Le devoir, 3 septembre 2016, Cahier B
[" Michel David Après PKP, de nouveau l\u2019errance au Parti québécois Page B 3 Christian Rioux Le débat sur le burkini ou les vertus de la discrétion Page B 2 PERSPECTIVES C A H I E R B \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 S E P T E M B R E 2 0 1 6 Terrorisme Le déclin du groupe État islamique renforce le risque d\u2019attentat Page B 2 C H R I S T I A N R I O U X Correspondant à Paris I l y avait là le président du Conseil français du culte musulman, Anouar Kbibech, l\u2019écrivain bien connu d\u2019origine marocaine Tahar Ben Jel- loun, l\u2019islamologue Ghaleb Bencheikh et le recteur de la mosquée de Lyon, Kamel Kabtane.Entre le souvenir vivace des attentats de Nice et de Rouen et l\u2019interminable polémique sur le burkini, le ministre français de l\u2019Intérieur, Bernard Cazeneuve, réunissait cette semaine à Paris quelques-uns des principaux représentants du monde musulman en France.Son objectif : tenter de calmer les polémiques tout en lançant une vaste réforme qui rendrait la seconde religion de France compatible avec la patrie de la laïcité.Exactement comme le sont depuis des décennies le catholicisme, le protestantisme et le judaïsme.Il s\u2019agit de « faire émerger un islam de France ancré dans les valeurs de la République », confiait le ministre au quotidien catholique de centre gauche La Croix à la veille de cette importante réunion.Le ministre répondait ainsi à la tribune publiée à la fin de juillet dans le Journal du dimanche par 41 personnalités musulmanes.Celles-ci appelaient à « mener enfin la bataille culturelle contre l\u2019islamisme radical » et à « faire le travail historique, anthropologique et théologique qui permet et permettra encore plus demain d\u2019être français et musulman dans une république laïque».Un pacte avec l\u2019islam Le gouvernement français ne s\u2019en cache pas, il veut réformer radicalement la formation des imams et le financement des mosquées, jusqu\u2019ici laissés à l\u2019initiative de pays étrangers, comme l\u2019Arabie saoudite, l\u2019Algérie ou le Maroc.Un chantier qui, de l\u2019avis de la plupart des experts, pourrait s\u2019étaler sur deux décennies.« Il y a urgence à aider l\u2019islam de France à se débarrasser de ceux qui le minent de l\u2019intérieur», avait d\u2019ailleurs déclaré le 31 juillet dernier le premier ministre Manuel Valls, selon qui il faut « bâtir un véritable pacte avec l\u2019islam de France ».Comme l\u2019ont fait à des degrés divers l\u2019Allemagne et la Grande-Bretagne, la France a expulsé plus de 80 imams radicaux depuis 2012.Une vingtaine de mosquées et de salles de prière ont aussi été fermées.Bernard Cazeneuve a donc sorti des boules à mites la Fondation pour les œuvres de l\u2019islam.Créée en 2005 par le premier ministre Dominique de Villepin, cette organisation était demeurée une coquille vide, paralysée qu\u2019elle était par les divisions des responsables musulmans.En la réformant de fond en comble et en la dotant d\u2019un budget conséquent (cinq millions d\u2019euros, dont un seul proviendra de l\u2019État), le ministre veut doter l\u2019islam d\u2019une structure comme en possèdent les autres religions de France (Fondation Notre- Dame, Fondation pour le judaïsme, Fondation pour le protestantisme).Sans oublier de rendre transparents le financement des mosquées et la formation des imams.Le défi est de taille.D\u2019abord parce que l\u2019islam n\u2019a ni clergé ni structure unifiée.D\u2019aucuns rappellent cependant qu\u2019il en était de même avec Faire émerger « l\u2019islam de France » Le gouvernement français crée une fondation pour « rétablir les ponts » avec la communauté musulmane MATTHIEU ALEXANDRE AFP Le ministre de l\u2019Intérieur, Bernard Cazeneuve, salue le président du Conseil français du culte musulman, Anouar Kbibech.M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L e 9e chef du Parti québécois subira une batterie de tests d\u2019ici aux prochaines élections générales, prévues le 1er octobre 2018.L\u2019exercice ne sera pas sans douleur.Les par ticipants du caucus présessionnel croisés par Le Devoir dans les couloirs de l\u2019hôtel Hilton DoubleTree de Gatineau s\u2019entendent sur une chose : la première tâche du nouveau chef consistera à recoller les morceaux.La formation politique risque d\u2019être «plus divisée que jamais» dans la foulée de l\u2019élection du nouveau chef le 7 octobre prochain, laisse tomber l\u2019un d\u2019eux.Pourtant, Pierre Karl Péladeau avait été élu sans trop d\u2019égratignures en mai 2015.Le statut de grand favori dont il jouissait dissuadait ses adversaires d\u2019étriller ses propositions, soutient un ex-apparatchik péquiste.Or, ni Paul St- Pierre Plamondon, ni Martine Ouellet, ni Jean- François Lisée, ni même Alexandre Cloutier n\u2019exercent à l\u2019heure actuelle un «ascendant moral » semblable à celui de l\u2019actionnaire de contrôle de Québecor sur l\u2019ensemble du caucus.Au cours des 35 prochains jours, « il y aura des coups sous la ceinture», prédit-il, pointant les accrochages survenus entre les aspirants-chefs durant le caucus présessionnel du PQ mercredi et jeudi à Gatineau.Cela dit, la perspective de l\u2019élection d\u2019un chef n\u2019étant pas le premier choix d\u2019une majorité de membres en terrifie plus d\u2019un au sein de la formation politique.Tous les chefs du PQ sans exception ont jusqu\u2019ici été élus au premier tour ou encore été couronnés \u2014 ce qui ne les a pas pour autant immunisés contre la remise en question de leur leadership au cours de leur mandat.Dompter le parti La formation de l\u2019équipe d\u2019of ficiers \u2014 leader parlementaire, whip, président du caucus, etc.\u2014 et du cabinet fantôme ainsi que le redéploiement du personnel politique de l\u2019aile parlementaire risquent de donner des maux de tête au successeur de « PKP ».S\u2019il est élu chef, M.Cloutier, qui compte à ce jour sur l\u2019appui de 12 députés, fera nécessairement des mécontents.Le député de Lac-Saint-Jean aura toutefois moins de dif ficulté à dompter l\u2019« establishment » du PQ, du moins selon ses détracteurs.Au Salon bleu, le nouveau chef devra réussir à «dominer par sa stature» le premier ministre Philippe Couillard ainsi que le chef du deuxième groupe d\u2019opposition, François Legault.«Les libéraux vont s\u2019ajuster au nouveau chef.Ils vont le mettre à l\u2019épreuve, c\u2019est sûr.Ça va se jouer beaucoup à la période des questions », estime le député de Rimouski, Harold Lebel, tout en rappelant que trois des quatre candidats à la chefferie sont des parlementaires aguerris.La CAQ prise pour cible « Le vrai adversaire du PQ, ce n\u2019est pas le PLQ, c\u2019est la CAQ», répète-t-on comme un mantra dans un PQ décidé à reprendre les commandes de l\u2019État en 2018.Plusieurs membres demeurent hantés par les résultats du scrutin de 2012.Écarté du pouvoir depuis plus de neuf ans, le PQ s\u2019était vu confier les rênes d\u2019un gouvernement minoritaire.La CAQ de François Legault avait joué les trouble-fêtes en mettant la main sur 19 circonscriptions.Malgré les allégations persistantes de corruption, le PLQ de Jean Charest avait quant à lui recueilli l\u2019appui de pas moins de 31,20 % de l\u2019électorat (contre 31,95% pour le PQ).À deux semaines de la rentrée parlementaire, le chef intérimaire Sylvain Gaudreault a sonné la charge.« Ce n\u2019est certainement pas la Coalition avenir Québec, qui est un \u201cone man show\u201d autour de François Legault, qui est une droite populiste [\u2026], qui est un gouvernement en attente», a-t-il déclaré.Les positions du PQ et de la CAQ sur des enjeux liés à l\u2019identité québécoise revêtiront une importance particulière au cours des deux prochaines années, selon un ancien conseiller politique du gouvernement Marois.Les sorties des deux formations politiques au sujet du nombre d\u2019immigrants à accueillir au Québec au cours de la dernière semaine constituent un avant-goût des tentatives des deux partis d\u2019opposition pour s\u2019imposer comme la solution de remplacement au gouvernement libéral en cette matière, et ce, tout particulièrement auprès de l\u2019électorat francophone.PARTI QUÉBÉCOIS Les défis du prochain chef En tête de liste : recoller les pots cassés en cas de course à la direction serrée VOIR PAGE B 3 : ISLAM PHOTOS JACQUES NADEAU LE DEVOIR La course à la direction du PQ compte maintenant quatre candidats: Jean-François Lisée, Martine Ouellet, Paul St-Pierre Plamondon et Alexandre Cloutier.VOIR PAGE B 3 : PQ L\u2019élection d\u2019un chef n\u2019étant pas le premier choix d\u2019une majorité de membres en terrifie plus d\u2019un au sein du PQ L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 S E P T E M B R E 2 0 1 6 P E R S P E C T I V E S B 2 L\u2019 été devait être paisible.C\u2019est dans l\u2019ordre des choses.Il ne l\u2019a pas été, évidemment.Entre les 86 morts de Nice et ce prêtre de 86 ans égorgé en pleine messe près de Rouen, l\u2019actualité en a même rajouté dans l \u2019 indicible hor reur.Après deux mois dans la bulle québécoise, où je n\u2019ai pas senti plus de compassion qu\u2019il n\u2019en faut à l\u2019égard de ces drames, on se réjouirait presque de cette désopilante polémique sur le « burkini ».Le mot, d\u2019abord, qui semble tellement absurde.Mais peut-être ses auteurs se sont-ils souvenus de sa portée subversive, le bikini tenant son nom d\u2019un atoll du Pacifique où explosa la première bombe atomique.Vue du Québec, la discussion ressemble parfois à un débat d\u2019avocaillons.Comme s\u2019il n\u2019y avait d\u2019autre critère du débat intellectuel que celui du juridisme le plus strict.Comme si le droit résumait la vie, avec en plus l\u2019injonction de se taire une fois que celui-ci est dit.Cette enflure juridique devrait pourtant être jugée pour ce qu\u2019elle est : un prétexte pour imposer le silence sur les questions qui fâchent.Réglons donc au plus vite le débat légal avant de passer aux choses sérieuses.Bien sûr que, dans nos sociétés, on ne devrait pas interdire un maillot de bain.Surtout si celui-ci ne crée pas de désordre public.Du moins pas encore.Il n\u2019y avait donc pas matière à interdiction, comme l\u2019a bien dit le Conseil d\u2019État français.Mais, une fois admis le droit de chacun de se baigner avec son manteau d\u2019hiver, qu\u2019a-t- on dit ?Rien ! Car c\u2019est justement ici que le débat devrait commencer.La vulgarité, le mensonge, l\u2019indécence, l\u2019extrémisme, le sexisme et la pornographie sont tous plus ou moins autorisés dans nos sociétés.Cela veut-il dire qu\u2019il faut se taire à leur sujet ?Heureusement, en France, la parole la plus sage est revenue à l\u2019ancien ministre socialiste Jean- Pierre Chevènement, ami et disciple du grand islamo- logue et traducteur du Coran Jacques Berque.Le burkini, a-t-il déclaré, « on peut le tolérer, mais on peut ne pas l\u2019approuver».?Avant de crier au scandale, il vaut en effet la peine de s\u2019interroger sur les raisons qui ont poussé des maires, de gauche comme de droite, à agir de la sorte.Dans le contexte des attentats de Charlie Hebdo, du Bataclan et de Nice \u2014 qui ont tout de même fait 250 morts \u2014, le port de ce maillot ostentatoire par quelques intégristes a été perçu comme une provocation.Il fallait d\u2019ailleurs voir ces dames habillées jusqu\u2019au cou attendre les caméras de télévision sur les plages à l\u2019heure pile où tombait la décision du Conseil d\u2019État.Malgré ce qu\u2019on a dit, cette interdiction n\u2019avait strictement rien à voir avec la laïcité, puisque celle-ci ne peut concerner que le service de l\u2019État.Alors, que représentent ces interdictions sinon un appel au secours des élus locaux face à la progression fulgurante d\u2019un intégrisme religieux, sexuel, moral et politique qui gangrène les villes du sud de la France, après avoir semé la guerre civile \u2014 rappelons-le \u2014 dans le monde arabe ?Comme les enseignants confrontés à des élèves qui refusent les cours d\u2019éducation physique ou qui sif f lent la Marseil laise, les maires de nombreuses villes françaises sont aujourd\u2019hui confrontés à ce qui apparaît clairement comme un refus d\u2019intégration.Une forme de séparatisme intérieur d\u2019une partie de la population musulmane.En 2008, avant la poussée actuelle de l\u2019islamisme, 17 % des musulmans sondés par le CSA estimaient en effet que la charia devait « s\u2019appliquer intégralement, quel que soit le pays dans lequel on vit ».Que dit d\u2019ai l leurs la femme voilée sinon qu\u2019elle est plus pure que les autres, que sa religion passe avant l \u2019 intégration et qu\u2019elle n\u2019aura pas de commerce avec des hommes qui ne sont pas musulmans ?Or cet intégrisme qui relègue les femmes dans des lieux séparés, qui prêche le puritanisme, le mépris des homosexuels et le refus de l\u2019intégration heur te par ticulièrement la France.Celle-ci se veut en effet le pays de la mixité des sexes, de l\u2019amour courtois, de l\u2019intégration républicaine et d\u2019une certaine discrétion des religions dans l\u2019espace public.C\u2019est d\u2019ailleurs Jean-Pierre Chevènement qui a sagement conseillé la « discrétion » aux musulmans dans l\u2019espace public.Cette même discrétion qui caractérise les catholiques, les juifs et les protestants de France depuis des décennies.Ce qui ne les empêche pas, au contraire, de jouer un rôle actif dans la société française.Répétons-le : ce ne sont ni la laïcité, ni le droit qui sont ici en cause, mais les mœurs et la civilité d\u2019une société qui se sont forgées au fil des siècles.Le premier ministre Manuel Valls avait raison de rappeler que, sur les statues de Marianne qui trônent dans les mairies, le sein nu est un symbole de générosité et de liber té.C\u2019est d\u2019ailleurs Jacques Berque qui estimait, dès 1994, que le statut de la femme constituait « le critère actuel le plus décisif dans les sociétés arabo-islamiques » et que la France ne devait «rien faire qui puisse, de près ou de loin, concourir à la régression de la femme musulmane ou à son enfermement».Les vertus de la discrétion CHRISTIAN RIOUX à Paris Depuis les attentats de janvier 2015, la France a considérablement renforcé son arsenal législatif pour lutter contre la menace terroriste.Mais indépendamment des nouveaux outils à la disposition de la police et de la justice, le parquet de Paris a décidé en avril un changement radical de stratégie en qualifiant de crime, donc passible de vingt ou trente ans de prison, des infractions liées au terrorisme considérées jusqu\u2019ici comme des délits, passibles de dix ans.François Molins, le procureur de la République de Paris, explique sa politique.P R O P O S R E C U E I L L I S P A R J E A N B A P T I S T E J A C Q U I N , J U L I A P A S C U A L E T S O R E N S E E L O W Comment analysez-vous l\u2019évolution de la menace terroriste depuis les attentats de janvier 2015?Paradoxalement, l\u2019affaiblissement du groupe armé État islamique (EI) en zone irako-sy- rienne constitue un facteur qui renforce le risque d\u2019attentat.On voit bien dans l\u2019histoire du terrorisme que, quand les organisations terroristes sont en difficulté sur zone, elles recherchent l\u2019occasion de commettre des attaques à l\u2019extérieur.Le deuxième facteur inquiétant tient à ce qu\u2019on pourrait appeler la menace du retour : on sera à un moment ou à un autre confronté au retour d\u2019un grand nombre de combattants français et de leurs familles.Comment se traduit l\u2019évolution de cette menace en ce qui concerne les procédures judiciaires?Au niveau des services de renseignement, les chiffres tournent toujours autour de 2000 Français impliqués, c\u2019est-à-dire partis, en transit ou souhaitant se rendre en Syrie, dont environ 700 sont sur zone.Sur le plan judiciaire, l\u2019augmentation est exponentielle: on avait 26 procédures en 2013 et 136 en 2015.Le parquet de Paris suit au- jourd\u2019hui 324 dossiers : 183 enquêtes préliminaires et 141 informations judiciaires.Seuls 25 dossiers ont été jugés ou sont en attente de jugement, ce qui donne une idée du travail qui nous attend.Au total, 982 individus font ou ont fait l\u2019objet d\u2019enquêtes judiciaires pour du terrorisme islamiste: 280 sont aujourd\u2019hui mis en examen, dont 167 sont en détention et 577 font l\u2019objet d\u2019un mandat de recherche ou d\u2019un mandat d\u2019arrêt.Quelle stratégie pénale adoptez-vous devant ces retours de Syrie?Le parquet de Paris a décidé fin avril un durcissement considérable de sa politique pénale en criminalisant des dossiers correctionnels.En matière d\u2019association de malfaiteurs terroriste, trois niveaux d\u2019infraction existent dans le code pénal.D\u2019abord, l\u2019entente en vue de la préparation d\u2019infractions correctionnelles à caractère terroriste, punie de dix ans d\u2019emprisonnement.Ensuite, c\u2019est l\u2019association de malfaiteurs terroriste criminelle, c\u2019est-à-dire en vue de préparer des atteintes aux personnes (meurtre, torture, etc.) ou des destructions par incendie ou explosif.La loi du 21 juillet 2016 a fait passer la sanction de vingt ans de réclusion criminelle à trente ans.Enfin, la direction d\u2019un groupe terroriste, qui était passible de trente ans de réclusion et, depuis la loi de juillet 2016, de la réclusion criminelle à perpétuité.On utilisait jusqu\u2019ici la qualification criminelle en cas d\u2019exactions, pour les individus vus par exemple sur une vidéo en train d\u2019exécuter quelqu\u2019un ou brandir une tête coupée.Pour tous les autres, les combattants, les candidats au départ, les femmes ou les soutiens logistiques, c\u2019était de l\u2019association de malfaiteurs correctionnelle.La peine encourue étant limitée à dix ans, on constatait que le spectre des peines prononcées ne correspondait absolument pas à l\u2019échelle de gravité des comportements.Devant l\u2019évolution radicale créée par les appels aux meurtres et les attentats répétés depuis janvier 2015, il fallait raisonner différemment.Nous considérons désormais comme participant à une association de malfaiteurs criminelle toutes les personnes parties sur zone depuis janvier 2015 ayant participé à des combats, des patrouilles ou à la police islamique avec le groupe EI ou le Front Al-Nosra, devenu Fateh al-Sham.Depuis fin avril, toutes les informations judiciaires que l\u2019on ouvre pour ces faits sont donc de nature criminelle.De plus, nous demandons aux juges d\u2019instruction la requalifi- cation au criminel des procédures déjà ouvertes pour des personnes présentes après janvier 2015 en Syrie.À compter de cette date, plus personne ne peut en effet ignorer que ces organisations ont pour but de perpétrer des crimes.Cette stratégie de criminalisation des procédures va aller jusqu\u2019au bout.Le parquet demandera systématiquement la mise en accusation devant la Cour d\u2019assise spéciale de Paris.C\u2019est déjà le cas dans deux affaires.Les accusés seront passibles de vingt ans de prison pour les faits commis avant la loi du 21 juillet, et trente ans pour les faits commis après.Où place-t-on le curseur de l\u2019intention criminelle?On a essayé d\u2019objectiver pour ne pas tout mélanger et s\u2019arrêter sur le critère de la participation sur place aux activités des organisations terroristes.Participer à une patrouille, ce n\u2019est pas rien ! Quel est votre objectif, alors qu\u2019alourdir les peines n\u2019est peut-être pas de nature à décourager des individus prêts à mourir?Il s\u2019agit de protéger la société en laissant ces individus plus longtemps en prison.Celle-ci a d\u2019abord une fonction de réadaptation et de re- socialisation.Mais on ne fait pas boire un âne qui n\u2019a pas soif.Lorsqu\u2019on tombe sur des individus imprégnés par cette idéologie mortifère, les maintenir enfermés n\u2019est peut-être pas la mission la plus noble, elle a au moins l\u2019impérieuse vertu de protéger la société.L\u2019opposition préconise le placement en rétention des personnes fichées\u2026 C\u2019est absolument impossible.Il ne peut y avoir de détention préventive en dehors d\u2019une procédure pénale.C\u2019est le socle de l\u2019état de droit.On ne peut pas détenir quelqu\u2019un avant qu\u2019il ait commis une infraction.Quelle réponse judiciaire apporter aux cas particuliers des femmes et des mineurs?Des centaines de femmes vont revenir de Syrie.À ce jour, 59 ont été mises en examen pour des faits de terrorisme, dont 18 sont détenues.Il y a une accélération des placements en détention.On a peut-être été trop scrupuleux au début en se disant que les femmes suivaient leur mari et se cantonnaient à des tâches ménagères en Syrie.Aujourd\u2019hui, elles sont systématiquement interpellées à leur retour et placées en garde à vue.Ces femmes vont pour cer taines rentrer avec leurs enfants.Qu\u2019ils soient nés en France ou en Syrie, ces derniers auront vécu leurs premières années dans un contexte effrayant d\u2019endoctrinement.Certains pré-adolescents mis en scène dans des vidéos d\u2019exécution ou qui subissent des entraînements militaires vont constituer de véritables bombes à retardement.La DGSI évalue le nombre de mineurs combattant à une petite vingtaine.Cer tains sont morts au combat.Sur le plan judiciaire, 35 mineurs sont au- jourd\u2019hui mis en examen (23 garçons et 12 filles), dont 9 sont détenus.Sur les derniers mois, nous observons une accélération des dossiers de jeunes filles mineures, avec des profils très inquiétants, des personnalités très dures.Elles sont parfois à l\u2019origine de projets terroristes qui, sur le plan intellectuel, commencent à être très aboutis.La loi prévoit de privilégier l\u2019approche éducative avec les mineurs.Quand on peut le faire, on le fait.Mais pour certains, l\u2019emprisonnement s\u2019impose.La loi du 21 juillet a pris en compte une de nos revendications en allongeant la durée de détention provisoire des mineurs d\u2019un à deux ans.On risquait en effet de devoir remettre dehors des mineurs impliqués dans des activités terroristes criminelles qui nécessitent des investigations au long cours.Des détenus ont demandé à négocier des remises de peines en échange d\u2019informations.Êtes-vous favorable au statut de repenti en matière de terrorisme?C\u2019est quelque chose qu\u2019on pourrait développer, mais ce n\u2019est pas dans la culture française.Nos homologues américains sont sur un registre différent avec le plai- der-coupable.Il y a certainement une marge de progression, on en est bien conscient, on en parle souvent avec les policiers.Mais il ne faut pas oublier que nous sommes face à un public qui manie l\u2019art de la dissimulation.La loi du 3 juin a créé l\u2019infraction de consultation habituelle des sites djihadistes.Avez-vous déjà des procédures ouvertes à ce titre?Oui, plusieurs à Paris et en province, puisque ce délit relève d\u2019une compétence locale des parquets.Il ne faut pas tomber dans le délit d\u2019opinion, mais les personnes poursuivies se livrent plutôt à de la consultation compulsive.La politique en matière de détention provisoire a- t-elle évolué sur les dossiers de terrorisme?On prend des décisions individuelles, on apprécie la gravité des faits reprochés et la personnalité de la personne mise en cause.Il ne faut pas se tromper : d\u2019aucuns relèvent clairement de la prison, mais il y aura encore demain des personnes sur lesquelles vous pourrez faire le pari de les laisser dehors.C\u2019est l\u2019office du juge d\u2019apprécier le niveau de réponse approprié.L\u2019attentat de l\u2019église de Saint-Étienne-du-Rou- vray (Seine-Maritime) nous montre que quelqu\u2019un avec un bracelet électronique peut passer à l\u2019acte.Mais même si le tueur du prêtre, Adel Kermiche, avait été maintenu en détention provisoire, celle-ci arrivait à son terme quelques mois après et il aurait dû être libéré.Ce qui s\u2019est passé va tout de même amener tout le monde à un seuil de vigilance plus important.Le fait de porter un bracelet et de pointer une fois par semaine ou plus au commissariat constitue-t-il une garantie suffisante?Cela pose aussi la question de l\u2019articulation entre justice et renseignement dans le suivi de certaines personnes.Mais il faut noter que l\u2019auteur de l\u2019attentat de Magnan- ville (Yvelines) faisait lui l\u2019objet d\u2019une écoute, qui n\u2019a rien donné, ce qui ne l\u2019a pas empêché de passer à l\u2019acte.Tous les systèmes sont faillibles.Le Monde FRANCE Le paradoxe terroriste Le déclin du groupe armé État islamique renforce le risque d\u2019attentat VALERY HACHE AGENCE FRANCE-PRESSE Un lieu de recueillement a été aménagé non loin de la promenade des Anglais, où a eu lieu l\u2019attentat survenu à Nice le 14 juillet.982 Le nombre d\u2019individus qui font ou qui ont fait l\u2019objet d\u2019enquêtes judiciaires pour du terrorisme islamiste François Molins Dans le débat sur le burkini, ce ne sont ni la laïcité, ni le droit qui sont en cause L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 S E P T E M B R E 2 0 1 6 P E R S P E C T I V E S B 3 L a performance de Pierre Karl Péladeau durant sa première année à la tête du PQ en avait déçu plusieurs.On ne saura jamais dans quelle mesure il aurait fini par apprendre son métier de politicien.Après vingt ans d\u2019errance, il avait toutefois réussi à redonner une direction claire à son parti.Même s\u2019il demeurait vague sur l\u2019échéancier référendaire, personne ne doutait de sa détermination absolue à faire du Québec un pays.Quiconque osait mettre les militants en garde contre la foi aveugle et les dangers de la précipitation était cloué au pilori, comme Jean-François Lisée en a fait la douloureuse expérience.Maintenant qu\u2019il est parti, le PQ est de nouveau en proie au doute, comme s\u2019il avait perdu sa boussole.Tout se retrouve encore une fois sur la table dans cette triste course : le référendum à tout prix, le report aux calendes grecques, les «conditions gagnantes»\u2026 Misère! En mai dernier, il était tout à fait remarquable de voir Gérald Larose, qui en avait déjà surpris plus d\u2019un en se ralliant au « roi du lockout » au nom de la cause sacrée de l\u2019indépendance, donner maintenant raison à Jean-François Lisée de vouloir « sauver le Québec » du péril libéral, quitte à reporter le référendum à la semaine des quatre jeudis.Il fallait vraiment que l\u2019heure soit grave.De passage au Devoir jeudi, à l\u2019issue d\u2019une réunion du caucus péquiste, dont elle déplorait le peu d\u2019intérêt pour les discussions sur la souveraineté, Martine Ouellet reprochait précisément à ses adversaires dans la course à la direction d\u2019avoir en quelque sorte intériorisé le discours fédéraliste selon lequel il faut d\u2019abord s\u2019occuper des « vraies affaires », en oubliant la raison d\u2019être du PQ.Selon elle, ses collègues députés, dont aucun ne l\u2019appuie, ne sont pas représentatifs de la base militante.Les chiffres de Léger tendent à lui donner raison.Un peu plus de la moitié (53 %) des électeurs péquistes, du moins ceux qui voteraient oui, souhaitent que le PQ s\u2019engage à tenir un référendum rapidement, mais 31 % sont d\u2019avis contraire et 16 % ne savent pas quoi penser.Il est vrai qu\u2019ils n\u2019ont pas à s\u2019inquiéter de leur siège.?Plusieurs se réjouiront pourtant des résultats du dernier sondage Léger-Le Devoir : enfin, il y a au PQ une vraie course qui pourrait même nécessiter plus d\u2019un tour le 7 octobre.Alexandre Cloutier, qui la voyait comme une sorte de colistière, n\u2019a tiré aucun profit du retrait de Véronique Hivon, dont les partisans ont plutôt rallié le camp de Jean-François Lisée et surtout de Martine Ouellet.M.Cloutier n\u2019a que lui-même à blâmer.La révélation de la course de l\u2019an dernier a déçu en menant une campagne aussi peu inspirante que la précédente avait été rafraîchissante, alors que M.Lisée, qui a toujours quelque chose à dire, et Mme Ouellet, dont la constance est exemplaire, ont été égaux à eux-mêmes.M.Pé- ladeau pouvait se permettre une campagne pépère, mais le député de Lac-Saint-Jean a encore trop de choses à démontrer pour se permettre ce luxe.Avec une avance de 13 points sur son collègue de Rosemont, il n\u2019y a pas de quoi paniquer.Dans la plausible hypothèse d\u2019une finale Cloutier-Lisée, le premier serait le choix de 49 % des partisans de Mme Ouellet.Normalement, les partisans d\u2019un référendum au plus vite devraient préférer celui qui en tiendra peut-être un à celui qui n\u2019en veut pas.La course entre toutefois dans une phase plus délicate : celle des débats.M.Cloutier a bien compris qu\u2019il n\u2019avait pas d\u2019autre choix que de les accepter tous, mais c\u2019est vers lui que le gros des attaques sera dirigé et l\u2019ambiguïté est la position la plus dif ficile à défendre, aussi bien lors d\u2019un débat que durant une campagne électorale.L\u2019an dernier, les militants péquistes avaient conspué Bernard Drainville, quand il avait tenté de forcer Pierre Karl Péladeau à préciser ses intentions.Il n\u2019est pas certain que M.Cloutier aura droit à la même indulgence.On peut compter sur Martine Ouellet pour rappeler la descente aux enfers du printemps 2014, quand Pauline Marois avait réussi le tour de force de mobiliser les électeurs libéraux et de décourager ceux du PQ.?À moins d\u2019une crise sérieuse, l\u2019été est généralement un moment de grâce pour un gouvernement.Celui qui s\u2019achève ne fait pas exception.Le gouvernement Couillard en sort avec une avance de 5 points, soit trois de plus qu\u2019en juin dernier, et un taux de satisfaction en légère hausse, même si le taux d\u2019insatisfaction demeure très élevé (65%).Le plus étonnant est qu\u2019après une première moitié d\u2019année qui aurait difficilement pu être pire, les intentions de vote libérales sont demeurées au même niveau qu\u2019à la fin de 2015.Si le gouvernement a fait la preuve de son aptitude à multiplier les gaffes, les électeurs ont démontré qu\u2019ils sont capables d\u2019une tolérance tout aussi remarquable envers l\u2019incompétence et le manque d\u2019éthique.À moins que le premier ministre décide de réintégrer Sam Hamad au Conseil des ministres, on se demande bien ce qui arriverait à les indisposer.La bonne nouvelle pour le PQ est qu\u2019en dépit de tous ses efforts pour lui damer le pion sur le terrain identitaire, la CAQ n\u2019arrive toujours pas à profiter de son errance.mdavid@ledevoir.com De nouveau l\u2019errance MICHEL DAVID La commissaire à la Concurrence poursuit sa guerre contre l\u2019évasion fiscale avec audace.La Danoise, mère de famille et ancienne ministre, est en réalité un animal politique qui aurait inspiré la série à succès Borgen.R A M E T W A R E E A C\u2019était un grand coup d\u2019éclat.Mardi, l\u2019Union européenne (UE) a sommé Apple de rembourser 13 milliards d\u2019euros (près de 19 milliards $CAN) au Trésor public irlandais pour avoir profité d\u2019avantages fiscaux indus entre 2003 et 2014.Une amende record.La décision a quelque peu ragaillardi une Commission européenne en dif ficulté sur de nombreux fronts : Brexit, flux migratoire, sécurité, chômage, stagnation économique\u2026 L\u2019honneur revient à la commissaire à la Concurrence, la Danoise Margrethe Ves- tager, qui apparaît désormais comme une des femmes les plus puissantes de la planète et comme la bête noire des entreprises qui contournent le fisc ou qui abusent de leur position dominante.En automne 2014, lors des auditions des commissaires qui venaient d\u2019être nommés, Margrethe Vestager était la seule à réunir une unanimité des parlementaires européens.Contrairement à la plupart de ses collègues, elle détient une force de frappe qu\u2019elle n\u2019hésite jamais à utiliser.En juillet dernier, elle avait dénoncé le cartel des camionneurs européens qui s\u2019était entendu pour fixer les prix et lui avait infligé une amende de 3 milliards d\u2019euros.En 2015, elle avait épinglé Starbucks, Fiat, Gazprom, Amazon, General Electric et Alstom soit pour arrangement fiscal abusif, soit pour abus de position dominante sur le marché.À présent, ses collaborateurs décor tiquent quelque 300 rescrits fiscaux (tax rulings) pour déceler des cas d\u2019aides d\u2019État illégales.Pas de compromis Le regard vif, l\u2019écoute attentive, la voix posée, mais ferme, le verbe réfléchi, Margrethe Vestager parle peu et ne tourne pas autour du pot.Dans la salle de presse de la Commission, elle en impose par sa présence.Contrairement à ses collègues qui tendent à se perdre dans des propositions récurrentes, elle se distingue par ses décisions tangibles pour les citoyens européens.Elle avait annoncé la couleur dès le début de son mandat: ne pas se perdre dans des compromis négociés dans les antichambres des entreprises à l\u2019instar de son prédécesseur, l\u2019Espagnol Joaquim Almunia.Fille d\u2019un couple de pasteurs luthériens, Margrethe Vestager, 47 ans, a un goût prononcé pour les procédures.Une qualité nécessaire pour une commissaire qui doit se pencher sur des dossiers, techniques et légaux, politiquement sensibles.Il y a un an, lorsqu\u2019elle s\u2019était attaquée aux arrangements fiscaux de Starbucks, Google et Amazon, elle a été prise à partie aux États-Unis, qui l\u2019ont accusée de ne cibler que les géants américains.« Je ne les choisis pas par leur nationalité », répond-elle régulièrement à ces accusations récurrentes.En octobre dernier, elle est allée, sans crainte, réitérer ce même message aux décideurs américains.La méfiance à son égard ne s\u2019est toutefois pas dissipée.Deux jours avant l\u2019annonce de la décision contre Apple, une étude publiée à dessein à Washington dénonçait un parti pris antiaméricain de ce côté de l\u2019Atlantique.Après l\u2019annonce mardi, même le président américain, Barack Obama, s\u2019est joint au concert des protestations.« Elle ne se laisse pas déstabiliser par les critiques », raconte l\u2019un de ses proches à Politico, journal en ligne qui a dressé un portrait élogieux de la commissaire danoise.En réalité, Margrethe Vestager est un animal politique redoutable qui a commencé par faire son chemin dans la vie politique de son pays.Féministe, ministre de l\u2019Éducation dans son pays en 1998 à 28 ans, ministre des Finances de 2011 à 2014, elle doit son succès à sa pugnacité.D\u2019abord membre, puis dirigeante d\u2019une petite formation \u2014 Radikale Venstre Party, littéralement Parti radical de gauche \u2014, elle a négocié une bonne place au sein de la coalition gouvernementale en place depuis 2011.Depuis, elle a façonné le parti comme étant celui des citadins et comme un acteur incontournable dans le paysage politique danois.La légende veut qu\u2019elle ait inspiré la célèbre série télévisée Borgen en raison de ses intrigues et de sa faculté d\u2019imposer ses choix.« Je ne suis pas certaine d\u2019être l\u2019inspiratrice, mais je serais flattée si c\u2019était vrai », a-t-elle plaisanté lors d\u2019un talk- show sur une chaîne de télévision américaine.Mariée à un prof de maths qui écrit des livres pour enfants et mère de trois filles, la commissaire danoise cultive toujours ses anciennes passions.Elle s\u2019adonne à la lecture et adore tricoter de petits éléphants, parfois même lors des séances.Selon ses proches, elle reste très attachée à son pays, où on l\u2019appelle «Queen Margrethe».«Je suis Danoise dans mon cœur et citoyenne du monde dans ma tête», a-t-elle dit à Politico.Selon le journal en ligne, elle aurait été parmi les premiers à ouvrir un compte Twitter, où elle compte 160 000 abonnés.Le Temps UNION EUROPÉENNE Une dame de fer nommée Margrethe Vestager La commissaire à la Concurrence est à l\u2019origine des 13 milliards d\u2019euros réclamés à Apple les juifs avant que Napoléon crée le Consistoire des juifs de France sur le modèle des religions catholique et protestante.C\u2019est en s\u2019inspirant de cette démarche que Nicolas Sarkozy avait d\u2019ailleurs créé en 2003 le Conseil français du culte musulman (CFCM), dont la représentativité est cependant souvent contestée.Un financement transparent L\u2019autre obstacle tient au fait qu\u2019en France, depuis 1905, l\u2019État s\u2019en tient à une stricte laïcité qui interdit tout financement public des cultes.La Fondation ne pourra donc financer que des études et des projets éducatifs sur l\u2019islam qui ont un intérêt public.Concernant la formation des imams, elle pourrait par exemple leur offrir des cours dans des matières profanes, comme l\u2019histoire, l\u2019éducation civique ou des cours de français.Sa première tâche, d\u2019ici le mois de décembre, sera de proposer la création d\u2019une nouvelle structure, qui, elle, sera totalement indépendante de tout financement de l\u2019État, et qui permettra de rendre transparent le financement des mosquées et d\u2019organiser la formation des imams.«Le Conseil français du culte musulman, comme l\u2019État, souhaite des imams dotés d\u2019un haut niveau de qualification, et non pas autoproclamés ou ne sachant pas parler français», a déclaré le ministre.Bernard Cazeneuve ne cache pas son intention à terme de remplacer tous les imams détachés par des imams formés en France.Comme l\u2019islam français n\u2019a pas encore de mode de financement transparent, on envisage, dit le ministre, un financement qui s\u2019appuierait sur une contribution « volontaire et négociée » des acteurs de la filière halal, ainsi que sur les dons des fidèles.Sans interdire totalement le financement étranger, comme le proposent notamment le Front national et le parti souverai- niste de Nicolas Dupont-Aignan, Debout la France, Bernard Cazeneuve veut au moins le rendre « transparent ».On estime à 200 le nombre de lieux de culte musulmans actuellement projetés en France.Une nomination controversée C\u2019est l\u2019ancien ministre de l\u2019Intérieur Jean- Pierre Chevènement, connu pour sa défense de la laïcité, qui dirigera la nouvelle fondation.Dès 1999, lorsqu\u2019il était ministre de l\u2019Intérieur de Lionel Jospin, Chevènement avait lancé une consultation réunissant les principales composantes de l\u2019islam en France.Une déclaration de principes avait alors été signée dans laquelle les organisations musulmanes reconnaissaient les principes de la République et de la laïcité.Dans le quotidien Le Monde, Jean-Pierre Che- vènement parle d\u2019«un défi de civilisation».Selon lui, « il faut que chacun trouve en lui la force de ne pas se laisser entraîner dans des surenchères dangereuses que la canicule d\u2019août 2016 n\u2019excuse pas.À l\u2019obscurantisme, il faut répondre, plutôt que par la réglementation, par le combat des Lumières auquel tous sont conviés, musulmans ou non.L\u2019islam de France et la démocratie sont parfaitement compatibles, dès lors que nos concitoyens musulmans acceptent d\u2019entrer, comme ils le font de plus en plus, dans le débat républicain sanctionné par le suffrage universel.» Dès l\u2019annonce de sa nomination, l\u2019ancien ministre a suscité la controverse en recommandant aux musulmans de se plier aux mœurs françaises en pratiquant leur culte «en toute liberté», mais avec «discrétion».Qualifiée de «maladresse» par certains, cette nomination d\u2019un non-musulman a cependant été défendue par plusieurs.«À gauche, peu de personnalités bénéficient d\u2019une telle aura dans le monde arabo-musulman, a déclaré l\u2019ancien préfet de Seine-Saint-Denis, Didier Leschi, coauteur avec l\u2019écrivain Régis Debray de La laïcité au quotidien (Folio).Il a une grande culture sur l\u2019islam, notamment grâce aux liens qu\u2019il a longtemps entretenus avec l\u2019islamologue Jacques Berque, l\u2019un des traducteurs en français du Coran.» Créer un modèle Sur nommé « le passeur des deux rives » , Jacques Berque a passé 16 ans de sa vie à traduire le Coran.Jusqu\u2019à sa mort, en 1995, il avait rêvé de voir surgir en France un islam des Lumières qui pourrait servir de modèle au monde arabo-musulman en af frontant les problèmes de la modernité.Jusqu\u2019à sa mort, en 1995, il espéra que « se crée en France non pas un islam français, mais un islam de France, disons, pour simplifier, un islam gallican, c\u2019est-à-dire un islam qui soit au fait des préoccupations d\u2019une société moderne, qui résolve les problèmes qu\u2019il n\u2019a jamais eus à résoudre dans ses sociétés d\u2019origine qui, pour des raisons historiques, ne sont pas des sociétés du niveau du nord de la Méditerranée.Figurez-vous le retentissement qu\u2019aurait cet islam de progrès sur le reste de la zone islamique ».Un projet que, vingt ans plus tard, Jean-Pierre Chevène- ment n\u2019hésite pas à faire sien.Mais l\u2019unanimité n\u2019est pas faite à ce propos.Plusieurs ont vu dans la création de cette fondation une forme d\u2019ingérence de l\u2019État.«Les mêmes qui parlent de laïcité à longueur d\u2019année la piétinent allègrement dès lors qu\u2019il s\u2019agit de dicter aux musulmans la manière d\u2019organiser leur culte », écrit dans Le Monde Marwan Muhammad, responsable du Collectif contre l\u2019islamophobie en France.Selon lui, «reconstruire, refonder, réformer» sont «autant de mots bien ambitieux pour des responsables politiques incapables eux-mêmes de repenser leur manière de gouverner».En entrevue dans le quotidien La Dépêche, l\u2019écrivain Tahar Ben Jelloun a déclaré que cette fondation aura aussi pour tâche de « réparer les fractures entre l\u2019islam et les Français non musulmans».Il s\u2019agit d\u2019expliquer, dit-il, « le rôle de la laïcité, qui n\u2019est pas contre les religions, mais qui leur demande de rester dans l\u2019espace privé et de ne pas envahir l\u2019espace public et politique».Le Devoir SUITE DE LA PAGE B 1 ISLAM FREDERICK FLORIN AGENCE FRANCE-PRESSE Margrethe Vestager a commencé par faire son chemin dans la vie politique de son pays.En privilégiant sans détour un fléchissement important du nombre de nouveaux arrivants à admettre au Québec, la CAQ a réussi à attirer l\u2019attention des opposants à la politique d\u2019immigration de l\u2019équipe Couillard.Le PQ, qui dit ne pas être «contre» le maintien des seuils d\u2019immigration en échange de ressources additionnelles pour l\u2019intégration des immigrants, a été relégué au second plan du débat.«La CAQ fait exactement au PQ ce que le PQ lui a fait pendant le débat sur la charte des valeurs québécoises », est d\u2019avis l\u2019ex-conseiller politique.Le PQ devra aussi préciser et marteler ses idées en matière d\u2019économie, d\u2019éducation et de santé tout en s\u2019approchant de l\u2019échéance électorale de 2018.«On le sent sur le terrain, les gens veulent se débarrasser des libéraux.Maintenant, c\u2019est quoi l\u2019alternative?» dit M.Lebel.Vers le congrès de 2017 Les qualités de leadership du nouveau numéro un du PQ seront rapidement mises à l\u2019épreuve.En effet, il devra user de son pouvoir de persuasion afin que ses propositions de campagne à la chefferie se retrouvent sans grand changement dans le prochain programme politique du PQ, dont la version définitive sera adoptée par les membres lors du congrès national de septembre 2017.« Il ne faut pas l\u2019oublier : aussitôt que la course à la chefferie sera finie, la proposition principale sera déposée.Au Parti québécois, il y a toujours des débats\u2026», souligne M.Lebel dans un échange avec Le Devoir.« À mon avis, le chef aura à être beaucoup sur le terrain\u2026 Aller voir ce qui se passe dans chaque comté, c\u2019est une job à gérer.On ne peut pas manquer notre congrès.» Se voulant rassurant, le président du PQ, Raymond Archambault, soutient que « le parti est aujourd\u2019hui beaucoup plus discipliné qu\u2019autrefois ».«À l\u2019époque, ça brassait au Parti québécois.Les congrès étaient houleux.C\u2019était souvent dif ficile pour les chefs », fait remarquer l\u2019ancien journaliste à Radio-Canada.Les électeurs péquistes voteront à la fois pour un programme et pour une personnalité.« On choisit un chef pour ses idées.On choisit un chef aussi parce qu\u2019on pense que c\u2019est lui ou elle qui peut nous faire gagner l\u2019élection.Je pense qu\u2019il y a autant d\u2019arguments d\u2019un côté qu\u2019il y a d\u2019arguments de l\u2019autre », fait valoir M.Archambault.À cet égard, un ancien membre de l\u2019état-major du PQ doute for t de la capacité de M.Cloutier de bénéficier d\u2019un « ef fet Trudeau » au moment de la campagne électorale, en dépit de ce que plusieurs analystes politiques anticipent.« Il a une belle gueule, mais il n\u2019a pas le \u201cswag\u201d de Trudeau.Cloutier, c\u2019est un gars plate », résume-t-il.Le Devoir SUITE DE LA PAGE B 1 PQ n des fantômes qui ont hanté et lesté le Parti conservateur durant la dernière campagne électorale a refait surface cette semaine, celui de l\u2019immigrant et du réfugié suspects d\u2019adhérer à des «valeurs anticanadiennes».C\u2019est la candidate à la succession de Stephen Harper, Kellie Leitch, qui l\u2019a remis sur le tapis à travers un sondage envoyé aux membres conservateurs.Comme le chef de la CAQ, François Legault, Mme Leitch demande aux répondants si le gouvernement devrait vérifier si les candidats à l\u2019immigration et au statut de réfugié défendent de telles valeurs.En fait, son idée est faite.Dans une déclaration émise vendredi, elle dit être fortement en faveur d\u2019une telle politique afin de repérer toute manifestation d\u2019intolérance culturelle, religieuse, sexuelle et tout rejet de «notre tradition canadienne des libertés personnelles et économiques».Dans son sondage, elle fait aussi état du débat entre tenants d\u2019«un multiculturalisme qui célèbre nos dif férences» et les partisans d\u2019«une identité canadienne unificatrice».Là encore, elle n\u2019informe pas les répondants de sa position, qui est pourtant bien arrêtée.Dans une entrevue publiée vendredi dans le Saskatoon StarPhoe- nix, elle dit d\u2019entrée de jeu que l\u2019un des piliers de sa campagne est cette «identité unifiée».Mme Leitch connaît les risques reliés au jeu de la carte identitaire.L\u2019an dernier, son parti a provoqué un tollé avec sa promesse d\u2019une ligne téléphonique de délation des «pratiques culturelles barbares », annonce que la députée avait faite avec le ministre de l\u2019Immigration de l\u2019époque.Malgré cela, elle récidive dans le but évident de courtiser cette frange du parti qui se méfie de certains immigrants et qui rejette la nature pluraliste et plurinationale du Canada.Et elle le fait au grand dam des conservateurs plus modérés, qui ont d\u2019ailleurs commencé à la dénoncer.Les Canadiens partagent beaucoup de valeurs, mais en ont d\u2019autres qui sont ancrées dans leur culture nationale ou régionale respective.Des Québécois aux autochtones en passant par les communautés culturelles et les diverses régions du Canada, on trouve des perspectives variées sur l\u2019économie, la place du religieux, le rôle de l\u2019État, l\u2019environnement et ainsi de suite.Qui définirait les valeurs à mettre à l\u2019épreuve ?La Charte canadienne des droits et libertés inspire déjà le test que passent les résidents permanents pour obtenir leur citoyenneté.Certains droits, dont celui à l\u2019égalité, font consensus, mais d\u2019autres font l\u2019objet de débats à l\u2019intérieur même du parti que Mme Leitch veut diriger.En alimentant la méfiance à l\u2019endroit des immigrants, la candidate perpétue une logique de division dont le PC devrait pourtant se défaire.C\u2019est un pari dangereux et déplorable.À deux mois de la présidentielle, Donald Trump talonne Hillary Clinton dans les sondages, ce qui est consternant.Le candidat républicain à la Maison-Blanche a atteint dans son discours sur l\u2019immigration, prononcé mercredi à Phoenix, des sommets vertigineux de démagogie \u2014 et de dangerosité.a démocrate Hillary Clinton soutient la libération de «dangereux, dangereux, dangereux criminels», a déclaré Donald Trump à Phoenix.Pourquoi re- doute-t-elle l\u2019idée de diviser les familles des illégaux en les expulsant, s\u2019est-il demandé, alors que des «familles américaines» (lire: blanches) sont divisées par des meurtres commis par des immigrants?Parce qu\u2019elle est elle-même une criminelle\u2026 bien entendu.Exemple parmi d\u2019autres du délire démagogique auquel il s\u2019est à nouveau livré dans un discours «en dix points» que sa machine partisane avait pourtant annoncé comme majeur et substantiel.Quelques heures plus tôt à Mexico, où il était allé rencontrer Enrique Pena Nieto (on se demande d\u2019ailleurs par quel mauvais calcul politique le président mexicain a pu penser qu\u2019il lui serait utile de rencontrer cet homme pourtant honni south of the border), M.Trump a fait un effort surhumain pour se montrer «présidentiable».Le naturel est revenu au grand galop à Phoenix dans une logorrhée de propos incendiaires où le candidat dû- ment désigné du Parti républicain, loin d\u2019adoucir ses positions, a réduit les onze millions de sans- papiers à une bande de criminels, réitéré son intention de faire construire sur la frontière un mur «impénétrable et merveilleux» payé par les Mexicains et s\u2019est engagé, pour ainsi dire, à mettre tout l\u2019appareil d\u2019État au service d\u2019une vendetta contre l\u2019ensemble des clandestins, du premier au dernier.Le fait est, soit dit en passant, que l\u2019immigration n\u2019est pas aux États- Unis un facteur important de criminalité.Il se trouverait au contraire qu\u2019elle est objectivement un facteur de sécurité, faisait remarquer vendredi le chroniqueur David Brooks dans le New York Times.Selon une étude qu\u2019il cite, à peine 3% des immigrants sans diplôme collégial, nés au Mexique, au Salvador et au Guatemala, font de la prison, par comparaison à 11% des hommes nés aux États-Unis.Entendu que M.Trump dit des énormités.Sauf que, dans l\u2019ordre actuel des choses, là n\u2019est pas la question.Trump, Trump, Trump, martèlent ses partisans.Son nom est devenu le mantra d\u2019une certaine Amérique blanche aveuglée par la colère et la frustration.La candidature de M.Trump a rétabli et légitimé le droit à l\u2019af?rmation identitaire blanche en des termes qui n\u2019ont culturellement plus leur place dans l\u2019espace public depuis des décennies.Il a libéré une parole pétrie d\u2019intolérance, et cette parole renvoie dangereusement à l\u2019époque ségrégationniste.L\u2019analyse électorale dominante veut qu\u2019il lui soit impossible de remporter la présidentielle sans élargir sa base et rallier des républicains plus modérés.À défaut, il courrait à sa perte.Et pourtant.À deux mois de l\u2019élection, M.Trump semble faire au contraire le calcul, si tant est qu\u2019il ait véritablement une stratégie électorale, qu\u2019il peut l\u2019emporter de justesse sans devenir plus poli et plus politiquement correct.Il peut compter sur le fait que 20% des électeurs (ils sont deux fois plus nombreux qu\u2019en 2004) défendent des opinions qui sont aux extrêmes de l\u2019échiquier politique, selon une étude du Pew Center.Il peut ensuite faire le pari que Mme Clinton, qui n\u2019inspire pas la plus grande des sympathies au sein de l\u2019électorat démocrate, va perdre des votes à son «extrême gauche» parmi les jeunes Américains que les idées de Bernie Sanders avaient rameutés.Ce faisant, dans le contexte de plus en plus polarisé qu\u2019est celui des États-Unis, M.Trump fait un calcul qui n\u2019est malheureusement pas insensé.L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 S E P T E M B R E 2 0 1 6 B 4 EDITORIAL L E T T R E S Quelle troisième voie ?Ainsi donc, monsieur François Legault a fait son nid.Il est pour un Québec fier et fort et propose une troisième voie\u2026 qui n\u2019existe pas.Il oublie que la Constitution de Trudeau père était blindée : elle durera mille ans.Avec celle-ci, passée en 1982 et sans sa signature, le Québec est une province comme les autres.N\u2019en déplaise à monsieur Le- gault, depuis maintenant 34 ans, nous sommes en dehors de la Constitution canadienne.Constitution tellement inacceptable qu\u2019aucun premier ministre, fût-il libéral, ne l\u2019a signée.(Oh, bien sûr, monsieur Couillard la signerait en courant s\u2019il ne craignait pas un tollé.Il aime ça, monsieur Couillard, le rôle de portier dans le Canada.) Pour remettre le Québec dans la joute canadienne et rouvrir le document scellé en 1982, il faudrait l\u2019accord de toutes les autres provinces, qui n\u2019accepteront jamais que le Québec recommence à faire de la surenchère pour rentrer au bercail canadian.On a d\u2019ailleurs essayé cela deux fois, avec Meech et Charlottetown, encaissant chaque fois un cuisant échec.Le Dominion of Canada aime bien le statut de 1982.Que le Québec n\u2019ait rien signé ne l\u2019empêche nullement de dormir.Au contraire, il ronronne comme un chat.Soit le Québec finit par signer, soit il s\u2019en va.Mais le Canada ne croit pas à ce dernier scénario où le Québec partirait.Pour lui, le temps de la contestation québécoise est terminé.Même s\u2019il y a toujours 40 % de Québécois indépendantistes, le Canada L I B R E O P I N I O N R I C H A R D P E R R O N Président du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec À l\u2019occasion de la fête du Travail, il est bon de se rappeler qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un jour férié et chômé marquant traditionnellement la rentrée scolaire et artistique après les vacances d\u2019été.Elle n\u2019a pratiquement plus de signification politique particulière.De son côté, la fête des Travailleuses et des Travailleurs a lieu le 1er mai, un jour qui n\u2019est pas férié, mais qui est très largement célébré par les syndicats ainsi que les partis, groupes et organisations progressistes.Elle est vue comme la célébration de ceux qui, par leur prestation, procurent les biens et ser vices dont nous avons besoin.Il est paradoxal de constater que le reste de la planète célèbre plus les travailleuses et les travailleurs, tandis que nous, en Amérique du Nord, fêtons le travail sans même y penser ! Si la fête des Travailleuses et des Travailleurs est plus significative que la fête du Travail, cela dénote un malaise qui met en lumière que ce dernier s\u2019accorde mal aux premiers.L\u2019absentéisme, la précarité, la surcharge de travail et des conditions salariales qui évoluent peu et mal sont au nombre des explications qui illustrent ce malaise.Quand Revenu Québec embauche un conseiller en prévention de l\u2019absentéisme pour s\u2019assurer qu\u2019un maximum d\u2019employés soit au travail pour s\u2019occuper de vos impôts, il y a un hic.Et quand Revenu Québec justifie le geste en affirmant que cela fait partie des principes de saine gestion pour mettre en place des mesures visant à promouvoir un environnement de travail stimulant et favoriser de saines habitudes de vie afin de diminuer le taux d\u2019absentéisme, il y a là un double hic ! Par ailleurs, jamais l\u2019organisation du travail n\u2019a suscité autant de préoccupations.Les réformes se succèdent à un rythme effréné, combinées aux compressions budgétaires et aux travaux d\u2019optimisation incessants.Causant d\u2019importantes pertes de productivité, ces actions improvisées entraînent des tensions importantes et beaucoup d\u2019instabilité dans plusieurs milieux de travail.Malgré ces constats, la lumière ne semble pas briller au bout du tunnel.Par exemple, le gouvernement semble tout juste prêt à une certaine ouverture pour un débat sur la question du salaire minimum à 15 $ l\u2019heure.Alors que l\u2019Ontario et l\u2019État de New York \u2014 nos deux principaux partenaires commerciaux \u2014 ont récemment agi en ce sens, le Québec semble faire la sourde oreille, lui qui est pourtant reconnu comme plus progressiste.Quoi qu\u2019en disent ou pensent les soi-disant « lucides » autoproclamés de ce monde, l\u2019atteinte des cibles de per for- mance qui visent à engraisser les actionnaires au détriment des salariés est un véritable cancer qui gangrène le marché du travail.Cela nuit à l\u2019économie en restreignant le pouvoir d\u2019achat des moins nantis.Si nos élus souhaitent réellement des travailleuses et des travailleurs productifs, motivés et heureux, qu\u2019ils offrent des conditions de travail et de formation décentes ! Ainsi, les problèmes de motivation, de rétention et d\u2019absentéisme que constatent les chercheurs, étude après étude, pourront être attaqués de front.C\u2019est tout le Québec qui en profitera, sauf évidemment le 1 % qui accapare une part disproportionnée de nos richesses.D\u2019ici à ce jour tant attendu, c\u2019est aux autres 99 % que je souhaite tout de même une\u2026 bonne fête du Travail ! Fête du Travail : pas vraiment de quoi fêter FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET croit que les Québécois ont pris leur trou! Pour un Québec qui veut rester debout comme le proclame la CAQ dans sa publicité, il ne reste plus qu\u2019une seule issue, hors la soumission, celle de devenir un pays.C\u2019est là que sont la vraie fierté et le courage.Nous avons tout en mains pour cela.Il suf fit de le vouloir et d\u2019arrêter d\u2019avoir peur.Le « fédéralisme nationaliste » de monsieur Legault, c\u2019est un autre tour de passe-passe pour « avancer en arrière ».Et vouloir aller quelque part en empruntant un cul-de-sac ! André Gaulin Berthier-sur-Mer, le 31 août 2016 principalement destiné à l\u2019expor tation vers les États-Unis et l\u2019Europe.Il porte préjudice à la lutte contre les changements climatiques en augmentant davantage les gaz à effets de serre.Il retarde la transition vers les énergies propres et renouvelables, en limitant les investissements pour les initiatives de recherche et de nouveau développement.Il ne crée que quelques emplois permanents sur le long terme: seulement 33 au Québec, selon la firme albertaine TransCanada.Le projet n\u2019obtient pas « l\u2019acceptabilité sociale » nécessaire à cause des très possibles fuites polluant inexorablement l\u2019environnement, surtout l\u2019approvisionnement en eau potable.Au Québec, l\u2019appui de la population ne s\u2019élève qu\u2019à 48 % (Institut Angus Reid, mars 2016).L\u2019Union des producteurs agricoles, l\u2019Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, les syndicats CSN et FTQ et les élus de 300 municipalités s\u2019opposent à ce que « le territoire québécois devienne une voie de passage pour le pétrole albertain».Dans ces conditions, on imagine mal que le gouvernement du Québec puisse prendre de tels risques en permettant à Ottawa d\u2019aller de l\u2019avant avec l\u2019imposant projet de pipeline Énergie Est, au nom de la croissance économique d\u2019une seule province de l\u2019Ouest canadien.Dites NON ! La Colombie-Britannique et les États-Unis ont déjà pris position.Gilles Châtillon Montréal, le 29 août 2016 DONALD TRUMP Démagogue en chef LES VALEURS DES IMMIGRANTS La politique de la méfiance L U GUY TAILLEFER MANON CORNELLIER Voulez-vous un bon tuyau ?Dites NON! Ce qui pose problème, c\u2019est la construction d\u2019un tout nouvel oléoduc d\u2019un mètre de diamètre transportant, au Québec, quotidiennement et sous pression, 175 millions de litres de pétrole brut sur des centaines de kilomètres de terres, qui appartiennent à 2000 agriculteurs et traversent plus de 828 cours d\u2019eau, dont le fleuve Saint-Laurent et les rivières Outaouais, des Mille Îles, des Prairies et Saint-Maurice.Le projet de pipeline d\u2019Énergie Est, actuellement en simulacre de consultation à Montréal devant l\u2019Of fice national de l\u2019énergie (ONE), est inacceptable pour les cinq raisons suivantes.Il n\u2019augmente pas la sécurité énergétique du Québec parce que ce pétrole brut est L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 S E P T E M B R E 2 0 1 6 B 5 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.L O U I S E M A I L L O U X Auteure et militante laïque Ex-candidate du Parti québécois ous souvenez-vous du sketch dans le film de Woody Allen Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander, dans lequel Allen lui-même, fourré dans un burkini tout blanc, incarnait un spermatozoïde ?C \u2019éta it en 1972, l \u2019époque d\u2019après Mai 68, celle de la révolution sexuelle où l\u2019on se libérait des tabous et du carcan moral de la religion catholique par rapport au sexe.L\u2019époque où l\u2019on enseignait Wilhelm Reich, Freud avec son Malaise dans la culture et Marcuse avec son fabuleux Éros et civilisation.C\u2019était aussi l\u2019époque de la révolution féministe avec La femme eunuque de Germaine Greer, La politique du mâle de Kate Millett et le percutant Ainsi soit-elle de Benoîte Groulx.Au Québec, les années 1970 furent celles du premier écrit féministe avec l\u2019audacieux L\u2019Eu- guélionne de Louky Bersianik, livre-culte qui connut un succès immédiat auprès des femmes.Ce fut aussi, en 1978, la présentation au TNM de la très irrévérencieuse pièce Les fées ont soif de Denise Boucher, qui avait provoqué la colère des catholiques, ceux-ci ayant même demandé une injonction pour la faire interdire.Des manifestations eurent lieu et des appuis de partout se firent entendre pour dénoncer la censure des catholiques.Dans les années 1970, ça discutait for t et on avait l\u2019impression que le Québec prenait enfin le virage féministe et que tous les espoirs étaient permis.Les femmes prenaient conscience de leur aliénation, conscience de l\u2019existence du patriarcat à qui la morale catholique ser vait d\u2019idéologie.Elles luttèrent alors pour l\u2019obtention de droits reproductifs parce qu\u2019el les ne voula ient plus la isser l\u2019époux, le curé ou le médecin définir leur vie et contrôler leur propre corps.Dites, vous souvenez-vous de cela ?Mais à quoi auront servi tous ces efforts si c\u2019est aujourd\u2019hui pour se prosterner devant le burkini de ces femmes déguisées en spermatozoïde et qui, dans les années 1970, auraient passé pour des saintes nitouches ?Sommes- nous tombés sur la tête ?Est-ce cela, l\u2019émancipation des femmes ?Que sert d\u2019avoir la liberté d\u2019aller à la plage seulement si nous cachons tout notre corps ?Sommes-nous assez naïves pour penser que celles qui « choisissent » le burkini auraient pu tout aussi bien choisir le bikini ?Et comment se fait-il qu\u2019aucun homme ne fasse jamais ce choix ?Ils sont libres, eux aussi, non ?Même morale étriquée Le burkini participe de la même idéologie, de la même morale étriquée que celle du hid- jab.Une morale patriarcale et sexiste qui définit les femmes comme des objets sexuels appartenant aux hommes.Faut-il rappeler que le Coran interdit aux femmes musulmanes d\u2019épouser un non-musulman, sauf si l\u2019époux se convertit à l\u2019islam ?Le burkini tout comme le hidjab ont la même fonction sociale : soustraire les femmes musulmanes aux regards des hommes qu\u2019elles pourraient épouser, minimisant ainsi les occasions de séduction.C\u2019est la raison pour laquelle les femmes voilées ne se dévoilent qu\u2019en présence des hommes de leur famille et cachent leurs cheveux, leur cou, leurs oreilles, leurs bras et leurs jambes aussitôt qu\u2019elles se retrouvent dans l\u2019espace public.Le burkini n\u2019est que la version aquatique du hidjab, symbolisant l\u2019un comme l\u2019autre l\u2019absence de liberté sexuelle des femmes musulmanes de même que l\u2019instru- mentalisation de leur corps au profit de la communauté.Cela rappelle l\u2019époux, le curé et le médecin, vous ne trouvez pas?Le burkini comme indice de pénétration de l\u2019islamisme L\u2019immense controverse qui fait rage en France à propos du burkini est révélatrice du succès des islamistes à imposer leur idéologie patriarcale et à contrôler le corps des femmes musulmanes jusque sur les plages.La stratégie des islamistes est fort simple.Dans un premier temps, faire accepter le burkini sur les plages en nous le présentant comme un maillot de bain qui va permettre aux femmes burkinisées de profiter de la plage comme tout le monde.Bref, nous culpabiliser de vouloir interdire cet accoutrement sexiste et faire pleurer dans les chaumières.Si nous ne résistons pas fermement à ce chantage émotif, cela aura pour effet d\u2019augmenter la pression sur les femmes musulmanes qui refusent de porter le burkini, les incitant à rester chez elles plutôt que de s\u2019exposer au harcèlement des burkinisées.Une fois les femmes musulmanes mises au pas, les islamistes s\u2019attaqueront aux femmes non musulmanes, avec cette fois-ci la rhétorique de la femme qui, en choisissant le burkini, refuse d\u2019être un objet sexuel .Et au nom de l\u2019émancipation des femmes, les plages deviendront bondées de saintes nitouches.Ainsi soient-elles\u2026 La morale islamiste a pénétré depuis plusieurs années nos écoles publiques, là où sont socialisés la plupart des jeunes Québécois.Elle s\u2019af fiche dans le hidjab des fillettes et des jeunes filles, dans celui des enseignantes et dans celui des éducatrices en garderie.À la suite des recommandations faites par le Conseil du statut de la femme en 1978, le gouvernement modifia sa politique en matière d\u2019édition de manuels scolaires afin d\u2019en retirer toute référence à des stéréotypes sexistes dans le but exprès de promouvoir l\u2019égalité des sexes.Alors qu\u2019aujourd\u2019hui nous exposons les jeunes au sexisme outrageant du hidjab des enseignantes et des éducatrices voilées au nom de l\u2019ouverture à la différence.Le sexisme n\u2019est devenu qu\u2019une simple dif férence.Voilà où nous en sommes après quarante ans de luttes féministes.Interdire le burkini au Québec?Oui, il faudrait interdire le burkini au Québec, mais avant de penser à légiférer sur les plages, il faudrait avoir le courage de légiférer sur le port de signes religieux à l\u2019école et dans les garderies.Car si tout le monde ne va pas à la plage, tous en revanche doivent fréquenter l\u2019école, qui est une institution publique.J\u2019ai souvenir d\u2019un gouvernement qui, il y a à peine trois ans, a voulu, au nom de la laïcité, légiférer sur le port de signes religieux dans les institutions publiques.Les appuis furent nombreux dans la population et les attaques des multicultu- ralistes, des islamistes et des groupes religieux furent virulentes.Nous savons comment tout cela s\u2019est terminé.Les péquistes se sont retrouvés dans le confess ionnal des curés du mult icultura- lisme, à se repentir d\u2019avoir été trop loin.Tellement qu\u2019aujourd\u2019hui, bon nombre de politiciens, péquistes comme caquistes, se cramponnent au rapport Bouchard-Taylor, devenu soudainement La Mecque de la la ïcité , le meilleur rempar t contre les accusations de racisme et d\u2019islamophobie.Mais savez-vous que ce rapport autorise le port de signes religieux chez les enseignantes et les éducatrices en garderie ?À trop vouloir ne pas faire de vagues, on risque bien de se noyer.L\u2019été tire à sa fin et bientôt les plages seront désertes.Il serait peut-être temps d\u2019envisager le retour en classe\u2026 Le burkini, version aquatique du hidjab ARIEL SCHALIT ASSOCIATED PRESS Il faudrait interdire le burkini au Québec, mais aussi avoir le courage de légiférer sur le port de signes religieux à l\u2019école et dans les garderies.H É L È N E V A D E B O N C O E U R Présidente de Rassemblement ÉlectroSensibilité Québec et chercheuse dans le domaine de la santé e rapport de l\u2019INSPQ publié au printemps dernier et mentionné à la fin de l\u2019excellent article du Devoir du 23 août (Tours de télécommunications: Ottawa sous pression pour revoir les règles) sur le problème des tours/antennes-relais me préoccupe.Il y a dix ans, en 2006, un rapport de l\u2019Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) sur l\u2019exposition aux champs électromagnétiques (CEM) précisait que «l\u2019approche proposée devra s\u2019appuyer entre autres sur [\u2026] la réduction et l\u2019élimination des risques tant dans un contexte de relative incertitude que d\u2019incertitude scientifique».Dix ans après, un nouveau rapport de l\u2019INSPQ relègue aux oubliettes le principe de précaution.La logique du choix des textes du rapport 2016 n\u2019est vraiment pas évidente.M\u2019intéressant aux effets des CEM depuis deux ans, et notamment à ceux des tours/antennes-relais, je sais que le nombre d\u2019études scientifiques a crû.Il est donc étrange qu\u2019au lieu d\u2019avoir élargi la base d\u2019études consultées, le rapport de 2016 retienne principalement plusieurs articles des mêmes auteurs, auteurs niant en général l\u2019existence d\u2019effets biologiques nocifs des radiofré- quences et qui collaborent souvent aux mêmes publications.Le rapport ne précise pas non plus les critères ayant présidé au choix d\u2019études, à part l\u2019année de publication.Pourquoi des études ayant souligné des effets sur la santé ont-elles été passées sous silence ?Autres types d\u2019effets L\u2019argumentation des auteurs est bâtie selon les organismes niant totalement les effets biologiques nocifs des radiofréquences (à l\u2019exception peut-être de l\u2019OMS, de façon limitée cependant), incluant Santé Canada.Les études retenues ne reflètent pas l\u2019état global de la science sur le sujet.Quand l\u2019ICNIRP, un organisme international qui fixe les niveaux d\u2019exposition maximale aux champs de radiofréquences, le fait seulement sur la base de leurs effets thermiques (échauf fement des tissus) ; il s\u2019agit d\u2019une aberration.Celle-ci est notamment dénoncée par des médecins canadiens et des scientifiques, et même, en 2015, par le Comité permanent de la santé de la Chambre des communes, dont le rapport est tu par l\u2019INSPQ.De plus, le rapport de l\u2019INSPQ tait le fait que dans une vingtaine de pays (surtout européens), différents niveaux de gouvernements ont adopté des mesures s\u2019appuyant sur le principe de précaution.La France, par exemple, a récemment interdit l\u2019usage de l\u2019Internet Wi-Fi dans les garderies et limité son usage au 1er cycle du primaire.Le rapport de l\u2019INSPQ ne traite que de deux pays ayant adopté une approche plus prudente que la nôtre, pour s\u2019en moquer.Il faut croire que négliger le principe de précaution est mieux qu\u2019en tenir compte ! Dans le rapport, on minimise les résultats d\u2019études rapportant des effets biologiques de l\u2019exposition aux radiofréquences et on en ignore d\u2019autres.Par exemple, les auteurs font état d\u2019une étude brésilienne ayant comparé la localisation des décès par cancer et celle des tours/antennes-relais dans une ville brésilienne.Le taux de mortalité par cancer y est beaucoup plus élevé pour la population résidant ou travaillant à moins de 500 mètres des tours/antennes.Le rapport souligne les faiblesses méthodologiques de cette étude, sans préciser lesquelles.Et de taire les résultats d\u2019autres études ayant révélé des liens avec le cancer\u2026 Je ne comprends pas, par exemple, pourquoi les auteurs du rappor t n\u2019ont pas retenu les études publiées après 2013 par un scientifique suédois, Lennart Hardell \u2014 oncologue de réputation internationale \u2014 et dont les études publiées entre 1999 et 2011 figurent dans le rapport.Serait-ce parce que les analyses plus récentes de Hardell et collègues confirment le lien entre cellulaire ou téléphone sans fil et cancer du cerveau (gliome) ?Ou bien parce qu\u2019ils ont demandé en 2015 à l\u2019OMS de réviser la classification des radiofréquences en les classant plutôt comme « cancérogènes pour l\u2019être humain»?Retour à l\u2019approche de précaution Nier globalement l\u2019existence d\u2019effets biologiques en se fondant sur un échantillon limité d\u2019études m\u2019amène à douter de la validité des résultats du rapport de l\u2019INSPQ.Il m\u2019apparaît essentiel de revenir au principe de précaution quant à l\u2019utilisation d\u2019équipement de technologies sans fil.De l\u2019aveu même des auteurs du rapport 2016, il existe «une certaine incertitude scientifique pour ce qui est des expositions à long terme résultant de l\u2019utilisation du téléphone cellulaire».Un retour par l\u2019INSPQ à l\u2019approche de précaution qu\u2019elle prônait en 2006 m\u2019apparaît essentiel, d\u2019autant plus que la population est bien plus exposée aux radiofréquences qu\u2019il y a 10 ans.Il en va de la santé des Québécois.Radiofréquences : le principe de précaution relégué aux oubliettes V L L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 S E P T E M B R E 2 0 1 6 B 6 Chaque samedi pendant la saison estivale, et pour une huitième année, les lecteurs peuvent mettre leurs connaissances à l\u2019épreuve, et surtout leur patience, en se livrant aux jeux préparés par notre collaborateur Michel Roy, professeur à la retraite.En règle générale, les amateurs de mots croisés retrouveront aussi leur passe-temps favori dans cette page.S O L U T I O N S V O Y E L L E S A B S E N T E S : 1 .z o u a v e 2 .v u l g a i r e 3 .s o i x a n t e 4 .q u o l i b e t 5 .p é t u n i a s 6 .o i s e u x 7 .m a r s o u i n 8 .o r g a n i s t e N O M S C O M P O S É S : 1 G , 2 D , 3 C , 4 K , 5 A , 6 J , 7 B , 8 F , 9 H , 1 0 L , 1 1 E , 1 2 I C O N S O N N E D O U B L E : 1 .R R : s a r r a u , c o u r r i e l , b a r r e 2 .F F : b l u f f , c h i f f o n , p i a f f e r 3 .N N : r e n n e , ?n n o i s , p a n n e 4 .L L : ?l l e , b a l l e t , t i l l e u l 5 .S S : i s s u e , e s s o r , t i s s u T R I P L E A M P U T A T I O N : 1 .L : A L L E L U I A 2 .N : E N N U Y A N T 3 .U : C U M U L U S 4 .A : A C A C I A 5 .S : S U R S I S 6 .E : G E L É E 7 .I : I N F I N I 8 .M : M I N I M U M A C T I O N D E .: 1 .P r é v i s i o n 2 .R u p t u r e 3 .T o r s i o n 4 .A c c e s s i o n 5 .B a n n i s s e m e n t 6 .C a p t u r e 7 .C o m p o s t a g e 8 .D é g u s t a t i o n 9 .D é p a y s e m e n t 1 0 .D é r o b a d e Mots-croisés du samedi Horizontalement Verticalement I II III IV V VI VII VIII IX X Solution du n° 312 Horizontalement I.Contribuable.II.Ahuri.Oiseux.III.Véloces.Sont.IV.Lui.Sautée.V.Aliénée.Ri.VI.Raté.Nævi.VII.Die.Bidonnée.VIII.As.Laïc.Xu.IX.Trièdre.Er.X.Embarrassées.Verticalement 1.Caviardage.2.Ohé.Lais.3.Nullité.Tb.4.Trouée.Kra.5.Ricin.Ir.6.Epiler.7.Bosse.Dada.8.Ui.Noirs.9.Assurances.10.Béotien.11.Lune.Vexée.12.Extérieurs.Philippe Dupuis 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 MOTS CROISÉS PROBLÈME N° 313 1.A entraîné beaucoup de monde au PC.2.Un Patron pour Le Monde.Pour se mettre à couvert.3.Attaque le moral.Opère un peu partout.4.Sa chasse n\u2019est jamais fermée.Fait du neuf.5.Touché en plein cœur.Mis à nu.6.Consommateur d\u2019essence.Lettres de crédit.7.Note.Accord parfait.8.Partie du monde.Pour bâtir et sculpter.9.Bons bâtisseurs.Personnel.10.Queue de persil.Tour complet.Donné pour approbation.11.Vient parfois du cœur.En attendant une bonne place.12.Dures sous la dent.I.Aide à préparer le monde de demain.II.Dangereusement remise en état de nuire.Fait appel.III.Vous abusera à coup sûr.Fait tomber rois et reines.Vau de l\u2019or.IV.Parfument les jachères.Sauvage dompté par les Américains.V.Négation.Parfois difficile à partager.VI.Rencontre sur la couverture.Un peu de stress.VII.Art ou saleté en ville.Article.Conduit au bûcher.VIII.Belle noire d\u2019Afrique.Accord.Grand panier.IX.Sortie à chaque tour.Très mauvaise reproduction.X.Ne vous lâchent pas quand elles sont en tête.Philippe Dupuis est également l\u2019auteur des mots-croisés du Monde MOTS CROISÉS DU SAMEDI MOTS CROISÉS ACTION DE\u2026 Comment désigne-t-on l\u2019action de: EXEMPLE : CHANGER = CHANGEMENT Prévoir Rompre Tordre Accéder Bannir Capturer Composter Déguster Dépayser Dérober 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 CONSONNE DOUBLE Ici, il faut trouver la consonne double (SS, LL, NN, RR, ou autre) qui a été retirée dans les trois groupes de lettres suivants : EXEMPLE : BEE, VIE ET TUE.LA RÉPONSE EST LL, CE QUI DONNE LES TROIS MOTS BELLE, VILLE ET TULLE SAAU = COUIEL + = BAE = BLU = CHION + = PIAER = REE = FIOIS + = PAE = FIE = BAET + = TIEUL = IUE = EOR + = TIU = 1 2 3 4 5 NOMS COMPOSÉS Associez un élément (1 à 12, colonne de gauche) à un autre élément (A à L, colonne de droite), de façon à former douze noms composés.1 fesse- A bêche 2 haute- B bouchon 3 sans- C cœur 4 tam- D contre 5 tête- E face 6 timbre F l\u2019œil 7 tire- G mathieu 8 trompe- H menu 9 trotte- I polo 10 tout- J poste 11 volte- K tam 12 water- L venant TRIPLE AMPUTATION Voici ce qui reste de huit mots dont chacun a été amputé de trois lettres identiques.Ces lettres sont, par ordre alphabétique : A, E, I, L, M, N, S et U Il s\u2019agit de replacer chacune de ces lettres (triples) dans les mots suivants pour en découvrir le sens.Exemple : CSMLGIE.La lettre manquante est ici le «O», qui permet de découvrir le mot COSMOLOGIE.Si la première lettre du mot amputé est soulignée, cela indique que le mot commence par cette lettre.1 AEUIA 2 EUYAT 3 CMLS 4 CCI 5 URI 6 GL 7 NFN 8 INIU VOYELLES ABSENTES On vous donne 8 mots (colonne de gauche, à la verticale) qui ont tous été amputés de 4 voyelles différentes.Ces 4 voyelles sont inscrites, en ordre alphabétique, pour chacun des mots, dans la 2e colonne.En?n, les lettres soulignées (colonne de gauche) sont là pour indiquer qu\u2019elles sont des lettres initiales.À la lumière de ces renseignements, vous devriez découvrir le pot aux roses.MOTS AMPUTÉS VOYELLES (EN ORDRE ALPHABÉTIQUE) 1 ZV (A, E, O, U) 2 VLGR (A, E, I, U) 3 SXNT (A, E, O, I) 4 QLBT (E, I, O, U) 5 PTNS (A, E, I, U) 6 SX (E, I, O, U) 7 MRSN (A, I, O, U) 8 RGNST (A, E, I, O) SUDOKU JEUX DE MOTS "]
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