L'Action, 23 mars 1912, samedi 23 mars 1912
[" 227 \u2014\u2014œft A Na EE TTC ire ANNÉE.-\u2014N° 50 \u2014 = LE NUMERO : CINQ SOUS FAR AN : DEUX DOLLARS TOUS LES SAMEDIS \u2018Action Toumbé dèssus! Eecrasss lous! (CYRANO) Le Père de I\u2019 Instruction 23 MARS 1012 \u2014e sending DIRECTEUR : | 2.ONTAEAL LR | 323, Aue SAIN 1-DENIS, 32 JUILERS FOURNIER 3\" \u201cTéléphone : Est 1678 17 ~~ \u2014 _ A LES HAUTES [a ETUDES $ Ke) ** Le ministère he s'engage à accepter nivla pius basse ni aucune\u2019 des \u201csoumissions.+ ° Par ordre, \u2018 R.-C.DESROCHERS; ak 1 0 6 Secrétdine Ministère des Trayaux Publics, C Ottawa, le 19 mars 1912.N.B.\u2014 Le ministère ne reconnaitra, au- e pour la publication de Ta is à Co A St p 5 'expréssémédt autorisé cette \u2018publication® i\u2019 * \"4.1\" .2\u20ac A a \u201cpourrait V'LAN ! Banquet à M.Rainville: On annonce que les citoyens de Chambly- Verchères, électeurs, comme l\u2019on sait, de M.Joseph Rainville, offriront prochainement un banquet à leur député pour le remercier de son vote courageux sur la question du Kcewatin.M.G.-N.Ducharme présidera la fête.M.Bourassa et M.Lavergne ont promis d'être présents.\u201cQu'\u2019il attende!.\u201d Il y a un député fédéral canadien-fran- çais qui n\u2019est pas un petit homme \u2014 moralement du moins \u2014 pour ses électeurs.C\u2019est notre ami Barrette, de Berthier.Depuis le commencement de la session, pas de jour qu\u2019il n\u2019ait reçu, à Ottawa, quelque groupe de voyageurs venus de son comté tout exprès pour visiter, en compa- gnic de leur \u201cmembre\u201d, les points intéressants de la Capitale.Il faut voir avec quel zèle M.Barrette se prête à ce rôle de cicerone, et s\u2019il en profite, en bon cabaleur qu\u2019il est, pour donner à ses hôtes une juste idée de la place qu\u2019il tient dans le monde officiel.Jamais ministre des finances n\u2019eut l\u2019air plus affairé, jamais président du Conseil ne parut plus chez soi dans un parlement.Il a une façon unique de dire à ses visiteurs, en les reconduisant à leur hôtel, après une première promenade: \u2014 \u201cVous m\u2019excuserez: je dois voir les ministres sans faute avant la séance.Mais je suis à vous dans une heure\u201d On a prétendu qu\u2019il est, de stature, le plus petit député de la Chambre: mais qui le dirait à voir l\u2019ampleur de son geste pour expliquer aux conseillers de Saint-Cuthbert, sur le ton dégagé d\u2019un pto- priétaire faisant les honneurs de son chez- soi: \u2014 \u201cÇa, c\u2019est le bloc de l\u2019Est.\u2026.\u201d Avec cela d\u2019ailleurs, assez d'esprit pour : ne pas au fond se prendre au sérieux; se blaguant lui-même à l\u2019occasion; voulant bien se faire gober de l\u2019électeur, mais ne se gobant en aucune façon, \u2014 tout le contraire en un mot d'un Charles Gauvreau, d\u2019un D.-A.Lafortune ou d\u2019un Joe Rainville.On conte qu\u2019un jour de la semaine passée, il arpentait, à son habitude, la terrasse du parlement en compagnie de trois ou quatre de ses \u201cconcitoyens\u201d, lorsque cet animal de x.qui passait justement par là, lui cria à tue-tête: \u2014 Dis donc, Barrette, Borden te cherche! Un autre, Joe Rainville par exemple, se fût sans faute excusé auprès de ses hôtes pour courir tout de suite après le premier- ministre.Mais le député de Berthier a l'oreille plus fine et il sait donner le change à une plaisanterie.Se tournant vers son interlocuteur, il cut un geste découragé comme pour dire: \u201cQuand donc enfin me lais- scra-t-on la paix?\u201d secoua les épaules d\u2019un air impatienté, et déclara simplement: \u2014 Qu'il attende!.\u2026\u2019\u2019Qu\u2019il attendel.Voyez-vous d'ici la têté des gens de Ber- thier?Cet he 14 1 7 La \u2018ébrrespondance de M.Gamarche: Extrait textuel d\u2019une \u2018lettre adressée à M: Gamarche, député, à la date du 17 mars, \u2018par.l\u2019un\u2019 de ses électeurs: \u2018J'ai travaillé pendant quinze ans pour le \u201cparti dans les jours sombres (sic).Il me \u201csemble \u2018qui me reviendrait d\u2019avoir la \u201clight.\u201d ; Par le.retour.du.courrier, M.Gamarche a tout de suite promis la light.Le-style du grand siècle: \u201cMovitréal est vemarquable'd plus d'un titre.ADMIRABLEMENT située au pied du \u2019 Mont-Royal, sur les bords ENCHANTEURS du\u201d MAJESTUEUX Saint-Laurent, POUR NOUS LE PLUS BEAU FLEUVE DU MONDE, notre cité.\u201d \u2019 Ainsi débute, dans la derniére livraison de la Revue franco-américaine, un article signé - Saint-Sorlin, sur l\u2019hygiène municipale.\u201cCe Saint-Sorlin devrait au.plus.tot partir pour les vieux pays: comme auteur comique, il y aurait du succès.Et puis, il rendrait un fier service à la Revue de notre ami Laflamme.\" Le printémps nous apparaît enfin! sy On wit; Won pas Iherbe verdir (ce serait trop.beau!) mais la neige fondre et disparaitre de nos rues.\u201c Poürvu que les employés de oirie ne de mméttent pas en grève, ce 3K souhaiter: de plus, traite que leur sert le rôpee pour.le mois de juillet.Que L'ACTION Où se porte notre esprit inventif Je ne nie pas que la Presse et la Patrie ne soient des brousses d'où l\u2019amateur ne s'expose jamais à revenir bredouille dans la chasse aux \u201cbien beaux noms\u201d.Mais il est un autre terrain de chasse, comme qui dirait une réserve, que votre correspondante Corinne Sarcey ne parait pas connaître et qui n\u2019est pas moins giboyeuse, et c\u2019est l'Enseignement Primaire.Comprenons-nous bien: pas tous les numéros de l\u2019Enscignement Primaire, mais seule- \u2018ment un ou deux par année.Une ou deux fois par année, un grand nombre de jeunes filles de toutes les parties de la province se présentent devant le Bureau central des Examinateurs pour y subir un examen.La liste très longue de toutes les diplômées est publiée dans I'Enscignement Primaire.S'il en est parmi elles dont les noms, ordinaires, n\u2019offrent aucune particularité remarquable, il en est une forte proportion qu'un amateur consentirait difficilement à laisser où ils sont, qu\u2019il traquerait au besoin avec l'astuce d\u2019un trappeur, tant ils ont de piquant, d\u2019imprévu, tant le mépris de l\u2019étymologie y voisine avec le goût des désineuces sonores.Etonnez-vous après cela que nos mai- tresses d'écoles trouvent si facilement à se marier: avec des prénoms pareils elles sont irrésistibles pour nos \u201cjeunesses\u201d des \u201cconcessions\u201d, quand ce n\u2019est pas parmi celles des \u201cvillages\u201d qu'elles font leur choix.Et c\u2019est tant mieux, car avec la maigre pension de re- gouvernement Gouin sur leurs vieux jours, elles vieilliraient dans un complet dénuement, si ce dénuement, en somme beaucoup plus de leur gofit, ne s\u2019offrait à elles grâce à l\u2019attrait des \u201cbien beaux noms\u201d qu'elles doivent à la sollicitude de leurs parents ou de leurs marraines.Au temps où il n\u2019existait ni calendriers ni almanachs, les fées présidaient au choix des prénoms et, paraît-il, s\u2019acquittaient avec un extrême bonheur de cette tâche délicate.Sur notre terre canadienne, on sent qu\u2019on n\u2019a jamais eu besoin de cette intervention supra- naturelle; Pesprit inventif de la race y a suppléé.Que dis-je?les fées avaient l\u2019imagination bien courte à côté de la nôtre.Si moins que d'autres nous pouvons nous vanter de nos galeries de peinture et de sculpture, de nos productions littéraires ct artistiques, il est un produit du cru avec lequel nous prenons une éclatante revanche: celui des \u201cbien beaux noms\u201d, dont les collections, tous les jours accrues, surpassent en richesse et en variété celles de tous les temps et de tous les pays.s,* Pour montrer que je ne suis pas plus qu'un autre insensible aux charmes des \u201cbien beaux noms\u201d en pure étoffe du pays, j'en aligne ici de mémoire un, certain nombre.\u2018Masculins Féminins vl Fébrina Philorum Adelisca \u2018 Turibe Basilice Domino Sarrasine - Domina Stellé © Odesse Oxala Valmore Brésila Luminé Exérine Exupérine, Urina (1) Je ne sais quel est Uinventeur \u2014 ou Pinven- trice \u2014 d'Urina, mais Luminé doit le jour à une ex-maitresse d\u2019école qui en orna pour la vie son fils ainé, lequel devint du coup le chef de la dynastie des Luminé.Puisse-t-elle ne jamais s'éteindre! e L\u2019Action, jeune encore, n\u2019a pas jusqu\u2019ici ouvert de concours.Pourquoi w'offrirait-elle pas des prix sous forme d\u2019objets d\u2019art pour la plus belle collection de trente \u201cbien beaux noms\u201d ?Ah! que de trésors insoupçonnés y trouveraient occasion de rutiler au grand soleil de la gloire! Veuilles y songer sérieusement, Monsieur le Directeur.FERDINAND PARADIS.(1) On est prié de ne pas traduire.me rer Un autre: .Lejeune .député de Labelle, M.Achim, élu l\u2019automne dernier contre M.Major grâce à M.Bourassa, écrivait au chef nationaliste, au lendemain du débat sur les écôles du Keewatin, pour lui expliquer, dans une lettre marquée Confidentielle, les raisons de son vote.M.Bourassa lui a répondu, mais sans lui défendre de montrer \u2018sa réponse.Si par hasard M.Achim jugeait à propos .de nous \u2018la communiquer, il y atrait peut-être moyen den donner de curieux extraits dans.| PAction.\u201d vier:1012.Une ame qui se meurt 11 y a déjà plusieurs semaines, Robert Monval (1) terminait sa critique de la conférence de M.Anatole Le Braz, sur l\u2019Ame Française, par ces mots: \u201cNous sommes une province, de France, la plus éloignée, da moins connue, la plus oubliée, mais une province de France quand même.\u201d £ est là une pensée très douce au coeur d'un Canadien qui a le culte du pays ancestral; mais, croyons-nous, encore que cet aphorisme soit strictement vrai pour un ethnographe, il comporte une affirmation trop gratuite, unc illusion que l'on ne peut entretenir raisonnablement.Le Canada fran- cais n'est plus unc province de France depuis l'instant douloureux où il a changé d'allégeance politique: dès lors, par la force des choses, en prenant une orientation nouvelle, il lui a fallu subir lentement une mentalité nouvelle.Que le Canadien ait conservé plusieurs caractères de la race dont il vient, notamment la langue, la chose est certaine; mais ce n\u2019est plus la même âme qui le vivifie, ce n\u2019est plus le même soufile qui l\u2019anime.Et tout d'abord, existe-t-il une âme ca- vadienne-française?Pour l'attrait du paradoxe, et, qui sait?peut-être sérieusement aussi, on pourrait le nier.Il nous semble, cependant, que cette ame est nettement perceptible chez notre peuple: dans la fierté commune d\u2019appartenir à une nation très ancienne et très glcrieuse; dans des traditions communes, pleines de saveur normande; enfin dans une religion commune qui nous a donné quelques légères teintes de latinité.\u2014 Malheureusement pour la richesse du caractère, il y a chez nous manque de contrastes: presque tous originaires de la même province, nos gens ont des affections et des manifestations partout identiques, bref, ce que l\u2019on appelle tout bonnement \u201cla même tournure d'esprit\u201d.» .= L'âme canadienne, par son ascendance, serait donc essentiellement une âme française.L'est-elle véritablement aujourd\u2019hui ?Non: en perdant son foyer et ses titres familiaux, clle a perdu aussi les immenses ressources où peuvent se régénérer les populations actuelles de France; elle s\u2019est abâtardie.La petite branche détachée et transplantée en un sol vierge et nourrie toujours de la sève maternelle aurait pu avoir un autre sort: il eût, sans doute, été intéressant de voir, sensiblement peu modifiés, les fruits d\u2019un arbre oriental dans un paysage occidental! Mais le déracinement a été violent et l'isolement définitif.T1 semble que la sève de la tige détachée se soit altérée, car plus s\u2019éloigne, dans le temps, l\u2019époque de la séparation, plus nos caractères ethniques changent; plus il se manifeste que l\u2019ame canadienne est désorientée, hors de son élément, que c\u2019est une ame exilée \u2014 et cet exil est si prononcé, si long, que, les dernières affinités se perdant petit à petit, entre notre pays et l'ancienne mère-patrie, l\u2019indifférence se substitue aux sympathies pour la terre ancestrale; puis nos énergies nationales s\u2019affaiblissent.Est-il vraiment nécessaire, pour établir ce point, de faire notre bilan?Il est admis et souvent répété, par les uns avec amertume, par les autres avec une joie cruelle: nos oeuvres sont stériles, nous piétinons sur place.À quoi sela tient-il?Les économistes disent: au dollarisme, ou, plus précisément, à la lutte individuelle pour la vie; les littérateurs: à un simple caprice des choses; cet affaissement apparent de nos énergies nationales n\u2019est que passager.\u201cNotre histoire est éloquente, notre terre lourde de souvenirs autant que de moissons et notre passé sans laideur, sans recul.Il faut que, de cela germe un jour, sous le souffle vivifiant d\u2019un auteur impatiemment attendu, une - expression renouvelée de beauté française.\u201d (2) Economistes et littérateurs nc se trom- pent-ils pas?Comment la lutte individuelle pour la vie étoufferait-elle chez nous la vibration de l\u2019âme nationale, quand ailleurs il semble, au contraire, qu\u2019elle la stimule?Le \u201cstruggle for life\u201d diminue-t-il l\u2019esprit public de l\u2019Anglais, de l\u2019Allemand, du Français, de l\u2019Américain?Partout, on voit les nations occupées à accroître la fertilité et lc prestige de leurs institutions.Ici, c\u2019est l\u2019apathie collective, intégrale et complète.Faute de cet enthousiasme fécond qui émeut dans ses fibres les plus profondes le coeur de tout peuple bien vivant et donne l'initiative créatrice des grandes oeuvres, notre Université végète; notre littérature si minime est absolument sans caractère, sans couleur locale \u2014 car les ouvrages de Lo- zeau, de Morin ct de tous les jeunes n\u2019ont rien d'essentiellement canadien; et la politique clle-même, qui jadis se trouvait être un foyer de patriotisme, est devenue une arène où des athlètes aux principes souples prennent part à une immense concours de sacs de piastres.Que les arts ne fleurissent pas parmi nous, cela n\u2019a rien d\u2019étonnant: notre peuple est jeune encore et les terres nouvelles n\u2019ont pas l'ambiance qui suscite l\u2019éclosion des choses vraiment belles Mais ce dont il y a lieu de s\u2019inquiéter, c\u2019est notre manque d\u2019aspirations.Quand une population française en est rendue À mériter les coups de' fouet que lui donnait, ces jours derniers, un An- glo-Saxon, il faut qu\u2019elle soit bien déchue et caractéristique d\u2019un peuple dont la force, redoutée de toute l\u2019Europe, était appelée, jadis.l'instrument de Dieu.(1) Cf.L'Action, 13 janvier 1012, \u2026 (2) Robert Monval; \u2018cf.l\u2019Action;*13-jan- eg IEE [RSPR TRING Lita au fia doutée de toute l\u2019Europe était appelée, ; dis, l'instrument de Dieu.Ppelce, ja- \u201cLa faute en est à vous, peuple de Qué- \u201cbec, disait M.Cahan au Monument Na- \u201ctional, si la lutte doit aujourd'hui se con- \u201ctinuer et si l\u2019on vous prive de vos droits reconnus cependant par la constitution.\u201cEn 1806, par un vote presque unanime \u201cvous avez, je dirais, abandonné vos droits, \u201cvous aves manqué à votre foi.Comment \u201cpouvez-vous espérer que les Anglais pro- \u201ctestants pr&nnent la défense de vos droits quand ceux que vous choisissez pour les dé- \u201cfendre n\u2019ont pas le courage de faire entendre \u201cla voix de la justice et du droit?\u201c \u201cJe veux vous faire part, messieurs, de ce que nous, les Anglais protestants, avons \u201cdans le coeur et de ce que nous pensons de vous.Sachez donc que vous formez quarante pour cent de la population et que \u201cvotre députation pourrait, si elle le voulait, maintenir tous et chacun de vos \u201cdroits.\u201cDes trente-sept libéraux canadiens-fran- ,£ais, pas un seul n\u2019a eu le courage de dire \u201cun seul mot en faveur de la minorité et ils \u201cabandonnèrent à un Irlandais catholique le soin de parler de cette question des droits de la race française et catholique.\u201c \u201cDu côté des députés conservateurs fran- Çais, cinq seulement se sont affirmés et \u2018ont eu le courage de leurs convictions.\u201d Ces faits-là sont probants.Ah! ils sont loin les jours de 37, où quelques têtes chaudes se montaient l'imagination pour des droits qu\u2019elles croyaient menacés; ils sont lcin surtout les jours où Lafontaine disait devant le parlement canadien: La langue française est mienne et je n\u2019en parlerai point d\u2019autre! e e Nous.une âme française?Qui le croirait aujourd'hui?Des gens polis pourront parler sincèrement peut-être de \u201cla terre canadienne en qui s\u2019est accompli le plus noble hymen de races\u201d.(3) Pour nous, ceci n\u2019est qu'une chimère.Faisons grande cependant la part des circonstances.L\u2019ime canadienne est une fleur d\u2019exil que l\u2019aridité de l'air et du sol dessèche.Presque sans couleur et sans parfum, eile mérite encore l\u2019attention de l\u2019observateur comme toutes les fleurs dans la nature méritent le regard du botaniste: chacune d\u2019elles a droit à un examen, scientifique, si toutes n\u2019inspirent pas le même intérêt.Affection passagère ou mal incurable, que nous réserve le marasme présent?Doit-il, comme on pourrait le craindre, nous con- auire a Panéantissement complet, ou bien au contraire verrons-nous surgir parmi nous, dans des temps prochains, un homme extraordinaire, un thaumaturge puissant, qui ressuscite les morts et qui réveille les voix endormies?C\u2019est le sécret de demain.JOSEPH BARIL (3) Cf.M.Anatole Le Braz.L'Action, 13 Janvier 1912.\u2014odi-o- Bouchez-vous les yeux, Graindorge! Graindorge, bouchez-vous les yeux! Graindorge, ne lisez point aujourd\u2019hui l\u2019Action! Vous y trouveriez, en troisième page, sous la signature de Louis Veuillot, un mot qui pourrait vous jeter dans les convulsions, \u2014 un mot auquel vous donnez, vous, une signification \u201ctoute spéciale\u201d, et que vous n\u2019écrivez jamais qu\u2019avec des points de suspension.Vous savez bien lequel, espèce de dépravé! Gageons que vous vous mourez d\u2019envie de l\u2019entendre dire à nouveau?Si vous voulez nous promettre d\u2019être bien raisonnable, nous allons vous le répéter.\u201cComment, dit Louis Veuillot, comment veut-on qu\u2019un poète songe même à l'argent, songe même a diner quand il a une bonne pièce en tête?Serait-il poète celui qui pourrait descendre du ciel pour ramasser cent mille francs dans la crotte?\u201d Le plus extraordinaire, c'est que Veuillot, au contraire de M.Graindorge, écrit ce mot en toutes lettres, sans le plus petit point de suspension, \u2014 comme un mot ordinaire, comme un mot tout simple.C\u2019est bien évidemment qu\u2019il n\u2019y voit pas le sens \u201cspécial\u201d que veut à tout prix y attacher le chroniqueur du Canada.Veuillot savait pourtant bien sa langue.Comme dirait Maître Laflamme en contre- interrogatoire: \u2014 Monsieur Graindorge, qu\u2019est-ce qu\u2019il y a que vous saves, et que nous ne savons pas, qui vous fait donner 3 ce mot un sens que vous étes seul a y voir?\u2014 Les bourgeons commencent-ils à croi- tre?demanda le vieil épicier à son fils, Balthazar mit le nez à la fenêtre, et répondit: \u2014 Non, père, la bise est glaciale et siffle à travers les poteaux du téléphone; l\u2019hiver recommence et si cela continue, je ne sais pas comment.\u2014 En tout cas, interrompit le père, d\u2019une voix plus coupante que le poignard de M.Gouin, en tout cas, ce que je sais, moi, c\u2019est qu\u2019il faudra autre chose que le mauvais | temps pour m\u2019empêcher d\u2019aller au Théâtre- National, la semaine prochaîne, entendre et .applaudir cet immortel chef-d\u2019oeuvre, le roi des mélodrames, qu\u2019un-dfamaturge de génic*a intitulé Martyre.; Lai ce pea E LA meen = agar aw mA BT "]
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