Le Monde illustré, 27 juin 1891, samedi 27 juin 1891
[" LE MONDE ILLUSTRÉ ABONNEMENTS : 8ux ANNEE, No 373.\u2014SAMEDI, 27 JUIN 1891 E ANNONCES : Unan,$3.00 - - - Six mou.$1.50 La ligne, par insertion - - - - » 10 cents Quatre mois, 81.00, payable d'avance BERTHIAUME & SABOURIN, PROPRIETAIRES.Insertions subséquentes - - - - bocnis Vends dans les dapôts .- 5 eents la copie BUREAUX, 40, PLACE JACQUES-CARTIER, MONTREAL.Tarif «pécial pour annonces à long terme ere M PIËRRE lOTI, Ét0 MEMURE DE L'AGADÈWIE FRANÇAISR \u2014 es comes me 130 LE MONDE ILLUSTRE MONTREAL, 27 JUIN 1891 SOMMAIRE Tuxrz : Entre-Nous, Léon | edisu.\u2014Honorous nos morte, par J.8.E.\u2014M.Pierre Loti, par Henri Fou.quier.\u2014 Poésie : Le cerf-volant, par Albert Ferland, \u2014Papa, Camille Debans \u2014Montréal : Hôtels, restaurants, tavernes, e.c., par R-Z Massicotte.\u2014M.Théodore de Banville, par J.de Larde.\u2014Chronique, par Rodolphe Brunet.\u2014Nos banques canadiennes, par J.8.EK \u2014Réverie.\u2014Surpris par un tigre.\u2014 imes du mois de mai : Liste des réclamants.\u2014 Feuilleton : Fleur-de-Mai (suite), par Georges Pra- del.\u2014La banque Jacques-Cartier.\u2014La banque Ville- Marie.\u2014 Choses et autres.GRAVURER : Portraits : M.Hierre Loti, de l'Académie française ; M.Th'odore de Banville.\u2014Réverie ! \u2014 Indes Anglaisos : Une rencontre imprévue.Primes Mensoeues où Monor Muga\u201d Ire Prime .50 âme \u201c Ce 4 se 8me \u201c vo.15 4me Ce 10 bme ee © 5 6me \u201c Ce 4 me ee 3 8me \u201c Ce 2 86 Primes, a1 .8 94 Primes $200 Le tirage so fait chaque mois, dans une salle ublique, par trois personnes choisies par \u2018assemblée.Aucune prme ne sera payée les 30 jours qui suivront le tirage de ue mois, ENTRE#NOUS.UJOURD'HUI, (19 juin) en commençant ma causerie, je me souviens qu\u2019il y a en vingt cinq ans ce matin, que Maxi- milien, empereur du Mexique, a été fusillé à Queretaro, en même temps que deux de ses fidèles, les généraux Mijia et Miramon.Il ne devait pas trop aimer la vie, car les dernières années de son existence avaient été assez tristes, mais il a dû reconnaître un peu trop tard qu'il avait eu tort d'écouter les conseils et les promesses d\u2019un autre empereur, Napoléon IIT, qui devait disparaître plus tard dans la boue et la honte Ils sont morts tous deux en voyant disparaître les deux empires qu\u2019ils avaient fondés ; l\u2019un, Napoléon, après avoir voula restaurer le trône qu\u2019avait occupé son oncle ; l'autre, après un essai incompréhensible de monarchie, dans un pays es sentiellement républicain.Depuis ces deux évènements, le seul empire qui restat en Amérique, le Brésil, a mis son vieil om- pereur à la porte, et, sauf quelques rares colonies appartenant à des nations européennes, tout le ee ouveau-Monde est en république, d\u2019un pôle à \u2018autre.*,* Les veuves de ces deux monarques vivent encore, l\u2019une est f lle, l'autre est isolée, ot l'on se demande laquel's est la moins malheureuse.Charlotte, ex-.mpératrice du Mexique, à perdu LE MONDE ILLUSTRE la raison peu de temps avant la mort de son mari.Un jour qu\u2019elle se trouvait à Rome, elle alla se jeter aux pieds de Pie IX en s\u2019éoriant : \u201c Saint- Père, envoyez, je vous en supplie, à toute la chrétienté une bulle contre ceux qui veulent m'am- poisonner.\u201d .Depuis cette époque elle vit seule en Belgique, au château de Tervoeren, où elle à pour toute cour deux dames de compagnie, un officier d'ordonnance, un médecin et plusieurs femmes de péc chambre.Elle se porte bien, mais le cerveau est complètement vide Un témoin de sa vie dépeint ainsi l\u2019état de la pauvre veuve : .\u201c Elles môme pris un certain embonpoint qui, si les dispositions actuelles devaient se développer, pourrait faire craindre une tendance à l\u2019obésité ; mais, telle qu'elle est en ce moment, son embonpoint ne fait qu'ajouter A sa beauté.Et cette bsauté est devenue admirable.Son cas mental est étrange ; elle ne paraît plus faire partie de ce monde ; elle ne parle À personne, ne reconnait personne et vit en rapports suivis et en conversation continuelle avec des êtres imaginaires.Loa personnes qui l'entourent ou qui la servent paraissent ne pas exister pour elle ; elle les regarde et semble ne pas les voir.Elle semble souffrir quand son regard, dont la pensée est absente, rencontre un être vivant, quand une voix humaine réveille son oreille tendue vers des sons d'un autre monde ; elle ne se plait que dans la solitude et dans le commerce de ses familiers invisibles.¢ Toute compagnie lui est à charge ; mais quand la reine vient la voir, elle fait comme avec les gens du château, auxquels elle tourne le dos sans répondre, quand les nécessités da service exigent qu'on lui parle.Son appétit eat excellent, et elle compose elle-même chaque jour son menu, avec une parfaite intelligence des changements que les sai- sous amènent dans l'alimentation humaine.\u201c La princesse pousse l\u2019amour de la solitude à tel point qu'elle ne veut pas être servie ; elle s'habille elle même eb apporte même à sa toilette un soin tout particulier et une grande coquetterie.C'est elle qui se coiffe, toujours à bandeaux plats comme elle les portait autrefois.Sa camériste n'est pas admise dans «a chambre à coucher ; elle procède seule à tous les détails de sa toilette.* Elle à conservé une mémoire remarquable des choses usuelles de la vie.Ainsi, à jour fixe, un billet ordonne et fait préparer son bain.Si, quand elle a désigné un plat pour un de ses repas, ce plat ne lui est pas servi, elle en fait l'observation par écrit, sans reproche, sans mauvaise humeur, comme une personne qui prend acte d'une omission et la constate.\u201d On le voit, elle vit machinalement, sans rapports avec le monde, *,* L'impératrice Eugénie, elle, vit ici et là, voyageant beaucoup, cherchant À fuir ses souvenirs et ses ennuis.Elle est en ce moment à Paris, où personrze ne songe à elle, tell-ment elle est oubliée depuis vingt ans qu'elle à quitté les Tuileries.Toutes ses illusions sont envolées, et elle-même disait il y a huit jours, quand on lui demandait son opinion sur l'avenir du parti bonapartiste : ** L'empire est mort avec mon fils.\u201d Ce mot ne confirme-t il pas celui du prince Napoléon faisant son testament ; on lui demanda s\u2019il avait quelques recommandations à faire à propos du parti : * Le parti, répondit-il, écrivez qu\u2019il est mort.\u201d Oui mort, bien mort, heureusement pour la France.*,* Mais ces misères doivent peu nous toucher, car les impératrices de France et du Mexique ont eu le sort qui attend souvent les personnes qui se trouvent dans les positions les plus élevées mais les moins aûres.Elles ont voulu être souveraines, elles l\u2019ont été, elles ont savouré toutes les jouissances du pouvoir, elles pleurent aujourd\u2019bui leur grandeur passée, c'est l'équilibre qui se rétablit, Je plains davantage les pêcheurs du Labrador qui sont encore éprouvés une fois de plus, puisque la grippe vient es jeter par monceaux sous la Ia fauix de la mort.Pauvres pêcheurs, venus de tous les points de l'Acadie, des îles de la Magdeleine, de l'Est, do l'Ouest et du Sud ; la pêche faisant défaut au rivage natal, ils sont arrivés pour s'établir sur différents pointe de la côte nord, comptant sur des hes abondantes.Pécheurs imprévoyanta, ils ne comptent que sur le mer, ile attendent tout de la mer, et quand la pêche est mauvaise, ils souffrent en silence.Je les ai vus l'an dernier, quand la vague était trop forte ou le vent trop violent pour aller pêcher, tous debout ou assis le long du rivage, fumant leur pipe, ni gais ni tristes, iudifférents, causant de choses et autres, sans penser à l'avenir.Quant ls pêche est bonne, on fait bombance : le whiskey n\u2019est pas rare, bien qu\u2019il n\u2019y ait pas d'établissements licenciés pour la vente des liqueurs enivrantes, mais les contrebandiers (les Miqueto- nais, car ils viennent presque tous des îles Saint- Pierre et Miquelon), déposent eur la côte autant d'alcool qu'on peut leur en acheter, et aucun pécheur ne s\u2019en puisqu'on en trouve partout.La terre sablonneuse ne peut guère produire que des pommes de terres, et si on utilisait comme engrais les goémons et les algues que la mer re jette chaque jour sur le rivage, on pourrait se procurer quelques légumes, mais le pécheur n'aime pas le travail de la terre et se contente de poisson, de pommes de terre et de lard.Du poisson, toujours du poisson ! Il est vrai qu'il est excellent, puisqu'il est très frais, mais enfin, c\u2019est toujours la même chose.Le pêcheur ne regarde jamais le côté terre, sauf quand il est en mer, et du reste que regarde- rait-il 1 A un mille du rivage se dresse depuis Betaia- mis jusqu'à Blanc Sablon, une muraille de mornes dénudés, chauves, l\u2019image de la atérilité et de la misère, et au delà d'autres mornes, d'autres col lines couvertes de maigres arbres rabougris.Et cependant malgré la mauvaise pêche, malgré l'isolement dans lequel ils vivent pendant sept mois, sans médecin sur un développement de côtes de plus de huit cents milles, sans secours d'aucune sorte en cas de sinistre quelconque, feu, maladie, ouragan, les pêcheurs persistent À rester sur cette terre inhospitalidre.L'hiver, quand les provisions sont épuisées et que les enfants ont faim, on s'adresse au voisin qui se trouve souvent dans la même position, on découvre parfois un reste de mauvais poisson sal5 ou de loup marin séché et l'on essaye mutuellement de s'empêcher de mourir de faim.Quand les choses vont trop mal, que la situation devient désespérée, Mgr Bossé demande des se cours au gouvernement, et le cas se présente presque chaque année.Le gouvernement a déjà dépensé de fortes sommes, mais il est évident que cela finira un jour et que les pêcheurs devront se résoudre À quitter la mer pour devenir cultivateurs dans une autre partie du pays.Chaque année, un certain nombre de familles s'embarquent à l'automne et disent adieu à la terre ingrate qui leur a tout refusé et à la mer qui les trahies.*,* Un soir da mois d'août de l'année dernière, je me rendais de la Pointe aux-Esquimaux à Pinstrebaie (orthographe adoptée par les geas du pays), c\u2019est à-dire à trentesix milles de la Pointe, mais le vent étant contraire, mes compagnons et moi nous fâmes forcés de relâcher aux Betchouans.Assis à l'arrière de la barge, je regardais le fond de ls baie et, quand j'aperçus des maisons, une vingtaine à peu près, je dis à nos matelots : \u2014Mais c'est tout un village ! nous allons passer une bonne soirée là-bas.\u2014Pour sûr, que nous ne serons pas dérangés, monsieur, me répondit un matelot.\u2014 Comment cela $ \u2014 II n\u2019y a personne aux Betchouans, à part los maringouins.Je supposais que les pêcheurs étaient à la mer, \u2014 LE MONDE ILLUSTRE 181 car je ne voyais pas une seule embarcation ancrée dans la baie, mais les femmes et les enfants devaient être À la maison.À notre arrivée, pas le moindre signe, de vie toutes les maisons sont clauses, et oe n'est qu\u2019au bout de quelques minutes que je pus me rendre un compte exact de la situation.Oh ! la triste chose, le lamentable spectacle qu'un village abandonné ! Les maisons bien bâties, avec le soin que l'on apporte à se faire un bon nid là où l'on doit rester longtemps, paraisssnt presques neuves, les clotures de jardins sont encore bonnes, mais le terrain est envabi par les mauvaises herbes et ce n\u2019est, çà là, qu\u2019une fleur, un œillet ou une touffe de mignonnette qui nous apprend que ce coin de terre a été cultivé, soigné.À l\u2019extrémité du village, une construction plus grande que les autres ; c'est la fabrique de conserve de homards, exploitée pendant un an et abandonnée comme tout le reste.Une seule chose égayait un peu la tristesse du paysage, d'innombrables taches purpurines jetées dans le tapis du gazon, des fraises, de magnifiques fraises parfumées.Je me souvins alors que la mère Lavoie \u2014 une vieille Française établie sur la côte depuis 1847, et qui fait encore la cuisine comme une vraie Normande du vieux temps, \u2014m\u2019avait dit un jour, à la Pointe aux Esquimaux, qu'elle avait passé aux Betchouans les plus belles années de sa vie, seule avec son premier mari, eb qu'ils s'y étaient bâti une jolie maison, un petit château, disait-elle en souriant À ces vieux souvenirs.Je voulus voir le château.Une cabane, une ruine, un amas de planches et de poutres rongées et pourries.Je compris ! La vieille femme d'aujourd\u2019hui était jeune et belle alors, l'amour et ses vingt ans lui faisaient voir la vie tout en rose, près d\u2019an beau et fort gaillard qu\u2019elle aimait follement, et la modeste maison lui semblait un château Ne l'avons nous pas tous possédé ce château des illusions, de l'amour partagé, de la jeunesse et de la santé ! Aujourd'hui tout est ruines, les Betchouans, le château et même la mère Lavoie, la bonne femme dont tout ceux qui ont passé à la Pointe aux Esquimaux conservent le meilleur souvenir, ainsi que e ses œufs et de sa morue fraîche à la crème.Et ses pâtés d'alouettes, un rôve ! *,* Cette solidude des Betchouans n\u2019est pas la soule sur la côta nord, et rien n\u2019est plus fréquent que de rencontrer sur une Île, une presqu\u2019ile ou au fond d'une baie, quelques maisons abandonnées, ouvertes À tout venant et attendant un occupant.Après s'être peuplée rapidement il ya une quinzaine d'années, la côte redevient peu à peu dé- sorte, et cela continuera ainsi jusqu'à ce que le frère d\u2019Abel en ait repris complètement possession, car vous devez vous souvenir que Jacques-Cartier, apès l'avoir explorée, dit quelque part dans ses mémoires, \u201c et je crois vraiment que c\u2019est là la terre que Dieu donna à Caïn ! \u201d En attendant, il y a bien des misères à soulager ; Mgr Bossé est sur les dents, au moment où j'écris, son vicaire est mourant, les trois sœurs de charité du petit couvent que j'ai visité il y a un an, sont épuisées et malades, et partout, partout, sur tous les points de la côte, l'épidémie fait des victimes tous les jours.Plus de pêche, pas de remèdes et la huche est vide ! Que si parmi mes lecteurs il se trouve quelques personnes en état de venir en aide à ces malheureux, je les pris d'envoyer quelque chose à Mgr Bossé qui se chargera de la distribution.Le cimetières de la côte vont se peupler cet té ! *,* Et si vous saviez comme c'est triste de mourir là bas, sur un point isolé de la côte, alors q qu\u2019il n\u2019y « parfois qu\u2019une, deux ou trois maisons.Que de malades on pourrait sauver si l\u2019on avait des secours, mais en été, les communications n\u2019ont lieu que par eau et quand les vente et Ia mer s'en mélent il faut quelquefois des semaines pour atteindre un lieu plus habité.Et puis, je vous le répète, pas un médecin dans toute cette immensité.plus rapproché se trouve à Rimouski, et c\u2019est de là qu\u2019est parti le Dr Fiset pour aller porter secours aux malades de la Pointe- aux-Esquimaux.Mais il ne peut pas être partout.Alors, le malade n'a qu\u2019ane chose à fuire : se résigner et mourir, après quoi ses parents ou ses amis, s'il n\u2019est pas tout à fait seul, iront lui creuser un trou près de sa maison et I'enterreront dans un endroit que l'on appelle le cimetière, mais qui ne ressemble en rien à ceux des villes et des villages que nous connaissons.S'il eat seul, on retrouvers son squelette, plus tard, on ne sait quand, selon que le hasard amènera un voyageur poursuivi par ls tempête et qui, croyant trouver un bon gîte à terre, se trouvera tout à coup en présence de ce mort inconnu.Ce n'est pas gai la vie, sur la côte nord, mais la mort y est peut être plus sinistre qu'ailleurs.*,* S'il meurt quelque religieuse en soignant les malades, on ne lui élèvera pas de statue, son nom même sera vite oublié, et cette ingratitude est d'autant plus frappante que l\u2019on pense à couler en bronze, à Montréal, au homme qui a toujours été l'ennemi de notre race et de la religion des Canadiens francais.Il y a de ces choses que l'on ne voit qu'au Nou- veau-Monde ! Mais je me tais bien vite, on pourrait croire que je veux faire de la politique.> = .Lore Tote - > pe, HONORONS NOS MORTS C'est en se répétant à l\u2019envi cette noble devise, ou vibre et chante tout ce que le patriotisme a semé de plus pur dans nos cœurs de Français du Saint-Laurent, que des milliers de nos compatriotes se sont rendus au cimetière de la Côte des- Neiges, dimanche dernier, le 21 juin, renouveler à nos grande morts, les martyrs et les champions de nos libertés, l'apothéose de gloire qu'ils ont mérité à jamais.\u2019 Ç'a été une foto magnifique que cette démonstration de tout un peaple ; elle a frappé d'un saint étonnement, d'un epthousiasme invincible tous ceux qui en ont été témoins et laissera d'impérissables souvenirs pour la glorification de nos sentiments de reconnaissance et l'édification des générations qui grandissent.\"I'ous nos confrères de ls presse militante ont déjà donné de copieux détails, et à bon droit, sur cette grande et belle journée nationale.Le Monpe ILLUSTRÉ a tenu à honneur de ne pas rester en arrière pour payer lui aussi son tribut d'hommages à ces enfants vraiment illustres de la patrie.Un de ses artistes est allé photographier sur nature quelques-unes des principales vues et scènes de la fête, et dès la semaine prochaine nous pourrons mettre sous les yeux de nos lecteurs qui, bien sûr, en sauront bon gré à leur cher journal, des illustrations propres à leur rappeler une effusion patriotique, parmi les plus spontanées qu\u2019il leur ait été donné de voir.LSE PIERRE LOTI ; (Voir gravure) Le nouvel scadémicien est jeune encore.Ila varanteet-un ans, étant né le 14 janvier 1860.Nous avons dit qu\u2019il est lieutenant de vaisseau.Son œuvre se compose d\u2019une série de romans, qui sont presque tous des souvenirs personnels, des façons de petits romans tout intimes et très simples, placés dens les milieux divers eb très opposés que l'auteur & connus comme marin.Son premier ouvrage, Asyadé, se passe à Constantinople.Il fat peu remarqué.Mais un trés grand succès salua l'apparition du Mariage de Loti.Ce livre est une simple idyle, qui se passe A Taiti.Le héros, Loti, est bien certainement M.Viaud lui-même, car ce pseudonyme de Loti \u2018quil s rendu célèbre est le doux nom qu\u2019une jeune l'ai tienne donna à l'officier bien aimé.Encouragé par le grand auccès du Mariage, M.Viaud nous mens successivement À Alger avec les 7rois dames de la Kasbal, au Japon, aves Madame Chrysantème, au Sénégal et sur la Côte d'Or avec les Amours d'un spahi et Fleur d'ennui, enfin en Bretagne et dans les mers du Nord avec Mon frère Yves et Pécheur d'Islande.Sile Mariage de Loti veste, de tous ces romans, celui dont l'impression est la plus naïvement aimable, les derniers sont les «uvres maîtresses du peintre de genre qui, dans Mon frère Yves, abordant pour la première fois l\u2019analyse psychologique un peu compliquée, dépeint une amitié d'homme à homme, passsionnée jusqu\u2019au point où elle pourrait devenir suspecte.Dans tous ses livres, M.Pierre Loti montre moins un grand talent descriptif qu'un art tout particulier à nous donner l'impression des lieux qu\u2019il évoque pour nos imaginations.On l'a com] paré avec juste raison & Fromentin qui, soit avec\u201d le pinceau, soit avec la plume, avait au plus haut degré cette puissance évocatrice.La description, chez M.Pierre Loti n\u2019est pas minutieuse, comme chez Flaubert, par exemple ; elle n'est pas très précise toujours.Cependant, on vit, on se sent dans le milieu dont il vous parle.Ou voit les couleurs ; on pourrait dire qu\u2019on en sent les odeurs, On étouffe en Afrique, on gèle dans les brumes de la mer d'Islande.Et non seulement on ressent les impressions physiques que l'artiste veut nous faire ressentir, mais on arrive, quand on est d'imagination vive et accessible à ces sortes d'émotions, à éprouver les impressions morales qui passent par les sens.Les ardeurs, les lassitudes, les tendresses, les étrangetés, les réveries et les ennuis, tout ce qu\u2019un climat violent et un genre de vie tout particulier peuvent inspirer à un homme d\u2019une sensibilité aiguisée, on arrive à l\u2019éprouver encore plus qu\u2019à le comprendre.Il faut certainement un grand talent, mieux encore, un don très exceptionnel, pour s'emparer de la sorte de l'esprit et surtout des nerfs d\u2019un lecteur.Nul ne saurait refuser à M.Pierre Loti d'avoir ce talent et de posséder ce don d\u2019une façon si exceptionnelle qu'on la pourrait dire unique.La choix de l\u2019Académie sera donc approuvé par beaucoup de gens, et j'en sais de passionnés à ce point que toute autre nomination leur eût paru je ne sais quoi de monstrueux et d'incompréhensible.Cependant, on _objectait que le talent de M.Pierre Loti, pour grand qu'il soit, restait un talent de genre, un peu spécial et limité.Rien, dans ses romans, ne montre en effet que leur auteur soit un homme ayant den idées générales, des connaissances étendue, un philosophe, un critique.Aussi, en le choisissant, l'Académie paraît avoir voulu dégager le talent de tout ce qui est à côté de lui, le prendre isolé, en son œuvre, sans plus s'enquérir, et montrer ainsi qu\u2019elle sait subir le charme d'un artiste et tient compte de son succès auprès du public.HENRY FOUQUIER.OCCASION Une belle statue de Madone en ARGENT MASSIF, à vendre : hauteur, un mètre, et un demi-mètre de circonférence ; étant une copie de la statue de la Piazza d'Espagne, à Rome : valeur réelle 5,000 francs, ayant appartenu à S.3.le pape Pie 1X, ainsi que plusieurs autres reliques de feu le comte T.Filippani Ronconi.Pour renseignements, écrire à L.de P., bureau du Mowpe ILLvsTRé, 40, Place Jacques Cartier, Montréal, LE CERF-VOLANT Sur la plage Oa vient voir Son image Se mouvoir Qu'il s'envole ! Mon charmant Et frivole Cerf-volant, Que l'haleine Du géphye Fait sens peine Dans l'eau pure Du grand lac Qui murmure i I Tressaillir ! | Sous le bac.i Daus l'espace, Plus charmante Ou gaiment \"Que les fleurs L'oiseau | Et riante En chantant, | Quoiqu'en pleurs, 11 s\u2019élève ! Cette aurore Plus léger \u2018 le ses feux Que le rêve j Le décore Meusonger.| Dans les cieux.Oh ! qu'il vole Mon charmant Et frivole Cerf-volant, Que l\u2019haleine Du zéphyr Fait sans peine Tressaillir ! AInERT FERLAND.KoBuES Caillavet était un enfant riche, ce qui n\u2019est jamais désobligeant.Mais, par surcroît, il avait du cœur, ce quin\u2019est pas ausei commun, quoi qu\u2019on en dise.Les parents de Marguerite Ou- deaux ne daient pas de fortune.Aucun lien de parenté entre Marguerite et Georges Ils étaient voisins, voilà tout.Mais ne vous hâtez pas, lecteur, de finir vous- même mon histoire.Je vous assure d'avance que ce n'est pas ga.Et la preuve, c\u2019est que l'une avait trois ans et l'autre quinze.Vous voyez bien.Le malheur et la mort, quand ils viennent frapper à une porte, n\u2019ont point souci de la richesse ou de la misère.C'est dedans les coups du destin seulement qu\u2019existe la véritable égalité.et encore il y aurait à gloser longuement sur ce sujet essentiellement philosophique.Mais nous avons autre chose à faire, vous et moi.Sachez donc que vers le même temps, Georges et sa petite amie devinrent orphelins Ah! ce fut vite fait.Tl ne fallut pas plus de quinze Jours pour que le premier perdit son père et sa mère.Le malheureux enfant faillit en mourir aussi.Mais sa robuste nature et la jeunesse triomphérent de son désespoir.Quelques semaines plus tard, Marguerite restait seule au monde Jusque là, Georges ne la connaissait peut être pas.À coup sûr, il ne l'avait point remarquée.Mais il apprit par des servantes qu'on ne savait que faire d'elle.I] était question d'hospice, d'enfants assistés, de choses qui produisirent une impression cruelle sur l'esprit de Geor- \u2014Mon oncle, dit-il à son tuteur qui se trouvait être un digne homme, est-ce que je suis assez riche pour avoir une petite sœur ?\u2014Oui, pourquoi ?\u2014Parce qua je voudrais adopter Marguerite.-\u2014Mais tu ne l\u2019as jamais vue?~\u2014Eat ce que ça l'empêche d'être bien malheureuse Ÿ répondit Georges.LE MONDE ILLUSTRE \u2014Mais, mon ami, il y à des lois sur cette matière.\u2014Qui autorisent les orphelius à mourir de misère.Eh bien, mon oncle, recueillons-la d'abord, nous verrons ensuite ce que disent les lois.L'oncle sourit et céda.On alla chercher Marguerite.La pauvre enfant, tent bien que mal habillée de noir par des voisines préoccupées du décorum, fit son ent rée chez Georges en ouvrant de grands yeux étonnés et n'avançant qu\u2019avec des mouvements d'adwiration défiante.Elle était divine d\u2019ailleurs.C'était le type de ces gamines délicieuses que Grévin dessine en quatre ou cinq coups de crayon.Ronde, toute pleine de fossettes, les cheveux en broussailles, mais merveilleusement plantés, un petit nez audacieux, des yeux où éolataient l\u2019innocence et la bonté.Voilà en quelques mots sa silhouette exquise.\u2014 Marguerite, lui dit Georges, veux-tu être ma petite amie $ L'enfant regarda celui qui l\u2019interrogeait avec une curiosité pas du tout embarrassée et lui dit : * \u2014 Alors, c'est toi qu\u2019on m'a dit que tu vas être mon papa.L'adolescent eut un sursaut de joie dans la poitrine.\u2014Oui, dit-il, c\u2019est moi.Et prenant la fillette dans ses bras, il lui planta sur les joues deux gros baisers retentissants qui firent rire Marguerite tout en la surprenant un u.PL oa ne t'embrassait pas?lui demanda Georges, \u2014Si, quelquefois.\u2014Pauvre enfant ! \u2014Dis donc paps.Tu veux me donner une tartine, dis ?Je crois bien, répoudit Georges en riant.A quoi ls veux-tu Ÿ au beurre, aux confitures, à la crême $ \u2014Je la veux à tout, répondit Marguerite.* +* * \u2014Ah ! elle peut se vanter d'avoir pris un bon numéro à la loterie, disaient les commères du quartier quand plus tard elles voyaient Marguerite grande et voujours adorable, s'en aller à la promenade ou à l\u2019église soit avec Georges qui lui donnait la main, soit avec une institutrice.En vérité, il n\u2019y avait pas de plus heureuse enfant.D'autre part, il n\u2019était pas de plus heureux père, car, par une chance sans égale, la fillette méritait la fortune qui lui était échue.Et, de plus, elle ge faisait chaque jour plus belle, plus gracieuse, plus aimante, toutes choses qu'on aurait crues impossibles.C'est aiusi que Georges devint un homme et qu\u2019elle même devint une jeûne fille.Toujours en contact avec l'inépuisable indulgence de son \u201c papa,\u201d Marguerite avait grandi dans une sorte de liberté décente, grâce à laquelle ses qualités premières de petite fille que rien ne troublait s'étaient développées au point d'en faire la parfaite demoiselle du monde.Et un beau jour, il arriva qu\u2019elle eut dix-huit ans, de même que son \u201cpapa \u201d atteignit sa trentième année.Pour elle alors, les choses se pas- sdrent comme pour une fille de famille : au cours de l\u2019hiver, elle alla pour la première fois dans le monde.Non histoire, sa situation singulière, sa beauté, son caractère loyal et ferme attitude attirérent l'attention Et tout le monde Ja gita comme Georges l'avait gâtée.Les jeunes gens eux-mêmes, par une faveur du ciel, ne s\u2019enquirent point si elle serait riche et plus d'un laissa voir qu'il serait heureux de l\u2019épouser.Décidément, elle pouvait se vanter d'avoir pris un bon numéro à la loterie.: * * * Mais voilà que Georges, en la voyant courtisée, fêtée, la regarda un soir, dans un bal dont elle était la petite reine et la trouva merveilleusement jolie, plus jolie qu\u2019il ne le croyait.Jusqu'à ce jour, le jeune homme n\u2019avait pas senti battre son cœur.Il était resté \u2018 papa\u201d et rien de plus.D'ailleurs, Marguerite l'appolait toujours ainsi et gardait avec lui cette Pamiliarité tendre et aivée A laquelle de nos jours tant de jeunes personnes sunt habituées.En sorte que Georges, intimidé par oette con.flance et cet abandon, ne vit pas sans effroi naître en lui le sentiment qui ressemblait furieusement à une passion dont il ne serait pas le maître.Et puis cette position de père qu'il avait prise depuis si longtemps le génait.\u2014 Quelle folie ! pensa t-il tout d'abord quand il se sentit pris Marguerite est ma fille, ma fille seulement.Je n'ai pas le droit de l'aimer.Il me semble que ce serait mal.On sait ce que valent les plus beaux raisonnements quand l'amour s'empare d'un cœur.Dès ce moment, Georges, qui croyait si bien connaître sa \u201c fille,\u201d découvrit en elle, chaque jour, à chaque heure, À toute minute, des vertus, des charmes, des beautés qu'il ne soupçonnait pas quelque temps auparavant.\u2014Elle est exquise, disait-il, eb je ne suis pas digne d\u2019elle.La jeune fille, d'ailleurs, ne s'apercevait de rien.Elle reatait libre avec Georges, l'interrogeant, lui faisant part de ses idées, de ses sentiments et le troublant à tout propos par des paroles qui n\u2019auraient eu aucune importance dans toute autre situation.Georges devenait donc fou d'amour.Il ne pouvait plus y tenir.I! fallait qu'il se déclart ou qu\u2019il mourût.Du muins, c\u2019est ce qu\u2019il pensait.Un jour, au lendemain d\u2019un bal, il trouva Marguerite plus sérieuse et peut être un peu inquiète, il lui demanda s lennellement un instant d'entretien.Marguerite eut un sourire et le pria de parler, (Georges sans préambule : \u2014Te vuilà femme, ma chère enfant, dit il, est ce que tu as songé à te marier 1 \u2014Oh ! papa, que tu es bon | répondit elle.\u2014Pourquoi me dis-tu cela 1 demanda Georges tremblant.\u2014Peurquoi Ÿ Mais parce que depuis douze ans je n'ai jamais attendu la réalisation d\u2019un désir.Tu es toujours allé au-devant de mes souhaits.Paps, papa, est-ce que vous ne seriez pas un peu le bou Dieu 1 Et avec ce sans-fagon dont elle ne s'était jamais départie elle lui sauta au cou.Georges sentit #'écrouler quelque chose en lui.Il est clair que si Marguerite l'avait aimé elle n'aurait pas eu cet élan de tendresse filiale.Pâle comme un cadavre, il demanda : \u2014T'u aimes donc quelqu\u2019un 1 Marguerite, sans s'apercevoir que * papa \u201d avait les mains tremblantes, les yeux humides, la voix éteinte, car elle était un peu confuse de faire ce premier aveu : \u2014Oui, dit-elle en baissant et en levant aiter- nativement son regard sur Georges.\u2014 Ah ! murmura celui-ci en dissimulant à peine l\u2019effort qu\u2019il faisait pour ne pas chanceler, \u2014Et luit.\u2014Eh bien ! papa 1 \u2014II t'aime $ \u2014Je ne sais pas.\u2014Ilteladit?.\u2014Ah ! papa ! il n'oserait pas, je pense.D'ail leurs s\u2019il me le disait sans ta permission, je ne l'ai merais plus.TI y eut un silence.Georges cherchait ses phrases.Dans les réponses de Marguerite, il y avait un mot qui commençait à l\u2019exaspérer, quoi- qu\u2019il y fût bien habitué.C'était ce \u201c papa \u201d qui revenait si souvent comme un refrain cruel et railleur.Sa préoccupation était de lui adresser des questions qui n\u2019amenassent point ce fatal \u2018 papa.\u201d \u2014 Marguerite, dit-il, ne te trompes-tu pas ?À ton âge on prend souvent pour de l'amour une inclination sans racine.\u2014Va, ne crains pas cela.Je suis siire de mon cœur.\u2014Alors tu 'aimes de toute ton Ame 1 \u2014Je I'sime au point de préférer un couvent à tout autre homme, répondit Marguerite avec une sorte de solennité qui fit tressaillir Georges.\u2014C'est bien, dit-il son nom 1?\u2014Comme tu me demandes cela, mais je le crois. LE MONDE ILLUSTRE 188 pr Er ~Dis-mol son nom, voyons, je t'en prie, \u2014C'eat M.Joan de Préville.Georges fit un nouvel effort et ajoute : \u2014Je le verrai.Je saurai s\u2019il t'aime sérieusement et, dans ce cas, vous serez mariés dans un mois.\u2014Quand je disais que tu es le bon Dieu, papa, s'écria Marguerite en laissant éclater sa joie.+.* Georges, écrasé, quitta sa \u201c fille \u201d et sortit.En uelques heures il acquit la conviction que M.de réville aimait Marguerite et qu'il la prendrait sans dot.C'est pourquoi son notaire fut chargé de rédiger un contrat par lequel il lui donnait trois cent mille francs.Puis il règla tout ce qui concernait ce mariage, fit ses malles, charges son ancien tuteur de conduire Marguerite à l\u2019autel, écrivit à celle-ci un mot par lequel il lui annonçait l'impérieuse nécessité où il se trouvait de quitter ls France et partit.Incapable de supporter son malheur, il s\u2019embarquait pour l'Inde avec ls résolution de #\u2019y tuer, voulant éviter à Marguerite jusqu\u2019à l'ombre d'un remords, en disparaissant ainsi.+ Mais Marguerite fut frappée comme d'un coup de foudre en apprenant ce brusque départ.\u2014Quoi ! juste au moment où je vais me marier il est forcé de partie ! Elle courut chez le notaire qui dressait le contrat.\u2014Monsieur Caillavet, lui demanda-t-elle, ne vous a pas laissé une lettre, un pli t-:- \u2014Si, mademoiselle.\u2014Montrez la moi.Le tabellion prit dans un tiroir une grande enveloppe scellée à la cire noire.Marguerite s\u2019en emparsa, la décacheta fièvreusement.\u2014Mademoiselle ! mademoiselle ! que faites- vous Î \u2014Son testament ! s'écrin Marguerite atterrée.Et en ma faveur ! Elle tomba sur une chaise, anéantie.Mais avec cette énergie qui ls rendait supérieurs, elle se redressa et se mit à réfléchir.Alors elle se souvint.Les moindres détails de la conversation qu'elle avait eue avec lui au sujet de son mariage lui revinrent à l'esprit.Et d\u2019une voix brisée elle murmura : \u2014 II m'aime ! Aprés un instant de silence, elle ajouta : \u2014Monsieur, veuillez surseoir A la rédaction de mon contrat de mariage.Rentrée chez elle, c'est-A dire chez Georges, elle dit à son inatitutrice.\u2014Mademoiselle Leroux, nous partons À sept heures pour Marseille.Et le lendemain matin, à l'hôtel de Noaiîlles, au moment où Georges donnait l'ordre de porter ses malles à bord, Marguerite entrait dans sa chambre.\u2014Ah ! papa, papa, lui dit-elle, que vous êtes méchant 1,.\u2014Marguerite Ÿ vous ici ! \u2014Odi, moi, monsieur Georges Caillavet, moi qui viens de vous appeler pape pour la dernière fois, moi qui vous ramène à Paris, moi qui vous bénis pour votre fuite, car elle m'a révélé que si j'aimais quelqu\u2019un ce n\u2019était pas M.de Préville.\u2014 Marguerite, Marguerite, prenez garde.Ne jouez pas avec cela.\u2014Je ne joue point, croyez-le, mon cher Georges, dit Marguerite sur un ton grave : mon petit père n'existe plus pour moi.Je ne connais que mon mari.Adieu, paps.Bonjour, Georges.Ne me dites rien.J'ai tout deviné.CAMILLE DEuans Soyons doux, si nous voulons étre regrettés.\u2014 Xavier MAnuien.On peut juger du mérite des gens par les ori- tiques dont ils sont l'objet, et de leurs défauts par les éloges mêmes qu\u2019ils reçoivent.\u2014G.M.VAL- TOUR.MONTREAL : HOTELS, RESTAURANTS, TAVERNES, ETC.NOTES ICI KT LA En s'accoutumant à la vie d'cataminet, À ses joux variés, à son atmosphère stupéfiante, à ses boissons excitantes, on en vieut A trouver insipides les causeries du foyer, les jeux uaifs des enfants et tout ce qui ee rattache À la vie de famille.Docteur Drunkn, Montréal possède, relativement à aa population, plus d'églises qu'aucune autre ville d'Amérique, mais en revauche, il paraît qu'elle possède aussi le plus grand nombre de lieux de perditions C'est en constatant ce fait que l'abbé Verreau s\u2019écriait en 18 5 : \u201c Montréal, Villemarie ! ville mondaine et pleine de piétA, ville où les institutions de charité et de ln foi sa multiplient comme par enchantement, où tous les vices ss propagent avec une rapidité effrayante \".Et il dissit vrai.Parmi ces lieux qui sont autant de gouffres béants où vont s\u2019engloutir chaque année des mil- liera de personnes nous avons déjà parlé des maisons de jeu, disons aujourd'hui un mot des hotels, des restaurants, des tavernes.Leur nombre est phénoménal.Faites une petite promenade sur la rue Notre- Dame et comptez les buvettes qui se trouvent entre Maisonneuve et Sainte Cunégonde.Vous seres stupéfaits.Prenez ensuite la rue Sainte Catherine, partie Est, descendez la rue Saint Laurent, jetez un coup d'œil sur la rue Craig, voyez la rue des Commissaires, pénétrez dans le Griffintown, dans le faubourg Québec et Saint Jean-Baptiste, examines partout et vous vous demanderez : Comment tant de gens peuvent-ils vivre À débiter des liqueurs enivrantes ! Vous concluez en disent : Se peutil que nos res de familles consomment une si grande quantité de liquide empoisonné ; se peut-il qu\u2019ils ne laïesent à leurs femmes et à leurs enfants qu\u2019un peu de pain,\u2014pas assez pour vivre et trop pour mourir,\u2014tandis qu'ils rigolent chez le voisin en passe de s'enivrer, de sa donner un plaisir factice $ À cette conclusion interrogatoire, je répondrai : Oui, le nombre de ces hommes est grand, mais il n\u2019en est pas ls majorité, les jeunes gens l\u2019emportent.Est-ce heureusement ou malheureusement ?+ Laissons cela.Rendons-nous compte de visu.Que de choses l'on pourrait dire sur les grands hôtels exigeants des personnels considérables des deux sexes ! Que de révélations pour celui qui regarde de près ce qui brille tant ?Quelle vie pour la jeune fille exposée tout à-coup aux tentations les plus grandes Ÿ Pour s\u2019en convaincre, il faut avoir vu défiler en Cour du Recorder la foule de malheureuses qui maudissent leurs premières fautes.Que de choses l'on pourrait dire sur ces restaurants ornés de cabinets particuliers, de salles de billards, de pool, où les garçons prétendent s\u2019amuser innocemment tout en dissipant le salaire gagné À la susur du front ?Que de choses l\u2019on pourrait dire ser ces bar room modestes où des enfants vont boire, s'abrutir, détériorer leur faible constitution et se préparer pour une vie de crimes, de débauches 1 Que de choses l'on pourrait écrire sur ces ta vernes accompagnées de salles de concert, où les matelots vont se reposer des fatigues d'une longue traversée, aux sons d\u2019une musique cacaphonique, aux accents plus ou moins harmonieux de chan teurs de bas étages, au contact maudit de filles perdues, puant l\u2019alooo! Ÿ Quel étonnement l'on produirait s'il était possible de mettre au jou: 'es conversations, les complote faits dans ces cabarets borgnes, fréquentés r des individus à le mine ropoussante, aux ha- its en lambeaux.Cela semble incroyable.TI y a toute une étude à faire sur le monde que l'on rencontre dans ces endroits.Ici, dans ce grand hôtel, logent des touristes, des hommes d'affaires, des acteurs, des débiteurs fuyant des créanciers, des individus dépistant les autorités, des couples assortis à la hâte, des échevins, des politiciens corrupteurs ou sans taches, des.mais je n\u2019en finirais pas.Ailleurs, devant ce restaurant à l'aspect tranquille, pourquoi ces voitures qui stationnent et ces personnes emmitouflées qui en descendent pour disparaître avec mystère derrière la porte privée 1 Montes en haut, et vous serez surpris d'y sentir l\u2019arome de souper fin, d\u2019y entendre des rires fénit- nins, d'y voir des princes de la finance.Là, dans cette buvette qui ressemble À toutes les autres buvettes, en avant, quelle transformation si vous pénétrez au fond / Vous y rencoutrez des citoyens buvant à \u2018 européenne, causant français, anglais, allemand, italien, jouant à leur jeux favoris.Voilà pour certains genres, détaillons les autres.À part la buvette proprement dite qui, dans le centre de la ville ferme à six heures, après la clôture des bureaux, existe celle qui s'intitule restaurant.LA, à toute heure, vous avez un lunch froid, mangé debout.et succulent.Puis celle qui s'intitule muséum, titre alléchant dans le but d'attirer l'amateur de cu-inaité.Et vraiment il s\u2019y trouve des choses étonnantes.Il y a le véritable restaurant pour les hommes d'affaires, où l\u2019on donne & diner.Le prix varieut entre quinze conts et une piastre, selon l\u2019endroit et le menu.Pour terminer la série, ajoutons les bars de club attenant À une salle de billard, de pool où à une salle de danse.11 reste maintenant une dernière catégorie de débits de boissons : ceux qui n\u2019ont pas de license.On peut les diviser comme suit : Premièrement, les matsons de.plaisir ; secondement, les salons intimes, où une dame ordinairement très intelligente vient causer avec vous et en amie sur tout sujet, A condition que vous payiee la iraite de temps en temps ; troisièmement, les Beanneries, restaurants ainsi nommés parce que l\u2019on y débite principalement du pork and bean.Là, on vous sert à bon marché un repas qui ne soutient pas la comparaison avec ceux que donnent Victor ou l\u2019uperrouzel.Comme la faim a pour compagne la soif, quelques propriétaires de ces établissements tiennent les liquides nécessaires.Leur avantage sur les hôtels est immense, ils peuvent rester ouvert la nuit et le dimanche.Aussi, la police veille t elle continuellement sur eux.-_.Comme on vient de le voir, cet article n'est qu'une série de notes jetées au hasard de la plume.Je n'ai pas voulu trop m'arrêter sur le sujet, donner les trucs, etc.I! en résulte plus de mal que de bien.Depuis plusieurs mois, j'ai entrepris de faire voir Montréal sur tous ses côtés, mais il est permis de passer rapidement sur les mauvais.re | 5 5 ~ 22 00 sin 2 Un avocat plaide contre un dentiste : \u2014Messieurs, dit-il au commencement da sa plaidoirie, il me sera facile de résumer les débats : on devait nous mettre pour cinq cents francs de dents, on nous met dedans pour cinq cents francs.Là est tout le procès.* + * \u2014Comment, ma chére, vous êtes restée toute Paprés midi au jeudi do madame X.\u2014Ouij, on disait tant de mal de ceux qui sortaient, que je n'ai jamais osé partir de peur de passer par les mêmes propos. \\ 184 LE MONDE ILLUSTRE EE THEODORE DE BANVILLE Un grand poète.\u2014 Ses idées en poésie.\u2014 Son dedain pour les choses utiles.\u2014 Banville et Leconte de Lisle.\u2014 L'idéal du poète.\u2014 Une autographe.\u2014 Son œuvre, B poète qui vient de disparaître, ce petit fils de Pierre de Ronsard, était le seul contemporain, dans son genre, qui ne fut pas atteint du pessimisme de cette fin de siècle.Alors que tous les lyriques de notra temps, même les plus impassibles à la surface, comme ce dormeur oriental À peine ré veillé qui s'appelait Théophile Gautier, sont tous, les uns révoltés, les autres résignés, des mélancoliques et des tristes, Banville seal, ce chimérique et miraculeux Banville, avait conservé la culture de la vie, le don de la joie tranquille et sereine, l'ivresse physique des grands poètes de la Renaissance.Banville était avant tout le chanteur de la vie heureuse et ses beaux vers font penser invinciblement à ces parcs seigneuriaux où, parmi les gestes éternels, des statues de déesses, de riches et calmes lueurs d\u2019après midi et de soleil couchant, s\u2019étirent usement, sur l\u2019éméraude des pelouses, au pied des arbres.Oh ! je sais bien que ce nom de Théodore de Banville dit peu de chose à la foule, au gros des lecteurs.Ce n\u2019est qu\u2019un poète qui vient de disparaître ; et ce poète n\u2019a laissé aucune œuvre populaire, n'a caressé aucune des grosses fibres vulgaires, n'a orné de mauvaises rimes aucune Mar- saillaise n\u2019a rabâché aucune de ces banalités chères à l\u2019ineptie ambiante, à la bêtise de quelques médecins sans clients, à la niaiserie de quelques écrivains mirlitonesques ?Il s\u2019est contenté des fêtes solitaires où se plaisent quelques esprits d'élite.Théodore de Banville n'a jamais eu la vogue : ce serait l\u2019injurier de dire qu\u2019il l'a méritée.Tel qu\u2019il fut, ce poète fut exquis, et, j'ose le dire, parmi les meilleurs de ce siècle.Même à côté de Victor Hugo, de Théophile Gautier, de Lamartine, il a été un virtuose sans pareil.Lire les vers de Théodore de Bauville, pour quiconque est un peu du métier, c'est prendre un bain de perfection.Ce maître fut impeccable.* # * Ses idées en matitre de versitication, il les a exposées dans un petit traité de poésie française qu est bien le livre le plus comiquement para.oxal qu\u2019on ait jamais écrit.On y rencontre des chapitres d\u2019une brièveté éloquente, tels que ceux- LICENCES POÉTIQUES Il n'y en a pas.DB L'INVERSION, Il n\u2019en faut jamais.Le chapitre de la rime est moins sommaire.L'auteur y démontre que la rime est ls base du vera français, et à ce propos, il instruit de la façon la plus divertissante le procès de ce pauvre grammairien nommé Buileau, qui écrivait ses vers avant d'en avoir rencontré les rimes et qui est mort convaincu qu\u2019il faliait chercher la rime pour la trouver, tandis que c'est la rime qui vient chercher le vrai poète, qui l'obsède et s'impose à lui.Telle était bien la rime de Danville : plus elle était imprévus et riche, plus facilement il la rencontrait, et cela prêtait à ses vers une splendeur et un éclat féeriques.L'originalité de \u2018l'héodore de Banville c'est qu\u2019en un siècle d'épiciers et d'industriels, où tout se pèse, se compte et s\u2019évalue, il à mis son cœur à des choses qui passaient pour insignifiantes et vaines.En face d\u2019une génération qui ne veut plus se payer de mots et qui ne donne pas cinq centins de la plus beile chimère, ce poète singulier « fait de la chimère sa seule compagne et n\u2019a voulu croire qu\u2019au charme souverain des mots.Il a eu un tel dédain de tout ce qui est utile, de tout ce que les bumains additionnent ou multi plient, qu\u2019il à exclu de sa poésie jusqu'aux idées, de peur d'avoir l\u2019air d'en vendre !.Il n\u2019ya laissé que la magnificence et la sonorité du verbe, la beauté harmonieuse des strophee, sculptées comme des urnes antiques dans le ma.bre inutile et par.Ce poète de grand talent a passé sa vie à ciseler une coupe d'or qui ne sert à personne ; il a fait de la poésie le plus inutile des luxes et le plus noble des exercices.+ * Quand il est mort, c\u2019est à dire il y à un mois à peine, Théodore de Banville était en pleine lumière et en pleine gloire.Longtemps obscur et dédaigné, confondu, quoi- qu'il appartint À la seconde génération romantique, dans le silence et l'ombre où l\u2019on tenait aystéma- tiquement les Parnassiens, le poète des Exiléds eb des Ballades Joyeuses apparaît maintenant au milieu des écrivains français et au monde comme l'héritier littéraire direct de Victor Hugo.On avait pu croire un instant, pendant les funérailles du poète des Quatre vents de l'esprit, que le globe impérial des lettres allait passer aux mains de Leconte de Lisle.Elles étaient dignes de le saisir, ces mains savantes et fidres, ces mains géniales qui écrivirent les /\u2019vèmes barbares, et elles l'eussent porté au moins aussi grandement et aussi majestueusement que celles de Victor Ifugo.Mais comme Leconte de Lisle n'a point rimé d'Odes funambulesques, comme il ne consent pas à mettre parfois de l\u2019esprit dans ses vers, comme il est avec Victor Hugo l\u2019un des cing sommets poétiques de ce siècle, tandis que Théodore Banville s\u2019il est un poète de grand talent, est aussi un homme plus accessible, moins troublant, moins deepotique, il est naturel que les Athéniens de France sient gardé leurs palmes académiques et tous leurs honneurs pour cet athénien d\u2019Athènes.On se doit bien cela entre Athéniens, n'est-ce pas ?* * Théodore de Banville a eu ce mérite rare, qui n\u2019est que le signe d\u2019une énergie morale supérieure, de passer à travers la vie.les yeux en haut, sans prendre garde aux turpitudes et aux platitudes où la plupart demeurent embourbés.Il a eu le regard uniquement fixé sur son rêve d\u2019idéal et de lumière, et ce poète qu\u2019on qualifiait de paien, parce qu'il invoquait volontiers lesjdieux de l\u2019Olympe, fut plus réellement spiritualiste et chrétien, dans son élan vers les pensées hautes et divines, que tant de gens qui cachent, sous la correction de leurs vertus bourgeoises, l'abjecte adoration du veau d\u2019or.La conversation de Banville était comme sa poésie : elle ne traînait jamais par terra ; elle s\u2019envolait en fusées vers l\u2019azur, unissant la fantaisie lyrique et le fantaisie comique.Ce petit homme, à l\u2019œil vif et curieux, au moins tel qu'il était encore il y a onze ans, disait avec gravité des choses qui paraîtraient énormes aux ens raisonnables, \u2018dont l'espèce foisonne autour e nous.Une question de versification avait plus d\u2019in- portance à ses yeux que n'importe quelle question politique, la poésie était pour lui la grande, la seule réalité.N'allez pas croire que je l'admire dans sa façon de comprendre la vie Ÿ Non.Je constate sa wa.nière de voir, simplement.Mais voulez-vous juger l\u2019hommie tel qu\u2019il était ?Eh bien, lisez cette autographe que le poète adressait À un éditeur qui venait de le prévenir qu'il avait à lui remettre quelque argent : \u2018+ Si cela ne vous gêne en rien, répond avec uns adorable ingénuité Banville au libraire, le moment serait malheureusement trop opportun, car ls ma ladie de mon cher enfant a jeté daus mes finances un désordre dont je vous épargne les détails.Dons, si ce que vous m'avez offert est possible, je ne.soiynerat pas moins mes rims, rythmes et césures.\u201d Tout l'homme est là ! De l'argent, si possible, puisqu'il en faut ; mais avant tout des rimes et des rythmes.C'est une véritable profession de foi d'artiste et de poète.+ + L'œuvre de Théodore de Banville est consid: - rable.Parmi ses comédies adorables, il faut mettre en tout premier rang Florise, qui n'a jamais été représentée et qui rêve encore dans les cartons de quelque directeur de théâtre ; Dianne au buis et enfin Socrats ct sa femme, qui a été jouée il y a quelques sanées à la Comédie Française.C'eat dans cette comédie que le philosophe s'«- dreesant au public, aprèa avoir triomphé de l'acrimonie de sn femme, Xantippe, termine par ccs vers : Tout le mal est venu de la femme.Raison Obacurcie, appétit du lucre, trahison, Coupes d'or où les vins sont mélangés de lie, T'out crime, tout mensonge, toute folie Vient d\u2019elle.Adorez-la pourtant, puisque les dieux L\u2019ont faite.et c\u2019est encore ce qu\u2019ils ont fait de mieux ! Je résume cet article par trois lignes : Théodore de Banville fut l\u2019un des plus grands et des plus désintéressés poètes de ce déclin de siècle ou, comme l'a dit Edmond de Cioncourt, la spiritualité de l'individu se mesure à son plus ou moins de mépris de la foule et de l\u2019argent.3, ds PP PETITE CHRONIQUE CHORKS ET AUTRFS Montréal a mwêtu sa toilette la plus gaie, «t toute souriante la grande ville tend le front aux chauds baisers d'un soleil magnifique.Les rayons ardents de l'astre superbe, le beau temps continu, annoncent un été un peu trop sc pour le laboureur, mais très agréable pour le citadin.Le touriste peut, À son aise, admirer nos campagnes parfumées et nos fleuves roulant les vagues ; les plus douces et les plus harmonieuses.i La nature découvrant son sein en laisse apercevoir les charmes incomparables ! Un chant dont rien n\u2019interrompt la mélodie jette partout res suaves accents.Puis, lorsqu\u2019à la fin d\u2019un beau jour, on voit le soleil se cabrant comme un cheval qui résiste au mors, et quand ensuite il retombe derrière la montagne, vaincu par une puissance supérieure, * on reste, alors, ravi d\u2019un si beau spectacle.C'est que notre ville de Montréal est aussi belle que les cités les plus vantées, c\u2019est que notre montagne vaut bien les sites enchanteurs du pays des rêves | Le soir, un calme profond enveloppe notre ville de son voile tout imprégné des parfums les plus LE MONDE ILLUSTRE odorants, et les pavés de nos grandes rues retentissent des pas cadencés des heureuses victimes de co L'atmosphère, peu à pou dégagée des feux du jour, reprend une température douce et embaumée.L'espace redit les échos de la nuit, jusqu\u2019à ce que Montréal reparaisse entouré des fraîcheurs matinales.LR J + Jai lu avec le plus grand plaisir la conférence de M.Adjutor Rivard, sur Mgr ds Laval, publide dans le Glaneur d'avril.M.P.G.Roy, de Lévis, a eu le bon esprit da faire paraître en un petit volume ce discours magistral très beau dens sa forme et magnifique par les idées.M.Adjutor Rivard l'ami le plus intime de Denis Ruthban, pseudonyme du premier, n\u2019en est pas à ses premières armes.M.Rivard est un écrivain profondément reli- gioux, et malgré sa modestie nous ne lui ferons certainement pas un reproche de bie penser.Voulez-vous avoir une idée du style de cette helle conférence et de la saine philosophie de M, Rivard! Lisez : \u201c En ce siècle de scepticisme où le doute pénètre dans tous les esprits, / n'a pas manqué d'hommes qui ont dit que l\u2019amour du pays est une chimère et la patrie un mythe.\u2014 Mais ceux-là n'ont rien qui baite en leur poitrine, et rien qui pense en leur cerveau.a du sang qui coule, des membres qui agissent, une tête qui pense et un cœur qui bat, etc.\u201d Ceci n\u2019est qu\u2019une phrase prise au hasard, mais qui nous a frappé par la justesse du raisonnement et la beauté de la pensée Dans mon humble opinion, ce petit livre se lit avec plaisir, et son seul défaut c\u2019est, peut-être, de n'être pas assez long.Le atyle coule de source féconda, et la pensée jaillit toujours brillante et juste.Qu'il me soit permis, tout en remerciant l\u2019au teur de son gracieux envoi, de lui faire mes plus sincères félicitations.* » + Je ne puis terminer cette petite chronique sins vous dire deux mots des lignes qui m'ont été consacrées par la plus éminent des portraitistes, par maître Jean Kit enfin ! Qu'il ait le plus fin minois ou la figure la plus rébarbative, il ne s\u2019est pas moins étrangement trompé lorsqu'il a écrit que j'étais imberbs / Il est vraiment sans respect pour ma moustache ! Je m'étonne aussi qu'il n'ait pas craint de bles ser ma modestie en m'attribuant la rare et belle vertu de pudeur.Ce n\u2019est pas tout ; comme M.Jean Rit voulait me qualifier de sentimental, il a cru devoir se servir d\u2019un terme jusqu'ici inusité.Après avoir longtemps cherché et cherché, sen- timaliste / w'eat-il écrié, en se trémoussant de joie, le malin ! Il me reproche encore d'être vice président perpétuel du Cercle Littéraire Dollard 1 Mais j'en suis fier ; je suis flatté de Ia confiance qua mes amis ont bien voulu me témoigner en m\u2019élisant et me réélisant à ce poste enviable ! Cependant, je pardonne volontiers à Jean Rit ses petits traits d'esprit, et qu'il me permette de lui souhaiter tout le suocès que mérite une œuvre aussi trale.portraits littéraires, tracés avec tant d'habileté, immortaliseront 0e nouveau Jules Lemaître / * La gloire eat née sans ailes.\u201d Voilà, sans doute, ce qu'a compris notre ami Jean Rit ; il veut que notre renommée vole jusqu'aux siècles faturs, c\u2019est pourquoi son bon cœur lui à dicté les lignes qu'il à l'honneur de signer.ae La patrie est un être réel : elle pé NOS BANQUES CANADIENNES Tl s\u2019est trouvé déjà des gens pour avancer que les Canadiens en général, mais nous surtous les Canadiens-Français, nous n\u2019avions pas du tout le génie des affaires.À plusieurs reprises cette assertion a été reconnue pour aussi injuste que désobligeante, et nous pouvons dire en toute sécurité que nous ne sommes pas les premiers à nous inscrire en faux contre cette calomnie malicieuse.Plusieurs témoins impartiaux et entendus en la matière, parmi lesquels même des étrangers à notre race, en bon nombre, se sont plû à reconnaître chez nous des aptitudes indiscutables dans les choses de la finance.Outre ces précédents bien propres à raffermir notre autorité, nous ne voulons pas d'autres preuves pour étayer nos prétentions que le double rapport annuel, tel qu'on peut le lire aujourd\u2019hui dans nos colonnes, des banques Jacques Cartier et Ville Marie, dont la diraction est exclusivement canadienne et presque totulement canadienne française.Le compte-rendu des opérations de ces banques, avec les résultats obtenus, malgré les circonstances défavorables de ces dernières années où l'agriculture & si fatalement manqué et ou I'industrie a langui par le fait même, où le commerce a été paralysé, les résultats, disons-nous, qui sont encore plus que satisfaisants, proavent clairement ques les intérê's de ces banques ont été dévelop- s avec tact et prudence.Cela fait le plus grand honneur à leurs bureaux de direction, en général, et particulièrement à leurs caissiers, deux de nos compatriotes, MM.Lemoyne DeMartigny et Ubalde Garand.De ces deux messieurs, le premier a sa réputation toute faite, vieilli qu\u2019il est dans le métier, et le second, plus frais au poste, a déjà donné les preuves d'un savoir-faire brillant, digne en tous points de son ancien.Darant le dernier exercice, comme toujours précédemment, ayant maintenu haute et bonne, par d'heureuses opérations et malgré le mauvais état des atiaires, Ia réputation de leurs maisons respectives, ils ont su conserver l'entière confiance des directeurs, comme ils la méritaient.Nous en félicitons les banques Jacques-Cartier et Ville-Marie, et leurs habiles gérants.J.S.B.REVERIE (Voir gravure) Un étang sous les grands arbres, un lointain calme, des eaux limpides, et sur la berge une jeune fille immobile qui songe.voilà qui a inspiré déjà bien des poètes et bien des peintres ; et il faut le reconnaître, le aujet est tentant.M.Sain- tin, dans la poétique composition que nous reproduisons aujourd hui d'après son tableau du dernier Salon, a réussi à donner à son sujet un charme tout nouveau et a évité deux écuoils également redoutables : la banalité et la mièvrerie.La scène, si habilement présentée, a quelque chose de sincère, de vrai, de vécu ; un calme si poétique entoure cette jolie brune aux yeux ré- veurs, qu\u2019on se prend soi-même à souhaiter une heure ée dans les hautes herbes, sur ces berges fraîches, au bord de l\u2019eau sans rides, par une lumineuse après-midi de juin.SURPRIS PAR UN TIGRE (Voir gravure) Notre dessin met en scène une assez dramatique aventure de chasse, aux Indes anglaises.Des membres du club de Rungpour, partis dernièrement pour chasser le sanglier dans les jungles du Bramapouhre, furent tout à coup surpris par un tigre qui bondit sur un des csvaliers.Un de leurs camarades, monté aur un éléphant et se trouvant près de là, les autres chasseurs le hélèrent pour qu'il vint les aider à combattre le tigre ; 188 mais lui, qui n'avait pas I'habitude d'être à dos d'éléphant, répondit de loin qu'il ne pouvait tirer par orainte d'une shite qui l'aurait mis lui-même ls merci de la bête fauve.Pendant ce temps, le cheval attaqué se cabrait, ruait et fnissait par s'emporter.tigre, alors, fort heureusement, disparut dans les hautes herbes.Un autre cavalier, monté eur éléphant, survenu sur ces entre faites, so diriges sur ses traces en tirant quelques coups de fusil ; mais le tigre ne fut point atteint.Le soir, les chasseurs réunis pour le diner, ne ménagèrent point les railleries an pusillanime monteur d'\u2019éléphant, qui les avait si tranquille ment laissés dans l'embarras, bien qu'il {it un de leurs camarades les plus sympathiques.PROPOS DU DOCTEUR OnrekLET.\u2014Ce petit boba, sens gravité, ne laisse pas de causer quelques ennuis à beaucoup de personnes.Le traitement en est très facile.Aussitôt que l'orgelet apparaît sur les bords des paupières, les émollients produisent d'excellents effets.Ainsi un cataplasme de farine de riz le fait disparsitre en quelques heures.Avez-vous sous la main de la glycerine pure 1 Faites en quelques applications, et la guérison ne se fera pas attendre.Les oreilles, aiège d\u2019un sens qui n'est pas un des moindres que nous ayons à conserver, demandent, quant à leur partie intérieure, des soins très spéciaux et très délicate.Le cérumen, ou si l\u2019on veut, la matière sébacée qui s'accumule sans relâche dans ce correspondant si actif du cerveau peut produire des obstructions très nuisibles, et par là Inême des lésions dont le pansement est extréme- ment difficile.Il suffit, pour parer à toutes ces possibilités, de se nettoyer tous les matins, à l\u2019aide d'une petite éponge, le fonds de l'oreille.À cet effet, on emploiers l'eau de Cologne qui a cette qualité de dissoudre plus rapidement les corps gras.Comme on voit, rien de plus simple.PRIMES DU MOIS DE MAI LISTR DES RECLAMANTS Montréal.\u2014G A.Dumont, 1826, rue Ste-Catherine ; Louis Boivin, 431, rue St Denis ; Joseph Jasmin, 1015, rve S -Laurent ; 8 Gascon, 29, carré Chaboillez ; A.M.Bolduc, 528, rue Lagauchetière ; Jeseph Nantel, 190, rue Sanguinet ; Joseph Proulx, 2204, rue Notre- Dame ; Viccent Bélanger, 545, avenue Laval ; W.G.Harris, 45, rue Murty ; Edouard Chou nard, 281, rue Logan ; D me Philiberc Marsan, 24% rue Heau- dry ; J.F, Bernier, 1322 rue Ontario ; J.A.Ethier, 933, rue St-Christophe ; Delle Aurore Craig, 15, rue St-Hubert : Joseph Chartrand, 166, rue Lberville.Québec.\u2014Louis-Ferdinand Falardeau, 77 et 79, rue des Fossés (850.00; ; Philippe Chamberland, 91, rue La- tourelle ; André Nadeau, 40, rue Notre-Dame-des- Anges St-Roch ; Delle Nophie Laury, 266, rue St- Joseph ; Phili Leblanc, 46, rue Octave, St-Roch ; N.Rhéaume, 27, rue St-Dominique ; Dame C.Valia 33, rue Garneau ; Elzéar Hébert, 52, rue Arsgo ; Jo- seph-Ménélas Auger, 103, rue Ste-Marguerite ; Dame Napoléon Patoine, 347.rue St-Jean ; Joseph Delisle, je d\u2019Aiguillon ; Edouard Trudelle, 167, Grande Lévis, \u2014DIle Joséphine Guay, 112, rue St-Georges, Notre- Dame.Hochelaga.\u2014 Dame Adolphe Morissette, 126, rue Ste-Ca- therine.St-Louis du Mile-End:\u2014A.P.Frigon, 17, rue Carrière.Côte St-Paul.\u2014 Edouard Latour.Sta-Cunégovde, \u2014Joseph Mallette, 170, rue Richelieu ; Eucharist Dubois, 192, rue Richelieu.Pointe St-Char'es.\u2014Delle Zéphirina Favreau, 15, rue St.enri.Longueuil.\u2014Delle Rose Anne Daigneau; 37, rue (irant.Lachine.\u2014 A.Allard.i St-Alexis des Monts \u2014Mademoiselle Ellibtte.Ottawa.-\u2014J.-B.St-Laurent, Département des Travaux Publics ; Hector Richer, 15 avenué Mckenzie.Palleyfield,\u2014 Emmanuel May.Berthierville \u2014Altred Gravel.Saint-Jian, P.Q\u2014A.N.Deland.Saint-Char'es, Manitoba.\u2014 Abbé D, Dandurand.Ashland, Wis.\u2014Henti Thibeault, 601, Second St.East.Berlin Falls, N.H.\u2014Geo.Bellemaçe., Chantensy, près Nantes, France.Mourad, fils. Ras 36 = 5 Va «©, xX SL Lu \u201cNE a by wp, hy Jes pt rs an wh 3 0 3 x Fx ry] hi el ef ?hj M DL ic ie LU Fi = ug ie x { at Ca Li Es i y Cas ; Rl io 2 Eh 5 AS \u201c : A ê N Ha | ÿ A 4 fr > pat ER n° Qu où ; i i on Th pe £ ke ï ih £1 \u201c i pa j il Ce .x v + » nl CAE = \"Se A LE 3 Cent > ps + £3 # = > hy SN AY p=, = A x.SR a yy sph (à) x.pe re IE = A5 4 2 a ra ¥ HIE = I yd 4 LD 114 Na Xx EN) ; = Eee 4 Jl 5 04 = Word: 4 ÿ ts SRR \\ SLA pat AT ies és ny : A oni 3, fs + sled { LY es Hr > =.x / J ith ne pr 'f ; + \u201cRQ ct 3e \u201ctas of: il): \u201d A 9 Ar Br hl fi { | i J fil \\ x ti it i = $ 4 = |B J i li t fi LE * I rH Al \u2026._ AN) ly 183 i if hy ! 3 \\ Hl A y Ur il I nr ; I +6 | \" tt \\ Æ ji E it | EN] E> | É il fl ul In f hy on Ÿ ti | | I ii | | re fi su .B® I Ids tf | ; if Iii ! I i i | | ! | 5 or > il i ii Ï i ; £ 4 \\ cas - if 4) -\u2014 ; Ted) {i him HE pese .@ IAS ay ih {TT 1 ah GE l a Fo AN \"fire N À TE a f i T.i alii ri 7% Siig, i.24 + Il f ë hi hy LI TEU Ye \u2018 is il, By AA 2] ~d ile Ji Ai, lig Ar Re oy i | ! add ¥ il Ut a 00 .al te lit i (Tm It Sk _ Li - Vr \u20ac fi 2e \u2014 3 il il e == a Fim TT EB Ib bd J im VT, Ah A fet I | Ti > Ne io Gillet: i fr | dec sir mm] @ A De = a \u201cTM ! LR \u201c= Es .me > Lee = \"i ally ge Ea 3 = 35 ee al æ REVERIE | TABLEAU DB N.EMILE GAI NTIN gramme % a 2 \u201d a mg Ts SANs 3 a, fade > os m se LAB 7 15 5) gs hoe AB 7 H 178) FA xe 3: ty - pe = G AR = cls a EE CA IA es a.4 J Daan =a ee cu = Al ea x 72 4 Ni ie 4 an ; EM 1 / / 7 (3 74 nef A] vf ve VA Ch : Ji A = Ye i r el æ; Leo ; ly + BH fe ) fot 4 ; fr i 3 5 bf HE A , by LN nr i 1 Ÿ Le Ar 15 1 ii A i th #j va] a: \\ tt À i ix d * | 1 7 ff lr 44 A i.4 pl ; = mm LY = n ; div.| y i WY 4 f Yo i Ë A 4 1, IPL \\) \u201cat $ if i ! fy ÿ ÿ i./ 8 254 NS WF Feld sh A dl I fr) M ù y \\ vr A i i / 444 14, VE // LA A | à » va Nec Ÿ K il if 154 147 \u201c4 97 fy 7 Oy £ ça Wp ZN i VE \\ i / ra ¢ / i AA a IN NS 3 S NEE\u201d é Ë 1/4 NT SA) 4 i \\ SNS 3 i oh } pa.AS 3 \\ i > A S N À ï 4 i WN WN ) W RC LS Ra ra 4 JE Su Y \\ hy % Ÿ \\ 3 Xe | \\ A A | / Ed WN CG 5 À > NS | \\ \\S \\ Mf WR Ÿ \\ PIL > Un À FE | cand \\ vg A = \"NS 4 wl 77 \\ 7e 2.2 2 7 2 NR La 7% v V 14 2 a, à à N Le \\ JT a v 1 ZA CH I y de = 4 f a) 75 % 4 f= 4 3 Bh SF LB ANN WAN # SN >a I 4 A i a an À Yet\" -~ 0 _ Le.7] FF rg] \u2018& 4 >.N a a jo bi 4 7 HA A ad \\! NA 4, Z Cp dd \u201c4 \u201c La Yan 9 A= ro i N wd À & NN Ed ét Qu Pa \"Pl 2 a N V > (A 7 V, TT An \u201cXe, 4% I | NS x\u2019 ~ Collerettes Perléos.195.vour 1.40 Collereties Perlées.2.45 .pour 1.90 Colt-rette Perlées.3.U'.poue 2.15 \u2018\u2019ollerattes Purlées.3 50.vour 250 4 f LORSQUE VOUS VOYAGEZ Demandes vos billets par cstte ligne popu- lalre.traverse toutes Les Villes et Villages Lmportante TON.Provinces.PORT , DETROIT, CHI- GAGO et autres villes dans les Ktats de LOuest.elle offre dus avantages uniques ; LA SEULE COMPAGNIE CANADIENNE sous le contrôle d'une seule edministration.ndances lirectes pour tous Seule route donnant des avantages pour Biddeford, Manchester, Nashua Boston, Fall River, New-York Bis toutes villes era.villages importants dans ls Pour plus Dunes du Cr informations, adresses: Tush ia ga gare du Grand Trono, & Montreal MUSIQUE N NOUVELLE Dolores, valse, Waldteufel, 200 ; Cir valse, cessienne, G.Marvailhou, 20e ; Heroine, valse, W.H.Ashley, 200 ; Ida, osprice mazurks, » 200 ; Maru nette, polka, F » 20c ; Jolis oiseaux vo Loi R.Wagner, 20c ; Chautanqua lake, valss, W., 100 ; Wild rose, valse, C.Schubert, 10c; Dream of love, réverie à la merurka, KE Mack, 100 ; La chasse infernal, quadrille, Bollman, 10 ; Raquet, galop, Miss EH.Simmons, Mc ; General (lea grande marche, C.Young, franco par la poste sur réoe de paix mass pos r 1lo.pour Poeme qui de 100 J.G.Yon, 1808 rue Rainte-Chatherine ournai illustré Saint-Nicolas, A et filles, paralmant lo de chaque semaine.abo partent du ler décembre etdu ler un, Paris \u201csion pom.ua aa wn aa mle punt 1} france.B'adresser à la li 16, rue Soufiiet.Paris ( : LE MONDE ILLUSTRE \"G\u201dRANDB BROUVERTUHS LA L'ancien Magasin I A.BEAUVAIS 2048, rue Notre-Dame.urés du Oarré Ohaboilles Aveo un assortimens complet de TWEEDS, SERGES, HARDES FAITES, OHA- PEAUX, MERINOS, ete, ebo.Lae tout devant être vendu à 60 dans la plastre pour faire place à notre importation du printemps.Venes voir nos prix et vous seres oen- vainous de nos avances.DUPUIS LANOIX & CIE Marobands-Taillears, 2048, rue Notre-Dame, près du Carré Ohabellles Quand vous vous préparez pour Pique-Nique ou Excursion, n'oubliez pas de vous procurer le JOHNSTON FLUID BEEF pour Sandwich, comme un suustitut à la viande DELICIEUX, ECONOMIQUE, NUTRITIF Nouveautés du Printemps ! 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seront présentés à nos caisse .R.M.Wailmaley, Louisiana Nationaal Bk Prés Pierre Lanaux,Prés.State Nations Bk À.Baldwin, Prés.Now Orleans National Bk Carl Moine Prés.Union National Bk Grand Tirage Mensue.L'AOADEMIE DB MUSIQUE, NOUVELLE ORLBANS, MARDI, 14 JUILLET 1801 PRX GAMTAL - - = $308,000 100,000 BILLETS DANS LA ROUR LISTE DES PRIX 1 PRIX DE §3 10,000 est.000 1 PRIX DE 10,000 eet.100.008 1 PRIX DE ),000 est.88.1 PRIXDE 3,000 est.28, 32 PRIX DE 10,000 sont 20,008 §PRIX DE 5,00 son! 25,000 25 PRIX DK 1,000 soni 1,000 100 PRIX DE a0) sont ,000 200 PRIX DE 304 sont § 1.000 500 PRIXDE 200 sont 100,008 PRIE APPROXIMATIFS 100 PRIX DE (9-00 sont.000 100 PRIX DE Le 00 sont.vo.Boon 100 PRIX DE 200 sont,.11,000 PRIX TERMINAUX 919 PRIX DE $100 00nt.94,970 add PRIX DE 100 sort.vp 900 a1 prix se montant à .$1,084 80 PRIX DES BILLETS 3 Billets complets, ;!Demis, 10; Dix ace $ 1 : Ving : 8 tièm Prix des clube, 55 bi billets d'une $1 pour: wo Taux spéciaux ur les agents.Agents mandés \"IMPOL TANT.\u2014Envoyes tout areas mes par l'Expreus à nos frais pour tout envoi moins de cinq piastres, pour lesquelles nous aiprons tousiles frais,et nous payons tous es frais d'Exproscé sn: BILLET LISTES DKS PRIX enve envoyé \u201c08 00! ta re PAUL c SYRAD.Nov La Donnez l'adresse complète et faites ia signa turelisible Le oongrés ayant derniérement adopté une loi bent l'emploi de la malle à TOUTES les teries, nous nous servons des e Compagnies d'Express pour répondre à nos correspondants et pour envoyer Jos 1 Tiatos a de prix, = qu'à ce que les ti Duncans alent décid 8 COMME INSTI- NAIRES adressées à les lettres, CHARGERKS à lui adressées, N'oubliez = pas quela gharte actuelle de la Loterie de l'Ktat de Ia Louisiane qui forme partie de la constitution de l'Etat de la Louisiane et quia été déclarée par la Cour Su rome des E.-U.un contrat avec l'Etat de a Louisiane et une partie de la jonstitution de cet Ktat, n'expire que 1e premier jan- La législature del'tat de la Louisiane, qui s'est ajournée le 10 de Juillet cette annde a ordonné qu'un amendement à 1a constitu: tion de l'Etat soit soumis au peuple, à une Sleption g qui aura lieu en 1803, amendement e de in Loterie rates de > beat.Same seu Uennde mil nouf cont dis "]
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