Le Trifluvien, 29 octobre 1890, mercredi 29 octobre 1890
[" 2ème Année No.101 P.V AYOTTE, Editeur-Propriétaire P.A.GOUIN & CIE \u2014 MARCHAND DE \u2014 Fer & Quincailleries EN GROS ET EN DETAIL À L'ENSEIGNE SCIE ii} Coin des Rues Coin des Rues Laton Craie TROIS-R'VIERES \u2014 SPECIALITEB : \u2014\u2014 Bois et Garnitures pour Voiture, Peiuture, Huile, Vernis, Ciment, Plâtre, Eloupe Coanltar, Vurnis à bardenu, Couzroiey Câble, Etu.Assorliment complet pour garniture de maison m \u201c \u201cw CITIZENS INS, (b., ES CONTRE LES ACGIDENTS : MANUFACTURERS ACCIDENT INS, Co, Toronto, Ont, CITIZENS INS.Co., Montreal, P.Q, SUR LA MARINE : ROYAL CANADIAN INS.Co, Montreal, P,Q.,.8 Assurances effectuées aux plus bas taux, et pour des périodes depuis trois jours jusqu'à trois années.JOS.A.F'RIGOIT, Boîte de P.425, Téléphone No, 114 20-9-90-1n TROIS-RIVIERES SCIENCE MÉDICALE ECLIPSAN De notre siècle l\u2019iLuLes MaciquEz pour purgation, Gourres Rovares contre dyspeprie et brûle- ments d'estomac.Oxavrxr Mysranierx contre Je nile.Uxotent pe Lonme contre le mal de matrice, points de côtés, contusions et_nuladies de roghons, Siror Preronat contre lu tenx, bronchite, rhime, consommption.SPEOIFIQUA contre le ver solitaire.Hvire VENERIANSE pour maladies secrètes.\u2014 LES \u2014 REmbnes SAUVAUES De J.E.P.RACICOT \u2014LA\u2014 Déj ot de mes remèdes dans tous les maisons ei incapable de rien dire et plus encu- re de rien tluire qui puisse répon.dro doen pareil honneur.D'où nous vient done, Monseigneur, une attention »i bieuveillante, qui a puno = mériter une faveur inspiréo par une telle condescendance ?Les hommages de notre humilité peuvent-ils étre de quel- \u2018ue pris aux yous d'un prince que Ig naissunco lu plus illustre et des allian- ves étroites tniss-nt aux plus grandes majostés de lu terre.Ah ! nous le comprenons, un autre sentiment dont nus eœurs sunt tondrement touchés nous a valu l'honneur do votre augusto pré.-|sence.Dieu, qui forme le cœur des princes, et les tient dans sa main suit, quand il lui plaît, leur donner la bonté.Imprimant dans leur personne les traits sensiblos do sa grandeur et - de su puissance, il y mêle les donx rayons de sa charité bicnfaisante, afin que formés à sa divine ressemblance ils doviennent les bienfuiteurs do hy.manité, les amis dévoués, et au besoin les sauvours du peuple.Cot esprit do bionfuisance à particulièrement distingué duns lu suite des siècles ln noble famille des Bourbons dont nous véné rons en votre personne, Monseigneur, le digne et augusto représentant.Nous ne sommes donc nullement surprisesde ee que Votre Altesse daigne un instant s'urrêler sous co toit hospitalier de l\u2019indigonce et des infirmités humaines, Elle vent rendre hommage au de- vouement dont nous sommes les objots etnous rendre participantes do In joio ue votre visite au Cunuda répand a de justes titres, dans tons les cœurs, Daigne Votro Altesse Royale agréer les sentimonts de notre sincère groti- tude, Puissent a ssi vous êlre agréables les vœux que nous formons pour votre parfait Lonheur, pour colui de votre noble épouse et de votre illustre fils, Monseigneur lo Duc d'Orléans, votre joie et votre couronne ; pour la France que vous aimez tant, et que Hous aimons aussi d'un amour que ni la séparation, ni l'éloignement ot lu longue suite des anné:s ne pourront jamais etfuctr, Une petite fillette de 3 où 4 ans s'avança ensuite et présenta un bouquet à Mgr le comte de Paris; avec un aplomb qui lui valut de vifs applaudissements.Les Zonaves Pontificaux À 108 hres, les Zouaves Ponti- ficunx du district des Trois- Rivières au nombre d: seize furent reçus en audience privé: par leurs Altesses Royalus, à qui ils furout présentés.Les princes voulurent bien donner la main à chacun d\u2019eux.M.Joseph Panneton, président des zouaves de la section préseuts A leurs Altesses, au nom de tous ses collègues du district, l'adresse suivante : A son Altesse Royale, Monseigneur le Comte de Paris.MONSEIGNEUR, C'est avec les sentiments du respect le plus profond que les Zouaves Canadiens de ce district viennent présenter leurs hommages au représentant de l'antique et trés illustre Maison-de France.Bien des personnes importantes sont venus, du pays de nos aieur, voir ces Français de l'Amérique qui conservent sur les bords du St-Laurent la religion, la langue et les lois qu'ils ont reçues de la vieille France, mais c'est la pre mière fois, croyons-nous, qu\u2019un prince du saug royal des Bourbons nous fait l'insigne honneur de visiter notre juune pays.Soyez done mille fois le bienvenu sur le sol hospitalier du Canada.Le poète Crémazie nous repré sente un vieux soldat canadien qui, appuyé sur le bras de son fils, se renduit chaque jour sur les remparts de Québec, interrogesit longtemps l'horizon, et faisait à son fils cette interrogation qui montrait l'immortelle capérance de son cœur : Dis-moi mon fils, les Français ne paraissent-ils pas ?Le vieux soldat devait mourir sans revoir l'étendard de la France.Nous, les potits-fils de ce vétéran, nous sommes beaucoup plus heureux : lu France nous revient; et voilà que, par un bonheur 1nes péré, le fils de ses rois est aujour- d'hui sous uos yeux.Il est exilé, mais l'exil n'a fait que lo rendre encore plus digne de respect et de vénération.Par une commune destinée qui établit un rapport touchant entre votre auguste personne et le peuple Canadien, vous recevez une hospitalité généreuse de .celle même Auglelerre qui nous donne ici une liberté tout à fait digue d'envie.Honneur à l\u2019Angleterre, mais respect et amour à son hôte vénéré.: Quelleque soit la duatinée quels divine Providence réserve a cette noble terre de France que vous désirez si ardemment voir gle rieuse et prospère, hous sommes fiers de saluer en votre augusle personne l'héritier du nom et des traditions de ses anciens rols, parce que, de cette manière, nous relions à notre temps la chaine d'or de nos souvenirs français.Vos ancêtres, Monsoigneur, out fondé le beau pays que vous aves sous les yeux, et ils ne go sont ps LE TRIFLUVIEN, Mercredi 29 Octobre 1890 contentés de le fonder, ils l'ont encore doté de fortes institutions religieuses qui ont sauvé notre nationalité du naufrage, quand les jours de l'épreuve sont venus Vous pouvez donc regarder l'œu- vre de vos ancêtres avec la plus légitime fierté.ar votre royale visite vous remplissez donc aujourd'hui nos cœurs français d'une allégresse extrême.Nous sommes réjouis aussi de voir À Vus côtés votre fils, illustre, Mouseigneur le Duc d'Orléans et nous comprenons mieux ue jamais, en ce moment, que dans la noble famille de Bourbou, la sève des anciens jours est loin d'être épuisée.Le duc est jeune encore, mais ila déjà vérifié cette parole du poète qu\u2019 eens Aux âmes bien nées, La valeur n'nttend pas le nombre des années, Oui, permettez-nous de vous le dire, Monseigneur, si la France consent un jour à vous confier ses destinées, nous croirons qu'elle est le plus beau des royaumes ouverné par le meilleur des rinces.Nous vous remercions, Monseigneur, de la condescendance avec laquelle vous avez bien voulu recevoir nos félicitations et nos hommages ; les Zouaves Canadiens ont toujours compté et ils compteront toujours parmi les plus dévouées de vos serviteurs.Joseph PANNETON Vice-Président.Au nom des Zounves Pontificaux de la Section des Trois-Rivières.Mgr le comte de Paris répondit en termes très sympathiques à cette adresse, de même que Mgr le duc d'Orléans qui entretint ler zouaves pendant quelques minutes.* LE DEPART A midi, les princes et leur suite s'embarquaient pour Québec, au milieu des acclamations, des \u201c Vive Mouseigueur ! \u201d des \u201cVive la France ! \", des hourrahs, de toute la population qui s'était rendue à la gare du Pacifique pour saluer encore une fois les fils de France.Nous somes certain que Mgr le comte de Puris et son fils Mgr le duc d'Orléans garderont un bon souvenir de leur visite aux Trois- Ttivières.Ils ont trouvé ici, sinou la richesse, le luxe, l'éclat des grandes villes, du moins une sympathie générale et.vivace : nous sommes dix milles ici, et dix milles poitrines ont crié avec entrain sur le passage des princes : Vive Monseigneur ! Vive la France ! REMERCIEMENTS Monseigueur le Comte de Paris a prié M.le Maire des Trois- Rivières de vonloir bien offrir, en son nom, aux habitants de cette ville et de tout le district, ses sincères remerciments pour les manifestations pleines de sympathie dont il a été l'objet de leur part pendant sa visite aux Trois\u2014 Rivières.Trois-Rivières, 28 Octobre 1890.Le Comité de Réception remercie chdleureusement tous les ci toyens de cette cité, de la ville de Nicolet et des paroisses avoisi- nautes d\u2019avoir si généreusement répondu à son appel à l'occasion de la visite de Monseigneur le Comte de Paris.Leur concours enthousiaste a assuré le succès du la démonstration et le comité désire leur en exprimer sa plus profonde gratitude.Louis T.POLETTE, Secrétaire du Comité.Petites notes Pendant sa visite, Mgrle comte de Paris a bien voulu accepter différents cadeaux qui lui ont paru très agréables.Entre autres : un certain nombre des mande- ments-de Mgr.Laflèche que Sa Grandeur avait fait richement relier à l'intention du prince, l'histoire du Monustère des Ursulines et l'Hustoire du Collège que les directeurs de ces deux maisons lui présentèrent.wp Lundi avant midi, Mgr le duc d'Orléans voulut faire la visite de Nos maisons d'éducation en voiture canadienne.I fit tout le Voyage en planche, tenant lui- même les guides et paraissant prendre beaucoup de plaisir à la chose.Lo Foy Les distingués visiteurs ont été trés étonnés en voyant les costumes de nos raguet{eurs qu'ils ont beaucoup admiré.S.À.R.le duc d Orléans parait brulor du désir de voir le Canada en hiver el se promet bien de revenir dans la froide saison.Les chamt EE Les chambres occupées pa princes à l'hôtel Dufreaue De ae êté richement meublées pour lu circonstance.Ces chambres étaient éclairées à la lumière électrique qui avait êté installée avec caucoup de goût par MM.Girar et Larivière.NOS VISITEURS S.XR Mgr.le Comte de Paris Le comte de Chambord était le descendant en ligne directe de l\u2019antique maison de Bourbon.Le Comte de Paris en est le descendant en ligne collatérale Ses droits au trône de France lui viennent de Louis XIII.Louis XIII eut deux fils : Louis XIV et Philippe, duc d'Orléans.Philippe, fils de ce dernier,fat régent pendant la minorité de Louis XV.Son fils, Louis-Philippe, fut le célèbre Philippe-Egalité qui eut pour enfant Louis-Philippe qui succéda à Charles X.Le Comte de Paris est le petit-fils de Louis-Philippe.Il est né à Paris, le 24 août 1888, de S À.R.Ferdinand, duc d'Orléans, et de la princesse Hélène de Mecklembourg-Sckwerin.Lors de lu révolution de 1848.il se réfugia A Eisenach, en Allemagne, et, plus tard, en Augleterre.Lorsquo éclata la guerre civile aux Etats-Unis, il traversa l'océan et s\u2019eurôla eomme volontaire dans l\u2019armée fédérale.Il prit part à la campagne contre Richmond, au siège du Yorktown, aux batailles de Williamburg, de Fair-Oaks, de Gaine\u2019s Mill et à la retraite de l\u2019armée fédérale sur la rivière James.Il retourna en Europe en 1862, et s'occupa de la littérature et de science, On lui attribue plusieurs articles parus, sous divers pseudonymes, dans la Revue des Deux-Mondes, entre autres : La romaine de Noél duns le Lancashire, en 1868 ; A propos de la crise colon: nière en Angleterre ; Lellres sur Al- lemague nouvelle, 1867 ; l'Eglise d'Etat et l'Eglise libre en Irlande, 1868.Il a publié en volumes: Damas el le Liban, Les Associations ouvrières en Angleterre, De la situation des ouvrières en Angleterre, et une Histoire de la guerre civile aux Etats-Unis.En mai 1864, le Comte de Paris épousa, S.A.R Marie-Isabelle, infante d'Espagne, fille du duc de Montpensier.De cette union sont nés six enfants : Amélie, 1865, reine du Portugal ; Louis-Philippe Robert, 1864, duc d'Orléans ; Héléne, 1871; Isabelle, 1873 ; Louise, 1882; Ferdinand, 1884.Maintenant, laissons la parole au Comte Paul Vasili, le remarquable écrivain dont les études sur les diverses cours d'Europe sont si gnûtées.Après avoir raconté les difficultés qui s'élevèrent à la mort du Comte de Chambord, entre Mada- we la Comtesse de Chambord et le Comte de Paris, Paul de Vasili ajoute : Depuis lors il a montré esprit lo plus largement accouillant dans ses rapports avec les membros de l'ancion parti royaliste, Lo général de Charotte est une des autorités de son entourage et pout être considéré comme person« gratis sima, quoique les idées qu'il représente ne soient pas colles qui dominent dans l'esprit du prince.Le Comto do Puris n\u2019admet point que telles circonstances puissent jamais se présontor qui autorisent à violer la loi de son pays, à porter atteinte l'or- dro dos choses, & intorvenir de fagon violente pour modifior le cours de ses destinées; il Ini semble criminel d'ontre- tenir des espérances d'un changomont de gouvernoment à son profit, autrement que par la voio «le ln légalité, H croit de son devoir do rester à ln disposition de la Frunco, prêt à être un jour, peut-être, colui qui offrira à ln majorité conservairice du pays dos gn- ranties de sécurité ; mais cobto évon- tualité lui semble soumire À cello de chocs dangereux et redoutables ; il ne la souhaite ni no l\u2019espère.En résumé, il voit devant lui, nou pas de chimériques espoirs, non pas l'irréalisable utopie du comte de Chambord, muis uno stricte obligation, une lourde tâche éventuelle, rien de plus.L'idéal secret do st conscience sorait de vivre jusqu'à la fin de ses jours on grand seignour rue de Varennes ot au château d\u2019fnu, élévant puisiblement ses enfants, entouré d'nmis, occupant une plnce pen encombranto mas prépondérante dans lu société française, ol frayaut sur un pied d'égalité avec lus princes étrangors.Léguer à son fils la cortiludo d'un paroil sort mottrait le comble à la réalisation do ses aspirations ; mais si l'homme est modesto dans sus goûts, peu entreprenant ot pou nuducieux do tempérament, il reconnaît les clauses du cahier des charges de sn haute situation et de an naissance.Dans un siècle où prévaut trop son- vent In pourstite do Fintérat personnel, où l'ambition hésito si peu à s'étaler au rrand jour, cote attitude ost noble aus sn sincérité et sn simplicité, Lors du voto do lu loi d'expulsion ot du départ pour l'exil, blessé par uno mesure d\u2019oxcoption, le Comte de Paris se dépur- tit do fe résorve habituolle do sos discours ot do ses écrits, Cependunt si l\u2019on pèse les expressions de son mani- fento, on verra quo le fond est bien dies 16 par los tendances signalés ici, sh que lu forme plus quo lo fond prond ullu- ro do In révendication dos droits d\u2019un prétendant, Il oxiste là une nuance qui n'échapperu pus à uno observation un pou approfondie.Si le comto do Paris montait sur lo trône dde ses ancôtres, son ggouvorno- ment serait essentiellement démucrati- que, s'inspiroraït dans une certaine mesure du purlementarisme anglais, mais il chorcherait, avant et par-dessus tout, à se faire l'expression Taisonnée, pan- déréode l'opinion publique.La Sour serait un millieu éminement respectable, maintenue sar le pied d'une gran.«et simplicité, Le comte de Paris continueruit à s\u2019on- tourer de sos amis, mais so soucierait très pen de les grandir et de les euri- chir, leur prétant les sentiments et les délicatesses qu'il aurait lui-même à leur place ; il prutiquerait sur le trône les vertus moyennes de façon élevée, et l\u2019on pout affirmer que l'on aurnit, avoc In réservo des tendances antireligiouse entrées actuellement dans le domaine de l'action, à très peu de choso près, lo ouvernemient netuel, L'ostracisme po itique ne sera pas son fait, ot pussablo- ment d'espérance se trouvernient étrangement dégues.Colui-ci occupe son temps d'une manière plus fructueuse, Sa conversation ost agréublo et solide sansêtre pédante.On y discerno un très grand souci de we renseigner ot do s'instruire.Il aime à épuiser un sujet avant de lo quitter ot procôdu fréquemment uvec sos interlocuteurs à un questionnaire en règlo sur les connuissances spécin- los quo leur valent lours carrières ou leurs occupations.Ainsi il causera ex- clusivoment agriculture avec un pro- priétairo rural, art militaire avec un officier, administration avec un fone- tionnairo, Co n'ust pus un esprit vif et Jumineux, mais bien une intelligence écluiré et pratique, Le duc de Chartres dit volontiers : * Mon frère est le vin, moi je suis In mousse.\u201d 11 y a beaucoup de iustesso dans cette comparaison, Véritable antithèse en cola du comte de Chambord, le comto de Paris chercho ot demande des conseils à tout son entourage.Il aime à éclnirer son juge mont ot encou- tage une entière liberté dans les dires de ses amis, TI a un sons droit qui chor- che très conscienciensement In lumière et qui se méfie benucoup des idées toutes fuites, Il a de vives sympathies pour I'An- floterro et aucune on rovancho pour la haute aristocatio anglaise, Autant il apprécie les institutions d'outre-Man- cho, autant il cherche pou à attiror autour de lui les visiteurs appartonant a la société de Londres.Tant qu'il hubita l'Angletorre, il en usa ninsi, étudiant de très près le jeu du fonctionnement des lois et des coutumes, ce livrant en particulier & des recherches trés suivies sur In question ouvrière, Il se mêlait très pou et très exceplionnellement a ln vue du monde, dans laquelle il ne forma aucuno intimité, Le comte de Paris eut pu se lier d'amitié avec le prince de Galles, ot lu reino d\u2019Angleterro qui professe In plus sincère affection pour les princes d'Or- lénns «désirorait viveme :t voir cot intimité s'établir ; mais rarement deux natures furent plus dissomblables, do goûts, d'habitudes ot do sentiments, A Vencontro du Prince do Galles, lo comte du Paris n peu do gaieté ot d'on- train naturels et ne se dérido que duns l'abandon de lu vie de lu famille, od on le voit souvent jouer avec ses enfants commo un grand frère très tondre et très nimé, Il travail'e régulièrement de six à huit heures par jour, suns s'ay- treindre copondunt de fuçon à s\u2019embar- raser d'une routine implacable, Il cst toujours prêt à prendre part aux dis tractions sportives de ln comtesse de Paris et y apporto une très bonne moyenne d'adresse et de savoir, Il tire bien ot monto à cheval très correctement ; ce n'est pas un voncur pussionné ot il est douteux qu\u2019il nit jamais écrit à au jeune épouso dans lo style de son ancêtre ; « Mudume, il fait grand froid et j'ui tué six loups.\u201d Il aura nutro chose à dire pour distraire les ennuis d'une séparation, ot ce quelque chose sera écrit un très bon français.Son œuvre d'écrivain so com- se do ses impressions de voyage on Borie ot au Liban, d'un vuvrage sur los unions ouvri>.esen Angleterre, d'un mémoire qui lui fut demandé, un un après l\u2019abrogation des lois d'oxil, par le président do la Commission d'enquête sur les conditions du travail on Angloterre.Ce mémoire très détaillé et volumineux renforme un résumé do tous los travaux parus dans le Royaume-Uni sur la si- tuntion des ouvriers, ot les upprécia- tions porsonnolles du princo sur les vuos dos auteurs de ces ouvrages.C'est uno étuce remarquabloment approfondio et impartiulo des côtés pratique et matériels qui peuvent écluirer lo grand problème social de In question »uvriére, Assurément les ro- churches patientes qu'n nécessitées cotte œuvre, los apergus empreints de modération ot de sagesso pratique qu'elle renferm font beaucoup d'honnour au caractère du comte do Puris, An cours de ses écrits, l'auteur montre uno grande résorve dans l'énoncintion de ses opinions porsonnelles, Il so borno, on thèse générale, à constater des fnits et à on tiror la conséquence logique.Cependant, je relèvo, duns In conclusion do l'ouvrage, les lignes suivantes qui ressemblent fort à uno déclaration de principes : \u2018 C'est par les côtés quo je vious d'é- tudior que l'Angleterro, forto de ses institutions, respectant lo passé, seru- tant le présent ot allant virilomont au devant des problèmes do l'avenir, ap- parait dans toute sn sagosse à coux-là mêmos qui la jugent sans illusions et suns engouement.Si, duns ces questions graves et délicates, ello donne l'exemple d'une politique vraiment réformatrice, c'ost'à-dire ni révolutionnaire ni routinière, c'est que, d'uno part, clle chorcho à augmenter avec lu liborté, lu responsabilité de l'individu en offa- gunt nutaut que pos ible do ses codes les mesures préventives, ot quo, d'autre putt, le plus humblo citoye.suit bien que le respect roligieux de ls loi par tons est lu seule garantie do lu liberté de chacun.\u201d Le style en est bon, logique, très logique, tu peu lourd parfois : on préférerait un peu moins de syntaxe ot un pou plus de fon et d'originalité.Mêmo quand le royal écrivain cherche à apitoyer l\u2019Europo très justement sur le sort malheureux ot immérité des chré tiontés du Liban, quand il montre la Syrie opprimée par le Ture, Damas terrorisé, Boyrouth ravagé, le thèmo entratonnt n'allume point sous sa plus me le fou de l'éloquence.Son encre est froido et le soin de la forme aveo la générosité de l'intention restent les seuls mérites à louor dans cutte œuvre trop littéraire.L'histoire do la guerro d'Amérique ost un ouvrage du plus de valeur, Témoin de la plupart des événements qu\u2019il a rapportés, le stylo emprunte plus de chaleur et d'intérét au souvenir do l\u2019action.D'ailleurs la forme un peu étroite de l'écoco doctrinaire se prête à l'impartialité et à lu sérénité quo vou- lont les travaux historiques.Il aime pou d'ailleurs à s'entretenir de projets de restauration, et aurait uno tendance à los plaisanter, Lo comte do Paris est grand, la tournure ost encore nasez joune, la tête légèrement inclinéo de côté.Son accouil ost facilo ot bienvail\u2019ant; il so léve our recevoir le visiteur ; sa puignéo 8 main ost ferme et cordiale.Son regard cat droit, franc, comme le regard d'un honnête homme, préoccupé de dignité morulo.Ces deux mots roesument l'impression première de l'obrervatour, On so sont en présence, non pus d'une porsonnnlité énigmatique et intéressante, non pas de l\u2019un de cos être à triple dessous dont l'existonco morale somble une boîte de Pendoro, féconde en promesses ot on menaces, mais bien d'un de ces hommes qui remplissent ou su- bissont dignement, honorabement lour rôle, suns être de force ot d'envergure à tailler en plein drap dans la destinée, à s'y couper de gré à gré ou de forco un-manteau do roi, M n'y rion de l\u2019avonturier royal dars co tranquille œil bleu.Ce bureuu chargé do livres ot de papiersest colui d'un assidu, d\u2019un pationt travaillour, et l'éridition acquise, la remarquable compétence que possède le comto do Puris duns toutes les questions do droit social et d'économic politique qui occupent aujourd'hui 'opinion publique, prouvent assurément qu'il a passé son tomps à autre chose qu'à rêver des projets de restauration, Le comto de Chambord avait perpé- tuolloment un plan en voio d'élubora- tion pour reconquérir le trône de ses aïoux, 31 est probable que los historiens futurs du comte de Paris n'auront point lu tâche de relever les fils des combinaisons chimériques et mysté- riouses qui oveupaient les loisirs de Frohsdorf pour y trouver la genèse des tent.itives ambiticuses de Philippe d'Orléans, Co qui est remarquablo dans les œu- vres du comto de Paris, c'est lo lubour consciencieux qu'y apporte l'auteur, II est cortain qu'il y met lo meilleur de lui-même, qu'il travaille sans hâte, sans fièvre, mais aussi sans découragement.Son talent est d'ordre médiocre, mais sa volonté tire lo moilleur parti possible des facultés quo Diou lui a octroyées ot il apporte un osprit de critique ot de sévèro application à tous les sujets qu'il a borde, II est d'aillours fort modesto et s\u2019offuco toujours systématiquement, sur le terrain littérairo s'entend, devant le duc d Aumale, le- quol pusso, non sins quolque raison, uns la maison d'Orléans, pour avoir hérité en droite ligne do ln plume de Jules César ut de Napoléon, Philippe, due d'Orléans On le sait, la République française, sans tenir compte des services et de sou passé glorieux, expulsa du territoire français, la famille royale.A ce propos, le comte Paul Vasili écrivait en 1888 : C'est principalement lo duc d'Orléans qui fut visé dans la loi d'expulsion.En effet quel avenir n'était pus réservé à un prince élové en France le prince suivait les cours de l'école libro de In roe de Madrid, et colu très brillamment), comptant dus amis ct des camarades dans toutes les classes de ls soviété?Lu France eût pu _nisé- ment s'engouer do cotte belle jeunesse, Lo duc d'Orléans ruppolle beaucoup le grand-père dont il porto le titre; il a copendant plus de vivacité ot do gaioté dans les allures; l'oxil l'a trouvé achevant la préparation do ses oxamens, 11 à terminé son cours d'humanités on Angleterre et il commencera d'ici peu ses études militaires spéciales sous la direction d\u2019un officier général, attaché par tradition de tiumillo ot par affue- tion personnelle aux princes d'Orléans, Cet officier, dont lu discrétion m'ohligo à taire le nom, à pris sa retraite, bien que jeune oncore, pour se consacror entièrement à l'instruction du fils du comte do Paris, ct assurément le pro- fessour ost digne de l'élève, Cet officier est, sans donte, le colonel Perseval qui accompagne aujourd'hui S.À R.le duc d'Orléans.Ce brave militaire a su inspirer à son auguste élève, le patriotisme le plus pur et un grand désir de servir la France.Au mois de février dernier, le duc d'Orléans disparut de chez lui.La première nouvelle qu'on eut de lui fut que le jeune prince était rentré en France, sans bruit, sans éclat, et qu\u2019il s'était présenté au bureau de recrute ment de la Seine, où il avait réclamé son droit de servir sa patrie dans l\u2019armée.Du bureau de recrutement, il fut renvoyé à la mairie, et de là au ministère de la guerre.Peine inutile.En désespoir de cause, il s'adressa au ministère de la guerre et lui écrivit cette lettre : A MONSIEUR LE MINISTRE DE LA QUERRE Monsiour le Ministre, Je mo suis présenté aujoud'hui au bureau de recrutement de la Seine pour demander à être inscrit sur les régistres do ln conscription et à faire mes trois aus de service, comme tout bon Français.Du bureau de recrutement, on m'a renvoyé, très courtoisement d'nillours, à ln muirie, puis de la mairio au Minis- tère de lu Guerre.Je n'ai pu obtenir aucune solution, Je viens donc la réclamer de vous.Je n'entends , en prolongeant ma présence à Parks, donner préloxto ides manifestations, Je n\u2019ignore pas que la loi d'exception m'interdit tout grade dans l'armée française, mais je crois, Monsieur lo ministre, qu'elle no mo défend pas do servir comme simple soldat; c'est le grand honneur quo j'ambitionne, et, sur co point, j'attends une prompte réponse de votro équité ot de voiro atriotisme.Je vous prie d'ugréer, onsieur lo Ministre, l'assurance de ma hauto considération.Pmivirrz, Duc D'ORLÉANS.La réponse fut.deux ans d'emprisonnement.Le duc d'Orléans ne resta en prison que six ou sept semaines.Il fut alors conduit à la frontière Cet actu patriotique du joune prince lui concilia la sympathie générale.De farouches républicains essayèrent de le tourner en le qualifiant de Duc de ta Gamelle ; mais le peuple plus juste l'a surnommé le Premier Conscrit de France.Convenons que c'était une dine entrée dans sa majorité.Car e duc d'Orléans avait choisi l'époque de sa vingt-et-unième année pour aller offrir son bras et son sng À sa patrie.Malgré le jeune âge du prince, on peut dire que c'est sur lui que repose l'espoir de la monarchie française.Le comte de Paris est un penseur, un philosophe qui attend patiemment les évènements, Le duc d'Orléans, plus enthousiuste,plus actif, saurs aider aux évènements, les faire naître mème.En attendant, le duc travaille, sous la direction de maîtres habiles et dévoués, à devenir un savant comme son père, tout en moissonnant une riche gerbe de sympathie et d'sdmiration.Empruntons maintenant au Monde, de Montréal, une intéres- ressante étude de M.J.B.de Lorde, sur les visiteurs distingués ui accompagnent Leurs Altesses yales, dans leur voyage on Amérique : Le Marquis de Lastey rie Lie socrétaire particulier de S, À, R.le Comte do Paris a quarante deux ang, Jl est do taille moyenne et d'ure physionowie fraiche ot colorée.Il ost chauve ct porte ln barbe complète, après avoir servi le gouvernement do tn République dans les finances il obtint Jo poste très lucratif de Recoveur rénéral ; mais aussitôt que fut votéo In oi d'oxil contre les princes d\u2019Orléuns, il donna sa démission, Il ost marié À uno anglaiso ct on peut dire quo c'est un véritablo ami des anglais, dont il parle admirabloment la Inngue.Particulièrement attachéà S, A, K, lo comtede Paris, il passe environ vingt jours chaque mois, à Sheen House, au- prèsde la famille royale.Les autres collègues auprès do S, À.R.le comte de Paris sont le Baron de Chaland-Latour ; M, Aubry-Vitet, Saint Mare Girardin, le duc do lu Térmoillo; Vicomte Olivier de Bondy ; lo Mar- quie d'Audiffret-Pasquior, le Marquis de Gornay et M, Emmanuel Boucher.Le Duc d'Uzes Ami particulier dos.A, R.lo duc Philippe d'Orléans, il est à peine âgé do vingt doux ans, Le te d\u2019Uzès est de tuillo moyenne et très affablo de manières, sa figuro ost ouverte ot sympathique, Son regard est franc et éclniré, par moments, d'une flamme que tempère une doucour caressante.C'est le fils airé de Mme lu duchesse d'Uzès, néo de Mortemart, ot du dor- nior duc d'Uzès qui représonta lo dépar- (emont du Gard à l'ussembiée Nationa- o.Sa mère est l'arrière-potite-fille de Mme Veuve Cliquot, dont lo nom est si connu, et qui fonda ln famouse maison de champagne qui por'e son nom.Lu duchesso Unis ost, dit-on, Lrès fière de son origine démocratique et le portrait de sn bisaicule occnpo ln pluce d'honneur dans lo grand et splendide salon du château de Boursault, qui est situé dans lo voisinage de la ville d'E- pornay, département de la Murne.Onn beaucoup purlé, on ces dorniers temps, de Mme la duchosse d'Uzès, dontle nom s'esttrouvé môléà l'étonnan te aventure politiquo qui out pour héros malheureux le général Boulanger.Mais commo toujours lo publie à singulièrement exagéré la portée de cette intor- vontion, dont jo n'ai pas à w'occupor ici.Mmo In duchesse d'Uzès eat, sans contredit, uno des figures les plus en- ructéristiques de notre époque, C'est une monduine aussi Lrillunto dans In forêt quo duns les salons, Restée veuve fort jeune, elle n'a pus voulu ranoncer A In chasse au cerf et s'est fuito chef d'équipage dont ello porte fort bien la tonue, lo Inmpion do l'époque de Louis XV, lo cointuron et le couteaudo chus- se, Lu duchesse dirigo ot survoille olle- mêmo ses chusses et no manque jamais un hallali.Do son mariage avec Amablo Antoine Jacques Emmanuel de Crussol d'U- zès sont issus : Jacques Marie Gérard de Crussol, douzième duc d'Uzès, chef actuel des noms et des armes de ln fu- millo, né le 19 novombre 1868 ; Louis Emmanuel de Crussol d'Uzès, né lo 15 soptembre 1871 ; Simonne Louise Laure d\u2019Uzès, née lo 6 junvier 1870, ot récemment mariée au jeune due de Loy: nes, et Mathilde-Renéo de Crussol d'U- 285, néo lo lor mars 1875.La duchesso d'Uzts a uno très gran- de fortune, ses équipages sont renommés par leur correction, Ils sont co quets, avec leurs cocher et valet de ied d'une tenue irréprochabie.Les harnachements des hommes etde chevaux font l'admiration des sportmens qui demeuresurpris d\u2019un si grand luxe, sans la moindre fausso note, Le duc d'Urès est à bonne école, comme on le voit, et il peut mener la grande vie parâllèlement à la vie stu- ieuse et intolligonte do son royulo ami, lo jeuno duc Philippe d'Orléans.Le Comte d'Haussonville L'esprit d'égalité dorrière lequol se cache toujours l'envie, cherche à activer l'œuvre des révolutions ot à offa.cor los distinctions aristocratiques, mais sans y réussir, cur ln vanité reste ot les instincts do lu richie bourgeoisie, l\u2019orgueil de la finance tournent toujours leurs espérances vers cot éclut qu'ont lnissé à leurs descondants les races antiques dont los noms illustrent notre histoire on s'illustrant oux-mêmos.Mais, jo lnisse do côté mes idées à ce sujot et, avec S.À.R.lo comte de Pa.tis, je dirni qu'on ne doit plus recon- @uître qu\u2019une seulo aristocratie : colle do l'intelligence ot de l'instruction jointe à lu probité, celle do la fortune oyalemont acquise, honorablement et charitablement employée, Lo comte d'Hnussonville ost un des roprésentants los plus sympathiques, à tous les points de vuo, de cotlo noblesse de l'intelligence qui, aujourd'hui, fait loi dans le monde.Il appartient, d\u2019ailleurs, à uno des plus anciennes et des plus illustres fiumilles do l'arinto- erutie française de lu Lorraine, Il est le potit-fils du duo de Broglie et l'arrière potit-fils do ln célèbre Madame de Thuël, Son père était paire de Franco sous Louis-Philippe ot membre de VAcudémio frangnise, C'était un homme d'Etat distingué à qui la France ost rodevable do plusiours institutions do charité, surtout duns les provinces d'Alsnce ot Lorraino, C'était, en somme, un très grand esprit, 11 était attoint d'une surdité incura- blo, dont il était le premiorà plaisnnter nioment, Un jour, au début de sn ma- adie, il disait en riant : « Jo serai bientôt aussi sourd quo le Princo de Joinville.C'est là une dos meilleures prouves que jo pouvais donné do mon attichoment à lu famillo d'Orléans | Malgré sn surdité, il allait fort sou- vont au théâtre dans In loge du duc d\u2019Aumalo, avec lo princo do Joinville et il suivait la pièce avec la brochure & la main et sur ln pantomimo des ne- tours.\u2019 Il sorvit pendant lu guorro Franco- Prussicnne comme officier des gardes mobiles ct son fils, qui était alors vi- comto, vffisior comme lui, se distingun dans plusiours combats et mérita pour sa bravoure ln croix de la légion d'honneur, En 1871, les éloctours du département do Scine ot Marne voulurent récompenser le jeune officier do sa brillante conduite pendant In guerre et ils le choisirent pour lour député l'as- sombléo Nationale, Lo vicomte d'Huus- sonville avait alors 27 ans, À lu chuambro, il prit une part très activo aux délibérations do l'assemblée ot 80 distingua dln tribune par sa dialectique, ot In précision do son argu- montation, Entré quelque temps après dans la vio privée, il s'adonna oxclusivement aux travaux littéraires et d'économie politique.Ses études sur (George Sund et Mérimés sont vraiment curiouses, Il ublis plusieurs ouvrages remarquables sur los réformes dos pénitonciers, sur los prisons ot les institutions do charité, Il à succédé n son père à l'Académio, frangniso ot sos travaux étaiont bien dignes de ce grand honneur.Son grand père, lo duc du Broglie a été égaloment membre do l'Académie française ot dopuis la fondation de cette illustre sociétéo, c'es'-à-diro dopuis 250 ans, il y n où toujours un des membres de cotto illustre famille qui on # fuit portio, Le comte d'Haussonvilllo cst grand de taille, mince, ses chovoux sont blonds et grisonnants, I parait beaucoup plus joune qu'il no l'est on rénlité, Il est très myope ot porte un lorguon.Cela ne l\u2018ympêche pas d\u2019être un tireur de première force à la chasse, En résumé, c'est un homme peu ordinaire, physiquement parlant et d'une intelligenco très aclive, Il s\u2019est marié à Madomoirelle d'Har- court, fille du marquis d'Harcourt, qui occupa lo poste de l'ambassadeur près la cour d'Angleterre.Lo comte Emma- nuol ot le comte Bornurd d'Harcourt ont figuré dans lo mondo politique, le romior comme premier secrétairo de f, le maréchal do Muc-Mahon quand il était président do ln République, et le «cond comme député, Lin comtesso d'Haussonville est une femme d'uno distinction rare.C'est ello qui a romis à ln modo, à Paris, los mutinéos littéraires ot sos invitations sont dos plus recherchées dans la plus haute société.On convoque des amis, do quatre à six heures, dans l'après midi et autour d\u2019un thé et do quelques s&ndwichs, on leur fait écouter ln lcc- ture d'un poème inélit, d'une comédio nouvelle, on de Mémoires inattondus, Lo comte d'Haussonviile à visité dé- jd les Etats-Unis, TI necompagnait In délégation française qui fut onvoyéo par fo gouvernement aux fêtes du centenaire do la capitulation do Yorkville ot dont faisnit partio lo général Boulanger.Il n écrit une rclation des plus intéressantes sur les fêtes qui eurent liou à cotle époque ; elle a para dans lu Revue des deux Mondes.Lo comto d'Haussonville est pdre de quatre fillos.T1 réside à Puris, on plein faubourg Säint Gormuin, le quartier aristocratique par excollence, On pent dire de lui co qu'on disait dn son illustre pare, 11 sime le travail, il aimo l'honneur, il nimo son pays, ot il laissera comme l\u2019auteur de sos jours, après lui, lo plus tard possible pur exemple, vivantes ob durables, les œuvres de son caprit et los œuvres de son cœur Le colonel Parseval C'est une rure intelligence doublée d'une incomparable puissance de travail Il a cinquante-cing ans, Il ya trois ans il appartenait à l'armée acti- vo qu'il a quittée pour devenir le pré cepteur militaire du jeune duc dor.lénns, Il occupait dans l'armée française le poste distingué de chef d'état-major du sixième corps d'armée, en garnison, à cette époquoe, sur la frontière «lleman- do, corps placé sous les ordres du néral de Miribel, aujourd'hui, chef d'é- tat-major-général de toute l'armée-fran- guise.À cetto époque S.À.R.le comte de Paris recherchait un officier distin ur lui confier l'éducation militaire o son fils.I1 consulta un do ses meilleurs amis lo général Human, le fils du premier ministre de son grand-père et celui-ci lui désigna le colonel Parseval comme lo plus capable do répondre & ses désirs, Des ouvortures frent aussitôt faites au colonel qui s'ompressa de répondre 3 In demande qui lui étatt communiquée: \u2014 Je suis ontièrement dévoué à la famille d'Orléans, Le colunel Parseval donna ea démission ot renonga ainsi à une carrière qui s'offrait à lui sous les plus brillants auspices, nr.pu voir par la conduite du jou- ne Prince au moment de sa majo ité que la conflance do 8, A.R.le comte e Paris n'avait pas été trompée, Le Dr Recamier Un beau nom qui éveille de bien doux souvenirs, C'est un jeune méde- ein d'avonir, Il est lo petit nevou do Ia célèbro Madame Récamier dont les sn- lons littéraires furont, pendant un certain temps, le rendez-vous recharché de toutes los gloires de la littérature françaiso à Paris.Tl ost le potit-fils d'un médecin qui eût uno vogue considérable et méri dans son tomps.Les mérites particuliers du docteur Récamier, qui accompugne 8.A.R.lo comto de Paris dans sa visite au Canada, Uont signalé depuis longtemps & I'attontion do ses chefs qui lui ont prédit un brillant avenir, Oe qui ne saurait rion phar, M.le doctour Récamier est un hommo charmant ot d'uno bionvel!lanco à toute éprouve, C'est le docteur Guyon, l\u2019un des hommes los plus distingués de la faculté do médecino de Paris qui l'a recommandé au choix de 8, A.R le comte de Paris, y Le docleur Récamier n pris ln place, depuis quelques tomps, du doctour Guonoant-Muzzy qui a soigné pendant plusieurs années, avec un grand dévouement et uno rare intelligence, ls famille d'Orléans.Le doctour Récamier ost à peine âgé do tronte ans, Le Capitaine Morhain Ily a un\u2019 contrastedes plus frappafité entre cet officier ot le précédent, Si lo.colonel Parsoval est grave ot le capitaine Morhain est absolument le contrairo, C\u2019est Jo plus joyoux compagnon qu\u2019il goit possible de rencontrer, C'est un homme do soixunte ans, et il n'avait que trente ans lorsqu'il abandonna l'armée pour suivre \u201c= famille d'Orléans on exil, Il à servi, pendant te tomps, les Princes avec le plus grand dévouomunt ot l'on pout affirmer que les intérêts de lu famille royalo étaient en d'excellontes mains.Lors de l'arrivéo de 8, A.R.lo Comte de Paris et du duc de Chartres aux Etats-Unis, au moment do la guerre do sécossion, Jo capitaine Morhain était leur compagnon et, il participe, avec une bravoure pou commune, toutes les batailles, à tous les combats où fue rent présents les Princes.Lo capitaine Morhain est Broton de naiseanco et l'on anit que In -Bretagne cat la torre classiquo do la fidélité à la cause royale, Il vat très gros et fort rougo de figaro, Les Princes l'estiment beaucoup et lui pardonnent nisément lospotits écarts de langage qni, bien souvent, sont un pou trop plaisants pour los visiteurs disti: gués de Shcen-House, Ils ne l'appellent que Père Morhain ! Sos aorvicos auprès de 8.À.R le Comte do Paris n'ont aucun caractère nolitique, C'est lo comtable de la famil- o ot il cst spécialement chargé des distributions pour toutes lns œuvres de charité fauxquolles contribuont large- mont tous les Princes, C'est en quelque sorte un véritable intondant ot il s'ac- quitlo de ses fonctions de confiance aver: le plus grand zèle et lo plus grand dévouement, \u2014 \u2014\u2014-+ KERMESSE Nous regrettons de n'avoir pas l'espace suffisant pour parler un peu longuement de la Kermesse qui est organisée par l'Union Musicale, pour mardi, le 4 novembre prochain et les jours suivants.Nous tenons à assurer, aumoins, à nos lecteurs que la fête sora splendide.À part lesamusements dont nous avons déjà dit un mot, nous pouvons annoncer que MM, Labelle, de Montréal, donneront une séance, un des soirs de la Kermesse : comédie, chansons, monologues, eto.Un autre soir, la musique rera fournie par les musiciens et chantres réunis de l'Union Musicale et du Séminaire.A NOS LECTEURS Samedi, fête de la Toussaint, le Trifluvien ne paraîtra pas.Mgr le comte de Paris a fait un énéreux cadeaux de #100,00 à \u201chopital. L'HONNEUR DU NOM PREMIERE PARTIE Les Chatelains de Mainrouge VIII COMMENT BLANOHELAINE SE VENUEA.(Suite) Il y eut ane clameur nouvelle qui s'échappa de mille poitrines et s\u2019éleva vers le ciol.Pais ce furent des sanglols, des- sonpirs, des larmes, et M.de la Galue perdit connaissance : en lui périrait donc sa famille, car il devait renoncer à tout espoir de sauver ron fils! Il fallait un miracle, et le miracle se fit.Quand les nuages de fumée uoirâtrs amoncelés autour du brasier se furent dissipés, on vit avec stupéfaction que la légére construction était restée intacte Aucune Ineur n'apparaissait aux fenêtres délabrées des ôtages inférieurs, et la pièce où se trouvait lu jeune Oamile n'était maintenant éclairée que par les reflets sauglants de la fournaise, d'où le pavillon étn :rgeait.comme lo mit d'un navire, coulé par le tempête et enchassé entre dus récifs s'élève au-dessus dus va- ues s Il se fit un grand silence.Quelques pompiers délibéraient sur les moyen: à employer pour opérer le sauvetage du malheureux qui, renonçant à exprimer ses terrours et n\u2019osant espérer aucan secours humain, s'était agenouillé et priait.\u2014 Je ne puis donner un ordre, disuit le capitaine, d'une voix dé- seapérée ; il y a uu monceau de braise autoar du pavillon.I'expose- paie la vie de mes hommes, sans profit : ce soul des pères de lamil- es! - .Demoiselle Flore, à genoux sur la dalle de son balcon, les mains jointes, priant avec ferveur, entendit ces paroles.Elle se releva, imposante, presque transfigurée: elle se poucha sur la balustrade : Emmanuel discutait vivement au millien d'un groupe, tandis que M.de Blanchelaino et deux ou trois personnes étendaient sur lu terre des matelats qu on était allé quérir.La noble fille avion son neveu, et d'une voix forie, qui domina le murmure sourd de la multitude, elle lui cria en montrant du doigt le pavillon, que le feu attaquait de nouveau : \u2014 Emmanuel, vas-y ! Le chevalier se redressn fièrement : un sourire illumina son beau visage.\u2014 Ma tante, dit-il, j'y pensais.Deux pon.piers ajustaient deux échelles bout a bout avec des cordes goudronnées.Béchelle fut dressée en nn clin d'œil, et l\u2019extrémité de ses mou- tants vint s'appuyer a la corniche qui saillait en forme de machicou- lis, d\u2019un demi-picd autour du pavillon, immédiatement au-dessous de la fenêtre du dernier étage.Emmanuel fit le signo de la croix, envoyu un baiser à sa tante, qui le saluaiy de la main, et à son père, lequel ne voyait point ce qui se passait ; il s'élança, gravit rapidement les promiers échelons, ot se trouva bientôt suspendu au-dessus d'un gouffre incandescent, où lu moindre faux pas pouvait le précipiter.La foule, attentive et muette, regardait.Major Long toucha le bras de M.de Banchelaine, qui se retournait et lui offrit sa tabatière : \u2014 Merci, dit le vieil officier et massant avoc soin la fiue poussière entre le pouce et l'index, merci, baron.Mais pourquoi permettez- vous à votre fils de hasarder sa vie pour.Le baron n'en voulut pas entendre davan lage ct se jotant en avant Ait Eminanuel qui grimpait agilement, il lit un geste terrible ; ses mains se crispérent dans ses cheveux ; il devint livide, et resta là, häletant, oppressé, affulé.Puis d'une voix basse ot timide, où éclatait nne teudresse infinie, il prononça ces mots qui retentirent funébrement daws le formidable silence qui s'était fait tout-à-coup ; , \u2014 Emmanuel.je t'eu suplie.\u2026 reviens ! je n'ai que toi ! \u2014 Mon père, bénissez moi ! répondit le jeune homme avec un pieux respect.Je suis ici à mon poste : Blauchelaine va toujours où est le danger.Et il ajouta, en s'adressant à Camile, qui contemplait avec stupeur l'ami dévoué qui venait |: sauver : \u2014 Courage, Camile ! j'apporte le salut.1! touchait an dernier échelon ; il posa ses mains sur la balustrade, l'enjamba lestement et sc trouva près de Camile de la Galue, qui tremblait.Le foule applaudit : l'héroïsme lui plait.T Viens, dit Emmanuel, eu tendant la main à Camille : tu est sauvé! L'enfant se pencha ; il vit cette échelle, longue et noire, courbée en deux, qui vscilluit , il vit en bas des tisous entassés, un chaos de tisons ardents, de poutres qui se consumaient, de pierres rougies ; il vit l'immense fournaise, aux lueurs éblouissautes, et que couronnaient des flammes.Il eut peur.\u2014 Je ne puis, dit-il, j'ai le vertige.\u2014 Vas, laisse-toi glisser sur l'échelle, dit Emmanuel : il y & là-bas des mateles : tu ne risque rien.\u2014 Et toi ?, \u2014 Moi, je sauterai !.Camile fit un geste impérieux : .\u2014 Jeo n'irai pas, murmara-t-il.Pourquoi est-tu venu ?Tu périras avec moi !.Tu me donne ta vie, à moi qui t'ai dchement insulté, il n\u2019y a pas vingt-quatre heures !.Les spectateurs ne pouvaient comprendre ce qui se passait dius l'obscur réduit d'où les jeuncs gens eussent dû être déjà sortis.\u2014 Emmanuel cris le baron de Blunchelaine, si l'enfant a peur, liez-le et nous l'envoyez sur l'échelle.Mais hâtez-vous, le feu vous ne.n effet, la flamme, qui couvait depuis un instant, jaillit soudain et le pavillon fut aussitôt enveloppé Il n'y avait plus à hésiter : en- encore dix minutes et tout serait fini.Une flammèche tomba sur les cordes goudronnées qui assujettissaient l'échelle.Ils sont perdus ! cria-t-on.Le baron fou de douleur, bondit en avant.Il metlait le pied sur l'échelle, lorsqu'il fut brusquement repoussé par une main vigoureuse.On vit un homme vêtu d\u2019une soutanue s'élancer sur l\u2019échelle, courir, disparaître dans la fumée ; on le vit revenir portant Camille entre ses bras, s'arrêter à vingt pieds du sol, jeter sou fardeau sur les matelas, escalader de nouveau l'échelle, disparaître encore.Il revint, soutenant Emmanuel, qui était pâle, mais qui avait le sourire aux lèvres.Tousdeux descondirent lentement, avec précaution.Les traverses avaient pris feu.ils prirent leur élan, roulèrent sur le sol, et se relevèrent sains et sauls.Il était temps, l'échelle se rompit en deux tronçons, et le pavillon s'abima dans le brasier.Une triple salve d\u2019applaudissements fréuétiques salua cot heureux événémeut.Camille, Emmanuel se jetèrent dans les bras de leur sauveur.Le baron de Blanchelaine venait de reconnaître eu cet homme, qui deux fois avait risqué sa vie, l'abbé Raymond d'Hauteluce.Il lui prit la main, et sans mot dire, il la baisa, l'inondant de ses larmes.Harnibleu ! s'écria demoiselle Flore, qui venait de subir les angoi- ses du martyre, et qui était maintenant rayonuante\u2026 Harnibleu ! je veux l'embrasser, aussi moi, celui qui m'a rendu mon petit ! Elle accourut, les bras teudus.Mais quand elie vit Emmanuel, elle se jeta à son con, éclata en sanglots, sourit, l'étreignit sur sou cœur, sans pouvoir dire autre chose que ces mots entrecoupés : var (A continuer.) \"LE TRIFLUVIEN, Mercredi 29 Octobre 1890 | Marché des Trois-Rivières | \u2018Trois-Rivières, 28 Uctubre 1890 (Corrigé tous ler Mardis et Samedis) FARINE ; $c $c Furine de B16, de lncamp.par 100.250 3 2 75 Fariue d\u2019avoine.voocour 2508000 Farine de Blé-d\u2019Inide see 4.1608190: Sarrasin.1808240 VIANDES.Bœuf à lu livre.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.0Ba010 Lard do wo 108012 Mouton nu quartier 50 a 070 | Agneau do 40 a 0 50 06 a 0 08 70} 2800 \u2026 600 «700 Veau À la livre.Lard frais par 100.Bœuf par LOU livres Patates par minot.024035 Bucre d'érable à la livre.- 0081010 Sirop d'érable au gallon.080 à 1 00 ! Miel à la livre.\u2026.\u2026.015a020 Œlufs frais n la douzaine.\u2026 0182020 Beurre frais a la livre.\u2026\u2026.0188020 Beurresalé do.016a017 Snindonx do ee \u201c0108012 Fromage do ieee 009010 GRAINS.BIÉ par minot .\u2026\u2026.\u2026\u2026.
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