Le samedi, 1 mai 1914, samedi 30 mai 1914
[" 40 PAGES Lire : Un Sport dispendieux, par F.de Verneuil.40 PAGES Le Numéro 5 Cts VOL.XXV, NUMEO 51 MONTREAL, 30 MAI 1914 Journal Illustre Hebdomadaire ml | ïaSgtL COSTUME D\u2019ETE 2 Vol.25, No 51, Montréal, 30 Mal 1914 LE SAMEDI Les devoirs de la maternité et les charges du ménage.LA femme physiquement la mieux douée, devrait après les fatigues de la maternité, ajouter à son régime un bon tonique-reconstituant qui lui permettra de reprendre rapidement ses forces, de reconquérir ymrnm SWCHÉL VIN ST-MICHEL Anno MDÇLXI Chrisli une vitalité nouvelle, un sang riche et régénérateur de sa constitu tion affaiblie.LE VIN ST-MICHEL se prend à la dose d'un verre à vin avant les repas et chaque tels que le besoin s\u2019en lait sentir.BOIVIN, WILSON & CIE, LIMITÉE, Seuls Agents, 520 rue St-Paul, Montréal.EASTERN DRUG CO., BOSTON, MASS., Agents pour La Mère DE Famille «*- LA REVUE POPULAIRE MAGAZINE MENSUEL ILLUSTRE DE 132 PAGES 10 cents le Numéro ou $1.00 D\u2019Abonnement Annuel Poirier, Bessette et Cie, Edit.-Prop., 200, Bld St-Laurent, Montréal.Plus de quarante gravures et de vingt articles instructifs et amusants, rédigés tout spécialement pour nos lecteurs, voilà ce que l\u2019on trouve dans le numéro de mai actuellement en vente.Il y a dans ce numéro, de longues heures de lecture saine et profitable ainsi qu\u2019on en jugera par l\u2019extrait ci-dessous du sommaire : Voyages par Roger Francœur.Les odeurs de Paris, par A.Riou, intéressante excursion dans la Ville-Lumière.La nage chez les animaux.Le pêcheur converti.Les cloches de Rome.La h emme à travers les âges; les dames romaines.La vie drôle: Une vilaine aventure.La poche restante.Histoire d\u2019un Ecu de cent sous L\u2019Illusion au Théâtre (ce que mangent les acteurs).La Boxe dans l\u2019ancien temps.La distribution des sexes sur le globe.Les grands poissons d\u2019eau douce.A cheval Mesdames.Les Indiens du Chaco.L\u2019automate orateur.L\u2019Amour des Bêtes par A.Riou.En plus un très joli roman qui plaira beaucoup : 1 Ermite du Loreley, par Paul de Garros, un des meilleurs écrivains modernes.Hâtez-vous de réclamer votre numéro à votre Dépositaire ou aux Editeurs-propriétaires, 200, Boulevard St-Laurent, Montréal.LA REVUE POPULAIRE POIRIER, BESSETTE & CIE, Edit.-prop., 200, Boul.St-Laurent.Coupon d\u2019abonnement Veuillez trouver ci-inclus $1.00 pour un an, 50 cents pour 6 mois (Montréal et banlieue excepté) d\u2019abonnement à la Revue Populaire.Nom.M., Mme ou Mlle.(Bien spécifier votre qualité), Rue.Localité.Rayer les mots nuis suivant l\u2019abonnement que vous désirez, écrivez lisiblement votre nom et résidence et envoyez à l\u2019adressé ci-dessus. Vol.25, No 51, Montréal, 30 mal 1914.LE SAMEDI 3 ABONNEMENT (Payable d\u2019avance) Canada et Etats-Unis Un an.\t$2.50 Six mois.1.75 Montréal et Europe Un an.\t$3.50 Six mois.1.75 Ues abonnés changeant de localité sont priées de nous donner un avis de b jours, l\u2019empaquetage de nos sacs de malle commençant 5 jours avant de les livrer à la poste.(Fondé en 1889) JOURNAL ILLUSTRE HEBDOMADAIRE Organe du Foyer Domestique PRIX DU NUMERO : 5 cts HEURES DE BUREAU: De 8.30 a-m., à 6.45 p.m., tous les jours, excepté le samedi, de 8.30 a.m., à midi.Tarif d\u2019annonce fourni sur demande.POIRIER, BESSETTE & Cie.Tél.MMain 2G80,\tPropriétaires, 200, Boul.St-Laurent,\tMontréal.Entered March 23rd 1908 at the Post Office of St.Al'bans, Vt., as second class matter under Act of March 3rd 1879.â Carnet Editorial Ud Sport Dispendieux ! Il n\u2019y a pas encore bien longtemps, celui qui possédait une automobile jouissait d\u2019une célébrité d\u2019autant plus flatteuse que ce moyen de transport n\u2019était pas précisément à la portée de tout le monde; une automobile était ce que l\u2019on pouvait appeler, avec juste raison, un \u2018\u2018signe extérieur de la richesse\u201d.Il fallait un portefeuille convenablement garni pour payer toutes les vitrines défoncées, l\u2019entretien coûteux de la machine et surtout le résultat de ses caprices.On savait bien quand on partait mais jamais quand et comment l\u2019on reviendrait ; de là, nécessitée absolue de pouvoir disposer de tout son temps, d\u2019être un \u201cbourgeois\u201d solidement renté et ne se consacrant à rien d\u2019autre qu\u2019à ses plaisirs ou déplaisirs.Aujourd\u2019hui, c\u2019est bien changé ! L\u2019automobile, perfectionnée sert encore plus aux affaires qu\u2019aux plaisirs et d\u2019autre part, pour quelques-uns, loin de prouver l\u2019existence d\u2019un sérieux compte en banque, cela signifie tout simplement une hypothèque sur la maison.Ainsi roulent les choses.t Quoiqu\u2019il en soit, l\u2019auto plus ou moins mobile, depuis le vieux \u201cclou\u201d asthmatique et démodé qui geint péniblement pour faire du dix milles à l\u2019heure jusqu\u2019au bolide à roues qui fait gicler à trente pieds de chaque côté les flaques d\u2019eau dans lesquelles il passe ou bien escamote au passage le piéton ahuri pour en faire de la chair à saucisse, tout cela ne provoque plus la moindre curiosité.On est blasé sur le compte de ees mécaniques surtout depuis l\u2019apparition de ces grands oiseaux blancs grâce auxquels le touriste peut faire du cent milles à l\u2019heure à trois mille pieds au-dessus des mesquineries humaines.L\u2019aéroplane! Voilà maintenant l\u2019objectif non plus seulement d\u2019un petit nombre d\u2019audacieux en quête d\u2019émotions fortes mais de la majeure partie de la génération actuelle.On sait bien que les risques de faire une culbute mortelle sont encore multiples et que la première envolée qu\u2019on veut entreprendre peut fort bien être la dernière mais cela ne décourage pas les amateurs, bien au contraire.En raison même de l\u2019accident possible, ils sont plus nombreux car ils espèrent ainsi se signaler un peu à l\u2019attention publique et croient, de bonne foi, qu\u2019on sera enchanté de les accepter comme passagers.Il n\u2019en est point ainsi, et ces amateurs seront singulièrement désillusionnés quand le pilote d\u2019un aéroplane exigera d\u2019eux une coquette poignée de billets de banque avant de les enlever dans les airs.Quoi! disent-ils, cela ne suffit pas de risquer de se casser la figure, il faut encore payer très cher pour cela?Mais oui et c\u2019est tout naturel ! Un aéroplane, loin d\u2019être un joujou inusable, ne vit pas longtemps et coûte gros à entretenir; un poids supplémentaire abrège \u2022 considérablement sa durée en fatigant davantage ses organes et il faudra encore bien des perfectionnements sxxccessifs pour faire de ce't.oiseau de toile et de bronze un véhicule populaire dans toute l\u2019acception du mot.Quelques chiffres renseigneront les amateurs à ce sujet et surprendront sans doute pas mal d\u2019entre eux.Un bon aéroplane à deux places dépense environ deux dollars d\u2019essence par heure mais les frais ne se boxment pas à cela.J\u2019ai dit que l\u2019appareil s\u2019usait rapidement et c\u2019est vrai; quand il a volé environ cent heures, il est mûr pour la réforme.Comme il coûte, en moyenne, quatre mille dollars, cela en fait donc quarante par heure à ajouter aux précédents pour amortissement, soit déjà, quarante-deux.L\u2019appareil dure cent heures, mais le moteur a la vie moins dure; au bout de soixante seulement, il doit être complètement remis à neuf; coût: 1000 dollars.En déduisant l\u2019estimation qui en a été faite avec l\u2019ensemble de l\u2019appareil, il faut néanmoins, de ce chef, inscrire 5 dollars supplémentaires à l\u2019heure de vol, soit 47.Il y a maintenant l\u2019entretien proprement dit, les ailes à réparer, les haubans à remplacer, mille détails qui ont une importance extrême, on le comprend sans qu\u2019il soit utile d\u2019insister.Si l\u2019on atterrit un peu bx-usquement, on \u201ccasse du bois\u201c ou l\u2019on fausse quelque organe qu\u2019il faut faire remettre en état par un spécialiste; bref, c\u2019est une surveillance continuelle et coûteuse que les experts évaluent, eix moyenne, à 1500 dollars pour la durée d\u2019un appareil.Encore 15 dollars de plus pour l\u2019heure du vol, total: 62.Tout ceci ne concerne que l\u2019appareil lui-même mais son pro-pi'iétaire a bien d\u2019autres frais encore; il ne peut pas le remiser dans une valise ou dans une armoire quand il ne s\u2019en sert pas; il lui faut un hangar spécial, un assez vaste terrain pour partir, sans compter l\u2019imprévu, ce qui fait monter en définitive le prix de revient d\u2019une heure de vol à bien près de cent dollai\u2019s! C\u2019est déjà coquet mais il ne faut pas vouloir, par dessus le marché, signer un contrat d\u2019assurance sur la vie avec une compagnie quelconque si l\u2019on veut aller excursionner dans les nuages; beaucoup d\u2019entre elles refuseront et les autres vous soumettrons un tarif à faire dresser les cheveux sur la tête.H En définitive, si cela coûte, au propriétaire d\u2019un aéroplane,, cent dollars par heure pour jouer à l\u2019oiseaxx, il ne faut plus s\u2019étonner si .celui-ci se montre exigeant lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019emmener avec lui un compagnon de voyage qui peut fort bien être la cause d\u2019une catastrophe.Le véhicule de demain.\tn faut compter en effet avec ceux qui sont enthousiastes et intrépides tant qu\u2019ils sentent cette bonne vieille tei\u2019re sous leur pieds mais dont les dispositions peuvent changer du tout au tout quand sous eux, en travers du fuselage, ils verront un vide énorme pouvant déterminer le fatal vertige.Un mouvement trop brusque dicté par la peur et cela peut suffire pour causer l\u2019irréparable.La responsabilité d\u2019un pilote est grave dans ces conditions et quand on y réfléchit autant qu\u2019aux frais énormes occasionnés par une promenade aérienne, on comprend mieux que le prix exigé d\u2019un passager pour accomplir cette promenade n\u2019a rien d\u2019exagéré Jusqu\u2019ici ce genre de sport est encore trop dispendieux pour etre populaire et c\u2019est tant mieux; le pauvre piéton a déjà bien assez d\u2019ouvrage pour se garer de tout ce qui peut l\u2019écrabouiller sur la terre ferme sans avoir, en plus, le souci de ce qui pourrait 1m tomber sur la tête à tout instant, Fernand de Verneuil. 4 LE SAMEDI Vol.25, No 51, Montréal, 30 Mai 1914 LA PART DES BENEFICES Etranger.\u2014Pourrais-je voir le député Peigne?Le boy.\u2014Oui, mais ne lui dites pas que vous m'avez donné 2 5 cents, il en réclamerait la moitié! IL ARRIVE BIEN! L'ami, (entrant).\u2014 Eh quoi! On se chicane ici?Le mari.\u2014 Oh non! nous discutions simplement avec ma femme s\u2019il y avait lieu de vous inviter à dîner.¦ ' -\u2014O- Une récompense ordinairement donnée aux soldats chinois pour un acte de bravoure consiste en un sac de riz d\u2019une valeur de près de $5.00.\u2022ra ri BONHEUR SIMPLE Un foyer où l\u2019hiver venu, flambe un bon feu; Une chambre modeste où règne le silence Et qui dès le matin reçoit du grand ciel bleu Les premières clartés du soleil qui s\u2019avance.Un lit où je m\u2019endors aux sons du couvre-feu Dont l\u2019Echo dans la nuit prolonge la cadence, Où je m\u2019éveille tard, dois-je en faire l\u2019aveu, Dans un demi sommeil berçant mon indolence.A ma porte des champs et plus loin des forêts Où je chasse, le jour le lapin des guérets Et le soir, à l\u2019affût les grives de passage.Que me faut-il de plus?Dans ma tranquillité Je ne regrette pas le monde où j\u2019ai lutté.J\u2019imite le grillon, et je vis comme un sage.NEMO.-o- UNE ERREUR \u2014Y a-t-il quelque chose de vrai dans ce que l\u2019on me dit, au sujet de vos fiançailles?Vous parliez de ne pas vous marier avant deux ou trois ans.\u2014Hélas! Voici l\u2019histoire: le professeur m\u2019a demandée en grec, j\u2019ai voulu lui répondre dans la même langue et j\u2019ai dit oui au lieu de non.Maintenant, je suis trop fière pour lui avouer mon erreur.LA CONDITION \u2014Croyez-vous que l\u2019on peut être heureux avec très peu d\u2019argent?\u2014Parfaitement, mais à une condition: c\u2019est que les autres n\u2019en aient pas du tout! -o- REFERENCES LOINTAINES \u2014Je viens vous demander un certificat d'honnêteté.\u2014Mais.je ne vous connais pas! \u2014C'est moi qui vous ai rapporté votre parapluie que vous aviez perdu il y a dix-neuf ans.LE RESULTAT \u2014Tu dois être heureux d\u2019avoir cinq frères?\u2014Non, pen toute! On me fait user les vieux chapeaux du premier, les vieilles vestes du deuxième, les vieilles chemises du troisième, les vieilles culottes du quatrième et les vieilles chaussures du cinquième.Y a pas d\u2019quoi être ben smart avec tout çà.! ! DEMONSTRATION DESIREE \u2014Oui, mon fils, il est plus doux de donner que de recevoir.\u2014Voilà une chose, papa, que tu devrais bien me démontrer tout de suite.UN TRAVAILLEUR \u2014Papa, j\u2019ai en poche $10 de plus que ce matin.\u2014C\u2019est, bien mon fils, tu es un travailleur, tu ne comptes pas sur tes parents pour te faire vivre.Et, comment as-tu gagné cet argent?\u2014Oh, je l\u2019ai emprunté à maman.L\u2019ESPIEGLE ROSETTE ENVELOPPE .1 Rosette se promenait avec sa tante lorsqu'elle vit un chasseur à l'affût du gibier.La tante se moqua do lui parce qu'il n\u2019avait encore rien tiré.\u2014J\u2019ai vu quelque chose d'une certaine valeur dans une des pages de votre dernier livre.\u2014Vous me flattez, cher monsieur.\u2014Oh, pas du tout: c\u2019était une livre de beurre.SON PROFIT \u2014Comment pouvez-vous faire un profit si vous vendez ces montres le même prix qu\u2019elles vous coûtent?\u2014C\u2019est qu\u2019elles ont souvent besoin d\u2019etre réparées.et que je m\u2019en charge.2 Peut-être aura-t-il sa chance tout-à-l\u2019heure, dit Rosette; et l\u2019espiègle retira tout doucement l\u2019épingle à chapeau de sa tante.3 Un coup de vent arriva presque aussitôt et, naturellement, le chapeau s\u2019envola.On eût dit, à le voir, un véritable oiseau.4 Ce fut au point que le chasseur tira dessus et le mit en mille morceaux.Rosette a bien ri mais, cette fois encore, sa tante ne fut pas contente. Vol, 2è, No Si, Montréal, 30 mal 1911, LE SAMEDI 8 C O ^ FS DE P f T O fcf lé jf/uf?it /! DANS l'Ouest, un homme suggère que l'on devrait inscrire toutes les épitaphes des tombes en latin.A quoi bon?N\u2019importe en quelle langue, un mensonge est toujours un mensonge.UN CHARCUTIER de Boston vient d\u2019être trouvé coupable d\u2019avoir vendu des saucissons faits de viande et de sciure de bois! \u201cNext?\u201d DIRE qu\u2019un mal est nécessaire est une pauvre excuse pour justifier son existence.SOUVENT on ne se doute pas qu\u2019un homme a été célèbre avant qu\u2019on ait lu son éloge funèbre.PLUS d\u2019une bonne résolution est prise dans les instants les plus mauvais.\u2014§~ POUR bien vous rendre compte de votre ignorance, parlez pendant une demi-heure seulement avec un bébé de cinq ans et essayez de répondre à toutes les questions qu\u2019il vous posera.AYEZ pitié de ceux qui ont la richesse de la parole et la pauvreté des idées.-§- LE CALCUL I.o vieux- monsieur.\u2014Si .je te donnais trois pièces do 5 cents et que j'en donne deux à ton frère, qu\u2019est-ce que chacun de vous aurait?Tigusse.\u2014C\u2019est bien simple: il aurait un œil poché et moi j\u2019aurais 25 cents! CERTAINS hommes ne se trompent jamais pour la bonne raison qu\u2019ils sont trop paresseux pour faire quelque chose.COMBIEN de gens qui ne sont pas capables de faire un bon travail eux-mêmes et sont néanmoins persuadés qu\u2019ils s'entendraient parfaitement à faire traviller les autres! LE MARIAGE, disait un de mes amis, c\u2019est l'antichambre du Paradis! Cet ami avait-il bien réfléchi qu\u2019avant le Paradis, c\u2019est le Purgatoire que l\u2019on rencontre?LA DOT L'amoureux.\u2014Je tiens à ce que la jeune f llo soit spirituelle, vous me dites qu\u2019elle est pauvio çà ne me fait rien! j\u2019ai de la fortune peur deux.Agent matrimonial.\u2014J\u2019ai votre affaire : une jeune fille qui est pauvre, je sais «pie veur êtes bête mais çà ne fait rien, elle a do l\u2019esprit pour deux.SI LES MARIS employaient autant de stratagèmes pour fairo sourire leurs femmes qu'en emploie un photographe, la vie ne serait qu\u2019uno longue lune de miel.LA CONCLUSION \u2014Comment se fait-il que vous êtes tombé?\u2014Je descendais le long de la corde quand j\u2019ai pensé qu\u2019elle n\u2019était pas solide et qu\u2019elle pouvait casser, alors je l\u2019ai lâchée.-§- LA SUPERIORITE de la femme sur l'homme est évidente lorsqu'on la voit tenir une mèche de ses cheveux d'un côté de la bouche, une douzaine d\u2019épingles de l'autre côté et tenir une conversation sans la moindre difficulté.CEUX qui prétendent tout savoir ignorent au moins une chose: c\u2019est qu\u2019ils ne savent rien.\u2014§~ PLUS on a de voisins et moins, habituellement, on a d\u2019amis.UN HOMME raconta un jour une histoire si plaisante à sa belle-mère que celle-ci mourut d'avoir trop ri.L\u2019homme reçut tellement do lettres lui demandant cette histoire qu'il la fit imprimer et la vendit un dollar.En trois mois il avait fait fortune.POUR certaines femmes, un mari c\u2019est le soleil qui embellit l\u2019existence; pour d\u2019autres, c\u2019est simplement un parapluie utile pendant les mauvais jours.LES PLUS grandes oreilles n'appartiennent pas toujours à ceux qui savent le mieux écouter.DEMOCRITE.fÆU Le Lendemain IM 4\u2014Mouman, il y a un police qui vient de m'arracher les oreilles à moitié.-\u2014Quelle brute! On n'a pas idée d\u2019çà! 5 Çà t\u2019apprendra à tirer les oreilles de mon gars.6\u2014Policeman! un gamin vient de casser mon carreau! \u2014Excusez-moi! ! SCENE DE MENAGE HELAS! \u2014Voilà un excellent gâteau, ma chère amie.\u2014Je suis contente que tu l\u2019aimes.\u2014Oui, seulement.\u2014Ah, je m\u2019en doutais, tu ne peux jamais être entièrement satisfait.\u2014Il n\u2019est pas.\u2014Je n\u2019en ferai jamais un autre! \u2014Il n\u2019est pas.assez gros.\u2014Ah, mon Jos! Viens que je t\u2019embrasse! Monsieur, (doucereux).\u2014Chère amie, tu n\u2019as vraiment rien à te mettre sur le dos.Madame, (avec humeur).\u2014Non, rien, pas la moindre chose.Voilà déjà trois fois que je porte ma robe de soie, elle n\u2019est plus mettable.Monsieur.\u2014C\u2019est bien ce que j\u2019ai pensé.autrement j\u2019aurais pris deux billets pour l\u2019opéra, un pour toi, un pour moi, au lieu, comme je l\u2019ai fait, d\u2019un seul pour moi-même.Au revoir, chère amie.DEVANCEE Monsieur.\u2014 Voyons, ohère amie, qu\u2019as-tu?Te voilà tout en larmes.Madame.\u2014C\u2019est que la cuisinière est partie sans prévenir.Monsieur.\u2014 Bon, bon, puisque tu voulais la mettre dehors.Madame\u2014C\u2019est bien pour cela que j\u2019enrage.Elle ne m\u2019en a pas laissé le temps.CONSEIL SUIVI \u2014J\u2019ai suivi le conseil de papa ,\u2022 je commence à m\u2019intéresser au commerce.\u2014C\u2019est très bien.Qu\u2019as-tu déjà fait! \u2014 J\u2019ai commandé quatre habillements et j\u2019ai acheté trois chapeaux et six paires de bottines.I CHEZ LE BIJOUTIER i \u2014Votre petit garçon est-il content de la montre que vous avez achetée la semaine dernière?\u2014Très content, il achève de la briser.COMME CELA SE TROUVE! L'oncle.\u2014Tu vois œt homme?Eh bien, c\u2019est le lion qui lui a mangé sa jambe un jour que le féroce animal s\u2019était échappé! Le neveu.\u2014Eh ben! c'était une belle chance que l\u2019homme avait une jambe de bols! FRANCHISE Le Bourgeois.\u2014Jean, vous allez chercher dans le deuxième tiroir de l\u2019armoire et vous verrez.Le nouveau domestique, (l\u2019interrompant).\u2014Des cigares.Le Bourgeois.\u2014Tiens.comment les avez-vous trouvés ?Le domestique.\u2014 Très bons, monsieur.QUELQUE PEU DIFFERENT \u2014Ma femme me consulte toujours sur le choix de ses chapeaux, de ses robes, de ses bottines, etc.\u2014La mienne aussi, du moins, pour me demander de l\u2019argent.A NEW-YORK M.Black-Heur.\u2014 Oui, quand j\u2019étais à New-York, j\u2019habitais un hôtel si grand et si haut qu\u2019il me fallait commander mon dîner le vendredi pour qu il soit rendu le dimanche à ma chambre.1\u2014.Bing! ! LE SAMEDI\tVol.^5, No 51, Montréal, 30 Mal 1914 EXCUSEZ-MOI! 2\u2014Policeman! défendez donc aux enfants de jouer à la balle dans la cour.Il y en a un qui a failli m\u2019assommer! Police.\u2014Oui! madame.3\u2014Vilain moineau, si je te vois encore jouer à la balle ici, je te mène en prison! Vol.25, No 51, Montréal, 30 mai 1914.LE SAMEDI 7 Bossard Marie ! Nouvelle Sentimentale Lorsque les amis de Bossard firent leur entrée, le maître du logis, assis sur le canapé, la tête entre les mains, un sourire aux lèvres, songeait.Il y avait quelque chose dans l\u2019atmosphère qui faisait présager du nouveau.^ Rochon, Moisard, Bilodeau, Gaudet et Robillard prirent silencieusement leur place autour de la table, allumèrent leur pipe et, d\u2019une main distraite, manipulèrent les cartes.Au bout d\u2019un quart d\u2019heure, Bossard se leva, approcha la carafe et le plateau aux verres, versa une rasade à ses amis, et, solennellement porta le toast suivant: \u2014Un verre à mon dernier verre et à la santé de la future Mme Bossard.la jolie maîtresse d\u2019école de la Baie du Cap.\u2014- Mais.elle devait se marier avec un commis-voyageur, fit Rochon.\u2014Et toi, tu devrais avoir du bon sens, rétorqua Bossard, et tu n\u2019en a pas.\u2014Mais enfin.\u2014Fermez votre moulin à paroles et ouvrez vos écoutilles et je vais vous narrer ça.\u2014\u201cIl y a une quinzaine, je recevais une lettre de Mlle Flore, qui en ce moment faisait la classe à la Chute-aux-Marsouins, à cent douze milles en bas de Québec, elle m\u2019invitait à son mariage.Je ne fis pas une grimace, en deux temps et trois mouvements j\u2019avais mis une paire de chaussettes et un mouchoir dans mon porte-manteau, puis, après avoir endossé mon habit de gala, je me mis en route.Je voulais la revoir une dernière fois avant de clore le livre de mes illusions.A Québec, le grand biffre de commis-voyageur monta dans le même wagon Le grand escogriffe ronchonnait ',vy- que moi, et, sans même me regarder, écrasa mes cors aux pieds en mettant sa coiffure dans le filet.Ensuite, après avoir endoctriné deux autres voyageurs il me proposa une partie de cartes et me débarrassa de mon \u201cpetit change\u2019\u2019.A la Chaudière Bleue, il descendit du train qui devait y attendre l\u2019express et au bout de quelques instants revint avec une bouteille de gin de Kuyper et il lui dit un petit bonjour sitôt qu\u2019il fut assis.A la station suivante il était \u201cchaud\u2019\u2019.A la troisième, il était \u201crouge\u201d.Et cet animal m\u2019enlevait ma dernière espérance, j\u2019en rugissais de dépit dans mon for intérieur et je maugréai contre le peu de perspicacité des filles de Mme Eve.Une heure avant d\u2019arriver à destination, le fiancé de Flore me prit pour con- «P Je m'asseois dessus.fident et m\u2019annonça qu\u2019il ne mariait la petite maîtresse que parce qu\u2019elle avait des \u201cpitons\u201d à la banque.Après avoir mis ma signature sur le registre de l\u2019Hôtel du Moineau, un galopin me conduisit à ma chambre.Je fis un peu de toilette pour aller présenter mes respects à Flore, mais, comme je passai devant le salon, un bruit de voix m\u2019attira.Le grand escogriffe ronchonnait et la petite maîtresse laissait échapper des petits Niagara de larmes.\u2014Ainsi, fit la voix d\u2019homme, vous n\u2019avez pas un sou?\u2014Je suis pauvre.J\u2019avais placé mon argent chez un notaire.il a filé aux Etats-Unis avec la caisse.il ne me reste rien.\u2014Alors, petite, fit le rastaquouère, \u201cgood bye\u201d.Pas d\u2019éeus, pas de mariage.Sur ces derniers mots j\u2019ôtai mon chapeau, mon surtout, ma cravate et, à la sortie du monsieur, je lui pris délicatement une oreille entre le pouce et l\u2019index et lui mis poliment un pied à la chute de l\u2019épine dorsale.J\u2019essuyai ses larmes avec mes baisers ¦ri Et la représentation commença.Pris d\u2019une grande amitié pour-moi, le monsieur m\u2019enlaça dans ses bras et me planta sur la tête.Ne voulant pas être en reste de politesse, mon équilibre rétabli, je lui posai un poing sur un œil, un coude dans l'autre et, après un croc-en-jambe, nous fîmes un glissement d\u2019ensemble dans l\u2019escalier.En bas, reprise.Renfoncement général, écroulement d\u2019un poêle.Un boule-dogue se met de la partie et donne des coups de crocs dans le tas.Le propriétaire veut m\u2019ôter mon sujet, mais tenant beaucoup à discuter la chose jusqu\u2019au bout, je m\u2019asseois dessus et j\u2019explique aux intéressés que tous les dégâts seront payés.Et la petite fête recommence.Les habitués de l\u2019hôtel s\u2019intéressent et font des paris.Au \u201cknock out\u201d on m\u2019applaudit à tout casser et le constable de la paroisse, avec l\u2019aide de son assistant, du boule-dogue précité et de quelques citoyens, fit notre arrestation et nous conduisit en prison ayant comme escorte tout ce qui pouvait lever une patte.On nous colla, moi et le commis-voyageur dans la même boîte et, cinq des badauds du village montèrent la garde devant notre cellule.Cela m embêtait, car j\u2019avais encore quelques mots d\u2019explication à donner à mon compagnon.J\u2019eus une idée mirifique.Je donnai cinq dollars à mes gardiens pour aller chercher une petite fiole, ils partirent ensemble et ne reparurent pas.Et une nuit inoubliable commença.Le logement était peu confortable.'Deux chaises boiteuses, un lit de camp et des 1 rats.Comme éclairage, les rayons de la lune qui nous arrivaient à \"travers les croisillons de la porte.Le meilleur moyen de se tenir les mains chaudes était de s\u2019asseoir dessus.Après ^ avoir pris connaissance des lieux, j allai tarabuster l\u2019épouseur qui grogna et me planta un pied sur le tibia.Malgré mon amour de la paix je fus forcé de lui chanter la \u201cValse des Poings\u201d avec démonstration du refrain. 8 LE SAMEDI Vol.25, No 51, Montréal, 30 Mal 1914 Mes amis, j\u2019étais fier de Bossard, je venais de constater qu\u2019il y avait encore du hou dans sa construction.?Vers minuit, la conscience tranquille, mes yeux se fermèrent, bercé par les gémissements et les malédictions de mon compagnon, qui mollement couché sur le plancher, maugréait dans les entr\u2019actes, contre les chats du village qui donnaient un récital devant notre porte.Au petit matin, mon compagnon me réveilla par les cheveux en me demandant la raison de mon intervention.Je n\u2019ai pu finir mon explication avant l\u2019arrivée du juge-de-paix, du constable et de quelques gardiens.Lorsqu\u2019on fut venu à bout de nous séparer on nous conduisit au temple de la justice, chez le magistrat qui représentait Thémis, tenait la poste et un \u201cmagasin général\u201d.Tout le village était présent.On me questionna le premier et comme je terminai ma déposition, Flore entra, et, cela à ma grande confusion, car ce qui me restait d\u2019habits, n\u2019aurait même pas été décent pour un costume de bain.Flore confirma ma déposition.Enfin, mon antagoniste qui avait l\u2019air d\u2019une caricature en déshabillé, raconta son histoire.Le juge qui était un homme juste et galant me donna gain de cause pour les coups et me condamna à payer la casse à l\u2019hôtel.Le commis-voyageur paya lui aussi la casse de l\u2019aubergiste, plus le bris d\u2019une chaise que j\u2019avais échappée sur sa tête pendant que nous étions dans la cellule.Comme sauce, $20 pour tapage nocturne et l'injonction de laisser le village par le premier train.Ceci réglé, le juge me vendit un complet un peu large aux entournures, mais chaud comme une peau de carriole.Mon retour à l\u2019hôtel fut triomphal.Le proprio me fit des excuses, les habitués me serrèrent la main et le boule-dogue me fit des caresses.Seule, Flore pleurait.Le commissaire d\u2019école ayant eu vent dix potin, lui avait fait parvenir un avis de destitution.Finalement, désireuse de fuir les regards indiscrets, elle monta au salon.Après avoir payé une tournée à mes admirateurs, j\u2019allai moi aussi au salon.Ce qui s\u2019y passa ne vous regarde pas, mais je puis vous dire ceci.C\u2019est que quelques minutes après mon arrivée, Florette avait sa tête sur mon épaule et que j\u2019essuyai ses larmes avec mes baisers.Et maintenant, je vous préviens que le premier de vous qui se permettra de critiquer ou de sourire, descendra l\u2019escalier sur l \u2019une de ses oreilles.Mes amis, Bossard est redevenu jeune, une fois de plus il a vingt ans, il renie tout ce qu\u2019il a dit en mal de l\u2019amour.Florette m\u2019a donné un second printemps, il y a encore des fleurs, des clairs de lune, des romances, des poésies dans ma vie et.tas de bigres, ne riez pas des larmes que l\u2019émotion m\u2019arrache.elles me sont douces.et.je vous invite tous âmes noces.YAN VAN HEUSDEN, Woonsocket, R.I.-o\u2014\u2014 EN FLANANT \u2014Tu n\u2019es pas marié, tu ne peux parler avec poids.\u2014Bah! je suis fiancé, n\u2019est-ce pas assez ?\u2014Oui, ne va pas plus loin.L\u2019HABILLEMENT DES SOUVERAINS Tous les rois sont généralement habilles »t'i la perfection, et rien ne peut choquer dans leur tenue.Dans le budget privé de chaque souverain ayant même les gouts les plus modestes, des sommes qui paraissent énormes aux simples mortels sont prévues avec largesse, à cet effet, pour le tailleur attitré.Le plus simple des souverains est le roi George d\u2019Angleterre : 25 complets veston et jaquette par an, à raison de $50.par complet ; autant de complets de chasse et de sport, à $40 suffisent pour ce roi, comparativement très peu dépensier pour sa garde-robe.Ses pardessus d hiver, le roi d\u2019Angleterre les paye $600 ; ses pardessus d\u2019été $250 Les foulards, en soie unie de préférence, lui coûtent 5 à 10 dollars pièce.Le roi George ne met jamais plus de lu à 20 fois le même vêtement.Jamais, non plus il n\u2019essaie lui-même ; le tailleur fait les essayages sur un mannequin moulé suivant la taille de son royal client.Le kaiser qui, lui aussi, n\u2019aime pas dépenser beaucoup pour ses vêtements civils a pourtant une prédilection marquée pour ses beaux vêtements de chasse- et dg yachting, et ceux-là lui coûtent très cher.Quand Guillaume II commande des vêtements, il les commande par deux douzaines à la fois.Le plus \u201célégant\u201d des souverains est le jeune roi d\u2019Espagne.Alphonse XIII aime surtout de beaux gilets de fantaisie brodés d\u2019or et d\u2019argent dont certains lui reviennent à $100 pièce .La reine n\u2019approuve pas toujours ce LE GAMIN A RAISON -J*\t\u2014\t.y vï; mm 'S'.ir.'l ans ¥mmâ imh MSaa mm \u2019Mm .-v: Vieux monsieur.\u2014Que tu es laid à te faire une bouche aussi grande que çà! Jamais je ne voudrais en faire autant! Le gamin.__Vous le feriez bien s\u2019il s'agissait d\u2019embrasser la jolie fille qui vient là-bas. Vol.25, No 51, Montréal, 30 mal 1914.LE SAMEDI o MADAME AIME A 8E SERVIR DU TELEGRAPHE 1 WdTti Éïtxor 1 Monsieur.\u2014 Je serai deux jours absent mais s\u2019il y arrivait quelque chose d'important, télégraphie moi au Ripaton Hôtel.Madame.\u2014 C\u2019est compris, mais surtont prends bien soin de toi et ne tombe pas malade! 2 Monsieur, (rédigeant un télégramme).\u2014Les affaires ne sont pas très importantes mais enfin, ma chère femme, je rencontrerai mes dépenses et je ferai même un peu de bénéfice.3 Télégramme de Madame.\u2014 Cher mari, le chat est mort ce matin, la servante nous a lâchés, tu as oublié d'emporter ta cravate rouge, etc., etc.ibS-T f 4 Nouveau télégramme.\u2014 Cher mari, j\u2019ai reçu une lettre de ma tante, elle n\u2019a plus mal aux dents, boutonne bien ton paletot quand tu sors, il pleut à Montréal, si tu veux tes claques, dis-le moi, etc., etc.Le boy.\u2014C\u2019est 5 piastres, m\u2019sleu! 5 Monsieur.\u2014Quoi! Encore un télégramme pour moi?Le boy.\u2014 Oui, m\u2019sieu, y en a pour 6 piastres.6 Monsieur.\u2014J\u2019en ai assez, je rentre à la maison sans tarder, sans çà c\u2019est la faillite qui m'attend sûrement!! goût marqué du roi pour le s gilets trop riches, et il est obligé souvent de ne mettre \u201csa nouvelle création\u201d qu\u2019tuic seule fois.Les chapeaux, surtout les chapeaux de soie, que le roi paye $30 pièce et qu\u2019il ne met que deux ou trois fois, pèsent lourd dans son budget privé.Une autre faiblesse du roi d\u2019Espagne réside dans ses jarretelles, ornées de boucles magnifiques en platine et dont le ooût est de $200 la paire, Trois paires par m de ces jarretelles extraordinaires sont commandée* pour le compte du roi Alphonse, Le tsar ,qui dépense aussi beaucoup pour sa garde-robe, s\u2019habille pourtant plus modestement que le roi Alphonse.Nicolas II possède une magnifique collection de pardessus doublés des fourrures les plus rares dont le coût et l\u2019entretien s\u2019élèvent à plus de $5,000 par an.Les gants d\u2019hiver et d\u2019été reviennent au tsar à plus de $1, 200 Pour ses complets le tsar aime à choisir des couleurs sombres, gris foncé de préférence.Il est toujours très bien habillé, probablement le mieux babillé des souverains européens, Los complets*veston, qu'il aime à porter, lui coûtent $15,000 par an, Que deviennent, peut-on se demander, tous les vêtements que les rois rejettent après les avoir mis à peine quelques rares fois ?Le tsar, un des plus riches, ou même peut-être le plus riche des souverains, les donne tout simplement à son valet.Le roi Alphonse les fait vendre.Le roi George d\u2019Angleterre les fait vendre aussi et fait remettre l\u2019argent obtenu ainsi, à la reine pour ses oeuvres de charité.L\u2019argent provenant de la vente des vêtements du kaiser est également destiné aux oeuvres de hérité, REPOS ASSURE \u2014 Jean, le réveil-matin est arrêté.\u2014 Ah ! tant mieux ! J\u2019espère qu\u2019il ne marchera plus jamais. 10 Vol.25, No 61, Montréal, 30 Mal 1014 PAS SOUVENT A LA MAISON \u2014Les parents de ma femme sont arrivés depuis huit jours chez nous.\u2014Et comment les aimez-vous?\u2014Sais pas.les ai pas encore vus.LU SAMEDI LES OHÂNÇÂRDS Elle.\u2014Oh, ces Laloque, quels chançards! Voilà-t-il pas qu\u2019ils viennent d\u2019obtenir $800 de dommages-indemnités, et toi qui t\u2019es trouvé dans le même a«cident, tu n\u2019as rien obtenu du tout.Lui.\u2014C\u2019est vrai, mais je n\u2019ai pas été blessé.Elle.'\u2014N\u2019empêche que l\u2019hiver prochain, Mme Laloque fera la fière avec un beau manteau en mouton de Perse et que moi, je n\u2019aurai rien de propre.Oui, il y a des gens chançards! UNE FOLIE L\u2019oncle.\u2014Louis, si je te donne un sou, que vas-tu penser?Le neveu.\u2014Que vous faites une folie, mon oncle, en me mettant déjà de l\u2019argent entre les mains.CONTENT \u2014Jos, la couturière a dit qu\u2019elle ne me ferait plus une robe tant que tu n\u2019aurais pas réglé le compte que nous lui devons.\u2014Eh, mais sais-tu que je suis très content de cela .ILLUSION INUTILE U Madame Grocorps.\u2014 Dis donc, Anatole, regarde voir si ma robe paraît aussi mal que celle-là.s\u2019il en est ainsi, j\u2019aime mieux rentrer tout drette à la maison! La médisance blesse à la fois trois personnes: celle qui parle, celle à qui l\u2019on parle et celle de qui l\u2019on parle.\u2014Rallye.NUL DOUTE Elle.\u2014Regarde, Jean, comme ma bouche est petite: elle semble ne pas pouvoir contenir ma langue.Lui.\u2014Oh, j\u2019en sais quelque chose.CHANGEMENT D\u2019OPINION \u2014Quelle est donc cette jolie jeune fille?\u2014C\u2019est celle que votre mari courtisait avant de vous épouser.\u2014Vraiment, je ne vois pas ce qu\u2019il lui trouvait d\u2019agréable.REPONSE AISEE \u2014Qu\u2019est-ce qui cause la pauvreté?\u2014Mais, simplement le manque d\u2019argent.FACILE \u2014Même par les nuits les plus sombres, ma femme peut dire 1 heure qu\u2019il est à la pendule, sans même se lever.\u2014Je serais curieux de voir comment elle s\u2019y prend.\u2014C\u2019est très facile, elle m\u2019envoie voir avec une lampe.LA PETITE COMEDIE DE FAMILLE 1 Madame.\u2014Jean, mon chéri, j\u2019ai invité une de mes amies à dîner ce soir avec nous.Monsieur.\u2014Tu as bien fait, çà va nous égayer.2 Monsieur, (bien habillé et frais rasé).-est charmante! -Ton invitée 3 Monsieur.\u2014Tu sais, chérie, un de mes bons camarades vient dîner ce soir avec nous.Madame.\u2014Tant mieux, je vais faire un bout de toilette.4 Monsieur, (à part).\u2014Si ça continue, je vais devenir jaloux pas pour rire., Vol.25, No 51, Montréal, 30 mal 1914.LE SAMEDI il L\u2019EXPLORATEUR DISTRAIT \u2014Çà, c\u2019est une chance que je n\u2019ale pas oublié de -mettre mon fourneau à gaz dans mes bagages! .P - ¦\" * .yk.ov-'.jr .''/'/A DANS L\u2019OUEST Premier cow-boy.\u2014Jim, de quelle mort voudrais-tu mourir?Deuxième cow-boy.\u2014Oh, je voudrais mourir dans mon lit, avec une femme, des enfants et le prêtre près de moi.Premier cow-boy.\u2014 Je parle d\u2019une mort ordinaire.Préférerais-tu être lynché, tué d\u2019un coup de fusil, poignardé ou avoir la tête fendue d\u2019un coup de hache?LES OPTIMISTES \u2014Jean est un garçon qui ne se désespère pas facilement.Sais-tu ce qu\u2019il disait dernièrement après avoir perdu sa situation?\u2014Non.\u2014H disait qu\u2019il attendait une augmentation de salaire depuis six mois, qu\u2019il ne l\u2019aurait probablement jamais eue et que, par conséquent, plus il serait resté de temps où il était, plus il aurait perdu d\u2019argent.-o- Les gens du commun ne trouvent pas de différence entre les hommes.\u2014Pascal.PAS DANGEREUX J M# { mm UbiL- HÊiif'A sim \u2014M\u2019sieu le docteur, venez vite à la maison! \u2014Qui est malade là-bas?-\u2014Moi! PREUVE CONTRAIRE EQUIVOQUE Juge.\u2014Votre femme vous accuse de l\u2019avoir laissé manquer de chauffage l\u2019hiver passé et elle dit qu\u2019elle n\u2019a même rien aujourd\u2019hui pour allumer son fourneau et faire la cuisine.Prisonnier.\u2014Çà, c\u2019est faux, Votre Honneur.'à preuve qu\u2019elle a encore fait cuire la soupe d'hier au soir avec les débris d\u2019une chaise que je lui avais cassée sur le dos ! ENTRE PERE ET FILLE Le père.\u2014Tu veux épouser ce jeune homme, ma fille, mais cela demande réflexion, moi vois-tu, je sais bien qu'il a une bonne situation et que ce n\u2019est peut-être pas ta richesse seule qui l\u2019attire mais je voudrais bien savoir s\u2019il a des dettes.La fille.\u2014Ce n\u2019était que cela.tant mieux, rien ne s\u2019opposera donc au mariage puisqu\u2019il en a, des dettes, et des grosses.INDECIS \u2014Que feriez-vous si quelqu\u2019un vous traitait de voleur en pleine face?\u2014Cela dépendrait de l\u2019individu à qui j\u2019aurais affaire.CONSCIENCIEUSE Un cycliste ayant été mordu par un chien, l\u2019autre jour, à Montréal, se plaignit à la police de la façon suivante : \u2018'Le chien, selon que je l\u2019ai appris, appartient à un juge qui réside dans ie voisinage, et a la permission de sortir sans muselière, ce qui ne l\u2019empêche pas de juger les autres.\u2019 QUESTION \u2014Quelle distance d\u2019ici à Bellevue?\u2014Dix milles, à vol d\u2019oiseau.\u2014Et en bicyclette?\u2014J\u2019ai porté le deuil de mon mari pendant une année entière, depuis le 15 mars jusqu\u2019au 15 mai de l\u2019année suivante.\u2014Mais, cela fait 14 mois, cela?\u2014Oui, mais je vous dirai que j\u2019avais suspendu mon deuil pendant deux mois à l\u2019occasion du carnaval.LA PETITE COMEDIE DE FAMILLE VIEILLE CONNAISSANCE \u2014C\u2019est drôle, il me semble vous connaître.\u2014C\u2019est possible: j\u2019ai été dix ans gardien à la prison et, auparavant, j\u2019étais employé dans un refuge de nuit.SUFFISANT \u2014Avez-vous lu mon dernier roman?\u2014Je l\u2019espère bien! LES BRAVES Madame.\u2014Tu devrais bien dire à la servante qu\u2019elle fasse son paquet.Je n\u2019ose pas lui parler moi-même.Monsieur.\u2014C\u2019est bon.(Un peu après.) Marie, Madame désire vous voir quand je serai parti pour môn bureau.DEGOUTE \u2014Qu\u2019est-ce qui voûta dégoûté du mariage?Le mormon.\u2014Mes quatre femmes.5 Madame.\u2014Je n\u2019ai invité personne aujourd\u2019hui.Monsieur.\u2014Moi non plus! 6 Monsieur et Madame dînent en téte-à-tête intime. 12 AU CAFE CHIC \u2014Un» guêpe est tombée dans mon verre et vous osez la retirer avec vos doigts.\u2014Que monsieur se rassufe: elle est morte, elle ne me piquera pas.LE SAMEDI A LA PRISON Gardien.\u2014 Si vous voulez! travailler, nous vous donnerons l\u2019ouvrage qui vous conviendra.Prisonnier.\u2014 Alors, je voudrais être marin.AUSSI BIEN Quelque part, rue St-Laurent, on-lit 1 a-vis suivant, affiché à la vitrine d\u2019un magasin : \u201cN\u2019allez pas vous faire voler ailleurs.Entrez ici.\u201d SUFFISANT Madame.\u2014 Que voulez-vous que je dise, Marie, comme références 1 Marie.\u2014 Dites seulement que j\u2019ai pu rester six mois avec vous, ce sera suffisant.Vol.25, No 51, Montréal, 30 Mai 1014 QUESTION EMBARRASSANTE mfif iinifà» \u2014Dis, m\u2019man, puisqu\u2019on est que poussière pourquoi donc qu\u2019on ne devient pas du mortier quand on boit?PRIS, QUI CROYAIENT PRENDRE C\u2019est une plaisante histoire où, contrairement à l\u2019habitude, les détectives n\u2019ont pas le beau rôle.Dans une grande ville du midi de la France, depuis plusieurs semaines, un habile voleur faisait le désespoir des commissaires de police.Il opérait avec succès, principalement au croisement des lignes de tramways où la foule des voyageurs pressés attend avec impatience l\u2019arrivée des voitures qui la conduiront à destination.Les victimes de ce malin pickpocket étaient innombrables et chaque jour voyait s\u2019élever une plainte nouvelle.Le commissaire, sur les dents, ne savait plus que faire lorsque deux de ses meilleurs limiers vinrent le trouver et se firent forts de lui amener le voleur avant la fin de la semaine.Vous pensez s\u2019il accepta et s\u2019il promit d\u2019enthousiasme une bonne récompense aux deux policiers.Nick et Nat, comme on les avait surnommés là-bas, étaient deux détectives célèbres et ils avaient leur idée.Tous deux, jeunes et bien faits et de taille plutôt petite, pensèrent qu\u2019en s\u2019habillant en femme ils réussiraient certainement à pincer sur le fait le malin pickpocket.Vêtus donc à la dernière mode, jupe serrée, souliers de satin, dessous de soie, chapeau de velours à aigrette, Nick et Nat s\u2019installèrent comme deux paisibles voyageuses qui attendent, sur un banc de la station des tramways.Us n\u2019attendirent pas longtemps.Un grand nègre assis là comme par hasard subtilisa avec une adresse incroyable le sac à main que Nat avait, par contenance, négligemment posé sur ses genoux et qui renfermait la bourse en argent du policier, puis avant que celui-ci eût pu dire un mot ou faire un geste, il décampa.Les deux détectives se levèrent et essayèrent dt\u2018 poursuivre leur voleur, mais ils avaient compté sans leur déguisement.Quoique jeune et svelte.on ne s\u2019improvise pas femme à volonté et les petits souliers, la jupe étroite les embarrassèrent tant et si bien que Nat s\u2019affala sur la chaussée tandis que Nick, presque immobilisé, devait renoncer à toute poursuite précipitée.Reconnaissant alors le ridicule de leur situation, Nick et Nat se jetèrent dans la première maison meublée qu\u2019ils trouvèrent dans l\u2019espoir d\u2019endosser des costumes moins gênants et qui leur permettraient de reprendre immédiatement la piste que le déguisement leur avait fait perdre, mais la fatalité allait encore s\u2019acharner sur eux.Le patron de la maison, intrigué par les allures bizarres de ses clientes, les prit tout simplement pour des cambrioleurs.Il feignit de leur donner une chambre où il les enferma puis courut chercher la police.Les deux braves agents qui vinrent pour arrêter ces soi-disant cambrioleurs ne voulurent naturellement rien croire de l\u2019histoire abracadabrante qu\u2019ils leur racontèrent et, comme Nick et Nat, par une imprévoyance inexcusable, n\u2019avaient rien pour prouver leur identité, on les emmena bel et bien, menottes aux mains.C\u2019est dans cet équipage qu\u2019ils arrivèrent devant le commissaire à qui ils avaient promis de ramener triomphalement le malin pickpocket.Celui-ci les reconnut alors et fit cesser leur aventure, mais Nick et Nat pensèrent en mourir de honte.VENGEANCE DE RIVAL Us se sont bien juré cependant de retrouver à brève échéance le grand nègre qui les dévalisa.b 1\u2014Attends un peu, mon gaillard, tu fais l\u2019amour \u201e ma blond» mais qà ne va pas se passer ainsi! s\u2019écria voir plus que l\u2019amoureux en colère.INGENIEUX \u2014Ce jeune homme est on ne peut plus ingénieux.\u2014.Te ne lui ai jamais rien vu faire.\u2014Justement, il trouve le moyen de vivre sans travailler.CAPABLE \u2014Etes-vous capable d\u2019occuper la position qui est offerte?\u2014 Capable ! J\u2019ai justement quitté mon ancienne position parce que le pa-à tron disait que j\u2019avais l\u2019air d\u2019en sa-\"\t'\t\u2019ui.2 Et aussitôt il se mit à badigeonner l\u2019échelle avec de la bonne peinture noire qu\u2019 il^ie ménagea pas.3 Quand l\u2019autre descendit, vous pouvez juger du piteux état dans lequel il se mit.Son vêtement neuf en fut tout gâté., i Et l\u2019amoureux, satisfait et vengé se moqua bien de lui par-dessus le marché.Avis & ceux que la chose pourrait intéresser. Vol, 25, No 51, Montréal, 30 mal 1914.LE SAMEDI ïâ euilleton du \u201cSamedi xSBstf vfity wbsë sîi L'HOMME DES TENEBRES par Paul de Garros * ' / RESUME DES PRECEDENTS CHAPITRES La baronne Simone de Montescourt reçoit de son frère une demande d\u2019argent à laquelle elle accède.Après avoir, à l\u2019insii de tous, dans un lieu écarté, reçu le montant désiré, le frère de la baronne, Olivier Tréinorel, est attaqué et dévalisé par un certain Vernois, triste individu qui ne vit que d\u2019escroqueries.Le baron de Montescourt, revenant en automobile, se porte au secours de son beau-frère et trouve la mort aux mains de Vernois.De crainte d\u2019être accusé du crime, Olivier Trémorel s\u2019enfuit.Sur les allégations d\u2019un journal à sensation, Simone de Montescourt, soupçonnée d\u2019avoir assassiné son mari, est arrêtée.En Amérique, où il avait vécu quelques années, Vernois s\u2019était marié.Sa je une femme, abandonnée par lui avec un jeune enfant, se met à sa recherche.DEUXIEME PARTIE LA PART DES INNOCENTS No.3\tIV ( Suite 1 \u2014 Bon toutou, nous voilà tous les deux tout seuls maintenant !.y \u2014Alors ,1a grand\u2019mère ne compte plus?interrompit aigrement la baronne.\u2014 Oh ! je n\u2019ai pas dit ça, bonne maman, répondit l\u2019enfant avec une vivacité tout affectueuse, mais, vois-tu, les grand -mères, ça ne joue pos sur le tapis avec les péïïîs garçons.c\u2019est ce que je racontais à Minos, qui m\u2019a très bien compris, j\u2019en suis sûr, n\u2019est-ce pas, bon chien?Un long regard, doux et profond, du setter marqua son acquiescement.\u2014 C\u2019est curieux, il raisonne déjà comme un homme, ce bambin, murmura tout bas la vieille dame.\u2014 Au contraire, petite soeur, maman et même papa étaient toujours prêts à jouer avec moi, continua l\u2019enfant.C\u2019est triste ici depuis qu\u2019ils sont partis .\u2014 Tu es aimable.__Pourquoi donc que maman et petite Publié en vertu d\u2019un traité avec la So ciété des gens de lettres.Commencé dans le No.16 mai 1914.soeur ne sont plus là ?.On m\u2019avait dit que maman partirait pour quelques jours seulement.tu ne sais pas quand elle reviendra.\u2014 Je n\u2019en sais rien du tout, répondit la baronne d\u2019un ton revêche.\u2014C\u2019est drôle !.Et papa, où est-il donc ?On m\u2019a dit qu\u2019il ne reviendrait plus.Est-ce que c \u2019est vrai ?Mme de Montescourt fit un effort pour refouler les larmes qui lui montaient aux yeux, mais elle ne réussit pas à dissimuler complètement son émotion.Hubert s\u2019en aperçut et courut l\u2019embrasser.\u2014 Tu as du chagrin, grand\u2019mère, pardonne-moi si j\u2019en suis cause.Mais réponds-moi donc.Dis-moi si papa., \u2014 Je t\u2018en prie mon cher mignon, murmura tendrement la baronne, n \u2019insiste pas, je ne peux pas te répondre, ce sont \u2014 M \u2014 des mystères que tu comprendras mieux plus tard.\u2014 Ah !.et pour maman c\u2019est aussi un mystère ?\u2014 Son retour ne dépend pas de moi.\u2014 Mais pourquoi petite soeur est-elle partie aussi tout à l\u2019heure ?Elle reviendra bientôt ?.\u2014 Je n\u2019en sais rien.Tiens, voici Baptiste qui apporte une lettre.c\u2019est peut-être de la maman ?La baronne ouvrit l\u2019enveloppe et une exclamation de surprise : \u2014 Tiens, non, c\u2019est du docteur Teysse-renc.Que me veut-il ?A demi-voix, elle lut : \u201cMadame, \u201cJe rentre d\u2019Issoire à l\u2019instant et je vous écris à la hâte ce mot que mon do- j.inÉÉÉÉÉ i4 mesüque vous portera.Je serais passé moi-mèm* à Randanne si je n\u2019étais pas forcé d'aller immédiatement pour une opération urgente à la Roehe-\"Noire)c\u2019est-à-dire dans une direction tout opposée à celle de Hundatme.\"Donc je reviens d'Issu ire et j\u2019ai pu obtenir de voir Mme Simone de Montes-eourt.Si la calomnie stupide d\u2019upa lettre anonyme, ignoble a provoqué son arrestation, on peut dire aujourd\u2019hui qu'elle est retenue en prison par un abominable déni de justice.Mais je ne comprends pas, je n'admets pas que vous ne soyez pas intervenue déjà vingt fois pour réclamer son élargissement.\u201cJ'ai fait ce que j\u2019ai pu aujourd'hui pour démontrer au procureur de la République à quel point sa conduite avait été légère et combien son entêtement est ridicule \u2014 j'ai quelques droits à lui parler librement, Tayaut vu au maillot et ayant été le camarade d\u2019école de sou père.\u2014 Mais je crois que, chez ce monsieur, l'aveuglement politique a détruit U* bon -.eus.Je un' suis lu-urté à un par-i pris irréductible.\u201cLe juge d'instruction est beaucoup plus raisonnable.S\u2019il était tout à fait maître, Madame de Montescourt serait libre depuis plusieurs jours.Malheureusement, il n\u2019ose pas aller contre la volonté du procureur qui, lui, érige en dogmes infaillibles les basses calomnies d\u2019une lettre anonyme.\u201cUn» pareille situation ne peut pas se prolonger indéfiniment.C\u2019est à vous, madame, qu\u2019il appartient d\u2019intervenir énergiquement pour faire respecter votre belle-fille.\u201cAdressez-vous au procureur général p\u2019ts la cour de Riom, puisque celui d\u2019Is-soire ne veut pas entendre raison, et réclamez la mise en liberté immédiate de Mme Simone de Montescourt.Rien, absolument rien ne peut légitimer la détention qu\u2019elle subit.\u201cEntendez-vous, pour cette démarche, avec l\u2019avocat, Me Dumontccl, qu\u2019on lui a désigné d\u2019office, car la pauvre femme trouve tellement grotesque Taceusat.on dont elle est l\u2019objet, qu'elle n\u2019a pas voulu choisir un avocat tet refusé absolument de discuter Mette accusation .\u201cNe sachant pas si j\u2019aurai le temps d\u2019aller vous voir demain, je vous serai reconnaissant de me faire connaître par lettre votre décision, car, si vous ne croyez pas pouvoir intervenir, j\u2019agirai à votre place et je porterai au besoin cette scandaleuse affaire devant le .tribunal de l\u2019opinion publique.\u201cPeut-être trouvereg-yous, .Madame, mon adjuration un peu impérative, mais j\u2019estime que ma vieille amitié pour votre fils me donne le droit de défendre sa mémoire et son honneur, en.détendant sa femme.\u201cJe n\u2019insisterai pas davantage.Je suis sûr que votre coeur, à défaut de votre raison, inspirera votre conduite.\u201cSonge?, .madame, aux souffrances qu\u2019endure actuellement cette malheureuse Ut SAMEDI femme, eemplèUmeat innocente du forfait qu'on prétend lui imputer.Song#z à la douleur de la mère séparée de ses enfants.Pensez à l\u2019isolement, au désespoir de deux orphelins, privés de leur cher nja'man.Et prenez sans retard lu défense de ces innocents, de ces abandonnés.\u201cAgréez, madame, les sentiments respectueux d\u2019un ami profondément dévoué- Docteur TEYSSERENC.\u2019\u2019 Mme de Montescourt avait lu cette lettre sans pouvoir dissimuler de temps en temps des mouvements d'indignation ou dë colère.Lorsqu\u2019elle eut terminé, elle balbutia entre ses dents : Il est bon le docteur avec ses interventions !.Je me demande ce que je gagnerais à m\u2019adresser au procureur général.Et puis, ceci n\u2019est pas de mon affaire, Si ma belle-fille est encore en prison c\u2019est qu\u2019on a des raisons de l\u2019y garder.Je n\u2019ai pas à me mêler de ça.Qu'elle s\u2019arrange avec son avocat et qu\u2019elle se débrouille avec les juges 1.C'est assez qu\u2019une Montescourt soit compromise dans ce scandale.Il est inutile d'en coinpro-metre deux.La douairière appuya sur le bouton d\u2019un timbre électrique.Baptiste apparut.\u2014Est-ce que le domestique de M.Teys-serelie est encore ici 1 demanda-t-elle.\u2014 Oui, madame.\u2014 Bien, dites-lui d'attendre, je vais lui remettre un mot.Et séance tenante elle écrivit : \u201c Mon cher docteur, \u201cMerci de l\u2019intérêt que vous prenez à nos malheurs et des conseils que vous me donnez.Mais je tiens essentiellement pour le moment à rester dans la réserve, à garder l\u2019expectative.\u201cJe verrai plus tard, suivant la façon dont l\u2019instruction tournera, ce que j\u2019aurai lieu de faire.Agréez l\u2019assurance de mes sentiments dévoués.Be douairière d, MONTESCOURT-\u201d Elle sonna de nouveau Baptiste ef lui donna la lettre qu\u2019il devait remettre au domestique du médecin.Puis, elle se rassit à côté de la cheminée et, au bout d\u2019un instant, murmura tout bas : \u2014 Simone en liberté !.Ah ! il ne manquerait plus que ça !\u2022\u2022\u2022 Qu\u2019est-ce que je deviendrais, moi, si on pi\u2019enlevait le bambin qui joue là, à mes pieds.Nou non, cela ne sera pas.Et après avoir embrassé longuement le petit Hubert, la vieille baronne s\u2019enfonça dans sa rêverie pour affirmer scs résolutions.X M.Couturier aurait voulu reconduire Simone à Randanne an bout de deux jours, en la mettant hors de cause et en Vpl.25, No 51, Montréal, 3Û Mai 1914 lui faisamt, par-dessus 1« matai», tout as iu «xeugas.Mail il \u2022 était heurté à une opposition très vive du procureur, et il n\u2019avait pas osé passer Quti e, pgree que-.parce que.l\u2019affaire ne tournait pas comme il il\u2019avait souhaité.M.le juge d\u2019instruction s\u2019était flatt|, en effet, qu\u2019une fois en tête-à-tête avec Mme de Montescourt, U lui feratt facilement avouer si, oui on non, elle était sortie de Randanne le jour du crime, et, dans le cas de l\u2019affirmation, expliquer pourquoi elle avait d\u2019abord nié cette sortie.Mais ses espérances furent complètement déçues.Mme de Montescourt, soit seule, soit en présence de J\u2019avocat qu\u2019on lui avait design, d\u2019office sur son refus d'en choisir un, Mme de Montescourt persista a dire qu\u2019elle n\u2019était pas sortie Ile .jour du crime.Or, M.Couturier, s\u2019étant, mis dans la tête qu\u2019elle était sortie, en conclut qu\u2019elle mentait en affirmant le contraire.Et ce mensonge le froissa, l\u2019indisposa contre sa cliente.Certes, il ne commença pas pour cela à douter dé son innocence, mais il fut mécontent qu\u2019elle montrât tant d\u2019entêtement et si peu de confiance en lui \u2014 en lui qui n'avait pas d\u2019autre objectif que de la défendre.Il est inutile d\u2019ajouter, après cela, que la jeune femme n\u2019opposa que le dédain à l\u2019accusation d\u2019assassinat que le juge osa formuler contre elle, dans l\u2019espoir d\u2019une explication définitive.\u2014 De votre part, monsieur, dit-elle simplement, je ne me serais jamais attendue à une pareille injure.Je refuse de vous répondre, je refuse de discuter avec vous une accusation qui est .encore plus absurde que monstrueuse.\u201cFaites de moi te que vous voudrez, je ne me défendrai pas et je ne veux personne pour me défendre.Seulement, je ne cesserai jamais de protester contre l arbi-traire dont je suis victime est contre la cruauté de ceux qui n\u2019ont pas craint de rue séparer de mes enfants St de pie dé-shonorer devant leurs yeux.\u201d Tous les efforts du juge d\u2019instruction ne parvinrent pas à la faire changer d\u2019at-tittfde.\u2014 Rendez-moi mes enfants ! se contentait-elle de dire en réponse a toutes les questions.Au bout de quinze jours, cependant, elle demanda si elle pouvait écrire.\u2014 A qui ?interrogea M.Coututrier.\u2014 A Mlle des OUTres, à Boissac.\u2014 Je n\u2019v vois pas d\u2019inconvénient.Simone écrivit aussitôt quatre grandes pages à son amie, et très discrètement, U1 juge fit mettre la lettre à în poste sans la contrôler.Ce fut le même jour que la jeune femme reçut la visite dp docteur TcysSerene.Nous savons déjà quelle impression le médecin avait rapportée de cette entrera*.84 Vol.25, Mo il, Moatféftl, 20 mai 1914.n j .®4i!t ( Quoique it* juge d\u2019instruction eût précédé à l\u2019arrestation de Mme Simone de Monteseourt avec la plus grande discrétion ,1a nouvelle n'avait pas tardé à être connue dans tout le pays, où «Me avait soulevé une grosse émotion.La presse locale et régionale g\u2019était aussi en livrée de l\u2019affaire, et chaque journal, naturellement, Il\u2019avait rancontée et appréciée à sa manière.beqx jours après, le scandale s\u2019étalait dans tous les journaux de Paris.Jusqu\u2019à ce moment là, une seule feuilLe parisienne s\u2019était occupée de l\u2019assassinat du baron de Monteseourt, poiir en faire, d\u2019ailleurs, un récit tendancieux qui avait été pour beaucoup dans l\u2019arrestation de Simone .\t~\t, M&is les confrères comprenant que ladi te feuille, en présentant le crime comme une mystérieuse tragédie domestique, cherchait uniquement à se tailler une réclame personnelle, avaient affecté de négliger ce \u201cpétard \u201d et n\u2019y avaient consacré que quelques lignes dans les faits divers.Quand Mme de Monteseourt eut été incarcérée, qu\u2019on se trouva non plus en face d\u2019un bruit vague, grossi par le besoin de réclame, mais en présence d\u2019un fait judiciaire précis, tous les journaux furent bien foreés d\u2019en tenir compte.Le grand journal d\u2019opinion modérée, que recevait le comte Richard de Lovasy n\u2019avait pas parlé la première fois du mystère de Randanne, fidèle à une vieille habitude qui lui faisait écarter de ses colonnes toutes les affaires criminelles, tant qu\u2019elles n\u2019étaient pas entrées dans le domaine judiciaire.Après l\u2019arresation de Simone, il fut obligé comme les confrères, de consacrer un article à cet événement sensalionne».Ce fu.la première chose qui tomba ^ous les yeux de M.de Lovasy lorsqu\u2019il déplia le journal.Il lut l\u2019article avidement d\u2019abord, puis, peu à peu, étrejnt par une angoisse de plus en plus vive.Et dès qu\u2019il eut fini, il appela sa femme.\u2014 Irène !.Irène !.Viens voir.La comtesse apparut bientôt en robe de chambre, ses bigoudis sur le front.\u2014Qu\u2019y **-t-il mon Dieu \u2014 Tiens, lis.En une minute, sans hésitation, sans émotion apparente, la vieille dame parcourut l\u2019article indiqué, et son impression se traduisit indiqué par un geste d \u2019indignation accompagné d\u2019un cri de colère ; \u2014 Oh ! la gredine !.Mais, d\u2019ailleurs, de cette femme-là rien ne m\u2019étonne .J'ai toujours pensé qu\u2019elle était capable de tout.Richard de Lovasy protesta .avec véhémence : .\u2014 Voyons, comment oses-tu dire une chose pareille ?Simone a pu différer d\u2019opinion avec nous.Sa présence chez nous a pu nous gêner, en ce sens surtout qu\u2019elle t\u2019empêchait d\u2019accaparer la petite LE SAMEDI Jeanxe eontm* tu l\u2019aurais voulu ; »ais de là à conclure qu\u2019elle a pu commettre un crime, il y a un abîme.\u2014 Si on l\u2019a incarcérée, e\u2019est qu\u2019il y a contre elle des présomptions graves.\u2014 Allons donc !.Je suis sûr que c\u2019est un malentendu et qu\u2019on la relâchera demain.Fichtre, comme tu y vas ! Assassiner son mari !.Mais rien, absolument rien ne pourrait expliquer un crime pareil.\u201cSimone est heureuse, Simone est riche.Elle aime son mari qui l'adore.Et elle irait compromettre cette félicité par un coup de folie !.Voyons, il suffit de réfléchir un instant pour se rendre compte que cette monstrueuse accusation ne tient pas debout.Ce n est pas quand un ménage est uni comme celui-là.\u2014 Qu\u2019en sais-tu I interrompit la comtesse d\u2019un ton glacial.M.de Lovasy s\u2019arrêta bouche bée, désemparé.En effet que savait il du ménage de Monteseourt ?Et comment aurait-il pu en savoir quelque chose, puisque, depuis six ans, il n\u2019avait pas revu Simone et n\u2019avait reçu d\u2019elle aucune nouvelle ?.X Ah ! cette Simone, cette enjôleuse de Simone !.Elle avait été pour eux, jadis, pour lia comtesse surtout, un véritable cauchemar.Entrée dans leur famille contre lent\u2019 gré parce que sans fortune et sans naissance, veuve au bout de quelques mois et demeurée ensuite à leur charge avec son enfant, n\u2019avait-elle pas eu la prétention de vouloir garder eette fillette pour elle toute seule ?La grand\u2019mère, naturellement, avait poussé les hauts cris : \u2014 Ma chère amie, si vous voulez emmener votre fillette et subvenir à tous ses besoins, vous êtes libre, mais vous vous débrouillerez toute seule.Si au contraire, vous consentez à part i r seule et à me laisser votre enfant, nous nous chargerons de son éducation et vous recevrez une pension de 200 francs par mois.Après quatre mois de tiraillements, de luttes sourdes, Simone avait cédé .Elle s\u2019était réfugiée chez son frère \u2014 d\u2019où la jalousie de sa belle-soeur devait bientôt la chasser \u2014 laissant à ses beaux-parents la charge d\u2019élever la petite Jeanne et préférant se priver de sa presence, que priver l\u2019enfant du bien-être auquel elle était habituée.Mais l\u2019heure de la revanche n\u2019avait pas tardé à sonner.Devenue riche, grâce à la fortune qu\u2019une soeur de sa mère, Mme Désirée Plouchard, lui avait laissé en toute propriété, elle n'avait plus eu à compter avec la volonté de ses beaux-parents.Elle était rentrée tranquillement en possession de sa fille, et forte de l\u2019appui de son second mari Alain de Montes-court, elle avait pris plaisir à opposer la lA I plus parfaite indifférence aux objurgations et aux menaces de la vieille comtesse de Lovasy.Depuis six ans, Jeaune n\u2019avait pas revu ses grands-parents et ne leur avait pas donné signe de vie.Cette attitude sévère, cruelle peut-être, mais amplement justifiée, avait exaspéré Mme de Lovasy, si exclusive, si tyrannique.\u2014 Ah ! la mâtine, elle se venge en nous privant de notre petite-fille !.Eli bien, si je trouve jamais une occasion de me rattraper.Richard de Lovasy, qui n avait pas d\u2019animosité contre sa belle-fille et qui aimait également la fillette, avait simplement souffert de ne plus revoir ni l\u2019une ni l\u2019autre.Mais son coeur affligé n avait jamais caressé l\u2019espoir d\u2019une vengeance.De plus en plus isolés au milieu d\u2019amis qui se faisaient de jour en jour plus rares, mais s\u2019entêtant par gloriole, sous prétexte qu\u2019ils pourraient \u201crecevoir\u201d, à garder leur appartement de la rue Boissière, trop lourd pour leurs revenus, le comte et la comtesse de Lovasy avaient donc passé ces six dernières années dans un tête-à-tête presque continuel, l\u2019une agressive et maussade, l\u2019antre triste et résigné, tous les deux aigris par une solitude compliquée d\u2019ennuis d\u2019argent, que n\u2019égayait aucun sourire d\u2019enfant, aucun rêve d\u2019avenir.X Après avoir réfléchi un instant, Richard de Lovasy poursuivit : \u2014 Je persiste à croire que la plus parfaite harmonie régnait entre Simone et son mari.S\u2019il en eût été autrement, Simone fière et franche comme elle .l\u2019est, et maintenant indépendante par sa fortune, n\u2019eût, pas accepté une vie commune qui eût été un perpétuel mensonge.\u2014 Elle a un enfant de ce Monteseourt.Le partage d\u2019un enfant est tou-jours compliqué.Cette raison seule a pu la faire rester à Randanne.\u2014Non, non, son caractère loyal ne se fût pas prêté à cette combinaison.Donc, je le répète, le ménage était certainement uni, et par conséquent, Simone n\u2019a pas pu assassiner son mari.\u2014 Pourtant, ce ne serait pas la première fois que l\u2019attitude louche de cette femme permettrait Iles suppositions désobligeantes.Il y a eu déjà à côté d\u2019elle une mort soudaine, mystérieuse.Quand notre pauvre Antoine mourut, je me sou-v ns que mes premiers soupçons.\u2014 Tais-toi donc ! interrompit le comte durement, une mauvaise foi est odieuse.Tu sais très bien que Simone n\u2019est pour rien dans la mort de son premier mari et qu\u2019elle a pleuré notre cher Antoine avec la même sincérité que nous.\u2014 Néanmoins, l\u2019avocat que j\u2019ai consul-té lor que je voulais enlever à Simone ses droits sur Jeanne, m\u2019a fort bien expli- 85 Ift que que si je pouvais apporter le moindre commencement de preuve.\u2014 Je ne veux pas en entendre davantage, répliqua Richard, j\u2019aime mieux m'en aller.\u2014 Un peu de patience, voyons ! supplia la vieille dame.J\u2019expose à haute voix tout ce qui me passe par la tête, laisse-moi parler, ça me soulage.-U m\u2019est bien permis, je pense de chercher des explications à l'horrible drame de Randanne, de faire des rapprochements entre le passé et le présent.\u2014 C\u2019est complètement inutile, puisque ce rapprochement pe peut rien expliquer du tout et ne sert qu\u2019à montrer ton parti pris.La comtesse, d'un geste autoritaire, coupa la parole à son mari : \u2014 Enfin, s\u2019écria-t-elle, je ne songe pas seulement à Simone dans cette affaire, je songe encore, surtout, à ma petite-fille, à ma chère petite Jeanne qui, à l\u2019heure actuelle, par suite de l\u2019arrestation de sa mère, se trouve seule au monde, abandonnée à des étrangers, à des mercenaires \u2022 Le comte approuva d\u2019un signe de tête.\u2014 C\u2019est vrai, balbutia-t-il, Jeanne n\u2019a plus aucun parent auprès d\u2019elle pour la protéger.Mme de Lovasy, sentant le terrain favorable, continua avec véhémence : \u2014Oui, qui nous prouve que la vieille baronne de Montescourt, qui n\u2019a pas du voir avec beaucoup de plaisir cette enfant étrangère arriver chez elle, qui nous prouve que la baronne de Montescourt ne profite pas de l\u2019absence de sa bru pour martyriser, une intruse à ses yeux ?\u2014- Julie est probablement auprès d\u2019elle, objecta Richard.\u2014 Julie est une brave fille, c\u2019est incontestable.Elle était jadis, très dévouée.Ça ne l\u2019a pas empêchée pourtant, tu t\u2019en souviens d\u2019obéir aux injonctions de ce chenapan de Valentin Lamelle et de conduire Jeanne, sur son ordre, dans je ne sais quelle caverne de brigands.\u201cSans doute, elle a vivement regretté, depuis, cette escapade inconsidérée et bien juré qu\u2019elle ne recommencerait plus.Mais enfin, tout est possible avec une fille, aussi naïve, aussi écervelée.De plus, dans la circonstance, il lui serait difficile de défendre Jeanne contre la baronne de Montescourt.\u201cEn somme, notre petit Jeanne, la fille de notre fils, n\u2019a plus, actuellement, d\u2019autre protecteur que nous.C\u2019est à nous, d\u2019ailleurs, que sa tutelle reviendrait légalement, si sa mère était condamnée .\u201cMais notre devoir n\u2019est-il pas d\u2019intervenir dès maintenant, avant que la justice se soit prononcée sur le compte de Simone, de façon à écarter de cette enfant les dangers qui pourraient, la menacer ?\u2014 Effectivement, il me semble que notre devoir est d\u2019intervenir le plus tôt possible pour nous faire donner la garde de notre petite-fille.\u2014 Enfin ! dit la vieille dame d\u2019un air triomphant, je suis heureuse que tu m\u2019approuves une fois par hasard.Et bien, que LE SAMEDI faut-il faire p#sr s*la ?.\u2014 S\u2019adresser au parquet, parbleu ! \u2014 Et s\u2019il refuse ?.car il faut tout prévoir avec les magistrats.\u2014- S\u2019il refuse.s\u2019il refuse., dame, c'est qu'il aura des raisons de refuser.\u2014 Alors, tu t\u2019inclinerais ?\u2014 Ce serait plus sage.\u2014 Ah ! que les hommes sont lâches !.Eh bien, moi, je ne m\u2019inclinerai pas.Si le tribunal ne m\u2019accorde pas le droit de m\u2019occuper de ma petite-fille, je le prendrai ce droit.J\u2019arracherai cette enfant aux étrangers qui la martyrisent, je la mettrai sous ma protection.Voilà !.¦ \u2022 Voyons, quand feras-tu la démarche auprès des juges ?.aujourd\u2019hui ?.\u2014- Le plus tôt possible.Donne-moi tout de même le temps d\u2019aller jusqu\u2019à Is-soire.\u2014 Nous partirons ee soir.Je t'accompagne.\u2014 Soit, murmura le comte résigné.-\u2014Je commence immédiatement les préparatifs, conclut la comtesse, il n\u2019y a pas de temps à perdre., Et la vieille dame disparut eu coup de vent dans le couloir qui menait à sa chambre, en se disant tout bas : \u2014 J\u2019ai vécu pendant six ans avec l\u2019espoir tie pouvoir, un jour, me venger de cette Simone.Est-ce que ce serait, enfin, l\u2019occasion rêvée ?VI Mlle des Ollières s\u2019était promise de se rendre à Randanne dès le lendemain de son retour a Bmssae pour porter à sa malheureuse amie ses condoléances et l\u2019assurance de son affection dévouée.Mais, en arrivant chez elle, elle y trouva la lettre de Simone qui l\u2019attendait depuis plusieurs jours, car, au lieu de rester quarante-huit heures à Paris, elle avait été forcée, par la santé de son frère, de retarder de jour en jour son départ et de prolonger son séjour pendant près de deux semaines.Dans eette lettre, la jeune femme expliquait \u2014 très vaguement \u2014 qu\u2019étant obligée de s\u2019absenter quelque temps, elle ne pouvait emmener sa fille avec elle, et ne voulant pas laisser celle-ci à la charge de sa belle-mère, elle priait son amie de venir chercher Jeanne à Randanne.Ces lignes un peu mystérieuses, posaient une véritable énigme devant Mlle des Ollières.Elle n\u2019hésita pas d\u2019ailleurs, et par-tit aussitôt pour Randanne et pas fâchée, d\u2019autre part, d\u2019éclaircir le mystère.En arrivant au château, elle demanda d\u2019abord à voir Mme de Montescourt, seule, pour que la présence des enfants ne la gênât pas, si elle avait des explications ennuyeuses à donner.La douairière avait conservé une très vive sympathie pour Marguerite ,en dépit de il\u2019intimité qui s\u2019était établie entre sa belle-fille et Mlle des Ollières et qui eût Vol.25, No 51, Montréal, 30 Mat 1914 dû l\u2019éloigner de cette dernière.SS* vefut aime avec une\u2019tirés sincère émotion les condoléances de la jeune fille.Puis, ce tribut payé a la mort tragique d Alain, la vieille dame n attendit pas les questions pour raconter ce qui s était passé depuis le drame.La justice, saisie, avait, dès le lendemain du crime, commencé une enquête qui n\u2019avait donné aucun résultat.-.Mais tçïit à coup* un ensemble de circonstances avait permis de supposer que Simone avait pu faire tuer son mari par son frère Olivier Trémorel.Simone avait donc été arrêtée et écrouée à la prison d'Issoi-re sous la prévention de complicité d assassinat.\u2019\u2019 Marguerite se récria, indignée : \u2014 Mais, c\u2019est grotesque.grotesque et odieux.Simone avoir fait tuer son mari !.Allons donc ! Je n\u2019ai jamais vu d\u2019époux unis par une plus solide affection !.Il faut être fou.ou criminel pour avoir imaginé une pareille monstruosité.\u2014 Vous ne lisez doue pas les journaux, Ma rgu erite.\u2014- Jamais.\u2014 Et votre frère.1 \u2014 Très rarement.\u2014 En ee cas H n\u2019est pas étonnant que vous n\u2019ayez pas remarqué l\u2019article quia paru, il y a une quinzaine de jours, dans une feuille parisienne et qui a été pour beaucoup, je crois, dans l\u2019arrestation de ma belle-fille.\u2014 En voilà une façon d Instruire les affaires criminels 1 s\u2019écria Mlle des Ollières.S\u2019inspirer d\u2019une presse toujours avide de scandales ! Et ne pas craindre de baser là-dessus une accusation infâme qui peut ruiner l\u2019honorabilité d\u2019une famille ! ( est honteux !.Vraiment ces gens-là se moquent un peu trop du monde ! \u2014 Vous pensez bien, ma chère amie, objecta la douairière, que les magistrats avant de procéder à l\u2019arrestation de Simone, ont dû vérifier l\u2019authenticité des allégations contenues dans cet article.\u2014 Alors, vous aussi, madame, vous croyez à la culpabilité de Simone V \u2014 Je ne sais pas, je cherche à m\u2019expliquer, .Marguerite allait répondre, quand tout à coup la rencontre qu\u2019elle avait faite sur le quai du Hayre lui revint à l\u2019esprit.Elle revit, dans une soudaine évocation, Olivier Trémorel se dirigeant, la tête basse, vers le paquebot qui allait partir pour l\u2019Amérique.Et perplexe, troublée, elle bredouilla une phrase inintelligible et se tut.\u201cMon Dieu, pensait-elle, est-ce qü\u2019il y aurait quelque rapport entre le -départ de M.Trémorel et l\u2019arrestation de Simone ?L\u2019article du journal aurait-il dit vrai ?.Et les magistrats possèdent-ils des preuves qui légitiment leur attitude ?.\u201d Après une minute de cruelle perplexité, Mlle des Ollières se ressaisit.\u2014 N(>n.ce n\u2019est pas possible, reprit-elle à demi-voix, Simone est certainement innocente.C\u2019est un malentendu qui va Vol.25, No 51, Montréal, 30 mai 1914.s\u2019éclaircir d\u2019ici peu.\u2014 Puissiez-vous ne pas vous tromper ! minauda la vieille dame d\u2019un ton doucereux.Enfin, en attendant que nous soyons fixées, comme le \"voyage\u201d dont vous parle Simone peut durer quelque temps encore, vous allez sans doute emmener sa fille chez vous ?\u2014 Oui, madame, j\u2019emmène Jeanne à Boissac aujourd\u2019hui même, d\u2019abord parce que sa mère m\u2019en a priée, ensuite parce que la chère petite a besoin d\u2019être réconfortée et dorlotée.T/e changement, d\u2019nil-leurs, lui fera grand bien en la distrayant et la délivrera peut-être du cauchemar que l\u2019absence de sa mère doit faire peser sur elle.\u2014 Je trouve tout naturel que ma bru ait préféré vous confier sa fille .poursuivit.la douairière.Aussi, je ne m\u2019y suis pas opposée.J\u2019ai déjà tant d\u2019occupations ici avec Hubert !., \u2014 Evidemment.C\u2019est ce que prévoyait Simone lorsqu\u2019elle m\u2019a demandé de me charger de sa fille.Voyons, voudriez-vous, madame, faire prévenir les enfants que je suis ici et faire dire égale-ment à Julie, la femme de chambre, de se tenir prête à.m\u2019accompagner.?\u2014 Bien volontiers.Hubert et Jeanne ne tardèrent pas à apparaître .La jeune fille les embrassa tendrement.Tous les deux, d\u2019aillem's, semblaient ravis de la revoir, surtout Jeanne, qui prévenue par sa mère que Mlle des Ollières viendrait la chercher, comprit tout de suite que son apparition était pour elle le signal de la délivrance.\u2014 Est-ce que nous allons ce soir à Bois-sac ?demanda la fillette au bout d\u2019un instant.\u2014 Mais certainement, ma chérie, nous partons dans quelques minutes.As-tu averti ta bonne ?\u2014 -Te crois qu\u2019elle est prévenue.Je vais tout Je même m\u2019en assurer.Ah ! c\u2019est inutile, ajouta-t-elle après avoir jeté un coup d\u2019oeil par la fenêtre, la voilà qui traverse la grande cour, un sac de voyage â la main \u2014 En route, alors conclut Marguerite, il vaut mieux ne pas attendre la nuit pour rentrer, c\u2019est plus prudent.Mada-me, continua-t-elle en tendant la main à la douairière j\u2019espère que nous nous reverrons bientôt et qu\u2019à ce moment-là l\u2019horrible cauchemar qui nous oppresse sera dissipé.\u201cD\u2019ailleurs, dès demnin matin, je me mets en campagne et je n\u2019aurai point de repos tant que la vérité n\u2019aura pas éclaté aux yeux de tous.Vous ne voulez pas m\u2019aider dans cette oeuvre le justice de réparation ?.___Non.non, ne me mêlez pas à cette horrible affaire ' .Je suis trop vieille, [es émotions me brisent.J\u2019aime mieux me tenir à l\u2019écart et attendre du tribunal LE SAMEDI la manifestation de la vérité, c\u2019est-à-dire, \u2014 je l\u2019espère \u2014 la mise hors de cause de Simone.\u2014 Soit ! j\u2019agirai seule.Adieu, madame.Dès que Jeanne, dans le coupé qui roulait vers Boissac, fut en tête-à-tête avec sa bonne amie Marguerite, sa langue se délia et son coeur put s\u2019épancher sans contrainte.\u2014 Maman m\u2019avait dit, en partant, qu\u2019elle ne serait absente que quelques jours et il y a déjà deux semaines.Mais, puisqu\u2019elle vous a écrit, elle a dû vous expliquer pourquoi elle était partie.\u2014 Hé ! non, justement, ma chère petite elle ne m\u2019a rien expliqué du tout.Elle me parlait d\u2019un court voyage pendant lequel elle préférait que tu sois à Boissac, pour ne pas gêner ta bonne-maman.\u201cMalheureusement, j\u2019étais absente, j\u2019étais allée au Havre chercher mon frère qui revient d\u2019Amérique et comme il était souffrant, nous sommes restés à Paris dix-sept jours au lieu de deux.\u201cJe n\u2019ai donc pas pu aller te chercher plus tôt et tu es restée à la charge de.bonne-maman.\u2014\u2022 Je ne l\u2019ai guère gênée pendant ce temps-là, elle ne m\u2019a pas vue souvent.\u2014 Pourquoi ce manque de confiance envers bonne-maman ?\u2014 Parce qu\u2019elle ne me témoigne que de l\u2019aversion.\u2014 Tu dois exagérer, ma Jeannette.\u2014 Non, non.Ah ! je me demande pourquoi papa tenait tant à ce que j\u2019appelle sa mère bonne-maman.?\u2014 Parce quo c\u2019est l\u2019usage en pareille cas .\u2014 Elle n\u2019est pas ma grand\u2019mère.\u2014 C\u2019est vrai mais tu appelais bien papa M.de Montescourt, bien qu\u2019il ne fût pas ton père ?\u2014Oh ! lui, ce n\u2019est pas Ha même chose : il était si bon pour moi.Quel malheur qu\u2019il soit mort !.Et l\u2019on ne sait pas encore par qui il a été tué î \u2014 Hélas ?ma chère mignonne, on n\u2019a rien trouvé jusqu\u2019à présent.\u2014 Mais maman est partie avec un monsieur qu\u2019on appelle le juge d\u2019instruction et qu\u2019il était venu plusieurs fois à Ran-danne les jours précédents.C\u2019était sans doute pour l\u2019aider dans son enquête, afin qu\u2019il découvre plus facilement le coupable ?\u2014¦ Qu\u2019est-ce qui t\u2019a fait supposer cela ?\u2014 Eh bien, c\u2019est assez naturel.ca m\u2019est venu à l\u2019esprit tout de suite.et puis Julie m\u2019a dit la même chose.\u2014« Brave Julie ! Jeanne resta un moment silencieuse, légèrement embarrassée.Puis, après s\u2019être assurée que la vitre d\u2019avant du coupé était bienffermée et que Julie, assise sur le siège à côté du cocher ne pouvait pas 1 entendre, elle ajouta tout bas en se penchant à l\u2019oreille de Marguerite : \u2014 Julie m\u2019a dit cela le jour du départ de maman., mais ,depuis, elle m\u2019a dit autre chose.c\u2019était une histoire qui courait à la cuisine parmi !< s domestiques.17 il y en avait qui prétendaient que maman avait été arrêtée et conduite en prison parce qu\u2019elle était soupçonnée d\u2019avoir tué son mari ou de l\u2019avoir lait tuer par mon oncle Trémorel.\u2014 Ce sont des racontars dont il ne faut tenir aucun compte, mon enfant.Ces gens-là bavardent à tort et à travers de choses qu\u2019ils ne connaissent pas.Julie aurait mieux fait, d\u2019ailleurs, de ne pas te les répéter.\u2014 Oh ! il ne faut pas la gronder.Elle n'avait que de bonnes intentions.Et puis, elle n\u2019a fait que de me répondre, parce que je la questionnais sans cesse.Mais ma bonne-maman qui sait tout, doit bien savon\u2019 ce qu\u2019il y a de vrai dans cette histoire.Elle a dû vous mettre au courant.\u2014; Tu comprends, ma chérie, que Mme de Montescourt, très affectée par la mort de son fils, évite ces sujets de conversa-t ion trop pénibles, pour elle, et je n\u2019aurais pas osé moi-même lui poser des questions indiscrètes.La fillette fit un geste de doute.\u2014 Enfin, murmura-t-elle, je erois me souvenir que cette histoire a aussi paru dans les journaux.Par conséquent, il y a beaucoup de gens qui doivent la connaître.\u2014 Je ne sais vas.Je ne lis pas les journaux.\u2014 Ah ! comme c\u2019est drôle ! Papa qui en lisaff tant ! En arrivant à Boissac, Mlle des Ollières y trouva une lettre qui avait été apportée seulement par le second courrier de l\u2019après-midi et qui l\u2019obligea à changer immédiatement de tactique envers Jeanne.Cettre lettre était celle que Simone de Montescourt avait écrite la veille, avant de voir M.Teysserene.La jeune femme disait entre autres choses à sa chère Marguerite : \u201c.Vous devez être rentrée à Boissac depuis quelques jours et vous êtes allée sans doute chercher ma fille à Randanne.Ayant vu ma belle-mère, vous connaissez maintenant la vraie raison de mon absence.Je n\u2019ai pas besoin de vous dire à quel point je souffre, vous le supposez sans peine.Je m\u2019étonne seulement de ne vous avoir pas encore vue à Issoire .' En partant, je n\u2019ai pas voulu \u2014 vous le comprenez \u2014 révéler à ma fille pour quelle raison odieuse j\u2019étais forcée de me séparer d\u2019elle : il était inutile de lui faire de la peine !.Je pensais, d\u2019ailleurs, que mon emprisonnement durerait deux jours et que je pourrais, dès lors, expliquer mon absence très facilement.\u201cMes prévisions se sont trouvées fausses.On Ventête à me retenir ici sans «7 18 l\u2019ombre d\u2019un prétexte.\u201cMaie je n\u2019avais pas prévu non plus que la prolongation de oette épreuve me causerait d'aussi vives angoisses.Je souffre cruellement.je souffre de ne pas voir mes enfants, je souffre de savoir ma fille inquiète de mon absence.\u201cJe viens donc vous prier **- en attendant que je puisse demander à ma belle-mère de m\u2019envoyer Hubert \u2014 je .viens vous prier de m\u2019amener ma petite Jeanne le plus tôt possible.\u201cElle verra sa mère en prison, chargée de la plus odieuse des accusations, mais elle la verra et je pourrai la tranquilliser lui jurer que je suis toujours digne de son estime et de son amour.\u201cJe pense que le juge n\u2019aura pas la cruauté de ni\u2019empêcher de presser ma fille dans mes bras.Je vous dis : à bientôt ! et je vous embrasse toutes les deux de tout mon coeur.Simone de Montescourt.\u2019\u2019 Quoiqu\u2019elle vit bien des inconvénients à satisfaire le désir de la prisonnière, Mlle des Ollières n\u2019eut pas le courage d\u2019opposer un refus à la prière de son amie.Elle prépara, le soir même, la petite Jeanne à l\u2019entrevue que souhaitait Simone.En même temps, elle s\u2019occupa de prendre les dispositions nécessaires pour que rien ne pût contrarier la visite projetée, et le lendemain matin, quand elle monta en voiture avec la fillette, son plan était arrêté.*\u2014 Vous passerez par Vie, commanda-t-elle au cocher, nous allons d\u2019abord chez le docteur ïeysserenc.*\u2014 Bien, mademoiselle.Lorsqu'elles arrivèrent chez le médecin, celui-ci était prêt à partir.\u2014 Docteur, je vous en prie, deux mots seulement, s\u2019écria la jeune fille en pénétrant en coup de vent dans son cabinet.\u2014» Je suis à votre disposition, mademoiselle, qu\u2019y a-t-il ?\u2014 Je vous serais reconnaissante d\u2019a-bofd de venir voir mon frère ce soir ou demain matin.\u2022\u2014 Votre frère ?\u2014 Oui, il est revenu,.Je suis allée le chercher nu Havre.Il débarquait d\u2019Amérique .\u2014 Ah !.\u2014 Mais il est assez souffrant en ce moment.Tl est rongé par une fièvre intermittente que rien ne peut faire céder.Je serais contente que vous l\u2019examiniez, j\u2019ai beaucoup de confiance dans votre diagnostic.\u2014* Je ferai mon possible pour passer cC soir à BoisSac.\u2014 Maihteuant, continua Marguerite, je vais réclamer de votre complaisance un au tare service.Je me rends c» matin à Tssoi- L£ SAMEDI re pour voir Simone de Montescourt et je lui mène sa fille.\u201cOette entrevue sous l\u2019oeil d\u2019un gardien de prison m'effraie un peu, je 1 a-voue.11 y a peut-être d\u2019ailleurs, des démarches compliquées O accomplir pour obtenir la permission de pénétrer jusqu\u2019à elle.Voudriez-vous nous accompagner ?\u2014 Ce matin je n\u2019ai guère le temps, mademoiselle.De plus, je suis allé à Issoire hier et j\u2019ai vu Mme de Montescourt.A la^ suite de cette entrevue, j\u2019ai même écrit à sa belle-mère pour attirer son attention sur l\u2019arbitraire odieux dont cette pauvre femme est victime et la prier d\u2019intervenir en sa faveur.La baronne douairière m\u2019a répondu, d\u2019ailleurs, qu\u2019elle préférait s\u2019abstenir.\u2014 J\u2019ai vu hier, la douairière de Mon tescourt, en allant chercher Jeanne a Randanne, elle ne m\u2019a pas parlé de votre démarche.\u2014 Peut-être a-t-elle reçu ma lettre après votre départ.\u2014C\u2019est possible ,nous avons quitté Ran-danne d\u2019assez bonne, heure, Dans tous les cas, j\u2019ai trouvé, en rentrant chez moi, la lettre que voici, dans laquelle Simone me prie de lui donner la joie d\u2019embrasser sa fillette, et nous voilà en route pour Issoire.Malheureusement^ je le répète, nous allons peut-être nous heurter à certaines difficultés ; j\u2019aimerais mieux me mettre sous votre protection.Le docteur hésita un instant.Puis, prenant son parti : \u2014 Bah di-il, nies malades attendront.Le cas de cette pauvre martyre est aussi intéressant.Je vous accompagne, mademoiselle.> Trois quarts d\u2019heure plus tard, le docteur, Marguerite et Jeanne arrivaient à la prison dTsSoire.Une surprise invraisemblable les y attendait.Le juge d\u2019instruction était, absent pour la journée à cause d\u2019un deuil de famille.M.Teysseréno fit passer sa carte au procureur, afin de solliciter, pour Mlle des Ollières, pour Jeanne et pour lui-même, l\u2019autorisation de voir Mme de Montes-court .II fut reçu aussitôt par le magistrat, mais pour s\u2019entendre refuser cette faveur.Comme le docteur protestait contre une telle sévérité et.demandait des explications, M.Blainville sortit de son tiroir un papier et le tendit, à son interlocuteur.\u2014 Tenez, lisez ceci, dit-il, et vous saurez pourquoi j\u2019ai décidé que Mme dê Montescourt serait, désormais an secret Hé plus absolu.Sur un morceau de papier vulgaire, ce papier quadrillé qu\u2019on vend dans leg épiceries de campagne, quatre lignes étaient tracées : vol 25, No 51, Montréal, 30 Mil 1014 \u201cNe crains rien, prends patience et tiens-toi prête à toute éventualité.Avant trois jours tu seras libre, toutes mes me-sures sont prises.Olivier,\u201d \u2014 Qu\u2019est-ce que ça signifie ï interrogea le médecin cuirieux.-\u2014 Cela signifie que M.Trémorel a pris toutes ses mesures pour faire évader sa soeur.Cela ressort clairement de ce billet lequel a été saisi dns la poche d\u2019une personne qui avait obtenu la faveur d un entrevue avec Mme de Montescourt.\u2014\tQuelle personne ?\u2014\tJe ne puis pas Vous la désigner.M.Teysserenc faillit éclater de rire.\u2014\tAh ! mon cher ami, s\u2019écria-t-il, si vous n'avez jamais à lutter que contre des conspirateurs de cette envergure, je ne vous plains pas.Réfléshissez donc, voyons ! Et vous comprendrez que vous êtes tout bonnement victime d\u2019un farceur qui s\u2019est payé votre tête.\u201cEst-ce qu\u2019un homme qui aurait vraiment l\u2019intention de faire évader votre prisonnière par un coup de force emploierait pour la prévenir un moyen aussi compromettant, aussi absurde ?\u201cVous voyez bien que ce billet, dont l\u2019écriture est contrefaite comme celle d'une lettre anonyme, est l\u2019oeuvre d\u2019un agent provocateur ou d\u2019un farceur, je le répète.\u2014 Ceci est affaire d\u2019appréciation, répliqua sèchement le procureur.Moi, je prétends, jusqu\u2019à preuve du contraire, que ce billet avait bien réellement comme but de prévenir Mme de Montescourt de se tenir prête à tout événement.C\u2019est pourquoi, désormais, cette personne sera au secret, et pour parer à toute tentative d\u2019évasion, j\u2019ai fait doubler les gardés.\u201cLes mesures que i\u2019ai prises sont, Vous le voyez, d\u2019ordre général et ne Vous visent nullement, mais ma décision étant irrévocable et ne comportant aucune atténuation, je ne peux pas faire Une exception en votre faveur, malgré mon grand désir de vous obliger.\u201cN\u2019insistèz donc pas, je vous en prie ear j\u2019aurais le regret de vous opposer Un refus catégorique.\u201d Le docteur s\u2019inclina à la fois blessé dans son amour-propre et ahuri par tant d\u2019aveugle parti pris.\u2014 C\u2019est bien, dit-il rudement, je vais transmettre votre réponse à la pauvre fillette qui croyait avoir le bonheur d\u2019embrasser sa maman et qui devra s'éloigner sans même pouvoir l\u2019apercevoir.\u201cJe ne veux pas discuter votre opinion qui me paraît fausse.Mais il me semble que la Justice pourrait se montrer plus bienveillante envers, une prévenue qui doit, jusqu'à preuve du contraire, être considérée comme innocente.\u201cJe souhaile que, pour avoir oublié ee principe, vous n\u2019ayez pas plus tard des regrets trop amers.\u201d Vol.25, No 51, Montréal, 30 mal 1914.VII Comme doux heures venaient de sonnet*, une jeune femme qui cheminait lentement, traînant un enfant par la main, sur le trottoir de la rue Jouffroy, s\u2019arrêta devant le numéro 58.Le concierge fumait sa pipe sur le pas de la porte Elle lui demanda : \u2014 M.René de Viêville, s\u2019il vous plaît ?\u2014 Je ho sais pas s\u2019il est elles lui.il est généralement sorti à cette heure-là.Enfin, voÿez.\u2014 Voulez-vous m\u2019indiquer son appartement ?\u2014 Au fond de la cour, rez-de-chaussée, la porte à droite.La jeune femme remercia, prit Son enfant dans ses bras, passa sous la voûte et alla Sonrtçr à la poi*te indiquée.Un petit groom de quatorze ou tiuinae ans parut.\u2014- M.de Viéville est chez lui, n\u2019eBt-ce pas ?dit la Visiteuse.Je voudrais l\u2019entretenir d\u2019une affaire très importante.Prê-veneZ-le, je vous prie.\u2014 Voulez-vous me donner votre nom ?La jeune femme hésita un instant, puis elle se décida à dire : \u2014 Thérèse Hennequin.Le groom disparut derrière une portière, et aussitôt des éclats de voix retentirent : \u2014 Imbécile !.Idiot !.Tu ne pouvais pas dire que j\u2019étais absent !.\u2014 Je ne savais pas, moi .\u2014 Enfin, puisque cette femme est dans le vestibule, fais-la entrer.Thérèse Hennequin s\u2019avança, timide, embarrassée ,se demanlant comment elle allait aborder cet individu qu\u2019elle connaissait fort mal.Elle Se ressaisit vite, cependant, son extrême détresse lui donnent toutes le ; audaces.\u2014 Je n\u2019ai pas besoin de me présenter, Monsieur, dit-ellle, vous me connaissez et vous devez supposer, d\u2019ailleurs, que, si je Suis venue en Prance, j'ai pour cela de sérieuses raisons.\u2014 J\u2019en suis convaincu, Madame, car à moins d\u2019être archi millionnaire, ce qui n\u2019est pas votre cas, je crois, on ne fait pas pour son plaisir ou pour des motifs insignifiants, un voyage comme celui de la Louisiane à Paris.Mais je vous avoue quê je ne vois pas du tout quelles peuvent être ees raisons sérieuses.\u2014 Je vais vous le dire.A quelle date êtes-vous rentré à Paris 1 \u2014 Il y a environ six semaines.Aussi jè suis à peine 'réinstallé.T'1 vous prie de m\u2019excuser si je vous reçois dan?ce taudis.\u2014 Cela n\u2019a aucune importance, j'ai d\u2019autres préoccupations à l\u2019hffiire actuelle.Voudriez-vous me dire si vous êtes rentré en France avec mon mari î .René de Viéville s\u2019attendait sans doute â la question, car elle ne parut pas le LE SAMEDI surprendre.\u2014\tCe serait à moi, Madame, dit-il eu souriant, de vous demander des nouvelles de M.Vernois.\u2014 Ne narguez pas, je vous en prie, interrompit la jeune femme avec fermeté.Vous comprenez bien que, Si je suis en France, c\u2019est pour rechercher mon mari.Par conséquent, si vous savez où il se cache dites-le-moi, je vous en supplie.Le comte de Viéville éclata de rire.\u2014 Mais je n\u2019en sais rien, absolument rien, déclara-t-il.\u2014 Cependant, vous avez quitté la Nouvelle Orléans ensemble, par le même paquebot.Vous savez donc probablement de quel côté s\u2019est dirigé mou mari en arrivant en France, quel genre de vie il a adopté, quels sont ses projets.Si vous savez tout cela, dites-le-moi, je vous en conjure.Pendant que la jeune femme parlait Viéville réfléchissait.Lorsqu\u2019elle se tut, au lieu de répondre à sa question, il demanda : \u2014 Vous seriez bien aimable, Madame, ch' m\u2019expliquer comment vous avez pu découvrir ma retraite.N\u2019ayant, en effet, aucun domicile en France depuis mon départ pour l\u2019Amérique, je ne figure sur au-cun livre d\u2019adresses, et d\u2019autre part, comme je vous l\u2019ai dit, je viens à peine de m\u2019installer ici.\u2014 Si je vous ai trouvé, murmura Thérèse, c\u2019est que je vous ai cherché avec beaucoup d\u2019activité.Voici comment je m\u2019y suis prise.\u201cEn arrivant à Paris, il y a une quinzaine de jours, je me suis adressée à mon consul d\u2019abord, à un avocat ensuite, et j\u2019ai demandé à Ce dernier de vouloir bien se charger de faire les démarches nécessaires pour essayer de retrouver mon mari.\u201cTout en donnant à cet avocat les renseignements qui pouvaient guider ses recherches, j\u2019ai été amenée à parler de l\u2019existence horrible que nous menions là-bas et des amis que fréquentait Francis.J\u2019ai Cité notamment les noms des deux compatriotes qu\u2019il avait retrouvé» et qui avaient dû, selon mes prévisions, rentrer en France en même temps que lui.\u201cOr, ce matin, l\u2019avocat que j\u2019ai chargé de mes intérêts m\u2019a écrit qu\u2019une agence avait retrouvé les deux personnes que je lui avais désignées, et il m\u2019a donné votre adresse et celle de M.des Oliières.Ce dernier est loin d'ici, dans un château en Au vergne.\u2014 Je ne saurais vous contredire, j\u2019ai complètement perdu de vue M.des Olliè-reS depuis hotre arrivée *en France .\u2014 En ce qui vous concerne du moins, poursuivit Thérèse, les renseignements de l\u2019ageüee étaient exacts, et je m\u2019en félicite, puisque, par vous je connaîtrai bientôt, je l'espère, la retraite de mon mari, \u2014\t( Ummcnt ! votre agence, si bien organisée, ne vous a pas indiqué où se cache Francis Vernois ?\u2014 Non, hélas ! jusqu'à présent, le,s recherches ont été inutiles.Mais je suis persuadée que vous en savez sur ce point 10 beaucoup plus long que les agences et j aime à croire que vous n'aurez pas la cruauté de me refuser un renseignement qui me serait précieux.\u2014\t-Je vous répète, Madame, dit Viéville, qu\u2019il m\u2019est absolument impossible de vous donner cette satisfaction.\u2014Parce que Francis vous a défendu de révéler à qui que ce soit le lieu de sa retraite î \u2014 Mais non.parce que je l\u2019ignore.La jeune femme hocha la tête d\u2019un air incrédule.Au bout d\u2019un instant, elle reprit : \u2014 Vous ne nierez pas du moins que Francis a pris le même paquebot que vous pour rentrer en France.\u2014\tNon, ça je ne peux pas le nier.\u2014\tAlors, c\u2019est évident, il est en France, sûrement à Paris, et vous en êtes au courant .\u2014 Je vous répète, pour la troisième fois, Madame ,que je li\u2019en sais absolument rien.Je me demande, d\u2019ailleurs, dans le cas où je pourrais vous donner le renseignement que vous désirez, je me demande à quoi il pourrait vous servir.En d\u2019autres termes, si vous retrouviez votre mari, qu\u2019en feriez-vous ?Thérèse Hennequin esquissa un geste d\u2019embarras et resta silencieuse.\u2014 Je lui demanderai de reprendre la vie commune, balbntin-t-elle enfin.\u2014 Vous disiez tout à l\u2019heure que l\u2019existence à côté de lui était un enfer et voit» voudriez vous mettre de nouveau sous un joug qui vous était odieux !.G\u2019est bizarre vous l\u2019avouerez !.\u2014 Je n\u2019ai pas le choix.H me faut du pain pour mon enfant.\u2014 D\u2019autre part, poursuivit Viéville, vous comprenez bien que, si Vernois a abandonné le domicile conjugal, c\u2019est qu\u2019il était résolu à se soustraire aux charges qui lui 'incombaient.H ne doit pa» avoir changé d\u2019avis aujourd\u2019hui \u2014 Quand un homme ne veut pas remplir son devoir, la justice peut l\u2019y obliger.\u2014 Oh ! ça, c\u2019est, très compliqué.Ét je serais fort surpris si vous obteniez un bon résultat par ce procêdé.Enfin, essayez toujours ; si vous réussissez, je ne serai pas le dernier à m\u2019en réjouir, car je conserve le meilleur souvenir de l\u2019accueil que vous m'avez fait,, chaque fois que j\u2019ai eu 1 occasion de vous voir.\u2014 Mais vous ne voulez rien faire, rien dire pour m\u2019aider à réussir ?.\u2014Hélas ! Madame ,eela ne dépend pas de ma volonté.\u2014 Je vais écrire à M.des Oliières.Il sera peut-être mieux renseigné, ou, Simplement, plus obligeant.\u2014 Ecrivez.Je vous souhaite bonne chance.Thérèse Hennequin reprit son enfant dans ses bras et se dirigea vers la porte.\u2014 Adieu, Monsieur ! Si jamais, vous vous trouvez de nouveau hors de votre pays et que vous ayez besoin d\u2019un renseignement, je vous souhaite de rencontrer un peu plus de complaisance.\u2014 Mais je vous jure.8!) 20 LE SAMEDI \u2014\tAdieu, Monsieur !.\u2014\tAu revoir, Madame.Lentement, en suivant la ligne des boulevards, la jeune femme regagna le fau-bourg Montmartre, et dès qu\u2019elle eut réintégré sa mansarde, elle écrivit à Raoul des Ollières pour lui dépeindre son extrême détresse et lui demander s\u2019il connaissait la retraite de son mari.vm M.Blaiuville procureur de la réo tbli-que à Issoire, venait de s\u2019asseoir dev.nt son bureau et commençait à dépouille\u2019\u2019 son courrier, lorsque le concierge i 1 tribunal entra, apportant une carte de visite.Le magistrat leva les yeux sur le carton et après avoir lu : Comte Richard de Lovasy grogna : \u2014 Que me veut-il, ce monsieur 1 \u2014 Monsieur le procureur, expliqua le concierge, ce monsieur m\u2019a dit qu'il était arrivé de Paris ce matin et qu il désirait vous voir le plus tôt possible pour une affaire urgente.\u2014 Au fait, reprit le magistrat en se frappant le front, ce Richard de Lovasy doit être le père du premier mari de Mme de Montescourt.Tiens, tiens, ça pourrait être intéressant d\u2019avoir ses impressions sur son ex-bru.Faites entrer, je vous prie ce visiteur matinal, je vais m\u2019occuper de lui tout de suite.Le concierge disparut et revint quelques secondes plus tard accompagné du comte de Lovasy.\u2014 Veuillez vous asseoir, monsieur, dit aimablement le procureur en indiquant une chaise au visiteur et dites-moi en qupi je puis vous être utile.Après s\u2019être incliné respectueusement en signe de remerciement, le vieillard s\u2019assit, toussa, se recueillit un instant et dit enfin : \u2014 Monsieur le procureur, je sais que vous êtes très occupé, je ne voudrais donc pas vous retenir longtemps.Néanmoins, avant de vous exposer l\u2019objet de ma visite, il est nécessaire que je vous rappelle certains événements qui ne sont plus tout à fait d\u2019actualité.\u2014 Je vous écoute monsieur.\u2014Vous savez que Mme Simone de Montescourt\u2014 dont j\u2019ai appris hier seulement l\u2019invraisemblable arrestation \u2014 avait épousé en première noce M.Antoine de Lovasy devrait être confiée.-l\u2019ai fait, mois ch- mariage, M.Antoine de Lovasy était mon fils.\u2014 Je m\u2019en doutais un peu.\u2014 De cette première union, une fillette est née ,qui a aujourd\u2019hui près de douze ans.Or, par suite de l\u2019incarcération de sa mère, cette enfant est actuellement livrée à des mains étrangères.Ma femme et moi, nous sommes ses seuls parents, ses protecteurs naturels, ses tuteurs légaux.\u201cC\u2019est donc à nous que Mlle Jeanne de Lovasy devrait être confiée.J\u2019ai tout, ou plutôt nous avons fait \u2014 car ma femme m\u2019accompagne \u2014 le voyage de Paris à Issoire daag l\u2019unique but de vous soumettre cette requête.\u201d M.le procureur eut quelque peine à ne pas rire .\u2014 Monsieur, répondit-il avec une nuance d\u2019ironie, je regrette infiniment de ne pouvoir vous donner satisfaction, mais ce n\u2019est pas à moi que votre demande doit être soumise \u201cVeuillez formuler votre votre reqm-te en termes juridiques avec pièces à 1-appui et adressez-la par le ministère d\u2019un avoué à M.le président.Le tribunal examinera vos titres et verra s\u2019il y a Heu de faire droit à votre demande.- Il se passera plusieurs mois avant, que je sache a quoi m\u2019en tenir.\u2014 Vous pouvez faire juger l\u2019affaire en référé.Mais êtes-vous bien sür qu\u2019il y ait péril en la demeure et ne pensez-vous pas, au contraire, que certaines choses ont tout à gagner à être mûries par le temps.\u2014 Pas celle-là.Ma petite-fille, abandonnée à des mercenaires ,peut courir des dangers.M.Blainville secoua la tête.\u2014 Non, vraiment, je ne crois pas que Mlle Jeanne de Lovasy courre de grands risques au château de Randanne.Vous pouvez, sur ce point, être parfaitement tranquille.D\u2019ailleurs, faites bien attention à ceci, c\u2019est que dans l\u2019état actuel de la procédure, Mme Simone de Montes-court est simplement prévenue, qu\u2019elle n\u2019est nullement déchue de ses droits ma-ternels'et que, par conséquent, elle peut confier à qui bon lui semble la garde de sa fille.\u201cAh ! il en serait tout autrement si Mme de Montescourt était condamnée.\u2014 Elle ne peut pas l\u2019être.\u2014 Comment ! Elle ne peut pas l\u2019être ?\u2014 Ce serait une iniquité.Les joues du procureur s\u2019empourprèrent et son poing s\u2019abattit sur la table avec violence.\u2014 Je vois, monsieur, dit-il d\u2019un ton rageur, que vous avez la prétention d\u2019en savoir plus long que la justice elle-même sur le compte de votre belle-fille, envers laquelle cependant, vous n\u2019étiez pas jadis si bien disposé, me semble-t-il.\u2014 Ma femme lui faisait la guerre.c\u2019était absurde .Quant à moi, j\u2019ai toujours eu de l\u2019affection et de l\u2019estime pour Simone, je l\u2019ai toujours considérée comme une honnête femme, je suis convaincu qu\u2019elle l\u2019est restée après son second mariage et que, par conséquent, elle est incapable d\u2019avoir tué son mari ou favorisé un assassinat.M.Blainville sentant que le sang-froid lui manquait pour répondre avec mesure, attendit d\u2019avoir recouvré son calme.\u2014Monsieur, reprit-il enfin, si vous avez sur Mme de Montescourt et sur l\u2019issue de son procès la conviction que vous venez d\u2019exprimer, je ne m\u2019explique pas du tout Vol.8B, No 51, Montréal, 30 Mai 1814 que vous ayez songé à demander la garde de votre belle-fille.\u201cIl est évident, en effet, que Mme de Montescourt, dès qu elle sera libre ,vous reprendra son enfant.Dès 1 ors, je ne vois pas l\u2019intérêt que vous auriez à vous la faire remettre maintenant.\u2019\u2019 M.de Lovasy, un peu penaud, baissa la tête et resta muet.\u2014 Ma foi, moi non plus, monsieur, répondit-il au bout d\u2018une minute, je ne vois pas l\u2019intérêt que j\u2019aurais a demander dès aujourd\u2019hui la tutelle de ma petite-fille.Mais ma femme n\u2019est pas du même avis.\u201cElle, elle croit ou feint de croire à la culpabilité de Simone, elle considère sa condamnation comme certaine et elle s i-magine qu\u2019elle peut escompter cette condamnation pour réclamer d\u2019avance la garde de, sa petite Jeanne.\u2014\tAllons, conclut le procureur d\u2019un ton ironique, il me semble qu\u2019avant de vous engager dans cette procédure, vous ferez bien d\u2019abord de vous mettre d accord.Dans tous les cas, je le répète, ce n\u2019est pas mon affaire.'''\u2019oyez en face.Richard de Lovasy comprit que 1 audience était terminée.Il se leva, remercia sans grande conviction et sortit sous une impression sombre, car il prévoyait la scène que lui ferait sa femme en apprenant le résultat de l\u2019entrevue.Res pressentiments étaient exacts La eomtesse, anxieuse, attendait son mari à l\u2019hôtel.Lorsqu\u2019elle sut quel accueil celui-ci avait reçu du procureur, elle entra dans une violente colère : \u2014 Ah ! ces gens-là t\u2019ont répondu par des ricanements !.Ah ! ces magistrats se moquent de nous et de nos revendications !.Eh bien, je ne leur demanderai plus rien, sois tranquille, je me rendrai justice moi-même.D\u2019un geste rageur, elle appuya sur le bouton de la sonnette.\u2014 Qu\u2019est-ce que tu veux faire 1 interrogea Richard.\u2014 Tu vas voir.Un domestique parut.\u2014 Est-ce que le château de Randanne est loin d\u2019ici ?demanda la comtesse.\u2014 Non, madame.Une dizaine de kilomètres environ.\u2014 Bon.Est-ce que l\u2019on pourrait nous procurer à l\u2019hôtel ou chez un loueur du voisinage une voiture pour la journée ! \u2014 Mais parfaiement, madame.Vous n\u2019avez qu\u2019à donner vos ordres, la voiture sera prête à (l\u2019heure que vous indiquerez.\u2014 Eh bien, nous allons déjeuner d\u2019abord et nous partirons aussitôt après, vers midi et demi.\u2014 Très bien, Madame.Quand le domestique se fut retiré, le comte de Lovasy qui était à peine revenu de sa surprise, murmura : \u2014 Tu voux aller à Randanne ?\u2014 Oui.% \u2014 Pourquoi faire 1 \u2014\tPouf demander à Mme de Montescourt qu\u2019elle me confie ma petite-fille ou.la prendre dé force.\u2014 D\u2019est ridicule, Mme de Montescourt 00 Vol, 26, No 61, Montreal, 30 mal 1914.LE SAMEDI 21 noos enverra promener.Quant à user de violence, c\u2019est absurde et c\u2019est vouloir compromettre irrémédiablement le succès de notre entreprise.\u2014 Tu raisonnes trop.Il faut suivre parfois sa première impulsion.Alors, tu ne veux pas venir à Randanne avec moi ?\u2014 Je veux bien aller à Randanne, quoique nous n\u2019ayons aucune raison de faire irruption chez Mme de Montescourt, mais je me refuse à commettre un rapt qui tournerait à notre confusion.\u2014 Viens toujours.nous verrons.\u2022v/ / \\ L\u2019entrée du comte et de la comtesse de Lovasy dans le grand salon du château de Randanne fut un spectacle de la plus haute bouffonnerie.Mme de Montescourt les reçut avec cet air raide et hautain qu\u2019elle savait si bien prendre lorsqu\u2019elle était ennuyée d\u2019être dérangée ,lorsqu\u2019elle voyait entrer chez elle un visiteur inconnu ou lorsqu\u2019elle se trouvait soudain en face de quelqu\u2019un qui lui déplaisait.Or, dans la circonstance, ces trois impressions étaient réunies.Car les beaux-parents de Simone la dérangeaient, et sans les avoir vus .jamais, elle n\u2019avait à leur égard que de l\u2019antipathie, pour la seule raison qu\u2019ils.étaient les beaux-parents de Simone.Pourtant, elle savait \u2014 vaguement \u2014 que M.et Ts^te de Lovasy s\u2019étaient ingéniés à tourmenter leur belle-fille, ce qui aurait dû être un mérite à ses yeux.Mais ces tiraillements lointains la laissaient indifférente et elle était beaucoup plus touchée par le fait que la parenté de ces deux vieillards avec Simone leur donnait un semblant de prétexte pour venir l'importuner chez elle.L'entretien, dans de telles conditions, ne pouvait pas être fort cordial.Quelque empressement que Mme de Lovasy mit, contre son habitude, à se montrer gracieuse, quelque aimable et courtois que fut Richard de Lovasy, les formules de politesse ne purent pas soutenir longtemps la conversation.Au bout de dix minutes, le sujet brûlant était abordé.Nous le savons déjà, M.et Mme de Lovasy différaient entièrement d opinion sur le compte de Limone.La comtesse croyait ou feignait de croire qu\u2019elle était coupable.Son mari la considérait comme victime d une erreui ou d\u2019un inqualifiable parti pris.Ils n\u2019étaient d\u2019accord que pour se faire attribuer la garde de Jeanne.Et encore M.de Lovasy n\u2019agissait dans ce sens qu\u2019afin d\u2019avoir le plaisir de revoir sa petite-fille, de jouir un peu de sa présence et non avec l\u2019arrière-pensée de l\u2019accaparer pour toujours, puisqu\u2019il était convaincu que Simone, reconnue innocente et rendu.- à la liberté, ne tarderait pas à rédui- re ce complot à néant.Mme de Montescourt, comme Mme de Lovasy et pour les mêmes raisons peut-être, croyait ou feignait de croire, elle aussi, à la culpabilité de la jeune femme.Mais, cette entente sur un point particulier était insuffisante pour créer entre les deux belles-mères une grande sympathie.Ce fut Mme de Lovasy qui ouvrit le feu.\u2014 Cette Simone, dit-elle, ne peut pas pénétrer dans une maison sans y apporter îe trouble et le deuil.Elle avait épousé mon fils contre notre gré.Notre malheureux enfant a payé de sa vie cette acte de révolte.Quelques mois après son mariage, il mourait tout d\u2019un coup d\u2019un mal mystérieux.J\u2019avoue que mes premiers soupçons se portèrent sur sa femme.Richard fit un geste de réprobation tel-lemeift énergique que la comtesse s\u2019arrêta, un peu honteuse.\u2014i Alors, il y aurait des précédents, minauda Mme de Montescourt, et le drame qui nous a plongés, le mois dernier, dans la désolation, ne serait que la réédition d\u2019un autre drame ?.\u2014 Oh ! madame, interrompit le comte de Lovasy, je vous en conjure, ne cherchez pas à faire des comparaisons et des rapprochements entre ces deux événements.Vous seriez complètement dans l\u2019erreur en insinuant que Simone, apres avoir tué son premier mari, a pu assassiner le second.\u201cLa vérité est tout autre.Simone n\u2019est pour rien dans la mort d\u2019Antoine dont la disparition fut un grand malheur pour elle autant que pour nous.\u201cSimone n\u2019est pour rien non plus, i\u2019en suis sûr, dans l\u2019assassinat de votre fils, dont la mort a brisé sa vie .\u2014Je vois, monsieur, que vous vous portez garant de l\u2019innocence de votre belle-fille, ricana Mme de Montescourt ; cela me fait grand plaisir, puisque je conserve ainsi quelque espoir.Mais jusqu\u2019à présent, hélas ! les magistrats ne partagent pas votre manière de voir optimiste.Us y viendront sans doute.\u2014 J\u2019en suis convaincu, madame.\u2014 Mais le procès peut être long, ajouta aussitôt la comtesse, et en attendant, comme notre petite-fille ne peut être qu\u2019un embarras pour vous, nous avons pensé que vous seriez heureuse de nous la confier.\u2014 Ah ! bien, bien, je comprends maintenant, vous êtes venus à Randanne uni-quement dans ce but.\u2014 Non, non, nous sommes venus pour une foule de raisons.D\u2019abord l\u2019arrestation de Simone, que nous avons apprise depuis peu par les journaux, nous a profondément bouleversés et nous sommes partis dans l\u2019espoir d\u2019avoir des renseignements sur cette mystérieuse affaire, d\u2019ai der, si possible, la malheureuse à faire éclater son innocence.\u201cPuis, nous avons songé qu\u2019en attendant la fin de l\u2019instruction, Jeanne de Lovasy était seule au monde, et que c\u2019était à nous \u2014 à nous ses protecteurs naturels \u2014 qu\u2019il appartenait de veiller sur elle.\u201cNous nous sommes donc rendus d a-bord à Issoire, nous avons consulté des gens de loi et on nous a conseillé de nous adresser à vous.\u2014 Je reconnais parfaitement, fit la baronne de Montescourt que vous êtes beaucoup mieux qualifiés que moi pour vous occuper de Jeanne ; mais jusqu\u2019à ce que la justice ait statué sur le cas de Simone, c\u2019est à elle seule qu\u2019il appartient de prendre au sujet de sa fille les mesures qui lui plaisent.\u201cMême si Jeanne était ici, je n\u2019aurais pas le droit de disposer d\u2019elle, mais comme elle n\u2019y est pas et qu\u2019elle a été confiée par sa mère à une autre personne j\u2019estime que nous ne pouvons, ni les uns ni les autres, modifier cette situation.\u2014Comment ! Jeanne n\u2019est plus à Randanne ?s\u2019écria la comtesse, on nous avait dit cependant.\u2014 Elle y était encore, il y a quelques jours.Mais Simone, avant de partir, avait décidé que sa fille irait chez une de nos amies du voisinage.Dès que celle-ci, qui était en voyage, à été de retour, elle a pris possession de la fillette.\u2014 Ah ! par exemple, en voilà une histoire ! bougonna Mme de Lovasy.Si je m\u2019attendais à une pareille surprise !\u2022\u2022\u2022 Il me semble, madame, que vous avez agi avec beaucoup de légèreté en confiant cette enfant à une personne étrangère.\u201cEvidemment, vous n\u2019étiez vous-même pour Jeanne qu\u2019une étrangère, qnais le fait qu\u2019elle a vécu sous votre toit depuis plus de cinq ans vous donnai -, le droit, vous imposait même le devoir de prendre soin d\u2019elle.Vous êtes responsable.\u2014- Pardon, madame, interrompit la baronne de Montescourt, vous n\u2019êtes pas venue ici, je pense, pour me donner des leçons.Je ne le souffrirais pas, d\u2019ailleurs.Je vous prie donc de vouloir bien changer de ton.Richard de Lovasy intervint, s\u2019adressant à sa femme : \u2014 Quelle algarade, ma chère amie ! H est d\u2019autant plus ridicule que vous critiquiez la manière de faire de Mme de Mon-tescourt qu\u2019à sa place vous auriez agi de même.\u2014 Je n\u2019ai fait que me conformer aux indications que ma belle-fille m\u2019avait données, reprit la baronne, je ne pouvais pas agir autrement.J\u2019estime, d\u2019ailleurs, que j\u2019étais parfaitement en droit de prendre cette décision sous ma seule responsabilité.Personne, sauf Simone, n\u2019a qualité pour me demander compte de ma conduite sur ce point.\u2014 Mais, c\u2019est évident, approuva le comte de Lovasy, c \u2019est tout à fait évident.Au surplus, nous sommes convaincus, ma femme et moi, que votre décision était absolument raisonnable et que Jeanne ne pouvait aucunement en souffrir.\u201cPar conséquent, au lieu de se répandre en reproches amers, ma femme aurait pu tout simplement vous demander dans quel endroit Jeanne habite actuellement, et en sortant de chez vous, nous serions 01 22 allés soumettre notre requête à la personne qui remplace auprès de l'enfant sa mère absente.\u2014 Mais je n\u2019ai jamais refusé de vous dire où se trouve en ce moment Votre petite-fille, répliqua Mme de Montescourt, Jeanne est chez Mlle des Ollières* à Bois-sac, château voisin de Vic-le-Comte.Votre cocher vous y conduira.\u201cVous présenterez votre demande à Mlle des Ollières, qui vous répondra comme elle l\u2019entendra.Et vous ferez de votre petite-fille ce que bon vous semblera.Cela m\u2019est tout à fait égal.\u2014 Pauvre enfant ! murmura le comte de Lovasy, voilà tout l\u2019intérêt qu\u2019on prend à sa peine, toute l\u2019affection qu\u2019on lui témoigne T.\u2014 Oh ! je ne m\u2019en cache pas, fit la baronne, cette enfant qui n'est pour moi qu\u2019une étrangère \u2014 vous vfenez de le rappeler \u2014 ne m\u2019intéresse pas.\u2014 Dans de telles conditions .sa vie, ici, depuis cinq ans, a dû être un enfer.\u2014 Elle avait sa mère, madame, et sa mère suffisait à la gâter.D\u2019ailleurs, quoique vous en pensiez, je n\u2019ai jamais rien fait qui pût la chagriner.Je me suis contentée de ne jamais m\u2019occuper d\u2019elle, voilà tout ! \u2014 Alors, en vous obligeant à parler d\u2019elle, observa Richard, nous vous avons imposé une bien pénible corvée.\u2014 Veuillez agréer nos excuses, ajouta la comtesse en se levant.Nous allons nous rendre immédiatement àBoissnc.Mlle des Ollières sera peut-être mieux disposée à accueillir favorablement notre demande.\u2014 J'en doute, insinua Mme de Montes-court.Dans tous les cas, j\u2019aime beaucoup mieux que ce soit elle qui vous réponde.Je n\u2019assumerai de la sorte aucune vegpon-sabilité.\u201cEnlevez votre petitê-flltè, gftrdez-la, faîtes eH tout ce que vous voudrez.Je m\u2019en lave les mains.\u201cJe n\u2019ai qu\u2019un regret, c\u2019est que vous n\u2019ayez pas songé plus tôt à la réclamer je vous l\u2019aurais cédée bien volontiers et.sa mère par-dessus le marché.\u2014.Ab ! non, pour Simone, merci bien ! siffla Mme de Lovasy, j\u2019ai eu trop de peine à m\u2019en débarrasser la première fois.Chacun son tour, madame !.IX En quittant brusquement la Prance à la suite du drame où son beau-frère avait trouvé la mort, Olivier Trêmorel avait, obéi à un sentiment d\u2019affolement tout à fati irraisonné.Perdant la tête à l\u2019idée qu'il pourrait être compromis dans l\u2019affaire si l\u2019on apprenait sa présence aux environs de Vic-le-Comte, le jour du crime, il n\u2019avait eu qü\u2019un objectif : mettre le pins de distance possible entre lui et, Randanne.Il ne s\u2019était pas demandé si, en filant, à l\u2019étranger, il n\u2019attirerait pas les soupçons sur lui.LE SAMEDI Non, la fuite lui avait paru la seule lagon pratique de sortir de l\u2019imbroglio où le hasard l\u2019avait jeté.Et, saqg s\u2019arrêter aux inconvénients qui pouvaient eu résulte], il avait tout préparé pour la fuite.Pour cela, quelques jours lui avaient été nécessaires, qu\u2019il avait passés à Paris, dans la fièvre d\u2019une liquidation générale de tout ce qu'il possédait, mais sans sc montrer à ses amis, afin de bien laisser croire qu\u2019il était absent depuis longtemps.Pour la même raison, il n\u2019avait pas voulu assister à l\u2019enterrement d\u2019Alain et n\u2019avait même pas répondu à la lettre do sa soeur.Toutes ces précautions étaient parfaitement puériles car il était évident que, si 1rs soupçons tombaient un jour sur lui, la moindre enquête dans sa maison, chez son concierge établirait facilement sa pfésen-ee à Paris le lendemain du drame, et que l'oîi tirerait, au contraire, un argument Contre lui du fait qu\u2019il n\u2019avait pas donné signe de vie à la suite de la catastrophe qui avait frappé sa soeur.Mais quand une volonté est dominée par la peur, il n\u2019y a pas de folie dont elle ne soit capable.Donc, huit, jours après le drame, Olivier Trêmorel, nanti du viatique néeessâi re, était parti pour le Havre et.s\u2019étant fait inscrire sous un faux nom sur les registres de la Compagnie transatlantique, avait pris passage non sur le paquebot de New-York, mais sur un paquebot de moindre envergure qui se rendait à Halifax.Il s\u2019était dit que, pour un Français ignorant complètement la langue anglaise, la terre canadienne était un sol plus hospitalier.Arrivé à Halifax, Olivier s\u2019installa d'abord dans un hôtel modeste, car il avait besoin de ménager ses ressources.Et comprenant qu\u2019il ne pourrait vivre longtemps avec ce qu\u2019il apportait, il se mit aussitôt à la recherche d \u2019une occupation.L\u2019extraordinaire aventure dans laquelle il s\u2019était jeté avail donc eu au moins uh avantage : lui qui, jusqu\u2019à présent, n\u2019avait jamais voulu rien faire, admettait maintenant 1 nécessité du travail.Mais ses velléités d\u2019énergie ne devaient pas donner de résultât.Un coup de théâtre vint soudain anéantir ses bonnes intentions avant qu\u2019il ait pu commencer â les réaliser.Comme tout exilé qui se respecte \u2014 et tient à son pays plus qu\u2019il ne voudrait, le dire \u2014 Olivier Trêmorel était à l\u2019affût de toutes les nouvelles qui venaient de France.Six jours après son arrivée, un paquebot anglais ayant apporté un paquet de journaux parisiens, Trêmorel en acheta plusieurs et se mil en devoir de lés dévorer.Mais il fut ar ête au début de sa lecture, par un article qui le stupéfia.C'était le récit du drame de Randanne, de la mort du baron de MontescOUbt, de l\u2019arrestation de Simone, soupçonnée d\u2019ê- Vol.25, No 51, Montréal, 30 Mal 1914 tré sinon l\u2019âuteur, du moins la complice de l\u2019assassinat.Olivier ôtait si loin de prévoir une telle éventualité qu\u2019il resta d abord médiiêê, abasourdi.Se ressaisissant enfin, il se mit à réfléchir, la tête entre ses mains, et sâ conclusion fut qu\u2019étant peut-être la cause indirecte de l\u2019accusation dont sa soeur était l\u2019objet, il avait le devoir de voler immédiatement à sa délivrance.11 faut rendre à Trêmorel cette justice que, pas une minute, il ne songea à éluder ce devoir.Autant il avait montré de pusillanimité, d\u2019affolement ridicule en cherchant à esquiver les responsabilités par la fuite, alors qu\u2019il croyait être seul en cause, autant il fit preuve \u2019e décision et d\u2019énergie pour courir au secours de sa soeur dès qu\u2019il la vit en danger.Séance tenante, Olivier s\u2019enquit atl bureau de l\u2019hôtel, du premier départ pouf l\u2019Europe.On lui répondit qu\u2019un paquebot partait le jour même pour Southampton.Aussitôt, il se fit inscrire comme passager de seconde classe, afin de ménager ses ressources, qui diminuaient à vue d\u2019oeil.X Onze jours plus tard, Trêmorel était à Paris, qu\u2019il ne fit que traverser pour S6 rendre à la gare de Lyon, et le lendemain matin, il débarquait à Issoife par un froid intense.Pas un instant, pendant la durée de ce retour précipité, Olivier n\u2019avait regretté le mouvement d\u2019abnégation qui l\u2019avait poussé à se porter au secours de sa soeur.Néanmoins, il avait longuement réfléchi et ces réflexions lui avaient fait voir del difficultés qu\u2019il n\u2019avait pas aperçues d\u2019â-bord.\u201cSur ce drame horrible, je suis seul à connaître la vérité, se disait-il, mais, si l'on n\u2019a pas mis la main stir Vernois \u2014 et tout le prouve, puisque lès journaux ne parlent que de l\u2019arrestation de Simone \u2014comment prouverai-je que Vernois était là et qu'il a tué mon beau-frère !.Ah ! quelle sale affaire ! quelle sale affaire !.Ce fut sous une impression plutôt som-bre qu\u2019Olivier arriva nu palais de justice d\u2019Issoire.Il fît aussitôt passer sa carte âU procureur de la République.Celui-ci dut relire le nom deüx fois, pour bien s\u2019assurer qu'il avait compris, qu\u2019il n\u2019était pas le jouet d\u2019un rêve.Puis dans un élan de joie folle, il s'écria : \u2014\u2019 En voilà une aubaine !.Àh ! nous allons rire.Je te croîs que je vais le recevoir, ce monsieur, et tout de suite, encore .Faites entrer M.Trêmorel.Olivier s\u2019avança, considéra d\u2019un air étonné M.Blainville qui riait encore tottt si ni, ne comprit pas pourquoi sa présence pouvait déchaîner une telle hilarité, et pour couper court, dit-d\u2019un ton sec s - Monsieur, j\u2019aurais besoin dë vous parler sérieusement.P.avez-vous m'écou- 23 Vol.25.No 61» Montreal, 30 mal 1914.ter î \u2014 Mais certainement.Je suis tout oreil-Het.\u2014 Voici en quelques mots l\u2019objet de ma visite, reprit Trémorel, je suis le frère de Maté Simone de Montescourt.\u2014 Fort bien.\u2014 .de Mme de Montescourt que vous avea arretée contre toute .justice et que vous chargez «outre toute vraisemblance d'une accusation ridicule.\u2014 Croyez-vous t \u2014 J\u2019en suis sûr.j\u2019ai appris cette infâmie il y a une douzaine de jours seulement, j\u2019étais alors en Amérique et j\u2019ai repris immédiatement le paquebot pour venir défendre ma soeur.\u201c C est un beau mouvement.\u2014 Si j\u2019avais connu plus tôt c^,te horreur je serais venu plus tôt.et à l\u2019heu-re actuelle, ma soeur serait libre.\u2014 En êtes-vous bien sûr 1 Absolument, car je suis seul à connaître le nom de l\u2019assassin.Quand vous aurez entendu mon récit, vous serez convaincu qu\u2019il n'y a qu\u2019un seul coupable et que., ce n\u2019est pas Mme de Montescourt.\u2014 Je serai ravi d\u2019entendre votre récit, mais avant de le commencer, voudriez-vous me dire, monsieur Trémorel, ce que vous faisiez en Amérique î \u2014 Je m'y promenais j our mon plaisir et mes études.Tiens, tiens I.comme c\u2019est bizarre !.Et vous avez choisi pour partir le moment où votre soeur était si éprouvée f.\u2014 J\u2019étais en voyage depuis quelque temps.Vous venez de dire, pourtant, que vous étiez le seul à connaître l\u2019assassin du baron de Montescourt et cela me semble indiquer que vous avez assisté au drame d'assez près.Olivier se mordit les lèvres.\u2014* H n\u2019y a aucun rapport entre ces dite points, murmura-t-il d\u2019un ton nerveux.\u2014 Oh ! poursuivit le procureur, je crois que vous justifierez difficilement une pareille prétention.Si vous connaissez si bien le meurtrier de M.de Montescourt, c\u2019est que vous l\u2019avez vu à l\u2019oeuvre.H n\u2019y a pas d'autre explication possible.\u201cDu reste, laissez-moi vous le dire tout de suito.pour vous éviter la fâcheuse gaffe, je sais que vous étiez présent sur les lieux du ctir e à l'heure où il a été commis.\u2014 Qui vous a dit cela 1 Votre noêur.Olivier eut un sursaut.\u2014 Non, ce n\u2019est pas possible, murmura-t-il, ma soeur ne vous a pas.dit cela.puisque ce n\u2019est iras vrai.\u2014 Nous vérifierons ce détail un peu plus tard, continua le procureur bon enfant.Occupons-nous d'abord de votre fameux récit,.Je vous écoute.\u2014 L\u2019affaire est tout ee qu\u2019il y a de plus simple, reprit Olivier d\u2019un ton hésitant, qui indiquait sou désarroi.M.de Montescourt revenait de Coudes dans son LE SAMEDI automobile, lorsque en approchant du bois de la Comté, il entendit quelqu\u2019un qui appelait au secours.\u201cComme il faisait très sombre, mon beau-frère sauta à bas de la voiture pour mieux se rendre compte.A ce moment il se trouva nez à nez avec un individu nommé Francis Vernois, qui lui tira à bout portant un coup de revolver et lui enleva ensuite tout l\u2019argent qu\u2019il possédait.\u2014 Comment savez-vous tout cela î \u2014 Ou.on me l\u2019a dit.\u2014 C\u2019est enfantin, mâchonna M.Blain-ville en haussant les épaules.Mais, voyons -vous dites que l\u2019assassin est un nommé Vernois.Qui est donc ce Vernois î Et comment se trouvait-il à six heures du soir sur le chemin que devait suivre votre beau-frère 1 \u2014 Vernois est un coquin, qui a voulu jadis épouser ma soeur et qui la poursuit d\u2019une haine mortelle parce qu\u2019elle lui a préféré une première fois Antoine de Lo-vasy, une seconde fois, Alain de Montes-court.\u2014 L\u2019explication est ingénieuse, mais ue tient pas debout.\u2014 Je vous prie de croire, monsieur le procureur, que je vous dis en ce moment l\u2019exacte vérité.\u2014 Vous prétendiez dire également la vérité lorsque vous affirmiez, tout à l\u2019heure n\u2019avoir pas assisté au drame.Et ,pourtant, je sais le contraire.Olivier réfléchit une minute et comprenant qu\u2019il ne pourrait pas soutenir longtemps ce mensonge, il se rétracta : \u2014 Eh bien, dit-il brusquement, j\u2019avoue que j\u2019étais là, que le drame s\u2019est déroulé sous mes yeux.\u2014 Un instant je vous prie ! interrompit le procureur.Voulez-vous me dire, en ce cas, ce que vous faisiez dans le pays ce jour-là, à cette heure ?Olivier hésita.\u2014 J\u2019étais venu, dit-il enfin, j\u2019étais venu pour voir ma soeur, à qui j\u2019avais à demander un service.Nous nous étions rencontrés sur cette même route une demi-h' nire auparavant.Et votre soeur était encore là quand le drame «\u2019est déroulé 1 \u2014 Non, ma soeur était rentrée à Ran-danne, ou clu Moins se dirigeait de ce eô-té-là.M.Blainville ne put dissimuler un sourire, un sourire de triomphe.Profitant de ce que M.Trémorel baissait la tête, absorbé par ses souvenirs ou par les explications à trouver, il appuya sur le bouton d\u2019un timbre électrique .Le concierge parut, regarda le procureur qui fit un signe convenu et se retira sans mot dir .M.Blainville poursuivit ; \u2014 Vous disiez donc que votre soeur était sortie île Randanne ce soir-là, pour venir à votre rencontre ,mais qu\u2019elle ¦vous avait déjà quitté quand le drame s\u2019est produit et que vous avez assisté seul à l\u2019assassinat Je votre beau-frère f \u2014 Oui, monsieur.\u2014 Et vous n\u2019avez pas songé à défendre M.de Montescourt î \u2014 Je n\u2019en ai pas eu le temps.Le meurtre a été commis en quelques secondes.\u2014 Comment voulez-vous que j\u2019ajoute foi à un pareil récit ?\u2014 Il y a un moyen bien simple de vérifier si mes affirmations sont exactes.Tâchez de mettre la main sur Vernois, il ne pourra pas nier ce que je viens de vous raconter.\u2014 Puisque voue connaissiez la vérité, vous auriez dû parler plus tôt.\u2014J\u2019ai été si impressionné que, pendant quelque, temps, j\u2019ai perdu la mémoire, presque la raison.\u2014 Il est bien tard, maintenant pour courir après ce soi-disant Vernois ! \u2014 Soi-disant !.\u2014 Eh 1 oui, tout me prouve que ce préetndu Vernois n\u2019existe que dans votre imagination et que, pour connaître aussi bien toutes les phases du drame, il faut tout simplement que vous soyez le coupable.C\u2019est pourquoi je vais vous faire arrêter.\u2014 Me faire arrêter 1 .\u2014 Parfaitement, monsieur Trémarel.Ce n\u2019est pas d\u2019aujourd\u2019hui que je sais que vous êtes l\u2019assassin.Des renseignements très piéeis, que j\u2019ai reçus huit jours après le drame, ne me laissent aucun doute à cet égard.\u2014 Mais c\u2019est une infamie, un guet-apens.\u2014 Pas du tout.Je vous répète que j\u2019ai depuis plusieurs semaines des preuves de la culpabilité de votre soeur et de la vôtre.- Vous voulez rire.Je proteste.Ça m\u2019est égal ,vous vous expliquerez avec le juge d\u2019instruction.\u2014 Mais c \u2019est odieux.Cherchez donc Vernois, vous serez confondu.\u2014 Je ne connais pas Vernois, mais je connais Trémorel, et comme je suis sûr que Trémorel est coupable, mon devoir est de le faire incarcérer.¦\u2014Je me révolte.Je porterai plainte contre vous.\u2014 A votre aise !.En attendant, je prendrai la liberté de vous remettre entre les mains des gendarmes., Tenez, les voici.Sur un coup de sonnette du procureur deux gendarmes qui n\u2019attendaient que ce signal, ouvrirent la porte et empoignèrent Trémorel chacun par un bras.Olivier voulut se dégager, mais il ne put y parvenir et sa rage s\u2019exhala dans un cri de haine : \u2014 Le jour où je serai libre, vous serez moins insolent.A bientôt, donc, monsieur le procureur !.Et soyez sûr que vous ne perdrez rien pour attendre !. 24 TROISIEME PARTIE L\u2019HOMME DES TENEBRES L \u2014 Comment ça va aujourd\u2019hui, mon vieux ?\u2014 La santé est bonne.\u2014 Et les affaires 1 \u2014 Heu !.Heu !.les affaires pourraient marcher mieux.Mais je te dérange 1 \u2014 Non.Pourquoi supposes-tu cela ?\u2014 Parce que les préparatifs que tu fais en ce moment semblent indiquer que tu vas sortir, et si j\u2019en juge par le soin que tu ^apportes à ta toilettte, ça doit être pour faire des visites dans le monde chic?\u2014 Toujours blagueur et pince-sans-rire monsieur le comte !.Eh bien, non, mon bon, tu n\u2019y es pas, je me propose tout siraplem nt d\u2019aller faire un tour à la préfectui\u2019e de police.René de Viéville fit comme s'il n\u2019avait pas entendu et s\u2019approcha tranquillement de la fenêtre dont il souleva le rideau.\u2014 Quelle vue superbe tout de même ! murmura-t-il.Tu en as de la veine d\u2019habiter là ! \u2014 Rien ne t\u2019empêcherait d\u2019établir ton domicile dans ces parages.\u2014 Le fait est que ce speetacle-là vaut mieux que celui du grand mur gris fini ferme la cour de mon immeuble, rue Jouffroy.Mais voilà, on se crée des habitudes.Quand on a toujours vécu dans les quartiers aristocratiques, il est difficile de s\u2019exiler dans cette banlieue.Le spectacle qu\u2019admirait le comte de Viéville était la perspective du parc des Buttes-Chaumont, sur laquelle s\u2019ouvrait l\u2019unique fenêtre du modeste logement, composé d\u2019une chambre et d\u2019un cabinet noir, où Francis Vernois était venu cacher sa détresse depuis qu\u2019il était rentré en France.Ce logis était situé sous les combles, au coin de la rue Bolivar et de la rue Pra-dier, et de là.le regard pouvait embrasser le parc presque tout entier.Comme Viéville, silencieux et, préoccupé sans doute, s\u2019arrêtait un peu trop longuement à contempler le panorama qui s\u2019étendait sous ses yeux, Francis Vernois, tout en continuant sa toilette, reprit : \u2014 Lorsque je t\u2019ai demandé tout à l\u2019heure si les affaires allaient bien, tu m\u2019as répondu qu\u2019elles pourraient marcher mieux.Qu\u2019est-ce que ça signifie ?\u2014 Hé ! oui, balbutia le comte, il y a du nouveau.une aventure extraordinaire.il faut que je te raconte cela.j\u2019étais venu dans ce but.Figure-toi LE SAMEDI que je viens de voir.ta femme.Francis Vernois, qui se débattait avec peine contre un faux-col récalcitrant, fit, à ces mots, un sursaut si violent que la boutonnière éclata.\u2014 Eh bien, qu\u2019est-ce qui te prend 1 in sinua Viéville narquois.C\u2019est l\u2019émotion de savoir ta femme à Paris qui te bouleverse à ce point ï \u2014 Dame, il me semble que ce n\u2019est pas drôle.Et toi-même, tu considères certainement cela comme une surprise désagréable, puisque tu viens me prévenir immédiatement.\u201cDe plus, je me demande maintenant s\u2019il n\u2019y a pas un rapport étroit entre la présence de ma femme à Paris et la convocation que j\u2019ai reçue de la préfecture de police.\u2014 C\u2019est vrai, au fait.Mais, non, tu dois te tromper.car ta femme, il y a une heure encore ignorait ta retraite.Quel motif indique ta convocation ?\u2014 Je vais t\u2019expliquer.En arrivant ici, je me suis donné comme citoyen du Canada.Or, le séjour des étrangers en France est soumis maintenant à certaines formalités et réglementations compliquées.C\u2019est pour me mettre en règle que l\u2019on me prie de passer à la préfecture.\u2014 Tu vois il n\u2019y a rien de commun entre les deux affaires.Et puis, que diable on ne peut pas t\u2019avaler parce qu'il t\u2019a plus de te séparer de ta femme.\u2014 Sans doute.Cependant, si Thérèse a chargé la police de me chercher, comme c\u2019est probable, je m\u2019expose à attirer l\u2019attention sur moi en montrant.mon nez dans ces endroits-là, pour lesquels j\u2019ai déjà une répulsion instinctive.\u2014 Pourquoi t\u2019es-tu fourré dans ce guêpier ?Pourquoi avoir voulu te faire passer pour un citoyen du Canada, au lieu de reprendre tout simplement la qualité de Français ?\u2014 Laisse donc, c\u2019est, idiot de ma part d\u2019avoir agi ainsi, je m\u2019en mords assez les doigts \u2014 d\u2019autant plus idiot que je n\u2019ai aucune pièce pour établir ma nationalité canadienne, et si on me demande d\u2019aller au consulat pour me faire délivrer un certificat, je ne suis pas fichu de présenter une explication raisonnable.\u2014 Pour un homme, si fort, ce n\u2019est vraiment pas malin.Quelle gaffe, mon ami ! \u2014 Que veux-tu, personne n\u2019est infaillible, je me suis trompé, je n\u2019ai pas suffi samment réfléchi.\u201c.J\u2019ai pourtant un semblant d\u2019excuse.J\u2019ai eu jadis, tu le sais, des démêlés avec la justice française.Bien que je n\u2019aie plus rien à craindre d\u2019elle aujourd\u2019hui, je préfère néanmoins qu\u2019on me prenne pour un autre.\u2014 Tu aurais pu changer de nom, \u2014 .T\u2019y ai pensé, mais c\u2019est très compliqué.et j\u2019ai cru tourner la difficulté en me faisant passer pour un honnête citoyen du Canada, Je n\u2019avais pas prévu toutes les complications auxquelles cette idée malencontreuse «allait m\u2019exposer .\u2014 Que vas-tu faire maintenant pour te \u2014\t91\t\u2014 Vol.25, No 61.Montréal, 30 Mai 1914 tirer de là ?interrogea Viéville.\u2014 Il y a deux moyens, murmura Vernois gravement : ou faire le crâne et payer d\u2019audace, ou.disparaître.-Je ne sais pas si le premier moyen serait efficace, mais je suis sûr qu'il serait extrêmement dangereux.\u201cDans tous les cas, je n ai pas actuellement assez de tranquillité dans l\u2019esprit, assez de calme dans la volonté pour tenter l\u2019aventure.J\u2019aime donc mieux employer le second moyen : disparaître.faire un plongeon comme disent les professionnels qui passent leur temps à faire la nique à la police.D ailleurs, cela nous laissera plus de liberté d allures pom l\u2019exécution de nos projets.\u2014 Nos projets ! Nos projets ! observa Viéville en riant, ils sont peut-être superbes, mais je crois qu\u2019ils seront difficilement réalisables.\u2014 Comment ! tu reculerais avant d\u2019engager la bataille ! s\u2019écria Francis d\u2019un ton de reproche.Tu as eu, par hasard, une inspiration, que je qualifierai de géniale.car il n\u2019v a pas à le nier, c\u2019est toi, petit Machiavel, qui as eu, le premier cette idée merveilleuse, et tu renoncerais à la réaliser avant de savoir si c \u2019est impossible !.\t.\u2014 Voyons, ne te fâche pas.Tu m\u2019as adressé ce matin un mot pour me dire que tu serais content de me voir le plus tôt possible.Tu dois donc avoir un plan definitif à me communiquer.Parle.\u2014\tTu as deviné, mon vieux, répondit Francis, j\u2019ai, en effet, arrêté mon plan.Si tu as le mérite de l\u2019idée, à moi reviendra le mérite de l\u2019organisation ,j\u2019aï en du mal.ça m\u2019a donné beaucoup de travail .\u201cDepuis que je connais ta parenté avec le baron de Montescourt \u2014 voyez-vous ce cachottier qui a vécu deux ans à côté de moi sans me.souffler un mot de ses affaires de famille ! \u2014 depuis que je connais, dis-je, ta parenté avec ce pauvre baron de Montescourt, si lâchement assassiné, il y a un mois, par un infâme gredin, sur lequel, entre parenthèses, la police n\u2019a pas pu encore mettre la main, j\u2019ai examiné avec beaucoup de soin les moyens d\u2019exécuter le projet que tu m\u2019as suggéré.\u201cEh bien, je ne vois qu\u2019une seule manière de mettre la main sur la fortune des Montescourt, c\u2019est d\u2019avoir la tutelle du petit.\u2014 Oh ! quelle découverte ! ricana Vié- ville.\u2014 Dr, pour avoir la tutelle du petit, continua Francis, il faut d\u2019abord que la mère soit condamnée, et il faut ensuite que la grand\u2019mère disparaisse.\u2014 Elle a bonne envie de vivre.\u2014 On peut lui faire passer cette envie.\u2014 Un assassinat !.Brr !.Tu dis ça comme si tu étais habitué à commettre un crime tous les matins !.\u2014\tQui veut la fin veut les moyens, mon ami ! \u2014\tSans doute, mais j\u2019aimerais mieux un autre.moyen.\" \u2014 H n\u2019y en a pas. Vol 26, No «, Montréal 16 M&l IM*.\u2014 Explique-moi an peu comment tu as réglé lee détails de l\u2019expédition.\u2014\tVoici, c\u2019est très simple : tu vas d\u2019abord t\u2019installer pendant quelques jours à Randanne.\u2014\tCe n'est pas facile la vieille ne peut pas me souffrir.\u2014 Tu as déjà trouvé un prétexte pour forcer la consigne.Rien ne t\u2019empêche de recommencer.\u2014 Je veux bien essayer, mais il est probable que je n\u2019aboutirai qu\u2019à me faire mettre à la porte.En admettant, d\u2019ailleurs, que je réussisse à faire accepter ma présence au château pendant quelques jours, je me demande à quoi cela pourra bien servir.\u2014 Attends, tu vas comprendre.Le comte de Vféville, quoique ruiné, ne voyage pas sans son valet de chambre.Ton valet de chambre, c\u2019est moi.Tu l\u2019emme- nes.\u201cQuand nous serons tous les deux dans la place, c\u2019est bien le diable si nous ne trouvons pas quelque preuve écrasante de la culpabilité de la jeune baronne, et si nous ne parvenons pas à faire naître une occasion de nous débarrasser de la vieille.\u2014 Je no peux pas t\u2019interdire de faire des projets d\u2019assassinat, répliqua le comte, mais, moi, je te le répète, j\u2019ai des principes, et les méthodes violentes me répugnent.\u201cJe veux bien mettre tout en oeuvre pour subtiliser la fortune de mon cher petit cousin Hubert de Montescourt, laquelle doit être respectable malgré l\u2019excessive générosité d\u2019Alain, et j\u2019avoue que, pour m\u2019approprier de l\u2019or, de l\u2019or dont j\u2019ai besoin et dont je suis depuis longtemps privé, je suis capable de toutes les vilenies, mais commettre un crime, non, ça, jamais !.\u2014 Imbécile !.Enfin, soit !.je travaillerai seul.Au surplus, ne nous arrêtons pas maintenant à ces questions de détail, réglons plutôt la marche à suivre.\u201cNous voilà donc débarrassés des deux femmes qui font obstacle à nos projets : l\u2019une est morte, l\u2019autre est condamnée à quinze ou \"vingt ans de réclusion.\u201cH faut aviser au plus vite pour sauvegarder la fortune du dernier des Montes-court.Tu es le plus proche parent, tu provoques immédiatement la réunion du conseil de famille, tu te fais nommer tuteur et.et.le tour est joué.\u2019 \u201cSous ton administration sage, prévoyante, les fermes et les titres de rente dansent une sarabande effrénée, et l\u2019argent passe de la poche du petit cousin dans la tienne.pardon, dans la nôtre, car n\u2019oublie pas que nous sommes deux, et que, pour avoir été à la peine autant, sinon plus que toi, j\u2019exige d\u2019être à l\u2019honneur c\u2019est-à-dire, de palper la moitié de ce que tu., voleras.C\u2019est entendu, n\u2019est-ce pas î Du reste, je saurai, en temps opportun, te rappeler tes promesses.\u2014 C\u2019est entendu, soupira Viéville, mais il me semble que tu vends la peau de l\u2019ours un peu prématurément.Dans tous LE SAMEDI les ça?, an\tco*me tu visas de le dire, e* n\u2019est pas avant des années que nous pourrons barbotter à notre aise.\u2014 Evidemment, ça exigera quelques délais.Mais nous sommes jeunes et l\u2019espoir nous soutiendra.\u2014 11 reste à savoir, poursuivit le oom-te, si les événements tourneront comme tu l\u2019espères.J\u2019en doute un peu et je suis même à peine tranquille sur l\u2019expédition que nous préparons.\u201cN\u2019est-il pas déjà de la dernière imprudence que je t\u2019introduise à Randanne en te faisant passer pour mon domestique ?Tu es originaire du pays.Que quelqu\u2019un vienne à te reconnaître, tout notre plan est découvert.\u2014- Là-dessus, mon cher, aucune crainte à avoir ! répliqua vivement Vémois.Deux secondes, s\u2019il te plaît.Et tu diras s\u2019il est possible de reconnaître le docteur Vernois sous les favoris, les ,yjs et les cheveux roux du Yankee que tu as ramené avec toi d\u2019Amérique.\u201cL\u2019illusion sera, d\u2019ailleurs, facile à compléter par un détail caractéristique : nous ne parlerons jamais qu\u2019anglais entre nous et je pourrai à peine prononcer quelques mots de français pour me faire comprendre des autres domestiques.Hein, c\u2019est trouvé, ça !\u201d Tout en bavardant, Franeis avait jeté son veston et, se plantant devant sa glace, avait commencé à se grimer avec les pâtes et les teintures qui se trouvaient sur la toilette.\u2014 Pas mal ! pas mal ! répétait Viéville plein d\u2019admiration à mesure que la transformati n s\u2019opérait.\u2014 Allons, tu le vois, ton impression est bonne ?conclut Francis, lorsqu\u2019il eut terminé son maquillage.\u2014 Excellente, mon ami, tu es un maître.Voyons, qu\u2019allons-nous faire maintenant.maintenant que tu es devenu un Yankee de la plus belle apparence ?\u201cTu pourrais peut-être prendre tout de suite ton service auprès de moi.J\u2019ai justement un groom qui est idiot \u2014 c\u2019est lui qui, tout à l\u2019heure, a laissé sottement entrer ta femme chez moi \u2014 et dont je ne serais pas fâché de me debarrasser.\u2014 Pour le moment, répondit Vernois, ce déguisement va simplement me servir à sortir de la maison sans que ma concierge me reconnaisse.Je vais faire un choix de tou les objets qui peuvent m\u2019être utiles, car j\u2019ai l\u2019intention de ne pas remettre les pieds ici de quelque temps, j\u2019enfermerai tout ça dans ma sacoche de serrurier, et lorsque je passerai devant la loge, la brave pipelettte me prendra pour un des ouvriers qui travaillent depuis ce matin chez le locataire du quatrième.\u201cToi, tu partiras devant et tu te rendras directement chez toi, où j\u2019irai te rejoindre sans retard.- \u2014.Que dira mon groom en te voyant bous cet accoutrement ?car, lui, te reconnaîtra sans doute.\u2014 Ton groom ?Eh bien, mets-le à la porte, si tu as de quoi le payer.H est préférable qüe nous soyons seuls pour \u2014 06 \u2014 25 pouvoir bavarder sans coptiauite.\u2014 Entendu, fit Viéville, à bientôt, chez moi !.Laisse-moi seulement te faire une observation.Tu parles d\u2019argent comme un milliardaire, tu organises des complots, tu projettes des voyages comme si nous étions cousus d\u2019or, et tu oublies que nous sommes presque sans le sou.\u2014Bah ! bah ! tu oublies, toi, que la fortune du petit Montescourt ne tardera pas à couler entre nos mains et que l\u2019on peut toujours trouver de l\u2019argent su^ une lettre de crédit \\ si courte échéance.\u2014 Peut-être.Cependant, j\u2019ai des doutes.\t< : .¦ Il Quand, une heure plus tard, Vernois, son sac de serrurier sur l\u2019épaule, pénétra dans le rez-de-chaussée qu\u2019habitait Viéville, rue Jouffroy, il trouva son ami bouleversé par une nouvelle invraisemblable et trépignant d\u2019impatience.\u2014 Qu\u2019y a-t-il ?qu\u2019y a-t-il ?interrogea le pseudo-Yankee.\u2014 Tiens, lis ça ! s\u2019écria le comte en agitant un télégramme.\u2014 Il vient d\u2019arriver ?\u2014 A l\u2019instant.Lis vite.\u2014 Une minute, sacrebleu ! Le feu n\u2019est pas à la maison .Franeis déposa son sac, s\u2019approcha de la fenêtre et, sans se presser, lut à demi-voix : \u201cPour Paris, \u2014 de Vie-le-Comte.\u201cBaronne douairière de Montescourt, frappée ce matin congestion cérébrale.Etat grave.Mme Simone de Montescoürt absente.Ai songé à prévenir Monsieur le comte, plus proche parent de Madame.Prière monsieur le comte, venir aussitôt pour prendre décision et dégager responsabilité des domestiques.\u201cFLORIMOND, château de Randanne.\u201d Vernois, ayant achevé sa lecture, leva les bras au ciel d\u2019un âir inspiré.\u2014 Ça, mon vieux, prononça-t-il gravement, c\u2019est u e surprise., une surprise déconcertante ! .Nous ne pouvons pas souhaiter mieux.Tu ne savais pas quel prétexte invoquer pour t\u2019introduire à Randanne.Voilà qu\u2019on t\u2019invite.Décidément, le ciêT est avec nous.Nous partons ce soir, naturellement ! Viéville consulta l\u2019indicateur.\u2014 Oui.à 8h.5, c\u2019est le meilleur train.\u2014 All right !.\u2014> Tu ne saurais mieux dire, puisque désormais, \u2014 ne l\u2019oublie pas, \u2014 tu t\u2019appelles John et ne parle qu\u2019anglais.\u2014 Chut ! ton groom pourrait entendre.\u2014 Non, il n\u2019est pas là.Il m\u2019a demandé à sortir pour voir un de ses parents qui est Je passage à Paris.Je lui ai donné avec plaisir la liberté de la soirée \u2014 Je respire, tout va bien.En ce cas, laisse-moi chanter encore une fois ma joie.en français.(A SUIVRE) %; îM, OrnMtt.u&t.w*.LA DEMANDE EN MARIAGE \u2014Etes-vous certain, jeune homme, que vous pouvez faire vivre une famille.\u2014Hum! jusqu\u2019à présent, je n\u2019ai pas pensé si loin: c\u2019est seulement votre fille que je demande.EMBELLISSEZ VOTRE POITRINE EN 25 JOURS Toutes les femmes doivent être belles Et toutes peuvent l\u2019être grâce au Réformateur Myrriam Dubreuil Succès assuré en 25 jours Avoir une belle poitrine, être grasse, rétablir vos nerfs, cela en 2 5 jours avec le Réformateur Myrriam Dubreuil, approuvé par les meilleurs médecins du monde, les hôpitaux, etc.Les chairs se raffermissent et se tonifient, le Buste prend une forme parfaite sous l\u2019action bienfaisante du Réformateur.Il mérite la plus entière confiance, car il est le résultat de longues études consciencieuses; approuvé par les sommités médicales.Le Réformateur Myrriam Dubreuil est un produit naturel, possédant la propriété de raffermir et de développer la poitrine, en même temps que, sous son action, se comblent les creux des épaules.Seul produit véritablement sérieux, garanti absolument tnoffensif, bienfaisant pour la santé générale.Le Réformateur est très bon pour les personnes maigres et nerveuses.Convenant aussi bien à la jeune fille qu\u2019à la femme dont la Poitrine a perdu sa forme harmonieuse par suite de maladies, ou qui n\u2019était pas développée, LE REFORM ATEUR MYRRIAM DUBREUIL jouit dans le monde médical d\u2019une renommée universelle et déjà ancienne comme reconstituant et aliment de la beauté, tout en restaurant ou en augmentant la vitalité, sans oublier qu\u2019il contribue, en même temps k chasser nervosité.Engraissera les personnes maigres de 20 livres en 25 jours.Echantillons Gratis Envoyez 2c en timbres et nous vous enverrons GRATIS notre brochure illustrée de 32 pages vous enseignant comment vous pouvez obtenir ce merveilleux développement de la poitrine pour toujours.Notre Réformateur est également efficace aux hommes maigres, déprimés et souffrant d'épuisement nerveux, quel que soit leur âge.Toute correspondance strictement confidentielle.LES JOURS DE BUREAU SONT: JEUDI ET SAMEDI DE CHAQUE SEMAINE DE 2 A 6 P M.Adressez Mme MYRRIAM DUBREUIL, 44b Montana, Dept.2, Boîte postale 2353,\tMontréal, Qué. 32 LE SAMEDI Vol.25, No 51, Montréal, 30 Mai 1014 CANADIENS - ANGLAIS ! A.u Fil de la Plume Par A.RIO U I Sb POUR la première fois depuis mon arrivée au Canada, je viens de me trouver en contact avee cette partie de la population qui forme ce qu\u2019il est convenu d\u2019appeler la colonie Canadienne-Anglaise.Je regrette ce contact parce que trop court, il ne m\u2019a été en effet permis d\u2019apprécier ces nouveaux compatriotes qu\u2019au moment de mon départ, et je n'hésite pas à déclarer que je regrette d\u2019avoir aussi tardivement comblé ce qui eut été une énorme lacune dans l\u2019étude de mœurs et de caractères par moi entreprise au pays des Champlain et des Jacques Cartier.C\u2019est à St.John, Nouveau-Brunswick, que j\u2019ai fait mon apprentissage, alors que j\u2019allais rejoindre le paquebot qui devait me ramener sur la terre française.Il fut agréable et j\u2019en conserverai un impérissable souvenir, une seule tache assombrit ce tableau et la faute m\u2019en est grandement imputable, c\u2019est le peu de connaissance que je possède de la langue de Shakespeare.\u201cA toute chose, malheur est bon\u201d, dit le vieux proverbe normand et j\u2019ai pu me rendre compte que ce dicton populaire était marqué au coin du bon sens et de la logique, car dans les circonstances présentes, j\u2019eusse beaucoup moins goûté l\u2019exquise urbanité, l\u2019extrême courtoisie et la délicatesse des Canadiens-An-glais, s\u2019il m\u2019avait été permis de eauser couramment leur langage et de n\u2019avoir aucun besoin de m\u2019adresser à eux.En effet, à chaque minute, je devais avoir recours à leur obligeance pour me guider dans mes démarches et jamais leur bonne grâce ne m\u2019a fait défaut.Partout la politesse et la courtoisie.Je tremblais un peu à l\u2019idée de me trouver isolé dans une ville complètement anglaise, je me faisais des idées noires en songeant aux mille et une difficultés qui ne manqueraient pas de m\u2019assaillir à ma descente du train, et voilà qu\u2019au moment du départ je m\u2019aperçois que tout s\u2019est merveilleusement passé et que j\u2019ai comme une sorte de regret à quitter des gens dont l\u2019aménité ne s\u2019est jamais démentie à mon égard, Il est bon d\u2019insister sur ce sujet de façon à ne laisser plaoe à aucune équivoque, car je sais nombre de français, voire même de Canadiens-Français, ignorants la langue anglaise, qui considèrent avee épouvante l\u2019heure où Ha se verront forcés do prendre contact avec leurs compatriotes bri tantüques, Qu'ils se ramurent, ils sortiront victorieux de l'é preuve et je demeure persuadé qu\u2019ils remporteront de ce premier frôlement une impression bien différente de celle qui leur est suggérée par les difficultés à vaincre.Donc je suis descendu à St.John venant de Montréal par une belle journée d\u2019avril, un peu froide, mais heureusement fort sèche; dès ma sortie de la gare je suis resté enthousiasmé.Devant moi, à perte de vue la mer aux teintes glauques étale sa nappe immense jusqu\u2019à la ligne d\u2019horizon.Dans le port, goélettes, bricks, paquebots, s\u2019alignent majestueusement en bordure des quais, pendant que grouillent aux alentours une infinité de petits remorqueurs, de canots à vapeur ou à pétrole, de barques à voiles ou à rames qui donnent à ce coin de la ville une animation extraordinaire.Les docks sont d\u2019une propreté surprenante et les rues qui y donnent accès sont d\u2019une netteté qui rendent le Montréalais légèrement rêveur.Pas de boue, pas de flaques d\u2019eau, pas de papiers ni d immondices, St.John est une ville bien tenue et la légion de balayeuses mécaniques qui attendent toutes attellées le moment d\u2019effectuer à tour de rôle leur tournée de netloyage, me prouve combien la municipalité se montre soucieuse de l\u2019hygiène et de la propreté.J\u2019avise un policeman et dans mon \u201ccharabia\u201d je lui demande quelques renseignements, il m\u2019écoute, ne sourit même pas, et me conduit lui-même sur un point d\u2019où il me montre la compagnie à laquelle je vais avoir affaire.A ce bureau je rencontre des employés bien élevés qui me renseignent très gracieusement, se déplacent, et me voyant les mains '\u2022neombrées de colis s\u2019offrent à me les garder dans leur \u201coffice\" jusqu\u2019au jour de l\u2019embarquement.Je me trouve un peu confus de tant d\u2019amabilités, mais je ne suis pas au bout de mes surprises.Je demande l\u2019adresse d\u2019un hôtel convenable et je me renseigne du prix d\u2019une voiture qui m\u2019y conduira.On me répond aussitôt que les \u201cchars\u201d me déposeront devant la porte de l\u2019hôtel \u201cBufferin'\u2019 et qu\u2019il est inutile de faire une dépense qui n\u2019a pas sa raison d\u2019être.Je me rends donc à la station des tramways.Je suis tout de même un peu anxieux et je serre la poignée de ma valise, je connais si bien les conducteurs pour être dé terribles grincheux, que je ne les aborde qu\u2019avec d\u2019infinies précautions.Quand on vient de Montréal, voyez-vous, on est fixé à cet égard ! O miracle! un tramway stoppe, l\u2019employé me prend ma valise des mains, m\u2019aide à gravir les marchepieds et me laisse m\u2019installer sur les sièges de velours de l\u2019intérieur, après quoi, très poliment, touchant le bord de sa casquette il me réclame le prix de ma place.Franchement, j\u2019ai crû rêver et jamais je n\u2019ai considéra avec autant d\u2019intérêt un employé des tramways.Je fus plus surpris de constater sa courtoisie et sa politesse que je ne le fus en visitant les phénomènes de Barninn! Il se peut donc que certaines compagnies de \u201cp\u2019tits chars\u201d, canadiens, possèdent des employés polis?On me pardonnera cette exclamation, mais nous sommes si peu habitués à cela à Montréal.Bref, à l\u2019hôtel, dans les différents magasins, au théâtre, j\u2019ai été charmé de la gentillesse, de la courtoisie et de la politesse qui sont de règle avec le public et lorsque vint à sonner l\u2019heure du départ je ne pus in \u2019éloigner sans avoir échangé de vigoureux \u201cshake hand\u201d, avec des gens que je connaissais depuis 48 heures à peine.Mon passage à St.John m\u2019a permis de tirer une morale des faits que je me suis plu à relater, je vous la donnerai, mes chers lecteurs, avec l\u2019idée qu\u2019elle pourra vous être utile.\u201c Ne vous liez jamais aux renseignements qui vous seront, fournis par des gens quelquefois intéressés à vous tromper; jorsque vous désireriez juger un homme, un peuple, une secte, faites ce que j\u2019ai fait moi-même, mêlez-vous à eux et l\u2019impression ressentie sera la vraie,\u201d c\u2019est ainsi qu\u2019il m\u2019a été permis de juger les Canadiens-Anglais et je suis ravi du résultat obtenu.-\u2014o- C'EUT CE QU'IL PAIT (hiffüiuwVous commend !! à perdre vos cheveux, il vous fan* cirait mettre quelque chose dessus.Client.\u2014-C\u2019est ce que je fais chaque matin.Coiffeur.\u2014Et qu\u2019y mettez-vous! Client.\u2014Mon chapeau.Après quoi, on n\u2019entendit plus que le bruit des ciseaux. LE SAMEDI 99 Vol 25, No SI, Montréal, 30 mal 1014, JE ME SENS UNE TOUTE AUTRE FEMME Car le \u201cComposé Végétal\u201d de Lydia E.Pinkham que j\u2019ai pris a fait disparaître mes Douleurs de Dos, mes Maux de Tête et mes Etourdissements.Piqua, Ohio.\u2014\u201cJe me considérerais bien ingrate si je ne m\u2019empressais de louanger, comme il le mérite, le \u201cComposé Végétal\u2019\u2019 de Lydia E.Pinkham, car en ayant pris en différentes occasions, j\u2019en ai toujours obtenu un grand soulagement, quand d\u2019autres remèdes ne me faisaient aucun bien.Dès que j\u2019entends une femme se plaindre, je m\u2019empresse toujours de recommander ce remède.L'hiver dernier, je fus atteinte d\u2019une faiblesse d\u2019organisme très grave.Je souffrais de maux dans le dos, des douleurs dans les hanches et au-dessus des rognons, j\u2019avais des étourdissements, des maux de tête.J\u2019éprouvais une grande lassitude, je n\u2019avais aucune énergie, j\u2019avais des douleurs dans tous les membres, et j\u2019étais toujours fatiguée.Je pouvais a peine vaquer à mes devoirs domestiques.J\u2019avais déjà pris du \u201cComposé Végétal\u201d dans une occasion précédente et j\u2019en avais obtenu beaucoup de bien, alors je décidai d\u2019en prendre encore et je me sens parfaitement rétablie, et une toute autre femme.\u2014Mde, Orpha Turner, 431 rue S.Wayne, Piqua, Ohio.Les femmes qui souffrent de ces maladies dépressives, particulières à leur sexe, ne devraient pas douter de l\u2019efficacité du \u201cComposé Végétal\" de Lydia E.Pinkham pour leur ramener la santé.Si vou» désirez avoir quelque conseil ou avis spécial, écrivez à The Lydia E.Pinkham Medicine Co.(confidentiel,) Lynn, Mass.Une femme recevra votre lettre, l\u2019ouvrira et la lira, et la gardera strictement confidentielle.LA GLACE AU BENGALE COURRIER ut DEH l! CURIOSITES ¦fl®! Il n\u2019y a pas qu\u2019à Montréal où l\u2019on aime à savourer, l\u2019été, des boissons fraîches et de la crème à la glace.Aux Indes le besoin s\u2019est fait sentir davantage encore à cause de la température plus élevée et qui dure beaucoup plus longtemps.Or, sans produits chimiques ni appareils d\u2019aucune sorte, on trouve le moyen dans ce pays, principalement au Bengale, de se procurer facilement de la glace pour la préparation des sorbets ou des boissons glacées.Le soir, on répand de l\u2019éau dans des récipients larges et peu profonds, isolés du sol par une couche de paille ou de bambous haute d\u2019environ trois pieds\" et on laisse agir la nature.L\u2019évaporation rapide qui se produit grâce au courant d\u2019air circulant tout autour des récipients abaisse la température de l\u2019eau contenue dans ceux-ci au point de la convertir assez rapidement en glace.Naturellement la quantité obtenue à chaque fois est minime mais en agissant sur un grand nombre on arrive, paraît-il, à un résultat suffisamment pratique pour qu\u2019il suffise aux besoins des consommateurs.Certains navires spécialement destinés au transport des bestiaux peuvent transporter confortablement jusqu\u2019à mille animaux.# Un coup de bec d\u2019un oiseau de la Nouvelle-Guinée appelé par les indigènes \"l\u2019oiseau de mort\u2019\u2019, est suffisant pour causer le tétanos.¦» Les toréadors renommés gagnent, en Espagne, de quarante à cinquante mille dollars par an.r~-'N EAU des CARMES DIGESTIONS PÉNIBLES, CRAMPES if ESTOMAC, MAUXda CŒUR (Dm cnlllaN* dan* dm lofuzlon bias «haada).contre MALAISES mm : Rouai» F» itAJMmMMoobitL LES COSTUMES BIZARRES A l\u2019occasion de fêtes ou de bals costumés, on voit souvent la fantaisie se donner libre cours et lancer les productions les plus originales; tel a été le cas en Hollande dans un concours de patinage à roulettes où chacun rivalisa, non seulement d\u2019adresse, mais aussi d\u2019étrangeté dans le déguisement.Notre gravure représente l\u2019un des patineurs qui eut un certain succès de curiosité avec la gigantesque roue dont il s\u2019était affublé.11 devrait être plutôt difficile de patiner dans ces conditions et une chute devait être imminente à chaque instant ; les virages ne devaient également pas être sans danger pour les voisins qui risquaient fort, s\u2019ils approchaient trop près, de recevoir une caresse un peu brutale de la roue sur la figure.Il paraît néanmoins que ce patineur nouveau genre n\u2019a pas fait trop de dégâts autour de lui et qu\u2019il a eu les honneurs du jour.Quoiqu\u2019il en soit, je doute que son costume devienne à la mode un jour; on a estimé jusqu\u2019ici et avec juste raison que les roues sont faites pour nous porter et non pour être portées elles-mêmes.TOUCHE-A-TOUT.GRAND DIEU! |\tQUELLE AFFLICTION! Et dire qu'en trot» minute» on peut faire disparaître n'importe quelle barbe tant dure et touffue qu\u2019elle soit, aussi bien que tous les poil» superflus du visage, du cou ou de» bra», avec la RAZORI-NE du Dr Simon, Pari», France.Non seulement tou» le» poils et la barbe disparaîtront en trois minute», mais Ils sont détruits totalem e n t Jusque dans leur racine, sans douleur, sans irritation de îa peau qui devient au même instant blanche, souple et veloutée.Pour convaincre les incrédules, nous envoyons A tous eeux qui en font la demande un échantillon suffisant pour prouver son infaillibilité.De plus, nous offrons $60 de récompense pour une preuve d'insuccès.Pour en avoir il suffit d'envoyer votre adresse avec 10 cents pour frais de poste et emballage, adresser COOPER & Co, DEPT.6, No 219 des Commissaires, Montréal.Prix du traitement complet, $1.00.\t\t \tUN BON DESSEjU*\t \tLES ESSENCES CULI N A IKES de JONAB sont recommandées par le» chefs les plus célèbres;\tg elles sont en usage dans les prln- B§WLâ cipaux hôtels et restaurants de BmBBi l'Atlantique au Pacifique.Si vous WW* voulez un bon dessert employez tou-jours les\t1 » J ESSENCES DE JONAS HENRI JONAS & Cie, Fabricants Ifflg 3U1 rue St-Paui, Montréal.\t \tm\t \t\t 162 rue St-Deni», - - No» DENTS sont très belles.naturelles, gar a n -ties.Inst ltut Dentaire Frajnco-Américain (Incorporé).- MONTREAL GUIDE DE LA SANTE POUR LES FEMMES I.E MERVEILLEUX SPECIFIQUE Guérison positive, permanente et radicale pour toutes les formes de FAIBLESSE DE LA FEMME Chaque femme peut se traiter par elle-même.\t* \u201c***\u2022-*« ¦m.icuuiea, nous en- voyons à tous ceux qui en font la demande un échantillon suffisant pour prouver son infaillibilité.Pour en avoir il Suffit d'envoyer votre adresse avec 10 cents pour frais de poste et emballage, adresser Mme J.PAQUETTE REPRESENTANTE DU ORANGE-LIS DEPT.A 1273 rue St-Denis,\tMontréal.me le soleil émet autant de lumière qu il pourrait en être émis nar 680,000 pleines-lunes.Le bon marché du Mother Graves\u2019 Worm Exterminator le met à la nor tée de tous, et vous pouvez vous le procurer dans toutes les pharmacies 34 LE SAMEDI Vol.25, No 51, Montréal, 30 Mai 1914 UNIFORMITE.\u2014Un gros mot, mais important pour la ménagère qui veut que son pain et ses pâtisseries soient toujours bonnes.FARINE vue.Stoaea TOUJOURS UNIFORME Toujours pure, forte, blanche (mais non blanchie) \u2014la même quantité d\u2019eau et c\u2019est une forte quantité, sera absorbée par la farine Five Roses et votre pain, votre pâte, sera toujours légère, fortifiante, excellente.La Farine Five Roses est en vente dans presque toutes les meilleures épiceries, etc.CANADA FIVE ROStS LES BONNES CONFITURES.FONTIDE MEILLEURS DESSERTS Qu© ce -soit pour la table, pour les tartes ou pour toutes autres pâtisseries, les Confitures Toujours Les Premières.Fabriquées soigneusement avec des fruits strictement frais, l\u2019emploi en est recommandé à toutes celles qui sont soucieuses de leur réputation de pâtissières.En chaudières de B et 7 lbs, en pots, en verres et en seaux de hois.Une spécialité de confiture pure marque \u201ci,.& r.\u201d \u2014o\u2014 LABRECQUE ET PELLERIN Manufacturiers 111, Rue Saint-Timothée, Montréal.Employez toujours la Poudre à Pâte \u201cCOOK\u2019S FRIEND\u201d et vous serez toujours certaine du résultat Elle est sans égale depuis 50 ans §\u2022\u201c NE CONTIENT PAS D\u2019ALUN Le meilleur repas sera gâché si le café est de mauvaise qualité.Le café Seal Brand empêchera même un pauvre repas d\u2019être un fiasco.CHASE & SANBORN,\tMontréal.RECETTES ET CONSEILS Pain de Savoie à la Fournier.\u2014Quatorze œufs frais, les blancs à part, battez les jaunes avec une livre de sucre blanc écrasé bien fin, fouettez les blancs à part; mettez les jaunes avec, ensuite une livre et un quarteron de fleur \u201cFive Roses\u201d que vous mettez miette à miette; battez bien ce mélange, beurrez votre moule et le mettez à moitié; on peut le laisser deux heures cime sur un feu modéré sans le couvrir.i Tarte aux confitures.\u2014Etendez de la confiture \u201cKing sur la pâte, et relevez-en le bord tout autour.Couvrez-les d une feuille de pâte bien mince, à lauelle vous ferez de distance en distance quelques -petits trous.Faites cuire cette tarte ou tourte comme celle aux pommes.Saupoudrez-la de sucre en sortant du four.Gâteau d\u2019or.\u2014Prenez une demi-tasse de beurre et deux tasses de sucre que vous mêlerez et brasserez ensemble pour en iaire une crème; ajoutez ià cette crème les jaunes de six œufs bien battus, et si vous le voulez, vous pouvez y mettre en sus un œuf tout entier, puis ajoutez une demi-tasse de lait frais dans lequel vous aurez fait dissoudre une demi-euillerée à thé de \u201c Cook\u2019s Friend\u201d et assez de fleur pour en faire une pâte consistante.On peut aussi mélanger une cuillerée à thé de clou de girofle, de la cannelle et une demi-museade, avec, soit raisins ou raisins de Corinthe ou les deux ensemble, ce qui est considéré par plusieurs comme une amélioration.Crème fouettée à la française.\u2014Mettez dans une terrine une pinte de très bon lait; ajoutez une pincée de gomme arabique, que vous aurez fait dissoudre dans un peu d\u2019eau de fleur d\u2019oranger; fouettez le tout avec la verge d\u2019osier, et quand votre crème sera en neige, vous la dresserez sur un plat au moyen de l\u2019écumoire.Cette préparation doit être faite quelques minutes avant de servir, et dans l\u2019endroit le plus frais possible.On fait toutes les crèmes fouettées de la même manière; pour celle à la rose, on fait infuser une poignée de feuilles de roses dans la crème que l\u2019on a fait bouillir; celle du chocolat râpé très fin; celle au café, en ajoutant une cuillerée de café \u201cSeal Brand\u201d très fort.Caramels aux fraises.\u2014Mêlez bien quatre bols à café de sucre granulé, trois cuillerées à soupe de glucose, et un bol à café d\u2019eau bouillante.Quand tout sera bien mêlé, faites bouillir, en remuant de temps eu temps, jusqu\u2019à ce que ce soit cuit à point.Lorsque le caramel durcira dans l\u2019eau froide, ajoutez un bol à café de crème, et un morceau de beurre de la grosseur d\u2019un œuf.Laissez bouillir encore, en remuant tout le temps.Enlevez du feu; ajoutez quelques gouttes d\u2019un liquide colorant rouge, avec un peu d\u2019essence de fraises, et versez comme plus haut pour refroidir.! Esturgeon à la Provençale.\u2014Enlevez la peau d\u2019un peti esturgeon, lavez-le et mettez-le dans une poissonnière.Vous l\u2019y laisserez mariner deux ou trois heures dans une bouteille de vin blanc, un peu d\u2019huile, sel, épices, citron coupé par tranches.Placez la poissonnière au four et faites cuir en arrosant de temps en temps avec la marinade.Lorsque le poisson a pris une bonne couleur, retirez et dressez sur le plat.Passez une petite partie de la cuisson avec une sauce provençale.Servez le poisson, sauce à part.Beaucoup ignorent que le sel est aussi nécessaire à notre constitution, que le sucre à notre palais.On devrait en manger fréquemment; ce qu\u2019il y en a dans notre nourriture quotidienne, n\u2019est pas suffisant.Beaucoup d\u2019animaux font de grandes distances pour obtenir une nourriture plus saline.Ceci démontre que le sel est nécessaire à la vie animale.Sel aux animaux.\u2014Nous pensons être utile aux pays d\u2019élevage en publiant les quantités de sel qui conviennent aux rations: Cheval, 1 once par jour; bœuf à l\u2019engrais, 4 onces ; vache à l\u2019engrais, 2 onces V2; veau d\u2019un an, 1 once, veau de six mois, V2 once; moutons à l\u2019engrais, % once; vache laitière et bœuf de travail, 1 once.On sait «tue l'on peut mettre aussi dans l\u2019étable ou l\u2019écurie un moreeau de sel gemme ou du sel ordinaire dans un sac de toile peu serrée.Les figues cuites constituent d\u2019excellents cataplasmes pour les brûlures et les petits abcès ; on emploie pour le même usage une décoction de figues dans du lait. LE SAMEDI 35 Vol.25, No 51, Montréal, 30 mai 1914.Une Surprise POUR FEMMES MAIGRES Des milliers de femmes maigres ont su bénéficier des merveilleux effets du TRANSFORMATEUR JAPONAIS dont la renommée augmente sans cesse.Pour être à la mode, il voue faut une poitrine développée que vous obtiendrez en peu de temps en em ployai.t le TRANSFORMATEUR JAPONAIS, facile, agréable, rapide et d\u2019effet durable.Une fois que le traitement aura commencé d\u2019opérer, vous serez surprises et enchantées à la vue du changement dans votre apparence générale.Lalssez-nous donc vous prouver qu\u2019il nous est possible de vous donner une apparence charmante.Dès aujourd\u2019hui, demandez-nous par lettre accompagnée de 10c, l\u2019envoi des Explications détaillées sur notre traitement.MIEUX ENCORE : Envoyez-nous $1.00 pour un Traitement complet.Le TRANSFORMATEUR JAPONAIS est empaqueté d\u2019une façon discrète, les explications ou le Traitement complet, vous sera immédiatement adressé sur réception du coupon ci-dessous, accompagné selon l\u2019article désiré, de 10c ou de $1.00.COUPON Découpez de suite ce coupon.Accompagné de 10c, il vous assure l'envol immédiat des Explications complètes sur le TRANSFORMATEUR JAPONAIS.Accompagné de $1.00, il vous assure l\u2019envol immédiat du Traitement complet de ce Transformateur.Adresser : Spécialiste HENRI RIVOD, BOITE 2105, Montréal, Qué.Docteur HENRI LEMIRE Spécialité: Accouchements, Maladie des femmes et des enfants.869, RUE ONTARIO EST, Tel.BeU Est 2177 Electrothérapie - Photothérapie Rayons X Traitements spéciaux, Neurasthénie, Epuisements, Rhumatisme, Rétrécissemetns, Ma ladies des femmes.Poils follets.Consultation 1 à 3 p.m., 7 à 9 p.m.J.Roméo Leduc, 1050 rue St-Denis (Entre Rachel et Marie-Anne) 11 MIMENT MARTIN GUÉRIT le RHUMATISME US TUNEIIR5.1E5 EHTMSES.LS MALADIE 0E5 05 ET TOUTES LES MALADIES EXTERNES EN DEPOT À MONTRÉAL.CHEZ MAILLOUX S FRERES 333 SAINT- DENTS Demandez-le à votre pharmacien ou à votre épicier.OHIPWA Purificateur du Sang, composé de racines sauvages pour toutes maladies.Consultations gratuites et 10 et* pour échantillon de Mde L.Royer, Manchester, N.H., «t 1306a Wellington Street, Verdun, Montréal, P.Q-Agents demandés.Un© huile fameuse.\u2014 Bien que l\u2019Huile Eclectrique du Dr Thomas n\u2019ait pas pris naissance au Canada, ce pays est cependant son domicile.D\u2019ici, sa bonne réputation s\u2019est étendue jusqu\u2019aux Amérique Centrale et du Sud, aux Indes Occidentales, à l\u2019Australie et à la Nouvelle-Zélande.Voilà un champ assez vaste pour témoigner de son excellence, car dans tous ces pays, elle est en vente et en demande.Chronique THEATRALE I NATIONAL ORPHEUM C\u2019est la clôture de la saison au National et la direction de ce théâtre ne pouvait mieux faire, pour laisser le public sous une bonne impression, que de donner l\u2019excellente pièce de Bernstein \u201cLe Secret\u201d.Chose curieuse, toutes les pièces de cet auteur comportent un titre formé d\u2019uu mot de six lettres, mais chose non moins remarquable elles sont toutes d\u2019un puissant intérêt qui leur a acquis une juste réputation auprès du public.\u201cLe Secret\u201d, récemment représenté à Paris clôt dignement la série d\u2019œuvres tour-à-tour dramatiques et amusantes jouées sur la scène du National avec le brio que l\u2019on sait.Représentée au bénéfice des employés, cette dernière pièce fera salle comble à chaque représentation nous n\u2019en doutons pas.Ce sera, du reste, l\u2019occasion d\u2019applaudir une dernière fois les très bons artistes qui out su si bien nous charmer au cours de toute la saison.PRINCESS \u201cThe Great Divide\u201d, voilà Tin drame en trois actes qui plaira certainement aux spectateurs qui se rendront cette semaine à l\u2019Or-pheum.Mouvementée et très bien conduite du commencement à la fin, elle peut passer pour une des meilleures que nous ayons vues à Montréal.En plus de l\u2019intérêt de la pièce elle-même, il faut dire, il est vrai, que l\u2019interprétation est parfaite en tous points; les artistes, dont plusieurs sont depuis longtemps avantageusement connus à Montréal, sont bien dans leurs rôles et méritent bien le succès qui leur est fait.Citons parmi eux Miss Lillian Kemble, Luella Smith, Helen Robertson, Loretta Wells, Elsie Hitz, Geneviève Baird, MM Charles Mackaiy, Richard Ogden, Brandon Evans, Samuel Reed, Stephen Wright, W.Vaughan Morgan, Gordon Hammond, M.Tnllo Webb.7 -o- Deux admirables films constituent un très beau programme au théâtre Princess.Le premier \u201cSealed Orders\u201d est un drame de guerre émouvant dont la note sentimentale et par instants comique dégage un intérêt sans cesse croissant.\u201cSealed Orders\u201d est, à n\u2019en pas douter, un des meilleurs films que l\u2019on ait jamais produit et manquer de le voir serait regrettable.Le spectacle ,1e continue par une comédie très drôle \u201c The Blue Mouse\u201d de nature à faire rire aux éclats ceux qui sont le plus sérieux d\u2019habitude; il comporte des épisodes extraordinairement imprévus et amusants qui mettent la salle en joie.Au total une soirée qui plait énormément et que personne ne regrette; on ne sort de l\u2019Orpheum qu\u2019avec le désir plus grand d\u2019y retourner une prochaine fois.ioST* Montres Gratuites Garçons et Filles\u2014Votre choix pour vos moments libres.Montres garanties trèB bien finies.B6 règlent et se montent par la queuev grandeurs commodes,boîtier en I or ciselé, nouveaux modè-, les chaîne élegmtte gratuite avec montre de garçon.L\u2019espace nous manque pour les décrire\u2014il faut les voir pour les apprécier.Pas d\u2019argent 7*\u201c i avant la vente des marchandises.Contre de garçon pour la vente de 30 de nos Jolis mouchoirs A 10c chaque, e de dame gratis pour la vente de 36.F MFC CO\u201e 18 CHIEF BLDG., BEEBE, QUE.On croit que même les plus puissants microscopes ne parviennent pas à nous faire découvrir ce qui existe de plus infiniment petit dans le règne animal.-o- 17 ACCIDENT Client.\u2014 C\u2019est désagréable, vous m\u2019avez renversé sur mon vêtement une sauce qui va le gâter complètement! Waiter.\u2014 Croyez-moi, oela pourra disparaître sans laisser de traoes si vous envoyez faire nettoyer votre habit à la maison Dechaux, 197 Ste-Catherine Est, entre Ste-Elizabeth et Sanguinet et 710 Ste-Catherine entre Panet et Visitation.(Demandez notre livret gratuit par la poste à l\u2019une ou l\u2019autre de ces adresses).BRUITS DE TETE ET D\u2019OREILLES Conseil gratuit sur la manière de les guérir Si vous avez des bourdonrye meats ou des tintements dans la tête ou les oreilles ou des craquements d'oreilles quand vous vous mou chez, écrivez - moi a u -jourd\u2019hui et lais-sez-moi vous dire sans qu'il vous en coûte un sou comment ces bruits désagréables et irritants pe u v e n t être guéris.Les bruits de tête et d\u2019oredlles sont plus qu\u2019une souffran ce e n -nuyante.Ce sont les signes d'un sé-j rieux \u2014 très sou-vent dangereux \u2014¦ mal dans les con-\u201e , duits auditifs.Ce-Le Dr SPROULE Spé- la .signifie que la cialiste de la Surdité maladie atteint les parties profond e s de l\u2019oreille.Si c\u2019est négligé cela devient parfois .si terrible et si déprimant que cela peut conduire à la folie.Dans nombre de cas, ce sont les avant-coureurs de la perte de l\u2019ouïe et cela détermine une cruelle affliction\u2014la Surdité complète.No croyez pas que c\u2019est Lncurable parce que tout ce que vous avez essayé n\u2019a pas réussi.Les bruits de tête et d\u2019oreilles peuvent être guéris si vous les entreprenez de la bonne façon.Ecrivez-moi aujourd\u2019hui et je vous donnerai un précieux CONSEIL MEDICAL GRATIS et Je vous dirai ce qu\u2019il faut faire en ce cas.Je suis gradué en médecine et chirurgie de l\u2019Université de Dublin (Irlande), ex-chirurgien de la Marine Royale Britannique, service postal.Depuis vingt-cinq ans j\u2019ai étudié et guéri ce mal et je vous renseignerai, sans qu*il vous en coûte quelque chose, comment ces troubles peuvent disparaître et l\u2019ouïe revenir parfaitement.N'en souffrez pas plus longtemps \u2014 laissez moi vous secourir aujourd\u2019hui.Répondez aux questions par oui ou non, écrivez vos nom et adresse sur les lignes pointillées et en-voyez-moi aussitôt le coupon d\u2019avis gratuit.Adressez à Sproule Spécialiste de la Surdité, 400, Trade Building, Boston.Ecrivez en français ou en anglais.COUPON D\u2019AVIS MEDICAL GRATIS Avez-vous des battements d\u2019oreilles?Vos oreilles sont-elles remplies?Votre ouïe s\u2019affaiblit-elle?Des bruits vous troublent-ils la nuit?Ce bruit est-il comme un bourdonnement?Ce bruit est-il comme un tintement?Ces bruits sont-ils pires quand vous êtes enrhumé?Vos oreilles craquent-elles quand vous vous mouchez?NOM ADRESSE FILLES ET FEMMES MAIGRES Peu Favorisées de la Nature C\u2019est pour vous qu'a ôté inventé le BUS-TINOL du Dr SIMON de PARIS, FRANCE.Pour une fille ou une femme qui, de qnelqu e manière qu\u2019elle s\u2019h a b 1 1 1 e , n\u2019est Jamals fashionable, et se sent toujours humiliée à cause de sa maigreur, le BUSTINOL est toute une révélation, améliore la santé, donne de l'ampleur, de l\u2019embonpoint et fait grossir sans trop engraisser; il transforme, raffermit la chair, la développe, assure une apparence superbe, une beauté parfaite.Pour vous en convaincre, 11 suffit d\u2019envoyer votre adresse avec 10 cts, pour frais de poste, et emballage et vous en recevrez un échantillon suffisant pour prouver son vous prouver son efficacité réellement prodigieuse.Adressez Dr SIMON, DEPT.3, No 203 rus des Commissaires, Montréal.Toute correspondance ou communication quelconque, strictement confidentielle.Les commandes, paquets ou lettres sont toujours expédiés de façon à ce que personne n« puisse en soupçonner le contenu. S fl ËT SANS REMEDES Je puis vous guérir sans remèdes, lisez ce certificat: Je certifie que ayant souffert du mal de tête depuis mon bas âge, aucun médecin n\u2019a pu me guérir de ce mal.Ayant entendu parler de Mme Geo.Couture, No 700, rue Ful-lum, je me suis rendue à sa demeure et j\u2019ai été guérie en trois semaines.Je suis heureuse de lui certifier mon admiration.Mme OCTAVIE BERTRAND, 1824 Ste-Catherine, Hochelaga.Venez me consulter.Madame Georges Couture Guérit les maladies suivantes Catarrhe, Bronchite, Paralysie, Rhumatisme, Dyspepsie, Beau Mal, Maladie des Yeux, Mal d\u2019Oreille, Surdité, Maladie de Coeur, Mal de Tête, Mal de Dents, Nervosité, Névralgie, Maladie des Rognons, etc., sans remèdes.N.B.\u2014Je ne soigne pas par correspondance.700, RUE FCLLUM, MONTREAL.Miller\u2019s Worm Powders sont complètes par elles-mêmes.Elles ne chassent pas seulement les vers du sys tème, mais réparent les dommages causés par les vers, fortifient la const! tution de telle sorte qu\u2019elle se remet promptement des désordres de la digestion qui sont les résultats de l\u2019ouvrage fait par ces parasites.Ces poudres font leur œuvre complètement, et la force et la santé résultent de son emploi.ü UNE BELLE TAILLE aux lignes harmonieuses, l\u2019orgueil de toute femme élégante, vous est assurée, Madame ou Mademoi selle, par l\u2019usage régulier des fameu ses PILULES PERSANES de Tawfisk Hazis, de Téhéran, Perse, $1.00 la boîte; 3 boîtes pour $5.SOCIETE DES PRODUITS PERSANS Nouvelle Boîte Postale 2075 MONTREAL.Canada LE SAMEDI\tVol.25, Mo 51, Montréal, 30 Mal 19 U | Depuis que le calendrier grégo-On estime à 12,000,000 d\u2019exem- rien est en existence, aucun siècle plaires le nombre des journaux n\u2019a commencé par un mercredi, un mis en circulation chaque année vendredi ou un samedi.A Ominato, au Japon, un chantier maritime a été en exploitation depuis environ 19 siècles.¦» Au Japon, les fillettes occupées à coller les étiquettes sur les boîtes d\u2019allumettes, gagnent de un à cinq sous par jour.Non Seulement Pur CERTAINS fabricants de savon prétendent que la Pureté est ce que l\u2019on peut désirer de mieux.Et ils donnent le pourcentage de Pureté que contient leur savon comme si la pureté seule était ce qu\u2019exige un savon.Un fabricant peut cependant faire son savon avec de purs rebuts de graisse et du soda pur et prétendre, avec vérité absolue, que son savon est 100 pour cent pur.Mais si ce savon n\u2019est pas coloré artificiellement, ni parfumé, il aura une couleur jaunâtre et se fondra comme de la graisse à roues ou davantage, Le savon fabriqué avec ces ingrédients à bon marché, irrite ou ferme les pores et crée un malaise qui se fera sûrement sentir dans le corps tout entier.Vous devriez soigner votre peau en vous servant de savon dans lequel n\u2019entre pas seulement des Ingrédients Purs, mais qui sont, en tout point, de Première Qualité,\u2014du gras tel que vous en achetez chez votre boucher pour Avez-vous un Petit \u201cFairy vos repas, de l\u2019huile de noix de coci pure, tels qu\u2019emploient les grandes dames pour leur teint délicat.Quelques-uns de ces savons se vendent au détail au prix de 23 à 50 cents le morceau \u2014 à cause du prix excessif des parfums qu\u2019ils contiennent.L\u2019un de ces savons se détaillent à 5 cents seulement le morceau.C\u2019est le savon Fairy.Achetez-en un morceau maintenant et jugez par vous-même.ink ' HM Montréal à la Maison ?dans le monde entier.* Dans les premiers temps de 1 è-re chrétienne, les barbiers n\u2019avaient pas le droit de parler à leurs clients.Hélas ! que les temps sont changés.Un proverbe arabe dit: \u201cCelui qui ne sait pas, et qui ne sait pas qu\u2019il ne sait pas, est un fou: évi-tez-le ! Celui qui ne sait pas, et qui sait qu\u2019il ne sait pas est un humble; enseignez-lui.Celui qui sait, mais ne sait pas qu\u2019il sait, est endormi: éveillez-le.Celui qui sait, et sait qu\u2019il sait, est sage: suivez-le.\u201d # Un des passe-temps favoris des Belges est de dresser des coqs à bien chanter.Dans les concours qui ont lieu assez fréquemment, surtout dans la région de Liège, le coq ayant chanté le plus souvent durant une heure, remporte le premier prix.-; Dimanche seulement.(I) Same-di seulement.BUREAUX DES BILLETS: 141-143 St-Jac-ques.Tel Main 8126.Hôtel Windsor.Place Viger et gare Windsor.En 71 Heures par \u201cl\u2019International Limité\u2019 Le train le plus beau et le plus rapide do Canada quitte Montréal à 9.00 a.m.Quatre Trains Express par Jour 9.00 a.m., 9.40 a.m., 7.30 p.m., 10.30 p.m.MONTREAL, TORONTO ©t L\u2019OUEST Wagons-buffets, salon et bibliothèque sur les trains de jour; wagons-lits Pullman éclairés à l'électricité, avec lampes de lecture dans les lits, sur les trains de nuit.MONTREAL\u2014NEW-YORK, via D.& H.Co.\u2014b7.20 a.m.,\tc8.60 a.m., blO.OO a.m., b8.05 p.m., a7.25 p.m., a8.10 p.m.MONTREAL\u2014BOSTON \u2014 SPRINGFIELD via C.V.Ry.\u2014a8.31 a.m., a8.30 p.m.MONTREAL \u2014 OTTAWA \u2014 a8.00 a.b 9.10 am., b4.00 p.m., a8.05 p.m.MONTREAL\u2014SHERBROOKE\u2014LENNOXVILLE\u2014a8.00 a.m., b4.16 p.m., a8.16 p.a Tous les jours.bTous les jours, excepté le dimanche.cDlmanche seulement.BUREAUX EN VILLE, 122 rue St-Jac-ques.Tel Main 6905, Hôtel Windsor ou gare Bonaventure.DESIREZ-VOUS LA RICHESSE?Allez vers l\u2019Ouest Canadien 150,000 \u201c HOMESTEADS \u201d GRATUITS Sur le parcours du Chemin de Fer CANADIEN NORD Notre réseau traverse la magnifique ceinture de terre à blé où chaque acre de terre peut pratiquement être mis en culture.Demandez notre brochure indiquant tous les détails supplémentaires et le moyen de vous procurer 100 acres gratuits.
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