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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2015-04-25, Collections de BAnQ.

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[" Science Les chauves-souris d\u2019Amérique du Nord sont menacées Page b 6 Michel David L eralliement de Drainville et les fractures du PQ Page b 3 Manon Cornellier Les menottes conservatrices pour le Parlement Page b 2 PERSPECTIVES CAHIER B .LE DEVOIR, LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 AVRIL 2015 Ottawa Un budget comme plateforme électorale HELENE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa La Loi électorale du Canada impose une durée minimale de 36 jours pour une campagne électorale, mais aucun maximum.C\u2019est une chance (ou une calamité, diront certains), car c\u2019est à un marathon politique de 26 semaines que le gouvernement conservateur a convié les électeurs mardi en déposant le premier budget Joe Oliver.Le coup d\u2019envoi des hostilités a été donné.Rendez-vous le 19 octobre.Ce n\u2019est pas un hasard si la défense du budget s\u2019est faite non pas au Parlement mais sur le terrain.Les votes ne se gagnent pas à la Chambre des communes.Ainsi, le ministre des Finances ne s\u2019est pas présenté à la période de questions depuis qu\u2019il a déposé son plan 2015.Le premier ministre Stephen Harper, lui, a à peine fait acte de présence le lendemain du dévoilement.Dès jeudi, il était à Winnipeg pour livrer un discours digne d\u2019un rallye partisan.Le chef conservateur a exposé à visière levée ce qu\u2019il croit que devrait être la question décisive de l\u2019élection {«ballot question »).« C\u2019est ce sur quoi va porter la prochaine élection.Voulez-vous garder ce que ce gouvernement met dans vos poches ou voulez-vous laisser M.Trudeau ou M.Mulcair le reprendre ?Je ne pense pas que les Canadiens vont laisser faire cela.» Le choix S\u2019appuyant sur le budget Oliver, les conservateurs entendent demander aux électeurs de choisir entre la gauche et la droite, entre l\u2019interventionnisme étatique et le libre arbitre du citoyen.La rhétorique conservatrice consiste à promettre aux contribuables de leur redonner le maximum possjble d\u2019argent et d\u2019astreindre l\u2019État à un régime minceur permanent.Chantre libertarien par excellence, le ministre Maxime Bernier a le mieux expliqué cette semaine la logique de son parti: «De ce côté-ci de la Chambre, a-t-il lancé dans une atmosphère survoltée, nous savons que, lorsque nous diminuons les impôts des gens et que nous leur remettons l\u2019argent dans les poches, cela crée de la richesse.Cela est bien clair.C\u2019est ce qui est le plus important.L\u2019opposition croit à, et glorifie même, un gros gouvernement et abaisse les citoyens.Nous croyons aux citoyens et nous leur remettons l\u2019argent dans les poches.» Deux mesures Ce retour d\u2019argent version conservatrice prend la forme de deux mesures connues depuis l\u2019automne.La bonification \u2014 et l\u2019élargissement à tous les enfants mineurs \u2014 de la Prestation universelle pour la garde d\u2019enfants (PUGE) et le fractionnement du revenu.Au chapitre de la PUGE, chaque famille recevra 60$ de plus par mois (720$ par an, imposables) pour chaque enfant de moins de 18 ans.Les chèques, rétroactifs au janvier, commenceront à arriver dans les JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE Stephen Harper et Joe Oliver peu avant la présentation du budget au parfum électoral.boîtes à lettres en juillet.Coût annuel pour Ottawa: 2,6 milliards de dollars.Si cette mesure s\u2019adresse à tous les parents, elle aidera davantage les familles à faible ou moyen revenu que celles mieux nanties, car elle s\u2019accompagne de l\u2019abolition d\u2019un crédit d\u2019impôt qui valait au maximum 335$ par enfant.C\u2019est à peu près ce qui restera dans les poches des plus riches une fois l\u2019impôt prqlevé sur la PUGE.A l\u2019inverse, le fractionnement du revenu favorisera un très petit nombre de contribuables, et du lot, surtout les plus riches.Coût annuel: 1,9 milliard.Comme il faut être encore en couple pour s\u2019en prévaloir, et qu\u2019il doit exister une importante différence salariale entre les deux conjoints, seulement 15% des ménages se qualifieront, calcule le Directeur parlemen-taire du budget.Ainsi, quelqu\u2019un comme Stephen Harper, qui à titre de premier minis-tre touche un salaire de 334 800$, verra sa facture fiscale réduite de 2000$ tandis qu\u2019une mère célibataire qui gagne 35 000$ n\u2019aura, elle, pas un sou.L\u2019opposition C\u2019est dans cette apparente inégalité que le Nouveau Parti démocratique tout comme le Parti libéral espèrent trouver le moteur à leur argumentaire électoral.Dès le dépôt du budget, Thomas Mulcair et Justin Trudeau ont eu à peu près la même réaction.«Leur priorité est de venir en aide aux plus privilégiés de la société», a dit le chef néodémocrate.Ce budget «aide ceux qui en ont le moins besoin », a dit M.Trudeau.Dans les coulisses, les libéraux se disent d\u2019une certaine manière soulagés par ce budget.«Lorsqu\u2019on novembre les conservateurs ont annoncé le « Nous croyons aux citoyens et nous leur remettons l\u2019argent dans les poches » fractionnement du revenu, explique un stratège qui requiert l\u2019anonymat, c\u2019est parce qu\u2019ils avaient besoin, pense-t-on, de galvaniser leur base.[NDLR: les sondages n\u2019étaient pas bons.] On a toujours pensé qu\u2019ils allaient proposer plus tard des baisses d\u2019impôt pour la classe moyenne.Mais le prix du pétrole a chuté et ils n\u2019ont pas pu le faire.Il ne restait plus d\u2019argent.C\u2019est pour cela qu\u2019il n\u2019y a rien.C\u2019est un peu un soulagement pour nous.» L\u2019absence de mesures fiscales pour la classe moyenne laisse le champ libre au Parti libéral, ajoute ce stratège, pour proposer une solution de rechange alléchante.Le parti de Justin Trudeau a l\u2019intention de dévoiler d\u2019ici la fin de juin comment il réaménagera l\u2019assiette fiscale fédérale pour soulager la classe moyenne.«On a l\u2019intention de faire campagne sur ça pendan t l\u2019été.» Le NPD fait à peu près le même calcul.«Le message de justice sociale et d\u2019équité, ça fonctionne avec nos électeurs», explique un stratège néodémocrate.Mais il estime être en meilleure position que les libéraux pour se présenter à l\u2019électorat comme le défenseur de la classe moyenne.Comme les b-béraux, le NPD promet d\u2019abolir le fractionnement du revenu, mais, contrairement à eux, il entend aussi augmenter le taux d\u2019imposition des entreprises, qui a atteint sous les conservateurs le creux historique de 15% (contre 15 à 26% pour les particubers).Les mêmes électeurs Le NPD entend aussi aboln la déduction pour amortissement sur les options d\u2019achat d\u2019actions qui favorise les dirigeants de grandes entreprises.«On se battra pour les mêmes électeurs que les libéraux à ce sujet, mais les libéraux, eux, sont coincés entre la gauche et la droite.On sent un flottement.» Le NPD calcule que le Parti libéral ne se donne pas les moyens de ses ambitions.Les libéraux rétorquent que les néodémocrates rêvent en couleurs.«En Ontario, on a vu ce que ç\u2019a donné, ce genre de promesses, ajoute le stratège.Les libéraux avaient promis d\u2019annuler les baisses d\u2019impôt des entreprises consenties par le gouvernement de Mike Harris, VOIR PAGE B 3 : BUDGET MIGRANTS À quoi sert l\u2019Europe?Bruxelles se contente du service minimum CHRISTIAN RIOUX Correspondant à Paris J y aurais voulu que nous soyons déjà plus ambitieux.» C\u2019est par ces mots que le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a accueilli les décisions du sommet européen extraordinane qui s\u2019est tenu jeudi à Bruxelles.Un sommet censé répondre à la crise migratone qui se déroule en Méditerranée depuis des mois et qui a provoqué cette semaine le naufrage et la mort de plus de 1000 réfugiés.«Une hécatombe jamais vue en Méditerranée», selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).11 aura fallu deux naufrages extraordinanes et consécutifs pour que les appels à l\u2019aide de l\u2019Italie soient enfin entendus.Êt pour apprendre au passage que, depuis 15 ans, 22 000 personnes étaient mortes en tentant de gagner l\u2019Europe, une moyenne de 1500 morts par an, selon l\u2019Organisation internationale pour les migrations.Devant cette hécatombe, l\u2019Union européenne a choisi de doubler les moyens de son agence Erontex, qui garde les frontières, et de tripler ceux accordés à l\u2019opération de surveillance des frontières Triton, qui a remplacé l\u2019opération de sauvetage italienne Mare Nostrum.Cette dernière avait été accusée de favoriser l\u2019immigration ibégale puisque les réfugiés étaient de plus en plus assurés d\u2019être secourus.D\u2019autant plus que l\u2019Italie n\u2019enregistrait pas toujours les réfugiés, facilitant ainsi leur départ vers d\u2019autres pays de l\u2019Union.Un compromis Bruxelles a donc cherché à renforcer les moyens humanitanes sans pour autant garantir le sauvetage de tous les bateaux, ce qui of frirait aux trafiquants une voie royale, pensent la plupart des pays.Difficile exercice qui a amené à rejeter les propositions de Jean-Claude Juncker qui proposait d\u2019accueillir en Europe 10 000 réfugiés et de réformer la politique de l\u2019Union en se donnant un programme d\u2019immigration économique.Constatant qu\u2019il n\u2019y avait guère de consensus parmi eux, les 28 pays membres de l\u2019Union européenne se sopt donc contentés d\u2019un compromis a minima.A preuve, seuls cbiq pays se répartissent l\u2019essentiel de la tâche d\u2019accueillir les réfugiés.Le sommet a d\u2019aibeurs rejeté une proposition visant à appliquer le principe de solidarité dans la répartition des demandeurs d\u2019asile.On sait par exemple que la Grande-Bretagne, en pleine campagne électorale, a contribué d\u2019autant plus généreusement à l\u2019effort financier (avec 3 hélicoptères, 2 bateaux de sauvetage et 30 spécialistes) qu\u2019elle n\u2019entend pas accueillir plus de réfugiés.Le chaos libyen A nouveau, ce sont les Italiens qui ont montré du doigt la véritable cause de ces drames : le chaos libyen.Cela ne fait pas de doute pour le président du Conseil, Matteo Renzi.«En l\u2019état actuel, on ne peut pas empêcher les départs en raison de la guerre civile, mais la solution du problème libyen est une priorité, car 91 % des migrants partent de ce pays», ditil.Malheureusement, les résolutions de l\u2019Union européenne risquent de ne pas y changer VOIR PAGE B 2 : MIGRANTS ALBERTO PIZZOLI AGENCE ERANCE-PRESSE Des migrants peu après leur arrivée à Catane B 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 AVRIL 2015 PERSPECTIVES Après nous le déluge Manon CORNELLIER à Ottawa Avec un maigre surplus de 1,4 milliard et une toute petite réserve pour imprévus, le ministre des Finances, Joe Oliver, n\u2019a pas seulement joué l\u2019équilibriste avec les finances publiques, il a verrouillé plus solidement les menottes mises aux poignets des futurs gouvernements par les conservateurs.On ne le dira jamais assez: en comptanf pour équilibrer son budget, sur la vente d\u2019actifs importants, le surplus de la caisse de l\u2019assurance-emploi, une réserve pour éventualités réduite comme peau de chagrin, une évaluation optimiste du risque économique et j\u2019en passe, le ministre Oliver a fait un pari risqué.11 suffit qu\u2019un seul de ces astres ne s\u2019aligne pas comme il l\u2019espère pour qu\u2019Ottawa se retrouve dans le rouge.Sans trop s\u2019inquiéter de l\u2019avenir, les conservateurs se sont donné des munitions pour la prochaine campagne électorale tout en coinçant les partis d\u2019opposition.Pour offrir mieux, ces derniers devront faire des choix politiquement difficiles : abandonner certaines mesures, augmenter des taxes ou faire les deux.Le Nouveau Parti démocratique et le Parti libéral ont déjà annoncé qu\u2019ils abandonneraient le fractionnement du revenu pour les familles avec enfants parce que coûteux et inéquitable.Le NPD a dit qu\u2019il rehausserait le taux d\u2019imposition des entreprises tout en le gardant compétitif.Les libéraux, eux, ont déclaré qu\u2019ils veulent annuler la hausse des contributions annuelles permises dans un compte d\u2019épargne libre d\u2019impôt (CELl).11 faudra plus.Mais les partis d\u2019opposition le savent depuis longtemps.L\u2019étau financier dans lequel ils se retrouvent n\u2019est pas une surprise.Les conservateurs le resserrent depuis leur arrivée au pouvoir.Depuis 2007, Stephen Harper et son équipe ont entrepris de transformer le gouvernement fédéral.On a beaucoup parlé des symboles, mais le plus gros changement a été imposé à travers l\u2019arme de choix des conservateurs, soit les finances publiques.Année après année, ils ont graduellement réduit les vivres du gouvernement en renonçant à des revenus importants : baisse de la TPS, multiplication de crédits d\u2019impôt bien ciblés, réduction d\u2019impôt des particuliers et des entreprises.Cette année, selon le budget, les mesures prises depuis 2006 réduiront de 14,7 milliards les revenus provenant des entreprises et de 37 milliards ceux provenant des particuliers.Plusieurs de ces baisses se défendent, mais bien d\u2019autres, comme la baisse de la TPS, ne sont que du saupoudrage sans effet de levier économique.En tarissant ainsi certaines sources de revenus, les conservateurs ont créé les conditions nécessaires au rétrécissement de l\u2019Etat, ce à quoi ils se sont attaqués avec zèle en réduisant les dépenses et en gelant pendant des années les budgets de fonctionnement des ministères.Les économies cumulatives ainsi générées atteindront 14,5 milliards cette année.Impossible, dans ces conditions, de restaurer certains services et programmes, d\u2019en instaurer de nouveaux,ou de proposer une autre vision du rôle de l\u2019État sans générer de nouveaux revenus.Tel est le défi des partis d\u2019opposition, un défi que le budget de mardi rend encore plus corsé avec des mesures, comme le CELl, qui fragilisent un peu plus la situation à long terme du gouvernement fédéral.Avec le plafond actuel de 5500$, le CELl est accessible à un large éventail de contribuables, note le directeur parlementaire du budget (DPB).En 2015, «les avantages du CELl sont équilibrés, les ménages à revenu moyen réalisant les gains les plus importants, écrivait-il, tandis que les ménages à faible revenu ou à revenu élevé obtiennent des avantages comparables».Avec le temps, cependant, la répartition des avantages devient régressive selon le revenu, les ménages à revenu élevé en profitant de plus en plus.En augmentant le plafond à 10 000$, c\u2019est pire.Une telle majoration «profiterait surtout aux 20% des ménages les plus nantis», indique le DPB.Cela aura d\u2019autres effets pervers.Mis ainsi à l\u2019abri de l\u2019impôt, les revenus de placement de ces contribuables mieux nantis ne seront pas comptabilisés dans leurs revenus.Du coup, ils pourraient à leur retraite tirer profit de transferts gouvernementaux fondés sur le niveau de revenu auxquels ils n\u2019auraient pas entièrement droit autrement, les prestations de la Sécurité de la vieillesse étant un exemple.Cela voudrait donc dire des coûts supplémentaires pour les gouvernements.L\u2019impact sur les revenus de l\u2019État est loin d\u2019être négligeable.Dans cinq ans, la seule hausse de la limite de contributions à un CELl coûtera environ 450 millions par année à Ottawa, selon DPB.Dix ans plus tard, la facture pourrait grimper à près de 2,8 milliards, puis à 6 milliards en 2040, pour atteindre environ 25 milliards en 2080.Cet avantage fiscal profitera surtout aux personnes âgées, mais ce sont les jeunes et les futures générations qui se retrouveront, en 2060 ou 2080, privés de revenus précieux pour assurer le maintien des services publics.Problème d\u2019équité ?Déséquilibre insoutenable ?Apparemment pas pour les conservateurs.Comme l\u2019a dit le ministre Oliver lui-même, «pourquoi ne laissons-nous pas à la petite-fille du premier ministre le soin de régler ce problème» ?mcornellier@ledevoir.com AGENCE ERANCE-PRESSE L\u2019expérience chinoise de cette semaine rappeiie que ies manipuiations génétiques posent de sérieuses questions.GENETIQUE Modifier des embryons ?Une expérience chinoise concrétise les craintes du milieu scientifique HERVE MORIN Modifier le génome d\u2019un embryon humain pour prévenir le développement d\u2019une maladie chez cet individu, mais l\u2019éradiquer aussi dans toute sa descendance.Cette expérience, qui touche au patrimoine héréditaire de l\u2019espèce humaine et contrevient à la convention d\u2019Oviedo, ratifiée par 29 autres pays européens en 2011, vient d\u2019être tentée par une équipe chinoise.Décrite dans la revue Protein & Cell du 18 avril, elle concrétise les craintes exprimées ces dernières semaines par une partie de la communauté de la recherche en génie génétique.Après la publication par le journal du Massachusetts Institute of Technology (MIT) d\u2019une enquête très fouillée montrant des débuts de manipulation géqétique des cellules sexuelles (y compris aux États-Unis), des chercheurs américains avaient publié dans les revues Nature et Science les 12 et 19 mars des mises en garde contre les tentatives de modifier ces cellules germinales : elles auraient pour effet de modifier l\u2019hérédité humaine, et non plus, comme les thérapies géniques classiques, une partie seulement des cellules défaillantes d\u2019un individu.Les craintes portaient notamment sur l\u2019utilisation d\u2019une nouvelle technique d\u2019ingénierie du gène, CRISPR-Cas9, extrêmement efficace et simple à mettre en oeuvre.Moratoire L\u2019expérience chinoise, qui fait appel à cet outil, s\u2019inscrit dans le spectre des manipulations visées par ces demandes de moratoire, dans la mesure oû elle avait pour objectif d\u2019effectuer des mutations chez l\u2019embryon, qui se seraient de fait retrouvées dans ses cellules sexuelles \u2014 et potentiellement dans sa descendance.Précisons-le d\u2019emblée, l\u2019expérience tentée par l\u2019équipe de Junjiu Huang (Université Sun-Yat-sen, Canton) a échoué.Les 85 embryons ayant fait par la suite l\u2019objet de modification avaient été obtenus auprès de centres de fertilité réalisant des fécondations in vitro \u2014 ils étaient dotés de chromosomes surnuméraires et n\u2019avaient donc pas été retenus dans des projets parentaux.Aucun n\u2019aurait été viable.L\u2019expérience ne visait d\u2019ailleurs pas à réimplanter ces embryons pour obtenir des bébés, mais à tester l\u2019efficacité de cette nouvelle méthode d\u2019édition de l\u2019ADN afin de corriger un gène responsable d\u2019une maladie génétique du sang, la bêta-thalassémie ou anémie de Cooley.Mais la technique CRISPR-Cas9 a été prise en défaut, dans la mesure notamment oû de nombreux embryons présentaient une structure mosaïque, avec des cellules dont l\u2019ADN avait bien été corrigé, mais d\u2019autres oû le gène défaillant s\u2019exprimait toujours.Prudence Pour le Prix Nobel David Baltimore, interrogé par le New York Times, «cela montre à quel point cette science est immature.Nous avons appris beaucoup de leur expérience, principalement sur ce qui peut mal tourner».David Baltimore faisait partie des deux premiers signataires de l\u2019appel de Science à «suivre une voie prudente avant de manipuler le génome des cellules germinales».Un autre Prix Nobel, Paul Berg, lui aussi signataire de cet appel, avait été L\u2019expérience chinoise s\u2019inscrit dans le spectre des manipulations visées par des demandes de moratoire à l\u2019origine il y a 40 ans de la conférence d\u2019Asilo-mar, qui visait déjà à réfléchir aux risques liés au développement du génie génétique.Certains estiment aujourd\u2019hui qu\u2019en génétique humaine, une telle conférence serait indispensable.En juin 2014, la Française Emmanuelle Charpentier, co-inventrice de l\u2019outil CRISPR-Cas9, estimait ainsi que «cette technique fonctionne si bien et remporte un tel succès qu\u2019il serait important d\u2019évaluer les aspects éthiques de son utilisation ».L\u2019expérience chinoise confirme chez l\u2019humain ce qui avait déjà été montré chez d\u2019autres espèces animales : malgré sa puissance, CR1SPR-Cas9 n\u2019est pas un outil parfait.Outre le risque d\u2019introduire des modifications hors de la cible visée, on peut aboutir à des individus «chimères», dotés de plusieurs génomes différents.De plus, il est difficile de prédire tous les effets induits par une correction effectivement réalisée.«Notre étude souligne les défis posés par les applications cliniques de CRISPR-Cas9», concluent les chercheurs chinois, pour qui les effets de cet outil en dehors des gènes ciblés «devraient faire l\u2019objet d\u2019investigations exhaustives avant toute application clinique».Mais si la technique devenait plus efficace, la question du principe même de son utilisation ferait débat.Certains y voient une première étape vers une forme d\u2019eugénisme et la quête du «bébé parfait», quand d\u2019autres soulignent l\u2019intérêt de maîtriser une capacité nouvelle à soulager l\u2019humanité de certaines maladies héréditaires.Le Monde MIGRANTS SUITE DE LA PAGE B 1 grand-chose.Si celle-ci veut demander l\u2019aval de l\u2019ONU afin de pouvoir détruire les bateaux des passeurs libyens, le problème n\u2019en restera pas moins entier, comme le soulignait le chef du groupe libéral et démocrate du Parlement européen.Selon Guy Verhofstadt, il aurait absolument fallu «appuyer une mission onusienne de stapilisation de la Libye».A mille lieues politiquement des libéraux, le souverainiste français Nicolas Dupont-Aignan dit pourtant la même chose.«La vraie question est de savoir comment régler le cas de la Libye, véritable porte de sortie des migrants, dit-il.Le silence assourdissant de ceux qui sont à l\u2019origine de l\u2019intervention en Libye [Érance et Grande-Bretagne], et donc directement responsables de la déstabilisation tout entière d\u2019une région, est d\u2019ailleurs révélateur du malaise que suscitent ces erreurs passées d\u2019une politique étrangère basée sur l\u2019émotion.» La Tripolitaine On sait que la plupart des bateaux de réfugiés qui partent vers l\u2019Italie viennent des côtes de la Tripolitaine, la région du Nord-Ouest contrôlée par des dissidents parmi lesquels on trouve un grand nombre d\u2019islamistes.Traditionnellement, cette région riche a toujours accueilli beaucoup d\u2019immigrants.On soupçonne aujourd\u2019hui les autorités de les laisser partir non seulement à cause du chaos dans le pays, mais aussi pour faire pression sur l\u2019Europe afin d\u2019obtenir plus d\u2019argent et une éventuelle reconnaissance officielle.«Le camp de Tripoli cherche à utiliser l\u2019affaire migratoire pour se faire reconnaître comme une autorité de fait», déclarait l\u2019expert tunisien Rafaa Tahib dans le quotidien Le Monde.Mais réclamer une intervention en Libye reviendrait à reconnaître l\u2019erreur d\u2019y être intervenu ou du moins d\u2019avoir quitté le pays avant qu\u2019il soit vraiment stabilisé.D\u2019autant plus qu\u2019on ne voit pas qui, de la France et de la Grande-Bretagne, aurait aujourd\u2019hui les moyens d\u2019une nouvelle intervention.Une union méditerranéenne ?L\u2019approche minimaliste de l\u2019Union européenne a certes mécontenté les ONG, comme Asile Amnesty France qui réclame une nouvelle opération Mare Nostrum.Mais le sommet de jeudi a aussi ¥ / ALBERTO PIZZOLI AGENCE ERANCE-PRESSE Le gouvernement italien prévoit qu\u2019il arrivera sur ses côtes 5000 migrants par semaine d\u2019ici septembre.mécontenté les responsables de l\u2019ONU.«La réponse de l\u2019Union européenne doit aller au-delà», a affirmé le haut-commissaire aux réfugiés Antonio Guterres.Selon lui, il faut absolument travailler avec les pays d\u2019origine et de transit pour mettre fin aux causes de cet exode.L\u2019une des grandes difficultés du traitement équitable des migrants consiste à distinguer les réfugiés proprement dits, qui ont des droits garantis par les conventions internationales, des immigrants économiques.«Il est absolument scandaleux d\u2019appeler migrants clandestins les Afghans, les Syriens, les Erythréens, les Somaliens qui partent de chez eux parce qu\u2019ils sont exposés à un risque vital dans leur pays», déclarait au journal La Croix la chercheuse du CNRS Hélène Thiollet.« Toute la difficulté portera sur la répartition entre les Etats membres de l\u2019accueil des réfugiés, car tous les gouvernements sont confrontés à la montée de mouvements anti-immigration», di- sait au journal Les Échos Pierre Vimont, de la Fondation Carnegie Europe.En 2014, l\u2019Europe n\u2019a accueilli que 5% des réfugiés syriens.Or, les opposants à l\u2019immigration, comme la Li^e du Nord en Italie, ne font pas cette distinction.La Ligue a même appelé la population à boycotter l\u2019arrivée des réfugiés et à refuser de les héberger.Aux Pays-Bas, oû le nombre de demandes de statut de réfugié a augmenté de 75% depuis le début de l\u2019année, le gouvernement a décidé de durcir les conditions d\u2019accueil des réfugiés et demandeurs d\u2019asile.Alors que seulement 8 des 28 membres de l\u2019Union européenne ont accepté de contribuer à l\u2019opération en cours, on peut sérieusement se demander si l\u2019Union européenne est toujours le lieu idéal d\u2019une telle discussion.Et si une union méditerranéenne, autrefois imaginée par Nicolas Sarkozy, ne ferait pas beaucoup mieux.Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 AVRIL 2015 B 3 PERSPECTIVES JACQUES NADEAU LE DEVOIR C\u2019était pendant la campagne électorale.Bernard Drainville et Pierre Karl Péladeau ont parfois fait campagne ensemble.COURSE AU PQ La loyauté anticipée de Bernard Drainville Bernard Drainville a créé la surprise en abandonnant la course à la chefferie du Parti québécois à trois semaines du vote.Surprise double puisque, en jetant l\u2019éponge, il s\u2019est rallié à celui qu\u2019il avait qualifié de «mirage», Pierre Karl Péladeau.11 s\u2019est rallié pour l\u2019avenir du parti et aussi, plus égoïstement, pour son avenir en politique.Au sein du Parti québécois.ROBERT DUTRISAC Correspondant parlementaire à Québec Lors du débat tenu à Québec jeudi, Bernard Drainville est résolument passé à l\u2019offensive avec quelques flèches assassines qui visaient le meneur, Pierre Karl Péladeau, mais aussi Alexandre Cloutier, qui semblait en voie de le distancer.Avec une vigueur qui fut accueillie par des huées, Bernard Drainville, à plusieurs reprises, a pressé Pierre Karl Péladeau de préciser sa démarche pour l\u2019accession à la souveraineté, l\u2019accusant d\u2019exiger des militants un «chèque en blanc».En vain.Le favori s\u2019est bien gardé d\u2019entrer dans le jeu.Bernard Drainville a exhorté les militants à ne pas céder à la tentation de s\u2019accrocher à «un homme providentiel », à «un sauveur», qui pourrait n\u2019être, en définitive, qu\u2019un «mirage».Les salves étaient ciselées, les mots, choisis.Ces attaques sont revenues comme un boomerang.Certes, Bernard Drainville a reçu les félicitations de ceux qui pensent justement que Pierre Karl Péladeau constitue un danger pour le PQ s\u2019il est élu chef Mais encore plus nombreux étaient les militants qui pensaient que le candidat qui se battait pour la deuxième place était allé trop loin et qu\u2019il nuisait au parti.«On a testé les limites», souligne-t-on dans son entourage.Qn lui a répété : «Bernard, ne va pas là.Ce qu\u2019on souhaite, c\u2019est l\u2019unité», a relaté le candidat en annonçant son désistement, mercredi.Il savait! Avant même le dernier débat, Bernard Drainville savait que les carottes étaient cuites.Le pointage effectué par son équipe montrait que le nombre d\u2019indécis parmi les membres avait chuté, renforçant l\u2019avance du meneur et éloignant la possibilité d\u2019un second tour.Le pointage suggérait même que l\u2019homme politique aux accents populistes avait glissé au troisième rang, derrière le jeunot Alexandre Cloutier.Le débat de jeudi n\u2019avait pas amélioré la situation, au contraire.C\u2019était non seulement la défaite mais l\u2019humiliation.Dans les jours qui ont suivi, Bernard Drainville s\u2019est réuni avec ses proches collaborateurs.Ils lui ont présenté les quatre possibilités : il reste dans la course en se débattant comme un diable dans l\u2019eau bénite, il y reste en évitant les attaques pour devenir l\u2019ombre de lui-même, il baisse pavillon sans accorder son appui à Pierre Karl Péladeau ou encore il se désiste en se rangeant derrière le favori.Continuer la course en faisant de la figuration était exclu ; ce n\u2019est pas dans son tempérament.Persévérer en décochant des coups alors que la cause était perdue non seulement était futile à ses yeux, mais nuirait au PQ ainsi qu\u2019à lui-même au sein du parti, ce qui n\u2019est pas négligeable.En fait, Bernard Drainville penchait déjà pour l\u2019abandon, quitte à passer pour un lâcheur.La vraie décision, c\u2019était de savoir s\u2019il se ralliait à Pierre Karl Péladeau ou non.Une décision difficile.Québec » piloté par Sylvain Gaudreault et qu\u2019il s\u2019engage à défendre une clause d\u2019appauvrissement zéro pour les employés de l\u2019Etat.Surtout, on souhaitait que le futur chef invite les membres du PQ à se prononcer sur l\u2019opportunité de tenir ou non un référendum dans un premier mandat, et ce, au moins six mois avant les élections de 2018.L\u2019entourage de Pierre Karl Péladeau a accepté ces demandes sans tergiverser, souligne-t-on.Pour Bernard Drainville, ce dernier engagement est le plus important: il signifie que le chef s\u2019engage à respecter la volonté des militants et la démocratie du parti, bref qu\u2019il n\u2019exercera pas un leadership autocratique.«Pierre Karl a montré de l\u2019ouverture et de la magnanimité», signale-t-on.Cloutier ravi Trop La vraie décision, c\u2019était de savoir s\u2019il se ralliait à Pierre Karl Péladeau ou non Consultations Lundi, Bernard Drainville a longuement consulté les sept députés qui l\u2019appuyaient : Sylvain Gaudreault, Guy Leclair, Carole Poirier, qu\u2019il a jointe au Gabon où elle était en mission parlementaire, Sylvain Roy, Alain Therrien, Mathieu Traversy et André Villeneuve.Cinq députés se sont joints au camp Péladeau.Carole Poirier, qui a le cœur à gauche, est toujours en réflexion, tandis qu\u2019An-dré Villeneuve a déclaré, dans une lettre au Devoir, qu\u2019il ne prendra pas de décision avant le jour du scrutin, une position des plus originales qui peut se résumer ainsi : indécis jusqu\u2019à la fin.Avant que Bernard Drainville ne consulte les députés de son camp, son entourage avait entrepris des pourparlers avec le clan Péladeau.Il fallait montrer qu\u2019en se ralliant Bernard Drainville avait gagné quelque chose sur le plan des idées, évitant qu\u2019il apparaisse tel un chien battu, la queue entre les jambes.Qn proposa que Pierre Karl Péladeau fasse sien le «Plan vert heureux d\u2019être content, Alexandre Cloutier frétillait de contentement mercredi, une réaction qui peut apparaître étonnante, compte tenu du fait que la possibilité d\u2019un deuxième tour s\u2019est pour ainsi dire évanouie et que la victoire du favori semble inéluctable.Paut croire que son objectif premier était de river le clou à Bernard Drainville.«Pierre Karl, c\u2019est le chef», a anticipé Bernard Drainville en conférence de presse.Et, à un chef on doit loyauté.Ce ralliement permet à Pierre Karl Péladeau de remédier à une anomalie : bien qu\u2019il dominât la course, il ne jouissait toujours pas de l\u2019appui d\u2019une majorité de députés péquistes.Maintenant font partie de son camp 15 des 25 élus péquistes qui n\u2019occupent pas une fonction les empêchant d\u2019afficher leurs couleurs.En outre, l\u2019unification des deux camps est en quelque sorte naturelle: le deuxième choix de la grande majorité des partisans de Drainville, c\u2019était PKP, tandis que le deuxième choix de la plupart des militants qui appuient PKP, c\u2019était Drainville.En accédant aux demandes de Bernard Drainville, Pierre Karl Péladeau montre qu\u2019il pense déjà à faire l\u2019unité du parti après sa victoire.Il semble avoir réalisé qu\u2019il ne peut mener la barque seul.Il semble surtout avoir compris qu\u2019il avait des choses à apprendre en politique.Le Devoir BUDGET SUITE DE LA PAGE B 1 mais les entrées fiscales promises ne se sont jamais matérialisées.Il s\u2019agit d\u2019entités qui ont les moyens d\u2019aller ailleurs, d\u2019organiser leurs structures autrement.[.] C\u2019est un peu trop simpliste de dire qu\u2019on va faire payer les grosses banques et les compagnies d\u2019assurances.» Populiste, le NPD ?Dans les coulisses néodémocrates, on reconnaît qu\u2019il y a parfois une dose de populisme dans le discours du parti, mais on souligne que cela tombe sous le sens compte tenu de ses racines.Les électeurs qui votent pour le Parti conservateur dans l\u2019Quest sont les mêmes qui ont dans le passé voté pour le Parti réformiste ou le Crédit social: des libertariens «qui ne sont pas aussi idéologiquement classables que les théories le laissent penser» et qui pourraient se laisser tenter par le NPD.«Il y a des fermiers socialistes de gauche qui disent \u201ctouche pas à mon gun\".P> En ce sens, le NPD ne craint pas d\u2019opposer la loi antidéficit que les conservateurs entendent déposer d\u2019ici la fin de la session parlementaire (mais qui ne sera pas adoptée avant l\u2019élection).Une telle loi imposera aux ministres qui président à des déficits des gels ou des diminutions de salaire.« On va faire campagne pour que les conservateurs payent rétroactivement les amendes qu\u2019ils auraient dû payer à cause de leurs déficits.On va envoyer une lettre dans les médias locaux des circonscriptions des ministres avec la facture qu\u2019ils devraient payer.Notre message sera encore plus simple que le leur: payez pour vos déficits ! » Une affaire de petite-fille Quant au ministre des Pinances, Joe Qliver, sa disparition des écrans radars depuis mardi soir s\u2019explique peut-être par sa déclaration malheureuse à propos des générations futures.M.Qliver a haussé à 10 000$ la limite des contributions annuelles permises dans le compte d\u2019épargne libre d\u2019impôt (CELI).Cette mesure est dénoncée unanimement par l\u2019opposition (néodémocrates et libéraux promettent de l\u2019annuler s\u2019ils sont élus) et le Directeur par- lementaire du budget.Tous font valoir qu\u2019un tel niveau de cotisation, que par ailleurs seuls les plus nantis peuvent atteindre, aura pour effet à terme de placer des milliards de dollars en revenus d\u2019intérêt hors de portée du fisc.Le coût de cette mesure est en effet exponentiel.Lan prochain, elle ne fera perdre à Ottawa qu\u2019environ 50 millions de dollars, selon les projections du DPB.Mais dès 2020, la perte sera neuf fois plus élevée : 450 millions.En 2040, elle s\u2019élèvera à 6,3 milliards, soit trois fois plus que la perte de revenus fédéraux engendrée par le fractionnement du revenu.En 2080, on estime qu\u2019Ottawa perdra presque 26 milliards.«J\u2019entends qu\u2019en 2080, on aura peut-être un problème.Eh bien, pourquoi ne laissons-nous pas à la petite-fille du premier ministre le soin de régler ce problème ?» a lancé M.Oliver sur les ondes de CBC.Depuis, les partis d\u2019opposition s\u2019en donnent à cœur joie en répétant que les conservateurs achètent des votes aujourd\u2019hui à peu de frais et laissent aux générations futures un «dégât» sans précédent.Pas besoin d\u2019attendre 65 ans pour savoir ce qu\u2019en penseront les électeurs : 26 semaines suffiront.Le Devoir Le défi de PKP Michel David Pierre Karl Péladeau a dit trouver «curieux» le dernier sondage CROP-La Presse, qui a enregistré à la fois une hausse significative de l\u2019appui à la souveraineté et une baisse correspondante des inten-tiops de vote pour le PQ s\u2019il en devient le chef.À première vue, un écart de 11 points entre les deux peut sembler beaucoup, mais cela n\u2019a rien d\u2019exceptionnel.En septembre dernier, alors que le PQ connaissait un sérieux creux de vague.Léger Marketing l\u2019avait évalué à 19 points.M.Péladeau pourrait toujours se réjouir que la perspective de sa victoire a permis de le réduire de 8 points, même si la comparaison entre des sondages effectués par des firmes différentes est toujours ùrisquée.M.Péladeau semble laisser entendre qu\u2019un vice quelconque dans le sondage CRQP expliquerait pourquoi l\u2019appui au PQ évolue dans Iç sens inverse de celui à la souveraineté.A moins que de plus en plus de souverainistes ne partagent l\u2019opinion de Jacques Parizeau, selon lequel le PQ n\u2019est peut-être plus le véhicule approprié.Que l\u2019écart soit de 11 ou de 19 points, il demeure que, à défaut de faire le plein des voix souverainistes, le PQ aura bien du mal à gagner des élections de façon suffisamment convaincante pour être en mesure de tenir un référendum.Même avec 44,7% du vote aux élections du 12 septembre 1994, soit un appui supérieur à celui dont bénéficiait alors le projet souverainiste, M.Parizeau avait eu toutes les difficultés à surmonter les objections de Lucien Bouchard et Bernard Landry, qui ne croyaient pas à la possibilité d\u2019un référendum gagnant.Les 30% d\u2019intentions de vote dont CRQP crédite actuellement le PQ lui permettraient au mieux de formçr un gouvernement fortement minoritaire.A 22%, la CAQ n\u2019est pas revenue tout à fait à son niveau des dernières élections, mais sa progression de 4 points depuis février lui permet d\u2019espérer que l\u2019arrivée de PKP ne provoquera pas l\u2019hémorragie qu\u2019elle appréhendait.L\u2019engagement souverainiste de M.Péladeau paraît trop absolu pour lui permettre d\u2019attirer les fédéralistes mous qui en auraient assez des libéraux.Il lui faudra donc convaincre une partie suffisante de la diaspora souverainiste de rentrer au bercail.Bien entendu, les péquistes aiment aussi le pouvoir, mais il ne leur suffit pas Le ralliement de Bernard Drainville a mis en lumière les lignes de fracture qui divisent le PQ et le mouvement souverainiste.Martine Quellet a présenté le nouveau tandem PKP-Drainville comme le clan de ceux dont la détermination à tenir un référendum est inversement proportionnelle à leur désir d\u2019exploiter le pétrole.Ce n\u2019est pas le seul clivage.M.Drainville est un progressiste, mais personne ne peut sérieusement penser qu\u2019il pourra imposer ses vues à M.Péladeau, qu\u2019il s\u2019agisse de moderniser la loi antibriseurs de grève ou encore de reporter l\u2019atteinte du déficit zéro afin de soulager les victimes de l\u2019austérité.Il a dit se retirer de la course pour contribuer à l\u2019unité du PQ, mais cela lui sera d\u2019autant plus difficile que l\u2019aile progressiste est également réfractaire à un discours identitaire dont il est lui-même devenu le symbole avec la charte de la laïcité.Quand Alexandre Cloutier a lancé qu\u2019il fallait «en revenir de l\u2019identité», il a fait écho à ce que pense une grande partie de la jeune génération, qui ne se reconnaît plus depuis longtemps dans ce qu\u2019elle perçoit comme un combat du siècle dernier.Sans parler de ceux qui ont trouvé refuge à Québec solidaire, aussi allergiques à la charte qu\u2019à la personne de PKP.Les courses à la chefferie laissent peu de séquelles au PLQ, où on brasse généralement plus de clichés que d\u2019idées.Celle qui a créé le plus d\u2019amertume est sans doute celle dont Claude Ryan est sorti vainqueur.Appelé au secours du Canada, il en avait profité pour imposer aux libéraux une gymnastique intellectuelle dont ils n\u2019avaient pas l\u2019habitude, mais il a surtout eu le tort de perdre les élections de 1981.Bien entendu, les péquistes aiment aussi le pouvoir, mais il ne leur suffit pas, ce qui complique singulièrement les choses.Le désistement de M.Drainville entraînera sans doute un changement de ton durant les trois dernières semaines de la course, mais le dernier des cinq débats officiels, qui portera sur l\u2019immigration, la laïcité et la langue, pourrait encore accentuer les divergences.Bon nombre de souverainistes étaient d\u2019accord avec M.Péladeau quand il a réclamé qu\u2019on chante en français lors d\u2019un concert à Rouyn-Noranda et quand il a présenté l\u2019afflux de nouveaux immigrants comme un obstacle à la souveraineté.Plusieurs, à l\u2019instar de Pierre Céré, s\u2019inquiètent toutefois d\u2019une dérive ethnocentriste qui ne peut que renforcer leur méfiance envers le PQ et le projet souverainiste.Concilier de façon crédible l\u2019ouverture aux « autres » et l\u2019affirmation de l\u2019identité québécoise, sans laquelle la souveraineté perd tout son sens, sera le plus grand défi du prochain chef mdavid@ledevoir.com B 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 AVRIL 2015 EDITORIAL Josée Boileau 75 ANS DE DROIT DE VOTE DES FEMMES Gagner des acquis Dès les débuts du XX® siècle, le droit de vote des femmes allait de soi, et pourtant, au Québec, il faisait tellement peur au clergé et, dans sa foulée, à bien des notables que nous avons été les derniers au Canada à l\u2019adopter.Aujourd\u2019hui, ce droit est acquis.Mais pas celui du pouvoir politique.1 y a 75 ans, l\u2019adoption du projet de loi accordant enfin le droit de vote aux femmes du Québec \u2014 elles qui l\u2019exerçaient déjà au fédéral depuis plus de 20 ans ! \u2014 n\u2019a pas été accueillie dans l\u2019enthousiasme généralisé.Le clergé, qui l\u2019avait tant combattu, était outré, bien des maris étaient inquiets que leur propre vote en soit «annulé», plusieurs femmes étaient contre, et l\u2019affaire laissait encore des tas de gens indifférents.Après tout, on était en pleine guerre et les préoccupations quotidiennes étaient d\u2019ordre économique.Alors, l\u2019avancée démocratique, hein.Ainsi va le progrès social, hier comme aujourd\u2019hui.D\u2019abord revendiqué par une minorité \u2014 et jamais au bon moment! \u2014 il avance sous les quolibets, se bute à tous les pouvoirs, oblige inlassablement une poignée de militants à revenir à la charge, et la victoire, obtenue sans tambour ni trompette, n\u2019est jamais finale.Il faut même attendre que bien des années passent pour que l\u2019importance du moment soit enfin reconnue.Mais, aujourd\u2019hui, il n\u2019y a plus de doute : ce 25 avril 1940 est bel et bien «un événement charnière», pour reprendre l\u2019expression de Marie Lavigne, historienne du mouvement des femmes, qui a également occupé différentes fonctions de direction au sein de l\u2019État québécois, dont à la tête du Conseil du statut de la femme.Charnière, parce qu\u2019il est V«aboutissement d\u2019un long combat des femmes qui a duré près d\u2019un demi-siècle», alors qu\u2019il fut achevé dès 1922 partout ailleurs au Canada, et parce qu\u2019il marque le début d\u2019une nouvelle lutte, pas terminée, celle de la place des élues, en nombre et en pouvoir.Il est de bon ton d\u2019applaudir aux progrès, mais regardons la réalité en face : tout cela est bien lent.Rappelons d\u2019abord que les Québécoises avaient déjà eu le droit de vote entre 1791 et 1849, à la même condition que celle qui prévalait pour les hommes : être propriétaire.C\u2019est le grand tabou de l\u2019histoire : les avancées cachent parfois des reculs.Le parcours des femmes est parsemé de ces retours à la case départ, souvent oubliés, et qui doivent nous prémunir contre l\u2019envie de s\u2019asseoir sur ses lauriers.Par ailleurs, il s\u2019écoulera 21 ans après le retour du droit de vote, en 1940, pour qu\u2019arrive à l\u2019Assemblée nationale une première députée; 36 ans pour que cinq femmes y siègent en même temps ; 72 ans pour y voir une première ministre.On a pourtant cru que ça y était quand Jean Charest, une fois premier ministre, a sciemment opté pour un conseil des ministres paritaire, avec des femmes aux postes-clés, puis en 2012 quand le tiers de la députation fut composée de femmes.Mais voilà, aujourd\u2019hui la proportion des députées est redescendue à 26% et le pouvoir des femmes ministres a diminué, comme l\u2019a souligné cette semaine le Conseil du statut de la femme.Le gouvernement libéral a beau s\u2019en défendre, le premier cercle de Philippe Couillard est composé d\u2019hommes forts.Ce cas n\u2019est pas isolé : le même commentaire s\u2019applique, et depuis ses débuts, au gouvernement conservateur de Stephen Harper à Ottawa.Il est vrai que, au-delà du dénombrement, l\u2019obtention du droit de vote aura puissamment contribué à faire prendre conscience aux femmes de leur droit à l\u2019espace public.Jumelée à leur participation croissante au marché du travail, cette fenêtre qui s\u2019ouvrait sur la Cité était pour elles une bouffée d\u2019air.« C\u2019était la fin de la soumission !», s\u2019exclame Jeannine Dumouchel, 93 ans, dans l\u2019un des témoignages recueillis par la Gazette des femmes à l\u2019occasion de cet anniversaire.Enfin, pas totalement.Pendant encore quelques années, les femmes mariées seront inscrites sur les listes électorales sous le nom de leur mari, auquel est jointe l\u2019identification « madame » ! Les «madames» ont fini par exister par elles-mêmes.Pourtant, la condescendance masculine n\u2019est pas complètement disparue dans les cercles de pouvoir, particulièrement en politique (ô qu\u2019on n\u2019a pas aimé que Martine Ouellet le souligne cette semaine !).Le regard jeté sur les Angela Merkel, Hillary Clinton, Pauline Marois de ce monde reste d\u2019ailleurs teinté d\u2019incongruité.S\u2019étonnera-t-on que les femmes ne se bousculent toujours pas pour diriger des partis ou pour fonder le leur?Réjouissons-nous : le vote des femmes est un acquis.Mais gardons-nous de croire que leur place, elle, l\u2019est.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET T>*0M(\\p IchATX?, OTtAwA fA»T APPr*-.LETTRES Système scolaire nouveau L\u2019annonce du ministre de l\u2019Éducation, François Blais, d\u2019éliminer les élections scolaires a provoqué une vive réaction de la part de l\u2019Association des commissions scolaires anglophones du Québec (AC-SAQ) David D\u2019Aoust, président de l\u2019AC-SAQ, a indiqué que la communauté anglophone était prête à défendre ses droits devant la Cour suprême du Canada.Pas toute la communauté,anglophone.Revenons un peu en arrière.A titre de candidat au poste de président de la Commission scolaire Lester-B .-Pearson lors des élections tenues en novembre dernier, je proposais dans mon programme électoral la suppression de l\u2019ACSAQ.Cette mesure représenterait des économies de 200 000$ par année et de 1 000 000$ si toutes les commissions scolaires anglophones décidaient d\u2019abandonner l\u2019ACSAQ.J\u2019ai demandé aux électeurs de «penser aux salles de classe et non aux salles de conseil» et A'«encourager les conseils d\u2019établissement et non les commissions scolaires».Le premier ministre, Philippe Couillard, a déclaré que l\u2019éducation sera une priorité en 2015.Il a dit vouloir améliorer le système d\u2019éducation et donner plus de liberté aux écoles, aux professeurs et aux parents, au niveau local.Qu\u2019y a-t-il de mal à cela?De plus, M.Blais a reconnu le statut protégé de la minorité anglophone et s\u2019est dit prêt à trouver un modèle de gouver- nance qui respecte les droits constitutionnels.Une position très raisonnable.La tentative, de contestation du plan du ministre de l\u2019Éducation devant la Cour suprême du Canada sera une démarche longue et coûteuse, à laquelle s\u2019opposeront certainement les contribuables.La taxe scolaire, prélevée sur les précieux deniers des contribuables, ne devrait pas être utilisée pour contester devant les tribunaux la suppression des élections scolaires voulue par Québec.Le gouvernement Couillard est sur la bonne voie.La communauté anglophone devrait appuyer les initiatives qui visent à moderniser et à démocratiser notre système d\u2019éducation.Chris Eustace Pierrefonds, le 23 avril 2015 100 ans de déni Ayntab.1915.Un petit garçon d\u2019à peine 6 ans court à travers les forêts et les champs pour informer les villages voisins des déportations et des massacres.Ce garçon, c\u2019est mon grand-père paternel, Sarkis Karamanoukian.Il courait vite.Très vite.On l\u2019avait d\u2019ailleurs recruté comme messager pour cette raison.Cette anecdote m\u2019a toujours fascinée, mais c\u2019est tout ce que j\u2019en sais, car mon grand-père a préféré enterrer avec lui les détails de cette mémoire douloureuse.L\u2019entrée en guerre de l\u2019Empire ottoman en 1914 avait permis aux mili- taires turcs de réquisitionner des paysans arméniens pour leur enlever leurs réserves de nourriture.Le 24 avril 1915, un ordre fut également lancé par le ministère de l\u2019Intérieur d\u2019arrêter tous les dirigeants politiques et communautaires arméniens.C\u2019était le début d\u2019un génocide préparé d\u2019une façon systématique qui allait anéantir les espoirs de 1,5 million d\u2019Arméniens.Avec sa famille, mon grand-père a pu se réfugier à Alep, en Syrie.Ils avaient réussi à traverser le désert Der-el-Zor, comme r,ont fait aussi quelque 500 000 Arméniens.A la fin de la guerre, l\u2019Anatolie orientale s\u2019était vidée de sa population arménienne initiale d\u2019environ deux millions.Avec le temps, les autorités turques ont tout mis en œuvre pom islamiser les églises, les centres culturels et les monuments arméniens.Nous commémorions hier le centenaire de ce génocide, nié par le gouvernement turc.En niant, ce dernier reconstruit la mémoire et l\u2019histoire.Il essaie même de diminuer la conscience publique à propos du génocide arménien en changeant les faits et en effaçant de la surface du territoire turc l\u2019existence des Arméniens.Cent ans plus tard, souvenons-nous des victimes innocentes de 1915 et exigeons la reconnaissance du génocide arménien.Myrna Karamanoukian Chercheuse indépendante, rédactrice et communicatrice Montréal, le 24 avril 2015 Revue de presse Un budget équilibré.au péril de l\u2019équilibre BRIAN MYLES Le premier budget du nouveau ministre des Einances, Joe Oliver, avait un je-ne-sais-quoi de prévisible.Les commentateurs annonçaient depuis un bon moment un budget électoraliste, tourné vers le rendez-vous de l\u2019automne prochain.Ils ont vu juste.Le Toronto Star sonne la charge en éditorial.Le quotidien attribue la note A au ministre Oliver pour sa constance : il est allé de l\u2019avant «avec toutes les mauvaises idées» avancées par les conservateurs dans les six derniers mois.M.Oliver a présenté un budget équilibré.au péril de l\u2019équilibre.Le surplus anticipé est «mince comme une lame de rasoir».Ce coussin de 1,4 milliard représente à peine un demi pour cent du budget total de 289 milliards.Le budget contient des mesures qui seront certes populaires auprès de segments-clés de l\u2019électorat (fractionnement du revenu, hausse des contributions au CELI, etc.), mais il ne profitera pas à la majorité des Canadiens, juge le Star.Les conservateurs négligent le taux de chômage élevé chez les jeunes et le financement de services de garde abordables.A long terme, le budget sera néfaste pour les finances publiques.Selon le Star, les partis d\u2019opposition se retrouvent dans une situation difficile.Soit ils proposent l\u2019annulation des mesures favorisant les mieux nantis, au risque de s\u2019aliéner une partie importante de l\u2019électorat, soit ils suggèrent d\u2019impopulaires hausses de taxes pour financer leurs propres engagements.En ce sens, le budget atteint son but, soit mettre les conservateurs en bonne position à la veille des élections.Incohérences Le Globe and Mail, quotidien de référence en matière d\u2019économie, partage l\u2019analyse du Star.«C\u2019est un budget.C\u2019est un programme électoral.C\u2019est un débat sur la nature du gouvernement, son rôle et sa taille», constate le Globe en éditorial.Et, enfin, c\u2019est «un méli-mélo d\u2019incohérences».Joe Oliver peut bien se targuer d\u2019avoir présenté un budget équilibré, avec des économies de 37 milliards pour les familles et les particuliers.«Mais l\u2019histoire complète est autrement plus complexe.» Les conservateurs d\u2019antan visaient à simplifier les tables d\u2019imposition.Ceux d\u2019aujourd\u2019hui s\u2019attellent à favoriser des catégories d\u2019électeurs, tout en pénalisant les autres.«Le gouvernement Harper veut réduire la taille du gouvernement, conclut le Globe.Il dépense moins d\u2019une manière traditionnelle, par le financement de projets ou de programmes, et davantage par des crédits d\u2019impôt aux particuliers, aux entreprises et pour certaines activités.» Les électeurs canadiens apprécient plutôt la formule.A moins que les partis d\u2019opposition ne développent une vision cohérente pour faire les choses autrement, ils devront se résoudre à accepter «quatre autres années d\u2019un gouvernement conservateur».Oliver a ses fans Le ministre Oliver trouve ses principaux supporters au National Post.Le chroniqueur Terence Corcoran dénonce «l\u2019opposition et la meute médiatique», qu\u2019il accuse de mener «une guerre idéologique» contre le compte d\u2019épargne libre d\u2019impôt (CELI), dont le plafond est passé de 5000$ à 10 000$.Selon les estimations du directeur parlementaire du budget, le CELI nouveau privera le gouvernement de recettes de 1,3 milliard par an et de 26 milliards (en dollars constants) d\u2019ici 2080.«Laissons la petite fille du premier ministre Harper résoudre ce problème», a dit le ministre Oliver, suscitant l\u2019indignation du PLC et du NPD.Et alors?, demande Corcoran, qui ne croit pas une seconde à l\u2019apocalypse fiscale prédite par le directeur parlementaire du budget.Le seul problème dans cette histoire, c\u2019est l\u2019entêtement de la gauche nationale à maintenir les taxes élevées, tranche-t-il.Dans une deuxième chronique, Corcoran louange le ministre Oliver pour l\u2019atteinte de l\u2019équilibre budgétaire.Son collègue, Andrew Coyne est beaucoup moins emballé.A la veille d\u2019une élection, tous les partis présentent un budget électoraliste, note-t-il.Il n\u2019y a donc pas lieu de crier au scandale.D\u2019un budget à l\u2019autre, les conservateurs ont fait preuve d\u2019une grande discipline dans le contrôle des dépenses, tout en réduisant les im- pôts des entreprises.Le chroniqueur ne demande pas mieux.«C\u2019est la tendance qui compte, et la tendance est de transformer des déficits en surplus et de réduire de manière constante le ratio de la dette en proportion du PIB», écrit-il.Coyne garde sa distance critique, en soulignant que les conservateurs augmenteront les dépenses publiques de 3,4% pour 2015 et de 4,2% en 2016.Les conservateurs ne proposent donc pas une cure minceur pour l\u2019État, mais plutôt «un gros gouvernement qui vit à la hauteur de ses moyens».Encore un effort Supporter indéfectible du gouvernement Harper, le Calgary Sun reste aussi sur sa faim.Les conservateurs ont abaissé le fardeau fiscal des Canadiens pendant six années consécutives.Depuis 2006, ils ont introduit pas moins de 180 mesures d\u2019apaisement fiscal.«Le fardeau fiscal est à son plus bas depuis 50 ans», observe le Sun.«Nous sommes certainement heureux du résultat, et vous devriez l\u2019être aussi», note le quotidien de Calgary en éditorial.Mais il y a un mais.L\u2019administration des nouveaux crédits d\u2019impôt entraînera une augmentation «de la paperasse et de la bureaucratie».Pour le Sun, la solution la plus simple est d\u2019éliminer tous ces crédits d\u2019impôt et de simplifier plutôt les tables d\u2019imposition.Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 AVRIL 2015 B 5 IDEES ËM JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Grâce à l\u2019audace et à la persévérance de celles qui ont lutté pour son obtention, les Québécoises ont pu exercer leur droit de vote aux élections de 1944.75E ANNIVERSAIRE DU VOTE DES EEMMES Poursuivons cette marche vers l\u2019avant Les femmes demeurent minoritaires au Parlement, peinant à constituer le tiers de la Chambre FRANÇOISE DAVID Députée de Gouin MARYSE GAUDREAULT Députée de Hull MARIE MONTPETIT Députée de Crémazie CAROLE POIRIER Députée d\u2019Hochelaga-Maisonneuve CHANTAL SOUCY Députée de Saint-Hyacinthe Membres du comité restreint du Cercle des femmes parlementaires de l\u2019Assemblée nationale du Québec e 25 avril 1940, les Québécoises remportaient une grande victoire avec la sanction de la Loi accordant aux femmes le droit de vote et d\u2019éligibilité.Grâce à l\u2019audace et à la persévérance de celles qui ont lutté pour son obtention, les Québécoises ont pu exercer leur droit de vote aux élections générales provinciales en 1944.En juillet 1947, Mae Leehy Q\u2019Connor fut la première femme à soumettre sa candidature.C\u2019est en décembre 1961 qu\u2019une première députée, Marie-Claire Kirkland, fut élue au Parlement.Celle-ci fut également nommée au Conseil des ministres en 1962.Pendant quatre décennies, la présence féminine à l\u2019Assemblée nationale et au sein du Conseil exécutif marqua des progrès majeurs.En septembre 2012, un nouveau jalon historique fut posé avec l\u2019élection de Pauline Marois au poste de première ministre du Québec.Les noms de ces pionnières sont désormais entrés dans l\u2019histoire.Qr elles ne sont pas seules.Derrière ces figures connues, des milliers de femmes ont participé et participent toujours au développement du Québec.Qu\u2019elles soient engagées dans leurs communautés, mem- bres de regroupements, candidates ou élues, elles contribuent, par leur engagement et leur prise de parole publique, à la vitalité de notre société.Génération après génération, elles parlent avec cœur et conviction d\u2019éducation, de culture, de droits de la persorme, d\u2019envirormement, de famille, d\u2019immigration, d\u2019économie, de technologies, de santé, de développement du territoire.Dans tous les domaines, elles expriment leurs préoccupations, leurs opinions et leurs visions en tant que citoyennes à part entière.En investissant les institutions politiques, les Québécoises n\u2019ont pas seulement gagné l\u2019autonomie juridique, des mesures de soutien à la famille, une loi sur l\u2019équité salariale ou une politique d\u2019égalité entre les femmes et les hommes.Elles ont aussi gagné confiance en elles et en leur compétence.Elles ont pris conscience de leur valeur et de la nécessité de leur présence dans l\u2019espace public.Soixante-quinze ans après l\u2019obtention du droit de vote et d\u2019éligibilité, de nombreux défis restent cependant à relever.Divers obstacles systémiques nuisent encore au plein engagement des Québécoises dans les lieux de pouvoir.Le plafond de verre est plus visible que jamais.Le nombre de députées de l\u2019Assemblée nationale en témoigne : malgré le fait qu\u2019elles représentent la moitié de la population, les femmes demeurent minoritaires au Parlement, peinant à constituer le tiers de la Chambre.Elles se heurtent à des écueils semblables sur le plan des candidatures, de la politique municipale et, plus généralement, des postes décisionnels.De la socialisation politique aux fonctions électives, plusieurs analyses et actions sont proposées en vue d\u2019une meilleure représentation des femmes au Québec.S\u2019il est nécessaire d\u2019agir en amont pour favoriser une égalité de fait dans la sphère politique, celles qui accèdent aux lieux de pouvoir ont également le souci de promouvoir cette valeur dans leur environnement.C\u2019est pourquoi le Cercle des Des obstacles systémiques nuisent encore au plein engagement des Québécoises dans les lieux de pouvoir femmes parlementaires, un espace de réflexion et d\u2019échanges non partisan au cœur de l\u2019Assemblée nationale, a été fondé en 2010.Celui-ci vise à outiller les députées dans l\u2019exercice de leur mandat, devant la complexité des enjeux affectant spécifiquement les femmes d\u2019ici et d\u2019ailleurs.Dans un esprit de collégialité, nous échangeons sur des questions d\u2019actualité telles que la prostitution, les conditions de vie des femmes autochtones et l\u2019exploitation sexuelle.Nous tissons des liens avec nos homonymes des autres parlements pour mieux nous faire entendre et intervenir dans la sphère publique sur des enjeux communs.Conscientes des luttes de nos précurseures, nous faisons écho aux moments marquants de l\u2019histoire des femmes et du féminisme au Québec.Nous n\u2019hésitons pas à porter conjointement nos préoccupations devant la Chambre, au-delà de tout clivage partisan.En témoignent le vibrant hommage rendu en décembre çlernier aux victimes de la tuerie à l\u2019Ecole polytechnique ou la récente signature du Protocole de solidarité entre le Cercle des femmes parlementaires et les élues de l\u2019Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador.Nous, députées de l\u2019Assemblée nationale, relayons la voix des femmes au sein du Parlement.Qr nous ne sommes pas seules.Nous sommes entourées d\u2019hommes qui soutiennent les mêmes idéaux, convaincus eux aussi de la force décuplée d\u2019une société égalitaire.Nous prenons appui sur toutes les Québécoises et tous les Québécois qui défendent des valeurs d\u2019égalité et de respect entre les sexes.Le 25 avril 1940, le Québec tout entier remportait une grande victoire avec la sanction de la Loi accordant aux femmes le droit de vote et d\u2019éligibilité.Le chemin parcouru au cours des dernières décennies témoigne de l\u2019importance d\u2019une pleine reconnaissance des droits des femmes pour notre société.Poursuivons cette marche vers l\u2019avant, toutes et tous ensemble.La mixité égalitaire, un objectif, une \\ * Le Québec doit se doter, à l\u2019aide d\u2019une loi-cadre, d\u2019une vision égalitaire impérative ELAINE HEMOND Consultante, cofondatrice du Centre de développement femmes et gouvernance U Québec comme ailleurs, le pouvoir est la clé ,de voûte de l\u2019égalité homme-femme.A l\u2019occasion du 75® anniversaire du droit de vote et d\u2019éligibilité des femmes, le 16 avril, une cinquantaine de personnes ont pris conscience que l\u2019égalité entre les hommes et les femmes demeurera très fragile tant qu\u2019une clé n\u2019aura pas bouclé l\u2019ouvrage.Laquelle ?Celle de la mixité égalitaire, un concept qui suggère que le Québec se dote, à l\u2019aide d\u2019une loi-cadre, d\u2019une vision égalitaire incontournable, intégrée et transversale de la gouvernance.Invités à la Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale par sa vice-présidente, M\u201c® Maryse Gaudreault, une cinquantaine de femmes et quelques hommes ont admis qu\u2019une réelle mixité était maintenant indispensable partout où se décide l\u2019avenir de la société.La mixité dont ils parlent est égalitaire.La masse critique de 30%, longtemps présentée comme le seuil de représentation permettant aux femmes d\u2019être entendues, est contestée.Qn sait maintenant que c\u2019est seulement à partir de 40% de présence qu\u2019un groupe peut prétendre influencer l\u2019ordre du jour d\u2019une instance.Lors de cette conférence, l\u2019écrivaine Pascale Navarro a rappelé que le Québec, contrairement à une centaine de pays du monde, ne s\u2019est donné ni mesure ni stratégie pour soutenir la participation des femmes aux instances décisionnelles, politiques, économiques et autres.Avec cette logique du laisser-faire, on remet sur les épaules des femmes le fardeau de la concrétisation de leur égalité.J\u2019ai pour ma part présenté le concept de la mixité égalitaire que je développe depuis une dizaine d\u2019années au Québec et en Afrique, où j\u2019ai accompagné des aspirantes candidates et des candidates vers l\u2019engagement démocratique.Ma foi en une parité qui serait atteinte par petits pas s\u2019est émoussée quand j\u2019ai pris la mesure des défis que les élues avaient à rele- ver au sein d\u2019instances toujours à majorité masculine.Une fois qu\u2019elles sont élues, j\u2019en ai trop vu intégrer allègrement le modus vivendi masculin de la gouvernance et, souvent, se contenter de jouer les faire-valoir.Là n\u2019était pas leur motivation.Avec la mixité égalitaire, les organismes politiques, pubjics et privés bénéficiant du financement de l\u2019État se doteraient d\u2019instances décisionnelles formées d\u2019hommes et de femmes, dans une proportion de 40% de femmes.Si la formule n\u2019assure pas automatiquement la parité, elle en est fortement porteuse.Je n\u2019ai pas la prétention de proposer une solution miracle, mais, à travers des rencontres dans différents milieux, je m\u2019attelle actuellement à raffiner le concept, voire à le modifier, pour le rendre plus applicable.La démocratie n\u2019est pas figée.Elle n\u2019a, au fil des siècles, cessé d\u2019évoluer autour de l\u2019objectif d\u2019une plus grande justice citoyenne.Le Québec, perçu jusqu\u2019à récemment comme avant-gardiste en matière d\u2019égalité, a une belle occasion de se démarquer par sa créativité démocratique.Le travail David Desjardins Cy était dans un souper littéraire, l\u2019autre soir, au restaurant Le Pied bleu, avec Jean-Jacques Pelletier.Nous y éfions invités à parler travail, devant public.Était-ce avant que ça commence, pendant que nous discutions entre nous?Qu peut-être pendant la rencontre, organisée par la bande Rhizome, à Québec?Toujours est-U qu\u2019est revenue la question de l\u2019efficacité comparée de la fiction et de la chronique afin de rendre compte du monde.Dans ces cas, je plaide toujours en faveur de la fiction.Surtout parce qu\u2019elle parvient, le plus souvent, à parler de choses épouvantables avec une immersion dans l\u2019âme des personnages qui nous empêche de détourner le regard.Mais aussi, et c\u2019est plus subtil, en témoignant de minuscules drames, tout à fait banals, donnant l\u2019impression de ne pas y toucher.Exemple du genre : On ne joue pas avec la mort, d\u2019Émily St.John Mandell, que ma blonde m\u2019a mis dans les mains l\u2019autre jour.Un polar pas exactement conventionnel.Une histoire d\u2019immigration clandestine, de faux documents, au rjAhme lent et au développement vaporeux.Roman doucement oppressant où l\u2019auteure, l\u2019air de rien, fait beaucoup le procès du monde du travail mqderne, qu\u2019elle décrit comme une aliénation.A la brutalité des usines d\u2019autrefois, elle substitue la violence psychologique de la répétition, de l\u2019ennui, des rapports humains forcés de la vie de bureau.Qn parle de bonheur, de qualité de vie, de ces millions de choses qu\u2019il faut pour être heureux, mais on ne dit pas assez que, pour une multitude d\u2019individus, le travail est une horreur.Ce qui explique beaucoup la colère ambiante.Ce qui explique tellement d\u2019incivilités.Ce qui motive tous les gens à la recherche de combines pour faire de l\u2019argent rapide.Ça va de la loterie au crime.N\u2019importe quoi pour enfin s\u2019évader.«Les travailleurs sont des corps vides, leurs esprits serviles accablés par la peur», écrivait Charles Bukoswki dans une lettre envoyée à son éditeur, qui l\u2019avait délivré du monde du travail, le payant pour écrire à temps plein.Dans Post Office, mais peut-être mieux encore dans Factotum, il raconte sa vie misérable à errer d\u2019un emploi merdique à l\u2019autre.Dans un entrepôt de vêtements pour femmes.Dans une usine de montage de vélos.J\u2019ai fait ça, une fois.Dans une immense boîte de métal, sous les néons, des jours entiers, avec un vieux qui racontait les histoires de cul les plus sordides et un pauvre gars qui souffrait du syndrome de La Tourette et hurlait à tout bout de champ, ses cris rebondissant sur la tôle des murs de notre geôle avec rémunération.J\u2019ai aussi empilé des boîtes, vidé des cendriers, fait de la bouffe dégueulasse, lavé de la vaisselle, transporté des sacs de golf, vendu des chaussures, de la bière, fait jouer de la musique dans un bar de danseuses, préparé des cocktails dans des fêtes privées, conduit des tracteurs, vendu des plantes, vidé des camions et déchargé des palettes de tourbe.J\u2019ai critiqué des albums de Boom Desjardins en faisant semblant d\u2019être objectif.C\u2019était toujours temporaire, de petits boulots transitoires, en route vers celui-ci, que j\u2019adore.Mais qu\u2019advient-il de ceux qui n\u2019ont pas cette chance?Quand parle-t-on de l\u2019esclavage normal de la multitude qui n\u2019a d\u2019autre choix que de se soumettre à l\u2019agonie quotidienne des jobs de marde?Dans On ne joue pas avec la mort, un enfant demande à sa mère : - Tu m\u2019as dit qu\u2019on avait toujours le choix de ce qu\u2019on veut faire dans la vie.Mais qui veut vraiment devenir éboueur ?Boulot que l\u2019alter ego de Bukowski refuse dans Factotum.- C\u2019est un travail de quarante heures par semaine, avec beaucoup de sécurité.Vous êtes trop bien pour ce travail?, plaide le commis du centre d\u2019emploi.- S\u2019il est si extraordinaire ton boulot, alors prends-le et je prends le tien, rétorque Chinaski.Qn n\u2019est plus tout à fait dans la fiction chez Bukowski, du moins pas ici.Mais dans la littérature, ça c\u2019est sûr.Dans ce qu\u2019elle parvient à dire de plus vrai, comme l\u2019horreur ordinaire du travail à reculons, et la colère de ceux qu\u2019on y condamne, et qu\u2019on méprise s\u2019ils osent réclamer un peu mieux et ne vivent que pour le vendredi soir.C\u2019est la vie, dites-vous ?Mais si ton quotidien, c\u2019est de remplir des conteneurs de déchets de construction, de visser le même écrou sur le même boulon, de te faire chier par une supervi-seure trop zélée, de t\u2019endormir sur des documents soporifiques, est-ce que ça se peut que ça soit pas une vie ?Ne vous étonnez pas trop que tant de gens écoutent des radios de merde, soient en furie sans comprendre pourquoi, votent pour des gouvernements de crétins, qu\u2019ils achètent les disques des concurrents de La voix et toutes les merdes qu\u2019on leur fourgue, et qu\u2019ils «dance, drink and screw, because there\u2019s nothing else to do», comme chantait Pulp, dans Common People.Car, si le travail est souvent une condition du bonheur, il est aussi celle d\u2019un malheur socialement acceptable.ddesjardins@ledevoir.com L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagne (adjoints a la direction de l\u2019information), Antome Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, 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Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bosse, Marlene Côte, Evelyne De Varennes, Amel Ehmam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte (avis legaux), Amehe Maltais (coordonnatrice), Laurence Hemond (secretaire) PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Monn et Nathahe Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Genevieve O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service a la clientèle), Manon Blanchette, Mane-Lune Houde-Bnsebois, Nathahe Eihon et Kevin McKissock ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Behveau (adjointe administrative), Elorentina Draghici et Xavier Pigeon (par interim) ^ B 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 AVRIL 2015 SCIENCE / /'f Chauves-souris menacées M B FENTON Depuis 2010, les populations québécoises de chauves-souris qui hibernent dans les grottes et les mines abandonnées sont décimées par le syndrome du museau blanc, une maladie fongique qui continue de se propager à travers le nord-est de l\u2019Amérique du Nord.Les spécialistes s\u2019inquiètent et cherchent à sensibiliser le public aux diverses menaces qui pèsent sur ce petit mammifère volant.PAULINE GRAVEL Plusieurs les craignent ou en ont horreur.Certains croient qu\u2019elles transmettent la rage et qu\u2019elles s\u2019attaquent aux humains pour en aspirer le sang.«Il est vraiment injuste de traiter les chauves-souris de la sorte, alors qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un des animaux les plus bénéfiques pour les humains», s\u2019insurge Rodrigo Medellin, grand spécialiste des chauves-souris à l\u2019Université nationale autonome de Mexico.M.Medellin était de passage à Montréal récemment pour présenter un documentaire réalisé par la BBC sur ses recherches et ses démarches visant à protéger les chauves-souris de son pays.Ces petits mammifères volants ont besoin de notre aide pour surmonter les menaces qui planent sur eux, plaide-t-il.Et ces menaces sont particulièrement graves dans le nord-est de l\u2019Amérique du Nord.Museaux blancs C\u2019est en février, 2006, dans une caverne de l\u2019État de New York, qu\u2019a été observé pour la première fois en Amérique du Nord le syndrome du museau blanc sur des chauves-souris en hibernation.Depuis cet hi-ver-là, la maladie s\u2019est rapidement propag,ée à travers le nord-est des États-Unis et du Canada.Elle est açtuellement présente dans 25 États américains et dans cinq provinces canadiennes, soit le Québec, l\u2019Ontario, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelje-Écosse et l\u2019Ile-du-Prince-Édouard, où elle a tué plus de six millions de chauves-souris à ce jour.Le syndrome du museau blanc affecte plus sérieusement les espèces qui hibernent, car il est causé par un champignon microscopique (Geomyces destructans) provenant de l\u2019Europe qui prospère dans des milieux froids et humides comme les cavernes et les mines abandonnées, où les chauves-souris trouvent refuge pour leur hibernation.Les spores blanches du champignon attaquent principalement les parties dépourvues de poil de l\u2019animal, comme le museau, les pattes et les ailes, où elles provoquent des démangeaisons qui réveillent les chauves-souris en hibernation.Or, chaque fois que la chauve-souris sort de sa torpeur, elle dépense une grande quantité d\u2019énergie pour réactiver son métabolisme et notamment hausser sa température corporelle, qui doit passer de 3 à 32 degrés Celsius.« Si elle est réveillée trop souvent durant les 200 jours que dure habituellement son hibernation, elle risque d\u2019épuiser ses réserves de graisse avant l\u2019arrivée du printemps et de périr.C\u2019est ainsi qu\u2019on retrouve les chauves-souris mortes sur le sol des grottes.Et c\u2019est l\u2019hécatombe.On les ramasse à la pelle au printemps!», raconte le biologiste Michel Delorme, ancien gestionnaire des collections vivantes et de la recherche au Biodôme de Montréal.M.Delorme a suivi pendant une bonne dizaine d\u2019années une grosse colonie de maternité comptant plus de 1500 petites chauves-souris brunes au Domaine Joly-De Lotbinière, près du pont de Québec.Qr il n\u2019a dénombré que 45 individus Le syndrome du museau blanc affecte plus sérieusement les espèces qui hibernent, car il est causé par un champignon microscopique au sein de cette même colonie l\u2019an dernier.Au Québec, ce sont la petite chauve-souris brune, la chauve-souris nordique et la pipistrelle de l\u2019Est, trois espèces cavernicoles, qui sont plus les affectées par cette infection fongique.Selon le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (CQ-SEPAC), ces trois espèces sont en «déclin catastrophique».La grande chauve-souris brune souffre aussi du syndrome du museau blanc, mais sa constitution plus robuste lui permet de supporter un peu mieux la maladie.«En se basant sur les données de surveillance des hibernacles [sites d\u2019hibernation], nous pouvons affirmer que le déclin des popu- lations de petites chauves-souris brunes et de chauves-souris nordiques est supérieur à 94 %.En ce qui concerne la grande chauve-souris brune, nous considérons que le déclin est de 30 à 40%», précise la biologiste Nathalie Desrosiers, coordonnatrice provinciale des dossiers concernant les chauves-souris au ministère des Eorêts, de la Eaune et des Parcs du Québec (MPPP).«En Europe, les chauves-souris semblent avoir développé une résistance à la maladie, ce qui indique qu\u2019elles ont souffert de cette infection depuis très longtemps », ajoute Rodrigo Medellin.Mais, en Amérique du Nord, les chauves-souris semblent encore très vulnérables au champignon, et le seul moyen d\u2019endi^er la propagation est «d\u2019éviter de visiter les lieux fréquentés par les chauves-souris dans les régions où la présence du syndrome a été confirmée, et de prendre des mesures de décontamination appropriées avant et après chaque visite effectuée dans les régions à statut inconnu ou incertain», recommande le MPPP.Menace éolienne Les parcs d\u2019éoliennes sont responsables de la mort de nombreux oiseaux de proie mais aussi d\u2019une multitude de chauves-souris.Qn estime que de 600000 à 900000 chauves-souris soqt fauchées chaque année aux États-Unis par les éoliennes.Certaines sont frappées par les pales, tandis que d\u2019autres succombent à une hémorragie interne provoquée par la différence de pression existant à proximité de ces moulins à vent.«Heureusement, on peut prévenir cette hécatombe en reprogrammant la mise en action des turbines, afin qu\u2019elles ne démarrent pas au moment où les chauves-souris sont les plus actives, soit lorsque la vitesse du vent tourne autour de 6 mètres/seconde.De toute façon, on produit très peu d\u2019énergie à cette vitesse, explique Rodrigo Medellin.Quand la vitesse du vent excède les 6m/s, les insectes sont beaucoup moins nombreux, voire absents, et il en va ainsi des chauves-souris.Nous demandons à l\u2019industrie éolienne d\u2019éteindre les turbines quand la vitesse du vent approche les 6m/s.En respectant cette recommandation, on pourrait éviter la mort de 70 à 90% des chauves-souris qui sont actuellement tuées par les éoliennes.» Un autre moyen de prévenir FREDERICK LELIEVRE Une petite chauve-souris brune atteinte du syndrome du museau blanc.Des taches sont visibles sur ses pattes, ses ailes et son museau.la mortalité des chauves-souris consiste à installer au sommet de chaque turbine un haut-parleur émettant des sons de haute fréquence qui désorientent les chauves-souris en perturbant leur système d\u2019écholocation, qui devient alors inutilisable.«Cette installation a pour effet d\u2019éloigner les chauves-souris, qui ont ainsi la vie sauve.Cette stratégie a été adoptée par la plupart des membres de l\u2019Association canadienne de l\u2019énergie éolienne», salue M.Medellin.Perte d\u2019habitat Au Québec comme ailleurs, les chauves-souris perdent régulièrement des habitats qui leur étaient propices.«Les gens qui expulsent les maternités de chauves-souris qui ont trouvé refuge dans le grenier ou l\u2019entretoit de leur maison durant la période estivale, soit au moment où les petits sont encore auprès de leur mère, peuvent entraîner des mortalités massives, prévient M\u201c® Desrosiers, du MPPP.Il est préférable d\u2019attendre qu\u2019elles partent d\u2019elles-mêmes à l\u2019automne et alors aller boucher les ouvertures.» Les grandes coupes forestières et l\u2019élimination des arbres morts (chicots), qui constituent de bons gîtes de repos et de mise bas, dans le cadre de développements résidentiels en banlieue des villes, constituent une autre menace pour la survie de ces petits mammifères inoffensifs, voire bénéfiques.Bénéfices En consommant des quantités phénoménales d\u2019insectes.Huit espèces québécoises Parmi les 970 espèces de chauves-souris qui existent à travers le monde, huit vivent au Québec.Toutes les espèces québécoises sont insectivores et, pour assurer leur survie durant l\u2019hiver, une saison marquée par l\u2019absence d\u2019insectes, trois espèces migrent vers le Sud et les cinq autres entrent en hibernation.Espèces migratrices : chauve-souris rousse (Lasiurus borealis), chauve-souris cendrée {Lasiurus cinereus), chauve-souris argentée (Lasionycteris noctivagans) Espèces hibernantes : petite chauve- souris brune (Myotis lucifugus), chauve-souris nordique {Myotis septentrionalis, chauve-souris pygmée {Myotis leibit), pipistrelle de l\u2019Est {Perimyotis subflavus), ^ande Chauve-souris brune {Eptesicus fuscus) Espèces menacées : selon le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (CQSEPAC), la petite chauve-souris brune, la chauve-souris nordique et la pipistrelle de l\u2019Est sont «en voie de disparition » au Canada.Hibernation C\u2019est dès le mois d\u2019octobre, après avoir emmagasiné une réserve de graisse pouvant atteindre jusqu\u2019à 30 % de leur poids, que les chauves-souris entrent en hibernation dans une grotte ou une mine désaffectée où régnent une humidité élevée et une température légèrement au-dessus du point de congélation.Elles abaissent leur température corporelle (à entre 3 °C et 6 °C) et leurs rythmes respiratoire et cardiaque (à 25 battements/minute) à un niveau minimum leur permettant de rester en vie tout en consommant le moins d\u2019énergie possible.Suspendues la tête en bas, elles demeurent dans cet état de torpeur pendant près de 200 jours, ne se réveillant qu\u2019une fois par mois pour boire et déféquer.les chauves-souris contribuent en effet à diminuer les dommages causés par certaines espèces nuisibles à l\u2019agriculture (notamment aux cultures de maïs et de coton) et à la foresterie.«Les Etats-Unis ont évalué à plusieurs milliards les pertes économiques associées au syndrome du museau blanc, car les agriculteurs sont désormais obligés d\u2019épandre davantage d\u2019insecticides, ce qui augmente leurs coûts de production», fait remarquer M.Michel Delorme.Les chauves-souris diminuent aussi les risques de contracter des maladies transmises par des insectes, comme le virus du Nil, ajoute M.Medellin, qui souligne par ailleurs le rôle indispensable des chauves-souris qui s\u2019alimentent de nectar de fleur ou de fruit.«Dans les pays tropicaux comme le Mexique, de nombreuses chauves-souris mangent des fruits et dispersent ainsi les graines de plusieurs espèces végétales importantes économiquement.Le rétablissement des forêts tropicales dépend en majeure partie de la dispersion des graines par les chauves-souris.La nuit, les chauves-souris sont beaucoup plus nombreuses que les oiseaux et dispersent ainsi beaucoup plus de graines que les oiseaux.Elles dispersent entre trois et cinq graines par mètre carré chaque nuit, alors que les oiseaux en dispersent entre une et deux par mètre carré par jour.» Rodrigo Medellin croit fermement en l\u2019importance de sensibiliser le public aux bienfaits des chauves-souris.Cette démarche est essentielle pour assurer leur survie, dit-il, en précisant que seulement 1 % des chauves-souris seraient porteuses du virus de la rage.Même si la prudence est de mise, le risque demeure néanmoins minime, fait-il valoir.M\u201c® Desrosiers recommande toutefois, après tout contact avec une chauve-souris, de laver immédiatement la peau exposée durant 10 à 15 minutes, avec de l\u2019eau et du savon, et de communiquer rapidement avec Info-santé au 811.Le Devoir Réseau québécois d\u2019inventaires acoustiques de chauves-souris Le Réseau a été mis en place en 2000 dans le but de mieux connaître les populations de chauves-souris du Québec.Il comprend 16 parcours d\u2019écoute dans 16 réglons du Québec.Ces parcours forment une boucle de 20 km qui passe habituellement près d\u2019un plan d\u2019eau, d\u2019un milieu boisé ou d\u2019une zone où subsistent des arbres morts dans lesquels les chauves-souris se réfugient.« On privilégie aussi les secteurs résidentiels où les maisons ou les arbres matures sont abondants et où on trouve des lampadaires qui attirent les moustiques », précise Nathalie Desrosiers, du ministère des Eorêts, de la Eaune et des Parcs.Pouvoir sonore Les inventaires sont effectués entre le 15 juin et le 31 juillet de chaque année.Ils débutent 20 minutes après le coucher du soleil et se poursuivent jusqu\u2019à minuit.Deux techniciens du ministère se déplacent à bord d\u2019un véhicule automobile et pointent leur détecteur en direction du ciel.Quand ils entendent un cri de chauve-souris \u2014 celui qu\u2019elles poussent pour communiquer entre elles est perceptible par l\u2019oreille humaine \u2014 ils mettent en marche leur détecteur, qui enregistre alors les ultrasons émis par la chauve-souris.L\u2019endroit où la chauve-souris est détectée est localisé à l\u2019aide d\u2019un GPS.En laboratoire, les enregistrements sont analysés à l\u2019aide d\u2019un logiciel permettant de visualiser les cris sous forme de sona-grammes, ce qui permet de reconnaître la signature vocale (échographique) de l\u2019espèce de chauve-souris observée.« On peut ainsi documenter la distribution et l\u2019abondance des différentes espèces de chauves-souris dans chacune des régions et comparer les données d\u2019une année à l\u2019autre», explique Michel Delorme, ancien gestionnaire des collections vivantes et de la recherche au Biodôme et créateur du réseau.«Depuis 2010, le ministère n\u2019a plus les ressources financières nécessaires pour effectuer les analyses.Nous continuons tout de même à faire les inventaires en raison du déclin des populations», précise M\u201c® Desrosiers, avant de souligner l\u2019existence du Réseau de suivi des maternités.«On demande aux citoyens de nous signaler les endroits où des chauves-souris et leurs petits passent l\u2019été, ce qui nous permettra de faire le décompte des femelles et des petits.» Suivi des hibernacies Les techniciens de la faune du ministère visitent les hibernacles (sites où hibernent les chauves-souris) en automne ou au printemps, dans le but de dénombrer les Individus des colonies.Ces suivis ont été Interrompus afin de ne pas déranger les chauves-souris durant une période où elles sont particulièrement sensibles au syndrome du museau blanc.Comité de rètabiissement des chauves-souris Il y a un peu plus d\u2019un an, le ministère a réuni un comité d\u2019experts ayant le mandat de planifier des stratégies pour réduire les principales menaces qui pèsent sur l\u2019espèce, dans l\u2019espoir de rétablir les populations."]
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