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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2013-09-21, Collections de BAnQ.

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[" Les valeurs nationales par Soleymanlou et Schwartz Page E 3 L\u2019appel à l\u2019engagement de Marie-Hélène Falcon Page E 5 CULTURE CAHIER E » LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 SEPTEMBRE 201 Le chaos comme plat de resistance De Picasso à Fellini, de Miss Liberty à EMs Presley, Maguy Marin convoque les figures de l\u2019histoire pour « organiser le pessimisme » DIDIER GRAPPE Cette pièce est «une célébration des petites luttes et des vaincus, ceux dont on n\u2019a pas entendu les voix et le message parce que l\u2019histoire salue toujours ceux qui ont gagné».Danse Danse lance sa saison à fortes doses internationales en accueillant la grande dame française Maguy Marin.Salves sert une rafale d\u2019images en éclats sondant l\u2019ambivalence d\u2019un XX® siècle ponctué d\u2019atrocités et de grands espoirs de liberté.Entretien avec une artiste qui défend une danse engagée depuis 30 ans.FRÉDÉRIQUE DOYON Salves arrive porté par des éloges qui font boule de neige depuis sa création en 2010, à la Biennale de la danse de Lyon.Sept danseurs y font défiler les scènes de la petite et de la grande histoire dans une forme de théâtre chorégraphié engagé dont Maguy Marin a le secret.L\u2019artiste, qui a participé à l\u2019éclosion d\u2019une nouvelle danse française durant les années 1980, y porte un regard à la fois poétique et politique sur le XX® siècle, et plus largement la modernité, surtout sur ses combats de l\u2019ombre, les plus porteurs de lumière.« Cest une pièce qui prend appui sur toutes les luttes et les résistances survenues dans ce siècle en Europe», explique Maguy Marin au bout du fil à Toulouse, sa ville natale où elle vient de se poser à nouveau avec sa compagnie.«On a cru, grâce au progrès, à l\u2019industrialisation, que le monde deviendrait plus juste.Des gens se sont battus pour ça.C\u2019est le caractère spécifique du XX^ siècle: une lutte antagoniste entre deux forces, une force de progrès social et une autre de fascisme qui a fait ce que l\u2019on sait.» Dans une suite de tableaux brefs qui font image, Maguy Marin n\u2019hésite pas à faire défiler les figures et symboles forts de l\u2019histoire récente, de Picasso à Fellini, de Miss Liberty à Elvis Presley.C\u2019est sa manière de saluer des œuvres qui ont fait acte de résistance et de tourner en dérision leur triste récupération par le capitalisme qui les a vidées de leur sens.«Quand Picasso peint Guernica au moment de la guerre d\u2019Espagne, il la peint avec la rage au cœur et l\u2019envie de laisser une trace de qui s\u2019est passé à ce moment-là.Aujourd\u2019hui, les plus grands bourgeois en ont des photocopies et c\u2019est bon chic bon genre de l\u2019afficher dans son salon», se désole-t-elle.Salves veut insuffler cet esprit de révolte perpétuelle, sans laquelle l\u2019humanité court à sa perte.«J\u2019espère qu\u2019on en sort un peu enragé, avec plein d\u2019énergie pour continuer à lutter, parce qu\u2019on n\u2019en a pas fini avec la chape du néolibéralisme et cette homogénéité que le monde est en train de produire.» Célébrer les petites luttes et les vaincus Dans la pénombre et une atmosphère de couvre-feu, des couples se brisent, des vases volent en éclats.Les scènes de ménage télescopent la grande vadrouille de l\u2019Histoire.Sa pièce n\u2019est ni une critique ni un portrait d\u2019une société à la dérive, mais «une célébration des petites luttes et des vaincus, ceux dont on n\u2019a pas entendu les voix et le message parce que l\u2019histoire salue toujours ceux qui ont gagné», dit-elle.Depuis longtemps, Maguy Marin œuvre à faire surgir «ces forces diagonales résistantes à VOIR PAGE E 2 CHAOS Les scènes de ménage télescopent la grande vadrouille de l\u2019Histoire.JEAN PIERRE MAURIN CHIHULY UN UNIVERS À COUPER LE SOUFFLE Achetez vos bidets dès maintenant sur acouperlesouffle.ca m^] MOINS D\u2019UN MOIS POUR VIVRE CETTE EXPÉRIENCE UNIQUE ! MUSËE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL :ette exposition est organisée par Le Musée des beaux-arts de Montréal en ooLLaboration aveo Dale CtiitiuLy./ Dale CtiitiuLy, Mille Fieri, 2013, 2,7 x lQr3.x 4,3 m.MBAM.¦-7 E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 SEPTEMBRE 2013 CULTURE CHAOS SUITE DE LA PAGE E 1 l'oubli» dont traite la philosophe Hannah Arendt.Née à Toulouse de parents espagnols qui ont fui le franquisme, elle a créé une quarantaine d\u2019œuvres, la plupart teintées par cette quête du vivre ensemble, la plupart cosignées avec son comparse, le compositeur Denis Mariette.Rapidement, elle impose son style ni tout à fait théâtral ni tout à fait dansé qui, à l\u2019époque, brise les codes esthétiques habituels.«Finalement, je suis aussi loin du théâtre que de la danse, constate-t-elle.Il n'y a pas tellement rde texte dans mes pièces et pas tellement de mouvement non plus.Je travaille surtout ^ sur des images.» La construction de Salves fait effectivement écho au cinéma, avec ses petites scènes créées «comme des plans-séquences» et réassemblées par un montage.«Il n'y a pas de continuité du récit, ce sont des fragments.» Plusieurs commentateurs ont comparé l\u2019impact de Salves à celui de May B, pièce qui a révélé la chorégraphe au monde \u2014 dont Montréal, qui l\u2019a accueillie \u2014 au début des années 1980.La pièce hommage à Beckett a peu à voir avec Salves, mais ce sont là deux pièces que Maguy Marin juge parmi les plus abouties de son corpus.Elle voit bien plus de parallèles avec Umwelt, qui ouvrait le Festival TransAmé-riques, à Montréal, en 2007.«Ça n'a rien à voir avec l'ambiance ûf\u2019Umwelt, mais sur la forme [une succession de tableaux], c'est comme un Umwelt en trois dimensions.Là on était dans l'aplat, ici on est dans le volume, on pénètre en profondeur.» Mission création Celle qui a dirigé le Centre chorégraphique national (CCN) de Rillieux-la-Pape pendant près de 15 ans (après avoir mené celui de Créteil et du Val-de-Marne) l\u2019a quitté en 2011 avant l\u2019échéance de son mandat, «pour laisser sa place à d'autres».Le contexte d\u2019un CCN est stimulant, mais plusieurs «missions» incombaient à la directrice, qui, à 62 ans, avait envie de se recentrer sur la création.A Toulouse, où six de ses danseurs l\u2019ont suivie, elle cherche toujours un lieu pour sa compagnie.Si le propos de Salves n\u2019est pas jojo et renvoie l\u2019humanité à ses écueils, il est traversé par la folle énergie de l\u2019espoir et de la liberté.Et il puise dans un humour absurde qui le fait triompher du cynisme.«Le succès de Salves tient au fait que ça finit dans une espèce d'orgie assez drôle, burlesque, que les gens apprécient.» Une scène à laquelle, surtout, ils peuvent s\u2019accrocher comme une bouée dans la tempête ou une luciole dans la nuit.Maguy Marin aime citer Walter Benjamin à propos de sa pièce qui enjoint ôé « organiser le pessimisme».Elle nous convie ici à nous nourrir du chaos comme plat de résistance.Maguy Marin «Il n\u2019y a pas tellement de texte dans mes pièces et pas tellement de mouvement non plus.Je travaille surtout sur des images.» D Le Devoir Voir > Un extrait de la chorégraphie Salves à ledevoir.com/culture/danse JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le samedi 14 septembre se tenait une manifestation contre la Charte et son chapitre sur les signes religieux ostentatoires.Sikhs, musulmans, croyants et incroyants déambulaient par milliers dans les rues du centre-ville à l\u2019invitation d\u2019Adil Charkaoui.Tout écartillée Odile Tremblay ercredi soir, je suis allée les voir à la place des Festivals : plus de 400 personnes armées de deux lampes lumineuses, venues créer des chiffres et des lettres éphémères.Les porteurs de flambeaux, sous les directives d\u2019un chorégraphe, formaient, torches en bas sur pastilles au sol, torches en haut, torches en croix, en clignotement, etc., le nombre 101, mais aussi MTL 101 etPQFlOl.La place des Festivals est mystérieuse le soir, à cause des éclairages qui jouent de contrastes et impriment des phrases vite balayées sur les murs.Tout est mutation, chatoiement.Ça sentait aussi le party.Les figurants scandaient des slogans entre les prises : «Le Québec en français! Les journaux en français!» (Là, on s\u2019inquiétait pour la Gazette.) Mais le groupuscule qui brandissait des drapeaux canadiens en entonnant l\u2019hymne national n\u2019a pas chanté trop longtemps.Il réenroula bientôt ses bannières, décampant sous les «Na ! Na ! Na ! Eh ! Eh, Eh ! Goodbye !» ironiques de l\u2019autre camp.Partenaires pour un Québec français (PQF) avaient battu le rappel de troupes, dont les grands syndicats et la Société Saint-Jean-Baptiste.Mario Beaulieu, le président de celle-ci, parlait d\u2019un français inclusif, langue commune de tous les Québécois.Mais les figurants, à vue de nez, étaient tissés dans la pure laine du cru.Bien entendu, ces torches humaines n\u2019existaient que pour la vision panoramique du symbole croqué par l\u2019appareil.Des caméras perchées sur des grues mobiles munies de nacelles captaient la scène pour mieux lancer les traces de lumière sur écrans petits et grands.Je restais en retrait, sourire en bas, sourire en haut, sourire en croix.Non, ce n\u2019était pas ça ! Fallait-il ressortir la loi 101 en ces temps de UNE PRESENTATION BNP PARIBAS I La banque d un monde qui change UNE COLLABORATION ICI «II») Raoio-canaDa T iJllVI T\\ IDOT CRÉATION 7 DOIGTS Main 4 E ET TEXTE SÉBASTIEN SOLDEVILA eouTn au texte MICHEL VÉZINA mise en suene SÉBASTIEN SOLBEVILA / SHANA CARROLL MU ÉMILIE BONNAVAUD / RAPHAEL CRUZ/ DANICA GAGNON-PLAMONDON / RÉMY GIRARB / PASCALE MONTPETIT / MATIAS PLAUL / SUZANNE SOLER / SAMUEL TÉTREAULT Théâtre du Nouveau NIonde À L\u2019AFFICHE! FORFAITS FAMILLE DISPONIBLES TNM.QC.CA 514.866.8668 NOUVEAU! LESMARDISÀ19H30 TÉLÉCHARGEZ NOTRE APPLICATION MOBILE Charte des valeurs sur fond de chicanes intenses?Même si on l\u2019appuie, cette loi-là.Oh ! cette troublante impression d\u2019huile jetée sur le feu.Montréalaise éprise de la mosaïque colorée qui compose la métropole, nationaliste amoureuse du français, mais ouverte, désormais le cul entre deux chaises, comme bien d\u2019autres, faut croire.Tout écartillée ! Le discours de la Société Saint-Jean-Baptiste tonne trop fort à mon goût.Ft même si ses voix officielles envoient verbalement à l\u2019écurie le vieux cheval de bataille des Francos contre les Anglos, on sent la bête qui rue derrière.La SSJB invite tous les indépendantistes à serrer les rangs derrière le projet de Charte, mais nous sommes divisés, justement.Faut dire que le samedi précédent, j\u2019avais croisé au détour d\u2019un boulevard la manifestation contre la Charte, et son chapitre sur les signes religieux ostentatoires.Ça déambulait calmement au centre-ville.Que voulons-nous offrir comme société d\u2019accueil?Le français, mais quel français?Un patrimoine, mais quel patrimoine?Une laïcité, mais quelle laïcité?mais par milliers, surtout des musulmans, des sikhs, des croyants et des incroyants.Avec des slogans là aussi : « Valeurs péquistes, valeurs racistes», etc.Re-malaise, car la manifestation était organisée par un type au passé nébuleux, Adil Charkaoui, d\u2019origine marocaine, dont on a dit qu\u2019il entretenait des liens avec al-Qaïda.Se détournant du personnage, les Juifs boudaient le rassemblement tenu jour de shabbat.Moi de même.J\u2019ai bifurqué dans une rue parallèle, rengainant ma sympathie à leur cause.Ce dimanche, une autre marche, cette fois en faveur de la Charte, est prévue.Les organisateurs attendent 15000 personnes.L\u2019ennui, c\u2019est qu\u2019en ces matières, on se sent toujours otage d\u2019intégristes des deux côtés de la balance : de ceux qui ont des « agendas » politiques, électoralistes, religieux fanas.D\u2019où l\u2019impression d\u2019être manipulés, avec interdit d\u2019avancer librement entre deux mondes, sans se voir lancer des noms d\u2019oiseaux.Soudain, je me suis sentie étrangère dans ma propre ville, émigrante de l\u2019intérieur, allergique aux slogans, avec ma main tendue, mon amour du français, ma volonté de l\u2019imposer.Mais que vient faire la religion là-dedans, si nul ne prétend évangéliser l\u2019autre ?me demandai-je.Ça vaut bien la peine d\u2019avoir un ministre de la Culture originaire du Cameroun, pour s\u2019émerveiller qu\u2019il retire l\u2019insigne de sa tribu d\u2019origine.Moi, je trouve ça charmant, les crânes de panthères totémiques.Poétique et tout.Maka Kotto devrait conserver le sien, même s\u2019il le retire pour l\u2019exemple.Car les élus, les plus visibles de tous au sommet de la pyramide de l\u2019État, ne seront pas soumis aux contraintes de la Charte.Faut se tordre le cou pour comprendre.Ft si le PQ mettait la charrue devant les bœufs.Car enfin, même dans les rangs de la pure laine cardée au terroir, les Québécois devraient d\u2019abord se demander qui ils sont?Les rapports avec les Premières Nations reposent sur de lourds silences.Avec les anglophones, le statu quo goûte l\u2019amertume et on feint d\u2019ignorer que leur langue est aussi celle de la mondialisation.Personne ne s\u2019entend d\u2019ailleurs sur la langue parlée ici.Le français ?Le québécois ?Posez la question autour de vous.Les avis diffèrent.J\u2019entends de dignes représentants d\u2019institutions linguistiques déclarer en coulisse que le «québécois» (de quoi s\u2019agit-il au juste?) deviendrait langue officielle, au lendemain de l\u2019indépendance.Mais nul débat là-dessus ! Un sujet éludé sur la place publique.Cette même pure laine connaît si mal son patrimoine, religieux, entre autres, rejeté souvent avec violence, sous la crispation de mauvais souvenirs, sans faire la part des choses.Ses empreintes sur un inconscient collectif pétri de culture chrétienne, sont évacuées avec l\u2019eau du bain.Laïcs, mais pas tant que ça, tous crucifix dehors.Je me souviens, oui, mais de quoi?Avant de réclamer aux nouveaux arrivants le sacrifice de ceci et cela, les descendants des pionniers pourraient d\u2019abord interroger leur propre psyché.Que voulons-nous offrir comme société d\u2019accueil ?Le français, mais quel français?Un patrimoine, mais quel patrimoine?Une laïcité, mais quelle laïcité ?On envoie des signaux tout croches.Allez donc demander aux néo-Québécois de trancher sans comprendre.otremblay@ledevoir.com LA VEILLÉE présente Partenaire de production Hydro \\JL Québec 17 SEPTEMBRE > 11 OCTOBRE 2013 MISE EN SCÈNE CARMEN JOLIN AVEC Nora Guerch Frédéric Lavallée Jean-François Blanchard et Jean-Marc Dalphond ié LA PREUVE V, ONTOLOGIQUES DE MON ^STENCE DE JOYCE CAROL OATES THEATRE PROSPERO 1371, RUE ONTARIO EST BILLEUERIE 514.526.65S2 WWW.THEATREPROSPERO.COM RÉSEAU ADMISSION 1 S55.790.1245 http://http://www.theatreprospero.com/spectacle/la-preuve-ontologique-de-mon-existence/ http://itunes.apple.com/app/id668035560 LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 SEPTEMBRE 20IS E 3 CULTURE'THEATRE Pour en finir avec le flou identitaire Mani Soleymanlou et Emmanuel Schwartz s\u2019affrontent autour des « valeurs » nationales CHRISTIAN SAINT-PIERRE De sa naissance en Iran jusqu\u2019à son installation à Montréal en passant par Paris, Toronto et Ottawa, Mani Soleymanlou a vécu mille et un tiraillements identitaires.Si bien qu\u2019en novembre 2012, le jeune comédien a décidé de prendre la plume et de faire de ses tribulations le sujet d\u2019un spectacle solo intitulé Un.Près d\u2019une centaine de représentations plus tard, notamment à Montréal, New York, Vancouver, Toronto et Paris, l\u2019artiste est forcé d\u2019admettre que son récit de déraciné ne concerne pas que lui.Spécialement en ces temps de tiraillements autour d\u2019une éventuelle Charte des valeurs québécoises et de la laïcité.«Il y a énormément de gens qui sont aux prises avec cette problématique que je croyais être seulement la mienne, explique le créateur.Je dois reconnaître qu\u2019il y avait un réel besoin pour une prise de parole de ce genre.Ce qui pour moi est un geste artistique constitue bien souvent pour le spectateur un geste social ou politique.Comme si mes mots, qui traduisent pourtant ce que je ressens intimement, finissaient par avoir encore plus de sens pour eux que pour moi.C\u2019est pourquoi, plus je présente le solo, plus je trouve ça nécessaire de le faire.En même temps, il m\u2019arrive de me sentir mal à l\u2019aise.Parce que ça soulève des questions graves.Qui suis-je pour dire ce que je dis ?Est-ce que je me donne trop d\u2019importance?Jusqu\u2019où est-ce que je peux endosser le vécu des autres ou parler en leur nom ?» Du monologue au dialogue Le solo de Soleymanlou agit en effet comme un canal.Il pousse le spectateur, immigrant ou non, à projeter sur cette quête identitaire ses propres doutes en matière de «valeurs » nationales.Afin de prolonger cette recherche de l\u2019autre en soi, mais également de rompre avec ce flou identitaire dans lequel il avoue lui-même être de moins en moins à l\u2019aise, Soleymanlou a senti le besoin de passer du monologue au dialogue, en l\u2019occurrence d\u2019entrer en relation avec un autre créateur, un comédien et auteur dont le bagage est différent, mais dont l\u2019identité est elle aussi composite.C\u2019est donc avec Emmanuel Schwartz, né à Montréal d\u2019un père juif anglophone et d\u2019une ^ -.\u2022\"A'.1 r.Mani Soleymanlou et Emmanuel Schwartz explorent leurs identités composites avec Deux.mère chrétienne francophone, que Deux a été élaboré.« C\u2019est niaiseux, explique Soleymanlou, mais cette collaboration est un peu partie du fait qu\u2019Emmanuel est l\u2019une des seules personnes avec qui je parle encore un peu en anglais.On ne s\u2019est jamais posé de questions là-dessus.Ça vient naturellement.Probablement parce que nous avons des références culturelles anglo-saxonnes en commun.C\u2019est à partir de cette constatation que j\u2019ai décidé que, contrairement à Un, qui entraînait le spectateur dans plusieurs villes.Deux serait ancré à Montréal et mettrait en scène un dialogue entre moi et un Montréalais de souche, un gars peut-être plus Montréalais que bien des Montréalais parce que bilingue.» Pour créer Deux, Soleymanlou s\u2019est courageusement donné comme contrainte de compléter, densifier, brouiller, reprendre et surtout annuler tout ce qui a été dit dans Un.«Je pense qu\u2019il était nécessaire que je tente, que f ose tenter de soutenir dans une véritable confrontation avec quelqu\u2019un d\u2019autre ce que f avais été capable d\u2019affirmer en solo.Je voulais être à même de tout récuser, de tout remettre en cause, la Dans l\u2019ombre de la Charte Bien entendu, les discussions enflammées au sujet de la Charte des valeurs québécoises et de la laïcité ont changé le cours des répétitions de Deux.« On en parle tous les jours, explique Schwartz.On essaie de se tenir à jour, de se renseigner sur ce qui se passe.A mes yeux, le spectacle est une tentative de métaphorisation du débat et du malaise qu\u2019il engendre dans la société québécoise.C\u2019est pourquoi on ne souhaite pas aboutir à une conclusion précise.On préfère poser de bonnes questions plutôt que d\u2019imposer des réponses.» Pour Soleymanlou, il n\u2019y a pas tant de matière à puiser du côté de la proposition du Parti québécois et de ce qu\u2019elle soulève.«J\u2019attendais cette charte avec beaucoup d\u2019impatience.J\u2019espérais vrai- conviction immigrante et identitaire aussi bien qu\u2019artistique, c\u2019est-à-dire l\u2019écriture même de la pièce.» Précisons ici que Deux aura une suite \u2014 intitulée Trois \u2014 et que ce dernier volet de la trilogie sera lui aussi créé en réaction au premier.Assis sur la clôture D\u2019un point de vue personnel, c\u2019est une expérience exigeante, avoue Schwartz.«Quel est mon avis sur ces questions?Mon identité, ce n\u2019est pas quelque chose de simple, mais est-ce que je peux me permettre de poser un regard sur la situation de Mani ?ment pouvoir la lire avant la première du spectacle.En fin de compte, je n\u2019ai rien trouvé là-dedans qui mériterait que je change quelque chose à la pièce.» Mani Soleymanlou estime que le PQ minimise le véritable problème en le coinçant dans une « Charte des valeurs » qui, en soi, ne veut rien dire.« Quand Pauline Marois compare notre situa- FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Est-ce que j\u2019ai assez souffert ?Est-ce que fai vécu assez de difficultés ?Est-ce que je suis assez informé ?Je ressens comme une sorte de paralysie devant tout ça.J\u2019ai toujours évolué dans une société confortable.Je ne sais pas comment gérer la misère du monde.Ce n\u2019est pas conciliable avec mon mode de vie occidental.Je me sens impuissant, pris entre responsabilité et culpabilité.Mon point de vue sur le débat linguistique au Québec est assez comparable.Je suis assis sur la clôture.Il y en a un qui me traite de bloke.L\u2019autre me traite de frog.A ce moment-là, j\u2019ai envie de tion à celle de la Erance ou de l\u2019Angleterre, quand elle prétend parler pour la soi-disant majorité, ça me donne l\u2019impression que c\u2019est du vide, que ce n\u2019est pas réfléchi, que tout cela n\u2019est qu\u2019un levier politique.Cela dit, comme l\u2019imaginaire collectif est imprégné par cette charte, que les gens vont forcément y penser, on n\u2019a pas pu s\u2019empêcher d\u2019y faire une petite allusion dans le spectacle.» t l' lA , \\/ .I\t1\t'/ / » \\L'\u2019! A fOw) .\\i'' kmkt.hiiist 'W, .-'I'Tja >/'î-a4 Cynthia Girard, Liberté, 2012, acrylique sur lin fait le portrait caricaturé de la loi spéciale.«Tell me what to do», lit-on \u2014 en anglais encore, mais pourquoi?\u2014 aussi sur le tissu à carreaux de ces bannières, prônant ironiquement le parti de la soumission.Bestiaire C\u2019est encore par l\u2019entremise d\u2019un bestiaire que l\u2019artiste imagine des récits pour ses œuvres, où les références à l\u2019histoire de la peinture servent également à renouveler un genre en particulier, le tableau d\u2019histoire.Les licornes, animal imaginaire par excellence, sont les protagonistes de cette série.De tableau en tableau, elles incarnent des valeurs: justice, égalité, fraternité.Ailleurs, d\u2019autres figures, telles Marie-Antoinette, le marquis de Sade et Lranco, complètent une galerie de personnage hétéroclite, différentes déclinaisons du pouvoir.D\u2019ailleurs, les œuvres font se côtoyer les motifs de matraque, de fouet et de phallus.L\u2019artiste concilie la facture naïve et humoristique qui est la sienne, assortie d\u2019une palette de couleurs pimpantes, avec des sujets complexes, ce qui, fort heureusement, embrouille l\u2019apparente littéralité du propos.En cela, la vidéç intégrée à l\u2019expo du groupe Epopée, des images en accéléré des manifs de 2012, apparaît superflue, coupe court là où un flou s\u2019imposait.Par contre, les autres invitations faites par Girard à des artistes (David Alt-mejd, Julie Doucet et Henry Kleine) fonctionnent mieux.Leur contribution ajoute au foisonnement de cette exposition qui fait réfléchir sur notre propension à défendre plus volontiers la paix et la fraternité, et moins aisément la désobéissance et la contestation.Les belles licornes ne sont peut-être qu\u2019un mirage.Bunker transfiguré Le vocabulaire épuré adopté par Alexandre David depuis le début des années 2000 a pu faire croire à un épuisement graduel de ses possibilités.Son intervention à la Parisian Laundry prouve qu\u2019il n\u2019en est rien.11 pourrait même s\u2019agir d\u2019une de ses plus fortes réalisations.L\u2019espace d\u2019intervention, le «bunker», y est pour beaucoup, en ce qu\u2019il diffère dramatiquement des cubes blancs (galeries et musées) où l\u2019artiste s\u2019est souvent illustré par le passé.David a pleinement exploité la hauteur du lieu industriel laissé à l\u2019état brut ainsi que l\u2019escalier donnant accès à un autre étage pour composer avec son contreplaqué habituel l\u2019œuvre L\u2019un sur l\u2019autre.Les structures en bois redécoupent l\u2019espace et en redéfinissent l\u2019exploration.Elles bloquent l\u2019accès au sol, mais aménagent une ouverture insoupçonnée à l\u2019étage par la création d\u2019un plateau.En jouant à la fois sur les plans horizontaux et verticaux de la pièce, l\u2019artiste multiplie le type d\u2019espaces (chute d\u2019une courbe, saillie d\u2019un plancher, renflement et creux d\u2019une banquette) dont il laisse ouverts les usages.L\u2019autre particularité de cette intervention architectonique est de révéler les aspects fonctionnels du «bunker», l\u2019escalier, certes, mais aussi sa porte de garage, des composantes physiques rarement dévoilées.L\u2019œuvre éprouve ainsi les limites du lieu, jusqu\u2019à montrer la porte de sortie, mais sqns nous inciter à la prendre.À l\u2019expérimenter, l\u2019œuvre prouve en effet qu\u2019elle contrecarre les prescriptions dont ce lieu pourrait être porteur.Collaboratrice Le Devoir DVoir aussi > D\u2019autres photos tirées des deux expositions, ledevoir.eom/ eulture/arts- visuels Entre prisons et libertés Mélanie Martin et Donatella Landi s\u2019intéressent à la question de la fabrication d\u2019un monde LES RESONANCES DE LIMAGE Donatella Landi CAN I STOP BEING WORRIED NOW?Mélanie Martin À la Galerie de l\u2019UQAM, jusqu\u2019au 19 octobre JÉRÔME DELGADO Entre les paysages sonores si soignés de Donatella Landi et les précaires constructions en carton de Mélanie Martin, il y a, a priori, tout un océan.Or, dans les deux cas, il est question de la fabrication d\u2019un monde, que celui-ci soit idyllique, ou protecteur, ou même vital.Présentés simultanément dans les salles de la Galerie de l\u2019UQAM, les films et vidéos de la réputée Italienne et l\u2019installation de fin de maîtrise de la Québécoise se rejoignent aussi du fait qu\u2019il s\u2019agit d\u2019œuvres immersives, de celles qui nous plongent dans un état de recueillement.Comme elle le fait souvent, la galerie universitaire réunit une figure internationale, à découvrir, et une artiste d\u2019ici, à connaître.Elles ont chacune leur espace bien distinct, ce qui leur évite de souffrir de la comparaison.Quoique.Le travail en images et en sons de Donatella Landi est si précis qu\u2019il gagne à être expérimenté seul, écouteurs à l\u2019appui.C\u2019est le cas de la vidéo Casting Madonna (2011), qui ouvre ce premier solo en terre canadienne, intitulé Donatella Landi.Les résonances de l\u2019image.Dans cette suite de portraits très actuels, mais soufflés par l\u2019histoire de la peinture italienne, l\u2019artiste impose un face à face très intime entre le sujet et le spectateur.VOIR PAGE E 10: PRISONS L -P CÔTE © GALERIE DE LUQAM Vue sur Les résonances de l\u2019image de Donatella Landi La Vitrine MONOGRAPHIE MILUTIN GUBASH Rodman Hall Art Centre/Brock University, Carleton University Art Gallery, Kitchener-Waterloo Art Gallery, Southern Alberta Art Gallery, Musée d\u2019art de Joliette 2013, 194 pages Attendue depuis des mois, la monographie consacrée à l\u2019artiste Milutin Gubash conclut un cycle de cinq expositions dans cinq musées.Mais elle n\u2019est pas le catalogue habituel des expos tenues en 2011 et 2012 à St.Catharines, Kitchener et Qttawa, en Qntario, à Lethbridge, en Alberta, et à Joliette.La dispersion de l\u2019ensemble appelait à produire un document inusité.Le bouquin ne bouscule cependant pas les normes.11 se décline dans la classique alternance entre textes et images et propose un survol de l\u2019univers de Gubash somme toute similaire à ce premier bilan.Parfois, la redondance semble même s\u2019être infdtrée parmi les essais des auteurs invités à disserter sur cette pratique versée dans l\u2019autofiction.Reste que l\u2019ouvrage s\u2019imposait, pour permettre de rassembler ce qui ne l\u2019était pas dans les salles.Et il recèle ses surprises, notamment l\u2019essai de la mère de l\u2019artiste, protagoniste récurrente de ses films, qui ne manque ni d\u2019humour ni d\u2019à-propos.Multidisciplinaire, réalisateur de faux sitcom, acteur, photographe, Milutin Gubash ne cesse de fabuler autour de son existence de Serbo-Canadien depuis 2002.La monographie ne met pas un point final à cela, souhaitons-le.Jérôme Delgado vGUIDO/ OLINAR Œuvres de 1955 à 1959 Du 21 septembre au 5 octobre 2013 En collaboration avec la Fondation Guido Molinari Catalogue en ligne : www.galerievalentin.com Coll.Fondation Guido Moiinari, © SODRAC, Photo Guy L'Heureux Galerie \\Alentin 1490, RUE SHERBROOKE OUEST \u2022 MONTRÉAL, QC \u2022 514 939-0500 Salle ® Alfred-Pellan CREDIT IMAGE EiemW [[s Pnk Umbrella 20i3 Ideta U Expositions ELENA WILLIS Cohésion Commissaire : Sylvain Campeau Expositions au Visite commentée; 29 septembre a 14 h 30 Catalogue d Etena Wittis disponible JEFFREY POIRIER Contenir i essaim MAISON DES ARTS DE LAVAL 1395, boulevard de la Concorde Ouest, Laval ?Montmorency H 311 ou 450 662-4440 www.viLle.LavaLqc.ca, onglet Culture Québec HH Québec ! E 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 SEPTEMBRE 2013 culture.de visu PRISONS SUITE DE LA PAGE E 9 Ces mères avec enfant gardent la pose, pratiquement immobiles.Si le bambin s\u2019agite et impose quelques légers replacements, c\u2019est l\u2019environnement sonore \u2014 le vent, notamment \u2014 qui apporte sa distorsion au tableau.Du coup, tout le hors-champ et plein de détails à l\u2019intérieur du cadre prennent du relief, comme cet écran vert \u2014 le green screen propre au tournage cinématographique.Dans son mélange de réel et d\u2019imaginaire, de passé et de présent, d\u2019iconographie religieuse et d\u2019Italie vernaculaire.Casting Madonna pose un pied dans la mémoire collective et un autre dans les souvenirs personnels de chaque spectateur.Face à face L\u2019art de Landi s\u2019appuie sur ce type de contrastes.Le morceau de résistance de l\u2019expo à rUQAM, l\u2019installation Le déjeuner sur Vherhe/Zoo (1993-2009), en est imbibé.Il consiste en deux éléments, un film projeté sur trois grands écrans et un ensemble de sept vidéos diffusées sur des petits moniteurs.Reliés par leurs bandes sonores plutôt ténues, ils se font face et occupent une vaste aire ouverte dans laquelle on déambule pour se perdre volontiers dans un espace-temps indéterminé.L\u2019opposition palpable dans la diversité des supports trouve écho dans le contenu.DansZou, on défile devant une série d\u2019animaux en cage.Dans Le déjeuner sur l\u2019herbe, on assiste, davantage passif, à une longue séance d\u2019oisiveté en plein air.Yeux en gros plan qui nous regardent d\u2019une part, panorama de personnages insouciants de notre présence d\u2019autre part.La prison des uns par opposition à la liberté des autres.Ton documentaire face à une mise en scène.Encore ici, la référence à l\u2019histoire de l\u2019art, en particulier à ce pivot vers la moder-nité qu\u2019est le tableau d\u2019Edouard Manet \u2014 Le déjeuner sur l\u2019herbe date de 1863 \u2014, permet d\u2019accentuer les contrastes.Ce monde révé qu\u2019on se fabrique depuis près de deux siècles, cette société du loisir tant décriée, se fait au détriment de la réalité, de la nature.Très habile, sans le hurler, Donatella Landi nous invite à y méditer.Une troisième oeuvre vidéo complète l\u2019exposition, Mio caro mia adorata (2013), dans laquelle l\u2019artiste oppose un récit en voix offk des plans fixes d\u2019un ruisseau.Cette première incursion dans l\u2019univers de Donatella Landi, largement exposée en Europe et présente à l\u2019actuelle Biennale de Venise, est un projet signé Louise Déry, directrice de la Galerie de l\u2019UQAM.Une caverne pour l\u2019ennui De son côté, Mélanie Martin use de moyens rudimentaires et de matériaux pauvres pour occuper quasi toute la salle qui lui a été réservée.L\u2019installation Can I Stop Being Worried Now ?, qui se présente comme une caverne, refuge ou prison, nous confronte également à la question essentielle du divertis-sement et de l\u2019ennui.Sa construction est tout aussi déroutante que le labyrinthe qu\u2019elle évoque.Elle nous mène, sans qu\u2019on s\u2019y attende, à une série de pétards mouillés paradoxalement fort efficaces.Collaborateur Le Devoir DVoir aussi > D\u2019autres photos tirées des deux expositions, ledevoir.com/ culture/arts-visuels LIM L.-P.CÔTÉ © GALERIE DE L\u2019UQAM Vue sur Can I Stop Being Worried Now?de Mélanie Martin, COLLOQUE INTERNATIONAL MAX ET IRIS STERN 7 Abstraction 5 + 6 octobre 2013 John ARMLEDER + Yve-Alain BOIS lelanie GILLIGAN Jaieh MANSOOR Mai-Thu PERRET Nicola PEZOLET Paul SCHIMMEL Ce colloque, présenté en lien avec un cycle d\u2019expositions d\u2019oeuvres de la Collection du Musée d\u2019art contemporain de Montréal, abordera une série de relectures récentes de l\u2019histoire de l\u2019abstraction et de problématiques qui concernent son statut dans la production artistique actuelle.Conférences en français ou en anglais Service de traduction simultanée Horaire détaillé + informations www.macm.org/stern Inscription 514 847-6266 Coût 20 $ /10 $ 185, rue Sainte-Catherine Ouest Métro Place-des-Arts I\t^ GNEMA Un rêve laïque pour Israël Alyah d\u2019Élie Wajeman aborde la mécanique de l\u2019immigration en évacuant toute considération idéologique ODILE TREMBLAY Entre Paris et Israël, un premier long métrage du Eran-çais Élie Wajeman arrive sur nos écrans.Lancé à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes, en salle l\u2019an dernier en Erance et ici à partir de vendredi prochain, Alyah, entre thriller psychologique et comédie romantique, aborde des thématiques inédites.A travers l\u2019histoire d\u2019un petit vendeur de drogue vampirisé par un frère toxique toujours en manque d\u2019argent, on découvre l\u2019agence qui s\u2019occupe de l\u2019immigration de Juifs en Israël, Valyah.Le cinéaste, Juif laïque et donc non pratiquant, dit avoir fait un premier film aux antipodes de l\u2019autobiographie.«Je n\u2019ai pas de frère, pas de famille en Israël, je ne deale pas avec ça.» Mais il précise s\u2019étre infiltré lors de l\u2019écriture du scénario comme candidat à Valyah auprès de l\u2019Agence qui offre des certificats de judaïté, rencontrant plusieurs aspirants à l\u2019immigration en Terre sainte.«J\u2019ai découvert à quel point plusieurs y allaient non par conviction sioniste, mais pour se refaire une vie après avoir échoué dans quelque chose, comme d\u2019autres s\u2019offrent un nouveau départ aux Antilles.» Dans le film, Alex (Pio Mar-mai), rançonné par son frère (le cinéaste Cédric Kahn), négligé par son père, écartelé entre un ancien amour et une nouvelle flamme, vend de la drogue pour s\u2019ouvrir un commerce en Israël, fuir sa famille et enfin réussir quelque chose dans la vie.«L\u2019histoire est traitée sans considérations idéologiques, explique-t-il.Dans une seule scène, on entend le mot Pales- f AZ EILMS Élie Wajeman explore la migration juive vers Israël et ses raisons multiples.tine.Sinon, rien.Alex veut partir non en quête de racines inconnues, mais pour se retrouver.Même s\u2019il n\u2019est pas innocent qu\u2019il émigre là-bas plutôt qu\u2019ail-leurs.Mon but était surtout de montrer des Juijs peu impliqués dans leur communauté religieuse.Je suis encore plus laïque que mes personnages.» Élie Wajeman est fier d\u2019avoir poussé Cédric Kahn à jouer pour la première fois.Voici le cinéaste de L\u2019ennui sous une grosse barbe.«Il est naturellement bon acteur et naturellement séduisant Le personnage du jrère brumeux l\u2019intéressait On ignore la cause de sa dérive.Il s\u2019est laissé entraîner dans des magouilles, mais il aime son frère aussi.D\u2019où les déchirement.» Le cinéaste admet que la partie émotive se joue entre les deux frères, ainsi qu\u2019avec l\u2019ami d\u2019Alex, instrument du miracle de la générosité.«Mais sans les femmes pour tendre un miroir de vérité, ces hommes perdraient leurs motivations.Elles sont la lumière.» Quant à l\u2019agence juive, il la voit comme un univers dur.« C\u2019est apparu après la création de l\u2019Etat d\u2019Israël et tout repose sur des mesures de sécurité très complexes.Il y a un truc bizarre au fait qu\u2019après la guerre, les certificats de judaïté ont été transformés en passeports pour un nouveau pays.Mais un départ sur trois après /\u2019alyah ne fonctionne pas.Bien des gens reviennent.Ils ont du mal à s\u2019acclimater là-bas.» Caméra à l\u2019épaule avec des acteurs qu\u2019on n\u2019a pas vus partout, dont Adèle Haenel et Sarah Le Picard, il a voulu marier souplesse et naturel dans son film où il mélange les genres.Désormais lancé, Élie Wajeman prépare son second long métrage; une production d\u2019époque à Paris, portrait d\u2019un jeune homme à la fin du XIX® siècle.\u2014 Je viens justement de rencontrer votre compatriote Niels Schneider en audition, dit-il.\u2014 Ça s\u2019est bien passé?\u2014 Super ! Le Devoir Changer le monde, une photo à la fois DA^S UN OCEAN DTMAGES Réalisation et scénario: Helen Doyle.Image: Nathalie Moliavko-Visotzky.Montage: Dominique Sicotte.Musique: Nigel Osborne.Québec, 2013, 90 minutes.ANDRÉ LAVOIE NOUS serions bombardés par environ 4000 images par jour, peut-on entendre dans le documentaire d\u2019Helen Doyle (Le rendez-vous de Sarajevo, Les messagers), judicieusement intitulé Dans un océan d\u2019images.Elles ne sont pas toutes inspirantes et transcendantes, cherchant le plus souvent à nous vendre quelque chose, un gadget, une idée, un rêve, même une valeur.Elles peuvent aussi dénoncer les folies meurtrières, les pulsions sanguinaires et les injustices de toutes sortes, passées ou présentes.Des observateurs pas comme les autres prennent leur caméra comme d\u2019autres la plume ou le pinceau: pour témoigner, mais pas seulement de manière distante et passive.Helen Doyle a rencontré dix photojournalistes et artistes pour qui l\u2019image photographique recèle une grande puissance évocatrice.Ils sont partout à la fois : EILMOPTION Les dix photojournalistes et artistes rencontrés par la documentariste nourrissent de leurs clichés la mer d\u2019images qui baigne notre ère.champ de bataille, scène de crime, bidonville, ruines fumantes d\u2019un attentat terroriste ou simplement dans leur atelier à reconstituer tout cela avec divers matériaux, et beaucoup d\u2019imagination.Multiplication des images Ces créateurs ne vivent pas dans la marge.Ils savent qu\u2019environ 1,8 milliard de téléphones cellulaires sont vendus chaque année et que ces appareils génèrent encore plus d\u2019images, diffusées sur toutes les plateformes à la vitesse d\u2019un flash de caméra.Cette prolifération rend-elle leur travail caduc et banal ?C\u2019est parfois la question qui les tenaille, mais d\u2019autres s\u2019imposent, teintées de doutes et d\u2019humanisme.Il faut d\u2019ailleurs entendre toute l\u2019émotion qui surgit des images, et de la voix, de la Canadienne Lana Slezic, de l\u2019Américain Stanley Greene ou du Néerlandais Geert van Kes-teren.Qu\u2019ils soient en Afghanistan, en Tchétchénie ou en Irak, impliqués corps et âme en ces tragiques contrées, ils scrutent une détresse infinie, et que l\u2019on aimerait mieux ignorer.D\u2019autres dénoncent avec autant de courage la mort de leurs concitoyens, comme l\u2019Italienne Letizia Battaglia, elle qui n\u2019a jamais cessé d\u2019illustrer les ravages causés par la mafia sicilienne depuis des décennies.Parfois, une médiation s\u2019avère nécessaire entre l\u2019horreur et celui qui l\u2019observe.Des créateurs comme le Québécois Bertrand Carrière, le Chilien Alfredo Jaar, le Erançais d\u2019origine cambodgienne Séra Phouséra Ing et l\u2019Italien Paolo Ventura proposent des visions recomposées des tragédies du passé, usant avec adresse des possibilités offertes par les installations dans des lieux symboliques, les poupées ou la bande dessinée.Toutes ces démarches originales se succèdent dans un film par ailleurs fort sage dans sa facture, la cinéaste effaçant sa propre signature au profit de celle de créateurs qu\u2019elle admire.Devant ce torrent d\u2019images exceptionnelles, prises sur le vif ou modifiées à la manière d\u2019une toile de maître, l\u2019écoute et la contemplation s\u2019imposaient pour elle, et maintenant pour nous.Collaborateur Le Devoir MUSÉE D\u2019ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Quéljec :: Phq® : Lisanne Lachance, Rouge coquette (aéta Rouge \\ I 19.09.2013-10.01.2014 CHLOE CHAREHE MUN MUNTADAS JEAN-MARIE GIGUÈRE JEAN-SIMON TROniER LISANNE LACHANCE CÉDRIC GINART & KARINA GUÉVIN 1200, rue Mill 514.933.6849 www.espaceverre.qc.ca EXPOSITION MATTHIEU HUCK - CÉRAMISTE « DE CORNICHONS ET DE THÉ » JUSQU\u2019AU 19 OCTOBRE 2013 Photo Matthieu Huok O GUILDE CANADIENNE DES METIERS D\u2019ART 1460-B, SHERBROOKE OUEST 514.849.6091 www.guildecanadiennedesmetiersdart.conn LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 SEPTEMBRE 2013 E 11 CULTURE.CINEMA Paris à tout prix, ou l\u2019identité d\u2019une auteure En puisant dans sa propre histoire, Reem Kherici fait vibrer une corde sensible chez les Français FRANÇOIS LEVESQUE Elle a l\u2019air ravie, Reem Kherici.Contagieuse, sa bonne humeur apporte un supplément de chaleur au décor «ultra nec plus» d\u2019Attraction communications, sis au 8® étage d\u2019un vaste immeuble du quartier Outremont.Pour le compte, Reem Kherici a de quoi pavoiser.En effet, Paris à tout prix, son premier long métrage en tant que réalisatrice (et coscénariste et vedette), est en tête du box-office à Paris depuis neuf semaines.Pour en assurer la promotion au Québec, la jeune femme n\u2019a pas eu à voyager bien loin, puisqu\u2019elle vit ici une partie de l\u2019année avec son compagnon Stéphane Rousseau, qui lui donne la réplique dans le film.Paris à tout prix relate les mésaventures de Maya, une styliste parisienne qui pourrait en remontrer aux protagonistes de la série Sexe à New York et à celles du film Le diable s\u2019habille en Prada.Boulot glamour, frusques et godasses assorties : Maya mène la grande vie d\u2019une «jet-setteuse», mais elle bosse, beaucoup, et passionnément.Et voilà que lors d\u2019un contrôle routier, un policier lui apprend que son permis de séjour est périmé.En moins de temps qu\u2019il n\u2019en faut pour dire Gucci, voilà la belle dans un avion pour le Maroc, pays d\u2019origine qu\u2019elle a quitté il y a 20 ans.Pur sucre De ce côté-ci de l\u2019Atlantique, on a vu Reem Kherici dans la comédie satirique OSS 117: Rio ne répond plus.Erançaise pur sucre née à Neuilly-sur- 4 PEDRO RUIZ LE DEVOIR Stéphane Rousseau incarne Nicolas, le patron créateur de mode de Maya, une jeune professionnelle imaginée et incarnée par son amoureuse Reem Kherici.Seine, elle arbore un héritage tuniso-italien séduisant.C\u2019est d\u2019ailleurs lors d\u2019un voyage en Tunisie, d\u2019où vient son père, qu\u2019a germé l\u2019idée de Paris à tout prix.«Je me rendais à un festival de films là-bas.J\u2019arrivais comme ça, à la douane, avec ma valise Louis Vuitton, les cheveux bien coiffés, les talons et tout, raconte-t-elle avec une bonne dose d\u2019autodérision.Quand le douanier s\u2019est adressé à moi en arabe, je lui ai montré mon passeport français, un peu pétasse dans l\u2019attitude.\u201cReem Kherici, c\u2019est un nom arabe\u201d, qu\u2019il a insisté.Plus tard, je me suis prise à imaginer ce qui arriverait si j\u2019étais forcée de quitter Paris pour aller vivre en Tunisie.» Pourquoi le Maroc plutôt que la Tunisie, alors ?«Pour le début du film, je voyais un Paris froid, bleuté.En deuxième partie, je voulais des panoramas chauds et colorés.La Tunisie, c\u2019est magnifique, mais c\u2019est très bleu, comme la Grèce.Le Maroc m\u2019offrait une esthétique plus chatoyante.» Un contre-emploi «J\u2019ai vu évoluer le projet depuis le début, confie de son côté Stéphane Rousseau, qui joue Nicolas, le patron créateur de mode de Maya.Je voyais Reem et ses amis travailler sur le scénario et les personnages.J\u2019avais envie d\u2019en être, évidemment, mais en même temps, je ne voulais pas être plaqué dans l\u2019histoire sous prétexte que nous formons un couple.» Qui plus est, avec ses spectacles qui le tiennent très occupé, l\u2019acteur-hu-moriste ne disposait pas de beaucoup de temps.«Nicolas est un rôle secondaire, mais il représentait un contre-emploi stimulant.J\u2019aurais pu le jouer \u201cgrande folle\u201d, mais on a plutôt opté pour l\u2019ambiguïté.Au départ, Nicolas donne l\u2019impression d\u2019être un boss tyrannique.Or il est juste très professionnel et très exigeant.» Pour se préparer, Stéphane Rousseau, artiste visuel à ses heures, a entre autres étudié Karl Lagerfeld, qui dirige la maison Chanel d\u2019une main de fer.Air du temps Gros succès en Erance, donc, pour Paris à tout prix, et ce, en dépit d\u2019une année jugée catastrophique pour le cinéma hexagonal.Chance de la débutante?Le cinéma demeure une industrie et ce genre d\u2019adage n\u2019y a guère sa place.Avec sa question identitaire prédominante, le film tombe pile dans l\u2019air du temps.«En Erance, on expulse énormément de gens de la sorte.Les contrôles sont plus stricts.Dès qu\u2019on a les cheveux foncés et la peau mate, on part avec un handicap.Je ne veux pas trop m\u2019avancer sur le terrain politique, mais disons que la popularité d\u2019un parti d\u2019extrême droite comme le Eront national, ça fait peur.Je suis Erançaise, et ces gens-là ne me reconnaissent même pas comme telle.» Avec son identité qui tient à un bout de papier arbitrairement accordé ou retiré, le personnage de Maya a visiblement trouvé un écho auprès du public.Quant à Reem Kherici, Paris à tout prix lui aura permis d\u2019affirmer la sienne, d\u2019identité, en tant qu\u2019actrice, scénariste et réalisatrice.Une identité multiple, en somme, comme son héroïne.Le Devoir Ce manque qui tenaille ABSENCES Réalisation et scénario: Carole Laganière.Image: Dominic Dorval.Musique: Luc Sicard.Montage: Aube Poglia.75 minutes.ODILE TREMBLAY Carole Laganière, qui fit ses premiers pas dans la fiction, nous a livré depuis d\u2019importants documentaires, dont deux primés aux Hot Docs : La fiancée de la vie et Un toit, un violon, la lune, le premier sur l\u2019enfance et la mort, le second sur la vieillesse et la vie.Avec ses portraits croisés AAbsences, réalisé comme cinéaste en résidence à l\u2019QNE, elle plonge de nouveau au cœur des grands questionnements.Cette fois, Carole Laganière s\u2019est attardée sur le lien absent ou brisé, qui bouleverse, et elle n\u2019a pas craint de plonger dans sa propre vie pour affronter une perte qui n\u2019en est pas totalement une, et dont le deuil est impossible à faire.Sa mère, qui souffre de la maladie d\u2019Alzheimer, est à l\u2019écran, d\u2019abord comme une voix sur un répondeur qui réclame des visites, oubliant qu\u2019elle en reçoit, ensuite comme une personne ramenée dans la maison de son enfance, qu\u2019elle ne reconnaît plus.Ce qui nous vaut des quiproquos involontairement drôles.La cinéaste craint de disparaître des souvenirs de sa mère et fait sienne la quête des autres, en suivant trois voyages de recherche, sans jamais appuyer l\u2019émotion, mais la trouvant à chaque détour.Lieux de passage Ici, des chambres d\u2019hôtel, des lieux de passage, en perte de traces, comme le sable, nous entraînent dans ce manque qui tenaille.Ainsi Inès, la Québécoise d\u2019origine croate, dont la mère est partie vingt ans plus tôt quand la famille vivait à l\u2019hôtel au cours de la guerre des Balkans.Et elle repart au pays, la cherche, la trouve, sans nécessairement combler son vide.Qu Déni, un écrivain américain dont le père, né en Gaspésie, avait refusé de OEEICE NATIONAL DU EILM DU CANADA Déni Y.Béchard est un écrivain américain à la recherche de ses racines gaspésiennes.lui parler de son enfance québécoise.Le voici parti déterrer ses racines, en se découvrant une immense famîUe \u2014 sa grand-mère est centenaire \u2014, publiant son expérience, mais ignorant pourquoi le père (qui a fini par se suicider) s\u2019était tu.Le cas de Nathalie est poignant.Sa sœur qu\u2019elle adorait a disparu en 2008.Elle la cherche dans les clubs de danseuses, parmi les prostituées des rues, atterrit à Toronto, mène l\u2019enquête avec la minutie d\u2019une détective qu\u2019aucune rebuffade ne décourage.C\u2019est de résilience qu\u2019ü est queshon ici.Car ces quêtes entrelacées témoignent de la nécessité de savoir, sans laquelle la vie tombe en perte de sens.Mais même quand le manque est comblé, le trou trop longtemps béant fait mal encore.Les blessures d\u2019enfance à travers la fanfille, pierre angulaire fi Absences, font écho à celles que chacun porte en soi.Alors on sait gré à Carole Laganière de tendre ce beau miroir discret, sans apporter de réponses, mais en mettant au jour, à travers des cas extrêmes, ces crevasses jamais comblées, qui déchirent à jamais les humains.Le Devoir EXCBNTRIS GABRIELLE LOUISE ARCHAMBAULT -102 MIN, V.O.FRANÇAISE BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL OQ CINEMAEXCENTRIS.COM ET AUSSI A L\u2019AFFICHE: Vie ET FLO ONT VU UN OURS DENIS CÔTÉ Egn ABSENCES CAROLE LAGANIÈRE\tC3'*\u2019l DANS UN OCÉAN D\u2019IMAGES - J\u2019AI VU LE TUMULTE DU MONDE HELEN DOYLE\tH'i\u2019l CAMILLE CLAUDEL 1915 BRUNO DUMONT\tcg'*'i JASMINE FRENCH (BLUE JASMINE) WOODY ALLEN\tB'»l CARRÉ ROUGE SUR FOND NOIR SANTIAGO BERTOLINO / HUGO SAMSON\tEN ATTENTE DEVISA M60 - FESTIVAL DES FILMS DE 60 SEC.DE MONTRÉAL DU 19 AU 22 SEPTEMBRE\t DOCVILLE-ELOTRODIA IGNACIO AGUERO - JEUDI 26 SEPTEMBRE À 20 H\t SOupeSOUp UN NOUVEAU COMPTOIR /\t^\t^ SOUPESOUP A EXCENTRIS 3/12 -Oct.X A^ONTREAL CHRISTINE JENSEN JAZZ ORCHESTRA -ALECWALKINGTON\u2019S CONTRABAND MARIANNETRUDEL + MORGAN MOORE + PHILIPPE MELANSON MARIANNETRUDEL + WILLIAM PARKER + HAMID DRAKE TRIO DEROME GUILBEAULTTANGUAY - CÉDRIC DIND-LAVOIE QUARTET CHET DOXAS QUARTET - TILTING -JANIS STEPRANS QUARTET - JEFF JOHNSTON TRIO MEND HAM - BENJAMIN DESCHAMPS QUARTET - LANCEMENT 3 SAX EXPRESSION ENSEMBLE RÉMI-JEAN LEBLANC - ISIS GIRALDO POETRY PROJECT LISANNETREMBLAY 4TET - QUARTETSKI DOES STRAVINSKY -THEYOUJSH CRAIG PEDERSEN QUARTET - MARGIN GARBULINSKI QUINTET - NORDESTTRIO LITANIA PROJEKT - JOEL KERR QUARTET - RENÉE YOXON & MARK FERGUSON JOHN RONEY &JAZZLAB ORCHESTRA + MARK FERGUSON 1^1 Patrimoine Canadian canadien Heritage TOUS LES JOURS! Québec Si caissede laculture MontréaiE LE DEVOIR ITALMELODIEn.http://cinemaexcentris.com E 12 LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 SEPTEMBRE 20IS ICINEMA WARNER BROS Jake Gyllenhaal incarne Loki, mystérieux justicier apparemment au service d\u2019une justice divine davantage qu\u2019humaine dans cette viiie où rien ne va pius.La direction d\u2019acteurs de Denis Viiieneuve atteint ici des sommets.Les énigmes noires mais sublimes d\u2019une Amérique damnée PRISONERS Réalisation: Denis Villeneuve.Scénario : Aaron Guzikowski.Avec Hugh Jackman, Jake Gyllenhaal, Viola Davis, Maria Bello, Melissa Leo, Paul Dano, Terrence Howard.Image: Roger Deakins.Musique: Johann Johannsson.Montage: Joel Cox, Gary Roach.146 minutes.ODILE TREMBLAY Le voici enfin en salles à travers l\u2019Amérique du Nord, le fameux Prisoners, premiers pas de Denis Villeneuve à Hollywood, et premiers pas libres, puisqu\u2019il a pu faire ce qu\u2019il voulait, sans perdre le contrôle du dernier montage.Opus magnum du cinéaste québécois, ce brillant thriller porté par une douleur et par une violence diffuse et omniprésente joue avec le système nerveux du spectateur.Il faut entrer dans Prisoners comme dans un territoire de damnation, où des questions existentielles sont posées en énigmes irrésolues, sur des plans sublimes.Qui est le héros ici?Nul n\u2019est vraiment net.On avance entre boue et lumière.Les intentions désespérées produisent des résultats ignobles.Villeneuve et son scénariste Aaron Guzikowski psychanalysent l\u2019Amérique d\u2019aujourd\u2019hui, balayée par la crise, dans une ville qui manque de tout, dont les bâtiments et les institutions se lézardent, avec le spectre de l\u2019autojustice, récurrent dans une société américaine armée jusqu\u2019aux dents.L\u2019âme d\u2019un homme se fissure aussi, celle de Keller Dover (Hugh Jackman dans son rôle le plus intense et le plus fort).Sa fille, comme celle des voisins, a été kidnappée.Le bizarroïde Jones, tramant par là (Paul Dano, qui tient si bien la note ahurie et aiguë dans les rôles de marginaux), est relâché par la police.Et Keller Dover le kidnappe pour en tirer des aveux, lui faisant subir les pires tortures dans une fabrique abandon- La force et l\u2019angoisse du film de Villeneuve vous hantent encore des heures après le mot «Fin» née, aussi glauque que les horreurs qui s\u2019y déroulent, sous la complicité passive et horrifiée des voisins en quête de leur fille aussi.Keller Dover est alcoolique.Il conserve dans son sous-sol des provisions pour survivre aux apocalypses, délaisse sa femme (Maria Bello), toujours à moitié ivre de pilules.Ajoutez le profil intrigant de la mère de Jones (Melissa Leo), veuve prisonnière de ses fantômes.Le film est parsemé de symboles, de labyrinthes, de tatouages, de jeux de pistes, alors que la caméra du grand Roger Deakins capture une flaque d\u2019eau, un visage tuméfié à peine entrevu, des silhouettes derrière des vitres, des lofts abandonnés, des murs brisés.Les forêts abritent des monstres, et les ombres s\u2019agitent partout, arsenal poétique qui habille le rythme lent, comme on maquille un mort.Les décors s\u2019insèrent dans l\u2019action, les bruissements, la musique, poussant la même roue du malaise effroyable.Tous les personnages avancent masqués, dont l\u2019inspecteur Loki Cake Gyllenhaal), tatoué, cerné, insolite, sans coéquipier au milieu des situations les plus dangereuses, mystérieux justicier apparemment au service d\u2019une justice divine davantage qu\u2019humaine dans cette ville où rien ne va plus.Gyllenhaal parvient à faire vivre ce profil dé-pourvu de vrais contours, en enfer lui aussi, sans qu\u2019on saisisse bien pourquoi.Rien n\u2019est plus angoissant au cinéma qu\u2019une violence davantage suggérée que montrée.Même si le sang et les coups sont au programme, le climat presque insoutenable du film repose sur le non-dit, le non-montré.On pense au terrifiant Seven de David Fin-cher pour l\u2019atmosphère sombre d\u2019horreur muette, de disparitions brutales, de considé- rations morales flottantes, conférant au thriller psychologique une dimension supérieure.On parle peu ici, on s\u2019explique encore moins.Jamais le parallèle entre la ville déglinguée et les disparitions sordides n\u2019est nommé.Derrière le voile des fausses douceurs, rage et carnage se marient.Mais tout au long du film, par-delà l\u2019admirable direction d\u2019acteurs, un sommet pour Villeneuve, la tension scénaris-tique est soutenue.Chaque arbre, chaque bout de chemin, chaque pièce, chaque visage ami peut dissimuler une trappe ou un piège.Des arroseurs sont arrosés.Le dénouement remarquable ouvre une porte \u2014\tmais est-ce bien une porte?\u2014\tsur quelque rédemption entrevue.La beauté, la force et l\u2019angoisse du film de Villeneuve vous hantent encore des heures après le mot fin.Ce très douloureux Prisoners est une oeuvre de maîtrise et de ^tyle, qui offre en miroir aux Etats-Unis une atmosphère délétère, comme dans une nouvelle d\u2019Edgar Allen Poe.Le Devoir ?« UN REMARQUABLE CONTE CRUEL » Marc-André Lussier, La Presse «TRÈS RÉUSSI, COUREZ VOiR CE FilM: » ReneHomier-Roy, Ici Radio-Canada Délicieux appel à toutes les tolérances GABRIELLE Réalisation et scénario: Louise Archambault.Avec Gabrielle Marion-Rivard, Alexandre Lamy, Métissa Désormeaux-Poulin, Benoît Gouin, Isabelle Vincent, Marie Gignac, Robert Charlebois.Image: Mathieu Laverdière.Montage: Richard Comeau.Musique: François Lafontaine.104 minutes.ODILE TREMBLAY Gabrielle est un tour de force.Un film humain et émouvant, dont les prémisses étaient fragiles et qui sut découvrir sa grâce, trouver son souffle.En donnant la vedette à Gabrielle Marion-Rivard, qui souffre du syndrome de Williams, la cinéaste prenait le risque de failles d\u2019interprétation, mais la lumière qui émane de cette attachante jeune femme éclaire ce tendre drame où l\u2019amour et l\u2019opiniâtreté créent les lendemains possibles.Le film eût pu facilement verser par ailleurs dans la mièvrerie.Mais non! Une pudeur le sauve des ornières de la facilité et cette histoire d\u2019amour et de dépassement dégage une beauté pure, irradiante, communicative, appel à la tolérance sous toutes ses formes en ces temps troublés.Louise Archambault, derrière Familia, offre à cette fiction, parfois captée sur le vif, à la recherche des expressions des visages, du corps en mouvement, un côté documentaire qui lui confère ce naturel si séduisant.Le scénario n\u2019est pas en reste, appuyé sur des péripéties, sentimentales ou collectives, qui font sans cesse rebondir l\u2019action.Dans la chorale dont les membres ont des handicaps mentaux, ne tombe pas amoureux qui veut.Pourtant, la vibrante Gabrielle et Martin (le comédien Alexandre Lamy, très juste, primé à Angoulême) s\u2019éprennent l\u2019un de l\u2019autre à la folie.Au grand malaise de la plupart des adultes, surtout de la mère surprotectrice de Martin (Marie Gignac), outrancière quand même à travers l\u2019expression de ses préjugés.Benoît Gouin, dans un rôle de tuteur bienveillant de la famille d\u2019accueil qui abrite Gabrielle parmi d\u2019autres pensionnaires, pour une fois n\u2019est pas entraîné du côté du rictus, mais maîtrise les nuances de ce beau personnage qui carbure au respect.Les répétitions de la chorale sont l\u2019occasion de portraits maison des membres, aux handicaps divers, sauf le comédien Alexandre Lamy en Martin, émouvants profils croqués par la caméra mobile, qui trouve en eux ombre et lumière.Le chant les relie, et par-delà l\u2019éblouissante finale du concert, ces harmonies vocales en commun ouvrent sur la Iraternité et donnent lieu à une redécouverte de la chanson Ordinaire, par exemple.Robert Charlebois, en vedette invitée, est parfait, chaleureux, généreux.On salue aussi le charme de la scène d\u2019amour si fraîche entre les deux tourtereaux.Le public québécois a plébiscité Louis Cyr et semble avoir besoin de héros qui l\u2019invitent à se dépasser.En Gabrielle, film qui pourrait très bien déborder du succès d\u2019estime pour atteindre un large auditoire, les spectateurs trouveront cet appel d\u2019air si salutaire.Le Devoir VA Le syndrome de Williams dont est atteinte Gabrielle Marion-Rivard en faisait un choix risqué, mais la lumière qui émane de l\u2019attachante jeune femme éclaire le drame.4^ .FESTIVAL DE CINEMA , Al a\ta a 7\t« g SELECTION » officielle ^ P W0RLD lAI Festival A B S Quatre q uêtes, un même silence UN FILM DE Carole Laganière -f ^ GAGNANT MEILLEUr'% § EILM CANADIEN 8 \u2022\t%\tFIFA 2013 DANS UN OCÉAN ?IMAGES J\u2019AI VU LE TUMULTE DU MONDE UN FILM D'HELEN doyle I DANS-UN-OCEAN-DIMAGES Filmoption Il International FESnWROEUROCH£Ue20I3 lECriON OFFICIELLE \u2022 Alfred Bauer Prize ^ ^ ¦ Internationale' n K Filmfestspiele i ?Les Fiches du cinéma I fl ?Cahiers du Cinéma ?1^ Le Monde Brendan Kelly The Gazette .LesInrockuptibles Scott Foundas i Variety UNSiB A L'AFFICHE VERSION FRANÇAISE\tVERSION ANGLAISE I I\u2014EXC3NTRIS\u201411\tCINÉMA i i-cinepiexodeon-11 I 514M7-2206\t|| LE CLAP | IFORUM CINEMAS M CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS\tI PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE! [CINÉMA\tk?'t I 2396, B»aut>i«n Ë.721-60*0 | EXC3NTRIS rtg-tt ; ¦¦.: f \u2019T T - I S '.\t\u2019 Il ,/i , \u201c \" A L\u2019AFFICHE DES LE 20 SEPTEMBRE! CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS 2 ONF.CA/ABSENCES\tC cok I "]
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