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Titre :
Le Monde illustré
Prenant la relève de L'Opinion publique (1870-1883), Le Monde illustré occupe une place importante dans la vie intellectuelle du Québec au tournant du xxe siècle. En 1902, il devient l'Album universel. [...]

Le 10 mai 1884, le réputé typographe et imprimeur Trefflé Berthiaume, en collaboration avec Napoléon Sabourin, lance Le Monde illustré. Il souhaite répondre à la demande d`un lectorat francophone à la recherche de journaux plus policés, mieux rédigés et faisant appel aux nouveautés techniques pour leurs illustrations.

Le Monde illustré constitue une source unique pour l`appréciation de l`art de l`illustration québécoise au tournant du xxe siècle; gravures, dessins et photographies y sont reproduits selon un procédé de phototypie breveté.

Bien que l`hebdomadaire publie des photographies pour la première fois en 1888, la place accordée aux dessins y demeure prépondérante. Grâce au concours des meilleurs artistes canadiens, ceux-ci sont empreints d`un réalisme indéniable. Ils se composent de scènes urbaines et villageoises, de paysages et de portraits de personnages influents. Avec une contribution s`élevant à 237 dessins, l`illustrateur Edmond-Joseph Massicotte est particulièrement prolifique au sein du journal.

Ses objectifs sont fidèles à ceux de son prédécesseur. Composé aux deux tiers de textes littéraires, l`hebdomadaire se définit d`abord comme un journal visant l`affermissement de la littérature québécoise. Il cible l`intellectuel canadien-français et désire contribuer au développement du bon goût par l`initiation aux arts et aux sciences.

Léon Dieu, directeur de la populaire chronique « Entre nous » de 1884 à 1898, et Jules Saint-Elme (pseudonyme : Amédée Denault), directeur du journal de 1892 à 1895, invitent les plus importants auteurs de l`époque à leur soumettre des textes. Le public découvre ainsi les écrits des Régis Roy, Édouard-Zotique Massicotte, Mathias Filion, Firmin Picard, Benjamin Sulte, Louis Fréchette et Albert Ferland.

Une grande place est également accordée à la reproduction de romans-feuilletons. Occupant généralement deux pages du journal, ceux-ci participent au développement du goût littéraire ainsi qu`à la démocratisation de la lecture du roman populaire dans la francophonie canadienne de la seconde moitié du xixe siècle. Richement illustrés, ils portent la signature des plus grands auteurs français tels Jules Verne, Jules Mary, Paul Féval, Zénaïde Fleuriot et Xavier de Montépin.

Précurseur de la presse illustrée du xxe siècle, l`hebdomadaire propose un contenu fort varié. Les numéros se composent d`actualités, de poèmes, d`articles scientifiques, d`une chronique variété, de biographies, d`annonces, de jeux de société, de chroniques mode, de recettes et de conseils culinaires.

En 1902, afin de s`adapter à une société changeante et de plaire à un plus large public, Le Monde illustré adopte le nom d`Album universel. Avec ce titre dit « de tous les pays et de toutes les branches du savoir humain », l`hebdomadaire désire satisfaire la légitime curiosité des lecteurs faisant partie des nouvelles classes sociales issues de l`extension du suffrage, de l`organisation ouvrière et de la démocratisation de l`éducation et des sports.

Voir aussi :

L`Opinion publique

Album universel

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l`Université Laval, 1973, vol. 3, p. 95-96.

BOIVIN, Aurélien, « Les périodiques et la diffusion du conte québécois au xixe siècle », Études françaises, vol. 12, n°s 1-2, 1976, p. 91-102.

« Denault, Joseph-Marie-Amédée », Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

LEMIRE, Maurice, La vie littéraire au Québec, Sainte-Foy, Presses de l`Université Laval, vol. 4, 1991.

MICHON, Jacques, Histoire de l`édition littéraire au Québec au xxe siècle, Saint-Laurent, Fides, vol. 1, 1999.

« Trefflé Berthiaume», Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

Éditeur :
  • Montréal :Berthiaume et Sabourin,1884-1902
Contenu spécifique :
Les réprouvés
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Journal du dimanche,
  • Successeur :
  • Album universel
Lien :

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Références

Le Monde illustré, 1900-11-24, Collections de BAnQ.

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[" el TT ame + ren LE MONDE ILLUSTRE 145 LES BEPROUYES PREMIERE PARTIE Il poussn un gémissement.Parti ! murmura-t-il, parti ! Tout ce qu\u2019il y a de plus parti ! \u201d Il rejoignit sa voiture et se fit conduire à l\u2019établis sement de M.Hogson, épicier en gros, propriétaire de la seule boutique du village de Lisferd.Là, M.Carter apprit qu\u2019on lui avait remis la clef de Vert-Cottage le soir de ce même jour oun il avait vu Joseph Wilmot assis dang le petit salon.* Oui, monsieur, dit M.IHogson, c'est le soir d\u2019avant-hier qu\u2019une jeune fille, le visage enveloppé d'un mouchoir et vêtue très-simplement, descendit d\u2019une voiture à ma porte et me dit : \u2018\u201c Voudriez-vous être assez aimable pour vous charger de la clef qua voici, et pour montrer le cottage à toute personne qui voudrait le visiter, bien entendu un vous dédommagera de la peine que vous prendrez / Parce que, voyez- vous, mon maître va quitter le pays pour quelque temps, parce qu'il à son fils qui est revenu de l'Inde et s'est marié et établi dans le Devonshire ; il va aller passer quelque temps chez lui, parce que, voyez-vous, il y # longtemps qu'il ne l'a vu.\u201d Cette jeune tille était très polie, et il faut vous dire que les geus de Vert Cottage, les anciens comme les nouveaux, étaient d'excellents pratiques pour nous, et, comme vous pensez, jai pris lu clef pour leur rendre service autant que possible.Si monsieur veut visiter lu cottage 1.\u2014 Vous êtes bien bon, dit M.Carter d'un ton quasi dulent, je vous remercie.mais pas ce soir, A quelle heure, s'il vous plait, la voiture s'est-elle arrêtée devant votre porte ?\u2014Entre sept et huit.\u2014Entre sept et huit.Juste à temps pour prendre le train-poste venant de Rughy.Dites-moi, était-ce une voiture de la Rose el la Couronne 1 \u2014 Oui, monsieur, c\u2019était une voiture de Lisford, ça j'en suis suis sQr parce que c\u2019était Tim Baling qui conduisait et il me souhaita le ponsuir.M.Carter quitta l\u2019épicier de Lisford et courut à la Rose et la Couronne ou il trouva l'homme qui l'avait conduit à ln station de Shoruclitte.L'homme lui apprit que la mème jeune fille était venue le soir comme elle avait déji fait le matin, et qu'il avait conduit un gentleman qui boitait comme le premier ot dont le visage était également e aveloppé, Il l'avait conduit non pas à la station de Shorneliffe, mais bien à la station du Petit-Petherington, situé à six milles de Shorn- chitu.Là le gentleman et la jeune femme qui l\u2019accompagnait étaient montés dans une voiture de deuxième classe du train-umnibus pour Rugby.Le gentleman avait dit en riant que la jeune fille était ss servante et qu\u2019il allait à la ville avec elle pour l'épouser.C'était un gentleman très bien élevé, ajouta le cocher, et généreux commie on en rencontre peu.\u2014Cela ne m'étonne pas, \u201d murmura M.Carter.ll donna un shilling à l\u2019homme pour prix de ses renseignements et reprit la voiture qui l'avait amené à lu station.11 était pris de sept heures du soir.Joseph Wilmot avait done quarante-huit heures q'avance sur lui.L'agent était complètement découragé.Il gagna Londres par le wéme train qui, vraisemblablement, avait conduit Joseph Wilmot deux nuits auparavant ot arrivé à la gare d'Euston, il employa sa nuit et la journée du lendemain à chercher la trace de son homme.Mais Juseph Wilmot n\u2019était qu\u2019une goutte d'eau dans l'océan de Londres.Le train qu'il avait dû prendre était un train omnibus venant du nord.Une demi- douzaine de gens buiteux accempagnés d'autant de jeunes personnes auraient pu passer inaperçus dans ln foule et au milieu du brouhaha de la gare d'arrivée.M.Curer questionna les surveillants, les receveurs les facteurs, les cocher, mais personne parmi ces gens ne put lui fournir le plus petit renseign( ment.Au dé.sespuir il gagna Scotland- Yard et raconta su déconfiture à ses chofs.\u201cIl n\u2019y a plus qu'un seul moyen de le prendre, dit-il, et c\u2019est par lus diamants.D'après ce que j'ai pu savoir il n'avait pas d'argent sur lui et il a dit convertir quelques-uns de ces joynux en espèces.\u201d Le lendomain l'avertissement suivant parut dans le supplément du T'imes.© Aux priteurs sur gages et autres.Une bonne récompense sers donnée à toute personne qui fournira des renseignements pouvant amener la capture d'un homme de haute taille, hoiteux, qu'on sait possesseur d'une grande quantité cle diamants non montés et qui a dû, selon toutes probabilités, chercher à s'en défaire.\u201d Aucune réponse no fut faite a cet avis.\u201cIls soat trop fins pour se laisser prendre i cela, monsieur, fit remarquer à M.Carter un des fonctionnaires de Scotland-Yard.\u2014Quel que soit celui i qui Joseph Wilmot a veudu ses diamants, il à dfi faire un excellent marché et il 1\u2019y renoncera pas volontiers.Les préteurs sur gave et autres, prennent notre avis pour un piège, soyez-en certain.\u201d LX SÉVARATION DES FRÈRES DE LAIT Lord Haughton était à ln mort.Les médecins qui le soignaient, les graves docteurs de Londres et de Birmingham qui se consultaient journellement dans un des vieux salons de Jucelyn\u2019s Rock, n'avaient plus aucun espoir.Ils prévinrent Laure de s'attendre à une catastrophe.Son mari était perdu, et, lui dirent les médecins, l'événement était depuis longtemps prévu.Elle reçut ces tristes nouvelles avec beaucoup de enlme.Les médecins virent avec étonnement sou visage pâle rester impassible et ses yeux secs.Ce qui allait arriver était préférable, pensait elle.Quelle existence pouvait mener sur terre ce pauvre être coupable dout l'existence était empoisonnée a tout jamais par le remords d'un crime, auquel il était resté étranger de parole et d'action, mais dont le consentement tacite qu'il y avait donné avant stigmatisé son ame de toute ln noirceur du crime d'Homicide.\u201c Oh ! mon Dieu |.s\u2019écriait Laure dans ses heures d\u2019anguisses solitaires ; oh ! mon Dieu ! quelle horrible chose pour moi qui l'aime taat de désirer le voir mourir ! \u201d Nuit et jour elle veilla au chevet du mourant so ve tirant quelques instants pour Be 1vpuser sur un ci napé dans une chambre voisine.Philippe Jocelyn voulut se défendre de cette assi.luité, mais Laure lui épondit en mettant su douce main sur ses lèvres et eu le suppliant de ne pas parler ainsi.\u201c Laissez-moi vous soigner, Philippe, disait Laure, je suis heureuse près de vous.\u201d Ils étaient seuls lorsque Laure prouonça ses mots, tout à fait seuls, et l\u2019état du comte semblait présenter un peu d'amélioration.Laure était assise sur une chaise basse à côté du lit, et le brillant soleil printa.pier inondait 1a chambre de ses rayons.\u201cTu es heureuse avec moi ! s\u2019écria l\u2019hilippe Jocelyn d\u2019une voix faible et tremblante, en regardant sa fcume avec surprise, Uues heureuse avec moi, Laure ct cependant\u2026 \u2014 Et copendant, je sais tout, Philippe, répondit Laure d\u2019une voix basse ct émue.Jo sais tout, Je n'ajoutais pas foi à co que disait cet homme, et copen.dant\u2026 copeudaut je ponsais qu\u2019il h'osorait pas porter une accusation semblable si elle n'avait pas quelque fondement.Mais j'on appris davantage : j'ai entendu co malheureux jeune lonnme, Mumphrey Melvouds raconter à su mère l\u2019horriblo histoire qui arriva la veille de tuon mariage.J'ai entendu ce récit, Philippe, j'ai appris comureat vous vous ctes laissé tenter par le dévouement de ce malheureux ; conument lui, puuvre ignorant, so laissa entrainer par l'amour qu'il a pour vous.Cg crime est bien horrible, lien repoussant, bien cruel ; mais, o won ami {a tout péché miséricorde ; Dleu n'a-t-il pas dit que si sanglants que soient nos péchés sa bonté peut les vendre blancs comme neige ?La voix de la jeune ferme trombla ; elle éclata en sauglots et se cacha le visage dans un des oreillers sur Philippe demeurait silencieux, mais de grosses larmes roulaient sur ses joues amaigries.Pour la première fois depuis l\u2019arrivée lequel se soutenait le malade.d'Agathe iu Jocelyn's-Rock, Ia lace de ce caractère indomptable se rompit seus Uintlueuce de eos sombres paroles et le coupable pleurs.11 pleurs pour la première fois e( il ressentit davs son cœur moins d'angoisse et plus de calme qu\u2019il n\u2019en avait éprouvé depuis la nuit fatale.\u201cfit tu peux nraimer encore, Laure ?dit Philippe Jocelyn apres un fous silence, silence pendant lequel ces deux cœurs stiguants battirent à l'unisson, soute- uus à cette heure d'épreuve par la grande puissance d'une affection mntuelle.Tu peux m'aimer encore malgré tout / \u2014 Oui, ami, plus que je ne Cai jamais aimé, car tu as plus que jamais besoin de mon amour.A quoi servirait done l'amour d'une feumie pour son mari, s'il diminuait au moment où 11 est le plus nécessaire.Je taime, Philippe, et maintenant je sais ce que c'est que l'unour, combien il est mdiseutable et peu raisonnable.Malgré tout ce que j'ai souffert, il à survéeu dans mon cœur, immuable, iufini.Crois mon amour autant qu\u2019à la miséricorde divine °\" La jeune femme resta au chevet de sou mari, lui parlant et lui faisant la lecture.Elle lui lisait des passages des saintes Feritures qui promcettaient miséricorde au pécheur, qui offraient au cour repentant le séduisant espoir de la rédemption.(nseusiblement le sommeil gagna Philippe, épuisé par les émotions de cette longue entrevue, et Laure dormit aussi dans le fauteuil placé au chevet du lit, jusqu'au moment où la fidèle Klisabeth Madden vint la réveiller à une heure avancée et lui apporter unie tasse de thé tres fort.Une lampe sarnie d'un abat-jour bralait sur la table i quelque distances du lit, lorsque Laure s'éveilla, Un quad feu tlambant dans la cheminée donnait a la chambre du malade une apparence de gaieté et de confort.Jamais de ma vie, dit lu suivante, je n'ai vu deux créatures avoir l'air aussi désolé que votre mari et vous quaud je suis entrée dans cette chambre dont le feu était quasi éteint, où il n\u2019y avait pas de lumière et où votre robe blanche vous donnait l\u2019air d'un fantôme assis au chovet du pauvre lord Haughton, Mais heureusement que je suis là et que j'ai arrangé tout cela convenablement saus faire de bruit, et main- \u2018enaut miss Laure, prenez votre thé comme une bonne chrétienne.\u201d Jamis Elisabeth Madden n'avait appelé sa jeune maîtresse que miss Laure daus ln conversation familière.Elle avait été d'un «rand secours à la comtesse dans cette heure d'épreuve terrible, quoiqu\u2019elle fût loin de se douter de l\u2019oxistence du secret épouvantable qui fournissait un aliment toujours nouveau au désespoir naturel qui a:cablait laure.A une heure avancée de la nuit, Philippe Jocelyn se réveilla soudain d'un sommeil qui avait paru étrangement paisible.Je veux voir Humphrey !\u2026 dit-il.Je veux voir mon frère de lait.11 faut que je le voie.\u201d 146 LE MONDE ILLUSTRE Quoiqu'il fût onze heures pnssées, on envoys un domestique prévenir le yarde-chasse, et moins d'un quart d'houre après les pas pesants du jeune homme résonnèrent dans la chambre voisine et l'instant suivant Humphrey entra dans la chambre du malade.Sa chevelure, négligée et en désordre, tombaiont en masses confuses sur son front, ses yeux étaient injectés de sang et sou visage pale avait une expression étrange.Il avait bu cette nuit-Ki comme presque toutes les nuits, depuis la mort d'Agathe Jocelyn, et il vonait à peine do quitter le cabaret quand le messager, envoyé de Jocelyn's-Rock, arriva au cottage de Marguerite Mulvoud.Mais en voyant son frere de lait, Humphrey se dé- griss immédiatement.11 s'approcha du lit et se mit à geuoux les bras croisés sur le couvre-pieds de soîe.\u201cOh! mon maître, s\u2019écria-t-il, maitre Philippe, qu\u2019il y a bien longtemps je preuais pour mon frère, à l'époque où, enfants tous les deux, nous courions les bois pour cueillir les noisettes.Oh ! mon cher maître Philippe, moi qui t'aime tant, je t'ai pourtant amené la.C'est moi et ma méchanceté qui sommes venus faire tache dans ta vie ; oh ! mon maître Philippe ; et pourtant, Dieu suit que j'aurais douné avec bonheur ma vie pour toi.Mais mon iaître chéri, j'ai été un misérable, et j'ai fait mourir celui que j'aime le plus au monde.\u2014Non\u2026.non dressant sur son séant e{ posant su main anaigrie sur les mains crispées du zarde-chasse ; non, Humphrey, c'est mon péché, ma faute qui m'a amené li Je tai envoyé chercher pour te dire cela.Que tout le poids de cette faute retombe sur moi, Je nie suis repenti, Humphrey ; uns ange, Un ange sous une fornie humaine, t'a fait entendre de saintes paroles de consolation, Je me suis repenti de ma mauvaise action : j'ai prié, Humphrey, j'ai prié pour toi autant que pour moi ; et il est descendu tant de paix en moi, une paix si di- s'écria le comte d'Ilaughtym se vine : que Jy ai vit un ange de la miséricorde de Dieu.Et toi aussi, Humphrey ta te repentivas, Jure-le-moi par ce dévouement qui nous a été si fatale.Promets que tu te repentiras, et que, comme moi, tu chercheras la rédemption dans la prière.Ton existence ne sera plus pénible ; ma fennne, qui est l'an:e du pardon et de l'amour patient, veillera à ce que le besoin où la pauvreté te soient inconnus, 1£t maintenaut, adicu, mon vieil ami ; adieu, mon frere de lait.Je vais prier Dieu que nous puissions nous rencontrer, purifiés de nos crimes, dats un monde meilleur.Adieu ! Les faibles doigts du malade presscrent les mains callenses de son frère de lait.Uni torrent de larmes brûlantes inonda ses doigts amaeris.Le garde-chasse sanglotait a haute voix et ses sanglots ébranlaient sa robuste poitrine.Laure s'emprossa de mettre fin à cette pénible entrevue.Ile toucha l'épaule d'Huniphrey agenouillé près du lit, et lui fit signe de quitter ka chambre, 11 obéit sans résistance, Les mains sur son visage il se dirigea lentement vers Lu porte ; mais, arrivé la, il se retourna, et s'adressant à Laure * Tout cela était pour vous, imudiumne, dit-il ; c'est pour vous que tout cela s'est passé ainsi, \u201cAimez-le bien à cause de cela ; aimez-le bien, madame [1 se détourna après ces mots et ferma la porte aussi adoucement, que l\u2019eût pu faire la gurde-malade la plus ttentive.Cette nuit-la, pour Lu premicre fois, Philippe Jocelyn parla & Laure de son enfant, du petit garçon disparu, qu'il avait pleuré sincerement pendant longtomps jusqu'au jour où sou chagrin s'était eMacé dans les rayons resplendissants de son nouvel amour.\u201cOh! Laure, 8'éeria-t-il, il faut que je le voie : ji] faut que je voie cet enfant avant de mourir ; il faut que je le reconnaisse ; il faut que je lui ronde ses droits ! Je sais bien que vous l'aimetez et protégerez, Laure ; munis il faut que je le reconnaisse avant ma mort, lité si je mourais sans l'avoir reconnu.J'ai fait tatouer sur ses bras les lettres G, J.et une couronne de comte.Mais le premier coquin venu peut imiter ces signes du misérable qui lui plaira de substituer à mon tils, Et cependant, Laure, il y a un moyen par lequel Un imposteur pourtait abuser de votre crédu- vous pourrez reconnaître Venfaut.Au mois d'août dernier, alors que j'étais très pauvre, rnus UN sou, mourant de faim.(vous me rogarderez avec étonne- went, Laure ; mais vous vous étunnorioz davantage sj vous connaissiez mon étrange histoire ;) au mois d'août dernier, counne je battnis le pavé de Londres, ju veudis un portrait, un portrait de mon fils à un préteur sur gage do Caslope-Street duns Saiut-Giles.Vous rappellorez-vous le nom de cette rue ?Oui, oui, vous n'oublicrez pas, je lo sais, et vous retrouverez mon fils.John Lovel vous aidera duns cette tâche.Il faut retrouver cot enfant, n'oubliez pas cela.Il faut que je lo voie et que jo le reconnaisse pour mon héritier, avant de mourir.Kerivez, ma chire amie, déori- vez sans retard ii John Lovel.C\u2019est un vieillard hn- hile.Je sais qu\u2019il est bien tard pour l'envoyer chercher ; mais j'ai si peu de temps, Laure, si peu de temps à vivre, Il faut que j'enibrasse cet enfant avant de mourir !\u201d Philippe Jocelyn retomba cpuisé sur son oreiller.Les émotions multiples de cette journée l'avaient beaucoup fatigué de corps et d'esprit.Le délire s\u2019empira de lui et ses paroles s\u2019en ressentirent.Tous les événements de sa viv passée se pressaient, s'enchevé- traient et se confondaient daus 5a tête.\u2018l'antôt il se Voyail sans un peuny, errant dans les rues de Londres ; tantot il entonnait le refrain de quelque chanson à boire qui lui était familière à l\u2019époque où il s'asseyait à la table splendidement servie de sun pere ; l'instant d'après, il vépitait les cris des spectateurs au moment de la catastrophe de son cousin, et qui d'un seul coup lui avait donné sa fortune.Le valet de chambre du comte apporta une eau sédative pour rafraichir le front de son maitre ; mais Laure ne voulut pas souffrir que son bien-aimé malade recût des soins mercenaires.flle-même rafraichi son front brûlant ; elle-même prorta à ses lèvre desséchées par la fièvre une boisson adoucissante et réparatrice.Puis lorsque le délire cessa, et que Philippe tomba enfin dans un sommeil paisible, Laure ouvrit un buvard éclairé par la lampe placée sur la table voisine de la cheminée, et elle écrivit à John Lovel, lui disant tout ce que son mari lui avait appris relativement à l'enfant disparu, et le suppliant de mettre en œuvre tous les moyens possibles pour le retrouver immédiatement, puisque malheureusement les jours de lurd Haughton étaient comptés.Il était prés de «eux heures du matin quand la comtesse cacheta cette lettre et la remit au valet de chambre de Philippe Jocelyn, ** C'est une question de vie et de mort, dit-elle.Réveillez un des palefreniers, et dites-lui de partir immédiatement pour Shorneliffe avec cette lettre.\u201d LX1V MORE DE PHILIPPE JOCELYN Arthur Lovel était revenu à Shornclitle quelques heures seulement avant la lettre de Faure, qui vint arracher son père au sommeil, Arthur était revenu après une recherche infructueuse du fils de Philippe n'ayant pour se guider qu\u2019une photographie eflucée et les quelques renseignements insignitiants qu'avait pu lui fournir le vieux sculpteur.Arthur était revenu à Shornclitfe dans l'intention de voir lord Haughton et d'obtenir de lui des renseignements plus complets qui pussent amener la découverte de l'enfant.Quelques heures après qu'il se fut jeté sur son lit pour prendre quelque repos, fatigué, épuisé et découragé, la nuit même de son retour, le jeune homme fut réveilllé par le voix de son père à la porte de sa chambre.\u2018\u201c J'ai été réveillé par un express de lady Hauzhton, dit M.Lovel.Descendez à mon cabinet, Arthur, j'ai besvin de vous dans cette atlaire.-\u2014Me voici, mon père,\u201d répondit aussitôt le jeune avocat.Où ne serait-il pas allé pour amour de Laure Jo- celyu / Il s'habilla rapidement et descendit chez son père.Tavuent, vêtu de sa robe de chambre et de ses pantoufles, étudiait le contenu de la lettre de Laure à la lueur d\u2019une lumpe de bureau.11 passa cette lettre à Arthur.\u2018 Que faut-il faire Ÿ demanda-t-il quand le jeune homme eut lu cette lettre navrante.\u2014A tout prix il faut trouver cet enfant.Il faut le trouver i temps pour qu\u2019il puisse être reconnu par son père.Lord Haughton est perdu, à co que je vois.Kst-il vraiment si bas ?\u2014Oui, il est perdu gans espoir.J'ai vu hier Burtel de Birmingham, et il m\u2019a dit que la comtesse elle- même s\u2019atteud au fatal événement.\u2014 Père, il faut retrouver l'enfant.Je vais me rendre immédintoment iv la gare, éveiller l'employé du télégraphe et envoyer une dépêche à Printing-House- Square.Il faut qu'il y ait une annonce relative à l\u2019enfant disparu dans le Times de demain natin.\u2014 Mais il est bientôt trois heures.\u2014Je le suis Nous pouvons encore arriver à temps.Avaat quatre heures, ma dépêche peut être rendue su bureau du \u2018*l'imes.\u201d Arthur Lovel s'assit au bureau, prit une plume et écrivit une annonce offrant cent livres de récompense à qui aminerait Georges Jocelyn.Il donna une description détaillée des signes distinctifs de l'enfant et du tatouage qu'il avait sur le bras.11 expédia cette dépèche à Londres par le télégraphe.A l'avertissement il ajoutu une prière pressante pour qu\u2019il fût immédiatement inséré, disant qu\u2019il s'agissait d\u2019une question de vie ou de mort.Ceci fait, au grand ennui d'un employé très endormi qui re trouva excessivement contrarié d'être arraché à son sommeil pour déchiffrer une longue dépiche relative à un enfant blond, aux yeux bleus, avec des initiales et une couronne gravée sur son bras ; ceci fait, Arthur Love] courut à une imprimerie sur la place du marché de Shornclitfe, où il rencontra eucore plus de somnolence et de mauvaise humeur chez un épais imprimeur, à qui il fit composer et tirer à cent exemplaires le mème avis qui devait paraitre dans le journal du matin.H faisait jour quand ces atliches furent prêtes, et, sans s'arrêter pour se reposer et pour se rafraichir, Arthur Lovel courut au chemin de fer, portant sous le bras les afliches en question.11 prit son billet pour Londres et quitta Shornceliffe par un train-poste.À neuf, il descendit à la gare d\u2019Euston, et se fit conduire immédiatement à un bureau de pulice, d\u2019où il vit partir duns différentes directions des hommes chargés de distribuer ses bulletins, pendant que dans une imprimerie voisine il s'en imprimait un millier, sur le même modèle.Alors, et alors seulement, le jeune homme respira, et il eut le plaisir de lire son propre avis en tête de la seconde colonne du supplément du Times, tout en attendant son déjeuner dans le restaurant d'un hôtel situé dans Euston-Square.(A sitirre) \u2014\u2014 «be» re NOUVEAU FEUILLETON Dans un prochain numéro, nous commencerons un court feuilleton d'un puissant intérêt.Il sera intitulé : Une Erreur Judiciaire et vient d'être écrit par un des plus grands romanciers de notre temps.Nos lecteurs seront enchantés de cette primeure.\u2026 à 2 LE MONDE ILLUSTRE 147 LGHUDES KT AUTRES Le chemin de fer du Grand-Trone a K8 \u201cté ouvert au publie le 12 novembre A 18043, £& HISTOIRE AUTHENTIQUE 8 Voici une histoire courte, mais bonne BE Lo Dime Rlnonal est le remède par ox- .BY cellence contre les affections de In gorge Nous vous offrons gratuitement l'essai d\u2019un remède qui vous gE | * des poumons.rendra la force, la vigueur et la santé.\u2014 Le premier Juif, élu député on , Quoi de plus pénible que d'être à l'âge de la force, et souffrir d\u2019un mal qui nous épuise 1ME prsleterre, goat nu parlement de jusqu'au bord du tombeau ; de savoir que ect épuisement est provoqué par un appauvrissement Jed [ j or du sang, une débitité générale, et d'ignorer en même temps qu'il existe un remède souverain 18 LA GUERRE.LA GUERRE.qui peut nous rendre vigoureux et dans la pleine jouissance de toutes nos facultés dans un [@&! Fn guerre contre ln toux, le rhume, laps de temps relativement très court.C'est cette merveille qu\u2019accomplit depuis longtemps PB$ lt bronchite.Le Baume Rhwmud est une déjà l'incomparable préparation qui porte le nom de BA | *mo terrible contre tous ces çons-là.\u2014 À Paris, les buanderies se servent e e Ÿ de ballons \u20ac sorde i ling il - Pilules de Longue Vie (Bonard).a in ei l'air.Voici deux personnes qui comprennent ce que nous voulons dire, Pendant des années, ñ \u2018 LL elles ont essayé de toutes façons de regagner les forces perdues, et n'y sont parvenues qu'après BR FRAICHES COULEURS avoir fait usage des Pilules de Longue Vie (Bonard).Voici ce qu\u2019elles écrivent : KR La jeune lille perd Fos belles couleurs , e de ses joues parce que son sang est sp ve Ald: - - Sn RS pauvri et impur.Les PILULES de La Cie Médicale Franco-Coloniale, 5 LONGUE VIE du CHIMISTE BO- Messieurs, \u2014Je ne savais pas quel était mon mal; je souffrais ## NARD lui rendront ses fraîches cou- presque continuellement et j'éprouvais un dégoût profone pour lc RER leurs.travail.Les remèdes encombraient ma chambre ; j'avais cssuvé A potions sur potions, et les prescriptions de médecins sultissient à J Le 11 octobre 1599, le sénateur AI- remplir mon cerveau.Et tout cela ne me faisait aucun Lica, fo 3% en, de Nebraska, à fait un discours de sentais que si l'anémie me tenait dans ses griffes, à 1noins d'u BR 1{ heures ct trois quart, au Sénat des remède efficace, ma vie ne se prolongerait pas beaucoup.Je résolus | Fats: Unis, un beau jour d'essayer les Pilules de Longue Vie.J'étitis muigre à à LL er ans Ven faire peur et, je souffrais toujours d'angoisse et «de douleur, RA LE VOULEZ-VOUS ?\u2018 Un bien sensible ne tarda pas À se produire après avoir pris BR Voniez-vous guétir votre rhume ?quelques pilules seulement, et, enhardi par ce premier succès.je Rg Fmployez le Bronne Rl, le seul re- continuai le traitement, si bien que maintenant je suis fort au licy mode véritablement efficace.d'être faible, presque gras au lieu d'être un squelette, vigoureux 3 ; _ 4 et plein d'espoir dans l'avenir qui s'ouvre brillant de promesses PR - ln Rassie, les policiers sont obligés devant moi.C'est une jeunesse nouvelle dens laquelle j'entre etce JIE le porter continuellement un petit tmn- bel avenir de santé, je tiens à le dire ici, c\u2019est aux merveilleuses à, lour qu'ils frappent en faisant leur tour- Pilules de Longue Vie et À rien autre chose que je le dois.Je i ude.ll en est ainsi pour les aveugles qui prends encore des pilules et je ne me suis jamais senti mieux.JULES GINGRAS,
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