La presse, 25 juin 2016, Arts - Cinéma
[" www.lapresse.ca/arts MONTRÉAL SAMEDI 25 JUIN 2016 Maü PRESSE MNBAQ UN NOUVEAU PAVILLON ÉBLOUISSANT PAGE 3 COUP DE GUEULE/HAMED SINNO CHANTEUR LIBANAIS LE SOIR, MILITANT LGBT LE JOUR PAGE 2 CINÉMA ET CHANSON OÙ EST PASSÉ L\u2019ART ENGAGÉ?La fête nationale a naguère fait écho aux revendications sociales et aux aspirations politiques des artistes.En ce lendemain de célébrations, La Presse se demande ce que sont devenus le film politique et la chanson engagée.NOTRE DOSSIER À LIRE EN PAGES 6, 7,12 ET 13 ARTS CINÉM INDEPENDENCE DAY: RESURGENCE SCÉNARISER SANS LIMITES PAGE 11 PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE HOLT RENFREW PRÉSENTÉE PAR ELEINZA ^\"transat PflflORAIÏÏ Montreal Gazette r LA MODE ITALIENNE DE 1945À AUJOURD\u2019HUI \\ EXPOSITIONJUSQU\u2019AU 25 SEPTEMBRE 2016 Lt ^\tICultun mû ÎPÜEL I\tQuébec52 EXPOSITION ORGANISÉE PAR LE VICTORIA AND ALBERT MUSEUM, LONDRES.V&V ARTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 25 JUIN 2016 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinn ARTS Engagez-vous, quits disaient.fiBim NATHALIE PETROWSKI CHRONIQUE C) était au début des années 80, en pleine déprime postréférendaire.J'étais encore jeune et idéaliste et le reportage que je venais de signer portait sur les artistes et chanteurs de l'époque: les Fiori-Séguin, Jim et Bertrand, Beau Dommage et compagnie.Le titre du reportage n'était pas très flatteur: «Les enfants de la révolution endormie».Endormie parce que j'estimais que ces artistes qui donnaient maintenant tous dans la chanson intimiste et introspective après avoir chanté la révolte et l'engagement s'étaient en quelque sorte endormis dans leur nombril.C'était le début des années 80 et je pleurais déjà la fin de la chanson engagée, nostalgique des années de plomb où un artiste n'était pas un artiste s'il n'était pas un artiste engagé et drapé dans le fleurdelisé.Où une chanson ne valait pas le détour s'il n'y avait pas quelque part dans un couplet le mot «pays», suivi si possible du mot « Québec».Nous sommes 36 ans plus tard, je ne suis plus jeune ni idéaliste, mais j'ose croire que j'ai un peu plus de plomb dans la cervelle et au moins une tasse de lucidité dans l'esprit pour comprendre qu'une chanson n'a pas besoin de dire le mot « pays » ou « Québec » pour être engagée.Un artiste peut s'engager de mille et une façons sans que cela soit explicite et exprimé dans une chanson ou un film.D'ailleurs, avec le temps, je suis devenue méfiante face à ces chansons lyrico-romantiques qui veulent à elles seules faire l'indépendance du Québec et qui n'arrivent à rien d'autre qu'à nous casser les oreilles ou à nous faire la morale.11 y a bien sûr une ou deux exceptions, dont Libérez-nons des libéraux que je réécoute toujours avec un malin plaisir.11 y a aussi quelques classiques comme le sublime poème Speak White de Michèle Lalonde dont Robert Lepage nous a fait redécouvrir la puissance incandescente dans 887 récemment; un poème qui évoque à la fois la lutte de classes et l'affirmation nationale.11 y a bien sûr Mon pays de Vigneault et Le plus beau voyage de Claude Gauthier avec son «Je suis Québec mort ou vivant » retentissant à la fin.Ce sont des classiques qui ne se démoderont jamais mais qui correspondent à une époque désormais révolue.Pour le reste, je préfère me laisser bercer (enfin, façon de parler) par Les flamants roses de Jean Leloup, une chanson sombre, terrifiante et engagée à sa manière, qui fait ressortir toute l'horreur des pays en guerre.Engagé mais autrement, comme le dit si bien Guillaume Beauregard de Vulgaires Machins dans le reportage de La Presse consacré au déclin (disparition?) de la chanson engagée.Lui comme bien d'autres ont compris que la chanson n'est pas nécessairement le lieu pour faire de la politique, du moins de la politique partisane.La chanson, au contraire, est un lieu de liberté, de non-alignement, de parti pris pour l'humanité, la société, la poésie, un lieu par excellence pour dire des choses belles, profondes ou critiques et cinglantes, mais jamais un lieu pour vendre des drapeaux ou défendre les couleurs d'un parti.Et le cinéma québécois dans tout cela?Le cinéma, à mon avis, est politique par définition, politique au sens large parce qu'il est une prise de parole, un commentaire, un miroir et un regard sur la société dont il est issu.C'est vrai qu'au Québec, les films qui évoquent nommément des événements politiques se comptent sur les 10 doigts de la main.Mais oubliez le Québec un instant et nommez-moi 10\tfilms politiques, américains ou français, réalisés au cours des 10 ou même 20 dernières années.Le film politique est un genre en soi qui a atteint son apogée à une certaine époque (toujours la même) avec notamment le maître du genre, Costa-Gavras.Et si, chez nos voisins du Sud, 11\ty a eu plusieurs projets de films politiques produits ou réalisés par George Clooney (Ides of March) ou Oliver Stone (JFK, Nixon) ou Tnte Colours de Herbert Ross, ils sont un peu l'exception qui confirme la règle au sein d'une industrie peu encline à dépenser des millions pour un film qui n'appelle pas la franchise ni le produit dérivé.C'est triste, mais c'est une réalité qui confirme que le Québec, à cet égard, n'est pas différent des autres sociétés.Ailleurs comme chez nous, c'est le documentaire qui a pris le relais.Les docus politiques abondent, avec évidemment en tête ce bon vieux Michael Moore, le roi du docu engagé.Encore que dernièrement, avec Where to Invade Next, le roi semble s'être essoufflé, à force de voir que ses films pourtant populaires ne changeaient pas le monde ni ses lois.En dépit de ses efforts répétés et sincères, il y a malheureusement autant sinon plus d'armes en circulation libre aux États-Unis et autant de tueries perpétrées par des tireurs fous.Tout cela pour dire que l'engagement en art peut prendre toutes sortes de formes et qu'en plus, il est cyclique.Suffit qu'un événement politique majeur et généralement calamiteux survienne pour raviver la flamme qui ne s'éteint jamais complètement.Si ça se trouve, dans quelques années au Québec, une nouvelle génération d'artistes va se lever et reprendre le flambeau politique.Aux États-Unis, ça risque de se passer dans quelques semaines, lorsque la menace que Donald Trump accède à la présidence deviendra une réelle possibilité.Engagez-vous, qu'ils disaient.Trump ne sait pas ce qui l'attend.Un artiste peut s\u2019engager de mille et une façons sans que cela soit explicite et exprimé dans une chanson ou un film.HAMEDSINNO Chanteur libanais le soir, militant LG BT le jour Hamed Sinno, chanteur et parolier du groupe libanais Mashrou\u2019 Leila, est un militant LG BT et une rare personnalité publique ouvertement gaie au Moyen-Orient, où l\u2019homosexualité est punie par l\u2019emprisonnement (voire la peine de mort) dans de nombreux pays.Mashrou\u2019 Leila, dont le rock indie a récemment été banni en Jordanie, sera en spectacle mercredi au Club Soda dans le cadre du Festival international de jazz de Montréa.l PHOTO ARCHIVES ASSOCIATED PRESS La chanteur du groupe libanais Mashrou\u2019 Leila, Hamed Sinno fc-v y MARC CASSIVI f COUP DE GUEULE Vos chansons sont souvent engagées.Est-ce important pour vous de transmettre un message politique dans votre musique?Je pense que tout est politique.Je ne crois pas que nous soyons plus ou moins politiques que d\u2019autres groupes.Même dans la musique pop la plus commerciale, les artistes consentent à la façon dont l\u2019industrie les projette.On leur donne une image «sexospécifique»; leur musique doit passer par différentes chaînes de montage et de distribution avant d\u2019être livrée au consommateur.Tout ça fait d\u2019une chanson aussi «facile» que Hit Me Baby One More Time [de Britney Spears] quelque chose de très politique.La différence, c\u2019est que les gens qualifient plus facilement une oeuvre de «politique» lorsqu\u2019elle exprime une dissidence.C\u2019est dangereux parce que ça nous rend finalement presque inconscients des choix politiques auxquels nous consentons tout le temps en consommant des produits culturels.Vos chansons abordent aussi des tabous sexuels et sociaux.Certains pourraient dire que vous « cherchez le trouble» dans plusieurs pays musulmans plus conservateurs.Votre musique est-elle provocatrice?Faire équivaloir le fait de parler contre l\u2019injustice à celui de «chercher le trouble» me semble très dangereux.Ça laisse entendre que dire «féministe», «queer», «libertin», «justice sociale», «lutte des classes» ou «privilège racial», c\u2019est «chercher le trouble» pour le plaisir, pour se faire de la publicité ou pour se désennuyer.Non, nous ne «cherchons pas le trouble».Nous cherchons le progrès.Nous cherchons à être représentés dans un système défaillant.Le problème, c\u2019est le système, pas la musique.De toute façon, le conservatisme dont nous parlons est loin d\u2019être limité aux « pays musulmans », comme vous dites.Et non, je ne crois pas que notre musique soit provocatrice.De toute manière, ça dépend du spectateur et de ce qui le provoque.Ça dépend s\u2019il pense que la musique en général, ou toute autre forme de pensée, devrait être censurée plutôt que les actes qui en découlent.Votre groupe a été interdit de spectacle en Jordanie (en avril dernier) parce qu\u2019on a jugé que vos chansons «contredisaient les croyances religieuses».Comment réagissez-vous à une telle censure?La censure est l\u2019une des choses les plus toxiques à infester toute société.Mais de toute évidence, la censure n\u2019est pas un phénomène strictement moyen-oriental.C\u2019est quelque chose de généralisé, et sa version la plus toxique est celle qui émane de l\u2019artiste, du reporter, du journaliste ou du producteur culturel lui-même: c\u2019est l\u2019autocensure.À un moment où le monde entier développe divers systèmes cherchant à contrôler notre pensée, il est primordial de s\u2019interroger sur notre capacité à remettre les choses en question.Est-ce que nous hésitons à nous exprimer?Est-ce que nous nous permettons de critiquer les institutions et les idéologies qui nous dominent?Après ça, «fuck» le reste.On va continuer d écrire ce qui nous semble être bon pour nous et pour le monde qui nous entoure.Vous êtes un Libano-Américain de culture musulmane.Vous avez déclaré la semaine dernière que vous trouviez aussi difficile de vivre aux Etats-Unis en raison de l\u2019islamophobie que de vivre au Moyen-Orient en raison de l\u2019homophobie.Quel effet cela vous fait d\u2019être identifié, d\u2019une façon ou d\u2019une autre, d\u2019abord et avant tout par votre orientation sexuelle ou votre héritage religieux?Je trouve ça réducteur.Vous êtes connu pour votre militantisme en faveur des droits des LGBT autant que pour votre musique.Est-ce inspirant d\u2019être ce modèle militant ou préféreriez-vous que les médias se concentrent davantage sur votre art ?Je ne pense pas que les deux sont nécessairement séparés.Nous avons fini par faire de la musique pop parce que nous avons toujours trouvé cette distinction floue entre la vie et l\u2019art intéressante à cultiver.En fin de compte, la pop en dit autant sur les gens qui la font que sur la musique elle-même.Le terrain de jeu est vaste.Cela dit, je ne pense pas que je suis digne d\u2019être un modèle pour tout le monde.Je sais à peine organiser ma propre vie, pour être franc! Mais si nous avons pu le moindrement, par un geste, une parole ou une musique, encourager des gens à être plus fiers d\u2019eux-mêmes et à s\u2019exprimer sur leurs droits, alors je suis très satisfait.Beaucoup de clichés et d\u2019idées préconçues sur les Arabes et les musulmans circulent aux Etats-Unis.Avec Donald Trump comme candidat à la présidentielle, dans quelle mesure l\u2019augmentation de ces préjugés vous inquiète-t-elle ?Je suis mauditement inquiet! La sédimentation de l\u2019islamophobie et les attitudes racistes envers les Moyen-Orientaux dans la société américaine sont déjà tout à fait évidentes.Juste y penser est extrêmement effrayant.Vous êtes l\u2019une des très rares personnalités publiques du monde arabe qui sont ouvertement gaies.Dans quelle mesure est-ce une pression de plus sur vos épaules?Chaque fois que je monte sur scène, je crains que si quelqu\u2019un tire une balle, elle atteigne accidentellement un autre membre du groupe ou un spectateur.C\u2019est le genre de choses auxquelles je pense.Mais je gagne ma vie en étant «drama queen», alors peut-être que c\u2019est juste mon imagination! Vous avez peur d\u2019être ciblé en raison de qui vous êtes, de vos convictions?Oui, mais là encore, j\u2019ai grandi en me faisant battre parce que j\u2019étais «queer».Surmonter la peur fait partie de qui je suis.Je ne peux pas imaginer la vie sans ça.Alors, oui, j\u2019ai peur, mais c\u2019est sans importance.Dans la foulée de la tragédie d\u2019Orlando, vous faut-il une dose supplémentaire de courage pour monter sur scène, a fortiori dans certaines parties du Moyen-Orient où afficher son homosexualité est perçu comme un affront?J\u2019ai l\u2019impression qu\u2019il faut plus de courage pour monter sur scène à une personne de couleur, non hétérosexuelle et d\u2019héritage musulman.Mais ne tombons pas dans le piège de faire un lien même ténu entre Orlando et le Moyen-Orient.L\u2019attaque d\u2019Orlando était un phénomène américain par excellence, qui avait tout à voir avec le machisme militarisé américain, le deuxième amendement, la situation ridicule du contrôle des armes à feu, l\u2019homophobie et l\u2019hétéropatriarcat systémiques, et rien à voir avec l\u2019islam ou le Moyen-Orient.Lorsque les politiciens essaient d\u2019en faire un combat entre l\u2019islam et l\u2019homosexualité, au lieu de résoudre les problèmes réels, ils tentent de nous priver de notre capacité à percevoir les véritables enjeux.Nous devrions tous être très prudents de ne pas tomber dans ce piège.De laisser les politiciens nous enlever ce pouvoir.De les laisser détourner notre attention des causes structurelles de notre souffrance, dans le seul but de mieux soutenir la «guerre contre le terrorisme».LES DIMANCHES D\u2019ETE À LA MAISON SAINT-GABRIEL Expérimentez l\u2019histoire avec une programmation vivante et captivante ! Ce dimanche 25 juin dès 11 h : \u2022\tVisites guidées par les Filles du Roy \u2022\tDémonstrations de métiers anciens \u2022\tCauserie musicale (vielle à roue) \u2022Visites guidées des jardins \u2022\tExposition Curiosités et trésors \u2022Théâtre en plein air \u2022Conférence horticole \u2022\tRepas Nouvelle-France (réservation) Prix d\u2019entrée : 25 $ par famille ou 15 $ par adulte maisonsaint-gabriel.qc.ca MAISON SAINT-GABRIEL Musée et site historique LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 25 JUIN 2016 ARTS 3 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinn ARTS VISUELS PHOTO PATRICE LAROCHE, LE SOLEIL Avec l\u2019ouverture de son nouveau pavillon Pierre Lassonde consacré à l\u2019art contemporain, le Musée national des beaux-arts du Québec prend l\u2019envergure d\u2019une institution culturelle internationale et unique au monde.a é-y, : \u2022 _ h : fi»! hit i PHOTO BRUCE DAMONTE, FOURNIE PAR LE MNBAQ Les architectes ont relié le musée au presbytère de l\u2019église Saint-Dominique.Dans un geste évoquant l\u2019histoire du Québec, un pan du musée est ainsi adossé au presbytère et occupe même une partie de son espace avec le nouveau vestiaire.Le mur de béton ci-dessus épouse exactement la forme du mur sud-est du presbytère.si/!' m ¦ - ¦ [ mi m PHOTO PATRICE LAROCHE, LE SOLEIL Pour se rendre du deuxième étage au rez-de-chaussée du musée, un espace lumineux s\u2019ouvre sur un large escalier courbé qui descend jusqu\u2019au niveau 0 où l\u2019on trouve un auditorium splendide aux larges fenêtres vitrées.fmry \\ % 1 PHOTO PATRICE LAROCHE, LE SOLEIL L\u2019artiste huron-wendat Ludovic Boney a réalisé pour le musée une grande sphère constituée de 800 cônes d\u2019alu supportée par trois énormes mâts qui s\u2019élèvent du sol en oblique.L\u2019œuvre s\u2019intitule Une cosmologie sans genèse.Le nouveau pavillon Lassonde du MNBAQ UN JOYAU ÉBLOUISSANT! L\u2019inauguration du pavillon Pierre Lassonde, le quatrième édifice du Musée national des beaux-arts du Québec, n\u2019est pas un événement seulement pour la Vieille Capitale, mais aussi pour toute la province.Avec son architecture moderne et son emplacement de rêve au sein du parc des Champs-de-Bataille, le nouvel écrin de l\u2019art contemporain québécois est une éclatante réussite.B - PHOTO BRUCE DAMONTE, FOURNIE PAR LE MNBAQ L\u2019exposition d\u2019art inuit contemporain présente des œuvres disposées dans un contexte de blancheur et de transparence évoquant les étendues du Grand Nord.m- : PHOTO BRUCE DAMONTE, FOURNIE PAR LE MNBAQ L\u2019œuvre L\u2019hommage à Rosa Luxemburg, de Jean Paul Riopelle, est exposée pour la première fois au MNBAQ.On peut s\u2019asseoir sur une banquette pour observer l\u2019œuvre placée dans trois vitrines.ÉRIC CLÉMENT La capitale du Québec a, une fois de plus, réussi à marquer les esprits avec ce projet culturel ambitieux de 103 millions qui lègue à tous les Québécois une nouvelle maison d'art contemporain vraiment éblouissante.Cet ajout d'un pavillon marqué par l'excellence va assurément conférer un nouveau rayonnement international au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ).L'institution octogénaire s'articule désormais autour d'un imposant campus muséal de 33 000 m2, avec quatre pavillons interreliés offrant un large spectre sur l'art québécois d'hier et d'aujourd'hui, pour les grands et les petits.Une visite qu on n oublie pas Parcourir les 12 salles d'exposition du pavillon Lassonde est un réel enchantement.La visite débute par son entrée majestueuse et distinguée sur la Grande Allée.Avec son enveloppe extérieure en verre et sa couleur blanche immaculée à l'intérieur, le nouveau pavillon a belle allure.La qualité de la réalisation architecturale est évidente partout dans l'édifice.Constitué de trois blocs volumétriques superposés qui se décalent en cascade en direction du fleuve, le pavillon a été conçu par le consortium d'architectes OMA (Office for Metropolitan Architecture), de New York, et Provencher_Roy, de Montréal.L'édifice est intégré tant à l'environnement urbain qu'à la végétation locale.Le lien urbain se fait notamment par la continuité d'un dallage granitique qui va du trottoir de la Grande Allée jusqu'à l'intérieur du musée.Le lien végétal est établi par des toits verts recouverts par 90 000 plantes.Pour l'enveloppe extérieure, les architectes dirigés par Shohei Shigematsu ont opté pour trois sortes de verre: la moitié du vitrage est opaque et alterne avec des verres transparents ou translucides.Parfois sérigraphié avec de petits points, givré ou texturé, le verre opaque génère une brillance tout en reprenant, ici et là, des motifs structuraux du bâtiment.« Grâce au verre, la nuit, le musée se transforme en lanterne puisqu'il est éclairé de l'intérieur, a expliqué Line Ouellet, directrice et conservatrice en chef du MNBAQ, lors de notre visite du pavillon mardi.C'est assez magique, car on voit alors à travers la structure.» Parcourir les 12 salles d\u2019exposition est un réel enchantement.Sillonner le pavillon (en commençant par le troisième étage, accessible par un large ascenseur doré) est une promenade apaisante qui marie art, architecture et nature.Tous les espaces disposent de divans et de sièges pour se reposer, admirer la vue extérieure, le design intérieur et bien sûr les œuvres.Arts décoratifs et art inuit Le troisième niveau présente deux collections du MNBAQ.D'abord, les arts décoratifs et le design québécois de 1960 à aujourd'hui, avec des céramiques, affiches, chaises et autres créations illustrant le génie québécois en design industriel et métiers d'art.Et puis une exposition d'art inuit contemporain que l'équipe du musée a savamment orchestrée.Les œuvres sont en effet disposées dans un contexte de blancheur et de transparence qui fait allusion aux étendues du Grand Nord.L'étage comprend aussi une terrasse avec vue sur le parc environnant et le fleuve, et dotée d'une installation de Patrick Coutu, Le jardin du sculpteur, en parfaite harmonie avec l'environnement architectural, notamment les clochers des environs.Du troisième étage, on parvient au deuxième par un escalier extérieur vitré, greffé à la façade sud-est du bâtiment.Cette originalité permet une connexion sur l'extérieur, au-dessus des arbres.Le dessous des marches est éclairé et se reflète dans le vitrage avec un effet d'infini.Art contemporain Le deuxième étage du pavillon présente De Perron à BGL, un regard sur la collection du MNBAQ de 9000 œuvres d'art contemporain québécois.Ayant pour commissaire Eve-Lyne Beaudry, l'expo propose 85 œuvres incontournables d'artistes comme Guido Molinari, Marcel Barbeau (on a l'impression de le voir danser devant son Kitchenombi n°4\\), Marcelle Ferron, Claude Tousignant, Edmund Alleyn, Rita Letendre, Serge Lemoyne ou encore Françoise Sullivan.Pour se rendre du deuxième étage au rez-de-chaussée, un espace lumineux s'ouvre sur un large escalier courbé qui descend jusqu'au niveau 0, où l'on trouve un auditorium splendide aux larges fenêtres vitrées.Au rez-de-chaussée, l'immense sculpture Une cosmologie sans genèse, de Ludovic Boney, a été ancrée au sol d'une belle cour intérieure qui fait le lien entre le musée et l'église voisine.Tout près, l'exposition Installations (mise en scène par Bernard Lamarche) présente dans plusieurs salles 17 des 200 œuvres installatives de la collection du musée (17 autres ont été réparties dans 5 salles du pavillon Gérard-Morisset).On est ainsi accueilli par l'œuvre de Yannick Pouliot, Le courtisan, qui permet d'expérimenter, en solo, une ambiance de Versailles sous le roi Louis XIV.Parmi les autres œuvres, citons l'impressionnante Une construction à Venise, 2e partie, de Melvin Charney, Monuments, de Dominique Blain, La salle de classe, d'Irene F.Whittome, La moderne, une des premières pièces de Patrick Coutu, et Marcher quand même, une œuvre de Mathieu Valade qui vous fera vaciller.Un passage souterrain tout en courbes joint le pavillon Lassonde aux trois autres pavillons.On y trouve le triptyque L\u2019hommage à Rosa Luxemburg, de Jean Paul Riopelle, installé dans trois vitrines successives sur 40 m de longueur.Une belle façon de relier des époques de l'art québécois pour suggérer la formidable continuité de sa force d'évocation.Pendant tout le week-end, l'entrée au MNBAQ est gratuite et comprend toutes sortes d'activités pour célébrer l'arrivée de ce joyau qui fera date dans l'histoire muséale du Québec. A A RT S LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 25 JUIN 2016 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinn ARTS CIRQUE DU SOLEIL Les 10 ans de LOVE EUGENIE BOUCHARD L'ASCENSION D'UNE ATHLÈTE D'EXCEPTION Offert en librairie ou sur editionslapresse.ca Aussi en format PDF et E-pub miRftU SOLEIL.PHOTO ARCHIVES ASSOCIATED PRESS Le spectacle LOVE est né de l\u2019amitié entre Guy Laliberté et feu George Harrison.Sur la photo, Olivia Harrison (veuve de George Harrison), Guy Laliberté et Yoko Ono (veuve de John Lennon), sur le tapis rouge de LOVE le 30 juin 2006.JEAN SI AG Il s\u2019agissait du premier spectacle du Cirque du Soleil créé avec la musique d\u2019un groupe existant.L\u2019hommage du Cirque aux Beatles est devenu, au fil des ans, l\u2019un des shows cultes de Las Vegas.Depuis sa création le 30 juin 2006, plus de 8 millions de spectateurs l\u2019ont vu.A quelques semaines du lancement d\u2019une version «remaniée», voici les faits saillants de cette production unique en son genre.Une histoire d amitié Le spectacle LOVE est né de l'amitié entre Guy Laliberté et feu George Harrison, qui a éclos lors d'un weekend de Formule 1.Le Cirque du Soleil a créé le spectacle avec Apple Corps, entreprise fondée par les Beatles.Un projet qui s'est étiré sur deux ans et qui a nécessité l'accord des Beatles survivants Paul McCartney et Ringo Starr, ainsi que de Yoko Ono et d'Olivia Harrison, veuves de John Lennon et de George Harrison (mort avant la création).Le directeur de tournée Neil Aspinal, surnommé Mr.No, devait aussi donner son accord.Le documentaire All Together Now, d'Adrian Wills, retrace les moments-clés de cette production.Contingent québécois Dominic Champagne avait déjà créé Varekai (2002) et Znmanity (2003) lorsque Guy Laliberté lui a confié le projet du spectacle musical sur les Beatles.Lorsqu'il a reçu une première télécopie de Paul McCartney, il s'est «pincé».Lorsqu'il s'est retrouvé dans les studios d'Abbey Road, il a été pris d'un «vertige».L'humoriste François Pérusse a lui aussi participé à la création de LOVE: il a fait les montages La musique au coeur de LOVE La direction musicale de LOVE a été confiée au regretté Sir George Martin, qui a réalisé tous les albums des Beatles jusqu'à leur séparation.Avec son fils Giles, George a fait la sélection des pièces et signé les arrangements.On parle du montage-mixage de 130 chansons, dont une trentaine en version intégrale, parmi lesquelles All You Need Is Love, Get Back, Help !, Here Comes the Sun, Lucy in the Sky With Diamonds et Strawberry Fields Forever.L'album du spectacle, certifié multipla-tine aux États-Unis et au Canada (plus de 1 million d'exemplaires vendus), a remporté deux Grammy.Les nouveautés Proposant de nouvelles chorégraphies, de nouveaux numéros acrobatiques et de nouveaux costumes, l'équipe de création a en outre accru la présence visuelle des Fab Four.Plusieurs projections (signées Dandypunk) ont été ajoutées, dont une de McCartney qui chante Yesterday.Dans la nouvelle mouture, l'introduction instrumentale de Blackbird a été remplacée par It's All Too Much et la pièce I Am the Walrus a été remplacée par Twist and Shout dans une ode aux racines rock'n'roll du groupe, qui inclut également I Want to Hold Your Hand et Drive My Car.«C'était l'époque de la beatlemanie et des fans hystériques», précise Dominic Champagne.PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE Dominic Champagne avait déjà créé Varekai (2002) et Zumanity (2003) lorsgue Guy Laliberté lui a confié le projet du spectacle musical sur les Beatles.En fait, le Cirque souhaitait organiser la première le 30 juin, date exacte de la création il y a 10 ans, mais Paul McCartney donne un spectacle ce jour-là.Sir Paul a donc choisi le 14 juillet, date où il sera présent, tout comme Ringo Starr, Yoko Ono et Olivia Harrison.Les quatre membres d'Apple Corps ont d'ailleurs validé les changements proposés par Dominic Champagne et Giles Martin.Un spectacle que le metteur en scène qualifie globalement de « moins nostalgique » et d'un peu plus «joyeux» que la version originale.Quelques chiffres 4500 Nombre de représentations de LOVE à ce jour Nombre de spectateurs PHOTO FOURNIE PAR LE CIRQUE DU SOLEIL Outre de nouvelles chorégraphies, de nouveaux numéros acrobatigues et de nouveaux costumes, I eguipe de création a augmenté la présence visuelle des Fab Four.Plusieurs projections (signées Dandypunk) ont été ajoutées.audio à partir des voix des Beatles captées durant les enregistrements de leurs chansons.La scénographe Patricia Ruel, les chorégraphes Dave St-Pierre et Margie Gillis, l'éclairagiste Yves Aucoin et le concepteur des projections Francis Laporte ont également participé à la création d'origine.The Mirage La salle circulaire du théâtre The Mirage a été construite pour LOVE, à la demande de Guy Laliberté.La production du Cirque au Mirage a été devancée en raison de la fin dramatique du spectacle permanent de Siegfried & Roy (un tigre blanc a attaqué le magicien Roy Horn).Outre les projections sur des rideaux de tulle, l'équipe de création, menée par Chantal Tremblay, a installé plus de 6000 haut-parleurs dans la salle de quelque 2000 places (la nouvelle version compte 500 haut-parleurs de plus).À l'extérieur de la salle, les gens pouvaient s'attabler à un bar thématique baptisé The Beatles Revolution Lounge, qui a récemment été transformé en restaurant.Une première le 14 juillet Non, ce n'est pas parce que la pièce All You Need Is Love commence par la Marseillaise que la nouvelle mouture de LOVE sera présentée le 14 juillet.3478 LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 25 JUIN 2016 ARTS 5 MAC / Liz Magor et Lizzie Fitch & Ryan Trecartin Un monde dénaturé \u2022\u2022 r ' T-^T'frSl' x \u2018\u2022HjH1 \u201d T?) v- \u2022; EBSSSSk «S4t îfiMKj '-~^r présente Tangerine^ passeport BILLETS EN VENTE AU hahaha.com COMBINEZ CE SPECTACLE ET ÉCONOMISEZ PENDANT TOUT LE FESTIVAL GRACE A LUN DE NOS 3 PASSEPORTS > VIDEOTRON présenté par > vidéotron 514 845-2322 HAHAHA.COM/PASSEPORT langerineT (KÏA) TïmNottôHA.(«SiriusXlM») ^ESi TVA ryth£1J4® 36S Canadâ T0MosnTreaL Montréal@ Québecnn * '.PRESENTE ?JroîttÎÊ#, ISNSjP ET CAMER^^^^g LA COMEDIE MUSIlOKl^I1; BASÉE SUR L\u2019OEUVRE DE P L.TRAVERS ET LEF|LM]d0w1ÏT DISNEY MISE EN SCÈNE, TRADUCTION ET ADAPTATION SERGE POSTIGO CHORÉGRAPHE STEVE BOLTON DIRECTEUR MUSICAL GUILLAUME ST-LAURENT PAROLES & MUSIQUE ORIGINALES DE RICHARD M.SHERMAN ET ROBERT B.SHERMAN livret JULIAN FELLOWES NOUVELLES CHANSONS, MUSIQUE ET PAROLES ADDITIONNELLES DE GEORGE STILES ET ANTHONY DREWE co créée par CAMERON MACKINTOSH Le Musée d\u2019art contemporain présente deux expositions d\u2019été qui semblent s\u2019opposer l\u2019une à l\u2019autre, mais qui parlent toutes deux d\u2019un monde dénaturé.MARIO CLOUTIER Les objets du quotidien, la matière, l'humain comme sujet ou objet : cet été, le Musée d'art contemporain de Montréal (MAC) remet en question plus que jamais les actions de l'être humain sur sa petite planète, avec des artistes internationalement reconnus, mais d'âges et de pays différents.« Ce sont deux générations d'artistes qui attireront plusieurs générations de visiteurs», espère le directeur du MAC, John Zeppetelli.Le musée montréalais nous offre la plus importante exposition réalisée à ce jour du travail de l'artiste de Vancouver Liz Magor.Ce survol non chronologique de son travail, intitulé Habitude, comprend 75 œuvres créées en 40 ans.Simplicité et rigueur, recyclage et archivage, nature et culture semblent être les mots d'ordre de Liz Magor.En utilisant ce qui compose la vie de tous les jours, l'artiste sait poser clairement des questions de répétition, de fabrication, d'identité sociale et de valeur.Ses sculptures sont basées sur la transformation d'objets provenant tant de marchés aux puces ou de dépotoirs - vieilles couvertures en laine, chemises, assiettes, sacs, gants en cuir -que sur des moulages de gypse polymérisé.« La façon dont elle transforme le banal et l'humble nous suit dans notre appréciation du monde réel», dit la commissaire Lesley Johnstone.Le commissaire Dan Adler croit que « dans notre monde de plus en plus immatériel, Liz Magor nous invite à prendre notre temps pour explorer et inspecter les objets présentés et leur signification».Ainsi, un arbre creux peut cacher un abri et un sac de couchage, des briques sont faites de papier journal, les animaux naturalisés omniprésents ont un aspect touchant, un tas de pierres peut cacher des croustilles au fromage, un siège de bois est posé sur une immense scie ronde.L'humain semble absent des tableaux que nous présente Liz Magor, mais sa main était là juste avant, ses actions ou inactions bien relayées, ses objets - cigarettes, chocolat, tissus divers - restent là, figés pour l'éternité.Des traces indéniables d'un monde transformé, voire spolié.Après Montréal, l'exposition Habitude voyagera à Zurich en janvier et à Hambourg en juin 2017.Lizzie Fitch et Ryan Trecartin Le duo de jeunes créateurs américains Lizzie Fitch/ Ryan Trecartin s'intéresse aussi à une société dénaturée, à un monde post-humain.Nés tous les deux en 1981, ils ont commencé à travailler ensemble en l'an 2000 en son, vidéo, installation et sculpture.Présentée à la Biennale de Venise en 2013, leur proposition Priority Innfield comprend cinq installations et quatre vidéos présentant des récits de science-fiction au sein de pavillons rappelant des banlieues américaines.Des jeunes PHOTO ROBERT SKINNER.LA PRESSE Priority Innfield (Fence), 2013, du duo de jeunes créateurs américains Lizzie Fitch/Ryan Trecartin, un des cinq théâtres sculpturaux autonomes uniques, présentant CENTER JENNY (film, vidéo HD).Au MAC jusqu\u2019au 5 septembre.PHOTO ROBERT SKINNER.LA PRESSE Le Musée d\u2019art contemporain de Montréal nous offre la plus importante exposition réalisée à ce jour du travail de l\u2019artiste de Vancouver Liz Magor.Ses sculptures sont basées tant sur la transformation d\u2019objets provenant de marchés aux puces ou de dépotoirs que sur des moulages de gypse polymérisé.THÉÂTRE ST-DENIS 1 PHOTO FOURNIE PAR LARTISTE Simplicité et rigueur, recyclage et archivage, nature et culture semblent être les mots d\u2019ordre de Liz Magor.maquillés et costumés y tiennent un langage frôlant l'absurde, mais non dénué d'une certaine poésie post moderne.«Ils disent n'importe quoi, mais comprennent ce n'importe quoi.Ici, la performativité du langage affecte son sens», dit le commissaire Mark Lanctôt.Le duo croit d'ailleurs que la technologie et la culture avancent plus vite que la compréhension qu'en ont les gens.Les récits tournent autour de groupes de jeunes égocentriques qui parlent de tout et de rien et qui aiment, surtout, être regardés.Dans presque tous les cas, une caméra nerveuse filme ces personnages étranges, qu'on pourrait qualifier de «mutants», dont l'un dira: « Je sais que je mens pour me droguer.» Sombre avenir, lutte des castes, violence du langage et des actions.Ne serait-ce pas plutôt de notre époque que parlent Fitch et Trecartin?À une réponse claire, le duo préfère nettement l'ambiguïté.Ça n'en est que plus troublant.JOËLLE LANCTOT RENE SIMARD GRANDIOSE JEAN-FRANÇOIS POULIN LA PLUS \\jKAIN VIU3E COMEDIE MUSICALE JAMAIS PRODUITE PAR JUSTE POUR RIRE MARY POPPINS EST PRÉSENTÉE AVEC L\u2019ENTENTE SPÉCIALE DE MUSIC THEATRE INTERNATIONAL DANS LE RÔLE DE MARY POPPINS DANS LE RÔLE DE M.BANKS DANS LE RÔLE DE BERT 6 ARTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 25 JUIN 2016 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinn ARTS MUSIQUE CHANSON ENGAGÉE LA CHANSON sj ^ O Au milieu des années 2000, la chanson engagée semblait revenir en force au Québec.Les Cowboys Fringants, Loco Locass, Vulgaires Machins et autres trublions chantants trouvaient écho dans les cégeps et les manifestations, étendards d\u2019une société à réinventer.Après une brève résurgence postprintemps érable, les auteurs-compositeurs ont-ils troqué le «nous» contre le «je», la faux de guerre contre le vrai des émotions?CHARLES-ÉRIC BLAIS-POULIN Le 24 juin 2005.Pendant plus de 10 heures, le verdoyant parc Jean-Drapeau se couvre des couleurs de l'indépendance et du progrès social.À l'initiative des Cowboys Fringants, quelque 25 000 fêtards désertent le parc Maisonneuve et son rassemblement consensuel au profit d'un concert payant, quasi improvisé, mais résolument politique.Du nombre : le trio rap Loco Locass, l'une des plus vives incarnations du renouveau de la chanson engagée post-2000, aux côtés du quatuor punk-rock Vulgaires Machins.La chanson pour la cause, pas pour causer.Le 25 juin 2016.Plus d'une décennie a filé.Les Cowboys ménagent leur holster et poétisent un certain passé, amoureux comme social.Biz, parolier d'une formation désormais peu loquace, se «désintéresse de la politique provinciale» au-delà de la question nationale: vive la littérature! Les Vulgaires Machins se sont disloqués, le temps de projets solos.« On remarque une forme de désaffection, dit le musicologue Danick Trottier.Et ce n'est pas la faute des artistes, mais du contexte dans lequel on baigne, d'un certain cynisme à l'égard de la politique.» Dans une lettre publiée dans Le Devoir en 2004, le professeur de sociologie de la musique à l'Université du Québec à Montréal restait dans l'expectative par rapport au renouveau pamphlétaire: «Toute l'énigme de ce discours est de savoir quelles seront ses suites et comment il se concrétisera au niveau politique.» Le verdict, 10 ans plus tard?«A-t-on observé des transformations politiques ou sociales?Je ne pense pas.Si l'on regarde les grands rassemblements d'auteurs-compositeurs dans les années 60 et 70, leurs chansons avaient trouvé un meilleur épanouissement dans l'ascension au pouvoir du Parti québécois, en 1976, même si la suite [l'échec référendaire] a été brutale.» Et maintenant?Guillaume Beauregard, plume et voix des Vulgaires Machins, est l'un de ceux qui ont mis en veilleuse les diatribes altermondialis-tes pour embrasser les sentiments humains et l'écriture au «je».Son album folk D'étoiles, de pluie et de cendres est en phase avec la nouvelle génération d'auteurs-compositeurs.Engagé, mais autrement.«Quand ça fait 15 ans que tu martèles un message politique, ça peut devenir aliénant, dit-il.Mon album solo, même s'il est très personnel, très nuancé, sert un propos.» « L'engagement, ce n'est pas juste de chanter \"fuck le gouvernement\".Avec les Vulgaires, j'avais une approche au premier degré, mais il faut apprendre à éviter les formules, à se réinventer.» Le jeune auteur-compositeur Philémon Cimon, lauréat du prix Félix-Leclerc de la chanson en 2014, est l'une des plumes les plus sensibles de sa génération.Bien que la page Facebook du troubadour laisse deviner un lot d'allégeances, de la souveraineté au féminisme, sa musique reste hermétique à tout parti pris social ou politique.« Je n'ai pas envie que mes chansons soient contingentes à une réalité précise, explique le chanteur.Je vois avant tout la poésie - et la chanson - comme un lieu de changement intérieur.Nommer les choses différemment, Les mots de la chanson d\u2019aujourd\u2019hui La Presse a passé au crible les textes des albums des 10 auteurs-compositeurs-interprètes finalistes au prix Félix-Leclerc de la chanson 2016, d abord par curiosité.De quoi a l\u2019air la chanson québécoise d\u2019aujourd\u2019hui?Si la chanson québécoise de 2016 était un homme, il serait beau (44 occurrences), grand (17) et fort (27).TOUT SEULS Pas de bol: en dépit de ses qualités, il serait aussi.seul (27 mentions).Extraits choisis: «Dis, tu fais-tu exprès de faire le mort, de me laisser seule à conduire le char, pour 10 heures d\u2019asphalte noir.» \u2014 Les sœurs Boulay «Toute seule, je m\u2019en vais toute seule, sans peur, j\u2019avance sans peur.Ailleurs, j\u2019irai ailleurs, mais j\u2019ai menti parce qu\u2019au fond j\u2019ai peur.» \u2014 Safia Nolin * «Coudonc, c\u2019tu un carnaval, ou j\u2019suis l\u2019seul hostie de clown dans\u2019 place.Dites-moi donc, monsieur le psy.» \u2014 Philippe Brach «Je me réserve du temps sur des dunes de néant, sous un astre torride, suis-je le seul survivant, d\u2019aussi vieux sentiments éclos de chrysalides?» \u2014 Félix Dyotte LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 25 JUIN 2016 ARTS 7 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinn ARTS MUSIQUE BAISSE LE POING O Spectacle de la Saint-Jean au parc Jean-Drapeau le 23 juin 2005.Loco Locass se joint aux Cowboys Fringants pour la finale.PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE © Le jeune auteur-compositeur Philémon Cimon, lauréat du prix Félix-Leclerc de la chanson en 2014, est l\u2019une des plumes les plus sensibles de sa génération.Sa musigue reste hermétigue à tout parti pris social ou politigue.PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE © Guillaume Beauregard (des Vulgaires Machins) PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE communier, soulager des conflits intérieurs : c'est, je crois, ma façon d'être utile.» À la première personne Certes, l'engagement ne fait pas la chanson, et un coup d'œil aux plus récents finalistes du prix Félix-Leclerc de la chanson (la lauréate Safia Nolin, Rosie Valland, Rémi Chassé, Claude Bégin, Les sœurs Boulay, etc.) montre clairement que la nouvelle garde préfère l'introspection au social, la poésie du quotidien aux discours moralisateurs.À travers la production abondante qui se raconte à la première personne, il importe plus que jamais « de sortir du cadre, d'être essentiel », estime Guillaume Beauregard.«Qu'est-ce qu'on a à dire vraiment?C'est ça, la question absolue que bien du monde ne se pose pas, remarque le jeune père.Je ne veux pas être condescendant en disant ça, mais j'ai été juge au Festival de la chanson de Granby: il y avait 180 propositions.Ça ne se peut pas qu'il y en ait même la moitié qui soient pertinentes.C'est ça, la réalité.» Lise Bizzoni, coauteure de La chanson francophone engagée et coordonnatrice du Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises, hésite à parler d'un essoufflement du genre.Un glissement s'est peut-être opéré, dit-elle, de l'œuvre à l'artiste.« Est-ce qu'un chanteur s'engage seulement à travers son art ou se déplace-t-il dans la sphère publique, prend-il du temps pour s'investir dans des activités sociales?Je pense à Richard Desjardins ou aux Cowboys Fringants, qui s'impliquent pour l'environnement.» En outre, dit-elle, les canaux de diffusion se sont diversifiés, et la chanson engagée n'est pas forcément la bienvenue sur les plateformes traditionnelles.«Ce n'est pas plus mal.11 suffit de se promener sur l'internet pour se rendre compte qu'il y a une chanson féministe, par exemple.» Sur les ondes Les chants de révolte ont-ils du mal à se tailler une place sur les ondes FM?Guy Brouillard, directeur musical à CKOl, soutient que la station accorde peu d'importance à la teneur des textes, pourvu que « la toune soit bonne » et respectueuse.11 en tient pour preuve la tribune accordée au brûlot souverainiste Je me souviens, signé French B, dans les années 90 et, encore aujourd'hui, à Libérez-nous des libéraux.« Changeons le monde, un hit à la fois », confirme le slogan de la station.En poste depuis 1976, le chercheur de tubes évite de «se poser des questions trop existentielles », mais le citoyen en lui constate «un certain désengagement» chez les jeunes musiciens.Devant le statu quo, l'ultime danger est de baisser pavillon, juge le chanteur Guillaume Beauregard.« C'est ça, l'ambiance générale en 2016: se rendre compte que la démocratie est un peu une façade.Je trouve ça inquiétant, mais je le dis depuis 20 ans.C'est juste que mon degré d'envie de combattre a diminué.C'est ça, le grand drame.Pour moi, et pour la société.» Philémon Cimon jouera au Festival d\u2019été de Québec le 9 juillet.LE PRINTEMPS DES POSSIBLES En 2012, le printemps érable a joué un rôle de catalyseur.Libéraux-nous des libéraux, de Loco Locass, a notamment repris du service dans les manifestations.Se sont ajoutées quelques voix sensibles, parmi lesquelles Ariane Moffatt (Jeudi 17mai 2012), Le Husky (Voir rouge), Urbain Desbois (MmeBeauchamp) ou encore, plus tardivement, Louis-Jean Cormier (La fanfare) et Joseph Edgar (Fait beau dehors).Des albums entiers ont aussi extrait la sève poétique du printemps érable: Les ombres longues d\u2019Antoine Corriveau et Bernbari, du chanteur du même nom, pour ne nommer que ceux-là.« Il suffit d\u2019un déclic pour que les artistes répondent positivement.Le printemps érable a été un emblème, mais je n\u2019ai pas eu l\u2019impression de retombées intenses et durables, si l\u2019on compare par exemple à la crise d\u2019Octobre», tempère le musicologue DanickTrottier, qui souligne notamment la naissance, en 1972, de L\u2019alouette en colère, de Félix Leclerc.« Et si seul je ne fais qu\u2019espérer te revoir, je suis seul dans la nuit et je veux te revoir.» \u2014 Bernhari «Je marcherai dans la nuit seul avec la lune, je m\u2019effacerai dans l\u2019ombre et la brume.Tout redeviendra plus clair, quand j\u2019éteindrai la lumière.» \u2014 Rémi Chassé JE, ME, MOI La chanson récente se conjugue presque exclusivement à la première personne, «je, me, moi» accumulant 1105 occurrences, bien loin devant «nous» (114).Le «on» (354) et le «tu» (277) ne sont pas en reste, mais les auteurs s\u2019avèrent avant tout protagonistes des histoires qu\u2019ils mettent en scène.FAIRE CORPS Le corps humain est la principale talle de métaphores pour les jeunes auteurs-compositeurs, à en croire les quatre noms communs les plus référencés, soit «cœur» (73), «œil» (57), «tête» (45) et «bras» (39).La peur (35) et l\u2019amour (29) sont par ailleurs des thèmes récurrents.Et les adverbes?C est l\u2019abondance, semble-t-il: on chante «plus» (63), «trop» (48) ou «encore» (42).La chanson a la mine basse, selon l\u2019outil sémantique éclairant bien que faillible d\u2019Antidote.«Guerre, prisonnier, noir, mort, mal, peur, froid»; 10,7% des quelque 18 000 mots analysés ont une connotation jugée négative.Les mots considérés comme «positifs» représentent seulement 7,6% de l\u2019ensemble.Méthodologie Nous avons analysé 17 647 mots grâce à l\u2019outil statistique du logiciel Antidote.Nous avons pris en considération les plus récents albums des 10 artistes finalistes au prix Félix-Leclerc de la chanson 2016, soit: Ile Jésus, de Bernhari Les magiciens, de Claude Bégin Félix Dyotte, de Félix Dyotte Rois de nous, de La Bronze (EP) XO, de Laurence Nerbonne 4488 rue de l\u2019Amour, des sœurs Boulay Portraits de famines, de Philippe Brach Debout dans l\u2019ombre, de Rémi Chassé Partir avant, de Rosie Valland Limoilou, de Safia Nolin (lauréate du prix) 2 JUILLET 5 JUILLET LE FESTIVAL A LA MAISON SYMPHONIQUE 2853$ ü\tMAISON SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL-19h MONTREAL JUBILATION GOSPEL CHOIR I\u2019LL TAKE YOU THERE Wm EMMANUEL HIMABUKURO PROGRAMME DOUBUi-rffc DITION Première partie! JALEN N'GONDA 2 et 3 HIGIfFL IG BIRDS PremièrApartie / adaw'stiTangler Première partie RUFUS THE BROOKS AVEC G ¦16 feesh LE FESTIVAL A LA MAISON SYMPHONIQUE 2jggS$ S\tMAISON SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL -19h Brian Wilson MONTREAL JUBILATION GOSPEL CHOIR I\u2019LL TAKE YOU THERE Pet Sounds ffimV avec AL JARDINE et BLONDIE CHAPLIN Angèle Dubeai & La Pietà %* Ludovico Einaudi : > Portrait\tm 6 AU 8 JUILLET 30 JUIN AU 2 JUILLET NOUVEAU MONDE THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE - 20h Première partie \"Srcher FESTIVAL INTEEMTK1AL JAZZ .LE FESTIVAL DEBUTE MERCREDI DE LA FÊTE! 294UIN - 9 JUILLET 2016 RioTinto SALLE WILFRID-PELLETIER, PdA - 19h30 EVENEMENTS SPECIAUX ici M musiçue cscmustc.ca JUILLET JUILLET \u2022 20 H 30 ILLET et 6 JUILLET JUILLET 9 JUILLET LES GRANDS CONCERTS RioTinto \u20220||cscmuBtD.oa 98,5 CJAD THÉÂTRE MAISONNEUVE, PdA - 20h 2 JUILLET 3 JUILLET 4 JUILLET LES COULEURS 0 CLUB SODA-18 h QUAND- ÔN » .V.M - \u2022\u2022 30 JUIN CHRIS | POTTERf mI ANTES 29 JUIN 30 JUIN1 3 JUILLET LES NUITS CISM2 NIGH1UFE.CA CLUB SODA - 22 h MRSHROUTLEILft !Ercr|BU CHAMPION G-STRINGS Montreal Gazette trio 4 JUILLET P9INCE TRIAD | 1 JrS Première parte BLAKDENIM Première partiel Première parte 29 JUIN EDMnt CASTANEDA 1er JUILLET MAS ML CEjl^ Première perte WHISKY LEGS Perlière part?PORTER Première parte JAIME WOODS 30 JUIN JMZ.Z.DCA I en collaboration avec 1 UIIFIUIOE «fil .MATHIEU BENS A a\"w*\u201c ,P * tlff.Ss.- THTHONY THERRIEN ' ÜtOIHE t'ÈCBIH KARELLE TREMBLAY '''j PATRONAGE CORRUPTION REJE4NNE R4DOV4 o Guibord s\u2019en va-t-en guerre de Philippe Falardeau PHOTO FOURNIE PAR CHRISTAL/LES FILMS SÉVILLE © Octobre de Pierre Falardeau PHOTO TIRÉE DU SITE DE L'ONF © Les ordres de Michel Brault PHOTO FOURNIE PAR LES PRODUCTIONS PRISMA O Corbo de Mathieu Denis PHOTO FOURNIE PAR LA PRODUCTION e Inch Allah d\u2019Anaïs Barbeau-Lavalette PHOTO FOURNIE PAR LES FILMS SÉVILLE © Réjeanne Padovani de Denys Arcand PHOTOS ARCHIVES LA PRESSE évoquant la crise d'Octobre ont été rapidement mis en chantier au début des années 70, y compris chez ceux qui privilégiaient une approche plus commerciale (Bingo de Jean-Claude Lord).Quatre ans après le printemps érable, seul L'amour au temps de la guerre civile (Rodrigue Jean) a fait écho à cette révolte sociale dans notre cinéma de fiction.« Un film politique est, par définition, un film qui dérange, précise le producteur Roger Frappier.Or, le système d'évaluation des institutions fait en sorte qu'il est difficile, voire impossible, de réaliser un film dans l'urgence, en suivant une idée initiale.Je ne suis pas certain que dans le contexte actuel, avec toutes les discussions devant des comités, un film qui dérange puisse voir le jour.Il y a aussi que les jeunes cinéastes empruntent des démarches plus personnelles et se tournent vers l'intime.On est loin du cinéma de Ken Loach.Nous n'avons pas au Québec un cinéaste avec ce genre de trajectoire.Si Gilles Groulx était encore de ce monde, il aurait pu devenir notre Ken Loach, je crois.» Un pays tranquille Patrick Roy, président d'eOne Canada et des Films Séville, le plus important distributeur de films au Québec, estime de son côté que les cinéastes québécois peuvent difficilement s'appuyer sur l'histoire d'un pays aussi jeune.Et plutôt tranquille sur le plan politique.« L'événement politique majeur du Québec est la crise d'Octobre de 1970, fait-il remarquer.À part ça, pour paraphraser Denys Arcand, on peut dire qu'il ne se passe pas vraiment grand-chose sur ce plan chez nous.Et je crois que la crise d'Octobre a déjà été abondamment traitée au cinéma.Je suis très ouvert à l'idée d'un bon film politique -j'adore le genre -, mais encore faut-il trouver un angle pour intéresser les gens.L'an dernier, nous avons sorti Guibord s'en-va-t-en-guerre en pleine campagne électorale.Le public n'a pas suivi.» Reflet d une société La présidente et chef de la direction de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), Monique Simard, verrait d'un très bon œil le dépôt d'œuvres fictives à caractère politique.« Mais on ne nous en soumet pas, dit-elle.Ou très peu.Le cinéma de fiction est toujours le reflet des préoccupations d'une société.Il se place en réaction plutôt qu'en éclaireur.Même aux États-Unis, en France ou ailleurs, il faut souvent attendre plusieurs aimées après qu'un événement marquant a eu lieu avant que des films de fiction soient produits.C'est davantage du côté du documentaire que ça se passe.Je crois aussi qu'au cours des prochaines années, notre cinéma de fiction sera grandement enrichi par des visions de cinéastes issus des communautés culturelles et autochtones.Ils ont beaucoup de choses à raconter sur le Québec.» Cinq figures de proue du cinéma politique au Québec MARC-ANDRÉ LUSSIER Pierre Perrault Pour la suite du monde (1963) Coréalisé avec Michel Brault, Pour la suite du monde évoque la transmission d\u2019une culture et des traditions en donnant la parole aux pêcheurs de l\u2019Isle-aux-Coudres.Autres films marquants: >\tUn pays sans bon sens! (1970) >\tLa bête lumineuse (1982) Gilles Groulx Le chat dans le sac (1964) Le premier long métrage de fiction produit par l\u2019Office national du film du Canada.Le questionnement existentiel d\u2019un couple dans la vingtaine fait écho à celui du peuple québécois.Autres films marquants: >\tOù êtes-vous donc ?(1970) >\t24 heures ou plus (1973) Denys Arcand Réjeanne Padovani (1973) Une réunion de politiciens corrompus dans la résidence d\u2019un parrain de la mafia.«Il y a des gens qui voudraient me voir refaire Réjeanne Padovani à cause la commission Charbonneau.Non, ça ne me tente pas.Je l\u2019ai déjà fait il y a 40 ans!», a déclaré le cinéaste à La Presse en 2014.Autres films marquants: >\tOn est au coton (Réalisé en 1970.Sortie de la version censurée en 1976; en version non censurée en 2004.) >\tQuébec: Duplessis et après (1972) >\tGina (1975) >\tLe confort et l\u2019indifférence (1982) Michel Brault Les ordres (1974) Dans l\u2019esprit de nombre de cinéphiles, Les ordres demeure l\u2019œuvre phare du cinéma politique au Québec.Lauréat du prix de la mise en scène au Festival de Cannes en 1975, le film relate le traitement réservé à des innocents qu\u2019on soupçonne de terrorisme, emprisonnés en vertu de la Loi des mesures de guerre en 1970.Autres films marquants: >\tL\u2019Acadie, l\u2019Acadie (en coréalisation avec Pierre Perrault, 1971) >\tQuand je serai parti.vous vivrez encore (1999) Pierre Falardeau Octobre (1994) Scénarisé avec l\u2019ancien felquiste Francis Simard, Octobre relate de l\u2019intérieur les événements vécus par les membres de la cellule Chénier, ravisseurs du ministre Pierre Laporte, mort pendant sa captivité.Autres films marquants: >\tElvis Gratton (1981) >\tLe temps des bouffons (1993) >\t75 février 1839 (2001) I PHOTO EAN-MARIE VILLENEUV, LE SOLEIL PHOTO FOURNIE PAR L.GUÉRIN HUGO LATULIPPE Concurrent de La course destination-monde (1994-1995).Bacon, le film, Ce qu'il reste de nous, Alphée des étoiles.Concepteur de 25 x la révolte, une exposition présentée au Musée de la civilisation à Québec.Film favori: Pour la suite du monde (Pierre Perrault et Michel Brault).« Nous faisons partie d'une génération de cinéastes qui jouent de façon ludique avec le cinéma.On vit aussi une époque plus lisse.Au théâtre, il existe pourtant une activité politique importante, beaucoup plus qu'au cinéma.Je crois que les artistes plus jeunes vont prendre d'assaut les places publiques en empruntant toutes les formes d'art, après des années de grand vide.On ne peut plus aborder la question d'identité nationale dans l'axe du francophone opprimé, ni seulement à travers la question linguistique.Si on veut faire un pays différent, il faut l'aborder dans toute sa largeur, sur tous les fronts.Les grandes œuvres font leur chemin.Il faut viser le grand cinéma et le cinéma documentaire peut en faire partie.Il a d'ailleurs accompagné le mouvement social qui a construit le Québec moderne, autant que la chanson populaire ! » PHILIPPE FALARDEAU Concurrent de La course destination-monde (1992-1993).La moitié gauche du frigo, Monsieur Lazhar, The Good Lie, Guibord s'en va-t-en guerre.Film favori: Les ordres (Michel Brault.«Je fais partie de cette génération de cinéastes qui devait s'émanciper des précédentes, très marquées par le cinéma identitaire.La pensée néo-libérale a aussi fait en sorte d'anesthésier toute fibre politique révolutionnaire au cours des années 80 et 90.Là, il y a peut-être un retour du balancier.Mais ça ne paraît pas encore beaucoup.Contrairement à ce qu'on pourrait penser, je ne crois pas qu'il soit plus compliqué maintenant de monter un film à connotation politique.A mon sens, il n'y a pas eu beaucoup de cas de refus ou de censure pour vraiment montrer un malaise du doigt sur ce plan.Peut-être que les cinéastes ne présentent tout simplement pas ce genre de projets?Je ferai assurément d'autres films dans ce genre, mais j'estime que la question politique doit s'incarner à travers le cheminement intime de personnages.Le didactisme est le grand piège à éviter.» 1A ARTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 25 JUIN 2016 NNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNINNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII ARTS CINÉMA Surprise alpestre PHOTO FOURNIE PAR TVA FILMS Heidi, une orpheline dégourdie, est confiée a son grand-père, sorte d\u2019ermite acariâtre qui habite un chalet dans les Alpes suisses.HEIDI ?Film d\u2019aventures d\u2019Alain Gsponer.Avec Bruno Ganz, Katharina Schüttler, Anuk Steffen.1 h 51.HUGO MEUNIER La barre était basse en poussant la porte de la salle 2 du cinéma Quartier Latin, où se tenait il y a quelques jours le visionnement de presse d'un énième remake de Heidi.Que pouvait-on ajouter aux mille adaptations des romans de la Suissesse Johanna Spyri, rédigés à la fin du XIXe siècle ?Les mésaventures de la petite Heidi ont notamment été portées au grand écran par l'iconique Shirley Temple dans le rôle-titre un peu avant la Seconde Guerre mondiale, puis à la télévision dans les dessins animés de Takahata et Miyazaki dans les années 70.Et puis, l'histoire est bien connue.Heidi, une orpheline dégourdie, est confiée à son grand-père, sorte d'ermite acariâtre qui habite un chalet dans les Alpes suisses.La petite Helvète se lie d'amitié avec Peter, le jeune chevrier analphabète qui promène son troupeau dans l'alpage planté dans un décor de rêve.Pour son plus grand malheur, la fillette atterrit à Francfort dans la somptueuse résidence de M.Sesemann - un bourgeois fortuné, mais absent - et de sa fille Clara, clouée à un fauteuil roulant.Sous le joug d'une gouvernante coincée, Heidi apprend à lire, à se tenir à table et libère Clara de sa solitude.En proie au mal du pays, Heidi retournera chez son grand-père - qui a entre-temps cessé d'être bourru - pour y retrouver du coup Peter et ses montagnes.Le réalisateur Alain Gsponer réussit un surprenant tour de force en insufflant un second souffle à une recette aussi éculée qu'un méchant qui reprend vie dans un film d'épouvante.Il faut dire que l'excellent acteur Bruno Ganz (La chute) vaut à lui seul le détour dans son personnage de grand-père sauvage et «peut-être coupable d'un meurtre », sorte de Bonhomme Sept Heures qu'on évite comme la peste dans le village voisin.L'actrice Katharina Schüttler est pour sa part si crédible dans son rôle de perfide gouvernante qu'on finit par lui en vouloir à mort de casser du sucre sur le dos de la pure Heidi, dont le seul crime est de distribuer les sourires ravageurs à outrance.D'ailleurs, les jeunes acteurs - de l'avis de quelqu'un qui fait de l'urticaire devant pratiquement tous les films mettant en vedette des gens qui n'ont pas encore mué - se débrouillent franchement bien.À commencer par l'interprète de Heidi, Anuk Steffen, dont la candeur contagieuse contraste parfaitement avec les âmes tourmentées des gens qu'elle croise sur sa route.Une belle histoire de casting, puisque Heidi et Peter ont été recrutés parmi 500 enfants auditionnés un peu au hasard dans le canton des Grisons, où l'histoire originale et une bonne partie du tournage se sont déroulées.D'ailleurs, le terme «beau film » prend ici tout son sens, tant la photographie est impeccable.Le décor - largement exploité - bonifie l'histoire au point de devenir un personnage en soi.Pour que Heidi s'ennuie tant de ses montagnes, valait mieux.L'Office de tourisme suisse devrait remercier les artisans du film tellement il donne le goût de se «gosser» un bâton de marche pour escalader ses vallons majestueux.Le film a même généré plus de retombées que Star Wars à sa sortie en Suisse, en décembre dernier.Mention spéciale aussi à la musique de Niki Reiser, dont les ritournelles à l'Amélie Poulain alimentent le dépaysement.Bref, le film est destiné à la famille et non aux enfants.Vos plus jeunes risquent d'ailleurs de décrocher pendant la période où Heidi tente en douceur d'amadouer son grand-papa ronchon.Plusieurs scènes sont émouvantes et vous forceront à faire semblant d'avoir des allergies en sortant de la salle.Bref, une belle aventure, surprenante, qui nous rappelle l'importance de troquer à l'occasion une soirée Netflix sur la tablette pour une virée devant le grand écran.Eloge de la rencontre Sobre et émouvant.2 NUITS JUSQU\u2019AU MATIN ?Vi Drame de Mikko Kuparinen.Avec Marie-Josée Croze et Mikko Nousiainen.En version originale avec sous-titres français.1 h28.CHANTAL GUY Le film 2 nuits jusqu'au matin, deuxième du jeune cinéaste finlandais Mikko Kuparinen, a fait son chemin modestement dans les festivals internationaux, récoltant au passage le prix de la mise en scène au dernier Festival des films du monde de Montréal et celui du meilleur film au Festival du film de Valladolid.On y découvre un regard sobre, contemporain, lucide et très humain sur les liaisons de passage entre adultes consentants.Il n'y a rien de trash ni rien de romantique dans cette histoire toute simple, qui mise surtout sur les non-dits et la qualité des interprètes, ici Marie-Josée Croze, touchante et mystérieuse, et Mikko Nousiainen, d'un naturel désarmant.Caroline (Croze), architecte, est de passage dans la ville de Vilnius, en Lituanie.Elle tombe dans l'oeil de Jaako (Nousiainen), DJ finlandais, lui aussi de passage, pour un concert.Ils réussissent à se plaire et à communiquer, même si Caroline affirme ne pas parler anglais, la seule langue dans laquelle ils pourraient se comprendre.Cela ne les empêche pas de passer la nuit ensemble.Changement de trajectoire Mais quand un nuage de cendres volcaniques envahit le ciel et empêche les avions de voler, ils sont coincés plus longtemps que prévu à Vilnius, et ils vivront une deuxième nuit qui leur permettra de mieux se connaître.Une nuit qui changera la trajectoire de Caroline, au bord de la rupture avec sa conjointe.On découvre qu'elle fuit l'inéluctable en multipliant les voyages et les aventures.De son côté, Jaako a des ancrages plus solides que son métier prestigieux ne le laisse paraître.Mais qu'est-ce que le voyage, sinon les rencontres?« DU MAITRE DU SUSPENSE D\u2019ESPIONNAGE, JOHN LE CARRÉ.UN DRAME ÉNERGIQUE ET RAFRAICHISSANT.» Dave Calhoun, Time Oui ?« DEUX GRANDES PERFORMANCES SAVOUREUSES.CHALEUREUSEMENT RECOMMANDÉ.» Rob Leane, Den of Seek UnTraitreldeal-LeFilm.ca jg Les Films AU CINEMA DES LE 1er JUILLET ^©youQD LesFilmsSeville Certaines ne servent que le temps qu'elles durent, d'autres nous transforment inexplicablement.Par petites touches impressionnistes, Mikko Kuparinen rend bien l'esprit nomade de ces jeunes gens, forcément privilégiés, qui vivent entre deux chambres d'hôtel, parfaitement à l'aise dans un village global dont ils maîtrisent les codes, ainsi que le WiFi et Skype, conscients du côté éphémère de leurs expériences.Ils naviguent entre la superficialité et la liberté dans leurs relations, et s'ils ressentent parfois le vide, ils ne semblent pas le craindre.Il y a quelque chose de très européen dans 2 nuits jusqu'au matin, où les langues se mêlent (sur tous les plans) et où les frontières tombent dès qu'on ose se toucher.Un film rare qui ne tient pas le cinéphile par la main, qui refuse de sombrer dans le drame comme dans le happy end, et qui invite, en quelque sorte, au voyage, un peu comme si nous étions nous aussi de passage, et témoins d'une histoire, ni belle ni laide, mais sincère.Beau, introspectif et contemplatif.M IA MADRE ?V2 Drame de Nanni Moretti.Avec Margherita Buy, John Turturro, Giulia Lazzarini, Nanni Moretti.1 h46.MARC-ANDRÉ LUSSIER Il nous avait déjà offert, brillamment, son Journal intime.Vingt-trois ans plus tard, Nanni Moretti semble nous proposer un nouveau chapitre du même journal, cette fois à travers le parcours d'un alter ego féminin.À la fois drôle, tendre, délicat et subtil dans la peinture des émotions, Mia madré évoque les petits et grands drames de la vie qui s'immiscent dans la vie d'une cinéaste, au moment même où a lieu le tournage d'un nouveau film.C'est un peu comme si les thèmes essentiels de l'existence venaient ici recentrer le déséquilibre d'un monde factice.Margherita (Margherita Buy, habituée des plus récents films de Moretti) doit en effet traverser une épreuve dans sa vie personnelle alors que le tournage de son film à caractère politique, complètement bordélique, accapare toute son énergie.La toute première scène du film, pendant laquelle on voit des grévistes affronter des policiers antiémeutes, sonne d'ailleurs tellement faux qu'on ne s'étonne pas d'apprendre qu'il s'agit en fait d'une séquence que Margherita est en train de filmer.Dans laquelle rien ne fonctionne.D'une certaine façon, Nanni Moretti nous offre ainsi sa Nuit américaine.Mais si, à l'instar du célèbre film de François Truffaut, le cinéma occupe ici une bonne partie du récit dans sa fabrication même, le chef de file du cinéma italien contemporain ratisse quand même un peu plus large.Coincée entre les caprices de sa star américaine (formidable John Turturro dans un rôle où il doit nous faire croire qu'il peut être mauvais!) et des défis de mise en scène qui lui semblent insurmontables, Margherita, dont la vie amoureuse traverse aussi une zone de turbulences, doit en parallèle s'occuper de sa mère malade, dont la vie achève.La grande actrice de théâtre Giulia Lazzarini se glisse dans la peau de ce personnage de façon remarquable.Nanni Moretti s'est par ailleurs donné un rôle de soutien, soit celui du frère de la réalisatrice.Sans pathos Moretti profite évidemment de l'occasion pour satiriser à plein régime sur le monde du cinéma en glissant dans son récit une grande part d'autodérision.Mais il sait aussi se faire pudique - et très touchant - en évoquant les thèmes entourant la perte d'un être cher.Et ce, sans jamais tomber dans le pathos ou les excès de sentimentalisme.On sera en outre ému par ces scènes pendant lesquelles Margherita et son frère découvrent une facette inédite de la personnalité de leur mère, qui a enseigné la littérature et le latin pendant des décennies, révélée par les témoignages d'anciens élèves.Cet aspect du récit est d'ailleurs inspiré d'un épisode qu'a directement vécu le cinéaste.Truffé de clins d'œil au monde du cinéma, ponctué parfois de moments décalés où Margherita se perd un peu dans ses divagations, Mia madré se révèle aussi très juste dans l'évocation d'un drame à la fois personnel et universel.«CE FILM.À VOIR.PAS DEMAIN; AUJOURD'HUI.» NIGHTLIFE.CA « A VOIR ABSOLUMENT! » 24 HEURES JOURNAL DE MONTREAL LE DEVOIR C\"'gagnant\\ D U C É S A R « DU MEILLEUR M )OCUMENTAIRE 2016 Æ DEMAIN 1 MILLION DE SPECTATEURS EN FRANCE ! 1 UN FILM DE CYRIL DION ET MÉLANIE LAURENT E3 DemainLeFilmQuebec\tDemdinLeFilmQuebec.com PRESENTEMENT AU CINEMA LatelierDistribution.com C\u2019est un peu comme si les thèmes essentiels de l\u2019existence venaient ici recentrer le déséquilibre d\u2019un monde factice. LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 25 JUIN 2016 ARTS 15 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin ARTS CINÉMA DOCUMENTAIRE-CHOC / Tickled Des chatouilles au harcèlement Accepteriez-vous d\u2019être filmé pour une compétition d\u2019endurance aux chatouilles, payé 1500$, en plus de bénéficier d\u2019un vol aller-retour vers Los Angeles et d\u2019un séjour dans un luxueux hôtel?Intrigué par l\u2019offre, le journaliste néo-zélandais David Farrier a enquêté sur l\u2019entreprise Jane O\u2019Brien Media, qui réalise ces capsules vidéo.Or, il a vite compris que ses questions n\u2019étaient pas bienvenues, mais surtout que d\u2019anciens participants - qui se disent victimes de harcèlement - ne riaient plus depuis longtemps.Entrevue.HUGO PILON-LAROSE T.J.était un footballeur de talent qui aspirait à percer dans les ligues majeures.Or, en demandant à un site internet que l'on retire des vidéos où il participe à une compétition filmée d'endurance aux chatouilles, il ne pouvait s'imaginer qu'il provoquerait la colère de Jane O'Brien Media, propriétaire des capsules.Et que sa vie se transformerait en cauchemar.Dans Tickled, documentaire-choc présenté en première mondiale en janvier dernier au festival Sundance, à l'affiche depuis hier au Cinéma du Parc, à Montréal, le journaliste néo-zélandais David Farrier et son collègue Dylan Reeve enquêtent sur les ramifications d'une mystérieuse entreprise qui invite à ses frais de jeunes hommes au physique athlétique à subir une séance filmée de chatouilles extrêmes.Mais quand certains participants changent d'idée, et tentent de faire retirer les vidéos de l'internet, ils deviennent la cible d'une effroyable campagne de harcèlement.« Dans le cas de T.J., comme pour plusieurs autres participants, un site internet a été enregistré avec son vrai nom [alors que son identité devait rester secrète, selon ce qu'on lui avait dit au départ].On y trouvait toutes ses vidéos de chatouilles, des déclarations diffamatoires à son sujet et ses informations personnelles, afin qu'on puisse le contacter directement.Puis, on a envoyé ce site et des courriels à ses entraîneurs et à ses proches», raconte David Farrier en entrevue téléphonique de Chicago.Si certains participants rencontrés dans le cadre de son enquête se disent satisfaits de la façon dont ils ont été traités, T.J.n'est pas le seul à avoir été victime d'une campagne de salissage, explique Farrier.« Certains subissaient ces cyberattaques parce qu'ils voulaient arrêter de tourner des vidéos, d'autres parce qu'ils voulaient retirer les vidéos existantes de l'internet.Parfois, il n'y avait tout simplement pas de raisons », dit le journaliste.Plusieurs menaces de poursuite David Farrier est bien connu en Nouvelle-Zélande.Depuis 2006, il est journaliste culturel pour un média national et réalise des reportages légers sur les vedettes internationales qui visitent son pays.Quand il a écrit à Jane O'Brien Media il y a quelques années, sollicitant une entrevue, il a été surpris par la réponse qu'il a reçue.«Une certaine Debbie Kuhn m'a répondu que l'entreprise refusait de m'accorder une entrevue et qu'elle ne voulait surtout pas être associée à un homosexuel.J'ai trouvé ça étrange.Les vidéos qu'ils réalisent sont, comment dire.assez gaies! Je trouvais bizarre d'être confronté à des homophobes », raconte David Farrier.Sa curiosité piquée, il a lancé une campagne de socio-financement pour lui permettre de réaliser un premier voyage aux États-Unis, où sont filmées les vidéos.Avec son collègue Dylan Reeve, il a rencontré d'anciens participants, des recruteurs (qui sillonnent les villes à la recherche de volontaires) et les responsables des plateaux de tournage.Mais avant même de commencer ce voyage, l'équipe a reçu une lettre d'avocat la menaçant de poursuites si elle continuait son projet.U s'agissait d'une première lettre d'une longue série de procédures judiciaires.Or, plutôt que d'abandonner son projet, Farrier et son collègue sont plutôt allés à la recherche de financement, d'abord à la commission des films de la Nouvelle-Zélande, puis auprès de producteurs.Leur objectif: débusquer la personne qui est derrière Jane O'Brien Media.PHOTO FOURNIE PAR MAGNOLIA PICTURES Dans Tickled, le journaliste néo-zélandais David Farrier et son collègue Dylan Reeve enquêtent sur les ramifications d\u2019une mystérieuse entreprise qui invite à ses frais de jeunes hommes au physique athlétique à subir une séance filmée de chatouilles extrêmes.Un tournage difficile « Jane » n'existe toutefois pas, ont découvert les docu-mentaristes.U s'agirait d'un mystérieux millionnaire new-yorkais, qui n'en serait pas à ses premières campagnes de harcèlement auprès de participants à ses différents concours filmés de chatouilles.« Les gens que j'ai rencontrés et qui ont accepté de témoigner ont été très courageux », estime David Farrier, qui est ces jours-ci en tournée nord-américaine pour faire la promotion du film.«Maintenant que le documentaire sort au Canada et aux États-Unis, j'espère que la police s'intéressera au dossier.Je ne suis pas un juge, je ne peux pas dire si c'est légal ou non, mais je crois que tout ceci doit arrêter», poursuit-il, précisant qu'il n'a toujours pas été contacté par des enquêteurs.Au cours de la première américaine, vendredi dernier à Los Angeles, l'homme qui est visé par Tickled, celui-là même qui financerait les opérations de Jane O'Brien Media, a assisté à la projection.À la fin, il a pris la parole pour donner un conseil à l'équipe du film: allez ?«UNE ŒUVRE VISUELLEMENT ÉPOUSTOUFLANTE.» BORIS COURRET, CULTUREBOX «SPECTACULAIRE, CHOQUANT ET EXQUIS, CE FILM EST UNE PREUVE SUPPLÉMENTAIRE DU GÉNIE DE REFN » JESSICA KIANG, THE PLAYLIST SÉLECTION PRÉSENTEMENT AU CINÉMA ^(DyouQD LesFilmsSeville 16 «UN CHEF-D'ŒUVRE INCOMPARABLE » CHRIS ALEXANDER SHOCK TILL YOU DROP «UNE EXPÉRIENCE COMPLÈTEMENT RAFRAICHISSANTE.» CHRISTOPHER HOOTON, INDEPENDENT ?«LE RÉALISATEUR S'EST SURPASSÉ.» DONALD CLARKE, THE IRISH TIMES ?] amazonstudios d Li de NEON version sous-titrée française de THE NEON DEMON UN FILM DE NICOLAS WINDING REFN chercher des conseils juridiques, a-t-il dit, précisant qu'il avait toujours l'intention de les poursuivre.Comme quoi Tickled est une histoire de chatouilles qui ne fait plus rire personne.LA PRESSE f Lisez la critique du documentaire Tickled dans La Presse+ « Du grand et beau cinéma.» Le Nouvel Obs PRÉSENTEMENT AU CINÉMA ^ ©You® LesFilmsChristal ?« Chaleureux, plein d\u2019esprit et séduisant : le meilleur film de Moretti depuis La Chambre du fils.» The Guardian ?« Touchant Magnifiques jeux d\u2019acteurs.» The Irish Times ?« Sublime et émouvant » Le Figaro Margherita John\tGiulia\tNanni BUY TURTURRO LAZZARINI MORETTI MÈRE Version française et UN FILM DE NANNI MORETTI version sous-titrée française de MIA MADRE MA GAGNANT Prix du jury œcuménique CANNES 2015 ARTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 25 JUIN 2016 iste de notre invitée TOUS LES SAMEDIS, UN ARTISTE NOUS FAIT PART DE SES CINQ COUPS DE CŒUR DU MOMENT.'V- T T \u2022 / ; \u2019mi : STEPHANIE VALLET Anne-Marie Withenshaw coanime tout leté le nouveau talk-show musical Tandem avec sa grande amie Rebecca Makonnen sur les ondes d\u2019ICI Radio-Canada Première.L\u2019émission, enregistrée devant public au café Laïka du boulevard Saint-Laurent, est diffusée tous les vendredis de 19 h à 20 h.«En fait, c\u2019est l\u2019idée de Rebecca Makonnen.On voulait proposer un talk-show estival et Radio-Canada nous a proposé de travailler avec Phil Roberge, le réalisateur de La soirée est (encore) jeune», explique Anne-Marie Withenshaw, grande amatrice de musiques de tous genres.«On se laisse la liberté de parler de tous les styles musicaux.Il y aura deux prestations et deux reportages par émission.On a aussi des segments comme \u201cLa playlist des enfants\u201d ou \u201c Dans le garage\u201d avec de vieux routards comme André Ménard qui partage plein de souvenirs reliés à des artistes comme Prince, qu\u2019il a déjà booké au Festival de jazz», précise l\u2019animatrice.Les auditeurs pourront également entendre des performances en direct de l\u2019artiste invité qui interprétera une chanson originale ainsi qu\u2019un titre anglophone populaire qu\u2019il aime beaucoup traduit en français.«Fred Fortin et Olivier Langevin nous ont fait The Inner Light des Beatles qu\u2019ils avaient traduite il y a 15 ans mais qu\u2019ils n\u2019avaient jamais eu l\u2019occasion de ressortir», lance Anne-Marie Withenshaw, qu\u2019on retrouvera à l\u2019automne à C'est juste de la TV, non pas en tant que panéliste, mais comme nouvelle animatrice de l\u2019émission d\u2019ARTV.«Ils m\u2019ont appelée une semaine avant que Marie-Soleil [Michon] annonce sa démission pour me proposer le poste.Je suis vraiment contente parce que je ne sais pas si je serais restée une année de plus.J\u2019ai l\u2019émission dans la peau, mais je crois que j\u2019ai dit tout ce que j\u2019avais à dire sur Unité 9 ou Vol 920.Je change de perspective, mais je vais encore donner mon opinion sur les émissions», dit-elle.PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE FESTIVAL SAMSUN© îleSoniq PHOTO FOURNIE PAR INVISION «Je suis une vraie festivalière qui va chaque année à Osheaga et à Heavy MTL, mais je ne suis jamais allée à IleSoniq ! Cette année, ce sera ma première fois.J\u2019ai dit à mes amis de se préparer: même si on n\u2019a pas 24 ans, on va faire comme si c\u2019était le cas! J\u2019aimerais surtout voir Zedd, The Chainsmokers, Skrillex et Dubbs.Il y a aussi DJ Mustard.Ça me fait beaucoup rire parce qu\u2019il commence tout le temps ses chansons par \u201cMustard on that beat \u201d.Dès que je mets de la moutarde sur quelque chose, je dis ça.» Au parc Jean-Drapeau les 5 et 6 août.Consultez le site d\u2019IleSoniq : www.ilesoniq.com DISQUE Lemonade de Beyoncé « Malgré le battage médiatique, j\u2019ai des amis qui ne l\u2019ont pas encore écouté.C est un chef-d\u2019œuvre.Elle est rendue à un moment de sa carrière où elle peut faire une telle déclaration artistique.Son ouverture d\u2019esprit en matière de collaborations est formidable.Sur quel album retrouve-t-on à la fois Kendrick Lamar, Jack White et Vampire Weekend ?J\u2019ai beaucoup de peine que sa tournée Formation ne s\u2019arrête pas à Montréal.Je conseille de regarder l\u2019album visuel d\u2019abord avant de le mettre dans son auto.» MUSIQUE Festival de jazz «J\u2019ai acheté des billets dans un encan silencieux pour un parcours créé par André Ménard.Le 4 juillet, j\u2019emmène donc mon père voir Kool and The Gang à la Place des Arts.La première fois que je suis allée à ce festival, j\u2019avais 11 ans.Mes parents m\u2019avaient acheté un t-shirt et je l\u2019ai encore! Jetais assez snob musicalement jusqu\u2019à 17 ans.Je faisais comme si je n\u2019aimais pas la pop.J\u2019écoutais beaucoup plus de jazz et de blues.A 14 ans, on m\u2019aurait dit que j\u2019irais voir Kool and the Gang au Festival de jazz que j\u2019aurais dit que c\u2019était trop quétaine!» PHOTO ARCHIVES ASSOCIATED PRESS FESTIVAL PHOTO FOURNIE PAR LE FESTIVAL YUL EAT YULEAT «J\u2019ai un gros coup de cœur pour ce festival.J\u2019aime le fait qu\u2019il utilise le bord de l\u2019eau en déménageant tous les food trucks là-bas.C est un endroit pour rencontrer plein de chefs: j\u2019ai aussi bien vu Mathieu Cloutier servir des merguez dans son camion que des chefs de Los Angeles venus faire des démonstrations culinaires cinq services.» Au quai de l\u2019Horloge du Vieux-Port du 3 au 5 septembre.Consultez le site de YUL EAT : www.festivalyuleat.com THEATRE PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE Mary Poppins « Le film préféré de ma fille Emma n\u2019est pas La reine des neiges, mais Mary Poppins.Elle l\u2019a regardé au moins 60 fois et elle connaît toutes les chansons par cœur.Elle a même rencontré la fille de 11 ans d Elise Marquis qui joue le rôle de Jane, son personnage préféré.J\u2019ai hâte de l\u2019emmener voir le spectacle.On se prépare en écoutant la trame sonore en français pour apprendre les paroles.» Au Théâtre St-Denis jusqu\u2019au 15 juillet."]
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