Le journal de l'Hôtel-Dieu de Montréal, 1 mai 1947, Mai
[" $Y Quinziéme année Oren ar laihe dw Wa Barbe pyr 120 \u2014 LE JOURNAL de LHOTEL IED DE MONTRÉAL 1 { SY MAI-JUIN 1947 JE rm nos mans la drogue à donné des résultats satisfaisants.Il ne se produisit aucune complication pulmonaire postopératoire et il n'y eut aucun décès résultant de l'opération.Vu son efficacité manifeste et la sécurité qu'il offre, sa popularité grandissante est justifiée, et la recherche de nouvelles applications possibles chez les patients à qui l\u2019on administre des anesthésiques inflammables par inhalation semble tout-à-fait justifiée.\u201d Ruth, H.S., Tovell, R.M.Milligan, A.D., Charleroy, D.K.PENTOTHAL LE PENTOTHAL SODIQUE, a Sa Popularité grandissante est-elle justifiée?SODIQUE Jour.Am.Med.Assoc.113: 1864 (18 no.1939).Laboratoires ABSOTT, Loge 20 Chemin Bates, Montréal TIRAGE CERTIFIÉ: 2350 EXEMPLAIRES SOMMAIRE DU No 3 Mai-Juin 1947 ANTONIO BARBEAU : De la neurologie en Amérique AU NOFA eee 151 GASTON GOSSELIN & DE GUISE VAILLANCOURT: Les épreuves fonctionnelles du foie avec étude particulière sur le test au thymol de Maclagan .171 ALBERT JUTRAS : La vésicule porcelaine \u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026 189 ÉDOUARD DESJARDINS : A propos de deux cas de cholécystite aiguë =.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026\u2026iiemeennnnnmnennnmnnünäü 202 ANÉMIES Capsules FOVITAL NADEAU \u2014\u2014 N FOIE DE MORUE - SULFATE FERREUX CUIVRE COLLOIDAL .VITAMINES eee) Mal-Juin 1947 1 RÉDIGER son TESTAMENT est la chose la plus importante de la vie.AVEZ-VOUS PENSE AU VOTRE?CONSULTEZ-NOUS Société d'Administration et de Fiducie Administratrice et fiduciaire 5 EST, RUE ST-JACQUES - MONTRÉAL (Immeuble Crédit Foncier Franco-Canadien) - Téléphone : PLateau 3821 AGENCES : _ EE QUEBEC - WINNIPEG - REGINA - EDMONTON - VANCOUVER | DERMOSPLENINE (EXTRAIT DESALBUMINE AQUEUX DE RATE) Ampoules de 2 centicubes, correspondant à 25 grammes de rate fraîche de veau Injections intra-musculaires profondes DERMATOSES PRURIGINEUSES (EN PARTICULIER LES ECZÉMAS AIGUS SUINTANTS) LABORATOIRE DES LIPIDES - 14 Rue des Minimes, Paris IV° LABORATOIRES JEAN OLIVE - 200 Rue Vallée, Montréal, P.Q.Mai-Juin 1947 I wr Mai-Juin 1947 Pour [ \u201cAntisepasie Chirurgicale Le Chlorure de Zephiran est un germicide d'une grande puissance bactéricide et bactériostatique.Dilué selon les indications, il n\u2019est ni irritant ni toxique pour les tissus cellulaires.Le Chlorure de Zephiran possède des propriétés détersives, kératolyti- ques et émulsives susceptibles de favoriser l'imprégnation de la surface des tissus, ce qui a pour effet de faciliter l'enlèvement de la saleté, du gras de l'épiderme et de la peau en desquamation.INDICATIONS PRÉSENTATION Le chlorure de Zephiran est large- ; ; ment employé dans l\u2019antisepsie de la Le Chlorure de Zephiran est peau et des membranes muqueuses \u2014 disponible sous les formes sui- la désinfection pré-opératoire de la vantes: peau et des membranes muqueuses ; dénudées, dans les instillations et les TEINTURE 1:1000 colorée irrigations vaginales, les irrigations vésicales et urétrales, les pansements TEINTURE 1:1000 pure humides, en irrigations dans les in- SOLUTION AQUEUSE fections des yeux, des oreilles, du 1:1000 en flacons de 8 oz.et nez, de la gorge, etc.de 1 gal.Demandez la brochure descriptive WINTHROP CHEMICAL COMPANY, INC.Produits pharmaceutiques supérieurs à l'usage de la Faculté.Succursale au service de MM.les médecins: Administration : Immeuble \u2018\u2019Dominion Square\u2018 1010 ouest, rue Elliott Montréal Windsor, Ontario TRAITEMENT EFFICACE DANS LA DERMATOPHYTOSE Sopronol est efficace, bien qu\u2019onctueux.Il n\u2019est non seulement efficace contre les champignons, mais pratiquement, n\u2019irrite pas ni ne sensibilise.L\u2019agent actif est l\u2019acide propionique\u2014 .48 ne, ue es ingredient de la sueur SRE rest humaine\u2014organise sa propre defense contre l\u2019infection fongueuse.En saupoudrant chaque jour avec la Poudre Sopronol dé- truiraleschampignonsprésents dans les baset les chaussures.3 FORMES .3 EMPLOIS SOLUTION ONGUENT POUDRE Bouteilles de 2 on.Tubes de 1 on.Boîtes de 2 on.Commode pour le Pour application Pour emploi durant le traitement au au coucher jour et pour la bureau prophylaxie La solution et l\u2019onguent ti t 16.4% de propionate de soude et 3.6% d'acide pros pionique.La poudre contient 15%, de propionate de calcium et 57% de propionate de zinc, \\ SOPRONOL Nom Déposé JOHN WYETH & BROTHER (CANADA) LIMITFD + WALKERVILLE, ONTARIO Mai-Juin 1947 IV LES COMPRIMES NEUREX e ge } wn.=> 4 4 ; Av WEY ¢ aa À) A A 4 : ps V 420 4 A is pe + 3 4 G un 35 Ÿ eg cd LX as Hh ¢ $0 A : tri a bd 2 A ; 3 H a .SYN ' ) A a.( 14 [ZI FY YY) 2393 *è 008080» MALL] LE TR J aX .2 e Ls > ee A \"ab x [aX Sa = CONTROLENT LES NERFS Echantillon et littérature sur demande à Messieurs les Médecins seulement.© UNE SPÉCIALITÉ DES LABORATOIRES [ASGRAIN & [HARBONNEAU UNIVERS PHARMACEUTIQUE ET MÉDICAL Mai-Juin 1947 Vv À toutes les étapes du développement de l\u2019ossature, il y a danger de rachitisme.(46.5% chez les enfants de 2 - 14 ans *) Comprimés d'os broyés Orical est riche en calcium, phosphore et vitamine D, substances essentielles pour le bon développement de l\u2019ossature.CHAQUE COMPRIMÉ D'ORICAL CONTIENT: do Calcium.25% 3 gr.* {rot 11% Broyés Fluorine 0.25% Vitamine D .\u2026\u2026 400 Unités Int.Les enfants prennent volontiers les COMPRIMES D\u2019ORICAL.Ils sont parfumés au chocolat.% Follis et al (Am.J.Dis.Child: juillet '43) THE a, BR SHUTTLEWORTH CHEMICAL CO., LTD.TORONTO, CANADA Mai-Juin 1947 VI Oh Le FLUOROSCOPE VERTICAL : HELERET h-30 > KELEKET Compact \u2014 Complet \u2014 Protection intégrale Des milliers de médecins canadiens comsidèrent ce fluoroscope comme une aide de première valeur dans le diagnostic précis.D\u2019année en année, des amélio- 4 200 pre à § rations et un développement ininterrompus par la | 44 * 4 Maison Keleket ont produit ce roi des fluoroscopes.; ye TN yA Un poste K-30 ne requiert qu\u2019un espace très restreint.& Ÿ [7M1@ Il mesure 40 pouces de profondeur et 48 pouces de 3 > jimi 8 largeur et le maximum de hauteur nécessaire est de eat LA 43 6 pieds 4 pouces.= Le dispositif Keleket supportant l'écran est unique en son genre en ce sens que rien ne déborde.Il offre le maximum de maniabilité et se plie aux contours naturels du corps humain.La suspension surtout élimine entièrement toutes possibilités de pincer les tissus mous du patient.| Un avantage exclusif à l\u2019appareil Keleket, très précieux dans l'examen pulmonaire, c'est que la radioscopie peut se pratiquer sur un patient dans un brancard, par - une manœuvre extrêmement simple.Ecran fluoroscopique \u2014 C'est un Patterson Type B à grande intensité.Il mesure 12 par 16 pouces, permettant l'exploration d'ample surface.Sa mobilité transversale est de 14 pouces et son déplacement vertizal va de 32 à 64 pouces.Dispositif pour orthodiagraphie \u2014 On peut se le procurer et il est facilement adaptable à l'appareil K-30 qui devient ainsi l'instrument idéal pour mesurer et enregistrer l'image du cœur du patient.Pour plus amples renseignements sur le Fluoroscope Vertical K-30 de Keleket, demandez le catalogue 86440.On peut se le procurer au Bureau le plus rapproché de X-Ray and Radium Industries Ltd.ks 3 7 SA ELEKEY ONTREAL QUEBEC CITY EDMONTON VANCOUVER CALGARY WINNIPEG Mal-Juin 1947 VII D\u2019Appareils Radiologiques G-E Modèle R-39 actuellement en service Si vous pouvez représenter à votre imagination, une colonne longue de deux milles d'appareils R-39 mis bout à bout, vous aurez une assez juste idée de la popularité de ce modèle spécial et de l'importance des services diagnostiques qu'ils rendent chaque jour et partout dans les bureaux privés, les cliniques et les hôpitaux.A qui tient cette grande popularité du R-39 ?1.C'est un poste satisfaisant toutes exigences diagnostiques sous une forme si compacte qu'il peut se placer dans un espace très restreint.2.11 possède une puissance suffisante (100 ma et 85 kvp) pour le diagnostic général tant par la radiographie que par la fluo- roscopie.3.Sa flexibilité extraordinaire facilite la mise du patient dans toutes les positions verticales, obliques et horizontales.4.Son vrai tube Coolidge a double-foyer s'emploie indifféremment au-dessus et au- dessous de la table.5.Le système de contrôle très minutieux et .d'opération facile assure constamment un travail de fine qualité.Vous aussi vous pouvez constater que le Modèle R-39 s'adapte idéalement à vos besoins particuliers.Pourquoi ne pas vérifier en demandant dès aujourd'hui les renseignements complets.Ecrivez au plus proche bureau de Victor X-Ray Corporation of Canada Ltd.Mai-Juin 1947 VIII VICTOR X-RAY CORPORATION of CANADA, Ltd.DISTRIBUTORS FOR GENERAL GB) ELECTRIC X-RAY CORPORATION TORONTO: 30 Bloor St, W.- VANCOUVER: Motor Trans.Bdg., 570 Dunsmuir SL MONTREAL: 600 Medical Arts Building - WINNIPEG: Medical Arts Building Le Journal de l'Hôtel-Dieu de Montréal Fondé en 1932 par Oscar Mercier Léo-E.Pariseau Ernest Prud\u2019homme Ernest Trottier BUREAU DE DIRECTION ALBERT JUTRAS.Président EDOUARD DESJAFDINS, Secrétaire-trésorier ANTONIO BARBEAU.Rédacteur-en-chef PAUL DUMAS, Secrétaire de la rédaction Le Journal de l\u2019Hôte!l-Dieu est un Journal médioal rédigé en collaboration.Les auteurs des articles restent seuls responsables des opinions émises sous leur signature.\u2014 \u2014 \u2014 mess \u2014 No 3 ' \u201c Mai-Juin 1947 \\ DE LA NEUROLOGIE EN AMÉRIQUE DU NORD par ANTONIO BARBEAU La neurologie vit à l\u2019heure actuelle en Amérique du Nord un étrange paradoxe.D\u2019une part, absence presque complète de relève dans la neurologie médicale, prise au sens classique du terme, d\u2019autre part, floraison débordante de travaux sur le système nerveux.La neurologie clinique américaine s\u2019enorgueillit à juste titre de son passé, Weir-Mitchell, Mills sont des noms illustres.Parmi les contemporains, Schilder, Pollock, Bassæ, Patrick, Rees, Foster Kennedy jouissent d\u2019une renommée N.de la R.Notre numéro était sous presse quand nous avons appris la douleureuse nouvelle du décès du professeur Antonio Barbeau, survenu le 13 juin 1947, dans des circonstances particulièrement tragiques, à Paris.Neuro-psychiatre éminent, physiologiste, philosophe, humaniste, Antonio Barbeau était un travailleur exemplaire et un homme de cœur, il fut pour nous le plus fidèle et le plus dévoué des amis.En attendant de rendre, dans une prochaine livraison, un juste hommage à ce collègue très cher, la Direction du Journal de l\u2019Hôtel-Dieu tient à exprimer dès maintenant à la famille Barbeau le témoignage de sa sympathie affligée.[151] 152 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU qui n\u2019est pas surfaite.Percival Bailey, entre autres, accorde quelque crédit à notre groupe canadien-français formé principalement en France, il y a plus de vingt ans*.Mais les jeunes médecins désertent de plus en plus le service de cette reine des sciences.Du point de vue pratique, ils la voient pillée à qui mieux mieux par la médecine générale et les spécialités voisines.Ils l\u2019imaginent dépourvue de procédés thérapeutiques propres, et donc plus contemplative qu\u2019efficace et consolante.Nous nous demandons si nous ne sommes pas en Amérique les derniers représentants d\u2019une spécialité en voie de disparaître.Sans méconnaître la riche contribution européenne dans les diverses recherches sur le système nerveux \u2014 ce n\u2019est pas l\u2019objet de ces remarques \u2014 il est juste de noter l\u2019excellence et l\u2019ampleur des travaux américains actuels.Les noms qui suivent évoquent dans les esprits avertis une multitude de découvertes importantes.En embryologie nerveuse, Barthelemez, en pathologie, Globus, Ferraro, Cour- ville, Nielson, Cushing, Zimmermann; en neurologie comparée, C.L.Herrick, Wilder, Judson-Herrick, Pappez, Til- ney, Crosby, Coghill, Ranson ; en neurophysiologie, Cannon, Bard, Erlanger, Gasser, Dusser de Barenne, McCullough, Fulton, Bronck, Ranson, Forbes, en électro-physiologie, Davis, Gibbs, Jasper, ete.Cette nomenclature ne comprend que des chefs de file, universellement reconnus.Avec leurs collaborateurs très nombreux, ils travaillent dans des conditions matérielles idéales, dont la contrepartie est exceptionnelle en Europe.Pour les jeunes, que l\u2019exercice intéresse et qui rêvent d\u2019action immédiate et glorieuse, les appels ne manquent pas.C\u2019est aux États-Unis que la neuro-chirurgie fut créée.Par 1 BAILEY Percival: The present state of American Neuroly.The Journal of neuropathology and experimental neurology 11, 1942, page 110. LA NEUROLOGIE EN AMÉRIQUE DU NORD 153 les mains et par les cerveaux de Cushing, de Dandy, de Frazier, de Penfield, de Cone, de Grant, d\u2019Horax etc., elle a réalisé des merveilles techniques et thérapeutiques.Dans l\u2019esprit du jeune médecin, les neuro-chirurgiens prennent figure de demi-dieu ; il est même arrivé \u2014 consécration très américaine \u2014 qu\u2019au cinéma le chirurgien du système nerveux se soit vu transformé en jeune premier de roman.Quoiqu'il en soit des motifs, il reste que les vocations neurochirurgicales sont très nombreuses et que sur le marché médical, l\u2019offre, en ce domaine, ne satisfasse pas encore a la demande.De même en psychiatrie.Il y a plus de vingt ans, un ancien malade, Clifford Beers, lançait aux États-Unis, un immense mouvement d\u2019hygiène mentale\u201d.Ce mouvement à pénétré dans tous les milieux, en surface et en profondeur.Les Américains ont appris, les malheureux ! à s\u2019inquiéter de leur système nerveux.Quand la vague du freudisme déferla pour de bon sur les rives de l\u2019Atlantique, on l\u2019attendait déjà.inconsciemment.Le langage psychanalytique \u2014 sorte d\u2019espéranto cabalistique \u2014 envahit le penser psychiatrique, psychologique et populaire.Fut-ce un bien, fut-ce un mal ?Il n\u2019y a pas lieu d\u2019en discourir ici*.Le résultat réel fut de convertir du statique en dynamique.Au cours des vingt dernières années, il s\u2019est publié, aux États-Unis, à des millions d\u2019exemplaires, une multitude d\u2019ouvrages de vulgarisation psychologique et psychanalytique, sans mentionner les traités dits scientifiques.Le sentiment médical et populaire était donc alerté quand vint la guerre.Dans les centres de recrutement, d\u2019entraînement, de combat, les psychiatres collirèrent des observations innombrables et réalisèrent d\u2019actives recherches sur les névroses et les 2 BARBEAU, L\u2019Hygiéne mentale.La Grande-malade canadienne-fran- çaise, vol 5, no 10, oct 1932, p.527-530.3 BARBEAU, Les bases de la psychanalyse.Thése de doctorat en philosophie, 6 mars 1930. 154 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU psychoses, tant du point de vue diagnostic que thérapeutique.Les armées canadiennes et américaines firent appel à des jeunes médecins qu\u2019elles s\u2019efforcèrent de métamorphoser rapidement en psychiatres.Et maintenant le besoin de spécialistes pour traiter les névropathes et les psychopathes issus de la guerre et les malades de la vie civile es} tel que l\u2019État envisage de dépenser plusieurs millions de dollars pour la formation d\u2019équipes psychiatriques nouvelles.Parallèlement à ce développement de la psychiatrie, s\u2019est constituée la médecine psychosomatique \u201c.Il ne s\u2019agit pas essentiellement de neurologie et de psychiatrie, bien que d\u2019éminents neurologistes et psychiatres y poursuivent maintenant une fructueuse carrière, tel mon maître Stanley Cobb.Les premiers travaux formels en cette matière remontent à Dunbar © qui a résumé dans un livre remarquable toute la littérature publiée depuis le début de ce siècle sur les rapports en médecine du physique et du psychique.Depuis, il n\u2019est guère de domaine médical: gastrœntérologie, cardiologie, phtisiologie, endocrinologie, urologie, ete.qui n\u2019ait été exploré sous ses angles psychosomatiques.Du point de vue statistique \u2014 et l\u2019on sait que les Américains en sont férus \u2014 on admet que 75% des malades pris au hasard dans un service de médecine, présentant des facteurs psychogé- nétiques, 50% présentent surtout de ces facteurs et 33% ne présentent que celà.Les praticiens surtout depuis les ouvrages remarquables de Weiss et Ingliss °, de Wolf, Alvarez, sont informés de cette notion et font couramment appel aux * BARBEAU, Sous le signe de Psyché.Le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu.no 4, 1943.5 DUNBAR, Emotions and Bodily changes: À survey of Literature on psychosomatic interrelationships.2e Edition N.Y.Columbia University Press 1939.: 6 WEISS et INGLISS, The clinical application of psycho-pathology to general medical problems.Un volume, 687 pages.W.B.Saunders, 1943. LA NEUROLOGIE EN AMÉRIQUE DU NORD 155 psychiatres et aux psychocliniciens pour les aider à démêler cet écheveau et pour guider leur thérapeutique quand ils ne s\u2019improvisent pas eux-mêmes psychothérapeutes.Le nombre de médecins aux États-Unis est insuffisant pour répondre au besoin d\u2019une population très vaste, très soucieuse de la conservation de sa santé.Il y manque surtout des praticiens.Il y manque aussi des spécialistes.Les jeunes qui veulent se spécialiser ont donc l\u2019embarras du choix.En neurologie, même abondance de débouchés.Ceux qui rêvent de se consacrer à la recherche et qui ont vraiment les aptitudes voulues, trouvent toujours à se fixer où les attirent leur zèle et leurs goûts.Ceux qui préfèrent la médecine active sont attirés par la neuro-chirurgie, la psychiatrie, la psychologie clinique où ils sont pratiquement assurés du succès.Comment expliquer dès lors que la neurologie médicale d\u2019autrefois soit ainsi délaissée ?C\u2019est un peu la faute des neurologues qui, surchargés de besogne, ont parfois négligé de soigner leur réclame.Sollicités par leur nombreuse clientèle, absorbés -par l\u2019impérieux devoir de se tenir eux-mêmes à la page, ils n\u2019ont pas ouvert aux touristes de la profession le merveilleux palais qu\u2019ils habitent.Ils ont laissé les jeunes sous l\u2019impression que leur spécialité est une spécialité de condamnés et de mourants quand en réalité elle est l\u2019exemple le plus typique de la vie, de la vie toujours la même, et toujours diverse.La neurologie, genre aux multiples espèces, ne s\u2019est constituée que lentement à travers les siècles et les hommes, au cours de son développement, les points de vue ont changé au sein de chacune de ses spécialités.Ainsi, la neurologie médicale a-t-elle dans son concept et ses applications varié au gré des acquisitions successives de la clinique, de la physiologie, de l\u2019anatomie normale et pathologique, de la nosographie, etc.Elle n\u2019est pas une science aux cadres rigides.Elle sait, tout en conservant ce qui est acquis, s\u2019adapter aux 156 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU circonstances de temps et de lieu.Sous une méme forme, sa matiére se renouvelle.Un rappel a vol d\u2019oiseau des grandes étapes de la neurologie illustrera cette évolution intrinsèque, elle nous permettra de saisir les horizons actuels de notre spécialité tant sur le plan de la doctrine que sur celui de son exercice en Amérique du Nord.Les précurseurs en neurologie furent immédiatement des maîtres, aux types déjà très différenciés \".Il y eut d\u2019abord les philosophes qui dissertèrent sur le système nerveux dont ils ignoraient les plus simples ruds ments.Étrange science, étrange philosophie qui voulaient à tout prix loger quelque part l\u2019âme et ses facultés.Ces philosophes furent les ancêtres de Descartes, de Gall et de combien d\u2019autres ! Il y eut surtout dans l\u2019antiquité des cliniciens.Le plus remarquable fut Hippocrate.Ce n\u2019était pas un spécialiste.Toute la médecine l\u2019intéressait.Et tout l\u2019humain.Observateur génial, il remarquait les symptômes, leur évolution dans le temps, l\u2019influence des facteurs internes et externes dans leur genèse et leur disparition, leur signification heureuse ou néfaste.Il a décrit maints syndromes neurologiques: épilepsie, anesthésies controlatérales consécutives aux lésions unilatérales du cerveau, méningites, migraines ophtalmiques, paraplégies et quadriplégies par traumatisme médullaire, paralysie diphtérique, etc.Évidemment, aucun de ces sujets n\u2019a été épuisé par le maître de Cos.Ce qu\u2019il a écrit est en général exact.Les déductions anatomiques et physiologiques, compte tenu de la science du temps sont parfois intuitives.Mais elles demeurent purement hypothétiques et ne cherchent leur explication que dans la clinique.7 SOUQUES, Etapes de la neurologie dans l\u2019antiquité grecque.Un vol, 1936, Masson Editeurs. LA NEUROLOGIE EN AMÉRIQUE DU NORD 157 Galien, qui vint plus tard, fut le père des expérimentateurs.L\u2019explication qu\u2019il a esquissée des symptômes ou syndromes observés cliniquement, il essaie de la vérifier par des vivisections chez l\u2019animal.Il lui arrive, de par les résultats d\u2019une expérience faite pour elle-même, de trouver l\u2019explication anticipée de syndromes cliniques.C\u2019est ainsi que, bien avant Bell et Magendie, il reconnut que les nerfs rachidiens ont des racines sensitives et motrices, que cette motricité et cette sensibilité procèdent du cerveau.Par des sections variées de la mœlle épinière, il réalisa des hémiplégies analogues à celles qu\u2019on observe en pathologie humaine.Galien fut un clinicien doublé d\u2019un physiologiste.On prétend qu\u2019Aristote avait déjà examiné des cerveaux d\u2019animaux.C\u2019est possible.Il ne fut sûrement pas le seul de son temps.Mais les véritables études anatomiques, particulièrement celles du système nerveux, commencèrent avec l\u2019école d\u2019Alexandrie quand les vivisections se firent plus nombreuses et les dissections humaines furent permises.C\u2019est cependant beaucoup plus tard, vers la Renaissance, qu\u2019elles devinrent véritablement scientifiques.Et ce n\u2019est que dans les temps très modernes, avec l\u2019apparition du microscope et des colorations multiples que ces études des structures normales et pathologiques donnèrent leurs fruits les plus riches.Plusieurs caractères marquèrent donc cette sorte de préhistoire de la neurologie.Déjà des types divers de neurologues apparaissent.Aucun n\u2019est cependant exclusivement neurologue.Les uns sont philosophes, les autres anatomistes ou physiologistes du système nerveux et d\u2019autres systèmes.Les cliniciens sont intéressés à toute la médecine.Le développement des différentes disciplines est très inégal.L\u2019anatomie et l\u2019anatomo-pathologie sont fort rudimentaires.La physiologie est en meilleure situation.Pour le temps, la clinique est remarquable. 158 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU La neurologie moderne commence avec Duchesne de Boulogne, Erb, Romberg, Charcot pour ne citer que les plus connus.Duchesne de Boulogne® et Erb°, introduisent les premiers en médecine les courants induits que venaient de découvrir Orensted et Faraday.A ce titre, ils demeurent les pionniers et les vulgarisateurs de 1\u2019électro-physiologie, de 1\u2019électro-diagnostic et de l\u2019électro-thérapie, ce à quoi ils doivent le meilleur de leur renommée.Mais ils ne furent pas que celà.Duchesne écrivit de remarquables études sur la paralysie faciale, la névrite saturnine, les atrophies musculaires d\u2019origine médullaire, la paralysie labioglosso- pharyngée, le tabès, etc.Erb publia un ensemble d\u2019œuvres durables sur la myotonie congénitale, sur une forme juvénile particulière d\u2019atrophie musculaire progressive.L\u2019un et l\u2019autre furent donc des nosographes, des classificateurs de syndromes.Comme Romberg, qui écrivit un traité célèbre de neurologie clinique.Comme Charcot \", le Maître de la Salpétriére est, avec Bernhein, de Nancy l\u2019un des fondateurs de la psychopathologie moderne.Bien avant Freud, qui s\u2019en inspira, il reconnut le rôle pathogène de l\u2019inconscient dynamique.Mais l\u2019œuvre de Charcot est plutôt celle d\u2019un sémiologiste et d\u2019un nosographe : recherches sur les localisations cérébrales, sur les atrophies musculaires, sur les crises diverses de l\u2019ataxie locomotrice, sur les arthropathies tabétiques, sur la triade \u2018symptomatique de la polysclérose, sur la sclérose latérale amyotrophique, etc.Travail de géant qui fait de Charcot le père indiscuté et le magicien de la neurologie.Au surplus, un maître est assuré 8 WESCHLER, Textbook of clinical neurology, V, ed-Saunders, ed 1943, voir pages 758 à 794: Introduction to the history of neurology.9 FORKILDIEN et ERICKSON, Wilhem Heinrich Erb in Neurological biographies and adresses.M.N.I.Oxford University Press 1936.10 MACKAY et LEGRAND, Jean MARTIN, CHARCOT, Ibidem, pge 85 à 98. LA NEUROLOGIE EN AMÉRIQUE DU NORD 159 de la gloire quand il compte parmi ses élèves immédiats et éloignés Pierre-Marie, Déjerine, Raymond, Souques, Ba- binski, André Thomas, Sicard, Foix, Guillain, Roussy, L\u2019Hermitte et tous ceux-là qui ont illustré la neurologie fran- caise et quand il a élevé une méthode, l\u2019anatomo-clinique, à une degré d\u2019excellence qui lui confrère une valeur heuristique inappréciable aux yeux des neurologues de partout et de toujours.La méthode anatomo-clinique conduit nécessairement à la neuro-anatomie et à la neurophysiologie.L\u2019on en a \u2018une démonstration illustre dans l\u2019œuvre de Déjerine, dont le traité d\u2019anatomie nerveuse est d\u2019une iconographie et d\u2019un texte demeurés sans égal et dont la sémiologie nerveuse est un chef-d\u2019œuvre de l\u2019esprit humain.Mais en marge de l\u2019école de Charcot, il y eut à ce moment de l\u2019histoire une pléiade d\u2019anatomistes célèbres.Qu\u2019il nous suffise de citer Nissl, Alzheimer, Von Monokow **, Ramon y Cajal **, Wooldeyer, Golgi *¢, Nageotte, etc.dont l\u2019œuvre se poursuit avec Rio del Hortega **, Roussy, Ivan Bertrand, Von Economo, Kormuller, Cushing *¢, Bailey, Van Gehuch- ten, Rasmussen et à notre Université de Montréal avec un savant dont nous sommes fiers, Pierre Masson.Ces hommes ont créé l\u2019anatomie et l\u2019histologie nerveuse telles que nous les connaissons de nos jours, à peu près telles que nous les connaîtrons demain à moins d\u2019un changement radical dans les techniques existantes.11 ALAJOUANINE, La pathologie nerveuse et ce que la France a apporté à la Médecine depuis le début du XXe siècle.Un vol à la bibliothèque de Philosophie analytique, Flammarion éd.1946.12 YOUNG, Franz, Nissl, Alois Alzeimer, M.N.I.page 101, 114.13 RUSSEL, Constantin Von Monakow, Ibidem 129-146.14 Sprong Santiago RAMON Y CAJAL, Camille GorcI, Ibidem p.141- 151.= 5 Pierre Masson, Rio del Hortega.Le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu.no 6 1945.18 ELIOT, GOLGI, PENFIELD, Harvey CusHING, M.N.I.p.169. 160 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU Ainsi pour la physiologie qui fut admirablement cultivée par Claude-Bernard \", Magendie, Belle, Fritz, Hetzig, et plus récemment par Sherrington \"* et ses élèves, Lapicque et ses collaborateurs, Pawlov \u2018° et son école.À l\u2019époque de Charcot, vécut un neurologue anglais de grande classe dont la popularité n\u2019a fait que grandir avec les années.Ce fut avant tout un clinicien, mais un clinicien qui aurait pu devenir un philosophe célèbre.Il en avait les dispositions éminentes.Certains de ses maîtres et de ses contemporains ont même déploré qu\u2019il se soit consacré à la neurologie.Celle-ci aurait perdu beaucoup sans lui.A Hugglings Jackson \u201c s\u2019applique l\u2019axiome connu d\u2019Hippo- crate: « Le médecin philosophe est égal aux dieux ».Jackson n\u2019expérimentait pas.Il regardait, analysait, réfléchissait longuement pour ensuite synthétiser.On lui doit d\u2019avoir signalé l\u2019existence des troubles du fond de l\u2019œil dans les légions cérébrales, d\u2019avoir fourni des contributions de base à nos connaissances sur les apraxies, sur les convulsions localisées, ete.Il a surtout édifié cette doctrine des niveaux nerveux et de l\u2019évolution-dissolution, confirmée par les expériences de décérébration supra et infra thalamique à travers la série animale, tellement lumineuse pour la compréhension de différentes syndromes neurologiques, notions sur lesquelles Delmas-Marsalet et Delay se sont appuyés dans leur conception des mécanismes d\u2019action de l\u2019électrochocthérapie.Cette période qui commence avec le premier quart du siècle dernier et qui se termine vers la fin du premier quart du vingtième fut donc fertile en génies.Rarement aura-t-on auprès du berceau d\u2019une science pareille constellation de 17 PETERSON et SAUCIER: Claude Bernard, Ibidem page 99 et seq.18 ELVIDGE et PENFIELD: Sir Charles Sherrington M.N.I.page 11 à 84.19 STRAVRAKY: Ivan Petrovich Pawlov.Ibidem p.12 a 128.20 MCEACHERN: John Hughling Jackson.Ibidem p.51 à 65. LA NEUROLOGIE EN AMÉRIQUE DU NORD 161 chercheurs aussi éminents, aussi divers.La psychopathologie, l\u2019électrophysiologie naissent et leur avenir est à ce stage imprévisible.La neurophysiologie creuse la mine découverte par Galien.La sémiologie s\u2019affine.Mais ce siècle est surtout celui de la nosographie.Du chaos touffu des symptômes, les auteurs dégagent des syndromes, parfois des maladies.C\u2019est le triomphe de la méthode anatomo- clinique, qui reste un des instruments les plus sérieux de notre savoir.C\u2019est aussi la grande période de l\u2019anatomo- histologie normale et pathologique.À l\u2019aide de techniques de plus en plus subtiles, on pénètre dans l\u2019intimité des structures et l\u2019on dévide l\u2019inextricable écheveau des connexions nerveuses.Enfin, la philosophie, qui avait bien mal débuté en cette matière, est entièrement réhabilitée par un homme dont l\u2019influence marque profondément notre penser actuel.Quand les médecins de ma génération abordèrent l\u2019étude de la neurologie, ils découvrirent donc une science cohérente, constituée par l\u2019apport de plusieurs disciplines, les unes récentes, les autres datant de la plus haute antiquité.C\u2019était un bel édifice, aux hgnes nettes et au plan général harmonieux.Appuyée sur l\u2019anatomie structurale et fonctionnelle, la clinique connaissait une multitude de syndromes définis, les uns acquis, les autres héréditaires, dont elle pouvait, le diagnostic une fois posé, prévoir l\u2019évolution.La thérapeutique comportait l\u2019emploi de moyens physiques (électro, physio, radiothérapie), chimiques, bactériologiques, quelques uns spécifiques, la plupart empifiques.La psychiatrie, n\u2019intéressait guère le neurologue, sauf quelques affections, paralysie générale, encéphalopathies, tumeurs, quelques polynévrites qui, présentaient à l\u2019observation, un versant organique.Les autres psychoses aboutissaient à l\u2019asile, où, avec un soin méticuleux, on s\u2019efforçait de leur apposer, dans la plupart des cas, une étiquette apparemment adéquate. 162 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU Quant aux névroses, on ne savait pas trop bien a qui elles appartenaient, au neurologue ou au psychiatre.Les deux s\u2019y intéressaient ou s\u2019en désintéressaient a qui mieux mieux.Les neurologues, de gré ou de force, accueillaient des hystériques, des neurasthéniques, des psychasthéniques, des angoissés, à qui ils s\u2019efforçaient par une psychothérapie suggestive, et superficielle, aidés de quelques reconstituants médicamenteux, d\u2019apporter un soulagement plus ou moins temporaire.Telle quelle, la neurologie était cependant une spécialité magnifique et attirante.Nulle science ne s\u2019est, autant qu\u2019elle, transformée au cours des vingt-cinq dernières années.Le système nerveux a polarisé vers lui l\u2019intérêt des chercheurs de toutes les sortes, zoologistes, biologistes, histologistes, embryologistes, anatomo-pathologistes, chimistes, physiciens, neurochirurgiens, psychologues, psychiatres, ete.Et le neurologue, toujours à l\u2019affût, va puiser dans tous les domaines les données susceptibles d\u2019apporter une solution aux problèmes, qui tous les jours mettent à 1\u2019 épreuve son astuce de clinicien et de thérapeute.Certaines disciplines, prétendent les Américains, ont maintenant fourni l\u2019essentiel de ce qu\u2019elles pouvaient donner.L\u2019anatomo-histologie normale et pathologique, devenue plus fonctionnelle, plus biologique, a poussé à leurs limites, dans l\u2019étude des structures, ses techniques subtiles.La nosographie et la sémiologie nerveuses sont pratiquement terminées dans leurs grandes lignes.Sans doute, dé- couvrira-t-on des signes et des symptômes nouveaux; des regroupements syndromiques et des maladies encore inconnues seront sûrement décrits \u2014 l\u2019histoire de la hernie discale le démontre \u2014 mais l\u2019essentiel du travail est accompli maintenant.L\u2019enrichissement viendra de l\u2019apport de techniques nouvelles en embryogénèse, en physiologie et en médecine générale, etc. LA NEUROLOGIE EN AMÉRIQUE DU NORD 163 Une commune orientation physiologique actuellement marque les différentes disciplines neurologiques.Les cliniciens du passé, comme Cushing ?\" le faisait remarquer, il y a quelques années, cherchaient la fonction normale par delà les déviations pathologiques.Les anatomo-histologis- tes procèdent ainsi.La génétique ne se contente plus d\u2019établir des arbres généalogiques: les mutations que causent dans les gênes les facteurs internes et externes lui fournissent de plus en plus l\u2019explication des monstruosités.La physiopathologie de la gestation, si mal connue présentement, lui dévoilera l\u2019origine de maintes maladies dégénératives du système nerveux.Il est inconcevable que les vices dans le métabolisme du fœtus, que les malnutritions, les déficiences en vitamines, en sels minéraux, que les maladies infectieuses de la mère, rubéole, oreillons, grippes à répétition, etc.survenant surtout au cours des trois premiers mois de la grossesse ne créent dans le système nerveux de l\u2019enfant des traces indélébiles.Cataracte congénitale, surdi- mutité, déficience mentale, ete.furent ainsi expliquées par des chercheurs australiens\u201d Les possibilités pathogéni- ques sont ici indéfinies.Hypothèses sans doute, mais les hypothèses sont les pièces avec lesquelles se construisent les doctrines futures.La neurophysiologie fut cultivée au cours des quarante dernières années comme jamais elle ne le fut dans l\u2019histoire médicale.Les travaux magistraux de Sherrington * sur les réflexes et sur les intégrations nerveuses possèdent un caractère définitif.Les découvertes de Lowi, de Cannon, de Dole, etc.sur la transmission humorale de l\u2019influx nerveux au niveau des synapses ont éclairé la pathogénie et facilité 21 Harvey CUSHING, Neurosurgery, M.N.I.1936.22 Roland P.MacKay, The future of neurology.Diseases of the nervous system vol VI, no 2 red.1945.23 ROLAND P.MACKAY: The future of meurology.Disease of the nervous system, vol.VI, no 2, feb.1945. 164 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU le traitement de la myasthénie grave et de la maladie de Thomsen.Les géniales investigations de Lapicque et de son école illuminent nos conceptions touchant le fonctionnement intime des structures nerveuses et comportent des implications diagnostiques importantes.De même en est-il des travaux de Pawlow et de ses disciples sur les réflexes conditionnés.La neuronographie physiologique de Dusser de Barenne, est en train de donner aux différentes connee- tions nerveuses centrales une démonstration physiologique indiscutable.Les décérébrations localisées de Fulton chez les anthropoïdes sont précieuses pour le neurochirurgien.Depuis Philippe Bard, on comprend mieux la physiologie et partant la pathologie de l\u2019hypothalamus.Que nous réservent en clinique les travaux de Gasser et de D\u2019Erlanger sur la fréquence et les rythmes des influx nerveux ?Et nous ne citons, au fil de la plume, que quelques travaux de quelques neurophysiologistes.lin réalité, ils sont légions, ceux qui appliquent la méthode expérimentale à l\u2019analyse du système nerveux.Qu\u2019ils fassent ou non de la science pure, la clinique, à l\u2019affût, y trouve toujours un bénéfice.Comme elle puise dans toutes les données de la physiologie générale pour mieux comprendre les mécanismes en jeu dans les différentes affections nerveuses ! Les exemples foisonnent de cette curiosité neurologique.Kile trouve parfois des causes toutes simples aux drames les plus complexes.Déficience de potassium \u2014 puisqu\u2019une injection suppléante supprime le phénomène morbide \u2014 dans la paralysie périodique familiale, déficience qui s\u2019inscrit même dans le tracé électrocardiographique **; pathologie hépatique à la source de maints syndromes striés pallidaux ; rôle des anémies dans la genèse des sceléroses combinées de la melle et dans certains syndromes cérébraux, etc.Et que 24 BARBEAU et LEFEBVRE: L'\u2019électrocardiogramme dans la paralysie familiale périodique.Le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu, mai-juin 1941. LA NEUROLOGIE EN AMÉRIQUE DU NORD 165 dire de ce que nous apporte déjà, de ce que nous fournira demain la biologie des virus, des ultra-virus, de l\u2019immunologie, ce l\u2019allergie, non seulement pour la pathogénie mais aussi pour la thérapeutique neurologique.Parmie les disciplines nouvelles en neurologie, il en est deux qui présentent une valeur transcendante.La première est l\u2019électroencéphalographie.Elle est précocement devenue une spécialité dans une spécialité.Instrument précieux d\u2019investigations physiologique, et psychologique, elle n\u2019a fait encore qu\u2019effleurer un domaine immense.En clinique, elle nous aide considérablement pour l\u2019étude de l\u2019épilepsie et pour le diagnostic topographique des lésions intracra- niennes, bien que pour les tumeurs, elle semble inférieure aux encéphalogrammes gazeux ou opaques.Avec l\u2019électro- myographie, plus jeune encore, elle constitue un exemple très illustratif de l\u2019intégration de la physiologie dans l\u2019arsenal sémiologique.La seconde discipline nouvelle est la neurochirurgie.Très rapidement, les neurochirurgiens ont créé une multitude de techniques précises, sûres autant qu\u2019audacieuses.Grâce aux observations méticuleuses faites avant, pendant et après l\u2019intervention chirurgicale, ils ont décrit, pour maints états neurologiques, une symptomatologie et une pathogénie originales.Ils abordent maintenant la thérapeutique chirurgicale des symptômes douloureux, de certains tremblements, de certaines rigidités.Avec la lobotomie, la neurochirurgie lorgne même vers la psychiatrie.Qui dira son avenir ?En dépit de ces splendides résultats, Cushing croit qu\u2019elle n\u2019est encore qu\u2019à l\u2019aurore de son destin.D\u2019autres auteurs américains sont moins optimistes.De soi, disent-ils, la neurochirurgie à des limites qui tiennent à la nature des lésions en cause et aux difficultés des récupérations nerveuses.D\u2019autre part, la chimiothérapie, la physiothérapie, la physique nucléaire, et que sais-je encore, 166 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU envahiront certains de ses fiefs actuels et la supplanteront.Mais quoiqu\u2019il en soit, la neuro-chirurgie nous aura illüstré une thèse féconde : l\u2019extrême valeur de la recherche physiologique et la primauté de l\u2019expérience humaine sur l\u2019expérience animale.Car les neurochirurgiens ont profité et profiteront quotidiennement de l\u2019occasion autrefois exceptionnelle, maintenant courante, d\u2019expérimenter sur l\u2019homme vivant et éveillé.La transposition interprétative d\u2019une espèce à l\u2019autre, avec tous les aléas de l\u2019argument d\u2019analo- gile, n\u2019existe plus.Le système nerveux qu\u2019on interroge est celui-là même dont on veut la réponse, réponse toute nuancée des subtilités biologiques et psychologiques propres au cerveau humain.Les psychologues et les psychiatres possèdent le même privilège.Je ne parle pas de ceux qui, tels Pawlov, Liddel, Maner etc.ont abordé le problème des névroses par la technique de l\u2019expérimentation animale, ou de ceux qui ont cherché la part des facteurs physiques, chimiques, endocriniens, lésionnels dans les marasmes psychologiques et psychiatriques.Je ne fais pas davantage allusion, car leur position est nette, à ceux qui, éclairés par les exemples, de la paralysie générale, de l\u2019encéphalite épidémique, de certaines maladies dégénératrices du cerveau, de certains états fébriles, de certaines déficiences endocriniennes ou de certaines avitaminoses, ou encore par les effets curateurs des méthodes de chocs dont les mécanismes d\u2019action apparaissent indiscutablement biologiques, pensent qu\u2019à l\u2019origine de la plupart des psychoses existe un primum movens or- gano-physiologique connu ou a connaitre.Je n\u2019éprouve aucune hésitation à me ranger dans cette école.Mais il y a ceux-là qui se réclament de la psychologie pure.A les entendre, l\u2019appareil psychique de l\u2019homme est une sorte de vase clos où les instances s\u2019affrontent selon ces mécanismes que Freud et ses disciples ont longuement analysés sur le LA NEUROLOGIE EN AMÉRIQUE DU NORD 167 terrain pathologique mais en tirant de ces constatations anormales toute une systématisation psychologique, dont le péché originel est l\u2019exclusivisme et la négligence absolue des facteurs biologiques.Leur penser est dynamique, si l\u2019on veut, il n\u2019est pas physiologique au sens plein du terme.La médecine psychosomatique, dont la vogue est très grande aux État-Unis, est en un sens, plus compréhensive.S'agit-il d\u2019un mot nouveau, coiffant une réalité ancienne, comme je le crois, ou d\u2019une réalité nouvelle glissée sous un vocable usagée comme le pense William Malamud .Celui-ci rattache la médecine psychosomatique aux sources suivantes.1) Freud et ses disciples découvrent que des conflits inconscients dans la personne humaine conduisent à des phénomènes sociopsychologiques (peur, anomalies de la pensée et de la volonté) et à des perturbations organiques, parfois irréversibles.2) Pawlov et son école, Cannon et ses disciples montrent que chez l\u2019animal et chez l\u2019homme, les expériences personnelles, surtout de nature émotionnelle, ont des retentissements sur les fonctions physiologiques.3) Krestchmer et Jung, Davenport et Sheldon décrivent les biotypes correspondant aux constitutions mentales.4) L\u2019école de la Gestalt et les conceptions holistiques de Myer conduisent à cette notion précieuse que toute activité psychobiologique met en branle l\u2019organisme fonctionnant comme un tout.Ces quatre prémices sont exactes.Les auteurs auxquels on se rapporte ont certainement souligné avec force, chacun pour son compte, tel avancé qu\u2019on leur prête.Mais avant Freud on n\u2019ignorait pas le rôle pathogène, même sur le plan organique, de l\u2019inconscient dynamique.Et bien avant Myer, il y eut 1\u2019école Montpellérienne.et Hippocrate.Nous y reviendrons.Mais avant de clore ce chapitre sur la neurologie en Amérique à l\u2019heure pré- 25 MALAMUD: The basic concept of psychosomatic medecine.Digest of Neurology and psychiatry, March 1947, p.24, esq. 168 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU sente, soulignons une fois dernière que dans toutes les disciplines, anciennes et nouvelles, tout se déroule sous le signe de la physiologie et du dynamisme.Le long périple que nous venons d\u2019accomplir à travers l\u2019évolution doctrinale de la neurologie nous ramène à notre point de départ, qui était l\u2019étrange paradoxe de la neurologie américaine.Celle-ci fut, jusqu\u2019à il y à trente ou quarante ans, essentiellement tributaire de la neurologie universelle, et en particulier de la neurologie européenne.Depuis lors, elle a grandi.En certains domaines, notamment dans les laboratoires de recherches, l\u2019étude du système nerveux a connu un essor remarquable.N\u2019oublions pas que les États-Unis ont drainé vers des organisations matérielles uniques au monde, nombre de savants et chercheurs étrangers aussi bien qu\u2019américains.La neurochirurgie américaine est certes dans l\u2019ensemble, la meilleure au monde, tant par sa perfection technique que par la culture neurologique des neurochirurgiens et par l\u2019orientation de leur esprit vers la physiologie.En médecine, il n\u2019existe pratiquement plus de vrais neurologues.Les meilleurs sont à la fois neurologues et psychiatres.Cette évolution remonte à plus de vingt-cinq ans.Le célèbre Adolphe Mayer pronon- cait alors le discours présidentiel de l\u2019American Neurological Association et s\u2019exprimait en ces termes: « As neurologists let us frankly confess that we are really neuropsy- chiatrists ».Et 1\u2019an dernier, le président Walter F.Schal- ler\u201d disait: « As psychiatrists, let us confess that we should be well trained neurologists.» Et pour bien souligner sa pensée, il ajoutait: « A neurologist may not be an outstanding psychiatrist, but I have yet to encounter a psychiatrist of real ability who was not a well trained neurologist ».26 WALTER F.SCHALLER: Presidential addresss The importance of neurology to the related specialties, psychology and neurology.M.Schaller a eu l\u2019obligeance de nous fournir son texte non encore publié. LA NEUROLOGIE EN AMÉRIQUE DU NORD 169 A mon avis, Scheller insistait tellement sur ce point, parce que précisément il constitue dans l\u2019immense essor de la psychiatrie américaine le point manifestement faible.« La psychiatrie est une science dont l\u2019apprentissage est long et difficile.La neurologie par ce qu\u2019elle exige des connaissances diverses et précises, demande encore plus d\u2019étude et de temps.On ne saurait à la fois devenir neurologue et psychiatre après une spécialisation rapide.Et la spécialisation psychiatrique américaine me paraît souvent très hâtive.Je ferai à la médecine psychosomatique le même reproche.Certes, celle-ci tient compte des facteurs biologiques et psychiques dans une conception totale qui la rend plus voisine de l\u2019objectivité.Mais elle fait cependant trop bon marché à mon sens de l\u2019anneau neurologique.En d\u2019autres termes, ce qui caractérise, sur le plan pratique, la neurologie américaine, c\u2019est la haute spécialisation.Très heureuse et très profitable dans la recherche et l\u2019expérimentation, elle n\u2019est pas sans avantage non plus dans la pratique.Elle permet une plongée plus intrépide dans l\u2019inconnu.Et les découvertes réelles et imprévues de la psychiatrie et de la médecine psychosomatique tiennent peut-être à cette déficience de l\u2019extension au profit de la compréhension.Peut-être en va-t-il ainsi pour les multiples disciplines qui se créent lentement à même la neurologie, épilestologie, syphiligraphie nerveuse, psycho-clinique, nhysiothérapie, radiothérapie, spécialités, ete.Mais il y a là un danger réel, contre lequel les meilleurs esprits américains se sont élevés.Une véritable spécialité est une pyramide dont le sommet peut, sans danger, s\u2019élever d\u2019autant plus haut que la base est plus large et plus solide.Or, pour toutes les disciplines qui s\u2019intéressent au système nerveux, surtout pour celles qui ont une portée pra- 170 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU tique, la neurologie médicale reste la mère-nourricière.À chaque instant, il lui faut faire le point des connaissances connexes.Elle plonge dans tout le biologique, elle explique tout le psychique.Elle exige de celui qui s\u2019y livre une grande constance au travail, une curiosité alerte et indéfinie, une propension au rêve éveillé qui trouvent en elles-mêmes leur plus noble récompense.Au neuro-clinicien, qui restera neu- roclinicien pur ou qui deviendra neuro-chirurgien, psychiatre, psychoclinicien et que sais-je, rien de ce qui est humain ne saurait être étranger.Ainsi revient-il à la vieille conception hippocratique de la médecine, à celle de Partaz, de Grasset, de l\u2019École Montpellérienne que mon collègue et ami, Paul Pagès défendait ainsi dans sa magnifique leçon inaugurale » 2\": « La pratique médicale, la clinique n\u2019a été pour mol qu\u2019un moyen de m\u2019élever à la Science de l\u2019Homme.» De l\u2019Homme, aurait ajouté Eddington, placé entre l\u2019atome et l\u2019étoile.27 PAUL PAGES: L\u2019Ecole de Montpellier devant la Biologie contemporaine.Imprimerie E.Mazel 1938. LES ÉPREUVES FONCTIONNELLES DU FOIE AVEC ETUDE PARTICULIÈRE SUR LE TEST AU THYMOL DE MACLAGAN par GASTON GOSSELIN & DE GUISE VAILLANCOURT Laboratoire de bio-chimie, Hôtel-Dieu de Montréal (Communication remise pour publication en novembre 1946) Le clinicien n\u2019est pas très satisfait des renseignements que lui fournissent en général les nombreuses épreuves fonctionnelles du foie.Il se plaint souvent que l\u2019épreuve ne concorde pas toujours avec l\u2019état du malade et qu\u2019il y a même, dans certains cas, contradiction entre la clinique et le laboratoire.Nous admettons volontiers que les épreuves fonctionnelles du foie ne sont pas entièrement satisfaisantes; nous sommes cependant convaincus qu\u2019avec les moyens d\u2019investigations dont il dispose aujourd\u2019hui, le médecin peut obtenir d\u2019utiles renseignements sur la pathologie du foie à condition de faire un choix judicieux parmi les tests à cet effet., Le choix de l\u2019épreuve est difficile à faire car, en plus d\u2019être bien au fait de la physiopathologie du foie, le médecin devra opter parmi un très grand nombre de tests qui, pour avoir une valeur inégale, ont par ailleurs des indications précises.Nous exposerons nos vues personnelles sur la valeur et l\u2019indication des épreuves fonctionnelles du foie, nous ferons également part de nos travaux sur un test encore peu connu, l\u2019épreuve au thymol ou Thymol Turbidity Test de MacLagan.[171] 172 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU Notions générales Nous n\u2019avons pas l\u2019intention de faire une revue de la physiologie hépatique, il nous a cependant paru opportun, avant d\u2019aborder la question des épreuves fonctionnelles du foie, d\u2019attirer l\u2019attention du clinicien sur certaines données essentielles à la bonne interprétation de ces tests.L\u2019exploration de la fonction hépathique par des procédés de laboratoire offre de très nombreuses difficultés.En effet, de par sa physiologie, le foie est un organe très complexe chargé d\u2019une multitude de fonctions.Aucun autre organe du corps humain n\u2019a autant de rôles à jouer ; c\u2019est d\u2019ailleurs pour cette raison que Mann l\u2019a appelé le « commissariat de l\u2019organisme ».Il participe au métabolisme de tous les éléments, il fait la synthèse d\u2019une grande quantité de substances, il est essentiel à la désintoxication, il est enfin un organe ayant une sécrétion et une excrétion qui lui sont propres.Il est également important de se souvenir que le foie a une réserve et une capacité régénérative extraordinaire: environ 70% du parenchyme hépathique peut étre détruit sans qu\u2019il y ait bouleversement de 1\u2019économie humaine.Le foie est, de plus, un organe dynamique et la valeur qualitative de ses fonctions varient en tres peu de temps.De par sa complexité physiologique, il est difficile de trouver une épreuve de laboratoire qui puisse évaluer à la fois toutes les fonctions hépatiques ; le clinicien se doit d\u2019explorer le foie en ne misant pas sur un seul test mais sur plusieurs qui éprouveront respectivement un aspect fonctionnel de l\u2019organe.Ces épreuves lui donneront le plus souvent le valeur résiduelle des fonctions hépatiques.Appréciation générale des épreuves fonctionnelles du foie Le médecin, en présence d\u2019un « as de foie», a a sa disposition un grand choix d\u2019épreuves fonctionnelles; en certains milieux le Van den Bergh, par exemple, a été com- ÉPREUVES FONCTIONNELLES DU FOIE 173 plètement mis de côté tandis qu\u2019ailleurs on le considère comme l\u2019un des tests fondamentaux.Dans son choix le clinicien doit se laisser guider par la logique du test, la valeur des renseignements qu\u2019il fournit et par la simplicité de sa technique.Quant à nous, nous considérons le Brome- sulfaléine, la recherche de l\u2019urobilinogène dans l\u2019urine, le pourcentage de prothrombine du sang et le test Prothrom- bine-Vitamine K comme étant les épreuves les plus satisfaisantes.Des travaux personnels sur une centaine de cas, nous permettent d\u2019ajouter à cette liste l\u2019épreuve au thymol de MacLagan (Thymol Turbidity Test) et l\u2019_épreuve cépha- line-cholestérol de Hanger.L\u2019index ictérique donne d\u2019excellents résultats surtout si l\u2019on s\u2019en sert comme guide de l\u2019évolution de la maladie.Quant au van den Bergh, il est des plus utiles dans le diagnostic différentiel des ictères.L\u2019acide kippurique perd de sa popularité et avec raison: trop de facteurs entrent en ligne de compte: nous croyons qu\u2019il devrait être considéré comme épreuve secondaire, pour contrôler un bromesulfaléine élevé par exemple.Nous n\u2019avons fait que mentionner quelques épreuves fonctionnelles du foie, celles que nous considérons comme fondamentales.Il en reste une foule d\u2019autres moins importantes dont le clinicien pourrait se servir à l\u2019occasion comme contrôle des épreuves fondamentales.Indication des épreuves fonctionnelles Les épreuves fonctionnelles du foie, selon Weir, servent trois buts: 1° elles aident au diagnostic différentiel des affections hépatiques et cela qu\u2019il y ait ictère ou non; 2° elles indiquent, à peu d\u2019exceptions près, la valeur résiduelle du parenchyme hépatique; 3° enfin elles renseignent sur l\u2019évolution de la maladie.Nous avons pensé qu\u2019il serait plus pratique et moins long de mettre sous forme de tableau synoptique H et par 174 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU ordre de préférence, l\u2019indication des différentes épreuves fonctionnelles.Nous avons classifié ces tests suivant les différents aspects cliniques que peut présenter un « cas de foie ».I \u2014 Les épreuves qui aident au diagnostic différentiel des affections de la fonction hépatique.A \u2014 Présompthion d\u2019affections hépatiques sams ictére.1° Épreuve au bromesulfaléine.2° Épreuve au thymol.3° Épreuve à la céphaline-cholestérol.4° Taux de prothombine et réponse à la vitamine K.5° Épreuve à l\u2019acide hippurique.6° Index ictérique.B -\u2014 Troubles hépatiques avec ictère (hémolitique, hé- patogène, ou par obstruction).Une fois l\u2019étude clinique et hématologique faites: 1° Épreuve de Van den Bergh.2° Recherche de l\u2019urobilinogène dans l\u2019urine.3° Taux de prothrombine et réponse à la vitamine KIT \u2014 Les épreuves qui permettent d\u2019évaluer l\u2019état du parenchyme hépatique.1°.Épreuve au bromesulfaléine.2° Épreuve au thymol.3° Taux de prothrombine et réponse à la vitamine K.4° Épreuve à la céphaline-cholestérol.5° Épreuve à l\u2019acide hippurique. ÉPREUVES FONCTIONNELLES DU FOIE 175 III \u2014 Les épreuves qui permettent de suivre l\u2019évolution de la maladie.1° Index ictérique (surtout s\u2019il y a ictère).2° Épreuve au bromesulfaléine.- 3° Épreuve au thymol.4° Taux de prothrombine et réponse à la vitamine K.5° Épreuve à l\u2019acide hippurique.6° Épreuve à la céphaline-cholestérol.C\u2019est à dessein que nous laissons de côté certains procédés de diagnostic comme le tubage duodénal ; ces méthodes d\u2019investigation laissent encore beaucoup à désirer et ne devraient servir, tout au plus, de contrôle aux tests fonctionnels.Le Brome-sulfaléine L\u2019épreuve au Bromesulfaléine est certainement le meilleur test à base de colorant, et l\u2019une des plus précieuses de toutes les épreuves fonctionnelles du foie.Il n\u2019est cependant d\u2019aucune utilité lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un patient ictérique.En effet, s\u2019il y a ictère, l\u2019épreuve au brome souligne tout simplement l\u2019altération pathologique prévue, telle qu\u2019indiquée par le rétention de bilirubine et ne fournit aucun renseignement.On a done profit à employer l\u2019épreuve au bromesul- faléine.1° dans les cas de présomption d\u2019affections hépatiques sans ictère.2° pour connaître la valeur résiduelle du parenchyme hépatique.3° pour suivre l\u2019évolution de la pathologie hépathique. 176 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU Le principe de l\u2019épreuve est simple: un colorant, le bro- me-sulfaléine en l\u2019occurrence, injecté dans la veine est excrété par le foie dans la bile.Le test n\u2019exige aucune préparation spéciale de la part du malade.Il suffit d\u2019injecter 2mg.de colorant par kilo de poids du malade, de retirer exactement 30 minutes après l\u2019injection, 10ce de sang.On lit au spectro la quantité de colorant non éliminé par le foie contenu dans le sérum.La normale est de 5% ou moins de la quantité totale injectée.Détermination du taux de Prothrombine et Vitamine K On connaît le rôle essentiel joué par la prothrombine et la vitamine K dans le mécanisme de la coagulation sanguine; on sait également que c\u2019est le foie qui fait la synthèse de la prothrombine et que c\u2019est au niveau de l\u2019intestin que se fait l\u2019absorption de la vitamine K.La vitamine K étant liposoluble, son absorption intestinale n\u2019est possible qu\u2019en présence de sels biliaires.Dans les cas d\u2019ictère par obstruction, la baisse du taux de prothrombine sera le plus souvent dû à l\u2019absence de sels biliaires au niveau de l\u2019intestin.L\u2019administration de vitamine K et de sels biliaires corrigera rapidement cette déficience.Par ailleurs, dans les affections du parenchyme hépatique, il y aura défaut de synthèse de la prothrombine et l\u2019administration de vitamine K n\u2019apportera aucune amélioration à cet état.Cette épreuve ne nécessite aucune préparation spéciale de la part du malade.Sur une goutte de sang prélevé au bout du doigt, on détermine d\u2019abord le taux de prothrombine par la méthode Quick modifiée.S\u2019il y a hypoprothrom- binémie, on administre de 2 à 8mg de vitamine K par voie intramuseulaire.On peut ainsi faire le diagnostic différentiel entre ictère par affection du parenchyme hépatique et ictère par obstruction; dans le premier cas le taux de prothrombine ÉPREUVES FONCTIONNELLES DU FOIE 177 n\u2019augmente pas avec l\u2019administration de la vitamine ; dans le second, il y a élévation rapide de taux de prothrombine.Cette réponse à la vitamine K n\u2019est pas absolue car il existe assez souvent dans les ictères par obstruction de longue durée une hépatite secondaire qui donne une réponse négative à l\u2019administration de la vitamine K.Toutefois l\u2019épreuve a une grande valeur et devrait être employée surtout pour faire le diagnostic différentiel des ictères; il y a aussi intérêt à rechercher le taux de prothrombine pour connaître la valeur fonctionnelle du parenchyme hépatique et suivre l\u2019évolution de la maladie.L\u2019index ictérique La recherche de l\u2019index ictérique est simple, rapide et relativement précise.Ce procédé de laboratoire donne le taux de pigments biliaires du sérum, sans indiquer de quelles variétés il s\u2019agit ; pour avoir ce renseignement additionnel, il faut recourir au van den Bergh.L\u2019index ictérique sert particulièrement à suivre l\u2019évolution d\u2019une affection hépatique; on l\u2019emploie aussi pour dépister les cas d\u2019ictères latents, lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019anémie pernicieuse par exemple.Il faut se rappeler que l\u2019ictère ne se manifeste que lorsque l\u2019index est à 15, la normale étant de 3 à 8.On recherche l\u2019index ictérique en prélevant 6 ce.de sang chez un patient à jeun.On évalue au spectro-photo- mètre la coloration du sérum.L\u2019acide hippurique L\u2019épreuve à l\u2019acide hippurique est moins populaire depuis l\u2019avènement du test au bromesulfaléine; elle cop- serve toutefois son utilité comme épreuve secondaire ou de contrôle.L\u2019un de ses inconvénients, et non le moindre, vient du fait que ce test est en fonction de l\u2019élimination rénale qui 178 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU peut être modifiée dans plusieurs états pathologiques dont la néphrite, les états cachectiques, l\u2019anémie, etc.On a prétendu que l\u2019épreuve à l\u2019acide hippurique est le test par excellence de la fonction de désintoxication du foie.D\u2019une façon générale, cependant, ses indications sont les mêmes que celles du bromesulfaléine.L'épreuve est basée sur le pouvoir qu\u2019a l\u2019organisme de combiner l\u2019acide benzoique injecté avec la glycine de l\u2019organisme.On sait que la glycine est un acide aminé non es- sentie] excrété par le foie; la production de glycine est en fonction de l\u2019intégrité du parenchyme hépatique.Pour faire cette épreuve, il est préférable que le patient ait pris un léger déjeuner (rôties et café); un malade à jeun a plus facilement des nausées et des vertiges.Une fois la vessie vidée par cathétérisme, on injecte très lentement (5 à 8 minutes) 20ce.d\u2019une solution contenant 1.77 gr.de benzoate de soude.Si le patient se sent incommodé, on diminue la vitesse de l\u2019injection ou on arrête momentanément; les symtômes d\u2019intolérance disparaissent immédiatement.Une heure après l\u2019injection, on recueille l\u2019urine entière contenue dans la vessie, par cathétérisme si nécessaire.Au laboratoire, on acidifie et on filtre l\u2019urine.En présence d\u2019acide sulfurique, l\u2019acide hippurique précipite à froid dans une solution saturée de chlorure de sodium.Le précipité formé est repris et dissous dans l\u2019eau bouillante puis dosé par la soude N/2; on emploie le phénolphtaléine comme indicateur.On considère pathologique une excrétion d\u2019acide hippurique inférieure à 0.70 gm.Le van den Bergh Cette épreuve est à juste titre la plus populaire parmi les tests ayant trait aux pigments biliaires.Tandis que ÉPREUVES FONCTIONNELLES DU FOIE 179 l\u2019index ictérique ne fait que déterminer la quantité totale des pigments biliaires du sérum, le van den Bergh indique la variété de pigments dont il s\u2019agit.Le van den Bergh s\u2019emploie surtout dans les.cas d\u2019ictères ; grâce à cette épreuve, le clinicien peut souvent faire un diagnostie différentiel.Le rappel de certaines données physiologiques est essentiel à la compréhension de l\u2019épreuve.La destruction des globules rouges par le système réticulo-endothélial du foie, de la mælle et de la rate produit l\u2019hémoglobine qui, à son tour, à la suite d\u2019une série de transformations bio-chimi- ques, devient l\u2019hémobilirubine.Après avoir été absorbée puis excrétées par le foie, l\u2019hémobilirubine est transformée en cholobilirubine.Le van den Bergh, à l\u2019aide du réactif diazoique, non seulement fait la distinction entre hémobilirubine et cho- lobilirubine, mais il évalue la quantité de ces deux variétés de pigments.La technique de l\u2019épreuve est assez simple.Chez un patient à jeun, on prélève 10 ce.de sang.À 2 ce.de sérum on ajoute le réactif d\u2019Erlich (diazoique).Si la coloration apparaît immédiatement, on dit que la réaction est directe, sinon, la réaction est indirecte et, en plus du réactif d\u2019Er- lich, on traite le sérum au sulfate d\u2019ammonium et a 1\u2019alcool: on lit le degré de l\u2019intensité de la coloration au spectro- photomètre.Une réaction directe s\u2019observe dans les cas d\u2019ictères par obstruction.Une réaction indirecte est généralement obtenue dans les cas d\u2019ictères hémolytiques.Dans les affections du parenchyme hépatique, les réactions sont variables et ne donnent pas grands renseignements. 180 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU Urobilinogène La recherche de l\u2019urobilinogène dans l\u2019urine et dans les selles a une très grande valeur dans les hépatiques.On se souvient que la cholobilirubine est transformée au niveau de l\u2019intestin, par l\u2019action des bactéries, en urobilinogène ou stercobilinogène dont une partie est excrétée dans les selles.Une autre partie absorbée par la voie sanguine est transformée au niveau du foie, pour être éliminée dans la bile, sous forme de pigments biliaires, et des traces normalement passent aussi dans l\u2019urine.Dans les cas où le parenchyme hépatique est lésé, l\u2019urobilinogène n\u2019est plus transformée en pigments biliaires et il en passe de fortes quantités dans les urines.A 10 ce.d\u2019urine, on ajoute 1 ce.du réactif d\u2019Erlich.Après avoir agité et laissé reposer une à trois minutes, on note la coloration.Si l\u2019urine est légèrement teintée de rose, le taux d\u2019urobilinogène est normal, si la coloration est plus accentuée, on prépare plusieurs dilutions d\u2019urine (1/20, 1/40, 1/20, etc.) et on remarque à quelle dilution la teinte rose apparaît.Normalement, la coloration rose doit apparaître à une dilution de 1/20 ou moins.Il est à noter que certaines maladies autre qu\u2019hépatiques peuvent donner un chiffre plus élevé ; il en est ainsi pour les maladies infectieuses, les maladies hémolytiques, les intoxications.La constipation peut aussi provoquer une élévation du taux de dilution.La recherche de l\u2019urobilinogène dans les selles n\u2019est pas encore devenue une épreuve de routine.Les différentes techniques proposées à cet effet sont longues et compliquées.Céphaline-cholestérol Le sérum d\u2019un individu souffrant d\u2019une affection hépatique à la propriété de floculer une émulsion de céphaline- EUPNOGENE Antidyspnéidue Stimulant du centre respiratoire ASTH ME DYSPNEES BRONCHITES Solution stabilisée contenant lodure de Caféine O gr.50 Benzoate de Soude \u2026 gr.Teinture de ca 6 Ogr.25 par cuiller à thé L'Eupnogène est une préparation stable d'iodure de Caféine cristallisé d action constante et de bonne tolérance.~~ INCORPOREE SIE .pu E.G E 8 Le) -C I A PE a ur WE LABOR res 34580, RATOIRES: 887 RU Mal-Juin 1947 IX RUE 'L é : SINE NE e MOYN i Ad pe E b Li PP .\u2019 M O parue \u201cRUE FORTUNE PTE NTRÉAL DYSPNÉ-INHAL prévient et soulage RAPIDEMENT Les crises d'asthme, de rhume des foins, d\u2019emphysème.Solution à 350, d'épinéphrine stabilisée par Un procédé spécial.Un pulvérisateur de poche spécial et peu encombrant en rend l\u2019utilisation facile à tout moment.Le dyspné-inhal s'emploie en pulvérisations et uniquement dans l'appareil spécial qui Ne doit pas seulement pulvériser comme beaucoup d'autres, mais \u201catomiser\u201d le liquide.On peut répéter l'opération sans aucun inconvénient, jour ou nuit, a chaque crise.POUR INHALATIONS BUCCALES SEULEMENT E.S ®euarTES SCILLITRINE Médication d\u2019Urgence des crises LABORATOIRE PERRIER FRANCE Agents généraux pour le Canada MILLET ROUX & CIE, LIMITEE 1215 RUE-ST-DENIS MONTREAL TRAITEMENT MAGNÉSIEN PAR LE TOTAL MAGNÉSIEN Chlorure de magnésium, médicinal, déshydraté INDICATIONS : Manifestations arthritiques, Affections de la prostate, Asthénies, Tremblements séniles, Tumeurs bénignes, Verrues, Herpès, Acné, Eczéma, Troubles hépatiques, Constipation et Prophylaxie des Néoplasmes.LABORATOIRES du \u201cTOTAL MAGNÉSIEN\u201d 24 BOULEVARD SÉBASTOPOL PARIS, FRANCE Agents généraux au Canada : MILLET, ROUX & CIE LIMITÉE 1215, RUE ST-DENIS MONTRÉAL Mai-Juin 1947 X Marque pour désigner la gonadotrophine chorionique NS SAGES se Non î od Ne NU © [33 (l [a oY 0° ?Pag (Res ISTERED) do chorioni Ne MTERNATIO technia i po o® @ of Bioche «0 tain i CG ENNA AY 45 * efficace * économique * indolore Pour le traitement de l\u2019ectopie testiculaire, du syndrome de Froelich, de I'hypogénitalisme, de la ménorragie et de la métrorragie.AYERST, McKENNA & HARRISON LIMITÉE 426F Biologistes et Pharmaciens + MONTREAL, CANADA Mal-Juin 1947 XI PRÉSENTATION PYRIBENZAMINE, pour usage buccal: Comprimés, flacons de 50 et 500.ANTISTINE, pour administration parentérale: Ampoules, boites de 5, 20 et 100.(Aussi, sous forme de comprimés pour usage buccal, flacons de 50 et 500.) 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