Le devoir, 27 juin 2015, Cahier B
[" J Francophones hors Québec Un système d\u2019éducation incomplet ^ 3 Manon Cornellier La campagne électorale est bien commencée Page b 2 Dans le ROC L\u2019éducation en français selon l\u2019humeur du moment Page b 3 PERSPECTIVES CAHIER B .LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 JUIN 2015 >EI I JACQUES GRENIER LE DEVOIR Deux des protagonistes des négociations de Meech : Brian Mnironey (à ganche), aiors premier ministre dn Canada, et Robert Bonrassa, aiors premier ministre dn Québec.Constitution Faire renaître Meech de ses cendres C\u2019était cette semaine, les 25 ans de l\u2019échec de l\u2019accord du lac Meech.Si au Québec, cette date du 22 juin 1990 ne représente pas, pour plusieurs, une occasion de sahrer le champagne, il en est autrement au Canada anglais.D\u2019une façon générale, l\u2019enterrement est salué comme une excellente chose : on juge que la question du Québec est réglée.Philippe Couil-lard, qui plaide pour une nouvelle ronde constitutionnelle, semble bien seul à vouloir rouvrir la plaie.ROBERT DUTRISAC Correspondant parlementaire à Québec Jean Charest utilisait la métaphore du «fruit qui n\u2019est pas mûr » pour parler de l\u2019improbable relance des négociations constitutionnelles qui auraient permis au Québec de signer la Constitution canadienne.Une métaphore particulièrement bien choisie en ce sens qu\u2019elle exprimait à la fois l\u2019immobilité \u2014 l\u2019impossibilité de telles négociations \u2014 et le progrès, le fait qu\u2019inexorablement, le mûrissement se poursuit pour qu\u2019un jour, on puisse croquer ce fruit.On ne sait quand.Et surtout, il n\u2019y a rien qu\u2019on puisse faire pour accélérer le processus naturel, ce qui est bien commode pour un homme politique qui refuse de se mouiller.Devant ce fruit dont on peut dire qu\u2019il n\u2019est pas plus mûr qu\u2019hier, Philippe Couil-lard se montre déterminé.Bien que ce soit en termes vagues, il évoque un horizon temporel: le 150®anniversaire de la fédération canadienne en 2017, «un repère symbolique important».Corpme il le fait pour soumettre l\u2019État québécois à un régime minceur, il présente la reconnaissance «formelle» du caractère distinct du Québec comme «une nécessité incontournable».Les Canadiens ont beau être «terrorisés» par la perspective d\u2019une «conversation constitutionnelle» pour laquelle «il n\u2019y a pas d\u2019appétit» au Canada, «ça va se faire, c\u2019est normal que ça se fasse», a-t-il déclaré en marge du Congrès du Parti libéral à la mi-juin, avec l\u2019assurance du chirurgien qui sait que son patient n\u2019a d\u2019autre choix que de passer sous le bistouri.Manque de volonté Mais en même temps, le premier ministre insiste pour affirmer qu\u2019il ne prendra pas l\u2019initiative d\u2019une telle négociation.Il en parle à l\u2019occasion, mais ne la réclame pas.En fait, au gouvernement, on sait bien que la signature du Québec au bas de la Constitution n\u2019est pas une motivation suffisante au Canada pour justifier une nouvelle ronde de négociations constitutionnelles.Après tout, signature ou non, le Québec est soumis intégralement à l\u2019acte de 1982.Ce sont plutôt deux autres enjeux qui pourraient donner lieu à des discussions constitutionnelles : le statut des autochtones qui exigent des gouvernements autonomes et la réforme ou l\u2019abolition du Sénat.Ces questions, elles, ne sont pas réglées.En ce qui concerne le Sénaf le gouvernement Couillard en prône la réforme afin que les sénateurs, qui pourraient être désignés par les provinces, défendent les intérêts des grandes régions canadiennes : les Maritimes, le Québec, l\u2019Ontario et l\u2019Ouest.«On croit qu\u2019il est préférable de le modifier pour le ramener à l\u2019idée originelle d\u2019une vraie Chambre des régions», affirme au Devoir le ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes, Jean-Marc Eournier.Le premier ministre insiste pour affirmer qu\u2019il ne prendra pas l\u2019initiative d\u2019une telle négociation constitutionnelle Il en parle à l\u2019occasion, des plus vifs, d\u2019autant plus qu\u2019elles divergent d\u2019opinion à ce sujet.L\u2019Ontario, le Québec et les provinces atlantiques souhaitent le réformer, et les provinces à l\u2019ouest penchent pour l\u2019abolition.A la prochaine réunion du Conseil de la fédération, à la mi-juillet, la question du Sénat n\u2019est même pas à l\u2019ordre du jour.Tout au plus, le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, un fervent promoteur de son abolition, entend aborder le sujet avec ses homologues.mais ne Imprécision Mais la position québécoise en matière de réforme du Sénat reste mal définie.Le gouverne- la réclame pas ment Couillard n\u2019en fait d\u2019ailleurs pas une priorité.«Ce n\u2019est pas nous qui souhaitons mettre l\u2019enjeu du Sénat sur la table», signale le ministre.Philippe Couillard a plutôt réclamé les cinq conditions de l\u2019accord du lac Meech: le droit de veto au regard des modifications constitutionnelles, la limite du pouvoir de dépenser du fédéral, la nomination de trois juges du Québec à la Cour suprême, les pouvoirs en matière d\u2019immigration et la reconnaissance de la société distincte.En outre, l\u2019intérêt des autres provinces pour réformer ou abolir le Sénat n\u2019est pas Les autochtones Quant au statut des autochtones, Philippe Couillard semble prêchef dans le désert.A part les chefs des Premières Nations, il a été le seul à évoquer la possibilité de discuter de cet enjeu sur plan constitutionnel.Jean-Claude Rivest, cet exsénateur qui fut le proche conseiller de Robert Bou-rassa durant la saga du lac Meech, rappelle que seule la volonté ferme d\u2019un premier ministre du Canada peut conduire à des pourparlers constitutionnels et à d\u2019éventuels changements.Ce sont Pierre Elliott Trudeau et Brian Mulroney qui ont VOIR PAGE B 3 : MEECH Lire aussi > L\u2019immobiiisme.Un éditorial de Bernard Descôteaux.Page B 4 WIKILEAKS « En matière d\u2019écoutes, la seule règle est de ne pas se faire prendre » Président de l\u2019International Institute for Strategie Studies (lISS) de Londres, Erançois Heisbourg, conseiller spécial du président de la Eondation pour la recherche stratégique, est notamment l\u2019auteur à\u2019Espionnage et renseignement.Le vrai dossier.Ces écoutes des présidents français sont-eiies surprenantes?Non, d\u2019autant qu\u2019Edward Snowdep avait révélé qu\u2019une soixantaine de chefs d\u2019État ou de gouvernement étaient espionnés par la NSA, dont notamment la chancelière allemande Angela Merkel.Mais cela ne veut pas dire pour autant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une conduite acceptable.En principe, on n\u2019est pas censé s\u2019espionner entre pays ami,s, et surtout pas en ce qui concerne les chefs d\u2019État ou de gouvernement.Cela ne veut certes pas dire que cela ne se fait pas, mais il ne faut pas se faire prendre.C\u2019est la seule règle.Si un service est pris sur le fait, les réactions négatives sont immédiates, et cela peut entraîner une crise, même si elle reste limitée compte tenu de l\u2019ampleur de la coopération entre les grands services occidentaux.Mais la vraie question est celle de l\u2019ampleur du risque pris par rapport aux bénéfices attendus.Ainsi, pour en revenir par exemple au cas d\u2019An-gela Merkel, il était absurde, au vu des potentielles conséquences, d\u2019espionner le vieux Nokia de la chancelière, alors même que la plupart des informations politiques susceptibles d\u2019être ainsi recueillies peuvent l\u2019être avec de bons contacts au sein de son équipe, de son parti (CDU-CSU) et de la classe politique allemande.En revanche, de telles écoutes sont parfaitement justifiées lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un pays hostile ou ennemi, a fortiori dans le cas d\u2019une société fermée oû la quête de l\u2019information est très difficile.Qui prend la décision de telles écoutes?Cela dépend des pays.Interrogé à propos de l\u2019espionnage du portable d\u2019Angela Merkel, Barack Obama avait rétorqué à la fois qu\u2019il n\u2019était pas au courant et que cela avait été arrêté.Le président américain est en effet protégé par un fusible : le Directeur national du renseignement, qui chapeaute l\u2019ensemble de la communauté du renseignement américain et ses 17 agences, dont les plus conques sont la CIA, la NSA et le EBI.Le chef de l\u2019État américain n\u2019est pas censé être tenu informé de toutes les décisions prises sous la houlette du Directeur national du renseignement.En Allemagne en revanche, le BND, le service de renseignement fédéral, dépend directement de la chancellerie au travers son secrétaire général.II est donc impossible pour la chancelière de prétendre qu\u2019elle n\u2019est pas au courant.D\u2019oû le choc créé par le récent scandale d\u2019écoutes d\u2019entreprises françaises et allemandes, dont Airbus, par le BND, pour le compte des Américains de la NSA.Ces écoutes ont duré jusqu\u2019en 2011 et avaient commencé au moins cinq ans plus tôt.II s\u2019agit là aussi d\u2019un cas flagrant d\u2019espionnage entre amis.D\u2019énormes machines comme la NSA ne sont-elles pas devenues incontrôlables?La NSA dispose aujourd\u2019hui de tels moyens qu\u2019elle agit non pas parce que c\u2019est nécessaire ou intelligent, mais parce que c\u2019est techniquement et opératioqnellement faisable.Élle écoute des chefs d\u2019État amis simplement parce que c\u2019est possible.Les capacités de récolte de l\u2019information vont beaucoup plus vite que celles de la réflexion sqr les conséquences.Pour un pays comme les États-Unis, les capacités de récolte des conversations téléphoniques, des courriels et des connexions à Internet sont de fait illimitées.Et les capacités de traitement presque autant.Des pays comme la Erance et la Grande-Bretagne ne sont pas encore à ce niveau, mais sont dans le sillage.Compte tenu de ce qu\u2019on appelle la « loi de Moore », la capacité de récolte et de traitement double tous les dix-huit mois sans augmentation de coût.Le gigantisme même de la machine du renseignement américain est pourtant aussi sa faiblesse.Quelque 1,3 million de personnes sont habilitées secret-défense et au-delà.Dans une telle masse de gens, malgré les enquêtes préalables, il y aura toujours quelques personnes prêtes à raconter trop de choses aux journalistes, voire à se transformer en lanceur d\u2019alerte.Propos recueillis par Marc Semo Libération B 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 JUIN 2015 PERSPECTIVES Nouvelle donne électorale Manon CORNELLIER à Ottawa 1*1 fa Les brefs n\u2019ont pas encore été émis, les autobus de campagne sont encore au garage, mais la campagne électorale 2015 est commencée depuis des semaines.Une retombée inévitable de ces premières élections à date fke au niveau fédéral.On peut rechigner, mais ce n\u2019est pas sans qualité.Des élections à date fixe veulent dire que le parti au pouvoir n\u2019a plus le contrôle absolu de l\u2019ordre du jour.Constitutionnellement, le premier ministre peut encore demander quand il veut la dissolution du Parlement, mais plus la convention devient établie, plus cela devient politique et que l\u2019on risque de l\u2019ignorer.Avec une échéance connue de tous, le rapport de force est un peu plus équilibré.11 n\u2019y a pas que les partis d\u2019opposition qui gagnent au change.Les citoyens désireux de se présenter comme candidat peuvent planifier leur entrée, y préparer leur famille et leur employeur.Et il y a Elections Canada, qui peut organiser méthodiquement le scrutin, sans être sur un éternel qui-vive.Même chose pour les médias.La qualité du débat peut aussi s\u2019en ressentir.Pour le mieux.Certains enjeux s\u2019imposent plus tôt.De grands pans des programmes commencent déjà à être dévoilés et décortiqués.Les citoyens et les organisations non gouvernementales peuvent s\u2019attarder aux sujets qui les intéressent et les approfondir.11 y a toutefois une ^osse ombre au tableau : le matraquage publicitaire débridé auquel les électeurs sont soumis.L\u2019absence de règles pour encadrer la publicité gouvernementale, partisane et privée, durant la période précédant la campagne électorale fait en sorte que tout est permis.Y compris l\u2019entrée en scène de nouveaux acteurs qui, forts de caisses bien garnies, ajoutent à la cacophonie.Des groupes voués à défendre un camp politique ou un autre sont récemment apparus sur la scène fédérale canadienne : Engage Canada, lancé par d\u2019anciens stratèges libéraux et néodémocrates, Working Canadians et Harper PAC, créés par des partisans conservateurs.Harper PAC a toutefois fermé boutique dès vendredi après que le porte-parole du Parti conservateur, Kory Teneycke, eut exprimé son déplaisir et son opposition à l\u2019utilisation du nom du premier ministre.Dans tous les cas, il s\u2019agit de groupes privés dont on ignore les sources de financement et la force de frappe.Contrairement aux partis politiques, ils peuvent solliciter qui ils veulent, y compris les syndicats, les entreprises, les gros lobbys.Même les particuliers aux poches plus profondes peuvent faire des contributions qu\u2019un parti politique ne pourrait accepter.Engage Canada, qui a l\u2019appui de syndicats et d\u2019organisations non gouvernementales, n\u2019a qu\u2019une mission : défaire Stephen Harper.Les cibles de Working Canadians et, depuis vendredi, de Harper PAC sont officiellement les syndicats, mais le chef libéral Justin Trudeau est dans la mire.Ils ont commencé à sévir à la télé, à la radio et dans les médias sociaux.Se disant indépendants des partis, ils ne s\u2019embarrassent pas de défendre programmes et politiques.Ces groupes n\u2019en sont qu\u2019à leurs débuts et le gros de leurs campagnes se déroulera cet été, ce qui pourrait émousser leur effet.Le ton est toutefois donné et la méthode, bien connue.Nos voisins du Sud, où l\u2019argent est roi en période électorale, ont perfectionné la technique avec ce qu\u2019ils appellent les Super PAC, ces groupes indépendants qui ne peuvent financer les candidats, mais peuvent dépenser sans compter pour les promouvoir.L\u2019importation de ces méthodes au Canada est préoccupante, car elle peut redonner à l\u2019argent une influence indue sur nos choix démocratiques.Ici, les dépenses, tant des partis que des tiers, sont limitées durant la campagne électorale, mais aucun frein n\u2019existe avant l\u2019émission des brefs, une faille dont les organisations comme Engage Canada et Working Canadians profitent.Cela brise toutefois l\u2019équilibre que le Canada avait tenté de trouver en limitant les dépenses électorales.Empêcher que l\u2019argent soit le facteur décisif lors des mises en candidatures, des campagnes au leadership et, surtout, durant une élection générale a toujours été le but de ces plafonds.On verra ce que ces organisations seront capables de faire et si cela sera vraiment utile pour les partis qu\u2019elles disent défendre.Après tout, la tactique n\u2019est pas sans risque.Ce sont les partis qui écoperont si ces tiers dérapent.L\u2019entrée en scène de ces groupes, le déluge de publicités gouvernementales à saveur partisane, le lancement des campagnes publicitaires des partis à quatre mois du scrutin provoquent déjà un débat.Les partis pourraient même être forcés à se commettre pour atténuer ces distorsions.Les libéraux, par exemple, ont promis d\u2019adopter une loi similaire à celle en vigueur en Ontario et qui exige que le vérificateur général s\u2019assure du caractère non partisan des publicités gouvernementales.Certains suggèrent de modifier la Loi électorale pour encadrer la publicité pré-électorale dans un contexte d\u2019élections à date fixe.D\u2019une manière ou d\u2019une autre, il faudra trouver une solution, sinon les élections à date fixe vont se transformer, malgré des avantages certains, en véritable fruit empoisonné.mcornellier@ledevoir.com P.-S.\u2014 Cette chronique fait relâche et sera de retour le samedi 8 août.APRES CHARLESTON Le rejet du drapeau des confédérés CORINE LESNES à San Francisco En janvier 2008, Barack Obama, Hillary Clinton et le troisième prétendant à la primaire démocrate, John Edward^, faisaient campagne en Caroline du Sud, un Etat important sur la route de la nomination pour la candidature à la Maison-Blanche.C\u2019était le Martin Luther King Day, le jour férié marquant l\u2019anniversaire de la naissance du pasteur afro-américain.La communauté noire était rassemblée comme chaque troisième lundi de janvier aq pied du capitole de Columbia, la capitale de l\u2019État.Aucun des trois candidats n\u2019aurait voulu rater l\u2019occasion.Aucun n\u2019a évoqué la présence du drapeau confédéré, une insulte pour l\u2019assistance afro-américaine, à quelques mètres de l\u2019estrade, pas plus que celle de suprémacistes blancs venus défendre le symbole brandi par les sudistes pendant la guerre de Sécession (1861-1865).Personne, et Barack Obama le dernier, n\u2019aurait voulu ranirper une bataille de plus de trente ans dans un État au passé racial au^si lourd.A gauche, certains ironisent: pourquoi tant d\u2019attention, concernant la photo de Dylann Roof, pour le drapeau, et aucune pour le pistolet qu\u2019il a en main ?Certes, depuis 2000, le drapeau confédéré ne flottait plus sur le Capitole, où il avait été hissé en 1962 en réaction à la lutte des Noirs pour l\u2019égalité.Mais il était déployé à la vue de tous, dans le parc qui entoure l\u2019édifice, et sur une hampe de neuf mètres de haut.Les républicains avaient accepté un « compromis » \u2014 descendre le drapeau \u2014, mais ils continuaient à refuser de mettre au musée l\u2019étendard rouge, blanc, bleu à treize étoiles, un symbole largement toléré dans le Sud américain.Symbole de la division Nord-Sud Barack Obama s\u2019est rendu en Caroline du Sud vendredi, pour prononcer l\u2019éloge funèbre du pasteur Clementa Pinckney, de l\u2019Emanuel African Methodist Episcopal Church de Charleston.Le président pourra mesurer le chemin parcouru.En une journée, celle du 17 juin, qui a vu un Blanc de 21 ans tuer neuf Noirs dans une église, le drapeau est devenu «pestiféré».La photo de Dylann Roof, l\u2019auteur du massacre, revendiquant le drapeau confédéré jusqu\u2019au moyen de la plaque d\u2019immatriculation de sa voiture, aura réussi là où des décennies de protestations n\u2019avaient rien fait.Pour la première fois, les républicains du Sud rejettent clairement ce symbole raciste, les uns après les autres.Un tsunami, parti de Caroline du Sud, q déferlé en quelques jours sur l\u2019ensemble des États de l\u2019ancienne Confédération, et jusqu\u2019à Washington où l\u2019on commence à recenser les statues de figures sudistes à déboulonner.Le drapeau confédéré reste le symbole de la division Nord-Sud de l\u2019Amérique.Pour la plupart des Américains, il fait Référence à l\u2019esclavage, en défense duquel 11 États ont mené une guerre civile de près de cinq ans, qui a fait plus de 600 000 morts.Les descendants des combattants sudistes préfèrent y voir le manifeste d\u2019une rébellion contre la volonté de domination des États industriels de l\u2019époque et le poids des taxes infligées à la production de coton.Encore aujourd\u2019hui, la fracture est patente.Le Sud reste une terre de main-d\u2019œuvrq bon marché et non syndiquée.Sur les cinq États américains qui n\u2019ont pas de salaire minimum garanti par la loi, tous sont d\u2019anciens membres de, la Confédération, de même que sept des dix États qui ont le plus fort taux d\u2019incarcérations.Sécession En Caroline du Sud, dixième État le plus pauvre du pays, l\u2019attachement au drapeau s\u2019inscrit dqns un contexte historique chargé.En 1860, l\u2019État a été le premier à faire sécession quand le Nord a voulu imposer l\u2019abolition.Dans les années 1980, il a été le dernier à adopter le Martin Luther King Day et les élus locaux ont compensé en octroyant aux fonctionnaires un «jour de la Confédération», le 10 mai, jour anniver- MILADEN ANTONOV AGENCE ERANCE-PRESSE Le drapeau de la Caroline du Sud était cette semaine en berne, alors que celui des confédérés flottait au vent.saire de la mort du généraj sudiste Stonewall Jackson.Dans le nord de l\u2019État, les contreforts des Appalaches abritent des bastions fondamentalistes protestants, dont l\u2019Université Bob Jones, près de Greenville, où les relations interraciales étaient interdites,jusqu\u2019en 2000.Pendant quarante-huit ans, l\u2019État a été représenté au Sénat par Strom Thurmond, un homme qui avait tenté, ,en 1948, de se faire élire à la présidence des États-Unis en promettant de maintenir la ségrégation.«Symbole d\u2019un passé tyrannique» Après l\u2019élection de Barack Obama, le Tea Party y a trouvé une terre d\u2019élection, au point que dans la communauté noire, les extrémistes étaient qualifiés de «néoconfédérés».Têtes d\u2019affiche : le sénateur Jim De-Mint, qui promettait de faire de la réforme de l\u2019assurance maladie le «Waterloo » de Barack Obama.Et le représentant Joe Wilson, qui s\u2019est distingué en accusant le président Obama d\u2019être up « menteur » en plein discours sur l\u2019État de rUnion en 2009., Mais la Caroline du Sud est aussi un État qui a élu, en 2010, une femme au poste de gouverneure, une fille d\u2019immigrés sikhs, Nikki Haley, 43 ans, qui a toujours de la famille à Bombay.Après le massacre de Charleston, celle-ci a bousculé le Parti républicain.«Le drapeau n\u2019a pas sa place dans l\u2019enceinte du Parlement, a-t-elle tranché.Pour beaucoup, il représente des traditions nobles, d\u2019histoire et de patrimoine.Mais pour beaucoup d\u2019autres, il est le symbole d\u2019un passé brutalement tyrannique.» r D\u2019autres Etats , La détestation du drapeau a gagné les autres États, comme si leurs responsables avaient finalement pris conscience de l\u2019insulte quotidienne faite aux Noirs.Le gouverneur de Virginie, Terry McAuliffe, a interdit les plaques minéralogiques portant le drapeau confédéré.Le gouverneur de l\u2019Alabama, Robert Bentley, a décidé \u2014 par décret \u2014 de déplacer l\u2019étendard qui jouxtait le monument de la Confédération situé devant le Capitole, mettant les élus devant le fait accompli.Le Mississippi est en pleine introspection : les étoiles confédérées figurent En Caroline du Sud, rattachement au drapeau s\u2019inscrit dans un contexte historique chargé sur le drapeau même de l\u2019État.Plus de 50 000 personnes ont signé une pétition pour demander de le changer, avec le soutien des deux sénateurs républicains.Références sudistes dans le pays Le mouvement s\u2019est propagé aux réseaux sociaux rassemblés derrière le mot d\u2019ordre «Paites tomber le drapeau» (#bringitdown).Wal-Mart, l\u2019un des principaux vendeurs d\u2019armes à feu, a annoncé qu\u2019il cessait de vendre des souvenirs aux couleurs de la Confédération.Amazon, eBay, Google ont emboîté le pas.Jusqu\u2019à la Warner Bros., qui a décidé de retirer de la vente la voiture-jouet « General Lee » (du nom du général sudiste) correspondant à la populaire série télé Shérif, fais-moi peur.A gauche, certains ironisent sur ces conversions subites.Pourquoi tant d\u2019attention, concernant la photo de Dylann Roof, pour le drapeau et aucune pour le pistolet qu\u2019il a en main?Jusqu\u2019où peut remopter la traque des symboles?Les États du Sud comptent nombre de statues et de rues portant le nom d\u2019anciens confédérés, et le reste du pays n\u2019est pas non plus exempt de références sudistes.Les militants antiracistes l\u2019ont fait savoir à leur manière, en peignant les monuments honorant la Confédération dans une demi-douzaine de villes, dont Charleston, Austin et Baltimore avec l\u2019inscription: « Black Lives Mattpr [les vies noires comptent] ».Au cœur de l\u2019État fédéral, à Washington, parmi les ,statues de la rotonde du Capitole, où chaque État a droit à deux sculptures de son choix, figure Jefferson Davis, le chef de la Confédération (envoyé par le Mississippi), aussi bien que le général Robert Lee ou le politicien de Caroline du Sud John Çalhoun.Depuis décembre 2010, les États-Unis célèbrent le 150® anniversaire de la guerre civile par une série de commémorations officielles.Dans le Sud, les partisans du drapeau ont organisé des «bals de la Confédération» et des colloques en l\u2019honneur des défenseurs de l\u2019esclavage, illustrant à quel point la question de la mémoire n\u2019était pas réglée.Le Monde TUNISIE « Les terroristes ne vont pas gagner » Secrétaire général de la Ligue des droits de l\u2019homme tunisienne, Abderrahmane Hedhili est président du Eorum tunisien pour les droits économiques et sociaux (ETDÉS) et a coordonné le comité d\u2019organisation du Eorum social mondial 2015, qui s\u2019est tenu quelques jours après l\u2019attentat au Musée Bardo.11 revient sur l\u2019attentat qui a fait 28 morts à Sousse vendredi.Comment réagir après ce nouvel attentat, le plus meurtrier jamais connu par la Tunisie?C\u2019est de nouveau un grave coup porté à notre pays, à notre tourisme, à notre image.Un nouveau choc, terrible, trois mois après le massacre au Musée Bardo de Tunis, qui plonge la Tunisie dans le drame.On est dans une phase critique sécuritairement, économiquement, politiquement, socialement.Et voilà qu\u2019un jeune étudiant, emporté par des idéaux salafistes, vient à nouveau plonger leur pays, notre pays, dans la tourmente.Plus que jamais, il faut dénoncer ce terrorisme aveugle et les pseudo-références idéologiques qui le justifient et lutter pacifiquement contre lui pour isoler et dénoncer ses propagandistes.Craignez-vous que le drame de Sousse fragilise la démocratie tunisienne?Non, au contraire.Ces opérations vont toucher la Tunisie, mais les terroristes ne vont pas gagner.Vu notre histoire, nos combats, notre société civile, ils ne l\u2019emporteront pas.Ces tentatives de déstabilisation ne fonctionneront pas.Cette nouvelle opération dramatique ne fragilisera pas notre démocratie ; elle la fédérera encore davantage.Notre pays a désormais une culture, un enracinement et des institutions solides.Mais la démocratie, ce ne doit pas être que des mots à des jeunes des quartiers populaires.Ce doit être une réalité, avec des changements concrets, rapides.Elle ne peut laisser émerger des régimes autoritaires, policiers et militaires qui étoufferaient les libertés au nom de la lutte contre le terrorisme.Que faut-il faire maintenant pour surmonter de tels événements?On devrait ensemble, la société civile, les partis politiques au pouvoir comme dans l\u2019opposition, penser ensemble à la manière de surmonter cela.La seule réponse sécuritaire ne peut être qu\u2019une fuite en avant.11 faut enfin un débat national sérieux, où la question économique et sociale est au cœur du débat.Une partie de la jeunesse se déscolarise \u2014 plus de 100 000 jeunes chaque année \u2014 et, l\u2019autre, même lorsqu\u2019elle fait des études, se retrouve abandonnée et livrée à elle-même, sans perspective, sans avenir, souvent dans les régions intérieures défavorisées et marginalisées.Elle veut émigrer ou se perd dans la radicalisation religieuse.Nous avons répertorié 225 mouvements citoyens de toutes sortes en mai, dont le quart se rapporte aux suicides et tentatives de suicide, avec deux mouvements de grève de la faim.Bien sûr, la question sociale n\u2019explique pas tout, et n\u2019excuse aucun crime.Mais, alors que le pays connaît un environnement terrible, y compris avec la situation actuelle en Libye, il faut pouvoir susciter de l\u2019espoir face aux attentats qui alimentent le désespoir.Les mouvements sociaux se multiplient, notamment autour du bassin minier.Mais il y a enfin eu des débats, des situations ont été débloquées, un dialogue s\u2019est instauré.C\u2019est un exemple parmi d\u2019autres.Mais si on veut sécuriser le pays, il faut le développer.Santé, éducation, fiscalité, énergie, lutte contre le terrorisme, tout doit être repensé.D\u2019abord entre nous, entre Tunisiens et Tunisiennes.Après, s\u2019il le faut, on demandera l\u2019appui de nos amis européens et notamment français.Propos recueillis par Christian Losson Libération LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 JUIN 2015 B 3 PERSPECTIVES FRANCOPHONES HORS QUEBEC L\u2019éducation selon l\u2019humeur du moment PHILIPPE ORFALI La cloche de la cour de récréation a fini de sonner pour l\u2019été, les résultats d\u2019examens sont rentrés et les élèves et étudiants ont déserté l\u2019école jusqu\u2019en septembre.Mais alors qu\u2019au Québec, on s\u2019inquiète de l\u2019impact des compressions en éducation, les francophones des autres provinces poursuivent leurs démarches pour une amélioration de l\u2019accès aux écoles et établissements postsecondaires de langue française.Un débat complexe où droits linguistiques et contexte budgétaire s\u2019entrechoquent.«Une université franco-ontarienne, oui.quand les finances publiques de l\u2019Ontario le permettront», lançait la semaine dernière à Ottawa la ministre déléguée aux Affaires francophones de la province, Madeleine Meilleur, devant une cinquantaine de personnes rassemblées dans le cadre de l\u2019Université d\u2019été sur la francophonie des Amériques, un congés bisannuel.Une formule toute simple qui illustre à quel point l\u2019accès aux études primaires, secondaires et postsecondaires en français demeure, à l\u2019extérieur du Québec, tributaire de l\u2019humeur des gouvernements du jour, ce qui en agace plusieurs, comme Alain Dupuis, le directeur général du Regroupement étudiant franco-ontarien (REFO).Fort de 22 000 membres étudiant dans l\u2019un des huit campus bilingues de la province, l\u2019organisme revendique depuis quelques années la création d\u2019une université unilingue francophone en Qntario, probablement dans la région du grand Toronto, pour enrayer l\u2019inaccessibilité chronique aux programmes de langue française \u2014 notamment dans le centre et le sud-ouest de la province \u2014, qui mène plusieurs diplômés des écoles franco-ontariennes à se tourner vers l\u2019université anglophone de leur secteur plutôt que de s\u2019exiler à Qttawa, à Sudbury ou au Québec.Un tiers inatteignable A l\u2019Université d\u2019Qttawa, les francophones forment près de 30% de la population étudiante, et ce, même si l\u2019établissement tente depuis près d\u2019une décennie de passer la barre du tiers d\u2019étudiants de langue française, à coup d\u2019initiatives de recrutement.L\u2019établissement décidait il y a deux ans d\u2019exonérer les étudiants de l\u2019Afrique francophone des droits de scolarité étrangers.Malgré tout, comme dans les autres campus bilingues de la province, de nombreux étudiants affirment ne pas pouvoir compléter leurs programmes d\u2019études en français uniquement, en raison du manque de cours avancés offerts dans cette langue.L\u2019Qntario français compte près de 100 000 élèves répartis dans 343 écoles élémentaires et 103 écoles secondaires à l\u2019heure actuelle.Le RFFQ et d\u2019autres organismes franco-ontariens souhaitent que l\u2019enseignement supérieur en français devienne aussi accessible que l\u2019est à l\u2019heure actuelle l\u2019éducation primaire et secondaire.«Quand on parle de la survie de notre communauté, on a beaucoup de difficulté à comprendre qu\u2019on [dise] que cela passe par l\u2019équilibre budgétaire, dit Alain Dupuis.C\u2019est très réducteur comme commentaire [de la part de M\u201c® Meilleur] .On ne peut attendre le retour à l\u2019équilibre budgétaire en 2017-2018 pour l\u2019Université franco-ontarienne.» L\u2019Qntario rassemble la plus grande population francophone de l\u2019extérieur du Québec, composée de quelque 612 000 individus, rap-pelle-t-il.Tandis que les Anglo-Québécois bénéficient de trois universités, que les Acadiens peuvent compter sur deux établissements et que les quelque 50 000 Franco-Manitobains ont également la leur, l\u2019obtention d\u2019une université unilingue de langue française en Qntario est urgente, insiste M.Dupuis.Ailleurs, les tribunaux font la loi Les francophones de l\u2019Qntario ont tout de même de la «chance», comparativement aux Canadiens d\u2019expression française résidant dans d\u2019autres provinces, où l\u2019on a dû emprunter la voie des tribunaux au cours des dernières années pour forcer les gouvernements à enfin re- REMY GABALDA AGENCE ERANCE-PRESSE La Cour suprême a jugé que les francophones ont droit à une école aussi convenable que les écoles anglophones dans une même zone de fréquentation.connaître la nécessité d\u2019accroître les fonds consacrés à l\u2019enseignement dans la langue de la minorité.Fn avril, la Cour suprême venait peser de tout son poids dans la lutte pour une éducation francophone de qualité en Colombie-Britannique, dans une décision historique qui aura vraisemblablement des répercussions dans la plupart des autres provinces de la fédération, où les conseils et commissions scolaires sont victimes de sous-financement chronique de la part du gouvernement.Les juges ont unanimement conclu que les élèves dont l\u2019accès à l\u2019éducation en langue française est garanti en vertu de l\u2019article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés ont droit à des établissements «équivalant» à ceux de la majorité, ce qui est souvent loin d\u2019être le cas.Un exemple?L\u2019école élémentaire Rose-des-Vents, de Vancouver.« Une petite école [dont] les salles de classe sont beaucoup plus petites que celles des autres établissements.Certaines salles de classe sont dépourvues de fenêtres et seulement trois ont la superficie recommandée.Il n\u2019y a aucun crochet à manteau ni casier.L\u2019espace de rangement est insuffisant, ce qui aurait, dit-on, contribué à la propagation de poux chez les élèves», résumait la Cour suprême, qualifiant ces lacunes de «frappantes ».« On ne peut attendre le retour à l\u2019équilibre budgétaire en 2017-2018 Effets pervers «L\u2019écart entre les écoles de la minorité linguistique et celles de la majorité [est] tel qu\u2019il [a] pour effet de limiter l\u2019inscription et de contribuer à l\u2019assimilation», souligne la juge Andromache Karakatsanis, qui a rédigé le jugement.Le secteur compte quelque 750 élèves qui sont admissibles à l\u2019éducation de langue française.L\u2019école en compte 350, alors que le bâtiment aurait une capacité de moins de 200 inscrits.Tout ça devra changer depuis que le tribunal a conclu que la présente situation contrevient fortement à l\u2019article 23 de la Charte.Cet article a «pour objet de remédier à l\u2019érosion de groupes linguistiques minoritaires ou d\u2019empê- pour l\u2019Université franco- ontarienne» cher cette érosion».11 repose sur le principe que l\u2019égalité réelle «exige que les minorités de langue officielle soient traitées différemment, si nécessaire [.], afin de leur assurer un niveau d\u2019éducation équivalant à celui de la majorité de langue officielle», expliquait la Cour dans sa décision.Selon ce principe, les francophones ont droit à une école aussi convenable que les écoles anglophones dans une même zone de fréquentation.Une avancée La Fédération nationale des conseils scolaires francophones (FNCSF) estime qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une avancée majeure pour l\u2019éducation en langue française en contexte minoritaire, mais de façon plus large pour l\u2019essor de la francophonie en situation minoritaire.Plus on s\u2019éloigne du Québec, plus les collectivités sont de petite envergure et dispersées, et plus l\u2019école joue un rôle central dans la transmission de la langue et de la culture.Alors que des recours semblables concernant des installations moins bonnes ou moins nombreuses que celles de la majorité anglophone fraient leur chemin devant les tribunaux au Yukon, aux Territoires du Nord-Quest, en Saskatchewan, en Qntario et à Terre-Neuve, notamment, ce jugement mine sérieusement l\u2019argumentaire des gouvernements de ces provinces, qui maintiennent que les écoles sont suffisamment financées.«Grâce au jugement, [les gouvernements] savent que, si on a de nouveau à se rendre devant les tribunaux, on va gagner cette fois», souligne pour sa part le Fran-saskois Roger Lepage, un avocat spécialisé en droits linguistiques.Dans le cas des écoles francophones du Yukon, le gouvernement tenterait d\u2019ailleurs à l\u2019heure actuelle d\u2019en arriver à une entente à l\u2019amiable avec la communauté francophone, afin d\u2019éviter de nouvelles poursuites judiciaires.M® Lepage souhaite que d\u2019autres gouvernements provinciaux emboîtent le pas.Le Devoir MEECH SUITE DE LA PAGE B 1 entamé de telles négociations.Ft seul Trudeau a réussi à imposer ses vues.Qui?A moins de quatre mois des prochaines élections fédérales, Philippe Couillard, s\u2019il est sérieux dans son intention de discuter Constitution, doit avoir une préférence quant à l\u2019identité du prochain premier ministre canadien.Ft cette préférence doit sans aucun doute aller au chef du Nouveau Parti démocratique Thomas Mulcair, qu\u2019il a d\u2019ailleurs côtoyé de 2003 à 2006 au Conseil des ministres de Jean Charest.Le premier ministre Stephen Harper est clair.«La population ne veut pas de grandes réunions constitutionnelles», a-t-il récemment déclaré.Ft il a enfoncé le clou: «Cette époque est terminée.» Quant au Sénat, que les provinces s\u2019entendent entre elles et on verra, a-t-il avancé, convaincu qu\u2019il est qu\u2019elles n\u2019arriveront pas à l\u2019unanimité.Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, a une opinion qui, à ses dires, est celle de tous les Canadiennes et Canadiens.Ils «ne veulent pas ouvrir la Constitution», a-fil soutenu.Cette Constitution qui est l\u2019œuvre du père, jamais il ne voudra la modifier pour satisfaire aux revendications du Québec.Ce serait un crime de lèse-paternel.11 est tout à fait inimaginable que Justin Trudeau reconnaisse le Québec comme société distincte, une notion que son père a férocement combattue.Le Sénat Reste Thomas Mulcair, qui, lui, veut abolir le Sénat, ce qui implique une modification constitutionnelle exigeant l\u2019unanimité des provinces.Ft Philippe Couillard de répéter que si la question du Sénat est abordée, les demandes du Québec devront l\u2019être également.De plus, le NPD a adopté en 2006 la Déclaration de Sherbrooke, qui table sur le «fédéralisme asymétrique» et reconnaît «le caractère national du Québec».Cette reconnaissance va beaucoup plus loin que la motion présentée par les conservateurs et adoptée par la Chambre des communes la même année, motion qui stipule que «les Québécoises et Québécois forment une nation», une reconnaissance ethnique qui n\u2019empêche pas de prôner la partition du Québec, comme l\u2019a déjà fait Stephen Harper.S\u2019il devient premier ministre, Thomas Mulcair, avec son caucus où foisonneraient les candidats québécois, serait sans doute vu avec suspicion dans le reste du Canada si d\u2019aventure il entamait des discussions pour satisfaire aux demandes du Québec.Quelles sont ces demandes, d\u2019ailleurs?Le Parti libéral du Québec n\u2019a pas défini sa position en la matière, souligne Jean-Claude Rivest.Fsf ce Meech, Meech moins ou Meech plus ?Jusqu\u2019ici, Philippe Couillard a certes parlé des cinq conditions de Meech.Mais n\u2019est-ce pas là défendre le statu quo, puisqu\u2019en pratique, elles sont remplies à peu de chose près, même si elles ne sont pas inscrites dans la Constitution?Par exemple, le Québec sélectionne la majorité de ses immigrants, trois juges de la Cour suprême viennent du Québec et un projet de loi, adopté sous Jean Chrétien en 1996, accorde un droit de veto aux provinces, donc au Québec.Quant à la notion de société distincte, la Cour suprême l\u2019a reconnue dans quelques-uns de ses jugements récents.Le ministre de la Justice de Robert Bou-rassa au moment de l\u2019épisode du lac Meech, Gil Rémillard, avait dit de l\u2019accord qu\u2019il n\u2019était qu\u2019un début.Bien des Québécois, même fédéralistes, n\u2019y voyaient qu\u2019un minimum.La volonté de Philippe Couillard de déterrer l\u2019accord du lac Meech n\u2019est peut-être qu\u2019une autre manifestation de son inclination, quand il est question de son pays, à assurer le statu quo.Au Canada anglais, le personnage peut apparaître rassurant, voire convaincant, quand il se pose comme le plus canadien des premiers ministres du Québec.Le Devoir UNION EUROPEENNE «La distinction entre réfugiés et migrants est appliquée de manière injuste» Spécialiste des migrations et des frontières, Ruben Andersson analyse la gestion par les pays européens de la crise migratoire.La mission européenne Navfor Med (Naval Force - Mediterranean) a été lancée lundi.File vise à lutter contre les réseaux de passeurs au départ des côtes libyennes.Anthropologue à la London School of Fconomics, spécialiste des mirations et des frontières, Ruben Andersson revient sur la situation migratoire en Méditerranée.11 alerte sur l\u2019approche sécuritaire privilégiée par les autorités européennes, qui risque selon lui de générer «plus de chaos».Comment évaluez-vous la réponse des autorités française et européenne à la crise migratoire en Méditerranée?Quant à l\u2019austérité, les peuples et responsables politiques cherchent des boucs émissaires.Les migrants représentent le choix le plus simple.La tendance est inquiétante en Furope comme en France.L\u2019attention portée à la situation en Méditerranée n\u2019est pas nouvelle, c\u2019est un sujet dont médias et politiques se sont emparés depuis plusieurs années maintenant.Mais la panique créée par cette miration maritime est disproportionnée.Même si le nombre de traversées connaît un pic avec les conflits en Syrie et Libye, cela reste gérable pour une Union européenne de 500 millions d\u2019habitants, avec des ressources importantes.De plus, seule une petite minorité de misants arrive en Furope par la mer.Mais l\u2019attention médiatique et pobtique aux frontières sud de l\u2019Furope continue d\u2019aller de pair avec davantage de patrouilles, de surveillance et de coopération policière, ce qui mène pourtant depuis de nombreuses années des gens désespérés à prendre plus de risques et à recourir aux réseaux de contrebande.Au lieu d\u2019organiser un processus d\u2019arrivée, d\u2019identification et d\u2019insertion en Furope, on a généré plus de chaos.Ce cercle vicieux pourrait être aggravé par des opérations militaires en Méditerranée.Que révèle la terminologie distinguant «migrants » et « réfugiés » ?« Migrants » est un terme attrape-tout qui cache plusieurs cas de figure.Quand on parle d\u2019une «crise des migrants» en Furope, on a en tête des personnes bien précises: les non-Furopéens pauvres cherchant les moyens de vivre, plutôt que les importantes migrations de travailleurs et résidents au sein même de l\u2019UF.Les réfugiés, selon la Convention de Genève, sont des gens vivant en dehors de leur pays d\u2019origine en raison d\u2019une crainte fondée de persécution, et qui ont donc besoin de la protection internationale.Cette assurance accordée aux réfugiés est importante, mais elle a été érodée au fur et à mesure des années.Notamment en bloquant tous les points d\u2019accès sécurisés à l\u2019Furope et en traitant ceux fuyant les persécutions de «misants» tout court et en limitant leur accès à l\u2019asile.Cela a encore été le cas lorsque les médiaç ont évoqué des « quotas de migrants» pour les Etats membres; en faiL la Commission européenne a proposé une mesure de responsabilité \u2014 partager les demandeurs d\u2019asile, pas les migrants économiques \u2014, mais les bgnes sont continuellement brouillées.Cela sape les fondements de la protection internationale.Existe-t-ll une forme de «tri» entre les «bons» demandeurs d\u2019asile, et les «mauvais» migrants économiques?Une fois en Europe, certaines nationabtés ont de bien meilleures chaqces d\u2019obtenir l\u2019asile, notamment les Syriens et Erjùhréens, pour des raisons évidentes et urgentes.Mais cela nous laisse avec de nombreuses personnes étiquetées comme «migrants économiques» ou pire, «migrants illégaux».Cela inclut la plupart des Africains subsahariens arrivant en Italie ou encore en Espagne.Dans ce dernier pays, des bureaux d\u2019asile ont été installés, mais ils ne sont utilisés que par les Sjriens.Les Africains, de leur côté, passent par les enclaves de Ceuta et Melilla, en escaladant les murs qui y ont été dressés.Pour-tanti beaucoup d\u2019entre eux auraient un besoin légitime de protection internationale.Cette politique est-elle légitime?Cette distinction entre migrants et réfugiés a du sens au regard de la législation internationale.Nous devons prendre garde à ne pas éroder le concept de protection des réfugiés.Mais si cette distinction est faite pour exclure, elle échoue à rendre compte des décisions complexes prises par les gens se lançant dans un voyage dangereux.Cette distinction est souvent appliquée d\u2019une manière injuste.Par exemple, les Africains de l\u2019Quest sont souvent qualifiés de « migrants économiques », mais cela ignore complètement les dangers et conflits dans cette région: la violence persistante au Mab et au Nigeria, la répression en Gambie, etc.Par ailleurs, les Africains subsahariens sont victimes en Libye de violence, du banditisme, de la répression, commis tout à la fois par des criminels, des milices et des forces de sécurité.Ils sont détenus plusieurs mois ou années sur place et doivent payer d\u2019importantes sommes pour être libérés.Ils sont aussi trop effrayés pour s\u2019échapper ou tenter de rentrer dans leur pays d\u2019origine.Quand ils partent pour l\u2019ita-be, üs fiiient donc réebement les persécutions \u2014 certes pas dans leur pays d\u2019origine, mais en Libye, où certabis vivent et fravaibent d\u2019ableurs depuis des années.Propos recueillis par Sylvain Mouillard Libération B 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 JUIN 2015 EDITORIAL ACCORD DU LAC MEECH L\u2019immobilisme Il y a 25 ans, le navire constitutionnel canadien s\u2019échouait sur les rivages de Terre-Neuve.Le 23 juin 1990, la législature de cette province s\u2019abstenait au tout dernier instant de ratifier l\u2019accord survenu trois ans plus tôt entre les 10 provinces et le gouvernement fédéral.S\u2019envolait l\u2019espoir d\u2019une réconciliation entre le Canada et le Québec.Une réconciliation toujours improbable.c Bernard Descôteaux e 23 juin 1990, le Canada vivait un événement d\u2019une rare intensité.Huit provinces avaient déjà ratifié l\u2019accord.Restaient le Manitoba et Terre-Neuve.Mais à Winnipeg, le député autochtone Elijah Harper paralysait l\u2019assemblée, une plume à la main symbolisant l\u2019absence des Premières Nations dans ce débat.Pendant qu\u2019Ottawa cherchait à accorder un délai au Manitoba, à Terre-Neuve, le premier ministre Clyde Wells retardait le vote jusqu\u2019à ce qu\u2019il soit trop tard.Dès lors, c\u2019en était fini.Meech était mort.Au Canada anglais, ce fut le soulagement.On avait cru l\u2019ancien premier ministre Pierre Trudeau qui avait battu tambour en disant que Meech rendrait «l\u2019État canadien tout à fait impotent».Au Québec, c\u2019était le choc.On avait cru possible, comme l\u2019avait promis le premier ministre Brian Mulroney, de réintégrer dans «l\u2019honneur et l\u2019enthousiasme» la Constitution de 1982 adoptée contre le gré de t\tl\u2019Assemblée nationale.Le premier ministre Ro- bert Bourassa déclara «que quoi qu\u2019on dise, quoi A - .qu\u2019on fasse, le Québec est aujourd\u2019hui et pour tou-jours une société distincte, libre d\u2019assurer son des- -/.H tin et son développement».Cette phrase est ce qu\u2019il reste de plus significatif de ces trois années de débat.Elle affirme les choix du Québec.Libre de rester dans le Canada pour peu que l\u2019on reconnaisse qu\u2019il forme une nation à qui on accordera les moyens de protéger son identité, sa langue et sa culture.Meech ne faisait que mettre la table.A l\u2019époque, le gouvernement Bourassa espérait que suivraient des négociations qui referaient l\u2019équilibre des pouvoirs entre les provinces et le gouvernement fédéral.Elles ne sont jamais venues.Dans la vision unitaire du pays qui prévaut dans le Canada anglais, l\u2019acceptation de la différence est chose difficilement imaginable, ce que savent aussi les Premières Nations.Libre de quitter le Canada?L\u2019occasion fut offerte aux Québécois par le premier ministre Jacques Parizeau.Au référendum de 1995, il manqua quelques milliers de voix pour que la souveraineté du Québec se réalise.Impasse là aussi qui persiste.La perspective d\u2019un nouveau référendum apparaît encore lointaine et incertaine.La réalité qui est celle des Québécois depuis ce 23 juin 1990 est le statu quo qui s\u2019est imposé par la force des choses.En 25 ans, le souvenir de Meech s\u2019est estompé, tout comme celui du rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982.On oublie que l\u2019Assemblée nationale n\u2019a toujours pas ratifié cette Constitution de 1982 qui réduisait ses pouvoirs en matière linguistique.On oublie, car la vie continue.Quelques fieiu-s ont été lancées au Québec, le Canada voulant se donner bonne conscience.Mais les résolutions adoptées par les Communes pour reconnaître que le Québec forme une nation n\u2019ont pas de réels effets constitutionnels.Sortir de cette impasse est-il possible ?Se peut-il qu\u2019apparaisse une volonté de parler de réforme constitutionnelle alors que depuis 25 ans on ne cesse de prétendre que le fruit n\u2019est pas mûr ?Ciu-ieusement, la crise autoiu- du Sénat fait prendre conscience à certains politiciens qu\u2019il y a une limite à contoiu-ner la Constitution pour faire des changements.La Corn- suprême l\u2019a dit.On ne peut réformer ou abolir le Sénat sans l\u2019accord unanime des provinces et du Parlement fédéral.Il faudra bien un jour y venir, car la liste s\u2019allonge.Le dépôt récent du rapport de la Commission de vérité et réconciliation sur les pensionnats autochtones a rappelé la nécessité d\u2019aborder la place des Premières Nations dans ce pays.Puis demeure l\u2019incontournable question de la réintégration constitutionnelle du Québec, qui, plus longtemps il vivra en marge du reste du Canada, plus il s\u2019en éloignera.Un danger qu\u2019a compris Philippe Couillard, qui prône un rapprochement.Le premier ministre québécois croit qu\u2019un réveil surviendra.Du moins, il voit dans le 150® anniversaire du Canada un repère sjunbolique à saisir.Si cela était, il faudrait surmonter l\u2019obstacle de la formule d\u2019amendement qui exige Tunanimité pour l\u2019essentiel des changements constitutionnels et que, pour compliquer les choses, plusieurs provinces ont ajouté la tenue de référendums.C\u2019est l\u2019immobilisme absolu que seule une menace grave pourrait briser.Une menace qui viendrait d\u2019une volonté des Québécois d\u2019exercer leur liberté de quitter le Canada.Mais encore faudrait-il qu\u2019elle soit réelle et ressentie.Cela en dit beaucoup sur les rapports sclérosés entre deux nations.LE DEVOIR FONDE PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET -O / » / MOwWfAV fA(ïE'^W-tn CWT15 C(î£Mt Wüllr LETTRES L\u2019austérité, ou l\u2019exclusion en culture Madame Hélène David, Vous êtes ma ministre, car je suis un travailleur culturel.Je vous aimais bien, mais là, je ne vous comprends plus.Je ne puis vous dire à quel point je suis déçu de vous voir procéder à des coupes en culture sans précédent dans notre histoire récente.Ces coupes auront pour effet d\u2019exclure des centaines de personnes.C\u2019est comme si vous preniez le travail de plusieurs années de tous ces gens et que vous le foutiez à la poubelle sans même vous en rendre compte.Dire que depuis que vous avez été nommée ministre de la Culture, vous n\u2019avez que le mot « inclusion » à la bouche.Combien de fois vous ai-je entendue répéter : j\u2019aime la culture québécoise quand elle est inclusive (comme si la culture pouvait être autre chose qu\u2019inclusive, étant donné que son impulsion d\u2019origine implique au départ un désir de partage et de dissémination.Mais je vous pardonnais ce pléonasme ou cette restriction mentale digne de l\u2019air du temps).Mais depuis l\u2019annonce de vos coupes du 23 juin, je ne sais plus que penser: je vous vois pratiquer l\u2019exclusion à grande échelle si chère à votre patron du Conseil du Trésor.Je croyais vraiment que vous, au moins, compreniez que l\u2019austérité est en soi une pratique qui génère de l\u2019exclusion.Essayez d\u2019y penser, la prochaine fois que vous direz que vous aimez la culture quand elle est inclusive.Gilbert Turp Comédien et écrivain Le 25 juin 2015 Mensonge théâtral Et voilà que la ministre de la Eamille est outrée ! Elle apprend, consternée, qu\u2019on coupe la viande dans le menu des bambins dans certaines garderies.Ces dernières ne font pourtant qu\u2019essayer de répondre \u2014 intelligemment, elles \u2014 aux exigences nouvelles de rationalisation imposée par les coupes insensées du gouvernement Couillard.Ce groupe de comptables irresponsables semble incapable de mesurer les impacts de leurs gestes sur les personnes et les groupes sociaux.Ils font peser sur toutes et tous leur hantise d\u2019un déficit exagérément grossi, tentant ainsi de mieux faire avaler des mesures qui mettent sérieusement à mal notre modèle québécois, ce dernier se révélant non conforme à leur idéologie néolibérale du tout-au-marché et à leur foi dans la « main invisible » de ce dernier.Jusqu\u2019à quand ces atermoiements de la ministre de la Eamille et des autres membres du gouvernement Couillard vonfiils continuer à tromper les gens d\u2019ici?Un Etat ne se gère pas comme une entreprise.Et la colonne des dépenses, si elle mérite d\u2019être réajustée, doit l\u2019être en tenant compte des conséquences sociales qui s\u2019ensuivent.Et si le gouvernement voulait vraiment «pérenniser» les programmes sociaux, il devrait d\u2019abord commencer par ne pas tenter de les faire disparaître.Heureusement, déjà plusieurs personnes et groupes ont décelé la tromperie et s\u2019apprêtent à y répondre dans les semaines à venir.Normand Breault Montréal, le 24 juin 2015 L\u2019habit fait le.gendarme ! L\u2019article de Erancis Dupuis-Déri publié vendredi (26 juin) relève avec justesse qu\u2019on a beaucoup critiqué dernièrement l\u2019habillement des policiers de la ville de Montréal, alors qu\u2019on porte bien peu d\u2019attention à leurs comportements beaucoup plus déplorables de profilage politique, de répression arbitraire et d\u2019une violence injustifiée contre les citoyens qu\u2019ils ont le devoir de protéger.Or, de nombreuses expériences de psychologie sociale ont démontré que lorsqu\u2019on impose à des sujets de s\u2019habiller en noir, ils adoptent des comportements plus agressifs que lorsqu\u2019on les oblige à porter le même vêtement, en blanc.Et si on habillait les policiers de notre bleu patriotique?Serions-nous témoins de comportements plus pacifiques?La question se pose.Claude L.Normand Gatineau, le 26 juin 2015 Revue de presse Sus aux PAC, dit le ROC GUILLAUME BOURGAULT-COTE Et bien donc : on a des groupes proconservateurs qui se forment pour contrecarrer des groupes anticonservateurs qui disent être là pour faire contrepoids à d\u2019autres groupes proconservateurs.Et ainsi va la politique canadienne en cette veille de campagne électorale, se désolaient plusieurs commentateurs cette semaine.La création d\u2019un groupe de soutien à Stephen Harper \u2014 HarperPAC \u2014 qui entendait s\u2019immiscer dans la précampagne électorale au même titre qu\u2019Engage Canada (groupe de pression prolibéral et néodémocrate) a suscité plusieurs réactions.Dans les deux cas, impossible de savqir qui finance les groupes, et impossible pour Elections Canada de contrôler leurs dépenses avant le déclenchement officiel de la campagne.Ces organismes ad hoc s\u2019inspirent des Political Action Committees (PAC) qui abondent en politique américaine.Le HarperPAC s\u2019est finalement sabordé jeudi soir, en soutenant avoir contribué à une discussion fondamentale concernant le financement électoral dans un contexte d\u2019élection à date fixe.Dans le Globe and Mail, Adam Radwanski écrivait mercredi qu\u2019il faut remercier ces tiers partis de provoquer un débat sur l\u2019absence actuelle de règles entourant les activités partisanes précédant le déclenchement officiel de la campagne électorale (qui devrait être lancée après la fête du Travail).D\u2019autant que le débat survient avant même que ces groupes partisans aient eu le temps de bien s\u2019implanter au Canada, note-t-il.En revendiquant l\u2019appellation «PAC», le groupe pro-Harper aura eu le mérite d\u2019illustrer sans équivoque que ce qui pollue la politique américaine depuis des années menace aussi le Canada, dit-il.Ces organisations partisanes donnent dans les faits une influence disproportionnée aux gens et groupes d\u2019intérêts que les gouvernements libéraux et conservateurs ont tenté d\u2019éloigner de la politique.Les donations aux partis politiques sont limitées aux individus et à 1500$ par année, mais les compagnies et les syndicats peuvent dans les faits contourner cette restriction en donnant autant qu\u2019ils le désirent à ces PAC.D\u2019autre part, les organisations partisanes peuvent se permettre d\u2019affirmer essentiellement n\u2019importe quoi puisqu\u2019elles n\u2019auront jamais à défendre d\u2019allégations qui font tout de même leur chemin dans la tête des électeurs, note aussi Radwanski.Pour le moment, on peut s\u2019estimer heureux de voir ces groupes émerger au seuil de l\u2019été, sans avoir pris le temps de se constituer plus solidement, ajoute-t-il.Leur influence demeure donc minimale.Dans le Toronto Star, le commentateur invité Robin V.Sears (ancien conseiller du NPD) rappelle que l\u2019essence de nos règles de financement électoral est d\u2019assurer qu\u2019une élection ne peut pas être achetée avec de l\u2019argent.La pré- sence des PAC contredit cet objectif, note-t-il : mais ce n\u2019est pas l\u2019unique problème.Sears écrit que les conservateurs ont fait beaucoup pour affaiblir l\u2019esprit du système de financement électoral canadien, qui faisait l\u2019envie du monde entier.Ils disposent de beaucoup plus d\u2019argent que les autres partis et ils utilisent en plus les fonds publics pour financer des campagnes de publicité essentiellement partisanes, fait-il valoir.Il est temps de réagir, estime Robin V.Sears.Le Globe and Mail a aussi consacré un éditorial à la question mardi, notant que chaque PAC prétend entrer dans la danse pour en neutraliser un autre.Le quotidien craint que la présence de ces groupes et leurs discours hyper-partisans pleins de demi-vérités n\u2019éloignent encore plus un électorat déjà fragile et ténu.Del Mastro Les images étaient pour le moins parlantes : Dean Del Mastro, l\u2019ex-secrétaire parlementaire du premier ministre Harper, marchant pieds et mains menottés vers un fourgon, en route vers la prison.Del Mastro a été reconnu coupable de différentes violations de la Loi électorale lors des élections de 2008.La juge Lisa Cameron, de la Cour supérieure de l\u2019Ontario, l\u2019a notamment condamné à un mois de prison et une période d\u2019inéligibilité de cinq ans.Or, Del Mastro n\u2019a que lui à blâmer pour ce qui lui arrive, estime le chroniqueur Stephen Maher (Postmedia).Il aurait pu à de multiples reprises faire amende honorable et obtenir une peine moins sévère, mais il a plutôt choisi la négation et la contre-attaque.Tout ça pourquoi?Parce que Del Mastro voulait une victoire plus importante en 2008 qu\u2019en 2006.Il a dépensé plus que la limite permise, a falsifié un document, a rqjeté le blâme sur son personnel, s\u2019en est pris à Elections Canada.«L\u2019emprisonnement est requis par souci de dissuasion et pour promouvoir la dénonciation», a dit celle-ci jeudi.Bien difficile de la contredire, ajoute Maher.Langue Sur une note plus légère, le Globe and Mail saluait en éditorial jeudi l\u2019entrée de nouveaux mots d\u2019origine canadienne dans XOxford English Dictionary, l\u2019équivalent du Petit Robert.Une source de patriotisme linguistique, dit-on.La vénérable institution britannique a fait une place à l\u2019expression «double-double», connue des clients deTim Horton (deux crèmes, deux sucres), mais aussi au mot « dépanneur », popularisé par les Anglos de Montréal.Comme quoi il n\u2019y a pas que des anglicismes dans la vie.Sur Twitter: ©gbcote Le Devoir Les articles originaux sont liés aux versions numériques de ce texte. LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 JUIN 2015 B 5 IDEES La Charte québécoise des droits et libertés de la personne a 40 ans Un instrument juridique remarquable La Charte a bien vieilli, mais elle demeure incomplète au chapitre des droits économiques et sociaux JACQUES FREMONT Président de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse 1 y a 40 ans, le 27 juin 1975, l\u2019Assemblée nationale du Québec adoptait à Tunanimité la Charte des droits et libertés de la personne.Cette Charte, une loi quasi constitutionnelle, est un instrument juridique fondamental, innovant et remarquable à plusieurs égards.Quinze ans après la Révolution tranquille, la Charte a projeté le Québec dans sa modernité, contribuant au développement d\u2019une société plus ouverte.Cette Charte est aussi unique par son ampleur et sa portée.Elle vise à harmoniser Iqs rapports des citoyens entre eux et avec l\u2019État, dans le respect de la dignité humaine.Elle s\u2019applique aux individus, institutions et entreprises privées de compétence provinciale et à tous les ordres de gouvernement au Québec.Quarante ans, c\u2019est à la fois long et court.Il est utile de rappeler, notamment aux moins de 40 ans, qu\u2019avant leur naissance, le Québec ne disposait pas d\u2019une loi globale pour protéger les libertés et droits fondamentaux, sauf certaines dispositions du Code civil et lois sectorielles.Il y a 40 ans, il n\u2019y avait pas de loi interdisant la discrimination à l\u2019endroit des femmes, des groupes racisés et des personnes en situation de handicap.Certains employeurs refusaient systématiquement d\u2019embaucher des femmes ou les congédiaient quand elles tombaient enceintes.Les droits des gais et lesbiennes n\u2019étaient pas reconnus et l\u2019expression LGBT (lesbienne, gaie, bisexuel, trans) ne faisait pas partie de notre vocabulaire.Le chemin à parcourir Quarante ans plus tard, nous pouvons mesurer l\u2019ampleur des progrès accomplis.Les droits et libertés des Québécoises et Québécois bénéficient de l\u2019instrument de protection le plus complet parmi les provinces canadiennes.Toutefois, les 40 ans de la Charte ne doivent pas nous faire oublier le chemin qu\u2019il reste à parcourir comme société.Même si la Charte a bien vieilli, elle demeure incomplète, particulièrement au chapitre des droits économiques et sociaux.La Charte prévoit déjà un certain nombre de JACQUES NADEAU LE DEVOIR Il y a 40 ans, certains employeurs refusaient systématiquement d\u2019embaucher des femmes ou les congédiaient quand elles tombaient enceintes.droits économiques et sociaux, notamment le droit à des mesures sociales assurant un niveau de vie décent et le droit à des conditions de travail justes et raisonnables.Mais la portée de ces droits diffère de celle des autres droits reconnus puisque seuls les libertés et droits fondamentaux, les droits politiques et les droits judiciaires ont préséance sur toutes les lois du Québec.Cette absence de prépondérance constitue un obstacle de taille à la réalisation d\u2019une égalité réelle, notamment pour les femmes, les groupes racisés, les personnes en situation de handicap, les nouveaux arrivants, les autochtones et les sans-abri, bref, pour les personnes les plus durement touchées par la pauvreté et l\u2019exclusion sociale.Appel au gouvernement Dans son bilan publié à l\u2019occasion des 25 ans de la Charte, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse avait recommandé au gouvernement non seulement de renforcer la portée juridique des droits économiques et sociaux qui existent dans la Charte, mais également d\u2019y inscrire des droits qui n\u2019y sont pas explicitement reconnus ou d\u2019élargir leur portée, particulièrement le droit à un logement suffisant, le droit à la santé et le droit au travail.La Commission réitère cette demande depuis, tant dans ses avis que dans ses recommandations ou ses commentaires sur les politiques gouvernementales et encore récemment, dans son avis à la Commission de révision permanente des programmes, mais les gouvernements qui se sont succédé n\u2019ont pas suivi ces recommandations jusqu\u2019à présent.Quarante ans après l\u2019adoption de la Charte, le renforcement des droits économiques et sociaux représenterait une avancée importante : le législateur québécois doit en faire l\u2019objet d\u2019une intervention prioritaire pour lutter efficacement contre la pauvreté et l\u2019exclusion sociale.Le renforcement de ces droits et la reconnaissance explicite de nouveaux droits bénéficieront non seulement aux groupes plus vulnérables de la société, mais aussi à l\u2019ensemble de la population québécoise.Compressions de 2,5 millions au CALQ Le milieu culturel n\u2019en finit plus de faire des « efforts » DANIELE SIMPSON Présidente de l\u2019Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) Lettre à Hélène David, ministre de la Culture et des Communications M adame la Ministre, Vous aviez annoncé en mars dernier que la culture était épargnée dans le budget de votre gouvernement et que son enveloppe était même bonifiée de 2,8%.Trois mois plus tard, vous informez le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) qu\u2019il subira pour l\u2019année en cours des compressions de 2,5 millions de dollars et vous spécifiez que, de cette somme, 550 000 $ doivent être imputés aux organismes et associations qui défendent les intérêts des artistes.Cela, nous dit-on, «dans le but de contribuer à l\u2019effort budgétaire gouvernemental».Après 15 ans passés à l\u2019Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ), aux postes d\u2019administratrice, de vice-présidente et, maintenant, de présidente, permet-tez-moi de vous dire.Madame la Ministre, à quel point le mot «effort» m\u2019est familier, que ce soit en ce qui a trait à la résolution de problèmes, à la gestion de crises, à la recherche de fonds, à la concertation du milieu du livre ou à la mise sur pied de services nécessaires aux écrivains.Permettez-moi également de vous dire à quel point les efforts que fournissent ceux qui travaillent dans ces organismes dont vous diminuez de 12,5% la subvention au fonctionnement sont épuisants.Le milieu culturel n\u2019en finit pas de devoir se renouveler, de devoir remonter la côte de Sisyphe, sachant qu\u2019arrivé au sommet une décision sur laquelle il n\u2019aura pas de contrôle le fera éventuellement rechuter.À quel prix?L\u2019UNEQ, depuis plusieurs années, cherche des moyens de répondre aux besoins de ses membres avec l\u2019argent dont elle dispose.Nous avons pris plusieurs mesures qui nous ont permis de faire des économies sans toucher aux services, mais voici que vous nous apprenez que notre effort a été vain parce que nous devons contribuer au vôtre qui a préséance.Mais à quel prix pour tous les artistes dont vous affirmez qu\u2019ils ne seront pas touchés par ces compressions puisque, vous semble-t-iî, la créatioq, la diffusion et la production sont protégées ?A quoi alors croyez-vous que servent les regroupements artistiques?Comment pouvez-vous penser que vous épargnez la création alors qu\u2019en baissant les revenus de ces organismes vous privez en partie les artistes de l\u2019aide qu\u2019ils leur apportent?A l\u2019UNEQ, nous offrons à nos membres des services de consultation juridique et fiscale, et de la formation professionnelle (entre autres, pour les soutenir dans leurs responsabilités d\u2019acteurs économiques).Nous organisons un parrainage pour les écrivains de la relève et des activités de diffusion de la littérature québécoise ici et à l\u2019étranger.Nous avons aussi contribué à la mise sur pied de Co-pibec et du festival international de la littérature, et assurons un lien soutenu avec les écrivains et leur milieu dans toutes les régions du Québec.Récemment, nous avons même innové en lançant Qpuscules, une application mobile sur la littérature québécoise (avec l\u2019aide financière de ce CALQ dont vous réduisez aujourd\u2019hui les ressources).Nous travaillons sans relâche à la défense des droits socio-économiques des écrivains dont, vous le savez, le revenu annuel médian est de 2450$.Ai-je besoin, dans ces conditions, de vous convaincre que les écrivains, comme les artistes en général d\u2019ailleurs, ont besoin de leurs associations pour améliorer leurs conditions de pra- tique?Les bourses à la création sont versées à 25% des personnes qui les sollicitent et couvrent 13 % de la totalité des sommes demandées.Ce soutien ne contribue donc qu\u2019à une fraction de l\u2019effort créateur (vous me permettrez à moi aussi d\u2019utiliser ce terme).Pourtant, l\u2019art et la littérature ne reposent pas uniquement sur quelques artistes fortement médiatisés, mais sur l\u2019ensemble d\u2019une collectivité artistique dont la production assure le djmamisme de la vie culturelle, et c\u2019est pour cette collectivité que les regroupements artistiques travaillent.Un peu d\u2019équité, quand même Est-ce que la direction que prend votre gouvernement, que d\u2019aucuns appellent « austérité » et que vous nommez «rigueur budgétaire», serait plus acceptable si l\u2019effort exigé l\u2019était de tous équitablement?Peut-être.Mais comparez vous-même: l\u2019indemnité de départ que votre gouvernement vient d\u2019octroyer à un seul individu, l\u2019ex-p.-d.g.d\u2019Hydro-Québec, dépasse la totalité de ce que vous demandez actuellement aux associations artistiques.Et ce n\u2019est qu\u2019un exemple parmi d\u2019autres.Celui-là me frappe particulièrement parce que dans les deux cas, il s\u2019agit de fonds publics.Madame la Ministre, le milieu associatif culturel ne cesse de déployer des efforts, budgétaires et autres, et de tenir le cap avec très peu de moyens.Votre choix de lui retirer 550 000$, sans préciser si cette ponction est récurrente, n\u2019aura pas pour effet, et je vous cite, de «resserrer des structures administratives», mais d\u2019affaiblir collectivement les artistes.Pourriez-vous, à votre tour, faire l\u2019effort de reconnaître la contribution des regroupements artistiques au soutien à la création et revenir rapidement sur votre décision de sabrer leurs budgets ?Ce serait, à mon avis, une bien meilleure façon de préserver l\u2019aide aux artistes comme vous dites vouloir le faire.Une affaire de permission David Desjardins tait-ce à cause de la pluie dans la journée?Parce que Montréal a décidé de programmer son spectacle de Pête nationale le même soir que celui de Québec ?Qu s\u2019agit-il du point de rupture d\u2019une fête si implacablement désinfectée qu\u2019on a fini par tuer l\u2019envie?Sûrement un peu de tout cela.Reste que c\u2019était triste dans les rues de Québec, mardi soir.Triste comme.un mardi soir.Le maire de Québec fait porter toute la faute sur la météo pour sa Saint-Jean aussi sécurisée que boudée.C\u2019est un peu facile.Mais ce n\u2019est pas tout à fait faux: on en a fait une fête familiale, et quand il pleut, les familles restent sagement à la maison.Les fêtards n\u2019ont pas de pareils scrupules.A condition qu\u2019on ne les oblige pas à danser au centre d\u2019un cordon policier, après avoir été fouillés deux fois.Ce qui nous amène au nœud du problème : désormais, tout est familial, tandis que les possibilités de rassemblement entre adultes, où l\u2019on peut un peu trop boire et fumer des pétards \u2014 ou pire, des cigarettes!!! \u2014 sans avoir à subir le regard sentencieux de ceux qui ne peuvent plus sortir de chez eux sans leur progéniture, semblent sur le point de disparaître.Ce n\u2019est peut-être pas grave, mais pas innocent non plus.Il y a dans cette dictature du «tout à la famille» un désir d\u2019ordre et de conformisme qui finit par infantiliser, par imposer une sorte de couvercle moral aux rares soupapes qui restent dans ce monde régimenté.Tenez, il y a cinq ans, Metallica jouait à Québec.J\u2019y étais, et qu\u2019est-ce que je vois devant, derrière, dans plusieurs rangées autour : des enfants.Dix, douze ans, en moyenne.D\u2019autres encore plus jeunes.Sauf qu\u2019un concert de rock n\u2019est pas un endroit pour les enfants \u2014 même si c\u2019est Metallica, et que le groupe est un peu folklorique, j\u2019en conviens.Le concert du genre est un espace pour que les adultes puissent se retrouver ensemble, et danser sur la mince ligne qui sépare la bienséance sociale de l\u2019exultation tribale.Mais le pire, c\u2019est encore le cinéma.Juste à entrer dans un cinéplex pour s\u2019apercevoir qu\u2019on ne s\u2019adresse plus depuis longtemps à l\u2019adulte.Et comme pour confirmer que nous avons intégré l\u2019infantilisation généralisée du 7® art, devenu divertissement familial, on fait jouer des dessins animés dans les avions.Comme le mois dernier, dans un gros porteur qui me ramenait de voyage.Qh, remarquez, on finit par s\u2019habituer à tout, y compris à se faire prendre poru des tatas : tout le monde semblait ravi.Mais revenons au sol.Le Carnaval de Québec connqît lui aussi une importante crise de popularité.A cause du froid des derniers hivers?Un peu, c\u2019est sûr.Peut-être aussi parce qu\u2019on a tué l\u2019esprit de cette fête libre, déjantée, d\u2019une épouvantable mononclitude, mais où l\u2019on festoyait aussi un peu tout croche, souvent en buvant beaucoup.Comment?En transformant le Carnaval en fête familiale, voyons.Depuis, on s\u2019évertue à lui tricoter une âme, mais il y a quelque chose qui tire sur le fil, si bien qu\u2019il faut toujorus recommencer.Peu à peu, nos sociétés deviennent des espaces policés, sans excès, et sans trop de plaisir non plus, remarquez.Qu alors nos événements «pour tous» distillent ce contentement sobre qui vous tire un léger sourire, vous faisant croire que la vie sans excès, jamais, c\u2019est très bipn.Ce qui fait jubiler le porte-parole d\u2019Éduc\u2019al-cool, version moderne de la ligue de la tempérance, pour qui virer une brosse est devenu un acte de délinquance, ce qui explique qu\u2019on impose sa morale à cinq cennes avec une présence policière digne du Sommet des Amériques.Attendez.Je ne dis pas que tout était mieux avant.Peut-être qu\u2019on était allés trop loin dans le chaos.Mais chose certaine, là, il ne reste que l\u2019ennui.La Saint-Jean n\u2019était peut-être plus un événement patriotique, mais c\u2019était un rassemblement de Québécois.Une foule monstre, un organisme vivant, au centre duquel on ressentait un certain vertige.C\u2019était imparfait, avec des moments de crise, mais l\u2019ensemble recelait aussi l\u2019extraordinaire beauté d\u2019une jeunesse lâchée lousse.Pour une fois.Ce n\u2019est pas pour rien qu\u2019un très percutant texte intitulé «Fuck ta St-Jean, Régis» circule en tous sens sur les réseaux sociaux depuis mercredi matin.L\u2019analyse de l\u2019anonyme blo-gueur qui en est l\u2019auteur est brutale, mais révèle un malaise réel.Celui d\u2019une société vieillissante qui refuse à ceux qui suivent le droit d\u2019aller un peu trop loin, parce qu\u2019eux sont revenus de tout.Nous, les vieux, vous, les beiges, vous aussi, les chialeux, les peureux, les flics, nous avons oublié la communion de ces libations de groupe, et que de celle-ci jaillit parfois le pire, mais aussi quelque chose comme une cohésion sociale.Qui, malgré le désordre.Qui, malgré les excès.Qui, à cause d\u2019eux aussi.Pas qu\u2019ils soient obligatoires.L\u2019exaltation commune, ici, est une simple affaire de permission.Pour un soir, tout était possible.ddesjardins@ledevoir.com L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagne (adjoints a la direction de l\u2019information), Antome Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idees), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michael Monnier et Ohvier Zuida (recher-chistes photos), information générale : Isabelle Pare (chef de division), Lisa-Marie Gervais (education),\tShields (environnement), Amehe Daoust-Boisvert (santé), 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Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Genevieve O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service a la clientèle), Manon Blanchette, Nathahe Eihon et Kevm McKissock ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Behveau (adjointe administrative), Elorentina Draghici et Xavier Pigeon (par interim) B 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 JUIN 2015 JEÜX DE MOTS Chaque samedi pendant la saison estivale, et pour une huitième année, les lecteurs peuvent mettre leurs connaissances à l\u2019épreuve, et surtout leur patience, en se livrant aux jeux préparés par notre collaborateur, Michel Roy, professeur à la retraite.En règle générale, les amateurs de mots croisés retrouveront aussi leur passe-temps favori dans cette page.BONS MOTS Quelques boutades glanées ici et là, mais qui ont été amputées d'un ou de quelques mots, ce qui leur enlève toute leur saveur.À vous de puiser dans la liste des mots ci-après, pour retrouver leur piquant initial.D Être naturel est une\tdifficile à maintenir.(Wilde) Dans le\t, il y avait plus de\tque maintenant.(Geluck) Il n\u2019y a pas de La casse des L\u2019 .(Malraux) qui, en nettoyant, sans est un .(K.Kraus) de la pendant que la Il n\u2019y a jamais eu de bonne (B.Franklin) Liste (en ordre alphabétique) des mots à inscrire : art, assiettes, auditoire, futur, guerre, héros, médecine, nature, paix, patient, passé, pose, serviteur, vérité.consiste à distraire le le guérit.(Voltaire) ni de mauvaise \t Associez chaque complément (colonne de droite) à un verbe (colonne de gauche).\t D abattre\t\u2014?\tB un arbre H aborder\t\u2014?\tB un candidat H accorder\t\u2014?\tB un comportement D activer\t\u2014?\tB la flamme B adopter\t\u2014?\tB la galerie B affranchir\t\u2014?\tB une lettre B aggraver\t\u2014?\tB le pardon B ameuter\t\u2014?\tB une personne B amuser\t\u2014?\tfl la situation 10 assouvir\t\u2014?\tBsa vengeance B! appuyer\t\u2014?\tDie voisinage 10 appréhender \u2014?\tDun voleur SUDOKU \t B tre\t\u2014 B smi\t\u2014 B pprt\t\u2014 D yoaie\t B dss\t B oensi\t\u2014 D çosoe\t B çaièe\t\u2014 B laouri\t\u2014 10 roer\t\u2014 Voilà ce qui reste de dix (10) mots dont chacun a été amputé de trois lettres identiques.Ces trois lettres identiques diffèrent d'un mot à l'autre.Ce sont par ordre alphabétique :\t a, c, e, f, i, 1, n, r, s, t\t Il vous faut donc redonner à chaque mot le triplet amputé qui lui appartient.\t Autre détail utile ; Quand la première lettre du mot amputé est soulignée, cela signifie que le mot commence par cette lettre soulignée.\t par Fabien Savary \t\t\t8\t1\t\t4\t\t5 \t7\t\t\t4\t\t2\t\t 4\t6\t\t\t2\t5\t\t\t \t\t1\t\t\t4\t\t\t 5\t3\t\t\t\t\t\t\t \t2\t\t\t7\t\t\t9\t1 \t\t\t\t\t3\t\t\t2 \t4\t\t\t6\t\t\t1\t8 \t\t\t\t8\t7\t\t4\t Niveau de difficulté : FACILE 3023 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.Solution du dernier numéro 8\t1\t7\t5\t3\t9\t4\t2\t6 9\t3\t2\t6\t7\t4\t5\t8\t1 5\t4\t6\t8\t2\t1\t7\t9\t3 7\t2\t5\t1\t4\t6\t8\t3\t9 4\t8\t3\t7\t9\t2\t6\t1\t5 1\t6\t9\t3\t8\t5\t2\t4\t7 2\t7\t1\t4\t5\t3\t9\t6\t8 3\t5\t4\t9\t6\t8\t1\t7\t2 6\t9\t8\t2\t1\t7\t3\t5\t4 3022 SUDOKU : le logiciel 10 000 sudokus inédits de 4 niveaux de difficulté par notre expert Fabien Savary En exclusivité sur le site des Mordus www.les-mordus.com \t\t\t Associez chaque nom (colonne de gauche) à un animal (colonne du centre) et à la signification de l'alliance des deux mots (colonne de droite).Exemple ; La réponse du n\" 1 est 1-9-4, i.e.le mot cage (1), associé au mot lapins (9) et à la définition (4), i.e.un immeuble regroupant de nombreux appartements exigus.\t\t\t NOM\tNOM O'ANIMAL\tSIGNIFICATION\tRÉPONSE Dcage\tD autruche\tD écriture fine et peu lisible\t1 B chant\tB cheval\tB personne qui se plaît à médire, à calomnier\t2 B estomac\tB crabes\tB attendre longtemps debout\t3 Dfaim\tD crocodile\tD immeuble regroupant de nombreux appartements exigus\t4 B fièvre\tB cygne\tB faim très vive\t5 B langue\tB éléphant\tB forte fièvre\t6 D larmes\tDgrue\tD larmes hypocrites, pas sincères\t1 B mémoire\tB guêpe\tB collectivité dont les membres se détestent\t8 B panier\tB lapins\tB mémoire excellente, fidèle et longue\t9 10 pattes\t10 loup\t10 taille très fine\t10 IDpied\tID mouche\tIQ dernière oeuvre d\u2019un artiste\t11 Btaille\t10 vipère\t10 grande facilité à digérer\t12 \t\t Insérez une lettre (2' colonne) dans chacun des huit mots de la première colonne à gauche, de façon à former huit noms d'animaux.\t\t MOT OE OÉPART + LETTRE À INSÉRER = NOM O\u2019ANIMAL\t\tLETTRES B aie\t+ =\tA B aille\t+ =\tC B gai\t+ =\tD D meuse\t+ =\tE B muette\t+ =\tH B ne\t+ =\tL D perce\t+ =\t0 B tare\t+ =\tU MOTS CROISÉS DU SAMEDI 1\t2\t3\t4\t5\t67\t89\t10 11 12 Horizontalement L A voir dès que ça commence à coincer II.Ligne impossible à approcher Son travail a été repns par Einstein III.A valeur d'or Sans le moindre intérêt Fait mal un peu partout IV.Marche en avant V.Bien disposé Point de départ matinal Attire l'attention VI.Un rendez-vous pour les cruciverbistes Fait beaucoup de mal VII.Petite pièce du Moyen Age Equipé pour l'affrontement VIII.Reine morte Préparée comme une sauce Règle K.Bout d'édredon Noire et dure afncame Propre pour chacun X.Font tout disparaître Verticalement 1.Grands airs populaires 2.Attend les fidèles au Paradis Contraire à la règle 3.Cité antique Met le feu au pavillon 4.A mis ses cordes au service du jazz Supporte le soc 5.D'un joli bleu Pointe de Bretagne 6.Sortie du laminoir Contient les poussées 7.Garde l'anonjmiat Calmes et paisibles 8.Bien protégées 9.Effacé par l'usure 10.Prêt à tout avaler Ouvre le livre Tout un drame à Tokyo 11.Façonne la pièce Prépare la crème anglaise 12.Zone de libre-échange Chambres des dames Philippe Dupuis Solution du n° 250 Horizontalement L Bombardement IL Aparté Météo IIL Gigue But Fr IV.Ane Maie Est V.Rinciez Ds VI.Rate Rudesse VIL Eta Fêté Eau VIIL Ur Tisane Is K.Sexué Gitane X.Escarpements Verticalement 1.Bagarreuse 2.Opiniâtres 3.Magenta Xc 4.Bru Ce Tua 5.Atémi Fier 6.Rê Aérés 7.Bizutage 8.Emue Denim 9.Met Dé Eté 10.Et Esse An 11.Nefs Saint 12.Tortueuses MOTS CROISES PROBLEME N° 251 Philippe Dupuis est egalement l\u2019auteur des mots-croises du Monde MOTS CROISÉS 1 23456789 10 11 12 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 HORIZONTALEMENT 1.\tQui sort du magasin.2.\tMonstres femelles qui dévoraient les enfants -Pas fou.3.\tHéros de Virgile -Remplir à l'excès.4.\tHomme armé -Éplucher - Être en nage.5.\tDépose - Fromage de brebis.6.\tBoissons - Il déambule.7.\tObstiné - Petite promenade - Nord-est.8.\tA l'écart - À sec.9.\tQui sont en forme de soie de porc.10.\tDéformées - Cuits à l'étouffée.11.\tRecueilli - Salto -Déboîté.12.\tMonté - Larges.VERTICALEMENT 1.\tImpassibles.2.\tBandes de cuir -Écrivain français.3.\tEsprit - Imprimé sur le corps.4.Substance sucrée et parfumée - Partie postérieure - Du verbe être.Symbole chimique -Conifères - Ouvrage en prose.Il rayonne - Cheville.Miroir extérieur d'un véhicule - Face.Ville du Japon - Larve du trombidion.Navires de guerre -Prince de Transylvanie.10.\tIncommode et fait tousser - Corrigés.11.\tÉpointée - Pour lui ou pour elle.12.\tGarnitures en métal -À elle.1 2 3 4 5 6 7 8 9 101112 5.rIe lIsId eIoIn lIeTgIr R|E OlM RiElL uIcIhIe 2893 SOLUTION DU DERNIER O -I- Il uo
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