L'Opinion publique, 2 avril 1874, jeudi 2 avril 1874
[" Vou.V.\u2014No.14.LE CANADA A PARIS.tana notre dernier numéro nous avons signalé un article du Constitutionnel de Paris sur l'histoire, la poésie et le roman français-canadien.Ecrit par un homme évidemment sympathique À notre pays, cat article a le charme, et, dans une certaine mesure, les défauts ordinaires des critiques qui nous srrivent de France : il nous plait À cause des bons sentiments qu'il exprime, et nous laisse, À la fin, sous une impression un peu pénible à cause de l'idée imparfaite, inexacte qu'il donne du Canada.Les Français parlent de nous comme d\u2019un peuple qu'ils viennent de découvrir.[eur histoire fait mention d'un pays sauvage, d\u2019une rolonie appelée Canada, qu'un de leurs rois a cédée à l'Angleterre après l'avoir faiblement défendue, et ils sont hien surpris d'apprendre plus tard qu'il existe encore des Français dans cette contrée lointaine ; la surprise che» eux se change aussitôt en sympathie, ils écrivent tout de suite une tirade sur la vitalité extraordinaire de leur race, font des vœux pour que nos relations avec notre ancienne mère-patrie soient Al'avenir plua suivies, disent un mot de nos \u201c forêts vierges.\u201d du Niagara, du majestueux Saint-l.aurent, de l'Indien, premier habitant du nouveau monde, et concluent en assurant que cette colonie peut être appelée à de hautes destinées.Toute cette description, ce mot même de \u201c colonie qui dans l'idée du parisien signifie un pays lemi-civitisé, laisse le lecteur sous l'impression que le Canada est quelque chose comme Madagascar, la Réunion ou I'Al- Rete, Voila pour les meilleurs écrits sur notre compte.Mais ue lire des récits les voyageurs?que dire, par exemple, de M.Duvergier de Hauranne qui à vu des serpents à sonnettes dans les rues de nos villes; de M.Uscar Commettant et de M.Frout de Fontpertuis à qui nos campa- narde nt demandé des nouvelles de midame de Main.tenon : de M.Kowalaski qui pour décrire notre état politique à résumé la constitution d'avant 1867, n'ayant pas sj'pris le fait de la Confédération ?A ces derniers nous ne faisons pas le moindre reproche : nous admirons seulement te sang-froid avec lequel ils ra- cantent aux parisiens des merveilles qui les vouent à jamais Au ridicule sur les bords du Saint-Laurent, c'est-à-dire devant une population française assez considérable et as- nez intelligente pour mériter le respect des écrivains qui Vennent à leur réputation.Aux autres, à ceux qui parlent du Canada à ln fois avec sympathie ot d'après des renseignements exacts en gé- Béral, len Canadiens prennent la peine de reprocher 7 uel- que chose.Nous leur reprochons de ne savoir point se servir de ces renseignements, de ne pas se rendre compte suffisamment de notre situation.Ils laissent toujours entendre, et de fait c'est leur pensée, que nous sommes nés d'hier, encore dans les langes, jeunes sous tous rap- Porta.C'est vexant pour notre amour-propre, et c'est faux, Comte peut s'en convaincre le premier venu en étudiant Dos institutions politiques et en jetant un coup-d'œil sur 168 grandes muvres de notre industrie, sur nos riches \u2018Ampagnes, sur nos villes si magnifiquement bâties.Si Fries venait plus souvent chez nous, nous pourrious \u2018er plus d\u2019une leçon, surtout en politique.Elle Bouvernement qui lui convient, elle trouverait sur cette MONTREAL, JEUDI 2 AVRIL 1874.terre canadienne un noyau de Français qui jouissent de toutes les libertés, et non-seulement vivent en paix les uns avec les autres, mais ont trouvé le secret de s'accorder avec une majorité protestante composée d'Anglain, d'Ecossais et d'Irlandais.La France pourrait aussi apprendre de nous comment la religion est un élément de conservation.Depuis un siècle le Canada à vécu et grandi à l'ombre de l'Eglise ; depuis un siècle la France a professé toutes les impiétés et subi tous les malheurs.L'écrivain du Constitutionnel mérite moins que les autres le reproche que nous exprimons ici: seulement s\u2019il avait connu un plus grand nombre de nos auteurs, sa critique aurait pu être encore plus bienveillante et il n'aurait peut-être pas dit d'une manière aussi générale que l'incorrection du style est le défaut des littérateurs canadiens ; il aurait fait, dans tous les cas, exception pour plusieurs.Nous relèverons encore dans son article ce que nous croyons être une erreur sur notre \u2018forme littéraire.\u2019 L'auteur dit que \u201cle Causda est une reproduction en miniature de la France des 17e et 186 siècles, et que nos écrivains \u2018\u2018ont jeté en Amérique les fondements d'une littérature française jeune encore, mais vigoureuse, d'une allure nette et vive, sinon rigoureusement exacte, mais qui gague chaque année et qui se débarrassera avec le temps de rertains archaïsmes dérivés du vieux français et de quelques néologismes d'origine anglaise.\u201d L'auteur fait ici une méprise, bien pardonnable, à la vérité, chez celui qui n\u2019a pas vécu au Canada.Notre défaut\u2014si cela peut-être un défaut\u2014n'est pas de nous complaire exclusivement avec les classiques du lTe siècle; nous lisona les autaurs contemporains, nous les lisons beaucoup, les journalistes en particulier les lisent même trop : mais notre malheur est que la conversation, la vraie conversation française nous manque absolument.Comprenez notre position.Nous sommes presque tous engagés dans les affaires: par conséquent nous sommes tenus de savoir l'anglais, et le sachant, nous le parlons à tout propos.Dans la famille ou dans nos cercles nous reprenons le français, mais non sans quelques réminiscences de l'anglais, car chaque idiome s'impose par sa supériorité sur les nutres pour l'expression de telle ou telle idée Volontairement d'abord, sans nous en apercevoir ensuite, nous tombons dans le néologisme.Encore si nous pouvions nous retremper à quelque source pure! Mais voilà un siècle que nous ne voyons plus les Français de France.Cependant il est impossible d'écrire purement une langue si on ne la parle habituellement avec correction; les fautes du langage parlé s'insinuent furtivement dans ls phrase écrite; quelque tournure réprouvée par la syntaxe, quelque locution bâtarde vient toujours gâter la période ls mieux arrondie.Par exemple, combien d'entre nous dinent toute leur vie : \u201c sous ces circonstances\u2019\u2019 ou bien \u2018 je résigne ma place\u201d ?C'est de l'anglais simplement.Etudiez Fénélon et Boileau tant ue vous voudrez, lisez tous les jours Lacordaire ou Mérimée, ces fautes voux échapperont toujours tant que vous ne fréquenteres pas \u2018 habituellement des cercles où votre oreille, n'entendant que l'expression juste et la phrase correcte, prendra, pour sinsi dire, l'horreur instinctive du mot impropre.Allez su palais, écoutes cet avocat en renom: comment expli- qu cherche en vain depuis tant d'années la formule du | queres-vous qu\u2019un homme de talent et de science, orateur brillant, s'exprimant avec une grande facilité, sans dé- T, D'AVANCE, $3.01 Par NumRRo, 7 Centrns.faut de prononciation, puisse aligner des périodes d'une façon aussi barbare et parler ce français détestable ?sinon par le fait quecat homme.à force d'entendre des Ang:ais et de ne pas entendre des Français, a eu l'oreille faussée.Notre langue n'a pas d'aliment quotidien, voilà tout le secret de nos incorrections et des défaillances de notre ayntaxe; le 17e et le 18e sidcle n'y sont pour rien.Nos auteurs connaissent leur langue, mais ils sont victimes de toute sorte d\u2019inadvertances.Moi qui parle de cela à mon aise an ce moment, je viens peut-être, sans m'en douter, de commettre quelque barbarisme dont je rougirai s\u2019il m'arrive de me relire plus tard.Une émigration plus considérable de Français inatruits pourrait donner une nouvelle vie À notre littérature.Le Constitutionne! indique un autre moyen que nous voulons faire connaître : Noun avons regu tout réremment, dit-il, quelques livrer écrits et imprimés su Canada.qui ont produit sur nous tn double sentiment de plaisir et de tristesse ; de plaisir, à l'idée de retrouver à mille Heues de nous nor propren annales écrites et reproduites dans notre langue; de tristesse, an spectacle de l'indifférence que noun profersous pour un million «d- nos des- cendanta qui, fdèles à leur orizine, s'efforcent de faire revivre et de perpétuer au milieu d'eux 1% mémoire d'an passé qui nous appartient et qui n\u2019est ps sans gloire, ni sans influence sur les destinées du nouveau monde.Toutefois en cect, il y auralt injustice à nons accuser tout seuls ; une bonne part des reproches que nous no in adressons leur revient.Les Canadiens, trop sensibles peut.dtre ang ap.préciationr quelquefois sévères de certains touristes plus affec- téa de la formu parfois stranné» de quelques-uns de lents écrits que par la solidité du fond et lo souffle patriotique qui les inspire, ont bien de la peine à se déci-ler À braver la critique parisienne, Ausasi, il ent rare que lus faibles échos de leurs efforts À demeurer Français nous parviennent.Noun ne saurions trop regretter ce rentiment de défiance, Si lea lettre au Canada ne jettent pas le même éclat que chez nous, elles n'en appartiennent pas mois à la France, au double point de vue de la langue, des sentiments qu'elles expriment et de l'histoire, Pro- feaser envers elles le dédain et l'abandon serait renoncer de gaieté de cœur à nne part consi téralble de notre patrimoine national.En effet, le Cavadien, malgré son éloignement et une sépira.tion plus que séculaire da la métropole, est demeuré Français de cœnr.A l'inverse le l'Américain, qui détente l'Angleterre, lui, au contraire, chérit Ia France.Est-ce bien le cas, nous ie demandons, d'épiloguer aur Ia forme dans laquelle il exprime son attachement et lui demaurler, à lui qui vit de Ia vie du dernier aiècle, qu'il tienne la plume comms Lacordaire vu Méri- mée ?Tenter fortune à Paris est peut-être en effet plus facile qu'on ne pense.Qui se hasardera le premier ?er Dusy LA QUESTION DES ECOLES.Les journaux quotidiens publient deux documents im portants au sujet des écoles du Nouver-Brunswiek.Le premier est une lettre de Lord Dufferin au comte de Kimberley exposant l'état de la question.On se rappelle que len officiers en loi de la Couronne en Angleterre ont déjà décidé que la loi de 1871, passée par la législ «ture du Nou veau-Brunswick, et csuse pramière de toute l'agitation, était constitutionnelle.Une seconde loi, adoptée en IR72 par cette mème législature, est venue aggraver la po sition des catholiques en autorisant une application plus rigoureuse de l'acte de 1871.La Chambre des Communes à adopté alors une résolution priant le Gourerteur Général de désavouer cette seconde loi, at Lord Dufferin, sur l'avis de son cabinet, A refusé de se rendre A cette de, \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014_{ A 168 L\u2019'OPINION PUBLIQUE mande.ton Excellence rapporte tous ces faite dans sa ! lettre au ministre des Colonies.Le second document est ls réponse du ministre anglais.| En voici Ia traduction : Downing Street, 30 juin 1878.Le comie Kimberley au comte Luferin.Mizoæp'\u2014J'ai communiqué aux officiers en loi de ls Couronne la dépêche de Votre Seigneurie et les documents y adjoints, en date du 27 mai dernier, No.137.Vous demandies dans cette dépêche, des Instructions relativement à la ligne de conduite que vous dovies suivre à l'occasion de la résolution de la chambre des Communes du Cauada requérant le désaveu de certains actes passés par la législature du Nouveau-Branswick en vue de légaliser une série de taxes faites vertu de l'acte des écoles communes de 1871, et en amendement de cet acte.Je reçois avis, 10.que ces actes de la législature du Nouveau- Brunswick sont comme les actes de 1371, dans les limites des pouvoirs de cette législature.Jo.Que la chambre des Communes du Canada ne peut pas constitutionnellement intervenir dans lour opération en passant une résolution comme celle du 14 mai dernier.Si on laissait une telle résolution avoir son effet, cela équivaudrait à un rappel virtuel de la section de l'acte de l'Amérique Britannique du Nord de 1867, qui doune aux législatures locales droit exclusif de législation dans ces matières.30.Que dans cette question, vous devez agir d'après votre propre volonté et vous ne pouves être guidé par l\u2019avis de vos ministres rerponsables.Et 40, que ces actes de la légis- ! lature du Nouveau-Brunswick étant simolement des actes pour mieux assurer l'exécution de l'acte de 1371 et pour le débar- resser des objections techniques aux dispositions qu\u2019il contient, ' vous vou\u201c vonformeriez à l'Acte Impérial et à l'esprit général - de la constitution de la Puissance, tel que déterminé par cet acte, en permettant que ves actes restent en force.Kimaxuoxæy.| Le Nouveuu-Munde en publiant cette lettre fait la ro.flexion suivante : Ls réponse de Lord Kimberley uous parait extraordinaire pour le moins.La prétention qu'il émet, et qu'un ne s'atten- | dait pas à trouver dans Ia bouche d'un libéral anglais, est que le Gouverneur-Général n'est pas tenu de suivre les conseils de see aviscurs légaux quand il s'agit d'un acte exécutif demsudé par lu chambre des Communes.Cette doctrine nous semble porter une atteinte fatale au principe de la responsabilité mi- ! bistérielle, et nous espérons qu'elle nu sera scceptee par aucun | parti dans le Canada.: De son côté lu Minerve s'exprime ainsi: En ce qui concerne la clause 93 de l'Acte Fédéral, dont parle la dépécle de Lord Kimberley, les obligations du gouverneur sont spécislement déânies.Le nom du gouverneur-général y est mentionné quatre fois et les quatre fois on y ajoute en Conseil.La clause 93 donne au gouvernement fédéral lu latitude nécessaire pour exatniner le touctionnement «des lois d'éducation.C'est à lui à savoir distinguer le vrai du faux dans ce qui lui serm soumis.Il portera la responsabilité de sa \u2018lécision.Nous - cesserions d\u2019avoir lu gouvernement responsable, si, sur une question comme celle-là qui ne regarde nullement les intérêts - impériaux, le gouverneur se mettait en contravention avec ln clause v3 qui lui dit dagir en conseil et dévidait d'une manière 06 que ses aviscurs auraient décidé de l'autre.Nous pensons qu\u2019il n'est pas possible de laisser passer sans © protester la doctrine munstrueuse énoncée per la dépêche im- : périale, et nous avons lieu de croire que les ministres du jour ont été ausez jaloux de leur propre dignité, assez jaloux de Bos libertés constitutionnelles, pour envoyer un mémoire en réponse à ce malencontreux document.Le National réserve ses commentaires.Nous publierons plus tard, dit-il, quelques réflexions aur cette déolsion qui met tin, pour le moment, à toute action parlementaire à ce sujet.Cependant cette derniére opinion ne lie pas les mains | de M.Costigan qui, dans une leitre publiée au lende- | main de sa réélection, à declaré qu'il soulérrait de nouveau lu question «dans la chambre fédérale.y.D, CORRESPONDANCE PARI EMENTALRE.Utiawa, 25 Mars 1874.Jeudi, après le cérémonial accoutumé, las Communes ont élu leur Président, l\u2019hon.Timothée Warren Anglin, Irlandais oatholique et député de Gloucester, Nouveau- Brunswick.Tout le monde lui eût préféré l'hon.M.| Holton, qui est plus populaire, plus sympathique, dont | 3 AVRIL 1874 a Hier, grand gala au Sénat.Belles toilettes, grand jourd'hui.Le bruit de cet événement s'est repandu bien.nombre de militaires héroïquement porteurs d'épées vierges, force coups de canon, galeries encombrées, pas aages et couloirs où la mause s'entassait littéralement pour voir et entendre le représentant de Notre Gracieuse Souversine transmettre aux élus du peuple les projets et les mesures dont le gouvernement veut doter le pays.Il était plus agréable de contempler le spectacle \u201cue de prôter l'oreille à la harangue officielle.La voici dans ses parties essentielles : Durant la présente Session, votre attention sera attirée sur des mesures se rattachant à le représentation du peuple dans le Parlement, au mode de voter par le scrutin secret qui existe maintenant dans la Grande-Bretagne et dans la plupart des autres pays qui jouissent du gouvernement constitutionnel, ainsi qu'à l'établissement d'une cour générale d'appel.Des mesures pour amender tes lois relatives eux élections .contestées, à la milice et à la faillite, vous seront aussi sou- | mises, Le législation de 1872 au sujet du chemin de fur canadien du Pacific n'ayant pu assurer l'exécution de cette grande entrepriee, vous serez appelés à considérer quel projet fournirait, le mieux et le plus tôt possible, des muyens de communications a ton vers le continent avec la Colombie-Britannique.Un rapport de l'ingénieur ¢n chet, qui sers mis rlovant vous, fera voir les progrès faits durant la dernière année dans lou explorations qui ont été faites pour détermiuer Is ligue projetée, destruction par le feu des bureaux du chemin de for a en- tralné une perte considérable de cartes, de plans ot de pspiers dont ls prissession aurait rendu ce rapport plus complet.La question de ls compensation qui est due à lu Puissance pour les priviléges de pêche concédés aux Etats-Unis par le traité de Washington, à amené un renouvellement de négo- cistions de nature à étendre les avantages reciproques \u2018lo nos rapports commerciaux Avec ce pays.À la demande de mon | Gouvernement, les autorités Impériales ont donné instructions au ministre Anglais de discuter cette question avec Administration de Washington, ot dans ce but adjoint un commissaire Canadien, Le discours annonce ensuite (ue le Gouvernement a continué les travaux commencés antérieurement, les canaux,et l'Intercolonial,\u2014que l'immigration à progressé, et qu\u2019il y aura déficit durant la présente année fisonle, Rien quant à Manitoba, à l\u2019amnistie et aux écules du Nouveau-Brunswick.Cette éloquence muette du Dis cours a fort désappointé et mécontenté grand nombre de députés du Bas-Canada.L'adresse en réponse au Discours ne sera proposée que lundi.MM.Moss et Laurier seront les orateurs de circonstance.La réputation dont ils jouissent promet une séance intéressante.Les discours provoyueront probablement quelques oxpliontions ministérielles sur le caractère de certaines mesures annoncées.Nous nous abatien- drons de tous commentaires tant jue nous n\u2019aurons pas ; entendu ces explications ou vu les mesures elles-mêmes.La question de [intercourse commercial entre les Etats-Unis ot le Canada, si elle est résolue avantageusement, vaudra au Gouvernement une bonne, une excel lente note.+ À, Mousskau.CHRUNIQUE.Une dépèche spéciale d'Uttawa au Nutivnul annonce que M.J.F.Béique, de Danville, vient d'être nommé surintendant du canal de Beaubarnois.M.Legge, ingénieur cn chef du chemin de colonisation du nord de Montréal, est revenu de son expédition à l'embouchure de la Rivière des Français aprés avoir trouvé un excellent tracé où une voie ferrée peut être construite à raison de $30,000 par mille.Un dit que M.P.V.Valin va abandonner la candidature dans Québec-Est en faveur de l'hon.P.J.U.Chau- veau.M.L.E.Panet et M.le Dr.Baillargeon sont nommés sénateurs en remplacement des hons.MM.Panet et Chau- veau, démissionnaires.l'expérience parlementaire et la science constitutionnelle | ; ; ; Po ; En vertu d'un ordre en Conseil, MM.Kyan, Delisle, sont incontestablement supérieures à celles de M.Anglin.Workman et Hudon doivent étre remplacés comme com- Mais il faliait une compensation à M.Anglin que l'influ- missaires du Havre de Montréal par MM.Cramp, Pratt, ence des MM.Burpee avait éloigné du Cabinet, lors de sa formation en novembre dernier.! Cette élévation de M.Anglin à la présidence des Com: munes est-elle un indice que la question des écoles du Nouveau-Brunswick sera réglée dans le sens catholique ?Nous le ssurons très-prochainement.M.Anglin, tire toute sa force de sa position de représentant des intérêts catho liques du Nouveau-Brunswick, quoique M.Costigan, autre Irlandais catholique et député de Victoria, N.-B., ait plus droit que lui à cette position.Il serait facile au nouvel orateur de se suicider en laissant dormir ls question.D'un autre côté, le silence du discours du Trône à ce aujet ne présage rien de très-rassurant.; Le Président du Sénat et le Président des Communes | ne sont pas forts sur le français : M.Anglin ne le sat pas du tout : M.Christie, pour ne pas s'exposer à l'écorcher, ne le parle jamais.Roy et Donoran.- M.E.U.Piché, avoost, el assistant-greffier de la Chambre des Communes, est nommé Conseil de la Keine dans la province de Québec.L'intérêt, dit le Nouveau-Munde, qui e\u2019attachs à la question d'amnistie et à l'élection de M.Louis Riel re réveille avec force à la veille de la session.Nous n'en voulons pas de meilleure preuve que les rumeurs sans nombre qui courent les rues au sujet du jeune et vailiant député.C\u2019est ainsi que l'on rencontre à tout instant des per- sonner qui s'empressent de nous apprendre où se trouve .Riel.Ottawa, 30.M.Riel a prété le serment come membre de Is chum: bre des communes.Son nom est inscrit sur la liste avec , soux de Moss et Currier qui ont aussi prêté serment, au- pas, l'inspiration.tôt; toute la ville.Une grande excitation régna; Une compagnie de gardes à été stationnée Friel \\ l\u2019arsensl, tandis que une autre Compagnie s\u2019est rendu aux bâtisses parlementaires.i Les gailerins, ce soir, sont remplies d'une fouls any ! ause de voir #1 Riel osers prendre son siège.Une troupe nombreuse d'émigranta Aluaciens est arr vée à Halifax, ces jours derniers.Ces émigrants von travailler dans les mines de charbon de Pictou.Nous avons le regret d'annoncer la mort de M.Thomas saunders, deputé de Huntin don à la Législature locale, arrivée samedi dernier & Havelock.M.Saunders avait : aucoédé à M.Soriver.Le puète Longtellow est depuis quelques jours à Ha wilton, Untario, et doit passer plusieurs mois en Canada °,.Le Constitutionnel annonce qu'un jeune canadien vient de partir pour l'Espagne dans le but de s'enrôler sous les drapeaux de Don Carlos.oe ° Mardi de lu semaine dernière, il yaeuau Mechaur.Institute une nombreuse assemblée de muaufacturiers et d'industriels, dans le but d'organiser une Association favorable à ls protection des industries cuwnadiennes.M.Benjstuin Lyman présidait, avec M.J.Mclaren comme secrétaire.MM.Rodden, W.d'Gilvie, W.S.MacDonald, Roivin, Jeuté, David, Ryan, Whyte, Mctisuvran et len.denning étaient présents.La première résolution fut proposée par M.Kodilen, en faveur de l'union de cette association avec \"assoc tion protectionniste du Haut-Canada, et de is fornution d'une association générale.; Une résolution proposée par M.Boivin demande laré torme du tarif de manière à protéger les industries can diennes.e .La majorite de In cour des élections contestees, le juge Mondelet dissenticnte, à décidé qu'elle avait juridiction dans les causes qui lui sont soumises.La cour s'est ajournée au sept avril.M.l'abbé Provencher publiera prochainement une Petite Faune Entomologique du Canada\u201d praceire d'un traité élémentaire d'entomologie.L'ouvrage, illustré de numbreuses gravures sur bats.formera deux volumes in-12 de plus de 50 pages chacun Prix: $2 pour chaque volume, payables & la livraison {Chaque volume sera complet par lui-même.i Le premier volume paraitrs vers le mois d'août, et le second dans le cours de l'hiver prochain.Le tirage sera réduit à peu de chose près au nomb:« des souscripteurs.Un peut lui adresser des souscriptions directemen* On lit dans le National.\u2018Tous les membres de l'ancien partement du tna Uni, élus depuis 1340, connaissent un peu 14 fameuse = clamation- Montgomery.Durant I'insurrection de 13-34 un combat fut livré sur ls propriété Montgomery, + queljues milles de Toronto.La perte occasionnée à M.Montgomery par la destrur tion de ses dépendances, fit la matière d'une réclamation d'indemnité qui ne s'est jamais ralentie depuls Lanne 1840 qu'elle & commencé.M.Montgomery avait Vluibr tude d'inviter tous les membres du purlement à vent visiter son établissement pour y voir lee traces encor vivante de la lutte qui s'y est engagée durant l'insurrec tion.Feu M.Wilham Lyon Mackenzie soumettait np\" lièrement à la Chambre des Canadas-Unis la réclanistion Montgomery, revenant à ln charge à chaque sessim Cette pétiuon était \u2018de fondation; elle était passée à le tat d'aftaire de routine.et les observations seules don\u2019 M.Mackenzie savait l\u2019assnisonner avaient la vertu «de veiller l'attention des députés, et de provoquer surtoul les rires de quelques vieux tories.La persévérance de M.Montgomery n'a pas et recom pensée.il est vrai, comme elle le méritait; mais on elle à été couronnée d'un certain succès.À l'âge de + ans, le client de M.Mackenzie vient enfin d'obtenir de ln législature locale d'Untario une tardive justice.Elle lu 8 accordé une indemnité de $3,000, évidemment pr\u201d finir et n'en plus entendre parler.Un se rappelle que M.Calixa Lavallée est alle l'anner dernière à Paris pour compléter ses études musicales.Un de ses professeurs, M.Boieldieu, a adressé à M.George Leclerc, de Montréal, une lettre dont on aimers + lire l'extrait suivant : À M.lieorge Levlerc, secrétaire du Conseil d'Ayrt alture Montreal, ; Monsieur, Sachant le vif intérèt que vous portes à à.Lavaliee.votre compatriote venu en France pour s'y perfection dan- l'art musical auquel il se voue, je suis heureux de venir sous les auspices du nom illustre de mon père.et # titre de compositeur moi-même, vous exprimer com mien j'apprécie à tous les égards M.Lavallée.C'est ute re \u2018marquable organisation su développement de laquelle je suis fier de contribuer par mes conseils, et chaque jour auis à même de juger de son talent comme pisuiste © comme compositeur, ayant pour lui ve qui ne 5 wer | | 9 AvriL 1874 A TTT \u2014 Je ne saurais dons trop encourager M.Lavallée à rester | lus d'une année à Paris, non-seulement pour achever d'y acquérir toutes les connaissances nécessaires dans son art, mais aussi pour y produire ses œuvres qui ne peu.| vent manquer «l'obtenir du succés, et vous approuverez, j'en suis persuadé, monsieur, son désir ce ne rentrer dans sa patrie qu'en ayant mis réellement à profit son voyage, , et en rapportant une réputation qu'il ne peut manquer : : ir.\u201c rot ainsi en M.Lavallée l'homme le plux apte à devenir le chef du conservatoire de musique que vous, monsieur, et vos dignes compatriotes, avez la noble pen sée de fonder à l\u2019instar du conservatoire de Paris.On lit dane le Canadien : Nous avons beaucoup de [plaisir à annoncer à nos lecteurs que M.MeGreevey a été reçu à merveille par les capitalistes anglais.Deux jours après son arrivée six banquiers lui avaient déja offert leurs services.\u2026 .vpn télégraphie d'Ottawa au Nouveau- Monde Hier soir Sir John A.Macdonald a résigné le poste de chef de l'opposition.Le motif qu'il donne est sa mauvaise santé; mais un croit que la véritable raison eat la difficulté le Manitoba.\u2018a parle du Dr, Tupper comme son successeur.llest question d\u2019un caueus des députés français pour décider de la conduite qui doit être tenue dans l'atf'ire Riel, Et à la Minerve : A une Assemblée des membres de l'o; position, personne n\u2019a voulu que Sir John A.Macdonald abandonnât la direction du parti, L'hon.M.Campbell sera le leader de l'opposition au Sénat et il sera assisté par l'hon.M.Chapiis, oe .M.James Moss, M.P., sera le moteur de l'adresse et M.Laurier, d'Arthabaska, secondeur.MM.Fréchette s' rst nus à l'écart et a sollicite de ne pas être rce l'Angleterre à octroyer anx Canadiens la Constitution de 1391.C'était le quatrième moe où vssat ss ouveruvment depuis la session.Sanctionné le lv juin par Georges III, promulgue ! vembre par le livutenant-gouverneur lark, et Jd: constitution du pays le 25 décembre 1751, cet acte di province de Québec en deux provinces, celle du Ib cat- et celle du Bas-t nada.Il donnait à chwnue d'elles une 4 semblée etun coneril féggislatifs, Lo conseil Locislatif du Haut-Canada devait se composer de pas moins de huit mrmbre- et celui du Bas-Canadw de pas moins de quinzs, Les cous.lors étaicat nommbs & vie par le gouverneur.La clause 17 de l'uvte donnait au flaut-Uant ta une chuu d'asscinblée de seize metnbres, ot au Bas-Cansils, une a quante d-patés élus par le peupl C'est l'acte constitutionnel de 1751 qui nous & régis j44 je l'uniou 1841.La population des deux Canada était alors d'environ at trente mille habitants, dout dix mille haut-canadieus.Le + mai 1713, le f8as-Canade fat divisé par Une pro iam tion du livatensnt-gouverneur, en vingt-et-un comtés 6 he Cornwallis, Devou, Hartford, Dorchuster, Backioglemabtr.Richelieu, B-dlford, Surrey, Kent, Iluantingdon, York, Montreal, Effiogbam, Leinster, Warwick, St, Matrice, Hempnhire, Ve bec, Northumberland et Orléans.A l'exception de Gaspé, Belford et Orlesna, chacun de comtés cnvoyait feux représentants à l'asscimblee législatis Len élections générales curent lieu en juin et fureut cuil - mnt contestées.Quoique la population anglaise ne fut alors on HasCans \u20184 que de nonf à dix mille, cependant soizs membres d'orisiar auglaise furent élus par les Canadicns-Français.C'était une preuve évidente de leur loyauté.J.A, Panet, vieil et éminent avocat de Québec, fut \u201clu cs teur de l'axsomblée par 28 contre Is.Pas un Auglais ne vois pour lui.Le quorutn de la Chambre, après une vive discussion!\u201d d'abord fixé à trente-six membres, y compris l'orateur pr plus tard, pendant la même session, réduit à vingt-aix, pris + Ia avssion wuivante à dix-buit, Dv violents débats eurent lieu à propos dus langues frags et anglaine.M.Richarlson, membre pour 1+ quartier-est du Montres alla jusqu\u2019à proposer que le texte anglais dus statuts serait wth regardé comme texte légal.- Crs débats, qui faillirent rompre ln bonne harmouie qu re nait entre les députés, se terminèrent par l'adoption de rene lutions en vertu desquelles tout acte présenté en langue française devrait être traduit en langue anglaise, ot vice verti Les statuts furent, on conséquence, rédigés dane tos deux langues tes deux toxtes en regard.Le 26 fovrier, le leutenant-gouverneur wdresss Un mmvssaes à lu Chambre, Int recommandant la question de l'éducation , 11 wexistait, & cette époque, que deux colléges duns tout | , Bus-Canuda , celui du Québec et celui de Moutroal.L'éducs- tion n'avait pour échos que quelques curés et instituteurs 69 mades, Les citoyens de Québec prôsentèrent à le chambre une requête exposant que les Jésuites, après l'abolitic 1 de teur ordre par Olément XIV, avaient offert leurs biens pour J'edu 9 AVRIL 1874 _ L'OPINION PU BLIQUE _\u2014\u2014 - \u2014 = \u2014 ; 461 =i | | iA 3 SD i > NN ol SNS I ! | | \\ Here, Te NS = 5 NX ARR 245 i\" WN ae ih! il 4 Ni 0, = 2 5 4 Sees - LL x S rg x= 2% £3 PNT 2 £2 2 a = CE = va En So > We LA wr 7 MATER DULORUSA \u2014D'arubs UNE GRAVCRE PAR Ronsar Trosaiy 0 quam tristis et afflicta Cuine animam gementem Fuit illa henedicta, Contristatam et dolentem Mater Unigeniti.Pertransivit gladius. \u2018 7 - à i i = 5 FT IGF 2 AVRIL, 18 van | a Yi Lali xt 4 i da SEAT + 4; 7 9 \u201cwm H \u201c Na a, a i, see ANT Dass oo.Seulp.# x Le 2 eh vale = & == ah dh i a Fe à \u201cE i oY LE in 1 HE #2 iy BR & A Ÿ > is = 2 = 5 ud TR # y je i = = = i he Hs 3 \\ + ny & je sh ) ve = = = dis Tans i 3e Hs x 224 SH SA pin 2 ES = i # ser 2 Ji .ces fh on Es Se Sk 9 2 ; pi Ta LS i | i i Sa.ca ce A H i 3 i he x Rt Ca | SE 2 =}, 7 | : ji As % # Ny ok ER hy ce i # 5) Bs Lid Ah n qe be © i Jil 4 ee LUM.1 He ox À get 3 H se 7 SE Fe by A 7 0 i 00 oe As i il} il +, 3 + ¥ >> Vas i it oy % sn SN se Re ë S 2 + ww 3 & AN os a.iw \u201cRg i a 2x de DE a A & Ra £ Te plu i 5 ce 3 ie by if I: i ea = ns RITUM M pa i 2 5) en Jin ; TCR dei 2 = f at i ud 5 ee 4 y Jt el) 2 tes RS i ih S a Hy RES ST ge æ# Gow i J XN SE or a i ir 5 RS ee SE =.= # pe rs iW \\ à 4 RT Wi i Û it oe i 7 i ILE, = y s b Ni D » % ÈS = RS 7 4 iid $ ne a = i N es te perd sui 2 ACTE Ë 27 NN NW a 8 ES = I = bus NN a WN AE ass NS , Sia N à ih È S = N \\ A A WN) \\ T= Tes A TB + N AU ! | = Ÿ 5 =: a = < LX A Les 7 7 2 an, oA 020 prets | TU UE 7% GA a ÿ PA SH % 7! HHA 7 H pid = PL 2 > 0 272 = = i 5 i 0% i 55 4 FX HE i fe = = & 2 | 1 na a 4 £ == ERS] ft fn | 2 2% 2 = = See.Ÿ Et 0 Tn wi a è * of i 1% a US Fx er es = 3: À i : hy LA 17 ALY su 0 Gi A 1 ; il fi ÿ 1) I is ni gi = gris 1 oN Su + #4 SE > 3 ~~ X3 & (1 i TR gr LS S HR 7%) 7a 5 5 wl : : x ul ; a a wo id MANUS TUAS C0 i Aes 4 3 ns pid 4 fi Pe - a YE i ce.3 UE = al bs | = hy Ns id = = iY an = À D 2 = od Ti 2 7 ge = = Ë 2 ds + : it À Us a # A Ro SK & ë e fod SE Le & Ke Fa! nu ; RE 7 5 S EE se SA x.ah Zz: 2 At = qe by .& PATER IN br = = + PA Æ © Ws a > ky Se = % 5 fh A a ey ry 2 Z ngs es od : 5! 7 Sh i i == i < i - AE Ÿ 7 a.x 4 , sex sit e { mn.J ; \u2018 z ee 7 ee J = En Eatin sd »™ H a FW, bis = La : w; < -_p RE: A pe re Ne pou y es = i way 3 F7 al A Ÿ TI, i Le as és (Fe RETRO 5 De on Some cs a \u20ac A Wa > 4 bre nt ee > er] => \u2014.A oF + = = > RAO or ara Ed JE $.ss .»-& = Cnn > 7 LA : Ui KY UF.An =x 2 Fe et LL To Cee x 2 >.i 5 EY 3 La De 2 ps] pe si SR = >| Praia LARS _\u2014 re + 2 pin San GY y r Lo or => \u2014\u2014 An Jf ; La Ps EURE > LI J À Je te ÿ TE SA BR \u20ac LA S.ANTA = Cet pr ps = ES i #3 { SREY £2 À Ÿ AE tm a T yr Cot Ms AN A \u2019% £ sesr4 be & es = i Silt Pes eg - AC ' =~ a [oa pe 8x et od RE RAE 3 > è 3° 7e 4 ier % 3 d pit ES X= = , = i 2 ! pe a UE % pry FA => L\u2019OPINION 4 7 + > \u201cA kd pape = ue 4 _ / \" Ly al = 3 a lee] zp rer J IE a 7 | pe + D.> 225 = § 7, = pa 25 3 Le Qu Fee 3 3 E.La i 2 L'ASSEMBLÉE NATIONALE EN FRANCE \u2014UNE SÉANCE 7 x Mn: 1 wm te NS 5 Pte 4 2 _\u2014 DU © Ea er FR © y > » i z x Ps \u20ac PUBLIQUE £9 a az Ll CIS = , ne pes ce wo y 7 => of ve La me 8 gy ym 2 À 7 is 4 i) po = A \u201cnp Za LE du) 5 re Le Td Le Kd 1 \u2014 3s - NA or?4 pre 3 a A a | g S 2 =} > Nh SME Ne | BY 1x ul] HE ~ = a = aa EN A > $ 75 NT n XW ox wip i de \u201c i \u2014\u2014 ès SES Fan | À iN I \"3 - = \u2014 / \u2014 Fo = A 8, % À EEN Ca\" Ree eS, We Sri Se | ro = at 7 lt son wo an FETES 2 FT ES &« Il 2 Avrit.18744 2 \u201d Avr.1874 de la jeunesse, et demandaient on conclusion, qu'ils fuwent appliqués à cotte tin.Ces bivns avaient été confisqués par le gouvernoment anglais ot annexés su domaine de la Couronne quelques nuDÔcs auparavant.La pétition des représentants qui n'était rien autre chose qu'une demande «ü restitution, dovalt naturellement rencontrer beaucoup d'objection do ls part dus Anglais.Aussi vue ardonte discussion eut-elle lieu, Les Canadiens triomphèrent, ut une adresse tut presontdo ay Kol, le priaut d'appropri«r à l'instruction de la jounesse la tiens des Jésuites.Mais ve nu fut qu'après ls mort du Père Caxot, dernier Jé- tite slors en Canada, que cott« demande fut accordée.Plus d'une fois la Chambre eut occasion du fairo preuve de loyauté ot de dévouement À la couronne anglaise.Elle vota d'abord une adresse du remerciomet:ts à Su Majesté le Rot d'Angleterre, à l'occasion de l'o:troi de la constitution meet 1 1 cation Avril 1754, informée pur messszo du lieut -youvorneur, que la France avait, le 7 février deroice, déclaré ls guerre à l'Augleterre, elle reuouvelu sos protestations de loyauté et de fidélité à la couronne anglaise.L'on discuta l'opportanité du reviger los lois de milice, mais rien ne fut conclu à cetto avesion.L'on imposs une taxe sur les vius pour défrayer les tépenses dela législation qui no s'élovèrent qu'à £1302 9s.4d.La Chambre vota £1500.La session fut prorogée lu ÿ mai 1753, {uit bills furent sanctionnés par le lieut -vouverneur.Ainsi xe terusins la première session du premier parlement du Bus-Canada.Elle avait duré quatre mois et vingt-mx jours.Nos pères y défendirent leurs droits avec cette magnanimité, cette lovauté, ce patriotisme pur et césintéressé dus anciens HT.Les mandats étaient aloru gratuits ; l'amoue d- la patrie, avul, anima \u20ac les représentants du peuple, F'ourquoi hélas | comparnut le passé au présent, faut-il s'é- rice avec Racine: © Comment en un plomi: vil, 'or pur s'est.1 changé.\u201d MONUMENT NELSON, A MONTRÉAL La nouvelle de ls mort du héros d'Aboukir et de \u2018l'esfalçar, \u201c\"Trea-Honorable Vice-Amiral Horstio Nelson, Duc de Bronté, yarvint à Montréal, au comtsencemeut de 1507-6, et de suite lus citoyens de cette localité vuvrirent une liste de souserip- tion dans le but de lui élever un monument.Lo 17 Août - 9 eut lieu la cérémonie de la posu de la pierre angulaire du wuvouument qui se Voit à Montréal, ru Notre-Dame, ct sous laquelle on plaçs une plaque de plumb portant l'inscription aui- vaute :\u2014 + In memory of the Right Honorable Admiral Lord Vikeouut Nelson, Duke of Brouté, who terminated his carver of naval Zlury in the memorable battle of T'raïalgar, on the 21st of Uc- tober, 1505, this Monumental Pilar was erected, by # subscription of the inhabitants of Montreal, whereof the Hon, Sit Johnston, Knight sud Baronet, the Hon.James Mouk, chief Justice of Montreal, John Richardson, Johu Ugilvie, aud Louis Chaboillez, Ksquires, were à committee appointed for car- fying it into execution, and the same was epected under the \u2018urection of William Gilmore, stone-cutter and wason, trom de.\u201cLens obtained (rom \u2014Mitchell, an architect in London.sith August, 1809.\" Travccrion.\u2014A Ia mémoire du Très-Honvratle Amiral Lord Vicomte Nelson, Duc de Bronté, qui termina sa carrière de loire navale, à ls métnorable bataille de Trafalgar, le 21 Oe- tobre 1805, cette colonne monutucatale fut élevée par une sous.ription des habitants de Montréal.dont I'Honoruble Nir Johus- tou, chevalier et Baronnet, l'Ilon.James Monk, Juxe en chef le Montréal, John Ris hardson, John Ozilvie et Louis C'haboil- lez, Ecuiers, fo malent an romité nommé pour son «xécution, tla méme fut élevée sous 1a direction de Wiliam Gilmore, taillene de pierres et maçon, d'après des dessins obtenus de \u2014Mitchell, un architecte, à Londres, 17 Août 18vv.Nur un piedestal d= forme quadranzu aire mesurant six pieds \u201c1 demi de largeur et dix pieds et demi de haut ur, sur cha- une dea faces duquel on à incrusté des bas-relicfs, reprèsen tant les principaux faits d'armes du héros d'Aboukir ot de \u2018Trafalgar, s'élève une colona- d'ordre dorique de cinquante birds dv bautour, et cing pieds «de diamètre, sur la quelle on a tlacé la statue de l'Amiral, Cett- statue mesure huit pieds de lauteur ot a Ia face tournée vers ls montagne.Son bras gauche «Nelson à perdu d'autre en combattant pur son pays,) Tepose sur Un tronçon de uit entouré de cordages, de palane, ete.Il porte le costume d'Amiral et les insiznea des divers ordres dont il fut décoré.On prétend que cest daus cette attitude qu\u2019il rut 4 Trafalgar lo coup fatal qui terminé sa brillante car.rigre.(1) Sur la face principale de ce monument sv lit l'inscription i suivante, entourée d'un guirlao le de lauriers : \u2014 In memory of The Right Honorable Admisal Lord Viscount Nelson, .Duke of Bronté, Wi terminated his career of Naval glory in the wemoralile Battle of Trafalgar, On the J1st of October 1505, After inculeatiog by Signal This sentiment, uver to be forgetten by hia Country, * EXGLAND KXPECTS KVERY MAN WILL Do ts DUT: This Monumental Column was erected by the Iuhabitants of Montreal, In the year 1508 | Trabterion.\u2014a ia momoire du ids.Honorable Aruiral Lord Vicomte Nelwou, Duc de Bronté, qui termina sa carrière de lolre Navalo à ls mémorable bataille de Trafalgar, le 31 Octobre 130%, nprès avoir inculqué par un seutiment signalé, à Wêtre jamais oublié par son puys, \u201c I Augl terre s'uttend que \u201chuque Aomme fera son devuur.\u201d Cette colonne monumentale à été élevée par lus habitants de Montréal, l'an 1808.Dans le panneau faisant face au nord, re voit un engagement suval destiné à rappeler la bataille du Nil, tel que l'indique l'inscription qui cst comme suit : « On the first and second days of August 173, Hear Admiral Nir Horatio Nelson, with a British Met of 12 sail of the line sud a ship of 50 guns, defented in Aboukir Bay, 8 French tloet 1 1'habit do NU frungs, \u20ac eu tie l'uoqué mt l'amiral Nelson était revstu à Trafalgar ful vendu \u2019estle Prince Albert, Gru de la Reine Victoria, qui wen (NT reur.Loh Pub dul L'OPINION PUBLIQUE of 13 anil of the line and 4 frigates, without the loss of a British ship.\" Tuaveenion \u2014Le promlier ot Ie second jour d'Aoat 1703, | Contre-Amirsl Sir Horatio Nelson, avec une Hotte Britannique de 12 valssonux de liguo ot un vaisseau de 50 canons, dérouta dans In Baie d'Aboukir, une tlotte Française de 13 vaisseaux de ligne et 4 frôgatos, sans purdre un soul vaisseau Hritanalque, Dans colui de l'ont, lox figures roprésenteat l'entrovue entre Lord Nelson et lo Prince de Dauemark, après l'engagement de Copenhague, l'inscription est comm- suit :\u2014 « The Right Honorable Vice.Admiral Lord Viscount Nelson Duke of Brouté, after having, on the 2nd of April, 180] with; Jo wail of the Line and 2 slips of 50 guus, runk \"taken and destroyed the Danish line, moored for the defence of Copenus- Kon, conslstiug of 5 sail of the line, 11 ship batteries, &c, supported by the Crown and other batteries, displayed equal pre vision and fortitude in the subsequent arrangements and negotiation with the Danivh Government ; whereby the effusion of human blood was wpared, and the claims of hia country established.\u201d : Tuapceriox.\u2014Le \u201cI'réx-Honorable Vice.Amiral Lord Vi.cote Nelson, Duc de Bronté, après avoir, le jour d'Avril Fol, avec 10 vaisseaux de Hgne et 2 vaisseaux de 50 canons coulé bas, pris, et détruit la ligne Danoie, amarrée pour in défense de Copenhague, consistant cn 6 vaisseaux de ligne, 1 i vuisseaux butterivs, & 7, supportés par la Couronne st autres batteries, il dplora une «i égale précision et force «ans les arrangements et négociations subnéquentes avec le gouvernement Vanois, que l'edfustion du sang humain fut Gparguée, ot les prétentions de son pays établies, Daus le panneau !sisant face au sud, se voit an autre combat naval, destiné à perpétuer la bataille du Trafalgar, tel qu\u2019il appert par l'inscription qui se lit ainet :\u2014 = Ou the 21st of October, 1805, tie British fleet of 27 sail of tiie line, commanded by the Right Honorable Lord Viscount Nelson, Duk« of Brouté, atta-ked, off Tratslgar, the combined fleets ot France and Spain, of 33 sail v1 the line, commanded by Admirals Villeneuve and Gravina, when the latter were defeated, with the: toss of 10 gail of the line captured or des troyed.In this memorable action, his country has to lament the luss of her greatest naval hero, but not a single ship.\u201d Thavverios.\u2014Le 21 Utobre 1805, la thitte Britannique de 27 vaisseaux de lisne, commandée par le Tras.lonorable Vicomte Nelson, Duc de Bronté, fut attaquée nu large de Tra.| falgar, par les Hottes combinées de France et d'Esparne, de 23 vaisseaux de ligne, comumnodés par les Awiraux V.l neuve et Gravina, ces derviers fureut \u201céroutés avec !y Vaissru :X du ligne, captures ou détruits, Dans cett- mémorable journée, son puys cut uw déplorer }s perte de son plus grand Li < 1 .val, mais pas va seul vaisseau, Ce monument a voûté près de £1300, e Les hui: pièces at ¢te données par Sir Gordon Drummond, qui à comwauté la troupes au \u2018'anada.Ce monument qu- liutempirie des sai- | sons avait fini par dégrader a été restaurd & neuf.©.wa pu cependant refaire les bas-reliefs, Sur une plate-forme en bois, au pied de la colonue, ou a place, sur des alaes, deux énormes canous russes, pris eu 1815 à Sébästupol.Ces canons ont été duunés à la ville par l'Angleterre JA.Macous VISIFE À UN CENTENAIRE.Jai vu le plaisir de rendre visite, à l'homm> le plus vieux de France, au savant barou du Waldeck, entré le 16 :nars, jour anniversaire du ss naissance, dans s habitus, mais elle est d'une expression ravissante.Une autre gravure represente Une cérémonie pieuse don: tous ceux qui ont visité Romus ont eté témoins et u laquelle ils ont pris part sans doute, l'ascension à genoux dels Santa Scala.Coutume touchiinte a la juelie les l\u2019apes ont attaché de nombreuses indulgences.La grande gravure qui représente le Crucégisment maorite une attention particulière.Mou poe.je remis mon an entre vus nutins, B'écrie le Rétompteur.Le salut «lu monde «late de «tte heure solennelle entre toutes.LE COMITE DES TRENTE, (a sait que l'Asseniblee nationale en France a consti tué une commission de trente de ses membres dans le but «ie surveiller les actes du gouvernemaut dursat la vacance parlementaire.Notre gravure represente uve séunce de celte commission 166 LES RUINES MON COUVENT TRADUIT DE L'ASPAGNOL PAR M.LEON BESSY, (Suite) XXIV, Quelles sont ces lettres ?Que me veut le monde, et qui & pu savoir que je suis encore vivant?Ne leur aije pas dit à tous un dernier adieu, ou du moins ne l'a-t-on pas fait pour moi en envoyant cette lettre que j'aurais certainement anéantie devant la boîte fatale ?Que deman- dent-ils donc de moi?Ne suis-je donc pas déjà un cadavre qui ne réclame que quelques pieds de terre?Non, l'univers entier n\u2019est plus rien pour moi, et je renonce entièrement à tout ce qui pourrait me rappeler le soure- pir de la lumière que j'ai prise en horreur.Je n'ai plus ni amour ni haine, mais seulement de la froideur et de l'indifférence., Je vais mettre en mille pi*ces ces papiers.Aussi bien ils n'ont riens me dire et ne saursient m'inspirer le moindre intérêt.Mieux vaut en ignorer le contenu.Je vais l'ignorer, je l'ignorerai, et je resterai en paix, comme si j'étais déjà enseveli daus le repos de Ia tombe.Quel Fouvoir Invoquerez vous, idées mondaines, pour me tirer de ina léthargie?Aurez vous recours aux images riantes, et les ferez vous voltiger autour de moi comme des z- phirs caressants ?Ellesne vous serviront de rien, car les sombres cavernes que j'ai choisies pour demeure les effraieront et les mettront en fuite.Ferez-vous appel à la colère, aux menaces, et à l'écho terrible qu'éveille partout une parole d'anathème ?Pauvres ennemis de mon repos, VOUS ne savez pas que je suis entouré d'un mur de glace, contre lequel viendront se briser toutes vos fureurs.Espèrez-vous peut-être triompher de moi par les prières, las compassion et la tendresse ?Ah! ignorez-vous que le pouvoir de l'amour expire là où it n'y & plus que de l'é- olgnement pour toutes choses?Déchirons ces lettres.Et je les tirai de dessous mon oreiller.Mais, quand je les eus dans la main, je me demandai s'il n'y avait pas de la faiblesse à reculer devant le premier ennemi qui venait m'attaquer dans ma solitude, et si je ne ferais pas preuve de plus de courage en \u2018ne détruisant les lettres qu'après les avoir lues.Qu'ai-je à craindre après tout ?pensai-je.Rien de ce qu'elles peuveut me dire ne saurait me faire changer de résolution.Voyons-les donc.Il y en a quatre en effet: de qui seront-elles ?J'examinai les timbres, et je vis qu'ils étaient de diverses dates.L'une des lettres avait été mise à la poste le jour même de mon départ, la seconde le lendemain, et les autres les jours suivants.Les adresses étaient aussi de quatre écritures différentes.Ainsi, me dis-je, ils sont quatre qui se sont ligués pour venir ici troubler mon repos.Je restai assez longtemps à regarder les\u2018adresses, cherchant à deviner quel pouvait être l'ennemi qui se cachait À l\u2019intérieur.\u201ces lettres ; mais celui de la quatrième, qui était la seconde par ordre de dates, m'était tout à fait inconnu.Cette circonstance excifa vivement ma curiosité, et je me décidai à rompre les cachets, ne fût-ce que pour voir les dates et les signatures.La première lettre, datée du jour de mon départ.portait ls signature de mon oncle Narcisse.La seconde, dont l'écriture m'était inconoue, était si.£née du nom de ma tante, mais elle avait un pnst-scrip- tum au bas duquel je lus un autre nom : c'était celui du pilote, La troisième était écrite par mon oncle paternel.La quatrième était tout entière de la main d'Adèle.Je ne voulus pas en savoir davantage; d'ailleurs je n'aurais eu en ce moment ni le courage, ni même la force de lire toutes ces lettres.Je les refermai done et les re.plagai «ous mon oreiller; puis, la tête appuyée sur celui- ci, je cherchai à deviner leur contenu.Plusieurs fois je mis la main sous I'oreiller, pour voir si elle n'avaient pas #lissé; car je n'aurais pas voulu qu\u2019elles vinssent à s'égarer, et peut-être à révéler mes secrets à quelque personne étrangére.Et s\u2019il me semblait qu'il en manquait une, je les retirais et les comptais de nouveau.A le fiu je crus que le plus sûrétait de les garter entre mes maius, et de ne les plus quitter que pour les anéantir.Au même moment je pensai que, si ie père Joseph ve- naît, je les lui remettrais.Il les lirait d'abord, et me dirait si leur lecture était ou non dangereuse pour mon re \u2018pos.Mais le père Joseph ne parut pas de toute la journée, et je n'eus d'autres visites que celles d'André et de sa temme qui venaient m'apporter la nourriture dont j'a- vaie besoin.* La nuit é arrivée, lorsqu'un profond silence régna dans toute aison, je résolus de lire les lettres, Mais je n'avais pas pense que, pour cela, j'avais besoin de lu- midre, et je m'aperçus que j'en manquais.La clarté de is lune ne pouvait me venir en aide, car les murs de l'édifice voisin empéchaient encore les rayons de cet astre d'arriver jusqu'à moi.Il me fallait attendre plusieurs heures, et alors même il suffirait de quelques nuages pour frustrer mes espérauces.C'est ainsi que j'en étais venu à souhaiter avec ardeur ce que j'avais dédaigné le matin même.A Ia tin je m'endormis, attendant avec impatience les premiers rayons de l'aurore pour satisfaire ma curiosité.En effet, je m'éveillai au point du jour et je le lus, d's.bord avec assez de peine, les lettres suivantes.Je ne tn'arrêterai pas à décrire les effets que chacune d'elles roduisit sur moi, quand je me croysis à l'abri de toutes Ia impressions qu font battre le cœur.Au même moment peut-être, la lettre que j'avais diotée frappait à la porte de mes bienfaiteurs pour leur causer un violent chagrin; et oux, en revanche, que m'avaient-ils éorit ?rm = Je crus reconnaître le caractère de trois : L'OPINION PUBLIQUE XXv.LB R.P, NARCISSE 4 MANURL.Mercredi 11.En vérité, cher Manuel, cette journée a été pour moi une journée de malheur.Habitué à régler chaque soir | mes comptes avec moi-même et n\u2019ayant pas encore ache- 1 ho ma tâche pour aujourd'hui, je vais le faire dans cette \u2018lettre.Quand je pense que, pendant plusieurs années et jusqu'à ce jour, j'ai été aveuglé, ou plutôt que j'ai eu des yeux pour ne pas voir, ce qui est un double aveuglement.je suis tenté de rayer tous mes comptes passés, et de les résumer en un seul dout le résultst serait, je la crains, | non à la gloire de Dieu, mais à l'avantage d\u2019un autre | que je ne veux pas nommer.Le danger était manifeste, et il n'était pas besoin d'y regarder à deux fois pour le voir.Et cependant je n'ai \u2018rien vu, jusqu'à maintenant où le mal est peut-être sans remède, Ceci, cher Manuel, m'a plongé dans une douleur profonde, en sorte que j'ai dû recourir à mon livre de prédilection.Heureusement je l'ai toujours sous In main, et J'y ai ajouté une table manuscrite qui m'indiqua les passages que j'ai à lire dwns mes ditf'rents besoins.Pour moi c'est le meilleur dex livres, parce que c'est celui qui offre le plus de consolations.Je l'ai donc ouvert au chapitre qui enseigne comment on doit invoquer Dieu aux spproches de la tribulation.\u2018Je me sens maintenant dans ls peine, et mon cœur est déchiré.le suis tourmenté par les maux qui me pressent : et dans une telle angoisse, que dirais-je ?Sri- yneur, que votre volonté zoit faite: jai bien mérité ces afflictions et ces peines ; il est donc juste que je anutfre : qu'il vous plaise, à mon Dieu, que ce soit avec patience.en attendant que l'orage passe et que le calme renaisse l Assurément Kempis connaissait trés-bien le cœur humain, lui qui sait si admirablement guérir ses plries et soulager ses douleurs.Mais je t'entends me dire qu'il n'est pas bien prouvé : si le livre en question a été écrit par Kempis où par (ier.| son.Pour moi c'est ll même chose.Peut-être l'auteur | s'appelait-il Kempis du nom de son père, et Gerson de \u2018 céluide samère.Tu ris de ma solution: mas, selon moi, le seul point qu'il importe d'établir, c'est si ses ancêtres les plus reculés s'appelaient Adam el Eve; car c'est un grand honneur pour la famille humaine, que l\u2019un | des nôtres ait pu écrire un tel livre.les lignes que j'ai citées m'ont tranquillisé.et m'ont ! fait comprendre que souvent 1l dépend de nous d'éloi- : guer Ia tempête et de recouvrer le calme.Et la raison en est très-simple; car si le calme doit auccéder À l'orage.comme nulle tourmente n\u2019est éternelle excepté celle : dont In seule 1dèe nous fait frémir, il est évident que la | patience doit être le vrai moyen des dissiper les nuages .et de faire renaître la sérénité.Une fois la résolution prise de pratiquer la patience, j'ai vu plus elair en toutes choses; c'est pourquoi j'ai aussitôt formé un plan dont tu auras plus tard connais- , sance, si, comme je l'espère, il n'est pas entravé par des ! obstacles insurmontables, et si tu obéis de tout point à celui qui t'aime de la plus tendre affection.Maintenant je reviens à mon livre, mais, cette fois, | ; c'est à ton intention.i |\u201c Mon tils, tu ne peux jouir d'une liberté parfaite si tu ! ne te renonces entièrement toi-même.Retiens bien cette courte et importante maxime: Abandonne fout, et tu trou | veras fout.Kenonce au désir, et tu trouveras le repos, - Ne compte pas sur la disposition présente «le ton cœur, | | ear elle se changera bientôt en une autre.Tant que tu : Vivras, tu seras, malgré toi, sujet au changement.Ainsi, lqueiquefois studieux, et quelquefois nonchalant ; quelquefois appesnati, et d'autres fois agile.Veux-tu devenir riche?-fe te conseille d'acheter l'or éprouré au feu dont parle l'A pocalypse.\u201d Dis-moi maintenant ai l\u2019auteur de ce livre ne te connaissait pas parfaitement, quoiqu'il soit mort depuis des siècles?Ex si cette preuve ne te suffit pas, écoute un autre passage : « Va où tu voudras, cherche tout ce qu'il te plaira, dise et arrange tout selon tes désirs, 3 faudra toujours, n gré, mai gré, que tu souffres quelque chose.0u tu sentiras de la douleur dans tou corps, ou tu éprouveras de l'aifliction dans ton âme ;.tantôt le prochain te fera souffrir, tantôt Lu seras à charge à toi-même, et il n'y aura ni remède ni consolation qui puisse te soulager.car Dieu veut que tu apprennes à souffrir sans consola- .Eléve toi, abaisse toi; en toi, hors de toi, tu trouveras toujours ls croix, et partout il faudra que tu prennes patience, si tu veux jouir de Ia paix intérieure.\u201d Tu le vois.cher Manuel, notre auteur, qu'il s'appelle Gerson ou Kempis, savait que ton mal et le mien se correspondent et ont besoin du même remède.Cet homme est vraiment un grand médecin.Sans lui j'aurais commencé cette lettre par des reproches, et peut-être n'aurais-je fait qu'aggraver le mal dont tu soutfres.Mais, comme je l'ai consulté d'abord, il m'a sppris que ton état est pire que le mien, parce que je n'éprouve que par contre-coup les peines dont tu as reçu la première st- teinte.Et si je sens le besoin d'être consolé, ce besoin est cent fois plus pressant pour toi; si la tempête qui vient de m'assaillir a duré une heure, la tienne durera plusieurs jours; et s'il m'a sufB8 d'un peu de patience pour me remettre, il te faudra en faire pour qualque temps une ample provision.Tu seras convaincu, j'espère, \u2014et en cela tu ne fersa que me rendre justice.\u2014que s'il était en mon pouvoir de changer sur.le.champ ton sort, la chose serait déjà faite.Mais je ne possède pas de baguette magique: et puisque notre commun médecin te di\u2019 que, partout où tu iras, tu rencontreras des épreuves et des douleurs.quand même j'aurais cette baguette.je ne pourrais certainement faire pour tot plus qu'il ne dit, car ses paroles ont Is vertu de bjouer tous les charmes, et n'admettent d'autres en.tu te sentiras tantôt dans la joie, et tantôt dans ls tris- | tesse ; tantôt daas ls paix, et tantôt dans le trouble ; ; tenant qu'il en est dix, ne pouvant me figurer que tu ot \u2014N A done le projet que j'ai conçu ak que je vais mettra au plus tt à ex ution, Je ne puis faire autre chose que de te plaindre si tu refuses de prendre mon remade, of d'éprouver pour toi le double de la pitié et de I'affaction que j'ai maintenant, si, après l'avoir pris, tu désespères encore «e ta guérison.; Tu as besoin de te recueillir pendant quelques jours en toi-même; mais tu ne peux le faire ni par les chemins, ni dans une auberge, ni dans la ville où J'adresxe cette lettre, Le lieu le plus convenable pour cela est celui que je vais tindiquer.A ; ; Sars de la ville, et à une lieue de distance, en suivant les montagnes qui l'entourent et qui forme une chaine inégale, tu arriveras à la plus haute, du sommet de ln.quelle tu jouiras de la plus agréable perspective; car de là tu découvriras de vastes plaines, et les Autres mon tagnes te paraitront comme descollines.De ce point tu verras aussi la ville, et, au-delà de celle-ci, une vaste éteq \u2018lue de mer.Tout ce tableau te réjouirs : mais ce qui te fera plus de plaisir encore, ce sera d'apercevoir, à gauche, sur le penchant d'une chaîne qui se rattache à cette montagne, un édifice à la fois vaste et modeste, solidement construit, mais dépourva de tous les ornements ext« rieurs qui attirent la curiosité des passants.Après avoir souné à ln porte, tu demanderss le père Ambroise, et tu lui diras, en te nommant, que tu viens le vou de la part d'un de ses anciens coudisciples.Tu lui baiseras jes mains (je puis t'assurer que ce sont des mains qui out ré paudu bevacoup de bienfaits), et tu lui demanderss de faire sous sa conduite huit jours d'exercices spirituels.T'a emploieras ce tam;+ à implorer Celui qui est la source de toute lunuère, afin qu'il éclaire ton Ame et te tasse connaître ta vraie voestion.Car, À parler franchement.M muel, pour faire un avocat, quoi qu'en dire ton oncle François, je te trouve le caractère tn peu sombre.N crois png pour cela que je veuille te pousser à une autre carrière: car, en vérité, je ne vois pas quelle serait celle que je pourrais te couseiiler.Comme marin, tu serais plusattentif aux étoiles qu'aux écueils.Pour d'autre emplois, t+ disposition à t shsorber en toi-même pourrait te devenir funeste.Je ne te vois pas non plus d'aptitude pour le mariage : cw, dans le cis méme où tu trouverais une bonne ot vertueuse heriticre, ta melancolie habituelle te rendrait malhaureux, et tous les tiens avec toi, Peut être pourrais-tu devemr un bon peintre.si ton penchant excessif à la contemplition ne te rendait indolent.De toute manière.je te repête qua j'essaierais en vain de te conseiller, et des lors que je suis convainou «le moa inu tihté, je te recommande de nouvenu ls démarche en ques tion : car tu trouveras à coup sûr dans cette maison de< morèles de la patience qui t'est nécesssire.Par cons queat tu y trouveras de tons conseils, et, entin, les lu mières dont tu as besoin pour faire choix d'u état.Du reste, je ne te propose rien que je n'aie fait moi-même.A 2 Avr 1874 ; ton âge, J'ai éte aussi là, et j'en suis sorti ce que je suis Maintenant: un néant convaincu da son néant.La mon tagne s'ay pelle le fihidaho.La maison eat le couvent de Saint Jérome.Quand tu y seras resté quelque temps, éc-is-mos tout au long, et dis-moi sans etude tout ce que tu penses.Reçoi- la bénédiction «le ton oncle N'ARCISSE XXXVI.MARIR ET LE PILOTE A MANUEL.Jeudi 12, 10 heures du matin.Mon cher neveu, (Cet exorde est de celle qui dicte, car moi qui écris, 1e t'appelle cousin ou plutôt frère.) C'est à quatre heures du matin que tues parti, et main absent, je t'ai prépare ton déjeuner comme de coutume, et je t'A1 même appelé deux fois, avant de me souvenir que quelqu un manquait À la maison.Alors est arrive mou futur gendre.qui a dit qu\u2019il te remplacerait: en von sequence de quoi il à pris tou déjeuner.Cette opération achevée, j'ai pensé que tu aurais grand plaisir de savoir de nos nouvalles à ton arrivée dans la ville: et mon gendre se prétant à me servir de secrétaire, voilà com ment il se fait que je suis en train de dicter cette lettre et lui de l'écrire.Et d'abord, je n'auruis jamais cru que ton départ laisse rait tant de vide parmi nous.Depuis que tu es part personne ici n'ouvre plus la bouche.François se promène sans cesse de sa chambre au jardin et du jardin à
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