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Titre :
Laval médical
Éditeur :
  • Québec :Faculté de médecine, Université Laval,1936-1971
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec
  • Successeur :
  • Vie médicale au Canada français
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Références

Laval médical, 1946-01, Collections de BAnQ.

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Janvier 1946 MM.Béparp, Arthur, BERGER, Louis, BERGERON, Geo.-Albert, BLANCHET, Roméo, CAOUETTE, Robert, Caron, Sylvio, Caron, Wilfrid, CayEr, Lomer, CoTÉ, Chs-E., CouirLaRD, Ed., DÉCHÈNE, Euclide, DesMEULES, R., DESROCHERS, G., DE ST-VicTor, Jean, Drouin, Guy, Ducal, J.-Paul, DussauLT, N.-A., FoLEY, A.-R.,, Fortier, De la Broq., ForTiER, Emile, FRENETTE, Olivier, GAGNON, Fabien, GARANT, Oscar, GaumonD, Emi; GAUTHIER, Cajé GIGUÈRE, Alph,, GINGRAs, R,, Giroux, Maurice, GossELIN, Jules, GRANDBOIS, Jean, Lava\u2026.MÉDICAL à l\u2019Hôtel-Dieu.à la Faculté de médecine.à la Faculté de médecine.à la Faculté de médecine.à l\u2019Hôtel-Dieu.à la Clinique Roy-Rousseau.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à la Faculté de médecine.à l\u2019Hôpital de la Crèche.à l\u2019Hôpital Laval.à l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.à la Faculté de médecine.à l\u2019Hôtel-Dieu.à la Faculté de médecine.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.à la Faculté de médecine.à l\u2019Hôpital Laval.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôtel-Dieu. Lavar MegEbicaL MM.GrEcoirg, Geo., GREGOIRE, Jean, Guay, Marcel, HALLE, Jules, Hupon, Fernando, JAcquEs, André, JoBin, Albert, Jobin, J.-B., JoBIN, Joachim, JoBIN, Pierre, LACERTE, Jean, LANGLOIS, M., Lapointe, D., LAROCHELLE, J.-Louis, LAROCHELLE, Nap., LARUE, G.-H,, LARUE, Lucien, LavERGNE, N,, Lavoie, Jules, LEBLOND, Sylvio, LecLErc, L.-P., LEFEBvRrE, Lucien, Lemieux, J.-M., Lemieux, Renaud, Lessarp, Richard, LEssArp, Robert, LETARTE, Frs, M aArcoux, Henri, MARTEL, Antonio, MARTIN, C.-A., MicHaup, J.-Ths, © fo au Dispensaire antituberculeux.»- la Faculté de médecine.l\u2019Hôtel-Dieu.> à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.l\u2019Hôtel-Dieu.l\u2019Hôtel-Dieu.l\u2019Hôtel-Dieu.la Faculté de médecine.p- p © 9» l\u2019Hôtel-Dieu.l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.l\u2019Hôpital de Ia Crèche.l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.Hôpital Sant-Michel-Archange.à l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange.\u2019 a © al a Hopital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.\"Hopital du Saint-Sacrement.a \u2019'Hépital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.al \u2019 à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à la Clinique Roy-Rousseau.à l\u2019Hôtel-Dieu.Janvier 1946 Janvier 1946 MM.MiLLER, J.-Chs, Morin, J.-Edouard, NADEAU, Honoré, PaArNcHAUD, C.-A., PAINcHAUD, Paul, PAQUET, Adrien, PAQUET, Albert, PAquET, Berchmans, Parapis, Bernard, PaAraDIS, Yvon, Parry, Laurent, PayEur, Léo, PELLETIER, Alphonse, PELLETIER, J.-Émile, PERRON, Edmour, PETiITeLERC, J.-L, PicHETTE, Henri, Porvin, A.-R,, RicHarD, Philippe, Rocer, J.-Paul, Rousseau, Louis, Roy, L.-F., Roy, L.-P., Roy, Saluste, Samson, Euchariste, SAMsoN, Mathieu, SIMARD, André, SIMARD, René, SYLVESTRE, Ernest, THIBAUDEAU, Roland, Lava\u2026 MÉDrcAL à l\u2019Hôpital Samt-Michel-Archange.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à la Faculté de médecine.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital de la Miséricorde.à l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital du Saimnt-Sacrement.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital Laval.à l\u2019Hôpital du Samt-Sacrement.à l\u2019Hôpital Laval.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l'Hôpital Saint-Michel-Archange.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital de la Miséricorde.à la Faculté de médecine.x à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement. Lava\u2026.MÉDICAL Janvier 1946 x MM.Tremere, Florian, a l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.TurcoT, Jacques, à l\u2019Hôtel-Dieu.VERREAULT, J.-E., à la Faculté de médecine.x VÉZINA, Charles, a l\u2019Hôtel-Dieu. RÈGLEMENTS de la SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX UNIVERSITAIRES DE QUÉBEC MEMBRES La Société se compose de membres titulaires, de membres adhérents et de membres correspondants.Peuvent devenir membres titulaires : les Professeurs et les Agrègés de la Faculté de Médecine ; les Chefs de Service dans les Hôpitaux universitaires.Peuvent devenir membres adhérents : les Assistants dans les Services hospitaliers et dans les laboratoires universitaires, sauf les assistants bénévoles à titre personnel.Les membres adhérents ne font partie de la Société que pendant la durée de leurs fonctions universitaires.Les membres correspondants sont élus parmi les notabilités médicales canadiennes et parmi les médecins et savants étrangers qui peuvent apporter à la Société une contribution utile ou qui ont des titres à sa reconnaissance.7 A Pour être élu membre de la Société, à quelque titre que ce soit, il faut : 1° Que le candidat soit proposé par écrit au Bureau de direction par un membre titulaire ; 2° Que sa candidature soit soumise aux membres de la Société lors d\u2019une séance réguliére ; 3° Que le candidat recueille la majorité des suffrages des membres présents à la séance suivante. LavarL MéebpicaL Janvier 1946 La qualité de membre de la Société se perd : 1° Par la démission ; 2° Par la radiation prononcée, pour motifs graves, par l\u2019assemblée générale comprenant au moins la moitié des titulaires, à la majorité des deux tiers des membres présents ; 3° Par le refus de régler sa cotisation annuelle pendant deux années consécutives.OFFICIERS Le Bureau de la Société se compose d\u2019un Président, d\u2019un Vice- Président, d\u2019un Secrétaire et d\u2019un Trésorier.Le Conseil d'administration se compose des membres du Bureau et de trois membres de la Société élus pour trois ans.Ces derniers, de même que le Secrétaire et le Trésorier qui sont élus pour un an, sont indéfiniment rééligibles.Le Président et le Vice-Président sont élus pour un an.Ils ne sont rééligibles qu\u2019une fois.RESSOURCES Les ressources de la Société proviennent des cotisations et souscriptions de ses membres ; des dons et legs ; des subventions qui pourraient lui être accordées.La cotisation annuelle, payable en janvier, est de $5.pour les membres titulaires et de $3.pour les membres adhérents.Les membres reçus lors des séances d\u2019octobre, novembre et décembre ne sont pas sujets à la cotisation pour l\u2019année courante.La cotisation n\u2019est pas exigée des professeurs émérites.RÉUNIONS A.\u2014 Une assemblée générale des membres de la Société se réunit au moins une fois l\u2019an, 1° Pour entendre le rapport du Conseil d\u2019administration sur la situation générale de la Société : Janvier 1946 Lava\u2026 MÉDICAL \u2018 9 2° Pour entendre le compte rendu, par le Secrétaire, des travaux de la Société pendant le courant de l\u2019année ; 3° Pour entendre le rapport du trésorier ; 4° Pour procéder à l\u2019élection des officiers.L\u2019Assemblée générale des membres de la Société aura lieu à l\u2019École de médecine.B.\u2014 Les séances.En dehors de la période des vacances (juillet et août) les séances ont lieu tous les premiers et troisièmes vendredis de chaque mois, sauf le premier vendredi de janvier et le Vendredi saint.Les séances ont lieu soit à l\u2019École de médecine, soit dans les Hôpitaux universitaires.On tient un procès-verbal des séances.Ordre des Séances 1° Lecture et adoption du procès-verbal ; 2° Discussion à propos du procès-verbal ; 3° Correspondances ; 4° Présentation de malades ; 5° Lecture des travaux.Les séances ne doivent pas durer plus de deux heures.À moins d\u2019une autorisation préalable et exceptionnelle du Président, quinze minutes seulement sont allouées pour chaque présentation ou communication.La discussion consécutive à chaque présentation ou communication est limitée à cinq minutes.Texte et résumé des communications Le texte de toute communication faite devant la Société doit être déposé séance tenante entre les mains du secrétaire pour publication dans le Laval Médical.Un résumé succinct (une vingtaine de lignes) des travaux doit être annexé au texte intégral.Ces formalités sont de rigueur absolue. 10 Lava\u2026 MÉDICAL Janvier 1946 INVITÉS Les membres de la Société médicale de Québec sont admis aux séances de la Société médicale des Hôpitaux universitaires.PUBLICATIONS Aucune communication ne peut être publiée au nom de la Société sans l\u2019approbation du Bureau. ÉDITORIAL D\u2019UNE DECADE A L\u2019AUTRE Le Laval Médical a.franchi allègrement la première décade de son existence.Certes, il est redevable de cette fortune exceptionnelle à la communauté des desseins et à la détermination de ceux qui, après avoir bien entrevu le but à poursuivre, se sont appliqués à l\u2019atteindre.Toutefois, et il paraît opportun de le rappeler, notre Revue héritait, dès sa naissance, des traditions établies et des travaux accumulés par ses précurseurs immédiats, dans le Bulletin de la Société médicale des Hôpitaux universitaires de Québec, et par deux générations de médecins, dans le Bulletin médical de Québec, dont la fondation remonte à 1899.Le Laval Médical est l\u2019expression actuelle des transformations successives de la presse médicale à Québec ; et c\u2019est avec une légitime fierté que, reliant le passé au présent, il veut continuer les labeurs de ses devanciers en s\u2019employant à la diffusion des travaux contemporains.Dans un éditorial liminaire, le rédacteur signalait les circonstances qui avaient justifié et permis la fondation du Laval Médical, de même qu\u2019il formulait l\u2019ampleur de la tâche qu\u2019assumait la Revue.« En face de nécessités de plus en plus précises et urgentes », écrivait-il, « pour répondre surtout au vœu unanime des membres de la Société médicale des Hôpitaux universitaires et les mieux seconder dans leur travail, 12 Lavar MÉDICAL Janvier 1946 Laval Médical paraît aujourd\u2019hui grâce à la généreuse collaboration des Autorités supérieures de l\u2019Université Laval.» «Que Laval Médical », poursuivait-il, « soit à la fois le baromètre de la vie médicale à Québec, l\u2019écho des progrès réalisés à l'étranger et l\u2019agent de liaison efficace entre le spécialiste et le praticien général, voilà l\u2019ambition de ses fondateurs.» Sous l\u2019autorité de la Direction, la Rédaction et l\u2019Administration ont tendu vers ces objectifs en s\u2019assurant la collaboration indispensable à l\u2019accomplissement du travail d'équipe qu\u2019implique toute tâche diversifiée.MM.les Professeurs Roland Desmeules et Richard Lessard, qui se sont succédé au secrétariat de la Société médicale des Hôpitaux universitaires, ont maintenu le contact avec la rédaction ; et MM.les Professeurs Henri Marcoux, Émile Gaumond et Pierre Jobin ont assumé successivement et respectivement la responsabilité de pourvoir aux sections permanentes des Analyses, de Médecine et Chirurgie pratiques, et de Chronique, Variétés et Nouvelles.À ces collaborateurs et conseillers immédiats, la Rédaction désire exprimer sa parfaite gratitude.L\u2019Administration a rencontré auprès des amis de la Revue, et plus particulièrement chez les fabricants et les distributeurs de produits pharmaceutiques, une coopération généreuse qu\u2019elle apprécie vivement.Enfin, la profession médicale continue d'accueillir notre publication avec une faveur qui honore les auteurs dont nous insérons les articles, et les invite à accroître leur rayonnement au service du progrès médical.La Direction, avec les concours qui lui sont acquis et ceux qu\u2019elle anticipe, entend poursuivre son œuvre en l\u2019amplifiant.Elle estime que, pour ne pas être inférieur à sa tâche, le Laval Médical devra évoluer en conformité des exigences de la profession médicale, et au rythme des institutions qu\u2019il a l'honneur de servir.Roméo BLANCHET, rédacteur. COMMUNICATIONS MANIFESTATIONS ALLERGIQUES ET OTO-RHINO-LARYNGOLOGIE par Jules HALLÉ Assistant dans le Service d\u2019oto-rhino-larvngologie de l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement Nos notions sur l\u2019allergie, quoique de date récente, progressent avec _ rapidité et ouvrent, à tous les Jours, de nouveaux horizons.La plupart des auteurs sont à se demander s\u2019il ne faudrait pas davantage tenir compte du facteur allergique en clinique.# C\u2019est en 1902 que Charles Richet et Portier décrivirent un premier fait connu sous le nom d\u2019anaphylaxie en rapportant l\u2019utilisation d\u2019extrait de tentacules d\u2019actinés sur le chien.L\u2019année suivante Maurice Arthus démontrait la toxicité du sérum de cheval pour le lapin.Pour expliquer les faits d\u2019anaphylaxie constatés chez le chien, Richet avait proposé la théorie de la toxogénine-apotoxine.D\u2019après cette théorie, l\u2019organisme, à la suite de l\u2019injection d\u2019une substance étrangère, élabore lentement un produit nouveau, la toxogénine qui a la propriété de former, avec la substance \u2018étrangère injectée, une combinaison extrêmement nocive, l\u2019apotoxine.On comprend dès lors qu\u2019une première injection de corps étranger puisse favoriser la formation de toxogénine dans le sang et qu\u2019une injection seconde, à quinze jours 14 Lava\u2026 MÉDicaL Janvier 1946 d\u2019intervalle, amène la formation immédiate d\u2019apotoxine, d\u2019où intoxication grave.C\u2019est là, en résumé, l\u2019hypothèse émise par Richet et Portier qui avaient expérimenté sur des animaux.Von Pirquet et Bela Schick, deux pédiâtres, qui utilisaient déjà depuis quelque temps des sérums chez leurs malades, saisirent rapidement le parallélisme qui existait entre le phénomène décrit par Richet et ce qu\u2019on appelait alors la maladie des sérums.Pour la première fois en 1905, ils émirent l\u2019opinion que certaines maladies rencontrées chez l\u2019homme pouvaient avoir pour cause un mécanisme identique à celui de la réaction de Richet et ils désignèrent les phénomènes décrits sous le nom d'allergie.Victor Vaughan, en 1907, démontrait que l\u2019allergie et l\u2019immunité étaient deux manifestations complètement différentes.Par la suite surgit une légion d\u2019hypothèses tentant d\u2019expliquer le mécanisme de l\u2019allergie.Mentionnons seulement la théorie des coagulines et des lysines de Charles Nicolle et celle de la sensibilisine de Besredka.Aujourd\u2019hui, on admet généralement, avec le professeur Karl Landsteiner, de New York, que certains aliments et certains médicaments se combinent dans l\u2019organisme avec les protéines normales du sang pour engendrer une nouvelle protéine, l\u2019allergène agissant comme substance étrangère.De la même façon, se comporteraient les allergènes de contact en faisant naître, à la peau, une protéine différente de la protéine normale qui sensibiliserait l\u2019individu à ce niveau.Sir Henry Dale, puis Sir Thomas Lewis ont soutenu que le dérivé protidique sensibilisateur du sang humain devait être l\u2019histamine.En 1938, Charles F.Code a confirmé cette opinion et mis en évidence la présence de l\u2019histamine dans le sang de personnes en état de choc anaphylactique.Cet aperçu historique sur l\u2019allergie est rendu nécessaire si l\u2019on veut bien saisir la portée de certaines manifestations allergiques en clinique.C\u2019est en collaborant intimement avec les allergistes que les cliniciens ont pu, dès 1908, expliquer l\u2019origmne anaphylactique de la rhinite spasmodique et, en 1910, celle de l\u2019asthme.Le dépistage des allergènes est aujourd\u2019hui d\u2019usage courant et l\u2019allergie constitue un des chapitres importants en médecine générale. Janvier 1946 LavaL MEbpicaL 15 L\u2019oto-rhino-laryngologie devait aussi puiser à cette source l\u2019explication d\u2019une grand nombre de manifestations pathologiques.D\u2019innombrables travaux furent publiés au cours des vingt dernières années, particulièrement depuis 1939, par les auteurs américains.La thérapeutique oto-rhino-laryngologique y gagna beaucoup, et c\u2019est avec satisfaction qu\u2019on a vu régresser, en quelques jours, des processus morbides restés jusque-là réfractaires à des actes chirurgicaux ou à des thérapeutiques intensives.La muqueuse nasale, sinusale et pharyngienne reste le terrain de choix pour la démonstration des manifestations allergiques, à preuve la rhinite spasmodique suffisamment connue de tous les cliniciens et sans contredit, la manifestation allergique la plus commune.Nous voudrions plutôt insister sur la chronicité de certaines rhinites, sinusites et pharyngites.George E.Shambauch, jr (1), de Chicago, dans un travail très détaillé qu\u2019il vient de publier dans Annals of O.R.L., affirme que 70% des infections chroniques des sinus et 90% de toutes les infections chroniques du nez, doivent leur persistance à un facteur allergique.Bray (2) prétend pour sa part que le «nez allergique » constitue au moins un tiers des cas traités par le rhinologiste.Le nez, dont le rôle physiologique est de réchauffer et d\u2019humidifier l\u2019air inspiré, exagère cette fonction chez les sujets sensibles aux allergènes.La muqueuse s\u2019hyperplasie, les cornets s\u2019hypertrophient, des polypes apparaissent.Il y a une suractivité glandulaire et écoulement d\u2019une sécrétion muço-purulente qui contient des substances protéolytiques et phagocytaires, surtout des éosinophiles.Qu\u2019une infection secondaire vienne se greffer sur cet œdème endo-nasal et nous aurons le tableau de la rhinite chronique qui ne rétrocèdera jamais complètement par les moyens thérapeutiques ordinaires.Dans tous ces cas, un dépistage du facteur allergique s\u2019impose.La méconnaissance de ce facteur a contribué largement à faire naître chez beaucoup de cliniciens un préjugé à l\u2019endroit de la chirurgie endo-nasale.De trop nombreux médecins refusent encore à leurs malades une résection sous-muqueuse de la cloison ou une turbinectomie.Ces interventions sont parfois fort justifiables.Quand elles n\u2019ont pas 16 Lavar.MEpicaL Janvier 1946 donné les résultats espérés, c\u2019est souvent parce qu\u2019on a sous-estimé l\u2019état allergique au profit du seul acte chirurgical.Des phénomènes identiques peuvent être constatés au niveau du cavum ou des sinus.L'expression de « pharyngite hypertrophique » ne sert qu\u2019à désigner un état, non une cause.Si nous ne trouvons pas de source d\u2019infection locale, il faut pratiquer une cuti- ou une intradermo-réaction pour constater souvent qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une pharyngite allergique chez un malade tolérant mal certains produits alimentaires : les œufs, le beurre, les tomates, etc., ou certains produits exogènes : le tabac, la poussière ou des vapeurs chimiques.Dès que l\u2019on élimine ces substances, on voit s\u2019atténuer le processus inflammatoire.Nous voudrions aussi vous signaler deux observations rapportées par le Dr Noun (3), de Des Moines, sur la chronicité de certaines .mfections de l\u2019orerlle.Celui-ci a établi que certainés otorrhées chroniques peuvent cesser sous un traitement adéquat combiné à la suppression de certaines substances sensibilisantes.Après quelques jours d\u2019une guérison apparente, 1l a pu faire réapparaître l\u2019écoulement purulent en permettant l\u2019ingestion\u2019 des aliments mal tolérés et en commander de nouveau la régression par la suppression des allergènes en cause.Malgré sa rareté, ce fait Illustre quand même l\u2019importance du facteur allergique dans tous les domaines de l\u2019oto-rhino-laryngologie.Le Dr Lacerte (4), de l\u2019Hôtel-Dieu, vient de rapporter dans le Laval Médical un travail de Miles Atkinson sur le syndrome de Ménière, la migraine et certains états associés.Je cite une des conclusions du Dr Atkinson : « Dans la migraine, comme dans le syndrome de Ménière, nous avons mis en évidence un mécanisme double : l\u2019un de vaso-dilata- tion primitive ; l\u2019autre, de vaso-constriction primitive.Les facteurs déterminants de ces dérangements vasculaires ou le siège de ces manifestations demeurent un sujet d\u2019 importance fondamentale qui reste encore à résoudre.Mais maintenant que le mécanisme des attaques est connu, la route est ouverte pour la découverte des facteurs qui le déclenchent ».Le Dr Atkinson a fait des observations fort intéressantes sur la relation de l\u2019histamine et du syndrome de Ménière.Il est d\u2019opinion que de nombreux cas de vertige de Ménière se rattachent à une hypersensibilité de l\u2019individu vis-à-vis de l\u2019histamine.- Il précise qu\u2019il se produirait dans ces Janvier 1946 Lava\u2026 MÉDicar 17 cas, au niveau du labyrinthe, une réaction allergique à l\u2019histamine semblable à la réaction de la peau.Vingt-cinq pour cent des malades observés ont donné une intra-dermo-réaction fortement positive à l\u2019histamine et tous ces derniers ont accusé une amélioration sensible, voire même une guérison à peu près complète de leur vertige, à la suite du traitement histaminé.D\u2019autres substances désensibilisantes sont employées à part l\u2019histamine, particulièrement l\u2019hydrochlorure de néthamine, l\u2019apamine, la théophylline, l\u2019extrait duodénal, l\u2019adrénaline.Nous avons personnellement employé l\u2019hydrochlorure de néthamine, seul ou associé à la théophylline, sans obtenir cependant les résultats produits par l\u2019histamine en pareil cas.Le traitement de base, surtout en anaphylaxie alimentaire ou médicamenteuse, est l\u2019exclusion des allergènes en cause.Nous n\u2019employons plus la méthode du petit repas précédant les grands repas ou la peptonothérapie de Pagniez-Vallery-Radot.Nous utilisons plus fréquemment le « régime d\u2019élimination », de Rowe, qui consiste à ne donner aux malades anaphylactisés qu\u2019un très petit nombre d\u2019aliments peu anaphylactisants.Shambaugh a dressé un régime de base que nous avons utilisé dans plusieurs cas avec avantage et que nous vous soumettons.RÉGIME DE BASE Aliments permis : VianDes.\u2014 Bœuf et agneau bien cuits.Frulrs.\u2014 Poires en conserve ; Bananes ; Figues cuites.CÉRÉALE.\u2014 Gruau.Lécumes.\u2014 Laitue ; pinards ; Betteraves : Choux de Siam ; Carottes ; Endive ; Pommes de terre.BEURRE.\u2014 Breuvace.\u2014 Thé.Desserts.\u2014 Jello ; Tapioca ; Bonbons de sucre.(3) 18 Lava\u2026.MÉDicaL Aliments défendus : Janvier 1946 Le blé, les œufs et le lait sont défendus sous toutes leurs formes.Préparation des aliments : Les aliments peuvent être préparés avec du sel, de l\u2019huile d\u2019olive, du sirop d\u2019érable ou du sucre.OBSERVATIONS CLINIQUES Au cours des mois de février, mars et avril 1945, nous avons reçu, à la consultation oto-rhino-laryngologique, 41 malades chez qui nous avons soupçonné un facteur allergique.Des intra-dermo-réactions faites en série ont donné un résultat positif dans 31 cas.Dans les 10 autres comme dans les 31 premiers, I'interrogatoire a révélé la présence de certains aliments ou de substances chimiques auxquelles ces personnes étaient allergiques.La suppression de ces produits a suffi à faire disparaître ou à atténuer l\u2019affection en cause.Ces 41 malades peuvent être groupés ainsi : ÉTATS PATHOLOGIQUES Nombre Pourcentage Migraine : Malades observés.11 100% Intra-dermo-réactions positives.\u2026 .7 64% Guérisons.8 739, Amélioration.3 27% Janvier 1946 LavaL.MÉDprcaL 19 ÉTATS PATHOLOGIQUES Nombre Pourcentage Vertige de Méniére : Malades observés.3 100% Intra-dermo-réactions positives.2 66%/5% Guérison.1 333% Amélioration (sous observation).\u2026 2 66%/5%, Rbinite chronique : Malades observés.16 100% Intra-dermo-réactions positives.12 75% Guérisons.12 75% Amélioration (sous observation).4 25% Sinusite chronique : Malades observés.5 100% Intra-dermo-réactions positives.3 60% Guérison.0 Amélioration (sous observation).4 80% Malade non revu.\u2026.1 20% Pharyngite bypertrophique : Malades observés.4 1009, Intra-dermo-réactions positives.3 75% Guérison.1 259, Amélioration (sous observation).3 75% Eczéma : Malades observés.2 1009, Intra-dermo-réactions positives.2 100% Guérisons.02020200000 2 100% Lava\u2026 MÉDicaL Janvier 1946 Sans vous citer en détail l\u2019histoire du facteur allergique chez tous ces malades, | nous tenohs a signaler quatre observations un peu particuliéres : PREMIERE OBSERVATION ; | Une religieuse, infirmière à l\u2019hôpital, âgée de 38 ans, entrée en commuhauté il y a quatorze ans, n\u2019avait jamais présenté de manifestations pa thologiques des voies respiratoires supérieures.Deux ans après, elle contractal une rhinite puis une pharyngite évoluant aussi bien l\u2019été que l\u2019hiver et réfractaires à toute thérapeutique.Plus tard, apparurent des polypes nasaux qui fürent enlevés à trois reprises, en 1942, 1943 et 1944, Il y a deux ans, survinrent de petites crises d\u2019asthme bronchique qui allèrent en augmentant jusqu\u2019au cours de l\u2019été 1944 alors que la malade dut être traitée pour des manifestations asthmatiques pénibles.Une.nouvelle.polypotomie sembla l\u2019améliorer pour quelques semaines.Mais à la fin de 1944, les mêmes troubles se manifestèrent de façon tenace : rhinite, pharyngite, dyspnée asthmatique.En mars 1945, apparut, sur le front d\u2019abord, sur le menton ensuite, une dermite eczémateuse.Fn dépit d\u2019une intra-dermo-réaction restée négative, nous avons suggéré une nouvelle recherche de quelques facteurs allergiques inusités.Un rappel du passé devait nous venir en aide.Il fallait en effet se souvenir que cette personrie était très bien avant son entrée au couvent et que des troubles, qui nous semblaient avoir une même étiologie, apparurent deux ans après son entrée pour atteindre leur paroxysme avec un eczéma du front, du menton et des joues.| La localisation des lésions attira l\u2019attention du Dr Gaumond sur la coiffe.De lin teint en noir à l\u2019aniline, sa courbure est assurée par un procédé d\u2019imprégnation à la gomme arabique.Une intra-dermo- réaction à la gomme arabique, en solution infinitésimale, provoqua instantanément le retour de tous les troubles : congestion intense du nez et du pharynx, crise d\u2019asthme d\u2019une journée, poussée aiguë d\u2019eczéma à la figure.Depuis la suppression de la gomme arabique, tous les troubles sont disparus.La deuxième observation est superposable à la précédente. Janvier 1946 LavaL MEDICAL DEUXIEME OBSERVATION Il s\u2019agit d\u2019une jeune fille, G.L., 4gée de 24 ans, qui vient consulter pour une rhinite congestive dont elle se plaint depuis quelques années.Au cours de l\u2019examen, notre attention est attirée par une large plaque eczémateuse au cou.Elle raconte qu\u2019elle souffre de cet eczéma depuis dix ans, qu\u2019elle a souvent consulté et qu\u2019elle s\u2019est soumise à une foule de .traitements tant locaux que généraux sans aucune amélioration.Une intra-dermo-réaction, pratiquée le lendemain, nous apprend que cette jeune fille est très allergique aux arachides.La malade avoue manger des arachides depuis très longtemps.Elle se soumet à la privation de ce produit et de ses dérivés.Rhinite et eczéma sont disparus complètement depuis trois mois.TROISIÈME OBSERVATION Cette observation a trait à un malade de 34 ans, curateur de bibliothèque de son métier.Il se plaint de névralgie sus-orbitaire qu\u2019il appelle sinusite frontale et pour laquelle il se fait traiter depuis 1940.L\u2019examen des fosses nasales et la\u2019 diaphanoscopie ne révèlent rien de particulier.La vision et le fond d\u2019œil sont normaux.Une radiographie, prise le 23 \u2018mars, nous permet, d\u2019après le Dr Perron, d\u2019apprécier deux sinus maxillaires de petites dimensions et dont le gauche est très légèrement voilé.Il ne semble pas y avoir de sinus frontaux.L\u2019étiologie de cette douleur sinusale serait très troublante si le malade n\u2019était pas soumis à une épreuve aux protéines.Celle-ci a montré qu\u2019il est fortement allergique aux tomates et aux poussières de maison.Le malade admet qu\u2019il mange 'béaucoup de tomates et qu\u2019il boit souvent, avant le coucher, un verre de\u2018 jus tomates.Comme 1l travaille dans une bibliothèque, où la manipulätion des livres met beaucoup de poussière en circulation, il a'été soumis à une désensibilisation vis-à-vis la poussière, et nous lui suggérons également l\u2019exclusion des tomates de son régime alimentaire.Nous avons revu intentionnellement hier ce malade qui se disait tout heureux de n\u2019avoir plus ressenti aucune douleur depuis avril 1945. 22 LavaL MEbpicAaL Janvier 1946 QUATRIEME OBSERVATION W.J.K., âgé de 67 ans, souffre, depuis une douzaine d\u2019années, d\u2019une névralgie migraineuse qui semble prendre naissance dans le fond de l\u2019orbite gauche et s\u2019étend jusqu\u2019à l\u2019occiput du même côté.C\u2019est un monsieur qui a perdu l\u2019œil droit à la suite d\u2019un accident en bas âge.La douleur qu\u2019il ressent au niveau de son orbitre gauche semble augmenter s\u2019il lit ou s\u2019il fréquente le cinéma, et il est porté à accuser son œil gauche d\u2019être la cause de son malaise.En 1936, à notre demande, il consulte le Dr Pichette qui ne constate rien de particulier du côté de son œil ni de sa vision.Un an plus tard, alors que les mêmes troubles persistent, il se rend à Rochester, où 1l passe un mois à la Clinique Mayo.De nombreux examens sont faits à cet endroit, mais il est impossible d\u2019établir l\u2019étrologie de cette migraine.On pense quand même à un état allergique et le malade, soumis à un traitement histaminé, accuse une amélioration sensible.Il revient à Québec et reprend ses activités pour voir bientôt renaître l\u2019état migraineux.II consulte son médecin qui lui avait suggéré, deux ans auparavant, de prendre de la vitamine B, et qui lui prescrit encore le même médicament sous prétexte qu\u2019une tension artérielle basse est la cause de sa migraine.La névralgie persiste et augmente même sensiblement jusqu\u2019en 1944, alors qu\u2019il est forcé d\u2019abandonner la conduite de son automobile et la fréquentation du cinéma.Nous le voyons au printemps de 1945 et lui suggérons une Intra-dermo-réaction qui est négative.Nous nous rappelons cependant que ce malade nous avait raconté, en 1936, qu\u2019il prenait quotidiennement deux capsules de vitamine B par la bouche.Nous l\u2019interrogeons en avril 1945 et nous apprenons que de 1934 à 1945, il n\u2019a cessé d\u2019utiliser de la vitamine B, que durant la période d\u2019un mois passé à Rochester.Il paraît donc sursaturé de vitamines et 1l n\u2019est pas surprenant qu\u2019une goutte de solution au millième de vitamine B, injectée dans le derme, le 21 avril 1945, ait donné une très forte réaction positive.Il a abandonné complètement cette habitude et l\u2019état migraineux est disparu depuis le mois de juin. Janvier 1946 Lavar MEbicaL 23 Ces quatre observations, à elles seules, sont suffisamment éloquentes.Nous nous croyons autorisé à ajouter qu\u2019un diagnostic d\u2019allergie ne devrait pas être rejeté d\u2019emblée, parce que l\u2019agent responsable n\u2019a pu être décelé.L\u2019intra-dermo-réaction et la cuti-réaction ne sont que des moyens de diagnostic et leur silence illustre plus leur insuffisance que la négation du facteur causal.Une observation clinique attentive, une enquête minutieuse sur les habitudes du malade, seront des facteurs décisifs qui devront toujours supplanter les épreuves protéiques, forcément incomplètes.BIBLIOGRAPHIE a .George E.SCHAMBAUGH, Jr.Nasal allergy for the practicing rhino- logist, Ann.Otol., Rbin.¢» Laryng., 54 : 43, (mars) 1945.2.G.Bray.Nasal allergy (excluding hay fever), J.Laryng.¢ Otol., 58 : 224, (juin) 1943.3.L.J.Noun.Chronic otorrhea due to food sensitivity, J.Allergy, 14 : 82, (nov.) 1942.4.Jean LACERTE.Le syndrome de Ménière, la migraine et certains états associés, d\u2019après Miles Atkinson, Laval méd., 10 : 582, (oct.) 1945.5.Hugh A.Kunn.Allergy in hearing defects, J.Indiana M.A., 36 : 143, (mars) 1943. SULFADIAZINE ET TUBERCULOSE EXPERIMENTALE DU COBAYE par Maurice GIROUX Chef des Laboratoires de I\u2019Hépital Laval La chimiothérapie des diverses infections est basée sur l\u2019activité bactériostatique du produit chimique employé, et également, pour une très large part, sur son degré de toxicité pour les organismes qui en sont imprégnés.On sait qu\u2019il y a une foule de substances ayant une action inhibitrice marquée in vitro sur de multiples souches bactériennes, mais quand on veut leur faire jouer le même rôle chez l\u2019animal, et plus chez l\u2019humain, leur emploi est prohibé par de nombreuses réactions toxiques, rendant leur présence dans ces organismes plus dommageable qu\u2019utile.Les expériences chez l\u2019animal avec les divers sulfamidés, de même qu\u2019avec tous les antibiotes actuellement connus, relèvent donc de ces deux principes thérapeutiques.C\u2019est également pourquoi la sulfadiazine semble, a priori, susceptible d\u2019avoir une action favorable sur l\u2019évolution de la tuberculose du cobaye, sans lui causer trop de troubles toxiques.C\u2019est la raison qui a incité C.R.Smith, et F.W.Œchsli (1), à employer ce sulfamidé dans la tuberculose du cobaye, avec des résultats assez bons que ces auteurs ont rapportés en juillet 1945. Janvier 1946 Lava\u2026 MÉDICAL 25 Par ailleurs M.I.Smith, E.W.Emmart et B.B.Westfall (2) ont constaté que la sulfadiazine a une action inhibitrice complète sur la culture du bacille de Koch, in vitro, & une concentration de 10 milligrammes p.cent.L\u2019expérience rapportée Ici, et effectuée à l\u2019Hôpital Laval, concernant l\u2019étude de l\u2019action de la sulfadiazine sur l\u2019évolution de la tuberculose expérimentale du cobaye, fut commencée en avril 1945.MARCHE DE L\u2019EXPÉRIENCE Cet essai comprend vingt-quatre (24) cobayes d\u2019un poids moyen de 521 grammes, choisis, depuis quelque temps auparavant, dans un élevage indemne de tuberculose spontanée, et soumis, depuis leur naissance, à des conditions connues d\u2019alimentation et de température ambiante.Ces cobayes sont inoculés le 11 avril 1945, dans la cuisse gauche, avec 15 c.c.d\u2019une suspension homogène de bacille de Koch, contenant 0.1 de milligramme d\u2019une souche humaine (souche À.R.) de bacilles cultivés depuis environ 40 jours, sur milieu de Lœæwenstein, après avoir été isolés d\u2019un cobaye mort de tuberculose de Villemin.Cette même souche est en même temps Inoculée au lapin, par injection intra-veineuse dans la veine marginale de l\u2019oreille et, après deux mois, se révèle être une souche humaine avec, cependant, une virulence assez marquée.Les 24 cobayes sont divisés en quatre groupes de 6 animaux chacun, soit, Groupe T, comprenant 6 cobayes-témoins inoculés, mais non traités ; Croupe A, soit 6 cobayes traités le jour même de l\u2019inoculation par 300 milligrammes de sulfadiazine par jour ; Groupe B, soit 6 cobayes traités une semaine après l\u2019inoculation par la même quantité du sulfamidé ; Groupe C, comprenant 6 cobayes traités trois semaines après l\u2019inoculation par la sulfadiazine.La sulfadiazine est, suivant l\u2019habitude adoptée 1ci, donnée en ingestion dans du sirop simple, à raison de deux portions de 150 26 Lavar MÉDicaL Janvier 1946 milligrammes chacune, l\u2019avant-midi et l\u2019après-midi, afin de maintenir un taux raisonnable dans le sang.La durée de l\u2019expérience est fixée à quatre mois, ce laps de temps permettant, comme l\u2019ont d\u2019ailleurs suggéré W.H.Feldman et H.C.Hinshaw (3), de juger de la valeur thérapeutique d\u2019un agent chimique antituberculeux.De plus, la subdivision en trois groupes, permet de juger de l\u2019action du médicament non seulement sur la bacillémie du cobaye, mais également, ce qui est beaucoup plus important, sur des lésions tuberculeuses bien constituées comme, par exemple, après trois semaines d\u2019une tuberculose évolutive due à une injection d\u2019une quantité assez forte de bacilles de Koch.Les cobayes sont sacrifiés théoriquement à raison d\u2019un animal de chaque groupe, soit T, A, B et C, après 15 jours, 1 mois, 1%, 2, 3 et 4 mois de traitement.Après l\u2019autopsie soignée de chaque animal, les organes sont tous fixés au Bouin pour examen histologique, le foie et la rate étant fixés et conservés au Jorès pour montage ultérieur.Les examens sanguins comprennent le dosage de la sulfadiazine dans le sang, et devaient également comprendre des examens hématologiques répétés, que le manque de temps ne nous a malheureusement pas permis d\u2019effectuer au complet.Le poids des animaux en expérience est aussi noté régulièrement, et une surveillance journalière permet de suivre l\u2019effet du produit chimique : c\u2019est ce qui révèle un certain degré d\u2019intoxication générale avec perte anormale de poids, après environ un mois et demi de traitement.Pour rémédier à cet état de choses, la dose ingérée est diminuée pendant une semaine à 100 milligrammes, pour être remontée à 200 milligrammes par jour, jusqu\u2019à la fin de l\u2019expérience.RÉSULTATS OBTENUS Voici les résultats obtenus en sacrifiant un animal de chaque groupe au temps fixé, et en tenant compte des décès prématurés. Janvier 1946 Lavar.MÉDpicaL 27 Après 15 jours : Cobaye 101.Témoin : poids 422 grammes.Ganglions inguinaux et lombaires de la taille d\u2019une fève : rate hypertrophiée et granuleuse ; les autres organes sont macroscopiquement normaux.L\u2019histologie révèle cependant la présence de follicules tuberculeux dans le foie.Cobaye 107.Groupe A : poids 472 grammes.Tout petit ganglion lombaire, mais rien aux autres organes, ni macroscopiquement, ni micro- scopiquement.Cobaye 113.Groupe B : poids 453 grammes.Petits ganglions caséeux dans l\u2019aine et la région lombaire.Rate, foie et poumons sont macroscopiquement normaux, mais l\u2019histologie révèle que les ganglions sont caséeux, et qu\u2019il y a quelques follicules tuberculeux dans la rate.Cobaye 115.Groupe B : meurt deux jours après le précédent, avec de multiples hémorragies, mais des lésions tuberculeuses superposables.Aucun cobaye du groupe C n\u2019est sacrifié, le traitement n\u2019étant pas encore commencé.Après un mois : Cobaye 102.Témoin : poids 418 grammes.Ganglions caséeux de la taille d\u2019un gros haricot, avec abcès ulcéré de l\u2019aine ; rate et foie gros et caséeux.Poumons parsemés de granulations.Cobaye 108.Groupe A : poids 350 grammes.Petits ganglions lombaires et inguinaux ; rate, foie et poumons indemnes de lésions tuberculeuses.Le cobaye 109,du même groupe, meurt d\u2019hémorragies intestinales avec dilatation marquée du côlon.Cobaye 114.Groupe B : poids 405 grammes.Ganglions easéeux inguinaux et lombaires.Rate : foyers caséeux minimes.Foie : petits nodules caséeux.Poumons, normaux.Cobaye 123.Groupe C : poids 287 grammes.Ganglions petits, mais nombreux ; rate et foie sont gros et caséeux ; poumons parsemés de fines granulations.Les cobayes 124 et 125 du même groupe, meurent à la même date, avec des lésions identiques. Lavar MEbpicaL Janvier 1946 Après 114 mois : Cobaye 105.Témoin : poids 370 grammes.Ganglions multiples, caséeux.Rate, foie et poumons sont parsemés de foyers caséeux.Ganglions trachéo-bronchiques.Tuberculose de Villemin.Le cobaye 106, témoin, meurt un mois et demi également après l\u2019inoculation d\u2019une tuberculose de Villemin.Cobaye 111.Groupe A : poids 345 grammes.Ganglions petits ; rate petite, sans granulations ; foie normal.Poumons congestionnés, ce qui est la cause de la mort de l\u2019animal.Le cobaye 110, du même groupe, meurt, sans plus de lésions tuberculeuses, mais avec une dilatation marquée de l\u2019intestin.Cobaye 116.Groupe B: poids 304 grammes.Ganglions petits; la rate présente quelques foyers caséeux ; le foie et les poumons sont normaux.Cobaye 121.Groupe C : poids 280 grammes.Ganglions petits, mais nombreux ; la rate et le foie présentent quelques foyers caséeux ; les poumons sont infiltrés de foyers miliaires.Le cobaye 122, du même groupe, meurt avec des lésions tuberculeuses du même type.Après 2 mois: Cobaye 104.Témoin : poids 300 grammes.L\u2019animal cachectique meurt de tuberculose de Villemin.Cobaye 112.Groupe A : poids 308 grammes.Ganglions petits, caséeux ; la rate et le foie montrent quelques placards caséeux ; les poumons ont quelques granulations tuberculeuses.Cobaye 118.Groupe B : poids 365 grammes.Ganglions petits, mais caséeux ; la rate et le foie sont gros, caséeux ; les poumons présentent des petits nodules caséeux.Cobaye 119.Groupe C : poids 382 grammes.Ganglion minimes : la rate, le foie et les poumons sont caséeux.Après 3 mois : Cobaye 103.\"Témoin : poids 277 grammes.Animal cachectique.Tuberculose de Villemin.Cobaye 117.Groupe B : poids 351 grammes.Tuberculose de Villemin. Janvier 1946 LavaL MEpicaL 29 Après 4 mois : Il ne reste aucun cobaye, ni témoin, ni d\u2019aucun groupe.Après cette analyse résultant de l\u2019étude nécropsique dés lésions de chaque animal de l\u2019expérience, voici une vue d\u2019ensemble synthétisée \u2018en un tableau, basé sur la suggestion de H.W.Feldman et H.C.Hinshaw permettant de mieux juger les résultats par comparaison.TaBLEAU Î 13 rune ~ o - ~ sS + JR mod 7 A 7meid.Tableau illustrant, par comparaison, la progression des lésions tuberculeuses des cobayes des groupes T, A, B et C. 30 Lavar.MÉDpicaL Janvier 1946 CONSIDÉRATIONS SUR CES RÉSULTATS Tout d\u2019abord le dosage du sulfamidé dans le sang des cobayes traités, a donné un chiffre moyen de 9.5 milligrammes pour cent.Il est évident qu\u2019une concentration sanguine plus élevée aurait pu agir plus favorablement, mais les troubles toxiques, avec perte marquée de poids du début, ont forcément maintenu la dose journalière ingérée à 200 milligrammes de sulfadiazine.Il est à remarquer que plusieurs animaux traités sont morts d\u2019hémorragies multiples, surtout intestinales, et de dilatations de l\u2019intestin ; de plus, quelques-uns ont succombé à des congestions pulmonaires.Cependant, l\u2019examen histologique régulier du rein n\u2019a jamais révélé de néphrite, ni de calculs rénaux.Quant à l\u2019action bactériostatique de la sulfadiazine sur la tuberculose du cobaye, voici comment on peut la résumer : 1° Action favorable dans le groupe A, sur la bacillémie du cobaye, et inhibition prolongée pour quelques semaines sur la propagation du bacille de Koch dans tous les organes.2° Alors que les lésions tuberculeuses des animaux du groupe B sont déjà en voie de formation depuis une semaine, la médication se montre moins efficace, quoiqu\u2019il y ait une inhibition temporaire sur l\u2019activité du bacille de Koch.3¢ Dans le dernier groupe, C, la sulfadiazine semble plutôt accélérer la caséification, non pas par action directe, mais en affaiblissant l\u2019animal, déjà largement tuberculeux depuis trois semaines.Il est donc permis de conclure de cette expérience que la sulfadiazine a une action inhibitrice réelle sur la bacillémie du cobaye, qu\u2019elle empêche, jusqu\u2019à un certain point, le bacille de Koch de se propager dans cet organisme, mais qu\u2019elle est sans action sur les lésions tuberculeuses déjà formées et évolutives.ÉTAT ACTUEL DE LA CHIMIOTHÉRAPIE DE LA TUBERCULOSE DU COBAYE Après les multiples expériences de ce genre effectuées, tant ailleurs qu\u2019à l\u2019Hôpital Laval, il est peut-être utile de faire le point sur la valeur de la sulfamidothérapie de la tuberculose de cobaye. Janvier 1946 LavaL MeEbpicaL 31 Quelles sont les conclusions générales qu\u2019il est possible de tirer après cinq ans de travaux, dans l\u2019espérance de trouver un agent réellement inhibiteur de la tuberculose de l\u2019animal?Il est évidemment difficile de juger sur un même pied les résultats \u2018obtenus par divers expérimentateurs, pour cette raison que la technique employée n\u2019a pas toujours été la même.Cependant, en ne tenant compte que du traitement de la tuberculose aiguë, de la primo-infection du cobaye, il est possible d\u2019avoir une vue d\u2019ensemble de la question.a) La sulfanilamide employée au début de l\u2019ère des sulfamidés par quelques auteurs, A.R.Rich et R.H.Follis (4), G.A.H.Buttle et H.J.Parish (5), M.Giroux (6) a donné des résultats réels, faisant espérer que des produits chimiques de même lignée mais ayant un pouvoir toxique moindre, puissent être utilisés avec chance de succès.b) La sulfapyridine utilisée dans des essais du même genre [M.Giroux (7), W.H.Feldman et W.C.Hinshaw (8)], s\u2019est montrée beaucoup plus active, donnant une inhibition de l\u2019extension des lésions tuberculeuses chez l\u2019animal, mais celles-ci continuent tout de même à évoluer, en particulier dans le poumon, finissant par faire mourir le cobaye après quelques mois d\u2019inoculation et de traitement.c) Le sulfathiazole et la sulfadiazine, [H.C.Ballon, A.Guernon et A.Simon (9), M.Giroux (10), C.R.Smith et F.W.Œchsli (11)], n\u2019ont qu'une action Inhibitrice peu marquée, et ne méritent aucune place spéciale dans la chimiothérapie antituberculeuse.d) Puis survinrent d\u2019autres sulfones comme la Promine, utilisée surtout par W.H.Feldman et H.C.Hinshaw (12), A.Barach, N.Molomut et M.Soroka (13), le Promizole par W.H.Feldman, H.C.Hinshaw et F.C.Mann (14), et, enfin, la Diasone expérimentée par F.F.T.Callomon (15), et M.Giroux (16).La Promine peut se classer parmi les produits les plus effectifs, puisqu\u2019elle a une action bactériostatique allant jusqu\u2019à l\u2019inhibition complète de la tuberculose de l\u2019animal.Le Promrizole exerce une action légèrement inférieure au sulfone précédent, mais cause une hyperplasie parenchymateuse diffuse de la glande thyroïde. 32 LavaL MEbicaL Janvier 1946 Quant à la Diasone, son action se rapproche beaucoup de celle des deux produits précédents, tant pour son activité antituberculeuse, que p p p q pour son peu de toxicité pour l\u2019animal.Voici, résumé en un tableau, en un pourcentage empirique, la valeur comparée des divers sulfamidés sur l\u2019infection bacillaire du cobaye.TaBreau II Q parvum, Capris (mbm (fm (bm (= fmt FESSES AS ER en Riasene 000009299 93000400400 049,,, < % \u2018« S y .i \u201cee, meds 2Mmeid Smet Hou Graphique donnant, en pourcentage, la valeur comparée des divers sulfamidés sur la tuberculose du cobaye. Janvier 1946 Lavar MEbpicaL CONCLUSIONS GENERALES Les divers sulfamidés, méme ceux qui exercent une action inhibitrice réelle sur le développement in vitro du bacille de Koch, ne réalisent pas encore l\u2019agent thérapeutique antituberculeux parfait.De plus, il ne faut pas oublier que, comme l\u2019ont bien spécifié W.H.Feldman et H.C.Hinshaw (17), si on suspend le traitement du cobaye tuberculisé, la tuberculose peut fort bien reprendre son évolution, et tuer l\u2019animal.BIBLIOGRAPHIE .C.R.SMirH et F.W.Œcusui.Sulfadiazine in experimental tuberculosis, Am.Rev.Tuberc., 52 : 83, (juillet) 1945.M.I.SMiTH, E.W.EMMART et B.B.WestFaLL.The action of certain sulfonamides, sulfones and related phosphorus compounds Lo in experimental tuberculosis, J.Pharmacol.et Exper.Therap., 74 : 163, (fév.) 1942.3.W.H.FELpman et H.C.Hinsuaw.Chemotherapeutic testing in experimental tuberculosis, Am.Rev.Tuberc., 51 : 582, (juin) 1945.4.A.R.Ricx et R.H.Foruis.The inhibitory effect of sulfanilamide on developement of experimental tuberculosis in guinea-pig, Bull.Jobns Hopkins Hosp., 62 : 77, (jan.) 1938.5.G.A.H.BUTTLE et H.J.PArisH.Treatment of tuberculosis in guinea-pigs with sulphanilamide, Brit.M.J., 2 : 77 (jan.) 1938.6.M.Giroux.L'action des sulfamidés sur la tuberculose expérimentale du cobaye, Laval méd., 5 : 69, (fév.) 1940.7.M.Giroux.Traitement de la tuberculose de réinfection du cobaye par la sulfapyridine et le sulfathiazole, Laval méd., 7 : 473, (nov.) 1942.8.W.H.FELDMAN et H.C.HinsHaw.Sulphapyridine in experimental tuberculosis, Am.Rev.Tuberc., 41 : 623, (juin) 1940.9.H.C.BALLON, A.GUERNON et A.Simon.Sulfathiazole in experimental tuberculosis of the guinea-pig, Am.Rev.Tuberc., 45 : 217, (fév.) 1942.(4) 34 10 11 12 13 14 16 17 Lavar MÉDICAL Janvier 1946 .M.Giroux.Traitement de la tuberculose de réinfection du cobaye par la sulfapyridine et le sulfathiazole, Laval méd., 7 : 473, (sept.) 1942.C.R.SMiTH et F.W.ŒcHsui.Loc.cit, (1).W.FH.FELDMAN et H.C.HinshHAaw.Promin in experimental tuberculosis, Am.Rev.Tuberc., 51 : 268, (mars) 1945.A.BaracH, N.B.MoLomuT et M.Soroka, Inhalation of nebulized Promin in experimental tuberculosis.Am.Rev.Tuberc., 46 : 269, (sept.) 1942.| .W.H.FeLpman, H.C.Hinsuaw et F.C.MANN.Promizole in tuberculosis, Am.Rev.Tuberc., 50 : 418, (nov.) 1944.F.F.T.CaLLomoN.New derivatives of Diaminodinophenylsulfone, Am.Rev.Tuberc., 51 : 97, (jan.) 1943.M.Giroux.Traitementde la tuberculose expérimentale du cobaye par la Diasone, Laval méd., 9 : 788, (déc.) 1944.W.H.FELDMAN et H.C.HinsHaw.Loc.cit, (3). rente PE A a met RHUMATISME ET TUBERCULOSE par \u2018 R.DESMEULES, L.ROUSSEAU et Ph.RICHARD de l\u2019Hôpital Laval Augustin Poncet, de Lyon, étudia minutieusement le rhumatisme de 1880 à 1909.Il parvint à établir, à l\u2019aide d\u2019observations cliniques judicieuses, la fréquence de l\u2019étiologie tuberculeuse du syndrome, et il leur adjoignit l\u2019apport objectif des sciences biologiques.Il enseigne avec Leriche qu\u2019 « en présence d\u2019un rhumatisme, ce qu\u2019on doit démontrer en premier lieu, c\u2019est qu\u2019il n\u2019est pas tuberculeux ».L'école lyonnaise souligne que l\u2019affection rhumatismale bacillaire épouse le type subaigu de préférence à toute autre modalité clinique.Arloing, Dor et Courmont réalisent, dans la suite, des arthrites fongueuses, des synovites à grains riziformes et des polyarthrites séreuses expérimentales analogues à celles du rhumatisme tuberculeux de l\u2019homme en faisant varier la dose et la virulence des bacilles injectés.La conception ancienne du rhumatisme, maladie de dénutrition propre à faire le lit de la tuberculose, faisait place à une pathogénie nouvelle où la bacillose causait la polyarthrite au même titre que les foyers infectieux non bacillaires, que les maladies vénériennes et par carence et que l\u2019insuffisance glandulaire.Bezançon et Weill ressuscitèrent, après vingt ans de silence et malgré l\u2019opposition de plusieurs phtisiologues, les conceptions originales des maitres lyonnais.Il fallait, pour vaincre la méfiance des cliniciens qui croyaient bien à l\u2019existence d\u2019arthralgies et d\u2019arthrites au cours de la tuberculose coïncidant avec le rhumatisme, la mise en évidence du bacille dans la sérosité des articulations phlegmasiées. LavAa\u2026 MÉDpicar Janvier 1946 Les biologistes, avertis par les partisans du rhumatisme tuberculeux qui le croyaient causé par des bacilles de virulence atténuée, tentèrent de cultiver ces derniers sur des milieux hautement sensibles ou de les réactiver par des passages successifs à l\u2019animal.Le milieu découvert par Lœæwenstein donna des résultats extraordinaires et permit d\u2019intégrer de plus en plus souvent dans le cadre de la tuberculose non seulement les polyarthrites subaiguës et chroniques mais même, dans plusieurs cas, la forme aiguë.Bouillaud et Sydenham contribuèrent à individualiser la polyarthrite aiguë fébrile sans parvenir à en déterminer la cause.Corvisart et Laënnec envisageaient, dès Ie début du x1x® siècle, la nature tuberculeuse du syndrome que Poncet et Leriche tentèrent, sans grand succès, d\u2019appuyer sur des preuves bactériologiques.Mais les travaux modernes de Lœwenstein sur un milieu de culture hautement sensible permirent de constater que le sang et le liquide articulaire de plusieurs sujets atteints de la maladie de Bouillaud contenaient des bacilles tuberculeux.L\u2019impossibilité de déceler Ie streptocoque, in loco morbi, l\u2019insuccès thérapeutique des sulfamidés sur les phénomènes articulaires, l\u2019exsudation séreuse pauvre en cellules plaident contre l\u2019hypothèse de la nature streptococcique des déterminations articulaires qui coïneident, toutefois, avec la présence de ce microbe sur les amygdales infectées ou dans les lacunes cryptiques de l\u2019angine.L\u2019hémoculture ne permet de déceler qu\u2019occasionnellement ce microbe au cours du rhumatisme articulaire aigu.Par contre, Leewenstein compile 117 cultures sanguines positives au bacille de Koch au cours de 200 cas de fièvre rhumatismale confirmée.Gilson affirme au Congrès international du rhumatisme, tenu à Oxford en 1938, que les lésions histologiques cardiaques qu\u2019il a eu l\u2019avantage d\u2019étudier s\u2019apparentent plus à la tuberculose qu\u2019à la streptococcie.Poppelet et Coranini, de Vienne, trouvent le bacille tuberculeux dans le liquide de ponction des cavités cardiaques des rhumatisants et des tuberculeux décédés.Ils réalisent des cultures positives avec la pulpe splénique, avec les fragments de muscle cardiaque et d\u2019amygdales de malades morts de lésions rhumatismales. Janvier 1946 37 Lava\u2026 MÉDicAL A ces preuves importantes, Lœæwenstein et Reitter ajoutent les résultats obtenus par la cueillette du sang provenant des veines efférentes des articulations malades et par la culture de la sérosité articulaire elle- même.78 des 101 liquides articulaires étaient bacillaires.69% des 418 cas de rhumatisme articulaire aigu cliniquement confirmés donnèrent des hémocultures positives au bacille de Koch.Les auteurs viennois réalisèrent même des micro-photographies de thrombus provoqués par des bacilles tuberculeux.Coranini va jusqu\u2019à affirmer qu\u2019il est plus facile de mettre le bacille tuberculeux en évidence chez le rhumatisant fébrile que chez le tuberculeux.Le Lœæwenstein considère que la présence du bacille, in loco morbs, établit la nature tubereuleuse du processus morbide.Cette preuve lui apparaît supérieure à la réaction tissulaire ou cellulaire qui lui semble plutôt en rapport avec la phase de l\u2019allergie, l\u2019âge de l\u2019infection et la virulence microbienne.Il considère le follicule tuberculeux comme une simple phase facultative dans le cycle de l\u2019évolution du foyer bacillaire.Sergent enseigne, par contre, que le fait de déceler des bacilles virulents n\u2019implique pas que le processus morbide soit sûrement tuberculeux.Il peut s\u2019agir de bacilles de sortie.I! signale la bacillurie transitoire des tuberculeux comme l\u2019exemple le plus typique de cette opinion.La présence du bacille au sein des articulations qui sont de provenance mésodermique explique la facilité avec laquelle ce mirco-organisme est véhiculé dans les différents tissus de l\u2019économie par l\u2019intermédiaire de métastases vasculaires.Le professeur Knœplehmacher trouve le bacille dans cing échantillons de sang et dans cinq liquides céphalo-rachidiens de huit sujets atteints de chorée.Les urines contiennent très souvent des bacilles de Koch au cours de la troisième semaine de la maladie de Bouillaud, période habituelle des atteintes glomérulaires.Les ophtalmologistes Hippel et Barnheim pressentirent l\u2019étiologie tuberculeuse de l\u2019iritis, de l\u2019irido-cyclite et de la choroidite rhumatismale.Ils virent leur hypothèse clinique recevoir une confirmation dans une 38 Lava\u2026 MÉDicaL Janvier 1946 proportion notable Ce cas lorsque Læwenstein réussit la culture du sang au cours de 262 rhuratismes oculaires sur 2,313 cas observés.Pillat décèle à l\u2019ophtalrroscope des foyers miliaires de choroïdite qui s\u2019effacent progressivement ou se muent en lésions cicatricielles dans 61%, des cas où Lœæwenstein avait mis en évidence une bacillémie tuberculeuse au cours d\u2019une fièvre rhuratismale.Les anciens cliniciens Laveran, Charcot et Kussmaul avaient signalé des disséminations miliaires tuberculeuses au sein d\u2019une foule de tissus au cours du rhumatisme articulaire aigu non traité.Reitter et Schazouitch dérontrèrent récemment, à l\u2019aide de micro- sections, l\u2019enserrencement bacillaire des ganglions satellites des articulations malades.\u2018 Cet ensemble de faits contribua à l\u2019édification de l\u2019étiologie tuberculeuse du rhumatisme articulaire aigu qui n\u2019en demeure pas moins, la plupart du temps, sous la dépendance d\u2019une infection générale à cause Jusqu'ici inconnue favorisée par des conditions climatériques particulières.Les relations de la forme aiguë du rhumatisme avec la tuberculose ne sont considérées de façon pratique que depuis les études de Loewenstein.Par contre, la forme subaigué fut intégrée dans ce cadre dés le début des recherches de Poncet et Leriche.La preuve bactériologique est techniquement impossible à obtenir, la plupart du temps à cause de l\u2019absence d\u2019hydarthrose.Ce sont les réponses focales et articulaires intenses aux injections tuberculiniques employées à des doses minimes qui contribuent à orienter vers le diagnostic.L'étude clinique des antécédents héréditaires et collatéraux, l\u2019observation des déterminations viscérales ultérieures de nature franchement tuberculeuse complètent le cycle documentaire sur lequel s\u2019édifie la probabilité de l\u2019hypothèse bacillaire du rhumatisme subaigu.Poumeau-Delille et Laroche portent le diagnostic de rhumatisme tuberculeux en l\u2019absence de preuves anatomiques et bactériologiques articulaires chez un bacillaire pleuro-pulmonaire atteint pendant deux ans et demi d\u2019arthralgies. Janvier 1946 Lavar.MÉDicaL 39 Bénard, Merklen et Cord considèrent comme logique la pathogénie tuberculeuse inflammatoire, toxinique ou infectieuse, de manifestations d\u2019allure rhumatismale chez un tuberculeux dont les fluxions coincidaient avec les insufflations pleurales.L\u2019allure clinique de l\u2019arthrite subaiguë évoque l\u2019analogie avec un phénomène de Koch articulaire déclenché par des doses infimes de bacilles ou de toxines bacillaires.Les phtisiologues soulignent que, la plupart du temps, seuls les tuberculeux présentant des lésions latentes ou sub-évolutives souffrent de cette affection.Dumarest, de Hauteville, remarque que les manifestations rhumatismales frappent les tuberculeux fibreux sub-actifs de préférence aux tuberculeux évolutifs ou aux phtisiques.En pratique, le diagnostic est établi sur un faisceau de faits qui aboutissent après élimination à une impression clinique.Nous nous permettons de vous rappeler l\u2019observation d\u2019un jeune homme de 23 ans dont les algies évoluèrent par poussées successives au cours d\u2019une tuberculose pulmonaire caséo-fibreuse sub-évolutive.G.B., bûcheron, a un père bronchitique qui n\u2019a jamais fait déterminer la nature de ses troubles respiratoires.Il souffre d\u2019une pneumopathie subaiguë avec participation pleurale en 1937.Il est licencié de l\u2019armée après la lecture d\u2019un cliché pulmonaire traduisant l\u2019existence d\u2019ombres parenchymateuses au sommet gauche.Hospitalisé au Sanatorium Saint-Laurent, à Hull, il reprend 15 des 18 livres qu\u2019il avait perdues au cours de l\u2019année 1939.Comme 1l demeurait bacillaire, un pneumothorax fut tenté mais ne put être créé.Le malade fut orienté vers l\u2019Hôpital Laval pour une intervention chirurgicale.L\u2019endoscopie bronchique met en évidence une muqueuse normale.L\u2019alcoolisation du phrénique gauche est inopérante, mais deux temps de thoracoplastie collabent les lésions et contribuent à stériliser les expectorations résiduelles au point de vue bacillaire.Ce malade accuse, depuis mars 1939, des algies accentuées par la marche et le mouvement : à l\u2019articulation coxo-fémorale gauche.En 40 Lavar MÉDicaL Janvier 1946 Juin, elles intéressent les deux hanches et elles persistent jusqu\u2019en mars 1941.D\u2019octobre 1941 à janvier 1942, les douleurs gagnent les articulations sacro-iliaques, lombo-sacrées, radio-cubito-carpiennes sans signes radiographiques d\u2019altérations osseuses.Elles sont salicylo-résistantes.La réaction d\u2019élimination de Kline est négative.L\u2019interrogatoire ne remémore aucun accident neissérien.L\u2019uricémie et la fibrinémie sont normales.La cuti-réaction tuberculinique est vive.Elle ne s\u2019accompagne pas de fluxions articulaires.Le métabolisme basal est normal.Les dents sont saines.Le malade présente une rhino-pharyngite sans relations avec les troubles rhumatismaux qu\u2019il accuse.Il est porteur d\u2019une otite bacillaire gauche.Le tracé thermique dessine une fébricule vespérale à 99° sans accentuation des troubles respitaroires.L\u2019élimination systématique des causes infectieuses et diathésiques nous porte à envisager la nature tuberculeuse de ces arthralgies évoluant depuis des années chez un tuberculeux pulmonaire bacillaire porteur d\u2019une otite de même nature.Le rhumatisme tuberculeux peut aussi épouser la forme chronique.Landré-Beauvais, interne de Pinel, consacre sa thèse, au début du XIX° siècle, à résoudre le problème suivant : « Doit-on admettre une nouvelle espèce de goutte sous le nom de goutte asthénique primitive ?» Les cliniciens faisaient alors la discrimination entre la goutte asthénique ou goutte du pauvre et la goutte diathésique relevant d\u2019excès alimentaires et généralement l\u2019apanage des obèses et des pléthoriques.Charcot signale, dans sa thèse de 1883 sur le rhumatisme chronique, que plusieurs de ses malades de la Salpêtrière décédaient de tuberculose.Les relations entre les deux maladies étaient constatées.Poncet put établir difficilement l\u2019identité bactériologique du rhumatisme chronique tuberculeux.L\u2019absence usuelle d\u2019hydarthrose rendait impossible la recherche du bacille tuberculeux.L\u2019école lyonnaise eut alors le mérite d\u2019invoquer la réactivation allergique par l\u2019intermédiare des toxines bacillaires en ne tenant pas l\u2019action directe du bacille comme indispensable à l\u2019éclosion des accidents articulaires.Elle eut recours Janvier 1946 Lavar MÉDICAL 41 aux injections de tuberculine et elle nota l'importance des réactions focales et articulaires.Elle conclut, cependant, que la réponse faible ou minime n\u2019empéchait pas d\u2019envisager le problème sous l\u2019angle exclusivement clinique.La polyarthrite chronique déformante présente trop souvent dans les antécédants personnels ou héréditaires et dans les déterminations viscérales ultérieures des malades des accidents de nature tuberculeuse pour ne pas considérer comme logique, dans certains cas, l\u2019étiologie bacillaire.Elle revêt cliniquement tantôt la forme généralisée, connue sous la dénomination de rhumatisme chronique déformant progressif, type Charcot, tantôt la forme localisée, soit à la hanche morbus coxæ senilis, soit aux genoux, soit aux vertèbres (spondylite, rhumatisme ostéophyti- que, lombarthrie), soit aux mains (nodosités d\u2019Heberden ou de Bouchard), soit à l\u2019épaule ou aux synoviales.L\u2019épreuve de sédimentation globulaire constitue l\u2019un des meilleurs moyens pour établir la discrimination entre les arthrites et les arthroses.Elle donne une réponse beaucoup plus élevée dans les manifestations d\u2019origine inflammatoire.La plupart du temps, la clinique et les épreuves biologiques ne permettent de conclure qu\u2019à une conviction profonde de la nature tuberculeuse du syndrome où le terrain joue un rôle à ce point proéminent qu\u2019une dose infime de bacilles ou de toxines tuberculeuses provoque des manifestations articulaires et des dégâts anatomiques nullement corrélatifs à l\u2019importance de l\u2019infection.Nous considérons la maladie tuberculeuse comme la cause probable des manifestations articulaires vertébrales dont a souffert un Jeune adulte de 23 ans qui fait le sujet de cette deuxième observation.E.L.croit que le décès de sa mère peut être attribuable à une tuberculose pulmonaire.Il a appris, de source médicale, que deux de ses sœurs sont mortes de cette affection.Fils de cultivateur, 1l accuse, depuis l\u2019âge de 11 ans, des algies aux articulations des pieds, des genoux et des hanches sans remarquer s1 elles s\u2019accompagnent de fluxions. 42 LavarL MÉDicaL Janvier 1946 À 22 ans, 1l nous signale que des localisations nouvelles apparaissent aux lombes et à la région cervico-dorsale du rachis pendant que les localisations anciennes disparaissaient.Les mouvements de la colonne deviennent pénibles et douloureux.Il présente bientôt une cyphose marquée.La colonne cervicale est libre.La radiographie de la colonne dorsale révèle une structure osseuse et des rapports articulaires normaux.La radiographie des deux épaules donne la même lecture.La radiographie du bassin et des deux hanches met en évidence des becs de corbeaux latéraux entre L-IV et L-V.Le diagnostic de rhumatisme vertébral est porté.La raideur de la région est attribuable à la contracture des muscles para-vertébraux et non à l\u2019ankylose car la structure osseuse et les rapports articulaires vertébraux lombaires sont radiologiquement normaux.L\u2019'interrogatoire élimine une histoire vénérienne.Les sécrétions uréthrales sont normales.Les réactions de Bordet-Wasserman et de Kahn sont négatives.Le métabolisme basal est de plus 8.La fibrinémie et l\u2019uricémie sont normales.Les dents et le rhino-pharynx sont sains.L'examen clinique de l\u2019appareil respiratoire permet l\u2019audition d\u2019une respiration saccadée à la région sous-claviculaire droite.La radiographie dessine des opacités diffuses aux deux sommets.Le liquide retiré de l\u2019estomac contient des bacilles acido-résistants.Comme il vivait dans une famille de tuberculeux, il consultait autant pour connaître l\u2019état de ses poumons que pour faire déterminer la cause de ses douleurs rhumatismales qui en étaient arrivées à l\u2019invalider partiellement.Nous avons cru que ce porteur de foyers tuberculeux pulmonaires a déversé dans son organisme des toxines bacillaires qui ont provoqué le rhumatisme vertébral.Nous envisageons aussi l\u2019hypothèse d\u2019une affection rhumatismale de l\u2019enfance qui aurait miné sa résistance et aurait facilité l\u2019apparition de sa réinfection.Nous considérons comme beaucoup plus démonstrative l\u2019observation suivante. Janvier 1946 Lavar MÉDICAL 43 R.T., 16 ans, fait partie d\u2019une famille de seize enfants dont treize sont en bonne santé.L\u2019un de ses frères est mort de typhoïde au cours d\u2019une épidémie qui avait touché quelques familles d\u2019un village du comté de Bellechasse.Le père, âgé de 60 ans, est un arthritique.La mère souffre d\u2019une bronchite chronique dont elle n\u2019a jamais fait déterminer la nature.Le malade est alité, à 8 ans, pendant plusieurs mois pour une polyarthrite fébrile marquée intéressant les genoux, les poignets, les coudes et quelques doigts des mains et des pieds.Elle évolua subséquemment sous la modalité subaiguë avec des périodes de rémission et de poussées atténuées pendant trois ans.Il parvint à un état de santé satisfaisant qui lui permit d\u2019aider à ses parents, cultivateurs, pendant quelques années.En septembre 1943, 1l doit suspendre tout travail parce que ses genoux sont turréfiés et douloureux.Le coude droit, les doigts des mains et des pieds, les épaules présentent des altérations identiques.La région lombaire vertébrale est douloureuse.L'\u2019articulation temporo-maxillaire est transitoirement génée dans sa motilité.Depuis 1944, l\u2019adolescent accuse des palpitations, des douleurs à la région précordiale, de la dyspnée à l\u2019effort et de l\u2019œdème prémalléolaire à prédominance matutinale.Il est hospitalisé à l\u2019Hôpital Laval, le 6 septembre 1945, parce que son médecin croit à l\u2019existence d\u2019ostéo-arthrites de nature tuberculeuse.L\u2019examen physique de l\u2019appareil respiratoire ne permet pas de déceler des signes cliniques d\u2019une atteinte bronchique, pulmonaire ou pleurale en activité.Il est complété par une radiographie pulmonaire qui révèle l\u2019intégrité des plages et par une recherche de bacille tuberculeux par la méthode de Meunier.Le liquide gastrique ne contient pas de bacilles de Koch.L\u2019intra-dermo-réaction et le patch test de Vollmer donnent des réponses positives.L\u2019auscultation cardiaque met en évidence de nombreuses extrasystoles.Le tracé électro-cardiographique que nous devons à la collaboration du Dr Guy Drouin, de l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement, permet de les attribuer à des incitations auriculaires, nodales et ventriculaires, signature d\u2019altérations myocardiques.La tension artérielle est de 106/80. Lavar.MépicaL Janvier 1946 Les genoux et le coude droit sont tuméfiés et douloureux.Les deux genoux ont une circonférence augmentée et donnent le choc rotulien.Les radiographies des articulations révèlent de légères déformations des contours du rebord interne du condyle fémoral interne gauche avec l\u2019existence de petites épines aux rebords interne et externe des plateaux tibiaux droit et gauche.Les épiphyses des os des genoux sont Incomplètement soudées.Les régions des coudes présentent au niveau de la trochlée humérale droite et de l\u2019apophyse coronoide du cubitus droit des petites ombres de décalcification avec des contours articulaires irréguliers au niveau du cubitus.Le liquide retiré de l\u2019articulation du genou droit est jaune citrin- II ne contient pas de bacilles de Koch.Inoculé à un cobaye, ce dernier présente actuellement à l\u2019examen macroscopique une adénopathie inguinale.La formule cytologique donne 64% de polynucléaires, 14% de lymphocytes, 7% de monocytes et 15% de cellules endothéliales.Le liquide du genou gauche, beaucoup plus abondant, de même couleur, contient des bacilles de Koch après homogénéisation et 69 grammes d\u2019albumine au litre.La formule cytologique est à peu près superposable à celle de l\u2019autre genou.Nous avons réalisé plusieurs ponctions dont le volume à dépassé 165 c.c., à quelques reprises.La sédimentation globulaire est de 103 mm.La formule d\u2019Arneth est nettement déviée vers la gauche.La leucocytose est de 8,500 et l\u2019hématogramme de 4,044,000.Le rhino-pharynx et les dents ne présentent rien qui puisse être considéré comme la cause de la polyarthrite.L\u2019épreuve d\u2019élimination de Kline est négative.L\u2019interrogatoire permet d\u2019éliminer un accident gonococcique.L\u2019azotémie, l\u2019uricémie, la calcémie, la cholestérolémie, la frbrinémie sont normales.L\u2019hémo-culture est, jusqu\u2019ici, négative à la recherche du bacille de Koch.Le malade est sub-fébrile et a une pulsation à 110.Ses troubles ne sont pas influencés par le salicylate.Nous avons porté le diagnostic de polyarthrite de nature tuberculeuse en l\u2019appuyant sur une preuve expérimentale.Cette affection Janvier 1946 LavarL MéÉDicaL 45 polyarticulaire se complique d\u2019une myocardite.Nous interprétons l\u2019ensemble comme l\u2019expression d\u2019une maladie tuberculeuse.RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS Le rhumatisme tuberculeux présente les types cliniques les plus variés.Il va de la polyarthrite aiguë inflammatoire, type Bouillaud, a la polyarthrite chronique déformante, type Charcot.Pressenti par Laënnec et Corvisart au début du x1x° siècle, observé cliniquement par Poncet et Leriche, établi sur des bases biologiques par l\u2019école [yonnaise, ressucité par Bezançon et Weill, le rhumatisme tuberculeux est une entité morbide qui reçoit de plus en plus fréquemment la confirmation de sa nature bactériologique par l\u2019intermédiaire du milieu hautement sensible de Loewenstein.La clinique procède généralement par l\u2019élimination progressive des autres facteurs étiologiques et parvient à établir le bien-fondé de l\u2019hypothèse tuberculeuse par des méthodes biologiques, par l\u2019étude des antécédents héréditaires et personnels des malades et par la vérification bactériologique des déterminations viscérales ultérieures ou concomitantes aux accidents rhumatismaux.Le laboratoire donne de plus en plus fréquemment, dans les formes aiguës, parfois dans les formes sub-aiguës et chroniques, la preuve bactériologique.Quant aux autres données biologiques, elles ne contribuent qu\u2019à renforcir l\u2019hypothèse clinique.II ne faut pas borner l\u2019étiologie du rhumatisme à des infections focales ou à une infection générale à cause jusqu\u2019ici inconnue, à la diathèse goutteuse, aux maladies vénériennes, à la maladie de Basedow, à un trouble endocrinien mais envisager la tuberculose, et spécialement la tuberculose pulmonaire, maladie endémique par excellence et l\u2019une des infections les plus fréquentes qui soient parmi les humains civilisés, comme l\u2019un des facteurs possibles.Nous avons tenté d\u2019établir le diagnostic de l\u2019étiolcgie tuberculeuse de deux polyarthrites après élimination progressive des autres causes et nous apportons, dans une troisième observation, la preuve expérimentale grâce à la mise en évidence du bacille de Koch dans le liquide articulaire. 46 Lava\u2026 MÉDICAL Janvier 1946 BIBLIOGRAPHIE A.Pic.Rhumatisme et tuberculose.Évolution des idées depuis Poncet, J.de méd.de Lyon, 13 : 239, (20 avril) 1932.G.de CHANALEILLES, Les données fournies par le laboratoire dans le diagnostic de la nature tuberculeuse d\u2019un rhumatisme, J.de méd.de Lyon, 13 : 241, (20 avril) 1932.A.Pic.Considérations cliniques sur le rhumatisme articulaire aigu tuberculeux, J.de méd.de Lyon, 13 : 255, (20 avril) 1932.A.Pic et A.CHAPUY.Le rhumatisme tuberculeux sub-aigu, J.de méd.de Lyon, 13 : 279, (5 mai) 1932.LAIGNEL-LAVASTINE et BOQUIEN.Trois cas de rhumatisme chronique tuberculeux.Méthodes biologiques de diagnostic, Paris méd., 87 : 320, (8 avril) 1933.F.BEZANÇON et WEirL.Le rhumatisme tuberculeux, Rev.de phtisiol., 15 : (sept.-oct.) 1934.A.Pic et A.CHapuy.Le rhumatisme chronique d\u2019origine tuberculeuse, J.de méd.de Lyon, 13 : 283, (5 mai) 1932.G.LAROCHE et POUMEAU-DELILLE.Un cas de rhumatisme tuberculeux à forme arthralgique avec poussées fluxionnaires périostées, Bullet mém.Soc.méd.d.Hop.de Paris, 46 : 256, (24 fév.) 1930.H.BÉNARD, F.-P.MERKLEN et M.Corp.Manifestations rhumatismales déclenchées chez un tuberculeux par la collapsothérapie, Bull.et mém.Soc.méd.d.Hôp.de Paris, 53 : 1567, (10 déc.) 1937.F.DumaresT, H.MorLarp, E.SIVRIÈRE et E.PaPpaTEsTAs.Tuberculeux et rhumatisants, J.de méd.de Lyon, 13 : 265, (20 avril) 1932.A.LEsaGE.La tuberculose inflammatoire, Union méd.du Canada, 73 : 1,335, (nov.) 1944.E.LŒWENSTEIN.Rheumatic disease and tuberculosis, Am.Rev.Tuberc., 9 : 58, (jan.) 1944.R.DesmeuLeEs.Rhumatisme chronique vertébral et tuberculose pulmonaire, Laval méd., 4 : 305, (oct.) 1939.R.DesmEeuLEs, et P.Ricnarp.Rhumatisme d\u2019origine tuberculeuse probable, Laral méd., 8 : 649, (nov.) 1943. RÉSULTATS D\u2019UN RÉGIME BALANCÉ SUR LE POIDS DE TUBERCULEUX HOSPITALISÉS A L\u2019HOPITAL LAVAL par J.-Ernest SYLVESTRE, ob.P.H.Chef du Service de la nutrition à l\u2019Hôpri:al Laval La présente communication vous est présentée pour vous mettre au courant des observations que nous avons faites à l\u2019Hôpital Laval sur l\u2019évolution du poids des malades au cours de l\u2019année 1944.Le poids d\u2019un individu est une des nombreuses caractéristiques qui nous permettent de juger l\u2019état de nutrition d\u2019une personne.Nous adrmettons qu\u2019une appréciation basée sur ce seul indice ne nous renseigne pas complètement ; tout de même, il est plausible de considérer une diminution du poids et, surtout, un écart en direction inférieure au niveau moyen déterminé pour l\u2019âge et la taille d\u2019un individu, comme un signe d\u2019autant plus alarmant que cette baisse du poids est plus accentuée.On sait que la perte du poids se fait d\u2019abord aux dépends du tissu adipeux, s\u2019il y en a en réserve et, quand il n\u2019en reste plus, de l\u2019organisme, qui ne reçoit pas assez de calories des aliments consommés, brûle ses propres tissus.C\u2019est la déchéance de l\u2019être tout entier, car, généralement, pour ne pas dire d\u2019une façon absolue, quand les aliments ne 48 Lavar MÉDicaL Janvier 1946 suffisent pas aux besoins caloriques, il est aussi d\u2019autres éléments essentiels qui manquent et, souvent, le déficit est si étendu ou tellement accentué qu\u2019il entraîne un déséquilibre des fonctions organiques, ce qui compromet sérieusement la santé de l\u2019individu et diminue, à coup sûr, sa résistance contre les maladies.Si les faits que nous relatons ici ne sont pas une preuve absolue qu\u2019une alimentation défectueuse est nécessairement un facteur adjuvant du développement des lésions tuberculeuses, toutefois, le poids d\u2019un certain nombre de malades, lors de leur admission à l\u2019hôpital, nous permet de conclure qu\u2019un grand nombre n\u2019avaient pas une alimentation adéquate.En effet, on admet généralement qu\u2019un poids inférieur à 7% au-dessous du poids moyen est un symptôme indiquant une nutrition défectueuse ou une alimentation insuffisante, inadéquate.Nous avons fait un relevé du poids des malades admis à l\u2019Hôpital Laval avant le 1er Janvier 1944, encore hospitalisés à cette date et, comme il apparaît au tableau I, sur 334 malades adultes, 255 pesaient 7% et plus au-dessous de leur poids moyen, ce qui fait une proportion de 76.3% ; chez les enfants au-dessous de 13 ans, cette proportion est un peu moindre, mais il en est tout de même 49.4% dont le poids ne dépassait pas 7% au- dessous de leur poids moyen.Chez les adultes comme chez les enfants, le sexe féminin prend une position plus désavantageuse, les proportions s\u2019établissant comme suit : pour les femmes, 80.5% alors que pour les hommes, la proportion des mal-nourris est de 73.1% ; pour les fillettes, la proportion est de 51.5% quand, pour les garçons, elle n\u2019est que de 47.8%.Puisqu\u2019il est autant de malades qui nous arrivent en si pauvre état, il est normal qu\u2019on s\u2019occupe de les mieux nourrir.D\u2019ailleurs, vous avez vous-mêmes institué, comme traitement basal de la tuberculose, la cure hygiéno-diététique.Vous avez convenu qu\u2019il faut donner à l\u2019organisme toutes les chances possibles de se refaire.Le repos diminue normalement les dépenses, mais comme la maladie elle-même suscite généralement une augmentation des besoins qu\u2019il est possible de satisfaire par les aliments, il faut, de toute nécessité, que l\u2019alimentation du tuberculeux soit particulièrement soignée pour suffire, par la quantité et la qualité, à ces besoins accrus, sion veut au moins maintenir l\u2019équilibre dans les profits et pertes. Janvier 1946 | LavAa\u2026.MÉDICAL 49 C\u2019est pour cette raison qu\u2019à l\u2019Hôpital Laval, au cours de l\u2019année 1944, le régime alimentaire des malades fut l\u2019objet d\u2019une attention particulière.Nous avons pris, comme base du régime alimentaire commun à la plupart des tuberculeux, les règles alimentaires recommandées par le Conseil canadien de la Nutrition et dont voici l\u2019énoncé : 1.Lait.\u2014 Adultes, un demiard à une chopine.Enfants, une chopine et demie à une pinte.2.Fruits.\u2014 Une portion d\u2019agrumes (oranges, citrons, etc.) ou de tomates ou de leur jus, et une portion d\u2019un autre fruit.3.Légumes.\u2014 Au moins une portion de pommes de terre ; au moins deux portions d\u2019autres légumes, de préférence feuillus, verts ou jaunes, et souvent crus.4.Céréales et pain.\u2014 Une portion d\u2019une céréale à grain entier et au moins quatre tranches de pain à vitamine B « Approuvé- \u201c Canada » (pain de blé entier, brun ou blanc), avec du beurre.5.Viande et poisson.\u2014 Une portion de viande, de poisson, de volaille ou d\u2019un succédané de la viande, comme les haricots, les pois, les noix, les œufs, ou le fromage.Employer, en plus, des œufs et du fromage au moins trois fois par semaine pour chacun, et du foie fréquemment.On conseille aussi l\u2019usage du sel 10dé.Inutile de dire que les autorités religieuses et médicales se sont appliquées à faire l\u2019éducation des malades et à convaincre les récalcitrants qu\u2019il était de leur intérêt personnel de consommer habituellement ces aliments protecteurs mis à leur disposition chaque jour.Considérés uniquement en fonction du poids des malades, les résultats de ce régime alimentaire ont été des plus encourageants comme on peut le voir par les données inscrites sur les tableau II, III et JV, où l\u2019on compare le poids des malades à la fin de l\u2019année 1944 ou au moment de leur départ, avec le poids qu\u2019ils pesaient au premier janvier 1944 ou au moment de leur admission au cours de cette même année.Nous voyons au tableau II que, sur 286 adultes, 194 avaient un poids Initial de 7% au-dessous de leur poids moyen, soit une proportion (5) 50 Lavar.MÉDicaL Janvier 1946 de 67.8% ; 46 de ces malades ont engraissé au point de changer de classe alors que seulement 3 adultes de poids moyen ont descendu dans la classe inférieure, ce qui nous donne tout de même 43 malades de moins dans le groupe des 7% au-dessous du poids moyen, soit 151 sur 286 malades, une proportion de 52.9% contre 67.8% au début, donc un gain de 14.9 points pour cent.Chez les enfants, ce gain est de 20.7 points par cent malades.En effet, sur 82 malades, 27 avaient un poids initial de 7% au-dessous de leur poids moyen, soit une proportion de 32.9% ; au cours de l\u2019année, 17 enfants ont récupéré leur poids moyen ; de ce fait, les 10 enfants qui sont restés à 7% au-dessous de leur poids moyen ne formaient plus qu\u2019une proportion de 12.2%,.Ces gains sont assez appréciables pour être signalés mais, pour être de bon compte, vous admettrez que les résultats sont, en somme, supérieurs à ceux que nous venons de mentionner.En effet, si nous réussissons à engraisser les mal-nourris, même s\u2019ils ne changent pas de classe, à maintenir le poids de ceux qui pèsent déjà le poids moyen, c\u2019est un succès ; le fait que des personnes pesant 10% au-dessus de leur poids moyen maigrissent, pourvu qu\u2019elles ne descendent pas à 7% au-dessous de leur poids moyen, ça ne constitue pas une faillite.Aussi, partant de ces considérations, nos insuccès deviennent-ils bien minces, parce que, chez les adultes, la proportion des malades avec qui nous n\u2019avons pas eu de succès n\u2019est que de 26.9%, (57 mal-nourris sont restés stationnaires ou ont maigri et 20 pesant leur poids moyen ont maigri) ; chez les enfants, la proportion est encore moindre puisque sur 82 malades, 2 seulement ont maigri, un de poids moyen et l\u2019autre, classé dans 7% au-dessous du poids moyen, donc insuccès chez 2.4% seulement.Ces insuccès ne sont pas nécessairement imputables au régime alimentaire, car il ne faut pas perdre de vue que si nous n\u2019avons pas inclus dans ces observations les malades qui sont morts au cours de l\u2019année, nous n\u2019avons cependant pas exclus les grands malades. TaBLEAU | HoriTaL LavaL CLASSIFICATION DES MALADES SUIVANT LA RELATION DE LEUR POIDS AU POIDS MOYEN, POUR LEUR AGE ET LEUR TAILLE, LORS DE LEUR ADMISSION A L\u2019HOPITAL.Malades admis avant le 1e janvier 1944, mais encore bospitalisés au 1er janvier 1944.7% 10% au-dessous POIDS au-dessus du MOYEN du GROUPES DE MALADES TOTAL poids poids moyen moyen No.% No.% No.% Les ROMIMES.« «oo oe ee ee eee ee A LL A a aa 190 139 73.1 45 23.7 6 3.2 Les femmes.«oo ooo ee LL LA AAA LL LL 144 116 80.5 23 16.0 5 3.5 ADULTES : TOTAL 334 255 76.3 68 20.4 11 3.3 ENFANTS : TOTAL 79 39 49.4 39 49.4 1 \u201c1,2 Les garçons.222020 000 La LA A aa a LA LA a aan Lane 46 22 47.8 24 52.2 0 \u2014 Les fillettes.o.oo LL LL LL A LL A La 33 17 51.5 15 45.5 1 3.0 961 19IAUE[ TVIOIAIN TVAVT] Ts HopiTAL LAVAL CLASSIFICATION DES MALADES SUIVANT LA RELATION DE LEUR POIDS AU POIDS MOYEN POUR LEUR AGE ET LEUR TAILLE TaBLeavu II ANNÉE 1944 A LA FIN DE L'ANNÉE OU AU MOMENT DU DÉPART Au ler janvier AVAIENT ENGRAISSÉ AVAIENT MAIGRI GROUPES DES - _ _ ou lors de Pour atteindre : Pour descendre CLASSEMENTS Sans |-=\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 pee \u2014 Poids Sans |-\u2014\u2014\u2014- \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 l'admission changer 10% TOTAL stationnaire TOTAL changer 7% PRIMITIFS de classe Poids au-dessus de classe Poids au-dessous moyen du P.M.moyen du P.M.No.| % No.% No.% No.% | No.% No.| % No % No.% No.% No.% 10% au-dessus du P.M.7 4.4 6 85.7 \u2014 - \u2014 \u2014 6 85.7 \u2014 \u2014 1 143 - \u2014 1 14,3 - 0 8 Poids moyen 48 30.0 23 48.0 \u2014 \u2014 6 12.5 29 60.5 9 18.7 10 20.8 8 16.6 \u2014 \u2014- 2] 42 2 _ 00 00 frs ff FE fe | = 9 7% au-dessous du P.M.105 65.6 50 47.6 28 26.6 1 1.0 79 75.2 7 6.7 19 18.1 19 18.1 \u2014 \u2014 - \u2014- TOTAL 160 79 | 49.4 28 17.5 7 4.4 114 713 16 10.0 30 18.7 27 16.9 1 0.6 21.2 TOTAL 126 59 46.8 17 13.5 3 2.3 79 62.6 13 10.4 34 27.0 33 26.2 - 1 C8 FP ces jf [SUR fr PL ce fre UU BE fe \u2014 | me | el _ _ a 10% au-dessus du P.M.7 5.6 4 57.1 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 4 57.1 \u2014 \u2014 3 42.9 3; 42.9 \u2014 \u2014 = a Poids moyen 20 23.8 14 46.7 \u2014 \u2014 3 10.0 17 56.7 3 10.0 10 333 9 30.0 \u2014- \u2014 1 33 7% au-dessous du P.M.89 70.6 41 46.1 17 19.1 \u2014 \u2014 58 65.2 10 11.2 21 23.6 21 23.6 - \u2014 \u2014 Hopital LavaL CLASSIFICATION DES MALAT ES SUIVANT LA RELATION DE LEUR POIDS AU POIDS MOYEN POUR TABLEAU II (suite) LEUR AGE ET ANNÉE 1944 LEUR TAILLE A LA FIN DE L'ANNÉE OU AU MOMENT DU DÉPART Au ler | janvier AVAIENT ENGRAISSÉ AVAIENT MAIGRI GROUPES DES \u2014\u2014\u2014-\u2014\u2014 ess ses mm Les ee ss see es Les se Hs === ee ou lors de Pour atteindre 4.Pour descendre CLASSEMENTS Sans \u2014\u2014-\u2014 ee Poids Sans cesse pme = l'admission changer 10% TOTAL stationnaire TOTAL changer 7% PRIMITIFS de classe Poids au-dessus de classe Poids au-de ;sous moyen du P.M.moyen du P.M.No.| % |No.% No.% No % No.| % No.| % No.% No.% |No.% No.% 1 7 10% au-dessus du P.M.14 4.9 10 71.4 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 10 71.4 \u2014- \u2014 4 28.6 3 21.4 1 7.2 \u2014 5 _ ___ ee frs free | ee | | ee} fc = Poids moyen 78 27,3 37 47.4 \u2014 \u2014 9 11.5 46 58.9 12.15.4 20 25.7 17 21.8 \u2014 - 3 3.9 2 lS LT fe | fe TI < 7% au-dessous du P.M.194 67.8 91 46.9 45 232 1 0.5 137 70.6 17 8.8 40 20.6 40 20.6 \u2014 \u2014 \u2014- - L J 0e _ - \u2014 eee \u2014- [\u2014 _- [Ep en ee am eof mime freee eo ef | m \u2014 TOTAL 286 138 48.3 45 15.7 10 3.5 193 67.5 29 10.1 64 22.4 60 21.0 1 0.4 3 1.0 a TOTAL 82 33 402 16 19.5 21 25.6 70 85.4 7 8.5 5 6.1 3 3.7 2 2.5 \u2014 \u2014 E qu ee fe ff fr fc EU En ef pe < 10% au-dessus du P.M.13 15.9 8 61.5 - - \u2014 \u2014 8 61.5 2 15.4 3 23.1 1 7.7 2 | 15.4 \u2014 \u2014 fry _\u2014 \u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014 ee ee \u2014 \u2014\u2014\u2014 \u2014_\u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014e fee fe oe \u2014\u2014\u2014\u2014 | \u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014 ps Z.Mm Poids moyen 42 51.2 16 38.1 \u2014 \u2014 20 47.6 36 85.7 5 11.9 1 2.4 1 2.4 \u2014 \u2014_ \u2014 \u2014 un \u2014_\u2014\u2014 \u2014_\u2014\u2014\u2014 \u2014_\u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014_ \u2014-\u2014 \u2014-\u2014 \u2014\u2014 \u2014\u2014 tement 2 \u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014 \u2014- \u2014_\u2014_\u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014\u2014 \u2014 i a 7% au-dessous du P.M.27 32.9 9 333 16 59.3 I 3.7 26 $6.3 \u2014- \u2014- 1 3.7 1 3.7 \u2014 \u2014 \u2014 = HopITAL LAVAL TABLEAU II (fin) ANNEE 1944 CLASSIFICATION DES MALADES SUIVANT LA RELATION DE LEUR POIDS AU POID MOYEN POUR LEUR AGE ET LEUR TAILLE A LA FIN DE L'ANNÉE OU AU MOMENT DU DEPART Au ler janvier AVAIENT ENGRAISSE AVAIENT MAIGRI GROUPES DES \u2014\u2014 ou lors de Pour atteindre .Pour descendre CLASSEMENTS Sans Poids Sans ee [eee I'admission changer 109, TOTAL stationnaire TOTAL changer 7% PRIMITIFS de classe Poids au-dessus de classe Poids au-dessous moyen du P.M.moyen du P.M.No.% No.| % No.% No.% |No.| % No.% No.% No.% No.% No.% 10% au-dessus du P.M.6 13.1 1 16.7 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 1 16.7 2 33 3 50.0 1 16.7 2 333 \u2014 \u2014 n 5 Poids moyen 26 56.5 8 30.8 \u2014 \u2014 14 53,8 22 84.6 3 11.5 1 3.8 1 3.8 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 3 _ on \u2014_ __ _ < T% au-dessous du P.M.14 304 5 35.7 8 57.1 1 72 14 [100.0 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 TOTAL 46 14 30.4 8 17.4 15 32.6 37 80.4 5 10.8 4 8.8 2 4.4 2 4.4 \u2014 \u2014 TOTAL 36 19 52.8 81] 222 6 16.7 33 91.7 2 5.5 1 2.8 1 2.8 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 «a \u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014 \u2014 & 10% au-dessus du P.M.7 19.5 7 1100.0 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 7 |100.0 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014| \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 3 ER \u2014_\u2014 ff I Poids moyen 16 444 8} 500| \u2014| \u2014 6 37.5 14 875 21125| \u2014| \u2014J| =| =| =| =] =| = Be - TT - TT TT | 7% au-dessous du P.M.13 36.1 4! 30.8 8 61.5 \u2014 \u2014 12 923 \u2014 \u2014 1 7.7 1 7.7 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 TapLEAU II! HopriTaL LavarL CLASSIFICATION DES MALADES SUIVANT LA RELATION DE LEUR POIDS AU POIDS MOYEN POUR LEUR AGE ET LEUR TAILLE, au ler janvier ou lors de l\u2019admission au cours de l\u2019année.ANNÉE 1944 7% 10% au-dessous POIDS au-dessus du MOYEN du GROUPES DE MALADES TOTAL poids poids moyen moyen No.% No.% No.% Les hommes.oo LL LAN LAN AA 160 105 65.6 48 30.0 7 4.4 Les femmes.LL LL LL LA Na a LR RL 126 89 70.6 30 23.8 7 5.6 ADULTES: TOTAL.286 194 67.8 78 27.3 14 49 ENFANTS: TOTAL.82 27 32.9 42 51.2 13 15.9 Les garcons, .4 LL A ALL LR a a AA AR a Rae 46 14 30.4 26 56.5 6 13.1 Les fillettes.LL LL AA A LA LL 36 13 36.1 16 44,4 7 19.5 9761 19rAUE[ TVOIAF]N TVAVT] ss HopiraL LAVAL TAapreau IV ANNÉE 1944 CLASSIFICATION DES MALADES SUIVANT LA RELATION DE LEUR POIDS, AU 31 DÉCEMBRE OU AU MOMENT DE LEUR DÉPART, AU POIDS QU'ILS PESAIENT au ler janvier ou lors de l'admission au cours de l\u2019arinée.AE | Avaient Restés Avaient GROUPES DES engraissé stationnaires maigri TOTAL | \u2014\u2014\u2014- |\u2014\u2014\u2014 =| =p CLASSEMENTS PRIMITIFS No.% No.% No.% 10% au-dessus du P.MM.LL 13 8 61.5 2 15.4 3 \u2018| 23.1 Poids moyen.42 36 85.7 5 11.9 1 2.4 7% au-dessous du P.ML.0 oo LL LL 27 26 96.3 0 \u2014 to 3.7 ENFANTS : TOTAL.82 70 85.4 7 8.5 5 6.1 ADULTES: TOTAL.286 193 67.5 29 10.1 64 22.4 109, au-dessus du P.M0 LL LL 14 10 71.4 0 \u2014 4 28.6 Poids moyen.LL LL LL LL LL LL 78 46 58.9 12 15.4 20 25.7 7% au-dessous du P.M.oo LL 194 137 70.6 17 8.8 40 20.6 9¢ TVOIAIA TVAVT] 961 J91AUE[ QUELQUES CONSIDÉRATIONS SUR L\u2019AMIANTOSE par Louis ROUSSEAU Chef de Service à l\u2019Hôpital Laval Le 25 octobre dernier, la Société de phtisiologie de Montréal mettait à l\u2019étude la question des pneumoconioses.Un exposé complet de la silicose, tant au point de vue clinique que radiologique, fut présenté par des médecins dont l\u2019expérience en la matière ne fait aucun doute.Signalons, entre autre, une collection de clichés radiographiques du Dr Robert, de Saranac, illustrant les désordres progressifs attribuables à la silicose.Nous avons aussi écouté avec intérêt le résultat des observations du Dr Gardner, de Saranac, dont les études anatomo- pathologiques sur la silicose font aujourd\u2019hui autorité.Pour ce qui regarde la silicose, l\u2019entente entre médecins nous paraît assez unanime, tant au point de vue de son étiologie que du désordre qu\u2019elle entraîne.À cette réunion, la question de l\u2019amiantose fut aussi considérée et les conclusions résultant des travaux exposés me paraissent plus discutables que dans le cas précédent.En effet, si la silicose peut être étudiée dans tous les pays, il n\u2019en est pas de même de l\u2019amiantose.Comme la région de Lhetford produit environ 75% de l\u2019amiante mondiale, l\u2019on comprendra facilement qu\u2019une étude clinique approfondie n\u2019a pu être faite par des médecins ne vivant pas dans l\u2019entourage immédiat de ces ouvriers exposés à ces poussières particulières. 58 Lavar.MÉDicaL Janvier 1946 Le Dr Gardner, à qui on a confié l\u2019étude de poumons appartenant à des sujets présumés morts d\u2019amiantose, exprima l\u2019opinion que l\u2019inhalation de ces poussières ne pouvait être invoquée comme un facteur important dans la production d\u2019une sclérose comme la réalise la silicose.Lui-même a eu l\u2019occasion d\u2019examiner 11 poumons de sujets ayant travaillé dans les usines d\u2019amiante de la province de Québec.Sur ces 11 cas, 7 étaient atteints de tuberculose.Cette incidence de la tuberculose, d\u2019après le Dr Gardner, ne serait aucunement attribuable à une pneumoconiose, mais s\u2019expliquerait par le fort pourcentage de cette maladie dans la province de Québec.Le corps d\u2019amiante, à son sens, n\u2019aurait pas une valeur permettant d\u2019établir le diagnostic d\u2019amiantose.Il a tenté de réaliser le corps d\u2019amiante par injection de fibres d\u2019amiante à l\u2019animal et 1l n\u2019a pu le reproduire.Ici, à l\u2019Hôpital Laval, depuis une quinzaine d\u2019années, nous avons eu l\u2019occasion d\u2019examiner de nombreux sujets atteints de tuberculose et ayant travaillé durant des années dans l\u2019industrie de l\u2019amiante à Thetford.Les observations que nous avons recueillies ne nous permettent pas les mêmes conclusions que le Dr Gardner, et, devant la complexité de ce problème, nous croyons que cette affection n\u2019a pas été étudiée suffisamment pour que l\u2019on soit en droit de nier ou d\u2019affirmer les désordres qu\u2019elle est susceptible de produire.Si le Dr Gardner n\u2019a pu reproduire des corps d\u2019amiante chez le cobaye en injectant des fibres, le Dr Maurice Giroux, de l\u2019Hôpital Laval, les a réalisés en modifiant la technique.Par la même aiguille servant à l\u2019injection de fibres d\u2019amiante, le Dr Giroux, en y ajoutant du sang, a obtenu un résultat différent.Nous basant sur cette expérience, nous croyons que la présence de corps d\u2019amiante dans les expectorations est une preuve indiscutable d\u2019une réaction tissulaire pathologique.En effet, le corps d\u2019amiante est composé d\u2019une fibre d\u2019amiante entourée d\u2019hémosidérine et nous en concluons que, pour qu\u2019il se produise, il faut une hémorragie, si minime soit-elle.Il en résulte une sclérose qui, si elle n\u2019est pas appréciable par Janvier 1946 Lava\u2026 MÉDicaL 59 des manifestations cliniques ou radiologiques, en présente les caractères microscopiques.Pour éviter toute confusion dans les idées, je m\u2019empresse de dire que nous n\u2019établissons aucun rapport entre la présence du corps d\u2019amiante dans les crachats et, l\u2019incapacité fonctionnelle pulmonaire pouvant en résulter.Ceci regarde la clinique, mais nous croyons que le corps d\u2019amiante représente un état pulmonaire pathologique que l\u2019on peut appeler amiantose, même s\u2019il est microscopique.Dans la silicose, le diagnostic clinique est assez facile surtout avec l\u2019aide des clichés radiographiques qui donnent des images caractéristiques depuis les dessins micro-nodulaires jusqu\u2019aux opacités pseudo-tumorales.La dyspnée croissante, les troubles circulatoires associés, l\u2019évolution de la maladie, malgré la suppression des causes qui l\u2019ont produite, sont des caractères bien connus de la silicose.Dans l\u2019amiantose, la difficulté de diagnostic à un stade avancé de la maladie résulte de l\u2019association tuberculeuse, et la discrimination devient très délicate lorsqu\u2019il s\u2019agit de faire la répartition entre ce qui appartient à la bacillose et à la sclérose pouvant résulter de l\u2019inhalation de poussières d\u2019amiante.Le Dr Gardner, malgré qu\u2019il ait constaté 7 cas de tuberculose chez 11 amiantosiques de la province de Québec ne semble pas admettre que l\u2019amiante a joué un rôle dans le développement de la tuberculose chez ces sujets.Cependant, il admet que la silicose se complique fréquemment de tuberculose et je présume qu\u2019il n\u2019exclut pas la province de Québec où la mortalité bacillaire est très élevée.L\u2019amiantose, contrairement à la silicose, ne donne pas d\u2019images radiologiques caractéristiques.Il peut arriver exceptionnellement que nous observions des images rappelant la silicose mais, le plus souvent, les opacités pulmonaires sont sans caractères particuliers surtout lorsqu\u2019il y a tuberculose associée.Pour ma part, je n\u2019ai observé qu\u2019un seul cas où il fut possible de faire le diagnostic d\u2019amiantose pure.En voici brièvement l\u2019observation.PREMIERE OBSERVATION A.T., 42 ans, travaille depuis 18 ans dans l\u2019industrie de l\u2019amiante.Jusqu\u2019à il y a trois ans, il n\u2019a pas été incommodé par des symptômes 60 Lavar MÉDICAL Janvier 1946 pulmonaires.Depuis, il tousse, crache, présente de la dyspnée asthmati- forme.Pas de bacilles de Koch dans les expectorations.Pas de fièvre.Râles bronchiques nombreux.Mensuration thoracique :- 3314 en expiration, 341; en inspiration forcée.Présence de corps d\u2019amiante dans les expectorations.Fig.1.\u2014 Obs.I.Amiantose pure.Cette affection a atteint un degré qui réalise une incapacité presque totale au travail et actuellement on confie au malade un travail de surveillance ne nécessitant aucun effort physique.Le cliché radiographique donne une image en verre pilé tout comme en réalise la silicose. Janvier 1946 LavaL MÉDICAL 61 Beaucoup plus nombreux sont ceux atteints de tuberculose pulmonaire et chez qui nous constatons la présence de corps d\u2019amiante dans les expectorations.Cliniquerent, ces malades présentent des signes de tuberculose pulmonaire.Nous ne retrouvons pas une dyspnée aussi incommodante que dans la sHicose, et les troubles circulatoires, tout en étant importants lorsque l\u2019association tuberculose-amiantose intéresse une grande étendue des champs pulmonaires, sont cependant moins marqués que dans la silicose.La capacité respiratoire est réduite mais, là encore, il est difficile de faire la part de ce qui revient à la tuberculose et de ce qui doit être attribué à l\u2019amiantose.La prédominence du processus fibreux de la tuberculose pulmonaire nous apparaît avec une grande fréquence chez les ouvriers atteints d\u2019amiantose, et ce caractère, auquel on donne une grande valeur dans la silicose, ne devrait pas être ignoré lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019amiantose.L'évolution de amianto-tuberculose semble accorder une survie assez prolongée, beaucoup plus longue que la silicose ou la silico- tuberculose qui, elles, sont plus toxiques.Deux observations illustrent mieux les caractères cliniques que peut réaliser l\u2019amianto-tuberculose.DEUXIÈME OBSERVATION E.R., 66 ans, se présente à mon bureau le 26 septembre 1936.Il travaille depuis 22 ans dans un moulin d\u2019amiante et il se plaint de toux chronique progressive depuis 15 ans.En janvier 1936, il doit abandonner son travail pour dyspnée.Son poids ne s\u2019est pas modifié.Il pèse 163 livres.Il n\u2019y a pas d\u2019antécédents tuberculeux.Une radiographie pulmonaire dans ce cas particulier donna une image qui ne se différencie pas de celle de la silicose.En 1939, trois ans plus tard, une autre radiographie ne montre pas de modifications appréciables des localisations pulmonaires.J'ai l\u2019occasion d\u2019examiner ce sujet tous les ans.Son poids se maintient.Il est toujours dyspnéique.En 1942, J\u2019ai constaté une respiration de 28 à la minute, au repos.Il avait un léger souffle au cœur et un peu d\u2019arythmie.Je dois ajouter que ce malade a des signes de tuberculose rénale et que l\u2019examen des urines indique toujours une assez grande quantité de sucre. 62 Lavar MÉDicaL Janvier 1946 L\u2019évolution lente de cette tuberculose, l\u2019état apyrétique, la prédo- minence des signes de fibrose m\u2019obligent à considérer comme facteur Important son travail durant 22 ans dans une atmosphère chargée de poussières d\u2019amiante.Fig.2.\u2014 Obs.II.Amianto-tuberculoses.TROISIÈME OBSERVATION M.P., 67 ans, travaille dans une mine d\u2019amiante depuis 48 ans.Pas d\u2019antécédents tuberculeux.Il se plaint d\u2019oppression depuis 2 ans.En 1941, on a fait le diagnostic de tuberculose pulmonaire.Il a dû abandonner le travail en décembre 1942.Il s\u2019agit d\u2019un sujet d\u2019apparence floride, pesant 183.Il ne fait pas de fièvre.Signes cavitaires au sommet Janvier 1946 Lavar MÉDICAL 63 du poumon droit et râles bronchiques nombreux aux deux poumons.Thorax emphysémateux.La mensuration thoracique est de 391 en expiration, de 40% en inspiration.Spirométrie : 2,000 c.c.après une expiration forcée.Le cœur est arythmique, la tension artérielle est de 140/70.Les expectorations contiennent des bacilles de Koch et des Ln inertie .ps nu moisi ti Fig.3.\u2014 Obs.III.Amianto-tuberculose.corps d\u2019amiante.La radiographie pulmonaire permet de voir une accentuation des arborisations broncho-vasculaires avec un aspect finement tacheté généralisé aux deux plages.Ce malade est décédé quelques mois après avoir quitté l\u2019Hôpital Laval et l\u2019autopsie a démontré qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019amianto-tuberculose. 64 Lavar MEbpicaL Janvier 1946 En dehors de la tuberculose, cette pneumoconiose peut-elle étre tenue responsable d\u2019autres désordres pulmonaires?En mars 1941, nous avons rapporté, avec les Drs Desmeules, Giroux et Sirois, deux observations d\u2019amiantose et de cancer pulmonaire.Un résumé d\u2019une de ces observations démontre que l\u2019amiantose peut exister en l\u2019absence de troubles fonctionnels et il nous fait envisager la possibilité de l\u2019amiantose comme facteur étiologique de certains cancers pulmonaires.QUATRIEME OBSERVATION A.A., 57 ans, travaille depuis 25 ans dans l\u2019industrie de l\u2019amiante.Lorsqu\u2019il vient consulter après une journée de travail, je constate des frottements pleuraux au poumon gauche.Un examen radioscopique montre des plages pulmonaires de transparence normale.Une semaine plus tard, il a un épanchement qui occupe tout l\u2019hémithorax gauche.Nous retirons, en plusieurs ponctions, 12 litres d\u2019un liquide séro-fibrineux puis hémorragique.Ce liquide contient des cellules néoplasiques.Le malade meurt un mois et deux jours après le début de la maladie.À l\u2019autopsie, la plèvre est cartonnée, farcie de bourgeons très vascularisés de la grosseur d\u2019un petit pois à une cerise.Ces bourgeons tapissent la plèvre et essaiment sur le péricarde.Histopathologie.On trouve quelques amas de cellules petites, arrondies, à protoplasme très mince dont quelques-unes sont du type muqueux.Le parenchyme présente de la sclérose diffuse, peu accentuée.Il est parsemé de nombreux amas de corps d\u2019amiante.Les boyaux néoplasiques de la plèvre sont du même type cellulaire que ceux du poumon.Diagnostic.Épithélioma pleuro-pulmonaire d\u2019origine alvéolaire et amiantose pulmonaire.L\u2019autopsie a nettement établi, dans ce cas, l\u2019existence d\u2019amiantose pulmonaire.Cependant, sur la radiographie, si l\u2019on fait abstraction de l\u2019opacité due à l\u2019épanchement pleural, il n\u2019existe aucune image pouvant en faire suspecter l\u2019existence.D\u2019autre part, ce malade n\u2019a présenté aucune incapacité de travail attribuable à cet état amiantosique et 1l a dû s\u2019aliter seulement lorsque des troubles respiratoires attribuables au cancer ont fait leur apparition. Janvier 1946 Lavar MÉDICAL 65 Une maladie intercurrente a permis, ici, d\u2019étudier le poumon d\u2019un sujet exposé durant 25 ans aux poussières d\u2019amiante et ne présentant aucun signe fonctionnel d\u2019une affection pulmonaire.Le résultat de l\u2019examen histo-pathologique nous permet d\u2019affirmer que cette affection Fig.4.\u2014 Obs.IV.Amiantose et cancer.peut exister sans signes cliniques ou radiologiques et qu\u2019elle peut, pendant longtemps, ne s\u2019accompagner d\u2019aucune inaptitude au travail.iE Quant a la relation qui existe entre l\u2019amiantose et le cancer pulmonaire, il peut s\u2019agir d\u2019une simple coincidence, mais il faut aussi considérer la possibilité de cause à effet entre ces deux affections.En effet, on (6) 66 LAavaL\u2026 MÉDicaL Janvier 1946 semble admettre aujourd\u2019hui que la silicose joue un rôle important dans la pathogénie du cancer.Si cette hypothèse est vraie pour la silicose, pourquoi ne la serait-elle pas pour l\u2019amiantose ?Comme conclusions, nous croyons que l\u2019amiantose pure existe plus fréquemment qu\u2019on ne le croit, mais qu\u2019elle ne s\u2019accompagne pas toujours de signes fonctionnels réalisant une grande incapacité au travail.L\u2019amianto-tuberculose pose un problème beaucoup plus délicat.En effet, lorsque nous voyons ces malades, ils sont presque toujours porteurs d\u2019une tuberculose pulmonaire avancée et, comme nous ignorons tout de leur état antérieur, il devient impossible de juger, de façon adéquate, les désordres entraînés par l\u2019amiantose.C\u2019est pourquoi nous prétendons qu\u2019il est encore prématuré de vouloir classer cette affection à la lumière de quelques autopsies en ignorant les considérations cliniques.Il y a environ un an, une décision du Comité de la silicose reconnaissant cette maladie chez un ouvrier, a été contestée par l\u2019employeur, et ce n\u2019est qu\u2019à la mort de ce sujet, à la suite d\u2019une autopsie, qu\u2019il a été possible de le convaincre du diagnostic d\u2019amiantose.Lorsqu'il existe l\u2019association tubercolose-amiantose, l\u2019on conclut trop rapidement à l\u2019existence d\u2019une tuberculose antérieure, rejetant sur cette dernière tous les troubles fonctionnels.Nous ne nions pas la priorité d\u2019une tuberculose dans certains cas, mais nous ne pouvons admettre que-la part de l\u2019amiantose soit négligeable dans l\u2019établissement d\u2019une sclérose ultérieure.Une solution satisfaisante à ce problème industriel ne m\u2019apparait pas devoir être obtenue, tant qu\u2019une commission d\u2019étude, indépendante de la politique et des compagnies intéressées, n\u2019aura pas la liberté de s\u2019enquérir des conditions de travail, d\u2019établir une fiche médicale de tous les ouvriers avant leur admission dans cette industrie et de faire des contrôles fréquents de leur état pulmonaire par la suite.L\u2019on pourrait ainsi éloigner d\u2019un travail dangereux les sujets atteints de tuberculose, et les manifestations pathologiques attribuables à l\u2019amiantose deviendraient d\u2019interprétation plus facile. MÉDECINE ET CHIRURGIE PRATIQUES Monsieur le Pr Émile Gaumond, en qualité de directeur de la section Médecine et Chirurgie pratiques, s \u2018emploie depuis cinq ans à reconnaître les actualités médicales et à solliciter les concours utiles à leur diffusion dès que celles-ci passent du stade expérimental à celui de l\u2019application.Au moment où les pouvoirs responsables s\u2019apprêtent à intensifier la lutte contre le cancer, il a paru à notre excellent collègue qu\u2019une mise au point de l\u2019acquat pratique dans le domaine de la cancérologie serait opportune.A cette fin, 1l a pris l'initiative de recueillir auprès des médecins spécialisés une série d'articles appropriés dont l\u2019ensemble consiitue un vaste symposium médical et social sur le cancer.Ces études seront publiées par tranches dans les 20 prochaines éditions du Laval Médical, suivant le programme très comprébensif prévu par le Pr Gaumond.; Nous désirons exprimer la vive satisfaction de la Direction à notre collègue et à tous ceux qui ont concouru à la réalisation de son dessein.Le RÉDACTEUR.Programme MM.les docteurs Chs VEzINA.\u2014 La lutte contre le cancer.Sylvio LEBLOND.\u2014 Le cancer à travers les âges.Paul PARROT.\u2014 Mortalité par le cancer dans la province de Québec.Louis BERGER.\u2014 Nos connaisances actuelles sur le cancer.J.-Édouard MORIN.\u2014 Biopsie, utilité, interprétation.Louis BERGER.\u2014 Les maladies précancéreuses.A.-R.Porvin.\u2014 La radiologie dans le diagnostic du cancer.Henri M Arcoux.\u2014 La chimie biologique et le cancer.Antonio MARTEL.\u2014 Cancer et glandes endocrines.Marcel LAncLoIS.\u2014 Cancer chez enfant.François Roy.\u2014 Cancer des lèvres, de la languc et du plancher de la bouche. 68 Lavar MÉDICAL Janvier 1946 Programme (fin) MM.les docteurs Paul PAINCHAUD.\u2014 Cancer de la région pbaryngo-laryngée.Paul PoLiQuin.\u2014 Cancer de l\u2019æsophage.J.-Baptiste JoBrn.\u2014 Cancer de l\u2019estomac.Florian TREMPE.\u2014 Cancer de l\u2019intestin et des côlons (excluant le cancer du rectum).J.-Paul DuGAL.\u2014 Cancer du rectum.Renaud Lemieux.\u2014 Cancer des voies biliaires et du pancréas.Roland DEsMEULES.\u2014 Cancer du poumon.J.-Louis PETITCLERC.\u2014 Cancer du sein.Oscar GARANT.\u2014 Cancer de l\u2019utérus et des annexes.Nérée LAVERGNE.\u2014 Cancer des voies génito-urinaires, sauf la prostate.Arthur BÉpARD.\u2014 Cancer de la prostate.L.-Philippe Roy.\u2014 Cancer des os.Richard Lessarp.\u2014 Cancer du sang (leucémie).Carlton AUGER.\u2014 Cancers du système ganglionnaire.Jean LACERTE.\u2014 Cancer des paupières, et de l\u2019œil.Émile Gaumonp.\u2014 Cancers de la peau.Charles-A.MARTIN, \u2014 Tumeurs malignes du cerveau et de la moelle.Edmour PERRON.\u2014 Agents physiques et cancer.Jean BoucHARD.\u2014 Ræntgenthérapie dans le cancer.Léo-R.PAYEUR.\u2014 Curietbérapie dans le cancer. LA LUTTE CONTRE LE CANCER Le cancer est, sans conteste, une des maladies à laquelle, de nos Jours, l\u2019humanité paie le plus lourd tribut.oo Il occupe, en effet, au Canada, la deuxième place, précédé seulement des cardiopathies, parmi les maladies qui déciment actuellement notre population.Il y a au delà de 50,000 personnes qui souffrent de cancer et 14,300 en meurent par année.Contrairement à certaines maladies comme la tuberculose, la syphilis, la diphtérie, etc., dont nous connaissons la cause et que nous pouvons prévenir, il est impossible de faire la prophylaxie du cancer.Du cancer, en effet, nous 1gnorons tout de la pathogénie et de l\u2019étiologie ; il y a bien les irritations locales et prolongées, l\u2019abus du tabac, la syphilis, le mauvais état des dents qui semblent favoriser la genèse du cancer, mais combien de cancers plus nombreux dont 1l est impossible de connaître la cause, ou les causes de leurs localisations.C\u2019est pourquoi, les connaissances actuelles ne permettent pas de prévenir le cancer.Cependant nous pouvons dire qu\u2019il est ni conta- gleux, n1 héréditaire et que, si certaines conditions sont réalisées, nous pouvons le guérir aussi bien qu\u2019une autre maladie.L\u2019expérience et le temps l\u2019ont démontré.SI certaines maladies ont une tendance naturelle à la guérison, le cancer, laissé à lui-même, amène fatalement la mort de celui qui en est atteint.Il n\u2019y a, par conséquent, rien à gagner, mais tout à perdre, en retardant le traitement.Le cancer guérira si le diagnostic et le traitement sont précoces. 70 Lavar MEpicaL Janvier 1946 Le cancer, a ses débuts, est une maladie locale ; si, alors, il n\u2019est pas détruit, iI s\u2019¢tend de proche en proche, puis, par la circulation lymphatique et sanguine envahit l\u2019organisme.D\u2019un autre côté, si certaines conditions sont bien observées, le cancer guérira dans une forte proportion.De ces conditions, je voudrais vous entretenir et vous exposer ce qu\u2019il faut faire pour lutter efficacement contre cette terrible maladie.Nous avons dit que le cancer, au début, est une maladie locale, c\u2019est à ce moment qu\u2019il doit être diagnostiqué.Voilà la condition essentielle qu\u2019il ne faut pas oublier, il faut le dire, le redire et le redire encore même si l\u2019on doit être taxé de radoteur.C\u2019est la première condition du succès qu\u2019on semble oublier trop souvent.Ce diagnostic fait au début ou le plus près possible du début, il faut savoir qu\u2019il n\u2019y a que deux sortes de traitements effectifs qui ont chacun leurs indications : la chirurgie et les radiations qui comprennent la radiothérapie et la radiumthérapie.Tous les autres traitements proposés sont non seulement inutiles mais nuisibles, car ils font perdre un temps précieux et permettent au cancer d\u2019envahir l\u2019organisme, laissant ainsi passer le moment où la chirurgie et les radiations auraient pu agir avec efficacité.Il ne faut pas se laisser leurrer par toutes ces médications et remèdes annoncés souvent à grands frais, pommades, injections merveilleuses, qui n\u2019ont d\u2019autre but que de soulager la bourse du pauvre cancéreux.Ces moyens puissants, chirurgie et radiations, dont nous disposons pour le traitement du cancer, doivent être confiés à des personnes compétentes et à des centres très bien outillés.C\u2019est Jean-Louis Faure, un maître en chirurgie du cancer, qui disait, en parlant du grand rôle de la chirurgie : « Je ne parle, bien entendu, que pour les cas où la chirurgie se trouve en face d\u2019un cancer opérable qui peut être cerné de toutes parts, au prix, d\u2019ailleurs, d\u2019opérations graves, souvent très difficiles et que peuvent seuls bien exécuter les chirurgiens particulièrement entraînés ».Les mêmes exigences s\u2019appliquent aux traitements par les radiations qui nécessitent de la part de ceux qui les font, une grande expérience et Janvier 1946 Lava\u2026 MÉDicaL 71 des connaissances profondes en médecine, en anatomie pathologique, en physique, etc., que possèdent seulement ceux qui, depuis longtemps, se sont livrés sérieusement à ces études spéciales.Ces précautions sont absolument indispensables si l\u2019on veut donner aux cancéreux toutes les chances de guérison.L\u2019ignorance des causes du cancer ne doit pas nous rendre inactifs en présence de ce terrible fléau ; nous devons, au contraire, nous armer, lui faire la lutte qui, si elle est bien conduite, donnera des victoires souvent inattendues.Les principaux moyens que nous avons de lutter contre le cancer sont : les recherches scientifiques et le dépistage précoce de la maladie.Il faut encourager les recherches scientifiques.L\u2019un des domaines de ces recherches comprend : « La nature, les conditions de développement et de diffusion des maladies cancéreuses chez les êtres vivants et dans l\u2019espèce humaine, les propriétés structurales et biologiques des tumeurs, leur création, leur reproduction et leur modification expérimentales, les altérations de l\u2019organisme prédisposé au cancer et de l\u2019organisme devenu cancéreux : problèmes multiples et ardus auxquels se sont consacrés d\u2019innombrables savants dans tous les pays civilisés.L\u2019intérêt de ces recherches est immense, mais elles sont à longue, très longue portée.Elles importent à la thérapeutique mais beaucoup plus à la prophylaxie ».(Claude Regaud.) L\u2019autre domaine des recherches scientifiques regarde les moyens de guérison.La thérapeutique chirurgicale, malgré ses progrès considérables n\u2019a pas dit son dernier mot et la thérapeutique par les radiations avance plus rapidement encore.Dans de nombreux cancers elle semble donner de meilleurs résultats que la chirurgie.Les radiations sont certainement appelées à un brillant avenir lorsqu\u2019on connaîtra mieux leurs propriétés et les réactions des tissus normaux et pathologiques à leur égard.Par la recherche, les techniques actuelles se perfectionneront et de nouvelles techniques seront découvertes si nous possédons des laboratoires et des travailleurs à l\u2019esprit vraiment scientifique.- Toutes ces armes puissantes que nous avons et qui peuvent guérir radicalement le cancer ne peuvent agir qu\u2019à une condition, sur laquelle 72 LAavAL MÉDicaL Janvier 1946 nous nous permettons d\u2019insister de nouveau : il faut faire le diagnostic précoce du cancer, lorsqu\u2019il est une lésion locale, à ses débuts.Que faut-il faire pour réaliser cette condition importante ?Le dépistage du cancer.Le médecin et l\u2019infrrmière seront les principaux agents de ce dépistage.L'étudiant en médecine, le futur médecin dont le rôle sera primoridal dans la lutte contre le cancer, de même l\u2019inffrmière que le malade consultera souvent avant le médecin, doivent recevoir un enseignement adéquat et les directives claires et précises du travail qu\u2019ils auront à accompli.Nous sommes même d\u2019avis que nos Facultés de médecine devraient fonder des chaires de cancérologie.Les médecins, souvent très pris par leurs nombreuses occupations, n\u2019ont pas toujours le temps de lire tout ce qui se publie sur les progrès réalisés dans le diagnostic et le traitement du cancer.Il faudra les convier à des leçons et des cliniques sur le cancer qui se feront à la Faculté et surtout dans les hôpitaux.Les médecins pourront alors faire l\u2019éducation du public, lui dire, surtout, les signes du début des différentes localisations cancéreuses.Cette éducation se fera par des conférences, par la radio, et à l\u2019aide de tracts, le cinéma sera aussi un excellent moyen de vulgariser les notions que le public doit connaître.Des ligues anticancéreuses seront formées.Le cancer est une maladie sociale.C\u2019est le devoir de tous les citoyens de s\u2019unir pour lutter efficacement contre lui.Il faut que tous les cancéreux puissent se faire traiter.Si nous le voulons tous, rien ne nous empêchera de réussir dans cette lutte et d\u2019obtenir des résultats comparables à ceux de certains centres anticancéreux, celui de Stockholm en particulier, qui est un modèle d\u2019organisation et dont les statistiques montrent un pourcentage de 38.5% de guérisons après cinq ans.Soyons tenaces et constants dans la lutte et nous réussirons à « tuer le cancer avant qu\u2019il nous tue ».Chs VÉZINA, F.R.C.S.(C.), Doven de la Faculté de médecine. MALADIES Pour prévenir la propagation des maladies vénériennes a la population civile, par les anciens combattants de la deuxième guerre mondiale Les forces armées canadiennes ont pris les mesures suivantes pour empêcher que les membres des forces armées, mis à leur retraite ou libérés du service, ne propagent les maladies vénériennes à la population civile du Canada.1.Recherche des cas de syphilis : Tout membre de la Marine, de l\u2019Armée ou de l\u2019Aviation qui est mis à la retraite ou libéré subit une épreuve sérologique pour la syphilis.Pour assurer l\u2019observation ultérieure, les noms de ceux qui ont présenté une épreuve sérologique positive ou douteuse pour la syphilis, sont alors communiqués à la Division des maladies vénériennes du ministère de la Santé dans la province où l\u2019ancien militaire a l\u2019intention d\u2019habiter.2.Pour prévenir la propagation des maladies vénériennes : Les membres de la Marine, de l\u2019Armée et de l\u2019Aviation, chez qui l\u2019on constate une maladie vénérienne sous une forme contagieuse au 74 Lavar MÉDICAL Janvier 1946 moment de leur examen médical avant leur mise à la retraite ou leur libération, sont gardés dans le service jusqu\u2019à ce qu\u2019ils aient reçu le traitement qui s\u2019impose pour rendre leur infection non communicable.3.Appréciation de chaque infection syphilitique : Tous les membres de la Marine, de l\u2019Armée ou de l\u2019Aviation qui ont des antécédents d\u2019infection syphilitique, contractée avant ou durant leur service, subissent un examen médical complet en vue d\u2019une appréciation de leur infection syphilitique.Un résumé de leur cas est alors soumis à la Division des maladies vénériennes du ministère de la Santé dans la province où ils ont l\u2019intention d\u2019habiter.Par conséquent, ce résumé peut être communiqué par le ministère provincial de la Santé à tout médecin consulté par un ancien militaire pour plus amples traitements, observation et/ou surveillance d\u2019une infection syphilitique déjà traitée par les médecins des forces armées.1 SIGNALEZ TOUS LES CAS REPÉREZ LES CONTACTS AUX AUTORITÉS LA LUTTE ANTIVÉNÉRIENNE ÉVOLUTION DE LA LUTTE AUX MALADIES VÉNÉRIENNES DANS LA VILLE DE QUEBEC par Emile GAUMOND Professeur de dermato-syphiligraphie & l\u2019Université Laval et Marguerite HEBERT Assistante au Service médico-social, ministére de la Santé de la province L\u2019évolution peut se définir, d\u2019aprés le dictionnaire, une série de transformations successives.C\u2019est bien, en effet, de transformations et de transformations successives que nous avons l\u2019intention de vous entretenir.Nous ne vous parlerons, toutefois, que des changements survenus dans la lutte aux maladies vénériennes dans la seule ville de Québec.(1) Ce travail a été préparé en 1944 et devait être présenté lors du Congrès des Médecins de Langue française de l\u2019Amérique du Nord d\u2019abord en 1944, puis en 1945.Les seuls changements apportés ont trait aux statistiques.Présenté devant la Société médicale de Québec à sa séance du 14 décembre 1945. 76 Lavar MÉDicaL Janvier 1946 Disons tout d\u2019abord que cette lutte aux maladies vénériennes, dès ses débuts, qui remontent assez loin, jusqu\u2019à nos jours, a toujours été entreprise, soutenue et dirigée par le ministère de la Santé de la province ; qu\u2019elle a reçu, par intervalles, le support des autorités fédérales ; qu\u2019elle s\u2019est appuyée, et peut encore compter sur la collaboration et la coopération d\u2019organismes et d\u2019associations divers ; enfin, qu\u2019elle est assurée de l\u2019aide morale, active et précieuse des autorités religieuses comme nous le verrons dans un instant.Il n\u2019est pas dans notre intention de vous redire ici les symptômes, les dangers, les conséquences ou même le traitement en détail des maladies vénériennes.Notre étude s\u2019en tiendra à vous rapporter les changements survenus tant dans l\u2019enseignement à la Faculté que dans les hôpitaux et dans certains organismes para-médicaux.Nous vous présenterons ensuite une étude comparative de la statistique de ces mêmes maladies dans les différents dispensaires de la ville, et nous terminerons par certaines suggestions que nous croyons utiles à la lutte entreprise.Les maladies vénériennes constituent une véritable plaie sociale ; elles atteignent les individus surtout dans leurs jeunes années ; elles évoluent à bas bruit ; elles sont très contagieuses à leur début; la syphilis, la plus terrible de ces maladies, est ou peut être héréditaire quand elle n\u2019est pas suffisamment traitée ; la syphilis, encore, peut ne se manifester que par une déchéance physique ou psychique survenant plusieurs années après le début, comme elle peut aussi aider au développement de troubles organiques sérieux et même mortels.Il n\u2019est pas glorieux, comme le dit Spillmann, d\u2019engager le combat contre les maladies vénériennes.Leur prophylaxie ne se voisine pas devant l\u2019opinion publique avec la tuberculose ou l\u2019alcoolisme.\u2018L\u2019adolescent ignore souvent tout de l\u2019hygiène sexuelle, apprenant trop souvent, à ses dépens malheureusement, les maladies de ces organes avant d\u2019en connaître les fonctions ; le public adulte n\u2019est pas encore assez renseigné sur leur importance, malgré qu\u2019il y ait progrès de ce côté ; enfin, le public médical lui-même ne porte pas toujours une attention suffisante à ces questions qui sont pourtant de première Importance. Janvier 1946 LAavAaL\u2026 MÉDiIcAL 77 Les années qui viennent apporteront, nous l\u2019espérons, les changements désirés et si désirables ; mais, puisque nous devons vous entretenir de l\u2019évolution de la lutte aux maladies vénériennes, repassons ensemble les transformations qui se sont produites depuis leur apparition au pays de Québec Jusqu\u2019à nos jours.La première manifestation d\u2019organisation sanitaire: campagne d'éducation et lutte contre la syphilis, au pays, s\u2019est produite lors de l\u2019épidémie connue sous le nom de la « maladie de la Baie Saint- Paul ».Badelar et, après lui, Bowman, furent chargés, par les gouverneurs du temps, de faire enquête dans toutes les paroisses, d\u2019y voir les cas de syphilis, qui, sur une population de 120,000 âmes, se chiffraient à 5,000, d\u2019y traiter les malades et de faire rapport au gouvernement.Il est même intéressant de constater, comme l\u2019écrivait le Dr A.Vallée, «combien les pouvoirs se préoccupèrent de cette lutte antivénérienne, puisque, dans un mandement de l\u2019évêque de Québec, Mgr Briand, il est fait allusion au concours que doivent prêter les ecclésiastiques dans cette organisation si moderne ».Deux ans plus tard, soit le 12 avril 1875, dans un autre mandement, de Mgr d\u2019Esglis cette fois, celui-ci insistait davantage sur cette question.Cette lettre circulaire aux curés est tellement intéressante par tout ce qu\u2019elle contient qu\u2019elle mérite d\u2019être citée en entier.« LETTRE CIRCULAIRE AU SUJET DE LA MALADIE DE LA BAIE ST-PAUL ET DES RÉGISTRES.« Monsieur, Il y a deux ans que M.Briand, notre illustre prédécesseur, vous écrivit une lettre circulaire à la prière de Son Excellence le général Haldimand, pour vous exhorter à concourir aux vues du Conseil législatif qui s\u2019était proposé et se propose encore d\u2019extirper de la province le mal appelé « de la Baie St-Paul ».Ces premières démarches n\u2019ont pas été soutenues ; mais, cette année, les mesures sont prises de manière à faire espérer une prompte extirpation de ce funeste fléau.Plusieurs exemplaires d\u2019un imprimé concernant cette maladie vous seront adressés avec des remèdes dont vous distribuerez une partie dans les différents quartiers de votre paroisse, pour que les malades qui voudront être inconnus puissent y avoir recours., Suivra, peu après cet envoi, un médecin intelligent, choisi par l\u2019autorité qui doit visiter les malades dans chaque paroisse.Tout cela doit se 78 LavaL MEpicaL Janvier 1946 faire aux frais du gouvernement qui paiera jusqu\u2019au port des lettres qui concerneront cet objet.Tant de générosité doit fortifier de plus en plus l\u2019attachement à un gouvernement si attentif.Elle mérite surtout beaucoup de reconnaissance envers notre Honorable Lieutenant-Gouverneur dont on peut dire que ce projet d\u2019humanité est l\u2019ouvrage.Nous espérons que vous concourrez de votre mieux à le faire réussir.Ce que la charité pastorale et l\u2019humanité vous suggèrent en cette occasion et ce que nous vous enjoignons c\u2019est: 1.D\u2019exhorter votre peuple à ne pas négliger une si favorable occasion d\u2019exterminer en peu de temps de la paroisse un fiéau sr facile à extirper dans son principe mais si affreux dans ses effets si dommageable au commerce et à la société ; si à craindre pour ceux qui voyagent et peut-être même si dangereux dans certaines fonctions du ministére.2.De porter les malades et même de les obliger à déclarer leur mal dont les suites peuvent être si funestes à leur postérité, sauf à eux d\u2019user des moyens de prudence que suggère l\u2019imprimé.3.De leur expliquer les termes du dit imprimé qu\u2019ils n\u2019entendraient pas, de les visiter, s\u2019il le faut, dans leur maladie, pour les consoler et leur donner les détails que vous croirez les meilleurs dans les différents accidents qui surviendront.L'Honorable Lieutenant-Gouverneur désirerait aussi que vous tinssiez une note fidèle du nombre de malades qui seront guéris (et on ne doute pas qu \u201cils ne guérissent tous s\u2019ils s\u2019astreignent au régime) en marquant non pas le nom, mais l\u2019âge de chacun et le degré de la maladie où il était parvenu.Ces notes s\u2019adresseraient à M.le docteur Bowman à Québec ; c\u2019est lui qui doit visiter les paroisses.Nous ne doutons pas que vous n\u2019accueilliez favorablement et que vous ne lui communiquiez toutes les connaissances utiles pour remplir la fonction dont il est chargé.» (signé) L.PH.évêque de Québec.A Saint-Pierre, Ile d'Orléans, 12 avril 1785.Cette lettre se passe de commentaires.Les conseils, les avis, les façons de procéder sont encore à la page.En effet, il y est question de déclaration obligatoire de la maladie de la Baie Saint-Paul, la syphilis, de la distribution gratuite des médicaments, du respect de l\u2019incognito du malade, de la statistique, etc.Il est même fait mention des suites de cette maladie qui peuvent être si funestes à la postérité.Cette notion était d\u2019ailleurs connue depuis quelque temps puisque Swediaur en parle dans la troisième édition de son livre, publié en 1787.La maladie de la Baie Saint-Paul ne disparut pas brusquement malgré toutes ces mesures ; on ne sait trop quand elle cessa, mais au Janvier 1946 LLavaL MEpicaL 79 début du xx® siècle, on la soupçonnait encore d\u2019être non pas la cause Immédiate mais lointaine de certains troubles chez les habitants de la région.Il faut arriver à 1920 pour constater que, antérieurement à cette date, il n\u2019y eut aucune autre organisation antivénérienne dans notre province.Les hygiénistes, lors de la première grande guerre, se sont rendu compte de l\u2019étendue de la syphilis et, après la démobilisation, ils ont réalisé qu\u2019il fallait procurer au grand nombre de soldats infectés de syphilis et dont le traitement avait été commencé dans l\u2019armée, les moyens de le continuer dans la vie civile.À cette fin, il y eut, en 1919, une grande réunion à Washington, The all American Conference on Venereal Diseases des hygiénistes du Canada et des États-Unis, et le résultat de cette conférence fut le point de départ d\u2019une grande campagne contre les maladies vénériennes dans les deux pays.Des octrois furent votés, en 1920, par le gouvernement fédéral à toutes les provinces, et c\u2019est au cours du Congrès des Médecins de Langue française de l\u2019Amérique du Nord, tenu à Québec en septembre 1920, il y a donc 25 ans, que fut inaugurée la campagne antivénérienne dans notre province.À cette occasion, un dispensaire fut ouvert au public dans une maison appartenant à l\u2019Hôtel-Dieu et voisine de cet hôpital.Les facilités de laboratoire furent en même temps mises gratuitement à la disposition des médecins.| Quelques années plus tard, ce dispensaire se transporta à l\u2019Hôtel- Dieu même et, à ce moment, 1l était le seul de la ville.Dans les années qui suivirent, d\u2019autres hôpitaux furent érigés avec, dans chacun, un dispensaire pour les vénériens.Les médecins du dispensaire antivénérien furent d\u2019abord rémunérés mais, rapidement, cette rémunération fut supprimée, le gouvernement fédéral ayant diminué puis cessé de fournir les octrois aux provinces pour l\u2019entretien de ces dispensaires.Un grand nombre de vénériens ont bénéficié, à cette époque et pendant près de vingt ans, des soins et traitements que leur a prodigué un personnel médical travaillant bénévolement à soulager les misères de ses semblables.Si, actuellement, des médecins de dispensaires anti- 80 Lavar MÉDicaL Janvier 1946 vénériens sont quelque peu rémunérés, mais pas dans tous les hôpitaux, il est convenable que l\u2019on sache que, pendant plus de quinze ans, 1ls ont fait ce même travail gratuitement.Alarmés par l\u2019extension que prenait la syphilis, 20% de cas rapportés en 1939 de plus que l\u2019année précédente, des médecins, appuyés par toutes les organisations qui ont à cœur l\u2019intérêt public et par les autorités religieuses, comme en 1785, firent campagne en 1940 pour obtenir de nos législateurs une lo1 comme en avaient toutes les autres provinces du Canada, afin de lutter plus efficacement contre un fléau qui devenait menaçant.Cette loi, dite « Loi pour prévenir les maladies vénériennes », a été votée par l\u2019Assemblée législative de Québec en mars 1941.Il ne nous appartient pas \u2014 nous en serions incapables d\u2019ailleurs \u2014 de vous diré les résultats qu\u2019elle a donnés dans la province, mais nous savons qu\u2019à Québec, par le seul fait de son existence, elle a permis une amélioration dans la lutte aux maladies vénériennes.Une véritable et efficace transformation de la lutte antivénérienne a donc commencé en 1940-41.Cette rénavation de la lutte a débuté et se continue dans des conditions difficiles, car la guerre a imposé à notre ville, comme partout ailleurs, des changements économiques, matériels et moraux qui l\u2019ont un peu transformée.Il y a par exemple de 11,000 à 12,000 ouvriers ou ouvrières qui travaillent dans les usines de munitions et de 6,000 à 7,000 hommes en service militaire permanent ou passager au camp de Valcartier.Malgré cela ou à cause de cela, nous avons cru qu\u2019il était Important de faire quelque chose, même si les conditions actuelles ne nous permettaient pas de réaliser tout le programme tracé.Nous avons été encouragés et nous avons reçu le support de la Division des maladies vénériennes, de son directeur et de ses adjoints.Nous avons reçu aussi l\u2019appui précieux de l\u2019honorable ministre de la Santé comme de son sous-ministre.Le programme de la lutte antivénérienne à Québec depuis 1940 a été ainsi conçu : 1° Organisation d\u2019un enseignement adéquat de dermato- syphiligraphie à la Faculté de médecine ; Janvier 1946 [ AvaL MEDICAL 81 2° Organisation ou réorganisation de dispensaires avec Service médico-social attaché à chaque hôpital ; 3° Organisation d\u2019un Service de relations extérieures en coopération avec les autorités militaires, policières, des prisons, de la Cour juvénile, de l\u2019Assistance maternelle, etc.Toute cette organisation fonctionne sous la direction du professeur de dermatorsyphiligraphie, aidé de deux médecins et de quatre infirmières dont deux sont des infirmières hygiénistes, le tout formant ce que l\u2019on peut appeler un centre antivénérien.Nous avons cru qu\u2019en premier lieu les futurs médecins devaient être bien instruits sur les maladies vénériennes, non seulement de leur traitement mais aussi de leur prévention et de leur aspect social.Le cours de dermato-syphiligraphie se donne en 30 leçons au lieu de 20 comme autrefois, avec projections de photographies en couleur, prises à Québec, pour illustrer les différents cas.Douze leçons sur les trente sont consacrées à l\u2019étude\u2019 des maladies vénériennes et à leur traitement.Cinq leçons sont dénnéés, en plus, sur la prévention de ces mêmes maladies, formant un total de trénte-cinq leçons consacrées à l\u2019étude de cette spécialité.\u2018 Ces leçons de prévention font partie de l\u2019enseignement de l\u2019hygiène qui s\u2019échelonne maintenant sur les cinq années du cours de médecine et sont partie intégrante de la réorganisation du cours d\u2019hygiène de la Faculté.Dans ces cing leçons, il n\u2019est pas question du traitement des maladies vénériennes mais uniquement de leur prévention et de leur aspect médico-social.La première leçon porte sur la contagion habituelle et accidentelle, les moyens de prévention, la prophylaxie pour la personne saine et pour la personne malade.Dans la deuxième leçon, la prostitution est étudiée.On insiste surtout sur la prostitution clandestine, la grande pourvoyeuse des maladies vénériennes.Mentionnons, en passant, que la prostitution tolérée n\u2019existe plus à Québec depuis décembre 1943.La leçon suivante est consacrée aux moyens de lutte antivénérienne aussi bien en temps de guerre qu\u2019en temps de paix.La quatrième leçon traite du Service médico-social, service indispensable à une organisation antivénérienne bien comprise et efficace.(7) 82 LAavAaL MÉDicaL Janvier 1946 La dernière leçon est consacrée à la syphilis congénitale ou héréditaire dont l\u2019intérêt, au point de vue social, prend de plus en plus d'importance.La nécessité d\u2019un examen sérologique pour toute femme enceinte est mise en lumière, examen sérologique que l\u2019on conseille de faire par ailleurs à toute personne se soumettant à un examen médical.On insiste enfin sur l\u2019importance de l\u2019examen prénuptial.Ce dernier cours, de cinq leçons, de prévention des maladies vénériennes se donne depuis plus de trois ans et, en plus de l\u2019intérêt particulier qu\u2019il présente, il ne semble pas qu\u2019il soit donné ailleurs au Canada.Les étudiants en médecine doivent, en plus, faire un stage de six à huit semaines dans le Service de dermato-syphiligraphie, à l\u2019Hôtel- Dieu, pendant lequel ils fréquentent les dispensaires antivénériens.Une clinique spéciale leur est donnée deux fois par mois pendant toute la durée de l\u2019année académique.Les différents dispensaires sont encore ouverts aux médecins, où ceux-ci peuvent se procurer les renseignements qu\u2019ils désirent concernant le traitement particulier de leurs malades.Grâce à la coopération que nous accordent les autorités militaires en retour de notre collaboration, nous pourrons, de nouveau cette année, rendre plus vivant encore le cours sur les maladies vénériennes donné aux étudiants, par la projection d\u2019un film en couleur très bien monté et très à point.Ce film, qui pourrait très bien faire partie de la cinémathèque de la division des maladies vénériennes, ajoutera à l\u2019intérêt que portent habituellement les étudiants à cette question (1).Cette première série de transformations a donc porté sur l\u2019enseignement à la Faculté.La seconde a porté sur le Service médico-social qui constitue, pour le traitement des vénériens, un organisme absolument indispensable.Cette transformation qui, pour le district de Québec, a été une création, s\u2019est opérée il va sans dire dans les hôpitaux, plus spécialement dans les dispensaires antivénériens, mais s\u2019est aussi étendue ailleurs.(1) Ce désir est maintenant une réalité car une copie française de ce film est maintenant disponible. Janvier 1946 Lavar MEbpicaL 83 Tel que déja dit, les cliniques antivénériennes étaient organisées d\u2019une façon active depuis plusieurs années et le traitement de la syphilis était assuré aux Services d\u2019hospitalisation et à la consultation externe.Toutefois, si les malades syphilitiques recevaient tous les soins médicaux que nécessitait leur état, il était difficile de les surveiller, de les contrôler, de les faire venir régulièrement au traitement et de s\u2019intéresser à leurs familles.Pour rémédier à ces graves inconvénients, le ministère de la Santé et du Bien-Être social de la province créa, en 1940, le poste d\u2019une infirmière exclusivement attachée au Service social affecté à la lutte antivénérienne.Ce Service social, devenant une partie constituante de la clinique antivénérienne, apportait cette transformation qui permit à l\u2019assistante sociale ou l\u2019infirmière spécialisée, de venir en aide aux patients syphilitiques, de préciser les origines de leur mal, d\u2019essayer d\u2019en limiter les conséquences familiales et sociales et de participer, d\u2019une manière effective, à la lutte et à la prévention des maladies vénériennes.Il a été institué à la demande de l\u2019un de nous (Dr Emile Gau- mond), et fonctionne avec succès à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement depuis le 1\u20ac juillet 1940.Dès le 15 octobre 1941, il s\u2019étendait a l\u2019Hôtel- Dieu de Québec, hôpital bien situé, en plein centre de la ville et au point le plus dense de la population.À cette même date, 1l était aussi établi au Refuge Notre-Dame-de-la-Merci, ou prison des femmes de Québec.Au cours de l\u2019été 1942, le dit Service se prolongeait à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant- Jésus et au Jeffery Hale Hospital.En janvier 1943, il sé ramifiait jusqu\u2019à l\u2019 Hôpital Saint-François-d\u2019Assise.Jusqu\u2019en 1940, le traitement de la syphilis était un problème médical.Avec l\u2019organisation d\u2019un Service médico-social, nécessairement, il devait changer de caractère selon d\u2019autres conditions et d\u2019autres vues.Nous avions compris que le point vital du succès de tous nos efforts dépendait de notre vision du problème à travers les yeux du patient atteint du mal vénérien et que ce patient devenait le partenaire le plus important dans notre lutte.Jusqu\u2019à ce jour, trop souvent hélas, le patient a été celui qui pouvait nous dire pourquoi le mal vénérien a pris des proportions alarmantes, parce que c\u2019est lui-même qui abandonne son traitement, c\u2019est lui encore 84 Lavar.MÉDicaL Janvier 1946 qui donne un faux nom ou change d\u2019adresse, c\u2019est lui toujours qui fait d\u2019autres victimes.Il pouvait se jouer de notre travail, éluder nos soins, annuler nos efforts, laisser nos salles de cliniques.vides, bref, rendre inopérante la loi des maladies vénériennes, si le Service social n\u2019était pas venu pour comprendre ce qu\u2019il veut, ce qu\u2019il craint, ce qu\u2019il pense, ce que signifie pour lui un diagnostic de syphilis.Le Service social doit donc comprendre la nature et le caractère du malade vénérien et ne considérer qu\u2019au second plan le-mal dont il souffre ; ce qui l\u2019intéresse, c\u2019est un être humain qui réclame, à côté des soins médicaux, de la bonté, de la compréhension et, souvent, de l\u2019assistance sociale et même économique.Plusieurs d\u2019entre vous ont déjà une idée du fonctionnement de notre Service médico-social et ont su apprécier: notre collaboration au programme élaboré en vue de prévenir la dissémination du mal vénérien, en \u2018comprenant notre rôle qui est aussi le vôtre, MM.les médecins, vis-à-vis les maladies vénériennes, c\u2019est-à-dire sauver de l\u2019infection les individus sains, retracer les sources d\u2019infection et les contacts, en les amenant à l'examen, garder tous les patients infectés sous traitement jusqu\u2019à ce qu\u2019ils soient devenus non-contagieux, éviter la tragédie des foyers où la syphilis atteint innocemment la mère et enfant.Toujours présent à l\u2019esprit le but de notre organisation, examinons brièvement quelques points stratégiques de notre lutte, de nos efforts quotidiens, et considérons ensemble les principales fonctions de l\u2019assistante sociale à la clinique antivénérienne.1° L\u2019assistante sociale doit surveiller Ia régularité du traitement des malades vénériens.Cette surveillance demande la révision et la mise à Jour continues des dossiers des patients et constitue sans doute un facteur important du succès du Service médico-social dans une clinique antivénérienne.Toutefois, le facteur le plus important est encore celui de l\u2019éducation du patient.Le malade vénérien est avant tout l\u2019agent de sa propre guérison, par une collaboration étroite et bien comprise à son traitement médical.Il est donc de première nécessité de l\u2019instruire de la nature et des conséquences de sa maladie ainsi que des responsabilités individuelles, familiales ou sociales que crée sa maladie.C\u2019est au médecin qu\u2019il appartient de donner ces instructions, mais l\u2019assistante Janvier 1946 LavaL MEpicaL 85 sociale doit les compléter au cours d\u2019une première entrevue ou les subséquentes, selon le cas, avec son patient, essayant en même temps de comprendre les réactions du patient vis-à-vis sa maladie, recherchant les facteurs sociaux ou familiaux ou même personnels.qui semblent ou peuvent l\u2019empêcher de venir régulièrement à la clinique.2° L\u2019assistante sociale doit contribuer à la recherche de l\u2019origine des contaminations et à l\u2019examen des contacts.Le patient infecté peut devenir un bienfaiteur pour la santé publique, selon la manière dont le médecin ou l\u2019assistante sociale sait l\u2019intéresser à la question, le convaincre de l\u2019importance des informations qu\u2019il peut donner concernaït les circonstances de son infection.Dans combien de cas n\u2019avons-notis pas vu un patient tirer parti de son malheur et apporter sa large contribution à la santé future de ses semblables, en donnant avec franchise et précision les informations nécessaires à la recherche des sources et des contacts et se libérer du fardeau terrible de ses responsabilités.- -:< > Dans ces démarches, rien ne doit être brusqué.Tout entretien doit être confidentiel et strictement privé.La conduite dans ces enquêtes varie avec la collaboration du malade qui est toujours renseigné du but principal de l\u2019investigation qui est d\u2019empêcher de nouveaux cas de contagion ou d\u2019atteindre une personne malade qui ignore peut-être son mal.Puissions-nous associer le patient à notre tâche en le mettant en pleine possession et en pleine conscience de sa dignité humaine et de la \u2018solidarité sociale des individus, nous réussirons à tarir dans le plus bref délai possible des foyers sans nombre d\u2019infection.Nous avons cru et nous croyons encore qu\u2019une bonne organisation antivénérienne doit s\u2019étendre en dehors du milieu hospitalier.Les maladies vénériennes constituent, nous l\u2019avons déjà dit, une plaie sociale et, comme telle, doivent être considérées en rapport avec la société tout entière.Le malade vénérien n\u2019est pas, comme certains semblent le croire, le pauvre, l\u2019indigent, le peu fortuné ; ce peut être aussi bien l\u2019individu de condition moyenne, le bourgeois, l\u2019homme fortuné, en somme ce peut être Monsieur-tout-le-monde.C\u2019est quelquefois un malheureux, un déshérité, un laissé pour compte ; c\u2019est assez souvent un Jeune inexpérimenté ou un individu qui se croit encore jeune, célibataire ou marié, 86 Lavar.MÉDpicaL Janvier 1946 d\u2019esprit brillant\u2019 ou simplement intelligent, qu\u2019un alcoolisme aigu, occasionnel ou non mais toujours stupide, a momentanément dérouté ; c\u2019est toujours un humain comme nous qui cherche de la sympathie et qui en a besoin, car 1l est souvent plus à plaindre qu\u2019à blâmer.Ce peut être un enfant, infirme, mal bâti ou peu intelligent qui n\u2019a pas demandé à recevoir en héritage la syphilis.Pour toutes ces raisons et pour bien d\u2019autres encore, nous avons cru qu\u2019une organisation antivénérienne ne devait pas seulement s\u2019occuper de traitement ni même de ramener au traitement les récalcitrants mais devait, dans la mesure de ses moyens, pousser plus loin et plus avant ses activités.Il y a près de cinq ans maintenant qu\u2019une assistante sociale fait des prises de sang pour le Bordet-Wassermann à toutes les femmes qui consultent à la clinique prénatale de l\u2019Assistance maternelle et, fait plus Important, s\u2019occupe de diriger vers les dispensarres les femmes, les enfants ou les familles trouvés malades.Sur la demande de la Division des maladies vénériennes, l\u2019examen et le traitement des femmes atteintes de ces maladies, à la prison des femmes, se fait sous notre direction.Une assistante sociale y est aussi attachée.Depuis la fin de l\u2019année 1941, ceci a permis de mettre sous traitement un nombre considérable de femmes qui y ont été détenues.De plus, ces prisonnières malades, à leur sortie, sont dirigées par l\u2019assistante sociale soit vers leur médecin, soit vers les dispensaires où elles doivent continuer à suivre régulièrement leur traitement.Le même Service, sous la même direction, et avec toujours une assistante sociale, opère depuis plus de deux ans à la prison des hommes.Il serait souhaitable que des personnes bien entraînées et bien au courant de ce qu\u2019on nomme le Service social soient attachées en permanence aux prisons et puissent, de cette façon, travailler au relèvement, non pas de toutes les personnes détenues, mais de celles pour lesquelles 1l y a des chances de succès.Nos relations avec l\u2019armée sont excellentes, fréquentes et fructueuses.Les chiffres de l\u2019incidence des maladies vénériennes pour le district militaire dans lequel est comprise notre ville démontrent bien les heureux résultats qu\u2019a donnés cette collaboration. Janvier 1946 Lavar MÉDICAL 87 Nous recevons de l\u2019armée toutes les plaintes concernant les maladies vénériennes.La recherche des sources de contagion ainsi mentionnées commence dès la réception de la plainte et chaque fois, ou presque, lorsqu\u2019un nom nous est indiqué ou une caractéristique bien descriptive est donnée, nous amenons cette personne à subir un examen et un traitement, le cas échéant, chez son médecin ou au dispensaire.Nous avons un slogan pour ainsi dire : « Donnez-nous un nom et nous ferons le reste ».Ce travail est fait par les assistantes sociales seules ou aidées par le Service social de police dans les cas difficiles.Cette façon de procéder n\u2019est pas également prisée de tous.Pour ce qui est de nos confrères, il en est quelques-uns, trois ou quatre, qui se refusent à accepter l\u2019idée de cette recherche des sources de contagion.Ce travail, pourtant, est fait avec discernement, tact et discrétion par les assistantes médico-sociales ; 1l constitue une aide très utile et ne peut que rapporter des dividendes aux médecins qui y ont recours.Plusieurs confrères demandent régulièrement l\u2019aide de ce Service soit pour ramener leurs malades au traitement, soit pour faire examiner la personne source de contamination, et ils s\u2019en trouvent très bien.Nous tenons à le répêter : l\u2019aide et l\u2019appui de tout le personnel du Centre antivénérien sont de nouveau offerts à tous ceux qui veulent coopérer ; Ils en tireront sûrement profit et satisfaction.Nous avons signalé plus haut que, dans les cas difficiles de recherches, nous étions aidés par le Service social de la Sûreté municipale.C\u2019est qu\u2019alors, la source de contamination est une prostituée reconnue ou difficile à retracer.En février 1942, lors d\u2019une réunion convoquée par les autorités militaires pour étudier le problème des maladies vénériennes, l\u2019un de nous suggérait l\u2019idée que, si notre organisation pouvait compter sur les services d\u2019un policier, pour nous aider dans les cas difficiles de recherches chez les prostituées clandestines, la lutte en serait facilitée.La réunion était à peine terminée que le chef de police du temps, que cette question avait toujours intéressé au plus haut point, mit à notre disposition un de ses hommes les plus avertis.Depuis trois ans et demi, cette colla- 88 Lavar MÉDpicaL Janvier 1946 boration médico-policière, qui se fait discrètement et sans heurts, donne des résultats des plus appréciables.Il en intéressera sans doute plusieurs de savoir comment les choses se passent.Nous répétons que, depuis décembre 1943, il n\u2019existe plus de prostitution tolérée à Québec, et que les maisons notoirement connues autrefois comme « maisons de passe » ont fermé leurs portes et qu\u2019elles sont à date restées fermées (1).Cette mesure énergique et très effective prise par la Ville de Québec a été suivie par la Ville de Montréal, au début de l\u2019année dernière.Disons encore qu\u2019il n\u2019y a pas eu de meurtre passionnel à Québec depuis et que les attentats à la pudeur ou les délits r 7 sexuels n\u2019ont pas été à l\u2019état épidémique.Les choses se passent donc comme ceci : plusieurs plaintes nous viennent concernant la même personne rencontrée tantôt dans un restaurant, tantôt dans un autre ou encore dans un petit hôtel ou maïson de chambre de réputation plus que douteuse.L\u2019assistante sociale est incapable de retracer cette source de contagion, alors le Service social de la police est prévenu.Un mandat de vagabondage est émis, la femme est amenée à l\u2019Hôtel-de-Ville et examinée séance tenante par le médecin de la police, le Dr R.Gagnon.Elle est ensuite dirigée au Refuge Notre-Dame-de-la-Merci où, de nouveau, elle est examinée : prélèvement, Bordet-Wassermann et examen clinique.La détenue trouvée malade cliniquement est condamnée, par les recorders, qui participent ainsi à la lutte antivénérienne à Québec d\u2019une façon pratique et active, à un mois de prison s\u2019il s\u2019agit de gonorrhée, et à trois mois s\u2019il s\u2019agit de syphilis contagieuse.Dans l'intervalle les résultats de laboratoire nous parviennent et un ordre d\u2019isolement est demandé à la Division des maladies vénériennes pour la même durée que la condamnation.La malade \u2014 la prison des femmes est devenue en effet, depuis quatre ans, plutôt un hôpital qu\u2019une prison pour la majorité des détenues \u2014 la malade, à sa sortie, est dirigée chez son médecin ou au dispensaire et est suivie de façon particulièrement attentive par l\u2019assistante sociale, en vue de la régularité de son traitement ultérieur.(1) La guerre étant terminée, il est nécessaire que les autorités concernées \u2018aient l\u2019œil ouvert, car des signes avant-coureurs semblent indiquer qu\u2019une « récidive » sous, une forme différente ou déguisée est possible. Janvier 1946 LAVAL MEDICAL 89 Cette façon de procéder, unique au Canada, croyons-nous, est considérée par quelques-uns comme offrant des dangers.Peut-être peut-on difficilement la réaliser ailleurs, mais ici, à Québec, cette collaboration médico-policière a sûrement donné de beaux résultats et nous sommes encore à recevoir une plainte qu\u2019elle ait dépassé l\u2019objectif visé ou qu\u2019elle se soit accomplie de façon indiscrète.Ce travail médico-social antivénérien s\u2019étend davantage.Nous sommes en relations constamment avec : la Cour juvénile de Québec, l\u2019Assistance aux familles des combattants, le Service familial, le Bureau des allocations supplémentaires, le Service social de l\u2019arsenal Saint- Malo, la Commission d\u2019assurance-chômage, le Bureau d\u2019enrégistrement à l\u2019Arsenal de Québec, l\u2019École de réforme des filles, etc.Voici maintenant quels sont les chiffres de l\u2019incidence des maladies vénériennes dans la région militaire n° 5 qui s\u2019étend, comme l\u2019on sait, de Trois-Rivières à Gaspé et comprend la côte Nord et Pile d\u2019Anticosti.Ce tableau de la fréquence des maladies vénériennes, syphilis et gonorrhée par mille hommes, dans la région militaire n° 5, provient de la compilation de chiffres déjà publiés et de ceux que nous recueillons au centre anti- vénérien de Québec, lorsque les déclarations de maladies vénériennes y sont faites par les autorités militaires.(Tableau I.) L'amélioration est facile à constater et le tout se passe de commentaires.Disons, toutefois, puisqu\u2019il ne nous est pas permis d\u2019en dire davantage, que la région militaire de Québec, qui, en 1940, avait le taux d\u2019incidence de maladies vénériennes le plus élevé de tout le Canada a maintenant un taux très bas qui se compare avantageusement avec les autres districts et est mème nettement inférieur à certains.Constatons, enfin, que si l\u2019incidence des maladies vénériennes dans la région militaire n° 5 \u2014 incidence qui comprend non seulement la syphilis mais aussi la gonorrhée \u2014 a diminué dans de telles proportions, ceci est aussi l\u2019indice d\u2019une baisse de ces mêmes maladies dans la population civile puisque les militaires, soldats, marins ou aviateurs, contractent ces maladies dans la presque totalité des cas de malades civils.Ce résultat est dû à un ensemble de coopération et de collaboration de la part des autorités militaires, Judiciaires, policières et aussi médicales Janvier 1946 90 Lavar MÉDICAL particulières ou des hôpitaux renforcés d\u2019un Service médico-social effectif fonctionnant sous les auspices du ministère de la Santé de la province.Il y a deux ans, nous pouvions citer les chiffres fournis par la clinique des donneurs de sang.I! nous est impossible de le faire cette fois pour la bonne raison qu\u2019on ne fait plus de Bordet-Wassermann aux personnes qui s\u2019y présentent.Nous n\u2019avons pas à juger, mais nous considérons la chose comme regrettable, la clinique des donneurs de sang constituant un bon centre de dépistage.TaBLEAU | 180 1941 1942 1945 mois 1940 1943 | Tableau de la fréquence des maladies vénériennes dans le district militaire n° 5.\u2014 Taux par mille hommes Janvier 1946 LavaL MEDICAL 91 Puisque nous sommes dans les statistiques, voyons celle du centre antivénérien de Québec.(Tableau II.) II nous a été impossible, cette année, de répéter l\u2019enquête que nous avons faite il y a deux ans auprès des médecins ayant traité des vénériens.Le centre antivénérien de Québec comprend en particulier Ies cliniques antivénériennes de l\u2019Hôtel-Dieu et de l\u2019Hôpital du Saint- Sacrement ; il s\u2019étend, en plus, aux deux prisons.Cet ensemble est sous la direction, comme 1l a déjà été dit, du professeur de dermato- syphiligraphie à la Faculté, qui a, en plus, à voir, mais d\u2019une façon moins directe, au travail fourni par les assistantes sociales dans les autres hôpitaux comme dans toutes les autres organisations para-médicales ou sociales auxquelles notre collaboration est acquise ou a été offerte.Nous le répétons : l\u2019aide des assistantes sociales est de nouveau offerte aux médecins en clientèle privée.È- Le médecin praticien peut non seulement être utile à la lutte anti- vénérienne, il Jui est nécessaire.Po Le Dr Ingraham Greenbaum, le 24 juin 1944, écrivait dans le J.A.M.A.la phrase que voici et que nous citons au texte : « Any plan for the control of the venereal disease which does not take into full account the medical resources of the body of the profession cannot be successful, except in part ».La réflexion est très juste car si tout le monde veut bien mettre l\u2019épaule à la roue, la lutte aux maladies vénériennes en sera facilitée d\u2019autant. CENTRE TapLeau Il ANTIVÉNÉRIEN DE QUEBEC Rapport-statistique des années 1943 et 1944 MINISTÈRE DE LA SANTÉ ET DU BIEN-ÊTRE SOCIAL Hôtel-Dieu et Hôpital du Sarnt-Sacrement 1943 1944 Hôpital Hôtel- Hôpital Hôtel- Saint- Dieu TOTAL Saint- Dieu TOTAL Sacrement de Québec Sacrement de Québec SYPHILIS : Nombre de consultations.- 3,983 10,350 14,333 4,554 10,986 15,540 Patients traités à la clinique : Diagnostiqués syphilitiques pour la première fois.46 114 160 33 82 115 Déjà traités ailleurs.1221000020 eee ane 24 122 146 32 101 133 Réadmissions : patients traités antérieurement à la clinique.La LL a a a ae 140 251 391 159 322 481 210 487 697 224 505 729 TRAITEMENTS : ATSENICAUX.«oo oo oo LL LL LA LL 1,742 6,218 7,960 1,559 5,085 6,644 Bismuth.LL LL LL ALL a Rae 1,858 3,734 5,592 2,408 5,292 7,700 Cyanurede Hg.47 47 32 32 Bordet-Wassermann.i.358 906 1,264 623 1,133 1,756 3,958 10,905 14,863 4,590 11,542 16,132 c6 TVOIdFIN TVAYT OFGT 9IAUE[ _ = © 3 1943 1944 traités ailleurs.La 35 17% 93 199, 41 18% 75 14.89, 5 ~ 155 74% 389 75.5% 181 80% 407 80.5% z tris Patients ayant suivi irrégulièrement leur traitement|| 32 16% 55 11.59, 30 13% 60 11.99, c Patients ayant suivi irrégulièrement leur traite- S ment, mais retracés et rapportés comme traités ; = ailleurs.LL LL Le LA Le 10 2% 9 1.8% Patients ayant abandonné leur traitement durant l\u2019année et non retracés.LL LL LL 23 11% 33 7% 17 7% 29 5.89, Classés comme suit : Syphilisrécente.fl je 15 |.2 |.12 |.Syphilis ancienne.LL ae 23 |.18 |[.15 |.17 |.NOTE : Traitement suivi régulièrement : 3 injections et plus, par mois en moyenne, \u2014 ou patient sous contrôle se présentant aux dates indiquées pour examen ou reprise du traitement.O w 1943 1944 Hôpital Hôtel- Hôpital Hôtel- Saint- Dieu TOTAL Saint- Dieu TOTAL Sacrement | de Québec Sacrement de Québec DÉLINQUANTS : Personnes négligeant leur traitement momentanément et ramenées au traitement par une lettre, une visite, etc.Classées comme suit : Traitement suivi régulièrement par la suite.\u2026.40 49 50 79 Traitement suivi irrégulièrement par la suite.25 66 30 53 65 115 180 80 132 212 SOURCES PROBABLES d'infection, déclarées par les patients traités à la clinique : SYPHILIS : \u2014 Retracées et amenées a examen.8 32 8 23 Rapportées a la Division des Maladies vénériennes.5 10 2 7 Non retracées.FO 5 1 3 1 GONORRHÉE : \u2014 Retracées et amenées 4 I'examen.|f.6 je 17 Rapportées à la Division des Maladies vénériennes.||.1, Hl 10 Non retracées.couiieveee ML 6 .3 18 66 84 13 61 74 CONTACTS : Personnes ayant été exposées à la contagion familiale ou extra-familiale et dont la source d\u2019infection serait un patient traité à la clinique (syphilis) \u2014 Retracées et examinées : .Classées comme suit : Examen négatif.42 55 41 66 Examen positif.30 20 33 17 72 75 147 74 83 157 v6 TVIOIAIN TVAVT] 9p61 Ja1AUE( Janvier 1946 LavaL.MÉDICAL 95 Cette statistique détaillée ne demande pas de commentaires.Soulignons, toutefois, qu\u2019à l\u2019Hôtel-Dieu et à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement 15,540 consultations ou traitements ont été faits l\u2019an dernier pour 729 malades, que le nombre de malades vus en syphilis récente a diminué et que, d\u2019une façon générale, le traitement a été suivi d\u2019une façon satisfaisante, soit 80% et 80.57% respectivement.TapceAu II PRISON DE QUÉBEC \u2014 Section féminine Rapport-statistique 1943 1944 NOMBRE DE DETENUES.217 180 Po % Indemnes de maladies vénériennes.57 (26.3) 49 (27.2) Atteintesde syphilis.72 (33.2) 49 (27.2) Atteintes de gonorrhée.48 (22.1) 51 (28.4) Atteintes de syphilis et de gonorrhée.\u2026.40 (18.4) 31 (17.2) SYPHILIS.LL ALL Le ane 112 80 Primaire.LA aa ee 4 ( 3.6) 0 (0) Secondaire.LL La aa 29 (26 ) 10 (12.5) L\u20144ans.1111111000 010 a ea 55 (49 ) 52 (65 ) L44ans.LL La Lana \u201823 (20.5) 18 (22.5) Nerveuse.ae 1 (0.9) 0 (0) 96 Lava\u2026 MÉDpicaL Janvier 1946 MINISTÈRE DE LA SANTÉ ET DU BIEN-ÊTRE SOCIAL , DiVISION DES MALADIES VÉNÉRIENNES Rapport-statistique pour l\u2019année 1944 Prison de Québec Section féminine Nombre de détenues CONSULTATIONS : SYPHILIS : Les INJECTIONS : BLENNORRAGIE : ORDRES D'ISOLEMENT : Délits commis dans la cité de Québec : Délits commis en debors de la cité de Québec : Pour syphilis et blennorragie Bordet-Wassermann et Kahn.Bordet-Wassermann et Kahn, négatifs.Bordet-Wassermann et Kahn, positifs.patientes syphilitiques ont été dirigées aux endroits suivants : Bureaux privés (cité de Québec).Hoétel-Dieu de Québec.Hôpital du Saint-Sacrement.Hopital Saint-Francois-d\u2019Assise.\u201cof Hopital Laval.Hotel-Dieude Lévis.Cliniques en dehors de la cité de Québec.Bureaux privés en dehors de la cité de Québec.Détenues sous traitement au 31 décembre 1944.Arsenicaux.LL LL LL LL Bismuth.LL ALL Prélévements vaginaux.Prélévements vaginaux positifs.Prélévements vaginaux négatifs.Patientes traitées pour blennorragie clinique.\u2026.Douches vaginales.Sulfathiazole : quantité donnée en moyenne à chaque patiente.2220112 010111 2 La Ordres d\u2019isoclement émis au cours de l\u2019année.Pourlasyphilis.Pour la gonorrhée.Pour la syphilis.Pour la gonorrhée.180 900 195 115 SY NMA = WJ 310 474 170 163 2,966 51 10 \u2014 WW grammes 3 Janvier 1946 Lavar MÉDicaL 97 Deux choses sont à noter après lecture de cette statistique.D'abord le nombre considérable de détenues atteintes de maladies vénériennes, soit syphilis, soit gonorrhée : 72.8%.Signalons toutefois, en deuxième lieu, que le diagnostic de gonorrhée chez les détenues n\u2019est pas fait uniquement à la suite d\u2019une réponse positive du laboratoire mais qu\u2019il s\u2019agit, la plupart du temps, d\u2019une gonorrhée clinique.Notons encore que moins de 10% des prélèvements vaginaux ont été positifs pour le gonocoque, cette année.La constatation dernière qui s'impose et que nous avons déjà faite, c\u2019est que la prison des femmes est devenue un hôpital beaucoup plus qu\u2019une prison, tout en demeurant une maison de détention.Les personnes qui y sont détenues, dans la presque totalité des cas, sont beaucoup plus dangereuses par les maladies dont elles souffrent que pour toutes autres raisons.SI, comme on l\u2019a déjà laissé entendre, une nouvelle construction doit s\u2019adjoindre au refuge actuel, 1l serait important que l\u2019on en tienne compte.Nous nous en voudrions de ne pas signaler ici le bel esprit, le dévouement et l\u2019intérêt que portent au traitement des détenues malades, les religieuses du Bon-Pasteur qui ont charge de la prison des femmes, et nous désirons les en remercier vivement.Ce même esprit de dévouement et d\u2019intérêt se manifeste également dans la très grande majorité des hôpitaux qui ont un dispensaire anti- vénérien avec Service médico-social.La statistique suivante comprend le nombre de vénériens syphilitiques traités dans les autres hôpitaux de la ville.(Tableau IV.) Nous pouvons, cette année, donner une statistique détaillée des hôpitaux Saint-François d\u2019Assise, Jeffery Hale et de la prison des hommes.(Tableaux V et VI.) Pour cette dernière statistique, une constatation s\u2019impose; c\u2019est que, sur 1,100 détenus, seulement 135 Bordet-Wassermann ont été faits alors qu\u2019à la prison des femmes, 195 Bordet-Wassermann ont été faits pour 180 détenues.Le personnel médical, à la prison des hommes, insiste régulièrement pour que tous les détenus aient une prisedesang.Mais la loi ne l\u2019exigeant pas pour tous les délits commis, il nous est impossible de la pratiquer de force.(8) TaBLEau IV MINISTÈRE DE LA SANTÉ ET DU BIEN-ÊTRE SOCIAL CENTRE ANTIVENERIEN DE QUEBEC Malades traités dans les bépitaux et les prisons de la ville Clinique Roy-Rousseau.Créche Saint-Vincent-de-Paul.Hopital de 'Enfant-Jésus.Hopital Jeffery Hale.Hépital Laval.0.0.Hôpital de la Miséricorde.Hopital du Parc Savard.Hopital Saint-Francois-d\u2019Assise.Hopital Saint-Michel-Archange.Hopital du Samnt-Sacrement.L\u2019Hôtel-Dieu de Québec.Prison des Hommes._ .Refuge Notre-Dame-de-la-Merci.1943 1944 EN Syphilis Syphilis Syphilis Syphilis récente ancienne TOTAL récente ancienne TOTAL 6 56 62 \u2014 54 54 \u2014 35 35 \u2014 40 40 18 38 56 16 67 83 21 24 45 22 20 42 1 6 7 1 2 3 16 \u2014 16 22 8 30 23 1 24 16 1 17 13 20 33 4 30 34 3 29 32 6 70 76 57 153 210 64 160 224 286 201 487 237 268 505 16 2 18 16 4 20 88 24 112 62 18 80 548 589 1.137 466 742 1,208 syphilis primaire syphilis secondaire Syphilis récente : { ; syphilis latente moins de 4 ans Syphilis ancienne : syphilis latente plus de 4 ans syphilis tertiaire syphilis nerveuse syphilis congénitale * 86 TVOICGAIN TVAYT 9761 19IAUE( TABLEAU V MINISTERE DE LA SANTE ET DU BIEN-ETRE SOCIAL CENTRE ANTIVENERIEN DE QUEBEC Rapport-statistique des années 1943 et 1944 Hôpital Saint-François d\u2019Assise et Hôpital Jeffery Hale SYPHILIS : Nombre de consultations.Patients traités a la clinique.pe Diagnostiqués syphilitiques pour la première Déjà traités ailleurs.121101000 02000 R\u2018admissions : patients traités antérieure ment a la clinique.TRAITEMENTS : Arsenicaux.10202110 0010000400 Bismuth.Cyanurede Hg.Bordet-Wassermann.:.q .\u2019 .Patients ayant suivi régulirement leur traitement.ee Patients ayant suivi irrégulièrement leur traitement.Patients transférés.1943 1944 Hôpital CTT TTT THepital | a Saint-Érançois- J Hopital I Saint.Erancois- J Hopital I d\u2019Assise cliery Hale d\u2019 Assise cliery Hale 613 607 702 662 33 45 34 42 2 12 \u2014 10 6 10 8 9 25 23 26 23 33 45 ee 34 42 449 472 377 363 208 412 367 339 5 \u2014 16 \u2014 45 96 34 170 707 980 794 872 22 (67%) 24 (54.59) 14 (41%) 21 (50%) 11 (33%) 10 (21.0%) 14 (41%) 16 (38%) 11 (24.5%) 6 (18%) 5 (129%) 9+6] IdIAugf TYOIAI TVAVT] 66 100 LavAL MÉDicaL Janvier 1946 TaBrLeau VI MINISTERE DE LA SANTE ET DU BIEN-ETRE SOCIAL DIVISION DES MALADIES VÉNÉRIFNNES Rapport-statistique pour l\u2019année 1944 Prison de Québec Section des hommes Nombre de détenus.1,100 Patients examinés pour syphilis et blennorragie.135 soit 129, CONSULTATIONS : Pour syphilis et blennorragie.558 Patients examinés et trouvés indemnes.LL 105 soit 77% Patients atteints de syphilis.20 \u201c 15% Patients atteints de blennorragie.10 \u201c 89 Patients atteints de syphilis et de blennorragie.Aucun SYPHILIS : Bordet-Wassermann et Kahn pour diagnostic.120 Bordet-Wassermann et Kahn pour controle.15 Bordet-Wassermann et Kahn négatifs.125 Bordet-Wassermann et Kahn positifs.10 Diagnostics syphilitiques faits à la prison.2 Les patients ont été classés comme suit : Période primaire.LL LL 1 soit 5% Période secondaire.1111111 0101 LL LL 4 \u201c 20% Latente depuis moinsde 4 ans.11 \u201c 55% Latente depuis plusde 4 ans.2 \u201c109, Nerveuse.a 2 \u201c10% Les patients syphilitiques ont êté dirigés aux endroits suivants : Ho6tel-Dieu de Québec.8 Hopital du Saint-Sacrement.4 Clinique Roy-Rousseau.1 Cliniques en dehors de la ville.7 Détenus sous traitement le 31 décembre 1944.1 réadmis.INJECTIONS : Arsenicaux.LL LL LL LL 11 Bismuth.11111111 LL LL LL 224 BLENNORRAGIE : Patients traités pour blennorragie clinique.\u2026 10 Sulfathiazole : quantité donnée en moyenne à chaque : patient.LL.ALL a LL LL 50 grammes ; ORDRES D\u2019ISOLEMENT.4 CONTACTS : Déclarés parles patients.14 Retracés et amenés au traitement.5 Retracés, examinés et trouvés indemnes.2 Référés à la Division des maladies vénériennes.7 / / TapLeau VII L\u2019HÔTEL-DIEU DE QUÉBEC Nombre de patients hospitalisés, du der juillet 1943 au ler juillet 1944 : | 1s Nombre de B.W.faits aux malades hospitalisés : 3,768 Nombre de BeW.revenus positifs: 118 Patients : 26 (syphilis connue) BW.de contrôle) (Patients Patients : 55 (syphilis inconnue à date) Non retra@és: 21 Amenés au traitement: Uh] 9p61 T9TAUE[ TVOIdAIN TVAVT] 101 102 LAavAL MÉDICAL Janvier 1946 Enfin, pour terminer cette longue énumération de chiffres, nous vous présentons un tableau un peu spécial.Il s\u2019agit du nombre de Bordet- Wassermann faits à l\u2019Hôtel-Dieu durant les six derniers mois de 1943 et les six premiers mois de 1944, par rapport au nombre total de patients hospitalisés pendant la même période.(Tableau VII.) Nous avouons avoir été surpris du pourcentage des cas \u2014 507, en chiffres ronds \u2014 où un Bordet-Wassermann a été fait.Nous avions bien l\u2019impression que le pourcentage était plus élevé.Évidemment, il y a bien des raisons à invoquer en guise d\u2019explication : malades privés, enfants opérés et ne demeurant que quelques heures à l\u2019hôpital, etc.Il peut y avoir amélioration et nous ne doutons pas qu\u2019elle se produira.Les Bordet-Wassermann ici rapportés ne concernent que les malades hospitalisés et le pourcentage des positifs est de 39.Les malades hospitalisés dans le Service de dermato-syphiligraphie sont compris dans ce tableau sous la classification de Bordet-Wassermann de contrôle.Il est intéressant de nc ter le nombre de cas de syphilis ignorée et non traitée découverts par cet examen, \u2014 55 sur 118.Nous aimerions connaître les chiffres que peuvent fournir d\u2019autres hôpitaux généraux, ce qui permettrait des comparaisons intéressantes, sachant, toutefois, qu\u2019une compilation exacte de tous les cas, telle que fournie ici, n\u2019est pas facile à réaliser.Le total approximatif de tous les malades traités dans les hôpitaux et les prisons de la ville en 1944 est de 1,208.Il se trouve donc plus élevé que l\u2019année précédente.Est-ce à dire que la syphilis a progressé ?Non elle a manifestement diminué ses ravages comme en font foi les cas moins nombreux de syphilis récente, primaire et secondaire inclus dans le tableau suivant.(Tableau VIII.) Nous voyons, en effet, que les cas de syphilis primaire et secondaire à la clinique la plus achalandée de la ville ont diminué considérablement : de 44.79, qu\u2019ils étaient en 1941, ils ne sont plus que 19.8% en 1944 et seront, selon toute vraisemblance, plus bas encore pour 1945.Nous savons, par ailleurs, que la même situation existe dans tous les autres hôpitaux de la ville de même que dans les prisons. TaBLEau VIII L\u2019HÔTEL-DIEU DE QUÉBEC Cas de syphilis admis à la clinique À.V.183 OF6T ASIAUE[ 2e 61 10 1944 - a 19 84 rd 236 22 57 58 54 26 13 L-} - - Le} 217 61 13 1H 58 IVOIGAN TYAYT -~ - hell IAE TT a 6 10 - - -~ a - - eel WMah I: Syphilis primaire L+4: Latente plus de quatre ans III: II: Syphilis secondaire Syphilis tertiaire £01 L\u20144: Latente moins de quatre ans N Syphilis nerveuse C : Syphilis congénitale 104 Lavar MÉDicAL Janvier 1946 S1 le nombre de syphilitiques est plus élevé cette année, c\u2019est que le dépistage des cas anciens est mieux fait et qu\u2019il y a plus de malades qui se\u2018soumettent au traitement.Tout organisme bien constitué doit avoir à son service un système de propagande et la lutte antivénérienne n\u2019échappe pas à cette nécessité, bien au contraire.II est d\u2019abord nécessaire d\u2019en parler de ces maladies que l\u2019on a appelées pendant trop longtemps honteuses.De ce côté, un grand progrès s\u2019est accompli depuis quelques années.Disons, pour illustrer la chose, que l\u2019un de nous, demandé par la Chambre de Commerce des Jeunes, à titre de conférencier pour le déjeuner hebdomadaire, a pu parler sans scandaliser personne, et alors que la conférence était irradiée, des maladies vénériennes sous tous les aspects.Des écrits concernant ces maladies sont aussi nécessaires mais 1ls doivent être bien faits afin d\u2019attirer l\u2019attention sur des points importants, et ne pas donner de fausses et désagréables impressions à ceux qui peuvent en être atteints.La propagande utilise aussi le cinéma et la radio.Nous reviendrons sur le premier un peu plus loin.La radio constitue un bon agent de diffusion des idées et n\u2019est peut-être pas assez souvent utilisée dans ce but.De nombreuses personnes par exemple, à Québec, ont suivi attentivement, durant l\u2019hiver de 1944, les épisodes radiphoniques du Mortel Baiser et des commentaires qui l\u2019accompagnaient.Une erreur, toutefois, a été commise dans la préparation de cette pièce, bien bâtie par ailleurs, erreur qui n\u2019a pas échappé totalement au public, celle de faire divulguer, par une infirmière, la maladie que le sujet en cause ne se décidait pas à dévoiler lui-même.On pourrait utiliser encore la radio, et, par des émissions périodiques, pour bien mettre en lumière les avantages du certificat prénuptial, insister sur son importance, dire que le mariage est la seule profession où on n\u2019exige pas de certificat de compétence, etc.Pour arriver à accomplir ce travail, et même davantage, nous nous sommes demandé s\u2019il ne devrait pas y avoir des médecins et des infirmières dont la fonction unique serait d\u2019agir comme propagandistes, Janvier 1946 Lavar.MÉDicaL : 105 du moins dans le district de Québec, aussi bien auprès de la profession médicale que du grand public.Dans le même ordre d\u2019idée, nous nous demandons aussi s\u2019il ne sera pas nécessaire ou tout simplement utile, un Jour, qu\u2019un médecin qualifié soit nommé à Québec pour servir d\u2019intermédiaire entre la Division des maladies vénériennes, dont toutes les activités administratives sont centralisées à Montréal, et le centre antivénérien de Québec.Quant à la propagande à faire auprès du grand public, nous croyons que le cinéma en constitue un des meilleurs agents.Toutefois, nous croyons qu\u2019il n\u2019est pas très utile de faire, dans ce but, de grandes manifestations, de grandes réunions, une fois par année par exemple avec, souvent, comme spectateurs ou auditeurs, les seules personnes intéressées à la lutte antivénérienne, mais que de petites réunions, groupant un nombre restreint de personnes, réunions se répétant souvent, donnent un résultat beaucoup plus efficace.Dans ce but a été entreprise, à Québec, une forme d\u2019éducation populaire portant sur les maladies vénériennes.Cette campagne, pa- tronisée par Son Excellence Mgr G.-L.Pelletier, évêque auxiliaire de Québec, a débuté en mai 1944.Nous désirons féliciter et remercier Son Excellence pour le bon accueil qu\u2019il a fait à notre demande et pour tout l\u2019intérêt qu\u2019il porte à cette question ; nous savons, par ailleurs, que le principe en a été favorablement accueilli par Son Éminence le cardinal Villeneuve.Comme nous le disions au début, la lutte antivénérienne, aujour- d\u2019hui comme en 1785, est assurée de l\u2019aide morale, active et précieuse des autorités religieuses.Sur la suggestion faite à Mgr Pelletier, celui-ci a confié aux diverses sections de la Société Saint-Jean-Baptiste le soin de faire, dans chaque paroisse, la propagande antivénérienne.Lalettre de Son Excellence au président de la Société Saint-Jean-Baptiste et à MM.les curés est suffisamment explicite et rien de plus n\u2019est à ajouter, sauf nos remerciements à la Société Saint-Jean-Baptiste qui veut bien se charger de cette tâche particulièrement utile et nécessaire. 106 Lava\u2026 MÉpicar Janvier 1946 « ARCHEVÊCHÉ DE QUÉBEC, LA CHANCELLERIE » Québec, ler mai 1944.Cher monsieur le Curé, La présente porte à votre connaissance une lettre envoyée à Monsieur le Président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec.Nous ne doutons pas que votre zèle pastoral vous portera à favoriser cette imitiative et à profiter de cette occasion pour donner une fois de plus, en faveur des mœurs chrétiennes, une leçon efficace.Gratitude et bénédiction.(signé) Georges-Léon PELLETIER, auxiliaire de Québec.Québec, le 13 avril 1944.Cher Monsieur le Président, Je viens déjà vous donner du travail.Ily a quelques semaines, j'avais causé d\u2019un certain projet avec Monsieur Coulombe, lequel était tout à fait disposé à rendre ce service.Voici de quoi il s\u2019agit.Vous connaissez la campagne entreprise contre les maladies vénériennes.Le ministère provincial de la Santé et Monsieur le Dr Emile Gaumond y travaillent avec ardeur.Les cliniques, le dépistage, les traitements, la fermeture des lieux de débauche, la surveillance continue, etc., ont déjà baissé de beaucoup le pourcentage de ces maladies chez nous.Il reste à parfaire l\u2019éducation.A cet effet, le ministère de la Santé met gratuitement à la disposition du public trois films qui durent environ dix à douze minutes chacun.Ils traitent respectivement des maladies vénériennes en général, de la gonorrbée et de la syphilis.Un machiniste muni d\u2019un appareil à projections, au besoin accompagne le film.Quelques représentations ont déjà été données en dehors de Québec.Pour la ville de Québec, nous avons pensé que la Société Saint-Jean- Baptiste pourrait se charger de faire voir ces films à un certain nombre de nos gens.Chaque section paroissiale, après s\u2019être entendue avec Monsieur le Curé pour l\u2019obtention d\u2019un local, arrêterait le soir convenable afin que, d'ici à six semaines, une douzaine de représentations aient pu avoir lieu.A l\u2019automne, on pourrait continuer.Point n\u2019est besoin d\u2019alerter le public pour rassembler un auditoire.La Société elle-même pourrait y inviter ses membres et s\u2019adjoindre d\u2019autres associations, comme la Ligue du Sacré-Cœur, la Ligue catholique féminine, la Ligue des citoyens, etc.Il s\u2019agit moins de remplir les salles, que de constituer un noyau sérieux qui pourrait faire à son tour de l\u2019éducation.Plus tard, nous jugerons de l\u2019opportumité d\u2019étendre à tous, ces représentations.A titre de suggestion, le programme de la soirée pourrait encore comporter une petite causerie donnée par un médecin local.Monsieur le Janvier 1946 Lavar MÉDicaL 107 Curé, qui encouragera avec plaisir cette initiative, donnerait le mot de la fin.De la sorte, chacun emporterait des idées nettes sur les moyens de rester pur et en santé, pour Dieu, pour sa patrie, pour sa famille présente ou future et pour lui-même.Nous avons confiance, Monsieur le Président, que la Société Saint- Jean-Baptiste verra dans cette campagne, un moyen d\u2019aider les nôtres, et qu\u2019elle y déploiera tout son dévouement.Cher Monsieur le Président, je vous prie d\u2019agréer l\u2019expression de mes sentiments distingués, et l\u2019assurance de ma constante collaboration à la cause qui nous unit tous.Meilleures bénédictions, (signé) Georges-Léon PELLETIER, auxiliaire de Québec.A Monsieur Rodolphe Laplante, président de la Société Saint-Jean-Baptiste, 167, rue Crémazie, Québec.Dix séances ont été données en 1944 dans différentes paroisses de la ville et des environs réunissant à chaque fois une assistance très intéressée \u2014 nous le savons personnellement \u2014 à s\u2019instruire du danger des maladies vénériennes.Nous espérons que cette initiative se poursuivra ou qu\u2019une autre semblable visera à atteindre le même but.Nous sommes assurés, par ailleurs, que ces « films » sur les maladies vénériennes seront par la suite présentés à certains groupes d\u2019élèves avancés, aussi bien dans les collèges de garçons que de filles.Nous croyons réellement que cette forme de propagande éducative se montrera utile, qu\u2019elle devra se poursuivre régulièrement et qu\u2019elle donnera à la longue des résultats tangibles.Nous ne voudrions pas terminer ce travail sans dire un mot encore de la prostitution.Nous avons déjà dit que les maisons de prostitution étaient fermées à Québec depuis décembre 1943, et ce n\u2019est pas sur ce point que nous entendons revenir.Il est bien certain que la fermeture de ces maisons ne fait pas disparaître la prostitution totalement ; celle-ci se continue mais d\u2019une façon beaucoup plus limitée, dans les petits et quelquefois les grands hôtels, les restaurants et les cabarets, etc. Lavar.MÉDicaL Janvier 1946 Nous avons déjà dit que la Cour du Recorder accordait à cette question de la prostitution et des maladies vénériennes une attention très généreuse et nous en félicitons et remercions de nouveau les intéressés.Mais 1l existe, une situation qui nous paraît inadmissible.Une prostituée, une vagabonde, est arrêtée ; obligée de fournir un cautionnement quelquefois assez élevé, n\u2019ayant pas un sou, ce cautionnement est quand même fourni par un tiers.Si la fille est condamnée à l\u2019amende, cette pénalité est encore payée par une tierce personne.Il y a donc quelqu\u2019un d\u2019intéressé dans l\u2019affaire, et cette façon de procéder engage sûrement la personne appréhendée vis-à-vis du payeur.On comprend facilement à quelle obligation est tenue la fille par la suite, et cette manière déguisée de faire la traite des blanches devrait disparaître.Nous vous avons présenté dans ce travail les transformations accomplies dans le district de Québec, dans la lutte aux maladies vénériennes, travail accompli sous les auspices du ministère de la Santé et du Bien-Etre social de la province.* Les diverses statistiques font voir le travail accompli et les résultats obtenus.Ce qui reste à faire est encore considérable mais, avec l\u2019esprit de collaboration qui existe à Québec entre les différentes autorités reli- gleuses, médicales, judiciaires, militaires, policières et sociales, nous ne doutons pas que, d\u2019ici peu, on puisse dire que les maladies vénériennes y sont devenues une rareté et que la ville de Québec sera encore citée à l\u2019honneur, comme la chose s\u2019est produite lors de la conférence nationale sur les maladies vénériennes tenue à Ottawa en décembre 1943, citation qui s\u2019est répétée encore tout dernièrement.BIBLIOGRAPHIE .SPILLMAN.25 ans de lutte contre la Syphilis.VALLÉE.Michel Sarrazin, sa vie, ses travaux et son temps.1927.Mandements des évêques de Québec.Gaumonp.La Syphilis au Canada français.Ur AN WN HA .F.SwEpiaur.Practical Obserrations on Venereal Complaints, 1787. Janvier 1946 LavaL\u2026 MÉDicaL 109 6.ARCHAMBAULT, Jules, directeur de la Division des maladies vénériennes.Communication personnelle.7.GaumonD.La Syphilis à Québec en 1942.8.GREENBAUM, et INGRAHAM.Public Health Venereal Disease Control, J.A.M.A., 125 : 527, (24 juin) 1944.9.INGRAHAM, Louise, Philadelphia, Pa.Patient\u2019s problem, American Journal of Syphilis, Gono.and C.D., 22 : 224, (mars) 1938.10.Lt-Col.D.H.WitL1ams.Canada\u2019s National Health and Venereal Disease Control, Can.J.Pub.Health, 34 : 261, (juin) 1943. ANALYSES Dr Philippe HAMEL.La carie denaire.Ses causes, sa préven= tion.Journal de l\u2019Association dentaire canadienne, (juin, août et septembre) 1945.L\u2019angoissant problème de la carie dentaire au sein de notre population et notre Impuissance à en établir une prophylaxie efficace incitent l\u2019auteur à faire la revue des facteurs étiologiques qui furent successivement mis en cause.Puis, s\u2019inspirant des travaux de McDonagh et de Broderick, 1l expose la théorie de l\u2019acidose, premier facteur de la carie dentaire, et en déduit des conséquences prophylactiques et thérapeuti- ues.| a Dès 1885, Miller énonçait la théorie chimico-parasitaire de la carie dentaire.La fermentation des glucides sous l\u2019action du bacille acidophile odontolytique, bacille que l\u2019on retrouve dans toutes les dents cariées, demeure le premier agent de la décalcification dentaire et par suite de la carie elle- -méme.Cependant, 1l est démontré que les seuls soins de propreté (brosse à dents) et d\u2019antiseptie, bien que hautement indiqués, ne sauraient prévenir tous les cas : des dents demeurent saines dans une bouche très malpropre, tandis qu\u2019une dent parfaitement saine peut se carier.Il faut donc admettre certains facteurs favorisants.Pendant quelque temps, on a cru que la diététique nous donnerait la clef du problème Mais les régimes les mieux équilibrés, tant par leur valeur en calories que par la variété de leurs constituants ne surent se montrer efficaces.Il n\u2019en reste pas moins que la suralimentation, et spécialement l\u2019abus des glucides, constitue un facteur prédisposant aussi important que la sous-alimentation.Cependant l\u2019auteur demeure sceptique devant les prétentions de la diététique et constate que les Eskimaux et les Maoris qui ignorent ses règles et se nourrissent surtout de protides et de glucides voient leurs dents se carier dès qu\u2019ils quittent l\u2019état sauvage pour venir à la civilisation.Puis ce fut l\u2019ère des vitamines.S\u2019appuyant sur le rôle de la vitamine D dans la fixation du calcium, M.et Mme Mellanby démontrèrent son action bienfaisante sur la structure de la dent et, par suite, sur la réduction de l\u2019incidence de la carie dentaire.Évidemment, avec la vitamine D, le régime doit comporter un apport suffisant de calcium.Cependant l\u2019auteur conteste l\u2019interprétation des Mellanby et, s'appuyant sur les Janvier 1946 Lavar MÉDICAL 111 travaux de G.V.Black, maintient que la structure dentaire n\u2019est qu\u2019un facteur tout à fait secondaire dans la prévention de la carie dentaire.A l\u2019appui de la théorie qu\u2019il énoncera plus loin, l\u2019auteur prétend que la vitamine D agirait plutôt en modifiant les humeurs de l\u2019organisme dans le sens dé la neutralité ou de l\u2019alcalinité que par son action bienfaisante sur le métabolisme du calcium.Quant à la vitamine À, elle agit principalement pendant la croissance de la dent et sa carence entraîne des défauts de structure.Par ailleurs cette vitamine permettrait à l\u2019organisme de mieux résister à l\u2019infecion microbienne.T'outefois, si l\u2019avitaminose À peut diminuer cette résistance de façon importante, l\u2019hypervitaminose ne saurait l\u2019accroître.Quant aux vitamines hydrosolubles, l\u2019auteur signale l\u2019importance du complexe B spécialement dans le métabolisme des glucides.D'autre part, on connait l\u2019existence de la gingivite et de la pyorrhée dans l\u2019avitaminose C et même, des auteurs américains (Boyle, Bessey et Wolback) croient que certains cas d\u2019atrophie alvéolaire ne seraient que de légères formes de scorbut chronique.Au total, sans que l\u2019avitaminose À, B, C, D ne puisse être considérée comme la cause première de la carie dentaire, 1l n\u2019en reste pas moins que ces vitamines jouent un rôle important dans le développement et la conservation des dents.Et l\u2019auteur passe au chapitre de l\u2019endocrinologie.En somme, on peut constater que les troubles endocriniens interviennent dans la carie dentaire en autant qu\u2019ils provoquent une perturbation du métabolisme du calcium, et c\u2019est sous cet aspect que l\u2019auteur étudie successivement la décalcification de l\u2019hyper-parathyroïdisme ainsi que la rétention et la fixation du calcium dans l\u2019acromégalie.Les troubles de la calcification et les ravages de la carie dentaire sont encore importants chez les hyperthyroïdiens.Quant aux hormones sexuelles, l\u2019auteur note la diminution de l\u2019excrétion du calcium après l\u2019ovariectomie.Aux causes de décalcification déjà notées, troubles endocriniens et avitaminose D, l\u2019auteur ajoute les déplacements de calcium par un excès d\u2019ions Na, K ou Mg et surtout d'ions P.On sait particulièrement qu\u2019une augmentation de la phosphatémie entraîne une importante élimination de calcium.Enfin, l\u2019auteur ajoute que l\u2019acidose est également une importante cause de décalcification.C\u2019est pourquoi, il insiste sur l\u2019opportunité de constituer un régime que ne soit pas trop cétogène et rappelle le fait que les corps gras brûlent au feu des hydrates de carbone.Ici, l\u2019auteur note le fait paradoxal, en apparence, que si l\u2019acidose entraîne la décalcification, par contre l'acidité stomacale est nécessaire à l\u2019ionisation du calcium et, par suite, à son assimilation.C\u2019est alors que l\u2019auteur expose le mécanisme de la réserve alcaline et des substances tampons qui, par leur Jeu de substitution, concourent à maintenir le pH du sang dans un état d\u2019équilibre.Il attache une grande Importance pour la carie dentaire aux variations, mêmes physiologiques, de ce pH surtout si elles s\u2019effectuent dans le sens de l\u2019acidose, par une diminution de la réserve alcaline. 112 Lavar\u2026 MÉpicaL Janvier 1946 Le pH de la salive serait un indice précieux de la réserve alcaline d\u2019un sujet et varierait dans le même sens que les modifications du pH sanguin.Or, cette notion prend son importance, si l\u2019on constate que la salive est plus acide dans les cas de carie dentaire, mais, par contre, plus alcaline dans les cas de pyorrhée.Avec Broderick et McDonagh, l\u2019auteur ajoute que « les personnes sujettes à la carie ont un système végétatif principalement dominé par le sympathique, tandis que les personnes atteintes de pyorrhée ont un système végétatif dominé par le para-sympathique ».Chez les premiers, il y aurait tendance « vers l\u2019acidose et leurs colloïdes sont déshydratés », tandis que chez les autres, il y aurait tendance « vers l\u2019alcalose et leurs colloïdes sont hydratés ».: C\u2019est à partir de ces notions que l\u2019auteur établit la prophylaxie de la carie dentaire.Elle consiste essentiellement, outre les soins hygiéniques déjà connus, à lutter contre « l\u2019acidose accidentelle et l\u2019acidose constitutionnelle de 'organisme ».La première « peut être due à une suralimentation ou à une alimentation mal balancée dans laquelle prédominent trop fortement les protéines et les hydrocarbonés.Elle peut étre due au surmenage intellectuel ou physique.Elle peut être attribuable à la stase intestinale».La seconde « provient de la prédominance du sympathique sur le para-sympathique.Elle peut être causée par une suractivité des glandes surrénales, thyroïdes ou parathyroïdes ; par une mauvaise ventilation pulmonaire qui n\u2019émet pas tout le CO?nécessaire pour hausser le pH; par un centre respiratoire qui n\u2019aurait pas la sensibilité normale à l\u2019influence du CO?».Laissant aux spécialistes le soin de traiter l\u2019acidose constitutionnelle, voici ce qu\u2019il préconise pour la correction de l\u2019acidose accidentelle : 1° Un régime alimentaire bien équilibré et plutôt frugal qu\u2019abondant.L\u2019auteur recommande particulièrement pour les Jeunes, très actifs, «une nourriture alcalinisante, tel des légumes et des fruits ».Les céréales et spécialement le gruau seraient avantageusement remplacés par la banane, mangée avec du blé filamenté (Shredded Wheat).Enfin il faut noter que l\u2019ingestion de jus de fruits acides, comme l\u2019orange et le pamplemousse, doit être suivie d\u2019un rince-bouche alcalin.Le même rince-bouche, une demi-cuillerée à thé de bicarbonate de soude, dans un quart de verre d\u2019eau, doit être utilisé chaque fois que l\u2019on croque une pomme.2° Une hygiène rationnelle qui comporte une vie bien réglée quant aux repas et aux heures de sommeil, Une vie faite de calme et de sérénité.Il recommande particulièrement la pratique du bain chaud le soir pour son action alcalinisante sur l\u2019organisme et sa valeur hypnotique.3° Comme traitement, pour augmenter la réserve alcaline, l\u2019auteur conseille, avec Broderick, la prise quotidienne de bicarbonate ou mieux des sels nutritifs du Dr Eric Pritchard.Ce traitement, à raison de deux pastilles de 15 grs chacune, avec un grand verre d\u2019eau, le matin avant le déjeuner, doit être continué pendant au moins un an.4° Le régime doit être surveillé pour sa teneur en calcium ; le lait en sera sa première source ou à son défaut le gluconate ou le lactate de calcium, qui devraient être administrés quatre heures après les repas ou Janvier 1946 LavaL MEbpicaL 113 une demi-heure avant les repas, au moment ou l\u2019alcalinité du petit intestin est moins marquée.5° L\u2019insuline, même en l\u2019absence de diabète, aurait une action bienfaisante sur la carie dentaire de l\u2019enfant.Cependant, son emploi demeure peu pratique.6° Enfin, l\u2019auteur signale les expériences en cours sur l\u2019addition de traces de fluor à l\u2019eau de l\u2019aqueduc, expériences dont on espère d\u2019excellents résultats.De même, le Dr Basil G.Bibby préconise l\u2019application de fluor au millième sur les dents trois fois par année : il aurait ainsi constaté une importante réduction de la carie dentaire.Cependant tout en prévenant la carie, le fluor a l'inconvénient d'attaquer l\u2019émail des dents en le rendant défectueux et moins lustré.Il importe donc d\u2019attendre les résultats des expériences en cours avant de se prononcer sur l\u2019action bienfaisante de cet élément.G.-A.BERGERON.M.P.KNIGHT et G.O.WOOD.Surgical obliteration of bone cavities following traumatic osteomyelitis.(L\u2019oblitération chirurgicale des cavités osseuses résultant de l\u2019ostéomyélite post-traumatique.) J.Bone er Joint Surg., 27 : 547, (oct.) 1945.Un des problèmes importants de la chirurgie de guerre est le traitement des pertes importantes de substance osseuse avec lésions étendues des tissus mous après fractures ouvertes.Ces blessures laissent en plus de l\u2019infection et une cicatrice adhérente, un os toujours fragile.Malgré les platres fermés, l\u2019ablation de séquestres, la chimiothérapie, 1l persiste très souvent une grande cavité osseuse, une soudure osseuse incomplète qui nécessite une prothèse, parfois une amputation.Knight et Wood préconisent ce qui suit pour hâter la guérison des tissus mous et amener une consolidation osseuse solide : 1° L\u2019ablation des séquestres et nettoyage de la cavité osseuse.Tout le tissu osseux infecté est enlevé, le tissu cicatriciel des parties molles également ; même le cartilage articulaire, s\u2019il est atteint, sera nettoyé.La cavité est ensuite remplie de gazes vaselinées et immobilisée dans un plâtre.Généralement, après sept jours, la cavité commence à granuler.II faut attendre pour faire une greffe cutanée qu\u2019il y ait du tissu de granulation assez important pour couvrir l\u2019os.2° La greffe cutanée.Les auteurs emploient le dermatome de Padgett et prennent le greffon cutané nécessaire avec une épaisseur de !/i0e à \u2018/16e de pouce.Tout le tissu granuleux est enlevé, la greffe mise en place et suturée.Un pansement compressif est appliqué très soigneusement et immobilisé avec un bandage élastique.Platre ensuite et pénicilline.Généralement, après six jours, on fait le premier pansement et, souvent, 80 à 95% de la surface épithéliale est bien reprise.Physiothérapie pour les articulations et les parties molles dès qu\u2019il est (9) 114 Lavar MÉDICAL Janvier 1946 possible de le faire.Quand la greffe cutanée est bien guérie, c\u2019est le troisièrre stage.3° L\u2019oblitération de la cavité osseuse avec des greffons osseux d\u2019os spongieux, après excision de la première greffe cutanée.Fermeture avec greffon cutané épais.Pour réussir, 1l faut avoir suffisamment d\u2019os pour remplir la cavité qui aura été bien nettoyée, où tout le tissu cicatri- \u201c ciel aura été enlevé ; de plus, la peau ne doit pas être tendue sur le champ des greffons osseux.Quand c\u2019est possible, on doit éviter que la suture cutanée corresponde à la cavité ; souvent, à cet effet, 1l faut faire des glissements de peau au moyen de pédicules qui doivent être assez larges et bien nourris.Il peut même arriver, si la vitalité du greffon cutané semble douteuse, qu\u2019il soit préférable d\u2019 attendre deux ou trois semaines.Une fois la fermeture des parties molles assurée, la peau surtout, 1! faut enlever le tissu osseux scléreux, ouvrir le canal médullaire, implanter l\u2019os spongieux généralement prélevé de la crête iliaque.Un pansement compressif est fait et la chimiothérapie continuée trois à cinq jours encore.Les auteurs rapportent 23 cas ainsi traités ; dans deux cas seulement, à cause d\u2019une erreur dans la technique de greffe cutanée, il persiste une petite plaie.Ls-Philippe Roy.Co TUI et alin.The hyperalimentation treatment of peptic ulcer with aminoacids (Amigen) and dextri-maltose.(Le traitement de l\u2019ulcère peptique par hyperalimentation aux acides aminés et à la dextri-maltose.) Gastroenterology, 5 : n° 1, (juillet) 1945.Les auteurs ont traité 30 ulcéreux par un mélange d\u2019Amigen et de dextri-maltose.Ces malades avaient une histoire dont la longueur variait entre un mois et vingt ans ; 14 étaient considérés comme des cas rebelles au traitement médical ; 6 patients avaient eu des hémorragies profuses ; 6 présentaient également de la stase gastrique ; 3 avaient des symptômes d\u2019ulcère extériorisé.Le traitement consiste à faire absorber au patient 300 à 400 gm.d\u2019amigen par 24 heures par doses réparties aux 2 heures.L\u2019amigen contient tous les acides aminés essentiels et des polypeptides ; son dosage en azote est de 114 à 3 fois plus élevé qu\u2019une diète riche en protéine.Chaque gramme d\u2019amigen développe 3.7 calories et chaque gramme de dextri-maltose 4 calories.La quantité nécessaire de sels minéraux est fournie par la préparation.L\u2019adjonction des vitamines nécessaires est faite.Le malade est soumis à ce régime exclusif pendant 2 à 3 semaines ; il n\u2019est pas nécessaire d\u2019ajouter des alcalins et des anti-spasmodiques.Résultats : des 27 malades dont le symptôme prédominant était la douleur 14 ont vu leur douleur disparaître en 24 heures et 13 en 48 heures; Janvier 1946 Lava\u2026 MÉDicAL 115 10 de ces ulcères étaient antérieurement rebelles au traitement médical.Dans 24 heures au plus tard les vomissements étaient disparus.Chez les malades étudiés on obtint une réduction importante de l\u2019HCI libre.L'étude de l\u2019équilibre azoté a montré qu\u2019il existe, chez la plupart des ulcéreux, un déficit en protéines.Chez la plupart des patients 1l y eut une augmentation de poids sous l\u2019influence de ce régime.L'amélioration des signes radiologiques accompagne l\u2019amélioration clinique.Bien qu\u2019il n\u2019y eut pas d\u2019études spéciales faites sur les résultats éloignés de cette thérapeutique, 1l semble bien que son influence soit favorable.La reprise des symptômes cède rapidement \u2018à l\u2019administration des acides aminés.L'efficacité de cette thérapeutique semble due à l\u2019action antiacide de la préparation et à sa grande teneur en principes de construction tissulaire.J.-Paul Ducaz.F.Jackson STODDARD.Abuse of endocrine therapy in gynecology.(De l\u2019abus de l\u2019endocrinothérapie en gynécologie.) J.A.M.A., 129 : 508, (13 oct.) 1945.L\u2019enthousiasme actuel pour la thérapeutique hormonale fait souvent employer à tort des produits glandulaires très actifs.Surtout dans le domaine de la gynécologie, un zèle intempestif fait interpréter tous les troubles génitaux de la femme comme des manifestations de déséquilibre endocrinien.Aucun traitement hormonal ne devrait être institué avant de s\u2019être assuré, par des examens et des épreuves de laboratoire complets, s\u2019il existe réellement un trouble glandulaire et avant d\u2019en connaître la nature précise.L'emploi intempestif de produits endocriniens, en gynécologie, en plus d\u2019être souvent inutile, peut entraîner des conséquences graves.L\u2019auteur rapporte quelques observations de malades ainsi traitées, de façon inadéquate, par des produits glandulaires.1° Une femme fut traitée pendant 4 mois, avec du stilbestrol, pour des supposées hémorragies utérines fonctionnelles, alors qu\u2019il s\u2019agissait, en réalité, d\u2019un avortement incomplet.2° Une femme reçut du stilbestrol pendant 6 mois pour des supposées métrorragies de la ménopause.II s\u2019agissait d\u2019un cancer très avancé du col de l\u2019utérus.3° Une femme, chez qui avait été posé, sans examen approfondi, le diagnostic de stérilité fonctionnelle, fut traitée pendant un an avec Phormone gonadotropique chevaline.Il s'agissait, en réalité, d\u2019une obstruction tubale mécanique par une ancienne salpingite.4° Une Jeune fille de 18 ans présentant de l\u2019aménorrhée primitive fut soumise, pendant deux ans, à une thérapeutique à base d\u2019hormone 116 Lava\u2026.MÉDicar\u2026 Janvier 1946 gonadotropique chorionique.L'examen montre qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une absence congénitale de vagin et d\u2019utérus.5° Une jeune fille de 18 ans qui présentait, depuis deux ans, de l\u2019arrénorrhée, de l\u2019hirsutisme et plusieurs signes de masculinisation, fut traitée, pendant quatre mois, avec des extraits de folliculine et de progestérone.Un examen complet de cette malade aurait permis de constater qu\u2019elle présentait une grosse masse au niveau de l\u2019ovaire gauche.Il s'agissait d\u2019un arrhénoblastome de l\u2019ovaire.6° Une femme de 48 ans fut traitée pendant 1% an avec des substances œstrogéniques pour des supposés troubles de ménopause.Un examen attentif révéla que tous les troubles nerveux et vaso-moteurs que présentait cette malade dépendaient d\u2019un goitre toxique grave.7° Une femme de 24 ans fut traitée, pendant quatre ans, pour des ménorragies.Elle reçut, tour à tour, de la folliculine, de la progestérone, de l\u2019hormone masculine, de l\u2019hormone gonadotrope, en plus des transfusions de la vitamine K, du fer et du foie de veau.Un examen sérieux montra qu\u2019elle souffrait d\u2019hypothyroïdie manifeste.L\u2019administration d\u2019extraits thyroïdiens corrigea rapidement tous ses troubles.8° Une femme de 76 ans fut traitée, pendant 9 mois, avec de la folliculine en applications locales et en injections, pour une vaginite sénile.Un examen gynécologique, qu\u2019elle n\u2019avait pas eu auparavant, révéla qu\u2019elle souffrait d\u2019un cancer envahissant de la vulve et du vagin, avec de gros ganglions inguinaux.Antonio MARTEL.C.HUGGINS et D.F.MAcDONALD.Chronic Hemospermia ; its origin and treatment with estrogen.(L\u2019hémospermie chronique ; origine et œstrogénothérapie.) J.Clin.Endocrinol.5 : 226, (mai) 1945, Il arrive assez fréquemment que l\u2019on retrouve du sang dans le liquide spermatique, de façon passagère, au cours des prostatites aiguës, à la suite d\u2019un traumatisme ou d\u2019une prostatectomie.L\u2019hémospermie chrcnique est moins fréquente.Ce qui la caractérise, c\u2019est sa chronicité et sa résistance aux moyens habituels de traitement.Elle peut persister pendant des mois et même des années, sans altérer l\u2019état général des patients mais, à la longue, elle est une source d\u2019anxiété pour ceux-ci.À part la constatation de sang dans le liquide spermatique, on ne trouve habituellement rien d\u2019anormal à l\u2019examen général ou urologique.Plusieurs théories ont été émises pour expliquer l\u2019origine du sang associé au sperme : inflammation des vésicules séminales ; hémorragie a vacuo se produisant dans les vésicules séminales distendues à la suite d\u2019une longue période de continence ; kystes ou papillomes du veru montanum ; spermatocèle ; tuberculose des vésicules séminales ; les excès sexuels (ce qui s\u2019est avéré faux dans la suite).Les auteurs ont étudié neuf patients présentant de l\u2019hémospermie chronique et chez qui on ne pouvait déceler aucune maladie générale ni Janvier 1946 LAVAL MÉDICAL 117 affection urologique.Il fut d\u2019abord constaté que dans tous les cas d\u2019hémospermie chronique, le sang n'apparaissait que dans les dernières fractions du sperme éjaculé.On en conclut que l\u2019hémorragie se produit, de toute évidence, au niveau des vésicules séminales.Le liquide prostatique ne contient presque jamais de sang.Les auteurs ont employé, pour traiter les cas d\u2019hémospermie chronique, des substances œstrogéniques.Ils administrèrent de l\u2019Ethinyl estradiol, sous forme de comprimés de 0.05 mgm, à la dose de 1 ou 2 comprimés par jour ; la durée moyenne du traitement fut de 3 à 7 semaines.Ils obtinrent ainsi 4 guérisons définitives sur les 6 malades.Les deux autres patients n\u2019eurent qu\u2019une guérison partielle, les troubles ayant recommencé après la cessation du traitement.Au cours du traitement, les auteurs observèrent les faits suivants.Un patient présenta de la mastalgie.Chez tous les malades sous observation, le volume du sperme diminua beaucoup et le sperme était beaucoup plus fluide.La concentration du glucose (qui vient des vésicules séminales) dans le sperme baissa de 292 mgm à 70 mgm par 100 c.c.En même temps, on nota une légère diminution de la fonction prostatique, à en Juger d\u2019après la diminution du taux de la phosphatase acide.Le nombre des spermatozoïdes diminua beaucoup ; on vit apparaître des formes anormales de spermatozoïdes.Toutes ces anomalies disparurent après cessation du traitement.Les auteurs peuvent en conclure : 1° que dans l\u2019hémospermie chronique, le sang vient des vésicules séminales ; 2° que la prostate et les vésicules séminales ne se vident pas en même temps, mais que l\u2019excrétion prostatique précède l\u2019autre ; 3° que les œstrogènes provoquent un arrêt temporaire de l\u2019activité des vésicules séminales, tandis que l\u2019activité de la prostate persiste.Antonio MARTEL.K.J.KARNAKY.Prolonged administration of diethylstilbes- trol.(L'administration prolongée de diéthylstilbestrol.) J.Chin.Endocrinol., 5 : 279, (juin) 1945.On a prétendu, pendant longtemps, que l\u2019administration prolongée du stilbestrol pouvait produire des effets toxiques sérieux.L'auteur étudie les effets de ce médicament sur 3,287 patientes.Il n\u2019a constaté aucune manifestation toxique chronique ni aucun effet cancérigène malgré l\u2019administration prolongée du stilbestrol, même à très fortes doses.86 fillettes furent traitées, pour vulvo-vaginite gonococcique, pendant 1 à 18 mois, avec des doses de stilbestrol variant de 1 à 25 mgms par jour, sans que l\u2019on note de mauvais effets ni de modifications au point de vue de l\u2019ossification. 118 LavaL\u2026 MÉDicaL Janvier 1946 136 femmes furent traitées, pour des troubles gynécologiques, avec le stilbestrol, a des doses moyennes de 100 mgms par jour par voie orale, en méme temps qu\u2019elles recevaient des injections de 100 mgms du méme produit, 2 à 6 fois par semaine, pendant plusieurs semaines.Aucun trouble ne fut observé.2 femmes enceintes reçurent 950 mgms de stilbestrol par semaine, pendant 19 semaines (total de 18,000 mgms).Les deux enfants qui naquirent après cinq mois de grossesse ne présentèrent à l\u2019autopsie aucune manifestation pathologique, macroscopique ni microscopique.31 femmes enceintes (grossesses normales) reçurent 100 mgms de stilbestrol par Jour, du troisième mois de la grossesse jusqu\u2019à l\u2019accouchement (total de 18,000 mgms).Elles accouchèrent toutes d\u2019un enfant normal.Les enfants présentèrent tous une pigmentation très marquée de l\u2019aréole mamelonnaure et de la vulve, tel qu\u2019on l\u2019observe chez la femme ainsi traitée.10 femmes enceintes reçurent 500 mgms de stilbestrol en iniection, en une seule dose.Une telle dose provoqua des nausées et vomissements tel que le fait une petite dose chez une femme non enceinte.La femme enceinte tolère facilement 1,000 fois la dose requise pour provoquer des nausées chez une femme non enceinte.Les seuls effets désagréables observés au cours de l\u2019administration de fortes doses prolongées de stilbestrol furent des nausées et vomissements qui disparurent après 4 à 6 Jours de traitement ; léger œdème de la vulve ; aucune lésion cutanée ; aucun trouble sanguin.Le seul ennui régulièrement observé est la production d\u2019hémorragies utérines, chez la femme non enceinte, lorsqu\u2019elle a encore son utérus ou le col utérin.Surtout chez la femme à la ménopause qui possède un utérus normal, la crainte de telles hémorragies, qui peuvent être très abondantes, recommande de ne pas donner de stilbestrol à la dose de 1 mgm, pendant plus de 25 jours de suite.Le stilbestrol est un produit possédant une très grande puissance œstrogénique et on peut le donner, aux doses recommandées, sans aucune crainte.Antonio MARTEL.BEAMISH et ADAMSON.The treatment of essential hypertension with sodium thiocyanate.(Le traitement de l\u2019hypertension essentielle au thiocyanate de sodium.) Canad.M.A.J., 53 : 236, (sept.) 1945.RÉSUMÉ 1° L\u2019 hypertension essentielle constitue un terrible problème thérapeutique.2° Les traitements usuels sont insuffisants dans bien des cas.3° Un relevé de la littérature révèle que, avant 1936, l\u2019usage du thiocyanate de sodium fut impraticable à cause des réactions toxiques. Janvier 1946 Lava\u2026.MÉDicAL 119 4° C\u2019est Barker qui préconisa le dosage fréquent du thiocyanate de sodium dans le sang et plus de la moitié de ses patients furent améliorés tant objectivement que subjectivement avec un minimum de réactions toxiques.La meilleure concentration sanguine fut estimée entre 8 à 12 mgm.par 100 c.c.Plusieurs observateurs ont confirmé ces résultats.5° Les auteurs ont traité dix patients au thiocyanate suivant la méthode de Barker.L\u2019amélioration subjective et objective, qui est définitivement attribuable à l\u2019action du thiocyanate, fut obtenue dans plus de la moitié des cas.La réduction de la pression artérielle revenait en moyenne à 40.5 mm.systolique et à 19.8 diastolique.L\u2019amélioration des symptômes survint dans six cas et de légers effets toxiques dans cing.Un patient développa une hyposystolie congestive passagère.Les meilleurs résultats furent assurés chez ceux qui, malgré de graves symptômes, avaient des lésions rénales et cardio- vasculaires légères.Il est évident que le choix judicieux des sujets augmentera la qualité des résultats.Conclusions Le thiocyanate constitue un bon traitement de l\u2019hypertension essentielle à la condition : 1° que la concentration sanguine du cyanate soit bien établie ; 2° que les patients soient bien observés de façon à mettre en évidence la moindre manifestation toxique ; 3° que la fonction rénale soit encore bonne ; 4° que les vaisseaux coronaires et cérébraux ne soient pas trop atteints ; 5° que les autres traitements aient échoué dans les cas graves avec pression artérielle très élevée (ce qui constitue une indication parfaite).Pierre JoBiN.J.O'CONOR.Thrombin (topical) as a hemostatic aid in pros- tatic surgery.(La thrombine en applications locales pour contribuer à l\u2019hémostase dans la chirurgie prostatique.) J.Urol, 53 : 584 (avril) 1945.Alexandre Smith a été le premier à parler de la thrombine, ferment existant dans le plasma sous une forme inactive, prothrombine, convertie en thrombine par une action zymoplastique.Plus récemment, le Dr H.P.Smith et ses associés de l\u2019Université de l\u2019Iowa ont décrit une thrombine plus active que celle antérieurement connue.La thrombine (topique) préparée par la Maison Parke, Davis et Cie se présente sous la forme d\u2019une masse friable soluble dans l\u2019eau ou le sérum salé.Dissoute, elle est opalescente et a un pH de 7.2.Cette thrombine n\u2019est pas toxique et, après différentes expériences, on en a 120 LavaL.MÉDicAL Janvier 1946 conclu à son action hémostatique.L'application sur une surface sajgnante favorise la formation d\u2019un caillot et l\u2019arrêt de l\u2019hémorragie.L\u2019auteur n\u2019a pas observé de thromboses veineuses ou d\u2019embolies après l\u2019emploi de cette substance.Dans la chirurgie prostatique, deux choses sont importantes : l\u2019hémostase et un drainage adéquat.La thrombine (topique) aiderait à remplir ces deux conditions.L\u2019auteur a utilisé cette substance après 140 résections endo-urétrales et dans 47 prostatectomies sus-pubiennes.Dans les résections, après coagulation des artères qui saignent, 1l place une soude de Foly n° 22 ou 24, et fait des irrigations de la vessie à l\u2019eau stérile jusqu\u2019à ce que l\u2019eau de retour soit claire.Il injecte 10 c.c.de la solution de thrombine et ferme la sonde.Après quelque minutes il insuffle le sac de la sonde et le place dans la cavité prostatique.Le malade est transporté à son lit et après 30 à 60 minutes 1l ouvre la sonde et la connecte au tube de drainage.Il ne fait pas d\u2019autres irrigations à moins qu\u2019il n\u2019y ait des caillots qui obstruent la sonde, ce qui s\u2019est produit 5 fois sur 140 cas.Il se forme une mince couche sur la suface cruantée, qui arrête le saignement.La persistance du suintement serait due : 1° à une quantité insuffisante de thrombine (topique) ; 2° à une hémorragie causée par un vaisseau trop gros pour être obstrué par ce moyen d\u2019hémostase ; 3° à un suintement sous un caillot ; 4° à une dyscrasie sanguine.Dans les prostactectomies sus- publennes, après ligature des artères, la cavité prostatique est tamponnée avec une gaze dont les premiers 10 pouces ont été imbibés de 10 c.c.de la solution de thrombine.Ce tamponnement est laissé en place 48 heures.À date, l\u2019auteur n'a pas obtenu de suintement important ni d\u2019hémorragie après l\u2019ablation du tamponnement.L\u2019auteur conclut que la thrombine (topique) est l\u2019hémostatique de surface le plus actif pour la maîtrise du suintement sanguin dans la chirurgie prostatique.Arthur BÉDARD. CHRONIQUE, VARIÉTÉS ET NOUVELLES L\u2019INSTITUT D'HYGIÈNE ET DE BIOLOGIE HUMAINE DE L\u2019UNIVERSITÉ LAVAL C\u2019est le 16 novembre 1944 que le Conseil de l\u2019Université Laval décidait la fondation de ce nouvel Institut.Moins d\u2019un an après, 1l avait ses locaux aménagés au sous-sol de l\u2019École de médecine et les recherches se poursuivaient déjà sous la direction de MM.les Drs Lucien Brouha et Louis-Paul Dugal et de M.André Gasnier.Il s\u2019agit d\u2019un Institut de recherches appliquées aux problèmes de biologie et d'hygiène de l\u2019homme.Il se compose de trois départements : hygiène et physiologie du travail ; hygiène et physiologie de l\u2019acclimatation ; hygiène de la nutrition.II y a, en outre, une section de photographie et de cinématographie scientifiques qui est au service des trois départements.ORGANISATION DE LA RECHERCHE A L\u2019INSTITUT L'Institut pourra entreprendre deux genres de travaux : a) des recherches fondamentales de biologie avec la possibilité de faire de l\u2019expérimentation sur l\u2019animal ; b) des recherches générales ou appliquées, faites directement sur l\u2019homme.Pour comprendre et résoudre la plupart des problèmes qui se posent actuellement en biologie, 1l faut la collaboration des trois départements, fonctionnant comme une seule unité de recherches.La marche à suivre pour attaquer ces problèmes sera discutée et adoptée par les chefs de département qui seront ensuite responsables de la partie du travail faite immédiatement sous leur direction.D'autre part, les questions plus particulières qui peuvent être mises à l\u2019étude dans chacun des trois départements relèvent uniquement du chef de département. LavaL MEbpicaL Janvier 1946 PROGRAMME GENERAL DE RECHERCHES Voici un certain nombre de problèmes qui pourront être étudiés à l\u2019Institut.Cette simple énumération nous permet de voir la nécessité de la collaboration entre les trois départements.I.\u2014 Hygiène et Physiologie du travail : Etude générale de la physiologie du travail musculaire chez l\u2019homme ; modifications physiologiques provoquées par divers genres et diverses intensités de travail : ; physiologie de l\u2019entraînement physique, problèmes de la fatigue, etc.Etude des rendements physiologiques ; leurs modifications par le choix judicieux des mouvements, l\u2019alimentation et les conditions extérieures.Physiologie des métiers manuels ; analyse des mouvements et recherches sur le coût physiologique des métiers.Physiologie et hygiène de l\u2019éducation physique et des sports.Étude d\u2019un programme de conditionnement physique pour la jeunesse.Orientation et sélection professionnelles.Influence de l\u2019âge sur la capacité de travail.Réentraînement et réadaptation des ouvriers âgés.Hygiène du travail et du travailleur dans les différentes industries.Les facteurs psychologiques et la capacité de travail.II.\u2014 Hygiène et Physiologie de l\u2019acclimatation : Etude des mécanismes physiologiques d\u2019adaptation au froid, à la chaleur, à l\u2019humidité, aux changements brusques de température.Adaptation à des conditions défavorables d\u2019environnement : pression atmosphérique, lumière, radiations, poussières, substances toxiques, à température et à humidité variables.Influence du climat et de l\u2019environnement sur l\u2019homme et sa capacité de travail, sur ses besoins alimentaires au travail et au repos.Influence des climats et de l\u2019environnement sur la santé.Influence des climats sur les besoins alimentaires : chaleur, froid, l\u2019humidité, etc.III.\u2014 Hygiène et Physiologie de la nutrition : Étude générale des besoins et des régimes alimentaires chez l\u2019homme, l\u2019adolescent, l\u2019adulte.tudes sur les aliments indispensables : vitamines, sels minéraux, acides aminés, acides gras.Études sur la nutrition en rapport avec le travail musculaire : besoins énergétiques, adaptation des régimes alimentaires aux divers travaux ; étude du rendement énergétique des aliments et des régimes.Equilibre alimentaire.L\u2019alimentation à l\u2019usine : nature des aliments, les régimes de choix, le rythme des repas et l\u2019efficacité au travail.Hygiène de l\u2019alimentation et des aliments. Janvier 1946 Lavar.MéÉDicaL 123 IV.\u2014 Section de cinématographie : On comprendra qu\u2019un tel programme de recherches ne puisse être réalisé que par une équipe nombreuse de savants.Dès les débuts, l\u2019Université a retenu les services de trois éminents professeurs qui seront les chefs de départements : ce sont M.le Dr Lucien Brouha, directeur de l\u2019Institut, qui dirigera le laboratoire d\u2019Hygiène et de Physiologie du travail ; M.le Dr Louis-Paul Dugal, directeur adjoint de l\u2019Institut, qui a la direction du département d\u2019Hygiène et de Physiologie de l\u2019acclimatation.Enfin, M.André Gasnier sera le chef du département d\u2019Hygiéne et de Physiologie de la nutrition.L'équipe des fondateurs comprend aussi trois assistants qui sont le R.P.Guy Fortier, s.s., M.André Desmarais et Mlle Mercédès Thérien, tous licenciés en sciences et inscrits à l\u2019École des Gradués pour la préparation de leur doctorat.M.Lucien Brouha est né à Liège en 1899.Il fut prisonnier de guerre en 1917 et 1918.Docteur en médecine et docteur en sciences physiologiques de l\u2019Université de Liège, il fut, en 1924, boursier de recherches au Collège de France, sous la direction du professeur André Mayer.Assistant aux Facultés de médecine de Paris et de Liège en 1926 et 1927, il fit ensuite un voyage aux Etats-Unis comme boursier de la Belgian American Educational Foundation et fréquenta, durant deux années, l\u2019Université de Californie.Revenu en Europe, il fut d\u2019abord associé de recherches scientifiques à Paris, puis chef du département de Physiologie à Bruxelles (Fondation de recherches médicales Reine-Élisabeth) et, de 1932 à 1938, professeur d\u2019hygiène et de biologie appliquées à l\u2019Education physique à l\u2019Université de Liège.En 1938, il devient président de Institut supérieur d\u2019éducation physique de cette université et membre du Conseil national d\u2019Alimentation de Belgique.Entre temps, il fait plusieurs voyages aux Etats-Unis, à titre de Fellow de la Belgian American Educational Foundation et poursuit des travaux de recherches au Fatigue Laboratory, de Harvard.En 1939, il est délégué belge au Comité international d\u2019Alimentation à Paris.En 1940, il est physiologiste attaché à l\u2019aviation militaire française par le Conseil national de la Recherche scientifique.De 1940 à 1944, 1l est physiologiste au département d\u2019Hygiène à Harvard.Puis, l\u2019année suivante, il est conseiller du Chemical Warfare Service de l\u2019armée américaine.Il est présentement directeur du Service des Recherches médicales à l\u2019Aluminium Company of Canada, Ltd.Le Dr Brouha est lauréat de l\u2019Académie des Sciences de Paris (1934) ; lauréat de l\u2019Académie de médecine (1930 et 1938) et lauréat de l\u2019Académie des Sciences, de Bruxelles.Jusqu\u2019ici les recherches du Dr Brouha ont porté principalement sur les hormones sexuelles, sur le système nerveux autonome, sur la physiologie du travail musculaire et de l\u2019entraînement physique, sur les bases physiologiques de l\u2019orientation professionnelle et sur certains problèmes de nutrition en relation avec le travail musculaire.Le Dr Louis-Paul Dugal est né à Québec en 1911.Il a fait ses études secondaires au Séminaire de Québec, ou il obtenait, en 1931, son 124 LavaL MeEbicaL Janvierl 946 baccalauréat .ès arts summa cum laude.En 1933, il était licencié és sciences et 'année suivante maitre és sciences chimiques (Laval).Dès 1935, 11 est chargé de cours à l\u2019Université de Montréal où 1l est demeuré jusqu\u2019au mois de septembre 1945.A son retour de l\u2019Université de Pennsylvanie, où 1l obtient le doctorat en 1939, 1l est assistant professeur de Physiologie générale.En 1940, 1l est professeur de Physiologie générale et secrétaire de la rédaction de la Revue canadienne de Biologie ; en 1941, sous-directeur de l\u2019Institut de Biologie et directeur du département de Physiologie générale de cet Institut.En 1944, le Dr Dugal était élu membre du Conseil national des Recherches du Canada et du Conseil de la Canadian Physiological Society.Cette même année, 1l voyait ses travaux couronnés au concours de la province de Québec.M.Dugal était professeur titulaire de Physiologie générale a la Faculté des Sciences de l\u2019Université de Montréal, au moment où 1l fut appelé à diriger, avec M.Brouha, le nouvel Institut d\u2019Hygiène et de Biologie humaine de Laval.Bien que M.Dugal ait dû, jusqu'ici, consacrer beaucoup de temps à l\u2019enseignement, ses travaux de recherches sont quand même nombreux et ont porté sur les facteurs d\u2019adaptation et sur la résistance au froid, à la chaleur et aux hautes altitudes, sur la respiration, et sur la cicatrisation des plaies ; sur le choc, les brûlures et certains problèmes de pharmacologie.M.André Gasnier est né en 1904 à la Flèche, Sarthe.Licencié en sciences physiques et en sciences naturelles, 1l fut assistant du professeur André Mayer dans le laboratoire d\u2019histoire naturelle des corps organisés, au Collège de France.Il a été chef de travaux à l\u2019Institut national agronomique de Paris et directeur du laboratoire de Bio-énergétique de l\u2019Institut d\u2019Hygiène alimentaire, secrétaire général du Comité de l\u2019Alimentation pour la France et pour les problèmes de guerre de l\u2019Alimentation.Pendant les dix années qui ont précédé la guerre, M.Gasnier a consacré tout son temps à des recherches sur les problèmes de métabolisme et de la nutrition.Ces recherches ont fait l\u2019objet de nombreuses publications en collaboration avec le professeur André Mayer et avec d\u2019autres travailleurs du Département de Physiologie du Collège de France.La formation d\u2019une telle équipe et l\u2019organisation des laboratoires entraîne des frais considérables.L\u2019Université a confiance qu\u2019on appréciera ses efforts et les sacrifices qu\u2019elle s'impose pour donner des cadres solides à un Institut destiné à rendre de grands services à l\u2019industrie et aux différentes catégories d\u2019employeurs.Elle est assurée d\u2019avance qu\u2019il se trouvera quelque généreux Mécène pour seconder ses efforts, comme il s\u2019est trouvé, l\u2019an dernier, un Charles Breitung pour fonder une chaire de psychologie expérimentale.À sa séance du mois de décembre, le Conseil universitaire a nommé M.le Dr Lucien Brouha, professeur titulaire de physiologie appliquée, Janvier 1946 Lavar.MÉDicaL 125 et M.le Dr Louis-Paul Dugal, professeur d\u2019hygiène et de physiologie de l\u2019acclimatation.Le docteur Louis-Paul Dugal, directeur-adjoint de l\u2019Institut d\u2019Hygiène, vient d\u2019être invité, par le Conseil des Recherches, à faire partie du sous-comité qui aura pour principale fonction d\u2019étudier la radio-activité en biologie et en médecine.Le Comité se compose du Dr J.-B.Collip, président, du Dr J.-C.Butler et du Dr L.Young.DON DU GOUVERNEMENT FRANÇAIS A LA FACULTÉ DE MÉDECINE Le premier décembre dernier, M.Pierre-Paul Lorion, consul général de France au Canada, recevait chez lui, rue de La Tour, les professeurs de la Faculté de Médecine, les représentants de l\u2019Université et les doyens des Facultés Cette réception avait pour but la présentation de 70 volumes et de 50 revues de médecine, don du Gouvernement français à la Faculté de médecine de Laval.Toutes ces œuvres ont été publiées pendant l\u2019occupation allemande.C\u2019est Ià un don à la fois généreux et précieux car, depuis 5 ans, nous étions presque complètement privés de toute littérature scientifique en notre langue.Voilà un pas bien Important dans la reprise des contacts entre nos deux milieux, contacts qu\u2019il nous faut vivement rechercher et que l\u2019on doit favoriser.Nous publions à la suite la liste de ces volumes, monographies, traités ou précis.Anatomie des centres nerveux.\u2014 Cossa-PairLas, (Legrand.) Application (Les) de la génétique a la médecine.\u2014 M.Lamy, (Doin.) Applications chirurgicales.\u2014 JEANNENEY, (Doin.) Blessures crânio-cérébrales par projectiles.\u2014 R.THurEL, (Masson.) Chirurgie de la hanche.\u2014 VIDAL, NAQUET, (Legrand.) Diagnostics difficiles.\u2014 Noé&l FiessiNGeR, (Masson.) Endocrinologie clinique, thérapeutique et expérimentale.\u2014 SAINTON, SIMONET et BrRouna (Masson.) Entorses du cou-de-pied et entorses du genou.\u2014 LÉGER et OLIVIER, (Masson.) Formulaire de thérapeutique et de pharmacologie.\u2014 Lærver, (Doin.) Granulo-diagnostics de la tuberculose.(Les).Gymnastique corrective.\u2014 PÉTAT, BLANCHON, (Legrand.) Hormones (Les).\u2014 ALBEAUX, FERNET, (A.Legrand & Bertrand.) Les cas limites du traitement chirurgical de la tuberculose.\u2014 Four, DLEBECQ, (Doin.) Le myocarde.\u2014 LyTEMCHER, (Masson.) Les ondes courtes et thérapeutiques.\u2014 SAIDMAN, MAYER, (Doin.) (10) 126 LavAL MÉDpicaL Janvier 1946 Les plantes fossiles.\u2014 EMBERGER, (Masson.) Les sources de rayons infra-rouges.\u2014 SAIDMAN, (Doin.) Les yeux.\u2014 Rocxon, DuvIGNEAUD, (Masson.) Maladie de Besnier.\u2014 BÆcx, SHAUMANN, (Masson.) Maladie de I\u2019estomac.\u2014 Félix Ramonp, (Masson.) Maladies mentales.\u2014 MarcuaND, (Legrand.) Manuel de phtisiologie.\u2014 Ravina, (Masson.) Manuel de pleuroscopie et de section de brides.\u2014 Douapy, MEYER, (Legrand.) Matières premières usuelles du régne végétal.\u2014 Perrot, E., tomes I-II, (Masson.) Oto-neurologie.\u2014 M.Ausry, (Masson.) Pathologie médicale, tomes III et V.\u2014 Bezancon, (Masson.) Pathologie radiographique du squelette, atlas III.\u2014 BrLor, LEPENNETIER, (Bertrand.) Petite chirurgie.\u2014 M AISONNET, (Doin.) Phtisiologie du médecin praticien.\u2014 BAriÉTYy, (Masson.) Physio-pathologie et chirurgie des artères.\u2014 R.LEriCHE, (Masson.) Pneumothorax extra-pleural.\u2014 Le Foyer DeLBEC, (Doin.) Pratique (La) chirurgicale illustrée.\u2014 PAUCHET, MARTEL, (Doin.) Pratique orthopédique.\u2014 MAssART, NAQUET, (Legrand.) Précis d\u2019anatomie-phy.du système nerveux.\u2014 LHERMETTE, MASQUIN, TRILLES, (Doin.) Précis de chimie biologique médicale.\u2014 CrisToL, (Masson.) Précis de clinique de chirurgie infantile.\u2014 OMBRÉDANNE, (Masson.) Précis d\u2019endocrinologie clinique.\u2014 LANGERON, (Doin.) Précis d\u2019histologie physiologique.\u2014 PoLicarD, (Doin.) Précis de matière médicale homéopathique.\u2014 VANNIER, POIRIER, (Doin.) Précis de mycologie.\u2014 LANGERON, (Masson.) Précis de phtisiologie.\u2014 À.Giraup, (Dotn.) Précis de physiologie.\u2014 Hépon, (Doin.) Précis de pratique médicale.\u2014 Savy, (Doin.) Précis de séméiologie médicale élémentaire.\u2014 RIMBAULT, (Doin.) Précis de technique du séro-diagnostic de la syphilis.\u2014 R.DEMONCHE, (Doin.) Précis de thérapeutique et de pharmacologie.\u2014 Ricaux, HAZARD.Précis de tuberculose.\u2014 J.SrÉPHAN1 (Legrand.) Précis de virologie médicale.\u2014 LEvapiti, (Masson.) Psychiatrie médico-légale.\u2014 R.CLAUDE, (Doin.) Psychopathologie de la vision.\u2014 LHERMETTE, (Masson.) Précis de technique radiologique.\u2014 NÈGRE et F.ROUQUET.Région abdominale.\u2014 E.OLiviEr, Planche II.Région abdominale.\u2014 Texte II.Région thoraco-abdominale.Planche I.\u2014 E.Ouivier, (Legrand.) Région thoraco-abdominale.Texte I.\u2014 (Legrand.) Symptômes (Les) de la tuberculose pulmonaire.\u2014 (Masson.) Technique de radio-diagnostic.\u2014 LEpoux, LEBARD, (Masson.) Technique des opérations plastiques.\u2014 MArI0N, PÉrARrD, (Masson.) Thérapeutique (La) biologique de la tuberculose par le vaccin de Pousset.\u2014 J.PÉrisson, (Legrand.) Thérapeutique neurologique.\u2014 Cossa, (Masson.) Traité de cryptogamie.\u2014 Lutz, (Masson.) Janvier 1946 Lava\u2026.MÉpicaL 127 Traité de technique chirurgicale.\u2014 (7 vols.) (Masson.) Traitement des blessures et des lésions traumatiques crânio-cérébrales récentes.\u2014 RAYMOND, GUILLAUME.(Masson.) Traitement orthopédique de la paralysie infantile.\u2014 M.BoPPE, (Masson.) Traumatismes de la moelle et des racines.\u2014 Tnrez, (Masson.) Urographie intra-veineuse.(L\u2019) \u2014 TrucHoT, Fey, (Masson.) Vaccination (La) contre la tuberculose par le B.C.G.\u2014 HarrÉ, LAGROUA, (Doin.) Vie et finalité.\u2014 RouviÈre, (Masson.) Radio-diagnostics urgents.\u2014 Monpor, (Masson.) DEUX NOUVEAUX MÉDECINS DE LAVAL AU COLLÈGE ROYAL DES MÉDECINS ET CHIRURGIENS DU CANADA En octobre dernier, le Collège royal des Médecins et Chirurgiens du Canada admettait, après concours, MM.les Drs Paul-Edmond Pouliot et Wilfrid Caron, qui sont tous deux gradués de Laval.M.le Dr Paul-Edmond Pouliot, assistant à la Clinique des donneurs de sang, est spécialiste agréé en chirurgie et, au moment méme ou il réussissait ses examens au Collège royal, 1l obtenait la licence fédérale du Conseil médical du Canada.Après l\u2019obtention de son baccalauréat ès arts en 1932, il fit ses études médicales & Québec, gagna le prix Vézina de chirurgie et obtint le diplôme de docteur en médecine avec distinction en 1937.Deux années de résidence et de bénévolat en chirurgie à l\u2019Hôtel- Dieu de Québec le préparèrent à compléter sa formation chirurgicale aux Etats-Unis, d\u2019abord à Boston, sous la direction du Pr Churchill, au Massachusetts General Hospital et à la Clinique Lahey où 1l s\u2019intéressa particulièrement à la chirurgie du goitre, puis à New-York où il étudia la .chirurgie de la glande mammaire au Post Graduate Medical School.De retour à Québec, en 1940, il fréquenta les Services chirurgicaux de l\u2019Hôtel-Dieu et devint assistant à la Clinique des donneurs de sang de la Croix-Rouge canadienne, poste qu\u2019il occupe encore en ce moment.M.le Dr Wilfrid Caron, assistant dans le Service de chirurgie de l\u2019Hôpital du Saint- Sacrement, aide d\u2019anatomie a la Faculté de Médecine, est bachelier ès arts summa cum laude, Laval 1934, et docteur en médecine, cum laude, 1939.Durant ses études médicales, il l\u2019emporta aux concours Ciba en pharmacologie, et Vézina en chirurgie. 128 LavAaL.MÉDICAL Janvier 1946 Après une année de résidence en chirugie à l\u2019Hôpital du Saint- Sacrement, 1l se rendit aux Etats-Unis parfaire sa formation.A Boston, il étudia la chirurgie traumatique sous la direction du Pr E.C.Cutler au Peter Bent Brigham Hospital de \"Université Harvard ; à l\u2019Université Saint-Louis, 1l consacra trois années à faire soit de la chirurgie clinique avec le Pr Louis Rassieur, soit de la chirurgie expérimentale sur les sutures tendineuses avec le Pr J.M.MacCaughn, soit, enfin, de la proctologie avec le Pr W.R.MacIntire.En 1944, 1l revint à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement à titre d\u2019assistant bénévole et, cette année, il fut nommé assistant hospitalier et aide d\u2019anatomie à la Faculté.Le Laval Médical est heureux d\u2019offrir ses félicitations à ces deux médecins de Laval qui viennent d\u2019être reçus membres du Collège royal.Pierre JoBIN.SOCIÉTÉ CANADIENNE DE PHYSIOLOGIE Les deux et trois novembre derniers se tenait, à Kingston, la neuvième réunion annuelle de la Société canadienne de Physiologie.Parmi les nombreux assistants, membres de la société ou visiteurs, Laval était représenté par MM.les Drs Lucien Brouha et Louis-Paul Dugal, le R.P.Guy Fortier, M.André Desmarais et Mlle Mercédès Thérien, de l\u2019Institut d\u2019Hygiène et de Biologie humaine, le Dr G.-A.Bergeron, du département de Physiologie et le Dr Edouard Pagé, du département de Biochimie, tous de la Faculté de Médecine.Le département de Biologie de la Faculté des Sciences y avait délégué le Dr Richard Bernard, ainsi que MM.Bourbeau et Marier.Mlle Mercédès Thérien et le Dr Louis-Paul Dugal y présentèrent une communication sur la teneur en acide ascorbique au niveau des tissus du rat exposé au froid.Ils ont observé un accroissement de l\u2019ordre de 50% au niveau du foie, du rein et des testicules et interprètent cette réponse d\u2019un animal capable de faire la synthèse de l\u2019acide ascorbique comme la signature d\u2019un besoin particulier de cette vitamine chez les animaux exposés au froid.Un autre travail de Laval fut présenté par le Dr Richard Bernard et M.Paul Genest qui montrèrent l\u2019influence des sulfamidés sur la formation de la coquille des œufs de poule.La décalcification conséeutive à l'emploi de plusieurs sulfamidés est interprétée comme un phénomène d\u2019inhibition enzymatique ou peut-être d\u2019une déficience vitaminique temporaire.Geo.-Albert BERGERON. ra * & FH i } æ# >
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