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Titre :
La Tribune : journal hebdomadaire
Catholique et libérale, La Tribune oeuvre au développement de sa région.
Éditeur :
  • St-Hyacinthe :[s.n.],1888-1922
Contenu spécifique :
vendredi 17 juin 1898
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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La Tribune : journal hebdomadaire, 1898-06-17, Collections de BAnQ.

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[" GE Ne TIENT Sp USE Vol.11.Yendred: 17 Juin 1398.No 7 FEUILLETON VIEILLE HAINE III OU LES ALLIÉS DONT ON SE CROYAIT SUR, TRAHISSENT ( Suite) Cependant, enfermé dans son atelier, l'esquisse, tracée le matin, retournée du côté du mur, il g'était attelé a un tableau de genre commencé, et qui repré sentait une jeune mariée détai- sant son voile, aidée par une de ses demoiselles d'honneur, pen- \u2018 dant que l'autre regardait cu rieucement les bijoux de la corbeille.L\u2019arrangement de cette scène était agréable.L'étude de la robe blanche s'enlevant sur un fond très clair avait amusé Maurice.II regar- duit sa toile avec intérêt, en s\u2019a- Vouant que vraiment ce n\u2019était pas mal.Quand tout à coup la tête brune de sa mariée Ini déplut; une vraie tache d'encre brutale et dure daus la gamme tendre des tons fins qu\u2019il avait si harmonieusement groupés.Il prit un conteau à palette et d'un seul coup, décapita sa Jeune lemme.Alors, d\u2019un pinceau ca- rescant, refaisant la tête, il en changea tout à fait le caractère Au lieu de la figure accentuée de son modèle ordinaire, belle Batignollaise aux yeux noirs, aux pommettes saillantes, aux lèvres rouges, un doux et délicat visage peu à peu sortait de la toile, et, singulière hantiss du peintre, c'était le portrait d\u2019Hermine, avec ses cheveux blonds, ses yeux bleus et sa bouche rose.C'était elle, trait pour trait, et pourtant ce n\u2019était pas encore assez elle, au gro de Maurice, car il posa sa palette sur son escabeau, jeta ses pinceaux avec découragement, et, ayant regardé son ouvrage avec une extrême attention, il murmura.\u2014Ah ! que c\u2019est loin de la réalité! Il me faudrait la revoir une fois et alors je serais tout à fait eûr de ce que je fais.Il alluma une cigarette, s'étendit sur un divan, et resta à pousser des ronds de tumée qui montaient en spirales bleues vers le plafond de son atelier.Il raminait, tout en suivent daus leurs évolutions capricieuses les bouffées de tabac, et une capitulation de conscience se préparait sourdement au fond de lui-même: \u2014Après tout, si mon parrain m'a défendu d'aller chez Mlle Guichard, il ne m'a pas interdit les abords de la maison.Je n'y entrerai certes pas, mais ne puis- Je tourner autour pour tâcher d\u2019apercevoir la gentille nièce ?Ce n\u2019est après tout, qu\u2019une fantaisie de peintre.Voilà, faute de cette ressemblance exacte, deux tableaux accrochés.Car je ne pourrai plus jamais voir ma mariée autrement qu\u2019avec le visage de la charmante Vierge à la broderie.Et il serait vraiment dommage de ne pas terminer la jolie exquisse que j'ai commencée d'elle peuchée sur sa terrasse.Quel mal est-ce que je forais en tachant de l\u2019apercevoir ?\u2026 Bah ! j'y vais ?Il s\u2019était dressé sur ses pieds et déjà jetait bas son veston d\u2019atelier.Il passa dans sa chambre, s\u2019habilia avec beaucoup de recherche pour un peintre qui va simplement chercher un renseignement, et prit la route des bois.Si Roussel avait été bouleversé a distance par la lettre de Maurice, si Maurice était, depuis deux joure, dans une étrange agitation, Mlle Guichard et Hermine n'étaient pas non plus tranquilles.Après avoir refusé sa porte au jeune homme, Clémentine avait réfléchi, et le résultat de ses réflexions avait été la certitude humiliante qu'elle avait fait ane sottise.Ainsi Roussel et son ennemie étaient dans le même état moral, ayant l'un et l\u2019autre cédé à leurs naturelles im - pulsions, Quant à Maurice et à Hermine, leurs sensations et leurs aspirations étaient bien semblables, car ils étaient uniquement occupés l\u2019un de l'autre, et révaient, chacun de leur côté, au bonheur de se revoir.Mlle Guichard, enfermée dans une chambre, s\u2019était contrainte à analyser froidement la situation que créait l'apparition du fils adoptif de Roussel dans sa vie.Et elle n\u2019avait pu, quoiqu'elle en eût, se retenir de penser que cette situation pouvait être féconde en avantages, à la condition de savoir en tirer parti.Le moins qu\u2019elle pûât obtenir était de jeter le trouble dans les relations du pupille et du tuteur.Il suffisait pour cela de paraître bonne femme, d'amadouer le jeune homme, de l'attirer, de lui parler de Roussel avec conve- nauce, et, par un fait tout naturel, le mal que Fortuné ne manquerait pas de dire de Clémentine serait considéré comme la preuve du plus injuste mauvais vouloir.Et elle avait tout juste adopté, dans le premier moment, la ligne de conduite la plus opposée.Elle avait traité durement Maurice, l'avait fait congédier par son domestique, enfin s'était conduite au rebours du sens commun.Si le jeune hom- mé avait plus de fierté que de reconnaissance, il ne reviendrait pas, et tout serait terminé.Quelle belle occasion manquée de porter un coup sensible à ce monstre de Fortuné ! Hermine, elle, tout naïvement pensait à Maurice, parce qu\u2019elle l'avait vu d'abord très malade et partant très intéressant, puis très valide et bien plus intéressant encore.Le son de sa voix lui était resté dans l'oreille, et le regard clair, franc et si doux qu\u2019il dirigeait sur elle l'avait pénetrée jusqu\u2019à l'âme Puisque Mile Gui- chard avait refusé de le recevoir, il était probable qu'elle ne le reverrait jamais et elle en éprouvait une tristesse inexprimable.Pour la première fnis elle ressentait cette lourdeur de cœur qui l\u2019oppressait, et elle ne savait pas au juste s1 elle éprouvait de la joie ou de la souffrance.Mais c'était une sensation bien forte et qui lui semblait devoir durer aussi longtemps que sa vie.Comme par hasard, elle avait découvert un banc sur la terrasse, non pas à la place où elle se tenait quand Maurice avait passé dans le chemin, là on était trop en vue, mais au bout du mur et sous la charmille.De cet endroit on apercevait tous ceux qui passaient et on \u2018ne pouvait être va par eux, à moins d'y mettre un peu de bonne volonté et de se pencher comme pour cueillir la clématite qui tapissait la muraille et pendait en dehors Mais Hermine ne songeait pas a |° se pencher, elle ne songeait qu'à voir.Et c'était déjà fort extraor - dinaire.Elle avait passé toute la première partie de la journée avec Mlle Guichard, et vers trois heures s'était dirigée vers la terrasse Assise sur le banc de pierre, son ouvrage sur les genoux, elle figurait bien la Vierge à la broderie, comme disait Maurice.Elle ne travaillait pas beaucoup et pensait, plus qu\u2019elle n\u2019avait pensé depuis sa naissance.Elle attendait la venue de celui pour qui elle s'était postée à cet observatoire, Puisqu\u2019elle avait eu l\u2019idée de guetter son passage dans le petit chemin, il lui paraissait tout simple qu'il eût, lui l'idée d\u2019y passer.Au bout d'une heure, elle n\u2019avait pas fait beaucoup de points de broderie, mais elle avait jeté beaucoup de coups d'œil pardessus le mur.Elle commençait à s'impatienter et à adresser mentalement des reproches -à Maurice, lorsque, comme la demie connait à l\u2019église du village, un pas léger se fit entendre dans le silence morne de la ruelle.Celui qui approchait, arrivait, non pas par la place, mais derrière Hermine, du côté des bois.Elle pensa: Suis-je sotte! Corament aurait-il traversé tout le pays?Il est bien plus prudent à lui de gagner la terrasse par les chemins déserts.Les pas se rapprochaient.La jeune fille, sur son banc, était hors de vue.Elle n'avait qu\u2019à rester assise, et Maurice passait sans la voir.Fat ce une émotion subite, un désir de mieux apercevoir le promeneur, où toute autre raison, qui fit lever brusquement Hermine ?Mais comme le jeune peintre examinait avec soin le mur de la propriété, un froissement de branche parvint à ses oreilles.Il fit qrelques pas vivement en arrière, et sa perspective se trouvant allongée, il découvrit la vièce de Mile Gui- chard dans son nid de verdure.Ainei que la vieille, il la salua en souriant, et, s\u2019adressant à elle comme à une déjà ancienne connaissance : \u2014Serai je plus heureux qu\u201d hier, mademoiselle ?dit-il: pourrai je arriver jusqu\u2019à madame votre tante ?Hermine joignit les mains et adressant à Maurice un suppliant regard: \u2014Parlez plus bas, monsieur, de grâce.S1 on nous entendait, ce serait terrible! \u2014Et pourquoi done ?\u2014Parce que, depuis que vous êtes entré dans notre maison, l'humeur de ma tante est toute changée.Elle est inquiète, tourmentée.\u2014Elle aussi! s\u2019écria Maurice étourdiment.\u2014Pourquoi elle aussi ?Est-ce que de votre coté.\u2014Rien ! J'ai cn tort de vous dire cela.Continuez, je vous en prie.\u2014Il faut qu\u2019il y ait, entre ma tante et vous, ou quelqu\u2019un qui vous touche de près, un différend grave et que j'ignore \u2014 Moi aussi ! \u2014Ah! vous voyez donc bien qu'il y a gnelque chose ! \u2014Cert- s il y à quelque chose! Mais quoi ?\u2014Ce n\u2019est donc pas venu de\u2019 vous ?\u2014Îl y a trois jours, je ne connaissais pas Mlle Guichard.\u2014Ah! vous n'êtes pas le coupable ?Tant mieux ! ~\u2014Comment, le coupable ?s\u2019écria Maurice.Mais, mademoiselle, soyez eûre que si la personne que je soupçonne être en dés- saccord avec madame votre tante est bien celle dont il-s\u2019agit, elle n\u2019a certainement aucan tort à se reprocher.\u2014Ma tante non plus! \u2014Vous avez raison de la défendre.Mais le plus clair dans tout ceci, c\u2019est que je suis victime d\u2019une hostilité à laquello je n'ai d'aucune façon contribué, que je trouve votre porte fermée et que si j+ n'avais pas ls bonne fortune de causer avec vous.\u2014Par-dessus le mur, ce qui est tout a fait mal !.\u2014Je n'aurais même pas su pourquoi j'ai été si délibérément congédié par madame votre tante.À mon grand regret, car j'ai un plaisir infini à vous voir et à vous entendre.Cette fois, Hermine sentit que la conversation prenait un tour qui allait promptement devenir périlleux, et se donnant son air le plus grave: \u2014Mais, pardon, monsieur, je vous ai répondu sur les points qui vous intéressaient.Je crois qùe nous n'avons plus rien à nous dire.\u2014Comment! Rien à nous dire s'écria Maurice avec feu.C'est à peine s1 nous avons échangé dix paroles, et nous avons tout à éclaircir.Oar il est impossible que nos deux familles\u2019 restent brouillées.Et c\u2019est à nous qu\u2019il appartient de les réconcilier.Ne le voulez-vous pas ?\u2014Oh ! de grand cœur! \u2014Au moins faut-il connaître les causes de leurs divisions: Vous paraissez mieux informée que moi.\u2014Non, monsieur.\u2014AÂlors, qui donc m\u2019appren: dra la vérité ? - i 2 TRIBUNE.OS TS = \u2014Moi! dit derrière les deux jeunes gens une voix forte.En même temps, Melle Guichard, émergeant du maseif où elle écoutait depuis un instant Maurice et Hermine, apparut majestueuse et terrible.\u2014Ma tante! cria Hermine épouvantée.Et, levant les bras d\u2019un air désespéré, elle prit ss course, et légère comme une biche, disparut au détour de l'allée.Maurice, resté seul en présence de Mlle Guichard, s\u2019efforçait de faire.bonne contenance.Cependant il se jugeait un peu ridicule au bas de ce mur, le chapeau à Ja main.Il pensa: J'ai l'air d\u2019un mendiant qui demande un petit son.Que Vat-on me donner?Il eut une agréable surprise.\u2014-Monsieur, dit Mlle Guichard avec un sourire, puisque vous êtes curieux d'apprendre ce qui nous a divisés M.Roussel et moi, vous allez le savoir.Mais, pour une pareille confidence, le le lieu me paraît incommode, quoique vous l\u2019ayez choisi.Ayez donc Ja bonté de suivre le mur jusqu'à la grille ; vous me trou- Verez à ia petite porte, et je vous ouvrirai.D'un signe de la main elle lui indiqua la direction a prendre, qu'il connaissait fort bien, .et descendit elle-même de la ter- - Tasse.En suivant l'aliée, elle se disait : * Que va-t-il faire ?Dans ses yeux j'ai lu l'envie de se sauver et de ne jamais reparaitre.S'il s\u2019en va, tout est dit: je ne le reverrai jamais.S'il vient.alors, à nous deux, Roussel ! C\u2019est ton bien le plns cher, et je vais .tAcher de te le prendre.\u201d Maurice, marchant sur la route pensait : \u201c Mon tateur m'a défendu de rentrer chez elle et de le voir.Et voilà que je suis entraîné à lui désobéir.Si je pre- Nais ma course et m'enfuyais sans tambour ni trompette, ce ne serait point poli, mais ce serait peut-être pradent.En agissant ainsi je me couvrirai de ridicule ! Que pensera de moi la Vierge à ls broderie! Elle me prendra pour quelque commis en goguette, pour un Don Juan de banlieue, qui essaie de nouer une intrigue avec les jeunes filles par-dessus les clôtures des jardins, et je ne la verrai plus! Allons, faisons contre mauvaise fortune bon cœur, et eortons de ce mauvais pas aussi correctement que possible.\u201d Il était à la grille.La petite porte s'ouvrit, et Mlle Guichard, très aimable, dit : \u2014Entrez, monsieur.Vous êtes mieux portant que la première fois, ot je m'en félicite.\u2014Et moi je vous remercie, car c\u2019est à vos bons soins que je le dois, madame.\u2014Dites Mademoiselle, fit Clé- mentino d'un air majestueux.\u2014 Mademoiselle, reprit Mau- rico, vous avez été si parfaite pour moi.\u2014Je ne le regrette pas, concéda Mlle Guichard, quoique vous soyez singuiièrement entreprenant et que vous méritiez de sévères reproches.Est-ce M.Rous- sel qui vous a apprie à causer avec les demoiselles sans l'assentiment de leurs parents ?\u2014M.Roussel ne m'a donné que de bons exemples, dit don- cement Maurice, et j'avoue que, #'il m'avait surpris là où j'étais tout à l'heure, il aurait été sans doute moins indulgent que vous \u2014Parce qu'il s\u2019agissait de ma nièce ?\u2014Parce qu\u2019il s'agissait d'une jeune fille, et qu\u2019il m'a appris qu\u2019il les fallait respecter ivfini- ment.\u2014Allons, vous vous chargez vous-méme.Je suis désarmée.\u2014Contre moi, dit Maurice souriant, mais contre mon tuteur ?\u2014Ah! lui! C'est autre chose.Je suis bien obligee de me défendre.\u2014Etes-vous donc attaquée ?Ils étaient entrés sous la tonnelle en causant ainsi.Ile s\u2019assirent, \u2014Attaquée ! répliqua Mille Guichard.Depuis vingt ans je n'ai pas cessé de l'être Et je puis dire que les seuls chagrins de ma vie sont venus de M.Lous- sel.\u2014Mademoiselle, dit Maurice avec stupeur, Je ne puis pas admettre que vous me trompiez Et cependant ce que vous me racontez là est s1 étrauge, si invraisemblable.Depuis vingt ans je suis auprès de M.Roussel, et c'est la première fois que j'entends parler de votre désaccord.Mon tuteur ne m'en a jamais soufflé mot, et rien dans son attitude n'annonçait un homme troublé par les combinaisone d\u2019ane guerre intestine.Il était libre d'esprit, si.\u2014Croyez-vous qu\u2019Hermine.\u2014Âh! mademoiselle votre nièce se nomme Hermine ?interrompit Maurice.\u2014Oui, monsieur.Croyez-vous que cette enfant se soit doutée de quelque chose Ÿ Je lui ai caché soigneusement mes tristesses et mes craintes, comme M.Rous- sel devant vous dissimulait ses agitations.\u2014Mais, grand Dieu! made- moiseile, pourquoi cette hostilité ?Et qu\u2019étiez-vous l\u2019un à l\u2019autre ?\u2014Nous sommes cousins germains et nous avons dû nous marier.Maurice ne trouva pas une parole à répondre.Par le pen sée il associait la bonne et souriante bonhomie de Roussel à la sécheresse anguleuse et noiraude de Mlle Guichard, et 1l ne se rendait pas compte de la posst- bilité d'une union entre ces deux êtres si peu faits pour s\u2019accorder.Oui, certes, il comprenait qu\u2019ils se fassent repotssés comme les éléments négatifs de l\u2019électricité, et il devinait quelles secousses ces courants contraires avaient dû produire.Clémentine ie voyant absorbé, continuait ses explications ot les donnait toutes à son honneur.Elle montrait son cœur brisé par l'abandon d'un homme qu\u2019elle aimait et à qui leur ou- cle l'avait destiné dès l'enfauce Elle ne parlait ni de ses prétentions, ni de ses tracasseries avant la rupture.Elle passait sous silence ses, calomniee, ses méchancetés,toute cette guerre à coups d'épingles ; qu'elle avait faite au pauvre Roussel.Non, c'était elle la victime, la douce et innocente créature délaissée par un fiancé ingrat et infidèle.Elle se montrait gémissante comme Didon après le départ du fils d\u2019Anchise.regrets.Elle avait renoncé au monde, et, pleurant son avenir brisé, elle s'était consacrée à l'éducation d'Hermine, enfant adoptive, qui avait été la seule joie de sa solitude.Tout en écoutant Mlle Gui- chard, Maurice se disait : \u201c Est.ce possible que mon tuteur se soit montré si dur pour cette pauvre fille ?Quoi! tendrement aimé, il l\u2019a délaissée ! Qui donc croirait à le voir aujourd\u2019hui, avec sa figure rubiconde sous aes cheveux blancs, qu'il a fait autrefois des malheureuses ?Elle n'était point séduisante Ja cousine Clémentine, mais, après tout, une parole donnée.Et si ce que me raconte cette bonne dame est vrai.Comment ne le serait-ce pas Le télégramme envoyé de Liverpool et me défendant de retourner chez Mlle Guichard est une preuve des sentiments d'aversion que mon tuteur a vouée à son ex-future ?Et comment, surtout, n'a-t-il jamais fait la moindre allusion à cette histoire ?Serait-ce donc une preuve qu'il était dans son tort ?Alors ce fut la seule fois de sa vie!\u201d {A continuer.+ = re Une Prédiction anystérieuse \u201c En face de l'Ile aux Grues est ua petit ilot appelé île au Canot.Là habitait seul, au com- mencemeat du siècle, un jeune et pauvre ménage.Une nuit que le mar: était absent, la femme fat réveillée par les cris de son plus jeune enfant.Elle se lève, le prend dans ges bras, l'appaise en lui donnant son sein, et s\u2019assit sur son ht en attendant qu'il s\u2019endorme.La nuit était sombre la tempête grondait.Ses jeunes enfants dormaient d'un paisible sommeil ; elle seule veillait au miheu des ténèbres.L'isclement dans lequel elle vivait, l\u2019abandon où elle se trouvait, le triste avenir de sa nombreuse famille, se présentant alors à son esprit, elle 6e sentit le cœur pénétré de douleur et elle donna un libre cours à ses larmes.Tout à coup, Une voix se fit entendre, et lui dit: \u201c Console-toi, deux de tes enfants seront prêtres, et l'un de ces doux prêtres sera évêque.\u201d La prédiction mystérienre s\u2019accomplit car l'an des file de la pauvre femme, Mgr Oharles- François Baillargeon, mourut ar- chevéque de Québec, un autre, M.Etienne Baillargeon, mourut curé de Saint-Nicolas.Un troisième, l\u2019Honorable Pierre Bail- lergeon, tut sénateur de la Puissance du Canada\u2014P.G.R.Des Recherches Historiques.Paris, 11.\u2014Dans son entrevue | avec un reporter da Malin, M.Chauncey Depew a dit : \u201c La sympathie de la France républicaine pour l'Espagne monarchique nous a étonnés.Mais toutes les puissances continentales d'Europe ont paru d'abord hostiles.Une seule nation, l'Angleterre a semblé se mettre de notre côté.Vous sa vez par expérience qu'uu peuple en guerre est susceptible, L'amitié de l'Angleterre a provoqué de l'enthousiasme parmi nous, et nous en avons été d'au- Mais elle n'était pas montée sur le bûcher, elle, hélas ! elle avait consumé sa vie dans les! tant plus reconnaissauts que, depuis un siécle nos relations avec la Grande-Bretagne avaient été tendues.Mais ce sout là des impressions passagères causées par les circorstances.Nous pouvons arriver à nous entendre avec l'Angletsrre sur certains points, mais de là à une alliance comparab.e à celle de la France et de la Russie ou ds l'Allemagne et de l\u2019Autricha, il y a un abime, et cet abime ne sera jamais franchi, jamais.Notre cœur n\u2019est pas de ce côté ; il va vers la France, attiré par les glorieux souvenirs de notre histoire ; par une communauté d\u2019aspirations démocratiques.Les deux grandes Républiques ne peuvent pas se quereller.De notre côté cela n'est pas à craindre, et je suis sûr que du vôtre il en est de mème,\u201d M.Depew a dit au commencement de l\u2019entrevue : \u201cIly a 250 aus que mes an- cêtrés français se sont établis en Amérique.Je n\u2019ai jamais pu en aucun temps me servir d'une fa- gon constante de ma langue maternelle.Mes ancêtres se nommaient Dupuy, un nom qui a été américanisé et qui se prononce maintenant Depew.Mais j¢ n'ai pas oubli¢ mon pays d'origine, et je vous parlerai avec toute la sincérité d'un compatriote et d\u2019un véritable ami de votre pays.Depuis le commencement de nos difficultés avec l'Espagne l'attitude d\u2019une partie de votre presse nous a stupéfiés.Nous ne pouvions pas comprendre cette attitude.\u201d Le fléau de la guerre Ea 1812, sur 400,000 hommes que comptait l'armée française en partant pour la Russie, 40,- 000 seulement revinrent, épuisés et démoralisés.Pendant la-campagne de Cr- mee, de janvier 1852 à juillet 1856, l\u2019armée française perdit 95,600 hommes sur 309,400 combattants.Eu 1870, plus de 600,000 français furent atteints de blessures et de maladies.Depuis, le nombre des combat- {ants et la puissance destructive de l'armement, ces deux factours dela mort, ont augmenté en même temps et dans des propox tions à peu près égales Leur produit sera terrible Les soldats ne se compteront plus par centaines de mille, mais par millions.Les armes sont précises, à répétition et A longue portée.Des rafales de plomb rageront le sol et coucheront tout sur lear passage ; l'artillerie nouvelle baluiera en quelques instants des espaces aussi grands que les champs de bataille d'autrefois.\u2014mv\u2026\u2014 Sherbrooke.\u2014Un pénible acoi- dent, causé par une \u2018mprudonce inqualifiable, s\u2019est produit entre cette ville et Lennoxville, avant- hier soir.Des solduts du 53ème bataillon, qui fait actuellement ses exercices à Sherbrooke, retournaient à Lennoxville, en tramway électrique, lorsque, arrivés à l'endroit où se rencontre les deux véhicules, qui vont en sens opposé, l'an des militaires braqua, en riant, sa carabine sur le garde-moteur do l'autre tram- Way, Qui passait tout près de lui.L'armie était chargée d\u2019une cartouche blanche, et le coup partit e1 près de la figure du Sarde-moteur, que ce dernier en .eût toute- la figure brûlés.Les médecins craignent qu'il perds la vue.On ne connaît pas l\u2019auteur de cette stupide imprudence, mais il est à espérer que la chose n'en restera pas là.Il faudrait apprendre à ce militaire qu\u2019un fasil n\u2019est pas un jouet.Le bleseé se nomme John Kerr.Meurtre horrible \u2014Voici en peu de mots le récit d\u2019une atroce boucherie commise à Montréal samedi dernier au coin des rues Poupart et Ontario.Elzéar Mann, arrivait au domicile conjugal où depuis plus de8 jours il ne faisait plus que de rares apparitions, il était dix heures et quart, sa belle-mère, sa femme et son beau frère âgé de 14 ans étaient à causer dans la cuisine, 11 s\u2019approche de la table sort une bouteille de whiskey de sa poche en emplit un grand verre qu\u2019il veut faire boire à sa femme et ensuite à sa belle-mère, il insiste et finit par s\u2019exciter, de leur refus, il sort un pistolet et en tire un coup dans le front de sa belle-mère qui tombe foudroyée, il pourchasse sa femme dans les appartements et finalement lui tire un coup de revolver dans le ventre, et va se constituer prisonnier.La morte est transférée à la morgue et la blessée à l'hôpital Notre Dame.Il était minuit.x Révoiution Rien de surprenant, sur la rue Cascades aux Nos 252 et 254, les sideboards, cummodes, tables, chaises, sets de chanibres, salons, boudoirs et jusqu\u2019à la cuisine, sont en révolte contre Les immenses sacrifices, pour argent, que M.À.Noreau vient d\u2019inaugurer.Des ouvriers compéteats se servent de matériaux de première classe pour alimenter cette rébellion.Seul agent pour chaises et lits à ressorts, il ne peut les garder en magasin.Les matelas sont refait à neuf, Des masses de plumes de volailles, oies, canards, etc, dont on fait un énorme massacre, cependant on y achète toutes sortes de plumes.Vous serez émerveillé de ce que vous aurez vu.\u2014\u2014\u2014# Le mellieur remede pour Ies fom- mes faibles, au sang appauvri \u2014 Montréal, 11 jan.1898.L\u2019Elixir de Mad Dr M.E, Guertin est le meilleur remède que j'aie trou- vê c\u2019est une grande bénédiction pour les gens affligés.Que Dieu vous bénisse pour votre grande découverte.Bien respectueuszment, Sœur MoniN, St Francis, TERRE A VENDRE Dans le village de St Judes P.Q,, à un arpent de l\u2019église près du chemin de fer, une grande boutique de voiturier ayant deux étages avec toutes les machineries, bouilloire et engin, le tout en parfait ordre.Deux arpents de terre avec maison chauffée à l\u2019eau chaude, grange, remises, élable, boutique de forge, en sus deux bâtisses pour installer le bois, deux corbillards, au-delà de 100 cercueils en stock.Une terre de 3 x 30 arpents, le # en culture, le reste en beau bois et une sucrerie de 750 vaisseaux, à 50 arpents du village.Le propriétaire ayant obtenu une patente pour la fabrication d'essieux en fer, abandonne le bois pour se livrer à cette induse trie.Conditions faciles.S'adresser à F.BEauLaC, St Judes, Comté St Hyacinthe, À 10-9-98.Historique de St-Hvacinthe (Français et Anglais) Gonténant's 100 Gravures EN LITHOGRAPHIE Des Edifices Publics, Religieuz, Manufacturiers, Etc, de St-Hyacinthe.PRIX 25 Cts.En vente seulement au Bureau de CE JOURNAL ES St-Hyacint Lust, LE TRIBUNE.Ea 3 dl nous faut des colons ou les gprendre Nous lisons dans l'Ouest Ca- / \u201cTous ceux qui connaissent _ Notre pays, ses merveilleuses ressources, ses inépnisables richesses, ton sol si fertile, son climat si sain, si salubre, se demandent souvent comment 1l se fait qu\u2019un tel pays soit encore si peu peuplé et n\u2019ait reçu qu\u2019une si infirme partie de immigration européenne qui, depuis treute ans s'est dirigée sur le Nouveau- Monde.\u201c À quoi cela tient-il donc en effet 7?À une foule de causes .qu\u2019il serait trop long d'énumérer dans un article de journal, mais il n'en cet pas moins avéré que 10 Canada n'a pas en sa part de nouveaux colons, que la république voisine s\u2019est accaparé et a dirigé dans ses prairies de l'Ouest tout le courant si considérable d'immigration du Vieux Monde vers le Nouveau.\u201cDepuis quelques années cet engouement de l\u2019immigrant européen pour le territoire américam a considérablement diminué et le Canada esten passe d\u2019en profiter.; Des sommes considérables sont votées tous les ans par le parlement Canadien pour encourager l'immigration dans notre territoire Des agents d'immigration parcourent les vieux pays d'Europe et réussissent parfois à diriger de ce côté de forte contingents d\u2019immigrants, qui veulent tenter tortune ici, et qui veulent s\u2019assurer pour eux et leur famille un avenir solide.Jusque-là, rien de mieux.Mais pourquoi, dans les sphères gouvernementales, somble-t-on vouloir limiter l'action des agents d'immigration aux pays où la langue anglaise est la langue dominante, ou bien encore à des pays presque barbares, telle que la Russie méridionale, la Galicie,etc.Pourquoi le gouverne ment fédéral qui estsi dignement présidé et dirigé par un canadien, dont toute notre race s\u2019honore, Sir Wilfrid Laurier, n'essaierait pas de diriger plusieurs agents d'immigration vers des pays tels que la Belgique, la France, où lart de l'agriculture est poussée à une perfection inouie et de nous amener tous les ans de forts contingents d\u2019immigrants belges et français pour renforcer l'élément français que les efforts consciencieux des agents d'immigration tentent sans doute de noyer sous le flot toujours montant des immigrants anglo-saxons.Et, d\u2019ailleurs, pour quoi aller chercher si loin de notre pays des colons pour notre Nord-Ouest lorsqu'à nos portes, disséminés dans tout le territoire américain, à part ceux qui y sont établis et y prospèrent, végètent au moins un demi-million des enfants du Canada qui ne de- mandersient pas mieux de revenir reprendre leur place au foyer s1 nos gouvernants se donnaient seulement la peine de leur envoyer quelques bons agents d\u2019immigration, et les traitaient aussi fevorablement qu\u2019ils traitent les miséreux enfants de la Galicie que nous voyons débarquer tous les jours et s'emparer des plus belles parties de notre patrimoine * Nous avons aux Etats-Unis fants du sol, enfants prodigues, il est vrai mais qui ne demandent qu'à revenir au bercail, et demander à la terre de la patrie la subsistance et l'avenir de leur famille.Les gouvernements qui se sont succédé depuis 20 ans ont toujours négligé les intérêts de notre nationalité dans leur politique d'immigration.Nous demandons donc au gouverae- ment Laurier et an ministre Sif- ton de tavoriser d'avantage le re- possible vers les Territoires de l'Ouest et remettre ainsi en possession du patrimoine natioval, les vrais enfants du Canada qu\u2019- ils devraient aider de préférence aux immigrants des vieux pays.\u201c Nous disons donc, en un mot ce qui manque au Canada, c'est la population et cette population nos gouvernants peuvent la procurer au Canada on donnant plus triment des nôtres des ltats- Unis et en donnant aux vrais enfants du sol l'occasion de revenir dans leur patrie, y vivre et mourir.\u201c Le gouvernement qui favorisera ce mouvement de repatri- ment et surtout vers les Terris toires de I'Unest, aura droit a notre reconnaissance et il aura bien mérité de la patrie.\u201d +.ofp oo Un decret de l'aréopage S'il y a des juges à Berlin, il n\u2019y en a plus à Montréal.Lundi matin, la Cour Supérieur) s\u2019est ouverte à 10} heures, sous la présidence de l'hon.juge Chs.Gill, Il y avait aflluence d\u2019avocats et de plaideurs, Les causes furent appelées, mais contrairement à l'habitude, elles ne furent pas référées aux juges siégeant dans les différentes Chambres d'Enquête et de Mérite.Les avocats, accompagnés de leurs clients et de leurs témoins, parurent étonnés de cet état de choses et en demandèrent la raison a I'hon.juge Gull.Celui ci ne fit pas attendre sa réponse et il s\u2019écria 4 haute et intelligible voix : \u201cIln'y a pas de juges ce ma- \u201c tin, L'aréopage (il souligna ce \u201c mot) a décidé que vous n'a- \u201c viez plus besoin de juges de \u201c la campagne, ces derniers re- \u2018 fasent de siéger, même à la \u201cdemande du juge en chef.\u201c Nous allons voir comment cela \u201c va fonctionner.\u201d Le juge Gill annonça alors qu'il allait lui-même entendre toutes les causes, ce qui veut dire que nous revenons à l'ancien système et aux sublimes lenteurs de la Justice.Un disciple de Thémis, refusant de croire à cette grève, fit lui-même le tour des différentes chambres du palais.Il constata qu'en effet elles étaient toutes veuves de leurs magistrats.Rencontrant un huissier au- diencier qui était de \u201c faction \u201d devant la chambre des délibérés, il s\u2019enquit des juges et des causes de leur absence.\u201c* Qes messieurs délibèrent ! \" répondit gravement l'huissier.\u2014 =i Servante demandée Une servante générale, bonne ménagère, cuisinière, trouvera de l'emploie, en s\u2019ad:essant à Madame F.«, 500,000 Canadiens, véritables en- BourGEAULT, No 348 rue Girouard.patriment des nôtres des Etats- || Unis, de les diriger autant que | d'essor au mouvement de repa- | © 3 A x © BIERE ET PORTER DF JOHN LABATTS ¢ 5 | DE LONDON, ONT.&, SO sowNlabar, i © & LONDON asm eu ,; ps ae Letbrenvaye le plus salutaire porr G 2 I usage général eb sans supérieur = conune lonique nulritiy, 2 a) Recommandé par les couvaissours et 2 9 re de © dochimistes Ne bo Eo CT Gy © NEUFMEDALLIES D'OR, D'ARGENT © © DE BRONZE EN ONZE DLFLOJES ob.Ce) A tenus aux expositions universelles de =X © France, d'Australie, des Etats Unis, du Q) pd Ganada, de la Jatunique (ndes Occiden- © pc 4 = x ns SL bette; À 3 >) e pour convenir au clituat do cocunti- ©.© 7 A bent et ne sont pus sUrpusSÉs.© St i _ ==
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