L'Action, 6 mars 1915, samedi 6 mars 1915
[" .4m ANNEE\u2014N° 199.| [BR \u2014 LE NUMERO: CINQ SOUS.PAR AN: DEUX DOLLARS.USES \u201cSur la guerre et les All La eee se = emands Paradoxes d\u2019aujourd\u2019hui, banalités de demain 1, L'Allemagne a-t-elle voulu la guerre?Dans une dépêche à son gouvernement, en date du 22 novembre 1913, M.Jules Cambon, ambassadeur de France à Berlin, écrivait entre autres choses : Je tions d'une source absolument sûre la relation d'une conversation que l'Empereur aurait eue avec le Roi des Belges, en érésence du Chef d'État-Major de Molt- ke, il y à une quinsaine de jours, conversation qui aurait vivement frappé le Roi AI- bret; je ne suis nullement surpris de son impression, qui répond à celle que moi-mé- me je ressens depuis quelque temps: l\u2019hostilité contre nous s'accentue et l'empereur a cessé d\u2019être partisan de la paix.L'interlocuteur de l'Empereur d\u2019Allemagne pensait jusqu'ici, comme tout le monde, que Guillaume 11, dont l'influence per- ronnelle s'était exercée dans bien des circonstances critiques au profit du maintien de la paix, était toujours dans les mé- mes dispositions d'esprit.Cette fois, il l'aurait trouvé complètement changé : l'Empereur n'est plus à ses yeux le champion de la paix contre les tendances belliqueuses de certains partis allemands.H en est senu à penser que la guerre avec la France est inévitable ct qu'il faudra en venir là un jour ou l\u2019autre.I! croit naturelle- & la supériorité écrasante de l'armée allemande et à son succès certain.Le général de Moltke parla exactement comme son souverain.Lui aussi, il décla- 1a la guerre nécessaire et inévitable, mais il se montra plus assuré encore du succès, \u201ccar.dit-il au Roi, cette fois il faut en finir, et Votre Majesté ne peut se douter de l'enthousiasme irrésistible qui, ce jour- 16, entraincra le peuple allemand tout entier.\u201d Le Roi des Belges protesta que c'était travestir les intentions du gouvernement français que les traduire de la sorte et se doisser abuser.sur les sentiments de la nation française par les manifestations de quelques esprits exaltés ou d'intrigants sans conscience.L'Empereur et son Chef d'Etat-Major wen persistèrent pas moins dans leur manière de voir, 1% 0000000 sas esse se cea se see 0 se teers Lev tater 0 10000 0 ee sere ee cane ee Sil m'était permis de conclure, je dirais qu\u2019il est bon de tenir compte de ce fait nouveau que l'Empereur se familiarise avec um ordre d'xiées qui lui répugmait autrefois, et que, pour emprunter une locution quil aime à employer, nous devons tenir notre poudre sèche.(1) Ainsi donc, voilà, sur le véritable carac- tere de Guillaume 1I, non pas de quelconques suppositions ou déductions de publicistes plus quelconques encore, mais bien le témoignage d'un homme qui n'était rien de moins, à l\u2019époque où il écrivait ces lignes, qu'ambassadeur de l\u2019rance auprès du gouvernement allemand.Loin d\u2019avoir, comme le prétendent les gazettes, cherché toute sa vie l'occasion de faire la guerre, le kaiser, ce monstre, ce tigre altéré de sang, aurait au contraire, selon M.Jules Cambon, \u201cexercé dans bien des circonstances critiques son influence personnelle au profit du maintien de la paix.\u201d Aiprès vingt-cinq ans de règne (1913), la seule idée d'un conflit armé \u201clui répugnait\u201d.Enfin, quand un changement se fit à cet égard dans son es- Prit, quand il cessa, enfin, d'être \u201cpartisan de la paix\u201d, d\u2019être \u201cle champion de la paix contre les tendances beltiqueuses de certains partis allemands\u201d, ce ne fut que vers la fin d'octobre ou le commencement de novembre 1913, c\u2019est-à-dire moins de dix mois avant la guerre.Cette guerre, à laquelle il était dès lors Tésolu, pourquoi la jugeait-il \u201cinévitable\u201d?Etait-ce que pour son compte, et I'ayant lui-même empêchée à plus de dix reprises dans des circonstances infiniment plus favorables pour son pays, il la souhaitat maintenant ?Était-ce d'autre part que la France me- Naçât d'en prendre l'initiative, \u2014la France le pays notoirement le plus pacifique de l'Europe ?Non, si au moment que nous avons dit de kaiser désespérait de la paix, ce n\u2019était Pas, du moins selon toute vraisemblance qu\u2019 voulut de ta guerre ou qu'il Ffance en voulait.Seulement Sat les desseins de la Russie, sait les desseins de l'Angleterre.D'une part le panslavisme, partout blo crit que la il connais- il connais-! | vient plus attendre.On savait, à Berlin, que, dans l'esprit des ministres de Londres comme dans celui des ministres de Péters- Lourg (pardon! l\u2019étrograd), la guerre était déjà toute décidée, et que la France, naturellement, s\u2019y trouverait entraînée.L'intérêt évident de l'Allemagne, on en conviendra pour peu qu'on y réfléchisse, était bien d'éviter ce conflit.Encore dix ans de paix, ct elle écrasait l'Angleterre, sa plus redoutable rivale, beaucoup plus sûrement par la concurrence économique qu'elle ne pouvait jamais espérer le faire par la force des canons.Mais enfin, puisque cela n'était pas possible et que I'Angleterre voulait à tout prix en appeler aux arMes-\u2014aux armes de ses alliées \u2014l\u2019Allemagne tacherait de se défendre.Et c'est pourquoi l'on vit un beau macin Guillaume Il, jusque là \u201cchampion de la paix\u201d, selon fe propre aveu de M.Cambon, se transformer subitement en champion de la guerre.Du point de vue anglais, russe ou français, c'était sans doute bien vilain à lui.Tout homme d'intelligence moyenne et que l'odeur de la poudre, a 3,000 milles de distance, n'a pas encore complétement affolé, conviendra que, du point de vue allemand, il n'aurait pu agir autrement sans trahir à ia fois son devoir de patricte et ses obligations de souverain Il.Pourquoi l'Allemagne a envahi la Belgique J'entends d'ici mon ami X.m\u2019inter- petler : \u2014Hé! dites donc, s'il vous plait.Et l'invasion de la Bdlgique?Vous ne viendrez toujours pas nous soutenir que c'est l\u2019Angleterre aussi qui en est au fond responsable ?Pour se justifier d'en venir à pareille extrémité, les Atlemands, on « le rappelle, alléguérent dans le temps l'impossibilité, vraie ou supposée,.oll se trouvait la Belgique de défendre efficacement sa neutralité contre la France et l'Angleterre.En se portant dès le début sur le territoire belge, ils voulaient avant tout, à les en croire, empêcher l\u2019ennemi d'y prendre les devants, comme c'était à n'en pas douter son intention.Que tel fut le plan d'attaque de ta France, ou meme cdui de la peu scrupuleuse Angleterre, les Allemands, à ce qu\u2019il parait, ne sont pas près encore de l'avoir démontré.Il est une chose ki-cessus, cependant.qu'en toute loyauté on ne saurait refuser de leur reconnaître dès aujourd'hui: c'est | qu\u2019ils s'étaient réellement crus menacés du côté de la Belgique.En voulez-vous la preuve, vous la trouverez en toutes lettres, si cela peut vous intéresser, aux pages 8 et suivantes du livre Jaune français: M.ETIENNE, ministre de la Guerre, à AM.JONNART, ministre des affaires étrangères.Paris, le 2 avril 1913.Je viens de recevoir d'une source sûre communication d'un rapport officiel ET SECRET sur le renforcement de l'armée allemande; il se divise en deux parties: une première, de généralités, et une seconde, d'ordre technique, précisant dans le plus grand détail, arme par arme, les mesures à prendre; ce qui concerne l'emploi des automobiles et l'utilisation de l'aéronautique est particulièrement frappant.J'ai l'honneur de vous adresser ci-joint une copie de la première partie de ce document, qui me paraît devoir retenir votre attention.ETIENNE.Cotte fois, nous le voyons, il ne s'agit plas d'articles de journaux, ni de manifestes au public.Grice au gouvernement français et à son habile système d\u2019espionnage (eh! oui, d\u2019espionnage), nous voici en présence d\u2019un mémoire allemand, \u201cofficiel et secret.\u201d Si jamais nous avons chance de pénétrer à fond la pensée allemande sur les choses de la guerre, on avouera que c\u2019est bien dans «es pièces de ce genre, ou mule part.Voyons donc un peu celle- ci, Nous y lirons par exemple, touchant, précisément, la conduite à tenir, en cas de guerre, à l'égard des petits Etats: Jd.Dans certaines conditions, leurs places fortes peuvent être rapidément vaincues on neutralisées, ce qui pourrait être vraisemblablement le cas pour la Belgique et la Hollande, afin d'interdire à notre ennemi de l'Ouest un territoire qui pourrait lui ser- \u2018Qué par l'obstacle allemand, d'autre part le vir de base d'opération dans notre flanc.Bmemrce anglais,chassé progressivement de tous les marchés du monde par la concur- extrêmement solide, et nous pouvons comp- rence altemande\u2014phis que Gala: évinicé EN per qu\u2019elle défendra énergiquement sa neu- ce Partie jusque du Marché anglais, \u2014ne pou- (ralité contre la France, protégeant ainsi er 54; pièce numéro GX pp.20 et 21.(1) Livre Jaume du Gouvernement fran- Ai Sud, lo Suisse forme un boulevard Ÿ Toumbé démsue ! Buceagas lous | (CYRANO) DIRBSTEUR : JULES F Ouest.La, ce sera pour nous une questidn vitale, et le but vers lequel il faudra teh- dre.c'est de prendre l'offensive avec une yrande supériorité dès les premiers jours.Pour cela, il faudra concentrer une grap- de armée, suivie de fortes formations de landtvehr, qui détermineront les armées des petits Etat à nous suivre, ou tout au moifs 4 rester inactives sur le théâtre de lu guerre, et qui les écraseraient en cas de iste tance armée.Si l'on pouvait décider @s Etats à organiser leur système fortifié Ve teËe façon qu\u2019il constitue une protection &f- ficace de notre flanc, on pourrait renonobr & l'invasion projetée.Mais, four cela, Jaudrait, particulièrement en Belgique, yon réformät l'armée, pour qu'elle offrit des garanties sérieuses de résistance effi-] cace.Si, au contraire, son organisation dé- fensire était établie contre nous, ce qui donnerait des avantages évidents à notre adversaire de l'Ouest, nous ne pourrions, en aucune façon.offrir à la Belgique une garantie de la sécurité de sa neutralité.Un vaste champ est donc ouvert à notre diplomatie pour travailler, cn ce pays, dans le sens de nos intérêts.Mttrement dit: Si du côté de la Suisse nous pouvons être tranquilles, en revanche nous avons tout à redouter du côté de la Belgique.Incapable de défendre efficacement sa neutralité, ce pays pourrait devenir d\u2019un jour à l'autre, aux mains de go- tre enremi, une base stratégique de premier ordre.C\u2019est un risque que nous ne pouvons nous permettre de courir.Que la Belgique réforme son armée, que, con- offre \u201cdes garanties sérieuses de résistance efficace,\u201d ou alons tant pis pour sa neutralité! Ainsi raisonnaient les Allemands, mois de mars 1913.Peut-être nous objec- tera-t-on qu'ils raisonmaient mal et que leurs craintes étaient mal fondées.Il se peut.N\u2019empêche que, les ayant, et lorsque l'existence même de leur pays était en jeu, ils eussent été des serins de se conduire autrement qu\u2019ils n'ont fait, : IIL.À propos de barbarie Vous a-t-il jamais été donné d'assister, quelques fois au moins dans votre vie, à des procès de cour d'assises?C'est à qu\u2019il faut aHer pour connaître combien la vérité est de sa nature persomme fuyante, et le peu que vaut, même sous serment, la pa- iole souvent du plus honnête hormne.Que de matheureus, qui n'étaient point venus là en spectateurs, l'ont appris à leurs dé- ens! Vous rappelez-vous par exemple ce pauvre diable que l\u2019on envoyait à l'échafaud, voilà quelques années, pour avoir à ce que l'on disait coupé une fillette par morceaux ?11 n'exdstait contre lui aucune preuve, sauf qu'une dizaine de personnes étaient sûres de l'avoir rencontré, le jour du crime, en compagnie de d'enfant.Remarquez qu'avant de d'atteindre les soupçons s'étaient d'abord portés sur trois autres individus, success:vement reconnus, par nombre de témoins, pour le mystérieux compagnon de la petite X.Seufement, celui-là avait été le dernier arrêté, l'intérêt faiblissait au- au cad} ne pour découvrir un c/nquième assassin.Le malheureux fut pendu.Dans ce cas, conmme j'en pourrais citer raisonnablement le croire, n\u2019était pas le coupable, qui avait faussé la vérité?Qui avait égaré fa justie?Qui avait envoyé un innocent à ka mort?Qui, si ce n'est une dizaine de braves personnes, toutes également dés!ntéressées, impartiales et véridiques, toutes également sûres de ce qu'eMes avançaient ?-Elles avaient rencontré, le jour du crane, \u201cl\u2019accusé à Ja barre\u201d tenant par la main la fillette \u2014N'\u2019était-ce point plutôt peut-être quel- qu\u2019un d'autre lui dessemblant >\u2014Non pas.C'était Ti, lui-même en personne.Il n\u2019y avait \u2018pas une seconde à en douter.De même, à quelque temps de là, eussiez-vous trouvé sans peme, dans la seule vallée du Richelieu, plus de 500 personnes pour jurer, la main sur les Evangites, qu\u2019elles avaiont vu le tigre de Sainte-Madelei- ne.te eves ses esse sre se 0080000000 30000 09 tS ee eo sees sete stevens ss esc tess es sesso 8° Et maintenant je le demande à tout homme capable de réflexion: \u2014S'H est si difficile de se renseigner avec quelque certitude sur ce qui sc passe pour ainsi dire sous nos yeux en temps ordinaire, comment pouvons-ttous espérer comnaître aujourd\u2019hui ce qui s\u2019est passé il y a trois semaines ou i! y a deux mois à des milliers de milles de chez nous, dans le plus effroyable tolm- bolm que le monde ait encore connu ?notre flanc.Comme on l\u2019a dit plus haut, on ne peut , Soutdls désintéressés et impartiaux ?l\u2019euvent-àls seulement l'être>\u2014En admet- Tout comme dans le procès que je viens de rappeler, ce ne sont pas, il est vray, les OURNIER des petits Etats de notre frontière Nord-\u2018vons d'eux que Jeurs noms.On admet-lgaux.Malheureusement l'on se remit i tra que ce n'est pas le diable, tant qu'ils nous disent la vérité, nous di- seut-ils, sur tet fait donné, foute la vérité?Yeuvent-ils seulentent nous la dire?Qui plus est, peuvent-ils seulement fa vonmai- ire?>-\u2014Enfin, ne parlent-ils pas le plus sou- vemt que par oùi Lewis .P.y Ÿ Gervais William Long D.Bernard And.Jendry J.H._ D.Duffy P, J.Lenthan J.Thomas Jus.Wood Mile L.D.Myris Joseph Lalime A Jasmin W.Quain reen 3.C .Pn Inesrochers I.R.Laurier W.E.Dawson J.D, McCallum John White John Kenny Basil G.Ebbitt 1.C.MncLean Tom Pugh A 1 King % No Seymour M.Robert C > .en De H.elorme ips Mile G.Kean J.'H.Brossard H.F.Cameron 1.B.Laurin L.Insshy G, R.M, Walker E.Quenteermain 3.E Manning F.V.Juneau A.J.Churchill C.H, Veillet Owen Kelly RN.Johnston E M.Jefferson A.Rawson Geo.F.Foss Edouard.Phelan J.B.Rossy .à Bouchard George A.Paquin Henri Dnoust B.If.Jack Léonar oucharc John Power M.MeGinnis | E A.Barnard John F.Smith Emery PHon J.E.Normandin JR.Wise Madame Veuve Clément A.it.Panneton R.Hopkins + R, Encore en vente actuellement sous le nom de : FRONTENAC BOCK de NOEL.Faites-en votre breuvage pendant cette SEMAINE de la FRONTENAC.Brasserie FRONTENAC, 0 Limitée.MONTREAL Ci-après, voici les noms des 500 concur- \"ETIQUETTE BRUNE\u201d 35 FRONTENAC \u201cTRIANON 1s camel \u201cETIQUETTE BRUNE\u201d | bière canadienne, une bière forte, délicieuse.PROVINCE DE QUEBEC L.Nudeau, Waterloo.11, ©.Darrington, Henrysburg.Antoine Lanmareh Eg Ti, viol dde Toe fn 1 CH eux, Trois-Rivières.1°, Smith, Hall, % Crikeler, Ch s > Honoré poienette, Chutes Sha- Ÿ d'essiere Huit, u nu M nn a utes Shuwin signn.Mud.1, Desjardius, Iberville.ud.Eugène Godin, S 4 Bélanger, Sherbrooke.I.n.Mobil ard, Juliette, A ;Meph, Sorel.n, Salut-Jo- .n, Stukely Sud, +.Scott, Lae Bouchette, « Lemay, Sninte-Genev D.Richardson, Sulnt-Lambert.Luclen Jurry, L'Assomption.Batlscan.enoviève de A.Guévremont, Sorel, Alf.Molsun, Lac Méguntee.A.H, Clark, Sainte-Anne de J.A.Carlos, Salnt-Cyrilte.La.Gervais, Lawrenceville, Hellavue.Ls.CIng-Murs, Suinie-Angile Isradl Dumnls, Lac Saint-Jean, G.I.Cauboue, Saint-Hyaeln- a de Houvlile.int has.DPagenu, fils, La que ue.I oy | taslon Jodoin, Snint-Jean.BE.A.Primenu, Martevitie.Hénault, Saint-Félix à - Fo Archibult, Richmond.À.À Lemieux, Mégantic, lois.x de Va H.Manny, Hichelieu, J.O, Donigan, Magog.I A.Lepage, SnintJdromo, A.J.Cornell, Québee.F1, Templler, Montmagny.2.I.Valllancourt, Sherbrooke.-B.W.Adams, Mansonville.A.leauchemin, Nicolet, G.0.innchet, Sherbrooke.Cyrille Harper, Granby.S.Nighlingale, Nelsonville, Jn.Tillegnn, Suint-Cuthbert, H.IL Carter, Dorval.KM, S.Newton, Québec.Ed.Yergeau, Sorel.Mad.Chas.Webb, Conticook.N.Michaud, Salot-Gabriel de J.A.Milde, Sorel, Geo.Morusse, Chambly Bassin, Brandon, I.N.Lacroix, Sherbrooke.Geo.Waite, Abbotsford.1,.Corrler, Québec.Mad.M.CG.Shen.Phil.Robert, Abbotsford, Thos.Sheehan, Québre.H.D.Bundock, Chutes Shawt- F, X.Caron, Lace Nolr, 1.M.Hanson, Québec.nigan, Henri Hachée, Salnt-Paul.A.Dubé, Quéhee, Eug.Arpin, Saint-Hyacinthe.Wm, Gallow, Brownsburg.1.A.Plunte, Quéhee, Mad, BU.Parka, Sherbrooke.E.R.Milway, Calumet.Alf, Beaudry, Québec, Geo, Marion, Salnt-Barnnhé- Geo, Martin, Chicoutimi, J.E.Dutne, Quebec, Sud.A.J.Morrissettr, Cowanaville.A.A, Laberge, Québec, A.Girounrd, Salnt-Ple, W, L.Murray, Danville, Mad, F.Vachon, Québec.V.Morin, Sherhrooke, Jas.Hubbard, sr.Delson Jet.Mad, C.Hammond, Higaud.J.Rault, Salnte-Agnthe des H, Bilodenu, Sherhrooke-Est.Hené Courville, Rawdon.Monts.A.Pluze, Fraserville.FP.Phillips, Stanstead.A.Dufresne.Saint-Ours.Mad.T.Lauder, Farnham.G, C Leduc, Salnt-Tite.Nop.Jenn, Sulnt-MoYse-Station, War.Whittakee, Trols-Rivié.E.J.Page, Warden.res.Mad, J.A.Salut-Denls, Wee- Ed.Cloutier, Trols-Riviéres.on, .HE I H.PB.Martel, Vaudreuil.Thumas.Yamaskn AUTRES aKa.Raoul Chatigny, Melocheville, Rn, Saint-Amour, Vaudreall.G.W.Stevenson, Sherbrooke.H.C.Wallace, Waterloo, A.F Lalonde, Bordeaux.PROVINCES PROVINCE D'ONTARIO flag Somer, Foc, oe B.Crowell, Argyle tlead, N.E, D.MeCualx, Lancaster, Wm, RR.Creamer, Kingston.Wm.Coppin, Dartmouth, NE, T.Flowers, Ottawa.G.Co Mnderrison, Monkland I.L.Guroey, Sydney, N.I.J.Thnmins, Ottawa, Mme A.Lane, Morrisburg.0.Word, Amherst, NA, A.M.Johnston, Perth.Ed, Rathier, Ottnwa, 1.1.Burke, Brookfield, Col.J.Smith, Manotick, Mle Casall, Ottawa, Co, NE IP.Prévost, Kingston.cw.Wind Ola wa.L.F, Brown, Brookfield, Col, F.C.Allgelr, Copper Cliff, A.M.Wider, Ottawn, Co, N.F.H.Fetterly, Iroquols, M.1°, Matheson, Ottawa, Pp.McDonald, Cap Breton, N.R.\u2019 y BE Sehultz, Ottawn, W., A.Monaghan, Maîlfax, N°R X.Millette, Hawkeabury.Alb.Chabot, Ottaws.a alle, NA Alex.McDonald, Almonte.R.Roy, Ottawa.+ Tut, Grand Falls, N.B D.L.MacDonald, Alexandria.J.FE.Rox.Ottawn.A.L.Gonden, Moncton, N.B.W.LL Green, Ottawa, Mile A.Chisholm, Sydney, CW.M.Gannon, Almonte.Mad.V.Bateman.Otiawn, P.K.Sonders, St: Jobu, N.B J.H, Symington, sr., Almonte.J 12, Plummer, Ottawa, » K.Son., No \" E.V.McPherson, Bainsville, T, C.Brennan, Ottawa, TF.H.Desmond, Halifax, N.l W.R.Bain, Brockville.Mad.A, Gravel, Ottawa, J.M.Currie, Halifax, N.B, Pa , i Mad.0, Latour, Ottawa.T.N.Webb, Kentville, NE, J.0.Gerontmi, Berlin.G.J.Nock, Ottawa, A.1 Lantz, Mahone Hoy, NX Ed.Dutemple, Cornwall, J.Lubhé, Ottawa.s.it Furves, Sydney Mines, W.L.Tuggart, Ottawa.Geo.D.Brown, Chapleau, * NH Mile L.Stafford, Eganvilte.di M.Power, Ollewa.L.1.Hoch, Prince's Lodge, S.Shields, Gananoque, J.R.Gonselin, Parts, F.Mucky, Pareka, NI.WW.Shibley, Harrowsmith, à Ÿ Salnt-Floy, Pembr nke, Jos, Coltle, Steltarfon, Ne M.PP, Wright, Haileybury.i.P.Parks, Toronto.\u2019 A.W.Cummings, Glsnhohne, Mad.0.Mallgny, Hanover.Thomas Kenyon, Renfrew.Fred, Saint-Germain, Winul- 11.B.Ransferd.M, A.Stapells, pes.Encore en vente actuellement sous ie nom de FRONTENAC BOCK de NOEL.Faites-en: votre breuvage pendant cette SEMAINE de la FRONTENAC.BRASSERIE FRONTENAC, Limitée.] Î MONTREAL ui a 0, ; DOUCHES TIEDES (1) Un homme d\u2019ordre Intronisé, jeudi, vers dix heures, dans\u2019 une bibliothèque de la Cité, Jacques-Marie-, François-Alphonse-Charles-Nicolas Ma- risse, une mêche de cheveux penchante, secoue la poussière de ses vêtements et s\u2019ap- pue, tel un pélican blessé, au rayon des Dictionnaires innombrables, LI est triste d'une tristesse infinie d'être devenu un homme d'ordre.Aussi conunent se dé- pousMerait-il si vite de l'homme des derniers mois?On aime tout, même de souffrir, mème da misère quand clle est épou- ste avec des révoltes et des envolées vers le desir et l'insaisissable.Il sent cela, bai- Ené par les souvenirs d'hier et les visions que fui proposent les jours évanouis, Cette atmosphère neuve le fait Érissonner: l'illusion de la liberté, quelle grande chose, et dans nc ame amère, presque détachée! Les livres! Clest encore de la littérature, de la poussière, une vie artificielle ou su- biime.Et le printemps qui n\u2019a pas abouti et fut, tout de suite, si vieux ! Faust, étouffe ton cri; oui, lu réalité que tu croyais fuir te réenveloppe, elle te choisit encore victime.Que sert de t'¢lommer ct, peut-être, de paraître surpris?Crois-tu donc que ton destin soit différent des autres et la vie n'est-elle pas une longue soumn'ssion forcée à laquelle personne n'échappe?Regarde tes frères qui souffrent.Devine leurs chagrins, leurs soucis, des tracas dont tu n'as pas idée.Sois heureux plutôt de vider en un moment le fond de tous les gra- als.L'important, c'est de n'être pas dupe, quelques délices qu\u2019on éprouve à croire au parfum des roses, à la sincérité d\u2019un tou- chement de mams.Epuise la leçon qui va te venir de cette nouvelle prison avant qu'ele n'ait tout découvert; imagine là, construis avec ton esprit, ta sensibilité et ton amertume une existence que tu con- La.s à peine, et, si elle est trop gaie ou trop drole, tu la coucheras sur du papier avec au coeur, toute transpercée, des mots pareils i des poignards.Crois bien que la pire des réalités qui te pourraient accabler, serait celle d\u2019être heureux.Lt s'il existait une personne entre toutes que (tt voudrais tenir dans tes bras en l'adorant,éternise le inensonge crucial de les refermier sur son ombre (2).Sculpte en te détruisant; va te chercher au scin des nuances qui furent tes inlassables perséeutrices.Macère tes désirs avec des regrets et des larmes, mê- le-les si bien ensemble qu'ils te paraitront de petits dieux perpétuant ton âme\u2014ceux que l\u2019on porte en soi, fixés à fa trame de notre être, et qui, à de certaines heures, se mettent tous à gémir.Peut-être, alors, que ès destins si chèrement cruels consenti- sont à éteindre le feu qui te brûle, Ne le souhate pas copendant, car alors tu renierais le jour et toi-méme, de te sentir ter- tassé et pareil aux autres.Déchire sans pitié les tableaux qui ne porteraient pas ie reflet de ta nature intime.De ta détresse, compose un chant isolé qui te grandira dans 1a chimère, lis à songer que tu rencontreras, rue unum, une petite dame frisée, jolie comme une médailie, ct ordonne sa toilette.| Lui, quelle sost tout en cheveux, qu ls se-lui le cadre de la salle où paraissaient renvewoppent et la fassent très jeune en sa rove de velours noir ornée de glaieuls.tu | embrasseras sur ka amque avec des lèvres a peine appuyées.Plaisir de caréme! «| faut toujours que nos passions s'accordent avec l\u2019abstinence.Laisse aux étudiants vicieux et aux jeunes médecins démontés le soin: des caresses tumultueuses.Retiens tes sens ainsi que les anges qui ont failli tomber à l'heure de la grande tentation.Garde-les plongés dans le désir.Puis tu conduiras cette fée dérisoire au jardin, celui qùe possède tout rèveur depuis Epioure et Montaigne.Approche-la de toutes tes bétes; mets ses doigts sur le dos marbré de ce chat qui vous regarde, les yeux pointés d'or et de malice, et sur ses genoux dépose cn criant un lapin\u2014 image de ton:ame et de l'univers.Couvre- \u2018a de tulipes, de dahlias, de dys et de renoncules, et dans l'allée déserte, en présence du ciel et de la terre, #mpose-lui les félicités de la flagellation.Et tu regarderas si le bout de'son nez tremble, si ses ge- nous fléchisent et si ses mains implorent un autre genre de plaisir.Après quoi, tu lui \u201c#découvriras l'intelligence des bêtes, mal- Heureusement inconnue du vulgaire.Cette oie!-Comme elle voudrait bien \u2018di- i re-quelque chose! Tu ne dois pas désespé-| | 5 rer:-de lui faire crier un jour: \u201cLa Fran: \u201c\u2019oé\u201c est nmorale,\u201d ou quelque chose d'ap- \u2018prochant.\u201cVoi ta, c'est par aberration redprit que nous croyons les \u2018animaux incapables d'énoncer des mots: faut espérer\u2018 \"ce sera,t d'abord, \u2018les plus si la\u2019 petite dame allait se \u201classer dertes : \"as qu'au-deià du.Seur de ta tage \u2018teatante elles- \u2018aiffent ie sa: \u201cpoitrine = Kk dont: tu | Et\u2019 il viendra un jour \u2018où ils parleront et il|' ornés.\u2018Alors on s'armiisera.favaille dôné À deux humoristes.zur; Pompéï, la ville damnée qui était si délicieuse à refaire complète, royale à travers son squelette debout, grésillant encore d\u2019une volupté dernière.De Rome, tu cvoquerais les colonnades du Iernin qui seinblent s'ouvrir sur le ciel, le pape qui l'a béni et que tu aimas beaucoup parce qu'il paraissait si bon avec sa couronne de cheveux blancs.Et de Venise, tu di- las tout : cette promenade en gondole, couché sur un lit de fleurs, cependant que des touristes américains, lassés sur le pont des Soupirs, poussaient des rires secs, idiots cemplètement.Quelle insulte à un jeune wnant des liqunes que le sarcasme, des mufles de Chicago et des chimpanzés new- yorkais! Quels coups portés à sa sincérité! ery shocking.Et puis Florence, le rêve ébloui.Faire son petit Dante avec une Béatrice éphémère.llorence, le rêve de don Juan, de Lorenzac- cio qui se promène dans les rues, avec le fantôme de lui-même.Tu essaieras sans y réussir À faire entrer dans les orcilles de ia femme à velours noir le cri terrible que tu poussas en apercevant les Uffizi, David, l'ersée, et toutes les déosses immobiles, pré- tes à quelque sabbat sans fin.Et la descente sur une échelle de soie, Roméo étrange, balancé sur l'Arno.A Milan, la galopade effrénée par une wait de lune, sur un cheval fougueux qui vingt fois faillit te piétiner et t'aurait trai- né, pendu aux étriers, dans la boue et le sang, si de jeunes fous, blindés de lacryma- christi, ne l'avaient délivré de la mort.Aux petites heures, devant d'aube émerveillée, l'hommage à |éonard, le oréateur de la Joconde et du Bacchus.Un discours péla- danesque et des lauriers arrachés aux jardins publics quand les petites bonnes ita- sennes, les pieds engourdis de sommetl, allaient se réveiller à la fontaine.Plus tard, sur le lac du Bourget, sentant peser sur toi une surveillance austère, tu savais si bien t'échapper du lacet emprison- neur par des sautes d'imagination d\u2019autan, plus énervantes que tu étais guetté de la tête aux pieds.Ah! révolté toujours en crises, tu les transfigurais, tes cachots! Is devenaient des f'habors de fièvre et tu t\u2019é- fançais, vaincu à dami, des ailes dressés vers l'espoir de la délivrance.Et ce Paris, adoré plus que tout encore! Une anmée sur laquelle tu feras silence.Tu diras: \u201cN\u2019en parlons pas, chère dame en velours, n\u2019en parlons pas, car elle te ressemble lorsque tu es désespérée.\u201d Tairas-tu les souvenirs de Montmartre, de son, de sang et d\u2019eau, il faut la faire\u201d.tire,\u2014u raconteras comment les petites femmes «le Clichy, montées sur des chevaux de Guignol, si prodigieusement affreuses avec des lèvres rouges, te donnaient, pour l'antithèse, de si violents désirs de chasteté \u2014pour f'antithèse, Ft dans tel café où le bourgoois déguisés vont en tapiois vers minuit avec les grands ducs de Russie et les princes d'Allemagne, dres- des dames habillées en ciseaux et des messieurs qui s'achevaient en salade russe, Scandalise cette \u201cpoule\u201d, nom de D.! Chante-lur du Mayo!, du Fragson, jusqu'à ce que sa chevelure devienne en feu.Et puis après, demande-lwi de réciter les prières de saint Ignace-\u2014toujours pour d\u2019antithèse.Rompant son monologue intérieur, Jacque-Manie-François-Alphonse - Charles Marisse a regardé avec envie le beau so- lefl épandu sur Montréal et toute la liberté sauvage des choses qui dansaient dans la lumière; des vers de son poète favori sont venus à ses lèvres.ll a fermé les yeux sur lui-même, le passé.Pus, les ouvrant à nouveau, il a contemplé le royaume des livres.Et M a souri amsi qu'on \u2018e fait à des ombres, à des désirs irréalisables, à l\u2019étreinte d\u2019un front, à des jouets sublimes qui trompent, mais dans le rêve des idées et des mots.Souffrant toujours de quelque blessure qui monte le long de ses nerfs, adore se sentir délicieusement malade au sein de l'ordre trouv qu\u2019il va connaître et, peut-être., troubler.LE RAT.« M.Ch \u2018Robillrd se distingue (De fa Patrie) + Piri: Aa Jiste des.derniers afficiers i inis- crits aux tableaux spéciaux de la Légion d'Honneur se trouve -de lieutenant Robil- lard, du 117e régiment d'infanterie.Voici pourquoi il est décoré : blessé une funnies, AE emidre fois, Telus de se.faire.évacuer; * a tine deuxième fois; il rejoint\u201d le front aussitôt guéri.Le 17 décembre, est blessé\u201d \u2018uñe \u201ctroisième fois en enlevant brillamment 1a compagnie.qu'il comman- jait de ses s {anthées 98 E marèher à .Gallos pro libertate, Germanos ad praedam, TACITE.Dans un précédent article nous avons pu voir quels ont été les procédés de guerre des Allemands en Belgique et en France et comment ils y ont appliqué la systématisation de la terreur.Ce bref exposé resterait trop incomplet, si je ne disais maintenant avec quelle sûreté de méthode, où s\u2019accuse tune longue préméditation, les Allemands ont saccagé, ruiné, anéanti des industries françaises dont la suprématie leur portait ombrage ou dont da simple concurrence «lérangeait leurs visées d'ac- caparenrent de tous les marchés.Comme nous zilons l'apprendre par la plume d\u2019un homire qui a de longues années joué en l\u2019rance \u2018le rôle de Cassandre et qui a fait Ge d'avant-guerre allemande une étude inlassable, l'espionnage, l'obus, l'incendie, le vol, le pillage, le cambriolage meme, tout leur a été également bon dans la poursuite de ce glorieux objectif.Cette branche de la technique guerrière de l'Aflemagne est beaucoup moins connue que les autres; au point de vue historique et psychologique elle offre pourtant un si vif intérét qu\u2019à moins d'être initié à son fonctionnement on ne saurait avoir une idée d'ensemble de la Rultrer.Voici ce que, dans le Correspondant du 25 janvier, écrit M.Léon Daudet au cours de son troisième article d'une remarquable série intitulée \u201cHors du joug allemand:\u201d Dans un grand nombre de villes, notam- inent à Paris, à Lyon et à Marseille, ont été mises sous séquestre les succursales de l\u2019agence de renseignements industriels et com- moerciaux Schimmelpfing.Le fonctionnement de celle-ci, minutieusement exposé dans un chapitre entier de L'Avant-Guerre, était un véritable défi à la défense natio- sale et au simple bon sens.Grace à un ingé- mieux système de questionnaires\u2014\"Qui êtes-vous\u201d ?\u2014et de fiches établies d'après ces questionnaires, l'agence Schimmnelpfeng avait composé un intmense réseau de dus- siers concernant les affaires industrielles et commerciales de notre pays, les directeurs de ces affaires, leurs actionnaires et les familles de ces actionnaires, s'étendant ainsi des civils aux militaires ct pénétrant Jusque dans la vie privée.J'ai cu entre les mains plusieurs de ces dossiers, communiqués \u2014 particulièrement \u2014 à la clientèle, moyennant une faible redevance ou un a- Lonnement qui ne représentaient pas le tiers des frais engagés.Ts permettaient à PAl- .al 1 je magne de posséder une carte économique capitale «du péché, nombril étonnant de la\u2019 7, > liens \u2014 Joie ?Tiens \u2014il faut la faire rire, ta poupée lamment de supputer, la France absolument complète et no- a un sou près, les \u201cpossibilités financières\u201d de telle ou telle région, En effet, les fiches de renscigne- ments, collationnées dans des cartons, é- L\u2019 ACTION _ Autres aperçus de la technic que guerrière de l'Allemagne Dans les usines, les pillards avaient fait un tri méthodique dans les bureaux.Les livres-répertoires de dientèle, les devis, dessins, modèles et autres étaient emballés ct expédiés aussitôt en lieu sûr: \u201cDes ingénieurs et dessinateurs allemands prenaient des copies et descriptions des machines et du matériel de fabrication.\u201d Les coffres-forts étaient éventrés, les livres de comptabilité arrosés de pétrole et incendiés.Ou avait prélevé dans les magasins des \u201cballots entiers de marchandises déjà manufacturées, modèles tout prêts pour I'imitation de demain.\u201d Il en fut ainsi expédié plus de cent wagons vers les centres de fabriques rhénanes.La disparition de leurs livres de commerce ne permettait même pus aux fabricants rémois d'établir leurs l'ordereaux de créances, de sorte que les voici à la merci de la bonne foi de leurs débiteurs.Quant aux cités ouvrières, elles furent méthodiquement anéanties, \u201cavec rc précision mathématique.\u201d Le témoin(1) conclut: \u201cQuant aux moyens d'investigation des Allemands, ils revêtaient toutes les formes.Qu'il suffise de dire que nous dû- mes, à Reims même, fusiller plus de soixante-dix espions, résidant en ville, découverts dans tous les métiers, dans toutes les classes sociales, sous tous les travestissements vnaginables.\u201d Cette guerre aux usines, méthodiquement poursuivie par les Allemands, grâces aux renseignements que leur fournissait entre autres le Schimmelpfeng, aura \u201cété une des grandes innovations de la campagne actuelle.Dans un article que l\u2019Alction-\u2014sans égards pour les convictions de son directeur\u2014a reproduit (30 janvier), M, Raymond Guas- co a raconté comment le jeune et déjà célèbre CoHège d\u2019Athlètes de Reims, après avoir été au préalable soigneusement repé- rc par les Allemands, à été non moins soigneusement détruit par leur artillerie.Trois milk obus y sont tombés: ce chiffre donne la mesure de leur acharnement.Ce Collège constituait l\u2019un des grands facteurs du relèvement physique et moral de fa France; \u201cc\u2019était te creuset où une génération neuve reprenait le goût du risque et de \u2018\u2019effort:\u201d il était inévitable qu\u2019il fût condamné.Cette dévastation procède de la même abjectte mentalité qui en a fait commettre tant d'autres, mais avec quelque chose de plus tudesque encore dans la méchanceté.+ * * \u2014-Mais, me dira-t-on peut-être, à quoi peut servir, pratiquement parlant, de tant appuyer sur la culpabilité de l'Allemagne ?A cette question possible ou au muet reproche qu\u2019on a pu me faire de noircir tant de papier dans la discussion de questions oiseuses, je réponds encore par une citation.taient groupées par villes.Le simple dépouillement d'un de ces cartons, de la tail- 'e d'un Petit Larousse, donnait en une heure les moyens d'évaluer les ressources a taillées d'une ville de 20,000 habitants, les doubles des renseignements concis de cette façon étaient immédiatement trans- niis à la maison centrale à Berlin, et far elle aux autorités militaires.H y avait là une application à l'espionnage du système de fiches authropométriques imaginé par notre illustre Bertillon.Chaque branche du commerce, de l'industrie, de la production agricole, des extractions minières, de la prospection du sous-sol faisait l'objet d'une enquête approfondie et exacte portant sur: 1° Le lieu: la description minutieuse de la région, de son climat, de ses moyens de communication, de sa population, de ses ressources pécuniaires, de sa teneur en éléments autochtones ct étrangers, de ses représentants au Parlement, de leur situation de fortune et de leur entourage.2° Le nombre d'ouvriers et d'employés que comportait tel commerce, telle industrie; leurs aptitudes, leurs salaires.3° Les frais généraux.4° Le mode de fabrication, d'extraction, les procédés mis à l\u2019étude, ete.5° La production journalière, mensuelle et annuelle, les hauts et les bas, la courbe, en un Mot, de cette production, G° Les matières premières.7° Les marques de fabrique.8° Le prix de revient et le prix de vente, etc.Te laisse à penser l'usage qui a été fait de ces dociments, au cours de la présente guerre, par les Allemands, dans les villes et départements envahis.Voici, par exemple, quelques renseignements sur ce qui s'est passé à Reims, d\u2019après le récit qu'un 1é- moin a fait à l\u2019un de nos confrères de province les plus distingués, M.Joseph Orsat; Al.en ressort.que l\u2019objectif allemand contre Reims était moins stratégique qu'industriel.Les Allemands s'étaient livrés dès longtemps à des investigations précises touchant l\u2019industrie des tisseurs de laine qui est une spécialité de Reims: \u201cI! leur fallait donc, dit M.Orsat, viser à ruiner cette suprématie, non sans avoir pris toutes les mesures utiles à \u2018son transfert ultérieur en Allemagne, .Les événements ont bien| prouvé que la préparation était de longue | date.Le répertoire topographique des usines des habitations particulières des fabricants et des cités ouvrières était si exuct que pas une seule bombe ne manqua son Élle m'est fournie par la lettre, remarquable à tous égards, de M.Maurice Ho- dent au directeur du Devoir, que ce journal a publiée le 9 courant\u2014lettre qui, en deux r colonnes, en dit plus sur les causes de la guerre « que d'autres ne l\u2019avaient fait en vingt ou trente.Je viens, écrit M.Hodent, de passer huit jours à quelques kilomètres du front sur la grande route d\u2019émigration des réfugiés de Belgique et des départements du Nord.C\u2019est de quoi faire comprendre la sincérité de mes indignations.Déjà nous voyons que dans la presse américaine et même dans la presse canadienne on se refuse à croire à la réalité des atrocités commises par les Allemands, sous le prétexte qu\u2019un peuple qui a donné Kant et Goethe (d\u2019autres disent Beethoven et Bach) ne peut pas s\u2019abaisser à de si monstrueuses actions.Que tout ne soit pas vrai de ce que colporte la rumeur publique parmi des populations opprimées et horrifiées, nul wen disconvient et ces erreurs de la foule sont trop naturelles, Mais il y a des rapports officiels dressés par les Belges et par nous.C\u2019est le devoir des neutres de les contrôler et de les authentiquer.Encore une fois, l'humanité tombe moralement Hlus bas qu\u2019elle ne l'était à l'époque d\u2019Attila et de Gengis-Khan, si elle demeure hypocritement muette devant de pareils forfaits.Elle est déjà coupable d\u2019avoir mon- iré trop d'indifférence à l'époque des massacres d\u2019Arméniens, comme aussi d'avoir laissé tomber dans l\u2019oubli, comme une vaine paperasse, l'enquête américaine sur les guerres balkaniques.C\u2019est bien ainsi que je l'entends et l'on ne pouvait mieux dire.Il importe beaucoup que nous ne soyons pas dupes des dénégations hautaines ou mielleuses de l\u2019AI- lemagne, que nous ne nous laissions pas donner le change par la campagne de presse qu\u2019elle mène chez les newtres avec autant d\u2019habileté qu\u2019elle a conduit ailleurs ses campagnes d'espionnage, d'incendie, de massacres et de terrorisme.I! faut qu'elle soit châtiée non seulement par la défaite, mais encore par le mépris et la réprobation universelle, et ce sera encore pour eHe s\u2019en tirer à bon compte.11 est temps que nous sachions ce qui s\u2019abrite derrière li impdsaiite \u201cfacade ou nt d\u2019esprits peu (1) \u201cLe témoin,\u201d dit l\u2019auteur.Et c\u2019est à dire que c'est sur le témoignage d\u2019un témoin, d\u2019un seul témoin, que repose tout cet imposant échafaudage.Trenons au moins 4 ONY Vue n° Jhôte x % en passant de \u2018cet: \u2018aveu\u2014].F.|Fassaut de la position française de Baga- avertis avaient cru reconnaître tous \u2018les caractères d\u2019une civilisation incomparable.Il n\u2019est pas non plus trop tôt pour apprendre que la Rultur tant vantée n'est qu\u2019un utilitarisme poussé à ses dernières limites, où la science de l'organisation joue le principal, sinon l'unique rôle, et qu'il n'y a pas lieu de se monter la tête à son sujet.Que si la \u201cforme de pensée\u201d allemande, chère a Taine, a ouvert de nouveaux horizons a esprit humam, elle a aussi depuis Kant largement contribué à dévoyer la raison et à fausser le sens moral de l\u2019humanité.Le bon renom de la civilisation, à qui l'AMemagne a porté un véritable défi, exige que celle-ci ne soit réadmise dans la bonne société des nations qu'après qu\u2019elle aura donné des signes d'un sérieux repentir, ce qui apparemment n\u2019est pas pour demain.Voilà tout net mon sentiment, que du reste je n'ai la prétention de croire ni infaillible ni original.Certes, il est très beau de pouvoir se dire qu'on ne partage pas sur les événements cowrants l'opinion du vulgaire.Mais s'il se trouve qu'en définitive le vulgaire avait raison contre les gens de bon ton, que sert à ceux-ci de s\u2019entêter, de se battre les flancs, d\u2019empiler Pélion sur Ossa?.FERDINAND PARADIS.\u20140 Lettre d\u2019un barbare (De l'Action Française) Emmanuel Ardant du Masjambost, sous- lieutenant au 147e d'infanterie, a été tué à l'enrremi en Argonne le 15 octobre.Son père, M.du Masjambost, qui est Lgueur d'Action française, a été informé du matheur qui le frappait par la lettre suivante qui lui a été adressée spontanément par un officier allemand: Ecrite le 16 décembre 1914, Très honoré Monsieur, C'est aujourd'hui seulement qu'il west possible de vous faire connaître la résidence du lieutenant Ardant du Masjambost, car les dures nécessités de la guerre règle- mentent aussi ma manière d'agir.Ce long temps pendant lequel vous n'a- ves reçu aucune nouvelle vous aura préparé au destin qui vient de frapper M.du Masjambost.C\u2019est avec un profond regret que je suis obligé de vous apprendre que M.du Ma- jambost est mort de la mort des héros, le 15 octobre, pour sa chère patrie, pendant telle-Pavillon, dans l\u2019Argonne.C\u2019a été pour moi un honneur d'avoir été admis à combattre d'aussi braves soldats.Un tel ennemi arrache aussi à son adversaire le respect et l\u2019admiration.M.du Masjambost est tombé frappé d'une balle aw coeur, et ce coeur a battu jusqu'à la fin pour sa patrie.Vous verrez dans le fait que nous n\u2019avons fait que quelques prisonniers, tandis que presque tous les défenseurs de la position furent laissés morts ou blessés sur le champ de bataille, quel exemple il était pour ses hommes! M.du Masjambost a été enterré par nous avec plusieurs de ses camarades dans la tranchée défendue par lui.A part son torte-feuille ct ses armes aucun objet de valeur n\u2019a été trouvé sur lui.C\u2019était pour moi un besoin de transmettre ce souvenir aux parents d\u2019un camarade tombé.Je vous prie de bien vouloir agréer l'expression de ma sincère et cordiale sympathie.OTTO BRAUER, lieutenant de landawehr, 3 feldhamp I pionnier, Bat.No 6 \u2014o La nouvelle bière Frontenac Le concours organisé par la Direction de ta Brasserie Frontenac pour le chofx d\u2019un nom à donner à cette bière exquise, la l'rontenac-Bock de Noël, a obtenu un succès des plus remarquables, Parmi les milliers de noms soumis, le choix n\u2019était pas facile à faire, et ce n\u2019est yAU\u2019après une laborieuse enquête que l\u2019on décida de s'arrêter sur le nom historique de \u201cT'RFANON\u201d\u2014Ie nom de Madame de Frontenac, née Anné de la Grange-Trianon.Nouvel hommage rendu à la mémoire de Frontenac, \u201cle gouverneur le plus éminent que Louis XIV ait donné à la Nouvelle France,\u201d Hommage en même temps à la femme supérieure qui eut une influence si marquée sur tes destinées de notre ancienne mère- patrie.Annie de ta Grange-Trianon, comtesse de Frontenac, mondaine raffinée, arbitre de l\u2019élégance et du bon goût, avait, d\u2019après ses historiens, \u2018la grâce plus belle encore que la beauté.\u201d On l'avait, à la Cour de Louis XIV, surmommée \u201cla Divine\u201d.\u201cNulle femme, a dit M.Alfred Garneau, reine ou sujette, n\u2019était plus aimable ou plus aimée qu\u2019elle.Toute sa vie, ee fut entourée de gens empressés à \u2018lui plaire; mais elle était fière comme Diane, et te- naît haut le sceptre qui.jantais ne s'échappa \u201cde ses mains.\u201d C\u2019est M.Eugène Rouillard, de Québec, qui a été proclamé vainqueur du concours.Les noms des 500 concurrents qui -ont mérité chacun un prix de consolation sous forme d\u2019une caisse de Frontenac, Ont pa: ru dans les journaux.Is dégusteront, sans aucun doute, avec délices cette fame.sc biére qui a conquis d\u2019emblée la faveur populaire.Ajoutons qu\u2019en attendant da nouvelle étiquette, da Frontenac-Trianon est toujours Frontenac-Bock de Noël.en vene sous son ancien nom de 555-B o\u2014-\u2014 Scènes de la vie réelle (De la Presse) DU DANGER DE DORMIR DANS UN BAR Un nommé Wilson, qui s'était endormi, hier après-midi, dans un restaurant du nord de la ville, s\u2019éveilla pour s'apercevoir qu'il n\u2019avait plus ni chaussures, caoutchoucs dans les pieds.Il s\u2019informa au propriétaire, de la disparition de ces objets indispensables par le froid qu'il fait, Celui-ci s\u2019enquit à son tour et on lui dit qu\u2019un individu avait été vu quelques instants auparavant.alors qu\u2019il quittait l\u2019hôtel avec un colis sous le bras.La description de cet homme fut donnée au constable Bond, du poste No I, qui ne tarda pas à arrêter un nommé Joseph Corbeil, de la rue Saint-Christo- phe, sous l\u2019accusation d\u2019avoir volé les chaussures, qu\u2019il était ensuite allé volé les chez un regrattier de la rue Ontario.Au moment de l'arrestation.Corbeil était dans un autre bar, sans doute en train de dépenser les cinquante centins que le regrattier lui avait donnés.Ce matin, devant le magistrat, le prévenu a prétendu que \\Vilson lici avait remis les chaussures pour aller les vendre (1!) Comme le plaignant n\u2019était pas présent en cour, la cause de Corbeil s\u2019instruira plus tand.ni \u2014_\u2014 Je professe absolument et sans réserve cette doctrine, que la science n\u2019a d'autre objet que la vérité, et la vérité pour elle- même, sans aucun souci des conséquences que cette vérité pourrait avoir.dans la pratique.Celui qui, par un motif patriotique, religieux et même moral, se permet dans les faits qu\u2019il étudie, dans les conclusions qu\u2019il tire, la plus petite dissimulation, l\u2019altération la plus légère, n\u2019est pas digne d'avoir sa place dans le grand laboratoire où la probité est un titre d\u2019admission plus indispensable que l'habileté, De qui ces paroles?D'un Allemand, sans doute?Ou encore d\u2019un mauvais Français genre Fournier?Pardon.Ainsi s'exprimait, en 1370 ct pendant la guerre, un Français illustre et qui fut toute sa vie un fervent patriote, nous avons nommé le grand Gaston Paris.Si parva licet\u2026, peut-être nous sera-t- il permis pour notre justification (si tant est que nous ayons besoin de justification) d'adapter à notre humble situation ces paroles frappantes et si françaises du regretté maitre.Ce que nous recherchons ici, à \u201cl\u2019Action\u201d, d\u2019un esprit loyal et d\u2019un coeur sincère, c\u2019est tout simplement la vérité, \u201cla vérité pour elle-même.Celui qui par un motif patriotique.se permet dans les faits qu\u2019il étudie, dans les conclusions qu'il tire, la plus petite dissimulation, l\u2019altération la plus légère\u201d, cst indigne du nom d'écrivain et de l\u2019audience d\u2019un public sérieux.La vérité, la vérité d\u2019abord.La France, elle, n\u2019en a pas peur, et ce serait de notre part lui faire injure que d\u2019avoir seulement l\u2019air de la craindre pour elle.\u2014\u2014\u2014o\u2014 D'aucuns se sont peut-être imaginé que les rédacteurs de l'Action vivent d'amour et d'eau fraiche.Rien n'est plus faux.Ils travaillent pour gagner leur vie.Quand il- n\u2019ont pas autre chose à faire, ils rédigent des discours ou des mémoires pour les autres, font de la traduction ou préparent des annonces moyennant finances.Leur tarif est élevé, mais leur travail est irréprocha ble.Avez-vous besoin d\u2019eux?\u2014S'adresser rue Saint-Gabriel, 72.\u2014 Téléphone: Main 5356.JONT LES MEILLEURS EMPLOYES Devenez Capitalistes! 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