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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2015-05-11, Collections de BAnQ.

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[" Des Innus en Haïti Sortir de renfermement, s\u2019ouvrir au monde Page B 8 Chefferie du PQ Pierre Céré se désiste et espère un deuxième tour Page A 3 www.ledevoir.corn ^ LE DEVOIR Vol.C V I N\u201c 1 0 3 LE DEVOIR, LE LUNDI II MAI 2015 1,13 $ + TAXES = 1,30 $ Le Devoir au Népal Barpak, lieu de ruines et de peines SARAH R.CHAMPAGNE à Barpak Pour atteindre Barpak depuis le chef-lieu de la région de Gorkha, il faut d\u2019abord compter cinq heures d\u2019autobus.Les pompons dansent sur le pare-brise du véhicule bondé tandis que les bancs tanguent et les jeunes pousses de riz éclairent la vallée de la rivière Daraundi.Les maisons en bordure sont encore plus défoncées que la route.Puis, à Baluwa, impossible de continuer.II faut grimper un sentier abrupt fait d\u2019escaliers de pierre éreintants.Peu importe, Sunita Ghale revient d\u2019encore plus loin \u2014 Singapour \u2014, et la sueur de l\u2019effort ne l\u2019empêchera pas de rejoindre son village natal de Bamak, épicentre du séisme dévastateur du 25 avril.En route, les terrasses cultivées ont été déchirées par une main invisible, celle de ce monstre au bruit de tonnerre enfoui au cœur de la montagne.La jeune Népalaise a le pied et le rire léger.La belle-sœur de Sunita, elle, n\u2019a ni sourire ni chargement, seulement le pas anémique, rythmé par les pans de sa longue jupe.Khem feni Ghale vient de perdre son fils de sept ans.Son retour à Barpak après un séjour à l\u2019hôpital de Bokhara n\u2019est que le début d\u2019un long deuil qui voile son visage lessivé.Cette perte du «premier fils chéri de la famille», Sunita Ghale ne la réalise quant à elle qu\u2019en revenant à Barpak pour la première fois depuis le tremblement de terre.Elle s\u2019arrête devant la maison familiale pour y poser son front.Malgré ses proches qui la retiennent, elle entre en longs sanglots dans la cour.Quand elle en ressort, ses mots disent l\u2019injustice.«Il était le plus brillant et le plus beau.On lui criait toujours de rentrer à l\u2019intérieur quand il jouait trop longtemps dehors.Samedi midi [au moment du séisme], il regardait les dessins animés.» La télévision, elle, est intacte.«Il a couru, mais la porte était bloquée.Je n\u2019ai pas vu son corps, il a fallu l\u2019incinérer rapidement.Alors, je crois encore qu\u2019il va revenir», VOIR PAGE A 8 : NÉPAL IPOLICE// JACQUES NADEAU LE DEVOIR Sandra Cordero se trouvait parmi les marcheurs le 1®'' mai dernier.Cette mère de six enfants avait envie de manifester contre l\u2019austérité.Elle dit avoir été stupéfaite par ce qu\u2019elle a vu.Répression policière (1/3) Quand manifester devient criminel A-t-on encore le droit de manifester au Québec?Le Devoir se penche en trois temps sur la répression des manifestations avec comme point de départ cette marche du 1\u201c mai à Montréal qui a mené à 84 arrestations et 27 accusations criminelles.MARCO EORTIER La manifestation venait tout juste de se mettre en branle.Sans crier gare, la police a lancé des bombes de gaz lacrymogène dans l\u2019air.La foule tranquille, composée de femmes, d\u2019enfants, d\u2019étudiants, de personnes âgées et de militants anticapitalistes, s\u2019est aussitôt dispersée, dans un lourd nuage gris.Les yeux irrités, le souffle court, un groupe de marcheurs a quitté le square Phillips pour remonter la rue Sainte-Catherine vers l\u2019ouest, dans le sens contraire de la circulation.Des policiers antiémeute, armés de boucliers, attendaient les manifestants deux pâtés de maisons plus loin.La police a lancé d\u2019autres gaz lacrymogènes vers la foule.Puis du gaz poivre.Et les coups de matraque ont commencé à fuser.Ce soir-là, le vendredi V\u2019\u2019 mai, Journée internationale des travailleurs, Sandra Cordero se trouvait parmi les marcheurs.Cette mère de six enfants, préposée à domicile pour des personnes âgées, avait envie de manifester contre l\u2019austérité.Elle dit avoir été stupéfaite par ce qu\u2019elle a vu.VOIR PAGE A 8 : RÉPRESSION Lire aussi > Résister.Une chronique de Jean-Erançois Nadeau.Page A 3 Aujourd\u2019hui Sur la route > Des projets inusités pour faire sortir les aînés de leur isolement et rappeler l\u2019urgence d\u2019adapter les rues à leurs besoins.Page B 5 Actualités > Mike Duffy: la lente marche d\u2019un procès politiquement explosif.Page A 2 7\t.^___.__________ , Avis légaux.Décès.Météo Mots croisés Petites annonces.Sudoku.B6 B3 B5 B5 .B3 .B4 P*INT CHAUD À l\u2019assaut de « l\u2019omertà » dans le réseau de la santé La présidente de la FIQ, Régine Laurent, réclame une loi pour protéger les employés JESSICA NADEAU Régine Laurent n\u2019en est pas à son premier combat, ni à son dernier.Après les négociations qu\u2019elle mène présentement avec le ministère de la Santé pour ses 65 000 membres, la présidente de la Eédération interprofessionnelle de la santé (EIQ) compte s\u2019attaquer à «l\u2019omertà» qui sévit depuis quelques années dans le réseau de la santé et qui risque de s\u2019accentuer encore dans les nouvelles mégastructures créées par la réforme Barrette.« On a de la difficulté à avoir de l\u2019information parce qu\u2019il y a une culture de menace dans le réseau.Chaque fois que quelqu\u2019un dit qu\u2019il se passe quelque chose dans son établissement, immédiatement, il y a des mesures disciplinaires et on lui fait des menaces en lui disant que ça rompt le lien de confiance avec l\u2019employeur.Ils jouent sur le fait que nous sommes des salariés de l\u2019établissement, ils disent que nous ternissons l\u2019image de l\u2019établissement.» En entrevue au Devoir, Régine Laurent donne l\u2019exemple d\u2019une infirmière qui a reçu un avis disciplinaire pour avoir dénoncé publiquement les problèmes d\u2019entretien d\u2019un ascenseur qui a fait une chute, de même qu\u2019une autre qui a été congédiée pour avoir participé à une enquête journalistique.«On ne peut pas avoir une omertà dans le réseau de la santé, c\u2019est malsain.Si je juge comme infirmière que ça n\u2019a pas de bon sens VOIR PAGE A 8 : OMERTÀ V JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019omertà s\u2019est accentuée au cours des dernières années et semble s\u2019être amplifiée encore davantage depuis le début de la mise en place de la réforme Barrette, selon Régine Laurent 77831303442420 A 2 LE DEVOIR LE LUNDI II MAI 2015 ACTUALITES Après Jean Lesage, Philippe Couillard à Queen\u2019s Park Pour la première fois en plus de cinquante ans, un premier ministre québécois prononcera limdi une allocution à l\u2019Assemblée législative de l\u2019Ontario, à Toronto.Le premier ministre Philippe Couillard a été invité par son homologue ontarienne, Kathleen Wjmne, à s\u2019adresser aux élus, à Queen\u2019s Park.Le dernier premier ministre du Québec à avoir obtenu une telle prérogative est Jean Lesage, en 1964.La ministre ontarienne responsable des Affaires francophones, Madeleine Meilleiu\u2019, affirme que le gouvernement est «très heureux» d\u2019accueillir le premier ministre.De son côté, Philippe Couillard souligne que les deux provinces se sont engagées à travailler étroitement pom revitaliser leur relation stratégique.La Presse eanadienne Feux de broussailles: prudeuce ! L\u2019Association des techniciens en prévention incendie du Québec lance à son torn- un appel à la vi-^ance pom éviter la propagation des feux de broussailles.Même si la pluie des dernières heiu-es atténue quelque peu les risques de propagation d\u2019un feu impliquant la végétation ou des rebuts, la prudence demeure de mise.Que ce soit à la campagne ou en zone urbaine, plusiems citoyens font actuellement des feux de broussailles sm leur terrain, alors que les températures chaudes ont finalement lait leur apparition.L\u2019indice de danger d\u2019incendie a été établi à «extrême» dans le sud-ouest du Québec par la Société de protection des forêts contre le feu.La Presse eanadienne Vaste opération pour contrer la vitesse au volant L\u2019ensemble des services de police du Québec participera dès lundi à une vaste opération poiu- contrer la vitesse au volant.Du 11 au 17 mai, les patrouilleurs interviendront de façon accrue et imposeront des constats d\u2019infraction aux usagers de la route qui commettront des excès de vitesse.L\u2019an dernier, pas moins de 625 000 contrevenants ont été reconnus coupables d\u2019un excès de vitesse, soit plus de 1700 constats d\u2019infraction par jour.Les co^s policiers rappellent que la vitesse est la première cause de collisions mortelles au Québec.La Presse eanadienne I JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE La Couronne a démontré que Mike Duffy avait effectué du travail partisan pour les conservateurs et facturé ses déplacements au Sénat Mike Duffy : la lente marche d\u2019un procès politiquement explosif Les audiences du procès pour fraude reprendront dans trois semaines.Premier bilan.MARIE VASTEL Correspondante parlementaire à Ottawa A\" U terme des cinq pre-.mières semaines du procès de Mike Duffy, le juge Charles Vaillancourt a eu droit à de longs exposés sur les fins détails des règles sénatoriales, un débat sur l\u2019admissibilité de l\u2019qccusé à titre de sénateur de l\u2019Ile-du-Prince-Edouar d, quelques litiges procéduraux, et les détails de dizaines de contrats octroyés à un entraîneur personnel, une maquilleuse ou des rédacteurs de discours, de même que les détails des allées et venues de M.Duffy aux quatre coins du pays, que ce soit pour participer à une collecte de fonds conservatrice ou pour s\u2019acheter un chien en Ontario.Mais alors que le procès vient de clore son premier pan \u2014 les audiences étant suspendues pour trois semaines \u2014, le juge a surtout constaté qu\u2019il lui faudrait encore plusieurs semaines avant d\u2019éplucher le complexe dossier.Mike Duffy fait face à 31 LE DEVOIR\t Le journal Le Devoir est présentement à la recherche\t d'un représentant publicitaire dynamique pour son\t service des petites annonces.Relevant de la vice-présidente.\t ventes publicitaires, le candidat recherché doit avoir un intérêt\t marqué pour la vente de publicités et démontrer par son parcours\t sa capacité à atteindre, voire dépasser les objectifs fixés.Il aura\t pour rôle principal le développement de nouvelles clientèles et la\t croissance des revenus.\t DESCRIPTION DE TÂCHES :\t \u2022 Sollicitation de nouvelles clientèles pour les petites annonces\t et les regroupements.\t \u2022 Développement de nouveaux secteurs.\t \u2022 Maintien et développement de la base d\u2019annonceurs habituels.\t FORMATION ET COMPÉTENCES NÉCÉSSAIRES :\t \u2022 Diplôme en commerce, en marketing, en administration ou\t d\u2019un autre domaine connexe.\t \u2022 Expérience minimum de 2 ans dans un environnement de\t ventes publicitaires, idéalement pour un média imprimé.\t \u2022 Excellentes aptitudes en télémarketing.\t \u2022 Connaissance de l\u2019Internet et de la suite Office.\t \u2022 Excellente maîtrise du français, connaissance de l\u2019anglais\t un atout.\t \u2022 Entregent et professionnalisme.\t Le candidat recherché est reconnu pour son habileté et\t sa détermination à atteindre les objectifs de ventes.\t Bon communicateur, il donne un excellent service à\t la clientèle et fait preuve d\u2019autonomie.\t SALAIRE :\t \u2022 Commission seulement, avec avances sur commission.\t \u2022 Gamme complète d\u2019avantages sociaux, comprenant un plan\t d\u2019assurance maladie et un REER collectif.\t \t Toute personne souhaitant présenter sa candidature doit\t le faire par écrit en soumettant son curriculum vitæ avant le\t 22 mai 2015, à clbeliveau(â)ledevoir.com.\t Prière de ne pas téléphoner, nous communiquerons uniquement\t avec les candidats retenus.\t \t chefs d\u2019accusation.Il est accusé de fraude, d\u2019abus de confiance et de corruption.La Gendarmerie royale (GRC) lui reproche d\u2019avoir récolté des dizaines de milliers de dollars en déclarant habiter principalement à l\u2019Ile-du-Prince-Edouard alors qu\u2019il avait une demeure à Ottawa, et des dizaines de milliers de dollars en facturant au Sénat une série de déplacements plutôt menés pour des raisons partisanes.Le sénateur est en outre accusé d\u2019avoir puisé dans son budget discrétionnaire du Sénat pour payer \u2014 par l\u2019entremise d\u2019un ami \u2014 une variété de dépenses qui n\u2019auraient pas été acceptées par la Chambre haute.Il y a aussi ce fameux chèque de 90 000$ que M.Duffy a accepté de l\u2019ancien chef de cabinet de Stephen Harper, Nigel Wright, pour rembourser sa dette au Sénat.Deux douzaines de témoins se sont succédé à la barre, depuis le 7 avril.Mais c\u2019est encore moins de la moitié de la cinquantaine qu\u2019entend appeler la Couronne.Suivront ensuite une douzaine ou une quinzaine d\u2019autres témoins appelés par la défense.Résultat : les audiences qui devaient à cette date en être à mi-chemin n\u2019en sont encore qu\u2019au début.Le procès sera prolongé, de six à huit semaines, s\u2019entendent pour dire la Couronne et la défense.La date de cette prolongation n\u2019a pas encore été fixée.Qu\u2019a-t-on appris?Les gros noms de cette affaire n\u2019ont pas encore comparu.Nigel Wright, d\u2019autres employés du bureau du premier ministre \u2014 actuels et passés \u2014 et des sénateurs conservateurs influents, qui ont tous concocté ensemble un stratagème pour que M.Duffy soit épargné d\u2019un rapport sénatorial sur ses dépenses, sont encore attendus en cour.Les gros noms de cette affaire n\u2019ont pas encore comparu : Nigel Wright, d\u2019autres employés du bureau du premier ministre et des sénateurs conservateurs influents Le rythme des audiences est parfois lent.Le coloré et archi-méticuleux avocat de M.Duffy, Donald Bayne, a passé des jours, au début des audiences, à interroger trois employés du Sénat en décortiquant toutes \u2014 sans exception \u2014 les règles de la Chambre haute.Les interrogatoires ont quelque peu accéléré par la suite, mais M® Bayne ne laisse rien au hasard, prenant soin de ne rien oublier lorsqu\u2019il questionne les anciens collaborateurs et collègues du sénateur.La Couronne a semblé par moments excédée.Mais le juge Vaillancourt a presque toujours tranché en faveur de la défense, lui laissant la liberté de poursuivre un interrogatoire jugé irrecevable par les procureurs Mark Holmes et Jason Neubauer.La GRC accuse notamment Mike Duffy d\u2019avoir payé toutes sortes d\u2019individus, parfois pour peu ou pas de résultats tangibles, avec son budget discrétionnaire du Sénat, en faisant transiter ces fonds par les compagnies de son ami et ex-collègue Gerald Donohue.Ce dernier a récolté 65 000$ en contrats, en quatre ans.Il payait à son tour un entraîneur personnel du sénateur, une maquilleuse, des impressions de photos, des amis ou des rédacteurs de discours pour Mike Duffy, a-t-on entçndu au fil des témoignages.À tour de rôle, ils ont affirmé qu\u2019ils ne connaissaient pas M.Donohue, mais que M.Duffy leur avait dit de lui envoyer leur facture.D\u2019autres n\u2019ont jamais demandé à être payés, mais ont tout de même reçu un chèque.Au fil des ans, le sénateur adaptait les budgets de M.Donohue, en fonction des fonds sénatoriaux qui lui restaient en cours d\u2019année fiscale.M.Donohue est encore attendu en cour lui aussi.Mais comme il est âgé et gravement malade, sa comparution demeure incertaine.La défense a même affirmé qu\u2019on pourrait Congédié?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 «le perdre» si la Couronne tardait trop à convenir d\u2019un moment \u2014 qui convienne aussi à ses médecins \u2014 pour qu\u2019il témoigne par téléconférence, étant trop malade pour parcourir les 40 kilomètres qui séparent sa résidence de la banlieue d\u2019Ottawa et le palais de justice.Des voyages partisans La Couronne reproche par ailleurs à Mike Duffy une série de déplacements facturés au SénaL mais menés pour des affaires non parlementaires.Des collègues conservateurs, qui ont invité le sénateur-vedette à des activités de financement dans leurs circonscriptions, sont venus témoigner.Leurs associations conservatrices locales payaient sa chambre d\u2019hôtel, certains repas, mais les vols vers Vancouver, Whitehorse ou Toronto étaient payés par la Chambre haute.Le procès reprendra le l®Quin, le juge Vaillancourt devant alors se pencher sur l\u2019admissibilité d\u2019une enquête interne du Sénat que la Chambre haute refuse de rendre publique, plaidant qu\u2019elle relève du privilège parlementaire.L\u2019enquête avait réclamé quatre preuves de résidence à tous les sénateurs, afin d\u2019établir si d\u2019autres, comme M.Duffy, avaient faussement déclaré habiter principalement à l\u2019extérieur d\u2019Qttawa.Les conclusions de cette enquête sont demeurées secrètes.M® Bayne croit qu\u2019elles démontreraient que son client n\u2019était pas seul.L\u2019avocat de Mike Duffy argue que les règles sénatoriales sont extrêmement floues et que l\u2019accusé ne les a donc pas enfreintes du tout.La Couronne martèle le contraire, ayant même mis en doute en début de procès l\u2019admissibilité de M.Duffy à siéger comme représentant de l\u2019Ile-du-Prince-Edouard.Car il habitait Qttawa, et ce depuis trente ans, insiste-t-on.«Il était constitutionnellement admissible à être nommé pour la province de l\u2019Ontario.Mais ce n\u2019est pas ce qui s\u2019est produit», lançait le procureur Holmes au premier jour des audiences.Tous seront de retour à la salle d\u2019audience 33 du palais de justice d\u2019Qttawa dans trois semaines.Le Devoir ARMES À FEU Ottawa veut faire adopter sa loi controversée avant l\u2019été BRUCE CHEADLE à Ottawa Un projet de loi visant à mo-difier le système du contrôle des armes à feu a franchi l\u2019étape de l\u2019étude parlementaire à la Chambre des communes.Il pourrait faire l\u2019objet d\u2019un vote avant le congé estival.Le projet de loi C-42, intitulé Loi visant la délivrance simple et sécuritaire des permis d\u2019armes à feu, a été accueilli comme un chien dans un jeu de quilles, même parmi des adeptes des sports de tir.Les conservateurs espèrent malgré tout qu\u2019il convaincra sa base électorale \u2014 particulièrement dans les zones rurales \u2014 d\u2019exercer son droit de vote à l\u2019occasion du prochain scrutin.Même si la rhétorique entourant le contrôle des armes à feu «a beaucoup diminué» depuis l\u2019abolition du registre de ces mêmes armes en 2012, elle demeure une préoccupation importante pour les utilisateurs, selon lan Avery, président de la Eédération des pêcheurs et des çhasseurs de la Nouvelle-Ecosse.« C\u2019est encore un enjeu qui permet au Parti conservateur d\u2019aller chercher des votes.» Le gouvernement compte éliminer certaines démarches administratives pour l\u2019obtention d\u2019un permis d\u2019armes à feu.H prévoit accorder une amnistie de six mois à ceux qui négligent de renouveler leur permis.Le Conseil des ministres aura son mot à dire sur la classification des armes.Les individus condamnés pour des accusations liées à des crimes violents ou à de la violence familiale ne pourront pas obtenir un permis.C-42 rendra obligatoire la réussite du cours dans le maniement des armes à feu pour les demandeurs de permis.Mécontentement Les mesures proposées inquiètent le président de l\u2019Association canadienne pour les armes à feu, Sheldon Clare.Selon lui, le projet de loi aurait comme conséquence d\u2019augmenter le contrôle sur les armes à feu.Mais les partisans d\u2019un plus grand contrôle redoutent le contraire.Ils s\u2019interrogent sur les règles plus souples concernant le transport d\u2019armes à feu.Ils ne voient pas d\u2019un bon œil non plus que des politiciens aient le pouvoir de dire si une arme est avec ou sans restriction.«Il s\u2019agit de petits changements, apparemment sans importance, apportés à la loi, mais ceux-ci pourraient avoir des impacts majeurs», fait valoir Wendy Cukier, présidente de la Coalition pour le contrôle des armes.Le président d\u2019un comité de députés conservateurs sur la chasse et la pêche, Robert So-puck, reconnaît avoir entendu des avis contradictoires sur C-42 de la part de propriétaires d\u2019armes à feu, mais le considère personnellement comme «un bon projet de loi».Le cabinet du chef du gouvernement aux Communes, Peter Van Loan, espère voir C-42 devenir une loi avant le congé estival, qui doit commencer le 24 juin.Si des élections générales ont lieu comme prévu le 19 octobre, tous les projets de loi qui n\u2019ont pas été votés avant la fin de l\u2019actuelle session parlementaire mourront au feuilleton.La Presse eanadienne Résultats des tirages du ; 2015-05-09 01 16 21 22 33 43 06 20 31 40 41 compl.compi Super >\t-1-3 LOTS GARANTIS DE 1 000 000$ Tirage ^61466247-01 74282450-03 85160000-03 'Numéros complets non décomposables) E|tra 4512977 Prochain gros lot (approx.) : 5 000 000 $ 1 LOT GARANTI DE 1 000 000 $ Résultats des tirages du ; 2015-05-08 Résultats complets sur lotoquebec.com 1393303 Prochain gros lot (approx) : 50 000 000 $ ^^^AXMILUONS 25 * lots de 1 million $ En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto-Québec, cette dernière a priorité LE DEVOIR, LE LUNDI II MAI 2015 A 3 ACTUALITES Résister Jean-François Nadeau epuis un long moment, j\u2019observe s\u2019accumuler sous notre nez des opérations policières pour le moins fortes de café.On aura tout vu.Des coups portés contre de simples citoyens avec les poings, les coudes ou les pieds.Les Taser, le poivre de Cayenne.Les bombes assourdissantes.Les matraques dernier cri, garcettes d\u2019aujourd\u2019hui destinées à réprimer jusqu\u2019au moindre son qui oserait jaillir des larynx irrités préalablement par l\u2019usage de gaz.Faut-il apprécier la modernité des Flash-bail et l\u2019élégance avec laquelle le kevlar rehausse désormais les treillis militaires qui tiennent lieu d\u2019uniforme à la police ?J\u2019observe avec des frissons ces raffinements propres à cette nouvelle «police de proximité» dont on nous a tant seriné par le passé la douce bienveillance.Derrière les paravents constitués de boucliers policiers, ce pays demeure malgré tout plongé dans sa léthargie, comme s\u2019il n\u2019arrivait pas à se sortir d\u2019une longue convalescence de lui-même.Rien n\u2019est parfait bien sûr.La police elle-même le reconnaît.Il y aurait par exemple à Montréal trop peu d\u2019armes à décharges électriques.D\u2019ailleurs, des policiers s\u2019en plaignent.La métropole québécoise comptait en début d\u2019année seulement 76 Taser, contre 500 à Toronto ou 468 à Cal-gary et 200 à Vancouver.Ima^nez les possibilités offertes à cette même justice en arme si elle se trouvait soudain mieux équipée?Afin que les membres de la puissante corporation des policiers soient mieux préparés «pour gérer les situations comportant un haut niveau de stress», leur formation sera au moins améliorée, annonçait l\u2019école de police.Ce qui devrait, promet-on il y a quelques jours, «permettre notamment d\u2019améliorer le comportement des agents lors des manifestations».Est-ce à dire que la formation actuelle s\u2019avère insuffisante, que les actions qui en découlent apparaissent pour le moins compromettantes?Le rapport Ménard sur les événements du printemps 2012 le laissait entendre.Il fut balayé sous le tapis, puis roulé avec le tapis lui-même, afin de débarrasser le plancher et ainsi faire place à un avenir dégagé prêt à être de nouveau foulé aux pieds.«Si vous désirez une image de l\u2019avenir, imaginez une botte piétinant un visage humain», disait Orwell.Nous n\u2019en sqmmes quand même pas rendus à vivre dans un Etat policier.Il n\u2019empêche que, par moments, à force d\u2019arbitraire, on s\u2019y croirait.Les policiers peuvent-ils frapper à coups de poing un simple citoyen?Qu\u2019importe ce que disent les codes de conduite officiels en la matière puisque des vidéos amateurs nous confirment régulièrement qu\u2019ils le font sans raison.Le maire Coderre a beau réfléchir à la possibilité pour Montréal de filmer toutes les actions des policiers afin de mieux les encadrer, il faut d\u2019abord reconnaître que cette police sait de plus en plus y faire en matière de répression.Réprimée elle-même dans ses revendications, la police justifie-t-elle désormais son existence par ses excès?Ou est-ce plutôt un discours politique marécageux qui l\u2019encourage à ce point dans ses élans autoritaires et punitifs ?Il est facile de voir qu\u2019ici comme ailleurs le durcissement de la police à l\u2019occasion de manifestations d\u2019insatisfactions sociales tient à des circonstances historiques.L\u2019appareil répressif n\u2019existe pas entre parenthèses, coupé du monde et de ceux qui confortent à travers lui le pouvoir de leurs idées.Le sociologue Guy Rocher avait bien raison, la,semaine dernière, de tancer le ministre de l\u2019Éducation, François Blais.Oui, comme l\u2019indique Rocher, ce ministre ferait bien de s\u2019inspirer de quelques idées généreuses, celles de la jeunesse notamment, plutôt que d\u2019envisager l\u2019éducation comme une simple affaire de réussite individuelle liée à une répression collective.Mais le problème est que le ministre François Blais n\u2019est pas seul à applaudir à l\u2019idée qu\u2019on fasse «des exemples» de quelques réfractaires et qu\u2019on instrumentalise du coup le droit.Ils sont nombreux ceux qui n\u2019aspirent qu\u2019à servir les appétits d\u2019autres dont le programme consiste à se vautrer avec quelques amis dans l\u2019assiette au beurre.Depuis des années, on regrette en cantate, sur tous les tons, que la jeunesse ne vote pas, qu\u2019elle ne s\u2019intéresse pas à la vie politique.On râle devant ce qui apparaît comme sa dépolitisation massive.Mais dès qu\u2019un élan apparaît, dès qu\u2019une conscience sociale se manifeste, on s\u2019empresse de la nier et de renvoyer tout un chacun à la seule contemplation de son nombril.Qui a avantage à faire croire ainsi que la société n\u2019est plus qu\u2019une coalition d\u2019individus atomisés, réunis au mieux par des octets, quelque part dans le noir de l\u2019éther du Net?Les aspirations d\u2019une population ne se cadastrent pourtant pas en sondages ou en formules de 140 caractères liées à une adresse personnelle que l\u2019on peut aimer ou pas.Une majorité de citoyens étaient en train de regarder une partie de hockey quand la loi C-51 a été adoptée la semaine dernière.Peu de gens se sont souciés jusqu\u2019ici de cette loi antiterroriste à très large spectre d\u2019action, alors qu\u2019elle est pourtant dénoncée par un aréopage de défenseurs des libertés civiles.Sous prétexte d\u2019offrir plus de sécurité, on s\u2019emploie désormais à écouter, espionner, surveiller et réprimer les libertés dans une société de plus en plus livrée à l\u2019arbitraire policier.Mais n\u2019est-ce pas pourtant au nom de la défense des libertés qu\u2019il faut savoir résister autant contre les menaces terroristes que celles des nouvelles polices ?jfn @ledevoir.com Céré se désiste et espère un deuxième tour Dans un vote de « non-confiance » à l\u2019égard de Pierre Karl Péladeau, le candidat progressiste et son équipe appuient Martine Ouellet et Alexandre Cloutier BRIAN MYLES Pierre Céré déplore que «la barrière de l\u2019argent» le force à abandonner la course à la chefferie du Parti québécois (PQ).Persuadés de la nécessité d\u2019un deuxième tour, son équipe et lui appuient les candidatures de Martine Ouellet et d\u2019Alexandre Cloutier.«C\u2019est un appui ouvert aux deux candidatures.Un vote pour Martine Ouellet, un vote pour Alexandre Cloutier, c\u2019est un vote pour le changement.Chaque vote pour Alexandre ou Martine, c\u2019est un vote qui va favoriser un deuxième tour que nous espérons», a-t-il dit dimanche, alors qu\u2019il jetait l\u2019éponge.Le candidat progressiste n\u2019a pas réussi à amasser un deuxième montant de 10 000$ exigé par le PQ pour que son nom figure sur le bulletin de vote.«On déplore un peu que cette barrière d\u2019argent, fixée si haut, nous oblige à arrêter cette campagne maintenant», a-t-il dit en présence d\u2019une dizaine de ses militants.M.Céré appuiera personnellement Martine OuelleL la candidate la plus à gauche dans cette course après lui.D\u2019autres membres de son équipe se rallient à Alexandre Cloutier, ce pour quoi les deux candidats reçoivent l\u2019appui de l\u2019équipe Céré.L\u2019un ou l\u2019autre sera en mesure de rallier les militants, d\u2019incarner le changement et de respecter la di- PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Pierre Céré n\u2019a pas réussi à amasser un aufre montant de 10 000$.versité des idées et des convictions au sein du parti, estime M.Céré.Ce vote de «non-confiance» à l\u2019égard de Pierre Karl Péladeau, meneur dans la course, n\u2019a «rien de personnel», assure-t-il.Martine Ouellet et Alexandre Cloutier ont tous deux salué leur ancien adversaire pour sa contribution à la course.En entrevue avec La Presse canadienne, M\u201c® Ouellet a félicité M.Céré pour sa «très belle campagne», le remerciant au passage pour son appui.Sur son compte Twitter, Alexandre Cloutier a tenu à souligner le «précieux apport» de M.Céré sur le «plan des idées et des essentielles remises en question».Pierre Karl Péladeau n\u2019a formulé aucun commentaire.Durant la course, M.Céré s\u2019est montré très critique à l\u2019égard de «Ci- tizen Péladeau».Le député de Saint-Jérôme n\u2019a proposé selon lui aucune solution satisfaisante pour dissiper le malaise que pose son double statut d\u2019homme politique et d\u2019actionnaire de contrôle de Québécor.«Est-ce que Pierre Karl Péladeau peut diriger le Parti québécois tout en ayant cet apparent conflit d\u2019intérêts avec Québécor?s\u2019interroge Pierre Céré.Il n\u2019est pas habilité à diriger le Parti québécois présentement.» Il invite M.Péladeau et le PQ à se doter d\u2019un «pare-feu» plus élaboré qu\u2019une simple fiducie sans droit de regard et sans droit de vente des actions, comme le souhaite le baron des médias.«Il ne faut pas que sa vie d\u2019affaires, ni celle de sa conjointe, influence l\u2019espace politique», tranche M.Céré.Un message qui porte Malgré ses moyens limités, Pierre Céré estime qu\u2019il a pu faire entendre ses idées et influer sur le cours de la campagne.Il s\u2019attribue une part du mérite pour le changement de ton au PQ sur la question identitaire, après des années de repli.«Notre message a été repris, et on en est très fiers, a-t-il dit.On sent un peu plus d\u2019ouverture, un peu plus de compréhension.» M.Céré a recueilli des contributions de 20 000$ auprès de 250 militants.Le don moyen est de 80$ par personne.Pour atteindre la barre des 10 000$, il aurait dû dénicher.avant l\u2019échéance de mardi, «14 donateurs de 500$».«Que voulez-vous?Ce n\u2019est pas nos réseaux, ça», a-t-il dit.L\u2019ancien porte-parole du Conseil national des chômeurs et chômeuses espère qu\u2019il y aura une place pour lui au sein du PQ si Pierre Karl Péladeau est élu.Il a l\u2019intention de demeurer actif au parti, dans l\u2019espoir que la formation reprendra «le chemin de nos conquêtes sociales».«Le Parti québécois doit se redéployer dans l\u2019espace public avec les mouvements citoyens, là où il est né, là où partent toujours les grandes idées.On invite le Parti québécois à briser le huis clos dans lequel il s\u2019est enfermé.Le PQ qui parle au PQ, c\u2019est non», a-t-il expliqué.Il écarte enfin toute possibilité de se joindre à Québec solidaire, une formation éprise des mêmes valeurs de justice sociale que lui.«Je ne me reconnais pas dans Québec solidaire.C\u2019est une mosaïque de diverses gauches, et je reste convaincu d\u2019une chose: on construit un pays avec l\u2019ensemble des forces qui l\u2019animent, gauche, droite, syndicales, patronales», a-t-il expliqué.Avec La Presse canadienne Le Devoir Lire aussi > Cioutier investit dans ia jeunesse et i\u2019éducation.Une lettre d\u2019appui signée par 500 jeunes de moins de 35 ans.Page A 6 / h JACQUES NADEAU LE DEVOIR PQ: la «famille » Péladeau réunie une dernière fois avant le vote Dans un Théâtre National rempli aux trois quarts, le candidat à la direcjion du Parti québécois (ÉQ) Pierre Karl Péladeau a rassemblé ses partisans pour la dernière fois samedi, avant le vote qui se déroulera du 13 au 15 mai.À la toute fin de l\u2019après-midi, le candidat et député de Saint-Jérôme est monté sur scène, présenté par l\u2019ancien premier ministre Bernard Landry.M.Landry a dit qu\u2019il espérait le présenter pour la dernière fois comme «le candidat à la direction ».Remerciant les bénévoles et tous les députés qui lui ont donné leur appui, M.Péladeau a rappelé qu\u2019il lui fallait un mandat pour mener le Québec vers la souveraineté.«Cette longue campagne, je l\u2019ai faite en pensant à vous, pour que l\u2019on puisse se remettre ensemble sur le chemin de la fierté et de la liberté», a-t-il déclaré sous les applaudissements nourris de la salle.Il a également évoqué sa célèbre famille, disant notamment que l\u2019authenticité était une valeur prioritaire chez les Péladeau.«Vous avez dû vous en rendre compte, la langue de bois, ce n\u2019est pas mon fort», a-t-il dit.Le ROME aligne les options pour éviter le PL20 DAPHNEE HACKER-B.Douze mesures concrètes pour l\u2019accès aux soins.C\u2019est ce qui ressort du sommet organisé ce week-end par le Regroupement des omnipraticiens pour une médecine engagée (RQME), oû 300 professionnels de la santé et des citoyens se sont joints aux médecins pour trouver des solutions de rechange au projet de loi 20 et éviter, par le fait même, l\u2019imposition de quotas de patients et de pénalités financières.Révision du mode de rémunération des médecins, prolongation des heures d\u2019ouverture des CLSC, création d\u2019un organisme indépendant voué à l\u2019accessibilité, autant de propositions efficaces et «non coercitives» que doit privilégier le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.C\u2019est du moins ce qu\u2019a avancé la présidente du RQME, Catherine Duong, alors que l\u2019événement tirait à sa fin dimanche après-midi.«Les mesures sont basées sur une réflexion effectuée entre médecins, infirmières, pharmaciens, gestionnaires du réseau, etc.Nous dénonçons le manque de vision du gouvernement qui refuse de nous écouter», a déclaré la médecin.Dans la déclaration commune qu\u2019il a fait parvenir au ministre, le collectif suggère notamment d\u2019accélérer la mise en place d\u2019ordonnances collectives, afin de permettre aux infirmières et aux pharmaciens d\u2019être plus proac- tifs.«Il est clair que tous les professionnels veulent un modèle d\u2019accès aux soins qui mise sur l\u2019interdisciplinarité et non pas qui s\u2019attaque seulement aux médecins», a fait valoir la députée péquiste Diane Lamarre, qui a participé au sommet.L\u2019ex-présidente de l\u2019Qrdre des pharmaciens juge «inconcevable» que le ministre se «borne» à discuter de la version du projet de loi 20 avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMQQ) sans consulter les autres acteurs impliqués dans l\u2019administration des soins.La FMOQ montrée du doigt Questionné sur les propositions du RQME, le ministre Barrette a déclaré que plusieurs d\u2019entre elles sont déjà en cours de mise en oeuvre.D\u2019autres peuvent être implantées directement par les médecins, a-t-il même affirmé.«Ils peuvent déjà, demain, ouvrir leurs cliniques sept jours sur sept, durant 12 heures [.] les heures d\u2019ouverture des cliniques ne relèvent pas du [ministère] ! », a lancé Joanne Beauvais, l\u2019attachée de presse du ministre.Quant au refus de discuter avec le RQME, elle répond que les médecins ont choisi d\u2019être représentés par la FMQQ, «c\u2019est donc avec cette organisation que nous discutons».Paul Lamarche, professeur au Département d\u2019administration de la santé à l\u2019Université de Montréal, se désole de l\u2019attitude du gouvernement.« Ce n\u2019est pas en punissant les médecins ni en ayant une attitude autoritaire que le ministre va rendre le réseau plus accessible», dénonce-t-il.Celui qui a été responsable de la réforme de la Santé sous Marc-Yvan Côté, au début des années 1990, craint que les recommandations du regroupement restent lettres mortes.«Le problème, c\u2019est que la vision plus sociale de la médecine qui est véhiculée par ROME ne se retrouve pas à la LMOQ », dit-il.Une réflexion que partage le député de Québec solidaire, Amir Kha-dir, qui a aussi participé au sommet.«La LMOQ a un rôle à jouer dans les négociations, mah ça ne doit pas être la seule instance, il faut des Etats généraux, toutes les visions doivent être considérées», ajoute-t-il.«Ces propos sont démagogues», a rétorqué le président de la FMQQ, Louis Godin, qui a affirmé que les membres de l\u2019exécutif sont «élus et tout à fait représentatifs» des membres.Il estime que la vaste majorité des propositions soumises durant le sommet de RQME sont déjà mises en avant à la table des négociations.Par exemple, a-t-il poursuivi, la révision du mode de rémunération des médecins est en cours, et un nouveau modèle sera présenté dans les prochaines semaines.Le Devoir A 4 LE DEVOIR, LE LUNDI II MAI 2015 ACTUALITES ETUDE L\u2019homophobie gangrène le monde du sport Les vestiaires, les arènes sportives et même les estrades représentent encore, de nos jours, des terreaux fer-tiles pour riiomophobie, conclut une nouvelle étude internationale, intitulée Out on The Fields, menée aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Irlande, en Nouvelle-Zélande, en Australie et au Canada.Les chercheurs, qui ont colligé et analysé les réponses de près de 9500 gais, bisexuels et homosexuels \u2014 dont plus de 1100 Canadiens \u2014 ont été en mesure de faire des observations plutôt troublantes pour chacun de ces pays.Selon ce sondage, pas moins de 81% des répondants canadiens ont été témoins ou victimes de dérapages homophobes dans un contexte sportif.Il pouvait s\u2019agir de harcèlement, d\u2019une attaque verbale ou carrément d\u2019une agression physique.Sans grande surprise, 70% des Canadiens interrogés ont affirmé croire que, chez les jeunes, les équipes sportives ne sont pas accueillantes ou sûres pour les gais et les bisexuels, ce qui les inciterait souvent à garder un profil bas et à s\u2019abstenir de dévoiler leur orientation à leurs coéquipiers.Les gradins aussi intolérants Même dans les gradins, les membres des minorités sexuelles ne peuvent vraisemblablement pas avoir l\u2019esprit tranquille.Les deux tiers des participants canadiens au sondage mené en ligne ont, en effet, indiqué qu\u2019à leur avis des 81% La part des 1100 répondants canadiens qui ont été victimes ou témoins de dérapages homophobes dans un contexte sportif.spectateurs ouvertement homosexuels ou bisexuels ne seraient pas en sécurité lors d\u2019un événement sportif.Les responsables de l\u2019étude ont par ailleurs demandé aux participants s\u2019ils entrevoyaient des pistes de solution pour endiguer ces diverses formes d\u2019intolérance.Les répondants ont notamment mentionné que, pour tuer la discrimination dans l\u2019œuf, il faudrait d\u2019abord et avant tout que les personnes en position d\u2019autorité, dont, entre autres, les entraîneurs, traitent de manière sérieuse les actes homophobes.Sorties du placard Ils ont également soutenu que les responsables des organisations sportives nationales gagneraient à adopter et à promouvoir des politiques pour contrer ces gestes qui s\u2019adresseraient autant aux amateurs qu\u2019aux professionnels.Enfin, ils ont souligné qu\u2019il serait nécessaire qu\u2019un nombre croissant d\u2019étoiles du sport sortent publiquement du placard et deviennent ainsi des modèles positifs pour les athlètes de la jeune génération.La Presse canadienne Débarrassés d^Ëbola, maïs toigours malades Même si elles ont réussi à vaincre le virus, un certain nombre de personnes jadis infectées par Ebola présentent aujourd\u2019hui des pathologies inquiétantes PAUL BENKIMOUN Ils ont survécu au pire, mais ne sont pas indemnes.Depuis plusieurs semaines, des complications sont observées chez des personnes ayant vaincu l\u2019infection par le virus Ebola au cours de l\u2019épidémie, qui affecte encore l\u2019Afrique de l\u2019Ouest.Des douleurs dans les membres inférieurs, des troubles visuels parfois sévères sont apparus chez des patients après qu\u2019ils avaient quitté les centres de traitement une fois débarrassés du virus.L\u2019origine de ces manifestations n\u2019est pas élucidée pour l\u2019instant Le bilan le plus récent rendu public par l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS), jeudi 7 mai, recense 26 626 cas de contamination dans les trois pays les plus affectés \u2014 la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone \u2014, depuis le début de l\u2019épidémie, en mars 2014.Sur ce total, 11 007 personnes sont mortes.Au moins 15 000 malades ont survécu.Si la fin de l\u2019épidémie approche \u2014 18 cas seulement ont été signalés la semaine dernière, et l\u2019OMS a confirmé samedi que le Liberia avait enrayé le virus \u2014, les équipes soignantes sur place ont constaté un certain nombre de symptômes de formes et de gravités très diverses chez les survivants.Ils incluent «fatigue et sentiment de faiblesse généralisés, douleurs articulaires et musculaires, céphalées, douleurs abdominales, perte de cheveux, troubles oculaires, parmi lesquels perte de la vue, douleurs oculaires, larmoiements, sensibilité à la lumière, uvéite [inflammation de la partie centrale de l\u2019œil se traduisant par Découvrez notre nouveau site mobile Visitez m.ledevoir.com et accédez à 100 % du contenu gratuitement jusqu\u2019au 31 mai 0) Installez ficône sur l\u2019écran d\u2019accueil de votre téléphone iE DEVOIR IÆ1)EU)IK JLtudf?Québec doit confier plus de responsabilités aux pharmaciens dosk Champiun^ de Eu OOIMCACAI , Le rêve du onze montréalais s\u2019éteint Nepal: des Canadiens trouvent refuge en Inde Debate i caricatures de Gamotte François Blais et la CSDM IVlichcL Uasid Une occasion en or ^ r\tGuy l'ailEefcr Bombe tectonique ISAAC KASAMANI AGENCE ERANCE-PRESSE En plus de problèmes physiques graves, des survivants racontent leur isolement, les communautés ayant peine à croire qu\u2019ils sont guéris.Ici, Sabiti Mugerwa, de retour dans sa maison en Ouganda.une rougeur de l\u2019œil] ou encore perte d\u2019audition», résume une porte-parole de l\u2019OMS.Les problèmes oculaires, notamment les uvéites, semblent «particulièrement répandus, et certaines indications suggèrent qu\u2019en l\u2019absence de traitement ils pourraient conduire à une cécité totale», ajoute-t-elle.Cohorte de survivants Il paraît plus que probable, selon cette porte-parole de l\u2019OMS, que «l\u2019impact psychosocial de la maladie à virus Ebola soit énorme, aussi bien directement sous forme de stress posttraumatique, d\u2019anxiété ou de dépression, qu\u2019indirectement, du fait d\u2019une incapacité à travailler et à se nourrir ainsi que leur famille, en raison de séquelles ou de la stigmatisation».«Nous avons déjà vu ce genre de phénomène, avec des états inflammatoires et des douleurs entre autres dans les membres inférieurs, après infection par le virus du chikungunya ou dans ce que l\u2019on a appelé le syndrome de la guerre du Golfe, explique le professeur Jean-Lrançois Delfraissy, coordonnateur français contre Ebola.Il s\u2019agit probablement de réac- tions d\u2019hyperimmunité ou de processus auto-immuns.» Le suivi organisé de survivants d\u2019Ebola devrait permettre dans les semaines et mois à venir d\u2019en savoir davantage.Des chercheurs français et américains, présents respectivement en Guinée et au Liberia, constituent ce que les épidémiologistes appellent une «cohorte», c\u2019est-à-dire une population qui aura en commun d\u2019avoir été infectée par le virus et sera suivie au fil du temps.«Nous mettons en place une cohorte de 500 survivants en Guinée.D\u2019abord, depuis déjà un mois, au CHU de Donka, à Conakry, puis très prochainement dans la préfecture de Ma-centa, région qui a été le berceau de l\u2019épidémie.Les Instituts nationaux de la santé américains font de même au Liberia», détaille le professeur Delfraissy.Réseau de soutien L\u2019étude de cette population va porter aussi bien sur des aspects anthropologiques et socioculturels que sur le plan de la réponse immunologique chez ces survivants.«Nous allons surveiller toutes les manifestations cliniques et les comportements sociétaux.Des survivants ont témoigné que certains de leurs amis avaient peur de leur adresser un courriel par crainte d\u2019être infectés à leur tour.Ils auront bien sûr des entretiens avec un psychologue, mais aussi un suivi immunologique [présence d\u2019anticorps contre le virus] et la recherche d\u2019éventuels réservoirs dans l\u2019organisme où le virus pourrait demeurer à l\u2019état dormant, comme c\u2019est le cas avec le VIH.De même, nous rechercherons un éventuel profil génétique particulier», précise le professeur Delfraissy.Des résultats sur les premiers patients qui ont été inclus devraient être connus dans les semaines à venir.Pour sa part, l\u2019OMS a monté le Réseau de soutien aux survivants d\u2019Ebola, «afin de coordonner leur accès aux soins et, lorsque c\u2019est possible, de mener des recherches destinées à mieux comprendre les problèmes qu\u2019ils rencontrent et les mécanismes pathologiques sous-jacents.Soigner les survivants d\u2019Ebola, c\u2019est aussi une manière de développer et de renforcer les systèmes de santé pour tous, quelle que soit la cause de leur maladie», résume la porte-parole de l\u2019OMS.Le Monde TOUTtSjJ £lAT(/5F0l?PEDRO RUIZ LE DEVOIR Un pique-nique pour les mères réfugiées Des dizaines de personnes ont participé à un pique-nique au parc Jarry, dimanche, en appui à toutes les mères qui ont immigré au Canada pour donner une vie meilleure à leurs enfants.L\u2019initiative visait à ramener l\u2019attention sur le cas de Daniel (nom fictif), un adolescent de 17 ans expulsé en octobre dernier vers son pays d\u2019origine, le Mexique, sans aucun soutien familial.Sa mère et sa sœur vivent toujours dans la clandestinité à Montréal.La mère espère obtenir une résidence permanente pour motifs humanitaires, ce qui permettrait au jeune homme de revenir au Québec.Une coalition d\u2019organismes appuie sa démarche, jugeant «odieux» le renvoi de Daniel par Citoyenneté et Immigration Canada, après six ans de vie au pays.Les membres de la famille ont fui le Mexique en 2008 pour demander le statut de réfugiés au Canada.Cette demande avait cependant été rejetée en 2010, ouvrant la porte à l\u2019expulsion.Ontario : le Parti progressiste-conservateur élit Brown Un député fédéral conservateur peu connu, Patrick Brown, a été élu à la direction du Parti progressiste-conservateur de l\u2019Ontario, samedi.Le jeune élu de 36 ans a défait sa rivale, la chef adjointe du parti, Christine Elliot.M.Brown a d\u2019ailleurs écarté l\u2019hypothèse émise par Elliot en cours de campagne, voulant que les adeptes du conservatisme social prennent le contrôle du parti s\u2019il en était élu chef.Il a également promis de ne pas rouvrir le débat sur l\u2019avortement Durant sa course à la chefferie, M.Brown a réussi à vendre 41000 nouvelles cartes de membre \u2014 soit plus de la moitié des 76 500 membres actuels du Parti progressiste-conservateur \u2014 en se présentant comme le candidat du renouveau.Patrick Brown a été élu député de la circonscription de Barrie à la Chambre des communes à Ottawa en 2006, mais n\u2019a jamais été nommé ministre par Stephen Harper.Û a déclaré qu\u2019il discuterait le plus tôt possible de sa démission à titre de député fédéral avec M.Harper.Christine Elliot, veuve de l\u2019ancien ministre fédéral des Einances Jim Elaherty, avait l\u2019appui des deux tiers du caucus conservateur.La Presse canadienne LE DEVOIR, LE LUNDI II MAI 2015 A 5 SOCIETE #CHRONIQUEFD Mouchards interdits Fabien Deglise Il faut dire non ! Et il faudrait aussi l\u2019écrire, dans un texte de loi, dans un règlement, dans une directive, dans un manifeste, dans un code d\u2019éthique.Les mouchards numériques, ces outils de profilage des comportements en ligne, n\u2019ont pas leur place sur les sites Web gouvernementaux, où le citoyen dématérialise sa citoyenneté depuis quelques années.La logique de marché qu\u2019Us sous-tendenL leur caractère insidieux et intrusif dans l\u2019intimité des internautes ainsi que l\u2019état de surveillance invisible qu\u2019ils imposent n\u2019ayant certainement pas leur place à ces endroits.La semaine dernière.Le Devoir a révélé en effet la présence de ces mouchards dans plusieurs sites Web d\u2019hôpitaux du Québec.Le Centre hospitalier de l\u2019Université de Montréal (CUM), le Centre universitaire de santé McGill (CUSM), le Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine étaient dans la liste.La plupart sont utilisés pour analyser, de manière anonyme, les déplacements des humains dans les univers numériques.Mais plusieurs recensés sur ces pages consacrées à la santé se montraient un peu plus insistants en récoltant des visiteurs le numéro unique de leur ordinateur, leur numéro de téléphone, tout comme des informations personnelles permettant de connaître leur identité (nom, prénom, adresse, date de naissance, alouette).Entre autres.Risque élevé Etant donné la nature sensible des informations qu\u2019un internaute peut aller chercher sur le site d\u2019un hôpital public, ou privé d\u2019ailleurs, la présence de ces mouchards fait du coup peser un risque très élevé sur la protection de la vie privée, en ouvrant également tout grand la porte à la collecte de données sur des personnes à des fins de discrimination.Par une compagnie La vie orivée\td\u2019assurances, pourquoi pas ?^\tCes mouchards, transmet- n\u2019est pas\ttant des informations à des entreprises privées spéciali-seulement sées dans le marketing en ,\tligne, ont été trouvés sur des menacee par pages des services d\u2019oncolo- la technologie ; f e- d\u2019urologie, d\u2019obstétrique, d encadrement des personnes elle l\u2019est\tvictimes d\u2019a^essions sexuelles.,\tPour ne citer que celles-là.egalement par Alerté par les révélations du ,\tDevoir, le CUSM a fait preste- 1 aosence\tment le ménage de son site dp «pn«\tWeb pour les faire disparaître, ue sens\tCHUM a dit vouloir en critique et une làire autant.11 est bien sûr étonnant de profonde\tcroiser de tels dispositifs, ., r\tmus par des logiques de mar- iituveie.\tsurveillance à des fins publicitaires, sur ces sites Web.Mais plus étonnante encore est la façon dont ils se sont visiblement retrouvés là.Au CHUM, un des responsables du Web n\u2019avait aucune idée de leur présence.La direction du centre hospitalier?Pas plus.En effet la facilité et l\u2019absence de conscience sociale assurent leur prolifération, en toute discrétion.Ces mouchards se résument à des lignes de codes que des compagnies placent dans des outils ou modules permettant l\u2019affichage d\u2019informations sur une page Web.Le petit espace offrant la possibilité de partager une page sur Eacebook, Twitter, Pinterest, Linkedln et consorts, est de ce genre-là.Payer en données personnelles Ces outils sont offerts gratuitement aux concepteurs de ces pages Web.En contrepartie, la compagnie se paie en données personnelles ramassées sur les visiteurs de la page, doimées revendues par la suite à d\u2019éventuels annonceurs pour leur permettre de bien cibler leur campagne afin d\u2019être efficaces.En bref, l\u2019hôpital épargne 1000, 2000, peut-être 5000$ en temps de programmation en succombant à l\u2019appel de ces «tout-inclus», mais permet par le fait même à une firme étrangère de gagner dix fois plus d\u2019argent en vendant des données intimes sur ses visiteurs.En 2011, le Boston Consulting Group a évalué à 315 milliards de dollars le marché des données personnelles ainsi récoltées.En Europe seulement.La logique semble absurde.Elle est alimentée également par des développeurs de site Web qui ne remettent que trop peu en question la nature des codes qu\u2019ils insèrent dans leur page.Certains mêmes vont jusqu\u2019à minimiser l\u2019importance des intrusions, nourrissant la bête avec un aveuglement volontaire pour le moins délétère, pour tous.Dans l\u2019univers du code et de la programmation, l\u2019interrogation, la réflexion sur les conséquences sociales d\u2019une ligne de code ne faifi étrangemenfi pas partie de la boîte à outils.Ce code étant encore et toujours perçu comme une source de progrès infini, positiviste même, mais également comme neutre.Ce qui n\u2019est certainement plus le cas.Pendant longtemps, on a prétendu que l\u2019hôpital pouvait se moquer de la charité.Avec des sites Web infestés de mouchards, on peut maintenant dire qu\u2019ils se moquent aussi un peu du citoyen, tout en nourrissant une étrange vérité: la vie privée n\u2019est aujourd\u2019hui plus seulement menacée par la technologie et les nouvelles pratiques de surveillances passives qu\u2019elle permet.Elle l\u2019est également par bien pire: l\u2019indolence, l\u2019inertie, l\u2019absence de sens critique et une profonde naïveté.Sur Twitter: ©FabienDeglise CONSOMMATION La mode en écopartage Robes à louer pour la Cendrillon des temps modernes EMILIE EOLIE-BOIVIN Toutes les occasions sont belles pour se procurer une nouvelle robe.Bal, mariage, gala, 5 à 7 ou rendez-vous doux.Souvent, en attendant de se faire oublier, la tenue cher payée amasse la poussière dans le placard.Car c\u2019est là un des revers des réseaux sociaux, personne n\u2019a envie d\u2019être vu deux fois avec la même tenue sur le dos.C\u2019est justement dans l\u2019esprit de mieux consommer et d\u2019économiser tout en restant à l\u2019affût des tendances mode que deux entreprises montréalaises ont fait leur marque en louant des robes pour une fraction du prix.Une manière écologique et pratique d\u2019être «la plus belle pour aller danser» sans y laisser sa chemise.Par la même occasion, les femmes peuvent laisser leurs propres robes en dépôt afin que d\u2019autres puissent les emprunter, ce qui leur permet de faire des sous avec leurs propres robes.Zara, Mango, BCBG Maxazria, Marie Saint-Pierre, Dior: c\u2019est dans le haut de gamme que se spécialise Loue 1 Robe, entreprise créée il y a deux ans.La propriétaire, Sarra Ghribi, loue plus de 605 tenues (dont certaines valent jusqu\u2019à 5000$) entre 25 $ et 250$.Son service de consultation par Skype lui permet de servir les femmes de Toronto autant que celles du Saguenay.«Oui, j\u2019ai des clientes de Westmount et des personnalités connues qui préfèrent louer qu\u2019acheter! Ce n\u2019est plus une question de ne pas avoir les moyens de s\u2019offrir une robe neuve.La location est une façon d\u2019éviter le gaspillage», explique avec passion Sarra Ghribi, aussi conseillère en image.Puisqu\u2019elle a travaillé dans l\u2019événementiel, elle connaît la plupart des grands événements et sait conseiller les clientes sur le type de robe approprié au décorum de certaines occasions spéciales.Sa boutique, ouverte sur rendez-vous, propose un choix encore plus grand qu\u2019une boutique dans les magasins.Elle offre plus de 600 modèles, allant des tailles 0 à 20.Chaque robe est aussi unique.«Je ne veux surtout pas que deux de mes clientes se trouvent avec la même robe au même événement !», lance l\u2019entrepre-neure, consciente de ce souci féminin.Faire fructifier sa garde-robe Alors que les hommes ont déjà ce type de service, le concept de location de robes, très populaire en Europe, n\u2019avait pas encore pris son essor dans la province, mais ça y est.L\u2019intérêt manifesté est plus que palpable, se réjouit Vanessa Lajeu-nesse, copropriétaire de La petite robe noire, qu\u2019elle et son amie.Mélodie d\u2019Amour, ont lancée il y a moins de trois mois.Elles ont commencé en regroupant les 200 robes qu\u2019elles possédaient en commun; maintenanfi les 600 modèles qu\u2019elles offrent en location ont tous été mis en dépôt par leurs clientes.Celles-ci reçoivent 30% du prix de la location lorsque leur robe est empruntée, tout comme chez Loue 1 Robe.Par exemple, l\u2019une des clientes fidèles de La petite robe noire a déposé une soixantaine de robes LA PETITE ROBE NOIRE Vue sur l\u2019intérieur de la boutique La petite robe noire à la boutique.Ses robes de marque sont populaires et souvent louées, si bien que cela lui a permis de gagner près de 300$ le mois dernier.«C\u2019est de l\u2019argent qui dormait dans sa garde-robe, mais en les prêtant, elle fait du profit dessus», déclare la jeune femme férue de mode, également enseignante au primaire.Pour les emprunteuses, la location est aussi avantageuse.Les 500 $ qu\u2019elles dépenseraient pour une tenue de bal, par exemple, leur permettent de se procurer trois, cinq ou sept tenues différentes parmi les robes tendance (les modèles crayons, crop top et t-shirts sont très populaires) en plus de se pavaner dans des marques qu\u2019elles n\u2019auraient jamais pu s\u2019offrir.Au-delà de la robe Si Sarra Ghribi se concentre sur les tenues féminines, c\u2019est qu\u2019au-delà de la robe, habiller le corps féminin offre de beaux défis.«L\u2019homme a Loue 1 Robe Où: 3463, rue Sainte-Pamille, métro Place-des-Arts (sur rendez-vous au 514 553-2364), louelrobe.com Combien : entre 25$ et 250$ pour une location de 48 heures Tailles : de 0 à 20 Comprend : retouches, nettoyage et taxes En location : robes de soirée, robes de mariée, bijoux, sacs à main Services : maquillage, coiffure, livraison «gants blancs» Robe en dépôt : la propriétaire de la robe reçoit 30% du prix de la location confiance en lui, peu importe ce qu\u2019il porte.Les femmes, c\u2019est différent.Moi aussi, j\u2019ai eu de la difficulté à accepter mon corps, dit-elle en faisant référence à la taille 18 qu\u2019elle portait à l\u2019adolescence.Les femmes sont fortes, elles travaillent beaucoup, ne se plaignent jamais, elles vivent sous la pression et je sais qu\u2019elles n\u2019ont pas toujours confiance en elles.Je veux leur prouver que, peu importe le corps qu\u2019elles ont, elles sont belles.» 11 suffit de trouver la couleur et la coupe parfaite.Bref, de trouver robe à sa silhouette.Plus qu\u2019un accessoire, la robe devient aussi une manière d\u2019exprimer sa personnalité.Et le regard extérieur des filles de Loue 1 Robe et de La petite robe noire est une belle occasion de sortir de sa zone de confort et d\u2019expérimenter des styles choisis pour elles, à travers ce tissu social de robes prêtées par des femmes de tous les âges.Le Devoir La petite robe noire Où : 4030, rue Saint-Ambroise, local 230, métro Place-Saint-Henri (sur rendez-vous), lapetiterobenoire.ca Combien : entre 20$ et 150$ pour une location de 72 heures Tailles : de 0 à 12 Comprend : retouches, nettoyage et taxes En location : robes, bijoux, sacs à main, chaussures Services : maquillage, coiffure, extension de cils Robe en dépôt : la propriétaire de la robe reçoit 30% du prix de la location Les acouphènes, ces bruits fantômes dans les oreilles Les acouphènes, qui touchent une personne sur dix, affecteraient une grande partie du cerveau EABIEN GOUBET Pour certains, c\u2019est un bourdonnement.Pour d\u2019autres, un sifflement stridenfi ou encore un cliquetis.Ces bruits qui n\u2019existent pas, mais qu\u2019on entend réellement, ce sont les acouphènes.Ils concernent entre 5 et 10% de la population en Europe et peuvent se révéler lourdement handicapants chez une personne sur cent.D\u2019apparence anodine, ces illusions auditives demeurent en grande partie inexpliquées.Vieillissement, traumatismes auditifs ou crâniens, otites, anémies.la lisfe des causes est longue, ce qui ne facilite rien.A tel point qu\u2019il n\u2019existe à l\u2019heure actuelle aucun médicament réellement satisfaisant et que les thérapies à disposition sont plus basées sur l\u2019acceptation que sur l\u2019éradication de ces bruits parasites.«On ne se débarrasse jamais d\u2019un acouphène chronique, mais on peut apprendre à vivre avec lui», résume Raphaël Maire, responsable du service d\u2019otoneurologie du Centre hospitalier universitaire vaudois.Une étude publiée le 23 avril dans la revue Current Biology vient compléter les connaissances acquises sur le sujet et laisse entrevoir de nouvelles approches thérapeutiques.Des neuroscientifiques dirigés par Will Sedley, de l\u2019Université de NewcasÜe, ont pu examiner l\u2019activité élecüique de plusieurs régions du cerveau d\u2019un patient souffrant d\u2019acouphènes chroniques, ce qui leur a permis de réaliser une «cartographie» de cette affection.Pour comprendre ce qui se trame dans le cerveau d\u2019un patient acouphénique, les neuroscientifiques ont dans le cas présent choisi d\u2019enregistrer les ondes cérébrales, «des oscillations électriques émises lors de l\u2019activation simultanée d\u2019un groupe de neurones voisins», détaille Will Sedley.Habituellement, de telles ondes sont mesurées à l\u2019aide d\u2019électrodes collées à même le crâne.Mais ici.Will Sedley a pu profiter d\u2019un heureux hasard qui lui a permis de les enregistrer grâce à des électrodes implantées directement dans le cerveau d\u2019un patient.De l\u2019autre côté de l\u2019AÜantique, en effef l\u2019équipe du D\"^ Phillip Gander, de l\u2019Université de l\u2019iowa, soigne des épileptiques en leur implantant de petites électrodes dans le cerveau.Lorsqu\u2019un de ces patients, un homme de 51 ans, a déclaré souffrir d\u2019acouphènes chroniques.Will Sedley a saisi la balle au bond et lui a proposé de prendre part à cette expérimentation.«C\u2019était la seule possibilité pour faire ces expériences de manière légale et éthique chez un être humain», précise le neuroscientifique.Will Sedley a réalisé ses enregistrements en alternant des périodes normales, durant lesquelles le patient perçoit les bruits fantômes, avec des pé-riodes de calme.Le but: pouvoir comparer les ondes cérébrales dans ces deux situations.Les résultats révèlent que dans le cortex auditif \u2014 le siège de l\u2019interprétation des sons \u2014 certaines ondes cérébrales (dites de basse fréquence) diminuent en intensité quand le patient entend les acouphènes.Un résultat qui confirme les travaux de Dirk de Ridder et la théorie qu\u2019ils sous-tendent, selon laquelle les ondes de basse fréquence sont le moteur des acouphènes.Mais le plus intéressant est sans doute que cette mise en sourdine des ondes de basse fréquence ne se limite pas au cortex auditif.Elle se retrouve dans d\u2019autres régions du cerveau plutôt inattendues car impliquées dans le contrôle des mouvements et du regard, dans l\u2019attention, les émotions, etc.Une découverte qui vient confirmer que «les acouphènes ne sont pas un phénomène purement auditif, et [que] cela peut changer la manière de concevoir des traitements», d\u2019après Will Sedley.«Beaucoup pensent que les acouphènes sont encodés comme n\u2019importe quel son par le cerveau, poursuit le chercheur.Or nos résultats montrent qu\u2019ils s\u2019inscrivent dans des réseaux de neurones plus larges.» De quoi expliquer, avance-t-il, certains déficits d\u2019attention observés chez les patients acouphéniques.Bien entendu, avec un échantillon d\u2019un seul patient, il est délicat de tirer des conclusions générales, ce que Will Sedley reconnaît volontiers.D\u2019autres études avaient en outre déjà laissé entendre l\u2019existence de tels effets.Comme souvent, c\u2019est l\u2019accumulation progressive et prudente de modestes éléments nouveaux qui permet de lever le voile sur le mystère.D\u2019autres travaux viendront ainsi bientôt compléter ces connaissances.En collaboration avec l\u2019Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPEL), Raphaël Maire travaille actuellement sur une expérimentation similaire.«Nous étudions le cerveau de patients souffrant d\u2019acouphènes grâce à l\u2019imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, qui vise à réaliser une cartographie du cortex auditif chez ces patients», explique le médecin.Une approche complémentaire, basée non pas sur les ondes cérébrales mais sur la mesure du débit sanguin.Par rapport à la méthode des ondes, il s\u2019agit d\u2019une mesure indirecte (toutes les activations de neurones ne se traduisent pas par une modification du débit sanguin), mais qui renseigne sur l\u2019ensemble du cerveau (et pas seulement là où on a implanté des électrodes).A terme, les médecins disposeront sans doute d\u2019outils plus efficaces pour lutter contre ces affections.«L\u2019acouphène est un trouble simple en apparence, mais ses profondes ramifications font qu\u2019un traitement efficace se fait toujours attendre», explique Raphaël Maire, avant de rappeler que les traitements actuellement employés, tels que la thérapie auditive d\u2019habituation ou les approches psychosomatiques, soulagent déjà les patients avec succès.Le Temps A 6 LE DEVOIR LE LUNDI II MAI 2015 EDITORIAL QUEBEC ET LE SCRUTIN DU 19 OCTOBRE Rappel fédéral L\u2019élection fédérale qui s\u2019en vient est une occasion pour le gouvernement du Québec de formuler certaines demandes, ce que Philippe Couillard a fait la semaine dernière.C\u2019en serait une aussi pour rappeler fortement les défauts du fédéralisme canadien actuel.Sur ce plan cependant, ce gouvernement semble avoir baissé les bras.J eudi, le premier ministre du Québec a formulé ses demandes aux partis fédéraux en vue des prochaines élections: 1) le calcul du transfert canadien en matière de santé devrait tenir compte du vieillissement de la population; 2) le montant promis pour l\u2019investissement dans les infrastructures publiques est insuffisant; 3) le plafond de péréquation doit être éliminé ou redéfini ; 4) quelle aide le fédéral entend-il apporter aux provinces en matière de réduction des gaz à effet de serre?5) le différend sm les travaillems temporaires doit être réglé.«Petite liste» \u2014 qualificatif employé par le premier ministre \u2014 légitime et pertinente, mais qui se borne en définitive aux questions de gros sous.Le premier ministre devrait oser, dans les prochains mois, aller plus loin que ces prétendues «vraies affaires».Il devrait d\u2019abord rappeler aux partis cherchant à prendre le pouvoir à Ottawa que le Canada est une fédération.ce qui signifie qu\u2019entre le gouvernement central et les Etats fédérés, il y a un partage des pouvoirs à respecter.C\u2019est là une évidence qui semble échapper au chef néodémocrate, Thomas Mulcair, qui a promis la semaine dernière de créer un ministère fédéral Antoine\tdes Affaires mbaines.L\u2019Acte de 1867 est pom- Robitaille\ttant clair en son article 92, alinéa 8 : les pro- vinces sont chargées des «institutions municipales».En 1971, Pierre Elliott Trudeau avait osé ce geste inconstitutionnel de créer un tel ministère fédéral.Devant le tollé, il fut aboli en 1978.Jean Charest et son ministre Benoît Pelletier, en septembre 2008, en pleine campagne fédérale, avaient osé dresser une liste d\u2019une quinzaine de «dossiers prioritaires» pour le Québec.L\u2019esprit de cette liste, précisaient-ils, visait «l\u2019amélioration du fédéralisme canadien».Ils y dénonçaient, entre autres choses, deux projets de Stephen Harper: la réforme du Sénat et le projet de régulation pancanadienne de valeurs mobilières.Ils réclamaient aussi un processus de nomination des juges de la Corn suprême plus respectueux du fédéralisme.Trois dossiers pom lesquels la Cour suprême aura donné raison au Québec par la suite.Que le chef du gouvernement de la nation québécoise ait exprimé son mécontentement clairement sur la place publique a sûrement aidé les choses.On nous rétorquera que MM.Charest et Pelletier faisaient à l\u2019époque partie d\u2019un gouvernement minoritaire cherchant à faire monter sa cote chez les francophones en se montrant ferme face à Ottawa.Mais faut-il attendre que les libéraux soient minoritaires pom qu\u2019ils osent défendre nos intérêts?Philippe Couillard et Jean-Marc Pournier, eux, ne parlent pas souvent d\u2019«améliorer le fédéralisme».Ce serait admettre qu\u2019il a des défauts, ce qui risquerait de faire le jeu de leurs adversaires souverainistes.Le statu quo, à les croire, est quasi parfait.Cela est malhemeux, car les Québécois, même souverainistes, font partie de ce système politique, lequel comporte plusieurs défauts graves qu\u2019abordait sans détom la lettre Charest-Pelletier de 2008 sur les « dossiers prioritaires », notamment ce prétendu pouvoir fédéral de dépenser, non bridé, que M.Harper, en 2005, avait pourtant promis d\u2019encadrer.Pomtant, «la Constitution n\u2019est pas, et ne doit pas être, un sujet tabou», déclarait M.Pournier à Québec, en octobre 2014.Il s\u2019agit d\u2019une question «identité» et de «contrat social», arguait-il.Il faut continuer de réclamer «un geste d\u2019acceptation expresse de reconnaissance».Pomquoi ne pas le laire à l\u2019approche du scrutin fédéral d\u2019octobre?L\u2019anniversaire de 2017, c\u2019est dans le prochain mandat fédéral.BOMBARDIER Course à obstacles e nouveau patron de Bombardier inc., Alain Belle-mare, a rassuré bien des gens en coupant court à la rumeur voulant qu\u2019on vende la division de transport par rail au plus offrant pour financer la coûteuse aventure de la CSeries.Lors de l\u2019assemblée annuelle des actionnaires, jeudi dernier, M.Bellemare a plutôt avancé le scénario d\u2019un Jean-Robert Sansfaçon appel public à l\u2019épargne pour une fraction minoritaire de Bombardier Transport, dont le siège social est en Allemagne.Ce faisant, Bombardier inc.retirerait un ou deux milliards des hjqjo-thétiques 5 milliards de capitalisation de cette filiale ainsi devenue société indépendante dont on croit que la valeur en Bourse serait aussi importante que celle de la société mère en entier.^\tL\u2019idée a été bien accueillie par les investis- sems impatients de voir Bombardier sortir de sa léthargie, pom ne pas dire de sa descente en piqué.Depuis le début de l\u2019année seulement, l\u2019action de Bombardier a perdu 40% de sa valem en bourse à cause de l\u2019incertitude entourant plu-siems projets, dont celui de la CSeries.Pour trouver les liquidités nécessaires à son développement, la direction a aussi annoncé une nouvelle vague de compressions dans les dépenses \u2014 sauf dans les salaires de la direction.\u2014, qui entraînera des centaines de mises à pied supplémentaires et la révision des ententes avec les fomnissems.Malgré tous ces efforts, la multinationale n\u2019est pas sortie de l\u2019auberge.Le mois prochain.Bombardier aéronautique présentera officiellement son nouvel aéronef CSlOO au salon du Bomget, à Paris.À ce jom.Bombardier n\u2019a conclu que 263 ventes fermes de ses modèles CSlOO et CS300, alors que l\u2019objectif pom lancer la production en série avait été fixé à 300.Il semble qu\u2019on n\u2019attendra pas ce moment pour commencer, mais compte tenu de la concurrence de Boeing et d\u2019Airbus, la partie n\u2019est pas gagnée.De même en est-il des autres modèles construits par Bombardier, notamment les avions d\u2019affaires, un sectem qui tomne au ralenti.Récemment, Bombardier annonçait la suspension pour une durée indéterminée du développement du modèle Learjet 85, avec pom conséquence l\u2019inscription d\u2019une perte de plus d\u2019un milliard.Même dans le secteur du transport par rail, les défis sont immenses avec l\u2019entrée en scène des sociétés chinoises.Ces mêmes Chinois dont la rumeur voulait jusqu\u2019à la semaine dernière qu\u2019ils acquièrent la totalité du capital de Bombardier Transport.Cela vient d\u2019être démenti, mais pourrait quand même se réaliser un jom, une fois Bombardier Transport devenue indépendante et évaluée à sa juste valeur marchande.Une telle transaction porterait un dur coup à la compagnie malgré les milliards qu\u2019elle en retirerait à comt terme.Et à l\u2019économie du Québec, c\u2019est certain.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCOTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET J\u2019enseigne dans nn Wal-Mart La semaine dernière, j\u2019apprenais qu\u2019un Tim Hortons venait d\u2019ouvrir un comptoir express au cœur de la cafétéria du collège Montmorency à Laval.Qui plus est, un Subway ouvrira ses portes aussi dans cette même institution d\u2019enseignement, et ce, dès l\u2019automne 2015, avec la bénédiction de la direction générale.Plusieurs autres cégeps de la province sont dans la même situation.Quel est le problème?Nous sommes pourtant dans une société de consommation qui promeut la libre entreprise.Ne devrions-nous pas être heureux de voir des entreprises nord-américaines fleurir chez nous ?Le problème, le voici, en trois volets.D\u2019abord, un cégep est une institution d\u2019enseignement supériem, pas d\u2019un centre commercial ni une foire alimentaire.Le but est d\u2019enseigner, pas de vendre des produits.Ce n\u2019est pas comme s\u2019il manquait de magasins à Laval, sur la Rive-Nord ou encore dans notre civilisation occidentale en général, oû le nombre de Wal-Mart par habitant dépasse l\u2019entendement.Ensuite, depuis des années, les médecins, nutritionnistes et politiciens clament haut et fort qu\u2019il y a un problème de surpoids chez les jeunes générations et que les principales causes sont la sédentarité et la malbouffe.A-t-on oublié le bon vieux dicton vantant «un esprit sain dans un corps sain » ?Enfin, l\u2019envahissement croissant des grandes marques commerciales en milieu scolaire a de quoi laisser songeur quant à la stratégie marketing de la direction du collège Montmorency.Quand est-ce que ça s\u2019arrêtera ?Serai-je obligé d\u2019introduire chacune de mes leçons par la présentation d\u2019un commanditaire, comme à la radio ou à la télévision?Devrai-je porter des chandails avec des logos de grandes marques ou des publicités ?Même en tant qu\u2019athée, je peux parfaitement comprendre le mouvement de colère de Jésus contre les marchands du temple.Tim Hortons et Subway vont très bien survivre s\u2019ils ne sont pas sous-traités par la multinationale Chartwells dans notre collège qui doit rester, avant tout, un lieu d\u2019enseignement.Olivier Ménard Enseignant au Collège Montmorency Le 7 mai 2015 Assez de Séraphin C\u2019est assez ! « Pu capable ! » Quelle mauvaise décision que celle de vouloir ressusciter d\u2019archives poussiéreuses Les belles histoires des pays d\u2019en haut.On n\u2019en veut plus ! L\u2019œuvre de Claude-Henri Grignon tourne essentiellement autour des sept péchés capitaux à travers une vision sociale très paroissiale, macérée dans la religion d\u2019un Dieu tutélaire, parsemée de guerres fratricides, soumise et colonisée.Cette ancienne série télévisée est usée au possible, c\u2019est un euphémisme ! Pourquoi investir dans ce qui a déjà été un roman, un radio-roman, une longue série télévisée, deux films et une pièce de théâtre ?On a fait le tour.« Non, non, pu capable ! » Revisiter ce produit qui fut abondamment étalé dans toutes les vitrines culturelles est un pur gaspillage d\u2019argent.Dans une période austère oû les coupes s\u2019alignent et sapent l\u2019avenir des jeunes, la logique se montre peu favorable à dilapider l\u2019argent.La regrettable décision de faire revivre Séraphin, un pur manque de vision, fut certainement puisée dans l\u2019hyperactivité de l\u2019illogisme morbide.C\u2019est Ja commotion chez les jeunes auteurs.A mes yeux, revoir Séraphin dans son petit monde, c\u2019est imaginer un concessionnaire automobile qui propose des charrettes de bois en 2015 ! P.-S.: Antonine Maillet écrira peut-être : Séraphin la charrette ! Michel Beaumont Québec, le 8 mai 2015 LIBRE OPINION PQ : Cloutier investit dans la jeunesse et l\u2019éducation LEO BUREAU-BLOUIN Ex-député de Laval-des-Rapides, président du Comité national des jeunes du Parti québécois (CNJPQ) STÉEANIE TOUGAS Ancienne conseillère politique du ministre de l\u2019Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, vice-présidente du CNJPQ ÉLIANE LABERGE Ancienne présidente de la Pédération étudiante collégiale du Québec La course à la direction du Parti québécois tire à sa fin et lèvera le voile, d\u2019ici quelques jours, sur le choix du prochain leader de cette formation indépendantiste.Parmi les candidats toujours en lice, Alexandre Cloutier a décidé, dès le premier jour de cette campagne, de placer la jeunesse et l\u2019éducation au cœur de ses propositions.Il nous propose une réelle vision d\u2019avenir et d\u2019espoir pour le Québec afin de nous donner, collectivement, des priorités nationales structurantes en vue de mobiliser les jeunes pour qu\u2019ils participent à construire un pays à notre image.Nous sommes de cette génération montante.Depuis des mois, le gouvernement libéral s\u2019attaque à l\u2019ensemble des services publics \u2014 notamment à notre système d\u2019éducation et à des institutions comme les carrefours jeunesse-emploi et les forums jeunesse régionaux \u2014 sous prétexte de vouloir nous assurer un meilleur avenir.«Nous le faisons pour les générations futures», clame-t-il.Il n\u2019est pas le premier à entonner ce refrain.Or, le fossé entre la vision du monde de notre génération et celle de nos élites politiques n\u2019a jamais été aussi grand.Des propositions concrètes Alexandre Cloutier redonne espoir en sortant de ces discours vaseux en s\u2019engageant pour la jeunesse et l\u2019éducation à la manière de propositions concrètes.H nous invite à réinvestir 500 millions dans notre système d\u2019éducation en rétablissant la taxe sur le capital des institutions financières abolie il y a quelques années.Ses engagements sont clairs et porteurs : offrir la gratuité scolaire effective à 50% des familles québécoises les moins fortunées, développer une politique nationale de la persévérance pour les élèves du primaire et du secondaire, revaloriser le rôle de nos enseignants, créer des bourses pour la mobilité étudiante collégiale afin de remplir nos cégeps en région, hausser les investissements dans la recherche et le développement dans les universités, etc.Alors que 200 000 jeunes de moins de 30 ans ne sont ni à l\u2019emploi ni aux études, M.Cloutier propose égale- ment la création d\u2019un service civique afin d\u2019encourager l\u2019implication citoyenne et la découverte de nos communautés.Investir dans notre système d\u2019éducation, dans la persévérance scolaire et dans l\u2019accessibilité aux études supérieures, c\u2019est offrir les outils et les leviers dont les jeunes ont besoin pour s\u2019épanouir, réaliser leurs projets et contribuer à construire un Québec meilleur.M.Cloutier, qui a lui-même fait des études ici et à l\u2019étranger, l\u2019a bien compris.Au-delà des calculs politiques et de la par-tisanerie, il décide de porter haut et fort cet appel à l\u2019urgence de faire de l\u2019éducation et de la jeunesse une vraie priorité nationale.Nous partageons cette vision du Québec.L\u2019éducation doit devenir le fondement d\u2019une vraie social-démocratie moderne.La création de richesse doit s\u2019accompagner d\u2019une plus grande justice fiscale et se faire dans un esprit constant de développement durable.Nous appuyons Alexandre Cloutier dans cette volonté politique et souhaitons que ce leadership qu\u2019il incarne puisse matérialiser nos ambitions pour la jeunesse et la nation du Québec ; un Québec plus instruit, un Québec plus libre.Ce texte est signé par 500jeunes de moins de 35 ans portés par cette ambition pour le Québec. LE DEVOIR LE LUNDI II MAI 2015 A 7 IDEES Dans le labyrinthe du cas Khadr FANNIE LAFONTAINE Avocate, professeure de droit, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la justice internationale pénale et les droits fondamentaux.Université Laval utre défaite des avocats du A gouvernement devant les tribunaux dans le dossier d\u2019Omar Khadr, cette fois avec une conséquence majeure dans la vie du jeune prévenu : il est en liberté sous caution.Difficile de s\u2019y retrouver dans les méandres judiciaires de ce dossier.Au-delà des faits, voici une brève explication des principales questions juridiques au cœur des procédures récentes au Canada, afin de mieux saisir les enjeux liés à la détention de Khadr au Canada.On pourrait tracer une li^e imaginaire pour expliquer en deux temps l\u2019historique judiciaire de Khadr : l\u2019avant, soit ses tentatives infructueuses pour être rapatrié au Canada et y subir son procès, plutôt que devant les commissions miliaires américaines mises sur pied pour juger les détenus de Guantanamo, et l\u2019après, soit son transfèrement au Canada pour y purger sa peine après avoir plaidé coupable devant ces mêmes commissions militaires aux infractions qu\u2019on lui reprochait.L\u2019avant n\u2019est plus l\u2019objet de litige à l\u2019heure actuelle.L\u2019après, lui, regorge de nouveaux débats et de questions inédites pour les tribunaux canadiens.Khqdr purge sa peine de huit ans \u2014 imposée aux Etats-Unis à la suite d\u2019une entente liée à son plaidoyer de culpabilité \u2014 au Canada grâce q un traité international signé par les deux Etats et à une loi canadienne qui vise à permettre au Canada de respecter ses engagements internationaux.Deux grands débats judiciaires sont en cours, en parallèle.Cas unique Celui dont on parle maintenant : le Canada peut-il libérer sous caution un détenu transféré ipi alors qu\u2019il fait appel de sa condamnation aux Etats-Unis ?Le cas Khadr est unique : normalement, les transfèrements se font lorsqu\u2019un détenu n\u2019a plus de droit d\u2019appel dans le pays qui l\u2019a condamné.Or, rien n\u2019est normal dans le système des commissions militaires américaines et Khadr bénéficie d\u2019un droit de révision de sa condamnation, qu\u2019il fonde en l\u2019espèce sur la réussite d\u2019au moins un autre détenu de Guantanamo quant à l\u2019argument suivant: au moment où il aurait commis les crimes qu\u2019on lui reproche \u2014 des crimes de guerre, dont le meurtre et le soutien au terrorisme \u2014, ces crimes n\u2019existaient pas en droit international ou en droit américain et il n\u2019aurait donc pas dû être reconnu coupable de ces derniers après coup.D\u2019un côté, les avocats du gouvernement plaident que le régime de transfèrement ne permet pas au Canada de libérer un détenu sous caution parce que les appels ne sont normalement pas perrrps et que cela nuirait aux relations avec les Etats-Unis et minerait le régime des transfèrements internationaux.De l\u2019autre côté, les avocats de Khadr constatept qu\u2019un appel est effectivement en cours aux Etats-Unis et que.puisque le Canada a la responsabilité d\u2019administrer la peine de ce dernier, les tribunaux canadiens ont le devoir de considérer la libération sous caution pendant l\u2019appel.Protégé par la Charte La juge Ross de la Cour du banc de la reine de l\u2019Alberta a donné raison le 24 avril dernier aux avocats de Khadr : le droit d\u2019être libéré sous caution pendant un appel de sa condamnation est protégé par la Charte canadienne des droits et libertés, le fait que Khadr a été transféré des Etats-Unis ne lui retire pas ce droit et la libération dans son cas ne menace pas la sécurité publique.Le gouvernement est en appel de ce jugement, qui sera entendu vraisemblablement en septembre par la Cour d\u2019appel de l\u2019Alberta.Comme une parenthèse à ce débat, le gouvernement a tenté de surseoir à la libération de Khadr pour éviter que celui-ci ne soit libéré avant que la Cour d\u2019appel décide de la justesse de la décision de la juge Ross.Une juge de la Cour d\u2019appel a, le 7 mai, refusé de surseoir à cette décision.Conséquence : Khadr est en liberté sous caution \u2014 avec des conditions strictes imposées par la juge Ross, comme celles de porter un bracelet électronique, de vivre avec son avocat, d\u2019avoir des contacts supervisés avec sa famille, laquelle a eu des liens avec des terroristes par le passé, etc., au moins jusqu\u2019à ce que la Cour d\u2019appel décide de l\u2019appel du gouvernement quant à cette libération.COMMENT RESOUDRE LE CONELIT RUSSO-UKRAINIEN?De Minsk 3.0 à la Coupe du monde 2018 IRVIN STUDIN Rédacteur en chef du magazine Global Brief uel avenir pour le conflit russo-ukrainien ?11 est évident pour tout observateur raisonnable que le régime de Minsk 2.0 \u2014 le cessez-le-feu actuel assorti des conditions politico-constitutionnelles \u2014 ne peut durer longtemps.Or, l\u2019instabilité de Minsk a beaucoup moins à voir avec la «bonne volonté» des combattants qu\u2019avec le «dilemme de sécurité» qui fait en sorte que chaque côté, ne croyant pas à la longue durée du cessez-le-feu, se sert de toute pause pour préparer la prochaine bataille.Je maintiens qu\u2019il faut déployer une force de maintien de la paix dans le Donbass et sur les frontières russo-ukrainiennes, proposition discutée dernièrement à Minsk par les leaders de la Erance, de l\u2019Allemagne, de l\u2019Ukraine et de la Russie et qui est depuis prônée activement par Kiev, mais jusqu\u2019ici vue avec scepticisme par Moscou.Seule une force de maintien de la paix peut casser ladite logique du dilemme de sécurité et ainsi assurer non seulement la fin des combats militaires, mais aussi la primauté d\u2019une logique politico-diplomatique.L\u2019Inde comme compromis Quelle devrait être la composition de cette force de maintien de la paix?Réponse: elle devrait être de provenance entièrement asiatique, voire indienne.Car si Kiev privilégie jusqu\u2019ici une force majoritairement européenne (par implication otanienne), scénario que le Kremlin considère comme inacceptable, Moscou souhaiterait une force de l\u2019espace post-soviétique, scénario symétriquement inacceptable pour Kiev.Le pivot vers l\u2019Asie est donc en jeu.L\u2019Inde, pays très respecté en Russie comme en Ukraine, et dont l\u2019expérience en opérations de maintien de la paix est presque sans rivale, s\u2019avère du coup le compromis naturel.Comment faire en sorte que Moscou puisse appuyer à l\u2019ONU une force de maintien de la paix dont la composition n\u2019est plus controversée ?11 faudra que Kiev et les pays d\u2019Occident explicitent, de façon crédible et durable, l\u2019engagement amorcé, du moins oralement, par Erançois Hollande et Angela Merkel avant les derniers pourparlers à Minsk, selon lequel l\u2019Ukraine ne devrait jamais adhérer à l\u2019OTAN.En sus, il faudra démontrer à Moscou qu\u2019il y aura une issue prévisible du régime actuel des sanctions: comme les Russes ne croient point à une sérieuse perspective de sortie des sanctions, ils ont peu d\u2019incitatifs pour faciliter une mise à terme totale de la crise.Commission trilatérale Comment,maximiser les chances de succès de l\u2019État ukrainien et de ses relations avec ses voisins russes tout comme européens ?11 faudra revenir sur une formule proposée au début des manifestations du Maïdan en automne 2013 \u2014 à savoir la création d\u2019une commission trilatérale Europe-Ukraine-Russie sur l\u2019avenir de «l\u2019espace interstitiel» qui lie l\u2019UE aux pays de l\u2019ex-URSS.Une telle structure permettra à Kiev et à Moscou de renouer, voire moderniser, leurs relations de manière systématique, permettra à l\u2019Ukraine de jouir à nouveau d\u2019une implication énergétique russe dans son avenir et permettra également à la Russie d\u2019avancer ses propres réformes institution- Seule une force de maintien de la paix peut assurer non seulement la fin des combats militaires, mais aussi la primauté d\u2019une logique politico-diplomatique Une strategie francophone ?JASON FRANSON LA PRESSE CANADIENNE Omar Khadr à sa sortie du tribunal en compagnie de Patricia Edney et de son époux, Dennis, avocat du jeune homme libéré sous caution.Adolescent ou adulte?L\u2019autre grand débat, celui qui sera entendu par la Cour suprême le 14 ynai prochain: la peine imposée à Khadr aux États-Unis doit-elle être considérée comme une peine pour adolescent ou comme une peine pour adulte, comme les autorités carcérales canadiennes l\u2019ont jusqu\u2019alors considérée ?La conséquence a trait notamment au lieu de détention de Khadr : dans le premier cas, il doit purger sa peine dans une prison provinciale, alors que, dans le second cas, il est détenu avec raison dans un pénitencier fédéral.Rarement des détenus mineurs \u2014 mineurs au moment où les crimes auraient été commis \u2014 sont-ils transférés au Canada, et cette affaire implique donc d\u2019importantes questions d\u2019interprétation du droit relatif aux transfèrements internationaux lorsqu\u2019ils concernent des mineurs, à plus forte raison lorsque le détenu peut être considéré comme un enfant-soldat.Éa décision de la Cour suprême revêt une grande importance de principe \u2014 Khadr doit-il être considéré et traité comme un jeune délinquant?\u2014, une pertinence évidente pour des cas futurs, et pourrait aussi avoir un effet concret si Khadr devait retourner en prison avant la fin de sa peine, prévue en octobre 2018.Ces questions légitimes et importantes se débattent devant des tribunaux indépendants et impartiaux.Par chance, parce que l\u2019acharnement politique à s\u2019immiscer dans le débat,au-rait de quoi ébranler notre confiance en l\u2019État de droit.nelles internes, thème clé qui obsède Moscou depuis la récente chute des prix du baril de pétrole et celle du rouble.Cette commission trilatérale pourrait aussi former la base d\u2019un éventuel «espace commun» reliant l\u2019Europe et la Russie, de l\u2019Atlantique au Pacifique.La conjoncture intérieure de l\u2019Ukraine influera sur les perspectives de ce pays encore plus que ses relations avec ses voisins.Dans cette optique, il y a deux djmamiques à suivre : premièrement, la modernisation institutionnelle de l\u2019Ukraine, y compris celle de la fonction publique, du système judiciaire, éducatif, de soins de santé, et, bien évidemment, la relation entre Kiev et les régions ukrainiennes; et deuxièmement, la stabilité et la légitimité du gouvernement Po-roshenko-Yatseniuk auprès des milices armées qui se sont multipliées depuis la chute du gouvernement Yanukovych et pendant la guerre du Donbass, ainsi qu\u2019auprès des oligarques qui, dans certains cas, sont devenus sponsors de différentes milices.L\u2019échéance pour la normalisation de la situation en Ukraine et des relations russo-occidentales s\u2019oriente forcément autour de la Coupe du monde de football qui aura lieu en Russie en 2018.Le Mondial s\u2019avère un moment hautement symbolique pour la relance de relations amicales et productives entre Moscou et les capitales de l\u2019Occident.Si l\u2019occasion est ratée, cela voudrait dire qu\u2019il y a grand risque d\u2019un boycottage du tournoi par les grandes formations du sport, y compris l\u2019Allemagne, l\u2019Angleterre et les Pays-Bas.C\u2019est un scénario \u2014 une rupture psychologique à long terme \u2014 à éviter de toute urgence.Jean-Benoît Nadeau / 1 J y ai lu hier La langue française: une arme d\u2019équilibre de la mondialisation dYves Montenay et Damien Soupart.Le géographe Yves Montenay, qui dirige l\u2019Institut culture, économie et géopolitique, fait un très bon tour d\u2019horizon des diverses parties de la francophonie, en particulier la Erance.11 revisite et met à jour un sujet qu\u2019il avait déjà exploré en 2005 dans La langue française face à la mondialisation.Sa grande idée est que l\u2019économie, c\u2019est la culture et que la culture, c\u2019est l\u2019économie; et qu\u2019il est stupide, voire suicidaire, de se concentrer sur l\u2019une en négligeant l\u2019autre.Quand on connaît le parcours dTves Montenay, qui fut homme d\u2019affaires avant d\u2019être chercheur, on comprend mieux à quel point il sort du ronron théorique.Cet ouvrage prend une tout autre dimension avec l\u2019addition d\u2019un pan nouveau de 80 pages, intitulé Pour une stratégie de la francophonie, signé Damien Soupart.Ce jeune stratège, qui n\u2019a que 25 ans, a fait son MBA à !\u2019« École de guerre économique ».Cette institution, fondée en 1997 par un général français, est spécialisée dans le renseignement économique.Sa mission : appliquer hors du militaire deux siècles de réflexions en stratégie militaire, non pour tuer ou déstabiliser l\u2019ennemi, mais pour étendre la notion d\u2019influence.Stratégie absente J\u2019ai joint Damien Soupart en Algérie, où il est adjoint au chef de mission de «Business Erance », nom ridicule d\u2019un organisme de promotion des intérêts « Erench » à l\u2019étranger.La vision stratégique de Damien Soupart est fascinante.11 considère que la francophonie repose sur de solides piliers: démographique (275 millions de locuteurs), culturel (une grosse activité), social (des milliers d\u2019associations et d\u2019organismes de toutes natures) et même économique (20% des échanges mondiaux).Son défaut principal : l\u2019absence de véritable stratégie, notamment à l\u2019Qrganisation internationale de la Erancophonie (QIE).«Elle a de bons programmes culturels parce que son monde vient de la culture.Mais en économique et en humanitaire, elle n\u2019a eu personne qui s\u2019y connaissait, et ça paraît.» Maintenant que l\u2019QlE s\u2019intéresse au fait économique, l\u2019erreur, selon lui, serait de vouloir tout faire.11 faut au contraire choisir un créneau et y consacrer du temps et des ressources sans défaillir plutôt que de s\u2019éparpiller.11 fait valoir qu\u2019une stratégie, pour être efficace, n\u2019a besoin ni d\u2019impliquer tout le monde ni même d\u2019utiliser des structures existantes.Le premier embryon de stratégie pour la langue anglaise remonte aux années 1930 et n\u2019impliquait que le Royaume-Uni, le Canada, l\u2019Australie et la Nouvelle-Zélande \u2014 à l\u2019exclqsion d\u2019une ancienne colonie britannique, les États-Unis, qui s\u2019exclut toujours du Commonwealth.Les pays du noyau dur francophone formulent déjà des projets bilatéraux sans attendre les autres.Selon Damien Soupart, les vingt villes francophones d\u2019un million d\u2019habitants pourraient très bien lancer un grand chantier structurant.Par exemple: la «ville intelligente» du maire Coderre, le transhumanisme, les robots de traduction ou l\u2019intelligence artificielle.«Il suffirait, écrit-il, qu\u2019une filière, qu\u2019un produit émerge pour en faire le symbole concret de cette francophonie économique.» Du côté de l\u2019OIF Le hasard a voulu qu\u2019avant même d\u2019attaquer le livre de Montenay-Soupart, j\u2019eusse programmé un entretien avec Louis Hamann, porte-parole et conseiller stratégique de Michaëlle Jean et ancien responsable des affaires publiques de la Délégation générale du Québec à Paris.La nouvelle seprétaire générale de l\u2019QlP a reçu des chefs d\u2019État le mandat d\u2019appuyer sur la Erancophonie économique, la jeunesse et les femmes.Elle cherche actuellement à traduire ces vœux pieux en objectifs réalisables sans trop s\u2019éparpiller.En soi, c\u2019est un embryon de stratégie.Louis Hamann m\u2019a expliqué qu\u2019une des avenues qu\u2019elle envisage serait l\u2019enseignement technique.Car l\u2019Afrique ne manque pas de diplômés en sciences politiques ou de docteurs en sociologie.Ce qui manque, ce sont des techniciens.Pour ce faire, l\u2019QlP aura besoin d\u2019un partenaire.Qn pense tout de suite à Cégep international, regroupant les 48 institutions collégiales québécoises, qui travaille au Sénégal à créer un réseau de 14 Instituts supérieurs d\u2019enseignement professionnel, qui accueillera 42 000 étudiants.L\u2019autre piste de Michaëlle Jean tourne autour de l\u2019économie informelle.Des millions d\u2019Africains, des femmes et des jeunes, travaillent sans protection sociale ni capacité d\u2019emprunt dans une activité économique diffuse, mais non canalisée.Sur cette question, la secrétaire générale attend des réponses concrètes lors du Porum mondial de la langue française, à Liège, cet été.«Le printemps arabe l\u2019a montré, dit Louis Hamann.La jeunesse est mobilisée quant aux valeurs démocratiques.Mais c\u2019est l\u2019absence de jobs et d\u2019horizons économiques qui a déstabilisé les régimes en place.» L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagne (adjoints a la direction de l information), Antome Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idees), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michael Monnier 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Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte (avis legaux), Amebe Maltais (coordonnatrice), Laurence Hemond (secretaire) PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Monn et Nathabe Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthevys (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Genevieve O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service a la clientele), Manon Blanchette, Mane-Lune Houde-Bnsebois, Nathabe Eibon et Kevm McKissock ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Bebveau (adjointe administrative), Elorentina Draghici et Xavier Pigeon (par interim) A 8 LE DEVOIR LE LUNDI II MAI 2015 ACTUALITES RÉPRESSION SUITE DE LA PAGE 1 «J\u2019ai vu de la violence policière, raconte la femme de 46 ans.La police est supposée protéger les citoyens.Elle a plutôt attaqué les citoyens.» Près de deux semaines après la marche du 1®\"^ mai, plusieurs participants à la manifestation se demandent encore ce qui s\u2019est passé ce soir-là.Ils disent n\u2019avoir vu rien de moins qu\u2019un dérapage policier.Interrogés séparément, ils racontent tous la même histoire.L\u2019histoire d\u2019une manifestation pacifique réprimée de façon musclée par la police.L\u2019histoire de 84 personnes arrêtées par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) \u2014 57 arrestations en vertu du règlement municipal P-6 et 27 autres pour des infractions criminelles.Comme s\u2019il était interdit de manifester au Québec.Matraques, gaz et Code criminel Sandra Cordero, notre mère de six enfants, fait partie de ceux qui ont été accusés en vertu du Code criminel.Elle s\u2019est retrouvée au poste de police, menottes aux poings, pour répondre d\u2019accusations criminelles de voies de fait sur un policier et d\u2019entrave au travail d\u2019un agent de la paix.Dix jours plus tard, elle a encore des hleus au hras droit et une éra- flure au coude gauche, après avoir été traînée par quatre policiers sur l\u2019asphalte de la rue Sainte-Catherine.«On me traite comme une criminelle alors que je n\u2019ai fait que me défendre.Je me suis sentie agressée par le monsieur.Je lui ai dit: \u201ctu me fais mal, lâche-moi\u201d! » Alex Tyrrell, chef du Parti vert du Québec, a tout vu.11 a filmé la scène.On voit des policiers interpeller Sandra Cordero.Lentement, presque en douceur.De toute évidence, ils n\u2019ont pas l\u2019intention de lui faire mal.Mais on peut comprendre que ça fait mal, se faire tordre le bras par derrière le co^s.«J\u2019ai trouvé les policiers agressifs, dit-il.Ce que j\u2019ai vu le 1\u201d mai, c\u2019est un corps policier violent contre des manifestants pacifiques.Depuis que les accusations en vertu du règlement P-6 ont été annulées par la Cour, la police se tourne vers les matraques, le gaz et les accusations criminelles.» Durant son escarmouche avec les policiers, Sandra Cordero a perdu ses lunettes.Elle voyait mal.Mais elle avait surtout peur de les avoir perdues pour de bon.Ça coûte cher, des lunettes.Et avec six enfants âgés de 13 à 25 ans, elle n\u2019a pas les moyens de s\u2019en acheter d\u2019autres.C\u2019est pour ça qu\u2019elle voulait manifester: pour rappeler au gouvernement que l\u2019austérité frappe dur, surtout les femmes immigrantes comme elle (arrivée du Chili à l\u2019âge de 10 ans).JACQUES NADEAU LE DEVOIR Sandra Cordero est au nombre des 27 personnes qui ont été accusées en vertu du Code criminel.«Maintenant, je dois me défendre d\u2019accusations criminelles.Je vais m\u2019absenter du travail pour aller en cour.Et je vais manquer de revenus.» Brigitte Lejeune, elle, a eu de la chance : cette mère de famille de 51 ans n\u2019a pas été arrêtée par la police.Mais elle aurait pu.Elle était à la marche du 1®\"^ mai avec sa fdle et une de ses amies.« On a eu la chance de rester loin des policiers.Mais ce que j\u2019ai vu m\u2019a fait peur.Oui, j\u2019ai eu peur de la police.J\u2019ai senti la répression, le contrôle.Je pensais qu\u2019on était libres au Québec.On se rend compte que non», raconte cette mère de trois enfants, qui est inhalothérapeute à l\u2019hôpital Notre-Dame.Comme tous les témoins à qui nous avons parlé, Brigitte Lejeune a été surprise par la rapidité avec laquelle les policiers ont lancé des bombes de gaz lacrymogène : dès les premières minutes de la manifestation, alors que des centaines de marcheurs n\u2019avaient même pas encore bougé, au square Phillips.Au fd de la marche, elle a été ébranlée de voir des gens tout à fait pacifiques se faire matraquer, gazer, arrêter.«J\u2019ai vu des manifestants en état de choc, qui avaient besoin de soins à cause des gaz et des coups de matraque.Je travaille à l\u2019urgence de l\u2019hôpital Notre-Dame.S\u2019ils étaient arrivés à l\u2019hôpital dans cet état, ils auraient immédiatement reçu des soins», dit-elle.«A-t-on encore le droit de manifester au Québec ?Si c\u2019est rendu un crime de manifester, où est-ce qu\u2019on s\u2019en va ?Je ne prône jamais l\u2019extrême.Je dis toujours à mes enfants qu\u2019il y a deux côtés à la médaille.Qu\u2019est-ce que je vais leur dire après ces manifestations?Dans un contexte de manifestation, la police n\u2019est pas au service des citoyens.J\u2019ai confiance en la police de quartier, dans la vie de tous les jours.Mais pas dans un contexte de manifestation.» Itinéraire d\u2019une manifestante L\u2019envers de la médaille?La marche était organisée par la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC), qui a des relations tendues avec la police.Avec les médias aussi.Avec tous les représentants du «système» capitaliste.Est-ce une raison pour interdire une manifestation avant même qu\u2019elle commence?D\u2019autant que le règlement P-6, qui oblige les manifestants à fournir leur itinéraire, a été démoli en Cour municipale au cours des derniers mois.Le règlement interdit aussi les manifestations masquées.«Pourquoi pensez-vous qu\u2019on se cache le visage ?Parce que les policiers nous connaissent, nous suivent partout et nous donnent des contraventions dès qu\u2019ils nous voient, dans une manifestation ou non», raconte une étudiante qu\u2019on appellera Nadia, pour la protéger.«Au début, je manifestais contre l\u2019austérité, contre les hydrocarbures et pour l\u2019éducation.Maintenant, je manifeste pour le droit de manifester! Si on ne défend pas ce droit, on va le perdre», dit-elle.Cette frêle jeune femme de 18 ans a reçu une demi-douzaine de constats d\u2019infraction de 640$ en vertu de P-6, depuis le printemps étudiant de 2012.Le 1®\"^ mai, elle a été arrêtée \u2014 brutalement, selon elle et des témoins \u2014 et accusée d\u2019attroupement illégal en vertu de l\u2019article 63 du Code criminel.Parmi ses conditions de libération: interdiction de se trouver dans une manifestation illégale.« Comme toutes les manifestations sont déclarées illégales, je n\u2019ai plus le droit de manifester.Si je me fais arrêter dans une manif illégale, je vais tout droit en prison », dit-elle.Nadia a une bosse derrière la tête.Elle a mal au dos, aux côtes, au bras.Elle a surtout mal au moral.Elle affirme avoir été gazée, matraquée et traînée sur cinq mètres par un policier.«J\u2019ai fait une crise de panique, fêtais en hyperventilation, fêtais sonnée.Je ne comprenais plus ce qui se passait.Depuis, quand je vois des policiers, mon réflexe est de cesser de respirer.Je tremble, je tiens la main de la personne qui est avec moi.» Plus important encore, Nadia n\u2019a plus envie de manifester.Elle n\u2019est pas la seule.Le Devoir À lire mardi > Manifester, un droit menacé.NÉPAL SUITE DE LA PAGE 1 souffle-t-elle.Son mari, recruté par l\u2019armée de Singapour «pour son endurance et sa bravoure», est l\u2019un des nombreux Gurkhas de Barpak.Ces soldats, autrefois remarqués et incorporés par l\u2019Empire britannique, sont aujourd\u2019hui recherchés par certaines armées.De nombreux hommes du village sont donc absents.Ce soir, Sunita est revenue chez elle, mais elle a peur des fantômes et ne reconnaît plus la route vers le campement familial.Déconstruire pour retrouver un toit 11 est 6 h du matin le lendemain, et on remet les cadres de porte debout autour du campement familial des Ghale pour se donner du courage.Des ouvriers découpent des planches avec des scies à main ou des khuku-ris, l\u2019arme traditionnelle des soldats Gurkhas.Un abri temporaire d\u2019environ 20 m^ prend forme.L\u2019aube poussiéreuse qui se lève sur Barpak révèle aussi l\u2019ampleur de la destruction.Les 1500 maisons du village sont presque toutes devenues des masses informes après avoir implosé.«Seules 20 d\u2019entre elles ont plus ou moins résisté à l\u2019impact», détaille Narayan Prasad, un inspecteur de la police népalaise.Une trentaine de ses hommes masqués et casqués s\u2019activent sur une maison pour en décrocher le toit menaçant et abattre les pans de murs encore debout.Dans un bruit d\u2019enfer, le propriétaire regarde s\u2019effondrer les pierres qu\u2019il avait lui-même posées une à une.«On procède ainsi pour chacune des maisons les plus RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Sunita Ghale dans les ruines de Barpak, épicentre du tremblement de terre du 25 avril dangereuses», explique M.Prasad.Une fine brume de poussière brune s\u2019échappe, comme un bûcher funéraire pour Punique possession de ce Barpaki.Qu entend bientôt des marteaux partout sur ce flanc de montagne.«Tous les gens sont traumatisés, mais ils doivent rester motivés», affirme Sunita Ghale avant de partir en reconnaissance.Ici, le jeune Dhaani étale près du squelette d\u2019un lit tout ce qu\u2019il a sauvé des tas de roches.Paniers, bols de métal, pots de plastique, sacs percés de millet de l\u2019an der- nier.Une souris vivante s\u2019échappe entre deux casseroles.Buddhi Bahadur Gurung, 50 ans, raconte sous une bâche bleutée qu\u2019il a perdu sa femme et sauvé sa fille en la déterrant vivante avant la deuxième secousse.«J\u2019aimerais que des bulldozers viennent dégager toutes les pierres.Je voudrais reconstruire ma maison, en bois cette fois.» Tâche colossale Les bras manquent et les QNG ont du mal à atteindre l\u2019endroit isolé, sans compter les localités encore plus au nord.Les rares hélicoptères apportent du matériel et de la nourriture au compte-gouttes, tout le reste emprunte le même sentier tortueux qui risque d\u2019être emporté par les pluies imminentes.Une route carrossable déjà précaire est en voie d\u2019être dégagée, les pelles mécaniques avancent cependant de quelques mètres par jour.«Où est le gouvernement?Il faut leur dire que l\u2019on manque de tout», s\u2019écrie le propriétaire d\u2019une rare auberge.En attendant, clou par clou, planche par planche, les habitants récupèrent ce qu\u2019ils peuvent pour bâtir un refuge.La jeune Népalaise craint que les abris temporaires ne deviennent permanents, mais après quelques jours pour se remettre du choc, les Barpakis ont dû se rendre à l\u2019évidence : il faut repartir à zéro.La montagne Manaslu, 8® sommet du monde, veille sur le village et souffle sa brise.Dessous, Barpak est une grande épave submergée par les pierres.Même la poussière ne parvient pas à cacher le désarroi sur le visage des Népalais.Collaboratrice Le Devoir OMERTA SUITE DE LA PAGE 1 qu\u2019on ne change pas la couche [d\u2019un patient] la nuit, fai un devoir de le dire.Pourquoi est-ce qu\u2019on m\u2019empêcherait de parler?» Ce n\u2019est pas d\u2019hier que cette culture du silence s\u2019est imposée dans le réseau de la santé, selon M\u201d® Laurent.Mais l\u2019omertà s\u2019est accentuée au cours des cinq dernières années et semble s\u2019être amplifiée encore davantage depuis le début de la mise en place de la réforme Barrette, qui donne le pouvoir au ministre de la Santé de nommer et de démettre tous les gestionnaires dans le réseau.«C\u2019est une perception, avoue-t-elle d\u2019emblée.Mais les gestionnaires ont tellement peur maintenant qu\u2019ils en laissent de moins en moins passer.Ils font un exemple dans chaque établissement.Quand les employés apprennent qu\u2019une telle a une lettre à son dossier et un avis disciplinaire, tout le monde reste tranquille.» Protéger par la loi Elle réclame une loi qui protégerait les employés du réseau de la santé, à l\u2019image de celle qui existe au fédéral, soit la Loi sur la protection des fonctionnaires divulgateurs d\u2019actes répréhensibles, adoptée en novembre 2005.«Je veux partir de nos obligations déontologiques pour arriver à cette loi.Et je l\u2019ai dit au ministre Gaétan Barrette que la prochaine affaire pour laquelle j\u2019allais me battre, c\u2019est qu\u2019il y ait une loi pour protéger ce monde-là [.] Ça va être encore plus important duns les nouvelles mégastructures [créées par la loi 10].Parce que ce qui va se passer duns un CHSLD dans le fin fond, à 150 kilomètres du siège social, s\u2019il n\u2019y a personne pour dire que ce qui s\u2019y passe n\u2019a pas d\u2019allure, qui va le dénoncer?» Mais Régine Laurent n\u2019est pas encore rendue là.Pour l\u2019instant, elle mène de front la négociation pour les quelque 65 000 membres de la EIQ, principalement des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires oeuvrant dans les établissements publics québécois.Le processus a beau être entamé depuis plusieurs mois, elle dit qu\u2019il ne se passe rien, au point qu\u2019elle qualifie les rencontres avec les représentants du ministère de la Santé de « salons de thé ».Faire autrement Elle porte également à bout de bras le projet-pilote de clinique de quartier composée uniquement d\u2019infirmières et d\u2019intervenants psycho sociaux.Implantée aux frontières des quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur à Québec, en partenariat avec la coopérative de santé SABSA, la clinique offre des soins de première ligne en parallèle du réseau de la santé.Le projet est financé par la EIQ, et les résultats sont supervisés par une équipe Ae chercheurs de l\u2019Université de Montréal.«A la fin de cette expérience-là, on va être capable de prouver au ministère de la Santé que ça a coûté moins cher et qu\u2019il y a eu un meilleur suivi pour les patients.» Et ce n\u2019est pas tout.Elle tente également de développer un nouveau modèle de «petites maisons pour personnes âgées», un établissement qui partirait des besoins des personnes âgées pour déterminer les soins à offrir.Elle s\u2019indigne un peu du modèle actuel, oû la personne âgée doit «rentrer dans une petite case» et être déplacée au fur et à mesure que ses besoins évoluent.«Il y a un problème quand la société permet de \u201cdivorcer\u201d des personnes âgées, parce que si monsieur et madame ne sont plus dans la même case, ils sont séparés.Nous, on croit qu\u2019il y aune autre façon de faire.» Dans ces petites maisons, les soins \u2014 et le personnel \u2014 seraient changeants au fur et à mesure que les besoins des résidents évolueraient.Qu ferait participer les résidents aux menus et un représentant siégerait au conseil d\u2019administration.«Je me projetais souvent dans ce dossier-là.Je me disais qu\u2019avec le caractère de cochon que j\u2019ai, à 70 ans, je ne voudrais pas que quelqu\u2019un décide pour moi.Même si mes jambes ne marchent plus, je serai capable de prendre des décisions.» Non, ce ne sont pas les projets qui manquent.Ni l\u2019audace.Car pour Régine Laurent, si l\u2019on veut faire bouger les choses, il ne faut surtout pas avoir peur de sortir des sentiers battus.«Je ne suis pas capable de rester à ne rien faire.Au lieu de me dire: on ne peut pas faire autrement, moi je suis prête à prendre un niveau de risque.Et il faut accepter ce niveau de risque.Oui, je vais à contre-courant, mais il n\u2019y a pas d\u2019autres façons de faire.» Le Devoir Régine Laurent en cinq dates 9 octobre 1957 Naissance à Port-au-Prince, Haïti.Juin 1968 Arrivée au Québec.Février 1980 Elle débute comme infirmière de nuit à l\u2019hôpital Santa Cabrini.1\u201c mai 1996 Elle rencontre Eidel Castro à Cuba.3 juin 2009 Elle devient présidente de la EIQ.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com GG sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel Par télécopieur redaction@ledevoir.com 514 985-3360 Publicité Au téléphone\t514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur\t514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone Par courriel Par télécopieur 514 985-3344 avisdev@ledevoir.com 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514 985-3322 Par télécopieur\t514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Par télécopieur\t514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Ix Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.11 est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québécor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement n° 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007."]
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