Le devoir, 19 avril 2014, Cahier G
[" ENVIRONNEMEST JOUR DE LA TERRE EDI 19 ET DIMANCHE 20 AVRIL 2014 CAHIER THEMATIQUE G > LE DEVOIR LES SAM » ï ¦\u2018\u2018 - V vîv\u2019j i ' '«'ifrc '\u2022 UjvVwi-'(.'ll\t' î#wpi^ \u2022\u2019'¦\"I üilÉill .f \u2019.Tv-OUv';.,\u201811 I r'-dt\u2019VA-i Et si l\u2019avenir de Montréal se dessinait en vert.Un 375® pour une ville dont les années seront comptées par milliers d\u2019arbres plantés protection des sols afin d\u2019éliminer les effets néfastes qu\u2019entraîne l\u2019étalement urbain.Mais il y aura aussi plus : accès aux berges et respect de l\u2019environnement naturel, les zones humides cessant d\u2019être des secteurs à faire disparaître.Montréal s\u2019est donc donné des moyens lui permettant d\u2019inscrire la nature dans sa trame.Et d\u2019ainsi circonscrire tout développement sauvage.Est-il farfelu de croire que l\u2019on peut ajouter sur le territoire de la métropole québécoise 375000 nouveaux arbres, tout en remplaçant les frênes gangrenés?«Non», répond la Corporation Saint-Laurent, elle qui pilote les activités accompagnant ce 22 avril.Jour de la Terre.Et cela ne peut que recevoir l\u2019assentiment de la Communauté métropolitaine de Montréal, elle qui a déposé et fait accepter un plan qui met le respect de l\u2019environnement au cœur du développement.NORMAND THERIAULT es années passent.On avait voulu que Montréal soit un nouveau Manhattan.C\u2019était au temps de l\u2019administration Drapeau.Et les tours devaient surgir d\u2019abord dans le secteur avoisinant l\u2019Université McGill, ou encore, après quelques réalisations, de ce Colisée, une tour d\u2019habitation sise à l\u2019angle Sherbrooke et Sainte- Eamille, jusqu\u2019à La Cité, ce vaste complexe où le résidentiel et le commercial allaient se partager quatre tours, et suivirent autant de propositions de même nature.Mais il y eut un holà: celui d\u2019une Phyllis Lambert et d\u2019un groupe de citoyens (les Milton Parc!), qui mirent alors à mal une telle proposition.Et lentement, on allait penser une nouvelle ville, autre.Et l\u2019avenir devrait démontrer qu\u2019il serait possible de faire cohabiter l\u2019homme et la nature, que le développement ne se mesurait pas seulement en mètres cubes de béton et en surface asphaltée.Aménagement 11 y a trois ans déjà, la Communauté métropolitaine de Montréal déposait son PMAD, le Plan métropolitain d\u2019aménagement et de développement, qui, après consultation, fut accepté par le monde municipal du Grand Montréal, que l\u2019on soit de l\u2019île ou des couronnes nord et sud.Les villes seront donc aménagées selon les axes du transport en commun et leur densité sera augmentée, tout cela étant fait au nom de la Vaste plantation Pour d\u2019autres, s\u2019il faut parfois interdire, légiférer, il faut aussi intervenir.Et pour ce 22 avril prochain.Jour de la Terre, la Corporation Saint-Laurent dépose un projet original, où les citoyens, les entreprises, les corporations, bref, tout le Montréal citoyen, corporatif et institutionnel, pourront devenir des acteurs de changement.Comment?En participant à une vaste campagne de plantation d\u2019arbres (un Guinness arboricole, quoi!) qui ajouterait, en 2017, année du 375® anniversaire de la fondation de la ville par Maisonneuve, 375000 arbres sur le territoire de l\u2019île.Un jour prochain, donc, une trame reliera le mont Royal au Jardin botanique iViSK,'.' S.n p- -, s SOURCE NEWSCOM Et donc, concert, collectes et consultations suivront pour amener à terme ce vaste projet.Et tout cela en recherchant l\u2019appui de toutes les collectivités, locales ou institutionnelles.«Des villes, des organismes et des agriculteurs pourront nous dire combien d\u2019arbres ils planteraient à quels endroits, puis notre comité scientifique choisira, explique ainsi Pierre Lussier, directeur du Jour de la Terre Québec.C\u2019est important que les propositions viennent directement des milieux, mais en même temps, notre comité scientifique s\u2019assurera d\u2019une cohérence pour créer la ceinture verte prévue dans le Plan métropolitain d\u2019aménagement et de développement » Un jour prochain, donc, une trame reliera le mont Royal au Jardin botanique ou aux parcs des bouts de l\u2019île, comme elle mettra en liaison le Saint-Laïuent et la rivière des Prairies.Et ce lien ne sera pas routier : en vert, il se dessinera, et en feuilles il s\u2019animera.La ville serait ainsi meilleure polu ceux et celles qui l\u2019habitent.Le Devoir » La récupération de l'eau de pluie, c'est une seconde nature chez nous.Par souci de l\u2019environnement, les marchands IGA contribuent activement depuis 2010 à donner une deuxième vie à l\u2019eau de pluie.À ce jour, grâce au Fonds Éco IGA, leur initiative a permis de distribuer plus de 36 000 barils récupérateurs d\u2019eau de pluie à prix réduit.Animés par ce succès, 185 marchands se sont engagés à distribuer près de 13 000 nouveaux barils cet été.Pour connaître le calendrier de distribution 2014 afin de faire de la récupération d\u2019eau de pluie une seconde nature chez vous aussi, visitez FondsEcolGA.org.^ ÉCO/ÆI7 ^\t¦\t¦\t¦ V\tun Par le Jour de la Terre LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 AVRIL 2014 G 3 JOUR DE LA TERRE FORETS Dangereux, le statu quo ?« La gestion des forêts est d\u2019abord une démarche de planification locale » C\u2019est bien connu : la forêt québécoise s\u2019étend sur près de la moitié du territoire de la province.Il y a quelques années, il y a eu levée de boucliers sur la façon d\u2019exploiter cette ressource jugée inépuisable, ce qui a notamment entraîné la mise sur pied d\u2019un nouveau régime forestier.Et quand il est question en ce début de siècle d\u2019une forêt à protéger, il est de mise de parler inévitablement de réchauffement climatique.REGINALD HARVEY Il y a 85% du territoire forestier qui est boréal; on a tendance à penser résineux sous cet aspect-là, mais il y a également des feuillus boréaux comme les bouleaux et les trembles», rapporte Luc Bouthillier, professeur de politique forestière et d\u2019évaluation environnementale au Département des sciences du bois et de la forêt de l\u2019Université Laval.Il dresse le portrait d\u2019ensemble: «On a une forêt résineuse au nord; dans la partie un peu plus intermédiaire, on a une forêt mixte, et on a finalement la forêt feuillue dans la plaine du Saint-Laurent, dans la vallée du Saguenay et en Outaouais.» Une fois ces faits connus, il se tourne sur les dangers courus par ces peuplements forestiers : «Il y a les menaces traditionnelles comme celle de l\u2019épidémie des insectes non exotiques (la tordeuse, l\u2019arpen-teuse, etc.) ; présentement, on est à l\u2019amorce imminente d\u2019un nouveau cycle de la tordeuse des bourgeons de l\u2019épinette, et lors de chacune des épidémies de celle-ci, la pression qui est exercée sur cette espèce d\u2019arbres est considérable.Il y a de plus les risques courus par les feux de forêt dans la mesure où les changements climatiques vont se manifester ; et comme c\u2019est plus significatif au nord, il faut encore une fois s\u2019attendre à des conflagrations: est-ce que cela se produira l\u2019an prochain, dans cinq ans, ou dans dix ans?Tout ce qu\u2019on sait, c\u2019est que cela va arriver incessamment.» Environnement en mutation Difficile pour ce spécialiste de mesurer pour l\u2019instant le taux de croissance de ces feux chez nous, mais il pose tout de même ce constat: «Quand on regarde du côté des Etats-Unis, c\u2019est manifeste qu\u2019il y en a davantage depuis une dizaine d\u2019années et qu\u2019ils sont plus intenses.Est-ce qu\u2019on peut pour l\u2019heure transposer cela au Québec et au Canada ?C\u2019est une \u201csaprée\u201d bonne question ! Mais il est évident qu\u2019il va y avoir une adaptation qui devra se produire, d\u2019autant plus que tant la tordeuse que les feux font partie de la dynamique des forêts boréales; c\u2019est de cette façon que les vieilles forêts se régénèrent sous l\u2019action des insectes et du feu.Il est donc probable qu\u2019on soit à la veille d\u2019entrer dans une phase de renouvellement intense et que les changements climatiques catalyseront un tel phénomène.» Il y en a certains qui ne devraient pas rester sourds à la cloche qui sonne le temps venu de l\u2019adaptation à un phénomène nouveau: «Je crois qu\u2019en matière de politique publique, il faudrait tenir compte qu\u2019on entre dans une zone d\u2019incertitude accrue.Tant pour la question de la protection elle-même que pour le rétablissement du caribou ou pour le déploiement du nouveau plan de récolte et d\u2019intervention forestière, il faudra intervenir avec cette idée qu\u2019il faut s\u2019accorder une marge de manoeuvre dans les décisions qui sont prises.En ce sens-là, il y a des cibles qui vont devoir bouger à mesure que les événements se déploieront dans le temps.» Comment s\u2019adapter à ce qui est envisagé sur le plan du réchauffement?Le professeur Bouthillier indique qu\u2019on ne le sait pas vraiment et il y va de cette réflexion : «Il faut peut-être se montrer plus attentif, plus prudent, mais surtout moins intégriste.Si on regarde ce qui s\u2019en vient du côté des gens qui veulent récolter des volumes de bois, il y a un engagement, qui existe depuis 1986, à planifier la récolte à rendement soutenu, c\u2019est-à-dire selon ce que la forêt peut donner.» Dans ce but, la planification est effectuée sur un horizon de 150 ans, ce qui le porte à tenir ces propos : «Dans ce cas, il faudrait être extrêmement prudent.» Prudence dans le brouillard Le nouveau régime forestier entré en vigueur le premier avril 2013 prend-il en compte les bouleversements climatiques susceptibles de '(Y.JACQUES NADEAU LE DEVOIR La gestion forestière, pensée sur une échelle très locale, doit s\u2019adapter à la réalité des changements climatiques globaux. de la communauté scientifique qui est convaincue qu\u2019il y aura une hausse des températures sur terre.» Une zone d\u2019ambiguïté persiste tout de même: «On a quelque peu régionalisé le phé- nomène, et on sait que les régions nordiques seront frappées plus durement que l\u2019Equateur, mais localement, qu\u2019en est-il?Parce qu\u2019il faut savoir que la gestion des forêts, c\u2019est d\u2019abord une démarche de planification locale qui se situe par la suite à l\u2019échelle paysagère et à celle de l\u2019écorégion.Donc, la grosse difficulté se situe localement avec tous les modèles climatologiques qui existent; il est énor- mément difficile d\u2019entrevoir les conséquences.Il est certain qu\u2019il va se passer quelque chose, mais les modèles n\u2019ont pas cette finesse de prévision locale.C\u2019est la raison pour laquelle on doit rester en mode adaptatif » Il en va de même poiu le nouveau régime, soutient Luc Bouthillier: «On y retrouve l\u2019engagement de pratiquer l\u2019aménagement écosystémique sur environ 75 % de la forêt commerciale.L\u2019idée de base dans cette démarche, c\u2019est de réduire l\u2019écart entre la forêt préindustrielle et celle qui est aménagée.» Mais voilà que les cartes pour l\u2019atteinte d\u2019un tel objectif sont brouillées dans un contexte de changement climatique: «En effet, parce qu\u2019il est bien possible que l\u2019étalon de base ou la balise avec laquelle on veut se comparer ne soit pas valable.» Il explique pourquoi: «Les conditions vont changer.Sur le ter- rain, en matière de pratiques forestières, ça veut dire quoi ?Cela signifie à court terme qu\u2019on continue dans la voie des pratiques écosystémiques, mais qu\u2019on doit envisager cette manière de faire comme une vaste expérience, tout en essayant d\u2019être attentif à l\u2019évolution du territoire.» Et il serait pertinent de prendre en compte les attributs de dame nature: «Sans doute qu\u2019il faut de plus en plus être conscient que, lorsqu\u2019on intervient en forêt, on gère un stock de carbone et surtout des machines à immobiliser du carbone, qu\u2019on appelle des arbres.Il devient important en foresterie d\u2019avoir présente à l\u2019esprit cette réalité : le rôle de séquestration du carbone est une fonction qui deviendra de plus en plus valorisée à l\u2019avenir.» Collaborateur Le Devoir LE 22 AVRIL FETQNS LA PUNETE EH CHANGEANT HOS HABITUDES.Jour de la Terre® QUÉBEC GRANDS PARTENAIRES ES] FomUtlon TD ÊER QUEBECOR PARTENAIRES MAJEURS anKliDrecyder' PARTENAIRES ASSOCIÉS PARTENAIRES MÉDIAS Mc I geep réser Humanii SIDLEE *^fTl JA T -A-VIDÉOTRON Montrêd# B'îSJi'J iWI' IK DEVOIR ImEJM ÏWIW\tIVS ' C ~ Photographie : Simon Duhamel-Le Consulat / Retouches et infographie : Visual Box et Graphiques M&H / Artiste pinatas : lan Langohr G 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 AVRIL 2014 JOÜR DE LA TERRE Une nouvelle forêt pour une métropole 375000 arbres pour le 375® anniversaire de Montréal D\u2019ici le 22 avril 2017, année du 375® anniversaire de Montréal, le Jour de la Terre Québec lance un grand défi aux Québécois : planter 375 000 arbres sur le territoire de la grande région métropolitaine.MARTINE LETARTE Les citoyens seront invités à faire des dons de 50$, un montant permettant la plantation de cinq arbres.Les entreprises seront encouragées à mettre la main à la pâte pour motiver leurs employés à unir leurs forces pour donner, ou encore, pour organiser des collectes de fonds.Plusieurs artistes se mettent aussi de la partie.Les Cowboys Fringants, Louis-José Houde, Les Trois Accords et Patrick Grouk se donnent rendez-vous au Centre Bell le 10 mai pour amasser des fonds.«La plantation de 40000 arbres sera financée par ce spectacle», se réjouit Pierre Lussier, directeur du Jour de la Terre Québec et vice-président du conseil d\u2019administration.Un billet de 55$ finance la plantation de cinq arbres, celui de 45$, quatre arbres, et ainsi de suite, jusqu\u2019au billet le plus abordable : 15$ pour un arbre.Ces 40000 arbres feront l\u2019objet du premier appel de propositions au début juin.«Des villes, des organismes et des agriculteurs pourront nous dire combien d\u2019arbres ils planteraient à quels endroits, puis notre comité scientifique choisira, explique Pierre Lussier.C\u2019est important que les propositions viennent directement des milieux, mais en même temps, notre comité scientifique s\u2019assurera d\u2019une cohérence pour créer la ceinture verte prévue dans le Plan métropolitain d\u2019aménagement et de développement [PMAD].Déjà, des études ont été faites pour guider les choix du comité scientifique.» Les gagnants des appels de propositions seront ensuite liés à un contrat détaillé précisant les conditions de plantation, l\u2019entretien, les taux de perte ac- ceptés, etc.«Ces arbres ne serviront pas à remplacer ceux qu\u2019on abattra pour lutter contre l\u2019agrile du frêne, assure M.Lussier.Ixs 375000 arbres seront plantés en plus de ce qui est prévu dans les projets habituels.Ce seront de nouveaux arbres.» Cette année, le 22 avril au matin, l\u2019organisme le Jour de la Terre Québec invite les gens à assister au coup d\u2019envoi du projet.La plantation de 375 arbres se déroulera au parc Jean-Drapeau, à Montréal.Planter soi-même C\u2019est bien beau de donner de l\u2019argent, mais plusieurs citoyens voudront assurément se mettre les mains dans la terre pour les planter, ces arbres ! Ils auront plusieurs occasions de le faire.«Les entre- « C\u2019est important que les propositions [de plantation] viennent directement des milieux» prises organisatrices de collectes de fonds pourront nous préciser qu\u2019elles veulent prendre part à l\u2019effort de plantation, et nous ferons en sorte que ce soit possible en les jumelant avec un organisme planteur», explique Pierre Lussier.Des individus pourront aussi prendre l\u2019initiative d\u2019acheter cinq arbres en pépinière privée pour les planter eux-mêmes.«Ils pourront nous dire où ils ont fait la plantation, nous envoyer une photo et la facture des arbres comme preuve et nous les comptabiliserons», indique Pierre Lussier.Une gestion minutieuse Arriver à planter des arbres pour 10$ l\u2019unité est possible pour le Jour de la Terre Québec en raison du grand volume à produire, mais aussi grâce à une planification minutieuse.«Nous devons mettre en place une mécanique capable de créer de grands volumes, explique Pierre Lussier.Notre comité scientifique est en discussion avec les pépiniéristes et les organismes planteurs pour choisir les essences et les grosseurs de plant optimales.Il semble que le plus important n\u2019est pas d\u2019avoir des plants le plus gros possible, mais plutôt d\u2019entretenir les plantations.Le plus grand danger des arbres, c\u2019est le gazon ! Pour s\u2019assurer de la croissance des arbres, il faut désherber à leur base.» Le Jour de la Terre doit aussi s\u2019assurer d\u2019avoir toujours suffisamment de végétaux pour alimenter les projets de plantation.«Pas question d\u2019importer», précise M.Lussier.Le Jour de la Terre Québec prévoit lancer deux appels de propositions par année pour pouvoir planter, si les conditions le permettent, au printemps et à l\u2019automne.«A la suite de l\u2019appel de propositions de juin, nous prévoyons accorder les contrats à la mi-août en vue d\u2019une plantation à l\u2019automne 2014 et au printemps 2015, précise M.Lussier.Un autre appel de propositions sera fait en novembre pour une plantation au printemps et à l\u2019automne 2015.On maintiendra ensuite le même rythme.» Vers 2017 et 2042 Les prochains Jours de la Terre seront une occasion de relancer le projet, de réanimer la mobilisation citoyenne pour arriver au point culminant du 22 avril 2017.D\u2019ailleurs, Astral Affichage et les nombreuses chaînes radio d\u2019Astral sont partenaires et diffuseront une grande campagne publicitaire chaque année d\u2019ici le 22 avril 2017.Pour clore le projet, le __\tX ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Les 375000 arbres sont prévus en plus des efforts de remplacement des frênes frappés par Uagrile.Jour de la Terre Québec souhaite organiser un grand événement rassembleur.«En 2017, nous aimerions créer un record de la plus grande plantation urbaine qui n\u2019a jamais eu lieu, affirme Pierre Lussier.Nous aimerions que ce soit un moment fort, qu\u2019il y ait peut-être un autre grand concert pour célébrer cette grande mobilisation citoyenne.» Le Jour de la Terre Québec souhaite aussi profiter de l\u2019occasion pour faire rayonner Montréal au-delà des frontières québécoises.«Le 375\u201d anniversaire de Montréal attirera plusieurs congrès et événements dans la métropole, et nous aimerions réussir à faire venir de façon écologique \u2014 ce sera un vrai défi ! \u2014 400 jeunes délégués à travers la planète pour planter 400 arbres, affirme M.Lussier.Nous tra- vaillerons en collaboration avec Earth Day Network, basé à Washington, pour choisir ces jeunes.L\u2019objectif sera de leur redonner rendez-vous à Montréal 25 ans plus tard, alors que la ville célébrera son 400\u201d anniversaire, pour voir le bout de forêt que seront devenus les 400 arbres qu\u2019ils auront plantés.» Collaboratrice Le Devoir L\u2019homme des arbres était un cinéaste « Il s\u2019inspirait autant des poètes que des scientifiques » Le cinéaste d\u2019animation Frédéric Back a toujours célébré, et dessiné, les beautés du monde, comme celles façonnées par les hommes.Il suffit d\u2019admirer Illusion?, Tout-rien, Crac!, L\u2019homme qui plantait des arbres et Le fleuve aux grandes eaux.Or, celui qui nous a quittés le 24 décembre dernier à l\u2019âge de 89 ans ne voyait pas toujours la Terre avec des lunettes roses.ANDRÉ LAVOIE Deux ans après sa naissance à Sarrebruck en Allemagne en 1924, Frédéric Back s\u2019exprime déjà avec des crayons et entre vite en contact avec les splendeurs de la vie rurale et la grâce des animaux.Ses talents étaient multiples, mais son don exceptionnel pour le dessin et les remous de l\u2019Histoire vont en décider autrement.C\u2019est ainsi qu\u2019il sillonne une partie de la France avec ses parents avant la Deuxième Guerre mondiale, chaque arrêt dans chaque ville (Strasbourg, Paris et Rennes) devenant un jalon essentiel à l\u2019apprentissage de sa future carrière d\u2019illustrateur, de caricaturiste, de maquettiste et, bien sûr, de cinéaste d\u2019animation.Or, ses préoccupations écologistes et son amour débordant pour la forêt n\u2019ont pas fleuri à son arrivée au Québec en 1948 ou dans son modeste studio de Radio-Canada, là où il passera plusieurs décennies à élaborer patiemment ses petits bijoux animés.Les paysages de son enfance ont été saccagés par les horreurs de la guerre en Europe, et ce carnage marquera Back à jamais.Cet homme qui a non seulement dessiné des SOURCE ARTV Frédéric Back a non seulement dessiné des arbres, mais en a lui-même beaucoup planté.arbres, mais qui en a lui-même beaucoup planté ne cachait pas son pessimisme à l\u2019égard de ses semblables.Dans les pages du Devoir, en 2007, il s\u2019exprimait sans détour: «J\u2019ai toujours été révolté par la façon d\u2019agir des humains.A bien des égards, je trouve que les animaux sont beaucoup plus raisonnables que les hommes.La violence animale est justifiée par la survie, alors que chez l\u2019humain, il y a une rapacité et une barbarie tellement inutiles.» Une vision sombre Il a insufflé à tous ses films une vision sombre de la course effrénée du progrès, les eaux contaminées, les espaces arides et les cheminées d\u2019usines se profilant aussi bien dans Illusion ?, Crac!, que dans Le fleuve aux grandes eaux.Mais Back ne militait pas seulement avec ses crayons Prisma; il a œuvré dans plusieurs organisations écologistes et participé à la fondation de certaines d\u2019entre elles, dont la Société pour vaincre la pollution, ainsi que la Société québécoise pour la défense des animaux.Cette fibre militante n\u2019avait rien de flamboyant, car Frédéric Back affichait une certaine timidité, parlait d\u2019une vok douce, et considérait avec un immense respect le travail des scientifiques.C\u2019est pourquoi il avait approché le biologiste Claude Villeneuve, professeur à l\u2019Université du Québec à Chicoutimi, pour s\u2019assurer de la véracité de ses affirmations dans Le fleuve aux grandes eaux, une collaboration qui allait se transformer en profonde amitié.Elle se conclura avec une préface signée Back dans le dernier livre de celui qui scrute aussi les changements climatiques, intitulé Est-il trop tard ?(éditions MultiMondes, 2013).Claude Villeneuve ne tarit pas d\u2019éloges à l\u2019égard de cet artiste, que plusieurs confondent avec Elzéard Bouffier, le personnage inventé par Jean Giono et dont Facteur Philippe Noiret narre les exploits dans L\u2019homme qui plantait des arbres.C\u2019est avec émotion qu\u2019il se souvient de sa dernière conversation téléphonique: «Il m\u2019avait dit: \u201cTant que je vivrai, je me battrai à vos côtés.\u201d Il était déjà très malade, et pourtant, il n\u2019a pas hésité à collaborer à mon livre.» Leur complicité témoigne également d\u2019un trait essentiel de la philosophie de Back.«Il ne travaillait pas de manière isolée, précise Claude Villeneuve.Il s\u2019inspirait autant des poètes que des scientifiques, et reconnaissait la valeur de chacun.» Hommages On peut le voir faire l\u2019éloge de son ami aujourd\u2019hui disparu dans le magnifique documentaire de Phil Comeau Erédéric Back : grandeur nature.Le cinéaste, rejoint quelques jours après le vibrant hommage rendu à l\u2019artiste à la Maison symphonique le 5 avril dernier, évoque avec émotion un homme consciencieux, mais aussi un être rempli d\u2019humour.«J\u2019étais en contact constant avec lui pendant le tournage sur les lieux de sa jeunesse, évoque Phil Comeau./e tenais à fusionner ses dessins d\u2019autrefois à des paysages les ayant inspirés et qui existent toujours, mais c\u2019était parfois impossible de les filmer: ils étaient masqués par des arbres.Erédéric riait à tout coup ! » Dans ce portrait qui récolte l\u2019adhésion de tous les publics, et bien des prk au passage, Phil Comeau illustre à quel point Frédéric Back, ce double oscarisé, rallie autant les militants, les scientifiques que les cinéastes, ceux d\u2019Hollywood comme ceux du Japon, un pays où ses admirateurs peuvent fondre en larmes devant lui.Parions qu\u2019ils sont encore inconsolables depuis son départ, mais l\u2019œuvre magistrale laissée derrière lui invite à l\u2019engagement, au dépassement, avec une détermination obstinée.Frédéric Back n\u2019en attend pas moins de nous.Collaborateur Le Devoir Un portrait rigoureux et novateur des changements ciimatigues et de ieurs effets à iong terme sur ia biodiversité du Québec,» Alexandre DAsteus, Le Rimeuskeis CHANGEMENTS CLIMATIQUES ET BIODIVERSITÉ DU QUÉBEC VERS UN NOUVEAU PATRIMOINE NATUREL Ipf CHANGEMENTS CLIMATIQUES ET BIODIVERSITÉ DU QUÉBEC Vers un nouveau patrimoine naturel Dominique Berteaux avec ia coiiaboration de Nicoias Casajus et Syivie de Biois 2014 29$ Œ3j|2U$$ PDF EPUB m Presses de rUniversité du Québec Plus de 1 300 livres à feuilleter LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 AVRIL 2014 JOUR DE LA TERRE G 5 GRAND MONTREAL Une Trame verte et bleue s\u2019inscrira dans le territoire 17 % des milieux naturels seront protégés L\u2019idée d\u2019une ceinture verte dans la grande région de Montréal ne date pas d\u2019hier.À plusieurs reprises, des citoyens, des élus, des groupes ont demandé la protection de territoires définis.Par la mise sur pied de cinq projets d\u2019envergure en collaboration avec les municipalités et des groupes environnementaux, la Communauté métropolitaine de Montréal donne un coup d\u2019envoi à la réalisation d\u2019une Trame verte et bleue à la grandeur de son territoire.JACINTHE LEBLANC \\ A la suite de consultations publiques tenues en 2011, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) a adopté le Plan métropolitain d\u2019aménagement et de développement (PMAD), en vigueur depuis 2012.Il y a, dans ce plan, la Trame verte et bleue (TVB), qui s\u2019inspire grandement du concept de la ceinture verte, signale d\u2019ailleurs Geneviève Bédard, conseillère en recherche pour le service environnement de la CMM.Dans l\u2019essentiel, la Trame a un objectif de conservation et de protection de la biodiversité dans la région métropolitaine, explique M\u201c® Bédard, à des fins récréotouristiques.La TVB se limite au territoire couvert par les 82 municipalités composant le Grand Montréal.A la demande de la population et des élus, le PMAD s\u2019est collé aux objectifs de Nagoya, soit de protéger 17% des milieux naturels sur son territoire d\u2019ici 2017.Selon les données de 2010, déjà 9,6% du territoire de la CMM sont inscrits au registre des aires protégées du gouvernement du Québec.Les aires protégées, les bois et corridors forestiers, les milieux humides, les rives et littoraux, et les paysages et le patrimoine bâti d\u2019intérêt pour la métropole constituent les milieux naturels à protéger.Protéger le milieu terrestre Lorsqu\u2019il est question de protéger les milieux aquatiques comme l\u2019accès aux plans d\u2019eau et aux rives, les gens embarquent rapidement et facilement dans les projets, constate Geneviève Bédard.Par contre, ceux-ci tendent à être plutôt réticents lorsqu\u2019on parle du milieu terrestre comme la protection des bois et des milieux humides.Mais selon madame Bédard, la tendance semble changer tranquillement au sein de la société.C\u2019est pourquoi cinq projets orientés vers la trame verte sont en cours.On parle ici du parc de la rivière des Mille-Iles, d\u2019un sentier cyclable et pédestre reliant Oka et à Mont-Saint-Hilaire en passant par les différents parcs nationaux présents, d\u2019un parc-plage du Grand Montréal et de deux corridors forestiers, celui du mont Saint-Bruno et celui de Châteauguay-Léry.De l\u2019avis de Geneviève Bédard, «il était nécessaire d\u2019avoir des projets concrets sur le territoire, et pas seulement de grands objectijs de protection et de conservation».Ces projets s\u2019inscrivent dans ce sens et font partie du plan d\u2019action du PMAD.Le rôle de la CMM, précise Geneviève Bédard, est de coordonner et d\u2019assurer la répartition du financement des différents projet^ de la Trame verte et bleue.A ce sujet, en janvier 2013, un investissement de 150 millions a été an- noncé afin d\u2019aider la réalisation des cinq projets ciblés.Cet investissement est réparti entre le gouvernement provincial, la CMM et les villes composant la CMM à la hauteur de 50 millions chacun.C\u2019est un peu le pari que tient la CMM.En favorisant l\u2019accès à des lieux de détente et de ré-créotourisme, les citoyens se réapproprieront l\u2019espace, sortiront de chez eux et bougeront plus, pense M\u201c® Bédard.Ils en deviendront par le fait même les meilleurs gardiens.Avec des citoyens en quête de plein air et sans devoir faire plusieurs heures de transport, le Plan métropolitain et la Trame verte et bleue semblent être arrivés au bon moment.Pour la CMM, il est donc important de pouvoir redonner un peu de nature aux citoyens.Et pour convaincre le plus de gens possible d\u2019embarquer dans la TVB, le mieux, c\u2019est d\u2019en parler.Au-delà du récréotourisme Le territoire de la CMM est zoné agricole à 58% et protégé en vertu de la Loi sur la protection du territoire agricole.A ce moment-ci, les MRC doivent faire leur plan de développement, et elles doivent tenir compte des objectifs de la Trame verte et bleue, mentionne Geneviève Bédard.«Intégrer les producteurs agricoles dans le développement et la mise sur pied de la TVB devient ainsi un incontournable.Et de plus en plus, souligne-t-elle, cela se fait dans le respect du travail de chacune des parties.» Pour le projet de la piste cyclable, un aspect pratique et utilitaire s\u2019en dégage.En plus de relier le parc d\u2019Oka au parc du Mont-Saint-Hilaire, le projet permettra de compléter certains tronçons manquants.Il servira aussi de prétexte pour améliorer le réseau cyclable à plusieurs endroits.Il sera plus facile et sécuritaire pour les cyclistes de se déplacer.Une intéressante collaboration De plus en plus, remarque-t-elle, il y a une collaboration qui s\u2019installe entre les municipalités et les groupes environnementaux.Au corns des années, ces derniers ont développé une expertise et une connaissance de leur milieu, et plusieurs d\u2019entre eux se sont professionnalisés.Geneviève Bédard souligne que ces collaborations deviennent efficaces avec les années.En effet, il semble reconnu que ceux à même de parler de certains territoires sont ceux qui les habitent.Par ailleurs, Geneviève Bédard observe qü\u2019«avec la sensibilisation aux enjeux environnementaux et de conservation au sein des élus municipaux, il est plus facile de protéger les différents milieux naturels et d\u2019en rendre une bonne part accessible au public».Collaboratrice Le Devoir
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