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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2014-03-22, Collections de BAnQ.

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[" Sciences : Les effets du manque de sommeil chez les enfants et les ados Page b 6 Michel David : la question linguistique s\u2019est invitée dans la campagne Page b 3 Manon Cornellier etla gifle de la Cour suprême à Stephen Harper Page b 2 PERSPECTIVES CAHIER B .LE DEVOIR LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 MARS 2014 .«srflw .1 À ce jour dans la campagne électorale, aucun des principaux partis n\u2019a encore fait part de ses engagements en éducation.Éducation JACQUES NADEAU LE DEVOIR Un sujet tabou I Pourquoi ne parle-t-on pas d\u2019enseignement supérieur et de financement des universités pendant la campagne ?Elle était sur toutes les lèvres il y a deux ans jour pour jour, alors que des milliers de manifestants avaient pris la rue le 22 mars 2012 pour s\u2019opposer à la hausse des droits de scolarité.Elle était au cœur de l\u2019élection qui a été déclenchée l\u2019automne venu et qui a porté le Parti québécois au pouvoir.Mais aujourd\u2019hui, en pleine campagne électorale, la question de l\u2019enseignement supérieur est pratiquement invisible.LISA-MARIE GERVAIS Dans les sondages en début de campagne, l\u2019éducation, quelle qu\u2019elle soit, ne faisait même pas partie des trois principales priorités.Selon un sondage CROP-Ra-dio-Canada qui sondait la population sur ses priorités, l\u2019éducation n\u2019a été citée que par 5% des répondants, après la santé (35%), l\u2019économie et les emplois (24%), et les finances publiques et la dette (12%).Après deux semaines de campagne, aucun des principaux partis politiques n\u2019a fait part de ses engagements en la matière, comme ce fut le cas en santé et en économie.Sauf peut-être Québec solidaire, dont la co-porte-parole Françoise David a dit, en début de campagne, espérer «voir l\u2019esprit du printemps érable flotter encore au Québec».Sinon, pas d\u2019éducation.Le sujet a été à ce point évacué de la campagne que les recteurs s\u2019en sont inquiétés.Pour être certains d\u2019être entendus, ils ont même cru bon se payer une publicité dans des médias québécois lundi dernier, se plaignant du sous-financement.«L\u2019enseignement universitaire, cet enjeu crucial, dont aucun parti ne parle», ont-ils titré en grosses lettres.Ils ont réclamé près de 850 millions, soit 5000$ de plus par tête d\u2019étudiant, afin de rattraper la moyenne canadienne.r Education, sujet tabou Pas de doute, c\u2019est l\u2019interdit de la campagne.Le sujet mal-aimé, dont on a peur, le tabou, di-sait-on cette semaine dans les rangs des recteurs.Pourquoi?«Le monde a tellement été échaudé par six mois de manifestations, de casseroles et de gens dans les rues.Ils se disent: on ne touche pas à ça», croit Robert Lacroix, ancien recteur de l\u2019Université de Montréal et fellow au Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO).«Et on comprend pourquoi il n\u2019y a pas un parti politique qui veut en parler et s\u2019engager à résoudre ce pro-blème-là.» L\u2019enjeu n\u2019est pas payant politiquement.« Trouver 500 millions à injecter dans le milieu universitaire, ça ne donne pas beaucoup de votes», rappelle-t-il.Soit.Même s\u2019il n\u2019est plus question (pour le moment) d\u2019augmenter les droits de scolarité dans aucune plateforme des partis, force est d\u2019admettre que l\u2019expression est quelque peu chargée à l\u2019heure actuelle.Dans l\u2019esprit de plusieurs, elle est l\u2019étincelle qui a embrasé une bonne partie du Québec au printemps 2012, quel que soit le souvenir qu\u2019on en garde.«Ni le PQ ni le PLQ ne veulent se crêper le chignon et réveiller la ferveur des étudiants», note pour sa part Jean Trudelle, ex-président de la Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEEQ) et candidat pour Québec solidaire dans Rosemont.Alain Webster, vice-recteur aux relations gouvernementales à l\u2019Université de Sherbrooke, reconnaît que le sujet du financement universitaire est associé à une époque mouvementée que certains ne veulent pas revivre.« On en a beaucoup parlé dans un contexte de crise, a-t-il analysé.Ce n\u2019est pas le sujet le plus emballant pour les partis.» carré rouge, tapé de la casserole.pour finalement indexer les droits de scolarité.«Ils ont pris le pouvoir, mais pour faire quoi avec?Changer le montant de la hausse», déplore-t-il.Pour lui, le silence des partis sur la question universitaire est la conséquence directe de V« opportunisme » dont ils sont capables de faire montre pour séduire des électeurs.«Les partis parlent de ce que leur électorat veut entendre.Même s\u2019il y a encore beaucoup de chemin à faire en enseignement supérieur.» Qu\u2019à cela ne tienne, les étudiants gardent le cap, croit M.Arcand.«Dans le milieu étudiant, on continue d\u2019en parler énormément.C\u2019est ce qui justifie notre existence à nous, PASSE.C\u2019est notre devoir de ramener constamment ce sujet-là sur la scène publique».Cynisme et lassitude Malgré le grand soulèvement populaire d\u2019il y a deux ans, il y a un cynisme inquiétant envers la chose politique, constate Jean Trudelle.«Les gens n\u2019ont plus confiance dans l\u2019instrument politique pour modeler le genre de société qu\u2019ils voudraient.» Si l\u2019éducation est la grande absente de la campagne, c\u2019est que le sommet sur l\u2019éducation, orchestré par le ministre de l\u2019Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, a contribué à faire tomber quelque peu la tension, reconnaît le candidat de QS.«C\u2019est comme si ça avait neutralisé la question.» Pour Maude Bonenfant, professeur au Département de communication sociale et publique à l\u2019UQAM, le sommet du gouvernement péquiste n\u2019a pas rempli la commande.«Je crois qu\u2019une grande majorité de militantes et de militants ont été déçus de l\u2019entrée au pouvoir du PQ et de l\u2019évacuation de cet enjeu dans les \u201cpriorités du gouvernement\u201d.Le sommet sur l\u2019enseignement supérieur, tout particulièrement, n\u2019a pas du tout répondu aux objectifs espérés, c\u2019est-à-dire de réfléchir de manière globale et approfondie sur les enjeux de l\u2019éducation.On avait enfin l\u2019occasion, dans un momentum parfait, de se poser la question de savoir quel genre de système d\u2019éducation nous voulons.Malheureusement, on a plutôt eu l\u2019impression d\u2019assister à une pièce de théâtre orchestrée dont l\u2019issue était déjà jouée d\u2019avance», a-t-elle soutenu.Justin Arcand, porte-parole de l\u2019Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE), a l\u2019arrivée au gouvernement des pé-quistes sur le cœur.Pauline Marois a porté le «Ni le PQ ni le PLQ ne veulent se crêper le chignon et réveiller la ferveur des étudiants» Les legs du printemps Car si le vaste mouvement étudiant et social de 2012 n\u2019a pas pour l\u2019instant réussi à inscrire l\u2019éducation supérieure dans la liste des priorités, il n\u2019aura pas été vain pour autant.«Le principal legs est certainement un éveil politique et militant de plusieurs étudiantes et étudiants et l\u2019émerveillement de plusieurs citoyennes et citoyens de constater que, malgré les préjugés que certains peuvent avoir, les jeunes ne sont pas tous individualistes et apathiques, souligne M\u201c® Bonenfant.Ne serait-ce que pour ce legs d\u2019une politisation d\u2019une partie de notre jeunesse, le printemps québécois est une réussite, car le mouvement continue et continuera grâce à tous [ceux] qui s\u2019impliquent encore politiquement, socialement et artistiquement.» Est-ce qu\u2019il faudra une autre révolte populaire pour ramener sur la table les enjeux de l\u2019enseignement supérieur comme financement universitaire ?Tout dépend du contexte, croit Jean Trudelle.«La crise financière de 2008, qui a précédé le mouvement étudiant, n\u2019est pas étrangère à ce qui s\u2019est passé au Québec.[.] Si les salaires stagnent et qu\u2019il y a d\u2019autres crises, on va ravoir un débat gauche-droite et on pourrait être surpris de voir ressurgir la ferveur populaire, dit-il.Regardez ce qui s\u2019est passé au Brésil: il y a eu des manijs monstres car le gouvernement voulait hausser [de moins de dix cents] le tarif du transport en commun.Il suffit que les gens accumulent une forme d\u2019écœurement et de cynisme et c\u2019est reparti ! J\u2019aurais aimé qu\u2019on puisse rediscuter de [l\u2019enjeu de l\u2019éducation] sur la base de ce que les partis proposent vraiment.Mais ç\u2019a l\u2019air reparti pour être une bonne vieille campagne, comme s\u2019il n\u2019y avait eu aucune trace des grands débats sociaux qu\u2019on a eus au printemps.» Le Devoir LE DEFI UKRAINIEN Seul au monde ?CLAUDE LEVESQUE La Russie n\u2019a fait qu\u2019une bouchée de la Crimée.Le coup de force a été si soudain que Kiev n\u2019a rien pu faire en guise de riposte.Est-ce à dire que l\u2019Ukraine est condamnée à se soumettre aux volontés du maître du Kremlin?Pas tout à fait, même si, d\u2019un point de vue militaire, les forces en présence ne sont pas du même ordre de grandeur.La crise en Crimée a réveillé le sentiment patriotique en Ukraine, où les « prorusses » prêts à réclamer le rattachement au puissant voisin sont beaucoup moins nombreux dans les régions de l\u2019Est, où ce scénario est évoqué, qu\u2019en Crimée.D\u2019autre part, la réaction internationale peut paraître timide, mais il serait faux de dire que l\u2019Qccident se désintéresse de l\u2019Ukraine.L\u2019Union européenne et l\u2019Amérique du Nord se sont contentées de sanctions modestes jusqu\u2019à présent, mais «il faut considérer que la diplomatie fonctionne de façon graduelle», rappelle Lu-bomjT Luciuk, professeur de science politique au Collège militaire royal de Kingston.«S\u2019il faut en venir à des sanctions économiques pour faire comprendre à la Russie que l\u2019annexion de la Crimée est inacceptable, elles feront mal aux Ukrainiens et aux Européens, certes, mais les Russes seront les plus durement touchés.» La cohésion de l\u2019UE quant aux sanctions à imposer à la Russie résistera-t-elle à l\u2019épreuve du temps et au prix à payer pour la fidélité aux principes?C\u2019est tout à fait possible, puisqu\u2019on sent le vent tourner en Allemagne, qui est pourtant très dépendante de la Russie pour son approvisionnement énergétique, croit Dominique Arel, professeur de science politique à l\u2019Université d\u2019Qttawa.«Les nouveaux membres de VUE, dont d\u2019anciennes républiques soviétiques qui comptent des minorités russes, craignent l\u2019expansionnisme russe et exigent que des pressions fortes soient exercées sur Moscou», ajoute le titulaire de la chaire d\u2019études ukrainiennes.Des liens avec l\u2019Europe Les nouvelles autorités de Kiev ont renoué avec le processus d\u2019adhésion à l\u2019Union européenne que le président déchu, Viktor lanouko-vitch, avait interrompu sous la pression de Moscou.Depuis l\u2019indépendance acquise en 1991, l\u2019Ukraine cherche à équilibrer ses relations extérieures entre l\u2019Qccident et la Russie.Pendant les années 1990, alors que cette dernière n\u2019était plus que l\u2019ombre d\u2019elle-même, Kiev a pu tisser des liens de plus en plus étroits avec l\u2019Êurope occidentale et l\u2019Amérique du Nord.Moscou laissait faire d\u2019autant plus volontiers que les Américains juraient que l\u2019QTAN ne s\u2019étendrait jamais jusqu\u2019au voisinage immédiat de la Russie.Qr Vladimir Poutine n\u2019est pas Boris Eltsine et la Russie d\u2019aujourd\u2019hui n\u2019est pas celle de 1991.Le président russe veut redonner à son pays son statut de grande puissance ef pour ce faire, il doit reconstituer une zone d\u2019influence, qui comprend forcément l\u2019Ukraine.Une adhésion pleine et entière de l\u2019Ukraine à l\u2019Union européenne irait à l\u2019encontre de cette ambition.«Dans la vision \u201cpoutini-nesque\u201d des choses, ce n\u2019est pas une question économique, mais une question sécuritaire, explique Dominique Arel.Il s\u2019agit de savoir quel genre de gouvernement aura l\u2019Ukraine, qui constitue avec la Russie et la Biélorussie le cœur de l\u2019ancienne Union soviétique et, auparavant, de l\u2019Empire russe.Voir Kiev signer un traité avec VUE est inacceptable aux yeux de Poutine parce que cela signifie que l\u2019Ukraine adhérera à des critères démocratiques et aux autres valeurs européennes et que Moscou devra renoncer à contrôler son gouvernement.» Il y a dans le monde une importante diaspora ukrainienne, sa composante canadienne étant d\u2019ailleurs la plus nombreuse.«Les Ukrainiens du Canada, des Etats-Unis et d\u2019Europe, y compris les juifs ukrainiens et les Ukrainiens russo-philes, sont fortement intéressés par ce qui se passe dans leur pays d\u2019origine.Ils soutiennent presque unanimement le gouvernement ukrainien », note Lubomjr Luciuk.Le gaz La Russie fournit environ le quart de tout le gaz naturel consommé par les 28 pays de l\u2019Union européenne et la moitié de celui que consomme I\u2019Ukraine, qui ne s\u2019est jamais débarrassée de cette dépendance, faute de se doter d\u2019une politique d\u2019efficacité énergétique.Et comme la Russie fixe le prix du gaz en fonction de critères politiques plutôt que d\u2019un mécanisme de marché, l\u2019Ukraine paie le sien plus cher que des clients plus éloignés des champs gazifères, ce qui creuse son endettement auprès de sa voisine orientale.Elle devra bientôt le payer deux fois plus cher que l\u2019Allemagne, ce qui laisse prévoir une interruption prochaine VOIR PAGE B 3 : UKRAINE B 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 MARS 2014 PERSPECTIVES Les vertus d\u2019un compromis Manon CORNELLIER à Ottawa epuis qu\u2019il est au pouvoir, le premier ministre Stephen Harper est passé maître dans l\u2019exploitation des silences, ambiguïtés et faiblesses des règles parlementaires, législatives et constitutionnelles.Intimidant sans aucune gêne une institution après l\u2019autre, du gouverneur général au Parlement, il a cru pouvoir faire de même avec la Cour suprême en lui imposant le choix du juge Marc Nadon pour occuper un des trois sièges réservés au Québec.11 n\u2019avait pas prévu que cette nomination serait contestée devant les tribunaux, le forçant à demander lui-même l\u2019avis de la Cour.Le verdict est tombé vendredi.Six des sept juges qui ont entendu la cause ont dit que M.Nadon n\u2019était pas admissible au poste en question et que le gouvernement ne pouvait par corriger ce fait en changeant unilatéralement la loi.Une véritable gifle que M.Harper a bien cherchée.Marc Nadon, un juge à temps partiel de la Cour d\u2019appel fédérale, ne répondait à aucune des conditions inscrites dans la Loi sur la Cour suprême pour occuper un des trois sièges réservés au Québec.11 ne siégeait pas à la Cour supérieure ou d\u2019appel du Québec et il n\u2019était plus membre actif du Barreau de la province.Le gouvernement a cru leurrer tout le monde en présentant un avis juridique fourni par un ancien juge de la Cour suprême qui disait que cette nomination était légale.Pour prévenir les coups, le gouvernement a modifié à rebours les critères en question.dans un projet de loi budgétaire omnibus.M.Harper a semblé oublier, dans toute cette saga, que la Cour n\u2019est pas sa chose et n\u2019est pas à son service.Elle est au contraire un des principaux contrepoids au pouvoir exécutif, un rempart contre l\u2019arbitraire du politique, un des rares à encore tenir debout sous les coups de butoir de ce gouvernement.En rejetant les efforts du premier ministre dans ce dossier, la plus haute cour du pays a fait honneur à son indépendance tout en servant une leçon d\u2019histoire et de droit constitutionnel à Stephen Harper.Elle lui a rappelé quelques vérités, dont le fait que le Québec a des «valeurs sociales distinctes».La Cour laisse même entendre qu\u2019en procédant comme il l\u2019a fait, le gouvernement a porté atteinte à un compromis historique en faveur du Québec, au risque d\u2019ébranler la confiance des Québécois en la plus haute cour du pays.«Les conditions de nomination des juges pour le Québec résultent de l\u2019entente historique qui a permis la création de la Cour en 1875», écrivent les juges.Le Québec s\u2019inquiétait du sort qui serait réservé à son système de droit distinct, le Code civil.Qn est venu à bout de sa résistance en lui garantissant un nombre de sièges qui devaient être occupés par des juges ou des avocats en exercice dans la province et versés en droit civil.Aucune ronde constitutionnelle subséquente n\u2019est venue affaiblir cette garantie ni modifier les conditions de nomination des juges québécois.La Constitution de 1982 a même prévu que la composition de la Cour ne pouvait être modifiée sans l\u2019assentiment de toutes les provinces.Par conséquent, poursuivent les juges, l\u2019interprétation de l\u2019article de la loi qui précise ces conditions «doit refléter la conclusion de ce compromis [historique] et non saper celui-ci».La Cour ajoute: «L\u2019objectif de l\u2019article [en question] est de garantir que non seulement des juristes civilistes expérimentés siègent à la Cour, mais également que les traditions juridiques et les valeurs sociales distinctes du Québec y soient représentées, pour renforcer la confiance des Québécois envers la Cour en tant qu\u2019arbitre ultime de leurs droits.» La Constitution n\u2019est pas une coquetterie qu\u2019on peut tripoter par la porte arrière.Elle est le fruit, répétons-le, de compromis historiques qui ne peuvent être mis de côté quand ça nous chante.Contrairement à ce qu\u2019ont affirmé les avocats du gouvernemenfi il en va de même de la plus haute cour du pays, un pilier de cet édifice puisqu\u2019elle en est la gardienne.M.Harper n\u2019est pas roi et maître et, que cela lui plaise ou non, il ne peut toucher aux caractéristiques fondamentales de la Cour, dont sa composition, sans s\u2019entendre avec les provinces.Les juges sont catégoriques.Pour changer les critères de nomination des juges ou pour abolir la Cour, l\u2019unanimité est essentielle.Sinon, le compromis touchant le Québec pourrait être modifié sans son consentement.Pour ce qui est des autres caractéristiques de la Cour, dont sa juridiction, l\u2019accord de sept provinces représentant 50% de la population suffit.Le gouvernement doit refaire ses devoirs et on saura rapidement si la leçon a porté, car le siège du Québec que rêvait d\u2019occuper M.Nadon est toujours vacant.Mais le plus intéressant sera de voir l\u2019impact de l\u2019analyse des juges au moment de trancher le renvoi sur la réforme du Sénat.La décision dans cette affaire est attendue cette année, mais à lire la décision d\u2019hier, il est difficile de croire que la Cour ne mettra pas la barre aussi haut pour changer la Chambre haute qu\u2019elle l\u2019a mise pour modifier les conditions de nomination des juges.Après tout, le Sénat aussi est le fruit d\u2019un compromis.mcornellier@ledevoir.com AGENCE ERANCE-PRESSE Le satellite Planck de l\u2019Agence spatiale européenne a pris en 2013 cette photo de l\u2019Univers, 380000 ans après le Big Bang, qui révélait tous les détails de ce moment où l\u2019Univers est devenu transparent; les photons ou grains de lumière parvenant à se libérer des autres particules.13,8 milliards d\u2019années plus tard Depuis le pôle Sud, les chercheurs ont repéré des échos du Big Bang DAVID LAROUSSERIE Voilà un signal que n\u2019ont pu écouter ni l\u2019Agence de sécurité nationale américaine (NSA) ni tout autre service de renseignement.Pourtant, les informations qu\u2019il contient sont d\u2019une extrême importance.Rien de moins que la preuve qu\u2019il y a 13,8 milliards d\u2019années, des soubresauts violents ont agité l\u2019espace-temps aussi facilement qu\u2019une vulgaire gelée.Et que cela a façonné l\u2019Univers à jamais, au moment de ses tout premiers milliardièmes de milliardièmes de milliardièmes de milliardièmes de seconde d\u2019existence.Ces soubresauts sont des ondes gravitationnelles primordiales et n\u2019avaient jamais été observés.Les «grandes oreilles» qui ont repéré cet écho ténu du Big Bang appartiennent à un télescope installé au pôle Sud par la collaboration américaine Bicep2.Lundi, ses responsables, John Kovac et Clement Pryke, ont exposé au Haçvard-Smithsonian Center for Astrophysics (Etats-Unis) leurs résultats de deux ans d\u2019observation patiente.L\u2019attente était telle que beaucoup n\u2019ont pu visionner la retransmission sur Internet, le service étant vite devenu indisponible.«C\u2019est absolument ahurissant que nous ayons pu trouver ce signal», a déclaré Clement Pryke au journal New Scientist.Fond diffiis cosmologique Le télescope Bicep2 n\u2019a pas directement observé ces ondes gravitationnelles primordiales, mais il en a constaté l\u2019effet sur un rayonnement qui a fait la une des médias il y a tout juste un an : le rayonnement du fond diffus cosmologique.Autrement dit la plus vieille photo qu\u2019il puisse y avoir de l\u2019Univers.En mars 2013, c\u2019est le satellite Planck de l\u2019Agence spatiale européenne qui l\u2019a prise, révélant tous les détails de ce moment où l\u2019Univers est devenu transparent : les photons ou grains de lumière parvenant à se libérer des autres particules.C\u2019était 380000 ans après le Big Bang.Tous ces photons, collectés par Planck, ont constitué un cliché parsemé de petites taches de couleurs différentes comme autant de points plus ou moins chauds.Cette palette est comme un portrait d\u2019un bébé Univers dont chaque couperose indiquerait l\u2019endroit où apparaîtraient des millions d\u2019années plus tard les merveilles que nous connaissons aujourd\u2019hui: étoiles, galaxies ou planètes.Mais ces messagers de lumière ayant parcouru un si long chemin n\u2019avaient pas tout dit.Et c\u2019est Bicep2 qui a recueilli leur précieux témoignage.La lumière ne se contente pas de voyager en ligne droite, elle peut aussi, vue de face, «osciller».Qn dit qu\u2019elle est polarisée.Qr des théories prédisent qu\u2019au moment du Big Bang, la présence d\u2019ondes gravitationnelles originelles polariserait certains photons d\u2019une manière particulière, analogue à un «tourbillon».C\u2019est ce qui a été vu pour la première fois par Bicep2.«Ce qui est beau, c\u2019est moins les ondes gravitationnelles elles-mêmes que leur origine quantique», estime Thibault Damour, professeur à l\u2019Institut des hautes études scientifiques.En effet, elles sont différentes des ondes gravitationnelles « classiques » créées par des couples d\u2019étoiles en rotation l\u2019une autour de l\u2019autre ou par une étoile autour d\u2019un trou noir.Ces ondes-ci sont liées à la relativité générale d\u2019Albert Einstein qui décrit les déformations de l\u2019espace-temps.Accessoirement, elles n\u2019ont toujours pas été détectées directement, mais des expériences comme Virgo en Italie ou Ligo aux Etats-Unis s\u2019y attellent.Celles révélées le 17 mars sont au contraire créées par des fluctuations du vide quantique régnant aux premiers instants de l\u2019Univers.L\u2019inflation Einalement, les galaxies sont apparues de rien, mais ce rien a laissé en quelque sorte des traces 13,8 milliards d\u2019années plus tard.Vertigineux! Bicep2 fait même d\u2019une pierre deux coups, car elle conforte les tenants de théories qui imaginent une formidable expansion de l\u2019Univers juste après le Big Bang, appelée inflation.«C\u2019est une preuve cosmologique totalement nouvelle et indépendante de la vision inflationniste», se réjouit dans Nature le physicien théo-riste Alan Guth, du Massachusetts Institute of AGENCE ERANCE-PRESSE L\u2019Univers est aujourd\u2019hui scruté par plusieurs télescopes à travers le monde qui permettent de mieux comprendre ses origines.Technology, qui avait proposé cette idée d\u2019inflation en 1980.Pour lui, les travaux de Bicep2 valent «assurément» un prix Nobel.Nouvelle ère de la cosmologie «On compte au moins 200 théories d\u2019inflation.Or nous n\u2019avions jusqu\u2019à présent que peu de données expérimentales pour les trier», explique Karim Benabed, astronome de l\u2019Institut d\u2019astrophysique de Paris 0AP), qui travaille sur Planck.«Ces résultats vont faire tomber certaines de ces théories», prédit Prançois Bouchet, également à l\u2019IAP et sur la mission Planck.«La longue recherche de ces modes de polarisation est apparemment terminée.Une nouvelle ère de la cosmologie commence», écrivent en conclusion de leurs articles les chercheurs de Bi-cep2.«Nous sommes tous excités par ce résultat.Si c\u2019est confirmé, c\u2019est une découverte majeure», estime Karim Benabed.Une période de vérifications va maintenant s\u2019ouvrir pour étudier en détail la manière dont Bicep2 a analysé ses données.Une tâche délicate, car le signal cosmique n\u2019arrive pas tranquillement au pôle Sud.Ses photons ont dû d\u2019abord traverser tout l\u2019Univers, en particulier d\u2019énormes structures comme les amas de galaxies, ce qui, par effet gravitationnel, déforme la polarisation.Cet effet avait même été mesuré en septembre 2013 «Nous sommes tous excités par ce résultat.Si c\u2019est confirmé, c\u2019est une découverte majeure.» par un concurrent de Bicep2, South Pole Telescope, situé juste à côté sur la glace.Les modèles des Américains pour éliminer cette perturbation sont-ils corrects ?De même, les poussières de notre galaxie émettent de la lumière dans la même fréquence que celle qui intéresse Bicep2 et avec une polarisation semblable.L\u2019analyse sépare-t-elle bien les deux contributions ?En outre, d\u2019autres résultats de Bicep2 semblent bien différents de ce qui semblait faire consensus en cosmologie jusque-là.De même, l\u2019effet trouvé sur la polarisation est deux fois plus important que le plafond qu\u2019avait fixé la collaboration européenne Planck dans ses premières analyses de mars 2013.«Nous allons regarder la moindre virgule du texte! Des questions précises vont être posées à BicepZ», prévoit Karim Benabed.«Nous avons une première indication très importante qu\u2019il y a quelque chose.Attendons un peu avant de savoir ce que c\u2019est vraiment.Il est possible que la solidité statistique du résultat diminue», estime Prançois Bouchet.La collaboration Planck doit justement publier d\u2019ici quelques mois ses propres mesures de polarisation.Les photons messagers n\u2019ont peut-être pas encore tout dit.Le Monde LE DEVOIR LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 MARS 2014 B 3 PERSPECTIVES ELECTIONS MUNICIPALES ERANÇAISES Un scrutin en eaux troubles Implantation du Front national, éclatement de la droite, sanction du gouvernement, ces élections pourraient être celles de toutes les surprises CHRISTIAN RIOUX Correspondant à Paris Qu\u2019y a-t-il de commun entre l\u2019ancien premier ministre et candidat à la mairie de Bordeaux Alain Juppé, la candidate socialiste à la mairie de Lille Martine Aubry et son homologue de Lyon Gérard Collomb?Tous briguent la mairie d\u2019une grande ville de France, mais aucun n\u2019ose afficher le logo de son parti sur ses affiches.Rarement les candidats aux élections municipales françaises auront-ils voulu faire aussi «local » que dans ces élections municipales dont le premier tour aura lieu dimanche.C\u2019est à qui cacherait le mieux son parti.Généralement défavorables au parti au pouvoir, ces élections municipales sont d\u2019autant plus redoutées par le Parti socialiste que la popularité du président a rarement été aussi basse.Fait inusité, le climat délétère des dernières semaines et la multiplication des scandales à droite rendent la tâche tout aussi complexe pour l\u2019UMP.Seul le Front national, qui pourrait imposer des triangulaires dans 100 à 200 villes, semble aborder cette élection avec optimisme.Le PS craint la sanction Avec un taux de popularité autour de 25%, François Hollande brise tous les records, qu\u2019avait fracassés avant lui son prédécesseur Nicolas Sarkozy.S\u2019il n\u2019y a rien d\u2019anormal à ce qu\u2019un gouvernement soit sanctionné lors d\u2019une élection municipale, cette fois la sanction pourrait être plus sévère que d\u2019habitude.Même si les enjeux locaux dominent le scrutin, cette élection est la première où les Français auront l\u2019occasion de se faire entendre depuis l\u2019élection présidentielle de 2012.Or, depuis deux ans, ce gouvernement multiplie les cafouillages et les reculs alors qu\u2019il traîne un bilan économique largement négatif.Les socialistes risquent de tomber d\u2019autant plus haut qu\u2019en 2008 ils avaient réussi à conforter leur domination traditionnelle sur les grandes villes en conquérant Toulouse et Strasbourg, Metz, Amiens, Saint-Etienne, Quimper, Blois, Evreux et Reims.Si les barons socialistes ne sont pas vraiment menacés dans leurs châteaux forts de Paris, Lyon ou Lille, ils redoutent le basculement de nombreuses villes comme Amiens, Metz, Reims, Saint-Etienne, Valence et Toulouse.Le grand ennemi des socialistes dans cette élection demeure l\u2019abstention.Le directeur général délégué de l\u2019institut de sondages Ipsos, Brice Teinturier, s\u2019attend à un nouveau record.A gauche, on affirme que les enjeux du scrutin sont locaux et non pas nationaux.Si 65% des Français sont aussi de cet avis, il demeure difficile d\u2019oublier que 16 ministres du gouvernement sont engagés dans la bataille et qu\u2019une vague bleue sera inévitablement interprétée comme un désaveu de l\u2019exécutif Ce n\u2019est pas sans raison que les rumeurs de remaniement après les municipales se sont multipliées depuis une semaine.La droite éclopée Il y a quelques semaines à peine, tout indiquait que la droite, alliée aux centristes, se dirigeait vers un balayage semblable à celui qu\u2019elle avait obtenu en 1983 après l\u2019élection de François Mitterrand.C\u2019est d\u2019ailleurs ce que prévoyait encore cette semaine un sondage de l\u2019Institut CSA réalisé pour Le Figaro, selon lequel les intentions de vote des électeurs des villes de plus de 3500 habitants donnaient une large avance aux listes de droite (49%) sur celles des partis de gauche (41%).Mais les analystes ne s\u2019entendent pas sur l\u2019effet des graves scandales qui ébranlent la droite ces jours-ci.Les révélations sur Nicolas Sarkozy, soupçonné d\u2019avoir voulu influencer des juges pour obtenir des informations confidentielles, et les soupçons qui pèsent sur le président de rUMP, Jean-François Copé, concernant f octroi de contrats à des proches, sont venus brouiller les cartes.Ces rebondissements font craindre que l\u2019abstention se manifeste aussi à droite et que l\u2019UMP ne tire pas tout le crédit du désamour des électeurs pour les socialistes.Le FN totalement dans le jeu Malgré un apparent tassement de son vote cette semaine, le contexte n\u2019a jamais été aussi UN nouveau FRÉJUS UN NOUVEAU MAIRE fRONT NATmAl front NATinMAi' fi fftONTflATmAt UN NOUVEAU MAIRE I iz!___^^OHT UAJiONAL UN NOUVEAU MAIRE PROMT MATIOMA UN NOUVEAU MAIRE Fflowr NmOHAL X»v|\tNanoML VALRY HACHE AGENCE ERANCE-PRESSE Marine Le Pen a fait campagne cette semaine à Fréjus.U É.mA.Alain Juppé tente de conserver son poste de maire de Bordeaux.NICOLAS TUCAT AGENCE ERANCE-PRESSE favorable pour le Front national.Les élections municipales sont d\u2019ordinaire très difficiles pour ce parti, qui n\u2019avait obtenu que 1,1% des voix en 2008 et 3,7% en 2001.Avec seulement 6 ou 8% des voix.Marine Le Pen triplerait ce score.Or ce vote est d\u2019autant plus important qu\u2019il se concentre dans près de 600 villes, une centaine de plus qu\u2019en 2008, soit la moitié des villes de plus de 10000 habitants.Depuis son élection au congrès de Tours (2010) et ses 18% à la présidentielle, Marine Le Pen est sur une pente ascendante qui pourrait culminer aux élections européennes de mai prochain.Ce scrutin municipal est donc une étape décisive pour le parti.«Tous les astres sont alignés pour le FN», déclarait le politologue Martial Foucault, directeur de finsütut Cevi-pof, sur le site Slate.fr.Pour la première fois, le FN peut espérer renforcer son emprise sur plusieurs villes, petites ou moyennes, comme For-bach,, Hénin-Beaumont ou Carpen-tras.A Béziers, findépendant Robert Ménard pourrait l\u2019emporter avec le soutien du FN.Ce scrutin consacre pour la première fois la volonté du parti de s\u2019implanter au niveau municipal et de jouer dans la cour des grands, ce que Jean-Marie Pen n\u2019avait jamais vraiment cherché à faire.Même s\u2019ils ne le disent pas, les stratèges de gauche escomptent qu\u2019un bon résultat du FN évitera aux socialistes une défaite Ce scrutin consacre pour la première fois la volonté du Front national de s\u2019implanter au niveau municipal cinglante.Aux municipales, les candidats qui atteignent 12% des voix peuvent en effet se maintenir au second tour.Or ces triangulaires ont généralement été plus dommageables pour la droite.Certains analystes sont pourtant convaincus que le FN ne gruge plus seulement le vote de droite mais aussi celui de gauche.N\u2019a-t-on pas assisté récemment au ralliement de sympathisants de gauche au FN, comme le secrétaire de la CGT Fabrice Engelmann, en Moselle, et l\u2019ancien partisan de Jean-Pierre Chevènement Bertrand DutheÜ de Rochère à Paris?Le FN est déjà le premier parti ouvrier de France.Il recrute massivement dans les couches populaires.«On peut fort Men imaginer que, dans les mois et les années à venir, la désillusion de nombreux électeurs de gauche s\u2019impose comme l\u2019un des ressorts premiers de la progression du FN», écrit le politologue Pascal Perrineau dans son dernier livre, La France face au Front (Fayard), campagne a déjà marqué une étape dans la dédiabolisation du parti.Aujourd\u2019hui, 41% des Français estiment que ce serait une bonne chose que le FN entre au conseil municipal de leur ville.30% souhaitent même qu\u2019il la dirige.Pour la première fois, le FN est totalement dans le jeu des municipales.Le Devoir UKRAINE SUITE DE LA PAGE B 1 des approvisionnements pour factures impayées.Les Européens envisagent la possibilité de renverser la direction du flux de gaz dans ces infrastructures pour pouvoir au besoin remettre à l\u2019Ukraine une partie du gaz qu\u2019ils achètent à la Russie.Comme on le voit, le fait d\u2019avoir des gazoducs sur son territoire constitue plutôt un handicap qu\u2019un atout.Saboter ces infrastructures pour couper la Russie de ses marchés?En plus de se priver soi-même d\u2019hydrocarbures, ce serait indisposer ceux dont on sollicite le soutien diplomatique.Le traité de Budapest garantit depuis 1994 la souveraineté et l\u2019intégrité territoriale de f Ukraine en échange de son renoncement à l\u2019arsenal nucléaire dont elle avait hérité de la défunte URSS.Il avait été signé par Ix)ndres, Washington et Moscou.Vladimir Poutine refuse de s\u2019y soumettre sous prétexte que le gouvernement ukrainien, issu de la pression DMITRY SEREBRYAKOV AGENCE ERANCE-PRESSE Des Criméens célèbrent le rattachement de leur région à la Russie.de la rue, n\u2019est pas légitime.S\u2019il n\u2019est pas aussi contraignant que le traité ayant donné naissance à l\u2019OTAN, cet instrument fournit quand même à l\u2019Ukraine une certaine protection contre d\u2019éventuelles visées russes sur les régions industrialisées de l\u2019Est.Si ses signataires ne l\u2019honorent pas, ils enverront «un message très négatif», croit Lubomyr Luciuk.«Si l\u2019Ukraine ne sent pas sa sécurité garantie, je ne serais pas surpris qu\u2019elle tente de rebâtir une partie de son arsenal nucléaire», ajoute le politologue.Il n\u2019est pas certain que Vladimir Poutine songe sérieusement à annexer l\u2019Est ukrainien.I^s usines et les mines y sont vieillissantes.Les habitants qui se déclarent «ethniquement» russes n\u2019y sont pas majoritaires comme c\u2019est le cas en Crimée, tandis que ceux qui se disent «ethniquement» ukrainiens mais parlent plus volontiers le russe ne sont pas nécessairement favorables à une annexion à la Russie.Crimée, dont féconomie repose surtout sur le tourisme et qui dépend à 100% du « continent» ukrainien pour son électricité et son eau potable, ne constitue pas, elle non plus, une aubaine pour Moscou.Son annexion coûtera «encore plus cher que les Jeux de Sotchi», juge Dominique Arel.Le Devoir La langue ?Bof! Michel David La défense de la langue française a toujours été intimement liée au projet souverainiste, dont elle était en quelque sorte le moteur.Dans toute l\u2019histoire du Québec, aucune loi n\u2019a eu un effet aussi déterminant que la loi 101.En 2012, le PQ promettait une «nouvelle loi 101 », qui allait stopper le retour progressif au bilinguisme et donner un nouveau souffle à la francisation.Faute d\u2019une majorité à l\u2019Assemblée nationale, le gouvernement Marois n\u2019a pas réussi à faire adopter le projet de loi 14, mais la plateforme péquiste prévoit qu\u2019un gouvernement majoritaire reviendra à la charge.A la toute fin du débat télévisé entre les chefs de parti, M™® Marois s\u2019est désolée que la question de la langue n\u2019ait pas été abordée.Elle aurait facilement pu la soulever elle-même.Pourquoi ne pas l\u2019avoir fait?Le port du voile constitue-t-il un plus grand danger que l\u2019anglicisation ?Passée sous silence lors du débat, la question linguistique s\u2019est néanmoins invitée dans la campagne cette semaine, quand le quotidien Le Droit a mis la main sur le plan d\u2019affaires que l\u2019Université McGill a présenté en février dernier au ministre de la Santé, Réjean Hébert, et qui prévoit l\u2019ouverture d\u2019une nouvelle faculté de médecine à Gatineau, où le quart de l\u2019enseignement sera dispensé en anglais.Historiquement, l\u2019Outaouais fait partie des sept régions administratives représentant 63% du territoire québécois qui relèvent du Réseau universitaire intégré de santé (RUIS) de McGill, qui entend que la formation de base de sa future faculté satellite soit donnée à distance et en anglais.Le dossier est devenu une patate chaude pour le PQ dans la région.«Nous débloquons enfin la formation de la médecine dans notre région, c\u2019est majeur.Quant à l\u2019aspect linguistique du plan, il est encore à l\u2019étude.Nous aurons jusqu\u2019en 2016 pour nous pencher sur cet aspect en particulier», a déclaré au Droit le candidat péquiste Gilles Aubé.«C\u2019est ça ou rien», a décrété la députée libérale sortante de Hull, Maryse Gaudreau, qui n\u2019y voit aucun problème.Les propos un peu plus élaborés de son collègue de Jean-Talon, l\u2019ex-ministre de la Santé Yves Bolduc, illustrent parfaitement la position du PLQ en matière de langue, peu importe le secteur.« Vous êtes proche d\u2019une province anglophone et c\u2019est aussi important pour la population anglophone d\u2019avoir des services dans sa langue.Les cours en anglais sont loin d\u2019étre un inconvénient.Il faut encourager Le OOrt\tbilinguisme.La méde- ^\tcine dépasse les frontières de la langue.Pour moi, ce n\u2019est pas un enjeu, et ce ne le sera pas non plus pour les étudiants.Il ne faut pas inventer un enjeu où il n\u2019y en a pas.La langue, c\u2019est une chose, et la formation médicale, c\u2019en est une autre», a déclaré M.Bolduc.Misère ! Seul le candidat de Québec solidaire dans Hull, Benoît Renaud, a vu le danger d\u2019offrir la totalité de la formation de base des futurs médecins en anglais.Comble d\u2019absurdité, à l\u2019Université d\u2019Ottawa, de l\u2019autre côté de la frontière, la formation en médecine est disponible en français.du voile constitue-t-il un plus grand danger que l\u2019anglicisation?On a maintenant l\u2019habitude de l\u2019indifférence du PLQ envers l\u2019avenir du français.D\u2019entrée de jeu, il a refusé tout renforcement de la loi 101 aussi catégoriquement qu\u2019il s\u2019oppose à toute limitation du port de signes religieux, même dans le cas des juges ou des policiers.Les hésitations du PQ sont plus étonnantes.Il n\u2019y a aucun problème à ce que l\u2019Outaouais relève du RUIS de McGill, mais pourquoi ne pas exiger dès maintenant que l\u2019université y offre la totalité de la formation en médecine en français, plutôt que d\u2019attendre d\u2019être placé devant un fait accompli?Si l\u2019Université d\u2019Ottawa en est capable, la plus riche université au pays l\u2019est certainement.Cela rappelle le refus du ministre de l\u2019Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, de statuer sur les programmes d\u2019échange entre cégeps français et anglais qui avaient été autorisés par le gouvernement Charest.Quand ils seront entrés dans les mœurs, il ne sera plus possible de revenir en arrière.Le gouvernement Marois a renoncé à son engagement d\u2019étendre au niveau collégial les dispositions de la Charte de la langue française qui régissent l\u2019accès à l\u2019école anglaise parce qu\u2019il craignait la réaction négative des francophones qui tiennent à ce que leurs enfants soient bilingues.Si le PQ croit aussi que c\u2019est devenu une nécessité pour les Québécois et que le système d\u2019éducation doit s\u2019ajuster en conséquence, il vaudrait mieux en discuter franchement plutôt que d\u2019éluder continuellement la question.Evidemment, si l\u2019objectif est de bâtir la seule société réellement bilingue en Amérique du Nord, il faudra aussi se demander si la souveraineté est vraiment nécessaire.mdavid@ledevoir.com B 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 MARS 2014 EDITORIAL LE JUGE NADON REJETE Crise de confiance C\u2019est une rebuffade historique qu\u2019a servie la Cour suprême au gouvernement Harper en rendant nulle et non avenue la nomination à la plus haute cour du juge Marc Nadon.D Antoine Robitaille e manière surprenante (réjouissante à nos yeux), la Cour a totalement rejeté les arguments d\u2019Ottawa.Celui-ci soutenait que le juge Nadon pouvait accéder au plus haut tribunal même s\u2019il ne provenait pas d\u2019une cour québécoise, comme le précise pourtant l\u2019article 6 de la Loi sur la Cour suprême.Une ambiguïté dans son libellé et dans celui de l\u2019article 5, ainsi que des discordances entre les versions anglaise et française pouvaient laisser croire qu\u2019il suffisait d\u2019avoir été, dans le passé, membre du Barreau du Québec pendant 10 ans pour aspirer à devenir un ou une «suprême».Ainsi, un juge d\u2019une cour fédérale comme Marc Nadon, expert en droit maritime depuis des décennies, était, selon Ottawa, parfaitement admissible.Un militant ontarien, Rocco Galati, et par la suite le gouvernement du Québec (une première), ont contesté cette nomination.Car celle-ci minait à leurs yeux une des dimensions reconnues et positives (au sens de « qui pose un fait bien établi») de ce qu\u2019on appelait «société distincte» dans l\u2019accord du lac Meech \u2014 ou plus récemment la « nation québécoise » : la tradition juridique civiliste distincte.Or, vendredi, la Cour s\u2019est entièrement ^ .f.\trangée à leurs arguments.Arguments que cer- tains « canadianistes » avaient pourtant assimilés à de « l\u2019esprit de clocher » cet automne.La Cour l\u2019a fait en utilisant un langage fort, plutôt rare dans sa prose lorsqu\u2019il est question du Québec.Il faut lire les six juges de la majorité (un s\u2019étant récusé et un autre étant dissident) qui, après s\u2019être plongés dans les intentions de ces législateurs qui ont forgé les lois sur la Cour suprême depuis 1875, concluent: «L\u2019article 6 vise (i)\tà garantir une expertise en droit civil et la représentation des traditions juridiques et des valeurs sociales du Québec à la Cour et (ii)\tà renforcer la confiance du Québec envers la Cour.» Un peu plus et on croirait que l\u2019accord du lac Meech, qui aurait constitu-tionnalisé la notion de « société distincte », a été entériné.Le jugement dans !\u2019«affaire Nadon» en a surpris plus d\u2019un dans la communauté juridique.Surtout parce qu\u2019il réfère à plusieurs notions sociologiques et de politiques {«valeurs sociales», «confiance»).La Cour suprême est hautement politique, on le savait.D\u2019une part, on peut imaginer que les juges ont détesté être traités de manière cavalière par le gouvernement Harper, qui a tenté de modifier rétroactivement, dans une loi mammouth, les règles de nomination.Cela a contraint les juges \u2014 fait sans précédent \u2014 à se pencher sur la nomination d\u2019un des leurs, ce qui contrevient au principe de justice naturelle élémentaire où l\u2019on ne doit pas être «juge et partie».D\u2019autre part, il y a peut-être dans ce jugement un «effet Bastien».L\u2019historien Frédéric Bastien a démontré, grâce à une enquête minutieuse, les liaisons dangereuses, au moment du coup de force constitutionnel de 1981-1982, du juge en chef Laskin avec le premier ministre Trudeau.Le livre, La bataille de Londres (Boréal) a même forcé la Cour à faire enquête sur elle-même (encore juge et partie.) l\u2019automne dernier.Si l\u2019on voulait vraiment protéger la tradition civiliste québécoise pour raffermir la confiance des Québécois dans le fédéralisme, ne faudrait-il pas envisager d\u2019autres réformes?D\u2019une part, pourquoi la Cour d\u2019appel du Québec ne deviendrait-elle pas le tribunal de dernière instance en droit civil?D\u2019autre part, ne devrait-on pas « décentraliser » la manière dont les « suprêmes » sont nommés actuellement, c\u2019est-à-dire par le premier ministre fédéral seul?LE COMBAT SARKOZY-HOLLANDE-JUPPE Que de calculs ! es hussards ne sont plus sur le toit.Depuis la charge de Nicolas Sarkozy publiée dans Le Figaro et dans laquelle il confond notamment la France présidée par François Hollande avec l\u2019Allemagne de l\u2019Est et la Stasi, la police aux âmes damnées, les hussards de l\u2019UMP et du PS se montrent plus enclins que jamais à poursuivre le combat politique inhérent à la présidentielle de 2017 dans les caniveaux comme dans les catacombes.Bref, comme le dirait le tonton flingueur de la République à propos de la suite des choses, ce ne sera pas de l\u2019espéranto, mais du brutal.Du tatoué par-dessus le marché./Ç\tToujours est-il que la dernière cacophonie politico-parisienne a pour origine cette lettre 4\t¦ publique dans laquelle Sarkozy joue la victime T - en empruntant les accents de l\u2019exagération qui ont tant distingué le Sans famille d\u2019Hector Malot.Et ce, c\u2019est à méditer, à deux jours des élections municipales.Mais encore?Dans le tempo choisi par un ex-président qui croule sous un nombre incroyable d\u2019affaires, il y a évidemment bien des calculs.Comme il se doit.Hollande a réagi à la diatribe de Sarkozy en rétorquant que la comparaison établie avec la Stasi «est forcément insupportable».Mais voilà, au-delà des insinuations, d\u2019ailleurs attendues, dont Hollande est le sujet, Sarkozy cherche, par cette lettre communiquée, on insiste, à deux jours des municipales, à galvaniser ceux et celles qui à l\u2019UMP se réclament de lui.Car le Tout-Paris politique a noté que, pour ce qui est de défendre Sarkozy depuis l\u2019affaire Buisson et celle des écoutes téléphoniques, les ténors de l\u2019UMP font le service minimum.Pour ne pas dire de la figuration, pour fa bonne raison que certains d\u2019entre eux font aussi des calculs en vue de 2017.En fait, ce que Sarkozy et ses proches appréhendent plus que tout actuellement est ceci : un triomphe d\u2019Alain Juppé demain à Bordeaux.Qn craint que, dans l\u2019hypothèse de son élection au premier tour, une séquence médiatique Juppé s\u2019amorce qui éteindrait bien des espoirs de Sarko.D\u2019autant qu\u2019il n\u2019a échappé à personne que Juppé a commencé il y a peu, et mine de rien, l\u2019écriture d\u2019un nouvel épisode des Nouveaux mystères de Paris avec la collaboration inattendue de.François Bajnou, le chef de file du centre, qui a confié qu\u2019il ne se présentera pas en 2017 ! Ici et là, il se dit et ne se chuchote plus que ces deux vétérans de la politique ont scellé, il y a quelques mois, ce qu\u2019on appelle «le pacte d\u2019Aquitaine», soit la région qui est leur base commune.Ici et là (bis), il se dit que Juppé est à la veille de présider à la recomposition de la droite républicaine, celle qui s\u2019appuyait,sur le centre et non sin le Front national.L\u2019objectif final?Juppé à l\u2019Elysée, Bayrou à Matignon ou à un gros ministère, et Sarkozy dans ses casseroles.Serge Truffaut LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET UoffANÎ Pou(i H fAiKE euÎRE- £n ioûj.f N 2.01H : Mou^ $omhC$ fKîK f: 43 'U'Ct-Cfl-tl LETTRES Lettre à Lise Payette Bonjour, Madame Payette, J\u2019ai beaucoup d\u2019estime et d\u2019admiration pour vous.Vous avez beaucoup apporté au Québec sur plusieurs plans et continuez d\u2019apporter votre contribution à travers votre chronique hebdomadaire dans Le Devoir.Je sais cependant que vous êtes une grande amie de Pauline Marois, et cela teinte souvent vos chroniques, mais il n\u2019y a pas trop de mal à ça quand on le sait.Cependant, traiter M\u201c® Françoise David de «chat de gouttière», comme vous l\u2019avez fait dans votre chronique de ce matin, n\u2019est vraiment pas à la hauteur de la personne que vous êtes ni à la hauteur de votre jugement.Je comprends que vous soyez amèrement déçue de la campagne menée par votre amie, qui semble pour le moment se diriger vers une défaite électorale, mais votre amère déception ne vous donne pas le droit de vous attaquer personnellement de cette manière à M\u201c® David, qui nous a fait rêver du beau pays à construire l\u2019espace d\u2019un instant lors d\u2019un débat souvent au ras des pâquerettes, rêver comme vous aimez si souvent le faire vous-même et dopt nous avons plus que jamais besoin.A travers votre charge contre M\u201c® David, une personne indépendantiste de gauche comme moi, qui a décidé comme d\u2019autres d\u2019abandonner le Parti québécois il y a quelques années à cause de son «hésitation souverainiste» et de ses politiques trop à droite à mon goût, je me sens blessé par vos propos, comme si mon choix ne semblait pas légitime à vos yeux.N\u2019oubliez pas que nous sommes en démocratie et libres de nos choix, et que les votes qui seront nombreux pour Québec solidaire le 7 avril prochain auront théoriquement la même valeur que ceux donnés au Parti québécois, même si dans la réalité des choses ils amont moins de poids dans l\u2019élection de députés étant donné l\u2019absence d\u2019une dimension proportionnelle lors de ce scrutin, une promesse faite mais jamais remplie par le Parti québécois.N\u2019oubliez surtout pas, chère Madame, que l\u2019indépendance du Québec, que cela vous plaise ou non, n\u2019est plus l\u2019apanage d\u2019un seul parti et qu\u2019elle se fera dans l\u2019unité de tous les indépendantistes ou ne se fera pas.En vous offrant mes sincères salutations.Yves Chartrand Montréal, le 21 mars 2014 Elle est où, la justice?Rob Ford, qui consomme des drogues dures, mais que personne ne peut pour l\u2019instant déloger du poste de maire de la quatrième ville en importance en Amérique du Nord.Earl Jones, qui, après avoir floué 150 investisseurs de millions de dollars, retrouve sa liberté après avoir purgé quatre ans d\u2019une peine de onze ans.Comment voulez-vous que la justice soit prise au sérieux?Jean Chenay Sherbrooke, le 20 mars 2014 Revue de presse Bon vent aux démissionnaires GUILLAUME BOURGAULT-COTE Des larmes?Pas beaucoup.Ni en Alberta ni à Qttawa.Les départs successifs du ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, et de la première ministre albertaine, Alison Redford, n\u2019ont pas beaucoup ému la presse anglo-canadienne.Dans les deux cas, dit-on, l\u2019heure d\u2019aller voir ailleurs avait sonné.Alison Redford, d\u2019abord.Dans le Calgary Herald, Don Braid écrit qu\u2019elle aura probablement été la première ministre la plus «brillante intellectuellement» dans l\u2019histoire de l\u2019Alberta, mais aussi la moins habile politiquement.Selon le chroniqueur, la démission de Redford montre qu\u2019elle «n\u2019a jamais semblé comprendre que, pour faire de grandes choses, un leader doit d\u2019abord bien faire les petites choses», notamment s\u2019assurer de donner l\u2019exemple en matière de gestion responsable des fonds publics.Un premier ministre provincial n\u2019a pas à se promener avec un accompagnement sécuritaire digne d\u2019un chef du G7, à réserver les hôtels les plus dispendieux et à prendre des vols gouvernementaux si un vol commercial est possible.Ce sont là des détails qui comptent, dit Braid.L\u2019incapacité de Redford à reconnaître ses manquements a fait en sorte que son caucus et son parti l\u2019ont rapidement abandonnée.«Cela n\u2019a rien à voir avec le fait que ce soit une femme: c\u2019est une question de personnalité et d\u2019attitude», pense le chroniqueur.Sa démission était donc inévitable, estime-t-il.Le parti n\u2019arrive plus à récolter d\u2019argent.Les sondages sont catastrophiques, alors que l\u2019économie albertaine va pourtant bien.Seul le départ de Redford pourra redynamiser les conservateurs de la province, dit Braid.Dans VEdmonton Sun, Lome Gunter écrit qu\u2019il a été surpris de la rapidité avec laquelle Redford a cédé à la pression.Il ne s\u2019est pas écoulé deux mois depuis qu\u2019un journal a révélé qu\u2019Alison Redford avait dépensé près de 45000$ pour assister aux funérailles de Nelson Mandela.L\u2019affaire a causé sa perte \u2014 et anéanti tout espoir de succéder un jour à Stephen Harper, écrit Gunter.Il estime qu\u2019il y avait aussi un ras-le-bol général envers son style «condescendant et abrasif».Redford ne s\u2019est pas aidée avec une attitude «arrogante» et «autocratique» envers son caucus et son parti.Un leader respecté et respectueux de son caucus serait passé au travers de cette crise, pense Gunter.Flaherty La démission de Jim Flaherty a moins étonné.Sa maladie, mais aussi sa sortie contre le fractionnement des revenus, avait convaincu plusieurs journalistes et chroniqueurs de l\u2019imminence de son départ.Au Globe and Mail, l\u2019équipe éditoriale évoque un bilan mitigé.La perte de Flaherty est importante pour le gouvernement, mais son mandat n\u2019a pas été «parfait, loin de là», écrit le Globe.Flaherty aura été le ministre des déficits, dit le quotidien.Son plan de relance économique tenait plus de Keynes que de la droite conservatrice, mais il était nécessaire et il a fonctionné, pense-t-on.Jim Flaherty a toutefois fait des erreurs importantes, soulève le Globe.Réduire la TPS de 2 points de pourcentage était un choix populiste, certainement pas une bonne politique publique \u2014 il aurait dû réduire les impôts, estime le quotidien.Autre grief : au lieu de suivre un principe du conservatisme économique qui vise la simplification des tables d\u2019imposition, Flaherty a introduit des crédits d\u2019impôt et différentes mesures d\u2019allégement fiscal ciblés pour séduire certaines clientèles.Jim Flaherty aura aussi été un ministre très politique, écrit Andrew Coyne dans le National Post.Il a politisé les Finances et transformé le rôle et l\u2019importance des budgets, dit-il.Coyne critique la méthode Flaherty: notamment des tonnes de cré- dits d\u2019impôt qui empêchent de bien lire les colonnes de dépenses et de revenus.Les difficultés du directeur parlementaire du budget à bien évaluer l\u2019état des finances montrent le problème.Coyne se demande qui était le vrai Flaherty: celui qui a augmenté les dépenses de 40% pendant ses quatre premiers budgets ou celui qui les a contrôlées par la suite?Celui qui, à l\u2019encontre de toute logique économique, a réduit la TPS plutôt que les impôts, et qui a ensuite alourdi la structure fiscale avec toutes sortes de cadeaux fiscaux partisans, ou l\u2019innovateur qui a créé les CELI et éliminé des tarifs d\u2019importation?Flaherty n\u2019a pas été qu\u2019un échec, pense Coyne.Il a manifesté un calme rassurant pendant la crise, et le Canada est en bonne posture par rapport aux autres pays du G7.Mais, à la fin, il paraissait avoir perdu le contrôle.Le prouvent ses prises de bec avec les banques sur la question des hypothèques et sa sortie contre le fractionnement du revenu.En éditorial, le Toronto Star applaudit au départ de Jim Flaherty.Ses trois derniers budgets montraient un «ministre obsédé par un objectif: éliminer le déficit avant les prochaines élections».Une vision qui manquait d\u2019à-propos alors que la croissance économique demeure faible et le chômage, élevé, pense le Star.Le quotidien critique surtout les gestes de Flaherty ayant réduit la capacité d\u2019action du gouvernement fédéral, soit la baisse de la TPS et de l\u2019impôt des entreprises \u2014 deux mesures qui privent le gouvernement d\u2019au moins 14 milliards de revenus par année.Le Star souhaite au nouveau titulaire d\u2019amener quelques «idées fraîches».Le Devoir Sur Twitter: @gbcote Les liens vers les articles originaux sont intégrés à la version numérique de ce texte. LE DEVOIR LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 MARS 2014 B 5 IDEES h 0AN5LARUE A / POURLE FRANÇAIS } ~^^^U\u2019sLâf?o û t: JACQUES NADEAU LE DEVOIR Manifestation en faveur de Paffichage en français en novembre 2011 Le nécessaire renforcement de la Charte de la langue française La loi 101 n\u2019a pas été conçue contre le bilinguisme individuel, mais contre le bilinguisme institutionnel à l\u2019intérieur du territoire québécois TEXTE COLLECTIE* lus de 35 ans après l\u2019adoption de la loi 101 et à la suite des affaiblissements majeurs qu\u2019elle a subis, de multiples études et avis de l\u2019Office québécois de la langue française et du Conseil supérieur de la langue française montrent des reculs inquiétants du français dans plusieurs aspects de la vie collective au Québec.Les faits chiffrés, notamment sur la langue de travail, démontrent un mouvement certain vers une anglicisation de la région montréalaise.Devant ce constat, de grandes organisations de la société civile sont maintenant unies et forment la coalition Partenaires pour un Québec français (PQF) afin que les enjeux linguistiques redeviennent prioritaires pour les gouvernements.La coalition représente plus d\u2019un million de travailleurs québécois à travers les membres des partenaires que sont la FTQ, la CSN, la CSQ, le SFPQ et la FAE.Sont aussi partenaires la Société Saint-Jean- Baptiste de Montréal, le Mouvement national des Québécoises et des Québécois (MNQ) ainsi que la Fédération étudiante collégiale du Québec, qui regroupent ensemble plus de 185000 membres.Dans le cadre de la campagne électorale québécoise, PQF demande à tous les partis politiques de s\u2019engager à bonifier la Charte de la langue française en allant plus loin que ce que le projet de loi 14 du gouvernement sortant proposait.Presque tous les partenaires se sont présentés en commission parlementaire l\u2019hiver dernier pour demander aux parlementaires des bonifications majeures au projet de loi 14, notamment sur la langue de travail, de l\u2019administration publique, du corpmerce et des affaires et de l\u2019enseignement.A l\u2019instar de la Politique québécoise de la lan^e française de Camille Laurin publiée six mois avant l\u2019adoption de la Charte de la langue française en août 1977, nous avons besoin du prochain gouvernement qu\u2019il oriente toutes ses politiques, toutes ses lois et tous ses règlements en fonction d\u2019un objectif global et clair, soit de faire du français la langue commune de tous les Québécois.La loi 101 n\u2019a pas été conçue contre le bilinguisme individuel, mais contre le bilin- guisme institutionnel à l\u2019intérieur du territoire québécois.La Charte du D\"^ Laurin était un projet de cohésion sociale qui a permis aux Québécois d\u2019enrichir la diversité culturelle et linguistique mondiale.Elle a également permis au Québec d\u2019être une terre d\u2019accueil où les richesses culturelles de l\u2019immigration offrent à la société une vitalité indispensable à son développement tout en poursuivant sa mission d\u2019intégration.Partenaires pour un Québec français demande au prochain gouvernement de présenter un projet de loi qui renforcera la Charte de la langue française.Depuis l\u2019adoption de la Charte, il y a 35 ans, le monde a changé et les défis à relever pour faire du français la langue commune ne sont que plus grands.Daniel Boyer, président de la FTQ, Jacques Letourneau, président de la CSN, Louise Chabot, présidente de la CSQ, Lucie Martineau, présidente du SFPQ, Sylvain Mallette, président de la FAE, Eliane Laberge, présidente de la EECQ, Mario Beaulieu, président de la SSJBM, Gilles Laporte, président du MNQ.L\u2019affaire Nadon D\u2019importantes leçons à tirer Depuis la récusation du juge, le Québec a été sous-représenté IRWIN COTLER Ancien ministre de la Justice et procureur général du Canada, et professeur émérite de droit à l\u2019Université McGill e gouvernement Harper a essuyé une rebuffade de la Cour suprême du Canada aujourd\u2019hui, alors qu\u2019elle a rejeté J la plus récente nomination au plus haut tribunal du pays, déclarant que «la nomination du juge Nadon et son assermentation comme juge sont nulles».Cette décision était à prévoir, le processus de nomination comportant des lacunes.Le gouvernement a lui-même admis que la nomination à la Cour suprême d\u2019un juge de la Cour fédérale était risquée.Qn se rappellera que le ministre de la Justice, Peter MacKay, déclarait en août dernier: «Il existe actuellement des articles dans la loi pouvant être interprétés comme excluant les juges fédéraux à des nominations à la Cour suprême.» Le premier ministre Harper a néanmoins annoncé quelques semaines plus tard la nomination à la Cour suprême du juge à la Cour d\u2019appel fédérale Marc Nadon.Et c\u2019est là le problème.Le gouvernement n\u2019a pas cherché à modifier ces dispositions avant la nomination du juge Nadon.Celle-ci a été annoncée, contestée, puis le gouvernement a tenté de modifier la loi rétroactivement, en incluant des modifications à la toute fin d\u2019un projet de loi budgétaire.La Cour suprême a déclaré aujourd\u2019hui que certains de ces amendements excèdent les pouvoirs du Parlement et requièrent des modifications à la Constitution.Au même moment où il soumettait ces amendements, le gouvernement a déposé un renvoi à la Cour suprême afin qu\u2019elle se prononce sur le sujet Bien que la décision rendue aujourd\u2019hui au sujet de l\u2019admissibilité de Marc Nadon à siéger à la Cour suprême parle d\u2019elle-même, l\u2019enjeu majeur ADRIAN WYLDE LA PRESSE CANADIENNE Le juge Marc Nadon demeure la question des procédures.Alors que la retraite du juge Fish en août 2013 avait été annoncée au mois d\u2019avril, pourquoi le gouvernement a-t-il attendu au mois d\u2019octobre \u2014 une semaine avant le début de la session d\u2019automne de la Cour suprême \u2014 avant d\u2019informer le Parlement de sa nomination du juge Nadon?Pourquoi le processus a-t-il été si court en substance, mais pourtant court-circuité dans son implémentation au point où le juge Nadon a lui-même reconnu devant le Parlement qu\u2019il pourrait ne pas être prêt à siéger lorsque la Cour reprendrait ses travaux?Presque un an après l\u2019annonce de la retraite du juge Fish, il n\u2019y a aucun juge pour occuper le siège vacant De plus, le Québec a été sous-représenté pendant tout ce temps, après que le juge Nadon se fut récusé.Ce qui a créé une situation particulièrement troublante, alors que la Cour a entendu des causes importantes, comme le renvoi sur la réforme du Sénat qui touche directement la ques- tion de la représentation du Québec à Qttawa.Qn ne peut qu\u2019espérer que le gouvernement apprendra de ce processus déficient et entreprendra une révision significative du processus de nomination.Des préoccupations subsistent quant aux processus de consultation et de présélection, et quant aux critères de nomination.Comme je l\u2019ai noté lorsque la nomination a été annoncée, on a informé le Parlement que la personne avait été sélectionnée, mais non pourquoi elle l\u2019avait été.11 est important de le souligner car, par exemple, le juge Fish était un expert en droit criminel et il est possible que son successeur doive posséder de l\u2019expertise et de l\u2019expérience dans ce domaine \u2014 un élément-clé dont le Parlement doit être informé lorsqu\u2019une nomination est annoncée.D\u2019autres préoccupations demeurent au sujet des nominations en général.En effet, des six juges nommés par le premier ministre Harper, cinq sont des hommes.De plus, nous sommes en droit de nous poser des questions quant à la consultation qui a été faite auprès du Québec, alors que, quelques jours après la nomination et l\u2019annonce de changements à la loi, le Québec avait parlé d\u2019examiner ses «options».Les nominations judiciaires font partie des devoirs les plus importants d\u2019un premier ministre et d\u2019un ministre de la Justice.Elles doivent être le résultat de délibérations et de consultations minutieuses, qui prennent en compte les points de vue et perspectives des provinces pour les concilier avec les besoins de la Cour.11 est déplorable que, à cause d\u2019un processus que le gouvernement a imposé \u2014 bien qu\u2019il ait su, ou eût dû savoir, qu\u2019il était défectueux et risqué \u2014, la Cour suprême ait été appelée aujourd\u2019hui à se prononcer d\u2019une manière sans précédent Reste à espérer que le gouvernement tiendra compte de ses directives et de son avis, afin que cette situation ne se présente plus jamais.Martine cherche le trouble David Desjardins Le temps de la campagne électorale, le chroniqueur rencontre des candidats des quatre principaux partis, histoire de sonder les origines de leur engagement politique et de conjurer, pour un moment, son désenchantement.Ou peut-être pas.Ly entrevue se termine.11 est 17 h 20 et la cafétéria de Radio-Canada à Montréal s\u2019est vidée.Nos coudes broient sur la table des miettes de muffin laissées par des journalistes, ou des réalisateurs, ou des comédiens, ou des techniciens, ou un groupe de retraités venus assister à l\u2019enregistrement de l\u2019émission avec France Castel dont j\u2019oublie le nom.Nos dernières paroles se perdent dans le morne océan de beiges et de bruns que compose un mobilier au moins aussi vieux que les décors de Poivre et sel.L\u2019attachée de presse de Martine Desjardins se lève, me demande si je suis un peu moins désabusé de la politique maintenant.La candidate du PQ dans Grouk s\u2019esclaffe.«Avec lui, y a rien à faire.» C\u2019est donc moi qui vais conclure l\u2019entretien, parce que c\u2019est vrai: y a rien à faire.Ce qui ne veut pas dire que je ne crois pas à la sincérité de l\u2019ancienne présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) quand elle me dit cette envie du véritable pouvoir de changer les choses, auquel elle a touché de plus loin dans le lobby étudiant.Mais, comme avec les autres avant, trop de choses m\u2019indisposent dans cette campagne pour ne pas finir par m\u2019exaspérer à force d\u2019avoir l\u2019impression qu\u2019on me prend pour un codinde.Par exemple?La mise en scène pluriethnique de Bernard Drainville pour défendre la charte.Amir Khadir qui dit que Québec solidaire se prépare à prendre le pouvoir.Philippe Couillard qui joue l\u2019indignation et bande un peu les muscles pour éviter qu\u2019on vienne jouer dans le bobo de l\u2019éthique.Vous voulez que je continue?J\u2019ai rencontré Martine Desjardins l\u2019an dernier pour la première fois.Elle quittait la Fédération étudiante universitaire du Québec où elle était devenue une vedette de la contestation de la hausse des droits de scolarité.Elle n\u2019avait pas l\u2019intention de se lancer en politique, prétendait-elle.«Mais en parlant d\u2019un dossier dans l\u2019émission de Richard Martineau, je me suis rendu compte que je pouvais chialer, ou je pouvais agir», me dit-elle avec un sourire narquois, pour marquer le coup.j^ir, agir.C\u2019est la même Martine Desjardins qui m\u2019avait raconté l\u2019inconfort de Line Beau-champ qu\u2019on avait envoyée au front contre le mouvement étudiant, probablement contre ses propres convictions.Une politicienne aux poings liés, sacrifiée pour sauver de la déroute un gouvernement qui baignait dans le fétide parfum des magouilles présumées.«Et c\u2019est probablement ce qui l\u2019a poussée à la démission», ajoute la candidate dans Grouk.Voilà ce qui me décourage d\u2019autant plus : elle croit que ce sera différent au PQ.«Tu dis ça, mais quand j\u2019ai commencé à négocier avec le Parti québécois, j\u2019ai vu comment c\u2019était, faire de la politique autrement.» De manière plus humaine, insinue-t-elle.Qu, en tout cas, un peu moins télécommandée par les spin doctors.Sinon, elle ne se serait jamais présentée pour ce parti.Elle m\u2019énerve, mais je l\u2019aime bien quand même.Parce que c\u2019est une femme qui fonce, qui a osé dénoncer le sexisme dont elle a été victime pendant la crise, tandis que le principal objet de discussion à son sujet était l\u2019état de ses cheveux.Puis, elle est très habile, surtout pour contourner les questions avec finesse.Qn n\u2019est pas dupe, mais on finit par suivre son drible du regard, et même quand on se dit: nah, bullshit, elle peut pas penser ça pour vrai, son agilité confine au respect.Je ne suis donc pas étonné une seule seconde qu\u2019elle avoue avoir pris goût à la joute politique pendant le printemps étudiant et les négos.Elle trépigne quand elle en parle, elle en veut encore.Parlons-en: au terme du Sommet sur l\u2019ensei^e-ment supérieur, en février 2013, elle avait glacialement serré la main de Pauline Marois, déçue de voir le gouvernement aller de l\u2019avant avec une indexation de 3% malgré l\u2019absence de consensus.Desjardins se défend en disant qu\u2019elle avait un mandat, qu\u2019elle négociait au nom de la FEUQ et que, finalement, la tenue de ce sommet était en soi une réussite, que dans le lot des demandes, plusieurs s\u2019étaient concrétisées.Une réponse de politicienne.Habile, mais politicienne quand même.Mélange de finesse et de cette pugnacité trouble qui vous permet de défendre une position, même douteuse, avec un incroyable culot.Martine Desjardins fait peut-être de la politique par conviction.Pour défendre la maternelle à quatre ans, par exemple, et les dossiers d\u2019éducation: c\u2019est ce qu\u2019elle a étudié, et enseigné.Mais c\u2019est aussi beaucoup parce qu\u2019elle se nourrit des conflits, de la difficile résolution de problèmes, des tractations, des négociations compliquées.Si le PQ est élu, donnez-lui un ministère au plus vite.Cette fille aime bien trop le trouble pour qu\u2019on l\u2019en prive.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Antoine Robitaille (éditorialiste, responsable de la page Idees), Jacques Nadeau (photographe), Michel Garneau (caricaturiste), information générale : Isabelle Pare {chef de division'), Caroline Montpetit (affaires sociales), Dsa-Mane Gervais (educatio Alexandre Shields (environnement), Amelie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Melanie Loisel et Philippe Orfali (reporters), information politique Marco Fortier (chef de division), Michel 'Dam6.(chroniqueur), Hek Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Marco Belair-Cinno et Robert Dutnsac (correspondants parlementaires a Quebec), Jeanne Cornveau et Brian Myles (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebe Guillaume Bourgault-Côte (reporter), Véronique Chagnon et Louis Gagne (pupitre) information culturelle Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinema), Stéphane Baillargeon (médias), Fredenque Doyon et François Levesque (reporters), Jt Carpentier (pupitre), information économique Gerard Berube (chef de division), François Desjardins, Enc Desrosiers, Jessica Nadeau et Karl Rettino-Parazelli {reporters), Gerald DaUaire (pupitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Levesq et Guy Taillefer (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives), section art de vivre: Diane Precourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Emilie Eolie-Boivin (pupitre) , équipe internet: Laurence Clavel, Mane-Pier Erappi Benoît Munger, Philippe Papineau et Genevieve Tremblay (pupitre), Martin Blais, Sophie Chartier et Elorence Sara G Eerrans (assistants) , correction : Andreanne Bedard, Christine Dumazet et Michele Malenfant, soutien à la rédaction: Amelie Gaudreau (secretaire), Lai Pelletier et Arnaud Stopa (commis) DOCUMENTATION Gilles Pare (directeur), Manon Derome (Montreal), Vanessa Racine (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBOClTÉ Edith Caron (adjointe), Jean de Billy, Jean-François Bosse, Marlene Côte, Evelyne De Varennes, An Elimam, Nathalie Jobin (par interim), Claire Paquet, Catherine Pelletier et Chantal Rainville (publicitaires), Sylvie Laporte (avis legaux), Amelie Maltais {coordonnatrice), Elise Girard (secretaire) PRODUCTION Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Richard E Cormiers, Donald Eilion, Yannick Monn et Nathalie Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Genevieve O\u2019Me.(coordonnatrice des communications et de la promotion), Maxime-Olivier Leclerc (coordonnateur du service a la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Eilion, Mane-Lune Houde-Bnsebois, Isabelle Sanchez ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptable Claudette Beliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, Elorentina Draghici, Celine Euroy et Véronique Page B 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 MARS 2014 SCIENCES REED SAXON ASSOCIATED PRESS Le manque de sommeil chez les jeunes est causé en grande partie par notre mode de vie moderne, selon la pédopsychologue Reut Gruher, chercheuse à l\u2019Institut universitaire en santé mentale Douglas.Un important élément de ce style de vie est la présence d\u2019appareils électroniques multimédias.Quand Morphée n\u2019est pas au rendez-vous Les effets dommageables du manque de sommeil chez les enfants et les adolescents Nos jeunes manquent de sommeil.Des spécialistes canadiens ont lancé un cri d\u2019alarme à l\u2019occasion de la Journée mondiale du sommeil, le 14 mars dernier, soulignant le fait que la société, voire les professionnels de la santé et les familles, y accorde peu d\u2019importance.Pourtant, on sait aujourd\u2019hui qu\u2019un déficit de sommeil peut affecter la santé autant physique que mentale des enfants et des adolescents.Analyse du rôle vital de cet état qui monopolise près du tiers de notre vie.PAULINE GRAVEL a durée du sommeil des enfants et des adolescents canadiens [de 5 à 18 ans] a décliné de manière constante et rapide au cours du dernier siècle», affirment les auteurs d\u2019un rapport intitulé Position Statement on Pediatric Sleep, rédigé par sept spécialistes canadiens et appuyé par la Société canadienne du sommeil, le Collège des médecins de famille du Canada et l\u2019Académie canadienne de psychiatrie de l\u2019enfant et de l\u2019adolescent.Une enquête effectuée récemment auprès de 3235 élèves d\u2019écoles secondaires canadiennes a révélé que 70% des étudiants dorment moins que le nombre d\u2019heures recommandé pour leur âge, particulièrement durant les jours de classe.De surcroît, plus de la moitié d\u2019entre eux affirmaient se sentir excessivement fatigués et somnolents durant le jour.Alors que la quantité optimale de sommeil requise chez les adolescents serait d\u2019au moins huit heures et demie par nuit, plus de 69% des ados dorment moins de sept heures.Une enquête conduite par la Fon-cjation nationale du sommeil des Etats-Unis a montré que 34% des tout-petits, 32% des enfants d\u2019âge préscolaire et 27% de ceux d\u2019âge scolaire dorment un nombre d\u2019heures inférieur à celui que leurs parents croient nécessaire.Pourtant, les problèmes de sommeil chez les enfants sont «peu rapportés, peu reconnus, sous-diagnostiqués et font rarement l\u2019objet d\u2019un traitement, déplorent les spécialistes dans leur déclaration.Malgré le fait qu\u2019une insuffisance de sommeil chronique soit associée à plusieurs problèmes de santé physique et mentale et à un risque accru de blessures, elle n\u2019est pas vraiment reconnue comme un problème de santé publique.» Les causes Le manque de sommeil chez les jeunes est causé en grande partie par notre mode de vie moderne, affirme la pédopsychologue Reut Gruber, chercheuse à l\u2019Institut universitaire en santé mentale Douglas et première auteure de la déclaration.Un important élément de ce style de vie est la présence d\u2019appareils électroniques multimédias (ordinateur, console de jeux vidéo, téléviseur, lecteur MP3, tablette électronique, téléphone intelligent) dans la chambre à coucher de l\u2019enfant.L\u2019utilisation de ces appareils \u2014 qui sont introduits de plus en plus tôt dans la vie des enfants \u2014 avant le coucher rend l\u2019endormissement plus difficile car ils stimulent la personne en raison de leur contenu excitant ou intéressant.De plus, l\u2019exposition à la lumière qui émane de ces écrans électroniques durant la nuit supprime la sécrétion de mélatonine par notre horloge biologique et contribue du coup à désynchroniser nos rythmes circadiens en retardant la phase de sommeil, explique la chercheuse.Un autre facteur qui favorise des heures de coucher tardives et qui, de ce fait, raccourcit la durée du sommeil quotidien est le fait que «les enfants d\u2019aujourd\u2019hui sont très occupés.Ils participent à de multiples activités parascolaires dont plusieurs d\u2019entre elles, notamment les pratiques sportives (le hockey en particulier), se terminent souvent tard le soir.Les spécialistes déplorent le fait que les écoles de médecine n\u2019enseignent pas comment dépister, diagnostiquer et traiter adéquatement les troubles de sommeil chez l\u2019enfant «Or, après des activités aussi dynamiques, il faut un certain temps pour se tranquilliser et trouver le sommeil.Et comme l\u2019école commence tôt le lendemain matin, la nuit de sommeil de l\u2019enfant s\u2019avère ainsi trop courte.Plusieurs parents croient que, si les jeunes font plus d\u2019activités, c\u2019est mieux.Mais si ces activités les empêchent d\u2019aller au lit à une heure raisonnable, alors là, c\u2019est contre-productif » Selon Gruber, une bonne pratique serait de consacrer une heure à une routine préparant au sommeil qui comprend le bain et des occupations tranquilles, comme la lecture.Reut Gruber souligne que le sommeil n\u2019est pas considéré comme une priorité dans notre société, alors qu\u2019il joue un rôle essentiel dans «la croissance, le développement, le métabolisme, la régulation du poids, les fonctions immunitaires, la santé cardiovasculaire, l\u2019apprentissage, la mémoire, la santé émotionnelle et la prévention des blessures».Tous les parents l\u2019ont observé : un enfant qui manque de sommeil peut manifester de l\u2019hjqier-activité, de l\u2019irritabilité, de la frustration, des comportements agressifs et téméraires, de l\u2019inattention, de la difficulté à se concentrer et une humeur changeante.Une privation chronique de sommeil affecte énormément les fonctions cognitives et, de ce fait, les performances scolaires, indiquent les auteurs de la déclaration.« Quand on est fatigué, il devient plus difficile d\u2019être attentif, de se concentrer, d\u2019utiliser à fond nos fonctions exécutives, c\u2019est-à-dire les fonctions qui aident les enfants à prendre les bonnes décisions, à planifier, à résoudre des problèmes et à utiliser leur mémoire de travail [le traitement et le maintien des informations à court terme], autant de fonctions qui interviennent dans la lecture et les mathématiques, et qui sont gouvernées en grande partie par le cortex préfrontal, une région du cerveau qui est très sensible à la privation de sommeil», précise Gruber, avant d\u2019ajouter que le sommeil joue également un rôle important dans l\u2019apprentissage et la mémoire.«A l\u2019école, les enfants reçoivent plein de nouvelles informations, qu\u2019ils ne pourront utiliser que si elles s\u2019inscrivent dans leur mémoire.Or, la consolidation de ces informations dans la mémoire s\u2019effectue pendant que les enfants dorment.C\u2019est la raison pour laquelle la privation de sommeil peut affecter les performances scolaires.» L\u2019humeur des enfants est également grandement affectée par une carence en sommeil.«Quand nous sommes fatigués, nous sommes très réactijs; ce qui est amusant devient extrêmement drôle et ce qui est désagréable, épouvantable.Le circuit cérébral qui assure la régulation des émotions ne fonctionne pas bien quand nous avons été privés de sommeil», explique Reut Gruber.Des expériences ont en effet montré que «la privation de sommeil exagère la réactivité du striatum et du système limbique subcortical aux stimuli affectijs positijs et négatif».Et «les comportements perturbateurs et agressifs reflètent pour leur part l\u2019incapacité du cortex frontal à réguler les émotions lorsqu\u2019il a été privé de sommeil».Le rapport souligne par ailleurs le fait que les problèmes de sommeil sont particulièrement fréquents chez les enfants et les adolescents souffrant de troubles d\u2019anxiété, de dépression ou d\u2019un syndrome de stress post-traumatique.On sait aussi que le manque de sommeil peut favoriser l\u2019embonpoint et l\u2019obésité chez les en- COLLECTION PERSONNELLE «À l\u2019école, les enfants reçoivent plein de nouvelles informations, qu\u2019ils ne pourront utiliser que si elles s\u2019inscrivent dans leur mémoire, affirme la chercheuse Reut Gruher.Or, la consolidation de ces informations dans la mémoire s\u2019effectue pendant qu\u2019ils dorment » fants et les adolescents en réduisant les niveaux de leptine, une hormone qui induit la sensation de satiété et le métabolisme des graisses, et en élevant ceux de la ghreline, une hormone qui stimule l\u2019appétit.La fatigue engendrée par un sommeil insuffisant peut aussi conduire les enfants à réduire leur activité physique et à se tourner vers des activités plus sédentaires.Le sommeil accroît nos défenses îmmunî-taîres, soulîgnent les spécialistes, tout en citant une étude ayant montré que les personnes reposées produisent davantage d\u2019anticorps à la suite d\u2019une vaccination que celles ayant été privées de sommeil.Chez les jeunes adultes, le manque de sommeil est souvent la cause de graves accidents de voiture par le fait qu\u2019il Induit une baisse de l\u2019attention pouvant conduire à l\u2019endormissement, une diminution du jugement dans la prise de décision, ainsi que des comportements Irréfléchis et téméraires en raison d\u2019une réduction du contrôle de l\u2019Impulsivité.Les traitements Pour pallier l\u2019insomnie d\u2019un enfant, les pédiatres américains sont nombreux à prescrire des traitements pharmacologiques, comme des antihistaminiques, de la mélatonine (l\u2019hormone sécrétée par notre horloge biologique) ou des alpha-agonistes, comme la clonidine et la guanfacine, trois catégories de médicaments que la Food and Drug Administration (FDA) n\u2019a pourtant pas approuvés pour un usage pédiatrique.«Tout nous porte à croire que la situation est la même au Canada.Ces médecins ont de bonnes intentions, ils veulent aider les parents et les enfants à dormir, mais cette approche ne résout pas le problème», affirme Gruber.«Les antihistaminiques rendent les enfants somnolents, mais ce n\u2019est pas le but de cette médication; ce n\u2019est donc pas une solution adéquate pour résoudre l\u2019insomnie d\u2019un enfant.La mélatonine, quant à elle, peut être utile pour certains troubles spécifiques du sommeil découlant d\u2019un décalage des rythmes circadiens.Mais encore là, ce n\u2019est pas une solution à long terme», explique la chercheuse, qui préconise plutôt des stratégies comportementales quand une évaluation a permis d\u2019exclure la présence d\u2019un trouble médical, comme l\u2019apnée ou le syndrome des jambes sans repos.«Les stratégies comportementales peuvent s\u2019avérer très efficaces, et ce, particulièrement pour les jeunes enfants de moins de cinq ans.» Dans ces cas, «on aide les parents à adopter une approche qui n\u2019encouragera pas le comportement que l\u2019on désire éliminer chez l\u2019enfant».Par exemple, si l\u2019enfant se réveille fréquemment durant la nuit, il faut lui apprendre à se rendormir par lui-même.Chaque fois qu\u2019il se réveille, les parents ne doivent pas répondre immédiatement et attendre cinq minutes avant d\u2019aller dans la chambre de l\u2019enfant.Gruber recommande de ne pas in- teragir avec l\u2019enfant, de ne pas lui demander ce qui ne va pas, voire lui parler, de ne pas le câliner ni même le toucher, et de simplement le raccompagner dans son lit.S\u2019il ne se rendort pas, on attend encore cinq minutes avant de répéter le même comportement.Cette méthode porte habituellement ses fruits après quelques nuits.Chez les enfants plus âgés, l\u2019insomnie peut découler d\u2019un décalage de l\u2019horloge biologique ou d\u2019un problème d\u2019anxiété.«Dans le premier cas, le corps n\u2019est pas prêt à s\u2019endormir à l\u2019heure habituelle du coucher.Une luminothérapie pratiquée tôt le matin et l\u2019administration d\u2019une petite dose de mélatonine quelques heures avant l\u2019heure du coucher peuvent aider à avancer l\u2019horloge biologique», indique Gruber.Chez les enfants anxieux, une thérapie cognitive comportementale visera à les aider à reconnaître les signes d\u2019anxiété qui se manifestent dans leur corps et leur tête, et à leur apprendre à les modifier et à se détendre, propose la pédopsychologue.Dans le cadre d\u2019une étude menée auprès d\u2019enfants atteints du trouble du déficit de l\u2019attention avec hjqieractivité CTDAH), Reut Gruber a pu démontrer à quel point le manque de sommeil peut exacerber les sjmiptômes associés à ce problème de santé, comme la difficulté à maintenir l\u2019attention et à contenir ses émotions.Optimiser le potentiel des enfents «Un meilleur sommeil ne guérira pas ces enfants, mais il leur permettra de mieux fonctionner dans la journée et d\u2019optimiser leur potentiel», pré-cise-t-elle, tout en rappelant que les médicaments (des stimulants) qu\u2019on administre à ces enfants sont bénéfiques pour l\u2019attention et le comportement, mais que dans certains cas ils peuvent causer de l\u2019insomnie.«Il vaut mieux, dans ce cas, chercher une autre médication qui n\u2019interférera pas avec le sommeil», conseille la chercheuse.Dans leur déclaration, les spécialistes canadiens du sommeil déplorent le fait que les écoles de médecine n\u2019enseignent pas à leurs étudiants comment dépister, diagnostiquer et traiter adéquatement les troubles de sommeil chez l\u2019enfant.Ils regrettent que les professionnels de la santé n\u2019insistent pas sur l\u2019importance d\u2019une bonne hygiène de sommeil, comme ils le font pour l\u2019alimentation et l\u2019activité physique dans leurs messages de prévention.Le Devoir Sommeil requis selon l\u2019âge de l\u2019enfant Age\tDurée minimaie a de sommeii (h K 6 mois\t10,4 fs 9 mois\t10,5 » 12 mois\t11,5 1-2 ans\t11,2 2-3 ans\t10,8 4-5 ans\t10,3 » 6 ans\t9,8 fs 7 ans\t9,6 » 8 ans\t9,4 K 9 ans\t9,2 « 10 ans\t9 \u201c 11 ans\t8,9 » 12 ans\t8,7 13 ans\t7,6 14 ans\t7,3 15 ans\t7 16 ans\t6,7 Source: Position Statement on Pediatric Sleep, Reut Gruber et ¦\t "]
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