Le devoir, 1 août 2016, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 1 7 1 L E D E V O I R , L E L U N D I 1 E R A O Û T 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a La Commission de toponymie sauvage renomme les rues dans le cadre du festival Présence autochtone.Page B 8 Avis légaux.B 2 Décès.B 6 Météo.B 5 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m La députée indépendante Sylvie Roy n\u2019est plus Page A 3 CÉLINE DION APRÈS LE DEUIL, LE RETOUR GRAHAM HUGHES LA PRESSE CANADIENNE À qui d\u2019autre que Céline Dion un Centre Bell au complet peut-il crier «on t\u2019aime»?La chanteuse québécoise a lancé sa série de concerts montréalais avec émotion, dimanche, avec un programme en forme de lettre d\u2019amour à René Angélil.Lisez notre critique sur le site Web et l\u2019application tablette du Devoir.M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa A lors que le Sénat compte se tourner vers les tribunaux pour récupérer les sommes qu\u2019il réclame à certains sénateurs, le gouvernement fédéral, lui, ne semble pas pressé de recouvrer les millions de dollars détournés lors du scandale des commandites.Ottawa plaide qu\u2019il cherche encore à récupérer l\u2019argent.Mais sa cause à la Cour supérieure du Québec n\u2019a pas procédé depuis\u2026 2009.Et le fédéral n\u2019a pas demandé la reprise des procédures.De l\u2019aveu même de l\u2019avocat recruté par le gouvernement fédéral, Sylvain Lussier, « le dossier est un peu en suspens».Ottawa a intenté une poursuite civile en 2005, réclamant à la Cour supérieure du Québec d\u2019ordonner à une quinzaine de défendeurs de payer les montants obtenus par la fraude sur des contrats totalisant 44 millions de dollars.Certains dossiers se sont depuis réglés hors cour, et le fédéral a recouvré 6,8 millions de dollars grâce à des règlements extrajudiciaires.Mais Ottawa cherche encore à récupérer des fonds auprès de trois individus et deux compagnies : Charles Guité, Luc Lemay et Groupe Polygone/Malcolm SCANDALE DES COMMANDITES La poursuite d\u2019Ottawa dort depuis 2009 Le fédéral tarde à relancer les procédures pour récupérer l\u2019argent J E A N D I O N P lusieurs drapeaux de la Roumanie étaient déployés dans les tribunes du stade de tennis Uniprix dimanche, et l\u2019enfant du pays n\u2019a pas déçu tous les partisans qui sont venus l\u2019encourager.Alors que ceux-ci scandaient son prénom en en séparant bien les trois syllabes, Simona Halep, 5e joueuse mondiale, a remporté la finale de la Coupe Rogers, son 14e championnat sur le circuit de la WTA à 24 ans seulement.Dans un match qui ne passera certainement pas à l\u2019histoire parce que ponctué de nombreuses erreurs, Halep a eu raison de l\u2019Américaine Madison Keys, 12e, par la marque de 7-6 (2) et 6-3.Avec cette victoire, « l\u2019une de mes plus grosses en carrière », a-t-elle dit, Halep passera au 3e rang mondial lors de la publication du nouveau classement WTA lundi.Elle a connu une semaine extrêmement chargée puisqu\u2019elle a aussi atteint la finale du double en compagnie COUPE ROGERS Halep clôt la semaine avec un point d\u2019exclamation ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Simona Halep passera au 3e rang mondial.Nous terminons notre série sur la ponctuation avec une mise en perspective des nouveaux signes qui accompagnent l\u2019expression écrite sur les nouvelles plateformes numériques : les émoticônes.S T É P H A N E B A I L L A R G E O N C e qu\u2019il a fallu de temps, de patience et d\u2019innovation pour arriver à ça ;-).Ou ça :-(((.Ou encore tout ça : Les signes de ponctuation ont une histoire longue, profonde et compliquée.Les premières écritures apparaissent il y a 6000 ans environ.Il faut encore deux millénaires pour accoucher de l\u2019alphabet, fabuleuse et déterminante invention humaine à l\u2019égal du feu ou de la roue, dont les innombrables et insondables conséquences se font encore sentir partout, tout le temps.MISES AUX P?INTS Les émoticônes, ou la laque des signes ASSOCIATED PRESS L\u2019utilisation des émoticônes s\u2019est raf finée avec le temps.Lire aussi \u203a Novak Djokovic a remporté la finale des hommes à Toronto.Page B 4 Lire aussi \u203a Notre entrevue avec la linguiste Anaïs Tatossian sur la ponctuation en ligne.Page A 4 VOIR PAGE A 8 : ÉMOTICÔNES VOIR PAGE A 8 : HALEP VOIR PAGE A 8 : SCANDALE Osheaga Le festival indie s\u2019est clos sur une prestation raf?née de Radiohead Page B 7 J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U «C e sont des é l é m e n t s subversi f s qui parcourent la province qui sont à l\u2019origine de la chute du pont», affirme, très irrité, le premier ministre Maurice Duplessis à l\u2019Assemblée législative, l\u2019après-midi qui suit l\u2019ef fondrement du pont qui porte son nom à Trois-Rivières.Dans la nuit du 31 janvier 1951, par un froid mordant, le nouveau pont s\u2019est écrasé dans les glaces de la rivière Saint-Maurice.Qui est le coupable ?Duplessis, comme à son habitude, joue les matamores.Il n\u2019attend pas une enquête pour désigner d\u2019un doigt accusateur ses ennemis réels ou imaginaires, à l\u2019image d\u2019une Amérique obsédée dans l\u2019après-guerre par le spectre du communisme.On prétendra avoir trouvé des fils près de la structure.S\u2019agit-il d\u2019un dispositif par lequel on a fait sauter des explosifs?Le pont de Trois-Rivières a été construit comme un symbole de la gloire d\u2019un régime qui prône l\u2019ordre, la discipline, la stabilité, le courage, le respect de l\u2019autorité, tout en modulant ces concepts à une idée du progrès qui fait bonne place au laisser-faire économique promu par le capital étranger.Sans se faire prier, le gouvernement de Duplessis baisse la tête devant l\u2019entreprise privée qui le maintient bien en selle sur le pouvoir.L\u2019argent de la caisse De Cap-de-la-Madeleine à Trois-Rivières, plusieurs ponts ont relié les deux rives de la rivière Saint-Maurice.Trois ponts de bois successifs, érigés à compter de 1832, sont malmenés et finissent en bouillie.Ils seront remplacés par un pont d\u2019acier en 1901.De retour au pouvoir en 1944, l\u2019Union nationale de Duplessis approuve le remplacement de celui-ci par une nouvelle structure.La construction du pont Du- plessis débute le 28 juin 1946.Le contrat est attribué à Du- fresne Engineering, qui confie une partie de ses travaux à la Dominion Bridge Company.Un an passe.Puis deux.Le 6 juin 1948, jour de l\u2019inauguration du pont, un cor tège de grosses voitures américaines chargées de notables du monde politique et religieux s\u2019avance solennellement sur le tablier du pont.Muni de ciseaux dorés, Du- plessis s\u2019approche tout sourire pour couper le traditionnel ruban en compagnie de Mgr Hor- midas Trudel.Le premier ministre af firme alors que l\u2019ouvrage qui porte son nom est «aussi solide que l\u2019Union nationale ».La caisse électorale du parti est bien garnie à la suite des pratiques de favoritisme systématisées.L\u2019Union nationale est élue une première fois en 1936, une deuxième en 1944, une troisième en 1948, moment à partir duquel elle prône l\u2019«autonomie provinciale».Le parti sera réélu sans difficulté en 1952.Le responsable des travaux du pont Duplessis, la Du- fresne Engineering, souscrit comme plusieurs autres à la caisse électorale de l\u2019Union nationale.Amie du régime, la compagnie obtient d\u2019ailleurs régulièrement des contrats de construction.Les travaux du pont Duplessis sont estimés à 2,2 millions de dollars, soit l\u2019équivalent de 24,7 millions en dollars de 2016.Aucune accusation ne sera déposée contre la compagnie.Mauvaise construction Le 27 février 1950, le pont avait déjà fléchi.Une poutre d\u2019acier déchirée en serait la cause.Des travaux de réparation sont entrepris pour en préserver l\u2019intégrité, à l\u2019évidence sans les succès escomptés.Il est environ de 3 heures du matin dans la nuit du 31 janvier 1951 lorsque le pont s\u2019effondre, incapable de soutenir plus longtemps son propre poids.L\u2019acier, de moindre qualité que prévu, s\u2019est fissuré.Des travées cèdent.Quatre personnes trouvent la mort.Omer Cheney, un entrepreneur qui empruntait alors le pont tout à fait par hasard, a la vie sauve de justesse.L\u2019armée canadienne prêtera un pont militaire afin d\u2019assurer le passage des véhicules en attendant la construction d\u2019un nouvel ouvrage permanent.Une commission d\u2019enquête rend son rappor t en 1951.Rien, dit-elle, ne permet de croire à du sabotage.Le pont sera reconstruit, plus solidement que la première fois.Symbole politique Les ponts ont toujours constitué un riche symbole politique pour le pouvoir en place, comme ses opposants.Le maire de Trois-Rivières, Jo- seph-Alfred Mongrain, un libéral qui rêve de se débarrasser de Duplessis, tente d\u2019utiliser le symbole du pont écrasé à son avantage.En 1952, candidat contre Duplessis, il dit volontiers que le régime de l\u2019Union nationale est appelé à tomber comme le pont de son chef.Mais Duplessis sera facilement réélu à neuf reprises dans cette circonscription\u2026 Le pont a également été utilisé depuis fort longtemps comme un symbole de puissance politique, voire économique.Dans la Rome antique, le pont constitue un véritable symbole de gloire.Bien que souvent modeste, il est coiffé d\u2019un arc de triomphe, tout à la gloire d\u2019un homme.Le pont, symbole fort de l\u2019Empire romain, devient ainsi une façon de célébrer les actions militaires et politiques d\u2019un empereur.Ces monuments sont pour la plupart en bois et relativement modestes par rapport aux ouvrages en pierres qui ont survécu jusqu\u2019à nous.Il existe encore un pont à la gloire de Trajan en Espagne.À Rome, le pont Mil- vius marque aussi l\u2019expression d\u2019un triomphe politique.Le pont Victoria, dédié à la souveraine de l\u2019Empire britannique, devient à compter de 1859 un symbole for t de la puissance politique de la reine, notamment grâce à l\u2019usage de photographies réalisées à dessein par William Notman.Menacé par une suite de scandales, le premier ministre Louis-Alexandre Taschereau promet au milieu des années 1930 que son régime construira finalement un pont pour relier l\u2019île d\u2019Orléans à la Côte-de-Beau- pré.La demande populaire pour un tel pont n\u2019est pas nouvelle.Traverser le fleuve en chaloupe ou en canot à glace n\u2019est pas chose facile.Le pont de l\u2019île d\u2019Orléans sera construit au coût de 3,5 millions.Il est inauguré par Taschereau lui- même, le 4 juillet 1935.Mais ce pont qui devait rehausser sa gloire ne l\u2019empêche pas de sombrer.Les libéraux, au pouvoir depuis 1897, sont chassés par Duplessis.Le gouvernement libéral actuel envisage de remplacer le pont de l\u2019île d\u2019Orléans, arrivé à sa fin de vie.Un pont à haubans, du type de celui tout à fait spectaculaire construit à Millau en France, a été évoqué.Le remplacement est prévu dans un horizon de dix ans.Mise en lumière À cause de leurs coûts astronomiques, des difficultés techniques qu\u2019ils posent ainsi que de leur visibilité, les ponts continuent d\u2019être des enseignes politiques de première valeur.Pour le 150e anniversaire de la Confédération canadienne, en 2017, le gouvernement Harper avait par exemple décidé d\u2019éclairer le pont Jacques-Cartier.Cet éclairage aux dimensions futuristes doit témoigner de façon impressionniste, grâce à divers capteurs, du niveau d\u2019énergie qui émane de la ville.Le coût de cet éclairage commémoratif : 39,5 millions sur dix ans.Cette mise en lumière du pont Jacques-Cartier compte au nombre des événements au programme pour les fêtes du 375e anniversaire de Montréal, bien qu\u2019il s\u2019agisse bel et bien au départ d\u2019une façon de souligner l\u2019acte constitutionnel de 1867.Le Devoir L E D E V O I R , L E L U N D I 1 E R A O Û T 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 Imagine-t-on Montréal sans le pont Jacques-Cartier ou encore la ville de Québec sans son vieux pont de fer centenaire ?Les ponts, qu\u2019ils soient de bois ou de béton, font partie de l\u2019image des villes comme des villages.Aux anciennes routes liquides, ils ont ajouté une humanité dont il convient de rappeler l\u2019histoire.Quatrième de six articles.NOS PONTS AVEC LE PASSÉ (4/6) Lumière sur le pont de Maurice Duplessis L\u2019ancien premier ministre du Québec a voulu bâtir un symbole de la gloire de son régime WIKICOMMONS L\u2019actuel pont Duplessis enjambe toujours la rivière Saint-Maurice et relie Trois-Rivières à l\u2019ancienne ville de Cap-de-la-Madeleine.Q uébec \u2014 Une cinquantaine de groupes citoyens et environnementaux demandent au gouvernement Couil- lard d\u2019empêcher les sociétés pétrolières et gazières de devenir «maîtres chez nous».Selon le Front commun pour la transition énergétique, un chapitre du projet de loi 106, déposé le 7 juin dernier à l\u2019Assemblée nationale, ouvre la por te au développement de cette filière polluante sur l\u2019ensemble du territoire québécois.Le regroupement d\u2019organismes a publié une lettre ouverte adressée au premier ministre Philippe Couillard, vendredi, lui demandant de retirer le projet de loi sur les hydrocarbures du document intitulé Loi concernant la mise en œu- vre de la Politique énergétique 2030 et modifiant diverses dispositions législatives.Les écologistes af firment que le projet de loi accorde aux entreprises titulaires de licences des droits d\u2019accès et d\u2019expropriation prépondérants sur ceux des citoyens qui possèdent la surface du sol.Ces entreprises auraient aussi des droits privilégiés par rapport aux schémas d\u2019aménagement, aux règlements de zonage et aux règles des municipalités sur les puisements d\u2019eau.«Le volet du projet de loi 106 qui porte sur les hydrocarbures ouvre la porte, à notre avis, à l\u2019exploitation des hydrocarbures au Québec, dit le directeur principal d\u2019Équiterre, Steven Guilbeault, en entrevue avec La Presse canadienne.C\u2019est un risque tant au niveau économique que social et environnemental, qui est inacceptable.» Discours contradictoire Le Front commun reconnaît que le projet de loi libéral contient aussi des dispositions intéressantes sur la transition énergétique, mais il estime que le chapitre sur les hydrocarbures est totalement à contre- courant.Selon Steven Guil- beault, le gouvernement dit «une chose et son contraire» et la partie sur les hydrocarbures du projet de loi 106 devrait être complètement délaissée.«À cause du pétrole, l\u2019Alberta a un déficit qui dépasse, cette année, les huit milliards [de dollars].La province a des décennies d\u2019expertise en développement des hydrocarbures et nous, au Québec, on part de rien.» En avril, le gouvernement albertain prévoyait même un déficit de 10,4 milliards pour l\u2019exercice financier 2016-2017.Étant donné le contexte, l\u2019idée que le Québec pourrait tirer profit de projets d\u2019exploitation pétrolière et gazière est selon lui illusoire et utopique.M.Guilbeault considère par ailleurs que la Norvège \u2014 qui exploite ses propres hydrocarbures tout en ef fectuant une transition énergétique \u2014 n\u2019est pas un exemple comparable au Québec.Le virage de ce pays scandinave a été amorcé il y a des années, a-t-il souligné, alors que le Québec n\u2019en est pas là.Pour Martine Chatelain, de la Coalition Eau Secours!, les citoyens qui croyaient à l\u2019existence d\u2019un moratoire sur le gaz de schiste et la fracturation hydraulique se trompaient.Mme Chate- lain ajoute que si le projet de loi sur les hydrocarbures était adopté, ce type d\u2019exploitation serait possible, même dans la vallée du Saint-Laurent.Le projet de loi 106 doit faire l\u2019objet de consultations en commission parlementaire à compter du 16 août.La Presse canadienne HYDROCARBURES Les écologistes demandent à Québec de laisser de côté son projet de loi La CAQ amorce sa tournée estivale C\u2019est en plein milieu des vacances de la construction que le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Le- gault, lancera les hostilités lundi en vue du «retour politique» à Québec dans quelques semaines.M.Le- gault, accompagné de sa députation, annoncera en conférence de presse, à Longueuil, les détails de sa tournée estivale d\u2019une cinquantaine de villes.Elle aura pour thème «Debout pour le Québec».Le chef caquiste ira donc à la rencontre des citoyens, afin de connaître leurs préoccupations, mais aussi pour mousser les politiques de son parti.D\u2019ici la fin de l\u2019été, François Legault devrait également se rendre régulièrement dans la circonscription de Saint-Jé- rôme, où une élection partielle sera bientôt déclenchée en raison de la démission du chef du PQ Pierre Karl Péladeau.La Presse canadienne Moto : 20 décès depuis le début de l\u2019année Depuis le début de l\u2019été, un nombre inquiétant de motocyclistes ont été impliqués dans des accidents, ce qui incite la Sûreté du Québec à lancer une mise en garde.Pas moins de 20 motocyclistes ont perdu la vie cette année sur les routes de la province.Tout en invitant les autres usagers de la route de faire preuve de vigilance, la SQ rappelle aux motocyclistes quelques conseils de prévention en raison de leur vulnérabilité, puisqu\u2019ils bénéficient de peu de protection.Ainsi, ils doivent se munir d\u2019un casque protecteur conforme aux normes de fabrication en vigueur et correctement attaché, allumer leurs phares, porter des vêtements qui assurent une protection en cas d\u2019impact et redoubler de prudence aux intersections, entre autres.La Presse canadienne PÉTROLIA La plateforme de forage Bourque, située en Gaspésie MARIO GROLEAU Le pont Duplessis après son ef fondrement en 1951 F L O R E N C E S A R A G .F E R R A R I S L a députée indépendante de la circonscription d\u2019Arthabaska, Sylvie Roy, est décédée dimanche après-midi à l\u2019âge de 51 ans.Mme Roy a été admise à l\u2019hôpital de l\u2019Enfant-Jésus de Québec au début du mois dernier à la suite d\u2019un sérieux malaise.Depuis, son état n\u2019aurait cessé de se détériorer, selon un communiqué de l\u2019Assemblée nationale du Québec transmis aux médias en début de soirée.Les causes de son décès sont encore inconnues.Le bureau du président de l\u2019Assemblée nationale a rapidement été informé de la situation afin que les dispositions prévues en pareilles circonstances soient prises.«Il existe un protocole à suivre quand ce genre de chose arrive, explique le conseiller politique Éric Vachon, qui travaillait avec Mme Roy depuis les débuts de cette dernière en politique en 2007.Dans les prochains jours, ils devront décider de la suite des choses, notamment pour la prise en charge du comté.» Condoléances multiples Quelques minutes à peine après l\u2019annonce du décès de la politicienne, les réactions se sont multipliées, fusant de toute part.Le président de l\u2019Assemblée nationale, Jacques Chagnon, a notamment fait savoir en fin de soirée par voie de communiqué que le drapeau du Québec serait immédiatement mis en berne sur la tour centrale de l\u2019hôtel du Parlement.« C\u2019est avec une très grande peine que le président de l\u2019Assemblée nationale a appris le départ de sa collègue Sylvie Roy.» M.Chagnon a également tenu à transmettre ses condoléances aux membres de la famille de la parlementaire.De nombreux collègues de l\u2019Assemblée nationale ont notamment tenu à lui rendre hommage via les réseaux sociaux.«[C\u2019est] une très triste nouvelle.Une femme de conviction», a rapidement partagé sur Twitter son ancien chef à l\u2019Action démocratique du Québec (ADQ) Mario Dumont, avec qui elle avait fait ses premiers pas en politique.Son ancien chef à la Coalition avenir Québec (CAQ) a, lui aussi, transmis ses condoléances à la famille de la députée décédée.«Sylvie Roy a été tout le long de son passage parmi nous une battante.C\u2019était une passionnée, qui était proche des gens, et qui n\u2019avait pas peur de se battre pour ses idées.[\u2026] Elle sera fortement regrettée par tous ses collègues de l\u2019Assemblée nationale.» Parcours mouvementé Sylvie Roy a représenté la circonscription de Lotbinière de 2003 à 2012, jusqu\u2019au redécou- page de la carte électorale.Depuis 2012, l\u2019avocate de formation était députée d\u2019Arthabaska.Sylvie Roy s\u2019est distinguée comme porte-parole en matière de sécurité publique.Elle fut la première à réclamer à l\u2019Assemblée nationale la tenue d\u2019une commission d\u2019enquête publique sur la corruption et la collusion dans l\u2019industrie de la construction.En août 2015, la députée a claqué la porte de la CAQ pour siéger comme indépendante, ce qu\u2019elle faisait toujours au moment de son hospitalisation.À l\u2019époque, elle avait notamment affirmé qu\u2019elle n\u2019avait jamais été heureuse au sein du parti de François Legault, soulignant le fait que ce dernier ne lui avait pas donné la place qui lui revenait.Elle avait également indiqué préférer le travail de terrain, une liberté qu\u2019elle pouvait prendre davantage depuis qu\u2019elle siégeait comme indépendante.Dévouement et intégrité Tout au long de la soirée dimanche, les hommages se sont multipliés sur les réseaux sociaux, tous y allant d\u2019un bon mot à son égard.Son travail pour lutter contre la corruption a abondamment été souligné par ses collègues de l\u2019Assemblée nationale, ces derniers insistant sur sa voix forte, son dévouement et son intégrité.Le député fédéral conservateur et ancien collègue de Mme Roy tant à l\u2019ADQ qu\u2019à la CAQ Gérard Deltell a insisté sur l\u2019engagement et la détermination de la députée.«À 51 ans, élue cinq fois, Sylvie Roy aura marqué la politique par son engagement et sa détermination, a-t-il tweeté.Mes pensées vont à ses deux enfants.» Les détails entourant les funérailles seront divulgués au cours des prochains jours.Le Devoir La députée Sylvie Roy est décédée La classe politique québécoise salue une femme « dévouée » et « intègre » L E D E V O I R , L E L U N D I 1 E R A O Û T 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 B O R I S P R O U L X L\u2019 entreprise québécoise La Face cachée de la pomme, connue pour son cidre de glace Neige, se place sous la protection de ses créanciers, parmi lesquels figurent des organismes publics comme Investissement Québec.La compagnie, dont les vergers se trouvent à Hemmingford, tout près de la frontière américaine, est devenue une «personne insolvable» le 15 juillet dernier.Dans une lettre adressée à ses créanciers par le syndic en insolvabilité Raymond Chabot \u2014 un document accessible publiquement \u2014, les dettes de La Face cachée de la pomme s\u2019élèvent à plus de 5,3 millions de dollars.Conformément à la Loi sur la faillite et l\u2019insolvabilité, l\u2019entreprise est protégée de ses créanciers au moment où elle présente son intention de leur faire une proposition enregistrée auprès de la Cour supérieure.Toujours en activité Bien qu\u2019elle ait été déclarée «personne insolvable» il y a plus de 15 jours, La Face cachée de la pomme semble poursuivre ses activités comme à l\u2019habitude.Sur les principaux réseaux sociaux, la compagnie invite ses clients à visiter la cidrerie, ouverte au public pour la saison estivale.Toutefois, la liste des créanciers incluse dans le document du syndic de faillite témoigne de dettes de centaines de milliers de dollars auprès de banques ou de fournisseurs, principalement de la Montérégie.Il est également possible de lire que l\u2019entreprise doit plus de 600 000$ à Investissement Québec, 150 000$ à Revenu Québec et près de 100 000$ à Financement agricole Canada.François Pouliot, président fondateur de La Face cachée de la pomme, a indiqué au Devoir ne pas souhaiter répondre aux questions, dimanche.Le producteur a toutefois tenu à nier que son entreprise est en situation de faillite.Bien que sa signature soit apposée à la lettre aux créanciers du syndic de faillite et d\u2019insolvabilité, M.Pouliot a précisé ne pas être au courant de démarches pour protéger La Face cachée de la pomme de ses créanciers.Un succès d\u2019entreprise La Face cachée de la pomme a développé la production du cidre de glace dès 1994, soit vingt ans avant que le produit ne devienne une appellation protégée du Québec (IGP).Son produit phare, le cidre de glace Neige, a connu un grand succès en France au milieu des années 2000, et figure toujours comme un produit emblématique du terroir québécois.Il a par exemple été offert au président des États-Unis Barack Obama lors de sa première visite officielle au Canada en 2009 et au couple royal du prince William et la duchesse Kate lors de leur passage à Montréal en 2011.Il y a un an, La Face cachée de la pomme a aussi lancé en grande pompe un gin de pomme, fabriqué à partir de l\u2019eau récupérée de sa production de cidre de glace.Le Gin de Neige, vendu à la SAQ, a été bien accueilli par les critiques culinaires.Le Devoir Un pionnier du cidre de glace en difficulté financière L\u2019entreprise La Face cachée de la pomme s\u2019est placée sous la protection de ses créanciers JACQUES BOISSINOT PC Sylvie Roy a été élue pour la 1re fois en 2012.JONATHAN HAYWARD LA PRESSE CANADIENNE Justin Trudeau défilé de la Fierté de Vancouver Comme il l\u2019a fait à Toronto, Justin Trudeau a assisté dimanche au défilé de la Fierté de Vancouver.Aucun premier ministre du Canada n\u2019avait participé à cet événement jusqu\u2019à présent.M.Trudeau a déjà assisté à ce défilé, en 2014 et 2015, mais à titre de chef du Parti libéral du Canada.Selon les organisateurs, plus d\u2019un demi-million de personnes se sont rassemblées le long du parcours, au centre-ville de Vancouver.H E R V É L I O N N E T à Rouen Cinq jours après l\u2019assassinat d\u2019un prêtre qui a bouleversé la France, de nombreux musulmans ont manifesté dimanche leur horreur du djihadisme, présents aux messes aux côtés des catholiques ou par des tribunes dans les médias.Dans le même temps, deux hommes liés à l\u2019un des meurtriers du père Jacques Hamel, tué mardi en Normandie, ont été inculpés et placés en détention, a annoncé le parquet de Paris.Ils étaient plus de cent musulmans dans la matinée à l\u2019intérieur de la cathédrale de Rouen (nord- ouest), mêlés à la foule des quelque 2000 fidèles qui se pressaient pour une messe à la mémoire de ce curé de 85 ans égorgé dans l\u2019église de Saint- Étienne-du-Rouvray par deux jeunes de 19 ans se réclamant du groupe État islamique (EI).« Amour pour tous, haine pour personne », pouvait-on lire sur une affiche accrochée dans l\u2019édifice par une association musulmane.La présence des musulmans est « un geste courageux», «un geste de paix », a souligné l\u2019archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun.« Vous af firmez ainsi que vous refusez les morts et les violences au nom de Dieu.Comme nous l\u2019avons entendu de vos bouches que nous savons sincères, ce n\u2019est pas l\u2019islam», a-t-il souligné.Le pape François lui-même, dans l\u2019avion qui le ramenait dimanche soir des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) en Pologne, a refusé de faire l\u2019amalgame entre islam et violences.«Tous les jours, quand j\u2019ouvre les journaux, je vois des violences en Italie, quelqu\u2019un qui tue sa petite amie, un autre qui tue sa belle-mère, et ce sont des catholiques baptisés », a-t-il expliqué.« Si je dois parler de violences islamiques, je dois aussi parler de violences chrétiennes.Dans presque toutes les religions, il y a toujours un petit groupe de fondamentalistes.Nous en avons nous aussi », a-t-il insisté.Appel inédit À Bordeaux (sud-ouest), l\u2019imam de la mosquée, Tareq Oubrou, s\u2019est rendu à l\u2019église No- tre-Dame accompagné d\u2019une délégation d\u2019une dizaine d\u2019hommes, de femmes et d\u2019enfants.À Nice (sud-est), ville endeuillée par un attentat lui aussi revendiqué par le groupe EI qui a fait le 14 juillet 84 morts et 435 blessés, dont de nombreux musulmans, l\u2019église Saint-Pierre-de- l\u2019Ariane a quant à elle reçu la visite de l\u2019imam Otman Aissaoui et d\u2019un groupe de fidèles.«Être uni est une réponse à ces actes d\u2019horreur et de barbarie», a souligné le religieux.Tous répondaient à un appel inédit du Conseil français du culte musulman, qui a également été relayé en Italie, où, de Milan au nord à Palerme au bout de la Sicile, de petites délégations d\u2019imams, de responsables et de fidèles se sont rendues dans les églises.Planifié en quelques jours De son côté, l\u2019enquête a permis d\u2019établir que les deux assassins du prêtre, Abdel Malik Petitjean et Adel Kermiche, se sont rencontrés via le système de messagerie chiffrée Telegram quelques jours seulement avant leur passage à l\u2019acte, selon plusieurs médias.Adel Kermiche y aurait décrit par avance le mode opératoire de l\u2019attentat, mentionnant « un couteau » et « une église ».Les deux jeunes avaient été repérés chacun de leur côté par les services antiterroristes sans que leur projet ait été détecté.Adel Kermiche, qui était inculpé pour avoir tenté de partir en Syrie, était sous surveillance électronique dans l\u2019attente de son procès.Par ailleurs, les deux hommes liés à Abdel Malik Petitjean mis en examen dimanche et écroués sont son cousin Farid K., 30 ans, et Jean-Philippe J., un homme de 20 ans qui avait tenté de rejoindre la Syrie en juin avec Petitjean.Agence France-Presse PRÊTRE ASSASSINÉ Musulmans et catholiques unis pour dénoncer l\u2019horreur JACQUES GRENIER LE DEVOIR François Pouliot et son célèbre cidre de glace Neige L\u2019Allemagne rend hommage aux victimes de la tuerie L\u2019Allemagne s\u2019est recueillie dimanche à Munich derrière le président Joachim Gauck et la chancelière Angela Merkel à la mémoire des neuf personnes tuées il y a une semaine par un jeune forcené dans cette ville.Aux côtés de Mme Merkel et de M.Gauck, des dignitaires religieux orthodoxes, juifs ou musulmans étaient également présents à la cérémonie en la cathédrale Notre-Dame de Munich (sud).David Ali Sonboly a tué neuf personnes le 22 juillet et en a grièvement blessé onze autres aux abords d\u2019un grand centre commercial de Munich, avant de se donner la mort.La compétence avant l\u2019ancienneté, prônent les jeunes libéraux Les jeunes libéraux remettent en cause le dogme syndical de l\u2019ancienneté.Pour faciliter l\u2019accès des jeunes à des postes enviables, la compétence devrait désormais primer le nombre d\u2019années d\u2019expérience des travailleurs, selon le président de la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec (CJPLQ), Jonathan Marleau.En entrevue à La Presse canadienne, en prévision du congrès annuel de l\u2019aile jeunesse du PLQ, qui se tiendra à Saint-Augustin-de-Desmaures les 13 et 14 août, M.Marleau a indiqué clairement que la réorganisation du monde du travail et les relations de travail seraient des enjeux prioritaires des jeunes libéraux cette année.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E L U N D I 1 E R A O Û T 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 Entretien avec Anaïs Tatos- sian, professeure au Département d\u2019études françaises de l\u2019Université Concordia.Sa thèse portait sur « les procédés scripturaux des salons de clavardage».Elle est une spécialiste de l\u2019orthographe, de l\u2019écriture en ligne et de la langue des jeunes.P R O P O S R E C U E I L L I S P A R S T É P H A N E B A I L L A R G E O N Qu\u2019observez-vous du point de vue de la ponctuation dans le clavardage et d\u2019autres formes de nouvelles communications?Mes recherches sur le cla- vardage en français, en anglais et en espagnol chez les adolescents et les adultes ont montré une utilisation importante de procédés expressifs.Il s\u2019agit de ressources utilisées par les cla- vardeurs pour compenser l\u2019absence de canal sensoriel visuel et auditif en situation de clavar- dage, et ainsi pallier l\u2019absence d\u2019information non verbale.En effet, lorsqu\u2019on parle, on transmet constamment de l\u2019information sur nos émotions grâce aux expressions faciales, aux intonations, aux pauses, etc.Dans le clavardage, il faut trouver des moyens d\u2019exprimer ces informations.Les clavardeurs vont mettre au point des stratégies pour reproduire la spontanéité de l\u2019oral et du non-dit.L\u2019emploi de la ponctuation est notamment un de ces moyens.Par exemple, on va utiliser les points de suspension pour créer des pauses, notamment quand on veut montrer une hésitation (par exemple : Euh\u2026 Je ne crois pas\u2026) ou encore, reproduire un débit particulier déterminé par une émotion, par exemple la timidité.Certains signes disparaissent-ils (ou presque) comme le point?D\u2019autres sont-ils en plus grand usage que dans l\u2019écrit courant (comme le point d\u2019exclamation ou les trois points)?La ponctuation peut aussi reproduire l\u2019humeur ou l\u2019intention des personnes qui discutent à l\u2019écrit.Par exemple, un message suivi de nombreux points d\u2019exclamation (comme «Oui !!!!! ») montre que la personne insiste ou qu\u2019elle est enthousiaste.De nombreux points d\u2019interrogation peuvent sembler agressants, par exemple si on reçoit le message «Tu as reçu mon fichier ?», ce qui peut signifier que notre interlocuteur veut une réponse dans l\u2019immédiat.On remarque surtout trois signes de ponctuation en contexte de clavardage : le point d\u2019interrogation, le point d\u2019exclamation et les points de suspension.Le plus étonnant, de mon point de vue, est la petite place qu\u2019occupent les signes de ponctuation considérés comme les signes de base: le point et la virgule.Ils ne sont pratiquement pas employés dans le clavardage.En ce qui concerne la virgule, on la voit surtout dans les énumérations.Pourquoi cette omission des signes de ponctuation?L\u2019exigence de vitesse liée au clavardage peut expliquer la simplification dans la ponctuation.En gros, les clavar- deurs cherchent à limiter la taille des messages de sorte à augmenter le dynamisme de l\u2019 interaction (principe du « save a keystroke »).Toujours du point de vue de l\u2019usage de la ponctuation, ob- servez-vous des variantes sur les différentes plateformes de communication?Et comment les expliquer, le cas échéant?À la différence du courriel, le point marque la fin de la discussion dans le clavardage et sur tout dans les SMS.Par exemple, si un ami me demande par SMS si je travaille aujourd\u2019hui et que je réponds « Non » sans point final, on peut poursuivre la discussion.Mais si je lui réponds «Non.», mon interlocuteur pourrait penser que je n\u2019ai pas envie de discuter avec lui ou qu\u2019il me dérange.Le point est perçu comme étant sec, voire agressif.Le point serait ici un procédé expressif et aurait une utilité de fermeture de la conversation.Les autres signes de ponctuation, par exemple le point d\u2019interrogation et le point d\u2019exclamation, ne produisent pas cet ef fet.Dans le cas de Twitter, quand le message est plus long que la limite de 140 caractères, on a tendance à éliminer les signes de ponctuation.La ponctuation, enfin, l\u2019usage de la ponctuation est-il une affaire de génération?Non, je ne crois pas que la ponctuation soit une affaire de génération.Mes recherches sur le clavardage ont démontré que les jeunes vont employer certaines stratégies d\u2019écriture dans le but d\u2019affirmer leur distinction sociale.Comme on le sait, l\u2019adolescence est une période caractérisée par la quête d\u2019identité.Ces stratégies d\u2019écriture contribuent à l\u2019affirmation de l\u2019identité générationnelle des adolescents.Parmi elles, mentionnons certains remplacements de lettres ou groupes de lettres, par exemple le remplacement des lettres «oi» par « oa », « oua » et « wa » (« moi » devient « moa », « moua » ou « mwa ») ou encore « qu » par «k» (par exemple, «quoi » devient «koi»).Les adolescents comme les adultes ont tendance à pallier l\u2019absence physique de leur interlocuteur par l\u2019emploi d\u2019un grand nombre de procédés expressifs : émoticônes, majuscules pour exprimer l\u2019exacerbation d\u2019une émotion, répétition de caractères pour simuler l\u2019accent d\u2019insistance, utilisation de la ponctuation, etc.Par contre, il est vrai que certains adultes ont peut-être davantage le souci de la langue bien écrite et auront tendance à respecter les règles de la ponctuation même dans leurs communications par SMS et vont terminer leurs phrases par un point.De votre point de vue de linguiste, les émoticônes sont- elles des signes de ponctuation?Sinon, que sont-elles ?Les émoticônes sont des procédés expressifs qui servent surtout à reproduire une expression faciale et qui n\u2019ont pas tout à fait le même rôle que la ponctuation, bien que leur rôle soit similaire, c\u2019est-à-dire de guider l\u2019interprétation d\u2019un message.Les émoticônes peuvent montrer l\u2019état d\u2019esprit du locuteur, par exemple la joie, la colère, la tristesse.Ils peuvent aussi aider le destinataire à interpréter plus facilement l\u2019énoncé, par exemple le clin d\u2019œil ;-) permet d\u2019interpréter qu\u2019un énoncé est ironique ou humoristique.Les émoticônes peuvent aussi montrer le type de relation que le clavardeur désire entretenir avec son interlocuteur.Enfin, ils peuvent aussi servir à désamorcer le caractère offensant d\u2019un message.Ces nouveaux signes peuvent enrichir subtilement l\u2019expression écrite.On peut par exemple choisir entre dix ou vingt manières de rire après l\u2019expression d\u2019un fait comique.Dans ce contexte, vit-on une révolution linguistique avec ces centaines de signes qui viennent soudainement s\u2019ajouter ou dix ou quinze signes de la ponctuation traditionnelle?Pour faire un peu d\u2019histoire, on attribue l\u2019invention des smileys à Scott Fahlman, professeur à l\u2019université Carnegie Mellon, qui en 1982 créa le symbole :-) afin d\u2019étiqueter les messages drôles ou ironiques qui circulaient sur le forum de son université.Donc, les smileys remontent aux débuts des réseaux.Il est donc important de souligner que ces procédés ne sont pas nouveaux, et qu\u2019on les trouve dans d\u2019autres formes de communication antérieures aux téléphones cellulaires.Aujourd\u2019hui, des centaines d\u2019émoticônes dont l\u2019interprétation peut varier existent.À cela s\u2019ajoutent les sigles comme « lol » et « mdr » pour exprimer le rire.Peu importe la langue utilisée, on observe la même créativité et la même régularité dans les stratégies mises en œuvre par les clavardeurs.La nouveauté dans les SMS réside dans l\u2019« approfondissement» et la créativité dans le cadre d\u2019un nouveau mode de communication.On peut donner en exemple le cas des émo- jis (par exemple un visage rond avec des cœurs à la place des yeux), qui sont apparus sur les claviers iOS en 2011 et Android en 2013.Ces signes permettent tout simplement de simuler la conversation orale et d\u2019ajouter de l\u2019expressivité aux messages.Je pense qu\u2019il serait prématuré de parler de «révolution linguistique » puisque ces stratégies d\u2019écriture se trouvent seulement dans la communication électronique et pas dans les écrits conventionnels.Le Devoir ORTHOGRAPHE Ce qui change (ou pas) dans la ponctuation en ligne Austin : un mort et quatre blessés dans une fusillade Washington \u2014 Au moins une personne a été tuée et quatre blessées par balles dimanche matin dans le centre d\u2019Austin, au Texas, au cours d\u2019une fusillade dont l\u2019auteur était en fuite, selon la police.La fusillade a commencé peu après 2h15 (heure locale) dans un quartier de bars et boîtes de nuit.La police a alors averti la population sur Twitter d\u2019éviter le centre- ville, un «tireur en action» ayant fait «plusieurs victimes».Une femme est décédée sur les lieux de la première fusillade, tandis que trois autres femmes, blessées, ont été transportées à l\u2019hôpital, selon les services d\u2019urgence médicale.Une cinquième victime, un homme, a refusé les secours, selon les urgences.La police a ensuite fait état d\u2019un second échange de coups de feu dans la même zone à quelques minutes d\u2019intervalle, dans lequel seul le tireur a été blessé.Agence France-Presse La grève chez Air France a affecté 150 000 clients Paris \u2014 Plusieurs milliers de passagers ont été privés d\u2019avion dimanche en raison d\u2019une grève des hôtesses et du personnel d\u2019Air France, portant à 150 000 le nombre total de clients touchés en cinq jours, selon les derniers chiffres communiqués par la direction.La grève, qui doit durer jusqu\u2019à mardi, entraîne des annulations de vols ou des limitations du nombre de passagers à bord des avions pour des raisons de sécurité.Environ 900 vols, soit 20% du trafic, ont été annulés depuis mercredi, selon la compagnie, qui évalue à «quelques dizaines de millions d\u2019euros» l\u2019impact financier de la grève.Les discussions sont au point mort avec les grévistes, selon Christelle Auster, secrétaire générale adjointe du syndicat SNPNC-FO.Agence France-Presse Accident de montgolfière : les enquêteurs à pied d\u2019œuvre Washington \u2014 Les enquêteurs étaient toujours à pied d\u2019œuvre dimanche sur le site de l\u2019accident de montgolfière au Texas qui a coûté samedi la vie à 16 personnes, dont l\u2019identification prendra du temps, a indiqué la police locale.La catastrophe est survenue samedi matin au-dessus de champs du Texas, près de Lockhart, à environ 50km au sud d\u2019Austin, la capitale de l\u2019État.Aucune cause n\u2019a encore été retenue par les autorités, mais, d\u2019après la presse locale et des habitants, le ballon pourrait avoir heurté une ligne à haute tension toute proche.Il s\u2019agit d\u2019un des plus graves accidents de ballon jamais survenus dans le monde.L\u2019Agence fédérale de sécurité des transports (NTSB) dirige l\u2019enquête, à laquelle contribuent également l\u2019Agence fédérale de l\u2019aviation américaine (FAA) et le FBI.Agence France-Presse La belle-mère de Bernie Ecclestone aurait été libérée Enlevée il y a une dizaine de jours à São Paulo, au Brésil, la belle-mère du grand patron de la Formule 1, le Britannique Bernie Ecclestone, aurait été libérée dimanche sans qu\u2019aucune rançon ne soit remise aux ravisseurs, selon des informations obtenues par la BBC.Une rançon de 28 millions de livres (plus de 48 millions de dollars canadiens) avait été demandée en échange de la libération de la belle-mère de M.Ecclestone.Toujours selon la chaîne britannique, une vaste opération policière aurait permis de libérer la mère de l\u2019épouse de M.Ecclestone, sans qu\u2019aucune somme d\u2019argent ne soit finalement remise aux kidnappeurs.À 85 ans, Bernie Ecclestone est l\u2019un des hommes les plus puissants du monde du sport.Sa fortune est évaluée à plusieurs milliards de dollars.Le Devoir GETTY IMAGES Selon la professeure Anaïs Tatossian, l\u2019exigence de vitesse liée au clavardage peut expliquer la simplification dans la ponctuation.G E O R D O N O M A N D à Vancouver Le jugement rendu vendredi reprochant à des agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) d\u2019avoir piégé un couple pour que celui-ci soit ensuite accusé de terrorisme créera un précédent qui, selon plusieurs experts, demeure vague.Le directeur général de l\u2019Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique, Micheal Vonn, estime que la police devrait reconsidérer ses tactiques antiterroristes.La Cour suprême de la Co- lombie-Britannique a renversé, vendredi, les verdicts de culpabilité qui pesaient contre John Nuttall et Amanda Korody.La juge Catherine Bruce a estimé que des agents GRC avaient piégé le couple lors d\u2019une opération d\u2019infiltration de plusieurs mois ayant mené au projet d\u2019attentat qui devait se concrétiser durant la fête du Canada en 2013.Les accusés ont été les exécutants, mais ce sont des agents infiltrés qui ont orchestré le complot, utilisant à mauvais escient leur autorité pendant des mois, affirme le jugement.Un jury avait reconnu John Nuttall et Amanda Korody coupables de trois chefs d\u2019accusation liés au terrorisme en juin 2015, mais la juge Bruce a statué vendredi que tous deux avaient été naïfs et s\u2019étaient laissé influencer.Le couple n\u2019aurait pas pu agir seul, selon le jugement.Jugement courageux M.Vonn considère le jugement de Mme Bruce comme courageux et criant d\u2019évidence.Le fait qu\u2019une opération policière aussi coûteuse ait été jugée par un tribunal encouragera, selon l\u2019expert, la police à procéder à des changements.«Ça envoie certainement le signal que ce genre de démarche de la police sera surveillé par la Cour de façon rigoureuse, même lorsqu\u2019il est question d\u2019allégations de terrorisme.» La GRC a publié un communiqué de presse, vendredi, indiquant qu\u2019elle examinait la décision de la Cour suprême.Aucune mention de possibles modifications ou d\u2019éventuels réajustements des pratiques n\u2019a été faite.L\u2019avocat de la Couronne, Peter Eccles, a dit craindre que le jugement ait pour ef fet de miner la capacité des autorités à prévenir ou interrompre les risques d\u2019actes terroristes par des opérations d\u2019envergure.«Comme nous avons pu le voir au cours des six dernières semaines, les loups solitaires représentent indéniablement le plus gros défi », a-t-il fait valoir.L\u2019avocat de la défense, Mark Jette, a pour sa part rejeté la per tinence de telles inquiétudes.«On serait porté à croire qu\u2019une organisation comme la GRC essaierait de tirer des leçons d\u2019un tel jugement», a-t-il ajouté.La Presse canadienne TERRORISME Le jugement blâmant la GRC pourrait créer un précédent Des experts estiment que la police fédérale devra revoir ses pratiques à la suite du verdict rendu vendredi On serait porté à croire qu\u2019une organisation comme la GRC essaierait de tirer des leçons d\u2019un tel jugement Mark Jette, avocat de la défense « » ANDREW VAUGHAN LA PRESSE CANADIENNE La GRC n\u2019a pas indiqué si elle entend procéder à des changements influençant le travail de ses agents.Les jeunes emploient certaines stratégies d\u2019écriture dans le but d\u2019affirmer leur distinction sociale L E D E V O I R , L E L U N D I 1 E R A O Û T 2 0 1 6 SOCIETE A 5 V I R G I N I E N U S S B A U M M A R G O T D E L É V A U X Pourquoi\u2026 porte-t-on son alliance à l\u2019annulaire gauche?« Oui, je le veux », prononce-t-on avant d\u2019enfiler une bague à l\u2019annulaire gauche du partenaire.Si ce doigt porte traditionnellement l\u2019anneau marital dans le monde occidental, la pratique remonterait à l\u2019Antiquité égyptienne.Une croyance veut alors que l\u2019annulaire gauche soit le seul doigt à être directement relié au cœur par la «veine de l\u2019amour ».Plus tard, les chrétiens instituent la pratique à travers un rituel bien précis : à la fin de la cérémonie religieuse, le marié place d\u2019abord l\u2019anneau sur l\u2019index de sa promise, puis sur son majeur et l\u2019enfile enfin à l\u2019annulaire en déclamant : «Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.» La coutume prendrait même racine en Asie, où chaque doigt représente un membre de la famille : le pouce, les parents ; l\u2019index, la fratrie ; et l\u2019annulaire, sa moitié.Si l\u2019alliance est généralement portée à la main gauche, ce n\u2019est, et de loin, pas le cas par tout.En Nor vège, en Espagne ou encore en Russie, elle se porte plus volontiers à droite.Mais toujours à l\u2019annulaire\u2026 que l\u2019on nomme ainsi justement parce qu\u2019on y porte la bague.Logique.Pourquoi éternue-t-on lorsqu\u2019on regarde le soleil ?Quoi, cela ne vous arrive donc jamais ?C\u2019est sans doute parce que cette réaction ne touche qu\u2019environ 25 % de la population.Chez ces individus, l\u2019exposition à une lumière vive déclenche instantanément une série d\u2019éternuements.On appelle cela le réflexe photo-sternutatoire, et nombreux sont ceux qui se sont penchés sur les causes de cet étrange phénomène.À commencer par Aristote, qui émettait déjà des hypothèses en 350 av.J.-C.! La théorie la plus plausible date en réalité des années 1960.Elle attribue le phénomène à une anomalie génétique du système nerveux et plus particulièrement du nerf trijumeau, qui contrôle les sensations et réflexes au niveau du visage.Une stimulation trop importante du nerf optique, qui passe juste à côté du « trijumeau», entraînerait un frottement de ce dernier, le corps répondant par erreur en éternuant.Rien de grave, donc, à être diagnostiqué «photosensible».À moins peut-être que vous ne souhaitiez devenir pilote de l\u2019air dans l\u2019armée américaine.En effet, le syndrome est un critère éliminatoire.On peut comprendre pourquoi.Le Temps La réponse à des questions que vous vous êtes toujours posées sans avoir jamais cherché à connaître la réponse\u2026 MAIS POURQUOI?Les questions excentriques de la semaine N I C U L M I «B êlants », « en troupeau », « comme des moutons ».En disant cela, on a tout dit : les quidams qu\u2019on a frappés de ce jugement implacable sont renvoyés au rang d\u2019êtres sans personnalité, sans initiative autonome, sans opinion individuelle.L\u2019image d\u2019une masse de quadrupèdes laineux suffit à réduire un groupe humain à un moutonnement indistinct.Régie par le consensus aveugle et par une bêtise ontologique, la multitude ainsi désignée suit le mouvement aléatoire de chacun de ses membres, ou l\u2019impulsion du premier leader venu.Comme un troupeau de moutons, justement.Sauf que les moutons ne sont pas comme ça.Primatologue devenue, si l \u2019on ose dire, « moutonologue », Thelma Rowell s\u2019emploie depuis vingt ans à réhabiliter cet animal discrédité.Le mouton est considéré « comme le paradigme du grégarisme et de la stupidité », écrit- elle dans une étude publiée dans la revue Ethology en 1993.Faux ! En étudiant un troupeau sauvage, la chercheuse découvre des formes d\u2019intelligence émotionnelle et sociale égales ou supérieures à celle des primates, comprenant « un répertoire élaboré », « un système de règles établies de manière interactive » et « des liens à long terme entre individus».Nos questions bêtes Quelques années plus tard, dans la seconde moitié des années 1990, une équipe britannique entreprend de vérifier si les moutons (domestiques, cette fois) se distinguent et s\u2019identifient mutuellement, et s\u2019ils sont dotés, comme les primates, d\u2019un circuit neuronal spécialisé dans la reconnaissance faciale.Les résultats, résumés dans la revue Nature en novembre 2001 (Keith M.Kendrick et al., Sheep don\u2019t forget a face, soit Les moutons n\u2019oublient pas un visage), sont sans équivoque.L\u2019équipe découvre que les moutons se reconnaissent individuellement, même en photo.Ils gardent en mémoire pendant plus de deux ans l\u2019aspect individuel d\u2019une cinquantaine de congénères, même après une séparation (montrez-leur l\u2019image d\u2019un proche perdu de vue, ils la saluent en bêlant).Et ils savent faire la même chose pour les visages humains.Une mémoire sociale, des liens personnalisés, des relations électives (les éthologues n\u2019hésitent pas à parler d\u2019«amitié»), une régulation complexe entre les interactions individuelles et la dynamique groupale\u2026 on est très loin du moutonnement indifférencié.D\u2019où venait donc notre fourvoiement ?La réponse se cache dans deux questions qui taraudaient Thelma Rowell lorsqu\u2019elle s\u2019occupait de grands singes : « Pourquoi les primates sont-ils tellement plus intelligents et socialement dégourdis que les autres animaux?» Et aussi : «Le sont- ils vraiment ?» Le problème, se dit la chercheuse, n\u2019est peut-être pas du côté de l\u2019animal observé, mais de l\u2019observateur.« Nous avons posé des questions intelligentes aux singes [peu- vent-ils mentir, ont-ils conscience d\u2019eux-mêmes, ont-ils accès au langage?] et leurs réponses nous ont encouragés à des questions plus intelligentes encore.Mais qu\u2019avons-nous demandé aux autres?» s\u2019interroge Vinciane Despret, philosophe des sciences belge et propagatrice infatigable des thèses de Thelma Rowell en francophonie.Constat affligeant : les questions que l\u2019éthologie classique pose aux moutons portent essentiellement sur leur relation aux ressources : en gros, sur leur broutement, c\u2019est-à-dire « la manière dont ils transforment l\u2019herbe en gigots».En changeant d\u2019approche et en leur posant des questions intéressantes, les abordant «avec des dispositifs semblables à ceux qu\u2019elle utilisait pour les babouins ou les chimpanzés », Thelma Rowell dévoile les moutons comme «des êtres sociaux sophistiqués ».Il fallait pour cela changer de troupeau : les études précédentes « avaient toutes comme trait commun de travailler avec des troupeaux composés juste pour la recherche, dans lesquels les animaux ne se connaissaient pas ; Thelma Rowell va leur laisser un temps long pour s\u2019organiser», explique Vinciane Despret.Il fallait donc de la patience, « car le temps des moutons n\u2019est pas du tout le même que le nôtre ».C\u2019est ainsi que Thelma Rowell en vient à s\u2019installer à demeure dans le nord de l\u2019Angleterre avec un troupeau.Sous ses yeux apparaissent alors les amitiés (les moutons «sont sans cesse en train de fabriquer des liens»), les jeux et les «propositions de déplacement» que les animaux se font en levant leur museau en l\u2019air.Le baiser et la gravité «Anthropomorphisme», râleront les détracteurs.«Antropomorphophobie», leur rétorquera-t-on.Ou «anthropodéni» (anthropodenial), terme inventé en 1999 par le primatologue néerlandais Frans De Waal, lequel revient là-dessus dans son dernier livre, Are We Smart Enough to Know How Smart Animals Are?(Sommes-nous assez malins pour savoir à quel point les animaux le sont?).L\u2019anthropo- déni est «le refus de voir chez les autres animaux des traits semblables aux nôtres, ou d\u2019en voir des semblables aux leurs chez nous».Cette attitude, note le chercheur, «cache souvent une vision pré- darwinienne, inconfortable avec la notion des humains en tant qu\u2019animaux».Pure coquetterie d\u2019Homo sapiens : nommer «contacts buccaux» les baisers que s\u2019échangent les grands singes, c\u2019est comme «donner à la gravité terrestre un nom diffé- rent qu\u2019à celle de la Lune, juste parce que nous pensons que la Terre est spéciale».Le Temps Lundi prochain: Le déni, une affaire d\u2019autruches?L\u2019espace de quelques semaines, nous reproduisons une série estivale dans laquelle nos collègues du Temps se penchent sur la zoologie hasardeuse que les humains utilisent pour parler d\u2019eux-mêmes.Dans le troisième de cinq articles, on s\u2019interroge : le troupeau est-il une masse bêlante et indif férenciée, caricature des multitudes humaines ?IDIOTISMES ANIMALIERS Le mouton est-il un mouton ?MYCHELE DANIAU AGENCE FRANCE-PRESSE Durant la période estivale, cette chronique vous propose un voyage au cœur de quelques mythes qui construisent notre présent.Au- jourd\u2019hui, Nikola Tesla\u2026 À la faveur d\u2019une journée très chaude dans les chutes d\u2019un parc national fédéral de la Mauricie, le tatouage s\u2019est dévoilé naturellement, entre deux omoplates, sur le dos d\u2019un jeune homme dans la vingtaine.L\u2019encre incrustée sous le derme y façonnait un visage dans la troublante précision des portraits photographiques de la fin du XIXe siècle : trois-quarts face.Moustache fine.Cheveux gominés avec raie au centre.Il a fallu demander pour établir l\u2019identité de l\u2019ancien méritant un tel hommage corporel.C\u2019était Nikola Tesla.Avoir 20 ans et vouer un culte viscéral à ce physicien et inventeur autrichien, né dans l\u2019actuelle Croatie en 1856, mort à New York en 1943, au point de le transporter sur son dos relèverait en temps normal de l\u2019anecdote, de la volonté amusée d\u2019un original.L\u2019œuvre piquée transcende pourtant le cas isolé et incarne en un visage tatoué toute la fascination d\u2019un présent pour la découverte, pour l\u2019innovation et pour la révolution culturelle par l\u2019unicité du concept génial dont la propagation sociale se doit d\u2019être épidémique.Nikola Tesla, l\u2019homme aux 300 brevets, aux 125 inventions, ingénieur qualifié des plus créatifs des XIXe et XXe siècles, aurait pu continuer à demeurer dans l\u2019ombre historique de Thomas Edison et George Westinghouse, qui se sont fait du capital symbolique sur le dos de ses nombreuses découvertes.Le principe du radar, c\u2019est Tesla.Le moteur électrique asynchrone, l\u2019alternateur polyphasé, la commutatrice, c\u2019est lui.Sa lampe haute fréquence à pastille de carbone pose même les jalons qui ont conduit l\u2019humanité vers l\u2019accélérateur à particules.L\u2019audace incarnée En donnant son nom à un véhicule électrique acheté par les bien nantis pour flasher et adulé par les masses comme une des merveilles de ce monde, la compagnie califor- nienne Tesla Motors, qui cherche à mettre ce mode de transport sur la route de la sophistication, a modifié la trajectoire de la figure historique de Nikola Tesla dans l\u2019imaginaire collectif.Par ef fet d\u2019osmose, il a trouvé sa lumière sous les néons de la modernité et s\u2019impose désormais comme l\u2019incarnation de l\u2019audace, de l\u2019acharnement, de la détermination, de cette innovation maladive que l\u2019on ne cesse de convoquer pour mieux débloquer les impasses du présent.Tesla pourrait devenir le Albert Einstein de l\u2019ère numérique ou le Che Guevara de la révolution technologique.Il est déjà icône et inspiration pour ceux et celles qui expriment la volonté de marquer l\u2019histoire en traquant l\u2019idée neuve et simple qui induit les mutations industrielles et finalement sociales, avec en prime une esthétique surannée à laquelle le hipster aime bien, depuis quelque temps, se raccrocher pour tenir quelque chose de tangible dans un présent qui semble l \u2019être de moins en moins.À l\u2019image d\u2019un Mark Zuckerberg, fondateur du réseau social Facebook, d\u2019un Elon Musk, tête dirigeante de Tesla, justement, d\u2019un Steve Jobs, instigateur d\u2019une révolution numérique par l\u2019écran tactile, d\u2019un Jeff Bezos, qui a écrit un nouveau chapitre dans l\u2019histoire du commerce de détail, Nikola Tesla vient donner un autre visage humain et rassurant à la créativité.Il pose par la même occasion les bases narratives d\u2019une nouvelle hagiographie qui fait émerger la contemplation et l\u2019adulation chez les humains de 2016.Idolâtrie salutaire Il pourrait y avoir de la tristesse dans l\u2019évocation, quasi biblique, de ce nouveau sauveur, de ce visage en forme d\u2019icône que l\u2019on tient dans sa main ou que l\u2019on se grave sur le dos dans l\u2019espoir d\u2019atteindre la même acuité, assurance, témérité, vision, aplomb et de s\u2019attirer le respect que ces créateurs de changement ont mérité dans la foulée de leurs nombreuses innovations.Chez l\u2019humain, même moderne, l\u2019idolâtrie empreinte parfois ce chemin abstrait et tribal qui incite à manger le cerveau d\u2019un guerrier vaincu pour s\u2019en approprier la force.Mais au final, le rappel de Nikola Tesla au bon souvenir du présent est surtout rassurant en trouvant une place improbable au milieu de tous ses émules qui tracent, principalement depuis la Silicon Valley, les nouveaux contours de l\u2019industrie automobile, de l\u2019industrie du taxi, de la socialisation, de l\u2019information, de la vente, du tourisme, de l\u2019industrie hôtelière\u2026 Il puise dans les mythologies du passé pour mieux redonner du sens à celles qui se fragilisent dans les temps présents.Il porte en lui une idée qui en devient finalement audacieuse dans une époque où les mutations induisent blocages, résistances et frustrations, en proposant de regarder en arrière pour mieux comprendre où aller en avant.chroniquefd@ledevoir.com Sur Twitter : @FabienDeglise #CHRONIQUEFD Les nouvelles mythologies (6) FABIEN DEGLISE Le Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement (BAPE) vient de rendre publique l\u2019étude d\u2019impact ef fectuée par la filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec, promoteur du projet de train électrique à Montréal.Quiconque peut consulter le volumineux dossier sur le site du BAPE et demander la tenue de consultations d\u2019ici le 12 septembre.u coût prévu de 5,5 milliards de dollars, la moitié assumée par les gouvernements et l\u2019autre par le promoteur, le train du Réseau électrique métropolitain (REM) sera entièrement automatisé et roulera dans un corridor à deux voies de 67 kilomètres reliant la Rive-Sud à l\u2019ouest de l\u2019île en passant par le centre-ville.Accueilli avec surprise et enthousiasme après des années de surplace, le REM suscite aussi plusieurs réserves et critiques dont on ne peut pas faire l\u2019économie.Pour cause, puisqu\u2019il présente aussi des inconvénients, dont l\u2019un des plus évidents est de n\u2019être relié au métro que par un long corridor de la gare centrale.Si le réseau comptait autant de stations que nécessaire pour accéder rapidement à tous les lieux de travail des usagers ciblés sur son parcours, le problème serait mineur.Mais compte tenu de la technologie choisie, plutôt lourde et coûteuse malgré la désignation de train léger, le nombre d\u2019arrêts minimal prévu obligera un grand nombre de clients à emprunter l\u2019autobus ou la navette pour entreprendre et conclure leur périple, ou même pour passer d\u2019un mode de transport à l\u2019autre.Si l\u2019ef?cacité du service compense les inconvénients, le nombre d\u2019usagers, qu\u2019on prévoit important, permettra de ?xer un prix de passage raisonnable.En revanche, si moins de gens que prévu choisissent ce train au lieu de leur voiture, il faudra gon?er le prix du passage ou demander aux gouvernements de combler le manque à gagner pour le promoteur, qui s\u2019attend à un niveau de rentabilité important.Le problème n\u2019est pas banal quand on imagine que certains services existants déjà sous-?nancés perdraient des revenus avec l\u2019arrivée du REM.Autre faiblesse souvent soulignée : le trajet proposé par la Caisse néglige complètement l\u2019est de l\u2019île.Certes, l\u2019est est déjà desservi partiellement par la ligne verte du métro, mais seulement jusqu\u2019à l\u2019autoroute 25.Or, si le REM coûte plus cher que prévu, tout autre projet sera reporté.Dans ce dossier, il faut tenir compte à la fois des enjeux économiques et environnementaux: qu\u2019il s\u2019agisse de réduire la congestion sur les ponts de la Rive-Sud sans accentuer l\u2019étalement urbain ou de mieux desservir l\u2019ouest de l\u2019île et l\u2019aéroport, de rentabiliser l\u2019investissement de la Caisse sans faire fuir les usagers ni alourdir la contribution de l\u2019État, le casse-tête est complexe.?Au chapitre plus spéci?que de l\u2019environnement, l\u2019étude d\u2019impact du promoteur rendue publique jeudi dernier avance comme argument stratégique que le REM permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 16 800 tonnes par année.Voilà qui s\u2019inscrit bien dans la politique de Québec, mais tout est relatif compte tenu de l\u2019ampleur de l\u2019investissement dans un contexte où d\u2019autres solutions pourraient se révéler aussi ef?- caces, sinon plus, et moins coûteuses.Ce qui n\u2019a pas été étudié.Qu\u2019on en juge : les 16 800 tonnes de GES soustraites de l\u2019atmosphère montréalaise grâce au REM équivalent à retirer de la route seulement 4000 voitures sur le million qui circulent à Montréal.Dit autrement, à faire passer de 12 000 à 8000, une année donnée, le nombre de véhicules qui s\u2019ajoutent annuellement au parc automobile de la métropole.Par ailleurs, la construction des 67 kilomètres de chemin de fer et de la petite douzaine de nouvelles stations pose plusieurs problèmes environnementaux : empiétement sur des terres agricoles et des milieux humides, destruction potentielle d\u2019habitats fragiles indispensables à la survie d\u2019espèces en péril ; la liste est longue.Des obstacles nombreux, mais qui ne sont pas insurmontables pour un promoteur de bonne volonté.Obstacles qui se présenteraient aussi pour tout projet alternatif.Le hic, c\u2019est que tout le monde est très pressé cette fois, autant pour des raisons politiques que ?nancières.Or, rappelons- nous qu\u2019il y a 5,5 milliards de dollars en jeu, voire beaucoup plus.Nous sommes forts sur le lambinage au Québec, c\u2019est vrai, mais nous sommes aussi très forts sur les décisions précipitées qui aboutissent à des projets bâclés.Pour cette raison, il faut souhaiter la tenue de consultations sérieuses cet automne, suivies de recommandations non moins sérieuses du BAPE auxquelles Québec et la Caisse devront prêter une oreille attentive.L E D E V O I R , L E L U N D I 1 E R A O Û T 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Adieu, Port-au-Persil Dans le récit de ses voyages pour l\u2019année 1626, Samuel de Champlain note : «Du port aux femmes [rivière Noire] l\u2019on va au Persil distant près d\u2019une lieuë, qui est anse derrière un Cap où il y a une petite rivière qui assèche de Bassemer, elle vient des montagnes qui sont fort hautes, il y a ancrage proche, et à l\u2019abry du vent du Su, venant à Ouest, jusques au Nortnordest.» Par la suite, Port-au-Persil sera régulièrement attesté, notamment sur une carte de Franquelin en 1685.Quatre cents ans plus tard, cette description géographique de Champlain est toujours aussi criante de vérité.Quatre siècles durant lesquels le village s\u2019est développé grâce aux Boies, Boily, Boult, Bourgoing, Carré, Harvey, McLaren, Savard.Le nom de Port-au-Persil a traversé les siècles avec ses histoires de fascines, de goélettes, de chapelle sur la grève\u2026 Ce nom et ce lieu qui ont inspiré les Jean-Paul Lemieux, Gabrielle Roy et autres artistes semblaient voués à la pérennité.Et pourtant\u2026 Ce printemps, nous avons constaté que le panneau d\u2019accueil à l\u2019entrée de Port-au-Persil a été retiré.Il est réapparu quelques semaines plus tard avec la simple inscription «Bienvenue à Saint-Si- méon».Disparu, Port-au-Persil ?Disparu, Port-au-Persil.Quelque part, quelqu\u2019un a jugé que faisant suite aux fusions, la période de transition était terminée.Au- jourd\u2019hui, que faut-il célébrer ?La culture de l\u2019inculture ou l\u2019abandon du patrimoine toponymique?Probablement les deux.Marie Letellier et Jean-Pierre Sauvé Port-au-Persil, le 31 juillet 2016 L I B R E O P I N I O N I S I D O R E K W A N D J A N G E M B Politologue La prochaine élection présidentielle, prévue fin novembre prochain en République démocratique du Congo (RDC), est suivie avec beaucoup d\u2019attention tant à l\u2019intérieur qu\u2019à l\u2019extérieur du pays.La communauté internationale, qui soutient financièrement le processus électoral en RDC, n\u2019a cessé de demander la publication du calendrier électoral global pour pouvoir apporter son soutien.Alors que tout le monde se mobilise pour réunir les conditions nécessaires afin de permettre la tenue de scrutins libres et transparents qui garantissent une alternance pacifique au pouvoir en décembre prochain, dans le respect de la Constitution, la famille politique du chef de l\u2019État sortant, Joseph Kabila, met toutes les batteries en marche pour réussir son coup de force de maintenir ce dernier au pouvoir, cette fois-ci en agitant la possibilité d\u2019un référendum.Celui qui le dit n\u2019est pas n\u2019importe qui : le secrétaire général, Henri Mova Sakanyi, du Parti populaire pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), la formation politique du président Kabila.M.Mova Sakanyi a, lors d\u2019une manifestation de son parti en juin, évoqué la possibilité d\u2019un référendum pour réviser la Constitution et permettre ainsi à Joseph Kabila de se présenter pour un troisième mandat.Le référendum n\u2019est pas mauvais en soi.C\u2019est un instrument de la démocratie directe et une procédure de vote permettant d\u2019inviter directement le corps électoral d\u2019un État ou d\u2019une collectivité locale à se prononcer sur une proposition précise, de nature législative ou constitutionnelle, lancée soit par le pouvoir exécutif soit par les citoyens, selon les modalités définies par la loi.En vertu de l\u2019article 218 de la Constitution congolaise, une telle initiative de révision constitutionnelle appartient concurremment au président de la République ; au gouvernement ; aux deux chambres du Parlement ; et au peuple congolais qui s\u2019exprime dans une pétition de 100 000 personnes adressée au Parlement.Mais la révision de la Constitution ne peut intervenir que si le projet, la proposition ou la pétition est approuvé par référendum.La Constitution interdit par ailleurs au chef de l\u2019État sortant de se représenter pour un troisième mandat.L\u2019article 220 prescrit très clairement que « la forme républicaine de l\u2019État, le principe du suffrage universel, la forme représentative du gouvernement, le nombre et la durée des mandats du président de la République, l\u2019indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical, ne peuvent faire l\u2019objet d\u2019aucune révision constitutionnelle.» Risque de violence Est-il possible d\u2019organiser un référendum quand on ne sait pas organiser une élection présidentielle?Aussi bien le référendum que les élections présidentielles, législatives, sénatoriales et provinciales sont organisés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI).Le président de la CENI, Corneille Nangaa, qui dit vouloir enrôler entre 42 et 52 millions d\u2019électeurs, avait ouvertement exprimé son incapacité d\u2019organiser les élections libres, transparentes et crédibles en novembre prochain sans avoir révisé le fichier électoral.Cette opération devrait, selon lui, durer plus ou moins 17 mois.De plus, pour enclencher le processus de révision du fichier électoral, la CENI avait besoin d\u2019une loi électorale à jour et d\u2019une loi sur l\u2019enrôlement des électeurs qui tardent encore à être révisées par le Parlement.La question que l\u2019on peut naturellement se poser est celle de savoir si l\u2019idée d\u2019organiser un référendum est réaliste et faisable.Si oui, la CENI sera-t- elle en mesure d\u2019organiser un référendum d\u2019ici la fin du mandat du président Kabila \u2014 elle qui dit ne pas avoir les moyens financiers et logistiques pour organiser les élections présidentielles et législatives dans le délai constitutionnel?Le gouvernement congolais aurait-il finalement trouvé des moyens conséquents pour permettre à la CENI de tenir le référendum \u2014 lui qui n\u2019a pas pu lui en donner pour organiser l\u2019élection présidentielle telle que prévue dans la Constitution?Les partenaires bilatéraux et multilatéraux vont-ils embarquer dans ce processus à haut risque, en contribuant financièrement à l\u2019organisation du référendum?Des questions qui restent sans réponse.Ce qui est vrai, c\u2019est que la situation politique reste encore très volatile en RDC.L\u2019avenir semble incertain et sombre comme la nuit.À cette allure, et si tous les acteurs sociopolitiques concernés ne prennent pas conscience en privilégiant l\u2019intérêt supérieur de la nation, il y a un risque certain de voir ce pays au cœur de l\u2019Afrique s\u2019enfoncer dans une spirale infernale qui le mènera à nouveau dans les conflits violents et affrontements armés avec leur lot de violations massives des droits de la personne.Si la communauté internationale laisse la RDC retourner à la case départ, tous les efforts déployés ces vingt dernières années pour améliorer la situation dans ce pays auront été futiles.Élection en RDC : le régime tente un coup de force FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Lucille Dumont a marqué notre chanson ! Lucille Dumont nous a quittés le 29 juillet à l\u2019âge vénérable de 97 ans.Elle aura marqué l\u2019histoire de notre chanson.Je m\u2019inquiétais.Je me demandais si Lucille Dumont avait déjà reçu, comme elle le méritait, de grands honneurs.Eh oui ! Cette grande interprète, qui a tant fait pour la chanson au Québec, avait reçu, entre autres distinctions, l\u2019Ordre national du Québec et l\u2019Ordre national du Canada.De plus, un prix de la chanson porte son nom.Interprète douée, elle a chanté les plus grands, de Prévert à Vigneault, en passant par Jacques Blanchet.Si l\u2019on jette un coup d\u2019œil sur des photos de cette artiste, on ne peut s\u2019empêcher d\u2019être impressionné par la beauté de cette grande dame de notre chanson.Malgré ses airs de vedette hollywoodienne, que l\u2019on dénote justement sur des photos d\u2019archives, Mme Dumont aura principalement fait carrière en français, ici au Québec, pour notre plus grand bonheur.Elle se faisait un point d\u2019honneur de chanter en français et de défendre la chanson d\u2019ici.Elle aura très peu endisqué, mais l\u2019interprétation qu\u2019elle aura su insuffler à chacune des chansons de son répertoire reste à jamais gravée dans notre mémoire collective.On n\u2019a qu\u2019à penser à la très belle chanson Le ciel se marie avec la mer de Blanchet, avec laquelle elle remporta le Grand Prix de la chanson canadienne en 1957.Elle aura consacré une grande part de sa vie à l\u2019enseignement du chant et ainsi contribué à donner le goût de la belle chanson à de jeunes talents qui pour plusieurs ont entrepris de belles carrières par la suite.Je pense ici, entre autres, à Marie Denise Pelletier et au regretté Sylvain Lelièvre.On ne peut que souligner la contribution exemplaire de Lucille Du- mont à l\u2019essor de la chanson d\u2019expression française du Québec.Yvan Giguère Saguenay, le 31 juillet 2016 Train de la Caisse : des impacts «inacceptables» Sans vouloir être rabat-joie, je ne comprends pas que l\u2019on mette tant d\u2019enthousiasme dans le projet de train électrique de la Caisse de dépôt.Je m\u2019explique.Selon ce qu\u2019on rappor te depuis quelque temps dans les médias, des portions de lignes existantes du train de banlieue devront être rendues caduques pour laisser la place au train électrique de la Caisse.N\u2019a-t-on pas investi des dizaines, voire des centaines de millions dans le réseau du train de banlieue, de nos taxes et impôts?De ce fait, comment se fait-il que nos élus soient aussi muets devant cette conséquence importante?Si je tiens compte également des impacts environnementaux dont il a été mention dans certains médias, je suis contre ce projet dans sa forme actuelle.Il faut donc retourner à la planche à dessin en ciblant davantage la protection du réseau actuel de train de banlieue qui dessert plus largement les environs de Montréal\u2026 dont l\u2019est.Jacques Sideleau Montréal, le 31 juillet 2016 RÉSEAU ÉLECTRIQUE MÉTROPOLITAIN Enthousiastes mais prudents A JEAN-ROBERT SANSFAÇON L E D E V O I R , L E L U N D I 1 E R A O Û T 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et 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détesté à cause de ses insultes et de son racisme que de nombreux donateurs et personnalités « respectables» du parti vont ou bien rester les bras croisés pendant la campagne ou bien militer pour Hillary Clinton.Malheureusement, cette analyse sous-estime le cynisme de beaucoup de politiciens américains, qui appuieraient pratiquement n\u2019importe qui pour atteindre leur but.Trump a un vrai problème avec son parti, mais ce n\u2019est pas personnel \u2014 c\u2019est commercial.Et ce que le leadership républicain déteste surtout chez Trump est son opposition aux ententes de « libre-échange» comme l\u2019Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), les Relations commerciales normales permanentes (RCNP) avec la Chine et le Partenariat transpacifique (PTP).Cependant, sans sa guerre contre le libre- échange, Trump n\u2019a aucune chance de l\u2019emporter contre Clinton.La candidate démocrate est associée à tel point aux efforts de son époux de promulguer l\u2019ALENA, sans compter son propre soutien pour les accords commerciaux en tant que sé- natrice et secrétaire d\u2019État, qu\u2019une génération entière d\u2019ouvriers accuse les Clinton d\u2019avoir vendu leurs emplois à la main-d\u2019œuvre bon marché au Mexique et en Chine.Chacun de ces ex-ouvriers d\u2019usine est une voix potentielle pour Trump, et ses contradictions \u2014 «J\u2019aime le libre-échange, mais je veux faire de bonnes affaires» \u2014 sont pour la plupart ignorées par ses partisans cols bleus.Malheureusement pour la classe ouvrière américaine, Trump se trompe lorsqu\u2019il parle de libre-échange.Il y a bien des éléments de libre- échange dans l\u2019ALENA, mais il s\u2019agit avant tout d\u2019un accord d\u2019investissements, financier et politique, et qui a toujours été considéré comme tel par les républicains et les démocrates.Les tarifs américains sur les produits mexicains importés étaient déjà très bas en 1991 \u2014 3,5% sur les exportations de pièces détachées américaines destinées à l\u2019assemblage dans les maquilladoras mexicains avec un éventuel retour aux États-Unis \u2014 lorsque le gouvernement du président mexicain Carlos Salinas a entamé des pourparlers avec l\u2019administration de George Bush père.Avant que l\u2019ALENA n\u2019entre en vigueur le 1er janvier 1994, rien n\u2019empêchait une entreprise américaine de traverser au Mexique pour profiter de la main- d\u2019œuvre bon marché et de la faible réglementation environnementale.En revanche, les avantages d\u2019investir au Mexique étaient compromis par les craintes d\u2019instabilité politique, jamais plus évidents que lors de la nationalisation de l\u2019industrie pétrolière en 1938 par le président Lazaro Cardenas.Si Salinas se comportait en libéral, il y avait quand même lieu pour l\u2019homme d\u2019affaires américain de rester méfiant.Et si la gauche revenait au pouvoir?Et que dire de la corruption?Or, les provisions clés de l\u2019ALENA se trouvent dans le chapitre 11, qui a été créé en guise de protection contre les menaces d\u2019expropriation et pour garantir aux sociétés américaines qu\u2019elles seraient récompensées en «devises G7» (pas en pesos, si possible).Avec cette garantie juridique, on espérait que l\u2019afflux plus constant de dollars «civiliserait » les Mexicains et stabiliserait leur système politique et leur devise.Pareil avec l\u2019accord de «normalisation» avec la Chine, poussé par Bill Clinton et adopté au Congrès en 2000.Trump ne comprend apparemment pas que l\u2019accord de RCNP n\u2019en est pas un de libre-échange.Comme L\u2019ALENA, il a été vendu comme moyen d\u2019augmenter les exportations américaines, alors que c\u2019était en fait un préalable à l\u2019entrée de la Chine dans l\u2019Organisation mondiale du commerce.L\u2019adhésion à l\u2019OMC est en soi une sorte de police d\u2019assurance pour les étrangers qui investissent dans la République populaire.Après tout, la Chine est officiellement communiste, ce qui est du point de vue américain pire encore que d\u2019être mexicain.Alors que l\u2019OMC n\u2019a toujours pas des réglementations strictes comme l\u2019ALENA, y adhérer laisse supposer qu\u2019on s\u2019engage à jouer dans le respect des règles de l\u2019ordre commercial mondial.Pas surprenant qu\u2019au lendemain de la promulgation du RCNP par la Chambre des représentants le Wall Street Journal a annoncé : «La ruée d\u2019investissements en Chine est commencée.» Joseph Quinlan, de Morgan Stanley, déclara que « cette af faire concerne l\u2019investissement, non pas les exportations.L\u2019investissement\u2026 américain [en Chine] est sur le point de dépasser les exportations américaines.» Pour les rivaux méprisants de Trump au sein du Par ti républicain, ces accords de « libre- échange » sont de formidables af faires.Par conséquent, beaucoup de contributions républicaines vont couler vers Hillary Clinton, qui malgré son revirement opportuniste contre le PTP est vue comme un meilleur pari pour le parti de la grande finance.John R.MacArthur est éditeur de «Harper\u2019s Magazine».Sa chronique revient le premier lundi de chaque mois.Le libre-échange selon Trump JOHN R.MACARTHUR ISSOUF SANOGO AGENCE FRANCE-PRESSE Dans un contexte où les États sociaux partout au Sud sont à reconstruire, la coopération internationale doit viser des secteurs qui peuvent influencer les politiques de développement au lieu de se laisser happer par un travail surtout humanitaire qui laisse en plan la plupart des grands enjeux comme le climat, la sécurité alimentaire, les inégalités sociales.L O U I S F A V R E A U Sociologue à l\u2019Université du Québec en Outaouais F R A N C I N E N É M É H Consultante en développement international a dernière assemblée générale de l\u2019Association québécoise des organisations de coopération internationale (AQOCI), tenue en mai, a fait une priorité de la consultation en cours de la ministre du Développement international et de la Francophonie.Avec raison, puisque ses 70 organisations ont vécu 10 années de plomb avec le gouvernement précédent.Voici quelques pistes du virage à prendre sous l\u2019angle de la « croissance économique durable ».Opérer un grand bond en avant : le marqueur écologique Dans un contexte où les États sociaux partout au Sud sont à reconstruire, la coopération internationale doit viser des secteurs qui peuvent influencer les politiques de développement au lieu de se laisser happer par un travail surtout humanitaire qui laisse en plan la plupart des grands enjeux de la période : le climat, la sécurité alimentaire, les inégalités sociales.Avec la dernière décennie, nous avons assisté à la première crise socioécologique du capitalisme financier, la première crise où la pollution atmosphérique et le réchauffement climatique ont une influence directe sur le plongeon économique (entre autres des famines et émeutes de la faim dans le Sud).Illustration par excellence de cette situation : l\u2019organisation mondiale d\u2019une production fondée sur les combustibles fossiles et adossée à un système de lobbies, de subventions et d\u2019allégements fiscaux.Avec le résultat que nombre d\u2019États du Nord et du Sud ont très peu orienté leurs priorités vers les énergies renouvelables.Mais à la suite de la COP21, le défi écologique est devenu une question plus décisive qui peut en structurer bien d\u2019autres.La bonne nouvelle : les solutions à la crise écologique sont des solutions à la crise économique.Ces solutions créent de la richesse, des entreprises et de l\u2019emploi dans une économie d\u2019avenir bas carbone.À notre avis, l\u2019urgence écologique croisée avec les inégalités sociales est aujourd\u2019hui la question centrale d\u2019une future politique d\u2019aide internationale pour les organisations de coopération internationale (OCI) comme pour les pouvoirs publics.Si nous voulons que ladite croissance soit «durable sur les plans environnemental et social » (Examen de l\u2019aide internationale, Affaires mondiales), cela induit une stratégie qui croise création d\u2019emplois et action sur les changements climatiques.Dans la mouvance de cette COP21, les OCI d\u2019ici vont dans la prochaine décennie donner une place plus importante, dans leurs partenariats avec le Sud, à la transition sociale-écologique de l\u2019économie.La transition écologique : bon pour la croissance! Il est urgent de redresser les tendances lourdes du gouvernement précédent.Entre autres, mettre la grande entreprise privée sur le même pied que les organisations citoyennes doit être considéré comme une fausse bonne idée, parce que cela introduit une confusion entre l\u2019intérêt particulier de ces grandes entreprises et l\u2019intérêt général porté par des projets publics ou d\u2019OCI.Les Rencontres du Mont- Blanc, important forum de dirigeants du secteur coopératif et associatif, font état d\u2019un millier d\u2019initiatives d\u2019organisations citoyennes recensées par leur comité scientifique dans 50 pays, lesquelles ont su innover dans de multiples secteurs : dans l\u2019habitat (efficacité énergétique) ; dans le transport (collectif) ; dans l\u2019agriculture (agroforesterie) ; dans la forêt (biomasse et reboisement) ; dans la consommation (commerce équitable).Le tout inscrit dans un grand virage vers les énergies renouvelables (l\u2019éolien, le solaire, la biomasse, l\u2019hydroélectri- cité à petite échelle).Dans tous les cas de figure, il y a un double dividende climat-santé.Au Sud, le futur est solaire et une économie plus sobre, une garantie de santé publique.Le document du gouvernement considère que la création d\u2019emplois dans les pays du Sud provient du secteur privé 9 fois sur 10.Une erreur de fait à éviter, car l\u2019économie coopérative et sociale à elle seule compte pour 10 % des emplois dans le monde, 10 % du PIB mondial, 10 % de la finance.Ajoutons-y l\u2019apport du secteur public dans ces pays et les chiffres attribués au secteur privé deviennent alors nettement surestimés.Nous sommes plutôt convaincus de l\u2019immense potentiel \u2014 absent du document \u2014 des secteurs coopératif et associatif à créer de l\u2019emploi dans la production de biens et le développement de services collectifs.Dans cette perspective, il faut soutenir la capacité de ces secteurs à fédérer les initiatives locales susceptibles de doter leurs communautés de services collectifs viables et durables.Dans le même sens, inciter les États fragiles à se donner des politiques publiques conséquentes d\u2019accès au crédit et de moyens plus marqués de soutien à l\u2019organisation desdits services collectifs.Sécurité alimentaire, enjeu incontournable Dans les pays du Sud, l\u2019agriculture familiale et l\u2019accès à l\u2019eau et à l\u2019énergie sont des créneaux stratégiques pour la croissance durable d\u2019une majorité de communautés dont c\u2019est la base principale de croissance.Et si tous s\u2019entendent pour dire qu\u2019il faut une intensification de la production, la question du modèle à privilégier demeure cependant un angle mort.Il y a de par le monde de 20 à 25 millions d\u2019exploitations qui font de l\u2019agriculture industriellement intensive, équivalant tout au plus à 40 % de la production mondiale.Mais ce type d\u2019exploitation a atteint ses limites (perte de biodiversité, rendements moindres).Puis il y a 2,4 milliards de petits exploitants dont l\u2019enjeu est d\u2019accroître leurs rendements pour vivre décemment de ce travail de la terre.L\u2019option la plus prometteuse est celle de l\u2019« agriculture écologiquement intensive » avec l\u2019arrivée des méthodes de l\u2019agro- foresterie appliquée à la restauration de la capacité d\u2019une production alimentaire locale destinée aux villes bien plus qu\u2019à l\u2019exportation.Bien distinguer les PME des multinationales La distinction entre la firme multinationale et la petite et moyenne entreprise privée (PME) s\u2019impose.Le document le fait trop timidement.La firme est un mode d\u2019exploitation du travail et des ressources réalisé par de grandes sociétés détenues par et pour une minorité d\u2019actionnaires disposant de moyens considérables.La PME, de type artisanal, commercial, ou agricole, appartient, comme la plupart des coopératives, à des systèmes marchands localisés constitués en marge du mode d\u2019exploitation capitaliste et occupant des créneaux délaissés ou jugés sans intérêt par les premières.On ne peut les mettre dans le même registre que les multinationales.L\u2019aide canadienne doit plutôt favoriser la « biodiversité économique » afin de rééquilibrer les forces entre les grands investisseurs et les PME privées et collectives qui offrent des garanties plus grandes de protection de l\u2019environnement et des droits du travail.Peu importe le créneau, l\u2019économie de proximité des communautés du Sud passe également par la mise en place d\u2019outils créés par la finance sociale, celle de banques communautaires, de coopératives d\u2019épargne et de crédit ou de fonds de prêts rotatifs sous gestion des organisations collectives qu\u2019elles se donnent.Aujourd\u2019hui, les OCI du Québec en collaboration avec les fonds de travailleurs se rapprochent du but.Le projet d\u2019un fonds d\u2019investissement voué aux économies du Sud vient d\u2019entrer dans sa phase opérationnelle.Il s\u2019agit donc d\u2019un changement de paradigme qui amène à se détourner des deux modèles d\u2019affaires antérieurs : accorder du financement aux grandes entreprises pour qu\u2019elles puissent opérer plus « librement » dans les pays du Sud, créant de fait des emplois plutôt précaires ; forcer la main des OCI pour qu\u2019elles mettent en œuvre des « projets » conçus presque sans eux selon un modèle générant peu d\u2019activités économiques pérennes.Immense contrat, certes.Certains États s\u2019en inspirent déjà, comme la France, dont l\u2019Agence de développement (AFD) vient de se fixer comme objectif que 50 % de ses financements annuels \u2014 5 milliards d\u2019euros \u2014 soient dans des projets contribuant à la lutte contre le changement climatique.COOPÉRATION INTERNATIONALE Pour sortir des années de plomb du gouvernement Harper Le développement et le climat sont indissociables dans la coopération canadienne avec le Sud L L E D E V O I R , L E L U N D I 1 E R A O Û T 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Media, de même que Jacques Corriveau et Pluri-Design.«Le gouvernement est déterminé à prendre toutes les mesures nécessaires pour recouvrer les fonds de commandites obtenues par la fraude», a-t-on certifié au ministère des Services publics et de l\u2019Approvisionnement.« Le montant précis à recouvrir sera déterminé par la Cour supérieure du Québec dans le cadre du procès.[\u2026] C\u2019est la Cour supérieure du Québec qui fixera les dates du procès», a indiqué un porte-parole du ministère au Devoir.Sans chif frer les sommes qu\u2019Ottawa espère encore récupérer.Or, à la Cour, on rétorque que ce n\u2019est pas le tribunal qui propose de nouvelles dates de procès, mais qu\u2019il répond simplement aux requêtes d \u2019avocats.«Ce sont les avocats des deux parties qui doivent relancer le processus », a expliqué une greffière de la Cour.Des demandes qui n\u2019ont pas été déposées, par l\u2019une ou l\u2019autre des parties.M e L u s s i e r a confirmé au Devoir qu\u2019« il n\u2019y a pas de requête pour le moment ».Le dossier demeure ouver t et la cause n\u2019a pas été abandonnée.Mais l\u2019avocat d\u2019Ottawa \u2014 qui représentait le fédéral devant la commission Go- mer y, commandée après l\u2019éclatement du scandale \u2014 n\u2019a pas été en mesure d\u2019expliquer davantage la situation, af firmant qu\u2019il devait éviter de briser sa relation avec son client en parlant des « discussions [qu \u2019 il peut y] avoir avec d\u2019autres parties».Acteurs clés Le scandale des commandites avait donné lieu à une commission d \u2019enquête chapeautée par le juge John Go- mery.Des accusations avaient par la suite été portées contre certains des acteurs incriminés lors des aud iences .Charles Guité a été accusé de fraude et condamné à 42 mois de prison.Il a obtenu sa libération conditionnelle début 2008.Jacques Corriveau a été accusé de fraude envers le gouvernement en décembre 2013.Le rapport du commissaire John Gomer y avait décrit Jacques Corriveau comme un « acteur central de ce système élaboré de pots-de-vin».Cet ancien organisateur libéral aurait influencé le gouvernement pour assurer l \u2019octro i de contrats à certaines firmes de commun icat ion, avec lesquelles il aurait conclu des «ententes secrètes » pour toucher des commissions.Luc Lemay était le patron de l\u2019une de ces compagnies, Polygone.M.Corri - veau aurait « exploité [\u2026] l\u2019influence qu\u2019il pouvait exercer [\u2026] pour favoriser les intérêts des sociétés de M.Lemay », af firmait l e j u g e G o m e r y .Charles Guité était haut fonctionnaire et responsable du programme des commandites, lancé après le référendum de 1995 sur la souveraineté du Québec.Une fois à la retraite, il aurait touché des « pots-de-vin » d \u2019un million de dollars des agences de communication.Un dossier complexe Le Sénat espère lui aussi récupérer des fonds par le biais des tribunaux.La Chambre haute a mandaté un cabinet d\u2019avocats ce printemps en vue d\u2019entamer des procédures légales contre sept sénateurs retraités qui se voient reprocher d\u2019avoir récolté injustement des indemnités parlementaires d\u2019un montant total de 557 995$.Pour l \u2019ancien juge r e s p o n s a b l e d e l a C o m m i s s i o n d \u2019 e n - quête sur les commandites, John Gomery, les dossiers sont fort dif férents, car, dans le cas de la poursuite du fédéral à la suite des commandites, l \u2019af faire est éminem - ment plus complexe et les sommes, d\u2019une tout autre envergure.« Ce sont deux choses très dif férentes.La cause, à la suite de ma commission, était d\u2019une complexité considérable en comparaison avec cette affaire du Sénat », avait observé l\u2019ancien juge, qui tente toujours de suivre de loin l\u2019évolution du dossier qui l\u2019a occupé pendant deux ans.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 SCANDALE Pendant des siècles, les textes alphabétiques s\u2019écrivent de manière compacte, sans aucune aide signalétique pour rythmer le style ou sé- quencer les mots ou les phrases.Aux rares lecteurs de se débrouiller pour s\u2019y retrouver.À peine les scribes prennent-ils la peine de noter la fin d\u2019un texte complet par une marque finale.La ponctuation commence à se codifier autour de la bibliothèque d\u2019Alexandrie aux premiers siècles de notre ère.Les savants imposent aussi l\u2019habitude de diviser les œuvres en chapitres et en paragraphes distincts, voire en chants comme dans le cas de l\u2019Iliade.La ponctuation est un outil fondamental de la classification, essentielle à toutes disciplines heuristiques.Rythmer Rabelais La grande période de création et de fixation du système date d\u2019il y a moins de mille ans.Les moines copistes du haut Moyen Âge répandent la majuscule, la virgule, le point.Et puis la Renaissance change ou plutôt fige tout.En quelques décennies, Gutenberg et ses émules figent les signes, écrivent et publient des traités de ponctuation.Les textes de Rabelais sont dé jà en gros divisés et r ythmés comme les nôtres, avec des chapitres, des paragraphes, des phrases se servant de tout l\u2019arsenal ponctuant : la virgule, le point, le deux- points, les parenthèses, le point d\u2019exclamation et l\u2019interrogatif, mais aussi des signes quasi disparus, les lunes et les soleils, les pieds-de- mouche, la croix, l\u2019astérisque, le losange et même la petite main.Le système a peu évolué depuis.Il y a bien eu des tentatives pour imposer de nouveaux marqueurs.Aucune n\u2019a pris.Le point exclarrogatif par exemple, combine ceux de l\u2019interrogation et de l\u2019exclamation.L\u2019« in- terrobang» original a été créé en 1962 par le publicitaire américain Martin Speckter et intégré quatre ans plus tard à une première police de caractère.Il n\u2019a cependant jamais été standardisé.Et puis est arrivé le smiley, ou « binette », au début des années 1980.Et puis les émoticônes dans les années 1990 .Et maintenant, les échanges numériques sont truffés de binettes.Rigoler en silence Mais de quoi s\u2019agit-il exactement ?L\u2019émoti- cône transmet une information sur l\u2019émotion de l\u2019auteur, dans le contexte de la phrase ou d\u2019un échange.Il peut aussi se suf fire à lui-même comme réponse.Dans ce sens, il semble se rapprocher du point d\u2019interrogation ou d\u2019exclamation, voire des interjections (Hi ! hi !, Ouf !, Holà !).Mais est-ce bien le cas?« Les émoticônes sont des procédés expressifs qui servent surtout à reproduire une expression faciale et qui n\u2019ont pas tout à fait le même rôle que la ponctuation, bien que leur rôle soit similaire, c\u2019est-à-dire de guider l\u2019interprétation d\u2019un message », répond la professeure Anaïs Tatos- sian, de l\u2019Université Concordia, linguiste spécialiste de la langue en ligne.«Les émoticônes peuvent montrer l\u2019état d\u2019esprit du locuteur, par exemple la joie, la colère, la tristesse.Ils peuvent aussi aider le destinataire à interpréter plus facilement l\u2019énoncé.Par exemple, le clin d\u2019œil ;-) permet d\u2019interpréter qu\u2019un énoncé est ironique ou humoristique.Les émoticônes peuvent aussi montrer le type de relation que le clavardeur désire entretenir avec son interlocuteur.Enfin, ils peuvent aussi servir à désamorcer le caractère offensant d\u2019un message.» Dérives interprétatives Ces dessins expressifs existent par centaines et par milliers et leur interprétation peut varier.Une étude américaine a même montré que leur interprétation peut dif férer d\u2019une personne à l\u2019autre, mais aussi parce que les signes ne sont pas uniformisés d\u2019un système de communication à l\u2019autre.Un sourire à pleines dents qui semble évident sur le téléphone Android d\u2019un émetteur peut ressembler davantage à une grimace au regard du récepteur qui le voit sur un iPhone.Et vice versa.Par contre, cer tains pictogrammes graphiques ne posent pas de dérives interprétatives, par exemple les yeux agrandis en cœur.« Nous avons découvert qu\u2019il y a un potentiel de mauvaise interprétation dans la communication par émoticônes entre les plateformes, mais aussi au sein des mêmes plateformes d\u2019échange», résume en entrevue Hannah Miller, doctorante de l\u2019Université du Minnesota, coauteure de l\u2019étude.Son enquête portait sur la réception (de positive à négative) par 304 cobayes des quelque 125 émoticônes les plus fréquentes.« Par contre, il est dif ficile d\u2019expliquer ce constat.On peut spéculer, cependant.Les nuances graphiques dans le dessin des yeux ou des lèvres jouent un rôle.La culture de chacun doit aussi influencer la lecture.» Bref, les binettes ne permettent pas nécessairement de transférer les subtilités d \u2019une conversation de visage à visage.«Les signes pa- ralinguistiques ne remplacent pas les expressions faciales ou les gestes qui accompagnent les échanges en personne, dit encore Mme Miller.Cela dit, les émoticônes demeurent très importantes et fondamentalement utiles dans les conversations numériques.Il ne faut pas les abandonner : il faut les améliorer pour rendre leur efficacité plus consistante.» Bref, 6000 ans après l\u2019invention de l\u2019écriture, les émoticônes signalent une grande innovation dans la communication, mais l\u2019impact du système demeure tout de même perfectible et limité.«Ces signes permettent tout simplement de simuler la conversation orale et d\u2019ajouter de l\u2019expressivité aux messages, conclut la professeure Anaïs Tatossian.Je pense qu\u2019il serait prématuré de parler de \u201crévolution linguistique\u201d, conclut- elle, puisque ces stratégies d\u2019écriture se trouvent seulement dans la communication électronique et pas dans les écrits conventionnels.» Le Devoir Ce n\u2019est pas le tribunal qui propose de nouvelles dates de procès L\u2019émoticône en cinq temps 1648 Première trace écrite d\u2019une émoticône dans un manuscrit du poète anglais Robert Herrick qui écrit : «Upon my ruines (smiling yet :)» 1841 Le lithographe franco-belge Marcellin Jobard utilise un signe souriant pour « figurer l\u2019ironie ».1963 Le smiley graphique (un rond jaune au sourire) est inventé par l\u2019Américain Harvey Ball pour améliorer le moral des employés de sa compagnie d\u2019assurance.1982 Le professeur américain Scott Fahlman propose les smileys typographiques :-) et :-( pour désambiguïser les échanges atones sur le forum de son université.L\u2019Office de la langue française propose «binette » comme équivalent.On trouve aussi : souriard, bouille, trombine et bonhomme sourire, évidemment.1990 Le mot-valise emoticon est forgé en anglais et en 1996 en français en mixant émotion et icône.On dit aussi émoji, selon le terme japonais (qui lie « image » et « lettre ») pour désigner les pictogrammes.SUITE DE LA PAGE 1 ÉMOTICÔNES de sa compatriote Monica Ni- culescu.(Elles ont perdu 6-3, 7-6 (5) contre les Russes Eka- terina Makarova et Elena Ves- nina, 4es têtes de série.) L\u2019an dernier, Halep avait dû abandonner au troisième set en finale de la Coupe Rogers à Toronto contre la Suissesse Belinda Bencic.Indice d\u2019un drôle de match, la manche initiale a vu douze jeux être disputés et huit se conclure par un bris de service.Les cinq derniers jeux ont vu la retourneuse s\u2019imposer, et on a dû avoir un recours à un autre bris, d\u2019égalité celui- là, pour trancher.Halep s\u2019y est montrée dominante.Retour à un peu de normalité au deuxième set, quand le seul bris a été réalisé au deuxième jeu par Halep.La Roumaine n \u2019a plus regardé derrière par la suite.Il s\u2019agit d\u2019un deuxième titre consécutif pour Halep, qui a remporté chez elle le tournoi de Bucarest à la mi-juillet.Keys en ascension Pendant des années, Serena Williams s\u2019est fait demander ce qu\u2019il pouvait bien advenir du tennis féminin aux États- Unis.Il y avait bien sa sœur Venus et elle-même, mais ça se limitait pas mal à ça.Elle ne savait trop que répondre.C\u2019est peut-être Madison Keys qui portera les espoirs de son pays.Elle n \u2019a que 21 ans, elle était la 10e tête de série au parc Jarry, elle a remporté le tournoi de Birmingham , en Angleter re, il y a quelques semaines, et elle a atteint la ronde des 16 à Wimbledon, où elle a baissé pavillon contre\u2026 Halep.Cette finale canadienne ne peut en tout cas qu\u2019amplifier les attentes.Reconnue pour son puissant service, Keys a déclaré que les choses n\u2019ont pas fonctionné dimanche.«Mais pendant tout le match, ç\u2019a été une af faire de points serrés, et ça n\u2019a pas tourné à mon avantage.C\u2019est le genre de choses qui arrivent.» Keys mettra ma intenant le cap sur R io de Jane ir o afin de par ticiper aux Jeux olympiques.Halep a pour sa par t mentionné qu\u2019elle a dû jouer de finesse avec son adversaire et tenir la balle loin d\u2019elle parce qu\u2019elle ne peut pas rivaliser de force avec elle, encore moins à l\u2019issue d\u2019une semaine épuisante.La Cendrillon du tournoi La révélation du tournoi fut sans contredit la Slovaque Kristina Kucova, classée 121e mondiale et issue des qualifications à Montréal, qui a atteint le carré d\u2019as, où elle s\u2019est inclinée samedi soir devant Keys.Avant sa rencontre de demi-finales, elle avait déjà disputé pas moins de 11 sets au tableau principal, dont plusieurs en soirée devant une grosse foule, et 15 au total, un régime auquel elle n\u2019est pas habituée .Elle s \u2019est notam - ment offert des noms en vue tels Carla Suárez Navarro, Eugenie Bouchard et Johanna Konta.« J\u2019ai joué tous les jours en donnant tout ce que j\u2019avais, a commenté Kucova après sa défaite.Mais aujourd\u2019hui [samedi], j\u2019ai atteint ma limite.Mais ce fut la plus grande semaine de ma carrière, et je suis tellement heureuse.» Le public présent était évidemment entièrement derrière Bouchard lors de leur match de troisième tour jeudi, mais la joueuse de 26 ans, qui a surtout connu du succès sur le circuit inférieur de l\u2019International Tennis Federation, a su changer tout cela en devenant la Cendrillon du tournoi, et c\u2019est elle que les amateurs se sont mis à encourager.Et qu\u2019a-t-elle appris à son propre sujet de ce parcours inespéré ?«Que je peux me battre.Souvent, j\u2019ai tiré de l\u2019arrière [elle a perdu le premier set lors de ses trois premiers matchs].Et je suis parvenue à remonter la pente.Ma rési - lience m\u2019a surprise.» Le Devoir ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR La Roumaine Simona Halep a joué un match ponctué d\u2019erreurs.SUITE DE LA PAGE 1 HALEP Jacques Corriveau Charles Guité "]
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