Le devoir, 21 mars 2015, Cahier A
[" Louis-Jean Cormier sur les routes de l\u2019amour Page e i Véronique Hi von et Soi Zanetti à table pour préparer le pays Page A 3 www.ledevoir.corn LE DEVOIR Vol.C V I N° 6 1 LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 MARS 2015 2,83 $+taxes=3,25 $ L\u2019aurais règne sur le nouveau CHUM Trois ans plus tard, l\u2019OQLF est incapable de forcer l\u2019usage du français sur le chantier 88 THINKSTOCK Délinquance sexuelle Briser le cycle infernal des agressions En dedans comme en dehors, ils sont des parias.Alors que le gouvernement fédéral coupe dans la réinsertion, les délinquants sexuels sont de plus en plus laissés à eux-mêmes à leur sortie de prison.Mais à quel prix pour la société?LISA-MARIE GERVAIS Dans un petit local du Plateau-Mont-Royal: une grande table, des chaises, le coordonnateur et «chef de famille», trois bénévoles et deux délinquants sexuels.C\u2019est Stéphane* qui commence.«J\u2019ai été condamné pour meurtre en 1986, pour l\u2019homicide d\u2019un jeune garçon de dix ans.C\u2019était pas dans un contexte sexuel mais j\u2019avais une autre accusation d\u2019agression sexuelle sur une petite jîlle», dit-il froidement, visiblement très habitué à raconter son histoire.VOIR PAGE A 12 : CYCLE Dossier > Déviant un jour.déviant toujours?La recherche de plus en plus étoffée conclut que les traitements diminuent bel et bien les risques de récidive.Page A 6 La réhabiiitation, oui, mais des peines sévères d\u2019abord.Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu au front pour les victimes.Page A 7 Aujourd\u2019hui Perspectives > Le Pian Nord à tout prix?Avec son feu vert à Mine Arnaud, Québec doit encore convaincre la population que les impacts sont acceptables.Page C1 Rapport Godbout > Jean-Robert Sansfaçon et Éric Desrosiers livrent leur analyse.Pages B 4 et C 2 Avis légaux.C\t9 Carrières.C\t4 Décès.C 10 Mots croisés.D 6 Petites annonces.C 10 7\t\u2014- ,\tSudoku.D4 m 1 Les ouvriers de la FTQ ont dénoncé l\u2019omniprésence de l\u2019anglais sur le chantier de construction du nouveau CHUM.JACQUES NADEAU LE DEVOIR PHILIPPE ORFALI Trois ans.Voilà trois ans que l\u2019Office québécois de la langue française (OQLF) sait que quelque chose ne tourne pas rond sur le chantier du Centre hospitalier de l\u2019Université de Montréal (CHUM).Pourtant, l\u2019utilisation de l\u2019anglais dans les communications, les documents de travail et les plans et devis du mégacomplexe hospitalier subsiste, ont déploré de nombreux travailleurs de la construction, vendredi, à l\u2019occasion de la Journée internationale de la francophonie.Une nouvelle bévue de l\u2019Office qui met en lumière l\u2019hésitation de l\u2019organisme à remplir réellement son mandat, estime un chercheur.Les travailleurs œuvrant à la construction du nouveau CHUM dénoncent le fait que l\u2019anglais demeure la principale langue d\u2019échange avec le consortium Construction santé Montréal (CSM), formé d\u2019entreprises étrangères pour la plupart, chargé de construire le complexe en mode partenariat public-privé (PPP).Malgré le dépôt de deux plaintes à l\u2019Office de la langue française, rien n\u2019a changé depuis 2012, déplorent-ils.L\u2019un des principaux chantiers de l\u2019histoire du Québec «se construit en anglais», peste VOIR PAGE A 12 : CHUM Documentaire Les visages kurdes du front irakien KARL RETTINO-PARAZELLI Pendant que la coalition infernatio-nale s\u2019attaque au groupe Etat islamique du haut des airs, la présence de l\u2019organisation terroriste en sol irakien fait des ravages que les bulletins de nouvelles occidentaux ne montrent pas, ou si peu.Ce sont donc les visages de ces soldats à court de ressources, de ces réfugiés laissés à eux-mêmes et de ces habitants pris en otage que le documentariste québécois Julien Fréchette a voulu montrer en se rendant cet automne, caméra à l\u2019épaule, au cœur du Kurdistan irakien.Le réalisateur est revenu au pays avec des images saisissantes, mais surtout des témoignages bouleversants présentés dans Kurdistan, de gré ou de force, qui sera présenté lundi à RDI.Un documentaire qui propose un portrait éclaté mais poignant présentant toutes les facettes d\u2019une guerre que ses victimes n\u2019ont pas choisie.VOIR PAGE A 12 : FRONT J TOAST MEDIA/ARNAUD BOUQUET Le PKK, considéré comme une organisation terroriste par plusieurs pays, dont le Canada, entraîne plusieurs femmes pour combattre le groupe Etat islamique.514.934.7440 www.equipeburdman.com info@equipeburman.com BRIGITTE I.BURDMAN VOIR PAGE C 12 Courtier Immoblier HERITAGE % DES COURTIERS IMMOBILIERS AU CANADA POUR ROYAL LEPAGE 77831303447912 A 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 MARS 2015 ACTUALITES Le contrôle d\u2019Ottawa sur l\u2019immigration fait des Néo-Québécois des fédéralistes, estime Maka Kotto ROBERT DUTRISAC Correspondant parlementaire à Québec Le député péquiste Maka Kotto n\u2019en démord pas : Pierre Karl Péladeau a raison sur le fond.Les immigrants, plongés à leur arrivée dans la symbolique canadienne, entrent dans le giron fédéraliste.Par contre, l\u2019obstacle pour les souverainistes n\u2019est pas l\u2019immigration, mais le système d\u2019immigration contrôlé par Ottawa.«Ce ne sont pas les immigrants qui sont en jeu, c\u2019est le système taillé sur mesure pour isoler [.]les francophones du Québec», a commenté Maka Kotto lors d\u2019une mêlée de presse vendredi, avant de prendre part à une interpellation de la ministre de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion, Kathleen Weil, à l\u2019Assemblée nationale.«Il y a un système qui fait en sorte que, quand on vient de l\u2019étranger, tous les symboles [qu\u2019on] traverse nous inculquent de façon subliminale, je dirais, une notion d\u2019appartenance au Canada, pas au Québec», a souligné le député de Bourget, qui a dit parler de son expérience quand il y a un peu plus de 20 ans il a fait les démarches pour immigrer au Canada.L\u2019immigrant est «loyal» à cette symbolique, d\u2019autant plus qu\u2019il prête serment pour obtenir sa citoyenneté.«Le Québec n\u2019a pas de structure pour répondre à la compétition fédérale.» C\u2019est l\u2019ambassade du Canada qui délivre le visa, les douanes canadiennes qui accueillent l\u2019immigrant, les autorités fédérales qui accordent le statut de résident permanent, a rappelé le Camerounais d\u2019origine.Ce système, «c\u2019est un obstacle en soi» pour les souverainistes.«Le sentiment d\u2019appartenance, il va être au Canada, pas au Québec.Ça demande beaucoup d\u2019efforts, une volonté pour que des Néo-Québécois, des Québécois d\u2019adoption fassent le pas vers le mouvement souverainiste», a fait valoir le député de Bourget.Le débat doit se faire, selon lui.Lui-même, à son arrivée au Québec, fut «intégré à la sphère fédéraliste».11 a même milité pour le Parti libéral du Québec.« Ç\u2019a pris cinq ans pour m\u2019amener à voir la complexité de la question nationale», a-t-il relaté.11 a fallu qu\u2019il rencontre Pierre Falardeau qui lui a expliqué la situation du Québec «en faisant des parallèles avec l\u2019Afrique, l\u2019Amérique latine où des gens se sont battus pour leur liberté».«Nous ne contrôlons pas notre immigration, avance Maka Kotto.Le Québec joue un rôle mineur dans le processus d\u2019immigration et d\u2019intégration.» Que le Canada, avec ses symboles, accueille les immigrants à leur arrivée, et non pas le Québec, «c\u2019est quoi le problème ?» a dit Kathleen Weil.«C\u2019est normal, on est dans un pays, le Canada, a-t-elle dit.Ils sont heureux d\u2019être au Canada; il faut le savoir.» Ce fut toujours le cas, a-t-elle rappelé.«Je suis fédéraliste.Alors, moi, je ne peux pas vous dire que c\u2019est un problème.» Le Devoir AIRFRANCEV^ LA FRANCE EST DANS L'AIR SHOPPING ROYAL A PARIS Paris-Charles de Gaulle : profitez d'une escale agréable pour découvrir de nombreuses boutiques de luxe et relaxez-vous dans le confort de nos salons.AIRFRANCE^KLM AIRFRANCE.CA LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 MARS 2015 A 3 AfJIlALITES PHOTOS MARCO BELAIR-CIRINO LE DEVOIR Véronique Hivon et Sol Zanetti emploient spontanément le tutoiement lorsqu\u2019ils s\u2019adressent l\u2019un à l\u2019autre.Véronique Hivon et Sol Zanetti à table pour le pays L\u2019idée était d\u2019abord de prendre un café.Véronique Hivon et Sol Zanetti sont en fin de compte restés à table trois heures.Ils se sont retrouvés cette semaine dans un bistro aux allures de bouchon lyonnais de Québec, le Pied bleu.Au menu, la «refondation» du mouvement indépendantiste.MARCO BÉLAIR-CIRINO Correspondant parlementaire à Québec \\ A table, Véronique Hivon et Sol Zanetti emploient spontanément le tutoiement lorsqu\u2019ils s\u2019adressent l\u2019un à l\u2019autre.La discussion est franche et chaleureuse.«C\u2019est un grand jour, vous allez assister à l\u2019Histoire ! » lance l\u2019élue péquiste à Fabrice \u2014 un serveur à la langue bien pendue \u2014 avant d\u2019esquisser un large sourire.«Il y a beaucoup d\u2019indépendantistes qui attendent ça depuis longtemps, qui sont tannés des guerres intestines», poursuit le chef d\u2019Option nationale, Sol Zanetti.Le serveur n\u2019en a aucune idée, mais son resto du quartier Saint-Sauveur, à Québec, sera le temps d\u2019une soirée V« espace de dialogue et de travail [des] forces du mouvement indépendantiste» défriché par la députée de Joliette.Véronique Hivon propose à Sol Zanetti de commencer à «tracer les contours d\u2019un projet de pays» \u2014 une démarche qu\u2019elle souhaite voir «transpartisane».«Ça, c\u2019est emballant autant pour nous que pour la population.Je ne dis pas que c\u2019est facile», fait-elle valoir.L\u2019amorce d\u2019un dialogue entre les partis politiques indépendantistes constitue une «étape préliminaire» pour permettre au camp du Oui de «regagner en crédibilité» auprès de l\u2019électorat québécois.«La population a envie de nous dire parfois: \u201cSi vous n\u2019êtes même pas capables de vous parler entre vous, comment pouvez-vous espérer que, nous, on recommence à vous écouter?\u201d» affirme-t-elle.«Actions de pays» Véronique Hivon et Sol Zanetti se sont rapidement entendus sur la nécessité d\u2019inscrire des «gestes d\u2019État» ou des «actions de pays» dans la prochaine plateforme électorale de leur formation politique respective.«C\u2019est intégrer dans notre programme de parti politique des choses qui dépassent le cadre législatif d\u2019une province canadienne», explique M.Zanetti, donnant l\u2019exemple de la signature d\u2019un accord international de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) ou la réforme du programme d\u2019assu-rance-emploi.«Ça vient imposer le thème de l\u2019indépendance.Tu le lies à des enjeux de gouvernance concrets pour tout le monde.Puis, en même temps, tu n\u2019as pas le choix d\u2019être clair, de dire: \u201cVous allez voter pour nous.On va faire l\u2019indépendance \u201d», ajoute-t-il.La responsable du plan de préparation à l\u2019indépendance du Québec du candidat à la course à la direction du Parti québécois Alexandre Cloutier acquiesce d\u2019un signe de tête.«100% d\u2019accord! Sol, on s\u2019entend parfaitement là-dessus», lance-t-elle, les yeux pétillants.Le «programme de gouvernance» du PQ qui sera proposé aux Québécois aux élections générales de 2018 \u2014 si Alexandre Cloutier est propulsé à la tête de la formation politique d\u2019ici là \u2014 renfermera à la fois des engagements réalisables à l\u2019intérieur et à l\u2019extérieur de la fédération canadienne, promet M™® Hivon.«En environnement, voici jusqu\u2019où on peut aller en ce moment et voici jusqu\u2019où on voudrait et pourrait aller si on était indépendants.C\u2019est passionnant parce que les Québécois vont voir comment on pourrait agir dans ces sphères-là [actuellement de compétences fédérales].» Véronique Hivon et Sol Zanetti conviennent également de parler du projet d\u2019indépendance sous toutes ses facettes d\u2019ici au prochain scrutin afin de contrecarrer le discours de peur du camp fédéraliste.«Agiter un épouvantail pendant quelques semaines, ça peut aller [pour le Parti libéral du Québec], mais pendant trois ans et demi [leur] épouvantail va être pas mal démystifié.[En 2018], tu n\u2019auras plus vraiment peur de lui», soutient l\u2019alliée du député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier.Le projet de pays du Québec doit être «concret», afin de susciter l\u2019adhésion notamment auprès des jeunes.«Je pense qu\u2019il y en a beaucoup qui sont indépendantistes, mais qui s\u2019ignorent.Ils ne savent pas que ce qu\u2019ils croient aurait plus de [possibilité] de se concrétiser si le Québec avait les moyens d\u2019un État indépendant», fait valoir M®® Hivon.«Arrêter de douter» Le principal sujet de discorde entre le PQ et ON, la «mécanique référendaire», vient toutefois pimenter les échanges.M.Zanetti craint que la promesse de tenir un référendum sur l\u2019indépendance du Québec, mais seulement après qu\u2019un million de Québécois aient apposé leur signature dans un registre officiel, offre une nouvelle «porte de sortie» pour le PQ afin de repousser encore une fois le jour J.«C\u2019est la hantise!» Il préfère une démarche «sans ambiguïtés» comme celle de la députée de Vachon, Martine Ouellet, consistant à consulter la population québécoise sur l\u2019avenir constitutionnel du Québec au cours des quatre années suivant l\u2019élection d\u2019un gouvernement majoritaire du PQ.«Ce qui fait le jeu de l\u2019adversaire, c\u2019est l\u2019ambiguïté», soutient-il.«Il faut arrêter de douter.Il Véronique Hivon et Sol Zanetti se sont rapidement entendus sur la nécessité d\u2019inscrire des «gestes d\u2019Etat».L\u2019amorce d\u2019un dialogue entre les partis politiques indépendantistes constitue une « étape préliminaire » pour permettre au camp du « Oui » de « regagner en crédibilité ».faut changer de paradigme», répond du tac au tac M®® Hivon.«Pour arrêter de douter, il faut des garanties», rétorque M.Zanetti.A ses yeux, «une mobilisation de la jeunesse» autour du projet indépendantiste passe nécessairement par une «attitude audacieuse» de la part des figures de proue du mouvement.«Quelque part, on doit se mettre la tête sur le billot», déclare-t-il.«Je trouve qu\u2019en demandant un million de signatures, on se met pas pire la tête sur le billot.Je dis ça de même», lance M™® Hivon.L\u2019indépendance du Québec sera «l\u2019enjeu central de la prochaine campagne électorale».«Pour moi, c\u2019e^t très clair», renchérit-elle.A «la» question « Y aura-t-il un référendum dans un prochain mandat?», Alexandre Cloutier «va dire \u201coui\u201d en mettant en mouvement les Québécois », poursuit-elle.«L\u2019idée, ce n\u2019est pas de faire un référendum, c\u2019est de le gagner.Elle crée une obligation des porteurs du projet à mobiliser.» Cela dit, «les gens n\u2019en ont rien à cirer» des prises de bec autour de la mécanique référendaire, selon M™® Hivon.«Mais si on ne règle pas ce point qui est litigieux dans l\u2019histoire récente du mouvement indépendantiste, on ne pourra pas passer à la deuxième étape.Ça ne marchera pas», avertit Sol Zanetti.«Travaillons d\u2019abord sur ce qui nous rassemble», insiste Véronique Hivon.« Ma ngez ! Ma ngez !» s \u2019 exclame Fabrice non loin.La table est mise.Le Devoir Congédié ?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 L\u2019ONU redoute une pénurie mondiale d\u2019eau d\u2019ici 15 ans CÉLINE SERRAT à Paris La demande mondiale d\u2019eau s\u2019envole et 20% des réserves souterraines sont déjà surexploitées: dans un rapport publié vendredi, les Nations unies appellent à changer radicalement rutilisation et la gestion de cette ressource pour éviter une grave pénurie d\u2019ici 2030.«Si rien ne change, la planète devrait faire face à un déficit global en eau de 40%) d\u2019ici 2030», indique un rapport annuel des Nations unies.Pourtant, il existe «suffisamment d\u2019eau pour répondre aux besoins grandissants du monde, mais pas sans changer radicalement la façon dont l\u2019eau est utilisée, gérée et partagée», affirment les auteurs de «L\u2019eau pour un monde durable».Le rapport insiste sur les liens complexes entre accès à l\u2019eau, développement et gestion durables de la ressource : la lutte contre la pauvreté s\u2019accompagnant d\u2019une croissance de la demande en eau, qui parfois conduit à une surexploitation de cette ressource.L\u2019exemple de l\u2019Inde illustre cette difficile équation.Dans ce pays, le nombre de puits mécanisés est passé de 1 million à 19 millions entre 1960 et 2000.Si cette évolution a permis de lutter contre la pauvreté, le développement de l\u2019irrigation a aussi provoqué «un stress hydrique important» dans des régions comme le Maharastra (sud) ou le Rajasthan (est).En Chine, dans la plaine du nord, l\u2019irrigation intensive a provoqué une baisse de plus de 40 mètres de la nappe phréatique, relève également l\u2019ONU.Si l\u2019agriculture est en cause, l\u2019industrie est aussi de plus en plus consommatrice d\u2019eau et la demande mondiale de ce secteur devrait augmenter de 400% entre 2000 et 2050.L\u2019augmentation des besoins est alimentée à la fois par l\u2019élévation du niveau de vie et par la croissance démographique, la population mondiale gagnant 80 millions de personnes par an.Il est prévu qu\u2019elle atteigne 9,1 milliards en 2050, dont 2,4 milliards en Afrique subsaharienne, selon l\u2019ONU.Et face à des besoins en forte hausse, le changement climatique va modifier le régime des précipitations, souvent au détriment des zones déjà en manque d\u2019eau, comme la région méditerranéenne ou l\u2019Afrique subsaharienne.Autre conséquence du réchauffement: le niveau de la mer s\u2019élève et affecte les réserves souterraines d\u2019eau douce des zones côtières.C\u2019est déjà le cas à Calcutta, Shanghai ou Dacca.«Même chose pour les îles Tuvalu et de Samoa dans le Pacifique, où les habitants dépendent de plus en plus de l\u2019eau importée», alerte l\u2019ONU.Agir rapidement Dans ce contexte, la gestion de l\u2019eau est inadaptée, affirme le rapport publié avant la Journée mondiale de l\u2019eau le 22 mars.L\u2019irrigation intensive, le rejet incontrôlé de pesticides et de produits chimiques et l\u2019absence de traitement des eaux usées sont notamment montrés du doigt.«Des régions de Chine, d\u2019Inde et des Etats-Unis, ainsi que le Moyen-Orient, puisent dans des réserves souterraines de manière non durable», a expliqué à l\u2019AFP Richard Connor, l\u2019un des auteurs.Le rapport onusien propose aussi des pistes pour agir.Il invite par exemple à limiter l\u2019utilisation de centrales thermiques (80% de la production d\u2019électricité) qui «sont très gourmandes en eau» en subventionnant les énergies solaire et éolienne.Des aides aux agriculteurs choisissant des systèmes d\u2019irrigation performants sont aussi préconisées, à l\u2019instar de ce qui a été fait à Chypre.Le document met aussi en avant que «chaque dollar investi pour la protection d\u2019un bassin hydrologique peut permettre d\u2019économiser jusqu\u2019à 200$ sur les coûts de traitement de l\u2019eau».En Ouganda, les 235 000$ dépensés chaque année pour protéger un marais permettent à Kampala d\u2019économiser 2 millions par an dans le traitement de l\u2019eau.Une meilleure gouvernance, conduisant à une action plus efficace pour réduire les déperditions, est un autre levier.Phnom Penh a ainsi réussi à passer de 60% de déperditions en 1998 à 6% en 2008.Dans le cadre des nouveaux objectifs du développement durable, qui doivent être entérinés cette année pour 2030, toutes ces facettes de l\u2019eau doivent être prises en compte, plaide le rapport, en rappelant que «malgré des progrès considérables ces dernières années, 748 millions de personnes sont toujours privées d\u2019accès à une source d\u2019eau protégée d\u2019une éventuelle contamination».Agence France-Presse SoÎRées , ReLatiONS L'ECONOMIE TOXIQUE SPÉCULATION, PARADIS FISCAUX ET POUVOIR DES BANQUES La financiarisation de l'économie, à l'ère du néolibéralisme, comporte plusieurs conséquences toxiques pour nos sociétés.Pendant que le développement des paradis fiscaux prive les États de revenus pour financer des programmes sociaux, la spéculation financière et le pouvoir accru des banques entraînent une déstabilisation permanente de l'économie produdve.Le tout, on le voit, affede diredement les ménages de la classe moyenne, toujours plus endettés.Nous discuterons de ces problèmes ainsi que des possibles solutions avec: BERNARD ÉLIE, économiste, professeur associé à l'UQAM et membre d'Économie autrement; AUDREY LAURIN-LAMOTHE, doctorante en sociologie à l'UQAM et membre du Collectif d'analyse de la financiarisation du capitalisme avancé (CAFCA) ; CLAUDE VAILLANCOURT, enseignant et écrivain, président d'ATTAC-Québec.LE LUNDI 23 MARS 2015 DE 19 H À 21 H 30 MAISON BELLARMIN 25, JARRY OUEST (MÉTRO JARRY OU DE CASTELNAU) Organisé en collaboration avec le Réseau pour un discours alternatif sur l'économie Cette soirée s'inscrit dans la foulée de la parution du livre L'économie toxique: spéculation, paradis fiscaux, lobby, obsolescence programmée, publié chez M Éditeur, sous la coordination de Bernard Élie et Claude Vaillancourt.Contribution suggérée: 5$ RENSEIGNEMENTS: Agusti Nicolau : 514-387-2541, poste 241 ou anicolau@cjfqc.ca www.cjfqc.ca/ap Les Soirées Relations sont organisées par le Centre justice et foi. A 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 MARS 2015 ACTUALITES Un bain portuaire dans le fleuve pour les 375 ans de la métropole JEANNE CORRIVEAU Les Montréalais pourront se baigner dans les eaux du Vieux-Port pour le STS'\" anniversaire de la ville, a promis le maire Denis Coderre vendredi.L\u2019aménagement d\u2019un bain portuaire à la tour de l\u2019Horloge fait partie des projets inscrits dans le Plan de l\u2019eau dévoilé par l\u2019administration à quelques jours de la Journée mondiale de l\u2019eau.Montréal est une île et il est temps de donner aux Montréalais les moyens de se réapproprier le fleuve et ses berges, a fait valoir le maire Coderre.Les projets dévoilés sont à des degrés différents d\u2019avancement, mais l\u2019aménagement d\u2019un bain portuaire dans le Vieux-Port représente la principale nouveauté du plan.Il s\u2019agira d\u2019une aire sécurisée dans l\u2019eau qui pourrait être dotée d\u2019un quai flottant et s\u2019inspirera des bains portuaires réalisés à Copenhague, Berlin, Paris et Londres.Pour l\u2019instant, la Ville n\u2019a pas évalué le coût de ce projet qui sera élaboré en collaboration avec la Société du Vieux-Port et sera aménagé à proximité de la plage de la Tour de l\u2019horloge.«Un comité de pilotage est déjà en place pour faire progresser rapidement ce projet et lancer une première étude pour déterminer le concept et les aspects techniques», a expliqué Chantal Rouleau, responsable du dossier de l\u2019eau au comité exécutif de la Ville.Le projet verra le jour au plus tard en 2017, soit à temps pour le STS'\" anniversaire de Montréal et le 150'\" anniversaire du Canada, a assuré l\u2019administration.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Montréal est une île et il est temps de donner aux Montréalais les moyens de se réapproprier le fleuve et ses berges, a fait valoir le maire Denis Coderre.Deux plages sont également en chantier et seront accessibles en 2017.La plage de l\u2019Est, qui avait fait l\u2019objet d\u2019un concours de design, sera aménagée dans Pointe-aux-Trem-bles au coût de 3 millions de dollars.Celle de Verdun, dont les plans et devis seront dévoilés cette année, sera réalisée au coût d\u2019environ 4,7 millions.Le surf urbain Montréal veut aussi sécuriser les berges des «vagues éternelles » du fleuve très prisées par les surfeurs urbains, soit celles de la vague à Guy, à LaSalle, et celles de la vague d\u2019Habitat 67.« C\u2019est un sport extrême, mais extrêmement populaire.Ça cause toutefois une érosion des berges et ça peut mettre en danger les gens», a indiqué Chantal Rouleau.Les aménagements prévus seront «légers», mais permettront de protéger les berges tout en améliorant la sécurité des utilisateurs, a-t-elle dit.La Ville mettra aussi en place un programme de soutien pour les initiatives locales de plein air des arrondissements et des organismes sans but lucratif pour des projets *Tenue /s^ncienne SotR-ée V,es vins\tsomme'ief || 1 M.Vincent Chiora 1 \\\tGroupe Mach inc Bnébeuf 26 MARS 2015 17H30* CViape'ie Collège Jean- \u2022 Af» \\o Cole Soinie-Caiheri\"® PARTENAIRE PRINCIPAL DE LA SOIRÉE GROUPE MACH PARTENAIRES DE LA SOIRÉE 9IB 9IB CROMWELL LETRAITEUR JEWELRY OLGA PARTENAIRES DU SERVICE RBC Marchés des Capitaux STIKEMAN ELLIOTT GROUPE MODULE PARTENAIRE DU COCKTAIL ¦ PARTENAIRE DE L\u2019ENCAN ¦ EN COLLABORATION AVEC ADONIS Un univers de fraîcheur LEVY PI LOTTE JPrK \u2022jflnânhlpaiOwMr^dPiuliLiAnalAi LE DEVOIR LIBRE DE PENSER de baignade, de plongée, de pêche et de loisirs nautiques.Ce programme sera doté d\u2019une enveloppe de 300 000$ sur cinq ans.Finalement, Montréal accélérera les travaux correctifs des raccordements inversés qui consistent à un branchement incorrect des conduites d\u2019égouts sanitaires aux égouts pluviaux et qui font en sorte que les eaux usées sont directement rejetées dans le fleuve sans être traitées.Plus de 2300 bâtiments sont visés.Pour 2015, un budget de 810 000$ est prévu.Bon accueil «Ça fait des années qu\u2019on investit des millions de dollars pour améliorer la qualité de l\u2019eau du fleuve et de la rivière des Prairies.Il est plus que temps que les Montréalais arrêtent de tourner le dos à ce joyau», a commenté le conseiller de Projet Montréal Sylvain Ouellet, tout en soulignant que l\u2019administration Coderre s\u2019était inspirée largement de propositions de son parti, notamment en ce qui a trait au bain portuaire et à la plage de Verdun.«C\u2019est une très bonne nouvelle.On améliore à la fois l\u2019accès aux cours d\u2019eau et on se préoccupe de la qualité de l\u2019eau», s\u2019est réjouie Coralie Deny, directrice générale du Conseil régional de l\u2019environnement (CRE) de Montréal.Alexandre Joly, directeur général adjoint d\u2019Accès Fleuve ZIP Ville-Marie, s\u2019est dit lui aussi heureux des annonces.« C\u2019est très positif Ce sont des projets sur lesquels on a travaillé, a-t-il expliqué.Le fait qu\u2019on améliore la qualité de l\u2019eau, qui est déjà bonne et bai-gnable la plupart du temps, ça ne peut qu\u2019être bénéfique.» Le Devoir Recréer les ruisseaux disparus Montréal songe à recréer des ruisseaux que l\u2019urbanisation à fait disparaître au cours des deux derniers siècles.Des études techniques d\u2019hydrologie et environnementales seront effectuées au cours de 2015 afin d\u2019évaluer la faisabilité d\u2019un tel projet.« C\u2019est un moyen de redonner aux ruisseaux leur fonction naturelle, soit de recueillir les eaux de ruissellement pour désengorger le réseau pluvial et d\u2019égouts», a souligné Chantal Rouleau, responsable du dossier de l\u2019eau au comité exécutif de la Ville, tout en reconnaissant la difficulté de l\u2019entreprise.Pour l\u2019instant, la Ville prévoit de consacrer une somme de 700 000$ à la restauration de ruisseaux.Les projets seront priorisés en fonction du gain environnemental, des bénéfices pour la collectivité et de la complexité de leur réalisation.MANIFESTATION Sécurité accrue à l\u2019hôtel de ville de Montréal JEANNE CORRIVEAU L?administration Coderre ' est sur les dents.La mani-festation de fonctionnaires prévue lundi soir l\u2019a incitée à resserrer la sécurité à l\u2019hôtel de ville à l\u2019occasion de l\u2019assemblée du conseil municipal.Dans une lettre qu\u2019il a fait parvenir vendredi aux employés de l\u2019hôtel de ville et aux élus, le président du conseil municipal, Frantz Benjamin, précise que la Ville a été avertie de la tenue d\u2019un rassemblement de cols blancs lundi à 18 h à l\u2019extérieur du bâtiment.Tout en rappelant l\u2019obligation pour les employés de porter leur carte d\u2019identité, M.Benjamin indique que seuls 40 citoyens seront admis à l\u2019intérieur de l\u2019hôtel de ville.Les cols blancs manifesteront pour protester contre les intentions de la Ville d\u2019exiger une réduction de 10,5% de la rémunération globale des employés pour le renouvellement des conventions collectives.Depuis la manifestation du 18 août dernier au cours de laquelle des syndiqués municipaux, dont une majorité de pompiers, avaient investi la salle du conseil, les mesures de sécurité ont été resserrées à l\u2019hôtel de ville.Les soirs d\u2019assemblées, des policiers contrôlent l\u2019identité des visiteurs et le nombre de citoyens admis est limité à 100.Syndiqués furieux L\u2019administration exagère le danger et détourne l\u2019attention des vrais enjeux, estime Alain Fugère, président du Syndicat des fonctionnaires municipaux de Montréal.«On s\u2019en va pas là pour démolir des affaires.On veut envoyer un signal clair», a-t-il indiqué.Plusieurs milliers de syndiqués sont attendus, a-t-il dit.Les cols blancs sont plutôt pacifiques, a soutenu M.Fugère même si à la suite de la manifestation du 18 août, quatre cols blancs avaient été suspendus.Lors d\u2019un rassemblement le 2 décembre dernier, ils s\u2019étalent contentés d\u2019entonner des chants de Noël devant l\u2019hôtel de ville, a-t-il fait valoir.Les syndiqués en veulent à l\u2019administration d\u2019avoir étalé sur la place publique les concessions exigées aux employés.La Ville propose des hausses de salaire de 2 à 2,5% jusqu\u2019en 2017, mais réclame une augmentation des heures travaillées, une réduction des congés de maladie et un recours à la sous-traitance si elle le juge nécessaire.Travaux à l\u2019hôtel de ville Ces mesures surviennent alors que la Ville s\u2019apprête à effectuer des travaux pour améliorer la sécurité à l\u2019intérieur de l\u2019hôtel de ville.Mercredi, le comité exécutif a entériné l\u2019octroi d\u2019un contrat de 194 243 $ à l\u2019entreprise Pintor.En 2012, le vérificateur général de la Ville avait recommandé que les étages dédiés aux élus soient mieux protégés, dont le étage oû sont situés les bureaux du maire.Les travaux prévoient notamment l\u2019ajout de portes et l\u2019installation d\u2019équipements pour améliorer le contrôle d\u2019accès et la surveillance par caméra.Le Devoir CONSTRUCTION Aucune fouille archéologique au 900 de Maisonneuve PHILIPPE ORFALI Finalement, les vestiges d\u2019Hochelaga ne se retrouvent probablement pas ensevelis sous le 900, boulevard de Maisonneuve Ouest, concluent les experts mandatés par le ministère de la Culture.Ivan-hoé Cambridge pourra donc aller de l\u2019avant avec l\u2019excavation du site et la construction d\u2019un gratte-ciel malgré l\u2019opposition de défenseurs du patrimoine, a appris Le Devoir.Après avoir dû stopper subitement leurs travaux le 16 février dernier, l\u2019assureur Manuvie et le promoteur Ivanhoé Cambridge, bras immobilier de la Caisse de dépôt et placement, pourront reprendre ceux-ci au cours des prochains jours, a indiqué une porte-parole du ministère de la Culture.Des études commandées d\u2019urgence à la mi-février n\u2019ont pas relevé de «potentiel archéologique » sur le site oû l\u2019on projette de construire la Maison Manuvie, affirme Annie LeGruiec.«Après avoir examiné l\u2019ensemble des renseignements amassés par nos experts et la firme d\u2019archéologie d\u2019Ivanhoé Cambridge, on a conclu que des travaux supplémentaires n\u2019étaient pas nécessaires.La conclusion, c\u2019est que la possibilité qu\u2019il y ait des vestiges est très faible, dit-elle, recon- naissant toutefois qu\u2019aucune fouille n\u2019a été effectuée sur le terrain.Il n\u2019y en aura pas parce que les études n\u2019ont pas démontré qu\u2019il y a un potentiel.» Histoire autochtone ?A la mi-février, des amateurs d\u2019archéologie et des défenseurs du patrimoine avaient sonné l\u2019alarme, craignant que la construction de l\u2019édifice de 28 étages à l\u2019angle Maisonneuve Ouest et Mansfield ne viennent détruire à tout jamais des vestiges de l\u2019histoire autochtone de Montréal.Rappelons que c\u2019est un simple citoyen passionné d\u2019archéologie, Robert Galbraith, qui avait alerté les autorités.Ni la Ville de Montréal, ni le ministère de la Culture, ni le promoteur immobilier n\u2019avaient jugé bon de commander une étude du potentiel archéologique du site, et ce, même si celui-ci est demeuré vide \u2014 exception faite d\u2019un stationnement \u2014 pendant de nombreuses années avant que le projet de gratte-ciel de catégorie AAA se concrétise.Vendredi, le porte-parole d\u2019Invanhoé Cambridge n\u2019a pas souhaité commenter les conclusions du ministère ni préciser à quel moment les travaux reprendront.Le Devoir UQAM: une association étudiante perd ses droits L\u2019Association facultaire étudiante de science politique et de droit de l\u2019UQAM (AFESPED) ne peut plus représenter ses membres.L\u2019association étudiante a perdu ce droit au terme d\u2019un scrutin électronique, réclamé par des étudiants, qui s\u2019est conclu vendredi.Les membres de l\u2019AFESPED devaient indiquer s\u2019ils considèrent que leur association est «représentative» de leurs intérêts: 48% ont répondu «oui» et 52% ont dit « non ».La direction de l\u2019UQAM n\u2019a pas été en mesure de préciser vendredi si ce résultat signifie la dissolution automatique de l\u2019association ou encore si le mandat de grève applicable dès mercredi prochain est désormais caduc.« Une rencontre aura lieu dans les prochains jours entre l\u2019UQAM et l\u2019AFESPED pour établir les modalités de transition», a répondu la porte-parole de l\u2019université, Jenny Desrochers.Dans un autre vote semblable, l\u2019Association facultaire étudiante des sciences humaines de l\u2019UQAM (AFESH) a reçu l\u2019appui d\u2019une majorité de ses membres.Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 MARS 2015 A 5 ACTUALITES L\u2019entente Canada-Québec sur l\u2019itinérance confirme les priorités fédérales PIERRE SAINT-ARNAUD Québec a finalement rendu publique l\u2019entente jusque-là confidentielle conclue avec Ottawa sur l\u2019utilisation des fonds fédéraux pour la lutte contre l\u2019itinérance après que celle-ci eut été entérinée, mercredi, par le Conseil des ministres.Tel que le révélait La Presse canadienne en début de semaine, l\u2019utilisation des fonds fédéraux est soumise aux mêmes critères que ceux imposés par le gouvernement Harper à toutes les grandes villes canadiennes, ce qui oblige le Québec à en consacrer les deux tiers au programme Logement d\u2019abord dans les régions métropolitaines de Montréal et de Québec.La ministre responsable de ce dossier à Québec, Lucie Charlebois, a nié à maintes reprises que l\u2019entente imposait ce pourcentage de 65% dans les régions de Montréal et Québec, mais cette obligation est clairement inscrite dans la répartition des budgets de 2016 à 2019.Seule l\u2019année 2015-2016 présente une obligation moindre, de 57%, en raison du fait que les projets de cette année ne seront financés qu\u2019à compter du 1\u2019\"' août.Cette obligation se traduira par la fin de nombreux projets qui dépendaient des fonds fédéraux.Selon les regroupements d\u2019organismes communautaires œuvrant en itinérance, quelque 300 postes d\u2019intervenants offrant une variété de services à quelque 50 000 personnes au Québec sont menacés parce qu\u2019ils ne répondent pas aux critères du «Ix)gement d\u2019abord».« Tout ce qui est services de première ligne, c\u2019est-à-dire travail de rue, hébergement d\u2019urgence, soupes populaires, par exemple, sont des actions particulièrement menacées parce qu\u2019elles n\u2019entrent pas dans les critères pour être admissibles aux 65 % des fonds», a expliqué Anne Bonnefont, du Réseau solidarité itinérance du Québec (RSIQ).«On ne pourra donc pas continuer à financer toutes les actions qui étaient financées jusqu\u2019à présent avec seulement 35 % de l\u2019enveloppe.Il va falloir faire des choix», a-t-elle ajouté.Le milieu d\u2019intervention est aussi particulièrement inquiet de la perte de financement du côté des services psychosociaux et du soutien qui visent la prévention.Convergence des priorités Dans le communiqué accompagnant la publication de l\u2019entente, la ministre Charlebois affirme désormais que «le Québec a choisi de miser sur les convergences entre les priorités du gouvernement du Québec et celles du gouvernement du Canada».La ministre justifie cette convergence par le fait que le Plan d\u2019action qu\u2019elle a présenté en matière d\u2019itinérance place également le logement en priorité.Le porte-parole péquiste en matière de services sociaux, Jean-François Lisée, estime qu\u2019il faut interpréter cette nouvelle « convergence » comme n\u2019étant rien de moins qu\u2019une capitulation devant le gouvernement fédéral.« On doit comprendre que la doctrine Harper en matière d\u2019itinérance, ça a été de dire au Québec: si vous voulez l\u2019argent qui vous revient, vous allez être convergents avec notre priorité qui est le logement d\u2019abord», a-t-il dit.Cependant, l\u2019approche «Logement d\u2019abord», rebaptisée « stabilité résidentielle avec accompagnement» par Québec, ne permet exclusivement que de soutenir financièrement l\u2019installation en logement privé d\u2019itinérants chroniques et épisodiques avec le soutien d\u2019intervenants communautaires.Cette politique, bien qu\u2019ayant connu un certain succès, implique des investissements importants qui ne desservent qu\u2019une infime minorité de la clientèle itinérante.Impact très limité Le Plan communautaire en itinérance de Montréal, par exemple, prévoit des investissements de 5 millions de dollars par année pour venir en aide à un nombre prévu de 200 à 465 itinérants.Or, bien que le décompte de cette population ne soit qu\u2019approximatif, on évalue entre 20 000 et 25 000 le nombre de personnes Plusieurs ameudes pour Enbridge Calgary \u2014 L\u2019Office national de l\u2019énergie (ONE) a imposé ce mois-ci à l\u2019entreprise Enbridge plusieurs amendes dont le montant total est évalué à 264 000 $.Deux des amendes, d\u2019une valeur de 100 000 $ chacune, concernent des travaux effectués sur son oléoduc de la Ligne 3, au Manitoba, qui présentaient des risques environnementaux et de sécurité.Enbridge devra aussi verser 64 000 $ pour avoir apporté des changements dans la conception d\u2019un réservoir de stockage de Regina, en Saskatchewan, sans avoir reçu l\u2019approbation de l\u2019agence fédérale.Le porte-parole de l\u2019ONE, Darin Barter, a indiqué que l\u2019imposition de «sanctions administratives pécuniaires» était relativement récente.Quoi qu\u2019il en soit, la pénalité d\u2019Enbridge demeure la plus élevée imposée jusqu\u2019à maintenant par l\u2019ONE.Graham White, porte-parole d\u2019Enbridge, a affirmé que l\u2019entreprise évaluait ses recours.La Presse canadienne Alberta: un jeune arrêté en lien avec le terrorisme Edmonton \u2014 La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a arrêté vendredi un adolescent de l\u2019Alberta qui devra faire face à des accusations liées au terrorisme.Le suspect âgé de 17 ans a été placé en détention jeudi à Beaumont, une communauté résidentielle située au sud d\u2019Edmonton.La police a intercepté l\u2019individu, qui aurait tenté de quitter le Canada dans le but d\u2019aller grossir les rangs d\u2019une organisation terroriste.Une deuxième accusation a été déposée, car il aurait également voulu sortir du pays afin de commettre une infraction associée au terrorisme.Le jeune homme ne peut être identifié en vertu de la Loi sur les jeunes contrevenants.Le suspect, qui demeure détenu, devra se présenter devant le tribunal de la jeunesse le 9 avril.Un porte-parole de la GRC, Harold Pfleide-rer, a précisé que l\u2019opçration avait été menée par l\u2019Equipe intégrée de la sécurité nationale.La Presse canadienne SOLUTION CERTIFIEE 5 ETOILES ?Solution Certifiée 5 étoiles inc.2-20, avenue Saint-Denis, Québec (Québec) Canada G1R 4B5 Claude Bouchard Président cbouchard@solution-certifiee-5etoiles.ca Danielle Fortin, b.a.a.Directrice dfortin@solution-certifiee-5etoiles.ca Marketing et développement Traduction, rédaction et communication solution-certifiee-Setoiles.ca Montréal : 514 755-8677 Québec : 418 692-8677 Sans frais : 1 855 770-8677 itinérantes ou à risque d\u2019itinérance sur ce territoire.«L\u2019approche Logement d\u2019abord, c\u2019est une approche qui coûte extrêmement cher et qui, avec des fonds colossaux, ne permet de desservir que peu de personnes, a déploré M™'' Bonnefont.Ces personnes-là, sans doute qu\u2019on va les sortir de la rue et c\u2019est tant mieux.Mais si cet argent était resté sur une approche généraliste, on aurait pu l\u2019utiliser pour aider beaucoup plus de gens, c\u2019est évident», a-t-elle ajouté.L\u2019Assemblée nationale avait adopté deux motions unanimes réclamant qu\u2019aucune contrainte ne soit rattachée à ces fonds, comme c\u2019était le cas depuis la création en 2001 de la Stratégie des partenariats de lutte contre l\u2019itinérance (SPLI).La ministre Charlebois était l\u2019une des marraines de la dernière résolution, adoptée en septembre 2014.Devant l\u2019impossibilité d\u2019utiliser les fonds fédéraux pour les besoins qu\u2019ils jugent essentiels et pour maintenir des projets et interventions déjà en cours, les intervenants du milieu JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019approche «Logement d\u2019abord» a été rebaptisée «stabilité résidentielle avec accompagnement» par Québec.communautaire demandent maintenant à Québec de les combler à partir de ses propres coffres lors du prochain budget Leitâo.La demande est reprise par Jean-François Lisée, selon qui le gouvernement Couillard doit assumer les conséquences de ses choix.La Presse canadienne ' î UEUROPE POUR TOUT LE MONDE EE iirTvr.- V c IH *»\u2022 ' CIRCUITS ^iTRAFALGAR Europe de rOuest France-Suisse-ltalie \u2022 Paris, Venise, Rome RESERVEZ AU MOINS 60 JOURS AVANT LA DATE DE DÉPART et plus \u202214 jours/18 repas Départ garanti: 9 mai Economisez par couple jusqua Royaume-Uni Angleterre-Ecosse Irlande Accent Français \u2022\tParis, Lyon, Côte d\u2019Azur, Bordeaux et plus \u2022\t14 jours /19 repas \u2022\tDépart garanti: 14 mai 3599* Europe Centrale/Est Fugue Européenne \"S \u2022\tPrague, Berlin, Varsovie, Li: Budapest, Vienne et plus ^ \u2022\t16 jours / 22 repas\t^ \u2022\tDépart garanti: 25 mai ^ 4249* Europe de MOuest Tour d\u2019Europe Classique \u2022\tBruxelles, Venise, Rome, Côte d\u2019Azur, Paris et plus \u202214 jours/20 repas \u2022\tDépart garanti: 12 mai 3689* Europe de MOuest Le Benelux \u2022\tBruxelles, Bruges, Amsterdam, Luxembourg et plus \u2022\t16 jours / 24 repas \u2022\tDépart garanti: 5 mai 4629* \u2022\tLondres, Edimbourg, Dublin, Cardiff et plus \u2022\t16 jours / 21 repas \u2022\tDépart 18 mai 3999* Italie Beautés italiennes \u2022\tRome, Venise, Pompéi et plus \u202216 jours / 23 repas \u2022\t16 mai 4679* vacàncéstransat.côm club^voyages\tRéservez chez Club Voyages et obtenez'^ des milles de récompense AIR MILES\"\u2019'' visitez clubvoyages.com\t Départs de Morrtréal.Prix par pers.occ.double, catégorie de base, irrcluarrt les vols, trarrsterts, hébergerrrerrt, certairrs repas, guide trancophone, rabais, taxes et trais.Prix 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A 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 MARS 2015 A 7 DELAQÜANCE SEXUELLE V S l^fR Pour l\u2019instant, la majorité des agresseurs écroués sont libérés après avoir purgé le sixième de leur peine, soit après quelques mois.En prison, seulement 15% d\u2019entre eux acceptent de se soumettre à des thérapies de réhabilitation.PHOTOS THINKSTOCK Déviant un jour.déviant toujours ?Le prédateur sexuel peut se comparer à un alcoolique qui ne « guérit » jamais vraiment LISA-MARIE GERVAIS e dois vous dire d\u2019entrée de jeu que je suis un déviant sexuel.Le délinquant sexuel, lui, n\u2019est pas nécessairement déviant.C\u2019est pas un prédateur.C\u2019est circonstanciel.Mais moi, je l\u2019ai, c\u2019est en _ moi», raconte Stéphane, qui a purgé 24 ans de prison après avoir commis plusieurs agressions sexuelles sur des mineurs et tué un enfant de 10 ans.11 se compare à un alcoolique qui ne « guérit» jamais vraiment, mais qui doit apprendre à vivre avec sa condition.«Déviant un jour, déviant toujours», répète-t-il souvent.Les prédateurs sexuels sont-ils réhabilitables ?Le débat n\u2019a de cesse, et de plus en plus d\u2019éléments ajoutent à la difficulté de trancher.Pour certains, les délinquants sexuels \u2014 surtout les plus dangereux \u2014 qui suivront une thérapie adaptée en prison doivent nécessairement faire l\u2019objet d\u2019un suivi serré et d\u2019un accompagnement extra-muros pour minimiser les risques de récidives.Pour d\u2019autres, la thérapie en prison pourrait certes avoir des bienfaits, mais c\u2019est surtout la durée de la peine qui importe.Dans le nouveau projet de loi des conservateurs, qui demande l\u2019élimination de la libération conditionnelle pour certains crimes graves, les délinquants sexuels ne sont toutefois pas visés (sauf s\u2019ils ont commis un meurtre) .Mais se profile alors un paradoxe devant les coupes orchestrées par Service correctionnel Canada (SCC) dans certains programmes de réhabilitation.Comment empêcher ces hommes considérés comme dangereux de récidiver après un si long enfermement s\u2019il n\u2019y a plus de ressources pour les soutenir dehors ?Pour Maxime Janson, coordonnateur des Cercles de soutien et de responsabilité du Québec (CSRQ), un organisme de réinsertion sociale pour délinquants sexuels qui verra sa subvention coupée à la fin du mois, c\u2019est là tout l\u2019absurde de la situation.«A travers le monde, des gens viennent voir ce qu\u2019on fait de bien en matière de réinsertion sociale et nous, on va mettre la hache là-dedans ?Ce serait inconcevable de fermer.Car on abandonnerait les hommes les plus rejetés de la société.» De plus en plus étoffée, la recherche des 20 dernières années conclut que les traitements \u2014 le suivi psychologique ou psychosocial, mais également l\u2019hormonothérapie \u2014 diminuent les risques de récidives, soutient le psychologue Mathieu Goyette, professeur à la Faculté de médecine de l\u2019Université de Sherbrooke et spécialiste des questions de dépendance et de criminalité.«L\u2019ampleur de l\u2019efficacité va varier d\u2019une taille de petite à moyenne, en recherche, ça veut dire 10 à 20% de diminution de récidive.Au profit de la sécurité publique, la tolérance au risque a diminué au cours des dernières années explique-t-il.Les personnes qui tirent le plus grand bénéfice d\u2019un traitement pour contrer la récidive, ce sont celles des catégories les plus à risque.» Changement de vision Depuis quelques années, Maxime Janson entretient un certain malaise vis-à-vis de l\u2019approche de SCC, qu\u2019il juge «hypercontrôlante».«Leur façon d\u2019agir est pire avec les délinquants sexuels.Le service a la mèche courte», dit le sociologue de formation, qui connaît bien l\u2019agence fédérale ayant travaillé ff ans comme conseiller clinique pour une maison de transition.«Je me rappelle, à mes débuts, on prenait plus en considération les réels facteurs de risque et on évaluait davantage l\u2019impact du gars en fonction du reste de son cheminement.Mais aujourd\u2019hui, c\u2019est l\u2019inverse.On est toujours prêt à suspendre une libération conditionnelle au moindre écart et ce n\u2019est qu\u2019après qu\u2019il y a enquête pour voir si le détenu a mal agi.» Selon lui, ce changement de vision n\u2019est pas étranger au fait que les criminologues sont en très grande majorité des femmes, jeunes, qui n\u2019ont parfois pas l\u2019assurance ni l\u2019étoffe pour gérer de lourds dossiers comme ceux des délinquants sexuels.«Il y a une crainte et une insécurité devant les hommes à haut risque de récidive.» Et contribue à cette idéologie dominante la menace de publier, comme ailleurs au Canada, un registre avec les noms et les quartiers de résidence des agresseurs sexuels d\u2019enfants \u2014 ce que certains médias ont fait, comme le groupe Québécor, qui a publié une carte géographique interactive avec ces données.Au profit de la sécurité publique, la tolérance au risque a diminué au cours des dernières années, remarque Mathieu Goyette.Le moindre écart de conduite d\u2019un agresseur en réhabilitation est réprimé par un retour en prison ou par des conditions sévères, encore plus difficiles à respecter.Une spirale négative s\u2019enclenche, remarque-t-il.« Je suis à l\u2019aise avec le fait de suspendre en libération conditionnelle, mais si on ne tolère pas certains écarts de conduite, ça renvoie l\u2019individu en réinsertion à une image de lui où il a échoué, où il n\u2019est pas à la hauteur.Ça lui fait perdre son emploi, ses liens avec ses proches et il doit tout recommencer à zéro», souligne M.Goyette.D\u2019autant que l\u2019incarcération en soi a peu d\u2019impact sur le désistement criminel, selon la plupart des études.«Ça ne veut pas dire que, comme société, on n\u2019a pas le droit de décider qu\u2019on ne tolère pas ces gestes-là et qu\u2019il faut punir les [délinquants] en les privant de liberté.Mais de croire qu\u2019en les privant de liberté, on se protège à long terme, c\u2019est erroné comme raisonnement.C\u2019est plus un choix moral de société qu\u2019un choix de sécurité», soutient-il.ff ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Trois bénévoles des Cercles de soutien et de responsabilité du Québec en compagnie de délinquants sexuels.Selon le psychologue, offrir des services de santé et psychosociaux à l\u2019intérieur du pénitencier n\u2019est pas une mauvaise chose en soi.«D\u2019un océan à l\u2019autre, ce sont des services équivalents.Ce qui est dommage, outre le fait que cette uniformité sape la création et l\u2019innovation, c\u2019est qu\u2019une fois sa détention terminée, les seuls liens qu\u2019aura créés l\u2019individu seront avec les services correctionnels», déplore-t-il.Mathieu Goyette va plus loin : selon lui, les délinquants sexuels devraient, à l\u2019intérieur des murs, avoir accès à certains privilèges qui faciliteraient à terme leur réinsertion sociale.«Pour les délinquants sexuels, ce n\u2019est pas permis d\u2019avoir accès à Internet ou de posséder un ordinateur, mais il faut se demander si, aujourd\u2019hui, en 2015, cette interdiction-là tient la route dans la mesure où les compétences informatiques sont rendues tellement importantes pour le marché du travail, sou-ligne-t-il.Pour ce qui est de socialiser, Internet devient un incontournable pour contacter des proches.Est-ce que le fait de les priver de ça est la meilleure façon de faire ?» Le Devoir Le profil du délinquant sexuel Solitude, problèmes d\u2019attachement ou ^ sexuels, faibles habiletés sociales.«A la base, le délinquant sexuel est une personne qui a une faible estime d\u2019elle-même.Sa dynamique est inhérente à cette faible estime qui provient de l\u2019enfance», explique Maxime Janson, coordonnateur de l\u2019organisme Cercles de soutien et de responsabilité du Québec (CSRQ).« On sait que 55 % des délinquants sexuels ont été eux-mêmes agressés dans leur enfance et que 85 % ont vécu de la violence physique et psychologique.» La grande majorité sont des hommes (95%) et proviennent de milieux familiaux dysfonctionnels, trop autoritaires ou surprotecteurs.{{.Lespersonnes qui tirent le plus grand bénéfice d\u2019un traitement pour contrer la récidive, ce sont celles des catégories les plus à risque )) Le psychologue Mathieu Goyette, professeur à la Faculté de médecine de l\u2019Université de Sherbrooke, spécialiste des questions de dépendance et de criminalité La réhabilitation, oui, mais des peines sévères d\u2019abord ISABELLE PARE Je crois à la réhabilitation des agresseurs sexuels s\u2019il y a une réelle prise en charge, mais ça ne doit être qu\u2019une mesure parmi tant d\u2019autres pour prévenir la récidive», martèle le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu.Depuis le meurtre de sa fille, Julie Surprenant, tuée en 2002 par un agresseur récidiviste, le sénateur porte le flambeau de la défense des victimes d\u2019actes criminels.Après en avoir fait une croisade personnelle, il a porté sa cause sur le terrain politique et s\u2019est rallié au gouvernement Harper pour prôner des réformes aux lois criminelles et aux services offerts aux victimes.Selon le sénateur Boisvenu, les statistiques jouent aujourd\u2019hui en défaveur de ceux qui prônent une approche centrée sur la seule réhabilitation des individus.Car les agressions sexuelles, qui comptent pour seulement 5% des actes criminels commis, sont en réelle progression et perpétrées par des criminels de plus en plus jeunes, dit-il.«A Montréal seulement, on a recensé une augmentation des agressions commises par le biais d\u2019Internet.On ne parle plus de vieux pervers, mais d\u2019agresseurs sexuels de plus en plus jeunes, à cause de l\u2019influence de l\u2019Internet», plaide le sénateur, dont le gouvernement prône d\u2019ailleurs la méthode dure à l\u2019égard des récidivistes.La pointe de l\u2019iceberg Le gouvernement Harper entend notamment couper, le 1®\u201c^ avril prochain, les vivres aux organismes communautaires qui accompagnent et soutiennent les délinquants sexuels à leur sortie de prison.Pour le sénateur, miser sur la seule réhabilitation revient à centrer l\u2019action sur la pointe de l\u2019iceberg, puisque seulement une victime sur dix dénonce son agresseur et que la moitié abandonnera les procédures judiciaires en cours de route.Au bout du compte, seulement 2,5% des agresseurs finiront par être jugés et condamnés.«Les procès sont très longs et les sentences, souvent très légères.Je crois que le problème réside plutôt dans le fait que les sentences trop courtes font que les agresseurs aboutissent en prison plutôt qu\u2019au pénitencier.Or, il y a peu ou pas d\u2019encadrement et de thérapie réelle dans les prisons.A mon avis, l\u2019incarcération ne sert à rien si on relâche un agresseur après six mois sans thérapie», estime M.Boisvenu.Qr, pour l\u2019instant, la majorité des agresseurs écroués sont libérés après avoir purgé le sixième de leur peine, soit après quelques mois.En prison, seulement 15% d\u2019entre eux acceptent de se soumettre à des thérapies de réhabilitation.«Le message qu\u2019on leur lance, c\u2019est que ce n\u2019est pas très grave», ajoute-t-il, citant l\u2019exemple d\u2019Hugo Bernier qui a écopé de 18 mois après sa troisième agression, mais n\u2019a purgé que trois mois de sa peine avant d\u2019être libéré et d\u2019agresser Julie Surprenant.«S\u2019il avait eu une sentence plus lourde, peut-être aurait-il eu une chance de suivre une réelle thérapie et le temps de régler ses problèmes de violence et de consommation ?» Libéré, puis surveillé?Plus que le resserrement des sentences, le sénateur milite aussi en faveur de mécanismes de contrôle sérieux pour les prédateurs sexuels jugés dangereux, après leur libération.H défend l\u2019adoption d\u2019un registre national public des délinquants sexuels \u2014 un projet cher au gouvernement Harper \u2014 et du port du bracelet électronique.«Il faut travailler au-delà de la réhabilitation.Il faut miser sur tous les moyens disponibles pour prévenir les récidives.» L\u2019idée d\u2019un registre, une mesure musclée dénoncée par de nombreux défenseurs des droits individuels, devrait ne s\u2019appliquer qu\u2019à 15% des ex-détenus pour des crimes sexuels et garder un caractère non nominatif.«Aux Etats-Unis, l\u2019adresse et le numéro de téléphone des délinquants figurent au registre, ce qui ne serait pas le cas ici.La Cour suprême a confirmé a.Je crois à la réhabilitation des agresseurs sexuels s\u2019il g a une réelle prise en charge, mais ça ne doit être qu\u2019une mesure parmi tant d\u2019autres pour prévenir la récidive )) Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu lutte contre les agressions à caractère sexuel (J^QCALACS) estime que la réhabilitation contribue à perpétuer la notion que l\u2019agression sexuelle est d\u2019abord «une maladie» et un problème personnel, et non un problème social.« On pense que les agresseurs doivent d\u2019abord être sensibilisés à l\u2019abus de pouvoir.En ramenant cela à un problème personnel, on balaie les problèmes sociaux que sont l\u2019hy-persexualisation et la banalisation de la violence.Si on veut sensibiliser les jeunes dans les écoles, il faut se défaire de cette perception », estime Nathalie Duhamel, porte-parole du RQCALACS.L\u2019omniprésence de la pornographie sur Internet et l\u2019abandon de l\u2019éducation sexuelle dans les écoles «contribuent à créer un grand vide qui fait que les jeunes s\u2019éduquent où et comme ils peuvent», dit-elle.Plutôt que d\u2019investir dans des thérapies personnelles, le regroupement juge que le gouvernement devrait s\u2019attaquer à ce problème plus profond par de vastes campagnes publiques de sensibilisation et de prévention, comme cela a été fait pour la violence conjugale ou l\u2019alcool au volant.«Pourquoi ne ferait-on pas le même effort sur la question des agressions sexuelles?», soulève M\u201c® Duhamel.Même s\u2019ils portent la cause des victimes, les CALACS s\u2019opposent à l\u2019idée d\u2019un registre, un outil qui met l\u2019accent sur les seuls condamnés, alors que la vaste majorité des agresseurs courent toujours au large sans être inquiétés.Le Devoir SEAN KILPATRICK PC Le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu porte ie flambeau de ia défense des victimes d\u2019actes crimineis.que de rendre publiques des informations non nominatives ne contrevenait pas à la Charte des droits», insiste le sénateur.D\u2019ailleurs, toutes les provinces, sauf le Québec, se sont déjà dotées d\u2019un registre public des délinquants sexuels, sans que cela mène au harcèlement d\u2019ex-délinquants, dit-il.La banque des prédateurs sexuels existe au Canada depuis 2004, et depuis 2006, l\u2019Qn-tario a même choisi d\u2019y ajouter les photos des agresseurs sortis de prison.«Ça n\u2019a pas donné lieu à des vendettas, mais plutôt aidé à arrêter des personnes qui avaient brisé leurs conditions de libération.En Ontario, on prévient, alors qu\u2019au Québec, on attend la récidive pour agir», déplore-t-il.D\u2019autres voix s\u2019élèvent aussi contre la réhabilitation brandie comme seul moyen de prévention.Le Regroupement québécois des centres d\u2019aide et de A 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 MARS 2015 ACTUALITES Xt,\\ FRED CHARTRAND LA PRESSE CANADIENNE Manon Perreault était suspendue du caucus du NPD depuis Tan dernier, lorsque Tenquête criminelle avait été déclenchée.ACCUSATIONS CRIMINELLES Une ex-députée du NPD reconnue coupable MARIE VASTEL Correspondante parlementaire à Ottawa La députée de la région de Lanaudière Manon Perreault a été reconnue coupable d\u2019avoir à tort déclenché une enquête policière en dénonçant un vol qui n\u2019a pas été commis et en accusant faussement une ancienne employée d\u2019y avoir été mêlée.Elue à la faveur de la vague orange en 2011, Perreault a été expulsée du caucus néodémocrate pour de bon vendredi.Manon Perreault n\u2019était pas disponible pour commenter le verdict tombé vendredi matin, a-t-on indiqué à son bureau de la circonscription de Montcalm.Le Nouveau Parti démocratique, qui avait suspendu la députée de son caucus lorsque l\u2019enquête criminelle a été déclenchée l\u2019an dernier, a confirmé qu\u2019il n\u2019allait «pas la reprendre.Elle est expulsée».L\u2019avocat de M^® Perreault, Jean-Pierre Rancourt, a indiqué au Devoir que sa cliente était «évidemment déçue» et qu\u2019il avait «comme mandat d\u2019aller en appel».Or, l\u2019avocat de la poursuite ne serait «pas inquiet»^ selon une personne près du dossier.Le juge de la Cour du Québec Bruno Leclerc reproche à Mme Perreault, dans son jugement déposé vendredi matin à Joliette, d\u2019avoir faussement dénoncé un vol, trompé les policiers et mené au déclenchement d\u2019une enquête pour un crime jamais commis.Le tout en accusant faussement une ex-employée de l\u2019affaire.Mme Perreault s\u2019est adressée à la police de Mascouche, en janvier 2014, pour déclarer des biens manquant dans son bureau et jeté les soupçons sur son ancienne employée congédiée, Danielle Bédard.Perreault savait, sans l\u2019ombre d\u2019un doute, que Bédard avait encore certains biens en sa possession», tranche cependant le juge Leclerc.Car l\u2019ex-employée «avait la possession légitime de ces biens, qui lui avaient été fournis par son employeur», note le magistrat dans sa décision, dont Le Devoir a obtenu copie.A la suite de son congédiement au printemps 2012, Bédard a tenté de remettre le matériel à la députée.«M^^ Bédard n\u2019a pas omis ou refusé de remettre les biens, mais en a été incapable, puisque l\u2019accusée ne lui a pas indiqué comment le faire, malgré ses demandes», écrit le juge Leclerc, en déclarant la députée coupable de méfait public pour avoir rapporté un vol qui n\u2019a pas eu lieu et accusé une personne de l\u2019avoir commis.L\u2019avocat de M^® Perreault, M® Rancourt, a indiqué au Devoir qu\u2019il demanderait une absolution pour sa cliente, afin qu\u2019elle évite un dossier judiciaire et puisse ainsi conserver son emploi.Danielle Bédard avait par ailleurs entamé ses propres démarches judiciaires à la suite de son licenciement, en accusant le NPD de congédiement illégal.Un arbitre a tranché en sa faveur en 2014 et ordonné sa réintégration de même que sa rémunération rétroactive et le retour de ses avantages sociaux.Mais le NPD conteste toujours cette décision, arguant que l\u2019employeur responsable est Perreault et non pas le parti.M\"^® Bédard a déploré ces délais vendredi.«Psychologiquement, c\u2019est l\u2019incitation au suicide que je vis», a-t-elle écrit au Devoir par courriel.Le Devoir Membre O PQ et R C PO S S Psychologue clinicienne Adultes \u2022 Couples 25 ANS d\u2019expérience 514*861 *0630 Vieux-Montréal Vous avez des droits nous pouvons vous aider Yves Ménard Avocats inc.514.861.0469 Nominations au Sénat ; Ottawa demande de rejeter la cause HELENE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa Le gouvernement fédéral estime qu\u2019un juge n\u2019a pas le pouvoir de forcer le premier ministre à nommer des sénateurs et ainsi pourvoir les vacances à la Chambre haute.Ottawa demande donc que soit rejetée la cause l\u2019opposant à un avocat de Vancouver.En décembre dernier, Aniz Alani a entrepris des démarches judiciaires pour forcer Stephen Harper à nommer 16 nouveaux sénateurs, soit ceux qui manquaient pour que les 105 sièges soient pourvus.Selon M.Alani, en laissant les sénateurs partir à la retraite sans les remplacer, Stephen Harper fait par la porte arrière ce que la Cour suprême a dit qu\u2019il ne pouvait pas faire directement: abolir unilatéralement le Sénat.Il demande à la Cour Cette requête est fondamentalement défectueuse parce qu\u2019elle demande à la Cour défaire appliquer une convention constitutionnelle )) Extrait du factum rédigé par Ottawa fédérale de forcer le premier ministre à agir.Dans son contre-argument déposé ces jours-ci, Ottawa rétorque que le pouvoir de nommer des sénateurs découle d\u2019une «convention constitutionnelle» et que les conventions ne sont pas soumises au regard des juges.« Cette requête est fondamentalement défectueuse parce qu\u2019elle demande à la Cour de faire appliquer une convention constitutionnelle», est-il écrit dans le factum consulté par Le Devoir.«Les conventions constitutionnelles sont des règles de conduite politiques établies au fil du temps par les précédents politiques et qui sont reconnues par les acteurs politiques.Il n\u2019y a pas de loi qui exige que le premier ministre avise [le gouverneur général] des nominations sénatoriales.Cet avis est plutôt fourni par convention constitutionnelle.[.] Puisque les tribunaux ne peuvent faire appliquer une convention constitution- nelle, cette requête ne peut être justiciable.» Depuis que la cause a été entamée, le nombre de vacances au Sénat est passé à 18.Il manque notamment quatre sénateurs au Québec (sur un total de 24).Stephen Harper a déclaré un peu avant Noel qu\u2019il n\u2019avait pas l\u2019intention de nommer de nouveaux sénateurs puisque la population ne le lui demandait pas.En avril dernier, la Cour suprême a tranché que le gouvernement fédéral ne pouvait, sans l\u2019approbation des provinces, instaurer comme il le souhaitait des élections sénatoriales ou encore des mandats à durée déterminée.La Cour avait aussi statué qu\u2019Ottawa avait besoin de l\u2019appui unanime des 10 provinces pour abolir le Sénat.M.Harper avait conclu que le Sénat était condamné au «statu quo».Le Devoir L\u2019armée dit s\u2019être ajustée après la mort du sergeut Doiron eu Irak MELANIE MARQUIS à Ottawa Les soldats canadiens n\u2019ont pas eu à affronter de nouveaux tirs \u2014 ennemis ou amis \u2014 en Irak depuis la mort du sergent Andrew Joseph Doiron, mais des ajustements ont été apportés pour éviter qu\u2019une autre tragédie de la sorte se reproduise.Le capitaine de vaisseau Paul Eorget a signalé vendredi, lors d\u2019une mise à jour technique sur la mission militaire canadienne, qu\u2019après avoir procédé à une révision «des tactiques et des procédures», des mesures avaient été prises afin d\u2019éviter une répétition d\u2019un drame pareil.Il n\u2019a pas voulu préciser quels correctifs avaient pu être apportés, et le ministère de la Défense a également refusé de le faire par la suite, citant «des raisons de sécurité opérationnelles».Le sergent Doiron a été tué le 6 mars par un tir fratricide dans un échange de coups de feu avec les forces kurdes, que les soldats canadiens assistent et conseillent dans le cadre de cette rnission contre le groupe armé Etat islamique (El).Trois enquêtes distinctes ont été ouvertes sur les circonstances de sa mort, dont l\u2019une de nature technique.Le capitaine Eorget n\u2019a pu confirmer vendredi si les conclusions de cette enquête seraient dévoilées un jour.«Je ne sais pas précisément si ce rapport sera rendu public, a-t-il reconnu.Souvent, ces rap- n 1 LA PRESSE CANADIENNE Trois enquêtes distinctes ont été ouvertes sur les circonstances de la mort du sergent Doiron.ports demeurent confidentiels.[.]// est plus probable qu\u2019une version censurée des résultats soit fournie.» L\u2019incident qui a coûté la vie au sergent Doiron avait également fait trois blessés.Le capitaine Eorget a précisé vendredi que l\u2019un d\u2019entre eux recevait des soins dans un hôpital au Canada tandis que les deux autres avaient repris leurs activités dans le nord de l\u2019Irak.Car les bombardements se poursuivent sur le terrain.Au cours des dernières heures, les avions de chasse canadiens ont atteint de nouvelles cibles, dont une usine de fabrication d\u2019engins explosifs improvisés de l\u2019EI à l\u2019ouest de la ville de Kirkouk, a signalé Paul Eorget.Depuis le début de la mission, les CE-18 de l\u2019armée canadienne ont mené 53 bom- bardements et effectué 420 sorties, a-t-il souligné, sans vouloir préciser si ces raids avaient fait des victimes dans le camp ennemi.Les conservateurs doivent déposer en Chambre la semaine prochaine «une proposition pour l\u2019expansion et la prolongation de cette mission», a confirmé mercredi le premier ministre Stephen Harper en marge d\u2019une annonce à Mississauga, dans la région de Toronto.Il n\u2019a pas exclu que la mission canadienne puisse dépasser les frontières de l\u2019Irak et se transporter en Syrie au besoin, confirmant ainsi les craintes entretenues par le Nouveau Parti démocratique (NPD).Les troupes canadiennes sont prêtes à relever le défi, a réitéré vendredi le capitaine Eorget.«S\u2019ily a une expansion du mandat, nous sommes prêts [.] peu importe le mandat qui nous sera donné par le gouvernement», a-t-il affirmé.Les Etats-Unis, qui mènent la coalition internationale contre le groupe armé El, bombardent déjà des cibles de l\u2019EI en Syrie depuis le mois de septembre.Le ministère américain de la Défense a d\u2019ailleurs confirmé jeudi que les Américains et les forces de la coalition avaient dernièrement effectué sept bombardements au pays de Bachar al-Assad.Le débat sur la motion de prolongation de la mission canadienne reprendra au Parlement d\u2019ici quelques jours.L\u2019issue du vote est déjà scellée, les conservateurs étant majoritaires à la Chambre des communes.La Presse canadienne La dépossession tranquille I 4 conférences pour penser l'austérité Samedi 28 mars lËric Rineault et Eve-Lyne Couturier Dimanche 29 mars lanik Mardi et Robert Laplante au Centre du Théâtre d'Aujourd'hui 3900 rue St-Denis / 514 282-3900 / theatredaujourdhui.qc.ca LE DEVOIR LIBERTÉ m TRANSLUCIDES FABRIQUE AU QUEBEC MIE-SME ESTIMATION GRATUITE fæ: 1 855 770-8677 50 % DE INSTALIATION ou GRATUITE ?PANNEAUX COULISSANTS» » STORES VERTICAUX \u2022 STORES MOTORISES \u2022 STORES DE VERRIERES \u2022 STORES ROMAINS L\u2019Artisan du Store Claude Bouchard Saint-Jérome, Sainte-Agathe, Mont-Tremblant, Drummondville, Belœil, Deschambault, Berthierville, Joliette, Boisbriand, St-Bruno, Chambly, Candiac, Magog ESTIMATION GRATUITE MONTRÉAL 514 231 8677 LAVAL\t450\t627\t3716 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échanger sur cette question directement avec M.Barrette pendant au moins une heure et demie.Or, Julie Miville-Dechêne a causé la surprise fin février en appuyant le projet de loi au nom du CSF en commission parlementaire.Des membres du conseil d\u2019administration de l\u2019organisme de promotion et de défense des droits des femmes y ont vu une «apparence de conflit d\u2019intérêts»y ce que nie catégoriquement la principale intéressée.Dans une lettre publiée vendredi sur le site Internet du CSF, Julie Miville-Dechêne admet que les faits présentés soulèvent des questions, mais dit vouloir dissiper les doutes.«A titre de présidente du Conseil du statut de la femme, c\u2019est mon rôle de prendre la défense des femmes utilisatrices du système de santé.Je ne m\u2019empêcherai pas de le faire parce que fai une sœur médecin qui, par ailleurs, est active pour défendre une pratique bien précise, celle des soins palliatif à domicile», écrit-elle.À la défense de sa sœur L\u2019ancienne journaliste de Radio-Canada reconnaît qu\u2019au fil des ans, sa sœur a obtenu des rendez-vous avec de nombreux hauts fonctionnaires, en plus de l\u2019ancien ministre de la Santé Réjean Hébert et de l\u2019actuel titulaire du poste.Sa sœur n\u2019est pas une lobbyiste défendant des intérêts privés et ne s\u2019est jamais prononcée sur le projet de loi 20, soutient-elle.«Depuis des années, elle est présente dans les médias et les débats sur la pratique des soins à domicile.Elle cherche à revaloriser ce type de pratique, car peu de médecins s\u2019y intéressent», explique-t-elle.En appuyant le projet de loi 20 et par le fait même l\u2019imposition de quotas de patients aux médecins, M^® Miville-Dechêne a affirmé vouloir défendre «les patientes vulnérables plutôt qu\u2019un petit groupe de femmes qui disposent d\u2019un revenu élevé».Dans sa déclaration officielle diffusée vendredi, elle souligne que ce sont avant tout les femmes qui tireront profit d\u2019un meilleur accès aux soins.«Pas moi ni ma sœur», conclut-elle.Cette prise de position a néanmoins causé des dégâts en interne.L\u2019avocate Julie Latour a claqué la porte du CSF la semaine dernière en dénonçant V«asphyxie matérielle» et le «musellement intellectuel» au sein de l\u2019organisme.Elle a notamment reproché à Miville-Dechêne d\u2019avoir rédigé en catimini le mémoire du CSF appuyant le projet de loi 20.Le Devoir TAXE DE VENTE SUR LE LIVRE Sauvons les livres monte au front CAROLINE MONTPETIT Le mouvement Sauvons les livres, qui regroupe des éditeurs, des écrivains et des libraires, s\u2019oppose vigoureusement à ce que le gouvernement du Québec mette un terme à l\u2019exemption de la taxe provinciale de vente sur les livres, tel que le propose la commission Godbout.Déjà, en 2011, alertée par une telle menace, la Table de concertation du livre envoyait une lettre au premier ministre libéral Jean Charest pour s\u2019opposer à la levée de cette exemption.«Les membres de la Table de concertation du livre ont eu vent que votre Ministère examinait la possibilité d\u2019abolir l\u2019exonération de la TVQ dont bénéficie le livre», écrivait-elle aussi au ministre des Finances de l\u2019époque, Raymond Bachand.Entre-temps, cette éventualité a été écartée.Puis, quand les libéraux ont repris le pouvoir, ils ont mis au rancart le projet de loi du Parti québécois qui introduisait un prix réglementé du livre, en en interdisant un rabais supérieur à 10% dans les neuf mois qui suivent la sortie d\u2019un livre.Or le marché du livre est présentement en chute libre.En 2013-2014 seulement, l\u2019Observatoire de la culture et des communications a relevé un recul des ventes de 9%, note le mouvement.Dans ce contexte, l\u2019addition d\u2019une taxe de plus de 10% au prix de l\u2019ensemble des livres aurait un effet désastreux sur une industrie déjà précaire.Par ailleurs, les crédits d\u2019impôt à la création littéraire et cinématographique qui accompagneraient ces taxes ne compenseraient en rien cette augmentation du prix du livre en magasin.En fait, le gouvernement Couillard a déjà réduit de 20% le crédit d\u2019impôt aux éditeurs en juin dernier.En rétablissant ce crédit d\u2019impôt, il ne ferait que redonner aux éditeurs ce qui leur a été enlevé il n\u2019y a même pas un an.L\u2019exemption de la taxe de vente sur le livre a I preuvf\tg Paradis, a 4 Wesi An cte après MICHAEL MONNIER LE DEVOIR S\u2019il rétablissait la taxe provinciale de vente sur les livres, le Québec serait la seule province à le faire.été pour sa part gagnée de chaude lutte par la Coalition du monde du livre, peu après l\u2019avènement de la taxe de vente provinciale, en 1991, rappelle Elodie Comtois, porte-parole du mouvement Sauvons les livres.S\u2019il rétablissait la taxe provinciale de vente sur les livres, le Québec serait la seule province du Canada à le faire.Le gouvernement fédéral impose déjà une taxe de vente de 5% sur l\u2019ensemble des livres du pays.Elodie Comtois rappelle que le livre demeure le parent pauvre de l\u2019industrie québécoise de la culture, même si c\u2019est celui qui emploie le plus grand nombre de personnes.Elle doute que l\u2019ensemble de l\u2019argent perçu par la taxe de vente profite à l\u2019industrie du livre.Le Devoir lA Lire aussi > Un choix poiitique, l\u2019éditorial de ^ Jean-Robert Sansfaçon sur la commission Godbout.Page B4 L\u2019avocat de l\u2019ex-juge Jacques Delisle demande une révision au ministre MacKay PATRICE BERGERON à Québec Ly ancien juge de la Cour d\u2019appel f Jacques Delisle, condamné à la prison à perpétuité pour le meurtre prémédité de sa femme, tente un recours ultime.Son avocat s\u2019adresse au ministre de la Justice et procureur général du Canada, Peter MacKay, pour faire réviser son dossier.L\u2019avocat James Lockyer de Toronto est convaincu que son client a été condamné à tort, en raison d\u2019une preuve balistique erronée et parce qu\u2019il n\u2019a pas témoigné à son procès.Le criminaliste compte sur un réexamen de la preuve balistique par un laboratoire de sciences judiciaires situé en Ontario pour faire innocenter Delisle.Son «optimisme» repose aussi sur une déclara-tion sous serment de Delisle au ministre, qui explique pourquoi il n\u2019a pas témoigné.M® Lockyer est appuyé par son organisation, l\u2019Association pour la défense des personnes injustement condamnées.Il s\u2019est présenté en conférence de presse vendredi matin à Québec au côté des enfants de Delisle, Jean et Elène, qui sont convaincus que leur père n\u2019a pas tué leur mère, Nicole Rainville, et est innocent.Nicole Rainville, âgée de 71 ans et paralysée du côté droit, a été retrouvée morte chez elle en novembre 2009, un pistolet à côté d\u2019elle.Delisle affirme qu\u2019elle s\u2019est enlevé la vie.La Couronne a de son côté plaidé qu\u2019il s\u2019était débarrassé de sa femme pour vivre avec sa maîtresse et éviter un divorce coûteux.Un jury l\u2019a reconnu coupable en Le ministre peut soit décider d\u2019ordonner un nouveau procès ou renvoyer le cas à la Cour d\u2019appel du Québec juin 2012.La Cour d\u2019appel a confirmé le verdict en 2013, et de même, la Cour suprême l\u2019avait débouté à la fin de cette même année.Au centre de cette affaire : la preuve balistique de la Couronne, fondée notamment sur la trajectoire de la balle et le résidu de poudre de la balle.«Je crois que le jury a eu tort [d\u2019accréditer la thèse de la Couronne], a déclaré M® Lockyer en conférence de presse.Je suis convaincu personnellement, l\u2019association est aussi convaincue, que les experts de la Couronne avaient tort, et que l\u2019expert de la défense avait raison [de soutenir] que Delisle a dû se suicider.» Il attend la réponse du laboratoire ontarien, le Center of Forensic Sciences, qui fera savoir dans quelques semaines s\u2019il accepte ou non de se pencher sur ce cas.La déclaration sous serment de Delisle pourrait aussi faire pencher la balance, même s\u2019il avoue maintenant avoir menti.Il prétendait qu\u2019il s\u2019agissait simplement d\u2019un suicide, or c\u2019est lui qui serait allé chercher le pistolet et l\u2019aurait chargé en le laissant à sa femme.Il a dit à Radio-Canada avoir voulu ainsi éviter l\u2019accusation de suicide assisté, n explique qu\u2019il a refusé de témoigner à son procès «pour pouvoir éviter à ses enfants et petits-enfants d\u2019être soumis à un surcroît d\u2019anxiété et d\u2019humiliation publique», peut-on lire dans le communiqué.«L\u2019influence que nous avons eue sur sa décision de ne pas témoigner est aussi un poids que nous porterons pour toujours», a dit son fils, Jean Delisle, qui soutient que son père est victime d\u2019une erreur judiciaire «grave».«Nous avons la certitude que mon père n\u2019a pas tué ma mère, nous n\u2019en avons jamais douté un seul instant.Mon père aimait profondément ma mère et l\u2019a aimée jusqu\u2019à la fin de sa vie.Il a été un bon mari, présent, attentionné, dévoué et aimant.» Le ministre peut décider d\u2019ordonner un nouveau procès, ou renvoyer le cas à la Cour d\u2019appel du Québec, a expliqué M® Lockyer.Ou encore, le gouvernement peut envoyer l\u2019affaire à la Cour suprême puisque Delisle siégeait à la Cour d\u2019appel et qu\u2019il serait délicat que ce tribunal révise le dossier.Le ministre de la Justice, Peter MacKay, a commenté l\u2019affaire.De passage à Montréal, il a dit avoir reçu certains des renseignements sur ce cas qu\u2019il qualifie à\u2019«unique» parce qu\u2019il implique un ancien juge.«C\u2019est nécessaire de revenir sur ce cas, a-t-il indiqué.Je vais prendre le temps nécessaire pour examiner la preuve et prendre une décision.» Il a reconnu que le statut d\u2019ancien juge de Delisle limite les options, mais qu\u2019il existe un processus pour répondre à ce type de situation.Le ministre ne peut acquitter Delisle.Cependant, quand l\u2019affaire est renvoyée devant le tribunal, la Couronne choisit souvent de ne pas procéder, selon l\u2019expérience de M® Lockyer, et le client se trouve à être acquitté.Sur ses chances de réussite, M® Lockyer a dit qu\u2019il n\u2019était pas «prophète», mais une fois qu\u2019il croit en l\u2019innocence de quelqu\u2019un, le taux de réussite est élevé, avec de la persévérance.A ce jour, toutes les demandes de révision adressées au ministre par l\u2019Association pour la défense des personnes injustement condamnées ont été couronnées de succès, a-t-il précisé, parce qu\u2019elle choisit soigneusement ses dossiers.La Presse canadienne La Commission des droits s\u2019oppose aux modifications à l\u2019aide sociale La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse s\u2019oppose aux modifications annoncées en début d\u2019année au Règlement sur l\u2019aide aux personnes et aux familles, jugeant qu\u2019elles contreviennent à d\u2019importantes garanties protégées par le droit international et la Charte des droits et libertés de la personne du Québec.La Commission s\u2019est dite particulièrement préoccupée par l\u2019impact discriminatoire sous-jacent des mesures analysées qui entretiennent des stéréotypes et des préjugés à l\u2019endroit des prestataires de l\u2019aide sociale et qui aggraveront les situations d\u2019exclusion déjà vécues par ces personnes en situation de pauvreté.Le ministre Sam Hamad a reçu la semaine dernière l\u2019analyse de la Commission, qui lui demande de ne pas édicter quatre des six dispositions annoncées, soit la diminution de la prestation de base accordée à un adulte qui séjourne dans un centre de désintoxication avec hébergement, la modification de comptabilisation des revenus de location de chambres, la condition d\u2019admissibilité aux programmes relative à la résidence au Québec et l\u2019exemption relative aux revenus de travail permis en cas de fausse déclaration.Selon l\u2019analyse, «l\u2019Etat québécois n\u2019a pas démontré que ces mesures régressives sont pleinement justifiées dans le contexte de l\u2019utilisation au maximum des ressources disponibles».De l\u2019avis de la Commission, les mesures analysées contribuent à l\u2019exclusion des personnes visées.La Presse canadienne (jos&ey - .JSoi&ette' tenons^ en^ ùw\u20acntm/*e^ q^encùm, ccirte&^ a/ôum&^de^pÂoùM^ ciitic/es^ Imrexiw, sceauæ,\tw cacAeter^.44ô,\toffice^, Jdæitæ^yffontreal A/eiefAofi& ôi4 ^46-4ÿ^0 câùâmdùoiù oyidredùd& Wd 00 o/ Add 00 dy sum£d^ eO dmzoficdey d& AO d 00 o/ iddSO Abat-jour Illimités LAMP HAD Obtenez 15% de rabais ! 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et Raed Jaser, 37 ans, étaient accusés de complot, au profit d\u2019un groupe terroriste, «afin de commettre le meurtre de personnes inconnues» et «afin de nuire aux moyens de transport dans le but de _ compromettre la sécurité».Ils étaient aussi accusés de deux chefs de «participation ou contribution » à une activité d\u2019un groupe terroriste.Esseghaier était enfin accusé d\u2019un cinquième chef \u2014 «avoir chargé une personne de se livrer à une activité au profit d\u2019un groupe terroriste».Les jurés ont livré des verdicts de culpabilité pour toutes ces accusations sauf sur l\u2019un des deux chefs de complot terroriste retenus contre Jaser: celui de «nuire aux moyens de transport dans le but de compromettre la sécu- a -rité».C\u2019est donc sur ce chef d\u2019accusation que les jurés n\u2019auront pas pu s\u2019entendre.\tnathan denette la presse canadienne Les deux hommes connaîtront leur peine le Mohammed Jaser (au centre), le père de Raed Jaser, alors qu\u2019il quittait le palais de justice vendredi.10 avril; la peine maximale pour ces crimes est la prison à perpétuité.\td\u2019accepter leurs huit verdicts unanimes, et de dé- Plus tôt vendredi, au dixième jour de leurs déli- clarer une impasse pour le dernier chef bérations, les 12 membres du jury avaient an- Plus tard en après-midi, les jurés sont reve-noncé au juge Michael Code qu\u2019ils s\u2019étaient en- nus avec leurs huit verdicts unanimes de culpa-tendus sur l\u2019un des deux verdicts qui ne faisaient bilité, et le juge a accepté de mettre fin à leurs toujours pas l\u2019unanimité jusqu\u2019ici.Ils ont alors de- délibérations.Après l\u2019annonce des verdicts, il mandé au magistrat s\u2019ils pouvaient prononcer les a remerciés pour leur «travail déterminé, di-leurs huit verdicts unanimes, et être libérés de ligent et consciencieux».leurs obligations pour le neuvième.Le juge Code Le jury avait déjà indiqué mercredi qu\u2019il était a précisé que si les jurés ne parvenaient vraiment parvenu à un verdict unanime sur tous les pas à s\u2019entendre à l\u2019issue de délibérations supplé- chefs retenus contre l\u2019un des deux accusés, mentaires, le tribunal aurait en effet le pouvoir mais qu\u2019il ne réussissait pas à s\u2019entendre sur Boutique certains chefs retenus contre l\u2019autre.Le juge Code avait alors renvoyé les jurés à leur isolement, en les pressant de parvenir à un verdict unanime sur tous les chefs d\u2019accusation.Au procès, amorcé le 2 février, la Couronne avait plaidé que la preuve d\u2019écoute électronique était «accablante» contre les deux hommes.L\u2019avocat de Jaser a décrit en plaidoiries finales son client comme un escroc voulant soutirer de l\u2019argent à ses deux présumés complices, et non comme un djihadiste aux sombres desseins.Esseghaier, lui, rejetait la tenue même de ce procès, qui ne se déroulait pas sous le sceau du Coran \u2014 il a d\u2019ailleurs refusé d\u2019être représenté par un avocat.Au moment de son arrestation, en avril 2013, Esseghaier, d\u2019origine tunisienne, était étudiant au doctorat à l\u2019UQAM.11 travaillait et étudiait à l\u2019Institut national de la recherche scientifique, à Varennes, en Montérégie.Jaser, résident permanent canadien d\u2019origine palestinienne, vivait en banlieue de Toronto.La Presse canadienne Badawi évite la flagellation pour une 10® semaine Paris \u2014 Raïf Badawi évite une nouvelle fois la flagellation, en Arabie Saoudite.Le bureau français d\u2019Amnistie internationale, basé à Paris, a rapporté la nouvelle de ce 10® report vendredi.Raïf Badawi est emprisonné depuis 2012 pour avoir critiqué le régime saoudien et s\u2019être exprimé sur l\u2019islam dans son blogue, qui fait la promotion des droits de la personne et de la démocratie dans son pays.Sa femme, Ensaf Haidar, et leurs enfants sont présentement réfugiés à Sherbrooke, au Québec.M.Badawi a été condamné à 10 ans de prison, à 300 000$ d\u2019amende et à 1000 coups de fouet.11 a reçu une première série de 50 coups il y a plusieurs semaines, mais la séance de flagellation a été reportée chaque vendredi depuis.La Presse canadienne Un nouveau cas d\u2019Ebola détecté au Liberia Une nouvelle infection au virus Ebola a été détectée au Liberia, plus de deux semaines après que le dernier patient eut reçu son congé de l\u2019hôpital, ont annoncé vendredi des dirigeants.L\u2019infection a été repérée dans la capitale, Monrovia.Le Liberia a été frappé plus durement que n\u2019importe quel autre pays par la pire épidémie d\u2019Ebola de l\u2019histoire, mais le pays espérait avoir éradiqué le virus après deux semaines sans une seule nouvelle infection.Toutefois, le docteur Erancis Kateh, le directeur adjoint de l\u2019équipe de gestion d\u2019Ebola du pays, a annoncé vendredi que le virus a été détecté chez une femme.Le responsable de la lutte contre le virus au Liberia, Tolbert Nyenswah, a lui aussi confirmé que la maladie a été décelée chez un patient.Associated Press Bertrand Charest reste en prison en attendant son procès L\u2019ancien entraîneur de skî de Canada Alpîn Bertrand Charesf accusé d\u2019avoir agressé sexuellement des jeunes filles, restera en prison jusqu\u2019à son procès.Un juge a annoncé vendredi après-midi au palais de justice de Saint-Jérôme qu\u2019il refusait de lui accorder une libération sous caution.La Couronne a précisé que le juge avait notamment tenu compte de la nécessité de ne pas miner la confiance du public envers Injustice.La sécurité des témoins, des présumées victimes et de toute autre personne liée à l\u2019affaire a également pesé dans la décision du juge.La Presse canadienne \\ présente lu ^ Palais des congrès 20.21.22 MARS 2015 Centre des congrès 28.29 MARS 2015 li DEVOIR + de 250 EXPOSANTS - DÉGUSTATIONS CONFERENCES et DEMOS CULINAIRES Visitez notre nouvelle boutique en ligne Commandez livres, livrels et objets de collection d\u2019un seul clic au boutique.ledevoir.com.Faire des achats sur la boutique du Devoir c\u2019est aussi 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et para-thion, qui font déjà l\u2019objet d\u2019interdictions ou de restrictions dans de nombreux pays, ont pour leur part été classés cancérogènes «possibles».La classification de l\u2019IARC n\u2019a toutefois aucun caractère contraignant pour les États.«Il revient aux gouvernements et aux autres organisations internationales de recommander des réglementations, des législations ou des interventions de santé publique», note l\u2019IARC dans son communiqué.Le gljqjhosate est l\u2019herbicide dont la production est la plus importante en volume dans le monde.Outre l\u2019agriculture, où son usage a fortement augmenté, il est également utilisé dans les forêts et par les particuliers dans leurs jardins.Du gljqjhosate a été retrouvé dans l\u2019air, dans l\u2019eau et dans la nourriture, selon l\u2019IARC qui précise que la population générale est notamment exposée lorsqu\u2019elle habite à côté de zones traitées.Les niveaux d\u2019exposition observés sont toutefois «généralement bas», souligne l\u2019IARC Pour ce qui est des risques cancérigènes du gljqjhosate et des insecticides malathion et diazinon, riARC note qu\u2019il existe des «preuves limitées» chez l\u2019homme en ce qui concerne les lymphomes non hodgkiniens, des cancers du sang.L\u2019IARC cite également le cancer de la prostate pour le malathion, qui continue à être utilisé de manière importante par les agriculteurs, et le cancer du poumon pour le diazinon, dont Futilisation, limitée, est en baisse depujs les restrictions imposées en 2006 par les États-Unis et l\u2019Europe.«Suffisamment de preuves» Les risques ont été évalués en se fondant notamment sur des études fl\u2019exposition agricole menées notamment aux États-Unis et au Canada, ainsi que sur des animaux en laboratoires.Pour riARC, il existe aujourd\u2019hui «suffisamment de preuves de son caractère cancérogène à travers des expériences animales».Le groupe Monsanto, qui fabrique le Roundup, a exprimé vendredi son désaccord avec les conclusions de l\u2019IARC, relevant que celles-ci n\u2019étaient pas basées sur de nouveaux travaux de recherche ou de nouvelles données scientifiques.Dans un communiqué diffusé sur Internet, Monsanto souligne que le classement de riARC n\u2019a pas établi de lien entre le gljqjhosate et un risque accru de cancer et rappelle que l\u2019IARC, dans le passé, avait classé dans les «cancérogènes probables» des produits comme le café ou les téléphones portables.Agence France-Presse wmg.ca Trouvez votre RAYON DE SOLEIL Escapades de dernière minute jusqu'à ,% de rabais DEPARTS DE MONTREAL.UNE SEMAINE .TOUT COMPRIS Vivez la différence HOLGUIN, CUBA Memories Holguin Beach Resort ?plus Chambre*15,17et21 avril 895$ PUNTACANA,RÉP.DOM.Memories Splash Punta Cana ?plus Chambre de luxe \u2022 15 et 22 avril 1255$ RIVIERA CANCUN, MEXIQUE Royalton Riviera Cancun Resort & Spa ?Suite junior luxueuse \u2022 24,25,26 et 27 avril 1545$ SANTA LUCIA, CUBA Gran Club Santa Lucia ?Chambre vue jardin \u2022 16 et 23 avril 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entrepreneurs francophones», ditM.Ouellet.Malgré l\u2019intervention de représentants syndicaux et d\u2019en-trepreneurs, malgré les plaintes, malgré les manchettes de journaux depuis 2012, le CSM fournit encore des plans de construction annotés en anglais, selon la FTQ-Construc-tion.Résultat: des erreurs coûteuses sont commises et la sécurité des employés «pourrait être mise en danger», croit Cari Gagnon, l\u2019un des représentants des monteurs-mécaniciens.«Le plus ironique c\u2019est qu\u2019on a travaillé à la construction du Centre universitaire de santé McGill [CUSM] et qu\u2019on n\u2019a jamais eu de problème à travailler en français là-bas.Tout se faisait en français là-bas.Et là on arrive ici, au CHUM, et il faut parler anglais.» En réponse à l\u2019appel à l\u2019aide des travailleurs, l\u2019OQLF confirme «avoir reçu des plaintes», mais n\u2019en dit pas plus.Des conseillers de francisation travaillent avec le consortium chargé de la construction afin de lui permettre d\u2019obtenir son certificat de francisation, comme c\u2019est le cas pour toute entreprise comptant 50 employés ou plus.Le chantier doit techniquement être complété l\u2019an prochain.Un Office en quête de mandat La ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, Hélène David, promet A\u2019«évaluer la situation » avec son collègue de la Hélène David reconnaît que le rôle de l\u2019OQLF dans la société québécoise demeure, en soi, un chantier Santé, Gaétan Barrette.Trois ans après les premières plaintes, «on va dresser un état de la situation pour être en mesure d\u2019évaluer quels sont les problèmes, dit-elle.Le travail [de francisation] est en cours.Est-ce qu\u2019il se fait correctement, à la hauteur et à la vitesse que les travailleurs voudraient?Je veux aller plus à fond.» C\u2019est trop peu pour la FTQ-Construction, qui juge que Québec aurait dû intervenir depuis très longtemps pour régler le problème.Comment expliquer que l\u2019OQLF peine à imposer le français sur le chantier du CHUM ?Un an après l\u2019épisode du «pas-tagate», lorsque des médias ont rapporté qu\u2019un inspecteur de rOQLF avait reproché au propriétaire du restaurant italien Buonanotte, à Montréal, l\u2019utilisation de mots italiens dans son menu, l\u2019organisme demeure «plus frileux» que jamais par rapport à son mandat, croit le vice-doyen de la Faculté des sciences humaines de l\u2019UQAM et ex-titulaire de la Chaire de recherche identité et francophonie, Joseph Yvon Thériault.«L\u2019Office a eu des problèmes, a vécu une crise interne, s\u2019est fait échauder avec l\u2019histoire du Buonanotte.On l\u2019a accusé d\u2019être tatillon.Depuis, il semble être trop occupé à s\u2019occuper de problèmes internes [pour] traiter de grands dossiers comme celui-ci», dit-il.Un an après cette crise, «on ignore toujours comment l\u2019Office veut s\u2019occuper de son mandat».Hélène David reconnaît que le rôle de l\u2019OQLF dans la société québécoise demeure, en soi, un chantier.«Se préoccuper de la protection et de la promotion de la langue est important.On veut moderniser les pratiques de l\u2019Office.On les appuie en ce sens», dit-elle.Au CSM, pourtant, on assure qu\u2019il n\u2019y a pas de problème.Si les travailleurs éprouvent des difficultés, qu\u2019ils le signalent, dit le porte-parole Stéphane Mailhot.« Je ne dis pas que c\u2019est tout le temps parfait parfait.Mais deux plaintes en quatre ans.pour moi, c\u2019est ça mon [paramètre].Si c\u2019était un problème, l\u2019OQLE serait toujours à nos trousses.» Le Devoir FRONT SUITE DE LA PAGE 1 «Ne paniquez pas», affirme à la caméra un soldat kurde, d\u2019un calme désarmant, au moment oû le bruit des tirs ennemis retentit au loin.Nous sommes sur la ligne de front de Kirkouk, au nord de l\u2019Irak, oû les Peshmer-gas \u2014 les forces armées du Kurdistan irakien \u2014 tentent de défendre leur territoire.«Quand on arrive, on a un peu l\u2019impression de se retrouver à une autre époque.C\u2019est presque la Première Guerre mondiale: il y a des tranchées, chacun est de son côté, il y a des attaques répétées, raconte M.Fréchette.C\u2019est un peu surréaliste.On est sur une base militaire, on dort avec des combattants, on est à 500 mètres de la ligne de front et la vie continue malgré tout » Peuple méconnu Cette première scène donne le ton au documentaire et illustre l\u2019objectif du projet lancé en 2010 par Julien Fréchette et sop collègue Guertin Tremblay.À l\u2019époque, ce dernier consacre son mémoire de maîtrise à la complexe question de l\u2019identité kurde et propose d\u2019y consacrer un documentaire.L\u2019idée germe jusqu\u2019en 2014, lorsque l\u2019El fait son apparition en Irak et que les Kurdes apparaissent aux yeux de la planète grâce à leurs combats sur le terrain.Le documentaire trouve alors sa raison d\u2019être : montrer la réalité d\u2019un peuple méconnu.Le Kurdistan, c\u2019est en fait un large teTritoire qui chevauche quatre Etats : la Sjrie à l\u2019ouest.la Turquie au nord, l\u2019Iran à l\u2019est et l\u2019Irak au sud.Avec ses 35 millions d\u2019habitants, il s\u2019agit du «plus grand peuple sans Etat», souligne le documentaire.Un peuple fier et prêt à tout pour protéger ses acquis, comprend-on au fil des histoires qui nous sont racontées.Loin des zones de combat, Julien Fréchette nous emmène là oû on lutte malgré tout pour sa survie.«C\u2019est une guerre qui fait beaucoup de ravages et qui, humainement, est très difficile à vivre», dit-il.Qn visite un camp de réfugiés syriens, oû les installations sont insuffisantes pour le nombre de personnes dans le besoin.Un autre de chrétiens, qui ont été chassés et persécutés.Et on y écoute le récit de réfugiés comme Hannah, cette dame qui dit avoir presque tout perdu.« Toutes les nuits, je rêve que l\u2019EI vient nous tuer, confie-t-elle, assise au milieu de la tente qui lui sert d\u2019abri.Nous ne sommes en sécurité nulle part en Irak.» Témoignages troublants Des témoignages touchants, Julien Fréchette en a entendu des dizaines.Mais il admet que ses rencontres les plus marquantes ont eu lieu dans le camp des Yézidis, une minorité religieuse particulièrement ciblée par l\u2019El.«On a rencontré un jeune garçon qui a perdu sa mère.Il a essayé de la traîner sur son dos pendant des kilomètres et elle est finalement morte dans ses bras.Il a dû l\u2019abandonner sur la route de l\u2019exode.Ce sont des témoignages assez troublants.» Dans ces camps de réfugiés.on ressent à la fois la fierté et la profonde détresse de ces familles déchirées.À l\u2019intérieur des habitations de fortune, des enfants au visage assombri par le dur quotidien dessinent en groupe.Sur la feuille d\u2019un d\u2019entre eux, un char d\u2019assaut se mêle aux arbres et aux montagnes.Faute de ressources pour éduquer ces jeunes, on verra grandir une génération d\u2019analphabètes dont se nourrissent les intégristes, soulèvent avec inquiétude certains réfugiés.Le documentariste conclut son périple irakien avec une visite du camp d\u2019entraînement du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan, qui est considéré comme une organisation terroriste par plusieurs pays, dont le Canada.Un endroit reculé oû n\u2019entre pas qui veut.Sur place, on découvre la réalité de femmes qui choisissent de prendre les armes pour défendre, elles aussi, le Kurdistan.«J\u2019ai rejoint le PKK pour me battre pour la liberté de mon peuple, la liberté des femmes et de l\u2019humanité », lance une commandante qui a plusieurs soldats, mais surtout plusieurs soldâtes sous son autorité.Julien Fréchette espère que son documentaire ouvrira les yeux de la population sur l\u2019existence même du Kurdistan, trop souvent méconnu, mais surtout sur ceux qui y vivent.La réalité peut nous surprendre lorsqu\u2019on s\u2019en approche, lalsse-t-11 entendre, évoquant un possible retour au Kurdistan, sous peu.Le Devoir CYCLE SUITE DE LA PAGE 1 C\u2019est la coutume de confier le pire à la première rencontre avec les bénévoles des Cercles de soutien et de responsabilité du Québec (CSRQ), un organisme qui aide à la réinsertion sociale des criminels sexuels.Dès lors, sans autre secret et non-dit, la relation de confiance peut se développer.Les crimes que Stéphane vient de confesser, et qui lui valent la prison à perpétuité, sont les seuls dont cet hébéphile \u2014 adulte qui éprouve une attirance sexuelle envers les adolescents,\u2014 sera véritablement accusé.À15 ans, parce qu\u2019il est mineur, on l\u2019envoie «réfléchir» à la vieille prison de Trois-Rivières pour avoir agressé deux garçons de 9 ans.S\u2019en suivront 39 tentatives, non judiciarisées, qui feront dans plusieurs cas des victimes.«L\u2019isolement social est au cœur d\u2019une récidive», dit Maxime Jan-son, coordonnateur de l\u2019organisme.En créant des communautés d\u2019appartenance autour d\u2019un ex-détenu ayant commis un crime à caractère sexuel \u2014 ici, la priorité est donnée aux prédateurs évalués à haut risque de récidive \u2014, la spirale de la solitude est brisée.Sortir du tunnel à travers lequel il voyait la vie, tisser des liens.Après 24 ans de pénitencier, dont une grande partie au «max», c\u2019est ce dont Stéphane a eu besoin il y a cinq ans, lorsqu\u2019il a recouvré sa liberté.En dedans, il avait tenté maintes fois de se suicider et avait survécu à plusieurs tentatives d\u2019assassinat.11 suit aussi une thérapie pour délinquants sexuels.Lui-même a été agressé en-fanf par le fils un peu plus vieux d\u2019un voisin.Son père l\u2019a battu quand il s\u2019est confié.«Trois jours après, quand ça a recommencé, j\u2019ai fermé ma gueule, ra-conte-t-il.quand j\u2019ai commis mes agressions, je me suis servi de ça, les menaces verbales et psychologiques.Je disais [aux victimes] qu\u2019elles n\u2019allaient pas être crues et qu\u2019elles allaient manger des volées.» Au pénitencier, Stéphane joue au dur.«J\u2019avais un front de bœuf.Dans ma tête, j\u2019étais ren- Les cercles de soutien en bref Historique: Le premier des Cercles de soutien et de responsabilité a vu le jour en 1994, dans une petite ville ontarienne.Aujourd\u2019hui, il en existe 18 à travers le Canada, formés d\u2019environ 700 bénévoles.Cercles de soutien et de responsabilité du Québec : situé sur le Plateau-Mont-Royal, il a vu le jour en 2000.Financement: 80 000$ par an (1$ d\u2019investissement rapporte 4,60$ au gouvernement) Nombre de bénévoles : entre 40 et 50 Nombre de délinquants aidés : 23 (6 sont sur ime liste d\u2019attente) Durée moyenne du suivi : 2 ans tré là pour ne plus jamais sortir.On m\u2019avait enfermé et on avait jeté la clé.» Comme il a une formation en informatique, il est appelé à faire divers boulots, s\u2019occupe un peu de comptabilité, ce qu\u2019il fait encore aujourd\u2019hui à temps partiel pour les CSRQ.Qn lui parle de réinsertion sociale et dès 2007, on l\u2019autorise à des séjours en maison de transition.« J\u2019ai dit à mon ALC [agent de libération conditionnelle] qu\u2019il fallait commencer par me réhumaniser.Je détestais tout le monde.» Organisme menacé En 2010, il obtient sa remise en liberté définitive, assortie de conditions assez sévères.Peu lui importait.«J\u2019ai marché sur la rue Saint-Denis et j\u2019ai pleuré.J\u2019étais comme un petit gars de quatre ans dans un Toys R\u2019us.» Sa famille ne veut plus rien savoir de lui : il est seul au monde.Et enfouie dans ses tripes, la crainte constante de rechuter, que son «passager secret», comme il l\u2019appelle, reprenne le volant de sa vie et le fasse déraper.«On ne peut pas les laisser à eux-mêmes.L\u2019image que fai est celle de quelqu\u2019un qui déciderait d\u2019escalader une montagne, seul.C\u2019est presque suicidaire de penser que quelqu\u2019un va pouvoir s\u2019en sortir tout seul», soutient frère Fernand, qui est aumônier en pénitencier et très impliqué dans les Cercles.Ces derniers sont pour lui une façon de limiter les agressions pour qu\u2019il n\u2019y ait «plus jamais de victimes», comme le dit le slogan des CSRQ.Avec une quarantaine de bénévoles, cet organisme montréalais soutient actuellement à lui seul près de 30 délinquants sexuels sortis de prison avec aussi peu que 80 000$ de budget annuel.Pourtanfi au 31 mars prochain.Service correctionnel Canada (SCC) réduira radicalement le financement qu\u2019il lui accorde.Maxime Janson mène une véritable croisade pour la survie de l\u2019organisme.H recueille des lettres d\u2019appuis d\u2019experts du milieu carcéral, interpelle des députés, rencontre les médias \u2014 il était d\u2019ailleurs à TVA il y a trois semaines.«Le Centre national de prévention du crime a fait une évaluation pour voir l\u2019efficacité des cercles de soutien.Le rapport démontre qu\u2019en moyenne 17% des délinquants sexuels récidivent, mais que ça tombe à 10%) s\u2019ils suivent un traitement et 2%) s\u2019ils sont accompagnés par un cercle de soutien», insiste M.Janson, qui a lait ses études en sociologie.Son organisme n\u2019est pas le seul à être menacé de fermeture.Le Centre d\u2019études et de recherche de l\u2019Université de Montréal (CERUM), qui oeuvre auprès des agresseurs sexuels à risque élevé de récidive en leur offrant des suivis avec des professionnels va cesser ses activités faute de financement du fédéral.Le Centre d\u2019entraide et de traitements des agressions sexuelles (CETAS) des Laurentides, lui, ne pourra plus offrir ses services aux contrevenants fédéraux, qui ont les peines les plus sévères.«Si vous voulez de la violence, pratiquez l\u2019exclusion», lance frère Fernand, qui croit beaucoup à la réinsertion sociale.«Les cercles de soutien sont le moyen idéal de dire à quelqu\u2019un qui a vécu le rejet: \u201cNous sommes ici pour toi et nous t\u2019aimons comme tu es.Ne désespère pas de devenir quelqu\u2019un que tu aimeras \u201d.» Les sentiments de rejet, de honte, de peur, Jean*, qui a passé 24 ans de détention au maximum pour plusieurs agressions sexuelles, les vit à chaque instant.H paranoïe à l\u2019idée d\u2019être reconnu par un ex-codétenu.Même s\u2019il est incognito sur la rue, il a l\u2019impression qu\u2019il marche avec son crime tatoué sur le visage.«Des fois, je pète des free game.C\u2019est irréel.» Le choc est brutal.Enfermé à l\u2019âge de 28 ans.11 est sorti de prison le 16 janvier dernier, il y a à peine deux mois.Sans aucune transition.«Le cul sur l\u2019asphalte.» A 52 ans, cet alcoolique condamné pour des agressions sexuelles doit refaire sa vie.11 ne connaît personne et sa famille a rompu tous liens avec lui.EnfanL il a été battu à répétition par son père violent, qui s\u2019en prenait aussi à ses frères et soeurs.11 cache ses blessures au fond de lui et ne s\u2019en libère que lorsqu\u2019il se masturbe.Sa déviance est déclenchée.Ses crimes ?11 ne les oublie pas.C\u2019était en 1990, à Québec.Ivre, il a pris en otage et agressé sexuellement deux femmes avec qui il jouqit aux cartes dans un chalet.Etant donné un dossier étoffé de nombreux vols, il écope de six ans de prison qu\u2019il purge à Cowansville en sécurité moyenne.«Mais c\u2019était pas fini.Le méchant n\u2019était pas sorti.On m\u2019a mis avec une agente de classement, une belle femme.Et ce qui devait arriver est arrivé.Je l\u2019ai agressée à l\u2019intérieur du pénitencier», confie-t-il, le regard fuyant.Il devient subitement un des criminels les plus dangereux.Il est envoyé dans une unité spéciale de détention, « la prison des prisons».Les deux parties étaient d\u2019accord pour lui donner 10\tans, mais lui réclame une sentence à perpétuité, pour se «punir».Il passera 20 ans de plus au maximum, sans jamais en sortir.Reprendre contact avec la réalité au-dehors le submerge.11\tse voit comme un paria de la société.«Il y a souvent un genre de peur, de phobie et de dégoût pour les délinquants sexuels.Il ne faut pas oublier qu\u2019il y a, dans tout être humain, un enfant, explique frère Fernand.C\u2019est aussi ce qui peut amplifier de beaucoup l\u2019horreur des gestes posés.» Il faut beaucoup d\u2019abnégation pour se dire que personne n\u2019est réductible à sa pire faute.Dans l\u2019imaginaire collectif, certains crimes particulièrement immoraux sont impossibles à pardonner.«Il peut y avoir beaucoup moins d\u2019empathie pour les agresseurs, car c\u2019est une pathologie qui commande le rejet», ajoute Chloé, une psychologue en milieu carcéral auprès des délinquants sexuels qui est venue au Québec depuis la France pour apprendre sur la justice réparatrice.«Ça touche à l\u2019intime, à ce qui est au fond de chacun d\u2019entre nous.Les gens s\u2019identifient aux victimes.Mais quand on parle à un braqueur de banque, on ne se dit pas qu\u2019on va être braqués.» Éviter la récidive Lors des rencontres hebdomadaires d\u2019une heure, les bénévoles du cercle accompagnent le délinquant sexuel dans de simples tâches du quotidien comme prendre le métro, «fai aidé [Jean] à connaître Montréal, on a cherché des appartements et on est allés lui magasiner des vêtements», explique Fernand Bouchard qui a été lui-même agressé étant jeune par un frère en communauté.Après avoir mené toute sa vie un combat pour soutenir les victimes, il s\u2019implique maintenant après des délinquants sexuels.«C\u2019est très concret et très motivant.Ça m\u2019apporte beaucoup à moi aussi.» Les bénévoles du cercle doivent demeurer alertes à tous signaux préparant la voie à une récidive.Une envie soudaine de recommencer à boire ou des pensées qui s\u2019évadent, allant jusqu\u2019aux rêves érotiques.Avec le délinquant sexuel, les membres du cercle doivent signer une alliance, soit un ensemble de règles à respecter.Et les secrets sont interdits.«Autant on a besoin de sortir le méchant, autant on a peur de parler par crainte d\u2019être réincarcérés si on avoue avoir pensé à des choses malsaines», explique Stéphane.Mais pas dans son cercle, fait de gens en qui il a confiance et qu\u2019il a commencé à connaître alors qu\u2019il était encore détenu.Ces relations qu\u2019ils développent se poursuivent lors de ses premières sorties sans escorte.Il n\u2019a nulle part oû aller et se tourne vers ses amis du cercle.«En dedans, ils nous 97% des mineurs agressés sexuellement connaissent leur agresseur Source: Protection de la jeunesse 17% des délinquants sexuels récidivent.Ce pourcentage tombe à 10% s\u2019ils suivent une thérapie adaptée, et à 2% s\u2019ils fréquentent un cercle de soutien et de responsabilité, selon le CSRQ.117 788$ Le coût annuel d\u2019un délinquant incarcéré.35 101$ Le coût annuel d\u2019un délinquant sous surveillance.Source: ministère de la Sécurité publique (2013) De toutes les agressions déclarées au Québec.51 % visent des fillettes 15% des garçons 31% des femmes 3% des hommes Source: ministère de la Sécurité publique disent d\u2019essayer de créer un cercle social pour quand on va être dehors.Mais tu veux-tu être chum avec moi si je te dis que je suis un délinquant sexuel?Qui va entrer en relation amoureuse avec moi?Le cercle, c\u2019est une police d\u2019assurance contre moi-même.Ça m\u2019a permis de créer une famille autour de moi, dit-il.Il ne m\u2019a pas sauvé la vie.Mais c\u2019est ce qui m\u2019a maintenu vivant jusqu\u2019ici.» Le Devoir * Certains noms ont été changés pour préserver l\u2019anonymat LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com GG sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais)\t1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone Par courriel Par télécopieur 514 985-3344 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Montreal, qui a retenu pour la region de Quebec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Quebec, 450, avenue Bechard, Quebec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montreal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement n° 0858.Dépôt legal.Bibliothèque et Archives nationales du Quebec, 2007."]
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