Le devoir, 5 novembre 2016, Cahier H
[" RECHERCHE FINANCEMENT C A H I E R T H É M A T I Q U E H \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 N O V E M B R E 2 0 1 6 Il faut stabiliser la pratique du conseil scienti?que Page H 4 Financement Les douze travaux du gouvernement fédéral Page H 3 PARK JI-HWAN AGENCE FRANCE-PRESSE Parmi les cinq cents projets colligés par «Seeds of a Good Anthropocene» figure la restauration de la rivière Cheonggyecheon, à Séoul, en Corée du Sud, qui a remplacé une autoroute par des espaces verts.Ce projet avait pour but de donner à la population un accès à la nature, mais aussi de revitaliser la culture et l\u2019économie du centre-ville de la capitale en abolissant les voies pour automobiles par des espaces pour les piétons et la nature.C L A U D E L A F L E U R Collaboration spéciale L e gouvernement Couillard mène présentement une consultation qui se conclura par le dépôt ce printemps d\u2019une Stratégie québécoise de la recherche et de l\u2019innovation (SQRI).«Notre objectif, c\u2019est d\u2019identifier les principaux piliers qui permettront au Québec de demeurer chef de file dans dif férents secteurs, précise Dominique Anglade, ministre de l\u2019Économie, de la Science et de l\u2019Innovation.Et comme on ne pourra pas saupoudrer, il nous faut trouver les leviers qui vont faire une dif férence en matière de recherche et d\u2019innovation.» Mme Anglade rappelle que ce sont les stratégies du passé en recherche et innovation qui ont fait du Québec un leader en aéronautique, en biotechnologie et pharmaceutique, en multimédia et jeux vidéo, etc.« Prenons l\u2019exemple du multimédia, dit-elle.Clairement, c\u2019est la volonté du gouvernement d\u2019of frir des crédits d\u2019impôt aux entreprises qui ont favorisé l\u2019implantation de cette industrie ici.Tous les succès que nous connaissons à présent résultent des investissements que nous avons faits par le passé.C\u2019est dire qu\u2019une stratégie en recherche et innovation sert à se doter d\u2019une vision et à établir une cohérence entre les divers acteurs.» Appel à tous De plus, le gouvernement nous consulte dans le cadre d\u2019un processus baptisé «En route vers la SQRI \u2013 Oser innover ».La ministre Anglade explique que cette consultation a un double but : nous sensibiliser à la recherche qui se fait au Québec et solliciter nos bonnes idées.«La recherche que l\u2019on fait ici n\u2019est pas nécessairement connue de tous, dit-elle, et notre consultation vise à la démystifier.Nous considérons également que les citoyens ont un mot à dire sur ce qu\u2019on devrait faire comme recherche.Il importe donc pour nous que nos politiques et notre stratégie ne soient pas désincarnées de la réalité de terrain.» « On pense aussi aux jeunes et aux étudiants, ceux et celles qui pourraient un jour faire de la recherche et innover, poursuit la ministre.Qu\u2019ont-ils donc à nous dire ?C\u2019est pour cela que nous avons mis en place des plateformes qui permettent à tous de contribuer à notre réflexion afin d\u2019établir une stratégie de recherche et d\u2019innovation.» La recherche orientée vers l\u2019innovation?Dominique Anglade explique que la SQRI vise d\u2019abord à cerner les grands enjeux, puis à déterminer ce qu\u2019il nous faut faire pour alimenter les recherches de haut calibre.«On fait déjà de l\u2019excellente recherche, dit-elle, et on veut aller encore plus loin.Quels sont donc les éléments clés que l\u2019on devrait mettre en place pour faire en sorte que nos chercheurs brillent encore plus à l\u2019échelle internationale ?» de- mande-t-elle.Déjà, souligne Mme Anglade, nos scientifiques sont réputés à l\u2019international comme SOUTIEN À LA RECHERCHE Québec mise sur l\u2019innovation JACQUES NADEAU LE DEVOIR Dominique Anglade, ministre de l\u2019Économie, de la Science et de l\u2019Innovation VOIR PAGE H 2 : IDÉES Un groupe de chercheurs, issus de plusieurs pays, sont partis à la chasse aux initiatives environnementales un peu partout sur la planète ; ils ont découvert des endroits intéressants et pris connaissance de projets stimulants, qui laissent voir que le sort de la planète leur apparaît maintenant moins sombre et que son avenir semble plus durable.R É G I N A L D H A R V E Y Collaborateur spécial E n provenance du Canada, de la Suède, de l\u2019Afrique du Sud et du Royaume-Uni, plusieurs professeurs d\u2019université collaborent au projet « Seeds of a Good Anthropocene », dont la première phase s\u2019étend de 2014 à 2016.Il consiste à relever, dans différents endroits du monde («bright spots»), des gestes concrets posés par des individus ou par des communautés locales qui contribuent à la protection de l\u2019environnement et qui procurent une meilleure qualité de vie.Ils ont réuni sur un site Web (https://good anthropocenes.net) 500 projets, parmi lesquels ils en ont retenu une centaine, qu\u2019ils ont analysés : ils ont dégagé leurs traits marquants et communs susceptibles de procurer un avenir plus durable et reluisant à la planète et à ses habitants.De cette façon, ils en sont arrivés à les classifier sous le chapeau de six grands thèmes qui les caractérisent : agroécologie, urbanisme vert, savoir de demain, transformation urbaine, avenir équitable et avenir durable.Professeure au Département des sciences des ressources naturelles et à l\u2019École d\u2019environnement de l\u2019Université McGill, Elena Bennett fait partie de cette équipe de chercheurs et dégage l\u2019essence même de ce projet : « Le projet a pris naissance autour de deux idées.La première vient de la reconnaissance qu\u2019on est constamment bombardé de négatif ; il y a même des histoires d\u2019horreur à propos de l\u2019avenir de la planète, d\u2019où notre besoin de développer une vision plus positive, qui relève davantage de l\u2019innovation et de la nouveauté, tout en demeurant réaliste.» Elle cerne l\u2019autre aspect : « Deuxièmement, parce que toute l\u2019attention en science porte sur des problématiques comme les changements climatiques, les espèces invasives et les pertes d\u2019habitats, nous voulions montrer qu\u2019il existe des endroits où les choses se déroulent de façon positive et trouver des projets très innovateurs qui le démontrent, tout en se demandant pourquoi il en est ainsi et comment on devrait s\u2019y prendre ailleurs pour en arriver aux mêmes résultats.» Et de conclure à ce sujet : « Notre but, c\u2019est vraiment de découvrir ces projets inspirants, à divers endroits [\u201cbright spots\u201d], qui provoquent des changements positifs ; c\u2019est de s\u2019interroger sur la manière dont on s\u2019y prend pour en arriver là, pour mettre en commun ces projets novateurs, pour développer une nouvelle façon de faire et pour mettre en avant des scénarios inventifs qui pourraient servir de modèles sur la scène internationale.» Les centres d\u2019intérêt Elle se montre étonnée de constater à quel point les gens sont captivés par cette recherche : « J\u2019ai été extrêmement surprise par l\u2019engouement suscité par le projet.La plupart du temps, quand je parle de celui-ci, je me retrouve entourée par plusieurs personnes qui veulent appor ter leur soutien dans cette démarche et qui veulent s\u2019impliquer d\u2019une manière ou d\u2019une autre.» Un volet de la démarche retient particulièrement l\u2019attention : « Je présume que tous sont attirés par son aspect positif et par l\u2019espoir qu\u2019il est possible de réaliser quelque chose qui rendra le monde meilleur pour nous, pour nos enfants et pour nos petits-enfants.» DÉVELOPPEMENT DURABLE Cent projets inspirants pour la planète ALEX TRAN UNIVERSITÉ MCGILL Elena Bennett, professeure au Département des sciences des ressources naturelles et à l\u2019École d\u2019environnement de l\u2019Université McGill VOIR PAGE H 3 : PLANÈTE RECHERCHE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 N O V E M B R E 2 0 1 6 H 2 Ce cahier thématique a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.Pour toute demande d\u2019information quant au contenu de ce cahier, vous pouvez contacter par courriel Loïc Hamon, directeur des publications spéciales, à lhamon@ledevoir.com.Pour vos projets de cahiers ou toute autre information au sujet de la publicité, vous pouvez contacter Lise Millette, vice-présidente des ventes publicitaires, à l\u2019adresse courriel lmillette@ledevoir.com.étant d\u2019excellents collaborateurs, et le Québec est privilégié de disposer de plus de 17 000 chercheurs et d\u2019un formidable réseau d\u2019institutions scientifiques.« Il y a bien des personnes qui envient la manière selon laquelle nous sommes structurés», laisse-t-elle filer.Sur le site Web de la consultation « Oser innover », on rapporte également que : «Les chercheurs québécois produisent environ 1% des publications scientifiques mondiales, alors que la population du Québec ne représente que 0,1% de la population mondiale.» On y déplore cependant que les dépenses québécoises en R-D industrielle soient en décroissance.« Il est primordial de trouver des solutions pour accentuer le transfert des résultats de la R-D vers la société, le marché et les utilisateurs, et pour en accroître les retombées», dit-on.« Ce qui survient aussi souvent, ajoute-t-on, c\u2019est qu\u2019on a beaucoup de recherche, mais on ne convertit pas suf fisamment cette recherche en innovations tangibles.C\u2019est dire qu\u2019en matière de conversion, on a besoin d\u2019améliorer nos performances.» Est-ce à dire que la SQRI visera en bonne partie à renforcer le lien entre recherche et innovation, au détriment peut-être de la recherche fondamentale ?Non, répond la ministre de l\u2019Économie, de la Science et de l\u2019Innovation.« L\u2019innovation ne peut se faire sans recherche, pose-t-elle, autant la recherche fondamentale que la recherche appliquée.On parle donc aussi bien de l\u2019une comme de l\u2019autre, les deux sont absolument essentielles, et c\u2019est très important de le dire », insiste-t-elle.Dominique Anglade ajoute même que c\u2019est souvent la recherche fondamentale qui mène à des innovations « totalement inattendues».Mais la recherche appliquée est également essentielle, « ne serait-ce que pour trouver des méthodes pour augmenter la productivité et pour faire des gains, autant d\u2019un point de vue économique que social ».Faire du Québec un incontournable Un autre volet très important que devra couvrir la SQRI, poursuit Dominique Anglade, est la recherche de talents.En ef fet , les professeurs-chercheurs qu\u2019elle rencontre insistent beaucoup sur le fait qu\u2019ils cherchent sans cesse à recruter les meilleurs talents.« Il faut donc mettre tout en œuvre pour attirer les meilleurs étudiants, en provenance d\u2019un peu par tout à travers le monde, dit-elle.Il faut même faire en sor te que, dans certains domaines, le Québec soit à la fine pointe, de sor te que tout étudiant ou jeune chercheur n\u2019ait d\u2019autre choix que de se dire : \u201cMoi, si je veux exceller dans mon domaine, c\u2019est au Québec que je dois venir !\u201d Notre stratégie devra donc soutenir des initiatives qui feront en sorte qu\u2019on accueillera davantage de talents.» Tout en n\u2019excluant aucun domaine de recherche, Dominique Anglade, qui est également ministre responsable de la stratégie numérique, semble néanmoins avoir certaines préférences.Elle déclare, en effet : « Lorsqu\u2019on regarde tout ce qu\u2019on fait déjà en matière de métadonnées, d\u2019intelligence artificielle, d\u2019Internet des objets\u2026 ce sont là des secteurs pour lesquels on a une bonne base solide sur laquelle s\u2019appuyer.Et je puis vous dire que ce sont des initiatives comme celles-là qui font qu\u2019on se démarque sur la scène internationale.Il va donc falloir miser sur nos forces et investir dans ces secteurs-là.» SUITE DE LA PAGE H 1 IDÉES C L A U D E L A F L E U R Collaboration spéciale Tant à Ottawa qu\u2019à Québec, les gouvernements sont à concevoir de nouvelles politiques de recherche scientifique.Ainsi, le 13 juin, Innovation, Sciences et Développement économique Canada amorçait un examen indépendant du financement fédéral des sciences fondamentales.Pour sa part, le gouvernement du Québec mène présentement une consultation grand public afin de développer une Stratégie québécoise de la recherche et de l\u2019innovation (SQRI).Selon ce que rapporte Frédéric Bouchard, président de l\u2019Association francophone pour le savoir (Acfas), la réflexion d\u2019Ottawa est déjà bien avancée.« L\u2019une des pistes de réflexion du comité est d\u2019assurer l\u2019équilibre entre tous les types de recherche», dit-il.«Ces dernières années, pour- suit-il, on a eu tendance à un peu trop privilégier certains types de recherche par rapport à d\u2019autres, et il nous faut rétablir l\u2019équilibre pour tous les secteurs.» M.Bouchard possède une excellente connaissance globale de la science, puisqu\u2019il est également vice-recteur associé à la recherche, à la découverte, à la création et à l\u2019innovation de l\u2019Université de Montréal.Être prêt à toute éventualité Il estime ainsi que, pour que notre société se développe tant sur le plan social qu\u2019économique, il importe que nous disposions de la plus grande variété possible de spécialistes dans nombre de domaines, ne serait-ce que pour faire face à n\u2019impor te quelle crise qui pourrait survenir.Il cite d\u2019ailleurs l\u2019exemple de la récente apparition du virus Zika.« Il s\u2019agit d\u2019une crise qui demande des avancées en microbiologie, en santé publique, en anthropologie, en sociologie, en entomologie, etc., dit-il.Mais si, en tant que société, on ne met pas l\u2019accent sur le développement de l\u2019ensemble de nos compétences scientifiques, on ne disposera peut-être pas, le moment venu, des experts dont on aura besoin.Il nous faut donc développer de solides capacités de recherche dans tous les secteurs afin de pouvoir répondre aux enjeux émergents.» Voilà pourquoi l\u2019Acfas demande un réinvestissement « large et urgent » : afin de s\u2019assurer de développer notre ex- per t i se dans tous les do - maines.« C\u2019est aussi le constat qui a été fait à Ottawa, où on est en train de réfléchir aux moyens de le faire », indique M.Bouchard.L\u2019Acfas a incidemment par ticipé à ces consultations en déposant un mémoire encourageant un réinvestissement rapide et équil ibré dans tous les secteurs.« Tous les secteurs de la société bénéficient de la recherche et de l\u2019innovation \u2014 autant en recherche fondamentale qu\u2019en recherche appliquée, poursuit Frédéric Bouchard.Pourquoi?Parce qu\u2019il y a nombre de grandes avancées qui s\u2019amorcent par la recherche fondamentale.Si, donc, un gouvernement se disait que cette dernière est un luxe, ce serait là une erreur, puisque c\u2019est souvent la recherche fondamentale qui permet des avancées.» Nos cerveaux plutôt que nos ressources naturelles Ces dernières décennies, le Québec a fait d\u2019importants investissements en recherche et en innovation, puisqu\u2019on a compris que le développement de notre société « dépendra de bonnes têtes », poursuit le président de l\u2019Acfas.« Et la question qu\u2019on doit maintenant se poser est : comme société, comment voulons-nous nous développer ?» Historiquement, rappelle ce professeur titulaire au Département de philosophie de l\u2019UdeM, l\u2019économie du Canada et du Québec a reposé principalement sur l\u2019exploitation de nos ressources naturelles.«Mais avec la volatilité des marchés, on se rend bien compte que c\u2019est un pari très risqué », dit-il.De fait, pour notre essor comme société, il vaut nettement mieux dépendre de nos cerveaux, «puisque ceux-ci profitent à toute la société sans dépendre d\u2019un marché sur lequel nous n\u2019avons aucun contrôle », dit-il.« Alors, donc, quel genre de société veut-on devenir ?» pose le philosophe.Investir dès le prochain budget Frédéric Bouchard rappelle aussi qu\u2019il y a quelques années, le Québec s \u2019était donné pour cible d\u2019investir 3 % de son PIB dans la recherche et l\u2019innovation.« Il y a trois ans, on avait établi un consensus quant à l\u2019urgence d\u2019un réinvestissement, mais on n\u2019a jamais atteint cet objectif.On a même un peu reculé\u2026 », déplore-t-il.Concrètement, poursuit-il, nous avons plusieurs équipes de chercheurs et d\u2019entrepreneurs qui ont le talent et le désir de faire davantage de recherche et d\u2019innovation, mais qui n\u2019en ont pas les moyens.Nous avons aussi des équipes de recherche qui ont développé des expertises de calibre mondial, mais qui n\u2019exploitent pas leur plein potentiel.« C\u2019est navrant ! » lance M.Bouchard.Voilà pourquoi le président de l\u2019Acfas réclame un réinvestissement immédiat, soit dès le prochain énoncé budgétaire du gouvernement Couillard, qui devrait survenir en mars prochain.Frédéric Bouchard se dit tout de même encouragé par certaines discussions que l\u2019Ac- fas a eues avec le ministère de l\u2019Économie, de la Science et de l\u2019Innovation et avec la ministre titulaire, Dominique An- glade.« Mais j\u2019ajouterai qu\u2019il est essentiel de procéder immédiatement à un réinvestissement substantiel dans les fonds de recherche du Québec, et ce, dès le prochain énoncé budgétaire», insiste-t-il.Il y a trois ans, rappelle-t-il encore, il y a eu consensus dans tous les secteurs de la société quant à l\u2019urgence d\u2019un important réinvestissement, « ce qui n\u2019a pas été fait, dé- plore-t-il encore, alors que l\u2019urgence, elle, n\u2019a pas disparu\u2026 bien au contraire ! » Ainsi, pour ce vice-recteur à la recherche, il n\u2019est même pas nécessaire d\u2019attendre le dépôt de la Stratégie québécoise de la recherche et de l\u2019 innovation ce printemps, « puisque pourvoir correctement aux fonds de recherche du Québec est la meilleure façon de financer l\u2019excellence et la diversité ».Il ajoute que, souvent, des engagements financiers sont énoncés lors du budget et que, par la suite, les détails de la stratégie sont communiqués.C\u2019est dire que le gouvernement Couillard donnera un signal clair sur ce qu\u2019il entend faire \u2014 ou ne pas faire \u2014 en matière de développement scientifique avant même la publication de la stratégie au printemps 2017.« I l fau t donc que ça s e concrétise dès le budget de mars 2017 », insiste le président de l\u2019Acfas.Acfas : il faut d\u2019urgence réinvestir en recherche NOTRE MOTEUR.LA RECHERCHE JOE RAEDLE GETTY IMAGES AGENCE FRANCE-PRESSE Frédéric Bouchard, président de l\u2019Association francophone pour le savoir, estime que pour que notre société se développe, il importe que nous disposions de la plus grande variété possible de spécialistes dans nombre de domaines, ne serait-ce que pour faire face à n\u2019importe quelle crise qui pourrait survenir.Il cite d\u2019ailleurs l\u2019exemple de la récente apparition du virus Zika, qui a touché de nombreux pays, dont les États-Unis, où la ville de Miami a dû mettre en place un système d\u2019éradication des moustiques de grande ampleur.Frédéric Bouchard RECHERCHE H 3 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 N O V E M B R E 2 0 1 6 economie.gouv.qc.ca/SQRI Soumettez votre vision et vos idées sur la plateforme collaborative M O D E R N I S E R N O T R E É C O N O M I E Pour sa part, elle en dévoile une approche inédite, dont elle tire cette réflexion : « À mon avis, une des choses les plus intéressantes qui est ressortie des résultats, qui n\u2019a même pas encore été publié dans les revues scientifiques et ce qui émane de ma perception des 500 projets qu\u2019on a récoltés jusqu\u2019à maintenant, c\u2019est que même lorsque les gens amorcent un projet dans l\u2019espoir de rendre le monde meilleur sur le plan environnemental, une des choses dont ils tiennent davantage compte dans ces fameux projets, c\u2019est à quel point ils les rapprochent de leurs amis, de leur famille, des voisins et de toute la communauté.» Elle en déduit par conséquent «qu\u2019il apparaît que, comme société, nous ne faisons pas que rechercher un contact avec la nature, mais aussi avec les humains qui nous entourent».Une pratique gagnante Parmi toutes les histoires à succès colligées par les chercheurs, Elena Bennett en retient une qui l\u2019a davantage marquée : « Tous les projets se sont avérés intéressants, selon moi, mais un de ceux qui m\u2019inspirent vraiment, c \u2019est le projet Health in Harmony [www.healthinharmony.org] : il s\u2019applique autant aux personnes qu\u2019à l\u2019environnement.Ils ont mis en place un système en ver tu duquel on peut fournir des soins de santé à bas prix aux résidants de West Kalimantan, en Indonésie, et en échange, ils s\u2019engagent à protéger la forêt tropicale.Ils ont pris en main le cercle vicieux de la pauvreté, de la mauvaise santé et de la destruction environnementale, pour en extirper les gens de la place et pour leur procurer ce dont ils ont besoin pour améliorer leur santé et qu\u2019ils échappent à la pauvreté, tout en préservant les milieux naturels.» D\u2019autres défis à relever Reste à savoir comment se dessine ou se présente l\u2019avenir du projet.« Il nous reste quelques pas à franchir.Un de ceux-ci sera de continuer à développer nos méthodes de travail dans le but de faire évoluer les scénarios des projets inspirants là où ils se déroulent [\u201cbright spots\u201d].Cela dit, pourrait-on se servir des projets déjà en banque pour écrire des histoires innovantes, nouvelles et à la fois réalistes à propos de ce que notre monde pourrait devenir?» Elle soulève un autre point : « Nous travaillons à observer et à comprendre à travers ces projets-là comment il y a des transformations qui apparaissent.Quand les gens font face à un problème ou ont besoin de créer du changement, que peuvent-ils faire pour augmenter leurs chances de succès ?Et finalement, nous voulons simplement continuer à parler du projet global : plus nous en parlons, plus nombreuses sont les personnes qui se voient à l\u2019intérieur de tel ou tel projet.Elles deviennent ainsi plus inspirées, ce qui les motive à se manifester et à bâtir leur propre projet.» SUITE DE LA PAGE H 1 PLANÈTE Les chercheurs décriaient les orientations en matière de financement de la recherche à l\u2019ère Harper.Depuis l\u2019arrivée de Justin Trudeau, le gouvernement fédéral se repositionne et consulte les milieux universitaires.Ils s\u2019en réjouissent et ont plusieurs suggestions.M A R T I N E L E T A R T E Collaboration spéciale «E n arrivant en poste, le gouvernement fédéral a rapidement dit qu\u2019il avait un respect pour les données probantes issues de la science et qu\u2019il avait l\u2019intention de valoriser la recherche qui n\u2019est pas liée à des objectifs de rendement précis : on n\u2019avait pas entendu ça depuis une décennie », indique Marie-Josée Héber t, vice-rectrice à la recherche, à la création et à l\u2019innovation de l\u2019Université de Montréal.À ses yeux, laisser le chercheur choisir ses objets de recherche est au cœur de la liberté universitaire.«Avec le gouvernement Harper, on avait l\u2019impression qu\u2019il y avait une plus grande volonté d\u2019appuyer la recherche plus ciblée, indique-t-elle.Or, si on impose des thématiques stratégiques pointues, nous sommes tous perdants, puisqu\u2019on arrive avec des programmations de recherche qui manquent d\u2019audace.» À l\u2019Université du Québec à R imousk i , Franço is Des - chênes, vice-recteur à la formation et à la recherche, est du même avis.« Il faut s\u2019assurer d\u2019avoir un terreau fertile qui encourage la recherche de toutes sortes, parce qu\u2019on ne sait jamais d\u2019où arrivera la découverte qui révolutionnera un secteur», affirme-t-il.Jean-Claude Kieffer, qui a dirigé pendant 14 ans la Chaire de recherche du Canada en photonique ultrarapide appliquée aux matériaux et aux systèmes à l\u2019INRS, croit qu\u2019on ne peut pas demander à une même équipe de réaliser de la recherche très fondamentale, puis de faire le pas vers le pré- prototype d\u2019un produit.« Ces deux rôles peuvent par contre être tenus par des acteurs dif férents dans la chaîne de valeur, explique-t-il.La recherche fondamentale prend du temps, son impact n\u2019est pas immédiat, alors c\u2019est dif ficile de trouver des partenaires financiers, particulièrement pour les jeunes chercheurs.» Examen indépendant En juin, Kirsty Duncan, ministre des Sciences, a lancé un examen indépendant du financement fédéral à la science fondamentale.«Le Canada a un riche héritage au chapitre des réalisations scientifiques, a indiqué par courriel Véronique Perron, attachée de presse au cab i n e t d e l a m i n i s t r e d e s Sciences.Par contre, pour protéger ces forces et faire fond sur elles, il faut jeter un regard nouveau sur la façon dont le gouvernement fédéral appuie les sciences fondamentales et sur les améliorations qu\u2019on pourrait y appor ter pour que l\u2019on s\u2019assure que nos investissements sont stratégiques, ef fi- caces et qu\u2019ils répondent aux besoins des scientifiques.» L\u2019examen est dirigé par un groupe consultatif d\u2019experts indépendants présidé par David Naylor, ancien recteur de l\u2019Université de Toronto.Il a reçu plus de 1200 propositions.Enjeu universitaire Pour les universitaires, il y a d\u2019abord un enjeu de r ythme des investissements.« Il a ralenti ces dernières années, et cela n\u2019a pas permis au Canada de maintenir sa position lorsqu\u2019on se compare aux autres pays de l\u2019OCDE, affirme M a r i e - J o s é e H é b e r t .Les équipes de recherche ont été très fragilisées et il faut agir maintenant.On ne peut pas attendre que l\u2019économie canadienne reprenne de la vigueur avant de réinvestir.La recherche et l\u2019innovation sont, en fait, des moteurs de l\u2019économie.Et pas seulement de l\u2019économie, de la société dans son ensemble.» François Deschênes s\u2019inquiète aussi des taux de suc- c è s a u p r è s d e s g r a n d s conseils subventionnaires, qui sont souvent sous les 30 %.« Cela signifie qu\u2019énormément de chercheurs n\u2019ont pas de financement pour réaliser leurs projets, donc que le Canada a une force de frappe sous-exploitée, indique-t-il.Il faut avoir une base constante de financement qui assure la formation des étudiants aux cycles supérieurs et un accès aux fonds pour les jeunes chercheurs.» Multidisciplinarité et internationalisation Alors que les enjeux de la société sont toujours de plus en plus complexes, les chercheurs sont appelés à joindre leurs forces pour y travailler.« On doit valoriser et mieux appuyer les regroupements de chercheurs multidisciplinaires, indique Mme Hébert.On doit leur donner le temps de développer un langage commun et d\u2019apprendre à travailler ensemble.En ce moment, c\u2019est très difficile d\u2019obtenir du financement pour des projets multidisciplinaires, et ceux qui y arrivent doivent souvent aller chercher de petits bouts de subventions à différents endroits.» De plus en plus, également, des projets de recherche d\u2019envergure se mettent en place à l\u2019international.Pour que des chercheurs puissent y participer, leur gouvernement doit avancer des fonds.« Le gouvernement n\u2019a jamais annoncé de contrepartie pour les grands projets de recherche internationaux », déplore François Deschênes.Exploitation et entretien des infrastructures Si la communauté de chercheurs se réjouit de la mise en place de grandes infrastructures de recherche grâce à la Fondation canadienne pour l\u2019innovation, elle s\u2019inquiète des coûts d\u2019exploitation et d\u2019entretien.On pense par exemple au brise-glace de recherche de l\u2019Université Laval ou au Laboratoire de sources femtose- condes (Advanced Laser Light Source \u2014 ALLS) de l\u2019INRS, dirigé par Jean-Claude Kieffer.« Il est généralement très dispendieux de faire fonctionner ces équipements, et le fédéral ne garantit qu\u2019une fraction des coûts de fonctionnement », indique le professeur.« Nous sommes préoccupés par le financement de l\u2019entretien des grandes plateformes de recherche, souvent utilisées par plusieurs équipes, renchérit Marie-Josée Hébert.Puis, on ne peut pas l\u2019assurer seulement pour des périodes de cinq ans.Il faut du long terme.» Diversité et équité Enfin, l\u2019Université de Montréal s\u2019inquiète des enjeux de diversité et d\u2019équité, particulièrement en ce qui a trait aux femmes.« Il y a encore un plafond de verre , af firme Marie-Josée Héber t.Il reste des préjugés inconscients, par exemple, lorsqu\u2019on évalue la qualité d\u2019un chercheur.On est très rigide en ce moment.On regarde le nombre de publications et le nombre de fois où il a été cité après tant d\u2019années de carrière.Mais cela dépend b e a u c o u p d u n o m b r e d e congrès internationaux auxquels le chercheur a participé pour présenter ses résultats.Si on a un bébé d\u2019un an, il est for t possible qu\u2019on ne puisse pas voyager aux quatre coins du monde pour présenter ses résultats de recherche, et ce, même si on a un fort mérite.Il est nécessaire de revoir les critères d\u2019évaluation.» Le groupe consultatif d\u2019experts indépendants qui dirige l\u2019examen du financement fédéral à la science fondamentale présentera ses recommandations au gouvernement à la fin de 2016 ou au début de 2017.FINANCEMENT DE LA RECHERCHE Les douze travaux du gouvernement fédéral SOURCE INRS La communauté scientifique s\u2019inquiète des coûts d\u2019exploitation et d\u2019entretien des grandes infrastructures de recherche, tel le laboratoire de sources femtosecondes.Son laser, d\u2019une puissance d\u2019une puissance maximale de 500 TW (cinq cents térawatts), est le plus puissant au Canada et, aujourd\u2019hui, l\u2019un des plus puissants en activité au monde. RECHERCHE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 N O V E M B R E 2 0 1 6 H 4 ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion, af firme qu\u2019avec l\u2019élection d\u2019un gouvernement libéral à Ottawa « les scientifiques se portent mieux, c\u2019est beaucoup plus positif.C\u2019est encore tôt, mais les changements rapides qui ont été faits, par exemple, au ministère de l\u2019Environnement, rendent les gens optimistes».Le poste de scientifique en chef n\u2019existe pas ailleurs au Canada.Celui qui occupe le siège, Rémi Quirion, est de toutes les tribunes.Il souhaite stabiliser, voire élargir la pratique du conseil scientifique auprès des gouvernements.Entrevue.M A R I E - H É L È N E A L A R I E Collaboration spéciale R émi Quirion s\u2019intéresse à tout : « Je suis sur le conseil d\u2019administration du Musée des beaux-arts de Montréal depuis quelques mois ! C\u2019est très intéressant de pouvoir faire le lien entre les ar ts et les neurosciences.C\u2019est très dynamique, ce qui se passe au musée actuellement.» En fait, siéger aux CA de dif férents organismes fait partie de son mandat\u2026 Il est le président des conseils d\u2019administration des trois Fonds de recherche du Québec.Rémi Quirion est donc le responsable des grandes orientations du Fonds Santé, du Fonds Nature et technologies \u2014 qui englobe les sciences pures, les mathématiques et le génie \u2014 et du Fonds Société et culture \u2014 qui comprend les sciences sociales et humaines, la gestion et l\u2019administration, les arts et la culture.En 2011, sous l\u2019égide du gouvernement de Jean Cha- rest et à l\u2019initiative du ministre Clément Gignac se crée le poste de scientifique en chef.Son rôle est de conseiller le gouvernement et les ministres en titre pour tout ce qui touche la recherche et l\u2019innovation.« C\u2019est, je dirais, mon premier mandat.On peut parler de la radicalisation, de l\u2019exploration minière, du maritime ou encore de la santé, tous des sujets sur lesquels je donne des avis et où, par la suite, ce sont les ministres qui décident des gestes à poser.» En fait, s\u2019il existe un scientifique en chef, c\u2019est pour trouver de nouvelles façons de faire pour que les experts de différentes disciplines travaillent ensemble à trouver des solutions aux grands défis de société actuels.Il est notamment question ici de démographie et de changements climatiques.Le troisième mandat de Rémi Quirion consiste à faire connaître à l\u2019international ce qui se passe ici même au Québec avec nos chercheurs en participant à des événements ou à l\u2019aide de collaboration de recherche.Finalement, Rémi Quirion travaille à assurer la relève en recherche et, du même coup, il cherche à vulgariser et faire la promotion des sciences et de la recherche.Notre scientifique en chef est un peu orphelin, puisque dans les autres provinces, il n\u2019existe pas d\u2019équivalent, et à Ottawa, le titre a déjà existé, mais un certain Stephen Harper s\u2019est empressé de le faire disparaître dès son élection.Solidifier les bases de l\u2019avis scientifique Partout, les gouvernements du monde entier n\u2019ont jamais autant été avides d\u2019avis scientifiques ; ils veulent tous trouver des solutions aux changements qui affectent la planète.Pourtant, récemment au Canada, sous l\u2019ère Harper, les scientifiques ont été bâillonnés et la science elle-même en a bien souffert.Cette situation a beaucoup fait réfléchir les scientifiques, même si Rémi Quirion af firme qu\u2019au- jourd\u2019hui, avec l\u2019élection d\u2019un gouvernement libéral à Ottawa, « les scientifiques se portent mieux, c\u2019est beaucoup plus positif.C\u2019est encore tôt, mais les changements rapides qui ont été faits, par exemple, au ministère de l\u2019Environnement, rendent les gens optimistes ».P o u r l a r e c h e r c h e e t l a science, ce dont on a besoin c\u2019est d\u2019un investissement à long terme et, selon Rémi Quirion, le gouvernement actuel semble réfléchir à des programmations pour appuyer la recherche et l\u2019innovation au Canada.En septembre dernier à B r u x e l l e s s \u2019 e s t t e n u l e deuxième colloque de l\u2019International Network for Government Science Advice (INGSA).À cette occasion, Rémi Quirion, en collaboration avec Arthur Carty (ancien conseiller scientifique national du Canada), Paul Dufour (analyste en politiques scientifiques de l\u2019Université d\u2019Ottawa) et Ramia Jabr (Fonds de recherche du Québec), a cosigné un texte dans le journal Palgrave Communications portant sur l\u2019avis scientifique au Canada : « Reflections on Science Advisory Systems in Canada».On y dresse un portrait historique et contextualisé de la pratique du conseil scientifique au Canada et au Québec et on souligne la nécessité de stabiliser le système en place, par-delà les aléas et changements politiques.Sauf en Angleterre, le poste de scientifique en chef n\u2019existe pas depuis très longtemps.«Lorsqu\u2019on accepte ce poste, on apprend de façon très formelle.Par exemple, un ministre nous demande un mémoire sur un sujet en par ticulier.On fait quelques recommandations, qui sont suivies ou pas.Mais c\u2019est dans l\u2019informel que notre impact se fait sentir.» Une relation de respect mutuel s\u2019établit.Ce ne sont plus de longs mémoires qui seront produits, mais des avis sur des sujets d\u2019actualité.Par exemple, les députés demandent souvent à chaud de l\u2019information pertinente s\u2019il y a une question débattue à l\u2019Assemblée nationale, « ça devient de plus en plus un travail de ce type».Rémi Quirion a pris la balle au bond et, depuis quelque temps, il organise quelques fois par année avec les élus des déjeuners-causeries avec pour objectif de faire connaître les chercheurs.« Un des sujets por tait sur l\u2019Arctique.Les chercheurs font de très cour tes présentations sur ce qui se passe dans le Nord et les impacts de ce qu\u2019on y fait.Ils interagissent alors avec les élus qui posent des questions.» Peu à peu, les élus ont voulu aborder certains sujets, dont le génie génétique.Aussi étonné soit-il, Rémi Quirion a compris cet intérêt quand on lui a dit que des projets de loi sur le sujet étaient en préparation.« La thérapie génique, les grandes bases de données, l\u2019intelligence ar tificielle, ce sont de nouvelles façons de faire en recherche qui ont des impacts sur notre société, et on va devoir avoir de nouveaux projets de loi.La démarche permet aux élus de mieux s\u2019y préparer.» Belle manière de se rendre indispensable.À long terme, cette façon d\u2019intervenir fait tache d\u2019huile, et c\u2019est le rôle du scientifique en chef d\u2019expliquer la science qui se fait ici et ailleurs dans le monde.Dans ce contexte, l\u2019évolution du rôle du scientifique en chef pourra s\u2019inspirer de ce qui se fait en Grande- Bretagne : « Le scientifique en chef là-bas s\u2019est associé des \u201cmi- niscientifiques\u201d en chef dans chacun des ministères.Il y a donc toute une équipe en recherche et innovation qui a formé un réseau.Ainsi intégrée, elle se voit consultée sur des données probantes avant une prise de décision politique ou le vote d\u2019une nouvelle loi de façon tout à fait naturelle.» C\u2019est vers ce modèle que Rémi Quirion souhaite aller afin de se doter de grandes capacités d\u2019expertises.Il faut stabiliser la pratique du conseil scientifique S T É P H A N E G A G N É Collaboration spéciale D epuis 2010, la géothermie connaît des temps dif fi- ciles attribuables à la baisse du prix du gaz naturel.Son coût élevé d\u2019implantation n\u2019arrive plus à concurrencer le prix du gaz.La recherche entreprise sur le sujet par les professeurs-chercheurs Philippe Pasquier et Benoît Cour- celles, de l\u2019école Polytechnique Montréal, pourrait toutefois changer la donne et relancer cette filière en abaissant son coût d\u2019installation et en haussant son ef ficacité énergétique.Pour y par venir, ils ont conçu une unité de recherche, mobile et modulaire, dans un conteneur.Grâce à un don de 150 000 $ de l\u2019Institut de l\u2019énergie Trottier, ils prévoient faire plusieurs tests qui devraient permettre d\u2019améliorer la technologie et la rendre plus accessible.De plus, le caractère mobile de l\u2019unité permettra de tester la technologie à dif fé- r ents endr o i ts e t d a n s d i f f é r e n t e s conditions de sol.La géothermie est une techno log ie , connue depuis des siècles, qui permet d\u2019exploiter la chaleur contenue dans le sol en saison froide, et le froid en été.À l\u2019aide d\u2019un fluide caloporteur (liquide antigel ou eau souterraine), il est possible de chauffer les bâtiments en hiver et de les climatiser en été.Il existe trois façons d\u2019exploiter cette énergie gratuite.La géothermie à boucle fermée, qui utilise comme fluide caloporteur un liquide antigel ; la géothermie à boucle ouverte, qui utilise l\u2019eau souterraine ; et la géothermie avec puits à colonne permanente.Cette dernière est aussi à boucle ouverte et utilise l\u2019eau souterraine comme fluide calopor- teur.Elle est cependant trois fois plus ef ficace énergiquement que la géothermie à boucle fermée, qui est la technique la plus utilisée en ce moment (90 % des installations l\u2019utilisent).La géothermie avec puits à colonne permanente Cette dernière technologie intéresse les chercheurs Pas- quier et Courcelles, de Polytechnique.Philippe Pasquier est spécialiste en géothermie et en hydrogéologie et professeur agrégé au Département des génies civil, géologique et des mines, et Benoît Cour- celles est professeur adjoint dans le même département et spécialiste dans le traitement des eaux souterraines ainsi que la modélisation hydrogéo- logique et géochimique.Depuis le début novembre, les premières expériences se déroulent sur le site de Can- met Énergie, à Varennes.E l les v i sen t à s imuler l a consommation d \u2019énergie , pour le chauffage et la climatisation, d\u2019un édifice de dix étages grâce à ce type de géothermie.En plus d\u2019être très ef ficace énergiquement, l\u2019implantation de cette technologie nécessite un investissement plus faible que la technologie à boucle fermée.Elle est de deux à cinq fois moins coûteuse que la géothermie à b o u c l e f e r m é e .« C\u2019est qu\u2019elle nécessite moins de puits, pas de matériaux dans les puits et pas de liquide calopor- teur antigel, très coû- t e u x , d i t M .P a s - quier.À titre d\u2019exemple, les deux systèmes géothermiques [à boucle fermée] installés au pied des tours Vistal, à L\u2019Île-des-Sœurs, ont nécessité le forage de 61 puits.Avec la technologie à colonne permanente, seuls une quinzaine de puits auraient été nécessaires.» M.Pasquier soutient que la possibilité d\u2019opérer avec un nombre réduit de puits est un atout indéniable pour la diffusion de la technologie en milieu urbain, où l\u2019espace manque souvent pour forer de nombreux puits.Une technologie à adapter pour le Québec Pourtant, cette technologie, très courante aux États-Unis (30 000 installations y sont recensées), est encore peu utilisée ici.Pourquoi donc ?« La nature de nos sols, avec une teneur en calcaire plus élevée qu\u2019aux États-Unis, peut entraîner le colmatage des puits et des équipements », dit M.Pasquier.La géothermie repensée SOURCE ÉCOLE POLYTECHNIQUE Les professeurs-chercheurs Philippe Pasquier et Benoît Courcelles, de l\u2019école Polytechnique Montréal En plus d\u2019être très efficace énergiquement, l\u2019implantation de cette technologie [la géothermie] nécessite un investissement plus faible que la technologie à boucle fermée VOIR PAGE H 5 : GÉO RECHERCHE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 N O V E M B R E 2 0 1 6 H 5 «Des bactéries peuvent aussi se développer et entraîner le même problème.» Pour réduire ces risques de colmatage, le spécialiste en traitement des eaux, Benoît Courcelles, testera dif fé- rents systèmes existants (ex.: filtre à charbon actif, lit sur sable) pour développer la stratégie de traitement la mieux adaptée selon la nature du sol.«Afin de réduire les coûts de traitement, nous ne prévoyons traiter que de 10 à 20% des eaux souterraines, et puisque l\u2019eau recircu- lera dans le système [la réglementation québécoise l\u2019oblige], elle sera traitée intégralement après cinq ou six passages», explique M.Courcelles, qui affirme que les tests effectués à Varennes seront très significatifs, à cet égard, puisque le sol est peu productif en eaux souterraines et sa composition est forte en calcaire.Le risque de gel de l \u2019eau souterraine est un autre défi auquel nos chercheurs vont s\u2019attaquer.En effet, la circulation en boucle de l\u2019eau pourrait entraîner son gel lorsque l\u2019eau est réinjectée au sommet du puits.Dif férentes stratégies seront testées pour éliminer ce risque, comme l\u2019injection dans la boucle d\u2019eau souterraine plus chaude si la température extérieure s\u2019avère froide (opération appelée saignée) ou l\u2019amélioration des séquences d\u2019opérations des thermopompes.En plus de ces deux projets de recherche, deux autres se- r o n t a u s s i r é a l i s é s à Va - rennes.Le premier consistera à valider et à développer un outil de conception pour les puits à colonne permanente, et l\u2019autre sera réalisé par une étudiante au doctorat de Polytechnique, Mme Epp- ner.Il consistera à mesurer la concentration d\u2019ions contenue dans l\u2019eau afin d\u2019améliorer et de valider le modèle que l\u2019étudiante a développé.Une recherche sur plusieurs années L\u2019unité de recherche est équipée de plusieurs instruments de mesure.« Après ces projets, on tentera de trouver d\u2019autres fonds pour poursuivre la recherche sur d\u2019autres aspects », dit M.Pasquier.À ce chapitre, nos deux chercheurs ne manquent pas d\u2019idées.Par exemple, « l\u2019unité pourrait être utile pour améliorer la capacité portante des sols en y injectant de l\u2019eau chaude, dit M.Cour- celles.On pourrait ainsi améliorer les sols sous des édifices ex i s tan t s ou per met t r e la construction de nouveaux édifices sur des sols instables ».Les puits à colonne pourraient aussi très bien s\u2019intégrer à des réseaux de chaleur urbains, selon M.Pasquier.« Ces systèmes, encore peu courants ici, sont appelés à se développer dans un proche avenir», croit-il.SUITE DE LA PAGE H 4 GÉO SOURCE ÉCOLE POLYTECHNIQUE Le 1er novembre, les professeurs Philippe Pasquier et Benoît Courcelles, de l\u2019école Polytechnique, inauguraient une unité mobile d\u2019essai sur la géothermie avec puits à colonne permanente.Cette unité permettra de tester ce type de géothermie encore peu utilisé au Québec et de l\u2019adapter à notre climat et à nos conditions de sol.Les professeurs espèrent aussi trouver d\u2019autres applications à cette technologie, très prometteuse selon eux.P I E R R E V A L L É E Collaboration spéciale L\u2019 UQAM accueille maintenant en son sein une toute nouvelle Chaire de recherche du Canada en philosophie des sciences de la vie.Logée au Département de philosophie, elle est dirigée par le professeur de philosophie des sciences, Christophe Malaterre.Cette Chaire du Canada se veut un lieu de réflexion pour philosophes et scientifiques, notamment dans le domaine de la biologie.«La philosophie des sciences, comme celle des sciences de la vie, est un dialogue entre les sciences et la philosophie, explique Christophe Malaterre.Le philosophe des sciences ne fait pas de sciences, par contre, il pose des questions sur les fondements de la science, ainsi que sur les méthodes scientifiques.Ce questionnement repose sur deux interrogations, l\u2019une métaphysique et ontologique, c\u2019est-à-dire ce qui existe dans le monde ; et l\u2019autre, étiologique et épistémologique, c\u2019est-à-dire ce qu\u2019est connaître et ce qu\u2019est une connaissance.La philosophie des sciences est une vieille tradition philosophique qui remonte à Aristote, on peut dire que c\u2019est le fondement naturaliste de la philosophie.La philosophie des sciences a particulièrement essaimé au milieu du vingtième siècle, grâce à l\u2019école du positivisme logique.» Trois axes de recherche La Chaire de recherche du Canada en philosophie des sciences de la vie propose trois principaux axes de recherche.Le premier porte sur les principes de l\u2019évolution chimique.En sciences, l\u2019évolution chimique est la notion utilisée pour chercher à expliquer comment la matière inerte a pu évoluer en matière vivante sur la Terre primitive.En d\u2019autres termes, comment des molécules iner tes ont pu évoluer pour devenir des molécules vivantes.«L\u2019évolution chimique est donc au centre de ce que nous appelons les origines de la vie.Est-ce que l\u2019évolution chimique repose sur des processus pareils, semblables ou dif férents de l\u2019évolution biologique ?La théorie de l\u2019évolution biologique la plus répandue est celle de la sélection naturelle, telle que définie par Darwin.Peut-on parler de sélection naturelle à l\u2019échelle physicochimique sur la Terre primitive ?À quoi pourraient ressembler les théories de l\u2019origine de la vie ?» De plus, cet axe de recherche permet de s\u2019interroger sur la définition même de la vie.Par exemple, en règle générale, on ne considère pas un virus comme un organisme vivant, du fait qui ne peut se reproduire sans la présence d\u2019un hôte, contrairement aux bactéries, que l\u2019on considère comme vivantes.Par contre, certains prétendent qu\u2019un virus, par certaines de ses caractéristiques, possède certains attributs du vivant.«Qu\u2019est-ce qu\u2019on entend par vivant?La distinction entre le vivant et le non-vivant comprend une zone grise.» Le second axe de recherche est l\u2019épistémologie des concepts de la biodiversité.«Comment définit-on la biodiversité ?Par la variété des formes de vie?Mais de quelle variété des formes de vie s\u2019agit-il ?Des espèces, des individus, des fonctions, des gènes, etc.À cet égard, la philosophie des sciences de la vie permet de faire comprendre que le concept de biodiversité comporte dif férentes approches et qu\u2019il est plus dif ficile à saisir et à définir qu\u2019il n\u2019y paraît à première vue.» Le troisième axe de recherche est celui de l\u2019explication en biologie.L\u2019explication scientifique concerne la cause d\u2019un phénomène, c\u2019est- à-dire les conditions initiales qui ont mené au phénomène et la ou les lois de la nature qui en découlent.« Notre interrogation consiste à savoir si l\u2019explication scientifique en biologie est semblable ou dif férente de l\u2019explication scientifique dans d\u2019autres domaines scientifiques.» Les avantages d\u2019une Chaire du Canada Aux yeux de Christophe Malaterre, il y a plusieurs avantages à ce que la philosophie des sciences de la vie obtienne une Chaire de recherche du Canada.« Il y a d\u2019abord le volet financier, qui va nous permettre de réunir davantage de chercheurs en philosophie des sciences de la vie, ce qui va entraîner des collaborations et la mise en place de nouveaux projets de recherche.De plus, la subvention de la Chaire de recherche du Canada va nous permettre de financer notre premier axe de recherche sur les principes de l\u2019évolution chimique.La Chaire de recherche du Canada nous fournit une base sur laquelle nous pouvons nous appuyer et assure ainsi plus de pérennité à nos recherches.Ensuite, une Chaire de recherche du Canada nous permet d\u2019avoir davantage de visibilité.» Dans la foulée de l\u2019obtention de la Chaire de recherche du Canada en philosophie des sciences de la vie, le Fonds canadien de l\u2019innovation a accordé une subvention pour la mise en place d\u2019un laboratoire en philosophie des sciences de la vie.«Ce laboratoire est constitué d\u2019une vingtaine de postes de travail avec ordinateur, ce qui nous permet d\u2019accueillir davantage de chercheurs et rend beaucoup plus facile la venue de chercheurs et d\u2019étudiants étrangers.Avant, il était possible de le faire, mais c\u2019était passablement plus ardu.Nous avons aussi à notre disposition une salle multifonctionnelle, ce qui nous permet d\u2019organiser des événements, et une salle de vidéoconférence, ce qui nous permet de mieux communiquer avec des chercheurs en philosophie des sciences de la vie, peu importe où ils se trouvent.» De plus, la Chaire du Canada en philosophie des sciences de la vie fait partie du Centre universitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST).Le CIRST regroupe des chaires de recherches et instituts des principales universités québécoises, ainsi que certains établissements universitaires européens.« Notre Chaire du Canada ne veut pas faire cavalier seul, et nous entendons collaborer avec d\u2019autres chaires et instituts.» PHILOSOPHIE ET SCIENCES DE LA VIE Une nouvelle Chaire du Canada à l\u2019UQAM ISTOCK La Chaire de recherche du Canada en philosophie des sciences de la vie propose trois principaux axes de recherche.Le premier porte sur les principes de l\u2019évolution chimique.Le second axe de recherche est l\u2019épistémologie des concepts de la biodiversité.Le troisième et dernier axe de recherche est celui de l\u2019explication en biologie.Changer le monde, une recherche à la fois.C\u2019est l\u2019objectif que poursuivent nos professeurs, chercheurs et étudiants.#uqam inspirée par la recherche RECHERCHE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 N O V E M B R E 2 0 1 6 H 6 Comment élaborer un projet de recherche et rédiger un texte destiné à une revue savante?PUQ.CA Presses de l\u2019Université du Québec PUBLIER DANS UNE REVUE SAVANTE, 2e ÉDITION Les 10 règles du chercheur convaincant Pierre Cossette 2016 | ISBN 978-2-7605-4430-7 20$ PAPIER 1499$ PDF EPUB Plus de 1 400 livres à feuilleter Si l\u2019Université Concordia n\u2019est pas of ficielle- ment reconnue comme une université scientifique, elle possède pourtant de vrais atouts en la matière.Son credo ?La multidisciplina- rité et son implication dans la communauté.Justin Powlowski, vice-recteur intérimaire à la recherche et aux études supérieures, nous en dit un peu plus long sur la nouvelle stratégie de recherche de l\u2019établissement.H É L È N E R O U L O T - G A N Z M A N N Collaboration spéciale «N ous réfléchissons à de nouvelles manières de travailler au sein de l\u2019université, mais surtout avec la communauté à l\u2019extérieur de nos murs, indique-t-il.Nous souhaitons partager nos connaissances, mais aussi pousser le public à juger de l\u2019impact que génèrent nos recherches sur sa vie quant aux nouvelles connaissances.Il s\u2019agit également de nous assurer que nos chercheurs disposent des ressources nécessaires afin d\u2019attirer les fonds et les étudiants, pour ainsi produire des résultats qui font toute la différence dans un monde en constante évolution.» Cette nouvelle stratégie de recherche s\u2019inscrit dans un concept plus global d\u2019université « nouvelle génération », branchée et urbaine, audacieuse et engagée.Une université qui s\u2019assure qu\u2019elle répond bien aux besoins et demandes de ses clients, à savoir les étudiants.Mais qu i p lan i f ie aussi pour l\u2019avenir afin de satisfaire aux besoins et demandes des futurs étudiants.« Je ne parle d\u2019ail- l eur s pas que de s jeunes étudiants, précise le vice-recteur.Mais aussi de toutes ces personnes qui reviennent à l\u2019université afin de mettre à jour leurs connaissances et d\u2019être ainsi plus à même de répondre aux nouveaux besoins de la société.La technologie et les connaissances évoluent à un rythme soutenu, poursuit-il.Elles nous arrivent de toutes parts et elles ont un impact sur notre vie et sur la manière dont on fait les choses, en tant que personne, mais aussi en tant que chercheur.» Concordia encourage ainsi ses chercheurs à travailler au sein d\u2019équipes multidisciplinaires et transdisciplinaires, afin de couvrir tous les angles d\u2019un même projet ; à prendre des risques afin de courir la chance de trouver quelque chose de réellement nouveau ; à faire en sorte que leurs recherches et leurs résultats soient plus accessibles pour le grand public, qu\u2019ils permettent des applications concrètes de nature à mieux analyser et comprendre les véritables problèmes du monde et qu\u2019ils soient à l\u2019origine de programmes de formation permettant d\u2019intégrer facilement le marché du travail actuel.« Les termes recherche et innovation vont de plus en plus de pair, souligne M.Powlowski.Une université \u201cnouvelle génération\u201d se doit de connecter ces deux notions.C\u2019est ce que nous faisons, notamment avec notre District 3 Innovation Center.Un énorme incubateur de start-ups qui, je dois l\u2019avouer, obtient un certain succès.» L\u2019objectif ?Permettre aux étudiants, aux professeurs et même à la société civile dans son ensemble d\u2019accoucher de leurs idées par l\u2019intermédiaire d\u2019événements, de programmes spécifiques, d\u2019ateliers, etc., afin que celles-ci génèrent toutes les retombées escomptées en matière d\u2019impact sur la société.Concordia dispose aujourd\u2019hui de quatre facultés \u2014 ar ts et sciences, génie et informatique, beaux-arts, école de gestion John-Mol- son \u2014, de vingt-cinq centres et instituts multidisciplinaires, d\u2019une centaine de chaires de recherche, dont vingt du Canada.Près de 2000 professeurs y travaillent, et plus de 46 000 étudiants y sont inscrits, dont 16 % en provenance de l\u2019étranger.« Et au risque de me répéter, notre particularité, c\u2019est vraiment la multidisciplinarité, insiste le vice-recteur.Par nature, les universitaires tendent à être des spécialistes, mais ils ont pourtant beaucoup à gagner à travailler avec d\u2019autres spécialistes sur un même problème de recherche.Au sein du Milieux \u2013 Institute for Arts, Culture and Technology, nous avons des artistes, des ingénieurs et des chercheurs en sciences sociales et humaines, qui travaillent ensemble sur des projets se situant au carrefour du design, des arts, de la culture et de la technologie.» Plateforme Le Per form Centre est une plateforme de rencontre entre des chercheurs en provenance des quatre facultés de Concordia, mais aussi d\u2019autres universités, qui travaillent sur la prévention en santé et les modes de vie sains.Le Centre for Applied Synthetic Biology est ouvert aux biologistes, ingénieurs, chercheurs en sciences sociales et informaticiens qui, ensemble, se sont attaqués à un ensemble de technologies révolutionnaires et ont permis d\u2019accélérer le rythme des découvertes dans le domaine des biotechnologies.Des résultats enviables, alors même que les budgets de recherche sont loin d\u2019être au niveau de ceux des autres universités montréa- laises.En 2016, Concordia a reçu un peu moins de 46 millions de crédits de recherche.Mais l\u2019université ne cache pas sa volonté de doubler ce montant.« Cela fait partie de nos neuf directions stratégiques, confirme Justin Powlowski.Si vous regardez du côté des autres universités au Québec et au Canada, vous vous apercevrez qu\u2019elles ont eu du mal l\u2019an dernier à maintenir leur niveau de financement constant.De notre côté, nous l\u2019avons légèrement augmenté, ça nous rend confiants pour la suite.Le doubler, c\u2019est tout un challenge, mais nous pensons que c\u2019est réaliste, parce que nous avons le talent pour cela, parce que nous avons augmenté nos capacités de recherche, et parce que nous avons conclu des alliances nous permettant d\u2019être très compétitifs et d\u2019aller chercher de l\u2019argent.» Des alliances à l\u2019international, notamment pour des projets de recherche d\u2019envergure.Selon le vice-recteur, cela ne demande plus qu\u2019un changement de mentalité de la part des organismes subventionnaires, autant à Québec qu\u2019à Ottawa, qui, pour l\u2019instant, ne considèrent pas Concordia comme un grand joueur.« Mais il ne s\u2019agit pas seulement de doubler le financement de la recherche, précise-t-il.Nos chercheurs peuvent contribuer de bien d\u2019autres manières.Ils peuvent doubler l\u2019impact de leurs recherches, doubler leur contribution à la multidisciplinarité des équipes, travailler plus avec l\u2019industrie ou la société civile pour s\u2019attaquer aux vrais problèmes et défis du monde.Cette année, nous avons d\u2019ailleurs reçu une statistique très encourageante.Durant les quinze dernières années, les publications en provenance de Concordia dans les revues scientifiques ont augmenté de 157 %.Le meilleur résultat au Canada.Vous voyez bien que ce doublement que nous évoquons est à aller chercher dans un ensemble de choses telles que le financement, mais aussi des partenariats, ou encore les résultats et l\u2019impact des recherches.» Concordia mise sur l\u2019approche multidisciplinaire MICHAËL MONNIER LE DEVOIR En 2016, Concordia a reçu un peu moins de 46 millions en financement pour la recherche.Mais l\u2019université ne cache pas sa volonté de doubler ce montant.Concordia encourage ses chercheurs à travailler au sein d\u2019équipes multidisciplinaires et transdisciplinaires, afin de couvrir tous les angles d\u2019un même projet S T É P H A N E G A G N É Collaboration spéciale P our une organisation, gérer la croissance est toujours plus agréable que l\u2019inverse.Cela est toutefois accompagné de nombreux défis à relever.Dans le cas de l\u2019ETS, l\u2019un de ces défis consistera à embaucher 28 professeurs au cours des trois prochaines années.Pour la seule année 2016-2017, 17 professeurs devraient être embauchés.Un chiffre qui pourrait varier selon les budgets ou les départs à la retraite.Une discussion avec Sylvain Cloutier, directeur des affaires professorales à l\u2019ETS, permet de bien saisir l\u2019ampleur de ce défi.Une croissance débridée Le besoin d\u2019embaucher de nouveaux professeurs s\u2019explique par la croissance rapide de l\u2019école et la nécessité de remplacer les professeurs qui partent à la retraite.« Pour répondre à ces deux besoins, nous devons embaucher une dizaine de professeurs par année », dit M.Cloutier.L\u2019augmentation rapide du nombre d\u2019étudiants justifie en bonne partie ce besoin d\u2019embauche.En 2008-2009, il y en avait 6000, et en 2015-2016, on en comptait 10 600 ! Cette croissance exerce aussi une pression sur les espaces disponibles à l\u2019ETS.« Nous sommes sur le mode de l\u2019embauche, mais en même temps, nous avons besoin de nouveaux espaces, car chaque nouveau professeur arrive avec de nouveaux équipements, qui doivent être mis quelque part », dit M.Cloutier, qui ajoute que l\u2019ETS est en discussion avec le ministère de l\u2019Éducation pour développer de nouveaux espaces.Ce sang neuf est toutefois positif.« Il nous permet aussi de développer de nouveaux axes de recherche afin de répondre aux besoins de l\u2019industrie, comme l\u2019impression 3D, la robotique, les drones et l\u2019Internet des objets, dit M.Cloutier.Il amène aussi de nouvelles idées et favorise de nouvelles collaborations entre professeurs.» Les besoins d\u2019embauche sont ajustés chaque année.«Nous demandons à chaque département de déterminer quels sont ses besoins et nous ajustons ensuite le plan en conséquence, poursuit le directeur des affaires professorales.L\u2019annonce Professeurs recherchés à l\u2019ETS VOIR PAGE H 7 : ETS PHOTOS ABDERRAOUF CHETTIBI Cinq universités et un cégep ont participé à la 2e édition de la compétition interuniversitaire de drones qui s\u2019est tenue samedi dernier à l\u2019ETS. RECHERCHE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 N O V E M B R E 2 0 1 6 H 7 du dépar t à la retraite d\u2019un professeur est un exemple de mise au point qui doit être faite.» M.Cloutier af firme toutefois que la population étudiante semble s\u2019être stabilisée depuis quelque temps, ce qui devrait permettre de parvenir à l\u2019équilibre souhaitable entre professeurs et étudiants.Le défi d\u2019embauche Le principal défi auquel doit faire face l\u2019ETS lors du recrutement est la rémunération.« Le salaire que nous of frons aux professeurs est moindre que celui qu\u2019un ingénieur peut obtenir en industrie, dit M.Cloutier.Cela est particulièrement vrai dans le domaine du génie informatique.» M.Cloutier ajoute que les candidats doivent être capables d\u2019enseigner en français, une exigence qui limite les candidatures à un nombre plus restreint de personnes.« Les candidats doivent aussi être membres de l\u2019Ordre des ingénieurs du Québec [OIQ] ou s\u2019engager à le devenir dans un délai de cinq ans à partir de la date de l\u2019embauche, dit-il.Ils doivent avoir une expérience considérable en industrie, car cela permet de donner un enseignement plus intéressant, accompagné d\u2019exemples concrets, et d\u2019avoir un parcours en recherche bien développé.» M.Cloutier admet que trouver un professeur qui combine expérience en industrie et en recherche représente par fois un défi .L\u2019ETS peut embaucher une personne qui a sur tout travaillé en industrie (avec une expérience en recherche plus réduite), mais l\u2019inverse n\u2019est pas vrai.« Nous n\u2019embaucherons pas une personne qui ne possède qu\u2019un parcours académique pur, sans expérience en industrie.» L\u2019ETS est-elle en compétition avec d\u2019autres écoles québécoises en génie (ex.: école Polytechnique) dans sa recherche de professeurs ?Pas vraiment, selon M.Cloutier.« Nous avons constaté que la plupart des candidats qui déclinaient notre of fre se retrouvaient plutôt dans des établissements d\u2019enseignement à l\u2019extérieur du Québec.» La qualité de l\u2019enseignement : une priorité Ar rivé à l \u2019ETS en 2012, M.Cloutier affirme avoir été, dès le début, impressionné par l\u2019importance accordée à la qualité de l \u2019enseignement.« Ici, le nombre d\u2019élèves par groupe de cours est de 32, alors qu\u2019ailleurs, il est d\u2019environ 50, dit-il.L\u2019autre donnée importante est la capacité d\u2019accueil dans les laboratoires d\u2019enseignement.Elle varie de 5 à 45 étudiants par labo.Et la majorité des cours ont des labos.Récemment, nous avons permis aux étudiants de se regrouper en équipe de trois plutôt que deux dans les labos pour accueillir un peu plus de gens en même temps dans ces lieux, mais l \u2019accueil demeure restreint.» Ces données expliquent en bonne partie le besoin élevé de professeurs à l\u2019ETS.Secteurs plus populaires L\u2019embauche varie aussi selon les dépar tements .Se lon M.Cloutier, les besoins sont plus grands en génie électrique, en génie informatique, en environnement, en structures, en matériaux composites et en télécommunications.De nouveaux besoins en enseignement peuvent apparaître selon l \u2019évolution de la technologie.Par exemple, l \u2019ETS fait beaucoup de recherche sur la modélisation des données du bâtiment (ou building information modeling \u2014 BIM).Le BIM est une représentation numérique (à l\u2019aide d\u2019une maquette) des caractéristiques physiques et fonctionnelles d\u2019une construction.Cette information peut être partagée durant tout le cycle de vie du bâtiment, de la conception jusqu\u2019à sa démolition.«Afin de demeurer à l\u2019avant-garde, nous avons créé un programme d\u2019enseignement dans ce domaine », dit M.Cloutier.Des incitatifs à la recherche Pour motiver les professeurs à développer des projets de recherche, l\u2019ETS offre des incitatifs.« Par exemple, l\u2019ETS bonifie une subvention qu\u2019un professeur obtient pour entreprendre une nouvelle recherche, dit M.Cloutier.L\u2019environnement de recherche à l\u2019ETS est plutôt stimulant, puisque l\u2019établissement est toujours à l\u2019af fût pour acquérir des équipements à la fine pointe de la technologie.» SUITE DE LA PAGE H 6 ETS Les recherches de la docteure Corinne Haigh tendent à prouver que si un enfant éprouve des dif ficultés de lecture dans une classe d\u2019immersion, la solution n\u2019est pas de le ramener dans une classe ordinaire, mais plutôt de lui of frir le soutien nécessaire à la poursuite de son apprentissage du bilinguisme.M A R I E - H É L È N E A L A R I E Collaboration spéciale C orinne Haigh s\u2019intéresse à la lecture depuis longtemps.Et pas seulement aux livres, mais plutôt aux lecteurs ! Cette professeure associée de la Faculté d\u2019enseignement de l\u2019Université Bishop\u2019s de Lennoxville a étudié en éducation et en psychologie cognitive à l\u2019Université de Western Ontario.Elle a accompli des études postdoctorales à l\u2019Université McGill au Centre for Research on Brain, Language and Music.« À l\u2019origine, je me suis intéressée aux lecteurs adultes bilingues, et plus tard, je me suis concentrée sur l\u2019étude des enfants », explique celle qui a étudié dans le laboratoire de Fred Genesee, professeur à la Faculté de psychologie de McGill et chercheur très connu dans le domaine de l\u2019acquisition du langage bilingue.« J\u2019ai travaillé avec lui ainsi qu\u2019avec deux autres collègues de McGill, dont une orthophoniste à l\u2019hôpital de Montréal pour enfants et un chercheur de la Faculté de l\u2019éducation de McGill.» C\u2019est ici que la chercheuse s\u2019intègre à un projet qui étudiait les apprentissages en lecture des enfants, et ce, sur plusieurs années : «Nous avons observé un groupe d\u2019enfants anglophones en classe d\u2019immersion française de la garderie jusqu\u2019à la troisième année du primaire.» Ces enfants provenaient de familles qui parlaient l\u2019anglais la plupart du temps à la maison, même si l\u2019un des deux parents était francophone.L\u2019étude visait à mesurer les aptitudes à la pré- lecture en anglais de ces enfants à la garderie.Les données recueillies allaient être utilisées afin de déterminer qui de ces enfants pourraient éprouver des problèmes plus tard à lire en français.«Les recherches portant sur les programmes d\u2019immersion française prouvent qu\u2019ils sont très efficaces et fonctionnent très bien.Mais un cer tain nombre d\u2019enfants quittent ces programmes parce qu\u2019ils ont des problèmes de lecture.Nos études tendent à prouver que ce n\u2019est pas parce qu\u2019ils lisent dans une langue seconde, mais qu\u2019ils auraient ces mêmes problèmes de lecture dans un programme ordinaire », affirme la chercheuse, qui ajoute que des services adaptés à ces programmes d\u2019immersion pourraient aider ces enfants.Outils Pour le groupe de recherche de Corinne Haigh, il était primordial d\u2019identifier ces enfants en bas âge afin de mettre rapidement au point des outils et des services adéquats à l\u2019usage des enseignants pour leur venir en aide.Nous sommes en 2010.Corinne Haigh arrive ensuite à l\u2019Université Bishop\u2019s, où elle obtient une bourse du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada pour poursuivre le projet entamé à McGill.Ainsi, la chercheuse allait pouvoir continuer à suivre le même groupe d\u2019enfants jusqu\u2019à leur sixième année du primaire.«C\u2019est une des plus longues études de ce genre à avoir été menée ici », lance-t-elle.Aujourd\u2019hui, Corinne Haigh affirme être en mesure de tirer quelques conclusions de l\u2019impact des classes d\u2019immersion sur les enfants de son étude, même si son équipe et elle n\u2019ont pas encore analysé « les données qui comparent directement les enfants des programmes d\u2019immersion à ceux des programmes en anglais ordinaire.Mais si on se base sur d\u2019autres études qui comparent des enfants aux prises avec des problèmes de langage dans des programmes bilingues avec ceux des programmes ordinaires, on constate que les enfants des classes bilingues s\u2019améliorent plus rapidement que ceux des programmes ordinaires ».La première conclusion est que des enfants avec des problèmes de lecture auront de ces problèmes qu\u2019ils soient en classe d\u2019immersion ou ordinaire.«Ce que je crois, c\u2019est que les enfants qui reçoivent un soutien adéquat à l\u2019école peuvent réussir dans un programme bilingue.L\u2019important, c\u2019est de les identifier très tôt pour leur offrir les meilleurs services», déclare Corinne Haigh.Vint alors une autre découverte : les facteurs qui feront en sorte que les enfants pourront facilement apprendre à lire des mots sont un peu dif férents de ceux qui feront qu\u2019ils comprendront le sens d\u2019un texte.Ces facteurs sont révélés par des tests élaborés par les chercheurs, auxquels les enfants se soumettent.«Même très jeunes, on peut déterminer chez les enfants leur aptitude à combiner des sons.Un peu plus tard, cette aptitude est encore importante, mais ce sera l\u2019étendue du vocabulaire dès l\u2019âge de la garderie qui fera en sorte qu\u2019ils seront aptes à bien comprendre un texte.Ce n\u2019est peut-être pas une grande révélation, mais c\u2019est important d\u2019avoir mis le doigt dessus», affirme la chercheuse.Pour Corinne Haigh, il était important de se pencher sur l\u2019étude des enfants aux dernières années du primaire : « Quand on songe aux enfants avec des problèmes de lecture, on pense aux très jeunes qui font leurs premiers pas dans l\u2019apprentissage.Mais il y a aussi les plus grands, ceux qui fréquentent la quatrième année du primaire.Ils n\u2019ont pas de mal à lire les mots, mais plutôt à comprendre le sens d\u2019un texte.C\u2019est ce groupe d\u2019enfants que j\u2019étudie actuellement », explique Corinne Haigh, qui profite d\u2019une bourse du Fonds de recherche \u2013 Société et culture du gouvernement du Québec concernant ce problème de lecture chez les enfants vers la fin de leurs études primaires.Cela fait dire à la chercheuse que l\u2019important, c\u2019est d\u2019apporter un soutien adéquat aux enfants des programmes d\u2019immersion.Un moyen simple d\u2019y parvenir est de faire en sorte qu\u2019il y ait des enseignants ressources qui parlent la langue maternelle dans les classes d\u2019immersion, parce que « le bilinguisme, c\u2019est positif.C\u2019est un avantage et, même si on a des problèmes à lire ou à écrire dans une langue seconde, avec le soutien approprié, on peut réussir un programme bilingue».CLASSE D\u2019IMMERSION EN FRANÇAIS Les difficultés de lecture ne sont pas liées au bilinguisme Le programme Un cerveau sain pour une vie saine de l\u2019Université McGill, c\u2019est 1 800 chercheurs et étudiants en neurosciences concourant à un seul et même but : transformer des a?ections cérébrales et mentales incurables, voire mortelles, en maladies que l\u2019on peut traiter.Grâce aux investissements des visionnaires que sont le gouvernement du Québec, nos partenaires privés et publics ainsi que l\u2019équipe du Fonds d\u2019excellence en recherche Apogée Canada, ils font des découvertes révolutionnaires qui permettront d\u2019alléger la sou?rance des 3,6 millions de Canadiens aux prises avec des problèmes neurologiques allant de la démence à la douleur, en passant par les traumatismes crâniens, la maladie mentale et l\u2019AVC.MCGILL : PARCE QUE VOTRE CERVEAU MÉRITE CE QU\u2019IL Y A DE MIEUX.DÉMÊLER 86 MILLIARDS DE NEURONES?NOUS Y TRAVAILLONS.JACQUES NADEAU LE DEVOIR La première conclusion de l\u2019étude est que les enfants avec des problèmes de lecture auront de ces problèmes qu\u2019ils soient en classe d\u2019immersion ou ordinaire.«Ce que je crois, c\u2019est que les enfants qui reçoivent un soutien adéquat à l\u2019école peuvent réussir un programme bilingue.L\u2019important, c\u2019est de les identifier très tôt pour leur of frir les meilleurs services», déclare la docteure Corinne Haigh. !\"#$\"\"%#&'('\"#%(') *+ *+(',%(' !\" # $ % &% '$ !'$ ( ) &% !\"* ,\"(' %,%(%-(#'./ + & & % ,& - \u2022 # .\u2022 / &.\u2022 0 1.\u2022 .\u2022 2 1 % .\u2022 0 2 % &% ! %!3 & & !43 & ! \"$ + %% % &%5 6 & &&% 7 5 8 1 , # 1 & 1 9 5 % & % %% # % #'!\"%,%(%-\"*((0 0\"'(' \u2022 : % .\u2022 : # && % 1 & ( : !;*.\u2022 : & % & .\u2022 : % & # < & & % &% 1 9% & % 5 8#1=$( !\"#$ %&'* > 1 % !'!?% !' 2 % & % & '\"(\"\"'-%(%' \" 8+@/88 & %: /A 8@B: 8 C B%: # 8@6@ 8 %D @ # & 8@@6E8@ 8 %D % & 8@:28 %: 2 /F@:4 /# %: 4 /@+E0/ /# C %+ & /@@G: /# G69: /@@:82 /# %: 2 /@@:80 /# %: 0A /@@:G0 /# %: G 01 /@@:/ /# %: /A /@:9/# %: 9 /@:/# %: 4 /@:8G/# %: 8 G /@:H/# %: H 8 "]
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