La Minerve, 8 avril 1870, vendredi 8 avril 1870
[" LA MINERVE ÉDITION Revue Politique, Littéraire, HEBDOMADAIRE.Agricole et Industrielle de la Semaine.JOURNAL A BON MARCIIÉ POUR LA LECTURE DU SOIR.Vor.XLIL MONTRÉAL, VENDREDI, @ AVRIL 1870.No.15.ER NOUVELLES TELEGRAPHIQUEN.sHERVICON PRIVÉ.Ottawa, 6 avril.Le comit des comptes publics a siégé au- jourd'hui, et a discuté longuement les arrangements relatifs à la Banque de.Montréal, et d'autres questions de moindre importance.Toronto, 1 avril.St.Paul Minesota, 31 mars,\u2014 M.Donald Smith contirme la nouvelle de l\u2019exéculion de Scout.M.Mace ct autres Canadiens qui s'échappèrent de leur prison au Fort Garry, avant de joindre le parti de Boulton, disent positivement que Scott s'était évadé de sa prison, et qu'il n'a jamais été mis en liberté par Riel.Is disent que les colons anglais et écossais sont exaspérés du pouvoir tyrannique et insolent de Riel, mais que les loyalistes ont peur de marcher entre lui, craignant que le renfort nécessaire no leur soit pas envoyés, et qu\u2019il soient laissés à leurs propres forcus.Mace el son parti disent que Scott élait Lrès connu pour son opposition & Riel, et que les amis de ce dernier l'cngagérent à se servir d\u2019un prétexte pour le fusiller.: Les lettres reçues par les agents de la compagnie de la Baie d'Hudson de leurs correspondants au Fort Garry donnent un rt Yrconstancié de Vie Suton eo! oil sue Riel prétexte que Scott était un hommer dangereux et quil avait violé sa parole.Le général Hencok à reliu ordre d\u2019établir un post militaire à Pembina, et d'envoyer deux détachements de soldats à cet endroit.Toronto, | Avril.\u2014L'affaire Caldwell est ter- minre.Le Juge Wilson à déciaré que le prisonnier devait être retenu pour attondre le warrant d\u2019extradition du Gouverueur Général, sous accusation de fuux.Toronto, 4.On parle beaucoup dans lu ville du meurtre de Scott.Plusieurs messieurs se sont assemblés samedi soir et ont nommé un comité pour organiser un meeling pour protester contre cet acte de barbarie.Gelte assemblée aura lieu soit demain ou mercredi svir.On punse que le Dr.Schultz et M.Lynch arriveront à temps pour assister au mieeling.Les journaux demandent la punition de Rice) contre lequel ils sont très irrites.Edward Wells, qui avait voulu assommer un homme, vendredi dernier, à comparu devant le magistrat de police,el samedi.malin il à été amené devant le Grand Jury pour subir son procès.lla été convaineu dé culpakilité devant la Cour d'Assises.Le colonel G.Robertson Ross.a ljudant- général de la milice canadienne el le mejor énéral Adams ainsi que le colonel Sterling, e l\u2019armée des Etals-Unis, sont actuellement on ville et logent an Hossin louse.: La navigation est mointonanl ouverte, el la baie est libre de glace.Samedi deux schooners, l'Australian el le Clarke sont arrivés d'Oswego, et le Maydala, chargé dc bois et de grain, est parti cette après-midi pour ce dernier port.On à en magasin \u2019hui 20,618 bazils de flour et 800 barils dB farine d'avoine, 251,- 000 minots de bled et 6,800 minots d'avoine, 48,000 minots d'orge, 167,000 minots de pois et 4.000 minots de seigle.Québec, 2.M.Jean Donaghue, journaliste, est mort hier soir, il est très regretlé.Lu Chambre du Revision a rayé de la liste électorale quarante six noms pour le quartier Champlain.Les 8 ssions de Quartier sont ouvertes «le- puis mer.Québce, 4 avril.Leong hommes ont traversé à pied en face de vis.L'association ds mères chrétiennes pour instruire les petits enfants s\u2019est formée.Le troisième [rdre Cardinal a été arrêté à Lorette.Dans l'affaire de Plante, le Jury a blèmé Ja conduite des médecins et leur a reproché leur peu de soin et de prudence dans ls pesage de leurs médecines.Le timoignage des mdecins porte que lo défunt est mort victime d\u2019une drogue préparée sans prudence.Hier le tocsin a donné deux fois l'alarme, mais 1l n\u2019y a eu aucuns dommages.La Chambre «le Commerce doit tenir son as- semblèe annuelle.Trois-Rivières, 2.wa.sort SUN coup dan lis dndd coup dans > ue des \u2018moulins américaine, la pro- riété de MM.Stoddart et Cie., lesquels furent détruits de fond en comble, Le feu se communiqua alors au nouveau moulin qui fut uussi dévoré par élément dévastateur.On réussit heureusement à force de travail, à sauver le grand moulin.Les flammes cependant atlisées par le vent, se portèrent sur des piles de bois suié qui ont élé détruites, ainsi que plusicurs maisons voisines, A quatre heures ce matin, l\u2019incendie commença à se ralentir après avoir consumé 15 millions de pieds de bois, un moulin, une boutique, des écuries, plusieurs maisons et bureaux.On dit quo la propriété est assurée à lu Ruyale pour $100,100.Qu'bec, 5.Lu maire Tourangeau a rofusé de signer la liste de revision, Un bref de mandamus sera diessé afin de le forcer à signer.Le 69e régiment est sorti hier en coslums d'été, U y à eu incendie dans le quartier SL, Roclt ; une muisou à été complètement détruite ; elle était assurée à la compagnie d\u2019Assuranzs de l'Amérique Britannique du Nord.Québec, 6 Les adininistraleurs de la succession de Peabody, Anglelerre, ont ouvert des négociations avec le gouvernement de la provinze de Québec, relativement à l'opportunité de bâtir un village (ans le Das-Canada, ainsi que des fermes, une église, un palais de justice, etc, pour les émigrés qui seront envuyes par la suite.L'inspécteur «le ville a doané son rapport qui étonne par le grand nombre d'amelivra- tions dermarulées.[CR na WEED A a eet SERVICE DE LA PRESSE ASSOCIÉE AMERIQUE.San Francisco, 2.\u2014A 11.50 hs, a.m.un violent tremblement de terre s\u2019est fait sentir.La durée de la secousse a été de six secondes.Il n\u2019y eut aucun accident : mais pendant quelques moments l'excitation fut son comble, les animaux étaient effrayés el couraient de tous côtés.Les dernières nouvelles des mines de St.Diégo sont très encourageantes, el font crôire à la drée de ces découvertes.Now-York, 4\u2014Des nouvelies de Port au Prince établissent qu\u2019on s'est occupd activement de prendre des mesures pour obtenir l\u2019élargissement du Consul des Etats-Unis qui avait été fait prisonnir par le général Jacquet et gardé en otage.; Deux vaisseaux d'Haiti ont été dépêchés vers le Sud, et le général Bryce ayant reçu des renforts a ordonné de continuer les hostilités s\u2019ils ne mettaient pas bas les armes et ne voulait pas accepter l'amnistio offerte par ce gouvernement.St.Paul, 4 avril\u2014Ld Pioneer dans un article sur ia Rivière Rouge dit: Nous n\u2019aimerions pas a voir s'établir una force militaire permanente à la Rivière-Rouge, mais s\u2019il faut choisir entra deux maux, nous préférerions l\u2019occupation militaire au despotisme d'hommes sanguinaires et barbares, dont Riel vient de nous donner l'exemple.Les déplorebles évènements des cinq derniers mois, ont retardé pour des années la prospérité do la Rivière Rouge, et sur tout l\u2019espoir d\u2019annexiop que nourrissait notre peuple.La restauration do la loi, de l'ordre et d\u2019un gouvernement régulier chez nos voisins, est la première démarche à faire pour réta.lir la prospérité et renouveler es relations commerciales avec les Elats- nis.Le Général Malmros, Consul Américain a Winipeg est arrivé.Le Pioneer publie une longue lettre du Portage Laprairic en date du 2 mars dans laquelle il est dit : Le récent soulevement contre Riel à eu pour effet de le rendre un peu plus modéré.Boulton et ses amis ont été arrêtés par des moyens frauduleux et déshonorants.I parait que Riel n'a aucun partisan parmi les angluis et les écossais.Tout les protestants sont contre lui, à cause des mauvais traitements qu\u2019il a fait subir à Goddy et à Haliett.Les affaires et ) commerce sont dans un état désastreux.Les Indians menacient de violence les membres d+ Ia famille de Riel, et ses partisans, el s'oppusent fortement à son gouvernement.Riel exerce une haule \u2018surveillance sur les correspondances qui laissent Winipeg.\u2018Le New Nation ne représente nullement les idées et les désirs de la population.Riel se livre à l'ivrognerie ct devient tout-à-fait indigne d'avoir l'autorité sur la vie et la liberté des citoyens.Los affaires sont presque suspendues et :\u20acs commerçants envoient leurs mare chandises de l\u2019autre côté des lignes, pour qu\u2019elles ne tombent pas aux mains des partisans de Riel, La Havane, 5.\u2014Des nouvelles de St.Domin- gue disent que les hommes les plus opposés à l\u2019annexion sont les membres du clergé.ANY CE LA MINERVE HEBDOMADAIRE.Notes Locales LES BONS PONTIFICAUX.\u2014 L'intérêt sur les Bons Pontilicaux, sera payé à la Banque Jacques Cartier sur présentation des coupons.LA GLACE.\u2014La glace est couverte d\u2019eau à plusieurs endroits, à cause d- la neige qui fond rapi«lement sour l'ardeur des rayons du soleil.Un cheval et un traineau ont passé à travers et trois chevaux avec leurs voi tures sont parvenus à s'échapper avec beaucoup de peine.En face des bureaux des douanes il y & une mare d\u2019eau qui s'agrandit chaque jour à mesure que la saison avance et par l'adoucissement de la temprralure.Cette mare 8\u201d ten«d jusqu'au bas de lu rue St.Sulpi- cr, \u2018'uù part le chemin qui conduit à St.Lambert.Plusieurs chevaux el voitures étaient sur l« point de passer, lorsque trois de CHE Vuilures, qui elaieut ailecs trop pres, furent submergees ; mais sans l\u2019aide opportun de- personi 8 présentes, Iss chevaux se se.valent nuvès ainsi que les conducteurs.La traverse d St.Lambert devient dangereuse, et peu de personnes ont traversé avant hier, Le chemin «n haut de l'ile Ste, Hélène est passable.La quantité de nvige et de débris «es course la ville transportee sur la glace cette année semble être peu considerabie.Il ya un quantité considérable d'eau sur la glace près des quais, mais il n'y à pus autant de danger comme il y en aura lorsque l\u2019eau se sera retiree.La glace est pleine de trous, à - raison de l\u2019eau qui la mine, ot conséquemment très dangereuse.Les chemins sur la rivière vont devenir impraticables de bonne heure cette année comparativement aux autres années ; car nous ne sommes pas encore au treize avril, et déjà les autorités mi'itaires ont condamné le chemin à l'île Ste.Hélène, Plusieurs voitures chargées de sucre et de sirop ont traversé le fleuve en face de Longueuil jusqu\u2019au 13 avril, l'an dernier, mais n'ont pu retourner que le lendemain matin.DANGER D'ALLUMER LE FEU AVEC L'HUILE DE CHARBON.\u2014Une femme demeurant au No.26, Avenue Colborne, était en train d'allumer son feu, vendredi soir, lorsqu'elle eut l'imprudence de jeter de l'huile de charbon sur des ripes.Eu y appliquant une allumette chimique, le feu pril tout à coup et se communiqua soudain à ses vêtements.Elle sortit en criant, et après des efforts inouïs on parvint à éteindre le feu, mais elle était brulée d\u2019une maniére affreuse.Le Dr.Mount fut appelé aussitôt.Elle est dans un élat désespéré.BILLARD.\u2014M.Joseph Dion se prépare a rentrer de nouveau en lice.Il dit que si Rudol- phe rend général son défi de $10,000 qu\u2019il a porté à Robert, 1l l'acceptera et jouera avec lui toute partie qu\u2019il voudra.La parties entre Cyrille Dion et Rudoipbe pour la queue de diamants, se jouera dans la première semaine de Mai.INCENDIE \u2014Dimanche le feu s\u2019est déclaré dans une petite bâlisse en bois occupée par R.Parsons et Cie.Le feu a été mis par une sersonne inconnue ; on à vu roder près du ieu de l\u2019incendie un homme du nom de Dixon.CAS DE FÉLONIE DE FREES.\u2014Samuel Fellner et Jacob Freus de St.Jean, admis sous caution, our accusation de frauder sont arrivés, une Journée après le renvoi du grand juré, et leur procès a êté remis à la prochaine session de la Cour du Banc de la Reine.ADNISSION.\u2014MM.C.C.Larivière, Ls.Rieu- tard, P.A.A.Globensky et F, 1.Deaunais de Montréal ont obtenu leur diplôme de Qnde classe à l'école militaire de celte ville après un examen subi devant Lord Russell.CONNETABLE SPÉCIAL-\u2014Michael Cummings, soldat licencié, a élé nommé pour faire la garde dans le voisinage de la rue St.François- Xavier.La force de notre police n'est pas assez forte pour donner une protection parfaite au quartier des affaires de la ville, et la nomination d\u2019un counétable spécial est un mouvement notable vers ce but, ASSAUT\u2014Un jeune homme du nom de George Towells, demeurant avec son père.grande rue St, Laurent, a comparu devant la Cour du Recorder sous accusation d'avoir battu son père.Ce jeune homme depuis longtemps mène une vie dissipée et a souvent comparu comme accusé devant cette cour.Samedi il demanda de l'argent à son père qui ne voulut pas lui en donner, sur ce le fils frappa son père et lui brisa ensuite une bouteille sur la tête.Le prisonnier a été condamné à une amende «le $20 ou deux mois de prison.ARREST ATION.\u2014 Dimanche un homme qui n\u2019est rien moins que l'oncle de Riel fut arrêté par la polie sur la grande rue St.Laurent pour cause d'vrognerie, Quand il fut arrivé à + stalion de ;olice il 89 nomma Jean Riel, il dit qu'il était âgé de 65 ans el d\u2019origine sana- dienue.Un homme de pocice qui etait de garde garde reconnut Riel quand il fut amené à la station.Le prisonmier est l'oncle de Riel de la Riviera Rouge où il a demeure pendant 9 ans, el depuis le printemns dermier il est arrivé à Montréal.« THE CANADIAN ILLUSTRATED NEWS.\u2014Le d-r- nier numero marque un progrès (rès-sensible dans cette publication.Nous en sommes heureux et nous avons l'espoir que le procéder de leggotypie répondra aux désirs de l\u2019éditeur.Le portrait de Sir Georgs Cartier encadr- dans le dernier numéro est bien ressemblant.INSTITUT-CANADIEN.\u2014 On lit dans le Pars : Il y à quelques temj's nous avions à constater le don de cent dollars fait à l'Institut par un ami de la liberté civile el religieuse, aujour- d\u2019bui je suis heureux d'avoir annoncer un autre don de cinquante dollars fait par une personne qui se souscrit, un ami de la civili- salion moderne.A.Boissea 1, Surintendant I.C.COUR DE POLICE du 2 courant.\u2014James Barry et Isidore Ranger, assaut grave, sont renvoyés à mardi prochain.Julienne Languedoc, vente de boissons sans licence, renvoyé à mordi.Mary Ann Ryan, vente de boissons sans licence, $5 ou Î mois.M.Galespis, vagabondage, $5 ou 1 mois de prison aux travaux forcés.COUR DE POLICE du 4 courant \u2014Prospère Ar- chambault, assaut sur la police «lans l'exécution de son devoir, libéré.Patrick Haney, vente de liqueurs sans licence, $50 et les frais, défaut de paiement 3 mois de prison commune.M.Murphy, vol d\u2019habits, 6_semaines de prison aux travaux forcés.Mary Driscoll, vagabonde, $2 ou 15 jours de prison.COUR DU RECORDER du 4 courant.\u201458 prisonniers furent traduits devant cette Cour.Georg: Trowels, gibier de potence, assaut sur son père, $20 ou 2 mois de prison.Julie Cilordin, Mary Jane Canon, Mary De- lany et Malvina Dupuis, toutes appartenant à la société des Jeux et des Ris ainsi que de la Gaudriole ; ont un peu trop fuit les yeux doux aux passants, $5 ou 1 mois de prison.Jutnes Eugon, ivresse et insultes à la police, $2.50 ou 25 lours de prison.Victor Gailloux pour avoir flanqué une volée à sa deuxième, $10 on 2 mois de prison.William Ryan, Margareth McTaddenet Ann Leddy, famille heurouse, qui prisé de vin, dé ménage la têle la première du Ze au ler, $2 ou 15 jours de prison.ohn McCann, Patrick Cannon et Michael Murray, pour avoir flané à une heure indue dans les rues $2.50 ou 10 jours de prison.Margareth McAnally, ivresse, $10 ou 2 mois de prison.Louis Dubé et François Duhé, ivre et troublant ia paix publique, le premier $2.50 ou 15 jours et le second $1.50 ou 10 jours de prison.Richard O'Connell, ivre el assaut sur la police, $5 ou | mois de prison.Joseph Daunais et Adolphe Brunette, pour avoir obstrué le trottoir devant la porte d'une église, le premier $2.50 ou 15 jours et la second $1.50 ou 10 jours de prison.COUR DE POLICE, du 5 courant, \u2014 Julienne Languedoc vente de liqueurs sans licence, suspendu.jg ore Ranger, assaut grave, renvoyé au James Barry, assault grave $30 ou deux mois de prison.Alex Boucher, assuut et batterie, continué à aujourd'hui.Jos.Grodeau, ivre, libéré.COUR DE POLICE\u20146 avril.\u2014 Alex Foucher, assaut et hatterie\u2014!0 tours de prison.Louis Masson, assaut et batterie\u2014$10 et les frais ou 3 mois de prison commune aux travaux forcés, James Barry, assaut et batterie\u2014arrangé.PILULES D'AYER.\u2014De nos jours de la manière \u2018le vivre est telle que lecorps à besoin souvent d\u2019un remède.Le système devient faible ; son action n\u2019est plus aussi parfaile, et devient difficile, L'esprit se ressent du malaise qu'éprouve le corps, et s'uffuiblit comme lui.Pour retablir les lurces vitales, corriger lu mauvaise action du système, purifler le sang prenez \u2018les Pilules d\u2019Ayvr.voL\u2014Lundi soir des voleurs ont dérobé de la vitrine de M.Myere, joaillier, treize montres.On les enter.dait Dris:nt la vitre et on se wit à leurs trousses, mais on ne put les rejoindre ; c'étairnt des soldats qui s'enfuvaient de toute la vitesr» de leurs jambes.La police devra s\u2019enquérir de l'affaire.\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014o.Nouvelles de l\u2019Intérieur.INCENDIE AUX TROIS-RIVIERES\u2014.No8 dépêches nous ont appris l'incendie qui a eu lieu aux Trois-Rivières.Il appert que ses ravages ont été considérables.On calcule approximatives ment que la compagnie de navigation du St.Maurice a perdu environ $95,000 de bois , M.Ward a fuit une perte de $26,000 et les deux tiers du bois scié de M.Atkinson ont brûlé.L'assurance de la compagnie est de plus de 70,000 celle de M.Ward $6,000.L'élément destructeur n'a pu être éteint u'à 7 heures, samedi matin.Le couvent à ailli brûler et toute la ville a été pendant quelque temps en danger.ACCIDENT.\u2014Chaque annég, à cetle saison, » nous avons toujours quelque accident à noter ; hier, un homme du nom de Joseph Benard, dV la Longue Pointe, a noyé son cheval sur la traverse du Bout de l'Ile.Avis aux voyageurs imprudents.DÉCISION JUDICIAIRE IMPORTANTE.\u2014M.Bossé, avocat, siégeant comme Recorder, à décidé dans la cause de la Corporation, vs.la fabrique de Québec,que les fabriques n'étaient pas tenues de payer les taxes pour leurs propriétés.Une decision analogue a été rendue dans la cause de la Corporation contre l\u2019église anglicane.M.Anger défendait la fabrique de Quebec, MM.Andrews et Caron l\u2019éghse anglicane.\u2014(Journal de Québec.) ÉLECTION.\u2014M.Louis Tessier a été élu comme anti-confédéré pour représenter la division ouest de St.Jean, Terreneuve, dans le parlement de cette province.\u2014Le papier-monnaie fractionnaire entrera en circulation avant le 15 courant, suivant un télégramme de Sir Francis Hincks.\u2014Un correspondant du Constitutionnel dit que les travaux sur le chemin Gusford sont, poussés avec touts la vigueur el toute la célé- rile possible.L'entrepreneur, M.Huibert, les suit avec la plus grande attention.Il comprend que c\u2019est là un essai et que si le chemin Gosford réussit il s'en construlra un grand nombre d\u2019autres en Canada.Il est cependant plein de confiance.Il offre de , louer le chemin pour sept ans, de payer aux actionnaires 7 p 0/0 d\u2019intérôt et «le leur livrer à Québec, au prix coûtant, uve corde de bois, je crois, par action.Il est probable que ces offres seront acceptées.On saitque M.Hul- bert est lui-méme un des principaux action- naires. peer bre mére se nn Retour du Premier Détachement des Zouaves Pontificaux.\u2014 11 y a un peu plus de deux ans, notre population pleine d'un religieux enthousiasme, saluait le départ d'une centaine de nos croisés cunadiens, qui allaient à deux mille lieux de leur pays,se grouper sous le g'ori«ux drapeau qui porte duns ses plis les destinées de la catholicité.En foulant le sol de la vieille France, un illustre poète du jour, frappé d\u2019un dévouement que l'on croyait éteint sous les cendres de l\u2019in- différentisme, leur adressa un chaut sublime en leur disant : \u201c Françaisdu nouveau mondeallez votre chemin.\u201d Et qui pourrait dire que la voix du poète est restée sans écho ?On à reçu avec un empressement marqué, ces braves enfants du Nord, qui forts de la bénédiction du Pontife Roi, se sont alors relevés pleins de force et de courage pour se mesurer avec les légions de Garibaldiens et de Mazziniens qui voudraient aller battre en brèche le Trône du Vatican.L'ennemi est entré sous terre.Et nos zouaves ont dû passer deux longues années dans le service sans avoir pu comme un LaRocque arroser de leur sang les plulncs fameuses d'Italie.Mais leur mérite n\u2019est pas moindre.Et s'ils ne portent pas sur leurs figures les balafres du chassepot, on sait que l'occasion échéant, les balles ennemies eussent trouvé eu eux de valeureux troupiers que leur sifflement n'eût pas aitérés.On n\u2019ignore pas qu\u2019ils ont été les favoris de l\u2019armée, le Pape eùt voulut avoir un plus grand nombre de si généreux défenseurs et bien des regrets ont accompagné le départ de ces «mâles enfants,» comme dit Veuillot, «tras unis par la foi, par le patriotisme, par le drapeau, par tous les beaux liens de l'amitié sainte, » Avant de dire adieu à la Ville Eternelle, Louis Veuillot, cette plume qui est une véritable puissance, a tenu à honneur d'aller rendre visile à ces zouaves qui, a-t-il dit dans sa lettre à l'Univers, lui avaient fait ressentir l\u2019une des meilleures émotions de sa vie.Voici en quel langage élevé il parle de cette visite au Cercle Canadien dans une de ses der- nitres lultres & I\" Univers : Rome 15 mars.Les jeunes gens du Canada qui ont rempli leur engagement de deux années dans le régie ment des zouaves pontificaux quitlent Rome demain et retournent chez eux.Des ces premiers arrivésil ne reste que leur chef, par l'âge, par la taille et par le rang, l\u2019honorable M.aillefer, jadis avocat et cultivatenr à Montréal, aujourd'hui sous-licutenant.Les autres étudiants, jeunes professeurs, propriétaires, quelques-uns seminaristes, vont reprendre leur profession, leur charrue, leurs intérêts de famille ou achever leurs études.M.\u2018Taillefer, homme fort digne de ce nom de chronique, pacifique, vaillant et dvoué suivant la nature des preux, garde le poste d'ainé qu'il remplit si bien pour l'honneur de son pays.Lui et M.le chunoine Moreau, aumiônier particulier \u201cle l'expédition, sont veritablement le père el Ja mère de ces mâles enfants très unis par la foi, par le patriotisme, par le drapeau, par tous les beaux liens de l\u2019umitié sainte L'occasion m'étant offerte de faire une visite aux partants, j'en ai profité pour les remercier de la joie que m'avait donnée leur arrivée.Ce fut l\u2019une des meilleures émotions de ma vie lorsque, il y a deux ans, J'appris qu'il y avuit à Paris une troupe de croisés qui venaient du Canada pour défendre Rome.Des croisés au temps de M.About, de M.du la Bédollière et de M.Renan, et de M, Rouland, et de ce petit sous-préfet de Françuis / Certes, depuis trente- deux ans que je me bats et que je suis battu à peu près, grâces à Dieu, tous les jours pour la cause de Saint Pierre, oui, depuis ce temps-là et dès le commencement j'ai eu bien des espe.rances, et je les ai encure, et elles ont grandi ; mais jusqu'en 1868, jusqu'uu moment au passage des Canadiens, je n'avais pas espéré que je verrais des croisés, Je me liâtai de courir à LA MINERVE HEBDOMADAIRE, Saint-Sujpice, où l\u2019on m'avait dit qu'ils entendaient la messe.Je les vis en bon ordre, jeunes, vigoureux, graves, tels enfin qu'ils de vaient dire, des garçons de bonne race, de bors et flers chrétiens qui sava'ent bien ce qu'ils faisaient et qui portaient comme il faut le beau poids de leur sacrifice, sans l'ignorer et sans fo trouver lourd.Le digne curé de Saint-Sulpice monta en chaire, leur parla dans la simplicité de son cœurel fut éloquent.Tout celu était vraiment beau, et cette scène ui eût été touchunte partout, convenait avantage en ce lieu de Saint-Sulpice, parmi les souvenirs vivants de la cure de M.Olier et du cabaret de la pauvre et grande Marie Rousseau, d'où partit la civilisation française et catholique du Canada, si florissante après deux siècles el demi, qui ont vu périr tant de choses.Si la foule qui tit M.About et M; Renan, et qui écoute M.Roulund, voyait les tableaux que Dieu nous déroule, et entendait les discours qu\u2019il nous tient et les poëmes qu\u2019il nous chante, elle pourrait presque comprendre pourquoi, en général, nous n'estimons pas beaucoup le style ni les inventions de la tibune et du Parnasse.C'est fade.La poësie de l\u2019écritoire ne vaut pes celle du bénitier.On sait ue je ne méprise point du tout le don de M.lugo.Je détie bivn toutefois M.Hugo, dans ss muilieurs jours, de fabriquer une petite épopée qui égale celle des croisés canadiens, se reposant à Saint-Sulpice sur le chemin de Saint-Pierre, Deduignant les merveilles de Paris, ils sont repartis, après la messe, sans avoir vu ni M.About, ni M.Renan, ni M.Rou- land, ni la Belle Hélène, délices des rois, des empereurs et des peuples.J'ai donc retrouvé ces braves jeunes gens à la veille du retour, contents d'être venus, contents des\u2019en aller, car ils ont bien accompli leurs dessein de dévouement et de justice, et ils vont rentrer comme ils gont partis, pieux et purs, dignes des embrassements de leurs mères et de leurs sœurs, dignes des couronnes civiques qui leur sont préparées.Que leurs concitoyens les reçoivent en triomphe, 1ls sont la gloire de leur peuple, ils ont droit au sourire les vierges et à la bénédiction des vieillards.Defendant la grande patrie commune, la nationalité mère, en qui vivent toutes les autres et qui garde la source du droit et de la liberté, ils ont bien mérité de la patrie particu- |' lière.La mort de Rome serait la mort des patries.Ils n\u2019ont pas seulement défendu Rome, ils I'ont éditice, Elle a admire leur discipline, leur piété, leur douceur.Dans cette armée chrétienne et dans le corps d'élite tout Hein des meilleures ardeurs de la jeunesse, on les à vus parmis les plus honorés, et ils ont soutenu l'éclat d'uu drapeau dont lu splendeur n\u2019est surpassce ni égalée nulle part.J'ai osé leur adresser la parole.Je ne sais comment j'ai pu faire pour ne rien dire qui vaille.Tant de gens savent dite des choses passables à propus de rien, et ici i) y avait tant à dire! Gs n'est pas 1 émotion qui manquait: les idées, d'une certaine manière, ne manquaient pas non plus; mais les unes se sont envolées devant ces yeux et ces oreilles qui aitendaient quelque chose, et les autres sont venues quand c'etait fini Je me suis rappelé ce bonhomme qui regorgeuit toujours de réponses victoricuses, mais après la con- versalion, Cutle inlirmité est commune, voilà pourquoi lesorateurs auront toujours d\u2019irréconciliables ennemis, entre lesquels on trouvera toujours beaucoup d'hommes de bon sens.Mais, d\u2019un autre côté, les orateurs seront toujours adorés de ceux qui sont sensibles au dangereux plaisir d\u2019entendre parler sans avoir eux-mêmes rien à dire.M, Rey, du Moniteur, aurait voulu que le Concile füt préparé par des hommes d'aflaires, et qu\u2019eAsuite les ora- leurs spéculatils et autres pussent prendre leurs aises même durant des années, Selon mon humble avis, ce n\u2019est pas le moyen que Dieu a donné pour faire du bons décrets, et le Linguosus et le Verbosus n\u2019est point estimé dans la sainte Ecriture, Un Père ennuyé, si j'ose ainsi traduire sa pensée, d'un long, et beau, et vide lalin qu\u2019il venait d'entendre, et qu'à son avis l'on vantait trop, 227 me disait: Si j'étais président du Concile, e ferais venir un habile joueur de violon, je ui commanderais d'exécuter une longue s0- nale, et ja dirais ensuite à mon discoureur et à ceux qui l'admirent: Ce joueur de violon fait ce que nous ne saurions pas fuire : trouvez-vous qu\u2019il soit l\u2019homme qu'il faut pour rédiger nos décrets ?.Quoi qu\u2019il en soit, ce qui est certain, c\u2019est que je n\u2019ai pas fait un magnifique discours, malgré la bonne volonté que je me sentais au milieu de ces braves jeunes gens.Que n'ai-je eu la pensée d\u2019invoquer la condescendante amitié de Monseigneur l\u2019Evêque de Tulle et de l'amener là?C'élait une ussemblée et une circonstance faites pour sa parole sans pareille, et j'aurais à vous envoyer quelque couronne à suspendre aux portique du temple et à garder dans les archives de cette France de là-bas, jeune, sincère, croyante, ardente pour le bien, telle enfin que nous l'ûmes en ces siècles de floraison, maintenant helas! passés quand nous alilons en conquête pour lo Christ, la croix sur la poitrine, l'Eucharistie dans les plis de notre drapeau.Bon voyage, fils de France, qui n'avez rien abjuré et rien perdu, ni la sagesse ni l\u2019esprit, ni le cœur ; bon retour dans vos foyers, où notre vieil honneur est toujours vivant.Les au- &es qui sont venus avec vous retournent avec vous, contenls de vous.Gardez la flamme de Frence, gardez la flemme de Rome et du Christ.Echauffez-en le cœur de vos jeunes frères, et qu'ils à leur tour, et qu'après eux viennent vos enfants et vos neveux, conservant cette tradition chevaleresque at chrétienne que les siècles n'ont pu rompre et que vous avez si glorieusement rajeunie.La prière de Pie IX est sur vous, et qui sait quel rêve de durée, quel germe de grandeur et peut-être d'empire vous emportez de la vieille Rome et de l'empérissable Vatican ! Lours VeuiLLOT.Une lettre de notre correspondant romain M Denis Gérin complète les détails donnés par M Veuillot, mentionne la dernière entrevue des Zouaves avec le Pape et parle de leur pé- lerinage à St, Laurent hors les murs.Lu voici : Rome, 14 Mars 1870.Aujourd'hui les Zouaves Canadiens ont eu l\u2019insigne honneur de recevoir la visite de M.Louis Veuillot, rédacteur en chef de l'Univers, * accompagné de Leurs Grandeurs NN, SS.de Montréal et d\u2019Anthédon, et de quelques officiers de Zouaves, venus pour rendre hommage à l'écrivain dont la plume est devenue une puissance si terrible pour tout ce qui oze in- suller et outrager Dieu ou son Eglise.La tris- le nouvelle qui Jaus la journée avail parcouru toute la ville ajoutait un nouvel intérêt à sa présence.C\u2019est bien là celui qui marchait autrefois avec M.de Montalembert, qu\u2019il fut obligé «le laisser aller seul pour demeurer lus étroitement lié à cette Eglise à laquelle à 'âgn de 24 ans, il consacrait ses talents, son repos et Lout son avenir.Hier, le St.Pore don.nail audience au mument où on est venu lui apprendre la mort de cet homme distingue : prions, a-t-il dit, à ceux qui l'entouraient, prions pour le repos de l'âme de M.de Montu- lembert, il fut bon chrétien, mais un ennemi lui a fait beaucoup de mal, le superbe.À peu près au même instant où Pie IX prononçait ces paroles, M.l'abbé Combalot faisait entendre sa voix apostolique dans la chaire sie Si.Andre della Valle et ne pouvait retenir son indignation en faisant allusion aux paroles si regrettubles que venait de prononcer l'illustre orateur.On n\u2019insulte jamais, dit-il, l'Eglise impunément, parce que c'est Un crime satanie que, el au moment où il descendait de chaire, on lui annonça la mort de celui dont il venait de flétrir les doctrines : une grande émotion s\u2019empare du prédicateur, et tombant à genoux, il récita à woix haute, le Ve profundis.Mais je reviens à notre visiteur.Si M.Veuillot écrit très-fort, il parle Lrès-bas, et lu plupart ont du se contenter de le voir : ligure mâle et douce en même temps, yeux Vifs, noirs et roulant toujours dans l\u2019eau, front haut, sourcils épais, noz large et plat, barbe grison- ve | j ! \u2018vous et de leur pays.228 \u201d LA MINERVE HEBDOMADAIRE.ES née, voilà à peu près le profil de l\u2019illustre écrivain.Quand il parle, de laid qu'il nous paraissait d'abord il devient beau ; des étincelles semblent jaillir de tous les pores, sa figure s\u2019anime et se pare d\u2019un sourire plein de charme.Il converse comme il écrit; à sa phrase toujours correcte, à ses traits pleins de verve et de sel, vous croiriez entendre lire un article de l\u2019Universou un chapitre du Parfum de Rome.Jamais il ne s'arrête: il représente une fontaine trop pleine jetant sans cesse ses eaux.Dans sa visite de ce suir je n'ai pu saisir que trois ou quatre pensées; il regarde les canadiens comme les héritiers de lu vieille France, héritiers de sa foi, de ses mœurs ct de son amour pour le Saint-Siège.Le Canada est aujourd\u2019hui ce que serait la France si elle n\u2019avait pas failli à la grâce.Dernièrement il a vu notre emblème à l'Emportum dans ces marbres précieux qu\u2019on faisait autrefois venir des différentes parties du monde pour couvrir la nudité de Rome et 'embellir.Mais nous faisons plus qu\u2019embellir Bome, rous la «défendons.En arrivant à la salle de lecture, il jeta un coup d'œil sur notre bibliothèque, et déclara à Monsieur l\u2019Aumonier qu\u2019il voulait orner notre cercle du monument le plus considérable de notre époque, l'/listoire de l'Eglise, de l'Abbé Rochbarcher.Le vaillant caiho- lique attache une importance prodigieuse à cet ouvrage et ne cesse de le recommander à la jeunesse studieuse.\u201cC'est l'histoire du monde travaillé par Dieu, comme une œuvre à laquelle un bon ouvrier consacre toutes ses occupations et tous ses soins.On y acquiert des connaissances sur tout, histoire, philosophie, politique, théologie, ete.On trouve quelquefois l'ouvrage trop long, et on prétend qu'il faut changer de livre par la même raison qu'on ne peul toujours demeurer au même poste.Dans une voiture qui nous mène de paysage cn paysage, de bosquets en bosquels, de\u2019 palais on palais, on ne bouge pas de son siège, et cependant l\u2019on marche el les spectacles se multiplient sous nos regards.En nous présentaut cet ouvrage il espère se rendre utile aux hommes du barreau, de la chaire, aux écrivains et à Lous les ambitieux qui se trouvent parmi nous, Puis avrès plusieurs autres paroles que Je n'ai pu suisir, il termina en disant : \u201c et faisons tout cela pour se sauver\u201d On reconnait en M.Veuillot l\u2019homme de bien qui s'oublie soi-même pour ne penser, et ne (ravaille quan profit de la cause qu'il a embrassée ; il est épris d'amour pour l'Eglise, et cela dit-il, je voudrais l'être par sensualilé; je ne counuis rien de plus noble, de plus agréable que le métier de chrétien.\u201d Les lecteurs de M.Veuillot racon- naissent en lui un écrivein pur, religieux et terrible ; ceux qui l'approchent s\u2019en éloignent avec la conviction que c\u2019est un homme de Dieu, un être providentiel.Les Zovaves Canadiens n'oublieront pas (le sitôt la soirée du 14 mars 1870.18 mars.Mardi, 15, a eulieu le jélérinage annoncé à St.Laurent hors des murs.Sa Grandeur Mgr.de Montréal a offert le Saint Sacrilice de la messe dans une petite chapelle bâtie à l'entrée du cimetière et a adressé quelques mots d\u2019edification à l'assemblée.Que de pensûes ont agité alors nos esprits! Au moment de dire adieu à Rome et de retournerau puys il faut bien penser à ceux qui sout devenus la propriété de la Ville Eteruelle ct que des pa.rentschagrinset cependant consolésattendront vainement.Ce retour ouvre bien des pluies et fait saigner bien des co-urs, plenrez purents aifligés, pleurez vos fils tombés à Home, pour la cause de l'Eglise ! Ils étaient si «dignes de Mais aussi réjuuissez- vous, parcequ\u2019ils$sont morts en clhr\u201cliens, en martyrs, victimes de leur zèlo et de leur dévouement au Sainl Siège età l'Auguste lie IX! Ils dorment à côté des héros de Casteifi- dardo et de Montana, et leur gloire est la même parceque le sacrifice a été aussi pur ct aussi complet d\u2019un côté que de l'autre.Que Dieu envoie ses anges consoler ceux qui pleurent parce qu\u2019ils ne sont plus.Voici les noms des 7 morts pendant les deux dernieres années : Leblar.c, d'Iéstimonville, Munro, Taschereau, Desjardins, Bondy et Le ort.Le 16, le St.Père a daigné donner audience à tous les Zouaves Canadiens, partant en congé, et leur a parlé avec une onctivn et une affection toute paternelle, 11 les a remercies du bien qu'ils ont fait à l'Eglise par leur muu- vement et en venant d'aussi loin, et a termiué en leur demanvtant de ne pas oublier le Pape.L'atlendrissement a été à son comble.Le soir, le Colonel Allet s'est rendu au cercle pour faire ses adieux aux partants el leur dire combien on regretlait leur départ, non seulement lui, mais tout le régiment.Copen- \u2018ant il comprend leur position.Si le dévouement a ses devoirs, l'aifrction du puys, du foyer a aussi les siens.Il se retira ému, en pressant la main à tous ses braves enfunis du Canada.Le 17, fixé pour lu départ de Rome, beaucoup ont vu la lumière à travers les larmes : Ce jour doit être témoin «e douloureux uilieux ; adieux aux amis, adieux à la Ville Eternelle et à ses monuments, aux Eluls du Roi mon père et surtout adieux à la vie de Zouave.On ne doit bien connaître ce déchirement de cœur que lorsqu'on l'éprouve.En envisageant les choses de loin, on se fuit unc fête du retour, de Vinterruption des corvées, des gardes, «les consignes, etc ; la liberts nous tend les bras et notre jeunesse brûle de s\u2019y jeter.Mais (uand entte liberté tant rêvée, tant désirés, se montre dans toute sa réalité, on s'arrête à le vue de son triste cortége ; les soucis, les embarras, les misères, et encore le travail toujours inséparable de la vie do l'homme.Quand, au milieu de la monotonie du cercle, ou des ennuis des gardes de la casern#, on se demande ce que l\u2019on fait, la réponse ne turde pas à venir nous encourager : On sert un principe, on sert l'Eglise en sauvant le monde, \u2014et cutle pensée donne de la joie au cœur el de la vigueur au corps.Le fusil est moins lourd et le cliquefls du sabre devient Hhurmo- nieux à l\u2019oreille ; l\u2019on est content de son sort, et l\u2019on se trouve heureux.Le monde n'offre pas ces consolalions el arement l'on peut s'y diro avec autant de sûreté et de vérilé ; je suis ici pur Dieu et pour Dieu.C'est ce que n\u2019ont pas manqué de sentir tous nos compatriotes dont nous nous sommes sûparés lier et pendant quelques jours on a pu les surprendre souvent Lristes et mélancoliques.1lls vont pourtant revoir la patrie, la famille el ses joies.Mais pour cela il leur a fallu quitter Rome el à tous les cœurs calholi- ques celte vilie est clière ; c\u2019ost uae seconde patric ou mieux une Mc{rie cuinme dirait l'évêque de Tulle.Chacun pendant ces d: rniers jours s\u2019est rendu à son sanctuaire favorit qui sour l'un est SL.Augustin et sa Madone, pour \u2018autre la chapelle de St.Louis de Gouzague, our celui-ci St.Pierre, pour celui-là le Gésu.Plus le terme approchait, plus la prière, plus l'épanchement se prolongeait, on demandait une protection ponr le voyage à travers l\u2019Europe, à travers l'Atlantique et À travers la vie.Tous parlent avec un amour sans borne pour le Souverain-Pontile ; cel amour rejuillit, comme couséquence naturetle sur l'Episcopat et tout le clergé.Or on ne peut aîmer les membres du senctnaire sans timer cu qu\u2019ils représentent, la religion, el la religion fait les citoyens.A 8 heures a eu licvu au Cercle le dujeuner pendant lequel se sout données maintes pro- testutions d'iiilié se sont changées et encore plus de commissions pour - les parents el pour les amis.A 8h heures, il fallait liisser puur Lou- jours le cercle, témoin de joies si innocen- Les et de conversations si amicales.Plusieurs ne purent retenir leurs larmes, el un ami me disait en soupirant : Je n'ai pas versé une seule larme en quittant le pays, et me voilà à pleurer aujourd\u2019hui comme un enfant.Après avoir entendu la messe à Ste, Maria des Anges, il fallut monter dans les wagons.À 10 heures, la lucomotive fit enlendre un dernier cri ; des poignées de mains s'échangèrent, et bientôt après Itome avait «lisparu de leurs regards ; mais leurs cœurs la sentuient encore.Adieu, chers amis ! bon voyage, et puissions- nous avoir à vous écrire : \u201c Pendez-vous, braves Crillons, nous avons vaincu et vous n'y étiez pas.\u201d M.le Chanoine Moreau, notre aumônier, aceoIQpagne les Zouar«B jusqu\u2019à Brest.M.l'abbé Doherty «tu Séminaire de Québec a la direction du detuchemet qui se compose du 90 personnes : 15 sergeats, 42 caporaux al 23 zouaves, Nous sentons un grand vide au cercle ; mous avons perdu nos amis.D.GERiN.Ainsi le départ de nos zouaves étant décklé, il leur fallut dire un dernier adieu à la vieille Rome, briser avec ln vie monotone des camps et donner une dernière poignée de meins à des compagnons d'armes qui, plue heureux pe:it être que le zouave Morrisselle, aurout à combattre en plein jour et non à se «défendre contre les cours de poignards lanc: & dans les ténèbres par de lèches sieaires.Le 17 de Mars, tous les préparatifs étaient faits, l'heure de la séparation était sonnée.Le dome du Vatican disparaissai déjà dans le lointain, puis notre petite prhalau- ge qu'accompagnait M.l'abbé Moreau jusqu'au llävre ainsi que M.l'abbé Doherty, leur chape- lnin, atteignit Civita Vecchia,et prenait place à bord du vapeur Pausylippe.La mer fut superbe, les zouaves surent se dis traire durant la traversée et souvent lus chants canadiens alkreut se marierau cla- otlement de la vague venant caregser les arges flancs du navire, «ui fituit son nœud fort prestement, Après un voyage de trente heures, les zouaves alleignirent Marseilla où ils furent magai- fiquement 1eçus.On se mit ciisu:te en roule hour Paris où la reception ful encore splen- tide.Une lettre de M.Louis Garceau reçue hier nous donne d'intéressants détails sur la traversée de Civila Vecchin à Marseille et sus leur visite à Puris, etc, voici le contenu : Paris, 22 mars 1870.Minuit vient de sonner aux horloges de la Ville, comme je me dispose à vous ecrire.J'arrive d\u2019une promenade sur les boulevards de la grande cité, et avant que de prendre le repos, dont je sens grand besoin, je vous assure, je tiens à vous douner quelques nouvelles et profiter de la malle de jeudi.Eh bien, uous sommes & Paris depuis hier, et aujourd'hui sous avons pu aller tous co- semble à Versailles.Mis comme je compte revenir plus au lonz sur ce sujet, je ne vous en dis rien pour le moisent, el je vais vous narrer notre voyage depuis Rume jus qu'ici.La veillu de notre départ, nuus uvons eu le bonheur de nuus touver sur le passage du Roi que nous sommes venus défendre.Oui, ce bon, ce saint, ce vénérable et bien-ainé vieillard avait daigné nous accorder la faveur de nous truttver daus ses apparlemeuts, au moment où il va faire sa promenade uccoutu- mée.Eh pourquoi?mon Dieu, pour nous donner des paroles de remerciement.Oh ! que nous étions heureux ! Combien nous regrut- tions de n'avoir pu verser quelques goulles do notre sang pour lui, quand uous entendi- wes ce pieux vieillard que nous aimons tant, nous remercier de nos services.Notre Itoi nous remercieit de l\u2019avoir fidèlement servi.En était-il besoin Ÿ N\u2019est-il pas naturel quo nous servions bien un monarque «ue Nous aimons ?N'élions-nous pas purtis de notre pays dans l'espoir de versur notre sang pour Une cause que nous savions bonne ?Eh, oui, ces remerciements étaient inutiles, mais ils nous faisaient du bien ; ils n'étaient pes dus, mais nous rondaient heureux.11 nous donna ensuite sa bénédiction, aiusi qu'à u0s parents, nos familles \u20acL nos amis, nous souhaila Lon royage et nous dit qu'il espérait que nous su- riens exempts de tous perils surtout du plus grand de tous : du péché.Après nous uvoir distribué quelques me- dailles et fait eucore ses adivux, il nous quill, =\u201c l'âme remplie de joie et de bonheur, et le cœur plein de recounaissance et d'amour.Comme nos pas étaient légers quand nous descendimes l'escalier du Vatican.Combien nous étions heureux ! C'est alurs qu'il aurait fallu nous mener au combat.Mulheur aux premiers qui seraient tombés sous nos coups ; il me semble, pour ma part, que j'aurais été presque brave, et pourtant, je suis d'un caruc- lêre très prudent.Après cette audience, plusieurs me disaient : Eh bien, vrai, je suis por tant coutent de retourner au pays, el si Pie IX m'avait demandé de ne ré-engager pour deux ans, je n\u2019hésiterais pas.En effet, je ne pense pus qu'il soit un monarque au monde qui ait autant de puissance fascinatrice que lui.Il suilit de le voir pour j\u2019aitner, de l'entendre pour désirer le servir.Sa voix uous émeut, nous entraine, nous élactrise eL nous gagne.Vous senlez malgré vous qu\u2019il dit vrai.Sa parole est touchante, son geste, énergique et grand, et sa figure rayonne de tint de saintele que vous vous sentez gagné.On rapporte le trait d\u2019un anglais protestant qui ayant désiré une entrevie du Sainl-Père, par simple curiosité, s'e-t converli le lendemain du son audience, Jr le crois sans peine.et il me semble que £i j'ensse été impie,j'aurais cru après avoir vu le Srént Vicillard du Vatican.Le soir même, notre Colonel, Pape Allet, voulut bien venir nous faire ses adieux au cercle.Comme je n'étais pas présent, (nous avions tant à faire la veille du départ), je ne puis vous en parler avec beaucoup de connaissance de cause.Cependant je vous narrerai ce que j'en ui entendu dire.Monsieur le Colonel, fit mander ceux des Canadiens, qui devaient partir pour le Canada, dans le salon de réception de notre cercle et après que M, James Barnard, l'vût remercié de ses bontés et lui cul exprimé combien nous étions contents de lui at de tous nos ofli- ciers ; notre colonel prit la parole à peu près dans ces termes : Messieurs el mes enfants, «Avant que vous nous quitliez, ju viens en «mon nom et en celui de tout le Régiment « Vous exprimer la peine que nous avons tous «de vous voir partir de Rome.Je suis content «de vous, nos officiers sont contents de vous, «le Régiment est content de vous: je n'ai « qu'un regret, c'est de vous voir partir.«Vous allez revoir votre patrie, embrasser, « vos familles, presser la muin de vos amis, per- «mettez moi, de vous donner dans cette der- « nière entrevue, une bonne poignée de main.» Alors il fit le tour de la salle où élaient rangés tous les zouaves ut pressa daus ses deux mains, celle de chacun.Le départ le lendemuin élau fixé à dix hou- res.Dès le matin chacun était debout et en frais de faire les derniers préparatifs, Avant de nous rendre à la gare, nous allâmes entendre la messe à la pelite Eglise de Ste, Marie des Anges.Nos bons évêques Bas-Canadiens avaient bien voulu nous accompagner Jusqu'à la gare, ainsi que la plupart des zouaves de notre pays.Il était dix houres et demie, quand nous nous sépardmes ol que laucés par la va- jour nous vimes bientôt disparaître Rome./ers midi nous arrivâmes à Civita- Vecchia, ot nous nous dirigedmes de suite vers le bäteau.Quelques zouaves qui avaient eu la permission tious y accompagnérent et à notre départ entonnèrent quelques couplets appropriés à la circonstance.Ils étaient montés sur des chaloupes et quand notre vaisseau se mit en marche, ils chantérent ce refrain si bien cons nu au Canada ! Flier, fllez, 6 beau navire, Le bouheur les uttend 1a bas ?Bienlôt après nous primes la haute m: », les côtes d'Italie commenÇerent à disparaître à nos yeux el quelques minut-s après nous ne vi.mes que Ciel et cau.LA MINERVE ITEBDOMADAIRE, ss sim Eee ere ir Adieu donc, terre aimée de l'Italie, adieu sainte et grande Cité, adieu 6 Rome que nous étions allés défendre, adieu Pire béni, vénera- ble vietllard, grand et noble Ponlite ; arlieu vous tous amis et compagnons.Nous allons Vers nos parents leur redire les gloires et Jos merveilles de Rome et de son Roi.Nous aurions voulu servir plus effectivement que nous l\u2019avons fait la belle cause de l'église menacée ; nous aurions voulu sur le champ de bataille prouver aux ennemis de notre Roi que s'il y a des impies, il y a aussi des cœurs courageux et dévoués; pour elle enfin nous étions prêts à verser notre sang.Soyez plus heureux que nous tous qui nous avez remplacés, Ju connais vos vœux, qu\u2019ils soient accomplis, puissiez-vous avoir des combals.La traversée de Civita-Veechin fui assez heureuse, la temps assez beau et pas trop de maladie.Le confortable, ma foi, nous étions loin de l'avoir.Le pont où le fond de cale fut notre lit el la ganvlle notre nourriture, mais nous ne fûmes pas trop malheureux.L'espoir que bientôt nous Loucherions en France et que là cette manière de vivre changerait, tout enfin, nous aidaul à sup>- porter ces dernières épreuves.Le soir nous redisions quelques uns des chants du pays, nous causions, et lo temps passait assez gaiement.Le lendemain, le 18 mars, nous entrâmes dans lu port de Marseilles à 84 heures.I) élait bien heures quand nous pûmes mattro pied à terre.L:s uns se dirigèrentvers l\u2019hü- tel Beauveau et les autres furent logés à l'hd- lel du Chemin de fer au bas de la gare.Nous primes le souper de part el d\u2019autrê et rendez-vous nons fut donné pour lv lendemain a 10 heures du matin & Nolre-Dame de la Garde.En elfet, le lendemain ,la plupart s'étaient rendus au lieu d > réunion, où guidés par monsieur le president du comité de Marseille, le commandant l\u2019aschalet son digne fils, nous pümes visiter la Lour, encore inachevée de cette jolie église, la fameuse statue de la Vierge et le bourdon, De retour de cette excursion, chacun prit sa direction el visita à sa guise.Les uns se dirigèrent v.rs le « Pradeau » ot firent le (our de la magnifique promenade de la « Corniche» en «dehors de Marseille, du côté de Toulon, les autres visilèrent les musées et les édilices les Dlus importants, M.Paschal avait désiré nous garder une journée de plus à Marseille, sous prétuxie que lors du passage du premier «détachement il élait absent, Nous ne parlimes donc que le leadomain, dimanche, à 114 heures.La route ju-qu'à P.wris fut fatiguante, elle ne se fil que d'un trait, c'est à peine si nous arré- tdmes une demi-heure à Lyon : le temps do prendre un morceau sur le pouce, Ce fut enfin à quatre heures le lendemain que nous laissämes les chars; nous étions à Paris, ce grand centre des grands événements el des grandes immortalités ; dans cetle viile immense où le juste milieu est inconuu, vit lout est ou bien mauvais ou Lout bon.Nous lûmes rvçus à la gare par messieurs du comité de St, Pierre, par M, P.B-rlier de Vauplane, jeune avocat de talent et M.Auguste Roussel, collaborateur bien connu de l'Univers.Sous la direction de ces messieurs, nous nous dirigeimes vers le quarlier St, Sulpice, ou nous Imes logés, les uusà l'hôtel Fénce lon, les autres à St.Joseph.Avant de continuer, qu\u2019on me p \u2018rmelte d'exprimer un sentiment bien doux à mon cœur et à ceux de tous mes compagnons.A Paris nous avons rencontré la sympathie la plus franche, l'hospitalité la plus delicate et les attentions les plus recherchées, Ces messieurs, ces nobles jeunes gens ss sont multi pliés pour nous être uliles, ct n'ont épargné ni lemps ni futigues, Toujours à nus côtés, ils nous accompagnaiont partout, nous ex pliquaat tout et semblant prendre plaisir à nous ètre agréable.ll n'est aucune parole pour peindre ce que nous ressenlions de reconnaissance pour toutes ces mille et une atleutions.On vante le dévouement de ceux qui se sacrifient pour aller à Rome servir le Père commun des catholiques ; on prise haut l\u2019abnéga- Lion de ceux qui abandonnent patrie et parents pour porter secours À I'innogence opprimée, 4 la justice méconnue, au droit foulé aux pieds.Cependant, ce que nous faisons est peu de chose comparé à tous ce que font ces nobles membres du Comité de St.Pierre.Les travaux ne les etfraiont point, les fatigues ne sont rien pour eux et ils ne complent pas les dépenses pécuniaires.Pour la plupart, gens instruits et de letlres, ils défendent de leur plume une cause qu\u2019ils aident de leur bourse.Sans cesse obsédés par le passage journalier de zouaves congédiés ou de recrues, jamais ils ne se lassent, toujours ils se montrent affables, polis et cmpressés.L n\u2019est pas donné à ous de porter les armes, de faire la sentinelle, et ne faut-il pas quelqu'un pour organiser le mouvement el le faire lonclionner ?Assurément le dévouement de ces personnes d\u2019élite est pour le moins aussi grand si non plus que celui qui a monté la garde sur les dégrés du Vatican.ÎMonneur \u2018lonc à ce comité, promoteur de tant de dévouement.Honneur à ces jeunes hommes qui en ont fait partie.Si aris renferme des gens ennemis du bien, ennemis du juste ot du vrai, ennemis de l'Eglise, Paris aussi renforms des personnes au sens droit, au ceur bon, i I'ime bien trempéo; si Paris connait le mal, Paris n\u2019ignore pas le bien.Mais j'ai déja été trop long : dans ma pro- cline, jo continuerai lerécit mon voyage jusqu'à Montréal.Loris T.GancEAU, Le 22 mars les zouaves se rendirent à Versailles où ils furent reçus par M.l'abbé Fieury qui leur ft visiter la cathédrale.Ils visitèrent ensuite le Palais, le jardin, l'Eglise St.Louis, puis allèrent à un magnilique hôleloù un copieux dejeuner leur ful servi aux frais du Comité de St, Piorre.M, le chanoine Thotnas leur adressa la parole après le repas et plusieurs autres discours furent prononcés.M.le Baron de Fersussac vint s'excuser au nom des citoyens de Versailles de ce qu\u2019il n'y avait pas cu de reception publique, vit que les au- Lorilés n'avaient pas été prévenues.Les zouaves repartirent ensuite pour Paris, qui est à six lieues de Versailles.Le 23 mars, les zouaves, les uns sous la direction de M.Auguste Roussel, de l'Univers, et les aulres sous les soins de M, , Berlier de Vauplane, avocat, se partagèrent pour visiter Paris.Les uns allèrent au Louvres, aux T'ui- leries, au Palais Royal, à l\u2019Eglise de la Made- Ivine, et rejoignirent les autres au Bois de Boulogne ; ceux-ci avaient visité le Panthéon, le Musée Cluny et l'Hôtel des Invalides.Le soir du 24, M.le comte de ia Tour, dépue té de In Cote du Nord, fit les adieux aux zouaves au nom du comité de St.Pierre, M.Emery Perrin préssnla In santé du cornité à laquelle M, Roussel de l'Univers répondit avec un rare bouheur.Le P, Boulard, l'oncle de nos zouaves, dont le nom est bien connu au Canada, avail laiesé Rouen pour se rendre à Versailles dès le 22, IL voulait inviter nos jeunes compatriotes à se rendre à Rouvn où une séance littéraire devait être donnée par lu jeune et fameux improvisa- teuren vers Alfred DeLartze, dont le talent extraordinaire à été signalé il y a quelques mois duns La Minerve.Ne pouvant se rendre à Itouen, l'abbé Boulard et M.DeLartze accompagnèrent les zouaves au llavre ainsi que M.l\u2019uumonier Moreau.M.Garceau proposa un toast à M.l\u2019aumonier au nom des zouaves pour remercier M.Moreau de ses mille bontés.Le 24 mars, tout le détachement prenait passage au Hävre à bord du magnitique paquebot français : La Ville de Paris.En peu de temps les rivages de France se confondirent dans les brouillards qui enveloppent l'oséan et le siea- mer se Lrouva en pleine mer qu\u2019il fendit avec Loule la vélocité de la vapeur.La traversée fut splendide et le spectacie de l\u2019immensité qui est Loujours grandiose attira souvent l'admiration de nos jeunes voyageurs Le Hev M.Doherty, leur chapolain, par son allabilité el ses soins assidus sul se rendre cher aux zouaves el es a agra ue rm re SO Hi 230 Freer, z= leur rendit mille bons offices durant tout le temps de ce long voyage.1! put faire quelques cérémonies religieuses à bord du steamer auxquelles assistaientles zouaves recueillis.Puis venaient les instructions, le chant, la musique, la lecture, tous de pieux ou agréable passe-temps.Enfin, on entrevit le silhouette de la bruyante New York avec son immense port où s\u2019a- ite toute une forêt de navires.Grande fut @ joie parmi nos compatriotes ! Et dans l'après- midi de lundi leurs vœux étaient comblés et ils foulaient la terre ferme.Quelques amis du Canada se pressèrent à leur rencontre et mardi à midi ils prenaient passage à bord du chemin fer qui devait les conduire jusqu'à Montréal.Nombreuses furent les ovations le long du trajet.Nos compatriotes des Etats-Unis se pressaient aux diverses stations de la voie pour saluer et pousser quelques vigoureuses acclamations en leur honneur.La démonstration fut particulièrement enthousiaste à St.Jean.Les sociétés SL.Jean- Baptistes, St.Patrice et St.Joseph y comptaient de nombreux représentants avec leurs diverses bannières en tête.La magnifique adresse suivante leur fut présentée au nom des Catholiques de la ville, par M.F.G.Marchand, M, P.P.: C'est la population de St.Jean qui vous a dit, au départ le dernier mot d'adieu : c\u2019est elle que vous voyez, à voire arrivée, se présenter la première sur votre route, pour vous souhaiter la bienvenue.Nous avons été heurenx de profiter de notre position rapprochée de la frontière pour venir vous offrir la primeur destémoignages de sympathie, d'admiration et de reconnaissance que tous les catholiques du Canada sont impatients de vous donner.Soyez donc les bienvenus et recevez l\u2019expression la plus sincère de notre gratitude, Oui, messieurs, de notre gratitude la plus rofonde ! car votre grande action a donné un immense éclat au nom, presque oublié en Europe, du peuple modeste qui a le plus contribué à répandre la semènce divine du Christi anisme sur le sol d'Amérique et qui parait avoir reçu de Dieu la mission apéciala d'y conserver et d'y propager la foi catholique dans toute sa pureté.Votre devise disait : AINE DIEU KT VA TON CHENIN.Vous avez élé strictement lidèles à cotte admirable maxime : Dieu, vous l'avez ai-, mé jusqu'à lui offrir le sacrifice de vos intérêts temporels,de vos aflections terrestres, de votre vie mème ;\u2014 Votre chemin, la foi et l'honneur l'avaient tracé devant vous, ot vous l'avez gui- vi avec un noble entrain qui a fait l\u2019orgueil de vos compatriotes et I'admiration du monde entier.Réjouissons-nous d'un aussi bon résultat e formons ensumble des vœux pour que le Toutt Puissant donne à ceux que vous avez laissés autour du trône de St, Pierre, la force de repousser toujours les ennemis de l'Eglise, Mais au milieu des joies du retour permet tez-nous de déposer une affectueuse pensée sur la tombe de nos frères d'armes morts dans I'accomplissement de la tâche glorieuse qu\u2019ils avaient entreprise avec vous, N\u2019obscurcissons pas, cependant, leur mémoire de vains et inutiles regrets.Soyons heureux plutôt de la fu- veur insigne dont Dieu les a cumblés en leur accordant double couronne du heros el du martyr.Encore une fois, messieurs, soyez les Lien- Venus et acceplez nos souhuits les plus ardents pour voire succes dans les nouvelles carrières que vous vous proposez d'embrasser.Le Revd M.Doherty répondit avec effusion À cette adresse.Le reste du trajet se fit fort joyrusement el de nombreuses chansons canadiennes ou de l\u2019armée furent répétées en chœur rar les zouaves.De partout les curieux etaient nombreux et depuis les Tunneries jusqu'a Mont réal, ce fut un échange de hourras continuels.Toutes les cloches sonnaient lorsqu'on entendit le siflement dos chars; le bourdon lançait ses notes les plus bruyantss ; demi.LA MINERVE HEBDOMADAIRE.= nant tout le carillon qui emplissait lair d'un grand concert d'harmonie.peuple se massait en longues colonnes dans les principales rues et à la station Bonaventure,il y avait une véritable nuée de spectateurs,dont les mille pui- trines, à l'arrivée du train, firent entendre de formidables acclamations.Les zonaves firent reçus À la gare par M.le Commandeur Berthelet, l'Hon.M.Ouimet, Président de la sociète St.Jean Baptiste, MM.Louis Beaudry, C.A.Leblanc, R.Bellemare, Alfred Larocque, le Chevalier Larocque, F.X.A.Trudel, 8.Rivard et le Major Barnard, membres du Comité drs zouaves pontilicaux.Les carabiniers du Mont-Royal élaient pré- sentis et leurs corps de musique joua : Vive la Canadienne.Les zouaves purent avec peine trouver passage au milieu de cette immense cohue de population.Les élèves des Collèges avec leur musique en tête commencèrent à défiler, puis on déploya la bannière St.Jean-Baptiste et le drapeau des zouaves que portait l'un d'eux et ue les autres suivaient avec le meill-ur or- re.@n suivit la rue St.Joseph et la rue Notre-Dame pavoisées à plusieurs endroits et de toutes parts on remarquait des agglomérations consi-lérables de peuple.Enfin on put pénétrer dans notre vaste église de Notre-Dame, qui depuis longlemps regorgeait de milliers de personnes voulant assister à la cérémonie religieuse.On remarquait un nombreux clergé dans le chœur et l'autel brillait de milie feux.Aux colonnes des jub*s latéraux se déployaient gracieusement des drapeaux aux couleurs nationales et des bannières multico- ores.Les zouaves allèrent se placer en ligne près de la balustrade, puis après une prière, M.l'abbé Colin monta en chaire et prononça un discours vraiment inspiré, qui a créé une profonde sensation parmi l'immense assistance.Le thème était beau et l'orateur a su le traiter en maitre.Le voici : Gavisi sumus in introitu eoru:n, Nous nous réjouissons de leur arrivse.1 Macch.XIV.21.Fils du Canada, fils de l'Eglise ! Elles ont disparu ces riches et superbes basiliques, celte graudiose et gigantesque coupole, cette terre de martyrs et dus catacombrs ; ils sont franchis ces immenses et profonds ablmes, patrie des tempéles, et vous voila au milieu de nous, La pompe improvisée (ui se déploie sous vos yeux, le retentissement des bronzes sucrés, les étendards déployés au vent, les mouvements, les transports irrésistibles qui pressent, qui entrainent, qui groupent autour de vous ce peuple de frères, allendri et avide de vous revoir, tous ces bruits solonnels, tou- Les ces manifeslations saintes, s'élèvent, montent comme les vastes tressa.llements, el les battements sublimes des grands cœurs de la Patrie et de la Religion ; et ils vous disent dans la langue spontanée d'un pur amour, le bonheur que nous ressentons de saluer en vous des amis, des hares, des apdwes.Gavisi sumus in inlroilu eorum.Vous en êles témoins, vuûlrs aigustes de ce temple, autel du Dieu vivant; vous le savez, membres généreux du comité des Zouaves, jamais ces dignes fils du Canada, ne sont sor- lis de nos pensées, n'ont été oubliés dans les prières, n'ont cessé d'occuper les solliciludes des pères, la lendresse des mères, le zèle des pasteurs, la charité de tous.Canada, terre catholique, fécondée par lv sang des martyrs et arrosie par tanl de sueurs illustres, que la religion, d'où tu as recu le jour, à su mervuilleusement le former des entrailles sensibles pour tes enfants ! Vous le dirai-je, chers amis : \u2014 Tandis que debout, sous les armes, vous faisiez sentinelle aux portes de l\u2019immortelle Rome, le centre des centres, le foyer des lumières, la patrie des âmes, le chef-lieu de la religion, la monta- gone de gloire ; tandis que, embassaudeurs de notre foi, et représentants prédestinés de nos convictions, vous protégiez de votre valeur, ur veus et pour nous, le Saint Vieillard du utican, le Luntife suprême au front resplen- = TT dissant de bonté, et dont la couronne éclatante ne roule pas sous les pieds, avec les débris des trônes ; vous ne restiez pas seuls ; tous nos cœurs, parcourant les espaces, vous cherchaient partout où vous appelaient la discipline et le d voir ; ils suivaient vos marches, sentaisnt vos lassitudes, partageaient vos la- ligues et vos joies, songealent à alléger vos maux, et comptaient les jours de votre absence.Vous viviez dans nos cœurs, vous viviez avec nous.Et vous aviez ici autant de frères, par l\u2019affection, que le sol vous a donné de frères dans la foi.Le ciel vous rend aujourd'hui à nos vœux, à nos embrassements, à votre pays, à vos foyers domestiques : que le ciel en soit béni, et Mas tous s'en réjouissent ! ères inquièles, vous surlout, essuyerz vos larmes et calmez vos nobles angoisses ; vous pourr: z les presser encore dans vos bras ces fruits chéris du vos douleurs, et du plus vous songercz que vos fils sont mainienant dus hè- ros.Qui, des héros du dévouement el de la fui ; des ministres armés pour la défense de la religion et de la Justice ; d'immortels héritiers de ceux qui s\u2019en allaient jadis combattre et mourir au tombeau du christ.O Canada que ta glowe est brillante ! Tui aussi, tu as fourni ton généreux contingent aux magnanimes volun'aires de l\u2019honneur.Ils sont partis tes enfunts, non moins prompts, non moins ard\u201cnts, non moins de- voués que les fils de la religieuse Belgique, de I'illustre Savoie, de l\u2019intrépide Irlande, de l\u2019Allemagne Catholique, de l\u2019indomptable Es- agne et des belles provinces de l\u2019impérissa- le France.lls sont partis, jeunes et libres, laissant repos, famille, patrie, fortune, sœurs, mères et tout ce qui attache l\u2019homme sur cette terre, pour s\u2019en aller à la fatiguo des armes et aux sacrifices du courage et de la vertu.Et les voici qui te reviennent Rome qui te les avait demandés, fidèle à sa promesse, to les rend en ce jour.Reprends-les avec le saint raviss-ment d'une mère qu'\u2019honore et transporte le mérite des sicns.Con- temple-les, admire-les dans les doux trésaille- ments de ton âme.Roms a marqué sur leur front radieux le signe inefficable de la grandeur et allumé dans leurs vifs regards, le flamme divine de I'héroi
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