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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 13 février 1943
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1943-02, Collections de BAnQ.

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[" PER 5-k00 C 0/0 NT 1 7527 2 Le Samedi voce.Pourfairedurervotre lingerie, faites ceci: Lavez la lingerie avec soin\u2014à la main.Employez du savon pur et doux.Ne frottez pas les articles de lingerie, et ne les tordez pas.Repassez la lingerie â l\u2019envers avec un fer tiède.Rappelez-vous que la rayonne ne supporte pas un fer chaud.Ce n\u2019est pas patriotique d\u2019acheter plus que ce dont vous avez besoin\u2014mais\u2014quand vous devez acheter\u2014achetez de la lingerie Mercury Van Raalte.Les superbes rayonnes, soigneusement taillées, qui sont employées pour toute la lingerie Mercury Van Raalte vous assurent des dessous plus beaux qui durent plus longtemps.La prochaine fois que vous achèterez de la lingerie, exigez la marque Mercury Van Raalte.Slither Slip' 2709/609 .$2.75 Mercury Mills Limited, Montréal, Que.Les restes de poulet ou de dinde (ont des plats appétissants Voici quelques recettes, fournies par la Section des Consommateurs, du ministère fédéral de l'Agriculture, où l'on peut employer indifféremment les restes de poulet ou de dinde.LA RECUPERATION DU CAOUTCHOUC Durant la récente campagne de récupération du caoutchouc, 1,540 tonnes de caoutchouc de rebut ont été ramassées dans l\u2019Ontario et la province de Québec, grâce à la collaboration des facteurs ruraux et des bureaux de poste.Le succès de la campagne est donc dû en grande partie au magnifique travail des employés des postes et à leur intelligente collaboration.Dans l\u2019Ontario, 2,072,000 livres ont été ramassées et 1,099,056 livres dans ia province de Québec.Un manteau de fourrure ne devrait jamais sécher à la chaleur Plus que par les années passées, il faut prendre soin de votre manteau de fourrure, comme d\u2019ailleurs de tous les autres vêtements.Ne jetez jamais votre manteau de fourrure sur le dossier d\u2019une chaise ou sur le radiateur ; suspendez-le plutôt sur un support large et gardez-le dans la garde-robe la plus fraîche de la maison.Le soleil n\u2019est pas bon non plus pour les manteaux de fourrure ; il en ternit l\u2019éclat.La chaleur intense et la lumière crue font sécher le cuir.Tous les manteaux de fourrure devraient être examinés régulièrement pour découvrir les accrocs et les déchirures et devraient être réparés immédiatement.Le moindre petit accroc sera vite réparé, mais si on n\u2019y prend pas garde, il deviendra vite une longue déchirure et la peau entière devra être réparée ou remplacée.Ne mettez jamais sécher votre manteau de fourrure près d'un calorifère chaud, près du poêle ou à la chaleur.Peignez-le légèrement avec une brosse molle ou avec un peigne, dans la direction des poils.Secouez-le légèrement et suspendez-le ensuite dans une chambre fraîche où l'air circule.Il séchera en peu de temps.Votre manteau s\u2019usera vite à cet endroit si vous portez continuellement votre sacoche sous le bras.Le section des consommateurs, du ministère fédéral de 1 Agriculture, nous fournit ces recettes où l\u2019on peut employer indifféremment les restes de dinde ou de poulet pour en faire un bon plat.OIGNONS AU FOUR 6 gros oignons 54 de tasse de chapelure 54 de tasse de restes de poulet ou de dinde finement bâchés 54 de tasse de sauce blanche claire 1\tjaune d\u2019œuf Sel et poivre au goût Yl tasse de biscuits soda ou de chapelure légèrement beurrés Peler les oignons et faire bouillir pendant 10 minutes à l'eau salée, dans un chaudron non recouvert.Enlever l\u2019eau et laisser refroidir.Enlever le centre des oignons et laisser une enveloppe suffisamment épaisse pour qu'elle garde sa forme.Hacher finement les parties que vous avez enlevées des oignons et mêler avec le reste des ingrédients, excepté la chapelure.Remplir l'intérieur des oignons de ce mélange.Garnir avec de la chapelure ou des buiscuits soda beurrés, et cuire dans un four de 350° F.environ ou jusqu\u2019à ce que les oignons soient tendres, soit environ 40 minutes.Servez six personnes.SOUFFLE AU POULET OU A LA DINDE 2 cuillerées à table de gras 2 eu ill - rées à table de farine 1 / tasse de lait Yl cuillerée à tbé de sel Un peu de poivre 1\tYl tasse de restes de dinde ou de poulet finement baebés 2\tœufs séparés 2\tCui'-leré'S à thé de persil finement baebé Yl de tasse de chapelure Faire une sauce avec le gras, la farine, le lait, sel et poivre.Ajouter la chapelure et la sauce et cuire pendant 2 minutes.Enlever du feu.Ajouter les restes de poulet ou de dinde, les jaunes d\u2019œufs bien battus, le persil haché.Incorporer ensuite les blancs d\u2019œufs battus.Mettre dans un plat graissé allant au four et cuire dans un plat d\u2019eau chaude pendant 35 minutes, dans un four modéré, 325° F.environ, ou jusqu\u2019à ce qu\u2019un couteau d\u2019argent inséré dans le soufflé en sorte net.Si le soufflé est placé dans des moules individuels, cuire pendant 20 à 25 minutes.Servira six personnes.SOUPE AU POULET GUMBO PETITS CONSEILS Manière d'empêcher les flanelles de rétrécir Le borax, délayé dans l\u2019eau, empêche les flanelles de rétrécir et leur redonne l'aspect de neuf.Manière de nettoyer les chaises de cuir 1 petit oignon baebé 2 cuillerées à table de graisse de poulet 2 cuillerées à table de farine 1 pinte de bouillon de poulet 2 tasses de tomates en conserve ou de jus de tomates 1 tasse de poulet cuit, baebé, ou de volaille Yi tasse de maïs (blé d\u2019Inde) en conserve Sel, poivre et autres assaisonnements au goût f Après avoir frotté les chaises avec i un torchon humide, battre un blanc 1 d\u2019œuf en neige très ferme et l\u2019appli-| quer sur les chaises au moyen d'un j chiffon.Essuyer ensuite avec une flanelle ou un torchon de laine.Faire revenir l'oignon dans le gras 5 minutes.Y incorporer la farine.Ajouter le bouillon et autres ingrédients.Assaisonner au goût.Amener au point d\u2019ébullition et laisser mijoter 30 minutes.Huit portions. CARNET EDITORIAL 54e année, No 38 \u2014 13 février 1943 3 LES CHATS-MAUX LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE Le Samedi La Revue Populaire Le Film 975, RUE DE BULLION MONTREAL \u2014 CANADA \u2022 Tel.: PLateau 9638* Président : FRED POIRIER Vicc-prif.: GEO.POIRIER Surintendant : ALBERT PLEAU Rédacteur en chef : FERNAND DE VERNEUIL Chef de la publicité : CHARLES SAURIOL Directeur artiitique : HECTOR BRAULT Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR Gérant de la circulation : OOILON RIENDEAU NOS REPRESENTANTS : WILFRID DAOUST 20, llle Avenue, Laehine (Ottawa, Hull, Sherbrooke, Drummondvtlle, St-Hyacinthe, Sorel, Granby, Farnham, Saint-Jérôme, Joliette, etc., et les environs.) \u2022 A Québec et Lévis : ADELARD PARE é, rue du .Pont, Québec \u2022 Aux Trois-Rivières et au Cap-de-la-Madeleine : PAUL LARIVIERE 1710, rue St-Philippo, Trois-Rivières Entered at the Post Office of St.Albans.Vt., as second class matter under Act of March 1879 \u2022 ABONNEMENT CANADA Un an -,- *3,50 Six mois-\u2014 3.00 Trois mois- LOO \u2022 ETATS-UNIS Un an-*5-00 Six mois- 3.50 Trois mois-1-25 HEURES DE BUREAU: 9 h.a.m.à 5 h.p.m.Le samedi.9 h.a.m.à midi \u2022 AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours, l'empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant leur expédition.DE MEME qu'une médaille a son revers, un paletot son envers et le destin ses travers, le chat nous fournit un exemple confirmant que rien n'est parfait en ce monde et qu'une chose bonne en un endroit peut être mauvaise ailleurs.Il y a, en principe tout au moins, des chats utiles parce qu'ils attrapent les souris ; il y en a de très utiles parce qu'ils servent d'excuse à l'occasion ; quand on a fichu par terre une potiche de prix qui s'est brisée en mille morceaux, on dit hypocritement : C'est le chat.C'est bien commode puisque le chat ne peut pas parler pour se justifier.Il y a aussi des chats d'agrément; on les appelle ainsi, non pour l'agrément qu'ils donnent mais pour celui qu'ils ont.Tous les droits sont pour eux, même celui de faire des petites saletés sous les meubles.Transportés dans l'espèce humaine, ils auraient fait des profiteurs de premier ordre ou de parfaits fonctionnaires au ministère des travaux inutiles.Il y a enfin les chats qui, n'appartenant pas aux précédentes catégories, semblent se spécialiser dans l'art de faire des blagues et dans la persistance d'accomplir des méfaits.Ils sont mauvais par nature et voleurs par plaisir ou nécessité; ils n'ont que très vaguement un domicile et plus vaguement encore des amitiés durables.Ce sont des vagabonds, plus ou moins efflanqués, dont la principale occupation consiste en d'effroyables concerts nocturnes à certains temps de l'année.Ces chats deviennent parfois une vraie calamité publique.Ce sont des chats-maux.Or, chacun peut le remarquer, on trouve assez fréquemment dans l'espèce humaine des gens qui nous rappellent un type quelconque d'animal, sans qu'ils aient cependant l'air bête pour cela.Les matous dont je viens de parler en dernier lieu n'y manquent pas et c'est pourquoi il y a tant de chats-maux parmi les hommes.Notre époque en a quelques spécimens qui passeront à la postérité, mais pas pour leur plus grande gloire.Rappelons ici la curieuse manière d'agir qui semble commune à tous les chats parce que même les plus calmes en apparence ont toujours du vague, ou plutôt du vagabond à l'âme.Comme la foudre, ils ont une préférence pour les endroits élevés et l'on se demande si ce n'est pas ce rapprochement avec le Jupiter des anciens qui leur fit donner une si bonne place dans la mythologie.Ils aiment à se percher, en effet, sur les clôtures, les piquets et les roches.Quelques-uns d'entre eux ont de plus hautes ambitions encore et, s'ils voient un grand poteau bien droit, un arbre mince et bien haut, ils grimpent jusqu'au faîte avec une facilité qui fait l'admiration des naïfs mais la rigolade prématurée des gens avertis.Grimper est une chose, mais descendre en est une autre; c'est ce que se disent les chats une fois arrivés au sommet des grandeurs.Descendre leur est même impossible ; ils restent figés là, bêtement, miaulant leur désespérance à tous les échos en attendant la chute dangereuse quand leurs griffes céderont aux fatales sollicitations de la pesanteur.Généralement, il se trouve un bon bougre d'homme pour avoir pitié de ces imprudents acrobates ; il grimpe à son tour, empoigne le chat et le redescend en lieu plus sûr.La rigolade est finie pour les spectateurs.Quand la même aventure arrive chez les hommes, cela se passe différemment.Il est, en effet, des hommes qui aiment à grimper aux sommets les plus élevés en se servant de la tête de leurs semblables comme marchepieds ; ils écrasent tout dans leur montée et n'ont plus ensuite d'autre moyen de descendre que la dégringolade.L'Histoire nous cite les cas de quelques douzaines de gaillards qui se sont livrés à cette gymnastique-là et qu'il a fallu ensuite ramasser à la petite cuiller tellement ils se sont éparpillés dans leur chute.Cette malencontreuse aventure n'a jamais servi d'avertissement efficace aux autres.Actuellement, en Europe, il y a deux matous qui peuvent faire des réflexions amères sur le même sujet.Tous deux appartiennent à l'espèce des chats-maux.Le premier qui tenta l'aventure en tira tout d'abord un appréciable bénéfice.Tout jeune il était maigre comme un coucou parce qu'il rôdaillait trop pour trouver sa subsistance.Une fois grimpé en bonne place, il devint épanoui comme une tache d'huile et gras comme un torchon de cuisine.Il devint trop gras à force de s'empiffrer et son perchoir commença de craquer malgré tous les beaux discours qu'il miaulait et où il parlait de ses dix millions de griffes.Ce beau matou s'appelle Benito, parce qu'il a été, en effet, béni trop tôt par ses admirateurs aujourd'hui déconfits.Le deuxième est de l'espèce dite hargneuse.(I est sournois autant que vorace mais grimpeur comme pas un.Etant jeune, c'était, comme l'autre, un matou rôdeur ; il paraît même qu'il faisait des rôdailleries pas bien propres à Munich dans ce qu'on appelait alors le Jardin anglais ; c'est du moins ce qu'affirmait la police.Mais son talent de grimpeur l'appelait à d'autres destins.Ce ne fut pas à un simple poteau qu'il grimpa par la suite, mais à un mât de Cocagne qui s'appelait l'Europe et il se promettait d'escalader ensuite celui de la domination mondiale.C'est bien haut.Même pour un matou qui est pourtant le pire des chats-maux.Et la dégringolade, la fâcheuse, la terrible dégringolade s'en vient implacablement ; à l'allure de vingt-quatre heures de marche chaque jour qui passe.Quand il m'arrive maintenant, de voir par hasard un chat qui se lamente au faîte d'un poteau où pourtant il est grimpé de son plein gré, je ne puis m'empêcher de penser à ses deux copains d'Europe qui sont certainement en plus angoissante posture que lui.Parce que si leur poteau ne casse pas assez vite, il ne manque pas de gens qui n'attendent que le moment favorable de cogner dessus pour en faire tomber le matou ; même s'ils doivent jeter le poteau à terre pour cela.On peut se demander d'où provient cette curieuse manie, pour certains hommes et pour les chats, de toujours vouloir grimper sur les sommets alors que la vie semble plus facile et meilleure à moyenne altitude ; la chose est en somme bien explicable.De naissance, la plupart des chats et certains hommes sont des rapaces que rien ne peut satisfaire ; il leur faut un horizon suffisamment large pour que leur ambition de tout avaler puisse trouver à se ravitailler.Or, l'ambition se sert d'apéritif à elle-même et c'est pourquoi il lui faut des horizons de plus en plus vastes, donc des montées toujours plus hautes.Tant qu'il est possible de grimper, cela va bien ; même ceux qui servent de marchepied au grimpeur ne demandent qu'à soutenir celui-ci car ils s'élèvent avec lui et so chute les entraînerait.Une fois au faîte, le grimpeur, s'il était sage, devrait s'arrêter; mais il n'est jamais sage et, croyant mettre le pied sur un autre échelon, il le pose dans le vide.Cela se passe toujours ainsi depuis que le monde est monde et, faisant écho à la chute, on entend alors un immense soupir de soulagement passer sur les peuples comme la brise sur la plaine en murmurant : Ainsi finissent les chats-maux.L'AMOUR est un livre à méditer par les amoureux et les autres.Voir l'annonce dans ce Magazine, 4 Le Samedi j*5«^§ÇS$SS ;.:' '/ ,\u2022\" \" x$?***¦: ;:¦»!$ '\u2022\u2022r ., ViütJ i ^ s \u2022y x- ;_ ¦MPI '^Yo IHI^ i i i peu de sable pour s\u2019en emparer, mais ils pourraient aussi creuser à de grandes profondeurs sans jamais rien trouver.Sur les fonds marins, au nord des Bahamas, on sait fort bien qu\u2019il y a des épaves d\u2019une quinzaine de navires espagnols sombres, il y a trois cents ans, avec une fortune de vingt et un millions de dollars à bord.On en a déjà retiré près de deux millions, mais le reste est toujours là.A qui la chance ?Il y a aussi le fameux trésor de l\u2019île des Cocos qui a fait l\u2019objet de nombreuses recherches inutiles jusqu\u2019ici.Il paraît que deux aventuriers, Keating et Bague, le trouvèrent il y a à peine un siècle après des recherches ardues.Il serait dans une caverne située elle-même dans une jungle à peu près impénétrable ; une énorme pierre pouvant pivoter\t(Lire la suite page 20) Chronique documentaire, Pal JE.au.ii Halaud D'après les meilleurs documents en l\u2019espèce, entre les années 852 et 1932, pas moins de 463 navires portant des sommes plus ou moins importantes ont fait naufrage dans des endroits qui pourraient être accessibles a des chercheurs intrépides.A bord de ces épaves sous-marines, il y aurait une fortune totale évaluée à trois milliards dç dollars.Il est entendu que le fond des océans garde bien d autres richesses encore \u2022 la guerre actuelle augmente, dans de notables proportions, cette richesse qui ne reviendra jamais à la surface, pour la plus grande partie du moins, mais il n\u2019y a pas que la mer qui garde ainsi des trésors.Au temps de la piraterie, bien des cachettes ont été établies en divers endroits sur les côtes ; quelques-unes ont été trouvées, mais non les meilleures, et d\u2019énormes fortunes gisent peut-être dans des endroits où nul ne songerait à aller les chercher.\t.\t, ,\t.\t.c Il paraît que tel serait le cas pour une partie de la plage de Southampton, à Long Island, où des millions de dollars d\u2019argent monnayé des bijoux et des linqots de métal précieux ont été enfouis par le pirate Gibbs et ses compa-gnons il n\u2019y a guère plus d\u2019un siècle.On n\u2019en a retrouvé jusqu ici qu une très faible\u2019partie, environ 25.000 dollars, et le reste attend toujours 1 heureux mortel qui pourra mettre la main dessus.Les baigneurs qui prennent des bains de soleil sur cette plage ne se doutent pas que, peut-être, sous leurs pieds, à très peu de profondeur, dort une fortune qui ferait d\u2019eux des Crésus modernes.Il leur suffirait de déplacer un La carte que l'on voit ici est un très vieux document relatif à un énorme trésor qui serait sous les eaux, à peu de profondeur et non loin des iles Bahamas. 'ÈÊÊÈf W3ÊL V.'/ La majorité des actrices de Hollywood sont remarquables par leurs formes corporelles, qu\u2019elles doivent à la pratique journalière de la culture physique.Sous l\u2019œil compétent d\u2019un moniteur d\u2019éducation physique, Lew Hippe, de la Cie Warner Bros., elles doivent commencer le cycle des exercices physiques par la culture physique, tout comme l\u2019enfant apprend la table de multiplication avant de faire des problèmes.En toute chose, il faut commencer .par le commencement.On ne digère pas avant d\u2019avoir mangé.On n\u2019expire pas avant d\u2019avoir inspiré.Il en va ainsi en raison des lois de la nature, qu\u2019il y a toujours danger de dédaigner.On entend constamment répéter que la santé est le plus précieux de tous les biens.De tous les clichés qui composent le bagage oratoire de la plupart des humains, il est certain qu\u2019il n\u2019en est pas de plus strictement vrai.Il suffit d\u2019y penser deux minutes pour en être convaincu.C\u2019est l\u2019une des raisons pour lesquelles les directeurs des compagnies cinématographiques ont apporté beaucoup de prudence dans la pratique des jeux de leurs artistes des deux sexes.Ils obligent acteurs et actrices de l\u2019écran à cultiver leur corps pour le tenir en santé, et non dans le but Ci-dessous : Peggy Diggins (à gauche) et Marguerite Chapmon, deux jeunes actrices de cinéma de la Cie Warner Bros., font chaque jour de la culture physique en salle.Quinze minutes d'aviron et de bicyclette en chambre valent 2 heures de promenade au grand air.d\u2019accomplir des prouesses et de détenir des records Va sans dire, les différents exercices de culture physique, savamment choisis par les instructeurs, sont d'exécution plutôt facile.Dans les photos du haut, nous voyons la jeune Claire James (à droite) surveiller son poids, une obligation inéluctable pour toutes les actrices de cinéma et l\u2019on peut même dire pour tous les bipèdes humains.Elle se pèse après chaque demi-heure d'exercice de culture physique, tous les jours, sans exception.L\u2019instructeur Hippe ne peut concevoir aucune séance sportive, sans cet indispensable instrument qu'est la bascule.Qui souvent se pèse bien se connaît ! Qui bien se connaît .bien « sporte » ! semble-t-il dire.Au centre, Georgia Carroll exécute un mouvement d\u2019étirement au moyen d\u2019un appareil spécial des plus simples.A droite, Lorraine Gett-man apprend la bonne manière de tenir et de soulever un haltère de 25 livres pour exercer les muscles du bras.Elle n\u2019est pas familiarisée avec un sport qu'elle semble, du reste, goûter.Nous vous indiquons, dans la présentation d\u2019aujourd\u2019hui, quelques exercices à pratiquer une demi-heure par jour, pendant un an.Les photos sont plus explicites que de longs commentaires./ '# ; PHOTOS WARNER BROS. COMMENT HEIFETZ VOIT L'ENSEIGNEMENT ¦**'*#'¦ .4*.\u2022./ .Vous avez peut-être un fils, une fille, un neveu ou une nièce qui étudie le piano ou quelque autre instrument.Comme tous les autres, vous avez constaté qu'il n'est pas toujours facile de faire travailler à un enfant son piano ou son violon.Pour ennuyeuse qu'elle soit, cette révolte des petits, lorsqu'il s\u2019agit d'étude de la musique, demeure néanmoins un obstacle assez facilement surmontable.C'est là l\u2019opinion du célèbre violoniste virtuose Jascha Heifetz qui en sait quelque chose puisqu\u2019il enseigne lui-même les secrets de cet art à ses deux enfants.Voici les points principaux de cet enseignement apparemment non orthodoxe mais qui, après considération, semble rationnel et parfaitement appli-quable : 1.\tL\u2019étude doit commencer tôt.On incitera l'enfant à accompagner d'un instrument à percussion (petit tambour, cymbales, etv.) des pièces jouées sur un phono, ce qui a pour effet de développer le sens rythmique.2.\tL\u2019enseignement devra se poursuivre par phases simples, faciles.Il n'est pas juste de s'attendre à ce qu\u2019un enfant joue ou apprécie certaines pièces sans la préparation qu\u2019elles nécessitent et l\u2019état de réceptivité qu'elles requièrent.Je commencerais par du Bach qui est aussi simple que grand, et qui est aussi facile à « comprendre » qu\u2019à apprécier.Et puis, on passerait à Haydn, Handel.Mozart, un peu de Beethoven, Rossini, Verdi, Scarlatti \u2014 et Brahms.3.\tN\u2019imposez pas vos goûts à votre enfant.L'oreille des petits est remarquablement éveillée et capable de discernement.Les parents devraient se limiter à « proposer » à leurs enfants les bons auteurs pour ensuite leur laisser faire leur propre choix.4.\tExpliquer la musique.Il est des récits en rapport avec toute œuvre écrite, et le fait de raconter ces récits à l'enfant développera considérablement son intérêt aux choses de la musique.5.\tQu'on laisse l\u2019enfant faire le choix de son instrument.S'il se trouve malheureux d\u2019apprendre le violon, peut-être serait-il, par contre, ravi qu\u2019on lui laissât jouer du trombone.Des tests psychologiques peuvent démontrer quel serait le meilleur instrument dans certains cas.6.\tQu\u2019on apprenne à l'enfant à jouer par oreille d'abord.Il est maintenant reconnu dans des écoles modernes de musique que l'enfant apprendra plus rapidement et plus facilement en jouant par oreille, attrapant les mélodies dans différentes tonalités.Après, il ne sera pas difficile de faire comprendre le rapport qui existe entre la copie écrite et ces choses qu\u2019il avait antérieurement jouées.Procédant ainsi, la lecture se fera avec une facilité extraordinaire.7.\tQu'on fasse travailler l'enfant.La contrainte peut paraître arbitraire, mais il n'est pas d'autres moyens.Récompensez-le pour son travail et humi-liez-le s'il a été paresseux.Ci-dessous et cl-eontre, le virtuose Heifetz enseignant la musique à ses deux enfants.On lira avec intérêt les conseils que donnent le maître aux parents des musiciens en herbe. 13 FÉVRIER 1943 7 Ay DANS LE MONDE SPORTIF CHOSES ET AUTRES ¦\tTommy Gorman, gérant-général du Forum, évalue les deux jeunes recrues du Canadien, Glen Harmon et Alex Smart, à plus de $35,000, c est-à-dire que, si les Rangers ou les Red Wings voulaient acquérir les services de ces deux jeunes étoiles, il leur faudrait verser la somme de $35,000, ou l\u2019équivalent en joueurs, dans les coffres du Canadien .Le Dr Fred Hébert, capitaine et dentiste du Régiment de la Chaudière, ancien joueur de hockey et de baseball du Collège St-Laurent, est l\u2019instructeur du club de hockey du régiment, en Angleterre.\u2022 Selon Dick Irvin, gérant du Canadien, Joe Benoît est le meilleur ailier droit de la N.H.L., malgré la brillante tenue de Lome Carr, du Toronto, et de Bryan Hextall, des Rangers.Carr et Hextall ont l'avantage de jouer à côté des centres Billy Taylor et Phil Watson, qui leur donnent fréquemment des passes presque parfaites, la majorité du temps .Gene Karst, ex-publiciste des Royaux de Montréal, est maintenant propagandiste du Bureau Américain de l'Information en temps de guerre, à San Francisco.¦\tBill O\u2019Brien, l'excellent entraîneur des Royaux de Montréal, partira le 21 mars pour le camp d\u2019entraînement des joueurs de MM.Rickey et Racine, à Bear Mountain, N.-Y.Le sympathique Bill est revenu parmi nous, cette saison, dans le but d'améliorer son état de santé.Son médecin de Brooklyn, où il fut entraîneur, l\u2019an dernier, lui conseilla de retourner dans son foyer, afin de prendre une nourriture plus fortifiante, habilement préparée par son humble épouse.Branch Rickey, John Mc Donald et Léo Durocher, du Brooklyn, auraient aimé à ce que Bill continuât à remplir les fonctions d\u2019entraîneur du Brooklyn, pour la prochaine saison.B Dave Viau, le boxeur local aux muscles solides, attire un grand nombre de spectateurs à chaque fois qu'on l\u2019épingle à un programme.Il prétend, toutefois, que le promoteur devrait laisser entrer gratuitement ses six frères et ses six sœurs, tous mariés.Dave est le seul célibataire de la famille Viau.Frères et sœurs ne manquent pas d\u2019être témoins des mises hors de combat réussies par Dave, transi d'émotion sous son vernis d'indifférence.Aussi, pour mieux jouir des triomphes de leur frère, ils aimeraient une meilleure place, près de l\u2019arène.Qu\u2019on leur accorde ce qu'ils demandent, car ils sont prêts à s\u2019agiter, à se démener, à applaudir à tout rompre, à hurler à se fêler les cordes vocales.Mieux vaudrait donner des passes aux douze Viau que d\u2019en distribuer une douzaine à des gens gagnants de $50 à $100 par semaine, dont les critiques non méritées font plus de tort que de bien à la boxe locale.Les promoteurs devraient avoir le courage de reconnaître ce fait important.¦ D\u2019après l\u2019un des règlements de la Commission Athlétique de Montréal, un gérant de boxeur doit remettre en bourses à son poulain au moins $750 par année, sans quoi le boxeur peut faire annuler son contrat.On adopta cette clause, il y a plus de quinze ans, alors que la boxe était florissante, à Montréal.Aujourd'hui.Par Oscar Ma/or parié $25,000 sur les chances de Maloney, alors géré par Dan Carroll, ancien agent de police de Boston, aujourd'hui l'un des « racqueteers > le plus en vue de la Ville des Fèves.Comment, il y a encore de ces microbes, en temps de guerre, aux Btats-Unis ! Qu\u2019on leur fasse avaler une forte dose de sulphaniamide, dans le plus bref délai ! ¦ Jim McMilen, ex-lutteur professionnel, aujourd\u2019hui lieutenant de la marine américaine, directeur d\u2019éducation physique des marins de Chicago, enseigne à ses élèves la boxe de préférence à la lutte libre.Jim croit que la boxe est le meilleur entraînement progressif, modéré, approprié à la force organique des marins de l\u2019Oncle Sam.les combats de boxe en notre cité étant aussi rares que les petits chars à chevaux, ce règlement devrait être mis de côté ; dans la plupart des cas, pour faire vivre l\u2019un de nos boxeurs d\u2019une manière convenable, il faudrait un gérant, doublé d\u2019un philanthrope.Et ces mécènes-là ne se rencontrent pas à tous les coins de rue, de nos jours.¦ Nelson Stewart, ancien centre des Maroons, fut le meilleur compteur de tous les joueurs de hockey professionnels, avec 323 buts et 191 assistances.Feu Howie Morenz le suit avec 270 buts et 197 assistances.Puis viennent, par ordre, Aurèle Jo-Iiat avec 270 buts et 190 assistances, Hooley Smith, 200 buts et 215 assistances, Harvey Jackson, du Boston, 214 buts et 201 assistances, Frank Boucher, 167 buts et 242 assistances, Dit Clapper, 211 buts et 196 assis- tances, Syd Howe, du Détroit, et Dave Schriner, du Toronto, sont les deux seuls autres joueurs professionnels qui aient des chances d\u2019entrer dans le sanctuaire des 400 points et plus.Comme on le voit, Stewart est le seul qui, au cours de sa carrière, ait réussi à compter plus de 300 buts, durant les saisons régulières.R Jack Delaney, ancien champion mondial des boxeurs poids mi-lourds, a déjà trempé les poings gantés dans une sauce plutôt louche.En 1927, lors de l\u2019un de ses combats contre Jimmy Maloney, au Garden de New-York, il eut toutes les misères du monde à se faire battre par Maloney, qui le craignait à un tel point que Jack l\u2019encouragea à frapper sans aucune crainte de réplique de sa part.La boxe devait adoucir les mœurs ! disent ceux qui en vivent.Le gérant de Jack, Pete Reilly, avait N'avons-nous pas raison d'affirmer que le monde va à l'envers ?Oui, jusqu'à ce que l'on réussisse à mettre sur pied un programme d'éducation physique, jusqu'à ce que l'on aide ceux qui luttent pour développer le goût des exercices corporels, jusqu'à ce que l'on trouve l'argent pour jeter à bas les taudis, foyers de tuberculose, et reconstruire des immeubles sains, pour envoyer gamins et gamines étiolés à la campagne, en un mot pour renforcer le capital humain.En attendant, Mlle PATRICIA PARE, jeune skieuse montréalaise, semble ne pas trop s'inquiéter de cette simple et triste constatation.Elle descend habilement en skis une colline laurentienne, la tête en bas, son corps plié de manière à former un triangle.Faites-en l'essai, vous nous direz comment se porte le monde à l'envers . 8 Le Samedi J'avais devant les yeux le portrait d'une femme de vingt à vingt-cinq ans.< \u2022 \u2022 ;.; Mm \u2018t # * # msn à LE TABLEAU Une vente aussi importante d'objets d\u2019art aurait attiré de nombreux amateurs au cours de la saison d'hiver.Mais on était à la fin du printemps.Nice voyait ses hivernants partir pour les stations plus fraîches de Bretagne ou de Normandie.Une quinzaine de personnes seulement visitaient, ce matin-là, l\u2019exposition située au premier étage de la salle des Ventes.Le commissaire-priseur chargé des enchères, homme du monde aimable et connaisseur, allait de l'un à l'autre pour fournir un renseignement ou donner un conseil.Je n\u2019étais pas arrivé depuis cinq minutes, lorsque le tableau m'apparut tout à coup dans une encoignure, à demi masqué par une armoire ancienne.Je connais les musées des quatre coins du monde ; j\u2019ai visité les plus célèbres collections privées et je puis affirmer que je n ai point souvenance Nouvelle dramatique par JEAN PARTS Dessin de LAPORTE qu\u2019une peinture m'ait produit une aussi forte impression.J'avais devant les yeux le portrait d\u2019une femme de vingt à vingt-cinq ans, belle au-delà de tout ce qu\u2019on peut imaginer.Et quand je dis belle, je parle de cette intelligente beauté qui ne réside ni dans la longueur du nez, ni dans la forme de la bouche, mais dans l\u2019expression lumineuse du visage tout entier.La toile était signée d'un peintre flamand et portait la date de 1875.Te décidai, sur-le-champ, qu\u2019il me fallait ce portrait à tout prix.Aucune somme, aucune force au monde, n\u2019eût pu m\u2019empêcher de l\u2019acquérir.J\u2019étais le jouet d une espèce de puissance obscure et j'avais la conviction qu'en l'achetant, j'allais accomplir un des actes essentiels de ma vie.Le matin du jour fixé pour la vente, j\u2019étais là dès l\u2019ouverture des portes, bien inutilement du reste, car l'objet ne fut mis aux enchères que dans la soirée.Alors que depuis trois jours et trois nuits je roulais des chiffres astronomiques dans ma tête, j'acquis mon trésor pour une somme dérisoire et je l\u2019emportai aussitôt, ne laissant à personne d'autre qu'à moi le soin de le mener à mon logis.Il me souvient que je restai tard dans la nuit à le contempler, m'efforçant de percer le mystère que, sans doute, le visage du modèle récelait.Loin d\u2019apaiser ma curiosité, le temps ne fit que l\u2019exalter, à tel point qu'un jour, je décidai de la satisfaire.Comment ce tableau, d\u2019une facture aussi vibrante, aussi passionnée, était-il venu s'échouer dans une salle des ventes ?N'existait-il plus, à défaut de la radieuse créature qu'il incarnait, quelqu'un qui l'eût connue et qui pût me parler d'elle ?N'était-il point, quelque part au monde, un être capable de s'intéresser et, peut-être, de se tourmenter sur son sort ?A Nice, je n'avais obtenu aucun renseignement utile sur les vendeurs du tableau.Les enchères résultaient d'une liquidation, après décès, d'un mobilier provenant d'une ménage autrichien installé depuis trois lustres sur la Côte d Azur.En guise d héritiers, je n avais trouvé que des créan-c>ers-\t(Lite la suite page 211 13 FÉVRIER 1943 9 i r LA COIFFURE \"VICTOIRE La guerre a opéré des transformations remarquables dans le vêtement de la femme.La restriction \u2014 quand ce n\u2019est pas l'absence totale \u2014 de certains produits, tels les fermetures-éclairs, par exemple, a forcément provoqué des recherches nouvelles chez les couturiers.Le travail à l\u2019usine de guerre nous a apporté le « slacks » que d'aucuns persistent à trouver parfaitement inélégant, alors que d\u2019autres reconnaissent comme tout à fait pratique et non dépourvu d\u2019une certaine originalité.Comment la coiffure pouvait-elle échapper, elle aussi à cette influence de la guerre ?La chose était imposisble, puisque nécessité fait loi.La coiffure « Victoire » \u2014 tel est le nom qu\u2019on lui a donné chez nos voisins \u2014 est celle qui, croyons-nous, constitue le meilleur compromis entre le souci de l\u2019élégance capillaire et la disposition pratique pour les heures de travail à l\u2019usine ou au bureau.Il y a quelques années, un tendron de la ville, comme de la campagne, aurait souri si on lui eût proposé cette coiffure genre « Marie-Eugénie », comme preuve de quoi les fantaisies de la mode évoluent sans cesse, reprenant, tout comme en art, des formes anciennes que l'ingéniosité sait rajeunir.Mademoiselle, vous qui travaillez au bureau ou à l\u2019usine, n\u2019ayez donc crainte d'adopter la coiffure « Victoire », car elle est le dernier mot en fait d élégance pratique.Simple et peu compliquée, la coiffure \" Victoire \" apporte à la femme besogneuse de nos jours une solution pratique dans l'art de disposer la chevelure.De plus, cette coiffure \" Victoire \" a le grand avantage de se prêter tout aussi bien à la casquette de travail qu'au fichu ou au petit chapeau dernier cri.La coiffure \" Victoire \" est loin d'être inélégante.Son charme, au contraire, réside précisément dans sa simplicité ; elle procure à la jeune fille ou à la jeune femme de nos jours cet air de jeunesse besogneuse qui caractérise bien notre époque.Pour se convaincre de la belle impression que nous donne la coiffure \" Victoire \u201d, il suffit de l'observer attentivement dans le tramway ou l'autobus.Les sujets ne manquent pas, c'est d'ailleurs là une preuve de sa popularité. 10 Le Samedi Récit d'Amour Complet W mi « Anna, tout en blanc, bouquet de fleurs en mains, souriait à son jeune époux, Guy, qu'elle pouvait voir tous les jours.et plus seulement par la fenêtre.PAR LA FENÊTRE PAR XAVIER VALTOUR Trois mille, fît d'un air décidé le jeune Guy Tréville en étalant les trois gros billets sur sa table de travail.Trois mille donc et quatre-vingt-quatre francs que voici, et.vingt centimes ! Gardez la monnaie, ajouta-t-il d\u2019un air noble.Oui, enfin on ne peut pas dire que je sois le Rockfeller de ce continent, mais on ne peut pas dire non plus qu\u2019on me traînera demain à l\u2019hôpital parce que je n\u2019aurai pas assez dîné ce soir.Bref, c\u2019est ce que c\u2019est et voilà tout.Il arpenta sa modeste chambre d\u2019étudiant, de long en large, en sifflotant.Au mur étaient accrochées différentes gravures bon marché, quatre en tout, dont deux appartenaient à l'Hôtel, l'Hôtel Racine, et les deux autres représentant d'agréables visages féminins, à lui-même.Un lit de fer, une table de nuit, une autre de travail, une armoire à peu près convenable et un grand tableau noir sur un chevalet rempli de formules de chimie, composaient le restant de cette chambre studieuse.Mais un soleil magnifique entrait par la fenêtre, inondant le tout de sa clarté et bannissant toute tristesse.La vue n'était pas des plus étendues.La rue Racine n'est point trop large et le plus myope des étudiants du monde eût pu voir, tout comme Guy Tréville, et sans mettre de lunettes, les belles lettres dorées qui annonçaient « Hôtel des Etrangers », sur l'immeuble d\u2019en face.\u2014 C'est une pitié de rester enfermé par un temps pareil, gémit l\u2019étudiant.Un peu plus de gaieté pénétra par la fenêtre ouverte.\u2014 L\u2019ennui, sourit le jeune homme, c\u2019est que je vais encore apercevoir la vilaine figure de ce bonhomme qui est juste mon vis-à-vis au quatrième étage de l'Hôtel des Etrangers.Je ne sais pourquoi, je ne m\u2019habitue pas à cette bob:ne ! Il a une bobine de créancier ! Tiens, le voilà, qu'est-ce que je disais ?Oh !.mais c\u2019est la révolution chez lui.Qu\u2019est-ce qu'il fabrique ?Zut ! Je regarde délibérément de l'autre côté.Que fait donc Bernard ?Il n'a jamais été capable d'arriver à l\u2019heure La pendule marquait onze heures vingt.\u2014 Pourvu qu\u2019il m'emmène déjeuner pour midi, c'est l'essentiel, se rassura-t-il.Mais, comme il n'aimait pas attendre, il rentra et poursuivit sa marche d\u2019ours en cage, visiblement impatienté.Depuis la mort de sa mère, Guy Tréville n'avait rien changé à son habituelle manière de vivre.Etudiant en chimie par besoin de gagner sa vie.car sa nature l\u2019eût poussé plutôt vers les lettres, il achevait tranquillement ses études dans cette chambre de l\u2019Hôtel Racine où il avait pris pension.En mourant, tous droits défalqués.Mme Tréville n'avait laissé à son fils que le modeste pécule de dix mille francs, avec quoi il fallait bien que le jeune homme vive jusqu\u2019à ce qu'il eût trouvé une situation.Au début, avec l\u2019insouciance qui demeurait le fond de son tempérament, Guy s\u2019était presque cru riche Encore qu'il ne s\u2019octroyât aucun bien-être superflu, il ne s\u2019était privé de rien jusqu'à ce jour.Et voilà ! Les dix mille francs avaient fondu comme neige au soleil jusqu\u2019à ne plus constituer que les trois mille quatre-vingt-quatre francs vingt centimes que tout à 1 heure l\u2019étudiant comptait sur sa table, sans que le fait de les recompter une seconde fois les fît doubler le moins du monde.Quatre cents francs de chambre, vingt francs de repas par jour, le tabac (n\u2019oublions pas le tabac), hum ! Depuis le printemps, on était en mai, le jeune homme n'avait accepté comme restriction que de changer les courses en métro ou en autobus en agréables promenades pédestres, infiniment plus saines, se répétait-il avec assurance Tout autre que lui se fût affolé, mais Guy était d'humeur égale.Et ce Bernard qui n\u2019arrive toujours pas ! Et il est midi moins dix ' Non.non, ce n'est pas sérieux ! \u2014 Ah ! c'est toi, enfin ! Dieu, qu il est beau ! Sincèrement, mon cher, tu es magnifique ! Bernard Voisin se mit à rire : ~~- 13 FÉVRIER 1943 11 \u2014 Ecoute, mon vieux, j'ai une fâcheuse nouvelle à t\u2019apprendre .\u2014 Tu vas te marier ?\u2014 Oh ! c\u2019est infiniment plus grave.11 m\u2019est tout à fait impossible de déjeuner avec toi tout à l'heure comme nous en avions convenu.Mais je te revaudrai cela, sois sans crainte.Tu permets que je m\u2019asseyes une seconde ?Tes quatre étages sont' d\u2019un raide ! Et je les ai montés en courant.\u2014 Je vous en prie, illustrissime seigneur, fit Guy en désignant une chaise, voici le fauteuil de la couronne ! \u2014 Figure-toi que ce matin même j\u2019ai reçu un coup de téléphone d\u2019un de mes camarades du journal, qui me demande de le remplacer parce qu\u2019il vient de perdre une vieille tante de province.Ce sont des services qui ne se refusent pas.D\u2019autant que ma situation au journal devient de plus en plus importante.Je suis enchanté, tu sais.C\u2019est la réussite.Réussir dans le journalisme n\u2019est pas tellement commode.La chance, que veux-tu ! \u2014 Modeste, va ! .\u2014 Et toi, que deviens-tu depuis le temps ?On ne te voit plus.\u2014 Je deviens trois mille quatre-vingt-quatre francs et vingt centimes, mon vieux.,\u2014 Par mois ?\u2014 Non.non, en tout ; voilà, je suis capitaliste.-\u2014Tu n\u2019as que trois mille francs et rien d\u2019autre devant toi ?Mais, malheureux, qu\u2019est-ce que tu fais ?\u2014 Je fais pitié, comme tu le vois, je fais pitié, en attendant de faire les bottines sur le boulevard Saint-Michel.\u2014 Sérieusement, réfléchis à ce qui te menace ! Et tu ne le débrouilles pas?Tu ne fais rien?\u2014 Je passe mon examen à la fin du mois, que veux-tu que je fasse d\u2019autre ?Bernard regarda son ami avec effarement.De famille très aisée et gagnant largement par lui-mème à son journal, il s affolait infiniment plus que Guy lui-même de la position de son ami.\u2014 Mon pauvre Tréville, dans trois mois tu n\u2019auras plus un sou ! \u2014 Mais dans trois mois, mon cher Voisin, répondit imperturbablement le jeune homme, je serai ingénieur-chimiste diplômé.Bernard haussa les épaules : \u2014 Tu es plus naïf qu une oie blanche, mon pauvre vieux.Où as-tu vu qu\u2019un diplôme, à notre époque, équivalait à une situation ?Guy demeura rêveur.Au fond, il en savait autant que son camarade, mais il n\u2019avait jamais consenti à se l\u2019avouer franchement, sous prétexte que cela risquait de faire tomber son courage-centigrade trop au-dessous de zéro.Voici que les paroles de Bernard le rappelaient durement à la réalité.Bernard lui frappa sur l\u2019cpaule : \u2014 Ce n\u2019est pas une raison pour faire une tête pareille, mon vieux Guy! Seulement, il ne faut plus rêvasser, continue à préparer ton concours.mais cherche en même temps quelque chose de plus rémunérateur, tu ne seras pas seul, va ! Je t aiderai, je chercherai de mon côté.En attendant, combien paies-tu de chambre ici ?\u2014 Quatre cents._ Eh bien ! trouves-en une à deux cents, et tu gagnes un mois.\u2014 Oui, au fait.- Et puis je parie que tu manges comme un millionnaire.Six francs cinquante par repas, mon vieux, six cinquante ! Cela fait treize francs, plus le pourboire, c\u2019est déjé énorme.\u2014 Tu crois ?\u2014 Mais oui, voyons.Tu ne sais pas t\u2019arranger.Ainsi prends le temps de voir venir.C\u2019est la première chose à faire.Hein?Tu n\u2019es pas convaincu.Guy, la main dans les cheveux, réfléchissait au malheur des temps.É- Evidemment, tu as raison.C\u2019est la sagesse.C\u2019est ennuyeux, fade et désobligeant comme la sagesse.Enfin ! Eh bien .alors, je cherche, je trouve ailleurs et je déménage .Du moins, ne verrai-je plus l\u2019abomi-pablë profil de mon intolérable voisin.Bernard sourit : ¦\u2014Tu ne perds jamais ta bonne humeur, toi au moins.C\u2019est ta plus grande fortune.Ecoute, il faut que je me sauve.Tu viens déjeuner mercredi à la maison, le prochain et tous les autres.Compris ?Cela te reposera l\u2019estomac.Et puis, tu sais, si tu as besoin de quelque chose .\u2022\u2014 Merci, mon vieux.\u2014 Encore une fois, j.e vais tâcher de te: trouver un emploi quelconque.Ne te bouleverse pas.By, by ! \u2014 By, By ! La demie de midi avait sonné et, tout étourdi encore des tristes constatations que son ami Bernard venait de lui souligner autant que des nouvelles et sages résolutions qu\u2019il lui avait fait prendre en quelques minutes, Guy Tréville jeta un regard circulaire sur la chambre qu\u2019il habitait depuis deux ans comme pour lui accorder un dernier et touchant adieu.En sifflotant une marche funèbre, l\u2019étudiant se dirigea vers la fenêtre ouverte pour s\u2019accorder un peu d\u2019air frais.Miracle ! Au même instant, la fenêtre d\u2019en face s\u2019ouvrait elle aussi et ce ne fut plus du tout le visage hargneux de son voisin qui parut au balcon.\u2014 Par exemple ! Ah ! ça .Non, non, Guy ne rêvait pas.L\u2019apparition qui venait de surgir, vêtue d\u2019un kimono noir rehaussé d'oiseaux brodés et multicolores, le chef garni d\u2019une abondante chevelure brune s\u2019épanouissant en liberté, était bien la plus adorable créature qu\u2019il lui fût jamais donné de rencontrer.\u2014 A tout à l\u2019heure ! criait l\u2019inconnue, tout en se penchant dangereusement sur la balustrade de fer, à une autre jeune fille qui venait de sortir de l\u2019Hôtel des Etrangers et certainement aussi de la chambre de « la citrouille ».Guy se frotta les yeux.\u2014 J\u2019y suis, se dit-il, cette révolution-de tout à l\u2019heure c\u2019était le déménagement du locataire, et sa remplaçante, c\u2019est.c est.Dieu qu\u2019elle est jolie ! Alors, c\u2019est ce ravissant visage que je vais apercevoir tous les matins dorénavant ?Merci, mon Dieu ! Tout à coup le front du jeune homme se rembrunit.Les quatre cents francs de chambre dansaient devant ses yeux et aussi la sagesse de Bernard, et sa résolution et son départ décidé.\u2014 Faut-il donc que je laisse à mon successeur la vue de cet enchantement, maugréa Guy.Il ne pouvait détacher son regard de la fenêtre de l\u2019Hôtel des Etrangers, on l\u2019eût dit pétrifié soudain, charmé comme un naja des Indes.Il se pencha lui aussi, toussota, fit des gestes pour attirer l\u2019attention sur lui.\u2014 Pas de danger qu elle regarde de mon côté .Si.mais si.Triomphe ! Hélas ! je ne dois pas lui plaire.Elle ne doit aimer que les blonds ! Voilà qu\u2019elle se détourne ostensiblement maintenant.c\u2019est raté ! Ah ! mais, je n\u2019ai pas dit mon dernier mot.Vous me sourirez, mademoiselle, vous allez voir.D\u2019abord la sagesse, l\u2019économie, des blagues ! Je reste ici, mademoiselle, je m\u2019enracine ! Et vous me sourirez, mademoiselle, demain, après-demain, je ne sais pas, mais vous me sourirez .h Ah ! mais, c\u2019est une merveille, mon vieux Bernard, une merveille ! Tu ne t\u2019en fais aucune idée.Elle a des dents comme des miroirs ! des yeux comme des miroirs ! des cheveux.je ne sais pas, enfin des cheveux magnifiques.C est une damnation, une femme semblable.Et puis, un charme, une façon de s exprimer, un tact.\u2014 Tu lui as parlé ?\u2014 Non.\u2014 Alors, comment sais-tu ?\u2014 Mais cela se devine, ces choses-là, mon vieux ! cela éclate, tu n y entends rien.Je ne lui ai jamais parlé, je n\u2019en sais pas moins que sa con-' versation est absolument captivante.Quand elle vous regarde, c\u2019est comme si on la connaissait depuis des années.\u2014 Ah ! Elle t\u2019a tout de même regardé ?\u2014 C\u2019est-à-dire que .n\u2019est - ce pas .sitôt qu\u2019elle m\u2019a aperçu, elle a tourné la tête avec un air plutôt agacé, mais cela ne fait rien, cela, mon vieux, c\u2019est toujours ainsi que débutent les grandes passions.De la colère d\u2019abord, tu comprends, comme si on se résistait à soi-même, puis peu à peu l\u2019émotion grandit, la défaite paraît imminente .c\u2019est la victoire ! \u2014 Bref, tu es toujours à l\u2019hôtel Racine à quatre cents francs par mois.\u2014 Euh .oui.\u2014 Cela, par exemple, c\u2019est le comble ! Tu risques de te trouver bientôt sans un sou pour les beaux yeux d\u2019une étrangère à qui tu n\u2019as jamais parlé, qui ne t\u2019a même pas regardé, en somme que tu ne connais absolument pas.\u2014Ah ! si, oh ! mais si.Je sais parfaitement qu\u2019elle est étudiante en lettres, qu elle est extrêmement sérieuse.oh ! cela extrêmement.Elle ne sort jamais qu'avec une de ses camarades, étudiante comme elle.Elles doivent passer toutes les deux leur licence à la fin de l'année.Comme moi.mon vieux, absolument comme moi.Tu ne trouves pas cela touchant ?\u2014 C\u2019est à pleurer, repartit, imperturbable, le journaliste.Mais comment t\u2019es-tu procuré tous ces renseignements ?\u2014 Ah ! voilà .c\u2019est encore très compliqué .C\u2019est par un garçon de café, figure-toi.Il faut te dire que c\u2019est un garçon du Cujas.Le Cujas, n'est-ce pas, n\u2019est pas un café ordinaire.C\u2019est là que se réunissent beaucoup d'étudiants.Ce sont des habitués, cela se passe tout à fait en famille, tout le monde bavarde, chacun se connaît.Les garçons, dans cet établissement, c\u2019est un peu comme des vieux serviteurs de famille, comprends-tu.Alors, je me suis informé.Et.j'ai su, voilà.-Tu ne sais pas non plus son nom ?ironisa doucement Voisin.\u2014 Non, je dois l'avouer.Mais qu\u2019importe.Si elle me sourit en attendant que j\u2019aie de plus amples renseignements sur elle, je l'appellerai Alix, j'adore ce nom-là.et si elle se détourne comme la première fois .eh bien, je l\u2019appellerai Virginie.Là ! avec un nom pareil, je ne pourrai jamais continuer à penser qu elle a tant de charme.C est un moyen coince un autre de se guérir de l\u2019amour.\u2014 Si j\u2019étais toi.conclut froidement le journaliste, je la baptiserais Virginie tout de suite et je n\u2019en parlerais plus.Guy, lui, ne plaisantait pas.\u2014 C\u2019est que je suis sûr, vois-tu, reprit-il avec un sérieux comique, qu\u2019elle ne s'appelle pas Virginie! Tout le malheur est là.Je préfère te dire tout de suite, d\u2019ailleurs, que si je parviens à retenir l\u2019attention de Virginie.je veux dire d\u2019Alix ou de Frédérique, comme tu voudras, mon intention très ferme est dé 1 épouser.Oh ! tu peux me regarder avec des yeux en coquillages, va, je sais ce que je dis.REVER.Quelle douceur que celle de rêver Avec une âme soupirante, Que de pouvoir jouir et s'enivrer Du ciel bleu, de l'eau murmurante ! Quelle douceur que le rêve amoureux D'une femme qui nous attire, Que la tendre vision de ses yeux, Un miroir au plus beau sourire 1 Rêver, vois-tu, c'est regarder, le soir, Un crépuscule, un vol de branche ; C'est se sentir au cœur un fol espoir, Une aile d'oiseau toute blanche.Rêver, vois-tu, c'est écouter le chant De l'âme, le bonheur de vivre ; C'est goûter un peu l'être en se penchant Sur la page ouverte d'un livre.Sachons rêver de printemps éternels D'azur, de lumière, de roses ; Et même si nos destins sont cruels, Aimons les chimères encloses.G.OUIMET, Sgt. 12 Le Samedi
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