Le devoir, 23 février 2013, Cahier G
[" EDUCATION RECHERCHE UNIVERSITAIRE *rr ^4 Objectif Campus Montréal irecueiUir 500 millions de dollars en dons Page 3 I\u2019ll Pourquoi une souche est-elle plus virulente qu\u2019une autre Page 4 Hexagram : des expériences culturelles propres à faire réfléchir Page 6 CAHIER THEMATIQUE G LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 24 EEVRIER 2013 A NEWSCOM En anglais, les éditeurs de revues scientifiques acceptent très souvent de retravailler les textes des collaborateurs dont l\u2019anglais n\u2019est pas la première langue, ce qui n\u2019est pas le cas en français.Plus facile de publier en anglais qu\u2019en français ?Le milieu francophone ne bénéficie pas d\u2019un système d\u2019indexation systématique des publications scientifiques Alors que partout à travers le monde, l\u2019anglais s\u2019impose comme la langue hégémonique de la science, doit-on craindre pour l\u2019avenir de la recherche en français au Québec?«H est sous tension, mais il est encore temps de considérer Vusage grandissant de Vanglais comme un appel à Vexcellence pour les chercheurs francophones», répond Pierre Noreau, vice-recteur à l\u2019Agence universitaire de la francophonie (AUF) et professeur chercheur à l\u2019Université de Montréal.EMILIE CORRIVEAU il est juste d\u2019affir-/ mer que dans le contexte actuel de la recherche scientifique, l\u2019anglais ne cesse de gagner du terrain, il importe de préciser que son usage n\u2019a pas la même prépondérance dans tous les domaines ni dans toutes ses fonctions.«Il faut d\u2019abord distinguer les différents secteurs disciplinaires.Il y a des secteurs, le domaine des sciences de la nature, par exemple, où la publication se fait essentiellement en anglais.Dans ces secteurs-là, la proportion des publications francophones a diminué avec les années», souligne M.Noreau.C\u2019est ce que corrobore l\u2019étude Le défi de former une relève scientifique d\u2019expression française: l\u2019usage du français et de l\u2019anglais dans la formation universitaire aux cycles supérieurs au Québec, signée par Jennifer Dion, agente de recherche au Conseil supérieur de la langue française.D\u2019après cette enquête, c\u2019est dans les secteurs des sciences de la santé, du génie et de l\u2019administration que la prédominance de l\u2019anglais est la plus forte.Dans le domaine des sciences humaines, des arts et des lettres, il semble que la situation soit tout autre parce que la langue utilisée en recherche joue un rôle différent, explique M.Noreau.«En sciences sociales, on n\u2019a pas de langage universel, comme en mathématique, par exemple.Par conséquent, le fait d\u2019écrire dans une langue ou dans une autre, ça a un impact direct sur le contenu même.Il y a une plus grande compénétration des dimensions linguistiques et des modes d\u2019expression de la pensée.Dans ces secteurs-là, on ne peut tenir compte de la production scientifique sans tenir compte du caractère linguistique.» Production et diffusion Outre que la prépondérance de l\u2019anglais varie considérablement selon les domaines de recherche, il importe de noter que son usage est plus fréquent lors de la diffusion des contenus scientifiques que lors de leur production.Ainsi, contre toute attente, bien que plusieurs chercheurs québécois soient suffisamment bilingues pour effecteur leurs recherches en anglais, beaucoup mènent toujours leurs travaux en français.«Il existe des réseaux de coopération qui sont structurés autour du fait que les membres des ACFAS Pierre Noreau, vice-recteur à l\u2019Agence universitaire de la francophonie (AUF) équipes utilisent la même langue.Ce qui est intéressant, c\u2019est qu\u2019il ne s\u2019agit pas uniquement d\u2019une question de langue de coopération.C\u2019est également dans certains cas des programmes de recherche qui se développent dans ces réseaux et qui ont leur spécificité.Les chercheurs développent un certain point de vue, une approche qui leur est propre.Cette diversité-là est très importante», soutient le vice-recteur de l\u2019AUF.Mais une fois prêts à être diffusés, les contenus peuvent souffrir de l\u2019expression dans d\u2019autres langues.Dans certains cas, relève M.Noreau, il s\u2019agit même d\u2019une condition au maintien de l\u2019activité scientifique en français.«Parfois, il faut s\u2019assurer que la production francophone est accessible à la communauté scientifique, même si cette com-munauté-là n\u2019est pas de langue française.[.] Le lectorat anglophone, celui des États-Unis et du Canada anglais, est beaucoup plus proche de nous que le lectorat francophone ailleurs sur le globe.Il faut reconnaître qu\u2019il y a une dimension attractive; on écrit pour être lu», rappelle M.Noreau.Plusieurs chercheurs empruntent donc cette avenue, même si leur maîtrise de l\u2019anglais n\u2019est pas aussi bonne que celle du français.«Ce qu\u2019il faut savoir, c\u2019est qu\u2019il est parfois plus facile de publier en anglais qu\u2019en français.En français, les exigences des éditeurs sur le plan de la qualité d\u2019écriture et de la syntaxe sont très élevées.En anglais, les éditeurs de revues scientifiques acceptent très souvent de retravailler les textes des collaborateurs dont l\u2019anglais n\u2019est pas la première langue, ce qui n\u2019est pas le cas en français.Ça permet donc aux chercheurs francophones de publier en anglais même si leur syntaxe n\u2019est pas parfaite», précise M.Noreau.Le vice-recteur de l\u2019AUF note toutefois qu\u2019il ne faut pas se bercer d\u2019illusions sur la diffusion réelle de ce qui est écrit en anglais par les chercheurs québécois, justement parce que les communautés scientifiques se constituent en réseaux.«En tant que chercheurs, notre priorité de lecture va toujours à des auteurs qui travaillent sur des sujets proches des nôtres.Dans beaucoup de cas, ils sont membres de nos réseaux de recherche.Bref, on se retrouve à lire surtout des collègues.Il n\u2019est donc pas certain que nos articles sont lus lorsqu\u2019on les publie en anglais si nous ne sommes pas membres de la communauté anglophone des lecteurs dans notre domaine», résume-t-il.Accessibilité aux publications francophones Si la production de recherche en français est toujours bien présente au Québec, l\u2019accès aux publications francophones, lui, est plus complexe.D\u2019après M.Noreau, cela est en partie dû au fait que contrairement au monde anglo-saxon, le milieu francophone de la recherche ne bénéficie pas d\u2019un système d\u2019indexation systématique des publications scientifiques.«On peut dire qu\u2019il y a moins de publications en français, mais la réalité, c\u2019est qu\u2019on ne le sait pas vraiment, parce qu\u2019elles ne sont pas sur l\u2019écran radar, confie l\u2019homme.On n\u2019a pas de système qui permet de savoir ce qui se publie, à quel niveau et à quelle hauteur.On n\u2019est pas capable de savoir non plus si c\u2019est repris ailleurs, si c\u2019est cité ou non, etc.Techniquement, ça rend moins visible notre présence effective dans le milieu de la diffusion scientifique.Tant qu\u2019on n\u2019aura pas de système d\u2019indexation, on aura des difficultés à calibrer le volume de ce qu\u2019on fait réellement.» Pour pallier cette situation, l\u2019AUF travaille à la mise en place d\u2019un tel système, mais étant donné la complexité d\u2019un projet comme celui-ci, il s\u2019agit d\u2019une visée à long terme de l\u2019agence.«Il faut reconnaître que chez certains éditeurs, il y a une extraordinaire réticence par rapport à cela pour différentes raisons plus ou moins valables selon les cas, indique M.Noreau.Pour l\u2019instant, les éditeurs numériques sont ceux qui se montrent les plus réceptifs.L\u2019agence travaille sur le projet, mais ça prendra un certain temps avant qu\u2019il ne se concrétise.» Collaboratrice Le Devoir G 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 EEVRIER 2013 RECHERCHE INSTITUT D\u2019ETUDES INTERNATIONALES DE MONTREAL Rassembler les compétences permet de mieux diffuser les connaissances Vingt-neuf unités œuvrent au sein d\u2019un même institut L\u2019Institut d\u2019études internationales de Montréal (lEIM) célèbre ses dix ans d\u2019existence.Durant cette première décennie, il a recruté dans ses rangs plusieurs organismes voués à la recherche qui se sont mutuellement accompagnés pour la réalisation de plusieurs projets.REGINALD HARVEY Dorval Brunelle, directeur de riEIM et professeur au département de sociologie de rUQAM, pose son regard sur les premiers moments de l\u2019existence de l\u2019Institut et retrace son parcours pour bien illustrer ce qu\u2019il est aujourd\u2019hui devenu à la faveur des partenariats qu\u2019il a tissés et des actions qu\u2019il a posées: «Ses premières activités remontent à l\u2019hiver 2003; il est important de mentionner qu\u2019il avait été créé avec un soutien financier assez important du ministère fédéral des Affaires étrangères et du Commerce international (MAECI).» Il rappelle l\u2019objectif de départ: « C\u2019était d\u2019effectuer un rapprochement dans les façons de faire à l\u2019international entre les différents groupes de recherche qui se consacraient à des travaux de cette nature à l\u2019UQAM.Il y avait même chez notre père fondateur, Jacques Lévesque, une vision un peu œcuménique, voire irréaliste, parce qu\u2019il pensait pouvoir regrouper également les centres de recherche en dehors de l\u2019UQAM.Il y avait donc plu- sieurs équipes qui avaient leur propre façon de faire à l\u2019international, et l\u2019idée, c\u2019était de les chapeauter avec un institut ayant pour fonction de rapprocher les centres, de soutenir leurs activités et d\u2019accroître leurs retombées.» Initialement, cinq principales unités de recherche ont formé riEIM, dont certaines possédaient déjà une solide renommée, à commencer par la plus connue, la Chaire Raoul-Dandurand en études straté- « L\u2019utopiste en moi a toujours pensé que les universités de Montréal poiu-raient donner des coiu-s dmant tout l\u2019été» giques et diplomatiques : « On souhaitait les mettre ensemble et les faire travailler sur certains dossiers tout en mettant de l\u2019avant des initiatives susceptibles d\u2019apporter du renforcement à ceux-ci.» Il y a aujourd\u2019hui 14 groupes au sein de l\u2019Institut.Si on compte les sous-groupes qui font partie de ces 14, on en arrive à un total de 29 : « Chacune de ces unités est parfaitement autonome, en ce sens qu\u2019elle va chercher son propre financement auprès des organismes subventionnaires institutionnels ou dans le privé.Nous, tenant compte de la richesse de tout ce beau monde, notre rôle, c\u2019est de voir comment on est capables, par exemple, d\u2019organiser un colloque mobilisant un nombre plus ou moins grand de ces unités.» Dans le feu de l\u2019action L\u2019Institut a mené à bien des réalisations marquantes: «Les principales relèvent des gros colloques que nous avons organisés.Durant mes mandats, il y en a eu deux, en particulier, qui portaient sur l\u2019Atlantique, dont un qui s\u2019est appelé joyeusement Repenser l\u2019Atlantique et l\u2019autre Communauté atlantique.Pour le premier, la question était de voir comment il se fait que, dans un contexte mondial actuel, l\u2019Atlantique soit moins bien doté en termes d\u2019institutions Nord-Sud que ne l\u2019est, en particulier, le Pacifique.» Il mesure la portée d\u2019une telle thématique: «Il s\u2019agit de questions de haut niveau qui intéressent à différents égards plusieurs regroupements de chercheurs : dans ce cas, il y avait au menu, bien sûr, la di- ^ McGUl A LA TECHNOLOGIE EST UTILE, MAIS FAIT PARFOIS PLUS DE MAL QUE DE BIEN.«On ne peut pas simplement installer un ordinateur dans une classe et s\u2019attendre à ce qu\u2019il devienne un bon outil d\u2019apprentissage.» Professeure SUSAN NE LAJOIE, chercheuse principale du projet Environnements d\u2019apprentissage interdisciplinaire, une initiative visant à maintenir la concentration et l\u2019intérêt des élèves au moyen de cours à forte composante technologique «Les enfants d\u2019aujourd\u2019hui grandissent avec les médias électroniques.Nous devons les aider à tracer la ligne entre les communications inoffensives et celles qui peuvent blesser les autres.» Professeure SHAHEEN SHARIFF, lauréate d\u2019une Bourse de la citoyenneté numérique Facebook pour ses travaux novateurs sur la cyberintimidation Garder les enfants sur la bonne voie technologique : l\u2019une des multiples façons dont la recherche à l\u2019Université McGill améliore la vie des Québécois.www.mcgill.ca/communauté NATHALIE SAINT-PIERRE UQAM Dorval Brunelle est directeur de l\u2019IEIM et professeur au département de sociologie de l\u2019Université du Québec à Montréal.mension commerciale, les accords de libre-échange Nord-Nord, la question de l\u2019immigration et celle de la sécurité, du rôle de l\u2019OTAN, etc.De tels sujets sont tellement vastes qu\u2019il n\u2019y a pas une de nos unités qui pourrait se lancer dans une aventure comme celle-là.En le faisant à plusieurs, on peut arriver à aborder des sujets très macros en créant un événement qui les réunit.» Quant au deuxième colloque majeur.Communauté atlantique, il s\u2019est inscrit en complémentarité du premier qui portait sur le positionnement en s\u2019interrogeant sur cette question : « Quelles sont et où sont les communautés atlantiques qui fonctionnent sur les trois continents ?» Une semaine, un pays Après avoir souligné que riEIM a tenu également bon nombre de colloques de moindre envergure, Dorval Brunelle fait ressortir une autre de ses démarches majeures: «On organise chaque année une semaine consacrée à un pays.On a commencé ce projet avec le Japon, ensuite, l\u2019Allemagne, Haïti, l\u2019Egypte, le Brésil et la Chine ont suivi.Cette initiative-là est très intéressante parce qu\u2019elle mobilise tous les gens qui aimeraient ajouter de quelque manière une dimension chinoise ou asiatique à ses travaux.» Il dégage un trait particulier de l\u2019approche retenue: «Pour prendre cet exemple, on a présenté l\u2019automne dernier la semaine de la Chine en partenariat très serré avec les communautés chinoises d\u2019ici, avec les personnalités officielles et avec les gens d\u2019affaires issus de ce pays.On ouvre donc l\u2019université au complet à la Chine.On en parle sous tous les angles, et pas seulement sous l\u2019angle universitaire.Au programme, il y a la danse, le cinéma, etc.Cet événement remporte beaucoup de succès et accroît grandement notre visibilité auprès des communautés tout en servant à faire connaître l\u2019UQAM.Une telle initiative consolide les liens entre partenaires même une fois que l\u2019événement a pris fin.» En octobre prochain se déroulera une semaine consacrée au Mexique qui sera suivie en 2014 d\u2019une autre consacrée à l\u2019Inde.Des projets multiples Dix ans plus tard, qu\u2019en est-il de l\u2019avenir de l\u2019Institut?«Je le regarde d\u2019abord à l\u2019intérieur de l\u2019établissement, de l\u2019UQAM.Depuis cinq ans que je suis là, on a beaucoup élargi notre organisation, on est allés chercher des groupes dans d\u2019autres facultés et je veux qu\u2019on continue de rayonner en puisant dans le réseau de l\u2019Université du Québec.» Il apporte cette nuance: «Il ne s\u2019agit pas d\u2019élargir pour élargir et il ne sert à rien de dédoubler certaines fonctions, mais la question de l\u2019international n\u2019appartient plus seulement, comme il y a une vingtaine d\u2019années, à des politologues ou des juristes.Il serait intéressant de voir des géographes, des gestionnaires et des gens d\u2019autres professions qui s\u2019occupent de l\u2019international.» Il pose de plus le constat que l\u2019Institut pourrait bien un jour se tourner vers l\u2019enseignement.A cet égard, il est bien conscient des difficultés de chevauchement qui se posent tout en caressant un rêve: «L\u2019utopiste en moi a toujours pensé que les universités de Montréal pourraient donner des cours durant tout l\u2019été et je n\u2019ai jamais compris pourquoi elles étaient à peu près vides durant cette période alors que c\u2019est la plus belle saison de l\u2019année.A ce moment, on pourrait multiplier les programmes d\u2019été pour les étudiants étrangers.» Collaborateur Le Devoir Voir rands .ofis que propose l'avenir Une université réputée pour son dynamisme en recherche L\u2019un des meilleurs milieux de travail universitaires au monde selon la revue américaine The Scientist De généreux programmes de bourses aux études supérieures Une politique avant-gardiste de protection de la propriété intellectuelle UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE Voir au futur DES INFRASTRUCTURES UNIQUES Centre de recherche sur le vieillissement (CDRV) Institut de pharmacologie de Sherbrooke (IPS) Institut de recherche sur les pratiques éducatives (IRPÉ) Institut interdisciplinaire d\u2019innovation technologique (3IT) Centre de calcul scientifique Pavillon de recherche en sciences humaines et sociales Pavillon de recherche appliquée sur le cancer Centre de technologies avancées BRP-UdeS Centre de Collaboration MiQro Innovation (C2MI) PLUS DE 70 PROGRAMMES DE MAÎTRISE ET DE DOCTORAT PLUS DE 110 M$ CONSACRÉS À LA RECHERCHE PAR ANNÉE PLUS DE 100 CHAIRES ET CENTRES DE RECHERCHE USherbrooke.ca/recherche LE DEVOIR LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 EEVRIER 2013 G 3 RECHERCHE CAMPUS MONTREAL Une nouvelle campagne de financement prend forme L\u2019Université de Montréal, HEC et Polytechnique s\u2019unissent pour trouver un demi-milliard de dollars L\u2019objectif est ambitieux: recueillir 500 millions de dollars en dons HÉLÈNE\tBanque à l\u2019égard de la jeu- ROULOT-GANZMANN\tnesse, de l\u2019éducation et de l\u2019en- trepreneuriat», assure par voie de communiqué Louis Va-chon, président en chef de la direction.Imposer une nouvelle mentalité D\u2019autres annonces de ce genre sont déjà prévues dans les prochaines semaines.Un agenda minutieusement établi, propre à stimuler d\u2019autres grands donateurs potentiels.Mais Campus Montréal ne table pas uniquement sur ces dons exceptionnels.L\u2019organisme souhaite faire en sorte que donner à l\u2019université, donner pour le développement du savoir, devienne aussi naturel que donner à un hôpital ou pour la culture.«Ce n\u2019est pas encore complètement dans nos mentalités, ici, au Québec, estime John Parisella.L\u2019Université de Toronto lève des fonds de 2 milliards de dollars, l\u2019UBC, en Colombie-Britannique, 1,5 milliard de dollars.Et je ne parle pas des établissements états-uni ens.car lorsque j\u2019ai quitté mon poste de délégué général du Québec à New York, en janvier 2012, Stanford venait d\u2019annoncer qu\u2019elle avait levé 6 milliards de dollars!» Pour autant, les choses bougent tout de même par ici.Jusqu\u2019à la fin des années 1980, ce genre de campagne n\u2019existait tout simplement pas du côté des établissements francophones.Vingt-cinq ans après.Campus Montréal peut aspirer à lever 500 millions de dollars.«Les gros dons ont certes un effet de levier, admet John Parisella.Mais l\u2019un de nos grands objectijs, c\u2019est qu\u2019à la fin de la campagne, nos diplômés, nos salariés, professeurs, chercheurs, cadres, etc., acquièrent le réflexe de donner régulièrement.C\u2019est primordial si nous voulons maintenir le campus de l\u2019Université de Montréal parmi les tout meilleurs au monde.» Derrière la bannière « Campus Montréal», trois établissements universitaires de renom: l\u2019Université de Montréal, HEC et Polytechnique.«L\u2019idée est venue des trois chejs d\u2019établissement, raconte John Parisella, directeur de cette nouvelle entité.Mais également des institutions susceptibles d\u2019ètre donatrices.Lors de la dernière grande campagne de financement, chacun avait démarché de son côté.Or HEC et Bolytechnique sont affiliées à l\u2019Université de Montréal, les étudiants qui en sortent se voyant délivrer un diplôme de l\u2019Université de Montréal et les trois institutions partageant le même campus.Il y a une vraie cohérence à ce que les sollicitations se fassent de manière commune.Et pour les donateurs potentiels, c\u2019est un gain de temps puisqu\u2019ils n\u2019ont qu\u2019une seule rencontre au lieu de trois.» Plus d\u2019efficacité de part et d\u2019autre, donc.Et il en faudra, tant l\u2019objectif est ambitieux : 500 millions de dollars.Or, la précédente campagne s\u2019est achevée en 2003 avec un total de 218 millions.«Mais l\u2019objectif à l\u2019époque était d\u2019atteindre 125 millions, précise John Parisella.Nous avons démarré il y a presque deux ans avec les démarches silencieuses et nous avons déjà des promesses de l\u2019ordre de 200 millions.Nous ne nous sommes pas fixé de limite de temps pour atteindre notre but, mais nous estimons que la phase publique dans laquelle nous venons d\u2019entrer devrait durer de 6 à 7 ans.» Une phase publique qui a donc été lancée le 29 novembre dernier.Depuis, quelques-uns des dons conclus lors de la phase silencieuse ont été révélés au grand jour.Rémi Marcoiix et la Banque Nationale sont là Il y a quelques jours.Rémi Marcoux, fondateur et administrateur de TC Transcontinental, annonçait un don de 2,5 millions de dollars pour la création d\u2019un «parcours entrepreneurial», une initiative qui vise à éveiller la fibre entrepreneuriale chez des étudiants qui deviendront des entrepreneurs créatifs et audacieux, socialement responsables, intégrés dans un réseau d\u2019affaires et dotés d\u2019une vision internationale.Quelques semaines plus tôt, c\u2019est la Banque Nationale qui annonçait vouloir faire à Campus Montréal le plus gros don philanthropique de son histoire: 10 millions de dollars, une somme qui servira à la création d\u2019un centre dédié à l\u2019entrepreneuriat, au repreneu-riat et aux familles en affaires.Cela permettra en outre aux étudiants d\u2019avoir accès à plusieurs ressources et initiatives, généralement reliées à l\u2019entre-preneuriat.« C\u2019est une suite logique de l\u2019engagement de la Philanthropie universitaire La philanthropie universitaire, c\u2019est une question de valeur, selon M.Parisella.«Je crois que les gens qui la choisissent ont un profond attachement pour le développement du savoir.Ils souhaitent également investir dans la prochaine génération pour assurer la succession dans l\u2019économie et la vie sociale.Ils sont conscients des défis que pose l\u2019avenir à moyen et long terme.Ces personnes sont souvent celles dont l\u2019éducation leur a permis d\u2019avoir beaucoup de succès.Elles se sentent redevables.C\u2019est peut-être le meilleur investissement dans l\u2019être humain, ce choix d\u2019améliorer nos connaissances et nos savoirs.» Le don peut être général.Dans ce cas, il sera redistribué aux trois établissements en fonction de leur importance.Par ailleurs, les donateurs choisissent souvent un programme spécifique et concret.Tïîi POLYTECHNIQUE L\u2019École Polytechnique de Montréal est au nombre des trois établissements universitaires de la métropole regroupés sous la bannière « Campus Montréal ».Cinq créneaux d\u2019excellence leur sont proposés: santé et médecine personnalisée; sciences et technologie de pointe ; énergie et développement durable; internationalisation et pluralisme; créativité et entrepreneuriat.C\u2019est d\u2019ailleurs ce dernier secteur qui at- tire le plus de donateurs.«L\u2019entrepreneuriat est une valeur absolument essentielle dans une économie changeante, affirme John Parisella.Dans nos trois établissements, on a des étudiants qui vont aller vers l\u2019entrepreneuriat, qu\u2019ils soient dentistes, optométristes, ingé- nieurs, comptables.ce sont des gens qui sont dans un de nos trois établissements et qui, tous, vont devoir bâtir leur entreprise.L\u2019entrepreneuriat, ce n\u2019est pas réservé à quelqu\u2019un qui a étudié en administration des affaires.Au-delà des connaissances propres à leur spécialité, il faut leur donner les moyens de réussir dans une économie de marché.Il est vrai que les professionnels que nous sollicitons sont très sensibles à ce discours.» Collaboratrice Le Devoir JACQUES GRENIER LE DEVOIR Uécole des Hautes études commerciales (HEC), à Montréal Tout est possible Quand on fait avancer les connaissances au sein d\u2019une équipe de recherche.i @uqam #toutestpossible L\u2019effet UQÀM G 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 EEVRIER 2013 RECHERCHE BRUNO FERRANDEZ AGENCE FRANCE-PRESSE Les chercheurs tentent de mieux comprendre le fonctionnement et l\u2019évolution des bactéries pour prévenir les maladies.MICROBIOLOGIE « Pourquoi une souche serait-elle plus virulente qu\u2019une autre ?» L\u2019étude des phages permettra de mieux comprendre la bactérie C.difficile L\u2019épidémie de bactérie Clostridium difficile dans les hôpitaux québécois, en 2003 et 2004, fut une cruelle démonstration des ravages que peut entraîner une bactérie pathogène.Elle a aussi amené certains chercheurs à tenter de mieux comprendre le fonctionnement et l\u2019évolution de cette bactérie.PIERRE VALLEE Louis-Charles Fortier, professeur et chercheur en microbiologie à rUniversité de Sherbrooke, de concert avec son équipe, cherche à comprendre le fonctionnement de cette bactérie et en particulier le rôle que les bactériophages y jouent.«Mes recherches postdoctorales portaient déjà sur les bactériophages, explique Louis-Charles Fortier, et l\u2019épidémie de 2003 et 2004 m\u2019a amené à concentrer mes recherches sur la bactérie C.difficile.» Un bactériophage, ou phage, est un virus qui ne s\u2019attaque qu\u2019à des bactéries.On en distingue deux types : le phage lytique et le phage tempéré ou latent.Dans le premier cas, le phage infecte la bactérie et vient s\u2019inscrire dans le génome de la bactérie, ce qui lui permet de se répliquer.La multiplication des phages provoque ensuite la lyse, ou écla- tement, de la bactérie, ce qui entraîne sa mort.Les phages ainsi libérés iront ensuite infecter d\u2019autres bactéries.Dans le second cas, le phage infecte la bactérie et s\u2019inscrit dans son génome, mais des protéines répriment sa réplication, le phage devenant alors latent.On parle alors d\u2019un prophage.«Mais si la bactérie subit un stress, comme celui provoqué par sa rencontre avec un antibiotique, par exemple, le prophage peut s\u2019exciser du génome, se répliquer et provoquer la lyse de la bactérie.» Puisque les bactériophages tuent des bactéries, ne pourrait-on pas les utiliser de façon thérapeutique pour combattre les bactéries pathogènes, comme on le fait avec les antibiotiques?La communauté scientifique internationale a choisi d\u2019explorer cette piste en développant la phagothérapie, pour le moment limitée aux ex- périences en laboratoire, car la majorité des pays n\u2019ont pas approuvé la phagothérapie comme traitement clinique.«C\u2019est d\u2019abord sur ce sujet que nos premières recherches ont porté.On a cherché des phages spécifiques capables de provoquer la lyse de la bactérie C.difficile, mais on n\u2019en a pas trouvé.D\u2019ailleurs, aucun autre chercheur n\u2019a réussi à en trouver.» Il a donc fallu trouver un autre axe de recherche.Louis-Charles Fortier s\u2019est alors penché sur le rôle des bacté- La recherche sur les bactériophages et leur rôle dans le fonctionnement de la bactérie C.difficile ne fait que débuter Rs Une source de références essentielles pour le Québec et le Canada français depuis 1960 RECHERCHES SOCIOGRAPHIQUES Revue pluridisciplinaire d'études sur le Québec Chaque année la revue publie 3 numéros par année dans laquelle sont rassemblés une centaine de comptes rendus riophages et leurs liens avec les bactéries.Ses recherches ont ensuite démontré que la présence de prophages dans certaines souches de C.difficile augmentait la production de toxines, rendant ces souches plus virulentes et les symptômes de l\u2019infection plus sévères.On a aussi réalisé que la souche la plus répandue de la bactérie C.difficile variait en sévérité.«Pourquoi une souche serait-elle plus virulente qu\u2019une autre ?Et pourquoi la sévérité d\u2019une souche pourrait-elle varier?Si les phages peuvent provoquer la production de toxines, on s\u2019est ensuite demandé s\u2019ils pouvaient alors modifier d\u2019autres aspects du fonctionnement de la bactérie, par exemple modifier son métabolisme, sa croissance, favoriser la sporulation.Et comme ils s\u2019inscrivent dans le génome de la bactérie, peuvent-ils apporter une nouvelle fonction ou une nouvelle propriété à la bactérie ?» Sporulation Le cas de la sporulation est particulièrement intéressant dans le cas de C.difficile.Rappelons que la sporulation est la formation par une bactérie, comme C.difficile, de spores ou de graines capables, dans certaines conditions, de germer et de produire une nouvelle bactérie.«L\u2019on sait que la bactérie C.difficile ne résiste pas à la présence d\u2019oxygène, elle meurt donc une fois sortie de l\u2019intestin de la personne infectée.En revanche, la spore résiste à l\u2019oxygène et aux antibactériens.Est-elle la grande responsable des infections nosocomiales ?Et si les phages augmentent la sporulation, est-ce là l\u2019explication de la virulence de C.difficile ?» Si les recherches menées par l\u2019équipe de Louis-Charles Fortier ont démontré que les prophages augmentaient la production de toxines dans la bactérie C.difficile, l\u2019on est encore loin de comprendre le rôle que peuvent jouer les prophages dans le comportement de cette bactérie.«C\u2019est un champ de recherche plutôt nouveau et nous sommes surtout dans la période où nous nous posons une multitude de questions et cherchons à mieux comprendre le rôle des phages et leurs liens avec les bactéries.» État de la recherche Plusieurs champs restent donc à explorer.«Par exemple, la flore bactérienne intestinale contient plus d\u2019une centaine d\u2019espèces de bactéries.Quel est le rôle des phages dans la flore intestinale?Infectent-ils certaines bactéries plus que d\u2019autres ?Les prophages sont-ils aussi inoffensijs qu\u2019on le croit?Provoquent-ils la lyse de certaines bactéries, libérant ainsi de l\u2019espace et favorisant alors la multiplication de bactéries spécifiques, comme C.difficile ?» Et quel est leur rôle une fois que les phages se sont inscrits dans le génome d\u2019une bactérie?«La méthode en génétique aujourd\u2019hui lorsqu\u2019on étudie le génome d\u2019une bactérie est de ne pas considérer les éléments génétiques mobiles, comme les prophages.Pourtant, ces éléments génétiques mobiles peuvent constituer jusqu\u2019à 15% du génome total d\u2019une bactérie.Ont-ils un rôle?» Comme on peut le constater, la recherche sur les bactériophages et leur rôle dans le fonctionnement de la bactérie C.dif ficile ne fait que débuter.«Nous sommes encore dans une phase d\u2019interrogation.Ce n\u2019est qu\u2019une fois ces connaissances acquises que l\u2019on verra comment elles pourront contribuer à un meilleur contrôle de la bactérie C.difficile.C\u2019est la direction que prend la recherche aujourd\u2019hui, mais la phagothérapie demeure toujours en arrière-plan.» Collaborateur Le Devoir MEDTEQ Un consortium en technologie médicale voit le jour Il y a quelques semaines, le gouvernement du Québec annonçait une aide financière de 2,5 millions sur deux ans pour la création du MEDTEQ, le Consortium de recherche et d\u2019innovation en technologies médicales du Québec.Une trentaine de partenaires, universités, instituts de recherche, centres hospitaliers universitaires et entreprises s\u2019unissent pour favoriser le développement de ce secteur en plein essor au Québec.CAROLINE RODGERS Cela fait cinq ou six ans qu\u2019on y travaille», dit Sabin Boily, directeur de l\u2019innovation et des gelations avec l\u2019industrie à l\u2019Ecole de technologie supérieure (ETS).L\u2019établissement fait partie, avec Polytechnique, des membres fondateurs du consortium.«Avec la population vieillissante, les besoins sont grandissants.C\u2019est un regroupement essentiel pour le Québec.Et pour une faculté de génie comme la nôtre, avoir des centres hospitaliers et des entreprises autour de la même table est fondamental pour développer des technologies et les transférer vers l\u2019industrie.Toute la chaîne des acteurs impliqués sera présente: ceux qui développent des solutions, ceux qui les commercialisent et ceux qui les appliquent auprès de la population.» Parmi les autres membres, outre l\u2019ETS, on compte l\u2019Université du Québec à Montréal, l\u2019Université Laval, l\u2019Université de Sherbrooke, Concordia, McGill, l\u2019Université de Montréal, le CHU Sainte-Justine, le CHUM, le CUSM et une dizaine de PME du secteur.Au Québec, plus de 600 entreprises et près de 15000 employés oeuvrent directement dans l\u2019industrie des technologies médicales.Les sommes investies généreront un minimum de 4,25 millions de dollars en projets de recherche ef fectués dans les établissements publics, selon le ministère de l\u2019Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie.D\u2019autres sources de financement compléteront le budget du MEDTEQ.Environ le tiers de ce budget sera fourni par les entreprises membres.Les autres sources de financement sont des organismes subventionnaires fédéraux et provinciaux, comme les programmes du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, des Instituts de recherche en santé du Canada, ainsi que les Fonds de recherche du Québec en nature et technologies et en santé.Objectifs Les buts sont nombreux.«L\u2019un des objectifs premiers du consortium est d\u2019améliorer la qualité de vie des patients.On parle ici de sciences appliquées à court et à moyen terme pour les prothèses, l\u2019imagerie médicale, les implants, les biomatériaux, les appareils et les outils diagnostiques, entre autres», dit M.Boily.Ses autres buts sont de développer les connaissances, d\u2019accélérer la recherche, de faire accepter les nouvelles technologies par le milieu et de créer de nouveaux marchés.Pour le milieu universitaire, il facilite le développement de la relève scientifique en formant du personnel qualifié.«Nous avons besoin de cette relève dans nos hôpitaux et dans le milieu industriel.Le meilleur transfert technologique qu\u2019une université peut faire, c\u2019est celui de ses cerveaux.À VETS, 75 % de notre budget vient de l\u2019industrie, alors que la moyenne nationale avoisine les 18 %.Cela nous permet d\u2019être à la fine pointe et d\u2019attirer de nouveaux étudiants qui iront travailler dans le milieu.A l\u2019ETS, certaines de nos équipes de recherche sont basées directement dans les centres hospitaliers universitaires.Et le fait d\u2019être près de l\u2019industrie permet à nos diplômés d\u2019effectuer leurs stages en entreprise.Des regroupements sectoriels de ce genre sont extrêmement importants pour les universités.» Besoins des patients La synergie créée par ce maillage permettra de mieux servir les besoins des patients, croit M.Sabin.Au XXI® siècle, la multidisciplinarité est la clé pour résoudre les problématiques complexes.« Tous les domaines du génie peuvent être utiles dans le domaine médical.Prenons, par exemple, la logistique.On peut l\u2019appliquer au secteur de la santé, pour réduire le temps d\u2019attente dans les hôpitaux.» Les entreprises du secteur en profitent également.« C\u2019est important pour le Québec de développer des regroupements comme celui-ci dans des secteurs stratégiques et en plein essor.Pour les entreprises locales et les PME innovantes, cela peut servir de tremplin vers les autres marchés.Après avoir développé, testé et homologué leurs produits ici, elles peuvent ensuite les commercialiser à l\u2019international.Nous pouvons être fiers de ce qui se fait ici en recherche et développement, et nous sommes bien positionnés pour tirer notre épingle du jeu dans le monde grâce à nos innovations.Avec le consortium, tous les ingrédients sont réunis.» Collaboratrice Le Devoir KENZO TRIBOUILLARD AGENCE FRANCE-PRESSE Plus de 600 entreprises et près de 15 000 employés œuvrent dans l'industrie québécoise des technologies médicales.(312 pages) Guenn Guide pratique pour créer et évaluer rec/ievc/ie Guérin Louise Gaudreau, Pb.D.LE DÉFI ÉDUCATIF COLLECTION Collection sous la direction de Renald Legendre Ouvrage fonctionnel pour apprentis chercheurs en sciences de l'éducation et dans des domaines connexes.Chercheurs et pédagogues y apprendront comment apprécier la valeur d'une diversité de recherches ainsi que juger de la crédibilité et de l'applicabilité des résultats.Ils pourront s'en inspirer en toute connaissance de cause pour concevoir, élaborer, planifier et réaliser leurs propres recherches ou orienter leurs pratiques éducatives.514 842-3481 www.guerin-editeur.qc.ca LE DEVOIR LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 EEVRIER 2013 G 5 RECHERCHE LEADS Le recours à la technologie favorisera la formation des eleves Des chercheurs de 19 universités de six pays collaborent à l\u2019élaboration d\u2019une boîte à outils La technologie est-elle la solution pour enrayer le décrochage ?Cette question sous-tend le vaste projet de recherche Learning Environments Across Disciplines (LEADS), dirigé par Susanne Lajoie, professeure à la Eaculté des sciences de l\u2019éducation de rUniversité McGill et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en technologies de pointe pour l\u2019apprentissage dans des contextes authentiques.Le projet vise à développer des outils technologiques destinés à améliorer l\u2019éducation, stimuler l\u2019apprentissage et freiner le décrochage.ASSIA KETTANI Si les élèves et étudiants d\u2019aujourd\u2019hui sont nés à l\u2019ère du numérique, la technologie demeure sous-exploitée dans les salles de classe, note Susanne Lajoie.«Le milieu de l\u2019éducation, du primaire à l\u2019université, affiche un retard en ce qui concerne l\u2019utilisation des technologies.Il existe un décalage entre l\u2019éducation et le reste de la société.» Pourtant, les outils technologiques ont prouvé leur efficacité pédagogique.Parallèlement aux recherches de Susanne Lajoie sur le potentiel éducatif des ordinateurs, une étude sur 10 ans à la Commission scolaire Eastern Townships, où des ordinateurs portables avaient été distribués à presque tous les élèves, vient de paraître.Cette étude montre que le taux de décrochage y a chuté de près de la moitié.Le projet LEADS franchit une étape supplémentaire dans l\u2019utilisation des technologies en classe.«E ne s\u2019agit pas de mettre des élèves devant des ordinateurs», avance-t-elle, mais de concevoir des outils spécifiquement adaptés à l\u2019apprentissage d\u2019un domaine en particulier.Avec des ramifications possibles de l\u2019école primaire jusqu\u2019à l\u2019université, touchant au développement de compétences en médecine, en mathématiques, en histoire ou même en lecture, les technologiques mises au point pourront prendre diverses formes: simulations haute-fidélité, jeux éducatifs en réalité virtuelle, environnements d\u2019apprentissage informatisés ou encore applications mobiles.Les chercheurs associés sont issus d\u2019un vaste éventail de disciplines allant de la psychologie à l\u2019informatique, au génie, aux sciences de l\u2019éducation, à l\u2019histoire ou à la médecine.En tout, le projet comptera sur la participation de 19 universités réparties sur six pays (le Canada, les Etats-Unis, l\u2019Allemagne, le Danemark, la Chine et l\u2019Australie) , générant une dynamique qui ne pourra, selon elle, qu\u2019être bénéfique.«Chaque équipe de chercheurs travaille sur un terrain de recherche précis, comme des écoles primaires, secondaires ou des universités.Certaines plateformes de recherche pourront être utilisées de façon plus large, dans différents domaines et différents types d\u2019écoles.» Pour concevoir des outils technologiques efficaces et adaptés, Susanne Lajoie rappelle la nécessité de s\u2019attaquer à la clé de voûte de la réussite scolaire: la motivation.«Les élèves ont facilement tendance à s\u2019ennuyer en classe et à perdre leur concentration», avance Susanne Lajoie.Gestion des émotions L\u2019utilisation de technologies en classe est en soi un facteur stimulant pour des jeunes habitués aux technologies dans un contexte social et récréatif.«Pour un enfant, par exemple, un jeu vidéo aura un côté excitant.On se sert de cet attrait pour lui permettre de mieux acquérir des connaissances.» Mais la motivation ()e la technologie ne suffit pas.A titre d\u2019exemple, lorsque le projet d\u2019équiper les salles de classe de tableaux blancs interactifs, lancé par le gouvernement Charest, a été suspendu en novembre dernier, plusieurs y ont vu un exemple de technologies mal implantées, dénuées d\u2019impact positif sur les élèves en l\u2019absence de formation adéquate «ia gestion des émotions joue un rôle de premier plan dans l\u2019apprentissage )) FRED DUFOUR AGENCE FRANCE-PRESSE Susanne Lajoie des professeurs.Susanne Lajoie insiste donc sur le volet théorique derrière l\u2019élaboration de ces technologies destinées au milieu de l\u2019éducation.«Les jeux peuvent être de bons outils d\u2019apprentissage, mais seulement s\u2019ils sont conçus de façon spécifique.Notre mission est de favoriser la création de jeux à partir de techniques d\u2019apprentissages et de connaissances sur le processus d\u2019acquisition de compétences.» Le premier volet des recherches est donc une phase d\u2019observation : il s\u2019agit pour les chercheurs de comprendre «comment les gens apprennent et comment ils deviennent compétents.Quelles émotions et sources de motivation entrent en jeu dans le processus d\u2019apprentissage?Quelles sont les meilleures technologies à utiliser pour éveiller leur intérêt?».La mise au point d\u2019outils destinés à mesurer les émotions, la compréhension et les compétences permettra d\u2019approfondir les connaissances actuelles en matière de psychologie de l\u2019éducation.Le projet intègre ainsi de nombreux paramètres émotifs.«La gestion des émotions joue un rôle de premier plan dans l\u2019apprentissage », explique Su- L\u2019utilisation d\u2019ordinateurs et autres technologies informatiques à des fins éducatives gagnent en popularité dans les pays occidentaux.sanne Lajoie.En étudiant les réactions et les émotions d\u2019un étudiant en train d\u2019acquérir des compétences mathématiques ou des connaissances sur la circulation sanguine, par exemple, les chercheurs veulent parvenir à mieux calibrer des enseignements.Pour les étudiants en médecine, Susanne Lajoie utilise notamment la création d\u2019environnements numériques.Dans ces simulations, les étudiants sont amenés à perfectionner leurs connaissances hors d\u2019un cadre strictement théorique.Ils peuvent poser des diagnostics sur des patients virtuels, se confronter à des situations éprouvantes, comme annoncer une mauvaise nouvelle à un patient, et comparer leurs obser- vations à celles d\u2019experts.«Ce qui déclenche leur intérêt, c\u2019est de comprendre pourquoi il est important pour eux d\u2019apprendre une compétence donnée et de pouvoir situer leur apprentissage dans un contexte réel.Nous voulons qu\u2019ils puissent en voir la portée concrète, hors du contexte fermé d\u2019une salle de classe.» Interactivité Autre facteur de motivation à prendre en compte : l\u2019interactivité.Le principe est d\u2019engager l\u2019élève dans son propre apprentissage.«Pour favoriser la motivation, il faut doser la manière dont l\u2019étudiant est guidé.Il faut qu\u2019il puisse exercer un contrôle sur son apprentissage et que le rythme ne lui soit pas imposé.» Des applications mobiles pour apprendre l\u2019histoire sont par exemple à l\u2019étude.S\u2019agit-il d\u2019apprendre plus rapidement ou d\u2019en apprendre davantage?Susanne Lajoie parle plutôt d\u2019un apprentissage qui gagnerait «en profondeur, afin de maximiser leur potentiel.Nous voulons générer une compréhension plus riche, au-delà du fait d\u2019obtenir de bonnes notes».Et même si le projet ne fait que démarrer, Susanne Lajoie voit à long terme la possibilité de diriger les retombées des recherches vers toutes les salles de classe.Entre-temps, le projet bénéficie de subventions étalées sur les huit prochaines années.Collaboratrice Le Devoir GENIE APPLIQUE AU-DELA DE LA RECHERCHE, DES RÉSULTATS CONCRETS LE MONDE EST PETIT NOUS VOYONS GRAND DES CHERCHEURS DE CONCORDIA ONT TROUVE DES PREUVES CONCLUANTES DU 8 GRANDS DOMAINES DE RECHERCHE I \u2022\tENERGIE \u2022\tENVIRONNEMENT \u2022\tLOGICIELS ET APPLICATIONS INFORMATIOUES \u2022\tMATÉRIAUX ET FABRICATION \u2022\tSCIENCES DE L'INGÉNIERIE RECHAUFFEMENT DE LA PLANÈTE.ET MAINTENANT?\u2022 TECHNOLOGIES DE LA SANTE \u2022 TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION ET DES COMMUNICATIONS \u2022 TRANSPORT TERRESTRE ET AÉROSPATIALE ENSEMBLE, REPENSONS LE MONDE CENTRE DE RECHERCHE LOYOLA SUR LA DURABILITE Toute l'information sur nos programmes | de 2^ et 3^ cycles à www.etsmtl.ca ^Concordia UNIVERSITY r CONCORDIA.CA G 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 EEVRIER 2013 RECHERCHE ETUDE ET CONCEPTION DES JEUX Le jeu décrit ce que nous sommes Le pourquoi et la raison des choix Comme chercheuse, Mia Consalvo a su joindre l\u2019utile à l\u2019agréable.Passionnée par les nouveaux médias électroniques, et en particulier par les jeux vidéo, elle étudie le rôle que jouent ceux-ci dans nos vies.En qualité de titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l\u2019étude et la conception des jeux, elle sonde le comportement humain en se posant des questions comme: Pourquoi joue-t-on?Pourquoi choisit-on de tricher au jeu?Ou encore, en quoi les femmes se distinguent-elles des hommes ?CLAUDE LAFLEUR Elle n\u2019est ni conceptrice de jeux vidéo, ni psychologue ou sociologue, mais experte en communication.«J\u2019ai étudié la production médiatique, raconte Mia Consalvo, et ce qui m\u2019intéressait surtout, c\u2019était l\u2019influence des médias sur les gens, comment on perçoit les nouvelles, par exemple.A partir de là, je me suis intéressée aux nouveaux médias, étudier par exemple comment les femmes utilisent Internet.Et j\u2019en suis venue à m\u2019intéresser aux jeux vidéo, aux raisons pour lesquelles les femmes jouent ou ne jouent pas à ces jeux-là.A présent, je m\u2019intéresse aux joueurs en général, à la place qu\u2019occupent les jeux vidéo dans leur vie.» Mia Consalvo fouille surtout l\u2019aspect social et culturel du jeu.Pourquoi joue-t-on et à quel type de jeux?Quels choix faisons-nous en jouant?Quel type d\u2019interactions entretient-on avec autrui?Tricher avec soi-même Ce faisant, la chercheuse de l\u2019Université Concordia s\u2019est mise à étudier le comportement humain.Notamment, l\u2019une des grandes questions qu\u2019elle a approfondies est les raisons qui nous poussent parfois à tricher.«Je m\u2019intéresse depuis toujours aux raisons pour lesquelles les gens font tels ou tels choix, particulièrement dans leurs moments de loisir, dit-elle, d\u2019où mon intérêt pour les nouveaux médias, pour Internet, les jeux vidéo, etc.Ce qui est intéressant, c\u2019est qu\u2019on se retrouve à présent devant des choix qu\u2019on n\u2019avait pas auparavant.» Elle avoue volontiers que beaucoup de gens autour d\u2019elle considèrent que ce n\u2019est pas là un sujet d\u2019étude sérieux, qu\u2019elle perd même son temps, ce qu\u2019elle conteste puisque, a-t-elle constaté, il s\u2019agit d\u2019une façon très éclairante de scruter le comportement humain.C\u2019est ainsi qu\u2019elle s\u2019est beaucoup intéressée à la tricherie.« Je me suis d\u2019abord demandé comment les gens définissent la tricherie dans les jeux vidéo, dit-elle.J\u2019ai ensuite cherché à savoir ce qu\u2019ils se permettent et ne se permettent pas de faire.C\u2019est un sujet d\u2019étude très à propos, étant donné qu\u2019à l\u2019université, la notion de tricherie occupe une place particulière.» Elle a ainsi observé que bien que nous ayons à peu près tous notre propre définition de la tricherie, «la plupart des joueurs ne tricheraient pas en jouant \u2014 à moins de se sentir piégés ou de ne pas savoir quoi faire d\u2019autre.Ils ne tricheraient pas, puisqu\u2019ils se privent alors de la satisfaction de réussir ou de celle d\u2019accéder au niveau suivant».Ainsi, tricher revient à se berner soi-même.Plus globalement, la chercheuse observe qu\u2019on choisit de tricher ou non à l\u2019université en fonction de l\u2019intérêt que l\u2019on porte à la matière étudiée.«Si l\u2019étudiant estime que le Le jeu est d\u2019une façon très éclairante de scruter le comportement humain cours qu\u2019il suit n\u2019a guère d\u2019importance pour lui, il pourrait tricher, dit-elle.Par contre, s\u2019il accorde de l\u2019importance à la matière, il aura beaucoup moins tendance à tricher.comme lorsqu\u2019il joue ! » Elle s\u2019est aussi intéressée aux choix qu\u2019on fait lorsqu\u2019on peut décider d\u2019être un «bon» ou un «méchant» dans un jeu.Or, étonnamment, observe-t-elle, neuf personnes sur dix choisiraient d\u2019être des «bons».Pourquoi?Nombre de joueurs rapportent que c\u2019est dans leur nature d\u2019être «bons» \u2014 qu\u2019ils ont été «élevés comme cela» \u2014 et que, par conséquent, il leur est difficile de faire autrement.D\u2019autres considèrent simplement que la plupart des jeux sont conçus pour être joués par des «bons» et qu\u2019en étant «méchant», on manque une partie du jeu.Plusieurs jeux faisant d\u2019ailleurs appel à la collaboration entre joueurs, il est nettement plus avantageux d\u2019être «bon» que «méchant».De même, Mia Consalvo étudie les différences entre hommes et femmes à l\u2019aide des jeux vidéo.A l\u2019origine, rapporte-t-elle, beaucoup moins de femmes que d\u2019hommes y jouaient, mais cette différence tend à s\u2019estomper.Elle observe toutefois que les hommes ont tendance à jouer à des jeux compétitifs \u2014 des jeux dont on est «le héros» \u2014, alors que les femmes préfèrent les jeux d\u2019habileté mentale, les casse-tête et les énigmes.«B, y a bien sûr des femmes qui jouent à des jeux de compétition et des hommes qui aiment les puzzles», souligne-t-elle.Plateformes Parmi les tendances qu\u2019elle observe, il y a le fait que les jeux se répandent à présent sur une foule de plateformes ; nous n\u2019en sommes plus aux jeux disponibles sur ordinateur et sur console, puisqu\u2019on retrouve désormais des jeux pour les téléphones cellulaires, les petits lecteurs de toutes sortes et autres microappareils.Elle note aussi que de plus en plus de joueurs réclament des jeux qui se réalisent sur de courtes périodes, «des jeux qui ne demandent pas 90 heures pour aboutir au sommet!», ré-sume-t-elle.Dans tous ses travaux, M\u201c® Consalvo tente de comprendre ce qui motive nos choix.Au bout du compte, elle aimerait savoir jusqu\u2019à quel point les jeux prennent de la place dans nos vies.Ces questions sont d\u2019autant plus pertinentes que, de plus en plus, les jeux prennent toutes sortes de formes.C\u2019est dire que tout le monde peut jouer \u2014 ce qu\u2019on observe d\u2019ailleurs un peu partout \u2014, même en marchant dans la rue! Bientôt, la prochaine question qui s\u2019imposera peut-être : Pourquoi quelqu\u2019un ne joue-t-il pas?Collaborateur Le Devoir CATHERINE BELIVEAU Ælab: Forces et milieux.Une installation performative de 2011 à l\u2019Agora Hydro-Québec du Cœur des sciences de l\u2019UQAM.HEXAGRAM Des experiences culturelles propres à faire réfléchir le public La bonne nouvelle est tombée à la mi-janvier: le centre de recherche en arts médiatiques et technologiques de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM) se voit accorder cette subvention par la Fondation canadienne pour l\u2019innovation, du gouvernement du Québec et de différents partenaires.De quoi asseoir un peu plus la réputation d\u2019un organisme reconnu internationalement pour sa créativité et son avant-gardisme.HELENE ROULOT-GANZMANN Ici, point d\u2019enseignement, uniquement de la recherche.«Il existe en fait deux centres Hexagram, précise Gisèle Trudel, artiste, professeure à l\u2019Ecole des arts visuels et médiatiques de la Faculté des arts de l\u2019UQAM et directrice d\u2019Hexagram-UQAM depuis un an.L\u2019un à l\u2019UQAM, l\u2019autre à Concordia.C\u2019est une demande conjointe qui a permis en 2001 de créer ces centres.Ceux-ci sont affiliés aux deux universités, mais ils fonctionnent également de manière autonome: les chercheurs sont tous des professeurs appartenant aux facultés des arts, des communications et des sciences, et ce sont leurs recherches qui alimentent les activités des centres.» Du côté de l\u2019UQAM, 34 professeurs membres, qui tous, arrivent avec leurs étudiants et doctorants.Une grande majorité d\u2019artistes-chercheurs et de créateurs, même si certains d\u2019entre eux sont de purs théoriciens.Tous d\u2019éminents spécialistes en arts médiatiques.Arts quoi?«Il s\u2019agit des pratiques artistiques qui se servent des médias de communication, vidéo, son, interactivité, ordinateurs, nouvelles technologies numériques, robotique, intelligence artificielle,^ etc., mais dans un but de création non communicationnelle.Exit la publicité, la production télé, ou autre, explique Gisèle Trudel.On parle aussi d\u2019arts technologiques.En tant qu\u2019artist es, nous créons, mais là où nous sommes également des chercheurs, c\u2019est que le centre opère un jumelage entre la théorie et la pratique.Si je prends mon exemple, je ne suis pas théoricienne, mais je suis capable de parler des enjeux théoriques de la production d\u2019aujourd\u2019hui.Je ne suis pas une spécialiste de la théorie, mais la théorie influence ma pratique.On a vraiment une conjoncture très particulière.» De Saint-Pétershourg à Melhourne Ainsi, Gisèle Trudel s\u2019intéresse depuis une vingtaine d\u2019années au traitement des déchets et autres matières résiduelles.Il ne s\u2019agit pas pour elle de prendre position sur tel ou tel dossier, mais d\u2019engendrer une expérience esthétique qui s\u2019arrime aux préoccupations liées au développement durable.«L\u2019objectif est de ressentir les problèmes envi- ronnementaux, pas seulement de les comprendre, explique-t-elle./e travaille souvent avec des scientifiques dans mon travail.Je les invite à collaborer avec moi sur certains sujets.Sur le traitement des eaux,^ par exemple, j\u2019ai approché un biologiste qui a réalisé un système de filtrage à base de plantes et d\u2019algues.Avec lui, fai approfondi mes connaissances, et je les ai ensuite intégrées à l\u2019intérieur d\u2019une expérience sensorielle.Nous faisons des allers-retours avec d\u2019autres milieux, mais ce que nous réalisons demeure des expériences culturelles, propres à faire réfléchir le public.» Car le but n\u2019est bien entendu pas de garder ces œuvres bien au chaud entre les quatre murs des laboratoires d\u2019Hexagram, mais bien de les diffuser le plus largement possible.Les professeurs membres sont d\u2019ailleurs régulièrement invités dans les plus grands festivals, événements et expositions à l\u2019international.Rien que l\u2019an dernier, leurs œuvres se sont promenées à l\u2019International Cyber Art Festival de Saint-Pétersbourg, en Russie, au Tomorrow City Urban Screen d\u2019Incheon, en Corée du Sud, à l\u2019International Biennal of Media Art de Melbourne, en Australie, mais aussi à Shanghai, Pékin, New York, Los Angeles, Paris, Londres, Düsseldorf, Sâo Paulo, Berlin, Venise, etc.«Hexagram, via les créations de ses membres, jouit d\u2019une très grande notoriété tout autour de la planète, estime sa directrice.Nul n\u2019est prophète en son pays.et c\u2019est certainement là-dessus que nous devrons travailler ces prochains mois: au Québec et au Canada, nos centres sont reconnus dans le milieu universitaire, mais nous devons faire plus pour nous «Hexagram jouit d\u2019une très grande notoriété tout autour de la planète» l\u2019Agora Hydro-Québec, ce qui nous permet d\u2019organiser des colloques, des spectacles, des diffusions, explique Gisèle Trudel.Grâce à la subvention qui vient de nous être attribuée, nous allons pouvoir développer nos infrastructures avec notamment un nouveau dispositif audio, un système de capture du mouvement très perfectionné, un procédé pour la capture de cinéma numérique haute définition, etc.C\u2019est un appui en termes d\u2019équipement et d\u2019installations physiques qui va servir aux chercheurs et aux étudiants, qui eux aussi peuvent créer leurs propres projets.» De quoi accroître l\u2019aura de ce centre de recherche unique au Canada, douze ans après sa création.«Ça faire connaître du grand public a été une naissance un peu parti- d\u2019ici.Parce qu\u2019il y a vraiment une grande panoplie d\u2019expériences sensorielles à faire découvrir.» Avant-garde Les œuvres qui sortent des laboratoires d\u2019Hexagram, situés principalement sur le campus des sciences de l\u2019UQAM, sont de toutes natures.Vidéo, programme audio, installation interactive, etc.Des créations qui peuvent être diffusées tout autant dans des salles d\u2019exposition ou de spectacle que dans des théâtres, des usines désaffectées, et même en extérieur.«Hexagram est partenaire de culière, estime son actuelle directrice, parce qu\u2019il y avait la volonté de jumeler les deux universités, les cultures francophone et anglophone, de mettre en commun des pratiques et des réseaux très différents.Mais surtout, dès le départ, il y avait l\u2019envie de sortir d\u2019un cadre disciplinaire, d\u2019aller vers la transdisciplinarité.C\u2019était vraiment très innovant à l\u2019époque et c\u2019est ce qui fait que notre centre reste unique au Canada.Cette subvention va nous permettre de demeurer à l\u2019avant-garde.» Collaboratrice Le Devoir PIRCM INSTITUT DE RECHERCHES CLINIQUES DE MONTREAL Affilié à l\u2019Université de Montréal 36 LABORATOIRES BIOLOGIE INTÉGRATIVE DES SYSTEMES ET CHIMIE MEDICINALE CANCER I IMMUNITÉ ET INFECTIONS VIRALES | MALADIES CARDIOVASCULAIRES ET MÉTABOLIQUES I NEUROBIOLOGIE ET DÉVELOPPEMENT O Pierre Paradis Collection sous la direction de Renald Legendre Guide pratique des LE DEFI ÉDUCATIF COLLECTION 2- ÉDITION revue et enrichie 400 pages 32^$ d\u2019enseignement et d\u2019apprentissage 2\u2019EDITION REVUE et ENRICHIE Plus de 167 approches, stratégies et méthodes pédagogiques d'utilisation pratique pour tous les ordres d'enseignement : primaire, secondaire, collégial et universitaire.UNE PÉDAGOGIE DIFFÉRENCIÉE POUR UN RENOUVEAU SCOLAIRE PROGRESSIF, UTILE ET DURABLE 514 843-5991 LIDEC www.lidec.qc.ca http://www.ircm.qc.ca "]
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