Le samedi, 1 février 1953, samedi 14 février 1953
[" Montréal, 1 DANS CE NUMERO CANADA ET EUROPE UNIE GERARD VIOT HENRI NORBERT S'Vûo LUCETTE ROBERT EN MARGE DU METIER D'ACTEUR £ ?LOUISE GILBERT-SAUVAGE LE SERPENT DE LUMIERE MAURICE LIMAT INE NATIONAL DES CANADIENS fw ftssüi ¦¦ - 2b ¦ s yr*.V.f ¦ .w/A-d- »¦* VA * \u2022 i Oü que vous alliez Quoi que vous fassiez DES PRODUITS GENERAL MOTORS SONT À VOTRE SERVICE r- Mr * ; SUR LES CHEMINS DE FER CANADIENS SUR LES ROUTES CANADIENNES F\\- f FOURNISSANT LES INDUSTRIES CANADIENNES DANS LES FOYERS CANADIENS Il y a, sur les routes du Canada, plus d\u2019un million d\u2019autos et de camions portant le nom synonyme de la meilleure main-d\u2019oeuvre, de la meilleure technique.Sur les systèmes ferroviaires du Canada, de puissantes locomotives Diesel efficaces donnent le maximum de sûreté de fonctionnement et d\u2019économie.Sur les chaînes de montage de nombreuses usines, des pièces de précision contribuent à améliorer les produits de l\u2019industrie canadienne.Dans les foyers, des appareils attrayants et pratiques rendent la vie plus agréable et accordent plus de loisirs à des millions de gens.Tout cela vous est fourni en abondance par les usines croissantes de la General Motors au Canada.I GENERAL MOTORS OF CANADA LIMITID OSUAWA AND WINDSOR\tFRIGIDAIRE PRODUCTS OF CANADA LIMITED LEASIDE AND SCARBOROUGH\tGENERAL MOTORS DIESEL LIMITED LONDON\tthe McKinnon industries LIMITED ST.CATHARINES AND GRANTHAM TOWNSHIP PRODUISANT DES\tCHOSES PLUS NOMBREUSES\tET MEILLEURES\tPOUR PLUS DE GENS Le Samedi.Montréal, 14 février 1953 3 Pourquoi, plus autre pays au nous ' les E.que tout monde, -U.d'Europe #\tLe Canada qui acclimate la culture éuropéenne en Amérique du Nord a besoin, pour que s'épanouissent les plus belles fleurs de son patrimoine spirituel, d'une Europe unie, génératrice d'idées et capable de faire vivre les génies auxquels elle donne le jour.\u2022\tLe Canada, bouclier du continent américain face à l'URSS, a intérêt à ce qu'une Europe unie et forte lui évite ce rôle de tampon.Si cette même Europe était capable f de financer son réarmement, le Canada ferait de grosses économies.0 Le Canada, étroitement tiraillé entre les Etats-Unis d'Amérique et l'Angleterre, auroit ovantage à se foire un troisième client puissant et riche : les Etats-Unis d'Europe.par GERARD VIOT Vue de notre continent, la Fédération Européenne semble quelque chose de fort simple : suppression de quelques lignes arbitrairement tracées depuis des siècles sur la mappemonde, formation d\u2019un gouvernement fédéral dans le genre de celui dont nous donnons un brillant exemple, fonte des armées en une seule, libre circulation des marchandises, unification des monnaies et quelques autres propositions qui sautent aux yeux des Canadiens.Malheureusement, cette optique, valable, encore qu\u2019elle ne fût pas si simple, quand il s\u2019est agi d\u2019aménager l\u2019Amérique du Nord presque toute neuve et en ère de colonisation, ne l\u2019est plus dès que nous considérons la vieille Europe d\u2019un peu plus près.On ne peut faire table rase de vingt siècles d\u2019histoire.Il ne s\u2019agit pas ici de faire du neuf, il faut souder entre eux les éléments d\u2019un vieux vase fêMf en maints endroits et d\u2019où s\u2019exhalent les parfums d\u2019une admirable civilisation menacée de disparaître par évaporation.Il faut de hardis novateurs pour entreprendre la tâche, mais il faut aussi de fins artistes pour colmater et faire disparaître patiemment les jointures, sources de frictions douloureuses.Chaque élément de l\u2019Europe se considère comme ur joyau qui, s\u2019il doit entrer dans la composition d\u2019un ensemble, entend profiter à fond de la lumière et briller de son plein éclat.Ne dites pas à un Européen qu\u2019il vaut mieux consentir certaines mutilations d\u2019amour-propre que de disparaître, il ne vous comprendra pas, car vous ne parlez pas le même langage.Pour lui, être présent c\u2019est être libre d\u2019une liberté qui ne souffre aucune restriction.Voilà pourquoi il est bien difficile à un tiers de s\u2019immiscer dans les affaires européennes et de se poser en conciliateur.Il faudrait mettre en oeuvre une très fine psychologie.L\u2019Europe est malade et de ce fait susceptible au point de ne plus reconnaître ses meilleurs amis.De la bonne volonté américaine, elle n\u2019a souvent voulu retenir que les maladresses (parfois criantes, ri est vrai).Elle accepte les gâteries, mais refuse les remèdes Il nous faut bien constater, en effet, que chacun des pays qui devraient composer les Etats-Unis d\u2019Europe est un joyau très précieux par le patrimoine historique et artistique, par la valeur humaine, par la civilisation, en somme, dont il est porteur.Il ne s\u2019agit donc pas de procéder à une refonte générale de tous les éléments mais bien de construire une châsse dans laquelle chacune des pierreries sera en pleine valeur.Souvent nous nous sommes plu à reconnaître, et à juste titre, que nous étions le trait d\u2019union entre l\u2019ancien et le nouveau monde ; un trait d\u2019union actif qui a pour mission de puiser aux sources de la civilisation un grain que nous faisons refleurir après l\u2019àvoir acclimaté.Qu\u2019arrivera-t-il alors si la source, en se tarissant, semble démontrer la faiblesse des valeurs auxquelles nous attachons le plus de prix ?Sur quoi nous appuierons-nous pour justifier notre cause ?La défense de l\u2019Europe peut alors prendre l\u2019aspect d\u2019une croisade.Mais, à ces arguments d\u2019un ordre intellectuel et sentimental, nous pouvons en ajouter d\u2019autres qui revêtent un caractère infiniment plus pratique.Deux fois nous avons dû intervenir pour que cessent des luttes internes et deux fois nous y avons laissé beaucoup de sang et d\u2019argent.Aujourd\u2019hui, c\u2019est une force venue de l\u2019extérieur qui menace l\u2019Europe, et nous-mêmes par contrecoup.Face à cette pression, notre intérêt est dans la constitution d\u2019une force capable de contenir puis de repousser toute attaque ; capable même de dégoûter tout adversaire éventuel.Cette barrière, c\u2019est l\u2019Europe qui doit la constituer \u2014 avec notre aide, bien entendu.Ceci nous l\u2019avons bien compris, au point même d\u2019en être aveuglés ; car nous ne cherchons plus à constituer l\u2019Europe pour elle-même mais en fonction de cette menace.S\u2019unir contre un ennemi commun est une excellente chose, unir pour une construction de paix est infiniment plus beau et durable.Voilà certainement ce que les U.S.A.ne veulent pas comprendre et reste l\u2019erreur magistrale de leur politique.Voilà un point sur lequel le Canada doit intervenir dans son propre intérêt.Consciemment ou non, les U.S.A.sont partagés entre le désir de voir l\u2019Europe porter la plus grande part d\u2019une guerre éventuelle et la crainte de voir naître un groupe économique qui, un jour ou l\u2019autre, pourrait devenir un dangereux concurrent.Que se passe-t-il alors ?L\u2019Europe se construit sur des fondations boiteuses, en fonction du péril Rouge et de l\u2019économie américaine.Le Canada, par ses conditions démographiques et géographiques, par la nature de ses richesses, est avant tout un grand fournisseur de matières premières.L\u2019incapacité dans laquelle se trouvent l\u2019Angleterre et les divers pays européens de nous payer, nous conduit d\u2019une part à leur faire de coûteux cadeaux et d\u2019autre part à commercer de plus en plus avec notre voisin qui absorbe maintenant 80% de notre chiffre d\u2019affaires.Pour le moment tout va bien mais il reste dangereux de mettre tous ses oeufs dans le même panier car nous courons ainsi un double risque : nos propres crises économiques et celles des U.S.A.dont nous subirions directement le contrecoup.Nous avons donc tout intérêt à voir naître un groupe économique puissant dont nous pourrions de -venir le fournisseur et qui serait en mesure de nous payer au lieu de nous coûter.[ Lire la suite page 30 ] M.ROBERT SCHUMAN, de France ffs*.< - M.ADENAUER, d'Allemagne ¦ M DE GASPERI.d'Italie M P.H SPAAK, de Belgique ; 'P:t.- .= M.A.EDEN, du Royaume*Unl 51 4 Le Samedi, Montréal, 14 février 19S3 .Comme tout bon comédien, Moniieur Henri Norbert a créé une petite mise en scène de l'apprenti-cuisinier.Heureusement que le fourneau de lo pipe semble vide, car le tabac ajouterait une curieuse saveur au ragoût qu'il crée selon le Larousse des Gastronomes.¦ 'AI applaudi hier soir un grand comédien : Henri Norbert jouait Tartufie.Il venait de me raconter ses répétitions quotidiennes \u2022 pendant un mois et demi, la discipline qu'il avait dû exercer sur son exubérance gasconne, afin de devenir le personnage hypocrite et calculé dont le nom est passé dans la langue pour stigmatiser ce vice.Preuve qu'un bon acteur peut se recréer, car Norbert est l'antithèse même du héros de Molière qu'il a campé avec tant de perfection cru Théâtre du Nouveau-Monde.Cordial et bon enfant, un peu bohème ( pas très exact, en tout cas ! ) il est constamment lui-même et si vous ne l'acceptez pas tel quel, il aura plus de chagrin de votre Inimitié que de votre critique.Bien qu'il ait tenu le rôle de l'Exempt, aux Matinées classiques de la Comédie-Française ( avec Fernand Ledoux dans Le Tartuffe) il me dit n'avoir jamais vu jouer la pièce.Ce manque de curiosité, étonnant chez un homme de théâtre, est-il une preuve de légèreté ou d'insouciance ?Elle lui a permis, en tout cas, de faire une création qui n'emprunte rien à personne.Né en Lot-et-Garonne, Henri Norbert fit ses études classiques à Bordeaux et fit un peu de droit, après avoir eu ses deux bachots.Bien qu'il voulût faire du théâtre, son père ne reconnaissait qu'un seul art : le violon qu'il lui fit étudier pendant douze ans.Il réussit quand même à partir pour Paris assez jeune, puisqu'il était directeur, à vingt-deux ans, du Théâtre Antoine.Ses premières pièces furent \"Les Montpamos\", de Michel-Georges Michel et \"L'Inconnue\" de Louis Ver-neuil.Ce fut ensuite, au théâtre de la Potinière, \"Le renard bleu\u201d avec Eve Francis, \"L'esclave\" de Kistemaekers, \"Marie-Gazelle\" (basée sur la vie de Réjane) de Fernand Nozière.Pendant dix ans, il organisa chaque été le théâtre de plein air donné par la Comédie-Française à Carcassonne, Pau, Tours ou quelques châteaux historiques.Lorsqu'il débuta sur la scène, ce fut dans le rôle du Pierrot de \"Arlequin\" de Maurice Magre.Il joua ensuite avec deux grandes comédiennes, Eve Francis et Falconetti, dans \"L'Otage\" et \"La rouille\".Ce fut ensuite \"Le crime de Vera Mitsova\" et la création inoubliable, à la fin de la guerre, de la pièce allégorique de Sartre, \"Les mouches\".Chez son maître, Charles Dullin, il créa \"La matrone d'Ephèse\", de Paul Morand \"Le démon noir\", \"Les crucifiés\".Son dernier rôle, en France, fut dans \"Le Roi Pêcheur\" de Julien Gracq, avec Maria Casarès et Marcel Herrand, au Théâtre Montparnasse.Il ne faut po» être devin, (ni lire à l'envers) pour comprendre que M.Norbert apprend te rôle de Tortuffe qu'il joua si magistralement pour le Théâtre du Nouveau-Monde.DANS L'INTIMITE DE NOS VEDETTES HENRI NORBERT par LUCETTE ROBERT Il traversa l'Atlantique, en septembre 1950, avec le Théâtre Guild de Paris, pour donner une saison de théâtre à l'Arcade de Montréal, sous l'égide de France-Film.A la soirée \"1900\", qui était le gala de la traversée de l'Ile-de-France, Henri Norbert récita son fameux duo-monologue (paradoxal mais exact, puisqu'il joue les deux rôles) du comte de Luxembourg de \"L'été\" de Natanson, et des passagers canadiens, comme Mme René Garneau, nous parlèrent alors de son talent comme de son brio.A la fin de l'année, le comédien resta pour organiser la saison suivante (ce projet échoua) faire de l'enseignement et du théâtre dans notre pays : nous n'avons qu'à nous féliciter d'une acquisition aussi précieuse.Avec quelques artistes (Denyse St-Pierre, Paul Colbert, Jean-Louis Paris) et des élèves aujourd'hui établis (Michèle Tisseyre, Béatrice Picard, Monique Lepage) Henri Norbert fonda une troupe qu'il baptisa Le Trait d'Union et qui donna quelques spectacles (\"Britannicus\", \"Mon ami Philippe\", \"Ces dames aux chapeaux verts\", \"Le duel\") de valeur inégale.Les tramways ne jouaient pas assez le trait d'union entre le public et la salle lointaine.et ce théâtre s'éteignit avec une pièce canadienne au nom prophétique de \"La dernière flamme\".Depuis son entrée dans l'Union des Artistes, Henri Norbert participe activement aux programmes radiophoniques et il fut du programme d'inauguration de la télévision : \"Oedipe-Roi\" de Cocteau, comme de \"La nuit du 16 janvier\", de \"L'hermine\" de Anouilh, de \"Noël sur la Place\", de Ghéon, de \"Jean III\" de Sacha Guitry, de \"Montserrat\" dont le réalisateur était Roger Racine.Il espère bientôt jouer dans \"Le Roi pêcheur\" qu'il a créé à Paris.Il aime l'atmosphère du Théâtre du Nouveau-Monde, l'idéal et l'ambition de cette jeune troupe, leur effort constant de se surpasser.Dans la vie, il a la réputation d'être un camarade plein de loyauté et d'une hospitalité généreuse (il reçut pour Gérard Philipe et toute la troupe Madeleine Renaud-Jean-Louis Barrault); qualités d'autant plus appréciées qu'il est un cuisinier de grande classe.Ayant hérité de quelques souvenirs de famille, il est tout occupé de se mettre dans ses meubles (noyer pour la chambre ; meubles rustiques pour le salon) afin de pendre la crémaillère quand le succès du \"Tartuffe\" lui donnera un peu de répit. Le Samedi, Montréal, 14 février 1953 5 Ce monument de Le Gardeur de Repentigny se dresse sur la place de l'Eglise, sur les bords de la rivière St-Jean-Baptiste.LA PAROISSE de Mascouche a toujours été un modèle au point de vue de l'économie temporelle.Si on a su ici comment faire de l'argent, on a su également comment le ménager pour des temps à venir.C'est là une sagesse qui n'est pas donnée à tous.Sur 400 familles de la coquette et luxuriante paroisse, il y en a une forte quarantaine qui vivent de leurs rentes.Le mot Mascouche vient du terme algonquin « Maskutew », qui veut dire « plaine » ou « grande prairie ».Cette plaine est limitée, au sud, par le St-Laurent et s'étend, au nord, jusqu'à l'escarpement qu'on nomme la « côte des rapides» ou «le Grand Coteau», et qui, dans les temps préhistoriques, boudait la vallée du St-Laurent.Véritable noblesse du premier occupant Les habitants de Mascouche ont raison d'être fiers du premier occupant de leur sol.Le « père » de Mascouche était d'une noblesse sans reproche.Pierre Le Gardeur de Repentigny de Tiily était de haute origine.Il arriva à Québec avec le deuxième gouverneur du Canada, M.de Montmagny.On écrivit de lui, à l'époque : « Il rendit de grands services à la colonie, et sut conquérir l'amitié de tous par sa sagesse et son esprit de justice.» La Mère Marie de l'Incarnation, soupçonnant que d'aucuns pouvaient le croire livré à une vie de plaisirs, dit à son sujet que c'était un homme « de grande oraison et d'une vertu éprouvée.» Le Gardeur de Repentigny se fit remarquer par son amour du sol ; c'est lui qui fit, ici, les premiers défrichements.Il partagea son amour du travail avec son épouse qui le seconda de tout son pouvoir.N'est-il pas rapporté dans notre histoire nationale que c'est elle qui se mit à la tête du mouvement que l'intendant Talon lança dans la colonie en faveur de l'industrie linière.Jamais les rouets ne furent aussi populaires que de son temps.Elle sut communiquer son enthousiasme à de nombreuses amies, donnant ainsi un exemple des plus utiles.La tradition veut quelle entretenait plus de vingt rouets dans son voisinage avec autant MASCOUCHE, la vieille paroisse St-Henri de Mascouche est une des plus vieilles paroisses de la province.\u2014 C'est aussi une des plus riches.\u2014 La \" plaine \" s'est montrée prodigue en produits agricoles.\u2014 Le fondateur du village, Le Gardeur de Repentigny, était de la plus belle noblesse de France.\u2014 Il établit ses censitaires dans une \"plaine\" fertile et leur donna la notion du prix du travail.par FERNAND BOURDEAU de métiers.Il est donc bien vrai que les gens de Mascouche qui tiennent à garder chez eux des meubles qui favorisent tous les genres d'artisanat, ont de qui tenir.Prise de possession le 16 avril 1647 D'après le texte même du socle du monument de Pierre Le Gardeur, sur la place de l'église de Mascouche, le fondateur du village devint possesseur du sol le 16 avril 1647.Les documents historiques nous apprennent que les premières terres concédées furent celles qui sont aujourd'hui en possession des familles Dupras, Crépeau et Robinson.Toutes les terres étaient alors en bois debout.Le manoir Quant à la demeure personnelle de Le Gardeur, il ne la construisit pas dans la plaine où se trouve le village actuel.Il alla la cacher dans le charmant vallon où murmure la rivière St-Jean-Baptiste, en arrière du Coteau des Rapides.Le » manoir « aujourd'hui déserté est une superbe construction de style normand, un des plus parfaits spécimens de nos maisons d'architecture canadienne, dont le paysage environnant a tout ce qu'il faut pour inspirer les muses et les artistes de toute école.Notre artiste peintre, Georges Délfosse, a vu le jour dans une maison du voisinage de ce manoir.Les fondateurs ont passé ; mais leur oeuvre progresse Les nobles fondateurs de Mascouche ont passé ; le splendide manoir est à la veille de passer aussi à d'autres mains encore, si les années ne viennent pas à trop lui peser pour lui faire abandonner la « lutte pour l'existence.» Mais le village survivra toujours.Les deux fondateurs ont laissé aux villageois la notion du travail, et c'est à cette source de vie que les contemporains se cramponnent.Dans le passé, ils ont su exploiter le sol qui est une terre à brique.Dans la suite ils ont su demander à la terre ses produits agricoles : foin, blé, avoine, pommes de terre, tabac et produits de l'érable.Les gens de Mascouche [Lire h suite page 171 Mascou-he peut être fier de son presbytère.C\u2019est certainement un des plus beaux parmi les presbytères ruraux.\u2014 Mascouche ne manque pas de pittoresque.Les jeunes amateurs de pêche lancent leurs lignes dans la rivière St-Jean-Baptiste et sont assez chanceux.\u2014 La population de Mascouche a grand soin de ses vieillards et de ses infirmes.Les Religieuses de la Providence tiennent cet hospice pour les recueillir avec soin.\u2014 Voici bien une des sources de richesse de Mascouche.On n'a pas besoin d'aller loin pour voir les couches aux proximités des bâtisses de ferme.IPhotos Fernand BourdeauI Jyyjt-PV; A S-* 3,J g# \u2019B ¦% % f H 8 «imi 6 HÊf» Le fameux pont d'Avignon.Le Samedi, Montréal, 14 février 1953 FÉERIE ESTIVALE L'amphithéâtre romain d\u2019Arles.\u2014¦ DANS LA VALLEE DU RHONE Une merveilleuse tradition, un art moderne fleurissent dans le cadre de théâtres antiques.par HELENE CINGRIA D'ANNEE en année s'affirme la vogue du théâtre en plein air et pour célébrer les oeuvres dramatiques ou musicales, la Provence demeure le lieu de prédilection, grâce à la Clémence de son ciel immuablement serein.Il existe de plus une tradition du théâtre en plein air, qui chez les peuples méditerranéens remonte à la plus haute antiquité, car les Romains dotèrent les régions où ils étendirent leur domination, de théâtres, d'arènes, de cirques dont les mieux conservés et les plus nombreux jalonnent la vallée du Rhône, où le visiteur se heurte à chaque pas à la présence de Rome.Il faut avouer que l'ambiance du pays se prête admirablement aux spectacles de ce genre.Nuits étoilées et profondes tendues derrière les scènes et au-dessus des spectateurs, comme les plus somptueux des rideaux, fraîcheur nocturne si reposante après l'embrasement du jour, arôme parfumé qui s'exhale de la terre, silence à peine troublé par le son des cloches et le crissement des cigales, et qualité légère et impondérable de l'air, qui transforme les êtres et les rend perméables à toutes les émotions.Les théâtres de verdure des jardins, les enceintes des amphithéâtres, les façades des monuments romans ou médiévaux, les nefs des cathédrales, les cours intérieures des palais du XVIIIe siècle, forment un ensemble d'une impressionnante beauté.C'est pour- quoi les cités rhodaniennes profitent de la chaude saison pour utiliser les ressources dont les ont dotées la Nature, les Conquérants, les grands Seigneurs et les Princes, tant spirituels que temporels.Sur ce sol qui vit fleurir les cours d'amour, devant les massifs de lauriers roses et de jasmins, sous les murs couverts de vigne vierge et de glycines, autour des arceaux qui ploient sous le poids des roses, près des pelouses où jaillit l'eau des sources, au milieu des statues brisées, des colonnes et des arcs de triomphe, les Festivals se sont donnés la main de Vienne a Aix en passant par Arles, Avignon et Orange.L'an dernier, Vienne, du 28 au 30 juin donna dans son théâtre antique une oeuvre de Gabriel Audisio : Incarda sous la direction de Jean Herve, en même temps à Arles les gardians, et les bergers de la Camargue célébrèrent leur fête patronale par les traditionnelles courses de taureaux et par des jeux équestres, où l'habileté des cavaliers rivalise avec la grâce des filles vêtues de velours, de soie et de dentelles.Arles romaine, sarrasine et médiévale ajoute encore au prestige de son amphithéâtre celui de son théâtre antique, où les trois colonnes de marbre rose se prêtent aux jeux de scène les plus divers.Pourtant Vienne avec la création d'Incarda, Arles et ses jeux folkloriques ne furent que le prélude aux réjouissances, qui pendant tout le mois de juillet se déroulèrent en Provence.A partir du 15 juillet c'est Avignon qui attira la foule avec son festival d'art dramatique, où la troupe de Jean Vilar mit en scène le Cid de Corneille, avec Gérard Philipe incarnant Rodrigue, Françoise Spira Chimène et Jean Vilar le roi, ainsi que l'oeuvre d'Heinrich von Kleist Le Prince de Hombourg où Gérard Philipe assuma le rôle du prince de Hombourg.Les mots sont impossibles à exprimer l'émotion qui empoigne le spectateur lorsque subitement projeté hors du temps, il vogue dans une illusion que le profil des créneaux, les étendards flottants au vent et le son des trompettes qui réveille les échos du passé, entretiennent pleinement.Et, lorsque le spectacle terminé la foule s'écoule entre les deux battants de l'énorme porte cloutée, chacun se demande si les pas qui résonnent sur les pavés, et les murmures qui montent le long des ruelles étroites sont ceux du public du XXe siècle, ou bien si ce sont les contemporains de Pétrarque qui lui ont tenu compagnie.D'ailleurs Jean Vilar alterna les représentations qu'il donna dans la cour du Palais, avec celles qu'il joua dans le Verger d'Urbain V, où devant un mur haut de plus de deux cents mètres et entièrement drapé de vigne vierge, il évoqua dans La Calandria les gracieux personnages du Cardinal Divizzio di Bibbiena, costumés par Gischia et\t[Lire la suite page 381 wmm ¦¦ \\ r, Ir~r~tr S?1 Traditionnel jeu de l'olivier en Provence.(Photos S.F.T.I Vue d'ensemble du Palais des Papes à Avignon.W ê> J Le Samedi, Montréal.14 février 1953 7 f marge d métier u d\u2019acteur Un \u201c Violon d\u2019Ingres \u201d est indispensable à ceux qui risquent de s'abrutir par un travail trop intensif dans les studios.par LOUISE G I L B E R T - S A U V A G E UN acteur réussit-il mieux sa carrière théâtrale, s\u2019il s\u2019y consacre à l\u2019encontre de tout ce qui pourrait l\u2019en distraire .?En d\u2019autres termes, fest-il bon pour un acteur de se donner exclusivement à son art, pour y réussir ?« Mille fois non répond James Mason à un groupe de journalistes qui lui posent cette question.« Oublier que l'on est acteur, le plus souvent possible.Entre les films, s\u2019évader du lieu où l\u2019on a vécu les heures de travail intense, de concentration que demande l\u2019interprétation d\u2019un caractère qui est parfois à l\u2019opposé de l\u2019intime Moi de l\u2019artiste qui le représente ».« On est quelque peu porté à juger sévèrement les balivernes parsemant plusieurs vies d\u2019acteurs.Je crois qu\u2019on leur doit une certaine indulgence et que l\u2019on manque souvent de compréhension à leur endroit.Sans doute tout n\u2019est pas permis moralement aux gens du \u201cmake-believe\u201d ; mais laissez quelques semaines de repos, de réclusion à un « jeune fou », après des mois consacrés à vivre intensément sous la peau d\u2019un caractère plus ou moins déséquilibré, laissez-le vivre au grand air, sous la saine influence de la grande Nature, et il redeviendra normal.» Ce qui reviendrait à dire que les studios n\u2019auraient pas une si mauvaise idée en incorporant sur un contrat à long terme, trois ou quatre semaines de voyage en dehors de la fièvre de Hollywood, entre chaque film de leurs pensionnaires.Les haltes loin des tracas habituels constituent une cure efficace dans la vie de tout etre normal, à plus forte raison sont-elles nécessaires dans l\u2019existence de ceux qui, par leur métier d\u2019artiste, doivent forcément revêtir un caractère étranger exigeant un effort et une concentration quotidienne parfois mentalement douloureuse.« Il reste entendu », ajoute Mason, « que l\u2019on ne réussit jamais vraiment bien que dans ce que l\u2019on connaît parfaitement.Il ne faut pas demeurer novice dans son métier ; mais l\u2019étudier à fond, s\u2019y perfection- ner, travailler à outrance afin de passer maître dans sa spécialité.Autrement, c\u2019est la médiocrité qui ne nous quitte pas et elle ne fait pas le bonheur ! » « Il est fortement à conseiller, cependant, à quiconque est arrivé à maîtriser le métier, d\u2019en sortir, et le moyen le plus facile serait bien le « violon d\u2019Ingres ».Les à-côtés, d\u2019une carrière sont des accessoires indispensables à toute ascension ».Plusieurs artistes, parmi les meilleurs ont d\u2019ailleurs pratiqué cette théorie.Le \u201cSunset Strip\u201d, à Hollywood, regorge de \u201cshops\u201d appartenant à des acteurs et actrices dont elles sont le \u201chobby\u201d, en même temps qu\u2019un placement de tout repos.Pour affirmer ce qu\u2019il atteste, les Mason, Pamela et James ont fait une réelle fortune, depuis leur venue en Amérique, comme propriétaires fonciers.Ils ont acheté une douzaine de maisons que Pamela prend plaisir à décorer avant de les louer.Elle en retire un beau revenu.James Mason aime à répéter qu\u2019il est un architecte raté ; il y a décroché son B.A.avant de devenir acteur.Encore au collège, il reçut de tels éloges d\u2019un rôle qu\u2019il tint dans \u201cWhite Devil\u201d, à Londres, qu\u2019il résolut de se joindre à une compagnie de théâtre ambulant Ensuite il eut la chance d\u2019être enrôlé dans la troupe de Noël Coward.C\u2019est en 1933 qu\u2019il fit partie du Théâtre de Londres, dans \u201cGlorious Gallows\u201d.En 1935 il débuta à l\u2019éeran avec \u201cLate Extra\u201d, alternant ensuite entre le cinéma et le théâtre proprement dit.Puis ce fut \u201cOdd Man Out\u201d, et surtout \u201cThe Seventh Veil\u201d que j\u2019ai bien vu sept fois, pour ma part, et qui lui attira l\u2019attention des producteurs de Hollywood.Il y vint en 1948.On le vit dans \u201cCaught\u201d, \u201cA Lady Possessed\u201d, \u201cFive Fingers\u201d, \u201cThe Prisoner of Zenda\u201d, \u201cJulius Cea-sar\u201d.Prochainement, nous le verrons dans \u201cFace to Face\u201d.Ses intimes le reconnaissent rêveur ou méditatif.Bien que timide, réservé, il n\u2019est pas farouche.Il s\u2019est James Mason, vedette internationale, qui tourne autant de films à Hollywood qu\u2019à Londres depuis ses débuts à l\u2019écran en 1935.créé ici la réputation d\u2019un être sympathique.Extrêmement versatile, il possède plusieurs cordes à son arc.Mais, ne lui demandez pas d'occuper une fonction publique, car il a en horreur de se mettre en avant.En somme, James Mason est de caractère discret.C\u2019est aussi un artiste consommé dans l\u2019art du croquis.Quant aux sports, une course vers l\u2019océan et un plongeon le rendent plus heureux que le golf qui en attire tant d\u2019autres, et qui l\u2019ennuie.Bien qu\u2019il n\u2019aime pas trop les chiens, il adore les chats, préférence qu\u2019il partage d\u2019ailleurs avec sa femme.J\u2019en ai compté neuf, tous plus remuants les uns que les autres, et maîtres de céans.Les pique-niques ne lui disent rien, non plus que les gens qui mâchent de la gomme, assure-t-il en riant.Et pourtant, cet artiste se délecte du jazz (le bon, affirme-t-il), et de Dick Tracy.Nature humaine .ô contradiction .! J ornes Mason et Alan Ladd tiennent tous deux les premiers rôles dans \"Botany Bay\", un grand film d\u2019aventures qui raconte l\u2019histoire de la colonisation du continent australien en 1787.Alan Ladd K\" .% Le célèbre acteur anglais répète le rôle qu\u2019il tient dans \"Caught\" avec sa partenaire, la vedette américaine, Barbara Bel Geddes.Robert Ryan tient aussi un rôle dans ce film.fjf 8 Le Samedi, Montréal, 14 février 1953 -Roman policier \u2014-\u2014\u2014\u2014\u2014 LE SERPENT DE LUMIÈRE ________________________par MAURICE LIMAT- Ie vous troublez pas, madame, dit doucement Teddy Verano.Je suis ici pour vous aider.non pour vous nuire.Geneviève secoua la tète approbativement.Le détective la considéra un moment avant de reprendre la parole.Geneviève Brindel portait, sur elle, le masque indéfinissable des destins tragiques.Comment cela se faisait-il ?Teddy, malgré sa grande expérience des humains, n\u2019aurait su le dire.Elle était jolie, fine, avec un air rêveur qui ne devait pas seulement être attribué à son récent veuvage.Elle se taisait, les yeux au loin.Le salon, meublé à l\u2019orientale, à peu près comme toutes les autres pièces du pavillon habité par les Brindel, semblait favoriser ces allures mystérieuses.Teddy Verano, en sa qualité de détective, aimait le mystère.Toutefois, il s\u2019en méfiait lorsque l\u2019ambiance, le décor, semblaient volontairement créer le malaise, l\u2019obscurité, l\u2019énigme.Brindel était mort.C\u2019était un fait.D\u2019une mort mal expliquée, provoquée par une intoxication animale, sur laquelle le médecin légiste n\u2019avait pu se prononcer.Le drame s\u2019était joué dans ce pavillon de Passy, meublé avec tous les souvenirs de voyages de Brindel, gros commissionnaire, qui, de ses nombreux séjours en Extrême-Orient, avait ramené de quoi métamorphoser l\u2019intérieur de sa demeure en une succession de pagodes, de palais en miniatures, de fumeries et autres habitats orientaux.\u2014 Je suis votre ami, répéta Teddy Verano.D\u2019ailleurs, n\u2019est-ce pas sur votre désir que je suis venu ?Geneviève fit oui, très doucement : \u2014 On m\u2019a vanté vos mérites, monsieur Verano.Dans mon désarroi, et sur le conseil de ma soeur, qui a beaucoup insisté, je vous ai fait appeler.Les inspecteurs de la P.J.ont été sévères.C\u2019est leur devoir, je le sais.Mais la mort de mon mari, mort inexpliquée, sinon inexplicable, fait peser de lourds soupçons sur cette maison.Le malaise doit se dissiper.\u2014 Nous essayerons d\u2019y parvenir.Toutefois, vous n\u2019avez nullement été inquiétée ?.Geneviève tressaillit comme si elle eut aperçu quelque bête immonde : \u2014\tInquiétée?.Vous voudriez dire que.\u2014 Enfin.je m\u2019excuse.En cas de crime, on doit soupçonner tout le monde ! La jeune femme éprouva une crispation du visage : \u2014\tMon pauvre Georges.Non ! Tout de même.on n\u2019oserait pas prétendre.\u2014\tVous m\u2019avez dit que les inspecteurs ont été sévères ?\u2014\tL\u2019inspecteur Famèse, surtout.Teddy hocha la tête.Il connaissait l\u2019inspecteur Farnèse depuis toujours.Il savait que peu de criminels lui échappaient.L\u2019expérience l\u2019avait souvent prouvé.Il jugea bon d\u2019apaiser Geneviève : -\u2014Famèse fait son devoir, chère madame.Mais ici, les soupçons, si soupçons il y a, ne peuvent s\u2019étendre à beaucoup de personnes.Voyons, vous étiez mariés depuis.\u2014\tDepuis deux ans.J\u2019avais connu Georges avant son dernier départ pour Singapour.Nous nous aimions.Nous nous étions promis de nous attendre mutuellement.Il est revenu et.nous nous nous sommes mariés.tout simplement.Elle fit un petit temps.Un sanglot monta à sa gorge : \u2014\tNous étions très heureux.C\u2019est tout !.Elle abaissa ses paupières pour masquer l\u2019éclat de son regard, à l\u2019évocation de ce passé heureux.\u2014\tComme elle a dû l\u2019aimer, songea le détective.Une passionnée, cette petite Geneviève.Maintenant, il est mort.empoisonné de façon inexplicable.Sans doute veut-elle savoir la vérité, toute la vérité.c\u2019est pour cela qu\u2019elle m\u2019a fait venir.\u2014\tMadame Brindel, reprit-il, tout haut, je m\u2019excuse.Je respecte infiniment votre douleur.mais je dois vous poser quelques questions.Elle tamponnait ses yeux rougis.Relevant la tête, s\u2019efforçant de retrouver le calme, elle répondit : \u2014\tSoyez indiscret, monsieur Verano.Je vous le demande.Pendant une demi-heure, elle s\u2019efforça de répondre, aussi clairement que possible, à ses investigations dans le domaine privé.Teddy tenait surtout à connaître les familiers de la maison.Il pouvait constater, d\u2019après le témoignage de Geneviève, que ceux-là étaient assez peu nombreux, ce qui limitait le champ des recherches.Brindel n\u2019avait, pour famille, que des cousins éloignés, demeurant en province.Geneviève, dont les parents étaient très âgés, et fort peu alertes, les voyait rarement.Par contre, sa soeur et son beau-frère demeuraient avec elle en contact fréquent.\u2014\tNous recevions fort peu.assura Mme Brindel.Il estimait que notre bonheur se suffisait.A part quelques relations de cercle.\u2014\tIl fréquentait un cercle ?\u2014\tOui.En dehors de notre vie commune, de nos sorties, des concerts ou des spectacles où nous nous rendions tous les deux, il n\u2019avait d\u2019autre distraction que ce cercle \u2014 le « Fizz-Club ».Il s\u2019y rendait en moyenne deux fois par semaine.\u2014\tVous laissant seule, chère madame?\u2014\tNon.Le plus souvent, je profitais de cette liberté pour aller voir ma soeur et mon beau-frère.qui ne venaient jamais ici.mon pauvre Georges De sympathisant pas avec eux.\u2014\tVous m\u2019avez dit que vous receviez quelques relations de M.Brindel ?Elle approuva de la tête : \u2014\tOui.Trois de ces messieurs, que nous voyions quelquefois, assez rarement : le banquier Ozel, dont vous connaissez sûrement le nom.Jacques de Puy-raie, un éleveur de purs-sang.Teddy assura qu'il connaissait ces messieurs de nom.\u2014\tEt puis ?.\u2014\tM.Maxime Pierre.\u2014\tCe nom ne me dit rien.\u2014\tUn garçon extrêmement distingué.Féru d\u2019orientalisme.\u2014\tEst-ce pour cela que ce M.Maxime Pierre a sympathisé avec M.Brindel, lequel, si j\u2019en crois le décor de cette maison, gardait un goût prononcé pour l\u2019Extrême-Orient ?Il crut voir un sourire imperceptible sur les lèvres de la jeune femme : \u2014\tPeut-être.Vivement, elle reprit : -\u2014 De toute façon, je dois dire qu\u2019ils ont été parfaits pour moi.Après le.le drame.Ils m\u2019ont aidée, épaulée.La cérémonie a été réglée par eux, ils ont fait toutes les démarches nécessaires, mon beau-frère étant précisément retenu à Londres, et rentré seulement hier.Ma soeur leur a d\u2019ailleurs exprimé en son temps toute notre reconnaissance.Teddy réfléchit un instant : \u2014\tVoyons.Ce fait s\u2019est produit il y a à présent une semaine.Tout d\u2019abord, le médecin a refusé le permis d\u2019inhumer.En effet, vous avez retrouvé M.Brindel, en robe de chambre, sur le palier du premier étage.Il avait cessé de vivre.Arrêt instantané du coeur.L\u2019autopsie a été ordonnée, a prouvé une intoxication par un poison d\u2019origine animale.ce qui a provoqué l\u2019enquête.-M.Brindel est enterré depuis deux jours.Et la P.J.n\u2019a pas dit son dernier mot.\u2014 On ne saurait mieux résumer la situation, dit simplement Geneviève, Teddy fit un petit temps et reprit : \u2014 Vous n\u2019aviez pas d\u2019autres domestiques que celui que j\u2019ai vu ?Ti-Haï, le boy que mon mari avait ramené de Singapour.C\u2019était pour lui un ami fidèle.J\u2019avoue que, dans les premiers mois de mon mariage, j\u2019ai eu quelque peine à m\u2019habituer à ce garçon sans âge, au visage impénétrable.Mais il vaut toutes les femmes de ménage du monde.Silencieux, un peu trop peut-être, il est d\u2019une discretion et d une célérité sans égales.J\u2019ai fini par m\u2019y habituer.Je n\u2019ai jamais eu qu\u2019à me louer de lui.Est-ce lui qui a trouvé le corps de M.Brindel ?.\u2014 Oui.Il commençait à faire sombre, dans le petit salon aux laques noires.Vous avez là de bien curieux objets, dit Teddy Verano.Son regard errait du bouddha d\u2019or vert au collier de plaques de jade, des ivoires érotiques aux vases fondus selon des procédés perdus depuis la dynastie des Ming.Il s arrêta un instant sur un curieux serpent, taillé dans une matière semblable à 1 albâtre vieilli, haut d'un PRIERE DU SOIR\t \t11 fait un soir tendre Et triste à la fois.Où l'on croit entendre De lointaines voix .Lève tes grands yeux, joins tes jolis doigts ! Il fait un soir tendre et triste à la fois .\t \tDans le clair espace, \u2014 Lève tes grands yeux ! \u2014 Un oiseau qui passe Fuit vers d'autres deux.Lève tes grands yeux !.\tPour quelque âme éteinte, \u2014 Joins tes jolis doigts ! \u2014 Une cloche tinte Par-dessus les bois .Joins tes jolis doigts ! .Il fait un soir tendre et triste à la fois .Lève tes grands yeux, joins tes jolis doigts !\t \tAndré Rivoire.\tExtrait de « Dans mon jardin », Fides Le Samedi, Montréal, 14 février 1953 9 demi-mètre, et qui, lové sur lui-même, ouvrait une gueule menaçante.Chose curieuse, dans la pénombre qui envahissait doucement la maison tragique, le serpent paraissait irradier.C\u2019était à peine perceptible, mais Teddy en avait vaguement l\u2019impression.\u2014\tQuel est donc ce monstre ?Geneviève murmura : \u2014\tLe serpent de lumière.Un des nombreux souvenirs de mon mari.Il paraît qu\u2019il lui avait été remis par un fakir auquel il avait rendu quelques services, alors que ce personnage avait des ennuis avec la police de Singapour.Georges y tenait beaucoup.Teddy remarqua, sans rien dire, que la voix de Geneviève s\u2019était singulièrement altérée.Alors que, jusqu\u2019à présent, elle s\u2019était exprimée avec douceur, contenant son émotion, elle s\u2019animait singulièrement, en parlant du curieux objet indomalais.Teddy flaira quelque chose d\u2019intéressant et se garda bien d\u2019interrompre la jeune femme.\u2014.Je ne peux pas dire que j\u2019aime le serpent de lumière, poursuivait-elle, pas plus d\u2019ailleurs que toutes ces « chinoiseries ».Je les supportais fort bien, parce que Georges y tenait beaucoup.Mais, maintenant, ce cadre me rappelle trop de souvenirs.Peut-être m\u2019en déferai-je un jour.Elle se tut.La pièce s\u2019encombrait d\u2019obscurité.Des tas d\u2019ombres s\u2019amoncelaient dans les angles.Dragons, oiseaux fantastiques, magots ricaneurs, singes maléfiques, mousmées languissantes et monstres surprenants, toutes les créations d\u2019un Orient lointain et ésotérique commençaient alors leur vie propre.Teddy Verano aurait pu se croire transporté dans quelque pays de mystère, décor convenable pour le drame encore inexpliqué qui s\u2019était déroulé dans le petit pavillon de Passy.Il voyait la silhouette de Geneviève souple, moulée par la robe noire, et ses cheveux clairs mettaient une tache presque blanche, dans ces ténèbres commençantes.Il reporta son attention vers l\u2019étrange relique : \u2014 Vous me parliez du serpent de lumière.Il avait souci de ramener la conversation sur ce point.Cette idole quasi phosphorescente l\u2019attirait.D\u2019ailleurs, Mme Brindel ne fit aucune difficulté pour parler de nouveau.On eût dit, une fois encore, qu\u2019elle y prenait un étrange plaisir, presque pervers.\u2014 Oui, le serpent, répétait Geneviève.Georges avait, pour cette chose, une prédilection que je n\u2019ai jamais parta- ^ gée.Il faut vous dire que là-bas, dans cet Orient qu\u2019il affectionnait (elle eut le geste vague qui désigne les choses inaccessibles et un peu effrayantes) les sorciers, les fakirs comme celui qu\u2019il avait sauvé possèdent des secrets qui nous étonnent, nous, Européens.\u2014 Le serpent de lumière serait-il un objet magique ?\u2014 Georges le croyait.murmura Geneviève.Teddy se tut, pensant quelle allait parler encore.C\u2019est alors qu\u2019un incident, absolument bénin en apparence, interrompit leur tête-à-tête.Dans le salon des laques noires, la lumière se fit soudain.L\u2019électricité, bien que diffusée par différents foyers dissimulés dans des poteries ou dans des lanternes tamisées, était encore assez brutale pour les ramener rudement à Passy, et non plus dans un rêve chinois.Ils se virent, bien en face, devant eux, entré dans la pièce avec tant de discrétion qu\u2019ils ne l\u2019avaient pas entendu, un curieux petit bonhomme vêtu de blanc.Veste de soie, pantalon un peu bouffant, turban et ceinture ad-hoc, il inclinait un peu de côté sa tête au faciès jauni, poli, sans âge, comme les bouddhas qui souriaient sur les étagères.Il semblait surpris de les trouver là.Il s\u2019inclina et fit mine de se retirer sur la pointe des pieds.Geneviève l\u2019interpella, avec humeur : \u2014\tEh bien, Ti-Haï, en voilà des façons.Ti-Haï, le boy indonésien, s\u2019inclina de nouveau.Il parla.Teddy Verano constatait que ses lèvres semblaient à peine remuer, que sa voix était monocorde, presque sans personnalité : -\u2014 Pardon, Madame.Moi pas savoir Madame ici, avec Monsieur.\u2014\tA l\u2019avenir, je te prie de prendre garde.\u2014\tOui, Madame- Nouveau salut.Ti-Haï allait se retirer.Mais Teddy Verano, qui avait observé un singulier détail, leva la main courtoisement, vers Geneviève : \u2014\tPermettez, chère madame, voulez-vous prier Ti-Haï de demeurer un instant- Geneviève approuva de la tête.Il lui sembla que cette intervention déplaisait à la jeune femme, mais il parut n\u2019y point prendre garde.Il demandait, feignant l\u2019amusement : \u2014\tQu'est-ce que Ti-Haï tient à la main ?Une aventure policière passionnante oppose un détective habile et une jeune veuve charmante aux mystérieux venins orientaux.Dessin de JEAN MILLET Geneviève eut un sourire un peu contraint.\u2014\tOh !.ce n\u2019est rien.C\u2019est une cage à mouches.Ti-Haï, automatiquement, sans trace de sentiment apparent, montrait l\u2019objet et Teddy, amusé, constatait que c\u2019était en effet une de ces petites cages de verre, qu\u2019on vend aux ecoliers, lesquels s amusent à y mettre des insectes ailés, généralement pendant les heures de classe.\u2014\tTi-Haï joue à attraper les mouches.\u2014\tC\u2019est une manie, dit Geneviève.Tous les soirs, à cette heure, il se promène dans la maison.Nous avons un jardin, et les papillons, les insectes sont nombreux qui pénètrent dans les maisons à la tombée du jour.\u2014\tMais, pourquoi fait-il cela ?Ti-Haï ne répondit pas.Geneviève, que l\u2019incident agaçait visiblement, haussa les épaules : \u2014\tMa foi, je n\u2019en sais rien.Ti-Haï est la discrétion même.Georges et moi-même avions l\u2019habitude de ne pas l\u2019interroger là-dessus.\u2014\tJe ne serai pas plus indiscret, dit Teddy.Ti-Haï se retira.Sa présence était tellement effacée qu\u2019on ne s\u2019aperçut pas très bien de son départ.Geneviève en paraissait cependant soulagée.Maintenant, avec la lumière, le voile ambiant s\u2019était un peu déchiré.Teddy Verano se leva, et, tout naturellement, comme un amateur d\u2019objets d\u2019art, il alla regarder de près le serpent de lumière.\u2014\tJolie chose, dit-il, un peu inquiétante.Mais c\u2019est dommage, à la clarté, il n\u2019irradie plus.Est-il creux ?Il approchait ses doigts de l\u2019orifice.\u2014\tNon.n\u2019y touchez pas, dit vivement Geneviève.Il se retourna, vit le beau regard jeter un feu an- [ Lire la suite page 13 ] 10 Le Saviedi, Montréal, 14 février 1953 T 'homme offrait un visage navré, mais ne trouvait rien à répondre.Bernard observait la scène avec une secrète satisfaction Mais il n omettait pas de juger que la fille était belle et que la colère lui seyait bien.Jolie rousse au teintmat au corps harmonieux, aux jambes et aux chevilles racees.Son regard flambait d\u2019un éclat extraordinaire.Le jeune homme sentait, malgré lui, fondre sa rancune.Rageusement, la jeune femme prit place à ses cotes.Pour la premiere fois, Bernard nota qu\u2019une légère blessure marquait son front pur.\t_ Le patron de l\u2019hôtel lui témoignait toujours un interet très accentue.Bernard devina que sa présence adipeuse irritait la jeune femme.\u2014\tQue puis-je faire pour vous être agréable?risqua 1 homme, emprunte mais souriant.Elle bondit, agressive :\t.\u2014 Agréable ! Agréable ! ma bagnole est fichue, je perds la carrosserie ! Et vous n\u2019avez pas de mécano !.Et je vais manquer un rendez-vous d\u2019importance ! ___De toute façon, une telle réparation.commença l\u2019homme, refroidi.\u2014\tNaturellement.C\u2019est bien ma veine! Bernard toussota légèrement.Une idée, une bonne idée venait de naître dans son esprit.La jeune femme détourna la tête et rougit.Préoccupée jusqu\u2019alors, elle ne l\u2019avait pas encore remarqué.\u2014 Excusez-moi, dit-elle doucement, mais je suis tellement irritée.NOUVELLE L\u2019ACCIDENT par JEAN DAGUENEAU Devant l\u2019évidence de l\u2019accident, Bernard Vaupré fit appel à tout son sang-froid.Le choc des deux véhicules, lancés à vive allure, s\u2019avérait inévitable.\u2014 Je suis pourtant dans mon droit ! pensa Bernard, l\u2019espace d\u2019un dixième de seconde.Car, à l\u2019instant même où le jeune homme réalisait la catastrophe et en supputait mentalement les conséquences, celle-ci s\u2019était déjà produite.Pourtant, au moment précis de la collision, Bernard d\u2019un brusque coup de volant vers la droite, avait tenté l\u2019impossible.En vain ! l\u2019aile de sa voiture n\u2019avait pu éviter l\u2019obstacle : une magnifique 202 sport toute neuve, que pilotait une jeune femme littéralement désemparée et sans doute conductrice peu experte.Bernard, fataliste et tous muscles bandés, subit le heurt avec une conscience désarmante.Après un brutal accrochage et un magistral tête-à-queue, le jeune homme arc-bouté à son volant, se retrouva à deux doigts d\u2019un marronnier, passablement étourdi mais étonné de s'en tirer à si bon compte.Par un réflexe tout naturel, il bondit hors de sa voiture, avec l\u2019appréhension d\u2019une horrible vision : le spectacle d\u2019un cadavre mutilé baignant dans une mare de sang ! Mais une vive stupéfaction se peignit sur son visage.Filant vers l\u2019horizon à toute allure, la 202 disparaissait peu à peu.\u2014 Ça c\u2019est trop fort, par exemple ! tempêta Bernard, au comble de la fureur et lorgnant avec amertume l\u2019accroc que portait son pantalon.Ça c\u2019est trop fort !.la garce !.L\u2019imprudence de cette femme ; son impudence et son inconscience le révoltaient.\u2014 C\u2019est une folle! maugréa-t-il.Bernard ne pouvait admettre ni comprendre son attitude.\u2014 Elle a fui comme un voleui ! ragea-t-il.Ou bien elle redoutait mes reproches !.Le jeune homme examina sa traction et l\u2019aile gauche déchiquetée qui pendait lamentablement.\u2014 Rien au moteur, monologua-t-il; je veux retrouver cet oiseau rare ! Il mit en marche, rapidement, et fit virer de bord sa voiture.\u2014 Tant pis pour la réception de l\u2019oncle Antoine! s\u2019exclama-t-il.Et pour sa charmante nièce ! tandis que l\u2019automobile prenait de la vitesse.Bernard escomptait rejoindre bientôt la fuyarde.\u2014 J\u2019ai sérieusement touché sa bagnole, pensa-t-il.Je la dénicherai dans un prochain garage.Les kilomètres défilaient et Bernard commençait à perdre patience \u2014 C\u2019est impossible, pourtant que ce « bolide » ait quitté la grand-route ! rumina-t-il, profondément énervé.Bernard traversa coup sur coup trois villages, à l\u2019allure d\u2019un cyclone.La nuit tombait.Et le jeune homme songeait avec regret qu\u2019il lui serait bientôt impossible de poursuivre plus avant ses recherches.A Bessay, découragé et dépité, il décida d\u2019abandonner la lutte.\u2014 Demi-tour, mon garçon! La dame au cabriolet jaune a gagne.Tu en es pour tes frais, soupira-t-il.Bernard freina et lentement débraya.Sa traction dépassait un hôtel.Sous le porche, un cabriolet jaune était engagé, près duquel plusieurs personnes \u2014 dont une femme \u2014 gesticulaient et paraissaient discuter ferme.Bernard ne put maîtriser un cri de joie.\u2014 Elle!.C\u2019est elle! jubila-t-il.Il accéléra et stoppa plus loin sa machine, dans une petite rue déserte.Puis, à pied, il revint sur ses pas, d\u2019une allure décidée, le regard brillant et le sourire aux lèvres Son pardessus masquait l\u2019accroc de son pantalon.Bernard pénétra dans l\u2019hôtel et sollicita une consommation.Bientôt, la propriétaire du cabriolet fit son apparition au bar.Un homme \u2014 le patron de l'hôtel, sans doute \u2014 l\u2019accompagnait.La jeune femme, nerveuse, ne cessait de se lamenter.\u2014 Fâcheux contretemps ! Fâcheux contretemps !.Pas un mécanicien dans ce bled ! C\u2019est une honte !.Et mon rendez-vous ?De quoi vais-je avoir l\u2019air !.La nuit tombait.Et le jeune homme se rendit compte quil lui serait impossible de poursuivre plus avant ses recherches.\u2014 Elle, c\u2019est elle, murmura-t-il en apercevant la jeune femme ! .Dessin de JEAN MILLET Le Samedi, Montréal, 14 février 1953 11 DANS LE MONDE SPORTIF par OSCAR MAJOR Choses et autres ¦\tSaviez-vous que l\u2019ancien jockey Walter Miller, qui a conduit 388 montures à la victoire, en 1906, soit le même nombre que les jockeys Culmone et Shumacher, en 1950, trois tenants du record mondial que le jeune Tony Despirito a brisé avec 390, terminait ses jours dans un asile d\u2019aliénés d\u2019Orangeburg, N.Y.Seuls, ses proches parents ont le droit de lui rendre \u2018visite, de temps à autre.Pourquoi ?Les médecins craignent une aggravation de sa maladie mentale, si quelqu\u2019un lui annonçait le bris de son record mondial !.¦\tRéponses à MM.J.Favreau et C.Amyot, Montréal.1° N\u2019ajoutez pas foi, messieurs, à un tas de racontars de Titoine Connaissant, qu\u2019ils soient de la Ligue du Vieux Poêle ou d\u2019ailleurs ! Le gérant du club de hockey Canadien Junior, Sam Pollock, qui n\u2019est pas d\u2019origine canadien-ne-française, aime les athlètes cana-diens-français, qui donnent leur plein Non, pas ça ! Tout en voulant le bien, on réussit souvent le contraire ! Les bonnes pensées sont, parfois, mal interprétées par les personnes, auxquelles elles s\u2019adres-tent ! Jeunes athlètes, ou même moins jeunes, n\u2019arrangez pas vos flûtes, à la suite de tous les succès, pour passer la seconde moitié de votre vie à regretter la première ! Il y en a un très grand nombre qui* ont suivi cette mauvaise ligne de conduite ! rendement au jeu.Une preuve, entre autres : depuis qu'il dirige les destinées du Canadien Junior, Sam Pollock, son club d\u2019étoiles du jeune club tricolore est le suivant : Jacques Plante, cerbère ; Dollard St-Laurent et Roland Rousseau, défenses ; Bernard Geoffrion, ailier droit ; Jean Béliveau, centre, et Dickie Moore, ailier gauche.2° Un grand nombre d\u2019erreurs se glissent dans le livre des records de la N.H.L., dernière édition, 1952-53.Entre autres : à la page 139, on publie le record complet du combatif Elmer Lach, du Canadien.En additionnant le total de ses buts et assistances, dans les joutes régulières et les parties éliminatoires de fin de saison, il mérite le grand total de 612 points, un record de tous temps (avec ses buts et assistances de cette année, il frise 640 points, conjointement avec Maurice Richard, au moment où ces lignes sont écrites).Si l\u2019on se réfère à la page 32, on voit que l\u2019on attribue que 609 points au rude Lach.Le statisticien de la N.H.L.n'est pas à la page, car il a oublié, par ignorance, le but et les deux assistances qu\u2019Elmer a réussis, au cours des séries mondiales de la dernière saison.Notre statisticien expert, Jean Barrette a, maintes fois, relevé ces erreurs.Il faut donc croire que les magnats de la N.H.L., presque tous des millionnaires, préfèrent se couvrir de ridicule, se rire de tout le monde, de certains rédacteurs sportifs.Quand les mogols remédieront-ils à cet état de choses ?Peut-être quand les poules porteront bretelles et les vaches des ailes ! Alors, nous nous engageons à payer le prix des bretelles de quelques poules \u2014 à condition qu\u2019elles ne soient point des poules de luxe !.¦\tRéponse à M.D.S., Montréal.D\u2019après votre lettre, qui nous a touché profondément, vous êtes un fervent de tous les sports, ou à peu près, et marié depuis cinq ans, seulement.Nous vous conseillons de reprendre votre femme, qui s\u2019est égarée, dans un moment d\u2019étourderie, vu son jeune âge.Comme vous le dites, vous n\u2019auriez pas dû durant vos fréquentations, lui faire voir les représentations de certaines boîtes de nuit, auxquelles elle a pris goût, sans savoir que ce sont des lieux où la morale n\u2019est pas observée.Pourquoi ?Ceux qui fréquentent assidûment ces établissements nocturnes n\u2019ont aucune envie de réciter leur chapelet, de temps à autre ! Ce sont des libertins ! Et nous l\u2019écrivons, avec un tas de preuves à l\u2019appui ! Il nous fait peine de vous dire que vous êtes le plus grand coupable ! De plus, ce qui nous attriste davantage, c\u2019est que vous n\u2019êtes pas le seul, malheureusement, à connaître un semblable sort, que vous avez pourchassé, sans savoir le vieux précepte suivant : Il ne faut pas mettre dans une cave un ivrogne, ou une ivrognesse, qui a renoncé au vin, même le plus mousseux ! ¦\tLes nombreuses unions ouvrières de notre province nous font penser à la lutte libre, au sein duquel existent plusieurs champions du monde, qui poussent comme des champignons !.Pourquoi ne pas arranger ses flûtes pour ne reconnaître qu\u2019une seule union ouvrière, qui dirigerait sa barque, à la satisfaction de tout le monde, employés et employeurs ?Dans le monde de la lutte libre, c\u2019est une affaire impossible, car les promoteurs divisent pour régner.Il vaudrait mieux que, au point de vue sociabilité chrétienne, il n\u2019en fût pas ainsi dans le monde ouvrier, dont la majorité des membres ont plusieurs bouches à nourrir, quoi qu\u2019en pensent un certain nombre de profiteurs qui, eux, ne s\u2019embarrassent pas de cette responsabilité !.Il y a un tas de gens, qui se délectent à compliquer les choses, alors que notre Créateur les a créées si simples !.De plus, d\u2019après l\u2019Office américain des statistiques, dans 22 ans, les unions ouvrières des Etats-Unis compteront près de 89,000,000 de membres, dont la grande moitié s\u2019occupe de différents sports.Les statisticiens américains croient qu\u2019en 1975 le nombre des femmes au travail sera augmenté de beaucoup, soit de 18,000,000 à 29,-000,000.Par conséquent, les changements de la vie sociale seront très nombreux, durant le prochain quart de siècle, au cours duquel la moyenne de vie, grâce aux perfectionnements de la médecine et à un régime plus hygiénique, atteindra 70 ans.I Réponse à M.C.Malo, Montréal.Dans les joutes de la N.H.L., l\u2019arbitre mène le bal à sa guise.Il est parfois, sévère, d\u2019autres fois, pas assez, car il laisse faire un tas de joueurs, qu\u2019il devrait punir.Nous sommes d\u2019opinion que de 20 à 25 joutes de la N.H.L., à la suite de l\u2019extrême bonté ou de l\u2019extrême sévérité de l\u2019arbitre, histoire de corser le classement, ne sont pas gagnées par les meilleurs clubs.Et ce, depuis un certain temps ! ¦\tRéponse à M.J.C.Lacroix, Montréal.Voici notre franche opinion sur le sujet que vous nous soumettez, humblement comme vous le dites, à la suite d\u2019un pari de vingt dollars : Les pages sportives du quotidien français du matin Le Canada sont intéressantes.Toutefois, nous préférons, depuis un an environ, celles du Montréal-Matin, où nos jeunes confrères Jacques Beau-champ, Jean Séguin, Robert Chicoine et Jerry Trudel, sans omettre les compilations véridiques de Jean Barrette, abattent quotidiennement un excellent boulot, qui n\u2019est pas à la portée de tous les stylos ou les clavigraphes.Dans le même ordre d\u2019idées, les pages sportives de l\u2019hebdomadaire dominical La Patrie, avec Zotique Lespérance, Phil Séguin, Jean Barrette, Roger Me-loche et leur jeune assistant, sont plus instructives que celles du Petit-Journal, l\u2019hebdomadaire vendredinal (tous les articles doivent être dans les mains du prote, avant 7 heures du soir, le vendredi).En revanche, les autres pages du Petit-Journal ont plus de piquant, depuis un certain temps, que celles de La Patrie.C\u2019est du moins, notre avis.Nous sympathisons, de tout coeur, avec les perdants de ce billet de banque, qui nous éblouit.lorsquè nos yeux ont, rarement, la chance d\u2019en voir un semblable ! ¦\tRéponses à M.Paul Langlois, Montréal-Est.1\t\u2014 N\u2019allez pas croire que le jeune lanceur droitier, d\u2019origine polonaise, Stan Deneka, diplômé du Plateau, domicilié rue Moreau, n\u2019a pas bien traité le jeune joueur McManus, parce que ce dernier ne parlait pas anglais.Stan parle français, comme vous et nous.2\t\u2014 Les joueurs locaux de baseball, mentionnés dans votre lettre, n\u2019ont aucune chance de jouer pour un club des ligues majeures, pour des raisons nombreuses ; il serait trop long de les mentionner, dans cette courte chronique.¦\tRéponse à M.J.L.Latour, Montréal.Vous êtes le premier sportsman, qui nous demande notre opinion sur les joueurs de la N.H.L.de cette saison.La voici : Sur l\u2019alignement de, toutes les équipes du président Clarence Campbell, il n\u2019y a pas 60 joueurs, qui méritent le titre de joueurs de hockey majeur, sur un total d\u2019un peu plus de 100.Quelle en est la raison ?Une disette de bons jeunes hommes, se croyant plus fins que les autres, chercheraient à gagner leur vie honnêtement, au lieu d\u2019essayer de remplir leurs goussets d\u2019écus, à la pointe du revolver.Toutefois, nous sommes d\u2019opinion, et depuis longtemps, que ce miracle s\u2019opérera, lorsque les vaches seront contraintes de porter bretelles!.¦\tRéponse à M.J.-L.Gadbois, Montréal.Oui, monsieur, vous gagnez votre pari de cent dollars, heureux mortel que vous êtes ! Madame Germaine Guè-vremont, l\u2019excellente femme de lettres canadienne-française de Montréal, dont les romans (Le Survenant et Marie Didace) sont lus ardemment, est la charmante épouse de l\u2019un de nos confrères du Collège Ste-Marie, Hyacinthe Guèvremont, ex-Sorellois qui, il y a 40 ans, jouait pour les Canadiens professionnels majeurs, comme ailier, au cours de la saison 1912 - 1913.Va, Mike, et pêche encore ! Nous avons cru faire plaisir à nos lecteurs, grands amateurs de pêche, en reproduisant cet entrefilet des plus intéressants de notre bouillant confrère Paul Parizeau, chroniqueur sportif du «Canada», au sujet du cachottier Michel Normandin.Tiens, une autre qualité de l\u2019actif commentateur sportif de la radio mise à jour ! La'voici : « Michel Normandin, dont nos lecteurs lisent avec intérêt la chronique hebdomadaire dans nos pages sportives, est un amateur de pêche, qui diffère néanmoins de tous les pêcheurs que nous avons con- Non, pas ça ! Couramment, on dit tomber en amour ! On devrait dire, plutôt, monter en amour, qu\u2019il s\u2019agisse de sport ou d'autres choses ! Ce serait une preuve éclatante de notre souci de perfection ! Quel est le nombre de gens, qui visent à la perfection, en y mettant l\u2019épaule à la roue ?Plus- nombreux sont ceux qui, satisfaits de leur personne, se croient parfaits, en suivant le principe du moindre effort, que ce soit en sport ou en autres choses ! Ceux-là, nous n\u2019essaierons pas de les détromper ! nus .C\u2019est l\u2019habitude du pêcheur, non seulement d\u2019exhiber à .tout venant une belle prise ou de le crier sur les toits, mais d\u2019exagérer inconsciemment, lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un poisson échappé de l\u2019hameçon .Michel, pour sa part, est un pêcheur, qui aime goûter son sport favori dans la solitude .Ses amis les plus intimes ignoraient, probablement comme nous, qu\u2019il avait capturé deux poissons superbes, parmi tant d\u2019autres, au cours de la dernière saison .Ce n\u2019est qu\u2019en lisant la liste des gagnants des prix décernés, ces jours derniers, par la \u201cMontreal Anglers and Hunters, Inc.\u201d, lors de sa convention annuelle, que nous avons appris que Normandin avait obtenu le premier prix, pour la truite mouchetée, avec un specimen de 5 Ibs, 9 onces et le premier prix pour le doré avec une prise de 13 livres, 12 onces .Lorsque nous avons demandé à Michel s\u2019il était le pêcheur en question, il nous a répondu : « Oui, mais ne t en fais pas ! J\u2019ai été tout simplement chanceux ! » Cette chance est celle dont rêve tous les pêcheurs et qui, pour la plupart, ne devient jamais de la réalité.» Nous ne savions pas que Michel était un pêcheur (s\u2019il vous plaît, monsieur le typo, n\u2019allez pas capuchonné le premier e d\u2019un accent aigu !) endiablé ! .\\.(s.v.p., n\u2019oubliez pas de composer un accent aigu sur le dernier e 1). 12 Le Samedi, Montréal, 14 février 1953 *¦\t' s \" .'J :*dm Le Samedi, Montréal, 14 février 1953 13 LE SERPENT DE LUMIERE -Est-ce qu\u2019il mord?Faudrait-il écrire, près de lui : serpent méchant ?La jeune femme ne parut nullement apprécier la plaisanterie :* \u2014 Ne raillez pas, monsieur Verano.Je veux croire, comme nous tous, comme tous les êtres équilibrés, que le serpent n\u2019a aucun pouvoir.Et cependant.\u2014 Croyez-vous qu\u2019il ait, tout de même, quelque pouvoir?Un talisman?\u2014 Talisman fatal, en ce cas.\u2014 M.Brindel y croyait, lui, m\u2019avez-vous dit ?\u2014 Oui, chuchota-t-elle, comme si elle eut craint d\u2019éveiller des fantômes dans le pavillon tragique.Il disait même que.Oh ! mais vous allez trouver cela tellement ridicule.\u2014 Mais non, voyons.je me documente.\u2014 Eh bien, le serpent de lumière passe, en effet, pour exaucer les voeux de celui qui le possède.\u2014 Précieux objet! \u2014 Pour l\u2019invoquer, il faut psalmodier devant lui certaine mélopée, une de ces chansons lancinantes, au rythme bizarre, à la mélodie monotone, que connaissent les sorciers d\u2019Orient.\u2014 Et M.Brindel connaissait cette chanson ?\u2014 Oui.\u2014 J\u2019imagine que Ti-Haï, lui aussi, doit la connaître.Et vous-même ?Geneviève soupira : \u2014 Ti-Haï connaît, en effet, le moyen d\u2019apprivoiser ce monstre.Tout comme mon mari.Mais je n\u2019ai jamais été initiée au secret.D\u2019ailleurs, je ne voudrais pas.Brusquement, le beau visage paraissait souffrir.Teddy, touché, revint vers elle.Il l\u2019entendit répéter deux ou trois fois : \u2014 Je ne voudrais pas.je ne voudrais pas.\u2014 Vous croyez qu\u2019il porte malheur, n\u2019est-ce pas ?Et que, peut-être selon la légende, il demande un prix élevé en échange de ce qu\u2019il accorde ?Elle le regarda, un peu surprise : \u2014 Vous connaissez son secret?* \u2014 Mon Dieu, non.mais je le devine aisément.Les Orientaux sont très forts en la matière.Je reconstitue facilement la vérité.Dois-je vous dire que tout cela relève de la plus pure fantaisie ?.que c\u2019est tout simplement un abus de confiance.\u2014 Je veux croire que vous avez raison, dit Geneviève, un peu calmée par la voix paisible et réconfortante du policier.Il sentait que le moment était venu de parler d\u2019autre chose.Il ne fallait pas fatiguer plus longuement la jeune femme.Il exprimait son désir de se retirer lorsque Ti-Haï reparut, toujours aussi discrètement.Il s\u2019inclina devant Geneviève : \u2014 M.Maxime Pierre demande à voir Madame.dit-il.Il \u2014 Joute oratoire Geneviève tressaillit légèrement.Teddy parla de nouveau de s\u2019en aller.\u2014 Un instant seulement encore, dit Geneviève, vous ferez la connaissance de M.Maxime Pierre.Un des meilleurs amis de mon mari.Il s\u2019inclina.Presque aussitôt, Ti-Haï s\u2019effaçait devant un jeune homme fort élégant, sympathique d\u2019aspect.Il baisa respectueusement la main de Mme Brindel, qui fit aussitôt les présentations.__Je suis heureux de vous voir, M.Verano, dit Maxime Pierre.Je n\u2019ignore rien de votre réputation.J\u2019espère, comme tous les amis et les parents de [ Suite de la page 9 ] Mme Brindel, que vous allez déchirer le voile qui enveloppe la mort de notre pauvre Georges.Entre nous, ces messieurs de la P.J.sont odieux.vous savez que.\u2014 Je sais, dit Teddy.Permettez-moi d\u2019exprimer mon opinion : l\u2019inspecteur Farnèse ne fait que son devoir, et il le fait généralement très bien.Maxime Pierre pinça légèrement les lèvres : \u2014 Evidemment, bien que cela n\u2019aille pas toujours très bien entre la police privée et la police officielle, vous êtes tout de même confrères, vous le défendez.\u2014 Croyez, cher monsieur, que je ne fais qu\u2019exprimer le fond de ma pensée.Il faut admettre que la mort de M.Brindel est demeurée inexpliquée.\u2014 On a dit qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un empoisonnement.Je ne vois pas comment un homme tel que lui aurait voulu fuir la vie.Georges avait tout ce qu\u2019il désirait.\u2014 Mais, dit Teddy, vous faites allusion à un suicide éventuel.Vous inclineriez donc à penser que M.Brindel a mis volontairement fin à ses jours ?Geneviève tressaillit.\u2014 Oh ! mais je n\u2019en puis rien croire.\u2014 Dans l\u2019esprit des inspecteurs, reprit Teddy, il s\u2019agirait d\u2019un assassinat.\u2014 Par toxique, alors ?fit Maxime Pierre.\u2014 Toxique d\u2019origine animale, a révélé l\u2019autopsie.Mais, je vous demande pardon, nous discutons froidement de ces choses en présence de Mme Brindel et.\u2014 Je puis tout entendre, et je le veux, trancha Geneviève.Si mon mari avait été assassiné, je serais la première à désirer connaître la vérité.\u2014 Monsieur Verano est là pour cela, dit Maxime Pierre.Rien, dans le ton ni dans les paroles, ne laissait supposer la moindre ironie.Mais Teddy Verano crut cependant que son interlocuteur avait recours à une raillerie déguisée.\u2014 Chère madame, j\u2019allais me retirer, mais puisque j\u2019ai la bonne fortune de rencontrer M.Maxime Pierre, qui a bien connu M.Brindel, puis-je vous demander l\u2019autorisation de demeurer encore quelques instants.\u2014 Je vous en prie, acquiesça Geneviève.\u2014 Et moi, dit Maxime Pierre, je suis à vos ordres, cher monsieur.Si je puis vous être de quelque utilité.\u2014 Oh ! quelques questions seulement.D\u2019abord, et ceci s\u2019adresse aussi à madame Brindel, croyez-vous que le défunt, au nombre de ses multiples souvenirs, ait ramené d\u2019Orient une substance toxique quelconque ?Geneviève et Maxime Pierre se regardèrent, semblant surpris par cette demande.\u2014 Je suis peu qualifié pour vous répondre, dit Maxime.Toutefois, Georges était un homme gai, aimant la vie.Je ne le vois pas manipulant des poisons.Mme Brindel pourra vous le dire.\u2014 En effet, repartit la jeune veuve.A ma connaissance, dans la collection qui se trouve d\u2019ailleurs intégralement ici, il n\u2019y avait rien de bien dangereux.Georges collectionnait les meubles et les objets d\u2019art.Mais il n\u2019a ramené aucune arme, pas même un poignard.Non, réellement, rien qui puisse paraître redoutable.\u2014 Sauf, peut-être, dit tranquillement Teddy, le serpent de lumière.Il y eut un silence.Automatiquement, tous les regards, s\u2019étaient tournés vers le reptile mystérieux.\u2014 Ce n\u2019est qu\u2019une idole, dit Maxime Pierre, d\u2019une voix égale.^ JJ|ï, &S \u201d, 'Qfjsêtâs* w£s/& Vous pouvez encore profiter des bas tarifs Hors-Saison BOAt $ ; DE I VERS SERVICE TOURISTE Montréal-Paris $44530 AUer-Retour U ÉPARGNEZ $67.70 sur votre voyage aller-retour, si vous revenez avant le 1er avril.Vous serez ravi de notre service touriste, le plus parfait qui soit.Succulents repas B.O.A.C.à prix modique.B.O.A.C.Emploie les Avions \"Constellation\" de renommée mondiale sur son service touriste, au plus bas tarif jamais offert.Confort de tout repos assuré par les 16 années d'expérience de B.O.A.C.en opérations transatlantiques! 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Tout à coup, le détective avait abandonné le ton courtois, excédé d\u2019entendre sans cesse parler Maxime.Le jeune homme se tut.Geneviève murmura : \u2014 Vous m\u2019avez demandé.si j\u2019ai dit cela à l\u2019inspecteur Famèse.Certes oui.Mais il n\u2019a pas semblé établir, lui, un rapport possible entre ce manque d\u2019argent et la mort de mon mari.Ce ne serait valable qu\u2019en cas de suicide.Or, Georges a fait honneur à sa parole.D'autre part, l\u2019inspecteur s\u2019obstine à soupçonner un meurtre.Elle avait parlé très simplement, mais Teddy sentait la volonté totale de Geneviève, tendue vers ce but : lui démontrer qu\u2019il faisait un pas de clerc, qu\u2019en aucun cas Georges Brindel ne s\u2019était suicidé parce qu\u2019il avait perdu trois millions au jeu.Et elle lançait cette pierre dans son jardin : l\u2019inspecteur Farnèse n\u2019avait pas envisagé semblable hypothèse.Geneviève Brindel poussait l\u2019astuce jusqu\u2019à donner les arguments probablement émis par Farnèse lors de leur entrevue.Elle marquait un point.Mais Teddy ne se tenait pas pour battu.On le faisait venir pour découvrir la vérité, laver le soupçon de meurtre qui planait.Alors que lui-même suggérait l\u2019hypothèse du suicide pour perte au jeu, ce qui eût simplifié les choses, on lui barrait la route.Paisiblement, il répondit : \u2014 Certes, M.Maxime Pierre est là pour le confirmer, M.Brindel a payé ses.mettons ses créanciers.L\u2019hypothèse du suicide n\u2019eût été valable que dans le cas où, pressé par son honnêteté de verser les trois millions, il se fût trouvé à découvert.et, par exemple, que ses amis, généreusement, (0 appuyait ironiquement sur l\u2019adverbe), eussent préféré remettre la dette.Si cela avait été, je dis : si, mais M.Pierre nous prouve le contraire, le suicide s\u2019expliquerait, chez un homme d\u2019honneur, bouleversé au maximum par la bienveillance de ses partenaires.Il n\u2019est pas agréable pour un homme qui possède une conscience de se trouver dans semblable situation.Il avait parlé pour leur prouver que même Famèse avait eu tort de ne pas songer à cela.Maxime Pierre sourit : \u2014 La théorie est adroite, monsieur Teddy Verano.Ce fait aurait pu, en effet, demeurer ignoré.La dette de jeu.le découvert.l\u2019impossibilité de faire face à l\u2019honneur.la générosité (il reprit le mot) des partenaires.Brindel se juge lâche, déshonoré, perdu.Il se tue.Mais 0 y a autre chose.Teddy s\u2019inclina, prêt à entendre.\u2014 D\u2019accord avec MM.Ozel et de Puysaie, en hommage à la mémoire de notre très cher Georges, je viens ici offrir à madame Brindel le remboursement des trois millions.Geneviève voulut protester.Maxime l\u2019arrêta d\u2019un geste courtois : \u2014 Nous aussi, madame, sommes des hommes pourvus de conscience.Nous estimons que, de près ou de loin, cette histoire de dette de jeu a pu jouer un rôle dans la mort de Georges.Nous Le Samedi, Montréal, 14 février 1955 ne faisons que répondre à la galanterie la plus élémentaire et vous prions d\u2019accepter.La jeune femme ne savait visiblement plus quoi répondre.Maxime reprit : \u2014 Georges, est-il mort, suicidé, comme le croit *M.Verano, parce qu\u2019il a perdu au jeu et ruiné son entreprise ?C\u2019est possible.Dans ce cas, M.Verano a été mandé précisément pour le prouver ou l\u2019infirmer.Mais cela ne nous regarde pas.Au nom de mes amis, au mien, je viens réparer, auprès de sa veuve, le tort que nous avons pu, inconsidérément, provoquer.Ainsi, M.Verano, mes amis et moi avons eu la même idée que vous, l\u2019idée généreuse que vous nous avez prêtée.mais trop tard pour sauver Georges.En tout cas vous avez ici la preuve que cette remise de dette n\u2019est pour rien dans la mort de Georges.Teddy s\u2019inclina.Il était visiblement battu.Avant de partir, il voulut simplement marquer un dernier point.\u2014 Je vous remercie de vos éclaircissements, monsieur Maxime Pierre Ils me seront extrêmement précieux, croyez-le bien, pour la marche de l\u2019enquête que je suis décidé à mener à bien.Maxime salua, approbateur.Mais Teddy ne s\u2019en tenait pas là : \u2014.Je commence à voir plus clair.La situation, de toute façon, était douloureuse pour M.Brindel, au moment de sa mort (crime, suicide ou simple accident).A tel point que, s\u2019il avait jamais pensé faire appel au pouvoir magique du serpent de lumière, c\u2019est probablement le moment qu\u2019il aurait choisi.Les visages subitement tendus de Geneviève et de Maxime lui démontrèrent sans équivoque qu\u2019il leur avait porté un coup à tous deux.\u2014 Mais, se hâta-t-il de conclure, ce n\u2019est pas à ce moment qu\u2019il vous en aurait parlé, monsieur Pierre.D\u2019abord parce que vous êtes, avec MM.Ozel et Puysaie, le seul homme auquel il n ait pu se confier, étant précisément endetté envers vous, ensuite parce que.si cette allusion à célébrer la petite cérémonie de la chanson au serpent était aussi récente, vous vous en souviendriez de façon précise.Si Maxime avait pu croire prendre 1 avantage, il était fixé.Le détective tenait bon.\u2014 Chère madame, je prends congé.U me faut réfléchir à tout cela.Si vous le permettez, je reviendrai demain ou après-demain.Geneviève eut un geste las : \u2014 Je vous donnerai toutes facilités pour poursuivre votre tâche.Quelques minutes après, Teddy était dehors.Ill \u2014 Le chasseur de mouches Depuis le moment où il quitta Geneviève Brindel et Maxime Pierre jusqu\u2019à celui où il se retrouva sur 1 asphalte d\u2019une rue voisine du pavillon de Passy, un flot de pensées se déroula dans son esprit.Teddy avançait lentement, dans une sorte de bruine froide qui enveloppait lès êtres et les choses.Voyons, se disait-il, ce n\u2019est pas une affaire très compliquée.Il me paraît de toute évidence que Maxime est 1 ami de Geneviève.Ou si cela n\u2019est pas encore, cela sera.il y compte bien.Cela deviendra de plus en plus classique .Georges Brindel est gênant, on le supprime.Ce point posé, il s\u2019arrêta.Mais la police s\u2019étonne de cette mort, mort subite, arrêt du coeur, chez un homme en pleine santé.Autopsie, toxicologie : poison animal.L\u2019attitude de \tr\tHO\t\u2022 Ri\tOS\t(1\t) P E\t\tDU\tr\tr\tSA\tM ED 1\t\tr r\t \t\t\t\t\t\t( Noi\tivelle série)\t\t\t\t\t\t\t\t 3\t4\t2\t5\t6\t4\t3\t8\t5\t2\t6\t5\t4\t7\t2\t8 U\tV\tU\tD\tV\t0\tN\tV\tE\tN\tI\tS\tU\tV\tE\t0 7\t5\t3\t8\t6\t2\t5\t4\t7\t3\t6\t5\t2\t7\t4\t8 0\tP\tG\tU\tE\tD\tR\tS\tU\tR\tM\t0\tE\tS\tE\tS 8\t4\t7\t2\t6\t5\t3\t8\t6\t2\t5\t4\t7\t2\t8\t3 E\tT\tE\tP\t0\tF\tA\tT\tD\tE\tI\tE\tT\tN\tE\tN 4\t8\t3\t6\t5\t2\t7\t4\t8\t3\t6\t2\t5\t7\t4\t8 S\tS\tD\tE\tT\tS\tE\tI\tA\tB\tR\tE\tS\tS\tN\tM 7\t5\t2\t7\t4\t6\t3\t8\t5\t2\t7\t4\t3\t6\t2\t5 I\tI\tI\tD\tG\tN\t0\tB\tN\tN\tE\tE\tN\tE\tU\tA 7\t5\t3\t4\t8\t7\t2\t5\t8\t3\t7\t5\t2\t8\t4\t7 A\tT\tH\tN\tI\tL\tT\tT\tT\tE\tI\tE\tI\tI\tI\tS 4\t3\t8\t5\t2\t7\t5\t4\t8\t7\t5\t2\t4\t8\t3\t5 E\tU\tE\tN\tL\tT\tD\tU\tU\tE\tU\tE\tX\tX\tR\tS Comptez les lettres de votre prénom.Si le nombre de lettres est de 6 ou plus, soustrayez 4.Si le nombre est moins de 6, ajoutez 3.Vous aurez alors votre chiffre-clef.En commençant au haut du rectangle, pointez chaque chiffre-clef de gauche à droite.Ceci fait, vous n\u2019aurez qu\u2019à lire votre horoscope donné par les mots que forme le pointage de votie chiffre-clef.Ainsi, si votre prénom est Joseph, vous soustrayez 4 et vous aurez comme clef le chiffre 2.Tous les chiffres 2 du tableau ci-dessus représentent votre horoscope.Droits réservés 1945, par William J.Miller, King Features, Inc. Le Samedi, Montréal, 14 février 1953 15 l'inspecteur Farnèse inquiète le ou les criminels.Il souriait, dans le brouillard : \u2014 Lequel des deux ?Lui.ou elle ?La passion que je croyais nourrie envers le mari l\u2019était pour l\u2019ami, ou le soupirant.Petite Geneviève, tendre et farouche.Vous pouvez avoir commis le geste fatal, tout comme ce charmant bellâtre.Séparément, ou de concert.De toute façon.Il eut un geste machinal, exprimant son opinion sur les criminels.Ils étaient tous deux responsables.Il évoquait les deux visages des amis présumés : \u2014 Il est fort, le beau Maxime.Il arrive au beau moment et en profite pour placer son petit couplet sur l\u2019honneur, appuyé de l\u2019argument : \u2014 massif celui-là \u2014 on rend l\u2019argent.Après tout, Ozel et de Puysaie sont sans doute sincères.Et lui, ça l\u2019arrange tellement de dire cela devant moi.La conclusion venait, logique : \u2014 On m\u2019a fait venir comme couverture.On sait qui je suis.Si je ne trouve rien, on finira par classer l\u2019affaire.Pourquoi.Il s\u2019était arrêté au beau milieu de la rue.Tout à coup, il rebroussa chemin, revint vers le pavillon des Brindel.Cette fois, il n\u2019alla pas jusqu\u2019à la porte, se contenta de suivre le mur du jardin, qui donnait sur la façade opposée à l\u2019entrée.La nuit, la pluie, cela suffisait à raréfier la circulation dans cette artère peu passante à l\u2019ordinaire.\u2014 Un.deux.et hop !.Le détective se retrouva à califourchon sur la masse végétale où les glycines flétries mouraient dans l\u2019imbroglio du lierre.\u2014 Voyons.J\u2019ai de la veine, il n\u2019y a pas de tessons de bouteille.Brindel était un homme confiant., parce qu\u2019un homme heureux l\u2019est toujours.Il se laissait glisser dans le jardin, avançait, silencieux comme une ombre.Soudain, il fit un bond en arrière.Une flaque de clarté venait de naître, découpant, dans le jardin, un long rectangle jaune.Teddy n\u2019eut que le temps de s\u2019aplatir derrière un massif de troènes.Au premier étage, une fenêtre venait de s\u2019allumer.\u2014 Tiens.c\u2019est ce bon M.Ti-Haï.Le boy énigmatique pénétrait dans une pièce et faisait des gestes assez bizarres.\u2014 Qu\u2019est-ce qu\u2019il fabrique ?Presque aussitôt, Teddy se mit à rire silencieusement.Ti-Haï, tout simplement, poursuivait l\u2019étrange besogne qu\u2019il s\u2019apprêtait à remplir déjà dans le salon aux laques, où il avait surpris Geneviève et le détective._____Il attrape les mouches.Entretient-il une araignée ?Ce qui l\u2019amusa, ce fut de penser que l\u2019araignée en question pouvait fort bien gîter dans son cerveau.Ti-Haï, en effet, traquait les mouches et les papillons qu\u2019il trouvait dans la pièce et les mettait soigneusement dans la petite cage destinée à cet effet.\u2014 C\u2019est tout de même bizarre.La pièce une fois visitée, Ti-Haï disparut, reparut à une autre fenêtre, disparut encore.Il continuait, imperturbable, cette chasse invraisemblable.Teddy se rapprochait du pavillon.Le salon des laques était au rez-de-chaussée.Il lui serait facile d entrevoir, tout au moins, Geneviève et Maxime.Leur attitude, même s\u2019il n\u2019entendait pas leurs paroles, l\u2019aiderait à lui confirmer son hypothèse à leur égard.Tout à coup, bien que les fenêtres fussent fermées, il crut percevoir un éclat de voix.Cela venait, assurément, du rez-de- chaussée, voire du salon où il avait été reçu.Au ristjue d\u2019être découvert, il avança près de la maison, risqua un oeil.Les trois habitants du pavillon se tenaient dans le salon des laques.Mais il était évident que cela allait très mal.Ti-Haï était debout, la tête inclinée selon son habitude.Il gardait à la main sa petite cage à mouches, où des insectes s\u2019entassaient.Maxime, debout devant lui, paraissait l\u2019invectiver avec fureur.Visiblement, il rageait de trouver là le boy.Des éclats parvenaient au détective, des mots, des bribes de phrases.Ce qui donnait à peu près ceci : \u2014 J\u2019en ai assez.tu vas me flanquer cela en l\u2019air.On ne va pas garder cette horreur.De quelle horreur s\u2019agissait-il ?De Ti-Haï ?\u2014 Ou de quelque chose d\u2019autre ?Geneviève, elle, paraissait fort ennuyée.Elle cherchait à calmer Maxime.Teddy ne pouvait l\u2019entendre.Mais sa mimique était suffisante.Geneviève, contrariée, de l\u2019incident qui opposait Maxime au boy, voulait à tout prix arranger les choses.Mais Maxime ne se calmait pas, il allait et venait, tempêtait, frappait le parquet du talon.Ti-Haï, lui, gardait son attitude impassible.Finalement, et en dépit des efforts de Geneviève, Maxime se rua littéralement sur le boy, qui ne bougea pas, lui arracha la cage à mouches, et la piétina avec fureur.Geneviève sembla accablée.Ti-Haï garda son masque quasi inhumain.Et il se retira, s\u2019effaça de la pièce.Maxime eut vers lui un geste menaçant, que Geneviève arrêta.Tous deux demeuraient seuls dans le salon.On devine que Teddy Verano suivait tout cela avec un intérêt extraordinaire.Maintenant, sa colère n\u2019étant nullement tombée, Maxime gesticulait, tendait une main significative vers la porte qui avait masqué Ti-Haï.Geneviève prononça une phrase, visiblement conciliante.Teddy crut la lire sur les lèvres de la jeune femme.Aussitôt Maxime la hurla, cette même phrase, confirmant le soupçon de Teddy : \u2014 Ses sentiments pour vous.Mais je m\u2019en fous, de ses sentiments pour vous.Raison de plus pour le mettre à la porte ! Cette fois, Geneviève exprima l\u2019effroi.Elle cria presque, si bien que Teddy l\u2019entendit : \u2014 Maxime.Vous n\u2019y pensez pas.Le chasser ! Ce serait terrible ! Maxime baissa la tête, frappé.Geneviève en profita pour se rapprocher, pour lui parler doucement.Cette fois, Teddy devina qu\u2019elle avait gain de cause.Les deux amis sortirent du salon aux laques, Teddy demeura seul un moment dans le jardin.Geneviève avait éteint la lumière.Le salon était plongé dans l\u2019obscurité.Le serpent de lumière, dans l\u2019ombre, était presque visible.Teddy la contempla longuement, à travers les carreaux, comme si l\u2019énigmatique idole pouvait lui livrer le secret de la mort de Georges Brindel.Puis, pensant qu\u2019il n\u2019apprendrait plus rien ce soir, il revint vers le fond du jardin, l\u2019escalada avec la même facilité, se retrouva dans la rue.Et Teddy Verano reprenait son soliloque : -\u2014Amis.ils le sont.Parbleu! Cela sautait aux yeux.Mais il est bien évident qu\u2019ils sont liés à Ti-Haï.Pourquoi ?Comment?.Maxime est jaloux, jaloux du boy.Il n\u2019y a vraiment pas de quoi.Il éprouve des sentiments pour la jolie Geneviève, ce mystérieux personnage, dont on ne sait s\u2019il a vingt ans ou cinquante ?.Et cela exaspère rmvMmmM CL La Banque Canadienne de Commerce 132-2FM # Fortifiez votre Santé Toutes les femmes doivent être en santé, belles et vigoureuses.D'emploi facile, économique et à la portée de toutes Les Pilules MYRRIAM DUBREUIl Les Pilules Myrriam Dubreuil sont un reconstituant et un excellent tonique qui améliore le sang, stimule l\u2019appétit, soulage l\u2019épuisement nerveux quand celui-ci s\u2019insinue dans l\u2019organisme et, conséquemment, aide à reprendre le poids perdu.Les Pilules Myrriam Dubreuil constituent un produit médicinal qui produit d\u2019heureux résultats.Sa formule pharmaceutique a été établie, il y a de nombreuses années, après des recherches sérieuses, par des chimistes qualifiés.GRATIS : Envoyez 5e en timbres et nous vous adresserons gratis notre brochure illustrée, avec échantillon.CORRESPONDANCE CONFIDENTIELLE : Les jours de bureau sont : Jeudi et Samedi, de 2 h.à 5 h.p.m.REMPLISSEZ CE COUPON Mme MYRRIAM DUBREUIL 6880, rue Bordeaux Case Postale, 1391, Place d\u2019Armes, Montréal, P.
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