Le Quartier latin, 14 mars 1947, vendredi 14 mars 1947
[" Montréal, 14 mars 1947.ANÉMIE PROVINCIALE Le plus topique de nos éditoriaux nous à traîtreusement convaincus de notre paresse.Celui-ci a pour but de racheter, si possible, (1), son auteur (9) et ceux qui le liront (3).Aussi il reprend (4) l'accusation de paresse et se propose d\u2019 en analyser le bien-fondé.Plusieurs ont cru bon de signaler l'inefficience relative de certaines de nos organisations.Un éditorial a voulu déceler une cause d'incompétence: l'absence de paternalisme dans nos collèges.La conclusion générale à tirer nous paraît être la suivante: nos organisations ne produisent pas un maximum de résultats parce que leurs chefs manquent de discipline et'omettent de se renouveler.D'ailleurs, ils ne se renouvellent pas parce qu'ils manquent de discipline.Nous n'ordonnons pas notre vie intellectuelle, et par suite nous ne ouvons ordonner notre vie active.enri Ghéon a déjà averti quelques- uns d'entre nous, privément, contre le pire ennemi de notre monde: le confort.Il ne s'est pas trompé: nous n'entretenons pas le souci de la recherche et du renouvellement.Nous meublons notre esprit de certains principes solides, nous l\u2019historions \u2018un peu d'érudition, nous nous contentons par la suite d'en enlever la poussière.Au collège, nous nous éprenons d'un amour de la lecture nourri par le snobisme et l'enthousiasme de la découverte.Puis lors du contact plus intime avec la vie, nous nous y jetons pour la comprendre littérairement ou pour la maîtriser économiquement.Nous oublions de retourner aux sources avec une soif de vérité plus sincère et plus profonde.Mais il existe aussi une autre forme de paresse intellectuelle.Quand nous retournons aux sources, |e faisons-nous avec méthode ?Dans l'hypothèse que nous savons qui et comment lire, savons-nous en plus organiser notre vie en vue d'un maximum d'étude et de production?Passe encore la paresse de ceux qui ne savent pas lire Elections le 18 mars aux constitutives de l\u2019A.G.E.U.M.POSEZ VOTRE CANDIDATURE ou qui n'ont pas besoin d'étudier, mais celle de chefs ou de producteurs autres sortes ne s'admet pas.Nous gaspillons notre temps à la façon de ce personnage de Daudet qui prodigait sa cervelle d\u2019or: à la fin il n'en reste rien.|| ne s'agit pas de rejeter les plaisirs ni les divertissements, mais de leur assigner une fonction dans un plan de vie, de leur mesurer une valeur dans le temps.Nous succombons au premier prétexte d'oisiveté qui nous est offert, nous nous dissipons dans la première conversation d\u2019un attrait quelconque, nous battons un plein travail seulement quand il est requis de l'extérieur.Nous sommes nés un peuple de parleurs et rous sommes demzurés.les.fils des habitants réunis dans les | magasins les soirs d'hiver.(Tout ce qui reste .c'est les magasins?) Ceux d'entre nous qui réussissent sont ces rares qui ont vaincu leurs inclinations, ordonné leur vie de chaque jour, habitué leur esprit à la recherche constante.lls ont acquis une capacité de production.Nous ne disons pas que le vice de la paresse est universel, mais qu'il est trop répandu.\u201cNotre grand mal, c'est |'apathie sous toutes ses formes, c'est la paresse et |'engourdissement\u2019\u2019 (François Hertel).otre paresse se trahit par l'absence d'ordre: nous n'accomplissons pas la moitié des tâches possibles parce que, simplement, nous ne vivons pas chaque minute en fonction d'elles.Il ne suffit -pas::de\u201c-posséder-de-l\u2018énergie;- il faut la diriger.Les Concerts Universitaires présentent NOËL BRUNET en récital JEUDI LE 20 MARS 1947 A 8 HEURES DU SOIR EN LA SALLE DES FÊTES DE L'UNIVERSITÉ Los billets de séries du 6 mars sont valables Directeur-adjoint: JEAN-GASTON RI Vélume XXIX, No 38 eq RE Dans nos collèges pourtant, on nous imposait une discipline.Elle aurait été tout extérieure.On nous apprenait à nous mouvoir dans des cadres, à remettre à temps les pensums.n nous enseignait à faire.Nous aurions sans doute plus profité à nous habituer à bien faire ce que nous aimions.Nous n'avons pas l'intention de répéter les médisances de Claude Perrin: vraies en elles- mêmes, elles ne décrivent pas au complet.Sans doute, le besoin d'une discipline générale empêchait l'éducation d'après les tendances.ais demeure l'éducation.par l'exemple: étions-nous incités au travail discipliné, c'est-à-dire total, par la force de la contagion?| rareté, des spécialistes.motive la rareté, dela.spécialistes, sait Mate il'en résulte \u2014 > en partie .la paresse des élèves.Pouvons-nous imaginer un Canadien auteur de cinquante volumes ou us?Nous sommes écrasés par la leçon des Voltaire, des Hugo, des Daudet, des Claudel.Il nous manque les loisirs ou le génie ?Pas plus qu\u2019à Léon Daudet par exemple.ais le génie, ou le talent, ne vit que de travail.Les professeurs qui nous arrivent de France nous gênent par leur activité .Mais c'est pour d'autres raisons qu'on n'apprécie pas toujours leur présence.On n'écrit sur les Canadiens francais que pour les déprécier.Plutôt .pour les juger.Nous ne parlons de nos défauts que pour nous persuader de nous en défaire.Les esprits pratiques ou susceptibles nous reprocheront de ne point proposer de solutions: comme si la critique elle-même ne les suggérait pas ! D'ailleurs, si nous allions plus loin, on nous contesterait notre compétence.Roland CHAUVIN NDLD.(1) est-ce possible?(2) j'arrête icl! (8) Je reprends ! (4) tiens, lui aussi?Les constitutives sont établies pour VOUS aider.Voyez à ce qu\u2019elles fonctionnent et soient bien dirigées ! FAITES VOTRE PART = LE QUARTIER LATIN 14 mars-1947 LE TROPHÉE VILLENEUVE ~ NOUS REVIENT AVIS AUX ÉTUDIANTS Vingt-sept charges sont ouvertes aux Constitutives de l'AGEUM.Il serait ridicule que dans l\u2019Université, il ne se trouve pas vingt-sept étudiants prêts à remplir ces diverses fonctions.L\u2019argument qui arrête habituellement les candidats possibles n\u2019est pas fondé.Il n\u2019est pas nécessaire de connaître personnellement les membres des conseils sortant de charges.Les intéressés peuvent facilement consulter les présidents et directeurs de constitätives \u2018afin de connaître les fonctions auxquelles il est opportun de se porter candidat.CONFÉRENCE BOURDON Nous avons le plaisir d'annoncer Selon la coutume, la réunion se la venue parmi nous du Dr Jules tiendra dans la salle D'112, à 4 h.Thibault, DDS., FACD, FICD, et 30 p.m., lundi le 17 mars.La con- ancien ministre de la Santé à férence saura certainement intéres- Haiti.Le Dr Thibault nous entre- ser l'auditoire.Qu'on se le dise, et tiendra d'une matière où il s'est à lundi.créé une réputation internationale, la périodontie.Jacques BELANGER Lundi, le 17 mars Pharmacie 1ère et 3ème: Abbé G.Larouche (en la Chapelle, à 11 h.30).Sciences Sociales: R.P.R.Dunn, s.j.(en la Chapelle, à 8 h.30 p.m.).Mardi, le 18 mars - Pharmacie 2ème et 4ème: Abbé G.Larouche (en la Chapelle, à 11 h.30).HEC: R.P.E.Lafont, s.c.s., (Eglise des Syriens, Coin St-Denis-Carré Viger, à 4 h.30).Lettres, Philosophie et Psychologie: RR.PP.Dominicains (en la Chapelle, à 5 h.).Professeurs: R.P.J.Tremblay, s.j.(en la Chapelle, à 5 h.30).Mercredi, le 19 mars Pharmacie 1ère et 3ème: Abbé G.Larouche (en la Chapelle, à 11 h.30).HEC: R.P.E.Lafont, c.s.c.(Eglise des Syriens, Coin St-Denis-Carré Viger, à 4 h.30).Lettres, Philosophie et Psychologie: RR.PP.Dominicains (en la Chapelle, à 5 h.).: Professeurs: R.P.J.Tremblay, s.j.(en la Chapelle, à 5 h.30).Sciences Sociales: R.P.R.Dunn, s.j.(en la Chapelle, à 8 h.30 p.m.).Jeudi, le 20 mars Pharmacie 2ème et 4ème: Abbé G.Larouche (en :a Chapelle, à 11 h.30).HEC: R.P.E.Lafont, c.s.c.(Eglise des Syriens, Coin St-Denis-Carré Viger, à 4 h.30).Lettres, Philosophie et Psychologie: RR.PP.Dominicains (en la Chapelle, à 5 h.).Professeurs: R.P.J.Tremblay, s.j.(en la Chapelle, à 5 h.30).Vendredi, le 21 mars Pharmacie 1ère et 3ème: Abbé G.Larouche (en la Chapelle, à 11 h.30).Lettres, Philosophie et Psychologie: RR.PP.Dominicains (en la Chapelle, à 5 h.).HEC: R.P.E.Lafont, c.s.c.(Eglise des Syriens, Coin St-Denis-Carré Viger, à 4h.30).Professeurs: R.P.J.Tremblay, s.j.(en la Chapelle, à 5 h.30).Sciences Sociales: R.P.R.Dunn, s.j.(en la Chapelle, à 8 h.30 p.m.).Samedi, le 22 mars Pharmacie 2ème et 4ème: Abbé G.Larouche (en la Chapelle, à 11 h.30).Dimanche, le 23 mars Messe de clôture des retraites pascales universitaires: (dans le Hall d'Honneur, à 9 h.30 a.m.).Tous les carabins, tous les professeurs et tous les membres du personnel sont invités et se feront un devoir d'y être.\u201cCoca-Cola\u201d et son abréviation \u201cCoke\u201d -sont des marques déposées qui distin- \"guent le produit de Coca-Cola Lede.COCA-COLA LTEE\u2014MONTREAL Le \u201cTrophée Cardinal-Ville- neuve\" sera astiqué cette année par l\u2019U de M.Courage et vaillance d\u2019une poignée.Autre manifestation de l\u2019esprit-étu- diant.Là où la gueule se meurt.Immutabilité d\u2019un Trophée.Pour la septième fois dans l\u2019histoire du Trophée Cardinal- Villeneuve, l\u2019Université de Montréal remporte le droit de se l\u2019épingler sur la poitrine.Nos rostres ne sont donc pas morts.Et cela, grâce au courage magnanime d\u2019une dizaine des nôtres qui se sont faits les continuateurs du débat inter- universitaire de cette année.Ils nous ont poussés en tête des Universités d'Ottawa et de Laval, et c\u2019est un exploit qui mérite d\u2019être crié.L'audience de quelque 250 personnes fut une autre manifestation de la grande coopération des étudiants aux activités universitaires.Le débat fut un bel exemple de la harangue distinguée mais un étudiant attendait plus d'esprit et peut-être moins de profondeur.La manière trop sérieuse de la présentation nous a fait regretter les débats chauds et tellement amusants d'autrefois.Enfin si c\u2019est le nouvel esprit étudiant, il faut bien s\u2019y plier.Regrettable.Un fait demeure.Nous avons le trophée.Souhaitons qu\u2019une bonne équipe nous le gardera l\u2019an prochain.Spectre Nouveaux docteurs en médecine Docteur avec \u2018\u201cTrès Grande Distinction: M.Crevier, Paul-Henri.Monsieur Crevier a aussi obtenu: 1° Le prix \u201cE.P.Lachapelle\u201d (850.00), octroyé à l'élève finissant qui a obtenu le plus grand nombre de points dans ses examens de doctorat.2° Le prix \u2018Monseigneur Deschamps\u2019 (S20.00), attribué à l'élève le plus méritant en Médecine.3° Le premier prix d\u2019internat (830.00) offert par les Laboratoires Nadeau Limité aux deux élèves dont le succès a été le plus marqué au cours de leur internat.Monsieur Crevier a aussi mérité la médaille d'or \u201cSir William Hing- ston\u201d\u2019 et le prix \u2018Rodolphe Boulet\u201d, mais un règlement veut que le titulaire de l\u2019un des prix Hingston, Lachapelle ou Boulet ne soit pas éligible pour les deux autres.Docteurs avec \u2018\u2018\u201cGrande Distinction\u201d: M.Delaquis, Hubert; Mlle Julien, Lucile, MM.Lafortune, Luc; Phaneuf, Jacques.Monsieur Delaquis a aussi obtenu: 1° La médaille du Lieutenant Gouverneur de la Province, décernée à l'élève qui a le mieux réussi dans les matières de laboratoires.2° La médaille d\u2019or \u201cSir William - Pause d\u2019écolière Hingston\", pour succes dans les matiéres primaires et finales du cours des études.Docteurs avec \u201cDistinction\u201d: MM.Cartier, Paul; Charland, Richard; Cleroux, Alfred; DeBel- lefeuille, Paul; Dumont, Fernand; Forest, Léo; Frigault, Emile; Gauthier, Bernard; Gélinas, Réal; Jacques, Paul-Eugène; Johnson, Régi- nald; Labelle, Pierre; Lamothe, François; Langer, Ralph; Leduc, Jacques; LeSage, Marcel; Mlle Levac, Thérèse; MM.Mann, Harry; Manseau, Philippe; Meilleur, René; Ouimet, Marc; Pager, Robert; Paiement, Lionel; Poirier, Louis; Prince, Jacques; Prud'homme, Jean; Quenneville, Robert; Robillard, Gaston ; Saulnier, André.Monsieur Gauthier, Bernard, a aussi obtenu: Le prix de l'Hôpital Sainte-Justine (850.00), accordé à l'élève qui a le mieux réussi aux examens de Pédiatrie, de Chirurgie infantile et d'Orthopédie et de Maladies Contagieuses, en autant qu\u2019il a fait un stage d\u2019internat à cet Hôpital au cours de sa Sième année.Monsieur Lamothe, a aussi obtenu: Le deuxième prix d'internat ($20.00), offert par les Laboratoires Nadeau Limitée aux deux élèves dont le succès a été le plus marqué au cours de leur internat.Docteurs: Mme Rein Andier, Lia; MM.Baquero, Dominguez; Bastien, Godefroy; Bencosme, Sergio; Brière, Jean; Bruneau, Joseph; Cadieux, Jean-Paul; Cardin, Jean-Louis; Chalut; Fernand ; Che- vrefils, Paul-Emile; Choquet, Jean; Cloutier, Georges-Albert; Coallier, René; DeGrandpré, Roméo; Du- chesne, Laurent; Dumoulin, Pierre; Mlle Dupuis, Marie-Jeanne; M.Dupré, Raymond; Miles Dussault, Jeanne-Marcelle; Frappier, Marie; MM.Gauthier, Guy; Gauthier, Emile; Girard, Marcel; Goyer, Paul; Hamel, Oscar; Laberge, Jules; Lamarre, Léo; Langevin, Raymond; Larocque, Antonio; Lavallée, Alfred; Lavigne, Roger; Levac, Armand; Marcotte, Gaston; Martineau, Roger; Moreau, Francois; Noiseux, Maurice; Parent, Jean-Marc; Phaneuf, Jean; Piché, Bernard; Provost, Jean-Guy; Ro- billard, René; Santurian, Maurice; Savoie, Eudore; Vaillancourt, de- Guise; Vaillancourt, Pierre; Madame Rein Andler a aussi obtenu: Le prix \u2018\u2018 Rodolphe Boulet\u201d ($50.00) pour succes dans les matières de Sième année. 14 mars 1047 Exposition de peinture LE QUARTIER LATIN Quand on ne cherche pas, on trouve! Je me suis rendu au Collège Saint- Laurent, par acquit de conscience, poussé par la curiosité de faire connaissance avec la célèbre nouvelle série des troncs d'arbres.André Jasmin est un peintre dont les efforts courageusement inlassables m'émeuvent par leur persévérance et me glacent par leur intrinsèque insensibilité; je crois n'avoir jamais dissimulé mes sentiments sous d\u2019hypocrites mamours.Aussi n'avais-je intention d'écrire une seule ligne sur cette exposition, car il est superflu d'accumuler inutilement les vérités cruelles.Mais le hasard me guettait ct m\u2019enfonce le crayon dans la paume.- Je déambulais au milieu des ronces noueuses et des jeunes filles pellan- \u2018 niennes, je toisais avec hochement de coeur cette uniforme habileté technique.transplantée intégralement des clairs-obscurs lisses et d'apparence séducteurs dans le cycle bousculé des branches non moins apparemment broussailleuses, je toisais l'immobilité du problème sous le masque des deux aspects plastiques, je constatais l'existence de la profondeur mais dans la froideur absolue, je tâchais d'accrocher mon espoir à quelques aquarelles plus dégagées, pres généreuses du mois de mai ou du mois d'août, j'attendais l'émotion absente; lorsque par calamité je cognais mon nez à quelque sénile camelote 5-10-15 de l\u2019invraisemblable Hutchison, pseudo-céramis- te, avec stupéfaction et effroi je rebondissais dans les nids d\u2019hirondelles, et je devais me dire, non sans quelque regret pénible car Jasmin est personnellement très sympathique: Non, Jasmin, cette fois encore, ça n\u2019y cst pas.Les écorces ont eu beau remplacer les rotondes bonnes femmes, le dilemme n'a pas été déjoué, la sensibilité n\u2019a pas encore réussi à s'immiscer, ou si peu.Les quelque 115 oeuvres étant toutes du même calibre, ce qui mainte- EXPORT: nait une honnéte moyenne, une pensée s'imposait à l'esprit: \u2018\u2019Qu\u2019on introduise dans cette pièce une seule bonne oeuvre, de quelque époque et de quelque aspect que ce soit, et toute l\u2019exposition fout le camp par terre!\u201d Eh bien, cette oeuvre vivante, sensible, attachante, cette oeuvre généreuse et gratuite, je ne m'en serais pas douté, elle existait, et plus d\u2019une fois.Un couloir noir, auquel on accède par accident, y mène.Une exposition timide côtoie l'autre.Une exposition qu\u2019il faut aller pêcher dans le crépuscule des murs ternes, comme une berge ccite d\u2019onyx qui se découvre dans un conte de fée.Un inconnu, un nouveau, un jeune, Conrad Legault, David à spatule, dans sa modeste retraite, d\u2019un coup de pinceau ensoleillé démantibule le Goliath tonnant.Oh! sans le vouloir, bien \u201csûr, il ne ferait pas de mal à une mouche; mais comme peintre, il peut faire beaucoup de mal à un peintre aride.Inattendu, Conrad Legault, ce jour-là, m'a rappelé le goût de la fraîcheur plastique.Voilà ce qui me force à écrire.Il ne s'agit pas encore d'un génie, il ne s\u2019agit pas encore d'un artiste picturalement adulte, il s\u2019agit d'un jeune peintre spontané.qui, dans les impulsions plus que désintéressées d'une abondante ardeur, a donné des fruits de matière fort savoureux.Les problèmes de discipline, dont les données et les solutions ne s'enseignent pas mais éclosent d\u2019elles-mémes dans la poursuite rigoureuse du désir, les problèmes de discipline, d\u2019organisation, de composition, jamais nécessaires mais hélas inévitables tôt ou tard par la force de l'évolution, ne l'ont pas encore profondément touché.Ses minutes les plus aiguës et les plus tendues restent encore à venir, mais s'il conserve au service de ses désirs futurs la même plénitude qu\u2019il accorda au service des anciens, ses misères seront matées, et nous aurons un peintre permanent de plus au Canada.Talent, courage, sincérité, intransigeance! Avec ses acquis, la maturité sera féconde.Conrad Legault, présentement, n'est pas un primitif.Sa création s'exerce sur des problèmes plastiques de stage évolué, des problèmes que de grands peintres ont déjà solutionnés avant lui, mais qu'il recrée et resolutionne avec une fraîche opiniâtreté, car Legault ignore les réponses apportées avant lui.Il n\u2019applique pas des solutions connues, car il est vivant.L'état de son art rappelle, dans des orbitres neuves, le Fauvisme le plus martelé et les manifestations les plus lumineuses de l'Ecole de Paris.Une Ecole de Paris rafraîchie, réinventée, à l'affût du mystère universel, une Ecole de Paris de l'aube et non pas du déclin.Oui.Cette humble propreté sur trois dimensions a terrassé, annihilé André Jasmin.C\u2019est dur, ça, Jasmin, je ne l'ignore pas.Hutchison, n'existant pas, n\u2019en souffrira pas.Mais Jas- AVIS AUX LECTEURS Rendez-vous à l'angle des rues Ste-Catherine et Stanley.Sinon, ne vous y rendez pas.NDLD\u2014Ceci clôt la discussion.Page trois ÉLECTIONS AUX CHARGES DES CONSTITUTIVES DE L'AGEUM «Le Quartier latin» Directeur Directeur-adjoint Rédacteur en Chef Secrétaire à la Rédaction Chef des Nouvelles Chroniqueur Sportif La Socists Antistique L'Association AH let .\u201c Président Vice-Présidente Secrétaire-Trésorier Gérant du Club de Hockey Gérant du Hockey Inter-facultés Gérant du Ski Gérant du Ballon-panier Gérant des Quilles Gérant du Tennis Gérant du Golf Gérant de la Natation Président La Sociélé des Vice-Présidente S .S .Trésorier EUMCES DOCAUX Directeur des Concerts Universitaires vrésicent rente Directeur du Film Secrétaire Directeur de la Revue Bleu et Or Trésorier Quiconque désire se porter candidat à l\u2019un quelconque de ces vingt-sept postes peut le faire en déposant sa candidature au Secrétariat de l'AGEUM (D'223), en indiquant son nom, la Faculté ou Ecole où il étudie et la charge exacte à laquelle il se destine.Mise en nomination: LUNDI, 17 MARS Elections: MARDI, 18 MARS 1947 min, lui, existe; je voudrais que cette humiliante réalité mette Jasmin de- - bout! Jasmin est à terre, à plat ventre, dans l\u2019indécision et la crainte du risque.Je voudrais que toute cette courtisanerie pète, ce modernisme à bon marché! Que ce calcul, ce dosage de la générosité, cette injustice envers ses dons, crèvent dans une rage vitupératrice! Qu'il se donne, qu'il se déverse, qu'il s\u2019éparpille dans la clarté, dans l'aurore, dans la vie opulente et cendrée! Que Jasmin soit debout! Conrad Legault, lui, démarre; il va s'engager dans les collines traîtresses où Jasmin s'empètre.Je lui souhaite bon courage.Avec confiance, car il a déjà inscrit sa force.Je veux le voir déployer sa vigueur contre les monstres disséminés du doute et de la lâcheté, de la crainte et de la pondération.Je veux le voir, intact, surgir des efforts.Alors, peut-être, nous pourrons parler de génie.Claude GAUVREAU N.D.L.D.\u2014Nous publions cet article sous toute réserve.Nous avons bien l\u2019impression que M.Gauvreau \u201cse donne, se déverse, s\u2019éparpille\u201d.Mais la clarté?\u201cJasmin s\u2019empêtre dans les collines traîtresses.\u201d\u201d Gauvreau s\u2019empêtre.Comme Pierre fait de l\u2019automatisme, Claude semble un automate.Toujours la même chose.Evidemment nous admettons d'avance que nous ne sommes que des crétins parce que nous n\u2019admettons plus qu\u2019il y ait de grand art dans l\u2019automatisme, mais nous invitons toutefois M.Gauvreau a lire LA RELIGION DE L'OBSCENE en page cinq et à noter certain paragraphe.4 .rECONOMIE PRATIQUE Ce\u201d à 12 B de M, banque où les comptes des étudiants sont bien reçus.Vous pouvez ouvrir un compte avec un dépôt d\u2019un dollar seulement.JE BANQUE DE 47 SUCCURSALES à MONTRÉAL et les ENVIRONS 14 mars 1947 LE QUARTIER LATIN Mon ami Hubert Ce n\u2019est pas sans une certaine hésitation que j'entreprends de vous parler de mon ami Hubert.Il ne connait rien de ma décision et certainement qu'il ne me la pardonnerait pas.Voyez-vous, Hubert est excessivement modeste et son opinion bien arrétée .est que sa vie et ses activités n\u2019intéressent nullement ses semblables.Mais il se trompe.Car Hubert est remarquable, non par l'existence routinière qu\u2019il mène, mais par l\u2019âme inquiète qui l\u2019anime, constamment au guet, intéressée à tous les problèmes humains.Frêle, petit, timide, autant d\u2019épithètes qui rendent une image fidèle de mon ami Hubert.Ne vous attendez pas à rencontrer ici une personnalité célèbre.I n\u2019en est rien.Extérieurement et aux regards de tous Hubert n\u2019est personne ou, mieux, c\u2019est un nom, un numéro, un rouage dans une machine.Son occupation?Insignifiante comme sa personne.Hubert exerce au Ministère des Postes d\u2019humbles fonctions: il classe des lettres.Depuis longtemps?Personne n\u2019en connait exactement le nombre d\u2019années.Hubert seul pourrait vous le dire; mais il ne vous le dira pas car, Hubert, c\u2019est la discrétion même.Hubert est donc bureaucrate, mais non pas le bureaucrate arrogant et vo-i- férant, ah non! mais l'humble serviteur imbu de la modicité de sa personne et de ses moyens, ne nuisant jamais, accomplissant tous les jours avec un dévouement inlassable son devoir de classeur de lettres.Hubert aime son métier il l\u2019a toujours aimé.\"Tous les soirs il arrive aux postes à cing heures et vingt-cing minutes précises.* Jamais il ne se presse mais jamais il n\u2019est en retard.Sortant de l\u2019ascenseur, il se dirige immédiatement vers son casier où, avec mille précautions, il dépose son paletot, son chapeau, ses gants et ses caoutchoucs, enlève sa veste et revêt son tablier de travail; avec un léger hochement de tête il répond aux salutations de ses compagnes et compagnons de travail.Sans plus tergiverser, il poinçonne au cadran, dispose d\u2019une demi-heure pour lire les affiches et \u2018les instructions des chefs du département et gagne alertement sa place habituelle.Assis solidement sur un tabouret, il est prêt à commencer son pr aa classement juste au coup de la demi-heure.Comme il aime ce travail! C'est son unique amour, sa passion solitaire.Regardezle à l\u2019œuvre.Avec tout l\u2019orgueil d\u2019un souverain, il caresse des yeux le courrier qui l\u2019attend pour la soirée.Voyezle saisir un paquet de lettres de ses mains parfaitement blanches et, avec un art consommé, les classer une à une dans leur guichet respectif.Alors, Hubert se transforme visiblement; il rayonne d\u2019aise et de béatitude car il se sent vraiment dans son élément.Son contentement grandit à mesure que le classement se poursuit.Hubert perd conscience de lui- même, de la monotonie de son existence quotidienne; il devient véritablement partie de ce vaste mécanisme que sont les Postes où hommes et machines s\u2019intègrent au service du public.Ces monticules de lettres représentent ce qu\u2019il y a d'aventure, d\u2019inconnu et de saisissant dans la vie de notre brave Hubert.Son triomphe suprême c\u2019est le classement bien accompli; il y prend autant de soin que prendrait un sculpteur pour ciseler un marbre \u2014 car Hubert s\u2019assimile à l\u2019artiste \u2014 pour lui, ces lettres empilées les unes sur les autres, ce sont des monuments architecturaux qu'il faut dresser soigneusement, avec symétrie, sans jamais se tromper, dans un ordre parfait.Et plus les lettres sont nombreuses, plus il est content, plus ses yeux fades s\u2019animent sous les épaisses lunettes.Si seulement vous pouviez deviner, sous le front modeste d\u2019Hubert, l'esprit vagabond qui s\u2019y cache, quel monde de pensées vous découvririez! Car chaque missive qu\u2019il classe évoque, dans son imagination fébrile, un vif tableau, paysage exotique ou douce scène domestique.Comme par magie surgissent mille pays merveilleux.Les distances et les barrières disparaissent.Hubert est partout, voguant allègrement sur une mer d'azur, ou touriste enchanté dans une terre antique.Devant lui s'étalent, dans un panorama éblouissant, les villes fabuleuses de l\u2019Orient, les grands foyers de l\u2019art et de la civilisation, le vaste vide des déserts, le charme ineffable des plages d'été.Ici s\u2019entassent toute l\u2019Histoire et la Légende des Siècles.Ah! les magnifiques voyages de mon ami Hubert! Qui en a fait de plus beaux et à si peu de frais?Et toujours renouvelés car l'imagination d\u2019Hubert est d\u2019une fertilité inépuisable.Mais le courrier ne provoque pas toujours de ces randonnées globales.Hubert se réjouit tout aussi bien d\u2019humbles scènes domestiques.ll partage la joie d\u2019une mère recevant une missive d\u2019un fils depuis longtemps parti, l'ivresse d\u2019une épouse à qui l\u2019on apprend le retour prochain d\u2019un mari militaire.Et que dire de ces peines et douleurs qu\u2019apporte parfois le courrier?Hubert les fait siennes et ainsi il espère les adoucir.Voilà donc un être profondément humain, vivement intéressé aux joies et aux peines de ses semblables.C'est un jeu qui se perd dans l\u2019infini \u2014 car ces lettres qu\u2019Hubert classe sont mille fils invisibles qui le rattachent au vaste univers dans lequel la création s\u2019agite.C'est pourquoi vous le voyez si absorbé, assis à son tabouret de travail.Il communique avec le monde.C\u2019est sa vie.Pendant ses loisirs, Hubert regrette son travail.Il est inquiet et indécis, toujours silencieux.Et la nuit, dans son lit, il rêve à des myriades de lettres flottant dans un ciel d\u2019azur.Piteux personnage que cet Hubert direz-vous.Peut-être.Mais n\u2019est-il pas vrai que chacun se crée son monde à soi et l\u2019orne à sa guise?Hubert est le produit d\u2019un siècle spécialisé à outrance où l\u2019homme perd souvent sa dignité pour ne devenir qu\u2019un automate sans pensée ni but.Hubert est donc une nécessité, car son travail, si humble soit-il, est important.Il n\u2019y manque jamais et toujours l\u2019exécute avec mai- trise.Grâce à lui et aux milliers de ses semblables notre monde fonctionne et le progrès s\u2019accomplit.Ses rêves?Bien mon Dieu! vous ne les lui envierez pas.Ils sont son bouclier contre l\u2019abrutissement, contre l'horrible déchéance.C'est par là qu\u2019il échappe à l'esclavage de son métier et de son milieu et qu\u2019il demeure un être vraiment humain \u2018où l'esprit et le cœur priment tout.Paul MARTINEAU dae Deux fleurs\u201d L'une était blanche, avec des veinules dorées, et l'homme en avait pris un très grand soin jusqu\u2019à ce qu\u2019elle fut éclose alors qu'il montrât cette fleur rare à ses amis, cette fleur étrange qui avait poussé là, sous sa fenêtre et qui était déjà assez haute lorsqu'il l\u2019aperçût pour la première fois.Malheureusement cette beauté attirât aussi l\u2019attention d\u2019un de ses amis présent.Le lendemain notre homme s\u2019aperçût qu\u2019on lui avait pris sa fleur, il n'avait plus de fleur, plus d\u2019amis, et durant plus d\u2019un an il ne retournât pas dans son jardin parce que les autres fleurs qui y étaient lui faisaient trop regretter celle qu\u2019il avait perdue.* * * Par un pur hasard il vint à passer au fond de son patrimoine, encore tout pris par son regret, ne pensant qu\u2019à la petite fleur blanche qui n\u2019était plus, lorsqu\u2019une autre fleur vint le distraire, noire celle-là, noire comme l'ébène et comme l'autre, elle était à peine à quelques pas de chez-lui, comme l'autre, maintes fois il était passé tout à côté sans que son étrangeté ne l\u2019attire, comme l'autre elle était rare, comme l\u2019autre en un mot il ne lui avait témoigné aucune attention.Mais celle-ci déjà était éclose, celle-ci avait été foulée aux pieds et elle en portait encore les marques, comme on pourrait garder un souvenir.De ce moment, la fleur blanche disparut de ses pensées, de ce moment, toute son attention se tourna vers la petite fleur noire, là au fond du jardin et il fut séduit par cette beauté.Ce n\u2019était pas une fleur éclatante comme l\u2019autre, une fleur qui attirait tous les regards.Même certains hommes par la suite la déprécièrent, lui cependant ne disait rien, il se contentait de l\u2019admirer en lui-même, s\u2019efforçant de la combler de son attention et il en vint à ne penser qu\u2019à cette fleur, délaissant toutes les autres qui l\u2019entouraient.Comme l'autre, il en était fier, plus fier même, parce qu'elle, blessée elle-même, contribuait à guérir son cœur blessé à lui.Et la vie de nouveau lui sembla rose, grâce encore une fois à une fleur.à, il ne l\u2019a jamais montrée à personne de peur qu\u2019on ne la détruise comme on avait fait de l'autre.Il se contente de la contempler de loin afin qu\u2019on ne le soupçonne d\u2019avoir encore dans son jardin, une fleur à laquelle il tient.Et ainsi se continue la parabole des DEUX FLEURS, l\u2019une noire et l\u2019autre blanche.! 35 an NIGER ALBE (1) Cet article est le second de deux articles.Le premier à cause de circonstances incontrôlables, ne pourra pas être publié.Tout de même dans le premier paragraphe du présent article, nous nous sommes efforcés de vous donner un aperçu du premier.DIMANCHE, LE 23 MARS MESSE DE CLÔTURE des Retraites pascales universitaires à 9 h.30 am.HALL D'HONNEUR Carabins, professeurs, administrateurs sont invités et auront à coeur d\u2019y être.eee Page cing La religion de l\u2019obscène Ce serait une erreur de penser que si nombre de nos confrères réagissent actuellement à la vague d\u2019obscénité qui déferle dans a littérature, ils le font sous l\u2019aiguillon d\u2019une pudeur irritée.Le rôle de Père la Pudeur n\u2019est jamais allé en France sans quelque comique; d'autre part, il vient au lecteur professionnel un cal, comme au galérien, et il en faut plus même que du Miller pour lui titiller les nerfs.Si les œuvres de ce dernier sont interdites aux Etats-Unis, nous n\u2019en sommes pas encore là dans ce pays.Mais il semble que l\u2019obscénité soit en train de devenir une sorte de religion, avec ses prêtres, ses docteurs, et peut-être bientôt ses martyrs (ce que nous ne souhaitons pas et qui serait, d\u2019ailleurs, des plus maladroits).Le problème n\u2019intéresse plus seulement les mœurs, il devient un problème esthétique, et même spirituel, et en cela il nous concerne directement.Il importe de se montrer aussi tenace dans la réfutation que la partie adverse dans l'affirmation.Elle est d'André Gide, cette parole que nous citons de mémoire: «On ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments.» Parfois on se demande si elle n\u2019a pas exercé sa luciférienne fascination sur la plus grande partie de la jeune littérature, dans le dernier tiers de siècle.La vérité, c'est qu\u2019elle établit une relation entre des valeurs sans lien nécessaire entre elles.On peut faire de la bonne littérature avec de mauvais sentiments comme avec des bons, et de la mauvaise littérature avec de bons sentiments comme avec des mauvais.La chose sûre, c\u2019est que faire de la bonne littérature avec de bons sentiments est plus difficile.S\u2019il est vrai que l'attrait du mal soit plus puissant que l'attrait du bien, vous vous facilitez a priori la tâche en jouant sur les mauvais sentiments du lecteur.Il faut le répéter parce qu\u2019on touche ici au point essentiel du \u2018débat: le reproche majeur à l\u2019obscénité, nous le lui adressons au nom de ce mépris du facile qui est la première noblesse de l'artiste.Vous pouvez borner ce souci de la difficulté vaincue à la forme, tenant la substance pour moralement indifférente.Mais comme nous connaissons les liens indis- \u2018solubles qui unissent forme et fond, je dis qu\u2019il est plus ardu d'atteindre à la beauté, chargé du souci supplémentaire de la vérité.L'art est choix.C\u2019est ainsi que l'écriture automatique de l'époque héroïque du surréalisme pouvait présenter un intérêt pour le psychologue, elle était la négation même de l\u2019art.Il n\u2019y a pas d'art sans une matière brute fournie par l'instinct mais élaborée par l\u2019intelligence.Le mot de Goethe demeure éternellement vrai: «Les yeux du chaos luisant à travers le voile de l\u2019ordre.» Or l\u2019écrivain obscène nie, lui aussi, cette nécessité du choix.L'artiste véritable refuse la liberté de tout dire, parce qu\u2019il sait qu\u2019on court de la sorte le plus grand risque de ne pas dire avec toute la force requise les choses essentielles.La violence n\u2019est pas la force.Dans l\u2019obscénité systématique, l'excès même finit d\u2019ailleurs par émousser la sensibilité, si bien qu\u2019on ennuie très vite, et l'on va, de la sorte, à l'encontre du but visé.Chez Miller nous observons une manière de choix à rebours, une volonté délibérée de ne voir que les aspects hideux de la réalité.Or, et il faut ici encore se répéter, la littérature noire est aussi artificielle que la littérature rose, le parfum est aussi réel que la puanteur, le plaisir que la nausée.C'est le vice qui pue.Encore un Miller peut-il arguer de l'obligation où se trouve l'artiste de créer cette œuvre-là seulement que lui dicte sa nêces- sité intérieure.La position de la critique \u2014 qui, elle, se doit d\u2019être libre et objective par définition et vocation \u2014 me parait beaucoup plus discutable quand elle proclame la haute valeur esthétique et spirituelle, la valeur universelle de l\u2019œuvre d\u2019un Miller.Un tel affirme sans sourciller: «Il y a eu Jésus; il y a maintenant Henry Miller».Un autre tient que le message millérien sape à la base notre civilisation même, et loue la fureur authentiquement révolutionnaire qui l\u2019anime.Nous partageons cet avis en ceci que si Miller n\u2019était qu\u2019un vulgaire pornographe, il ne mériterait pas notre attention.Mais nous contestons la valeur objective et révolutionnaire de son - œuvre.Le monde n'est pas tel qu\u2019il prétend nous le montrer, dans une vision non pas exclusivement esthétique, mais à laquelle, encore une fois, on s\u2019obstine à conférer une vérité générale.Cette puanteur universelle que Miller subodore, elle émane de lui-même.Il n'y a pas ici un œil pur qui voit la perversité, la met en évidence et la flétrit, mais un œil lui-même perverti.Cette sexualité qu'il nous montre obscurcissant la terre et le ciel, comme une monstrueuse idole priapique, c\u2019est son ombre à lui.Je reproche à Miller de n'être pas un juge, mais un complice.Quand on ne va pas jusqu\u2019à comparer Miller à Jésus, on veut en faire un prophète.Et il paraît qu\u2019il arrive aux prophètes de danser nus, ce qui scandalise, bien entendu, les bien- pensants.J\u2019ignore s\u2019il y eut des prophètes pour danser nus.S'ils le firent, c'étaient certainement de faux prophètes.Leur imposture se reconnaît à ce geste même.Il est trop facile de scandaliser les bien-pensants en se mettant nu devant eux.Le vrai prophéte ne veut pas scandaliser, mais convertir.Aussi, s\u2019applique-t-il, tout au contraire, à scandaliser le moins possible, et s\u2019il le fait, c\u2019est à son corps défendant.Dans ce cas, ce n'est pas lui, mais la vérité qui scandalise.Nous ressentons le même agacement \u2014 pour employer le terme le plus faible \u2014 à entendre prôner un Miller comme un grand artiste, que naguère à voir un Hitler porté aux nues comme un grand homme d'Etat.Grand est souligné.L'art de Miller est un faux grand art, parce qu\u2019il veut rejoindre la grandeur par le moyen de la violence, cette caricature démoniaque de la force: et c'est un art menteur, parce qu\u2019il nous donne du monde une image déformée par un défaut de vision de l\u2019observateur.Armand PIERHAL (Les Nouvelles Littéer ) Page six LE QUARTIER LATIN ~ 14 mars-1947 Much ado about nothing (Shakespeare) cité par le Directeur Mise au point Messieurs, Sans vouloir blesser, offenser, fâcher, louanger ou, si vous le voulez, justifier ni mon copain du ballon-panier, Gaétan Ducharme, ni le rédacteur sportif du Quartier latin, Jean-Claude Laurence, qu\u2019il me soit permis, en tant que capitaine de l'équipe de ballon-panier, de faire quelques remarques sur le sujet et clore une discussion, à mon avis, très peu constructive.Quoiqu'en dise M.Laurence, je ne crois pas qu\u2019il existe dans notre équipe aucune attitude comme celle qu'il nous attribue; au contraire, sous l'habile direction de notre entraîneur Jean Béland, nous avons acquis cette année un esprit d\u2019ensemble rarement trouvé chez un groupe sportif.J\u2019admettrai avec lui toutefois qu'il peut arriver au cours d'une partie (la chose s'est produite à Dawson) qu\u2019un joueur soit en position pour compter et faute d'une \u2018\u2018combine\u2019\u201d d'un coéquipier (non pas par jalousie mais plutôt parce qu'il ne l\u2019a pas vu).n\u2019enregistre aucun point.Tous savent qu\u2019une telle situation se présente dans nombre de sports: au gouret par exemple, combien de fois voit-on un joueur seul devant les buts alors qu'un de ses copains s'amuse avec la rondelle à la ligne bleue ?C\u2019est peut-être un incident comme celui-ci qui créa chez notre rédacteur sportif cette impression de désaccord dans l\u2019équipe de bal- lon-panier.Loin de lui reprocher l'intérêt qu'il apporte à mon sport favori, je le félicite et le remercie même pour nous avoir fait jouir d\u2019une belle publicité, mais.M.Laurence, gare aux interprétations douteuses.M.Ducharme, je crois, n'a pas signé autre chose que \u201cGaétan Ducharme\u2019'; ceci veut donc dire qu'il écrivait au Quartier latin non en tant que joueur mais bien comme lecteur seulement.\u2019 Il s'ensuit donc que l\u2019équipe de bal- lon-panier n\u2019était aucunement tenue à ses opinions.En effet, après un entretien avec/notre gérant Roger Goudreau, nous avions décidé d'oublier l'incident (ce n\u2019était qu'alors un petit \u201carticle\u2019).Malheureusement, comme l\u2019affaire des \u201cEnfants\u201d, la lettre de Gaétan semble avoir semé les fondations d\u2019une polémique qui ne profitera aucunement ni à l\u2019équipe, ni au lecteur Ducharme, et, j'en suis certain, ni au rédacteur sportif.Si vous le_voulez bien, messieurs, oublions l'incident et continuons le beau travail,\u2018 et au ballon- panier, et au Quartier latin.Mille mercis, Jean ROCHON Entétement sordide de J.-C.Laurence Malgré l\u2019avalanche de mots grossiers dont vous m'affublez dans votre chétive réponse à ma mise au point, je tiens, pour ma part, à demeurer gentilhomme dans cette polémique.Il est évident qu\u2019une colère démoniaque vous a guidé dans votre piteux essai de réplique et que votre orgueil n\u2019a pu supporter un simple démenti.En premier lieu, je vous rappelle que je n\u2019ai pas fait publier ma remarque au nom de toute l\u2019équipe de ballon-panier.Pourquoi dites- vous donc qu\u2019il me fallait l\u2019autorisation du gérant, M.Roger Gou- dreau, pour me plaindre personnellement et librement d'une accusation visiblement injuste ?Secundo, à court d'arguments, vous avancez à tort que j'ai manqué de savoir-vivre en portant directement mon article à La Patrie sans en avertir la direction sportive.Monsieur Laurence, il faut vous dévoiler immédiatement que le dit article a été remis en bonne et due forme à M.Patry, représentant officiel du Quartier latin à Poly, et non pas à La Patrie.Je vois clairement qu'on a dû vous rapporter le fait mais que, encore une fois, vous l'avez mal pris en note.Est- ce que, par hasard, vous auriez préféré \u2018\u201c\u2019bloquer\u201d mon article et éviter de la sorte que les lecteurs \u2018du journal soient mis au courant de vos écrits mensongers! Avec vous, mon cher ami, je conviens que la page sportive, bien loin d'être blanche faute d'articles, dépasse toujours ses cadres.Certes, il est toujours facile d\u2019accumuler des paroles désobligeantes et blessantes et vous me semblez tout désigné à pouvoir dépasser les cadres dans ce domaine.Continuant votre défense, vacillante et désespérée, vous prônez que vous avez toujours crié haut l\u2019importance de l'esprit sportif universitaire.J'en conviens.Je vous conseillerais pourtant de crier moins fort; il en résulterait que vous vous étourdiriez moins et qu'il vous serait alors possible de parler avec calme et avec quelque bienveillance.Pour terminer votre plaidoyer enfantin et gamin, vous continuez d'errer dans vos rapports en soutenant que j'avais manqué la première joute de détail contre Georgian pour assister à un banquet.Saviez- vous que: 1° j'avais la permission de m\u2019absenter de là partie de M.Jean Béland, instructeur de l'équipe; 2° je devais assister sans faute à une assemblée de 45 minutes à l\u2019Engineering Institute, et 3° je devais préparer un examen pour le lendemain matin.De grâce, M.Laurence, prenez la peine de vous informer sûrement avant de lancer vos nouvelles.Ainsi, vous vous éviterez des démentis qui vous touchent jusqu\u2019au fond de l'âme et vous ne vous condamneriez pas vous-même en essayant de couvrir, par des propos indignes de tout homme bien éduqué, des faits relatés incorrectement ou fabriqués de toute pièce par votre imagination débridée.Gaétan DUCHARME P.S.\u2014 Mon cher Laurence, vous pouvez continuer de m'\u2019accabler d'injures et de vous causer du tort mais, de mon côté, j'estime qu'il ne vaut pas la peine de m'abaisser à votre niveau en continuant de relever vos viles attaques.Dois-je répondre Terminologie employée par monsieur Gaétan Ducharme dans riotre récente engueulade: faux, pauvre, légèreté, inadvertance, contresens, inutile, erronée, inopportun, à peu près, sordide, grossier, chétif, démoniaque, piteux, orgueil, injuste, fiévreux, enfantin, gamin, errer, tndi- gne, débridée, viles .Je suis \u2018\u201cGai-tant-du CHARME\" et gentilhomme .Terminologie employé par le rédacteur sportif: griffonnage, ridicule, préjugés, insignifiant, baroque, sans savoir-vivre, fieffé, cabotin, ignorant .Résultat du combat: Gaétan Ducharme: 23 Rédacteur sportif:.9 Monsieur duUCHARME devient sans contredit le vainqueur attitré de cette lutte par une marge de quatorze points.Si une ronde finale doit avoir lieu entre les deux duellistes, le Quartier latin se fera un plaisir de vous mettre au courant des dernières nouvelles.Honneur au vainqueur! ., Jean-Claude LAURENCE Notre opinion 1- Fait au ballon-panier (Quartier latin, 14 février) J.-C.L.écrit que plusieurs points ne sont pas enregistrés par la faute de certains joueurs qui pensent que l'un de leurs coéquipiers a trop de points à son crédit et ne lui combinent pas pour cette raison.Nous avons pris sur nous de vérifier le fait.Les étudiants de Dawson sont les premiers à l\u2019admettre.2- Mise au point (Quartier latin, 25 février) Gaétan Ducharme relève les remarques de J.-C.Laurence en ces termes: cette déclaration, pleine de hardiesse mais sûrement fondée sur une fausse rumeur, était-elle.Il n\u2019est pas dans les habitudes de Jean-Claude Laurence de parler à travers son chapeau.Et plus loin, M.Ducharme ajoute: Par légèreté ou \u2018inadvertance, vous n'avez pas songé à l'évident contresens de vos écrits.Nos lecteurs voudront bien juger du contresens des écrits de notre rédacteur sportif en feuilletant les différents numéros du Quartier latin depuis le début du second semestre.On peut toujours consulter la collection complète à notre bureau.3- Carabinades sportives, Citoyen répond.(Quartier latin, 4 mars) Jean-Claude Laurence signe cet article où il dit: M.Gaétan Duchar- me, je vous trouve fanchement insi- gniflant et sans savoir-vivre.Les deux derniers termes sont un peu osés.Ensuite, le rédacteur sportif reproche à M.Ducharme de ne pas avoir obtenu la permission du gérant de l'équipe pour parler ainsi et aussi de parler au nom de cet équipe.Il est vrai que M.Ducharme a bel et bien signé son nom.Il ne dit pas ne pas avoir parlé au nom du club.Aussitôt que nous avons lu la Mise au point de Gaétan Ducharme, joueur du Bleu et Or, il était assez facile de croire qu'il parlait au nom des autres joueurs.Il eût été si simple d'ajouter une note rédigée à peu près en ces termes: Les lecteurs prendront note que je parle en mon nom seulement, je ne fais aücune représentation de l'équipe.Je parle en tant que Carabin.Ces quelques mots en auraient évité de plus désagréables.Jean-Claude Laurence a certainement tort de reprocher à Gaétan Ducharme d'être allé porter son article directement à La Patrie.Notre représentant à Poly, Marcel Patry, nous affirme que le dit article lui a été remis par son auteur.Il n'y a donc pas eu manque de savoir-vivre de la part de M.Ducharme.D\u2019autre part, le rédacteur sportif n\u2019a pas l'habitude de faire du remplissage.Voir à cet effet la note du metteur en pages dans le numéro du 11 mars en page sept.\u2018 au sujet de.4- Au sujet d'une mise au point et d\u2019un citoyen.La mise au point de Jean Ro- chon, capitaine de l'équipe de bal- lon-panier Bleu et Or, nous semble trés au point.Avec lui, nous ne pouvons que souhaiter ['oubli de cet incident.Il est malheureux que, sur une question de faits, on en soit venu à faire des personnalités.5- Entêtement sordide de J.-C.Laurence.Nous ferons remarquer à M.Ducharme que les termes employés dans cet article sont un peu durs.A M.Laurence aussi pour un autre article.Certaines personnes n'aiment pas qu\u2019on les traite comme le dernier venu.Elles gagneraient beaucoup à ménager leurs expressions.\u2018 Est-ce que, par hasard, vous auriez préféré \u201cbloquer\u201d mon article et.M.Ducharme apprendra sans doute avec plaisir que les articles pour notre journal sont acceptés ou refusés par la Direction qui est responsable de tout ce qui paraît dans le Quartier latin.6- Dois-je répondre ?Nous devons admettre que les calculs de Jean-Claude Laurence sont exacts.23 moins 9 fait bien 14.Nous désirons aviser que nous avons reçu un article de M.Roger Bernier, étudiant de troisième année à Poly.Un manque d'espace nous force à nous abstenir de le publier, M.Bernier nous assure que Gaétan Ducharme est un parfait gentilhomme.Le connaissant personnellement, nous n\u2019osons affirmer le contraire De plus, Roger Bernier confirme que Gaétan Ducharme a dû se rendre à l\u2019Engineering Institute of Canada comme représentant de sa faculté le soir de la partie de ballon-panier Georgian-U de M.De plus, nous sommes heureux que M.Bernier admire le dynamisme et les écrits de notre rédacteur sportif.Preuve de l'esprit sportif qui caractérise les gars de Poly.Dans cette engueulade, nous regrettons que certaines considérations personnelles soient venues s\u2019ajouter.Nous tenons à considérer la discussion comme close et espérons que les deux messieurs sauront oublier cet incident et sauront continuer, chacun dans sa sphère, leur beau travail.De plus, une bonne poignée de main entre Gaé- tan Ducharme et Jean-Claude Laurence prouverait à la Direction du journal, ainsi qu'aux lecteurs, que les débattants sont de parfaits gentilhommes.Jean-Gaston RIOUX NDLD: Avec le typo, Vive la France! Avec Vie Etudiante, Vive la JEC! Avec la Direction, ceci clot la discussion. 14 mars 1947 LE QUARTIER LATIN Carabinades sportives Ski Les concours de ski inter-universitaires organisés par l'Université de Montréal ont été un franc succès.Les organisateurs méritent des félicitations de tous.Voyons ce qu\u2019en dit le journal de l\u2019Université Laval (5 mars, 1947): \u201cL'Université de Montréal qui était cette année, I'organisatrice de ces concours méritent d'abord la première note d'appréciation pour la façon splendide avec laquelle ces concours ont fonctionné et pour l'hospitalité vraiment amicale avec laquelle ils ont reçu les représentants des universités.Jean-Paul Trottier et le docteur Royer se sont dévoués sans arrêt pour que les concours soient un succès et ils méritent nos plus sincères félicitations pour leur beau travail.\u201d Il est bon de voir reconnaître les activités et le zèle des nôtres dans le sport et nous nous devons d\u2019en être fiers et de leur renouveler notre encouragement.McGill blanchi Samedi soir dernier, au Forum, se jouait la partie finale et décisive de la ligue de hockey inter-universitaire.Les spectateurs s'attendaient à une partie très contestée, mais à la grande surprise de tous, McGill est blanchi et termine la partie la plus importante de l\u2019année en n\u2019enregistrant aucun but.Le pointage final : 4-0 en faveur des Blues de Varsity.Le Trophée Thompson va donc à l\u2019équipe de l\u2019Université de Toronto qui récolte par le fait même les honneurs de la saison et devient championne de la série du hockey inter-universités.L'an passé le trophée avait été gagné par McGill qui espérait bien en avoir les honneurs encore une fois cette année.Pour conclure, nous pouvons dire que durant toute la saison ces deux équipes nous ont présenté un jeu très intéressant d'autant plus que nous avons pu être témoins d\u2019un grand esprit sportif.Aussi nous offrons nos meilleurs félicitations à Varsity d'abord et à McGill en second lieu.L'Université de Montréal nous a donné en cette saison un des clubs les plus forts que nous ayons vus depuis longtemps.La gent carabine doit en être fière et surtout doit être très satisfaite du hockey qu'ont su nous donner nos carabins.La saison du gouret se clôt en beauté et nous ne pouvons que répéter : Soyons fiers des nôtres! (1) Jean-Claude LAURENCE (1) Note du typo: Vive La France! NDLDA : Attaboys! Médecine bat Poly Un \u201camour\u201d de constable, décoré de bas en haut et de haut en bas se promène de long en large déciamant d\u2019une voix qui imite celle d\u2019un conducteur de tramway: \u201cTout l\u2019monde dans les estrades s.v.p.Ne fumez pas, ça fait fondre la glace\u201d.dernières minutes de jeu.Fore! Laurendeau vient d\u2019assurer la victoire à son club en portant le pointage à 6 contre 4, sur une passe de Meunier.Forté a beaucoup déçu les spectateurs, dans les filets du Poly et a montré une grande faiblesse devant les lancers bas.Laurendeau mérite une étoile avec deux buts et trois assists.Germain FAUCON Après 45 secondes de jeu, Proulx compte pour-la médecine.Côté semble oublier.qu\u2019il n\u2019est pas permis de se promener avec Ballon-panier Victoire des Georgians sur le Bleu et Or Notre équipe de ballon-panier qui finit la saison en premiére position dans la ligue intermédiaire, vient d\u2019être éliminée dans sa course vers le championnat.Au cours de la dernière semaine, elle a joué deux parties éliminatoires contre les Georgians.Et, bien que chacune des équipes ait gagné une partie, les collégiens de Sir George Williams en sortirent vainqueurs avec un avantage de douze points.Total des points: Georgians 75 \u2014 U de M: 63.A la première rencontre, les Georgians prirent l'avantage de quatorze points.Ce soir-13, le Bleu et Or rencontrait deux adversaires: l'équipe de Sir George Williams et l\u2019arbitre.Si cette joute avait eu moins l\u2019allure d\u2019un grand débat oratoire, si on s\u2019en était tenu au jeu seulement, la victoire aurait tout probablement été nôtre.Il faut le dire, et ceux qui ont assisté à la joute sauront le confirmer.L'arbitre était Georgian pur-sang et ses décisions l'ont prouvé.Les punitions furent nombreuses surtout de notre côté et de ce nombre plusieurs ne furent pas méritées.Le Bleu et Or a défait les Georgians à la deuxième rencontre, mais on s'en tenait toujours au total des points des deux parties et c'est ainsi que la victoire fut attribuée aux Georgians.Cette deuxième partie fit de beaucoup plus intéressante.Durant la série éliminatoire, Chevrette et Rochon ont enregistré le plus de points, soit 21 et 20 respectivement.Les autres joueurs se ~ sont également montrés habiles et ont démontré le véritable esprit sportif qui leur a mérité le titre d\u2019excellents sportsmen.Félicitations à tous et à chacun des joueurs et bonne chance à l\u2019équipe pour la saison prochaine.Fernand CHABOT N.D.R.S.La rédaction sportive doit des remerciements tout à fait marqués à monsieur Fernand Chabot pour l'excellente collaboration qu'il a su apporter à la page sportive pendant la saison du ballon- panier.Hockey interfacultés Position des équipes J Médecine.5 Poly.5 Sciences.5 Chirurgie Dentaire.4 HEC.4 Droit.G P N P C Pts 3 1 1 26 18 7 3 2 0 34 19 6 3 2 0 22 18 6 2 1 1 21 19 5 2 2 0 11 13 4 0 5 0 23 50 0 5 Pour terminer la cédule il ne reste qu\u2019une partie: HEC vs Chirurgie Dentaire.Les dix meilleurs compteurs Lauzon, Poly.Laurendeau, Médecine Ducharme, Droit.Bédard, Chirurgie Dentaire.5 Dumont, Poly.Lamoureux, Poly.Filiatreault, Poly.Perron, Y., Sciences.Proulx, Médecine.Parent, Sciences.Buts Ass.Tot.RE 8 8 16 Less 6 8 14 Lecce 9 3 12 Ô 11 Lecce 6 4 10 RE 3 7 10 Cee 4 5 9 Cee 4 4 8 Cee 6 1 7 4 la rondelle dans la main.Au bout de dix pieds, il est pincé par l\u2019arbitre qui un peu indulgent ne siffle qu\u2019une nouvelle mise au jeu.Le trio Lauzon-Filiatrault- Lamoureux déploie un superbe jeu de passe, cependant inefficace contre Beaucage qui dans sa cage fait du beau \u2018\u2018\u2019bloquage\u201d\u2019.O rage! A la deuxième reprise Poly semble \u2018prendre le dessus en comptant 3 points en 5 minutes mais les \u201ccranes\u201d conservent une avance d\u2019un point alors que Proulx enregistre son 3e but de la soirée.Le dernier quinze minutes manque d\u2019entrain.La mauvaise condition de la glace a fatigué les joueurs qui se contentent de faire du golf pour remplir les Sommaire 1ére période Méd.Proulx (Laurendeau-Dufresne) .0.45 Poly.Filiatrault (Lauzon-Dumont) 5.35 Méd.Proulx (Laurendeau) .9.45 Méd.Laurendeau (Côté) .11.45 Punition: Côté (Méd.) 2ième période Méd.Proulx (Laurendeau) .3.20 Poly.Gariépy (Lauzon) .\u2026 .82 Poly.Filiatrault (Lamoureux-Lauzon) .10.50 Poly.Lamoureux (Filiatrault-Dumont) .\u2026 18.45 Méd.Daoust .18.20 Punitions: Dumont (Poly.); Crépeau (Poly.) 3ième période Méd.Laurendeau (Meunier) .10.50 Joueurs Médecine: Beaucage, Meunier, Mé- nard, Côté, Proulx, Daoust, Laurendeau, Dufresne.Poly: Filiatrault, Maillette, Lamou- reux, Dumont, Ferland, Lauzon, Forté, Crépeau, Lamoureux, Gariépy.%/ 19 n ons No eviey Oophtaimigues P Exominn de LT J.O.GIROUX O.D.MEMBRE ve L'A.E.P.O.ne PARIS Qosisté d'offomatniates et Bureaux chez Dupuis Srèpes MONTRÉAL yd L'avenir du monde devient de plus en plus inquiétant.Plusieurs contrées de la terre sont bouleversées par des troubles sanguinaires.L'Angleterre éprouve quelque difficulté avec son empire colonial: Palestine, Egypte, Indes.Les Français, par ailleurs, ont à réprimer les dissidents d'Indochine.Durant ce temps, l'UNO abat peu de travail; c\u2019est ce que beaucoup lui reprochent.Mais encore si les représentants des pays venaient i s'entendre.Hélas! ce n'est pas le cas.Et tous se demandent à quoi riment toutes les conférences.Je crois qu'il est opportun de faire une petite incursion dans le passé.Et comparant les faits avec les décisions et accords, résultats de ces réunions d'un caractère international, il existe souvent une large marge.Tout cela tend à éloigner de la plausibilité.Voyons! Le 14 août 1941 fut promulguée la Charte de l'Atlantique.Le président Roosevelt et Winston Churchill font connaître au monde certains principes de leur politique.Le plus important est le suivant: \u201cLeurs pays ne cherchent à aucun agrandissement territorial ou autre\u201d.Un peu plus tard, c\u2019est la déclaration des Nations-Unies.Vingt-six puissances y sont représentées.Au début de 1942 a lieu la conférence de Moscou.Il en résulte que les nations \u201cne feront pas usage de leurs forces armées à l\u2019intérieur des territoires d'autres états, sauf pour les buts envisagés dans cette Déclaration, et cela, après s\u2019être consultées.\u201d LE QUARTIER LATIN EN MARGE DES NOUVELLES Puis la conférence de Téhéran, en novembre 1943.Les trois Grands sont seuls.Ils veulent \"bâtir une paix qui sera appuyée par la majorité écrasante des peuples de la terre\u201d.En février 1945, le président Roosevelt, le maréchal Staline et M.Churchill se rencontrent à Yalta.La victoire se précise pour les alliés.Leur but n'est pas de détruire le peuple allemand.Bien entendu, l'Allemagne devra réparer.Entre temps, les ministres des Affaires étrangères des grandes puissances se rencontrent périodiquement.La Déclaration de Mexico (en mars de li même année) précède de peu la conférence de San Francisco.Notons deux points importants de cette conférence.D'abord: L'organisation est fondée sur le principe de l'égalité souveraine de tous ses membres.Ensuite: On fonde un organisme économique et social et une cour internationale de justice.Deux des Grands sont changés.M.Roosevelt est mort, et M.Truman le remplace à la présidence des Etats- Unis.M.Atlee succède à M.Churchill comme premier ministre de l\u2019Angleterre.Seul, Staline demeure (il n\u2019y à pas d'élections en Russie, ou si peu .).La conférence de Postdam veut désarmer et surtout dénazifier l\u2019Allemagne.Depuis, l'UNO existe, ce qui ne veut pas dire qu'elle fonctionne.A la conférence de Paris, des difficultés surgissent.On discute avidement le traité de paix avec l'Italie, qui mérite malgré tout qu'on la considère un peu.Trieste donne beaucoup de mal aux délégués .Devant la menace de la bombe atomique le monde a des réactions qui ne laissent pas présager une paix définitive (.) A ce sujet, de partout, on jette un cri d'alarme.Les délibérations du Conseil de Sécurité sur le désarmement des grandes puissances et sur le contrôle de la ombe atomique, ne semblent pas vouloir trouver un terrain d'entente.Des expériences prodigieuses autour de la bombe atomique se poursuivent fièvreusement.Un savant étatsunien, M.Edward Teller, écrit à ce propos: \u2018La possibilité se dresse d'une guerre future où chaque belligérant sera en mesure de supprimer son adversaire, où les villes, les industries et la population d'un pays pourront être anéanties et où son armée seule serait en mesure de continuer à fonctionner durant une brève période, tout juste le temps d'infliger une destruction semblable à l'ennemi.\u201d On voit d'ici d'indicibles et horribles spectacles.L'homme depuis longtemps travaille à sa déchéance complète: il l'aurait enfin! Une alternative se présente: comment l\u2019homme se sauvera-t-il de la B.A.?Sera-t-elle pour ou contre lui?Dans un livre intitulé \u201cDrought, its Causes and Effects\u201d, un météorologiste étatsunien, affirme qu'avec l'énergie atomique, l\u2019on parviendrait à remédier aux sécheresses.Dans ce cas, l'atome au lieu de détruire l\u2019homme, éloignerait les fléaux de la nature.Mais dans cet imbroglio, il existe encore des hommes qui ont entrepris DU SANG PAR TOUT\u2019! Roman à détention (Translated from Basic English) Non autorisé par la Société des Gens de Lettres (4 bis).Résumé des chapitres précédents: CADAVRE?; POLICE!; POURSUITE; ECLAIRCISSEMENTS.A ces mots qui rappelaient si bien Rudyard Kipling \u201cmais ceci est une autre histoire\u201d, Engelbert eut un sourire qui me fit penser à Giraudoux u\u2019on aurait traduit du latin à l'aide \u2018un dictionnaire grec.Il avait quelque chose d'Athénien par sa finesse et de Romain par son pragmatisme.Il avait je ne sais quoi de mystérieux sur le visage.\u2014Mon enquête n\u2019est pas tout-à-fait terminée, il me faudrait me coucher encore deux heures, lire la lettre V du gros Larousse, faire deux problèmes de trigonométrie comparée, et puis alors.\u2014Engelbert, fis-je, tu es de plus en plus incompréhensible ! A ce moment, un homme aux jambes croches et à la version (coupée) entra en coup de foudre et cria comme un tonnerre: \u2014Oùsqu'\u2019i\u2019é Engleterre Lafripouille ?Je sursautai.Mais Engelbert se dirigeait vers une petite machine et me faisait signe de le suivre.J'accourus vers lui mon seul salut en l'occurrence.L'individu aux cheveux verts et à la peau rouge, comme un temps de Noël, Roman détective s'avançait vivement.Il nous jetait des yeux menaçants (c\u2019est incroyable toutes les sortes d'yeux qu'on puisse jeter, le lecteur l'aura constaté par lui-même).\u2014C'\u2019est-y toé ou c'est t'y pas toé?L'apache nous regardait à tour de rô- le, Engelbert et moi.Mais comme aucun de nous deux n'avait jamais eu son portrait sur La Presse, il ne put nous reconnaître.A ce moment imprécis où je crus être entre la vie et la mort, Engelbert appuya légèrement sur une manette et je me sentis résoudre et reviser en petit format.Je me retournai du côté d'Engelbert et j'aperçus un petit tas informe tout semblable à moi-même.Je ressentis alors une vive sensation de soif.Nous étions déshydratés.Cependant le bandit, car c'en était un, poussa un soupir aussi formidable qu\u2019un\u2019 rugissement et nos poussières se mélérent.Nous entendimes: \u2014Ça parle au diable, où c'est qui z'ont passé?Nous le vimes alors fouiller partout, regarder partout, puis jurant et frappant du talon faire le tour de la chambre comme un ours du parc Lafontaine.Il était aussi laid qu\u2019un singe du même parc ou que vous et moi.Mais tout singe qu'il était, il se montait, sa colère bouillonnante atteignait le suprême degré, 212° Farenheit (1).Il sortit de sa poche un revolver et se mit à viser les mouches au vol.Il en descendit cent ce qui est plus que n'importe lequel héros de l\u2019aviation.Ensuite il partit.Le lecteur remarquera qu'Engelbert et moi étant emmélés, nous ne pouvions sentir et penser qu\u2019au pluriel.Notre malheur était que nous ne pouvions aucunement nous rehydrater.Nous appréhendâmes notre piteuse situation dans toute sa sécheresse.O, comme nous aurions mouillé ça! Nous en vimes à nous demander si l'un n\u2019aurait pas dû mourir plutôt ue nous soyions tous deux sous la forme humiliante où nous étions.Cette pensée nous devint très génante car nous pensions ensemble et chacun eût voulu être le vivant.Enfin nous pensimes 4 autre chose.Notre position, quoique la soif se fit sentir, n\u2019était pas trop mauvaise.Tout à coup, la femme de ménage entra dans la chambre.Nous eussions voulu crier, mais la poussière nous emplissait la bouche que d'ailleurs nous aurions eu nous-mêmes de la peine à trouver.La femme considéra la chambre, puis voyant le petit amas que nous formions, de son balais nous ramassa dans son porte-poussière.Où allait-elle nous mettre?Dans l\u2019incinérateur?À cette idée nous eûmes en pensée la chair de poule.(à suivre) Donan COYLE B.A.?Acad.Can.-fse, membre de l'Institut démocratique.(1) 100° Centigrade et 80° Réaumur et 453° Kelvin.14 mars 1947 une oeuvre humanitaire: reconstruire le monde, lui redonner sa vitalité.M.Henri Michel, peintre et ex-prison- nier de guerre, a commencé une action en ce sens, et c\u2019est avec une sincérité évidente qu'il nous dit: \u201cAl- lons-nous entreprendre avec foi, avec sincérité, l'inauguration du sauvetage du monde?- Le philosophe américain, Mortimer Adler, dans une conférence qu\u2019il prononçait à Montréal, reprenait le même thème: \u2018Nous sommes toujours en guerre, Ce que nous prenons pour la paix n\u2019est en somme qu\u2019une tréve armée.La guerre a pris, pour quelque temps seulement, une forme diplomatique.Elle prend pour l'instant le nom de politique internationale.\u201cLe vrai sens de la paix, poursuit monsieur Adler, le voici: les hommes vont cesser de recourir à la force pour régler leurs différends.Il faut amener les nations à se comprendre.Et pour qu'elles puissent se comprendre, il faut qu'elles puissent se parler.Et le moyen de se rencontrer et de se parler, c\u2019est un gouvernement mondial.\u201d Mais durant ce temps, il en est qui écoulent d'heureux jours.En effet, le roi, la reine et les princesses d'Albion font un magnifique voyage en Afrique du Sud.Tout de même on cxagère: ce voyage coûtera au bas mot trois millions de dollars.De plus huit automobiles transporteront leurs majestés.On rapporte u'elles ont été invitées à assister à ouze garden parties, quinze banquets.L'énumération des festivités es personnages royaux n\u2019en finirait plus.Si le roi d'Angleterre vient visiter les Canadiens, ils pourront être sûrs qu'une guerre est imminente.Jacques GIRALDEAU «LE QUARTIER LATIN» journal bi-hebdomadaire de l'Association Générale des Etudiants de l'Université de Montréal Membre de la C.U.P.Abonnement pour l'année universitaire 40 numéros \u2014 $3.00 2900, boulevard du Mont-Royal, Montréal Local D'219 \u2014 AT.9616 DIRECTION Directeur: Guy BEAUGRAND-CHAMPAGNE Directeur-adjoint: Jean-Gaston RIOUX Attachés Poly: Marcel PATRY HEC: Roméo VEZINA Architecture: Jean-Louis LALONDE NOUVELLES et CUP Chef des nouvelles: Henri-Paul FARAND Assistant: Lucien LANGLOIS Chroniqueur sportif: Jean-Claude LAURENCE RÉDACTION Rédacteur en chef: Jean-Baptiste BOULANGER Secrétaire à la rédaction: Claude LAMARCHE Rédrcteurs Marcelle BESNER Piere LÉFEBVRE Roland CHAUVIN François LÉGER Raymond DAVID Jean-Marc LÉGER Noël FALAISE Jean MARTINEAU d'lberville FORTIER Robert MASSE Pierre GODI Gaston MORIN lerre HARVEY François PÉLADE AU Claude-G.JARRY Jacques ROUSSEAU Camille LAURIN Martin WHELAN Imprimé par LA CIE DE PUBLICATION LA PATRIE 180 est, rue Ste-Catherine \u2014 Montréal Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottewa "]
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