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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 27 novembre 1920
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1920-11, Collections de BAnQ.

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[" iOURNAL ILLUSTRE HEBDOMADAIRE VOL XXXII, No 25 Montréal, 27 novembre 1920 10 cents LE NUMERO kv.~# COIFFERONS-NOUS SAINTE-CATHERINE î LE SAMEDI Vol.32, Ko 25, Montréal, £7 novembre 1920 2 T AIRE FAMILY 1374, Notre-Dame ouest (Près rue Vinel) Téléphone : Victorio 63 Semaine du 22 novembre ENTREE TRIOMPHALE DE LA TROUPE BELLA OUELLETTE dans FROU-FROU de Meilhac et Halevy Les principaux rôles seront tenus par MM.Filion, Barry, Duchesne, Leclaire Mmes Bella Ouellette, Aurore Alys Magnifique mise en scène.Beaux décors.Grande distribution.DIMANCHE GRAND PROGRAMME DOUBLE DE VUES ANIMEES ET DE VAUDEVILLE PRIX POPULAIRES - PRIX POPULAIRES ARTHUR ST - GERMAIN, Directeur-Propriétaire LE SAMEDI 5 Vd, 32, Ho 25, Montréal, 27 novembre 1920 ABONNEMENT (Payabl* d'avance) Excepté Montréal et banlieue Un an .$5.00 Six mois , , .\t2.50 Trois mola .\t1.25 Heures de bureau : 8.30 à 5.30 L© samedi : 8.30 à midi.10 cU LE NUMERO 10 cts LE NUMERO (Fondé en 1889) POIRIER, BESSETTE & CIE, Propriétaires.119.181-133 rue Cadleux.Montréal.\tTel Bell Est 52IL TARIF D\u2019ANNONCE FOURNI SUR DEMANDE Entered March 23rd 1903 at the Post Office of St.Albans.Vt\u201e as second class matter under Act of March 3rd 1879.AVIS A NOS ABON-\t \tNES Les\tabonnés chan* géant\tde\tlocalité sont priés de nous\t donner\tun avis de 3 jours,\tl\u2019empaqueta- ge de\tnos ears «1© malle\tcommençant ü jours avant de les\t livrer\tà la poste.CARNET EDITORIAL UN ROI QUE TUA UN SINGE Apéthané ô Basileus Alexandros! De l\u2019Acropole à la gare de Laurion, les Hellènes répètent à satiété ces quatre mots qui signifient que le monarque Alexandre a trépassé.Ce n\u2019est pas que la mort d\u2019un roi ail, à leurs yeux, une importance telle qu\u2019ils en arrivent à oublier toute autre chose; mais plutôt semblent-ils obsédés par le souvenir fies circonstances étranges qui provoquèrent cet accident.En effet, c\u2019est une chose peu ordinaire que d\u2019être le despote de l\u2019Hellas et de succomber aux suites de la morsure d\u2019un singe.Gomment l\u2019homme auquel avait été dévolue la tâche de régner sur les descendants d\u2019Eschyle, d\u2019Homère, de Sophocle, de l\u2019nidare.de Sapho, d\u2019Àgasias.d\u2019Appelles de Phidias, d\u2019Aristophane, de Démocri te, de Platon.d'Aristote, d\u2019Empédocle, d Anaxagore, d\u2019Aristoxène, de Carnéade et de bien d\u2019autres philosophes et esthètes, avait-il pu s\u2019éprendre d\u2019une créature simiesque et fort probablement hideuse?Il est vrai que de sang hellène il n\u2019avait guère, le pauvre Alexandre.Pelil-fils d\u2019un Danois, lequel avait succédé à un Bavarois, il ne pouvait se réclamer d\u2019une ascendance à ce point illustre qu\u2019elle remonte, pour le plus crépu des pali-kares aussi bien que pour le plus barbu des Patriarchoi, jusqu\u2019à un nommé Zeus, lequel présidait, sur le sommet neigeux de l\u2019Olympe, à la plus auguste assemblée que le monde vit jamais, celle des Douze Grands Dieux, des Demi-Dieux et des Héros.Son extraction nordique, \u2014 peut-être ses aïeux avaient-ils combattu dans les armées des Cimbres \u2014 ne lui avait pas permis d\u2019acquérir ce sens de la beauté que tout grec possède.qu\u2019il ait reçu le jour dans le torride Chypre ou sur la route de Palissia, au nord de la rue d'Eole.Dédaigneux des Parthénai de l\u2019Erechtheion, peu apte à juger de l\u2019eu-rythmie de forme que constituent les hauts-reliefs des Pa-nathénoi, ne comprenant rien à la majesté des murs croulants de l\u2019Odéon ou du théâtre de Dionysos, le pauvre prince repaissait sa vie des ébats rapides et des grimaces d\u2019un cynocéphale quelconque.C\u2019était un fils du lointain Odin, de eet homme mystérieux qu\u2019héroisa Carlyle.Mais le mystère dont s\u2019enveloppe le mylhe Scandinave est fait de brume sanglante et de l\u2019âcre fumée des sacrifices des bêtes.Il n\u2019est en rien semblable à la lumière parfumée qu\u2019émettent les légendes exquises ^ des poètes attiques.C\u2019est une sombre vapeur qui alourdit les âme- et les retient dans la sauvagerie parfois épique mais ; toujours brutale de la barbarie.Les Eudoses, les Anglii, les \u2019 Varini, les Suiônes, les Sitones, ces peuplades dont le Marc 4; Suebicum et le Mare Germanicum baignaient de leurs Pots violents les territoires, né voyaient jamais autre chose que \u2019îf ces mers toujours grondantes et ces forêts dont Sénèque; dit que les ombres étaient horribles.Fauf-il donc s\u2019étonner qu\u2019un descendant de ces germains , à faces carrées et à longues moustaches rouges ait cherché une délectation dans la société d\u2019un quadrumane répugnant Ses ancêtres, occupés à pourchasser les aurochs r dans lés profondeurs des bois hercymiens, n\u2019entrevirent^ jamais les gracieuses et blanches nymphes fuyant d'un pas *r sylphiques les satyres aux yeux jaunes.L\u2019âpre mélopée .des cors remplaçaient pour eux la suave et liquide liarmo- * nie des flûtes agrestes.Leurs lourdes ripailles, arrosées., de vin noir ne pouvaient Se comparer aux repas élégants où, sur des couches fleuries, d\u2019admirables philosophes con-\u201e versaient avec d'odorantes courtisanes.Une ambiance aussi rude ne pouvait que façonner de ' frustes esprits.Et c'est de ces hommes primitifs, trop délicatement peints par le nostalgique barde ossian, qu était issu Alexandre de Grèce, héritier direct du félon Constantin.Les grecs modernes qui s\u2019étonnent que leur roi se soit fait mordre par un singe ne sont pas versés dans la science généalogique.Sans quoi, ils comprendraient facilement qu\u2019un homme provenant des farouches guerriers de l\u2019antique Denmark se fût réjoui des facéties d\u2019un aussi horrible animal lequel, voyant dans ce souverain, un specimen mal dégrossi de l\u2019anlhropopithèque, voulut s'amuser avec lui comme avec un copain et lui infligea, en jouant innocemment, cette morsure dont les complications septiques ont entraîné l\u2019empoisonnement du sang.Une fatalité impitoyable écrase de ses doigts lourds les têtes couronnées.Le Czar de toutes les Russies et sa famille sont tombés sous les balles révolutionnaires: le Bourbon à long nez qui guidait les Bulgares a dû rejoindre en Suisse, le débile Charles d\u2019Autriche auquel est venu se réunir le roi Feiçal: le sublime Kaiser, maître de tous les Teutons s\u2019est vu contraint à l'exil dans une ile néerlandaise et voici que le Dane Alexandre disparait parce qu\u2019un singe a imprimé ses dents aiguës dans la chair de sa royale main.Quels cataclysmes menaçent ejieore les familles régnantes?Dieu seul le sait et ses desseins sont impénétrables.Julien BUAT : Toi.32, No 25, Montréal, 27 novembre 192Ç IE VOLEUR INGENU 1 Oü vais-je pouvoir me cacher, se disaôt notre voleur en 5,'cnfuyatnt avec un coffret Je bijoux qu'il venait de cambrioler- 2 Heureusement pour lui, il passa près d\u2019un endroit où on posait un tuyau pour une fontaine il déposa à terre sa boîte de -bijoux et se cacha dans la fontaine, et.3 .lorsque ceux qui le poursuivaient (passèrent ils ne virent pas le truc employée par notre cambrioleur et ils continuèrent leur route à la (poursuite du voleur POUR MONTRER A SA FEMME La victime (au voleur).\u2014 Monsieur, je ne veux pas suspecter yotre honnêteté, mais auriez-vous l\u2019obligeance de me donner un reçu pour la montre et l\u2019argent que vous venez de me voler; c\u2019est simplement pour montrer à ma femme, INSULTE Le père.\u2014 Eh bien, Willie, qu\u2019as-tu fait au petit Pierre qu\u2019il est parti chez lui en pleurant.Willie.\u2014 Il nous a insulté, fl a dit que nous étions une des plus vieilles familles de la ville.TOUS LES MEMES Le Canadien.\u2014 Pourquoi, lorsque vous avez émigré au pays avez laissé en Europe votre fils.Abraham.\u2014 Ghe fa fous tire, il est gaissier tans une grante maison te panque en Eurobe, alors il zera ici un chour ou l'audre.AU BUREAU DE POSTE Le monsieur.\u2014 Pardon, monsieur, mais si je mets cette lettre à la malle ce soir, arrivera-t-elle demain matin à Québec?L\u2019employé.\u2014 Mais, certainement monsieur.Le monsieur.\u2014 Vous mentez, monsieur, elle va à Trois-Rivières ATTRAPE Le savant.\u2014 Je sais tout, monsieur.L\u2019ignorant.\u2014-Vous vous trompez, monsieur.Le savant.\u2014 Meltez-moi à l\u2019épreuve.L\u2019ignorant.\u2014 Savez-vous où il y a une maison à louer?A PEU PRES Alice.\u2014 Ce journal prétend que si l\u2019on tranche des oignons et qu\u2019on les dépose dans une ehambre où il y a de la peinture cela enlèvera l\u2019odeur de la peinture.Jeanne.\u2014 Oui, quelque chose comme un homme qui se fait couper le cou pour ne plus être incommodé par son catarrhe.OH DIPLOMATE Albertine.\u2014 Jeannette a eu un chapeau neuf, et moi.Lucien.\u2014 Ma chère, il faut que Jeannette ait des nouveaux chapeaux souvent, mais si elle était jolie et charmante comme toi elle ne compterait pas sur sa modiste pour plaire.MAUVAISE HARITUDE La dame.\u2014- Que veut dire cela, vous emportez une cuillère avec vous?Le chemineau.\u2014 Oh! je vous demande pardon, madame, j\u2019ai été rich'e autrefois, et j\u2019ai gardé celte mauvaise habitude de toujours emporter un petit souvenir des maisons où j\u2019étais reçu.LES ENFANTS LE CAMBRIOLEUR ATTRAPE 1 Aih! aihI Voici une maison dont les habitants sont absents, je vais pouvoir cambrioler tout à mon aise- Je n\u2019aâ qu\u2019à renverser la niche du dhiien pour le tenir captif, et en avant la fortune.2 II tourna la niche à l\u2019envers pom empêcher le chien de le mordre, mais.3 .la niche n\u2019avait pas de fond.Inutile de vous dure que notre bull-dog ne fit qu\u2019une bouchée de notre homme qqi n\u2019y reviendra plus- PAS NECESSAIREMENT Jean.\u2014Aüo«s-;is*ein vais quart d heure.Béatrice, je crois que papa va passer un nmu Henri.\u2014 Gaston est un garçon étonnant, il peut s\u2019envoyer un coup de pied dans le derriè- , re, tandis que moi qui suis plus jeune que lui je ne peux pas le faire.Gustave.-\u2014 Oh! ne t\u2019inquiè-l le pas pour si peu, u'importo qui sera heureux de le faire pour toi.UN HOMME CHANCEUX Blanche.\u2014Antonio est toujours chanceux aux courses.Jeanne, \u2014 Vraiment?Blanche.\u2014 Oui, voilà trois semaines qu\u2019il joue et il lui res-le encore de l\u2019argent.V. LE SAMEDI 5 ?\u2022t 32, H® 25, Montré»!, 27 novembre 1920 MÊà&'-'-È mi ]£È Ledit spécialiste demandera quelques confrères en consultation.Cette sage réunion de savants vous conseillera le jeu de golf.Vous aurez en effet loutes les qualifications nécessaires pour être nn joueur émérite.On m'a dit que v.\tvotre ni:.r; tu a>ment C est pas vrai, pantoute! \u2018.mati\u2019i on a une petite disoussion U est toujours capable de quitter le lit quatre ou cinq jour» après, jamais davantafp*'.quelques lignes plus loin; \u201cLe pilote.René Destienne, est \u201câgé de 21 ans et faisail une période de quinze jours au Rour-\u201cget.\u201cSes blessures sont peu \u201cgraves.\u201d Comme cela, il y a pour tous les goûts.Iht \u201cCourrier des Etats-Unis\u201d du 21 septembre.A propos de l'irresponsabilité de Fisher: \u201cMme l\u2019ope avait raconté à la \u201ccour que son frère croyait qu\u2019il \u201cpouvait changer le cuivre en or.\u201cle verre en diamant, et aussi \u201cqu\u2019il avait le pouvoir de cnm-\u201cmuniquer avec les esprits au \u201cmoyeu de \u201csignes de la pensée\u201d ?LE CHOIX D\u2019UNE CARRIERE (Perlei recueillies dans les journaux et les livres.) De \u201cla France du Sud-Ouest\u201d du 9 juin: Un train de marchandises rentrant dans l\u2019arsenal a tamponné un auto-camion.Les \u201cpommes\" qui se trouvaient sur le camion ont pu sauter à terre avant la collision.Des pommes acrobates! Du même: .Un aveugle \u201cn\u2019entendrait rien\u201d.A moins peut-être de mettre des lunettes à scs oreilles?Du \u201cCohrrier des Etats-Unis\u201d du 20 septembre.Récit d\u2019un accident d\u2019aviation: \u201cQuand on releva le pilote des \u201cdébris de l\u2019appareil, il n\u2019éfait \u201cpas mort, mais \u201cgrièvement atteint.\u201d LE PARC AUX HUITRES Pour devenir joueur de golf Travaillez dur jusqu\u2019à ce que vous ayiez économisé un billet de mille dollars.Alors, travaillez davantage jusqu\u2019à ce que votre mille dollars se soit transformé en un million.Continuez ces opérations jusqu\u2019à ce que vous soyiez devenu multi-mil!ioriv naire, dyspeptique, souffrant d\u2019insomnie et à moitié \u201cmaboule\u201d, o\u2019est-à-di»e que vous ayiez une araignée dans le plafond ou, en langage vulgaire, qu\u2019il vous manque un bardeau ou que vous soyiez craqué.Apprenez ensuite à sacrer.11 est alors temps de consulter un médecin.Ce médecin vous enverra à un spécialiste.COMME CERTAINS HUMAINS Il y a des êtres humains qui mangent leurs semblables, on les appelle des anthropophages; or aujourd\u2019hui un cihien est à peu près certain de manger également sort semblable lorsqu'il dévore une saucisse volée à quelque vitrine de \u201cdeli-katessen\u201d.N\u2019EXAGERONS RIEN 6_______________________________CE SAMEDI ?Æ 32, Ko 25, Montréal, 27 novembre 1920 CHACUN A SA PLACE ï wm Agla.6.\u2014Je ne mange pas plus qu'un eis«aa Arthur.\u2014Oui, une autruche.LA MEME CHOSE DOMMAGES Le poète.\u2014 Ma femme, je viens de toucher 5 dollars pour mon dernier poème.Sa femme.\u2014 Mais de qui donc, mon Dieu?Le poète.\u2014 De la compagnie d\u2019Expresse.Elle l\u2019a perdu.CHEZ L\u2019ANTIQUAIRE Le client.\u2014 De quand date ce fauteuil?Le marchand.\u2014 C\u2019est un fauteuil Empire, il date d\u2019au moins 110 ans.La cliente.\u2014 Vous n\u2019auriez pas de fauteuils Empire datant de trois ou quatre siècles?AU RESTAURANT Le client.\u2014 J\u2019aimerais vous donner un pourboire, garçon, mais je n\u2019ai que l\u2019argent nécessaire pour payer mon tramway.Le garçon.\u2014 On dit qu\u2019une marche après le repas est excellent pour la santé.ANNONCE Alfred.\u2014 Ta femme parle d'aller en Europe l\u2019année prochaine.\t\u2014\t; Lucien.\u2014 Oui, laisse-la parler.Gela ne coûte pas plus\" cher de parler d\u2019aller en Europe que de parler d\u2019aller à Ste-Rose.et c\u2019est la que nous irons.EN TRAMWAY Aline.\u2014 Est-il très mal, docteur?Le médecin.\u2014 Oui, madame.Aline.Eh bien, docteur, si c'est réellement sérieux, il faudra me le dire gentiment, peu à peu, afin que je n\u2019aie pas de crise de nerfs.ENTRE MENDIANTS AU THEATRE' Le conducteur.\u2014 Attendez donc pour débarquer.Si vous vous cassez le cou, c\u2019est moi qui aurai les embêtements.DES VOLEURS Jean.\u2014 Papa, est-ce que les joueurs de base-bail sont tous des voleurs?Le papa.\u2014-Comment cela?Jean.\u2014-Ils passent leur temps à se voler leurs buts.Le directeur.\u2014U vous faudra mettre plus de vé-rit£ dans votre scène (Vwrog'n'erie.¦\u2018vX-:-: Laj-tiiwte\u2014Je veux bien à condition que vous mettiez plus d\u2019alcool dans la boisson claire que vous me fautes boire.Le sourd et nui et\u2014Ne trouves-tu pas qu\u2019il y a apparence de pluie?L\u2019aveugle.\u2014Je ne puis regarder pour le moment, car voici un de mes meilleurs clients.PAS TOUT A FAIT Aline.\u2014 C\u2019est un garçon qui travaille du cerveau, je crois.Cabrielle.\u2014 Lui, pas du tout; il écrit des revues pour les théâtres.UN HOMME D\u2019AFFAIRE Isaac.\u2014Est-ce vrai que ton fils a gaspillé tout son argent pour s\u2019acheter un habit et qu\u2019après il s\u2019est suicidé avec un revolver.Abraham.\u2014 Non, mon fils était plus homme d\u2019affaires que cela.Il a pris du poison, comme cela son habit était aussi bon qu\u2019un neuf et j\u2019ai pu le vendre.UNE NOUVEAUTE -\u2014Quelque chose de nouveau?\u2014Si vous en avez.\u2014Un opéra?\u2014Qu\u2019est-ce que c\u2019est?\u2014Un opéra de jazz écrit entièrement pour saxophones.EXCEPTE Juliette.\u2014Vous avez bien aimé votre promenade à la campagne?Pierre.\u2014Oh beaucoup, à l\u2019exception des mous-! innés qui m\u2019ont pris pour une maison de pension.IL LIMITE SON AMOUR fj»! i c a aacù u o \u2018u me disais que tu Pa^a diLn8 ^Wflu\t^ * P°Hrt£ Pou\u201ci°eUf' miÜS j6 ^\t« consentm^, Afaire fai, N v_ V«L 32, No 25, Montréal, 27 novembre 1920 LE SAMEDI 7 fgf' QUELQUE CHOSE V FAIRE 1er chemineau, \u2014 J'ai l'intention tie partir pour l'Amé-r que Centrale.Là, on n'a rien à faire.Tout le pays est eoqvert de bananiers.On n'a qu'à se coucher sous tin arbre et à manger des bananes toute la journée.2m \u2018 chemineau.\u2014Il faut se lever quelque fois pour cueillir îes bananes dans les arbres ?1er chemineau.\u2014Naturellement.2me chemineau.\u2014 Ah! il me semblait aussi.c'était trop beau ! PETIT PROBLEME mm ij&m, ¦mm hémm mm glf//*{»&;>\tÀ\u201d* ; r:, c jfe' ¦ - -:,v\t^ \" Vl '\t-t~T : -.v Que dit u«>e jeune fille, lorsqu'elle se cogne l'orteil sur un meuble, en pleine nuit ?'\"v f ELLE NE SAIT PAS La petite fille (Après avoir lu son journal).\u2014Dites-donc.maman, pourquoi certains propriétaires ne veulent-üs pas d'enfants dans leurs maisons ?La maman.\u2014 Je.ne sais vraiment pas.Va donc voir pourquoi le bébé pleure < t pendant que tu s ras là, dit à Jean de cesser de jeter des objets sur la tête des passants ; empêche Georges et Catherine de se battre et prévient Joseph que s'il continue à frapper sur son tambour, il va se faire conter cela par son père lorsqu'il arrivera.REPONSE AU TRIBUNAL ON NE SAIT JAMAIS sa&ftt L*e monsieur\u2014Ne trouves-tu pas que te bsase-iball te fafrt perdre ton temps pour étudier?Jean-\u2014Non, mois l\u2019école me fatit perdre un tecnps'considérable que je pourrais utiliser à jouer au baseball.Le juge.\u2014 Dix dollars d'amende.Le condamné.\u2014 Pouvez-vous me \u201cchanger\u201d un $20.Le juge.\u2014 Non, mais je puis changer voire sentence.Vingt dollars.UN VIEILLARD Alice (5 ans).\u2014 Etais-tu dans l\u2019Arche, grand-papa?Le grand-papa.\u2014 Mais non.Pourquoi demandes-tu cela?Alice.\u2014 Alors, si tu n\u2019étais pas dans l\u2019Arche, comment se fait-il que tu n'aies pas été noyé.L\u2019AGE D\u2019OR Il y aurait beaucoup de silence sur la terre si les gens ne parlaient que de ce qu\u2019ils connaissent.Eu-sèbe.\u2014C'est bien enpuyeux ces robe-j courtes.Ga&ton.\u2014Oui.on prend quelquefois des vieilles filles pour des jeunes poulettes du printemps- EXTREMITE Le colporteur.\u2014 Avez-vous des gué-nilles aujourd\u2019hui?Le monsieur (dans la maison).\u2014Oui, mais je les porte.PENSEE 1 h jeune homme ne serait pas si anxieux d\u2019obtenir la main d'une jeune fille s'il réfléchissait que plus tard il aurait cette même main constamment dans sa poche pour avoir de l\u2019argent.L\u2019ESPIEGLE ROSETTE 1 Notre petite espiègle était en train de lire les aventuras de \u2018L/ewjxègrlo Rosette\" dans \u2019\u2018Le Samedi\u201d, et elle se délectait à la lecture de sa page favorite.A L\u2019EXAMEN \u2014 Quels sont les produits de l\u2019empire Hindous?\u2014 Le raisin, le poivre, le riz, les citrons et les Indes-digestions.LA POLITESSE Le professeur.\u2014 Lorsque je dis: \u201cLe cheval et la vache est dans le champ\u2019\u2019, où est la faute?L\u2019élève, \u2014 La dame devrait être mentionnée la première.t .kiraque le gardien du jku-c pa.ssa pour ramasser tous !e* (Tuffona de ipapier qui traînaient sur le fc-dson, il ramassa également le jours.*! rte Rosette.3 Mais il ne savait paa à qui il avait affaire.Rosette acheta «es confetti's d'un marchand ambulant, et.¦1 .elle .es jeta sur le gazon et notre gar-\u2022lien eut pour quinze jours de travail à ramasser tout ce papier.\\oi'i& etveoae un s* espièglerie de notre petite Rosette. 8 LE SAMEDI VoL 82, Ho 25, Montreal, 27 novembre 1928 r N BONNE RAISON mm L\u2019iinstitutrice-\u2014 Qui est-09 qui ne fjt Pc's content du retour de l'eanfant prodrigrue?L\u2019élève.\u2014Le veau gras.RASSURE La vieille dame.\u2014 Il n\u2019y a pas de vers dans vos noix?Le commis.\u2014 Oui, madame, mais enlevez vos lunettes pendant que vous les mangerez et vous ne pourrez pas voir la différence; les vers goûtent les noix.LES ENFANTS L\u2019oncle-\u2014 Je m'eu vais dimanche r>r«vch.i:n Est-ce que cela te fait de la peine, Jean?Jean\u2014-Oui, mon oncle, je croyais que vous partiez aujourd\u2019hui.IL Y A PRIS LE TEMPS Denise.Mon grand-père vient d\u2019avoir ses 97 ans.N\u2019est-ce pas merveilleux?Lucien.\u2014 Je ne trouve pas.Regarde le temps que cela lui a pris pour se rendre a cet âge.PRECAUTIONS Madame\u2014Aimez-vous les enfant»\" Le nouvelle bonne.\u2014'fout dépend àrj prix L'ENTERREMENT DE VIE DE GARÇON (Monologue comique, par Paul Goutlée) La semaine qui vient cj# se terminer a en a vu une bonne dans la paroisse de Sainte-Décoction de Pavot, lu meilleure qu\u2019on a jamais vu depuis le soir ousque j\u2019ai vu le jour, y a quéque cinquante ans de ça.C\u2019est ben simple, trois jours après jamais, j\u2019me rappellerai encore l\u2019enterrement de vie de garçon à Joe Gasavant qui demeure dans le rang des navaux, passé la coulée aux guernouilles.Joe, c\u2019était s\u2019qu\u2019on appelle le boulé de la place.Y était vieux garçon jusqu\u2019à v\u2019nir a y a deux jours; asteur, y est jeune marié.Vous me crérez p\u2019t\u2019être pas, mais y paraît qui aime ça.Les hommes, c\u2019est ben tous pareils.Le mariage dans les premiers temps c\u2019est téjours ben beau pou un homme; mais après, ça change pas pou rire.J\u2019peux parler par expérience, j\u2019sus marié moé itou, et comme ma femme est pas icitte, j\u2019peux m\u2019déboutonner.Téjours est-y, pour revenir à nos béliers, qu\u2019on a fêté Joe avant son mariage.On s\u2019était réunis tous les hommes pis tous les garçons de la paroisse, on a faite un bisaillon, on a acheté 12 p\u2019tits corps de bière et pis envoyé donc l\u2019enterrement de vie de garçon à Joe.On va-t-y n\u2019avoir du plaisir On va-t-y n\u2019avoir dTagrément.J'ai pas besoin de vous dire qu\u2019on a passé un quart d heure de onze heures du soir à 5 heures du matin.On s\u2019a tellement amusé que, m\u2019a dire comme on dit, qu\u2019on aurait dit qui avait pas un seul homme marié parmi nous autres.Les p\u2019tits corps de bière disparaissaient comme par enchantement, on les woyait pas partir.Un de fini, crac, un autre arrivait pour prendre sa place, vous comprenez, on était ane trentaine de canayens qu\u2019avaient pas frette aux yeux et pis qu\u2019y crachaient pas d\u2019dans.Au boutte d\u2019une heure, tout le monde était saoul.Joe, lui, y pouvait pas distinguer sa drette de sa gauche.Qu\u2019y aurait voulu faire son signe de croix, y aurait pas été capable.Ça fait rien, il faisait honneur à la paroisse, il continuait à boire quand même.Y t\u2019nait pas su ses jambes, y marchait comme un coq su la glace.Turellement comme dans toute enterrement qui se respecte on a fait boire Joe dans un beau vase en faience ious-qui avait un oeil dans le fond.Joe y voulait pas n'entendre parler; mais on s\u2019a tous mis dessus et pis y a ben fallu qui boive.Torvis qu\u2019on a eu du plaisir, quand j\u2019y pense.A trois heures du matin, c\u2019est ben simple, y en avait pas in parmi nous autres qui se reconnaissait.On était plein comme des canayens qui se respectent, y en a qui chantaient, d\u2019autres qui étaient étendu frette dans des coins, mais le meilleur dans le lot, c\u2019est Joe, y a toffé correct jusqu'au boutte.Au p\u2019tit jour on a été le reconduire chez eux, c\u2019est là qui a commencé a avoir mal aux cheveux.Y beuglait comme une vache qu\u2019a pardu son veau.Ça a été un vrai scandale dans la paroisse.Le lendemain y a pas été capable de se lever pour aller à sa messe de mariage, y était trop malade.Son mariage a dû être retardé de trois jours.Sa femme a savait pas si a devait le prendre ou ben pas Eprendre.A voulait pas d\u2019in ivrogne comme mari, mais on y a expliqué la situation et pi a s\u2019est décidé, elle l\u2019a pris quand même, parce que j\u2019vas vous dire, pour une femelle qui veut se marier, vaut mieux un homme ivrogne que pas d\u2019homme pantoute, pas vrai.Ah! j\u2019vous dis qu\u2019on l\u2019oubliera pas d\u2019sitôt l\u2019enterrement do vie de garçon à Joe Casavant.Pour un enterrement v\u2019ià c\u2019qu\u2019on peut appeler un .une noce.Au plaisir de se r\u2019woir betôt.PAS CELA s**# Madame\u2014 Tout le monde prétend que tu ne mas épousé que pour mon argent.Monsieur.\u2014Je sais qu'en te regardant, on peut s\u2019imaginer que cela est; mais malheureusement ceJa n\u2019eet pas.UNE REQUETE Le medium.\u2014 Y a-t-il une autre question que vous aimeriez poser à votre première femme?Le client.\u2014 Oui, je voudrais qu elle donne à ma deuxième femme sa recette pour les tartes à la ferlouche.AUX CHUTES NIAGARA y a Alphéda \u2014 Comm e ce spectacle tn\u2019inspwe, Alfred Alfred.\u2014Ne parle pas, laisse-mol écouter le murmure de 1 eau.DEFINITION Denise.Qu\u2019est-ce qu\u2019on appelle une \u201clettre morte\u201d, maman?La maman.\u2014* C\u2019est une let-tre que je donne à ton père pour être déposée à la malle.LES GENS IDIOTS h/a i m u' garçon.\u2014 Voici, monsieur, ce que nous avons sur le monu Le client\u2014- Je ne voua demande pas ce que voua avez sur k> manu, je vous demande ce que vous avez à la cuisine.V- VA 88, So 25, Montréal, 27 wmanbtt 1920 LE SAMEDI 9 L\u2019ECONOMIE DE LA LUMIERE \u201cVous prenez le train d\u2019une heure à deux heure» et vous arrivez chez vous à deux heures moins vingt.UNE FEMME GENTILLE Rébeeca.\u2014 Tu devrais cesser de ramer, mais.Lucien.\u2014 Mais quoi?Rébecca.\u2014 Mais tu peux tout de môme continuer de m\u2019apporter des coupons.ECHEANCE ELOIGNEE Mariette.\u2014 H est fort riche, mais eUe hésite avant de l\u2019épouser, à cause de son âge.Léontine.\u2014 Est-il si âgé?Mariette.\u2014 Non, on dit même qu*il peut durer encore dix ans.Léontine.\u2014C\u2019est beaucoup.L\u2019échéance est encore loin.APRES LA CONSULTATION Ihii F.Joseph.\u2014Les doctauœ Laohance et Lamarre ont déca-dé à» foire Fopératkxn à o* pairvre- Bertrand.AJ?p&v>n«e-\u2014¦'Est-œ it i -s et que fêtes sur tout le territoire de Ynnina.La jeune Souveraine fut ici interrompue par un tonnerre d\u2019applaudissements.\u2014Tou- -a vez à qui r eus dr \"iss ¦ .heureux jour.On voie- a -lit l'histoire du comte de Monte-Crbio.m\u2019achetant alors que j'é|ais esclave.dans le & r.l * ut d nu libérer, et de me fair'' rendre mes d-vit - En retour, je lui ai donna mon amour et rr-i vie: aussi fière que je sois d'être votre princes*, je le suis autant d\u2019être la comtesse de Monte-Cristo, sa femme.Aussi heureuse que je me fente de vos acclamations de bienvenue, je le serai plus rsforc d\u2019entendre votre salut au.comte de Monte-Cristo, n un mari et mon maître.\u2014Vite le comte de Monte-Cristo, cria le peuple, enthousiaste.\u2014Vive notre Libérateur et le Restaurateur de notre Souveraine! Le comte s'avança et salua, puis ,wer lia v-dée il gagnait les appartements intérieurs, tandis que les citoyens de Yanina se disposaient à profiter des trente jours de réjouissances qui leur avaient été accordés.Ces réjouissances n'étaient pas encore terminées.lorsque lord TTartVgh débarqua à Yanina.Le comte se trouvait dans son salon quand un Chambellan annonça le noble Anglais.\u2014Il apporte dit-î\\ un message de Madame Morrel.\u2014De Valenfinp ! s'écria Monte-Cristo.Qu\u2019il entre à l\u2019instant LE SAMEDI l^e Chambelan fit entrer Hartleigh, qui était en costume de soirée.\u2014Milord Hartleigh, de Hartleigh, annonça-t-il.CHAPITRE IX UN SOUVENIR DU MIDi * .Liord Hartleigh entra dans le salon du comte de Monte-Cristo, avec fceLte aisance qui caractérise le parfait gentleman.Le comte, resplendissant dans son magnifique costume grec, constellé de pierreries, le reçut avec une courtoisie parfaite.\u2014YTous vous présentez à moi sous de bons auspices, Mi'ord, dit-il avec un aimable sourire, en désignant un siège à son visiteur et en reprenant place lui-même sur le divan qu il venait de quitter.Un messager de Madame Morrel est toujours le bienvenu.Lord Hartleigh considéra avec admiration, avec une certaine émotion meme, l\u2019entourage magnifique du mystérieux personnage, qui, de simple matelot, était devenu Prince d'un pays romantique, riche en traditions anciennes et modernes et qui pouvait satisfaire l'amour de son peuple pour les richesses au moyen d\u2019une fortune à peu près inépuisable.Le sol de marbre recouvert de riches tapis de Turquie, les murs formant voûte et garnis de trophées orientaux, les hauts plafonds bïa-sonnés dans le plus pur style, les rideaux de velours exquissement brodés qui séparaient la pièce d une pièce voisine, plus belle encore, peut-être, les statues précieuses, les meubles sans prix, tous ces indices d\u2019une fortune illimitée et d\u2019un goût parfait, éveillaient les instincts artistiques du jeune nob'e quelqu\u2019habi-tué qu'il fût aux manifestations de la richesse Sa nature flegmatique ne pouvait soutenir lu glorieuse vision qui s\u2019offrait à lui et son odorat était harmé par le ; senteurs les plus délîcièttses, émanari de vasques disséminées duns l'appartement.T! est malaisé, dit-il enfin, de croire à la réalité de tout ceci.' Le comte sourit.\u2014Vous n'ignorez pas mon histoire î \u2014Non.4\u2014Dès lors, rien de ce que vous voyez de moi ou de mon entourage ne devrait vous surprendre.\u2014Cependant, il faut me donner un peu de temps pour m\u2019habituer à toute cette magnificence.\u2014Aussi longtemps qu\u2019il vous plaira.Le Palais et ce qu\u2019il contient sont à votre disposition et vous vous y présentez trop bien appuyé pour que je ne cherche pas à vous rendre ici toutes choses agréables.A propos, comment se trouve ma charmante protégée Valentine, et comment se porte son mari * Encore au premier quartier de leur lune de miel, je suppose ?\u2014Oh ! comte, s\u2019écria le jeune homme, ainsi rappelé à la réalité, on vous a dit que je venais comme messager de Madame Morrel.C\u2019est vrai.Elle vous conjure de lui rendre son époux, qni lni a été brutalement en'evé.-Comment, cria le comte, au comble de l\u2019étonnement.21 \u2014C\u2019est une conspiration dont le baron Danglars et sa femme sont les auteurs et que Benedetto, l\u2019assassin, a mise à exécution.\u2014Oh! les vipères! oh! les vipères! s\u2019exclama le comte, se levant brusquement et so mettant à marcher rapidement dans la pièce.Je n ui fait que les blesser.On ne devrait pas avoir pitié de semblables misérables!.Et, s\u2019arrêtant brusquement devant lord Hartleigh, il ajouta : \u2014Dites-moi tout ce que vous savez.Lorsque lord Hartleigh eut terminé son récit, Monte-Cristo d\u2019t : \u2014Il est indispensable que je me mê e de cette affaire.Ils s\u2019apercevront que je l us encore les atouts du jeu ! Lord Hartleigh le considéra, surpris.I>a phrase lui semblait sévère et triviale après le tragique incident qu\u2019il venait de conter.Le comte était resté calme et souriant.Maintenant qu\u2019il savait tous les détails, sa chaleur et sa passion s\u2019étaient évanouies.Il avait une tâche à accomplir, et tandis que son esprit s'activait déjà à la recherche d'un plan pour lu défaite des conspirateurs, il gardait une attitude extérieure, calme et indifférente.\u2014A présent que vous avez délivré votre message, dit-il en reprenant sa place sur le divan, il faut vous considérer ici comme chez vous.Nous allons prendre quelques rafraîchissements, et vous me direz en les goûtant, comment vous avez été chargé de votre mission.Tl frappa dans ses mains.Deux serviteurs parurent.L\u2019un portait, sur un plateau d\u2019argent, des sorbets et des glaces dans des coupes d'or, et l\u2019autre un narguileh ou pipe turque, qu\u2019il plaça sur un tabouret au oentre de la chambre, pour offrir læ conduits de caoutchouc aux maîtres.Le porteur du plateau présenta les sorbets et les glaces, et les deux serviteurs se retirèrent sans avoir dit un mot et sans plus de bruit qu\u2019ils n\u2019en avaient fait en entrant, \u2014Vous êtes admirablement servi ! dit lord Hartleigh, en prenant les dé\u2019icates friandises et en fumant le tabac oriental.Vous n\u2019avez donné aucun ordre, et vos serviteurs ont su exactement ce qu'ils avaient à faire.\u2014Us ont vu que j\u2019avais un visiteur et savent quelles sont mes coutumes, répondit indifféremment le comte.Maintenant, parlez-moi de vous.\u2014Oh! ma vie doit paraître b:en banale à un homme qui a votre passé.Riche et titré, le temps m\u2019aurait beaucoup pesé sans doute, si je n\u2019avais essayé de le tuer par de longs voyages sur mon yacht.\u2014Ah! vraiment ?Je suis moi-même ami des grandes excursions.Où êtes-vous allé ?, \u2014Généralement parlant, aussi près du pôle Nord que le froid et la glace me le pwr.mettaient et aussi loin dans le désert da Sahara que la chaleur et le sable me laissaient pénétrer.En rentrant à Par,s, j\u2019ai entendu parler de vos aventures, et dans l\u2019espoir d\u2019en savoir davantage, je me suis rendu au Tré-port où je swveis trouver M.Morrel.Tv arrivai le matin du jour qni suivit son enlè- veinent.Vous me 1 avez dit.N\u2019avez-vous pas de souvenirs à me conter de vos voyages ! 22 \u2022 Vol.32, No 25, Montréal, 27 novembre 1920 Le jeune homme resta silencieux quelques instants, puis jetant au comte un regard droit : \u2014Nous aimons rarement parler de nos souvenirs sentimentaux, dit-il, et j'ai souvent refusé de le faire quand je sentais les questions dictées par une simple curiosité.Mais vous avez tant vu que votre curiosité doit être émoussée.De plus, vous avez fait le fabuleux réel, vous avez rendu possible, l'im-possible, et je suis tenté d'en appeler à vous pour la réalisation d'un désir aimé, mais presque sans espoir.\u2014Oh! Oh Ivous voulez faire de moi un héros de roman: \u2014C\u2019est un motif secret qui m\u2019a incité d\u2019abord à vous chercher.La requête de Mme Mofrel n'a fait qu\u2019affermir ma décision.\u2014Je la servirai, et je vous aiderai peut-être en même temps.Racontez-moi votre roman.\u2014C\u2019est à peine un roman, répondit lord Harileigh.Je puis à peine lui donner le nom de souvenir, et je ne puis dire s'il vient d'une réalité ou d'un songe éveillé.J'ai vu les femmes de mon pays; j\u2019ai présenté mes respects aux grandes dames russes; j ai dansé avec les fil.es brunes de Castille; j'ai flirté avec\u2019 les enfants de l\u2019Italie ensoleillée.Les beautés de presque toutes les nations et de presque tous les climats m\u2019ont laissé froid et sans passion.Je ne savais pas ce quêtait l\u2019amour, jusqu'à ce qu'une nuit à Alexandrie.\" \u2014Ah! à Alexandrie, interrompit le comte.Quelle fille égyptienne réussit à enchaîner vos fantaisies vagabondes ?\u2014Non, ce n\u2019était pas une Egyptienne.C\u2019était une fille grecque.\u2014Et vous l'avez vue dans un port d\u2019Afri-qiiè ?\u2014Hélas! je ne sais pas actuellement où jè l\u2019ai vue, où j en ai rêvé.Je préférais les agréables appartements de mon1 yacht aux mauvais hôtels de la ville.Minirt allaient sonner, et tous mes hommes dormaient déjà dans leurs hamacs.J\u2019étais étendu sur le pont, m\u2019étant mis à mon aise, fumant un cigare, et me laissant aller à une rêverie, me demandant quelle femme éveillerait un frisson d'ans mon cœur jusque-là désert.Soudain, mes oreilles furent frappées par la plus dé\u2019ieieuse musqué que j\u2019eusse jamais entendue.Les accents étaient doux et languissants, et semblaient bercer mon esprit d\u2019une sorfe de béatitude sensuelle.Le son en était étranger pour moi; je ne connaissais aucun instrument terrestre qui produisit de tels accords.D'abord, je crus entendre l\u2019ininritable harmonie des sphères cé\u2019estes, L\u2019augmentation progressive du son me dit que la musique «prêchait.\u2014Vous rappelez-vous la date à laquelle vous avez entendu ce sublime concert ?demanda le comte en souriant.\u2014Si je m\u2019en souviens!.Pourrai-je jamais l'oublier ?C\u2019é\u2018a:t pendant la nuit du c'nq mars exactement un mois avant mon -arrivée à Paris, un dimanche soir! \u2014Et vous avez vu la belle musicienne ?Car il est bien certain que seuls, les doigts délicats d'une femme pouvaient produire de si séduisants accords.LE SAMEDI \u2014La musique s'approcha peu à peu, continua le jeune noble, et mes yeux entraînés, purent percevoir dans 1 ombre, la silhouette d\u2019un yacht.Il jjlissait a la surface de la baie, aussi léger qu\u2019un oiseau, et, silencieux comme un vaisseau fantôme.Les voiles se gonflaient gracieusement sous la brise douce qui frisait à peine la surface de 1 eau; on ne d stinguait aucun matelot sur le pont.1-æ mystérieux navire s'avançait lentement, l\u2019étrange mélodie s\u2019élevait de plus en plus.Il me semblait être sous l'influence d'un charme puissant.J'essayai de me lever.vainement.Le visage tourné vers le yacht, je le vis me dépasser, et pus apercevoir une femme en costume grec, assise dans une attitude gracieuse, touchant dél catement les cordes d\u2019un instrument qu\u2019elle tenait sur ses genoux.La lune émergeait des nuages, répandit un rayon d\u2019argent sur son v.sage.un visage adorable! \u2014Vous la décrirai-je ?demanda Monte-Cristo en souriant.Lord Hartleigh le regarda, stupéfait.\u2014Un teint sombre et mat, n'est-ce pas ?d\u2019un ovale parfait, éclairé de deux yeux, noirs comme la nuit, brillants comme les étoiles du ci ri : un nez droit et ciselé comme par la main d'un statuaire, des lèvres délicates et rouges.\u2014Vou la connaissez! vous la connaissez! s'écria le jeune homme en se levant vivement.Alors ce n'était pas un rêve ?Ce n était pas seulement une fantaisie de mon cerveau; je n\u2019étais pas fou!.Vous la con-na\u2019ssez! Vous pourrez me dire où je la trouverai.où je pourrai tomber à ses genoux en l\u2019adorant, lui parler de mon amour, de.\u2014Ecoutez, interrompit le comte, en se levant à son tour.Une, mélodie divine emplissrt l\u2019air.Muet de surprise, lord Hartleigh écouta ces accords, aussi doux, aussi tendres que ceux qu'il avait entendus à Alexandrie, Il reconnut la mélodie, pâlit, et put murmurer avec peine : \u2014Possédez-vous des dons surnaturels ?Etes-vous sorcier ?pour évoquer ces sons mélodieux ?Oh ! si cela est, je vous en conjure, faites-moi voir son visage adorable ! \u2014Regardez ! Monte-Cristo frappa trois foi dans ses mains, le lourd rideau de velours fut soulevé de chaque côté par deux esclaves.Sous un dai de marbre, éicndue ur un divan, Haydée, vêtu de son merveilleux costume grec, pinçait légèrement les cordes de sa guzla, une harpe orientale.Au-dessous d\u2019elle, une esclave turque était accroupie, presque aussi belle que sa maîtresse, tandis que derrière Haydée, grand et droit, un heureux sourire sur sa face noire et luisante, se tenait Ali, l\u2019esclave gigantesque, que le comte avait acheté après que sa langue eut été coupée, alors qu\u2019il allait être mis à mort.\u2014C\u2019est elle ! pantela lord Hartleigh, ébloui devant le merveilleux tableau qui se présentait à lui.\u2014C\u2019est ma femme, la comtesse de Monte-Cristo, dit le comte avec un grand calme.( HAPITRE X A'ON AMOUR M'APPARTIENT Haydée mi: de côté sa guzla et se leva.Sa beauté transcendante, son corps exquis qu\u2019on distinguait \\ aguement sous la semi-transparence des tis: us soyeux, la taille mince contrastait avec la richesse du buste, l\u2019éclat du teint des épaules et du cou, tous ces charmes découverts pour la première fois par lord Hartleigh.Il mit involontairement les mains sur ses yeux, comme pour chasser la vision troublante, qui semblait lui produire le même effet que la vue du so\u2019eil.Un® pensée tournait dans son cerveau avec une obstination de manège, y créant des éblouissements et de douloureuses fulgurances, et cette pensée était celle-ci : Elle est sa femme ! Le comte surveillait sa confusion, sa stupéfaction .avec un sourire, mi-intéressé, mi-curieux.Il fit un signe à Haydée, qui descendit lentement les marches de l\u2019estrade, et d\u2019un mouvement onduleux, comme si elle eut été balancée par la brise, elle s\u2019approcha de son mari.Le rideau tomba, fermant la vue de la pièce intérieure, des esclaves et des serviteurs.Haydée et les deux hommes se trouvèrent seuls, \u2014Pr.neesse, dit Monte-Cristo à sa femme, comme il avait coutume de le faire, quand il lui parlait devant des étrangers, notre visiteur est un hôte bienvenu, quoiqu'il m'ait rapporté de mauvaises nouvelles.\u2014De mauvaises nouve les ?\u2014Je vous en parlerai plus tard, continua le comte.C'est lord Hartleigh de Hartleigh, un gentleman anglais de grande fortune, de haute naissance, un homme d honneur.Il attendit un instant avant d\u2019ajouter : \u2014Vous lui souhaiterez aussi la bienvenue à Yanina.Haydée fit quelques pas vers le jeune noble.La première impulsion de celui-ci fut de s\u2019enfuir, mais un sens inné de courtoisie le tint en place.Ses regards, toutefois, cherchèrent le sol, il n\u2019osait la regarder.\u2014Les hôtes de mon mari sont les miens, dit Haydée, et les mots sonnaient aux oreilles du lord comme une musique déiic'euse.Haydée ne remarqua pas ou ne voulut pas remarquer son agitation.\u2014Le comte de Monte-Cristo, dit-elle encore, assure que vous êtes le bienvenu pour lui.Dès lors, vous l\u2019êtes aussi pour la princesse Haydée! Toutes ses manière étaient empreintes d'une majesté royale et c\u2019ast en reine quelle tendit la main à lord Hartleigh.Le jeune homme la toucha de ses do'gts tremblants et l\u2019éleva jusqu'à ses lèvres.Il lui fallut ensuite avoir recours à toute sa puissance sur lui-même pour pouvoir parler.I rincesse, dit-il, d une voix qui frémissait, malgré ses efforts, pour l\u2019affermir, je voudrais '\\enir à vous dans des circonstances pins heureuses.Le malheur des autres m\u2019a conduit jusqu\u2019à vous en solliciteur.«Te viens réclamer l\u2019appui du comte de Monte-Cristo.Hélas! ma venue sera peut-être la cause Toi.32, Bo 25, Montréal, 27 novembre 1920 d une séparation entre vous et d'une peine pour vous, madame, qui l'aimez.\u2014Ce que mon mari décide ne me cause pas de peine, monsieur, répondit la jeune femme, d'un ton simple et doux.11 ne me quittera que si le devoir l'y oblige; mon rôle n'est pas de l'empêcher d'y obéir.La joie de le voir revenir avec une nouvelle couronne de gloire, avec le bonheur d\u2019une mission bien* remplie, me compensera de son absence temporaire.Mon amour, ajouta-t e le d\u2019un ton indtseriptiblement émoiy ant, est différent de celui des autres femmes.Monte-Cristo lança un regard heureux et fier à lord Hartleigh et, attirant Haydée dans ses bras, imprima un baiser sur son front.\u2014Oui, s'écria-t-il, son amour est différent de celui dts autres femmes, et il m'appartient tout entier.Il avait dit ces mots d'un a:r conquérant.\u2014Il lui appartient tout entier, répéta mentalement Hartleigh.Elle est sa femme ! et moi je suis fou ! Les tentures furent soulevées et sous le dais, on aperçut une tab\u2019e dressée pour trois personnes.La nappe supportait un festin digne de Lueullus.Derrière chaque chaise se tenait un serviteur, tandis qu\u2019Ali s'apprêtait à verser les riches vins île Grèce.Le comte permit à lord Hartleigh d\u2019accompagner Haydée à table et, quand tous tro's furent assis, ordonna qu'on serve le repas.\u2014A propos, Haydée, dit-il, tandis qu'on entamait les fruits et les.vins, sa seigneurie a eu le plaisir déjà de vous voir et de vous entendre jouer de la guzla.\u2014Vraiment, dit-elle.Où est-ce ?.Te ne puis me le rappeler.\u2014La nuit que nous avons passée dans le port d'Alexandrie.\u2014Nous y arrivâmes après le coucher du soleil, nous y séjournâmes quelques heures, sans quia r le yacht.\u2014Je vois que vous vous souvenez.C\u2019est bien cela.Vous étiez assis sur le pont, et ce gentleman était sur un yacht voisin.\u2014F.st-ee cela.Milord, demanda Haydée, en se tournant vers l\u2019anglais.\u2014Oui, Prienesse, répondit Hartleigh, qui s'expliquait à présent le miraeë apparent.Jetais ravi par te musique et aussi par le regard rapide que j'avais pu jeter sur vous.\u2014Oh! s'écria-t-elle gaiement, en pleine nuit où, comme on le dit, tous les chats sont gris, vous n'avez pas dû voir grand chose; quand à ma musique, j'aurais mieux fait si j\u2019avais su avoir un aud toire aussi distingué.Pendant le repas, le comte mit sa femme au courant les tragiques événements du Tré-port.Haydée montra une grande sympathie pour Valentine, et fut d'avis que le comte de Monte-Cristo seul pourrait lui rendre son mari.La soirée se passa en conversation où lord Hartleigh put constater l\u2019esprit d'Hay-dée autant qu'il avait adnvré sa beauté.A ilix heures, il se leva pour prendre congé de ses hôtes; mais le comte n\u2019en voulut pas entendre parler.La chambre des hôtes de distinction avait été préparée.Sa Seigneurie ne refuserait certainement pas de passer la nuit au Palais.LE SAMEDI Il avait, d'autre part, une communication importante à lui faire le lendemain matin, après déjeuner.Haydée ajouta un mot d\u2019aimable supplication auquel le jeune homme ne put résister.Il céda et, ayant souhaité bonne nuit, suivit les d *ux valets de chambre chargés de le conduire à son appartement.Le comte et Haydée ne se retirèrent pas de suite, mais eurent une sérieuse conférence, à laquelle Ali fut convoqué.L\u2019esclave nubien ne pouvait y prendre part puisqu'il était muet.Mais il écoutait attentivement ce qu'on disait devant lui, et hochait fréquemment la tête pour montrer qu\u2019il avait compris.* Lord Hartleigh ne put se mettre au lit immédiatement.Sa chambre située dans une des ailes du Palais, était vaste; l'ameublement exquis, et la couche assez douce pour inviter qui que ce fût à un sommeil visité de rêves heureux.Mais le jeune homme était trop agité pour chercher le repos.L?son de la guzla semblait emplir l\u2019air, il entendait sans cesse la voix pure d'Haydée, son rire joyeux, il voyait son visage comme il lavait vu la nuit d\u2019Alexandrie.Son beau corps semb\u2019ait» s\u2019enrouler dans les volutes d© fumée qui s\u2019échappait de sa cigarette.Et au-dessus de tout cela, une voix, celle de Monte-Cristo, répétait sans arrêt : \u2014C'est ma femme.Son amour tout entier m\u2019appartient.\u2014Décidément, se dit le jeune homme, je devrai quitter ce Palais demain matin de bonne heure.La.seule femme que j\u2019aurais pu aimer n\u2019est plus libre; ma dernière illusion est morte.L'honneur m'ordonne de vaincre cette passion sans espoir.Je n'ai pas l'habitude d'hésiter quand l'honneur commande.Il se jeta sur la couche luxueuse.Son cerveau en feu faisait fuir le sommeil.Pendant plusieurs heures, il se retourna, incapable de fermer les yeux.Enfin, vers le matin, il tomba dans une pénible somnolence, où les fantaisies de son esprit continuèrent à le hanter sous forme de songes.Il rêva qu'il sa trouvait dans l\u2019île de Monte-Cristo, debout sur un rocher, Ilavdée sur un autre, et qu\u2019entre eux se trouvait un gouf-fre au fond duquel mugis ait la mer furieuse.Elle souriait et lui faisait signa, usant de toutes les ressources de la coquetterie féminine pour l\u2019attirer vers elle.Au fond de son coeur, il était résolu^à mettre une plus grande distance entre elle et lui; mais chaque pas qu'il faisait dans la direction normale le rapprochait d\u2019elle et de l\u2019abîma qui s'ouvrait devant lui La lutte terrible inondait son front et ses joues d'une sueur g\u2019aeée.Mais ses efforts furent vains; il fut attiré plus près et plus près du précipice jusqu'à l'extrême bord, chancela pendant quelques instants, puis descendit.sans qu\u2019il parut jamais devoir s'arrêter.Même, en tombant, il pouvait voir Haydée debout sur le roc, là-haut, riant de lui et le raillant, tandis que le comte de Monte-Cristo, survenu tout à coup, se tenait debout auprès d'elle et criait d'une voix de tonnerre : \u2014Son amour entier m'appartient! Elle est ma femme ! Il faisait grand jour quand lord Hartleigh s\u2019éveilla.Ce cauchemar ava t laissé des tra- 23 ces si profondes dans son esprit, qu'il fut longtemps avant de se convaincre de l'inanité de ses visions de la nuit.Sa résolution de quiti r Vanina le plus tôt possible devint irrévocable.Des serviteurs étaient prêts à le conduire au bain d'eau parfumée, dans un bassin d'argent, puis à l\u2019habiller de ses vêtements que le comte avait eu la précaution d'envove* chercher au yacht.Sa toilette achevée, son déjeuner pris, le comte de Monte-Cristo entra en costume da voyage.\u2014Ah! Hartleigh, s\u2019écria-ti-il gaiement en tendant la main, vous allez me permettre cette familiarité, n\u2019est-ce pas ?Je suis venu pour vous dire bonjour et au revoir.\u2014Au revoir ?dit le jeune homme surpris.\u2014C'est la communication que j'avais à vous faire ce matin.J'ai déjà salué Haydée, les voiles de mon yacht sont déployées, mon équipage m'attend, les vents de la mer sont propices.Je pars à l'instant pour rendre Maxim lien à sa femme et écraser cette damnable conspiration.\u2014Il n\u2019est pas utile, dès lors, de venir me dire au revoir : je pars avec vous .\u2014Comment, dit le comte sur le ton d'une surprise apparente.Et qui protégera ma femme pendant mon absence ?\u2014Protéger votre femme! répéta Hartleigh en pâlissant.\u2014-Sans doute.Bien qu\u2019assise sur le» trône de ses pères, elle a des ennemis qui ne seraient que trop prêts à saisir l\u2019occasion rie mon voyage pour la renverser et prendre sa place.Quel meilleur défenseur pourrait-elle avoir que vous ?\u2014Mais, je.je.bégaya le jeune lord.\u2014Vous l'aimez ?Confesseade audacieusement.Je l\u2019ai su dès le moment où vous m\u2019avez parlé de votre souvenir du Midi.Quelle joie ce sera pour vous d\u2019être auprès d'elle et de lui servir de bouclier.-\u2014C est une torture, soupira l\u2019autre, qui osait à peine parler.Monte-Cristo lui jeta une de ces regards devant lesquels ses ennemis tremblaient.\u2014Vous aimez ma femme, dit-il gravement, de cette pas- on pure, honorable, sainte qui sanctifie son objet.Inspiré par cet amour, vous vous battriez comme un lion, et sacrifieriez volontiers votre vie pour sa défense.Sachant qu'elle est protégée et gardée par un tel amour, je puis entreprendre tranquillement ma mission, certain que rien ne lui arrivera pendant mon absence.Si vous hésitez, si vous cherchez à vous éloigner d'elle, je vous croirai capable d'une bassesse à laquelle aucun gentleman anglais n\u2019est jamais descendu.\u2014Vous avez raison, comte, répondit lord Hartleigh en saisissant sa main; nul Anglais ne saurait devenir aussi bas.Je resterai.Monte-Cristo sourit de la façon qui lui était particulière, serra cordialement la main du jeune homme et sortit de l\u2019appartement.Hartleigh demeuré seul resta plongé dans des pensées profondes.La scène de son rêve traversait encore son cerveau.Il se revit avec Haydée, debout sur les rocs escarpés, séparés par un infranchissable abîme. 2\u20ac LE SAMEDI VaL 32, ÎTo 25, Montréal, 27 noverabw lûf§ CHAPITRE XI LE PLAN DE BENEDETTO Qnand M*3nmihm Morrel reprit eonaaia-il » trouva dans nu espace étroit, les wenïbres engourdis par la position où il était resté depuis sa capture.Son évanouis-seaBent avait dû persister toute la nuit, car le soleil était déjà haut sur l\u2019horizon, et ses layons pénétraient par le hublot qui éclairait son.réduit.D'après les mouvements qui agitaient sa prison, il put conclure qu\u2019il se trouvait enfermé dans l\u2019entre-pont d\u2019un bateau en pleine mer.Il se sentait las et faible.Sa tête battait à éclater.Il leva les mains jusqu\u2019à son froid, et s\u2019aperçut que ses blessures avaient été bandées.Les gens qui l\u2019avaient enlevé ne voulaient évidemment pas le faire mourir de suite.Us le réservaient sans dou!e pour un pire destin.Dès que sa première stupéfaction fut passée, il se rappela distinctement avec horreur le cours des événements jusqu\u2019à l\u2019instant où il avait perdu connaissance.Il était emprisonné, séparé de sa femme.Valentine attendait son retour.U ne reviendrait pas, elle le croirait mort! Pauvre Valentine! La capture de Maximilien n\u2019était qu\u2019une partie de la conspiration.Seule et sans protection, comme elle Tétait aujonrdlbui.Valentme ne deviendrait-elle pas aussi la victime de ses ennemis î Ces pensées arrachèrent au prisonnier le gémissement d'horreur, que la douleur causée par ses blessures ne lui- avait pas encore arraché.En regardant autour de lui, ses yeux tombèrent sur une bouteille de vin.Un matelot Havait sans doute oubliée, on Benedetto avait ordonné de la déposer là pour qu\u2019il la but et prit des forces en vue de nouvelles tortures.Les lèvres desséchées, le corps affaibli par le sang qu\u2019il avait perdu, Maximilien déboucha la bouteille et la vida d\u2019un coup.Le vin généreux, en s\u2019infusant dans s« venues, hri rendit de la force et du courage, n se sentait brave, prêt à tout endurer pour échaper à ses ravisseurs et revenir vers sa Hen-aimée Valentine.SU pouvait seulement hri envoye r un message! S\u2019il pouvait lui faire savoir qu\u2019il était vivant ! Ses gardiens ne lui avaient lié ni les pieds ni les mains; la précaution eût été inutile, la prison était sfire.Dans son costume militaire qu\u2019il portait naturellement encore, il n\u2019avait rien pour écrire; d\u2019ailleurs, comment faire parvenir une lettre f Ses regards tombèrent sur son affiance, puis sur la bouteille, maintenant vide.Une idée jaillit comme un éclair.En un instant, il eut retiré la bague, l\u2019introduisit dans le récipient de verre, le reboucha du mieux que lui permettaient les dr-eoostanoes et jeta tout par le hublot ouvert.(Tétert une espérance bien désespérée 1 H «\u2019existait pas une chance sur un million pour que cette bouteille, portant oe gage précieux, arrivât jamais à destination.Jamais marin ne anrveilla avec une telle angoisse le signal de détresse confié au caprice des vagues.Et Maximilien considérait le ballottement du rien avec de terribles alternatives de douleur et d\u2019espoir.Les courants et k- marée poussèrent la bouteille vers les côtes de France, qu'on distinguait encore faiblement à l\u2019horizon.C\u2019était bon signe; son cœur frémit de joie.A mesure que la bouteille s'éloignait du navire, elle devenait de moins en moins visible.Bientôt, elle ne fut plus qu\u2019un simple point noir sur les vagues.Alors, Maximilien la vit enlevée par un homme à bord d\u2019une barque àjrames.Il ne put pas le distinguer, mais en pensant que c\u2019était quelque pêcheur normand, il en put retenir une exclamation de joie.\u2014Oh !oh! Monsieur Morrel, s\u2019écria une voix derrière lui, vous semblez joyeux ! Est-ce le spectacle du ciel bleu et de la mer verte, ou vous imaginez-vous que vous al'ez pouvoir vous échapper par votre hublot ?Maximilien se retourna et aperçut Benedetto debout devant lui.Le jeune homme avait été si absorbé par te préparation de sa bouteille qu\u2019il n\u2019avait pas vu s'ouvrir son réduit ni descendre le bandit a l\u2019aide d\u2019one corde amarrée à la trappe qni le fermait.Il quitta le hublot par lequel il surveillait la mer, et sa première impulsion, bien qn\u2019il fût encore faible, fut de s\u2019élancer sur le bandit pour l\u2019étrangler.Benedetto devinant cette intention, tira un énorme pistolet de sa ceinture en disant : \u2014Je suis venu ici pour oauser tranquillement avec vous; rappelez-vous que vous êtes impuissant et que je suis armé.\u2014Que vous ai-je fait et pourquoi m\u2019avez-vous tendu ce piège odieux ?\u2014 A moi personnellement, rien, mon cher ami, répondit Benedetto sur le ton de la bonhomie.Nous frapons le comte de Monte-Cristo en vous frappant, voilà tout.N\u2019est-il donc pas glorieux de souffrir pour un ami ! d\u2019être l\u2019agneau des sacrifices ?C\u2019est à peu près votre position.Depuis hier au soir, toutefois, une pensée m\u2019est entrée dans l\u2019esprit, à laquelle vous êtes redevable du bandage soigneux de votre blessure, et de 1a bouteille de vin, de laquelle vous avez fait son* doute ample justice.\u2014Vous voulez une rançon pour me libérer f \u2014'Pas exactement, mon cher camarade, continua l\u2019assassin «vec une répugnante familiarité.Je sais que vous êtes riche, mais, j\u2019ose le dire, toute votre fortune n\u2019excède pas un million de francs; qu\u2019est-ee qu\u2019un pauvre million, quand vous pouvez m\u2019aider à gagner cent fois autant.\u2014Moi f \u2014Oui; vous êtes allé dans l\u2019île de Monte-Cristo, vous avez visité les caves qui contiennent les trésors du comte.Vous savez ce qu\u2019ils iraient, et que s\u2019il pleure misère de temps en temps, il n\u2019a qu\u2019à y aller faire un tour pour revenir chargé de diamants et de joyaux qui font de lui un millionnaire neuf.Ce trésor inépuisable a dû m\u2019appartenir, le comte me laissait espérer que j\u2019en hériterais.Par tons les démons des régions infernales, ajouta-t-il férocement, je ne lui pardonnerai jamais de m\u2019avoir déçu.\u2014Mai?que ptrs-je faire ?\u2014Me montrer où est le trésor; nous faisons voile ve»rs Monte-Cristo.En six jours, avec bonne mer et bon vent, nous pourrons y être.Vous me conduirez à la oave au trésor.\u2014J'aimerais mieux mourir avant.\u2014Oh! je ne vous laisserai pas mourir! Votre vie m\u2019est trop précieuse à présent.Je vous nourrirai tous les jours comme un Prince ! \u2014Je ne trahirai jamais mon protecteur, mon bienfaiteur» \u2014Jamais est bien long.Je ne vous ai dit ceci que pour que.vous ne soyez pas surpris de la façon royale dont vous serez traité pendant oe voyage.Quand nous aurons débarqué à Monte-Cristo je \u2022\u2022 ou ferai chanter une autre chanson.\u2014Vous vous trompez.J\u2019ai vu la grotte, mais je n'ai pas aperçu le trésor.Le comte de Monte-Crsto l'a sans doute emporté ailleurs» .\tÿ'.y'y - g || |!fe \u2014C'est ce que je jugerai par moi-même après que vous m\u2019aurez conduit à la cave.\u2014L\u2019entrée en est secrète, déclara Maximilien.Et je vous le dis une fois pour toutes, vous pouvez m\u2019infliger les plus cruelles tortures.Je souffrirai, mais je souffrirai en silence.\u2014Nous verrons bien, s'écria rageusement l\u2019assassin, couvrant sa retraite avec son pistolet braqué, et remontant son échelle de corde qu\u2019il retira après lui.Ainsi donc, voilà le complot, songea Maximilien, quand il se retrouva seul.On veut frapper le comte de Monte-Cristo en me faisant du mal.Quoique je puisse souffrir pour son compte, je ne paierai jamais la dette de gratitude que j ai contractée envers lui.Quant à cette grotte et au trésor que ce monstre et ses complices fassent ce qu\u2019ils-voudront.Us s\u2019apercevront que je puis être muet quand je le veux, CHAPITRE XII MONSIEUR DE VILLEFORT La folie du marquis de Villefort 1e procureur du Roi, causé ainsi qu\u2019il est relaté dans le Comte de Monte-Cristo par la connaissance des crimes de sa femme et de ceux de son fils, qu\u2019il était appelé à juger pour meurtre, avait subi une transformation qui.bien que curieuse, n\u2019est pas s tris parallèle dana les annales de la science médicale.Lorsque Maximilien fut le voir à sa cellule de Bicêtrc.pour l\u2019informer de son mariage avec Valent ne, et de son intention de passer sa lune de miel au Treport, le lecteur se souvient que le vieillard reçut ces nouvelles avec un sourire.Les autorités de l\u2019hospice en augurèrent bien, ainsi que de son attitude calme aux jours précédente et suivante.Toujours traité avec .grand respect, à cause de sa hauts position officielle, il fut jugé assez bien pour qn\u2019on lui accordât un peu plus de liberté d\u2019action.Tl en était ainsi chaque, fois que l\u2019état d'un ahéné paraissait s\u2019améliorer.Parfois.le progrès était réel, ma s si la surveillance dont on l\u2019entourait manquait de vigilance, on s'apercevait souvent que le malade, n\u2019était que momentanément arrivé à une plus douce monomanie.C\u2019était le cas pour ce vieillard qui Sis *8.IfcntrM *T ««mh» 1920\tLE SAMEDI n**vaiï plus qu\u2019un sentiment : son amour paternel.Cet amour désordonné, intense, sauvage, était capable de lui faire commettra les pires extra vangances.Bien n\u2019était d'ailleurs plus naturel.Vieux et chancelant par ses infirmités, privé d« toute autre affection, la vision continuelle de sa première femme, on ange, hantait son pauvre cerveau délabré.Il n\u2019était pas surprenant que son esprit s\u2019arrêta toujours à Valentine, l\u2019image de sa mère.Valentine était la Cordelia de ce nouveau rcri Lear.Toute la nuit, dans sa cellule, il murmurait : \u201cValentine.Valentine! \u201d.Tout le jour, avec la ruse particulière aux déments, ce nom ne passait jamais ses lèvres.On lui accorde donc le privilège de travailler pendant le jour, avec les fous inoffensifs, dans le jardin de l\u2019hospice.Un mur élevé séparait ce jardin de l\u2019extérieur, et les fous, pendant les heure».de travail, étaient surveillés par de nombreux gardiens.Un soir, cependant, le Procureur du Roi disparut.On Pavait vu pour la dernière fois, an crépuscule, arrosant des fleurs.Un orage ayant éclaté tout-à-coup, la fulgurance des éclairs, suivis du fracas de la foudre, avait épouvanté les malades.Ils s'étaient mis à hurler, à courir dans toutes les directions, et fl fallut aux gardiens un temps assez long pour s\u2019en rendre- maître et pour les renfermer.On s\u2019aperçut alors que Monsieur de VTHefort n\u2019était plus parmi eux.H avait profité du trouble et de l\u2019obscurité pour franchir le mur et s\u2019enfuir.Une pltrle torrentielle suivant les éclairs et la tonnerre, dura toute la nuit avec de courtes interruptions.Les directeurs de l\u2019hospice organisèrent une battue, envoyèrent des messagers dans toutes les directions, mais en vain.Personne n\u2019était resté dehors par un temps pareil et n\u2019avait vu le fugitif.On ne put suivre ses traces sur le sol détrempé par la pluie.Pendant cette terrible-nnk, M.de Villefort erra dans les champs qui entourent Paris.La pluie continuait à tomber par cataractes, battant sa tête nue et Je mouillant jusqu\u2019à la peau.Tl n'y fit.pas attention, pourtant, et ae semblait même en avoir conscience.En arrant, toujours en avant, il poursuivait son ehemin, un ¦ lueur ardente dans les yeux, une résolution implacable, empreinte dans tons les traits.\u2014Je vais voir Valentine, se disait-il d\u2019un air d\u2019obstination farouche.Son mari m\u2019a fit qu\u2019elle était au Tréport, en Normandie.CW bien, f\u2019ir-ri donc en Normandie pour la voir.Cette idée fixe avait complètement pris possession de lui et l\u2019aidait à résister aux inclémences du temps auxquelles il était exposé.L\u2019an rore mit fin à Forage, dissipa les nuages, ne laissant d'autre trace de la tempête d« k.nuit qu\u2019un arc-en-ciel lumineux et des gorrtfces de cristal suspendues à tontes les verdures.M.de Villefort se trouva bientôt dans une forêt épaisse .près de l\u2019installation d\u2019un brfl-tesr de charbon.La famille déjeunait à l\u2019intérieur do la butte : le père, la mère, un gar- pan et une fille.Tous les jours, ils brûlaient les racines et les branches de la forêt, et quand ils avaient produit une quantité suffisante de charbon pour emplir leur petite charrette, la mule était misa entre les brancards et le père et le fils s\u2019en allaient à la ville voisine vendre leur marchandise de porte en porte.Que pouvaient savoir ces gêna simples du procureur du Roi ou des événements du monde exclusif qu\u2019on appelle la société t Us n\u2019ignoraient pas, quoique pauvres, qu\u2019il en était de plis pauvres qu\u2019eux, n ayant même pas un toit pour les abriter.Aussi, lorsque quelque mendiant frappait à leur porte, ils l\u2019accueillaient et partageaient le peu qu\u2019ils possédaient.Leur fille Elise aperçut la première l'étranger et, sans attendre, courut à lui, le prit par le bras et le conduisit dans la salle commune.\u2014Mais vous êtes trempé, mon cher ami, < dit le père Jean, le charbonnier.Cette nuit a été trop dure pour qu\u2019un homme de votre âge la passe dehors.\u2014Ah ! nous autres malheureux, n\u2019avons pas le choix, répondit M.de Villefort, tout «1 essayant d\u2019extraire l\u2019eau de ses vêtements.C\u2019est une triste nécessité qui m\u2019oblige à demander mon chemin de porte en porte.Je suis en route pour la Normandie, où habite ma fille; «tlle seca bien heureuse de me donner une croûte et un siège à son foyer.Car elle est mariée à un digne homme, qui a une maison à lui.Vous me laisserez me reposer quelques minutes ^i\u2019est-ce pas t J\u2019ai marché toute la nuit.\u2014Vous allez d\u2019abord changer de vêtements, dit ia femme du brûleur de charbon.Mon mari a un costume qui vous ira et vous laisserez le vôtre ici à la place.Ce sera un bon échange.Nous parierons ensuite de déjeuner et de dormir.La tenue que portait M.de Villefort était celle des détenue de l\u2019asile d\u2019aliénés; mais comme aucun des habitants de la maison n\u2019y était jamais entré, personne ne le reconnut.Le père Jean emmena le mendiant supposé dans sa chambre, et le vieillard fut bientôt couvert de vêtements frustes, mais secs.La femme avait parié d\u2019un échange par simple figure, et pour ne pas blesser la fierté de l\u2019hôte.En outre, elle c'aurait pas permis à son mari de porter des habite de vagabonda et, tandis que M.de Villefort mangeait, elle prit tout ce qu\u2019il venait de quitter et le jeta dans le brasier où m préparait le charbon.Quand son repos fut achevé, le fou se reposa pendant une couple d\u2019heures, et, après s\u2019être fait indiquer son chemin, fi reprit sa marche.On ne lui avait posé aucune question ; ou ne lui avait même pas demandé son nom.H n\u2019aurait pas été poli, songeaient ces gens de lui montrer un défiance quelconque et leur discrétion ne pouvait que le flatter.Bien que le signalement de\"M.de Villefort eut été lancé dans toutes les directions, personne ne faisait attention à lui dans sa rude défroque if ouvrier sylvestre, demandant des renseignements de temps à antre sur sa direction.sans avoir été reconnu.Deux jours après la disparition de Maximilien, il arrivait au Tréport.__ _____________\t23 Valentine savait que plusieurs semaine» devaient s\u2019écouler avant qu\u2019elle put espérer entendre parler du comte de Monte-Cristo, et, après que Lord H&rtleigh se fut si généreusement offert pour partir à sa recherche, il ne lui restait plus qu\u2019à attendre.L\u2019anxiété quelle ressentait pour le sort de son mari, l\u2019impression de douloureuse soli-tnde la pâlissaient et la faisaient dépérir, mais rendaient sa beauté plus éthérée.p ua délicate.Elle avait écrit à Julie, la sœur dé Maximilien, et l\u2019avait priée d\u2019urgence de venir la rejoindre avec.son mari, M.Herhault, au Tréport.La lettre mettrait tries jours pour gaprier Pan-', trois autres jours pour que sa bille» sœur pût arriver Lo temps qu de'ait s'écouler avant qu\u2019elles pussent mêler leurs larmes lui semblait interminable.Elle passait son temps étendue sur sa couche, dans un état de profonde dépression.Elle était a'nsi à la tombée du jour, quand une servante tressail-lit do frayeur en annonçant : -\u2014Monsieur de Villefort! \u2014Mon père limpossible, s\u2019écria Valentino, en s\u2019élançant.La chambre était sombre et la jeune femme distinguait à peine derrière la servante, la silhouette d\u2019un homme grand, décharné, anx vêtements gross\u2019érs; mais elle reconnut les traits jamais oubliés, la barbe et les cheveux d argent, et avec un cri dans lequel résonnait toute sa tristesse et sa dou'eur, se jeta dans les bras de son père.Le maniaque la saisit d\u2019une étreinte violente et, tandis que des larmes séchappaient de ses yeux, lui baisait les cheveux en criant : \u2014Valentine ! mon enfant ! ma fille ! Enfin ! Enfin ! CHAPITRE Xin ZÜLEIKA Noue avoua parlé d'uné esclave turque ao-eroupie aux pieds d\u2019Haydée, presque aussi belle que la comtesse de Monte-Cristo.Maïs H&ydée, languissante et passive, docile et tendre, aimait parce qu\u2019elle était aimée.Sa tendresse enveloppante était tout charme, toute douceur.L\u2019eaclave aux joues de pêche, teintées par la splendeur rose du soleil couchant, dont ks yeux rayonnaient comme cet astre même, rimait, parce qu\u2019il hii était nécessaire d\u2019aimer.Sa nature n'était ni docile ni tendre, mais dominante et orgueilleuse.L'amour était pour elle Une passion vio\u2019ente en son intensité, devant laquelle tout devait plier.Cet amour, cette passion, elle était prête à tes donner à lord Hartleigh.Tandis qu\u2019il n\u2019avait d\u2019oreilles que pour les doux sons de h guzla, tandis qu\u2019il n\u2019avait de regards que pour celle qu*fl découvrait la femme de Fautre, les yeux de l\u2019esclave étaient fixés snr lui, et il lui fallait toute sa puissance de contrôle sur elle-même, pour réprimer la joyeuse exclamation qui faillit lui sortir des lèvres.Son imagination ardente supprima en deux secondes la scène qui se.déroulait devant elle; le somptueux appartement, la princesse grecque étendue snr le divan, la mélodie dî- 26 vine qui se dégageait des cordes harmonieuses, les traits souriants, ironiques un peu, du comte de Monte-Cristo.Seul, le visage de lord Hartleigh se détacha si lumineux que tout le reste disparut.Elle revit alors dans son souvenir un Palais des rives du Bosphore, la résidence de Suleiman Pacha, et de Zuleika, sa fille.Un étranger arrivé, un Anglais.Le pacha qui a des obligations à l\u2019Angleterra, reçoit son représentant avec une grande courtoisie.L\u2019Anglais est curieux, il désirerait visiter le sérail de son hôte.C\u2019est impossible.Les beautés voilées du harem no sont pas fades pour les yeux profanes des chrétiens, mais Zuleika, idole et favorite de son père, qui n\u2019est pas encore devenue le trésor caché d'un pacha, est amenée en présence de l\u2019hôte.Elle n\u2019a que seize ans, et, à l'exception de son père et de ses eunuques, n'a jamais encore vu d\u2019hommes.Elle est embarrassée, confuse.Elle ne peut parler que sa langue maternelle que l'Anglais ne comprend pas.Après être restée à peine cinq minutes en sa présence, elle se retire dans son boudoir, emportant dans son coeur les traits de l\u2019Anglais, qu\u2019elle n'oubliera jamais.Elle a entendu dire qué tous les infidèles, qu\u2019elle que soit leur nationalité, comprennent la français, et elle s\u2019applique si assidûment à apprendre ce langage qu'en six mois elle le parle abondamment.A la fin de ces six mois, cependant, un grand changement est survenu dans le palais du Bosphore.Son père, haut dignitaire de la maison du sultan et prince, est impliqué dans un complot, avant pour but de détrôner le monarque, et mettre son frère sur îe trône.L'Angleterre a exprimé la volonté qu\u2019il en soit ainsi, Les espions anglais, l\u2019or anglais ont été employés pour arriver à ce résultat.Seuleiman est devenu suspect de partialité envers la Grande-Bretagne.Il est saisi dans le pàla s du sultan par les janissaires de celui-ci.et décapité dans la cour d'honneur, sans même avoir pu se défendre devant un tribunal.Alors la bande des assassins,¦ portant la tête au bout d'une pique, se rend su palais du Bosphore, pille, dévaste, brûle tout jusqu'au sol, et conduit au -iitan, les femmes 3u baron ainsi que Zuleika.Le souverain musulman, qui, d\u2019une fenêtre de son palais, dominant la cour, avait assisté dans \u2019e plus grand calme à E xécution de son ancien favor\u2019, récompensa les janissaires en leur distribuant les esclaves qu'ils avaient faites captives, réservant Zuleika pour orner son i ropre harem.C\u2019est à ce monrrnt, que le comte de Monte-Cristo arrive.Au moyen d\u2019une somme énorme donnée au gardien du sérail, il sauve Zuleika du sort oui l\u2019attend, et l'ajoute aux suivante-: de sa femme.Elle fait partie du cortège triomphal qui accompagne Haydée lorsqn'el'e reprend possession du trône de tes pères.La comtesse la traite comme une sœur plutôt que comme une suivante, mais Zuleika ne peut oubl\u2019er qu\u2019elle est la fi\u2019le d'un pacha, une princesse, au même titre que su maîtresse.LE SAMEDI Tout oeci fermente et bout dans son cerveau, tandis qu\u2019elle est assise sur les marches de marbre, et qu\u2019elle reconnaît en lord Hart\u2019eigh, l'Anglais qui visita le palais de son père.Ne s'aperçut-elle pas que l'attention de celui-ci est tout entière absorbée par Haydée; elle n\u2019oserait l\u2019attirer sur e.le, la servante, l'esclave! La comtesse de Monte-Cristo descend de l\u2019estrade et à,la prière de son mari, les tentures retombent ,dérobant aux yeux de Zuleika, la vue de celui sans lequel elle ne saurait plus vivre désormais, de celui qu e.le aime avec l\u2019ardeur et la passion de sa nature ardente.Lord Harüegh était encore dans sa chambre, le lendemain matin, réfléchissant à la conversation qu'il ava\u2019t eue avec le comte de Monte-Cristo.De sa fenêtre il l'avait vu , traverser le parc devant le palais, Haydée suspendue à son bras; il avait vu le mari et la femme s\u2019étreindre pour un dernier adieu.Puis il avait suivi des yeux la comtesse, pendant que lente et triste elle rentrait au palais.La fenêtre de lord Hartleigh dominait La baie.Suivant les pas du comte et ceux de son équipage, au moyen d\u2019une jumelle, il les avait vus s\u2019embarquer sur le yacht, qui se balançait doucement sur son ancre, auprès du sien.Il avait vu tes cabestans manœuvrer, les voiles se déployer majestueusement, et prenant le vent, labourer la mer comme un être vivant, emportant le comte de Monte-Cri-ta qui se tenait sur la passerelle, agitant son mouchoir jusqu à ce qu'on l\u2019ait perdu de vue.Lord Hartleigh avait accepté la mission à lui confiée par le comte, mais il n© désirait pas voir Haydée immédiatement; il voula t au'contraire, être sûr de soi, avant de s\u2019exposer encore à la fascination qu\u2019elle exerçait sur lui.Ah! un amour tel que le sien est difficile à vaincre! et le jeune homme se noyait aller au-devun d'une rude batai le.Tandis qu\u2019il surveillait le départ du yacht, quelqu'un frappa doucement à sa porte, si légèrement que le heurt dut être répété pour qu'il l\u2019entendit.Alors, son cœur battit violemment, son sang se précipita vers son cerveau.Il pensait à Haydée; il se dirait que son mari ava't pu 'a charger pour lui de quelqu message qu'e\u2019le vena't délivrer eu personne.\u2014Tl faudra que je m'observe pour la voir, se disait-il.Et il se répéta etete phrase deux ou trois fois avant de dire.rre» »¦>>; avoir hésité : \u2014Entrez ! La porto s\u2019ouvrit 'lentement, Zufeilca s'arrêta sur le seuil.Elle ne portait pas comme auparavant le costume des esclaves, ma s les robes d'une princesse de son rang, en vêtements de deuil.Elle éta\u2019t très pâ'e, et les cercle- sombres qui entouraient ses yeux, trahissaient une nuit sans sommeil.Ses longs cheveux noirs que ne retenaient aucun lic-n, descendaient sur son dos jusqu\u2019à la taille.Cette figure de la désola\u2018ion, d\u2019une: beauté rare et d'une troublant poésie, auraient certainement ému le cœur du jeune homme, s\u2019il Vol.32, No 26, Montréal, 27 ncwènfee Lâ?0 n'avait été à ce moment même si puissamment préoccupé d'un autre objet.\u2014Princesse Zuleika ! s'écria-t-il, d'un ton de surprise et de pitié.\u2014Non, plus princesse, mais esclave répondit-elle dans un français parfait, en avançant lentement dans la chambre.L\u2019esclave ZuJ ika, répéta-t-elle amèrement, privée de son père, dépouillée de sa fortune, précipitée de son rang, de la liberté; tombée si bas qu'el te ne peut même plus attirer l'attention de celui qui fut l'hôte de son père.\u2014Je ne comprends pas, dit-il.au comble de l'étonnement.Voulez-vous faire allusion à quelque rencontre antérieure ?\u2014J'étais assise aux pieds de la comtesse de Mon -Cris®; ce dernier soir, déclara-t-elle avec une profonde amertume, tandis que la honte colorait ses joues.Moi, la fi!le de Suleiman pacha et vous ne m'avez même pas jeté un regard ! \u2014Pardonnez-moi, princesse, comment aurais-je.pu savoir ?Comment aurais-je soupçonné que vous étiez ?.Il hésita pour prononcer le mot, mais elle le dit pour lui.\u2014Esclave, clia-t-elle sauvagement.Dites-le, je suis l'esclave d'Haydée, bien que dans mes veines circule un sang aussi noble que le sien.\u2014Comment s'est produit cet invraisemblable changement ?demanda-t-il.Il y a à peine plus de s x mois que je vous ai vue, heureuse, aimée, dans le Palais de votre père, Elle lui raconta tout.A c© récit douloureux,.le cœur du jeune homme s\u2019emplit de pitié.\u2014Le comte de Monte-Cristo vous a sauvée d\u2019un destin pire, encore, dit41, quand el'e eut terminé.et je suis certain qu'il ne vous retiendrait pas ici une minute contre votre volonté.\u2014J*' h sais, dit-elle avec abattement.\u2014I-a comtesse non plus, ajouta-t-il.Elle ne pourra jamais vous traiter autrement qu\u2019avec bienveillance.uni pas à me pla;nder d'e\u2019ie, répondit Zul 'k i, du même ton.\u2014Leur avez-vous demandé à i'un ou à l\u2019outre, votre liberté ?!\\on.Je ne l'avais jamais dés'rée.jusqu à hier au soir.En ce cas, il vous serait facile d espérer.mis n avez qu'à attendre le retour du comte et lui représenter votre requête.U l\u2019accordera de suite et vous vengera ainsi des torts que vous avez subis.\u2014Je ne lui demanderai pas.Lord Hartleigh k regarda curieusement.Les mots paraissaient sortir difficilement de ses lèvres serrées.Elle frissonnait comme une fenil\u2019e de tremble, et des rougeurs subites envahissaient ses joues pour les laisser ensuite entièrement blêmes.\u2014Et pourquoi ?demanda-t-il.Zule.ka ne put réfréner plus longtemps le mouvement désordonné de son cœur.Elle tomba sur les genoux devant le jeune homme ; i.levant ses mains jointes ; -.P uce que c est a vous seul que je veux devoir ma lilierté; parce que je veux que vous seul vengiez mes ma\u2019heurs. Vol.32, So 25, Montréal, 27 novembre 1920 LE SAMEDI s CHAPITRE XIV VENNEMI DANS LA MAISON \u2014Lovez-vous, princesse! s\u2019écria lord Hart-leigh, tout à fait stupéfié de cette manifestation.\u2014Je ne le ferai, répondit la jeune fille, que quand vous aurez cessé de m\u2019appeler princesse.Je n'ai plus aucun droit à ce titre.Je ne suis que Zuleika, que l\u2019esclave Zuleika.Le jeune noble s\u2019aperçut que ses nerfs allaient la trahir, et pour la calmer plus que toute autre raison, la releva doucement : \u2014Il n\u2019est pas convenable que vous soyez agenouillée devant moi, Zuleika.Elle se jeta dans ses bras, se laissant aller à toute son émotion, comme un simple enfant de la nature qu'elle était.Et, les joues baignées de larmes, elle murmura : \u2014Oh! comme je suis heureuse de me sentir près de vous! Vous ne me chasserez pas, M lord ?dit-elle d\u2019une voix suppliante.Vous me tirerez de l'esclavage, vous me ferez partir d\u2019ici.Je ne veux pas savoir où vous m\u2019emmènerez, tant que je pourrai demeurer avec vous.Si vous ne voulez pas de moi, comme égale, je serai votre servante, votre esclave, ce serait plus doux encore que la liberté ! Si Hart'eigh avait été un misérable, il au-rit pu prendre avantage de ees paroles pass\u2019onnées et sauvages, n\u2019étant pas assez naïf pour ne pas deviner le sentiment que trahissait ce discours et les frémissements de Ce corps adorable.Mais c\u2019était par-dessus tout un homme d\u2019honneur, et son propre cœur n\u2019eut-il pas été plein d\u2019une passion sans espoir.d\u2019autres considérations l\u2019eussent fait hésiter à épouser une femme turque et il éta\u2019t beaucoup trop Anglais, trop imbu des idées de la civilisation occidentale pour traîner à sa suite une esclave, si boit1 fût-elle.\u2014C'est impossib\u2019e! Zuleika, dit-il gravement.Je ne suis ici qu\u2019en qualité d\u2019hôte, et ne puis violer toutes les lois de l'hospitalité en vous enlevant sans que votre maître le permette, ou seulement le sache.Elle tressaillit violemment, ce que voyant, il se hâta d\u2019a jouter : \u2014C\u2019est vous-même qui avez fixé votre situation en prenant le titre d\u2019esc\u2019ave.Vous, person ne\u2019lement, avez le droit moral de rompre votre chaîne à n\u2019importe, quel instant, mais je n\u2019ai pas celui, moi, de vous aider à le faire.Suivez mon conseil, restez ici jusqu\u2019au retour du comte, et je vous donne ma parole que j\u2019obtiendrai de lui ce.que vous dés\u2019rez.\u2014Vous resterez ici aussi longtemps ?demanda-t-elle, la respiration haletante.\u2014Oui, je l\u2019ai promis.E'îe se recula et, se tenant à quelque distance, parut le mesurer d\u2019un regard singulier.\u2014Vous resterez, répéta-t-el'e, et sa voix avait une note de surprise et de perplexité.Seul, seul, avec elle ?c\u2019est son mari lui-même qui vous en prie ?Les choses se font différemment dans mon pays! \u2014Je le sais, répondit-il dans un sourire.Votre père ne m\u2019aurait pas permis de regarder une de ses nombreuses épouses.\u2014Les coutumes de mon pays sont raisonnables.Quand une fille devient femme, elle appartient à son mari, et lui seul, contemple 6a beauté.La modestie l\u2019oblige à se ivoiler en présence de tous les autres hommes, »,\u2014Les Européens pensent différemment, répondit lord Hartleigh, en haussant les épaules.\u2014Supposez, dit la jeune fille, en pâlissant de nouveau, supposez que la comtesse s'éprenne de vous.\u2014La supposition est simplement irréalisable, répliqua-t-il.Cependant, à cette insinuation, son cœur bondit avec force, et il lui fallut un grand effort de volonté pour empêcher le sang de monter à son visage.Zuleika tomba dans une rêverie profonde; tout à coup, elle leva la tête, et une lumière étrange s\u2019alluma dans ses yeux noirs.\u2014Je ferai ce que vous me conseillez, dit-elle.J\u2019attendrai le retour de mon maître, vous lui demanderez alors ma liberté.Jusque-là je serai l\u2019esclave soumise et patiente.Ne lui dites pas que je soupire après la liberté.Elle prit la main du noble Anglais et l é-lem jusqu\u2019à ses lèvres, puis se détournant, elle sortit de la chambre aussi lentement qu\u2019elle y était entrée.Pendant longtemps, lord Hartleigh resta silencieux, et regardait la porte par où venait de disparaître Zuleika.\u2014Décidément, songeait-il, je viens de faire une nouvelle expérience.Cette créature impulsive a jugé à propos de s\u2019éprendre de moi.C\u2019est, sans aucun doute, excessivement flatteur, pour ma vanité, mais très embarrassant aussi; elle paraît d\u2019esprit trop simple pour se rendre un compte exact de ses émotions.Et ce n\u2019est pas à moi à l\u2019éclairer.Il se promena pendant quelques instants dans sa chambre, puis poursuivit : \u2014Mais comme ses instincts se sont vite éveillés quand il a été question d\u2019une autre femme.\u201c Supposez, a-t-el\u2019e dit, que la comtesse vienne à s\u2019éprendre de vous ?quelle folie! le ciel tomberait p\u2019utôt, et le chaos renaîtrait, avant qu'on la voie infidèle à son mari.\u201c Et si l\u2019impossible se produisait, pourtant ?\u201d La respiration du jeune homme se précipita.Mais, crispant les poings, il s'écria bravement : \u2014Nul Anglais ne saurait être aussi infâme! Les liens qui l\u2019attachent à son mari, le serment solennel que j\u2019ai fait de la garder et de la protéger, ma va\u2019onté et mon honneur me tracent mon devoir.Le chemin que j\u2019ai â suivre est clairement marqué devant moi.Nulle tentation ne pourra m\u2019en faire dévier.Lord Hartleigh se sentît alors plus fort et plus brave qu\u2019il n® l\u2019avait été depuis le départ du comte.Il pouvait voir Haydée, sans crainte, que fe secret de son cœur lui échappât.Elle le salua d\u2019un sourire quand il pénétra dans la pièce où elle le reçut, occupée à dévider un écheveau de soie pour un travail étendu sur ses genoux.\u2014Je suis heureuse de vous voir, dit-elle, l'air satisfait.Je suis veuve pour un temps; vous pouvez m\u2019aider à vaincre l\u2019ennui jusqu\u2019à son retour.2?Hartleigh avait compté la trouver mélancolique et déprimée.Sa gaieté le blessa quelque peu.Cependant, ses manières franches et séduisantes l\u2019attiraient, et, vêtue d'une simple robe blanche, une rose dans les cheveux pour seule parure, elle ressemblait plus à une de ses compatriotes qu\u2019à la Princesse Orientale de la soirée précédente.Alors, son costume somptueux, ses joyaux resplendissants l\u2019avaient ébloui ; à cette heure, sa simplicité le charmait.-\u2014Vous venez juste à point, continua-t-elle en riant.Cet écheveau est tout embrouillé.Vous allez m\u2019aider pour le remettre en ordre.Donnez vos mains.\u2014Je ne suis que trop heureux de vous obliger, comtesse.Et il lui obéit en souriant.Haydée lui passa l\u2019écheveau sur les mains, et commença d'enrouler la soie qui ne paraissait pas aussi embrouillée qu\u2019elle voulait bien le dire.On peut même croire qu\u2019elle se serait tirée d\u2019affaire toute seule si Hartleigh n\u2019était pas venu.Tout en travaillant, la jeune femme causait avec la vivacité et la légèreté de cœur d\u2019une jeune fille.Ensui e, elle fit causer lord Hartleigh sur lui-même et son \u201chome\u201d éloigné.Ils bavardèrent pendant une demi-hèure, et lord Hartleigh dut s'avouer qu\u2019il n'avait jamais passé temps plus délic eüx.alors qu\u2019assis presqu\u2019aux pieds de la jeune femme sur une ottomane basse, elle attirait son cœur par tous les mouvements qu\u2019elle faisait pour enrouler la soie.La porte s\u2019ouvrit, Zu\u2019eika entra.Elle avait ôté ses vêtements de Cour et portait son costume d\u2019eselaive.Toujours très pâle, elle avait cependant effacé toutes traces de larmes, et., personne n'aurait deviné les émotions qu\u2019elle venait de traverser.Quand elle vit Haydée et lord Hartleigh assis près l\u2019un de l\u2019autre, elle tressaillit, mais se reprit vivement, Ses yeux noirs se stril-lèrent de points d'or.\u2014Vous n\u2019avez pas frappé ?lui dit Haydée, en la voyant entrer.\u2014Je l'ai fait princesse, mais vous ne m'avez pas entendue.\u2014Vous aurez dû attendre qu\u2019on vous priât d\u2019entrer, dit sa maîtresse sur un ton de reproche tempéré.Mais ce n\u2019est rien ; passez-moi ma guzla.Milord a été assez gracieux pour me tenir mon écheveau, et je désire le récompenser en lui faisant un pen de musique.\u2014Mes piètres services le méritent à peine, protesta le jeune homme .\u2014C\u2019est à moi d\u2019en juger, répondit Haydée avec un sourire plein d'attraits, en répétant son ordre à Zuleika.Celle-ci hésita quelques instants, et resar-da dans la direction du jeune homme, en quête d'un encouragement.Mais les yeux de odui-e; restaient fixés sur le visage adorable de la comtesse de Monte-Cristo.Zuleika tourna lentement sur ses talons et sortit de la.chambre pour a\u2019kr quérir l\u2019instrument.Eli® s\u2019arrêta dans le couloir.Ses traits ss décomposèrent suibtement sous l\u2019influence d\u2019une fureur jalouse.\u2014Le comte est à peine sorti de ses bras, grondait-elle, qu\u2019elle tend déjà des piège# 28_________________________________________ pour qu\u2019un autre la distraie.Elle le nargue et lui, le fou- pap lionne autour d\u2019elle.Mais elle ne jouera pas ce jeu impunément.Lord Hartleigh m\u2019appartient, elle ne me l'enlèvera pas.Le comte de Monte-Cristo ne se trompait pas, en disant qu\u2019Haydée était environnée d\u2019ennemis.Il ne soupçonnait cependant pas que le plus terrible faisait partie de sa maison, CHAPITRE XV DANS VILE Ainsi que Benedetto l\u2019avait fait entendre à Maximilien, sa complaisance à dévoiler remplacement secret du trésor de Monte-Cristo, lui vaudrait une amélioration de traitement.Malgré le refus de Maximilien, le bandit Corse avait réfléchi qu\u2019il serait temps d'en venir aux mesures extrêmes quand le Feranti arriverait en ivue de ITle.Il ordonna en conséquence, après trois jours de mer, de tirer le captif de la cale et de le faire monter sur le pont, où il pourrait respirer au moins l\u2019air pur.Ce changement fut, comme on pense, fort agréable au prisonnier.Il n'ex stait plus aucune chance d'évasion pour lui.On ne voyait plus, aussi loin que les regards pussent porter, que le ciel et la mer.Se jeter à Peau eût ét éfolie pure; ses forces l'auraient trahi, en admettant même qu\u2019une balle de Benedetto n\u2019eût auparavant terminé ses joura.A certains instants cependant, quelque felouque italienne parcourait son champ de vision trop éloignée pour qu'on les appelât avec fruit.En outre, le jeune homme n\u2019était p: - certain de ne pas rencontrer quelque équipage de pirates, complices de ses ravisseurs.Mais il songea à tirer parti des me'Heures dispositions de Benedetto, dé manger les me s nourri sante qu\u2019on lui servait; de boire le bon n in e: par-dessus tout, do hâter la guérison de ses blessures et le retour de ses forces.C\u2019es de cette façon seulement qu\u2019il pourrait tenir tête aux as-assins, quand ils descendront à terre, La pensée, d'ailleurs, de débarquer à l\u2019île de Monte-Cristo, n\u2019était- pas pour lui déplaire.Il savait que le comte y avait laissé Ber-tiiccio et un« poignée d\u2019hommes de garde.Bertuceio, condamné à mort pour un crime qu\u2019il n'aivait pas commis, s\u2019était sauvé avec l\u2019aide du comte; et, pour cette raison, il lui était toujours dévoué.En outre.Bertuceio, qui était Corse, avait élevé Benedetto comme son propre fils.Le père nourricier pouvait avo'r encore assez d'influence sur le jeune copain, pour le faire renoncer au vo\u2019 qu\"! se proposait.Ce fut donc dans d\u2019assez bonnes dispositions dcspri', dé- oîé seulement à la pensée des souffrances de sa femme, que Maximilien vit la proue du va ssean dirigée vers Pile fameuse.Ses iiissures se cicatriser nt trè- rapidement et le neUTième jour, alors uu'on pouvait espér- r à tout instant apercevoir l\u2019île, il se sentit entier ment guéri.LE SAMEDI Les étoiles s\u2019allumaient une à une dans un ciel sans nuage lorsque Benedetto s'approcha de Maximilien ,étendu sur le pont, et du ton jovial qu\u2019il affçptait souvent : \u2014Eh bien, cher camarade, notre voyage tire à sa fin, nous serons avant minuit, à Monte-Cristo ; aussi vais-je vous exposer mon programme.\u2014Qu\u2019ai-je à faire de votre programme ?répondit Maximilien, plus glacial que jamais.\u2014Tout, mon cher ami, puisque vous allez être mon ambassadeur.\u2014Auprès de qui ?\u2014Auprès de mon digne père nourricier, le signor Bertuceio.Voqs voyez que je connais sa présence dans Prie.C\u2019était un bon compagnon dans sa jeunesse.Il pouvait fouiller une poche de façon à n\u2019y rien laisser ou dévaliser un voyageur à un tournant de route aussi bien que n\u2019importe qui.Mais il a tourné un feuillet de son livre et s\u2019est transformé.C\u2019est ce qui fait qu\u2019il me répugne aujourd\u2019hui.\u2014Vous êtes un bien vil coquin ! \u2014Je sais cela encore et n\u2019en éprouve aucune honte, répondit Benedetto, avec un sourire gouailleur.Mon père nourricier et son frère étaient d'ailleurs exactement comme moi.Le dernier est mort a vec ses bottes aux pieds; c\u2019est-à-dire qu\u2019il a été guillotiné par ordre de M.le procureur du roi, mon père actuel.Celui-ci est devenu fou en apprenant que j'éta's son fils.Si je n\u2019avais pas été élevé par le Signor Bertuceio, je ne serais pas devenu bandit.La profess'on s\u2019exerce dans sa famille, non dans la mienne.Mais il ne s\u2019agit plus de cela, comme je vous Pai dit, vous allez être mon ambassadeur auprès de lui.Il verra probab\u2019ement le Feranti avant que nous débarquions, et sera prêt à nous recevoir avec sa précieuse bande.Votre nom désarmera ses soupçons.Vous embarquerez vous-même dans une baleinière, gardée par moi et deux de mes hommes.' Je porterai un costume de matelot.Vous lui direz que le comte de Monte-Cristo vous a donné un message pour lui.Vous lui remettrez la note que je vous donnerai.Pendant qu\u2019il la lira, mes marins et,moi.nou nous arrangerons pour le rendre inoffensif.Une pensée soudaine frappa Maximilien.S'il pouvait remplacer \u2019a lettre qu\u2019on lui donnait à remettre par une autre, écrite de sa propre main, peut-être pourraiLil transformer Te plan pour que Benedetto en fut à son tour la victime.Mais il ne convenait pas toutefois d\u2019éveiller par un trop prompte soumission, les soupçons de Behedetto.\u2014Je n\u2019ai absolument rien à voir à l\u2019exécution de vos projets, répondit-il.Te suis votre prisonnier tant que je n'aurai pas trouvé le moyen de, m\u2019évader: vous ne m\u2019obligerez pas à prendre part à vos infamies.\u2014Je vous obi'gérai, au contraire, à tout ce qui me conviendra.J\u2019ordonne simplement.\u2014Et s je refuse î \u2014Je ne connais a'or.s qu\u2019un châtiment: la mort, répondit Benedetto ,en tirant son pistolet.Si vous là préférez à l'espoir d\u2019être rendu à votr femme, qui.j'ose le d:re, pleure en ce moment son âme à cause de votre ToL 32, No 25, Montréal, 27 novembre 1520 disparition, c\u2019est votre affaire.Je vous ferai sauter la cervelle.Il arma le chien et visa Maximilien à la tête.\u2014Vous usez d\u2019arguments violents, dit celui-ci.Vous me mettez un pistolet sur la figure, et vous me parlez de ma femme.Il affecta de soupirer profondément et répond :t : \u2014Je dois donc vous obéir.Mais vous me promettez de ne pas tuer votre père nourricier.Il suffira que je le remette entre vos mains.\u2014Oh ! des promesses, vous en aurez tant que vous voudrez.Tout est donc convenu ; je vais aller préparer la lettre.Tandis que Benedetto s'éloignait, Maximilien arracha une page du livre qu\u2019il avait trouve sur le pont, et écrivit à la hâte, o vec un vieux clou teint de son sang : Je suis prisonnier.Les trois hommes qui sont avec moi sont mes geôliers.L\u2019un d eux est Benedetto.Saisissez-les et faites-moi libre.\u201c Maximilien.\u201d Il avait eu à peine le temps d\u2019écrire cette lettre et de la dissimuler sur lui que le Corse revint avec la lettre mensongère qu\u2019il lui tendit.Comme il l'avait annoncé, l\u2019île de Monte-Cr.sto fut signalée avant minuit.Dans l'air calme de la nuit, sous la voûte étoilée, le feu d\u2019un camp brillait près de la grève, et des formes sombres s\u2019agitaient aux alentours.î>e Signor Bertuceio fidèle à sa parole, gardait bien la côte.Les sentine'les avaient vu s\u2019avancer le navire, car les canons des fusils brillaient dans les ténèbres ce'ai rés par un rayon de lune.U est heureux qu» j'aie un aussi bon ambassadeur, s écria Benedetto en surveillant tous oes mouvement'-', sans quoi je rencon remis ici une réception chaude.Le navire entrait maintenant dans les eaux basses.L'ordre fut donné de descendre une embarcat on à la mer.Benedetto y entra le premier; puis, il se fit suivre de Maximilien et deux hommes qu\u2019on avait amenés.Maximilien s as.-it a la proue, le Corse près de lui, tandis que les deux hommes manœuvraient les avirons.Fs n'avaient pas ramé longtemps, toutefois, qu'une voix criait : \u2014Stop ! ou nous faisons feu ! Les matelots s'arrêtèrent.; ^ nom ?dit la voix, qu'î Maximilien et Benedetto raconnurent pour celle de Ber-tuccio.\u2014Dites-le lui, murmura l\u2019assassin, en lui posant le bout glace de son arme sur le front.Maximilien Morrel, répondit ce dernier, avec un message du comte de Monte-Cristo! Soyez le bienvenu! s\u2019écria Bertuceio, en ordonnant à ses hommes de baiaser leurs armes.L> bateau s\u2019avança et mit le nez dans le sable.Maximilien sauta, suivi de près par les trois hommes.Il tendit, à Bertuceio la lettre éerite avec son sang.Celui-ci la Int à la lumière de la lune, jeta, un regard à Benedetto et reconnut sou pupille.\t1 Vol.32, H» 25, Montréal, 27 novembre 1920 \u2014S&iaissez-le! s'écria-t-il en s'adressant à la garde dont il était le chef.\u2014Trahi îs\u2019écria l\u2019assassin.Et, prompt comme l'éclair, il tira son poignard et le plongea jusqu\u2019à la garde dans la poitrine de Bertuccio.CHAPITRE XVI PRET A MOURIR L'assassinat de Bertuccio fut si rapide, si inattendu, que la garde resta, un instant paralysée.\tV Les assassins ne pendirent pas de temps pour suivre l\u2019exemple de leur chef et, sans rien attendre, déchargèrent leurs pistolets, tuant un homme au premier coup, blessant grièvement un autre.Les survivants sa mirent alors sur la défensive, mais avant qu\u2019ils pussent faire feu, une décharge les coucha tous par terre; les matelots du Feranti avaient suivi leur capitaine dais des chaloupes et venaient de compléter le massacre.Le combat entier dura à peine quelques instants.Avant que les gardiens de Me pussent tirer un coup de feu, ils étaient tous tués, blessés ou prisoniers.Maximilien, lui-même sans armes, n'échappa à la mort que par miracle.Quand tous les soldats furent hors de combat, Benedetto ordonna à ses hommes d\u2019égorger tout ce qui donnait encore signe de vie, et de jeter les cadaivres à la mer.Et tandis qu\u2019on exécutait cet ordre barbare, il se dirigea vers son père adoptif, qui gisait sur le sable, baignant dans une mare de sang, agité par les premiers frissons de l\u2019agonie.\u2014Ferai-je demander un confesseur, mon père, demanda-t-il, la main droite toujours crispée sur son poignard teint de sang.Et il croisa les mains sur sa poitrine, surveillant indifféremment l\u2019homme qui se mourait à ses pieds.\u2014Penses-tu que ton âme attende bien longtemps pour rejoindre celle des victimes que tu as assassinées sur les grandes routes.Je ne serai peut-être pas aussi bon prêtre que le comte, lorsqu'il t\u2019apparut aux galères sous les traits de l\u2019abbé Busoni ?Parlez, mon second père, confessez vos fautes à votre enfant ! \u2014Malheureux ! Iuhumain! haletait Bertuccio, les regards fixés avec horreur sur le Jeune assassin.\u2014Bah! si je suis inhumain, c'est à vous que je le dois.J\u2019ai suivi votre exemple! Bien que nrous vous soyez converti sur le tard, votre main n\u2019est pas moins sanglante que la mienne.\u2014Cruel ! gémit le mourant.Est-ce pour cela que je t\u2019ai tiré vivant, du tombeau ?\u2014Cessez de le torturer! s\u2019écria Maximilien.saisi d'horreur.Laissez-le du moins mourir en paix.\u2014Ce sont des affaires de famille, repartit Benedetto, de sa voix la plus glaciale.E'ies \u2022ne vous ~cen cernent pas, M.Morrel, veuillez vous taire, ou.H ne termina pas, mais montra simplement son poignard à Maximilien.\u2014Viens, père, continua-t-il en s\u2019adressant au moribond.Je suis ton fils, même si je LE SAMEDI t\u2019envoie au ciel avant l\u2019heure.Fais-moi l\u2019héritier de ton secret.Où ee trouve le trésor du Comte ?Un sourire de triomphe passa sur les lèvres froides de Bertuccio.\u2014Il n\u2019y a plus de trésor, dit-il.Le Comte a tout fait enlever de Pile.\u2014Tu mens, cria l\u2019assassin, dans un violent accès de furie.Il se laissa tomber sur un genou, saisissant le vieillard à la gorge, tandis que sa main droite tenait sa dague levée.\u2014Dis-moi où est le trésor.Parle, si tu ne veux pas mourir immédiatement.\u2014Trop tard pour menacer maintenant, râla Bertuccio.Le trésor est parti.\u2014Tu sais où?\u2014Oui.\u2014Par tous les démons, je t arracherai ce seert de la gorge ! \u2014Jamais!.Le Comte!.Fidèle jusqu\u2019à la mort!.Oes mots murmurés furent les derniers.Son âme s\u2019envola en les prononçant et Benedetto ne put assouvir sa rage que sur un cadavre.Le jeune criminel, affreusement pâle se releva, non qu\u2019il fut ému à la pensée de son dernier crime, mais désappointé d\u2019avoir versé autant de sang pour rien.Et il jota un regard à Maximilien pour lui faire comprendre que si Bertuccio avait dit la vérité, c\u2019est lui qui en supporterait les conséquences.\u2014Le vieux misérable est mort en proférant un mensonge, déclara-t-il rudement, ne croyant pas comme tant d\u2019autres, ce qu\u2019il ne voulait pas croire.Le comte n\u2019aurait pas fait garder Hle s\u2019il n\u2019y eût pas eu quelque chose à y garder.Nous sommes les maîtres de l'île; en avant pour la conquête du trésor! Vous partagerez les dépouilles! Les bandits n\u2019avaient pas grand besoin d\u2019encouragement.A cette époque, en Italie, le brigandage était un commerce régulier, pour lequel les gens se louaient presque à la semaine.Us touchaient leurs gages, pillaient, massacraient sur l\u2019ordre de leur chef, avec la même indifférence qu\u2019un ouvrier fait son travail.Une part de prise était on argument tout puissant sur leur esprit.Avec des transports de joie, ils jetèrent le cadavre de Bertuccio à la mer et se disposèrent à suivre leur chef.Us mirent Maximilien à leur tête, avec ordre de marcher vers la grotte, s'il ne voulait être percé de coups.Le jeune homme n\u2019avait pas à hésiter.D\u2019ailleurs, il avait toutes sortes de raisons pour croire à la parole, de Bertuccio.Le trésor n\u2019était plus là et l\u2019invasion de la caverne ne pouvait porter aucun préjudice au Comte, .ignorant qu'il était aussi bien que les voleurs, de l\u2019endroit OÙ l\u2019or et les pierres précieuses avaient été cachées ,Bertuccio étant mort avec son secret.Le péril dans lequel il allait se trouver si Benedetto constatait que ses espérances étaient déçues était grand ; mais le péril le touchait seul.Tl ne pouvait que l\u2019envisager en face et sè confier en la Providence.La petite troupe traversa un épais ballrer, éclairé seulement parla lueur de la lune perçant les feuillages, sans rencontrer person- 29 ne.Bertuccio avait évidemment concentré ses forces sur la grève et tout avait été tué.Les brigands étaient maîtres de l\u2019île.En sortant du huilier, ils découvrirent sur la clairière, caché par des roches et dés broussailles, le camp de lu petite garnison.Un feu brûlait avec vigueur; les restant* du repas du soir étaient dispersés de droite et de gauche, et des couches rudes avaient été préparées pour le remis de la nuit.Tout cela aussi silencieux, aussi désert que la tombe.Benedetto ne permit pas à ses hommes de s'attarder: poussant en avant, ils suivirent leur guide vers l\u2019entrée secrète de la grotte dans laquelle Edmond Dantès a va it découvert la fortune du colonel Spada.Maximilien reçut à cet endroit confirmation le ce qu\u2019avait affirmé Bertuccio.L'entrée my.-ié-rieuse n\u2019existait plus.La roche qui la formait jadis avait été roulée, et on ne voyait plus ni les buissons ni les plantes qui cachaient à tous les yeux les richesse - du Nabab.Les sourcils du Corse se froncèrent.Lui aussi soUpçonanit la vérité.Mais il r.dit rien, et tendit seulement à Maximilien la torche qui avait servi à éclairer le camp.La flamme lugubre éclaira les murailles de roc de la galerie qui conduisait à la grotte, faisant étinceler les particules métalliques enchâssées dans la pierre, qui jetaient des rayonnement d'or.Mais ces beautés naturelles importaient peu aux bandits, qui se précipitèrent vers le réel but de leur expédition.Us pénétrèrent dans la faille de la montagne jusqu\u2019à la salle rocheuse qui, pendant si longtemps, avait été le \u201cHome\u201d du Comte et d\u2019Haydée.Le luxe Oriental l'ornait encore.Les riches tapis, les exquises tentures, les divans et les sofas moelleux, tous les objets luxueux de ce Palais souterrain sè trouvaient exactement à l\u2019endroit où Maximilien les avait vus.U s\u2019imaginait presque n'avoir qu\u2019à évoquer le comte de Monte-Cristo pour le voir apparaître.\u2014Est-ce la cave du trésor ?demanda Benedetto, dont l'espoir s\u2019était considérablement accru à la vue de toutes ces magnificences.\u2014Non, c\u2019est la suivante, répondit Maximilien, si du moins elle contient encore quelque chose.La grotte suivante était aussi déserte et aussi dénuée de meubles que la première en était pleine.Un seul regard convainquit Benedetto que l'expédition, qui avait coûté tant de sang, resterait absolument infructueuse.Pas un joyau, pas une pièce d'or ne demeuraient à l\u2019endroit où ils avaient dormi pendant des s\u2019èdes, La fureur du.misérable ne peut se décrire.\u2014Misérable! tu paieras ceci de ta vif ! s'écria-t-il en; écornant de arge.\u2014Je suis prêt, répondit tranquillement Maximilien.CHAPITRE XVII PERE ET FILLE Noua avons dît qu\u2019il faisait très sombre dans h chambre de Valentine quand son père y entra.Elle ne remarqua pas l\u2019étran- 30 LE SAMEDI VoL 32, No 25, Montréal, 27 novembre 1920 ge costume qu'il portait.Elle entendit seulement le timbre de sa voix et sentit son baiser paternel au moment où il la prenait dans ses bras.Valentine aimait son père d\u2019une tendre affection.Après son époux Maximilien, il était pour elle l\u2019être le plus cher.Sa folie subite avait causé à la jeune fille une douleur extrême, et le récit qu\u2019avait fait Maximilien, le veille de Son mariage, de son entrevue avec son futur beau-père, avait rendu à la pauvre enfant l\u2019espoir cT\u2019une guérison possible.Cependant, surprise de revoir son père, elle se dit naturellement qu\u2019il était sorti de l\u2019hospice de Bicêtre et que sa première visite était pour elle, Maximilien lui ayant laissé son adresse à cette intention.Après les premières effusions elle l'interrogea sur sa venue et, malignement, il confirma ce qu\u2019elle avait soupçonné.II es' bon de ne pas oublier que son cerveau n\u2019était dérangé que sur un point.L\u2019amour pour sa fille était devenu si anormalement intense qu\u2019il voulait passer toute la vie près d\u2019elle, dit-il pour cela commettre des Crimes, et Ta voir à lui seul.Ses paroles, à la vérité, étaient devenues ardentes, ses yeux brillaient, mais rien d\u2019autre dans ses allures, n\u2019indiquaient sa situation mentale partïculère, qu\u2019un expert extraordinairement haie le, seul, aurait pu découvrir.Assis sur un canapé, près de Valentine, tandis que les ombres de la nuit emplissaient la chambre de demi-ténèbres, il raconta comment il avait précieusement gardé le souvenir du nom de sa fille et celui de la vil\u2019e de Tréport.Comment, immédiatement, après sa libération, il était venu là pour y demeurer \" avec elle et son mari, un brave garçon, qu\u2019il était fier d\u2019appeler son gendre.Il aurail pu écrire, mais avait préféré les surprendre.Puisque Dieu, dans sa bonté, lui avait rendu la raison, il Voulait dépenser ses derniers jours dans une paix bénit', sous le toit de la fille qu\u2019il aimait.Valentine, à son tour, fut obligée de lui faire le récit des tristes circonstances dans lesquelles son mari lui avait été enlevé, de dire ses dontes et ses craintes et l\u2019espoir quelle mettait tout entier dans le comte de Monte-Cristo, attendu au Tréport d\u2019une heure à l\u2019autre.Elle ajouta qu\u2019elle avait écrit à sa belle-sœur, Julie, qui devait arriver au Tréport, avec son mari, M.Ilerbault,de lendemain.Le cœur du maniaque battit de joie en apprenant que Maximir.cn n\u2019était pas au château.Comment il en avait disparu, cela lui importait peu.C\u2019était a-sez pour lui de savoir qu\u2019il était absent et ne pouvait pas '& séparer de - t fille.La perspective des visiteurs le troublait cependant.Tl avait de bonnes raisons pour contraindre les regards inquisiteurs du comte, et M.et Mme Herbau\u2019t venant directement de Paris, pouvaient apporter la nouvelle de son évasion, provoquer s i capture et son retour dans la cellule solitaire qu\u2019i' avait occupée pendant de si longs moins.Il fallu t évite\u2019 cela à tous nrix ?n -er-velle trout)'*'\".-h*~\t¦ \u2022\u2022'\u2022\u2022n cerveau gain, 9e mit à échafauder un plan qui eut pour résultat de lui conserver la liberté et la présence de Valentine.Il la consola et l\u2019assura que, puisqu'il était toujours Procureur du roi il userait de son influence pour aider le comte et M.Herbault-dans la recherche de Maximilien.A ce moment, le domestique frappa à la porte et demanda s'il pouvait servir.Les domestiques entrèrent avec des candélabres qu\u2019ils placèrent sur la table, puis se retirèrent pour aller chercher la suite du service.\u2014Mon père, comment vous êtes vêtu s\u2019écria Valentine, apercevant pour la première fois les habits grossiers que portait M.de Villefort.\u2014Et que veux-tu, ma file ?Ce sont les vêtements que l\u2019on m\u2019a donnés en me congédiant.On aurait pu avoir un peu plus die respect pour mon rang, mais Bicêtre est un établissement de l\u2019Etat et riche ou pauvre, haut ou vil, tout le monde y est traité de la même façon.Quelque soupçon de la vérité aurait pu entrer dans l\u2019esprit de Valentine, en voyant son père a:nsi acoutré, si les discours n\u2019avaient été si calmes et si raisonnables.Ses explications furent donc admises sans unie protestation.Le serviteur apporta le souper, trop bien dre.sé pour exprimer aucune surprise ; il avait parlé avec ses camarades des incidents de la soirée, et tous en étatent venus à cette conclusion que, s'il plaisait à Madame de reconnaître un vieux vagabond pour son père, c\u2019était son affaire et non la leur.Monsieur de Villefort, qui avait à peine mangé depuis le matin, se mit à dévorer.Valentine lui jetait des regards effarés.\u2014Vous préparerez la chambre de mon mari pour mon père, ordonna-t-elle au domestique., èt lui chercherez des vêtements.Le man\u2019aque dissimula la joie que lui causaient ces ordres (la chambre de Maxim lien touchait à c\u2019b de Valentine) et suivit doucement le serviteur.Un bain avait été préparé.Ses cheveux et sa barbe furent taillés.On lui endo.s a, faute de mieux, le costume du prêtre qui venait le dimanche officier à la chapelle du château.Tl sourit significativement en revêtant la \u2022soutane et la patlite calotte de l\u2019ecclésiastique.\u2014C\u2019est encore un déguisement, murmura-t-il pour lui-même.Personne ne me reconnaîtra sous les habits de ce vénérable abbé.Il avait l\u2019air ,en effet, d'un miss\u2019onnaire.Ainsi déguisé, il revint dans la chambre de sa fille, qui se mit à rire en songeant à l\u2019horreur du bon abbé Bourdin s\u2019il «voyait ses vêtements sacrés portés par un profane.Us bavardèrent jusqu\u2019à l\u2019heure du repos, et la.jeune femme conduisit elle-même son père à son appartement.\u2022\u2014Cette porte, dit-e le, communique à ma chambre.Je la laisserai ouverte.Si vous aviez besoin de moi, vous n\u2019auriez qu'à m'ap-pe'er.\u2014Tout va à souhait! murmura-t-il tout bas.\u2014Valentine lui souhaita lie bonsoir et' passa dans sa chambre.M.de Villefort éteignit sa lum ère: la pièce n'était plus éclairée que par les rayons d\u2019argent de la lune, qui pénétraient à travters la fenêtre.U ne se dévêtit pas, resta assis sur son lit jusqu'à ce qu'il entendit la respiration régu-l ère et douce de sa fille.Alors, il se leva, sans bruit et s'en fut vers la fenêtre.\u2014Nous sommes à cinquante pieds du sol, murmura-t-il en regardant dehors.C\u2019est une descente péril1 euse, mais le lierre qui grimpe à la muraille de granit est assez fort pour supporter notre doublé poids.Une fois dans le parc, nous aurons vite fait de franchir le mur d\u2019enceinte, qui est bas.Je vais 1?risquer.C\u2019est peut-être la mort pour tous les deux ! Qu\u2019imoprte! Mieux vaut être réunis dans la tombe que de vivre séparés! Ï1 retourna au lit, s'y assit, la tête enfoncée 11 ans ses m a i ns.\u2014Elle ne viendra pas librement, se disait-il, bien qu\u2019elle m\u2019aime.Il faut qu\u2019elîe (vienne! maintenant!.Quand les autres seront là.il sera trop tard.Comment arriver à mon but sans la blesser ?Je ne voudrais cependant pas lui faire de mal.Si j\u2019avais un anesthésique qui la prive pour quelque temps de connaissance!.Sans savoir à peine ce qu\u2019il cherchait, il passa uns inspection des armoires de Maximilien iut trouva enfin un tiroir sur lequel était écrit le mot \u201c poison Le jeune homme avait reçut comme présent, du comte de Monte-Cristo, cette collection de substances fatales, et les lecteurs du chefd'œuvre inou-b1 able d\u2019Alexandre Dumas se souviendront que le Comte ce usait avec la plus entière impunité.Il s\u2019était habitué à en absorber en quantité considérable, dans le but de devenir infvulnérable à tout attentat criminel.La collection comprenait une petite fiole d\u2019un liquide rouge, d\u2019aspect inoffensif, que Mme de Villefort.avait expérimenté, tout d\u2019abord sur les membres de sa famil'c,, et sur elle-même ensuite.A la lueur d?la lune le Procureur du roi en lu l\u2019étiquette : \u201cfine goutte posée sur les lèvres, insensibilité après deux heures; deux gouttes, perte immédiate de connais anee durant un jour; trois gouttics, la mort.\u2014Eureka !s'éer:a-t-il.Le Ciel me guide ! Voici ce que je cherchais! Deux gouttes touchant ses èvres, elle s\u2019endort pour un jour.C\u2019est justement ce qu\u2019il me faut.Il ouvrit le flacon et, tenant le poison d\u2019une main, tourna doueemttit la poignée de la porte, et s> glissa dans la cv il>re à coucher de sa fille.CHAPITRE XVII f L'USURIER DE YANINA Aussi humiliée qu\u2019elle fût, Zuleika dut ce.pendant aller chercher la guz!a, s\u2019asseoir dans le salon, écouter les chants d\u2019amour qu\u2019ITaydée jouait pour lord Hartleigh.Le talent de la princesse se révéla sous un jour nouveau.Elle ajouta d\u2019énormes difficultés à celles' qu\u2019el\u2019e avait vaincues naguère, et se montra si émouvant- si troubla que le jeune homme ne , retenir ses larmes. I E SAMEDI Ho 25, Montréal, 27 novembre 1920 Vol.32, Ho 25, Montreal, 27 novembre ISteU k.Jjili üAMtlîl 31 Pourquoi Haydée avait-elle choisi ce chant ?Pourquoi évoquait-elle dan- l'esprit de lord Hartleigh des vis ons d'amants heureux, échangeant des vœux de fidélité éternelle et d'inaliénable affection \u2018 Pourquoi parlait-elle d'étreintes divines, de baisers ardents, de l'amour ?C\u2019était une torture pour celui qui avait juré loyauté à son ami absent.Mais lord Hartleigh pouvait s'empêcher de trouver cette torture délicieuse.Ces réflexions, ZuMka se les fit plus encore que l'Anglais lui-même, et elle fut prompte à penser mal de sa maîtresse.\u2014C'est une odieuse créature, songea-t-elle amèremmt.Plie n'est pas digne de la confiance et de l'amour de son mari.Cette scène se reproduisait tous les jours.Pans la matinée, Haydée jouait et chantait pour le jeune homin' .Le soir, lord Hartleigh mettait à la voile dans la baie de Yanina.L?temps se pas oit alors en conversations plaisantes.Zuleika accompagnait naturellement toujours sa maîtresse; mais Haydée, selon l\u2019usage Oorental, la considérait comme un être sans importance et sans oreilles.Le jeune noble, lui, ne se demandait plus où cela le mènerait.Peut-être n\u2019osait-il plus se poser cette question.Tl était heureux.La nuit, pourtant, l'abîme rugissant revenait dans ses songes; il entendait la voix du comté de Monte-Cristo clamer : \u2014Elle est ma femme! Son amour m\u2019appartient.A la fin de la semaine, Zuleika prétexta une indisposition pour ne pas assister à la promenade, et sa placé fut prise par Ali, le muet.La princes turque attendit que le yacht se fût é\u2019oigné, puis, quittant le Palajs, déguisée en paysanne des environs de Yanina, elle se mit en route par les rues étroites de la ville jusqu\u2019à une maison occupée au rez-de-chaussée par une boutique, sorte die bazar où l'on vendait des bijoux de femme.Quelques acheteuses discutaient et jacassaient.Elle s'y mêla, et examinant un bijou en demanda le prix au marchand.\u2014Dix piastres, répondit-il.\u2014Je voudrais l\u2019acheter, mais je n'ai pas d'argent sur moi.\u2014Qunad paieriez-vous ?\u2014Quand le fils de sai'd Pacha montera sur le trône de son père, répondit-elle d\u2019une voix étouffée, en regardant droit dans les yeux du jeune homme.Clui-ci tressaillit, puis dit assez haut, pour que tout le monde pût l\u2019e.ntendre: \u2014Je n'ai pas qualité pour décider des termes d\u2019un contrat de crédit.Il faudrait pour cela que vous voyiez mon maître.Si vous le désirez, je vous conduirai vers lui ?Zuleika baissa la tête en signe d\u2019assentiment et suivit le commis vers une porte conduisant aux salles du prenrer étage.\u2014Elle ne réussira pas, dit une femme à une autre, en la regardant partir.Abdul Meschid est un usurier aux poings durs.L'autre jour, il m\u2019a refusé crédit pour une piastre de ruban.\u2014O est peut-être parce que vous p\u2019êtleg plus jeune ni jolie, répondit l\u2019autre en riant.Tl n\u2019y a rien de tel qu\u2019un gracieux visage pour ouvrir la bourse des avares.'Bavardsnt ainsi, les deux femmes quittèrent la boutique, sans soupçonner que Zuleika avait d autres affaires avec l\u2019usurier qua celles que semblaient indiquer ses paroles.La commis, pendant ce temps, avait conduit Pesèlîive turque au haut d\u2019un escalier eê frappé à la porte, \u2014Qui eût là ! demanda une voix.\u2014C\u2019est moi, Hafid, votre commis.J\u2019ai avec moi une femme qui désire vous acheté» quelques objets à crédit.\u2014Ah! une autre! Et quand paiera-t-elle! Pense-t-elle que je vole mes marchand iess ?\u2014Quand le fils de Saïd Pacha montera sur le trône.Zuleika avai t Tépondu à minvoix.\u2014Elle peut entrer, dit l'homme encore in-vis.ble, et toi, Hafid, tu peux retourner à la boutique.Le jeune homme obéit; Zuleika entra dans une chambre misérablement meublée et très sale! Du plancher au plafond très bas, étaient empilés des ballots de marchandises; ou qui semblaient tels.Sur une haute chaise, devant un bureau, un petit vieillard an visage ratatiné, le nez pointu, les yeux fureteurs, les cheveux épars et la barbe d\u2019un blanc sale, se tenait assis.(A suivre) ¦ | v-' V'-~ if 7\tt.\\.V .JS; fi.; m I iéés M GRATIS-PSD 2 ms, RESTAMES! - GRATIS Embelfissez votre poitrine en 25 jours, grâce au REFORMATEUR MYRRIAM DUBREUIL Toutes les femmes doivent être belles et toutes peuvent l\u2019être, avoir une belle poitrine, être grasses, rétablir vos nerfs, cela en 25 jours avec le REFORMATEUR MYRRIAM DUBREUIL Approuvé par les meilleurs médecins du monde, des hôpitaux: etc.Les chaire ®e raffermissent et se tonifient, la poitrine prend une forme parfaite sous l'action bienfaisante du Réformateur.Il mérité la plus entière confiance car il es tie résultat de longues études consciencieuses; approuvé par les somnités médicales.Le REFORMATEUR MYRRIAM DUBREUIL est un produit naturel possédant la propriété de raffermir et de développer la poitrine en même temps, que, sous son action, se comblent les cireux des épauik-s Seul produit véritablement sérieux, garanti absolument inoffensif, bienfaisant pour la santé générale comme tonique.Lie Réformateur est très bon pour les personne maigres et nerveuses.Convmamt -.rassi bien à la jeune fille qu'à la femme dont la Pot trine a perdu sa forme harmonieuse par suite de Mailaditas ou qui n\u2019était pas développée Le Réformateur Mj rriarn Dubreuil jouit dons le monde médecal d\u2019une renommée universelle et déjà ancienne comme reconstituant et aliment de la beauté tout en restaurant ou en augmentant la vitalité sans oublier qu\u2019il oomtiribue en \"même temps, à chasser la Nervosité, Neurasthénie.Engraissera les Personnes Maigres en 25 jours Envoyez 5c en timbres et nous vou enverrons Gratis une brochure îMatsbrés de 32 pages, avec échantillons du Réformateur Myrriam Dubreuil.Notre réformateur est également efficace aux hommes maigres, déprimés et souffrant d'épuisement nerveux, etc., quel que soit leur âge.Toute correspondance strictement confidentielle.Les jours de consultation sont: jeudi ert samedi de chaque semaine de 2 à 5 hrs, p m.Mme MYRRIAM DUBREUIL, 250, Parc Lafontaine, MONTREAL Département 2\tBoîte postale 2353 32 TF C»»»FM _ ,, jnuuûi^i, zi novembre 1939 L\u2019AIDE A LA GRACE ET A LA BEAUTE par Priscilla Dean de Universal City, Californie (suite) CE QUI FAIT UNE VIEILLE FILLE Surveillez votre pas! De combien d\u2019attentions vos pieds ne sont-ils pas l\u2019objet.Avez-vous jamais constaté qu\u2019ils entraient pour une large pari dans votre habillement?Si vos chaussures paraissent bien, tout l\u2019effet de votre personne est rehaussé, même si voire toilette ou votre chapeau n\u2019est pas précisément à l\u2019ordre du jour.Ne portez jamais de ces fines chaussures, trop étroites ou trop courtes pour vos pieds, seulement parce qu elles sont à la mode : vous vous exposeriez à souffrir de cors, d\u2019oignons et de toutes sortes de maux de pieds.Un talon bas, genre oxford, par exemple, ce qui est bien porté aujourd\u2019hui^ est ce qu\u2019il y a de mieux: le pied se trouve gardé dans sa position naturelle.Ces affreux talons hauts sont la pire chose au monde pour ruiner les santés.Un médecin qui s\u2019y connaît affirme que les talons trop hauts sont la cause de la plupart des troubles internes constatés chez les femmes: la position des pieds contre nature, entraîne des déviations d\u2019organes avec les plus fâcheux résultats.Il y a une mode pour porter les chaussures tout comme lorsqu\u2019il s\u2019agit des robes et des chapeaux.Les chaussures blanches sont portées aux jeux et avec les robes légères de l\u2019été.Elles ne sont pas admises avec un tailleur ou une robe foncée comme cela se voit trop souvent On abuse de la chaussure blanche tout comme du chandail ; on a même vu certaines personnes paraître au grand opéra ainsi affublées.Si vous avez le cou-de-pied faible ne portez pas de chaus sures basses ni d\u2019escarpins; ce serait vous exposer à tourner le pied et à faire quelque chute devant un tramway ou ailleurs.Les cou-de-pied faibles et les chaussures basses ne sont pas en bons termes.Il est d\u2019usage aujourd\u2019hui de ne pas porter la chaussure haute, surtout de couleur foncée aveo une robe de toile ou de mousseline.Les chaussures de camp ne se doivent porter que sur la grève ou dans les parties de tennis court, à moins que vos pieds vous fassent habituellement souffrir.Pour la chaussure de toilette, le cuir verni est tout indiqué.Il est toujours de bon goût pour les soirées tandis que le suède, le chevreau ont le seoond rang.Il est bon de remarquer que les danseurs de profession et en général toutes les personnes qui marchent beaucoup, ont soin de toujours ohoisir une chaussure large à talons bas.Les danseurs qui obtiennent le plus de succès apparaissent pieds nus, ce qui prouve que la nature sait ce qu\u2019il lui fauL En général, si vous êtes lourde, ne portez pas des talons de deux pouces de hauteur: tout votre poids viendrait sur le bout de votre pied et vous n\u2019en finiriez jamais avec le pédicure.Un excellent moyen de soulager les pieds fatigués, o\u2019est de les baigner tous les soirs dans une solution de bicarbonate de soude (soda 4 pâte).(à suivre) L\u2014-\u2014-, ROCKFAST DRILLS rfstotena & un constant at Éatigant usage et i.d« fr*- «ïaontas lessives DOMINION TOTUE COMPANÏ LIMITED Momtreol : Tarrmto : Winniptt ¦ tsïflwt 8S, H# 25, Montréal, 87 novembre 1920 I.E SAMEDI S3 UN OFFICIER DE FORTUNE fUSS \\ M /v rp 1* jeune comte ée L&mhet, à qui la mort do \u2022on père vouait de permettre d'acheter one com-p*C*ào U prit le IsraVmatn, la route de la caserne qu\u2019oo-erpslt son r**tment Deux années ipaooèreut.Bb es»tu ta plan qu'il avait conçu.Martinot ttrit if «nu.non seulement un solde, t murai de mm rhaCn, m*is encore eue if pfcn tef lames is rua Aiora commença la 'narre de la Suooesaion d\u2019Auitsùciie.En 174®.Mufti et «tait à FVmtenogr et portait las galons de terrent II se trouvait au premier rang quand 1er, Anglais à qui 1» comte d'Aoterectte venait ds crier: \"\u2014Mefdeuaé les AngMs tires leu (Kundera!\u2019\u2019 exécutèrent fépoovantable dAc-rirr» qui abattu toute première Erne à Te dsmetam usai dM»*t et miraeulM Le roi I*uie XV, qui assistait à la bâtait! ¦> près dru maréchal de Saxe, vtt de VHn cet homme debout au milieu de tant de morts II le vit ansoi bondir avec les autres compagnies, les devançant même, et tancer furieusement dans ten rangs ennemsx \u201c\u2014Monsieur, dit-il an com \u2022 fondant en cfceé, vçue me ferez savoir le nom ne ce brave, que vous ave* ceroinement remaria* comme euol \u2014Er effet, sire.\u2019\u2019 (A suivre) 3* LE SAMEDI Vol.32, No 25, Montréal, 27 novembre 1920 | L\u2019Eau Purgative RIGA SOULAGE LA Constipation v/Wil raisoo.' - * ' | ¦ Crème Orientale de Gouraud Yïrlÿfîi&P 'V\u201d\t'.\u2019\u2019.t'V FERDïT.HÔPKTNS s'ÜCivr.NW.'trl .ü§uer le pouvoir subtil que possède l\u2019Huile Ecleetrique du Dr Thomas.Son inventeur fut lui -même étonné dec niervedllease» qualités de son composé.Qu'il ait été un bienfaiteur de î^humansté, on en a la pleuve par la foule de gens qui louent son huüîe mervoMleoiee- HH le est devenue ei familière à plusieurs qu\u2019on la oontsidère partout, aujourd\u2019hui, comme un remède de famille.ileuses aux lignes harmo-l'orgueil .de toute fem m e est asi?u r é e, Madame ou Ma d emo!se-lle.par l\u2019u sage régull e r des fameuses UNE SELLE TAILLE ¦% PILULES PERSANES t!e Tawfisk Hazis, de Téhéran, Perse, $1.00 la boîte; 6 boîtes pour $5 00.La Société des Produits Persans Agents.Pharmacie Modèle de Goyer, 1£0.Ste-Catherine Est, Montréal.N.H\u2014Quand vous envoyez de l'argent faites remise par mandat-poste et faites recommander (enré Bistrer) votre lettre.V\u2014-\u2014\u2014;-;- VOULKZ-VOUS RIRE ?Demandas l'Oracle du .Mariage, prix 10 cents l'jsr] co nven e utterhe u;it.nh>mia en français, de Farces, Attrapes, Monologues Chansons, XAlbralrie.Adressa* : E.Hairtunan.dépt.C.130Sb Sc-Diml*, Montréal DEPUIS « 1870 GOUTTES CALMENT LES E LECTRICES ROUSPETENT Les femmes ont réclamé le droit de suffrage; elles se sont battus et quelques-unes ont même essayé de se laisser mourir de faim pour son obtention.Elles ont obtenu ce qu\u2019elles voulaient, puis-qu\u2019aujourd\u2019hui elles sont électrices dans la pluparl des pays civilisés.Or, voilà qu\u2019a-près avoir réclamé les mêmes privilèges que les hommes, elles refusent de se soumettre aux mêmes obligations, ,et rouspètent parce qu\u2019on veut les obliger de préciser leur âge, au bureau de votation.Les dames des clubs du Kansas ont levé l\u2019étendard de la révolte, et elles déclarent qu\u2019il leur suffit de déclarer qu\u2019elles ont plus de vingt et un an, sans être obligées d\u2019enlrer dans les détails.Et, chose singulière, ce ne sont pas les taules jeunes femmes qui crient le plus fort ; ce sont surtout celles qui, en les voyant, nous font nous écrier: \u201cAh! certain, elles ont bien leurs vingt et un an sonnés !\u201d Ainsi, la binette que vous voyez ci-dessus, n\u2019allez pas vous imaginer que c\u2019est ma photographie.Dieu merci, et sans me vanter, malgré mes trente-neuf ans et demi, j'ai encore assez de fraîcheur, de ligne et de diable au corps pour qu\u2019on me fasse la edur dans les tramways aussi bien que dans les \u201ctea-rooms\u2019\u2019 ou au cinéma.Du reste, je n'ai pas l\u2019habitude de donner \u201cmon portrait\u201d à mes cavaliers.Donc, la respectable jeunesse que vous voyez à côté de ces lignes n\u2019est autre que le secrétaire du principal club féminin du Kansas, en train de faire un \u201cspeech\u201d de protestation contre l\u2019indiscrétion des hommes.Entre nous, les hommes sont bien bêles.Pourquoi tiennent-ils tant que cela à savoir l\u2019âge exact des électrices?Du moment qu\u2019elles sont majeures que leur importe le reste?Moi, si j\u2019étais homme, je n\u2019hésiterais pas à laisser voter une électrice de l\u2019apparence de la citoyenne-secrétaire du Kansas.Je me dirais toul simplement: \u201cElle doit avoir ses vingt et un ans, et ma conscience serait tranquille.\u201d Je ne vous ai pas caché mon âge parce que je trouve ça beau d\u2019avoir encore des \u201ccavaliers\u201d à trente-neuf ans et demi.N'est-ce pas votre opinion?-o- COURRIER DE LYONNE Bébé triste.\u2014Comment, vous souffrez d\u2019insomnie, à 26 ans, pauvre vous.Alors, dépêchez-vous de lire mes chroniques féminines où les monologues de mon excellent collègue Paulot.C\u2019est souverain, comme remède.Mite Frotte-Partout.\u2014J'ai consulté un hygiéniste, au sujet de votre question, et il m'a affirmé que l\u2019eau et le savon étaient excellents contre les taches et la mauvaise senteur aux pieds.11 a même ajouté qu'il y avait des personnes qui buvaient de l\u2019eau claire, lorsqu\u2019elles avaient soif.PLUS DE \u201cGERÇURES\u201d avec le savon Baby\u2019s Own et de l\u2019eau tiède Lavez-vous avec l\u2019eau tiède et le savon Baby\u2019s Own \u2014 rincez-vous et séchez-vous bien et votre peau restera fine et ne se gercera jamais.De meilleur pour Bébé Le meilleur pour Vous.P I.BKRT SOAPS.I,United, Mfrs.Montréal.îümt Ur.e vérita- _______j de beauté et de jeunesse qui embellit la peau, empêche et efface rides, bontons, h île, rougeurs, etc.Employez le sans crainte, vota serez surprise des résultats.En vente pirrtaut t ie Pharmaceutique de la Croix Rouge Québec, Que.McEwen Cameron & Walt, Ltd «¦'\u2022nvrette & Saurtol, Ltêe.'léposit aires \u2014 Montréal.Remplie» Poudre* et Fard*.1: DU DR MA RC-Al RELE Sachant ce que re'st Qu« de souffrir t«i t'-rtares des désordres féminins, j\u2019ai décidé d'envoyer, A TITHE GRACIEUX, un trai-iornent d\u2019esswi des Pépites d\u2019Or (Gold Nue-getsi du Dr Mare-Aurèle, um traitement domestique simple, à toutes les femmes so«f iruntee qui écriront pour l'avoir.JE ME DEMANDE S\u2019IL ME FERAIT Dli BIEN Iæ réponse à cette question, bien des femmes par tout le pays l'ont eue en ce ourles ont trouvé santé et bonheur dans l usaga de ce traitement; des femmes qui ont souffert de terribles a«ontes occasionnées par la chute de la matrice, mal de dos, nervosité extrême; d'autres, par la suppression des menstrues, périodes douloureuses et autre* a:\\ectiona féminines.Ecrivez-mol dès aujourd\u2019hui pour en avoir A TITRE GRACIEUX un traitement d'e*s*i.Prièro d\u2019inclure 10c en timbres pour payer les frais d« port, d'enveloppe, etc.Mme A.FENKR, Casier 125, Windsor, Ontario.AGENTS DEMANDES Faites-moi Rêver voyez notre annonce page 36 LE SAMEDI ?d.32, No 25, Montréal, 27 novembre 1920 35 \u2022hapeau tendu en panne gris argent Aile de velours.et » t béret velours noir aigrettes.avec .hapeau en ieutre mouflon orné d'une plume défrisée.\u2022hapeau tendu en velours noir; orné dè plumes grises.etit chapeau en panne chaudron ; ruban même ton.' 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sa valeur foncière est de $11,452,020,600; la longueur de ses rues est de 3,616 milles.La valeur de la propriété foncière de la ville de New-York est égale à la valeur de la propriété des six états de Nouvelle Angleterre.« * * Un siège additionnel pouvant être monté sur les bras d\u2019un carrosse d\u2019enfant vient d'être inventé; avec ce siège on peut voiturer deux enfants.Le premier tramway souterrain a fait son apparition à Londres il y a 58 aus.* * * On vient d\u2019inventer une nouvelle machine qui lave une très grande quantité d\u2019oeufs daus une journée.* * * Un aimant a été inventé qui peut lever 15 fois son poids.Get aimant pèse 7 livres.* * * Le premier roi chrétien d\u2019Angleterre fut Saint-Ethel-bert qui régna de 560 à 616.* * * Certaines conditions mauvaise» doivent exister dan» l'estomac et les intestins pour encourager les vers, et 1^ l'.ers y demeureront tant que oes con-d'ticna leur seront favorable».Afin de s\u2019en débarrasser et d'éviter à [\u2019enfant cej souffrances, employez le» Miller's Worm Powders.Ils referont les voies digestives en détruisant les vers, et par conséquent éviteront aux enfants les souffrances causées par les vers * * * La première locomotive américaine a été mise en mouvement il y a 90 ans.En haussant de 8 % pieds la digue qui garde les eaux à Bombay sa capacité a été augmenté de 10,800,000,000 de gallons.* * * En pressant sur le couvert d\u2019un plat, la livre de beurre est coupée en 12 parties égales.Cette invention est due à un français.* * * Il y a 82 ans que le \u201cGreat Western\u201d, le premier navire à vapeur a quitté Bristol.Il est arrivé à New-York quinze jours plus tard; ce qui à cette époque fut considéré comme un record.En 1910 la Mauretania\u201d traversa l\u2019Atlantique en 4 jours et 10 heures.* * * Une plante poussant dans les montagnes du centre de l\u2019Europe dégage assez de chaleur pour faire épanouir ses fleurs au milieu de la neige.* * * Asthme qui no disparaît pas.\u2014Quantité do gan® ont souffert si longtemps de VesWume et ont essayé tajit de prétendus remèdes qu*iis pensent qu'il n'y a plus de guérison pour eux- Ils devraient lire les lettre® reçues par les fabricants du Remède ipour l'Asthme du Dr J D- Kellogg émanant de centaines *da cas aussi désespérés que le leor.Même dans le® cas longtemps négliges, cette préparation célèbre apporte un prompt soulagement.* * $ Une nouvelle boîte à poudre vient d\u2019être inventée par un américain dans laquelle la poudre passe au travers d\u2019une plaque de métal perforée de manière à ce que l\u2019on obtienne que la quantité de poudre nécessaire.* * * La superficie totale des chaussées de Paris, les trottoirs non compris, est de 98,985,000 pieds carrés.» * * Les parties essentielles d\u2019une vache ont été faites en caoutchouc par un anglais afin d\u2019enseigner les jeunes filles qui désirent se lancer dans les travaux de la ferme.\u2022 * * Avant la guerre la Chine importait de grandes quantités de farine, mais maintenant elle en exporte pour plusieurs millions df> dollars chaque année.Paris, Ont.\u2014\"Pendant cinq ans, jffl souffris de douleurs causées par un dé-placement de mea organes.Je souf-f r i s également d\u2019une douleur dans le dos.Pendant ca temps je ne pus travailler et je pria divers médicamenta que je pensais êtra bons.Je vis dans les journaux uns annonce du Composé Végéta! da Lydia E.Pinkhaml et j\u2019en pris avec confiance.Je suis maintenant en parfaite santé et je fais tout mon travail.Je le recommanda aux autres et vous être autorisé à publier cette lettre dans votre livret.\u201d\u2014 Mme D.Cassady, Box 461, Paris, Ont Nous ne pouvons comprendre pourquoi les femmes continueraient à souffrir quand pour se guérir il leur suffirait de prendre du Composé Végétal de Lydia E.Pinkham.Si vous désirez un conseil spécial, écrivez une lettre confidentielle au Lydia E.Pinkham Mededne Co.à Lynn, Mass.Votre lettre sera ouverte et lue par une femme qui y répondra confidentiellement - - - \u2018 SIL - BO clja et sou fait pousser lonçer et épai« de tennpa.CS« ronfler imitations.) HRpriiO Enlève tous les polis follets en 1 d\u2019iyie manière aussi simple que P* tôle la poussière Prix:\tet $1.00 tilkm 10e.Cfts produits mnt tote la poussière Prix: 2r>c et $1 OO ] Hlkm 10e.C&s produits «ont expédia maJie contre paiement en timbres ou poste par THS WHITE CASTLE DRUG CO Casier P\u2014-toi CJ34, Montréal.' Un Monsieur indique gratuitement à toute personne souffrant de Rhumatisme, douleurs d e reins, un remède nouveau qui l\u2019a guéri lui-même en peu le temps.Gela est ]a conséquence d\u2019un voeu Ecrire boîte 66, Station N., Montréal.TRE LES CHEVEUX GRIS nh-a rradu oil-ment vus cheveux c et , il l\u2019interpella : \u2014Fais pas le malin, hein !.pas besoin d\u2019avoir l\u2019air d\u2019ignorer le mouvement.déchausse-toi.Charles Rambert s\u2019exécutait, passait sous la toise, puis à l\u2019invitation de l\u2019employé se laissait successivement badigeonner les doigts d'encre grasse pour les empreintes des mains, puis photographier de face et de profil, puis en dernier lieu, mesurer 1 épaisseur de la tête de lune à l\u2019autre oreille au moyen d\u2019un compas de forme spéciale.L'employé Hector s\u2019étonnait de sa docilité : \u2014Trai ! inonsieur^Juve, il n\u2019est pas loquace votre particulier.Qu\u2019est-ce qu\u2019il a donc fait ?Juve haussait les épaules et sans répondre directement : \u2014Vous avec bientôt fini ?demandait-il.\u2014C'est terminé, monsieur Juve, nous allons développer les clichés, opérer la réduction des empreintes et recopier les données des mensurations.la fiche sera classée au répertoire dans deux heures.Tandis que Charles Rambert, de plus en plus effrayé, comprenait qu\u2019il était irrémédiablement arrêté, Juve quittant le fauteuil où il s'était reposé, marchait vers lui et lui posant sa main sur l\u2019épaulej commandait avec une certaine douceur : \u2014Viens, il y a encore d\u2019autres vérifications que je veux t'imposer.Ils quittaient tous deux la petite pièce claire du service anthropométrique, suivaient un Corridor sombre, puis Juve tirait une clef de sa poche, ouvrait une porte, et faisant passer Charles Rambert, annonçait : \u2014Entre, c\u2019est le cabinet des recherches dynamométriques., Un étranger, un profane, aurait presque supposé en parcourant la pièce où Juve venait de conduire son prisonnier, qu\u2019elle éta t tout bonnement un atelier de menuisier.Des planches de bois de différentes formes, d\u2019épaisseurs variables, de qualités diverses, étaient rangées le long du mur ou traînaient sur le sol; dans des vitrines, des plaques de métal, longues de 5 à 6 centimètres, épaisses plus ou moins, s\u2019échafaudaient en piles.Juve, ayant soigneusement fermé la porte, avisait le jeune Charles Rambert.\u2014Parbleu! tu te demandes pourquoi je t\u2019amène ici ?.\u2014Monsieur Juve, je vous en supplie, dites-moi ce que vous allez faire de moi ?Le policier eut un sourire : \u2014Diable! fit-il, tu me poses là une question à laquelle, je ne saurais répondre sans prendre un instant de réflexion.ce que je vais faire de toi, eh! eh! cela dépend encore de beaucoup de choses ! Tout en parlant, Juve, s\u2019était débarrassé de son chapeau, puis avisant une sorte de petite table assez haute, l\u2019avait dégagée de la housse grise qui la garantissait de la poussière.Le meuble^ qu\u2019il avançait a,u milieu de la pièce, était constitué par une sorte de bâti métallique, vissé sur un robuste trépied et constitué par un plateau inférieur, mobile, d\u2019avant en arrière, tandis que deux parties latérales en forme d\u2019arc-boutant et une traverse d\u2019acier fortement boulonnée formait la partie supérieure.Cette charpente supportait deux dynamomètres que commandait un mécanisme ingénieux.Juve regardant Charles Rambert expliqua : \u2014Cela, c\u2019est le dynamomètre d\u2019effraction du docteur Bertillon, chef du service de l\u2019anthropométrie où nous nous trouvons.Je vais m'en servir pour vérifier tout de suite si tu os, oni ou non, digne d un peu d\u2019intérêt.Je n\u2019ai pas besoin pour le moment de te donner de plus amples explications.Juve glissait dans une encoche spécialement préparée une mince planchette de bois qu\u2019il avait été soigneusement choisir dans un des tas de matériaux disposés le long de la muraille.Il tirait d'un coffre un outil que Charles Rambert, mêlé depuis quelque temps au monde de la pègre, reconnaissait être une pince monseigneur.\u2014Prends cela! d;sait Juve.F' comme Charles se saisissait de l\u2019outil, le policier ajoutait : \u2014Introduis cette pince monseigneur dans cette rainure et ap- Yoï.82, ïïo 25, Montréal, 27 novembre 1920 LE SAMEDI 39 puie de toute ta force.si tu arrives à faire varier l\u2019aiguille jusqu à un point que je connais et qui est dur à atteindre, je l\u2019avoue, ¦ mais pas impossible, tu pourras te féliciter d'avoir de la veine.Stimulé par 1 encouragement du policier, Charles Rambert ap.puyait de toutes ses forces sur le levier., inquiet de ne point être assez vigoureux.Jure arrêtait bientôt son effort : Ça va ! dit-il.et remplaçant la plaquette de bois qu'il avait disposée dans l'appareil par une plaquette de tôle, tendant un autre outil au jeune homme : \u2014Recommence ! ordonna-t-il.Quelques secondes après, Juve, à la loupe, examinait et le morceau de bbiS et le morceau de tôle.il avait un petit claquement de langue satisfait et paraissait fort joyeux.\u2014Charles Rambert, dit-il, je crois que nous allons faire de la bonne besogne ce matin.le nouvel appareil du docteur Bertillon est une utile invention.L inspecteur de îa Sûreté allait sans doute continuer à s\u2019adresser à lui-même un monologue complimenteur, lorsqu'un garçon fit son apparition dans la pièce.\u2014Ah! vous êtes là monsieur Juve.je vous cherchais partout.Il y a quelqu'un qui vous demande et qui affirme que vous le recevrez.j'ai dit que ce n\u2019était pas l'heure, mais il a.tellement insisté que j'ai accepté de faire passer sa carte.d'ailleurs il prétend que vous lui avez donné rendez-vous 1 Juve se saisissait du bristol que lui tendait le garçon de bureau.D\u2019un coup d'œil, il en prenait connaissance : \u2014C\u2019est bien, dit-il, faites entrer ce monsieur au salon et dites-lui que je viens immédiatement le trouver.Le garçon sortit, Juve regardait Charles Rambert en souriant : \u2014Tu es vanné, lui dit-il, donc, avant tout autre chose, c\u2019est une question d\u2019humanité, il faut que tu te reposes,., allons! suis-moi! je vais te conduire dans un bureau où tu vas pouvoir te jeter sur un divan et faire un somme dune bonne heure au moins, pendant que je vais recevoir cette visite.Il amenait Charles Rambert dans une petite pièce d\u2019attente, et comme le jeune homme cédant à ses instances, s'étendait sur un divan, Juve voyant qu\u2019il ne disait mot et demeurait fort pâle, fort anxieux, adoucissait encore sa voix : \u2014Dors !.c'est de ton âge.dors tranquille, et à tout à l'heure.Juve quittait la pièce, après s\u2019être assuré d\u2019un garçon et lui avoir recommandé à mi-voix : \u2014Restez avec monsieur, n'est-ce pas ?c\u2019est un ami.mais, vous m'entendez bien ,un ami qui ne doit point quitter te local.Je va,is recevoir une visite, puis je monterai ensuite.L\u2019ordre donné,* et Juve certain que le gardien à qui il venait de passer la consigne de surveiller Charles Rambert, ne faillirait point à sa tache, s'empressait de descendre au salon où, comme on venait de lui apprendre, il était impatiemment attendu.Le visiteur se levait en entendant ouvrir la porte et Juve s'inclina cérémonieusement : \u2014Je parle bien, dit-il, à M.Gervais Aventin ?.\u2014A lui-même, répondit le personnage.Et c\u2019est monsieur Juve, inspecteur de la Sûreté qui se trouve devant moi ?\u2014Oui, mon-ieur, répondit le policier qui, désignant un siège à son interlocuteur, s\u2019assit lui-même dans un fa.uteuil derrière une petite table surchargée de dossiers.\u2014Monsieur, ajouta Juve, je me suis permis de vous écrire la lettre pressante que vous avez dû recevoir, vous demandant de venir à Paris, aujourd\u2019hui, ce matin, lorsqu'à la suite des enquêtes que j\u2019ai fait effectuer sur vous, j\u2019ai pu me convaincre que vous étiez un homme de devoir et que vous ne m\u2019en voudriez point de vous déranger, dès lors qju\u2018il s'agissait de collaborer à une œuvre, de justic et de vérité.Le visiteur \u2014 un homme d'une trentaine d'années, d'aspect élégant.de mise sobre, mais soignée \u2014 semblait vivement surpris : \u2014Vous avez fait enquêter sur mon compte, monsieur ?.et pourquoi donc ?J'avoue qu\u2019en recevant votre lettre qui m\u2019apprenait que le célèbre inspecteur de la Sûreté, Juve, avait besoin de me voir, j\u2019ai été fort surpris, pensant d\u2019abord à une mystification.à la réflexion, je me suis décidé à venir à votre appel, sans plus me faire prier.mais je ne m\u2019attendais point à ce que vous vous soyez donné la peine de faire opérer des enquêtes sur mon compte.d'où me connaissez-vous ?Juve souriait : \u2014Est-il vrai, dit-il, sans répondre avec précision, car il aimait assez, en bon policier qu\u2019il était, épris de sa carrière, à intriguer ses interlocuteurs, est-il vrai que vous vous nommez Gervais Aventin ?Que vous soyez ingénieur des Travaux publics ?Sur le point tfé vous marier ?Possesseur d'une jolie fortune ?Et qu\u2019enfin, vous avez été tout dernièrement faire un court voyage à Le jeune homme s\u2019inclinait en souriant, \u2014Vos renseignements sont exacts en tous points, dit-il, mais'je ne vois pas, jusqu\u2019à présent, quel crime peut m'avoir désigné à Limoges.Juve souriait encore.\u2014Je me suis demandé, monsieur, pourquoi vous n\u2019aviez point répondu aux enquêtes locales que l\u2019on a exécutées sur mes ordres, aux annonces qui ont paru dans les journaux et dans lesquelles j\u2019ai fait discrètement savoir que la police recherchait tous les voyageurs qui avaient pris le train omnibus de Paris-Luehon le 23 décembre au soir, en première classe ?Cette fois, le jeune homme se troubla.\u2014Parbleu! dit-il, vous êtes à la solde de mon futur beau-père ?Juve eut un franc éclat de rire.\u2014Confessez tout de suite que vous avez pris ce train-là cette nuit que je vous indique, à Vierzon où vous habitez, où vous allez vous marier, pour vous rendre à Limoges voir une maîtresse.et que vous ne tenez point à ce que votre belle famille le sache ?.Gervais Aventin railla : \u2014J'ignoras, fit-il sèchement, que la police officielle se chargeât d\u2019espionnage de cette sorte.C\u2019est vrai, monsieur, je me suis rendu à Limoges \u2014 mon dernier poste avant ma nomination à Vierzon \u2014 pour rompre définitivement avec une maîtresse.Mais puisque vous savez même le train que j\u2019ai pris, train que j\u2019avais choisi parce que dans les petites villes comme Vierzon on remarque facilement les départs par les express, vous devez savoir aussi!.Juve de la main l'interrompit : \u2014Trêve de plaisanterie! dit-il, excusez-moi; je viens de m\u2019amuser fort en constatant une fois de plus combien les honnêtes gens, qui ont une peccadille sur la conscience se troublent vite lorsqu'ils se croient surpris.Peu m\u2019importe vos histoires de mariage, monsieur; je n\u2019ai point à savoir si vous avez une maîtresse ou si vous n'en avez pas.ce sont des renseignements d\u2019une nature toute différente que je veux de vous.Gervais Aventin, cette fois, semblait étonné, effrayé.\u2014Je ne comprends plus du tout, fit-il.Que voulez-vous apprendre ?.\u2014Ceci tout bonnement : Dans quelles conditions s\u2019est exactement passé votre voyage ?Dans quel wagon êtes-vous monté ?Qui avez-vous rencontré dans ce wagon ?\u2014Mais pourquoi me demandez-vous cela ?\u2014Monsieur, répondait Jtrve, parce que j\u2019ai tout lien de croire que vous avez voyagé cette nuit-là.avec un assassin, un assassin qui a commis un crime effroyable.et que vous allez peut-être me donner des détails intéressants.Le jeune homme, à son tour, se prit à rire : \u2014J\u2019aime mieux cela, avoua-t-il, quune enquete sur mes amours défuntes.Je suis monté, monsieur, dans le train à Vierzon.wagon de première classe.\u2014Comment était-il ce wagon ?\u2014A couloir.mais vous savez ce que je veux dire sans aucun doute, wagon à couloir du vieux modèle, c\u2019est-à-dire wagon à couloir ne communiquant pas avec les autres wagons et composé de quatre compartiments, deux au milieu donnant sur lé couloir puis deux à chaque extrémités, communiquant avec ce couloir par une petite porte ?.\u2014Oui, reprenait Juve, je connais la disposition de ces wagons: le cabient de toilette est au centre, n\u2019est-il pas vrai, et les compartiments, deux au milieu donnant 6ur le couloir puis deux à cha- LE SAMEDI Toi.32, Jfo 25, Montréal, 2T novembre 1IU 40 que extrémités, communiquant avec ce couloir par une petite porte ?.\u2014Oui, reprenait Juve, je connais la disposition de ces wagons; le cabinet de toilette est au centre, n\u2019est-il pas vrai, et les compartiments qui se trouvent à chaque extrémité sont, en somme, des compartiments semblables à ceux des voitures ordinaires, sans eouloir, mais à 7 places et de plus différenciés par la petite porto qui permet de communiquer avec l'étroit passage ménagé sur un des côtés du véhicule.\u2014C\u2019est cela même, monsieur.Vous aurez tous les détails quand je vous dirai que le compartiment du bout, celui où je suis monté à Vierzon, était un compartiment de fumeurs.\u2014Ï7on, répondait Juve, vous allez trop vite, dites-moi qui voua avez vu dans les différents compartiments?Reprenons même les choses de plus loin.Vous êtes sur le quai de la gare.attendant le train.il arrive.que se passe-t-il 1-.Gervais Aventin souriait : \u2014Vous tenez à être précis, remarqua-t-il.Eh bien, le train s\u2019étant arrêté, je cherchais le wagon de première classe, il était à quelques mètres de moi, le couloir de ce wagon était tourné du côté du quai de la station.Je suis monté dans le couloir et une fois entré, j\u2019ai voulu choisir un compartiment situé vers l\u2019arrière du train, c\u2019est-à-dire le compartiment final de tout le wagon.Il me fût impossible d\u2019y pénétrer, la petite porte qui donne sur le couloir et dont nous parlions tout à l'heure avait été fermée intérieurement au loquet.\u2014Très b en, faisait Juve; ce compartiment là était vide, je le sais par les\u2019dépositions du chef de train.Que fîtes-vous alors ?\u2014Ne pouvant pénétrer dans ce compartiment, je revins sur mes pas, et négligeant le compartiment des dames seules, passant devant le cabinet de toilette, je décidais de m\u2019installer dans le second compartiment commandé par le couloir.Mais en vérité, je jouai» de malheur, une vitre était cassée et il régnait dans ce compartiment-là un froid glacial.après différentes tentatives infructueuses pour aveugler la cassure de la vitre, je me résignais à quitter la place et je me rabattis sur le dernier compartiment qu'il me restait à visiter, c\u2019est-à-dire le compartiment qui se trouvait au bout du wagon, mais cette fois du côté de la tête du train.citait le compartiment des fumeurs.\u2014Etiez-vous nombreux ?\u2014.T\u2019ai cru tout d\u2019abord que j\u2019allais avoir tm compagnon de route, répondait Gervais Aventin, car des bagages étaient disposés sur une banquette, unè couverture attestait qu\u2019un voyageur était installé là.Mais ce voyageur était probablement au cabinet de toilette, car je ne le vis pas.Je m\u2019étendis sur l\u2019autre banquette, puis je m\u2019endormis! Quand je suis descendu, à Limoges, mon compagnon devait être à nouveau au lavabo, car je me rappelle très bien qu\u2019il n\u2019était pas en face de moi.Mes souvenirs à ce sujet, sont d\u2019autant plus précis, que je me «ris fait la réflexion qu\u2019il m\u2019aurait été très facile, si j\u2019avais été un voleur, de cambrioler ses bagages ou d\u2019emporter sa valise.personne ne s'en serait aperçu.Juve qui n\u2019avait pas perdu un mot du récit de son interlocuteur précisait un détail ,une certaine anxiété dans la voix : \u2014Mais, dites-mbi, monsieur, à votre réveil, avez-vous eu l\u2019Impression que les valises déposées sur la banquette ,en face de voua, avaient été changées de place ?.En nn mot, le voyageur que vous n\u2019avez point vu était-il venu dormir pendant qne vous-même vous étiez assoupi ?Gervais Aventin avait une moue hésitante : \u2014Je ne saurais répondre affirmativement, monsieur Juve, dit-il; je n\u2019ai fait guère attention à ce détail1, d\u2019aiüenrs, quand je suis entré dans le wagon, le store était tiré sur la lampe, les rideaux clôturaient les fenêtres., j\u2019ai peu vu la disposition des bagages.d\u2019autre part, à Limoges, en descendant j\u2019étais pressé, je me suis dépêché de chercher mon billet, puis de sauter s*r le quai.Toutefois je ne crois pas que ce voyageur ait repris sa place pendant mon somme.Je n\u2019ai rien entendu et je ne donnais pas profondément.\u2014De sorte, précisait Juve, que vous avez voyagé dans un wagon de première classe du train omnibus de Paris-Luchon, dans la nuit du 23 décembre et qu'il y avait dans ce wagon le» bagage» d\u2019un voyageur que vous n\u2019avez point vu.qui pouvait n\u2019y pa» être !.\u2014Oui, confirmait Gervais Aventin.Et comme le policier demeurait sans répondre, l'ingénieur questionnait à son tour : \u2014Mes renseignements sont vague» î II» ne vous suffisent point ?Juve songeait : \u2014Pourquoi diable Etienne Rambert qui, d\u2019après les dépositions des chefs de train devait être dans ce compartiment, n\u2019y était-il pas ?.Le policier reprit : \u2014Vos renseignement», sont des plus précieux, ils m\u2019apprennent tout ce que je voulais apprendre.Gervais Aventin semblait de plus en plus étonné.\u2014Eh bien, dit-il, expliquez-moi donc en revanche, monsieur Juve, quelque chose qui m\u2019intrigue.Comment avez-vous su que je voyageais dans ce train cette nuit-là !.Le policier tirait son portefeuille, prenait dans une pochette intérieure un billet de premère classe qu\u2019il tendait à l\u2019ingénieur.\u2014C\u2019est très bien, dit-il, voici votre ticket.j\u2019avais intérêt à connaître exactement tons les personnages qui ont voyagé dans ce wagon de première classe, j'ai donc fait recherché dans toutes les gares les tickets de première classe qui avaient été donnés par les voyageurs à la descente du train.Le vôtre m\u2019a été remis par ce moyen, il venait de Vierzon, station où vous étiez monté, j\u2019ai Interrogé la buraliste, elle a donné votre signalement, un inspecteur de police est parti là-bas, a fait une enquête discrète, a obtenu les renseignement» qui m étaient nécessaires_, je n\u2019avais plus qu\u2019à vous écrire pour vous prier de venir au rendez-vous de ce matin) la fâcheuse histoire de votre rupture me garantissait amplement que vous seriez exact à ma convocation ! XIX \u2014JEROME FANDOB Juve sifflottait une marche militaire, signe die» hri d\u2019une ifii great* profonde, ouvrait la porte du petit cabinet où il avait enfermé Charles Rambert et contemplait le jeune homme endormi s \u2014C\u2019est beau la jeunesse ! disait-il au gardien qui se levait à son entrée; cet enfant-là se débat an milieu des pires aventures, risque le bagne, frôle l'échafaud, et pour une nuit de fatigue dort aussi facilement qu\u2019un grand chancelier de la Légion dTiojfieur! D secouait Charles Rambert assez famil èrement.: \u2014Debout paresseux! voici dix heures du matin, il est grand temps que je t\u2019emmène.\u2014Où ?quest onna k malheureux jeune homme en se frottent les yeux\u201e.\u2014Décidément, fit Juve énigmatique, la curiosité est ton pédA.eh bien, nous wons une course d\u2019un quart d\u2019heure à faire en voiture.Ce n\u2019est point en prison que je te condnia.c\u2019est chez moi1_ Juve venait de se débarrasser de son faux col, de sa cravate.H avait passé un vieux veston de chambre, déposé devant te jeune Charles Rambert une grand bol de kit et savourant lui-îrtbne à pet tes gorgées son déjeuner du matin, reprenait l\u2019entretien : \u2014Je n\u2019ai pas voulu te répondre tout à l\u2019heure pair» que je trouve abominable de causer dans ces voitures où Don est assis Pnn fc «été de l\u2019autre, où Pou ne se voit pas, où l\u2019on s\u2019entend mal nous 'oie maintenant bien installé» \u201c confortables \u201d comme tes Anglais, je n\u2019ai phw aucune rai «son pour faire languir te curiosité et je vais te dire tme bonne chose.L\u2019inspecteur Juve avait raison d\u2019employer l\u2019expression anglaise, \u201c confortable \u201d pour qualifier sa propre demeure.Le policier, célèbre dans le monde entier avait, par la ténacité même qu il avait toujours déployée dans ses recherches, et petit à petit, réussi à a> faire à k Préfecture une situation spéciale, tant au point de vue honorifique, qu\u2019au point de vue pécuniaire.On l\u2019appréciait, ce qui était bien; on le payait à sa vakur ce qui était mieux.Et Juve dont l\u2019existence était celte de tous lee pofiofere, perpétuellement aux prises avec te danger, continuellement exposé »nx - ! Vol.82, Ho 25, Montreal, 27 novembre 1920 41 LE SAMEDI t-\t~\"N pk%s fatigues, aux plus longs voyages, aux plus imprévus déguisements, aux plus extraord naireg aventures, avait tenu à s aménager une demeure agréable, un h-ome, sinon luxueux, du moins fort satisfaisant, où il était bien, où il pouvait se délasser de ses fatigues.Son cabinet de travail, la pièce où il avait introduit Charles Rambert où il déjeunait avec lui, s\u2019apprêtant à déguster longuement certains de see plans, à exposer le résultat de ses recherches, à confesser le jeune homme enfin, était meublé d\u2019un grand bureau ministre, de bibliothèque© bourrées de dossiers, puis d un vaste canapé et de fauteuils larges et profonds.Juve, allumait un bon cigare, se carrait sur son siège, croisait les mains derrière a nuque.Fixant Charles Rambert, encore tout étonné de l\u2019amabilité soudaine du policier, presque effrayé de ce revirement d'attitude, ne sachant point s\u2019il était prisonnier ou libre.Juve articulait : \u2014Je vais donc t\u2019apprendre une bonne chose, c est que tu es innocent et de l\u2019affaire Langrune où tu étais Charles Rambert et de l\u2019affaire Danidoff où tu étais mademoiselle Jeanne!.je n ai pas à te parier de la bagarre de cette nuit où ton rôle a été encore plus brillants.Charles Rambert tressaillit : \u2014Pourquoi me dites-vous cela, fit-il, je sais bien que je n ai pas volé la princesse Sonia Danidoff! mais comment m avez-vous reconnu ce soir ?comment savez-vous que j\u2019étais Mlle Jeanne ?Juve souriait et relevant la mèche de ses cheveux qui voilait un coin de son front : \u2014Re garde petit !.crois-tu que le coup de poing que tu donnas à cet expedient Henri Verbier lorsqu\u2019il voulait te faire la cour, mademoiselle Jeanne, au Royal Palace ne devait point me conduire à chercher qui était cette Mlle Jeanne, vigoureuse comme un homme ?\u2014Mais, ripostait Charles Rambert, fort inquiet de cette allusion, ceci ne fait point que vous deviez me reconnaître cette nuit, en Paul ! Moi, je vous avais bien reconnu à l\u2019hôtel, dans le personnage d'Henri Verbier, et oe soir, je ne vous avais point du tout identifié ! Juve secouait la tête : __C\u2019est de peu d'importance, fit-il.Et tu apprendras, une bonne fois pour toutes, que quand moi, Juve, j\u2019ai regardé quelqu'un en fa^e, il faut qu'il soit joliment fort pour pouvoir me-chapper après, grâce à un déguisement.Tu sais mal te grimer, je le fais plus habilement, c\u2019est pourquoi je t'ai trompé et pourquoi aussi tn ne m\u2019as pas induit en erreur.Charles Rambert, quelques minutes se taisait, puis : __Pourquoi croyez-vous que je n\u2018ai point vo é la princesse Sonia Danidoff ?Je me rends bien compte, moi, que tout m\u2019accuse ! __Non, pas tout Irépondait doucement Juve.Il y a des choses que tu ne sais pas.et notamment celle-ci : c\u2019est, que là princesse Bonia Danidoff a été volée, n\u2019est-ce pas.par le même homme qui a volé Mme Van den Rosen ?.or, Mme Van den Rosen a été volée par .fraction, il y a des meubles qu\u2019on a brisés chez elle et ces brisures, je le sais depuis ce matin, depuis tout à 1 heure, depuis ]œ expériences que je t\u2019ai fait faire avec le dynamomètre à la Préfecture, bu n\u2019étais pas assez vigoureux pour les produire .__Pas assez vigoureux ?protestait Charles Rambert.\u2014Oui.pas assez!.Je t\u2019ai dit tout à l\u2019heure que ton innocence éclaterait ,-i tu étais assez fort, le plus fort possible, pour que tu ne puisses pas tricher et que tu appuies bien de tous tes muscles, ma s en réalité, c'est ta faiblesse relative qui te sauve : l\u2019expérience du dynamomètre, les chiffres que j'ai obtenus tout à l'heure, prouvent absolument que tu es innocent du vol Van den Rosen et par \u2022onséquent du vol Sonia Danidoff.Le petit Rombert réfléchissait quelques minutes, puis questionnait : \u2014Mais quand vous êtes venu au Palace, vous ne saviez pas qui jétaisî et par conséquent vous ne vous doutiez pas que j\u2019étais Charles Rombert ?n\u2019est-il pas vrai ?comment êtes-vous arrivé à le savoir ?je passais pour mort.(A suivre) \u2014-\u2014-\u2014- ! aimimtiiifHiimnimmii A QUALITE EGALE, LES FOURRURES DESJARDINS ONT TOUJOURS ETE ET SONT ENCORE LES MOINS CHERES Les centaines de personnes qui chaque jour visitent nos salons sont unanimes à reconnaître que nos modèles sont d\u2019une beauté incomparable et que nos prix sont les plus bas de toute la ville.Ces personnes, après avoir vu nos fourrures et les avoir comparées avec celles qui sont offertes un peu partout de ce temps-ci, n\u2019hésitent pas à nous accorder leur patronage.Faites comme elles ; visitez - nous.N\u2019achetez rien avant d\u2019avoir vu nos magnifiques modèles et de connaître nos prix.(Betas' ®e$fardmp
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