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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier F
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2014-06-07, Collections de BAnQ.

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[" DITE CAHIER F > LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JUIN 2014 r Wi ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Dix romans québécois pour les beaux jours d\u2019été Tour d\u2019horizon des publications récentes les plus marquantes en littérature québécoise DANIELLE LAURIN Parmi les romans d\u2019auteurs québécois parus au cours des derniers mois, en voici dix pour accompagner votre été, sous le signe de la diversité.Malabourg, de Perrine Leblanc (Gallimard) Après s\u2019être immiscée dans l\u2019enfer des goulags soviétiques de la Sibérie avec Lhomme blanc (Quartanier), Grand Prix du livre de Montréal et Prix du Gouverneur général, Perrine Leblanc parvient à se renouveler de remarquable façon avec ce deuxième roman.On croit d\u2019abord lire un thriller en bonne et due forme, scènes d\u2019épouvante incluses: trois jeunes filles sont victimes de meurtres en série à Malabourg, petit village fictif de la Gaspé-sie balayé par la mer.L\u2019auteure va jusqu\u2019à faire parler les mortes en se mettant dans leur peau.Beaucoup de sensibilité derrière tout ça malgré l\u2019horreur, la violence.Puis, surprise, déroutante sur le coup : la deuxième partie du roman change complètement de ton, de registre.Nous voici à Montréal, quelques années plus tard, en présence de deux jeunes qui ont quitté Malabourg.Avec en arrière-plan le printemps érable, nous assisterons à l\u2019éclosion d\u2019une grande histoire d\u2019amour, portée par une sensualité à fleur de peau.Nous verrons naître aussi un parfum très spécial, qui honore la mémoire des jeunes filles assassinées.Et la boucle est bouclée, avec doigté.Malabourg est finaliste au prix Françoise Sagan, qui sera remis le 12 juin à Paris.Recommencements, d\u2019Hélène Dorion (Druide) Livre de ressourcement, de renaissance, de réflexion.Très personnel, très inspiré.A dé- guster lentement.Livre qui appelle à une traversée de soi-même, qui appelle à la vie, à la nécessité des liens qui nous unissent à la vie.Livre grave et lumineux, à consonance autobiographique, dans lequel la poète se livre à un retour attentif sur des ruptures marquantes qui ont jalonné sa vie et l\u2019ont amenée à se réinventer: deuil amoureux, deuil de la mère, aussi.L'album multicolore, de Louise Dupré (Héliotrope) Récit autobiographique, par une autre de nos grandes poètes.La mort de la mère occupe ici toute la place.La mort de la mère vue, vécue, ressassée par la fille, s\u2019entend.La fille qui ne s\u2019en remet pas, ne s\u2019en remettra sans doute jamais tout à fait.«Elle ne mourra pour moi qu'au moment de ma propre mort.» Mais peu à peu, au travers des souvenirs qui remontent, des incompréhensions qui demeurent, des questions qui se précipitent, de la culpabilité qui se pointe et du chagrin inconsolable, peu à peu, la vie reprend nécessairement le dessus.Beauté pure que ce récit hommage à la mère, hommage à l\u2019urgence de vivre, aussi.Le feu de mon père, de Michael Delisie (Boréal) «L'amour que je porte à mon père a toujours été souffrant, malheureux et ingrat», confie le narrateur de ce court récit plein de dureté, de honte, de rage et de tristesse mêlées.Le père bandit reconverti en fanatique religieux, le père menaçant, trop souvent absent, le père monstrueux et pitoyable, hai et craint, mais auquel le fils ne peut s\u2019empêcher d\u2019être attaché, ce père-là domine le récit.Mais Le feu de mon père s\u2019avère aussi un livre de réflexion sur l\u2019écriture, sur les processus de l\u2019écriture, sur comment et pourquoi on écrit.«C'est de n'avoir pas eu le droit de parler qui a fait de moi un écrivain.» Sam, de François Biais (L\u2019Instant même) Autofiction bidon en chausse-trape, pleine de fausses pistes.Fausse histoire d\u2019amour.Autodérision qui tourne à l\u2019autodénigrement et au cynisme mordant, très, très méchant.Petite vie plate, anodine, vide.Détails insignifiants.Célébration de l\u2019insignifiance, qui n\u2019est pas sans rappeler, quoique dans un tout autre contexte, un tout autre style et avec une tout autre résonance, le plus récent roman de Kundera, La fête de l'insignifiance (Gallimard, 2014).Dans son huitième roman, François Blais nous mène en bateau comme ce n\u2019est pas permis.Et le pire, c\u2019est qu\u2019on s\u2019en amuse.La déesse des mouches à feu, de Geneviève Pettersen (Le Quartanier) Premier roman de cette biogueuse et chroniqueuse humoristique qui se fait appeler Madame Chose.Ça décoiffe, ça déménage.C\u2019est cru, sans concession dans le ton, très imagé du point de vue de la langue, dans le genre rentre-dedans.A l\u2019image de l\u2019hérome : une ado qui n\u2019a pas froid aux yeux et qui fonce dans le tas.En cette année 1996, à Chicoutimi-Nord, l\u2019année du grand déluge, elle se fout des interdits, tente toutes sortes d\u2019expériences, sans se soucier des conséquences.Y compris la drogue à répétition.Jusqu\u2019à ce que la tragédie d\u2019un proche la fouette de plein front.Très habile, inventif à tous points de vue.Et délicieusement irrévérencieux.VOIR PAGE F 3 DIX ROMANS Histoires à emporter, pour jeunes lecteurs Page F 2 Soleils noirs: une manne de polars Page F 4 Paris est une fête, mais les Parisiens, eux.Page F 7 Une grande figure de la laïcité Yvan Lamonde Louis-Antoine Dessauiles 1818-1895 Un seigneur liberal et anticlérical BIBLIO ¦ F I D E s BIBLIO-FIDES livres de poche F 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI ET DIMANCHE JUIN 2014 LECTURES DITE La Vitrine Liiina qji jldii id MC en mieux 1 LITTÉRATURE FRANÇAISE LA VIE EN MIEUX Anna Gavalda Le Dilettante Paris, 2014,286 pages Quiconque a déjà lu Anna Gavalda sait que Uécrivaine française ne se perd pas en considérations philosophiques.Reprenant son style franc et haché, La vie en mieux raconte en deux histoires distinctes le destin de jeunes citadins un peu perdus que le hasard a lancés en zones fortement sismiques: une possibilité d\u2019amour pour Mathilde, une possibilité d\u2019horizon pour Yann.Plutôt alambiqué sur les bords, le premier scénario a surtout du mal à convaincre.Une vie chamboulée grâce à un bon samaritain hautement magnétique et mystérieux?Déjà vu.En revanche, la longue discussion de Yann avec ses voisins, de bons vivants qui le tirent de son néant existentiel, ramène au talent premier de Gavalda: tourner le fer dans les plaies ouvertes pour faire sortir la vérité crue.Le fond du fond.L\u2019espoir latent.Spécialiste du désossage d\u2019âmes esseulées, l\u2019écrivaine saisit avec justesse les enjeux des générations qu\u2019elle observe, ici clairement victimes du «progrès» et de ses leurres.Comme toujours, Gavalda vire et revire un langage très familier fait de jargon français \u2014 un style percutant et efficace, certes, mais dont il faudra peut-être un jour raffiner la recette.Geneviève Tremblay Nos livres chauds Pour le bronzage intégral A la recherche du temps perdu (Gallimard), de Marcel Proust.Un livre dont on ne sort jamais vraiment, que l\u2019on soit ou non arrivé à la dernière page.Christian Desmeules La lecture éblouissante Lu «les pieds dans Veau au bout du quai», un chalet empli d\u2019amies chères en arrière-plan, Uaveuglement (Points), du Prix Nobel et Portugais José Saramago, m\u2019a laissé un souvenir d\u2019une noirceur éblouissante.Une pandémie de cécité frappe une ville, révélant le côté sombre de l\u2019humain quand il doit survivre.Un livre tord-boyaux et magnifique, parfaitement en contraste avec la belle saison et sa légèreté.Catherine Lalande Prix du National Book Award «CE QUE TONI mormon A FAIT POUR LES UHHSE ERDRICH AUJOURD\u2019HUI POUR UES INDIENS.Lire Louise Erdfich Dans le silence du vent «Une grande dame du roman» Louis Hamelln.Le Devoir «Un souffle magnifique, un iyiisme âpre et unique.» Chrysrine erouiiiet.Salut bonjour, weett-enb m «ii y a un mot que je n\u2019empioie que très exceptionneiiement dans mes ohroniques, o\u2019est ie mot extraordinaire, ce roman i\u2019est.» Jean Tuyère.Plus on est ûe fous, plus on lit ICI, DatJlo-CanaOa Première Albin Michel LITTÉRATURE JEUNESSE Histoires à emporter Le temps des vacances approche.et la fin des lectures «obligatoires» aussi.Ce qui laisse tout le temps pour se plonger dans des livres pour le plaisir.Des livres à trimballer dehors, à la plage, dans le hamac ou dans la cour, qui survivront bien à un séjour prolongé dans le sable chaud ou sous la banquette brûlante de la voiture.Suggestions en vrac pour les lecteurs du primaire.AMÉLIE GAUDREAU Les animaux de la ferme font toujours d\u2019excellentes têtes d\u2019affiche des histoires qu\u2019on destine aux tout-petits, de la garderie aux premières années du primaire.L\u2019animateur et auteur de polars Benoît Dutrizac l\u2019a compris pour sa première incursion en littérature jeunesse, Meuh où est Gertrude ?(illustrations de Bellebrute, Fonfon, 2014), l\u2019histoire d\u2019un petit veau qui cherche sa maman, rythmée par les calembours composés à partir des cris des pensionnaires de la basse-cour.Car la volaille a souvent la part belle de ce genre de récit.Comme dans Petit poulet (illustrations de Guillaume Perreault), l\u2019odyssée émouvante d\u2019un jeune volatile égaré, signé par Maxime La-pointe, 12 ans, qui a remporté avec cette histoire un concours littéraire organisé par les éditions de la Bagnole.Ça glousse ferme aussi dans Gros poulet (Keith Graves, éditions Scholastic) , où l\u2019on suit la dure adaptation d\u2019un immense gallinacé dans un poulailler parfaitement normal, ou presque.De la basse-cour, déplaçons-nous vers la ménagerie avec la réédition en format poche d\u2019un classique en devenir.Ce que lisent les animaux avant de dormir (Noé Carlin et Nicolas Duffaut, éditions Torn poche) : de courtes vignettes pleines d\u2019esprit qu\u2019on peut relire jusqu\u2019à épuisement des principaux intéressés.On souhaite à ces derniers de ne pas faire des cauchemars de bêtes féroces.Une crainte qui s\u2019éteindra d\u2019elle-même si on lit plutôt deux albums mettant en vedette de gros ours ayant des problèmes de garde-robe: Ours blanc a perdu sa culotte (Tupera Tupera, Albin Michel JON KLASSEN SCHOLASTIC Rendez-moi mon chapeau, de Jon Klassen, est Thistoire d\u2019un ursidé pas trop futé qui a égaré son couvre-chef.jeunesse), un livre-jeu qui prend des allures de bestiaire coloré, ei Rendez-moi mon chapeau (Jon Klassen, éditions Scholastic), l\u2019histoire d\u2019un ursidé pas trop futé qui a égaré son couvre-chef La recette gagnante de ces deux livres : la répétition de mêmes motifs, qui fait espérer une fin heureuse aux jeunes lecteurs en devenir.Réussir ses vacances Pour plusieurs, les vacances ne représentent pas une partie de plaisir, même si le sort qui les attend n\u2019est pas si terrible.C\u2019est ce que permettent d\u2019appréhender Maélie au camp de jour (Robert Soulières et Philippe Germain, La Bagnole), l\u2019histoire d\u2019une petite tannante qui s\u2019initie à contrecœur aux De la basse-cour à la forêt, personnages tirés du règne trônent en maîtres dans la littérature jeunesse joies d\u2019un service de garde estival, et Le camping, quelle aventure! (Gabriel Anctil et Denis Goulet, Dominique et compagnie), un nouveau tome de la série Léo qui démystifie les hauts et les bas des vacances sous la tente.Lire des récits de vacances, c\u2019est bien.Mais les vivre, c\u2019est mieux.L\u2019album d\u2019activités 50 missions à réaliser avant la fin de Vété (Annie Groovie, Les Malins) offre tout le jgg\tnecessaire pour creer le récit de ses proanimal près vacances, en proposant des défis plus ou moins difficiles à relever que les enfants peuvent documenter et commenter dans ce carnet de bord.Les épreuves vont du jeûne technologique à la quête d\u2019un trèfle à quatre feuilles, de la jonglerie à la couture et même à la lecture d\u2019un livre de plus de 300 pages ! Parfait pour les blasés du farniente que l\u2019oisiveté vacancière ennuie.Le Devoir La mère indigne de Pan Bouyoucas CATHERINE LALONDE Pan Bouyoucas aime s\u2019adonner à l\u2019art du conte.À la plaquette métaphorique et imaginative.Qu\u2019on en juge : Le tatouage (XYZ, 2012), précédent roman, suivait Zoé, 22 ans, dont la rose fraîchement tatouée ne cessait de croître, belle et bourgeonnante, sur sa peau.Zoé, cherchant de l\u2019aide pour contraindre ou comprendre le phénomène, devenait à tout coup aux yeux des autres une élue, porte-parole de toutes causes \u2014 écologie, féminisme, grande paix internationale.Avant, il y eut la métaphore d\u2019une introspection qu\u2019était Portrait d\u2019un mari avec les cendres de sa femme (Allusifs, 2010) et L\u2019homme qui voulait boire la mer (Allusifs, 2005), récit funambule entre le rêve et la mort.Aussi, Anna pourquoi (Allusifs, 2004), Prix littéraire des collégiens.L\u2019auteur, qui écrit «en bilingue » \u2014 il nous arrive parfois traduit de l\u2019anglais et parfois, comme ici, en français Promotion à l'achat de trois livres de rabais^ rabais* de rabais * Du 5 au 22 juin 2014 ^Rabais à partir du prix courant et ne peut être jumele a toute autre promotion.Livres en stock seulement, à l'exception des livres scolaires et d'informatique A le Parchemin CRÉATEUR DE iONHEUR DERUIS U Berri-UQAM, 505, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2L 2C9, Tél.: 514 845-5243 librairie@parchemin,ca dans le texte \u2014, crée une néo-méchante-reine dans Ari et la reine de l\u2019orge.Une souveraine tirée de la cuisse de Jocaste, par son épais syndrome d\u2019Œdipe, croisée avec Cruella d\u2019Enfer.Car les auteurs masculins, note Bouyoucas dans son prologue, alors qu\u2019ils savent cogner dur sur la figure du père, semblent se garder une respectable petite gêne face à la mère, même celle qui se révèle «possessive, jalouse et dévoratrice».Indigne, quoi.Cassons alors l\u2019icône.On suivra la quête d\u2019Ari, fils aîné, choyé par la nature et héritier chouchou du roi et de la reine de l\u2019orge.Il cherche à aimer le cœur libre, affranchi de l\u2019influence, réelle et psychologique, de sa mère.Une lionne, une carnassière, celle-là, et caractérielle par-dessus le marché, têtue comme une mule, batailleuse comme un coq.Récit d\u2019initiation, donc.Et pas simple pour le héros.«Rien n\u2019est plus sacré pour une mère, Ari, que la vie de ses enfants», justifiera le roi.«\u2014Je le croyais aussi.Et je me disais qu\u2019elles devaient être folles, quand, dans mes livres d\u2019histoire, je lisais que des reines avaient empoisonné leur fils pour préserver leur trône, car je ne pouvais concevoir qu\u2019une mère saine d\u2019esprit puisse faire mourir la chair de sa chair.Je sais maintenant que certaines mères sont capables de tout», répondra Ari, désillusionné.Le récit flotte entre le jour d\u2019hui et l\u2019anachronisme apporté par cette chose immémoriale qu\u2019est le conte, entre Google, l\u2019hélicoptère et la pomme empoisonnée.Genre PAN BOUYOUCAS ARI ET LA REINE DE L\u2019ORGE juste assez détourné, à peine, par des métaphores surprenantes et un parcours inattendu \u2014 on croit que ça tourne à la satire politique, et finalement non ; on s\u2019attend là à une apothéose, ce sera plus fin \u2014 pour garder la curiosité vive.Mais c\u2019est la langue, imaginative, jouant de niveaux variés, qui fait la force, comme l\u2019art de la chute qui vient relancer chacun des courts chapitres.Le tissage se desserre en finale, avec une conclusion qui évite le happy end tapageur mais laisse le lecteur un chouïa sur sa faim, dégonflé.Mince bémol sur une riche inventivité.Le Devoir ARI ET LA REINE DE L\u2019ORGE Pan Bouyoucas Les Allusijs Montréal, 2014,156 pages ^ LE DEVOIR LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE JUIN 2014 F 3 LECTURES D\u2019ETE La Yougoslavie, c\u2019est lui CATHERINE LALONDE Ivan Dolinar est né un 1®\"^ avril, en 1948, sous les auspices du poisson d\u2019avril.Sale coup du destin.Surtout pour un jeune Croate qui rêve de pouvoir et de grandeur, qui aspire à l\u2019élévation, peut-être même au passage à l\u2019Histoire.Poisson d\u2019avril, premier roman traduit en français de Josip No-vakokich, s\u2019attache au destin parfois kaÎEkaien à force de malchances et de mauvaises décisions de Dolinar.En arrière-plan, les grands changements vécus par la Croatie à la fin du XX® siècle, depuis le régime de Tito, et la friction qu\u2019a provoquée sur ce coin du monde l\u2019ouverture à l\u2019Occident, au capitalisme et à la contemporanéité.Intime et histoire, personnage et pays ici sont liés, l\u2019avenir foireux de l\u2019un reflétant les embardées politiques de l\u2019autre.La «Yougoslavie était une métaphore de sa propre existence, écrit Novakovich, avec ses républiques qui ne s\u2019entendaient pas, tout comme certains de ses organes ne s\u2019entendaient pas.» Guerres intestines, alliances, haine et désirs d\u2019indépendance marquaient alors les relations, surtout entre la Croatie et la Serbie, mais aussi, historiquement, avec les républiques de Bosnie-Herzégovine, de Macédoine, de Monténégro et de Slovénie.« La Yougoslavie, c\u2019est moi» On a découvert le nom de Josip Novakovich, et qu\u2019il habitait Montréal et qu\u2019il enseignait la création littéraire à Concordia, l\u2019an dernier, soudainement, lorsqu\u2019il s\u2019est retrouvé parmi les finalistes au prestigieux prix Man Booker Prize International.On découvre maintenant son talent de conteur, la force qu\u2019il a de nous attacher à des personnages parfois antipathiques.Ivan Dolinar serait-il un alter ego tordu?Car Novakovich est né en 1956 à Daru-var, dans ce qui est devenu la Slovénie, qu\u2019il a quittée à 20 ans.Nouvelliste, essayiste, professeur, Poisson d\u2019avril est son premier roman, marqué par un imaginaire riche, un humour grinçant irrésistible.Et, plus le récit avance, par ce qu\u2019on pourrait nommer «un pessimisme joyeux».L\u2019auteur a la finesse de grossir juste assez le trait pour faire naître le sourire narquois : il expose les excès, les % La Vitrine Gandhi En aiii uise d autobiographie ESSAI EN GUISE D\u2019AUTOBIOGRAPHIE Gandhi Folio Sagesses Paris, 2014, 112 pages Petite autobiographie du maître indien construite à partir d\u2019extraits de ses œuvres et discours déjà publiés, ce livre est un bijou.Très simplement, Gandhi (1869-1948) y raconte son parcours sans détour.Enfant timide, peureux et marié par ses parents à l\u2019âge de 13 ans, le jeune homme deviendra avocat, luttera pour les droits des Indiens en Afrique du Sud et, finalement, pour l\u2019indépendance de son pays, en prônant la désobéissance civile de masse et la non-violence.Convaincu que la vérité s\u2019atteint par l\u2019ascèse, il s\u2019impose, à partir de 1906, une abstinence sexuelle radicale et, apôtre du végétarisme, rejette les plaisirs de la table.Défenseur des intouchables, partisan de la libération des femmes et de l\u2019euthanasie pour les mourants très souffrants, Gandhi avoue avoir peu lu, même s\u2019il se réclame des Thoreau, Ruskin et Tolstoï, et être très mal à l\u2019aise avec l\u2019adoration que la foule lui réserve.Se sachant menacé de mort par ses adversaires, il appelle presque cette fin de ses vœux.Tout un personnage.Louis Cornellier WILL OLIVER AGENCE ERANCE-PRESSE ü La Yougoslavie était une métaphore de sa propre existence, avec ses républiques qui ne s\u2019entendaient pas, tout comme certains de ses organes ne s\u2019entendaient pas yy Extrait de Poisson d\u2019avril, de Josip Novakovich travers et les contradictions de ses personnages sans tomber dans la caricature, mais toujours en louvoyant à sa frontière.Et il y a matière à le faire.C\u2019est qu\u2019Ivan Dolinar verra ses aspirations se dégonfler une à une tout au cours de sa vie.L\u2019étudiant en médecine aboutira en camp de travail, le militaire se retrouvera en porte-à-faux avec sa propre identité, le père aimant et le mari salvateur dévoileront un visage amoral.l\u2019hypocondriaque goûtera réellement, avant l\u2019heure, à la tombe.C\u2019est un destin déchantant que narre Novakovich, dans un récit qui s\u2019alourdit au fil des pages, à l\u2019image du moral du personnage.Car Dolinar «s\u2019était toujours complu dans la morbidité.La morbidité pouvait se comparer à la subversion, à la faillite du bon fonctionnement des choses et, à une plus large échelle, à un soulèvement anarchiste.Et il est toujours plus im- pressionnant d\u2019assister à la destruction d\u2019un édifice qu\u2019à sa construction: une libération d\u2019énergie plus considérable et plus extatique.» Un livre bien fait et un auteur à suivre de près.Le Devoir POISSON D\u2019AVRIL Josip Novakovich Boréal Montréal, 2014, 300 pages DIX ROMANS SUITE DE LA PAGE F 1 Histoires d\u2019ogres, de Katia Gagnon (Boréal) Et de deux pour cette journaliste qui s\u2019avère une redoutable conteuse.Plus percutantes encore et davantage maîtrisées que son premier roman, ces Histoires d\u2019ogres.Un meurtrier pédophile quitte la prison où il a été détenu pendant 25 ans, en direction d\u2019une maison de transition.Pourrait-il récidiver?La journaliste Marie Du-mais, alter ego de l\u2019auteure apparu dans La réparation (Boréal, 2011), entreprend une enquête sur le parcours de l\u2019ogre.En parallèle, on suit une jeune prostituée poquée, poursuivie par une autre sorte d\u2019ogre.Au final, tout s\u2019emboîte.Pour le pire d\u2019un côté, et peut-être pour le mieux en ce qui concerne l\u2019héroïne.Variations endogènes, de Karo-line Georges (Alto) Quatorze histoires tordues, marquées par la perversité.Certaines plus achevées que d\u2019autres.Ce qui ressort?Le sexe à outrance, la cruauté crasse, les corps violentés.Le tout mis à distance, dans une froideur apparente qui glace le sang.L\u2019écriture scalpel de l\u2019auteure de Sous béton (Alto, 2011) est tout entière mise au service de l\u2019abject.N\u2019oublie pas, s\u2019il te plaît, que je t\u2019aime, de Gaétan Soucy (Notabllla) Parue à titre posthume, cette lettre d\u2019amour fiévreuse, enflammée, délirante, obsessive, absolue et désespérée, remue.D\u2019une beauté tragique, les mots de l\u2019auteur de La petite fille qui aimait trop les allumettes (Boréal, 2000), disparu subitement ANNIK MH DE CARUEEL LE DEVOIR l\u2019an dernier.Retournement inattendu : quatre écrivains, dont Sylvain Trudel et Catherine Mavrikakis, se mettent dans la peau de l\u2019aimée, qui répond à l\u2019amant délaissé.Drama Queens, de Vickie Gendreau (Le Quartanier) «Je me disais tout le temps qu\u2019il fallait que je garde des trucs à raconter.^ Too late.Là, je déballe tout.» Ecrit dans l\u2019urgence, peu avant que son au-teure soit emportée à 24 ans par une tumeur inopérable au cerveau, ce livre coup-de-poing fesse dans toutes les directions.D\u2019une tristesse infinie, révoltant, ce deuxième opus après Testament, mais aussi, fantaisiste, pétillant, brillant.Et très, très déroutant.Collaboratrice Le Devoir P 0GaspardLE DEVOIR 1 ALMARÈS Du 26 mai au 1® juin 2014 \t\t \t\t Romans québécois\t\t 1 La vie sucrée de Juliette Gagnon \u2022 Tome 1\tNathalie Roy/Libre Expression\t5/2 2 Les années de plomb \u2022 Tome 2 Jours de colère\tJean-Pierre Charland/Hurtubise\t1/3 3 Les héritiers du fleuve \u2022 Tome 31918-1929\tLouise Tremblay-O'Essiambre/Guy Saint-Jean\t2/8 4 Mensonges sur le Plateau-Mont-Royal \u2022 Tome 2 La biscuiterie\tMichel Oavid/Hurtubise\t3/10 5 Métis Beach\tClaudine Bourbonnais/Boréal\t4/4 6 Ces mains sont faites pour aimer\tPascale Wilhelmy/Libre Expression\t6/4 7 Confessions d'une célibataire.incorrigible\tM.Beaubien I J.Normandin/Les Éditeurs réunis\t7/3 8 Les années de plomb \u2022 Tome 1 La déchéance d'Édouard\tJean-Pierre Charland/Hurtubise\t10/3 9 Mensonges sur le Plateau-Mont-Royal \u2022 Tome 1 Un mariage.\tMichel Oavid/Hurtubise\t9/10 10 Gaby Bernier \u2022 Tome 31942-1976\tPauline Gill/Québec Amérigue\t-/I Romans étrangers\t\t 1 Le bleu de tes yeux\tMary Higgins Clark/Albin Michel\t4/2 2 Une autre idée du bonheur\tMarc Levy/Robert Laffont I Versilio\t1/5 3 Central Park\tGuillaume Musso/XO\t2/9 4 Joyland\tStephen King/Albin Michel\t7/2 5 Lallée du sycomore\tJohn Grisham/Lattès\t3/3 6 Six ans déjà\tHarlan Coben/Belfond\t5/3 7 Charmant pétard\tChristina Lauren/Homme\t-/I 8 Muchachas \u2022 Tome 2\tKatherine Pancol/Albin Michel\t6/8 9 Le chardonneret\tOonna Tartt/Plon\t8/20 10 La vie en mieux\tAnna Gavalda/Oilettante\t-/I Essais québécois\t\t 1 Poing de mire\tNormand Lester/Homme\t1/7 2 Constituer le Québec.Pistes de solution pour une véritable.\tRoméo Bouchard/Atelier 10\t7/2 3 Le cimetière des humanités\tPierre-Luc Brisson/Poètes de brousse\t9/2 4 Le Sel de la terre\tSamuel Archibald/Atelier 10\t-/I 5 La revanche des moches\tLéa Clermont-Oion/VLB\t2/8 6 Lafghanicide\tMartin Eorgues/VLB\t4/4 7 La promotion de l'allaitement au Québec.Regards critigues\tCollectif/Remue-ménage\t-/I 8 Le prochain virage\tErancois Tanguay I Steven Guilbeault/Oruide\t-/I 9 La lin de l'État de droit?\tErédéric Bérard/XYZ\t3/3 10 Paradis fiscaux : la filière canadienne\tAlain Oeneault/Écosociété\t6/14 Essais étrangers\t\t 1 Le capital au XXIe siècle\tThomas Piketty/Seuil\t1/4 2 Plaidoyer pour l'altruisme.La force de la bienveillance\tMatthieu Ricard/NIL\t6/31 3 Le nouvel art de la guerre.Oirty Wars\tJeremy Scahill/Lux\t-/I 4 La grande vie\tChristian Bobin/Gallimard\t3/12 5 La vérité sur les médicaments\tMikkel Borch-Jacobsen/Édito\t5/16 6 Les procès de l'art\tCéline Oelavaux | Marie-Hélène Vignes/Palette\t-/I 7 Patient et citoyen\tNortin M.Hadler/PUL\t4/2 8 Construire l'ennemi.Et autres écrits occasionnels\tUmberto Eco/Grasset\t-/I 9 LIndien malcommode.Un portait inattendu des Autochtones.Thomas King I Oaniel Poliguin/Boréal\t\t7/2 10 Regarde les lumières, mon amour\tAnnie Ernaux/Raconter la vie|Seuil\t8/4 La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est propriétaire du système d\u2019infoimation et d\u2019analyse Gdspdiil sur les ventes de livres français au Canada, Ce palmarès est extrait de Bdspdn!et est constitué des relevés de caisse de 260 points de vente, La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet Sdspsrd © BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite.En vente dans toutes les librairies, sauf Renaud-Bray.HISTOIRE DE LA MÉDECINE AU QUÉBEC aUSSiim Bh.-'ïïrv'c J J L DIFFUSION DIMEDIA F 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE JUIN 2014 LECTURES D\u2019ETE SOLEILS NOIRS : UNE MANNE DE POLARS POUR LA BELLE SAISON La Vitrine KSM POLICE POLAR POLICE Jo Nesb0 Traduit du norvégien par Alain Gnaedig Gallimard Paris, 2014, 594 pages S\u2019il faut en croire Jo Nesbo, Oslo n\u2019est pas la petite ville calme que l\u2019on s\u2019imagine, dormant sous la neige six mois par année.Au fil des enquêtes du célèbre Harry Hole, on a vu se passer là des choses horrifiantes, et les tueurs en série s\u2019amusent à se succéder les uns aux autres.Cette fois-ci, ce sont des policiers qui y passent, un à un.Caractéristique commune : ils faisaient tous partie d\u2019équipes ayant enquêté sur des crimes non résolus.La police ne sait plus où donner de la tête et son nouveau chef, Mikael Bellman, un ripou que l\u2019on connaît bien, essaie de calmer le jeu.Mais est-ce que ce n\u2019est pas ce bon vieux Harry qui vient, encore une fois, à la rescousse de tout ce beau (?) monde ?Et qui mourra presque au même endroit que dans sa dernière aventure avant de réussir à sauver la mise ?Hum ?Michel Bélair POLAR DARK HORSE Craig Johnson Traduit de l\u2019anglais (américain) par Sophie Aslanides Gallmeister Paris, 2014, 326 pages DARK HORSE Craig Johnson Coriace, le shérif Longmire, et méfiant.Alors que tout le monde tient pour acquis que la belle Mary Barsad s\u2019est débarrassée de son insupportable mari en le criblant de balles, il se déguise plutôt en inspecteur d\u2019assurances pour mener sa petite enquête et traquer les apparences.En fait, il n\u2019a pas le choix puisque tout cela s\u2019est passé dans le comté voisin, où il n\u2019a aucune juridiction.11 rencontre là des paysages à couper le souffle, qu\u2019il connaît bien puisqu\u2019il y est né, mais aussi toute une série de personnages étranges tissés d\u2019une étoffe comme on n\u2019en fait plus.Avec l\u2019aide de «la nation cheyenne», comme d\u2019habitude, et d\u2019un bien improbable allié, il découvrira rapidement plein de choses.Entre autres que les morts sont parfois dangereux puisqu\u2019ils n\u2019ont plus rien à perdre.Une histoire aux détours insoupçonnés écrite, comme tous les Craig Johnson, dans un style à faire se pâmer les plus exigeants.Michel Bélair POLAR 13 Pieter Aspe Traduit du néerlandais par Emmanuèle Sandron Albin Michel Paris, 2014, 286 pages COMMISSAIRE VRNIN Ah, Bruges ! Quelle ville séduisante.et un peu endormie dans le brouillard qui l\u2019enveloppe, avouons-le.Voilà qu\u2019au moment où le commissaire Van In prépare son mariage, une série de crimes vient perturber le bonheur tranquille d\u2019un peu tout le monde.Les indices sont rares et l\u2019équipe du commissaire patinera bien vite dans la choucroute et la Duvel.Jusqu\u2019à ce que Van In lui-même allume et découvre un lien entre les meurtres, prenant soudain conscience qu\u2019il pourrait lui aussi être visé.L\u2019intrigue est pourtant assez solide, mais les détails insignifiants collés aux personnages engendrent rapidement une sorte de sentiment d\u2019ennui existentiel et en arrivent à créer une ambiance globale qui sent le réchauffé, le co-pié-collé, l\u2019inutile même.Bref, ce n\u2019est pas un grand Pieter Aspe et l\u2019on aura tout avantage à lire autre chose.Pourquoi pas un Québécois, tiens.Michel Bélair PETEJELLIFFE/CC Les scènes de crime abondent dans les polars d\u2019ici comme d\u2019ailleurs.Un été très noir Bien sûr, il y a le tout récent Jo Nesbo (Gallimard, 2014) et le nouveau James Lee Burke aussi, somptueux (Creole Belle chez Rivages/Thriller), sans parler de l\u2019œuvre complète de Craig Johnson qui vient de nous tomber dessus, dense, déroutante (Gallmeister).Mais voilà aussi qu\u2019en l\u2019espace de quelques semaines une vague de fond de polars d\u2019ici a pris d\u2019assaut les rayons des librairies.Surprise : il y a là plein de choses qui méritent que l\u2019on s\u2019y attarde sérieusement.Sortez les chaises longues et la crème solaire pour plonger dans le noir, sous le soleil.MICHEL BELAIR Jacques Savoie propose, avec Un voyou exemplaire (Libre expression, 2014), une quatrième aventure de Jérôme Marceau, maintenant enquêteur-chef aux crimes majeurs du Service de police de la Ville de Montréal.Tout juste sorti de son témoignage percutant à la Commission d\u2019enquête sur la magistrature, Marceau tente d\u2019élucider un attentat à la bombe survenu dans une banque privée de la rue Saint-Jacques: la victime présumée, Pernand Gervais, est littéralement déchiquetée.Bien vite, les soupçons se portent sur les protestataires d\u2019Qccupy Wall Street, campés tout près, mais Marceau flaire autre chose de beaucoup plus complexe.Jérôme Marceau a «pris du poids» depuis sa première aventure; il ressemble de plus en plus à un enquêteur et son cynisme de bon aloi fait de lui un personnage moins anecdotique et plus solide, même si on sent qu\u2019il lui manque encore un peu d\u2019empathie et d\u2019intuition.Ici, son enquête l\u2019amène dans un paradis fiscal des îles Vierges et permet à Savoie de dénoncer toute une série de magouilles, allant du chantage au blanchiment d\u2019argent et d\u2019identité, visant à infiltrer le monde des trafiquants de drogue.L\u2019intrigue est palpitante et ne se dénoue qu\u2019aux toutes dernières pages.Même constat pour Le beau mystère (Plammarion Québec, 2014), le tout nouveau roman de Louise Penny; ce n\u2019est qu\u2019à la toute dernière minute que Ton saura qui a tué le chef de chœur d\u2019un monastère caché La surprise la plus étonnante de tout cet arrivage vient de l\u2019intrigue conçue par Hervé Gagnon, Jack depuis plus de 400 ans au fin fond de la Haute-Mauricie.Qn mettra beaucoup de temps et de pages à admettre l\u2019existence même de ce monastère construit par des moines gil-bertiens venus ici secrètement aux premiers jours de la colonie française pour échapper à l\u2019Inquisition.mais on se laissera prendre par l\u2019intrigue.Et aussi par des passages absolument merveilleux sur le chant grégorien et sur l\u2019architecture lumineuse de ce monastère fantôme.Encore plus touchant d\u2019humanité et de compassion que d\u2019habitude, Armand Ga-mache mène l\u2019enquête.Étonnants La surprise la plus étonnante de tout cet arrivage n\u2019est toutefois pas celle du monastère fantôme de Penney ; elle vient plutôt de l\u2019intrigue conçue par Hervé Gagnon, Jack (Libre Expression, 2014), qui plante son histoire passionnante dans le Montréal de la fin du XIX® siècle aux prises avec.Jack l\u2019Éven-treur lui-même ! Tout cela nous est raconté par Joseph Laflamme, journaliste au Canadien, sur fond de franc-maçonnerie et d\u2019intrigue politique de haut niveau, ayant des ramifications jusqu\u2019en Angleterre par l\u2019entremise de l\u2019orangiste qu\u2019était John A.MacDonald.L\u2019écriture de Gagnon est nerveuse et souple: il raconte les meurtres sanguinaires de l\u2019éventreur avec force détails, mais il sait aussi jouer sur d\u2019autres registres, en décrivant par exemple les quartiers populaires de l\u2019époque et la pénible existence des gens qui y vivaient.Malgré quelques rares maladresses et un inexplicable revirement de situation à la toute fin, c\u2019est sans doute le ré- cit le plus passionnant de la cuvée.On reverra sans doute Joseph Laflamme.et il faudra surveiller Hervé Gagnon de très près.Belle surprise aussi que Le rythme du tambour (Recto Verso, 2014), tout premier roman de Sandra Messih.L\u2019histoire est campée dans un milieu que l\u2019on ne fréquente pas souvent: un centre de gestion des déchets.C\u2019est d\u2019autant plus étonnant que l\u2019on y parle de chamanisme et d\u2019un tueur en série qui rôde incognito au milieu des rêves de l\u2019héroïne.L\u2019écriture est convenue au départ, mais tout cela s\u2019affine et devient fort intéressant à mesure que l\u2019intrigue progresse.Les mêmes commentaires s\u2019appliquent pour La sélection naturelle (Recto Verso, 2014) de Sylvie-Catherine de Vailly, une enquête de l\u2019inspectrice Jeanne Laberge.L\u2019intrigue est solide, mais l\u2019écriture est plutôt molle et sans relief avant qu\u2019on en arrive au dernier droit.Les deux derniers titres de notre liste se laissent lire tout aussi facilement.Appor-tez-moi la tête de Laura Crevier (Libre expression, 2014) de Laurent Chabin est un étonnant plaidoyer pour l\u2019anarchisme intégral et Derniers pas vers l\u2019enfer (Alire, 2014) de Maxime Houde nous fait plonger avec un policier corrompu dans un monde sans issue qui donne froid dans le dos.Voilà de quoi vous occuper jusqu\u2019à la rentrée.Collaborateur Le Devoir lettres québécoises REVUE fondée en 1976 La revue de l'actualité littéraire La seule revue ENTIÈREMENT consacrée à la LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE.lettres québécoises ettf: québécoises Abonnement papier et électronique www.lettresquebecoises.qc.ca W Suivez-nous sur Facebook Consma des arts ES E9 Québec ta Conseil des Arts Canada Council du Canada\tfor the Arts Roman Traduction POLAR RÉCIT Nouvelle POÉSIE Études littéraires CONTE Actualité ROMAN Un conte d\u2019archaïques terreurs GUYLAINE MASSOUTRE VOUS aimez les histoires de fées et de magiciens ?Les envoûtements, le merveilleux prolongeant l\u2019adolescence ?Les brumes de l\u2019apparence est pour vous.L\u2019auteure y campe un invraisemblable agencement de sortilèges concernant une maison hantée, un terrain maudit, une masure en ruine chargée d\u2019êtres mauvais.Tout cela au fond d\u2019une forêt située dans un endroit inaccessible.Peu importe la véracité, seul le romanesque compte.Deghelt écrit un conte distribuant d\u2019archaïques terreurs.Qn suit l\u2019esprit vacillant du personnage, plein de rêves et de cauchemars, entretenus par Fréderique Deghelt Les brumes de l\u2019apparence \u2019 V sKi -lES-V»-.un étrange vendeur et combattus par son mari médecin.L\u2019exorcisme littéraire, qui consiste à avancer avec l\u2019héritière de ce domaine ensorcelé, ne manque pas d\u2019instiller un vrai charme à ce délire romantique, mélange de Nerval et de parapsychologie.Qn se demande ce que sont ces voix intérieures, ces visions, ces angoisses qui consentent à l\u2019emprise.Y a-t-il lieu, sous une forme quelconque, d\u2019accueillir l\u2019au-delà et de donner prise aux émotions qui conduiront l\u2019héroïne à changer sa vie?Qu\u2019est-ce que ce «maléfique» qu\u2019elle appelle aussi «musique»?Qu\u2019est-ce que la trahison des proches ?Qu\u2019est- ce qu\u2019un esprit traversant les ombres et les fines frontières de l\u2019irréel?Deghelt argumente les preuves impalpables de notre humanité.C\u2019est arrivé près de chez vous: l\u2019empreinte du mal a du sens.Encore faut-il décider si la qualifier de «présence derrière moi » est une organisation crédible de la science et de la conscience, ou, comme disait Rabelais, simple ruine de l\u2019âme.Pas si simple, finalement, comme on l\u2019entend aujourd\u2019hui dans les folies avec lesquelles on vit.Collaboratrice Le Devoir LES BRUMES DE L\u2019APPARENCE Lrédérique Deghelt Actes Sud Paris, 2014, 368 pages LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JUIN 2014 F 5 LECTURES DITE J I ERIC FEFERBERG AFP Eric-Emmanuel Schmitt Marcela lacub FRANÇOIS GUILLOT AFP Un peu de tout pour l\u2019été PIERRE ANDRIEU AFP Christine Angot GUYLAINE MASSOUTRE Ly été ! Vous avez le Québec > dans le dos, de Tautre côté de Tocéan.Vous êtes assise à rHostellerie de la Gabelle de Saint-Florent-le-Vieil, au bord de la Loire, ce fleuve vert qui serpente, tranquille, entre mille îles chéries des oiseaux.Vous vous demandez si vous allez déranger le vieil écrivain qui vit de Tautre côté du quai, rue du Grenier à sel.Et voilà qu\u2019il vient à la table voisine déguster un sandre.Il se nomme Louis Poirier et il est mieux connu sous le nom de Julien Gracq.La fiction a rejoint le réel.Vous ne voyez plus de différence.Prenez Le livre, de René Belletto (P.O.L., 2014).Une histoire d\u2019hôpital où un visiteur devient la proie d\u2019un mirage, à moins que du lieu fatidique il n\u2019ait fait le théâtre de son imagination dérangée.Le narrateur se démultiplie, non pas comme L\u2019homme-Jasmin, d\u2019Unica Zürn (L\u2019Imaginaire Gallimard, réédition 2012), qui endosse sa maladie mentale, mais comme pris dans un labyrinthe de jeux proprement romanesques.Livre étrange, avec son reflet incorporé, menaçant tel un scénario de David Lynch, poursuite d\u2019intuitions, de propos rapportés, d\u2019enquête et de dossier médical.Parfait pour un lecteur dans un rôle de Poucet qui, bravant sa peur d\u2019une logique périlleuse, réussira à se bricoler une belle histoire.La fille de mon meilleur ami, d\u2019Yves Ravey (Minuit, 2014), avait été sélectionné pour le prix Inter, tout comme Faillir être flingué (Rivages, 2013), un polar parodique, vraiment emballant, de Céline Minard, dont vient d\u2019ailleurs de reparaître le fantasque grîmoîre So long.Luise (Rivages poche, 2014).Chez Ravey, autant de sobriété stylistique que de débauche verbale chez Minard.Mais, dans les deux cas, ce sont des romans à scénario solide.Actions en zigzag, rythme serré, personnages marginaux sans fol ni loi, brouillage des repères entre virtuel et réalité.la fiction bat son plein, mordante.Le réel pris au corps La plus grande surprise littéraire cette année est venue d\u2019Edouard Louis, avec En finir avec Eddy Bellegueule (Seuil, 2014).Ce tout jeune sociologue brillant raconte sa vie d\u2019homosexuel persécuté dans sa famille, à l\u2019école, par les copains du village.Au tout début du XXL siècle, on peine à croire les scènes sexuelles dégradantes, les humiliations, les perversions subies par Eddy, passées inaperçues des adultes ou couvertes par leurs regards déplacés.C\u2019est à lire, et l\u2019entendre tout confirmer lors de son passage à Montréal atteste que la réalité n\u2019est pas inventée.Même sensation avec La petite foule (Flammarion, 2014), de Christine Angot, championne du scandale sociolitté-raire.La façon dont elle har- ponne le réel pour en faire un ouvrage livre un témoignage juste.On a la certitude que la frontière n\u2019existe pas entre l\u2019écriture et le vrai.Et que, grâce à l\u2019écriture et à ses lectrices (on privilégiera exceptionnellement le féminin), l\u2019au-teure sort enfin de sa prison.Aimer, avoir aimé, le dire Autre brûlot.Après l\u2019essai Belle et bête (Stock, 2013), dans lequel Marcela lacub éclairait sa liaison avec Dominique Strauss-Kahn, et après la condamnation de l\u2019auteure et de son éditeur à payer 50000euros pour atteinte à sa vie privée, Œdipe reine, roman, débute par cette phrase.«La vérité est qu\u2019il était incapable d\u2019envoyer les femmes au ciel avec sa queue.» On part de là, sous l\u2019insistance provocante, dans l\u2019histoire de Samuel racontée par Juliette, et c\u2019est Sade revisité.La romancière d\u2019origine argentine, juriste et chercheure.La plus grande surprise cette année / est venue d\u2019Edouard Louis, avec En finir avec Eddy Bellegueule a choisi d\u2019écrire en français.On lui doit Une société de violeurs ?(Fayard, 2012), qui conteste que la violence sexuelle soit tout entière masculine.Elle tente de mener un débat, rarement entamé, au-delà des scandales d\u2019alcôve et de parloirs.C\u2019est la question que pose Eric-Emmanuel Schmitt dans son sympathique L\u2019élixir d\u2019amour (Albin Michel, 2014).Dans ce roman par lettres, sis entre Montréal et Paris, deux anciens amants raniment leur flamme, badinage et attachement.Vont-ils s\u2019aimer à nouveau, veulent-ils au contraire régler un différend qui se réveille ?Sentiments à gogo, pochade littéraire élégante, charmante, dialogue de jalousie et d\u2019amour perdu, feu de mots, éclats de joie.Et, pour finir, revenons au pays de Gracq et à ce qu\u2019il nous a fait aimer.Le Breton Jean Rouaud, depuis Les champs d\u2019honneur (Minuit), prix Concourt 1990, a signé quatre romans constituant son cycle du Livre des morts.Cet hiver, il donnait Un peu la guerre (Grasset, 254 pages), troisième opus de La vie poétique.L\u2019ouvrage, très richement tricoté de l\u2019après-GS et de sa réalité de provincial complexé, signe un nouveau pan de la vie des morts de sa fa-mille, frappée comme tant d\u2019autres par les guerres.L\u2019Histoire est là.Puisse cet écrivain d\u2019une maturité admirable s\u2019asseoir quelque part à votre table pour vous faire toucher l\u2019éternité ! Ce récit captivant de Jean Rouaud, sans recette, dépouillé et fouillé, s\u2019est affranchi des modes en lestant ses pages d\u2019une formidable mémoire réorganisée.Collaboratrice Le Devoir POÉSIE Fragilité partagée HUGUES CORRIVEAU Arrive-t-on un jour.?» à penser l\u2019existence et le malheur, à assumer son pensum de vivre et son droit à l\u2019oubli, au passage?Voilà autant de questions qui introduisent le très beau et sobre recueil de Marie Bélisle, Ici-bas.Acte de conscience et parfaite adéquation avec le fil exact qui relie présent et passé.En effet, «arrive-t-on un jour à l\u2019épuisement des réserves fluides que porte notre corps, sans plus rien à pleurer, ni soi-même, ni l\u2019autre, ni les parts de soi-même enfouies dans les autres enfuis?» Comment vivre?Comment affronter la conscience, y consentir, quand «quelque chose est là [?] Bleu sur une table.Ce n\u2019est pas quelqu\u2019un.C\u2019est l\u2019idée de quelqu\u2019un, c\u2019est la matière, la cendre dans le verre enclose comme l\u2019idée dans les veines.Je pense».C\u2019est ainsi, tout du long, tranquille et méditatif, sans colère et sans hargne, dans la m^ sure exacte d\u2019un chagrin ou d\u2019une joie.Ce recueil se relit, se médite et trouve en nous des échos d\u2019une fragilité partagée par un très grand nombre de vivants.Le Devoir ICI-BAS Marie Bélisle Le Noroît Montréal, 2014, 56 pages -muL POETIQUES Table ronde Le poète et les institutions Avec le Poete de la Cite Martin Thibault et le Poete du Parlement Michel Pleau Animation Tristan Malavoy Samedi 7 juin, à 14 h Librairie Gaiiimard 3700 boul Saint Laurent MAISONdela PÔËSIE\tG^LIMARD (JeMontreal ^\tConseil des arts I^RECF \"\u201cSébeciS Patnmoine Canadian canadien Heritage Nos livres chauds pour méditer à la Saint-Jean A la Saint-Jean, il faut des traditions.Une des miennes est de lire Lionel Groulx.Ses Rapaillages de 1916 (BQ, 2004), de petits tableaux de la vie rurale québécoise du temps passé, sont un chef-d\u2019œuvre de style classique et de douce nostalgie.Notre maître, le passé ?Des fois, oui.Louis Cornellier Les compagnons en avion Juste assez prenants pour que la lecture l\u2019emporte sur les messages du commandant de bord et le passage de la desserte de la «boutique en vol», juste assez longs et juste assez courts et assez légers pour que l\u2019esprit, par contamination, se sente déjà en vacances.Les romans de San Antonio (attention, ceux de Frédéric Dard seulement, les premières moutures de la longue série ayant ma préférence, pour le côté désuet que les années ont donné à ce qui était une vraie truculence, sinon un mauvais goût), les enquêtes de Maigret, de Simenon, et celles de Nestor Burma, de Léo Malet, sont de mes compagnons idéals quand vient le temps de s\u2019envoler.Catherine Lalonde Meilleur rapport poids du livre/nombre de pages/densité de contenu Les découvreurs, de Daniel J.Boorstin (Robert Laffont).un fascinant essai historique qui se lit comme un roman et nous plonge au cœur de la plus stimulante des aventures humaines, celle des découvertes scientifiques et géographiques.Christian Desmeules Le livre de plage Il n\u2019y a rien à faire, pour moi, lire en janvier quand il gèle à pierre fendre ou en juillet, les doigts de pied en éventail, revient au même.Toutefois, je supporte si difficilement le sable sec qui s\u2019insère dans les pages d\u2019un livre ou le mouillé qui le macule qu\u2019à la plage j\u2019apporterais plutôt un seau (pas nécessairement à glace) et une pelle.Gilles Archambault Le roman fleuve La paresse estivale constitue l\u2019état idéal pour apprécier le grand talent de conteur de feu Gabriel Garcia Marquez, dans son classique Cent ans de solitude (Seuil).Les nombreux malheurs qui s\u2019abattent sur les six générations de la famille Buendia et le village mythique de Macondo pourrait très bien relativiser les petits drames de nos vacances.Amélie Gaudreau Dans l\u2019eau et hors de Teau Le goût du chlore (Casterman), de Bastien Vivès.Sorti en 2008, ce récit en bande dessinée relate, avec une économie de mots et une poésie dans le dessin, une rencontre, entre un homme et une femme, qui se joue dans une piscine couverte.C\u2019est bleu-vert.C\u2019çst intimiste.C\u2019est chaud et rafraîchissant en même temps.A l\u2019image d\u2019un plan d\u2019eau en été.Fabien Deglise Dans le grand cercle du monde Une grande fresque où se confrontent culture indienne et européenne, tribus huronnes et iroquoises, soif de conquête et refus de la domination.Par Joseph Boyden, l\u2019auteur du Chemin des âmes.«Surprenant^ magistral^ très certainement le premier grand roman canadien du xxi^ siècle.» The Vancouver Sun « Un livre hors du temps.Un classique-né.» The National Post Albin Michel F 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JUIN 2014 LECTÜRES D\u2019ETE La Vitrine NOUVELLES DES NOUVELLES DU PERE Collectif Québec Amérique Montréal, 2014, 224 pages Raconter la paternité, sa paternité : c\u2019est l\u2019exercice auquel se livrent la plupart des auteurs sollicités pour ce projet lancé par l\u2019auteur Michel J.Lévesque, même si, comme l\u2019explique l\u2019éditeur Pierre Cayouette en préface de cet ouvrage à la facture étonnamment bâclée, «la consigne était claire: pas d\u2019autofiction».Ces nouvelles suintent l\u2019expérience personnelle, presque toutes de façon éclatante et assumée, narrées à la première personne, même lorsque «je» est un autre.Des récits de naissance, de renaissance, de rites de passage, de mort et de deuil, vus de l\u2019œil du père aimant \u2014 qui est aussi, parfois, forcément, un fils.\u2014, voilà ce qui reste dans l\u2019esprit du lecteur.Du lot, se démarquent le texte bouleversant de l\u2019instigateur du projet, celui d\u2019André Marois, pas très loin de son univers noir habituel, et la très personnelle odyssée de Patrick Sénécal, à des lieues de ses territoires familiers.Un recueil certes imparfait, mais tout de même agréable à parcourir et bien souvent fort émouvant.Et approprié pour la fête des Pères, qui arrive à grands pas.Amélie Gaudreau BEAU LIVRE VÉLO! Concepteurs de génie, MACHINES DE LÉGENDE Richard Moore et Daniel Benson Hurtubise Montréal, 2014, 351 pages Il n\u2019y a pas vingt ans encore, le vélo était toujours l\u2019affaire d\u2019ateliers confidentiels où des orfèvres assemblaient à la main, avec une patience infinie et selon des conceptions parfois inusitées, de minces tubes d\u2019acier ou d\u2019aluminium.Il fallait savoir chauffer juste à point ces tubes pour les unir grâce à des raccords qui avaient été à l\u2019avance préparés minutieusement.Les meilleurs vélos étaient tous fabriqués ainsi, signés pour ainsi dire un à un, par un savoir-faire unique.Combien de cyclotouristes, d\u2019amateurs ou de champions ont roulé sur ces vélos souvent repeints, pour des besoins publicitaires, aux couleurs et au nom de grandes marques ?Ne reste plus ou presque que les marques qui ont enflé par leurs capacités à accaparer un marché.Le vélo a quitté le monde des artisans.Les noms de Della Santa, Ryffranck, Ma-rinoni se sont effacés derrière le grand mur publicitaire.Les petits équipementiers aussi sont oubliés.Rien ou presque sur les composantes Suntour, Gian Robert, Ofinega, Simplex, Maillard, Modolo et autres.C\u2019est peut-être le grand problème de ce très beau livre anglo-saxon illustré que de donner le champ libre aux seuls géants ou presque.Voici donc l\u2019inventeur du dérailleur et du déclencheur rapide, Tullio Campagnolo, véritable fondateur d\u2019une dynastie.Voilà les industries de Cinelli.Les designs d\u2019avant-garde de Coinage, un constructeur allié au besoin à Ferrari.Et ici l\u2019histoire du géant Shimano, des roues des industries Mavic, des tubes Columbus ou Reynolds.Ajoutez Blanchi, De Rosa, Gitane, Specialized, Atala, Guerciotti, Batavus.Cet ouvrage n\u2019en demeure pas moins exceptionnel pour quiconque s\u2019intéresse de près à ces fines mécaniques et à leur histoire.Jean-François Nadeau RECIT UNDERGROUND Haruki Murakami 10/18 Paris, 2013, 550 pages HARUKI MURAKAMI Underground 10 18 Fan de Murakami ?Vient d\u2019arriver sur les étals la version poche \u2014 ça demeure une bonne brique.\u2014 à\u2019Underground, livre qui a précédé et influencé l\u2019incontournable saga 1Q84.Tristement guidé par l\u2019attentat au gaz sarin commis par la secte Aum à Tokyo en 1995, Murakami a voulu, pour comprendre et décortiquer, faire parler les victimes, témoins et survivants.Il a enquêté.Il a interviewé.Il a écouté.Une trentaine de récits composent ainsi ce gros bouquin, ni essai ni recueil d\u2019entretiens, certes une compilation de témoignages, mais cousue main par un romancier de grand talent.Murakami a conservé certaines des répétitions et redites qui hantent ces différentes voix, pour dresser ce documentaire littéraire, pourrait-on dire, d\u2019un des grands traumatismes que le Japon a vécus.Catherine Lalonde Nos livres chauds À prendre ou à laisser J\u2019ai toujours craint de donner des conseils et supporte mal d\u2019en recevoir, mais dans les semaines estivales qui viennent, pourquoi ne liriez-vous pas Le tout sur le tout (Gallimard) d\u2019Henri Galet, Les chroniques de la montagne (Robert Laffont) d\u2019Alexandre Vialatte, En ce moment précis (Robert Laffont) de Dino Buzzati ou La mort exquise (L\u2019Instant même) de Claude Mathieu, des livres qu\u2019on peut prendre ou laisser à sa guise, auxquels toutefois on revient et qui vous persuadent que la vie, toute difficile qu\u2019elle est, peut se savourer mot à mot avec gourmandise.Gilles Archambault Le génie qui rafraîchit Chaque été, je lis au moins une pièce de Molière.Ma préférée ?Les fourberies de Scapin (1671).C\u2019est drôle, vif et brillant.La scène du «Que diable allait-il faire dans cette galère ?» relève du plus pur génie comique.Molière, c\u2019est mon théâtre d\u2019été.Je me paie du luxe.Louis Cornellier Adolfo Bioy Casares ou l\u2019imaginaire épuré GILLES ARCHAMBAULT Un jour de 1972, alors que j\u2019interviewais Hector Bian-ciotti à son appartement parisien, il me demanda s\u2019il me plairait de faire un entretien radiophonique avec Adolfo Bioy Casares, de passage dans la capitale.Il s\u2019offrit même de lui téléphoner devant moi.Je salivais déjà.Il m\u2019aurait suffi de relire L\u2019invention de Morel (10/18, 1992), disponible en librairie, et le tour était joué.Hélas ! Bioy Casares était rentré chez lui deux jours auparavant.J\u2019étais de ce fait une sorte de personnage de Bioy Casares, de cette sorte d\u2019êtres humains pour qui rien de vraiment heureux n\u2019arrive.Voilà que paraissent coup sur coup, dans la collection Pavillons poche chez Robert Laffont, un court roman.Un champion fragile, et un recueil de nouvelles.Le héros des femmes.Dans les deux cas, l\u2019auteur argentin manie humour et fantastique avec maestria.Tout est limpide chez lui.Ses dialogues, qui n\u2019ont rien de prolixe, sont porteurs d\u2019une ambiguïté qui fait mèche à tout coup.On ne lit pas Bioy Casares sans songer à Borges.On sait qu\u2019ils ont été amis et complices, écrivant même de concert, sous le nom de H.Bustos Domecq, des contes et des nouvelles relevant fort élégamment de la littérature fantastique.Si la réputation de Borges a peut-être jeté de l\u2019ombrage sur celle de son compatriote, il ne faut pas oublier que l\u2019œuvre de notre auteur a quand même été couronnée en 1990 par le prestigieux prix Cervantes, la plus haute distinction décernée à des écrivains hispanophones.On songe à Borges peut-être, mais on s\u2019aperçoit rapidement qu\u2019on est entré dans un autre univers.Grand admirateur de H.G.Wells, dont les constructions fantastiques l\u2019éblouissent, Bioy Casares sait rapidement ramener l\u2019imaginaire sqr le territoire du quotidien.A la façon d\u2019un Dino Buzzati, le mystère étouffant en moins.Alors que les personnages de l\u2019auteur du Désert des Tartares (Pocket, 2005) craignent le vieillissement et la mort, ceux de Bioy Casares sont souvent des ingénus qui naviguent dans la MARCEL MOCHET AGENCE ERANCE-PRESSE Adolfo Bioy Casares, auteur du court roman Un champion fragile et du recueil de nouvelles Le héros des femmes vie sans mettre la main au gouvernail.Superhéros et amoureux Dans cette novella qu\u2019est Un champion fragile.Morales est un chauffeur de taxi dont le destin va changer le jour où un mystérieux passager, médecin, remarque son état de fatigue et le convainc d\u2019ingurgiter une potion de son invention.Du jour au lendemain.Morales se transforme.Doué soudainement d\u2019une force physique inconnue de lui jusqu\u2019alors, il devient redresseur de torts.Personne ne lui résiste, sauf Don Pedro, qui lui interdit de chercher à retrouver sa fille, Valentina, dont il a déjà été le fiancé.Lorsqu\u2019un kidnappeur s\u2019empare de ladite jeune femme et la séquestre dans un lieu se- cret, Morales saura la délivrer.Mais Valentina ne lui est pas acquise pour autant et le « fragile » champion en est réduit à passer ses soirées en compagnie de Don Pedro, «à boire du maté, parlant à peine, ou en silence».Le vieillard n\u2019est en rien reconnaissant envers Morales, mais comment ce dernier pourrait-il se le mettre à dos, tant que subsiste une possibilité que Valentina lui revienne?Drôle de champion, on le voit.Des onze nouvelles du recueil, Le héros des femmes, la deuxième.Une autre espérance, est peut-être la plus remarquable.Attiré par la grandeur éventuelle d\u2019un travail humanitaire, le narrateur accepte de travailler dans une clinique dite de la «Douleur».Le directeur est une sommité médicale.Le narrateur s\u2019aperçoit au bout d\u2019un certain temps qu\u2019à peu près tout le monde, patients et membres du personnel, un jour ou l\u2019autre, tombe malade.Il finira par s\u2019apercevoir que le directeur si unanimement respecté est un escroc.Il a trouvé le moyen scientifique d\u2019alimenter la ville voisine en électricité à même l\u2019énergie suscitée par la douleur de personnes qu\u2019il était chargé de guérir.Occupation double Dans Souvenir de la montagne, le narrateur voyage ayec Violeta, femme d\u2019un ami.A la réception de l\u2019hôtel, le commis lui dit qu\u2019une seule chambre a été réservée.Entendant ses protestations auprès de l\u2019employé, Violeta lui dit de ne pas s\u2019en faire et que ça lui est égal de partager une chambre avec lui.Tout cela n\u2019aurait que peu d\u2019importance si le personnage n\u2019était pas amoureux de Violeta.Un amoureux platonique, mais un amoureux tout de même.« J\u2019aime, je suis jaloux, j\u2019espère et je souffre sans récompense aucune et je m\u2019imagine qu\u2019ainsi je prends moralement avantage sur ceux qui nuit après nuit sont payés de retour.» Comment réagira-t-il lorsqu\u2019il se rendra compte que Violeta, qu\u2019il aime à distance, a passé la nuit avec un amant?Il se convaincra qu\u2019il «n\u2019est pas partie prenante dans cette affaire».Sa fausse neutralité est un paravent contre les dq-convenues amoureuses.A d\u2019autres, les félicités suivies de tristesses.Bioy Casares évoque des personnages et des situations avec la légèreté d\u2019un virtuose.Il rend le fantastique en l\u2019habillant de costumes faussement réalistes.Du grand art.Collaborateur Le Devoir LE HÉROS DES EEMMES Adolfo Bioy Casares Traduit de l\u2019espagnol (argentin) par Françoise Rosset Robert Laffont Paris, 2014, 268 pages UN CHAMPION ERAGILE Adolfo Bioy Casares Traduit de l\u2019espagnol (argentin) par Eduardo Jiménez Robert Laffont Paris, 2014,104 pages ESSAI Le western planétaire d\u2019Obama Jeremy Scahill tient le lecteur en haleine en s\u2019attaquant aux « assassinats ciblés » MICHEL LAPIERRE A l\u2019heure où, réfugié en Russie, Edward Snowden, qui a révélé l\u2019étendue de la surveillance électronique américaine dans le monde, vient de raconter à NBC News sa formation d\u2019espion, l\u2019enquête de Jeremy Scahill, Le nouvel art de la guerre, intrigue encore plus.Ce thriller culmine, en 2011, avec l\u2019«exécution» de Ben Laden au Pakistan par une unité d\u2019élite américaine où se trouve Matt Bissonnette, au nom québécois si sqbliminal.Best-seller aux États-Unis dans son édition originale, le livre, maintenant traduit en français, montre à quel point, dès avant les attentats terroristes du 11 septembre 2001, «le monde est un champ de bataille», selon les néoconservateurs américains influents sous George W.Bush, dont l\u2019héritage subsistq même sous Barack Obama.A l\u2019aide d\u2019une technologie ultrasophistiquée, la Maison-Blanche mène une guerre secrète en marge du droit international et de la tradition juridique américaine.Auteur de No Easy Day (Dutton - Penguin, 2012) sous le pseudonyme de Mark Owen et avec l\u2019assistance du journaliste Kevin Maurer, Matt Bissonnette raconte : «Du sang et des morceaux de cervelle lui sortent du crâne.Il est à l\u2019agonie.^.Nous tirons plusieurs balles.» A l\u2019autre bout du monde, à Washington, le président Obama, qui, avec ses collaborateurs, visionne la scène en direct, déclare: «On l\u2019a eu.» On vient d\u2019achever Oussama ben Laden.RICK ROWLEY Extrait du documentaire Dirty Wars, de Rick Rowley En rapportant le témoignage de Bissonnette, militaire yankee, et en s\u2019appuyant sur d\u2019autres sources, Scahill, né à Chicago en 1974, correspondant du magazine The Nation et essayiste, ajoute sans s\u2019en rendre compte une page à l\u2019aventure, pas toujours irréprochable, des descendants des pionniers de la Nouvelle-France au tréfonds de l\u2019imaginaire nord-américain.Il fait surtout sentir la portée historique du western planétaire où Ben Laden a le nom codé de Geronimo et où les colts s\u2019appellent des drones.Une guerre sans fin?C\u2019est d\u2019ailleurs un missile provenant de l\u2019un de ces en- gins téléguidés qui tue, en 2011, au Yémen, Anwar Al-Aw-laki, le principal protagoniste de l\u2019enquête de Scahill.Le journaliste a tenu à faire de ce citoyen américain de souche yéménite, né au Nouveau-Mexique en 1971, élevé en partie au lyiinnesota, devenu imam aux États-Unis avant de les quitter en 2002, l\u2019exemple parfait de la victime de la chasse mondiale aux terroristes que supervise Obama.Scahill n\u2019a pas tort de soutenir qu\u2019avec la multiplication des drones meurtriers, la guerre clandestine que poursuit la Maison-Blanche «se nourrit désormais d\u2019elle-même» et risque d\u2019être sans fin.En voyant dans Al-Awlaki, gagné à l\u2019intégrisme, «un érudit religieux qui ripalise avec Ben Laden», les États-Unis confondent des attentats effectifs avec un simple délit d\u2019opinion, si haineux et si menaçant soit-il.Cet amalgame les éloigne de la justice en les rapprochant d\u2019une nouvelle Inquisition.Collaborateur Le Devoir LE NOUVEL ART DE LA GUERRE DIRTY WARS Jeremy Scahill Traduit de l\u2019anglais (américain) par Geneviève Boulanger et Nicolas Calvé Lux Montréal, 2014, 704 pages LE DEVOIR LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE JUIN 2014 F 7 LECTURES DITE FRED DUFOUR AGENCE FRANCE-PRESSE Pour reprendre Hemingway, Paris est bel et bien une fête, malgré le caractère ronchon de ses habitants.Paris, pour le meilleur et pour le pire Louis CORNELLIER Paris fait rêver les gens de culture.Paris, c\u2019est Beauvoir et Sartre, Vian, Picasso, Gréco, Gains-bourg, Pivot et des politiciens qui ont tous la parole facile.On ne peut pas, quand on aime la littérature et surtout si on est francophone, ne pas vénérer Paris.Le problème, dira-t-on peut-être, c\u2019est qu\u2019il y a les Parisiens, et ceux-ci ne sont pas toujours aussi aimables que la ville qu\u2019ils habitent.Etre un vrai Parisien, écrit Louis-Bernard Robitaille (LBR) dans Les Parisiens sont pires que vous ne le croyez, signifie «que vous avez de l\u2019esprit, du style, de l\u2019élégance, que vous êtes malin (et même un peu trop), débrouillard, au courant des dernières modes et de ce qu\u2019il faut connaître en ville», mais cela signifie aussi, surtout si le jugement provient d\u2019un non-Parisien, «que vous êtes franchement insupportable».Correspondant à Paris du journal La Presse pendant presque 40 ans, LBR, aujourd\u2019hui retraité du journalisme, connaît cette ville comme le fond de sa poche et nous la fait découvrir avec brio dans cet essai très parisien, c\u2019est-à-dire, eh oui, qui a du style, de l\u2019esprit, une intelligence pétillante et juste ce qu\u2019ü faut de malice pour briller, sans être, toutefois, insupportable.Déjà auteur de l\u2019excellent Ces impossibles Français (Denoël, 2010), LBR y va cette fois d\u2019un gros plan sur la capitale qui confirme ce qu\u2019en disait Hemingway: Paris, en effet, est bel et bien une fête, malgré le caractère ronchon de ses habitants.Mauvaise humeur «Le Parisien, reconnaît LBR, se prend pour le nombril de l\u2019univers» et cultive sa «mauvaise humeur proverbiale».11 a ses raisons: capitale la plus densément peuplée de tout l\u2019Occi- KK Vous avez de l\u2019esprit, du style, de l\u2019élégance, [.] êtes malin (et même an peu trop), débrouillard, au courant des dernières modes et de ce qu\u2019il faut connaître en ville [msAs] franchement insupportable yy Extrait de Les Parisiens sont pires que vous ne ie croyez dent, Paris est la ville du vacarme et de la promiscuité, des embouteillages et de la vie chère.Plus encore, c\u2019est la ville de la Révolution française.Aussi, ses petits travailleurs \u2014 chauffeurs de taxi, garçons de café et vendeurs de journaux \u2014 incarnent cet esprit en refusant d\u2019être traités comme des larbins.«L\u2019étranger aurait donc tort de penser que la mauvaise humeur du chauffeur de taxi le vise personnellement, explique LBR: il [sic] vise tous les humains qui ont les moyens de prendre un taxi, à commencer par les habitants de \u201ccette ville de riches\u201d.» Pour être parisien, explique LBR, nul besoin d\u2019être né à Paris.Le surdoué Cocteau était bien un enfant de la place, «pour ainsi dire jamais sorti de Paris», mais ce statut dé «hyper-Parisien » lui a valu des accusations de superficialité.«Pour faire une belle carrière nationale, constate LBR, il convient de conquérir Paris avec un peu de fumier à ses semelles, ou en tout cas de venir d\u2019ailleurs», comme les Camus, Sollers, BHL ou Angot.Cela donne au moins un effet de profondeur.On peut même être originaire d\u2019un pays étranger, comme les Parisiens Picasso, Costa-Gavras, Ionesco et Ma-kine.11 faut cependant, pour y arriver, maîtriser le français, avoir le sens de la répartie et ne pas craindre une certaine frivolité teintée de pessimisme.Les Allemands et les Scandinaves, trop sérieux, sont donc presque disqualifiés.Ville obsédée par les codes sociaux (prendre le métro fait pauvre, le bus est acceptable, faire mine de mépriser l\u2019argent s\u2019impose), par la virtuosité langagière et par le libertinage, Paris, depuis le début de son histoire, est pris d\u2019assaut par les Rastignac de la plume (Lamartine, Musset, BHL, Ferry, Finkielkraut, Bruckner, Giesbert), à la fois brillants et séducteurs, et par «les flamboyantes», c\u2019est-à-dire des «femmes extravagantes et non conformistes» (la Pompadour, Sand, Louise Michel, Sagan).Modèles de courtoisie, ses têtes d\u2019affiche cultivent en même temps la grossièreté et l\u2019humour méchant.Les Parisiens, c\u2019est une évidence finement portraiturée par Robitaille, sont insupportables mais fascinants.«C\u2019estparmi les Français, écrivait en 1941 le Roumain Cioran qui a fait de Paris sa ville d\u2019adoption, que l\u2019on trouve le moins d\u2019imbéciles profonds, irrémédiables, éternels.Même la langue s\u2019y oppose.» On lui laissera le dernier bon mot.Penser contre le père Présenté comme un Rastignac contemporain par LBR, l\u2019essayiste Pascal Bruckner, représentant d\u2019une gauche intellectuelle parisienne abonnée à la critique de son propre camp, révèle ses secrets intimes dans Un bon fils, un remarquable récit autobiographique au style délicat et envoûtant.Né à Paris, mais élevé à Lyon, Bruckner, longtemps considéré comme un intellectuel juif, est en fait le fils d\u2019un Français huguenot, mort en 2012, violemment antisémite et brutal avec les siens, c\u2019est-à-dire sa femme et son fils unique.Ce dernier avoue avoir souhaité la mort de son père pendant son enfance.«Le seul moyen d\u2019échapper à sa famille, écrit Bruckner, c\u2019est de s\u2019en donner d\u2019autres, de se rattacher spirituellement à de nouvelles traditions.» Bruckner choisira les livres, la culture, la vie avec la pensée.Son père vivait de haine et de docilité; le fils optera pour l\u2019amoqr du monde et la provocation.Elève de Jankélévitch à la maîtrise et de Barthes au doctorat, Bruckner l\u2019optimiste fera du pessimiste Alain Finkielkraut son «frère d\u2019encre», partageant avec lui «la passion des controverses, la dévotion aux textes, la haine du fanatisme, l\u2019indifférence aux honneurs».Admirateur, dans sa jeunesse, de Sartre, l\u2019essayiste dit avoir appris «la grammaire de la liberté» dans les livres, qui, insiste-t-il, l\u2019ont sauvé, en lui faisant comprendre que le but de toute existence est de «mfirier la vérité et la beauté».Eloge de la littérature et de la philosophie qui constituent les plus exaltantes familles d\u2019adoption qui soient, ce récit vrai d\u2019apprentissage, qui va de la colère au pardon, de la frustration à la liberté, est une pure merveille d\u2019intelligence, de nostalgie heureuse et d\u2019élégance stylistique sans afféterie.«Mon père, écrit l\u2019essayiste, m\u2019a permis de penser mieux en pensant contre lui.Je suis sa défaite: c\u2019est le plus beau cadeau qu\u2019il m\u2019ait fait.» Pas chiche, Bruckner, dans ce livre, partage cette victoire avec nous.louisco @sympatico.ca LES PARISIENS SONT PIRES QUE VOUS NE LE CROYEZ Louis-Bernard Robitaille Denoël Paris, 2014, 384 pages UN BON FILS Pascal Bruckner Grasset Paris, 2014, 264 pages Nos livres chauds Un délice sucré On pourrait profiter de la chaleur de la belle saison et surtout de sa sérénité pour relire Les confitures de coings de Jacques Ferron (Typo), qui affirmait: «Un auteur en définitive est toujours l\u2019enfant de ses livres.» Voilà, plus qu\u2019un roman, une parabole ironique sur la tragédie québécoise et, en même temps, un récit autobiographique fait par un artiste de la réflexion.Michel Lapierre La philosophie dans le solarium La philosophie se pratique mal dans l\u2019urgence.Le ralentissement du temps qu\u2019apporte l\u2019été est, pour elle, une chance.Cette année, La plus belle histoire de la philosophie (Robert Laffont, 2014), de Luc Ferry et Claude Capelier, m\u2019accompagnera donc partout.Pour donner de la profondeur à l\u2019été, rien ne vaut le soleil de la philo.Louis Cornellier GUY LE BOURDAIS maree souvenances Madeleine L\u2019ÉTÉ AU CŒUR DES LIVRES ¦jM- k ^ Mort-Terrain ¦ Danielle Laurin, Le Devoir AKI SHIMAZAKI Zakuro « Un roman de Shimazaki fait l\u2019effet d\u2019une brise fraîche et parfumée sur un jour de chaleur d\u2019une lourdeur accablante.[.] Parce qu\u2019elle se contente d\u2019effleurer la corde sensible du lecteur plutôt que de la tirer sauvagement, on admire [cette auteure] dont la pudeur semble être une valeur en voie d\u2019extinction.» Anne-Marie Genest, Les Libraires POUR DE BONNES VACANCES, PASSEZ CHEZ VOTRE LIBRAIRE./-\\\t>1 E9 ES Quebec ES ES 514 524-5558 lemeac@lemeac.com PREPAREZ VOS VACANCES EN NUMÉRIQUE.» CONCOURS COUREZ LA CHANCE DE GAGNER 1 DES 10 cartes-cadeaux de 100$ l sagner, cr,',-c.S\"\"?j.\u2022Details et reglement sur archambault i \u2019tD # tJSTfJt LES VACANCES ARRIVENT.FAITES LE PLEIN DE LECTURE! PAR LAUTEUR DE LA SERIE CROSSFIRE N°1 DANS LE MONDE SYLVIA DAY ¦\u2019k Ül QUI TOMBENT fl/ferburn | aftershock : UN ROMAN SEXY & GLAMOUR >> KATH ERINE PANCOL Suzanne Aubry FANETTE Honneur et disgrace Nathalie Roy // La vie,\ty sucree de'- non Iw\tw V\tw ALBIN MICHE TELECHARGEZ ARCHAMBAULT LECTURE APPLICATION OFFERTE GRATUITEMENT SUR ANDROID® ET iOS® L\u2019ART DE VOUS DIVERTIR ARCHAMBAULT "]
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