nègres ont bien de la chance ! leurs mamans ne savent jamais s\u2019ils ont les mains sales.\u201d L\u2019évolution se fait dans les notions de l\u2019honneur cemme en toutes autres choses.De nos jours, la chevalerie consiste à protéger les femmes contre tous les hommes excepté contre soi.Après tout, la femme a un instinct merveilleux.Elle avait peur d\u2019une souris, même avant la découverte qu\u2019un savant vient de faire que proportion gardée une souris est vingt fois plus forte qu\u2019un lion.Un journal publie l\u2019annonce suivante : \u201c Perdu, same > dernier, mais la personne ne sait pas où, ide avec un fromage dedans.U y a écrit c les lettres P.G., mais il est si usé qu\u2019on oit plus.\u201d PI EN QU\u2019A MOITIÉ DÉGOÛTÉE icie.\u2014Que je voudrais bien voir mon mari i3r son tabac ! C\u2019est plus fort que moi, je ne ?me laisser embrasser par un homme qui ie.léloise.\u2014Il y a un remède.Mange des oignons.Ça t\u2019empêchera de sentir son cigare.Lucie.\u2014Mais alors, il ne m\u2019embrassera plus ! Le garçon de restaurant.\u2014Monsieur désire un fromage très avancé?Lequel?Un roquefort, un] gorgonzola ?\tU\tlUjÉi* ï Le client.\u2014Oh ! un Zola, de préférence.- rç -P GARE AUX BOURGEOIS , En conciliabule avec son Premier Ministre, L\u2019ANGLICISME EN FRANCE Sport, turf\\ select, performance, five o clock, rail-ivay, on ne peut désormais faire dix pas dans Paris sans entendre baragouiner un anglais que nous prononçons, du reste, fort mal.Lisez sur ce travers un quatrain pas trop méchant, mais bien juste : En tout on singe l\u2019Angleterre : Un bal deviens un raout, une place est un square : Un ministre demande un bill d\u2019indemDité, Et nous portons un toast au lieu d\u2019une santé.Tout cela prouve que nous ne nous portons pas très bien, \u2014 intellectuellement parlant.(Petit Journal pour Rire.) LES IMPRESSIONS DU MOMENT Le régisseur de la troupe à l'un de ses acteurs.\u2014Comment se fait-il que dans la scène de l\u2019assassinat vous mourriez en riant ?L'acteur.\u2014Je fais si petite vie avec les gages que vous me donnez que la mort est pour moi une heureuse délivrance.EST-CE LA MEME CHOSE?Le père.\u2014Mon fils, quand j\u2019étais à ton âge, je m\u2019arrangeais pour ne dépenser que mon propre argent.Le fils.\u2014Eh! bien! Où est le changement?Est-ce que ce n\u2019est pas encore ton argent que je dépense ?Un anarchiste, à l\u2019air hirsute et à la chevelure embroussaillée, se présente dans un magasin de modes et demande à parler à la patronne, m e gentille jeune dame blondinette.L1anarchiste, d'une voix caverneuse.\u2014Je viens voir quel travail vous voulez me donner ?La jeune dame Blondinette, fort interloquée.\u2014 Quel genre de travail?.Je ne vois pas bien.L'anarchiste.\u2014Pourquoi alors que vous avez affiché devant votre porte : Patrons a découper.COMME POUR LES NOCES D\u2019ARGENT Jules.\u2014Ton patron me semble faire faillite bien souvent ?Edouard.\u2014 Oui; il a déjà fait vingt quatre sessions.La prochaine banqueroute sera sa banqueroute d\u2019argent.HORIZONS NOUVEAUX Le propriétaire de médecines brevetés.\u2014Nous allons renouveller nos contrats d\u2019annonces pour l\u2019année ; as tu découvert quelques maladies nouvelles à guérir.Le commis.\u2014 Oui, une superbe.Notre remède est souverain pour les caméléons malades.QUESTION D\u2019EVALUATION Elise.\u2014Tu as vu la nouvelle mariée ?Monsieur Lunedemil m\u2019a dit que c\u2019est un bon échantillon des beautés de Québec.Hélène.\u2014Un échantillon ! Je serais porté à croire que c\u2019est plutôt un coupon.QUESTION D\u2019ÉTAT RAISON PLAUSIBLE Lui.\u2014 Après tout, les cas où un homme se marie pour de l\u2019argent ne sont pasla moitié de ce qu\u2019on suppose.Elle.\u2014 Oui, pareequ\u2019il n\u2019y a pas la moitié des filles qu\u2019on suppose riches qui le sont.LA VRAIE CHOSE Ezdalie, sentimentalement.\u2014 Non, je ne désire pas la richesse.Je serais très heureuse d\u2019être la femme d\u2019un homme qui pourrait gagner son pain.Georges, pratiquement.\u2014 Moi je voudrais être le mari d\u2019une femme qui pourrait le faire.PAS UNE EXCUSE Le prisonnier.\u2014 Comment peut-on m\u2019accuser de faux ?Vous voyez que je ne sais pas signer mon nom.Le juge.\u2014 Qu\u2019est ce que ça fait ?Ce n\u2019est pas votre nom que vous êtes accusé d\u2019avoir signé ; c\u2019est le nom d\u2019un autre.RÉGAL LITTÉRAIRE MONTRÉAL, 3 MARS 1894 (Journal Hebdomadaire) P U B LICA TION LITTÉRAIRE, HUMORIS1IQ UE, SCIENTIFIQUE ET SOCIALE, 0133- CTE\tFOTEB DOMESTIfSTTE.ACTEUR! LIONEL DANSEREAU ^iBOisrisriEnvriEiLTT An, $2.50.\u2014 Six Mois, $1.25 (STRICTEMENT PAYABLE D\u2019AVANCE) ¦ 'lac du IKTuzuero, G Oeutlu adresser pour les informations, les abonnements et v mnonces aux gérants, MM.Dansereau, Belleau& ' e, No.516 Rue Craig, ou par lettre à LA SOCIÉTÉ DE PUBLICATION DU \u201cSAMEDI,\u2019 Montréal. 3 LE SAMEDI LES BOUTEILLES LUMINEUSES On sait par les terribles explosions que l\u2019on cite de part et d\u2019autre dans l\u2019histoire de la boulangerie et de la meunerie, combien il est dangereux de pénétrer avec de la lumière dans un magasin de farine, où l'air ambiant est saturé de poussière impalpable provenant de ces farines.Vous pourrez éviter tout danger en ayant soin d\u2019y pénétrer avec la bouteille lumineuse que vous préparez de la manière suivante et même à l\u2019avance.Prenez une fiole ou bouteille en verre blanc.Mettez dedans un morceau de phosphore gros comme un pois.Versez par dessus de l\u2019huile PAS DU A SA RENOMMÉE Un apprenti politicien qui se donne des airs et qui voudrait être pris au sérieux va, l\u2019autre jour, dîner au restaurant.En sortant, il présente le pourboire au garçon, qui se contente de lui dire : \u2014Oh ! non, monsieur, pas de vous ! \u2014Fichtre, dit-il à mi-voix, d\u2019un air flatté, à ses amis, vous voyez que mes actions montent rapidement ; on recherche mon influence.\u2014Ce n\u2019est pas cela, dit le garçon qui a tout entendu, c\u2019est que j\u2019ai déjà passé toute une nuit à la police pour avoir voulu fairp passer le mauvais trente sous que vous m\u2019aviez donné la dernière fois.\u2014J\u2019y ai pensé, reprend l\u2019^iné ; mais vous comprenez qu'à mon âge, je ne puis plus songer au mariage.\u2014C\u2019est comme moi, dit le second.Ce n\u2019est plus de mon siècle, ce3 affaires-là.\u2014Je comprends, reprend le troisième, quand il y a une corvée désagréable à entreprendre, c\u2019est toujours sur mon dos que ça retombe.AFFREUX DILEMME Récemment, la République de Saint-Marin voulut, pour faire comme les grandes nations européennes, entrer dans la voie des armements.Et elle s\u2019offrit un canon Krupp, un vrai, portant à 18 kilomètres.V /j WM Ï., ; ¦ mm mm m sL**4*\"' mak 'WMÉü MK I» gsjÿïi wm mw.\u2022xMi m mm mm.« mm wsm pilfsir:::*:' mmm ;¦ i îiasï- iîiC.i mm WSSSÊ .SSïST; I Strain ulïiS! d\u2019olive au tiers de la bouteille, et vous la bouchez ensuite hermétiquement.Pour s\u2019en servir, on débouchera, afin de laisser pénétrer l\u2019air extérieur, et ensuite on la rebouchera.A\u2019ors l\u2019espace plein d\u2019air de la bouteille sera lumineux et sa charté, équivalente à celle que peut donner une petite lampe, pourra éclairer suffisamment pour vous guider dans le local dangereux.Lorsque la lumière s\u2019affaiblit on lui redonne de la force en la débouchant et Paissant pénétrer de nouveau de l\u2019air.[En hiver, il est bon de faire chauffer légèrement votre bouteille pour faciliter les effets lumineux de phosphore.Cette bouteille peut ainsi servir longtemps.LE DEENIEE SC^.nSTID^.LE!.CÉLIBATAIRES ENDURCIS Trois frères, restés vieu^ garçons, dépendent entièrement pour leur bien être des services d\u2019une ménagère qui fait leur ordinaire, sert à table et voit à tout dans la maison.Mais, en se réveillant un matin, ils trouvent la cuisine déserte.Elle s\u2019est mariée la veille sans les avertir; et le malheur est irréparable.Que faire ?Une autre servante est introuvable, surtout dans leur cas.On jongle, on se creuse la tête ; mais rien ne vient, jusqu\u2019à ce que l\u2019un d\u2019eux ajoute : \u2014Cependant, il y a un moyen.Au lieu d\u2019une ménagère, il y a peut-être moyen de trouver une femme.Excusez un peu.Donc, on installa l\u2019énorme pièce sur la montagne de Saint-Martin.Seulement, au moment de commander \u201c feu ! \u201d on réfléchit.Le territoire de la République de Saint-Marin n\u2019a que 6 kilomètres, et le canon portait à 18.Tirer vers les terres, c\u2019était s\u2019exposer à atteindre le voisin.Il y avait bien la mer, mais les eaux italiennes commencent à quelques kilomètres au large.Restait la lune, et en fait on braqua vers le ciel le terrible instrument ; mais cette fois encore n\u2019osa pas tirer, car on se demanda avec anxiété où retomberait le projectile.Et voilà pourquoi le canon de Saint-Marin ne partit pas. LE SAMEDI FROID INATTENDU ATrtMrioK.Auk Couch£i ' CHMjPlS.TT\" On parlait de l\u2019opinion politique de M.Ranc.Taupin entend et affi.me M.Ranc doit être très avancé.\u2014Pourquoi, lui demande-t on ?\u2014Parce que j\u2019ai toujours entendu dire que le beurre très avancé sentait le ranç.la tripotée que je t\u2019ai flanquée une fois ?Tu en as été huit jours malade.L\u2019autre, avec un soupir : \u2014Ah ! c\u2019était le bon temps, alors ! Entre chasseurs du Midi : \u2014Moi, je n\u2019emploie que du plomb No 6 et je tue des perdreaux à plus de 100 mètres.\u2014Et moi, je n\u2019emploie pas de plomb du tout ! \u2014Ah ! avec quoi chargez-vous vos cartouches ?\u2014Avec du sel, tout bonnement ! Je tue le gibier de si loin que sans cela, il serait corrompu avant que je l\u2019aie ramassé.Un^boursier enrichi donne quelques conseils à un débutant : \u2014Voyez-vous, mon \"cher ami, les hommes doi-ventêtre classés en deux catégories : les dupes et les filous.\u2014Mais alors, vous.\u2014Moi ?j\u2019ai été les deux ! En réponse à une lettre du juge d\u2019instruction lui demandant des renseignements sur les antécédents de l\u2019un de ses administrés, le maire d\u2019une commune de l\u2019Orne vient de répondre : \u201c Quand à ses antécédents ils sont tous décédés depuis longtemps \u201d Garlebeu (à trois heures du matin).\u2014 Je n\u2019avais pas d\u2019idée qu\u2019il pouvait se faire une croûte de neige si épaisse en quelques heures.Un mioche à l\u2019école renverse son encrier sur ses mains, et pour ce fait, son maître le condamne à recevoir six coups de règle.\u2014 Quelle vilaine patte malpropre ! Si vous me montrez, Monsieur, une main aussi sale que celle-ci dans toute la classe, je veus fais grâce.\u2014La voici, dit l\u2019écolier, présentant son autre main.L\u2019EXPLICATION NATURELLE LA RÉCOLTE DU \u201cSAMEDI\u201d (A travers les journaux parisiens) La gaîté des réclames : Un journal du Havre, continuant celle de l\u2019été dernier, annonçait la semaine dernière, alors qu\u2019il faisait 17 degrés de froid.HOTEL FRASCATI, au bord de la mer.Bains à la lame ! ! etc., etc.Brrr.\u2014Tu sais bien, mon oncle, il vient, d\u2019être frappé d\u2019aliénation mentale.\u2014Ah ! le pauvre homme ! \u2014Encore, s\u2019il n\u2019y avait que lui d\u2019aliéné.mais ses biens le sont aussi.Un marchand de grains fait boire plus que de raison un paysan avec lequel il est en affaire.\u2014Pourquoi, lui deraande-t-on, faites-vous boire le malheureux de la sorte ?\u2014C\u2019est bien simple : quand il est rond, il est plus facile à rouler ! Connaissez vous le comble de la sensibilité pour un serrurier ?\u2014Non.\u2014Le voici : faire jouer les serrures pour adoucir leurs pênes ! Dans un village de l\u2019Hérault, le maire termine le discours qu\u2019il adresse aux jeunes époux : \u2014Mon écharpe est l\u2019emblème de votre mariage ; le rouge, Monsieur, est l\u2019emblème de votre cœur ; le blanc, Mademoiselle, celui de votre pureté, et le bleu, s\u2019il était vert, serait celui de l\u2019espérance ! Un bon bourgeois de Loches était dans une tribune de la Chambre le jour de l\u2019explosion.\u2014Tu dois avoir eu bien peur ! lui dit sa femme.\u2014Pas du tout.j\u2019ai cru que c\u2019était une fumisterie de l\u2019Homme-Canon ! Vous disiez dernièrement à cette place qu\u2019une dame, ayant entendu parler de Listz, avait demandé si ce n\u2019était pas lui l\u2019auteur du scrutin.Vous pouvez lui répondre qu\u2019il n\u2019a pas seulement inventé le scrutin, mais qu\u2019il a découvert aussi l\u2019eau de sel Listz.Le député et le solliciteur : \u2014Voyons, mon cher député, promettez moi deux cartes pour la Chambre ?\u2014Soit.\u2014Oui.mais pour une séance intéressante, sensationnelle.\u2014Je vois ce qu\u2019il vous faut.Une séance.à clous ?Le solliciteur court encore.5m LES USAGES DU GRAND MONDE Y Nos domestiques : \u2014Vous voulez me quitter, Justine?Pourquoi ?quel est le mobile qui vous pousse à cela ?\u2014Madame, ce n\u2019est pas un mobile c\u2019est un cuirassier.Lui.\u2014Pas plus de chance que l\u2019an dernier ; je n\u2019ai encore rien tué.Elle.\u2014Pourquoi y retourner?Tu savais bien que le gibier n\u2019est pas plus gros que l\u2019an dernier.r Le bouc.\u2014Veux-tu une bouchée de cette galoche ?La chèvre.\u2014Merci ; je ne mâche jamais de gomme.Au centre d\u2019un visage idéal, la comtesse de B.exhibe un appendice nasal dont l\u2019organe olfactif du regretté Hyacinthe aurait pu à bon droit se montrer jaloux.En la voyant paraître, le vieux et toujours galant marquis de S.ne put retenir, hier, cette exclamation : \u2014Peste ! voilà un nez qui a de bien jolis yeux ! A un dîner d\u2019anciens camarades de collège : \u2014Tu ne me reconnais pas?.Tu sais bien, le petit Gérard qui te volait tes billes ?\u2014Ah ! oui, j\u2019y suis!.Te rappelles-tu Entre surgents de ville.\u2014C\u2019est étonnant, brigadier, toutes les professions, tous les métiers ont leurs patrons dont on célébré la fête ; a nous autres, çi nous manque complètement.\u2014Que, subséquemment, vous faites erreur.Nous avons un patuon, le nommé Josué, qui arrêta le soleil.En connaissez vous beaucoup dans notre corporation qui en feraient autant ?\u2022 SIGNES DÉSESPÉRANTS Le propriétaire.\u2014Femme, mauvaise nouvelle; nous allons perdre notre meilleur locataire.Elle.\u2014Qui ?Monsieur X.?Te l\u2019a t\u2019il dit ?Le propriétaire.\u2014Non ; mais il vient de me payer son dernier terme, et il ne m\u2019a demandé ni un toit neuf, ni un nouvel appareil de chauffage, ni d autres canaux d\u2019égouts ; pas même un plancher neuf.Ah ! Il s\u2019en va ! LE SAMEDI 5 1e carnet DÛ samedi Il est encore bien tôt pour se prononcer sur les nouveautés que le printemps va amener dans les modes et le calme le plus complet règne dans les régions d\u2019où viennent les innovations Recueillons-nous donc, mes sœurs, et méditons sur toutes les jolies choses que le cerveau, toujours en travail dfs couturiers et des modistes, nous prépare pour la saison qui va s\u2019ouvrir.En attendant, parlons un peu des accessoires qui aident à la transaction entre nos modes d\u2019hiver et celles de printemps ; des nœuds Empire (tout est à l\u2019empire en ce moment) que l\u2019on porte tant et qui sont si seyants et si facile à improviser par les coquettes dont le budget est mince.On me parle d\u2019un de ces nœuds en peau de soie ciel avec trois petits ' plis dans le bas de chaque pan, ourlé d\u2019une belle dentelle en application et fixé sur un haut col tuyauté en velours mordoré doublé de soie ciel.Cela compose, pour une robe de drap toute simple, la plus jolie garniture qu\u2019il soit possible d\u2019imaginer.le cygne, c\u2019est extrêmement doux et se prête à de multiples usages s\u2019il doit notamment accompagner plusieurs robes de soirée.Pendant que nous en sommes aux cols, parlons donc d\u2019un fort joli en crépon monté sur un drapé de velours turquoise ; au cou, un même drapé passé dans une large boucle de strass avec nœud de côté.On en fait de tout particulièrement ravissants avec la boucle Louis XV en strass, ce qui nous reposera un peu de la boucle carrée déjà tant portée.Ces cols se portent en grand décolleté et s\u2019ils ont moins de valeur qu'un collier de perles ou de diamants, ils font presque autant d\u2019effet par leur nouveauté, nous en avons vu pour jeunes filles de bien jolis, et qu\u2019il est très facile de chiffonner soi-même.Cela consiste tout simplement en un petit biais de brocart Pompadour orné de trois petits choux en satin antique, également distancés et dans lesquels on enfouit une minuscule boucle de strass Louis XV.C\u2019est un simple drapé que l\u2019on agrafe derrière avec une double tête ruchée ; on les fait ment, et ourlé d\u2019une haute dentelle Espagnole, noire, découpée et incrustée.En voici encore un fort original, composé d\u2019une longue oreille de lèvre en velours rubis et d\u2019un pan assorti tout garni de dentelle blanche disposée en cascade ; le tour du cou est en velours rubis recouvert de dentelle.Enfin pour terminer et couronner dignement l\u2019édifice, je vous présenterai le collier \u2014 dernier genre \u2014 la boucle en strass est passée derrière le cou au lieu d\u2019être devant ; elle est fixée dans un large velours noir, formant haut col droit, garni de têtes de plumes tout autour dans le haut ; devant, de grands pans de satin noir se nouant à volonté.C\u2019est bien là le \u2014 dernier cri \u2014 adopté par la princesse de Galles qui lui a donné son nom.E i ruban de velours ou de satin de couleur, il fait un effet ravissant et le petit col de plumes qui cache tout le bas de la fignre et la nuque est élégant au possible.Sur ce chères lectrices, au revoir en attendant les transformations du printemps.LA QUESTION DES DROITS DE LA FEMME RÉSOLUE Elise \u2014-Vrai ! Tu crois à cette théorie du droit des femmes ?Tu prétends que chaque femme doit avoir un vote ?Hélène.\u2014Non ; pas un vote ; mais un votant.Si vous avez de vieilles dentelles que vous ne sachiez à quoi employer, je vais vous^indiquer le moyen de vous confectionner un petit boa très coquet.C\u2019est avec ces^mêmes nœuds, mais en moire noire ou en surah de couleur claire ; on en garnit les bouts des vieilles dentelles en question qui trouvent ici un emploi du meilleur goût ; la guipure fait très bien aussi dans le bas, mais la dentelle est plus fine et plus riche.Pour le soir, cela est ravissant en moire blanche ou en satin ivoire.Voici maintenant un petit collet, très simple en apparence, mais qui siéra à merveille sur une robe de bal.Il est en satin blanc composé de trois larges rubans de satin bordés de martre, très froncés sur un empiècement ajusté; en haut, de chaque côté, deux étroits rubans de satin asssortis pour nouer à volonté.Selon l\u2019âge et la toilette, faites en ciel, en rose, en jaune impérial, c\u2019est Près riche et très nouveau.Si c\u2019est pour jeune fille, remplacez la martre par très justes pour qu\u2019ils restent bien en place, sans tourner.Les choux ne geront jamais de la même nuance que le brocart pour faire une plus jolie opposition ; ainsi avec un Pompadour rose, on mettra des choux chartreuse ; avec Pompadour ciel, des petits choux noirs ; avac des blancs, des choux maïs, etc.C\u2019est joli au possible, très jeune et trè3 distingué et fait délaisser, avec raison, les colliers de perles qui ont été tant portés l\u2019été dernier avec les collerettes des robes légères.Ne sortons pas des nœuds sans parler de ceux dits\u2014Sans gêne\u2014qui sont encore plus d\u2019actualité, si possible, que les précédents.En voici un en moire turquoise avec grand volant de fine guipure de Venise ; le col, de moire également, est recouvert de guêpure faisant ressortir le transparent.En voici un autre consistant en un ruban de moire feu, noué deux fois, et dont les pans sont ntourés d\u2019un coquillé de point d\u2019Angleterre due plus bel effet.Le troisième est un crépon mousse noué molle- Mesdames St L.et M.P.La scarlatine qui sévit en ce moment, principalement sur les enfants, est très facile à reconnaître.Cela commence par le frisson et la fièvre, jetant le petit malade dans une prostration complète, avec danger de répercussion dans les voies respiratoires et intestinales.Eruption de boutons demi-sphériques, rouges, isolés mais serrés, avec desquamation en général de l\u2019épiderme vers le septième jour.A la moindre trace d\u2019éruption et en attendant le médecin, s\u2019il est éloigné, lotionnez tout le corps avec de l\u2019eau sédative, frictionnez toutes les surfaces avec de la pommade camphrée et saupoudrez abondamment le lit, entre le matelas et le drap, avec de la poudre de camphre.Blanche de Savigny.Ce qui nous porte le plus à aimer le chant des oiseaux, c\u2019est qu\u2019ils n\u2019essaient jamais un morceau au dessus de leurs forces. 6 LE SAMEDI VERS TRAGIQUES RIDICULES Si nous nous mettons à recueillir les bévues de comédiens, nous n\u2019en finirons jamais.M.Victor Fournel, dans ses Curiositês théâtrales, consacre bien des pages à en relever.De même pour les gaietés du paterre.On connaît l\u2019histoire de cet acteur qui, ayant adiré : \u201cSonnez, trompettes !\u201d s\u2019écria, en proie à une indicible émotion : \u201c Trompez, sonnettes ! \u201d Voici que nous revient une anecdote fort connue, et qui ne figure pas dans les recueils de ce genre.Je ne la girantis pas pour authentique, d\u2019ailleurs.Je la tiens d\u2019une des gloires de la Comédie Française rentrée depuis des années.A une représentation d'Iphigénie, un cabotin de province aurait ainsi modifié le premier vers de la tragédie, espérant, sans doute, lui donner un sens meilleur : Oui, c\u2019est Aga !.Mais non, Agamen, non c\u2019est ton roi [qui s\u2019éveille.A présent, \u201c poursuivons notre ouvrage.\u201d Peut-on considérer comme ridicule la.cacophonie de Voltaire : Non, il n\u2019est rien que Nanine n\u2019honore ?Cela me rappelle qu\u2019au collège, on nous donnait ces quatre vers comme exemple de style rocailleux : Où, ô Hugo, juchera-t-on ton nom ?Justice enfin faite, que ne t\u2019a-t-on?Quand donc, au mont qu\u2019académique on [nomme, De roc en roc, grimperas-tu, race homme?Je continue à classer les trouvailles de ce genre : Enfantillages : Vieillard privé de la lumière, Repose-toi dans ta chaumière : Tu vois en nous des indigents ! (Milaüd, Plutus.) Profonds : Un journal de province, racontant la vie de Robespierre, terminait de la sorte son article : Cet homme extraordinaire ne laissa point d\u2019enfants, excepté son frère, q ui mourut en même temps que lui.Naïfs : Fin d\u2019une lettre d\u2019un étudiant à Paris, adressée à ses vieux parents : J\u2019ai si froid aux pieds que la plume m\u2019échappe des doigts.Intraitables :\tj Castagnary devant un Christ d\u2019Honneur : On peut regretter que tant d\u2019art soit dépensé au profit d\u2019une idée religieuse.Justicieux : En vous voyant sous l\u2019habit militaire, J\u2019ai deviné que vous étiez soldat.(Brazier, l\u2019Enfant du régiment.) ILLUSIONS D\u2019OPTIQUE Les dernières modes.Mill w?k% ;iagm*l!fSn llüBà i I Penoute.\u2014Tu m\u2019as l\u2019air avoir sommeil.Garlebeu.\u2014Oui.Vois-tu, j\u2019ai vu lever le soleil ce matin.Penoute.\u2014Toi?Vu lever le soleil ! Depuis quand te lèves-tu aussi matin?GaHebeu.\u2014Je n\u2019ai pas été à la peine de me lever.Je rentrais chez moi.VIE BIEN REMPLIE Impétueux : Robert tira la porte sur eux, et, peu d\u2019instants après, une voiture les emportait au trot de deux bons chevaux lancés au galop.(Albert Blanquet, le Parc aux cerfs, dans VOmnibus du 5 janvier 1860.) Brazier est né à Paris en 1783, mort à Passy en 1838 ; Blanquet, né à Paris en 1826, mort au Vésinet en 1875.Je rappelle cela à ceux qui auraient pu l\u2019oublier.Mais passons.Intègres : Quand la borne est franchie il n\u2019est plus de limite ! (Ponsard).Penseurs : Les cailloux sont cailloux et le marbre nu marbre, La citronille n\u2019est pas pour être en haut de l\u2019arbre, L\u2019agneau n\u2019est pas un loup, le tigre une brebis, Et c\u2019est toujours le chat qui mauge la souris.Du rossignol des bois la douce mélodie N\u2019est pas du tout le chant du roussin d\u2019Arcadie, Le lierre pour grimper a besoin de l\u2019ormeau, Et le pourceau n\u2019est pas sobre comme un chameau.(Emile Kauffmann, Feuilles poé-.\ttiques po ur la jeunesse.) Apres : L\u2019épicerie est respectable : c\u2019est une branche de commerce ; mais l\u2019armée est plus respectable encore parce qu\u2019elle est une institution dont le but est l\u2019ordre.L\u2019épicerie est utile, l\u2019armée est nécessaire ! (Les Nouvelles, Jules Noriac 26 Octobre 1865.) Scrupules municipaux : Le maire d\u2019une petite ville avait chargé son adjoint de surveiller les représentations du théâtre.Au bout de huit jours, il recevait le rapport suivant : Monsieur le maire, cette semaine, tout a bien marché ; mais la loyauté me force à vous déclarer que le chef d\u2019orchestre, dont j\u2019ai suivi avec scrupule tous les mouvements, n\u2019a pas joué de son instrument une seule fois en huit jours, et il se contente de faire des gestes ; peut-être serait-il bon de le destituer.Immenses : On était en pleine nuit ; deux hommes, traversant la forêt, causaient, tandis qu\u2019un troisième, embusqué, écoutait leur conversation.Mais un gros nuage qui passa devant la lune l\u2019empêcha d\u2019entendre le reste.Cela rappelle le fameux : La porte qu\u2019il ouvrit lui ferma la bouche.Avec Ponsoti du Terrail, nous entrons dans la série des énormes :\t).Ouf ! répondit Melchior, qui, pour calmer ses rudes émotions, n\u2019avait cessé de boire durant la longue route qu\u2019ils venaient de faire et n\u2019avait pas desserré les dents.(Ponson du Terrail, les Etudiants, d\u2019Heidelberg, dans le Spectateur.) Ailleurs, le même nous fait cette phrase mémorable : Il lisait une lettre, tout en se promenant dans son jardin, les mains derrière le dos.Le même encore nous montre une jeune fille se précipitant \u201c dans les bras d\u2019un manchot.\u201d Le même encore, dans un autre passage, pour peindre la frayeur de son héros, nous dit que \u201c ses mains étaient plus froides que celles d\u2019un serpent.\u201d Pontifes : Messieurs, il ne faut pas se dissimuler que, dans les époques de l\u2019histoire d\u2019un peuple que je qualifierai de critiques, la révolution est le fruit de l\u2019agitation populaire.Majestueux : Ah ! messieurs, si Napoléon n\u2019avait pas perdu la bataille de Waterloo, il serait encore sur le trône de France! Ces deux remarques ont été faites par un vieux professeur d\u2019histoire dont je tairai le nom.Je tairai aussi le nom du législateur consommé qui nous dit un jour, en pleine Ecole de droit, cette phrase que je place sous la rubrique : Prudent : Erudits : L\u2019Hippodrome a repris son rang dans la série des plaisirs parisiens.Des chevaux courent dans la vaste arène, valsent et polkent, montés par des centaures ! (Gustave Chadeuil, compte rendu du Camp du drap d'or dans le Siècle.) Mordants : Rigolo a vingt manières de lancer son prétendu compteur dans l\u2019espace : il rue, il allonge le cou, il se tient tout droit, il se couche au besoin.Un centaure y perdrait ses éperons : (Timothée Primm, Petit Journal.) La Constitutio romana, ce que nous pourrions en quelque sorte essayer de rendre en français par : Constitution romaine.Mais, dans cet ordre d\u2019idées-là, on pourrait aller loin.La malignité juvénile se plaît parfois à altérer le texte des phrases du professeur pour en obtenir un effet ridicule, et on prête à ces pauvres maîtres des langages qu\u2019ils n\u2019ont jamais tenus.Je garantis pourtant les phrases ci-dessus mentionnées comme absolument authentiques.Il ne faut pas s\u2019arrêter aux anachronismes, qui n\u2019ont rien à voir avec notre sujet.On connaît, à 7 LE 'SAMEDI cet égard, celui de Scribe dans son Discours de réception à l'Académie française : La comédie de Molière, s\u2019écria-t-il, nous dit-elle un mot des erreurs, des faiblesses, des fautes du grand roi?Nous parle-t elle de la révocation de l\u2019édit de Nantes ?Or, sans vouloir faire ici de l\u2019érudition, nous savons tous que la révocation e3t de 1685 et que Molière était mort en 1673.Peut être aussi ne faut-il pas attacher trop d\u2019importance, au point de vue qui nous occupe, à certains jugements littéraires qui ne sont pas, à proprement parler, des bévues : \u201c Lamartine disait de Rabelais que c\u2019était le \u201c boueux de l\u2019humanité Il paraît (mais je n'affirme rien) qu\u2019il prétendait que La Fontaine n\u2019est pas un poète.On dit que Napoléon traitait Manon Lescaut de livre écrit pour des cuisinières.La Bruyère et Fénelon ont dit que Molière écrivait en jargon ; Bossuet, que Molière n\u2019était qu\u2019un infâme histrion ; Taine, que Victor Hugo n\u2019était qu\u2019un garde national en délire ; Geoffroy, que le Mariage de Figaro était une farce ignoble pleine de coq à-l\u2019âne insipides; M.Henry Fouquier, parlant dans un article du Figaro, de Paul Verlaine, a écrit que c\u2019était de la poésie de major en retraite.Hugo disait de Racine : Il fourmille de fautes de français et d\u2019images fausses.Le style de Racine ne ressemble pas à ces visages florissants de vie oii l\u2019on voit des boutons et des rougeurs qui ne sont que l\u2019exubérance de la santé (l\u2019eczéma est donc la caractéristique des gens qui se portent le mieux !).Ici, la peau est fine, le sang pur en apparence, mais secrètement il est vicié et le corps entier dépérit.Racine est un poète bourgeois.Il répond à un besoin : le besoin de la poésie bourgeoise.Les bourgeois veulent avoir leur poète, leur bon poète sage et médiocre, qui ne les dépasse pas trop et leur présente un ordre de beauté moyenne où leur intelligence soit à son aise.La famille des poètes bourgeois commence à Racine et finit à Emile Augier, en passant par Casimir Delavigne et Ponsard.(Rapporté par Paul Staffer, Les artistes juges et parties, p.48 et suiv.) Hugo a dit encore que Musset était très surfait et qu\u2019il n\u2019y avait rien de vraiment grand en lui.Mais je m\u2019aperçois que je tombe dans ce que je voulais éviter, et me voici à cent lieues du sujet.Faut il parler des coquilles ?Un seul exemple, pour finir.Le vicomte Henri de Bornier avait composé, pour l\u2019inauguration d\u2019une statue de Ponsard, une pièce de vers dans laquelle il avait écrit : Tu mourus en pleine lumière, Et la victoire coutumière T\u2019accompagna jusqu\u2019au tombeau.Quelle ne dut pas être sa surprise, en lisant sa pièce imprimée, d\u2019y voir ces trois vers ainsi travestis : Tu mourus en pleine lumière, Et Victoire, ta couturière, T\u2019accompagna jusqu\u2019au tombeau.André Foulon de Vaulx.THÉÂTRE ROYAL RAISON CANONIQUE On sait que les curés des township ont, parfois, plusieurs paroisses à desservir.Dans les villages naissants, ils ne peuvent guère y aller que tous les deux ou trois mois.L\u2019autre jour, l\u2019un de ces missionnaires arrive dans un coin de canton, où sa visite est des plus rares.Le bedeau fait ses préparatifs, sonne la messe et se dispose à faire l\u2019office de servant.Mais avant de laisser commencer le prêtre, il lui fait une dernière recommandation : \u2014J\u2019espère, monsieur le curé, que vous allez prêcher de l\u2019autel 1 \u2014Comment cela 1\t¦\t% \u2014C\u2019est que, voyez-vous ; j\u2019ai mis couver ma poule dans la chaire.QUE VOULAIT ELLE BIEN DIRE ?Un jeune veuf est induit à faire une partie de dames avec une charmante femme qui est absolument dans le même cas.Il n\u2019est pas fort sur le la marche du jeu, et sa jolie adversaire lui donne des explications.A un moment, au lieu de manger deux pièces, comme il en avait le droit, il se contente de la première.\u2014Ah, mais, ce n\u2019est pas cela, monsieur, lui dit-elle, vous n\u2019avez pris qufune dame ! Vous êtes obligé d\u2019en prendre deux.\u2014Merci de l\u2019avis, madame ; vous allez m\u2019aider jusqu\u2019au bout, j\u2019espère, à sortir de cet embarras 1 LA FÊTE DE PAQUES La fête de Pâques tombera, cette année, le 25 mars, et ce fait ne se renouvellera qu\u2019aux années suivantes': 1951, 2035, 2046, 2057, 2103, 2125, 2198, etc.D\u2019après les dispositions du Concilejle^Nicée, Pâque ne peut tomber au plus tôt quelle 22 mars ; ce qui arrive quand la pleine lune, qui fixe la fête, survient le 21 mars et que ce jour est un samedi.La reunion de ces deux circons-x tances est extrêmement rare ; elle a eu lieu en 1693, 1716, 1818, et se renouvellera en 1970, 2076 et 2144.Pâques, d\u2019autre part, peut tomber au plus tard le 25 avril ; ce qui a eu lieu dans les années 1666, 1934 et 1876, et se répétera en 1943, 2043, 2117, 2669, etc.CES NOVICES Un pauvre prisonnier se présente dernièrement devant le recorder, qui le reconnaît immédiatement pour une vieille pratique.\u2014Comment, vous encore ici 1 Mais c\u2019est la troi-sièment fois dans ce mois-ci ! \u2014 C\u2019est la faute de l\u2019homme de police, votre Honneur.Ils en ont mis un nouveau dans mon bout de rue ; il n\u2019est pas encore déniaisé ; et il se fait la main sur moi.QUEEN\u2019S THEATRE \u201cFALKA\u2019 La Compagnie d\u2019Opéra de Baker a donn.nouvel opéra : \u201c Falka \u201d.C\u2019est une très ag' musique, qui a été splendidement interpret' Mlle Murphy, Mlle Dickson et MM.Wooley et Pache se sont particulièremer tingués.Les chœurs sont réellement rema\ts comme ensemble et précision.La cc\tne Baker gagne de plus en plus en popula \u2022 La saison qu\u2019elle a entreprise sera Mante.L\u2019opéra de \u201c Falka\u201d est à l\u2019affiche pour a première partie de la semaine.Jeudi, nous aurons les \u201cCloches de Corneville.\u201d La salle du Queen\u2019s était bien garnie, et les spectateurs^ont admiré l\u2019excellente représentation.CE QU\u2019ON A LE TEMPS DE FAIRE EN DEUX MINUTES 7 Ç* M: VARIÉTÉS ET VAUDEVILLE La troupe Waldmann, a donné la preuve de son mérite.Elle a joué cette semaine avec un programme des plus variés et des plus complets.Mlle Adrienne Ancion est une gymnaste hardie et extraordinaire.Il faut nommer Magee et Crimmins, savants et exeentriques pugilistes, Richmond et Glenroy, comiques légers, Richard Pi-trot, le modeleur historique, Roberta et Doreta, acrobates et gymnastes dans leurs excentricités chinoises, le fameux trio, les Eddy.Mlle Eddy n\u2019a pas d\u2019égale pour la haute vo.tige et les sauts périlleux.Enfin les frères Jewellsont de vrais magiciens, genre Hermann et Kel-lar, qui ne le cèdent en rien aux grands prestidigitateurs.On ne peut demander une troupe mieux choisie et plus habile que la Waldmann Specialty Company.I On s'amusait ferme dans le salon des Jarnigoines quand on annonça la visite inattendue du nouveau curé.II -À % ' A MkM a*?.;.itm .¦ 1 ¦ ¦'= /\t1 i i , 7.: r .¦ ' 7' |V A j-V.\u2014Ne raillez pas cela, murmura-t-il d\u2019une voix grave.Voulez vous me permettre une histoire ?Et sur notre acquiescement muet, il continua : \u2014C\u2019était au temps où j\u2019étais jeune et beau,\u2014 il y a belle lurette de cela !\u2014lieutenant des lanciers de la garde, et peu disposé aux humeurs noires, je vous assure.Ah ! l\u2019insoucieux compagnon que j\u2019étais, ne ruminant que gloire, plaisirs et combats.Ah ! le joyeux drille que le prince Peter.J\u2019ai été en duel, dix, vingt fois, je ne m\u2019en souviens plus.C\u2019était amusant, en ce temps là.Notre Empereur, que Dieu garde ! n\u2019envoyait pas alors en exil pour un malheureux petit coup d\u2019épée ; et on n\u2019en était pas plus mauvais ami pour cela.Vers la fin de ma vingt-cinquième année, mon oncle, lequel avait été mon tuteur, eut la bizarre idée de me marier.Je dis bizarre idée, car rien n\u2019avait jusqu\u2019alors sembla donner raison à ma conduite en cette occurence ; car cette jeune femme, née pour régner et être aimée, fut emportée, en quelques jours par une fièvre maligne.Je me louai de ma décision.\u2014Pauvre petite comtesse ! ne pus-je m\u2019empêcher de dire en apprenant sa mort.Et ce fut tout.Puis nous eûmes des manœuvres dans l\u2019Ukraine, quelques duels et beaucoup de fêtes, un nouveau colonel; l\u2019Empereur me décora, et me nomma dans les hussards.Comment ne l\u2019eus je pas oubliée ?Pour me témoigner son contentement, lorsque je reçus le ruban, mon oncle me fit don d\u2019un cheval, et c\u2019est de lui dont je vais vous entretenir.* ' * * C\u2019était une jeune jument vive, pleine d\u2019ardeur, d\u2019une splendide robe noire brillante.semblait que c\u2019était un être humain, qui me'com-prenait, et bientôt je lui [parlai.Ce furent des claquements de langue, des onomatopées, puis des phrases, auxquels elle répondait par un hochement de tête ou un hennissement.Et c\u2019était charmant, ces conversations avec Andra !\t^ Oh ! 1 étrange chose, bien difficile \u2018à expliquer maintenant.Plus je lui parlais, plus il me semblait que c\u2019était une personne, et plus il me semblait l'avoir déjà vue, l\u2019avoir rencontrée ailleurs, avoiUconversé avec\u2019elle; plus il me semblait que je la connaissais déjà !\t^ Cette persuasion devint si grande que toute notion de temps disparut.Ma possession d\u2019Andra était si lointaine qu\u2019il m\u2019était impossible de men rappeler la date.Je l\u2019avais toujours eue près de moi ; et ce que je vous dis est la stricte vérité, souvenez-vous-en, mes jeunes camarades, car je n\u2019ai jamais menti.J\u2019aurais coupé la gorge LÊ SAMEDI 9 L\u2018ASTRONOMIE VULGARISÉE / / / ^ .sr s ¦>'L [Q<\\ ^5?' WM m fïPWwfm Géraldine.\u2014Maman, si nous allions à cette lecture du Professeur Copernic sur les taches du soleil ! La maman.\u2014Mais nous allons nous y embêter ferme ! Géraldine.\u2014J\u2019ai idée que je pourrais y attraper, en passant, une recette pour m\u2019enlever cette tache sur la joue.à quicotiqüe m'eut affirmé lq contraire.Je voyais Andra, la flattais, lui parlais, je la montais comme si elle eût été là depuis le jour de ma naissance.Ah ! nous étions de vieilles connaissances, à n\u2019en pas douter.Ses appels de joie, les coups de langue qu\u2019elle me lançait sur les mains, ses piaffements à mon aproche, autant de preuves d\u2019attachement qui ne faisaient qu\u2019augmenter chaque jour.Aussi nul mieux que moi ne savait ce qui lui p'aisait, l\u2019heure de ses repas, ses mets favoris, l\u2019arrangement de sa litière.Son regard suivait chacun de mes mouvements, et j\u2019y retrouvais des sentiments humains, la joie, la tristesse, la douleur ou la colère.Oui, la colère.Un jour, à la promenade, je rencontrai mon ami Fritz Rosanow, estafette de la garde de l\u2019Empereur.Il montait un superbe alezan dont je ne pus m\u2019empêcher de le complimenter.Je mis pied à terre et caressai ce cheval, lui palpai les membres et soulevai les pattes.L\u2019animal s\u2019y prêtait avec la plus grande complaisance, quand soudain il se cabra en poussant un cri.\u2014Mais votre bête a donc le diable dans le ventre, s\u2019écria l\u2019estafette à demi-colère, voilà mon cheval abîmé ! Et il m\u2019indiqua sur l\u2019encolure une large morsure que venait d\u2019y creuser Andra.Je la regardai: ses yeux brillaient de jalousie, oui, de jalousie, d\u2019une jalousie furieuse.Exaspéré, je la cravachai ; elle bondit sous le coup, hennit douloureusement, et j\u2019aperçus distinctement, oh ! je n\u2019en pus douter, de grosses larmes qui rasselaient de ses paupières.J\u2019eus le grand tort de me courber sous son despotisme, de subir chacun de ses caprices, de plier devant ses volontés.Elle fut plus maîtresse de moi que je ne l\u2019étais d\u2019elle.Ce ne fut plus un secret pour personne.\u201c C\u2019est sa jument qui le mène,\u201d disait-on.Et rien n\u2019était aussi vrai.\u2014Voyons, prince, me répétait Rosanow à chaque rencontre, allez vous bientôt vous débarrasser de cette mauvaise bête ?¦ * « * * On ne jase pas sur un animal domestique sans que les éclaboussures n\u2019atteignent le maître.Je dus envoyer mes témoins à Rosanow, pour ses calomnies sur ma jument.Pour la premièré fois, sur le terrain la chance m\u2019abandonna : je reçus un magistral coup d\u2019épée dans le flanc, qui me cloua pour trois mois au lit.Je fus même à deux doigts du trépas.J\u2019eus le délire, un délire atroce, pendant lequel je hurlai des imprécations terribles contre Rosanow, et j\u2019appelai Andra ma douce amie, ma fidèle Compagne, mon trésor.avec des sanglots dans la voix.Quand mes idées redevinrent lucides, ce fut encore d\u2019elle que je parlai, ce fut elle la première dont je m\u2019enquis.Mon bon oncle, en faction quotidienne à mon chevet, répondit : \u2014Je l\u2019ai prise chez moi, pour la soigner.\u2014Merci, merci, mon oncle ! m\u2019écriai je en saisissant ses mains et les arrosant de mes larmes.Que dit-elle ?\u2014Elle va on ne peut mieux, répliqua le brave homme en riant, quoiqu\u2019un peu mai-griotte.Quant à te rapporter ce qu\u2019elle dit, je crois que tu divagues encore mon garçon.Je n\u2019ai pas souvenance d\u2019avoir jamais entendu discours de cheval ! Ce qu\u2019il affirmait là était raisonnable ; mais tout simplement parce qu\u2019il ne la comprenait pas.Elle me parlait bien à moi, Andra, et je savais bien ce qu\u2019elle disait moi ! \u2014Mon bon oncle, je vous prie, achevai je en l\u2019embrassant, faites qu\u2019elle ne manque de rien.Il promit ce que je voulus.Tint-il parole ?Chaque jour on me servait du café.Je dérobais le sucre que je remettais furtivement, mystérieusement à mon oncle, comme si j\u2019eus3e commis un acte répréhensible.\u2014Prenez, lui murmurai-je à l\u2019oreille, c\u2019est pour Andra.Il s\u2019habitua lui-même à cette innocente manie, me raconta qu\u2019Andra était satisfaite de mes envois, qu\u2019elle avait raison de l\u2019être, et je crois même, l\u2019affirmerai-je qu\u2019il me dit un soir qu\u2019Andra i\u2019avait prié de me remercier.Il la comprenait donc l\u2019incrédule ! \u2014Elle maigrit, elle maigrit, me dit-il un autre jour, et puis elle devient méchante.Je ne peux plus la tenir.On ne sait qu\u2019en faire ; elle casse tout.Cette nouvelle me bouleversa.Ma jument, ma bête, J\tmon Andra, rébelle, méchante, elle, la douceur même ! Que lui avait-on fait, en vérité?Je passai une nuit terrible.Puis cette ,idée se dessina très complète, très lucide dans mon cerveau: ,\t'\tI, \u2014Andra croit que je'l\u2019ai abindonnée.Et qu\u2019elle se déso\u2019ât.qu\u2019elle maigrît de cet abandon, rien de plus naturel.Ainsi s\u2019étiole toute créature délaissée de celui qu\u2019elle aime, ainsi la plante meurt, faute de soleil.Vous retracerai-je ma joie, mon contentement lorsque le vieux Ipkins, qui me soignait, me permit de m\u2019habiller et de sortir?Je courus chez mon oncle et pénétrai jusqu\u2019à l\u2019écurie, sans monter embrasser mon aimable parent.\u2014Andra! Andra! m\u2019écriai-je en apercevant ma jument la tête basse, amaigrie, le poil terne et dans une posture de désolation qui eût attendri un tigre.Elle tourna lentement la tête et son œil brilla, pendant qu\u2019un frisson de contentement la parcourait.J\u2019étais déjà auprès d\u2019elle, à la caresser.Dieu ! comme elle était changée l Son auge pleine d\u2019avoine poussiéreuse prouvait qu\u2019elle ne mangeait plus ; sa robe était sem-ée de taches grisâtres où le podl se pelait.Ce dépérissement m\u2019outra de co- lère; je détachai ma bête, l\u2019emmenai aussitôt, et un certain froid subsista quelque temps entre mon oncle et moi à la suite de cette aventure.Il essaya même de faire croire que mes facultés mentales étaient dérangées.* * * .Bref, complètement revenu à la santé et à mes occupations ordinaires ; je continuai d\u2019affi ction-ner ma belle jument noire.Elle reprit son allure vive et sa robe brillante.Mais son regard, quand il se fixait sur moi, semblait renfermer maintenant une sorte de rancune et de reproche.Songeait-elle toujours à cet abandon forcé dont elle avait souffert'?Et cela malgré les explications que je lui donnai.Quand je lui parlais, elle ne montrait plus cette joie qui me faisait tant plaisir.Une fois même où je la flattais sur les naseaux, au contraire de l\u2019amicale léchée que j\u2019attendais, elle me mordit la main.Vous connaissez ma patience, elle est courte, et en d\u2019autres occasions un cheval aurait payé cher cette méchanceté ! Je me contentai de rudoyer Andra ; et incontinent, sachant combien elle était jalouse, je me rendis acquéreur d\u2019un poney russe des écuries de lord Stirbey, attaché d\u2019Angleterre, qui, sa mission finie, se défaisait de sa maison.J\u2019installai mon acquisition dans le box voisin de celui d\u2019Andra, éprouvant un malin plaisir à la mécontenter.Le lendemain, le poney était couvert de morsures.Je battis la jument.La nuit suivante, le bat flancs du box fut basé à coups de pieds.Je m\u2019entêtai, et, dans un esprit de vengeance bien puéril, je m\u2019attachai exclusivement au jeune cheval, le caressant, le.choyant.Andra ne souffla plus mot, baissa la tête, se tint tranquille.Je la crus domptée.Une nuit, elle s\u2019échappa dans l\u2019écurie, et on reconnut le matin que le poney avait une jambe brisée.Je dus remonter Andra.D\u2019ailleurs c\u2019était une bête de race, et mon amitié pour elle n\u2019était pas complètement éteinte.On parlait d\u2019une nouvelle expédition en Ukraine, pour réprimer un soulèvement ; il fallait se remettre en selle.Les hardies chevauchées de jadis dans cette contrée accidentée me revenaient en mémoire.Combien plus longues, plus attrayantes, elles seraient maintenant, avec Andra au pied sûr, à la jambe alerte.L\u2019hiver s\u2019annonçait comme très rigoureux,, déjà la neige était tombée.Qu\u2019importait ! Le soldat n\u2019est-il pas heureux en toute saison, s\u2019il a bon cheval et bonne carabine ?Nous partîmes He cœur léger, avides d\u2019aventures.Fritz Rosanow, avec lequel je m\u2019étais réconcilié, était des nôtres.Nous allions botte-à-botte, par étapes, le loDg des routes, précédant un détachement commandé par le gros major Soltiz.Notre petite escorte était formée de hussards de mon régiment.Tout alla bien pendant la première journée.Peu à peu l\u2019allure d\u2019Andra devint inquiétante.Elle affectait de boiter, fléchissait sur ses pattes, DOUCE SIMPLICITÉ ¦¦Hl wmm iSIll BiÉii ffcïQiîj U,JM i Ê iSi » ; SP .-.O jStesiî La couturière.\u2014 Alors, je comprends que vous voulez une confection très simple.Madame High Life.\u2014 Absolument simple.Ne reculez [\u2019devant aucune dépense pour y arriver. 10 LE SAMEDI \\ que j\u2019avais pourtant examinées avant le départ selon mon habitude, et dans lesquelles je n\u2019avais remarqué rien d\u2019anormal.Nous étions dans la région montagneuse, où les routes sont bordées de rocs grossièrement taillés et de ravins, et où la moindre chute pouvait devenir dangereuse.Je l\u2019éperonnai, la cravachai ; elle se laissa tomber une fois, deux fois.Je fus projeté sur le roc;-mais j\u2019en fus quitte heureusement pour la peur.\u2014Cette sale bète vous brisera les reins, répétait Fritz Rosanow, laissez-la.\u2014Avez-vous un cheval à me prêter ?Andra dressa les oreilles et son pas se raffermit.Je retombai dans ma trompeuse quiétude.Nous traversâmes plusieurs villages et atteignîmes une gorge profonde, au bas de laquelle mugissait un torrent, et qu\u2019il nous fallait franchir pour atteindre la bourgade où se ferait notre halte de la nuit.Le chemin, bordé de pierres maçonnées, était des plus périlleux; nous jugeâmes prudent de mettre pied à terre, de tenir nos chevaux en main et de passer un à un le long du bord.Andra marchait presque sur mes talons et je sentais son souffle brûlant dans mon cou.A plusieurs reprises elle glissa sur moi ; je m\u2019arrêtai pour ralentir sa descente.Ses yeux brillaient d\u2019un feu sombre et méchant ; je n\u2019y pris pas garde.Quand nous repartîmes, elle avança si brusquement qu\u2019elle faillit me faire perdre l\u2019équilibre.\u2014Eh bien, qu\u2019est ce donc ?m\u2019écriai-je en colère en me retournant et secouant la bride avec violence : Andra ! * ,\t* :Jc La jument, pour toute réponse, me lança un regard mauvais.Mais, sans être plus docile, elle ne tenta rien autre contre moi.Je le dis à dessein, car je fus persuadé aussitôt \u2014 et j\u2019y pensai toute la nuit \u2014 qu\u2019elle ne cherchait qu\u2019à assouvir une rancune inexplicable, et surtout inattendue après notre amitié réciproque.Le lendemain, nous continuâmes notre voyage dans ce pays accidenté.Nous ne comptions rencontrer les hordes ukraniennes qu\u2019à cinq ou dix lieues de là.Au loin, les pentes rudes des montagnes étaient couvertes de taches noires et blan-ches, qui étaient des forêts ou de la neige.Au fond de la vallée où nous descendions, des taillis épais de mélèzes ou de bouleaux nous dérobaient la blancheur du sol.Nous passions sur des rocs qui faisaient feu, tout le long d\u2019une sente abrupte; et cette marche périlleuse nous donnait le vif désir d\u2019atteindre au plus vite la neige herbeuse du sous bois, où nous pourrions nous reposer et attendre la petite armée qui nous suivait.Les bandes qu\u2019on nous avait signalées étaient formées des derniers débris de ce peuple des steppes d\u2019Ukraine, fier et insoumis, cruel dans sa sauvagerie révoltée.Plus d\u2019un d\u2019entre nous frémissait à l\u2019idée de tomber entre leurs mains, d\u2019être, ainsi que de précédents otages, traînés à la queue d\u2019un cheval indompté ou d\u2019avoir les yeux crevés.Aussi fallait il veiller à ne pas s\u2019écarter.Nous jasions de cela, en route, à voix basse, un peu attristés.Quand nous approchâmes des bois, l\u2019allure se ralentit encore.Le gros major Soltiz, qui nous avait rejoints, paraissait navré de ne pas apercevoir ses soldats, qu\u2019il précédait à peine de quelques heures.\u2014Peste ! s\u2019écria Fritz Rosanow, ne dirait-on pas que nous allons à l\u2019enterrement ! Un instant après, il me dit encore : \u2014Je voudrais que vous puissiez voir l\u2019air étrange de votre cheval ; il a l\u2019air fou, en vérité.Je ne pouvais le regarder de face ; mais l\u2019animal frémissait sous moi, levait les naseaux, et pardessus le toupet de sa crinière j\u2019apercevais distinctement le globe ardent de ses prunelles.Fritz avec raison.\u2014Yous devriez vous défier de votre bête, répétait il encore.* * * Il avait à peine achevé qu\u2019Andra pointa, fit un bond qui faillit me lancer à terre, et partit comme une flèche dans la direction de la forêt.J\u2019essayai en vain de la maintenir, de l\u2019arrêter.Elle était vraiment devenue folle, un sifflement sauvage s\u2019échappait de sa gorge.Pendu des deux bras après une rêne de la bride pour faire dévier cette course furieuse, je voyais grandir à me3 yeux la lisière de la forêt, et compris que nous- allions nous briser la tête contre le premier arbre.Je n\u2019ai pas peur de la mort, non, de la mort fière, hautaine, à poitrine libre, de la mort du soldat, du vaillant, de l\u2019intrépide ; mais être ainsi broyé par un caprice d\u2019animal ne sembla horrible ! J\u2019eus aussitôt l\u2019idée, le spectacle de la bouillie informe que mon crâne allait devenir.Je m\u2019écriai avec un ricanement de démon, à demi fou moi même : \u2014Ah ! ah ! Andra, belle vengeance, en vérité ! Quelle galopade frénétique, inouïe, dont le seul souvenir me glace à cette heure.Un bruit de chevaux derrière nous l\u2019accélérait encore.Andra sauta des rocs, franchit des ravins, bondit pardessus des ruisseaux, traversa des marais comme une sauterelle, troua des fourrés avec la violence d\u2019un boulet.L\u2019écume coulait le long de son encolure, ses naseaux soufflaient un bruit de forge.Je n\u2019essayais plus de la détourner ni de l\u2019arrêter.J\u2019avais les mains en sang.Ma tête sonnait comme une cloche, avec fracas ; le vent me fouettait le visage , mon chapska s\u2019était envolé.Je ne songeais même plus à mon sort inéluctable.Pourtant la bête pénétra dans la forêt par les chemins libres, m\u2019écorcha aux troncs d\u2019arbres sans m\u2019y briser, me réservant pour une autre mort.Tout à coup des balles sifflèrent à mes oreilles ; et je me trouvai en plein camp de rebelles.Ma position me parut plus effroyable encore.La jument s\u2019était arrêté, frémissante.Je lui enfonçai mes éperons dans les flancs en la lançant dans la direction du retour.La douleur fut si forte qu\u2019elle fit un bond ; je lui labourai la chair, elle continua lentement quelques pas.Les Ukra-niens crurent que leur proie allait leur échapper.Une grêle de balles nous suivit.Andra tomba sur le côté, sans que je pusse dégager ma jambe droite.C\u2019en était fait de moi.Et je songeais à mon heure dernière, quand Fritz Rosanow et deux cavaliers apparurent sur des chevaux blancs d\u2019écume.Us me suivaient depuis le commencement de la folie d\u2019Andra.Rosanow sauta à terre et tira ma jument par la bride, tandis que les autres faisaient le coup de feu pour maintenir les assaillants.Deux fois Andra se souleva, deux fois elle se laissa retomber sur moi.Fritz alors me saisit par les épaules et put me retirer de cette position critique.Andra, comprenant que sa vengeance lui échappait, poussa une sorte de grognement rauque, et nous lança une ruade furieuse en se roulant sur le sol ; et nous vîmes qu\u2019elle était couverte de sang.Nous soutînmes là pendant quelques minutes un combat qui nous eût été fatal sans l\u2019arrivée de notre escorte, qui mit les rebelles en fuite.Huit jours après, repassant en ces lieux, nous retrouvâmes ma jument, dont il ne restait que la carcasse.Elle avait été dévorée par les corbeaux.Seul les deux yeux subsistaient encore et vivaient, oui, vivaient encore, et me regardèrent longtemps.Je ne l\u2019oublierai jamais.Je ne peux songer à Andra sans me rappeler la mystique petite comtesse noire que je faillis épouser et qui mourut si inopinément.Dans une de ses dernières lettres à mon oncle, n\u2019écrivait-elle pas :\t\u201c Le prince est de ces hommes qui jouent avec les sentiments.Tôt ou tard, en ce monde ou dans l\u2019autre, je m\u2019en vengerai.\u201d Mais, vous l\u2019avez entendu, mes jeunes camarades, la jument Andra ne parvint pas à réaliser ce désir de la petite comtesse Pluska.Léon Riotor.[Musée des familles.) LA CORDE Au tribunal correctionnel, en province.\u2014 On appelle l\u2019affaire Tripouilloux.\u2014 Du banc des accusés se lève un individu déguenillé, nez bourgeonnant, visage couperosé, qui salue le président d\u2019un petit sourire amical.le président, le reconnaissant.\u2014 Comment, Tripouilloux, c\u2019est encore vous ?Yoilà au moins la dixième fois que vous comparaissez ici ?tripouilloux,\u2014Dame ! mon président, quand on a été bien reçu dans une maison, et qu\u2019on s\u2019y est conduit en homme du monde, m\u2019semble qu\u2019on peut y revenir.(Très aimable.) Et d\u2019vot\u2019 part, mon président, ça boulotte toujours, c\u2019te petite santé ?le président\u2014Vous êtes accusé d\u2019avoir volé une vache.TRIPOUILLOUX \u2014J\u2019vas vous dire, mon président.C\u2019est ma future.LE PRÉSIDENT.\u2014Plaît-il?TRIPOUILLOUX.\u2014Oui, parce je vas m\u2019 marier.Alors, c\u2019était pour la corbeille.le président.\u2014La vache ?tripouilloux\u2014Non, la corde.le président.\u2014Quelle corde?tripouilloux.\u2014La corde pour ficeler la malle.le président.\u2014Quelle malle ?tripouilloux, contrarié.- Si vous m\u2019 coupez toujours, on n\u2019en finira jamais.La malle d\u2019Adélaïde, pardine ! je m\u2019 tue à vous le dire.le président.\u2014Adelaide ?tripouilloux.\u2014Hé oui ! ma future.le président.\u2014Laissons votre future et revenons à la vache.tripouilloux.\u2014Mais c\u2019est la même chose, mon président !.Comment qu\u2019elle aurait déménagé de son chez soi si elle n\u2019avait pas eu d\u2019corde pour ficeler sa malle, vu que la serrure, y en avait pas ?.Alors quoi ! c\u2019est-y que vous auriez voulu qu\u2019elle rapplique pas au domicile conjugal?.[Scandalisé).N\u2019en v\u2019ià des conseils à donner à une jeune épousée !.Et un magistrat encore !.le président, impatienté.\u2014Tripouilloux, vous abusez de la patience du tribunal.Yous avez été arrêté au moment où vous emmeniez la vache volée par vous dans un herbage.Avouez-vous ?tripouilloux, conciliant.\u2014Allons, mon président, on n\u2019a jamais eu de raisons ensemble.On ne va pas commencer aujourd\u2019hui.Seulement, faut que chacun y mette du sien !.Une supposition que vous seriez amoureux, mon président, et que votre future vous dirait bien gentiment : \u201c Mon petit Tripouilloux, j\u2019sais bien que t\u2019es pas \u201c meyonnaire, aussi j\u2019 te demande pas qu\u2019 tu \u201c mettes des mille et des cents dans la corbeille.\u201cDonne-moi seulement une bonne corde bien \u201c solide pour ficeler ma malle de fiancée, qu\u2019a pas \u201c de serrure ! \u201d Yoyons, mon président, faudrait pas avoir plus de cœur qu\u2019une vieille botte de gendarme pour refuser à la compagne de son existence une corde pour ficeler sa malle !.Et des fois que si, en vous promenant, vous auriez trouvé au bord d\u2019un pré un bout de corde qui traînait par terre, j\u2019 suis sûr qu\u2019 vous auriez fait comme moi, mon président, vous l\u2019auriez ramassée pour la malle ?le président.\u2014Bref, vous avouez ?tripouilloux.\u2014 J\u2019avou9 la corde, et je m\u2019en honore comme galanterie d\u2019un vrai chevalier français.le président.\u2014Vous n\u2019avez rien à ajouter?tripouilloux,\u2014Rien du tout, mon président, si ce n\u2019est que je suis un bon client de la maison.Aussi je compte bien que vous allez m\u2019arranger un petit jugement dans les prix modérés, comme si que ça serait pour vous.Le tribunal condamne Tripouilloux à deux ans de prison.tripouilloux, indigné.\u2014Deux ans ! pour une corde !.une méchante petite corde de rien du tout !.{Eclatant.) C\u2019est y ma faute, à moi, si y avait une vache au bout ! Michel Thivars. LE SAMEDI 11 LE VŒU Pas joli du tout, le comte de Salla, dans son grand lit à baldaquin et à colonnes torses.Si vous souleviez l\u2019abat jour en dentelle rose qui tamise la lumière de la lampe, vous apercevriez le visage d\u2019un gentilhomme qui frôle la cinquantaine, et qui dort d\u2019un sommeil agité, visiblement dépourvu de grâce.Vous le connaissez, je crois, de ré -utation : c\u2019est un homme à principes.On a des principes ou on n\u2019en a pas.Généralement même, on n\u2019en a pas.Pour lui, c\u2019est différent, il en a.Il en a même pour les autres.Sa noblesse remonte à Louis-Philippe 1er, roi de France, et date d\u2019un voyage q.ue son père fit en Italie.Ça ne l\u2019empêche pas de se considérer comme un des nombreux enfants de 89, et d\u2019accepter fièrement tous les devoirs qu\u2019impose cette filiation.Bref, ayons le courage de l\u2019avouer, il est républicain et libre-penseur.Il tient d\u2019ailleurs énormément à son titre de comte : il n\u2019a qu\u2019un ancêtre et ne voudrait pas le désobliger.S\u2019il exige que ses gens assistent régulièrement à la messe, c'est parce qu\u2019il n\u2019est pas mauvais que la valetaille fréquente l\u2019église ; c\u2019est distingué, et, avant tout, il est homme du monde.Il trouverait également regrettable que sa femme fût sans religion.Les natures supérieures, comme la sienne, peuvent seules trouver en elles-mêmes le sentiment du vrai et la force de la conscience.Quand il sera député, on verra bien ! Pour le moment, le digne seigneur n\u2019a que faire de ses principes.Il est fort occupé à avoir la fièvre.Il paraît même que le célèbre docteur X.a dit à la comtesse Diane, avec une moue bienveillante, en se retirant : \u2014Madame, si le comte ne passe pas la nuit, il est perdu ! Confidence terrible, dont la pauvre femme a immédiatement saisi toute la portée.Mais, me direz-vous, comment cette charmante Diane a-t-elle épousé cet excellent chauve, qui n\u2019a guère que trente et un ans de plus qu\u2019elle ?D\u2019abord, c\u2019est lui qui l\u2019a épousée.Diane est un des principes du comte, principe qui peut se formuler ainsi : à un homme de quarante-cinq ans et fractions, il faut une jeune fille élevée au couvent, dévote à point, sans fortune, sans famille, sans défense, qui acceptera avec soumission, avec joie même, la suprématie du maître, compensée par une couronne à broder partout.Sans fortune ?.Parfaitement.Je vous vois venir : il s\u2019est trouvé justement, par hasard, que cette délicieuse créature était fort riche.En quoi, s\u2019il vous plaît, cela infirme-t-il le principe ?Il y a un proverbe connu sur les exceptions et les règles.De plus, la comtesse Diane adore son mari.Oui, je sais, c\u2019est stupide, c\u2019est même agaçant.enfin, c\u2019est comme ça.On lui a dit qu\u2019il fallait aimer son mari.La vertu a ses égarements.Elle s\u2019est attachée à son mari par les soins qu\u2019elle lui prodigue.Elle s\u2019est donnée avec toute l\u2019ardeur d\u2019un cœur vierge, d\u2019une âme sans expérience.N'ayant pas eu d\u2019enfants, elle a reporté sur lui ce besoin de sollicitude, cette soif de dévouement qui, chez les femmes, commencent à la poupée, pour ne finir jamais ; et voilà que la parole du docteur, glissée dans son oreille mignonne lui laisse entrevoir un dénouement terrible et lui fait froid au cœur.Elle gémit de son impuissance.Le grand X.lui-même a désespéré.Que faire ?Eh bien, Diane, n\u2019avez vous pas appris au couvent qu\u2019il reste un suprême recours aux affligés-?Est-ce ainsi que vous avez profité des pieuses leçons du Révérend Père dont vous oubliez toujours le nom, mais qui était un si digne homme ?Vite., un chapeau, le premier venu, il fait nuit.Pas celui-là pourtant, il est par trop vieux, il a trois mois.La petite comtesse étouffe un soupir, tamponne ses yeux bleus, jette une pelisse sur ses épaules, et, sans attendre sa voiture, court d\u2019un pas léger jusqu\u2019à l\u2019église de Notre-Dame-des-Y oitoires.Il est sept heures du soir, la nef est sombre et silencieuse ; quelques lumières éparses qui clignotent dans le brouillard de l\u2019obscurité.Près de la porte, une femme mouche maternellement quatre cierges étiques, empallés sur un pupitre en forme de triangle.Diane s\u2019agenoille devant la chapelle de la Yierge, et prie avec ferveur.Mais bientôt, elle est distraite par un bruit de voix.La préposée aux cierges n\u2019est pas seule, une autre femme cause avec elle ; en se promenant, elles passent et repassent non loin de Diane.Des lambeaux de leur conversation voltigent autour de notre affligée, et la gênent.Tout a coup, elle lève la tête et écoute : \u2014C\u2019est donc vrai que le petit à été sauvé comme ça ?\u2014Puisque j\u2019vous l\u2019dis, ma chère ! La fièvre typhoïde y est partie comme avec la main, et le médecin m\u2019avait prévenu qu\u2019il ne pas-erait pis la nuit.Du reste, madame Dufour, la blanchisseuse, ça y est arrivé la même chose, et pour un enfant bien plus âgé.\u2014Pardi, l\u2019âge n\u2019y fait rien, pas vrai ?\u2014Pour sûr.La femme va s\u2019éloigner.Diane se précipite sur ses pas, et la rejoint à la porte.\u2014Pardon, madame, j\u2019ai cru., excusez moi, je n\u2019écoutais pas., j\u2019ai cru entendre que vous aviez un remède contre la fièvre typhoïde ?\u2014C'en est un sans en être un, ma petite dame, mais c\u2019est certain que mon garçon y doit la vie.Du reste, ça peut servir aussi pour une autre maladie.\u2014Je vous en conjure, indiquez le moi.\u2014Ah bien ! c\u2019est pas un secret.: vous avez aussi un enfant malade ?\u2014Oui., non., c\u2019est-à-dire.Et Diane, pressant le bras de la brave femme, penche la tête vers elle, et l\u2019écoute avec recueillement.Dès les premiers mots, un léger soubresaut l\u2019agite, et c\u2019est tout.Diane, restée seule, fait quelques pas en hésitant, puis se redresse et retourne à la chapelle de la Yierge, où elle s\u2019agenouille de nouveau.Elle étend le bras droit vers la mère du Sauveur.L\u2019air de son visage, devenu subitement solennel, indique une résolution prise.Elle semble transfigurée, au point que si son nez rose n\u2019était notoirement retroussé, on le croirait presque aquilin.Ce n\u2019est plus la femme faible que nous avons suivie, c\u2019est la matrone romaine offrant à la patrie une chose provisoirement inconnue.Elle est rentrée.Il se fait tard : elle ne dînera pas.Son pauvre petit moi est brisé : voi là vingt nuits qu\u2019elle veille.Elle se pelotonne dans un grand fauteuil, au pied du lit du malade, dont elle vient d\u2019embrasser le front moite, et ferme les yeux doucement.Le bruit d\u2019une porte la réveille.Il fait jour.Le docteur est là, qui examine son client d\u2019un air profondément ahuri.\u2014Docteur, il est sauvé, n\u2019est-ce pas ?\u2014Oui, madame.Comment le savez vous ?\u2014Je le sais.Quand pourra t-il sortir?\u2014Sortir, sortir.Dame, dans trois semaines, à moins d\u2019anicroche.\u2014Il n\u2019y aura pas d\u2019anicroche ! Le docteur, de plus en plus ahuri, regagne son coupé, en se disant qu\u2019après tout cette cure lui fait le plus grand honneur.Dès que le comte a pu se lever et essayer quelques pas, enveloppé d\u2019une magnifique robe de chambre en flanelle blanche, délicate attention de sa femme, il a demandé des journaux, constaté qu\u2019on ne l\u2019avait pas oublié, qu\u2019on reparle, avec sa convalescence, de sa candidature, que sa maladie même lui avait servi de réclame, et il est de la meilleure humeur du monde.Pendant les vingt quatre heures qui précèdent sa première sortie, il ne fait qu\u2019y songer, en parler à tous.On attellera le landau, on fera le tour du lac, bien que ce soit passé de mode.Jamais il n\u2019a senti aussi vivement le désir de respirer un peu d\u2019air frais, de recevoir ses amis du club, de saluer familièrement les personnages politiques.C\u2019est à peine s\u2019il a dormi cette nuit, dans l\u2019impatience fébrile qui l\u2019agite.Il est redevenu tout jeune, presque enfant.Il veut se [faire beau, et donne à Baptiste, sans remarquer son air drôle, des instructions sur le choix des vêtements qu\u2019on devra lui préparer.Enfin, l\u2019heure est venue.^Comment, rien de prêt ! Le valet de chambre, carillonné, se trouble, balbutie des excuses inintelligibles, et finit par répondre que madame la comtesse a fait enlever la garde-robe de monsieur le comte, et qu\u2019elle a donné ordre de la prévenir quand monsieur le comte voudrait s\u2019habiller.Très intrigué, monsieur le comte ; il fait prier madame la comtesse de passer chez lui.\u2014 Ca, chère amie, lui dit-il, que signifie cette histoire de vêtements confisqués ?prétendriez-vous m\u2019empêcher de sortir, malgré la permission du docteur ?\u2014Dieu m\u2019en garde, mon ami ! J\u2019ai là tout ce qu\u2019il vous faut.Et, ce disant, Diane sort d\u2019un tiroir soigneusement fermé, un costume complet de drap blanc, d\u2019une coupe irréprochable, des souliers de castor blancs, un chapeau de soie aussi blanc que possible, une élégante cravate couleur de neige, et des gants de Suède d\u2019une blancheur immaculée.La canne, à pomme et à bout d\u2019ivoire, avec incrustations de nacre, est d un travail très intéressant et peu ordinaire.Diane présente tous ces objets à son mari avec cette grâce adorable mêlée de froide implacabilité qu\u2019on admire chez les gens qui, pour votre bien, vous font ou vous disent quelque chose de très pénible.\u2014Ah ça, ma chère, m\u2019expliquerez-vous le motif de cette mascarade ?\u2014Gaëtan, promettez-moi de ne pas vous irriter.D\u2019ailleurs, vous avez des principes qui.\u2014Certes, j\u2019ai des principes, mais je ne crois pas qu\u2019un costume de Pierrot.\u2014Gaëtan ne blasphémez pas ! Je vais tout vous dire, le mercredi 7, au soir, vous étiez perdu, condamné, si le ciel n\u2019eût fait un miracle ! \u2014Comment, j\u2019ai été si mal que ça ?\u2014Plus mal, mon ami, mais Dieu m\u2019a envoyé une inspiration, et ce vêtement.\u2014Je ne vois pas le rapport.\u2014Yous ne me laissez pas parler.Un petit enfant a été sauvé par ce moyen, dernièrement, et, dans mon désespoir, j\u2019ai juré à la sainte Mère du Sauveur.\u2014Mais quoi, enfin ! \u2014Gaëtan, mon bien-aimé, je t\u2019ai voué au blanc.\u2014Malheureuse ! \u2014Pour six mois seulement mon chéri.Tu verras comme c\u2019est vite passé.Et puis, un homme de ton mérite n\u2019est-il pas au-dessus des préjugés ?\u2014Diane, jamais, jamais ! \u2014Gaëtan, vous, un homme de principes, laisserez-vous protester mon serment à la Yierge ?Ferons-nous banqueroute à la Providence ?\u2014Diane., mais c\u2019est de la folie.Mon parti.le parti libéral.\u2014Gaëtan ! Et si le ciel que vous bravez, se vengeait ?Vous croyez-vous si bien guérie qu\u2019une rechute ne soit à craindre ?\u2014Ah ! fichtre ! Le comte de Salla est parti, une nuit, pour la Bretagne.Il y possède une terre magnifique qui lui vient de sa femme, et qu\u2019il n\u2019avait pas encore visitée.Il a fait son temps dans les domaines, se montrant le moins possible.Aussi a-t-il été profondément étonné, aux élections générales, de se voir élu, avec une majorité considérable, par les légitimistes de l\u2019arrondissement.Il a compris alors pourquoi Diane l\u2019avait laissé si souvent seul pendant sa convalescence, pourquoi elle faisait tant de courses par mots et par vaux.Comme il est honnête, il n\u2019a pu faire autrement que de siéger à l\u2019extrême droite.Son régisseur lui disait tout à l\u2019heure, en lui apportant ses fermages : \u201c Ah ! monsieur le comte, on aura beau faire de grandes phrases sur les idées nouvelles, il n\u2019y a encore rien de tel que les convictions de l\u2019ancien temps.Si, pendant six mois, vous n\u2019aviez pas arboré les couleurs blanches avec un courage qui vous a gagné le cœur de nos paysans, vous n\u2019auriez jamais été nommé.Ce qu\u2019ils veulent, voyez-vous, ce sont des hommes à principes ! \u201d Philippe Maquet.(Suppl, ill.du journal.) 12 LË SAMÊDÎ LA COUTUME CHINOISE D'ENTERRER DES VIVANTS On sait généralement qu\u2019en Chine la coutume d\u2019enterrer, dans certains cas, des hommes vivants, en pleine possession de leur conscience, s\u2019est transmise d\u2019âge en âge, jusqu\u2019à nos jours.Ce que l\u2019on connaît moins ce sont les conditions dans lesquelles s\u2019exerce cette coutume horrible.Le dernier numéro de la Revue autrichienne d\u2019Orient nous donne à ce sujet de curieux renseignements.On enterre vivants les individus qui, par leurs passions, leurs vices, leurs maladies, peuvent devenir un danger pour leur entourage, leur famille, la commune qu\u2019ils habitent.Tels sont, par exemple, les joueurs incorrigibles, les voleurs de profession, les malheureux possédés du besoin de boire l\u2019opium, les lépreux, etc.Le missionnaire français Piton, qui a passé de longues années dans l\u2019Empire du Milieu, a eu l\u2019occasion d\u2019observer d\u2019assez nombreux cas de ce genre dans les districts qu\u2019il a habités ou parcourus.Il raconte, entre autres, que dans le district de Tohong-Lok, où il a séjourné de 1865 à 1872, s\u2019était établie une famille dont le chef était un buveur d\u2019opium passionné.Quand il eut absorbé une quantité de poison considérable et que le poison commença à produire ses effets ordinaires, l\u2019ivrogne, \u2014 on peut l\u2019appeler de ce nom, \u2014 perdit le goût du travail et négligea complètement de faire, dans ses propriétés et dans ses champs, les travaux nécessaires.Il ne lui resta bientôt d\u2019autres ressources que de vendre les différents membres de sa famille.Il s\u2019y décida sans trop de répugnance, et il commença par se débarrasser de sa femme.Puis ce fut le tour de ses fils.Le prix de cette vente épuisé, il eut recours au vol, déroba à ses parents tout ce qu\u2019il put saisir et alla même jusqu\u2019à trafiquer des tuiles qui couvraient le toit du temple de ses ancêtres.En présence de ce sacrilège, la famille résolut d\u2019employer le moyen suprême pour réduire le malfaiteur à l\u2019impuissance : un beau jour, quatre ou cinq jeunes gars vigoureux entrèrent chez lui et, sans grand préambnle, l\u2019avertirent que la famille les avait délégués pour la débarrasser de lui et l\u2019enterrer vivant.Le condamné à mort ne proféra pas une plainte, ne fit pas entendre la moindre protestation.Il se leva tranquillement, suivit les exécuteurs dans une vallée où une fosse fraîchement creusée était toute prête à le recevoir.Il ne demanda, avant de se laisser enfouir, qu\u2019une chose : c\u2019est qu\u2019on lui couvrit le visage, non de terre, mais d\u2019herbes fraîches.Ainsi fut fait sans autre cérémonie.Au village de Tchim Cong vivait un pauvre vieillard, âgé de soixante ans atteint de la lèpre, et que sa famille avait relégué dans une cabane isolée afin d\u2019échapper à la contagion du mal.Au bout d\u2019un certain temps, sa maladie empira de telle façon qu\u2019il présentait l\u2019aspect le plus répugnant et que le danger de la contagion augmenta encore.La famille, affolée, lui fit demander s\u2019il n\u2019aime- FROID CALCUL EUe.\u2014Est-cê que l\u2019art de patiner n\u2019a pas certaines règles ?Lui (qui vient de se débarrasser d\u2019un importun).\u2014 Oui ; niais pas la règle de trois.rait pas mieux mourir que de continuer à traîner une aussi misérable existence.On ajoutait que, s\u2019il consentait à délivrer ses parents de leurs angoisses, ils lui feraient rendre les derniers honneurs ordinairement réservés aux mandarins.Le lépreux répondit qu\u2019iFpréférait la vie à la mort et à l\u2019enterrement le plus pompeux, mais que, voulant prévoir toutes les éventualités, il s\u2019était procuré une dose suffisante d\u2019opium pour s\u2019empoisonner dans le cas où, contre toute attente, il serait pris du dégoût de la vie.Un beau jour, son fils crut que cette dernière hypothèse était devenue une bienheureuse réalité : il avait déposé, suivant son habitude, devant la porte du lépreux la maigre chère qui lui était réservée chaque jour ; l\u2019avait appelé par son nom et n\u2019avait pas reçu de réponse.Des passants avaient joint leurs efforts aux siens, leurs cris réunis étaient restés sans écho.On s\u2019était décidé finalement à bombarder la porte le tonnerre des pierres rebondissant sur le bois n\u2019avait pas déterminé le malade à donner signe de vie.On tint donc sa mort pour certaine, et son fils, jugeant qu\u2019il serait utile de le faire enterrer sans retard, afin que les mouches ne pussent pas répandre au loin la contagion de son mal, courut au village et racola des hommes qui consentirent à procéder, à telle ou telle heure, à l\u2019inhumation.Il allait rentrer chez lui, en attendant que le moment solennel fût venu, lorsqu\u2019un voisin s\u2019avisa de l\u2019aborder et de lui dire que la prudence la plus élémentaire lui conseillait de vérifier d\u2019une façon plus sérieuse le fait qu\u2019il considérait un peu hâtivement comme acquis.Le fils se renditjà'ces observations,'força1; i\u2019èfi trée da la cabane et trouva son père gisant à terre, immobile.Le malade était bien réellement trépassé ! Il n\u2019y avait plus à en douter et il ne restait plus qu\u2019à attendre l\u2019arrivée des croque-morts.Mais, ô surprise, voilà le mort qui se réveille, qui remue ses membres et déclare qu\u2019il ne fait que dormir d\u2019un long et bienfaisant sommeil.Le fils, trompé dans ses espérances les plus chères, se décide en maugréant à aller avertir les croque-morts qu\u2019ils n\u2019aient pas à se déranger.Mais les voilà qui arrivent ; ils ont hâte de procéder à l\u2019opération suprême, afin d\u2019encaisser la somme de 20 frs ($4.00) qui leur a été promise pour leur peine.Us ne veulent pas s'en retourner sur leurs pas sans avoir palpé les belles pièces d\u2019argent ; ils ne sera pas dit qu\u2019ils en sont pou \u2022 leurs frais ; il leur faut le mort, et, avec le mort la somme promise.Us n\u2019en démordront pas, quoiqu\u2019il arrive ; et, comme la famille ne veut pas, de son côté, faire la dépense en pure perte ; elle tient conseil pour aviser aux moyens de se tirer à son avantage, de ce mauvais pas.La délibération est courte ; on convient unanimement que le malade peut concilier toutes les exigences et dénouer la situation de la façon la plus aimable en se laissant enterrer en tout état de cause, au lieu d\u2019attendre une autre occasion, \u2014 et, sans perdre une seconde, on lui fait part de ce sentiment.U commence par faire quelques timides objections, mais il comprend bien vite que toute résistance est inutile, et comme on insiste sur cette considération que la vie qui lui est réservée dans un autre monde sera infiniment plus agréable que celle qu\u2019il mène ici-bas, il donne franchement son consentement.On se met alors en quête d\u2019un cercueil et d\u2019habits de mandarin dont on va revêtir le condamné, en reconnaisssnce du service qu\u2019il rend à sa famille, mais comme ces préparatifs demandant un peu de temps, la nuit arrive, et on se décide remettre l\u2019exécution au .endemain.Le lendemain, dès que l\u2019aube commence de poindre, la belle fille du mourant, rôtit en poulet, découpe et cuit des tranches de lard, prépare, en un mot, un petit festin, afin que le condamné puisse jouir, une dernière fois, des douceurs de la vie avant de marcher au supplice.Fils, filles, neveux, nièces, tout le monde mange de grand et bel appétit; puis, le r>pas fini, le cortège funèbre se met en marche.En tête, on porte le cercueil vide ; derrière le cercueil s\u2019avance le condamné, qui conduit lui-même son-propre deuil, ensuite vient le fils \u201c désolé \u201d et les autres membres de la famille aussi \u201c désolés \u201d.Arrivé au bord de la fosse, le lépreux fait sa toilette ; il revêt lentement et avec une visible satisfaction les habits de mandarin, avale une dernière gorgée d\u2019opium et.se couche dans le\u2019 cercueil.Son fils ferme le couvercle, enfonce les clous de sa propre main, et la bière est descendue dans la fosse en présence des anciens du village qui sont accourus pour s\u2019assurer que la cérémonie a lieu suivant toutes les règles.GrIRIIE\u2019IPIE] IUNTST-A-TSTT^NTsTEE * j i?m ih * i sT'Cv;- Toto.\u2014Voulez-vous me gonfler ce sac et le\tLe jeune amoureux.\u2014Certaine- faire détonner comme hier soir ?\tment, mon Toto.Vois bien com- ment l\u2019on s\u2019y prend.\u2014Une fois qu\u2019il est rempli de vent, on lui donne un coup sec.Un, deux, trois ! V IS ! O u/o WMiUO/fr/H/ \\ LE SAMEDI 13 LE NOUVEL AN DU RÉGISSEUR Dame des chœurs.\u2014Monsieur le Régisseur, à l\u2019occasion du Nouvel An, veuillez j'e vous prie, au nom de toutes les dames du chœur accepter quelques boîtes de cigares N ectar.Le Régisseur.\u2014Grand merci, mes chères dames de votre délicate attention, c\u2019est certainement le plus agréable cadeau qui pouvait m\u2019être fait.FEUILLETON DU SAMEDI LE ROI DES GUEUX TROISIÈME PARTIE LA MAISON DE PILATE XV MEDIANOCHE ( Suite J \u2014Tu es un drôle de corps, Tarai, dit Palo-raas dont la malaise faisait trêve ; mais à tant parler et à tant boire, comment n\u2019es-tu pas ivre déjà ?\u2014Cela commence, Seigneurie.\u2014 Nos gens ont déjà le diable au corps, reprit don Juan qui prêta l\u2019oreille.La maison s\u2019emplissait, en effet, d\u2019un tapage infernal.L\u2019orgie allait bon train à l\u2019office.\u2014Voulez-vous qu\u2019on les fasse taire?demanda Esteban.\u2014Point, point, l\u2019ami., .ce sont de bonnes lames., .ne les empêchons pas de se divertir.\u2014Alors, buvez, Excellence.Il y a un moment où le vin fait du mal.pour guérir cela, il faut le vin.\u2014Va pour le vin ! Je finirai bien par avoir raison de toi ! \u2014Certes, il n\u2019est point de jeu où je puisse égaler un Seigneur tel que vous.Quand vous fûtes parti, je songeai à me barricader avec mes deux braves, deux de mes sujets, dont la tournure aurait dû vous ouvrir les yeux.Mais qui peut répondre des issues secrètes ?J\u2019avais ouï dire que dans la maison de Pilate il y avait un certain corridor mystérieux d\u2019où l\u2019on pouvait tout voir et tout entendre.Je me pris à penser ceci : Qui sait si le duc Hernan, invisible, n\u2019a pas assisté à notre souper ?Ces dernières paroles furent prononcées d\u2019un accent si étrange, que don Juan de Haro, malgré le trouble croissant de sa cervelle, ne put s\u2019empêcher de tressaillir.\u2014Quelle idée ! balbutia-t-il.\u2014On a d\u2019étranges idées, seigneur, quand la frayeur travaille l\u2019imagination.Je me dis : \u201c Le métier ducal a du bon.Si je puis seule- ment gagner du temps, nos puissants protecteurs et alliés sauront bien faire disparaître ce fameux revenant.Prenons la clef des champs, et allons porter à notre illustre gendre le consentement qui lui fait défaut.\u201d \u2014Vas-tu recommencer ta raillerie, l\u2019ami ?fit don Juan avec une fatigue lourde.Esteban l\u2019examina d\u2019un œil perçant.Il rapprocha de lui son siège.\u2014Seigneur, dit-il en brisant sur la dalle le flacon de vin portugais à demi-vide, il est besoin que vous vous teniez éveillé : je n\u2019ai pas fini.ce joli nectar de Porto ne réussit pas à tout le monde.Un verre d\u2019eau fraîche, s\u2019il vous plaît, et nous essayerons d\u2019une autre ambroisie.Don Juan se laissa faire.Il murmurait en regardant son compagnon de table : \u2014Quelle tête de granit ! On dirait que c\u2019est moi qui ai bu la potion de la Florentine ! Cet étrange et insaisissable sourire reparut sous la moustache du roi des gueux.\u2014Excellence, reprit-il, dans cinq minutes il n\u2019y paraîtra plus : c\u2019est le temps orageux qui vous a tourné le cœur.le rota que voici, sorti d\u2019un cru dont vous allez devenir propriétaire en épousant ma fille, va vous faire l\u2019effet d\u2019un cordial magique.Mais abrégeons : me voici parti de la maison de Pilate, où je laisse mon noble Sosie, et courant sur vos traces le long du Guadalquivir.\u2014Ah ça ! interrompit don Juan, gardes-tu le fol espoir d\u2019éterniser cette comédie ?\u2014Espoir n\u2019est pas le mot, seigneur, repartit froidement Esteban ; si vous le permettez, j\u2019ai une bonne et belle certitude.\u2014Et tu comptes que je m\u2019abaisserai àjouer un rôle dans cette farce ?\u2014S\u2019il ne vous plaît pas d\u2019être mon gendre seigneur comte, la cour d\u2019Espagne ne manque pas, Dieu merci, de jeunes et nobles cavaliers.\u2014Ce n\u2019est plus de l\u2019impudence, mon brave, prononça Palomas avec dédain, c\u2019est purement et simplement de la folie.\u2014Bravo ! s\u2019écria Esteban, vous avez dit cela d\u2019une voix plus ferme.Voilà que vous vous remettez.Au cordial, Excellence ! Il déboucha le rota avec précaution et versa deux rasades.La sienne fut aussitôt lampée rubis sur l\u2019ongle.Don Juan, qui était tourmenté d\u2019une soif ardente, vida également son verre.\u2014A la bonne heure ! dit-il, voilà une liqueur royale ! -\u2014Vous sentez-vous de force à parler raison ?demanda Esteban avec une certaine brusquerie.\u2014Ce ton ?commença Palomas.\u2014C\u2019est le ton qui convient, seigneur.Dans cinq minutes, il faut que nous soyons de beau-père à gendre comme par le passé.ou bien il faut que notre marché soit rompu.La chose est à prendre ou à laisser, comprenez bien cela.Don Juan prêta complaisamment l\u2019oreille au tapage de ses familiers.\u2014Je comprends, pensa-t-il, que je suis chez moi., .et que le pays d\u2019Espagne ne se remuera point de fond en comble en apprenant que le gueux Esteban d\u2019Antequerre s\u2019est noyé par hasard dans le Guadalquivir.Je vous écoute, l\u2019ami, reprit-il tout haut.\u2014C\u2019est le parti le plus sage.Du moment que vous m\u2019écoutez, nous sommes d accord.Suivez bien mon argumentation, je vous prie ; vous voulez être duc de Medina -Celi ?\u2014Accordé cé premier point.\u2014Et, pour arriver là, il ne vous répugne pas d\u2019épouser dona Isabel ?\u2014Accordé.\u2014La seule chose donc qui vous arrête, c\u2019est le beau-père ?\u2014Précisément.\u2014Vous voudriez être le gendre du vrai Medina-Celi ?\u2014Cela ne fait pas de doute.\u2014Eh bien ! mon gendre, topez-là ! je suis le véritable don Hernan.Palomas rejeta sa tête en arrière et ouvrit de grands yeux effarés.\u2014Est-ce un cauchemar ?balbutia-t-il, vous venez de dire vous-même, il n\u2019y a qu\u2019un instant .\u2014Buvons et raisonnons.Pour vous, quel est le vrai Medina-Celi ?celui qui peut vous donner l\u2019héritière avec l\u2019héritage, n\u2019est-ce pas ! Quel est au contraire l\u2019imposteur ?celui qui ne possède ni l\u2019autorité de père ni le titre ducal ?Mon gendre, et si vous repoussez ce nom, cette fois ce sera la dernière., .j\u2019ai moi aussi ma fierté, de par le Dieu vivant ! mon gendre, faisons ensemble la balance des positions : j\u2019ai pour moi la possession, chose importante dans la loi de tous les pays ; j\u2019ai pour moi la reconnaissance formelle de tous mes officiers et de tous mes valets, la reconnaissance de ma fille, la reconnaissance de la duchesse Eléonor, ma femme ; n\u2019est-ce rien, cela ?J\u2019ai pour moi le témoignage de l\u2019oïdor Pedro Gil.Vous souriez ?passons.J\u2019ai pour moi le témoignage de don Balthazar de Zuniga y Alcoy, président de l\u2019audience de Séville ; celui de don Pascual de Haro, commandant des gardes, et celui de don Bernard de Zuniga, premier secrétaire d\u2019Etat, vos trois oncles, Seigneur.Ils ont placé sur ma tête leur va-tout politique, sur ma tête et sur la vôtre ; ils nous ont mariés.Si vous divorciez, ce ne serait pas moi qu\u2019on abandonnerait.\u2014Ce serait moi, peut-être ?interrompit Palomas en riant.\u2014Vous l\u2019avez dit, Seigneur : ce serait vous, mais peut-être est de trop.ce serait vous certainement, vous nécessairement.Vous figurez-vous trois grands d\u2019Espagne venant avouer qu\u2019ils ont menti ?La tête de Palomas s\u2019inclina sur sa poitrine.Ses sourcils étaient froncés.Il réfléchissait laborieusement.\u2014Mais l\u2019autre ?murmura-t-il en portant à ses lèvres son verre, qu\u2019Esteban avait toujours soin de remplir.\u2014L\u2019autre sera le faux duc, répondit Esteban sans hésiter.C\u2019est moi qui ai le sauf-conduit du roi, c\u2019est moi que Philippe attend demain matin eu audience royale.Je ne veux pas prétendre que ce quiproquo audacieux pût indéfiniment se prolonger, mais l\u2019autre n\u2019aura pas le temps.d\u2019autre arrive trop tard, l\u2019autre a eu les coups, les blessures, la captivité, la proscription.l\u2019autre est sous le poids d\u2019une étrange et prodigieuse fatalité.Qu\u2019il vienne, on lui dira : \u201c Tu mens ! \u201d qu\u2019il élève la voix, on lui nouera le bâillon sur la bouche ; qu\u2019il bouge, l\u2019audience de Séville, sinon le saint Tribunal lui-même, lui infligera le châtiment réservé aux imposteurs.\u2014Et cependant, objecta Palomas, c\u2019est lui qui était hier au soir dans la cour de l\u2019Alca-zar ?\u2014Non, c\u2019était moi.\u2014As-tu le front d\u2019affirmer ?\u2014C\u2019était moi.\u2014Je ne t\u2019ai pas quitté., .tu étais mon convive 1 Esteban ouvrit son pourpoint et présenta un pli de parchemin scellé du sceau royal.Le secrétaire des commandements de Sa Majesté convoquait don Hernan Perez de Guzman, duc de Medina-Celi, au lever du roi.Le roi voulait le remercier de la loyale et vaillante conduite qu\u2019il avait tenue dans la cour de TAlcazar.Don Juan parcourut cet ordre et le reposa sur la table. 14 LE SAMEDI Il garda le silence pendant une longue minute.Esteban s\u2019était renversé sur son siège, le front serein et le sourire aux lèvres.Il achevait de boire à petites gorgées le restant du vin de la Galigaï.Tout à coup, don Juan agita la sonnette placée près de lui sur la nappe.Colombo montra son jaüne et long visage à la porte entre-bâillée.\u2014Va dire à mes gens que c\u2019est assez boire, ordonna le jeune comte ; ils auront peut-être de la besogne cette nuit., .va ! Colombo s\u2019inclina en signe d\u2019obéissance, et la porte se referma.Don Juan tendit son verre et regarda son compagnon en souriant.\u2014Versez, beau-père, reprit-il, vous êtes un habile homme et vous m\u2019avez convaincu.Notre pacte est signé : vous êtes le Medina-Celi.trinquons une dernière fois en famille, et allons nous reposer, car vous m\u2019avez battu de plus d\u2019une manière : je crois que je suis ivre.Ce singulier personnage du roi des gueux resta froid devant sa victoire comme il l\u2019avait été pendant la lutte.Il trinqua, il but, puis il dit : \u2014Mon gendre, nous n\u2019avons accompli que les deux tiers de notre tâche.J\u2019avais, vous le savez, trois motifs pour courir les champs cette nuit ; nous n\u2019avons encore parlé que des deux premiers : permettez-moi de vous déduire le troisième.XVI LA CHAMBRE DE LA MARQUISE Don Juan avait raison : l\u2019ivresse le prenait, mais ce n\u2019était plus cette ivresse lourde et malade qui avait un instant paralysé sa langue et pressé ses tempes comme un étau ; c\u2019était la bonne insouciance que procurent les fumées d\u2019un vin généreux et sincère.Les idées vacillent, il est vrai ; le rire un peu idiot fatigue la respiration ; la main engourdie perd sa force, et le corps balancé cherche en vain son équilibre.Mais il n\u2019y a point de souffrance, et l\u2019esprit emmaillotté dans la demi-transparence d\u2019un brouillard, a la prétention innocente d\u2019être plus actif que jamais.On a, dans cet état, la conscience menteuse d\u2019une vigueur extraordinaire ; le broc tombe des mains et l\u2019on se croit capable de soulever des montagnes.Tel qui ne saurait faire un pas sans broncher parie volontiers, en ces moments, de dépasser un cheval à la course.Don Juan était ainsi depuis que le rota topaze liquide, avait remplacé dans son verre l\u2019améthyste ambrée du vin de Portugal.Nous suspectons ce vin de Portugal.Colombo avait revu Esteban avant d\u2019apporter sur la table les deux fameux flacons à faveurs roses.De deux choses l\u2019une : ou la Galigaï ne savait pas son métier, ou le vin de Bordeaux vendu au prix exorbitant de cent douros n\u2019avait point passé par les mains de la Florentine.C\u2019était peut-être le vin de Portugal qui était fée.Don Juan lui avait trouvé'dès l\u2019abord un singulier bouquet.C\u2019était un intrépide joueur que ce prince de Palomas.Il venait de le prouver une fois de plus sans le savoir, car la dose d\u2019essence qu\u2019il avait absorbée aurait mis deux mique-lets à la renverse.Mais un héros, c\u2019était le bon duc.En face de cet homme, il était impossible de ne pas boire.Son verre s\u2019emplissait, son verre se vidait.Les bouteilles alignées passaient au rebut, son œil restait froid, sa joue demeurait pâle.Don Juan le contemplait avec une sincère et profonde admiration.\u2014Beau-père, demanda-t-il effriant de bon cœur, combien pensez-vous qu\u2019il faille de bouteilles pour me déduire votre troisième motif ?\u2014J\u2019ai vu le temps, répondit Esteban, où je tenais assez bien ma place à table., .mais je me fais vieux.Que chacun de nous en prenne à sa soif et ne nous moquons point l\u2019un de l\u2019autre.Une rasade, s\u2019il vous plaît, au traité de paix que nous venons de signer.\u2014Ventre-saint-gris 1 répondit Palomas, deux si vous voulez.et quatre.et soixante.On peut me mettre entre deux vins, mais j\u2019y reste.J\u2019avalerais maintenant trois outres de vin des Iles sans inconvénient pour ma cervelle ! \u2014Cela se voit, seigneur, cela se voit ! vous avez l\u2019œil clair et la langue agile.Voici donc que nous causons maintenant de bonne amitié, comme des associés qui mènent à bien leurs affaires.Mon troisième motif serait resté sous le boisseau, si nous n\u2019en étions venus à cette heureuse alliance.J\u2019aurais gardé mes petits moyens en vous laissant vos illustres avantages.Mais à présent que je suis bel et bien pour vous, comme pour tout le monde, le duc Hernan de Me-dina-Celi, votre beau-père, vous avez intérêt à ce que je fasse à la cour une figure à peu près convenable.Franchement, Seigneur, trouvez-vous que j\u2019ai l\u2019air d\u2019un duc ?\u2014Heu ! heu ! fit don Juan que son sourire béat ne quittait plus ; trouvez-vous que j\u2019ai l\u2019air d\u2019un archevêque, moi, beau-père ?\u2014Vous avez l\u2019esprit facétieux.Medina-Celi, dont je suis le vivant portrait, passait pourtant pour un cavalier de noble mine.\u2014Ce n\u2019est pas moi qu\u2019on prendrait à de pareille glu ! se récria Palomas ; ventre-saint-gris ! tout de suite en vous voyant, je me suis dit : Quel hareng pour sentir la caque ! \u2014Vous me donnerez des leçons de belle tenue, seigneur comte.\u2014Seigneur duc, vous pourriez prendre de pires almanachs ! \u2014Il y avait donc bien de quoi courir après vous, mon gendre, vous le voyez, puisque c\u2019est demain, à la première heure, que je dois paraître en présence du roi.Don Juan fit cette fois un grave signe d\u2019affirmation et vida son verre à petites gorgées.\u2014Un duc de Medina-Celi, dit-il d\u2019un ton professoral, entre chez le roi avec son manteau et son épée ; il a droit au tabouret si le roi s\u2019assied ; si le roi se couvre il peut déposer son feutre sur la table.Au baisemain, il ne fléchit le genou qu\u2019à demi., .le roi l\u2019appelle son cousin.Si le roi se lève, il a le droit de dire : \u201c Sous votre plaisir, respecté Seigneur \u201d, et de continuer son discours.Esteban frappa ses mains l\u2019une contre l\u2019autre.\u2014Par la sambleu ! mon gendre, s\u2019écria-t-il, je vous demande si l\u2019on peut deviner ces choses-là ! Me voici ferré sur le cérémonial, et du fond du cœur je vous rends grâces.\u2014Chez la reine.commença Palomas qui prenait goût à son métier de pédant.\u2014Nous allons venir à la reine, Seigneur, mais je veux vous ouvrir mon âme toute entière.Il est un point qui m\u2019embarrasse bien autrement que l\u2019étiquette.Saint patron! que n\u2019ai-je appris à l\u2019université de Salamanque un peu de politique au lieu de pâlir sur les Pères de l\u2019Eglise et sur les auteurs grecs ! Palomas éclata de rire.\u2014Nous voulons donc devenir homme d\u2019Etat ?demanda-t-il d\u2019un accent de pitié protectrice.\u2014Bonté du'ciel ! mon gendre, nous voulons seulement faire de notre mieux et nous maintenir à la nage au milieu de cet océan si fertile en plongeons ! \u2014On emploie aussi d\u2019autres métaphores, dit don Juan qui se divertissait à son lourd persiflage ; on dit : \u201c Le sol des cours est glissant.le terrain des cours est semé de pièges et de chausse-trappes.\u2014J\u2019emploierai, mon gendre, les figures de rhétorique qui vous agréeront le mieux, désirant ne point choir sur le verglas de ce sol et ne point me faire prendre, comme un misérable lonp dans ces filets, ni dans ces pièges.\u2014A boire, beau-père, riposta don Juan,\u2014 ce que j\u2019aime en vous,Vest votre naïveté.Au moins, si vous n\u2019en savez pas bien long, vous ne vous en faites pas accroire ! Allons ! tel que vous me voyez, je sais ma cour sur le bout du doigt : interrogez, je vous répondrai.Esteban rapprocha son siège et s\u2019accouda sur la table.\u2014Je pense bien,''reprit-il, que je ne puis devenir en une seule séance un fin politique tel que vous.mes prétentions ne sont pas bien élevées.que je sache seulement où mettre le pied et je serai content.\u2014En vérité, beau-père ! Bien que cela ! Mais, foible gentilhomme ! lequel d\u2019entre nous peut se vanter d\u2019en savoir si long ?Le comte-duc chancelle à son tour et va faire le saut périlleux, justement parce qu\u2019il a risqué un pas de trop à droite, à gauche, en avant ou en arrière.Connaissez-vous votre carte d\u2019Espagne ?il y a, n\u2019est-ce pas, de nombreuses provinces ?Il y a beaucoup de districts ; dans chaque district il y a des cantons, dans chaque canton des régies, dans chaque régie des paroisses, dans chaque paroisse des enclos, dans chaque enclos des compartiments réservés à diverses cultures.Eh bien ! il serait plus facile de connaître par leur nom chacun des carrés de terre qui composent chaque enclos, formant lui-même la paroisse etc., etc.;\u2014car je perds haleine, ou leviable m\u2019emporte ! \u2014 que de savoir par le menu cette autre carte aux mille myriades de divisions baroques et fantasques qui est celle de la cour.A boire ! \u2014Il reprit son souffle et s\u2019éventa avec son mouchoir.Esteban, disciple attentif et avide de s\u2019instruire, l\u2019écoutait religieusement, \u2014Es-tu assez sain d\u2019esprit pour entendre discourir un homme de ma force, l\u2019ami ?continua brusquement Palomas, dont les paupières s\u2019injectaient de rouge ; il me semble que tes yeux sont sanglants., .et n\u2019ai-je pas remarqué que tu battais la campagne ?C\u2019est que, vois-tu, vieux pêcheur, je ne voudrais pas perdre ma peine.Jeter les perles aux animaux que tu sais, voilà une sotte besogne.Prouve-moi que tu n\u2019es pas ivre si tu veux que je continue.Il s\u2019interrompit en un ample hoquet.Puis, sans attendre la réplique : \u2014Bien ! bien ! comment veux-tu t\u2019instruire si tu parles toujours ?le défaut de tes pareils, c\u2019est l\u2019inutile bavardage.Ventre-saint-gris ! tous les gens d\u2019esprit ne sont pas en France.J\u2019ai démontré une fois à ce manant de Calderon que si je voulais, je ferais cent fois mieux que lui les pièces de théâtre.Nom-mez-moi général d\u2019armée et vous verrez ce que Medina-Sidonia pèsera auprès de moi ! Le comte-duc ! il se croit ministre, cet homme ! Vous verrez, vous verrez, dès que j\u2019aurai pris sa place ! pense-t-on qu\u2019Almanzor, le perroquet, ne dirait pas aussi : \u201c Juan est grand, \u201d si j\u2019étais roi ?Il s\u2019arrêta pour saisir le bras d\u2019Esteban.\u2014Approche, reprit-il en criant à tue-tête, approche encore, que je te dise un grand secret.Tu es le seul homme que j\u2019estime en LE SAMEDI 15 Espagne.Je fais semblant d\u2019être un fou.je joue le rôle de Brutus innocent.Ils croient me tenir., .ils comptent gouverner sous mon nom.je les mettrai dans un trou, tous tant qu\u2019ils sont.j\u2019en ferai un olla-podrida de connétables, de secrétaires d\u2019Etat, de généraux, de grands inquisiteurs.As-tu entendu parler de Machiavel ?Moi, je n\u2019ai pas lu Machiavel, mais je suis plus rusé que Machiavel., .je ne dis mes affaires à personne., .et si je savais que mon verre eût pénétré mon secret, par la mort ! j\u2019en ferais un milier de tessons ! Il lança son verre à la volée contre les dalles.Puis il croisa les bras sur sa poitrine d\u2019un air fier, regardant Esteban et se laissant aller au rire énervant de l\u2019ivresse : \u2014Approche encore, continua-t-il ; n\u2019aie pas peur., .je ne te ferai pas de mal.Je t\u2019aime bien mieux que le vrai duc, parce que, dès qu\u2019on le voudra, il ne faudra qu\u2019une chiquenaude pour te faire disparaître.Tu es un mannequin, on a raison d\u2019un mannequin avec une allumette.Voyons, tiens-toi ! ou va te coucher, si tu es ivre.Voilà pourtant un olibrius qui a voulu me tenir tête ! Interroge-moi donc, puisque je t\u2019en ai donné la permission ! \u2014-Mon gendre, répliqua Esteban, il faut pardonner à mon trouble.je ne suis point habitué à fréquenter des hommes de votre sorte.A votre âge, déjà tant de profondeur et de science politique ! \u2014Eh ! eh ! beau-père, est-ce à Salamanque que vous trouveriez un professeur comme moi ?-\u2014Ni à Salamanque ni ailleurs, mon gendre.Ce que je voudrais surtout savoir.\u2014Versez ! Si je n\u2019avais pas soif, je parlerais mieux qu\u2019un livre 1 \u2014Ce qu\u2019il me plairait d\u2019apprendre c\u2019est la position de chacun à la cour.On dit que là, autant de visages, autant de masques.\u2014Vous n\u2019y êtes pas, beau-père.trois ou quatre masques par visage ; pour ma part, moi, j\u2019en ai bien une demi-douzaine.Ah ! ah ! qui peut se vanter de me connaître ?Est-ce le sorcier Moghrab ?est ce Pedro Gil ?est-ce ma belle marquise ?sont-ce mes oncles, ou mes très chers amis de la maison du Sépulcre ?\u2014Parlez-moi de tous ces gens-là, Seigneur.\u2014Je parlerai de qui je voudrai, balourd ! Oublies-tu que tu t\u2019adresses à un comte?Mort de ma vie ! n\u2019y a-t-il plus de neige sur les sierras ?Ce vin est tiède ; il en faudrait un muids pour rafraîchir la gorge.Tu veux des nouvelles du connétable de Castille ?Les petits enfants savent qu\u2019il est l\u2019homme du cardinal : la France le paye fort cher et il fait belle figure.Don Pascual de Haro travaille pour l\u2019Angleterre.Buckingham a payé trois fois ses dettes depuis deux ans.aussi don Pascual me prêche-t-il la modération dans mes dépenses.Alcoy, le beau-père du comte-duc, est cousin du roi de Portugal par sa femme : il intrigue en faveur de Bragance.Le vieux Zuniga va tantôt à l\u2019un tantôt à l\u2019autre ; il reçoit, dit-on, quelques présents des révoltés de Catalogne.Ce sont tous, du reste, de bons sujets, partageant à l\u2019égard de notre seigneur le roi l\u2019opinion du perroquet Almanzor.\u2014Et parmi tous ces illustres hidalgos, demanda Esteban, y en a-t-il qui travaillent pour l\u2019Espagne ?Don Juan fronça le sourcil et répondit : \u2014Beau-père, vous êtes plus bouché que ce flacon d\u2019Alicante.ou vous êtes un mauvais plaisant.L\u2019Espagne ne paye pas.Qui diable va s\u2019occuper de l\u2019Espagne ?\u2014Excusez mon ignorance, Seigneur.Vous avez prononcé encore d\u2019autres noms ?\u2014La reine ?\u2014Une sainte de bois qui ne nuit à rien, is qui ne sert à rien.\u2014Vos amis de la maison du Sépulcre ?\u2014Des caricatures habillées à la française.cœurs d\u2019étoupes.épées de plâtre.\u2014Mais où donc, demanda Esteban avec une involontaire énergie, où donc sont les fils des vieux Castillans ?\u2014Dans les romances moisies, beau-père, dans le fatras de Lope et dans les bouquins de Guilhem de Castro.Faut-il que je me verse moi-même ?Pendant un instant, sa verve railleuse avait fouetté son ivresse.Il avait été presque brillant d\u2019expression et de malice dans le bilan politique qu\u2019il venait de faire en quelques mots, mais son œil s\u2019éteignait de nouveau, et une couche s\u2019ajoutait à l\u2019épaisseur de sa langue.\u2014Tous ces gens, demanda Esteban, malgré leurs vues contraires, sont-ils capables de s\u2019entendre ?\u2014Oui, répondit don Juan, s\u2019ils se sentent vaincu., .pour renverser le roi.Il ne vit point le rapide et court frémissement qui parcourait les membres de son compagnon d\u2019orgie.\u2014Mais, reprit celui-ci, le comte-duc ?\u2014Le comte-duc, mon oncle, interrompit don Juan dont la pesante somnolence s\u2019éveilla en un véritable éclair de finesse, est un habile bachelier.Il connaît l\u2019histoire, et sait bien comment une race remplace une autre race sur un trône.Le nom de Guzman est royal à son sens.Et pour lui, Gaspard de Guzman vaut bien Hugues Capet de France ou le père de l\u2019empereur Charlemagne.\u2014Vous croiriez que le comte-duc veut s\u2019asseoir sur le trône ?f A Suivre.) THEATRE-ROYAL Semaine commençant lundi.le 26 Février, Après - Midi et Soir.Fred Waldmann\u2019s Owd Specialty \" Comprenant le fameux trio EdLdLy Jewell Bi*os et une foule d\u2019autres nouveautés.Admission, 10c, 20c et 30c.Sièges réservés, 10c extra.Le plan du théâtre visible au théâtre même de 9 a.m.à 10 p.m.QUEEN\u2019S-THEATRE Soirée 8J heures, samedi matinée 2| heures., COMPAGNIE DOPÉRA DE G-EO.BAKER \u2014 LES \u2014 CLOCHES DE CORNEVILLE Semaine commençant lundi le 5 mars.LUNDI, MARDI ET MERCREDI \u201c FAUST \u201d JEUDI, VENDREDI ET SAMEDI \u201c OLIVETTE \u201d Bon siège réservé pour 50c.Siège réservé matinée 25c.Sièges en vente deux semaines en avance au théâtre ; à la N.Y.piano, chez Sheppard et aux hôtels.ADOPTE A L\u2019UNANIMITE Une telle unanimité à Montréal n\u2019a jamais été remarqué avant Toutes les classes et tous les rangs représentés Mde T.Julien, 154 rue Beaudry, dit : Mes deux enfants, âgés respectivement de 2 et 3 ans souffraient d\u2019une attaque de bronchite ; ils ont été tous deux guéris complètement par l\u2019usage de deux bouteilles de 25c.du Sirop de Térébenthine du Dr Laviolette.Mde F.X.Fortin, 277 rue Montcalm, dit : J\u2019ai souffert durant ces deux ans d\u2019une bronchite ; durant cette période, j\u2019ai employé plusieurs remèdes qui m\u2019ont donné peu ou point de soulagement.J\u2019ai enfin été guérie complètement et per-manemment par l\u2019usage de cinq bouteilles de Sirop de Térébenthine du Dr Laviolette.Je ne puis parler trop hautement de ce merveilleux remède.Mde Arthur Tessier, 218 rue Beaudry, dit : J\u2019ai souffert pendant quatre mois d\u2019une attaque de bronchite et je fus guérie complètement et radicalement par l\u2019usage de trois bouteilles de 25c.de Sirop de Térébenthine du Dr Laviolette.Avila Martin, 421 rue Montcalm, dit : J\u2019ai souffert pendant six mois d\u2019une attaque de bronchite aiguë et j\u2019employai plusieurs remèdes sans obtenir de soulagement quelconque.J\u2019ai été complètement guéri par l\u2019usage de trois bouteilles de 25c.de Sirop de Térébenthine du Dr Laviolette, dont je ne puis parler trop hautement.Mme Esther Alarie, 211 rue Montcalm, dit: J\u2019ai souffert d\u2019une bronchite pendant deux ans, et pendant toute cette période je fus sous les soins de plusieurs docteurs et me servis d\u2019un grand nombre de remèdfs.Il ne s\u2019opérait cependant aucun changement dans mon état et j\u2019étais presque découragée, mais je suis heureuse de dire que, grâce au Sirop de Térébenthine du Dr Laviolette, je suis aujourd\u2019hui guérie complètement et radicalement et je puis honnêtement recommander ce remède à tous.Mme veuve Gédéon Marchand, 306 rue Montcalm, dit : J\u2019ai souffert pendant deux mois d\u2019une très sérieuse attaque de bronchite et j\u2019essayai différents remèdes sans obtenir le moindre soulagement.Deux bouteilles de 25c.du Sirop de Térébenthine du Dr Laviolette m\u2019ont complètement guérie.Mme Hector Taillon, 57 rue Wolfe, dit : Ma petite fille âgée de 11 mois souffrit pendant un mois d\u2019une sérieuse attaque de bronchite.Une bouteille de 25c.de Sirop de Térébenthine du Dr Laviolette, l\u2019a complètement guérie.Mme Geo Malouin, 243 rue Wolfe, dit : Mon fils âgé de dix sept ans souffrit pendant trois ans d\u2019une bronchite.Quatre bouteilles de 50e.du Sirop de Térébenthine du Dr Laviolette ont opéré une guérison complète et radicale.Il est guéri depuis huit mois et il ne s\u2019est pas manifesté le moindre signe de bronchite.J\u2019ai recommandé ce remède à plusieurs de mes amis et ils n\u2019y rencontrent que des résultats satisfaisants.Mme Albert Riopel, 432 rue Wolfe, dit : Mes deux enfants ont souffert pendant trois mois d\u2019une attaque de bronchite.Deux bouteilles de 25c.de Sirop de Térébenthine du Dr Laviolette les ont guéris complètement.Je considère les deux guérisons, dans ces cas, bien merveilleuses.A continuer samedi prochain.La public ation des centaines de témoignages que je reçois tous les jours prendront plusieurs colonnes du Samedi.Cette publication sera continuée toutes les semaines cet hiver.Les personnes désireuses de vérifier l\u2019exactitude de ces témoignages peuvent découper et conserver cette colonne et s\u2019adresser aux adresses indiquées.J.GUSTAVE LAVIOLETTE, M.D.Bureau et Laboratoire 232 et 234 rue St-Paul, Montréal.6884 16 LE SAMEDI Pilules il là Longues COMPOSÉES de McGale BECOTJVEETES DE SUCEE, Pour la guérison certaine de toutes Affections bilieuses, Torpeur du Foie, Maux de Tête, Indigestions, Etourdissements.Et de tous les malaises causés par le mauvais fonctionnement de l\u2019estomac.Ces pilules sont fortement recommandées, comme un des plus sûrs et plus efficaces remèdes contre les maladies plus haut mentionnées.Elles ne contiennent pas de mercure ni aucune de ces préparations.Tout en étant un puissant purgatif, pouvant être administré dans n\u2019importe quel cas, elles ne contiennent aucune de ces substances délétères qui pourraient les rendre préjudiciables à la santé des enfants ou des personnes âgées.B.IER MoG-ALE PHARMACIEN 2123 RUE NOTRE-DAME nvnoisrTKE^.iL,.Occasion Unique de se procurer de jolis Homans à Bon Marché! 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qu\u2019il nous suffise de dire qu\u2019il a fait verser des larmes à ceux qui l\u2019ont lu et lorsque le Monde l\u2019a publié on a vu augmenter sa circulation et la foule envahir ses bureaux pour avoir le feuilleton.Après que quelques centaines de copies de cet ouvrage eurent été imprimées sur des feuilles volantes, qui ont été vendues en un clin d\u2019œil, des mil tiers de personnes se rendaient encore dans les bureaux du Monde et offraient une piastre pour avoir une de ces copies.Malheureusement le nombre en était épuisé.Cet ouvrage est sans contredit le plus beau roman qui existe et se vend $2.50 en France.Nous espérons donc qu\u2019on s\u2019empressera de se le procurer pour la modique somme de 40 cts en s'adressant à nos bureaux, personnellement ou par lettre.Dansereau, Belleau & Cie, 516 rue Craig, 4 "]
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