Le Quartier latin, 2 mars 1965, Supplément semaine de l'éducation
[" 1e Quartier Ju Gimn.supplément semaine de l'éducation OPERATION 55 Prélude d'une métamorphose Récemment le nouveau ministère de l'Éducation lançait sa première grande offensive en vue de réformer, par la base, le système scolaire de notre province.Bien malins sont ceux qui pourraient au- jourd'hui prédire en toute certitude les visées exactes du nouveau \u201cDieu le Père qui est à Québec\u201d.Certes, nous savons que l'Opération 55 s'est vu fixer des objectifs précis à savoir, la régionalisation à l\u2018échelle provinciale des commissions scolaires, la mise en place d'un équipement scolaire répondant aux besoins créés par la démocratisation de l\u2019enseignement, la création de comités régionaux de planification scolaire, la collaboration au niveau régional du ministère par l'entremise de conseillers en organisation scolaire, une nouvelle politique de financement en ce qui concerne spécialement l'enseignement professionnel.Mais, conséquemment à tous ces projets, ne serait-il pas permis d'anticiper le restructuration à la base de notre système scolaire ?Sans vouloir hasarder des affirmations fra- eassantes qui risqueraient d'être sans fondement, il semble possible, à l'aide d'une analyse de l'évolution récente des structures, et à la lumière de certaines déclarations faites en haut lieu, d'avancer un certain nombre d'hypothèses, qui, à la rigueur, pourraient s'avérer opportunes au long du dialogue qu'entend poursuivre le ministère de l'Education au sujet de réformes futures.L'ETAT, SEULE AUTORITE LOGIQUE Deux grands principes ont implicitement joué en faveur de la création d'un ministère de l'Education.Le premier, c'est le principe de la responsabilité; près d'un tiers du budget gouvernemental est maintenant consacré à l'éducation.Le second, c'est le principe de l\u2018unité; il n\u2019est plus possible aujour- d'hui d'envisager une action efficace, sans passer par une seule ligne d'autorité.Si nous reiournons en arrière, l'histoire nous apprend que deux raisons principales ont milité pour la création de commissions scolaires; il y avait d'une part le désintéressement de l'Etat à la chose scolaire et d'autre part le désir des parents de créer des écoles paroissiales.Les motifs de ces politiques venaient de traditions moyenâgeuses qui avaient fait de l'éducation une affaire d'Eglise.Parents et Etat n\u2018y étaient invités que pour autant qu'ils pou- voient justifier et faciliter cette formule.Cependant à cause de l'évolution sociale, provoquée par les progrès scientifiques, les commise sions scolaires se retrouvent aujourd'hui dans l'ime possibilité de répondre financièrement aux besoins éducatifs de leurs populations.Au même moment et pour les mêmes raisons, l'Etat réalise que son progrès tant culturel que politique et qu'économique, est fonction même de la plus ou moins grande productivité de son système d'éducation.I! comprend aussi que le temps est venu pour lui de pren dre en main ce levier et de s'en servir comme instrument de sa réalisation.L'ère de l'Etat-paroisses cède le pas à l'ère de l'Etat-régions économiques.Or à ce stade, seul l'Etat peut pourveir aux exigences en matière d'éducation par une planification répondant à ces exigences.ET, LES COMMISSIONS SCOLAIRES .Nous énoncions tantôt le principe de l'unité de direction au sein de notre système scolaire.La mise en oeuvre d'une planification à l'échelle provinciale nécessite de fait un principe directeur émae nant d'un même niveau et qui ne peut s'exercer Paul GERIN-LAJOIE qu'en ligne droite selon une délégation d'autorité et de pouvoir du haut vers le bas.La place qu'eccupaient jusqu'à tout récemment les commissions scolaires dans notre système ne cadre plus aujourd'hui, à cause de cette nou- veille dimension qu'est lo planification à l'échelle régionale dans un complexe d'envergure provin- ale.A quoi cet état de chose était-il dû ?Tout sime Dans ce numéro @ Eduquer c'est graisser @ Chez les profs, un syndicalisme nouveau @ l'Eglise et le révolution tranquille plement au fait qu'historiquement le pouvoir de taxation local fut accordé pour répondre à un besoin local, et que, selon le principe \u201cNa taxation without representation\u201d, le peuple avait besoin de gens responsables pour s'occuper de l'administration des biens qu'il octroyait à l'éducation paroissiale.En fait, nous constatons aujourd'hui que les Commissions scolaires, étant donné la très grande participation de l'Etat à leur financement, se doivent de lui rendre compte de leur administration.ll! est à prévoir que cet état de chose s\u2018accentuera à cause des besoins toujours grandissant de l'éducation, et de l'impossibilité pour les commissions scolaires de mojerer continuellement les champs de taxation actuellement mis à leur disposition.Il devient donc évident, à cause d'une part d'un besoin de planification qui dépasse le niveau local et régional, et à cause d'autre régionale, mais seraient cependant responsables devant le minis- fre et recevraient leurs pouvoirs de ce dernier.Cette formule ranimerait malheureusement les dangers et difficultés connus jusqu'ici.Soulignons le risque de voir élire des administrateurs peu qualifiés, à moins d\u2018une législation plus sévère, et la possibilité de conflits entre les échelons de la hiérarchie d'autorité, les priorités provinciales contrecarrant les priorités régionales ou vice versa.Les deux solutions nécessiteraient la présence d'organismes conseils.La première demanderait un comité consultati fformé de représentants régionaux plus près des besoins du milieu.La seconde obligerait l'autorité provinciale à déléguer des conseillers pour faire valoir ses directives et demanderait aussi la présence d'un comité consultatif régional.En fait, on retrouve ici, deux des objectifs mis de l'avant par l'Opération 55.Une troisième solution, aussi efficace que la première et aussi démocratique que la seconde, sa situerait à mi-chemin.Il s'agirait d'une commission, toujours responsable devant le ministre, formée en nombre égal de représentants du ministère et de représentants de la région.Les premiers seraient nommés par le ministre, les seconds élus par un comité consultatif régional parmi ses membres.Cette formule aurait à son crédit plusieurs avantages, à savoir une coopération plus grande entre le ministère et les commissions scolaires, une Intégration plus lucide des besoins régionaux, la présence de gens compétents dons l'administro- tion de la chose scolaire, un dialogue ouvert entre les organismes intermédiaires et la commission scolaire, enfin une plus grande possibilité de participation et de compréhension pour le peuple en face de la politique scolaire.NOUVEAU STATUT, NOUVELLE RÉSPONSABILITE Deux transformations nous apparaissent donc essentielles pour la survivance de la commission scolaire.La première concerne son statut; la commission scolaire devra s\u2019incorporer à l'intérieur même des structures hiérarchiques commandées par l'orientation nouvelle de notre système scolaire.La seconde consistera à s'adapter continuellement eux impératifs croissants du monde de l'éducation, d'abord par une compétence reconnue et aussi par une ouverture d'esprit sur le milieu.Ce sont là deux conditions pré-requises à une dé- centralisaiion valide et progressive.Reste maintenant à savoir, si nous assisterons bientôt & une telle métamorphose ! Denis MASSE x 2 MARS 1965 LE QUARTIER LATIN * Eduquer c'est graisser La société canadienne-fran- çaise n'est plus lc même qu'\u2019elle était il y à un quart de siècle; dans un quart de siècle, elle ne sera plus ce qu'elle est actuellement.Qu'on le veuille ou non, qu'on l\u2019accepte ou non, nous faisons tous partie d'une société en évolution.Comme dans une roue qui tourne où chaque rai doit suivre le précédent et où tous les rais tournent à vitesse égale, tous les secteurs d'activité doivent se développer rapidement et à un rythme uniforme.Certes il est urgent qu'augmente le nombre de techniciens, d'hommes d'affaires, de chefs, si l'on veut que la roue tourne.Mais peut-on se permettre d'accroître la quantité sans penser avant tout à la qualité; peut-on se permettre de faire tourner la roue sans graisser le moyeu ?La roue tournera si le moyeu manque de graisse, mais dans quel grincement infernal tournera- t-elle ?L'éducation est au centre de Ja société, tout comme le moyeu est au centre de la roue.En effet, depuis quelques années surtout, notre société cana- dienne-française est axée .sur l'éducation, et il faut qu'il en soit ainsi afin que tous les secteurs se développent sur un même pied d'égalité.L'industrie s'accroît à un rythme accéléré.Pour prendre en moin notre industrie, le système éducatif doit lui aussi se perfectionner.Il faut graisser le moyeu afin que la roue tourne harmonieusement.Mais en quoi consiste essentiellement ce mot \u201cEducation\u201d?Eduquer, c'est avant tout former pour instruire ou plutôt former en instruisant.Eduquer, c'est graisser le moyeu de la société.Formation et instruction constituent un tout qu'on ne peut dissocier à moins de rompre l'équilibre, ainsi en est- il des différents éléments constituant le moyeu et permettant son bon fonctionnement.La formation est essentielle à l\u2018instruction si l\u2019on veut que nos personnes férues de connaissances puissent occuper un jour les postes de commande Un professeur-graisseur vu par un élève qui les attendent, comme la graisse est essentielle afin d'assurer un roulement doux.Mais qui doit appliquer la ma- fière grasse ?À qui incombe la tâche d'éduquer nos jeunes?L'éducation n'est certes pas le fruit de la génération spontanée, mais s'acquiert après un effort des deux parties en cause, soit l'éduqué et l'édu- cateur, c'est-à-dire entre un agent principal et un agent auxiliaire.On y a mis du temps, mais on est enfin parvenu à la conclusion que l'éducation repose sur l'activité personnelle de Véduqué.L'éducation reposant sur l'activité personnelle de l'élève, la fonction de Jl'éducateur est d'inspirer, d'éveiller, c'est-à-dire de former lintelligence de l'enfant plutôt que de la gaver de connaissances.Le but de l'éducateur est maintenant de montrer à l'élève à se servir de ses facultés intellectuelles.Ce premier travail de formation accompli, l'éducateur poursuit son oeuvre formatrice en servant de guide, de directeur de travail.Ainsi l'élève travaillera lui-même à sa propre formation en s'instruisant et par conséquent il participera à son éducation.ll s'agit donc d'une outo-éducation \u201csupervisée\u201d\u201d.Dans cette optique, l\u2018éducation devient un contrat entre humains, c'est-à-dire une rencontre entre des jeunes (ou moins jeunes) avides de nourriture et un pêcheur à son retour d'une excursion fructueuse.Le pêcheur peut rassasier les bouches affamées en leur donnant le fruit de son travail, mais demain ils auront encore faim et devront faire comme aujourd'hui: mendier: s'il leur apprend à pêcher, il les nourrit pour la vie.Nos je unes véritablement éduqués, c'est-à-dire formés ep instruits, pourront, à la fin de leurs études, prendre une part beaucoup plus active dans la marche de la société.lis n'ay.ront pas à culquer les autres plusieurs années avant d\u2018agir.lis seront prêts car ils seront formes.Le chauffeur d'automobile sait très bien que s\u2019il ne fait pas graisser son véhicule, il entendra sous peu des criquets ici et là; l'éducateur doit savoir que s'il ne vise pas la forme- tion mais uniquement l\u2018instruction, ses élèves ne pourront s'intégrer harmonieusement dans le grand tout que constitue la société.Gilles LAROCQUE Ecole Normale Secondaire\u201d l\u2018Ecole Normale Secondaire a été fondée en 1941.Elle constitue une corporation civile munie d'une charte provinciale.Au point de vue académique, elle a le statut \u201cd\u2018école affiliée\u201d à l'Université de Montréal, en vertu de la Loi concernant la charte de l'Université de Montréal, 14 Georges Vi, chapitre 142, sanctionnée le 29 mars 1950.l'école \u201caffiliée\u201d à l\u2018Université de Montréal est une école qui accepte les règlements et le programme que l'Université a établis comme siens, dont cette dernière dirige les examens universitaires, selon des statuts d'affiliation arrêtés d\u2019un commun accord, et à laquelle l'Université décerne ses propres diplômes\u201d (article 1, pa- ragrophe c).Le but de l'Ecole Normale Secondaire est de préparer des - professeurs pour le niveau secondaire.Sans doute, la première chose qu'on demande à un professeur, c'est la compétence.Aux yeux de l'Ecole, cette compétence doit comporter deux éléments essentiels : 1) une préparation psycho-pé-.dagogique; 2) une spécialisation dans une ou plusieurs matières à enssigner.l'Ecole croit que pour faire oeuvre d'éducation auprès des adolescents, le maître doit avoir une connaissance valable de l'adolescent lui-même, des étapes de sa croissance, des fins éducatives qu\u2019il s\u2019agit de poursuivre, du système scolaire où s'exerce l'éducation, des lois de l'apprentissage et des techniques diverses d'enseignement.C'est là proprement le champ d'une préparation psycho-pédagogique.Mais la préparation psycho- pédagogique, seule, ne suffit pas.Le futur éducateur du niveau secondaire doit avoir une préparation très solide dans la ou les matières qu'il enseignera.C\u2019est pourquoi, l'Ecole consacre une part importante de son horaire à la spécialisation du futur éducateur.l'École ne croit pas que la spécialisation, seule, suffise à préparer un éducateur de niveau secondaire mais elle considère cette spécialisation comme absolument indispensable au même fitre que la préparation psycho-pédagogique.C'est dans l'union de ces deux éléments, tous les deux essentiels, que réside, selon l'Ecole, la préparation d'un éducateur de niveau secondaire.(1) Tiré de l\u2019onnuaire 1964 de l'Ecole Normale Secondaire.ECOLES D'EDUCATION SUR LE CAMPUS Institut pédagogique St-Georges ( Au début de l\u2019année 1929, Mgr Georges Gauthier, alors archevêque coadjuteur de Montréal, conçut le projet d\u2019un Institut universitaire de pédagogie destiné aux instituteurs de la province désireux de parfaire leur formation professionnelle.Et, afin d'assurer la perpétuité de cette fondation, il voulut la confier à la plus ancienne communauté de frères enseignants, celles des Frères des Ecoles Chrétiennes.C'est ainsi que fut créé l'Institut pédagogique qui prit le nom de Saint-Georges pour se recommander de son fondateur.Demandée le 17 septembre 1929, l'affiliation à \u2018Université de Montréal fut accordée le 26 septembre de la même année.C'est en vertu de.cette affiliation que l\u2018Université décerne aux étudiants de l'Institut Pédagogique Saint- Georges le baccalauréat et la licence en pédagogie, Après des débuts assez modestes, l\u2019Institut Saint-Georges prit vite une expansion qu\u2019on aurait eu du mal à prévoir.Les programmes se fortifièrent, les exigences augmentèrent, les élèves affluérent.Aux premiers inscrits, tous frères enseignants, se joignirent des instituteurs laïques en 1936, des institutrices en 1941 et des religieuses enseignantes en 1945.Si bien que le nombre des élèves passa de 14 en 1930, à 71 en 1940, à 237 en 1950, à 411 en 1960, à 650 en 1964 et à 800 en 1965.En septembre 1961, l\u2019Institut inaugurait des cours pour les étudiants à temps complet.la première inscription s'éleva à 23, tous candidats au baccalauréat en pédagogie.L'année suivante, 77 étudiants s'inscrivirent à temps complet, dont 12 à la licence en pédagogie.En 1964, le nombre des étudiants à plein temps s'élevait à 172 dont 56 à la licence.Le programme octuel de licence comporte une scolarité de trois ans, À ces effectifs, il faut encore ajouter les étudiants inscrits aux cours de vacances inaugurés en 1939, dont les contingents ne cessent de grossir d'année en année : 24 inserits aux vacances de 1939, 146 à celles de 1952, 550 à celles de 1964.L'Institut Pédagogique Saint- Georges s'honore aujourd'hui de compter parmi ses anciens des personnalités bien connues du monde pédagogique, des Inspecteurs, des directeurs d'études, des principaux et des assistants principaux d'écoles primaires et secondaires dans toute la province.Depuis sa fondation, il ne s'est pas contenté de dispenser un enseignement théorique.Plusieurs de ses professeurs et de ses gradués ont poursuivi des recherches intéressantes, principalement dans le domaine du vocabulaire des enfants canadiens-frangais, dans la catéchistique et dans l'étude des aptitudes intellectuelles.L'Institut a édité une série d'épreuves d'hobileté mentale et d'inventaires de tempérament et de caractère fort utilisés dans l\u2019orientation scolaire et très appréciés des éducateurs.ll a également publié une série de bulletins distribués à toutes les écoles et facultés de pédagogie qui se livrent comme lui à la recherche en éducation.La thèse de licence imposée à partir de 1961 à tous les étudiants de la licence, la réorganisation de la bibliothèque spécialisée amorcée en 1961 permettront vraisemblo- blement la publication d'un nombre toujours plus grand de travaux scientifiques de première valeur.(1) Tiré de l\u2018annuaire de I'.U.S.G. Chez les enseignants Un syndicalisme nouveau Les enseignants depuis la révolution \u201ctranquille\u201d ont été les cibles préférées des réforma- tours dans le domaine de I'éducation.Les corps enssignants ent reçu tous les qualificatifs d'incompétence et d'inefficacité.Comme si tout était de leur faute.Pourquoi accuser seulement que les enseignants ?Il aurait fallu accuser tout notre milieu, car la condition sociale du professeur en dépendait largement ainsi que sa condition professionnelle.Qui nommait des commissaires d'école illettrés ?Qui.UN SYNDICALISME REVENDICATIF Les conditions de travail, les salaires, la sécurité d'emploi, la sécurité sociale, il n'y a pas tellement longtemps, au lieu d'attirer des personnes qualifiées, les éloignait d\u2019une profession si peu acceptée.C'est à partir de cette mise au point que l\u2019on peut comprendre pourquoi le syndicalisme des enseignants à toujours eu une attitude revendicative.Il fallait que les syndicats rendent la profession plus attrayante, surtout dans les régions éloignées.fl fallait que les syndicats continuent à travailler à l'amélioration de la sécurité sociale.ll fallait que les syndicats revendiquent.avec des moyens pénibles et laborieux, c'est-à- dire la conciliation et l'arbitrage.CE TEMPS EST REVOLU Oui, ce temps est révolu de la revendication incessante.Ainsi, le dernier conflit entre la C.E.C.M.et l'Alliance des Professeurs nous montre comment les senseignants avaient peu d'armes pour lutter.La grève était illégales un arbitrage, dangereux.La formule de l\u2019arbitrage pour les instituteurs de Montréal demeure injuste : un représentant de la commission scolaire (quatre commissaires sont nommés par le gouvernement), un représentant nommé par le ministre et le représentant du syndicat; donc, deux contre un.De toute façon, dans toute législation normale, lors d'un malentendu sérieux, la grève demeure un recours et un droit logique; les enseignants n'ont pas ce droit.Les : membres de l'Alliance ont voté faiblement la grève même illégale; mais pendant que ceux- ci essayaient de se solidariser davantage; la C.E.C.M.acceptait des clouses importantes, Mais qui ne portaient pas sur le salaire.En réglant ces arti- cles (nombre d'élèves par clas- KX se et cours de perfectionnement), la C.E.C.M.enlevait à $ l'Alliance des raisons graves de faire la grève; finalement celle-ci à dû accepter un com- | promis portant sur les augmentations de salaire.S'il y avait eu possibilité de grève légale, l\u2019\u2018Alliance aurait pu remporter des gains raisonnables, pen- sons-nous, et un climat plus sain existerait entre la commission scolaire et ses employés.Ce temps est révolu, car probablement qu'à la session présente, le gouvernement donnera droit de grève aux enseignants.Les négociations seront plus normales et les syndicats n'auront plus à REGROUPER TOUTE LEUR FORCE pour lutter à chaque convention collective.Ainsi le syndicalisme revendicatif ne sera plus l'unique objet des syndicats pour enseignants.POUR UN SYNDICALISME POSITIF Maintenant, le syndicalisme des enseignanis pourra évoluer, car jusqu'ici, pour des raisons évidentes, il a manqué d'unité, d'ouverture sur le monde et de vie interne active.La CIC s'attaque enfin à l\u2019unification de la profession.Un éditorial de Léopold Garant souligne les avantages de ce regroupement : la consultation des éducateurs sur les questions d'éducation sera accélérée et plus efficace; le travail de chacun des secteurs de l'enseignement sera mis en commun; les gouvernants n\u2018auront plus a consulter neuf à dix groupes et une seule voix sera plus auto- majeur est bien mis en évidence : \u201cIl est bien évident qu'une Pourquoi un syndicalisme revendicatif ?profession est économiquement plus forte qu'une profession morcelée comme l'est la nôtre présentement.Parce que nous présentons souvent à nos employeurs et à l'autorité provinciale des réclamations diver- geantes, il arrive que l'influence de l\u2019un annule l'influence de l'autre.Chacun voit ainsi s\u2018accroître la difficulté de ses négociations; chacun est forcé de renverser dans son progrès, des obstacles qui ont été dressés justement par des collègues qui ont plaidé leur cause sans penser aux répercussions générales de leurs arguments.\u201d Une profession économiquement forte signifie beaucoup.Plus une force économique est assumée, plus cette force se transpose dans les autres domaines de l\u2019activité humaine.Au moment où une securité matérielle et sociale est établie, il est plus facile de songer aux problèmes socio-culturels et éducatifs.Au lieu de vendre de l'assurance, certains professeurs pourraient agir activement au sein de leur association.Le centre du problème se découvre; il ne faut pas craindre l'unification.Notre vie syndicale doit aussi s'ouvrir sur le monde.Evitons toute forme de narcissime, cessons de regarder notre unique objet : l'éducation.Que celui-ci ait une primauté, d'accord.Il faut que nos syndicats prennent position aussi sur les diverses questions de l'univers politique, économique et socio - culturel.Toute association a le devoir d'alerter l'opinion publique.Avons-nous vu la CIC déploré le samedi-de-la-matraque ?La CIC s'est-elle questionnée sur l'avenir du Québec dans la Confédération ?La vie interne de nos associations semble manquer de dynamisme.On se plait à dire qu'il n\u2019y a qu'un moyen de grouper des instituteurs : les promesses d'une augmentation de salaire; alors, que les comités d'étude sont délaissés.Opinion exagérée mais avec une part de vérité.Dans l\u2018Instruction Publique de mai 1964, La- val Grondines écrit : \u201cEtant un membre actif de son syndicat local, de sa fédération et de sa corporation provinciale, en assistant aux diverses réunions, l'enseignant trouve une tribune pour exprimer sa pensée, proposer ses solutions aux différents problèmes et communiquer son enthousiasme aux confrères et consoeurs.\u201d Le mot d'ordre est lancé : disponibilité.Que tous soient responsables est invraisemblable; mais que tous collaborent, participent et acceptent certaines charges à l'occasion est ce qu'on nomme la \u201cresponsabilité collective\u201d.C'est à ces conditions que le syndicalisme des enseignants pourra évoluer et ainsi redonner la place que cette profession mérite d'avoir.Les exigences du Rapport Parents en ce qui concerne la formation des maîtres aidera aussi la profession; mais les syndicalistes enseignants devront prendre leurs responsabilités.Gilles EMERY Education, actualité quotidienne\u2018 Depuis quelques années, l'intérêt pour l'éducation croît d'une façon géométrique, L'an 1964 fut une année marquée de plusieurs événements aussi importants les uns que les autres.Ce fut tout d'abord la création du ministère de l'Education, puis la création du Conseil Supérieur de l'Education, il s'ensuivit l'Opération 55 et la parution du deuxième et troisième tomes du rapport Parent; du côté des étudiants, la fondation de l'UGEQ apparaît comme un teurnant majeur dans l'évolution des associations étudiantes.l'année 1965 ne saurait être moins fertile; c'est pourquoi les associations d'étudiants des écoles universitaires de pédagogie de l'Université de Montréal font front commun pour organiser la première semaine de l'Education à l'Université.Le thème est: \u201cEducation, source de progrès\u201d.Au cours de cette semaine, nous avons invité quelques- uns des responsables de ces événements majeurs de l\u2019an 1964.Entre autres, nous espérons recevoir la visite d'un éminent fonctionnaire du ministère qui viendra nous exposer la politique du ministère, sa structuration, ses réalisations et ses profits futurs.M.Jean-Marie Martin, président du Conseil Supérieur d'Education, a accepté notre invitation et nous exposera le rôle que doit jouer cet organisme appelé \u201cla Conscience du Ministère d'Education\u201d.Mercredi, le V0 mars, une voix syndicale viendra se faire entendre, Le frère Deshaies, président de l\u2019Association d'Education du Québec, nous parlera de l'intégration des religieux enseignants avec les associations d'éducateurs laïcs.Il nous fera également connaître de quelle façon les relie gieux enseignants peuvent coopérer à la réalisation des recommandations du rapport Parent, Jeudi, le 11 mars, il y aura une table ronde autour de laquelle nous retrouverons M.Richard Joly, membre du Conseil Supérieur d'Education; M, Lévis Sauvé, président de la Fédération des Commissions scolaires catholiques du Québec; le Père Cousineau, recteur du collège Ste-Marie, et possiblement un membre de la commission Parent.Chacun d'entre eux exposeru ses vues sur la réalisation des recommandations du rapport Parent et ils répondront aux questions de l'assistance.Av cours de cette semoine, il y aura une exposition montrant les éléments qui seront la source du progrès de l'éducation.L'éducation étant maintenant l'affaire de tout le monde, une part active de tous les étudiants devrait assurer le succès de cette semaine.Gilles LAROCQUE, Michel DUCHESNE.NILVT UZLLAVANO 31 = S96L S¥VYW Z + . Ja * 2 MARS 1965 LE QUARTIER LATIN * LA METHODE CUISENAIRE - .\u201c réglettes Cuisenaire, s il respec- La méthode Cuisenaire! || y a du pour! Il y à du contre! On la critique, on le défend, on la démolit! Mais qu'est-ce exactement cette méthode dont l'avénement dans le monde Education fait tellement couler d'encre ?Voici l'opinion du profane que je suis; opinion que je me suis formée à la suite de cours suivis, de conférences eniendues, de livres parcourus, de quelques visites dans des classes expérimentales et surtout de ma propre expérience avec des enfonts du cours primaire.Cuisenaire s'avère une méthode psycho-pédagogique; une méthode d \u201censeignement.autodidacte\u201d des éléments de mathématiques modernes au moyen des \u201cnombres en couleurs\u201d.Ce terme \"enseignement .autodidacte\u201d qui semble équivoque, déborde de richesse significative.Désormais Finstituteur permet à l'élève de traverser le vaste champ des mathématiques en suivant le chemin des écoliers; il lui reconnaît le droit de se : tromper; il attache plus d'importance à la recherche personnelle de l'enfant qu'à la réussite d'un exercice imposé et solutionné de la même manière par tous les élèves d'une | même classe selon les techniques brillamment exposées auparavant au fableau noir.N'est-ce pas ainsi plus logique et naturel?En science, certaines erreurs ne sont-elles pas devenues célèbres par les découvertes qu'elles occasionnent ?En effet, cette méthode repose sur des fondements qui correspondent aux données psychologiques.C'est la psychologie appliquée du \u201cdécouvrir pour comprendre, et pour apprendre ensuite.\u201d On laisse l'enfant s'exprimer et réaliser ses immenses possibilités que recéle son cerveau.EXPRIMER et REALISER se développent parallèlement el l\u2019enfant qui va à la conquête des mathématiques doit les chausser.Si nous, Educateurs, voulons une génération f ture réalisatrice, bien équilibrée sur ses deux pieds, permettons-lui durant son apprentissage scolaire de s'exprimer, de boiter, de lomber, pour ensuite marcher d'un pas allègre.Par conséquent, la inémorisation revêt un aspect secondaire, car l'enfant retient trés facilement ce qu'il comprend et développe des automotismes qui dépassent de beaucoup les prévisions du maitre, de l\u2019adulte.Cette méthode de découvertes personnelles et constantes alimente et soutient l\u2019intérêt de l'enfant, autorise chacun à s'épanouir selon son rythme, \u2018 son potentiel intellectuel et ceci sans nuire à son voisin.Lais- sons-lui le temps de prendre son souffle et renonçons à toutes comparaisons entre premiers et derniers.Ainsi Louise, élève de première année, écrira : sep! égale un tiers multiplié por neuf plus deux au carré; alors que Luc composera : 7 égale la racine cubique de cent vingt-cinq plus une demie multipliée par une demie multipliée par vingt moins la racine cubique de vingt- sept.Devant ces exemples, quelques-uns adopteront l\u2019'admiration voire l'ébahissement, d'autres le specticisme.Devant ces \u2018\u201c\u2019égalités intéressantes\u201d, (terme Cuisenaire), nous constatons des talents différents et des efforts proportionnés à ces 1a- lents.N'est-ce pas ce qui importe, l\u2018élément essentiel qui contribue à la formation des cerveaux.des hommes ?Donc chacun marche à son pas dans ce vaste champ mathématiques, franchit les clôtures à sa façon sans n\u2019être jamais limité.a FA te \u201cOn laisse l'enfant s'exprimer et réaliser les immens pes Exprimer et réaliser C'est donc dire que grâce au matériel Cuisenaire, que sont les réglettes, l'étude des mathématiques devient un jeu des plus amusants et une source intarissable de découvertes depuis la première année jusqu'à la fin du cours.Depuis toujours, à travers le globe, cette science n'était et n\u2018est-elle pas un caillou que la plupart des étudiants traîne dans son soulier?Une petite de 6 ans, en présence d'une de ses découvertes qui la remplissait d'admiration s'écria: \u201cMademoiselle, jamais je n'aurais cru qu'il y avait autant de choses cachées dans ces petits bâtons- là !\u201d Ici, peut-être, relèverez-vous l\u2019objection préférée de ceux qui ne connaissent pas suffisamment la méthode Cuisenai- re: \u201cles éléves deviennent esclaves des réglettes\u201d.Le maitre qui utilise la méthode et les Xp ad 22 3 te le but pour lequel elles ont été inventées: la découverte et la vérification, verra ses élèves ignorer très rapidement la boîte de réglettes après avoir observé et saisi la signification d'une situation mathématique; car ceux-ci pensent et écrivent beaucoup plus vite qu'ils manipulent les réglettes.Ce matériel Cuisenaire n'est qu'un instrument et c'est pourquoi on peut continuer à enseigner d'une façon traditionnelle avec ce moyen concret.Il équivaut sûrement toutes les séries de pommes, d'oranges, de crayons, de craies.que les enfonis de première année doivent compter, décompter, recompter, et que sais-je encore.Cependant, employé avec la méthode appropriée \u201cCuisenaire\u201d, ce moyen pédagogique fonctionne avec un rendement maximum.3s possibilités que recèle son cerveau\u201d.Mais là encore, avec ce matériel, chacun va son \"p'tit bonhomme de chemin\u201c: .; les sujets brillants utilisent les réglettes pour un court lops de temps; les élèves qui éprouvent de la difficulté avec l'abstraction intellectuelle manipy.lent plus longtemps.Ou encore avantage impayable, il permet, quand il y a erreurs dons le travail écrit exécuté sans té.glettes, de vérifier et corriger la faute de l'élève par l'élève, Le slogan: \u2018\u2019Faites-le vous-mé- me\u201d est trés à lo mode.Il y a donc autocorrection de lo part de l\u2018élève ie.du sujet à corriger.Ne guérit-on pos le mal par la cause ?Cependant, il ne faudrait pas croire qu'il suffit de toucher ces \u201cbaguettes\u201d magiques pour qu'aussitdt linflux mathématique vous électrifie, vous illumine le cerveau, pour qu'immédiatement pousse la bosse des mathématiques.Le maître Cuisenaire s'entoure toujours d'enfants à l'intelligence humaine oÙ se croisent erreurs, faiblesses, réussites, succès ; une intelligence qui devra surmonter des obstacles nécessoi- rement.lo méthode Cuisencire se conforme & une autre donnée de la psychologie moderne.Pendant longtemps, on a cru que les mothématiques résidaient dans I'étude du nombre et de l'espace, mois oujour- d'hui, cette science étudie les relations entre les êtres mathématiques.Et chez l'enfont, on a décelé que la notion de relations précède celle du nombre.(On n\u2019a qu\u2018à consulter les travaux de Piaget.» Avec le matériel Cuisenaire, l'instituteur fait précisément oppel à la notion relation avont celle du nombre.La genèse du nombre chez l'enfant qui se dé veloppait 1raditionnellement par comptage, s'élabore ovec les réglettes par la mesure de la longueur des réglettes et la notion d'ordre croissant et décroissant établi entre les réglettes et les \u201ctrains\u201d de réglettes.Et l'enfant peut continuer longtemps ces découveries de relation; le champ est immense et infini.La valeur mothématique de la méthode issue du motériel Cuisenaire réside dons le foit quelle est susceptible d'être expérimentée en ferme de relation.(Initiation à le méthode).Les fondements psychologiques et les fondemen's mathématiques du motériel Cuisenaire se compénètrent.s'imbriquent el se complètent.> e la méthode cuisenaire l'emploi de la méthode suscite inévitablement certaines difficultés d'un caractère ex- frinsèque à la méthode: formation mathématique insuffisante, liaison avec le programme traditionnel, incapacité des parents à aider leurs enfants ou leur rebuffade devant un matériel qu\u2019ils prennent pour un jeu; manque de personnel qualifié.Ce dernier item \u201cpersonnel enseignant\u201d est d'une importance capitale à \u2018assurance de la survivance et de l'expansion de Cuisenaire.L'éducateur qui adopte cette nouveauté pédagogique, accepte également de faire peau neuve; car c'est chez celui-ci que se produit le changement.M.Cuisenaire disait qu'il n'est pas essentiel de suivre des cours spéciaux pour s'adonner à sa méthode; il suffit de se libérer d'abord l\u2018esprit des aspects périmés de la pédagogie traditionnelle de l'arithmétique, d'apprendre à ne pas enseigner, mais à orienter l'élève vers la découverte, puis, bien comprendre les manuels et des guides déjà publiés, Pour ma part, je doute Lorsqu'il désire LOUER un habit de cérémonie à un prix économique, LE CARABIN, soucieux d'être un homme bien mis, s'adresse à : 9 ouest, rue Notre-Dame 842-3901 M.A.BRODEUR ENRG.TAILLEUR \u2014 MERCERIE Bernard Brodeur Paul Brodeur, Pe.\u201824 | props Le seule maison canadienne-française de ce genre Etablie depuis 1890 Clest | = psychologie oppliquée \u201cdu découvrir pour comprendre ét pour apprendre ensuite\u201d.% de cette affirmation concernant les cours spéciaux, mais j'accepte volontiers que la meilleure manière d'étudier la méthode est d'avoir la main à la pate avec un pétrissement nouveau car ce n'est pas la recette qui fait une bonne pate mais la manière d'utiliser cette recette.Comment faut-il opérer cette transformation ?M.Gattegno nous répond tout simplement: \u201cMes élèves sont mes maîtres.\u201d Ce programme comporte donc 2 parties: faire confiance à nos enfants et se préparer à exploiter leurs talents.C'est là, à mon sens, la grande responsabilité des professeurs et leur devoir le plus impérieux.Devant la richesse des aptitudes mathématiques \u2018 ses élèves, le mai- tre s'efface; il n'éblouit pas.Il est le guide qui se gare pour que ses voyageurs v-' t.Pour mettre en relief la différence d'attitude du maître Cuisenaire et celle du titulaire traditionnel, permettez-moi de souligner l\u2018.necdote que Madeleine Goutard écrit dans \u201cLes mathématiques et les enfants\u201d: \u201cNous avions invité le directeur de la Faculté de pédagogie de l\u2018Université de Sherbrooke à visiter une classe d'enfants de 6 ans de cette ville.Les petites filles se mirent à composer librement sur une feuille blanche, l\u2019une d'elles, qui avait copieusement rempli la sienne, s\u2019en vint nous la montrer.Notre visiteur me signala du \u2018doigt une ligne qui paraissait \u2018dénuée de tout sens.Je de- 'mandai simplement à l'enfant: \u201cPourriez-vous nous lire ce que vous avez écrit ici, nous ne comprenons pas bien.\u201d A la lecture de l'enfant, nous nous aperçûmes qu'à un endroit nous avions cru voir 4 alors qu'il fallait tire 1+, les 2 symboles se trouvant trop rapprochés.Nous nous contentémes de remercier la petite avec un air visiblement satisfait de Vex- plication.Elle s'en fut alors porter sa feuille à lu directrice de l\u2018Ecole normale qui se trouvait dans un autre coin de la classe et elle lui dit d'un air fort aimable et engageant: \u201cS'il y à quelque chose que vous ne comprenez pas, vous pouvez me le demander.\u201d lif n'est donc pas nécessaire de lire entre les lignes pour savoir qu'elle est lattitude que le maître doit tenir envers sc marmaille.Elle lui dicte quo: faire.Le maître guide les élèves; mais ceux-ci dirigent celui-là, Il y a interaction ! Cependant le maitre qu: adopte Cuisenaire admet automatiquement un surplus dc travail (30 élèves, 30 corrections différentes plus ou moin: élaborées;) il accepte égale ment de travailler en équipe de rencontrer périodiquemen: ses confrères pour une mise er commun de leurs problèmes.de leurs lacunes et de leurs découvertes; il éprouve une certaine appréhension parce qu'un changement radical doit s'effectuer, (c'est celui du passage de l'attitude magistrale à une attitude de recherche); il sera soumis à certain tâtonnement, à une certaine insécurité car si les élèves se sentent très à \u2018aise avec ce renouveau pédagogique leur instituteur se cherche.Je terminerai ce monologue de profane convaincue sur une note d'optimisme en rapportant les paroles de M.Bilodeau prononcée lors d'une de ses conférences à Québec: \u2018Personne n'aurait alors imaginé une expansion aussi rapide de la méthode Cuisencire.On reproche parfois aux enseignants leur traditionnalisme bien ancré; la diffusion de la méthode Cuisenaire montre au contraire, que de très nombreux maîtres sont disposés à exprimer des nouveautés pédagogiques valables.\u201d - Étude faite G ité lat rafuité scolaire.On pourra objecter que ce qui suit n'est que jeux de mots; il reste que, si l'on veut se comprendre et surtout être compris, il faut appeler un mouton : mouton.Se payer de mots embrouille, heureusement parfois, mais se payer les mots qui conviennent facilite la compréhension, spécialement en face d'un interlocuteur honné- te.L'expression \u201cgratuité scolaire\u201d porte à faux, elle peut induire en erreur, elle crée tout au moins une attitude négative devant le problème.Le mot \u201cgratuité\u201d équivaut à: sans raison suffisante, pour rien.Quoi de plus mensonger que d'accoler un tel mot à \u201cscolaire\u201d.En effet, de deux choses l\u2019une: gratuité garde son sens et gratuité scolaire équivaut à la culture voulue, entretenue, subventionnée de parasites de la société ou il prend un sens spécial et gratuité scolaire se traduit par investissement dans les cadres de la planification des ressources de la communauté.Nul progressiste ne voudrait soutenir la première option, mais, en combattant pour la seconde, on ne peut se défaire complètement d'une association fâcheuse de sens.Ainsi, pourquoi ne pas opter carrément pour une expression plus dynamique, plus réelle, comme : \u201cdéveloppement des ressources humaines\u201d ou \u2018\u2019investissement dans le savoir\u201d ou toute autre rendant la même idée.Le problème ainsi posé, on pourrait évoluer de la façon suivante : les sommes consacrées à l'éducation mobilisent une partie des possibilités financières nationales, il appartient aux planificateurs de l'économie générale de la nation de décider quelle importance elles doivent représenter et comment on doit les répartir à l'intérieur du secteur, Le ministre de l'Education disait lui-même : \u201cIl est devenu évident que l'éducation est un secteur de notre économie et qu\u2019à ce titre elle doit répondre à deux exigences : celle de la rentabilité et celle de sa coordination avec les objectifs économiques globaux.\u201d Cela établit le premier point.L'ordre de priorité à attribuer aux investissements pour l'éducation, un des secteurs de l'économie, serait le deuxième pas.Il est communément affirmé que l'éducation représente un des premiers échelons dans l'échelle des priorités.John Stuart Mill, Karl Marx et William Petty furent les premiers à soutenir cette position.Des études plus récentes du professeur Stroumiline, de Moscou, et du professeur John Vaizey, d'Oxford, ent apporté le prouve scientifique du fait.Le même sujet fut l'objet d'une r un groupe ine tornationel chercheurs à le demande des Nations-Unics.les résultats confirmèrent eux NON! aussi la -rentabilité des sommes investies dans le savoir, Il n'en demeure pas moins que chacune de ces études entoure ses conclusions de multiples réserves qui établissent clairement que d'autres domaines doivent être développés en même temps afin d'éviter que ne se reproduisent des situations comme il en existe une, par exemple, au Kérala, dont il est dit: \u201cDes milliers d'étudiants, assez instruits pour être exigeants, sont mécontents des difficultés auxquelles les exposent les insuffisances de l'économie.lls se sont rangés par milliers sous le drapeau rouge.\u201d Une fois établie la relative importance de l'éducation en général, il reste à décider de la distribution des ressources : Dans quel secteur A quel niveau ?Ici encore, nous sommes à la merci des planificateurs, La priorité devant être établie d'après le milieu, on doit d'abord assurer l'accessibilité à l'éducation aux secteurs de la population et dans les domaines les plus susceptibles de rapporter à la communauté.On imagine mal un pays comme Haïti consacrant ses énergies dans le domaine des Aris malgré toute leur valeur in- frinsèque.On ne peut penser davantage que le Rwando va premièrement donner, si souhaitable que cela soit-il, une éducation primaire à toute sa population.Où nous plaçons-nous ?Quel secteur doit recevoir le plus ?Quelle forme ou quel niveau d'enseignement requiert le plus?Devons-nous éliminer ?Comment ?Pouvons-nous con- tinver à subventionner des institutions qui ne reçoivent que la partie économique forte de la société en négligeant la majorité des meilleurs cerveaux de cette même société ?La formule de subvention de l'universitaire telle que pratiquée actuellement peut-elle être améliorée sans retarder l'ensemble du progrès ?Seulement quand nous aurons répondu à toutes ces questions et à d'autres, pourrons-nous parler sensément de lo dispa- vition des frais universitaires, de pré-salaires et d'autres formes d'investissement à ce niveau.Les conclusions d'une étude approfondie conduite dans ce domaine donneraient sûrement plus de poids à toutes les revendications, justifieraient mieux les demandes, écarteraient définitivement l'aspect égoïste des requêtes actuelles pour la gratuité.Est-ce que certains organismes étudiants qui combattent depuis leng- temps pour la gratuité n'avan- cercient pas davantage leur cause en consacrant à cette recherche quelques milliers de dollars qu\u2019ils ont réalisés done le milieu?(AGEUM-\u201cValère à pitons\u201d.) philippe » NUVI BJLAVAD 317 S961 SAVYW T + : cepier une telle situation; ceci créera un foyer de milliers de jeunes travailleurs mécontents porce qu'ils auront été frustrés d'une formation à laquelle ils avaient droit et on ne peut que deviner les conséquences d'une telle situation.Certains diront qu\u2019il ne faut pas se leurrer : les jeunes travailleurs ne voudront pos laisser un emploi même s'il est peu rémunérateur et surtout ils ne voudront pas revenir s'asseoir sur des \"bancs d'école\u201d.Le système d\u2018enseignement de demain revétiia une nouvelle physionomie; il sera à \u201cla mode\u201d.Cette nouvelle physionomie devra être connue et deviendra alléchante aux yeux des jeunes travailleurs.D'autres facteurs ex- trinséques de motivation appa- roîtront aux yeux des travailleurs: le spectre d'être un chômeur de demain, l\u2018impossibilité de progresser dans leur sphère d'activités, la nécessité de se contenter de bas revenus, le désir d'être considéré comme un actif dans la société, un besoin de plus en plus pressant de s\u2019actualiser.L'ensemble de ces facteurs intrinsé- ques et extrinsèques de motivation devrait engendrer le désir d'un retour aux études, retour qui devrait être facilité por des bourses et des prêts, de même que por la mise en ploce de structures scolaires adéquates.Le ministère de l'éducation, de concert avec le patronat et les syndicats, pourrait favoriser l'application de telles mesures.La réalisation d'un programme de cette nature éviterait tous les maux que nous avons énumérés et serait juste pour cel élément important de la société.Michel DUCHESNE.solitude des études.731-8221 Paesano vous invite.VENEZ SAVOURER NOS DELICIEUX PLAST TYPIQUEMENT ITALIENS Vous trouverez une atmosphère qui vous rappellera les charmes «t les parfums sublils de l'Italie.Ce petit coin de paradis vous aidera à oublier la RESTAURANT PAESANO 5192, Côte-des-Neiges près chemin de la Reine-Maric 15 Passe NA LE CELLIER ¥ DE BACCHUS OYEZ, OYEZ, ESTUDIANTS, BASOCHIERS ET POTACHES Je suis Bacchus, Dieu du Vin et oncle de Vénus, Déesse de l'Amour.Dans mon Cellier vous tous êtes invités à venir festoyer, boire et guignoler au son de la musique de Dodo, le Roi du Musette.Mes mousquetaires vous serviront le Jus des Vignes de France, d'italie, du Canada, d'Autriche et des autres contrées du Monde.Je vous recevrai tous les jours de la semaine de 7 h.30 p.m.Réservation : 748-7771, d'Artagnan, Capitaine de la garde, Ramada Inn .\u2014 6110, Côte-de-Liesse à 2 h.am.A BIENTOT, BACCHUS > ce > NILYI Y2lLLAŸYNO 31 = S96L SYVW Z + 2 MARS 1965 # LE QUARTIER LATIN * En 1970, 1 quel sera le visage du Canada ?Dans le présent article, nous allons résumer et?commenter une conférence qui fut donnée par le Dr Kenneth W.Taylor, lors du dernier congrès de l'Association des Comptables agréés.M.Taylor, ancien ministre des finances du gouvernement fédéral, avait intitulé sa conférence comme suit : \u201cCe que pourrait être le Canada en 1970\".Nous retenons l'essentie] de cette conférence dont les propos ont été publiés dans le \u201cFinancial Post\u201d du 29 août 1964.Nous envisageons le portrait du Canada de Fan 1970 sous l'aspect démographique et sous l'aspect économique.1\u2014EN CE QUI CONCERNE L\u2019'EVOLUTION DE LA POPULATION, les prévisions sont les suivantes : a) La population totale du Canada devrait passer de 19 millions à 22 millions; soit une augmentation de 14%; b) la population de la force des travailleurs devrait passer de 6 millions & pres de 8 millions; l'accroissement du nombre de travailleurs devrait étre de 125,000 à 200,000 par année; c) les changements dans la population seront les suivants: 6 à 10 ans, 10%; 20 à 24 ans, 40%, 30 à 45 ans, pas de changement, 45- à 65 ans, 15%; d) l\u2018accroissement fabuleux de la population du groupe 20 à 24 ans donnera les répercussions suivantes : J\u2014Le taux des mariages subi- ta une forte augmentation.En 1964, il y a eu 135,000 mariages; en 1970, il y en aura 200,000; soit une augmentation de près de 45% comparativement à une augmentation globale de la population de 14%.2\u2014En 1964, 158,000 étudiants sont inscrits dans les universités.En 1970, ce nombre sera porté à 315,000, soit un accroissement de 100%.3\u2014Le nombre des travailleurs pour la période de 1964-70 subira une hausse de 25% comparativement à la période de 1958-1964.Ces chiffres sur l'évolution de la population pour les sx prochaines années nous permettent de tirer des observations importantes, observations d'ordre scolaire, d'ordre social et d'ordre économique, Nouvelles structures en éducation OBSERVATIONS D'ORDRE SCOLAIRE les données démographiques du groupe 20-24 ans représentent la situation actuelle de nos étudiants du secondaire, Une bonne part de ces étudiants devront avoir accès à l'enseignement technique dans les toutes prochaines années.Dans notre province, le ministre de l'Education à entrepris une tournée qui avait pour but de créer et d'organiser 55 régionales.Des comités formés de parents, d'enseignants, de représentants des corps pu- bfics et de l'industrie ont été chargés d'élaborer la planification de l'enseignement dans leur région réciproque en collaboration avec le ministère de l'Education.Une somme de $300 millions doit être dépensée d'ici 1967 pour établir un réseau complet d'écoles de tous les types.Sur le plan universitaire, des prévisions doivent être faites pour pouvoir satisfaire une population étudiante deux fois plus nombreuse en l'an 1970.Cela devrait nécessiter des investissements de Fordre de $300 millions comparativement à $20 millions en 1954 et à $80 millions en 1959.On devra prévoir aussi la formation d'un personnel enseignant adéquat en nombre et en qualité.Selon \u201cCanada 1964\", il y aurait actuellement 10,000 professeurs au niveau universitaire; il nous en faudrait, en 1970, tout près du double.Les perspectives de la carrière d'enseignement au niveau universitaire ne peuvent être meilleures, OBSERVATIONS D'ORDRE SOCIAL Le très grand nombre de mariages prévu pour l'an 1970 constituera un des principaux phénomènes sociaux de cette période.À titre d'intéressé, comme futur éducateur, je me demande si l'éducation donnée à la jeunesse de nos écoles secondaires est adéquate.Nos jeunes auront-ils reçu une formation intellectuelle, psychique et économique qui les rendra aptes au mariage ?Nous accordons beaucoup d'importance à l'aspect intellectuel et psychique de la formation, mais pour l'instant nous nous arrêterons à l'aspect économique.Verrons-nous encore un bon nombre de jeunes s'embarquer sur le bateau du crédit pour pouvoir se marier ou, au con- fraire, verrons-nous des jeunes qui auront épargné suffisamment pour pouvoir s'engager dans la voie du mariage sans avoir aveune préoccupation financière ?L'art de Véco- nomie ne s'apprend pas six mois avant le mariage, c'est un art qui s\u2018apprend dés le niveau du primaire.En rendant les jeunes conscients de leurs futures responsabilités financières, ils deviendraient peut- être plus prévoyants.OBSERVATIONS D'ORDRE ECONOMIQUE Le taux important d'accroissement de la force de travail pour les prochaines années présente un défi auquel le Canada doit faire face.Il est certain que cette nouvelle force de travail nécessitera une formation élevée : formation intellectuelle, scientifique, technique, sociale, professionnelle et commerciale.Une formation plus poussée sera demandée parce que les emplois qui seront offerts seront des emplois complexes, emplois offerts par des industries de fabrication : industrie du fer, industrie chimique, industrie du bois et du paper, etc, et le secteur des services.H \u2014 PERSPECTIVES ECONOMIQUES DE L'AN 1970 Après avoir parlé de l'évolution démographique du pays, nous allons maintenant porter une attention plus particulière sur les perspectives économiques.Pour pouvoir répondre aux besoins de l'an 1970, il sera nécessaire d'augmenter le PNB de 40% au cours des six prochaines années, Cela exigera une augmentation de 50% du taux d\u2018accroissement de la production annuelle.Cet accroissement du taux de production ne peut se faire que si les moyens de production sont améliorés, ce qui demande de forts investissements matériels et humains.Les inves- fissements matériels représentent une somme de $16 milliards comparativement à $10 milliards pour 1964.Ces investissements seront partagés de la façon suivante : a) industrie : $9,800,000,000 soit 51% de plus qu'en \u201864 b) logement : $3 milliards soit 49% de plus qu'en \u201864 c) institutions : $1.2 milliard soit 49% de plus qu'en \u201864 d) gouvernements : $2 milliards soit 33% de plus qu'en \u201864.Du côté industriel, les industries manufacturières et les utilités prendront la très grande part des investissements.Les industries des \u2018nétaux, les industries du bois et du papier, les produits chimiques, l'équipement de transport, les industries électriques, la navigation, le téléphone et le télégraphe sont les principales industries qui prendront un essor considérable.Les investissements dans l'habitation seront aussi considérables, ce qui assurera une activité assez grande dans l'emploi de la construction.Les investissements gouvernementaux croîtront moins rapidement, mais seront tout de même importants.Le niveau d'investissements d'un pays est l'indice qui nous permet de juger de l'activité économique d'un pays.Un fort niveau d'investissements permet une amélioration de la production et une telle amélioration élève le niveau de vie des gens, lesquels ont la possibilité d'acquérir plus de biens et de services: ce qui permet la création d'emplois.Nous espérons à la suite des observations que nous avons faites dans cet article, que les lecteurs conserveront une vue d'ensemble de ce que sera le visage du Canada en lan 1970; il n'est pas important de retenir les chiffres; mois il me poraît nécessaire de connaître l'ordre des grandeurs des différents secteurs de l\u2019activité économique du Canada.Michel DUCHESNE PIR PE Rata rite nt pa At ae Le SRE ARE ' L'Orientation: Une approche dynamique de l'individu \u201cLe service d'orientation constituera une pierre d'ongle du système d'éducation que nous avons proposé\u201d.(Vol.3 du Rapport Parent).L'évolution de l'orientation dans son processus actuel est une histoire très jeune au Québec.Dans le passé, maîtres, directeurs d'école, directeurs de conscience et parents ont essayé avec des moyens de fertune d'aider les étudiants.Il s'agissait trop souvent de dirigisme et non d'orientation.Le pseudo-conseiller se faisait une image du client puis l'orien- sait, le mot est juste, en fone- tion de cette perception.L'élève n\u2018avait qu'à écouter la voix de l'autorité .De nombreux centres d'orientation ont pris naissance en dehors des cadres officiels du système scolaire.Il va sans dire que seule une faible minorité des gens fortunés pouvait se payer le luxe de consulter un service d'orientation.Et il s'agissait souvent de cos de ré-orientation, Nous déplorons que, dans le passé, notre système d'éducation n\u2018ait pas utilisé au maximum les services de l'orientation.Par conséquent, l'étudiant abordait des études supérieures qui ne lui convenaient pas ou il entrait prématurément et mal préparé sur le marché du travail.La structure du système Jusqu'à tout récemment, la voie normale pour accéder aux études supérieures se résumait au cours classique.Le cours scientifique ouvrait les portes de quelques rares facultés universitaires et débouchait le plus souvent aux écoles de niveau technique.Les cours classique et scientifique s'adressaient à une faible proportion de la population étudiante et ils ne respectaient pas toujours la personnalité de chacun.Quant à la masse étudiante, elle se voyait classée dans le cours général.D'après l'esprit du nouveau programme des études secondaires, ces études devaient fournir à l'étudiant une culture générale, tout en le préparant directement à la vie ou à certaines écoles professionnelles de niveau moyen.En pratique, la citation du Rapport Tremblay, \u201cNul jeune ne devrait quitter l'école avant d'avoir reçu un minimum de formation professionnelle\u201d, s'avère non respectée, Les 12,000 étudiants du cours général actuel ne peuvent que grossir le contingent déjà imposant de chômeurs.Notre monde technologique réclame des ouvriers spécialisés, non pas des gens qui possèdent une culture générale et ne savent tien faire.L'étudiant laissé à lui-même Un coup d'oeil rapide sur la proportion des échecs au niveau de la première année des études universitaires nous bouleverse.Quelle est la cause de ce gaspillage de capital humain ?Sans doute un manque de connaissance de la valeur des ressources personnelles : d'où la nécessité de l'orientation à tous les niveaux.Le choix d'une profession est la chose la plus importante et trop souvent le hasard en décide.Que de fois l'on entend cette amère réflexion: \"Si j'avais su ce que c'était, je n\u2019y serais jamais venu.\u201d D'autres disent : \u2018Si j'avais su que ce cours existait .\u201d Une connaissance approfondie du monde professionnel et des différentes occupations demeure à la base d'un choix judicieux, L'éducation doit être fone- tionnelle et permettre à chaque être humain de devenir ce qu'il doit devenir.Autrefois, il ne s'agissait que de savoir lire, écrire et compter, puis de posséder une certaine dextérité en vue d'un apprentissage rapide, Avec ce mince bagage, lo majorité entrait dans le tourbillon de la vie.Notre monde technologique a multiplié les occupations: d\u2019où la nécessité d'aider l'étudiant.L'orientation dans une institution Comment entrevoir un service d'orientation à l'intérieur d'une école, d'un collège ?Le service d'orientation doit être une présence toujours disponible aux élèves afin que le choix soit longuement mûôri.!l faut douter de la valeur des \u2018retraites de décision\u201d.L'orientation, rappelons-le, se fait par un \u201cinsight\u201d progressif; et non à la suite de tests passés en vitesse.L'orientation doit .être un travail de collaboration qui nécessite la participation des différents agents de l'éducation.Le conseiller n\u2019est qu'un consultant, un homme de synthèse qui aide l'étudiant à s'actualiser en tenant compte des ressources de son capital humain.Le processus de l'orientation comprend trois parties essentielles, La première est constituée par l'information scolaire et professionnelle.Cette information se donne dans des périodes réservées à cette fin par des professeurs spécialisés et, dans certains cas, par des conseillers d'orientation.Ces derniers utilisent souvent les tesh- niques de \u201cguidance de groupe en vue de susciter des \u2018insights\u2019 \u201c.la deuxième partie touche la psychométrie.Le conseiller conscient de l'éthique professionnelle utilise cette technique avec prudence.les observe- tiens des maîtres et des parents, l'étude des résultats sce- Les méthodes actives, révolution au Québec.Une orientation prématurée .pour aider le sujet à se mieux connaître.Dans la troisième portie du processus de l'orientation, le laires, l'inventaire des intérêts, les tests d'aptitudes, le dossier cumulatif sont autant de moyens que possède le conseiller conseiller fait une étude analytique du dossier de l'élève, lui communique les résultats en employant, dans la mesure du possible, des techniques non directives afin de respecter la liberté de l'étudiant.Le conseiller, au cours de l\u2018entrevue, s'efforce d'amener l'élève à établir le niveau de concordance entre les exigences du monde professionnel et ses aptitu- es.Le conseiller n'est pas constitué en autorité, ce qui est un élément important pour assurer l'efficacité de la communication, L'élève, libre de venir consulter un conseiller, se sent dynamisé parce qu'il en ressent le besoin.Dans ce cas, le processus devient un effort de recherche personnel qui s\u2019oriente vers une décision finale assumée.La décision finale du sujet peut ne pas correspondre aux vues du conseiller.Car le spécialiste de l'orientation n\u2019est pos un \u201corienteur\u201d mais bien plutôt un conseiller.Cependant, le concept de non-directivité varie avec les élèves, selon leurs possibilités de choisir eux-mêmes, le Rapport Parent a bien compris la nécessité de la fone- tion de l'orientation dans les nouvelles structures du système d'éducation.II n'y a aucun doute que, pour la majorité des étudiants, un système d'orientation bien organisé est source de progrès pour la société toute entière.Pierre GRANCCHAMP Les productions Aries présentent Claude Léveillée \u2014 Jean-Guy Moreau - Hervé Brousseau \u2014 Pierre Létour- neau \u2014 Monique Leyrac \u2014 Les Cailloux \u2014 Les Cyniques \u2014 Jacques Blanchet \u2014 Renée Claude \u2014 Pauline Julien -\u2014~ Pierre Calvé - Claude Gauthier \u2014 Joël Denis \u2014 Jacques Desrosiers -\u2014 Pierre Chouinard \u2014 Les quatre-20 \u2014 Suzanne Valéry \u2014 Louise Marleau \u2014 Orchestre d'André Gagnon \u2014 Yvonne Loflamme.Billets en vente Jules Jacob, 6645, 51-Hubeort, 274-2633.Secrétariat National du RIN 1382 est, rue Boaubion, 274-8058 Forum de Montréal, 2313 ouest, Ste-Cathorine, 932-6131.de étage, Contre Social U.de Montréal, 2232 Maplewoed.Par correspondance, envoyer man- date-poste et enveloppe affranchie à Les productions Aries, 1253 rue du Collège McGill, Suite 122, Montréal, Qué., ADMISSION : $3.50, $3.00, $2.50, $2.00, $1.50 NILYT V3LLAVNO MN * S96L SUVYW Z » \u2014 2 MARS 1965 LE QUARTIER LATIN * REVOLUTION TRANQUILLE \u2026 dans un fief réservé à l'Eglise La dislocation de la société traditionnelle, l'acceptation d\u2019un monde pluraliste commence à faire prendre conscience à nos chefs religieux et politiques de la nécessité d'une philosophie nouvelle de l\u2019action éducative.L'évolution des esprits s'oriente vers une démocratisation de plus en plus poussée de notre système d'éducation.Naguère l'éducation était un fief réservé à l\u2019Eglise.Tous les esprits bien pensants voyaient dans une initiative trop directe de l\u2019Etat une violation des droits inaliénables de la famille et une désacralisation de notre pensée chrétienne.Des grands esprits d'une époque historique encore jeune voyaient dans la participation de l'Etat une immixtion habilement camouflée de la franc-maçonnerie.Si nous croyons la prédiction de certains de ces penseurs, nous pénétrons dans une période d\u2019anarchie\u2026 L'éducation relève de l'Etat dans un grand nombre de pays.Les résultats n\u2019ont pas toujours été heureux.Devrions-nous conclure qu\u2019il en sera de même au Québec?NON! Si nous nous basons sur le principe d'une saine démocratie, nous n'avons aucune raison de craindre l\u2019avenir.Une société saine dans ses membres pos- sèdera toujours assez de vitalité pour rejeter tout gouvernement qui tentera de faire passer son Idéologie en se servant du système d'éducation.Nous eroyons que le Conseil Supérieur de l'Education veillera comme un phare sur les grandes destinées de notre système d'éducation.Le Rapport Parent propose toute une philosophie de l\u2019éducation.Le principe de l\u2019école active y est fortement promulgué.Les commissaires semblent avoir pris conscience de la responsabilité de respecter la personnalité propre de l'enfant.Des esprits sceptiques affirmeront que l'école active est un système idéal, qui ne peut guère se réaliser au niveau d'une province.Le personnel enseignant et administratif ne semble pas prêt à accepter une transformation trop rapide.Installer l'école active suppose une équipe de professeurs possédant la formation et la personnalité requises: d\u2019où un premier obstacle à une réalisation immédiate et intégrale.Une autre idée nouvelle choque les oreillés d\u2019un grand nombre: il s'agit de la formation universitaire du personnel enseignant.Nous croyons qu\u2019une réforme s'impose et nous appuyons, quant à cet effet, les recommandations du Rapport Parent.Cette équipe de futurs spécialistes à tous les niveaux de l\u2019enseignement ne devra pas oublier la fin de l\u2019éducation qui est de rendre l\u2019enfant de plus en plus libre, d'assumer ses responsabilités.Il faut à tout prix éviter le divorce entre la culture et la spécialisation.L'enseignant devra toujours demeurer un éducateur et éviter la réputation d'un simple \u2018\u201ctransvaseur\u201d de sciences.L'enfant doit recevoir une éducation fondée sur un système de valeurs qui respecte et qui permet à la personnalité humaine de s'épanouir.Notre monde technologique libère l\u2019homme de tâches ingrates, lui donne un temps plus considerable à disposer quant à l\u2019organisation de ses loisirs.Cette libération doit devenir source de liberté et non d\u2019aliénation.Il nous faut des équipes de spécialistes qui devront travailler en collaboration afin que l\u2019éducation et l\u2019enseignement soient en perpétuelle évolution dynamique.ll faut enfin rejeter les individualistes qui refusent de participer au travail d'équipe.Il va falloir encourager et développer la philosophie du dialogue entre éducateurs et étudiants.L'autoritarisme d\u2019hier doit faire place à une autorité compréhensive et faire respecter la liberté individuelle.Elle évitera le paternalisme néfaste qui tient l\u2019enfant dans un état de dépendance.Elle encouragera au contraire les étudiants à s'organiser et à participer d\u2019une façon active à leur propre éducation.L'éducation n'\u2019est-clle pas une oeuvre de libération qui aide la personne à prendre conscience de ses responsabilités par un engagement à un système de valeurs ?C\u2019est pour cette raison qu\u2019il est absurde de dissocier l'éducation de la religion.La neutralité n'est-elle pas un faux concept, puisqu\u2019être neutre, c\u2019est déjà l'engagement dans le refus d'acceptation d'une morale ou d\u2019une religion.L'enseignement se doit de demeurer confessionnel, mais notre système d\u2019éducation se doit de respecter les croyances et les idées des groupes minoritaires.Dans cette fraternité qui unit les hommes, nous devons nous montrer indulgents et compréhensifs, et toujours se rappeler que nous ne sommes plus désormais en possession tranquille de la vérité.La révolution de notre système d'éducation est amorcée, rien ne saurait l\u2019arrêter.Nous croyons qu\u2019elle contribuera à un \u2018\u2018mieux être\u201d de notre peuple.André VENDETTE.Notre monde technologique libère l'homme des tâches ingrates, lui donne un temps plus considérable à disposer quant à l'organisation de ses loisirs.Cette libération doit devenir source de liberté et non d\u2019aliénation."]
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