Laval médical, 1 mars 1941, Mars
[" VoL.6 No 3 Mars 1941 =~.- Fo > - = f < %e MÉDICAL BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HÔPITAUX UNIVERSITAIRES DE QUÉBEC Rédaction et Administration FACULTÉ DE MÉDECINE UNIVERSITÉ LAVAL QUÉBEC CONSTIPATION VALDINE VALOR Peut être considéré comme l'aide mécanique idéal.Ne crée pas d'accoutumance.Absorde l'eau et passe par l'intestin comme une substance gélatineuse.Agit par sa puissance d'expansion et glisse facilement dans le tube digestif auquel il restore son mouvement physiologique.Granulés aromatisés.USINES CHIMIQUES DU CANADA INC.87 Station C MONTRÉAL LAVAL MÉDICAL VOL.6 N° 3 MARS 1941 MÉMOIRES ORIGINAUX AMIANTOSE ET CANCERS PULMONAIRES (I par R.DESMEULES, L.ROUSSEAU, M.GIROUX et A.SIROIS de l\u2019Hôpaital Laval L\u2019amiantose est une affection dont le chapitre pathologique nous paraît encore incomplet.Nous espérons que certaines conditions favorables d'observation et de collaboration médicales nous permettront d\u2019apporter une contribution intéressante à l\u2019étude de cette maladie professionnelle.L\u2019amiantose atteint plus particulièrement les poumons et est causée par l\u2019inhalation de poussières d\u2019amiante.Elle se caractérise par la dyspnée, la fibrose pulmonaire et l\u2019existence de corps d\u2019amiante dans les alvéoles, les bronchioles, les parties fibreuses ou nécrosées du poumon et aussi dans les expectorations.Les signes cliniques et radiologiques s\u2019installent insidieusement et ne deviennent manifestes qu\u2019après environ neuf années d\u2019exposition du malade aux poussières d'amiante.La fibrose pulmonaire est diffuse, plus marquée autour des bronches, des bronchioles et des alvéoles.Ces caractères la différencient de la fibrose (1).Travail des Services médicaux et du Laboratoire de l\u2019Hôpital Laval.(2) 98 LAVAL MÉDICAL Québec, mars 1941 due à la silicose ; celle-ci est discrète, dense, nodulaire, siégeant Ie long des voies lymphatiques.Les corps d\u2019amiante furent décrits par Cooke.Ce sont des éléments qui peuvent prendre les formes les plus étranges.Les aspects le plus souvent rencontrés sont ceux en chapelet, en massue ou en haltére.Les corps d\u2019amiante sont le produit d\u2019une réaction tissulaire.La poussière d\u2019amiante au contact du poumon provoque une hémorragie.A la suite de cette hémorragie, la particule étrangère s\u2019entoure d\u2019hémosidérine.C\u2019est l\u2019hémosidérine qui se colore et permet de déceler les corps d\u2019amiante.Les relations qui peuvent exister entre l\u2019inhalation de poussières irritantes et le cancer du poumon ont fait le sujet d\u2019un grand nombre de discussions scientifiques.Ces discussions sont de plus en plus à l\u2019ordre du jour depuis qu\u2019on sait qu\u2019il y a une progression constante de la fréquence des tumeurs malignes pulmonaires.De nombreuses communications ont été faites touchant l\u2019association de silicose au cancer du poumon.Ne savons-nous pas en effet qu\u2019on a constaté à l\u2019autopsie 10% de cancer pulmonaire chez les ouvriers de la région minière de Schneeberg.Les mines de cette région sont riches en bismuth, en arsenic et en cobalt.Les conclusions qui ont été tirées de \u2019étude du cancer de Schneeberg c\u2019est qu\u2019il est dû à l\u2019action de plusieurs facteurs associés et que la cause prédisposante la plus importante est la pneumoconiose.Il est cependant intéressant de noter qu\u2019on n\u2019a pas trouvé un chiffre aussi élevé de tumeurs malignes du poumon dans des régions minières où les pneumoconioses sont fréquentes.Notons cependant qu\u2019à Jochymov, en Tchéco-Slovaquie, on a constaté un nombre assez élevé de cancers pulmonaires chez les ouvriers des mines de radium.Egbert et Geiger ont rapporté, en juillet 1936, dans The American Review of Tuberculosis le premier cas de cancer pulmonaire primitif associé à l\u2019amiantose.Nous avons l\u2019honneur de vous faire part de deux autres observations qui sont sûrement parmi les premières publiées dans le monde médical.Nous tenons à remercier le professeur Louis Berger, de l\u2019Université Laval, de tout l\u2019appui qu\u2019il nous a accordé dans l\u2019étude anatomo-pathologique de ces observations. Québec, mars 1941 LAVAL MÉDICAL 99 PREMIÈRE OBSERVATION A.A, dossier 2365, âgé de 57 ans, travaille depuis vingt-cinq années dans l\u2019industrie d\u2019amiante comme ajusteur de machines.Il n\u2019a pas d\u2019antécédents personnels ni familiaux importants.Le patient se présente «a Fig.1.\u2014I° observation.\u2014 À.À.: Grand épanchement pleural à gauche.Augmentation des images broncho-vasculaires à droite.au bureau de consultation de l\u2019un de nous pour douleurs thoraciques apparues depuis quelques Jours.L\u2019examen indique de nombreux frottements pleuraux à la base gauche.Une semaine plus tard Ie malade entre à l\u2019Hôpital Laval.Il est dyspnéique et cyanosé.Les signes cliniques sont ceux d\u2019un épanchement pleural occupant tout l\u2019hémithorax gauche.La radiographie confirme ces renseignements.Elle fait voir en plus un 100 LAVAL MÉDICAL Québec, mars 1941 refoulement du cœur et du médiastin à droite.Il existe aussi une augmentation des images broncho-vasculaires à la région moyenne droite.Pendant les trois semaines qui suivent l\u2019entrée à l\u2019hôpital huit ponctions pleurales permettent de retirer 12 litres de liquide d\u2019abord séro-fibrineux puis séro-hémorragique.reste Fig.2.\u2014 1° observation.\u2014 À.A.: Poumon gauche.Épithélioma d\u2019origine alvéolaire ayant envahi la plèvre viscérale.Amiantose et sclérose modérée.La recherche des bacilles tuberculeux et des cellules néoplasiques dans les crachats est toujours négative.Mais, l\u2019étude histo-pathologique du liquide pleural faite par le Dr E.Morin met en évidence la présence de cellules épithéliales néoplasiques.Malgré les thoracentèses fréquentes le liquide continue à se reproduire facilement.Des signes de cachexie cancéreuse font leur Québec, mars 1941 LAVAL MÉDICAL 101 apparition.Le malade meurt un mois et deux jours après le début apparent de la maladie.Le protocole de l\u2019autopsie se lit comme suit : EXAMEN EXTERNE : rien à signaler.Fig.3.\u2014 1° observation.\u2014 À.À.: Plèvre gauche.Métastases néoplasiques d\u2019un petit épithélioma du poumon gauche.EXAMEN INTERNE : Thorax : Poumon gauche : Dans la cavité pleurale gauche on trouve deux Irtres de liquide séro-sanguinolent et un poumon en partie collabé.Adhérences du poumon au sommet et à la base.La plèvre est de couleur rosée, brillante, cartonnée, farcie de petits bourgeons rouges très vascularisés, non sessiles, de la grosseur d\u2019un petit pois ou d\u2019une cerise.Ces 102 .LAVAL MEDICAL Québec, mars 1941 bourgeons tapissent toute la plèvre du haut en bas du thorax et essaiment sur le péricarde.Le parenchyme du poumon gauche est très friable, hépatisé et paraît indemne de lésion cancéreuse.Les bronches sont normales.Poumon droit : Libre dans la cavité pleurale.Plèvre normale.Hépatisation du parenchyme.Abdomen : Foie : Pesant 1,170 grammes ; est normal.Vésicule distendue, adhérente au foie.Fig.4\u2014 1° observation.\u2014 A.A.: Micro-photographie montrant plusieurs corps d'amiante.Rate : Pesant 80 grammes ; est petite, scléreuse.Reins : Pesant respectivement, le gauche 165 et le droit 160 grammes ; sont normaux.Estomac, intestins : Normaux.HISTOPATHOLOGIE : Poumon : On trouve quelques amas de cellules petites, arrondies, à protoplasme très mince, dont quelques-unes sont de type muqueux. Québec, mars 1941 LAVAL MÉDICAL 103 Le parenchyme présente de la sclérose diffuse, peu accentuée.Il est parsemé de nombreux amas de corps d\u2019amiante.Plèvre : La plèvre est complètement envahie par des boyaux néoplasiques, richement vascularisés de même type cellulaire que dans le poumon.Reins : Stase sanguine.Foie : Rien à signaler.Rate : Stase sanguine.DIAGNOSTIC : Epithélioma pleuro-pulmonaire d\u2019origine alvéolaire et amiantose pulmonaire.DEUXIÈME OBSERVATION A.L., dossier 4527, entre à l\u2019Hôpital Laval le 24 juin 1940 pour expertise médicale.C\u2019est un homme de 50 ans qui, à l\u2019âge de 28 ans, commence à mettre l\u2019amiante en sac.I! exerce cet emploi jusqu\u2019en avril 1940.En 1933, 1l souffre d\u2019affection pulmonaire aiguë qui l\u2019empêche de travailler pendant cinq semaines.À noter que le patient est un tousseur chronique depuis environ 15 années.En juillet 1939, 1l consulte l\u2019un de nous pour accentuation de la toux : il y a submatité aux bases pulmonaires et des râles sonores dans l\u2019ensemble du thorax.Les expectorations ne contiennent pas de bacilles tuberculeux.En novembre 1939, le malade commence à perdre du poids et des.forces.La toux et les expectorations augmentent.Le travail devient de plus en plus difficile et le patient quitte son occupation en avril dernier.Il se plaint alors de toux fréquente, de douleurs à la base de l\u2019hémithorax droit, de dyspnée et d\u2019amaigrissement.À l\u2019examen il y a matité et abolition de la respiration dans la moitié inférieure de l\u2019hémithorax droit.La radiographie indique un aspect granité dans la plus grande partie de la plage pulmonaire gauche.II y a opacité dense dans la moitié inférieure de la plage droite.L'état devient de plus en plus grave. 104 LAVAL MÉDICAL Québec, mars 1941 Lorsque le malade entre à l\u2019Hôpital Laval il est très oppressé, violacé et défaillant.L'examen révèle du tirage sus- et sous-sternal, une respiration affaiblie dans l\u2019ensemble du thorax surtout à la base droite.La radiographie montre des opacités micro-nodulaires à gauche et une ombre dense, homogène, à la partie inférieure droite avec élargissement du Fig.5.\u2014 II° observation.\u2014 A.L.: Images micro-nodulaires à gauche.Opacité dense, homogène, à la base droite.médiastin.Deux ponctions évacuatrices d\u2019environ 300 c.c.\u201d chacune mettent en évidence un épanchement séro-fibrineux dans la plèvre droite.Le liquide est lymphocytaire, non bacillaire et l\u2019examen histo-patho- logique, après inclusion du culot, n\u2019indique pas de cellules néoplasiques.Nous ajoutons que toutes les recherches de bacilles tuberculeux dans les expectorations demeurent négatives.Peu de jours après son entrée à Québec, mars 1941 LAVAL MÉDICAL 105 l\u2019hôpital, le patient présente des accès de suffocation de plus en plus intenses et rapprochés.La mort arrive le 13 juillet dernier.Voici le protocole de l\u2019autopsie : EXAMEN EXTERNE : II s\u2019agit d\u2019un sujet bien constitué, présentant quelques lividités et un début de rigidité cadavérique.Fig.6.\u2014 11° observation.\u2014 À.L.: Épithélioma d\u2019origine bronchique du poumon droit avec envahissement secondaire de la plévre et du meédiastin.Amiantose et sclérose pulmonaires.EXAMEN INTERNE : Thorax : À l\u2019ouverture, on trouve une symphyse pleurale antérieure gauche, facile à défaire ; à droite, il y a une rétraction du poumon vers le haut de l\u2019hémithorax, laissant une cavité de la taille d\u2019un pamplemousse à la base.Cette cavité est remplie par 200 c.c.3 de liquide jaunâtre séro- 106 LAVAL MÉDICAL Québec, mars 1941 fibrineux.Du même côté, symphyse pleurale, totale, très solide, ne cédant qu\u2019au bistouri et laissant voir à la région antéro-supérieure deux gros nodules blanchâtres, lobulés, se réduisant en bouillie à la pression.Poumon gauche : Hypertrophié, de teinte gris-bleutée, ferme à la coupe et criblé de minuscules cavités.Poumon droit : Envahi par des nodules, blanc nacré, parfois en rosette, en contiguité avec la plèvre.Le reste du parenchyme est également gris-bleuté.Le médiastin antérieur et supérieur est envahi du côté droit par de grosses masses blanchâtres, de même type que celles du poumon.Le cœur pesant 460 grammes est gros, dur, ferme et montre un placard de péricardite à sa face antérieure.Léger athérome aortique.Abdomen : À l\u2019ouverture, rien à signaler, sauf un gros ganglion blanchâtre situé dans la région pylorique.Foie : Pèse 1,820 grammes ; est gros, ferme, rougeâtre ; trois petits grains blanchâtres sous-scapulaires à la région antérieure.Rate : Pèse 175 grammes ; est ferme, rougeâtre ; un peu de péri- splénite.Reins : Pesant respectivement, le droit 180 et Ie gauche 210 grammes ; sont rougeitres ; se décortiquent mal.Estomac, intestin, pancréas : Normaux.HISTOPATHOLOGIE : Poumons : Gauche : Le parenchyme pulmonaire est en partie détruit par une sclérose diffuse, surtout péri-bronchique.Il y a présence de nombreux corps d\u2019amiante.Droit : Épithélioma d\u2019origine bronchique ayant envahi secondairement la plèvre et le médiastin antérieur.En certains endroits, on trouve des boyaux néoplasiques de type cylindrique, tandis que sur d\u2019autres les amas de cellules néoplasiques sont de type pavimenteux.Dans les masses néoplasiques les cellules sont petites, arrondies, avec peu de protoplasme, atypiques, donnant souvent un aspect pseudo-lymphosarcoma- teux.Présence de nombreux corps d\u2019amiante, parfois en amas.Rate : Stase sanguine marquée.Foie : Stase sanguine. Québec, mars 1941 LAVAL MÉDICAL 107 Surrénales : Normales.Ganglions du médiastin : Les ganglions sont complètement envahis par des boyaux néoplasiques du type décrit plus haut dans le poumon droit.DrAGNoSsTIC : Epithélioma pleuro-pulmonaire bronchogéne avec amiantose pulmonaire.Fig.7.\u2014 11¢ observation.\u2014 A.L.: Micro-photographie montrant plusieurs corps d\u2019amiante.RÉSUMÉ Les observations qui précèdent sont celles de deux malades porteurs d\u2019amiantose et décédés de cancer primitif du poumon avec envahissement secondaire de la plèvre.Y a-t-il simple association pathologique ou bien l\u2019amiantose a-t-elle favorisé le développement du cancer?La question mérite d\u2019être posée.Malheureusement nous ne pouvons pas apporter de réponse catégorique. 108 LAVAL MÉDICAL Québec, mars 1941 Cependant, 1l nous paraît logique de le croire, comme d\u2019autres l\u2019ont cru pour la silicose, que l\u2019amiantose peut être une cause prédisposante du cancer pulmonaire.BIBLIOGRAPHIE EGBERT, D.S.Pulmonary asbestosis.American Review of Tuberculosis, (janvier) 1935.EcBerT, D.S., et GrrGER, À.J.Pulmonary asbestosis and carcinoma.American Review of Tuberculosis, (juillet) 1936.Davipson, M.À practical manual of diseases of the chest, pp.260 et 451.Lanza, A.J.Silicosis and Asbestosis.Public Health Bulletin.A study of asbestosis in the Asbestos Textile Industry.N° 241.MACKLIN, M.P., et MackLin, C.C.Does chronic irritation cause primary carcinoma of the human lung?Archives of Pathology, n° 4, (octobre) 1940. SILICOSE PULMONAIRE ET DÉCAPAGE DES MÉTAUX AU JET DE SABLE par R.DEMEULES Directeur médical de l\u2019Hôpital Laval et L.ROUSSEAU Chef de Service à l\u2019Hôpital Laval L\u2019essor grandissant des industries minières, métallurgiques, nous permet aujourd\u2019hui d\u2019avoir des opinions plus exactes sur les états pathologiques pulmonaires résultant de l\u2019inhalation prolongée de poussières de silice pure ou combinée.Comme la majorité de ces blessés du poumon est représentée par des ouvriers des mines, on s\u2019est peut-être désintéressé à tort des autres industries pouvant réaliser les mêmes états pulmonaires.Quel que soit l\u2019endroit de travail, l\u2019état silicosique du poumon se produira avec une plus ou moins grande rapidité suivant la quantité des poussières en liberté ; la dimension de ces poussières Joue aussi un rôle important et celles qui sont supérieures à un micron n\u2019exerceraient aucune action nocive sur le poumon indépendamment de leur dureté.Si nous connaissons quelques-unes des conditions favorisant la silicose, nous en ignorons un grand nombre et Policard a attiré l\u2019attention sur le facteur individuel qui comme dans toutes les affections est peut-être le plus difficile à approfondir. 110 LAVAL MÉDICAL Québec, mars 1941 Les pneumoconioses des mines se produisent très lentement et l\u2019on peut admettre, sauf de rares exceptions, qu\u2019il n\u2019en existe pas cliniquement et radiologiquement avant 5 années de travail.Après 10 ans, il est plus facile d\u2019établir par les procédés radiologiques l\u2019existence d\u2019une sclérose à son stade pré-clinique.Avec l\u2019addition des années de travail, cette proportion de sujets atteints devient plus forte et les manifestations pathologiques plus évidentes.Le temps d\u2019exposition aux poussières de silice nécessaire à la production de la silicose maladie sera variable avec chaque industrie et proportionnel à la plus ou moins grande quantité de poussières dans l\u2019air ambiant.Ces conditions hygiéniques propres au développement de la silicose dans le travail minier existent aussi dans d\u2019autres industries et nous avons été frappés par l\u2019état pulmonaire silicosique avancé que présentaient quatre ouvriers n\u2019ayant travaillé que quelques années au décapage des métaux au Jet de sable.Une description sommaire des conditions de travail est nécessaire pour comprendre la rapidité avec laquelle la silicose brûle les étapes chez ces ouvriers spécialisés.Le décapeur se trouve dans une chambre métallique ayant une longueur de 12 pieds par 9 de largeur ; la hauteur de cette pièce est de 7 pieds environ.Cette chambre est hermétiquement close et seule une couche à la partie supérieure permet une aspiration d\u2019une certaine quantité de sable (le surplus).L\u2019ouvrier porte un masque en caoutchouc ressemblant à celui d\u2019un scaphandre mais contrairement à ce dernier il s\u2019arrête aux épaules.La partie supérieure du masque communique avec un tuyau par lequel arrive l\u2019air sous pression qui servira à la respiration : cetair s\u2019_échappe à la partie inférieure du masque quiest libre au thorax.Le sable arrive, poussé par de l\u2019air comprimé, dans un boyau de deux pouces de diamètre et l\u2019ouvrier arrose le métal à traiter.Deux ouvriers se partagent la besogne durant la journée, travaillant chacun 50 minutes alternativement.Dans de telles conditions, on comprendra que l\u2019atmosphère soit sursaturée de poussières de silice et qu\u2019une Journée passée dans cette chambre peut correspondre à un mois de travail minier.Les quatre observations que nous rapportons ont rapport à deux équipes d'ouvriers ayant accompli ce travail durant quelques années Québec, mars 1941 LAVAL MÉDICAL 111 dans deux industries semblables.Le hasard a voulu que l\u2019un de nous examinât le premier groupe tandis que l\u2019autre était appelé dans le même temps à faire une expertise sur l\u2019état pulmonaire du second groupe.PREMIÈRE OBSERVATION A., célibataire, 25 ans, est dirigé par son médecin vers l\u2019Hôpital Laval, le 15 mars 1939, pour tuberculose pulmonaire.Dans ses antécédents personnels et héréditaires, on ne trouve aucun tuberculeux.En 1932, il a subi une intervention chirurgicale pour hernie et c\u2019est la seule maladie dont il se souvienne.Pas d\u2019éthylisme mais léger abus tabagique.Depuis le 15 août 1934, 1l est employé dans une fonderie au décapage des métaux au Jet de sable.Il ne peut préciser quand apparurent la toux, les expectorations et la dyspnée qui le rendent aujourd\u2019hui impotent.Ce n\u2019est qu\u2019après 3 ans et 4 mois de travail dans cette atmosphère sursaturée de poussières qu\u2019il dut restreindre ses activités journalières.En effet, en janvier 1938, la dyspnée est devenue un obstacle à tout effort physique et la toux est beaucoup plus tenace.Cing mois plus tard, cet état pulmonaire l\u2019oblige à abandonner tout travail et après un examen radiologique on lui conseille une cure hygiéno-diététique.Sous l\u2019influence du repos, son état général s\u2019améliore, 1l gagne du poids sans toutefois observer de modifications des expectorations qui sont toujours abondantes, muco-purulentes.De même la dyspnée ne se modifie pas et le moindre effort entraîne un essoufflement disproportionné avec la tâche accomplie.Devant ces résultats peu encourageants, son médecin lui conseille de faire un stage dans un sanatorium antituberculeux.A son admission, l\u2019examen physique de l\u2019appareil respiratoire mit en évidence des signes de sclérose broncho-pulmonaire intéressant les régions supérieures des deux poumons.La radiographie pulmonaire montrait de fortes opacités à point de départ hilaire s\u2019étendant en forme d\u2019éventail vers les régions supérieures et latérales des deux poumons tout en respectant l\u2019extrême sommet.Il existait en plus des images de tramite à la région moyenne des deux poumons. 112 LAVAL MÉDICAL Québec, mars 1941 Ce malade fit un stage de 3 mois 15 à l\u2019hôpital durant lequel 1l ne présenta jamais d\u2019état fébrile.Au repos, il n\u2019y avait pas de dyspnée appréciable et les pulsations ne dépassaient pas 90.Après un exercice consistant à faire sauter le sujet 25 fois, nous avons noté des modifications circulatoires indiquant un certain degré de myocardite ; c\u2019est ainsi que les Fig.1.\u2014 1° observation.\u2014 À.: Opacités aux régions hilaires et surtout aux sommets.pulsations artérielles passèrent de 90 au repos à 124 après cet effort ; elles s\u2019accompagnaient d\u2019arythmie et de dyspnée très marquée.La capacité respiratoire était réduite à 1,500 c.c.(air courant).Nous avons recherché tous les signes pouvant établir la nature tuberculeuse de cette affection sans pouvoir y parvenir.Vingt examens de v crachats aprés homogénéisation ne permirent pas de constater de bacilles Québec, mars 1941 LAVAL MÉDICAL 113 de Koch et un cobaye inoculé fut sacrifié cinq mois plus tard et ne fut pas tuberculisé.Comme on a attaché beaucoup d\u2019importance au terrain spécifique dans les scléroses broncho-pulmonaires, 1} est important de signaler que la réaction de Bordet-Wassermann fut négative dans le sang: - Ce malade quitta l\u2019hôpital, Ie 2 juillet 1939, ni amélioré ni aggravé, porteur d\u2019une importante sclérose broncho-pulmonaire compliquée d\u2019une insuffisance cardio-vasculaire.Nous avons appris depuis qu\u2019il est décédé et il est logique de supposer que des troubles cardiaques furent la complication terminale de cette pneumopathie.Convaincus de la relation directe entre cette affection pulmonaire et l\u2019incapacité qui en résulta, nous rapportâmes nos constatations à la Commission des Accidents de Travail qui dut s\u2019en désintéresser étant donné que seule la silicose contractée dans une industrie minière comporte une compensation.\u2019 DEUXIEME OBSERVATION B.Le 21 août 1939, l\u2019un de nous eut l\u2019occasion d\u2019examiner à son cabinet particulier le compagnon de travail du malade dont nous venons de rapporter l\u2019observation clinique.Cet homme, âgé de 36 ans, est marié, père de 7 enfants.Depuis 8 ans, 1l travaille dans les mêmes conditions que son compagnon.Dans ses antécédents, nous remarquons qu\u2019il a fait à l\u2019Âge de 16 ans une pleurésie séro-fibrineuse dont il se serait tout à fait rétabli dans la suite ; en effet, il n\u2019aurait pas toussé ni craché avant son emploi dans l\u2019industrie actuelle.Ce n\u2019est que depuis le mois de janvier 1939 qu\u2019il a remarqué une toux chronique accompagnée de peu d\u2019expectorations.Il n\u2019est réellement oppressé que depuis le mois d\u2019avril de la même année ; c\u2019est ainsi qu\u2019il a constaté qu\u2019il ne pouvait faire de la bicyclette sans éprouver une grande gêne respiratoire.Ces symptômes n\u2019ont pas atteint un degré suffisant pour constituer une incapacité totale de travail et c\u2019est à la demande de son employeur qu\u2019il est venu consulter, lui-même n\u2019interprétant pas ces malaises comme l\u2019expression d\u2019une maladie importante.À l\u2019examen physique, on entendait des râles secs aux deux sommets et une respiration soufflante à la région apicale gauche.La radiographie pulmonaire montrait de nombreuses petites opacités nodulaires distri- 3 114 LAVAL MÉDICAL Québec, mars 1941 buées dans les deux champs pulmonaires.La tension artérielle était de 95/60, le pouls accéléré battait à 106 à la minute.Comme ce malade n\u2019a pas été observé dans un milieu hospitalier, où des examens complémentaires eussent permis d\u2019éliminer la tuberculose, nous n\u2019avons pas la prétention d\u2019affrrmer qu\u2019il s\u2019agit de silicose pure d\u2019autant plus qu\u2019il y a 20 ans il fit une affection pleurale probablement Fig.2.\u2014 II® observation.\u2014 B.: Opacités denses siégeant aux régions sous- claviculaires et moyennes, respectant les sommets.bacillaire.D\u2019autre part, nous ne pouvons ignorer que les conditions de travail dans lesquelles 1l se trouva durant 8 ans ont réalisé chez son compagnon un état silicosique des poumons.Qu\u2019il s\u2019agisse de tuberculose, de silico-tuberculose ou de silicose pure, ce malade est mort de son affection pulmonaire ou des complications quelques mois après cet examen. Québec, mars 1941 LAVAL MÉDICAL 115 Les deux autres observations concernent deux ouvriers ayant travaillé durant quelques années dans une autre industrie métallurgique au décapage des métaux au jet de sable.Comme les conditions de travail étaient exactement les mêmes, il est intéressant d\u2019en comparer les résultats pathologiques avec les deux précédents.Fig.3.\u2014 III° observation.\u2014 C.: Opacités diffuses, surtout a droite, dans les plages pulmonaires.TROISIÈME OBSERVATION C., 53 ans, entre à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement le 6 mai 1940.Père de 11 enfants en santé, il n\u2019a jamais été malade avant 1l y a un an et demi.Une sœur est morte de tuberculose à l\u2019âge de 42 ans mais il n\u2019a pas été en contact avec cette dernière. 116 LAVAL MÉDICAL Québec, mars 1941 Depuis 6 ans, ce malade travaille dans une usine au polissage de la fonte.Ce décapage se fait comme nous l\u2019avons déjà dit au moyen d\u2019un boyau projettant du sable sous pression sur le métal, dans une chambre métallique hermétiquement close.Jusqu\u2019à il y a un an et demi, il présentait un peu de toux sans expectorations mais aucun autre symptôme pulmonaire.Depuis, 1l est devenu de plus en plus oppressé, son travail est très pénible et dans les derniers douze mois, il a perdu 40 livres.II n\u2019a Jamais craché de sang et la température lorsqu\u2019elle fut contrôlée était normale.À l\u2019examen, nous sommes en présence d\u2019un sujet très maigre chez qui on remarque une fonte musculaire.Si l\u2019on fait marcher ce malade, 1l devient très oppressé et présente du tirage sus- et sous-sternal.L\u2019examen physique pulmonaire donnait peu de signes pathologiques si l\u2019on considère l\u2019importance des altérations radiologiques ; une rudesse respiratoire et une respiration soufflante constituaïent les seuls signes stéthacoustiques.La radiographie pulmonaire montrait des opacités nodulaires disséminées également aux deux plages pulmonaires ; à droite, il y avait en plus une opacité linéaire à l\u2019endroit de la scissure.Toutes les recherches de bacilles tuberculeux dans les expectorations donnèrent un résultat négatif et un cobaye inoculé puis sacrifié 2 mois plus tard ne présentait aucune lésion bacillaire.Ces aspects cliniques et radiologiques ne nous permettaient guère un autre diagnostic que celui de silicose pulmonaire.Ce malade devait mourir quelques mois plus tard (16 août 1940) après avoir présenté durant 4 Jours un syndrome péritonéal et l\u2019examen anatomo-pathologique des poumons confirmait notre diagnostic de silicose pure.QUATRIEME OBSERVATION Le 6 mai 1940, D.entrait à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.Il s\u2019agit d\u2019un homme de 45 ans ne présentant aucun antécédent tuberculeux, personnel ou familial.Depuis 12 ans, il est ouvrier dans une industrie métallurgique.Au début, il fit pendant un an le polissage de la fonte avec meule, puis il fut affecté à des travaux de menuiserie l\u2019année sur- vante.Durant les 10 dernières années, 1l faisait partie de cette équipe Québec, mars 1941 LAVAL MÉDICAL 117 de 2 hommes qui travaillent alternativement au polissage au jet de sable.Les conditions de travail de C et D furent par conséquent les mêmes avec cette différence que D a, à son crédit, 4 années de plus.La santé de D fut satisfaisante jusqu\u2019au printemps 1939.Il commença alors à ressentir de la lassitude au travail et à être incommodé Fig.4.\u2014 IV® observation.\u2014 D.: Condensations massives occupant la quasi totalité des poumons.par de l\u2019oppression.La toux et les expectorations apparurent vers le même temps.Le 18 juillet 1939, il est incapable d\u2019accomplir son travail régulier et 1l remplit les fonctions de contre-maître jusqu\u2019au mois de novembre, mais à ce moment la gêne respiratoire l\u2019oblige à s\u2019aliter définitivement.L\u2019oppression devient de plus en plus marquée, la toux, l\u2019amaigrissement et la faiblesse s\u2019accentuent.I! n\u2019y eut pas de fièvre ni 118 LAVAL MÉDICAL Québec, mars 1941 hémoptysies.Lors de notre examen, le 7 mai 1940, on se trouve en présence d\u2019un sujet cachectique ne pesant que 100 livres ; son poids en bonne santé était de 169 livres.Même au repos complet, il existe une forte dyspnée accompagnée de tirage sus- et sous-sternal.Cette gêne respiratoire s\u2019accentue lorsqu\u2019il répond à nos questions.Le pouls est rapide, il n\u2019y a pas de fièvre.La tension artérielle est de 120/90.À l\u2019examen des poumons, la poitrine est remplie de râles et de souffles intenses.La radiographie pulmonaire montre un stade beaucoup plus avancé de sclérose broncho-pulmonaire.Les nodules sont tellement confluents qu\u2019ils réalisent une opacité à peu près homogène voilant les deux poumons.Ces opacités sont très denses au !/3 supérieur, moins à l\u2019extrême sommet et respectent à peu près les bases à la région externe.Comme dans le cas précédent, Il fut impossible de déceler des bacilles de Koch dans les expectorations et à l\u2019examen direct et après homogénéisation.Un cobaye inoculé le 11 mai mourut 15 Jours plus tard accidentellement et ne présentait aucune lésion tuberculeuse.L'absence d\u2019antécédents tuberculeux, l\u2019évolution particulière de cette maladie et surtout la notion d\u2019un travail prolongé dans une atmosphère sursaturée de poussières de silice nous firent porter le diagnostic de silicose pure.La maladie était très avancée, avait atteint la phase de décompensation cardio-vasculaire et entraîna la mort le 28 juin 1940.Comme pour le cas précédent l\u2019autopsie montra qu\u2019il s\u2019agissait de silicose pulmonaire.\u2019étude de ces quatre observations nous conduit à une première déduction pratique.Le travail du décapage des métaux au jet de sable, en chambre close (dans les conditions que nous avons pu vérifier) produit rapidement une silicose.En effet, les quatre ouvriers que nous avons examinés après 5, 8, 6 et 10 ans de travail avaient atteint ce qu\u2019on a \u2018convenu d\u2019appeler le 3° degré de la silicose ou phase des troubles cardio- vasculaires.Il eut été instructif de posséder des documents radiologiques nous permettant de suivre d\u2019année en année la progression de la maladie chez ces ouvriers.Sommes-nous en présence de silicose pure ou de silico-tuberculose ?D\u2019après les théories émises par Rist, Doubrow et plusieurs autres Québec, mars 1941 LAVAL MÉDICAL 119 Français, la silicose ne serait pas une maladie autonome mais une forme spéciale de tuberculose avec prédominance du processus fibreux.En Afrique-Sud, où l\u2019on a une grande expérience de la silicose, des opinions différentes furent émises, au congrès de Johannesburg, en 1930.En Angleterre, le professeur Haldane, d\u2019Oxford, ne partage aucunement les idées de M.Rist et, en Allemagne, le professeur Bohme est un défenseur de la silicose maladie professionnelle.Nous ne cacherons pas notre préférence pour la silicose maladie autonome tout en admettant avec les auteurs anglais et allemands que cette maladie puisse se compliquer fréquemment de tuberculose.À Bochum, en Allemagne, on reconnait que la silicose au 2\u20ac degré se complique de tuberculose dans 30 à 40% des cas et dans la proportion de 70% au 3° degré.On peut se demander aussi si l\u2019inverse ne peut se produire, la silicose apparaissant comme complication de la tuberculose pulmonaire chez des ouvriers mineurs.Ce problème est beaucoup plus difficile à résoudre et cet aspect de la question a été étudié Jusqu'ici.De nos quatre observations une seule, l'observation correspondant au malade B, porte un diagnostic audacieux.Ce malade ne fut pas observé, fut examiné une seule fois et il ne nous a pas été possible d\u2019éliminer avec certitude le diagnostic de tuberculose.Le diagnostic fut cependant basé sur des facteurs étiologiques d\u2019une valeur indiscutable.Pour les trois autres malades, les examens ne permirent Jamais de déceler de bacilles de Koch et nous insistons sur le caractère particulier de ces quatre pneumopathies, d\u2019avoir évolué sans fièvre.Deux de ces malades eurent des autopsies et le résultat des examens anatomo-pathologiques montra qu\u2019il s\u2019agissait de silicose pure.Dans les deux derniers cas, la recherche de particules métalliques microscopiques dans les expectorations n\u2019a donné aucun résultat mais 1l s\u2019agit là d\u2019examens minutieux qui n\u2019ont pas encore une valeur absolue.Signalons cependant la technique de Burke et Kerr que nous ignorions dans le temps et qui pourrait dans certains cas donner des résultats intéressants.Les radiographies pulmonaires qui appartiennent à nos malades n\u2019offrent pas au complet ces Images que l\u2019on a voulu imposer comme pathognomoniques de la silicose pulmonaire.Nous trouvons sur nos 120 LAVAL MÉDICAL Québec, mars 1941 clichés des caractères qui, sans être absolus, se voient fréquemment ; Images se distribuant en éventail, intégrité relative des régions apicales.Les images les plus variées peuvent appartenir à la silicose depuis l\u2019augmentation des images hilaires jusqu\u2019aux ombres pseudo-tumorales, en passant par l'image micro-nodulaire, \"aspect tacheté ou floconneux.Quant aux localisations, certaines régions sont plus souvent touchées que d\u2019autres mais le caprice de la silicose ne respecte pas les prétentions des radiologues et nous sommes dans l\u2019obligation de rappeler de nouveau à nos confrères spécialisés que la nature d\u2019une affection ne peut être établie par la radiologie.Quand commence l\u2019état silicosique du poumon et quelle est la valeur de nos procédés d\u2019investigations?Nous devons à l\u2019anatomo-pathologie des lumières que nous refusent encore la clinique et les procédés de laboratoires.Il est reconnu que les manifestations cliniques de la silicose sont ultérieures aux altérations radiologiques et jusqu\u2019ici il était classique de parler de silicose au stade pré-clinique.Nous devrions aussi parler du stade pré-radiologique qui est mis en évidence par des autopsies faites chez des sujets morts de maladies intercurrentes.Tout dernièrement, nous avons eu l\u2019avantage de faire examiner les poumons de deux sujets morts de cancers pleuro-puIlmonaires et ayant travaillé des années dans l\u2019industrie de l\u2019amiante.Malgré l\u2019absence de signes cliniques et radiologiques d\u2019amiantose chez ces malades durant leur vie, les coupes du poumon, examinées au microscope, étaient chargées de corps d\u2019amiante.Des exemples de cet ordre nous enseignent que le stade initial de la pathogénie de la silicose passe inaperçu.Nous 1gnorons encore beaucoup de la silicose mais les idées sont encore moins nettes dans nos lois qui ne rendent pas complète Justice aux silicosiques.Jusqu\u2019en 1933, la Commission des Accidents du Travail de la Province de Québec reconnaissait la silicose comme maladie professionnelle donnant droit à une compensation lorsqu\u2019elle constituait une Incapacité de travail.Par le statut 23, George V, chapitre 98, sanctionné le 13 avril 1933, la Commission des Accidents du Travail ne reconnaissait pas la silicose comme ayant droit à rémunération.Une nouvelle législation permet depuis quelques années l\u2019étude des réclamations mais cette nouvelle loi n\u2019offre de dédommagements qu\u2019à Québec, mars 1941 LAVAL MÉDICAL 121 l\u2019ouvrier atteint de silicose infectieuse et seulement si cette affection a été le résultat d\u2019un travail dans une industrie minière.Le terme de « silicose infectieuse ) signifie au sens de la loi silico-tuberculose ; s\u2019il est obscur comme expression médicale, il n\u2019apporte pas moins un préjudice à ceux dont l\u2019incapacité de travail est réalisée par la silicose pure.Si les théories de l\u2019école de M.Rist confondant silicose et tuberculose, même en l\u2019absence de preuves bactériologiques et anatomiques, étaient admises, cette loi protégerait suffisamment l\u2019ouvrier, mais en pratique il n\u2019en est pas ainsi.Pour ceux qu\u2019intéresse la pneumologie et qui font une distinction entre tuberculose et silicose, cette dernière affection leur apparaît comme typique d\u2019une maladie pulmonaire résultant d\u2019un travail spécial : lorsque la silicose devient associée à la tuberculose, la difficulté d\u2019interprétation grandit et il est presque impossible de faire la part de ce qui appartient à chaque affection.Pour ne citer qu\u2019un exemple, rappelons le cas d\u2019un jeune homme ayant travaillé quelques années dans une mine d\u2019amiante et qui se présente à l\u2019Hôpital Laval avec les signes cliniques, radiologiques et bactériologiques d\u2019une tuberculose chronique, forme ulcéro-caséeuse.Des examens spéciaux des expectorations nous permirent de trouver des corps d'amiante ce qui indiquerait une réaction tissulaire provoquée par ces poussières.Nous demeurons convaincus, en présence de la symptomatologie clinique qu\u2019il s\u2019agit surtout d\u2019une tuberculose et que son incapacité actuelle en est le résultat.Dans l\u2019esprit de la loi actuelle, l\u2019on peut se demander si l\u2019industrie ne pourrait pas en être tenue responsable.À notre avis, les conceptions qu\u2019ont les législateurs de la silicose ou de la silico-tuberculose ont entraîné une loi qui pourrait être modifiée par une appréciation différente dela silicose pure et dela silico-tuberculose au point de vue des responsabilités industrielles.Ajoutons en terminant qu\u2019il ne peut y avoir logiquement de différence de responsabilités entre une silicose contractée dans une mine ou dans une autre Industrie comme ce fut le cas pour nos quatre malades dont le décès fut directement en rapport avec leur travail.Ces blessés du poumon ont droit à une indemnité, l\u2019industrie a également droit à une protection et ce problème peut être résolu comme 1l l\u2019a été en Angleterre, en Afrique-Sud et en Allemagne. DE L\u2019UTILITÉ DU LAVAGE GASTRIQUE ET DE SON INOCULATION AU COBAYE par M.GIROUX Chef des laboratoires de l\u2019Hôpital Laval et Ph.RICHARD À mesure que l\u2019art de guérir se perfectionne, le clinicien demande à la bactériologie de perfectionner ses moyens non seulement de diagnostic, mais aussi de pronostic, donnant ainsi un maximum de rendement.Parmi les examens bactériologiques mis à notre disposition dans la tuberculose, la bacilloscopie du lavage gastrique est un des plus récents, et, semble-t-il, des plus utiles.Ce mode d\u2019examen fut employé pour la première fois par Meunier en 1889 chez l\u2019enfant (1).Ce chercheur avait remarqué que les enfants ne crachant Jamais, ont cependant une toux fréquemment humide, indiquant la présence de sécrétions bronchiques, et 1l eut l\u2019idée d\u2019aller chercher ces sécrétions dans l\u2019estomac des sujets à jeun. Québec, mars 1941 LAVAL MÉDICAL 123 Les faits confirmèrent ses prévisions, puisqu\u2019il retrouva en premier lieu, dans 3 cas sur 4, du bacille de Koch à l\u2019examen direct, puis successivement 2 fois sur 13 observations dans un autre travail.Quelque temps après, Bertherand (2) reprenant la technique de Meunier, trouve chez trente enfants tuberculeux âgés de 1 à 4 ans, vingt-et-une fois le bacille acido-résistant.Cependant ce n\u2019est qu\u2019en 1927 que la méthode tombée dans l\u2019oubli est reprise par Armand Delille (3), et employée couramment.Au début, l\u2019examen microscopique se faisait directement dans les flocons fibrineux, ce qui rendait l\u2019examen plus difficile, et surtout moins sensible.Armand Delille et Vibert ont grandement perfectionné la technique Initiale, en homogénéisant ce résidu centrifugé du lavage gastrique par le procédé à la soude de Bezançon et Philibert.Et en effet, ils obtiennent sur 174 contenus gastriques, 6 résultats positifs à l\u2019examen direct sur 64, et par contre 34 résultats positifs sur 110 cas après homogénéisation : ce qui prouvait bien alors l\u2019excellence de l\u2019amélioration apportée à la technique de Meunier.Plusieurs auteurs ont depuis lors poursuivi l\u2019étude du lavage gastrique chez les tuberculeux.Opitz, en 1933, dans une revue de ses recherches, signale que chez 206 enfants tuberculeux, 1l obtient 107 résultats positifs.Poulsen, Jensen et Husted dans une étude très approfondie de la question arrivent en 1932 aux conclusions suivantes : sur un total de 629 enfants de 0 à 10 ans, ils obtiennent 199 résultats positifs, tandis que sur un groupe de 293 enfants de moins de trois ans, ils ont 142 résultats également positifs.En Suède, Wallgren étudiant l\u2019étiologie de l\u2019érythème noueux a mis le bacille de Koch en évidence chez 22 enfants sur 24.Plusieurs autres, comme Clausen, Christoffersen et Frederiksen, Ligner, Lundquist, Baumann (4), Collis et Brockington (5), Zeyland, ont obtenu des résultats à peu près identiques dans l\u2019étude du lavage gastrique chez l\u2019enfant, et ont contribué à son extension.Au point de vue technique, nous passons sous silence le mode connu de tous du prélèvement du contenu gastrique (6). 124 LAVAL MÉDICAL Québec, mars 1941 Le principe de la méthode est de recueillir dans l\u2019estomac du sujet à jeun, les sécrétions bronchiques mêmes minimes.Les produits de lavage gastrique sont identiques aux expectorations, comme l\u2019ont démontré d\u2019abord Opitz et Poulsen, puis Sayé.Cependant, on nous permettra de signaler certains points délicats, essentiels même à la bonne conduite de l\u2019opération.Il y a en effet des précautions à prendre.Si, par exemple, le lavage n\u2019est pas fait très tôt, dès le réveil, surtout chez les enfants, et encore plus si des voisins déjeunent, les sécrétions bronchiques franchiront le pylore.De plus, le suc gastrique a une action nocive sur le bacille de Koch, et si elle est trop prolongée, peut empêcher un bon diagnostic bactériologique microscopique.Tout lavage gastrique doit donc être fait très tôt le matin, au réveil.Le liquide introduit dans l\u2019estomac doit être distillé et stérile, pour éviter la présence de germes pseudo-tuberculeux, lesquels, au microscope, peuvent être confondu avec le bacille de Koch.Nous avons cru devoir insister sur ces détails, car le clinicien se basant sur ces résultats a droit à la plus grande exigence technique.Les chercheurs du début ont borné, en général, leur application de la méthode à l\u2019enfant.Puis successivement, on rechercha le bacille dans le contenu gastrique des adultes n\u2019expectorant pas, quoiqu\u2019ayant des signes cliniques et radiologiques d\u2019atteinte du parenchyme pulmonaire.Et on a fait suivre le simple examen microscopique par l\u2019inoculation au cobaye des contenus négatifs suspects, où l\u2019œil n\u2019a pas décelé le bacille.C\u2019est le Prof.Sayé, avec Shelton et Alsina (7) qui ont dirigé leurs études en ce sens.| Sayé a trouvé que le lavage gastrique de 225 enfants tuberculeux a tuberculisé le cobaye dans 36 cas, soit 38.2%, tandis que chez l\u2019aduite, 220 tuberculeux ont donné 61 résultats positifs, soit 37.7%.Saenz et Costil (8) réunissant 3,733 observations de sujets tuberculeux, ou suspects de tuberculose chez plusieurs auteurs, obtiennent un pourcentage global de résultats positifs d\u2019environ 50% ; ceci englobant les résultats de l\u2019examen microscopique et de l\u2019inoculation au cobaye. Québec, mars 1941 LAVAL MÉDICAL 125 Des statistiques intéressantes sur l\u2019utilité de la méthode viennent de nous être fournies par des auteurs Américains, À.Stadnichenko, S.J.Cohen et H.C.Sweany (9) qui ont présenté l\u2019étude du lavage gastrique, tant au microscope que par l\u2019inoculation au cobaye, de 1,000 patients, dont 97% sont âgés de plus de dix ans.D\u2019abord, 176 cas de sujets non-tuberculeux doivent être séparés, et furent nécessairement négatifs.Il s\u2019agit chez les autres cas observés, de patients ne crachant pas, ou dont les examens bactériologiques des expectorations sont devenus négatifs.Sur 253 cas devenus négatifs, ils ont trouvé 94 cas positifs au lavage gastrique.Sur 511 patients, 249 furent trouvés positifs après homogénéisation du contenu, soit 48.79.A un autre point de vue, sur 403 lavages gastriques ayant tuberculisé le cobaye, 161 soit 40% étaient positifs à l\u2019examen au microscope.Nous vous apportons un relevé rapide que nous avons fait dans notre laboratoire de l\u2019Hôpital Laval de 504 lavages gastriques effectués durant une période de 10 mois.Nous croyons devoir insister sur ce fait que nous ne faisons un tel examen que chez les malades n\u2019expectorant pas, ou dont les expectorations ont cessé ou se sont négativés à la suite de la cure hygiéno-diététique, ou de la collapsothérapie médicale ou chirurgicale.De plus, nous effectuons toujours un examen très long et minutieux, sur les deux étalements effectués sur lames après l\u2019homogénéisation de la moitié centrifugée du lavage gastrique ; l\u2019autre moitié devant servir à l\u2019inoculation dans les cas négatifs.Dans 64 cas négatifs, il s\u2019agit de personnes soit sous observation, soit souffrant d\u2019affection pulmonaire autre que la tuberculose, et que nous éliminons.Il nous reste donc 440 observations de malades souffrant d\u2019une forme quelconque de tuberculose pulmonaire.Sur ces 440 cas, 100 se rapportent à des enfants de 1 à 12 ans, et 340 à des adultes. LAVAL MÉDICAL 126 Québec, mars 1941 Nous vous présentons donc les résultats que nous avons obtenus sous forme de ces quatre tableaux : TABLEAU I TuBAGES ABSENCE PRÉ- TUBAGES CoBAYES TRIQUES Le DELLE.POSITIFS % POSITIFS % ToTaL 504 64 440 206 46.8 66 15.0 61.8% TaAsLEau II ADULTES 380 40 340 172 50.5 47 13.5 64.0% TaBLeau III ENFANTS 124 24 100 34 34.0 17 17.0 51.09% TaBLeau IV PLEURESIES SERO-FIBRINEUSES D\u2019 APPARENCE PRIMITIVE 20 | LL 7 |.7 |.45.09, CONCLUSIONS I.\u2014 Chez l\u2019enfant, c\u2019est trés souvent le seul examen bactériologique susceptible de déceler le bacille de Koch ; II.\u2014 Un sujet ne doit étre considéré comme non-bacillaire, que si Pétude du lavage gastrique a été faite, et nous croyons y voir un intérêt prophylactique ; Québec, mars 1941 LAVAL MÉDICAL 127 III.\u2014 II élimme les fraudes toujours possibles ; IV.\u2014 La bacilloscopie du lavage gastrique en séries espacées permet de suivre les effets du traitement, collapsothérapique en particulier ; V.\u2014Enfin il ne faut pas se contenter du seul examen au microscope, l\u2019inoculation à l\u2019animal décelant une proportion assez forte des tubages positifs.BIBLIOGRAPHIE 1° MEunier.Bacilloscopie des crachats extraits de l\u2019estomac pour le diagnostic de la tuberculose pulmonaire de l\u2019enfant.Presse Médicale, 2, 1898, p.81.2° BERTHERAND.Thèse Médicale, Paris, 1899, p.73.3° Armand DELILLE et ViBERT.Presse Médicale, 35, 1927, p.402.4° SAENZ et CosTiL.Diagnostic bactériologique de la tuberculose.Masson, éditeurs, Paris, 1936.5° CoLLis et BROCKINGTON.Tuberculosis in Childhood : its Etiology and Prognosis as shown by stomack lavage method of obtaining Tubercule Bacilli.Lancet, 1, p.127, (21 janvier) 1933.6° H.Marcoux, F.-A.LÉvesquE et H.Turcorte.Recherche du bacille de Koch dans le liquide gastrique, au cours de la tuberculose pulmonaire.In : Bull.de la Soc.Méd.des Hôpitaux Universitaires de Québec, (août) 1935, p.231.7° SAYÉ, SHELTON et ALSINA.Sur le diagnostic bactériologique de la tuberculose infantile par l\u2019inoculation du contenu gastrique au \u2019 cobaye.Bull.Acad.de médecine de Paris, 109 : 837 ; 1933.8° Saenz et CostiL.Loc.cit.9° STADNICHENKO, COHEN et SWEANY.Stomach lavage in the diagnosis and control of treatment of tuberculosis.J.A.M.A., vol.114 : 8; (24 février) 1940, p.634. CONSIDÉRATIONS SUR LA ROENTGENTHÉRAPIE POST-OPÉRATOIRE DES CANCERS DU SEIN par Léo-R.PAYEUR Assistant à l\u2019Hôtel-Dieu Une affection aussi grave et aussi meurtrière que le cancer du sein impose à la médecine la mise en œuvre d\u2019une thérapeutique énergique, , évoluant vers une efficacité toujours accrue.À l\u2019effet de découvrir et de divulguer une thérapeutique adéquate, chacun étudie, observe, ., : expérimente et n\u2019oublie pas de publier.Dans cette littérature abondante, où les propositions contradictoires sont nombreuses, le praticien ne saurait trouver un guide sûr.Aussi reste-t-il souvent indécis quand il doit diriger un malade vers le chirurgien ou le radiologiste.Pour ne pas ajouter à cette confusion, nous nous garderons de préconiser aucune technique nouvelle.Nous ne ferons pas non plus une synthèse élaborée des nombreux travaux parus sur le sujet qui nous occupe, et nous nous , , ., ., garderons de spéculer sur les réactions cellulaires et tissulaires provoquées par les Rayons X.L'aspect statistique du problème sera limité à notre expérience personnelle : nous rapporterons simplement les résultats Québec, mars 1941 LAVAL MÉDICAL 129 obtenus par la chirurgie et par la roentgenthérapie post-opératoire chez les malades confiés au Centre anticancéreux de l\u2019Université Laval de Québec.Au cours de cet exposé, 1l sera aussi fait mention des procédés thérapeutiques auxquels nous avons eu recours pour tenter la guérison des cancers du sein, et des raisons qui semblent justifier leur emploi.Il est à peu près universellement admis que les cancers du sein doivent être opérés.Sans doute, quelques radiologistes ont obtenu des résultats comparables à ceux des chirurgiens, mais cette pratique de l\u2019irradiation et les statistiques publiées par ces radiologistes nous ont si peu convaincu que nous refusons systématiquement d\u2019irradier tout cancer du sein encore opérable.D\u2019ailleurs nous n\u2019avons pas à signaler Ies bienfaits de la chirurgie et en particulier à émettre une opinion sur la technique chirurgicale d\u2019Halsted.Toutes les malades dont il est fait mention dans ce rapport ont subi une ablation du sein avec évidement de l\u2019aisselle : c\u2019est qu\u2019elles avaient des ganglions et par conséquent qu\u2019elles étaient du type II de la classification de Stendthal.Les cancéreuses du type I ont été écartées de notre statistique car elles n\u2019ont pas eu d\u2019évidement de l\u2019aisselle ; de même celles du type III, qui n\u2019ont pas subi d'intervention chirurgicale.D'ailleurs nous n\u2019attachons pas en général une importance exagérée aux classifications déjà nombreuses, car nous nous souvenons toujours que ces divisions ne sont faites que pour nous comprendre et que souvent elles ne sont qu\u2019une vue de l\u2019esprit trop bien définie pour correspondre toujours aux faits cliniques.Pour appuyer ces dires, 1l suffit de fréquenter plusieurs services pour se rendre compte que quelques praticiens trouvent toujours des ganglions dans l\u2019aisselle, alors que d\u2019autres n\u2019en trouvent à peu près jamais.En plus, quoi de plus trompeur que la mobilité des tumeurs dans un sein déjà sclérosé.N\u2019en est-il pas ainsi de l\u2019adhérence à la peau ?Voilà de quoi faire passer les tumeurs d\u2019un groupe à l\u2019autre, fausser la meilleure des classifications au delà du plus ou moins 10% reconnu en science comme l\u2019ultime erreur acceptable.Quoiqu'il en soit, nous employons la classification de Stendthal parce qu\u2019elle est la plus simple et la plus pratique.Nous ne pouvons pas (4) 130 LAVAL MÉDICAL Québec, mars 1941 en dire autant des classifications anatomo-pathologiques qui sont l\u2019apanage de quelques spécialistes.D\u2019ailleurs ces classifications anatomo- pathologiques ne sauraient être très utiles à l\u2019heure actuelle, car il est impossible de prédire uniquement sur l\u2019aspect histologique si tel ou tel cancer sera radio-sensible ou radio-résistant, ou s\u2019il donnera dans un avenir plus ou moins rapproché des métastases.Voici à ce propos ce que dit Ewing: «Mes constatations, tant cliniques qu\u2019anatomo-patho- logiques, m\u2019ont convaincu que dans le traitement du cancer du sein, la chirurgie a à faire face à plus de difficultés et d\u2019incertitudes que dans tout autre cancer.Les formes anatomiques en sont si nombreuses, l\u2019évolution clinique si variable, les voies d\u2019essaimage si largement ouvertes et variées, l\u2019appréciation à un moment donné si difficile, les mutilations de tissu si grandes, que dans la plupart des cas il devient très difficile de choisir la technique appropriée.» Enfin, en face des discussions académiques qui peuvent survenir à propos de classifications, ou de techniques, ou de symptômes si petits que seuls les grands maîtres peuvent les découvrir, n\u2019oublions pas ce mot de Forsell : « On ne guérit pas les malades avec des théories ».Depuis 1922, les techniques roentgenthérapiques pour la cure du cancer du sein se sont succédées, affrontées et modifiées avec les opérateurs.Aujourd\u2019hui encore, certains préconisent avec emphase la technique des petits champs, dont les variantes se multiplient avec les radiologistes, et d\u2019autres la technique des grands champs, variable encore mais plus rationnelle.À la méthode des petits champs, on reproche de laisser entre les différents champs des bandes de tissu qui ne reçoivent pas une dose adéquate.Cependant, avec un peu d'habitude et de précautions opératoires, il est possible de jJuxtaposer les champs sans qu\u2019il y ait de points morts entre eux.De plus cette méthode permet de distribuer une dose plus égale sur les parois thoraciques malgré leurs convexités et irrégularités multiples.Enfin s\u2019il y a présomption de métastases, le radiologiste peut ainsi irradier les régions suspectes plus copieusement et plus commodément.Il semble que les radiologistes en général ont tendance à employer la méthode des petits champs pour atteindre les métastases et la méthode Québec, mars 1941 LAVAL MÉDICAL 131 des grands champs pour les irradiations post-opératoires dites prophylactiques.Par contre la méthode des grands champs a l\u2019avantage d\u2019être plus simple d\u2019exécution et de couvrir un territoire plus étendu ; car depuis les travaux de Handley nous savons que les métastases dans le cancer du sein peuvent se faire en des régions éloignées du foyer principal et en des points qu\u2019il est difficile d'atteindre tant chirurgicalement que par un faisceau de Rayons X localisé à la cicatrice opératoire.C\u2019est une des raisons pour lesquelles la chirurgie compte des échecs, car, en somme, elle enlève bien le cancer, mais elle est impuissante en face des métastases profondes comme celles qui peuvent se produire dans la colonne vertébrale, le médiastin ou le poumon.Que la métastase soit virtuelle ou en formation, qu\u2019elle soit superficielle ou profonde, la roentgen- thérapie prend les devants sur la chirurgie car elle peut agir soit en profondeur, soit en surface.Dans la statistique qui suit, tous les cas de cancer du sein irradiés l\u2019ont été par la méthode dite de Wintz, c\u2019est-à-dire deux grands champs, l\u2019un antérieur, l\u2019autre postérieur, et un champ sus-claviculaire.Le champ antérieur est limité en haut par la clavicule et en bas par une ligne transversale sous-mammaire.Toute la cicatrice opératoire est incluse dans ce champ dont le côté interne déborde le sternum.Le champ postérieur est de même grandeur et n\u2019est irradié que pour suppléer, dans la profondeur des tissus, à l\u2019insuffisance du champ antérieur.Enfin le champ sus-claviculaire a pour limites les champs antérieur et postérieur.Nous n\u2019avons pas l\u2019expérience de la méthode des grands champs d\u2019Evens, qui est à peu de chose près la même que celle que nous employons.Si, jusqu\u2019ici, nous avons employé la méthode des grands champs, c\u2019est qu\u2019elle nous semblait théoriquement être supérieure à l\u2019autre.Certains radiologistes prétendent qu\u2019elle provoque une sclérose pulmonaire intense, mais cette proposition est discutée.D'ailleurs, à ce propos, voici ce que dit le Dr Schmitz : « Après irradiation d\u2019un cancer du sein, la frbrose est de règle générale, mais nous sommes aujour- d\u2019hui certains que la résorption s\u2019en fait au cours des quelques années qui suivent, de sorte qu\u2019il n\u2019y a pas lieu de s'en préoccuper.» De plus les séances doivent être commencées dans les dix jours qui suivent 132 LAVAL MÉDICAL Québec, mars 1941 l\u2019opération, ce qui permet aux patientes de quitter l\u2019hôpital après un séjour acceptable.Les autres facteurs de la technique sont : 600 r par champ et le tout en deux semaines.Si le bras est mobile, nous ajoutons 400 r sur l\u2019aisselle et Ja région sus-claviculaire.La distance foyer- peau n\u2019est Jamais inférieure à 80 cms ; la filtration est toujours d\u2019au moins 0.5 mm.cu.Malheureusement, à cause de circonstances particulières, il nous a été impossible de donner à chaque patiente plus d\u2019une série d\u2019irradiations.Les patientes opérées et ne souffrant plus trouvent superflu deux nouvelles séries de traitements ; les indigentes s\u2019imaginent qu\u2019on expérimente sur el'es ; les fortunées voient monter les honoraires avec suspicion ; enfin celles de la classe moyenne se soucient peu de la sollicitude que peut leur témoigner le radiologiste.Malgré les imperfections de la technique, malgré la petite dose de Rayons X appliquée dans chaque cas, les résultats que nous avons obtenus sont satisfaisants.Voici une statistique des résultats obtenus par la chirurgie seule et la chirurgie suivie de roentgenthérapie.Notre statistique comporte 119 cas du type II (classification de Stendthal), dont 10 n\u2019ont pu être retracés.Des 109 cas qui sont étudiés, 65 relèvent de la chirurgie exclusivement et 44 ont subi l\u2019irradiation post-opératoire.L\u2019analyse des cas chirurgicaux permet de faire les constatations suivantes : la survie après 4 ans est de 20% ; après 3 ans, de 42.9% ; après 2 ans, de 25% et après 1 an, de 81.88%.En somme cette courbe de survie est inversement proportionnelle au temps écoulé depuis l\u2019intervention avec les écarts qui accompagnent nécessairement une statistique modeste.Une revue des cas opérés puis irradiés indique les résultats suivants : après 4 ans, survie de 42.9% ; après 3 ans, elle est de 66% ; après 2 ans, de 55.5% et après 1 an, de 93.3%.La courbe de survie est ici normale comme dans les cas précédents, mais elle est sensiblement plus élevée.Nous croyons, en concluant, que l\u2019association de la roentgenthérapie I à la chirurgie est responsable de l\u2019élévation du taux de survie que nous avons obtenue par cette méthode combinée. Québec, mars 1941 LAVAL MÉDICAL 133 BIBLIOGRAPHIE PFAHLER, George E.Carcinoma of the breast.Value of preoperative and postoperative irradiation.The Journal of the American Medical Association, vol.110, page 543, (fév.) 1938.PENDERGRASS, Eugéne P.Some observations on carcinoma of the breast.The American Journal of Roentgenology and Radiumtherapy, vol.39, page 397, (mars) 1938.ALLEN.Value of irradiation in treatment of cancer of the breast.Radiology, 32-63070, (jan.) 1939.Waite.Irradiation as aid to surgical treatment.Journal of American Medical Association, 110 : 261-265, (janv.) 1938.SPARCKMAN.Surgery and irradiation in treatment.The American Journal of Roentgenology, 39 : 409-418, (mars) 1938.BECKSTRAND, Grant.Treatment of Mammary Cancer and Calculations of Dosages delivered by Radiation Therapy.The American Journal of Roentgenology, vol.42, n° 3, (sept.) 1939.PENDERGRASS, E., et Hopes, P.J.Further observations on Carcinoma of the breast.The American Journal of Roentgenology, vol.42, n° 3, (sept.) 1939.McCurroucH, J.A.L.The Roentgen Treatment of Primary Inoperable Carcinoma of the Breast.The American Journal of Roent- genology, vol.42, n° 4, (oct.) 1939. MOUVEMENT THÉRAPEUTIQUE LE TRAITEMENT DE LA SYPHILIS RÉCENTE PAR DES DOSES MASSIVES D\u2019ARSENIC \u201c!) par E.GAUMOND Dermatologiste à l\u2019Hôtel-Dieu Dr George BAEHR : L\u2019auteur fait une revue générale des idées et des techniques qui ont vu le jour et sont appliquées au traitement rapide de cette maladie, la syphilis, qui, après 30 ans de thérapeutique spécifique, continue à s\u2019étendre.L\u2019idéal voulu par Ehrlich : stériliser rapidement les lésions syphilitiques contagieuses est précisément celui qu\u2019ont eu en vue ceux qui ont préconisé le traitement de la syphilis en 5 jours.Dr William LE1FER : Technique : L\u2019appareil utilisé est un appareil à sérum un peu modifié.Au début le produit arsenical employé était le 914, délaissé aujourd\u2019hui pour le Mapharsen.Le malade reçoit en goutte à goutte intra-verneux, chaque jour et pendant 5 jours consécutifs, 240 milligrammes de Ma- pharsen dissous dans 2,400 c.c.d\u2019une solution de dextrose à 5%.On injecte 3 c.c.à la minute environ.L\u2019injection commencée à 8 heures le (1) Résumé de neuf travaux, dont 6 sont analysés, présentés ensemble à une conférence sur le traitement de la syphilis récente par des doses massives d\u2019arsenic à l\u2019Hôpital Mount Sinaï, le 12 avril 1940, conférence convoquée par le Dr John L.Rice, surintendant du Service de la santé de New-York.Archives of Dermatology and Sypbylology, vol.42, n° 2, (août) 1940. Québec, mars 1941 LAVAL MÉDICAL 135 matin prend de 10 à 12 heures à être complétée.On enlève l\u2019aiguille Ie soir et on recommence le lendemain.À la fin de ce traitement en 5 jours, le malade a reçu 1,200 milligrammes de Mapharsen dissous dans 12,000 c.c.de solvant contenant 600 grammes de dextrose ; la quantité totale d\u2019arsenic étant de 360 milligrammes.Le choix de la veine est important vu la durée de l\u2019injection.Les repas sont servis comme d\u2019habitude, le malade peut manger seul, uriner seul.Le régime comprend des aliments riches en amidon et des hydrates de carbone.Le patient Joue aux cartes et s\u2019intéresse aux programmes radiophoniques ! La plupart voient augmenter leur poids ! Chaque jour un nombre assez considérable d\u2019examens chimiques ou biochimiques est pratiqué.M.Louis CHARGIN : Manifestations toxiques : Chez 111 malades traités par Ie 914 en goutte à goutte, il y eut 1 mortalité due à une encéphalite hémorragique et 38% de polynévrite.Sur 270 malades traités par le Mapharsen, aucun cas de mort.Suit un tableau comparatif des divers accidents rencontrés chez 399 malades traités par le 914 et le Mapharsen.914 M APHARSEN Accès fébriles primaires .\u2026.69=62% 116=40% Accès fébriles secondaires.\u2026.71=64% 36=12% Toxicodermie.50=45% 33=11% Dermite exfoliatrice.1= 0.99% 0= 0%, Discrasie sanguine.0= 09% 0= 0% Troubles rénaux.0= 0% 0= 09, Ietére.4= 3.69, 2= 0.79, Polynévrite.39=35% 5= 1.6% Encéphalite hémorragique.\u2026.1= 0.99, 1= 0.349, Convulsion unique.1= 0.99 1= 0.34% Désorientation.0= 0% 1= 0.34% Mortalité.1= 0.99 0= 0% 136 LAVAL MÉDICAL Québec, mars 1941 L'auteur ajoute que dans la marine Ja statistique est de une mortalité pour 264 patients traités ; dans la série de Cole, un mort pour 100 malades traités ; et dans la sienne, 1 sur 399.Dr Harold Thomas HYMAN : Traitement par le 914 : Au mois de mai 1939, l\u2019auteur avait traité 86 malades atteints de syphilis primaire ou secondaire, en injectant 4 grammes de 914 par le goutte à goutte intra-veineux en 5 jours.Au mois d'avril] 1940, 11 donne le résultat du traitement de 78 malades qui ont pu être suivis.Il y eut une mortalité par encéphalite due au traitement et 4 échecs.Sur ces 4 malades, 3 présentérent des récidives infectieuses et le dernier une récidive sérologique.Les 71 malades restants ont encore une sérologie négative et sont indemnes de toute manifestation clinique, ce qui fait que 85% de tous les malades traités (86) sont encore indemnes.73 examens du liquide céphalo-rachidien furent pratiqués chez 66 malades et toutes les réactions étaient négatives.La période d\u2019observation a été de près de 2 ans et .plusieurs malades ont eu plus de 15 séro-réactions négatives.Traitement par le Mapharsen : Après la mort d\u2019un malade traité par le 914, les membres du comité choisirent le Mapharsen qui fut employé aux doses déjà données par le Dr Leifer.Dans un premier groupe les malades (157) reçurent entre 400 et 1,100 milligrammes de Mapharsen en 5 jours.Dans le deuxième grouve (100 malades), une dose uniforme de 1,200 milligrammes a été donnée mais dans ce dernier cas les malades n\u2019étant suivis que depuis 6 mois on ne peut accorder une grande valeur aux résultats obtenus.Pour les malades du premier groupe, on admet 72% de résultats excellents.II n\u2019y-eut aucune mortalité et tous les malades du premier et du deuxième groupe suivirent au complet leur traitement de 5 jours.Le tréponème- recherché sur fond noir était toujours disparu après 48 heures. Québec, mars 1941 LAVAL MÉDICAL 137 Dr John F.MaxonEy : Résumé des observations sérologiques : Tous les malades traités ont subi 5 épreuves sérologiques : trois de floculation et deux de fixation du complément.D\u2019une manière générale, la sérologie répond promptement au traitement et devient négative rapidement, l\u2019épreuve de Kline étant la dernière à se négativer.Plusieurs années sont toutefois nécessaires pour un contrôle sérieux de la méthode au point de vue sérologique.Dr Bruce WEBSTER : Malades observés et suivis au New York Hospital : En 1932, un comité de syphiligraphes arriva à la conclusion que 60 à 707, des patients traités aux États-Unis pour syphilis par diverses méthodes, alors que celle de 5 Jours n\u2019existait pas, voyaient guérir leur malades.Au New York Hospital, par la méthode du goutte à goutte de 5 jours, la proportion des guérisons non encore suffisamment contrôlées dans le temps toutefois, serait avec le 914 de 82.99, avec 41 malades traités, et 67.1% avec le Mapharsen à une dose moindre que 1,200 milligrammes.Quant à ceux traités par 1,200 milligrammes de Mapharsen, le temps écoulé n\u2019est pas suffisant pour que l\u2019on puisse certifier le résultat obtenu.En guise de conclusion de ce long rapport très élaboré, du comité chargé d\u2019étudier la question, voici ce qu\u2019en dit le Dr George Baehr qui a présenté le premier travail analysé 1c1 : « Le comité qui a été chargé d\u2019étudier cette question, (traitement de la syphilis en 5 jours par le goutte à goutte intra-veineux) est d\u2019opinion que ce travail mérite d'être continué dans d\u2019autres hôpitaux bien organisés.Certaines modifications ou améliorations y seront sûrement faites.Peut-être l\u2019adjonction à ce traitement du bismuth ou de tout autre médicament le rendra-t-il meilleur?Volontairement, aucun autre produit n\u2019a été employé que l\u2019arsenic afin de bien établir Ia valeur de ce dernier.Avec arsenic seul, 15% des cas pourront exiger une autre série de 5 Jours de traitement après quelques mois de repos. 138 LAVAL MÉDICAL Québec, mars 1941 « Cette technique n\u2019est pas recommandable en pratique courante tant que les expériences poursuivies dans les hôpitaux bien organisés ne seront pas plus complètes.» NOTE PERSONNELLE Il se dégage de tout ceci que ce traitement semble prometteur mais un peu difficile d\u2019emploi.Il permettrait de rendre rapidement et définitivement non contagieux les syphilitiques qui y sont soumis.Dans l\u2019intervalle toutefois, il n\u2019y a aucune raison pour que le traitement classique qui a donné dans tous les pays de si brillants résultats ne soit pas encore et pour longtemps le traitement courant de cette maladie si répandue qu\u2019est la syphilis. ANALYSES GRUNER, O.C.Experience with the Pfeiffer crystallization method for the diagnosis of cancer.(Étude de la méthode des cristallisations de Pfeiffer dans le diagnostic du cancer.) The Canadian Medical Association Journal, 43 : 2 ; 99, 1940.Une solution de chlorure de cuivre mise en contact avec du sang cristallise différemment suivant que le sang provient d\u2019un individu sain ou d\u2019un malade.La technique des cristallisations a été bien établie par E.Pfeiffer qui l\u2019a cliniquement contrôlée des centaines de fois.Les premiers travaux de Pfeiffer portèrent sur la tuberculose bovine.Pfeiffer, satisfait des résultats obtenus chez les bovidés, adapta plus tard sa méthode à l\u2019étude du cancer.Les cristaux spécifiques du cancer ressemblent à ceux de la tyrosine : ils sont rectilignes, longs ou courts, et s\u2019entre-croisent en formant des angles de 5° à 30°.Plus les cristaux sont nombreux, plus ils sont caractéristiques, plus le néoplasme est à un stade avancé.Technique de la réaction : 1° Piquer le bout du doigt.2° Laisser tomber une goutte de sang dans 1 c.c.d\u2019eau distillée.3° Une demi-heure après, mettre deux gouttes de ce sang dans 10 c.c.d\u2019une solution de chlorure de cuivre à 20 p.100.4° Attendre une demi-minute, puis déposer ce mélange sur des lames spéciales que l\u2019on place dans une étuve imaginée par Pfeiffer et modifiée ensuite par Pfeiffer et Gruner.Lire la réaction au microscope au bout de 18 heures. 140 LAVAL MÉDICAL Québec, mars 1941 5° Gruner examine les cristaux à la lumière polarisée qui fait mieux voir l\u2019extrême variété de couleurs des cristaux.Constatations cliniques et expérimentales : L'auteur a examiné cent vingt-deux cancéreux.La réaction fut positive.dans 90.1% des cas.Chez les cancéreux traités par la chirurgie ou la radiothérapie, la réaction a été positive au cancer dans 56 p.100 des cas.Plus de la moitié de ces cancers étaient cliniquement guéris.Quant aux non-cancéreux, la méthode s\u2019est avérée exacte chez 96.9 p.100 des individus.Les expériences sur l\u2019animal ont confirmé les constatations cliniques.Les observations de Gruner tendent à prouver que le chlorure de cuivre donne des cristaux ayant une forme particulière et spécifique chez les cancéreux.Elles ont aussi démontré que la réaction de Pfeiffer est positive avant que n\u2019apparaissent les signes cliniques.La valeur de la méthode semble avoir été confirmée par M.Bégouin (Bull.de l\u2019Acad.de Méd., Paris, 1938, 102 ; 746.) Mécanisme de la réaction : L\u2019auteur croit que les lésions histologiques donnent aux tissus des propriétés spéciales et assure que la réaction de Pfeiffer est un phénomène purement physique.Les cristallisations sont l\u2019aboutissant de l\u2019action de certaines forces moléculaires produites, en l\u2019occurrence, par les substances cancérigènes en circulation dans tout l\u2019organisme.Il n\u2019y aurait pas de combinaison chimique entre le sel de cuivre et les constituants de sang.Applications cliniques : 1° Une réaction de Pfeiffer positive est un bon signe de cancer.2° Une réaction positive a une telle valeur qu\u2019on doit surveiller attentivement un malade donnant à répétition une réaction positive, même en l\u2019absence de tout signe clinique de cancer. Québec, mars 1941 LAVAL MÉDICAL 141 3° La réaction est positive dans toutes les humeurs (urine, salive, sécrétions de la peau, sang), dans tous les tissus de l\u2019organisme, et même dans les matières fécales.On peut aussi obtenir des cristallisations spécifiques avec les microbes isolés par hémoculture.4° Les principales causes d\u2019erreur sont : a) une faute de technique ; b) le traitement par la radiothérapie profonde ; c) certaines modifications de la composition du sang qui enlèvent à l\u2019organisme ce pouvoir de faire cristalliser le chlorure de cuivre suivant des formes spéciales.Henri MArcoux.NÉLIS, P.L'hypothèse d\u2019une immunité méningée «locale » peut-elle être défendue ?Revue d\u2019immunologie, 6 : 3 ; 159, (mai) 1940.On a souvent cherché à savoir si le système nerveux peut s\u2019immuniser lui-même contre une infection.C\u2019est soulever la question de l\u2019'immunité méningée «locale».La croyance générale à l\u2019imperméabilité des méninges a longtemps fait rejeter cette possibilité d\u2019immunisation du système nerveux central.Pourtant 1l est important d\u2019être bien renseigné sur ce sujet quand on a à traiter, par exemple, des méningites ou des encéphalites.Contre l\u2019imperméabilité absolue des méninges on a relevé de nombreux travaux d\u2019auteurs qui ont prouvé que, après sérothérapie ou vaccination, on a pu retrouver des traces, si minimes soient-elles, d\u2019anticorps dans le liquide céphalo-rachidien.L\u2019auteur, au cours de nombreuses expériences sur l\u2019animal, a contrôlé tous ces faits.II reconnaît que, dans des conditions normales, une petite quantité des anticorps du sang passent dans le liquide céphalo- rachidien.La proportion est d\u2019environ 1,000 pour 1. 142 LAVAL MÉDICAL Québec, mars 1941 L'irritation des méninges par une inflammation ou par l\u2019injection intra-rachidienne d\u2019un antigène diminue de beaucoup cette quasi- imperméabilité des méninges.Cette irritation se traduit par une augmentation des leucocytes du liquide céphalo-rachidien ; l\u2019auteur ayant compté de 80 à 20,000 globules blancs par millimètre cube de liquide céphalo-rachidien en même temps qu\u2019apparaissent les sensibilisatrices.À la faveur de cette irritation méningée, l\u2019antigène traverse facilement la barrière hémato-encéphalitique, passe dans le sang et y provoque la fabrication des anticorps.Du sang, les anticorps passent dans le liquide céphalo-rachidien après un temps plus ou moins long.L'auteur fait ensuite l\u2019historique des recherches qui ont été faites au sujet de la production locale d'anticorps au niveau des méninges.Les expériences de P.Nélis ont cherché à répondre aux quatre questions suivantes : I.\u2014 Existe-t-il des anticorps dans le liquide céphalo-rachidien quand Il n\u2019y en a pas dans le sang ?II.\u2014 Les anticorps sont-ils en plus grande quantité dans le liquide céphalo-rachidien que dans le sang?III.\u2014 Les anticorps se forment-ils d\u2019abord dans le liquide céphalo- rachidien pour passer ensuite dans le sang ?IV.\u2014 La barrière hémato-encéphalitique empêche-t-elle tout passage d\u2019anticorps dans le liquide céphalo-rachidien ?À la première question, l\u2019auteur répond catégoriquement : « Non ».L\u2019apparition des anticorps dans le liquide céphalo-rachidien est toujours consécutive à la formation des anticorps dans le sang.Il n\u2019y a Jamais d\u2019anticorps dans le liquide céphalo-rachidien quand il n\u2019y en a pas dans le sang. Québec, mars 1941 LAVAL MÉDICAL 143 II On aurait un argument en faveur de 'immunité méningée locale si le liquide céphalo-rachidien contenait plus d\u2019anticorps que le sang.À ce propos, l\u2019auteur analyse la documentation scientifique de Ravaut au sujet « de la formation de réagines syphilitiques au niveau du système nerveux ».La base de ce concept médical repose sur le fait que, au cours de la syphilis cérébro-spinale, du tabes et de la paralysie générale, on peut obtenir un Bordet-Wassermann positif dans le liquide céphalo-rachidien et négatif dans le sang.Pour réfuter cette assertion, on.peut s\u2019appuyer sur les recherches de Dujardin qui a prouvé que « dans la très grande majorité des cas (95 p.100), qu\u2019il s\u2019agisse de paralysie générale ou de syphilis cérébro-spinale, la réaction est plus fortement positive dans le sang que dans le liquide céphalo-rachidien.Dans les cas où le Bordet-Wassermann est négatif dans le sang, les travaux de Bordet et Gay, de Dujardin et Ravaut, ont permis d\u2019expliquer cette anomalie par « l\u2019action entravante du sérum sur la réaction ».L'action entravante n\u2019existe pas dans le liquide céphalo-rachidien.On en arrive ainsi à la théorie « hématogène » des réagines syphilitiques du liquide céphalo-rachidien.En injectant de l\u2019anastaphylotoxine dans le rachis de certains animaux, l\u2019auteur a toujours vu que le sang contient toujours plus d\u2019unités antitoxiques que le liquide céphalo-rachidien et que les antitoxines apparaissent en premier lieu dans le sang.ITI Les anticorps sont-ils plus abondants dans le liquide céphalo- rachidien que dans le sang ?L\u2019inoculation intra-rachidienne de trypanosome brucei démontre que les anticorps se montrent d\u2019abord dans le sang, puis seulement après dans le liquide céphalo-rachidien en même temps que la réaction méningée se traduit par une leucocytose.La même chose se voit en clinique, en particulier dans la maladie de Costa-Troisier, spirochétose méningée pure, forme localisée au système nerveux central de la spirochétose ictéro-hémorragique. LAVAL MÉDICAL Québec, mars 1941 IV Comment se comporte la barrière méningée ?Dans des conditions normales, c\u2019est l\u2019'imperméabilité presque complète.Mais, quand on irrite les méninges, expérimentalement par une injection intra-rachidienne d\u2019anatoxine, l\u2019antigène passe dans le sang et y provoque la formation abondante d\u2019anticorps.L\u2019injection d\u2019un antigène dans le liquide céphalo-rachidien permet à des antitoxines, antérieurement formées par des injections sous- cutanées d\u2019anatoxine, de passer dans le liquide céphalo-rachidien.En identifiant les anticorps, on a rien trouvé qui puisse prouver la formation d\u2019anticorps par le liquide céphalo-rachidien.En conclusion, rien dans toutes les expérimentations de P.Nélis et de beaucoup d\u2019autres chercheurs n\u2019autorise à croire à l\u2019'immunité méningée locale.Les anticorps, au cours des maladies du névraxe, proviennent nécessairement du sang.Henri MARcoux. 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