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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2016-06-20, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I N o 1 3 7 L E D E V O I R , L E L U N D I 2 0 J U I N 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Société \u203a Le quotidien britannique The Guardian lance une rubrique consacrée uniquement aux bonnes nouvelles.Page A 5 Actualités \u203a Pourquoi occulter Vimy pour honorer Parizeau?Une chronique de Jean-François Nadeau.Page A 3 Avis légaux.B 2 Décès.B 6 Météo.B 5 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Premières Nations Une mesure discriminatoire chez Santé Canada Page A 2 Bilan des 28es Francofolies Rêves exaucés et tempêtes variées Page B 8 A L E X A N D R E S H I E L D S P lus d\u2019un an après avoir donné le feu vert au projet Mine Arnaud, à Sept-Îles, le gouvernement Couillard ne parvient toujours pas à trouver le financement pour cette mine à ciel ouvert de plus de 850 millions de dollars, ni à trouver preneur pour la totalité de la production, a appris Le Devoir.Lassé d\u2019attendre, le maire réclame des investissements pour relancer et diversifier l\u2019économie de la région.Le 16 mars 2015, trois ministres avaient fait le voyage jusque sur la Côte-Nord pour annoncer l\u2019autorisation accordée par le gouvernement à Mine Arnaud, un projet qui devait symboliser la relance du Plan Nord libéral.«Le projet que nous annonçons aujourd\u2019hui est tout à fait le genre de projets que nous désirons voir se réaliser avec le Plan Nord.Des projets porteurs, des projets créateurs de richesse et d\u2019emplois, qui vont profiter aux communautés locales, mais également à tout le Québec», avait alors affirmé le ministre de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand.Québec avait du même coup promis la création de 1000 emplois durant la phase de PLAN NORD Mine Arnaud peine à se financer ROYAUME-UNI SPRINT FINAL AVANT LE VOTE SUR LE BREXIT DANIEL LEAL-OLIVAS AGENCE FRANCE-PRESSE Après trois jours de deuil et d\u2019unité nationale, la campagne sur la sortie ou non du Royaume-Uni de l\u2019Union européenne a repris ce week-end à quelques jours du référendum.Les sondages indiquent désormais un glissement en faveur d\u2019un maintien dans l\u2019UE après l\u2019assassinat de la députée Jo Cox.Page B 1 Lire aussi \u203a Une ?nale dramatique.Une chronique de François Brousseau.Page B 1 I S A B E L L E P A R É Q ui ne rêverait pas d\u2019avoir des millions en poche pour rénover les coins tristes de son quartier, verdir sa rue ou créer un jardin urbain?De plus en plus de citoyens ont ce privilège depuis que leurs villes ont adopté le budget participatif, une nouvelle donne qui redonne aux citadins le pouvoir de décider eux-mêmes comment seront dépensés les deniers publics.Adepte convaincu et convaincant de cette forme de démocratie émergente, Josh Lerner, directeur de l\u2019organisation The Participatory Budgeting Project (PBP) basée à Brooklyn, sera à Montréal ce lundi soir pour vanter les mérites de cette philosophie qui délègue aux citoyens un pouvoir longtemps resté l\u2019apanage des fonctionnaires de tout acabit.M.Lerner affirme que plus de 1500 villes, États et organisations communautaires dans le monde se sont aujourd\u2019hui convertis aux vertus du budget participatif (BP), né en 1989 à Porto Alegre, au Brésil.«L\u2019idée du budget citoyen est née au Brésil avec l\u2019arrivée du Parti travailliste.On voulait renverser les ef fets d\u2019années de dictature.Cela a permis de donner aux citoyens le pouvoir de voter sur des projets totalisant jusqu\u2019à 20% du budget.Cela a changé non seulement le visage de la démocratie, mais aussi celui de plusieurs villes de l\u2019Amérique latine», affirme M.Lerner.P?INT CHAUD Le budget participatif, un remède contre le scepticisme en politique S A R A H R .C H A M P A G N E V ictorien Mba n\u2019a pas manqué de noter la grosseur des réfrigérateurs et des jeeps depuis qu\u2019il est arrivé à Montréal.Il secoue la tête aussi chaque fois qu\u2019il voit une station-service Esso.« Je ne les aime pas beaucoup », dit-il, laconique.Il y reviendra plus tard.M.Mba est directeur de l\u2019Appui pour la protection de l\u2019environnement et le développement (APED) à Kribi, ville située sur le littoral ca- merounais.Depuis qu\u2019il séjourne à Montréal pour assister au Programme international de formation aux droits humains (PIFDH), il se réveille encore plus tôt.Avant les sessions intensives qui réunissent des militants des quatre coins du monde, avant le premier thé, avant même l\u2019aube, Victorien répond aux questions de son équipe restée au Cameroun.C\u2019est qu\u2019il y a tant à faire et si peu de ressources.L\u2019APED tente de faire entendre la voix des communautés locales et autochtones aux compagnies minières, forestières ou agro- industrielles qui sont de plus en plus nombreuses à s\u2019installer dans la zone.Le Cameroun cherche en ef fet activement à attirer ce genre d\u2019entreprises, notamment canadiennes, à l\u2019intérieur de ses frontières riches en ressources encore inexploitées.Le pays est en marche.Kribi, où est implantée l\u2019APED, devrait pouvoir en profiter puisqu\u2019elle ac- DROITS Les humains d\u2019abord Le militant Victorien Mba expose les failles du développement au Cameroun DELPHINE RAMOND AGENCE FRANCE-PRESSE Des travailleurs forestiers dans une forêt camerounaise, à la frontière du Gabon VOIR PAGE A 8 : HUMAINS VOIR PAGE A 8 : MINE VOIR PAGE A 8 : BUDGET J O C E L Y N E R I C H E R à Québec M artin Coiteux ne regrette rien.Si c\u2019était à refaire, l\u2019ex-président du Conseil du trésor procéderait de la même façon, en imposant d\u2019importantes compressions à l\u2019État, pour éliminer rapidement le déficit du Québec.Malgré l\u2019avalanche de critiques ces deux dernières années et malgré la baisse de popularité du gouvernement, l\u2019actuel ministre des Affaires municipales et de la Sécurité publique réaf firme qu\u2019il devait agir avec vigueur pour redresser les finances publiques du Québec et réduire la taille de l\u2019État.Alors que le gouvernement est à mi-chemin de son mandat, le ministre Coiteux a accepté de dresser le bilan de sa contribution et de son implication en politique.«La chose à faire» Le gouvernement n\u2019est-il pas allé trop vite et trop loin, quand on pense au prix que certains ont dû payer, en matière de réduction de services ?«Non, je ne pense pas », a affirmé le ministre au cours d\u2019un long entretien avec La Presse canadienne.Après coup, avec le recul, il demeure convaincu que «c\u2019était la chose à faire».«La vérité, c\u2019est que nos finances publiques allaient déraper», soutient-il, pour justifier l\u2019approche controversée privilégiée par le gouvernement déterminé à atteindre l\u2019équilibre budgétaire en 2016.Avec une dette beaucoup trop élevée, des milliards de dollars de déficits, une population vieillissante, « il ne fallait pas attendre pour redresser la barre», assure cet économiste, ancien professeur à HEC Montréal, qui refuse toujours de parler « d\u2019austérité » pour qualifier sa démarche.Loin de s\u2019amender, il salue le « courage » du gouvernement, qui a su voir «un peu plus loin», en faisant le nécessaire pour financer les services publics à plus long terme.Le ministre refuse de commenter l\u2019impact de ses décisions budgétaires sur les services directs à la population, relayé dans les médias quotidiennement, particulièrement en santé, en éducation et dans les services de garde.Du bout des lèvres, il préfère parler «d\u2019adaptations» rendues nécessaires.On aurait tort de croire que son départ du Trésor, en janvier dernier, marque la fin du processus enclenché sous son règne en vue de réduire la taille de l\u2019État.Même si ses successeurs au Trésor, Sam Hamad, puis Carlos Leitão, ont été depuis six mois discrets sur la question et que le rapport de la commission Robil- lard sur la révision permanente des programmes n\u2019alimente pas les conversations, M.Coiteux affirme que le processus va se poursuivre.«Il faut que ça s\u2019installe dans les processus de l\u2019ensemble des ministères », et si les résultats ne sont pas au rendez-vous, cela pourra entraîner «dans certains cas l\u2019abolition » de programmes.Il s\u2019est dit convaincu que son successeur au Trésor, Carlos Leitão, et lui sont « au diapason» à ce chapitre.Deuxième mandat?Entré en politique en 2014 pour combattre le projet de charte des valeurs et l\u2019approche péquiste sur la question identi- taire, Martin Coiteux ne prépare pas sa sortie.Tout indique qu\u2019il sera de nouveau candidat en 2018.«Si vous me demandiez aujourd\u2019hui : est-ce que j\u2019ai l\u2019intention d\u2019en faire un deuxième [mandat], je vous répondrais oui », dit-il sans hésiter.À 54 ans, il prétend n\u2019avoir aucune idée de ce qu\u2019il fera après la politique.Il hausse les épaules quand on lui demande comment il réagit devant tous ceux qui le traitent d\u2019« insensible » au malheur des gens qui subissent le contrecoup de ses décisions.Les réinvestissements en santé et en éducation «dès que possible » sont une priorité à ses yeux, plaide-t-il.«C\u2019est une grande incompréhension de ce qui m\u2019anime, dit-il.Les gens qui me connaissent un peu plus intimement qu\u2019à travers des slogans et des caricatures de journaux savent à quel point je tiens à ces questions-là.» Surprise Candidat-vedette du « trio économique » de l\u2019équipe libérale en 2014, M.Coiteux a été surpris par la demande du premier ministre, en janvier, de s\u2019occuper des Affaires municipales et de la Sécurité publique.« En toute franchise, ça ne faisait pas par tie des choses que j\u2019avais imaginées » comme plan de car rière, convient ce politicien d\u2019un naturel car tésien, rompu aux colonnes de chif fres et aux théories économiques.Du jour au lendemain, il a dû apprendre à gérer deux gros ministères et à traiter des dossiers délicats comme les jeunes fugueuses des centres jeunesse et les plaintes de harcèlement sexuel de femmes autochtones contre des policiers de la Sûreté du Québec.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E L U N D I 2 0 J U I N 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 DAVID AFRIAT LE DEVOIR Jacques Parizeau inhumé à Laval Les cendres de Jacques Parizeau ont été inhumées au cimetière de Laval, dimanche, un peu plus d\u2019un an après la mort de l\u2019ex- premier ministre du Québec.Un vaste espace du cimetière du rang du Bas-Saint-François a été dédié à «Monsieur », mort le 1er juin 2015, à l\u2019âge de 84 ans.Sur la photo, la veuve de Jacques Parizeau, Lisette Lapointe, ef?eure les mots «N\u2019ayez pas peur», choisis pour orner le monument offert par la Commission de la capitale nationale à la mémoire du politicien.Mme Lapointe souhaitait garder auprès d\u2019elle les cendres de son époux pendant un an.J O A N N A S M I T H à Ottawa L es exigences de Santé Canada font en sorte que les patients vivant dans des réserves font face à plus d\u2019obstacles et de délais que les Canadiens non autochtones pour avoir accès à des médicaments d\u2019ordonnance que leur médecin estime nécessaires pour traiter leurs troubles mentaux, af firme une psychiatre ayant travaillé dans des communautés de Premières Nations.La docteure Cornelia Wie- man, qui a travaillé huit ans dans une réser ve près de Brantford, en Ontario, a souligné que certains médicaments d\u2019ordonnance utilisés pour traiter des maladies mentales graves ne sont pas assurés par Santé Canada, à moins que le patient ait essayé d\u2019autres an- tipsychotiques sans constater d\u2019amélioration, ou que ceux-ci aient provoqué des effets indésirables.« Je devais souvent essayer les versions antérieures des médicaments, qui étaient désuètes selon les lignes directrices de la pratique clinique, et je devais avoir un résultat d\u2019échec pour un patient avant de recevoir le financement pour des médicaments plus récents qui étaient disponibles sur le marché», a expliqué Mme Wieman, psychiatre au Centre de toxicomanie et de santé mentale à Toronto, devant le comité parlementaire examinant la forte prévalence des cas de suicide dans les communautés autochtones.Visites espacées Cet enjeu est lié au Programme des services de santé non assurés de Santé Canada qui fournit environ un milliard de dollars en couverture annuelle pour les membres admissibles des Premières Nations et des Inuits pour des services restreints de médicaments d\u2019ordonnance, de soins dentaires, de soins optiques, de fournitures médicales et d\u2019équipement, de transport de patients et de consultations en santé mentale non couver ts par des programmes d\u2019assurance maladie privés, provinciaux ou territoriaux.La liste de médicaments couverts inclut quatre médicaments antipsychotiques qui ne peuvent être utilisés que dans des conditions restreintes et qui requièrent une préappro- bation de Santé Canada.Ces quatre produits sont pourtant inclus dans la couverture de base de l\u2019assurance médicaments en Ontario, notamment.Mme Wieman affirme que les chances de membres de communautés autochtones reculées de voir un psychiatre étaient plutôt rares et épisodiques.« Cela peut être la seule et unique fois que je suis en contact avec ce patient avant, disons, six mois, une année ou plus», fait- elle valoir en entrevue.Ainsi, cela risque de prendre encore plus de temps pour qu\u2019un patient obtienne finalement l\u2019approbation pour le médicament que son médecin voulait prescrire en premier lieu.« Je crois qu\u2019il y a cette couche supplémentaire que les membres des Premières Nations et les Inuits qui obtiennent des services de santé non assurés doivent traverser afin d\u2019obtenir le traitement dont ils ont besoin [\u2026] et cela constitue une inégalité », a af firmé Mme Wieman, la première femme autochtone psychiatre au Canada.Restrictions budgétaires Yvonne Jones, la secrétaire parlementaire de la ministre fédérale des Affaires autochtones, Carolyn Bennett, a affirmé plus tôt cette année que le gouvernement libéral était conscient des enjeux liés au Programme des ser vices de santé non assurés et qu\u2019il examinait de possibles réformes.Aucun porte-parole de Santé Canada n\u2019était disponible pour commenter le dossier.Le médecin Alika Lafontaine, président de l\u2019Association des médecins autochtones du Canada, déplore que la prise de décision ne soit plus entre les mains des cliniciens.«Les restrictions budgétaires ne devraient jamais être une excuse pour des soins qui ne seraient pas axés sur le patient », a dit M.Lafontaine.Mme Wieman a relevé aussi le peu d\u2019argent investi dans les consultations en santé mentale.Le rapport 2014-2015 sur le Programme des services de santé non assurés montre que 41 % des 1 milliard de dollars dépensés l\u2019ont été pour le paiement de services pharmaceutiques, comparativement à seulement 1,5% en santé mentale.Le programme couvre jusqu\u2019à 20 séances d\u2019une heure à la suite d\u2019une première évaluation.La Presse canadienne AUTOCHTONES Une mesure discriminatoire chez Santé Canada Une psychiatre dénonce les délais indus dans l\u2019accès aux bons médicaments Compressions : Martin Coiteux ne regrette rien Celui qui a lancé la réduction de la taille de l\u2019État dresse un bilan de mi-mandat «Je devais avoir un résultat d\u2019échec pour un patient avant de recevoir le financement pour des médicaments plus récents» JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Martin Coiteux dit avoir été surpris d\u2019hériter de la Sécurité publique et des Affaires municipales.L a présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, Ré- gine Laurent, estime que les nouvelles compressions de 242 millions de dollars dans le réseau de la santé pour 2016-2017 sont une catastrophe.Mme Laurent af firme qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une « opération de destruction ».La Presse rapportait samedi que cette nouvelle vague de compressions s\u2019ajoutait à celle d\u2019un demi-milliard de dollars de l\u2019année dernière.Une autre planète Selon Régine Laurent, les coupes de l \u2019an der nier ont provoqué de nombreuses réductions de ser vices et des suppressions de postes chez les professionnels en soins, contrairement à ce qu\u2019af - firme le ministre de la Santé, Gaétan Bar rette.Elle l \u2019accuse de « vivre sur une autre planète ou de ne pas vouloir dire la vérité ».Mme Laurent souligne que, dans les établissements, la pression est déjà énorme sur les membres de la FIQ, et qu\u2019avec la période de vacances estivales qui débute, la situation ne peut qu\u2019empirer.Elle soutient que le recours aux heures supplémentaires « obligatoires» , déjà très présentes, continuera d\u2019augmenter durant l \u2019été, précisant que c\u2019est complètement inhumain de demander autant aux infirmières.La Presse canadienne La FIQ déplore les nouvelles coupes en santé Les gens qui me connaissent un peu plus intimement qu\u2019à travers des caricatures de journaux savent à quel point je tiens à ces questions-là Martin Coiteux, ex-président du Conseil du trésor, à propos de la santé et de l\u2019éducation « » 242M$ C\u2019est le montant des nouvelles compressions qui seront exigées du réseau de la santé en 2016-2017. L E D E V O I R , L E L U N D I 2 0 J U I N 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 L es procès d\u2019intention contre Jacques Pari- zeau ont toujours été nombreux.À la fin de sa vie, écœuré de tout cela, Parizeau dit : «Je n\u2019ai mis personne en prison et on m\u2019a traité de fasciste et d\u2019intolérant.C\u2019est ça l\u2019image.Pierre Trudeau a fait mettre 500 personnes en prison et c\u2019est un grand démocrate.Je ne veux plus jouer ce jeu-là!» En 1993, dans Voir, un hebdomadaire qu\u2019on avait alors à l\u2019œil parce qu\u2019il signifiait quelque chose sur le plan culturel, un chroniqueur avait comparé pour le moins grossièrement Jacques Pa- rizeau à Abimael Guzmán, le fondateur maoïste du groupe armé Sentier lumineux au Pérou.L\u2019assimiler ainsi à un terroriste sanguinaire constituait une triste première.Ce funambulesque ballon voué à la simple provocation avait indigné au plus haut point Pierre Bourgault, qui avait alors profité de l\u2019occasion pour sonner la charge contre l\u2019accumulation de pareilles sottises.À la télévision, Bourgault s\u2019en était pris sans ménagement à ce chroniqueur qui montrait plus facilement ses humeurs que sa rigueur.Guzmán, rappela Bourgault en martelant son propos, est un terroriste.«Il a tué 20 000 personnes au Pérou sous prétexte de changer les méthodes de gouvernement! [\u2026] On n\u2019associe pas un homme démocrate dans une démocratie à un terroriste international.» Un an après ses funérailles, quel rapport entre la mort d\u2019autant de gens et la vie de Jacques Pari- zeau?À Outremont, là où Parizeau vécut une bonne partie de son existence, l\u2019administration de l\u2019arrondissement a demandé à la Ville de Montréal de rebaptiser le parc Vimy en son honneur.Un lieu de repos au nom de Jacques-Parizeau, voilà une bonne idée, même si Monsieur n\u2019a jamais été très reposant.Mais en quoi doit-on oblitérer la mémoire de Vimy pour honorer celle de Pa- rizeau?Plus de 10 000 soldats d\u2019ici sont morts sur cette crête en 1917.Chez nous, on rase la mémoire et on la reconstruit presque aussi vite grâce à des pensées préfabriquées.On débaptise et on rebaptise à loisir.La conscience du passé est sans cesse piétinée au grand trot des chevaux les plus hennissants du présent.Le gouvernement québécois a entrepris de désigner officiellement des personnages historiques par des avis légaux.Il publie à cet effet des avis publics dûment payés aux journaux.Georges-Émile Lapalme, l\u2019ancien chef du Parti libéral, est désormais classé tel un bien culturel.Lapalme avait emprunté à son ami André Malraux l\u2019idée de créer un réseau fort de maisons de la culture.Maintenant que son nom est légalement empaillé, en fait-on plus pour la culture?Dans ce même élan, on a classé Marie Travers, dite La Bolduc, sans que cela donne l\u2019envie à quiconque de turluter davantage ni surtout de mieux comprendre l\u2019effondrement social de 1929 à la lumière de celui qui se met en place désormais.Est-ce un signe des temps si ce gouvernement, dans cet élan puéril d\u2019autocélébration, a cru bon désigner aussi à son Registre du patrimoine l\u2019intendant François Bigot ?Il est après tout un homme de notre temps: ce fat régna comme intendant de la Nouvelle France avant d\u2019être accusé et chassé pour grossière corruption.Il est évidemment plus facile de s\u2019accommoder de noms de personnages qui flottent en apesanteur dans l\u2019espace public plutôt que de les faire se croiser au présent dans un enseignement conséquent capable d\u2019assurer la diffusion de leurs œu- vres et de leurs enseignements.Nos images patrimoniales flottent n\u2019importe comment sur l\u2019eau du présent, sans jamais que l\u2019on pense à les ancrer sur la terre ferme et à s\u2019y attacher pour mieux envisager une existence commune.Dans 887, la remarquable pièce de Robert Lepage, celui-ci observe au passage que Pauline Julien a vu son nom accolé après sa mort à une impasse où elle n\u2019a sans doute jamais mis les pieds.Affaire classée.Mais qui la fera encore chanter?La rue Molson croise désormais la place Pierre- Falardeau.Est-ce pour mieux entraver les éructations du cinéaste devant l\u2019histoire de cette famille de brasseurs?Les cinéastes Michel Brault et Pierre Perrault s\u2019intéressèrent de près aux goélettes, ces «voitures d\u2019eau» sans lesquelles nombre de villes et de villages ouverts sur le fleuve n\u2019existeraient pas.On comptait encore plus d\u2019une centaine de ces bateaux jusqu\u2019aux années 1960.Une seule a été préservée pour la navigation, d\u2019ailleurs sans le moindre soutien.Après le référendum de 1980, le poli- tologue Louis Balthazar avait fait à raison du vaste échouage des goélettes un véritable symbole d\u2019un échec collectif.Tandis que les grands quais le long du fleuve menacent à leur tour d\u2019être emportés, une pétition circule afin que Pour la suite du monde, le chef- d\u2019œuvre de Perrault et de Brault, soit désigné «comme un événement historique».Perrault plaidait pour la préservation de la mémoire du fleuve.Et voici qu\u2019on veut faire de ce film plutôt que du pays dont il rend compte un monument à préserver.«Quand le sage montre la lune du doigt, l\u2019imbécile regarde le doigt», dit le proverbe.Quelle chance, la cueillette des petits fruits sauvages dans la vallée de la Matapédia est maintenant inscrite au Répertoire du patrimoine culturel du Québec.Et on songe aussi à inscrire le procédé de fabrication de la tourtière à un registre de l\u2019UNESCO.Une fois tout cela empaillé, les apparences seront au moins préservées.Tout coule, mais il nous reste de ces jolies images sans conséquences qui glissent sur nos consciences liquéfiées.jfn@ledevoir.com Vini, Vidi, Vimy JEAN-FRANÇOIS NADEAU J E A N N E C O R R I V E A U F L O R E N C E S A R A G .F E R R A R I S L es pitbulls et les chiens appar tenant à d\u2019« autres races dangereuses » seront interdits sur le territoire montréalais à compter de septembre, a annoncé le maire Denis Coderre samedi matin.Mais les citoyens qui possèdent déjà de tels chiens pourront garder leur animal pourvu que celui-ci soit enregistré et stérilisé et qu\u2019il porte une muselière dans les lieux publics.La confirmation de la cause du décès de Christiane Vadnais attribuable à l\u2019attaque d\u2019un pitbull a incité l\u2019administration Coderre à précipiter sa décision concernant les chiens dangereux.Ainsi, une modification sera apportée au règlement sur le contrôle des animaux afin d\u2019interdire les chiens de type pitbulls et « autres races dangereuses ».Le maire Coderre n\u2019a pas listé les autres races qui pourraient être touchées, mais il a évoqué les malamutes, les rott- weillers et les dobermans.«Ça va être évolutif.[\u2026] Aujourd\u2019hui, on parle du pitbull, mais il y a déjà des exper ts qui disent : voici, potentiellement, il y a une liste qui existe.Il y a certaines races qu\u2019on doit regarder de façon plus précise », a expliqué le maire.« Le problème est souvent aux deux bouts de la laisse.» Montréal mettra en place des brigades canines supplémentaires avec le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), augmentera de façon « significative» les amendes et mettra en place des mesures pour s\u2019assurer de la conformité des bâtiments et des aménagements des cours arrière des propriétaires de pitbulls et autres chiens dangereux.«Il faut vraiment couvrir tous les angles», a indiqué M.Coderre qui dit vouloir éviter que d\u2019autres drames, comme la mort de Mme Vadnais, se reproduisent.Mais contrairement à la Ville de Québec qui interdira les pitbulls et forcera les propriétaires actuels à se débarrasser de leur animal dans un délai de six mois, Montréal a prévu des mesures transitoires pour ceux qui possèdent déjà de tels chiens.Ainsi, les propriétaires actuels pourront garder leur chien, mais celui-ci devra être enregistré, stérilisé et muni d\u2019une micropuce, en plus de porter une muselière dans les lieux publics.Montréal compte environ 150 000 chiens, mais seulement 14 % d\u2019entre eux sont enregistrés auprès de la municipalité même si le règlement actuel oblige déjà les propriétaires à enregistrer leur animal.Denis Coderre a indiqué que la Ville examinerait d\u2019autres éléments, comme la capacité des propriétaires à posséder un chien.«Un des critères pourrait être la question du casier judiciaire», a dit le maire.Par la même occasion, la Ville de Montréal dit vouloir s\u2019attaquer au problème de la sécurité des cours privées des résidences où vivent des chiens potentiellement dangereux.M.Coderre n\u2019a pas manqué de rappeler que la victime de l\u2019attaque mortelle d\u2019un pitbull, Christiane Vad- nais, s\u2019est fait mordre dans son propre jardin, par un chien qui avait réussi à traverser une clôture mal entretenue.Le projet de règlement sera déposé au conseil municipal du mois pour une adoption en septembre.Contestations multiples La Société canadienne pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de Montréal n\u2019a pas tardé à annoncer qu\u2019elle s\u2019opposait à toute interdiction visant une race spécifique.L\u2019organisme dit envisager tous les recours, y compris une contestation devant les tribunaux, pour empêcher la Ville de Montréal de bannir les pitbulls.L\u2019administration Coderre mise sur la peur et les préjugés pour faire adopter un règlement «discriminatoire » et «presque impossible » à appliquer, dénonce la SPCA, qui préconise plutôt la mise en place de stratégies d\u2019action et de prévention élaborées par des experts en comportements canins pour contrer les agressions.Propriétaire d\u2019un pitbull depuis deux ans, Camille Robert abonde dans ce sens, déplorant la campagne de peur perpétrée par les médias et les pouvoirs publics à l\u2019endroit de ces chiens.« Le problème est ailleurs, af firme la jeune femme.Il faut réfléchir aux circonstances entourant une attaque, plutôt que de montrer du doigt une race de chien en particulier.» Selon elle, les mesures annoncées par la Ville de Montréal ne sont pas mauvaises \u2014 « mis à part la muselière obligatoire » \u2014, mais elles ne devraient pas se limiter aux pitbulls.«L\u2019obligation d\u2019enregistrer et de stériliser son animal devrait être obligatoire pour tout le monde », renchérit Camille Robert.À son sens, la Ville devrait plutôt renforcer sa lutte contre les usines à chiots qui constitue un véritable problème, notamment en ce qui concerne le surpeuplement.Renverser les préjugés Pour tenter de renverser les préjugés à l\u2019endroit des pitbulls, de nombreux groupes, tant à Montréal qu\u2019ailleurs au Québec, sont apparus au cours des derniers mois sur les réseaux sociaux.C\u2019est le cas, entre autres, de Pitbull Québec qui vise à briser les préjugés à l\u2019égard de ces chiens.En ce sens, le groupe organise d\u2019ailleurs une manifestation à Montréal le 16 juillet prochain pour dénoncer la «législation spécifique des races» qui interdit certains types d\u2019animaux.Chiens et maîtres seront donc attendus à la mi-juillet au parc Pélican dans l\u2019arrondissement de Rose- mont\u2013La-Petite-Patrie à compter de 11 h.À un peu moins d\u2019un mois du rassemblement, près de 2000 personnes ont indiqué sur la page Facebook de l\u2019événement qu\u2019elles comptaient participer.La date et le trajet ont déjà été enregistrés auprès du SPVM.Avec La Presse canadienne Le Devoir Montréal bannit pitbulls et «chiens dangereux» Contrairement aux propriétaires de Québec, ceux de Montréal pourront conserver leur chien, qui devra être muselé dans les endroits publics Interdictions élargies ?En plus de Montréal et de Québec, la Ville de Brossard a également annoncé plus tôt cette semaine qu\u2019elle allait bannir les pitbulls de son territoire.Les villes de Candiac et de Saint-Constant ont, elles aussi, annoncé leur intention de revoir leur réglementation respective dans l\u2019optique d\u2019interdire à nouveau les pitbulls sur leur territoire.Alors que sept municipalités, formant la Régie intermunici- pale de police Roussillon sur la rive-sud dans la région de Montréal, les avaient longtemps prohibés, certaines d\u2019entre elles s\u2019étaient ravisées en avril dernier.Les récents événe- ments survenus à Pointe-aux-Trembles incitent toutefois certains élus à revenir sur leur décision.La Ville de Candiac a même indiqué qu\u2019elle irait plus loin en imposant le port d\u2019un licou pour tous les chiens de 20kg et plus à partir du 1er août.Les pitbulls devront, quant à eux, porter la muselière, peu importe leur poids.Une législation provinciale devrait également voir le jour à l\u2019automne.Le premier ministre Philippe Couillard a annoncé jeudi que son gouvernement allait «probablement» suivre l\u2019exemple de l\u2019Ontario et interdire les pitbulls dans la province.A L A I N M A R T I N E A U V éronique Hivon jette les bases d\u2019un vaste programme visant à affranchir le Québec de sa dépendance au pétrole pour 2050.Candidate à la direction du Parti québécois (PQ), la députée de Joliette a choisi la Maison du développement durable, au centre-ville de Montréal, pour dévoiler le premier volet de son plan qui met l\u2019accent sur la qualité de vie des familles, dimanche.Mme Hivon ne souhaite rien de moins que de «réinventer nos milieux de vie», en plaidant pour une révision en profondeur des aménagements urbains, en concertation avec les villes.L\u2019objectif sera de réduire les déplacements en automobile, si l\u2019on veut, selon elle, réussir la transition et s\u2019affranchir du pétrole.Celle qui est contre des projets pétroliers comme celui en cours à l\u2019île d\u2019Anti- costi favorise plutôt des projets en transport en commun ou transport alternatif, et l\u2019implantation de mesures concrètes dans le monde du travail.«Nous mettrons en place, a affirmé Mme Hivon, une norme pour permettre aux personnes dont les emplois s\u2019y prêtent de pouvoir faire du télétravail au moins une journée par semaine à la maison, ce qui réduira les déplacements.Et quand on aura tous les pouvoirs d\u2019un pays, on pourra obliger les entreprises de communications à déployer des réseaux à large bande sur tout le territoire québécois, ce qui d\u2019ailleurs facilitera le télétravail», a-t-elle ajouté.Réduire la facture de transport Mme Hivon prend aussi parti pour les petits commerces et des services publics de proximité.« Nous soutiendrons également l\u2019établissement de commerces de proximité (pour éviter les déplacements systématiques vers les grandes surfaces) tout en misant sur la localisation des édifices de services publics au cœur des villes et villages», a-t-elle insisté.Mme Hivon croit qu\u2019une série de mesures «efficaces» permettra aux familles de réduire dans leur budget les sommes qui vont dans la colonne «transport».«Les transports sont une clé essentielle.Je nous donne d\u2019ailleurs comme objectif de réduire la part du revenu des ménages consacré au transport d\u2019ici 2030 de 20% à 15%.Présentement, les gens sont pris dans la circulation, les transports sont un véritable casse-tête», a-t-elle analysé.Pour financer cette panoplie de mesures, la députée du Parti québécois préconise une fiscalité novatrice.«Mon plan prévoit des mesures fiscales pour soutenir les municipalités, une fiscalité inno- vante qui va faire en sorte que ce sera payant pour les municipalités d\u2019avoir des milieux de vie adaptés au transport, des zones amies des transports collectifs.Déjà, les gens ont soif de ça» a-t-elle indiqué en entrevue.Sa stratégie prévoit donner un coup de pouce de 100 millions de dollars aux municipalités.La Presse canadienne COURSE AU PQ Hivon veut un Québec libéré du pétrole d\u2019ici 2050 RYAN REMIORZ LA PRESSE CANADIENNE La SPCA n\u2019écarte pas une contestation juridique du règlement s\u2019il vise une race spécifique, comme les pitbulls dans ce cas-ci.L\u2019organisme accuse Montréal de discrimination.Ci-dessus, une employée de la SPCA câline le pitbull Athena. L E D E V O I R , L E L U N D I 2 0 J U I N 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 Voitures électriques : grand symposium à Montréal Montréal sera tout électrique cette semaine, alors que s\u2019est ouvert dimanche le 29e Symposium international des véhicules électriques au Palais des congrès de Montréal.Plus de 2000 personnes de tout horizon \u2014 chercheurs, manufacturiers et décideurs publics \u2014 seront de passage dans la métropole jusqu\u2019à mercredi pour discuter des enjeux actuels et à venir entourant l\u2019électrification des transports.En plus des nouvelles technologies qui seront à l\u2019honneur, le Symposium sera également l\u2019occasion de parler des infrastructures qui sont nécessaires pour rendre les véhicules électriques plus faciles à conduire en milieu urbain.Au Canada, on compte 18 500 véhicules électriques sur les routes, cinq ans après leur entrée sur le marché.Le Devoir Chantier Davie : la CSN demande à Québec d\u2019intervenir Lévis \u2014 La Confédération des syndicats nationaux (CSN) demande au gouvernement du Québec d\u2019intervenir rapidement dans le conflit qui oppose la Société des traversiers du Québec (STQ) et le Chantier naval Davie à Lévis.Vendredi, le Chantier Davie a annoncé le licenciement de 120 travailleurs en raison de l\u2019arrêt des travaux sur un traversier de la STQ.En entrevue samedi, la présidente du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches, Ann Gingras, a martelé que le litige doit être réglé une fois pour toutes.Pour l\u2019instant, ce sont les travailleurs qui font les frais de ce conflit, dont le syndicat tente tant bien que mal de comprendre la teneur.Mme Gingras s\u2019inquiète des conséquences à long terme de cette valse de mises à pied suivie de réembauches.Les clients de Chantier Davie pourraient être tentés de se tourner vers d\u2019autres entreprises plus stables, men- tionne-t-elle.«C\u2019est un non-sens que, chaque fois qu\u2019il y a une dispute [\u2026], il y ait des mises à pied», s\u2019indigne-t-elle.La Presse canadienne Mont Royal : le lâcher de lanternes est annulé Après avoir déclenché l\u2019ire des défenseurs du mont Royal, l\u2019événement «Montreal Wish Lantern Festival», qui devait se tenir lundi à la tombée du jour, a été annulé dimanche midi.Alertée par la popularité du lâcher de lanternes volantes sur les réseaux sociaux \u2014 plus de 40 000 personnes avaient indiqué être désireuses de participer au rassemblement lancé en février dernier \u2014, la Ville de Montréal avait indiqué la semaine dernière qu\u2019elle serait obligée de déployer ses forces policières pour empêcher la tenue de l\u2019événement compte tenu des risques d\u2019incendie.Déclaré illégal par la Ville, il a finalement été annulé par les organisateurs dimanche.Ces derniers n\u2019ont pas répondu à la demande d\u2019entrevue du Devoir.Le Devoir DAVID AFRIAT LE DEVOIR Une première « cyclovia» montréalaise sous le soleil La première des trois «cyclovias» de l\u2019arrondissement Sud-Ouest, à Montréal, a eu lieu dimanche dans les rues du quartier Saint-Paul- Émard.À l\u2019origine, le concept né en Colombie consiste à fermer une artère à la circulation automobile pour laisser toute la place aux cyclistes et aux piétons.Pour l\u2019occasion, le Sud-Ouest a choisi de fermer trois kilomètres de petites rues, de 10 h à 14 h.L\u2019événement familial comprenait des jeux et des ateliers de mise au point et de burinage de vélo, installés au long du parcours.Les deux prochaines cyclovias auront lieu le 4 août et le 11 septembre, toujours dans de petites rues situées entre le canal Lachine et le parc Angrignon.W ashington \u2014 Les autorités américaines vont rendre publics lundi des extraits écrits des dernières conversations téléphoniques entre la police et l\u2019homme qui a ouvert le feu dans une boîte gaie d\u2019Orlando, où ont été comptés 49 morts et 53 blessés.«Demain, nous allons rendre publics un certain nombre d\u2019extraits écrits des appels [téléphoniques] entre le tueur et la police d\u2019Orlando cette nuit-là dans le club», a déclaré à CNN Loretta Lynch, la ministre américaine de la Justice.Le tueur, Omar Mateen, a commencé son équipée sanglante dimanche 12 juin à 2 h au Pulse, une boîte gaie en vogue d\u2019Orlando.Après avoir ouvert le feu sur la clientèle et échangé des tirs avec des policiers, il a pris des personnes en otages dans les toilettes de la discothèque, d\u2019où il a composé le numéro d\u2019urgence 911, avant d\u2019être rappelé.Durant ce temps, les forces de l\u2019ordre ont privilégié la négociation avec Mateen.Elles ont finalement opté pour l\u2019intervention armée vers 5 h du matin et tué le tireur radicalisé.«Il y a eu trois conversations entre le tueur et les négociateurs», a souligné Mme Lynch, qui se rendra mardi à Orlando.Rien sur l\u2019homophobie Durant ces échanges, Omar Mateen a prêté allégeance au groupe État islamique et «a évoqué certains aspects de la politique américaine », a-t-elle affirmé.En revanche, selon elle, il n\u2019a pas parlé de ses sentiments homophobes.«Nous continuons donc à chercher pourquoi il a choisi cet endroit en particulier pour mener son attaque», a dit Mme Lynch.«La raison pour laquelle nous limitons la publication de ces extraits est pour éviter d\u2019infliger une nouvelle souf france à ceux qui ont été impliqués dans cette horreur», a ajouté la ministre.Omar Mateen était un citoyen américain d\u2019origine afghane et de religion musulmane.Agence France-Presse TUERIE D\u2019ORLANDO Des extraits des appels du tueur rendus publics M A R I E - M I C H È L E S I O U I D e nouvelles voix s\u2019ajoutent au mouvement d\u2019opposition à la nomination d\u2019un parc d\u2019Outremont en l\u2019honneur de l\u2019ex-premier ministre Jacques Parizeau: des citoyens ont promis de participer à une manifestation, ce lundi, à l\u2019invitation d\u2019un groupe qui prétend vouloir « ramener le Canada dans le Québec».La présidente et fondatrice de ce groupe, appelé Unity, insiste : ce n\u2019est pas l\u2019utilisation du nom de Jacques Parizeau qui la dérange, mais plutôt le fait de retirer le nom actuel du parc de Vimy, qui fait référence à un assaut canadien donné sur des positions allemandes en France, en avril 1917.«Ces militaires, dont certains étaient Québécois, ont donné leur vie pour que nous ayons des droits et des liber tés.Et maintenant, nous voulons les remplacer par Jacques Parizeau », a déclaré Antoinette Mercurio, en entrevue au Devoir, au sujet de la bataille de la crête de Vimy.Un autre parc Sur la page Facebook du groupe Unity, quelque 100 personnes ont manifesté leur intérêt pour la manifestation, qui doit commencer à l\u2019hôtel de ville d\u2019Outremont, pour ensuite se diriger vers le parc de Vimy, devant lequel Jacques Parizeau a vécu pendant 40 ans.Or l\u2019arrondissement a déjà adopté, mercredi, une résolution visant à renommer le parc.« Nous avons quand même décidé de ne pas aller à l\u2019hôtel de ville de Montréal [où se déroulera une séance du conseil municipal, lundi soir] car nous risquons d\u2019être placés devant le fait accompli», a expliqué Mme Mer- curio.«Nous voulons aller là où le problème a commencé.» Le maire de Montréal, Denis Coderre, a déjà confirmé son intention d\u2019aller de l\u2019avant avec le projet de nomination du parc.Il a notamment rappelé que des cérémonies commémoratives de la bataille de Vimy auront lieu au cours des festivités du 375e de Montréal.Pour Antoinette Mercurio, dont les grands-parents ont combattu pendant les deux grandes guerres, retirer le nom actuel du parc équivaut néanmoins à déshonorer les militaires qui ont participé à la bataille de Vimy.«Trouvez-lui un autre parc ! », a-t-elle proposé.«C\u2019est un politicien qui a fait de très belles choses, personne ne nie cela.[Mais] on ne déshonore pas des soldats qui se sont battus pour le Canada et pour le Québec.» Le Devoir Nouvelle opposition au parc rebaptisé Parizeau Le groupe appelé « Unity » condamne le retrait de l\u2019hommage à la bataille de Vimy P H I L I P P E S I U B E R S K I à Bruxelles L a menace terroriste continue à planer sur la Belgique trois mois après les attentats de Bruxelles, et l\u2019inculpation samedi de trois hommes pour «tentative d\u2019assassinat» démontre que si l\u2019enquête se poursuit sans relâche, les djiha- distes restent eux aussi actifs sur le sol belge.Des dizaines de perquisitions ont été ef fectuées dans 16 communes belges dans la nuit de vendredi à samedi, un peu moins de trois mois après les attentats du 22 mars, à l\u2019aé- ropor t et dans le métro bruxellois (32 morts, plus de 300 blessés).Le parquet fédéral, qui coordonne la lutte antiterroriste, a expliqué samedi que « les éléments recueillis dans le cadre de l\u2019instruction nécessitaient d\u2019intervenir immédiatement».Les perquisitions ont eu lieu principalement à Bruxelles, mais aussi en Flandre et en Wallonie.Des centaines d\u2019enquêteurs ont fouillé des habitations, 152 garages, et procédé à l\u2019interpellation d\u2019une quarantaine de personnes, dont 12 ont été entendues par un juge d\u2019instruction antiterrorisme, qui a décidé d\u2019en inculper 3 \u2014 Samir C., Moustapha B.et Jawad B \u2014 et de les placer en détention provisoire.Antécédents Selon la télévision publique R TBF, deux d\u2019entre eux, qu\u2019elle dit être Moustapha Benhattal (40 ans) et Jawad Benhattal (29 ans), font partie de la famille d\u2019Ibrahim et Khalid el Bakraoui, deux des trois kamikazes des attentats de Bruxelles.Les deux hommes ont des casiers judiciaires bien remplis pour vols, détention d\u2019armes et coups et blessures, selon la RTBF.Moustapha Benhattal aurait en outre eu des contacts avec Khalid el Bakraoui jusqu\u2019à la fin 2015, tandis que son frère Jawad aurait braqué un bureau Wester n Union en 2010 à Bruxelles en compagnie d\u2019Ibra- him el Bakraoui, selon les informations de la chaîne publique, non confirmées.Toujours selon des médias belges, les enquêteurs avaient acquis la conviction, sur la base d\u2019écoutes téléphoniques, qu\u2019une cellule s\u2019apprêtait à commettre un attentat ce week-end, notamment à l\u2019occasion du match Bel- gique-Irlande samedi après- midi.Le parquet fédéral n\u2019a donné aucun détail sur les cibles potentielles, mais le chef d\u2019inculpation retenu contre les trois suspects laisse peu de doutes sur leurs intentions: «tentative d\u2019assassinat dans un contexte terroriste» et «participation aux activités d\u2019un groupe terroriste».Le spectaculaire coup de filet a-t-il pour autant permis de circonscrire la menace ?Le match Belgique-Irlande (3-0), suivi par des milliers de sup- por ters en Belgique sur des écrans géants, s\u2019est déroulé sans incident.«Sous contrôle» Mais de l\u2019aveu même du parquet, l\u2019opération n\u2019a pas atteint l\u2019ensemble de ses objectifs, puisqu\u2019« aucune arme ni explosif » n\u2019ont été retrouvés.Deux cellules étaient visées, mais «une seule a pu être mise hors d\u2019état de nuire», a affirmé un exper t en ter rorisme, Claude Moniquet, interrogé par la chaîne France 24.Le premier ministre Charles Michel a lui assuré samedi que la situation était « sous contrôle», et a salué le « travail gigantesque » des enquêteurs, « qui mettent tout en œuvre pour démanteler les cellules terroristes ».L\u2019Organe de coordination pour l\u2019analyse de la menace terroriste (Ocam) n\u2019a pas non plus rehaussé son niveau d\u2019alerte, qui reste à 3 (menace «possible et vraisemblable»).Des messages qui se veulent rassurant, alors que la presse belge a révélé mercredi que les services de police du royaume avaient été avertis que des combattants du groupe État islamique (EI) avaient récemment quitté la Syrie pour commettre des attentats en Belgique et en France.Agence France-Presse La menace terroriste plane toujours sur la Belgique Trois des douze personnes arrêtées samedi ont été accusées de tentative d\u2019assassinat Nous continuons à chercher pourquoi il a choisi cet endroit en particulier pour mener son attaque Loretta Lynch, ministre de la Justice « » N ouakchott \u2014 Le gouvernement mauritanien s\u2019est élevé dimanche contre l\u2019arrêt du travail dans la mine d\u2019or de Tasiast, par son exploitant canadien Kinross, une mesure «contraire à la loi».La société canadienne Kin- ross, qui exploite la mine de Ta- siast, à 250 km au nord de Nouakchott, a annoncé samedi en avoir suspendu la production après l\u2019interdiction de travailler imposée vendredi par le ministère mauritanien du Travail aux expatriés n\u2019ayant pas de «permis de travail valide».Kinross n\u2019est plus en mesure, à cause de cette décision, d\u2019assurer «la sécurité du travail et des travailleurs» et des installations, a affirmé à l\u2019AFP son porte-pa- role-parole, Raphaël Sourt.Une mission de l\u2019inspection du travail à Tasiast avait découvert des irrégularités dans l\u2019entreprise, dont l\u2019expiration du permis de travail d\u2019employés expatriés, selon les autorités mauritaniennes.Ses inspecteurs ont constaté «des manquements graves à la législation sociale», notamment concernant l\u2019emploi des travailleurs étrangers, indique le communiqué.«Ces violations ont été portées à la connaissance de la direction de Kinross Tasiast qui a été invitée à se conformer à la réglementation», ajoute le texte.Conditions de travail « Les mesures unilatérales qu\u2019entreprend la société [Kin- ross] sont contraires aux lois et règlements en vigueur et aucune fermeture provisoire de l\u2019entreprise ne pourrait se justifier», a réagi dimanche le ministère de la Fonction publique et du Travail, dans un communiqué.La suspension de la production dans la mine de Tasiast est sur venue une semaine après la fin d\u2019une grève de 18 jours, déclenchée par les employés qui réclamaient des avantages sociaux.Ce mouvement, auquel un accord entre la société et les travailleurs avait mis fin le 11 juin, avait été lancé le 24 mai sur le site de production et avait touché la quasi-totalité des 1041 employés permanents, mais pas les travailleurs occasionnels.Exploitée depuis 2010, Ta- siast est l\u2019une des principales mines d\u2019or en Afrique de l\u2019Ouest.Agence France-Presse Une minière canadienne défie la Mauritanie Une tête de porc devant une mosquée de Québec Une tête de porc a été déposée au centre culturel islamique de Québec, devant l\u2019une des portes dans la nuit de samedi à dimanche.La tête de l\u2019animal, dont la viande est interdite de consommation par le Coran, a été placée dans un emballage cadeau transparent accompagné d\u2019une note sur laquelle était inscrit «Bonne [sic] appétit».Le geste, fait en plein ramadan, a été dénoncé par le président du centre islamique de Québec, Mohamed Yangui.«On n\u2019a pas de problème avec quiconque et on respecte la population.On souhaite que ce soit mutuel», a-t-il déclaré à Radio-Canada.Le Service de police de la Ville de Québec a ouvert une enquête.Le Devoir L E D E V O I R , L E L U N D I 2 0 J U I N 2 0 1 6 SOCIETE A 5 T iens, faisons un peu de visualisation\u2026 Quand on évoque une ville intelligente, qu\u2019est-on susceptible de voir au juste ?De la fibre optique dans chaque résidence, des transports électrifiés, des systèmes de « lecture» des mouvements dans la ville pour optimiser les déplacements, Internet à haute vitesse partout, dans les bus, les métros, les parcs\u2026 Une ville intelligente enraye ses embouteillages en offrant des solutions intelligentes et cohérentes avec sa trame urbaine.Elle réduit sa production de déchets, recycle et valorise chacune de ses empreintes environnementales.Elle pose des matériaux innovants sur ses artères, elle a un système d\u2019éclairage qui adapte sa consommation d\u2019énergie en fonction de la luminosité naturelle ambiante et des besoins réels des humains au sol, elle exploite l\u2019interconnexion des réseaux pour combattre les nuisances induites par les travaux publics sur la vie des citadins.Une ville intelligente est cette ville idéale et forcément rêvée, mais pour l\u2019Intelligent Community Forum (ICF), il s\u2019agit plutôt de Montréal, élue jeudi dernier « Communauté intelligente de l\u2019année 2016» par cet organisme formé de 145 villes à travers le monde et qui fait la promotion de l\u2019innovation en zone urbaine.Pour l\u2019ICF, Montréal « joue le jeu de l\u2019innovation au niveau le plus élevé possible».Le jury ajoute que : « la ville a trouvé probablement ce lien fort qui donne l\u2019exemple sur la manière d\u2019amener la révolution des technologies vers cette nouvelle renaissance dans laquelle nous croyons que les villes peuvent entrer ».Oui, il est bien question de Montréal, Québec, Canada, dans le communiqué de presse.Plus de doute, une ville intelligente, en 2016, est surtout celle qui est le plus capable de faire croire plutôt que de faire.C\u2019est une ville qui a l\u2019intelligence de poser une réalité parallèle en réalité augmentée et qui le fait le plus sérieusement du monde en se disant que tout le monde n\u2019y verra que du feu.Produire de l\u2019illusion Il y a de la prestidigitation dans ce titre décerné à Montréal au terme d\u2019une analyse qualitative et quantitative d\u2019un an de données sur la ville, d\u2019une inspection de plusieurs sites par les membres du Forum et d\u2019un vote d\u2019un jury international qui a évalué des critères liés à la qualité et à la disponibilité de la bande passante, à l\u2019innovation, à l\u2019équité numérique, au développement durable, à la culture du savoir\u2026 Visiblement, ils n\u2019étaient pas là vendredi soir dernier dans le Vieux-Montréal pour constater que le réseau sans fil of fer t avec générosité pour suivre sur son téléphone l\u2019impressionnante exposition Cité Mémoire était dif ficile d\u2019accès pour ensuite devenir erratique, puis totalement dysfonctionnel.Comme si le cadre technique n\u2019avait pas eu l\u2019intelligence d\u2019anticiper le succès de la chose.L\u2019ICF était ailleurs, mais pas non plus dans ces voitures de métro datant encore des années 60 dans lesquelles l\u2019accès à Internet est inexistant.Le jury n\u2019a pas vu non plus ces excavations de trois jours pour réparer des fils enfouis qui prennent plusieurs semaines avant d\u2019être remblayées puisque aucune gestion intelligente des travaux publics n\u2019existe dans cette ville intelligente.Il n\u2019a pas vu ce compostage qui peine à dépasser le stade de projet pilote, ces voitures en autopartage dont on interdit le stationnement dans les rues du centre-ville, ces autobus qui roulent encore à l\u2019énergie fossile, ce train reliant l\u2019aéroport du centre-ville qui tient encore et toujours de la mythologie de l\u2019annonce politique, tout comme le tramway, le prolongement des lignes du métro, le respect du patrimoine bâti, d\u2019ailleurs.Être ou paraître?Qu\u2019on ne s\u2019y trompe pas : à Montréal, le cadre de vie est agréable, équilibré, ouvert et dynamique, l\u2019esprit de la ville vibre, plutôt bien et probablement bien plus qu\u2019ailleurs, mais il n\u2019est pas nécessaire de surjouer une innovation, une modernité en se drapant dans un titre de communauté intelligente de l\u2019année, avec une prétention, une suf fisance, une arrogance que Montréal n\u2019a heureusement pas.Quand on vit symboliquement au-dessus de ses moyens, il y a un risque élevé de faire faillite.En vélo sur l\u2019asphalte qui commence à se fissurer trois ans à peine après avoir été fraîchement posé et dans lequel les bouches d\u2019égout s\u2019affaissent l\u2019année suivant leur rénovation, difficile de se croire sérieusement dans une « ville intelligente » où le pouvoir de l\u2019esprit et des technologies est mis quotidiennement à contribution et de manière concertée pour combattre les inefficacités coûteuses et enrayer la médiocrité.Tout ce qui fait une ville intelligente est bien plus, en 2016, dans des zones urbaines de la Corée du Sud ou du Japon, dans des quartiers de La Haye ou d\u2019Amsterdam aux Pays-Bas, de Munich ou Berlin en Allemagne.À Montréal ?Le qualificatif pour le moment ne confirme qu\u2019une seule chose.C\u2019est que l\u2019intelligence peut être un leurre, mais qu\u2019elle est aussi bien relative.chroniquefd@ledevoir.com sur Twitter : @FabienDeglise #CHRONIQUEFD L\u2019intelligence relative FABIEN DEGLISE I S A B E L L E B U R G U N I maginez un médicament sans effets secondaires ou, mieux encore, un remède qui soigne plusieurs maux à la fois.Rafael Najma- novich, docteur en biochimie et professeur- chercheur de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l\u2019Université de Sherbrooke, s\u2019attelle à rendre cet avenir possible.« Il suf fit parfois de changer un atome ou une liaison.Notre outil vise à aider ceux qui développent les médicaments pour empêcher les cibles croisées, responsables des ef fets secondaires », relève le biochimiste.Son outil bio-in- formatique (IsoMIF), constitué d\u2019une banque de données des interactions entre molécules et protéines (plus de 7000 protéines avec des structures connues et plus de 14 000 sites de liaison y figurent), propose six façons structurelles d\u2019observer les liens qui se créent en présence des différentes molécules.Cette méthode aide les chercheurs à mettre au jour les similarités de réactions des protéines \u2014 des réactions semblables autrement dit \u2014 pour que les concepteurs puissent modifier la formule des remèdes.« Les protéines sont comme des serrures et le médicament, la clé qui les fait réagir.Nous connaissons les protéines et leur réaction face à un type de médicament et, en les comparant, nous pourrons développer des molécules plus ciblées ou en élaborer qui ciblent les deux en même temps », explique plus simplement l\u2019étudiant au doctorat Mat- thieu Chartier.Le développement de cet outil et son interface Web pour la recherche ont déjà fait l\u2019objet d\u2019une, non, de deux publications.Ils ont été en partie financés par le Consortium québécois sur le développement du médicament, qui rassemble les plus grandes industries pharmaceutiques au pays.L\u2019outil, l\u2019inter face et les publications sont disponibles en open source afin que d\u2019autres chercheurs puissent les utiliser gratuitement.« Nous tenons au transfert de technologie et au libre accès à notre travail, car notre financement provient du public et doit lui bénéficier », souligne le Pr Najmanovich.Pharmacologie de précision La médecine personnalisée, et plus particulièrement la pharmacologie de précision, serait l\u2019avenir de la santé.Nos voisins américains ont même investi 215 millions de dollars dans l\u2019Initiative sur la médecine de précision.Pour contourner les limites de la création de nouveaux médicaments, les chercheurs pourraient replonger dans la pharmacopée existante et opérer un grand tri.Il serait également possible de développer des médicaments de prévention pour des maladies à venir, sans connaître l \u2019 inconfor t de la prise de drogue.« Prendre un médicament est souvent comme un couteau à double tranchant.Si nous pouvons trouver une autre manière d\u2019aborder la prise de médicament en réduisant la toxicité et en augmentant les cibles de réaction, cela réduirait les risques liés à la polypharmacie », affirme le chercheur.Agence Science-Presse Demain, dans votre pharmacie La pharmacologie de précision pourrait être l\u2019avenir de la santé «Nous tenons au transfert de technologie et au libre accès à notre travail, car notre financement provient du public et doit lui bénéficier» Le journal britannique The Guardian vient de lancer une rubrique uniquement consacrée aux bonnes nouvelles.Un concept d\u2019« information positive» qui prend de l\u2019ampleur, surtout sur la Toile.V I R G I N I E N U S S B A U M «J e vais arrêter de regarder les infos, c\u2019est vraiment trop déprimant.» Combien de fois avons-nous entendu cette phrase, accompagnée d\u2019un haussement d\u2019épaules las ?Sur les écrans de télévision, il est vrai, les images d\u2019attentats suicides côtoient bien souvent la hausse du chômage ou l\u2019avancée d\u2019un nouveau virus planétaire.De quoi se sentir parfois noyé sous un torrent de mauvaises nouvelles.Comme s\u2019il avait senti déferler cette vague de ras-le-bol, le célèbre quotidien britannique The Guardian annonçait début juin le lancement de sa série «Half Full», en référence à l\u2019expression du « verre à moitié plein ».Le site du journal promet ainsi davantage d\u2019articles centrés sur « les solutions, les innovations et les réponses» apportées par des individus autour du globe, sous l\u2019étendard de l\u2019« information positive».Un concept qu\u2019il n\u2019est de loin pas le seul à exploiter.Upworthy, Positive News ou encore le français Pepsnews : au cours des cinq dernières années, le nombre de sites consacrés à la bonne nouvelle a explosé sur la Toile.Le très célèbre Huffington Post, lui aussi, propose désormais une rubrique consacrée à l\u2019information qui fait du bien.Trop de bombes Des expérimentations qui font écho à un sondage, paru en 2014 en France, selon lequel 64% des citoyens estiment que les médias ne diffusent pas assez d\u2019« informations positives ».Isabelle Bourgeois, suisse et journaliste de formation, n\u2019hésite pas à vanter les vertus de la bonne nouvelle.En 2003, déjà, alors déléguée du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dans un Moyen-Orient en guerre, elle constate que les conflits qui se déroulent sous ses yeux sont bien différents de ceux dépeints par les médias : « J\u2019étais témoin de grands élans de générosité, de tolérance.Mais lorsque je rentrais et que j\u2019allumais la télé, on ne parlait que de bombes!» Elle décide donc de fonder le blogue Planet Positive (planetpositive.org), qu\u2019elle alimentera pendant 13 ans d\u2019histoires positives à la périphérie des drames, entre création d\u2019associations et initiatives villageoises.Avec une seule conviction : « Dans chaque mauvaise nouvelle, il y a quelque chose de positif à exploiter.» Et les lecteurs semblent être au rendez-vous : sur son site, Isabelle Bourgeois observe un trafic de plusieurs milliers d\u2019internautes chaque semaine.Selon la journaliste, l\u2019information positive aurait donc son public, mais se ferait encore trop discrète dans nos médias.La faute en revient à un certain immobilisme de la profession : «Les journalistes s\u2019abreuvent tous aux mêmes dépêches et suivent tous ce même dogme sacré selon lequel il faudrait montrer le pire.» Pourtant, Isabelle Bourgeois l\u2019assure, les belles histoires ont un impact positif sur le corps comme sur le moral.Vieux réflexes Pour Olivier Glassey, sociologue à l\u2019Université de Lausanne, l\u2019information positive permettrait également au lecteur d\u2019évacuer la pression de l\u2019actualité : « À l\u2019heure où l\u2019on suit toutes les crises du monde minute par minute, ces bonnes nouvelles of frent une temporalité dif férente.Les messages qu\u2019elles symbolisent perdurent dans l\u2019esprit des gens.Mais bien souvent, le lecteur reste accro aux breaking news et il est difficile de perdre les vieux réflexes qu\u2019on a de s\u2019informer.» En somme, pour le sociologue, l\u2019enjeu principal résiderait dans l\u2019équilibre.« Le lecteur, ou l\u2019auditeur, n\u2019est pas unidimensionnel, il doit pouvoir naviguer entre des types de contenus dif fé- rents selon ses humeurs.» Les médias seraient-ils vraiment imperméables à l\u2019information positive ?Pas selon Marc- Henri Jobin, directeur du Centre de formation des journalistes à Lausanne.Mais il en donne une autre définition : « Pour moi, cela signifie proposer plus d\u2019analyses, de pistes de solution.On ne peut pas se contenter d\u2019exposer un problème et de remuer le couteau dans la plaie.Il y va de la crédibilité du métier.» Bien qu\u2019il affirme qu\u2019en réalité la clé du succès d\u2019une information se situerait ailleurs : « Positive ou négative, il faut avant tout que ce soit une bonne histoire, qui interpelle les gens.» Le Temps L\u2019information qui fait du bien On ne peut pas se contenter d\u2019exposer un problème et de remuer le couteau dans la plaie.Il y va de la crédibilité du métier.Marc-Henri Jobin, directeur du Centre de formation des journalistes à Lausanne « » Les journalistes s\u2019abreuvent tous aux mêmes dépêches et suivent tous ce même dogme sacré selon lequel il faudrait montrer le pire Isabelle Bourgeois, suisse et journaliste de formation « » BEN STANSALL AGENCE FRANCE-PRESSE Le célèbre quotidien britannique The Guardian a annoncé début juin le lancement de sa série «Half Full », en référence à l\u2019expression du « verre à moitié plein».Le site du journal promet davantage d\u2019articles centrés sur « les solutions, les innovations et les réponses » apportées par des individus autour du globe, sous l\u2019étendard de l\u2019« information positive ». La Cour suprême a déculotté la Ville de Châteauguay et l\u2019ensemble des municipalités dans un arrêt favorable à Rogers prononcé jeudi.Une décision qui rappelle au monde municipal sa grande vulnérabilité.lles se disent et se veulent des partenaires « incontournables » pour les ordres supérieurs de gouvernement, mais en réalité, les villes seront toujours menottées.C\u2019est le grand paradoxe de la loi constitutionnelle, ?gée en 1867, à une époque où les villes n\u2019assumaient pas le rôle de gouvernement de proximité qu\u2019on leur connaît aujourd\u2019hui.Installation de boîtes postales ou d\u2019antennes de télécommunications, passage d\u2019un pipeline, aménagement d\u2019un aérodrome, tracé ferroviaire en milieu urbain, rien n\u2019y fait.Les maires peuvent faire tout le battage qu\u2019ils souhaitent sur la place publique, s\u2019enchaîner aux arbres ou se donner en comédie à l\u2019aide d\u2019un marteau-piqueur, ils n\u2019auront jamais le dernier mot sur l\u2019aménagement du territoire.Primo, les municipalités sont juridiquement subordonnées aux gouvernements provinciaux.Ce sont des créatures des provinces, dépourvues de toute reconnaissance constitutionnelle.Secundo, elles sont contraintes, comme les provinces d\u2019ailleurs, de respecter le sacro-saint principe du partage des compétences.La Ville de Châteauguay l\u2019a appris à ses dépens dans un litige qui traînait depuis 2007.La mairesse, Nathalie Simon, a empêché Rogers d\u2019ériger une antenne en milieu habité, en réponse aux craintes exprimées par ses citoyens.Son geste constitue « une atteinte grave et importante au cœur de la compétence fédérale en matière de radiocommunication», a tranché la Cour suprême.Rogers n\u2019est pas le mauvais joueur que l\u2019on pourrait imaginer dans cette histoire.L\u2019entreprise ontarienne a mené des consultations, certes imparfaites, et elle a au moins tenté de trouver un autre site pour implanter son antenne.La décision de la Cour suprême a l\u2019effet d\u2019une douche froide sur les municipalités, qui revendiquent une autonomie et un pouvoir d\u2019in?uence accrus.Elle vient rappeler aux maires qu\u2019il ne suf?t pas d\u2019évoquer la notion de « gouvernement de proximité » pour obtenir des pouvoirs et des responsabilités non prévus dans le partage constitutionnel de 1867.La jurisprudence prend en considération le principe du fédéralisme coopératif, ce qui permet à l\u2019occasion des chevauchements dans le partage des compétences.Cette souplesse ne peut cependant conduire à une suppression ou à une modi?cation du partage établi en 1867, juge la Cour suprême dans le dossier de Châ- teauguay.Cette vision étroite du fédéralisme coopératif ne peut satisfaire le Québec et ses ambitions légitimes d\u2019autonomie.Déçue de la décision, la mairesse Simon a demandé un dépoussiérage des lois pour permettre aux municipalités d\u2019avoir le plein contrôle sur l\u2019aménagement de leur territoire.Le raisonnement est un peu court.Seule une modi?cation à la Constitution permettrait d\u2019adapter le partage des compétences à la réalité du XXIe siècle.Aussi bien dire qu\u2019il n\u2019y a pas de solution à court terme.Le livre blanc de l\u2019Union des municipalités du Québec (UMQ), publié en 2012, a d\u2019ailleurs tiré un trait sur les demandes de réforme de la Constitution, puisque de telles exigences ?nissent par servir d\u2019excuses pour ne rien faire.Ce document fort instructif, intitulé L\u2019avenir a un lieu, suggérait plutôt au gouvernement du Québec d\u2019adopter une Charte des municipalités.La ville deviendrait ainsi une « instance politique autonome» dotée des compétences, des pouvoirs et des ressources pour répondre aux besoins de la population locale.Ce projet ambitieux et novateur, resté à l\u2019état de rêve, n\u2019aurait pas empêché une entreprise régie par une loi fédérale de mener des activités contraires aux intérêts et aux préoccupations des élus locaux, comme l\u2019a fait Rogers à Châteauguay.L\u2019arrêt a une valeur pédagogique.En janvier dernier, les 82 élus de la Communauté métropolitaine de Montréal ont signifié leur désapprobation unanime au projet d\u2019oléoduc de TransCanada.Ce non retentissant est parfaitement compréhensible : le pipeline traversera des boisés, des milieux humides et des zones agricoles.Pour infléchir le cours de ce projet controversé, comme tant d\u2019autres à l\u2019avenir, les villes devront miser davantage sur la colère citoyenne que sur le droit.Les gouvernements sont plutôt insensibles aux récriminations des villes.Ils se soucient par contre de l\u2019acceptabilité sociale des projets.Ottawa, qui a le dernier mot en matière de pipelines, a tout intérêt à faire la bonne lecture de l\u2019opinion publique québécoise dans les prochains mois.L E D E V O I R , L E L U N D I 2 0 J U I N 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Je suis gai Devant la haine et la violence, nous étions Charlie, français, belges.Après les tragiques événements d\u2019Orlando, sommes-nous gais?Par amour pour mes amis et par solidarité à l\u2019endroit de la communauté LGBT, je le dis avec la même empathie: je suis gai! Je suis gai quand je pense à ce qu\u2019a dû endurer mon ami, élevé dans la rigueur morale du Midwest américain, lorsqu\u2019il a compris que l\u2019attirance qu\u2019il éprouvait pour les garçons lui vaudrait l\u2019opprobre.Je suis gai quand je repense à cette scène lorsque, voyant un élève de mon ancienne école secondaire poser des affiches de l\u2019association gaie et lesbienne aux murs de mon cégep, je me disais «quel dévouement, il donne bénévolement de son temps à plusieurs causes!».Jamais l\u2019idée qu\u2019il fût gai ne m\u2019avait traversé l\u2019esprit à l\u2019époque tant le tabou était encore bien ancré.Je suis gai parce que la liberté n\u2019est pas une marque de yogourt, dixit Pierre Falardeau, mais bien une lutte incessante pour laquelle nous devons engager le meilleur de nous-mêmes afin de nous affranchir de nos préjugés et de nos peurs.Nicolas Ouellet Boucherville, le 17 juin 2016 L I B R E O P I N I O N D I A N E J O L Y Historienne du patrimoine et chercheuse autonome a démolition récente de l\u2019église Saint- Thomas à Pierreville a suscité des critiques.Cependant, la situation du bâtiment sur quelques années montre que les bonnes intentions de conser vation à l\u2019origine ont peu à peu cédé à un démantèlement devenu inéluctable avec la disparition en synchronie des moyens existants.Située en milieu rural à proximité du lac Saint-Pierre, la municipalité est créée en 2001 à la suite d\u2019une fusion du village de Pierreville et des paroisses Saint-Thomas-de-Pierreville et Notre-Dame-de-Pierreville.Environ 2200 personnes y résident.L\u2019érection canonique de la paroisse Saint-Thomas a lieu en 1853.Deux ans plus tard, l\u2019église paroissiale est inaugurée.Le bâtiment n\u2019est pas admissible aux programmes de subventions du Conseil du patrimoine religieux, car sa valeur patrimoniale est jugée faible.En 2009, à la suite d\u2019une offre d\u2019achat d\u2019un dollar assortie de la condition de démontrer la faisabilité de projets, la municipalité acquiert une partie des terrains et l\u2019église.Selon elle, son devoir est d\u2019assurer la protection de ces lieux acquis et financés par le groupe.Elle s\u2019engage à utiliser le site au profit de la communauté, à maintenir un lieu de culte et à produire les études pour un projet.Révocation tangible des moyens En 2011, un accord de principe survient avec le ministère de la Culture.Toutefois, la municipalité doit patienter, car celui-ci attend un moment stratégique pour l\u2019annoncer.L\u2019année suivante, on veut y déménager la bibliothèque et profiter d\u2019une subvention.Mais l\u2019examen de la structure révèle des coûts de réparation trop élevés pour les capacités de Pierreville.Avec un conseil des élus divisé, le Centre local de développement (CLD) et l\u2019office du tourisme évaluent d\u2019autres projets, dont un musée des navigateurs.On songe aussi à faire visiter le clocher et la crypte.Peu après, l\u2019adoption du projet de loi 28 entraîne la fermeture du CLD.Bien que certains services soient maintenus, le projet de l\u2019église se perd au milieu d\u2019autres dossiers prioritaires.À l\u2019automne 2014, une centaine de personnes participent à un forum citoyen pour discuter de développement.Un démantèlement de l\u2019église est avancé.On suggère d\u2019aménager une salle paroissiale.L\u2019idée retenue est assez rapidement abandonnée puisque le Conseil apprend que les subventions du Pacte r ural subiront des baisses impor tantes.La municipalité, elle- même aux prises avec les réductions du pacte fiscal doit d\u2019abord assurer des structures pour la gestion de l\u2019eau.L\u2019année suivante, la Ville décide de démolir l\u2019église afin d\u2019y construire une coop de santé et de solidarité ainsi qu\u2019une pharmacie.En retour, Pierreville achète le bâtiment existant de la coop pour y déménager sa bibliothèque, ses archives municipales et la Société historique.Malgré des oppositions, à peine une quinzaine de personnes signent les registres exigeant un référendum.Le projet va de l\u2019avant.L\u2019église est désacralisée.En février 2016, la municipalité annonce que le projet avec la coop est arrêté.En effet, depuis l\u2019entente initiale, deux médecins ont quitté la coop, peut-être dans la foulée de la réforme de la santé en cours.L\u2019entente initiale qui prévoyait des versements sur quelques années est révoquée par la coop, devenue frileuse, qui exige un paiement complet.Il s\u2019ensuit que le ministère des Affaires municipales refuse de verser la subvention.Une cheminée en mauvais état, un mur de soutènement abîmé, une facture d\u2019environ 20 000$ par année pour maintenir l\u2019intégrité du bâtiment et l\u2019absence d\u2019un projet concret amènent les élus à maintenir la destruction.La Ville organise bénévolement un encan public qui connaît un succès de foule, venue se procurer un souvenir de son église, et un succès financier.Les cloches et le cadran solaire qui ornait la façade de l\u2019église sont conservés et l\u2019argent recueilli servira à mettre en valeur ces éléments.La Ville compte aménager un parc en attendant un projet.Elle s\u2019engage à conserver le terrain pour un usage municipal.Un salon funéraire a récemment manifesté son intérêt pour le terrain.Un patrimoine démuni Au-delà de la volonté, de la mobilisation et même des idées, le patrimoine nécessite des ressources spécialisées et financières.Depuis deux ans, celui de Pierreville s\u2019est retrouvé dépossédé de l\u2019expertise des CLD et aux prises avec des réductions dans des programmes de subvention essentiels au développement et du pacte fiscal.La faible démographie des petites municipalités québécoises les défavorise sur le plan des coûts de développement et d\u2019infrastructures.Quand vient le temps de décider des priorités, le patrimoine se retrouve rapidement dans la catégorie des biens de luxe que l\u2019on sacrifie pour les nécessités basiques de la collectivité.Pourtant, son importance n\u2019est plus à démontrer pour stimuler la fierté d\u2019appartenance à un lieu, à un groupe, favoriser la cohésion sociale et le développement durable.Sans oublier les effets associés à la beauté d\u2019un lieu, d\u2019un site, d\u2019un bien, sources d\u2019émer veillement essentielles pour l\u2019âme et point d\u2019ancrage dans une communauté.A-t-on vraiment les moyens de priver nos petites municipalités de leur patrimoine ?Un patrimoine dépouillé de ses moyens FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Persévérer dans sa nation Quel plaisir de lire et d\u2019approfondir le philosophe Spinoza (Amsterdam, 1632 \u2013 La Haye, 1677)! Il ne faut pas hésiter à lire aussi ses commentateurs, car Spinoza n\u2019est pas toujours facile à saisir.Son concept de conatus est très riche.Le conatus, c\u2019est l\u2019effort de toute personne pour persévérer dans son être.Le conatus, c\u2019est l\u2019élément actif de notre être.C\u2019est la source de notre volonté.Le conatus, appliqué à l\u2019esprit et au corps, s\u2019appelle l\u2019appétit.Et le désir, c\u2019est l\u2019appétit accompagné de conscience.La pensée de Spinoza nous permet d\u2019éclairer les concepts et de les ordonner.Pourrait-on appliquer le concept de cona- tus aux nations?Les nations doivent, elles aussi, faire un effort pour persévérer dans leur être.Surtout en cette époque de mondialisation où le discours dominant flétrit la notion de nation.Le concept de nation ne doit pas être vu comme un repli frileux sur soi, mais comme une volonté riche de durer, dans une perspective de diversité, de particularisme et d\u2019altérité.La nation, il faut en prendre conscience, y réfléchir, en raffiner le concept pour en enlever les scories et en tirer tout le suc.Il n\u2019y a pas d\u2019internationalisme sans nationalisme.Décidément, Spinoza a le tour de réveiller et d\u2019aiguiser les esprits.Bonne fête nationale ! Jacques Fournier Montréal, le 19 juin 2016 L PARTAGE DES COMPÉTENCES Des villes vulnérables E BRIAN MYLES Mon deuil de la fête nationale du Québec Chaque année, lors de l\u2019annonce des festivités entourant l\u2019événement du 24 juin, je ressens un profond malaise, comme si cette commémoration était pour moi vide de sens.Que fête-t-on au juste: la libération nationale ou plutôt un statu quo constitutionnel chloroformé dans une ambiance d\u2019indifférence générale?Souligner la fête nationale, c\u2019est se rappeler ce grand jour qui a vu naître la souveraineté du peuple sur un territoire national autour de valeurs communes partagées par une majorité de citoyens et de citoyennes.La situation du Québec est loin de refléter cet élan patriotique.Les cinquante dernières années ont malheureusement vu défiler de nombreuses occasions manquées d\u2019émancipation.D\u2019une revendication d\u2019un statut particulier à la reconnaissance d\u2019une société distincte en passant par les deux Non référendaires, la réponse canadienne a toujours été négative.Après l\u2019enfermement constitutionnel de 1982, la reconnaissance bidon de la nation québécoise fut le dernier cadeau empoisonné obtenu.Après ces refus successifs de reconnaissance nationale, vous comprendrez qu\u2019il m\u2019est difficile d\u2019avoir le cœur à la fête nationale dans toutes ces réjouissances festives qui sont, hélas! l\u2019apanage de notre dépendance collective, comme une drogue pour nous faire oublier notre statut de colonisés.Marcel Perron Neuville, le 19 juin 2016 L E D E V O I R , L E L U N D I 2 0 J U I N 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.P I E R R E B E A U D E T École de développement international et de mondialisation Université d\u2019Ottawa près les dernières élections fédérales, plusieurs personnes ont poussé un soupir de soulagement .En ef fet sous le gouvernement Harper, le Canada s\u2019était fait le champion de la « guerre sans fin » déclenchée par le président Bush.Les soldats canadiens allaient au combat contre des insurgés afghans et irakiens sans trop d\u2019égard aux « dommages collatéraux » sur les populations civiles.Il y avait un alignement total avec le gouvernement israélien.Une violente rhétorique anti-Iran laissait entendre que le Canada pourrait se joindre à une opération contre ce pays.C\u2019est ainsi que le Canada a perdu toute crédibilité dans ses relations bilatérales et multilatérales, en apparaissant comme allié subalterne des États-Unis.Six mois plus tard, quel est le bilan?La crise irakienne Lorsque le groupe État islamique en Irak et au Levant (Daech) est monté en force, la stratégie des États-Unis et de ses alliés de l\u2019OTAN dont le Canada a été prise de court.Pourtant, personne ne pouvait être surpris, vu la dislocation de l\u2019État irakien, perpétuée depuis l\u2019occupation de 2003.Le gouvernement irakien en effet a été capté par un groupe aux pratiques douteuses.Actuellement, sous la gouverne du premier ministre Hai- dar Al-Abadi, une offensive est en cours contre les bastions de Daech, principalement dans l\u2019ouest du pays où la population majoritairement sunnite craint l\u2019armée irakienne, sans être nécessairement proche des islamistes.Cette attitude, constatée à Fallouja et à Mossoul, est alimentée par la nature sectaire des forces militaires de l\u2019État, notamment la milice controversée, Hached Al-Chaabi (Mobilisation du peuple), essentiellement composée de combattants fanatisés qui croient en la nécessité de «casser» les sunnites (plus d\u2019un tiers de la population en Irak).Dans le passé, la « pacification » par cette milice et par l\u2019armée gouvernementale s\u2019est transformée en pratiques de prédation, voire de «purification» ethnico-confessionnelle.On observe cette dérive dans certaines régions du nord de l\u2019Irak sous le contrôle des forces du gouvernement kurde de Massoud Barzani, ce qui pose problème, vu qu\u2019une partie importante de ces territoires est arabophone, notamment dans la grande ville de Kirkuk, où des communautés sont expulsées ou reléguées.Pour le moment, les forces militaires de l\u2019OTAN canadiennes et américaines ne semblent pas soucieuses de cette dangereuse polarisation, comme si le non-respect des droits devait être sacrifié au renforcement de l\u2019État.Il est malheureux de constater qu\u2019un semblable aveuglement avait conduit les États-Unis à soutenir la dictature de Saddam Hussein lorsque celui-ci était un allié dans la confrontation avec l\u2019Iran.Du point de vue éthique, mais aussi du point de vue politique, une politique qui part du simple principe que « l\u2019ennemi de mon ennemi est mon ami» est généralement vouée à l\u2019échec.Le chaos et le carnage en Syrie Dans ce pays, les États-Unis et ces alliés ont longtemps misé sur l\u2019écroulement du régime de Bashar El-Assad.Récemment, ils ont laissé cette mission à leurs alliés régionaux, notamment la Turquie, l\u2019Arabie saoudite et la Jordanie, d\u2019où sont venus des moyens financiers et logistiques permettant l\u2019essor d\u2019une opposition militarisée, sous l\u2019égide de groupes islamiques, notamment, le Front Al-Nosrah.Mais ceux-ci, contrairement à d\u2019autres composantes de l\u2019opposition syrienne, ont commis tant d\u2019erreurs et d\u2019atrocités qu\u2019ils ont été incapables de rallier la majorité de la population.Il faut dire que ces islamistes pratiquent une politique sectaire, dirigées surtout contre les minorités chiites, chrétiennes, kurdes.Dans la suite de cette évolution, Daech est devenu la principale force militaire sur le terrain, d\u2019où le retournement des alliances.Paradoxe des paradoxes, Washington se retrouve avec Moscou pour empêcher la victoire des islamistes, mais, ce faisant, en appuyant les attaques meurtrières de l\u2019armée syrienne.Des conseillers militaires américains et israéliens sont dans le nord où dominent les forces kurdes associées au PKK, un redoutable adversaire de la Turquie, pour tant un État membre de l\u2019OTAN.Cherchez l\u2019erreur ! Les avancées et les reculs des uns et des autres ne vont nulle part dans l\u2019absence d\u2019une capacité des protagonistes de développer une stratégie capable de résoudre, ou au moins de faire reculer, la crise.Pour le moment, le Canada n\u2019est pas directement impliqué, mais il l\u2019est politiquement, avec ses alliés de l\u2019OTAN, et ses partenaires régionaux comme l\u2019Arabie saoudite, la Turquie, la Jordanie.L\u2019intervention humanitaire malmenée Devant la crise des réfugiés, que fait-on ?Le gouvernement canadien, au contraire du précé- dent, a décidé, généreusement, d\u2019accueillir de pauvres gens.Mais encore là, on voit plusieurs angles morts.D\u2019une part, l\u2019aide est privatisée, notamment vers les communautés canadiennes chré - tiennes-syriennes et arméniennes établies au Canada, et qui commanditent, bien naturellement, leurs parents, amis et voisins.Ce faisant, le Canada devient de facto un joueur dans la polarisation, en privilégiant un groupe au détriment de millions de réfugiés et de déplacés syriens dans des camps improvisés en Syrie même, en Turquie et ailleurs, et qui ont le malheur de ne pas être ni chrétiens ni arméniens.L\u2019impasse en Palestine Entre-temps, des indicateurs démontrent la probabilité d\u2019une nouvelle crise qui monte dans les territoires palestiniens.Le gouvernement israélien ne cache pas ses intentions d\u2019en finir avec l\u2019idée d\u2019un État palestinien.Le blocus, le chômage massif et les exactions commises par les soldats et les colons israéliens rendent la vie à peine endurable, surtout à Gaza.Devant cela, que fait le gouvernement canadien?Malgré de faibles critiques face à la politique israélienne répressive, il ne fait pas d\u2019effort pour ressusciter le processus de paix.Plus encore, il se range derrière l\u2019État israélien contre une campagne de boycottage proposée par les Palestiniens, inspirée par ce que les Sud-Africains à l\u2019époque de l\u2019apartheid avaient fait pour forcer l\u2019État à négocier avec l\u2019ANC.Comme en Afrique du Sud, le boycottage ne vise pas les citoyens, mais un État ne respectant pas les droits de la personne.Pourtant, le gouvernement canadien a condamné cette résistance pacifique.Avant longtemps, il faudra un réel virage pour mettre la politique canadienne sur une autre voie.Le Canada et la crise au Moyen-Orient : un virage est nécessaire L U C L A P I E R R E Montréal epuis belle lurette maintenant, le Parti québécois n\u2019est plus.Il est devenu le parti référendaire.Au fil des ans, sa stagnation intellectuelle en a fait le par ti du surplace, tout mêlé dans ce que René Lévesque appelait volontiers sa «plomberie».Au point que ce parti qui se targuait d\u2019avoir une vision d\u2019avenir pour le Québec n\u2019en a plus.De changement de chef à changement de chef depuis Lucien Bouchard, le flambeau a beau être passé à une autre génération, la relève du parti semble tout aussi prise au piège de cette plomberie référendaire qui, le préfixe le dit bien, la plombe elle aussi.La nouvelle course à la direction du par ti vient à peine de commencer qu\u2019elle est déjà marquée au sceau de l\u2019éternelle consultation à tenir ou ne pas tenir.Entre-temps, la jeunesse, qui a longtemps représenté la clientèle de choix du parti et la plus susceptible de lui conserver l\u2019impulsion nécessaire pour conserver toute sa pertinence et sa raison d\u2019être, est passée à autre chose.Dans tous les domaines, des Québécois, individuellement, brillent partout.En passant, il y a aussi cette planète qui fond à vue d\u2019œil.L\u2019eau monte et il y a urgence.Quelque par t , après le ré férendum de 1995, un sérieux examen de conscience n\u2019a jamais eu lieu.Une saison des idées a été escamotée, à la suite de quoi l\u2019horizon souve- rainiste a disparu.La véritable autocritique n\u2019a jamais eu lieu.L\u2019épisode PKP aura été le dernier soubresaut à laisser croire que la fuite en avant était toujours possible et que la cause pouvait malgré tout aboutir, en se donnant comme haut- parleur un homme d\u2019af faires versé aux aléas du marché.PKP est venu, mais il est parti.Retour à la case départ.Devant ce miroir de la realpolitik, que faut-il y voir, que faut-il décoder?Nettoyer les écuries Un nettoyage des écuries québécoises s\u2019impose.Santé et éducation, des domaines pourtant éminemment provinciaux s\u2019il en est, font dur.Personne d\u2019autre que nous-mêmes à blâmer collectivement.Chercher des boucs émissaires ne ferait qu\u2019ajouter au délit.La santé publique est paralysée depuis des décennies par la bureaucratie et le corporatisme.La vision du PQ en santé ?En éducation, un taux de diplomation trompeur, pour mieux faire oublier un taux de décrochage alarmant.Sans parler d\u2019une langue française écrite et parlée de façon bancale et d\u2019un taux d\u2019analphabétisme fonctionnel dramatique.De là à exiger de nos compatriotes anglophones et allophones qu\u2019ils respectent notre langue\u2026 si on s\u2019en tenait d\u2019abord à une école publique qui marche ?Autant de constats qui minent la confiance collective : comment penser pouvoir faire un pays avec des élus qui n\u2019en finissent plus de faire la preuve de leur incompétence à gérer une province ?Dans ses dernières interventions publiques, un certain Jacques Parizeau s\u2019inquiétait de la compétitivité, voire de la modernisation de nos entreprises, notamment les PME et en faisait une priorité pour le Québec.D\u2019ailleurs, PKP, souverainiste convaincu lui aussi, aurait peut- être dû prendre ce témoin économique que relayait Monsieur Parizeau, au lieu de lever le bras\u2026 L\u2019éducation Reste cette arme d\u2019af firmation massive : l\u2019éducation, l\u2019éducation, l\u2019éducation.À long terme, les pays qui auront joué le plus cette carte gagneront cette guerre de la compétence, peu importe leur taille.À quand une bataille à finir contre le décrochage comme pr ior ité numéro 1 d\u2019un éventuel gouvernement péquiste ?Après tout, c\u2019est de l\u2019avenir qu\u2019on parle.L\u2019éducation comme investissement.Les libéraux viennent de le découvrir\u2026 mais pour combien de temps ?J\u2019entends déjà les nostalgiques du grand soir (et de mon siècle) taper du pied.Et la souveraineté là-dedans?Ont-ils oublié que Pierre Bour- gault a déjà dit qu\u2019il n\u2019y avait pas de grand soir\u2026 que de petits matins.À hauteur de peuple Le double échec référendaire l\u2019a démontré à la dure : la souveraineté est une affaire à long terme et n\u2019est toujours pas pour demain.Pour qu\u2019un peuple la choisisse, se choisisse, il doit d\u2019abord s\u2019appuyer sur des réussites structurelles tangibles sur lesquelles fonder sa confiance et y voir son intérêt.D\u2019autant que, comme l\u2019a déjà reconnu René Lévesque, le fédéralisme, ce n\u2019est pas le goulag.Gilles Du- ceppe a aussi dit que le Canada était un grand pays, ni meilleur ni pire que les autres, mais pas le nôtre.Il est même allé le dire en personne au ROC qui l\u2019a reçu avec respect.Mais le Québec aura toujours besoin de tous les moyens d\u2019un pays pour arriver à donner le meilleur de lui-même.Ne pas le faire coûtera bien plus cher encore que ce que rapporte la péréquation de la dépendance : aller quêter de l\u2019argent à Ottawa pour l\u2019aéronautique, être à la merci de l\u2019Office national de l\u2019énergie dans le dossier du pipeline Énergie Est, devoir se prémunir contre une Commission canadienne des valeurs mobilières toujours possible et quoi d\u2019autre.Devant de tels enjeux, assemblée constituante et Institut de la souveraineté représentent autant de lieux d\u2019animation potentiels.Ratisser large, changer de ton.On ne fait pas la souveraineté contre personne, mais pour soi.Jusqu\u2019ici, malgré les études économiques qu i la jugent pourtant crédible, la souveraineté du Québec a surtout été évoquée comme une panacée, une terre promise, un rêve.Parlons plutôt de responsabilité.Car les vraies lunettes roses, le vrai rêve, plus utopique et plus illusoire encore, c\u2019est de penser qu\u2019un jour le Québec réintégrera la Constitution canadienne, avec ou sans honneur et dignité.Ça ferait tout un selfie, sans l\u2019ombre d\u2019un doute ! Mais en vertu de quel rapport de force les disciples de cette thèse qui d\u2019ailleurs, font plutôt profil bas ces temps-ci, pensent-ils faire se rasseoir le Canada anglais à cette table ?Où est son intérêt ?En attendant, présenter et préparer la souveraineté comme une exigence\u2026 à hauteur de peuple.Le référendum ?Je l\u2019avais déjà oublié\u2026 PARTI QUÉBÉCOIS Course à la direction du parti du surplace Pour qu\u2019un peuple la choisisse, se choisisse, il doit d\u2019abord s\u2019appuyer sur des réussites structurelles tangibles sur lesquelles fonder sa confiance et y voir son intérêt D THAER MOHAMMED AGENCE FRANCE-PRESSE Jeunes Syriens d\u2019Alep en Syrie attendant de la nourriture distribuée par une ONG A L E D E V O I R , L E L U N D I 2 0 J U I N 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S cue i l lera d \u2019 ic i 2020 le plus grand port en eaux profondes du pays.Coutume sans poids ni voix V ictor ien Mba passe le plus clair de son temps à documenter les usages de ces terres que son État loue pour 100 ans, vend, ou partage en prenant des actions dans les compagn ies .« Ce sont les tro is façons de donner des concessions sur les terres », détaille méthodiquement le militant.Ces terres sont nombreuses, poursu i t - i l , « car toutes les terres vacantes, sans titres fonciers, appartiennent à l\u2019État.Même celles qui sont déjà \u201ctitrées\u201d, on peut les réquisitionner pour cause d\u2019utilité publique ».Or, l\u2019absence de titre foncier ne signifie en rien que ces territoires soient désha- bités ou inutilisés.« Ces terres de l\u2019État ont été valorisées par la chasse, la cueillette, l\u2019agriculture par les autochtones, les Pygmées Bakola et Bagyeli qui sont là depuis des temps immémoriaux », explique-t-il.L\u2019APED visite le plus de villages possible dans leur région, en invitant les citoyens à indiquer sur des car tes ce qu\u2019ils font, et où ils le font.« La car tographie par ticipa- tive veut démontrer les usages coutumiers dans des espaces ma intenant possédés par l\u2019agro-industrie et les mines.» Quant aux denses canopées qui font le vert pays et l\u2019envie de bien des exploitants forestiers, elles devraient théoriquement être protégées par des accords de partenariat volontaire (APV) avec l\u2019Union européenne (UE), principale impor tatrice du bois came- rounais.Seul le « bois légal » peut désormais par tir vers l\u2019UE, « légal » étant entendu comme répondant à des critères sociaux, économiques et écologiques, qui passent des points d\u2019eau à construire dans les villages jusqu \u2019aux plans d\u2019aménagement et de gestion.Greenpeace Afrique a d\u2019ailleurs consacré un rapport aux opérations d\u2019exploitation forestière illégale au Cameroun en mai dernier, dévoilant une fraude de la Com- pagn ie de commerce et de transpor t (CCT), un important exportateur.« Des bureaux dits indépendants doivent faire l\u2019évaluation, mais ils ne font pas du bon travail », déplore V icto- rien Mba.Il sor t donc régulièrement en forêt armé de son GPS pour repérer les souches d \u2019arbres qu i auraient dû être marquées de leur compagn ie et date de coupe.Les monocultures de palmiers à huile ou d\u2019hévéas (arbre à caoutchouc) le préoccupent aussi\u2026 mais pas autant que les permis d\u2019exploration et d\u2019exploitation minières.« Nous ne sommes pas contre le développement, mais les compagnies doivent faire des consultations, et bien les faire, pour comprendre les besoins des populations et pister des solutions », dirait-il aux min ières canad iennes s \u2019 i l ava it ses représentants en face de lui.Nombreuses à se r uer sur les promesses de minerais, elles informent peu les communautés installées sur place.« On ne sait pas ce qu\u2019elles viennent chercher, ni pour combien de temps ou encore moins la place des communautés dans la redistribution des taxes issues de la potentielle exploitation.Ce sont pour tant elles qui subissent tout : les cours d\u2019eau pollués, la pharmacopée traditionnelle qu i d isparaît , les l ieux de chasse parce qu\u2019on a rasé la forêt.Et finalement, on ne les recrute même pas.» Sans réparations S\u2019il existe par fois des mécanismes de plainte, les délais pour obtenir réparation sont indécents.En plus de raser la forêt tropicale sur 200 mètres de largeur sur un parcours de 1200 km, le passage en mer de l\u2019oléoduc Tchad- Cameroun a détruit un récif fondamental à la vie marine.Ce projet f inancé par la Banque mond iale a donc laissé sans subsistance les populations qui vivent de la pêche.« Les familles ont arrêté d\u2019envoyer les enfants à l\u2019école, parce que le poisson ne venait plus.Ça a pris huit ans avant d\u2019avoir une réponse [à cette plainte], mais on pense maintenant qu\u2019il pourrait y avoir compensation.» Pourquo i consacrer tout son temps à la cause ?La fatigue au fond des yeux, le militant soupire.« Par où commencer ?» Par la rivière qu\u2019il a traversée matin et soir pour aller à l\u2019école secondaire située à 10 km de la maison de sa tante ?Par les travaux physiques réalisés et la faim endurée dans ce foyer d \u2019accueil, le plus proche d \u2019une école secondaire parmi sa famille élargie ?L\u2019éducat ion, i l y tena i t , pour changer les choses.Les paroles d \u2019un député auss i , qui le tiraient en avant.Devant les récriminations des aînés du village, le parlementaire avait lancé : « Envoyez les enfants à l\u2019école, ils deviendront députés à leur tour.» Se lancera-t-il en politique lui aussi ?« L\u2019opposition [politique] n\u2019existe pas au Cameroun.» Mais la société civile est de plus en plus connectée, se for tifie et « les choses vont changer ».En attendant, V ictor ien Mba espère sur tout trouver les moyens f inanc iers des ambitions de l\u2019APED.Le gouvernement vient de le mandater pour animer une plate- forme de « redevabi l ité sociale » de l\u2019industrie minière dans 400 v i l lages .Le problème ?Il n\u2019y a aucune enveloppe financière associée, ce qui pourrait faire du mandat un « cadeau empoisonné ».Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 HUMAINS Nous ne sommes pas contre le développement, mais les compagnies doivent faire des consultations, et bien les faire, pour comprendre les besoins des population Victorien Mba « » Le procédé est simple.Un budget précis est réservé par les élus aux propositions de citoyens.Des appels à projets sont lancés.La population passe au vote, puis les projets les plus plébiscités reçoivent les fonds nécessaires à leur réalisation.À Porto Alegre, des favelas ont été transformées au fil des ans en quartiers enviables : le nombre de maisons reliées au réseau d\u2019égouts est passé de 70 % à plus de 84 % et pas moins de 53 000 familles ont bénéficié de nouvelles maisons.Autrefois centralisés dans les quartiers plus riches, les investissements dans les quartiers pauvres ont bondi, la corruption a reculé et les recettes fiscales ont augmenté.Depuis, l \u2019 idée du budget participatif s\u2019est étendue à plusieurs pays d\u2019Afrique, d\u2019Europe et d\u2019Amérique du Nord.En Pologne, au Pérou et en République dominicaine, les lois ont même rendu obligatoire le recours aux « budgets citoyens » pour les administrations publiques.Au Canada, de petits pas ont été faits dans cette direct ion à Toronto, où, depu is 2001, les locata ires de l\u2019agence municipale d\u2019habitation décident chaque année eux-mêmes comment seront dépensés 5 à 10 millions du budget g lobal .Entre 2006 et 2008, l\u2019arrondissement du Plateau Mont-Royal s\u2019est frotté à ce processus citoyen, mais l \u2019a depuis conver ti en une consultation en ligne.Dans la petite ville de Saint-Basile, au terme d\u2019un vote tenu sur 16 propos it ions communautaires, la population a choisi de rénover en 2014 la place de l\u2019église et de rendre plus sécur ita ires cer ta ins passages pour piétons et vélos.Les BP prennent du galon De projets jugés « margi - naux », les BP brassent maintenant de grosses af faires.À New York, ils sont devenus réalité dans près de la moitié des districts de la ville en 2015, où plus de 60 000 New- yorkais ont choisi comment allouer 38 millions de dollars américains à diverses propositions issues de la communauté.« Les premières expériences menées en 2012 ne visaient pas de grosses infrastructures, mais surtout des améliorations physiques aux parcs, aux écoles, ou même à combler les nids-de-poule, explique le directeur de PBP.Au fil des ans, cela a donné naissance à des projets plus ambitieux, qui ne sont pas habituellement dans les car tons des fonctionnaires.» Des exemples ?L\u2019un des projets ayant eu le plus de retentissement est celui qui a permis de doter les toilettes des écoles publiques de\u2026 por tes.À New York, où la gestion des écoles relève du gouvernement local, ce « détail » n\u2019avait jamais été considéré comme une priorité par l\u2019administration.« Cela a eu le double ef fet de transformer les écoles de certains districts, puis de mettre cette situation aberrante sous les projecteurs », souligne M.Lerner.Installation de panneaux solaires sur des logements sociaux, librairies mobiles, terrains de basket-ball en zones défavorisées, outils technologiques dans les écoles : plusieurs idées novatrices ont été mises en avant par ces budgets branchés sur le pouls de la communauté.Ces budgets débattus sur la place publique ont en outre l\u2019avantage d\u2019être à l\u2019abri des divers lobbys qui sollicitent constamment les élus et gestionnaires de fonds publics.Finis les passe-droits ! La popularité de ces « projets ple inement c i toyens » donne par fois des ailes aux élus qui s\u2019en servent comme trempl in pour appuyer les initiatives très prisées par les citoyens.« Des études ont démontré que les maires ou les élus qui appuient les budgets par ticipati fs sont 10 % plus populaires auprès de la population.Lors d\u2019une élection, ça peut fa ire toute la dif férence », af firme le directeur de The Par t ic ipator y Budgeting Project.Paris sur la piste citoyenne À l\u2019heure où le vocable « citoyen » a le vent dans les vo i les, la ma ir ie de Par is a flairé la piste et sa mairesse, Anne Hidalgo, a lancé l\u2019hiver der nier un vaste projet de budget citoyen dans lequel seront injectés d\u2019ici 2020 plus de 140 millions d\u2019euros, soit 5 % du budget d\u2019immobilisation de la V ille.Appelés aux urnes, les Parisiens ont arrêté leur choix sur 17 projets touchant le Tout-Paris, allant de la création de fontaines d\u2019eau (dont certaines pétillantes !) sur tout le territoire, à la réalisation de 105 passages et projets sous les espaces bétonnés du périphérique parisien.Pour Josh Lerner, les BP ont le mérite d\u2019intéresser à la vie démocratique les citoyens complètement désabusés de la politique, ainsi que certaines populations marginalisées.À Boston, des jeunes de 12 à 25 ans ont été invités par le cabinet du maire à choisir comment dépenser un million de dollars pour divers projets.Idem à Newcastle, au Royaume-Uni, où des enfants de 5 à 13 ans ont décidé du sort de projets totalisant 2,25 millions de livres.Un brin subversif, le concept de BP fait sauter le modèle du «contribuable-vo- teur», en permettant parfois le vote aux moins de 18 ans et aux immigrants non reçus.« Les BP permettent à tous de poser des gestes concrets, pas juste aux contribuables, explique M.Lerner.Cela intéresse à la vie politique des gens qui n\u2019y par ticipent pas d\u2019ordinaire, et crée un for t sent iment d\u2019appar tenance dans la communauté.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 BUDGET Le budget participatif en cinq dates 1989 Création des premiers budgets participatifs à Porto Alegre au Brésil.2005 Josh Lerner et Gianpaolo Baiocchi créent le site Internet Participatorybudgeting.org en 2005 en marge du Forum social à Porto Alegre.2009 Un premier élu américain du conseil municipal de Chicago, Alderman Joe Moore, accepte d\u2019instaurer le concept du budget participatif dans son district.2011 Création de l\u2019organisme à but non lucratif Participatory Budgeting Project.2014 Publication de Everyone Counts.Could Participatory Budgeting Change Democracy?, Josh Lerner, Cornell University Press.Josh Lerner construction de la mine et des installations connexes, qui devait débuter cette année.Mine Arnaud, dont Investissement le principal actionnaire, avait aussi promis de maintenir 325 emplois directs «stables et bien rémunérés» pendant les trente années d\u2019exploitation de l\u2019apatite, qui sert à produire des fertilisants agricoles.Un an et trois mois plus tard, rien de cela ne s\u2019est encore concrétisé, faute de financement.Investissement Québec s \u2019est engagé à investir 120 millions de dollars dans ce projet qui divise la population de Sept-Îles entre partisans et opposants.Yara International, une multinationale du secteur de l\u2019engrais, devait elle aussi injecter 120 millions.Pour atteindre un montant de 850 millions, Investissement Québec s\u2019est donné pour mission de recruter un partenaire en mesure d\u2019investir au moins 160 millions, mais aussi d\u2019exploiter la mine.Et puisque Yara a finalement décidé de « limiter sa participation », ce montant pourrait être plus important.Une autre tranche de 400 millions doit provenir d\u2019un prêt contracté auprès d\u2019institutions financières.La société d \u2019État a-t-elle trouvé un ou des partenaires pour compléter le financement de la mine ?« Nous sommes en discussions sérieuses avec plusieurs partenaires pour acquérir des par ticipations dans le projet Mine Arnaud », répond Investissement Québec, sans plus de détails.Acheteur recherché En plus du financement à compléter pour lancer le projet dé jà promis à la Côte- Nord, le gouver nement cherche toujours des acheteurs pour la production annuelle de la mine.Yara, son unique partenaire pour le moment, pourrait acheter entre 40 % et 50 % de celle-c i , qu i doit atteindre 1,3 million de tonnes de concentré.Il faut donc trouver preneur pour le reste, so it entre 650 000 et 780 000 tonnes.« Nous avons des discussions sérieuses avec plusieurs acheteurs potentiels d\u2019apatite.Un expert en apatite nous accompagne dans nos démarches » , ind ique s implement la Société d\u2019État.Il faut dire que le contexte du marché du phosphate (l \u2019apatite est composée de phosphate) semble pour le moins incertain pour les prochaines années.Selon les prévisions de la Banque mondiale, le prix de la tonne de phosphate pourrait passer de 118 $ à 110 $ entre 2017 et 2025.Or, selon Mine Arnaud, le seuil de rentabilité du projet se situerait à 120 $.Signe des difficultés rencontrées, Québec a aussi mandaté l\u2019an dernier une firme pour tenter de faire progresser les démarches.« Une firme internationale nous accompagne toujours.Nous avons même des discussions très sérieuses avec des investisseurs à la suite de ces démarches », répond Investissement Québec.Pour le moment, on ne peut toutefois pas donner de précision sur le moment d\u2019un éventuel démarrage de la construction.« Il n\u2019y a pas de délai, nous sommes patients », indique la por te-parole de la Société d\u2019État, Chantal Corbeil.En ce qui a trait aux travaux sur le terrain, de « l\u2019échantillonnage» de cours d\u2019eau est prévu cet été , mais aucuns « travaux d\u2019ingénierie » ne sont prévus pour le moment, puisque les discussions sont toujours en cours « avec des investisseurs potentiels ».Attente à Sept-Îles Pendant que le gouvernement tente de faire avancer un projet majeur de son Plan Nord, le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier, rappelle que l\u2019annonce libérale a été faite dans un contexte de ralentissement économique lié aux reculs dans le secteur minier.Or, le financement n\u2019était pas encore au rendez-vous.« Au moment où ils ont fait l\u2019annonce, je sentais qu\u2019il y avait un besoin de bonnes nouvelles, explique-t-il.C\u2019était une étape à franchir.Ils ont adopté le décret.Mais quand ils sont venus annoncer le projet, la question a été posée immédiatement: est-ce que les investisseurs sont là?La réponse a été non.» M.Porlier salue toutefois les efforts de Québec déployés au cours des derniers mois pour tenter de faire progresser le projet Mine Arnaud, même s\u2019il n\u2019est pas au fait des détails d\u2019éventuels progrès.Le maire de Sept-Îles est toutefois catégorique par rapport au projet Mine Arnaud : « Je n\u2019attends pas après ça.Et je dis toujours aux gens de ne pas attendre après ça.Il y a des gens qui souhaitent que le projet se fasse, d\u2019autres le souhaitent moins, mais il ne faut pas attendre.Il faut travailler avec ce que nous avons entre les mains.» Lassé d\u2019attendre « le coup de circuit » que peut représenter un gros projet minier toujours incertain, il souhaite mettre en place des moyens de diversifier l\u2019économie de la plus importante municipalité de la Côte- Nord, toujours très dépendante du secteur minier.À son avis, un «fonds de diversification» devrait être mis sur pied.Réjean Porlier estime néanmoins qu\u2019il serait important de parachever le «prolongement» de la route 138, un projet qui était prévu dans la nouvelle version du Plan Nord.La population de Sept-Îles est d iv isée depu is dé jà quelques années par rapport à la réalisation de Mine Arnaud, qui deviendrait la plus grosse mine à ciel ouvert en milieu habité au Québec.Rappelons que le Bureau d \u2019audiences publiques sur l\u2019environnement ava it publ ié un rapport très sévère sur Mine Arnaud en février 2014.L\u2019organ isme constata it auss i « l\u2019absence d\u2019un consensus social et la polarisation de la population septilienne ».Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 MINE ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR Le port de Sept-Îles "]
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