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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2014-05-31, Collections de BAnQ.

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[" LIVRES CAHIER F » LE DEVOIR, LES SAMEDI 31 MAI ET DIMANCHE 1®^ JUIN 2014 A/ ,.0,1 ARCHIVES MCGILL UNIVERSITY Ci-dessus, anesthésie à l\u2019éther ou au chloroforme durant une intervention chirurgicale, peut-être au Montreal General Hospital, vers 1910.Ci-dessous, l\u2019ambulance de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal à l\u2019entrée de l\u2019hôpital, vers 1912.La médecine québécoise diagnostiquée COLLECTION DENIS GOULET Depuis 1800, l\u2019histoire de la médecine au Québec fait écho à l\u2019évolution de la société MICHEL LAPIERRE Comme Philippe Couillard, quatre médecins furent, ici, premiers ministre^ : avant 1867, sous rUnion, Etienne-Paschal Taché, conjointement avec son homologue du Canada-Ouest (futur Ontario) et, depuis la Confédération, entre autres, Charles-Eugène Boucher de Boucherville, au dernier quart du XIX® siècle.Dans leur Histoire de la médecine au Québec, 1800-2000, Denis Goulet et Robert Gagnon évoquent cette curieuse dimension politique.Le pouvoir, dans les régimes parlementaires, semble, par tradition, convenir plus aux avocats qu\u2019aux médecins, dont la profession projette l\u2019image de l\u2019altruisme, du dévouement.de la rigueur scientifique, et non celle de l\u2019esprit chicanier, intéressé, dominateur.Les historiens Goulet et Gagnon, avec l\u2019assistance du chercheur Philippe Hudon, donnent d\u2019ailleurs à leur ouvrage richement illustré, première synthèse publiée sur le sujet, un sous-titre éloquent: De Vart de soigner à la science de guérir.Mais, pour illustrer la singularité de leur étude, ils rapportent que le Montreal General Hospital, le premier hôpital public anglo-protestant de la ville, dès son ouverture en 1819, donna lieu à un duel au pistolet entre le député Michael O\u2019Sullivan et le médecin William Caldwell à la suite d\u2019une querelle.Le premier favorisait l\u2019agrandissement de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, établissement dont l\u2019origine remontait à la Nouvelle-Lrance, l\u2019autre, une aide gouvernementale à l\u2019ancêtre de l\u2019actuel Centre universitaire de santé McGill.Les auteurs sont conscients que la concorde et la primauté des préoccupations humanitaires n\u2019accompagnent pas tou-jpurs l\u2019évolution de la médecine.A la suite de la Conquête, le gouverneur nomme des Britanniques et presque pas de Canadiens, parfois aucun, au bureau des examinateurs de Montréal qui régit la profession médicale.Même à celui de Québec, il désavantage les médecins issus de la majorité.Selon Goulet et Gagnon, les faits révèlent une situation «impérialiste».Grâce à des protestations répétées, les médecins, dont un bon nombre sont députés, peuvent, en 1831, élire eux-mêmes les examinateurs.Mais le joug À partir des années 1970, les femmes sortent de l\u2019ombre pour prendre d\u2019assaut les facultés de médecine, enclenchant du coup la féminisation rapide de la profession médicakyy Extrait de VHistoire de ia médecine au Québec 1800-2000 colonial continue de peser sur l\u2019ensemble de la société.En 1837, des médecins, comme Jean-Olivier Chénier, Cyrille Côté, Michel-Lrançois Valois, figurent parmi les chefs de l\u2019insurrection des patriotes.Derrière Louis-Joseph Papineau, ils sont porte-parole d\u2019une société qui restera long- temps pauvre, désorganisée, en majorité analphabète.Goulet et Gagnon observent: «Entre 1842 et 1847, seulement 52 médecins sur 187possèdent un diplôme officiel.» L\u2019apprentissage auprès d\u2019un praticien, notent-ils, «demeurera encore officiellement reconnu jusqu\u2019au dernier tiers du XIX^ siècle.» On ne s\u2019étonne pas de la persistance, à l\u2019époque, du charlatanisme et d\u2019une médecine populaire, parfois efficace, souvent héritée des Amérindiens.L\u2019enseignement scientifique de la médecine émerge, au Bas-Canada, avec la création en 1823 de la Montreal Medical Institution, qui deviendra la Laculté de médecine de l\u2019Université McGill.Londée en 1843, l\u2019École de médecine et de chirurgie de Montréal est à l\u2019origine de la Laculté de médecine de l\u2019Université de Montréal, puis son équivalent de Québec (créé en 1845), de celle de l\u2019Université Laval.Dans les deux écoles pionnières montréalaises, l\u2019influence britannique est déterminante, même si la deuxième, d\u2019abord bilingue, donnera naissance à VOIR PAGE F 6 MÉDECINE Christine Angot parle de tous les personnages en elle Page F 2 La vie cachée de Fidei Castro par son garde du corps Page F 6 F 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 31 MAI ET DIMANCHE \\ ^ ^ JUIN 2014 ENTREVUE CHRISTINE ANGOT Gomment voir et quoi entendre L\u2019auteure de Lïnceste parle de sa lutte contre la domination Christine Angot publiait une bombe, L'inceste (Stock), en 1999, réédité moult fois.En 2011, Une semaine de vacances revenait sur le sujet.Sa maîtrise n\u2019a fait que grandir.Dans son nouveau roman, La petite foule, elle réunit 115 portraits à la manière des Caractères de La Bruyère.Entretien avec une écrivaine plus qu\u2019engagée.GUYLAINE MASSOUTRE Si les livres sont faits avec des mots, les phrases ne suffisent pas à faire un livre.Comment donc atteindre la vie?«C\u2019est un travail sans fil II ne se fait pas sans payer de sa propre sensibilité pour que les mots deviennent vivants.Si le mot est vivant, cela veut dire qu\u2019il parle d\u2019une chose de la vie qui ne se trouve pas dans un enfilage de mots qui n\u2019intéressent pas le lecteur, mais bien dans une représentation de la vie.» C\u2019est le cœur du travail, ajoutera Christine Angot, visiblement touchée : « C\u2019est LA question.» «Montrer comment cela se passe», tel est le but d\u2019Angot dans La petite foule.Son écriture mord résolument au sujet: «Le réel de la vie, c\u2019est avant tout des gens avec qui on partage cette vie.Ce sont les autres personnes; la personne que nous sommes nous-mêmes, étrangère à nous-mêmes parce qu\u2019on est plein de personnages soi-même, et tous ceux que l\u2019on rencontre.Comment ces personnages peuvent-ils tout à coup danser?Quels sont les associations, les embouteillages, les carambolages, les trous, les impossibilités ?C\u2019est comme une espèce de besoin, sauf que les pièces du puzzle ne seraient pas emboîtées les unes dans les autres, il y a du vide autour.» Son livre, elle l\u2019a voulu comme une rue où tous marchent en même temps et en liberté.Ainsi se bousculent les images.«Dans la rue, chacun a sa vie, et vous, vous ne la connaissez pas.On ne sait pas ce qu\u2019il y a dans la tête de quelqu\u2019un, dans la sienne et a fortiori dans celle de quelqu\u2019un d\u2019autre.C\u2019est dans l\u2019art, la peinture, la littérature, c\u2019est-à-dire dans la sensibilité où cela agit, que se trouve cette vérité.Par exemple, quand quelqu\u2019un rougit.Vous êtes face à quelqu\u2019un.Vous avez alors l\u2019impression que votre visage ne vous protège plus et qu\u2019on voit à l\u2019intérieur de votre tête.C\u2019est très violent.» Si la manière de parler protège, quantité de signes trahissent l\u2019intériorité en la mettant à nu.Son but est de les traquer.Moi et les autres La petite foule est ainsi remplie de voix théâtrales.Elle acquiesce : «Il y a sûrement un effet de défilé, avec ces personnages qui arriveraient sur scène et qui se présenteraient les uns après les autres avec leurs différences, sans caractéristique commune sauf d\u2019être vivants et mortels.» Ces portraits, lus en enfilade, font un chœur, qui inclut des fragments d\u2019autoportrait.Dans «Le commissaire de police à la retraite», «La jeune mariée», «L\u2019animatrice de télévision», silhouettes de «la petite foule» \u2014 titre de l\u2019avant-dernier morceau \u2014, on devine l\u2019expérience de sa vie, de ses livres.«C\u2019est sûr.Il n\u2019y a pas de vision s\u2019il n\u2019y a pas de regard», s\u2019exclame-t-elle, après que sa voix, émue, s\u2019est assourdie.«Sinon, c\u2019est une caméra de police, de surveillance! C\u2019est sensible.Ce n\u2019aurait pas été juste de s\u2019abstraire de cela.» Elle parle d\u2019elle-même au neutre.Si son écriture a changé, c\u2019est qu\u2019elle a trouvé la forme classique sans renoncer à soi.Elle enchaîne: «Si on part chez La Bruyère, on est au XVIF siècle.Là, il y a une pure vision, en effet, qui donne lieu à une espèce de catalogue oû les gens sont à la suite les uns des autres dans leur apparence sociale.Il n\u2019y a pas de portrait de La Bruyère lui-même.Notre époque est complètement différente.La notion de l\u2019individu a muté et on ne peut pas prétendre se mettre à côté et avoir un jugement sur les individus de l\u2019extérieur.J\u2019ai construit certains personnages à partir de personnages qui vivent en moi, si bien que je ne suis pas un commissaire de police.» Tout au contraire, elle débusque les rapports de domination et veut les neutraliser, en les rendant visibles, banalisés.Contre les jeux de pouvoir Quel public cherche-t-elle à rejoindre ?Est-il surtout littéraire, amateur de littérature française, ou vise-t-elle au-delà?«L\u2019idée est de continuer.La littérature, c\u2019est comme la définition de la personne.Ce n\u2019est pas fermé.C\u2019est à ceux qui écrivent de la faire bouger, de pousser sa définition et de la faire évoluer de sorte que des gens puissent venir vers elle.Mais je ne pense pas que cela se décide.De mon point de vue, mon amour, je dirais ma passion, c\u2019est la littérature.» Elle poursuit : « On ne connaît pas la littérature.C\u2019est intéressant justement dans la mesure oû c\u2019est inconnu.C\u2019est quelque chose qui est devant soi.Si vous n\u2019êtes pas porté à vous dire que ce que vous allez écrire ne ressemble à aucun livre, ce n\u2019est pas intéressant.A partir de là, c\u2019est un travail.Au final, la littérature doit être quelque chose de familier.» En écrivant, Angot va dire l\u2019essentiel avec clarté: «C\u2019est un espace oû sortir de la domination, pour qu\u2019on n\u2019en ait plus rien à faire.» Pour vous convaincre que c\u2019est possible, rendez-vous au dernier chapitre de La petite foule, «L\u2019oi- a JEAN-LUC BERTINI ELAMMARION Christine Angot, auteure de La petite foule seau».On y entend ce qu\u2019elle préfère, un pépiement multiple, une foule de siffleurs, aux trilles huit fluit huit.Collaboratrice Le Devoir LA PETITE EOULE Christine Angot Flammarion Paris, 2014,255 pages BANDE DESSINEE Manu Larcenet : mimétisme troublant d\u2019un auteur avec son antihéros EABIEN DEGLISE Son personnage est renfermé, perdu, bourru, solitaire, traqué et mystérieux.Son géniteur, au moment de lancer le 4® et ultime chapitre de sa série Blast (Dargaud), semble l\u2019être tout autant.Dans un mimétisme forcément troublant.Alors qu\u2019il devrait être sur toutes les tribunes pour parler de cette finale attendue, au terme d\u2019une série en bande dessinée sombre et puissante qui a tenu en haleine des milliers de lecteurs à travers la francophonie depuis 2009, Manu Larcenet a décidé plutôt de se retrancher dans ses terres, prétextant «une guerre silencieuse» qui l\u2019opposerait à la gent journalistique, a-t-il indiqué au Devoir, dans l\u2019une des rares et laconiques entrevues qu\u2019il^a accepté d\u2019accorder.«A la sortie du dernier tome de Blast, fêtais si fatigué que fai refusé toutes les entrevues», résume-t-il en constatant avec amertume la suite.« Vexés, les journalistes ont, à ma grande surprise, décidé de ne pas parler de cet album.Nos relations se sont donc notoirement détériorées, ce qui m\u2019attriste.» L\u2019animal pensant \u2014 et dessinant \u2014 est blessé.A l\u2019image de son Polza Mancini, cet obèse énigmatique de 38 ans que l\u2019on retrouve encore et toujours entre l\u2019interrogatoire policier auquel il est confronté depuis le début de cette aventure et ses souvenirs sombres, gris, froids de sa fuite, de ses rencontres avec des humains tout aussi paumés que lui.Puis il y a toujours le meurtre de Carole Oudinot, la mort de son père, Roland, que la bête repoussante va bien sûr finir par éclairer, en laissant s\u2019effriter toutes ses réticences et ses contradictions.L\u2019album s\u2019intitule Pourvu que les bouddhistes se trompent.Il conserve le même esprit, la même charge narrative que les précédents, tout comme un univers graphique épais et dense assemblé à la plombagine et traversé parfois par '-mUL POÉTIQUES Lecture de poésie en français et en catalan Avec Antoni Clapés et Anna Aguilar-Amat (Catalogne), Élise Turcotte et Nicole Brossard (Québec) Lundi 2 juin, 18h30 Librairie OiivieriBistro, 5219, ch.de la Côte-des-Neiges, Montréal Table rpnde Le poète et les institutions Avec le Poète de la Cité Martin Thibault et le Poète du Parlement Michel Pleau / Animation : Tristan Malavoy Samedi 7 juin, à 14 h Librairie Gaiiimard, 3700, bout Saint-Laurent MAISONdela POESIE ^RECF Québec H H 1^1 CÛMSEILDESAim des éléments de couleurs improbables, par la rage et par cette humanité meurtrie confrontée à sa survivance, entre folie, fuite, amour, sexe et violence.Épais et tordu De ce livre, Larcenet, un bé-déiste prolifique qui a également mis au monde la série hy-perpopulaire Le combat ordinaire (Dargaud), dira qu\u2019il est, «de [son] point de vue, de loin le meilleur de la série», sans en dire plus, «fai tellement parlé, décortiqué, expliqué sur les tomes précédents que je suis aujourd\u2019hui saturé», ajoute-t-il en détournant la conversation, avec le même manque de finesse que son Polza Mancini devant des policiers, et en cherchant à l\u2019amener vers un ailleurs en apparence insignifiant.«Il y a deux ans, nous avons passé le plus bel été de notre vie familiale en votre Québec! Inoubliable.Les paysages, la faune, les forêts, Le jleuve, les gens.tout y a été parfait.Un grand souvenir.» De son Blast, il ne dira finalement rien de plus.Rien sur le fait que cette série, très mâle, violente, sombre, torturée et dépravée, avec ces corps obèses et difformes perdus dans les sécrétions et le stupre, a éloigné de lui le lec-torat féminin qui le suivait pourtant depuis des lunes.Rien non plus sur cet autre personnage marqué par l\u2019absence d\u2019un père et par les questionnements et dérives que cette absence peut causer.Et encore rien sur l\u2019adaptation au cinéma de Blast, sur laquelle il a commencé à bosser, avant de mettre tout ce projet à la poubelle en prétextant sur son blogue une incapacité à travailler avec le monde du cinéma qui confondrait, selon lui, liberté de création et mise sous tutelle.«Je suis plongé dans le projet suivant, très différent, [et dont quelques fragments sont livrés depuis quelques semaines sur \u2022< Tk \"N \u2019À'\"\u201cK-A ¦¦ 'T-vter-.'Vî W \u2019\u2019 -^1 JÇî'-L \u2019'.ïS-w cAVûue % MANU LARCENET DARGAUD Une illustration tirée de l\u2019album Pourvu que les bouddhistes se trompent son blogue subtilement inti- moi, Blast s\u2019estompe peu à peu, BLAST tulé Epais et Tordu] », dit-il avec ses mystères», à moins Tome 4: Pourvu QUE les pour justifier son manque de qu\u2019il ne soit plutôt en train de bouddhistes SE trompent loquacité, qui semble tout se métaboliser ailleurs, dans Manu Larcenet droit sorti d\u2019une des pages des sa vie et son comportement.Dargaud quatre pavés qu\u2019il vient de finir\tParis, 2014, de mettre au monde.«Pour\tLe Devoir 204 pages » Lise Payette DES FEMMES D\u2019HONNEUR Lise Payette DES FEMMES D'HONNEUR Préface de Josée Boileau REVISITEZ L'HISTOIRE CONTEMPORAINE DU QUÉBEC À TRAVERS L'AUTOBIOGRAPHIE DE LISE PAYETTE.Québec Amérique quebec-amerique.com LE DEVOIR, LES SAMEDI 31 MAI ET DIMANCHE I®^ JUIN 2014 LITTERATURE L\u2019été de tous les dangers , s' il , il Danielle f Laubin 'Kv Ly importance des lieux, qui f deviennent personnages à part entière.La nature sauvage.Le calme avant la tempête.Lan-goisse qui monte.Le moment où tout bascule, le point de non-retour.Le mystère.La folie.Et la mort.Re-bienvenue dans l\u2019univers romanesque d\u2019Andrée A.Michaud.Après Rivière Tremblante (Québec Amérique, 2010), qui portait sur la disparition d\u2019enfants et la peine insurmontable de leurs parents, voici Bondrée, où l\u2019on assiste à deux meurtres d\u2019adolescentes trop belles, trop délurées, trop vivantes: d\u2019abord Zaza Mulligan, puis Sissy Morgan, sa meilleure amie.Nous sommes quelque part au bord d\u2019un lac entouré de forêts, quelque parf à la frontière du Maine, aux Etats-Unis, et de la Beauce, au Québec.Nous sommes à Boundary Pound pour les Anglos ; Bondrée pour les Erancos.C\u2019est un certain Pierre Landry, un Canuk, qui a francisé le nom du lieu, plusieurs années auparavant.Ce Pierre Landry fait figure de personnage légendaire.Il se serait engouffré dans les bois alentour pour fuir la Deuxième Guerre mondiale.Il serait devenu un trappeur averti en même temps qu\u2019un ermite redouté.On l\u2019aurait retrouvé pendu, à cause d\u2019un chagrin d\u2019amour: la femme dont il s\u2019était follement épris l\u2019aurait rejeté, sans lui accorder le moindre regard.Le lien entre ce bougre sur qui plane un certain mystère alimentant les rumeurs et les meurtres des deux adolescentes, qui ont lieu plusieurs années plus tard ?Pas évident au début.De plus en plus clair au fil du récit.De plus en plus troublant aussi.Eté meurtrier Nous voici donc à l\u2019été 1967.Tout nous est raconté au passé, longtemps après les faits, mais c\u2019est comme si on y était.«L\u2019été de Lucy in the Sky se serait déroulé dans l\u2019odeur des guimauves, de la lotion Coppertone et du sable chauffé, et personne n\u2019aurait imaginé qu\u2019un été puisse s\u2019interrompre en plein cœur de la canicule.Mais voilà, deux filles étaient mortes, tuées, assassinées, et d\u2019autres pouvaient l\u2019être encore, c\u2019est ce que nous apprenait la nuit privée des cris enjoués de Sissy Morgan.» Dès le début, on sait qu\u2019elles vont mourir.On croit même savoir assez vite par la main de qui elles vont périr, l\u2019une après l\u2019autre, de la même façon : on les retrouvera toutes deux dans les bois, chacune prisonnière d\u2019un piège à ours rouillé.Mais ce n\u2019est qu\u2019à la fin qu\u2019on comprendra véritablement pourquoi.Suspens assuré, coup de théâtre réussi.Entre-temps, on aura vu toute une communauté dévastée.Et c\u2019est là que se situe la plus grande force de la romancière, justement: dans l\u2019exploration de cette dévastation.On mesure les a N\u2019importe qui sait que la mort tache, qu\u2019elle laisse des marques partout où elle passe, des grosses traces sales qui nous font trébucher vers l\u2019arrière quand on s\u2019adonne à piler dedans yy Extrait de Bondrée Andrée A.Michaud, auteure de Bondrée effets de ces meurtres sur les autres, autour, tous les autres concernés: les parents des deux adolescentes tuées, bien sûr, mais aussi les autres parents de la communauté, inquiets pour leurs propres filles.Dès la disparition de la première adolescente, en fait, la peur s\u2019est installée : « Une fille avait disparu et, de ce fait, la disparition potentielle de toutes les filles transformerait en une immense tumeur la seule et unique hantise de tout géniteur normalement constitué, incapable d\u2019imaginer que la chair de sa chair ne lui survive pas et, plus encore, qu\u2019elle ne soit pas promise à l\u2019éternité.» Einie la liberté de mouvement pour les enfants.Terminée l\u2019insouciance.L\u2019endroit paradisiaque des vacances d\u2019été s\u2019est transformé en trappe à danger.Après la mort de la première jeune fille, l\u2019enquêteur venu du Maine avec son adjoint avait dû se résoudre à conclure à un bête accident, faute de témoins, de preuves, de suspect potentiel.Mais quand à son tour la deuxième s\u2019est fait prendre au piège, plus de doute possible : un assassin courait en liberté à Bondrée.Bientôt, un climat de suspicion et de paranoïa s\u2019installe dans la communauté.Qui a fait ça?Un suspect sera arrêté.Certains seront convaincus de sa culpabilité, d\u2019autres clameront son innocence.Chose certaine, la vie de cet homme, que l\u2019on sait, nous, non coupable, sera à jamais marquée au fer rouge.La division dans la communauté ira en s\u2019accentuant.Rien ne sera plus jamais comme avant, à Bondrée.L\u2019endroit sera déserté.«Dans quelques jours, Bondrée serait fermé pour l\u2019hiver et peut-être pour toujours.» Même l\u2019enquêteur principal et son adjoint ne ressortiront pas indemnes de cette histoire horrible.En fait, tout le monde, tous ceux qui auront été mêlés de près ou de loin aux événements tragiques de l\u2019été 1967 à Bondrée verront d\u2019une façon ou de l\u2019autre leur vie bouleversée.Voix d\u2019enfant Andrée A.Michaud parvient à s\u2019immiscer dans la tête de chacun des protagonistes, y compris les deux mortes et le meurtrier.Sans oublier le mythique Pierre Landry, dont le spectre hante Bondrée.On est nécessairement fasciné par l\u2019habileté avec laquelle elle fouille la psychologie humaine, sa diversité, sa profondeur.Ce dixième roman de l\u2019au-teure, récompensée en 2001 par un Prix du Gouverneur général et, plus récemment, par le prix Ringuet de l\u2019Académie des lettres du Québec pour Mirror Lake (Québec Amérique, réédité en 2013), donne à penser autant qu\u2019à voir.L\u2019écriture est enflammée, inspirée.Le rythme est haletant, mais ponctué par des scènes de la vie quotidienne, familiale, qu\u2019on pourrait faire nôtres.L\u2019humanité côtoie le sordide.S\u2019ajoutent aussi des scènes de guerre, qui nous ramènent aux années 1940.Et qui constituent une des clés fondamentales de l\u2019intrigue.En surplomb : les ravages à long terme de la guerre, incluant les chocs post-traumatiques, dont les effets peuvent devenir dévastateurs.La structure du roman, qui se révèle plutôt complexe, pour ne pas dire compliquée, au début, s\u2019avère ingénieuse.Et l\u2019époque reconstituée, celle de l\u2019année 1967, donne lieu à toutes sortes de repères culturels qui ressortent comme par enchantement des boules à mites.Le récit alterne entre une narration omnisciente, à la troi- JACQUES GRENIER LE DEVOIR sième personne, et une narration mje, qui change totalement la perspective: le;e d\u2019une enfant de 12 ans, devenue grande, les années ayant passé.Cette voix-là, elle s\u2019imprime en nous, elle nous prend aux tripes.Elle nous fait sourire aussi par moments, elle ajoute de la magie, de la lumière.Bondrée ne se lit pas seulement comme un thriller psychologique, mais comme un roman d\u2019initiation : la petite narratrice, à la fin de l\u2019été, aura traversé de l\u2019autre côté de l\u2019enfance.«Je vieillissais, il n\u2019y avait pas d\u2019autre explication, et prenais lentement conscience que ça pouvait être aussi douloureux que chiant.» BONDRÉE Andrée A.Michaud Québec Amérique Montréal, 2014, 304 pages P 11, Gaspard LE DEVOIR 1 ALMARÈS Du 19 au 25 mai 2014 \t\tiB \t\t Romans québécois\t\t 1 Les années de plomb \u2022 Tome 2 Jours de colère\tJean-Pierre Chariand/Hurtubise\t1/2 2 Les heritiers du fleuve \u2022 Tome 31918-1929\tLouise Tremblay-D\u2019Essiambre/Guy Saint-Jean\t2/7 3 Mensonges sur le Plateau-Mont-Royal \u2022 Tome 2\tMichel David/Hurtubise\t3/9 4 Metis Beach\tClaudine Bourbonnais/Boreal\t4/3 5 La vie sucree de Juliette Gagnon \u2022 Tome 1\tNathalie Roy/Libre Expression\t-/I 6 Ces mains sont faites pour aimer\tPascale Wilhelmy/Libre Expression\t5/3 7 Confessions d\u2019une célibataire.Incorrigible\tM.Beaubien | J.Nonriandln/Les Éditeurs reunis\t6/2 8 Les heritiers du fleuve \u2022 Tome 2 1898-1914\tLouise Tremblay-D\u2019Essiambre/Guy Saint-Jean\t9/6 9 Mensonges sur le Plateau-Mont-Royal \u2022 Tome 1\tMichel David/Hurtubise\t10/9 10 Les années de plomb \u2022 Tome 1 La decheance d\u2019Édouard\tJean-Pierre Chariand/Hurtubise\t8/2 Romans étrangers\t\t 1 Une autre Idee du bonheur\tMarc Levy/Robert Laffont | Versilio\t1/4 2 Central Park\tGuillaume Musso/XO\t2/8 3 L\u2019allee du sycomore\tJohn Grisham/Lattes\t3/2 4 Le bleu de tes yeux\tMary Higgins Clark/Albin Michel\t-/I 5 Six ans déjà\tHarlan Coben/Belfond\t4/2 6 Muchachas \u2022 Tome 2\tKatherine Pancol/Albin Michel\t5/7 7 Joyland\tStephen King/Albin Michel\t-/I 8 Le chardonneret\tDonna Tartt/Plon\t9/19 9 Le complot du croissant\tClive Cussler | Dirk Cussler/Grasset\t10/2 10 La fête de l\u2019Insignifiance\tMilan Kundera/Gallimard\t-/I Essais québécois\t\t 1 Poing de mire\tNormand Lester/Homme\t1/6 2 La revanche des moches\tLea Cleimont-Dion/VLB\t3/7 3 La fin de l\u2019État de droit?\tFrederic Berard/XYZ\t9/2 4 L\u2019afghanicide\tMartin Forgues/VLB\t2/3 5 Contes et comptes du prof Lauzon \u2022 Tome 5\tLeo-Paul Lauzon/Michel Brûle\t5/5 6 Paradis fiscaux : la filière canadienne\tAlain Deneault/Écosoclete\t4/13 7 Constituer le Quebec.Pistes de solution pour\tRomeo Bouchard/Atelier 10\t-/I 8 Legendes pedagogiques\tNormand Baillargeon/Poetes de brousse\t-/I 9 Le cimetière des humanités\tPierre-Luc Brisson/Poetes de brousse\t-/I 10 Le corps-marche\tCeline Lafontalne/Seull\t6/3 Essais étrangers\t\t 1 Le capital au XXP siecle\tThomas Piketty/Seuil\t1/3 2 Françoise Collin.Anthologie québécoise 1977-2000\tFrançoise Collin/Remue-menage\t-/I 3 La grande vie\tChristian Bobin/Gallimard\t2/11 4 Patient et citoyen\tNortin M.Hadler/PUL\t-/I 5 La vérité sur les medicaments\tMikkel Borch-Jacobsen/Édito\t7/15 6 Plaidoyer pour l\u2019altmisme.La force de la bienveillance\tMatthieu Ricard/NIL\t5/30 7 L\u2019Indien malcommode.Un portrait Inattendu des Autochtone\tThomas King | Daniel Pollquln/Boreal\t-/I 8 Regarde les lumières, mon amour\tAnnie Emaux/Raconter la vle|Seull\t6/3 9 Les nouvelles superpuissances.Google, Yahoo!, Facebook\tDaniel Ichblah/FIrst Interactive\t-/I 10 Apologie de la punition\tEmmanuel Jaffelin/Plon\t-/I La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est proprietaire du système d\u2019information et d\u2019analyse Bsspsril sur les ventes de livres français au Canada Ce palmares est extrait de SasfanI et est constitue des releves de caisse de 260 points de vente La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet Gasparil © BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite La Vitrine Mathématiques REVUE MŒBIUS Mathématiques Collectif Numéro 141, Avril 2014 Quel beau sujet! Alors qu\u2019on aime créer des clivages, se dire qu\u2019on a l\u2019esprit aux chiffres plutôt qu\u2019aux mots, ou vice-versa, voilà que le dernier numéro de la revue de création Mœbius, sous la direction de Normand Baillargeon, mêle au contraire formules, algèbres, vecteurs, vers, consonnes et voyelles.Des chiffres et des lettres, quoi.On y trouve près de 25 textes : Michel Guay y va d\u2019une proposition très graphique, très chiffrée, Jean-Jacques Nuel fait passer son texte par un bilan comptable, Stéphane Gauthier présente le mathématicien autrichien Nikolaus Enikel et la poète Kim Doré signe une Conversation entre Eupalinos et la Pythie à propos de Paul Valéry.Entre autres.La Lettre à un écrivain vivant complète le numéro : Daniel Grenier y va d\u2019un exercice d\u2019admiration envers Erance Daigle, et le compte est bon.Catherine Lalonde En vente dans toutes les librairies, sauf Renaud-Bray.UDINE BOURBONNAIS TIS BEACH J L DIFFUSION DIMEDIA F 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 31 MAI ET DIMANCHE I JUIN 2014 LIVRES FESTIVAL DE LA POESIE ET PAVE POESIE Sous le signe de la Colombie, et d\u2019ici CATHERINE LALONDE Voilà 15 ans que le Festival de la poésie de Montréal monte sa tente place Gérald-Godin, devant le métro Mont-Royal.Quinze ans que les éditeurs viennent y montrer leurs livres, leurs nouveautés et leurs incontournables, que les poètes y signent, lisent et discutent.Au fil du temps, le Festival a essaimé en d\u2019autres lieux de la ville.Aux rendez-vous connus \u2014 spectacles, tables rondes, remise du prix du Festival, lectures \u2014, quelques nouvelles propositions seront de la fête.Le tout sous le signe de la Colombie, pays invité, et des liens d\u2019amitié qui unissent le Québec et l\u2019Amérique latine.Quoi de neuf, donc?La poésie dans les librairies: plus d\u2019une vingtaine de poètes iront lire dans une quinzaine de librairies de Montréal.Vous hésitez à vous déplacer?Tâtez de votre souris; sur votre écran rétro-éclairé, certaines des huit vidéos-poèmes lancées sur la Toile : trois minutes de récitation des mots de Patrice Desbiens, de Carole David, de Daniel Leblanc-Poirier et consorts, mis en sons et images par des vidéastes.Hommages seront rendus lors de cette édition : deux activités, dont une exposition, saluent le centenaire de la naissance de l\u2019immense Octavio Paz; deux autres ramènent la très belle poésie de Genviève Amyot; et Claude Haeffely, fou poétisant, marqueur dans la littérature aussi par son travail aux éditions Erta et à l\u2019Hexagone, sera honoré par une soirée spéciale.Le public pourra découvrir trois poètes colombiens, de trois générations différentes : Olga Elena Mattéi, Juan Manuel Roca et Andrea Cote.Les rapports et les amitiés poétiques particulières que le Québec entretient avec l\u2019Amérique latine, avec force coéditions, traductions et invitations aux festivals, seront analysés et pensés lors du colloque de la journée des professionnels.Toute la programmation, étalée du 2 au 8 juin, au www.maisondelapoesie.qc.ca Pavé poésie Une autre activité, nouvelle, axée sur la «poésie de rue», arpentera l\u2019avenue du Mont-Royal, partageant avec le Festival de poésie quelques dates, ainsi que les apéros poétiques où lectures et musique se tisseront.Sur la place publique qui porte son nom, des étudiants livreront un Cantouque à Gerald Godin.Les documentaires de Labrecque et Masse sur La nuit de la poésie^ version originale ou reprise en 1980, seront projetés chaque soir.Des recueils attendront les lecteurs au parc des Com-pagnons-de-Saint-Laurent, le transformant en bibliothèque à ciel ouvert.S\u2019ajoute aussi une ligne poétique, 24 heures sur 24, où on pourra, aux sombres heures de l\u2019insomnie, se faire réciter des vers.Pavé poésie complète sa programmation par des spectacles de Dany Placard, de Salomé Leclerc et de Viviane Audet.De la poésie, le travail de ces chansonniers?Aux spectateurs d\u2019en décider.Toute la programmation, du 5 au 8 juin, au www.mont-royal.net Le Devoir Sartre dans l\u2019œil de la GRC L\u2019écrivain Jean-Paul Sartre, décédé en 1980, a été longtemps dans la mire de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), alors que celle-ci, dans le courant de la guerre froide, suivait de près des «personnes subversives de gauche»y comme l\u2019a découvert La Presse canadienne.Le dossier «Sartre»^ maintenant déclassifié, se compose de deux volumes et tient en 234 pages.L\u2019existentialiste a été surveillé à partir d\u2019octobre 1952, au moins, l\u2019intérêt des agents canadiens ayant été éveillé par un discours de l\u2019auteur au Parlement français.Mais la GRC s\u2019est surtout inquiétée en 1971, à la suite d\u2019une rumeur voulant que Sartre, la politicienne irlandaise Bernadette Devlin et l\u2019actrice Jane Fonda viendraient à Montréal afin de s\u2019opposer au procès des personnes arrêtées durant la Crise d\u2019octobre, en vertu de la Loi sur les mesures de guerre.Les gendarmes avaient ainsi récolté des informations sur le casier judiciaire de Sartre, afin que l\u2019Immigration puisse, si elle le désirait, lui interdire l\u2019entrée au pays.Avec La Presse canadienne Le Devoir 15 LIDIIAIHIES Eî« FETE LE2.IIIIN ANTONI CLAPÉS et ANNA ACUILAR-AMAT (Catalogne), ÉLISE TURCOTTE et NICOLE BROSSARD, Librairie Olivieri Bistro JOSÉ ACQUELIN, Éditions du passage.Librairie du Square GERMAINE BEAULIEU, Éditions de I Hexagone, Librairie Gallimard FRANÇOIS TURCOT, Éditions La Peuplade, Librairie Le Port de tête JACQUES BOULERICE, Le Lézard amoureux.Librairie Paulines PHILIPPE CHAGNON, Éditions de l'Écrou, CARL BESSETTE, Librairie Baffin SÉBASTIEN DULUDE, Éditions Rodrigol, Librairie de Verdun SERGIO ESTEBAN VELEZ, Librairie Monet JONATHAN LAMY, revue Inter, Librairie Formats OLGA ELENA MATTEI, ANDREA COTE et JUAN MANUEL ROCA (Colombie), Librairie Las Americas MATHIEU CROISETIÉRE, Éditions d'Art Le Sabord, Librairie Zone Libre CRISTINA MONTESCU, Écrits de Forges, Librairie L'Écume des jours ARIANE BESSETTE, Éditions David, Librairie Le Parchemin JOÉL DES ROSIERS, Éditions Triptyque, Librairie d'Outremont VALERY ROBICHAUD, Éditions Perce-Neige, Café-bistro Bobby McGee À noter toutes les lectures sont prévues à 17h, sauf celle de la Librairie Le Port de tête qui est à 18 h et celle de la Librairie Olivieri qui est à 18 h 30 Une activité realisee en collaboration avec les éditeurs et I Association des libraires du Quebec MAISONdela PSESjE *»aLQ IV/I ir\\ ^ K\" s I\tASSOC AT ON deMontréal caissede Québec O O Montréal 8 le DEVOIR I^RECF yNjP\t^ UTTERATURE QUEBECOISE Les émigrants CHRISTIAN DESMEULES Le malheur peut frapper partout, même dans les lieux apparemment bénis par le climat et par la beauté, même là où on a donné aux choses les noms les plus évocateurs.Comme cette portion de la Riviera di Ponente, prise en étau entre l\u2019étendue humide et plate de la Méditerranée et les reliefs de Ligurie \u2014 un bout d\u2019Italie qui a vite pris le nom de « Riviera des fleurs» tant on y retrouvait de floriculteurs à une certaine époque.C\u2019est le décor précis qu\u2019a choisi Catherine Moraldo pour camper l\u2019action de La Riviera des fleurs.Là-bas, dans un petit village accroché aux collines, Giuseppe, dit Pippo, né au milieu des années 20 de petits cultivateurs d\u2019œillets, devient très vite inséparable de son grand frère Aprile.Aussi, très tôt dans sa vie, Pippo recevra une illumination: «Sa vie à lui serait différente, il ne se contenterait jamais de l\u2019existence médiocre de ceux qui se retrouvent confondus dans la masse.Lui, Pippo, serait l\u2019élu d\u2019un destin unique.» UAmérique Faire de la contrebande durant la Seconde Guerre mondiale, prendre le maquis pour combattre les fascistes et les soldats allemands qui fourmillent en Ligurie (toujours avec son frère) ne lui sera pas suffisant pour incarner, à ses yeux, ce destin d\u2019exception.Il lui faudra autre chose.Aller plus La Riviera des fleurs est ainsi Fhistoire d\u2019une rencontre qui trace les prémisses d\u2019une histoire d\u2019émigration loin encore pour atténuer le mal qui le ronge vraiment: son manque d\u2019appétit pour la vie.C\u2019est sa rencontre après la guerre avec la jeune Stella, qui porte depuis longtemps, pour sa part, le deuil de son petit frère tué dans un accident, qui lui offrira la raison de vivre qu\u2019il n\u2019espérait plus.Et tandis que Pippo devient pour Stella «la réponse à sa solitude et à son sentiment d\u2019inutilité», Stella a sur lui l\u2019effet d\u2019un baume et d\u2019une guérison.Ces deux destins convergents se fonderont bientôt en un seul, tout entier tendu vers un projet d\u2019immigration «en Amérique» \u2014 devenu l\u2019obsession de Pippo depuis une visite à Rome et sa rencontre avec les nouveaux libérateurs de l\u2019Italie.Premier roman de Catherine Moraldo, La Riviera des fleurs est ainsi l\u2019histoire d\u2019une rencontre qui trace les prémisses d\u2019une histoire d\u2019émigration \u2014 qui s\u2019amorce tandis que le roman se termine.Evitant en grande partie le piège du didactisme, bien ancré dans l\u2019époque et la réalité culturelle qu\u2019il prétend représenter, le roman est plutôt bien écrit, mais sans style particulier, sans non plus que ces personnages et le récit un peu trop linéaire de leur existence nous marquent durablement.Sensible et prenant, mais pas transcendant.Collaborateur Le Devoir LA RIVIERA DES FLEURS Catherine Moraldo L\u2019Instant même Québec, 2014, 216 pages FAMILLE MORALDO L INSTANT MEME Dans La Riviera des fleurs, Giuseppe devient très vite inséparable de son grand frère Aprile.Une aventure de plus en plus ambiguë LISE GAUVIN On se souviendra que la confrontation de deux cul-tures, l\u2019africaine et l\u2019européenne, était le sujet du roman phare de Cheikh Hamidou Kane, L\u2019aventure ambiguë Qul-liard), publié en 1961.Mais alors que la question de l\u2019appartenance et de l\u2019identitaire se posait surtout, pour le héros de Kane, en termes philosophiques, elle se décline plutôt, dans le récit de Fabienne Kanor, romancière et cinéaste d\u2019origine martiniquaise, sous l\u2019angle de la nécessité immédiate et de la survie.L\u2019expression «faire l\u2019aventure», pour les jeunes gens décrits dans le livre, consiste à risquer le tout pour le tout afin d\u2019aller vivre en Europe.C\u2019est ce que tente Biram Diop, d\u2019autant plus attiré par les terres inconnues que sa vie à Mbour, au Sénégal, est fort peu captivante.La romancière accompagne le personnage dans les diverses étapes de son parcours, de Mbour à Dakar, puis à Tene- rife, et ensuite au sud de l\u2019Italie, d\u2019où, après de multiples péripéties, il décidera de revenir à sa terre natale, osant braver les quolibets des siens à la suite de cette odyssée sans gloire.Survivre à ses rêves D\u2019abord hébergé à Mbour par une tante et son mari sans scrupule, Biram arrive tant bien que mal à gagner un peu d\u2019argent au Sénégal comme garçon de café, dans un bar situé non loin d\u2019une plage fréquentée par des touristes.Parmi les clients se trouve également un personnage haut en couleur, surnommé le professeur bien qu\u2019il n\u2019ait jamais enseigné, admirateur de Sony La-bou Tansi et d\u2019Aimé Césaire, qui se dit un «nègre fondamental» et en appelle à la mobilisation générale contre le rallye Paris-Dakar ou le projet de construction d\u2019un casino.C\u2019est précisément à la faveur de ce rallye que s\u2019ébauche une idylle sentimentale entre un journaliste français et une jeune Dakaroise, en visite à Mbour, dont Biram est aussi amoureux.Cette première partie du roman renvoie à une vie rythmée par un quotidien dont la monotonie est éclairée par les rêves démesurés des jeunes gens.La suite ne sera que dérives et désenchantements.Parti sur un bateau qui échoue à Tenerife, aux îles Canaries, Biram gagne plus ou moins sa vie comme vendeur ambulant sur les plages et dans les rues de la ville.Mais la personne qui l\u2019emploie le congédie après l\u2019avoir bien exploité.Il se lie alors d\u2019amitié avec une femme blanche, qui l\u2019héberge un temps.Biram réussit ensuite à se rendre en Italie, où il est de nouveau utilisé par un faux ami.D\u2019épreuves en épreuves, il se rend compte d\u2019une terrible vérité : «Il avait rêvé d\u2019être un homme, mais l\u2019Europe mangeait les hommes.Elle les transformait en bâtards ou en pantins.» Seule éclaircie dans cet univers cauchemardesque : la rencontre près de Palerme avec la jeune fille de Mbour, alors mariée à un Italien, et dont le périple, raconté dans une partie du roman, a aussi été semé d\u2019embûches.Leurs retrouvailles seront de courte durée.Et Biram de choisir le retour comme échappée possible hors de ce monde hostile où chacun reste, quoi qu\u2019il fasse, un «aventurier solitaire» et où tout est toujours à recommencer.Portrait sans complaisance de l\u2019exil et de l\u2019immigration clandestine, celui-ci renvoie à une réalité cruellement familière, réalité que la romancière arrive toutefois à rendre avec 4es pointes d\u2019humour acidulé.A travers cette histoire de déplacements se lit une interrogation lucide sur l\u2019espace réservé à l\u2019individu dans l\u2019économie générale du monde.Collaboratrice Le Devoir FAIRE UAVENTURE Eabienne Kanor JC Lattes Paris, 2014, 362 pages ANDREE CHRISTENSEN Racines de neige Poesie Dans une éclosion d\u2019images, ou chaque vers est cisele avec la precise geometrie d\u2019un flocon, Andree Christensen nous fait découvrir l\u2019ADN vegetal, mineral et animal de l\u2019hiver rue Cbnstcnsci DANIELE VALLEE textes SUZON DEMERS tableaux Sous la jupe Racines de nei^e Textes de DanieleVallee ¦^bleaux d SuzonDeni FINALISTES Nouvelles Sous la lupe est la rencontre des univers de deux artistes d\u2019Ottawa qui ont choisi de mêler plume et pinceaux dans cet ouvrage parfois tendre, drôle et touchant, et profondément féminin.POUR EN SAVOIR DAVANTAGE www.editionsdavid.com David LE DEVOIR, LES SAMEDI SI MAI ET DIMANCHE I'^'^ JUIN 2014 F 5 LITTERATURE ¦'¦.A- 3^ :i^U T ' ' r.-sr -\t' ^î-a'-îs*
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