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Titre :
Le journal de l'Hôtel-Dieu de Montréal
Éditeur :
  • [Montréal, Québec] :[Hôtel-Dieu de Montréal],1932-1947
Contenu spécifique :
Janvier-Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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Fichiers (6)

Références

Le journal de l'Hôtel-Dieu de Montréal, 1934, Collections de BAnQ.

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[" re 22 past Loy \u2014\u2014 RELIURE D'ART FRANÇAISE \u2014 {SN 4e 4 TN \u2014 = =x C= 1 = \u2014 \u2014\u2014 = ss 2 pe = == \u2014\u2014 = = == \u2014 Z IN ) ~ nd I | d P \u2014_\u2014 \u2014, 1684 2) 1914 \\ A \u2014 > TE = \u2014= NS = _ == i \u2014 = pe = =o ; a J) \u2014_ = \u2014 \u2014 È \u2014 di | @ \u201cBIBLIOTHEQVE & ?SAINT- -SVLPICE con dr \\ \u201cgo ,* oF de dp | 200, cA TY) US = < 610 B26 Ad Numéro 1 Troisième année LE JOURNAL de L\u2019HOTEL-DIEU DE MONTRÉAL he ) - JANVIER-FÉVRIER 1934 TIRAGE CERTIFIÉ: 2000 COPIES SOMMAIRE du No l JANVIER-FÉVRIER 1934 a Ya] JOSEPH-LUC RIOPELLE : Un nouveau cas d\u2019asthme mortel avec autopsie .o.oo.1 EMILE LEGRAND: La pyrétothérapie dans certaines formes cliniques de syphilis nerveuse .18 ALCIDE THIBODEAU : L\u2019or dans la bouche .= 41 LEO-E.PARISEAU : Notes gastronomiques et médicales sur les Ours du Canada .44 FOV URASE Tonique nutritif, régénérateur des globules Par comprimé: rouges, régulateur de l'intestin.Ext.Foie sec .3 grs.Levure desséchée .3 grs.yy Co Un ou deux comprimés, trois fois Nucléinate de Fer.1 gr.par jour.Sur demande, nous enverrons avec plaisir un échantillon.LABORATOIRE NADEAU Limitée LAncaster 2185 .100 ST-PAUL OUEST, MONTREAL I Dans la plupart des cas d\u2019insomnie un seul comprimé de DIAL «CIBA» suffit à ramener le sommeil.N'est-ce pas un traitement facile, efficace et peu coiiteux ?Tous les sujets qui connaissent la douleur trouvent dans la Cibalgine «CIBA» un apaisement à leur mal, une sédation à leur système nerveux irrite.COMPAGNIE CIBA Limitée, MONTREAL LE YOGOURT CROIX VERTE Un délicieux aliment qui fait la police de l\u2019intestin Savez-vous qu\u2019en mangeant tous les jours le savoureux dessert qu\u2019est le Yogourt, non seulement vous vous offrez un délicat régal, mais encore vous faites exactement ce qui convient pour vous entretenir en pleine forme et reculer la vieillesse.Le Yogourt est un produit naturel du lait.C\u2019est le type même de l\u2019aliment complet.Mais ses vertus nutritives ne sont pas les plus précieuses.Le Yogourt contient, en effet, des ferments naturels bienfaisants qui assainissent le tube digestif en détruisant les toxines qui pullulent toujours Je dans l'intestin.Le Yogourt aide merveilleusement la digestion, rafraichit l\u2019organisme et entretient le corps sain et jeune.C\u2019est à l\u2019usage quotidien du Yogourt que certaines populations orientales doivent de parvenir à un âge très avancé, malgré leur hygiène primitive.En Europe, le Yogourt figure maintenant comme dessert sur toutes les tables.Il se mange nature, salé, sucré ou mélangé de confitures.Essayez dès aujourd\u2019hui le Yogourt Croix-Verte particulièrement fin et riche en ferments bienfaisants.DELISLE Fabricant 916, RUE DULUTH EST.Tél.: AMherst 0434 Dans la Myocardite \u2014 Prescrivez THEOCALCIN (théobromine-salicylate de calcium) Donnez Theocalcin pour augmenter l'efficacité de l\u2019activité cardiaque, diminuer la dyspnée et réduire l\u2019oedème.Theocalcin est un diurétique puissant et un stimulant cardiaque à la dose de un à trois comprimés, trois fois par jour, pendant ou après les repas.Littérature et échantillon envoyés sur demande.MERCK & CO.Limited 412, RUE ST-SULPICE, - 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- MONTREAL Téléphone: HArbour 0630 PAVERAL reste toujours le médicament de choix pour le traitement scientifique de la COQUELUCHE Le PAVERAL est journellement prescrit avec succès pour les cas de coqueluche et des toux coqueluchoïdes.Ne cause ni intolérance, ni complication.Littérature sur demande.Agents : CANADA DRUG COMPANY PHARMACIENS EN GROS 857, rue Saint-Maurice, - - - Montréal VI ASSOCIATION JEANNE MANCE Registre des gardes-malades graduées de L\u2019HÔTEL-DIEU DE MONTRÉAL SERVICE PRIVÉ ALJ A a pe] 0 LE Thais nl = Le .Je a = 7 5 7 39 ih res ne 2 = 7 Ss eu ex iid 4 LABORAT OIRES en CE RE 5 CORTIAL se STE 20% uy ARIS (XV Gow AOS % y Ag CHOC; 7 NI REACTION 9j) LABORATOIRES CORTIAL .15 BOUL® PASTEUR.PARIS Uniques distributeurs pour le Canada : MILLET ROUX & LAFON Ltée SLT) > BAIL NY DESODORISE S'il faut associer les Bromures, prescrivez LELIXIR GABAIL Valéro-Bromaré « au Valérianate Gabail désodorisé et sans alcool.LABORATOIRE : 5, Rue Lefebvre.PARIS L\u2019ANGLO-FRENCH DRUG CIE, MONTRÉAL INSTITUT DE MICROBIOLOGIE SARREBRUCK Méthode de Désensibilisation Polyvalente Hyposutfite de Na et Chlorure de Ce en combinaison Sihicatee -Bromurée ECZEMAS PSORIASIS STROPHULUS O Communication à la ÉRYTHRODERMIES SOCIÉTÉ DE DERMATOLOGIE PRURITS DE PARIS URTICAIRE MIGRAINES Accidents SERIQUES me) sis \\ANAPHYLAXIES oa DUA Pr [dEUPHORYLY 3 cachets par jour u 3 Injections Intraveineuses par \u2018semaine avec auto-hémotnérapie P| LULES POMMADE Laboratoires Mourquet AR Agent dépositaire pour le Canada: G.JOUOT, 460 est, avenue Mont-Royal, Montréal.ET VOTRE LICENCE DE RADIO ?Vous pouvez renouveler votre licence de radio, due depuis le ler avril de l'année courante, en vous adressant à l\u2019une ou l\u2019autre de nos succursales.Si vous possédez un appareil de radio, il vaut mieux que vous achetiez cette licence au début de l'année fiscale fédérale, car le permis de radio-réception qui sera émis s'étend du ler avril de l\u2019année courante au ler avril de l\u2019année prochaine.Procurez-vous la licence de radio dont vous avez besoin à notre bureau le plus rapproché.La Banque Provinciale du Canada S.J.B.ROLLAND, CHS.A.ROY, Président.Gérant Général. 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Le décès par simple coïncidence est également rare durant cet épisode passager qu'est la crise.C'est par ses complications lointaines que l'asthme tue.Peu à peu la bronchite, l'emphysème pulmonaire, l'insuffisance cardiaque ajoutent, puis substituent leur dyspnée propre à son complexe purement spasmodique.Ce sont les lésions banales de ces affections que révèlent d'ordinaire les autopsies d'anciens asthmatiques.Aussi, l'anatomie pathologique de l'asthme est-elle pauvre en observations.A notre connaissance, la littérature médicale n'en comptait, récemment encore, que 38.Tout dernierement, une étude synthétique de 20 cas (W.Pagel) porte a 58 le total des observations connues.On en relève une dizaine dans les publications allemandes.Les revues américaines décrivent la plupart des 1 Note de la Rédaction, \u2014 Cet, article est renroduit des Annales d'Anatomie pathologique et d'Anattmie nacmalé - médicoe, bérurgièaie, \u201crpvue publiée à Paris, où il a paru dans le no 9 dy TÏye X,,.en \u2018détemore TH33.Le.100409 2 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU autres, soit 27.La littérature médicale française en offre un seul cas, celui de Lemierre, Léon Kindberg et Lévesque.Les observations anatomo-pathologiques indiscutables sont encore plus rares que ne le ferait supposer la bibliographie, bien restreinte pourtant.MM.Harry L.Huber et Karl K.Koessler (« The Pathology of Bronchial Asthma sy, Arch.of Pathological Anatomy, 1923), après une brève revue des cas publiés jusqu\u2019à eux, avouent qu'il en faudrait sans doute élaguer une bonne moitié.C\u2019est donc à titre de contribution à la casuistique encore pauvre de cette affection que nous présentons l'observation suivante: HISTOIRE CLINIQUE Mme O.G., ménagère, soixante-deux ans, est transportée en ambulance à l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, le 10 octobre 1931, et admise dans le service du docteur Hamel.Elle accuse une dyspnée intense, des palpitations, des douleurs thoraciques, ainsi qu\u2019une sensation de pesanteur à la région lombaire.« La maladie remonte à trois ans; depuis ce temps, à sept reprises, elle a fait des crises ne différant que par leur intensité et leur durée croissante.Les attaques, dit-elle, surviennent ordinairement lors des changements brusques de l'état atmosphérique.Elles sont précédées d'une hydrorrhée nasale abondante et d'éternuements répétés.L'accès éclate toujours la nuit; la malade, subitement éveillée, est prise d\u2019une dyspnée d'emblée intense.Parfois, elle éprouve en même temps des palpitations.La dernière attaque, survenue au cours de l'été 1931, dura plus d\u2019un mois.Formée de crises répétées, entrecoupée de quintes de toux suivies d'une expectoration blanchâtre, elle constitua un véritable état de mal.Jusqu'à ces trois dernières années, la patiente a toujours joui d'une bonne santé.Menstruée à quatorze ans.Règles d'abondance et de durée normale.Mariée à vingt-deux ans, 8 grossesses.Une fausse couche à deux mois et demi; 3 enfants morts en bas âge, de cause inconnue.Père mort à quatre-vingt-quatre ans.Mère morte à cinquante-six ans, de paralysie de nature indéterminée.A l'examen, on note: une dyspnée intense, expiratoire et inspiratoire.Le',nombre des: mouyeménts- -respiratoires est de 16 par minute.Submatité du sommet droit,\u201d Murmure respiratoire .- .\u2026.® > » Cee : \" Te Te - + - - \u2026\u2026.° - UN NOUVEAU CAS D'ASTHME MORTEL 3 complètement aboli; râles sibilants et ronflants sur toute l'étendue des poumons.Au coeur, souffle doux au foyer tricuspidien.Rythme cardiaque irrégulier, à fréquence oscillant entre 90 et 130.P.A.(Tycos), 165/100.Température, normale.Urine: présence d\u2019albumine (1 gramme), Azotémie, 0 gr 65 °/00.Bordet- Wassermann négatif.La patiente éprouve une gêne respiratoire presque constante, exacerbée par de nombreux accès paroxystiques.Au début, l\u2019adrénaline, l\u2019évatmine, la morphine, la soulagent partiellement.Finalement, la dyspnée devient surtout inspiratoire et s'accompagne de tirage.La malade présente de la cyanose de la face et des extrémités, ainsi qu'une transpiration froide et abondante.Ces symptômes résistent à toute thérapeutique et la patiente meurt quatre jours après son entrée à l'hôpital.EXAMEN MACROSCOPIQUE.\u2014 Autopsie faite trois heures après le décès.Cadavre d'une femme âgée, amaigrie, de taille moyenne, pesant environ 100 livres.Rigidité cadavérique assez marquée.Lividités étendues aux parties déclives.Teint terreux, subictère des culs-de-sac conjonctivaux.Denture artificielle.Thorax proéminent, abdomen plat.A la section des téguments, pannicule adipeux sous-cutané peu abondant.Diaphragme légèrement abaissé des deux côtés.Le péricarde contient une quantité normale de liquide.T'ache laiteuse sur le péricarde à proximité de la pointe.Coeur de volume normal, de forme globuleuse, arrêté en systole.Parois de l'oreillette et du ventricule gauches d'épaisseur normale.Pas de dilatation dv coeur gauche.Epaississement athéromateux des bords libres des valvules mitrale et aortique.Oreillette et ventricule droits nettement dilatés, anneau tricuspidien mesurant 13 cm.9.Myocarde brunâtre de consistance ferme.Poids du coeur, 200 grammes.Coronaires perméables.Pas de dilatation aortique, nombreuses plaques d\u2019athérome.Poumons turgescents, faisant saillie hors de la cage thoracique, lors du dégagement du plastron sterno-costal.Pas d'épanchement pleural.Pas d'adhérences, sauf aux deux sommets retenus par des brides fibreuses.Aspect frisé de la plèvre des sommets.Bords antérieurs des poumons mousses présentant de grosses bulles d'emphysème.Les deux poumons sont gris pâle aux deux tiers supérieur et rosâtres à leur base.À la palpation, tubercule fibro- crétacé au sommet droit.Parenchyme mollasse peu élastique.Pas de foyer d\u2019hépatisation ou de splénisation.Surface de section des deux poumons grisâtre, sèche, à dessin aréolaire délicat, visible à LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU l'oeil nu.Quelques-unes des bronches de moyen calibre sont vides.La plupart sont obstruées et distendues par des moules hyalins de consistance ferme qui font saillie en «tête de clou » hors de la bronche.Poids des poumons: droit, 280 grammes; gauche, 250.Intestins: spasme du côlon descendant.Rate: 85 grammes, dure, pauvre en pulpe blanche et en boue splénique.Pancréas, normal.Vésicule biliaire, remplie de bile épaisse noirâtre, pas de calculs.Foie: 900 grammes; surface lisse, rougeâtre; à la coupe, congestion modérée.Dessin du parenchyme plus apparent que normalement.Reins: droit, 95 grammes; gauche, 100 grammes.Présence de quelques petits kystes corticaux, remplis de liquide citrin.Corticale: légèrement amincie, à dessin nettement visible; sommet de plusieurs pyramides, blanc et induré.Décapsulation assez difficile avec arrachement d'un peu de parenchyme.Organes génitaux: sans particularités.EXAMEN HISTOLOGIQUE.\u2014 Les caractères de la plèvre et du poumon sont beaucoup moins complexes que ceux des bronches; notons-les immédiatement pour n'avoir pas à y revenir au cours de la description.La plèvre, d'épaisseur normale, ne montre ni congestion ni infiltration inflammatoire.Le parenchyme pulmonaire est formé d'alvéoles presque partout dilatés.Les cloisons interalvéolaires sont amincies, mais ni atrophiées, ni perforées.On ne trouve nulle part d'oedème alvéolaire Comme seule modification à l'aspect Ordinaire d\u2019un poumon atteint d'emphysème aigu alvéolaire, on observe ça et là des amas d\u2019une substance filamenteuse, colorable en rouge vif par le mucicarmin de Mayer.Ce mucus injecte, en tout ou en partie, les bronchioles terminales et les acini pulmonaires.Il y est transporté par inhalation.-car il n'existe, à ce niveau, aucun élément glandulaire susceptible de l\u2019élaborer.La viscosité de cette substance, les effets de capillarité, la pression antagoniste de l'air intra-alvéolaire rendent sa progression particulièrement difficile.On peut en suivre toutes les étapes.Souvent la colonne fluide apparaît terminée par un ménisque concave, tendu à l\u2019orifice de la bronchiole ou accroché aux bourrelets alvéolaires (fig.2).Seules des inspirations particulièrement profondes parviennent à triompher de la tension superficielle de ce ménisque.Des bulles d\u2019air s\u2019échappent par les bronchioles, tandis que des masses équivalentes de mucus s\u2019y substituent et finissent par combler la cavité aérienne. UN NOUVEAU CAS D'ASTHME MORTEL 5 Ces masses muqueuses ne contiennent en majorité qu'un petit nombre d'éléments cellulaires: leucocytes éosinophiles et cellules alvéolaires desquamées.Cette desquamation épithéliale constitue la seule réaction irritable des parois limitrophes, et ne s'accompagne pas de dilatation du réseau sanguin sousjacent.A certains endroits pourtant, au niveau de la base gauche, certaines flaques muqueuses apparaissent criblées de polynucléaires presque tous neutrophiles.On observe une congestion capillaire marquée de la paroi qui les ai Ta du % Fin yp + TIE Xi, Fig.1.\u2014 Emphyséme alvéolaire aigu.Ramifications bronchiques terminales injectées de mucus.Ça et là, présence de mucus dans les cavités alvéolaires.En bas et à gauche, bronche musculaire partiellement remplie de la même substance.borde.Les petites bronches correspondantes sont le siège du même processus, d\u2019allure nettement inflammatoire.Il s'agit là d\u2019une bronchio-alvéolite disséminée, localisée en un secteur tout à fait limité du parenchyme respiratoire.A côté de ces lésions banales, le reste de l'arbre bronchique présente des modifications plus complexes et tout à fait spéciales.Toutefois, le tableau histologique varie peu suivant les régions pulmonaires.De même, les étages successifs des voies respiratoires offrent des différences lésionnelles plutôt quantitatives que qualita- 6 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU M tives.Il n'est donc nul besoin de procéder par ordre topographique.Pour la commodité de la description, nous aborderons successivement l'examen de la lumière bronchique et de son contenu, de l'épithélium, de la paroi, en notant à mesure les particularités régionales.Certaines bronches, vides de sécrétion, présentent une lumière étoilée ou festonnée, de calibre sensiblement normal.Nulle part, on ne note un état de contraction spasmodique qui se traduirait fe oT BOND LF Fig.2.\u2014 Obstruction d\u2019une bronchiole terminale par la sécrétion muqueuse.Dilatation de l\u2019acinus pulmonaire correspondant.par une hauteur exagérée des replis et par une diminution nette de calibre.Presque partout, au contraire, les bronches paraissent encombrées de mucus.Ça et là, ce mucus s\u2019y collecte en quantité variable sans arriver à les combler.Le plus souvent, son accumulation en réalise l'obstruction complète.Quelquefois même, leur lumière arrondie ou à peine dentelée se montre nettement élargie par le mucus qui les injecte à force.Certaines bronches, quoique vides, apparaissent également béantes et distendues, malgré l\u2019intégrité complète de leur paroi.Rien ne permet donc d'expliquer cette distension, sinon la présence d\u2019air sous pression entre deux « bouchons » muqueux. UN NOUVEAU CAS D'ASTHME MORTEL 7 Ces « bouchons 5 muqueux sont tantôt homogènes, tantôt feuilletés, comme formés par une série d'appositions successives.Plusieurs sont centrés par une spirale de Curschmann (fig.3).Au sein de ces masses muqueuses, une étude plus attentive permet de discerner des éléments cellulaires, épars ou rangés en file, ou groupés en amas plus nombreux à la périphérie qu'au centre du bouchon muqueux.À peine existante au niveau des alvéoles et des petites bronches, cette infiltration cellulaire croît en abondance à mesure qu'on remonte les voies respiratoires.Elle est constituée, en majo- ct pates ir EE MTT Fig.3.\u2014 Petite bronche musculaire (environ 1/10e de mm.), moule muqueux contenant une double spirale de Curschmann.Epithélium très riche en cellules mucipares.Etat cylindrique de la bronche.rité, de polynucléaires éosinophiles, mêlés de macrophages chargés de grains anthracosiques et de cellules épithéliales peu nombreuses, arrondies ou étirées en fuseau.On observe aussi, en de rares endroits, des flaques de substance albuminoïde que la présence de cellules épithéliales encore reconnaissables rattache à une desquamation de l'épithélium.Notons enfin qu'à raison de la technique employée (fixation, inclusion à la paraffine), on ne constate nulle part de cristaux de Charcot-Leyden.On n'en observe pas, non plus, les moules, qui devraient persister après leur dissolution.2 8 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU L'épithélium bronchique, partout intact et continu, repose sur une basale nettement épaissie, d'aspect hyalin.Il est infiltré de nombreux polynucléaires en voie de migration.Sa richesse en cellules mucipares est extraordinaire, Au premier coup d'oeil, sur les coupes colorées au muci-carmin, certaines assises cellulaires superficielles donnent l\u2019impression d'une véritable « nappe sécrétante », formée uniquement de grosses cellules gonflées de mucus, pourvues d'un noyau rejeté à la base.Un examen plus minutieux permet de découvrir, masquées par la rougeur du mucus environnant, des cellules plus sombres, étroites, en forme de sablier, garnies à leur sommet de touffes de cils, Malgré l'intensité du processus, la transformation mucipare ne va pas jusqu\u2019à abolir la disposition normale et l\u2019épithélium reste toujours mixte.L'importance de cette hypergénèse de cellules muqueuses diffère suivant les segments de l'arbre bronchique.Elle reste sensiblement proportionnelle à la répartition normale des cellules, Nulle dans les bronchioles terminales, elle augmente rapidement pour atteindre son maximum au niveau approximatif des bronches sus- lobulaires.Sa distribution est par ailleurs indépendante de l\u2019état très variable de la paroi sous-jacente, en particulier de l'intensité de son infiltration.Aussi suggère-t-elle l\u2019idée d'une stimulation sécrétoire d'ordre neuro-vasculaire plutôt que d'ordre irritatif et purement local.La paroi bronchique modérément hyperhémiée, renferme divers éléments cellulaires, éosinophiles, poly ou mono-nucléés, lymphocytes, plasmocytes et de rares mastzellen.Peu prononcée au niveau des bronchioles, la congestion et l'infiltration augmentent avec le calibre des bronches.Un examen minutieux ne nous y révèle pas d'autre altération.On ne constate ni atrophie ni hyper- génèse élastique.Il n'existe pas non plus d'hypertrophie musculaire appréciable.Quant aux glandes séro-muqueuses intra-parié- tales, elles sont en pleine activité sécrétoire: mais on n\u2019y observe pas l\u2019hypertrophie décrite et figurée par quelques auteurs.Au premier abord, l'état cylindrique, signalé plus haut, de certaines bronches, l'effacement des plis de la muqueuse, l\u2019amincissement de la paroi, suggèrent à l'esprit une atrophie ectasiante de son squelette de soutien.On reconnaît ensuite que, là comme ailleurs, l'architecture bronchique demeure intacte.Cet aspect résulte non point de sa dislocation, mais purement de la tension de ses éléments constitutifs.Comme seules lésions des autres organes, signalons un léger degré d'atrophie brune du coeur; aux reins, une sclérose gloméru- laire discrète et disséminée; une surcharge graisseuse assez marquée du foie. UN NOUVEAU CAS D'ASTHME MORTEL 9 DISCUSSION En résumé, une femme, sans passé pathologique déclaré, est prise brusquement, à cinquante-neuf ans, d'accès dyspnéiques.Par leurs caractères: début subit, nocturne, influence de l'état atmosphérique, coexistence de manifestations attribuables à.la rhinite spasmodique, expectoration blanchâtre non purulente, absence de séquelles, enfin, ces accès suggèrent à l'esprit le diagnostic d'asthme.La maladie évolue pendant trois ans, par périodes de plus en plus longues, formées de crises chaque fois plus nombreuses et plus pénibles.La patiente arrive à l'hôpital en pleine dyspnée, de type surtout expiratoire.l'examen ne révèle aucune lésion de foyer, mais on constate, dans toute l'étendue des poumons, une pluie de râles sibilants et ronflants.La température est normale.Jusqu'ici, rien ne s'oppose encore à l'hypothèse de manifestations asthmatiques, de la variété dite « humide ».Dans la suite, la dyspnée augmente et se modifie peu à peu: elle devient exclusivement inspiratoire et s'accompagne de tirage, de cyanose, de sueurs froides.La patiente meurt dans cet état.Cette transition insensible permettrait de rattacher le syndrome terminal à l'encombrement progressif des voies aériennes, et le décès à l\u2019asphyxie, si une telle évolution n'était exceptionnelle, même au cours des accès les plus dramatiques: « L'asthme ne tue pas.» (Peter.) A cet exemple morbide s'ajoutent d'ailleurs d'autres éléments dont il est difficile de démêler l'action.Le souffle systolique au foyer tricuspidien traduit-il seulement une de ces dilatations passagères du coeur droit qu'il est possible d'observer dans les attaques prolongées, et qui cèdent ensuite rapidement?IL atteinte rénale, révélée par l'albuminurie et par l'azotémie un peu élevée, joue-t-elle aussi un rôle?S'il s'agit d'asthme, s'agit-il bien d'asthme mortel?L'examen macroscopique, nous l'avons vu, fournit une première approche au problème.La turgescence des poumons, la rénitence du parenchyme, que la pression ne parvient pas à vider de son contenu aérien, témoignent dès l'abord de l'imperméabilité des 10 LE JOURNAL DE L'\u2019HÔTEL-DIEU \u201cem voies aérophores.La constatation, lors de la section, d'une obstruction généralisée des bronches, en apporte à l'instant l'explication anatomique, IDe toute évidence, toute ventilation pulmonaire était devenue impossible.Il appert donc qu'on trouve bien dans l\u2019appareil respiratoire la raison suffisante de l'évolution fatale.Ces premières constatations nous permettent déjà d\u2019interpréter une partie des symptômes.Dans quel chapitre nosologique faut-il maintenant ranger les modifications broncho-pulmonaires inhabituelles que nous révèle l'étude histo-pathologique?Rappelons, en effet, que si l'examen microscopique nous montre une bronchio-alvéolite disséminée, ces lésions minuscules, encore récentes, sont confinées à la base pulmonaire gauche et ne sauraient expliquer la mort, ni, a plus forte raison, les étapes de l'histoire clinique.Résumons, en cherchant à le coordonner, le tableau si spécial que nous présente le reste de l'appareil broncho-pulmonaire.Eosinophilie locale, hyperhémie modérée, mucus hyalin abondant, spirales de Curschmann, différenciation mucipare accusée de l'épithélium superficiel, état cylindrique des petites bronches, emphysème pulmonaire aigu, tel est l'essentiel des lésions observées.Rapprochée de la production excessive de mucus, la transformation mucipare de l'épithélium traduit une adaptation à une stimulation fonctionnelle exagérée, véritable hypertrophie de suractivité.L'emphysème aigu, d'autre part, résulte des efforts inspiratoires causés par la diminution du calibre efficace des bronches, conséquence de l'hypersécrétion.La dilatation des petites bronches relève du même mécanism2, ainsi que de la présence, dans leur lumière, d'index gazeux sous pression entre deux bouchons muqueux.Quant aux spirales de Curschmann, elles consistent simplement en filaments de mucus fortement enroulés sur eux-mêmes.Tout se ramène donc à une double réaction, éosinophile et vaso-sécrétoire, sans dégénérescence, sans nécrose, sans remaniements scléreux.On voit combien cette réaction diffère d'une inflammation banale.Eosinophiles nombreux, mucus abondant, telles sont à la fois les lésions fondamentales observées dans notre cas et les éléments essentiels du crachat pathognomonique de l'asthme.On ren- UN NOUVEAU CAS D'ASTHME MORTEL 11 contre parfois des éosinophiles, mais en quantités minimes seulement, dans certains cas de tuberculose et d'emphysème chroniques.Ici l\u2019éosinophilie, importante, ne s'accompagne d'aucune modification organique.Force nous est donc d'admettre qu'il s'agit de ces cas d'asthme où les phénomènes sécrétoires particulièrement intenses aboutissent finalement à la suffocation.La littérature médicale nous offre, en effet, publiées sous le titre d'asthme, d'asthme bronchique, etc., des observations anatomiques dont la nôtre se rapproche singulièrement, entr'autres celles de Frankel (2e cas), de Marchand, de Lemierre, Léon-Kindberg et Lévesque, de Dehner, de Bergstrand, de Wright, etc.Résumons, par exemple, le seul cas français publié jusqu'ici, celui de MM.Lemierre, Léon-Kindberg et Lévesque.Il s'agissait d\u2019une homme de cinquante-huit ans qui, en pleine santé, fut pris brusquement d'une série de crises dyspnéiques, entrecoupées de quintes de toux et du rejet de moules bronchiques.Le patient succombe au cours d'un accès particulièrement dramatique, trois mois après le début des accidents.À l'autopsie, toutes les ramifications bronchiques apparaissent obstruées par des moules de mucus concret, gluant.À l'examen immédiat des moules, on constate qu'ils sont bourrés d'éosinophiles et de cristaux Charcot- Leyden.L'examen histologique montre que les bouchons muqueux sont formés d'une zone périphérique presque incolore, semée de cellules épithéliales cylindriques, et d'une zone centrale formée de tourbillons sphéroïdes.On y voit des leucocytes, la plupart éosinophiles, et des cellules à poussière.La paroi de la bronche, hyper- hémiée, se montre infiltrée de nombreux éléments cellulaires.À certains endroits, il existe une prédominance quasi absolue d'éosinophiles poly ou monocluéés.Les auteurs rapprochent leur observation des cas individualisés sous le nom de bronchite pseudo-membraneuse essentielle.Mais ils la rangent finalement dans le cadre de l'asthme à cause de la présence dans le mucus de cellules éosinophiles, de cristaux de Charcot- Leyden et de spirales de Curschmann.L'asphyxie enfin leur semble le mécanisme évident de la mort. 12 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU ~~ REVUE DES LESIONS BRONCHIQUES OBSERVÉES DANS L'ASTHME L'observation de MM.Lemierre, Léon-Kindberg et Lévesque, d'une valeur exceptionnelle, présente donc avec la nôtre d'étroites similitudes.L'anatomie pathologique de l'asthme se réduit-elle aux lésions que nous venons d'exposer?Faut-il y voir les manifestations constantes et uniques de cette affection?Une incursion dans la littérature médicale permettrait d'en relever d\u2019autres, que les rapporteurs considèrent également comme caractéristiques.Une revue détaillée des cas, leur discussion, leur interprétation souvent délicate, l'exposé des multiples problèmes qu'ils soulèvent, dépasserait le cadre de cet article.Notre dessein, plus modeste, est de situer notre observation dans la série, déjà assez longue, des cas publiés sous ce titre.Contentons-nous donc d'établir un bref inventaire des lésions broncho-pulmonaires les plus fréquentes signalées, en notant à mesure leur signification probable.Par sa nature, par sa remarquable constance, l'éosinophilie locale se place au premier plan de cet ensemble lésionnel.La clinique en connaît depuis longtemps l'importance, au cours de l'asthme et de ses équivalents.Mais si, selon Morawitz, 85% des asthmatiques présentent des éosinophiles dans leurs crachats, on sait que beaucoup d\u2019'asthmatiques ne crachent pas.Aussi, cette notion ne ressort-elle pleinement que d'une étude anatomo-patho- logique.À partir du Ze cas de Frankel, la première observation universellement admise, nous avons relevé 38 observations dans la littérature médicale, le travail de Pagel mis à part.De ce nombre, 3 seulement spécifient l'absence d'éosinophiles, celles de Huber et Koessler (2e cas), de Faschingbauer et de MacDonald (8e cas).Le patient de Faschingbauer, âgé de quarante-sept ans, atteint de néphrite chronique hypertensive et de méningite syphilitique, succombe à une hémorragie cérébrale.Ce n'est pas la l'autopsie d\u2019un asthmatique mort en crise.Dans le cas de Huber et Koessler, il s'agissait d'un homme de cinquante-cinq ans, qui mourut dans un état de cachexie avancée après avoir souffert pendant six ans de bronchite, d'emphysème et de myocardite chronique.Aussi Racke- UN NOUVEAU CAS D'ASTHME MORTEL 13 - mann omet-il ce dernier cas parmi ceux qu'il considère comme mortels.La patiente de MacDonald souffrait d'asthme compliqué de bronchite, ainsi que d'un néoplasme pelvien.A ce propos, l'auteur mentionne que selon McGregor, au cours des infections expérimentales des sinus, chez le chien, une infection secondaire fait disparaître les éosinophiles.L'éosinophilie locale possède donc un caractère de régularité que les données cliniques ne permettraient pas d'affirmer, et sa constance durant les crises, dans les cas non compliqués, nous apparaît absolue.Un phénomène d'une régularité si frappante joue sans doute un rôle fondamental dans le mécanisme intime de l'accès.Sa signt- fication, toutefois, n\u2019est pas complètement élucidée.Les auteurs américains (R.Cooke, Hubert et Koessler, etc.), considèrent l\u2019hyperéosinophilie comme la manifestation d'un phénomène allergique.F.Besançon et Bernard, pensent que l'éosinophilie n\u2019est le témoin ni d\u2019un choc anaphylactique ou hémoclasique, ni d'un état de vagotonie.« C'est la réponse soit de la moelle osseuse, soit du tissu conjonctif même à l'agression, non pas de microbes, non pas de toxines microbiennes, mais de substances protéiques ayant pour l\u2019espèce en cause le caractère d'albumine étrangère, pollen, substances animale et végétale, toxines vermineuses, aliments mal dégradés .Elle n\u2019est pas d'autre part la cellule-réactif des agressions brutales, mais plutôt des états où l'organisme subit des agressions discrètes, a minima, et acquiert de ce fait une sensibilité toute spéciale à de nouvelles agressions.» Par son extraordinaire abondance, signalée dans un grand nombre d'observations, le mucus forme l\u2019un des éléments les plus frappants du tableau pathologique et mérite d'être mis en deuxième ligne dans un exposé des lésions de l'asthme.Moules, bouchons, masses muqueuses, obturant en tout ou en partie l'arbre bronchique, à des étages divers, telle est la constatation de la majorité des rapporteurs (25 fois sur 38).A cette production excessive de mucus se rattachent les modifications de l'appareil sécrétoire, glandes annexes et cellules caliciformes superficielles.Frankel attribuait la formation de cette substance à la desquamation épithéliale pro- 14 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU NANA noncée qu'il avait constatée dans son cas.Comme le remarquent Fashingbauer et Dehner, il ne s\u2019agit là que d\u2019altérations cadavériques.Les études ultérieures, en effet, montrent que le mucus résulte d'un véritable processus sécrétoire.Dans les observations du Mônc- keberg, de Huber et Koessler, de Bergstrand, de Harkavy, etc., les glandes annexes apparaissent hypertrophiées; leur canal extérieur, dilaté et rempli de mucus.D\u2019autres observations (Ze cas de Marchand en particulier) signalent la transformation mucipare des petites bronches et montrent que l'hypertension peut résulter, d'une façon prépondérante et même exclusive, de l\u2019activité des cellules caliciformes superficielles.Passons rapidement sur les deux derniers éléments fondamentaux du moule bronchique, les cristaux de Charcot-Leyden et les spirales de Curschmann.Inutile de revenir sur les caractères bien connus des cristaux de Charcot-Leyden.On sait que ceux-ci sont dissous au cours de la préparation des coupes histologiques.Aussi n'ont-ils été constatés que par les rares auteurs qui, comme MM.Lemierre, Léon-Kindberg et Lévesque, ont pratiqué l'examen extemporané, à l'état frais, du mucus bronchique.Quant aux spirales de Curschmann, elles sont essentiellement constituées de filaments muqueux fortement enroulés sur eux-mêmes.Leur formation répond à des conditions purement mécaniques: Saenger les reproduit artificiellement, par torsion, en se servant de mucus prélevé dans un cas de bronchiolite.Aussi peut-on les retrouver dans toutes les affections pulmonaires accompagnées d\u2019une sécrétion même minime, emphysème, bronchite, tuberculose, etc.Leur présence n\u2019est donc ni exclusive à l'asthme, ni caractéristique de cette affection.Jusqu'ici, cette brève revue ne s'écarte guère de nos observations personnelles, et ne fait que les confirmer.Si les lésions de l'asthme se réduisaient à celles que nous avons énumérées, on pourrait dire en toute rigueur, avec Besançon, que le crachat asthmatique est une véritable « biopsie » de la bronche.Mentionnons maintenant les lésions pariétales diverses décrites par les auteurs: la congestion, l\u2019oedème souvent très marqué, l\u2019infiltration éosinophilique, l\u2019hyali- UN NOUVEAU CAS D'ASTHME MORTEL 15 nisation et l'épaissement fréquents de la basale et, surtout, les modifications de l'architecture musculaire et élastique des bronches.Depuis Monckeberg, un grand nombre d'auteurs avaient noté l\u2019épaississement des muscles de Reissessen.Cet épaississement serait, dans certains cas, le fait de leur état de contraction spasmodique et s\u2019accompagnerait alors d'une diminution nette du calibre de la bronche.Le plus souvent, il résulterait de leur hypertrophie, consécutive à des spasmes répétés.De telles constatations sont délicates et sujettes à caution.Par des mensurations multiples, Huber et Koessler s'avisèrent de fournir une base objective à l'impression purement personnelle de leurs prédécesseurs.La comparaison avec des sujets indemnes de toute affection pulmonaire antérieure les force à conclure à la réalité d'une hypertrophie musculaire dans les deux cas d'asthme suffisamment prolongés.L'existence d'un état de contraction spasmodique leur semble aussi probable, quoiqu'ils ne puissent en donner une démonstration définitive.Coca, Walzer et Thommen s\u2019opposent a ces conclusions.Ils remarquent que, d'après Aschoff, la couche musculaire peut soit s'atrophier, soit aussi s'hypertrophier au cours de la bronchite chronique.De même, Harkavy note que, dans les stases pulmonaires avec induration, il existe une augmentation du tissu musculaire bronchique aussi bien que du parenchyme en général.L'auteur conclut que les différences observées relèvent avec autant de vraisemblance de la bronchite chronique et de l\u2019'emphysème, habituels au cours des cas de longue durée.Enfin, dans une étude récente, Pagel décrit un ensemble de lésions qu\u2019il considère comme intimement associées: épaississement de la basale, saillie «en plateau » de la muqueuse, résultant d'une hyperplasie localisée de la limitante élastique interne.Cette hyperplasie aurait pour conséquence la dégénérescence des fibres musculaires longitudinales.À son tour, l'absence de la réaction antagoniste de ces faisceaux permettrait le spasme et l'hypertrophie consécutive de la tunique circulaire.En dernier lieu, à la suite de Monckeberg, il signale la formation de hernies de la muqueuse à travers cette paroi profondément modifiée.Un tel complexe lésion- 16 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU nel ne saurait évidemment s'établir que grâce à une évolution prolongée.Peut-être prête-t-il aux mêmes réserves que les constatations de Huber et Koessler.CONCLUSION Le substratum anatomique de l'asthme est donc complexe.Phénomènes vaso-moteurs et sécrétoires, troubles de la mécanique pulmonaire, chacun de ces éléments, isolés ou associés, s'y rencontre ou s\u2019y manifeste par ses conséquences organiques.Le spasme musculaire lui-même aurait sa traduction morphologique.Ici, comme en clinique, il y a donc lieu d'être éclectique.L'accès d'asthme, syndrome toujours identique dans ses grandes lignes, possède un caractère de spécificité réactionnelle, mais avec des modalités portant sur l\u2019un ou l'autre des éléments de la crise.Les variantes anatomiques sont en rapport avec ces modalités, avec la répétition des crises, pour ne rien dire de celles qui proviennent de l'étiologie, multiple et variable, de cette affection.Deux lésions toutefois sont les plus frappantes, éosinophilie d'abord, témoin d'une sensibilisation locale, mucus ensuite, dont l'intervention se montre d'ordinaire prépondérante dans le déterminisme de la mort.BIBLIOGRAPHIE BERGSTRAND (H.): « Zur Pathologie des Asthma bronchiale.» (Acta path.et microbiol.Scandinav.V.1928, p.251.Résumé par M.WALZER.) 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LA PYRETOTHERAPIE .19 AANA Duclos (1745) raconte que Louis XI, atteint d'épilepsie, a reçu de ses médecins le conseil de s'exposer à contracter la fièvre- quarte, afin de guérir du mal caduc.Dans la suite, on conseilla le cautère, le fer rougi sur la tête, les suppurations longuement entretenues, les vésicatoires, etc.Pinel recommande le traitement des aliénés par les moxas.Reus (1789) propose le traitement du délire maniaque par la vaccination variolique.Chiarugi assure que les mélancoliques guérissent par les maladies infectieuses et les déments par les teignes tondantes sur les jambes.Esquirol emploie les moxas pour ses aliénés.Delasiauve (1845) rapporte 24 cas de malaria survenue chez les aliénés dont 7 furent guéris et 7 améliorés.Nasse, le premier, en 1864, parle de l'influence favorable de la malaria tierce sur la paralysie générale.Dans une série de cas, il montre que la malaria est la maladie intercurrente qui a donné les meilleurs résultats.Rosenblum (Odessa, 1875) publie les effets d'une épidémie de fièvre récurrente ayant atteint 22 aliénés chroniques; onze gué- tirent et 3 furent améliorés.Plus tard, le même auteur parla de l'amélioration des psychoses, y compris la paralysie générale, par les maladies infectieuses.Certains cas se rapportent à la malaria, d'autres, au typhus exanthématique.S'agissait-il d\u2019une infection spontanée ou d'une inoculation?La réponse reste incertaine.Wagner-Jauregg, se basant sur les grandes rémissions observées après les maladies fébriles, proposa, en 1887, d'employer thé- rapeutiquement la fièvre comme méthode de traitement dans la paralysie générale.À cette époque, on croyait que la température seule provoquait les succès obtenus.Pour obtenir cette fièvre, on employa trois moyens: 1° Les premières recherches furent faites avec des produits bactériens.Des 1888, Wagner-Jauregg inocula l\u2019érysipèle dans la paralysie générale.Après avoir obtenu des résultats inconstants et éphémères, il s'adressa, en 1890, à la tuberculine que l\u2019on venait de faire connaître.Les résultats obtenus, bien qu'inégaux, étaient 20 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU dans l'ensemble encourageants.Cependant, les rechutes étaient nombreuses et précoces et de plus, ce produit réveillait souvent des foyers tuberculeux chez les anciens porteurs de lésions.D'autres essais furent faits alors avec le vaccins polyvalents de Besredka (typhoïde, streptocoques et staphylocoques).Encore aujourd\u2019hui, le vaccin typhique est employé dans les cas exceptionnels.2° Dans l'espoir d'obtenir des rémissions plus complètes et plus longues, on eut recours à des substances chimiques.Le chlorure de soude en solution, le nucléinate de soude, de nombreux corps albuminoides non spécifiques furent injectés.Le nucléinate de soude en particulier a connu une grande vogue.Pas plus que les autres produits chimiques, il n'a survécu.3° L'observation ayant montré que les maladies infectieuses intercurrentes étaient de beaucoup plus actives que tous les autres procédés dans l'obtention des rémissions comme nombre, durée et perfection au cours de la paralysie générale, on essaya donc de les provoquer artificiellement.En 1917, Wagner-Jaureff a fait les premiers essais de cette thérapeutique infectieuse et dans ce but, il a choisi la malaria tierce qui a une action rapide, peut être arrêtée facilement dans son évolution, est sans conséquences fâcheuses, et n'offre pas de dangers de contagion.Les résultats obtenus furent si favorables que depuis 1919, cette méthode thérapeutique est employée systématiquement à la clinique de Vienne, puis, dans presque tous les pays.Sans le savoir, Wagner-Jauregg avait eu un prédécesseur dans cette voie.En 1913, un médecin français, Emile Legrain, avait fait un essai thérapeutique en inoculant la malaria dans un cas de syphilis récente maligne.A la suite de cette expérience, Legrain avait recommandé l'inoculation de la malaria comme traitement du tabès et de la paralysie générale.L'auteur, dans son livre sur la fièvre des pays chauds (Paris, 1913), écrit, après le récit de son expérience: « On voit par ces exemples, le rôle améliorant de la fièvre intermittente dans les affections graves.De là à pratiquer l'inoculation de la fièvre intermittente, dans le but de guérir les affections graves, incurables, il n'y a qu\u2019un pas.Ce pas est franchi.» LA PYRÉTOTHÉRAPIE 21 Legrain termine ainsi: « L'avis des anciens, et l'observation clinique nous autorisent à pratiquer l\u2019inoculation de la fièvre quarte dans l'épilepsie essentielle, dans certaines formes de mélancolie, au début de la paralysie générale et du tabès.Cette inoculation est sans danger, et mérite d'être érigée en méthode thérapeutique.» Ces considérations étaient restées surtout théoriques; il fallait la persévérance admirable de Wagner-Jauregg pour les édifier peu à peu et établir cette méthode universellement utilisée maintenant.CHOIX DE LA SOUCHE Nous savons que le paludisme ou la malaria est une maladie infectieuse causée par l\u2019hématozoaire de Laveran.Cliniquement, elle se traduit par des accès fébriles intermittents.Un moustique, l'anophèle, est son agent de transmission.Il existe trois variétés cliniques différentes: 1° la tierce bénigne, occasionnée par le plasmodium vivax; 2° la tierce maligne, par le plasmodium malariae; 3° la quarte, par le plasmodium proecox.a) Souche tierce bénigne.\u2014 Le traitement par la malaria consiste essentiellement à inoculer un malade par le plasmodium vivax, seul parasite employé à Vienne.C\u2019est aussi celui que nous employons à l'hôpital Saint-Jean-de-Dieu.Cette forme de paludisme est la plus bénigne, la plus sensible à la quinine et de durée la plus courte.Avant l'inoculation, un examen microscopique rigoureux du sang s'imposera quand le donneur sera originaire des pays tropicaux, afin d'éviter une association parasitaire dangereuse.Parfois, même cet examen microscopique sera insuffisant pour donner une certitude absolue.Aussi, est-il préférable de ne pas prendre comme donneurs de sang, les individus venant des pays chauds.Le mieux est de choisir pour souche, une fièvre exclusivement tierce, éprouvée par une série de passages, comme la chose se fait dans les hôpitaux des grandes villes ou dans les asiles.Cette souche tierce \u2018qui a passé par plusieurs générations donne habituellement les meilleurs résultats.Malgré ces nombreux passages, les souches ne sont nullement modifiées pour ce qui est de la durée et de l'intensité de l'incubation.Le caractère clinique des accès fébriles, l\u2019évolution et 22 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU A NINN la bénignité de la maladie restent les mémes.Notons, en passant, que cette reproduction est asexuée.Certains auteurs ont prétendu que les plasmodes malariques augmentaient de virulence a chaque passage.Le fait n\u2019est pas exact.A la clinique de Vienne, par exemple, plus de 2,000 malades ont été impaludés avec la méme souche.Au cours de ces passages successifs, les especes de plasmodes sont restés invariables.À l'Hôpital Saint-Jean-de-Dieu, nous avons la même souche depuis bientôt sept ans, et les parasites ne sont nullement transformés.Seulement, dans le choix du donneur de sang, il faut prendre un sujet n'ayant jamais subi auparavant de traitement par la quinine, car cette affection est devenue extrêmement sensible à ce médicament.Dans certains pays, en Angleterre par exemple, on emploie, en plus de la malaria thérapeutique, la malaria naturelle par piqûre d'anophèles infectés au préalable de fièvre tierce.Cette méthode est excellente.Seulement, à l'encontre de la malaria thérapeutique qui est très sensible à la quinine et ne récidive pas, la malaria naturelle par piqûres de moustiques donne souvent des récidives, même après le traitement quinique, D'après les statistiques de Warring- ton et Yorke, les récidives se sont manifestés dans 57% des cas; spontanément ou avec la quinine elles s'éteignaient.Pour Wagner- Jauregg, la malaria thérapeutique serait préférable, parce qu'elle s'éteint rapidement et définitivement; elles permet ainsi la régénération rapide de l'organisme.Comme la malaria naturelle est plus résistante et récidive, souvent l'organisme se trouve pendant trop longtemps dans des circonstances défavorables pour sa régénération.b) Souche quarte.\u2014 Cette malaria quarte a surtout été étudiée en Allemagne.L'avantage qu'elle présente est d'être conservée plus facilement parce qu'elle nécessite moins de passage, sa durée étant plus longue que la tierce bénigne.En effet, la période d'incubation, quand l'inoculation est sous-cutanée, dure de 2 à 6 semaines.Elle est également très sensible à la quinine, présente rarement des arrêts spontanés, est moins brutale et peut être donnée plus facilement à des sujets affaiblis.Ses résultats sont aussi bons que ceux LA PYRETOTHERAPIE .23 de la fièvre tierce.Mais elle a pour inconvénients, la longue durée du traitement dans les cas où il faut agir vite.Entre la forme tierce et la forme quarte, il n'y a pas d'immunité.Cette souche quarte paraît plus indiquée dans les cas de résistance à la tierce, ou en cas de réinoculation.c) Souche de fièvre récurrente \u2014 Ce mode de traitement donne des résultats semblables à ceux de la malariathérapie.Cependant, il semble que la fièvre récurrente ait une plus mauvaise influence sur l\u2019état général des malades, Nous n'avons aucun moyen d\u2019influencer l'intensité de ses accès thermiques.Dans le traitement par cette fièvre, la mortalité est beaucoup plus grande.Cette thérapeutique ne devrait être appliquée que dans les cas où la malaria ne se transmet pas.CARACTÈRES DE LA MALARIA THÉRAPEUTIQUE Même si la malaria tierce expérimentale donne toujours les mêmes manifestations cliniques, malgré ces multiples passages successifs, elle ne diffère pas moins de la malaria naturelle.La malaria thérapeutique a une évolution plus bénigne, probablement parce que les parasites, se multipliant toujours d\u2019un manière asexuée, sont moins résistants.La différence essentielle existe dans le comportement des accès fébriles.Dans la malaria thérapeutique, la fièvre est irrégulière et variable; le type tierce est des plus rares.Nous voyons surtout un type mixte ou un type dans lequel les accès se répètent tous les deux jours; quelquefois des accès tierces alternent avec des acces quotidiens.L'hypertrophie de la rate est rare.Cependant, des cas isolés de rupture de cet organe ont été observés par Trommer, Herseg, Bachman, et plusieurs autres, ainsi que par notre collègue M.Paul Décary.L'hypertrophie du foie est également exceptionnelle comme le démontrent les autopsies faites au cours de la période fébrile.Le sang renferme de toutes petites quantités de plasmodes, lesquelles sont moins riches en pigment.Ces plasmodes, vus en même temps, sont souvent à des stades différents de leur évolution.De jeunes stades de schizontes se voient à côté de parasites en état de matu- 3 24 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU rité ou de parasites adultes.L'absence de gamètes, qui est à noter, s\u2019est poursuivie au cours des années.D'ailleurs, cette question de l\u2019origine des gamètes est encore obscure.Dionisi croit que l'anophèle, durant la piqûre, prépare sur l'homme tous les sporozoïtes destinés à se transformer en gamètes.Quand le nombre des sporo- Zoîtes transmis par l'anophèle est épuisé, la formation de gametes cesse.C'est pourquoi, dans les nombreux passages de la malaria thérapeutique, apres un temps assez long, il y a disparition complete des sporozoites et par suite des gametes.La malaria thérapeutique se caractérise encore par sa grande sensibilité à la quinine et sa guérison facile, alors que la malaria naturelle est plus résistante aux médicaments et récidive souvent.Pourquoi la malaria thérapeutique est-elle plus sensible à la quinine?C\u2019est un problème bien difficile à résoudre.Est-ce la pauvreté du sang en gametes?Est-ce le manque d'accoutumance à la quinine, puisque les plasmodes inoculés n'ont jamais eu l'occasion d'être au contact de ce médicament antérieurement?Nous ne savons pas très bien.TRANSMISSIBILITÉ DE LA MALARIA THÉRAPEUTIQUE Depuis que la malariathérapie est employée dans presque tous les pays, on s'est souvent demandé si elle présentait des dangers pour la contagion et, dans l'affirmative, quelles mesures hygiéniques il faudrait prendre.C'est dans les pays où existe l'anophèle que la question se pose le plus.En 1924, Vivaldi et Kauders ont constaté que la transmissibilité de la malaria thérapeutique par la piqûre de moustiques n'existait pas.Pour ces expériences délicates, Vivaldi a apporté de Rome à Vienne 120 anophèles mâles et femelles (Anophèle maculipennis).Il s'agissait bien entendu de moustiques n'ayant jamais été infectés.Les anopheles, mis au contact de paralytiques généraux impaludés, n\u2019ont jamais infecté d'autres paralytiques généraux indemnes de paludisme.L'\u2019explication de ce phénomène se trouverait dans l'absence de gametes, la souche étant cultivée d'homme à homme.À côté de ces souches LA PYRÉTOTHÉRAPIE .25 intransmissibles, dépourvues de tout gamete, on a pu obtenir des résultats positifs avec des souches renfermant ces formes.C'est ainsi que Kirschbaum a provoqué l'infection par les anophèles avec une souche de malaria thérapeutique ayant fait peu de passages et renfermant des gametes.Engel, également, avec une souche n'ayant subi que 8 passages chez l'homme, a infecté des anophèles, lesquels ont transporté l'infection à d'autres malades.Bjurnberg (d\u2019Up- sala) avec une souche renfermant des gamètes à son 25e passage, a transmis l'infection au moyen d\u2019une piqûre de moustique.War- rington et York ont observé qu'une souche de malaria avec gamètes conservait son pouvoir d'infecter les anophèles jusqu'au 54e passage.Weiss fait remarquer que l'anophèle maculipennis existe à Trieste.Malgré la présence de nombreux moustiques à l'hôpital, aucune transmission de la malaria ne s'est produite, alors que les inoculations se font depuis 1922 et qu\u2019aucune mesure prophylactique n'ait été prise.De tout cela, on peut conclure que les moustiques transmettent la malaria à condition qu\u2019il y ait des gamètes dans le sang.Un principe se pose immédiatement: il ne faut employer comme traitement que les souches cultivées par plusieurs passages et ne renfermant pas ces formes.Alors, la présence d\u2019anophèles dans le voisinage n'aura aucune importance.IMMUNITÉ ET RÉIMPALUDATION Il arrive parfois que les cliniciens soient dans l'obligation d'inoculer la malaria une seconde fois, tantôt parce que la première impaludation a été écourtée à cause du mauvais état général, tantôt parce qu'elle n'a pas donné les résultats cliniques désirés.Il est à noter que ces réimpaludations ne donnent pas toujours des effets positifs.La fréquence de ces résultats est bien inconstante et bien irrégulière.Sans doute, dans ce mode thérapeutique, l'immunité n'est ni longue ni profonde, mais elle existe tout de même.C'est pourquoi, dans les réimpaludations, l'évolution est plus atténuée, la température moins élevée, et les parasites moins nombreux dans le sang.La période d'incubation est également moins longue.Souvent, au bout de 4 à 6 accès, il y a arrêt spontané de l'infection. 26 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU Les moyens de provocations habituels, nucléinate de soude, bacilles typhiques polyvalents, ne réussissent pas toujours à réactiver l'infection.Une expérience de Hoff et Koders illustre bien cette immunité acquise par la malaria.Ces auteurs ont prélevé du sérum chez les malades dont la fièvre s'était arrêtée spontanément et l'ont injecté à d'autres malades en plein accès fébrile.Ce sérum arrêtait nettement l'évolution de la malaria.Cette immunité n\u2019est pas la même chez tous les malades.Elle dépend probablement de la souche employée ou du terrain du sujet.Les Anglais, dans les cas où une deuxième impaludation échoue, s'adressent à la piqûre d'anophèle.En cas d'échecs, d'autres auteurs emploient la fièvre récurrente ou la malaria quarte, même si cette dernière a l'inconvénient de prolonger le traitement et d'être moins semsible à la quinine.MODE DE TRANSMISSION Le moyen le plus pratique est la transmission d'homme à homme.Il suffit de réunir les malades et de les injecter les uns après les autres pour ne pas perdre la souche.Cette technique a l'avantage de conserver la reproduction asexuée de plasmodium.En principe, cette méthode n'a qu'un seul inconvénient, celui de transmettre éventuellement de nouveaux tréponèmes syphilitiques.Cependant, il est reconnu que les paralytiques généraux sont peu contagieux.Cette objection en réalité n'existe que pour l'utilisation de la malaria chez les sujets non syphilitiques, Même dans ces cas, nous devons nous rappeler que la contagion tréponémique n\u2019est pas certaine.Nous avons connaissance, que pour conserver une souche de malaria tierce, deux de nos déments précoces, indemnes de syphilis, furent impaludés avec un sang malarique provenant d\u2019un paralytique général.Cette impaludation, faite d\u2019abord dans un but pratique, devait aussi servir d'expérience thérapeutique dans la démence précoce.Il est à noter qu'aucun de ces deux malades n'a présenté dans la suite des signes sérologiques de syphilis. LA PYRETOTHERAPIE .27 Dans les débuts, Magner-Jauregg se servait de la scarification comme mode d'inoculation; cette technique échouait très souvent.Ensuite, il inocula sous la peau | c.c.de sang malarique: le résultat était plus souvent positif.On tenta également d'injecter dans les veines du sang dilué dans du sérum physiologique: les résultats ne furent pas satisfaisants.Une trop petite quantité de sang ou une trop grande dilution rendait les résultats douteux.En augmentant les quantités de sang, soit dans les injections sous-cutanées, soit dans les injections intra-veineuses, les résultats devinrent parfaits.La méthode que nous suivons est la suivante: Chez un malade atteint de malaria tierce, nous prélevons dans la veine du pli du coude, avec une seringue contenant déjà 2 cc.de citrate de soude à 2%, D à 6 c.c.de sang que nous inoculons immédiatement sous la peau (à la pointe de l\u2019omoplate de préférence) du malade à impa- luder.Après une période d'incubation de 7 à 14 jours, les accès fébriles se manifestent.Nous employons, le plus souvent, la voie intra-veineuse.La technique est la même, excepté qu'une plus petite quantité de sang est nécessaire (2 à 4 c.c.).Dans ce dernier cas, la période d'incubation n\u2019est que de 4 a 7 jours.Le moment du prélèvement n\u2019a aucune importance.Autrefois, on croyait que le sang prélevé au cours de l'accès fébrile conservait le caractère tierce de la fièvre.Pour notre part, nous le prélevons même dans les intervalles apyrétiques sans changer le caractère de l'infection.Seulement, il est important que le donneur ait fait au moins un accès typique.La question des groupes sanguins chez le donneur est sans importance.Avec d'aussi petites quantités de sang, on n'obtient jamais de choc protéique appréciable.En cas d'insuccès, 11 faudra impaluder une deuxième et une troisième fois; la riécessité de ces inoculations successives est due probablement au fait que le sang du donneur contient trop peu de parasites ou que la résistance individuelle est trop grande. 28 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU AA EVOLUTION DE LA MALARIA PROVOQUEE Très souvent, l\u2019inoculation est suivie le soir même d'une légère élévation de la température (99 3/5 à 100° F.) surtout quand la quantité de sang injecté dépasse 4 à 5 c.c.Mais à part ce détail, une période de latence qui n\u2019est autre que la période de l'incubation, va s\u2019écouler pendant un temps variable, selon le mode d'in jec- tion.Cette période d\u2019incubation sera de 7 à 14 jours, parfois jusqu\u2019à 20 jours, dans l\u2019inoculation sous-cutanée; elle sera de 3 à 6 jours, parfois de 8 à 9 jours, dans l'inoculation intraveineuse.Dans les deuxième ou troisième impaludations, elle est encore beaucoup plus longue: 9 à 16 jours pour la voie sous-cutanée; et 6 à 12 jours pour la voie intra-veineuse.A la fin de cette période de latence, durant laquelle quelques mouvements sub-fébriles n'ont traduit que le choc protéique, on voit se manifester pendant deux ou trois jours, une ascension irrégulière de la température, atteignant parfois un degré assez élevé, et caractérisant la phase d\u2019invasion.Cette phase nous gêne parfois pour l'appréciation exacte du premier accès.Pratiquement ce premier accès sera admis quand il aura été accompagné de frissons, de transpirations et de température d\u2019au moins 102° F.Cependant, il faut reconnaitre que dans certains cas, les frissons manquent totalement.A partir de cette période d'invasion, la température devra être prise 4 à 5 fois par jour et au moins deux fois la nuit, afin d'éviter la méconnaissance d\u2019un accès.Malgré l\u2019utilisation de la même souche, l'évolution fébrile est très variable d\u2019un sujet à l\u2019autre.Le type tierce est rare.Par contre, le type quotidien est fréquent.Chez un malade, nous avons souvent noté au début de la malaria, des accès fébriles à toutes les 24 heures, parfois même à toutes les 18 heures.Ces différences dans la fréquence des accès ne changent en rien leur caractère général qui est toujours typique de l'accès paludéen classique, dont la durée est en moyenne de 15 à 20 heures.La température n\u2019est pas toujours la même d\u2019un cas à l\u2019autre.Toujours avec la même souche, nous LA PYRÉTOTHÉRAPIE .29 voyons un malarique présenter, par exemple, une hyperthermie de 104° à 105° F., tandis qu\u2019un autre malarique fera une température de 106° et même 107° F.Il s'agit très probablement alors de différence individuelle dans les processus de défense de l'organisme.C\u2019est dans ce dernier cas qu'il faut atténuer l'accès par de petites doses de quinine afin d'éviter l'épuisement du malade, Nous donnons, en général, une seule dose de quinine (0 gramme 15 à 0 gramme 25) que l\u2019on peut répéter si nécessaire.Cette quantité minime du médicament suffit le plus souvent à diminuer passagèrement l'intensité de la température.On a arrêté transitoirement les accès, sans couper pour cela l'infection malarique.Cette accalmie permettra au malade fatigué de se remettre physiquement.La fièvre reprend spontanément au bout de quelques jours.Dans le cas contraire, où la malaria s'arrête spontanément, une injection intra-veineuse de 40 à 50 millions de germes de vaccin typhiques polyvalents (Besredka) ou encore une injection intramusculaire de 10 c.c.d\u2019une solution de nucléinate de soude à 10% suffira à provoquer les accès.Le moment le plus favorable pour administrer cette petite dose de quinine se trouve vers la moitié de l'intervalle qui sépare deux accès fébriles, temps où les parasites sont les plus fragiles.Horn et Kauders, pour atténuer les accès fébriles, proposent une autre méthode; dès le deuxième jour de l'impaludation, ainsi que durant l'incubation à tous les deux jours, ils donnent 0.05 centigrammes de quinine.La même dose est administrée à la fin de chaque accès fébrile.Si toutefois, cette méthode donne des fièvres trop courtes, ou trop peu élevées, ils cessent l'emploi du médicament.Selon l'état organique des malades, nous laissons se produire 8 a 10 acces fébriles.On peut même atteindre le chiffe de 12 à 14 accès si la fièvre est bien supportée.Mais c\u2019est une erreur de croire qu'un très grand nombre d'accès donne un meilleur résultat thérapeutique.Le contraire serait plutôt vrai, d\u2019après notre expérience personnelle.: Pendant l\u2019évolution de l'infection, une surveillance de la résistance cardiaque doit être faite.Au besoin, on emploira des toni- 30 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU AN A cardiaques, tels que digitaline, strophantine, huile camphrée, etc.Ainsi, la mort par collapsus cardiaque sera beaucoup moins fréquente.Chez d\u2019autres malades, l'état général s\u2019altére tellement rapidement (insuffisance cardiaque, baisse de la pression artérielle, vomissements incoercibles, diarrhée profuse, etc.) qu'il nous faut couper rapidement l'infection.La quinine fait disparaître les accidents.En somme la faiblesse cardiaque, le mauvais état général nous obligeront à arrêter la cure.Dans ce cas, après trois ou quatre accès fébriles, on interrompt la maladie pour l\u2019inoculer une seconde fois, 6 à 8 semaines plus tard, et permettre la somme globale de 6 à 8 accès fébriles.En général, cette deuxième impaludation est mieux supportée que la première.La surveillance médicale doit aussi porter sur l'alimentation des sujets; celle-ci est forcément restreinte le jour des accès.Il y faut une compensation relative le lendemain.Les urines seront observées afin de dépister une hématurie ou d'éviter une rétention qui est assez fréquente.ACCIDENTS DUS À LA MALARIA Les accidents dus au paludisme étaient assez fréquents dans les débuts de son application.Peu à peu, ils ont servi de base pour établir les contre-indications de la méthode.Cependant on les observe encore, bien qu'assez rarement.L'ictère est une complication assez banale due au processus hémolytique.Elle impose une médication cholagogue appropriée.S1, malgré cette médication, l'ictère persiste ou augmente, il faut interrompre la malaria.Dans certains cas, l'insuffisance hépatique est tellement aiguë et brutale que nous n'avons pas le temps d'intervenir.La mort survient au bout de 36 à 48 heures, après avoir été précédée d'hémorragies abondantes, sous forme d'hématémèses, Les trois observations suivantes mettent bien en relief cet ictère grave et si spécial: LA PYRÉTOTHÉRAPIE.31 OBSERVATION I.\u2014 M.Alex.L., âgé de 35 ans est admis le 15 avril 1928 avec le certificat suivant: « Premier accès.Début récent des troubles par des négligences grossières à son travail et de l\u2019apathie.Puis, ton affectif gai, euphorique.Est devenu dans la suite rempli de projets grandioses et incohérents.» L'examen préliminaire révéla une orientation imparfaite dans le temps et dans l'espace, l'existence de vastes projets pour l'avenir, où se révélait un déficit du jugement, de l'euphorie, de l'indifférence affective, de l'insouciance de l'état morbide et du milieu ambiant, un sens critique pauvre, etc.Etat physique.\u2014 Tremblement de la langue.Dysarthrie très apparente.Pas d'Argyll.Pas de maux de tête.Pas de troubles de la réflectivité.Pas de troubles apparents dans le domaine des grandes fonctions internes.P.A.130/90, Urines normales.Dans le sang: azotémie 0.51; glucose 0.60; Wass.positif.Dans le liquide c.r.: Wass.xxxx à 0.4 xxxx 0.4; Alb.0.06; éléments 80; globuline, xx; réaction de Lange, 555001100.Est impaludé vers le 14 mai 1928.Dès les premiers accès fébriles, il devient agité et plus délirant.Vers le huitième accès, l\u2019état général s'aggrava rapidement.Malgré l'administration urgente de quinine, par voie endo-veineuse, un ictère grave s'installa en quelques heures à peine.Puis des hématémèses apparurent, et le malade mourut quelques heures plus tard, Cet ictère n\u2019avait eu qu'une évolution de 2 jours seulement.OBSERVATION II.\u2014 Achille B ., âgé de 40 ans, est admis le 10 juillet 1930 avec le certificat suivant: « 2e accès: premier épisode 11 y a deux ans, alors qu'il a fait une hémiplégie droite transitoire.L'épisode actuel a débuté il y a 2 jours par une hémiparésie droite et une perte du langage (aphasie totale).Pleure continuellement et urine dans son lit.Spécifique de longue date.» L'examen préliminaire montre une aphasie totale: le malade ne prononce que quelques syllabes et ne comprend aucun des ordres donnés.Hémiparésie droite: réflectivité tendineuse exagérée, diminution de la force musculaire et phénomène de Babinski.P.A.105/80.Pas d'Argyll.Gâtisme, inertie, anorexie.Urines normales.Dans le sang: Wass.positif. 32 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU \u2014 Dans le liquide c.r.: Wass.xxxx à 1.5 xxxx a 0.4.Alb.0.80; Eléments 15; r.de Lange 444432100; r.de Cuillain 120022100.Est impaludé le ler oct.1930.A fait 8 accès fébriles.Lors du dernier, il a présenté un ictere grave, accompagné d hématémèses, qui l\u2019emporta dans l'espace de deux jours.Pas de notion d\u2019un alcoolisme antérieur.OBSERVATION III.\u2014 M.Oscar P., âgé de 38 ans, est admis le 9 septembre 1932, avec le certificat suivant: « ler accès, ayant débuté il y a environ 6 mois, par des modifications du caractère, de la confusion mentale, de la tristesse, des idées de suicide, des sévices contre son entourage, des hullucinations de la vue, etc.Appoint alcoolique.L'examen préliminaire révéla une désorientation à tous les modes, une euphorie légère, un gros déficit du jugement et de la mémoire, une inconscience de l\u2019état morbide et du milieu ambiant, une indifférence affective énorme, en un mot un affaiblissement global des facultés intellectuelles.Examen somatique.\u2014 Tremblement de la langue et des muscles péribuccaux; dysarthrie lors des mots d'épreuve; Argyll.Rien d'autre de particulier au point de vue neurologique.Wass.positif dans le sang.Dans le liquide céphalo-rachidien: Wass.xxxx à 0.2 xxxx à 0.2; Alb.1 gramme: éléments 49; globuline xx, réaction de Lange, 555554210; réaction de Guillain, 2222222100.Impaludé le 29 septembre 1932.Vers le 4e accès fébrile, il a présenté un ictère grave qui s'est installé dans l'espace de quelques heures et s'est accompagné de vomissements noirâtres.Après deux jours d'évolution, malgré l'administration massive de quinine, il est mort, très anémié, comme saigné à blanc.C\u2019était cependant un syndrome de paralysie générale qui paraissait devoir bénéficier énormément de la malariathérapie.Materna (1931) a récemment insisté sur la gravité de cette complication et décrit des lésions de nécrose hépatique aigué qui seraient assez spéciales.Il illustre sa théorie par la publication de 6 cas personnels.De son côté, Wagner von Jauregg met en évidence dans ces cas, le rôle important d\u2019un alcoolisme antérieur qui, lorsqu'il est établi, devrait être une contre-indication suffisante.Cette notion de l'alcoolisme existait dans un de nos cas, et faisait défaut dans les deux autres. LA PYRÉTOTHÉRAPIE .33 L\u2019insuffisance cardiaque est quelquefois brutale.C\u2019est pourquoi le pouls doit être fréquemment pris de même que la pression artérielle.Dans la majorité de nos cas, nous prescrivons des doses quotidiennes de digitaline ou de coramine, dans un but prophylactique.Guillain et Péron recommandent la prescription systématique d\u2019adrénaline ou mieux de O gr.30 d'extrait surrénal pendant toute la période des accès.Les céphalées et les névralgies ne demandent que l'administration de l'antipyrine.La pneumonie, bien qu'\u2019exceptionnelle, constitue une complication grave.Habituellement, elle n\u2019est pas la conséquence directe de la malaria; elle paraît plutôt produite par la moindre résistance due à l'infection malarique.Cependant, dans certains cas, on a trouvé l\u2019'hématozoaire dans les crachats.La rupture de la rate est une complication exceptionnelle.Rien ne permet de la prévoir.Sa rareté s'explique par le fait que dans la malaria thérapeutique, la splénomégalie est plus discrète et ne se décèle par la percussion qu'exceptionnellement.Dernièrement (1932), Jacobi en publiait deux cas.Des faits analogues ont été observés par Troemer, Claude et Targowla, Bachman, etc.Auguste-Marie en a vu trois cas.Dans nos services, M.Paul Décary en a observé deux, lors de l\u2019autopsie.Voici l'observation de l'un d'eux: M.Art.F., âgé de 31 ans, est admis le 9 juin 1930 avec le certificat suivant: « ler accès ayant débuté 11 y a sept mois par des troubles du caractère.Est devenu oublieux, taciturne, phobique, pleurnichard.Parlait peu.Etait incapable de faire un travail quelconque avec suite et logique.Se décourageait.Etat insomnique et agité.» Examen préliminaire.\u2014 Orientation assez bonne, mais déficit de la mémoire et du jugement.Préoccupations hypocondriaques vagues, contrastant avec un optimisme injustifié.Niaiserie.Pleure pour des choses insignifiantes.Indifférence affective.Perte du sens critique.Trémblement de la langue, achoppement, dysarthrie.Trémulations des levres et des mains.Parésie faciale gauche.Pupilles en myosis, sans réflectivité irienne.Argyll.Rien autre 34 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU A chose de particulier dans le domaine du système nerveux ou des organes des grandes fonctions internes.Wassermann positif dans le sang.Dans le liquide c.r., Wass.XXXxX à 0.4 xxxx à 0.2; globuline x; réaction de Lange: 42233110; réaction de Guillain 1100121011.Le malade devint bientôt très agité et se cachectisa.Ce n'est que vers décembre 1930 qu'il se calma et que l'état général devenu assez bon, permit le traitement malariathérapique.Impaludé en janvier 1931.A fait 14 acces fébriles.Dans la suite, il n\u2019a reçu aucun traitement arsénical ou bis- muthé.| Vers le début de mars 1931, il présenta une constipation très opiniâtre et une anémie très marquée.Vers le 5 mars, il accusa des douleurs abdominales très intenses, avec vomissements féca- loïdes et mourut quelques heures après.L'autopsie pratiquée par le Dr Paul Décary révéla: 1° des lésions de méningo-encéphalite diffuse: méninges épaissies, laiteuses, cortex oedématié; 2° Une broncho-pneumonie: poumons rouges-bruns, d'apparence hépatique, liquide spumeux dans les bronches; 3° une myocardite; 4° une obstruction intestinale: étranglement du côlon descendant; 5° un éclatement de la rate: rate très volumineuse avec ouverture de la capsule et déversement de son contenu dans l'abdomen; 6° un foie volumineux, jaune pâle; 7° des reins gros et mous.Il s'agissait, dans le cas actuel d\u2019une paralysie générale caractérisée par un état démentiel global assez marqué.Peu de temps après la pyrétothérapie, le malade mourut apparemment des suites d\u2019une obstruction intestinale.L'\u2019autopsie révéla, entre autres choses, l'éclatement de la rate.Le coma, signalé par Fisher, s\u2019expliquerait par une prolifération excessive des plasmodes.L\u2019insuffisance rénale se manifeste par de l\u2019albuminurie et de I'oligurie.Les hémorragies, bien que rares, sont signalées, Claude et Targowla, Mollaret et Péron, ont vu des hémorragies intestinales qui guérissent.On a rapporté aussi des cas d\u2019hématurie.Personnellement nous avons quelquefois observé des épistaxis assez abondantes qui cependant, n'ont pas nécessité l'interruption du traitement. 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LA PYRÉTOTHÉRAPIE .35 AN Les troubles gastro-intestinaux, diarrhée, vomissements, se voient lors des grandes poussées thermiques.Les troubles psychiques, accès délirants du type confusionnel, bouffées d'excitation avec agitation, mentionnés au cours de l'évolution fébrile, disparaissent en général avec la suppression de la fièvre.L'arrêt trop précoce des accès est une éventualité assez fréquente.En dehors des cas de réimpaludation, on observe spontanément, après quelques accès, un arrêt de la fièvre.Dans ces cas, les prises de température doivent être plus rapprochées pour ne pas méconnaître un accès bref.Si l'arrêt est réel, des procédés de provocation sont indiqués: nucléinate de soude, vaccins de bacilles typhiques polyvalents, adrénaline en injection intra-musculaire, chlorure de sodium en injection intra-veineuse, injection de sang (réimpaludation.) ARRET FINAL DES ACCES En règle générale, on arrêtera l\u2019évolution du paludisme après le 8e, 9e ou 10e accès, car ce nombre est amplement suffisant.D'après notre expérience, cet arrêt est obtenu très facilement: il suffit de donner, par la bouche, quotidiennement, 1 gramme 50 de sulfate ou de chlorhydrate de quinine, pendant 5 à 6 jours, puis de diminuer régulièrement la dose de O gr.25 par jour, jusqu'à extinction.Dans les cas d'intolérance stomacale ou dans les cas ou il faut agir vite, on utilisera les injections intra-musculaires de quinine-uréthane; généralement, une dose totale de 3 à 4 grammes suffit.Si nous prolongeons ainsi le traitement par voie buccale, c'est pour éviter les récidives du paludisme.Dans la littérature, plusieurs cas de manifestations paludéennes ultérieures sans accès fébriles ont été rapportés à la suite de doses de quinine insuffisantes.Claude (1931), Leroy (1931) en ont cité des exemples.C'est d'ailleurs à ce paludisme latent que l\u2019on veut attribuer certaines manifestations ultérieures, telles que délire ou épilepsie.C'est peut- être aussi à ce paludisme latent éventuel, insuffisamment traité, qu'est dû l'échec de beaucoup de réimpaludations. 36 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU Dans les cas résistant à la quinine ou dans la grossesse, 1l faut interrompre la malaria avec le salvarsan.En général, nous faisons suivre l'administration de quinine par une médication reconstituante: cacodylate de soude, fer, etc.VARIANTE DE LA MÉTHODE Depuis plus de 7 ans que nous inoculons la malaria chez nos malades neuro-syphilitiques, nous n'avons pas été dans l'obligation de varier notre méthode.Sans doute, nous avons rencontré quelques rares cas d'échec lors de la première inoculation.Dans ces circonstances, nous inoculions une seconde fois une plus grande quantité de sang par voie intra-veineuse et dès lors, nous voyions évoluer la malaria.Dans ces cas d'échec, certains auteurs, Speierer particulièrement, ont recommandé d'étudier les groupes sanguins du donneur et du receveur.L'identité des groupes sanguins augmentait les chances de succès et raccourcissait la période d'incubation.Dans certains cas particuliers, ils ont dû adopter quelques variantes.James, en cas d'échec, inocule par piqûres d'anophèles.Kirsch- baum se sert d\u2019une souche quarte.Ducosté emploie l\u2019impaludation intra-cérébrale; il injecte 5 c.c.de sang citraté dans le lobe frontal.D'autres emploient l'inoculation intra-ventriculaire (par 5 à 15 c.c.de sang).N'ayant aucune pratique de ces méthodes, nous ne pouvons pas formuler de conclusions personnelles à leur sujet.CONTRE-INDICATIONS DU PALUDISME La malariathérapie ne peut être appliquée indifféremment à tous les cas de neuro-syphilis.Elle comporte certaines contre-indications qu\u2019il faut signaler.Pour les avoir négligées lors des premiers essais de cette technique, le taux de la mortalité a été considérable.Aujourd'hui la conduite des thérapeutes est toute différente: seuls les malades capables de supporter cette infection sont confiés à la malariathérapie. LA PYRÉTOTHÉRAPIE .37 NIAC TN ALAN UAL UU NN Les contre-indications se divisent en deux groupes: a) Contre-indications générales.L'âge, en principe, n\u2019est pas une contre-indication, à condition que la sénilité de tels sujets ne soit pas trop avancée.La limite de 65 ans est adoptée généralement.De plus on conseille chez les personnes âgées une impaludation en deux temps.L\u2019insuffisance cardiaque, mitrale ou aortique, l\u2019arythmie permanente, ne sont pas des contre-indications si elles sont bien compensées.Il en est de méme pour les lésions aortiques légères et l'hypertension.Par contre, l'insuffisance cardiaque non compensée, le rétrécissement mitral, les lésions aortiques avec distension anévrismale sont des contre-indications absolues.La tuberculose pulmonaire mérite d'être prise en considération.Pour Mollaret, elle est une contre-indication formelle et un examen aux Rayons X doit être fait avant l'impaludation afin de la dépister.Kirschbaum et Mulhlens sont du même avis.Pour Wagner-Jauregg, elle est une contre-indication relative.Leroy n'a jamais observé de réouverture des processus tuberculeux après la malaria.Marcou-Mutzner croit à un antagonisme entre le paludisme et la tuberculose.Pour appuyer sa thèse il cite le fait qu'en Corse les impaludés et les tuberculeux sont très nombreux; jamais il n\u2019a observé les deux maladies sur le même sujet.Personnellement, il nous est arrivé de malariser certains paralytiques généraux avec lésions du sommet, sans observer, dans la suite, un réveil apparent de leur tuberculose.L'\u2019insuffisance hépatique, surtout quand elle se rencontrera chez un alcoolique, devra nous rendre très prudent.Les états hémorragipares rendent le traitement impossible de même qu\u2019un état cachectique marqué.Les lésions rénales seront quelquefois un empêchement.Il est important de rechercher l\u2019albuminurie et la perméabilité rénale, avant le traitement.Cependant, il nous est arrivé d'impaluder une paralytique générale qui avait subi une néphrectomie droite à la suite d\u2019une tuberculose rénale.L'infection paludéenne fut très bien supportée. 38 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU Le diabète, quand 1l atteint un certain degré, rend la technique dangereuse.L'obésité est une contre-indication importante parce qu'elle expose au collapsus cardiaque.La grossesse ne paraît une contre-indication qu\u2019à partir du te ou 5e mois.b) Contre-indications neuro-psychiatriques.Les poussées délirantes contre-indiquent passagèrement la malariathérapie, parce qu\u2019elles rendent l'alimentation et le contrôle physique impossibles.Les ictus récents font rejeter cette thérapie qui peut les faire réapparaître.Les formes de P.G.à évolution aiguë, dites encore galopantes, rendent le pronostic de la malaria des plus graves, parce qu'elles cachectisent le malade trop rapidement.Les paralysies générales juvéniles rendent le paludisme inutile, puisque ces formes cliniques ne sont nullement influencées par la thérapie infectieuse.Voilà, en résumé, les contre-indications de la malariathérapie.[1 faut dire, cependant, qu\u2019elles ne sont pas absolues.Dans certains cas, un traitement chimiothérapique préalable fera disparaitre certaines de ces causes et rendra l'impaludation possible.Dans d\u2019autres cas, le paludisme en deux temps pourra être employé.TRAITEMENT ANTISPÉCIFIQUE ASSOCIÉ Après l'arrêt de la malaria par la quinine, Wagner-Jauregg pratique un traitement antispécifique par le néosalvarsan au moyen de 6 injections hebdomadaires successives de O gr.30, O gr.45, 0 gr.60, jusqu\u2019à la dose totale de 3 gr.15.À ce propos une question se pose.Doit-on faire suivre la malaria d\u2019un traitement chi- miothérapique ou le paludisme seul est-il suffisant à guérir ces malades?La-dessus « que de divergences».Certains croient que LA PYRÉTOTHÉRAPIE .39 le traitement post-malarique est inutile et ne modifie pas la qualité des rémissions; d'autres affirment que même après la malaria, le processus syphilitique subsiste et doit être soumis à la chimiothérapie.Schulze a obtenu chez 450 paralytiques généraux des résultats favorables sans aucun traitement post-malarique.Gerstman également a constaté les mêmes faits.Strausaler et Koskines ont noté que sur 9 cas malariés à Vienne en 1917, dont 8 n'avaient reçu à l'époque qu'une dose minime d'arsénic, 3 sont depuis 10 ans en rémission complète avec retour à leur capacité professionnelle antérieure.De cela se dégage l'impression que l'amélioration post- malarique résulte d'une réaction de l'organisme sans que le traitement arsénical, ou autres, y joue un certain rôle.L'\u2019arsénic ne servirait qu'à remonter l\u2019état général affaibli des malades malariés.Dans une autre statistique, Gertsmann donne un tableau comparatif des résultats obtenus chez les malades traités par la malaria simple et chez les malades ayant subi une cure par le salvarsan après la malaria.Il est arrivé aux chiffres suivants: lere série: 32 malades traités par la malaria simple 2e série: 33 malades traités par la malaria et le Salvarsan .lère série Ze série Rémissions \u2026 \u2026 \u2026 \u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026 \u2026 40.6% 66.6% Décès 22420 4 4 «18,7% 12 % Aggravation \u2026 \u2026 \u2026 \u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026 22 % 6.7% En ne tenant compte que des rémissions complètes la lere série donnait un taux de 25% et la seconde 48%.L'avantage est donc nettement en faveur du traitement antispécifique post-malarique.Gerstmann et Dattner, en compilant les documents recueillis pendant 3 ans dans 5 asiles anglais, trouvent: .Malaria Malaria et seule arsénic Bonnes rémissions \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 35.6% 41.7% Morts .224 4 + 32.2% 5 % 40 LE JOURNAË DE L'HÔTEL-DIEU D'après des recherches faites en 1927 et portant sur des malades observés pendant 4 ans, ils trouvent: Malaria seule: rémissions complètes, 34% ; échecs, 50%.Malaria et salversan: rémissions complètes: 51% ; échecs: 45%.En ce qui concerne la durée moyenne de la vie après la cure, ils trouvent 16 mois dans la première série et 28 mois dans la seconde.Ces recherches comparatives montrent bien l'avantage qu'il y a à associer un traitement antispécifique à la cure malarique.Personnellement, nous associons la chimiothérapie à la mala- riathérapie.Nos malades reçoivent, environ 15 à 20 jours après la cessation de la fièvre, une série de tryparsamide ou de stovarsal ou de 914, combinée avec une série de bismuth.Pour les deux premiers médicaments, l'examen ophtalmologique est fait avant chaque injection.La moindre pâleur des pupilles ou perturbation du champ visuel, fait retarder ou interrompre le traitement.En procédant ainsi, nous n'avons eu qu'un seul cas de cécité qui, d'ailleurs, n'a été que temporaire; 1l s'agissait d'une malade non améliorée par la malaria.Après un repos de 3 à 4 semaines, nous recommençons le même traitement jusqu\u2019à extinction de la plupart des signes sérologiques.La question du traitement spécifique se pose aussi avant la malaria.Dans ces cas, où l'état général est satisfaisant, nous inoculons la malaria immédiatement.Dans les cas où cet état général est mauvais, nous stimulons d\u2019abord les fonctions organiques par le traitement spécifique.De même, dans les poussées délirantes avec agitation, les réactions méningées intenses, nous préférons atténuer l'agressivité des spirochètes tout en améliorant l'état général avant de soumettre ces malades à l'impaludation.(A suivre) L'OR DANS LA BOUCHE 41 L\u2019OR DANS LA BOUCHE Par ALCIDE THIBAUDEAU, Professeur d\u2019anatomie dentaire à l\u2019Université de Montréal, Chef du service de stomatologie de l\u2019Hôtel-Dieu.La profession médicale, depuis une dizaine d'années, se sent prise d\u2019une violente émotion dès qu\u2019elle aperçoit de l'or dans la bouche de ses patients et prescrit immédiatement: enlevez moi ça.Les dentistes ressentent déjà vivement les conséquences de ce tolle général et c'est un mal pour un bien, car on ne peut nier qu'un usage inconsidéré des pièces d\u2019or a causé des torts considérables à la santé des gens et l\u2019esthétique des figures.De cet état de choses le public est responsable autant et plus que la profession.Il y a une vingtaine d'années nous vint des Etats-Unis, une mode stupide, qui consistait à faire coiffer ses dents antérieures de couronnes d'or en guise d\u2019ornements.Le public devint si exigeant dans son désir de suivre la mode, que presque tous les dentistes, malgré tout enseignement contraire, fabriquèrent en série, de mauvaises couronnes, d\u2019énormes ponts, et toutes sortes de pièces plus nocives les unes que les autres.À cause des profits fort alléchants de ces travaux, on a conclu facilement à leur nécessité.Et d'un autre côté nous avons un penchant national à croire les charlatans plutôt que les savants.Un bon nombre de nos néoprofessionnels, aussitôt sortis de l\u2019Université, s'empressent de jeter le petit bagage sain qu\u2019ils possèdent pour recourir aux méthodes d'anciens exploiteurs expérimentés.De là des infections locales de toutes sortes, qui, j'en suis moralement convaincu, dans bien des cas, eurent des résultats fatals.Nos sociétés scientifiques jetèrent de bonne heure le cri d\u2019alarme et les résultats, pour n'avoir pas atteint tous les praticiens, n\u2019en ont pas moins porté d'excellents fruits.Il est un fait cependant qu'il faut remarquer: c\u2019est que dans toutes les réactions, même les professionnels outrepassent la mesure, Ainsi, dans le cas qui nous intéresse, on en est rendu à condamner toute restauration en or parce qu'elle est en or.C\u2019est une erreur qui, à mon sens, devrait être corrigée. 42 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU En effet, l'or par lui-même ne peut avoir, que je sache, d'action nuisible à la santé.Il fait partie des métaux nobles à cause de sa grande résistance à la morsure des acides les plus forts et, à l'inverse des autres métaux, le feu l'affine au lieu de le détruire.Seul un mélange des acides chlorhydrique, sulfurique et nitrique, qu'on appelle: Eau régale, peut l'attaquer et former le chlorure d'or.Ce sel est certainement considéré comm un poison quoiqu'il entre aujourd'hui dans la préparation de certains médicaments.Or qui peut prétendre que les fluides de la bouche peuvent contenir un acide assez puissant pour attaquer les pièces d\u2019or?Evidemment si l\u2019on employait un or de qualité très inférieure, il y aurait lieu de craindre.Mais les praticiens peu scrupuleux qui ont cette audace sont en si petit nombre qu'ils relèvent plutôt de la police que du corps professionnel.Il serait donc erroné de proscrire l'or, car dans maintes circonstances ce métal est le seul convenable pour effectuer des restaurations durables et hygiéniques.Dans la prothèse, l\u2019or sera la substance par excellence pour obtenir la rigidité en même temps que la délicatesse nécessaire à certaines pièces pour ne pas encombrer la bouche.Ce qu'il importe donc de surveiller, ce n'est pas tant le matériel que le soin, je dirai l'art, qui a présidé à la confection de tous ces appareils.Voilà le mal.Et je dois l'avouer à notre courte honte: 11 y a bien peu de dentistes qui n\u2019ont pas abusé de leurs patients.Quelques-uns, de ce côté, en ont fait une exploitation criminelle.Certaines pièces comprennent de vastes plaques de métal accolées à la muqueuse buccale et scellées aux dents de sorte qu\u2019il est impossible de les enlever pour le nettoyage quotidien.D'autres comprennent des porcelaines qui dépriment les gencives, les blessent, établissant ainsi un extrême danger de contagion par leur inamovibilité.La plupart des couronnes, dont 90% n'étaient pas nécessaires, sont tellement mal ajustées au collet de la dent qu'elles constituent de véritables réservoirs de détritus alimentaires et de fluides buccaux.Toutes ces formes de restaurations et bien d'autres encore sont très dangereuses pour le porteur et doivent être enlevées sans hésitation. L\u2019OR DANS LA BOUCHE 43 Il y aurait bien d'autres observations d'ordre technique et physiologique qui pourraient entrer dans le cadre de cet article, mais ce serait vraiment trop long.Je terminerai donc brièvement en recommandant à mes confrères médecins une coutume, en usage déjà chez plusieurs d'entre eux.Ils se sont choisis parmi les dentistes un praticien qu'ils savent compétent et honnête, qui ne condamnera pas tout ce qui n'est pas son oeuvre et à qui ils soumettent tous les cas jugés douteux.Ainsi éclairé par un rapport détaillé et motivé, il me semble que le médecin pourra plus sûrement conseiller son patient. 44 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU \u201c\u201c Notes gastronomiques et médicales sur les Ours du Canada, par un ours historien \u201d (LÉO-E.PARISEAU) Note de la Rédaction.\u2014 Il y a deux ans le docteur Pariseau annonçait qu'il allait servir de la patte d\u2019Ours aux lecteurs du Journal.L'année dernière il renouvela sa promesse, sans la tenir.On aurait pu croire, ces derniers mois, qu'il avait brisé sa plume; mais voilà qu\u2019il nous offre un manuscrit de cinquante pages! N'importe, publions; il y a là-dedans une heure de lecture intéressante.\u2014 La causerie sur les Ours fut faite au Cercle Universitaire le 25 mars 1934.Maître Arthur Vallée, président du cercle, présenta notre camarade, et Maître Victor Morin fit les remerciements d'usage.M.le Président, Mesdames, Messieurs, Vous connaissez tous l\u2019histoire de ce riche rajah qui joignait à sa passion pour les éléphants un grand amour des livres, et qui, obsédé par le désir d'enrichir sa bibliothèque, offrit un jour de belles récompenses à tous ceux qui lui présenteraient des travaux acceptables où il ne serait question que de son animal favori.Parmi les nombreux manuscrits soumis à l'examen d\u2019un jury, quatre seulement furent jugés dignes d\u2019être imprimés.Je vous rappelle qu\u2019un Anglais, dont le nom m'échappe, avait envoyé une relation de 200 pages intitulée « Mes chasses à l\u2019Eléphant »; que le colonel Jonathan Mammoth, des Etats-Unis, avait soumis un album intitulé « Data concerning Jumbo, the largest Elephant in the World, at present in the municipal zoo of Kalamazoo, Michigan »; et que, caché derrière le pseudonyme « G.Latrompe », un éminent humoriste français avait écrit des choses fort piquantes sur « les Amours de l'Eléphant ».Mais la contribution la plus imposante fut, sans contredit, celle de Herr Doktor Professor Pachyderm.Les quarante-deux volumes in-folio de son « Histoire naturelle, médicale, politique, économique, artistique et militaire de tous les Eléphants, tant fossiles qu\u2019existants » constituent un véritable monument d\u2019érudition.Il mesure dix pieds de long et pèse 293 livres.Tout ce qui précède, vous le saviez; mais peut-être ignoriez- vous qu'un Canadien avait pris part au concours.Il est vrai que son NOTES GASTRONOMIQUES ET MÉDICALES 45 manuscrit lui fut renvoyé, mais je persiste à dire que notre distingué compatriote Samuel Gobemouche méritait au moins une mention honorable pour son très curieux « Essai sur l'athéisme chez les éléphants blancs ».J'espère être plus heureux que lui avec ma monographie sur l'Ours.Le jour approche où Nannouk, Mala et autres Esquimaux enrichis par les cinéastes d'Hollywood voudront singer les nababs et jouer aux mécènes.Le cas échéant, je connaîtrai peut-être la joie de me voir imprimer.En attendant, je veux goûter le plaisir d'être écouté.Tout n\u2019est pas inédit dans ce qui va suivre; trouver du nouveau était d'autant plus difficile que nos savants M.P.P., qui sont pour la plupart des B.A., se sont penchés sur la question il y a trois ans déjà.Les journaux ont conservé pour l'édification des générations futures les moindres détails de la mémorable séance du 27 février 1931, au cours de laquelle députés et ministres rouges ou bleus, rivalisant de savoir et d'esprit, apportèrent à la question de l'Ours une solution géniale et définitive.Vous me saurez gré, sans doute, de vous rafraîchir la mémoire en citant l'un des comptes-rendus, paru le lendemain : « Monsieur Guertin entre alors dans le débat, et le premier ministre fait une remarque sur la prononciation du mot ours.« M.Guertin.\u2014 Je demande au premier ministre de bien vouloir apprendre à cette honorable chambre s\u2019il convient de dire « OUr » OU « OUrs », et de nous communiquer le fruit de ses connaissances.M.Taschereau rit de bon coeur et M.Trembblay ajoute: « Ça dépend de la longueur de la queue ! » Sur quoi intervient M.Jean-Paul Sauvé: « Je propose que l\u2019on soumette le cas de la prononciation du mot « our » ou « ours » à l'honorable secrétaire provincial.Il pourra nous faire part de ses lumières sur la difficulté et faire un joli débat académique.» Quels sont les dommages causés par les « our » ou les « ours », demande M.Tremblay.« Combien de moutons ont-ils dévorés? 46 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU a Sont-ce des petits ou des gros ?» Monsieur Laferté répond: « La chose est difficile à dire.» M.Blain suggère au gouvernement de garder les peaux afin d'en fabriquer des vestes pour ses partisans aux prochaines élections.« Nous vous les enverrons », riposte M.T'aschereau.Les députés s'amusent et finalement les résolutions sont adoptées.(Réf.165.) Mesdames et Messieurs, vous comprendrez pourquoi j'hésite à vous présenter le fruit de mes recherches sur I'Ours.Je ne suis pas, moi, un expert en philologie, en phonétique, en cynégétique et en économie ursine.Ne suis qu'un pauvre intellectuel qui a beaucoup lu, assez bien retenu et quelque peu médité.Ignorant les préférences d\u2019un chacun et désirant m'assurer les faveurs de tous, je vais toucher à plusieurs aspects de la question de l\u2019Ours.Je parlerai de sa chasse comme si j'étais Anglais, de ses amours comme si j'étais Français et de tout le reste comme si J'étais Allemand francisé.Pour commencer, quelques notions de terminologie.Il y a, vous ne l'ignorez point, des ours blancs, des noirs, des bruns et des grisonnants.À tous ces ursinés, à toutes ces espèces du genre « Ursidae 9, les savants ont donné des noms pas trop barbares et suffisamment expressifs.La plus commune des espèces se nomme ursus arctos.Je vous entends dire: alias l'ours polaire.Vous vous trompez, mais la méprise est fort excusable, car le mot grec APKTOE désigne indifféremment l'Ours-animal, l\u2019Ourse-constella- tion, le Nord, les régions boréales.(Réf.166.) L'humble ours brun s'étant vu octroyer, il y a bien des siècles, le qualificatif arctos, 11 a fallu trouver autre chose pour l'ours polaire.Il est surnommé maritimus.Notre ours noir se nomme ursus americanus.Enfin, le redoutable Grizzly a mérité l'épithète horribilis.À ces grandes espèces canadiennes il faudrait ajouter l\u2019ursus Richardsoni, une chemise brune de l'extrême nord. NOTES GASTRONOMIQUES ET MÉDICALES 47 NN Les ours sont des animaux plantigrades; ils marchent en appuyant sur toute la plante du pied, comme moi qui ne suis pas danseuse et ne sais pas faire des « pointes ».Tous nos ours ont 42 dents, dix de plus qu'en ont les hommes qui ont pu échapper à la rage des dentistes.Un examen sommaire de leur dentition fait voir qu'ils sont par nature omnivores; mais il faut se rappeler que, suivant l'espèce et son milieu, ils deviennent ou carnassiers, ou végétariens.Vous pensez bien que l'ours blanc, vivant dans un désert glacé, n'a guère l\u2019occasion de brouter; 1l est carnivore par nécessité.Le grizzli est carnivore par tempérament, semble-t-il.Les ours noirs et bruns préfèrent les fruits, les racines, le miel.Ce qui ne les empêche pas de dévorer nos moutons, quand la faim les presse ou quand le diable les possède.° L'Ours n'a pas que ses dents pour attaquer et se défendre.Il a des ongles formidables, sertis au bout de pattes fortement musclées.Malheur à la chair qu'il laboure ! Enfin, comme pour s'excuser de ne pas l'avoir fait beau, dame Nature a voulu donner à l\u2019'Ours une prérogative que bien peu de quadrupèdes possèdent: 11 peut se dresser sur ses pattes de derrière comme un gorille ou comme un homme, et il peut alors, à sa guise écraser l'adversaire en se laissant choir sur lui, ou l\u2019étouffer lentement en ayant l'air de l'embrasser: Et pourtant, les ours sont de braves bêtes; on peut compter sur elles, encore qu'il faille compter avec elles.Si vous ne voulez pas vous faire écharper, n'attaquez pas sans être bien armé.Comme dit la chanson: Cet animal est très méchant; Quand on l'attaque il se défend ! J'ai trouvé dans mes vieux livres deux descriptions de 1'Ours qui me paraissent un peu trop poussées au noir.Relisons-les ensemble, voulez-vous? 48 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU Voici «Les Oeuvres pharmaceutiques du Sieur Jean de Renou » publiées à Lyon il y a trois cents ans.S'il faut en croire ce respectable potard, « l'ours est un animal hideux à voir, épouvantable par son mugissement et grondement ordinaire.» (Réf.167.) Et voici le « Dictionnaire universel des Drogues Simples » du sieur Lémery, publié un siècle plus tard.L'Ours, d'après l'auteur, est « un gros animal à quatre pieds, sauvage, difforme, effroyable, féroce, cruel.» (Réf.168.) Notez que ces descriptions s'appliquent aux ours bruns et noirs, et convenez avec moi que les illustres pharmacopoles que je viens de citer ne devaient pas souvent quitter leur boutique et se contentaient, sans aucun doute, de faire la chasse en bibliothèque, comme en \u2018temps de guerre certains font de la stratégie en chambre.Mais je suis mal venu de leur jeter la pierre, étant moi-méme un nemrod de cabinet.Et j'ai trouvé au cours de mes battues deux ours bien plus cruels que les leurs.Ouvrons la Bible ou chapitre deux du quatrième livre des Rois .Le prophète Elie vient de quitter la terre dans un char de feu, laissant son manteau à Elisée.Celui-ci s'en sert pour passer le Jourdain à pied sec et s'achemine incontinent vers la ville de Bethel.Comme il monte, des gamins viennent à sa rencontre et se moquent de lui en criant: « Monte, chauve! Monte, chauve! » Alors Elisée, plein d'une sainte indignation, les maudit au nom du Seigneur.Sur quoi deux ours sortent du bois et mettent en lambeaux quarante-deux petits garçons.(Réf.169.) Nos grizzlis des Montagnes Rocheuses n\u2019en pourraient, n\u2019en voudraient faire autant, même à la demande d\u2019un prophète.Blancs ou noirs, tous armés, tous gros, comme dirait Sully- Prudhomme, nos ours ont hérité d\u2019autres apanages.De même qu'ils n'ont pas à craindre les bêtes de la forêt canadienne, ils n\u2019ont pas davantage à redouter le froid terrible qui y sévit. NOTES GASTRONOMIQUES ET MÉDICALES 49 ~ AAA C'est que les ours sont des animaux hibernants.Pendant la saison froide, des mois durant s'il le faut, ils dorment d'un sommeil profond que rien ne vient interrompre.Au cours de l'hiver qui s'achève, aucun ours canadien ne s'est fait porter sur les listes du « Secours direct ».L'homme, hélas! n'est pas hibernant.La faim et le froid l'empêchent de dormir, et l'insomnie lui défend d'oublier qu'il a faim et froid.Plus d'un malheureux compatriote a dû envier les ours de son pays au cours du terrible hiver qui s'achève.Disons, pour couronner cette étude préliminaire, que les ours, de l'avis de tous ceux qui les ont observés, sont très intelligents.Le naturaliste Hornaday, qui a écrit un livre intitulé « The Minds and Manners of Wild Animals » accorde 725 points sur 1000 au grizzli, soit autant qu'au sagace castor.L\u2019ours brun d'Europe décroche 680 points, alors que le gorille n'en reçoit que 500.(Réf.170.) Le savant professeur n'a pas eu l'occasion d'examiner la bête ridicule que nous appelons « asinus comptonensis », et c'est grand dommage, car nous saurions quel rang doit lui être assigné dans l'échelle animale.Ici finit un éloge de l'Ours que j'aurais beaucoup de plaisir a prolonger.S'il faut tout dire, c'est un éloge intéressé; 11 vise à pacifier les mânes de ceux que je vais donner en pâture à votre curiosité.J'apporte de l'ours noir, du gris, du brun, du blanc: j'apporte des berstecks, des pieds fumés, des brochettes de foie; des quartiers entiers d'un ours polaire gavé de poissons, et un petit ourson noir engraissé au lait de femme: de la viande encore toute chaude et de la frigorifiée vieille de deux ans.Mais n'allez pas me remercier.Je ne suis ce soir qu'un simple garçon de table.Vos généreux amphitryons paraîtrons l'un après l'autre, au cours du repas. 50 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU Pour commencer, un morceau d'ours polaire.C'est Jacques Cartier lui-même qui vous dira comment la bête fut prise et ce qu'il pensa de sa chair: « Et néantmoins que ladite isle soyt à quatorse lieues de la terre, les ours y passent à no de la grant terre, pour mangier des dits ouaiseaulx; desqueulx nos gens en trouverent ung grant comme un vache, aussi blanc comme un signe, qui sauta en la mer davent eulx.Et le lendemain, qui est le jour de la Penthe- couste, en faisant nostre routte vers terre trouvasmes ledit ours, environ le my chemin, qui alloit à la terre aussi fort que nous faisions à la voille; et nous, l'ayant aperceu, luy baillames la chasse o noz barques et le primmes à force, la chair duquel estoit aussi bonne à mangier comme d'une génisse de deux ans.» (Réf.171.) Le Malouin et ses hommes eurent de la veine, ce jour-là; la viande de l'ours polaire n\u2019est pas toujours aussi tendre.L'Anglais Phipps, qui fit en 1773 un beau voyage hyperboréen, fut moins heureux, puisqu'il écrit: « On trouve un grand nombre de ces animaux sur la grande terre du Spitzberg ainsi que sur les Isles et les plaines de glace adjacentes.Nous en tuâmes plusieurs à coups de fusil, et les matelots mangèrent la chair, quoiqu'elle fut extrème- ment coriace.» (Réf.172.) Cartier et Phipps sont morts depuis longtemps .Pourquoi ne demanderions-nous pas à notre cher Capitaine Bernier ce qu'il pense de l'ours polaire?\u2014 Pas besoin de le déranger, pour cela.Ouvrons le rapport de sa mémorable croisière et lisons l'entrée consignée à la date du 24 mai 1909: « Nous chômâmes le 24 mai, jour de la fête Victoria.Je fis pavoiser le bâtiment, en souvenir du règne glorieux de notre défunte souveraine.Officiers et hommes de l'équipage descendirent à terre pour s\u2019y distraire à leur guise.Tous retirèrent le plus grand bien des promenades qu'ils firent à cette date, après avoir vécu si longtemps à bord.A l'heure du dîner tout le monde était de retour.Nous mangeâmes des grillades de viande d'ours.À bord de l\u2019Arctic, ce mets était passable, mais il ne le serait peut-être pas au milieu de la civilisation.» (Réf.173.) Trois hommes, trois jugements différents.Exquis, déclare Cartier; passable, concède Bernier; détestable affirme Phipps.Cela NOTES GASTRONOMIQUES ET MÉDICALES 51 NNN scandalise un peu.Mais s'agit-il bien d'un mets?Non.On ne dit pas « l'Ours polaire 9 comme on dit «le Poulet en casserole ».Notre vie à nous, citadins ou agriculteurs de la vallée laurentienne, est désormais stabilisée, standardisée.Elle échappe aux mille contingences qui pèsent sur l'explorateur, sur le voyageur en pays sauvage, contraint de vivre au jour le jour, à même l'ambiance, « off the land », comme disent les Anglais.Poursuivons donc notre enquête à travers les vieux documents canadiens.Consultons, pour commencer, Samuel Hearne, ce facteur de la Compagnie de la Baie d'Hudson qui entreprit entre 1769 et 72 un grand voyage du Fort du Prince de Galles à la Mer Arctique.Il répond: « La chair de l'ours polaire, quand il est tué l'hiver et qu'il n\u2019est pas trop vieux, n\u2019a point un goût désagréable.» (Réf.174.) L'explorateur Elisha Kent Kane, lui, préfère de beaucoup la chair d'un ours affamé à celle d'un ours trop bien nourri: « The impregnation of fatty oil through the cellular tissue makes a well- fed bear nearly uneatable.The flesh of a famished bear, although less nutritious as a fuel diet 1s rather sweet and tender than otherwise.» (Réf.175.) Puisque nous parlons d'ours gras ou maigre, permettez-moi d'interpoler quelques notes tirées des relations des deux premiers voyages de Sir John Franklin, le plus illustre des martyrs de l'exploration arctique.Dans son livre intitulé « Journey to the shores of the Polar Sea in 1819-20-21-22, with a brief account of the second journey in 1825-26-27 », il parle d'un ours brun plutôt étique que ces « voyageurs canadiens » refusèrent de manger, le croyant avarié.« The flesh was brought to the tent, but our fastidious voyagers, supposing from its leanness that the animal had been sickly, declined eating it; the officers, however, being less scrupulous, boiled the paws and found them excellent.» Fastidious, ici, doit se traduire par exigeants, difficiles.A vrai dire, les Canadiens qui accompagnaient Franklin pouvaient se payer le luxe d'attendre un peu, car ils étaient en pays assez 52 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU giboyeux.Ils n\u2019attendirent pas longtemps, du reste.Quatre jours plus tard, nouvelle prise; la béte, cette fois, était grassouillette: « A female, in very excellent condition; and our Canadian voyagers, whose appetite for fat meat is insatiable, were delighted.» (Réf.176.) Poursuivons cette lecture, puisqu'il s'agit de groupe de « canayens » engagés dans une grande aventure.Le ler août, nous l\u2019avons vu, ils sont dangereusement optimistes et refusent la viande qu'on leur offre.Le 5 ils font bombance.Le 9 ils voient tout en noir: « The men began to apprehend absolute want of food, and we had to listen to their gloomy forebodings of the deer entirely quitting the coast.» (Réf.177.) Mais la joie revient bien vite: « As we were embarking, however, a large bear was discovered on the opposite shore, which we had the good fortune to kill, and the sight of this fat meat relieved their fears for the present.» (Réf.178.) N'est-ce pas qu'ils sont bien français, ces coureurs-des-bois à l\u2019âÂme intrépide et à l'humeur s1 variable?Vous me saurez gré, je pense, de vous avoir présenté tout le personnel de l'expédition : Commandant: Capitaine John Franklin, R.N., F.R.S.Médecin et naturaliste: Docteur John Richardson.Personnel anglais: Lieutenant Geo.Black, Lieutenant Robert Hood.Fred Wentzel, John Hepburn.Guides esquimaux: « Augustus » et « Junuus y.Interprètes: Pierre St-Germain et Jean-Baptiste Adam.Voyageurs: Joseph Peltier, Gabriel Beauparlant, Pierre Dumas, Mathieu Pelonquin dit Crédit, Registe (sic) Vaillant, Joseph Forcier, Salomon Bélanger, J.-B.Parent, Ignace Perrault, Joseph Benoit, J.-B.Bélanger, François Samandré, Joseph Gagné, J.-B.Belleau, Emmanuel Cournoyer.\u2014 (Michel Feroahanté et Vincenza Fontana). NOTES GASTRONOMIQUES ET MÉDICALES 53 Le 9 août 1821, pendant que les voyageurs se livraient aux basses-besognes du dépeçage et de la cuisson, John Richardson, tel un aruspice d'autrefois, interrogeait les entrailles de l'animal.Il trouva dans l'estomac les restes d'un phoque, plusieurs marmottes, une quantité de racines de réglisse du Mackenzie, des baies et un peu d'herbe.Allez dire, après cela, que l'ours n'est pas omnivore! À cet inventaire impressionnant il conviendrait d'ajouter les poissons ingérés peu de temps auparavant, puisque l'animal avait « a slight fishy taste ».Passe encore pour un goût de poisson, mais la perspective d'avoir à manger une viande à saveur de bouc ou de pissat de cheval n\u2019a rien d'affriolant .« Bear is strong, very strong, and withal most capricious meat », écrit Kane.« One day it is quite beefy and bearable; another hircine, hippuric and damnable.» (Réf.180.) Vous voila bien avertis, mes chers auditeurs.Sur la table de l'explorateur polaire, les ours se suivent et ne se ressemblent pas.Un conseil: n'oubliez jamais que les pieds de la bête, qu'elle soit blanche ou noire, constituent un morceau de choix.Sur ce point, tous les auteurs s'entendent.Oyez ce que disait LaHontan, vers 1700: « Les ours du Canada sont extrêmement noirs et peu dangereux; ils n'attaquent jamais à moins qu'on ne tire dessus et cu'on ne les blesse.Ils sont si gros, particulièrement dans l'automne, qu'à peine ont-ils la force de marcher: ceux que nous primes l'étoient extraordinairement, mais cette graisse n'est bonne qu\u2019à bruler; au lieu que la viande et sur-tout les pieds sont d\u2019un goût exquis.Les Sauvages soutiennent que c'est la chair la plus délicate qu'on puisse manger, et ils ont raison.» (Réf.181.) En Europe, vers le même temps, on appréciait beaucoun ce mets.L'architecte de la colonnade du Louvre, Claude Perrault, celui-là même qui disséqua et décrivit un castor canadien bien avant notre Michel Sarrazin, a écrit une monographie sur l'Ours où je relève ce qui suit: « La substance de ces parties (les pieds) n'est pas moins particulière ny moins remarquable que leur structure. 54 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU Pline et Plutarque rapportent que c'est un manger excellent et Michaël Herus dit qu'en Allemagne elles sont encore réservées pour la table des Princes, à qui on sert des pattes d'Ours salées et enfumées.» (Réf.182.) Perrault a mentionné Plutarque.Si nous nous y reportions ?.Dans les « Symposiaques », les fameux Propos de Table, rien sur le problème qui nous occupe, Mais dans le livre consacré aux « Questions Naturelles » nous découvrons ceci: « Question XXII.\u2014 Pourquoi la patte d\u2019ours passe-t-elle pour douce au tact, et sa chair tres bonne a manger ?» « C\u2019est », répond l\u2019auteur, « que les parties du corps qui digèrent le mieux la nourriture ont la chair plus délicate et que les parties qui digèrent le mieux sont celles qu'un mouvement et un exercice habituels font transpirer davantage.L\u2019ours agit de ses pieds de devant beaucoup plus que d'aucune autre partie de son corps.Il les exerce quand il marche et quand il court, et ils lui servent comme de mains pour saisir tout ce qu'il veut prendre.» (Réf.183.) Et voilà! Si vous n\u2019êtes pas satisfaits de cette explication, Mesdames et Messieurs, trouvez mieux.C\u2019est LaHontan qui nous a fait passer, tout à l'heure, du blanc au noir.Pas un gourmet ne s'en plaindra, je pense.La chair d\u2019ursus americanus est excellente, et les témoignages que je pourrais fournir sont tellement concordants que l'ennui naîtrait de leur uniformité.Voici un texte qui vous signalera une exception à la règle: « Ces animaux, quoique rares au nord de Churchill, sont si multipliés entre le fort d'York et l'établissement de Cumberland, qu'en 1774 j'en vis tuer onze dans un jour; mais la chair en était détestable.Il est vrai que c'était au mois de juin, longtemps avant la maturité d'aucun fruit.Ces Ours avaient été obligés de les remplacer par des insectes aquatiques, et quelques-uns des lacs que nous traversimes dans la journée en étaient couverts.Les Ours noirs se servent, pour attraper ces insectes, du même moyen qu'emploient NOTES GASTRONOMIQUES ET MÉDICALES 55 eA les baleines contre les araignées de mer, qui est de nager la gueule ouverte.Des onze que nous tuâmes il n\u2019y en avait pas un dont l'estomac ne fût rempli uniquement de ces insectes, et ne répandit, à son ouverture, une odeur insupportable.J'ai mangé cependant de ces animaux tués dans la même saison qui étaient fort bons; mais ils avaient été trouvés dans les bois, loin des lieux fréquentés par les insectes en question, et s'étaient nourris d'herbes.» (Réf.184.) Ainsi donc, aux hasards de sa vie aventureuse, un ours peut, à certains moments, devenir immangeable.Inversement peut-il, grâce à des artifices imaginés par l'homme, être rendu plus succulent ?Oui.Oyez ce que dit le frère Sagard, qui fut missionnaire chez les Hurons, en 1623: « Les Ours sont très bons à manger, c'est pourquoy nos sauvages en font un grand estat, et tiennent sa chair fort chère.Je ne scay a quoy l'accomparer, car elle ne sent ny le boeuf, ny le mouton et encores moins le cerf, mais plustost le chevreau: les vieux ont un autre goust et sont gras comme lard ».Nos sauvages les engraissent (car la graisse est leur sucre) avec une manière facile; ils font une petite tour au milieu de leurs cabanes, avec des pieux picquez en terre, et là ils enferment la beste, à laquelle ils donnent à manger par les entre-deux des bois, des restes de sagamité, sans crainte des pattes et de leurs dents, et estant bien grasse, ils en font un bon festin à tout manger.» (Réf.185.) Une bête réduite à l\u2019inaction et nourrie avec des restes de sagamité (c'est-à-dire avec du blé d'Inde) devait, en effet, être fort bonne au goût.Cependant nos prédécesseurs avaient trouvé mieux encore: ils apprivoisaient des petits oursons pris à la chasse, et ils contraignaient leurs femmes à les nourrir de leur propre lait.Cela se pratiquait assez fréquemment sur le territoire de la Compagnie de la baie d'Hudson, et le nom de l'un de ces raffinés nous est parvenu.(Réf.186.) Saluons respectueusement Isaac Batt, l'un des précurseurs de la gastronomie canadienne.Les vétilleurs et les intolérants lui reprocheront, je suppose, d'avoir attenté à la dignité humaine, mais 56 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU que son péché paraît véniel quand on le compare a celui de l'in- fame Vedius Pollio qui faisait jeter dans les viviers remplis de murenes les esclaves qu\u2019ils avaient condamnés, et qui, quelques jours après, mangeait les poissons gavés de chair humaine! (Réf.187.) Revenons au « sucre » du Peau-Rouge.\"Tout à l'heure, nous avons entendu Lahontan nous dire que la graisse d'ours n\u2019est bonne qu'à brûler.Mais les naturels que fréquentait le baron n'étaient pas de son avis.Ils la ramassaient à pleines mains et s'en gavaient.Et puis, comme ils n'avaient pas de serviettes de table, ils s\u2019essuyaient les doigts dans leur chevelure, sur le dos de leurs chiens, ou dans le poil de leurs robes de castor.L'historien la Potherie nous fournit là-dessus des détails très piquants.« On remarque six espèces de castor dont les prix sont différents », écrit-il.« La première est le castor gras d'hiver; celui que les sauvages tuent dans ce temps a un duvet bien épais et de grands poils.Ils en font des robes qui leur traînent presque sur les talons.La sueur du corps et leurs mains sales de graisse d'ours qu'ils prennent à pleines mains pour la manger, lesquelles ils essuient à leurs robes, en font tomber les grands poils et cotonnent insensiblement le duvet, qui devient jaune.Cette qualité est la meilleure.» (Réf.188).Pouah! N'insistons pas.À en juger par ce que raconte notre célèbre compatriote Napoléon Comeau, les Indiens ont conservé jusqu\u2019à nos jours un faible pour la graisse d'ours.Dans son livre intitulé « Life and Sport on the North Shore », le sage de la rivière Godbout décrit un festin à l\u2019ours auquel il fut invité.(Honneur rarement accordé aux blancs, soit dit en passant, de telles agapes ayant un côté rituel).Mais laissons la parole à Comeau: « Every one being seated, the first course was served.À large bowl of hot bear grease took the place of soup.In this was the wooden ladle.The bowl was set before the chief: after helping himself and sipping from the ladle what quantity he chose, the bowl and ladle was passed on to the next man in rank, and so on to the end of the table.If there was a mighty hunter \u2014 I should rather say eater \u2014 able to distinguish him- NOTES GASTRONOMIQUES ET MÉDICALES 57 \u2018 self by drinking three or four ladlefuls of the fat, it was always greeted with a round of applause.» (Réf.189.) Le coeur vous lève à la seule pensée d'avoir à boire de cette graisse fondue et toute chaude.Peut-être vous répugnerait-il moins d'y goûter si elle était figée ou refroidie; qui sait si alors vous ne la préféreriez pas au saindoux?Le voyageur Carver affirme qu'elle est douce au goût et qu'elle ne rancit jamais.Son jugement est corroboré par Sir William Butler, qui fut délégué vers Riel un peu avant l'expédition armée à la Rivière Rouge.Butler connaissait bien notre Ouest et notre extrême Nord.Il a laissé deux livres très intéressants: « The Wild North Land » et « The Great Lone Land ».Dans ce dernier ouvrage il mentionne un mets favori des naturels de la Rivière à la Paix; c'est un mélange de graisse d'ours et de certaines baies que l\u2019on cueille le long des rives: « The fat, white as cream, is eaten in large quantities, and although at first a little of it suffices, yet, after a while one learns to like it, and the dried Saskootum berries and bear\u2019s butter becomes a luxury.» Réf.190.) Mesdames et Messieurs, L'un après l'autre Cartier, Phipps, Bernier, Hearne, Kane, Franklin, La Hontan, Perrault, Plutarque, Comeau, Carver et Butler sont venus vous offrir leur plat d'ours et vous avez tout ingéré.Quelque chose me dit que vous êtes à la veille de demander grace .Restons-en la.Gastronome suis, certes; mais médecin ne veux cesser d'être.Parlons des empoisonnements causés par la viande d'ours.Vous avez dû lire, récemment, et tout d'un trait, comme je l'ai fait, l'excellente biographie de Pierre Radisson par monsieur PDonatien Frémont.Si oui, vous vous souvenez peut-être du passage suivant: « Sur les côtes du détroit les navigateurs tuèrent un gros ours blanc.Après en avoir mangé ils souffrirent atrocement de dysenterie et de maux de tête.La transpiration et l\u2019orviétan, qui passait alors pour un énergique contrepoison, les remirent sur pied; mais toute la peau leur pela.» (Réf.191.) LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU Voilà qui est fort intéressant pour ceux qui se piquent de pouvoir faire des diagnostics rétrospectifs .Radisson et ses compatriotes ont-ils souffert d\u2019un empoisonnement par les ptomaïnes?ou encore, d'une forme grave de l\u2019urticaire?que faut-il penser de cette desquamation?Qu'en pensez-vous, chers confrères ici présents?Quel qu'ait été le mal, il céda, paraît-il, à l\u2019orviétan.Monsieur Frémont a soin de nous apprendre que ce remède « passait » pour un énergique contrepoison au temps où Radisson courait nos bois.La drogue n'existe plus aujourd'hui et le mot, qui lui survit, doit être pris en mauvaise part.Un marchand d\u2019orviétan, c\u2019est un charlatan.Au siècle de Louis XIV et de Pierre Radisson ce remède guérissait encore; la Pharmacopée Royale de Moïse Charas le déclarait très efficace « contre toutes sortes de poisons; contre la Peste, la petite Vérole, la Rougeole et toutes sortes de maladies épidémiques, contre les maladies froides du cerveau et de l'estomach, contre les coliques venteuses.» (Réf.192.) \u2014 Il n\u2019y entrait que 26 ingrédients en 1676, mais en 1748 dans la Pharmacopée Universelle de Lémery paraît une recette perfectionnée (si l'on peut dire).De 26 les composants passent à 45.L'auteur nous présente la nouvelle formule dans les termes suivants: « La plupart de ceux qui font profession particulière de préparer l'Orviétan ne suivent pas toujours exactement les descriptions des Pharmacopées; ils y augmentent, ou ils en retranchent à leur plaisir.Leur but principal est que leur composition ait beaucoup d\u2019odeur et de force, afin qu'elle soit mieux vendue; car c\u2019est par cette odeur qu\u2019on se prend ordinairement quand on en achète.Voici une description d'Orviétan qui aura l'odeur, la force et la bonté requise.» (Réf.193.) Le cas Radisson n'est pas unique, tant s\u2019en faut, et J'ai pu relever au cours de mes patientes lectures, des exemples beaucoup plus intéressants.Ouvrons la relation de voyage intitulée: « The United States Grinnell Expedition in search of Sir John Franklin » et lisons: « The liver of the Polar Bear is avoided by the Esqui- meaux.The whalers say that it produces a cutaneous eruption, and Scoresby, who observes upon this as a \u2018\u2018curious fact\u2019 speaks NOTES GASTRONOMIQUES ET MÉDICALES 59 also of sailors having died from its poisonous effects.Knowing that the seal, upon which the bear chiefly feeds, is palatable and nutritious throughout, I determined to test the somewhat anomalous fact of a poisonous viscus in a quadruped, and therefore ate it freely.I found no ill effect from it.On the contrary it was accepted afterwards as a frequent dish upon our breakfast table; and during the trials of our long winter it was never rejected by the crew.This idea, which has crept very generally into our systematic books, Fabricius, Richardson and Parry among the rest, is probably based on some accidental cases of a diseased organ: it is as much at variance with sound analogies as with the experience of our party.» (Réf.194.) Qui parle ainsi, avec tant d'aplomb?Le jeune médecin du bord, Elisha Kane.Il n'hésite pas à déclarer que les Esquimaux, les baleiniers blancs, les explorateurs qui l'ont précédé dans les mers glaciales, se sont trompés; que le foie d'ours n\u2019est pas à craindre, et que les accidents notés par ses prédécesseurs étaient imputables à des organes malades ou avariés.Kane rentre dans son pays avec cette ferme conviction, et lorsqu'il repart à la tête de la seconde expédition Grinnell, en 1853, il n\u2019a pas changé d'avis.Mais si nous ouvrons son nouveau journal à la date du 8 octobre 1853, nous y trouvons cet aveu très franc: « When I was out in the \u201cAdvance\u201d with Captain de Haven, I satisfied myself that it was a vulgar prejudice to regard the liver of the bear as poisonous.I ate of it freely myself, and succeeded in making it a favorite dish with the mess.But I find to my cost that it may sometimes be more savory than safe.The cub\u2019s liver was my supper last night, and to-day I have the symptoms of poison in full measure \u2014 vertigo, diarrhoea and their concomitants.» (Réf.195.) Il ajoute: « I may mention in connection with the fact which I have given from my journal, that I repeated the experiment several times afterward, and sometimes, but not always, with the 60 } LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU AA A same result.I remember once near the Great Glacier all our party sickened after feeding on the liver of a bear that we had killed; and a few weeks afterward, when we were tempted with a similar indulgence, we were forced to undergo the same penance.The animal in both cases was old and fat.» (Réf.196.) I! paraît donc bien avéré qu'à certains moments la viande de l'ours et tout particulièrement son foie, deviennent très toxiques.Reste à savoir pourquoi.Ici se pose un beau problème de médecine, dont l'étude nous mènerait fort loin.Il me faudrait, après avoir caché le smoking du conférencier mondain sous la toge du professeur de Faculté, vous parler du choc protéinique, de l\u2019anaphylanie, des effets du jeûne sur les différents métabolismes, de la fonction glycogénique, des ptomaines, etc., etc.Où cela nous conduirait-il?Nulle part, peut-être.Il y a mieux à faire que d'\u2019édifier des hypothèses: Remettons-nous à la recherche de faits et de mythes curieux.Il y a deux siècles, le fiel de l'Ours était préconisé pour le traitement de l\u2019asthme et de l'épilepsie.(Réf.197.) D'autres parties de l'animal étaient jadis employées comme remèdes.Dans une matière médicale publiée au seizième, je relève ce qui suit: « Les Poulmons des Porceaux, des Ours et des Aigneaux, engardent de venir le feu aux cassures des souliers ».(Réf.197 bis.) Antoine du Pinet, l\u2019auteur, parle une langue par trop vieillotte; au lieu de tâcher à découvrir ce qu'il a voulu dire, reportons-nous à un ouvrage contemporain, couché dans un français plus intelligible.Le sieur des Moulins, autre traducteur de Matthiole, nous apprend que « les poulmons d'ours mis sur la blesseure ou écorcheure faite par les souliers, la contregardent de toute inflammation.» (Réf.198).Cela se comprend, et le traitement ne paraît pas si bête, à tout considérer.La graisse d'ours était bien plus priséé, en ces temps-là, que le fiel ou les poumons.Ecoutez ce qu\u2019en dit Pomet dans son « Histoire générale des drogues simples ou composées » (édition de NOTES GASTRONOMIQUES ET MÉDICALES 61 1735) .« Outre les parties d'animaux à quatre pieds décrites ci-dessus, nous vendons de plus la graisse et le suif d'Ours, que nous faisons venir des montagnes de Suisse, de Savoye et du Canada.» (Ref.199.) \u2014 « Cette axonge ou graisse d'Ours est un souverain remède pour guérir les humeurs froides et rhumatismes; elle est aussi fort estimée pour appaiser les gouttes et autres maladies de pareille nature en frotant la partie affligée; l'on y ajoute quelque fois de l'eau-de-vie camphrée et de l'esprit de vin.On s\u2019en sert encore pour faire croître les cheveux principalement quand on y a incorporé des abeilles pulvérisées et de l'huile de noisettes.» (Réf.200.) Au risque de scandaliser certain primaire de la médecine canadienne, qui a eu la vessie d'un Gargantua pour compisser le Passé, et le cerveau d\u2019un serin pour le comprendre, je dirai que ces deux recettes vieillottes me plaisent.En fait de liniments et de toniques capillaires, qu'avons-nous aujourd'hui de si merveilleux?Remplacer une graisse animale, celle de l'Ours, par un déchet minéral tiré des raffineries de pétrole, est-ce un si grand progrès?Le camphre d hier vaut-il beaucoup moins que notre menthol synthétique?Nos alcools industriels, nos « rubbing spirits » chargés de poisons violents afin qu\u2019on ne puisse les boire, peuvent-ils se comparer au vieil esprit-de-vin?Et nous, qui employons les mouches cantharides dans presque tous nos toniques capillaires, avons-nous raison de rire de ceux qui utilisaient, comme rubéfiant, les abeilles pulvérisées ?Il y a eu, sur certains fronts, une très grande avance; mais déjà le droguiste Pomet lui-même se montrait plus perspicace que ses prédécesseurs quand 1l écrivait que la graisse d'ours faisait croître les cheveux « principalement » lorsqu'on y ajoute une substance irritante.Il fut un temps où une graisse animale sans adjonction passait pour très efficace.Les Egyptiens souffrant de calvitie se frottaient le crâne avec une pommade contenant le gras de six bêtes, savoir: le lion, l'hippopotame, le crocodile, le chat, le serpent et le bouquetin.(Réf.201.) Un massage énergique du cuir chevelu 62 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU NN AA ACA NAN AAA SA avec cette mixture ne pouvait que faire quelque bien, mais ceux qui l'employaient comptaient acquérir en plus la force et la sagacité des animaux mis à contribution.En Europe, pas d'hippopotames, pas de crocodiles, peu de serpents et peu de bouquetins.Mais des ours partout.Nos lointains ancêtres n\u2019eurent pas à faire de la polypharmacie en matière de toniques capillaires.À la vue des ours ils raisonnèrent ainsi, n'en doutez pas: Cet animal est très velu, donc sa graisse fera pousser nos cheveux; et puis, ce qui ne gâte rien, il est intelligent, vigoureux, lubrique .Mettons-en beaucoup et frottons fort! » (Réf.202.) Vint le jour où l\u2019on rêva d'améliorer le tonique simple en y ajoutant certaines plantes jugées d'emblée capables, elles aussi, de stimuler la pousse et la repousse des cheveux.Ce fut la.capillaire qui rallia tous les suffrages.Il fallait s\u2019y attendre! Je n\u2019invente rien; voici la recette de Pline contre la calvitie: « Capilli defluvia, ursinus adeps admixto ladano et adianto con- tinet, alopeciasque emendat, et raritatem superciliorum, cum fungis lucernarum, ac fuligine, quae est in rostris earum.y (Réf.203.) L'adiante, c\u2019est la belle fougère que nous appelons la Capillaire et que nos fleuristes anglais vendent encore sous le nom de Maiden-Hair.La plupart des noms latins qu'on lui a donnés ;adis rappellent qu'elle est chevelue, par exemple: Polytrichum, Callitri- chum, Cincinalis, Terrae capillus, Supercilium terrae, Capilli Veneris.Je crois pouvoir affirmer que cette plante n\u2019a pas la moindre action sur le cuir chevelu.Par contre, la suie et la cendre des lampes, que Pline préconise, devaient avoir d'excellentes propriétés décapantes et irritantes.L'erreur était de croire que la graisse d'une bête très velue et l'extrait d'une plante chevelue pouvaient regarnir un crâne dénudé.Un excipient était considéré comme principe actif, et les véritables agents thérapeutiques étaient envisagés comme des adjuvants.N'empêche que le tout avait des vertus. NOTES GASTRONOMIQUES ET MÉDICALES 63 Ici j'ouvre une longue parenthèse.Certains remèdes préconisés par Pline, dans son vingt-huitième livre, sont loin d'être inodores et sans saveur.Il y entre du fiel de truite, de l'urine de taureau, des excréments de chat, des crottes de chèvre, et coetera, ad nauseam.Au lieu de nous détourner avec dégoût de cette rebutante pharmacopée, pinçons-nous le nez et ouvrons bien les yeux.« Le fiel de truie, s'il est vieux et qu'on y ajoute du soufre, guérit les éruption furfuracées », dit Pline.Hé! oui, 1l les guérit.J'ignore quelle peut bien être ici l\u2019action du fiel, ni s'il faut qu'il vienne d\u2019une truie et qu\u2019il soit vieux, mais je sais que le soufre est excellent pour les maladies de la peau.» (Réf.204.) Autre formule: « On guérit très bien les ulcères humides de la tête avec de la vieille urine d'homme, pourvu qu'on y ajoute du cyclaminos et du soufre.» (Réf.205.) Oui, du soufre; et l'urine ne gâte rien, croyez-moi, si elle est vieille.Alors, et alors seulement, elle contient beaucoup de carbonate d\u2019ammoniaque.Or, voulez- vous savoir ce qu\u2019on adjoint aujourd'hui au soufre pour renforcer son action?Du carbonate de potasse.A côté de ces formules dégoûtantes, mais scientifiquement acceptables, on en trouve d'autres où le vieux naturaliste romain affiche ses naïves croyances à la magie médicale.Par exemple: « On dit qu\u2019un mufle de loup séché protège contre les maléfices; et pour cette raison on en attache à la porte des maisons de campagne.La peau du cou passe pour avoir la même vertu; car l'influence de l'animal est si puissante que, sans compter ce que nous avons dit, il suffit que les chevaux mettent le pied sur ses traces pour être frappés de torpeur.» (Réf.206.) Je ferme la parenthèse, sans commentaires.Quittons Pline, qui écrivait ce qui précède 75 ans après Jésus- Christ, sautons par-dessus onze siècles, et laissons-nous tomber aux pieds d'une femme aussi célèbre par sa science médicale que par ses vertus: sainte Hildegarde.L'illustre abbesse du monastère de Bingen a longuement écrit sur la médecine, et elle a tonné très fort contre la magie.N'em- 64 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU NS pêche que l\u2019on trouve beaucoup de magie médicale dans ses divers ouvrages.Ainsi, elle affirme que le coeur d'un vautour, coupé en deux et desséché par le feu et les rayons du soleil, communique à qui le porte sur sa personne la propriété de déceler la simple approche d'un poison.Le cas échéant l\u2019on se met à trembler.Il faut, cependant, que le talisman soit contenu dans un petit sac en peau de daim, attaché à la ceinture.(Réf.207.) La sainte doctoresse explique pourquoi tout ça.Le vautour vivant a une très grande antipathie pour les poisons et cet instinct réside dans son coeur; en exposant le viscère au soleil et à la flamme on exacerbe sa susceptibilité.Enfin, il est bon, pour que l'action soit plus rapide, que le viscère soit enveloppé dans de la peau d'un animal très agile, comme l\u2019est le daim.Notez que dans tout ce fatras n'entre aucune idée de surnaturel: c\u2019est là de la magie pure et simple.Parmi les animaux auxquels la sainte attribue des vertus occultes se trouve, mais non au premier rang, l\u2019Ours.Pour guérir de la timidité et des états anxieux il suffit de se mettre sur le coeur un petit morceau de la peau prélevée entre les yeux d'un ours.(Réf.208.) Ici encore tout commentaire est inutile, Brûlant les étapes et dévorant l\u2019espace, laissons s\u2019écouler cinq ou six siècles et transportons-nous chez les aborigènes du Canada, de la Virginie et du Mississipi, pour y poursuivre nos recherches sur l\u2019Ours.Sans en être trop surpris, nous découvrons chez eux, comme chez Pline l'Ancien et l\u2019abbesse Hildegarde, un curieux mélange de superstition ridicule et d\u2019empirisme de bon alo.Le Père Chrestien LeClercq, dans sa « Nouvelle Relation de la Gaspésie », publiée à Paris en 1891, nous apprend que l'ourson encore au ventre de sa mère est un morceau de choix que les anciens se réservent, « n'étant pas permis aux jeunes gens d'y goûter; parce qu'ils auroient .bien mal aux pieds quand ils iroient à la chasse.» (Réf.209.) NOTES GASTRONOMIQUES ET MÉDICALES 65 Hom! dans ce cas particulier je soupçonne les anciens d'avoir été des « conteurs de peurs » (pour parler comme nos gens).Quoi qu'il en soit, tout le monde, en Gaspésie, croyait ferme qu'un jeune homme ne devait jamais manger le coeur d'un ours, crainte de manquer de souffle pendant la marche.La graisse d'ours, elle, semble avoir été employée par tous les aborigènes d'une manière absolument rationnelle.Quelques citations révéleront l'usage qu'on en faisait.Beverley, dans son « Histoire de la Virginie » (dont je possède la traduction française imprimée en 1712) nous renseigne surtout sur l'usage externe du produit: « Les Indiens pulvérisent les racines d\u2019une espèce d'Orchanette jaune qu\u2019ils appellent Puccoon, et d\u2019une sorte d'Angélique sauvage, qu'ils mêlent ensemble avec de l'huile d'Ours, et en font un onguent dont ils se frottent tout le corps après s'être baignez.Ils en deviennent plus souples et plus agiles et cela sert d'ailleurs à fermer les pores, en sorte qu'ils ne perdent que peu d'esprit par la transpiration.(C'est à voir!) Pison dit la même chose des Brasiliens, et Mylord Bacon assure que l'huile et les matières grasses n'aident pas moins à conserver le corps que les couleurs et le vernis contribuent à faire durer le bois.» (Réf.210.) Citons aussi le naturaliste Kalm qui visita notre pays en 1749: « Les Indiens extraient de la graisse de cet animal (l\u2019Ours) une huile dont ils s'enduisent en été la figure, les mains, toutes les parties ordinairement nues du corps, pour les préserver des piqûres des cousins.Ils s'en oignent les membres quand ils ont froid ou lorsqu'ils sont accablés de fatigue ou blessés, et s'en servent pour maints autres usage.» (Ref.211.) Les usages internes du gras d'ours sont énumérés par John Hunter dans les mémoires où il décrit sa captivité chez les Peaux- Rouges.Abstenons-nous de traduire: « They are in the habit of taking it both for medicine and food.For colds they seeth the roots of wild liquorice in it which they drink as hot as they can well bear it.They also take it for asthma and pleurisy.They esteem it among the most valuable articles of food, especially in 66 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU AA AAA their journies.The Indians, while travelling, take about four ounces in twenty-four hours, which they continue for days together, with very little other nourishment.» (Réf.212.) Ces hommes dont parle Hunter marchaient sous un ciel plus clément que le nôtre.C'\u2019étaient des Kickapous, des Arapahos, des Kansas et des Missouris.La ration d'entretien chez nos peuplades du nord devait être plus élevée.Nos ancêtres à nous, les Canadiens, ont-ils consommé beaucoup de graisse d'ours pour fins médicinales?Je ne crois pas.Les nomades, vivant à l\u2019indienne, durent souvent se soigner à l\u2019indienne; mais les établis, grands éleveurs de cochons, devaient de préférence se servir du saindoux pour composer leurs onguents.Quant aux inonctions pratiquées sur tout le corps dans un but de protection ou d\u2019assouplissement, ils n\u2019y recouraient guère.Ce qu'on peut affirmer, c'est que la graisse d'ours a jout par toute l\u2019Amérique d\u2019une grande vogue, comme tonique capillaire, jusqu\u2019à une époque relativement récente.En tant que drogue elle était presque désuete vers 1850, puisqu'on trouve cette entrée dans la « Matière Médicale des Soeurs de la Providence » imprimée en 1869: « On faisait autrefois usage de l'huile d\u2019un grand nombre d'animaux, tels (sic) que l'Huile de Cerfs, d'Ours, de Vipères, etc.; ces huiles ne sont plus employées à cause de la difficulté de se les procurer pures; celle de blaireau (Huile de Bête Puante) et l'Huile de Vers sont encore employées comme remède domestique.» (Réf.213.) En 1892, le docteur Desrosiers, professeur de \"Thérapeutique à l\u2019Université Laval, fait paraître son « Traité pratique de Matière Médicale, de Thérapeutique et de T'oxicologie » .Notre soeur la Baleine, comme dirait le doux François d'Assise, est remerciée pour son « blanc »; notre frère le Cochon est porté aux nues pour sa pancréatine et son axonge; notre soeur la Morue est louée pour l'huile de son foie; notre frère le Veau est félicité pour sa pepsine; notre frère le Boeuf, pour son fiel, reçoit un bon point; grâces sont rendues à notre frère le Mouton et à Madame la Brebis pour NOTES GASTRONOMIQUES ET MÉDICALES 67 leur suint, dont on fait la lanoline.Que dis-je?nos frères le Castor et le Chevrotain reçoivent une petite mention pour l'odorant produit de leurs glandes préputiales.Mais pour notre frère l'Ours, pas un bon mot! Sa disgrâce est complète.(Réf.214.) Un dernier détail sur la graisse.Autour d'elle s'établit jadis une légende qui eut cours pendant vingt siècles au moins; et Claude Perrault, qui écrivait en 1669, exhale son regret de ne pouvoir la soumettre au jugement de l'expérience cruciale.Ecoutez ce qu'il en dit: « L\u2019extréme maigreur ou estoit cet animal nous a osté le moyen de faire une expérience sur sa graisse et de nous éclaircir de la vérité de ce qu'Aristote, Tl'héophraste et Pline en rapportent, à scavoir qu\u2019estant gardée pendant l'hyver elle augmente de grosseur et de poids manifestement: ce qui estant vérifié confirmerait l'opinion que l\u2019on a que l\u2019Ours est de tous les animaux celuy dans lequel la faculté de croître est la plus puissante, puisqu'estant au commencement de sa vie presque le plus petit de tous; car au rapport d'Aristote et de Pline, il n'est guère plus gros qu'une Souris; il devient cependant un des plus grands .etc.» (Réf.215.) C\u2019en est trop; nous avons haussé les épaules, tout à l'heure, devant une superstition médicale; cette fois-ci, protestons.Comme disait Boileau en parlant des tragédies de Corneille devenu vieux: Après l'Agésilas, Hélas! Mais après l\u2019Attila, Hola! Oui, hola! Admettre qu'un ours continue à croître (je ne dis pas: grossir) sa vie durant, c'est déjà concéder beaucoup.Admettre une croissance posthume, c'est abdiquer complètement.Mais, demandez-vous, qu'a écrit, au juste, le grand Aristote?Perrault ne donnant pas la référence, nous devrons chercher un peu.Dans le « Traité des Animaux », beaucoup de choses sur l\u2019Ours, mais rien sur sa graisse mise en pot.C'est dans le recueil intitulé 68 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU « De mirabilibus auscultationibus » (véritable « fond-de-tiroir » que le Stagyrite désavouerait s'il revenait sur terre) que se trouve la notule suivante: « Ursae quoque adipem aiunt hyeme congelatum quocumque 1lla latuerit, augert atque vasa quibuscumque conti- neatur, supergredi.» (Réf.216.) Ces quelques lignes composent tout le Chapitre LXVII, et l\u2019auteur se contente de signaler le phénomène, sans l'expliquer.Perrault, lui, bien qu'il n'ait pu vérifier la chose, risque une explication fantaisiste advenant que cela serait: la graisse augmenterait de volume parce que l'activité de croissance est extraordinaire chez l\u2019Ours, animal exceptionnellement petit à sa naissance et qui devient énorme par la suite.Ceci nous amène à discuter un autre mythe.On a cru longtemps que les Oursons naissaient absolument informes, et que leur mère leur donnait figure en les léchant.Cette erreur a eu la vie très dure et elle se survit dans une expression d'usage courant: c'est un ours mal léché.Nous verrons tout-à-l\u2019heure ce qu'il y a de vrai là-dedans .Mais j'ai promis de parler des amours de l'Ours et c\u2019est le moment.Quelques affirmations, des textes pour le appuyer, des commentaires pour mettre en valeur le tout: 1° Les Ours sont lubriques.\u2014 Ursus viendrait de urere.brûler d'amour, avoir des démangeaisons.(Réf.217.) 2° L\u2019Ours mâle aime les dames.\u2014 Comme disait Lemery au 17e siècle: « Il est fort libidineux et dangereux principalement pour les femmes; car on dit qu'il les suit de près .» (Réf.218.) Hé! mettons que cela soit vrai.Allons-nous accuser notre gros frère poilu d\u2019avoir des appétits contre nature?Assurément non.Qu'un ours trouve une femme belle et désirable, il n'y a là rien que de trés excusable; ce qui se comprend moins, c'est qu'une femme s'éprenne d\u2019un ours.(N'est-ce pas, chère amie?) 3° La femelle de I'Ours est tres ardente.\u2014 Jean de Renou affirmait il y a trois siècles qu'elle est « grandement luxurieuse.jus- NOTES GASTRONOMIQUES ET MÉDICALES 69 qu'à pousser et presser le masle au congrez ».(Réf.219.) Shocking! 4° L'Ours mâle préfère la mort au veuvage.\u2014 Ecoutez ce que dit là-dessus Samuel Hearne, le célèbre facteur de la baie d'Hudson: « L'époque du rut chez les ours polaires doit être dans le mois de juillet au d'août, ayant eu souvent occasion dans mes chasses, de remarquer qu\u2019à cette époque les mâles étaient si attachés à leurs femelles que lorsqu'il nous arrivait d'en tuer une, le mâle l'étreignait avec ses deux pattes de devant, et restait dans cette attitude jusqu\u2019à ce qu'il reçut lui-même la mort.» (Réf.220.) 5° Les ours font .mais ici je dois parler latin afin de braver l'honnêteté .« Coeunt ursi ut homines, sicut et simiae », dit S.Albert le Grand dans son Traité des Animaux.\u2014 « Coeunt non itidem (eodem modo) quo quadrupedes, sed apti amplexibus mu- tuis, velut humanis conjugationibus copulantur », dit Solin.(Ref.221.) Ça n\u2019est pas ce que j'ai vu au petit jardin zoologique du Parc des Chutes Montmorency, mais il est fort possible que les choses se passent ainsi, de temps à autre, chez les ours en liberté, Le cas échéant, il n\u2019en faudrait pas plus pour inspirer à des peuplades sauvages un respect superstitieux, né d'une vague idée de parenté, qui se sublimera dans le totémisme et qui fera de l'Ours un animal tabou, un animal que l\u2019on appellera très humblement « mon bon oncle » ou « mon cher grand-père », ou « mon aimable cousin » lorsqu\u2019on sera réduit à le tuer pour le manger.(Réf.222.) La question de l'Ours-Totem est extrêmement intéressante, surtout pour nous, qui sommes un peuple du Nord.Nous y reviendrons une autre fois.Mais que vois-je?l'Amour a fait un nouveau miracle.Pour le chanter dignement je voudrais avoir la langue d'un Virgile.Il me semble, toutefois, que le sage de Mantoue a trop poussé au noir sa description des ravages de l'Amour et qu'il a représenté les ours amoureux sous un jour par trop défavorable.Rappelez-vous, latinistes, ce passage du troisième livre des Géorgiques: 70 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU Omne adeo genus in terris hominumque ferarumque, Et genus aequoreum, pecudes, pictaeque volucres, In furias ignemque ruunt: amor omnibus idem.Tempore non alio catulorum oblita leaena Saevior erravit campis; nec funera vulgo Tam multa informes ursi stragemque dedere Per silvas .(Réf.223.) Quoi qu'il en soit, voici l'heure douce de l'Amour.L'énorme dame Ursa vient de donner le jour a la frêle petite Ursula.C'est bien le cas de dire que la montagne en travail enfante une souris .Pour être juste, mettons: un gros rat.Le petit de 1'Ourse à\u2019 sa naissance pèse moins qu'une livre.I! est sans poil, sans yeux, sans formes apparentes (Nudum, caecum, et paene informam cruribus ac plerisque membris aliis, dit ma traduction latine d'Aristote).Quel avorton! quel dégoûtant paquet de chair! Nullement rebutée, la bonne grosse mère se met à le pourlécher jusqu'à ce qu'il soit débarrassé de toutes les membranes qui l\u2019enveloppent .Alors apparaissent une tête, des membres gréles mais bien formés.Ce n'est qu'après cinq ou six semaines que les yeux s'ouvrent et que le poil paraît.Quelqu'un qui fut témoin de cela il y a je ne sais combien de siècles, lança une légende qui a fait fortune.La vaici telle qu'on la trouve dans l'Histoire du Monde de Pline le Naturaliste: « Les petits de l'Ours sont d\u2019abord des masses de chair blanche, informes, un peu plus grosses que des rats et sans yeux, sans poil.» C\u2019est en léchant cette masse que la mère lui donne peu à peu une forme.Consacrée par Pline, l'hérésie sera acceptée par tous les savants de cabinet, pour qui l'argument d'autorité est sans réplique.Montaigne la prend pour son compte dans cette sentence souvent citée où l\u2019on trouve, faisant bon ménage, une magnifique vérité et une erreur ridicule: « Les arts et les sciences ne se jettent pas au moule, ainsi se forment et figurent peu à peu en les maniant et les polissant à plusieurs fois, comme les ours façonnent leurs petits en les leschant à loisir.» (Réf.224.) Pendant qu'il écrivait, le mythe de l'ourson né informe agonisait.Parmi ceux qui lui donnèrent le coup de grâce citons Pietro Andrea Mattioli, traducteur et commentateur de la « Matière Mé- NOTES GASTRONOMIQUES ET MÉDICALES 71 dicale\u2019y de Dioscoride.D\u2019une version francaise publiée en 1565 J'extrais cette mise au point: « Ce néantmoins je dirai quant est de l'ourse, qu'elle ne fait ses petits ayans les membres si confus, principalement les jambes, ne sans forme et figure comme aucuns ont écrit et comme le populaire le croit.Aussi peu est-il vrai qu\u2019en les léchant les façonne jusqu'à ce qu\u2019ils aient forme d'ours.Car au val d'Ananie dessus Trente j'ai veu une grande ourse pleine que les veneurs éventrèrent, les petits estans encores au ventre, qui avoient tous leurs membres distingués et formés, non pas informes comme plusieurs estiment, ajoustans plus de foi à l'autorité d\u2019Aristote et de Pline qui l'ont ainsi écrit, qu\u2019à leurs propres sens et expérience.» (Réf.225.) Le livre de Matthiole s'adressait à des médecins, des botanistes, des curieux de la Nature déjà enclins au doute méthodique.Restait à désabuser le commun des mortels.Voici un ouvrage imprimé en 1601 et consacré tout entier à la réfutation des « Erreurs populaires touchant la Médecine et le régime de Santé».L'auteur, le bon Laurent Joubert, doyen de la Faculté de Médecine de Montpellier, y traite des « propos fabuleux » concernant les oursons nouveaux-nés.Il rappelle qu'ils sont enveloppés de « baves et de morves » et ne semblent qu'un « loupin de chair sans distinction de parties ».\u2014 La mère les dégage de leur gangue.\u2014 « Ainsi qui verroit sortir un chien (ou autre beste parfaite) de la bourbe fort gluante, il ne saurait cognoistre que c\u2019est d\u2019une première rencontre.Après qu\u2019il en est nettoyé, on recognoists toutes ces parties distinctement », ajoute l'auteur, pour mieux enfoncer le clou.(Réf.226.) Mesdames et Messieurs, Il s\u2019en faut de beaucoup que nous ayons pourchassé et détruit toutes les superstitions médicales se rapportant aux ours.Mais notre première battue doit prendre fin, car il se fait tard.L'automne prochain, si cela vous agrée, nous nous donnerons rendez-vous dahs cette salle.Je prononcerai sur vous certaines incantations, en faisant des gestes rituels.Du coup vous perdrez, pour un temps, votre mentalité de civilisés sceptiques et irrespec- 72 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU NIN tueux; vous deviendrez des simples, des primitifs; vous troquerez vos certitudes présentes contre d\u2019étranges aberrations; vous embrasserez l'illusion totémiste, et l'ours, en devenant votre animal tutélaire, sera devenu du fait votre principal « tabou »; vous devrez l\u2019aimer et le craindre tout à la fois.Je vous dirai alors comment il faut s\u2019y prendre pour faire la chasse au corps de son Totem, et le tuer, sans offenser son esprit.Un peu plus tard, dans la salle des conférences de l'Université, nouveau rendez-vous, nouveau départ pour la chasse, Il faudra, cette fois, surprendre la bête en plein sommeil d'hiver et se garder de la réveiller, afin de pouvoir étudier sur elle et à loisir la passionnante et difficile question de l'hibernation.~ Et maintenant, pour finir, quelques projections.J offre une vingtaine d'images curieuses et rares, comme on n'en trouve que chez les Ours bibliophiles.Elles graveront dans votre esprit les points les plus saillants de ma modeste étude.Léo-E.PARISEAU.Post-scriptum.\u2014 A défaut d'images résumant ce qui précède je crois bon de reproduire ici l'admirable (!) compte-rendu que le grand journal « la Patrie » a fait paraître lundi le 26 mars: « Le conférencier rappelle qu'en 1931 \u2018\u2018nos savants législateurs\u2019\u2019 s'étaient penchés sur le problème de l'ours.Le conférencier fit lecture d\u2019un compte rendu de débat où l'Opposition à Québec, s'était inquiétée du nombre et de la taille des moutons mangés par les ours québecquois! La plupart des ours sont carnassiers, beaucoup végétariens, dit-il.L\u2019ours blanc est carnassier par nécessité, l\u2019ours gris par tempérament et l\u2019ours noir, végétarien.L\u2019ours est féroce.En hiver il ne mange pas, il dort tout le temps.Ce qui est remarquable chez lui c\u2019est son instinct.Le docteur parle ensuite de la chair de ce carnivore.Quelques- uns la trouvent bonne, d\u2019autres détestable.Dans certains pays on a réussi par des procédés artificiels à la rendre succulente.» Pour copie conforme: L.-E.P. 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