Le Monde illustré, 18 octobre 1890, samedi 18 octobre 1890
[" LE MONDE ILLUSTRE n son INEM ENTS: sis Tus ANNÉE, No 337\u2014SAMEDI, 18 OCTOBRE 1890 ANNONCES : an, .- .Le .$1.50 , 5 i | La ligne, pur insertion < - - - « 10 cents nde hop 200 payable d'avance BERTHIAUME & SABOURIN, PROPRIETAIRES.Insertions subséquentes - - - - Bcents ?ns pits + - 5 cents la copie BUREAUX, 40, PLACE JACQUES-CARTIER, MONTRÉAL.Tarif spécial pour annonces à long terme \u2014\u2014\u2014e \u2014= =a MADAME LA DUCHESSE D'UZES Re À = \u2014 LE MONDE ILLUSTRÉ MONTREAL, 18 OCTOBRE 1890 SOMMAIRE TExTE : Entre-Nous, par Léon Ledieu.\u2014L'exposition des Beaux-Arts, par G.-A.Dumont.\u2014M.Joseph St- Charles.\u2014 Poésie : A M.Rodolphe Chevrier, par Napoléon Champagne.Histoire d'amour, Jar Her- mance.\u2014Choses et autres.\u2014 Biographie de M.le comte «le Turenne, consul général de France à Québec.\u2014La vie américaine, par Louis de Saintes.\u2014La défense de la barrière de Clichy.\u2014 Nécrologie : Feu Réné de Beau jeu.\u2014 Mme la duchesse cl'Uzès.\u2014 L'agent du Movpe ÎcLv » 8 Ame * - .4 me \u201c - 0 - 8 Sme - .- 2 86 Prier, à BI .- 88 94 Primes 8200 Le tirage ve £2.¢ chaque mois, dans une salle publique, par ois personnes choisies par l'assemblée.Aucun prime ne sera payée après les 30 jours qui suivroné ù tirage de chaque mois.LA QUESTION DU JOUR.\u2014RESTERONS-NOUS FRANÇAIS E titre est celui d'une brochure que M.Faucher de Saint-Mau- rice a publiée, il y à Un mois environ, dont il à envoyé des exemplaires à toute la presse, mais qui ne semble pas avoir * attiré l\u2019attention des journalistes français, puisque pas un de nos journaux n'en a soufflé mot jusqu\u2019à présent.Comment expliquer ce silence ?Est-ce par apathie, indifférence, faute d'ap préciation de l'importance d'un sujet nussi sérieux que les plumes de nos écrivains sont restées inertes Ÿ je ne puis le croire, et j'attribue cette abstention au fait que les raisons données par l\u2019auteur, sont tellement vraies, et si bien pensées par chacun de nous, que l\u2019on a cru qu\u2019il était peut être irutile de les approuver et même d'applaudir.Un bravo cependant n'eut pas été de trop.Le point d'interrogation de M.Faucher a été frappé les intéressés au cœur, et c\u2019est le Mail, de Toronto, qui, dans deux articles très bien faits et très courtois, s\u2019est chargé d'y répondre, ou plutôt, de démontrer que l\u2019écrivain canadien avait bien compris la question, en la résolvant par l\u2019afirma- uw, et que la solution du problème ne peut être ni Dans le premier article, le Mai, après avoir saalyss Vouvrage de M.Faucher termine ainsi : \u201c brochure de M.Faucher & un mérite : la LE MONDE ILLUSTRE franchise.TI décinre dès le début que les Canadiens français sont Français d'abord, et Canadiens ensuite, Il dit que l'avenir auquel ils aspirent n\u2019est pas une union à laquelle nous nous joindrons tous, mais bien à une nationalité spécialement française et catholique.Cette nation ne comprendra pas seulement la Province de Québec, mais bien tout le Canada.C'est ce qui nous explique la lutte engagée dans les nouvelles provinces et les nouveaux territoires pour l'adoption de la langue et des institutions françaises.La question du moment, telle que définie par M.Faucher, n'eat pas \u2018 Resterons-nous Français ?\u201d mais \u201c Le Canada restera-t-il anglais \u201d, Dans ce premier article, le Mail ne semble pas avoir bien saisi le sens de la question.Jamais M.Fancher n'a prétendu que nous étions Français d'abord, Canadiens ensuite.M.Fau\u2018her aime la France d'un fol amour, comme nous tous, mais il n\u2019a jamais oublié que Lana s ea a 000 a 0000 eue la patrie est le lieu Où l\u2019on aima sa mère, où l\u2019on connut son Dieu, Où naissent les enfants dans la chaste demeure, Où sont tous les tombeaux des êtres que l\u2019on pleure.Les fils de Français qui habitent l'île Maurice, cette colonie anglaise où l'on a aboli l'année dernière l\u2019usage officiel de la \\angue anglaise, aiment toujours la France, mais ils sont Mavritiens aussi et je ne sache pas qu'ils donnent lieu à des sujets de p'ainte de la part de leurs compatriotes d'origine anglaise.Qu'est-ce donc qu\u2019un Canadien, un véritable Ca-\u2019 nadien, si ce n\u2019est le descendant d'un de ces Français, qui ont découvert le Canada, qui lui ont même donné ce nom de Canada et qui l'ont peu- 161 ?Tl y en & même qui n'ont jamais bougé de l\u2019endroit où leur premier ascendant (en Canada) s\u2019est établi en arrivant.Un Descarrie occupe encore près de Montréal la terre que l\u2019un de ses aïeux a éventré d\u2019un coup de charrue il y & deux cent- cinquante ans ! Un Faucher de Saint-Maurice est encore établi sur la terre défrichée par un de ses ascendants, en 1649, à Ste-Jeanne de Neuville, comté de Port- neuf ! | Et je pourrais multiplier les exemples.Le recond article du Mail a un tout autre caractère : il traite surtout de la question des progrès de la race française en Canada.Il ne discute plus, il constate, et voici les renseignements qu\u2019il donne À ses lecteurs.\u2018\u201c Depuis de nombreuses années tous les efforts des chefs de la race française ont tendu a consolider et à fortifier cette race dans la Province Orientale Comment ont-ils réussi, c\u2019est ce que noussavons tous.Québec est aujourd'hui presqu\u2019aussi française que n'importe quelle ville de France.Une autre partie de la province défrichée par une colonie écossaise s'est entièrement transformée en régions française et c'est ainsi que nous avons des Mac- Millan, des Macdonald et des Cameron qui sont français.\u201d Ce dernier fait est parfaitement exact et prouve le pouvoir d\u2019assimilation que possède la race française, mais la liste des noms cités par notre con frère est loin d'être complète, aussi me permettrai- je de la continuer en prenant au hasard des noms du Royaume-uni.Nous comptons parmi les nôtres, comme véritables Canadiens-français, et nous en sommes très fiers, un grand nombre de compatriotes d'origine britannique, qui ne parlent que français et qui sont catholiques.De ce nombre sont les : Fraser, Morrisson, Blackburn, Lavery, Malcolm, McLean, Sheheyn, Doran, Gleasson, Jones, MacCallum, McCaugry, O'Brien, MacMahon, Campbell, McGown, Hughes, Smith, etc, etc.Le même fait existe en France où l'on compte actuellement dans l'armée un grand nombre de noms anglais, écossais et irlandais : Mac, Mac- Auliffe, MacLoud, MacMahon, MacNab, Mac- Carthy, Marty, Mary, Pembroke, O\u2019Madden, O'Mahonny, O'Callaghan, O'Farrell, O'Neil!, O*- Reilly, Perin-Northumberland, Philip.Fity- James, Smith, Stevens, Stahl, etc, pour n'en citer que quelques-uns, car ils sont par centaines \u201c Dans les Cantons da l'Est la conquête a été graduelle mais sûre.Missisquoi qui avait 11,406 Anglais et 5,360 colons français en 1861, comptait en 1881 7,579 Anglais et 8,909 Français\u2014soit une diminution, pour les Anglais, et une augmentation pour la race française.Brome avait 9,090 anglais et 1.644 Français en 1861, et 9,838 anglais et 4,910 français en 1881.Dans Shefford 5,871 anglais et 12,034 français en 1861, mais en 1881 il y avait 5,934 anglais, soit une augmentation de 63, contre 16,494 français, avec 4,460 d'augmentation.Stans- tend avait 9,035 anglais en 1861 et 10,590 dix ans aprés\u2014augmentation de 1,555, mais la population française s'est élevée pendant la même décade de 935 à 4,749 et s\u2019est augmentée par conséquent de 3,814.Dans les comtés de Sherbrooke et de Compton la population anglaise s\u2019est élevée de cinquante pour cent, mais les français ont augmenté de quatre cent pour cent \u201d.Oui, oui, tout cela ent bien vrai, et puisque le Mail fait de la statistique il faut compléter ses renseignements autant que faire se peut.Dans son Æsquisse générale de la Province de Quebher, l'éminent auteur, après avoir montré quelle était l'augmentation de chacune des races pendant la décade 1871 à 1881, ajoute : \u201c En supposant que durant la présente décade l\u2019augruentation se continue, dans la même proportion pour chaque race, on arrive au résultat que voici : Nationalités Nombre en 1881 Augmen.Nombre en 1891 Frangais .1,073.820 166,334 1,240,154 Irlandais.123,749 0 123,749 Anglais.81,515 4,800 86,414 Feossais,.54.023 2,202 57,125 Autres nationalités.25,020 462 25,482 1,359,027 173,897 1,532,924 \u201c La proportion de chaque race serait alors comme suit, en 1891 : Français, 80,90 pour cent ; Irlandais, 8,08 pour cent ; Anglais, 5,64 pour cent : Ecossais, 3,72 pour cent ; autres races, 1,66 pour cent.\u201c Quand on se rappelle que lors de la session du Canada à la Grande-Bretagne, en 1703.la populn- tion française comptait au plus 70,000 âmes, on ne peut s'empêcher d'être frappé du développement prodigieux que notre race a pris durant ces cent vingt-cinq ans.Le taux de l'angmentation excède 1,434 pour cent, ou çlus de 14 pour 1.En prenant ce taux pour base de calcul, on arrive à la conclusion que dans cinquante ans la population française de la province de Québec sera d'environ neuf millions, s\u2019il na se présente pas de circonstance extraordinaire pour ralentir cette progression \u201d.a développewent est vraiment prodigieux, en effet.Tl faut remarquer aussi qu\u2019il n\u2019est dû qu\u2019à nous mêmes ; l'accroissement de notre race n'est pas produit par 'émigration comme chez nos amis les Anglais, Irlandais ou Ecossais, qui doivent surtout leur développement à l'importation de sujets de leur sang ; c\u2019est au contraire la production locale qui fait notre force et il est évident que nous devons bientôt dominer comme nombre.Ce n'est pas une question d'aspirations, c'est un fait indéniable, mathémathique qui doit fatalement se produire à un moment donné.M.Onésime Reclus, le savant gé graphe français, écrivait dernièrement, À ce sujet, à M.Faucher de St-Maurice, les lignes suivantes : \u201c Je crois très fermement à votre victoire eu Amérique : vous avez une fécondité supérieure ; vous avez plus de traditions et de meilleures que vos voisins ; enfin, bien que protestant, j'estime que le catholicisme sincère chez un peuple est un brevet de longévité.Le protestantisme, simple négation, n\u2019est au fond qu\u2019un émiettement : les nations qui s\u2019y fient seront un jour honteuses de leur chute.Puis quand vous aurez plus de nombre, le catholicisme pourra vous aider à amalgamer peu à peu les catholiques d'autres origines qui vous entourent.* Mais vous aurez de mauvais jours à passer.Le Nord Ouest est la dernière ressource de l\u2019émigrs- tion en pays teimpéré\u2014la Sibérie à part.\u2014II faut donc vous attendre à le voir envahir rapidement par les Ontariens, les Anglais, les Ecossais, les LE MONDE ILLOSTRÉ 887 Irlar.dais, les Américains, peut-être par les Allemands.Il se passera là, ce qui s'est passé lors de la colonisation d\u2019Ontario : ce sera un semblant d'écrasement, parce que cette invasion diminuern votre nombre proportionnel dans ls Puissance.\u201c Ce sers fini dans vingt ans.Il n\u2019y aura plus d\u2019émigration ou fort peu vers l\u2019Amérique : et à partir de ce moment vous croîtrez plus que les autres.Les lois de la nature seront pour vous, et je ne doute pas que vous ne préniez lentement l\u2019ascendant.Ce qui s\u2019est passé dans les cantons de l'Est, ce qui se passe sur l'Outaouais est le symbole de l'avenir.Seulement il est nécessaire que vous ayez partout un noyau.L'arbre grandira tout seul \u201d, Cette opinion d\u2019un protestant et d'un savant célèbre est de la plus haute importance Encore une citation du Mail, la dernière : \u201c Comme on le voit, nos amis les Français se fortifient dans chaque coin du Canada.Ils sont laborieux et ruraux.Leurs vertus seules les feraient bien accueillir, mais le fait de venir contre nous est un argument contre eux.Bien que les Anglais ne pourraient pas, s'ils le voulaient, et ne voudraient pas, s'ils le pouvaient, s'opposer à l\u2019avenir des Québecquois, on peut tout au moins déjouer les projets des nouveaux venus en leur prouvant que l'empire anglais n\u2019est pas encore affaibli.\u201d Ceci est un peu vague, mal défini, admet la puissance de l'un, la volonté de l'autre, des aspirations non prouvées d\u2019un côté, uno résistance possible ailleurs, mais il n'en est pas moins vrai que les Canadiens, comme nous voulons les nommer, les Français, comme on veut nous appeler, constituent un peuple laborieux et moral, dont les ver tus ont été, sont et seront toujours une garantie de bienvenue partout là où ils iront.Ils n\u2019en est pas moins vrai aussi que partout où nous allons, nous transportons avec nous le génie assimilateur de notre race, notre goût épuré, notre franchise, notre gaité, notre esprit chevaleresque, notre mépris des obstacles, nos familles nombreuses ; que partout où nous posons le pied nous prenons racine, nous restons, nous imposous le respect à ceux qui nous entourent, par notre moralité, notre esprit de famille, notre travail, et que nous absorbons nos voisins plutôt qu\u2019ils ne nous engloutissent.Deux générations suffisent souvent pour opérer ce phénomène.Quand à la possibilité d\u2019une rupture avec l'empire britannique, nous n\u2019y pensons pas, mais si la chose arrive un jour, qui donc pourrait s'en plaindre en Angleterre ?Chaque pays a les défauts de ses qualités ; le peuple anglais, habitué à prendre soin de ses intérêts matériels, avant tout, élève ses colonies dans le même sens pratique, et il s\u2019en suit naturellement que le contrat étant basé sur l\u2019intérêt, doit cesser lorsque l'intérêt cesse.Les Américains, dont les veines étaient pleines de sang anglo-saxon, ne se sont pas souvenus des liens de famille quand leurs intérêts ont été menacées, et c'est avec la plus grande légèreté de cœur qu\u2019ils ont secoué le joug de leurs frères.L'Australie rompra le lien colonial quand elle reconnaîtra qu'il est de son intérêt de le faire ; les Indes, le grand empire des Indes se séparera aussi un jour, et il en sera ainsi de chaque colonie, de chacun des grands tronçons qui forment cet empire sur lequel le soleil ne se couche jamais et qu\u2019une seule chaîne fragile retient : l'intérêt.Au reste, la grande question qui nous intéresse pour le moment n\u2019est pas précisément ls conquête du nord de l\u2019Ainérique, mais bien de conserver notre langue menacée par des impuissants, il est vrai, mais qui n'en ont pas moins le désir de nous taquiner.ien loin d\u2019imiter ces francophobes, nous voudrions au contraire que nos enfants apprissent trois langues au lieu ce deux qu'ils connaissent maintenant, et je ne crois pas qu\u2019il y ait péril en ls demeure tant que nos enfants serunt nombreux.On est encore mieux convaincu de ce fuit en constatant que sur treize cents demandes adressées au gouvernement par des pères de douze enfants, on ne rencontre pas même un vingtième de noms anglais, La race qui a découvert le Canada, le Saint- Laurent, le Mivaissipi, la Louisiane, les plaines du Nord Ouest, les Montagnes Rocheuses, qui a évan- geliué les pouplades de tous noms de la terre Amé- Z, rieaine du Nord, qui a versé son sang pour la créer, et qui & appris la première aux peuples rouges à balbutier les premiers mots d\u2019une langue civilisée, la langue française, lungue des potentats de l\u2019Europe et des diplomates du monde entier, cette race là saura bien par le génie, la vigueur, la puissance de reproduction, et Dieu qui la guide aller gaiement et pacifiquement À la conquête de tout le vaste territoire que lui ont fait perdre des rois stupides dans des jours de malheur.*,* Un autre livre À signaler : C'est un cadeau princier fait au Canada par un Français, M.de Royou, l'//istoire du gentil seigneur de Bayard, par Loredan Larchey, édition superbe, tirée à cent trente-cing exemplaires seulement, et qui doit valoir un prix fou.Ce livre est renfermé dans une boîte d'érable piquée, incrustée et garnie de satin cramoisie.Elle purte sur le couvert une plaque de cuivre sur laquelle sont gravés ces mots : BOUVENIB DE FRANCE AU CANADA\u2014PARIS 1890 Sur la première page de l\u2019ouvrage sont dessinées les armes de M.de Royou, avec la devise : /mmota Fides.Sur la seconde se trouve l'inscription suivante, magnifiquement exécutée en caractères enluminés : Souvenir de France au Canada Paris 1890 Nous les auspices de Monseigneur Labelle et de l'Alliance Française offert A la Bibliothèque du gouvernement provincial de Québec par monsieur Gaston de Royon Membre fondateur L'ouvrage est illustré avec le plus grand art et les reproductions de miniatures sont merveilleuses.Parmi les dessinateurs qui ont coopéré à cette œuvre, je remarque le nom de Pranisknikof, cet excellent Russe au cœur si français, que nous avons connu autrefois quand il était à l'Opinion Publique, marié avec une canadienne française, et qui est aujourd\u2019hui un des principaux artistes de la maison Hachette, de Paris.Je le répète, c\u2019est un cadeau princier, et quand vous irez à Québec, n'oubliez pas d\u2019aller frapper à la porte du bibliothécaire du Parlement, ce bon Pamphile Lemay, qui ne demandera pas mieux que de vous faire admirer ce chef-d'œuvre, la perle de son trésor de belles éditions.Et maintenant, comment reconnaître ce témoignage d'amitié de la part d'un cousin des vieux pays, qui semble mettre sa personnalité de côté pour donner tout l'honneur du don à son pays, à la France, et qui, sans nous connaître nous envoie de l\u2019autre rive de l\u2019océan cette histoire splendide du chevalier * sans peur et sans reproche 1\u201d M.de Royou, merci, au nom des Canadiens-fran- çais, merci, votre nom vient grossir la liste des Français de la vieille France que nous aimons tant et qui nous le rendent si bien.Vous n\u2019avez pas obligé des ingrats.SLL Faden L' EXPOSITION DES BEAUX-ARTS A côté de l'exposition de M.Lefeunteun, se trouvent placés les travaux de M.À.Bayard, qui est bien connu comme portraitiste au crayon.Dans son genre favori, c\u2019est-à-dire le crayon, cet artiste expose un portrait de l\u2019hon.F.-X.-A.Tru- del et Une f mme avec oisrau, qui sont bien exécutés.En oatre de cela, deux portraits au pastel, ceux de MM.Pruneau et Etienne, et quelques tableaux à l\u2019huile, M.Bayard, dans ses ouvrages faits au crayon, est excellent ; dans la peinture à l'huile, l'artiste ne fait pas preuve d\u2019autænt d'habileté, mais il faut re marquer qu'il est débutant dans ce dernier genre.* +.+ Nous avons été heureux de voir quelques tableaux de notre ancien professeur de dessin, M.Gélinas.Que voulez-vous ?Il nous fait toujours plaisir de relier connaissance avec d'anciens.amis, se Nous nous rappelons fort bien, au temps où nous suivions les cours de ce professeur, de lui avoir vu brosser plusieurs toiles que nous trouvions bien faites.Depuis, M.Gélinas a continué à étudier lui-même \u2018son art, et certes il à fait de réels progrès.M.Gélinas a toujours été et est encore portraitiste.Aussi, à l\u2019Exposition des Beaux-Arts, ex- pose-t-il deux portraits, celui de M.McNamee et celui d'une jeune fille.Ils sont bien peints, surtout celui de M.McNamee.Nos félicitations, cher professeur.+ +* + Un jeune peintre, M.Nap.Barbeau, expose deux portraits : ceux de son père et de sa mère.La Vague, Une vue du parc Mont-Royal, et quelques paysages sont les sujets représentés sur les autres toiles.Quoiqu\u2019il ait certains défauts, le tableau peignant la mer (la Vague) est le meilleur des productions de M.Barbeau.L'ondulation de l'eau est bien donnée.+ + * En outre des artistes dont nous venons de parler, MM.E.-M.Templé, E.Ravaux et Hawksett, exposent de jolis travaux.Les ouvrages de ces artistes ont été remarqués avec plaisir par les amateurs de beaux-arts.AO M.JOSEPH SAINT-CHARLES (Voir gravure) Nous sommes heureux de pouvoir offrir aujour- d'hui aux milliers de lecteurs du Mowbs ILLUSTRÉ, le portrait d'un jeune artiste peintre, de notre pays, M.Joseph StCharles, actuellement à Paris, en voie de perfectionner ses études sous la direction du maître Gérome.M.St-Charles est à peine âgé de ving trois ans, et déjà il est parvenu à se faire ouvrir les portes du Salon ; un honneur aue, seuls, les artistes bien doués peuvent obtenir et que se disputent un très grand nombre de concurrents venus de tous les pays.Notre compatriote est un travailleur opiniâtre, passionné pour la peinture et favorisé par un talent incontestable.En somme c\u2019est une vocation nettement dessinée.Quelques unes de ses peintures sont déjà entre les mains de quelques citoyens assez riches pour se payer le luxe d'œuvres d'art et pour encourager de la sorte le talent national.Ceux qui ont bn voir ces peintures, ont admis quelles étaient des œuvres de valeur et le point de départ d'une belle carrière artistique.Nous venons de dire que M.St-Charles est un travailleur tenace ; en effet, ce que l'on nous raconte de sa vie à Paris, dénote une tenacité indomptable, fortifiée par la conviction intime chez lui du succès final et éclatant.Nous ne pouvons donc que lui donner une bonne parole d'encouragement ou plutôt d'applaudissement.Ah, comme nous voudrions avoir la richesse d'un Mécène ! Quelle grand plisir nous aurions à encourager de la bouche, du cœur, de la bourse, de toute façon possible, largement, les jeunes canadiens qui nous font honneur dans les vieux pays | 868 A M.RODOLPHE CHEVRIER (AVANT SON DÉPART POUR PARIS) | 9 Au revoir, cher ami, quelques instants encore Famille, compagnons, celle qui vous adore, Vous diront au revoir avec le cœur navré, Le serrement de main et le souhait doré.Fa ces choses, ces mots, que chacun vous exprime Vous vorrez, à la fois, l'affection, l\u2019eatime Couler oomme des flots dans un débordement.Ici point d'apparat, tout est sincèrement Le témoignage ardent, formulé dans notre Ame De ce beau sentiment, de cette sainte flamme Toujours inestimable et forte : l'amitié.Emportez avec vous, s'il le faut, la moitié De nous-mêmes là-bas, pour faire le voyage.Car chaque souvenir eat une aimahle image Sans forme définie et souvent sans couleur ; C'est un rêve brillant, un caprice, une fleur.Chassant les mauvais jours et la mélancolie.Cependant, croyez-nous, la chaîne qui nous lie Quand vous serez absent, vivant sous d'autres cieux Quand vous serez perdu dans ce monde fièvreux, \u201cUnira plus encor de sa puissante étreinte Ces centaines de vœux, dont vous voyez l'empreinte Ineffaçable et chaude au fond de votre cœur.Allez vers ce Paris, océan de splendeur Aspirez de tous bords, scrutez toutes les choses Pénétrez les beautés superbes, grandioses Contenant les secrets réservés à votre art Travaillaz vaillaimment, vous avez votre part À ce riche festin tout esprit, tout fluide Car le rayon d'en haut et l\u2019étoile qui guide À pour tout assoiffé, savant, prêtre, soldat Un peu de cette flamme, un jet de cet éclat, Ornements lumineux des fronts prédestinés.Allez vers ce Paris, où tous sont entraînés : \u201c* Folle comme Bahel, grande comme Solyme.Centre roulant tonjours des tourbillons, ia cime Dont il nous faut gravir, la hauteur infinie Pour sdorer ce dieu qu'on nomme le génie.Vous reviendrez après, vous nous serez rendu Quand vons aurez pâli, lorsgne vous aurez bu La goutte de liqueur du magique ciboire : Présent que la science apporte avec la gloire, Alors an pourra dire à votre chef vieilli Que le jeune homme enfin est tout enseveli Et qu'il est devenu dans se carrière ingrate Prudent comme Nestor, sage comme Socrate En rendant ses édits.Que tout vous soit léger, Travail, gloira, succès.Sur ce sol étranger Regardez quelquefnis, bien au-delà de l\u2019onde Pensez incessamment, aux amis, à ce monde Nous penserons à vons, ici, matin et soir, Une dernière fois, à bientôt, au revoir ! NAroLtoN CHAMPAGNE.Septembre 1890.UNE HISTOIRE D'AMOUR AU SOUVENIR DE MON AMI, LE DOCTEUR k., PERDU QUELQUE PART SUR NOTRE GLOBE, I Je les ai connus tous deux.Naus logions sp x + a \u20ac ae ' TN ns 2.ik Ÿ, Di LE BATAILLE 3 A \u201cwr y EEE A nS * 6 À p iË 7 DE 1 + Ad * i + Mn Fe - Sy =A! Ë.Ig fi ow ; TR à êf eæ k) 1 > , > 7,578 BS oe ai 14 , 4 241 = Peint d'apres ML Vernet, par 4.St Charles 1 yl tk { ; Pi 4 \u201c4 LA BARRIERE DE CLICHY .ia ç i 2 a ug § da = 10 ¥: pas io dar AN 4 I CY ' 0 Sp -e - a iy À : 4 ly % * d + £3 | ¥ 3 Aten tan hn.aru 5 tie RES 3 k hg = A 4 nat tt mode | oS Lu 4 _ ped 3 a EY VN J a et i \u20ac Rd 6 = [NY +3 | PE een £66 GULSATIT IANON qu À 894 TRE de __ \u2014\u2014 Fr LS pd Re, We Nd V 1a 5% $s V3 + NE, if er 1 ds\" tri EN) , A y Ne INE) Per J] In tft À 3) in 8 \u201cOH f; EX 3 2 ai Ae, Is x a A : Ra 2 ; ig $47 3) ; + ed 0712 4 LE À yg F7 7 i Se - EB 29 3p j | \u20ac.» i 7 i) er 5 A a 4.wld pr ors sr Tw, PER Ao A 4 xy » + AT Te pa LL / kb vas + » AE ti 3 Da Ne Pre - ; ès re Poe fi el pe, = A i set = A À , ] © ÿ - 3 0% qe * ¥ A 17 bi 7 1 we § Sty te a \u20ac 4 4 pi ; : ps et me = FR F8 Fat df A P= & ns = Le ; '¥ Tes # tas ee =.EX > 1 ! 1+ I rs bh A ra ae, GS z À Fe ei 4 pe | 1] ¥ ; fe =m ad eS pe 4 i A 154 y= i Id BE = 2557S % +8 1% Ry == > = es Tht 1 k = pass ar TC T= oN = IN 8 == Ta Zo yd if y fs By N7 A wh 13 g! * = SIE ls i 9?Vus bg hed ci A ~\u2014= = nu \\ \u2018MR ¥ \\ # Fo 0, AY ! + Fi FLEUR À 15 ig iA Ao! ge 4 Ie it a! } NA but x £ - } À ot! 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LE MONDE ILLUSTRE B a Pas sy 4 se % ES of Fa va Ag k { Cal N Ÿ 3) [hd >Y hi ¢ f, > - % re Ye SY A SE * A ve x MAI a A pla VA # ver 3 8 : 35 a | 4 È au PIN 2 AN FAS * 5 £ 5 va, 4 \u201cx a (9 1 [Ss 3% Ti 4 He 2 LR Pm NR ra Pa, NAS, x 5 7 ve À ; Pay, val FE a > 4; ps va / & nt, RS y rd as Maye ÿ a .> ie 6 +.rat (2) Ie ry ~ se \u201c Monde Illustré \u201d Nd en MA bi se Xi hu = Ke Su.3 Sat = L= À A ly ce : A Ig PAR Rf _ re to I) Sh op % vw 3% 4 3 C5 VE a NS v Lie A J ty tx ry es (34 * 2 ~¥ i ad nu Les = \u2014- 7\u2019 IA veut |, XN Pad ol \"a N SA Nat 2) à Pr vu wy 4 A) Eu \u201cfe \u2014 AN ; Zh ab Ad.WB > tof] peus TL 7 {7 eA 2 hp A ces NT ES (1) a ee Prat = FEUILLETON DU \u201c MONDE ILLUSTRE\" MONTRÉAL, 18 OCTOBRKE 1890 FLEUR-DE-MAI PREMIERE PARTIE LA TIOTE L-\u2014EN PLEIN DÉSERT \u2014Du reste, voici comment je l'ai connue.Le courrier qui va cahin-caha d'Aubigny à Sal- bris, au lamentable trot de deux haridelles étiques, venait de dépasser Souesmes et s'engageait sur une longue route plate, unie, s'étendant & perte de vue jusqu\u2019à un lointain bleuté.Des deux côtés de la route, des sapinières d\u2019un vert foncé, saturant l\u2019air d'une odeur très douca de résine fraîche.Puis, de maigres champs chichement cultivés, et encore des brandes sans fin, se piquant çà et là de panaches de genêts aux fleurs d'or et de touffes de bruyères violacées.Nous revenions, un camarade et moi, de visiter un de nos bons amis habitant la Sologne et nous regagnions Salbris, pour rentrer le soir même à Paris.Sur la route poudreuse, le véhicule s\u2019avançait lentement, sous un brûlant soleil ; nous étions à la fin du mois de mai.Le conducteur, Modeste Guérin, qui sommeillait doucement sur son siège, poussait de temps à autre un * hi bue ! \u201d aigu, qui n'avait d'autre effet que de ralentir encore la désespérante allure des deux rossinantes.Dans l'intérieur de la caisse se trouvaient deux dames insignifiantes qui s'éventaient à qui mieux mieux, en répondant aux plaisanteries plus ou moins piquantes de deux commis voyageurs nc- compagnés de leurs caisses d'échantillons.Mon ami et moi, nous nous trouvions en plein air auprès du conducteur.Grâce au cahotement de la voiture, à la chaleur, une lourde torpeur avait fini par m\u2019envahir.Brusquement je m\u2019éveillai à un cri poussé par une enfant qui, pieds nus, en haillons, courait devant les chevaux sur la route poudreuse.\u2014Tiens ! c'est la Tiote, fit Modeste Guérin, et il ajouta : \u2014C'est Fleur-de-Mai.La mendiante qui courait ainsi, nu-tête, à peine vêtue, sans souci des morsures cu soleil, était merveilleusement jolie.Elle était brune, avec de longs cheveux noirs dont les boucles embroussaillées roulaient autour d'un front blanc, uni, sur le satin cluquel, ni le vent, ni la pluie, ni le ge! n'avaient pu imprimer un hile.Ses grands yeux veloutés pétillaient d'intelligence.Des dents d'un adorable émail perlaient sur l\u2019incarnat de lèvres fraîches, révélant un sang riche, jeune, pur.Elle courait, à'la hauteur de l\u2019attelage, en répétant d'une voix indécise : \u2014Mai!.Feurs de mai !.Elle nous offrait des bottes d\u2019embaumante épine rose double, que l\u2019on appelle ainsi dans le pays.\u2014Paure ch'\u2019tite, fit Modeste Guérin, elle ne parle point, elle est simple.\u2014C'\u2019eat une enfant muette ?demandai-je au courrier, me sentant le cœur serré à l'aspect de cette affreuse infortune.\u2014Non, répliqua Modeste, elle n\u2019est pas muette.elle dit quelques mots.Je ne sais qui lui a appris à prononcer à peu près \u201c fleurs de mai \u201d.Et elle comprend tout cependant, elle est rusée, fine.mais c'est sauvage !.¢a passe tout son temps dans les bois., Nous acceptimes les fleurs de mai en échange d'une petite pièce blanche qui parut faire le plus grand plaisir à la Tiote.Puis elle s'arrêta laissant passer la voiture et la suivant d\u2019un long regard.\u2019 No 1 LE MONDE ILLUSTRÉ Revenant peu après dans le pays, j'ai été amené, par le plus grand des hasards, Ï connaître dans ses plus minutieux détails la douloureuse histoire de ce pauvre être.Yest ce drame poignant et cruel que j'entreprends de raconter ici.Naturellement, pour ne pas blesser des susceptibilités bien naturelles, il à fallu changer certains lieux, certains noms, et ne désigner les acteurs de ce dramua que sous des pseudonymes, derrière les: quels, ja l\u2019espère du muins, on chercherait vaine, ment à les reconnaître.+ +* + Cette même nunée, il y a de cela quatre ans, à la fin de ce même wois, la Tiote se trouvait encore sur la route de Souesmes, attendant le passage du courrier, les mains pleines de bottes de fleurs, Les bouquets furent acceptés par les voyageurs ; en échange la récolte fut maigre, quatre sous jetés dans la poussière à la fillette.Cette fois encore cependant, ils parurent lui faire grand plaisir.Avec un bruit de ferraille et de grincements inquiétants pour ceux qui avaient l'imprudence de lui contier leurs os, le courrier s'éloignait, laissant comme toujours la mendiante sur la route.La Tiote, d\u2019un pas alerte, allongé, se diriges vers le bourg de Souesmes, dont elle n'était séparée que par la distance d'un court kilomètre.Arrivée là, longeant la grande rue du village, elle s'arrêta devant la boutique du boulange.\u2014 Ah ! c\u2019est toi, l'iote,\u2014tit la mere Ursin, une grosse réjouie \u2014tu veux lu pain, n'est-ce pas ?Un indistinct grognement, appuyé d'un mouvement de tête affirmatif, fat la seule réponse.\u2014 Donne tes deux sous, fit la buulangère.La tillette avança timidement sa pièce sur le comptoir, et Mme Ursin lui trancha un large chanteau de pain de seigle, daus lequel lx pauvre Fleur-de-Mai mordit avec une avidité bestiale.\u2014En voilà une gamine ! s\u2019écria Mme Ursin.Cela fait, tout eu continuant à dévorer son pain, et après avoir adressé à lu boulangère un signe de tête en manière d'adieu, elle s'engagea sur la droite du village dans la grande route bien entretenue qui va de Souesmes au bourg de Nauçay.Lestement elle cheminait, regardant passer les oiseaux et les nuages, lorsque dans sa démarche se manifesta une imperceptible hésitation.Assis sur l'un des bas-côtés de la route, se rôtissant au soleil en fumant une courte pipe, un homme se tenait la tête basse, paraissaut plongé dans des réflexions profondes.Il n'était pas mieux vêtu que la Tiote, car sa misérable toilette ne se composait que d\u2019un pantalon de velours troué, une chemise en pièces laissant voir un cou de taureau, un reste de blouse.Aux pieds, des \u201c philosophes \u201d à bec de brochet qui baillaient effroyablement.C'était un rouleur, un errant, un vagabond.Sur le talus, à portée de sa main, se voyait une trique noueuse, qui pouvait être a l\u2019occasion une arme redoutable.Dans un mouchoir à carreaux, attaché aux quatre coins, des loques et quelques croûtes de pain récoltées la veille.ll avait posé sur le talus une casquette de soie graisseuse, et fourgonnait de ses doigts nerveux une chevelure grisonnante, épaisse, qui s'enroulait autour de son crâne dénudé au sommet.Ses yeux aombres, farouches, enfoncés dans une orbite charbonnée, étaient à cet instant à demi voilés.Il songeait.Aquoil.Une revanche à prendre 1.Un mauvais coup à faire ?.Une barbe noire et courte, dure, couvrait en partie son visage dont la machoire avançait ména- çante, pareille à celle d'un fauve.Les épaules étaient larges, les membres noueux ; tout dans sa personne indiquait une redoutable force.C'était un individu à la wine, il faut le recon, naître, très peu rassurante, qui avait inspiré à la Tiote une inquiétude vague.Et doucement elle infléchit sa marche en pas 805 ar sant de l\u2019autre côté de la route, tout en poursuivant son chemin.Comme elle marchait pieds nus, sans faire le moindre bruit, elle arriva jusqu\u2019à la hauteur de l'homme sans avoir été entendue par lui.A cet instant, il leva brusquement la tête, pareil à un loup mis en éveil, et longuement il la regarda, tandis qu'elle passait devant lui, à distance, de son pas ferme, allongé.Et un éclair bestial traversa les prunelles ignées de l'homme.Il enleva sa pipe de sa bouche, la secoua et la mit dans sa poche, tout en disant d\u2019une voix élevée : \u2014Eh ! petite !.Tu vas loin comme ça.Attends-moi donc, nous ferons route ensemble.La fillette ne parut pas le moins du monde désireuse de répondre à cet appel.Bien au contraire, elle pressa le pas, tournant parfois la tête, pour voir si l'homme qui maintenant lui inspirait tant de frayeur se mettait à sa poursuite.Lui il s'était levé, étouffant un juron, s'étirant les bras, bâillant à se décrocher la machoire.\u2014Eh ! petite\u2014cria-t-il encore\u2014écoute donc ! écoute done !.La fillette entendait fort bien, mais elle prit ses jambes à son cou, détalant avec une alacrité d'hirondelle.\u2014Chien de pays ! grommela l\u2019homme ; faut faire des lieues et des lieues avant de décrocher un morceau de pain.Et rien à faire, rien à boulo- ter, rien à gratter, chien de pays ! Elle est jolie, la petite gueuse.Mais paraît qu\u2019elle se méfie du coup.Dommage.nous aurions fait un pas de conduite ensemble.Mais, ouicht, elle se méfie ! En prononçant ce dernier mot, il se mit à rire sans bruit, montrant des dents larges, aiguës, enchevêtrées, comme celles d'un bouledogue.Cependant Fleur-de-Mai continuait sa route, se retournant encore de temps à autre pour s'assurer qu\u2019elle ne courait aucun danger.L'homie avait repris sa trique, et s\u2019était remis en marche, siflunt une gigue anglaise qu'il avait dû entendre dans quelque lointain pays.La Tiote, après avoir suivi un long ruban de route, avait pris sur la droite un sentier à peine marqué, à travers une longue plaine interminable entrecoupée de sapinières et s'étendant de tous les côtés, pareille à un vaste désert.Elle atteignit bientôt un taillis de chênes rabougris qu'elle contourna, et alors elle s'arrêta soudain.Un cri aigu frappait son oreille.C'était comme un appel strident, irrité, qui se répétait avec une persistance croissante.Fleur-de-Mai arriva promptement au coin du bois, car à cet appel elle avait repris sa course, précipitant sa marche.Entre le taillis et une sapinière qui s\u2019étendait au loin, ©e trouvait un espace vide.Il était occupé par une petite chaumière en bon état, acccompagnée d'une étable en retrait, une cheumière qui avait l'air tout étonnée de se trouver là, enfouie dans la verdure, sous les branches, perdue au milieu de ce désert.Un fossé profond entourant cette locuture, était bordé d\u2019un talus sur lequel poussaient des bouleaux et des saules qui formaient un épais rideau, si bien que cette haie élevée empêchait d'apercevoir le toit de la maisonnette à une courte distance.Avec un carré de potager, un petit champ de pommes de terre, c'était tout ce que comportait ce mince domaine, fermé par une claie solide qui grinça en tournant sur ses gonds, lorsque Fleur- de-Mai l\u2019ouvrit.Sur le seuil de la chaumière se tenait une femme en costume de paysanne.Le cri perçant qui avait accéléré la marche de la pauvrette était poussé par elle.À l'aspect de la femme, la fillette se mit à rougir, à trembler et s'arrêta interdite.La paysanne ne lui dit rien, ne prononça point une parole, ne lui adressa aucun reproche.Elle arriva sur elle le bras levé, et sur le visage! sur les épaules de la pauvre Fleur-de-Mai les coups plurent dru comme grêle.L'innocente les paraît en levant les bras, se me een 306 LE MONDE ILLUSTRE \u2014\u2014\u2014 rte garant de son mieux.tandis que de grosses larmes roulaient sur ses joues pâles.Dans les yeux de cette enfant torturée se lisait maintenant une désespérance sans bornes.L'instant de liberté qu\u2019elle avait conquis, qu'elle payait si cruellement à cette heure, s'était envolé, et elle reprenait le carcan de sa lourde chaîne, cette chaîne misérable, que tout le long des jours et des nuits elle était condamnée à traîner.La femme qui fruppait cruellement ainsi la pauvre Tiote était grande, forte, de taille bien rise.?Elle portait allégrement, coquettement même, son costume de paysanne, Lien qu'elle accusât trente-buit ou quarante ans.Eile avait ete julie, elle eût été avenaute et plai- salite encore, grasse, proprette, biauche, sans la méchanceté perverse et froide qui se lisait daus ses yeux claire.Elle ne nomumait Claudine Toupart ; dans les entours on ls noumait simplement la Claudine.Seize aunées auparavant, elle était arrivée dans le pays, en charrette, venaut de Pierre titte.Un mobilier simple, mais propre était entausé sur la carriole et Claudine Toupartas ait pris possession de la chaurniere nouvell-iment construite.Ce petit domeine, naus doute à cause du taillis de chênes qui se trouvait à Ba portée, avait pris le nom de ln Glandière.Claudine Toupart n\u2019était pas seule, elle portait dans ses bras un eufunt, uue toute petite fille qui ne comptait à cette époque que quelques semaines à peine.C'était la Tiote, Depuis, Claudine Toupart avait vieilli, et malgré les privations de toute nature, les mauvais traitements, les coups, car la méchanceté de la Claudine était de celles qui jamais ne se lassent, la l'iotss avait poussé, avait grandi, était devenue beile et forte, tout comme ces fleurs des bois qui éclosent au gré du soleil et du vent.Etait-ce sa mère, cette femme qui ne lui adressait jamais la parole, qui devant un mot, cette mégère dunt la main dure, implacable, était toujours abattue ou levée sur la pauvre Tiote 1 On l'affirmait dans le pays.Claudine le disait elle-même.Mais, d\u2019ailleurs, qui s'occupait d\u2019elle ?Personne.Au fond de ce désert, Claudine Tuupart ne voyait âme qui vive.Deux fois la semaine elle allait quérir, un pa- vier sous le bras, ses provi-ivns au buurg.Deux fois lu semaine egalewent, la charrette du boulauger apportait du pain blanc a 1a Claudine.Et c'était tuut.Avec | indifférence suprême qui fait le fond du caractère du paysan duns ces contrées sauvages, un ne s'occupait guère de ce que pouvait faire Claudine Tuupart au fond de sou trou.Pourvu quelle payat bien sun boulanger, son boucher, que sa taxe tût régulièrement soldee au percepteur.où ne lui eu demandait pa davantage.Ou disait dans le pays que la Claudine était *furt à s0u aise, Car jamais sa cache chez le buulan- ger u était eu retard, car elle portait toujours des roues propres, des sabots fins, et aux Oreilles des pendants d or qui tranchaieut sur sou coquet petit bonnet berrichon.Mais comme elle ne s'occupait jamais des affaires des autres, comme la Tiote, ls puuvrette, ne parlait pus et qu il était impossible de l\u2019iuterroger, on lu laisenit tranquille et libre en tous points de vivre a sa guise.Deux fois par an, Claudine Toupart partait le matin de bonne heure et se reudait a Souesmes, ou une carriole du pays la conduisait à Salbris.Là, elle prenait un train pour Orléans et reve nait le soir même.Ces jours-là, la Tiote était doucement, pleinement heureuse.Elle laissait les vaches à l\u2019étable et s'en allait courir à travers les landes, pareille à un cheval échappé.Le soir à sa rentrée, Claudine Toupart retrouvait la maisonnette en ord.\u2026 Mais le lendemain, pour Fleur-de-Mai, recommençait la même vie de douleurs et de misère, Claudine était foncièrement méchante, portera rt En outre, dans tous les détails de «on ménage, elle se montrait sordidement avare.Ah ! si la pauvrette courait au devant du courrier, si elle offrait ses fleurs de mai, ses bouquets des champs, c'était, nous l'avons vu, pour pouvoir acheter de tomps & autre un morceau de pain à Souesmes.Ah ! c\u2019est que ln Claudine mesurait chichement la pitance qu\u2019elle lui octroyait deux fois par jour.C'est que l'écuelle de maigre soupe n'était même jamais remplie jusqu\u2019au bord.Pauvre être !.Toujours soumise à la même angoisse !.Dans ges yeux, ses beaux yeux de velours si doux, si tendres, ces yeux qui auraient dû être la joie suprême, le cher trésor d'une mere, brillait éteruel- lement une lueur de cunvuitise toujours inassouvie.Durant l'été, fort heureusement, il y avait les baies sauvages, les corises le long de la route de Souvsmes, les prunelles, les mûres, tous les petits fruits du bon Dieu.Mais lhiver !.le long.le dur hiver !.\u2026\u2026.Oh ! que les jours se tiafuaient !.les nuits plus péniL'es encore ! alors que l'enfant se réveillait tenaillée par les cruelles morsures de la faim.Par fatigue, le bras de Claudine s'était arrêté.Ln Tiote essuys sts larmes et se «lirigea vers l'étable, d'où elle tit sortir deux vaches qu\u2019elle poussa devant elle, une goulette à ln main, pour les mener paître, la chaleur du jour étant passée.Claudine, toujours sans lui dire un mot, lui avait tendu une petite écuelle d- soupe que la Tiote se mit à manger, à la suite des dux bêtes, qui, d'elles-mêmes, se dirigeait vers la bruyère.Biles longesient le taillis de chênes, broutant deci de-la les maigres herbages qui se trouvaient sur leur passage.Arrivés au coin du taillis, Fleur-de-Mai s'arrêta, laissant les deux vaches filer devant elle.Les bêtes prirent une légère avance dans la lande, et la jeune fille s\u2019assit au pied d\u2019un chêne plus élevé que les autres.Ses yeux dont les longs cils gardaient encore la trace des larmes, avaient pris une expression inquiète.Elle jeta autour d'elle un long regard méfiant, demeura quelques instants immobile, la tête dans la main, la main sur ses genoux.Rassurée par le profonl silence qui régnait autour d'elle duns ces solitudes infinies, «lle souleva una grosse motte de terre gazonnée, nuprès de laquelle elle étuit assise.Eu dessous se trouvait une pierre plate qu'elle écarta.Et alors elle eut devant elle son trésor, son épargne, les sous accumules un à un, qui lui servaient aux mauvais jours, quand In faim la mordait par trop fort, & ailer chercher uu morceau de pain 4 Souermes.Et elle ajouta, & ce petit magot, qui ne comp- tuit que quelques francs à peine, la pièce de deux sous qu\u2019elle avait épargnée.Une main, un crampon de fer, la saisit à lu gorge.tandis qu'un coup lourd s\u2019abattait sur elle, l\u2019étouffait |.C était l'homme de la route, le rédeur !.Il l'avait épiée, il l\u2019avait suivie, il la tenait maintenant, ralant, éperdue !, .Mais, vaillante, nerveuse.ellese dégagea au prix d'un surhumain effort.Et elle poussa un cri désespéré, une clameur furieuse.\u2018 L'homuie l'avait ressaisie.Il lui mettait sa large main snr la bouche tandis que de l'autre il l\u2019étranglait.Fleur-de Mai était perdue.Ses yeux affolés roulaient dans leur orbite.\u2014Eh ! dites donc ! l\u2019homme, ne vous gênez pas, cria la voix glapissante de Claudine qui était accourue !.Voulez-vous la lâcher ?.Vou- lez-vous la lâcher.ou je vous fourre ma fourche dans le ventre.L'homme poussant un rugissement sauvage s'était relevé, abandonnant sa victime.Fleur de-Mai avait perdu connaissance.elle demeurait étendue sur l'herbe.Claudine et l'homme se regardaient face à face, Et dans leurs yeux se lisait à la fois une indescriptible stupeur.\u2014Irma !-\u2014Romain !.s\u2019écrièrent-ils en même temps !.\u2014Ils restaient là, ébahis, à se regarder.Claudine retrouva la parole la première.\u2014Ah ben ! par exemplu | fit-elle, si je m\u2019attendais.\u2014Moi non plus, pour sir, répliqua Romain.\u2014Et qu\u2019est-ce que tu fais par ici ?.\u2014Mais, tu vois, répliqua le rôdeur, essayant de plaisanter, bien qu\u2019il n\u2019en eût nulle envie, \u2014Je vois ! C'est joli, c'est du propre.\u2014 Danie, tu comprends, je ne te savais pas la.Pas vu, pas pris.Kt tucomprends.\u2014Bou ! bon !.Je pense bien que tu es resté ce que tu élais.Innis ce n'est pas de cela qu'il s'agit.Je pente bien que tu as dû en faire dre caravanes .Enfin, d\u2019où vienstu pour l\u2019instant ?Romain ne répondit pas immédiatement à cette question nettement posée.Il regarda lentement autour de lui, et hochant la tête : \u2014Peuh ! tu sais bien d'où je resiens.c\u2019est pas malin à sa oir.je reviens de luin à coup sir.et malgré toute la misère que j'ai mangée, j'ai de la chance d'être encre vivant.Après un instant de silence, les lèvres serrées de Claudine lnissèrent passer cette réponse qui prouvait que la voix de Romain avait fait vibrer en elle de vieux souvenirs mal éteint».\u2014Alors, tu as trimé, mon pauvre homme ! ! ! \u2014Oui, trimé, comme tu dis, et dur.\u2014Et alors, tu as fini ton temps §.Tu as terminé ta peine 1.Tu as été gracié ?.Romain haussa les épaules et regardant autour de lui.\u2014Des blagues !.J'ai trouvé un jour ma Lelle et je leur ai dit \u201c Bonsoir les voivins \u201d.Ft j'ai filé mon câble, comme tu peux croire.Seulement, ç'a été d\u2019un dur.et j'ai failli y rester.\u2014 Ah ben ! vrai, finit par s\u2019écrier Claudine.Ca me fait plaisir de te revoir, mon pauvre homme.Pense donc.après si longtemps.\u2014 C'est vrai, ça me fait bien plaisir, à moi aussi, bien que tu m'aies reçu tout à l\u2019heure comme un chien dans un jeu de quilles.Claudine se init à rire : \u2014 Dis donc, toi, fallait-il pas que je te laisse étrangler cette innocente et lui voler ses quatre sous !.Tandis qu'ils devisaient ainsi, la Tiote était revenue lentement à elle.Ses paupières s'étaient nerveusement agitées, puis ell- avait bondi sur ses deux pieds, se mettant d'un saut hora de la portée de Romain.Claudine avait froncé le sourcil et ses lèvres minces s'étaient plissées.Puis elle avait étendu le bras, désignant à la fille les vaches qui s'étaient éluignées outre mesure et menaçaient de gagner une jeune sapinière.La Tiote ne se le fit pas répéter par deux fois.Elle fila prestement, la tête basse, portant par moment les mains a son cou, où les doigts du bandit avaient imprimé une trace noire.Romain la suivit de l'œil, mais lui et Claudine avaient trop de choses à se dire pour que l\u2019ine- tant il s\u2019occupât de cette petite.Claudine Toupart réfléchissait.\u2014Alors, dit-elle, si les gendarmes te recon- traient.\u2014Ils me demanderaient mes papiers.et je leur en montrerais.en régle donc.Bah ! il y 8 longtemps que qa s'est passé, que l\u2019on me croit dévoré par les requins de mer, cu les requins de terre, ceux à deux pattes, qui ne sont pas les moins à craindre.Depuis mon évasion, je n'ai pas fait parler de moi.Cependant, j'aime bien ce pays-ci, parce que les gendarmes, ça se voit de loin.et l\u2019on a le temps de jouer des quilles pour ne point se trouver dans leur compagnie.\u2014Alors, on peut te reprendre ?.\u2014Bien sûr que si on leur disait mon nom, et s'ils me mettaient le grappin dessus.mais comme ça n\u2019est pas toi qui iras me servir.\u2014Tu peux le croire., À euivre \u2026_ _ mm SEE LE MONDE ILLUSTRÉ 807 FEUILLETON DU \u201c MONDE ILLUSTRÉ \u201d MONTREAL.18 OCTOBRE 1800 LE REGIMENT TROISIEME PARTIE CONSEIL DE GUERRE (Suite) \u2014 Depuis quelques mois, pensait-il, j'ai rêvé plus d'une fois qu\u2019un jour viendrait où je serais obligé d\u2019en finir, et j'avais cru que l'arme qui m'aiderait à ne plus souffrir serait celle qui fut trouvée près da moi dans la forêt, sur la neige, le jour de ma naissance! je n'ai pas même cette consolation.Enfin! T1 aoupira.Il arma le revolver et le diriger contre son cœur Mais tout à coup et au moment où son doigt touchait la détente, il pense à Marjolaine qu'il ne revarra plus, à Marjolaine qui est à Châlons peut être, et qui sans douta, s'il meurt ainsi, se dira qu'elle n'était guère aimée.Et il veut, du moins, lui laisser nn adieu.I! l'aime tant! Il eût été si heuraux auprès d\u2019elle.Tl eût été si fier de l\u2019avoir pour famma ! C\u2019eùt été trop benu ! Tant de bonheur n\u2019est pas possib'e ! Il pose le revolver sur sa petite table.On lui à donné, quelques jours auparavant, du papiez, de l\u2019encre et une plume, pour lui per- mattre d'écrire à tous ceux qu\u2019il aime.Hâtivement il jette qualques mots d'adieu à la jeune fille : \u201cChère Marjolaine, pardonne-moi la peine que ma mort te causera.Mais ja suis certain que tu conserveras mon souvenir dans ton cœur et que dans longtemps, trés longtemps, tu t'attendriras encore en pansant à moi.Je suis sûr également que tu m\u2019approuveras de mourir et que tu comprendras que je n\u2019ai pas voulu vivre au vagne.Tu connais mon cœur, tu connais ma vie, tu sais pourquoi ja meurs.Tu m'aimeras quand même.En mourant, je ne veux te faire promettre qu\u2019une chose et je m'en irai heureux.Parle de moi souvent avec elle ! Tu me le promets } Je te remorcie.Adieu pour toujours.Je t'aimais bien.Et c'est ton nom, le dernier et le seul, que je veux prononcer en mourant.\u201d Il glissa la lettre sous l'enveloppe et écrivit l'adresse de Marjolaine.Puis il reprit son revolver.Mais la porte de Ia cellule s'ouvrait brusquement à ce moment-là.En écrivant, il n'avait pas entendu les pas d\u2019un surveillant.L'homme comprit, au geste de Jacques, qu\u2019une seconde encore et le prisonnier était mort.Il se jeta sur lui d'un bond, à corps perdu, et ils roulèrent ensemble.Le coup partait en l'air, la balle trouant le plafond, et le revolver s\u2019échappait des mnins du pauvre garçon.Le surveillant se releva.\u2014Il était temps ! dit-il.Et fourrant l\u2019arme dans sa poche avec un geste de mauvaise humeur : \u2014Voilà ce que c\u2019est que d\u2019avoir confiance, les prisonniers en abusent ! Qui diable a pu vous donner cette arme ! Jacques ne répondit pas.Il restait étendu par terre comme si la balle l\u2019avait frappé.Et le voyant immobile le rurveillant eut peur.\u2014Jacques ?Jacques ! appela t-il.Jacques nvait la tête appuyée sur le bras.TI pleurait.\u2014-Rendez-moi ce révolver.mon ami, dit-il au gardien.Vous avez été soldat comme moi, vous êtes sergent comme moi.Comme moi vous auriez voulu mourir, si vous aviez été déshonoré.Qu'\u2019est- ce que cela peut vous faire que je me tue ?Ayez pitié de mni, et je vous remercierai.\u2014MR foi, non, dit le gardien.Vous êtes dans de fichus drapn, c\u2019est vrai, et je ne sais pas comment vous avez fait pour vous y mettre ! Mais malgré votre crime, malgré votre condamnation, vous avez dû remarquer que j'avais quand même de l'amitié pour vous.No 28 \u2014C'eat vrai ! Prouvez-le-moi une dernière fois et laissez-moi mourir ! \u2014 Non.\u2014Pourquoi ?\u2014On va vous le dire au greffe.Suivez-moi, Vous y trouverez du monde qui vous attend.\u2014Qui $ \u2014Vous allez voir.\u2014Ne peut-on rue laisser tranquille ?\u2014Ne faites pas le méchant.Venez.\u2014Soit.Jacques suivit docilement.Au greffe, il y avait Cheverny et son fils, Marjolaine et Marguerite.En apercevant tout ce monde, tous ceux qu'il si- mait, le pauvre garçon fut si ému qu'il palit et faillit s\u2019évanouir.Le gardien le soutenait et avec une rudesse amicale : \u2014Allons, du nerf.Vous étiez plus robuste que cela il y à cinq minutes quand vous vouliez vous faire sauter la cervelle.\u2014Que dit-il ?Et tous, ils se précipitent vers Jacques.\u2014Oui, disait le surveillant, il était temps d'entrer dans sa cellule.Une seconde et ça y était.Même qua le coup est parti et faillit nous tuer tous les deux.Voilà le revolver.Et monsieur était un homme d'ordre ! Monsieur n'a pas voulu partir sans faire ses adieux.Sur sa table, il y avait une lettre qu\u2019il venait d'écrire, adressée à Mille Marjolaine Routard, boulevard Haussman.\u2014C'est moi ! s\u2019écria Marjolaine.Elle s'empare de la lettre, la parcourt d'un coup d'œil et se précipite clans les bras de Jacques.\u2014 Méchant ! méchant ! tu voulais imaurir ! \u2014Cela eût mieux valu ! dit-il d\u2019une voix étouffée.Et ses yeux mouillés de larmes rencontrent le regard fiévreux de Marguerite.Sa mère voudrait s'élancer vers lui, le presser contre son cœur, mmé- ler ses larmes aux siennes.La présence de Che- verny l'en empêche, mais elle souffre une torture inexprimable.Elle lui tend les mains.Il les prend, les embrasse avec transport.II dit d'une voix entrecoupée.\u2014Oh ! madame, que vous êtes bonne d\u2019être venue, que vous êtes bonne, ma.madame ! Ce mot lui brûle les lèvres.Ah! comme il voudrait, en cet instant, l'appeler sa mère ! \u2014Jacques, dit le colonel, j'ai une bonne nouvelle à vous annoncer.\u2014Une bonne nouvelle, c'est l'annonce d'un bonheur, mon colonel, et il ne peut plus y avoir rien d\u2019heureux pour moi \u2014Peut être, dit Bernard.Ecoute.\u2014Le conseil da guerre n signé à l'unanimité un recours en grâce auprès du président de la République.\u2014 Ah ! un recours en grâce, dit-il avec un sourire triste.Mais ce ne sera pas la grâce entière, mon colonel, ce ne sera qu\u2019un adoucissement, et la mort eût mieux valu, je le répète.\u2014Espère, dit Cheverny.VI Le président de la République commua la peine des travaux forcés à perpétuité en celle de dix ans de travaux forcés.La dégradation militaire était maintenue forcément.Ainsi le veut la loi, pour toute peine infamante que la dégradation doit accompagner toujours.Comme il n\u2019y avait ancun motif de cassation du jugement, comme les délais d'appel étaient expirées, le jugement devenait exécutoire dans les vingt quatre heures qui suivirent.Jacques allait être dégradé ! Très souvent.ces tristes cérémonies militaires ont eu lieu dans l'intérieur même des casernes.A Châlons, elles se passaient toujours sur In place de l'Hotel-de-Ville.Une section de tous les régiments qui formaient garnison à Châlons devait y assister, et, en outre, une section prise dans le 145e, en garnison à Nancy, le régiment de Jacques.Il arriva donc le matin, à la première heure du jour, sur Ia place de l\u2019Hotel de-Ville, un détachement du 143e de ligne, où figuraient Belhomme et le caporal Martin, lesquels, aimant Jacques, au raieut bien voulu se disp .ser d'un aussi cruel service.Puis défilèrent et prirent place les détachements des différentes armes formant la garnison de la ville Une section d\u2019un régiment d\u2019infanterie.Une section d\u2019un régiment de hussards.Une section d\u2019un régiment d'artillerie.Les quatre détachements arrivèrent en armes, les cavaliers à pied, sabre au clair, le manteau roulé en sautoir, clairons en tête.Ils formèrent le carré et attendirent.Des ouvriers se tenaient derrrière la troupe, témoins émus et silencieux de ce triste spectacle.Austitôtaprès la dégradation, Jacques devait être remis à la gondarmerie.Le colonel de Cheverny, en tenue civile, Mme de Cheverny, Bernard et Marjolaine, étaient là eur cette place, bien avant le jour, bien avant l\u2019arrivée de la troupe.Ils n\u2019avaient pas voulu, en cette cruelle minute, abandonner Jacques.Ils s'étaient dit que le jeune homme ne supporterait pas la honte de la dégradation, s\u2019il ne sentait auprès de lui des cœurs battant à l'unisson du sien.Et Bernard, plus triste et plus malheureux que le condamné lui-même, Bernard voulait être là, lui aussi, pour protester de la voix même contre le châtiment qu\u2019un autre recevait à sa place.Il n\u2019avait pas cessé de répéter depuis la condamnation : \u2014C'est moi qui suis coupable ; Jacques est innocent ! Ils s'étaient assis tous les quatre, sur un banc de la place de l'Hôtel-de-Ville ! Jacques devait passer devant eux.Il faisait un froid rigoureux.Marguerite et Marjolaine grelottaient.Hs attendirent assez longtemps.Fnfin l\u2019aube se leva.Le froid redoublait.Le ciel était gris, bas ; le vent soufflait dans les rues et faisait tourbillonner la poussière sur la place.Et sous l\u2019action du vent des feuilles mortes échappées des arbres de la promenade, abattues là, roulaient et paraissaient jouer à se poursuivre.Ils se taissient.Sous l'impression d\u2019une lourde et accablante tristesse, ils ne trouvaient rien à se dire.Marguerite et Marjolaine avaient les yeux gonflés et très rouges.Les deux hommes étaient très pâles et leur figure était altérée.On entendit des clairons, vrès loin dans la ville, Et cela résonna dans leur cœur comme un glas d'enterrement.Les soldats défilèrant devant eux.On entendit des commandements brefs.Ils s'alignérent.Presque aussitôt d'autres clairons, d\u2019autres soldats, exécutant es mêm#s mouvements.Ils étaient tous là maintenant.On n\u2019attendait plus que le condamné.Bientôt il parut escorté par gnatre hommes, deux de chaque côté de lui, ayant le fusil au port d'armes, sous la conduite d\u2019un sergent, le plus ancien de grade du régiment d'infanterie en garnison à Châ- lons, Jacques, blême, marchait la tête sur la poitrine.Il faisait peine à voir.Quand il passa devant le banc où l\u2019attendaient tous ces êtres si chers à son cœur, il s'arrêta les jambes molles.Il leur adresra un regard d\u2019une tristesse immense, infinie.Ils s'étaient levés avec le geste de s'élancer vers lui.Et Bernard, dans un sanglot : \u2014-Jacques ! mon Jacques ! C'est horrible ! horrible ! c'est moi qui devrais être à ta place ! Mais Jacques passa, se retournant vers eux, les remerciant de son sourire, le pauvre soldat, pour la force que toutes ces créatures si bonnes venaient de lui donner.Et Marguerite, sans courage, se laissant défaillante, se trahissant presque, Marguerite murmurait : \u2014Mon enfant ! mon pauvre enfant ! Cheverny l'entendit bien, mais il crut qu\u2019elle s'adressait à Bernard, alors qu\u2019elle ne pensait qu\u2019à l'autre, au fils perdu, retrouvé pour le reperdre, dans d'aussi tragiques circonstances.Jacques avait pénétré dans le carré formé par la troupe.Malgré la discipline rigide, il avait l\u2019air si défait, il était si changé, qu\u2019à son aspect il y eut une sorte de rumeur de compassion dans les rangs de la section du 145e, res anciens camarades.Le caporal Martin murmura : \u2014-Le pauvre bougre ! Et Belhomme, le cœur tout retourné, disait : \u2014C'est dur tout de même pour un brave soldat ! Et il était, il n'y a pas A dire, il l\u2019était ! RER ce A 308 Avis aux mères.\u2014Le \u2018sirop calmant de Madame Wins low\u201d est employé depuis plus de 50 aus per les mères pour le dentition des enfants, et toujours avec un succès complet.Tl soulage le petit patient aussitôt, procure un sommeil calme et naturel en enlevant la douleur, et le petit chérubin \u2018\u2018 a\u2019épenouit comme un bouton de fleur.\u201d Il est très agréa ble à prendre, il calme l'enfant, amolit les gencives, enlève la douleur, arrête les vents, régularise les intestins, et il eat le meilleur remède connu pour la diarrhée causée par dentition ou autremnt.t-oinq cents la bou- CONSIDERATIONS GENERALES Toujours on semble oublier que l'assimilation d\u2019un élément nutrition de nature organique ou minérale est tributaire en fin de compte des lois «le l'organisme vivant, et que dès lors la première condition requise pour traiter les anémiques par aglobulie, c'est de remonter les organes digestifs, réveiller leurs facultés languissantes d\u2019assimilation et modifier l\u2019économie toute entière par des stimulants et des toniques appropriés.Telles sont les considérations générales qui, & l'année 1880, servaient de base à la formule du VIN AU QUINQUINA FERRUGINEUX du Dr Ed Morin.Disons de suite que les résultats en ont été absolument surprenants et bien faits pour confirmer le ublic dans la certitude que ce Vin est venu combler une lacune considérable de la médication par le fer.En effet, toute préparation ferrugineuse ne sera rationnelle et efficace que si elle offre les trois conditions suivantes : D'être agréable à prendre ; de ne pas fatiguer l'estomac ; de stimuler doucement la muqueuse stomacale et d'être en méme temps un excitant de l'assimilation générale.Or, le VIN AU QUINQUINA FERRUGINEUX du Dr Ed Morin : De la force d\u2019une liqueur généreuse eat très agréable au goût et tel que les malades, loin de le négliger ou de l\u2019oublier, le recherchent avec plaisir, Cette préparation sans rivale peut s'obtenir chez tons les pharmaciens au prix de 50 cents et $1.00 le flacon.Dépôt général : Dr Ed Morin & Cie., Québec.A Montréal, chez Mess Lyman, Knox & Cie, et kK, Lefort & Cie., pharmaciens on gros.On dirait qu\u2019il existe quelque malentendu touchant la date à laquelle expire la charte de la loterie de l'Etat de Is Louisiane.La compagnie a demandé une nouvelle charte le 10 de juillet dernier et la législature a ordonné qu'un amendement à la constitution soit soumis au peuple en 1892.Ainsils charte de la compagnie sera prolongée jusqu'en 1919, pendant, la charte actuelle de la compagnie n\u2019expire qu'en 1895.La demande d'une nouvelle chartre n\u2019est qu\u2019une affaire de routine législative et il n\u2019y à pas le moindre doute que quand la chartre actuelle va expirer, le peuple s'empressera de la renouveler.La manière dont les généraux Beauregard et Early administrent la loterie provoque l'admiration de tout le monde, LE MONDE ILLUSTRE La Compagnie d'Assurance LA ROYALE D'ANGLETERNE Aotf.\u2026.\u2026.\u2026.$35,053,006.43 Surplus de l'actif sur le passif.11,411,607.31 Bureau principal pour le Canada : Montréal WILLIAM TATLEY, Agent - Général Cette Compagnie a placé près de $1,000,000 en Canada, dont une grande partie en dépôt au Gouvernement Fédéral, pour la protection spéciale de ses assurés canadiens, Montant net des primes sur assurances contre le feu, perçues en Canada, «lurant l'année 1889 : 8534,200.La réputation et la popularité de la Compagnie sont parfaitement établies par le revenu des primes ci-«lessus mentionné, lequel aurpasse, d\u2019uue moitié au moins, celui de toute autre Compagnie d'Assurance.\u201c LA ROYALE \u201d est reconnue dans le monde entier pour sa libéralité envers ses clients et pour la promptitude et la justice qu\u2019elle apporte dans le règlement de leurs réclamations.Le meilleur est, apcès tout, le moins dispendieux.ON DEMANDE DES AGENTS Dans tous les endroits où la Compagnie n'a pas encore de représentants.Entre femme : \u2014Je peux bien vous le dire, à vous qui êtes mon aînée.\u2014Oh ! si peu ! \u2014Si peu que ce soit, je veux vous confier que je viens d'entrer dans ma trente-neuvième année.\u2014L'important, c\u2019est de ne plus en sortir, LES \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 re I Fr \u2014 Corps et caleçons en laine $1 Chaussettes en laine .250 P.P.$ valeurs sans égales au même prix ailleurs VENEZ LES EXAMINER GUIMOND Pour la T L'Asthme © Fhumes Bronchites Catharre Enrouements Etc., oto Le GRAND REMEDE CANADIEN our les maladies ci-dessus menti 5 - faiilible dans tous les cas.Demandez-te à votre pharmacien.Expédier aussi franco par la malle sur réception u prix.Adresser : W.E.CHESTER 461 \u2014 rue Lagauchetière, Montréal \u2014 461 Prix grande botte.81.00 * \u2014 boîte 50 esescsrenne \u201c POUDRES ORIENTALES\u201d LES SEULES QUI ASSURENT EN TROIS MOIS LE DEVELOPPEMENT DES FORMES DE LA POITRINE CHEZ LA FEMME LES \u201c POUDRES ORIENTALES\u201d GUERISSENT RADICALEMENT La Dyspepsie, la Consomption, l\u2019Anémie, les Faiblesses d\u2019Estomac, les Pâles Couleurs, Etc, etc.EN UN MOT TOUS CES ÉTATS DE Langueur, d\u2019Amaigrissement et d'Epuisement Nerveux auxquels les tempéraments sont de nos jours trop fatalement prédisposés C\u2019est le Grand Remède de la Mère et de l\u2019Enfant AGENCE DES POUDRES ORIENTALES, BOITE-POSTE 694, MONTREAL LE MONDE ILLUSTRE 899 PIANOS ! 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