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Titre :
Le Monde illustré
Prenant la relève de L'Opinion publique (1870-1883), Le Monde illustré occupe une place importante dans la vie intellectuelle du Québec au tournant du xxe siècle. En 1902, il devient l'Album universel. [...]

Le 10 mai 1884, le réputé typographe et imprimeur Trefflé Berthiaume, en collaboration avec Napoléon Sabourin, lance Le Monde illustré. Il souhaite répondre à la demande d`un lectorat francophone à la recherche de journaux plus policés, mieux rédigés et faisant appel aux nouveautés techniques pour leurs illustrations.

Le Monde illustré constitue une source unique pour l`appréciation de l`art de l`illustration québécoise au tournant du xxe siècle; gravures, dessins et photographies y sont reproduits selon un procédé de phototypie breveté.

Bien que l`hebdomadaire publie des photographies pour la première fois en 1888, la place accordée aux dessins y demeure prépondérante. Grâce au concours des meilleurs artistes canadiens, ceux-ci sont empreints d`un réalisme indéniable. Ils se composent de scènes urbaines et villageoises, de paysages et de portraits de personnages influents. Avec une contribution s`élevant à 237 dessins, l`illustrateur Edmond-Joseph Massicotte est particulièrement prolifique au sein du journal.

Ses objectifs sont fidèles à ceux de son prédécesseur. Composé aux deux tiers de textes littéraires, l`hebdomadaire se définit d`abord comme un journal visant l`affermissement de la littérature québécoise. Il cible l`intellectuel canadien-français et désire contribuer au développement du bon goût par l`initiation aux arts et aux sciences.

Léon Dieu, directeur de la populaire chronique « Entre nous » de 1884 à 1898, et Jules Saint-Elme (pseudonyme : Amédée Denault), directeur du journal de 1892 à 1895, invitent les plus importants auteurs de l`époque à leur soumettre des textes. Le public découvre ainsi les écrits des Régis Roy, Édouard-Zotique Massicotte, Mathias Filion, Firmin Picard, Benjamin Sulte, Louis Fréchette et Albert Ferland.

Une grande place est également accordée à la reproduction de romans-feuilletons. Occupant généralement deux pages du journal, ceux-ci participent au développement du goût littéraire ainsi qu`à la démocratisation de la lecture du roman populaire dans la francophonie canadienne de la seconde moitié du xixe siècle. Richement illustrés, ils portent la signature des plus grands auteurs français tels Jules Verne, Jules Mary, Paul Féval, Zénaïde Fleuriot et Xavier de Montépin.

Précurseur de la presse illustrée du xxe siècle, l`hebdomadaire propose un contenu fort varié. Les numéros se composent d`actualités, de poèmes, d`articles scientifiques, d`une chronique variété, de biographies, d`annonces, de jeux de société, de chroniques mode, de recettes et de conseils culinaires.

En 1902, afin de s`adapter à une société changeante et de plaire à un plus large public, Le Monde illustré adopte le nom d`Album universel. Avec ce titre dit « de tous les pays et de toutes les branches du savoir humain », l`hebdomadaire désire satisfaire la légitime curiosité des lecteurs faisant partie des nouvelles classes sociales issues de l`extension du suffrage, de l`organisation ouvrière et de la démocratisation de l`éducation et des sports.

Voir aussi :

L`Opinion publique

Album universel

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l`Université Laval, 1973, vol. 3, p. 95-96.

BOIVIN, Aurélien, « Les périodiques et la diffusion du conte québécois au xixe siècle », Études françaises, vol. 12, n°s 1-2, 1976, p. 91-102.

« Denault, Joseph-Marie-Amédée », Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

LEMIRE, Maurice, La vie littéraire au Québec, Sainte-Foy, Presses de l`Université Laval, vol. 4, 1991.

MICHON, Jacques, Histoire de l`édition littéraire au Québec au xxe siècle, Saint-Laurent, Fides, vol. 1, 1999.

« Trefflé Berthiaume», Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

Éditeur :
  • Montréal :Berthiaume et Sabourin,1884-1902
Contenu spécifique :
samedi 29 décembre 1888
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Journal du dimanche,
  • Successeur :
  • Album universel
Lien :

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Références

Le Monde illustré, 1888-12-29, Collections de BAnQ.

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[" | LE MONDE ILLUSTRE ABONNEMENTS: Bacs ANNÉE, N° 243\u2014SAMEDI, 29 DECEMBRE 1888 ANNONCES: 00 - - - - Six Mois, $1.50 La ligne, insertion + .< - 1 0e aire Mois, 81.00, payable d'avance BERTHIAUME & SABOURIN PROPRIETAIRES rates 00e 2e Vendu dans les depôts - - 5 cents la copie BUREAUX, 30 RUE ST-GABRIEL, MONTREAL.Tarif special pour annonces à long terme A | if \\ + ; i H | yi ; i À A A fin ig or RAL 1 SAA | j A - NN Th LR WY Wim Fu Ji I sn LE Sg ER I a +2 ON AP CALE BRT ae 1889.\u2014 LA DEBUTANTE «= ae rl Taxa ; Entre-N: 274 LE MONDE ILLUSTRE Te LE MONDE ILLUSTRE MONTRÉAL, 29 DÉCEMBRE 1888 SOMMAIRE par Léon Ledieu, \u20141889 : Le débutante .\"\"4\u2014-Poésie : Que disait-clle J.W, Poitras.\u2014Les enfants 24 dans les bn Xavier Marmier.\u2014Poéaie : La nuit de 7 Noël, par J.B.Cavuett.\u2014Cueillette et Glanures, par \u2018Gas Jules de Saint-Klm.\u2014Ma chambrette, par Frédérie.\u2014 La ecience amusante.\u2014A Bébé, Mirl'on.\u2014 Récréation de la famille.\u2014Conuaissances utiles.\u2014Usages et coutumes.@E-\u2014Feuilleton : Guet-Apens.Gravures : 1839 jLa débutante.\u2014Les futures maîtresses de la Maison Blanche aux Etats-Unis : Matame Benjamin Harrisson ; Madame J.R.McKee, fille du général Harrisson.\u2014Lettre à une absente.\u2014Gravure du feuilleton, Primes Mensuelles du \u201cMonde Hlustré\u201d Ire Prime .- - - $50 Ime \u201c .28 Sme % - .15 éme * .° 10 Smee © .- .° 5 Ame \u201c .- ° 6 Tme \u201c - .- - 8 8me « - .2 86 Primes, à $1 .- .86 94 Primes 8200 Le tirage se fait cheque mois, dans une salle publique, par trois personnes choisies par l'assemblée.Aucune prime ne sera payée après les 30 jours qui suivront le tirage de chaque mois.NOS PRIMES OINQUANTE-SEPTIÈME TIRAGB Le cinquante-septième tirage des primes mensuelles du Monpz ILLUSTRÉ (numéros de Décembre), aura lieu SAMEDI, le 5 JANVIER, à 8 heures du soir, dans la salle de l'UNION ST- JOSEPH, coin des rues Ste-Catherine et Ste-Eli- sabeth, .2 * Le public est instamment invité à y assister.Entrée libre.Errata.\u2014Dans notre dernier rapport de la liste des ants des primes du mois de novembre, tire Dolphis Marsan, au lien de Dolphis Masson, qui a gagné la prime de $50.00.tO - \"DY nière causerie, nous avons attendu en France pendant plusieurs semaines, le départ du vapeur qui devait ramener en Canada, les cinq derniers membres de la Presse Associée de la Province de Québec.Pendant que notre navire se promenait dans le mer du Nord, notre imagination ne restait pas inactive, et nous éprouvions un certain plaisir à fixer à notre retour une date précise qui devait être pour nous une double fête.Tout d'abord, nous avions supposé que nous serions au pays dans la dernière décade du mois de novembre.\u2014Qui o'est bien cela, disait I'un, nous arriverons le 25, à la Sainte-Catheriné, nous passerons notre soirée en famille, et nous revivrons au contact des bonnes amitiés que nous avons laissées là-bas.: ; , \u2014Nous mangerons cette excellente tire qu'on ne voit faire que ches nous, ajoutait un gour- les souvenirs se déroulaient pendant que, silencieux, nous nous rappellions les joies passées Re INSI que je vous l\u2019ai dit dans ma der- $ quan seul mot venait 7d'év quer Mans notre esprit.ce beau jour de Sainte-Catherine, nous l'avons passé en mer; nous avions vent debout, la mer commençait à e'agiter, les dernières côtes d'Au- gleterre, les îles Scilly venaient de disparaître dans les brumes de la Manche, et nous avancions dans un oorcle d'eau dont la circonférence touchait partout aux nuées pleines d'orages, *,* Voyant qu\u2019il fallait renoncer aux gaîtés de la fête de cette patronne aimée des joanes fllos, nous nous sommes rabattus sur Saint-Nicolas, ce bon saint aimé du pouple, des travailleurs, des marchands, des marine, ce bon saint qui aime tant les enfants.bien sages.Comme nous avons été autrefois \u2014 il y a bien longtemne, trop longtemps \u2014 des enfants très sages, nous avions tous gardé un bon souvenir de ce saint protecteur, et nous nous permettions bien de chômer sa fête.C'est encore en mer que nous avons vu se le ver l'aurore, le 6 décembre ! et quand je dis l\u2019aurore, je vous prie de croire que c\u2019est une figure des plus déplacées, car, ce jour-là, ls charmante avant-courrière du soleil fit une telle grasse matinée, que Phébus ne put se résoudre non plus à sortir de son lit.Nous avions quitté Terre-Neuve, et une nouvelle tempête nous faisait danser.Le soir, nous étions réunis dans le fumoir, situé sur le pont, quand Faucher entra tout à coup, l'air sombre et l\u2019æil plein de tristesse : \u2014 Messieurs, dit-il d'une voix creuse, nous voici dans les parages de l'île de Sable\u2026 ce cimetière de l'Atlantique.1 Et, après avoir prononcé ces mots d\u2019une gaité douteuse, il rejeta sur son épaule gauche le pan de son grand manteau et s\u2019en fut\u2026 se coucher.Cette apparition, ce discours, cet air funèbre, tout cela jeta un froid dans notre réunion, et les paroles devinrent plus rares, pendant que les paquets de mer se succédaient sur le pont et me- nagaient de nous enlever, afin de donner de nouveaux cadavres au fossoyeur de l'Île de Sable.Le jour de Saint-Nicholas ne fut pas gai, non plus, comme vous le voyez.#4, \u2014Mes issiens, mes chers amis de Gaspé, soupirait le bon Abbé Van de Moortel, je ne les verrai donc pas le jour de l\u2019Immaculée Conception.J'avais cependant un beau sermon A leur faire.Et, en parlant ainsi, il disait certainement bien vrai, car le curé de Gaspé, qui a 6tudié ches les Jésuites pendant plus de vingt ans, est un des prêtres les plus éloquents que j'ai entendus.Le 8 décembre, nous étions encore ballottés *ur les vagues, mais, cette fois, en vue d'Halifax, terme de notre voyage maritime, Notre aumônier est peut-être arrivé dans sa paroisse pour célébrer la messe de l'aurore, si non celle de minuit, car la route est longue, et comme le service des bateaux à vapeur cet terminé pour la saison, il a en plus de deux cents milles à faire en traîneau par des chemins impossibles.Enfin, nous aussi, après avoir passé par plusieurs climats ( au Hâvre les crysanthèmes étaient en fleurs dans les jardins publics, à Terreneuve la température était assez douce, et à Halifax le froid commençait à piquer, pendant qu\u2019on gelait à Québec) nous avons pu passer le jour de Noël en famille et nos maux ont pris fin, malgré la compagnie Bossière et les fareurs d'Eole, *,* Désaulniers, qui a bien voulu me remplacer pendant mon absence, me semble avoir pris en mon nom un engagement qu'il me sera peut- être difficile de remplir d'une manière convenable, à savoir que je férai aux lectears du MoNpe ILLUSTRÉ un récit des observations que j'ai pu faire pendaut mon voyage en Europe.Peut-être, en effet, si cela ne vous ennuyait pas trop, vous raconterai-je certains épisodes de cette courte odyssée, mais, pour le moment, je m'en tiendrai à vous faire part de certaines réflexions que peuvent m'inspirer les événements récents et qui vous intéressent plus spécialement.En parcourant les journaux parus depuis quatre mois, je vois qu'au Canada comme en France, on s'est beaucoup Voccupé de trois hommes qui ont cherché ou cherchent encore à immortaliser leur nom par des moyens divers, A Montréal, à Parvis, à Québec et à Londres, on n'a parlé, en effet, pendant longtemps, que \u201c Jacques l'éventreur,\u201d du général Boulanger et de Prado, Le premier, le tueur de femmes, jetto toujours la terreur dans Londres, continue à dépister les recherches de la police, des agents secrets et des citoyens, et le désarroi est tel que le chef de police de la capitule anglaise, un général, rien que ou à donné ia langue aux chiens et.8a démission, Cet échec humilie singulidrement les cockneys qui ont peine & croire que leurs détectives solent infériours A coux dos autres nations, que leurs pickpockets seuls aient une supériorité incontestable.L'assassin de Londres semble même parfois avoir le don d'abiquité, car des lettres signeés de son nom sont regues chaque semaine par es chefs de police de villes situées très loin les unes dos autres.Le colonel Hughes, de Montréal, a regu également une missive de ce genre, mais, renseignements pris, on & reconnu qu\u2019elle était l\u2019œuvre d'un mauvais farceur, ayant plus do wiskey dans l\u2019estomao que de juxement dans la tête.*,* Comme tant d'autres curieux je suis allé à la cour d'assises de Paris, afin de voir Prado, ainsi que ses complices et une partie de ses victimes, La physionomie de ce singulier coquin, dont la \"tête a été promise au bourreau, ne répondait nullement à l\u2019idée que jo me faisais d\u2019an criminel de son espèce ot vraiment, vous et moi, nous lui aurions serré la main, s\u2019il nous avait été présenté, nous félicitant de faire Ia connaissance d'un homme aussi intelligent et de mine aussi affable.Et ceci me remet en mémoire l'aventure d\u2019un avocat célèbre de Paris : Il avait été choisi par la Cour pour défendre un individu accusé de meurtre et il avait accepté cette tâche avec beaucoup de répaguance après avoir eu une entrevue avec son client de ha- Cet homme avait en effet tout ce qu'il fallait ur inepirer l'antipathie ls plus profondo D'une aideur ropoussante, ce misérable, au front bas et fuyant, à la bouche tmrdue par un tic de naissance, au regard louche et à l'aspect brutal, ne \u2018répondait que par monosyllabes aux questions de son avocat qui ne put en rien tirer que des mots très obscurs.Presque toujours il semblait indifférent à son sort et paraissait peu se soucier qu\u2019on lui coupét la tête ou non.La plaidoirie de son défenseur se ressentit beaucoup de l'attitude de l'accusé, car, ainsi qu'il l'a dit plus tard, le brillant orateur fut ce jour-là très inférieur à sa réputation, mais ses auditeurs l'excusèrent facilement La cuuso était en effot rdue d'avance, et cetto tête de démon devait ien être celle d\u2019un coupable, Le verdict fut uffirmatif sur toutes les questions et muet sur les circons\u2018ances atténuantes, Résultat : condamnation à mort.On ramens lo malhoureux dans sa cellule et on le garda à vuo on attendant l'heure do l'exé- oution.Les jours s'écoulèrent et personne ne s\u2019intéressait plus au condamné quand, un bcau matin, on apprit avec étonnement qu\u2019un autre individu, le frère du pauvre diable con:lamné à l'échafaud, venait do déclarer qu'il était seul coupable.Ce qu\u2019il y avait de plus surprenant et de plus étrange dans cette affaire, c'est que l'homme qui venait avouer ainsi sa culpabilité offrait au physique le contraste le plus parfait avec le premier accusé, et que sa physionomie était aussi sympathique que colle de l'autre était ropoussante.n second procès eut lieu et l\u2019on apprit alors ue l'ôtre informe, laid, horrible, hidoux, était le dévouement personnifié, et qu\u2019il préférait mourir plutôt que de dénoncer le frère qu\u2019il aimait quand même, malgré le crime dont colui-ci s'était rendu coupable.Allez donc vous en rapporter maintenant aux traits d\u2019un homme pour le juger, et comment voulez-vous que l'on prouve au sérieux cette maxime de Vauvenargues que je relisas hier : La physionomie est l'expression du caractère et celle du tempérament, Prado a une tête de parfait honnête homme, et cependant c'est un assassin.*,* Avant mon départ, je me figurais qu'on était, à coup sûr, bien meilleure là-bas qu'ici, mais jo me suis apergu, au bout de quelques jours ue nos cousins de France avaient leurs petits éfauts tout comme nous.J'ai constaté que, là aussi, les gros poissons mangent les petits et que, s'il y a dea malheu reux, c\u2019est malgré eux, comme dit la chanson.Je puie ajouter qu'après avoir vu Prado, lu les horreurs de Whitechapel, écouté les boulangistes et entendu les doléances des marchands, des industriels, des cultivateurs, des légitimistes, des radicaux, des orléaniates, des républicains, des bonapartistes, des travailleurs, des paresseux, dos gens de lettres, des artistes, des décadents, des riches, des pauvres, des malveillants ot de beaucoup d'autres encore, j'en ai conclu que l\u2019honnêteté était rure en ce moment, que l'homme heureux est encore à naître et que cette conclusion n'était même pas uno découverte de ma part.Que «i l\u2019on me demande quel pays je préfère, je répondrai que mon rêve ccrait de passer l'hiver en France et l\u2019été au Canada, et que, pour me rendre d'un pays à l\u2019autre, jo prendrai une ligne dont les navires partent sérieusement à date fixe.*,* Quant au général Boulanger, j'ai écouté ce qu'on disait de lui et les airs sont ainsi divi- uée.- Le général, disent les uns, n'a pus de passé militaire, et on lo considère dans l'armée comme très inférieur à tous les autres généraux de divi sion.Quant à la revanche, nous lu voulons autant que lui, mais mieux que lui, c\u2019est-à-dire de tra nière à être + Ârs de la réusrito.Comme homme, il a fait ses preuves, en ce sens qu'il s'est montré sous un jour déplorable dans ses rapports avec le duc d'Aumale qu'il a flatté longtemps et qu'il a fait expulrer plus tard.Comme citoyen, il ne cherche qu'à faire du tapago et à arquérir uno popularité de mauvais aloi, et comme homme d'intérieur vous avez vu qu\u2019il n\u2019est pas un modèle à donner aux familles, puiequ'il a cherché à divorcer dernièrement.Somme toute : soldat des plus ordinaire, citoyen dangoreux et mauvais mari.Le général ! protestent les autres, est le seul ministre de la guorre sérieux que nous ayons eu depuis vingt ans.C\u2019est lui qui a donné confiance à l\u2019armée, qui lui a fait faire des progrès incroyables, c'est l'homme de l'avenir, de la revanche, de la délivrance de l'Alsace et de la Lorraine.C'est le citoyen intègre qui veut chasser les incapables qui sont au pouvoir, il sera notre sauveur | Et parmi ses plus chauds partisans, il faut eur- tout entendre notre ami Foursin-Escandre, que beaucoup d'entre vous connnaissent puisqu'il était déjà venu huit ou dix fois au Canada.\u2014Mon cher, me dirait-il un soir, en terminant une longue dissertation sur les affaires de France, nous ne manquons certes pas d'hommes dans notre beau pays, mais je n'en vois qu'un qui ait aseez de nerf pour nous conduire sur les bords du Rhin, avec des chances de succès.Aujourd'hui les Frangais se départissent en deux classes : nos amis et les autres.\u2014Qui cela, les autres, lui dis-je ?\u2014Les autres ?\u2026 hum!\u2026 les malveillants ! ! ! Il est difficile de trouver des opinions plus diamétralement opposées, et si vous voulez savoir de quel côté je me rangerais si j'étais forcé de faire un choix, je crois bien que je serai peut- être légèrement malveillant.*,* Pour nous, qui sommes assez heureux pour n'avoir pas besoin de songer à la guerre, puisque nous n'avons pas d'ennemis, tous nos vœux sont pour que le grand duel prochain se termine à l'avantage de notre mère-patrie et pour qu'elle jouisse enfin du calme ot de la paix qui règnent dans la Nouvelle-France, 1 eat probable que le jour du combat ap- LE MONDE ILLUSTRH proche, et je crois que l\u2019année qui va commencer verra la solution du grand problème.En attendant, je vous souhaite bon an et bon jour.> oi x 4 - o 1889 : LA DÉRUTANTE (Voir gravure) f) 'KAT à ce vienx théâtre, où déjà tant d\u2019actrices ont p passé, ue les savants, pour eu supputer les nombres, se querellent sur des milliers.A Si vieux, ce théâtre | Nul n'en connaît le fonda- sSrez® teur ; et les spectateurs en malins ont même fini par + dire que c\u2019est uu théâtre qui s'est fait tout seul., La direction sussl est mystérieuse.A peine on aperçoit, sorti de la coulisse, je ne unis quel régisseur sans Âge, auquel, de siècle en siècle, les spectateurs ont (trouvé une \u201d re de vieillard.Il passe, indifférent en apparence à ls scène et à la salle, présentant chaque actrice au public ; puis les fauchant hâtivement, tour à tour, sur les planches : les lus sifflées ou les plus acclamées, peu lui importe ! 11 renvoie, là-haut, à l\u2019iuvisible directioe\u2014sans que personne sache wi elles y purvieunent lex plaintes d'un public rans cesse renouvelé.Uar le public se plaint \u2018oujours.Pourtant, que de transformations stir la scène, heureuses souvent ; combien de bouleversements, quelquefois inutiles ! Maix, chose étrauge ! à mesure que l\u2019installation générale devient plus confortable, luxueuse même \u2014 le progrès des sciences ayant permis de réaliser des merveilles \u2014 ce public mieux assis s'ittéresse et s'amuse moins, et médit davautage de la direction oculte qu'il veut enfin saisir et rendre responsable.Ce sont de grands cris, quasi féroces, parmi les hautes galeries : \u2018* Ils n\u2019entendent point, \u201d\u201d \u201c ils ne voient point.\u201d\u2019 Ils menacent sanscesse d\u2019envahir et de briser les loges, Eu vérité, depuis que le théâtre est théâtre, les spectateurs se sont battus moins pour le spectacle foe pour les places.Hélas ! et plans les loges, c'est là, c'est 1a qu'on baille derrière les éven- ils.Cependant, tout a êté joué sur la scène : les naïfs mystères, les «drutnes de sang, les navrants mélodrames, la comedie\u2014et la moeilleure\u2014les farces grossières, les saynètes académiques.Que de rires | que de larmes ! des sourires, aussi, de spectateurs plus fins et de seciètes émotions d'êtres sensibles qui font les sceptiques ?Jadis, le publie plus simple s\u2019émerveillait très volontiers.Son imagination audait beaucoup à la mise en scène : un bruissement sous les planches, il enterdait les nymphes sortir des ondes ; un éclair dans les frises, 11 voyait les angen descendre du ciel, Le public d'aujourd'hui est devenu savant et critique : pédant, pour tout dire.Il examine avec des lorgnettes prrfectionnées les dessous des objets : il prétend connaître au commencement le mot de la fin, et, par une contradiction de sa nature et a cause de son ignorance Ses choses, il gémit de ne plus goûter le plaisir après qu\u2019il a détruit l'illusion.Autrefois aussi, c'était de mode d\u2019applaudir les actrices.L'étoile vieilhe, abandonnant ia scène, on la fét-it avec melan- cotie.Et le dernier soir de décembre, qui était sa representation d'adieu, au souvenir de ses rôles divers, quel spectateur n\u2019avait la voix émue en fredounant les refraius, guis ou tristes.demain «dejà des nframs d\u2019antan 1 Maintenant, sans un ra el, sans ul bravo ! une actrice remplace I'autre.¢¢ Celle- etait vicille, murmurent les vieux spectateurs ; et celle-ci ?Aucun charme, nulle passion ! On n'entend plus leur voix.elles ne savent plus dire.\u201d Et ies jeunes spectateurs\u2014oh ! tristesse !\u2014 railleut dans toutes les deux le passé et le souve- air, ia beauté et l'amour.lle est Ja, la debutante.Les fabuleux échos de is moderne réclame l'ont, en grand tintamarre, anuoncée ; et dans les journaux, sur les affiches, aux vitres des ma sis, c\u2019est son chiffre qui est en vedette.Méme daus les familles et jusqu'auprès du plus pauvre foyer, on s\u2019entretient de son début.Déjà, sous les portes cochères, au coin des rues, les pauvres vous de- maudent l\u2019aumône en son tom.; ; Spectateurs, ue pourriez-vous pas lui faire credit d'un peu d'euthousiasme $ Car, enfin, vous, spectateurs moroses, est-ce que vous croyez que le théâtre manque de richesses pour la tuise eu scène future Ÿ K ez, regardez les vieux deccre, ceux de la créution du théâtre, ceux qui furent faits duraut les six jours : ces fouds d'arbres, ces mera bleuvs, ces ciels d\u2019aube et de crépueculr, cette viige de la nuit aux williards de lueurs loiutuines, vieux décors toujours neufs, rafraichis et renouvelés par une éternelle main d'artiste, Et vous, spectateurs craiutifs, ce qui vous gâte d'avance le spectacle et l'actrice, serait-ce ces cris pu rtis quelquefois de-ci, e-1a : * Le théâtre craque !\u201d\u201d\u2014Le théâtre brûle 1\u201d Certes ! il a toujours, ou ne suit d'où, un peu craqué ; et toujours on ne sait d\u2019où, des étincelles ont jatili.Mais votre strapontiu qui tombe, est-ce la salle entière écroulee 1 et uue frise en feu, l'embrasement de l'édifice T ; ; Ecoutez, écoutez le vieux régisseur qui murmure dans sa vieulle barbe, pour l\u2019une après l'autre de vos fugitives géuéra- tions : \u201c La direction, là-bant, veille, répare, éteiut.\u2026\u201d\u201d Elle monte sur la scène, la débutante | Jolie ! Belle | Ce n'est encore qu'un visage inanitné qui s'illuminera de ses rôles.Mais n'est-ce pas qu'elle a, sous sa mine du Conservatoire et dans son costume inedit, la giâcr, le charme, un je ne sais uoi de l'aurore ?1 Que jouera-t
de

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