Le devoir, 14 mai 2016, Cahier H
[" C A H I E R T H É M A T I Q U E H \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 M A I 2 0 1 6 L\u2019ÉTÉ DES MUSÉES Invitation au voyage L O Ï C H A M O N Selon de récentes statistiques de l\u2019Observatoire de la culture et des communications du Québec (OCCQ), les musées, lieux d\u2019interprétation et centres d\u2019exposition ont accueilli plus de 14 millions de visiteurs en 2015, soit une hausse de près de 230 000 visiteurs.Près de la moitié d\u2019entre eux, 6,5 millions pour être exact, se sont rendus dans une institution muséale durant la saison touristique qui s\u2019étend de juillet à septembre.Il n\u2019y a rien de surprenant dans le fait que les voyageurs visitent en grand nombre les musées durant la saison estivale, car ces derniers constituent un moyen de transport à nul autre pareil, pour peu bien sûr que l\u2019on soit doté d\u2019un cerveau qui carbure à l\u2019imaginaire\u2026 Qui en effet n\u2019a pas dans son carnet de voyage intérieur des rencontres marquantes avec qui une œuvre, qui une histoire, qui une légende, vue ou entendue dans un musée?Au Québec, l\u2019offre de voyages ne manque pas, comme en fait foi ce cahier thématique sur l\u2019Été des musées qui ne présente que la partie émergée de quelque 440 institutions muséales.De Pompéi au pays des Abénakis, de la Première Guerre mondiale à la Ruée vers l\u2019or, d\u2019Élisabeth Louise Vigée Le Brun, portraitiste de Marie Antoinette, à la grande artiste canadienne Liz Magor, en passant par Toulouse-Lautrec, de l\u2019archéologie tout court à l\u2019archéologie du numérique, du cabinet de curiosités de la Nouvelle-France à la collection d\u2019objets sur les chevaux d\u2019Émile Hermès, du musée d\u2019histoire au musée d\u2019art contemporain, le choix des destinations estivales est riche et varié ! Et c\u2019est sans parler des multiples activités organisées par les musées à l\u2019intention des familles durant la belle saison.Pour ceux qui voudront poursuivre ce voyage, la Société des musées du Québec propose par ailleurs trois itinéraires thématiques estivaux sur les thèmes du fleuve Saint-Lau- rent, de la Nouvelle-France et des Premières Nations, sur itineraires.musees.qc.ca.Bonne lecture et bon été des musées ! Le Devoir L\u2019ÉTÉ DES MUSÉES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 M A I 2 0 1 6 H 2 Edmund alleyn 185, rue Sainte-Catherine Ouest Montréal (Québec) H2X 3X5 Canada Métro Place-des-Arts macm.org MUSÉE D\u2019ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL 2016 05 19 2016 09 25 DANS MON ATELIER, JE SUIS PLUSIEURS.Edmund Alleyn, Mondrian au coucher, 1973 \u2013 1974.Collection du Musée d\u2019art contemporain de Montréal.Photo : Richard-Max Tremblay MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL Un été sous le signe de la diversité É M I L I E C O R R I V E A U Collaboration spéciale C omme c\u2019est le cas chaque année, les touristes devraient être nombreux à visiter le MBAM au cours des prochains mois.«L\u2019été, environ 50 % de nos visiteurs sont des touristes, alors que le reste de l\u2019année, c\u2019est plutôt de l\u2019ordre de 25%», indique Mme Bondil.À l\u2019écoute de cette clientèle particulière, la directrice du musée confie qu\u2019aux mois de juin, juillet et août, elle a pris l\u2019habitude de programmer des expositions un peu dif férentes de celles qu\u2019elle place à l\u2019af fiche pendant le reste de l\u2019année.«Comme le public touristique en est un passager et volatile, il faut l\u2019attraper avec des propositions qui l\u2019interpellent rapidement, explique la directrice du musée.L\u2019été, on prévoit donc des expositions qui répondent à ce critère.» Le MBAM étant ces jours-ci en pleine métamorphose \u2014 d\u2019importants travaux d\u2019agrandissement sont en cours \u2014, Mme Bondil a choisi de se concentrer sur trois expositions phares pour attirer le public cet été.« L\u2019idée, c\u2019était de travailler sur des projets forts qui puissent permettre au musée de continuer à connaître un succès public, précise-t- elle.C\u2019est pour cette raison que nous avons misé sur Pompeii, Toulouse-Lautrec et Partenaires en design.» Pompeii : jusqu\u2019au 5 septembre Lancée en février dernier, l\u2019exposition Pompeii que présente le MBAM connaît un immense succès.Mettant en lumière plus de 220 artéfacts archéologiques en tout genre \u2014 mosaïques, objets de la vie quotidienne, fresques, statues de bronze et de marbre, etc.\u2014, elle propose une incursion au cœur d\u2019une des plus mystérieuses cités de l\u2019Empire romain.Il faut savoir que Pompéi, fondée au VIIe siècle av.J.-C.par les Osques puis devenue colonie romaine sous l\u2019Empire au Ier siècle av.J.-C., fut complètement engloutie lors de l\u2019éruption du Vésuve en l\u2019an 79.Préservée des intempéries et des pillages grâce à l\u2019épaisse couche de sédiments volcaniques qui la recouvrit, elle sombra dans l\u2019oubli pendant plus de quinze siècles.Redécouverte au XVIIIe siècle dans un état de conservation admirable, elle est depuis un objet de grande curiosité.Explorant divers thèmes, comme ceux de la vie publique et de la vie privée par exemple, l\u2019exposition consacrée à Pompéi que propose le MBAM aborde autant les coutumes locales et religieuses qui avaient cours à l\u2019époque de l\u2019éruption du Vésuve que l\u2019art de vivre au quotidien de ses habitants.Il y est notamment question d\u2019amour, de jeu, de vin et de beauté.Quant à la scénographie de l\u2019exposition, qui a été réalisée en collaboration avec l\u2019atelier d\u2019architecture In Situ, Uniform, Graphics eMotion et la designer Lysanne Pépin, elle se veut particulièrement immersive et plonge les visiteurs dans un environnement multisensoriel.« L\u2019expérience de l\u2019installation est exceptionnelle, remarque la directrice du MBAM.C\u2019est une exposition qui est très belle et qui, sur le plan de la scénographie, répond aux nombreuses attentes des visiteurs.Elle plaît aux gens de tous âges et s\u2019adresse autant au public d\u2019ici qu\u2019aux visiteurs étrangers.» Partenaires en design : jusqu\u2019au 21 août À l\u2019affiche depuis le 19 avril dernier, l\u2019exposition Partenaires en design : Alfred H.Barr, Jr.et Philip Johnson relate l\u2019importante collaboration qui fut celle du premier directeur du Museum of Modern Art de New York et du premier conservateur d\u2019architecture de l\u2019institution muséale.«C\u2019est une exposition qui traite notamment de l\u2019introduction de la modernité en Amérique, mais aussi de l\u2019amitié qui unissait ces deux visionnaires qui ont été des ambassadeurs du modernisme», note Mme Bondil.Comportant de nombreux documents d\u2019archives et plus d\u2019une soixantaine d\u2019objets, dont des textiles, des produits du design industriel, de la céramique et du mobilier, elle retrace les origines du design moderne issu du Bauhaus allemand.Fort originale, sa scénographie s\u2019appuie en partie sur une technologie numérique multipla- teforme.« L\u2019expérience scénographique que Philippe Baylaucq a mise au point est vraiment intéressante, relève la directrice du MBAM.Il a utilisé l\u2019autostéréoscopie pour recréer des appartements en trois dimensions.L\u2019illusion est saisissante et vaut le détour.» Toulouse-Lautrec affiche la Belle Époque : du 18 juin au 30 octobre Rappelant une période où Paris était en pleine effervescence, l\u2019exposition Toulouse-Lau- trec af fiche la Belle Époque révélera au grand public l\u2019une des plus importantes collections particulières d\u2019estampes et d\u2019affiches du célèbre artiste français.Regroupant près d\u2019une centaine d\u2019œuvres, dont des tirages uniques ou très rares, l\u2019exposition couvrira presque la totalité de la production lithographique de Toulouse-Lautrec entre 1891 et 1899.Quelques œuvres de Théophile Alexandre Steinlen et Louis Anquetin, des proches de l\u2019artiste, seront aussi exposées.« Il y aura notamment un tableau qui sera montré pour la première fois, signale Mme Bon- dil.C\u2019est une œuvre d\u2019un compagnon de Tou- louse-Lautrec qui s\u2019appelle Louis Anquetin.La peinture por te le titre L\u2019intérieur de chez Bruant.Le Mirliton.Il s\u2019agit d\u2019un portrait de Lautrec avec des amis.C\u2019est un grand tableau que l\u2019on pensait disparu, mais qui a été retrouvé et que nous allons révéler.» Un plancher de danse pour la saison chaude En plus de ses expositions, le MBAM a prévu une kyrielle d\u2019activités pour attirer les visiteurs pendant la saison chaude.Notamment, dès le 31 mai, l\u2019avenue du Musée sera transformée en promenade piétonne.Entièrement recouverte de traces de pas dorées, sa chaussée festive invitera les promeneurs à la danse.À quelques reprises pendant l\u2019été, des événe- ments spéciaux y seront tenus et permettront au public de profiter pleinement du Jardin de sculptures du musée.Depuis 2007, soit depuis que Mme Nathalie Bondil endosse le double rôle de directrice et de conservatrice en chef de l\u2019établissement, le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) se distingue sur la scène culturelle par sa programmation très variée et pluridisciplinaire.Cet été, sa proposition ne fera pas exception à la règle : avec Pompeii, Toulouse-Lautrec affiche la Belle Époque, ainsi que Partenaires en design: Alfred H.Barr, Jr.et Philip Johnson, la saison estivale s\u2019annonce riche et diversifiée au MBAM.PETER SCHÄLCHI L\u2019intérieur de chez Bruant.Le Mirliton (1886-1887) de Louis Anquetin A N N E G A I G N A I R E Collaboration spéciale S i le programme du Musée canadien de l\u2019histoire, à Gatineau, est chargé cet été, l\u2019exposition à ne pas manquer est bien celle sur la ruée vers l\u2019or en Colombie-Britannique.Aux côtés des mineurs de l\u2019époque, une exposition sur Napoléon et Paris et une sur les véhicules tirés par des chevaux aiguiseront également la curiosité des visiteurs.Les images de ruée vers l\u2019or au XIXe siècle sont souvent celles du Klondike, dans l\u2019ouest du Yukon, où se sont précipités des centaines de chercheurs d\u2019or à la fin des années 1890.« Mais peu savent qu\u2019une première ruée vers l\u2019or avait eu lieu 50 ans plus tôt en Colombie-Britannique », soulève Bianca Gendreau, gestionnaire Canada contemporain, division de la recherche au Musée canadien de l\u2019histoire.Une page méconnue de l\u2019histoire qui a pour tant vu « plus de 30 000 personnes se ruer dans l\u2019Ouest dans les années 1860, qui a permis à la Colombie-Britannique de devenir une province, mais qui a aussi causé un conflit avec les Premières Nations », rappelle Bianca Gendreau.Cette période n\u2019avait pour tant jamais été décrite au musée.C\u2019est désor mais chose du passé avec l\u2019exposition Ruée vers l\u2019or ! Eldorado en Colom- bie-Britannique, réalisée en partenariat avec le Royal Bri- tish-Columbia Museum.L\u2019exposition est axée sur la description de la vie quotidienne \u2014 dif ficile \u2014 des gens qui étaient venus rechercher des pépites en espérant faire fort u n e .« E l l e m o n t r e q u i étaient ces gens, comment ils vivaient, la violence qui régnait à l\u2019époque », énumère Bianca Gendreau.Parmi les incontournables de l\u2019exposition, qui comporte 280 objets et qui est ouverte aux visiteurs du mois d\u2019avril 2016 jusqu\u2019au 15 janvier 2017, une diligence grandeur nature et la spectaculaire pé- p i t e T u r n a g a i n d e 1 6 4 2 grammes, la plus volumineuse ayant été trouvée en Colombie-Britannique.Napoléon et Paris Dès le 15 juin 2016, et jusqu\u2019en janvier 2017, les visiteurs du musée pour ront faire un bond quelques décennies plus tôt et de l\u2019autre côté de l\u2019océan, après avoir exploré la ruée vers l\u2019or des années 1860 dans l\u2019Ouest canadien, pour aller découvrir le rapport de Napoléon Bona- par te, le premier empereur des Français au début du XIXe siècle, avec la ville de Paris.« Il y a vécu des moments charnières de son existence et y a laissé sa marque.On ne sait pas toujours que c\u2019est Napoléon Bonaparte qui a fait faire la colonne Vendôme et l\u2019Arc de triomphe.Le pont des Arts lui doit d\u2019être le premier pont métallique de Paris », précise Bianca Gen- dreau.Du mobilier, le lit de camp de Bonaparte et même son tricorne seront exposés.L\u2019exposition a été créée par le musée parisien Carnavalet et adaptée pour sa tournée en Amérique du Nord par le Musée canadien de l\u2019histoire.Enfin, les plus bel les pièces d\u2019un collectionneur de véhicules hippomobiles, Paul Bienvenu, sont exposées jusqu\u2019en avril 2017.Tous ces moyens de locomotion tirés par des chevaux datent des années 1770 à 1950.Y figure notamment une calèche du XVIIIe siècle.En parallèle de ces expositions temporaires, le musée organise des « Super di - manches » pour les familles : celui du 19 juin célébrera le mois national de l \u2019histoire autochtone, celui de juillet le mois de l\u2019archéologie avec des activités autour d\u2019une épave retrouvée.Enfin, entre le 1e r et le 7 juillet, une semaine sera consacrée à l\u2019histoire des suf fragettes, ces femmes qui se sont battues pour obtenir le droit de vote.Droit qu\u2019elles ont finalement acquis en 1918 au Canada, mais seulement en 1940 au Québec ! MUSÉE CANADIEN DE L\u2019HISTOIRE La ruée vers l\u2019or en Colombie-Britannique MUSEO ARCHEOLOGICO NAZIONALE DI NAPOLI (MANN) Fresque représentant une scène de banquet SOURCE ROYAL BC MUSEUM AND ARCHIVES Roue et flumes à la concession de Davis le long du ruisseau Williams, 1867 L\u2019ÉTÉ DES MUSÉES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 M A I 2 0 1 6 H 3 Fresque représentant une scène de banquet (détail).Herculanum.Museo Archeologico Nazionale di Napoli (MANN)./ Henri de Toulouse-Lautrec, L\u2019Anglais au Moulin Rouge (détail ), 1892.Collection particulière.« \u2026 un exploit en matière de scénographie » \u2014 Claude Deschênes, Le Huf?ngton Post a t n e s é r e p n U À VOIR DÈS MAINTENANT n o i it s po x e \u2019 l e d e r ai n e t ar P e n d o i t ! DÈS LE 18 JUIN ! MBAM.QC.CA A N D R É L A V O I E Collaboration spéciale Qui n\u2019a pas déjà rêvé de posséder une gamme de complets Armani ou une garde-robe regorgeant de créations Fendi, Prada ou Valentino ?Pour le commun des mortels, tout cela semble hors de portée, mais cet été, il sera possible de rêver les yeux grands ouverts grâce au Musée McCord.À partir du 26 mai et jusqu\u2019au 25 septembre, l\u2019établissement de la rue Sherbrooke, dont la mission est de célébrer le Montréal de toutes les époques, fait une fleur à tous les Montréalais d\u2019origine italienne, ce qui fera assurément plaisir à tous les amoureux de l\u2019Italie.Comme le disait si bien le cinéaste Jean- Claude Lauzon dans Léolo : « L\u2019Italie, c\u2019est trop beau pour n\u2019appartenir qu\u2019aux Italiens.» Avec Eleganza \u2013 La mode italienne de 1945 à aujourd\u2019hui, c\u2019est un véritable coup de chapeau (grif fé) que le musée donne au génie créatif de ce pays et de ses artisans dans le domaine du vêtement, mais aussi du design, avec quelques objets mythiques, dont la fameuse Vespa.En tout, près de 130 costumes et accessoires seront présentés dans cette exposition qui fait déjà la fier té de Suzanne Sauvage, présidente du Musée McCord (et du Musée Stewart à la suite d\u2019une fusion opérée en 2013), soulignant au passage qu\u2019il s\u2019agit de la seule escale canadienne de cet hommage orchestré par le Victoria and Albert Museum de Londres.«La scénographie sera complètement refaite », souligne-t-elle pour marquer l\u2019importance que son établissement accorde à l\u2019aspect visuel de ses expositions.Et si on aura par fois l\u2019impression d\u2019être plongé dans un film de Fellini, « les Montréalais pourront aussi découvrir à quel point la mode italienne s\u2019est complètement intégrée dans leurs vies», précise Mme Sauvage.De l\u2019extravagance italienne à l\u2019opulence montréalaise Il n\u2019y a pas que les Italiens qui sont capables d\u2019en mettre plein la vue.Les riches Montréalais qui ont façonné la métropole, les Redpath, les Molson ou encore les Ogilvie, pouvaient faire preuve d\u2019une opulence ostentatoire : il suffit de regarder d\u2019un peu plus près où ils habitaient.Le voyeurisme sera permis grâce à l\u2019exposition Grandes demeures, Montréal, 1974, un beau prétexte pour mettre en valeur une importante acquisition du Musée McCord: le travail du photographe mont- réalais Charles Gurd, qui partage maintenant sa vie entre la Colombie-Britannique et le Nouveau-Mexique.À l\u2019époque boursier du Conseil des arts du Canada, il a saisi un moment important de l\u2019histoire de la grande bourgeoisie montréalaise, principalement anglophone : certains de ses membres s\u2019apprêtaient à quitter le Québec, d\u2019autres à se loger dans des maisons plus modestes.La particularité de ce travail d\u2019observation, effectué en partie dans le Mille carré doré, mais aussi à Cartierville et à Senne- ville, est d\u2019évoquer «un style et un art de vivre complètement révolus », précise Suzanne Sauvage.Ces superbes photographies en noir et blanc ne montrent jamais les gens qui habitaient ces lieux somptueux, «à l\u2019exception d\u2019un ou deux domestiques, et pourtant, on sent les gens qui habitaient ces demeures, et comment ils vivaient».En vacances sur le bitume Sur l\u2019avenue McGill College, à deux pas du musée, la tradition des expositions de rue remonte à 2006.La première se nommait Transactions (un dialogue entre deux photos d\u2019époques et de fonds différents, l\u2019une en noir et blanc, l\u2019autre en couleurs) et la toute nouvelle s\u2019intitule En vacances ! Elle est portée par le même esprit : offrir des photographies grand format à la vue des milliers de passants qui déambulent chaque jour sur cette artère achalandée.Les réser ves de McCord regorgent de photographies amateurs, et 24 d\u2019entre elles ont été sélectionnées pour illustrer ce thème de circonstance qui plonge dans le passé estival du Québec.À par tir du 10 juin, on pourra découvrir la manière dont les familles québécoises se mettaient en scène à l\u2019heure des grandes vacances, entre 1900 et 1940.Nous étions peut-être loin des selfies, mais les sourires et l\u2019insouciance étaient de rigueur.L\u2019occasion sera belle de découvrir les changements survenus aux paysages et à l \u2019architecture de plusieurs destinations toujours prisées des Québécois à l\u2019heure de prendre la clé des champs : les Laurentides, la Malbaie, Baie-Saint-Paul, les Cantons-de-l\u2019Est, etc.Suzanne Sauvage promet un bel échantillonnage d\u2019images « adorables, magnifiques, et pleines de fraîcheur», espérant que les Montréalais s\u2019approprieront une fois de plus cette exposition en plein air et sur le bitume «qui rend de bonne humeur ».Avec les beautés de l\u2019Italie à un coin de rue, les visiteurs devraient assurément avoir le sourire aux lèvres.MUSÉE MCCORD Comme dans un film de Fellini MUSÉE MCCORD Gilberte Christin de Cardaillac et son amie Yvette, Les Éboulements, 1930 GIAN PAOLO BARBIERI Photographie pour la publicité Gianfranco Ferre L\u2019ÉTÉ DES MUSÉES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 M A I 2 0 1 6 H 4 SOURCE MUSÉE STEWART Hydra, Pieter Tanjé, tirée de Locupletissimi Rerum Naturalium {\u2026} d\u2019Albertus Seba, Amsterdam, 1734-1755 A N D R É L A V O I E Collaboration spéciale Auteur d\u2019œuvres qui enrichissent les collections du Musée d\u2019art contemporain de Montréal, du Musée national des beaux-arts du Québec, du Pretoria Art Museum en Afrique du Sud ou encore du National Art Museum of China à Beijing, Jérôme Fortin connaît bien les musées en tant qu\u2019artiste, mais pas seulement.Natif de Jo- liette, il a été invité par les techniciens du Musée d\u2019art de cette ville à se joindre à eux pour mettre en place des expositions à l\u2019époque où l\u2019établissement avait complété son premier agrandissement.Il n\u2019avait alors que 19 ans, et une partie de sa carrière allait être consacrée à mettre en valeur le travail des autres.C\u2019est également à Joliette qu\u2019il a découvert l\u2019histoire entourant les cabinets de curiosités, « les ancêtres de nos musées d\u2019aujourd\u2019hui », comme les désigne Jérôme Fortin, fasciné par ces espaces privés que l\u2019on retrouvait en Europe, principalement au XVIe et au XVIIe siècle.«Ces collectionneurs, on les appelait des \u201ccurieux\u201d, qui exposaient chez eux des objets afin de faire un résumé du monde, de montrer la connaissance de l\u2019homme sur son environnement.On pouvait retrouver un crocodile à côté d\u2019un masque africain ou d\u2019une gravure.Tout était mélangé.» Sa fascination pour cette pratique particulière d\u2019un autre temps trouve un aboutissement logique au Musée Stewart, situé sur l\u2019île Sainte- Hélène, où il a été invité à jeter un éclairage nouveau sur les collections regroupant plus de 27 000 objets de toutes sortes évoquant la présence européenne en Nouvelle-France et en Amérique du Nord jusqu\u2019à nos jours.Jérôme For tin s\u2019avoue ravi d\u2019avoir joué à la fois au conservateur et à l\u2019artiste dans le cadre de Curiosités, exposition inaugurée le 5 mai dernier et ouverte au public jusqu\u2019au 12 mars 2017.Il reconnaît cependant ne pas avoir agi en véritable conservateur : «Je n\u2019avais pas de préoccupations historiques.» Plutôt intéressé par «les objets en soi» et ayant reçu la commande de livrer une exposition « ludique», ses nombreuses promenades dans les réserves du Musée Stewart lui ont permis d\u2019établir de multiples correspondances avec sa propre démarche artistique.«J\u2019ai découvert plusieurs artefacts acquis en séries : des serrures, des clés, et plein d\u2019autres objets du quotidien en fer forgé.Dans mon travail, je suis aussi fasciné par les séries et les accumulations.» Du cabinet au corridor Pour Jérôme Fortin, il ne s\u2019agissait pas seulement d\u2019extirper des réserves des objets divers pour les étaler un peu partout dans les espaces d\u2019exposition.La participation du public est non seulement souhaitée, mais indispensable.«Quelqu\u2019un qui n\u2019est pas curieux ne verra rien, prévient l\u2019artiste, car il va passer dans un corridor avec plein de portes colorées.» Tout en qualifiant Curiosités d\u2019exposition interactive, il ajoute d\u2019emblée qu\u2019elle est résolument « low-tech » : pas de technologies sophistiquées, mais un déploiement technique capable de plaire aux petits et grands.« Il faut ouvrir une porte, pousser une trappe, regarder à travers un trou de serrure, un judas ou une boîte aux lettres.Le rapport aux œuvres devient forcément différent.» La liberté que lui a donnée le Musée Stewart de rassembler les œuvres de son choix l\u2019a aussi inspiré à s\u2019engager sur des chemins peu fréquentés, jetant son dévolu sur des artefacts qui, normalement, resteraient hors de la vue du public, car ils ne présentent que peu d\u2019intérêt \u2014 du moins selon certains standards muséologiques.C\u2019est ainsi qu\u2019il s\u2019est pris d\u2019affection pour des étuis à chapeaux et des étuis à pipes.«J\u2019ai essayé de trouver des objets dif ficiles à présenter autrement que dans des cabinets de curiosités», admet Jérôme Fortin.Certains ont même été photographiés de façon à donner aux clichés l\u2019aspect d\u2019une radiographie.Grand amoureux des accumulations et des assemblages hétéroclites, l\u2019artiste et conservateur n\u2019allait pas se priver de piger parmi tous ces trésors « en dormance » et de leur donner un nouvel éclat grâce à son regard d\u2019artiste.Dans son désir de « jumelage d\u2019objets », il a tenté de multiplier les « associations poétiques », comme ce rapprochement entre un magnifique télescope\u2026 et des passoires.« Derrière cette collection de passoires, il y a de la lumière, ce qui procure un ef fet étoilé », explique-t-il.Ce n\u2019est pas la seule surprise que Jérôme Fortin réserve au public qui saura se laisser guider par son flair pour s\u2019aventurer du côté des bâtiments militaires de l\u2019île Sainte-Hélène reconvertis en musée, ce secret encore trop bien gardé, ignoré des Montréalais et des touristes, même 60 ans après son inauguration.MUSÉE STEWART Corridors de curiosités SOURCE MUSÉE STEWART Sphère armillaire, Italie, XVIIIe siècle SOURCE MUSÉE STEWART Tabatière communale, Écosse, XIXe siècle L\u2019ÉTÉ DES MUSÉES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 M A I 2 0 1 6 H 5 1 0 0, R U E L AU R I E R , GAT I N E AU Q C 1- 8 0 0 -5 5 5 -5 62 1 museedelhistoire.ca L\u2019histoire à son meilleur Découvrez les événements, les réalisations, les gens et les objets qui ont marqué l\u2019histoire du pays.Admirez ce joyau architectural et son magnifique emplacement en bordure de la rivière des Outaouais.Voyez la plus grande collection de mâts totémiques en salle au monde.Apprenez-en davantage sur les traditions et les réalisations des Premiers Peuples.Visitez nos nombreuses expositions, réexplorez le monde de l\u2019enfance au Musée des enfants et vivez l\u2019expérience cinématographique par excellence au CINÉ+.À ne pas manquer : TIRÉES PAR LES CHEVAUX Jusqu\u2019au 17 avril 2017 RUÉE VERS L\u2019OR! \u2014 ELDORADO EN COLOMBIE-BRITANNIQUE Jusqu\u2019au 15 janvier 2017 NAPOLÉON ET PARIS 16 juin 2016 au 8 janvier 2017 1 , P L AC E V I M Y, OT TAWA O N 1- 8 0 0 -5 5 5 -5 62 1 museedelaguerre.ca Découvrez la richesse de l\u2019histoire militaire Le riche passé militaire du Canada se raconte au moyen d\u2019artefacts, d\u2019histoires vécues, d\u2019œuvres d\u2019art, de photographies et de présentations interactives.Approfondissez vos connaissances des conflits qui ont façonné le Canada, les Canadiens et le monde.Méditez dans la salle du Souvenir et découvrez le concept architectural du Musée.Et pour faire revivre l\u2019histoire, pourquoi ne pas discuter avec un ancien combattant?À ne pas manquer : UN CIEL MEURTRIER \u2014 GUERRE AÉRIENNE, 1914 -1918 10 juin 2016 au 29 janvier 2017 WORLD PRESS PHOTO 22 juillet au 17 août 2016 J É R Ô M E D E L G A D O Collaboration spéciale Àpeine sorti d\u2019un hiver islandais et fier du succès de l\u2019exposition Ragnar Kjartans- son, le Musée d\u2019art contemporain de Montréal (MAC) invitera une nouvelle fois ses visiteurs dans un théâtre d\u2019images où le temps et l\u2019espace sont passablement modifiés.Un Théâtre d\u2019images, ou «théâtre de sculptures», appellation choisie par le musée pour décrire l\u2019installation Priority Innfield, du duo Lizzie Fitch et Ryan Trecartin.L\u2019œuvre de ces artistes basés à Los Angeles sera un des gros morceaux à voir, et à vivre, cet été, sur la rue Sainte- Catherine.L\u2019œuvre rassemble quatre films inspirés par notre époque animée par la consommation d\u2019images.Disposés dans un «espace uni et isolé du reste du monde», selon le communiqué du MAC, les films, qui ont été « tournés dans un style direct, quasi amateur », « déferlent à un rythme ef fréné et sans relâche».Priority Innfield parcour t l\u2019Europe depuis qu\u2019elle a été dévoilée à la Biennale de Venise de 2013.Avec l\u2019appui de la Zabludowicz Collection de Londres, un établissement privé, le MAC présente cette instal lat ion en première nord-américaine.C\u2019est cependant à une grande figure de l\u2019ar t canadien, Liz Magor, que le musée montréalais consacrera son plus grand nombre de salles cet été.Intitulée Habitude, l\u2019exposition survolera 40 ans de pratique.Sculptures ou installations, les 75 œuvres réunies pour l\u2019occasion s\u2019attardent à des thèmes à la fois intimistes et universels.Il s\u2019agira de la plus grande et ambitieuse exposition jamais consacrée à l\u2019artiste.Minimalistes ou conceptuelles, mais aussi basées sur des objets du quotidien, les œuvres de Liz Magor puisent dans différentes sources esthétiques.Dans leur travail de commissariat à quatre mains, Dan Adler, de l\u2019Université York de Toronto, et Lesley Johns- tone, conservatrice au MAC, ont mis de l\u2019avant cette multiplicité d\u2019influences, selon les documents du musée.« L\u2019exposition, y lit-on, explorera la tension entre les préoccupations classiques de l\u2019ar t minimal (travail sériel, emploi de matériaux non traditionnels et de formes abstraites, approfondissement des notions de répétition, de variation et de réitération) et l\u2019inscription des notions de différence, d\u2019identité citoyenne et de conditionnement psychologique.» Aussi étonnant que cela puisse paraître, l\u2019artiste née à Winnipeg en 1948, aujourd\u2019hui établie à Vancouver, n\u2019a pratiquement jamais exposé au Québec.Son précédent solo (et seul autre ?) remonte à 1987, déjà au MAC.Et si ce n\u2019était de sa présence dans la récente Zoo (en 2012, toujours au MAC), il faut remonter à plus de 10 ans, pour trouver trace d\u2019elle dans une exposition thématique.Dire que Liz Magor est méconnue au Québec est un euphémisme.Sa fortune critique ici est inexistante.La seule littérature en français d\u2019importance à son sujet se retrouve dans les publications des quelques expositions thématiques qui incluaient son travail \u2014 Zoo ou Les éléments de la nature (Cité de l\u2019énergie, à Shawinigan, en 2005), par exemple.Montée en coproduction avec deux établissements de langue allemande \u2014 le Migros Museum für Gegenwar ts- kunst, de Zürich, et le Kunstve- rein de Hambourg \u2014, l\u2019exposition s\u2019annonce comme une mise à jour plus que nécessaire.Elle donne l\u2019occasion d\u2019honorer une artiste à la carrière, par ailleurs, heureuse depuis les années 1980, alors qu\u2019elle était de toutes les manifestations : Biennale de Sydney en 1982, Biennale de Venise en 1984, où elle avait représenté le Canada, et Documenta de Cassel en 1987.Parmi les œuvres anciennes retenues par les commissaires, signalons Production (1980), une massive installation de briques en papier journal.Le travail récent de Liz Magor continue à se jouer des apparences et des objets les plus divers.Ses assemblages incorporent aujourd\u2019hui des moulages de plâtre et des matériaux textiles.Avec humour et un sens aiguisé pour la tragédie, l\u2019artiste peut évoquer dans une même image fragilité et robustesse, comme dans ce Big Mac de la consommation qu\u2019est Stack of Trays (2008).L\u2019œuvre est constituée d\u2019une montagne de déchets divers (mégots, bouteilles, papiers), disposés en alternance avec des assiettes en gypse.En plus des œuvres de Liz Magor et celle du duo Lizzie Fitch et Ryan Trecar tin, le programme estival du MAC comprend des expositions inaugurées en mai.L\u2019une d\u2019elles, intitulée Dans mon atelier, je suis plusieurs, offre un regard posthume sur la très éclectique production d\u2019Edmund Alleyn (1931- 2004), faite essentiellement de peintures, mais aussi de sculptures, dont l\u2019emblématique œuvre-habitacle-cinéma Introscaphe (1968-1970).L\u2019été se déroulera sous le signe de la technologie, car le MAC profite de la saison pour présenter, sous le titre Orchestré, deux de ses acquisitions récentes.Mises en relation, mais dans des espaces bien distincts, les œu- vres Orchestre à géométrie variable de Jean-Pierre Gauthier et data.tron de R yoji Ikeda explorent « la musique et d\u2019autres formes d\u2019orchestra- t ion visuel le » de manière bien distincte.La sculpture cinétique de Gauthier, œuvre phare d\u2019une grande exposition à Saint-Hya- cinthe, en 2014, « allie électronique, robotique primitive et éléments musicaux».Ikeda, lui, traduit ses explorations du monde immatériel sur un écran.Dans les deux cas, ce sont des œuvres immersives qui attendent les visiteurs.Sous plusieurs aspects, le MAC de cet été sera certes un théâtre d\u2019images, mais aussi de sculptures, de peintures, de sons.MUSÉE D\u2019ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Un théâtre d\u2019œuvres FULVIO ORSENIGO Priority Innfield (Way), 2013 de Lizzie Fitch et Ryan Trecartin SITE PHOTOGRAPHY All the Names I (2014) de Liz Magor L\u2019ÉTÉ DES MUSÉES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 M A I 2 0 1 6 H 6 S T É P H A N E G A G N É Collaboration spéciale Si vous êtes un amateur d\u2019arts visuels, vous serez ravis d\u2019apprendre que la célèbre portraitiste de Marie-Antoinette, Élisabeth Louise Vigée Le Brun (1755-1842), ainsi que les estampes de Picasso et les œuvres du peintre canadien Chris Cran seront présentées au Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) cet été.Les amoureux de la photographie ne seront pas en reste, car des photos provenant des archives du Globe and Mail seront aussi exposées au nouvel Institut canadien de la photographie, intégré au musée.Le tout sera agrémenté d\u2019activités pour la famille.Petit survol d\u2019une programmation prometteuse.Élisabeth Louise Vigée Le Brun Madame Vigée Le Brun n\u2019avait que 23 ans lorsqu\u2019elle est devenue la portraitiste de la reine Marie-Antoinette durant la période précédant la Révolution française.Réalisé en 1787, son portait le plus célèbre est intitulé Marie-Antoinette et ses enfants.Il est considéré comme l\u2019un des plus grands trésors nationaux de France.La peintre réalisera une trentaine d\u2019autres portraits de la reine dont plusieurs font partie des 87 œuvres de l\u2019artiste présentées au MBAC.Lors de la Révolution française, Élisabeth Louise Vigée Le Brun a dû s\u2019exiler hors de la France où elle a réalisé plusieurs portraits de célébrités européennes de l\u2019époque.Elle parcourra alors les grandes capitales européennes (notamment de l\u2019Italie, de l\u2019Autriche, et de la Russie) et renforcera son prestige et sa renommée.Reflet de cette époque, l\u2019huile sur toile représentant la Comtesse Anna Ivanovna Tolstaïa sera le premier Vigée Le Brun à faire son entrée au MBAC grâce à un don d\u2019un collectionneur canadien.Cette exposition qui prendra l\u2019affiche du 10 juin au 11 septembre 2016 est organisée par le MBAC, la Réunion des musées nationaux-Grand Palais et le Metropolitan Museum of Art de New York.Des robes blanches caractéristiques En accompagnement à l\u2019exposition consacrée à Vigée Le Brun, l\u2019exposition Robe blanche \u2014 Comprendre nos chefs-d\u2019œuvre sera présentée du 27 mai au 25 septembre.Il faut retourner à l\u2019époque de la portraitiste pour bien saisir l\u2019intérêt de cette exposition.En 1783, un portrait de la reine Marie-Antoinette suscite tout un émoi au Salon de Paris.La cause ?La reine y est représentée vêtue d\u2019une simple robe en mousseline, ce qui est considéré comme impudique à l\u2019époque, le protocole de la Cour prescrivant une toilette officielle raffinée.Cette œuvre de Vigée Le Brun, réalisée près de 10 ans avant la Révolution française, prédit la fin d\u2019un apparat solennel et luxueux, symbole de la monarchie.Cette exposition présentera donc deux portraits, des dessins et des illustrations, ainsi que des robes représentatives de l\u2019époque (prêtées par le Musée royal de l\u2019Ontario et un collectionneur privé) qui permettront aux visiteurs de bien saisir les tendances de la mode de l\u2019époque.Les estampes de Picasso Jusqu\u2019au 5 septembre, le MBAC présente, pour la première fois en près de 60 ans, cent estampes remarquables de Pablo Picasso.«Considérées comme des chefs-d\u2019œuvre de la production graphique de l\u2019artiste, ces estampes explorent la tension constante entre l\u2019homme et la bête », mentionne le communiqué de l\u2019exposition.L\u2019artiste canadien Chris Cran Aussi au musée cet été, et ce jusqu\u2019au 5 septembre, plus de 100 peintures et dessins de l\u2019artiste contemporain Chris Cran seront présentés.Cet artiste, né en 1949 en Colombie- Britannique, a réalisé depuis 40 ans des œuvres artistiques populaires, empreintes d\u2019humour et d\u2019inventivité, inspirées du modernisme, de l\u2019abstraction, du réalisme photographique et du pop art.L\u2019exposition est organisée par le MBAC et l\u2019Art Gallery of Alberta.Les archives photos du Globe and Mail Les amateurs de photo, de passage à Ottawa cet été, seront gâtés puisqu\u2019ils auront la chance de voir une sélection de 175 photographies du journal The Globe and Mail.Il s\u2019agit de la première exposition présentée à l\u2019Institut canadien de la photographie.Une foule d\u2019activités pour la famille Enfin, les parents qui souhaitent emmener leurs enfants au MBAC ne seront pas déçus.Une foule d\u2019activités leur sera proposée durant les mois de juillet et d\u2019août.« Ces activités invitent les enfants à regarder et par fois à interpréter les œuvres plus attentivement et aussi à leur permettre de créer des œuvres eux- mêmes », dit Nathalie Mantha, gestionnaire des programmes scolaires et jeunesse au MBAC.Ainsi, dans le cadre du programme Artis- simo, diverses activités sont proposées pour éveiller la curiosité des jeunes et les intéresser à l\u2019art.« Par exemple, l\u2019activité Copain Copie of fre la possibilité au jeune de par tir à l\u2019aventure avec une reproduction en trois dimensions de personnages que l\u2019on retrouve dans des toi les exposées au musée, dit Mme Mantha.Une fois la toile dans laquelle figure le \u201cCopain Copie\u201d repérée, l\u2019enfant [et l\u2019adulte] peuvent se renseigner sur ce personnage et sur l\u2019artiste qui l\u2019a peint.L\u2019enfant peut aussi se déguiser avec des costumes d\u2019époque et reproduire, à grande échelle, un chef-d\u2019œuvre de la collection du musée au moyen de tissus colorés.» Le MBAC organise également des camps de jour d\u2019une semaine du début juillet jusqu\u2019à la mi-août.« Il faut toutefois s\u2019y inscrire tôt, dès le début février, car les camps sont très populaires et af fichent complet très rapidement, ce qui est le cas pour cet été », dit Mme Mantha.Avis aux intéressés pour l\u2019été 2017.Outre ces activités, rappelons que le MBAC abrite la plus importante collection d\u2019œuvres d\u2019art ancien et actuel canadien au monde.On y trouve aussi une importante collection d\u2019art européen du XIVe au XXIe siècle, des œuvres d\u2019ar t indigène, américain et asiatique ainsi qu\u2019une imposante collection d\u2019estampes, de dessins et de photographies.L\u2019entrée est de 12 $ pour les adultes, de 10 $ pour les aînés et les étudiants, de 6 $ pour les jeunes de 12 à 19 ans et de 24 $ pour les familles (2 adultes et maximum 3 enfants).Elle est gratuite en tout temps pour les membres du musée et les moins de 12 ans.MUSÉE DES BEAUX-ARTS DU CANADA Un été haut en couleur A N N E G A I G N A I R E Collaboration spéciale L e Musée canadien de la guerre, à Ottawa, continue de marquer les 100 ans de la Première Guerre mondiale avec, dès le 10 juin, son exposition phare de cet été qui portera sur la guerre aérienne que se sont livrée les pays engagés dans le conflit entre 1914 et 1918.Une ex- posit ion réal isée sur un mode original qui plaira notamment aux famil les : la bande dessinée.Neuf personnages racontent leur histoire.Des individus des deux camps \u2014 petite fille britannique dont la ville a été bombardée par les airs, pilotes allemand et canadien d\u2019avion ou de zeppelin, formatrices américaines de pilotes, etc.\u2014 qui ont réellement existé et qui, par leur témoignage, permettent aux visiteurs de rentrer dans la grande histoire par la petite por te des vies quotidiennes de cette époque troublée de la Première Guerre mondiale.Plutôt que de recourir à de longs textes explicatifs, l\u2019exposition intitulée Un ciel meur trier.Guerre aérienne, 1914-1918 a été conçue comme un récit illustré.« Le visiteur entrera dans une bande dessinée géante, explique Caroline Dromaguet, gestionnaire expositions et initiatives stratégiques au Musée canadien de la guer re.Durant son parcours, il rencontrera les neuf personnages, pourra écouter leur histoire.Il y aura beaucoup d\u2019interactivité et plus de 80 objets exposés.» Une maquette de zeppelin, u n e c o p i e d \u2019 a v i o n d e l\u2019époque, des uniformes, des lettres :l\u2019espace des expositions temporaires sera entièrement occupé par les traces de cette guerre aérienne, la première de l \u2019histoire du monde.Tandis que la Première Guerre mondiale reste associée aux tranchées, l\u2019utilisation de l\u2019aviation pendant cette période « est un sujet méconnu alors que c\u2019est pourtant une étape très importante.Avec les débuts aériens, les armées sont sor ties des tranchées, elles surveillaient les ennemis du ciel dans des ballons puis bombardaient des zeppelins, transpor taient des t r o u p e s d a n s d e s avions, etc.Ça a changé durablement la façon de se battre », i n d i q u e C a r o l i n e Dromaguet.Pour tenter de mieux appréhender la réalité de cette époque, plusieurs activités sont prévues: monter dans la nacelle d\u2019un ballon, s\u2019habiller comme un pilote et préparer sa mission, piloter un avion en bougeant devant un écran.Après Un ciel meur trier.Guerre aérienne, 1914-1918, exposée jusqu\u2019au 29 janvier 2017, le musée, qui continuera de commémorer la Pre- m i è r e G u e r r e m o n d i a l e jusqu\u2019en 2018, a prévu marquer l\u2019année prochaine les 100 ans de la bataille de Vimy, que les militaires canadiens ont remportée au prix de plus de 3000 mor ts.L\u2019année suivante, une exposition s\u2019attardera sur les 100 der niers jours de la Première Guerre mondiale.En parallèle avec Un ciel meur trier.Guerre aérienne, 1914-1918 , le Musée canadien de la guer re présentera cet été une exposition sur la bataille de Beaumont-Ha- mel, qui a eu l ieu dans la Somme, en France, en 1916, et où de nombreux Canadiens, notamment des Terre-Neuviens, sont mor ts lors de l \u2019assaut contre les lignes allemandes.Une autre montrera des photos des archives militaires sur cette bataille.Enfin, comme chaque année, le musée accueillera, pour son premier arrêt au Canada, les photos du World Press Photo.MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE Une expo tout en bande dessinée SOURCE MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE Le Musée canadien de la guerre marque les cent ans de la Première Guerre mondiale en BD.L\u2019exposition Des chevaux et des hommes, mettant en valeur des objets de la collection Émile Hermès de Paris, est réalisée par Pointe-à-Callière en collaboration avec la maison Hermès.Œuvre de Christian Renonciat © Studio Sébert 350, place Royale Vieux-Montréal (Québec) H2Y 3Y5 pacmusee.qc.ca Plutôt que de longs textes explicatifs, l\u2019exposition intitulée Un ciel meurtrier.Guerre aérienne, 1914-1918 a été conçue comme un récit illustré SOURCE NATIONAL GALLERY OF ART DE WASHINGTON, La marquise de Pezay et la marquise de Rougé avec ses deux fils (1787) de Élisabeth Louise Vigée Le Brun L\u2019ÉTÉ DES MUSÉES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 M A I 2 0 1 6 H 7 Le CCA tient à remercier de leur appui généreux le ministère de la Culture et des Communications, le Conseil des Arts du Canada, le Conseil des arts de Montréal, la Graham Foundation for Advanced Studies in the Fine Arts et Hydro-Québec.Testa & Weiser, Carbon Tower (prototype): rendu extérieur de la base de la tour, 2002.Dossiers d\u2019archives Testa & Weiser, Collection Centre Canadien d\u2019Architecture, Montréal.Don de Peter Testa et Devyn Weiser.© Peter Testa et Devyn Weiser A N D R É L A V O I E Collaboration spéciale L e 24 juin prochain à Québec, toute la ville aura le cœur à la fête, et pas seulement pour célébrer la fête nationale.Après des années d\u2019attente, de controverses, de reports et de dur labeur, le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) inaugure sa nouvelle entrée : immense, lumineuse, prestigieuse.Pour marquer le coup d\u2019envoi de cet agrandissement exceptionnel (14 900 mètres carrés, doublant la superficie du musée) qui contribuera au rayonnement international de l\u2019établissement, sept nouvelles expositions seront offertes aux curieux, qui s\u2019annoncent nombreux.Parions toutefois qu\u2019ils seront tout d\u2019abord fébriles de découvrir les particularités architecturales du pavillon Pierre-Lassonde, nommé en l\u2019honneur du mécène qui aura versé 10 millions de dollars au musée pour réaliser ce projet au coût total de 103,4 millions.Cette réalisation est le fruit d\u2019un travail conjoint entre le bureau new-yorkais de la firme néerlandaise OMA dirigée par le célèbre architecte Rem Koolhaas (le siège de la télévision centrale chinoise à Beijing frappe l\u2019imagination) et la firme montréalaise Provencher-Roy et associés (ils ont façonné ou modifié plusieurs institutions culturelles de la métropole, dont le Musée Pointe-à-Callière et le Musée des beaux-arts de Montréal).Cet assemblage d\u2019acier, de verre et de béton permettra au MNBAQ de se rapprocher des passants, et d\u2019en mettre plein la vue aux visiteurs avec son grand hall, un escalier imposant de 79 marches, un nouvel auditorium de 250 places, une cour intérieure propice à la rêverie et des toits verts, élément primordial pour une éventuelle cer tification LEED.À tout cela s\u2019ajoute l\u2019essentiel pour un musée digne de ce nom : 12 nouvelles salles d\u2019exposition couvrant 3450 mètres carrés.Le pavillon Pierre-Lassonde constituera aussi la voie royale pour atteindre les autres composantes du musée situées dans ce parc magnifique et chargé d\u2019histoire que sont les plaines d\u2019Abraham.Un couloir souterrain conduira les visiteurs vers les pavillons Charles-Baillairgé (inauguré en 1933, seule composante du MNBAQ jusqu\u2019en 1991), Gérard-Morisset (une ancienne prison devenue le refuge des œuvres de Fernand Leduc, d\u2019Alfred Pellan, de Jean-Paul Lemieux et de Jean- Paul Riopelle) et bien sûr le pavillon central qui assure le lien entre ces deux édifices.Passer par Riopelle Le chemin sera particulièrement agréable à fréquenter, car l\u2019une des œuvres majeures des collections du MNBAQ, signée Riopelle, aura enfin droit à un traitement royal.Confinés depuis leur acquisition en 1996 dans un espace restreint, les 30 tableaux composant L\u2019hommage à Rosa Luxemburg pourront être contemplés d\u2019un seul regard dans ce passage qui fera honneur à cette œuvre-testament (inspirée à la suite du décès de l\u2019ex-conjointe de l\u2019artiste en 1992, la peintre américaine Joan Mitchell) de l\u2019un des signataires du Refus global.Voilà une preuve parmi tant d\u2019autres que l\u2019ajout d\u2019espace n\u2019avait rien d\u2019un caprice pour ce musée d\u2019État qui aspire à jouer dans la cour des grands, rêvant de devenir l\u2019équivalent du Tate Britain de Londres ou du Whitney Museum de New York.C\u2019est également une belle façon de marquer son intérêt pour l\u2019art contemporain tout en profitant de ses nouveaux espaces et de consacrer une vitrine aux défis de l\u2019installation.Une trentaine d\u2019œuvres aux dimensions démesurées, extravagantes et provocantes, souvent à l\u2019étroit en d\u2019autres lieux, pourront se déployer à l\u2019aise ici.L\u2019opulence sera palpable dans les salles consacrées à l\u2019art contemporain au Québec : entre Marcelle Ferron, une autre signataire du fameux manifeste écrit par Paul-Émile Borduas en 1948, et BGL, un collectif de trois artistes de Québec dont les Montréalais peuvent admirer l\u2019audace à la Maison symphonique et au carrefour Henri-Bourassa-Pie-IX (La Vélocité des lieux), ce sont plus de 80 œu- vres dites incontournables qui dresseront un portrait non exhaustif de l\u2019ar t contemporain québécois des années 1960 à aujourd\u2019hui.De Montréal à Québec À l\u2019été 2015, les Montréalais ont adopté avec ferveur ce sculpteur originaire de la métropole maintenant établi à New York et qui s\u2019impose solidement sur la scène internationale.David Altmejd a fait tourner les têtes et exploser les records de fréquentation au Musée d\u2019ar t contemporain grâce à une rétrospective de son œuvre, encore jeune, couvrant 20 ans de carrière.Cet hommage culminait avec The Flux and the Puddle, une sculpture impossible à saisir d\u2019un seul coup d\u2019œil, si massive et si chargée qu\u2019elle ne laisse personne indifférent.Ce gigantesque cube de plexiglas renfermant une infinité d\u2019objets hétéroclites, fragmentés, macabres ou issus du quotidien le plus banal sera présenté aux visiteurs du MNBAQ non seulement pour l\u2019été, mais pour les 10 prochaines années, puisque acquis et prêté par la firme de gestion de portefeuilles privés Giverny Capital.Au 3e étage du nouveau pavillon, deux univers totalement dif férents vont se côtoyer, illustrant une autre facette de la diversité des collections du musée.D\u2019un côté, place aux objets sous toutes leurs formes pour une exposition permanente consacrée aux arts décoratifs et au design québécois.Le visiteur pourra admirer 145 pièces (verrerie, céramique, mobilier, etc.) conçues par une cinquantaine d\u2019artistes dont le travail s\u2019échelonne sur les 60 dernières années.Dans une autre salle, la collection Brousseau d\u2019art inuit occupera un emplacement de choix avec l\u2019exposition Ilippunga, déploiement d\u2019une centaine d\u2019œuvres de 60 créateurs provenant du Nunavik, du Nunavut et des Territoires du Nord-Ouest.Les 24, 25 et 26 juin prochains, le programme inaugural sera fait d\u2019activités festives à l\u2019intérieur des murs du musée, mais aussi dans le voisinage, entre autres sur la rue Cartier, en plus d\u2019offrir l\u2019accès gratuit aux salles d\u2019exposition.Mais une fois passé le beau grand tintamarre de l\u2019ouverture officielle, le moment sera toujours propice pour retourner sur les lieux afin d\u2019en apprécier les splendeurs, et peut-être même la quiétude malgré un achalandage qui s\u2019annonce accru.MUSÉE NATIONAL DES BEAUX-ARTS DU QUÉBEC Fête nationale, fête muséale MARIE-HÉLÈNE RAYMOND The Flux and the Puddle (2014) de David Altmejd PATRICK ALTMAN MNBAQ Chaise berçante « Mamma » (2005) de Patrick Messier P I E R R E V A L L É E C et été, les familles qui séjourneront à Québec, tout comme celles qui y habitent déjà, auront de quoi se mettre sous la dent en franchissant les tourniquets du Musée de la civilisation de Québec (MCQ).En effet, l\u2019institution muséale of fre une programmation variée, comprenant trois nouvelles expositions, dont une qui s\u2019adresse spécifiquement aux enfants.«Notre mission, au Musée de la civilisation, a toujours été de présenter des expositions accessibles à tous les publics et à tous les âges, souligne Stéphan La Roche, directeur du MCQ.Mais cet été, nous avons fait un effort particulier pour rejoindre les familles, car qui dit vacances d\u2019été dit aussi souvent famille.» Observer.L\u2019expo qui déroute ! L\u2019exposition Observer.L\u2019expo qui déroute ! est celle qui s\u2019adresse en par ticulier aux jeunes.« Elle a été spécifiquement conçue pour la tranche d\u2019âge des 7 à 15 ans.Le but est de les aider à mieux comprendre le monde qui nous entoure en développant le sens de l\u2019observation.De plus, on appréhende le monde par nos cinq sens.» Des exercices d\u2019observation sont donc au menu, les cinq sens seront sollicités et l\u2019expo se veut déroutante.« Même l\u2019entrée n\u2019est pas traditionnelle parce que le visiteur se trouve devant une série de portes et il doit se servir de son sens de l\u2019observation pour trouver celle qui mène à l\u2019exposition.» Le parcours mène ensuite le visiteur dans différentes zones où les divers sens seront sollicités.«Par exemple, dans la Cave, il est plongé dans le noir et doit s\u2019orienter par le son ou avec l\u2019aide d\u2019une caméra infrarouge.» La zone le Ciel permettra de voir une reproduction de la voûte céleste et d\u2019ini- MUSÉE DE LA CIVILISATION DE QUÉBEC Un peu de tout pour tous VOIR PAGE H 9 : QUÉBEC MAGNUM PHOTOS/STUART FRANKLIN Photo de l\u2019exposition 25 x la révolte qui représente le début de la répression militaire du 4 juin : une colonne de chars d\u2019assaut chinois T-59 progresse sur la place Tiananmen. L\u2019ÉTÉ DES MUSÉES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 M A I 2 0 1 6 H 8 L\u2019été sera équestre à Pointe-à-Callière avec Des chevaux et des hommes.La collection Émile Hermès, Paris, présentée à partir du 20 mai.De plus, le Québec continue d\u2019être à l\u2019honneur avec la première exposition sur l\u2019archéologie d\u2019ici mettant en vedette les trésors issus de 50 ans de fouilles.Les activités spéciales seront aussi nombreuses cet été encore à Pointe-à-Callière.Tour d\u2019horizon.M A R T I N E L E T A R T E Collaboration spéciale L\u2019 exposition est inédite : près de 250 pièces tirées de la collection d\u2019Émile Hermès, petit-fils du fondateur de la maison de luxe française.Selles aux minutieux détails, immense cheval à bascule, éperons et étriers, costumes d\u2019amazones, voitures hippomobiles, œuvres de peintres célèbres tels Degas, Delacroix et Géri- cault : les objets variés retracent l\u2019histoire du cheval et de sa relation avec l\u2019homme.Francine Lelièvre, directrice générale de Pointe-à-Cal- lière, a effectué quelques visites dans la collection privée de la prestigieuse adresse du faubourg Saint-Honoré avant de convaincre la direction de réaliser une exposition.« Émile Hermès était vraiment un passionné du cheval et un fervent collectionneur : il avait même dissimulé une porte dans son bureau pour pouvoir filer en douce régulièrement aux enchères chercher de nouveaux objets », explique Francine Lelièvre.Fondée à Paris en 1837, la maison Hermès fabriquait des selles, à l\u2019origine.«Le cheval était roi, mais Émile Hermès a su que, à un moment donné, cette époque serait révolue, alors il collectionnait des pièces de qualité qui touchaient au cheval dans une volonté de transmettre ce savoir aux générations futures », explique Francine Lelièvre.La famille a vraiment un attachement à ces objets d\u2019une qualité exceptionnelle et, d\u2019ailleurs, les artisans d\u2019Hermès s\u2019en inspirent encore aujourd\u2019hui pour créer leurs pièces.« Jamais la famille n\u2019avait pensé qu\u2019elle laisserait sor tir ces pièces de la maison, mais j\u2019ai réussi à les convaincre en proposant une exposition historique et non une exposition sur la mode, dit Mme Lelièvre.Chaque objet a une histoire bien connue par la responsable de la collection, mais je trouvais important de pérenniser ces connaissances et de les diffuser.» Émile Hermès est même déjà passé par Montréal et on pourra voir son carnet de notes dans l\u2019exposition.« Il y a découvert des voitures avec le capot fermé à l\u2019aide d\u2019une fermeture éclair, raconte Francine Lelièvre.Il a acheté le brevet qu\u2019il a adapté et utilisé pour fabriquer des sacs pour les chevaux, puis des sacs à main pour dames.C\u2019est ainsi qu\u2019est arrivée la fermeture éclair en Europe.C\u2019était vraiment un homme innovateur, visionnaire.» Des pièces de la collection viennent aussi d\u2019autres pays, comme la Chine et le Japon.Archéologie du Québec Fragments d\u2019humanité.Archéologie du Québec est une exposition de plus de 350 pièces majeures choisies parmi les collections et résultats de fouilles archéologiques réalisées sur plus de 10 000 sites à travers le territoire québécois.«C\u2019est la première exposition sur l\u2019archéologie du Québec après 50 ans de découvertes qui nous ont permis d\u2019apprendre que le territoire est habité depuis 12 000 ans», affirme Francine Lelièvre.L\u2019exposition, présentée depuis février, retrace la période amérindienne avant l\u2019arrivée des Européens.«Une pièce maîtresse de l\u2019exposition est certainement cette immense pirogue du XVe siècle qui a passé cinq siècles sous l\u2019eau, prêtée par le musée québécois d\u2019archéologie Pointe-du-Buisson », dit Francine Lelièvre.Faite d\u2019un seul morceau de bois et toujours en bon état, cette pirogue a été retrouvée par des plongeurs amateurs dans un lac des Lau- rentides au milieu des années 1980.Puis, l\u2019exposition aborde la période française avec des objets liés à l\u2019échange et au commerce aux XVIe et XVIIe siècles.La période anglaise, aux XVIIIe et XIXe siècles, se concentre sur les objets de la vie quotidienne.Enfin, une portion importante de l\u2019exposition por te sur l\u2019archéologie subaquatique.On y trouvera des vestiges tirés de cinq épaves.Cette exposition, réalisée par Pointe-à-Cal- lière en collaboration avec la Réserve d\u2019archéologie du ministère de la Culture et des Communications du Québec, a été rendue possible grâce à la participation de plusieurs prêteurs de la province.Activités populaires La belle saison commencera à Pointe-à-Cal- lière par la traditionnelle Journée des musées montréalais, le 29 mai.Pour l\u2019occasion, les visiteurs pourront voir à moitié prix Des chevaux et des hommes.La collection Émile Hermès, Paris et les autres expositions gratuitement.L\u2019été se terminera avec le traditionnel Marché public dans l\u2019ambiance du XVIIIe siècle.Cette année, il se tiendra les 27 et 28 août.Producteurs agricoles, ar tisans et animateurs se donnent rendez-vous au cœur du Vieux-Montréal pour faire vivre l\u2019ambiance du premier marché public de Montréal de 1750.On pourra y goûter plusieurs produits typiques de l\u2019époque de la Nouvelle-France, comme des gelées de fruits sauvages, des produits de l\u2019érable, des fromages, des saucisses, du cidre et de la bière d\u2019épinette.Les conteurs, musiciens et une centaine de personnages feront aussi revivre l\u2019ambiance de l\u2019époque.Enfin, nul besoin d\u2019attendre une activité par ticulière pour venir profi ter du beau temps dans l\u2019espace urbain aménagé autour de Pointe-à-Callière.Un piano public y est installé, avec des chaises Adirondack et de petites tables.« On a vraiment réussi à créer un environnement intéressant pour les familles et les gens du quartier, remarque Francine Lelièvre.Les gens viennent lire sous un arbre ou dîner.Les gens profitent de cet espace alors qu\u2019il y a du béton tout autour.C\u2019est toujours plein ! » POINTE-À-CALLIÈRE, MUSÉE D\u2019ARCHÉOLOGIE ET D\u2019HISTOIRE DE MONTRÉAL Chevaux, archéologie québécoise et activités populaires SORTEZ TRANSFORMÉ COMME CHIENS ET CHATS LES MUSÉES DE LA CIVILISATION SONT SUBVENTIONNÉS PAR LE MINISTÈRE DE LA CULTURE ET DES COMMUNICATIONS PRÉSENTÉE PAR UNE EXPOSITION CONÇUE PAR LA CITÉ DES SCIENCES ET DE L\u2019INDUSTRIE DE PARIS Ça grouille à Québec.Dès le 18 juin, pro?tez d\u2019une programmation toute indiquée pour la famille avec les expo sitions : \u2022 Comme chiens et chats \u2022 Observer.L\u2019expo qui déroute! \u2022 Nanotechnologies : l\u2019invisible révolution Expérimentez les capsules théâtrales, ateliers de costumes et plus encore.MCQ.ORG POINTE-À-CALLIÈRE, MUSÉE D\u2019ARCHÉOLOGIE ET D\u2019HISTOIRE DE MONTRÉAL «Une pièce maîtresse de l\u2019exposition est certainement cette immense pirogue du XVe siècle qui a passé cinq siècles sous l\u2019eau, prêtée par le musée québécois d\u2019archéologie Pointe-du-Buisson», af firme Francine Lelièvre, directrice générale de Pointe-à-Callière. L\u2019ÉTÉ DES MUSÉES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 M A I 2 0 1 6 H 9 tier les jeunes aux rudiments du télescope.«La zone le Boisé mettra à contribution les sens de l\u2019odorat et du toucher tout comme l\u2019ouïe.Il y a même des insectes dans cette zone.» Les jeunes seront accompagnés tout au long du parcours par des animateurs.«C\u2019est une des marques de commerce du Musée de la civilisation.Nous avons des guides-animateurs dans toutes nos salles.» Comme chiens et chats Cette exposition, qui vient de la Cité des sciences et de l\u2019industrie de Paris, s\u2019adresse à tous les âges et pourra être visitée en famille.Elle comprend trois grands thèmes.« \u201cDans leur peau\u201d est le premier thème où le visiteur sera appelé à comparer ses capacités physiques à celles des chats et des chiens.On lui demandera même de s \u2019essayer au saut du chat.» Le deuxième thème est « Dans leur tête » où une foule de renseignements aidera le visiteur à comprendre le compor te- ment de ces animaux ainsi que leurs moyens de communication.« \u201cDans nos sociétés\u201d est le troisième thème où l\u2019on se penche sur la place qu\u2019occupent ces animaux dans nos sociétés et sur la façon dont ils habitent nos maisons.» Une exposition qui permettra au visiteur d\u2019acquérir une foule de connaissances scienti - f iques sur ces animaux de compagnie.« Mais tout cela se déroule dans une atmosphère participative et interactive et même ludique, puisque de nombreux jeux sont proposés au visiteur.» 25 x la révolte ! 25 x la révolte ! est l\u2019exposition qui se révèle la plus sérieuse.« Avec cette exposition, il s\u2019agit de présenter 25 mouvements sociaux qui ont marqué nos sociétés depuis l\u2019ef fondre- ment du mur du Berlin.Cela va de la place Tiananmen au soulèvement récent des Grecs contre l\u2019austérité en passant par le printemps érable au Québec.» On a invité le cinéaste Hugo Latulippe à participer à cette exposition.« Hugo Latu- lippe a réalisé une série d\u2019entretiens avec diverses personnalités qui sont en lien avec ces évé- nements.Ces entretiens seront présentés sous forme de courtes vidéos.» Chaque événement évoqué aura sa station, sous forme d\u2019une alcôve où seront présentées les vidéos réalisées par Hugo Latulippe, qui se- r o n t a c c o m p a g n é e s d e textes, de photos et même d\u2019objets se rapportant à l\u2019événement.« Au centre de la salle, nous avons installé une agora où les visiteurs seront appelés à contribuer par écrit, grâce aux ordinateurs mis à leur disposition, à l\u2019élaboration d\u2019une éventuelle Constitution du monde futur.» L\u2019exposition se visite en ordre chronologique ou pas, selon l\u2019intérêt du visiteur.Les autochtones La présence des autochtones est assurée par l\u2019exposition Lignes de vie, réalisée par le Musée de la civilisation en collaboration avec le Kluge- Ruhe Aboriginal Ar t Collection de l\u2019Université de Virginie.« Cette exposition donne à voir des œuvres d\u2019art contemporain de 36 artistes aborigènes d\u2019Australie.Ces œuvres d\u2019art, peintures, sculptures et installations, mettent en valeur les traditions et les légendes aborigènes d\u2019Australie ainsi que le rapport de ces derniers avec la culture et la nature.C\u2019est une exposition d\u2019une grande beauté.» Et qui se mariera bien avec l\u2019exposition permanente C\u2019est notre histoire, qui présente et raconte l\u2019histoire des onze nations autochtones qui habitent le territoire québécois, une exposition réalisée en étroite collaboration avec ces mêmes onze nations.« En visitant les deux expositions, le visiteur réalise que la situation des peuples autochtones dans le monde n\u2019est pas si différente.Il est facile de trouver des préoccupations similaires entre les autochtones du Québec et les aborigènes d\u2019Austral ie.On remarque que les préoccupations sont souvent les mêmes.» Comme chiens et chats se tiendra du 18 juin 2016 au 4 septembre 2017, 25 x la révolte du 1e r juin 2016 au 12 mars 2017.Quant à Observer.L\u2019expo qui déroute !, elle débute le 18 juin 2016, mais comme il s\u2019agit d\u2019une exposition de référence, elle tiendra l\u2019affiche plusieurs années.SUITE DE LA PAGE H 7 QUÉBEC A R N A U D S T O P A Collaboration spéciale E n jouant de ses deux chapeaux de musée et de centre de recherche, le Centre canadien d\u2019architecture (CCA) propose une programmation estivale à son image avec, au centre, l\u2019aboutissement de son triptyque Archéologie du numérique, démarré en 2013.Archéologie du numérique Avec Archéologie du numérique : Complexité et convention, le CCA boucle sa série sur les archives récentes de projets architecturaux amorcée par l\u2019architecte américain Greg L ynn.L\u2019exposition se concentrant sur 15 projets de la période 1990 à 2005, il est avant tout question de se séparer de l\u2019image romantique de l\u2019architecte dessinant sur sa table inclinée.Au tournant du nouveau millénaire, l\u2019informatique entre dans les bureaux et modifie les conventions.« C\u2019est un peu la fin d\u2019une période héroïque, soutient Gio- vanna Borasi, conser vatrice du musée.C\u2019est un moment où on essaie beaucoup d\u2019idées qui étaient développées dans les années précédentes.L\u2019outil informatique commence à devenir la \u201cnormalité\u201d.Il y a une sorte de convention \u2014 pour ne pas dire normalisation \u2014, mais ça rentre dans le savoir-faire des bureaux.Les projets montrés dans l\u2019exposition utilisent cette idée de complexité vraiment poussée, puisque les architectes peuvent utiliser tous ces outils numériques.» Le changement de support \u2014 du papier au numérique \u2014 et des technologies utilisées modifie de facto la structure de l\u2019exposition.Avec son nombre important de projets, Archéologie du numérique a adopté une organisation thématique, singulière à notre époque.« Par exemple, il y a la question de la haute-fidélité 3D, c\u2019est-à-dire l\u2019association du rapport en 3D des dessins en plan section, précise la conservatrice.À l\u2019inverse, il y a le travail sur une maquette 3D vers le plan 2D : qu\u2019est-ce que cela représente dans le projet ?» Avec les possibilités numériques viennent aussi les possibilités créatives, comme l\u2019introduction des problématiques de la topographie et de l\u2019idée d\u2019horizontalité ou de l\u2019intégration du paysage, de la prise en compte des variables complexes comme l\u2019environnement, les flux d\u2019air ou la chaleur.Surtout, l\u2019exposition remettra en question notre rapport à l\u2019image des projets.«C\u2019est l\u2019idée de photoréa- lisme, cette idée d\u2019avoir une connexion très forte avec l\u2019image que le projet final aura.C\u2019est intéressant dans le sens archéologique de comparer les rendus d\u2019aujourd\u2019hui avec ceux des années 1990, car on est habitués de voir ces images \u2014 qui arrivent maintenant à une sorte de perfection.Tous les projets sont analysés selon ces thématiques, et on voit vraiment comment la relation entre l\u2019utilisation des logiciels et la dynamique créative des architectes est forte, car les limites du projet ont été repoussées par ces outils.» Cinéma en plein air L e C C A o f f r e d e p u i s quelques années des animations extérieures dans son parc Baile.Entre autres, en partenariat avec le Festival international du film sur l\u2019ar t (FIFA) et les Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM), des films en lien avec l\u2019architecture seront projetés sur la façade du bâtiment les jeudis soirs, après le crépuscule.En point d\u2019orgue, la projection de Misleading Innocent le 4 août, un documentaire sur la planification urbaine de Long Island, dans l\u2019État de New York, dans l\u2019entre-deux-guerres, produit par le CCA et scénarisé par leur commissaire junior Fran- cesco Garutti.Jeudi séminaires Les jeudis de juillet, les chercheurs en résidence au CCA présenteront leurs travaux.«C\u2019est plus d\u2019intérêt pour un public un peu plus connaisseur et avide de contenu de recherche, précise Giovanna Borasi.On a Olumuyiwa Adegun, chercheur d\u2019Afrique du Sud, qui s\u2019intéresse à la question d\u2019habitation informelle ; Susanne Bauer qui travaille sur nos archives des années 1970 ; Farhan Karim, qui s\u2019est intéressé aux habitations indiennes à bas coût ; Cara Ra- chele du Morgan Library & Museum qui s\u2019est attardée à notre collection sur la Renaissance.» Antinégationnisme Le 16 juin, le CCA lancera sa nouvelle exposition La preuve par l\u2019architecture.Une série de maquettes et de moulages en plâtre de preuves architecturales utilisées lors d\u2019un procès sur Auschwitz avec pour but de démontrer la vérité sur l\u2019Holocauste sera présentée par une équipe de recherche de l\u2019université de Waterloo, en Ontario.L\u2019idée de cette exposition provient de la remise en question de la Shoah par les penseurs néga- tionnistes du début des années 2000.« C\u2019est une petite exposition, mais importante, car ça implique beaucoup de questions quant à la véracité de l\u2019Holocauste, explique Gio- vanna Borasi.Aussi on n\u2019entrevoit pas le rôle de l\u2019architecture au delta de la création de nouveaux projets, mais comme une exper tise pour cer tains faits historiques, en étudiant les détails des bâtiments, de la façon dont les pièces ont été dessinées pour arriver à dire : \u201cIl y a vraiment eu une pièce avec une colonne de dif fusion de gaz\u201d.» Pour les plus jeunes Les 5 et 19 juin et 3 et 17 juillet, le CCA propose un atelier de codésign parent/enfant, en lien avec l\u2019exposition de l\u2019été.Le 21 août, il sera question de concep tion de maquette thématique, pour les enfants de 5 à 12 ans, accompagnés d\u2019un adulte.Ateliers publics Les ateliers publics, spécialité du CCA, reviendront à la rentrée.« Nous visons avant tout les étudiants, indique la conservatrice pour justifier la pause estivale.Et on n\u2019a pas encore décidé exactement où on va aller, parce que beaucoup de projets sont développés avec des sujets complexes et difficiles à vulgariser.» CENTRE CANADIEN D\u2019ARCHITECTURE Bienvenue dans la troisième dimension KOL/MAC Kolatan/Mac Donald Studio, O/K Apartment : capture d\u2019écran d\u2019un fichier Microstation 3D, 1995 Les films projetés au parc Baile 14 juillet Mademoiselle Eiffel rembo- bine de Philippe Touran- cheau (France) 21 juillet Invention de Mark Lewis (Canada) 28 juillet Herman\u2019s House de Angad Singh Bhalla (Canada \u2013 États-Unis \u2013 Royaume-Uni) 4 août Misleading Innocent de Francesco Garutti et Shahab Mihandoust (Canada) 11 août Le grand rêve du Petit Champlain d\u2019Isabelle de Blois (Canada) 18 août 2016 Programme de courts : La trilogie du départ de Dan Popa (Canada) 1er septembre Facing up to Mackintosh de Louise Lockwood (Royaume-Uni) 8 septembre Ce cher musée de Katharina von Flotow (Suisse) L\u2019ÉTÉ DES MUSÉES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 M A I 2 0 1 6 H 10 24 O U V E R T U R E JUIN J É R Ô M E D E L G A D O Collaboration spéciale I l y a 40 ans cet été, la messe olympique était célébrée pour la première fois au Canada, à Montréal.Pour le souligner, et pour davantage rappeler le grandiose de l\u2019aventure qu\u2019insister sur l\u2019amer héritage qui semble coller aux Jeux olympiques (JO) de 1976, un événement tripartite prendra place dans Hoche- laga-Maisonneuve.Non pas une, ni deux, mais trois expositions chercheront à rallumer la petite flamme en dormance dans l\u2019âme de bien des Montréalais.Point de nostalgie, note cependant Soraya Bassil, chercheuse de l\u2019UQAM spécialisée dans le domaine du patrimoine.C\u2019est elle, en tant que membre de Docomomo Québec, organisme voué à la sauvegarde de l\u2019architecture moderne, qui a eu le mandat de monter une des trois expositions pensées pour ce quarantième anniversaire des JO montréalais.« Je suis neutre, dit-elle.Je présente un projet architectural, pas de débats politiques, ou de débats sur le financement.Je m\u2019en tiens au projet tel qu\u2019il était.Un projet d\u2019envergure et de calibre international.» À l\u2019affiche du Musée Dufresne-Nincheri (jadis Château Dufresne), l\u2019exposition intitulée Le Parc olympique, une architecture à célébrer ne fait pas dans la dentelle.Le programme en béton conçu par le Français Roger Taillibert \u2014 le stade, mais aussi l\u2019esplanade et les bâtiments connexes (la tour, la piscine et le vélodrome transformé en zoo intérieur) \u2014 est une grande œuvre.L\u2019exposition découle de l\u2019étude patrimoniale commandée par Le Parc olympique à France Vanlaethem, la présidente de Doco- momo Québec.Elle est donc tenue à une rigueur historique dont le but est de justifier cette célébration.Le stade, aussi honni soit-il par fois, et les JO de Montréal s\u2019inscrivent dans une longue aventure.« On montre, dit Soraya Bassil, qu\u2019il y a eu un développement du projet olympique, porté par deux maires, Camilien Houde, d\u2019abord, puis Jean Drapeau.» Montréal a obtenu les JO de 1976 après plusieurs tentatives.En 1939, puis en 1956, deux bureaux prestigieux avaient été invités à penser, sur le même site voisin du parc Maison- neuve, des complexes sportifs.Dans le second cas, le projet mené par la firme new-yorkaise Clarke & Rapuano donnera naissance à l\u2019aréna (aujourd\u2019hui Maurice-Richard) et à la palestre, qui serviront d\u2019installations olympiques.L\u2019exposition du Musée Dufresne-Nincheri sera essentiellement composée d\u2019archives photographiques, de quelques plans, mais de peu de maquettes.C\u2019est que le fonds Taillibert est fermé à double tour.L\u2019architecte est toujours vivant, et demeure très amer de son expérience montréalaise.« Les documents qu\u2019on présente, ce ne sont pas les documents de Tailli- bert ; les dessins ne sont pas ses dessins », confie la commissaire.Des étudiants de Soraya Bassil ont cependant été invités à faire des maquettes du programme proposé par Roger Tailliber t.Il y aura aussi quelques objets originaux, comme le banc-table conçu pour les JO par François Dallegret.L\u2019exposition est répartie en cinq zones, avec un accent mis sur le stade, ce « Big O » qui fait figure d\u2019emblème.«On montre l\u2019utilisation du site, les gens dans l\u2019esplanade, le jour, la nuit, ainsi que les bassins d\u2019eau qui avaient été intégrés.On montre l\u2019état d\u2019origine du site, poursuit Soraya Bassil, mais pour nous, l\u2019histoire s\u2019arrête à 1987, lors de la pose de la première toile [comme toit du stade].» Le volet L\u2019expérience olympique se tiendra au stade et dans la tour.On y proposera un voyage dans le temps, ponctué de comptes-rendus et d\u2019anecdotes sur les compétitions et sur la vie pendant la fête olympique.Du chantier qui s\u2019éternisait aux performances magiques de Nadia Comaneci sur la poutre (qui ont eu lieu au Forum), c\u2019est l\u2019ensemble de l\u2019aventure qui sera décortiquée.Une visite guidée jusque dans les entrailles du stade sera également offerte.Enfin, à la maison de la culture Maisonneuve, située sur la rue Ontario Est, on fera revivre les JO grâce à leur visage le plus humain.Sous l\u2019intitulé Les bâtisseurs des Jeux olympiques de Montréal, des hommes et des femmes d\u2019exception\u2026, ce sont les gens qui ont travaillé à la réalisation des JO qui seront à l\u2019honneur.Des gens, dit-on, « issus des professions des plus variées [\u2026], recrutés pour leur génie et leur savoir-faire [qui] ont dû faire face à des enjeux organisationnels, économiques, urbanistiques et sociétaux majeurs».L\u2019exposition sur les trois sites débute le 1er juin et sera payante.MUSÉE DUFRESNE-NINCHERI Le «Big O», ses attraits, ses hommes, ses femmes Vous êtes au chevet du gouverneur de Montréal, Claude de Ramezay, qui se meurt.Quelques sanglots étouffés se font entendre.Ah ! Cette fois, l\u2019ambiance est à la fête.L\u2019une des filles se marie.Incursion dans la vie de la famille Ramezay, des nobles de la Nouvelle-France.Vie et trépas.MUSÉE DU CHÂTEAU RAMEZAY Grandeurs et misères de la vie de château MUSÉE DUFRESNE-NINCHERI Le Français Roger Taillibert devant la maquette du Parc olympique CHÂTEAU RAMEZAY \u2013 MUSÉE ET SITE HISTORIQUE DE MONTRÉAL Le lit de mort de M.Claude de Ramezay, mort à l\u2019Hôtel-Dieu de Québec en 1724 S O P H I E S U R A N I T I Collaboration spéciale Le musée du Vieux-Montréal se dote d\u2019une nouvelle exposition permanente, du type «tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur\u2026 » la Nouvelle- France ! « Nous avons décidé de bâtir une expérience immersive pour les visiteurs, à l\u2019intérieur des caves, en y reconstituant des intérieurs de l\u2019époque», relate André Delisle, directeur et conservateur du musée.Comme nous sommes au niveau de ces magnifiques caves en pierre du 18e siècle, on se retrouve à partager le quotidien des domestiques qui y vivaient.En cuisine, dans les espaces d\u2019entreposage, près des soupiraux\u2026 Ils sont les yeux et les oreilles de ce qui se trame aux étages supérieurs.Un peu à la manière de Downton Abbey (les recherches historiques menées pour cette nouvelle exposition ont toutefois démarré bien avant la série télévisée britannique, précise André Delisle), les visiteurs suivent les hauts et les bas de la famille à travers la parole des domestiques.Des hauts ?Claude de Ramezay, un homme ambitieux, menait grand train.À son emploi se trouvait une dizaine de domestiques dont un esclave noir, signe ostentatoire de richesse.Des bas ?Le gouverneur général perdra trois fils (en tout, sa femme Charlotte Denys de la Ronde mettra au monde seize enfants ; plusieurs mourront très jeunes).Son fils cadet, Jean-Baptiste-Nicolas-Roch, signera la capitulation de la ville de Québec et sera mis sur un bateau pour un retour direct en France où il mourra sans avoir de fils.Fin de la lignée.À partir d\u2019un sondage mené auprès du public il y a quelques années dont la question était « Que voulez-vous savoir au sujet de la vie quotidienne en Nouvelle-France ?» le musée a créé un récit vivant découpé en sept scènes (une scène, une pièce d\u2019exposition) et abordant 21 thématiques (l\u2019alimentation, l \u2019hygiène, l\u2019éducation des jeunes enfants\u2026).Parmi ces thèmes, trois ont été rarement, voire jamais couverts par d\u2019autres musées : la noblesse dans la colonie (qui disparaîtra sous le règne britannique), la domesticité et l\u2019esclavage (parmi les huit domestiques que l\u2019on côtoie à travers le récit, deux sont des esclaves : l\u2019un est de race noire \u2014 sans doute originaire des Caraïbes \u2014 et l\u2019autre est un Amérindien).Par l\u2019entremise de tablettes électroniques, les visiteurs écoutent les domestiques parler entre eux, raconter leur quotidien et celui de leurs maîtres.Une balade en 3D du château tel qu\u2019il était en 1705, de la cave au grenier (un hôtel particulier, architecturalement parlant), est aussi proposée en fin de parcours.Quant à la visite réelle des étages, il faudra encore patienter (seuls le rez-de- chaussée et les caves sont ouverts au public) pour des raisons de sécurité.« Actuellement, pour aller au grenier, c\u2019est une échelle que l\u2019on tire du plafond ! » explique André De- lisle.Les visiteurs peuvent aussi découvrir une sélection d\u2019objets et se déguiser dans un petit espace prévu à cet effet, enfiler les robes de l\u2019époque et réaliser des égoportraits.La vie de château version 2016. L\u2019ÉTÉ DES MUSÉES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 M A I 2 0 1 6 H 11 monastere.ca \u2013 Au Monastère des Augustines, l\u2019expérience muséologique se confond avec le lieu, riche de près de quatre siècles d\u2019histoire \u2013 HAVRE PATRIMONIAL DE CULTURE ET DE MIEUX-ÊTRE \u2013 Alimentation consciente, menu sain et coloré \u2013 \u2013 Chambres authentiques ou contemporaines, séjour de ressourcement \u2013 \u2013 Un concept unique avec 1000 objets fascinants, dans un cloître du 17e siècle \u2013 L\u2019HÔTELLERIE FRANÇOIS PILON Vue de l\u2019exposition permanente Wôbanaki Le Musée des Abénakis, ça vous dit quelque chose ?Il est situé à Odanak, soit à environ 30 minutes de route de Sorel et il y a bien des choses à y découvrir et à y faire cet été, de juin jusqu\u2019à la tombée des feuilles : artistes locaux, traditions ancestrales, ateliers et pow wow.T H I E R R Y H A R O U N Collaboration spéciale L e musée accueillera la toute première exposition solo de l\u2019artiste au graphite Joyce Pa- nadis.Ses œuvres, mais également son processus de création, des anecdotes et des photos seront mis en valeur dans le cadre de cette exposition.«C\u2019est une artiste abénaquise qui fait partie de la relève, explique le directeur Mathieu O\u2019Bomsawin-Gauthier.Elle s\u2019est penchée sur la question identitaire des Premières Nations, mais surtout des Abénakis.Sa démarche artistique se veut un hommage à ses descendants, d\u2019autant que Joyce est issue d\u2019une famille d\u2019artistes.Son grand-père et son arrière- grand-père étaient des ar tistes sculpteurs.» Ce qu\u2019elle présente, une douzaine d\u2019œuvres au crayon graphite sur papier, s\u2019inspire de la culture matérielle et immatérielle des Abénakis.«Elle reproduit des objets et des images qui font partie de sa vie.Par exemple, elle va présenter des mocassins et l\u2019œu- vre qui représente de manière très fidèle les mocassins.» D\u2019ailleurs, « l\u2019une de ses premières œuvres est une reproduction d\u2019une photo de son arrière-grand-père et on pouvait vraiment se méprendre entre la photo et son dessin », fait valoir le directeur du musée.Selon lui, cette exposition grand public pourrait être appelée à voyager à travers d\u2019autres musées.10 000km pour des pow wow L\u2019exposition Régalia : fierté autochtone sera quant à elle présentée sur le site extérieur du Musée.Constituée de 30 por traits de danseurs (hommes, femmes et enfants) issus de 14 nations dif férentes (Algonquins, Mohawks, Atikamekws, Abénakis, etc.), l\u2019exposition offre une rencontre authentique avec les peuples autochtones grâce aux photographies de Roland Lorente.Fait intéressant, elle propose de nous extraire de nos premières perceptions sur la tradition des pow wow pour en sonder les dimensions identitaires et contemporaines.« On présente les images captées par ce photographe franco-canadien.Il s\u2019intéresse à tout ce qui entoure le Pow Wow.Il a participé à une vingtaine d\u2019entre eux en parcourant 10 000 km dans l\u2019est du Canada.» Et qu\u2019est-ce au juste qu\u2019un pow wow ?« Ma définition d\u2019un pow wow serait de dire que c\u2019est un rassemblement visant à célébrer les cultures autochtones.C\u2019est un événement qui est ouvert tant aux autochtones qu\u2019aux allochtones, avec des chants, des danses, de la nourriture et des rencontres amicales », indique le directeur.Des traces remontant aux années 1500 L\u2019exposition permanente Wôbanaki, signifiant « le peuple du soleil levant », vous invite à découvrir l\u2019univers culturel et spirituel des Abénakis.La visite débute par une projection multimédia qui raconte la création du monde selon la tradition de ce peuple millénaire.Le tour se poursuit avec la découverte de leur histoire et de leur savoir-faire en suivant le rythme des saisons et des lunaisons.« On y découvre le mode de vie traditionnel des Abénakis au XVIIIe siècle.Au fil de la visite, on comprend comment le mode de vie s\u2019adapte au rythme des saisons.» Mathieu O\u2019Bomsawin-Gauthier note par ailleurs que les premières traces archéologiques de son peuple à Oda- nak remontent aux années 1500.« On y a découvert principalement des tessons de céramique », dit-il.Enfin, tout l\u2019été, les enfants et les adultes pourront profiter de leur venue au Musée pour participer à un atelier de création artisanale en compagnie d\u2019un guide : la fabrication d\u2019un collier de perles (pour les jeunes) ou un capteur de rêves (pour les 12 ans et plus), lit- on dans la documentation.« Il y a des for faits pour les familles et pour les groupes », tient à rappeler le directeur.MUSÉE DES ABÉNAKIS Au cœur de l\u2019identité STUDIO DU RUISSEAU Vue de l\u2019exposition permanente Wôbanaki «Au fil de la visite, on comprend comment le mode de vie s\u2019adapte au rythme des saisons» FRANÇOIS PILON Vue du Musée des Abénakis L\u2019ÉTÉ DES MUSÉES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 M A I 2 0 1 6 H 12 À SHERBROOKE CET ÉTÉ WWW.MBAS.QC.CA 241, RUE DUFFERIN CENTRE-VILLE DE SHERBROOKE | T.819 821-2115 | DAVID SPRIGGS PRISM DU 18 JUIN AU 2 OCTOBRE 2016 RENÉ DEROUIN LES DERNIERS TERRITOIRES DU 11 JUIN AU 25 SEPTEMBRE 2016 MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE SHERBROOKE Chaque été, depuis dix ans, le Musée Marguerite-Bourgeoys propose une tournée découverte sur son site archéologique, sous la nef de la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours.Le thème retenu pour l\u2019édition 2016 est celui des objets voyageurs.Plomb de scellé, perles de verre, robinet de tonneau\u2026 Normal de les retrouver ici ?MUSÉE MARGUERITE-BOURGEOYS Petits objets, grands voyageurs S O P H I E S U R A N I T I Collaboration spéciale A u cours des trois campagnes de fouilles archéologiques qui ont eu lieu ces 20 dernières années sur le site de la chapelle Notre- Dame-de-Bon-Secours, un certain nombre d\u2019ar- téfacts ont été découverts.Était-ce courant pour les habitants de Ville-Marie de posséder ces objets ?D\u2019où venaient-ils ?Pour quelles raisons les retrouve-t-on ici ?« L\u2019idée est de retracer l\u2019histoire qui se cache derrière la présence de certains arté- facts qui viennent de très loin», explique Karine Saint-Louis, responsable du service éducatif.Comme ce plomb de scellé, témoin commercial de la présence française, retrouvé dans les ruines de la chapelle.À l\u2019époque de la Nouvelle- France, ce sceau à marchandise apposé sur les ballots garantissait l\u2019intégrité du contenu (selon le même principe que pour cacheter une lettre) et le règlement en bonne et due forme des taxes douanières.On peut y lire son lieu d\u2019origine, ainsi que le nom du commerçant.Pourquoi ce sceau se trouvait-il sur le site de l\u2019ancienne chapelle, «debout» jusqu\u2019en 1754, avant de brûler ?On suppose que le terrain a été laissé à l\u2019abandon avant la reconstruction de la chapelle en 1771, le site faisant alors office de décharge.On y a d\u2019ailleurs retrouvé beaucoup d\u2019ossements d\u2019animaux\u2026 Le boucher du coin venait y jeter ses déchets ! Voici un autre exemple, qui remonte cette fois à beaucoup plus loin.On a retrouvé sur le site une perle de cuivre natif.Ce cuivre natif, les Amérindiens l\u2019extrayaient eux-mêmes dans les gisements en affleurement (sans avoir besoin de creuser).Le cuivre natif ne vient pas de la région de Montréal.Il vient du nord du lac Supérieur.Cela veut donc dire qu\u2019il est passé de mains en mains avant de se retrouver à Montréal.Mais par quels chemins ?Par diverses rivières jusqu\u2019au lac Saint-Jean avant de redescendre le fleuve Saint-Laurent.Avec ce genre de découverte, on retrace l\u2019existence de circuits insoupçonnés (des routes, des chemins ou des voies d\u2019eau) qui existaient à une période donnée.«Ce qu\u2019il faut comprendre, c\u2019est que les objets voyageaient plus que les gens ! Finalement, comme aujourd\u2019hui», raconte la responsable de l\u2019animation et de l\u2019éducation.Pour découvrir l\u2019histoire de cette dizaine d\u2019objets voyageurs issus de dif férentes époques avec toutes les anecdotes pouvant expliquer leur présence (mais aussi l\u2019histoire du site archéologique lui- même), il suf fit de suivre\u2026 le groupe et le guide ! Chaque demi-heure, les visiteurs se rendent sur place, accompagnés d\u2019un guide (avec une alternance linguistique, français ou anglais).Plusieurs arrêts sont prévus pour observer les objets en vitrine et lire leur mise en contexte sur tablette numérique.À la fin de l\u2019activité, les visiteurs peuvent poursuivre la découverte avec l\u2019exposition temporaire sur l\u2019histoire des voyages en Amérique du Nord du XVIe au XIXe siècle.Cet été, on va en parcourir du temps et des kilomètres historiques ! SOURCE MUSÉE DE LA GASPÉSIE Vue de l\u2019exposition À la gaspésienne : salé, séché, boucané MUSÉE DE LA GASPÉSIE Une table toute Gaspésienne ! T H I E R R Y H A R O U N Collaboration spéciale À la gaspésienne : salé, séché, boucané.Voilà un titre qui donne un « avant-goût » de ce qui nous attend au musée de la Gaspésie cet été.Cette visite, qui durera en moyenne 45 minutes, vous fera voyager de l \u2019époque amérindienne jusqu\u2019au milieu du siècle dernier, en passant par la Nou- velle-France et la présence anglo -nor mande.Al léchant , n\u2019est-ce pas ?Le conservateur, Félix Fournier, parle d\u2019une expérience « accroche-sens ».« On veut faire vivre une expérience très particulière aux visiteurs en simulant un restaurant très rustique dans lequel on va présenter des plats qui ont marqué leur époque, soit du temps des Micmacs et de recettes typiques, puis de la Nou- velle-France.» La documentation ne manque pas sur ce sujet contrairement à ce qu\u2019on pourrait croire, dit M.Fournier.Sous les Français, les bouillis étaient au goût du jour alors que, avec l\u2019arrivée des Jersiais et des loyalistes, la viande rôtie et le thé font leur apparition.Toujours sous la coupe des Jersiais (les Robin par ticulièrement), la morue prend beaucoup de place.À titre d\u2019exemple, sur le plan strictement économique, raconte M.Fournier, pour l\u2019année 1850 seulement, « la compagnie Robin expor ta six millions de livres de morues salées, séchées, et ce, uniquement pour la ville de Naples en Italie ! Et pour ce qui est de la table, à cette époque, l\u2019Église catholique impose plus de 160 jours maigres par année à ses fidèles.Les pratiquants ne peuvent pas, par conséquent, manger de la viande lors de ces jours ».Ce qui, par conséquent, explique les nombreuses façons d\u2019apprêter la morue\u2026 Eh oui, il y aura à manger ! Bref, cette exposition, qui s\u2019adresse au grand public, sera «accroche-sens», en cela qu\u2019elle sera visuelle, auditive (par la présentation d\u2019extraits vidéo en p r o j e c t i o n ) e t g u s t a t i v e puisqu\u2019elle offrira des produits cuisinés aux visiteurs (bourgots, morue salée, boules à la morue, etc.).Et enfin, explique M.Fournier, «elle sera \u2014 défi de taille \u2014, olfactive en répandant des odeurs de nourriture de façon continue dans la salle».Tant qu\u2019à être au musée de la Gaspésie, pourquoi ne pas en profiter pour visiter une autre manifestation culturelle : l\u2019exposition «Nos glorieux Gas- pésiens» prend la forme d\u2019une mosaïque historique réunissant des documents d\u2019archives et des documents iconographiques, ainsi que des artefacts uniques afin de vous faire découvrir la passion du hockey chez les Gaspésiens.Revivre une tablée toute Gaspésienne avec ses plats traditionnels de morue, entre autres, tant par les voies gustatives qu\u2019olfactives : voilà ce que propose aux visiteurs le musée de la Gaspésie, situé à Gaspé, dès le 3 juin.SOURCE MARGUERITE-BOURGEOYS Perles de verre L\u2019ÉTÉ DES MUSÉES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 M A I 2 0 1 6 H 13 museesgaspesiens.com AU CŒUR DE L\u2019HISTOIRE DU QUÉBEC, DANS DE MAJESTUEUX PAYSAGES, VENEZ DÉCOUVRIR UN NOUVEAU MONDE ! Visitez nos cinq musées, où l\u2019accueil et les accents bien de chez nous vous feront revivre votre histoire.Avec ses six expositions, ses animations ludiques et sa Vieille prison, le Musée québécois de culture populaire de Trois-Ri- vières of fre une programmation estivale très diversifiée.Des activités pour tous, qui reflètent la mission de mise en valeur de la culture populaire québécoise.MUSÉE QUÉBÉCOIS DE CULTURE POPULAIRE DE TROIS-RIVIÈRES Objets, BD et hommes forts A L I C E M A R I E T T E Collaboration spéciale « N ous voulons toujours qu\u2019il y ait au moins une exposition qui touche spécifiquement à l\u2019art, une autre avec une thématique particulière et une avec un côté plus historique », rappelle le responsable des expositions et de l\u2019animation du musée, Dominic Ouellet.Dès le 11 mai, la nouvelle exposition Quel est ce truc, machin, bidule ?présentera des objets inusités du patrimoine québécois.« Les enfants vont découvrir des choses qu\u2019ils ne connaissent absolument pas », commente M.Ouellet.Une exposition interactive, où le visiteur est amené à deviner l\u2019utilité de certains objets ou bien à les reconnaître au toucher, en plongeant à l\u2019aveugle ses mains dans un compartiment.« C\u2019est un espace pour que les enfants autant que les adultes puissent s\u2019amuser », ajoute-t-il.Un été en BD La bande dessinée québécoise sera célébrée à Trois-Ri- vières, avec la présentation de 23 bédéistes québécois.« On voulait parler du processus de création des artistes québécois qui font de la BD ici ou en Europe », explique M.Ouellet.De la scénarisation à la recherche graphique, en passant par l\u2019encrage, l\u2019exposition présente sept étapes de création.Après avoir pris un selfie avec un El Spectro grandeur nature ou avec Red Ketchup, le visiteur est invité à se détendre dans l\u2019espace lecture, une bande dessinée à la main.Un grand mur blanc permettra aussi à tous de pratiquer le 9e art, en dessinant, coloriant ou remplissant des cases, et les plus jeunes pourront créer un masque de superhéros.Les hommes forts toujours là Les hommes forts du Québec seront encore à l\u2019honneur au musée avec En chair et en muscles.Emiliana Cyr, la fille de Louis Cyr, incarnée pour l\u2019occasion, proposera même des visites guidées tout au long de l\u2019été.Le public pourra s\u2019initier au sport des hommes forts, en tentant la marche du fermier, l\u2019épreuve de la voiture ou encore la levée de la pierre d\u2019atlas.«Nous proposons ces activités pour montrer que, peut- être, dans le futur, les enfants vont devenir des hommes forts ! » s\u2019amuse M.Ouellet.Nostalgie du jeu Une certaine nostalgie pour les uns et une véritable découverte pour les autres, Dans mon temps\u2026 les jouets présente les jouets des années 1930 à 1970.«C\u2019est une exposition intergéné- rationnelle, estime M.Ouellet.Nous avons constaté que beaucoup de grands-parents viennent avec leurs petits-enfants, ils leur montrent les objets avec lesquels ils jouaient et cela permet d\u2019échanger entre générations.» Deux autres expositions sont proposées au cours de l\u2019été, Rodolphe Duguay: Regards contemporains et Caboose Mountains.La première présente des œu- vres de Rodolphe Duguay, ainsi que des versions contemporaines de ses estampes réalisées par 10 artistes invités.La deuxième montre une œuvre de Kim Adams faite en produits recyclés.Une visite au Musée québécois de culture populaire de Trois-Rivières se complète par la découverte de la Vieille prison, dont certaines visites sont guidées par des ex-détenus.DANIEL JALBERT Vue de l\u2019exposition Dans mon temps\u2026 les jouets Picasso avait une façon fort jolie \u2014 et fort révélatrice \u2014 de décrire l\u2019amitié qui l\u2019unissait à Apel.les Fenosa : « Il est mon fils de mère inconnue.» L A U R I E V A N H O O R N E Collaboration spéciale C lément Paquette est le commissaire de l\u2019exposition qui souligne cette amitié et qui sera à l\u2019af fiche du Musée d\u2019ar t contemporain de Baie-Saint-Paul du 18 juin au 6 novembre.En 2004, alors qu\u2019il est à Paris, il ne connaît pas encore le sculpteur catalan.Il rencontre Nicole Fe- nosa et est séduit par les œu- vres de son défunt mari.Elle lui confie un vœu qu\u2019elle caresse : celui de faire connaître Fenosa en Amérique.En 2010, M.Paquette rencontre Jacques Saint-Gelais Tremblay, directeur du MAC de Baie-Saint-Paul, et lui propose de lire une biographie de l \u2019ar tiste dont Picasso a acheté les premières œu- vres.« Quatre ans plus tard, je prévoyais un voyage en France et en Espagne, je suis donc allé la revoir pour savoir si ça l\u2019intéresserait que j\u2019entreprenne des démarches pour une exposition », relate M.Paquette.Avec Josep Miguel Garcia, directeur de la Fondation Apel.les Fenosa, il rassemble 114 œuvres et ar- téfacts datant de 1923 à 1940 et témoignant de l\u2019amitié qui liait non seulement le peintre et le sculpteur, mais aussi du cercle plus large qui gravitait autour d\u2019eux et qui comprenait Paul Éluard, Coco Chanel, Jean Cocteau, Tristan Tzara, Man Ray\u2026 À travers les plâtres, porcelaines et autres lithographies présentées, c\u2019est aussi l\u2019évolution dans la pratique de Fe- nosa qui se dessine.Le sculpteur a en ef fet progressivement délaissé les formes plus conservatrices pour quelque chose de plus voluptueux et de résolument abstrait, proche de la nature.Le corps de la femme, très présent dans son travail, s\u2019en est trouvé métamorphosé.« Je pense que sa vision a complètement changé lorsqu\u2019il a rencontré Nicole, qui était ballerine, réfléchit Clément Paquette.Beaucoup de mouvements de danse ont été traduits dans ses statuettes.» On peut se demander à juste titre qui de Fenosa ou de Picasso est la véritable vedette de l\u2019exposition.« Ni l\u2019un ni l\u2019autre, répond Clément Pa- quette.S\u2019il y en a une, c\u2019est l\u2019amitié qui a entouré la vie de ces êtres et qui a démontré, au fil des ans et malgré l\u2019époque et les guerres \u2014 la guerre civile espagnole et la Seconde Guerre mondiale \u2014, qu\u2019elle était très for te.» Chaque sculpture, chaque photo, chaque dessin exposé transpire cette amitié.La mobilité en perspectives Le 34e Symposium international d\u2019ar t contemporain de Baie-Saint-Paul se déroulera du 29 juillet au 28 août.Marie Perrault, pour qui c\u2019est le deuxième Symposium à titre de directrice artistique, voyait dans sa mission l\u2019occasion de réfléchir à des phénomènes de société dont l\u2019impact s\u2019étend au-delà du monde de l\u2019ar t contemporain.C\u2019est tout naturellement que le thème de la mobilité s\u2019est imposé.« Aujourd\u2019hui, on transporte pratiquement son ordinateur dans sa main, avec son portable, note Mme Perrault.Les nouvelles technologies servent à traiter l\u2019information d\u2019une façon qui la rend extrêmement mobile.Mais la mobilité n\u2019est pas qu\u2019un phénomène numérique.Le numérique n\u2019est qu\u2019une couche qui s\u2019ajoute à autre chose.» Douze artistes exploiteront ce thème et travailleront en direct, devant le public.Originaires du Québec, du Yukon, de la Saskatchewan, de la France ou encore du Sénégal, ils s\u2019intéresseront aux conséquences sociétales et aux imaginaires qui animent la mobilité.Dans l\u2019espace qui leur servira d\u2019atelier, ils auront l\u2019occasion de dévoiler leur production et le contexte dans lequel s\u2019inscrit leur projet.Une programmation culturelle animera également le site du Symposium.Des apéros sont notamment prévus pour permettre aux artistes de parler de leur démarche autour des thématiques de la marche, de la migration des oiseaux, du voyage, du réseau, des transports, des communautés nomades, des réfugiés.François Morelli est le président d\u2019honneur de cette 34e édition.Ar tiste aguerri, M.Morelli s\u2019est fait connaître pour ses per formances en déambulation et a enseigné à la Rutgers University et à l\u2019université Concordia.Il prononcera une conférence lors de la première semaine du Symposium.Auteur de Six degrés de liberté, qui lui a valu le Prix littéraire du gouverneur général en 2015, Nicolas Dickner donnera également une conférence, le samedi 6 août.« Dans son roman, il exploite de façon ludique des phénomènes liés à la mobilité, relève Mme Perrault.Sa présence m\u2019apparaissait tout indiquée, étant donné que la lecture de son œuvre m\u2019a beaucoup inspirée dans le développement du thème du Symposium.» Dans l\u2019intimité des grands collectionneurs Du 18 juin au 6 novembre, en collaboration avec les galeries Art & Style et L\u2019Harmattan, le MAC de Baie-Saint-Paul présente Oser voir autrement, le troisième volet d\u2019une série d\u2019expositions intitulée Les grands collectionneurs.Les grands collectionneurs, ce sont des personnes issues du milieu des arts, mais aussi des médecins, des entrepreneurs ; tous partagent la même passion et accumulent des œu- vres depuis des années.«C\u2019est important, pour la dynamique de l\u2019art contemporain au Québec, de mettre en valeur les collectionneurs québécois, souvent dans l\u2019ombre.C\u2019est une façon de leur rendre hommage, confie Patricia Aubé, commissaire de l\u2019exposition.Ils ont un rapport particulier à leurs œu- vres d\u2019ar t, ils y sont très attachés.C\u2019est exceptionnel de les avoir au musée.» Des œuvres moins connues et par fois plus intimes d\u2019artistes québécois de renom, de Riopelle à Daudelin en passant par Molinari, seront ainsi exposées, permettant au public de découvrir une autre facette de leur travail.Le point commun des peintres et des sculpteurs à l\u2019honneur ?Leur audace.« Les artistes que nous avons sélectionnés ont tous apporté quelque chose de nouveau, sont devenus des ambassadeurs de nouveaux styles.Les collectionneurs eux- mêmes ont dû oser en achetant ces œuvres originales», souligne Mme Aubé.En tout, une cinquantaine de pièces constituant un véritable panorama de l\u2019art québécois à partir du milieu du vingtième siècle seront exposées.MUSÉE D\u2019ART CONTEMPORAIN DE BAIE-SAINT-PAUL L\u2019amitié Fenosa-Picasso JEAN-MARIE DEL MORAL Fenosa sculptant SOURCE MACBSP Tête de Dora Maar par Fenosa L\u2019ÉTÉ DES MUSÉES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 M A I 2 0 1 6 H 14 Ce cahier thématique a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.Pour toute demande d\u2019information quant au contenu de ce cahier, vous pouvez contacter par courriel Loïc Hamon, directeur des publications spéciales, à lhamon@ledevoir.com.Pour vos projets de cahiers ou toute autre information au sujet de la publicité, vous pouvez contacter Lise Millette, vice-présidente, ventes publicitaires, à l\u2019adresse courriel lmillette@ledevoir.com.MUSÉE RÉGIONAL DE RIMOUSKI Lumière estivale sur le musée L A U R I E V A N H O O R N E Collaboration spéciale L a saison estivale bat déjà son plein au Musée des beaux-ar ts de Sherbrooke (MBAS), qui a lancé la huitième édition de son Salon du printemps des ar tistes des Cantons-de- l \u2019Est le 9 avri l dernier.Jusqu\u2019au 5 juin, l\u2019établissement expose le travail de quatorze ar tistes liés de près ou de loin à la grande région historique des Can- tons-de-l\u2019Est .Au programme : peinture, photographie, estampe, installations\u2026 et dessin! «Cette année, le dessin était présent dans énormément de dossiers, souligne, encore étonnée par le retour marqué de ce médium, Sarah Boucher, conservatrice du musée.C\u2019est une première, parce qu\u2019on s\u2019est habitués à voir surtout des vidéos et des installations.» Mme Boucher met un point d\u2019honneur à travailler avec les ar tistes qu\u2019elle sélectionne pour la biennale.« On se rencontre, on discute de ce que j\u2019ai vu dans leurs travaux, de ce que j\u2019ai envie de présenter, de ce qu\u2019eux veulent présenter.On fait un compromis.Mon but, c\u2019est qu\u2019ils soient heureux de ce qu\u2019ils présentent.» Aucune thématique n\u2019a été imposée.« Ce serait beaucoup trop compliqué, ça les obligerait à produire de nouvelles œuvres, explique Mme Boucher.Malgré tout, chaque fois, on est capable de dégager une thématique.» Cette année, c\u2019est la nature qui forme une ligne directrice subtile entre chacune des œuvres et s\u2019exprime à travers le bois, les oiseaux.L\u2019art à l\u2019ère de la surveillance numérique Le thème de la surveillance se manifestera dans les natures mortes façon rayon X de David Spriggs, dont l\u2019exposition PRISM sera à l\u2019af fiche à par tir du 18 juin et jusqu\u2019au 2 octobre.C\u2019est à la galerie Ar t Mûr que Sarah Boucher a pour la première fois été en contact de son travail.« J\u2019avais trouvé fascinante sa façon de travailler avec les acétates, qui donnent une perspective aux images », explique la conservatrice, qui se réjouit de voir se concrétiser un projet qu\u2019elle avait en banque depuis plusieurs années.Initialement présentée chez Arsenal ar t contemporain, l \u2019exposition a été adaptée pour l\u2019occasion.« Il y aura un contraste intéressant entre le style beaux-ar ts de la salle et les œuvres contemporaines.Pour les présenter dans un contexte qui les met en valeur, il faut que ce soit sombre, donc on va couvrir les fenêtres et les présenter avec un éclairage qui permettra d\u2019en capter tous les détails.» Bois et papier Les derniers territoires mettra à l\u2019honneur le travail de René Derouin du 11 juin au 2 5 s e p t e m b r e .A u p r o - gramme, une trentaine d\u2019œu- vres réalisées entre 2000 et 2013, période durant laquelle il renoue avec les bois reliefs, le noir et blanc et le papier découpé, influencé par les traditions japonaise et mexicaine, découvertes au fil de ses pérégrinations.Un catalogue a été édité spécialement pour l\u2019occasion.« C\u2019est de plus en plus rare qu\u2019on puisse se le permettre, car on préfère concentrer nos sous pour présenter des expositions et donner un cachet aux artistes », révèle Mme Boucher.Le vernissage des expositions de David Spriggs et de René Derouin aura lieu le 18 juin.MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE SHERBROOKE L\u2019été ne se fait pas attendre A L I C E M A R I E T T E Collaboration spéciale A vec sa veillée d\u2019été, le musée prévoit séduire à la fois les touristes et les Rimouskois, tout en soulignant l\u2019arrivée des étudiants dans la ville.Une première pour l\u2019établissement, qui ouvrira gratuitement ses por tes toute la soirée du 26 août.On nous promet une ambiance festive avec la présence d\u2019une «câleuse» et le concert de musique traditionnelle de La Queue du Loup.Journée de la famille Autre nouveauté cette année, le dimanche 24 juillet, le musée offrira une Journée de la famille dans le cadre des Grandes Fêtes TELUS.Au programme, visite gratuite du musée, jeux gonflables sur le parvis et activité d\u2019empreintes avec des pommes de terre, dans le cadre de l\u2019exposition À plumes ou à poils dans le froid\u2026 «L\u2019idée est de créer une œuvre collective, un tableau d\u2019empreintes géant», explique l\u2019agente à l\u2019éducation et à l\u2019action culturelle, Brigitte Lacasse.C\u2019est d\u2019ailleurs cette exposition sur les animaux de la forêt boréale et de la toundra arctique qui assure le volet scientifique du musée.«Cette exposition s\u2019adresse autant aux jeunes qu\u2019aux adultes, chacun va y trouver son compte», indique Nathalie Langelier, archiviste des collections.Le public peut toucher plusieurs spécimens d\u2019animaux, comme le carcajou, le bœuf musqué ou le phoque.L\u2019exposition fait aussi le lien entre les changements de comportement des animaux et le réchauffement climatique.À la fin de leur visite, les plus jeunes pourront participer à des ateliers de création d\u2019empreintes dans l\u2019argile.Une place pour l\u2019art contemporain La conservatrice de l\u2019art contemporain du musée, Ève De Garie-Lamanque, a mis en place deux expositions cet été, Lumens et Un printemps encore.«Le thème de la lumière étant plutôt général, je voulais l\u2019aborder de manière différente pour que ça devienne pertinent, explique-t-elle.Avec Lumens, ça ne m\u2019intéressait pas d\u2019aller dans le littéral.» Elle a ainsi, au fil des ans, regroupé les œu- vres très différentes de 11 artistes du Québec et de l\u2019international.Elle explique que c\u2019est notamment le travail du photographe canadien James Ni- zam, dont les clichés semblent représenter des formes géométriques en lumière, qui a été le point de départ pour cette exposition.Lumens est divisée en trois sections.D\u2019un côté, les œuvres avec des déplacements et d\u2019un autre celles des artistes qui semblent dessiner avec la lumière et l\u2019ombre portée.La dernière partie regroupe trois artistes qui poussent la photographie et les matériaux du procédé photographique à leurs limites en les utilisant d\u2019une façon inusitée.Pour finir, Un printemps encore est un assemblage de textes et d\u2019images, un dialogue entre les idées et les disciplines, et une symbiose de deux esprits créateurs du Bas-Saint-Laurent.Lors de sa première grande veillée d\u2019été le 26 août prochain, le Musée régional de Rimouski présentera ses trois mandats en une seule journée.L\u2019art contemporain avec l\u2019exposition Lumens, les sciences avec À plumes ou à poils dans le froid\u2026 et l\u2019histoire avec un concert de musique traditionnelle of fert par le groupe local La Queue du Loup.SOURCE MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE SHERBROOKE The Visible Spectrum (2015) de David Spriggs SOURCE MUSÉE RÉGIONAL DE RIMOUSKI Shard of light de Nizam "]
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