Le devoir, 20 juillet 2013, Cahier E
[" La damnation de Faust et son magicien Robert Lepage Page e 3 Les objets rebelles de Tartiste Michel de Broin au MACM Page E 6 Cultiir CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAME ivres I MlA ACHE 21 JUILLET 2013 l dû \u2019fis O -Aniel, d\u2019Emily Molnar, chorégraphe et directrice artistique au Ballet BC.La troupe de la Colombie-Britannique ouvre le 22® Festival des arts de Saint-Sauveur n GREGORY BATARDON Harry, du chorégraphe Barak Marshall, par les Ballets jazz de Montréal.FREDERIQUE DOYON Le Ballet BC revient au Québec ragaillardi après avoir frôlé la faillite en 2009.La grandeur de la renaissance, mise en lumière à l\u2019ouverture du Festival des arts de Saint-Sauveur (FASS) ce jeudi, porte le sceau d\u2019un artiste bien-aimé de chez nous : José Navas.Quatre ans après avoir touché le fond, la cadette des compagnies de ballet au Canada semble vivre la saison qui consacre son retour en grâce.En novembre dernier, lors de la présentation A\u2019Aniel, dernière création de la directrice artistique Emily Molnar, le Vancouver Sun décrétait que sa vision de la compagnie commençait à prendre forme.L\u2019année 2013 venait à peine de débuter que le Dance Magazine hissait la troupe au rang des «25 à surveiller ».Quelques mois plus tard, le prestigieux festival américain Jacob\u2019s Pillow en faisait l\u2019une des 50 élues de sa programmation estivale.Alors que vous lisez ces lignes, le Ballet BC y livre d\u2019ailleurs ses dernières représentations d\u2019un programme dont les Québécois pourront voir l\u2019essentiel dès jeudi au FASS.« Un petit groupe de personnes dévouées a permis à la compagnie de se remettre sur pied», explique au Devoir Molnar, depuis la campagne du Massachusetts, à la veille des « Un petit groupe de personnes dévouées a permis à la compagnie de se remettre sur pied » \u2014 E.Molnar représentations de Jacob\u2019s Pillow.Pour sa part, l\u2019ex-muse de John Alleyne, le directeur précédent de la troupe, était «curieuse de voir comment une organisation pouvait se relever» d\u2019un tel marasme.Si la troupe avait déjà une signature plus contemporaine que ses aînées, l\u2019Alberta Ballet et le Royal Winnipeg Ballet, Emily Molnar a accentué cette facture en l\u2019éloignant des pièces intégrales et narratives que privilégiait son prédécesseur.«La compagnie était plus tournée vers ses propres chorégraphies [de John Alleyne].Je souhaitais qu\u2019elle devienne une plateforme de diverses voix chorégraphiques \u2014 d\u2019ici et d\u2019ailleurs \u2014, qu\u2019elle plonge davantage dans le contemporain par opposition au néoclassique.» Et l\u2019une des voix qui ont résolument imprimé leur marque sur le renouveau de la troupe est celle du chorégraphe José Navas, chorégraphe résident du Ballet BC depuis trois ans.Le créateur bien aimé des Québécois a revisité l\u2019icône du ballet classique Giselle en avril dernier, que le Vancouver Sun sacrait «l\u2019œuvre la plus significative de l\u2019histoire de la compagnie».Navas a aussi signé l\u2019œuvre courte Bliss en 2010 pour la troupe de la côte Quest.De Forsythe à Walerski A voir les extraits du spectacle à venir dans la campagne laurentienne, on ne peut s\u2019empêcher de voir des parallèles entre Ballet BC et certains MICHAEL SLOBODIA traits des Grands Ballets canadiens.Emily Molnar reconnaît la parenté \u2014 «Nous sommes les deux compagnies de ballet contemporain du Canada» \u2014 mais insiste aussi sur les différences.«On est plus petits [18 danseurs], on se concentre beaucoup sur la création et on travaille les pointes \u2014 au moins une fois à chaque programme \u2014 comme des extensions du corps», dit-elle, rapprochant la troupe de certains modèles européens.La directrice a d\u2019ailleurs dansé pendant cinq ans et chorégraphié pour l\u2019avant-gardiste Frankfurt Ballet, alors sous la direction de William Forsythe, dans les années 1990, avant de devenir première danseuse du Ballet BC.Elle foulait même les planches montréalaises sous cette bannière dans le fulgurant Eidos Telos en 1995, alors présenté par le défunt Festival international de nouvelle danse.Pas étonnant qu\u2019un extrait du duo Herman Sherman de cette époque de Forsythe s\u2019insère \u2014 jumelé à un autre duo extrait de Muse de Nicolo Fonte \u2014 entre les deux pièces de résistance du programme du FASS.Les deux œuvres principales qui ouvrent et ferment la soirée laurentienne mettent en valeur tous les danseurs de la troupe.Aniel, création d\u2019Emily Molnar, s\u2019articule autoiu d\u2019une pièce de style klezmer de John Zorn.«Aniel est vraiment différente de mes autres pièces, habituellement d\u2019un caractère plus philosophique.Celle-ci est volontairement ludique, explique la chorégraphe, qui a VOIR PAGE E 2 : BALLET BC LIEUX LIEUES TBïiaSi TROIS KILOMETRES DE SENTIERS-OEUVRES D\u2019ART EN FORÊT.TERRITOIRE )ire1art- PROGRAMMATION MULTIDISCIPLINAIRE.V LIEU UNIQUE À DÉCOUVRIR .NATURE LES JARDINS DU PRÉCAMBRIEN LA SONORITE DES MOTS 20 juillet : ART & POÉSIE avec Robert Lalonde \u2022\t27 juillet : ART & THÉÂTRE avec Alexis Martin www.jardinsduprecambrien.com 819 322-7167 ou 1 877 858-1222 de 10 h'à'17/:hA E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 JUILLET 2013 CULTURE JAZZ Wape Shorter, musicien de l\u2019année SERGE TRUEEAUT Chaque année c\u2019est la même histoire ! Au beau milieu du Tour de France rassemblant les bipèdes du monde mondial en proie à l\u2019Etat de Purification Olympienne (EPO), le magazine Down Beat publie les résultats de son enquête effectuée par 165 critiques de jazz.Le but de l\u2019exercice?Déterminer les meilleurs d\u2019entre le§ musiciens habités par l\u2019Etat de Transcendance Assistée (ETA).Ben quoi.Faut dire les choses telles qu\u2019elles sont: maintenant que les grimpeurs sont dopés, les souffleurs ne le sont plus.Nanananère.On croit que ce qui précède est la traduction d\u2019une Avancée des Divagations Neuronales (ADN) ?Bon.Sachez qu\u2019en Nestor Burma de la note bleue, on détient la preuve par excellence de ce qui a été écrit jusqu\u2019ici : Wayne Shorter a été sacré artiste de l\u2019année.Ce n\u2019est pas tout.Son album intitulé Without A Net et publié sur l\u2019étiquette Blue Note, pour laquelle il avait signé une série d\u2019excellentes galettes dans les années 60, a remporté la palme de l\u2019album de l\u2019année.Ce n\u2019est pas tout {his).Son quartet a été sacré meil- leur groupe de l\u2019année.Quoi d\u2019autre ?Il est numéro 1 dans la catégorie saxophone soprano et numéro 4 dans celle du ténor.Bon, dira-t-on, où qu\u2019elle est, la preuve ?Dans l\u2019âge de Shorter.Le 25 août il aura 80 ans.80, eau quai?Alors que les Jacques Anquetil, Laurent Fignon, Marco Pantani et autres maillots jaunis par les Ecchymoses Produites par l\u2019Ostéonécrose (EPO) ont été mis en bière avant d\u2019avoir atteint la mi-cinquantaine.Nanananère.{his) Après le bon, le bien.Amis lecteurs, ce qui suit devrait vous intéresser bougrement: le Miles Davis Quintet Live in Europe 1969: The Bootleg Series Vol.2, sur Columbia/Legacy, a été consacré album his-torique de l\u2019année, devant Charles Mingus The Jazz Workshop Concerts 1964-1965 sur Mosaic et Charles Mingus The Complete Columbia & RCA Album sur évidemment Columbia.Deux fois Mingus, yes ! Le Temple de la renommée Après le bien, à nouveau le bon.Lorsqu\u2019on a posé un œil à la rubrique Hall of Fame, dit Temple de la renommée, l\u2019œil en question s\u2019est enflammé avant que la grosse colère se ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le musicien Wayne Shorter, ici photographié au Festival international de jazz de Montréal l\u2019an dernier, a raflé quatre titres décernés par le magazine Down Beat.manifeste.De quoi s\u2019agit-il?De la forme insidieuse qu\u2019a prise le racisme ces années-ci.Mais encore ?Voilà.Voilà donc que le contrebassiste Charlie Haden vient de faire son entrée au Temple en question.On aime bien, on aime beaucoup Haden pour ce qu\u2019il a fait aux côtés d\u2019O mette Coleman, du Liberation Music Orchestra, pour son duo avec Hampton Hawes, pour sa participation à l\u2019Old and News Dreams et pour son Quartet West.On apprécie son jeu et on se régale encore et toujours avec certains de ses albums, qui doivent beaucoup plus aux.producteurs ou aux leaders de tel disque, on pense à Omette Coleman, qu\u2019à Haden.On le répète : il est un immense contrebassiste.Mais il n\u2019est pas l\u2019auteur de compositions célébrées par ses pairs et n\u2019est pas.En fait, lorsqu\u2019on a réalisé que Randy Weston, pianiste et compositeur immense, et Hank Mobley, le champion mi-moyen du saxophone ténor, ne sont toujours pas dans le Hall of Fame, ni d\u2019ailleurs Jimmy Heath ou Benny Colson, dont les pièces sont toujours jouées et enregistrées, on a.Les fils se sont touchés ! Car en mémoire nous est revenu un propos chuchoté dans l\u2019oreille d\u2019un journaliste du New York Times par le vice-président aux finances d\u2019un conglomérat; culturel situé à New York.A savoir que la grande majorité des consommateurs étant formée des Blancs, l\u2019identification à Diana Krall ou à Céline Dion, ce sont les noms qu\u2019il avait donnés, est plus facile.D\u2019autant que Krall et Dion sont, avait-il confié, «des valeurs de remplacement».Alors qu\u2019un Weston, qui a écrit notamment Hi Fligh, qui a enregistré avec tous les géants, qui a surtout été l\u2019architecte de la mise en relief musicale de la part africaine qu\u2019il y a dans le jazz, mettons qu\u2019il dérange.D\u2019autant plus qu\u2019il a fait école: Julius Hemphill, Chico Freeman, The Art Ensemble of Chicago, Arthur Blythe, David Murray, Hamiet Bluiett et bien d\u2019autres ont emprunté ses pas.Meilleur producteur Le pire, c\u2019est que les critiques ont sacré l\u2019Allemand Manfred Eicher, fondateur de l\u2019étiquette ECM qui esthétiquement penche continuellement sur la musique classique et contemporaine européenne mais jamais sur l\u2019africanité et le jazz, meilleur producteur de l\u2019année.Comme quoi les «votants» forment bel et bien la Société des Neurones Chloroformés par le Frette (SNCF).En fait, ils méritent la Tannée à Volume Atomisé (TVA).Amen! Le Devoir Hydro Québec présente WEVENEMENTS Du 31 juillet au 17 août 2013 1 INSTITUT CANADIEN D'ART VOCAL ICAV UN EVENEMENT UNIQUE À MONTRÉAL POUR LES AMOUREUX DE L\u2019ART LYRIQUE ET DE L\u2019OPÉRA 2 CONCERTS EXCEPTIONNELS Salle Bourgie, Musée des Beaux-Arts J 15 août, 7:30 pm L'ENFANT ET LES SORTILÈGES Maurice Ravel (version de chambre) LE BAL MASQUÉ Francis Poulenc CHANSONSMADÉCASSES Maurice Ravel Directeur musical : Paul Nadler / Metteur en scène : Joshua Major 17 août, 7:30 pm CONCERT GALA avec les 40 chanteurs du programme 2013 de l'ICAV 6 CLASSES DE MAITRE Salle Tanna Schulich\tSalle Serge-Garant\t Université McGill\tUniversité de Montréal\t 2 août, 7:30 pm\t31 juillet et 5 août, 7:30 pm\t8 août, 7:30 pm PATRICIA RACETTE\tJOANDORNEMANN\tJOSHUA MAJOR \t7 août, 7:30 pm\t9 août, 7:30 pm \tCLAUDE WEBSTER\tMICHEL SÉNÉCHAL 2 CONCERTS DE CHANT Salle Serge-Garant, Université de Montréal\t\t 3 août, 7:30 pm\tiOaoût, 7:30 pm\t LA VOIX EST JUSTE!\tLIEDER ET MÉLODIES\t www.festivaloperamontreal.ca Tarif UdeM : 10 $\tLaissez-passer intégral : 100 $ Tarifs Salle Bourgie : 15 à 25 $ Billetterie : www.admission.com 514-790-1245 Université fHri de Montréal IV\\I MiTk\u2018 iiml UiTniinl ShiLlund Kumilv Fuundiiliun Weinesses iÆm\\mî [-iiiii.i BALLET BC SUITE DE LA PAGE E 1 mis les danseurs dans des costumes aux couleurs vives.Je voulais me donner le défi de créer une pièce sur du jazz.J\u2019ai eu du mal à trouver et je suis finalement tombée sur une pièce de John Zorn, qui a un incroyable spectre musical, tant comme compositeur que comme saxophoniste.» Zorn y revisite ses racines juives.\tEmily Pour Petite cérémonie, le jeune chorégraphe français Medhi Walerski \u2014 également premier danseur du prestigieux Nederland Dans Theatre \u2014 s\u2019est demandé : comment se sentirait-on si l\u2019on vivait dans une boîte ?La pièce explore la dy- namique des relations, sous forme de courtes vignettes, reliées par une atmosphère cérémoniale.La seule fois qu\u2019on a vu le Ballet BC à Montréal, c\u2019était en 2002, à l\u2019invitation des Grands Ballets canadiens.Emily Molnar y interprétait Puck dans Songe d\u2019une nuit d\u2019été.Un personnage d\u2019elfe plantureux (Molnar a toujours dominé la scène du haut de ses six pieds) dont elle semble avoir légué à la troupe la magie intelli-Molnar gente, un peu espiègle et déterminée à rebrasser les cartes de la danse canadienne.Le Devoir Les 25 et 26 juillet, sous le Grand Chapiteau érigé au centre-ville de Saint-Sauveur.Danse et musique au PASS Le PASS propose pour la première fois un « spectacle international», genre de gala des étoiles de la danse mondiale dans lequel s\u2019insère notamment un extrait d\u2019A Few Minutes of Lock de Louise Lecavalier, les 27 et 28 juillet.Le Preservation Haii Jazz Band de La Nouvelle-Orléans lance le deuxième week-end du festival le 31 juillet.La compagnie italienne Artebaiietto présente un programme entier signé du chorégraphe Mauro Bigon-zetti (qui en fut le directeur artistique de 1997 à 2007), les et 2 août.Les Baiiets jazz de Montréai ferment la marche des activités payantes du PASS avec le programme de leur JO'\" anniversaire, vu à Montréal l\u2019automne dernier.MICHAEL SLOBODIA Pour Petite cérémonie, le jeune chorégraphe français Medhi Walerski s\u2019est demandé : comment se sentirait-on si l\u2019on vivait dans une boîte ?Votre nouvel horaire de sorties.Cinéma >\t22 juillet à 19h15 Une soirée avec Joachim Trier 2 pour 1 : REPRISE + OSLO, AUGUST (Norvège) Version originale norvégienne sous-titrée en anglais >\t26 juillet à 19h30 POST TENEBRAS LUX de Carlos Reygadas (Mexique, 2012) Version originale espagnole sous-titrée en anglais >\t31 juillet à 19h30 SURVIVAL LESSONS de Ryan McKenna (Canada, 2013) avec Guy Maddin, Dave Barber, Greg Klymkiw Version originale anglaise >\t31 juillet à 19h30 JOBS Le parcours de Steve Jobs de Joshua Michael Stern (États-Unis, 2013) avec Ashton Kutcher, James Woods Avant-première Seconde projection le 7 août Spectacles >\tJusqu'au 20 juillet SEANCES de GUY MADDIN Tournage devant public GRATUIT >\t25 juillet à 22h Le MEG au Centre Phi AGORIA - G.O'BRIEN - CA VAN DID - CA LOCOMOTE 18$ (taxes et frais inclus) >\tW août à 21h ARTHUR H Mystic Rumba Experience Première partie: AroarA 35 $ (taxes et frais inclus) Billets en vente dès maintenant Expositions >\tJusqu'au 24 août 2013 POP-UP! Un regard nouveau sur la production artistique montréalaise GRATUIT Conférences > Waoût à 18h30 KRZYSZTOF WODICZKO «Projections and instruments» GRATUIT Tous les films sont à 11,25 $ (taxes et frais inclus), sauf indication contraire.Programmation sujette à changement sans préavis.Consultez notre site Internet pour les dernières mises à jour.Centre Phi\u2014407, rue Saint-Pierre (angle Saint-Paul), Vieux-Montréal\u2014centre-phi.com phi ¦ TOUS LES TOUS LES LIEUX DE L'ART LE DEVOIR LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 JUILLET 2013 E 3 CULTURE>MÜS1QÜE CLASSIQUE La damnation de Faust et son magicien Robert Lepage CHRISTOPHE HUSS Les deux événements lyriques de l\u2019année au Québec se tiendront cet été: La damnation de Faust de Berlioz, mise en scène par Robert Lepage, prend l\u2019affiche au Festival d\u2019opéra de Québec les 25, 27, 29 et 31 juillet.Quelques jours plus tard, le 11 août.Yannick Nézet-Séguin dirigera une version de concert de Lohengrin au Festival de Lanaudiére.Voir au Québec le spectacle de La damnation de Faust conçu par Robert Lepage et Ex Machina tient du rêve éveillé, car nous n\u2019imaginions pas un instant que l\u2019immense dispositif puisse tenir, en largeur, sur la scène du Grand Théâtre de Québec, ce qui est pourtant le cas.Ce grand livre d\u2019images animées a été conçu pour Seiji Ozawa et le Festival de Matsu-moto en 1999, et fut repris subséquemment, sous la direction du même chef, à l\u2019Opéra de Paris en 2001.Une seconde vie à cette Damnation a été donnée par le Metropolitan Opera de New York en 2008.Lors de cette reprise, Lepage et Ex Machina ont perfectionné les projections, avec notamment la création d\u2019images animées selon les mouvements des interprètes et l\u2019intensité de la musique.Un choix risqué La damnation de Faust n\u2019est pas un opéra à proprement parler, mais, selon les termes de Berlioz, une «légende dramatique en quatre parties», librement inspirée de Goethe.Elle KEN HOWARD METROPOLITAN OPERA Un grand moment de La damnation de Faust est la scène de Pâques, lors de laquelle les christs pivotent en ime fraction de seconde à l\u2019apparition du diable.est un développement des Huit scènes de Faust, l\u2019opus 1 de Berlioz, composées en 1829 (et enregistrées à Montréal par Charles Dutoit pour Decca).La damnation de Faust peut être représenté en concert ou en version scénique, ce qui est plutôt rare étant donné la gageure que cela représente.Berlioz nous amène en effet en un quart de tour d\u2019un endroit à l\u2019autre, d\u2019une situation à l\u2019autre: plaines hongroises, chambre de Faust, cave de la taverne Auerbach à Leipzig, prairies au bord d\u2019un fleuve et paysage urbain sont les cadres qui se succèdent en moins d\u2019une heure dans la première partie! Le défi est pour le moins complexe.D\u2019ailleurs, même la création en 1846 s\u2019est faife en version concert.A vrai dire, la mise en scène de Lepage est strictement la seule version scénique crédible et cohérente qu\u2019il nous ait été donné de voir, la seule à la hauteur de l\u2019imaginaire délirant de la partition de Berlioz.La damnation de Faust de Robert Lepage se déroule verticalement sur une structure métallique de quatre niveaux devant une surface qui, au moyen de projections, peut prendre les apparences de ces lieux divers qui rendent cette légende dramatique si difficile à scénographier.Son grand moment est la scène de Pâques, avec les christs qui pivotent en une fraction de seconde â l\u2019apparition du diable.La vérité de la scène La production de New York, que verront les spectateurs de Québec, ajoute au spectacle original de Matsumoto et Paris, outre l\u2019animation des images, coordonnée avec la musique et les mouvements, une double couche de projections (devant et derrière les échafaudages).La principale scène qui y gagne est «L\u2019invocation à la nature», avec des arbres tridimensionnels qui se dessèchent au fur et â mesure que Mephisto avance sur scène.Il sera fascinant de voir en salle ces améliorations, fruits d\u2019une technologie plus poussée, car, hélas, lors de la projection en direct dans les salles de cinéma, cette Dam- nation avait été, dans l\u2019histoire de ces retransmissions cinématographiques, l\u2019un des deux ou trois spectacles les plus massacrés par le Metropolitan Opera lors de leur transposition â l\u2019écran.Le travail de Robert Lepage et de son équipe a été, heureusement, nettement mieux respecté et transposé dans le projet du Ring des Nibelungen de Wagner et La tempête de Thomas Adès.Sur le plan musical, nous restons dans l\u2019expectative la plus totale, â l\u2019exception de John Rely ea qui avait déjà incarné le rôle de Mephisto au Metropolitan Opera.L\u2019excellente Julie Boulianne s\u2019attaque ici â très forte partie avec le rôle de Marguerite, apanage de chanteuses de la trempe de Susan Graham, de Waltraud Meier ou d\u2019Anna Caterina Antonacci, qui chantera l\u2019œuvre les 12,15 et 17 septembre prochains â Montréal en ouverture de la saison de l\u2019OSM.Par contre, le chef Giuseppe Grazioli nous est totalement inconnu et de Gordon Gietz, qui chantera Faust pour la première fois, nous n\u2019avons en mémoire qu\u2019un terne Don José dans Carmen â Montréal il y a quelques années.Espérons qu\u2019il était alors dans une mauvaise passe, car le spectacle de lœpage mérite vraiment l\u2019excellence musicale.Le Devoir LA DAMNATION DE FAUST Festival d\u2019opéra de Québec.Les 25 (20 h), 27 (14 h), 29 et 31 (20 h) juillet à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec.Billetterie: 418 529-0688 De Patrice Chéreau à Robert Carsen, le Festival d\u2019Aix repense l\u2019opéra CHRISTOPHE HUSS à Aix-en-Provence Manifestation marquante de l\u2019Europe musicale en juillet, avant Bayreuth, Salz-bourg, Lucerne et les Prom\u2019s de Londres, tous déployés en août, le Festival d\u2019Aix-en-Provence est un rendez-vous majeur des amateurs d\u2019art lyrique.«L\u2019opéra doit être un art vivant, et non un art de musée.» En ces quelques mots au Devoir, Bernard Foccroulle, le directeur du Festival d\u2019Aix, dit tout.Tout de ce que l\u2019opéra devrait être dans notre société.Tout aussi de ce que l\u2019on peut expérimenter dans les spectacles phares de cette édition 2013.\\jà vie, avec ses hauts et ses bas; les risques, parfois présomptueux, et, en apothéose, l\u2019état de grâce.La différence dans la manière de voir l\u2019opéra entre l\u2019Europe, aventureuse, et l\u2019Amérique du Nord, plutôt conservatrice, a largement été décrite.Elle est exacerbée, en Europe, par ce qu\u2019on appelle le Regie-theater, terme désormais consacré qualifiant les mises en scène conceptuelles, oû l\u2019ego du metteur en scène prend souvent le pas sur le talent des copipositeurs et librettistes.A la barre du Festival d\u2019Aix, Bernard Foccroulle met un point d\u2019honneur â éviter les ex- cès qui font le quotidien des scènes allemandes et espagnoles: «Je ne cherche pas du tout à déranger ou à provoquer, je ne travaille pas avec les artistes qui se situent dans cette optique-là.et malheureusement il y en a beaucoup.» En d\u2019autres termes, Bernard Foccroulle ne partage avec son collègue Gérard Mortier qu\u2019une chose : un passeport belge.Un credo lœ contour final du cadre artistique se lit dans cette précision du directeur artistique: «Je ne suis pas intéressé par les gens routiniers et j\u2019aime inviter des artistes qui proposent des lectures fortes.Je ne suis pas là non plus pour «satisfaire la clientèle», mais pour prendre des risques et proposer de l\u2019inouï.» De ce point de vue, le fleuron absolu du mandat de Bernard Foccroulle est Le rossignol et autres fables, spectacle magique de Robert Lepage, présenté en 2010, et que le directeur du Festival est en train de vendre â ses partenaires de l\u2019Opéra du Bahreïn â l\u2019horizon 2015.Il rêve aussi d\u2019exporter Lepage un peu partout en Asie.Idées fortes, risques, absence de provocation autant que de clientélisme.L\u2019opéra, c\u2019est ça, évidemment, cet «enjeu musical et théâtral» dans lequel les deux Le Festival d\u2019Aix-en-Provence 1947 Fondation par Gabriel Dussurget.Aix est d\u2019abord un Festival Mozart, dont le grand prêtre, au pupitre, est Hans Rosbaud.Les noces de Figaro et Cosi fan tutte \u2014 dans des décors de Balthus \u2014 des années 1955 et 1956 entrent dans la légende par le disque.1950 et 1956 Une version de concert pionnière de L\u2019Orfeo de Monteverdi et la résurrection de Platée de Rameau ancrent l\u2019image d\u2019un festival redécouvreur d\u2019ouvrages baroques.1974 Début de l\u2019ère Bernard Lefort.Idée maîtresse : faire venir â Aix les plus belles voix du monde.En 1980, Montserrat Caballé et Marilyn Horne chanteront Semiramide de Rossini.1985 Union du cinéma et de l\u2019opéra.Claude Goretta filme et met en scène L\u2019Orfeo de Monteverdi.Michel Corboz dirige.Gino Quilico est Orphée.1998 Stéphane Lissner entame la révolution, poursuivie par Bernard Foccroulle, avec l\u2019union du théâtre et de la musique dans des spectacles â l\u2019identité forte.William Christie dirige Monteverdi.Lissner crée L\u2019Académie européenne de musique, centre de perfectionnement pour jeunes chanteurs.2010 Robert Lepage met en scène Le rossignol de Stravinski, spectacle phare du mandat de Bernard Foccroulle qui a succédé en 2007 â Lissner.Le budget du Festival 2013 est de l\u2019ordre de 29 millions de dollars et les spectacles alimentent télévisions et catalogues DVD.dimensions interviennent â parts égales.A cela se greffe une autre ligne directrice qui distingue l\u2019ère Foccroulle du Festival d\u2019Aix d\u2019il y a trente ans: «Pas de stars, mais de vraies équipes, composées des meilleurs chanteurs possibles.» L\u2019année d\u2019Aix Les spectacles de 2013 reflètent tous, â divers degrés de réussite, cet état d\u2019esprit: Elek-tra vu par Chéreau est un raz-de-marée d\u2019émotions qui rendent le spectateur groggy ; l\u2019univers du cirque donne au tragique du Ri-goletto du Canadien Robert Carsen la fatalité d\u2019un destin qui bascule sans filet.Don Giovanni, une reprise de 2010, «une des grandes lectures de notre siècle» selon Foccroulle, prête sérieusement â controverse.Magie de la technologie : ces spectacles, vous pouvez les vivre dans votre salon.Don Giovanni, tel que capté en 2010, vient de paraître en DVD chez BelAir; Rigoletto se trouve pour quelque temps en streaming sur le site du Festival et Elektra, diffusé hier en direct en Europe par la chaîne Arte, sera visible pendant quatre mois sur le site de la chaîne.Don Giovanni est une décapante relecture du Russe Dmitri Tcherniakov.Don Giovanni y est le mari d\u2019Elvira, cousine de Donna Anna, dont la fille est Zerlina.L\u2019action se passe dans la maison du Commandeur, qui meurt accidentellement, assommé par la chute d\u2019un livre de sa bibliothèque! Don Giovanni est un maniaco-dépressif qui a un pouvoir étrange dans les yeux.Quand il regarde une femme, elle s\u2019allonge! Un vrai Messmer du cul ! Tcherniakov, dans une action dilatée dans un temps, matérialisé par des chutes de rideau précisant les intervalles, met au jour un aspect rarement creusé, celui du désir féminin.Notre problème est qu\u2019un concept doit se tenir par rapport â l\u2019œuvre mise en lumière.Notre rejet de la proposition vient du fait que le spectateur n\u2019a pas â trier entre un quart d\u2019idées parfois lumineuses et trois quarts d\u2019impasses ou d\u2019incongruités.Le pari musical est réussi, avec un plateau quasi parfait: Rod Gilfry en Don Giovanni et, surtout.Maria Bengtsson en Anna, Kristine Opolais en Elvira et Joelle Harvey en Zerline.lœ récitatif hypnotique, géré par Marc Minkowski, dans la scène de séduction de cette dernière, restera gravé dans ma mémoire ad vitam œternam.Le Rigoletto de Robert Carsen est impeccable et cohérent.Tout se passe dans un cirque, ce qui permet de mettre judicieusement â contribution des acrobates, avec â la clé l\u2019image forte, â la mort de Gilda, d\u2019une chute finale du chapiteau, lâ même oû l\u2019héroïne s\u2019élevait vers les étoiles lorsqu\u2019elle évoquait son amour pour le duc.Les coquetteries voyeuristes \u2014 le duc fesses nues et des filles genre Crazy Horse qui se font cravacher \u2014 étaient inutiles.Somptueusement animé par Gianandrea Noseda, â la tête du Symphonique de Londres, le plateau décevait hélas: George Gagnidze, Rigoletto â la ligne de chant fatiguée, Arturo Chacon-Cruz, Rigoletto un peu gueulard, et Irina Lungu, pas toujours très juste.Elektra, de Patrice Chéreau, Richard Peduzzi et Dominique Breuguière (lumière), sera sur les scènes européennes, oû il tournera abondamment, l\u2019un des spectacles de notre décennie.Ce rituel décanté, dans une Grèce de chaux et de lignes pures, est une bombe théâtrale, portée par une chanteuse actrice renversante: Evelyn Herlitzius.Elle a, face â elle, trois partenaires idéaux: Waltraud Meier en Clytemnestre, la Canadienne Adrianne Piec-zonka en Chrysothémis et Mikhaïl Petrenko en Oreste.Sur scène, deux légendes, Donald McIntyre et Franz Mazura (78 et 89 ans), jouent Içs serviteurs, alors que Marie-Eve Munger, de Chicoutimi, excelle en 4® servante.Esa-Pekka Salonen tire de l\u2019Orchestre de Paris des dosages d\u2019une rare subtilité.De la limpidité et de la fluidité â tous les niveaux (décors, lumières, gestique, regards, transitions) naît une fulgurante évidence.Ce que Chéreau fait mieux que les autres, c\u2019est éclairer l\u2019œuvre pour en rendre la force brute et la vérité immanente.Ce faisant, il n\u2019a pas besoin de concepts.Comme le formulait Waltraud Meier au Monde : «Avec Chéreau, on ne \"fait\" pas, on est.» Vivement le DVD ! Le Devoir Christophe Huss était l\u2019invité du Festival d\u2019Aix-en-Provence aile.il j I Ç J I sallebourgie.ca I\t514-285-2000 La Fondation Arte Musica présente DIMANCHE 15 SEPTEMBRE \\ 15 H CAVATINES ET CONTREPOINTS Margie Gillis, danse Tedd Robinson, danse Jean Desmarais, piano Œuvres de BEETHOVEN, CHOPIN, DEBUSSY et SCRIABINE Dans [e cadre du 11° édition festival Quartiers Danses MERCREDI 25 SEPTEMBRE \\ 18 H 30 MUSICIENS DE L\u2019OSM Écrits de compositeur En alternance avec la musique, le comédien Gabriel Arcand lit des extraits des correspondances de MOZART et de SCHUMANN.MOZART Ouatuoren mi bémol majeur, K.493 SCHUMANN Ouatuor pour piano et cordes En collaboration avec l\u2019OSM JEUDI 19SEPTEMBRE\\11 H Les matinées baroques Récitals commentés d\u2019une heure sans entracte! RÉCITAL DE VIOLONCELLE Elinor Frey, violoncelle baroque Geneviève Soly, clavecin Œuvres de BACH, ABEL et GRAUPNER VENDREDI 20 SEPTEMBRE ET SAMEDI 21 SEPTEMBRE\\19H30 LES VIOLONS DU ROY Mathieu Lussier, chef Pascale Giguère, violon MOZART Sérénade « Une Petite Musique de nuit» HAYDN Concerto pour violon en sol majeur SCHUBERTQuatuor« Rosamunde», arr.pourorchestre VENDREDI 27 SEPTEMBRE \\ 19 H 30 ANGÈLE DJÜBEAU & LA PI ETA Portraits : ADAMS, GLASS et PART Le retour d\u2019Angèle Du beau sur la scène montréalaise ! MERCREDI 2 OCTOBRE\\19 H 30 Série Jeunes et pros AIMEZ-VOUS BRAHMS?MOZARTTrio pour piano, clarinette et alto en mi bémol majeur, K.498 BRAHMS Quatuor à cordes n° 1 en ut mineur, opus 51 BRAHMS Ouintette pour clarinette et cordes en si mineur, opus 115 M MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL FONDATION ARTE MUSICA Présenté par E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 JUILLET 2013 CULTURE.CINEMA i Amitiés sincères cache bien mal ses origines théâtrales, même si ses personnages gambadent d\u2019un endroit chic à un autre.Émotions téléguidées AMITIES SINCERES Réalisation : Stéphan Archi-nard, François Prévôt-Leygonie.Scénario : Stéphan Archinard, François Prévôt-Leygonie, Marie-Pierre Huster.Avec Gérard Lanvin, Jean-Hugues Anglade, Wladimir Yordanoff Ana Girar-dot, Zabou Breitman.Image: Stephan Massis.Montage: Rey-nald Bertrand.Musique: Côme Aguiar.2012, France, 104 min.ANDRÉ LAVOIE Les bons dramaturges et les bons scénaristes savent placer des «bombes à retardement» dans leurs intrigues, ces mensonges et ces secrets que plusieurs personnages ignorent et que tous les spectateurs connaissent, anxieux de savoir quand et comment ils éclateront.Stéphan Archinard et François Prévôt-Leygonie pourraient donner des cours sur cette technique à en juger par Amitiés sincères, une pièce à succès de leur cru devenue leur ticket pour le milieu du cinéma.Inspirés sans doute par les triomphes répétés de Francis Veber {Le dîner de cons) ou plus récemment par celui du Prénom, les artisans ôiAmitiés sincères lorgnent du côté de l\u2019esprit de camaraderie d\u2019un Claude Sautet, sans jamais faire preuve de la même élégance ou de sa sensibilité.Au mieux, l\u2019esprit de corps de ces trois copains dans la cinquantaine évoque les portraits un peu bâclés de Marc Esposito {Le cœur des hommes), avec en prime des dialogues beaucoup plus relevés.Faut dire que ces mecs-là, ils causent! Surtout Walter (Gérard Lanvin), un propriétaire de restaurant divorcé qui couvre sa fille Clémence (Ana Girardot, joli clone de Virginie Ledoyen) de façon maladive ; elle a 20 ans et on se demande comment elle a fait pour endurer si longtemps ce papa poule.La vie de ce gueulard de droite est ponctuée par ses rencontres hebdomadaires avec deux amis de longue date, Paul Qean-Hugues Anglade) , un écrivain en panne d\u2019inspiration, et Jacques (Wladimir Yordanoff), un libraire en panne de nouveaux défis.Ces deux-là n\u2019osent pas dire des choses qui pourraient mettre Walter plus en rogne que d\u2019habitude, lui qui ne supporte pas le mensonge ; le premier est l\u2019amoureux de la belle Clémence et le second refuse de lui révéler son homosexualité.Les fameuses bombes à retardement évoquées plus haut, ce sont celles-là.Elles vont bien sûr éclater à des moments (relativement) inattendus, et ce seront d\u2019ailleurs les seuls instants éclatants de cette comédie humaine cachant tant bien que mal ses origines théâtrales même si les personnages gambadent d\u2019un appartement chic à l\u2019autre.D\u2019ailleurs, même si la crise est évoquée à quelques reprises, elle ne semble pas trop ^fecter ces Parisiens qui passent leur vie entre le 14® arrondissement et file de Ré.Comme éclopés économiques, on a vu pire.On pourrait dire la même chose de ce «film de gars», même si ces figures masculines flirtent souvent avec les clichés les plus tenaces, défendus par des acteurs prêtant souvent leurs traits à ce type de héros.Car, disons-le, Gérard Lanvin en macho fort en gueule et Jean-Hugues Anglade en séducteur impénitent, ce n\u2019est pas tout à fait un casting audacieux.Ces choix reflètent ceux d\u2019apprentis cinéastes cherchant à plaire avant tout, à séduire par leurs mots d\u2019esprit, livrant une mise en scène au service du consensus.N\u2019est pas Sautet qui veut.Collaborateur Le Devoir Du réchauffé LES SEIGNEURS Réalisation : Olivier Dahan.Scénario : Philippe de Chauve-ron, Marc de Chauveron.Avec José Garcia, Franck Dubosc, Jean-Pierre Mariette, Cad Elmaleh, JoeyStarr, Ramzy Bédia.Photo : Alexandre La-marque.Montage: Florent Vassault.Musique: Guillaume Roussel.France, 2012, 99 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Patrick Orbéra, une ancienne vedette de foot dont la gloire d\u2019antan n\u2019est plus qu\u2019un lointain souvenir éthylique, accumule les visites devant le juge.Après sa plus récente frasque (frapper un arbitre en pleine émission de variétés), voilà qu\u2019Orbéra se voit contraint d\u2019aller entraîner une équipe d\u2019amateurs sur une île bretonne.Peu doués, les joueurs n\u2019en sont pas moins motivés, car de leur succès dépend la survie de l\u2019usine locale de conserve, lourdement endettée et menacée de fermeture.Décidé à se reprendre en main \u2014 et à regagner l\u2019estime de sa fille qu\u2019il n\u2019a plus le droit de voir \u2014, Orbéra invite les coéquipiers d\u2019autrefois à venir lui prêter main-forte.Bref, à l\u2019avant-plan, tout un chacun a quelque chose à prouver tandis qu\u2019à l\u2019arrière-plan, des enjeux socioéconomiques confèrent une urgence supplémentaire au récit.Un récit, on l\u2019aura compris, qui consiste en un ramassis de clichés et lieux communs d\u2019usage.Les films reposant sur une formule similaire sont en effet légion depuis 15 ans, de The Full Monty (des Chippendales patentés pour contrer le chômage dans une ville industrielle en crise) à Kinky Boots (des bottes pour «drag queens» pour sauver une vénérable fabrique de chaussures), sans oublier Brassed Off (une fanfare pour sauver une mine) et bien sûr notre merveilleuse Grande séduction (attirer un médecin pour assurer l\u2019implantation d\u2019une usine).Les seigneurs ne supporte la comparaison avec aucun car il se contente de reprendre la recette sans essayer de la rehausser avec ne serait-ce qu\u2019un seul nouvel ingrédient.Le Devoir WARNER BROS.FRANCE C\u2019est dans un film truffé de clichés et de lieux communs qu\u2019Omar Sy et José Garcia se donnent la réplique.k FILM MOVEMENT Skunk traverse son quotidien agité avec les yeux émerveillés d\u2019une fillette et la sagesse d\u2019une vieille âme.a\" Hydro Québec présente LE FESTIVAL INTERNATIONAL DU DOMAINE FORGET LA MUSIQUE DES GRANDS ESPACES DU 15 JUIN AU 25 AOÛT 2013 SERIEVIRTU05ES SANS FRONTIÈRES VENDREDI 26 JUILLET 20 H CORDES VIRTUOSES! Mark Fewer, violon | George Taylor, alto Paul Marleyn, violoncelle et plusieurs autres SÉRIE LES SOIRÉES JAZZ SAMEDI 27 JUILLET 20 H Renaud Garcia-Fons, contrebasse LES BRUNCHES- MUSIQUE Tous les dimanches de l'été! Du 9 juin au 1®'septembre Programmation complète domaineforget.com | 1.888.DFORGET Suivez-nous sur OQ Youfllü^ 1^1 Patrimoine Canadian canadien Heritage Québec! La banlieue, théâtre tragique BROKEN Réalisation : Rufus Norris.Scénario : Mark ORowe, d\u2019après le roman de Daniel Clay.Avec Tim Roth, Eloise Laurence, Gillian Murphy, Rory Kinnear.Image: Rob Hardy.Montage: Victoria Boydell.Grande-Bretagne, 2012, 91 min.ANDRÉ LAVOIE AU bout de cette rue, un cul-de-sac ceinturé par trois maisons identiques.La métaphore ne peut pas être plus limpide dans le premier long métrage de fiction du Britannique Rufus Norris, Broken, d\u2019après un roman de Daniel Clay.11 nous faut peu de temps pour découvrir le destin tragique des trois familles qui habitent dans cette lointaine banlieue de Londres, vivant leur existence en parallèle, sauf en de rares occasions, le plus souvent désagréables.Au milieu de ce marasme ordinaire émerge la figure de la jeune Skunk (Eloise Laurence, une révélation), dont la vivacité d\u2019esprit et la franchise détonnent dans cet environnement terne.Fille d\u2019un avocat calme et dévoué, Archie (Tim Roth), réminiscence avouée de la figure rassurante incarnée par Gregory Peck dans To Kill a Mockingbird, Skunk est parfois témoin, parfois victime, de la bêtise des gens de son âge, et tout autant des adultes.Cette diabétique dont la condition est une constante source de soucis semble entourée de gens à l\u2019esprit désordonné ou confus, malveillants ou malha-biles.La palme revient à Bob (Rory Kinnear), un veuf habitant à deux pas de chez elle, toujours en colère contre ses fiUes ou leur voisin simple d\u2019esprit, croyant (à tort) qu\u2019il a abusé de l\u2019une d\u2019elles.Elle est aussi témoin de l\u2019indécision amoureuse de Mike (Gillian Murphy), son professeur, qui fréquente sa « nanny », faisant aussi office de mère.Même son propre éveil à la sexualité ne sera pas simple, connaissant assez vite la trahison et le mensonge.Dans une cour à ferraille, sur le chemin de l\u2019école ou dans le confort douillet de sa chambre.Skunk traverse son quotidien agité avec les yeux émerveillés d\u2019une fillette et la sagesse d\u2019une vieille âme.Les drames ne manquent pas au bout de cette rue sans issue, vision explicite de l\u2019avenir en apparence bloqué de tous ces per- Les drames ne manquent pas au bout de cette rue sans issue sonnages, dont plusieurs connaîtront un triste sort, contraste saisissant avec le calme relatif des lieux.C\u2019est d\u2019ailleurs cette concentration de tourments spectaculaires, et même sanglants, qui pose problème.Dans un style réaliste sous une lumière rarement crue (l\u2019été semble en accord avec la grisaille britannique) et un montage fluide qui superpose les points de vue (les événements sont parfois décrits à deux reprises et sous deux angles différents), ce récit d\u2019apprentissage, aussi sincère soit-il, croule sous les épisodes mélodramatiques, enchaînés parfois à la vitesse de l\u2019éclair.De ce premier effort d\u2019un metteur en scène estimé de la scène londonienne (son adaptation théâtrale du film de Thomas Vinterberg, Festen, a connu un immense succès), il faut souligner son assurance à diriger des acteurs de tous les âges et de tous les horizons, souvent fort émouvants, et quelques audaces esthétiques.Moins une réussite qu\u2019un film chargé de belles promesses.Collaborateur Le Devoir Quebec -LE FESTIVAL DE-/^ anaudiere Desjardins Le plus grand festival de musique classique au Canada 13 juillet au 1 1 août 2013 encC^navec DECOUVREZ STEPHANE TETREAULT Samedi 20juillet/20 h ORCHESTRE DU FESTIVAL Stéphane TETREAULT, violoncelle CHARTWell Jean-Marie ZEITOUNI, direction Programme: PART, BRITTEN, RESPIGHI Pour te programme comptet: tanaudiere.org 1 800-561 -4343 SYAMAHA Québec\tCanadS LE DEVOIR, LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 JUILLET 2013 E 5 CULTURE* CINEMA Almodovar dans le rétro LES AMANTS PASSAGERS Écrit et réalisé par Pedro Almodovar.Avec Javier Camara, Carlos Areces, Raül Arévalo, Lola Duennas, Cecilia Roth, Blanca Suarez.Image: José Luis Alcaine.Montage: José Salcedo.Musique: Alberto Iglesias.Espagne, 2013, 95 min.MARTIN BILODEAU Pedro Almodovar n\u2019avait pas réalisé d\u2019aussi franche comédie depuis Attache-moi, en 1990.C\u2019était, à mon avis, son plus mauvais film en carrière.Les amants passagers se compare avantageusement à lui, désavantageusement à Femmes au bord de la crise de nerfs, son sommet dans le genre, qui a 25 ans cette année.Pour bien vous situer, c\u2019est dans cette direction qu\u2019il faut regarder, et pas dans les labyrinthes plus sombres de ses récents opus tels Étreintes brisées Ci La peau que f habite.Rupture de ton ou simple récréation ?Le temps nous le dira.Constatons simplement que la spontanéité et la désinvolture, si caractéristiques du cinéma de ses débuts, possèdent dans cette comédie baguettes en l\u2019air quelque chose de calculé et de domestiqué qui en diminue un peu l\u2019impact.Le cinéaste nous transporte à bord d\u2019un avion dont le personnel de bord, en classe Affaires, est au bord de la crise de nerfs.Le chef de cabine Qavier Camara, toujours excellent).amant du pilote bisexuel, ne sait pas tenir sa langue, si bien qu\u2019en peu de temps les passagers sous leur protection apprennent ce qu\u2019ils auraient préféré ignorer : le train d\u2019atterrissage défectueux de l\u2019appareil réclame un atterrissage d\u2019urgence, si possible en Espagne, alors que l\u2019avion en partance de Madrid se dirigeait vers Mexico.En attendant l\u2019issue, du calme por favor.À la rescousse : tequila, champagne, somnifères (toute la classe Economie dort paisiblement) et capsules de mescaline extraites du colon d\u2019un nouveau marié.Le cocktail, par son effet désinhibant, va déclencher un bal de révélations et de confidences scandaleuses.Sous le couvert de la comédie.Almodovar médite sur son pays en mauvaise posture sociale, économique, politique.L\u2019avion, si tout va bien, se posera à l\u2019aéroport désert de La Mancha, dernier éléphant blanc de l\u2019économie espagnole, ouvert en PPP en 2008, liquidé judiciairement en 2010.Tous les passagers de la classe Affaires, où se concentre l\u2019action de cette telenovella grand luxe décorée avec un soin méticuleux, sont emblématiques d\u2019une Espagne nauséabonde: membres du crime organisé, financier en fuite, dominatrix maître chanteur, tueur à gages, etc.Les trois stewards semblant sortir d\u2019une version gaie de Mary Poppins ainsi qu\u2019une voyante vierge et innocente assise en classe Affaires par un étrange concours de circonstances fournissent perspective et lignes METROPOLE EILMS Les amants passagers, dont l\u2019action se situe dans un avion dans le ciel de l\u2019Espagne, est une comédie bigarrée, truffée de blagues salaces et hautement divertissante à regarder.de fuite à ce tableau bigarré, truffé de blagues salaces, hautement divertissant à regarder.Mineur, cet Almodovar dix-neuvième du nom?Sans aucun doute possible.Mais fidèle, en esprit, au jeune cinéaste qu\u2019il a été et que, au-delà des chefs-d\u2019œuvre venus ensuite {Tout sur ma mère, Parle avec elle, Volver), on n\u2019a jamais cessé d\u2019aimer.Collaborateur Le Devoir Dire peu avec tant d\u2019éclat ONLY GOD EORGIVES (v.F.: Seul Dieu pardonne) Réalisation et scénario: Nicolas Winding Refit.Avec Ryan Gosling, Kristin Scott Thomas, Vithaya Pansringarm.Image: Larry Smith.Montage: Matthew Newman.Musique: Cliff Martinez.France-Danemark, 2013, 89 min.Au Cinéma du Parc en v.o.anglaise avec sous-titres français.ANDRÉ LAVOIE Si Antonioni avait cédé à la tentation du thriller ou du film de gangster, il aurait sans doute signé un film semblable à celui du Danois Nicolas Winding Refn, Only God Forgives.La comparaison flatterait ce cinéaste d\u2019une virtuosité remarquable, ayant connu succès et reconnaissance avec Drive.Il n\u2019en était pas à sa première réussite, loin de là; Pusher et Bronson sont de magnifiques cauchemars sanglants portés par des acteurs exceptionnels.Des visions oppressantes assaillent l\u2019esprit confus de ses héros, et ceux-ci se demandent parfois jusqu\u2019à quel point elles ont contaminé leur réalité.D\u2019où ces images monochromes (le rouge prédomine), cette bande-son dépouillée jusqu\u2019à l\u2019excès ou ces personnages traversant les lieux avec la démarche d\u2019un somnambule.Tout cela abonde dans Only God Forgives, variation maniérée d\u2019une tragédie grecque conçue par un esthète plus soucieux de faire gicler le sang que de voir triompher la vérité.Il y a beaucoup de duplicité dans ce drame hypnotique se déroulant à Bangkok, mais comme au lendemain d\u2019une guerre tant la ville apparaît tranquille et déserte.Julian (Ryan Gosling), un Américain en exil, gère avec son frère Billy (Tom Burke) un club de boxe, couverture commode pour leur trafic de drogues.Dans un geste impulsif, Billy tue une prostituée d\u2019âge mineur et son crime est puni de la main du père de la jeune fille, sous l\u2019impulsion de Chang (Vithaya Pansringarm), un policier éjecté d\u2019un film de Tarantino : taciturne, imperturbable, maniant le sabre tel un samou-raï.Au lendemain de ce sordide gâchis, comme sortie d\u2019un mauvais spectacle de SEVILLE Film esthétisant et énigmatique.Only God Forgives met en scène Ryan Gosling qui joue un homme à l\u2019esprit confus et castré par sa mère.travestis.Crystal (Kristin Scott Thomas, sublime de méchanceté à chaque instant), la mère des deux frères, débarque avec l\u2019intention ferme de venger la mort de son fils préféré ; elle ne fait pas de mystère sur ses préférences, et encore moins sur son mépris à l\u2019égard de Julian, dans une posture à faire frémir les psychanalystes.Ils risquent d\u2019ailleurs d\u2019être nombreux à se pencher sur ce film résolument énigmatique et farouchement esthétisant, imposant un rythme lancinant.Les scènes de violence et de torture, aux limites parfois de l\u2019insoutenable, sont exécutées avec un soin maniaque (sans mauvais jeu de mots), bien mieux que les rares scènes de sexe, pudiques et névrotiques, à l\u2019image de l\u2019esprit confus de Julian, assurément castré par une mère qui ne manque jamais de l\u2019humilier.Ceux qui voudront renouer avec les audaces et l\u2019atmosphère onirique de Drive seront quelque peu déçus (au dernier Eestival de Cannes, les huées témoignaient de cette insatisfaction), impression de retrouvailles ratées renforcée par la présence de Ryan Gosling dans les deux films, ici à la limite du pantin désarticulé.Il y a beaucoup à aimer, et à détester, dans Only God Forgives, tableau de grand maître où les éclairages du directeur photo Larry Smith et les synthétiseurs du compositeur Cliff Martinez contribuent à notre éblouissement embarrassé.Nicolas Winding Refit a ici peu à dire, mais il l\u2019exprime avec panache.Collaborateur Le Devoir Hier au goût du jour Un film au parfum d\u2019un vieux James Bond avec le goût d\u2019un film d\u2019action contemporain R.E.D.2 De Dean Parisot.Avec Bruce Willis, Mary-Louise Parker, John Malkovich, Helen Mirren, Catherine Zeta-Jones, Anthony Hopkins, Byung-hun Lee.Scénario: Johm Hoeber, Erich Hoeber.Image: Enrique Chédiak.Montage: Don Zimmerman.Musique: Alan Silvestri.États-Unis, 2013,116 min.MARTIN BILODEAU Red avait créé la surprise à l\u2019été 2011.Ce thriller d\u2019espionnage, mettant en vedette des acteurs quinquagénaires et sexagénaires dans la peau dure d\u2019agents secrets à la retraite forcés de reprendre du service, avait fait un malheur après du jeune public en salle, perçant une brèche dans la théorie commerçante hollywoodienne dopée au jeunisme.Red 2 pousse la même roue, cette fois pour démontrer que ces vieux rafiots que sont Bruce Willis, John Malkovich et Helen Mirren peuvent encore porter une franchise à bouts de bras \u2014 comme le fait l\u2019increvable Sylvester Stallone, de façon beaucoup plus bête mais avec autant de succès commercial, dans sa série The Expandables.Venons-en aux faits : Red 2 n\u2019est en rien inférieur à Red.C\u2019est déjà énorme.Rien d\u2019éton-nant, le budget a été revu à la SEVILLE Les dialogues entre Bruce Willis et Mary-Louise Parker sont des instants de plaisir.hausse.L\u2019argent sert ici à compenser l\u2019absence de surprise (on connaît déjà les personnages et leur dynamique) par la démultiplication de décors chics (Paris, Londres, Moscou) et de séquences d\u2019action va-va-voom.Amalgame de nostalgie et d\u2019adrénaline 2.0, le thriller de Dean Parisot {Galaxy Quest) possède le parfum d\u2019un vieux James Bond et le goût d\u2019un film d\u2019action contemporain.Red 2, c\u2019est hier au goût du jour.Vous ne serez donc pas surpris que l\u2019intrigue tire ses origines de la guerre froide.Une bombe fabriquée par un agent du MI6 enfermé depuis (Anthony Hopkins) a refait surface.Le gouvernement américain croit que Prank (Willis) et son complice Marvin Qohn Malkovich), tueurs retraités de la CIA, savent où elle se trouve.Rien n\u2019est plus faux, mais la poursuite se déclenche, avec tueurs à gages à leurs trousses, y compris leur vieille complice Victoria, jouée par une irrésistible Helen Mirren.Catherine Zeta-Jones fait également bonne figure en traître à la patrie gouailleuse et cochonne, un peu plus proche encore de la Kathleen Turner qu\u2019elle est en train de devenir.L\u2019intrigue aux retournements superfétatoires est prétexte à mieux : l\u2019interaction entre les personnages.Chaque échange de dialogue entre Willis et Mary-Louise Parker, sa petite amie qui rêve d\u2019une vie trépidante et l\u2019obtient, sont des instants de plaisir.L\u2019autodérision et l\u2019autoréférence forment le cœur de l\u2019affaire.Chaque acteur traîne dans Red 2 son bagage le plus lourd, Hopkins celui de Silence of the Lambs, Parker celui de Weeds, Malkovich celui de.Malkovich.On a du mal à s\u2019en plaindre, même si le film, par moments, tire en longueur.Collaborateur Le Devoir ?«Un dense tableau de l'Iran contemporain, bien écrit et bien joué.» Serge Kaganski, Les Inrockuptibles ?«Un moment saisissant de cinéma.» Arnaud Schwartz, La Croix UNE FAM LIE RESPECTABLE UN FILM DEMASSOUDBAKHSHI ?facebook.com/funfilmdistribution Qtwitter.com/FunFilmDist HiH tous les jours 13h05 - 15h00 19h00 EXC3NTRIS PRESENTEMENT A L'AFFICHE 5 4 847 2206 EXC3NTRIS LES AMANTS PASSAGERS PEDRO ALMODOVAR - 90 MIN, V.O.ESPAGNOLE AVEC S.-T.F.BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL OQ CINEMAEXCENTRIS.COM ET AUSSI A L\u2019AFFICHE; UNE FAMILLE RESPECTABLE HANNAH ARENDT L\u2019ECUME DES JOURS BEFORE MIDNIGHT SCUpeSOUP UN NOUVEAU COMPTOIR T ^\t^ SOUPESOUPÀEXCENTRIS i\tTOUS LESJOURS! m E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 JUILLET 2013 [DE ÏISD Objets rebelles et j utopies vacillantes > MICHEL DE BROIN WHITEOHWHITE; UNE EXPEDITION Eve Sussman, Rufus Corporation et Simon Lee Musée d\u2019art contemporain de Montréal 185, rue Sainte-Catherine Ouest Jusqu\u2019au 2 septembre MARIE-ÈVE CHARRON Michel de Broin est un artiste de première importance au Canada.Il a notamment reçu le prestigieux prix Sobey en 2007.U exposition-bilan de son œuvre présentée au Musée d\u2019art contemporain de Montréal (MACM) débute en force avec des œuvres emblématiques de l\u2019artiste.Ce sont par exemple Monochrome bleu (2003) et Keep on Smoking (2005-2010), deux œuvres qui se mesurent au réel de manière ludique; un conteneur à déchets devenu spa recycle certains poncifs du modernisme tandis qu\u2019un vélo trafiqué génère, par sa force motrice, d^es nuages de fumée.Les œuvres campent autant le bricolage sophistiqué de l\u2019artiste que sa propension à jouer avec les systèmes de toute nature pour en éprouver les limites et le fonctionne-ment.Sous forme de métaphore et d\u2019analogie, Michel de Broin ouvre des réflexions sur le pouvoir, la résistance et la perte.Le monde des objets que l\u2019artiste s\u2019approprie, détourne et transforme lie son art à des problématiques sociales grâce à des formules cryptiques souvent ingénieuses.Cette inventivité critique développée au fil du temps, l\u2019exposition la met à la vue sans toutefois l\u2019expliciter, comme l\u2019exigerait pourtant le contexte de cette «première présentation majeure dans un musée au Canada», dixit le communiqué.Parmi les 29 œuvres présentées sur 20 ans de pratique, le quart sont inédites.Cette place accordée à la production récente \u2014 dont une autre partie est exposée à la galerie Division à Montréal \u2014 dénote un désir de regarder devant.Ce n\u2019est pas un tort en soi, mais ces nouvelles œuvres appelaient une contextualisation plus généreuse.S\u2019agit-il d\u2019une simple continuité pour l\u2019artiste ?Intègre-t-il des nouvelles tactiques ou matériaux?Rien n\u2019est dit dans l\u2019expo à ce sujet.La dimension rétrospective du bilan s\u2019en trouve elle aussi réprimée et se traduit notamment par l\u2019exclusion de certaines œuvres-clés de l\u2019artiste, telles Shared Propulsion Car (2005) et Matière dangereuse (1999).Par contre, l\u2019exposition comprend d\u2019autres œuvres déterminantes de Michel de Broin qui, par leur caractère expérimental, ont même dû être actualisées.C\u2019est le cas à\u2019Objet perdu (2005-2013), où une machine à la fonction insolite se COLLECTION DE LARTISTE L\u2019œuvre Keep On Smoking (2005-2010) de Michel de Broin a été réalisée avec une bicyclette, une génératrice, une pile, une jauge analogique et une machine à fumée.C\u2019est une des œuvres emblématiques de l\u2019artiste.déploie sur les deux côtés d\u2019un mur.La pièce n\u2019a rien perdu de son pouvoir d\u2019évocation.L\u2019accrochage n\u2019emprunte pas un développement chronologique et mise volontairement sur des liens très ouverts entre des œuvres qui auraient toutefois bénéficié d\u2019être mieux circonscrites dans des regroupements éclairés et soutenues par des textes qui mettent en récit le travail.L\u2019emploi de cartels longs s\u2019imposait en plus grand nombre.Le catalogue peut venir à la % rescousse du visiteur néophyte, mais il présente aussi des lacunes par rapport aux attentes générées par cette exposition-bilan d\u2019un artiste de cette trempe.La présentation graphique dessert parfois les œuvres et, même si le texte de Daniel Sherer \u2014 auteur qui n\u2019a pas droit à sa notice biographique, nécessaire pour le situer \u2014 a le mérite d\u2019offrir une nouvelle lecture de l\u2019œuvre, il manque au catalogue des assises.En ce sens, l\u2019ouvrage publié en 2006 par Nathalie de Blois (MNBAQ et Galerie de l\u2019UQAM) demeure incontournable pour mieux comprendre le travail de l\u2019artiste.Cela dit, bien qu\u2019elles privent le visiteur d\u2019un certain approfondissement, les faiblesses de la présentation de l\u2019exposition n\u2019enlèvent pas aux œuvres de Michel de Broin leur potentiel d\u2019attraction, qui s\u2019opère singulièrement dans l\u2019humour et le détournement du réel.Eve Sussman Les œuvres d\u2019Eve Sussman, basée à Brooklyn, constituent l\u2019autre volet de la programmation d\u2019été du MACM.Sussman est bien connue pour sa transposition en tableau vivant des Ménines de Vélasquez, une véritable prouesse.Whiteonwhite, le titre de l\u2019exposition, fait cette fois référence à l\u2019œuvre phare de l\u2019artiste de l\u2019avant-garde russe Kasimir Malevitch, soit Carré blanc sur fond blanc (1918).Moins en fait pour son abstraction épurée que pour sa visée utopique et le constat de son échec.COLLECTION DE RICHARD J MASSEY NEW YORK Whiteonwhite : algorithmicnoir (arrêt sur image), 2009-2011, Eve Sussman, Rufus Corporation, vidéo, programmation unique, écran à codes, durée indéfinie.AVEC L AIMABLE PERMISSION DE LA CRISTIN TIERNEY GALLERY NEW YORK Yuri\u2019s Office, 2009, Eve Sussman, Rufus Corporation, installation sculpturale, collection de l\u2019artiste.Tout part de voyages que Sussman a réalisés en Asie centrale, en collaboration avec le collectif Rufus Corporation.\t \t \tEspace participatif présente par \tHydro Québec \tSeeràtanatèla \tQuébec S S rz.ojj\t t - i \\ fAUSk NATiONALDB\tPU
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