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Titre :
Bulletin du Cercle juif /
Éditeurs :
  • Montréal :Cercle juif de langue française,1954-1985,
  • Montréal :Congrès juif canadien
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Bulletin du Congrès Juif canadien (Région du Québec)
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Bulletin du Cercle juif /, 1959-04, Collections de BAnQ.

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[" mp Bibliotheque 3t.Sulpice, 1700, rue St.Denis, Montreal, P.Q.Lulletin du CERCLE c.Q.148812 UIF Montréal, Avril 1959 No.44 A la dernière réunion du Cercle Juif LES PERSPECTIVES NOUVELLES DE LA FRATERNITE HUMAINE Conférence de M.Jean Boucher \u201cCeux qui se penchent sur la question de la fraternité humaine veulent si bien se garder de toute complaisance, ils sont si obsédés par un besoin de saisir l\u2019opinion publique, d\u2019inspirer au coeur de chacun une sainte répulsion pour le préjugé et la descrimination, qu\u2019ils s\u2019attardent à une seule tâche qui est, semble-t-il, d\u2019établir le répertoire détaillé des fautes et ignominies de notre civilisation, de refaire la démonstration de principes que je crois désormais acquis dans le monde des esprits libres.\u201d Ainsi s\u2019est exprimé Monsieur Jean Boucher, directeur de la Citoyenneté au Ministère de la Citoyenneté et de l\u2019Immigration à Ottawa, à la dernière réunion du Cercle Juif de Langue Française.Sans doute, poursuivit Monsieur Boucher, qui faisait une conférence sur les perspectives nouvelles de la fraternité humaine, ne faut-il pas réprouver cet exercice qui est fort salutaire et que chacun doit poursuivre inlassablement pour son propre compte.Il me semble touefois, qu\u2019il y a à ce jeu un réel danger, celui d\u2019être injuste envers les progrès considérables accomplis au cours des dernières décennies dans le domaine des relations humaines, et d\u2019englober un même mépris dans un même sentiment de culpabilité honteuse, aussi bien que les raisons que nous avons de nous couvrir de cendres que celles que nous pourrions avoir d\u2019être fiers de notre civilisation, et qui sont en même temps les seules raisons parmi lesquelles nous pouvons contribuer à l\u2019avancement de l\u2019espèce humaine.Le conférencier a ensuite fait pour l\u2019auditoire la description du chemin parcouru par les relations humaines depuis l\u2019avènement des nationalismes européens.À l\u2019ère où la grandeur de la nation avait la primauté sur le bien-être du peuple, a succédé l\u2019ère de la fraternité sociale à l\u2019échelle de l\u2019état.Le service public s\u2019est multiplié et l\u2019état devient le dispensateur de ce service.C\u2019est à notre siècle que le sens de ce service social s\u2019est développé considérablement.En Amérique du Nord on constate un phénomène M.Jean Boucher sans précédent dans l\u2019histoire: ce ne sont plus des gouvernements, mais des groupes bénévoles, des individus qui s'organisent, qui se chargent de promouvoir le bien- être de l\u2019ensemble de la société.Les problèmes humains trouvent des solutions à l\u2019échelle de l\u2019homme.La grandeur de l\u2019homme est de pouvoir contrôler les forces obscures de la nature.Quand on parle de matérialisme, on dirait qu\u2019il existe des personnes qui ont honte de voir disparaître la famine, la maladie et l\u2019ignorance.Monsieur Boucher s\u2019en est pris à tous ceux qui conçoivent l\u2019égalité des hommes en termes abstraits.Selon lui, il ne suffit pas de présumer que les hommes ont des caractéristiques communes pour éliminer tout ce qui les différencie La richesse humaine tient dans la diversité, Il ne suffit pas de reconnaître les différences ni de pouvoir s\u2019apprécier mutuellement, il faut aussi ne pas avoir honte de sa différence.Ce qui caractérise notre époque, c\u2019est le développement de la sensibilité de chaque homme à l\u2019égard de ceux qui l\u2019entourent.On s\u2019occupe davantage des désirs et des sentiments des gens qui nous entourent.On taxe trop souvent une telle attitude de conformisme.Mais l\u2019important, ce n\u2019est pas d\u2019être original.Parlant du Cinquième Année LA CHRONIQUE PARISIENNE par Etienne Milhaud Une visite à André Spire Je suis chez André Spire, dans ce petit appartement du square du Port-Royal que le poète appelle son \u201cpigeonnier\u201d (au sixième étage.).De sa fenêtre la vue s\u2019étend sur un quartier terne et froid, et vient buter sur le mur de ronde de la gigantesque prison de la Santé.Mais ici, dans ce cabinet de travail tapissé de livres, de lithographies et de fiches, tout respire la quiètude, la paix de l\u2019âme.Est-il possible que Spire ait 90 ans?Je le retrouve égale à lui- même, tel que je l\u2019ai touojurs connu, l\u2019oeil malicieux, la barbe en éventail, le verbe haut.Il m\u2019annonce que ses \u2018\u201c\u201cpoèmes juifs\u201d vont reparaître dans une nouvelle édition considérablement enrichie, chez Albin Michel.Ces poèmes juifs, combien de vocations n\u2019ont- ils pas suscités! Leur première version date d\u2019avant la première guerre mondiale.La belle époque.On ne voulait plus se souvenir de l\u2019Affaire (Dreyfus).Les juifs de France se vautraient dans le mensonge et l\u2019apostasie.Les versets du poète ont flagellé ces beaux messieurs comme des colères de Prophète.Et Spire embouchant la trompette du héraut annonçait la résurrection de Sion et la fierté retrouvée de son peuple.Oui, André Spire mérite bien l\u2019hommage de ce titre: le poète de la fierté juive.Les ballets roses On connaît ici le scandale des fameux \u201cballets roses\u201d qui ont tant accaparé la manchette des journaux français.L\u2019Ambassadeur d'Israël à Paris, Jacob Tsur, conte à ce propos la savoureuse anecdote suivante : Un haut fonctionnaire israélien de passage à Paris demanda à l'Ambassade qu\u2019on lui procure des billets pour ces \u201cballets roses\u201d dont la réputation chorégraphique lui était parvenue jusqu\u2019en Israël.On eut beaucoup de mal à lui expliquer que les spectacles de ces Canada, Monsieur Boucher souligne l\u2019importance de l\u2019immigration pour le pays.Les immigrants nous apprennent à connaître le monde sans avoir à voyager.fameux ballets étaient interrompus pour le moment.En relisant Vidocq Relu les mémoires de Vidocq ainsi que son curieux \u201croman\u201d, Les Chauffeurs du Nord, qui vient de paraître dans une nouvelle édition, au Seuil.On sait que cet ex- coupeur de bourse, forçat évadé, finit par devenir préfet de police sous l\u2019Empire après une vie mouvementée qui inspira quelques vingt romanciers pour le moins.Dans ses \u201cmémoires\u201d, Vidocq parle souvent des juifs.Pas de très flatteuse manière, on s\u2019en doute.Au point que sous sa plume, le terme devient synonyme de rôdeur de barrières et de réceleur.Mais il ne cesse de faire des ronds de jambe et ne tarit pas d\u2019éloges dès qu\u2019il parle du Baron de Rothschild, de M.Fould ou du bon Monsieur Péreire.Décidément on n\u2019a que les juifs qu\u2019on mérite.Matzoth .diététiques Ce petit fait-divers ressemble à une histoire.juive, de celles qui nous font une réputation, bien usurpée à mon avis, d\u2019astuce et de brio en matière commerciale.Un fabriquant de Matzoth d\u2019une de nos villes de province se désolait.Ses affaires allaient mal.À l'exception de la Pâque, les juifs, déjà si peu nombreux dans sa région, ne consommaient qu\u2019une quantité réduite de pain azyme.Un jour l'inspiration vint hanter notre boulanger.Il se fit faire des cartonnages bien bariolés sur lesquels il inscrivit avec candeur : BISCUITS DE REGIME.Et au dessous.très légers, préviennent les troubles d'estomac, nourrissants et savoureux, les MATZOTH X SONT A L\u2019ORIGINE DE LA LONGEVITE BIEN CONNUE DES ISRAF- LIENS!!! T1 parait que désormais ses affaires se portent comme le Pont Neuf.La nouvelle vague L'institut français d\u2019opinion publique a effectué une enquête auprès des jeunes français âgés de vingt à trente ans qui vont as- (Lire la suite en page 3) 2 BULLETIN DU CERCLE JUIF Avril 1959 Ce bulletin est publié tous les mois par: LE CERCLE JUIF DE LANGUE FRANÇAISE 493 rue Sherbrooke Ouest, Montréal Tel.: VIctor 4-8621 (local 293) Président du comité exécutif: S.D.COHEN Secrétaire et rédacteur-en-chef du bulletin: NAIM KATTAN *\u201cAutorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des postes, Ottawa.\u201d EDITORIAL LA CITOYENNETE CANADIENNE On célèbre le mois prochain partout au Canada la journée de la Citoyenneté.A Montréal on a voulu donner plus d\u2019ampleur à cette célébration, et c\u2019est toute une semaine qu\u2019on lui consacre.Des clubs sociaux, des organisations culturelles et ethniques, des associations professionnelles consacreront des réunions à la Citoyenneté.Comme chaque année, l\u2019attention se portera particulièrement sur l'intégration des néo-Canadiens; c\u2019est tout à fait normal.Ceux qui ne sont dans le pays que depuis quelques années ont besoin de se familiariser avec le mode de vie, l\u2019histoire, la géographie et les institutions canadiennes.Pour eux, la citoyenneté n\u2019est pas un fait acquis, mais un choix et une notion qui s\u2019apprend et qui s\u2019acquiert.Ce choix conscient rend souvent le néo-Cana- dien pénétré avec une trés grande ferveur de la signification de sa citoyenneté.C\u2019est cependant aux Canadiens nés ici qu\u2019échoie la tâche de définir et d\u2019expliquer pour les nouveaux citoyens le sens qu\u2019il faut donner à la citoyenneté canadienne.Les Canadiens se préoccupent rarement de cette question qui n\u2019a pas pour eux la même importance.Le plus souvent, c\u2019est au contact des néo-Canadiens, ayant à répondre aux questions de ceux-ci, qu\u2019ils s\u2019efforcent de définir pour leur nouveaux concitoyens, ainsi qu\u2019à eux-mêmes, ce que signifie la notion de la citoyenneté.Ce n\u2019est pas là une tâche facile.La conception qu\u2019a chaque Canadien de sa citoyenneté varie selon legroupe culturel auquel il appartient, et selon la région du pays où il est né et où il demeure.Pour manifester leur sentiment national, les peuples ont recours à une histoire commune, faite de victoires, et d\u2019échecs, de révolutions de souffrances et de conquêtes.Cette communauté du destin suscite en eux le sens de la solidarité que perpétuent une langue et une culture communes.Rien de tel au Canada.On peut dire que jusqu\u2019à un certain point, chaque région a son histoire et sa tradition culturelle, et le Canadien est d\u2019abord dévoué à sa région.Certes, des institutions solides protègent le pays contre toute menace sérieuse de division.Cependant, ces institutions ne peuvent remplacer un sentiment national partagé par tous les citoyens.Un tel sentiment ne ptut être imposé par une autorité supérieure, car certains groupes culturels, surtout des groupes minoritaires, perdraient leur liberté et ne pourraient plus ni s\u2019épanouir ni progresser.D\u2019autant plus qu\u2019il n\u2019existe aucune autorité au Canada pour formuler une doctrine de la citoyenneté acceptable dans tout le pays.Les Canadiens sont très sensibles, à tout ce qui peut atteindre leur liberté, restreindre leur particuliarisme régional, ou leur individualité culturelle.De plus, les institutions politiques et sociales du Canada s\u2019inspirent d\u2019un pragmatisme qui échappe à tout dogmatisme.Elles sont basées avant tout sur le respect de l\u2019individu.Pour cette raison, la citoyenneté demeurera pendant les années qui viennent, une notion très large et très souple.Mais cela ne veut pas dire qu\u2019elle doit rester vague ou que sa souplesse doit entraver son développement.Les Canadiens se rendent compte qu\u2019ils sont des partenaires et des compagnons dans une grande aventure pacifique dont l\u2019histoire hu- humaine donne peu d\u2019exemples.Sans luttes sanglantes, sans révolutions, sans massacres, des groupes divisés par la langue, la religion et la culture sont unis pour mettre au service de l\u2019ensemble de pays et jusqu\u2019à un certain point, au service de l\u2019humanité des ressources économiques gigantesques.Le peuple canadien, mal défini, mais uni dans la volonté du respect de l\u2019homme et des institutions démocratiques, donne l\u2019exemple d\u2019un peuple qui offre à chacun de ses membres l\u2019occasion de participer au progrès et au développement de cet immense pays.Et c'est pour cette raison que le Canada, sans abattage publicitaire ni grands mots, occupe une place enviable dans le concert des nations, LES LIVRES The Watch that Ends the Night, par Hugh MacLennan, Editions MacMillan, Toronto.C\u2019est surtout par son roman Two Solitudes où il met face à face deux communautés culturelles et religieuses du pays, que Hugh MacLennan s\u2019est fait connaître au Canada français.On sait que cet écrivain, qui est né en Nouvelle-Ecosse, est un Montréa- lais d\u2019adoption.Depuis plusieurs années, il enseigne à l\u2019Université McGill.Dans ses précédents romans, on décelait quelque chose de voulu, de forcé, une sorte de thèse.C\u2019est un romancier accompli qu\u2019on découvre dans The Watch that Ends the Night.Il y a dans ce roman trois personnages principaux, qui s\u2019imposent 3 nous avec force.Deux hommes et une femme.L'\u2019héroïne, Catherine, est malade depuis son enfance.La faiblesse de son coeur est pour elle une mutilation, et toute sa vie, sa conduite est dictée par cette maladie.Le deuxième personnage, Jérôme Martell laisse dans notre mémoire une silhouette inoubliable.C\u2019est un personnage digne des plus grands romanciers.Né de père inconnu dans un camp de bûcheron, à dix ans, sa mère est assassinée devant ses yeux.Il s\u2019échappe du camp dans un canot et est recueilli et élevé ensuite par un pasteur et sa femme.Doué d\u2019une intelligence exceptionnelle et d\u2019une énergie peu commune, Jérôme Martell devient plus tard l\u2019un des grands chirurgiens de Montréal.Pris dans l\u2019engrenage de la politique de cette période, il quitte sa femme et sa fille et va se joindre aux forces républicaines d\u2019Espagne.On le croit mort, mais il survit aux prisons communistes, aux camps de concentration nazis, et revient, quelques années après la guerre, à Montréal, pour retrouver sa femme, aui, le croyant mort, s\u2019est remariée.Et son nouveau mari n\u2019est autre que le meilleur ami de Mar- tell, George Stewart.Celui-ci est le narrateur de l\u2019histoire.Instiuteur obscur dans une école privée, Stewart s\u2019est toujours senti raté, jusqu\u2019au moment où Jérôme Martell le rencontre et lui trouve un emploi à Radio- Canada.Il devient l\u2019un des commentateurs radiophoniques les plus écoutés.Faut-il préciser que ce drame n\u2019a rien en commun avec le triangle classique des pièces du Boulevard ! Non seulement les personnages de M acLennan sont entiers, mais leur honnêteté grave et foncière ne laisse aucune place aux jeux de la légèreté.Ce sont les produits d\u2019une époque et d\u2019une ville.En effet, toute l\u2019action de ce roman tournerait à vide si elle ne se déroulait pas pendant les années de la dépression à Montréal.La dépression a profondément marqué tous ceux qui l\u2019ont vécue.Pour eux, la politique s\u2019est substituée à la religion.Et les évènements mondiaux les ont agités comme s\u2019ils se fussent passés au seuil de leur porte.L'auteur nous fait revivre l\u2019atmosphère de cette époque avec acuité.Les drames individuels des personnages s\u2019entre- mélent aux évènements tragiques de l'accession de Hitler au pouvoir et les années qui ont précédé la guerre.C\u2019est Montréal qui est le théâtre où se déroulent ces drames.Rarement un écrivain a réussi à faire sentir avec une telle vigueur le battement du coeur de notre ville.Ce Montréalais d\u2019adoption aime sa ville.T1 l\u2019aime sans emphase, et on chercherait en vain dans son livre des envolées lyriques ou des descriptions pittoresques à l\u2019usage des touristes de passage.\u201cMontréal, dit MacLen- nan, est la ville la plus subtile et la plus complexe de l\u2019Amérique du Nord.Autrement, elle n\u2019aurait pas survécu aux divisions qu\u2019ont éprouvées pendant deux siècles les Français, les Anglais, et les Ecos- sais, divisions qui auraient détruit maintes civilisations et maintes nations.Si les Montréalais ont malgré tout réussi à vivre dans une harmonie extérieure, ce n\u2019est pas un hasard.Ils ont compris certaines lois s ans avoir besoin de les expliquer\u201d.Plus loin, il dit: \u201cC\u2019est une ville qui recèle plus de sagesse qu\u2019elle n\u2019en donne l\u2019impression.A la surface, elle est dure, mais dans le fond, on v découvre la bonté\u201d.MacLennan n\u2019a pas seulement aimé et compris cette ville, il l\u2019a profondément sentie dans tous ses recoins.Dans leurs joies et leurs détresses, dans leurs malheurs et leurs effusions, ses personnages respirent le vent chaud, ou sont pénétrés par la brise glaciale, et happés par la tempête de neige.La température n\u2019est pas, dans ce roman, un simple décor, c\u2019est une dimension de l\u2019existence de chaque individu, et cette température n\u2019est pas toujours à la mesure de homme.Cependant, le Montréal que nous décrit MacLennan, secret en subtile, est presque uniquement anglais.On se demande même parfois si les personnages de Mac- Lennan savent que les trois quarts des habitants de leur ville sont de langue française.À deux reprises seulement, on sent la présence des Canadiens Français.Une fois, ils ont le visage menaçant et hostile des étudiants qui viennent briser une manifestation tenue en faveur des républicains Espagnols.Une autre fois, c\u2019est le chauffeur de taxi plein de compassion qui promet de prier pour la guérison de l\u2019héroïne.À chaque reprise, on a l'impression que ces Canadiens Français appartiennent à un autre univers.Les deux solitudes, contre lesquelles il s\u2019en est pris aupa- f Avril 1959 BULLETIN DU CERCLE JUIF LE THEATRE L'ETAPE DES JUIFS PERFIDES Par Paul Giniewski Le Pape \u2014 la presse a rapporté l\u2019information dans le monde entier \u2014 vient de supprimer, dans la liturgie du Vendredi Saint, la prière \u201cpour les Juifs perfides\u201d.Après que son prédécesseur eut déjà ordonné d'interpréter \u201cpro perfidi judaei\u201d\u201d par \u2018pour les juifs qui n\u2019ont pas la foi\u201d, Jean XXIII jugeant avec raison qu\u2019il y avait encore là une dangereuse et inutile épithéte péjorative, enjoint maintenant de prier tout simplement \u201cpour les Juifs\u201d.Le fait peut paraître, au milieu de grands évènements de l\u2019actualité, dénué de tout intérêt pratique.L'événement est pourtant très important.Le Pasteur Westphal a écrit dans \u201cFoi et Vie\u201d: \u201cNous avons été parfois les instigateurs, parfois les complices, parfois les témoins indifférents ou laches de toutes les persécutions qui les ont décimés.\u201d Cette réflexion d\u2019un chrétien sur la situation de l\u2019Eglise face aux Juifs rend compte d\u2019une cruelle réalité.L\u2019enseignement systématique du \u201cdéicide\u201d, comme aussi une catéchèse trop polémique, ont longtemps désigné le Juif au ressentiment religieux \u2014 puis à l\u2019antisémitisme du chrétien.La liturgie du Vendredi Saint est à cet égard particulièrement significative et caractéristique.Combien de fois, dans un passé qui n\u2019est pas si lointain que l\u2019on puisse le regarder avec une entière sérénité, sa récitation, accompagnée de flagellation symbolique des piliers d\u2019église, n\u2019a-t-elle pas servi de point de départ à de sanglants pogroms, à des cristallisations passionnées de sentiments antisémites?Il est bon qu\u2019on reconnaisse aujourd\u2019hui, des deux côtés de la barricade, que la lutte contre l\u2019antisémitisme resterait éternellement une toile de Pé- nélope sans cesse refaite, un rocher de Sisyphe sans cesse retombant, si elle ne s\u2019accompagne d\u2019une action qui prenne le mal à sa racine.\u201cLes racines du mal viennent de loin, écrit Jules Isaac.Elles sont d\u2019essence religieuse.Une multitude de chrétiens \u2014 aussi bien protestants que catholiques \u2014 en sont plus ou moins profondément, plus ou moins consciemment atteinte, par l\u2019effet d\u2019une tradition séculaire.\u201d C\u2019est à cette racine, aujourd\u2019hui, ravant, sont devenues pour Mac- Lennan un fait acquis.Bien sur son livre n\u2019est pas un roman à thèse, et il essaie de nous restituer le visage véritable de notre ville.On ne peut que souhaiter qu\u2019un jour un écrivain canadien français nous en dévoile l\u2019autre visage avec la même sensibilité, la même vigueur, et surtout le même amour.que Jean XXITI s'est attaqué.Il faut se réjouir de ce courage.Le Pape, et d\u2019autres Papes après lui iront-ils au-delà de cette mesure?On voudrait que l\u2019étape des Juifs perfides fut suivie de beaucoup d\u2019autres.Ce que l\u2019éducation a fait, l\u2019éducation peut défaire.Le programme de Seelis- berg, adopté en 1947 par des Juifs, des protestants et des catholiques contient à cet égard bien des indications précises.Celles, notar- ment \u201cd\u2019éviter de présenter la Passion de telle manière que l\u2019odieux de la mise à mort de Jésus retombe sur tous les Juifs ou sur les Juiïs seuls: de rappeler à tous les parents et éducateurs chrétiens la grave responsabilité qu\u2019ils encourent du fait de présenter l\u2019Evan- gile et surtout le récit de la Passion d\u2019une manière simpliste : d\u2019éviter d\u2019accréditer l\u2019opinion impie que le peuple juif est réprouvé, maudit, réservé pour une destinée de souffrances; d\u2019introduire ou de développer dans l\u2019enseignement scolaire et extra-scolaire à tous les degrés, une étude plus objective et plus approfondie de lhis- toire biblique et post-biblique du peuple juif ainsi que du problème juif.\u201d Quand l\u2019étape des Juifs perfides aura été résolument dépassée \u2014 aujourd\u2019hui dans la liturgie \u2014 demain dans la conscience morale qui s\u2019y enracine et y trouve ses formulations, l'Eglise en sortira, non pas diminuée mais grandie.Dans la désacralisation du monde contemporain qui n\u2019a pas su \u201cdigérer\u201d le progrès technique qu\u2019il a suscité, il y a le pire danger pour la civilisation morale dont le judaïsme et le christianisme sont à l\u2019égal des porteurs.\u201cLe monde en se faisant chrétien, s\u2019est fait juif\u201d écrivait Re- nan.Un retour \u2014 peut-être faut-il que ce retour soit passionément voulu par certains chrétiens contre l\u2019inertie d\u2019autres, peut-être faut-il, au-delà du programme de Seelisberg, que s\u2019organise en véritable mouvement \u2014 un retour vers le respect et la restauration des valeurs juives, à la fois par les Juifs, et les Chrétiens, est la condition sine qua non de leur commune survie spirituelle.Chronique Parisienne (Suite de la page 1) surer d\u2019ici peu la \u201creléve\u201d de leurs aînés.78% d\u2019entre eux ont déclaré que pour vivre \u201cil est nécessaire d\u2019avoir un idéal\u201d.Près de la moitié des Catholiques se sont déclarés pratiquants.Les Protestants en France font montre par ailleurs d\u2019une étonnante ferveur Clérambard, de Marcel Aymé, au Théâtre du Nouveau Monde Le Théâtre du Nouveau Monde termine cette année sa saison avec la pièce de Marcel Aymé: Clérambard.C\u2019est une satire féroce d\u2019un personnage au tempé- remment excessif dont la soif d\u2019absolu se manifeste dans un attachement aveugle à un passé révolu avant de se perdre dans des visions mystiques douteuses.Les situations sont poussées tellement à l\u2019extrême qu\u2019elles perdent toute réalité.Mais Clérambard n\u2019est pas ridicule.Il est cocasse, insolite, et devient risible en raison non d\u2019une inadaptation passagère à une situation inattendue, mais plutôt à cause de sa conviction aveugle qui lui fait perdre le sens des réalités et des contingences.C\u2019est François Rozet qui joue Clérambard, et il a très bien compris son personnage, Même s\u2019il pousse parfois trop loin la charge, son Cléram- bard est à chaque moment saisissant.Tania Fédor est son épouse : obéissante.effacée.Flle joue toujours juste.On ne peut pas en dire autant de Denise Filiatrault dans le rôle de la Langouste, Si elle est continuellement drôle, c\u2019est souvent au détriment de la vérité du personnage.Victor Désy est lui aussi très drôle, mais il fait trop souvent appel aux grimaces pour provoquer le rire.Citons parmi les autres comédiens Guv Hoffmann, Jean-Louis Roux, Denise St-Pierre, Georges Groulx, etc.La mise en scène est de Jean Gascon et les décors de Robert Prévost.Le festival national d\u2019art dramatique Le nombre des pièces présentées cette année au festival national d'art dramatique (qui est un concours de troupes amateurs) fut réduit au minimum.On remarquait particulièrement l\u2019absence d\u2019une pièce canadienne ainsi que celle d\u2019une pièce de langue anglaise.Il faut dire que le niveau des pièces présentées cette année est supérieur à celui des dernières années.La troupe de Paul Bissonneau, qui a remporté tous les honneurs ll v a deux ans, a présenté cette et discipline, d\u2019un grand souci de la tolérance aussi.A la question \u201cque pensez-vous des fidèles des autres religions\u201d, la plugart ont répondu qu\u2019ils respectaient et admiraient tous les vrais croyants, quelle que soit leur rel- gion.Une étudiante luthérienne de 20 ans précise: \u201cNous avons beaucoup à apprendre des juifs: le sens de l\u2019attente.Tls attendent le Messie avec une vigilance que nous devrions avoir\u201d.fois une pièce de Henri-François Rey: La Bande à Bonnot.C\u2019est une pièce où le dialogue et l\u2019intrigue brillent par leur minceur.11 était difficile dans ces conditions aux comédiens de manifester leur talent.Mais encore une fois, Paul Bissonneau a pu faire preuve de sa prouesse de metteur en scène, On retrouve son esprit inventif dans de multiples trouvailles.Madame Nina Diaconesco a traduit, adapté et mis en scène une pièce de Plante : Le militaire Fanfaron.Pièce passablement ennuyeuse.Les longues scènes bavardes furent allégées heuresement par les saillies d\u2019un véritable acteur comique, André Montmorency.(qui, à notre sens fut la grande découverte du festival, et qui pourtant, ne remporta aucun prix).Il faut signaler dans ce spectacle tout particulièrement les décors et les costumes de Micheline Guernon et de Nina Diaconesco.C\u2019est une pièce d\u2019Eugène Ionesco, Victimes du Devoir, qui remporta les honneurs à ce festival.La mise en scène de Lucie de Vienne est très habile.Cependant, l nous semble qu\u2019elle ne traduit pas fidèlement l\u2019esprit et l\u2019univers d\u2019I£.Tonesco.Dans une émission à Radio-Canada (Le Pont des Arts), nous avons eu l\u2019occasion récemment d\u2019entendre Ionesco lui- même s\u2019exprimer sur cette pièce et la troupe qui la joue actuellement à Paris en donner un extrait.Le décalage entre les deux interprétations nous a paru évident.Car, Victimes du Devoir est une pièce comique.L'action se déroule dans une atmosphère de vie quotidienne.Cependant, ce réalisme est extérieur et fait ressortir davantage le monde absurde et tragique que veut nous évoquer Ionesco.Il n'y à pas de transposition poétique et lyrique dans cette pièce.Et si l'auteur indique qu\u2019il faut mettre une chaise sur une table, c\u2019est qu\u2019il veut garder aux situations leur caractère quotidien, Madame deVienne a substitué la chaise et la table par une échelle.C\u2019est une atmosphère poétique qui prend alors le dessus sur le monde comique que veut nous présenter l\u2019auteur.C\u2019est à Kafka qu\u2019on pense plus qu\u2019à Ionesco.Certes, Kafka et Ionesco peuvent se rencontrer au bout de la route, mais les voies qu\u2019ils suivent ne sont point les mêmes.Les interprètes de cette pièce furent Uriel T.uft Claude Brabant, Edgar Fruitier et André Cailloux. ss cé 0 AS EEG SA ce ris == cs Amitié Canada-Israël La Cité Universitaire de Jérusalem, dont la construction se poursuit activement, vient de s\u2019enrichir d\u2019un nouveau bâtiment moderne qui abritera désormais sa Faculté de Droit.Tout au bout d\u2019une allée bordée de pelouses, le nouvel édifice dresse son architecture fonctionnelle où la pureté des lignes ne fait aucune concession à la fantaisie.La présence à la cérémonie d\u2019inauguration de hautes personnalités israéliennes, notamment de M.Nahoum Nir, Président du Parlement, de M.Pinhas Rosen, Ministre de la Justice, et de son Excellence Mme Margaret Meagher, Ambassadeur du Canada en Israél a conféré a cette cérémonie le caractère d\u2019une manifestation d\u2019amitié israélo-canadienne.En fait, la construction de la nouvelle faculté n\u2019a été rendue possible que grâce au dévouement des amis de l\u2019Université Hébrai- que au Canada.C\u2019est ce qu\u2019a souligné dans son allocution M.Binia- mine Mazar, Recteur de l\u2019Université.Prenant la parole à son tour, Mme Margaret Meagher a exalté le rôle d\u2019Israël dans le domaine des sciences en soulignant que ce petit pays est préoccupé avant tout de problèmes spirituels, bien qu'il ait beaucoup de problèmes matériels à résoudre.L'Ambassadeur, qui a été longuement applaudi par l\u2019assistance, a exprimé sa satisfaction de voir cette réalisation qui est le fruit des efforts conjugués des Canadiens et des Israéliens.Monsieur Allan Bronfman, Président de l\u2019Association des Amis Canadiens de l\u2019Université Hébraïque a donné lecture du télégramme de félicitations envoyé par le Premier Ministre du Canada M.John Diefenbaker et a remercié tous ses nombreux amis qui l\u2019ont aidé dans sa tâche.L\u2019Orchestre de l\u2019Université Hébraïque, composé uniquement d\u2019étudiants, a ensuite interprété : \u201cLa Force du Destin\u201d, une ouverture de Verdi.Quittant l\u2019auditorium Wise où ils s\u2019étaient réunis pour la cérémonie, les personnalités officielles et le public se sont dirigés vers le nouveau bâtiment, plongé dans l\u2019obscurité la plus complète.Puis, soudain, c\u2019est une avalanche de lumière.Des projecteurs par dizaines éclairent l\u2019édifice en pierre qui émerge de l\u2019ombre, tel une forteresse.L'Ambassadeur, puis M.Bronfman coupent les deux rubans bleu-blancs qui ferment symboliquement l\u2019entrée du hall spacieux donnant accès aux diverses salles de cours et amphithéâtres.Les tables et les chaises ont été provisoirement déplacées et dans les salles ainsi libérées une réception réunit près de six cents personnes.BULLETIN DU CERCLE JUIF LETTRE DE JERUSALEM de notre correspondant Maurice Saporta Demain, les cours reprendront dans les nouveaux locaux, offrant ainsi à la faculté de Droit le cadre qui convient à son futur développement.La Bible, notre carte d\u2019identité La semaine qui précède la Pâque juive a été choisie pour le déroulement de deux manifestations d\u2019un genre très différent.D\u2019une part, 12,000 marcheurs quittent Haifa pour se rendre à Jérusalem, couvrant les 120 milles qui sépa- ren les deux villes en quatre jours et d'autre part, les fervents de bible, qui commencent à devenir aussi nombreux que les mélomanes, se réunissent pour leur Congrès annuel.Ce Congrès dont les débuts ont été modestes est devenu aujourd\u2019hui un évènement culturel de première importance.La présence du Président du Conseil à la séance inaugurale le prouve suffisamment.On connait l\u2019attachement du Premier Israélien au Livre des Livres dont il a une connaissance profonde.Aussi, rien d'étonnant à le voir stimuler les efforts de tous ceux qui oeuvrent à en répandre la connaissance, puisque, comme il l\u2019a dit dans son discours au Biniané Haouma (Le Palais de la Nation), à Jérusalem, la Bible est notre carte d\u2019identité.Pendant quatre jours les congressistes de la Bible eux aussi vont parcourir des siècles et écouter une quarantaine de conférences consacrées aux prophètes.Triomphe d\u2019Yves Montand Nous avions annoncé lors de notre précédente chronique l\u2019arrivée d'Yves Montand, Dire que sa tournée en Israël a été triomphale n\u2019est pas suffisant pour décrire l\u2019enthousiasme délirant qui a soulevé les foules à Tel-Aviv.Il a lui-même été un peu surpris de cet accueil, auquel il ne s\u2019attendait pas.On a beau être habitué à quelques rappels nous a-t-il dit, on est quand même remué lorsque la salle \u2014 et il s\u2019agit de l\u2019auditorium Mann de Tel-Aviv qui contient 3,000 places \u2014 vous réclame pour la quizième fois.Le pays l\u2019a enthousiasmé à son tour.Il ne s\u2019est pas contenté des villes mais a visité quelques kiboutsim et notamment la colonie de Regavim dans le Néguev où la soirée s\u2019est terminée par des Horas endiablées.Un film décevant Lorsque l\u2019industrie cinématographique israélienne produit un film de long métrage, la projection de la bande dans les salles du pays est, bien entendu, un évène- ment.Il faut dire que notre cinéma n\u2019en est encore qu\u2019à ses débuts et qu\u2019en dehors de quelques documentaires et des bandes d\u2019actualités nos studios ne produisent pratiquement rien.Bien sûr, il y a la \u201cColline 24 ne répond pas\u201d, et Avril 1959 LES METHODES HUMANITAIRES D'ABATTAGE DU BETAIL Le Congres Canadien Juif vient de présenter à l\u2019Honorable Hayden Stanten, M.P., Président aux Communes du Comité sur l\u2019Agriculture et la Colomsation et aux Honorables membres de ce Comité, un mémoire sur les méthodes humanitaires d'abattage des am- maux.Et voici quelques extraitss- Le Congrès Canadien Juif est le porte-parole de la communauté juive au Canada.Toute question d'intérêt public qui affecte le statut, le droit et le bien-être de notre communauté, ainsi que ceux de tous les Canadiens, nous concerne.Deux raisons nous ont incités à présenter ce mémoire.Premiére- ment, notre tradition religieuse qui interdit le traitement inhumain des animaux.Et deuxièmement, pour mettre en lumière devant le public canadien le fait qu\u2019une pratique traditionelle dans ce domaine fut élaborée avec un souci humanitaire évident.Nos livres Sacrés \u2014 aussi bien les lois bibliques comprises dans les cinq livres de Moise que le grand ensemble de littérature sacrée inclus dans la loi morale (loi talmudiques \u2014 imposent des restrictions considérables en ce qui concerne le traitement des animaux domestiques par l\u2019homme.Les animaux domestiques, comme les êtres humains, doivent avoir le repos le jour du Sabbat.Le cultivateur doit nourrir et donner à peut-être \u201cHistoire d\u2019un Taxi\u201d, mais cela est de la préhistoire.La \u201cColonne de feu\u201d qui vient de sortir a décu.La critique a été unanime à condamner cette histoire romancée de la guerre de libération tournée sans que le metteur en scène se soit soucié le moins du monde de faire un bon film.On se demande comment l'héroïne, en plein désert, (l\u2019histoire se passe dans le Néguev) arrive à rester impeccablement coiffée et à porter des chemisiers que l\u2019on jurerait sortis du pressing.Ces détails sont assez crispants en eux-mimes, mais le scénario est d\u2019une mièvrerie à faire pleurer.On a parfois envie de crier \u201cassez\u201d lorsqu\u2019on nous explique pourquoi un réfugié juif d\u2019Europe essaie de se suicider et pourquoi un israélien essaie de le sauver et lui faire comprendre qu\u2019il a mieux à faire, que la patrie a besoin de lui, etc.etc.Pourquoi n\u2019avoir pas fait un vrai film, tout simple, où il n\u2019est pas nécessaire d\u2019expliquer les sentiments.La critique est aisée, certes et nous devons cependant saluer la sortie de ce film.L\u2019abondance de la production peut nous faire espérer qu\u2019un jour nous verrons enfin \u201cLe film sur Israël\u201d et avec un peu de bon goût cela ne doit pas être très difficile à réaliser.boire à son bétail avant d\u2019entamer son propre repas.Le boeuf ne doit pas être muselé quant il travaille dans le champ, afin de pouvoir manger des grains.La chasse, comme sport, est interdite.L\u2019expression hébraïque: Tsaar Baalei Chayim (la défense de faire souffrir un être vivant, c\u2019est-à-dire un animal), est une idée fondamentale dans les écrits rabbiniques et talmudiques, et paraît très fréquemment dans les traités légaux et religieux, ainsi que dans les écrits des sages juifs.Il y a même des lois qui interdisent de châtrer ou de stigmatiser le bétail en raison de la souffrance que cela inflige.Une partie importante de l\u2019opinion publique réclame qu\u2019une législation soit mise en vigueur pour assurer l\u2019abattage humanitaire des animaux.Le but louable de cette demande est de s'assurer que l\u2019anima! souffre le moins possible avant sa mort.Nous sommes d\u2019accord là-dessus, mais l\u2019une des méthodes suggérée fréquemment est d\u2019étourdir ou de rendre inconscient l'animal avant l\u2019abattage.Nos lois religieuses exigent que les animaux utilisés pour la nourriture ne soient pas blessés d\u2019aucune manière avant l\u2019abattage.Ils doivent être conscients, en bonne santé, au moment de l'abattage.Par conséquent, tout règlement exigeant que les animaux soient étourdis ou rendus inconscients avant l\u2019acte d\u2019abattage, rendrait impossible aux juifs de se conformer aux préceptes de leur religion.Comme l\u2019acte même de la Shechitah rend l\u2019animal complètement et instantanément insensible à la souffrance, nous déclarons que notre méthode d\u2019abattage accomplit exactement le but recherché par ceux qui recommend- ent l\u2019étourdissement avant l\u2019abattage et doit par conséquent être considérée comme l'équivalent d\u2019un tel procédé.Dans la préparation de l\u2019abattage juif, il est essentiel qu\u2019un soin très minutieux soit pris pour évi- que pour que l\u2019animal ne soit pas interdit à la consommation en raison de telles blessures.Toute blessure subie par l\u2019animal par un mauvais traitement interdit la consommation de sa viande, même si l\u2019animal est abattu selon la méthode juive.Nous avons toujours désiré prévenir toute cruauté inutile.Nous n\u2019avons aucun désir de défendre des méthodes de maniement inhumaines de l\u2019animal avant l\u2019abattage.Ce mémoire fut présenté par une délégation qui comprenait le Rabbin S.M.Zambrowsky, MM: SM.Harris, Saul Hayes, S.Levine, et B.Kayfetz."]
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