Le Monde illustré, 26 août 1899, samedi 26 août 1899
[" LE MONDE ILLUSTRE ABONNEMENTS: | l6us ANNÉE, No 789 \u2014SAMEDI, 26 AOUT 1899 ANNONCES 1 wan, $300 - - - Six mois, $150 _ | Laligne,parinsertion .10 ces Quatre mois, $1.00, payable d'avance BERTHIAUME & SABOURIN, Proprictaires Insertions subséquentes - .Bcents ondu dans les dépdts - - 5 cents la copie Bureaux : No 42, PLAGE JAGQUES-CARTIER, MONTREAL Tarif spécial pour annonces à long terme mr ey B ) 3 a, ) =] IA i: a 4 A Pa * ; R \u2018 \u2018 4 | Hr a RR OS 24 ee LA CHARITE.-\u2014-Tableau de M.Van den Bos 258 LE MONDE ILLUSTRE LE MONDE ILLUSTRE MONTRÉAL, 26 AOÛT 1899 SOMMAIRE Texve.\u2014 Quelques notes, pur A.Polletier \u2014Au fond de l'âme, par Aimé Patrio.-Nos gravures.\u2014 L'amour de la France en Acadie, par P.Poirier, \u2014Poésie : L'été, par C.Vautel.\u2014 Souvenirs de Rome, par L, des Carries.- Les légendes de nos ancêtres, par H.LaRue.\u2014L'ordre des êtres, par d.Verner.\u2014 Poésie : Une page du Canada, par AP, Dufourd.\u2014 Le général de Néyrier.\u2014 La salle des fètes de l'Expositio, par R.Hénard.\u2014 Rémi- tisceuce, par Kglantine.\u2014 Bibliographic.Sur les roses.\u2014Les contes de nos pores, par Arbasan, \u2014 La noule.-Mondanités.\u2014 Renseignements divers.-Couseils pratiques.-\u2014 Jeux et amusements, \u2014 Gravure devinette.GuavurEs, \u2014 Beaux-Arts : La Clovité.\u2014 Portraits : M.le juge de Montiguy : L'Hou.sénateur Ielle- ruxe ; le général de Néuégrier ; Joseph Kelly.Dernier écho des courses internationales de biey- clistes, à Montréal.\u2014La salle dex fêtes à l'Exposition de I'M.\u2014Devinette, ZRIMES A TOUS NOS LECTEURS LE MoNbE TLLUSTRÉ réserve à ses lecteurs mêmes l'escompte ou la commission que d\u2019au- ires journaux paient à des agents de circulation.Tous les mois, il fait la distribution gra- truite, parmi ses clients, du montant ainsi économisé.Les primes mensuelles que notre journal peut, de cette sorte, répartir parmi ses lecteurs sont au nombre de 94 ; soit, 86 de une piastre chacune, ct puis un des divers prix suivants : 82, 83, 84, 87, £10, 815, $25 et 850.Nous constituons par la, comme les zélateurs du MoNDE ILLUSTRÉ, tous nos lecteurs, et pour égaliser les chances tous sont mis sur le même pied de rivalité ; c\u2019est le sort qui décide entr'eux.Le tirage se fait le ler samedi de chaque mois, par trois personnes choisies par l'assemblée.Aucune prime ne sera payée après les 30 jours qui suivront chaque tirage.QUELQUES NOTES Dane Vacance, chaque année, nous arrive souriante et joyeuse, prarée des plus belles fleurs et captivante on nie peut plus.Un doux zéphyr la précède.Elle gazouille, fait des cajuleries et jette ses œillades de tous côtés.Chacun\u2014-ou à peu près\u2014 est pris.Pour les plus troids, elle a des pauses langoureuses, de l'élujuence dans le geste, des sourires de clair de lune, et, nu coin de sa prunelle, une purle glisse doucement, attendrissante, invincible.11 faut donc partir, suivre la brise et la Dame qui, alors, ralentiseant sa course, captive les cœurs\u2014 jeunes et vieux, tous jouissent de ses enlacements, de ses baisers.Les gens de la campagne profitent des vacances comme le puisson de l'onde caressante, si pleine de vie.lls ont la sécurité, la quiétude dans un honheur si naturel et certain, que l'idée même de sa fuite effleure à peine leur esprit.Mais pour nous, citadins, c'est différent.Nous sommes à In campagne ces malades qui, après plusieurs muis passés à la maison, respirent à longs traits l'air pur du dehors.Nous sommes ces pauvres qui tombent tout a coup dans I'abondance.Nous nous hâtons de jouir de crainte que toutes ces douceurs longtemps attendues ne disparaissent aussitôt.Enfin, j'use le dire, nous sommes de grands enfants.Je voun écris de la campagne, lecteurs, à vous surtout, chères lectrices.Dites done, ne changeriez-vous pas vos courses dans los 1ues de la ville pour.Mais non, tiens, venez, la campagne est vaste, l'air ni bon et l'onde, oh ! combien chantante et prodigue de charmes berceurs ; et puis encore tant et tant de bonnes choses que je vous souhaite.Si vous le voulez, nous nous perdrons ensemble, sans but, sous bois, dans les prés, un peu partout.C'est le matin.Le coq en est au plus pathétique du sou chant.Jack et Minette se puurauivent dane la rosée.La Krosse chatte jaune s'amuse avcce un viselet mort.Quelques poulets cherchent leur nourriture en grattant le sable.Lo maitre de Ia ferme fait son train et parle à des animaux comme s'ils pouvaient le comprendre et lui répondre.Ne le comprennent-ils pas 7 11 attend leur réponse, roprend son discours comme il ferait avec ses meilleurs amis.Au milieu de la galerie, sur une chaise basse, une malade se berce à petits coups.A la maison une jeune fille prépare le repas du matin.Assis sur le pas de la porte, je fume lentement et laisse vaguer ma réverie.Avec les bruits qui augmentent, je cruis entendre la marche du soleil.Un vent parfumé court dans ma chevelure.La bonne senteur des \u2018\u2018 grillades au lard \u201d vient exciter mon appétit.J'entends le pas rapide de ma jeune amie.Klle va du poêle à la table, à l'ac- moire, i la lniterie.Elle se jiresse ; je ln suis du regard.Elle me sourit quand elle u'a pas lo temps de m'adresser quelques paroles de sa voix qui chante.Gracieuse de forme, elle est élégante de manières.Sa lèvre est de rose et son œil, tour à tour vif où cale, dit des choses que la langue ignore.Bref, je voudrais être artiste pour Is crogner.Le jour fuit.C\u2019est l'heure de la promenade.Je pars avec mon ami.Nous suivons paresseusement le cours d'une petite rivière comme on en voit dans les buis : onde tranquille, bleue, serpentante.Nous allons d\u2019une roche à l'autre, laissant un point d'ombre pour un rayon de lumière.Nous lisons.Nous causons en écoutant le murmure du co'trant sur les cailloux.Mon ami, dont l\u2019Aimne est faite de puésie et de rive, pease tout haut.Je suis avec intérêt ses descriptions un peu enthousiastes et si agréables.D'ailleurs, la réalité nous subjugue, ici.Le ciel semble avoir débordé sur la terre et nous en profitons bien.C'est l'abondance ; nous le savons.Pourquoi n'en pas jouir ?C'est le bonheur ; nous saisissons avec fièvre le coin de son aile vaporeuse.Qui nous en hii.mera ?Nous avons vingt ans ! Cela ne sutlit-il pas pour attirer l'indulgence de ceux qui seraient tentés de sourire de pitié à nos joies ?Oh ! je vous en supplie, n\u2019en riez pas,\u2014il fait si bon se croire heureux ne fût-ce qu\u2019un instant\u2014surtout, ne nous le dites pis, vous dont l'âme est déçue peut-être par les aus.Laissez-nous nos illusions\u2014c'est si peu-\u2014revenez aux jours d'antan et chantez la nature et celui qui l'a donnée si belle.Vibrez avec nous, vous dont le cœur bat à l'unisson du nôtre, amis inconnus, et vous AUSS; jeunes filles, sensitives de chair, roses épanouies aux chaudes caresses de l'affection, vous dont l'âme s\u2019envole bien loin, le soir, quand tout dort a vos cotés, quand la lune glisse silencieusement dans les nuages de neige.C'est le crépuscule.Les montagnes, là-bas, sont inondées par les vagues d\u2019or du couchant.L'wil, ébloui de ce spectacle, se repose à la vue des beaux paysages du ciel.On y vuit des fleuves, des buocages, des plaines immenses, des vallons, des ruisseaux d'argent ; et combien d'autres beautés encore ! A la ferme, tout repose, ou à peu près.Dans le champ voisin, les vaches ruminent et beuglent en attendant les formières qui, une à une, arrivent avec leur seau au lait.Nous partons, ma jeune sinie et moi.La chaudière brillante de propreté se balance et eric daus nos mains.L'herbe Ke courbe sous nos pas.L'odeur du foin nous cuivre.Un grillon nous arrête : une fleur nous oceupe.Nous effouillons une margue rite.Le chant d'un fermier en retard vient jusqu'a nous, et lo bruit des instruments agricoles se perd dans les blés mûrs.Partout la grande voix de Is nature et ses silences pleins de ninjesté ! .J'aime à rovoir, par le cœur, tous ces lieux où j'ai vécu des heures si douces ! Jamais je ne les oublierai.Je mie souviens de ces causeries, le soir, près du pont où l'eau tombait et chantait son beau refran mystérieux.Je me souviens de ces promenndis deux, au clair de Ia lune, sous les regards des étoiles.Je me rappelle le cours de la rivière, le sentier que nous y mène, le grand orme au milieu du champ.Je revois tout dans les moindres détails, et je suis heu reux de me souvenir.Et je ponse à vous qui m'avez Inissé lire dans vos âmes et m'avez donné l'illueion du bonheur en uv donnant votre franche amitié, à toi, Georges, à vous Clérinda.\u2014\u2014 LA MÉMOIRE DE JOSEPH KELLY, ÉTUBIANT EN DROIT Pourquoi quitter sitôt l'arène de la vie ¢ Pourquoi vers l'inconnu précipiter les pus ¢ Au matin de ton âge, ah ! tu nous est ravie, Victime du trépas.Que ne l'as-tu sauvé, Fleuve de lu Patrie, Celui qui l\u2019adorait en remontant ton cours ?Cette fleur délicate, hélas ! tu l'us flétrie Dans tes flots pour toujours, À l'aurore du jour qui veratil Lui sourire, Après l'avoir bercé comme wun fils sur ton sein, Géunt, tr Uengloutis, dons tow cruel délire, L'immolant cou destin.Je pleure sur ton sort, ani de nue jeunesse, Tu ne pourras dune plus, marchant à mon côté, Al'inspirer dans mes vers, parler avec ivresse D'amour, de liberte ! Far delà le tombeau luit encor l'espérance, Ieaninent le front de cour qui vont mourtr : Chrétiens, nous espérons le ciel de délivrance Où tout doit refleuvir.cbre jeune homme qui merert au seuil de su carrière Apportons des tribuls chers à son avenir : Couservons dans nos cours, aon chant de la pricre, L'or de son souvenir.Oswane MAYRANt, Montréal, 10 août IS99, \u2014\u2014 + e.L'AMOUR DE LA FRANCE EN ACADIE L'amour de lu France est resté un objet de culte pour les Acadiens.Son nom est une musique à leur cœur ; et son souvenir, grandissant dans la fantasmagorie du passé, s'élève jusqu'au ciel, semblable à un sommet étoilé.Apres Dieu et son Eglise, c'est Ia France la premiere.A la Confédération des provinces dont ls plupart des Acadiens ne se souciaient guère, plusieurs pensaient toujours \u2018 qu\u2019elle reviendrait.\u201d l\u2019lusieurs le pensent encore, s'appuyant sur des prophéties que l'aicul raconte à ses petits-enfants.On est résigné, on est fidèle à l'Angleterre ; mais on aime la France.ll est si naturel, il est si doux d'aimer 88 mère même quand elle n\u2019est plus là, mème quand elle ne doit plus revenir ! Vers 1864, il s'échappa d'un navire passant près de la dune de Bouctouche, un matelot fatigué de la mer qui gagna la rive à la nage, ayant appris que cette plage était habitée par des Français.On le recueillit, on I'habilla, et l'on s'aperçut qu'il savait lire et écrire.Une école fut incontinent ouverte, à laquelle se rendirent ous les enfants du village.A la Confédération (1867) il fut choisi comme candidat aux Communes, et élu, en dépit d'une opposition anglaise acharnée.M.Auguste Renaud, c'est son nom, sièges aux Communes canadiennes, de 1567 à 1872, en qualité de seul représentant acadien, et s'acquitta de ses fonctions avec beaucoup d'habileté et une grande fidélité.M n'ya que l'anglais qu\u2019il ne put jamais apprendre et qu\u2019il prononça d\u2019une façon réjouissante.Me Leod, son concur rent, devenait Maclott : et Kingston, un des centres principaux du comté, faisait Quinze fennes, où quelque chose de pis encore.11 est mort en juillet 1897.4 Pascal Poirier 00007 - Pliota Lapres & bavergne M.J.KELLY 260 LE MONDE ILLUSTRÉ Voici l'été fécond.Ardent, le soleil brille, Escarboucle enchässée en un écrin d'azur.La faux des moissonneurs sur la plaine scintille, Ils vont accomplissant leur labeur rude et sûr.Avec eux est venue une robuste fille, Au geste vigoureux, au regard franc et pur, Habile à manier la tranchante faucilte ; Tout le jour elle abat les tiges de blé mûr.Sur ses rives, la mer festonne de dentelle Le pied brun du rocher, où roule un sable d'or.Un navire au loin pousse un cri strident de cor.Dans l'air caime voltige et plane l'hirondelle ; Mais le trouble survient tout à coup : l'éclair luit, Et la foudre soudain jette un sinistre bruit\u2026 Clément VAUTEL.SOUVENIRS DE ROME (Suite) Rome, place Farnese, 17 mai 1868, Bien chers parents, Enfin | vous avez recu ma premiere lottre | Je ne sais à quoi attribuer le retard qu'elle a éprouvé : il faut que ln traversée ait été bien imnuvaise.La lettre que Remi m'a écrite m'a causé grand plaisir : jo l'ai reçue quinze jours après son envoi.(Oui, j'avais reçu votre lettre : je vous l\u2019ai déjà écrit.Je n'ai jumais été si content qu'en la lisant.Ne vous inquiétez pas a won sujet : vous veus mettez trop en peine.Vous savez que s\u2019il m'arrivait quelque chose de fâ«heux, vous en seriez tout de suite prévenus par M.E.Hurtubise.Soyez donc sans inquiétude.Aujourd'hui, dimanche, il pleut à verse : impossible de sortir.Dans ma dernière lettre, je vous dianis que nous partions pour Mentana : c'était une fausse rumeur.Il y a plusieurs semaines qu\u2019on nous dit que nous allons partir, mais nous ne bougeons pas : nous sommes encore au Janicule, ce mont illustré par le grand porte du NVle siècle, Le Tusse.Dites à [emi que jo me suis repoxé sous le chène du Tasse.Nous nous plaisons tous bien ici : ju préférerais y vasser l'été, que d'aller catiper à Mentana.C\u2019est amusant, notre vie de caserne ! Jo vous ai déjà dofiné une idée du règlement, mais je ne vous ni pas parlé des rorrées.La plus belle.c\u2019est la corvée de quartier : on est obligé de balayer la cour, de nettoyer.les lieux ! Il faut vraiment être appelé de Dieu à être soldat pour prendre ces choses sans révolte : je n'ai fait cette corvée qu\u2019une fois depuis que je suis à Rome.Ce que ça sent bon !.Mais voilà : plus la chose est humiliante, plus aussi doit être grand le niérite.La seconde corvée, qui approche de l'autre par l\u2019humiliation, c'est de porter la soupe par les rues à ceux qui sont de garde aux différents postes.La corvée de cuisine est un peu plus agréable : n'a qu\u2019à laver les gamelles deux fois la journée, apporter de l'eau pour la sou \u20ac, et à trois heures après-midi nous sommes libres.Ily a encore la corvée de patates : tous les soldats épluchent les patatos jusqu'à ce qu'il y en ait assez pour le rata.Le rafa est le repas de l'apres midi : toutes les casernes n\u2019ont pas ls même heure.C'est généralement de trois à quatre heures ot demie apr midi.Une bulle corvée, quo j'aime, c'est cello du pain nous n'avons qu'à aller le chercher à la boulanger: militaire ; nous le chargeons sur des voitures qui l'a métient à nos casernes, Chaque sac en contiont vinyt, de quatre livres.Ces pains sont faits comue des un lettes au beurre ; on nous en donne un à chacun tous les deux jours : nous ne manquons jamais de pain.Ce que je u'sime pas, cost la corvée de garde chambre : on est responsable de tout vol qui pourra se commiettre ; et comme nos casernes ot nus chambre - sont ouvertes à tout venant, ce n'est pag ditticile de nous enlever quelque chose.On m'a enlevé une paire de chaussures et l'habit que le comité nous avait donne à Montréal.Mais je n'ai rien voulu faire payer « celui qui était garde-chambre alors.J'ai eu beau cher cher, je n'ai rien retrouvé de ces objets.Un petit mot sur je sorvice des sentinelles.Chaque garde place une ou plusieurs sentinelles à des endroits désignés que la sentinelle ne peut, sous aucun pre texte, abandonner, Elle peut et doit se défendre si cn.l'attaque, faire feu, appeler le chef de poste : mais eli doit rester à son poste jusqu'à ln mort.La seutinells monte deux heures de garde, puis est remplacée.Uni même sentinelle ne peut être en faction, à différent temps des vingt-quatre heures de garde, que huv heures au plus : de sorte qu'un poste de trois hommes et un capioral suffit pour vingt-quatre heures, s'il n°: à qu\u2019une seule sentinelle.Ordinairement, il y à quati.hommes et le caporal, chaque homme faisant ainsi six lieures de faction pendart ses x ingt-quatre heures ; ©1 est de faction chacun à son tour, deux heures, commu: Je vous le disais tout à l'heure : on # donc ix heure- de repos entre chaque faction.ai été de garde deu fois depuis que je suis soldat du Page.Quand nous ne sommes pas de corvée, nous avov- d'autres besognes : les exercices, le blanchiment d uos guêtres, le nettoyage de notre fusil qu\u2019il faut de monter jusqu'à la dernière pièce.Rien que pour I fusil, il faut pres de deux heures.Fn termes mili taires, on appelle cela astiyuer son fourniment.Vous me demandez qui me Inve mon linge : le rési- ment se charge de nous faire laver une chemise et un caleçon par semaine.Le reste, c\u2019est moi qui le fais.Mon lavage n'est pas bien considérable, car j'ai tour laissé danis ma malle chez les bons Pères Jésuites, au Gesu : je n'ai gardé que deux chemises, un gilet de laine, deux caleçons, trois paires de chaussettes, quatre mouchoirs et deux serviettes.de donnais à laver à des Italiens, mais ces matins là ont des doigts si crochus.qu'à chaque lavage ol manquait quelque pièce : je fais donc cela mot mène ii présent.J'ai oublié de vous dire que j'ai rendu visite à M.l'abbé Lacue, PSS, qui demeure à Rome : j'ai été reçu avec beaucoup de bienveillance J'ai rencontre chez lui M.l'abbé Destnasures, qui va dit connaitre ** Je vous ai porté sue mon dus,\u201d très bien mon père me dit-il.Je crois qu'il était à Notre-Danie de Grâce avant M.Lavré, M.Desmasures vient de quitter Rome ; M.Laue doit bientôt retourner, Mai aussi, an Canada.J'espère pouvoir vous envoyer par lui des souvenirs précieux, car M.Forget m'a dit que M.Larue preudrait ce dont on voudrait le charger.Mme Monck part mercredi, aussi pour le Canada, ll y a quelques jours, nous soummes allés voir M Failloa, l\u2019auteur de l'Histoire de lu Colonie Frans à Montreal.Il demeure à Rome, chez M.Larue, et été tres content de nous voir.Nous étions tous lus élèves du Collège de Montréal.Vous avez appris sais doute que notre commandant Taillefer à été nominé caporal ; je crois qu\u2019an de ces jours, il passera sergent.ly a d'autres Canadiens qui vont monter en grade.Ce que je vous ni dit de la guerre était une fausse rumeur, corume notre prochains départ.Sous ve rap port, nous en savons bien mons que vous.Nous ne pouvons rien connaître de certain, mais nous nous tenons toujours sur nos gardes.Ce que je puis vous affirmer.c'est que tout est bien paisible dans les Etats- de l'Eglise : s'il y à des Garibaldions à Rome, ils ne LE MONDE ILLUSTRÉ 261 « montrent pas! 11 n'y & plus d'ansassinats, plus cinpoisonnements, tout est calme.Ne priétoz aucune tention aux nouvelles que vous pouvez lire parfois ns lea journaux au sujet des Zouaves.J'ai lu der- rement danse L'Ordre, de Montréal, que des :nves canadiens étaient aux frontières : c\u2019est abso- Lent faux, ils tous ici, dans la même caserne ue * » * Le 18 mai 1868.{lier après-midi à eu lieu, ou grande rolennité, l'i- Siguration du Cercle Français des Zouaves, rue ata Chiara.Une foule de zounves s\u2019y sout rendus, «ut notre colonel Allet à leur tête.Beaucoup d\u2019otti- v rw i Qu nw $k ems FRE + à a + TE + ©.\u201ceu WE \u20ac 2 « ie SE K Ne: # > et Ph) 7 nf} Feet PIAS : \u201cNY 7 tg JAN prete\u201d oem coute à A sO RX Ny ho} ah A Py | \u2018aki A DN Ë 2 34 1 fis © : + 4 e + Us of dc De Ÿ 2 J = \u2014 Se, + | J A ) à es is\u2019 vi \u20ac a Fe i Be & i A \u2014 ew «fr tf * $ - À sé Ë ) 7.A \u201c af a acc arriere cale M ve k \\ 4 ZA J \u201c4 Ny \\ pet fo od ; a sm rr va er iF a Cu 3 Tole LUE R 4 % i TAL v= be Ta = tos JA Dumas, 112, pue Vitré A toute vitesse Bureau du Telegraphe du CPR Les Juges et les Journalistes Attendant le signal DERNIER ECHO DES COURSES INTERNATIONALES DE BICYCLISTES AU QUEEN'S PARK 266 LE MONDE ILLUSTRÉ SUR LES ROSES Nous voicien pleine saison des rones, de la reinu des fleurs, de celle qui meurt le jour où sa beauté s\u2019est accomplie.Que de julis vers n\u2019a-t-ello pas arrachés nux poctes, que de maximes aux philosonhes ! La pudeur doit défendre la beauté Conume l'épine défend la rose.a dit V.-J.Rosati.Jeune Kglé, veux-tu de la rose Consorver longtensps la fratchiour ?Songe qu'à cette Hear 8i tendre Lu nature sut attacher Une feuille pour la cacher.Une épine pour lu défendre, CONSTANS DUBON, ** L'attenta du plaisir est au plaisir ce que le bouton est à la rose.\u201d x.Aimable fleur à peine éclose, Détiez-vous de Cupidon : HN regretiera le bouton Quand il aura fini lit rose, HoFFMANN.\u201c* Une jeune fille, loin de sa mere, est au milieu du wonde comme une rose qui à perdu sa fraicheur.\u201d x.ftose, en qui je vois paral.re Un éclat si vif et si doux, .Vous mourrez bientot : mais peut-etre Dois-je mourir plus tot que vous, La mort que mon âtne redoute.Peut tnlarriver incessamment.Vous inourrez, en un jour rans doute, Et moi peut être en un moment.L'abbé de la CHASSAGNE.Chacun sait qu\u2019elle est le symbole de la beauté, de la grâce, de la fraicheur, de la tendresse, ainsi que l'image des plaisirs éphéicres de la vie.On considère la rose blauche comme l'emblème de la virginité et de l'innocence ; celle des quatre-saisons, de la beauté toujours nouvelle ; la si jolie rose mousseuse, de la prétention et de la volupté ; la trop opulente ruse à cent-feuilles représente surtout les grâces.Le puète Bonnefous envoya, à l\u2019objet de ses amours, deux roses, l'une blanche, l'autre rouge.Le quatrain suivant se trouvait joint au bouquet : Pour toi, Dapliné, ces fleurs viennent d'éclore, Vois, l'une est blanche, et l'autre se colore L'un vif éclat : l'une peint ma paleur, L'autre mes feux : toutes deux mun malheur.Selon la fable, blanche d'abord, elle fut colorée par le sang d'Adonis, ou bien celui de Cupidon ou de Vénus, blessé par une épine.Lorsq e Vénus, sortant du sein des mers, Sourit aux dieux charmes de sa présence, Un nouveau jour éclairn l'univers : Dans ce moment, la rose prit naissance, \u2014\u2014\u2014 > Je LES CONTES DE NOS PÈRES LE SIÈGE PRÊTÉ ET RENDU Au temps jadis, certain comte Henri avait pour majordome un homme dur, avare, brutal, qui semblait toujours fort dépité quand il voynit son maître faire du bien a quelqu'un.Ce n\u2019était pas qu'il prit sincèrement les intérêts du coute, ou qu'il fut extrèmement attaché à sa personne ; le fripon, au contraire le voluit autant qu\u2019il pouvait, et il n'était guère de jour où il ne subtilisait quelque bonne et friande vic.uaille pour s\u2019en régaler en cachette.T'el était son caractère.Il ne son- gcait qu\u2019à lui.Cette humeur revèche causait maintes fois, surtout quand venaient des étrangers au château, des scènes dont le comte se divertissait fort.Un jour, le comte, qui était noble et généreux, fit publier qu'il tiendrait cour plénière, o: chacun trouverait de nombreux divertissements en même temps que plantureuse réfection.La fête fut somptueuse : chevaliers, dames, dcuyers, bourgeois, manants y vinrent en foule.gnait la plus grande profusion.Partout ré- Il va de soi que le majordome ne fut pas, ce jour-là, d'humeur moins rogue que les autres jours.\u2014 Ces maugeurs, ces buveurs, grondait-il.n'ont peut être pas une fois daus l'année l'occasion de satisfnire ainsi leur gloutonnerie, leur gourmandise.On voit bien qu\u2019il ne leur en coûte rien.En ce moment entra un gros bouvier, nommé Raoul, qui, ayant laissé là ea charrue, répondait lui aussi à l'invitation du comte.\u2014 Que vient faire ici co grediu, ce crasseux, ce mal peigné / demanda l\u2019ordontiateur en colère.\u2014 kh! ici.parbleu, je viens manger, puisqu\u2019on régale Sur quoi, ne voyant pas où il pourrait se mottre, il pris le mardome de lui faire donner une place , car il l'on apercevait aucune de vide.L'autre, furieux, lui allongen de toute sa force un coup de pied en certain endroit, en disant : \u2014Tieus, assois-toi la-dessus, je te prête ce rivge.Cependant, quand il eut réfléchi que si le comte ve- uait à être instruit de cette viole:.co, il pourrait Jui en fnire des reproches, il voulut apaiser le bouvier et recommanda qu\u2019on lui donuât à manger.Raoul, affectant de rire, se retira dans un coin, où il s'arranges comme il put, et après avoir bien n.angé, bien bu, il passa dans ln salle.Le comte venait d'y faire entrer les ménestrels ct les joagleurs, pour amuser l'assemblée et, pour les exciter à bien faire, il promit de donner une belle robe neuve d'écarlate à colui d'entre eux qui aurait su le mieux divertir ou faire rire los assistants.Tous aussitôt cherchant à se surpasser, les uns firent des tours de passe-passe, les autres jouèrent à qui mieux mieux de leurs instruments ; ceux-ci jonglaient, ceux-là contrefaisaient l'ivrogne, d'autres représentaient des querelles de femmes ; chacun enfin s'ingéniait à chercher ce qui pourrait être le plus plaisant.Raoul, debout dans un coin de la salle, sa serviette à la main, paraissait s'amuser beaucoup.Quand tout fut fini, il s'approcha du majordome, qui était aupres du conte, et lui lança par derrière un tel coup de pied, qu'il lui tit donner du nez en terre, et il ajouta : \u2014Monsteur le majordome, voila votre serviette et votre siège que je vous rends.Rien n'est tel que les honnêtes gens, voyez-vous : avec eux, rien n'est perdu.Cependant, la chute du majordome avait causé grand émoi dans l\u2019assemblée.Les domestiques étaient accourus, et déjà ils s'apprétaient à emmener le vilain pour châtier son manque de respect, quand le comte, le faisant approcher, lui demanda pourquoi il avait ainsi frappé son officier à \u2014 Monseigneur, répondit le bouvier, on m'avait dit que je pouvais faire bonne chère au château ; et j'y suis venu, puisque c'est un effet de votre bonté d\u2019avoir invité tout le monde.Mais les autres ayant été plus alertes que moi, et me trouvant embarrassé pour me placer, j'ai demandé à monsieur votre majordome en quel endroit je pourrais ine mettre.Comme il est fort poli et fort obligeant, il m'a fait tout de suite présent d'un coup de pied, en disant qu'il me prêtait ce siège- là.À présent que j'ai mangé et que je n\u2019ai plus besoin de son siège, je suis venu le lui rendre.Et je vous prends à témoin, Monseigneur, que je ne lui dois plus rien.Parce que, voyez-vous, quoique pauvre home, j'ai de la conscience.Si même il voulait un autre siège pour louage du sien, il n\u2019e qu\u2019à le dire, jo suis prêt à lui faire ce plaisir.À ces mots, le conte et tous les assistants éclatèrent de rire, pendant que le majordome était pris d\u2019une assez grande confusion.Entin, on rit si fort et si longtemps, que le comte adjugea la robe d'écarlate au bouvier, de l'assentiment même des jongleurs, qui juyèrent qu\u2019il l'avait bien méritée.Et le vilnin s\u2019en alla disant : \u2014Mon père avait bien raison qui me répétait toujours qu\u2019il faut sortir de chez soi pour avoir chance de profit dans ce has monde.\u201d ARBANAN, -\u2014 + GD
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