Le samedi, 1 août 1956, samedi 4 août 1956
[" Montréal, 4 août 1956 68e année, No 13 DANS CE NUMERO \u2022\tCARREFOUR DES VEDETTES \u2022\tLE DRAME ROYAL DE HOLLANDE, par DENIS MORELLAN \u2022\tJEAN-PIERRE AUMONT, par LÉOPOLD MASSIERA \u2022\tNOMBREUSES PHOTOS : TELEVISION CINEMA - ACTUALITES - SPORTS.LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS 10 cents {Jacques Canguirand André Caurendeau sté* * $Me Alban Maman Kaymond JCaplante V : \u2018sium c H E V R c .sessans d*.v A poids légal, les moteurs V8 de camions les plus modernes Camions Chevrolet \u201cdurs a la tâche Tout camion inférieur est un camion déclassé! Voyez votre dépositaire Chevrolet Aujourd'hui, livre pour livre, les moteurs V8 les plus puissants pour camions sont les Chevrolet.C'est ainsi qu'on sait qu'ils sont les V8 les plus modernes! N'imparte quel ingénieur vous dira que le rapport entre la puissance et le poids est un indice du bon agencement d\u2019un moteur.Or, les moteurs de camions Chevrolet VS à course courte accomplissent plus de travail, pour leur poids, que tout autre moteur V8 pour camion.Cela signifie qu\u2019ils sont moins lourds pour la puissance qu\u2019ils développent.(Ils pèsent jusqu\u2019à 200 livres de moins que des moteurs comparables.) Cela signifie également que le poids du moteur représente un moindre pourcentage du poids brut du véhicule dont une plus grande partie est par conséquent consacrée à la charge utile.Non seulement vous pouvez transporter de plus lourdes charges, mais vous disposez d\u2019une plus grande puissance pour le faire.Passez nous voir et nous vous montrerons comment les moteurs V8 peu volumineux et ultra-efficaces des camions Chevrolet peuvent vous épargner des heures et des dollars.Pesez les faits.et vous choisirez les camions les plus modernes d'aujourd'hui Le poids inutile est éliminé des camions Chevrolet V8 ! La construction à course ultra-courte des moteurs VS des camions Chevrolet permet d\u2019utiliser un bloc-cylindres compact et robuste.Des pièces modernes, à multiples usages, épargnent du poids et augmentent l\u2019efficacité du moteur.Plus de puissance par livre, donc : plus de puissance pour votre charge utile! Comme le moteur pèse moins, une plus grande partie de sa puissance sert à transporter la charge utile.Vous obtenez ainsi un rendement qui épargne des heures.La puissance V8 moderne vous épargne aussi des dollars! ü y a un moteur V8 moderne pour chaque camion Chevrolet \"dur à la tâche\" ! Il y a un puissant moteur V8, à \u201crespiration profonde\u201d \u2014 comme équipement standard, ou facultatif moyennant supplément \u2014 pour chaque modèle de camion Chevrolet.Gamme de puissance allant jusqu\u2019à 195 CV, en vue du transport rapide et efficace de lourdes charges. Le Samedi, Montréal, 4 août 1956 3 HUGUETTE HÜE \u2014 tel es* son vrai nom \u2014 est une jeune personne aux cheveux châtains, aux yeux noisette, d\u2019apparence menue, de caractère décidé.Elle est née en Normandie, le 15 juin 1934 et paraît moins que ses 22 ans.Elle a passé toute sa jeunesse à Paris après une enfance difficile, mais se réjouit aujourd'hui d'étre arrivée seule, à ce qu'elle voulait : faire du théâtre.Au cinéma, elle a fait un peu de figuration, mais elle a surtout passé ces dernières années à travailler des personnages .et à voyager.Avec le théâtre, c'est son autre grande passion.Huguette a visité, sans beaucoup d'argent, l'Autriche, l'Allemagne, la Suisse.l'Espagne, la Yougoslavie.Son personnage dans Arsène Lupin (qu'elle tourne en ce moment), est celui d'une jeune orpheline, une petite manucure qui aime l'argent et qui se trouve sans le vouloir mêlée aux aventures d'Arsène Lupin.ALTA RIBA, de son nom Béatrice Altaribba, est née à Paris, d\u2019un père espagnol et d'une mère française, exactement le 18 juin 1937.Elle passe son enfance à Paris, obtient son brevet, poursuit ses études, non sans mal, car un démon est entré dans cette jeune cervelle, celui du théâtre.Béatrice apprend des textes, fait de ses compagnes des partenaires, transforme la classe en Conservatoire.Sur le plan familial, le problème a déjà été abordé.Mieux vaut ne pas s\u2019entêter à contrarier une vocation si manifeste I Béatrice suivra des cours d'art dramatique.La voici chei René Simcn.Elle y passe deux mois.Un jour, Robert Hossein vient faire un tour dans cette pépinière.Il cherche des interprètes pour un film de jeunes '.Pardonnez nos Offenses .Il découvre Béatrice, c\u2019est la gitane qu\u2019il lui faut.Quelques photos, un bout de texte.Et la jeune débutante se voit confier le second rôle féminin du film.Alta Riba a été engagée, elle aussi, pour tourner un rôle dans Arsène Lupin.DANICK PATISSON \u2014 Léonide Moguy a la réputation \u2014 méritée \u2014 de lancer des inconnues sur la vole du cinéma.Il a, à son actif, quelques exemples convaincants : avant la guerre, Corinne Luchaire, Madeleine Robinson, depuis.Pier Angeli, Etchika Choureau, etc.Sa dernière découverte se nomme Danick Pâtisson et fait ses débuts dans le film qu'il achève actuellement au studio de Boulogne : Le Long des Trottoirs.La jeune débutante joue le rôle d'une jeune fille sans famille recueillie par une assistante sociale (Anne Vernon) mais qui aura cependant à subir les vicissitudes d'une destinée difficile.Danick Pâtisson n\u2019a jamais tourné.Elle a fêté ses dix-sept ans sur le plateau au cours du tournage du film.Léonide Moguy est très satisfait de sa nouvelle élève : \"Tu seras une grande vedette\u2019 , lui a-t-il prédit .Et tout le monde le lui souhaite .FRANÇOISE FABIAN \u2014 En moins d\u2019un an, cette jeune comédienne \u2014 qui passait en juillet dernier le concours du Conservatoire \u2014 a battu tous les records de \"montées en flèche\" ; deux pièces de théâtre, trois films en quelques mois : Bon Voyage.L'Aventurière des Champs Elysées, Cette Sacrée Gamine, firent connaître et apprécier sa silhouette et son talent.Un nouveau rôle, dans Le Couturier de ces Dames où elle est la partenaire de Fernandel et de Suxy Delair \u2014 maîtresse de l'un, rivale de l'autre \u2014 lui permet de mettre en valeur tous ses dons de séduction.Françoise Fabian a l'atout majeur d'une vraie comédienne : ce qu'on appelle en France, \"l\u2019abattage\".Elle vient de représenter avec quelques camarades, les vedettes françaises à Punta del Este .?* « 0% il»\t¦ Mi : n j iilggf \u2018Y'V 4 Le Snmedi, Montréal, 4 août 1956 En Hollande Une figure inquiétante et mystérieuse apparaît soudain sur l'écran de l'actualité: Greet Hof ma ns par denis morellan Dans la salle de bal d\u2019un café, dans l\u2019ambiance un peu sinistre de l\u2019après-midi, aux chaises renversées et amassées dans un coin, à l\u2019estrade vide et poussiéreuse, deux personnes sont assises face à face.Leur attitude est semblable : dos un peu voûté, visage tendu dans un effort d\u2019attention, paroles basses et rapides.Mais les expressions des deux interlocuteurs sont bien différentes.L\u2019une est remplie d\u2019une admiration mêlée de crainte et surtout de gêne timide.L\u2019autre est toute concentration, autorité, assurance virile et dominatrice.Cette dernière est une femme, pourtant.Une de ces femmes cpii semblent avoir dû, dès leur jeunesse, s\u2019accommoder d\u2019une nature privée de féminité.L\u2019âge n\u2019a fait que rendre plus dur ce visage fortement charpenté, anguleux, à la mâchoire carrée, à la bouche spécifiquement masculine, lèvre supérieure intelligente et calculatrice, mince et rentrée, livre inférieure ambitieuse et avide, qui, dans un autre visage, aurait pu être la marque de la sensualité.Sous la masse des cheveux poivre et sel mal peignés, deux yeux en amande, au regard transperçant, étincelant.Le regard commun à tous les « voyants », â tous ceux que l\u2019on dit habités du pouvoir de deviner ce que l\u2019homme de la rue ne soupçonne pas, de guérir ce que le médecin se déclare impuissant â soulager.Cette femme s\u2019appelle Greet Hof-mans.Celui avec qui elle parle pour l\u2019instant n\u2019est pas un malade.C\u2019est un homme venu lui demander de rendre la paix à sa famille : plus précisément au ménage de sa fille.Car le domaine de Greet Hofmans dépasse les frontières de la guérison physique.Il empiète largement sur le royaume du psychologue, du psychiatre, du psychanalyste.On vient la consulter pour des obsessions, des dissensions conjugales, des troubles du comportement, aussi bien que pour des maladies désespérées.Greet Hofmans s\u2019est fait une solide réputation de guérisseuse de l\u2019âme et du corps.Si les projecteurs, les flashes et les grosses manchettes de l\u2019actualité se sont concentrés soudain sur cette étrange personnalité, ce n\u2019est point toutefois â l\u2019occasion d\u2019une guérison ou d \u2019 u n e réconciliation spectaculaires.Mais pour la ruine \u2014 volontaire ou involontaire ?\u2014 du plus célèbre, du premier foyer de son pays, celui de la reine Juliana et de son mari, le prince Bernhard.Une ruine causée par la faillite d\u2019une guérison, celle de la petite princesse aux yeux presque éteints, la petite Marijke de neuf ans.Un double et retentissant échec qui aurait dû à jamais anéantir la renommée de la Hofmans.Greet est cependant aujourd\u2019hui le personnage le plus célèbre en Hollande et a pris place parmi les figures familières au monde entier.Sans doute parce que le monde se passionnera toujours pour un être qui semble posséder le maléfique pouvoir de détruire, et parce que Greet Hofmans a réalisé ce que peu de personnages ont accompli dans le cours des temps : la domination de l\u2019esprit d\u2019une personne royale.Greet semble bien avoir l\u2019étoffe brûlante et rugueuse des Raspoutine, des Cagliostro, des Mancini.Greet est le personnage central, la clé de la tragédie dans laquelle se débattent des êtres profondément humains en dépit de leur condition royale : la reine Juliana, il y a peu de temps encore libérale, ouverte aux idées nouvelles, épouse amoureuse et mère comblée ; le prince consort Bern-hard, insouciant en apparence, mais en réalité lucide et passionné pour scs tâches ; les jeunes princesses, potelées et rieuses, même cette petite Marijke dont la disgrâce a affecté sa mère au point de provoquer le drame actuel.On sait la division de la famille royale et du pays entier autour de la guérison manquée de Marijke.« Que la reine ait tenté par tous les moyens de faire recouvrer la vue à la petite prin- cesse Marijke, quoi de plus naturel chez une mère digne de ce nom », disent toutes les âmes sensibles, c Intrigues politiques de la part d\u2019une inquiétante favorite », soutiennent les socialistes.Chaque jour la famille royale est plus divisée : la princesse héritière Beatrix, après avoir appris par la presse, tandis qu\u2019elle se trouvait à Rome, que du jour au lendemain elle pouvait devenir reine à la faveur de l\u2019abdication de sa mère, s\u2019est rangée sans restrictions aux côtés de son père.Ses cadettes commencent à comprendre pleinement le drame, et seront fatalement amenées, elles aussi, à prendre parti.L\u2019an dernier encore, c\u2019était une grande famille heureuse qui semblait jouir d\u2019un paisible bonheur bourgeois aux sports d\u2019hiver, dans une modeste station suisse.Tous les éléments de la tragédie étaient déjà en place.Seul manquait le personnage moteur: Greet.Mais déjà Juliana était secrètement torturée par le malheur de Marijke, un malheur dont elle ne pouvait s\u2019empêcher de s\u2019accuser, puisque ce serait à la suite de sa visite dans un bâtiment de guerre, alors qu\u2019elle était enceinte, qu\u2019elle aurait contracté ces oreillons, cause, selon les médecins, de la cécité progressive de sa toute petite, sa préférée, Marijke.Déjà, en dépit de l\u2019échec de la guérisseuse sur le corps de l\u2019enfant, la femme habitée d\u2019un pouvoir occulte la dominait totalement par le biais le plus infaillible, par la religion.Greet Hofmans est en effet une « guérisseuse de la foi », un type très rare en France, mais extrêmement répandu dans certains pays du nord de l\u2019Europe, notamment en Angleterre, au Danemark, en Hollande.C\u2019est la grande force de Greet que d\u2019avoir su affirmer son influence sur sa souveraine à la faveur d\u2019une affliction familiale, et d\u2019une maturité susceptible de la rendre plus sensible à un retour vers la foi exigeante d\u2019une enfance régie par l\u2019austère et pieuse reine Wilhelmine, qu\u2019à une passion amoureuse, désormais apaisée par de nombreuses années de vie conjugale.Cet aspect religieux a donné toute son ampleur à une crise révélée et développée par les socialistes, de ce jour malheureux où la reine, oubliant les impératifs des monarchies démocratiques, avait convoqué son premier ministre, M.William Drees, et deux de ses collègues : \u2014 Messieurs, leur avait-elle dit, sur un ton tranchant qui ne lui était pas habituel, Messieurs, pourriez-vous affirmer devant Dieu, en votre âme et conscience, que vous remplissez parfaitement les devoirs qui relèvent de vos hautes charges ?Le drame était parvenu à son point de crise.\u2014 Je suis profondément croyant, devait s\u2019écrier par la suite le premier ministre, en annonçant sa démission, mais jamais nul ne m\u2019a posé une question pareille ! Alarmés par ce qu\u2019ils n\u2019hésitent pas à qualifier de « mysticisme » de la part de la reine, et plus encore par de nombreuses rumeurs attribuant à Greet l\u2019intention de placer des créatures à elle au sein du gouvernement, les socialistes se décidèrent à un acte d\u2019une gravité extrême : révéler au monde entier le trouble grandissant installé au coeur même du palais royal.Ce qui jusqu\u2019alors était demeuré caché se découvrait dans toute sa gravité : séparation du cabinet du prince consort de celui de la reine, confirmation de la « séparation sentimentale » du couple royal que Ton croyait encore avec les ménages royaux d\u2019Angleterre et de Grèce, l\u2019un des plus unis et des plus épris d\u2019Europe.L\u2019unité de ce couple, basée sur la contagieuse gaieté de ce prince qui était parvenu à égayer une cour marquée par une tradition quelque peu « victorienne », se trouvait menacée dès le mois de septembre 1948.La reine Wilhelmine venait d\u2019abdiquer, et la princesse Juliana se muait en régente avant d\u2019être intronisée, le 6 septembre 1948.C\u2019est au moment où elle passait, suivant la tradition, sous une voûte de filets de pêche, que l\u2019oeil droit de Marijke se recouvrit progressivement d\u2019un voile de plus en plus épais.Les plus éminents médecins du pays, et plusieurs spécialistes étrangers furent consultés, en vain.Devant le cheminement inexorable du mal, devant la tristesse insurmontable de sa femme, littéralement obsédée par la pensée de l\u2019infirmité qui menaçait son enfant, le prince Bernhard, en dépit de son scepticisme naturel, se décida un jour, au retour d\u2019une partie de chasse, à parler à son épouse de cette Greet Hofmans, [ Lire la suite page 26 ] La famille royale des Pays-Bas : la reine Juliana, le prince Bernhard, et leurs quatre enfants.% * \u2019¦'* mm ¦¦m mu ma ¦w X Le Samedi, Montréal, 4 août 1956 5 COEUR A par JACQUELINE TOUT L\u2019autre jour, un beau garçon, que je rencontrais souvent à la sortie de l\u2019Ecole Supérieure, est venu chez moi.Il est bien, bien fin.Mais quand j\u2019ai fait tourner des disques de danse, il s\u2019est excusé en disant qu\u2019il ne savait pas danser.En plein XXème siècle ! Et beau garçon en plus.C\u2019est incroyable ! Fourmi aux jambes.Le fait de naître en plein XXème siècle, d\u2019ingurgiter des aliments en boîtes métalliques, et d\u2019entendre parler de bombe atomique ne signifie pas qu\u2019on doive nécessairement savoir danser, ou vouloir danser.Et ce n\u2019est pas parce qu\u2019on est beau garçon qu\u2019on a toxijours les « fourmis aux jambes ».Vous avez deux choses à faire : ou bien accepter votre « beau garçon » tel qu\u2019il est.ou bien retourner à l\u2019Ecole Supérieure pour en dénicher un autre.Mais avant de l\u2019aborder, assurez-vous qu\u2019il a ce dandinement qui laisse supposer en lui un bon danseur.A septembre prochain, donc.Patrice-Sylvain (c\u2019est le nom de ma petite fille), 9 ans, est toujours en gribouille avec Marie-Jean ( c\u2019est le nom de mon fils ) âgé de 10 ans.Comment ramener la bonne entente ?Rex Dagobert.Mais c\u2019est affreux cette histoire de nom.Votre garçon a un nom de fille et votre fille celui d\u2019un garçon.C\u2019est peut-être la raison inconsciente de leur querelle.L\u2019un et l\u2019autre voudraient reprendre les noms qui leur appartiennent de nature .Mes amies me disent que je ne dénicherai jamais un mari si je n\u2019accepte pas de porter de larges décolletés, des shorts, des bikinis.Je refuse car ma pudeur me retient, et l\u2019enseignement que m\u2019ont donné mes parents.Elles rétorquent que je suis « old-fashioned » et que je devrais ranger ces sen- timents dans de famille.le grenier, avec les photographies Claudine M.Non, je ne crois pas du tout que la pudeur soit un sentiment à ranger parmi les vieux accessoires.Il est vrai que la pudeur ne soit pas un sentiment toujours aussi honorable qu'on le dit : bien souvent elle n\u2019est pas tant le signe d\u2019une sensibilité exquise que d\u2019une trop haute opinion de soi-même.Mais en soi, la pudeur est une qualité merveilleuse, le signe d\u2019une sensibilité exquise.Et je doute que la ternie de vos amies leur assure de meilleures conquêtes que la pudeur que vous affectionnez.Je sais que l\u2019affaire est sérieuse.On nous l'a tant répété.Tant et si bien que je suis devenue excessivement craintive à l\u2019idée que nous allons nous marier dans quelques mois.Il me semble que nos caractères ne sont pas suffisamment semblables, qu\u2019il y a des divergences qui pourront engendrer plus tard de graves conflits.Fiancée récente.Il xj a chez vous une appréhension compréhensible, mais d\u2019origine plutôt nervexise.Ne vous inquiétez pas outre xnesure des divergences que vous poxivez discerner entre vous.En ménage, le vrai secret dxi bonheur ne tient pas tant à la concordance des caractères qu\u2019à la compréhension, à la largeur d'esprit qxti vous fasse admettre que vous devez accepter daxis le mariage votre part de concessions et même de sacrifices, sans exiger que le partage soit égal de part et d\u2019axitre.Voulez-vous savoir ce qu\u2019est le bon ménage ?C\u2019est celui où chacun des conjoints donne tout ce qu\u2019il a, sans retour, sans réserve.C\u2019est celui où il n\u2019y a pas de comptabilité du coeur, mais beaucoup de générosité.CHAPEAU ROUGE ET SAC ASSORTI Requis : 6 balles de coton mercerisé COATS & CLARK\u2019S O.N.T.«Speed-Cro-Sheen », Art.C.44, no 126, rouge espagnol, et 2 balles de fil métallique CLARK\u2019S ANCHOR Cronita, no M.126, rouge espagnol ; Crochets en acier de marque MILWARDS SHIP no 2/0 (double zéro) et no 6 ; Perles dorées.ut ¦ Tension : 6 ms = 1 pouce ; 6 rangs = 1 pouce.Chapeau : Commençant au centre de la couronne avec le fil « Speed-Cro-Sheen » et le crochet no 2/0, faire une ch de 2 m.1er rang \u2014 6 ms dans la 2ème à partir du crochet ; 2è rang \u2014 2 ms dans chaque ms autour ; 3è rang \u2014 * 2 ms dans la ms suiv.(1 aug.), ms dans la ms suiv.Répéter de * autour.4è rang \u2014 *2 ms dans la ms suiv., ms dans les 2 ms suiv.Répéter de * autour.Ci-après faire ms dans chaque ms, augmentant de 6 ms également à chaque rang, jusqu\u2019à 108 ms sur le rang.L\u2019ouvrage doit mesurer 6 pouces de diamètre.Puis, travailler sans augmenter jusqu\u2019à ce que l\u2019ouvrage mesure 4\" à partir du centre.Attacher le fil métallique et, travaillant avec les deux fils, faire ms dans chaque ms autour pendant 1 pouce.Rang suiv.\u2014 * 3 m, sauter 3 ms, ms dans les 8 ms suiv., 3 m, sauter 3 ms, ms dans les 4 ms suiv.Répéter de * autour.Rang suiv.\u2014 Faire ms dans chaque ms et 3 ms dans chaque esp.autour.Unir et couper, (centre arrière).Bord : Faire une marque de chaque côté, à partir du centre arrière, à 12 ms et utilisant seulement le fil « Speed-Cro-Sheen », travailler en petits rangs comme suit : 1er rang \u2014 Attacher le fil à la ms suiv.de la marque et travaillant sur le devant du chapeau, faire * ms dans la ms suiv., 2 ms dans la ms suiv.Répéter de * jusqu\u2019à 1 ms avant la marque suiv., pms dans la ms suiv.Couper ; 2è, 3è et 4è rangs \u2014 Attacher le fil à la 4è ms du petit rang précédent, ms dans la ms suiv., 2 ms dans la ms suiv., ms dans la ms suiv., ms dans chaque m du petit rang, ms dans la ms suiv.du côté arrière du chapeau, 2 ms dans la ms suiv., ms dans la ms suiv., pms dans la ms suiv.Couper.Ne pas couper à la fin du 4è rang.Fuis, travailler en rangs comme suit : 1er rang, 2è et 3è rangs \u2014 Ms dans chaque ms autour ; Modèle no P.C.8227 Pour laver un manteau de molleton Bien que la plupart d\u2019entre nous tiennent pour acquis que les manteaux de printemps en molleton sont lavables, il se pexxt que nous hésitiez à plonger pour la première fois un vêtement aussi volumineux dans l\u2019eaxi savoxinexise.Avant d\u2019emplir la lessivexise ou la cuve d'eau chaude mais pas bouillante, assurez-voxis que votre xnanteau est lavable.S\u2019il est en nylon ou en fibre acrylique « Or-Ion » et doublé d\u2019un tissu lavable, vous n\u2019avez pas à l\u2019envoyer chez le dégraisseur.Frottez-en les parties les plus sales avec une pâte de détersif ou de savon et d\u2019eau.Enlevez les taches de graisse avec un détaclieur liquide.Si vous employez un savon fort plutôt qu\u2019un détersif, ajoutez un adoxicisscur d'eau.Que vous laviez à la main ou à la machine, évitez de tordre le vêtement ou de le manipuler trop vigoureusement.Si voxis lavez à la main, donnez-lui un rinçage complet, puis suspendez-le, alors qu\u2019il dégoutte encore, sur un cintre fort (pii ne tache pas.Evitez de l'essorer parce que cela en plisserait le tissu.Lissez-en les bords.Ies coutures et le collet et il séchera sans perdre sa forme première.Pour l\u2019égoutter, suspendez-le à la tringle d'un rideau de doxiche ou dans le sous-sol.Si vous préférez laver le manteau à la machine, employez le plus d'eau possible à basse température.Réglez votre lessivexise pour un lavage de cinq à sept minxites.Si voxis n\u2019avez pas l\u2019intention de le faire sécher à la machine, retirez-le avant la phase d\u2019essorage ou d'extraction de l'eau.Autrement, laissez la lessiveuse compléter le cycle.Lorsque voxis employez une sécheuse à culbutement après un lavage à la machine, ou à la main, enlevez du vêtement tout excédent d'eau de rinçage, car, ordinairement, les sécheuses domestiques ne sèchent que difficilement les manteaux saturés d'eau.Cela peut se faire dans la lessiveuse en y laissant le manteau pendant toute la durée du cycle de l\u2019appareil, xj compris la phase d'extraction d'eau ou d\u2019essorage.Si voxis avez lavé votre manteau à la main, laissez-le s\u2019égoutter jusqu'à ce qu\u2019il ne contienne pratiquement plus d\u2019eau, avant de le mettre dans une sécheuse à culbutement.Lorsque le xnanteau est prêt à être placé dans la sécheuse, réglez cette machine à la température la plus basse et laissez exilbuter le manteau jusqu\u2019à ce qu'il soit à demi sec.Puis rctirez-lc immédiatement et suspcndez-le.Comme il n\u2019est pas encore complètement sec, voxis pouvez presser avec les doigts le collet, les poignets et les coutures, et les lignes du manteau reprendront leur position naturelle.Les manteaux de molleton lavables entièrement fabriqués de nylon ou d\u2019« Or-Ion » peuvent aussi se nettoyer à sec.4è rang \u2014 * 1 m.sauter 1 ms, ms dans la ms suiv.Répéter de * autour, finissant avec 1 m ; 5è rang \u2014 * Ms dans l\u2019esp.suiv.1 m.Répéter de * autour.Unir et couper.Coudre une perle à chaque ms alternative sur le dernier rang.Corde : Tailler 4 brins de « Speed-Cro-Sheen » de 54\" de longueur chacun.Tordre ces brins bien serrés, doubler et tordre de nouveau dans le sens opposé.Faire un noeud à chaque bout.Entrelacer dans les esp.autour de la couronne.Glissière : Avec un brin de fil « Speed-Cro-Sheen » et 1 brin de fil métallique, faire une ch de 11 m.1er rang \u2014 Ms dans la 2è m à partir du crochet et dans chaque m suiv.Couper.Coudre les deux bouts ensemble, plier et coudre solidement au centre.Glisser l\u2019un des bouts de la corde à travers chaque ouverture.Boules : (En faire 2) .Utilisant 1 brin de fil métallique et le crochet no 6, faire une ch de 2 m.1er rang \u2014 6 ms dans la 2è m à partir du crochet ; [ Lire la suite page 26 |j 6 Le Samedi, Montréal, 4 août 1956 Noire temps a fait de grands progrès dans toutes les sciences, particulièrement en médecine.Les découvertes qui ont marqué le cours des dernières années, depuis le début de la seconde guerre mondiale jusqu'à ce jour, ont bouleversé jusque dans leurs fondements beaucoup de théories et de pratiques médicales consacrées.Le médecin dispose aujourd\u2019hui dans sa lutte contre la maladie de moyens qui, jusqu\u2019à hier, étaient sévèrement condamnés ou mis en doute.Il suffit de mentionner seulement quelques-unes des découvertes les plus récentes, qui sont entrées déjà dans l'usage quotidien, comme la pénicilline, la streptomycine, l\u2019auréomycine, ou le remède souverain du rhumatisme, la cortisone, ou encore le rimifon, antidote de la tuberculose.Il est certain que la science s\u2019apprête à nous taire de nouvelles révélations, puisque les savants du monde entier luttent pour donner à la médecine plus d'efficacité encore, afin de soulager la plu: grande des misères humaines: la maladie.Malgré tout la science n'a pas réussi à donner une réponse à toutes les questions ou, hélas ! un remède à tous les maux du corps.Elle n\u2019a pas encore fabriqué le , Docteur Miracle ».Aussi bien, malgré des progrès géants, n\u2019a-t-elle pas trouvé de quoi guérir sûrement un mal très banal, comme le rhume de cerveau et la cathare, encore moins le plus grand fléau des temps model lies : le cancer.La médecine reste dans bien des cas impuissante et il serait exagéré de prétendre qu\u2019elle pourra jamais Ici, en manière de plaisanterie, c'est GISELE PASCAL qui psychanalyse ERIC VON STROHEIM.Mais la séance a dû être de courte durée, car l'acteur allemand n'a pas une nature facilement pcnétrable.-**\u2022.ms LA MEDECINE OCCULTE DES TEMPS MODERNES guérir toutes les maladies, car un tel succès équivaudrait à une victoire sur la mort elle-même ! C\u2019est précisément cet aveu d\u2019impuissance qui a contraint tant de gens à chercher du secours en dehors d\u2019elle.Quoi d\u2019étonnant, par conséquent, si au siècle de la science nucléaire et des antibiotiques, les masses étrangères au monde savant aient recours, comme dans les siècles passés, à la paramédecine, à la médecine occulte, qui n\u2019ont jamais été avares de promesses envers ceux qui ont mis en elles leur confiance ?Dans quelle mesure ces promesses ont été tenues, il est très difficile de répondre avec précision.Le fait est que dans un domaine qu\u2019on ne peut aisément soumettre à un strict contrôle, comme c'est le cas de l\u2019occultisme, il y a toujours eu et il y a encore beaucoup de charlatans qui ont abusé de la crédulité des braves gens que les souffrances de la vie et les maladies leur amènent.Les chroniques des tribunaux, depuis que la justice existe, sont pleines de procès faits à de faux et malhonnêtes « guérisseurs ».En revanche, serait-il équitable de mettre tous les « guérisseurs » pour ainsi dire dans le même sac et de prononcer un jugement négatif et définitif sur l\u2019ensemble de la médecine occulte ?Est-il possible que ces hommes inspirés, dont les fortes personnalités exercent sur les malades une énorme influence, soient doués de pouvoirs mystérieux qui s\u2019opposent au mal et à la maladie ?Nul ne connaît les chiffres officiels sur le nombre de guérisseurs dans les différents pays parce que cette profession demeure illégale et qu un très petit nombre d'entre eux la déclarent ouvertement.Mais, d\u2019après les sondages faits tant chez les médecins que chez leurs adversaires, ainsi que sur la base des données qu\u2019a publiées « The World Medical Association », le nombre des guérisseurs en France \u2014 de ceux du moins qui n\u2019exercent pas d\u2019autre profession \u2014- est de 2,000 environ ; il faut ajouter au moins 8,000 guérisseurs-amateurs qui exercent ce métier incidemment.Aux Etats-Unis il y en a environ 45,000, et sur ce nombre 25,000 ont reçu une espèce d\u2019autorisation, tandis que les autres, pour la plupart des guérisseurs religieux, pratiquent leur profession sans aucune permission.Le Canada en compte à peu près un millier.En Grande-Bretagne il n\u2019a pas été possible d\u2019établir un chiffre même approximatif, quoiqu'on observe que leur nombre tend à augmenter.En Hollande, d\u2019après les sondages de « The World Medical Association » or.ne sait combien il y a de guérisseurs, mais on constate un fait extraordinaire : la collaboration de la plus grande partie d\u2019entre eux avec les médecins qualifiés.En Suisse on a enregistré 180 guérisseurs qui or.t une sorte de légitimation, tandis qu\u2019on ne sait pas combien travaillent de façon occulte.Dans les pays exotiques, surtout dans l\u2019Extrême-Orient, le guérisseur l'emporte de beaucoup par le nombre sur le médecin, par exemple au Pakistan, dans l\u2019Inde et en Chine.Les plus nombreux vivent aux Indes où il v en a environ 300,000.Cependant la tendance dans presque tous les pays est de freiner l\u2019augmentation du nombre des guérisseurs, tandis que la législation s\u2019oriente de plus en plus vers une réglementation plus sévère de cette profession qui tombe de plus en plus sous le coup des lois pour la protection de la santé publique.Au Canada, le gouvernement a approuvé des écoles pour chiropracteurs ; aux Etats-Unis, on a ouvert des cours pour guérisseurs, dont la durée varie de 18 mois à 4 années et dont plusieurs sont sous le contrôle des autorités dans les différents Etats.Les étudiants ayant passé par ces cours reçoivent une licence qui leur donne le droit au travail.Il existe aussi en Grande-Bretagne différentes écoles pour guérisseurs, mais sans autorisation officielle, qui organisent leurs propres règlements et délivrent un diplôme.Le médecin occulte, en ce temps de grands progrès scientifiques, n\u2019a donc point cédé au prestige ni à la pression de la médecine officielle.Les guérisseurs occupent des positions solides dans d'innombrables familles et dans les pays les plus divers à travers les cinq continents.Ils sont très souvent en conflit déclaré avec les médecins qualifiés et, en ces derniers temps, se sentent assez forts pour passer à la contre-attaque contre l\u2019Ordre des Médecins tout entier.N'ont-ils pas déjà [ Lire fa suite page 34 ] \u2022\tLa National Broadcasting Company a acheté pour la somme de $16,250,000 les droits exclusifs de télévision et de radio pour la diffusion des séries mondiales de baseball et des parties d\u2019étoiles pour une période de cinq ans, commençant en 1957.C est là $10,000,000 de plus que ce que coûta le contrat de six ans qui expire 1 automne prochain.En annonçant la signature du nouveau contrat, le commissaire du baseball Ford Frick, a déclaré que l\u2019entente prévoit un déboursé de $3,250,000.M.Frick a prédit que c\u2019est en définitive le plan de pension des joueurs qui bénéficiera de cette augmentation.\u2022\tLe « drunkomètre », appareil destiné à déterminer presque instantanément si un automobiliste est ou non en état d\u2019ivresse, est actuellement expérimenté par la police du Buckinghamshire, en Grande-Bretagne.Divers conducteurs sont invités à gonfler un ballon, dont le centre est ensuite insufflé dans un appareil spécial.En quelques minutes, ce dernier indique le degré d\u2019ébriété de l\u2019automobiliste.Le premier volontaire qui ait expérimenté l\u2019appareil est un agent qui, pour la cause de la sécurité routière, a accepté d'absorber des quantités variables de whisky en soufflant chaque fois dans le ballon expérimental.\u2022\tD\u2019une enquête sur le catholicisme en Afrique, publiée par l\u2019agence internationale « Fides », il ressort que vingt-deux millions d\u2019Africains se réclament de l\u2019Eglise catholique, soit 18,875,000 baptisés et 2,970,000 catéchumènes.De ce nombre, soit 16,856,000 baptisés et tous les catéchumènes, soit près de 20,000,000 de personnes, se trouvent en Afrique noire.L\u2019agence indique que les protestants sont au moins 11,600,000 tous, à part quelque 180,000, en Afrique noire.On compte 10,700,000 coptes séparés ou orthodoxes de différents rites tant en Ethiopie et en Erythrée ( 8,500,000 ) qu\u2019en Egypte ( 2,200,000 ).« Nous avons ainsi un total de 44 millions de chrétiens en Afrique, dont près de 40 millions ( 39,-900,000 ) en Afrique noire, indique encore l\u2019agence « Fides ».Les musulmans seraient au nombre de 85 millions pour toute l\u2019Afrique, dont 45 millions et demi pour l\u2019Afrique noire.Il reste néanmoins plus de 80 millions de païens, qui, de plus en plus, sous la poussée de l\u2019évolution qui pénètre partout sentent craquer toute l\u2019armature sociale ancienne, emportant avec elles les vieilles croyances.Ces païens vont aux religions universelles : christianisme, islam, quand ce n\u2019est pas marxisme ».\u2022\tLa nouvelle armée de la République fédérale n\u2019a pas fini de causer des soucis de toutes sortes aux autorités allemandes.En effet, selon plusieurs journaux allemands, les quelque deux mille à trois mille soldats à quoi se réduisent à l\u2019heure actuelle les effectifs de la future armée ont déjà grossi en moyenne de 6 à 12 livres en quatre mois de présence sous les drapeaux.Alarmés par ces constatations statistiques et par le fait que la valeur des futurs soldats pourrait bien suivre une progression inverse de celle de leur poids, les services du ministère de la Défense envisagent de modifier les menus trop copieux qui avaient été prévus par l\u2019intendance.\u2022\tDeux jeunes filles russes ont adressé à leur journal une lettre amère pour se ^plaindre du manque de romanesque des films soviétiques : pas assez de caresses, ni de dialogue « fleur bleue », protestaient-elles ; le jeune paysan amoureux n\u2019avait pas l\u2019air plus passionné que son tracteur.Et le même journal, Komsomolskaya Pravda, a publié récemment une lettre d\u2019une certaine Tatiana Kour- PIERRE VALCOUR à mu -A*.' ¦ DENISE FILIATRAULT 7- ¦ Le Samedi, Montréal, 4 août 11)56 7 bauova, qui demandait l\u2019institution d\u2019une « cérémonie de mariage soviétique ».Trop de jeunes gens, écrit-elle, se marient à l\u2019église uniquement pour l\u2019attrait de la cérémonie, suggérant ainsi que les froides formalités de la mairie ne sauraient les satisfaire.« Les jeunes gens se marient souvent à l'église, même s\u2019ils ne comprennent rien à la religion et ne s\u2019y intéressent pas du tout, uniquement parce qu\u2019il y a des fleurs, de la musique, des chants, et que leurs amis sont tout de blanc vêtus ».La solution ?« Il faut créer une cérémonie de mariage soviétique, et plus personne n\u2019ira à l\u2019église, pas même à coups de trique ».La cérémonie pourrait, à son avis, se dérouler à la chambre de la culture, ou un centre local ( une usine, par exemple ) dirigé par le parti communiste.Des musiciens, des artistes et des écrivains pourraient « dessiner les costumes, écrire de la bonne musique et créer des rites ».\u2022\tLes Américains ont dépensé plus de 1,G00 millions de dollars au cours de leurs voyages à l\u2019étranger pendant l\u2019année 1955, annonce le département du commerce, qui précise que cette somme est supérieure de 200 millions de dollars à celle dépensée en 1951.Les Américains ont payé 4G0 millions de dollars pour leurs frais de transports à l\u2019étranger, dont 200 millions ont été versés à des compagnies non américaines.En Europe et dans le bassin méditerranéen, les dépenses des touristes américains se sont élevées à environ 430 millions de dollars.Le.-; sommes dépensées en Amérique latine atteignent 20 millions de dollars.\u2014 ( A.F.P.).\u2022\tIl y a 67,753 « enfants naturels d\u2019occupation » officiellement décomptés en Allemagne occidentale, a précisé au Bundestag le ministre fédéral de la Justice.37,261 d\u2019entre eux sont nés de pères militaires américains, -0,194 de pères français, 8,441 de pères britanniques, et 1,768 de pères belges.\u2022\tLe sénat américain a approuvé un projet de loi, déjà voté par la Chambre, autorisant le gouvernement des Etats-Unis à verser $964,199.35 r.u Saint-Siège pour les dégâts causés par des bombes lancées par des avions américains pendant la dernière guerre mondiale.Ces explosifs étaient tombés accidentellement sur Castel Gandolfo en 1944.Le Vatican avait réclamé $1,523,810.98, après enquête, l\u2019armée a estimé que ce montant devrait être de l\u2019ordre de $964,199.35.\u2022\tL\u2019Italie nouvelle n\u2019a pas encore développé ses ressources au même rythme que sa population.C\u2019est pourquoi elle reste un des plus grands « exportateurs » d\u2019hommes parmi les pays européens.Durant la période de 1946-1954, 989,227 Italiens ont émigré au-delà de l\u2019océan, d\u2019après les chiffres officiels de l\u2019Institut central de statistique.Au cours de ce même laps de temps 170,725 Italiens seulement sont rentrés dans leur pays, soit une différence en faveur des partants de 818,502 personnes.Il n\u2019est pas sans intérêt de noter à ce propos quelles provinces ont fourni le contingent le plus fort.L\u2019une d\u2019entre elles se détache nettement du lot des provinces du Sud, qui du fait de leur pauvreté et de leur surpopulation constituent le grand réservoir d\u2019émigrants, c\u2019est la Calabre, avec 158,835 personnes.Elle est suivie de la Sicile ( 128,445 ), de la Campanie ( 121,592 ) et des Abruz-zes ( 120,288 ).Le Latium n\u2019a fourni que 55,147 émigrés ; la Sardaigne, 3,300, et le territoire de Trieste, 303.\u2022\tL\u2019armée américaine révèle qu\u2019une étude sur les prisonniers américains en Corée permettait de classer ceux-ci comme suit : collaborateurs ( avec les communistes ), 15% ; résistants, 5% ; entre les deux, 80%.Les « entre les deux », déclare l\u2019armée, se caractérisent par la passivité, l\u2019inaction et le refus de prendre une attitude positive envers l\u2019ennemi ou envers leurs camarades.Leur groupe, affirme l\u2019armée, est en général « moins intelligent » que les collaborateurs ou les résistants.\u2022\tLe célèbre bourreau britannique Albert Pierrepoint, qui pendit notamment Albert Christie, Ruth Ellis et les tortionnaires nazis du camp de Belsen, a donné sa démission, il y a quelques mois, après vingt-cinq années de bons et loyaux services.A ce sujet le journal dominical Empire News précise que le bourreau a déclaré à son correspondant qu\u2019 « au cours des nombreuses exécutions auxquelles il avait procédé il avait pu se rendre compte que les femmes mouraient plus courageusement que les hommes.Albert Pierrepoint est le propriétaire à Hoole ( Lancashire ) d'une pittoresque taverne vieille de trois siècles : la Rose et la Couronne.Il est particulièrement apprécié de ses clients pour sa gaieté.De temps en temps ceux-ci apprennent qu\u2019il est « sorti », et généralement ils savent ce que cela veut dire.\u2022\tLe «Journal de la Grotte» de Lourdes, publie dans son numéro du 1er juillet le texte d\u2019une lettre adressée, le 13 juin, à Son Exc.Mgr P.M.Théas, évêque de Tarbes et de Lourdes, par Mgr Angelo Dell\u2019 Acqua, substitut de la secrétairerie d\u2019Etat, et dans laquelle il annonce que «S.S.le pape Pie XII décide qu\u2019en principe une année jubilaire sera célébrée à Lourdes du 11 février 1958 au 11 février 1959, pour commémorer le centenaire des apparitions de la très sainte Vierge dans la grotte de Massabielle ».Le texte de la lettre publiée par le « Journal de la Grotte » ajoute que les « faveurs spirituelles concédées à cette occasion aux pèlerins de Lourdes, comme elles le furent déjà lors des 50e et 75e anniversaires, seront précisées en temps utile ».Le Cambodge) qui a récemment accédé à l'indépendance au cours de la guerre d'Indechinei vient de couronner son roi.Cette photo nous montre le roi NORODOM SURAMARIT et la reine KOSSAMAK NEARIREAD recevant l'hommage de leurs sujets.« ¦ i \u2022 '\u2022'E th*~ v,.y \u2022=*£.'¦ 5**?, SVçs'c Une ville combat la criminalité juvénile A Castrop-Rauxel, ville de charbonnages du bassin de la Ruhr (81,000 hab.), en Allemagne, on a vu diminuer de moitié, en l'espace de deux ans, le nombre des délits commis par des adolescents.La municipalité, aidée par des habitants de la ville, a créé le « Groupe de Travail pour l\u2019Aide aux Jeunes ».50 habitants (mineurs, médecins, policiers, ecclésiastiques, commerçants et pédagogues) élaborèrent un plan prévoyant trois modes d\u2019action : distraction, éducation, livres.On commença par retirer des dancings les jeunes ouvriers des charbonnages qui avaient le gousset trop bien garni, et on organisa des bals réservés aux jeunes.Dès la première soirée, la salle était pleine à craquer.Les organisateurs déclarèrent la guerre aux romans et feuilletons de bas étage, et les journaux de la ville ouvrirent une rubrique où les jeunes eux-mêmes donnent leur avis sur les livres qu\u2019ils ont lus.Des prix ont été décernés aux meilleures critiques.L\u2019élan était donné.L\u2019été dernier, on a organisé des excursions arme soirées dansantes et des cours éducatifs, où l\u2019on enseigne aux jeunes leurs devoirs et leurs droits de citoyens.De grandes entreprises industrielles et le Ministère de l\u2019Instruction publique du Land ont prêté leur appui sons forme de subventions.Aux jeunes gens qui quittent les bancs de l\u2019école, on distribue une brochure dans laquelle ils trouvent ce conseil : « Si vous vous sentez délaissé et seul, venez à nous.Nous sommes là pour vous aider et aucun de vous ne doit se croire frappé d\u2019exclusion.» La clé des songes d'après Nicéphore « Voir en songe un Aigle annonce que ton rêve, heureux on funeste, est un avertissement de Dieu.» « Voir un Coq annonce que ton rêve se réalisera bientôt.» « Manger du Pain chaud présage maladie prochaine.» « Tenir une Abeille présage espérances déçues.» « Se mouvoir lentement présage difficile réussite.» « Rencontrer une personne aimée est de bon augure pour les espérances.» « S\u2019entretenir avec un Roi signifie vains projets.» « Voir des Charbons ardents menace toujours de quelque dommage causé par les ennemis.» « Rêver que l\u2019on plane au-dessus de terre présage changement de lieu, voyages en terre étrangère.» « Tenir un Livre présage que l\u2019on sera élevé en dignité.» « Marcher droit devant soi présage que l\u2019on triomphera des difficultés, des obstacles, des ennemis.» « Marcher courbé sous un lourd Fardeau présage peine, oppression, abaissement.» « Marcher sur des Coquilles brisées annonce que l\u2019on échappera aux pièges de ses ennemis.» «Etre enfermé dans quelque Souterrain présage grand péril.» s Etre embrassé par un Roi signifie bienveillance, faveur et appui de personnes puissantes.» « Voir sa propre Image sous les traits d\u2019un vieillard annonce heureuse chance dans les entreprises.» « Voir ou boire du Lait présage que les ennemis ne réussiront point dans leur dessein de nuire.» « Manger quelque Aliment très doux présage prochaine contrariété, amère déception.» « Rire en songe présage quelque chagrin.» « Rêver quo l\u2019on contracte Mariage annonce quelque changement de position.» « Recevoir un Présent présage quelque gain, ou succès peu éloigné.» «Se voir mordre par un Chien annonce injure, affront, dommage, provenant de quelque ennemi.» « Voir tomber sa Maison présage perte de bien.» * Respirer en songe une mauvaise Odeur annonce tristesse, affliction.» GUY L\u2019ECUYER 8 Le Samedi, Montréal, 4 août 1956 Léopold Massiéra vous présente : Jean-Pierre AUMONT grand Un ties plus sympathiques «jeunes premiers» est sans contredit « Jean-Pierre Aumont », et cette appellation lui convient toujours, car il est de la lignée des grands séducteurs de l\u2019écran, touc comme Gary Cooper, Tyrone Power ou Clark Gable, sur qui le temps ne semble avoir aucune prise.11 est beaucoup plus jeune que les super-étoiles que je viens de citer; mais c\u2019est également une étoile de première grandeur au firmament du cinéma mondial.b est Parisien et a vu le jour dans la rue de Chantilly.Sou sourire charmant, ses yeux bleu-vert, ses cheveux blonds et son sens merveilleux de la comédie font de lui un personnage typique.Il n\u2019a jamais imité pet sonne.Il est Jean-Pierre Aumont, bien souvent initié mais jamais égalé.On pourrait croire, grâce à la gentillesse qui se dégage de sa personne, qu'il a eu une enfance facile.On imagine aisément un petit garçon bien sage, studieux et appliqué.Eh bien, il a été tout le contraire d\u2019un enfant modèle.Il détient un record assez particulier: celui d avoir été renvoyé de nombreux lycées et collèges dont les principaux se nomment : Condorcet, Rollin, Uuffon, Carnot, etc.I! était, paraît-il, insupportable à un point tel qu\u2019il empêchait ses camarades d\u2019études de travailler.Pour le mater, ses parents le mirent en pension nu Collège de Meudon où il resta sept ans.A son retour dans la capitale, il recommença la ronde des lycées, en véritable « chahuteur » qu\u2019il était.Ses parents se demandaient avec angoisse ce qu\u2019il allait faire dans la vie.Chaque fois qu\u2019ils lui posaient une question précise sui son avenir, le petit Jean-Pierre répondait: Je veux faire du théâtre!.Son oncle, l\u2019acteur Georges Berr de la Comédie Française, essaya de le décourager ; mais rien n\u2019y fit .sa volonté était opiniâtre et son désir ardent.A seize ans et demi, il réussit à passer son premier bachot.A ce moment-là, il abandonna les études et entra au Conservatoire dans la classe de Mlle Renée du Mesnil.L année suivante, il démissionna pour accepter une proposition du grand Louis Jouvet, alors porte-drapeau du théâtre d\u2019avant-garde.Sous la direction de ce maître, il créa «Le Prof\u2019 d anglais » avec la délicieuse Jeannine Crispin, également débutante.Il joua ensuite dans «Romance», «La Pâtissière du village», et «Les Hommes Perdus», aux quatre co)ns do I Europe.Parfait jeune premier au talent inné, il ne pouvait manquer d\u2019intéresser les gens de cinéma.On lui confia des petits rôles dans «Jean de la Lune» auprès de Michel Simon et René Lefèvre, «Echec et Mat», «yVe cherche un père», «Faut-il les marier ?» tourné en Autriche, « La tragédie de Lourdes » et un rôle plus important dans «Dans les Rues».En 1934, l\u2019année de sa chance, Jean Cocteau l\u2019engagea pour sa pièce «La Machine Infernale» et on lui donna le premier rôle, celui d\u2019Eric, au cinéma, dans «Lac aux Dames» qui devait révéler aussi Simone Simon.Auparavant, Jean-Pierre Aumont avait accompli son service militaire qui fut sans histoires.Après ces deux succès à la scène et à l\u2019écran, Jean-Pierre Aumont fut connu de tous et se trouva « lancé ».Il parut dans « Le Voleur » avec Madeleine Renaud et Victor Francen, et «Maria Chapdelaine », en compagnie de Jean Gabin et, de nouveau, Madeleine Renaud.« Un jour viendra », tourné en Allemagne, lui permit une belle création et « Les Yeux Noirs », un gland succès, lui redonna Simone Simon comme partenaire.Il fut ensuite le partenaire de la jolie Annabella, alors vedette No 1 du cinéma français, dans «L\u2019Equipage », un film d\u2019aviation qui comportait également dans sa distribution Jean Murat et Charles Vanel.La production «Les Beaux Jours», en 1935, lui fit reformer le couple idéal qu\u2019il composait avec l\u2019espiègle Simone Simon.L\u2019année suivante, un film qui devait rester comme un classique du cinéma « Tarass Boulba » lui permit de donner la réplique au grand acteur Harry Baur.Danielle Darrieux et Jeannine Crispin en étaient les vedettes féminines.En très peu de temps, Jean-Pierre Aumont était devenu la « coqueluche » des spectatrices et le jeune premier No 1 du cinéma français.Chaque midinette conservait précieusement sa photo dans son sac et son physique d\u2019Apollon troublait bien des coeurs.Ses films se succédaient à une bonne cadence.On le vit dans « La Porte du Large » de Marcel L\u2019Herbier avec Victor Francen et Marcelle Chantal (qui tenait alors une grande place dans sa vie), « Cargaison Blanche » de Siodmak, « Le Messager » avec Gaby Morlay et Jean Gabin, le célèbre «Drôle de Drame » de Marcel Carné, « Maman Colibri » de Jean Préville, «La Femme du Bout du Monde» de Jean Epstein, « Chéri-Bibi » de Léon Mathot d\u2019après le livre de Gaston Leroux avec Pierre Frcsnay, Marcel Dalio, Thorny Bourdelle, Lucien Dalsace, Georges Peclet, Suzet Mais, Colette Darfeuil et Aimos, « Le Paradis de Satan » avec Jany Holt et Pierre Renoir.Dans «Belle Etoile» de Jacques de Baroncelli, avec Michel Simon, Meg Lemonnier et Saturnin Fabre, Jean-Pierre Aumont fit une très spirituelle création.« S.O.S.Sahara » le plongea dans une aventure typiquement africaine.Dans « Hôtel du Nord » de Marcel Carné, qui évoquait la vie joyeuse et dramatique du Paris populaire d\u2019avant-guerre, Jean-Pierre Aumont donna la Entre Paris, Londres, Hollywood, JEAN-PIERRE AUMONT a beaucoup voyagé.C'est une vedette internationale de la lignée des Gary Cooper et Clark Gable.\u2014 Il n'est pas que comédien.Ses pièces de théâtre ont obtenu de beaux succès à Paris et son talent d'auteur en a été confirmé.réplique à la gracieuse Annabella, Louis Jouvet, Ar-letty, Paulette Dubost et Andrex.Juste avant la guerre, Jean-Pierre Aumont tourna « Le Déserteur » ( également appelé « Je t\u2019attendrai » ) avec Corinne Luchaire, Berthe Bovy, Delmont et Aimos, sous la direction de Léonide Moguy.Durant tout ce temps, Jean-Pierre Aumont n\u2019avait pas délaissé le théâtre.Il y interpréta, notamment :\t« Le Coeur » de Bernstein, « Le Veilleur de Nuit » de Sacha Guitry, ;< Famille » et « L\u2019Amant de Paille ».séducteur de l\u2019écran En septembre 1939, à la veille de tourner « Manon Lescaut», Jean-Pierre Aumont fut mobilisé.En juillet 1941, après une tournée en zone libre avec « Trois et Une », il s\u2019embarqua pour l\u2019Amérique.Aux Etats-Unis, il interpréta sa première pièce en anglais : « Rose Burke ».Il se rendit à Hollywood où il tourna « Mission en Bretagne » et « Croix de Lorraine », deux films inspirés par la lutte menée par les Forces Françaises Libres contre l\u2019oppresseur nazi.C\u2019est à ce moment-là qu\u2019il fit la connaissance d\u2019une des plus jolies femmes du cinéma américain : « Maria Montez ».Ces deux êtres, jeunes et beaux, tombèrent éperdument amoureux l\u2019un de l\u2019autre et se marièrent.Maria Montez était née le G juin 1922.Elle créa la pièce de son mari « L\u2019Ue Heureuse » et fut l\u2019ensorcelante interprète de nombreuses productions où la couleur lui seyait à ravir: «La Fière Tzigane», «Les Mille et une Nuits», «La sauvagesse blanche », Soudan », « Tanger », etc.Seulement, l\u2019ombre sinistre de la croix gammée s\u2019étendait sur la France meurtrie.De partout, dans le monde libre, les bonnes volontés se ralliaient autour du général de Gaulle, pour la libération du territoire national.Jean-Pierre Aumont ne pouvait rester insensible à l\u2019appel sacré de la patrie en danger.Il quitta Hollywood pour s\u2019engager dans les glorieuses Forces Françaises Libres.Avec les soldats rassemblés sous le signe de la Croix de Lorraine, il parcourut la Tunisie, l\u2019Italie et, enfin, débarqua en France.Au cours de ses campagnes, il fut deux fois blessé et obtint deux citations dont la Croix de Guerre.Les hostilités terminées, Jean-Pierre Aumont repartit pour Hollywood où l\u2019attendait Maria Montez.Il fut aussitôt engagé pour «Heart Beat», version américaine du délicieux « Battement de coeur » et « *he Song of Shéhérazade» de Walter Reisch avec Y\\ onne de Carlo, tenante du titre de plus belle femme du monde, Brian Donlevy, Eve Arden et Philip Reed.Dans cette opérette en technicolor, Jean-Pierre Aumont incarna le grand compositeur russe Rimsky-Korsakov.Le cinéma anglais le pria de venir à Londres tourner « The First Gentleman ».Les prises de vues terminées, Jean-Pierre Aumont >'egagna vite Hollywood et, en compagnie de sa femme, parut dans « L\u2019Atlantide », un remake en couleurs tire du célébré roman de Pierre Benoit.Jean-Pierre Aumont fut avec facilité le séduisant lieutenant de Saint-Avit et Maria Montez une Antinéa digne de sa voluptueuse légende.En 1948, Jean-Pierre Aumont revint en France et tourna « Hans le Marin », dont il écrivit les dialogues et fit 1 adaptation.La mise en scène était, de son frère, François Villiers, auteur de courts métrages de grande valeur et baptisé « Poum » quand il était enfant.Jean-Pierre Aumont incarna un marin canadien, Eric, qui, au cours d\u2019une escale à Marseille, rencontre une fascinante entraîneuse, Dolorès ( Maria Montez ).Tous deux deviennent des amants tragiques.Lili Palmer, Marcel Dalio et Roger Blin donnaient la réplique à ce couple prestigieux.Dans la Principauté de Monaco, il tourna «La Vie commence Demain » de Nicole Vedres qui contait l\u2019histoire d\u2019un jeune provincial ( Jean-Pierre Aumont ) et de sa recontre, à Paris, avec un mystérieux personnage interprété par le savant et journaliste André Labarthe.En sa compagnie, il rencontra quelques-unes des personnalités les plus marquantes de notre époque : Branly, Edison, Marconi, Charcot, Einstein, le professeur Piccart, le président Roosevelt, le général de Gaulle, Tito, Colette, Gide, Jean Cocteau, Marcel Cerdan, Georges Carpentier, Ladoumègue, Mermoz, Saint-Exupéry, Costes, Nungesser et Coli, Picasso, Raimu, Charlie Chaplin, etc., et Jean-Pierre Aumont.Aussitôt après, il refit un saut à Hollywood pour les besoins de « Three Men and a Girl ».La France le rappela et il parut dans deux films.« L\u2019Homme de Joie » de Gilles Grangier, d\u2019après la pièce de Paul Géraldy, lui donna comme partenaires l\u2019élégante Simone Renant, dans un rôle qui [ Lire la suite page 27 ] Le Samedi, Montréal, 4 août 1056 9 Escale à Copenhague LE PARIS DE LA BALTIQUE IL s\u2019en est fallu de peu que mes souvenirs de Copenhague ne demeurent pour longtemps assombris.Notre paquebot, le Kromprins Olaf, qui nous transportait d\u2019Helsinki, avait pris feu en mer alors que nous étions encore relativement éloignés de la capitale danoise.Et le débarquement tumultueux, en grande hâte, s\u2019était ajouté à la mauvaise humeur des douaniers qui nous accueillaient et à l\u2019atmosphère lugubre et déprimante qui est toujours celle d\u2019un grand port aux petites heures du matin.Par bonheur, la compagnie de navigation avait tenu à dédommager quelque peu ses passagers en leur offrant un déjeuner somptueux, abondamment pourvu de toutes les variétés de la charcuterie danoise, de poissons aux aromates, de liqueurs et d\u2019ur.e quantité plus que respectable de flûtes de bière bouchée, de cette bière spéciale que l\u2019on fabrique à Odense, patrie d\u2019Andersen, et qui enivre aussi sûrement que les vins les plus capiteux.Copenhague est une ville gaie, bruyante, et qui reflète admirablement bien la solide bonne humeur de ses habitants.Elle symbolise à mes yeux une frontière fictive où se rencontreraient, s\u2019allieraient deux tempéraments, d\u2019une part l\u2019austérité et la réserve nordiques, et d'autre part l\u2019exubérance latine.Cela n\u2019est d\u2019ailleurs pas visible essentiellement à Copenhague mais dans le Danemark tout entier, dans ses campagnes, ses petites villes et dans le caractère de ses habitants, qu\u2019il s\u2019agisse du paysan jovial et bon enfant des plaines prospères du Seeland ou du pêcheur rude, mais rieur aussi, de Frederikshavn ou de Hor-ring.Traditions et nouveautés, histoire et modernisme se trouvent aussi mêlés à Copenhague et s\u2019équilibrent merveilleusement bien.Issue de cet obscur monde viking si prodigieusement sauvage et secret, et dont la rudesse des moeurs rend parfois stupéfiante la poésie hautaine et riche qui ruisselle de ses chants et gestes populaires, Copenhague, la « cité des eaux glauques », vit naître des poètes et des musiciens, des peintres et des philosophes prestigieux ; mais aussi combien de pirates, d\u2019aventuriers ambitieux, de voyageurs, s\u2019élancèrent-ils, de ses murailles, à la découverte de ce qui fut longtemps le vrai royaume du Danois : la mer.A l\u2019époque des temps barbares, alors que le religieux des premiers âges de l\u2019Eglise Scandinave coiffait le heaume et maniait la hache d\u2019armes, Copenhague n\u2019était qu\u2019un havre de fortune où les marchands faisant commerce avec les Etats baltes abritaient leur !» .¦« \"\"~iiif inf \"Tâi mi.ni .\u2022tV-isA*-:' par JACQUES COULON flottille de pèche déjà importante.Et c\u2019est l\u2019évêque Absalon, à dire vrai plus guerrier qu\u2019homme d\u2019Eglise, qui entreprit d\u2019agrandir et de fortifier ce qui n\u2019était il y a huit siècles qu\u2019un modeste village de marins, toujours à la merci de quelque incursion de la part de ses belliqueux voisins.Tour à tour pillée, saccagée, ses maisons de bois incendiées mais toujours rebâties, la capitale danoise qui.ne conserve plus trace aujourd\u2019hui de son passé moyenâgeux, commença de rivaliser d\u2019importance avec d\u2019autres grandes villes européennes au XVIIe siècle, sous le règne de Christian VI, monarque intelligent et industrieux.Les gens de Copenhague doivent à ce souverain habile l\u2019opulent château d\u2019Ama-lionborg, dont les différentes constructions de style baroque abritent de nos jours la famille royale, sur laquelle veillent jour et nuit une compagnie de gardes nobles et stylés, portant bonnet à poils et casaque rouge et aussi familiers aux gamins de la ville que les « polices » aux petits Montréalais.Tout près du palais royal, devant l\u2019église de St-Nicolas, le vieux marché aux poissons où des paysannes des rives du Sund, en sabots et coiffes blanches, viennent offrir aux passants maquereaux et harengs frais.Et un autre des multiples aspects aussi séduisants que pittoresques de Copenhague n\u2019est-il pas celui des joueurs d\u2019orgue de barbarie poussant devant eux leur instrument monumental, véritable voiturette sculptée et peinte de couleurs vives ?Mais hélas, il paraît que cette corporation de musiciens errants et nostalgiques, à vrai dire plus vagabonds que poètes, est en voie de disparition.La dureté des temps aura sans doute raison de ces artistes de la rue et le moment n\u2019est peut-être plus lointain où, à Copenhague comme à Amsterdam déjà, les joueurs d\u2019orgue feront partie d\u2019une époque enfuie.Et quand bien même les joueurs d\u2019orgue auront disparus, Copenhague continuera d\u2019être malgré tout une ville légère et piquante.On s\u2019attablera toujours aux terrasses achalandées des cafés pour boire un verre de bière en regardant passer les promeneurs et dans les restaurants en plein air, le touriste continuera de déguster, au son d\u2019un orchestre de valses lentes, les fameux « smorbrod » sortes de canapés Scandinaves d\u2019une variété infinie.Il y aura toujours, dans le quartier du port, près de l\u2019Opéra Royal, les petites boîtes de nuit et cabarets populaires où l\u2019on côtoie le monsieur respectable aussi bien que le matelot venu d'on ne sait quel coin du monde.Les boites de nuit de Copenhague ont essayé de se mettre à la mode du jour en tâchant de faire accepter le «show» à l\u2019américaine ; peine perdue, le noctambule préfère les chants nationaux, les farces et les airs populaires de chez lui que toute la salle reprend en choeur lorsque, aux heures tardives, le vin ou la bière achève de dérider les plus taciturnes .Une des plus belles églises de Copenhague est cette \"Eglise de Marbre\" (ci-contre, à gauche), construite en 1749 sous le règne du roi Frédérik V.\u2014 Ci-dessous, la Place de l'Hôtel de Ville.\u2014 Ci-contre, la petite sirène, oeuvre du sculpteur danois Edward Erikson, sur la promenade de Langélinie, au bord de la mer.?*?#**> < MJ U \u2022 .'.'Ai' fi gSrapfeæsfi m.; ¦ I I', >.'« ' ]\t.b t; .r IBM , ¦ La - - ci il « ; iü Jêi k; Si 53 Tl Tl !&j .ŒfcéSi UrW t \u2022 \u2022m Une scène familière des rues de la capitale danoise.Ouvriers, employés de bureau, étudiants aiment à se déplacer à vélo dans cette ville où l'on ne semble pas se soucier dos encombrements do ta circulation.I Kocbnhovns Foto-Servlce I Et puis n\u2019y aura-t-il pas toujours aussi le Tivoli, comme à Stockholm, grand parc d\u2019attractions dont le nom italien est une réminiscence du temps où des montreurs de marionnettes napolitains parcouraient les villages et les villes du Danemark ?Le Tivoli avec ses concerts d\u2019été, scs feux d\u2019artifice, ses illuminations et ses spectacles de tous genres que le peuple entier de Copenhague et d\u2019ailleurs vient applaudir régulièrement.A Copenhague, comme dans bon nombre d'autres villes Scandinaves, l\u2019amour traditionnel de la nature conserve ses droits et l\u2019exemple le plus frappant de cette passion toute romantique des peuples nordiques n'est-elle pas justement cette grande forêt de Dyre-haven, aux profondeurs sauvages et en apparence infinies mais que l\u2019on entretient secrètement V Dyre-haven, éden champêtre aux portes d\u2019une grande capitale moderne, avec ses chênes géants et ses hêtres légendaires, ses fourrés mystérieux.El n\u2019est-il pas permis de songer que ce sentiment très vif et tenace des Scandinaves pour la nature ne dissimule pas quelque atavisme lointain et puissant, [ Lire la suite patje 27 ] -L \u2022 j\u2014¦ /s/- -VH', 10 Le Samedi, Montréal, 4 août 1956 par FRANCINE MONTPETIT Michèle Juneau, (Margot Lespérance) au camp Bruchési Sur les bords du lac l\u2019Achigan, à quelques milles de St-Hippolyte, se dressent les immenses bâtiments blancs de la colonie de vacances de l\u2019Institut Bruchési.Là, sous un soleil éblouissant, six cent vingt enfants s\u2019emplissent les poumons d\u2019air pur et tonifiant.Les visites des parents étant interdites, le moindre événement prend une importance considérable.Ainsi, la visite de Margot Lespérance, la « mauvaise fillette » de « Beau Temps Mauvais Temps » a provoqué un remou d\u2019enthousiasme indescriptible parmi tous ces enfants que la vie souvent n\u2019a guère favorisés.Ils éprouvent en effet un besoin d\u2019évasion, un goût du rêve et de l\u2019irréel que la télévision leur fournit à grosse dose.Aussi, avait-on complètement oublié Michèle Juneau pour ne parler que de son personnage, qui, soit dit entre parenthèses, est tout à fait à l\u2019encontre du véritable tempérament de la jeune comédienne.On l\u2019a questionnée sur l\u2019intrigue, on lui a demandé mille et un détails sur Yves, (André Pagé), Une populaire émission d'été \"Sérénade pour Cordes\", met en vedette le choeur de chanteuses que nous voyons ci-dessus.Hli J I i > \u2018 1, tapi! sur Isabelle, ( Hélène Bienvenu ) ; plusieurs avaient manqué le dernier épisode du télé-roman, et Michèle a dû le leur raconter.On l\u2019a photographiée, félicitée.Elle a senti venir vers elle une vague de sympathie qu\u2019elle a grandement appréciée, étonnée de se voir si populaire.Une monitrice a dit que la brève apparition de Michèle avait su mettre beaucoup de joie dans le coeur de ces enfants.et ne serait-ce que pour cette raison, le voyage en valait la peine.Pour faire suite .On reste quand même sidéré de constater combien un personnage de télé-roman prend corps dans l\u2019imagination du spectateur, au point de faire partie de sa routine journalière, de soulever en lui des sentiments de sympathie ou d\u2019animosité, sentiments qui se traduisent franchement, sans détours .Ainsi, on oublie souvent Jean Duceppe mais on parle de Stan Labrie ; on connaît le nom de Denise Pelletier, mais pour la majorité elle est Cécile Plouffe.Cette dernière en a subi l\u2019expérience d\u2019ailleurs lors de son récent séjour en France alors qu\u2019elle déjeunait tranquillement dans un petit restaurant.Entrent des Canadiens qui, animés des meilleures intentions du monde, font fête à « Cécile Plouffe-Ménard » de façon franchement bruyante.Un peu intimidée, Denise a dû leur souffler son nom et insister pour qu\u2019on ne l\u2019appelle pas madame Ménard et qu\u2019on arrête de lui demander des nouvelles de son « mari ».Ajoutons que ce genre de manifestation encourage et touche un comédien, mais il faut prendre garde, et savoir lui rendre hommage le plus discrètement possible.\" Cunégonde \" Une journaliste, dans un hebdomadaire local, signe sa chronique du nom amusant de « Cunégonde ».Or, personne n\u2019a pu encore deviner sa véritable identité.Il arrive très peu souvent que l\u2019anonymat soit si bien gardé.Tous sont intrigués par ce mystérieux personnage qui, ma foi, a la langue fort bien pendue et n\u2019hésite pas à donner son opinion, bonne ou mauvaise, sur les incidents survenus au cours de la semaine dans le milieu artistique.Mais qui est-ce donc ?.Pure curiosité féminine .De Jean Marc à Pierre Thériault A pied levé, à quelques heures d\u2019avis, Jean Marc, jeune chanteur Corse arrivé depuis quelques semaines au Canada, a accepté de prendre la place de Pierre Thériault dans une récente émission de « Sur les Ailes de la Chanson ».Pierre est un charmant garçon qui a le sens de l\u2019humour, énormément de facilité et de talent, mais il manque un peu de conscience professionnelle.Après avoir abandonné le « Rideau Vert » deux jours avant la fin du spectacle ( « Guillaume le Confident » ) il a laissé tomber Roger Fournier cinq heures avant le programme mentionné plus haut.Cette façon d\u2019agir a joué des tours à plus d\u2019un.Il serait bon que Pierre y réfléchisse un peu.Par contre, Jean Marc a fort bien fait les choses.Son répertoire formé en grande partie de chansons de Brassens, de Bécaud et de Ferré gagnerait à être renouvelé.Lui aussi a de très belles dispositions, de l\u2019entrain, et, ce qui ne gâte rien, il attire d\u2019emblée la sympathie.JEAN DUCEPPE, le Stan Labrie des Plouffe, dont on se demande quelles aventures lui sont riservies pour l'automne prochain.J» i>: Y 4:\\ Après un beau succès à Paris, THERESE LAPORTE, chanteuse, nous est revenue à Montréal.On l\u2019a vue récemment à l'Heure de l'Opérette.\u2022V f.mmmr- Le forum du \"ciné-club\", Une excellente formule, un très bon animateur, ( Pierre Boucher ), un réalisateur qui compte parmi les meilleurs.et pourtant il manque quelque chose pour forcer le télé-spectateur à rester devant son appareil.On a beaucoup d'experts en discussions cinématographiques dans la Province.Tant de personnes s\u2019occupent depuis plusieurs années de l\u2019organisation de ciné-clubs, qu\u2019il devrait être facile de trouver des gens faisant preuve de jugement et capables de s\u2019exprimer avec facilité.Voilà la lacune.A date, Réjane Charpentier a démontré qu\u2019elle possédait toutes les qualités nécessaires pour participer d\u2019excellente façon à ce genre d\u2019émission.Auray Blain également.Pensera-t-on à Claude Jutras, Jacques Giraldeau, Bernard Letremble et Michel Brault ?René Caron dans Nérée Tousignant Fort bien connu à Sherbrooke comme annonceur, René Caron est venu comme bien d\u2019autres, tenter sa chance à Radio-Canada.On l\u2019a reçu à grand renfort de publicité au moment où on prévoyait que l\u2019émission « Paillettes » serait un succès, publicité qui l\u2019a effrayé.Il a donc pris part à ce programme tout le temps qu\u2019il a duré pour se trouver ensuite sans travail du jour au lendemain.Annonceur surnuméraire à CBFT, il a de plus joué dans « C\u2019est la Vie » et dans « Quatuor ».Il y a trois semaines, Denys Gagnon lui confiait un rôle important, celui de monsieur Marceau dans Nérée Tousignant.Je souhaite de tout coeur que sa participation à l\u2019oeuvre de Félix Leclerc le lance définitivement.C\u2019était presque un long monologue d\u2019une demi-heure, entrecoupé d\u2019images fort poétiques, et extrêmement difficile à donner.René s\u2019en est admirablement tiré malgré une expérience relative de la scène.Par moments, on le sentait un peu dépassé par le texte et certaines intonations sonnaient faux, mais on l\u2019oubliait rapidement pour se laisser prendre par le ton naturel appliqué aux phrases courantes de la vie.Une attitude juste, un geste sobre venaient souligner une mise en scène soignée et un très bon découpage.Un nom à retenir : celui de René Caron .A la semaine prochaine ! Le Samedi, Montréal, 4 août 1956 11 DANS LE MONDE SPORTIF par OSCAR MAJOR CHOSES ET AUTRES ¦ De savants médecins français affirment que les personnes atteintes de jalousie peuvent se libérer de cette maladie, en accomplissant des exercices physiques et en respirant de l\u2019oxygène pur .L\u2019entraîneur du club de baseball Milwaukee, de la Ligue Nationale, a installé, dans le kiosque des joueurs, un inhalateur à oxygène.Au besoin, les Braves de Lou Perini et de Fred Haney peuvent refaire leurs forces, perdues sur le losange, en respirant de l\u2019oxygène pur.Serait-ce la raison des succès obtenus par le Milwaukee, il y a un mois ! Ces derniers temps, cet oxygène pur semble avoir perdu quelque peu sa propriété de revigorer .Cela nous remet à la mémoire la théorie d\u2019un célèbre entraîneur d\u2019une équipe de soccer de Londres, M.Menziès Sharp.Il y a quelques années, cet instructeur-charlatan avait fait dans les onze derrières de son club une piqûre, qui lui assurait la victoire.Nous ignorons combien ces onze paires de fesses ont payé la piqûre de M.Sharp.Mais, un jour où ils disputaient une joute avec une équipe d\u2019Arsenal, cette dernière équipe gagna haut-le-pied, ruinant ainsi les expériences de M.Sharp .Si le club Arsenal avait été battu, toutes les équipes d\u2019Angleterre, puis des autres pays, auraient voulu, elles aussi, être piquées.Et le jeu de soccer serait devenu un jeu de « piqués », ce qui eût été déplorable.Nous nous sommes, alors, étonné que la Fédération anglaise du soccer, qui sait ce qu\u2019elle veut, ne soit pas intervenue pour interdire l\u2019usage de ce genre de drogue.Le fait d\u2019en user était déjà suffisant pour motiver son intervention.Mais elle avait, pour intervenir, une raison plus morale.C\u2019est que l\u2019amateur de la petite piqûre soutenait qu\u2019elle dispensait les athlètes de toutes les sévérités de l\u2019entraînement .Et cela, non seulement ce n\u2019est pas vrai.Si c\u2019était vrai, ce serait scandaleux et inadmissible.Et la seule annonce d\u2019un pareil résultat aurait dû provoquer toutes les réactions du pouvoir sportif.L\u2019effort, l\u2019exercice de la volonté, la décision de s\u2019astreindre aux privations nécessaires, la haute morale qui veut que la victoire s\u2019acquière par des abstinences, par des conquêtes sur les bas instincts de la bête humaine, c\u2019est tout le sport.A quoi voit-on qu\u2019un athlète est au bout de sa carrière ?C\u2019est quand il ne veut plus s\u2019astreindre aux privations indispensables, quand il se remet sans zèle à l\u2019entraînement, quand il recommence sans conviction à s\u2019entraîner, quand il a passé son hiver à trop bien vivre et à engraisser, surtout quand, au printemps, il faut qu\u2019il se sépare de ses 30 livres inutiles.Que serait le sport, si une piqûre dans le derrière nous dispensait de tout effort, de toute volonté ?Enfin, que vaudraient les victoires ainsi conquises ?¦\tVoici quelques records des ligues majeures, établis en 1942, qui ne seront pas brisés avant plusieurs décades : les Yankees de New-York ont réussi 7 doubles-jeux en une joute de 9 manches, le 14 août 1942, contre les Athlétiques de Philadelphie.Les lanceurs des Yankees de New-York de 1942 ont blanchi leurs adversaires 18 fois, égalant le record des Yankees de 1909.La série de victoires des Cardinaux de St-Louis, soit 43 gains sur les 52 dernières joutes de la saison 1942.La vertu étant toujours récompensée, les Cardinaux ont vaincu les Yankees de New-York par 4 victoires contre 1 défaite, au cours des séries mondiales de 1942.¦\tUn fermier canadien-français, de la Baie-des-Chaleurs, prétend tenir le championnat du Canada de la marche.En effet, il a récemment marché 45 milles en 8 heures 53 minutes.Existe-t-il un Canadien qui puisse faire mieux ?.Richard Lee Stuart, né à San Francisco, domicilié à Culver City, Californie, champ droit du club Lincoln, de la Ligue Western, classe A, a jusqu\u2019ici cogné 49 coups de circuit ; l\u2019ancien record de cette ligue, 44, fut établie par le voltigeur du Colorado Springs, Pat Seery, en Les joueurs du Brooklyn, tout porticulièremcnt, sont passés maîtres dans l'art d'annihiler la tentative d'un double-jeu.A la suite d'un roulant, cogné à l'intérieur du losange par un coéquipier, le coureur venant du premier but doit prendre une glissade à l'emporte-pièce au second but, afin de nuire à l'arrêt-court ennemi, qui essaie de lancer la balle ou premier but pour réussir un double-jeu.Examinez attentivement cette photo.Non, l'arrêt-court ROY MC MILLAN, des Rediegs de Cincinnati, n'a aucune Intention d'apprendre à marcher sur les mains, ni de devenir acrobate I C'est GIL HODGES, des Bums de Brooklyn, qui l'a durement plaqué, à tel point qu'il lui fut impossible de terminer une double-tuerie, sur le roulant de Jackie Robinson, frappé dans la direction du second but Temple .A la prochaine occasion, vous remarquerez de quelle manière le jeune receveur des Royaux, John Roseboro, bloque violemment le joueur ennemi, en glissant au second but.1950.Stuart, un gaillard de 6 pieds 3 pouces, 220 livres, remplit des rôles secondaires dans les studios de Hollywood, de novembre à mars.A l\u2019instar de Chuck Connors, ancien premier but des Royaux de Montréal, qui gagne près de $20,000 par année, au cinéma américain, le jeune Stuart se lancera, tête première, dans les feux de la rampe, s\u2019il ne réussit pas à se gagner une place dans les ligues majeures, à la fin de la présente saison.En grande compagnie, il y a beaucoup d\u2019appelés, mais peu d\u2019élus !.Les joueurs de baseball des ligues majeures jubilent, depuis que les mogols ont signé un contrat de 5 ans de $16,250,000 avec les proprios de la NBC, qui verseront ce fort montant dans les coffres de la grande compagnie, pour avoir le droit de radiodiffuser et téléviser les joutes d\u2019étoiles et les séries mondiales.Les joueurs ayant passé dix années dans les grandes ligues voient déjà, dans leurs goussets, une pension mensuelle de $200.dès qu\u2019ils auront dépassé le cap de la cinquantaine.Jusqu\u2019ici, très bien ! Mais les officiers de la grande tente devraient secourir plusieurs clubs des ligues mineures, qui servent de parents pauvres.S\u2019ils décidaient de faire l\u2019aumône d\u2019un million de dollars, en cinq ans, à certaines équipes des classes B et C, ils feraient, certes, oeuvre utile.S\u2019ils agissent autrement, dans un avenir rapproché, les jeunes joueurs d\u2019avenir, devant se contenter de salaires de famine, prendront un autre chemin, qui les empêchera de crever de faim.Les salaires des clubs de classes B, C et D sont insuffisants, au prix élevé du beurre, des champignons et du filet mignon ! ¦ Quel est le champion du monde, au Judo, un sport qui connaît une vogue grandissante ?Va sans dire, c\u2019est un Japonais, Shokichi Natsui, un ami de l\u2019un de nos lanceurs des Royaux Bill Nishita.Il remporta le premier championnat mondial, le mois dernier, à Tokyo.Cette épreuve sportive, a réuni 31 spécialistes du judo de 21 différents pays .M.J.Nauvelarts de Age, des Pays-Bas, président de la Fédération Européenne du Judo, s\u2019est dit fort heureux de ce qu\u2019un judoïste européen ait capté l\u2019un des premiers honneurs, après le Japon.Il a exprimé l\u2019opinion que, d\u2019ici cinq ans, les Européens atteindraient le niveau des Japonais, au judo.Le fait que Geesink, qui ne s\u2019est pas entraîné sous un instructeur japonais, ait retenu la troisième place dans le tournoi était inattendu.Les pays qui ont pris part au tournoi sont les suivants : Argentine, Autriche.Belgique, Cambodge, Canada, Cuba, Danemark, France.Indonésie, Japon, Luxembourg, Chine nationaliste.Pays-Bas, Philippines, Sarre, Espagne, Suisse, Thaïlande, Royaume-Uni, les Etats-Unis et l\u2019Allemagne de l\u2019Ouest.Le représentant canadien était Henri B.Gauthier, président de la Fédération Canadienne du Judo.¦ Réponse à M.F.Lacroix, Montréal.Vous gagnez votre pari de $50.Les Ours de Boston ont joué 23 parties consécutives sans défaite, du 22\tdécembre 1940 au 23 février 1941.Alors, ils ont remporté 7 victoires et annulé 4 fois, sur les glaces étrangères.Au Garden de Boston, ils ont gagné 8 fois et annulé 4 fois.Voici, d\u2019après le meilleur statisticien sportif, notre aimable confrère Jean Barrette, la liste complète des joutes, disputées par les joueurs du Boston, lorsqu\u2019ils ont établi ce record, le 23\tfévrier 1941 : 22\tdécembre \u2014 Boston 5 Détroit 3 25\tdécembre \u2014 Américain 1 Boston 8 27 décembre \u2014 Boston 3 Américain 3 1er janvier\t\u2014\tRangers\t2\tBoston\t2 5 janvier\t\u2014\tChicago\t2\tBoston\t2 7\tjanvier\t\u2014 Détroit\t1\tBoston\t1 11\tjanvier\t\u2014 Boston\t2\tCanadien\t1 12\tjanvier \u2014 Canadien 5 Boston 7 16 janvier \u2014 Boston 2 Rangers 2 18\tjanvier \u2014 Boston 1 Toronto 0 19\tjanvier\t\u2014\tBoston 4 Chicago\t4 21 janvier\t\u2014\tRangers\t3\tBoston\t4 26\tjanvier\t\u2014\tBoston 6\tAméricain 1 2 février\t\u2014\tAméricain\t1 Boston 4 4 février\t\u2014\tCanadien\t3 Boston 5 8\tfévrier\t\u2014\tBoston 3\tToronto 2 9\tfévrier\t\u2014 Boston\t2\tDétroit\t2 11 février\t\u2014 Détroit\t0\tBoston\t4 13\tfévrier\t\u2014\tBoston 5\tRangers 3 15 février\t\u2014\tBoston 5\tCanadien 0 18 février\t\u2014\tToronto 2\tBoston 2 23\tfévrier\t\u2014\tAméricain\t1 Boston 3 ¦ A notre avis, les bienfaits du sport et de l'éducation physique sont annihilés par le surmenage.La grande pensée du règne soviétique est, avant tout, de former le plus vite possible des combattants vigoureux.Pour cela, les dirigeants de la Russie pensent qu\u2019en soumettant la jeunesse à un entraînement sportif intensif la tâche des instructeurs militaires peut être réduite .Aussi, ont-ils déclenché leur action avec la froide férocité, dont ils sont coutumiers, mais en théoriciens fanatiques.Des jeunes gens de 15 à 17 ans, par exemple, sont astreints à des marches prolongées, portant des fardeaux trop lourds, sans repos indispensables, avec une usure nerveuse excessive .On lance, à corps perdu, les tout jeunes dans des sports de compétition les plus variés.Sans doute, de cette masse de pratiquants émergeront quelques sujets brillants.Mais on ne traite pas ainsi la majorité des organismes en formation.L\u2019élevage humain réclame infiniment de tact, de mesure.La résistance foncière doit être à la base de tout entraînement musculaire.Au lieu du matériel humain que réclame la Russie, formations de jeunesse et camps de travail ne lui fourniront peut-être qu\u2019une cruelle désillusion.HBH Us! .\u2022' w».$ Agi ||||fégg l*\t- mmm y \u2018 ¦ .Vü» \u2019 ** mm mm.¦rvi^Y' ¦ lisii imp Ci - t : ¦ î mm Le S (vu edi.Montréal, 4 août 1956 1** S s \\ s s MA BIEN-AIMÉE No 5 \u2014FIN Notre roman d'amour par MAGDA COMTINO RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS Sylvie, fille unique (le la doctoresse Constance Dufresne qui, elle-même, est veuve depuis déjà quelques années, étudie la peinture et ses maîtres lui promettent un brillant avenir dans son art.Un jour la mère de Sylvie tombe amoureuse d\u2019un nommé Alec W.Barclay et annonce son prochain mariage à sa fille.Cette dernière, très égoïste, se révolte contre sa mère qui s\u2019est dépensée sans cesse pour elle et décide de se réfugier chez une de ses amies, Catherine Estâmes, en se gardant bien d\u2019assister à ce prochain mariage.Sylvie fait connaissance de Ramun Carreguy et en tombe follement amoureuse tandis que Catherine Estâmes, de son côté, voit d\u2019un meilleur oeil un dénommé Clément Potroa, jeune et riche commerçant de son village basque.Mary se releva après avoir repoussé vers l\u2019âtre quelques brindilles égarées : \u2014 Chez le fermier de Blue Hill, on était sens dessus dessous ! La fermière s\u2019était cassé une jambe en tombant d\u2019une échelle.La doctoresse lui a fait d\u2019abord une piqûre de morphine pour atténuer la douleur et elle a réduit la fracture.Nous avons tous travaillé pendant une heure jusqu\u2019à ce que la blessée reposât tranquille sur son lit.Madame était en nage.Elle a voulu rentrer tout de suite, elle craignait que sir Alec ne s\u2019inquiétât.Je l\u2019ai enveloppée le mieux que j\u2019ai pu, mais il pleuvait à torrent et il faisait un vent qui nous glaçait même dans la voiture.En arrivant au manoir, elle a minimisé l événement et affecté un air gai, toujours pour ne pas inquiéter sir Alec rentre pendant notre absence ; mais le lendemain, ça n\u2019allait pas.Mary baissait la tête comme si elle se jugeait coupable de ne pas avoir soigné sa maîtresse.\u2014 Une pneumonie double s\u2019est déclarée, dit-elle.Six jours après, c\u2019était fini.Sylvie s\u2019était assise sur un siège bas, devant le feu : elle ne parvenait pas a se réchauffer.Après une hésitation, elle demanda : ¦\u2014 Ma mère a-t-elle parlé de moi ?.Je veux dire, au moment où elle s\u2019est sentie perdue ?\u2014 Oui, madame, elle a parlé de vous, un peu.toujours avec tristesse, elle se tourmentait beaucoup pour vous.Mary attendit une nouvelle question, comme elle ne venait pas, elle gagna la porte et sortit sans bruit.Sylvie resta longtemps, toute tassée sur son petit fauteuil, regardant le feu qui la revigorait.Elle cherchait à voir clair en elle.Pouvait-elle mettre en doute les affirmations toutes simples de cette servante ?Elle avait la sensation très nette que ces explications étaient claires et véridiques.Pouvait-elle soupçonner Alec Barclay de les lui avoir dictées ?Sylvie avait vu si souvent sa more rentrer harassée, elle l\u2019avait écoutée raconter tant de fois des soins épuisants et, même, une véritable lutte qu\u2019elle avait soutenue un jour contre une folle délirante, que le récit de Mary lui paraissait naturel.Trop fréquemment, sa mère abusait de ses forces et c\u2019était un besoin de repos et de tranquillité qui lui avait fait épouser Alec autant que l\u2019amour de cet homme et l\u2019attrait de l\u2019élevage des pur-sang qui lui rappelait sa jeunesse.Bien qu\u2019elle ne fût pas encore capable de se donner franchement tort, Sylvie admit qu\u2019elle avait pu se tromper quant aux circonstances du décès de sa mère, mais son animosité pour Alec ne s\u2019en trouva pas diminuée.Elle se leva, ouvrit sa valise, erra un peu dans sa chambre qui était petite avec un étroit lit à colonnes et plusieurs fauteuils profonds.La table était garnie, outre la photo de Mrs.Barclay, d\u2019un sous-marin, d\u2019un encrier représentant une femme en costume régional puisant de l\u2019eau dans un Commencé dans l'édition du 7 juillet 1956.Publié en vertu d'un traité avec la Société des Gens de Lettres.\u2014 Les noms de personnages et de lieux de nos romans, feuilletons, contes et nouvelles sont fictifs et choisis ou hasard.puits ; celui-ci contenait de l\u2019encre.Sur une commode, un Saxe délicat mettait une note de clarté dans cet ensemble assez austère.Une porte attira Sylvie qui pénétra dans une minuscule salle de bains.Elle tourna un robinet : l\u2019eau coulait chaude.Elle décida de se baigner pour se détendre et se reposer.Le soleil baissait sur l\u2019horizon quand Mary vint frapper et offrir à la jeune invitée le repas qu\u2019elle aimerait le mieux.Sylvie n\u2019avait pas faim, mais elle ne voulut pas chagriner cette femme qui semblait vouloir s\u2019occuper d\u2019elle avec attention : elle accepta ce qu\u2019elle proposait et s\u2019abstint de demander si c\u2019était la coutume de la région que l\u2019invitée mangeât dans sa chambre comme une séquestrée.Pour ce soir, elle préférait être seule, réfléchir davantage avant d\u2019affronter de nouveau son beau-père.Peut-être avait-il, lui aussi, des réflexes analogues.Pendant que Sylvie faisait semblant de goûter aux mets que Mary avait montés sur un plateau, elle se dit que ce nom de « beau-père » était presque choquant quand elle évoquait la silhouette juvénile d\u2019Alec, ses cheveux blonds, ses yeux de lavande.Il faisait même plus jeune que son âge.Malgré les propos acerbes qu\u2019il lui avait décochés, sa séduction avait agi sur Sylvie d\u2019autant plus que Ramun ne l\u2019avait pas habituée au charme mondain et que sa culture était limitée.Oui, elle comprenait maintenant que sa mère se fût éprise de cet homme.Quand Mary revint chercher le plateau, elle trouva la jeune invitée debout dans le clair-obscur, près de la fenêtre aux rideaux soulevés.Elle regardait la masse sombre du parc osciller sous le vent.\u2014 Mary, cette chambre était-elle celle de ma mère ?La servante désigna la cloison d\u2019un signe du menton : \u2014 Madame dormait dans la chambre voisine.\u2014 J\u2019aurais aimé la visiter.\u2014 Il faudra demander à sir Alec, il n\u2019aime pas qu\u2019on y déplace des objets.Elle avait l\u2019air gêné.Pour se donner une contenance, elle s\u2019empara du plateau et elle sortit rapidement.Sylvie eut un mauvais réflexe : \u2014 Il enferme les souvenirs de ma mère !.J\u2019ai autant de droits que lui.et même davantage ! Elle erra un peu, son humeur revenue, puis elle retourna fatalement à la fenêtre : c\u2019était une porte vitrée qui donnait sur un balcon de bois.Elle l\u2019ouvrit et remarqua aussitôt la porte voisine qui devait donner accès à l\u2019ancienne chambre de sa mère.Elle s\u2019en approcha doucement, mais la porte était fermée et elle ne vit rien à travers les rideaux.Sylvie revint vers sa propre chambre, mais elle resta accoudée au balcon, cherchant à percer l\u2019obscurité des arbres.Sur sa droite, un long bâtiment retentissait de hennissements.Il devait contenir les fameux pur-sang de l\u2019élevage et c\u2019était sans doute l\u2019heure de l\u2019avoine.Des lampes électriques éclairaient les cours, des hommes traversaient, portant des seaux, l\u2019un d\u2019eux était chargé d\u2019une couverture.Le calme gagna tout le bâtiment : les bêtes soignées, les valets s\u2019éloignaient vers les communs, derrière le manoir.Le silence tomba et rappela à Sylvie les longues soirées en compagnie de Ramun le taciturne.Elle soupira.Elle avait aimé Ramun \u2014 elle ne savait plus si elle l\u2019aimait encore \u2014 c\u2019était son travail qui l\u2019avait rebutée et, aussi, sa difficulté d\u2019adaptation.Ni l\u2019un ni l\u2019autre n\u2019avaient fait de réels efforts : il était resté Ramun, berger basque, et elle était toujours Sylvie, artiste parisienne.Après tout, n\u2019était-ce pas mieux ainsi ?Un bruit léger à proximité la fit tressaillir : on venait d\u2019entrouvrir une fenêtre.Une lueur très atténuée l\u2019avertit que quelqu\u2019un allumait une lampe dans la chambre de sa mère.Sylvie hésita un peu, redoutant une seconde altercation avec Alec.Elle se dirigea cependant à pas furtifs vers la porte vitrée qui bâillait et dont un des rideaux palpitait dans le courant d\u2019air.A travers le tulle léger, elle vit la silhouette de celui qu\u2019elle se refusait à nommer son beau-père.Il rangeait une pièce où rien n\u2019était dérangé.Il prenait un livre, le reposait à la même place ; il soulevait le couvercle d\u2019une boîte, le refermait avec précaution ; il saisissait délicatement un ouvrage de femme, crochet et fil blanc, et le regardait un moment avant de le déposer dans une corbeille.Une phrase de sa mère revint soudain en la mémoire de Sylvie : « Je finirai mes jours en faisant de la dentelle, cela me changera de ma profession d\u2019homme ! » Elle avait lancé cela comme une boutade et voilà que sa fille avait sous les yeux cette dentelle commencée et abandonnée.Alec traversa la chambre en diagonale et alla s\u2019asseoir sur un fauteuil près d\u2019un lampadaire qui éclairait faiblement.Il tira une pipe de sa poche et une blague de cuir gonflée de tabac.Il tint un moment ces objets dans ses mains puis il les enfouit de nouveau dans ses poches comme s\u2019il craignait d\u2019importuner quelqu\u2019un avec la fumée.Il étendit un peu ses longues jambes, appuya ses mains sur les avant-bras de son fauteuil, resta ainsi sans bouger.Sylvie était sur le point de s\u2019éloigner quand il ramena ses jambes, ce qui remonta ses genoux.Il étendit la main vers la tablette du lampadaire, certain de trouver à sa place ce qu\u2019il cherchait : un livre.Il l\u2019ouvrit et commença de lire.Mais Sylvie sentait qu\u2019il n\u2019était pas attentif, soit qu\u2019il pensât à autre chose, soit qu\u2019il connût déjà le texte pour l\u2019avoir relu souvent.Il ne tarda pas à fermer le livre, à le replacer sur la tablette.Alors, il se tassa dans son fauteuil comme s\u2019il se ramassait pour faire face à la souffrance, mais celle-ci l\u2019assaillit victorieusement : il fléchit en avant, posa ses coudes sur ses genoux remontés, sa tête dans ses mains.Sylvie ne pouvait douter qu'il pleurait.La découverte de cette douleur lui causa d\u2019abord de la surprise : elle n\u2019avait pas pensé que cet homme pouvait souffrir.Ensuite, la vue de ces sanglots silencieux réveilla son propre chagrin.Elle s\u2019enfuit vers sa chambre, se barricada comme si elle redoutait elle-même d\u2019être surprise, puis elle s\u2019affala près du feu à demi éteint.Maintenant, elle commençait à comprendre la perte qu\u2019elle avait faite.Une accusation formulée par Alec lors de leur dispute l\u2019incita à l\u2019analyse : «Vous avez été la pire ennemie de votre mère ! » Ce n\u2019était pas vrai : elle aimait sincèrement sa mère.Mais le lui avait-elle dit ?le lui avait-elle prouvé ?.Cette question était d\u2019autant plus affreuse que, maintenant, il était trop tard pour adopter une autre attitude.Sa mère aimait Alec.Le coeur de Sylvie se serra au souvenir des scènes passées et de l\u2019air las dont sa mère les accueillait.Pourquoi Sylvie était-elle intervenue dans une affaire qui ne la regardait nullement ?Sa mère aurait pu être heureuse avec cet Alec.et Sylvie s\u2019était érigée en reproche vivant et, même, en justifier.Elle n\u2019avait pas le droit de juger le désir naturel de sa mère : celui de fonder un nouveau foyer après s\u2019être dévouée pendant des années au bonheur de sa fille.et elle était morte en se dévouant une dernière fois.Sylvie pleura plus fort.Elle commençait à perdre de son intransigeance et elle y gagnait un peu de coeur.Une pensée sécha ses larmes.Restait son attitude à adopter vis-à-vis d\u2019Alec.LA SEMAINE PROCHAINE Nos lecteurs sont priés de prendre note que nous commencerons dans notre numéro de la semaine prochaine, un nouveau roman d'amour intitulé : LA DAME AUX JACINTHES par CLAUDE FAYET Le Samedi, Montréal, 4 août 1956 13 Là, sa rancune persistait, elle aurait voulu se persuader que cet homme ne méritait pas l\u2019amour de sa mère.Elle désirait qu\u2019il eût vraiment fait des calculs, elle redoutait de s\u2019être trompée aussi à son égard.Tant d\u2019erreurs de sa part l\u2019effrayait tellement qu\u2019elle ne voulait pas les admettre : il fallait qu\u2019Alec fût coupable de quelque chose.Là, un autre sentiment commençait à jouer : qu\u2019une femme parfaite comme sa mère eût donné son amour à un être digne d\u2019elle ne surprenait pas Sylvie, mais lui faisait entrevoir Terreur la plus monumentale de toutes : celle de son propre mariage.La douce vie à Horse Castel avait captivé la doctoresse pendant que sa fille pleurait de dégoût parce que les vêtements de Ramun puaient le suint, parce qu\u2019elle se coupait les doigts en ouvrant une boîte de conserves, parce qu\u2019elle avait à ravauder des habits grossiers, parce qu\u2019elle périssait d\u2019ennui dans les sauvages montagnes du Wyoming ! Ses paupières brûlaient.Elle se leva, alla tamponner ses yeux avec un gant de toilette mouillé d\u2019eau froide, puis revint dans la chambre où elle s\u2019immobilisa.Le notaire de Londres avait dit : « Mrs Constance Barclay a placé des fonds dans l\u2019élevage des pur-sang.» Alec n\u2019en avait pas soufflé mot.Elle retourna cette idée qui excusait ses propres accusations, essayant de ne plus penser à ce qui lui donnait tort, à elle ! La jeune femme finit par se déshabiller et se coucher.Dans le noir, elle pensa à Ramun seul, là-bas, avec ses moutons et ses chiens.Elle savait, elle sentait que son mari l\u2019appelait et qu\u2019il était malheureux.Son indécision était telle que Sylvie entrevit l\u2019avenir avec effroi.XVIII Sylvie quitta sa chambre très tôt le matin.Une résolution l\u2019animait : elle voulait en finir vite.Mais une déconvenue l\u2019attendait au rez-de-chaussée.Mary lui apprit que sir Alec était absent.\u2014 Il ne rentrera que vers la fin de l\u2019après-midi.Il m\u2019a bien recommandé de veiller sur vous, madame.\u2014 Est-ce que la voiture est au garage ?\u2014 Oh ! non, sir Alec la prend toujours pour ses voyages et, même, pour de simples courses.\u2014 J\u2019aurais aimé faire une promenade aux environs.Je vais faire seller un cheval.Mary eut un visage surpris.\u2014 Les pur-sang ne se montent pas facilement.A moins qu\u2019Arnold, le chef-valet, n\u2019ait reçu des ordres de sir Alec.\u2014 Je vais m\u2019en informer, dit la jeune invitée, quittant le manoir et sortant dans le jardin.Elle savait ce qu\u2019elle voulait savoir : Alec avait tenu ses promesses, elle ne pouvait quitter Horse Castel sans son autorisation.Une pareille situation ne pouvait s\u2019éterniser.Dès son retour, qu\u2019il le voulût ou non, il fallait régler leurs comptes et se séparer le plus tôt possible.Le vent s\u2019était levé de nouveau et annonçait la pluie ; mais en ce moment il faisait assez beau pour traverser les jardins et une partie du parc en direction des écuries.Les cimes des arbres fortement agitées contrastaient avec le sous-bois où le calme régnait.La masse des fûts coupait le vent.Celui-ci accueillit Sylvie à l\u2019entrée de la première cour.Là, des valets, assis près d\u2019une table rustique, astiquaient des licols, réparaient des selles.Donc, on pouvait trouver au moins un cheval qui acceptât une cavalière.Les hommes se levèrent à l\u2019approche de la vi- siteuse et leur salut collectif attira un autre homme, un gaillard haut en couleur, au visage pas commode et qui ne devait pas rire tous les jours.Sylvie s\u2019adressa à lui : \u2014 Est-ce vous, Arnold ?\u2014 Oui, madame.La réponse avait été plutôt une sorte de grognement.Il semblait se méfier de son interlocutrice ; mais peut-être était-ce un simple réflexe de paysan.Pour s\u2019en assurer, Sylvie demanda : \u2014 Faites-moi seller un cheval doux, j\u2019irai faire un tour.\u2014 Impossible, madame, il va pleuvoir dans quelques minutes.Comme pour lui donner raison, de grosses gouttes vinrent s\u2019écraser sur le sol de la cour, elles en chassèrent les valets et leur attirail.\u2014 Dès que l\u2019averse sera terminée, insista Sylvie.\u2014 Ce n\u2019est pas une simple averse qui se prépare, madame, il pleuvra toute la journée et peut-être la nuit prochaine et demain aussi.Manifestement, cet homme avait raison.La jeune femme voulut se le concilier : \u2014 Vous connaissez mieux les sautes du temps que moi.J\u2019attendrai donc une meilleure occasion pour faire du cheval.Est-ce que je peux visiter les écuries ?L\u2019homme s\u2019effaça pour laisser le passage libre et il emboîta le pas à l\u2019étrangère tel un cicerone obligeant : \u2014 Certainement, madame.\u2014 Voici notre Gazelle, une très jolie pouliche de trois ans sur laquelle sir Alec fonde de grands espoirs.La bête vint passer sa tête pardessus la basse porte de son box pour examiner curieusement la visiteuse.Ses naseaux palpitaient.Dans le box suivant, une énorme bête presque noire frappa rageusement le sol de son sabot droit.\u2014 C\u2019est Gypsie, dit Arnold.Nous n\u2019avons jamais pu la dresser complètement.Elle a du sang de cheval sauvage dans les veines et, dame, ce sang la travaille parfois.Il faut s\u2019en méfier.\u2014 Sir Alec la garde quand même ?\u2014 Ses produits sont très recherchés.La visiteuse passa au box suivant où une belle poulinière alezane était en compagnie d\u2019un amusant petit haut sur pattes et curieux comme savent l\u2019être les chevaux.Sylvie s\u2019avisa que leurs noms étaient inscrits au-dessus de la porte : Nuit de juin, de Belle amie et de Rubicon.Arnold, malgré son air renfrogné, vanta les mérites de la mère et de la fille et la visite continua.Sylvie traversa toutes les écuries, longea tous les boxes, lut le nom de tous les occupants.Aucun cheval n\u2019était absent en raison du mauvais temps qui s\u2019annonçait.La promenade dura plus d\u2019une heure.A la fin, quand Sylvie jugea qu\u2019elle parcourait la dernière écurie, elle demanda : \u2014 Sir Alec s\u2019occupe d\u2019élevage depuis longtemps ?-\u2014Depuis toujours, je crois, puisqu\u2019il est né à Horse Castel qui appartenait à ses parents avant lui.C\u2019est un des plus beaux élevages du comté et, peut-être bien, d\u2019Angleterre.Sylvie dit, assez sottement : \u2014 Sir Alec doit posséder une grosse fortune ?\u2014 Je voudrais bien avoir seulement ce qu\u2019il paye comme impôts par an.L\u2019évidence crevait les yeux : Alec était très riche.Il n\u2019avait nul besoin de l\u2019argent de sa femme, puisqu\u2019il était plus fortuné qu\u2019elle.Sylvie devait convenir qu\u2019elle s\u2019était trompée dans ses soupçons.Comme elle atteignait, suivie d\u2019Arnold silencieux, la porte de sortie, elle se retourna et vit, alignées de droite et de gauche, les têtes attentives des chevaux tournées dans sa direction.Tous ces grands yeux qui l\u2019observaient lui causèrent un certain malaise.Sylvie lut de la surprise sur le visage d\u2019Arnold.Il devait se demandei pourquoi elle regardait avec insistance vers l\u2019intérieur de l\u2019écurie.De grosses gouttes tombaient toujours.Elles avaient mouillé entièrement le sol de la cour.Les pavés luisaient, comme encaustiqués.\u2014 Je vais rentrer, dit Sylvie, la pluie augmente d\u2019intensité.Merci, Arnold, pour m\u2019avoir fait visiter ce magnifique élevage.\u2022\u2014 A votre service, madame.L\u2019homme enleva l\u2019étroite casquette qui lui donnait l\u2019apparence d\u2019un baby joufflu et Sylvie gagna lestement le parc où la pluie n\u2019avait pas encore percé le feuillage dense.Elle avisa un banc de bois qui épousait le tronc d'un énorme mélèze.Elle s\u2019assit.Ce parc était un des attraits du manoir.Un charme semblait sourdre de partout.Sylvie y était d\u2019autant plus sensible qu\u2019elle comparait la vie à Horse Castel à celle qui avait été la sienne dans le sauvage Wyoming.Elle resta plongée dans des pensées décourageantes jusqu\u2019à ce que la pluie, ayant franchi la voûte de verdure, commençât de crépiter sur le sol, sur le sable des allées et sur le banc.Quand elle rentra dans le grand manoir, Mary ne parut pas.Elle devait être occupée à quelque besogne, elle n\u2019avait pas entendu le pas léger de l\u2019invitée.Celle-ci erra un peu d\u2019une salle à l\u2019autre, passant du salon à la bibliothèque, du fumoir à un ravissant petit boudoir qui avait dû servir à la mère d\u2019Alec.On sentait partout une présence féminine au point que Sylvie se demanda si sa mère avait pu marquer son passage en si peu de temps.L\u2019idée lui vint d\u2019aller visiter son ancienne chambre, de profiler de l\u2019absence d\u2019Alec.Elle se promit de tout laisser en place afin qu\u2019il ne s\u2019aperçût pas de son passage.De sa chambre, elle gagna le balcon, mais la seconde porte-fenêtre était fermée de l\u2019intérieur.Alors, elle fit le tour par le couloir.Le pêne se déclencha et le battant s\u2019ouvrit.Malgré l\u2019émotion qui l\u2019étreignit, Sylvie, redoutant d'être surprise par Alec, alla ouvrir la porte du balcon afin de fuir facilement vers sa propre chambre.Un moment, elle resta debout au milieu de la pièce, examinant avec émotion ce qui avait été le cadre de la vie intime de sa mère.Elle retrouvait son goût pour les objets délicats : une pendulette entourée de deux saxes aux tons pastel, un vase de cristal taillé où des roses étaient renouvelées chaque jour, une corbeille à ouvrage où reposait, inachevée, la dentelle qu\u2019Alec avait prise entre ses doigts la veille.Un petit bureau chargé d\u2019un sous-main attira Sylvie.Elle s\u2019assit sur l\u2019étroit fauteuil et avisa une photo protégée par un verre : Constance Barclay et son mari avaient les yeux levés vers un magnifique cheval qui pointait les oreilles et montrait de l\u2019inquiétude, sans doute la présence du photographe.Les mains d\u2019Alec et de sa femme étaient unies sur le cou de l\u2019animal.Ce fut seulement à ce moment que Sylvie comprit combien la vie de sa mère pouvait être séparée de la sienne.Alors pourquoi était-elle intervenue ?Elle avait beau se dire encore que sa mère lui appartenait, elle savait bien que non, en tant que femme.Une vague de regrets la submergea.« J\u2019étais si jeune, pensa-t-elle, je ne pouvais deviner toutes ces surprises de la vie, tous ces pièges aux sentiments qui s\u2019ouvrent de tous côtés.Les coeurs ne sont pas simples et fixés une fois pour toutes.» Sylvie était si jeune.quelques mois plus tôt ! Un bout de papier dépassait d\u2019un tiroir, elle l\u2019amena sous ses yeux et lut :\t« L\u2019amour est une eau de jou- vence.je retrouve près de vous mes vingt ans que je croyais à jamais enfuis.» Sylvie replaça la lettre, repoussa le tiroir : elle n\u2019avait pas le droit de lire plus avant.Elle souleva le sous- L\u2019HOROSCOPE DU \"SAMEDI\" (Nouvelle série) 5\t3\t7\t2\t6\t4\t5\t3\t8\t2\t6\t5\t3\t8\t2\t6 L\tV\tS\tG\t0\tU\tA\t0\tP\tA\tN\tP\tS\tE\tI\tR 8\t5\t6\t3\t7\t8\t2\t5\t4\t6\t3\t7\t5\t2\t6\t3 T\tR\tE\tR\t0\tI\tN\tI\tN\tS\tE\tY\tE\tS\tP\tV 8\t4\t5\t2\t6\t7\t3\t8\t5\t2\t6\t3\t7\t5\t2\t6 T\tC\tR\tA\tE\tE\tE\tS\tE\tP\tC\tN\tZ\tD\tP\tT 8\t5\t3\t6\t7\t5\t2\t8\t4\t6\t3\t7\t2\t5\t6\t3 E\t0\tU\tE\tP\tN\tR\tN\tH\tV\tS\tA\tE\tN\t0\tA 6\t3\t5\t2\t8\t4\t6\t3\t5\t7\t2\t8\t6\t3\t5\t7 S\tU\tE\tC\tN\tE\t0\tG\tD\tT\tI\tU\tP\tM\tU\tI 7\t5\t3\t6\t4\t8\t2\t6\t5\t3\t7\t4\t6\t2\t5\t3 E\tC\tE\tI\tQ\tI\tA\tN\t0\tN\tN\tU\tI\tB\tU\tT 5\t3\t6\t2\t7\t6\t3\t5\t8\t2\t6\t3\t5\t4\t2\t5 R\tE\t0\tL\tT\tN\tN\tA\tS\tE\tS\tT\tG\tE\tS\tE Comptez les lettres de votre prénom.Si le nombre de lettres est de 6 ou plus, soustrayez 4.Si le nombre est moins de 6, ajoutez 3.Vous aurez alors votre chiffre-clef.En commençant au haut du rectangle pointez chaque chiffre-clef de gauche à droite.Ceci fait, vous n\u2019aurez qu\u2019à lire votre horoscope donné par les mots que forme le pointage de votre chiffre-clef.Ainsi, si votre prénom est Joseph, vous soustrayez 4 et vous aurez comme clef le chiffre 2.Tous les chiffres 2 du tableau ci-dessus représentent votre horoscope.Droits réservés 1945, par William J.Miller, King Features, Inc. 14 Le Samedi, Montréal, 4 août 1956 main.Dans une des poches, elle découvrit ses propres lettres et les méchantes petites cartes postales n\u2019apportant à sa mère que cinq mots ridicules comme on écrit à une étrangère dont on se souvient quand on a le temps, en vacances ! Des larmes l\u2019aveuglèrent.Comment avait-elle pu se conduire si sottement ?Brusquement, Sylvie rabattit le sous-main : quelqu\u2019un montait l\u2019escalier.Ce n\u2019était pas Mary, qui traînait un peu les pieds, mais une personne leste.Sylvie redouta d'être surprise par Alec : elle sortit par le balcon, gagna sa chambre dont elle ouvrit la porte du couloir.Le propriétaire de Horse Castel, vêtu comme un gentleman-farmer de velours brun et de tweed, botté de cuir fauve, pénétrait dans une pièce, sa chambre, probablement.Entendant un léger bruit, il jeta un coup d\u2019oeil vers son invitée.Celle-ci s\u2019arma de courage pour solliciter, avec un rien de crainte dans la voix : \u2014 Pouvez-vous m\u2019accorder un entretien ?\u2014 Votre ton a gagné en modération, répondit-il, malheureusement je n\u2019ai pas un instant à vous consacrer : je dois en terminer avec mon acheteur.\u2014 Et ce soir, ou demain, vous trouverez un autre prétexte ! Malgré elle, le ton agressif venait de reparaître.Il ricana : ¦\u2014Pas de prétexte du tout, si cela me plaît.\u2014 Je pense que vous ferez l\u2019impossible pour me faire perdre patience.Je vous préviens que je ne suis pas la mauviette que vous croyez et que je peux vous tenir tête longtemps ! \u2014 J\u2019en conclus donc que votre voix doucereuse du début de cet entretien était simplement pour obtenir votre droit au départ ?Sylvie eut le bon esprit de retenir les paroles acerbes qui affluaient sur ses lèvres.Elle adopta une voix émue : \u2014 Je suis venue à vous aujourd\u2019hui avec des sentiments de conciliation sincere.Jugez vous-même comme vous les accueillez ! Elle avertit avec défi cet antagoniste si peu influençable : \u2014 Je suis capable de bien des choses si vous me poussez à bout ! \u2014 Vraiment ?Il en doutait.Elle reprit, rageuse : \u2014 Je puis rester ici jusqu\u2019à ce que votre patience s\u2019émousse.ou je puis partir à pied vers la gare : 28 kilomètres ne me font pas peur, en admettant que je ne trouve pas un automobiliste en cours de route.¦\u2014Je vous fais remarquer que cela correspond à sept heures de marche en forêt et qu\u2019il pleut toujours.\u2014 Et après ?Ma mère n\u2019aurait pas eu peur de sept heures en forêt, qu\u2019il pleuve ou non ! Vous oubliez que je lui ressemble ! Sa subtilité féminine lui avait dicté cette phrase : elle savait le toucher ; mais le résultat ne fut pas celui attendu : \u2014 Vous lui ressemblez au physique, dit-il, mais au moral, vous êtes sa caricature.Quand vous l\u2019aurez compris, quand vous aurez perdu ce ton superbe, nous parlerons.Il tourna les talons, entra dans sa chambre et referma la porte derrière lui.Sylvie resta sur place, serrant les dents, consciente, toutefois, qu\u2019Alec Barclay venait de se placer dans son tort.Il la jugeait superficiellement comme si elle était encore une gamine.comme si elle avait quelques mois de moins.Alec en était resté à la jeune fille égoïste qui, vexée du remariage de sa mère, lui écrivait quelques mots sur une carte, pour la punir elle ne savait de quoi.Or elle avait appris des choses essentielles et, principalement, elle avait souffert.Partant, elle comprenait la souffrance des autres : celle de sa mère, celle de Ramun abandonné avec quelle hâte ! celle d\u2019Alec lui-même alors qu\u2019il la croyait indifférente.Sylvie rentra dans sa chambre, se demandant quelle décision prendre.Un voile d\u2019eau cachait les arbres du parc : il pleuvrait toute la journée, comme l\u2019avait annoncé le chef valet.Le pas d\u2019Alec résonna de nouveau sur l\u2019escalier : il repartait.Devait-elle le harceler ou attendre qu\u2019il se calmât ?N\u2019ayant plus confiance en sa propre subtilité, en sa diplomatie, elle préféra lâcher pied : à la première éclaircie, elle enfilerait son imperméable à capuchon par-dessus son tailleur et elle partirait vers la gare.Le plus raisonnable était d\u2019attendre l\u2019aube.En tenant compte de quelques haltes en route, elle arriverait à bout de ces 28 kilomètres avant la nuit.Elle eut un petit ricanement : sept heures solitaires en forêt lui paraissaient moins redoutables que les récents mois dans le Wyoming.Le souvenir seul lui causait des nausées.Elle sentit qu\u2019elle n\u2019était pas tout à fait sincère avec elle-même : elle devait mettre Ramun à part.Elle n\u2019aimait pas son métier ni le lieu où il exerçait, mais elle avait gardé son amour à peu près intact.La meilleure preuve ?Elle se dit : « Ah ! si Ramun était là, il ne me laisserait pas malmener par mon beau-père ! Il me défendrait ! Je ne serais pas obligée de parcourir à pied 28 kilomètres ! » Elle se mit à écrire à son mari, une longue lettre un peu décousue qui n\u2019aurait pas manqué de l\u2019inquiéter si elle avait pu la mettre à la poste.Quand elle la relut, elle ne se reconnut pas dans cet appel au secours à peine voilé.Alors, elle la déchira en menus morceaux, se promettant de lui écrire quand elle serait partie de Horse Castel et plus calme.La journée s\u2019étira.Il pleuvait toujours avec une régularité décevante.Mary monta le plateau chargé de nourriture.Sylvie se dit qu\u2019elle devait bien manger pour prendre des forces en prévision de son voyage pédestre du lendemain.Elle pensa aussi à mettre quelques tranches de pain de côté afin de se sustenter en route.En revenant chercher le plateau à peu près vide, Mary rapporta des bûches.\u2014 C\u2019est la mauvaise saison qui commence, dit-elle, l\u2019air fraîchit de plus en plus- Sylvie se demanda quel temps il faisait dans le Wyoming, s\u2019il pleuvait aussi, à moins qu\u2019il ne neigeât, car les pâturages étaient en altitude.Elle frissonna, pensant à Ramun, solitaire.Mary surprit son mouvement frileux.\u2014 Votre tailleur n\u2019est pas assez chaud pour rester comme ça immobile.Il y a bien, ici, les robes d\u2019intérieur de madame.Je ne pense pas que sir Alec me blâme, puisque vous êtes la fille de madame.Je vais vous en chercher une.\u2014 Merci, Mary.La servante sortit et revint avec une douillette robe de chambre bleue dont Sylvie s\u2019emmitoufla : \u2014 Vous ressemblez encore plus à madame dans cette toilette.Je ne sais si sir Alec sera content !.\u2014 Si par hasard il s\u2019en aperçoit, je lui dirai que c\u2019est moi qui ai pris cette robe parce que j\u2019avais froid.Rassurée, la domestique sortit et la soirée se traîna interminablement.Quand la nuit vint, Sylvie se demandait si ce serait de bonne diplomatie de tenter une autre offensive de conciliation auprès d\u2019Alec.Elle décida de guetter son retour.Toute lumière éteinte, elle se plaça près de la porte-fenêtre d\u2019où elle découvrait l\u2019allée au gravier clair entre les arbres.Qu\u2019il vînt des écuries, du garage ou du parc, Alec entrait toujours par la porte du hall.La haute silhouette du châtelain qui surgit soudain entre les arbres fit tressaillir la jeune femme.La pluie avait mis une tache sombre sur chacune de ses épaules.Assurément, il allait monter se changer.Elle lui parlerait quand il sortirait de sa chambre.Elle entendit retomber la lourde porte d\u2019entrée, la voix d\u2019Alec jeta quelques ordres et son pas progressa sur l\u2019escalier.Il resta longtemps dans sa chambre, sans doute se libérait-il de tous ses vêtements humides.Sylvie évoqua sa silhouette de la vieille entrevue à travers les rideaux de 1a chambre de sa mère : une robe de chambre très foncée, noire ou bleu marine, et des chaussons.Le coeur de la jeune femme se mit à battre : elle venait de réaliser que chaque soir, à peu près à la même heure, il accomplissait un pèlerinage.Elle l\u2019entendit ouvrir sa porte, glisser sur le tapis, ouvrir la chambre voisine.Il allait chez « sa femme ».Cet homme aimait toujours Constance Barclay.Cette fois, Sylvie ne pensa pas que ce fût par calcul.Elle se sentit tellement désemparée et, aussi, bien petite, devant ce grand amour méconnu, qu\u2019elle n\u2019osa pas sortir sur le couloir.Elle resta sans résolution un long moment.Le silence régnait dans la chambre de la morte.Doucement, la jeune femme ouvrit sa porte-fenêtre.Le balcon était sec, protégé par l\u2019auvent du toit.Elle se risqua sans bruit vers la douce lueur qui l\u2019attirait.Alec allait et venait, en proie à une agitation inexplicable, le front penché, ses mains enfouies dans les poches de sa robe de chambre.Sylvie se jugeait invisible dans le noir de la nuit, elle se rapprocha de la fenêtre close sans se rendre compte qu\u2019à travers les rideaux de tulle sa silhouette se découpait, irréelle, sur un fond plus sombre.Elle avait oublié aussi qu\u2019elle portait une robe de sa mère.Alec la vit et s\u2019immobilisa, puis il tendit les mains vers la fenêtre, l\u2019ouvrit et ne donna pas à Sylvie le temps de parler pour excuser son indiscrétion : \u2014 Constance ! Sylvie recula jusqu\u2019au parapet du balcon comme si elle avait été frappée.Elle cria presque : ¦\u2014Non! Alec.Non!.Je ne suis que Sylvie.Sa phrase d\u2019humilité ne porta pas ses fruits.Le mari inconsolable la rendit responsable de sa propre erreur et de sa déconvenue.Il entra dans une violente colère : \u2014 Etes-vous consciente de cette mascarade ?.Je vous devrai donc toutes sortes de souffrances ! Allez-vous-en ! Mais elle se jeta vers lui : \u2014 Pardonnez-moi ! Je n\u2019ai pas voulu cela.Votre haine est trop injuste ! Je ne suis pas fautive.pas plus que d\u2019avoir le visage de ma mère.Je ne veux pas que vous me haïssiez ! Je ne peux plus le supporter ! Elle était entrée dans la pièce en parlant, mais elle avait trop présumé de son courage : elle s\u2019effondra en larmes sur le petit fauteuil près du lampadaire et elle eut le cri d\u2019autrefois quand elle avait besoin d\u2019aide : \u2014 Maman ! maman ! Alec la regarda pleurer, indécis.Enfin, un reflet de douceur s\u2019installa dans ses yeux bleu de lavande.\u2014 Pauvre petite fille, dit-il, ces sentiments démesurés ne sont pas à votre taille.Mais je suis seul coupable : je n\u2019aurais pas dû vous amener ici.Je ne pensais pas que vous lui ressembliez tant.Il se pencha vers Sylvie hoquetante, posa en hésitant la main sur ses cheveux emmêlés : \u2014 Relevez-vous.D\u2019une main ferme, il l\u2019obligea à se mettre debout, elle s\u2019abattit sur son épaule : \u2014\tAlec ! votre haine est atroce.\u2014\tVous dramatisez! Je ne vous hais pas.Je voulais seulement vous montrer.Oh ! et puis, à quoi bon revenir là-dessus ?.Essuyez vos yeux.Allez vous reposer : nous parlerons demain quand nous aurons, tous deux, reconquis notre calme.Elle hocha la tête, consentante.Il la conduisit jusqu\u2019au balcon et attendit qu\u2019elle eût pénétré dans sa chambre pour réintégrer celle de la morte.Il s\u2019assit près du lampadaire et resta longtemps la tête dans ses mains.XIX A l\u2019heure habituelle du breakfast, Mary frappa à la porte de la chambre, mais elle n\u2019était pas porteuse du plateau, comme à l\u2019accoutumée.Après le salut matinal, elle posa simplement une question : \u2014 Sir Alec demande si madame veut descendre prendre son repas en sa compagnie ?\u2014 Oh ! oui ! dit Sylvie avec un élan qu\u2019elle n\u2019aurait pas cru possible quelques jours plus tôt.Elle s\u2019élança hors de sa chambre et courut sur l\u2019escalier.Dans la crainte de froisser Alec, elle n\u2019avait pas revêtu la robe de sa mère.Elle portait son petit tailleur noir qui rendait plus clair son épiderme, plus bleus ses yeux, plus dorés ses cheveux.Par une porte laissée entrouverte intentionnellement, Sylvie aperçut le propriétaire du manoir, debout près d\u2019une table dressée pour deux.\u2014 Il fait plus chaud dans cette bibliothèque que partout ailleurs, dit-il.La pièce est petite : on peut y entretenir une douce température.Un feu pétillait dans une haute cheminée.Le samovar fumait, la théière aussi.Des assiettes de toasts et de crêpes voisinaient avec un compotier de confiture dorée.Alec s\u2019avança vers son invitée et comme elle lui tendait timidement la main, il la prit et demanda : \u2014 Avez-vous bien dormi ?\u2014 Comment pouvez-vous me poser une pareille question ?Je n\u2019ai pas plus dormi que vous.\u2014 Excusez - moi.J\u2019essaye, simplement, de prendre une attitude courtoise.mais le choix de ma phrase n\u2019était pas très heureux.Il lui avança sa chaise, s\u2019assit lui-même et attendit que Mary eût posé un pot de lait bouillant sur la table et se fût retirée pour dire : \u2014 Comme vous l\u2019aviez deviné, je n\u2019ai pas dormi.Les problèmes qui se levaient étant différents de ceux prévus, je me suis trouvé devant un mur de difficultés.La comparaison n\u2019est peut-être pas plus heureuse que ma phrase précédente, mais elle justifie mon insomnie.et la vôtre.Tout en parlant, avec des gestes mesurés, il avait servi à Sylvie ce qu\u2019elle préférait depuis son arrivée à Horse Castel.Ceci indiquait qu\u2019il s\u2019était intéressé à ses moindres gestes sans qu\u2019elle s\u2019en doutât.Après son intransigeance passée, Sylvie jugea bon un excès d\u2019humilité : \u2014 Je voudrais vous demander pardon.Elle baissait le nez sur un toast qu\u2019elle beurrait machinalement.\u2014 Si nous commençons par les grands mots, répondit-il, nous aurons quelque peine à terminer sans éclat.Disons que vous m\u2019en avez voulu de vous prendre votre mère et que moi je vous en ai voulu de la préoccuper et, même, de lui ressembler.Supposons donc que nous sommes quittes pour le passé.Il reste le présent.\u2014 Alec, c\u2019est très humiliant pour moi de vous avoir soupçonné de tous les [ Lire la suite page 16 1 Le Samedi, Montréal, 4 août 1956 15 FREDERICTON, ville coquette mais austère, se ravigote .par J.-A.FRIOLET Fredericton, capitale de la province du Nouveau-Brunswick et important centre commercial, est une ville charmante et coquette où régnait une ambiance de calme et d\u2019austérité jusqu\u2019à ce qu\u2019une infusion nouvelle vienne la ravigoter.Les Français avaient reconnu l\u2019emplacement de cette ville bien longtemps avant la guerre de Sept Ans.Déjà en 1692, le Chevalier Robineau de Villebon avait construit un fort à l\u2019embouchure de la rivière Nashwaak, sur la rive-est de la rivière Saint-Jean.En 1731, le village acadien de Pointe Ste-Anne prospérait sur le même site.Il fut détruit par les Anglais en 1759 et la plupart de ses habitants français se réfugièrent dans les bois ou s\u2019enfuirent vers d\u2019autres villages.L\u2019arrivée des Loyalistes en 1783 marqua le début de l\u2019intense colonisation de la vallée de la rivière Saint-Jean.L\u2019année suivante, l\u2019autorité coloniale ayant constitué la province du Nouveau-Brunswick, son premier gouverneur, Sir Thomas Carleton, décida que l\u2019emplacement de l\u2019ancien village de Pointe Ste-Anne deviendrait la capitale.Il rebaptisa l\u2019endroit Frederick Town en l\u2019honneur de l\u2019évêque anglican d\u2019Osnabruche, deuxième fils de George III, roi d\u2019Angleterre d\u2019origine allemande.Le parlement du Nouveau-Brunswick, ayant déménagé de Saint-Jean, se réunit dans la nouvelle capitale pour la première fois en 1788.En 1828 furent construits trois immeubles importants dans la vie de la ville et de la province.Un nouvel hôtel du gouvernement pour remplacer l\u2019ancien édifice administratif en bois détruit par le feu trois ans plus tôt, et une caserne pour les officiers des régiments impériaux qui est maintenant le rendez-vous des anciens combattants et des soldats de Gagetown qui, gracieusement accueillis par les légionnaires de l\u2019endroit, viennent se détendre en fin de semaine.Et, enfin, l\u2019immeuble de la faculté des Arts de ce qui était alors le Collège du Nouveau-Brunswick, maintenant une des institutions universitaires les plus en vue de l\u2019Amérique du Nord.Située sur une colline à l\u2019extrémité sud de la ville, dans un décor des plus naturels, l\u2019université fut établie comme académie provinciale des arts et sciences en 1785, collège officiel en 1828 et université en 1860.Jusqu\u2019alors, on n\u2019y admettait que les anglicans mais aujourd\u2019hui cette institution reçoit des élèves de toutes religions.On peut voir un Sikh des Indes, coiffé d\u2019un turban de couleur vive se mêler aux centaines d\u2019étudiants de l\u2019institution ; ou encore un indigène sud-africain, dont le grand-père est un sorcier-guérisseur, qui se prépare à la médecine pour aller la pratiquer chez lui et remplacer celle de son aïeul.La nouvelle bibliothèque Bonar Law-Bennett, aménagée grâce à la générosité de Lord Beaverbrook, constitue le centre culturel de l\u2019université.Cet édifice imposant fut érigé en l\u2019honneur de deux fils illustres de la province : le premier fut le seul premier-ministre de la Grande-Bretagne né à l\u2019extérieur des Iles Britanniques et l\u2019autre fut premier-ministre canadien.La reine Victoria accorda une charte de cité à Fredericton en 1845 et l\u2019incorporation officielle eut lieu en 1848.Etant alors cité, la première cathédrale à être construite en sol britannique depuis la conquête normande y fut érigée.D'ailleurs, c\u2019était dans le but d\u2019aménager la cathédrale que la ville fut incorporée.La nef de cet édifice anglican est une réplique exacte de celle de l\u2019église St.Mary of Snettisham, Norfolk, Angleterre.Milieu culturel recherché des provinces maritimes, la ville-capitale est dotée, en plus de son université, d\u2019un institut pédagogique ayant une faculté d\u2019enseignement français, d\u2019une demi-douzaine d\u2019écoles modernes ou modernisées, d\u2019un business college, et d\u2019une école d'arts et métiers sous l\u2019égide du gouvernement provincial.Les bureaux des employés civils sont concentrés dans les environs du square du parlement.Une quinzaine d\u2019églises de toutes les dénominations \u2014 il y en a deux catholiques dont la construction en bois contraste avec la pierre grise de la plupart des temples \u2014 voient aux besoins spirituels de la ville dont la population s\u2019élève maintenant au-delà de 21,000 âmes.Et chose qui réchauffe le coeur c\u2019est l\u2019infusion de l\u2019élément canadien-français dans la population qui jusqu\u2019ici était presque entièrement anglophone.La population acadienne de Fredericton qui se chiffrait dans la centaine ne pouvait se permettre de parler trop haut leur langue en public sans s\u2019attirer des regards curieux.Grâce à ces nombreux Canadiens de la province de Québec qui viennent participer à l\u2019édification de la plus importante installation militaire au Canada, celle de Gagetown dont l\u2019effet déborde hors de ses limites, favorise la vie économique et dégage cette ville de son austérité méfiante, le français commence à se sentir chez-lui dans les épiceries, dans les cinq-dix-quinze et sur la rue.Et le commerçant qui, jusqu\u2019ici, mêlait le préjugé aux affaires voit les avantages de cette infusion nouvelle et se montre beaucoup plus condescendant en affichant dans ses vitrines le fait qu\u2019 « ICI ON PARLE FRANÇAIS ».Contrairement à ce que vous pourriez croire, Eric von Stroheim n'a rien d\u2019un hobereau prussien.Quand, dans sa propriété, près de Paris, il caresse ses chiens ou joue avec son canard favori, il évoque plutôt un père Noël bien rasé, à moins qu\u2019un mouvement soudain ne découvre sa mâchoire carrée et son air renfrogné.A 70 ans, l\u2019acteur-metteur-en-scène est encore frais et gaillard ; il conserve du reste son port militaire qu\u2019il a acquis à l\u2019armée.Aussi étrange que cela puisse paraître, si l\u2019on considère ses longues années à l\u2019armée \u2014 à l\u2019écran et hors de l\u2019écran \u2014 il n\u2019a jamais dirigé de film de guerre.Symbole du hobereau légendaire avec son arrogance, ses claquements de talons et le cliquetis des sabres, il a passé la plus grande partie de sa vie dans l\u2019armée ( mais non dans celle de Prusse ), avant d\u2019aborder le monde du cinéma.Né à Vienne, et fils de colonel des dragons, von Stroheim fit ses études à l\u2019Académie militaire autrichienne où il reçut le grade de sous-lieutenant de cavalerie.Il servit dans l\u2019armée de l\u2019empereur François-Joseph et fut blessé, en 1908, au cours d'une expédition en Bosnie.Un an plus tard, gagné par le goût des voyages, il émigra aux Etats-Unis.Sans ressources et ne pouvant trouver un emploi fixe, il signa un engagement de trois ans dans l'armée américaine.C\u2019est à Los Angeles, où il avait échoué en 1912, qu\u2019il fit ses débuts au cinéma, comme figurant, à raison de cinq dollars par jour.Il ne fut sollicité comme acteur et expert des questions militaires qu\u2019après la première guerre mondiale.Sa personnalité, ses manières hautaines, son crâne rasé retinrent l\u2019attention des premiers fervents du septième art.Il devint alors vraiment « l\u2019homme que Ton aimerait détester ».Actuellement, von Stroheim joue de temps à autre dans des films français, mais il consacre la majeure partie de son temps à écrire.Il a publié trois romans, dont un en anglais, Paprika, et deux en français, sous le titre commun Les Feux de la Saint-Jean.Un quatrième, Poto poto, sur l'Afrique du Sud, en français, ERIC VON STROHEIM par THOMAS CURTIS va paraître.Von Stroheim n\u2019écrit pas en allemand, pourtant sa langue maternelle.« Apres 1 armistice de 1918, quand j eus, pour la premiere fois, l\u2019occasion de mettre un film en scène, me dit von Stroheim, les histoires de guerre n\u2019étaient plus recherchées.Vraiment, pour l\u2019écran, c\u2019était une affaire terminée.Tout le monde était heureux que les hostilités aient pris fin, et personne ne voulait plus en entendre parler.Bien qu\u2019il n\u2019ait jamais mis en scène des films de guerre, les bandes du metteur-en-scène von Stroheim ont toujours eu quelque chose de militaire.«Je suis presque un maniaque de l\u2019authenticité dans la mise-en-scène, dit-il.Si le spectateur n\u2019a pas l\u2019impression d\u2019avoir devant lui quelque chose d\u2019authentique, comment voulez-vous qu\u2019il soit pris par l\u2019action?Pour Merry-go-ronnd ( « Le Manège » ) et Symphonie nuptiale, je devais tourner plusieurs scènes de paiades militaires: j ai donc fait venir de Vienne plus de mille uniformes et j\u2019ai pratiquement reconstruit, à Hollywood, le Hofburg et la cathédrale Saint-Etienne.Pour la Veuve Joyeuse j\u2019ai conçu des uniformes pour le pays de Monteblanco, un imaginaire royaume balkanique.Puisque j\u2019avais participé autrefois à des manoeuvres dans les Balkans, j\u2019ai pu m\u2019inspirer des costumes militaires tels qu\u2019ils existent véritablement dans ces pays et je pense que tous les spectateurs du film ont eu l\u2019impression de voir des scènes authentiques.« Bien que j\u2019aie toujours eu l\u2019impression de faire un film de guerre réaliste, il ne m\u2019a jamais été donné de présenter autre chose que des scènes de manoeu-vies à 1 écran.Dans la Symphonie nuptiale, il devait y avoir quelques scènes du front, montrant la désagrégation de l\u2019armée autrichienne en 1918, mais cette séquence n\u2019a jamais été achevée et seule la première partie du film a été projetée.Comme je lui demandais s\u2019il aimerait encore faire un film, von Stroheim m\u2019a répondu : « Je devrais répondre, sans hésitation, par un « non » catégorique.A mon âge, ce serait ridicule de nourrir encore un tel espoir.Pourtant, cela ne me déplairait pas.J\u2019ai cette merveilleuse histoire portugaise que je voudrais bien mettre à l\u2019écran.Juste un film de plus.«Mais vous pouvez être certain, a-t-il ajouté, que ce ne sera pas un film de guerre.»\tThomas Curtis.-, -< ¦iST' Km '-f V ,v La dernière escadrille de la Royal Air Force quittait récemment l'Egypte qui recouvrait ainsi son autonomie absolue.La flottille forme un charmant tableau avec les pyramides comme arrière-plan, ces pyramides dont on peut dire qu'elles ont vu se dérouler toute l'histoire de l'Egypte.¦¦¦ ¦*.» 16 Le Samedi, Montréal, 4 août 1956 MA B1EN-AIMEE 1 Sui\u2018e de Ia i>a^e 141 méfaits, liumiliant surtout de m\u2019être montrée si inférieure à ma mère.Il regarda intensément le joli visage triste et résolu qui ressemblait tant à un autre cher visage et il comprit que quelque chose s\u2019était passé cette nuit dans le coeur de Sylvie.Il sentit quelle appelait le baume d\u2019un compliment : \u2014 Ce que vous dites est très courageux.J\u2019ai de plus en plus l\u2019impression que vous cessez d\u2019être la petite égoïste d'il y a quelques mois.Les erreurs de jeunesse sont l\u2019apprentissage de la vie.Chacun doit payer son tribut.J\u2019ai fait bien des sottises quand j\u2019avais vingt ans et votre mère, pourtant si pétrie de qualités, m\u2019a avoué avoir causé grand souci à ses parents.Elle leva sur le châtelain des regards chargés de reconnaissance.Une vive rougeur était venue colorer ses joues dès la première phrase.Avec vivacité, elle s\u2019exclama : \u2014 Quand je commettais toutes ces sottises, je ne me sentais pas coupable ! L\u2019optique change en vieillissant.Vous ne savez pas ce que je voudrais obtenir, maintenant, comme récompense aux efforts que je suis décidée à faire ?Il fixait sur le visage volontaire ses tranquilles yeux bleu de lavande, attendant la suite de l\u2019exposé : \u2014 Alec, je voudrais gagner votre estime.Il tendit son bras par-dessus la table et posa sa main sur celle qui traînait, inoccupée, sur la nappe : \u2014 Sylvie, je vous fais confiance, désormais.\u2014 Oh ! merci ! C\u2019est en plaçant les jeunes devant leurs responsabilités qu'on leur fournit l\u2019occasion de montrer ce dont ils sont capables.C\u2019est ainsi que se révèlent les personnalités.Le châtelain voulut dissiper l\u2019atmosphère sentimentale un peu trop tendue, à son gré, qui régnait entre Sylvie et lui-même : \u2014 Quand je vois un être très jeune errer sans parvenir à se fixer, quand je le vois s\u2019agiter uniquement parce qu\u2019il cherche une stabilité morale, je me dis : Voici encore un coeur vagabond.\u2014 Un coeur vagabond.répéta Sylvie, c\u2019est un peu à quoi mes réflexions nocturnes avaient abouti.Je dois me fixer et n\u2019attendre une aide, une décision, un effort, que de moi-même.Elle regarda bien en face son beau-père et résuma l\u2019essentiel : \u2014 Je vais retourner près de mon mari le plus rapidement possible.-\u2014Vous voulez sauver ce qui peut être sauvé.Cela vous procurera la joie de la réussite.de la réussite que vous ne devrez qu\u2019à vous ! C\u2019est alors que vous ressemblerez vraiment à votre mère.\u2014 Merci, Alec.J\u2019ai appris, en quelques mois de vie dans le Wyoming et en quelques jours ici, plus que pendant mes vingt et une premières années.Cela, je le dois à Ramun et à vous.Je le dois à son amour pour moi et à votre amour pour ma mère, et aussi à toutes ces souffrances que nous avons traversées et que je voulais rejeter.C\u2019est pour cela que je tenais beaucoup à vous demander pardon pour le passé et confiance pour l\u2019avenir.Deux larmes silencieuses coulèrent sur ses joues.Elle était consciente de se placer, enfin, à la hauteur des circonstances, consciente de quitter l\u2019instable jeunesse et d\u2019entrer dans la vraie vie.L\u2019émotion d\u2019Alec ne s\u2019était révélée qu\u2019à la soudaine pâleur de son visage.Sylvie était de plus en plus l\u2019image de sa mère : il en était bouleversé.Il saisit au passage le dernier mot prononcé par la jeune femme : \u2014 L\u2019avenir vous appartient, Sylvie, et appartient à votre mari.Il dut raffermir sa voix pour continuer : \u2014 Pour moi, j\u2019ai attendu l\u2019âge mûr pour fonder un foyer, c\u2019est alors que l\u2019avenir m\u2019avait paru chargé de promesses.Mais je dois être voué à la solitude.Votre mère a marqué ici son passage fulgurant : jamais je ne guérirai de cette plaie ouverte.Le passé est désormais mon avenir, les souvenirs mes compagnons- Sylvie eut une hésitation avant de demander : \u2014 Chaque soir, quand vous penserez à ma mère, vous seriez bon de m\u2019accorder une minute.Je crois que je capterai votre message quand je serai au bord du découragement, car je ne me fais pas d\u2019illusions : elle est toujours difficile, la vie dans le Wyoming ! \u2014 Je vous le promets.Voulez-vous que nous convenions d\u2019une heure ?J\u2019entre dans la chambre de Constance tous les soirs à 22 heures, cela doit correspondre à 17 heures, pour les Etats-Unis.\u201417 heures ?C\u2019est le pire moment, là-bas, dans la solitude.Merci, Alec.Je vous écrirai, si vous le voulez bien.\u2014 Vous me direz comment vous avez surmonté vos difficultés.Je ne con- nais à peu près rien du Wyoming, de Ramun Carreguy, de son travail, de vos projets- Sylvie parla de son mari, de la vie dans les pâturages, du troupeau et, même, de Bill et de Binga.Alec Barclay se rendit compte, rapidement, que cette jeune femme transplantée n\u2019était que très peu responsable de ses errements.La personne la plus sensée \u2014 et rien ne laissait croire qu\u2019elle ne le fût pas \u2014 pouvait avoir de la peine à s\u2019adapter à une telle existence.Sa décision actuelle, en connaissance de cause, n\u2019en était que plus courageuse.\u2014 Ce qu\u2019il faudrait, conclut la jeune femme, c\u2019est qu\u2019à la fin du contrat de Ramun nous ne dépendions plus de la compagnie employeuse.Il faudrait nous installer chez nous avec un cheptel nous appartenant.Ramun est bien payé et nous dépensons peu.Je vais laisser en banque l\u2019argent qui me vient de maman.Cette somme doit s\u2019accroître tous les ans, de sommes nouvelles.\u2014 Pourquoi la laisser en banque ?Il existe des placements de tout repos, fructueux\u2014 Ils parlèrent affaire, travail, élevage, édification d\u2019un ranch, pendant plusieurs heures.Enfin, Alec proposa de la reconduire à Londres le jour même.Elle retiendrait sa place sur le premier avion en partance pour New-York, réglerait les formalités avec le notaire et, péut-être, pourrait-elle pousser une pointe jusqu\u2019à Paris.Mais Sylvie redoutait l\u2019attrait de la capitale française et son action sur son moral.D\u2019ailleurs, Ramun l\u2019attendait : il ne fallait pas tergiverser avec le bonheur qui pouvait être retrouvé.Et puis, elle avait hâte de commencer la tâche qu\u2019elle venait de se tracer.Ils réglèrent rapidement leurs comptes.Alec remit à Sylvie des souvenirs de sa mère.Us firent une visite au cimetière, revinrent par les champs et les bois, traversèrent le parc.Sylvie voulait garder en elle l\u2019image du manoir, de la propriété, de la région.Il lui semblait qu\u2019elle emportait ainsi un autre souvenir de la morte.La jeune femme ne voulut pas qu\u2019A-lec l\u2019accompagnât à Londres.Elle préféra prendre le train.Elle désirait voir le châtelain situé, pour la dernière fois, dans le paysage où elle pourrait l\u2019évoquer aux côtés de sa mère.Ce fut Donald qui conduisit l\u2019auto jusqu\u2019à la gare.Le soir même, alors que Sylvie avait réintégré la chambre jaune et mauve de l\u2019ineffable Mrs.Bennett, elle se dit qu\u2019Alec allait accomplir son pèlerinage quotidien.Il entrait chez sa femme et il évoquait le cher visage disparu et l\u2019autre, si semblable.Il les confondait un peu comme le soir où Sylvie était apparue dans la robe de Constance.Enverrait-elle un câble à Ramun pour annoncer son retour ?Elle calcula qu\u2019il ne le recevrait pas.Le ravitailleur ne se déplacerait pas spécialement pour le lui porter.Avec un peu de honte rétrospective, Sylvie se dit que Ramun ne devait pas l\u2019attendre.Peut-être avait-il changé de pâturage.Quelle joie quand elle se jetterait contre lui ! Elle se souvenait d\u2019un creux, près de son épaule, juste la place de sa tête.Elle soupira et s\u2019endormit en souriant.XX Harry Harryson avait décidé ce jour-là de repeindre la barrière \u2014 jadis blanche \u2014 de son minuscule jardin.Pour faire jaser celles qu'il nommait irrévérencieusement « les vieilles biques de Cleveland », il avait choisi une couleur rose, du ton de sa Jeep.Elle se rapprochait beaucoup de la teinte des fraises écrasées.Il avait commencé son travail tôt le matin en prévision d\u2019un appel toujours possible ; il ne restait plus que le portillon et il s\u2019y attaquait en sifflotant, à grands coups de pinceau, rythmés par le joyeux air de swing qui sortait de ses lèvres.Dans le bas de la rue, qui montait bien droite, une silhouette sombre parut.Harry lui jeta un coup d\u2019oeil, donna encore deux coups de pinceau, puis il abandonna son passionnant travail et resta un moment dans une attitude figée.La peinture tomba sur le sol goutte à goutte et forma une petite flaque rose.La voyageuse avait lestement franchi la montée et elle souriait au médecin.Celui-ci s\u2019exclama : \u2014 Mes yeux ne me trompent pas : NOUS COMMENCERONS DANS NOTRE PROCHAIN NUMERO LA PREMIERE TRANCHE DE NOTRE NOUVEAU ROMAN D'AMOUR INTITULE : LA DAME AUX JACINTHES par CLAUDE FAYET On sera bien avisé de retenir son exemplaire chez son dépositaire ordinaire, car LE SAMEDI s'enlève toujours rapidement.c\u2019est bien le petit poussin qui réintègre notre ravissant pays ! \u2014 C\u2019est bien moi, dit Sylvie.La seconde fois comme la première, c\u2019est vers vous que je viens, d\u2019abord.Comment allez-vous, Harry ?\u2014 Je bricole, donc je suis heureux.C\u2019est à moi à demander comment allez-vous ?\u2014 Un peu fatiguée par un voyage précipité\u2014 Il rejeta pinceau et peinture, poussa le fameux portillon qui attendait sa peinture rose, fit entrer Sylvie, se chargea de sa petite valise, appela l\u2019Indienne pour qu\u2019elle servît de quoi restaurer la voyageuse et fit asseoir celle-ci sur un de ses fauteuils à bascule.Alors, la jeune femme demanda : \u2014 Avez-vous vu Bradley ?Savez-vous où est Ramun ?\u2014 Bradley a traversé Cleveland, une fois, il est même venu ici se faire soigner un doigt, coincé dans une portière.Je lui ai demandé où était votre mari.Il n\u2019en savait rien.Il a seulement affirmé que le berger avait dû pousser plus loin, son pâturage étant complètement tondu.Sylvie offrait un visage chargé d\u2019indécision.Harry attendit que sa servante eût posé devant la voyageuse un pot de lait et de café et une boîte de gâteaux secs et se fût retirée, pour demander : \u2014 Il y a quelque chose qui ne va pas ?\u2014 J\u2019ai téléphoné au siège de la compagnie qui emploie Ramun : on ne sait pas où il est exactement.J\u2019ai pensé alors que le directeur régional qui habite Cheyenne pourrait me renseigner.Il a situé berger et troupeau dans un rayon de cinquante kilomètres, ce n\u2019est pas précis.Seul, le travailleur pourrait m\u2019y conduire.Aucun chauffeur n\u2019acceptera de tourner dans une région si peu peuplée.\u2014 Le mieux est de suivre le troupeau à la trace.Je veux bien essayer avec la jeep, à moins que.Attendez ! il me vient une idée : Je peux savoir où est Bradley.Il se dirigea vers le téléphone, disant avec humour : \u2014 Pendant que je pansais son doigt, le ravitailleur m\u2019a parlé de ses affaires de famille\u2014 \u2014 Son cousin, le shérif ! \u2014 Oui.Aussi de sa fiancée.Elle est barmaid à Cheyenne et il accomplit des prouesses avec son camion pour que toutes les routes le ramènent devant le bar où elle sert.Elle se nomme Phyllis ! Harry composait le numéro du bar, le récepteur crépitait : \u2014 Allô! Je voudrais parler à Mlle Phyllis.j\u2019attends.Il cligna de l\u2019oeil vers Sylvie, pour la faire rire : \u2014 Si les vieilles biues apprennent que j\u2019ai appelé une barmaid de Cheyenne, je suis perdu de réputation !.Allô ! Mademoiselle Phyllis, je suis le docteur Harryson, de Cleveland.Savez-vous où je pourrais joindre Bradley, votre fiancé ?.Il n\u2019est pas votre fiancé !.Ne vous fâchez pas ! Vous savez peut-être où il est, quand même.Très bien, je téléphonerai ce soir.Merci, vous avez une voix ravissante, mademoiselle Phyllis ! Il raccrocha et dit : \u2022\u2014 Bradley doit passer la voir vers 17 heures.Je rappellerai à ce moment-là.Sylvie eut un soupir et son visage se détendit.Pendant vingt-quatre heures, les nerfs tendus, elle avait tenté de savoir où se trouvait Ramun.Ne sachant plus que faire, elle avait pensé à ce bon Harry, suprême ressource pour les « petits poussins perdus ».Et voilà : il avait trouvé un moyen pour la tirer d\u2019embarras.Même s\u2019il n\u2019avait pas eu la chance de soigner Bradley quelques Le Samedi, Montréal, 4 août lUSti 17 semaines plus tôt, il aurait été capable de mettre Sylvie dans la jeep rose et de battre la région, kilomètre après kilomètre, jusqu\u2019à ce qu\u2019il eût trouvé le berger.\u2014 Il m\u2019arrive toujours quelque chose d\u2019heureux, ehez vous, Harry, dit la jeune femme.\u2014 Chacun sait que je suis un bienfaiteur de l\u2019humanité !.Encore un peu de café ?Le rose revient à vos joues : la dépression est passée.On va fêter votre retour.Pour une fois, je fais des invitations : la famille du pasteur.Il sentait confusément que Sylvie avait besoin d\u2019être distraite de ses préoccupations.Etait-ce la recherche de son mari qui mettait un pli angoissé au milieu de son beau front ?Elle en fournit elle-même une explication : \u2014 J\u2019ai une hâte de plus en plus fébrile de retrouver Ramun.J\u2019ai beau me dire qu\u2019un jour ou deux de retard ce n\u2019est rien, que nous avons été séparés plusieurs semaines.Je sais qu\u2019il m\u2019appelle et j\u2019ai peur.Harry, pourquoi est-ce que j\u2019ai si peur ?Elle serrait ses mains l\u2019une dans l\u2019autre avec une telle force que les articulations saillaient, toutes blanches.\u2014 Vous êtes différente, dit Harry -son.Qu\u2019est-ce qui vous est arrivé ?\u2014 J\u2019ai dû faire entrer dans ma tête et dans mon coeur tellement de choses nouvelles, de sentiments insoupçonnés.que je ne suis plus semblable à l\u2019ancien petit poussin.\u2014 Si cela vous fait du bien de raconter votre voyage, alors parlez.Ne suis-je pas déjà un vieil ami ?C\u2019était vraiment à ce brave garçon, droit et sensé, qu\u2019elle pouvait révéler les événements des précédentes semaines.Elle avait confiance en lui, il était de bon conseil et puis parler dissiperait peut-être cette angoisse qui ne la quittait pas depuis qu\u2019elle avait remis le pied sur le continent américain.Elle lui dit tout : ses soupçons concernant Alec Barclay, son arrivée à Londres, la rencontre si bien concertée de « sir William », l\u2019arrivée à Horse Castel et, petit à petit, tous ses anciens sentiments, toute sa jeunesse même, qui s\u2019arrachaient d\u2019elle pour faire place à une certitude de responsabilité, à une volonté personnelle de réussir, à une hâte de revoir Ramun qu\u2019elle avait quitté si allègrement quelques semaines plus tôt.Harry l\u2019écouta sans mot dire.Il savait que « le petit poussin » avait perdu son fin duvet de jeunesse, que de belles plumes commençaient à pousser, qu\u2019il allait s\u2019essayer à voler tout seul, comme un grand.C\u2019était la vie ouverte devant Sylvie comme un abîme qui lui procurait l\u2019angoisse du vertige.Il voulut plaisanter pour la réconforter : \u2014 Mme Carreguy, je ne pourrai plus vous appeler Sylvie et, encore moins « petit poussin » ! Vous allez devenir.vous êtes déjà ce qu\u2019un homme souhaite le plus rencontrer : une collaboratrice.Il faut être deux pour construire un vrai foyer.Avant, Ramun était seul.\u2014 Merci, Harry.Mais, je vous en prie, appelez-moi toujours Sylvie ; votre amitié me rassure.et j\u2019ai tellement besoin d\u2019être rassurée.Il chercha une définition qui fût un nouvel encouragement pour la jeune femme : \u2014 Vous avez peur, tout simplement, parce que vous aimez cet heureux Ramun ! C\u2019est votre désir de le revoir, de vous jeter dans ses bras qui vous rend nerveuse.tout comme une fiancée ! La fatalité veut que vous cherchiez votre mari, alors votre nervosité devient de l\u2019angoisse : si une ravissante Indienne vous l\u2019avait pris ?Ou une des nombreuses pin-up qu\u2019on rencontre, folâtrant comme des nymphes, aux flancs de nos montagnes ! Sylvie se mit à rire : demain, au plus tard, elle retrouverait Ramun.Heureux de l\u2019avoir déridée, Harry proposa : \u2014 Allons faire nos invitations : Johnny et Pamela vont être ravis de vous revoir et les petites aussi.Le pasteur, sa femme et leurs fillettes avaient fait durer leur visite jusqu'à la tombée de la nuit.Ils venaient de partir, se déclarant prêts à accueillir Sylvie dans son ancienne chambre, remerciant pour la bonne journée, l\u2019excellent repas.La nervosité de la jeune femme revenait, mais elle savait pourquoi : elle attendait 17 heures, pour appeler la barmaid.Harry se demandait déjà s\u2019il valait mieux téléphoner un peu avant l\u2019heure ou un peu après et s\u2019il trouverait une distraction pour tromper l\u2019attente.Sylvie pensait que 17 heures correspondaient à 22 heures en Angleterre et qu\u2019Alec devait se diriger vers la chambre de sa femme.Penserait-il à Sylvie, comme il l\u2019avait promis ?Le téléphone sonna et la jeune femme sursauta.C\u2019était Bradley à qui la barmaid avait fait la commission.\u2014 Il paraît que vous me cherchez, docteur Harryson, dit-il, toujours jovial.\u2014 Ce n\u2019est pas moi qui vous cherche, mais Mme Carreguy, je vous la passe- Sylvie se jeta sur l\u2019appareil : \u2014 Bonsoir, Bradley.Oui, je suis revenue.Savez-vous où est mon mari ?.\u2014 Il a dû conduire ses moutons vers la Tête de Chien, mais il n\u2019y restera pas longtemps ; d\u2019abord, l\u2019herbe est maigre, ensuite, la météo annonce un abaissement de la température : ça sent l\u2019hiver et la neige.\u2014 Est-ce que vous allez bientôt le ravitailler ?.Je ne sais comment le joindre.Tous les chauffeurs ne sont pas des as, comme vous ! Il rit : \u2014 Je vous vois venir: vous voudriez bien que je fasse le taxi ! Je ne dois aller à la Tête de Chien que dans cinq jours.mais je n\u2019aurai pas le coeur de laisser deux époux séparés.je sais ce que c\u2019est ! Alors, demain, j\u2019arriverai à l\u2019aube chez le docteur Harryson et nous filerons sur les traces du troupeau ! \u2014\tOh ! merci Bradley ! Vous êtes très chic ! Je vous paierai ce que vous voudrez ! \u2014\tOn tâchera de ne pas trop brûler l\u2019essence de la compagnie ! A demain ! Sylvie était toute flageolante quand elle raccrocha.Harry en profita pour lui dire : \u2014\tIl faut aller vous reposer, vous êtes au bout du rouleau.Demain, vous aurez plusieurs heures de camion à supporter.Il ne faut pas que votre mari vous voie avec ce pauvre petit visage.Allez ! au dodo ! Le camion de Bradley cahotait, coupant au plus court à travers les terres.Il avait pris la piste à l\u2019ancien campement de Ramun et il suivait les traces du troupeau en direction de la Tête de Chien.Le vent soufflait, aigre et coupant.Il arrachait au conducteur, toutes les demi-heures, une réflexion désabusée : \u2014 Sûr qu\u2019on aura de la neige cette semaine.Entre deux appréciations sur le temps, Bradley parlait de sa fiancée, Mlle Phyllis.C\u2019était une petite rousse qui lui avait donné sa parole et qui s\u2019amusait à démentir continuellement l\u2019annonce de leur mariage.Quand il l\u2019aurait épousée, tout changerait.Bradley avait beau affirmer scs intentions d\u2019un ton de conquérant, il était visible f Lire la suite page 28 ] \"Un travail comme le mien est épuisant.\u201d 'Mais la Labatt I.P.me redonne de l\u2019entrain;\u201d nous dit Richard Simpson Après avoir fait un vrai travail d\u2019homme, quoi de plus propice à la détente qu'une bière d'homme dont le goût corsé est satisfaisant.C\u2019est alors qu\u2019un grand nombre d\u2019hommes exigent la Labatt I.P.Richard Simpson fait un travail d\u2019homme; il exige donc une bière d\u2019homme .la Labatt I.P.Adoptcz-la vous aussi.Dégustez bientôt une LP./a bière qui étanche parfaitement line soif d'homme! 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Toutes les femmes doivent être en santé, belles et vigoureuses.Les Pilules MYRRIAM DUBREUIL améliorent l'état général, vous aidant ainsi à vous sentir MIEUX et à paraître MIEUX. 18 Le Samedi, Montréal, 4 août 1956 LES TOURMENTS DU REMORDS No 2 Notre grand feuilleton par MAXIME VILLEMER RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS Jean de Morangis et Madeleine Brémond s\u2019aiment éperdument; ils ont même un enfant du nom de Marcelin.Mais le marquis Antoine de Morangis désapprouve cette union qu\u2019il considère comme une mésalliance.Hubert et Renault, ses demi-frères, craignant que leur mariage ne fassent tort à leurs affaires personnelles, vont trouvei un certain Vilfroy et, moyennant une somme d'argent, engagent celui-ci à tirer sur Jean à bout portant au cours d\u2019une chasse.Laurence, la mère de Jean, pressentant le pire, va trouver Madeleine et la supplie de briser complètement avec Jean.La jeune femme revint à sa table de travail, reprit sa plume.et écrivit.« Non, Jean, je ne vous ai jamais aimé d'amour ; et je trouverais indigne de moi de vous faire croire à une tendresse qui n\u2019existe pas ! « Vous avez surpris mon coeur ; nous êtes survenu dans ma vie à un de ces moments psychologiques où la femme la mieux armée contre l\u2019amour succombe infailliblement ! Puis, vous avez été si bon pour moi ! Ou allait vendre la maison de mon père.et vous l\u2019avez rachetée en mon nom ! Il n\u2019est pas de générosités (/ne vous n\u2019ayez eues pour moi \u2014 et c\u2019est la reconnaissance infinie que je vous ai vouée qui dicte aujourd\u2019hui ma conduite ! « Mais, me direz-vous, ces baisers échangés de loin quand je passais sous vos fenêtres \u2014 ces baisers étaient donc mensongers ! « Non, Jean, ce n\u2019était point des Tncnsonges, mais des enfantillages, des caresses envoyées à un être invisible
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