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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2015-10-15, Collections de BAnQ.

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[" J[j«//afra5PHe nm'§'\t* lesrate.îfflri/Mwj; .« :liliii iLiii, 'If HHJERMr La chaîne Archambault largue les magazines Page B 8 Déversement d\u2019eaux usées Le refus d\u2019Ottawa indigne Montréal qui s\u2019estime lésée Pages A 5 et A 6 www.ledevoir.com LE DEVOIR Vol.C V I N\u201c 2 3 3 LE DEVOIR, LE JEUDI 15 OCTOBRE 2015 1,13 $ + TAXES = 1,30 $ Plume s\u2019offre la Place des Arts PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le cher grand escogriffe avait brassé rock\u2019n\u2019roll la place des Festivals aux FrancoFolies, mais c\u2019est dans la bâtisse d\u2019à côté, à la Cinquième Salle de la Place des Arts, qu\u2019il amorçait mercredi ses Récidives.Lire la critique de notre journaliste Sylvain Cormier sur l\u2019application tablette et le site Web du Devoir.Curateur public Des usagers seront vus tous les 24 mois Exit les visites annuelles pour tous.L\u2019institution va moduler ses visites selon une approche personnalisée qui ne fait pas l\u2019unanimité.JESSICA NADEAU Le Curateur public n\u2019effectuera plus de visite annuelle systématique à ses pupilles, a appris Le Devoir.Il espacera plutôt ses rencontres, pouvant aller jusqu\u2019à une visite tous les deux ans.Cette «modulation des visites» est décriée par les groupes de défense des usagers, qui y voient une façon déguisée de faire des économies sur le dos des plus vulnérables, mais le Curateur public soutient qu\u2019il s\u2019agit plutôt d\u2019une façon de «personnaliser» son approche.«Ça fait déjà quelques années qu\u2019on dénonçait le fait qu\u2019une personne sous curatelle publique avait seulement une rencontre par année avec son cura- VOIR PAGE A 8 : CURATEUR Conseils de lobbyisme à TransCanada Un proche conseiller de Trndeau doit démissionner Éférl Élections fédérales ALEXANDRE SHIELDS Le coprésident du comité de campagne nationale de Justin Trudeau, Daniel Gagnier, a été forcé de démissionner mer- credi en début de soirée.La controverse a éclaté après qu\u2019il eut donné de précieux conseils à TransCanada, les invitant à mener des efforts de lobbyisme dés l\u2019élection du prochain gou- vernement pour éviter tout retard dans le projet de pipeline Energie Est.«Afin d\u2019éviter toute distraction de la campagne électorale et d\u2019assurer que Justin Trudeau soit élu premier ministre du Canada, j\u2019ai pris la décision de prendre du recul par rapport à la campagne, a-t-il écrit dans une brève déclaration transmise par le Parti libéral.Je re- grette que cette campagne soit affectée par des attaques négatives et personnelles.J\u2019ai toujours agi dans les règles de l\u2019art.» VOIR PAGE A 8 : DÉMISSION Centre-du-Québec.Le pari conservateur.Page A 3 La stratégie du porte-feuille.Un bilan «fiscalité» de la campagne.Page A 2 Justin Trudeau contemple une majorité.Page A 3 Aujourd\u2019hui Les Sports > Baseball.Les Blue Jays de Toronto accèdent à la finale de la Ligue américaine.Page B 6 Le Monde > Présidentielle américaine.La porte se referme un peu plus pour Joe Biden.Page B 5 Avis légatix.B\t4 Décès.B\t6 Météo.B\t5 Mots croisés.B\t2 Petites annonces.B 6 Sudoku.A\t2 Congrès du PEN International À la défense de la liberté d\u2019expression Ils ont connu la prison, la guerre et le harcèlement.Ils ont tenu tête à l\u2019autorité, souvent au risque de leur vie.Plusieurs n\u2019en sont d\u2019ailleurs jamais revenus.Jusqu\u2019à vendredi prochain, 270 écrivains du monde entier sont réunis à Québec pour discuter des enjeux de la liberté d\u2019expression, dans le cadre du 81® congrès du PEN International.CAROLINE MONTPETIT à Québec Ma Thida est médecin, activiste et écrivaine, trois activités qui la rapprochent des gens en Birmanie.Elle a été condamnée à 20 ans d\u2019emprisonnement en Birmanie, entre autres pour avoir entretenu des contacts «illégaux» et avoir distribué des exemplaires du New Era Journal, une publication critique du régime birman qui paraissait alors en Thaïlande.Elle a purgé cinq ans de prison fermes, qu\u2019elle a décrits dans un livre qui sera bientôt traduit en anglais.Elle est aujourd\u2019hui présidente du nouveau PEN Club du Myanmar, ce pays où la junte militaire a carrément écrasé toute opposition durant des décennies, et qui tend à reprendre cette mauvaise habitude.VOIR PAGE A 8 : LIBERTÉ KHIN MAUNG WIN ASSOCIATED PRESS Ma Thida a notamment dirigé deux quotidiens, qui sont aujourd\u2019hui fermés.77831303445542 A 2 LE DEVOIR, LE JEUDI 15 OCTOBRE 2015 ELECTIONS Bilan de campagne > Aide aux familles et fiscalité La stratégie du porte-monnaie HELENE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa Ifs the economy, stupid!» Ainsi parlait un conseiller de Bill Clinton en 1992 pour résumer ce que tout bon stratège politique sait d\u2019instinct: une élection est d\u2019abord affaire de poches et de dollars.Et rarement une élection fédérale aura-t-elle autant suivi ce conseil à la lettre.La fiscalité a occupé une bonne partie du débat électoral de 2015.Le chef libéral Justin Trudeau a lancé le bal en promettant de revoir le système d\u2019imposition fédéral.Il propose d\u2019instaurer un cinquième palier d\u2019imposition de 33% pour les revenus supérieurs à 200 000$ (la grille actuelle s\u2019arrête à 29% pour les revenus au-delà de 139 000$).Inversement, il promet de réduire le taux s\u2019appliquant aux revenus compris entre 45 000 et 89 000$, de 22% à 20,5%.Cette modification de la grille transférerait 3 milliards de dollars de la poche des 1 % des Canadiens les plus riches à celle des 50% des Canadiens gagnant moins de 90 000$.On l\u2019avoue en coulisses: Justin veut jouer au Robin des Bois.M.Trudeau ne toucherait cependant pas au taux d\u2019imposition des sociétés.Le chef néodémocrate Thomas Mulcair adopte la logique inverse.Il n\u2019augmenterait pas l\u2019impôt des contribuables les plus riches ni ne diminuerait celui des autres, mais il hausserait le taux d\u2019imposition des sociétés de 15% à 17% au motif que les rabais fiscaux accordés par les conservateurs ne les ont pas incitées à investir davantage.Le Bloc québécois, de son côté, ferait passer le taux d\u2019imposition des sociétés à 16,5%, Conservateurs, libéraux et néodémocrate s s\u2019engagent par ailleurs à assouplir le congé parental mais à 20% pour les banques et les pétrolières.Le parti de Gilles Duceppe instaurerait aussi une surtaxe de 1,5% pour les contribuables gagnant plus de 150 000$.Le Parti conservateur a promis dans son dernier budget de réduire le taux d\u2019imposition s\u2019appliquant aux petites entreprises de 11 à 9%.Tous les autres partis adhèrent à cette idée, mais le NPD et le Bloc proposent d\u2019accélérer la cadence pour y parvenir plus vite.Côté fiscalité, le Parti conservateur a instauré en 2015 le fractionnement du revenu, une méthode comptable permettant à des conjoints de transférer entre eux \u2014 sur papier \u2014 jusqu\u2019à 50 000$ de revenu pour réduire leur facture fiscale.Cette mesure fait perdre 2 milliards au Trésor public, bien qu\u2019elle ne soit accessible qu\u2019à 15% des ménages (parce qu\u2019il faut être en couple, avoir des enfants mineurs et avoir deux salaires très différents pour se qualifier).Libéraux et néodémocrates ont promis d\u2019abolir cette mesure.Le fractionnement du revenu pour personnes âgées, instauré il y a quelques années déjà, demeurerait, promettent MM.Trudeau et Mulcair.Aide aux familles et aux chômeurs Ils sont peut-être déjà encaissés et oubliés, mais les chèques bonifiés de la Prestation universelle pour la garde d\u2019enfants (PUGE), versés tout juste avant le déclenchement électoral, font partie de la plateforme conservatrice.Le gouvernement de Stephen Harper a choisi de verser aux parents 60$ de plus par mois pour chacun de leurs enfants mineurs.Le NPD s\u2019est engagé à maintenir cette allocation et à bonifier le supplément de la Prestation ^ È.mi i Nv Plusieurs promesses concernent les familles, de la prestation pour enfants à la prolongation du congé parental.JACQUES NADEAU LE DEVOIR nationale pour enfants.Pas le Parti libéral.Justin Trudeau s\u2019engage à refondre toutes ces allocations versées aux parents pour n\u2019en créer qu\u2019une seule, modulée en fonction des revenus familiaux et non imposable.Les libéraux estiment que toutes les familles gagnant 150 000$ ou moins (90% de tous les ménages) seront gagnantes avec leur plan, mais que les autres seront perdantes.A partir de revenus combinés de 200 000$, une famille ne toucherait plus rien d\u2019Ottawa.Par exemple, à 140 000$, une famille toucherait encore 1075$ de plus par an qu\u2019avec les prestations conservatrices, mais à 200 000$, elle perdrait 1950$.Le NPD mise sur la création d\u2019un million de places en garderie à 15$ par jour d\u2019ici huit ans.Les provinces devraient payer 40% de la facture, ce qui explique leur tiédeur jusqu\u2019à présent.Celles qui, comme le Québec, offrent déjà un système comparable seraient compensées financièrement.Le Parti libéral s\u2019engage seulement à en- tamer des discussions avec les provinces sur cette question.Un gel ou une hausse?La caisse d\u2019assurance-emploi a suscité bien des convoitises dans cette campagne, et pour cause.La caisse devrait atteindre en 2017 le point d\u2019équilibre actuariel, c\u2019est-à-dire avoir enregistré assez de surplus pour éponger les déficits accumulés pendant la crise économique de 2008-2009.C\u2019est ce qui a permis au gouvernement conservateur de prévoir, pour 2017, une réduction du taux de cotisation de 1,88$ par tranche de 100$ de revenu imposable à 1,49$.Libéraux et néodémocrates y ont vu une occasion d\u2019augmenter les revenus sans que les contribuables s\u2019en aperçoivent.Avec les libéraux, le taux diminuera quand même, mais à 1,65$.Les deux milliards de dollars ainsi dégagés par rapport aux prévisions conservatrices permettront de bonifier le régime.Le délai de carence imposé aux chômeurs serait réduit de moitié, à une semaine, et les jeunes travailleurs ou ceux qui retournent sur le marché du travail après une longue absence n\u2019auraient plus à accumuler plus d\u2019heures (910 au lieu d\u2019entre 420 et 700) pour se qualifier au programme.Les néodémocrates vont encore plus loin en annonçant un gel des cotisations à 1,88$.Ils prévoient récupérer ainsi 5,2 milliards par an, qu\u2019ils réinvestiraient notamment dans les chômeurs.Il faudrait désormais accumuler seulement 360 heures de travail pour se qualifier au programme, où qu\u2019on se trouve au pays.La prestation versée serait plus généreuse parce que calculée en fonction des 12 meilleures semaines de l\u2019année d\u2019un travailleur.Le Bloc québécois gèlerait lui aussi le taux à 1,88$ pour réduire le délai de carence à une semaine, permettre l\u2019admissibilité à 360 heures, augmenter les prestations à 60% du salaire et les prolonger de deux semaines.Conservateurs, libéraux et néodémocrates s\u2019engagent par ailleurs à assouplir le congé parental.Stephen Harper et Justin Trudeau permettraient d\u2019étaler les 12 mois de congé sur une période de 18 mois.Thomas Mulcair accorderait cinq semaines supplémentaires de congé au père sans entamer le congé de la mère.Le congé serait doublé en cas de grossesse multiple.Enfin, le solde budgétaire a fait l\u2019objet de beaucoup de débats dans la campagne.Conservateurs, néodémocrates et blo-quistes promettent l\u2019équilibre, les libéraux, trois déficits.En 2016-2017, en tenant pour acquis que le coussin de sécurité ne serait pas utilisé, le surplus conservateur serait de 2,7 milliards, celui du NPD, de 4,1 milliards et le Bloc arriverait à zéro.Le déficit libéral serait de 7,8 milliards.Les libéraux ont évoqué un déficit plus élevé encore parce qu\u2019ils ont revu à la baisse les prévisions économiques, ce que conservateurs et néodémocrates n\u2019ont pas fait.Le Bloc a fait la même soustraction, ce qui explique que son cadre financier parle plutôt d\u2019un déficit pour 2016-2017.Le Devoir Citoyenneté retirée: antre contestation Un résidant d\u2019Ottawa incarcéré en raison de sa participation à un complot terroriste soutient que la décision du gouvernement fédéral de lui retirer sa citoyenneté enfreint plusieurs des droits garantis par la Constitution, dont celui de voter.Hiva Alizadeh conteste comme plusieurs autres personnes les nouvelles dispositions permettant au gouverne- ment de dépouiller de leur citoyenneté canadienne les personnes reconnues coupables de terrorisme, trahison ou espionnage à condition qu\u2019elles soient citoyennes dans un autre pays.Dans une demande soumise à la Cour fédérale du Canada, l\u2019homme d\u2019origine iranienne affirme que les dispositions enfreignent les principes de justice fondamentale qui font partie intégrante de la Charte des droits et libertés.Alizadeh a été condamné à 24 ans de prison.La Presse canadienne Sudoku par Fabien Savary 3\t\t\t\t8\t1\t6\t5\t 5\t\t\t\t\t2\t\t\t 2\t6\t\t\t\t\t9\t\t 7\t9\t\t2\t\t\t\t\t 1\t\t\t6\t\t\t5\t\t \t\t\t\t\t7\t\t1\t8 \t\t6\t\t3\t\t1\t\t \t5\t3\t\t\t\t\t4\t6 \t\t\t8\t\t\t\t\t Niveau de difficulté : DIFFICILE 3114 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.Solution du dernier numéro 7\t5\t4\t2\t6\t1\t9\t3\t8 2\t3\t6\t8\t9\t4\t7\t5\t1 8\t1\t9\t7\t5\t3\t6\t2\t4 1\t7\t8\t9\t3\t6\t2\t4\t5 6\t9\t5\t4\t2\t8\t3\t1\t7 4\t2\t3\t1\t7\t5\t8\t6\t9 5\t8\t7\t6\t4\t2\t1\t9\t3 9\t4\t2\t3\t1\t7\t5\t8\t6 3\t6\t1\t5\t8\t9\t4\t7\t2 3113 SUDOKU : le logiciel 10 000 sudokus inédits de 4 niveaux de difficuité par notre expert Fabien Savary En exclusivité sur le site des Mordus www.les-mordus.com Voyages à grands frais pour Joe Oliver JORDAN PRESS à Ottawa Le ministre des Linances sortant, Joe Oliver, a facturé aux contribuables canadiens des milliers de dollars supplémentaires pour être placé en classe affaires dans ses voyages en avion et a dépensé plus de 5000$ à deux reprises pour des vols à l\u2019intérieur même du pays.En juillet 2012, M.Oliver a déboursé 5593$ pour deux vols entre Toronto et Calgary afin de participer à des rencontres avec les entreprises des secteurs pétrolier et gazier et des industries des oléoducs et de l\u2019acier.Les vols constituaient la dépense la plus importante pour ce voyage, qui s\u2019est chiffré à 7483$ en tout.Quelques mois plus tard, en avril 2012, le ministre a facturé 6719,55$ pour un vol vers Calgary.Le ministre Oliver a également dépensé 529$ supplémentaires en mars 2014 pour être assis en classe affaires dans des trajets entre Ottawa, Houston et Toronto.Deux ans plus tôt, il avait payé 500$ 6719$ C\u2019est le prix qu\u2019a payé Joe Oliver, alors ministre des Ressources naturelles, pour un vol vers Calgary.pour être surclassé dans un vol d\u2019Edmonton à Vancouver.Les données étaient présentées dans les rapports de dépenses de M.Oliver alors qu\u2019il était ministre des Ressources naturelles.Les détails des factures ont été obtenus par La Presse canadienne en vertu de la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information.785$ la nuit Selon les mêmes documents, le ministre Oliver a aussi été hébergé dans des hôtels qui coûtaient plusieurs centaines de dollars par nuit.A Vancouver, en février 2013, il a facturé 1625$ pour un séjour de deux jours, soit environ 785$ par nuit.Le porte-parole de Joe Oliver a souligné que le ministre avait respecté les règles pour ses voyages au pays et à l\u2019international dans le cadre de ses fonctions \u2014 ce qui implique qu\u2019il ait choisi certains hôtels près des événements auxquels il participait.«Joe Olivier a beaucoup voyagé en tant que ministre et il a toujours suivi les directives gouvernementales.Il voyage en classe affaires, selon les directives, et parce que cela lui permet de travailler pendant le vol», a déclaré Nick Bergamini.Il a ajouté que le ministre n\u2019avait parfois pas le choix de se tourner vers des billets d\u2019avion plus flexibles, qui tendent à être plus onéreux.«En raison de son horaire qui change souvent à la dernière minute, c\u2019est plus économique de réserver des vols flexibles», a-t-il soutenu.Consommations non comprises Les règles du gouvernement fédéral autorisent les ministres à facturer des suppléments pour être en classe affaires ou en première classe lorsqu\u2019ils sont à bord de vols Joe Oliver qui durent plus de deux heures.Plusieurs ministres sont surclassés à l\u2019aide de points qu\u2019ils accumulent avec leurs nombreux voyages, ce qui leur permet de ne pas refiler la facture aux contribuables.Les frais de déplacement ont hanté les conservateurs par le passé.L\u2019ancienne ministre Bev Oda avait été critiquée lorsqu\u2019elle avait payé 16$ pour un jus d\u2019orange dans le très luxueux hôtel Savoy, à Londres.Joe Oliver a lui aussi pris une consommation à 16$ lors de son séjour à Jérusalem, en juin 2012.Le reçu ne précise pas de quelle consommation il s\u2019agissait, mais selon le menu de l\u2019hôtel, ce pourrait être de la vodka ou du scotch.M.Bergamini assure toutefois que le verre a été payé de la poche du ministre, puisque les consommations ne sont pas comprises dans les frais remboursés par le gouvernement.La Presse canadienne Congédié?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514-845-5545 LimpysinE LE PREMIER SERVICE DE LIMOUSINE TESLA AU QUÉBEC En ville ou pour de longues distances, depuis ou vers l'aéroport, pour le plaisir ou les affaires, électrisez vos déplacements.514-212-1310 info@liinousineelectrique.ca www.limousineelectnque.ca LE DEVOIR, LE JEUDI 15 OCTOBRE 2015 A 3 FEDERALES PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Justin Trudeau, en Ontario mercredi, a accusé Stephen Harper de dire des faussetés sur son parti.Ihideau contemple une majorité Les conservateurs s\u2019attaquent au Parti libéral dans des publicités négatives sur la prostitution et la marijuana MARIE VASTER Correspondante parlementaire à Ottawa Justin Trudeau voit défiler les sondages et semble se permettre d\u2019y croire.Le chef libéral invite maintenant les Canadiens à lui confier un gouvernement majoritaire, lundi prochain.Quant à ses rivaux conservateurs, qui multiplient les attaques à son endroit, Justin Trudeau les accuse de tomber dans les bas-fonds de la politique en propageant des faussetés à son sujet.Alors que les coups de sonde ne cessaient de se contredire en début de campagne, les libéraux creusent l\u2019écart dernièrement et continuent de monter tranquillement, récoltant entre 35% et 37% des appuis, devant les conservateurs, qui oscillent autour des 30%, et les néodémocrates, qui se situent vers les 25%.En 2011, Stephen Harper a obtenu une majorité avec 39% des votes.Le chef libéral insiste depuis quelques jours sur le fait que «ce sont les Canadiens qui vont décider».Mais pourquoi ne leur demande-t-il pas une majorité?Justin Trudeau a répondu mercredi qu\u2019il ne débordait pas d\u2019excès de confiance.«Mais est-ce que je demande aux Canadiens de voter pour nous ?Oui.Est-ce que je leur demande de voter pour nous à travers le pays ?Oui.Est-ce que je leur demande un gouvernement majoritaire?Oui», a laissé tomber le chef libéral, de passage à Hamilton en Ontario.Des adversaires nerveux Dans le camp adverse, où l\u2019on constate que la gauche est de moins en moins divisée entre libéraux et néodémocrates, la nervosité semble se faire sentir.Stephen Harper sillonne depuis lundi la grande région de Toronto, là où les conservateurs ont emporté leur majorité en 2011.Mercredi, M.Harper a été obligé d\u2019expliquer les attaques de ses troupes contre Justin Trudeau.Une publicité publiée dans des journaux locaux et diffusée sur les ondes de radios de Gilles Duceppe change de cible Sainte-Thérèse \u2014 Signe que le Parti libéral du Canada (PLC) occupe la première place dans plusieurs sondages, le chef blo-quiste Gilles Duceppe a ajusté son discours mercredi en braquant ses critiques à l\u2019endroit de son rival Justin Trudeau.En point de presse, devant des militants réunis à Sainte-Thérèse, dans les Laurentides, M.Duceppe s\u2019est surtout affairé à décrire le chef du PLC comme quelqu\u2019un qui est loin des valeurs québécoises.«Il est pour le visage couvert lors du vote, de l\u2019assermentation ainsi que dans les services publics, a-t-il dit, dans le local électoral de son candidat Alain Marginean.Il pige dans la caisse d\u2019assurance-emploi et ne parle pas de rétablir les transferts en santé.» 11 s\u2019agit d\u2019un changement de stratégie pour le chef du Bloc québécois, qui, depuis le début de la campagne électorale, s\u2019en prenait au chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, dont le parti a glissé dans les intentions de vote.La Presse eanadienne Vancouver et Toronto, en pun-jabi et en chinois, affirme que les libéraux légaliseront la marijuana et ouvriront des sites d\u2019injection supervisée de même que des bordels dans leurs quartiers résidentiels.Des allégations appuyées de photo^aphies d\u2019un joint ou d\u2019une seringue dans un bras.«Ce ne sont pas nos valeurs non plus.Votez pour vos valeurs.Votez conservateur», conclut l\u2019annonce, qui affiche le logo du parti.Ces attaques ont en outre été reprises par le député sortant Terence Young lors d\u2019un débat de candidats à Oakville en banlieue torontoise.Une vidéo de l\u2019échange montre M.Young qui, lisant ses notes, met à son tour en garde les électeurs contre les libéraux et leur intendon d\u2019ouvrir des sites d\u2019injecdon supervisée, des magasins de marijuana ou des «bordels protégés par la loi», puisque les libéraux «ont promis de légaliser la vente de femmes au Canada».Des attaques fidèles au «style de gouverner de M.Harper, [qui] ne s\u2019empêche jamais de dire des faussetés aux Canadiens quand ça l\u2019arrange», a dénoncé Justin Trudeau, en ajoutant que ces allégations «ne sont pas dignes d\u2019un premier ministre».Stephen Harper endosse-t-il Stephen Harper sillonne depuis lundi la grande région de Toronto les propos de son député et les publicités de sa campagne?Son parti n\u2019a pas répondu.Mais une porte-parole conservatrice a fait valoir que M.Trudeau promet de légaliser la marijuana et appuie l\u2019ouverture de sites d\u2019injection supervisée.Quant aux bordels qu\u2019il serait prêt à mettre sur pied, les conservateurs estiment que c\u2019est le message qu\u2019il a envoyé en votant contre leur loi criminalisant les prostitués et l\u2019achat de leurs services.Le chef conservateur a évité de commenter directement les publicités.«Le choix qui s\u2019offre aux Canadiens est un choix sérieux, entre deux directions très différentes pour ce pays», a-t-il affirmé en s\u2019en remettant aux propositions économiques qui opposent conservateurs et libéraux.La marijuana légalisée?Une autre annonce électorale, dans le quotidien Ottawa Citizen cette fois-ci, laisse entrevoir une inquiétude des conservateurs dans la région de la capitale fédérale.Des sondages locaux indiquent que les libéraux pourraient y remporter plusieurs sièges.Stephen Harper s\u2019est payé une pleine page pour remercier les fonctionnaires de leur «bon tra- vail», dont le «gouvernement conservateur a été fier».Thomas Mulcair faisait de ^on côté campagne en Nouvelle-Ecosse, où il a maintenu que la campagne représentait toujours une course à Vois.Le chef néo démocrate a ouvert la porte à la légalisation de la marijuana.Justin Trudeau propose de le faire depuis deux ans.«Ce n\u2019est pas quelque chose qui peut se faire en se levant et claquant des doigts», a noté M.Mulcair, car il faudra consulter les autorités sanitaires et policières.Pour commencer, le NPD décriminaliserait la possession simple, a-t-il réitéré.Mais force est dq constater, quand on voit des Etats américains légaliser la marijuana, qü\u2019«on s\u2019en va dans la direction de la légalisation complète», a affirmé Thomas Mulcair.Un changement de cap, puisqu\u2019il s\u2019y était opposé lors de sa course à la chefferie en 2012 : «Non.Je crois que ce serait une erreur.Parce que l\u2019information que nous avons en ce moment est que la marijuana sur le marché est extrêmement puissante et pourrait causer de graves problèmes de santé mentale», avait-il répliqué à cette même idée.Stephen Harper n\u2019a pas été invité à commenter ce front commun de ses opposants pour la légalisation de la marijuana.Mais les journalistes qui le suivaient en Ontario l\u2019ont invité à réconcilier son message antidrogue avec la présence à l\u2019une de ses activités de campagne de Rob Eord, l\u2019ex-maire de Toronto qui a admis avoir fumé du crack.M.Eord et son frère Doug organisent même un rassemblement pour le chef conservateur samedi soir.«Notre position sur ces questions est très claire.Je ne vais pas poser ce genre de jugements.Notre plateforme est très claire.Et l\u2019appui de cette famille pour notre parti est de longue date et bien connu», a répondu succinctement M.Harper, sans évoquer le nom de cette famille, désormais connue mondialement pour les frasques du frère Rob.Le Devoir 49 C\u2019est la durée maximale en jours que devrait avoir une campagne fédérale selon le Bloc québécois, qui proposera un projet de loi à cet effet.La loi actuelle prévoit seulement un nombre minimal de jours, soit 36.La citation du jour FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET l6 PoRT du NiijAH un DROtT PouR JuSTÎN y 5uS\u2018îîii NouyiiLLt CÊRfMONifeS LETTRES Un gouvernement Trudeau: mauvaise nouvelle pour la CAQ Advenant l\u2019élection d\u2019un gouvernement Trudeau, François Legault aura de sérieux problèmes à vouloir négocier des amendements constitutionnels.D\u2019un, la Constitution de 1982 est bétonnée.De deux, pour Trudeau fils, la Constitution actuelle représente le paradis.Tout comme le multiculturalisme.Idem pour Couillard, qui avait des velléités de signer une Constitution pour 2017.Quand on pense que c\u2019est Trudeau père qui nous a imposé la Constitution de 1982 avec 74 députés libéraux fédéraux.Puis, que ce sont les Trudeau, Chrétien, Wells et de qui ont attaché le grelot pour dénoncer l\u2019accord du lac Meech; le Canada anglais reniera sa parole et sa signature.Le NPD également s\u2019est prononcé contre ledit accord.Héritage de Trudeau père : bilinguisme et multiculturalisme.Deux échecs: hors Québec, le bilinguisme est une fumisterie monumentale et l\u2019épisode du niqab, c\u2019est la cerise sur le sundae du multiculturalisme.Comment des Québécois francophones peuvent-ils voter pour le fils de l\u2019autre ?J\u2019y vois une teinte de masochisme ! Pierre Grandchamp Notre-Dame-des-Prairies, le 12 octobre 2015 Duceppe va trop loin ! Les leaders indépendantistes sont passés maîtres pour manipuler la population et les ipdépendantistes naïfs lors des élections.A Tout le monde en parle, Gilles Duceppe a fait un bel effet ou de l\u2019esbroufe en soutenant qu\u2019il est inacceptable que le pétrole de l\u2019Quest passe sur le territoire québécois pour se rendre au Nouveau-Brunswick par train sans qu\u2019on y trouve d\u2019intérêt.Qr, tant en 1980 qu\u2019en 1995, le projet indépendantiste québécois garantissait, sur son territoire, le transport des personnes et des biens aux partenaires canadiens, car dire autrement garantirait une guerre économique majeure.Le pétrole canadien pourra toujours se rendre de l\u2019ouest vers l\u2019est du Canada, que le Québec soit indépendant ou non.Conséquemment, la seule solution est d\u2019assurer un cadre le plus sécuritaire possible pour son transport, et cela passe par un cadre réglementaire rigoureux et une surveillance sans faille.Qr, pas besoin d\u2019indépendance pour cela, il suffit d\u2019élire un gouvernement à Qttawa qui va donner à Transports Canada les moyens de surveiller les compagnies ferroviaires.Enfin, lors d\u2019une interview avec Michel C.Auger, Gilles Duceppe avait évoqué cet argument.Mais confronté par Michel C.Auger, il avait admis que la seule voie de solution est la voie réglementaire.Non, un Québec indépendant ne pourra pas ériger un mur autour de lui contre le pé- trole de l\u2019Alberta et empêcher les Canadiens des provinces de l\u2019Atlantique d\u2019en recevoir.Cela est de la pure fabulation.Cédric Michaud Le 13 octobre 2015 Le déversement et les chutes Niagara Je me suis baigné dans le fleuve Saint-Laurent bien avant qu\u2019on traite les eaux polluées des industries américaines et canadiennes du lac Erié qui s\u2019oxygénaient partiellement en sautant à Niagara avant d\u2019arriver à Montréal.Je me suis baigné 1000 fois dans le Saint-Laurent depuis l\u2019île Ronde à Montréal (devenue le site de La Ronde), jusqu\u2019à Berthier-sur-Mer.Dans ce temps-là, on se baignait aux grèves de Contrecœur, à la plage au Eoulon de Québec et partout ailleurs, même si tous les égouts se jetaient au fleuve.Le déversement annoncé n\u2019est rien en comparaison de ce que recevait le fleuve il y a 40 ans.Le fleuve Saint-Laurent n\u2019est pas le fleuve le plus long, mais c\u2019est le plus majestueux de la planète.Son débit est si grand que même avec le déversement, il sera encore plqs propre que dans mon temps.A 89 ans, j\u2019en suis témoin.Mais après ce nettoyage, veillons sans cesse à la propreté de notre fleuve.Yvon Pageau Le 13 octobre 2015 LIBRE OPINION Élections et médicaments : bilan de campagne MARC-ANDRE GAGNON Professeur agrégé en politique publique à l\u2019Université Carleton La campagne électorale tire à sa fin et, bien que cet enjeu ait été peu relayé dans les médias, la question des médicaments a été abordéç par l\u2019ensemble des partis.Le Canada et les Etats-Unis sont les deux seuls pays de l\u2019QCDE qui n\u2019offrent pas une couverture publique pour permettre l\u2019accès aux médicaments prescrits pour l\u2019ensemble de la population.La fragmentation des régimes d\u2019assurance médicaments entre régimes privés et régimes publics provinciaux a conduit à un système incohérent oû dominent le gaspillage et le jeu des intérêts des entreprises.Après les Etats-Unis, les Canadiens paient le montant le plus élevé par personne poin les médicaments prescrits (771 $), soit 55% de plus que la moyenne pour les pays de l\u2019QCDE (498$).Deux raisons expliquent cette différence: d\u2019abord, nous payons plus cher pour les mêmes médicaments (la fragmentation des régimes réduit le pouvoir de marchandage) ; deuxièmement, les régimes privés induisent une logique de gaspillage oû on rembourse tous les produits sans égard à leur valeur thérapeutique.Qn dépense donc beaucoup, mais cela ne signifie pas que nous avons un meilleur accès aux médicaments.Un Canadien sur dit ne remplit pas ses ordonnances pour des raisons financières.Au Québec, l\u2019augmentation récente des franchises mensuelles et du taux de coassurance à 34% n\u2019améliorera pas la situation.Le système actuel de couverture des médicaments n\u2019est pas soutenable à terme.Il n\u2019est pas préparé à l\u2019arrivée d\u2019une nouvelle génération de médicaments de niche très dispendieux et nous restons désarmés face aux stratégies de prix prédateurs dans le secteur pharmaceutique : par exemple, lorsqu\u2019un hedge fund rachète une molécule pour en augmenter le prix de 5500% afin de faire un coup d\u2019argent rapide.Des réformes majeures vont s\u2019imposer soit en renvoyant le risque sur le dos des patients en réduisant la couverture ou en augmentant les franchises et les coassurances, soit en transformant le régime de couverture pour le rendre efficace en s\u2019inspirant des meilleures pratiques dans les pays de l\u2019QCDE.Chaque parti a pris position sur ces questions, voici le bulletin : Parti vert: B+ Premier parti à s\u2019être positionné sur la question des médicaments durant la campagne en endossant le rapport « The Future of Drug Coverage» (rapport dont je suis coauteur et endossé par plus d\u2019une centaine de spécialistes en politique de santé).Il propose de s\u2019inspirer des meilleures pratiques en établissant un régime public universel pour permettre un meilleur accès, une réduction de coûts, une plus grande équité de financement, une élimination du gaspillage ainsi qu\u2019une amélioration des habitudes de prescription.Le parti donne toutefois peu de détails sur le processus de mise en place d\u2019une telle réforme.Nouveau Parti démocratique : A Le NPD reprend les recommandations du rapport «The Future of Drug Coverage», mais propose une description détaillée de la mise en place d\u2019une telle politique sur quatre ans.Des sommes modestes seraient d\u2019abord dépensées pour construire la capacité administrative pour une telle politique et permettre la défragmentation en établissant une liste commune de médicaments, permettant d\u2019accroître le pouvoir de marchandage et de réduire les coûts.Les économies obtenues seraient alors utilisées pour mettre en œuvre une couverture publique universelle.Bloc québécois : C- Le Bloc propose de modifier les règles du Conseil d\u2019examen du prix des médicaments brevetés pour permettre de réduire le prix officiel des médicaments brevetés d\u2019environ 10%.Cette politique, que j\u2019avais proposée en 2010, reste toutefois inadaptée puisque le prix officiel des médicaments brevetés est devenu peu pertinent dans un monde oû les régimes publics négocient des rabais confidentiels.Parti conservateur: E Les conservateurs ont simplement men- tionné leur intention de rejoindre l\u2019Alliance pan-canadienne pharmaceutique (APP), une agence d\u2019achats groupés développée par les provinces.La détermination du prix des médicaments brevetés est de compétence fédérale, mais le gouvernement Harper n\u2019a rien fait pour réduire les coûts.Au contraire, la ratification de l\u2019AECG avec l\u2019Europe va augmenter d\u2019au moins 6% le coût des médicaments brevetés.De plus, la ratification du Partenariat transpacifique inclut une «Healthcare Annex» qui encadrerait le fonctionnement de l\u2019APP et minerait son pouvoir de marchandage.Parti libéral : E Les libéraux nous avaient habitués à une bonne compréhension en ce domaine ; pensons à leur stratégie nationale en 2004.Leur forum national a aussi entériné en 2014 l\u2019idée d\u2019un régime national d\u2019assurance médicaments.Mais durant la campagne, le PLC a simplement repris l\u2019idée du PCC de rejoindre l\u2019APP, tout en endossant les accords commerciaux qui risquent de miner les maigres efforts institutionnels canadiens pour contenir les coûts.Peu importe le parti, la présente campagne aura eu le mérite de discuter de ces enjeux, de prendre conscience de l\u2019importance des défis qui nous attendent et de dégager le consensus selon lequel nous payons trop cher et que des réformes s\u2019imposent.Il s\u2019agit maintenant de voir quelles réformes seront mises en place. LE DEVOIR, LE JEUDI 15 OCTOBRE 2015 A 7 IDEES PLAN D\u2019ACTION EN SANTE MENTALE 2015-2020 Un énorme sentiment de déception GILLES SIMARD Pair aidant en santé mentale (Pech) n plus d\u2019un énorme sentiment de déception, c\u2019est l\u2019image d\u2019un gâteau brûlé n\u2019ayant pas levé qui m\u2019est venue en tête, en écoutant le ministre Gaétan Barrette énoncer les grandes lignes du Plan d\u2019action en santé mentale (PASM) 2015-2020.Et aussi, la désagréable impression d\u2019entendre un politicien qui parle outrageusement des deux coins de la bouche et qui ne fait même plus de mystère de,sa volonté déchaînée de privatiser le réseau.A preuve, les frais accessoires en faveur des cliniques privées (50 millions de dollars), une brèche majeure qui pourrait couler tout le système.Pour ce qui est du Plan d\u2019action, force est de reconnaître que malgré quelques paragraphes intéressants sur la primauté de la personne, l\u2019engagement des proches et l\u2019accent mis sur la jeunesse, il consacre surtout l\u2019approche biomédicale et hospitalocentriste du ministre, au détriment des nombreuses pratiques alternatives possibles et de la psychothérapie accessible à tout le monde.Sur ce point d\u2019ailleurs, et en dépit d\u2019un appui unanime de tous les partenaires du monde de la santé, le plan ne propose que quelques lignes sur une centaine de pages.Bonjour l\u2019espoir! Et dire qu\u2019en plus, ce même gouvernement a trouvé le moyen d\u2019enlever la prime des psychologues du secteur public.Quand on dit que Barrette veut privatiser ! Autrement, comment le ministre de la Santé peut-il avoir le culot de parler d\u2019harmonisation, d\u2019optimisation des soins et de meilleur continuum de services pour jeunes et vieux en santé mentale, quand on le voit annoncer des coupes de l\u2019ordre de 700 millions de dollars?Sans rire, par quel miracle du Saint-Esprit les milliers de personnes employées d\u2019un réseau déjà essoufflé, désorganisé, charcuté et grevé à souhait, pourraient-elles faire plus avec moins ?Pensée magique du ministre, incompétence, cynisme ?De même, comment prendre au sérieux un gouvernement qui parle de revaloriser ce « partenaire incontournable » qu\u2019est le communautaire, mais qui n\u2019arrive même pas à respecter l\u2019entente déjà établie avec le gouvernement JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Comment le ministre de la Santé peut-il avoir le culot de parler d\u2019harmonisation, d\u2019optimisation des soins et de meilleur continuum de services pour jeunes et vieux en santé mentale, quand on le voit annoncer des coupes de l\u2019ordre de 700 millions de dollars ?Marois (PSOC) ?On parle ici de 162 millions de dollars, une somme qui équivaut à un maigre 10% de l\u2019augmentation pharaonique consentie aux médecins (1,2 milliard de dollars) et qui pourrait à elle seule combler une partie des besoins criants des milliers d\u2019organismes communautaires au Québec.Et encore, que penser d\u2019un gouvernement qui, non content de vouloir assujettir ces mêmes groupes aux lois sur le lobbyisme, s\u2019entête à couper dans leurs budgets, au petit bonheur du jour, en raison d\u2019une « austérité » de plus en plus décriée par tout le monde : regroupements, syndicats, ordres professionnels et Protecteur du citoyen ?Toujours sur le PASM, comment prêter foi à un gouvernement qui parle de loger décemment les personnes ayant un trouble de santé mentale, mais qui impose allègrement des compressions dans des programmes reconnus comme Accès-Logis?Un gouvernement qui parle de prévention et de réadaptation sociale par la citoyenneté et le travail, mais qui ferme des Centres de traitement pour toxicomanes et qui saborde des mesures aussi populaires et utiles que le programme PAAS (Emploi et Solidarité sociale) ?Cela dit, il est facile de produire des rapports pompeux et de se gargariser avec de beaux concepts vertueux tels le rétablissement, l\u2019imputabilité des cadres et des établissements, l\u2019utilisation des pairs aidants et tutti quanti.Mais quand vient le temps d\u2019en assurer la faisabilité et la viabilité par des moyens mesurables et quantifiables, c\u2019est autrement plus difficile et compliqué.C\u2019est pourtant là, dans l\u2019effort consenti au ras du sol, que réside le seul vrai courage social et politique.Tout le reste n\u2019est que billevesées néolibérales et bouillie pour les chats.Et c\u2019est malheureusement le cas de ce rapport.Un gros pétard mouillé.La réplique > Motion contre l\u2019« islamophobie » L\u2019errance de nos penseurs Le terme a été utilisé dès 1998 par de nombreux organismes internationaux Texte collectif d\u2019étudiants en science des religions * Le Déclencheur N ous désirons par la présente répondre à la lettre du 6 octobre sur la motion contre l\u2019islamo-phobie adoptée à l\u2019unanimité par l\u2019Assemblée nationale le octobre 2015.Les trois cosignataires dénoncent certains amalgames, mais selon nous, ils pointent vers d\u2019autres amalgames qui ne contribuent nullement à l\u2019avancement du débat que connaît actuellement la société québécoise dans sa relation avec les communautés musulmanes.En premier lieu, rappelons que le terme «islamophobie» a d\u2019abord été utilisé par des anthropologues français au début du XX® siècle, en opposition à « islamophilie », comme principe d\u2019administration française en Afrique centrale.Il avait donc un sens et un usage très différents qu\u2019en donnent, dès 2003, l\u2019essayiste polémiste française Caroline Eourest et Eiam-metta Venner qui ont développé la thèse que le terme est une invention instrumentalisée par des mollahs iraniens comme arme de censure (idée reprise sous une certaine forme dans la lettre du 6 octobre).Rappelons également que son équivalent n\u2019existe ni en persan ni en arabe.Certes, ce terme pose de nombreux problèmes sémantiques et conceptuels, voire juridiques, qui ont été discutés par diverses organisations de lutte contre les discriminations, notamment par la Commission nationale consultative des droits de l\u2019Homme (Erance) dans un rapport de 2013.Celle-ci souligne d\u2019ailleurs qu\u2019« islamophobie » a été utilisé dès 1998 par la Commission des droits de l\u2019Homme des Nations Unies, dès 2001 par l\u2019Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes et par l\u2019European Network Against «En soutenant cette motion qui \u201cs\u2019inquiète de l\u2019augmentation des vidéos et des déclarations à caractère islamophobe et raciste \u201d, nos députés ont avalisé, au plus haut niveau, le concept douteux d\u2019islamophobie.Or, ce concept amalgame abusivement race et religion, et il a été instrumentalisé par les islamistes eux-mêmes pour empêcher toute critique de l\u2019islam.» \u2014Jérôme Blanchet-Gravel, Claude Simard et Claude Verreault, «L\u2019errance de nos élus», Le Devoir, 6 octobre 2015 Racism, dès 2008 par la Commission européenne contre le racisme et l\u2019intolérance et dès 2011 par rUNESCO, pour ne nommer que certaines de ces organisations.Dans son acception actuelle.Le Grand Larousse (2014) le définit comme une «hostilité envers l\u2019islam, les musulmans» et c\u2019est en ce sens qu\u2019il est accepté par ces importantes instances de lutte contre la discrimination.En second lieu, en affirmant que «nombre de musulmans sont favorables à la charia», ce serait nier les nombreuses voix et organisations musulmanes qui, ici comme ailleurs, se sont élevées contre cette volonté limitée à certains mouvements plus radicaux.De même, nous considérons que l\u2019affirmation «les adeptes de l\u2019islam posent d\u2019énormes problèmes d\u2019intégration aux sociétés occidentales» tend à présenter un regard réducteur et idéologiquement orienté d\u2019une réalité migratoire bien plus complexe, ce qui est malheureusement trop souvent le cas dans la sphère politique et médiatique qui relaye certains discours démagogiques.En mentionnant «les adeptes de l\u2019islam», cela tend également à considérer la communauté musulmane comme un ensemble monolithique et monophonique.Or, cet amalgame erroné nous apparaît également réducteur de la diversité interne de la communauté musulmane tout en généralisant une situation limitée à certains cas particuliers à l\u2019ensemble des musulmans qui se sont très bien intégrés aux sociétés occidentales.Enfin, dans le mémoire présenté par les cosignataires àe«L\u2019errance de nos élus» à la commission sur la loi 59, on peut lire que le radicalisme islamique constitue «la véritable menace» de nos sociétés occidentales.Or, en considérant que «la radicalisation qui sévit aujourd\u2019hui, ici comme ailleurs, émane du fondamentalisme islamique» et que «la très grande majorité des actes de terrorisme qui ensanglantent le monde sont commis par des fanatiques musulmans qui, au nom d\u2019Allah, mènent la guerre sainte, le djihad, dans le but d\u2019imposer à toute l\u2019humanité la loi islamique, la charia», cela offre un regard réducteur qui nie une réalité plus complexe concernant la montée des mouvements, groupes et courants radicaux et extrémistes qui menacent la sécurité et la cohésion sociale tant en Occident qu\u2019en Orient.Il ne convient donc pas de limiter cette radicalisation à l\u2019islam.Rappelons que plusieurs actes terroristes sont commis au nom d\u2019autres idéologies extrémistes, comme ceux d\u2019Oklahoma City (1995), perpétrés par un sympathisant du Mouvement des miliciens, et d\u2019Oslo (2011), perpétrés par un chrétien radical.Certes, il y a une montée du radicalisme islamique, mais cette dernière est également décriée par diverses organisations musulmanes, comme le Conseil français du culte musulman (2014), et rejetée par plusieurs membres de la communauté musulmane d\u2019ici et d\u2019ailleurs.En présentant une image diabolisée de l\u2019islam qui repose sur une lecture de quelques versets haineux et violents qui se trouvent dans le Coran \u2014 des versets similaires se trouvent également dans la Torah et dans la Bible sans qu\u2019on accuse le judaïsme et le christianisme d\u2019être des religions fanatiques \u2014, nous considérons que cela tend à dénaturer l\u2019islam tel qu\u2019il est compris et pratiqué par une majorité de croyants dans le monde qui ont appris à distinguer la lettre de l\u2019esprit.Or, cette distinction n\u2019est pas unique à l\u2019islam, car elle est pratiquée par nombre de croyants d\u2019autres religions.Pour ces raisons et pour plusieurs autres, nous tenons à diffuser une opinion différente de celle émanant de cette lettre, car elle ne correspond pas à notre compréhension de la situation de l\u2019islam et de la communauté musulmane, qu\u2019il convient de considérer dans sa diversité, ni du débat actuel sur la laïcité québécoise.Les intellectuels et les penseurs québécois issus de nos universités doivent participer au débat sur la laïcité.Or, nous ressentons la responsabilité intellectuelle et citoyenne de diffuser un raisonnement critique, nuancé et scientifique qui repose sur une connaissance exacte des faits et de la situation.\u2019^Steeve Bélanger, Marie-Hélène Dubé, Hugues St-Pierre, Frédérique Bonenfant, Phuoc Thien Tran, Guillaume Patry, Maude Vaillan-court, Laurie Arsenault Paré, Mylène Brunet, Jessica Dionne, Jean-Samuel Lapointe, Anne-Sophie Allard, Samud Gaudreault-Belley, Andréanne Wahlman La liste des signataires avec leurs affiliations se trouve sur l\u2019application tablette et le site Web du Devoir.FRANCOPHONES DES AMERIQUES La souveraineté, un avantage STÉPHANE BERGERON Député de Verchères et porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière de relations Québec-Canada et de francophonie d\u2019Amérique Il est faux de dire que le projet d\u2019indépendance du Québec serait dirigé contre qui que ce soit I ans Le Devoir, le 8 octobre, le ministre des Affaires intergouvemementales canadiennes et de la Erancophonie canadienne, Jean-Marc Eournier, s\u2019est permis d\u2019associer les francophones ^^=1 du Canada à une nouvelle charge contre le projet de souveraineté du Québec.En dépit de ce que laisse entendre M.Eournier, la souveraineté ne couperait pas le Québec des 2,6 millions de francophones et francophiles que compterait le Canada.Elle permettrait au pays du Québec, au contraire, de raffermir ses liens avec eux, en plus de lui ouvrir un accès plus direct aux quelque 7,5 millions de francophones qu\u2019on retrouve ailleurs en Amérique, et dont le sort est aussi étroitement lié à celui des Québécoises et des Québécois.Mais de ces autres communautés francophones d\u2019Amérique, qui constituent également autant d\u2019esquifs qui doivent naviguer sur cet océan anglophone et hispanophone, Jean-Marc Eournier ne souffle mot.Il est faux de dire que le projet d\u2019indépendance du Québec serait dirigé contre qui que ce soit.L\u2019accession du Québec à son indépendance constituerait plutôt un événement dont le retentissement permettrait au contraire la pérennisation et le rayonnement de notre langue sur l\u2019ensemble du continent.Le Canada est devenu souverain en 1931, non pas parce qu\u2019il subissait une occupation militaire, une exploitation économique ou une domination politique de la part du Royaume-Uni, mais bien, simplement, parce qu\u2019il avait atteint ce degré de maturité qui lui permettait de présider lui-même à la conduite de ses propres destinées.Pourquoi en serait-il autrement pour le Québec?Nous souhaitons que le Québec accède à son indépendance pour lui permettre de déployer son plein potentiel, et ce, en harmonie avec les autres peuples, et en ne perdant jamais de vue que nous avons un devoir de solidarité à l\u2019égard des communautés francophones qui nous entourent et des nations autochtones avec lesquelles nous partageons ce territoire.Avec l\u2019énergie et les moyens libérés par l\u2019accession à la souveraineté, le Québec pourra renforcer les liens unissant l\u2019ensemble des communautés francophones d\u2019Amérique, et se faire le catalyseur de la protection et de la promotion de la langue française sur notre confinent.A mon sens, Jean-Marc Eournier se montre profondément injuste et irrespectueux envers le Canada en laissant entendre que les francophones pourraient avoir à souffrir de la souveraineté du Québec.Pour lui, le Canada serait-il un pays sournois et revanchard qui n\u2019attendrait que la première occasion pour s\u2019en prendre aux droits des communautés francophones et acadienne ?Serait-ce là sa vision de ce pays dans lequel il tient tant à nous voir rester?Pour ma part, j\u2019ai confiance que le Québec, de même que le Canada, ses provinces et territoires seront exemplaires quant au respect des droits de leur minorité linguistique respective et qu\u2019ils entretiendront, dans ce domaine comme dans nombre d\u2019autres, des liens privilégiés et constructifs.Enfin, il est très étonnant de voir à quel point le ministre est totalement déconnecté de la réalité lorsqu\u2019il fait état des soi-disant progrès de la langue française, tant au Canada qu\u2019au Québec.Le recensement de 2011 démontre pourtant que le poids démographique des francophones \u2014 pas seulement au Canada, mais aussi au Québec \u2014 diminue inexorablement.De plus, une étude du Conseil supérieur de la langue française, rendue publique en décembre 2014, confirme que l\u2019objectif poursuivi par la loi 101, soit de faire du français la langue commune de l\u2019ensemble des Québécoises et des Québécois dans l\u2019espace public, n\u2019est pas atteint.Pire, on s\u2019en éloigne toujours davantage, surtout à Montréal.Il est donc impératif et urgent que le Québec prenne tous les moyens et qu\u2019il entreprenne des actions concrètes pour réaffirmer que c\u2019est en français qu\u2019on y commerce, qu\u2019on y enseigne, qu\u2019on y travaille, qu\u2019on y crée, qu\u2019on y vit et qu\u2019on y rêve.Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Etant donné l\u2019abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 6500 caractères (y compris les espaces), ou 1000 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi : si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com), mais dans tous les cas, n\u2019oubliez pas d\u2019indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy TaUlefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michaël Monnier et Olivier Zuida (recher-chistes photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien DegUse (société), Jean Dion\tJessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters) ; information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel 'QsmA(chroniqueur), Héléne Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), OdUe Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetitérejjortersj, Benoît Munger et Philippe Papineauinformation économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier PerspectivesJ, Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michéle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Mélisande Simard (adjointe par intérim), Jean de BUly, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Eilion et Kevin McKissock.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Elorentina Draghici et Xavier Pigeon (par intérim). A 8 LE DEVOIR, LE JEUDI 15 OCTOBRE 2015 ACTUALITES CONSTITUTION Québec veut repousser ses frontières ALEXANDRE ROBILLARD à Québec Le ministre des Affaires intergouvemementales canadiennes, Jean-Marc Fournier, croit qu\u2019il est possible d\u2019obtenir un amendement constitutionnel pour repousser les frontières septentrionales du Québec sans en Mre un enjeu identitaire.M.Fournier a déclaré mercredi que le gouvernement du Québec est prêt à conclure d\u2019abord une entente administrative avec les gouvernements fédéral et du Nunavut afin de se libérer de cette contrainte pour son développement économique.La demande du gouvernement du Québec a été inscrite dans la liste du premier ministre Philippe Couillard aux chefs fédéraux, en août dernier, mais aucun n\u2019a répondu formellement à ce sujet, a indiqué M.Fournier en entrevue à La Presse canadienne.Actuellement, les frontières du nord du Québec suivent très exactement le littoral québécois, ce qui empêche la construction de quais ou de ports qui se trouveraient dans le territoire du Nunavut.Plusieurs îles qui longent la côte québécoise sont ainsi dans les eaux territoriales du Nunavut, notam- ment dans la baie James et dans la baie d\u2019Hudson.M.Fournier a déclaré mercredi que l\u2019élection du prochain gouvernement fédéral, lundi, sera l\u2019occasion pour Québec de relancer le dossier, qui n\u2019a pas encore trouvé d\u2019écho.Sans aller jusqu\u2019à dire que le dossier est «urgent», M.Fournier a cependant souligné qu\u2019avec les projets de développement économique du Plan Nord et de la Stratégie maritime, chers au gouvernement québécois, il est à tout le moins «pertinent».Sans présumer de la façon de procéder pour repousser les frontières septentrionales.M.Fournier a évoqué le dernier amendement constitutionnel qui a permis au Québec de modifier le statut des commissions scolaires, en 1997.« On a été capable d\u2019obtenir un amendement, alors je pense bien que ce serait possible aussi», a-t-il dit.M.Fournier a bon espoir de pouvoir faire valoir les intérêts économiques pour l\u2019ensemble du Canada d\u2019une telle modification.«Il ne s\u2019agit pas d\u2019un enjeu identitaire, il s\u2019agit d\u2019un enjeu économique et de jîexibilité qui se fait avec les territoires concernés», a-t-il dit.La Presse canadienne DEMISSION SUITE DE LA PAGE 1 Le Parti libéral a aussi répété que M.Gagnier «a toujours agi dans le plein respect des règles».Plus tôt en journée, les libéraux avaient fait valoir que M.Gagnier ne conseille pas Justin Trudeau sur les questions énergétiques.Les informations privilégiées transmises lundi par Daniel Gagnier à TransCanada ont néanmoins eu raison de son poste de proche collaborateur de M.Trudeau, et ce, à cinq jours des élections.Selon les informations transmises au Devoir mercredi, M.Gagnier a envoyé lundi un long courriel à cinq responsables de TransCanada pour leur expliquer clairement les étapes qui doivent suivre l\u2019élection du prochain gouvernement.Dans son message, il leur suggère d\u2019ailleurs clairement de s\u2019adresser rapidement au gouvernement qui sera élu à Ottawa.Soulignant que les «règles» d\u2019évaluation sous l\u2019égide de l\u2019Office national de l\u2019énergie seront révisées, il juge que des démarches hâtives sont nécessaires pour que la révision «n\u2019entrave pas» le «calendrier» 4e mise en service du pipeline Energie Est.Selon les visées de TransCanada, ce pipeline d\u2019exportation pourrait transporter 1,1 million de barils de brut al-bertain chaque jour dès 2020.Daniel Gagnier rappelle aussi l\u2019importance pour TransCanada et les joueurs de l\u2019industrie d\u2019être proactifs et de faire valoir leurs points de vue auprès des libéraux ou des néodémocrates quant à leur stratégie énergétique nationale.Le haut gradé au sein du clan Trudeau explique en outre aux gens de TransCanada qu\u2019un gouvernement libéral ou néo démocrate risque fort de réduire la taille du cabinet à environ 25 ministres.Cela signifierait, selon lui, que les ministres auront des «mandats élargis» et que le ministre des Finances aura un rôle «crijique» à jouer dans le dossier Energie Est.Il termine son courriel en soulignant qu\u2019il serait «heureux» de répondre à «toutes questions» de la part des responsables de TransCanada.Dans le cadre de ce message envoyé à des responsables de TransCanada, M.Gagnier explique par ailleurs à grand renfort de détails les étapes qui attendent le prochain gouvernement, qu\u2019il soit libéral ou néodémocrate.Selon lui, les prochaines semaines permettront notamment de démontrer le retour du «multilatéralisme» au Canada.Sur la scène internationale, des contacts devraient ainsi être engagés rapi- Daniel Gagnier dement avec le président américain, Barack Obama.Fait à noter, TransCanada tente toujours de faire approuver son projet de pipeline Keystone XL, qui vise justement les Etats-Unis.Attaques du NPD Le NPD a réagi mercredi en fin d\u2019après-midi en soulignant qu\u2019il entendait écrire à la commissaire au lobbying afin de lui demander d\u2019enquêter sur les actes de M.Gagnier.«On assiste aux mêmes manigances politiques qui ont caractérisé le règne de Stephen Harper, a affirmé le candidat néodémocrate Charlie Angus.M.Trudeau veut remplacer Stephen Harper en disant aux Canadiens qu\u2019il est différent.Savait-il que le coprésident de sa campagne se servait de son influence pour faire pression en faveur d\u2019Ener-gie Est?» Chose certaine, M.Gagnier a une longue feuille de route en politique, notamment au Bureau du Conseil privé et aux Affaires étrangères.Il a aussi présidé l\u2019Institut canadien de politique énergétique, un organisme de lobbyisme de l\u2019industrie.Daniel Gagnier a par ailleurs été chef de cabinet du premier ministre libéral Jean Charest de 2007 à 2009.En 2010, en plein scandale des gaz de schiste au Québec, M.Gagnier avait été recruté par l\u2019entreprise albertaine Talisman Energy en tant que membre d\u2019un comité consultatif sur les activités de l\u2019entreprise au Québec.En 2012, il a conseillé le gouvernement Charest pendant la crise étudiante.Au printemps dernier, il a été nommé à un comité du Québec sur les relations autochtones.Promesse de Trudeau Dans le dossier Energie Est, Justin Trudeau a promis à plusieurs reprises de revoir le processus d\u2019évaluation du projet sous l\u2019égide de l\u2019Office national de l\u2019énergie, pour y inclure les émissions de gaz à effet serre générés par la production pétrolière des sables bitumineux qui coulerait dans ce tuyau.«Le gouvernement canadien doit s\u2019assurer que nos ressources se rendent sur les marchés.Mais au XXL siècle, ça veut dire le faire de façon responsable, c\u2019est-à-dire avec l\u2019approbation sociale, en partenariat avec les communautés autochtones et avec l\u2019approbation de la communauté scientifique et écologique.Le projet Énergie Est n\u2019est pas en train d\u2019obtenir cette approbation et a énormément de difficultés à l\u2019obtenir», a par ailleurs déjà constaté M.Trudeau, en entrevue au Devoir.Le Devoir CURATEUR SUITE DE LA PAGE 1 teur délégué.Et là, on apprend que ça va aller jusqu\u2019à 18 ou 24 mois! Ce n\u2019est vraiment pas une bonne nouvelle pour les personnes et pour leurs droits», dénonce Doris Provencher, directrice de l\u2019Association des groupes d\u2019intervention en défense des droits en santé mentale du Québec.Selon elle, on s\u2019attaque aux «plus vulnérables des plus vulnérables» qui se tournent vers la curatelle publique en dernier recours.«Les gens sous curatelle, on ne les écoute pas tellement, ils sont mis sur la voie de garage.Alors là, la curatelle est en train de faire la même chose.» Au bureau du Curateur, on se défend d\u2019abandonner les citoyens inaptes.Au contraire, af-firme-t-on, cela va permettre d\u2019offrir de meilleurs services.«L\u2019idêe est de moduler notre intervention en fonction de l\u2019êtat de la personne, explique Pierre Lamarche, directeur général des services aux personnes du Curateur public.C\u2019est une façon d\u2019êquilibrer nos services de façon à répondre à ceux qui ont besoin de nous dans une importance plus grande.Il me semble que ça tombe sous le sens.» Les curateurs délégués devront désormais faire des plans de représentation pour chacun de leurs pupilles et déterminer, en fonction de ce plan, la fréquence des rencontres.Les personnes qui présentent des «facteurs de risque plus élevés» seront vues comme avant tous les 12 mois.Ceux qui présentent Ça sent plus le délestage et les réductions budgétaires que l\u2019amélioration véritable des soins yy Paul Brunet, du Conseil pour la protection des malades des facteurs de risques modérés seront vus tous les 18 mois et les autres, tous les 24 mois.Des bilans téléphoniques seront effectués à mi-chemin.Les changements seront effectifs dès le mois prochain, confirme M.Lamarche.«On va l\u2019appliquer formellement et on va faire une évaluation des impacts entre la mi-novembre et la fin janvier 2016.» Compressions Dans le document qui présente le Curateur sur le site du gouvernement du Québec, intitulé «À la rencontre de la personne», on affirme avoir procédé, au début des années 2000, à un «virage en faveur de la protection de la personne [dont] les principales orientations consistent à se rapprocher du citoyen inapte».Ce virage faisait suite aux critiques du Protecteur du citoyen et du Vérificateur général qui reprochaient justement au Curateur public de ne pas passer suffisamment de temps avec ses pupilles.Comment peut-on conjuguer un rapprochement avec le citoyen et des visites tous les deux ans?«En ayant une approche individualisée», répond Pierre Lamarche, qui précise que cette réorientation s\u2019inscrit dans une vaste réflexion sur la représenta- tion publique, entamée depuis plusieurs années déjà.H soutient que l\u2019espacement des visites en fonction des besoins est une demande répétée des curateurs délétés qui souhaitent un «objectif qualitatif» plutôt que «quantitatif».«Ce que ça leur permet de faire, c\u2019est d\u2019accorder plus de temps aux autres activités.Vous savez, le curateur délégué, lorsqu\u2019il revient d\u2019une visite, sa boîte vocale est pleine, il a 22, 25 appels dont il doit faire le suivi.La personne a d\u2019autres besoins.Peut-être qu\u2019il faut consentir à des soins pour elle, peut-être qu\u2019il faut obtenir des services d\u2019une organisation communautaires.Tout ce travail-là peut se faire par téléphone {.] Le curateur ne fait pas juste des visites, il a une mission qui est beaucoup plus large et qui englobe d\u2019autres activités.» Cette décision survient au moment où tous les organismes et ministères sont contraints de faire des efforts budgétaires importants.Mais Pierre Lamarche jure qu\u2019il ne faut pas y voir de lien.«On est comme tout le monde, soumis à des objectifs budgétaires qui sont serrés, mais je vous le dis et je vous le répète, la réflexion qu\u2019on fait actuellement n\u2019a pas à voir avec des économies d\u2019au- cune maniéré.» Il estime le coût des visites à 5 millions par année, dont le gros est dévolu aux salaires des 72 curateurs délégués, qui resteront tous en fonction.Quant aux frais de déplacement, ils s\u2019élèvent à 450 000$, mais comprennent les déplacements administratifs.De «petites ponctions» ont été effectuées, mais sans impact sur la capacité d\u2019effectuer des déplacements, assure M.Lamarche.Pourtant, il avoue que le Curateur a réussi à générer des économies de ce côté l\u2019an dernier.En effet, pour arriver à boucler son budget, le Curateur a dû reporter les visites prévues en février et mars aux mois suivants.Mais le contexte a changé depuis, répète Pierre Lamarche, car le Curateur dispose cette année «des ressources qui [lui] permettent de fonctionner correctement».Au Conseil pour la protection des malades, on s\u2019inquiète pour le sort des protégés de l\u2019État.«Ce sont les gens les plus vulnérables, avec le moins de visites et souvent avec une curatelle qui sont le plus à risque d\u2019être maltraités ou négligés, déplore le président de l\u2019organisme, Paul Brunet.Alors moins on va aller les voir, du côté du curateur public, plus tout cela risque de s\u2019aggraver.» Pour le reste, ce n\u2019est que de la poudre aux yeux, plaide-t-il.«On va espacer les visites aux pupilles pour s\u2019en rapprocher?Ça ne tient pas la route.[.] Ça sent plus le délestage et les réductions budgétaires que l\u2019amélioration véritable des soins.Jusqu\u2019à preuve du contraire.» Le Devoir John Saul quitte la présidence du PEN Le philosophe canadien John Saul quitte la présidence du PEN International après y avoir effectué deux mandats de trois ans.Son successeur sera connu jeudi.«Dans l\u2019ensemble, je dirais que la liberté d\u2019expression se porte moins bien qu\u2019il y a six ans», affirme M.Saul.Au premier chef, il mentionne un durcissement de la censure dans les pays occidentaux, dont le Canada et les États-Unis, à la suite des attentats du 11 septembre 2001.« Un sondage effectué l\u2019an der- LIBERTE SUITE DE LA PAGE 1 Cela n\u2019empêche pas Ma Thida d\u2019avoir des allures de jeune fille au 81® congrès du PEN International, qui se déploie cette semaine à Québec.«Quand j\u2019étais en prison, PEN International et Amnistie internationale ont beaucoup fait pour me soutenir.Ça m\u2019a touchée et aidée.Je voulais leur rendre quelque chose et j\u2019ai eu la chance de pouvoir devenir présidente du PEN Myanmar», raconte-t-elle.Censure Depuis qu\u2019elle est sortie de prison, en 1999, Ma Thida a dirigé deux quotidiens, un magazine pour les jeunes et un périodique portant sur la littérature.Les deux quotidiens et le magazine pour les jeunes sont aujourd\u2019hui fermés.«La censure fonctionne toujours, de façon différente qu\u2019autrefois», dit-elle, évoquant les lois sur le contrôle de la presse qui étaient en vigueur au plus fort de la répression, entre 1988 et 2012.Aujourd\u2019hui, explique-t-elle, il faut demander des permis au ministère de l\u2019Information pour faire paraître une publication, et ce sont les gens du régime et leurs familles qui les obtiennent.«Aussi, le ministère de l\u2019Information a un certain monopole sur la distribution», explique-t-elle.Ma Thida a finalement pu sortir de prison parce qu\u2019elle souffrait de problèmes de santé graves, et parce que le gouvernement du Myanmar subissait à son sujet de fortes pressions internationales.Mais elle n\u2019a pas été amnistiée, rappelle le président sortant du PEN International, le Canadien John Saul, qui salue le courage de Ma Thida de continuer de dire haut et fort ses opinions sur le régime, alors que sa peine de prison est toujours en vigueur.Il y a quelques jours.Amnistie internationale rendait public un avis très critique sur la liberté d\u2019expression au Myanmar, où une centaine de prisonniers d\u2019opinion sont revenus derrière les barreaux, et où plusieurs centaines d\u2019autres subissent la répression à l\u2019approche des prochaines élections.Pourtant, en 2013, Amnistie ne recensait plus que deux prisonniers d\u2019opinion au Myanmar.Censure latine A l\u2019autre bout du monde, au Honduras, la journaliste et activiste Dina Meza doit se faire accompagner par des membres identifiés des Brigades internationales de la paix pour arriver à faire des reportages en zone difficile.Ce harcèlement a débuté en 2006, alors qu\u2019elle enquêtait sur le sort d\u2019employés de grandes compagnies de services de sécurité nier par le PEN États-Unis indiquait que 50 % de ses membres pratiquaient l\u2019autocensure», dit-il.Pourtant, il revenait la semaine dernière d\u2019Odessa, en Ukraine, où il a assisté à la rencontre d\u2019écrivains ukrainiens et d\u2019écrivains russes.«Il faut être là», dit-il.«Lorsqu\u2019on fait face à des atteintes à la liberté d\u2019expression [comme cela a été le cas lors des attentats contre Charlie Hebdo à Paris] il faut pratiquer la liberté d\u2019expression», dit-il, et non l\u2019inverse.au Honduras.«Nous avions choisi une entreprise type pour démontrer que les travailleurs n\u2019étaient pas bien traités, qu\u2019ils n\u2019avaient pas accès à de Veau potable et qu\u2019ils n\u2019étaient pas payés convenablement», dit-elle, en marge du congrès du PEN à Québec.C\u2019est à ce moment-là qu\u2019elle a commencé à être suivie, à recevoir des menaces, au point d\u2019être obligée de quitter le Honduras pour la Grande-Bretagne.A son retour au pays, elle se penche sur le sort des paysans qui sont expropriés par de grandes compagnies, et le cortège de menaces et de harcèlement reprend.«Mon fils de 19 ans a été attaqué par un homme armé dans un autobus», dit-elle.«On ne peut pas réclamer une escorte policière pour faire du journalisme.Aucune source ne voudrait nous parler!» Ce sont donc des membres des Brigades internationales qui l\u2019accompagnent, avec des vestes bien identifiées, pour lui permettre d\u2019essayer de poursuivre son travail.«Il y a 46 journalistes qui ont été tués au Honduras depuis le coup d\u2019État de 2009, explique-t-elle.Et leurs cas n\u2019ont pas été élucidés.» Au-delà des menaces, une forme d\u2019autocensure finit donc par s\u2019instaurer chez les journalistes.Une enquête de l\u2019organisme Comunicândonos, publié dans le livre L\u2019Amérique centrale sous la menace de la censure et de la discrimination, a d\u2019ailleurs déterminé que 30% de la censure était en fait de l\u2019autocensure que les journalistes finissent par s\u2019imposer eux-mêmes.Le congrès du PEN permettait d\u2019ailleurs aux éditions EvaTas Foundation de lancer une série d\u2019ouvrages sur la censure dans différents pays du monde.Dina Meza y signe un volume, intitulé Kidnapped.«Il n\u2019est pas encore paru au Honduras parce qu\u2019il n\u2019a pas été traduit en espagnol», dit-elle.Le Honduras a été reconnu en 2014 comme étant le pays le plus dangereux au monde, à cause de son nombre d\u2019homicides par habitant.Le Devoir l ORLANDO SIERRA AFP Dina Meza Rectificatif Dans l\u2019article de Jeanne Corriveau intitulé «Le rapport de la commission Charbonneau pourrait favoriser le repentir des entreprises, croit Erançois Rolland», publié dans Le Devoir du mercredi 14 octobre 2015, on aurait dû lire que le programme de remboursement volontaire visant les entreprises frauduleuses entrera en vigueur le 1®*^ novembre 2015 et non en novembre 2016 comme mentionné.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com CO sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel Par télécopieur redaction@ledevoir.com 514 985-3360 Publicité Au téléphone\t514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur\t514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone\t514\t985-3344 Par courriel\tavisdev@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514\t985-3322 Par télécopieur\t514\t985-3340 Abonnements (lundi a vendredi, 7 h 30 a 16 h 30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Par télécopieur\t514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Le Devoir peut, a l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés a la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service a la clientele Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc dont le siege social est situé au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 II est imprimé par Imprimerie Mirabel inc , 12800, rue Brault, Saint Janvier de Mirabel, division de Québécor Media, 612, rue Saint Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Quebec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint Jacques Ouest, Montréal Envoi de publication \u2014 Enregistrement n° 0858 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007 "]
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